• Exposition : Nadia Léger, l’oubliée - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/exposition-nadia-leger-l-oubliee-07-09-2019-8147439.php

    Elle était russe, peintre, communiste convaincue et pour finir milliardaire puisque qu’héritière d’un illustre mari : le peintre Fernand Léger. Elle, c’est Nadia Léger (1904-1982), encore quasi inconnue aujourd’hui, écrasée par l’ombre de son mari. Une exposition sur les Champs-Élysées, gratuite et éphémère, met en lumière pour la première fois son œuvre et ce destin hors du commun.

    Une trentaine de toiles ornent les murs d’Artcurial, la maison de vente aux enchères qui accueille l’événement. Des œuvres cubistes de ses débuts à un portrait du cosmonaute Iouri Gagarine en passant par un saisissant autoportrait en résistante, on découvre tout le talent d’une vraie peintre, marquée par les grands courants artistiques de l’époque et ses engagements politiques.

    Pourtant, ces tableaux n’ont pratiquement jamais été vus. Cet « oubli », c’est bien ce qui a passionné Aymar du Chatenet, ancien journaliste et aujourd’hui éditeur, à l’origine de l’exposition et auteur d’un conséquent ouvrage sur Nadia Léger. « J’ai eu un coup de foudre en voyant un de ces tableaux. Je ne savais pas vraiment qui elle était ni surtout qu’elle avait ce talent. J’ai commencé à chercher à en savoir plus et j’ai découvert son destin extraordinaire. »
    « J’aimerais pouvoir réparer une injustice »

    Car oui, l’histoire de Nadia Léger est un roman. Élève du peintre Malevitch en URSS, elle débarque à Paris en 1925 et se lie d’amitié avec Picasso, Chagall et de toute la bande d’Aragon. À partir des années 1930, elle devient la maîtresse de Fernand Léger puis son assistante toute sa vie, avant de l’épouser 3 ans avant sa mort. Communiste engagée, elle sera aussi une proche de Maurice Thorez. Figure du monde artistique en URSS, elle finance le journal L’Humanité et sera même soupçonnée par les services français de travailler pour le KGB…
    Amie de Picasso, Chagall et Aragon, Nadia Léger a été l’assistante du peintre toute sa vie. /Succession Nadia Léger
    Amie de Picasso, Chagall et Aragon, Nadia Léger a été l’assistante du peintre toute sa vie. /Succession Nadia Léger

    « Je pense qu’elle aurait surtout voulu être reconnue comme un peintre à part entière et pas comme la femme de Fernand Léger, estime Aymar du Chatenet. J’aimerais pouvoir réparer une injustice et j’espère qu’un jour elle aura une grande exposition à Beaubourg ».


    Ce dimanche, de 13 heures à 19 heures, chez Artcurial, 7 rond-point des Champs-Elysées (Paris, 8e). Gratuit.

    #femmes #femme_de #art #invisibilisation #historicisation

  • Comment réinventer le masculin après #Metoo ?

    Pour que les hommes se saisissent du combat pour l’#égalité des sexes... #Ivan_Jablonka, historien et écrivain, nous parle de son dernier essai, « Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités » (Seuil, août 2019).

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/comment-reinventer-le-masculin-apres-metoo
    #masculinité #hommes #livre


    http://www.seuil.com/ouvrage/des-hommes-justes-ivan-jablonka/9782021401561

  • Pourquoi personne ne parle des incendies titanesques en Afrique subsaharienne
    https://www.lavoixdunord.fr/627531/article/2019-08-22/pourquoi-personne-ne-parle-des-incendies-titanesques-en-afrique-subsaha

    Mais il reste silencieux sur les causes de ces « brûlages ». De rapides recherches dans la presse angolaise de ces derniers jours ne permettent pas de comprendre l’origine de ces feux. Ceux-ci ne sont même pas abordés. Selon les publications des analystes de la Nasa, il semble que ces feux soient d’origine « essentiellement agricole ». L’agence américaine assure que les agriculteurs subsahariens utilisent le feu pour défricher leurs terres, régénérer les pâturages et brûler les débris des terres cultivées pour préparer la saison suivante. Cette technique, surnommée « slash and burn » (l’agriculture sur brûlis) a l’avantage de ne presque rien coûter aux populations. Elle génère par contre de formidables nuages de fumée.

    Selon la dernière note sur le sujet de la Nasa, les incendies en Afrique subsaharienne représentent environ 70 % de la superficie brûlée dans le monde.

    #feu #incendie #Afrique #cartographie #sécheresse #culture_sur_brûlis

  • Des accidents de la route pas si accidentels, par Matthieu Grossetête
    (Le Monde diplomatique, août 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/GROSSETETE/56078

    Des accidents de la route pas si accidentels

    À chaque période de vacances, tandis que le risque d’accidents de la route s’accroît, le thème de la sécurité au volant revient dans l’actualité. Le gouvernement multiplie alors les consignes de bon sens : ne pas conduire trop vite, se reposer régulièrement, attacher sa ceinture, etc. En se focalisant sur le comportement individuel des conducteurs, ces préconisations négligent les causes profondes de la mortalité routière.

    Regrettable que sur un tel sujet la variable de sexe ne sois pas évoqué du tout. J’en déduis que cet article concerne uniquement les accidents de la route dans des pays ou les femmes n’ont pas le droit de conduire.
    #déni #male_gaze #invisibilisation #sexisme #classicisme

    • Tu as raison @mad_meg mais en plus, l’article est très « orienté » de toutes façons et vraiment très médiocre en ce qu’il n’aborde pas de très nombreuses autres raisons systémiques, d’autres responsabilités et causes tout aussi important. Le sujet mérite beaucoup mieux que d’être abordé sous ce mini-prisme.

      Par ailleurs, un petit apport statistique pour 2017 (Source : Observatoire national interministériel de la sécurité routière)

      Hommes et femmes

      Les femmes représentent 14 % des conducteurs
      tués mais 49 % des passagers tués.

      En 2017, trois fois plus d’hommes (2 670) que de
      femmes (778) sont décédés sur la route, un ratio
      qui se retrouve dans les autres pays.

      La proportion d’hommes parmi les personnes tuées
      est plus élevée que celle des femmes à tout âge, particulièrement les classes 15-29 ans, 30-44 ans et
      45-59 ans qui comportent 83 % de mortalité masculine.

      Rapporté à leur part dans la population de
      chaque classe d’âge, le sur-risque masculin est marqué
      y compris chez les seniors.

      Les hommes tués sont à 79 % des conducteurs, à
      10 % des passagers et à 11 % des piétons.

      Les femmes tuées sont à 45 % des conductrices, à
      32 % des passagères et à 23 % des piétonnes.

      Les hommes représentent 86 % des conducteurs
      tués : 96 % des conducteurs de moto, 95 % des conducteurs
      de cyclomoteur, 87 % des conducteurs cyclistes et 79 % des conducteurs de véhicule de tourisme.

      #sécurité_routière

  • La bière : un cas d’école du #sexisme
    https://information.tv5monde.com/terriennes/la-biere-un-cas-d-ecole-du-sexisme-314846

    Une belle ironie quand on sait que la #bière est d’abord une #histoire de brasseuses, comme le rappelle la spécialiste Elisabeth Pierre : « Initialement, la fabrication de la bière, liée au pain, était réservée aux femmes. A partir du XIIIe siècle, des moines se sont mis à brasser, mais l’on trouve une majorité de femmes parmi les grandes figures historiques, telle la religieuse Hildegarde de Bingen, botaniste et première brasseuse à avoir consigné l’importance du houblon dans l’élaboration de la bière, au XIIe siècle. En Angleterre, le savoir-faire était également féminin avec les alewives, à l’origine des premiers pubs. Mais la révolution industrielle a sorti la bière de son univers rural et domestique, avant que le #marketing n’en fasse une boisson d’hommes quand les femmes n’ont pourtant jamais cessé de brasser. »

  • Fées et gestes : #femmes_pyrénéennes, un statut social exceptionnel en Europe
    de #Isaure_GRATACOS

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33455636.texteImage
    #Pyrénées #livre #statut #femmes #montagne

    ping @mad_meg

    Référence trouvée dans le numéro zéro de la revue Nunatak :
    https://seenthis.net/messages/795974

    Dans l’#histoire oubliée, celle des femmes l’est à un degré supplémentaire. Il fallut attendre l’ouvrage de la béarnaise Isaure Gratacos en 1987, "Femmes pyrénéennes, un statut social exceptionnel en Europe", pour révéler le rôle fondamental des femmes dans l’ouest pyrénéen, pays de ‘‘l’aînesse absolue’’ où dans la #propriété, la #transmission se faisait par les femmes ‘‘les #aïreteras’’ si une femme était l’aînée. Ce qui en faisait le chef de la maisonnée, et quand elle se mariait, le mari prenait son #nom à elle. Elle siégeait aux assemblées de vallées, avec le même #droit_de_vote que tous les membres. Ainsi ces femmes pyrénéennes votaient depuis des siècles, alors que la France ne connaîtra que le suffrage universel masculin jusqu’à 1945. Ce statut, comme tous les #droits_coutumiers, dégénéra au fil du temps. Cet air de #liberté était sensible dans tous les aspects de la #vie_féminine, et dès la jeunesse. Il faudra l’action combinée à la fin du XIXè siècle de l’#Église et de l’#État, venus tard ici pour venir à bout de pratiques comme les #veillées_amoureuses, les #rites_sexuels dans des lieux déterminés près des villages, les #mariages à l’essai, etc. Isaure Gratacos raconte qu’elle a recueilli des témoignages sur une ‘‘coutume encore pratiquée en #Ariège dans les années 1920’’ : « C’était une #coutume que les jeunes filles se promènent en groupe de 8 ou 10. Elles espéraient rencontrer un jeune homme seul. Les hommes mariés étaient laissé en paix. Même les jeunes hommes du village étaient épargnés. Mais si un étranger se rencontrait dans un endroit solitaire, les jeunes filles se précipitaient sur lui et se conduisaient comme les filles du Pacifique, sauf qu’on ne le tuait jamais. » Cette pratique, qu’I. Gratacos compare à celles des ‘‘#filles_du_Pacifique’’, plonge dans les profondeurs de la #ritualité_païenne. Et il faudrait parler de cet univers spirituel des montagnards, de leurs chants, leurs contes, leurs danses, leurs rites, intimement liés à leur vie quotidienne elle-même imprégnée des travaux et des jours, mais aussi de la fréquentation des mystères de leur haut pays, tout près des étoiles et des profondeurs de la terre.

    #invisibilisation #in/visibilité

  • Les #femmes de #pouvoir

    En ce début de XXIe siècle, les voix féminines se font de mieux en mieux entendre. Démonstration avec les parcours de femmes de conviction : Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Inna Shevchenko. Une révolution tranquille est en marche. Petit à petit, le combat pour l’égalité des sexes progresse, dans les coulisses du pouvoir comme dans certains villages du tiers-monde. Aux quatre coins de la planète, à travers leurs trajectoires mêmes, des femmes contribuent à inspirer cette volonté de changement. Ce documentaire passe en revue leurs réussites et leurs combats : les militantes indiennes et nigériennes luttant pour leurs droits, mais aussi des personnalités telles que Christine Lagarde, Michelle Bachelet ou la Femen Inna Shevchenko. D’autres femmes engagées, comme Hillary Clinton, la théologienne Margot Käßmann (ex-évêque de Hanovre) et Melinda Gates, s’expriment dans ce film et donnent leur point de vue sur la condition féminine. Un documentaire qui montre comment, peu à peu, leurs comparses font tomber les barrières qui les empêchaient d’avancer.

    https://www.senscritique.com/film/Les_femmes_de_pouvoir/19821282
    #film #documentaire
    #politique_étrangère_féministe #égalité #leadership_féminin #maternité #Christine_Lagarde #Minouche_Shafik #revenu #quota_féminin #Angela_Merkel #droits_des_femmes #féminisme #Michelle_Bachelet #préjugés #politique #Inde #Daphne_Jayasinghe #toilettes #corruption #Suède #Chili

    #Margot_Wallström, qui déclare :

    «Sexual violence against women is not cultural, is criminal»

    #violences_sexuelles #viol

    #viol_comme_arme_de_guerre #sens_de_culpabilité #armes #commerce_d'armes #Haifaa_al-Mansour #invisibilité #invisibilisation #Arabie_Saoudite #sous-représentation_féminine #religion

    #femmes_du_mur (#mur_des_lamentations)

    #Elana_Sztokman —> #mouvement_féministe_juif_orthodoxe
    (#judaïsme #judaïsme_orthodoxe)

    ligne de bus « #meandrine » (= de stricte observance)

    #ségrégation #patriarcat #radicalisme_religieux #Femen #auto-détermination #mariage_forcé #Niger #mortalité_maternelle #droit_à_l'avortement #avortement #droits_sexuels_et_reproductifs #IVG #Morena_Herera

    #El_Salvador #Las_17 (https://las17.org)

    #machisme
    contrôle de la #fertilité

    Incroyable maire d’un village en #Inde :
    #Chhavi_Rajawat


    https://en.wikipedia.org/wiki/Chhavi_Rajawat

  • Pourquoi les biographies de femmes sont-elles plus souvent remises en question sur Wikipédia ?
    https://www.numerama.com/politique/537875-pourquoi-les-biographies-de-femmes-sont-elles-plus-souvent-remises-

    Si elles ne sont pas massivement supprimées, les biographies de femmes sont plus remises en question que celles des hommes par les bénévoles travaillant sur Wikipédia. S’il n’est pas profond, des causes spécifiques expliquent cet écart de traitement. Sur Wikipédia, les pages mentionnant des femmes voient-elles leur admissibilité davantage remise en question que celles présentant des hommes ? Et, par conséquent, les biographies de femmes sont-elles plus souvent éjectées de l’encyclopédie que les (...)

    #Wikipedia #discrimination

    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2018/02/wikipedia.jpg

  • Animés par Laurent Rochut, vice-président d’Avignon festival & compagnie pour le collège théâtre, des échanges entre Juan Branco, François Begaudeau, David Ayala #Avignon
    https://www.youtube.com/watch?v=u_7cJwn8VEA

    Débat au festival d’Avignon, le 15 juillet 2019

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    Laurent Rochut : la réalité d’un théâtre à Avignon
    Publié par Pierre Monastier | 5 Juin, 2019
    https://www.profession-spectacle.com/laurent-rochut-la-realite-dun-theatre-a-avignon

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    EXTRAIT DU TEXTE « LA SOCIÉTÉ DU MÉPRIS ET L’INSURRECTION QUI S’ENSUIVIT » ÉCRIT PAR DAVID AYALA.
    David Ayala·Dimanche 3 février 2019
    https://www.facebook.com/notes/david-ayala/extrait-du-texte-la-soci%C3%A9t%C3%A9-du-m%C3%A9pris-et-linsurrection-qui-sensuivit-%C3%A9crit-par-d/2135215759872835

    Dans la première partie de ce texte (d’une vingtaine de pages dans son intégralité), il était question de l’historique du mouvement des gilets jaunes, des réactions du gouvernement et des tenants et des aboutissants du mouvement. Puis de ses ramifications historiques, sociales, politiques. Dans l’extrait qui suit il n’est question seulement que de l’engagement ou du silence des artistes et des intellectuels face à ce mouvement. Dans la dernière partie de ce long texte initial (qui n’est pas publié ici) l’auteur développait des idées sur la convergence des luttes et sur la nécéssité d’une grève générale illimitée. Même si celles ci ne sont pas reproduites ici, l’auteur tient à préciser qu’elles sont pour lui toujours d’actualité.

    (...)
    Extrait :
    (...) J’associe à cette masse silencieuse une partie du monde de la culture, une partie des artistes, des écrivains, des intellectuels ... ( pas tous, je précise : pas tous : certains se sont exprimés très vite ) et du show business. Leur silence est assourdissant ..

    Il y a 12 morts, des centaines de blessés, des éborgnés, des mains arrachées... des arrestations abusives, une répression policière ultra violente sans précédent depuis 50 ans... Rien que cela. Sans vouloir jeter la pierre tout de suite !!! Mais quand même : plus de deux mois !!! Le silence. Pour des gens soit disant quelque peu engagés dans certaines causes de justice sociale !! Des gens qui, pour la plupart, pétitionnent à tout va pour des causes qui ne les engagent pas trop ( le bio, la planète, le mariage pour tous, la PMA, l’égalité homme femme, Meetoo, contre le racisme, l’homophobie etc et j’en passe .... ). Mais quand il s’agit de soutenir ou de donner son avis sur le débat démocratique proposé par les pauvres, le peuple, les humiliés : PLUS PERSONNE !!! Quand il s’ agit de s’engager et parler de l’avenir de la démocratie dans ce pays : plus beaucoup de monde ! C’est étrange, cela pose beaucoup de questions.

    Bien sûr ils ont le droit de se taire, de ne pas forcément vouloir donner leur avis, de s’engager dans le débat ! Personne n’est obligé et on ne peut obliger personne. Mais c’est curieux ! Même au moment où on leur propose de débattre !! ( même si pour ma part je ne reconnais pas le bien Fondé de cette proposition de grand Débat ). Ils ne le font pas et continuent de se taire ! En tous cas on ne les a pas entendus jusque là !

    Des gens qui pour une bonne part font des spectacles, écrivent des livres, des articles, des témoignages, ou des films de cinéma, voire même parfois quelques téléfilms ou séries tv où il est question de la fracture sociale, du peuple, de la grande pauvreté, enfin globalement des sujets qui abordent l’injustice et la misère ( pas beaucoup mais quand même ). Mais d’abord avec l’argent public !!! D’abord et surtout avec l’argent public. Ce qui n’exonère pas les gens du privé de parler à leur tour évidemment ! ( Mais quand même, pour beaucoup, pour une bonne part, l’argent provenant des grandes institutions de subventions publiques ).

    On ne peut obliger personne. C’est vrai. C’est le respect de l ‘usage de la démocratie. Ok. Donc nous, nous décidons de parler et de ne pas trouver cela normal. Car oui, nous, nous le faisons, quelques camarades et moi, MAIS NOUS, Nous PARLONS ! Nous choisissons ! Nous disons quelque chose ! Nous prenons la parole. Nous l’avons toujours fait d’ailleurs. Nous nous impliquons. Mais nous sommes bien trop peu ...

    Heureusement. Nous nous exprimons sur le sujet. Sur le terrain, avec les gilets jaunes, dans des réunions, des manifestations. Mais aussi sur des sites, des blogs, des forums ... Je suis au regret de dire que je ne croise pas beaucoup de mes camarades et collègues artistes !! Et ils ne se manifestent pas non plus beaucoup par écrit si ce n’est pour continuer à dire qu’ils ont peur de l’Extreme Droite et que selon eux, et nombreux ils sont à le dire encore deux mois après, que les gilets jaunes sont des extrémistes, des populistes, et qu’ils vont même détruire la loi sur le mariage pour tous, loi sur la peine de mort, loi sur l‘immigration ou droit d’asile ! C’est ce qu’on a lu ou entendu lorsqu’on a parlé du Référendum d’Initiative Citoyenne. ( Et leurs attaques fausses, délirantes et totalement infondées contre Etienne Chouard !!)

    Remettons bien les choses à leur vraie place : IL A ÉTÉ PROUVÉ QUE SEULEMENT 9% des GJ avouent leur sympathie pour le rassemblement national ! Alors que cessent la diffamation et la calomnie ! En accusant les Gilets Jaunes encore une fois de pactiser avec le Rassemblement National. Cessons d’accuser les GJ de tous les maux de la terre et faisons un test d’honnêteté intellectuelle : écoutons bien leurs revendications OUVRONS UN VÉRITABLE DIALOGUE AVEC EUX SI POSSIBLE, réfléchissons avant de les accuser et de les accabler de tous les maux. C’est la télé de Macron, BFMTV qui récemment refait les yeux doux à Marine Le Pen !! C’est cela qui est d’une saleté sans nom ! C’est cela la vérité. Il faut arrêter d’accuser et de mentir !

    Ou alors si les gens se taisent, qu’ils cessent de discréditer, en privé, en cercle, dans leurs conciliabules secrets, un mouvement populaire, légitime dans ses revendications depuis le début et cohérent sur la quasi totalité des problèmes soulevés ! Et je le rappelle soutenu par 60% des français. Un peu de Dignité ! Messieurs Mesdames de la Culture Française !!

    N y a t -il pas là un vrai problème de déontologie ? De morale ? D‘éthique ? De Vérité ?

    JE PARLE DU FAIT DE SE TAIRE POUR DES GENS DONT LE MÉTIER EST D’AVOIR LA PAROLE ET DE LA PRENDRE !!! Je ne parle pas ici que des Artistes. Je parle des Intellectuels dans leur ensemble ( mais surtout pas pour entendre les ignominies de Ferry, Finkielkraut, BHL, Houellebecq, Goupil ..... et les autres ).

    Que sommes nous en train de faire ? J’ai entendu des artistes et des intellectuels reprocher aux Gilets Jaunes de ne pas savoir ou pouvoir s’exprimer !!! Eh bien : AIDEZ LES À LE FAIRE ET ÇA SERA DÉJÀ BIEN !!

    Apportez vos idées puisque vous en avez tant ! Êtes vous seulement jamais allés sur un rond point ? Parler avec eux ?? Si vous ne voulez pas soutenir les GJ : QUE DITES VOUS DE CHAQUE REVENDICATION QU’ILS CLAMENT, DONT LA PLUPART SONT DES CHOSES CONCRÈTES PARTAGÉES PAR TOUT UN CHACUN DANS LA VIE RÉELLE QUE NOUS VIVONS TOUS EN TANT QUE CITOYEN FRANÇAIS ?? DES CITOYENS QUI SONT NOS PARENTS, GRANDS-PARENTS ? ONCLES ? TANTES ? COUSINS ? NOS FRÈRES .. NOS AMIS ... Nos enfants peut être ...

    Rien qu’à cela, il est presque un devoir de répondre dès le moment où vous avez voté ! Et qui plus est, VOTÉ POUR LUI !!! Ceux qui nous insultaient en mai 2017 sont sommés de sortir de leur silence ! Les masques sont tombés .

    Non ? On trouve ça normal que les artistes et le monde de la culture se taisent ? ÇA N’EST PAS JUSTE LA CRISE DES GILETS JAUNES ! C EST UNE PARTIE DE VOTRE PAYS QUI SE SOULÈVE . C’est de l’avenir de votre pays dont il s’agit. Et qu’on ne vienne pas me dire que
    l’on a tort de demander au monde artistique et intellectuel de parler, de s’exprimer ! Et que ce serait par condescendance et je ne sais quelle foutaise ! Que nous serions rejetés par eux de peur d’une récupération ! Qu’on ne doit pas parler à leur place ! Trop facile ! Je parle énormément avec les GJ, ils ne disent absolument pas ça. Non, non, ça énerve beaucoup de monde ce silence. Vous le savez.

    Et les déclarations d’intention, habituellement, de tout ce beau monde, dans leurs éditos, leurs préfaces, leurs programmes ? Leurs brochures, leurs interviews, leurs livres. ?!!! Tout ce beau monde artistique qui, à longueur de temps cite Vitez, Ralite, Gramsci, Pasolini, Gatti, Hugo, Louise Michel et parfois le Che voire même les frères Dardenne ? ou les révolutionnaires en général, le théâtre citoyen, politique ? Documentaire ? Et les films du même acabit ? qui s’investissent dans les quartiers, aux cotés des migrants, des femmes battues, des enfants maltraités, contre les guerres lointaines, les invasions là bas, les misères au loin, et qui ne cessent de s ́engager pour le Climat, le Dérèglement climatique ah ça oui le dérèglement climatique, le commerce équitable et l’alimentation ou l’agriculture bio, là, tout le monde artistico-culturel et intellectuel bien pensant s’engage sans hésiter ! Et pour l’égalité hommes/ Femmes ou mouvements genre Meetoo ! Là oui !

    Mais aujourd’hui ... Où sont-ils ? Pourquoi ne s’expriment ils plus aujourd’hui ? Pourquoi ne parlent-ils pas quand il s’agit de l’extrême urgence du dérèglement SOCIÉTAL, HUMAIN, et D́’Injustice flagrante faite à des MILLIONS DE NOS CONCITOYENS ICI DANS NOTRE PAYS. Oui c’est choquant. Et on peut étendre la question à toutes les couches supérieures de la société. Les élites comme ils disent ! Pas forcément uniquement les artistes et les intellectuels.

    Mais surtout, et cela est le pire pour eux, pour nous, cela va discréditer beaucoup de leurs actions, positionnements, spectacles, films, prises de positions, livres, festivals et j en passe ... Qui pourra les ( nous ) croire dans ce qu’ils ( nous) diront et montreront par la suite ?

    Que pourra t-on dire, plus tard, quand ils viendront présenter leur film ou leur pièce pseudo engagée ??

    Oui j’affirme qu’en se taisant, en critiquant de loin sans se mouiller, et en tentant de discréditer ce mouvement, en le considérant uniquement comme une émeute populiste, souvent d’extrême droite et gauche ( facile !), raciste, antisémite, putschiste, violent, le monde artistique et culturel (et toutes les couches supérieures de la population qui se taisent ) se discréditent eux-mêmes. Ils montrent un drôle de visage. C’est encore une Séparation supplémentaire. Et la facture à payer risque d’être lourde. En tous cas, nous n’en sortirons pas du tout grandis ! Bien au contraire !

    (...)Il faudra qu’ils s ́en expliquent alors ... Les mêmes qui se taisaient déjà il y a 3 ans lors de Nuit Debout ... Un livre s’en était fait l’écho d’ailleurs : « Nuit Debout / Culture Assoupie ... » ( Jean-Marc Adolphe).

    Faisant, soit disant, moi même partie de cette catégorie pseudo sociale des « artistes », par référencement sociologique d’abord, je dirais, j’avoue, que je ressens pour mes « collègues, camarades et autres faux amis du si sympathique monde culturel et artistique qui restent muets, aphones, mutiques, oui, j’avoue, une sorte de honte pour eux, et pour moi. Sentiment étrange. Dérangeant. Qui nous met tous très mal à l’aise professionnellement d’abord. Pas tous. Beaucoup s’engagent. Mais les « principaux » se taisent ( directeurs de théâtres, de lieux, metteurs en scènes, auteurs, acteurs, danseurs, réalisateurs, écrivains, chanteurs, musiciens, mais aussi techniciens bien sûr, du monde culturel et de l’art en général ) : Où sont- ils ? Sur le blog Culture-Gilets Jaunes ils ne sont que 200 à s’exprimer aujourd’hui. Eux souvent si présents, si voyants, si affables ? Si remuants quand ils s’agit de leur assurance chômage ....

    Que dire des Stars de Télé et autres vedettes Ciné ? Des chanteurs ? Des musiciens ? Des présentateurs vedettes et autres animateurs de causes humanitaires bien entendues ? Que font ils ? Ils sont où Les Enfoirés et autres engagés d’un jour pour les spectacles estampillés Restos du Coeur ??

    (...)La déconnexion, ensuite, du monde de l’Art, d’avec le peuple, se fait naturellement ( il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à regarder ce que « produisent » bien souvent ces catégories d’Artistes « ultra gentrifiés » pour constater qu’ils sont loin, bien loin des préoccupations populaires, même s’ils affirment souvent le contraire ... ) Suivez mon regard ...

    (...)L’autocentrisme arty boboîsé had hoc, L’Empire du Bien et le bienséant entre-soi artistique parisien ne reculant devant aucune lâcheté, devant aucune contre-vérité bien assénée, rien que pour sauvegarder les apparences. Le problème aujourd’hui, c’est que ces gens pourraient continuer de nous insulter, à la lecture de ces lignes, sans que nous puissions nous défendre de leurs attaques secrètes, puisqu’ils n’ont jamais le courage du combat à la loyale. Et je parle en connaissance de cause.

    Aujourd’hui tout cela nous explose à la figure . Oui , c’est un moment historique. Une grande lame de fond qui vient du peuple. Des Offensés. Des Humiliés. Pas des intellectuels. Que cela leur plaise ou non : ce n’est pas Mai 68 ( trop sympa ! ) non, c’est 1788 : juste avant l‘embrasement. Si on veut comparer historiquement. C’est précis. Une rage et un soulèvement inarrêtables, qui a trouvé son puissant terreau et sa force redoutable dans la plus grande blessure que l’homme puisse infliger à ses semblables : flagrante et terrifiante et très profonde injustice sociale. Le mépris de classe. L’arrogance du pouvoir. La répression par la force armée. L’émergence très grossière, et en même temps très très subtile de la Dictature Des Esprits et des Corps. « Donnez à manger aux gens, écrit Edward Bond, ils auront faim de justice, et si vous ne créez pas la justice, même s’ils n’ont plus faim, ils auront faim de Justice et dévoreront la terre ».

    L’insurrection est Venue. Elle est là, sous nos yeux. Comme tout soulèvement, personne n’a pu dire exactement quand ni comment il a surgi. C’est imprévisible dans les actes. Comme dit Bond « Les révolutions sont inscrites aux dos des calendriers » ...Maintenant elles sont aussi inscrites au dos des cahiers de ceux qui écrivent, pensent et chantent quand bon leur semble. (...)

    David Ayala.

    Contributeur et rapporteur de la parole avec les groupes de soutien des artistes au mouvement des gilets jaunes d’Occitanie et de la région PACA ainsi qu’avec la coordination nationale gilets jaunes art et culture.
    ( Acteur, Auteur, Metteur en scène et directeur artistique de Cie. Engagé dans la lutte pour la défense des revendications légitimes du mouvement des Gilets Jaunes. Militant engagé de plusieurs associations )
    Le 25 janvier 2019. Montpellier. ❞

    • A cette lecture je comprend que ces artistes sont forcement des mâles car tout est au masculin dans ce texte sauf les femmes battues, et ces mecs ne s’abaissent pas à parler avec des femmes comme ils le démontre à nouveau. Mais en fait il y a des artistes qui se sont engagé·es, des artistes pas assez elevé·es socialement et pas assez riches ni assez viriles pour que Branco et ses copains les remarquent et s’y intéressent.

      #non-mixité #invisibilisation #femmes

  • #Milena_Jesenska, le feu vivant (Prague 1896-Ravensbrück 1944)

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/milena-jesenska-le-feu-vivant-prague-1896-ravensbruck-1944

    Il disait d’elle qu’elle était un « feu vivant ». Milena Jesenska est connue pour avoir été la destinataire des plus belles lettres de Franz Kafka, les Lettres à Milena. Elle fut aussi traductrice, journaliste et résistante.
    Milena Jesenská
    Milena Jesenská

    Leur histoire d’amour, passion dévorante qui échoua au bout de quelques mois, est sans doute l’une des liaisons les plus fascinantes de la littérature. Son itinéraire à elle, si singulier, et si symptomatique de la Mitteleuropa du XXè siècle, l’est autant - si ce n’est plus. Mais c’est une histoire qu’on ne raconte jamais. Milena est restée un prénom.

    Elle fut pourtant dès les années 1920 l’une des journalistes tchèques les plus en vue, signant les chroniques cruellement justes d’un monde en train de disparaître. Féministe, communiste, résistante, elle fut arrêtée dès 1939 et déportée à Ravensbrück. Elle y rencontra la résistante allemande Margarete Buber-Neumann, avec qui elle vécut ce qui fut probablement sa dernière histoire d’amour, avant de mourir dans le camp en 1944. Margarete deviendra sa première biographe.

    L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites. Tentons aujourd’hui, malgré tout, d’entendre Milena Jesenska.

    #résistance

    • L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites.

      Tu peu être une journaliste brillante et il suffit qu’un homme t’aime pour que tu sois dissoute dans l’acide, toi et tout ce que tu as accompli.
      #invisibilisation #femmes #historicisation #hétérosexualité #amour

  • Le phénomène ThinkerView ou le triomphe de l’info non-formatée
    https://www.marianne.net/medias/le-phenomene-thinkerview-ou-le-triomphe-de-l-info-non-formatee

    Attirant des centaines de milliers d’internautes, ThinkerView se pose en "anti-chaîne info" et semble surtout répondre à un besoin inassouvi de comprendre la complexité du monde.

    C’est devenu une sorte de must de l’interview. Un endroit privilégié où l’on s’adresse à ceux qui ne regardent plus la télé. En témoigne le geste d’Edwy Plenel annonçant le 24 mai qu’il profite de son passage sur ThinkerView pour lancer une offre d’abonnement à Mediapart, avec un accès gratuit le week-end suivant son intervention en direct. Un signe marketing de l’intérêt porté à « la chaîne qui monte », comme l’a qualifiée l’ex-directeur de la rédaction du Monde. L’influence médiatique a dérivé vers le Web, et une chaîne YouTube peut connaître plus de retentissement que tout autre canal. Alain Juillet en fut sidéré après sa visite en 2018 dans le décor noir à la lumière soignée de ThinkerView. « J’ai été invité par l’intermédiaire d’amis qui travaillent dans l’intelligence économique et qui m’ont incité à accepter, confie cet ancien directeur du renseignement à la DGSE. En arrivant dans la cave faisant office de studio, je me suis demandé ce que je faisais là. Mais j’ai découvert un monde à l’impact effarant. J’avais déjà fait des passages télé, mais jamais connu ça. Des gens m’arrêtent depuis dans la rue parce qu’ils m’ont vu sur ThinkerView. »

    Son interview, un panorama de la géopolitique mondiale, approche les 900 000 vues. Pour plus de deux heures de décryptage, ce que l’on ne voit nulle part ailleurs. Un livre atteste l’effet ThinkerView : Crépuscule, de Juan Branco. Best-seller de ce printemps, il est numéro un des ventes dès sa sortie. Ignoré par les médias mainstream, ce pamphlet contre la Macronie est paru une semaine après que son auteur s’est retrouvé dans le fauteuil de l’interviewé. « Il est impossible de mesurer l’impact sur les ventes mais l’effet amplificateur paraît évident », remarque Florent Massot, coéditeur de Crépuscule. Branco a rapidement accumulé plus de 1 million de vues, l’audience record de la chaîne, supérieure à celle de bon nombre de programmes de télévision. Mais dans ce format long qui parvient à captiver l’auditoire. « Thinker view, c’est l’antichaîne info », estime Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, invité pour des entretiens où il explique comment la propagande fausse notre vision des conflits. Avec une liberté de ton rare.

    « L’intervieweur pose des questions simples auxquelles on peut répondre de façon directe », résume l’analyste. ThinkerView, c’est d’abord cet intervieweur qui n’apparaît pas à l’écran et se fait appeler Sky. Il refuse de nous rencontrer et déclare quand on lui demande d’où il vient : « Tu ne vas rien savoir sur moi. » Pas même son identité. On découvrira toutefois qu’il est un fils de médecin, d’une quarantaine d’années, qui ne dément pas se prénommer Bertrand. La page Wikipédia de ThinkerView lui accole le nom de « Calinou », patronyme à l’imaginaire affectueux renvoyant à une culture revendiquée par Sky, celle des hackeurs.
    Rejet du journalisme du "star system"

    « Ce milieu écrit sous pseudo depuis que les journalistes de reflets.info ont été menacés de mort et convoqués à la DGSE pour avoir enquêté sur la surveillance numérique, rappelle Fabrice Epelboin, spécialiste du Web qui enseigne à Sciences-Po et publia sur Reflets. Je connais Bertrand depuis longtemps, mais, réflexe typique de hackeur pour ne pas mettre l’autre en danger, je ne veux pas savoir son nom. Il a raison de ne pas le divulguer, et ça s’inscrit dans son rejet en bloc du journalisme du star system. »

    Ledit Bertrand « n’aime pas les journalistes ». Du moins ceux d’aujourd’hui, car il « regrette le temps où les gens prenaient le temps de se parler », comme dans « Italiques », l’émission de l’ORTF à laquelle participait Marc Ullmann. Ce journaliste, décédé en 2014, apparaît comme son mentor. Il l’a accueilli au Club des vigilants, un think tank créé en 1999 avec le but d’apprivoiser l’avenir en agissant pour le mieux afin d’éviter le pire. Là où Bertrand imagina ThinkerView, lancé en 2013 avec l’aide d’amis travaillant comme lui dans la sécurité informatique et le soutien de Marc Ullmann.

    Le premier interviewé fut Jacques Blamont, pionnier de la recherche spatiale et auteur d’Introduction au siècle des menaces. Dans sa vidéo inaugurale, il parle d’ « une humanité qui va dans le mur » alors que la technologie avance à une vitesse exponentielle inédite. « Le genre de considérations qui échappe totalement au public », soulignait cet octogénaire, répondant aux objectifs de ThinkerView : « Ecouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture » et « appréhender toute la complexité des enjeux actuels et futurs de notre monde. »

    « C’est une chaîne lanceuse d’alerte », considère Stéphanie Gibaud, qui a consacré un livre (la traque des lanceurs d’alerte, Max Milo Editions) aux poursuites dont sont victimes ceux qui ont déclenché l’alarme. Invitée à ThinkerView en juin 2017, elle appréciait déjà ce « média qui pousse à la réflexion en présentant des regards inhabituels. On y découvre la collapsologie, les dysfonctionnements de notre système économique, mais aussi des esquisses de solution pour le futur ». Depuis six ans, plus de 150 interviews ont été réalisées, avec dès la troisième, l’apparition d’un logo représentant un cygne noir. Une référence à la théorie selon laquelle un événement aussi rare qu’imprévisible peut avoir des conséquences colossales.
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    Comme à la recherche de ces tournants clés, ThinkerView accueille une large palette d’invités. Un banquier peut annoncer que « la réalité du risque est camouflée à tous les niveaux » d’un système financier où l’on joue déraisonnablement sur les effets de levier. Le ministre conseiller de l’ambassade de Russie se voit interroger sur l’usine à trolls qui s’activa depuis son pays à influencer des élections à l’étranger. Des experts en énergie nous informent sur la réalité du pétrole de schiste, et des hackeurs, sur la possibilité d’une cyberdictature. Un policier apporte son expérience dans la lutte contre le terrorisme, un ingénieur avertit de l’impasse écologique où nous mène le high-tech, un taxi dénonce le sacrifice de sa profession, un général explique pourquoi la guerre revient tandis qu’un illustre physicien livre un cours magistral sur le boson de Higgs. Autant d’intervenants qui font dire aux fidèles de la chaîne qu’elle relève du service public. « La diversité et la qualité des invités qui ont le temps de développer une pensée complexe me permettent de mieux saisir ce monde dans lequel on vit », note Jean-Philippe, un artisan de 52 ans.
    Démarche de hackeur

    On peut s’étonner que ThinkerView ait su attirer depuis ses débuts des personnalités qui vont de l’homme d’affaires libanais Michel Eléftériadès au professeur de l’université de Berkeley Peter Dale Scott, de l’activiste des mers Paul Watson au footballeur Lilian Thuram en passant par le philosophe Edgar Morin, le mathématicien Cédric Villani ou encore Marc Luyckx Ghisi, conseiller de Jacques Delors à la Commission européenne en charge de la prospective. « Bertrand a un gros carnet d’adresses et un culot qui lui permet de brancher n’importe qui », indique son ami Olivier Delamarche, analyste financier avec qui il a cofondé en 2014 Les Econoclastes, un think tank multidisciplinaire très porté sur la macroéconomie. Un des terrains de prédilection de ThinkerView qui a sollicité à maintes reprises des représentants de ces éconoclastes.

    Mais, « la plupart du temps, les invités nous sont proposés par la communauté qui nous suit comme on regarderait une série, avec des gens qui interagissent entre eux, explique Bertrand, pour signifier l’importance de la connectivité avec un public partie prenante du programme grâce à Internet. On est partout, du livreur de pizza au banquier international, et des poissons pilotes sortent du banc pour dénicher des auteurs ou des personnalités intéressantes. » En établissant éventuellement le contact. Avec cette méthode, ThinkerView, forte de sa communauté et de son audience, arrive aujourd’hui à recevoir à peu près qui elle veut.

    Tout a longtemps dépendu d’un engagement bénévole. Un précieux apport technique a été offert par Les Parasites, collectif de jeunes cinéastes qui réalisait les émissions et a aidé à concevoir ce décor graphique sur fond noir immédiatement reconnaissable. Il peut s’installer n’importe où, par exemple au ministère de Mounir Mahjoubi pour l’entretien de ce dernier. Les Parasites ont également permis d’obtenir en 2018 une subvention du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) de 50 000 €.

    “LA QUALITÉ A UN COÛT, MAIS IL EST ESSENTIEL DE RESTER GRATUIT. C’EST LA DÉMARCHE DU HACKEUR QUI MET TOUT SUR LA TABLE ET LAISSE FAIRE CE QU’ON VEUT.” BERTRAND

    « Sans cela on aurait arrêté, mais si la communauté arrive à nous faire tenir, on ne redemandera pas cette aide », signale Bertrand. Car un système de crowdfunding est utilisé depuis un an pour financer une équipe qui s’est professionnalisée. Et la communauté répond présente en apportant chaque mois de quoi payer les techniciens, le matériel, un studio, ainsi qu’un salaire pour Sky. En mai 20 000 € ont été récoltés grâce à plus de 2 000 donateurs. De quoi pérenniser un modèle économique où certains paient pour que chacun puisse en profiter. « La qualité a un coût, mais il est essentiel de rester gratuit, insiste Bertrand. C’est la démarche du hacker qui met tout sur la table et laisse faire ce qu’on veut. »
    Soupçons de conspirationnisme

    Depuis six mois, la presse se penche sur ce phénomène, avec des articles dans les Inrocks et sur Francetvinfo. A chaque fois, on cherche à percer ce mystère incarné par Sky, et on conclut sur un soupçon de conspirationnisme en s’appuyant sur Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, qui diagnostique chez ThinkerView « une culture complotico-compatible » ou un « tropisme procomplotiste ». Dans M, le magazine duMonde, un article a également été consacré à cette chaîne qui a connu une hausse significative de ses abonnées sur YouTube depuis le mouvement des « gilets jaunes ». « Il a été modifié dans la version Web après parution, relate Laureen Ortiz, son auteur, une journaliste qui a travaillé aux Etats-Unis pour Libération et l’AFP. Il a été ajouté que ThinkerView avait des relents conspirationnistes et que Les Econoclastes produisaient des analyses biaisées, sans dire en quoi. A mon sens, de l’idéologie est venue se mêler à l’affaire, alors que je me borne au terrain et me fie à mon instinct. Or, j’ai surtout senti chez Sky une sorte de résistance à l’esprit libre, voire anar. »

    Découvrant le relookage conspi de son article, Laureen a publié un commentaire toujours en ligne indiquant que des ajouts avaient été effectués sans son accord, et elle a réclamé que sa signature soit retirée. Cette suspicion de conspirationnisme repose sur le reproche fait à ThinkerView d’avoir invité une poignée d’individus catalogués dans une indéfinie mouvance complotiste, comme le sulfureux panafricaniste Kemi Seba ou le journaliste Laurent Obertone qui a publié des enquêtes sur la délinquance et l’immigration dont Marine Le Pen a fait la promotion.

    « Ils représentent des courants de pensée très importants dans la société, objecte Fabrice Epelboin. Même s’ils peuvent mettre mal à l’aise, ne pas leur donner la parole ne fait qu’accroître leur crédit en laissant monter le sentiment qu’il y a des choses à cacher. » « Appréhender la réalité, c’est la regarder intégralement, même quand ça dérange votre idéologie, ajoute Alain Juillet. Cela ne m’étonne pas que l’on taxe ThinkerView de conspirationnisme, car cet anathème tombe vite aujourd’hui pour qui sort de la pensée unique. Mais une autre perception se met en place chez un public qui ne veut plus se faire manipuler et préfère s’informer sans se limiter à une seule lorgnette ne proposant qu’une vision partielle et partiale. »

    Alors on peut toujours aller chercher des poux à ThinkerView, trouver que son intervieweur a laissé dérouler certains discours sans les contredire, ou qu’il ferait parfois mieux de se taire, mais cette chaîne comble un vide médiatique en répondant à un besoin de connaissance. Sans œillères, et en incitant à remettre en question ce qui se dit à l’écran grâce à la plate-forme Captain Fact qui offre la possibilité de réfuter les affirmations d’un intervenant. Le succès de ThinkerView devrait plutôt interpeller notre profession, que Sky fustige tout en l’idéalisant, lui qui a interviewé Denis Robert, Paul Moreira ou Elise Lucet, en partisan de l’investigation. « Je respecte la vraie presse et ceux qui ont dédié leur vie à ce boulot comme à une passion, mais la majorité des journalistes est tenue en laisse ou affamée », déplore l’homme dans l’ombre. À la profession de démontrer sa capacité à produire une info débridée.

    #masculinisme

  • Chômage, mirages, naufrages
    https://www.youtube.com/watch?v=Jlv2pN8_8SI

    Ah, les chanceux qui ne font rien de leur journée ! Ils « profitent » ! Et donc nécessairement ils « abusent » ! Fainéants, parasites, inadaptés, oisifs : les privés d’emplois souffrent de tous les préjugés. Toutes ces idées reçues qui permettent de détourner le regard face à la grande pauvreté qui prend place quand le travail s’efface. Et si on osait imaginer qu’en fait, non ce n’était pas forcément « un peu de leur faute » ? Si on osait penser que tout le monde devrait avoir une place dans la société - même les accidentés, même les moins performants ? Si on osait se dire que la solution au chômage se trouve moins dans le contrôle et la répression que dans le changement de notre regard ? Source : #DATAGUEULE 90 - (...)

  • Découvrir la #France derrière des barbelés

    Chaque année, à leur descente de l’avion, du train ou du bateau qui les a menés en France, des milliers d’étrangers sont victimes de l’arbitraire de la frontière et ne sont pas autorisés à pénétrer sur le territoire. Quand ils ne sont pas renvoyés illico, on les enferme en « #zone_d’attente ».

    Tout commence lors des contrôles des passagers. Certaines personnes sont admises sur le territoire Schengen sur simple présentation de leurs documents de voyage. D’autres, en raison de leur provenance, de leur nationalité ou de leur comportement, subissent un contrôle plus poussé.

    Claudia, Lola et Sarah [1], trois amies de nationalité dominicaine, résident à Naples depuis huit ans. Elles décident de venir en France, sans avoir réservé leur billet retour, une condition nécessaire à leur entrée sur le territoire – ce qu’elles ignorent. Lorsque Claudia passe les #contrôles_frontaliers, aucune question ne lui est posée : elle est admise sur le territoire français. Ses deux amies n’ont pas la même chance et subissent un contrôle plus approfondi. Elles ont beau présenter immédiatement leurs cartes de résidence italienne, comme pour rassurer la police française : elles ne veulent pas rester, elles ont leur vie en Italie... rien n’y fait. L’entrée leur est refusée et elles sont enfermées jusqu’à leur refoulement.

    Bienvenue en « zone d’attente ». Des lieux de #privation_de_liberté [2] qui se trouvent dans les #aéroports, les #ports et les #gares desservant l’international. En France, il en existe cent une, toutes différentes. Il peut s’agir d’une salle dans l’aéroport de Toulouse, de cellules dans le sous-sol de l’aéroport de Marseille ou encore d’une chambre d’hôtel en face de l’aéroport de Nantes.

    À #Roissy, la #Zapi_3 (Zone d’attente pour personnes en instance) s’étend sur deux niveaux et peut recevoir jusqu’à 120 personnes. Placé au bord des pistes, le bâtiment est entouré de grillages surplombés de barbelés. L’intérieur n’est pas moins oppressant : présence policière constante, caméras de surveillance, fenêtres condamnées, lumière de néons blafarde et bruit incessant des haut-parleurs appelant des personnes pour un éventuel renvoi. Surnommée « l’hôtel » par la police aux frontières, la Zapi 3 est la vitrine des zones d’attente françaises.
    *

    Lorsqu’elles ne sont pas immédiatement renvoyées vers leur pays de provenance, les personnes non-admises sur le territoire sont donc enfermées en zone d’attente, pour une durée initiale de quatre jours et une durée maximum de vingt jours, le temps pour les autorités d’organiser leur renvoi. Durant leur maintien, elles sont dépendantes de la #police_aux_frontières (#PAF) pour l’exercice de leurs droits : enregistrement d’une demande d’asile, repas, accès aux soins.

    Dina et Ehsan, un couple afghan, sont arrivés de Grèce à l’aéroport de Beauvais. Placés en zone d’attente, ils ont vécu un calvaire durant cinq jours avant d’être libérés au titre de l’asile. Dina, alors enceinte de cinq mois, souffrait de maux de ventre et de saignements abondants ; Ehsan, lui, avait une plaie au bras nécrosée et inquiétante, due à une blessure par balle. Seule une lotion vitaminée leur a été délivrée lors de leur bref passage à l’hôpital.

    Les conditions d’enfermement étaient également inhumaines : un espace extrêmement sale, des poubelles débordantes, une chaleur suffocante, l’impossibilité de se laver, pas d’accès à un espace extérieur et une nourriture en quantité et qualité insuffisantes.

    À leur arrivée, la police a refusé d’enregistrer leurs demandes d’asile, et tenté de les renvoyer à deux reprises vers la Grèce. Pendant quatre jours, le couple n’a reçu aucune explication sur ses droits, la PAF n’ayant pas fait appel à un interprète. Les agents ont refusé de leur remettre les documents administratifs relatifs au refus d’entrée et au maintien en zone d’attente.

    La procédure de demande d’asile à la frontière est un #filtre qui sert avant tout au contrôle des flux migratoires, au détriment de la protection des personnes. Elle ne tend pas à reconnaître le statut de réfugié, mais seulement à donner l’autorisation d’entrer sur le territoire français afin d’y déposer une demande d’asile. Cette première décision revient au ministère de l’Intérieur. Pour cela, le demandeur est entendu par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) qui examinera de façon superficielle le « caractère manifestement infondé » de sa demande [3].

    Lydia est nicaraguayenne. Elle a demandé l’asile à la frontière depuis la zone d’attente de Roissy. Sur la base d’un entretien de 25 minutes avec interprète, l’Ofpra et le ministère de l’Intérieur ont considéré que sa demande était manifestement infondée, décision confirmée par le tribunal administratif qui a rejeté son recours contre la décision ministérielle. Lydia a alors subi plusieurs tentatives d’embarquement. Après vingt jours d’enfermement, elle est placée en garde à vue pour avoir refusé d’embarquer, puis directement au Centre de rétention administrative (#CRA) sur la base d’une obligation de quitter le territoire français émise à l’issue de la garde à vue. L’Ofpra lui accordera finalement le statut de réfugiée depuis le CRA.

    La situation de Lydia n’est malheureusement pas isolée. Si certaines personnes finissent par être libérées de la zone d’attente, les autres sont majoritairement refoulées ou placées en garde à vue pour leur refus d’embarquer, ce qui constitue souvent le point d’entrée d’une spirale d’enfermements successifs. Les possibilités sont nombreuses : prison, local ou centre de rétention administrative. Si le juge prononce une interdiction du territoire français, la personne est placée en rétention juste après l’audience. Si, en plus, le juge condamne la personne (le refus d’embarquer est un délit passible de trois ans de prison ferme), elle sera placée en rétention à sa sortie de prison. La police tentera de nouveau de l’éloigner et si elle persiste à refuser d’embarquer, elle pourra une nouvelle fois être placée en garde à vue et condamnée.
    *

    Pour se protéger d’un prétendu « risque migratoire » ou d’un « afflux massif », l’enfermement est un instrument central et banalisé de gestion des populations migrantes en Europe et au-delà. Les logiques frontalières sont généralement les mêmes : rejet, #invisibilisation, opacité des pratiques, fichage, violations des droits fondamentaux. L’enfermement se double d’une dimension de « #tri à l’entrée », qui renverrait à l’idée de prévention associée à l’image de « criminels » placés derrière des barreaux. Cet enfermement crée surtout des traumatismes profonds.

    http://cqfd-journal.org/Decouvrir-la-France-derriere-des

    #zones_d'attente #refoulement #push-back #refoulements #refoulements #aéroport #enfermement #détention_administrative #rétention

    ping @karine4 @isskein

  • Payés des mois après avoir enseigné, et sans protection sociale : le scandale des vacataires à l’université
    https://www.bastamag.net/Enseignants-vacataires-universites-precarite-chercheurs-auto-entrepreneur-

    Des milliers d’enseignants vacataires sont employés par les universités ou recrutés par des formations sélectives pour pallier le manque de postes. Ces enseignants, souvent des jeunes chercheurs, travaillent la plupart du temps sans contrat, sans bulletin de salaire, sont payés avec plusieurs mois, voire un an, de retard. Pire, l’administration les oblige parfois à travailler sous le statut d’auto-entrepreneur. Après des promesses non tenues en 2016, des collectifs se remobilisent. Leur première (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, Emploi , #Conditions_de_travail, #Education, A la une

    #Emploi_

    • Même dans cette formation prestigieuse et sélective, les conditions de paiement des vacataires sont extrêmement précaires. « Certains vacataires sont au RSA. Et comme nous travaillons sans bulletin de salaire pendent des mois, la CAF déclenche des contrôles systématiquement. Pendant ce temps, le RSA n’est pas versé », rapporte Corinne Lellouche, vacataire au Celsa depuis 2006. « Ce statut de vacataire a été créé à l’origine pour des activités ponctuelles. Quand j’ai commencé, les vacataires étaient de gens avec de bonnes situations qui faisaient cela en plus de leur activité principale. Ce n’est plus le cas. Les nouveaux vacataires du Celsa ne sont plus des journalistes ou des communicants en poste. Ce sont des jeunes précaires qui multiplient les activités et ont besoin d’attestation d’emploi et de bulletins de salaire pour pouvoir faire valoir leur droits au chômage auprès de Pôle emploi. Au Celsa, il y a aujourd’hui 600 vacataires pour 120 titulaires, dont les personnels administratifs. » Si le recours à des intervenants extérieurs pour des cours ou des formations très ponctuels est logique, il semble que les universités et grandes écoles sont de plus en plus nombreuses à abuser de ce statut bancal et ultra-précaire.

  • Les #Découvreuses

    Derrière la personnalité forte et emblématique de Marie Curie, Les découvreuses présente l’aventure exceptionnelle de 20 femmes qui ont permis à l’humanité de réaliser des bonds en avant dans les disciplines scientifiques les plus variées : Physique, Chimie, Télécommunications, Biologie, Exploration de l’espace…
    L’album regroupe :
    – 5 histoires courtes de 8 à 21 pages consacrées à :
    . Marie Curie (Physique et Chimie)
    . Ada Lovelace (Informatique)
    . Mae Jamison (Espace)
    . Rosalind Franklin (Biologie)
    . Hedy Lamarr (Communications)
    et 15 fiches illustrées pour 15 autres scientifiques souvent injustement mises de côté.


    http://21g.fr/catalogue/decouvreuses

    #femmes #science #BD #livre #histoire #histoire_des_sciences #invisibilité #invisibilisation #historicisation

  • La pellicule invisible d’Alice Guy
    https://www.liberation.fr/debats/2019/06/05/la-pellicule-invisible-d-alice-guy_1731901

    Bien qu’Alice Guy-Blaché soit française et la réalisatrice d’une œuvre protéiforme, il y a peu de chances pour que Be Natural : The Untold Story of Alice Guy-Blaché, le documentaire de Pamela B. Green sorti depuis peu aux Etats-Unis, soit montré en France. Il n’a trouvé, pour l’heure, aucun distributeur dans l’Hexagone, quand l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et l’Espagne ont acheté les droits. Doit-on s’en étonner ? Non, à en croire la réalisatrice, dont le film dénonce l’indifférence têtue de la France vis-à-vis d’une pionnière du cinéma. A ce titre, il n’est pas exagéré de dire que le véritable sujet de Be Natural, enquête cinématographique et making of de cette enquête, porte sur la façon dont l’histoire se fait, puis s’écrit - ou pas - et se réécrit.

    Née en 1873, Alice Guy commence sa carrière en 1894, à 21 ans, comme sténodactylographe d’un certain Léon Gaumont. L’année suivante, elle assiste avec son patron à la première projection organisée par les frères Lumières. Gaumont saisit tout de suite l’importance du procédé, qu’il entend développer. Alice Guy se propose aussitôt de participer à l’aventure en créant des petits films courts. Gaumont accepte, au motif que « c’est un métier pour jeunes filles (sic) ». Loin d’être un art, le cinématographe n’est pas encore une profession, tout au plus une occupation d’amateurs - idéale pour une femme, donc.

    Alice Guy a trouvé sa vocation. Dès 1896, elle réalise ce qui peut être considéré comme le premier film de fiction, la Fée aux choux, soit moins d’une minute où l’on voit une plantureuse fée sortir des nourrissons de choux en cartons, artistiquement dessinés. Suivront près de mille films, sur dix-sept ans de carrière où Alice Guy, désormais directrice de production chez Gaumont, assure souvent tous les rôles - réalisatrice, scénariste, habilleuse… Elle touche à tous les genres, le comique, le drame sentimental, le western, le « clip » musical avec des chansonniers comme Mayol ou Dranem, et même le péplum avec son « chef-d’œuvre », la Vie du Christ (1906), film en vingt-cinq tableaux, d’une longueur totale de trente-cinq minutes, très inhabituelle pour l’époque. Elle participe à toutes les innovations comme la colorisation et, surtout, le chronophone, ancêtre du parlant, qu’elle part introduire aux Etats-Unis en 1907. C’est le deuxième volet de sa carrière, qui la voit s’épanouir à New York, où elle est partie avec son mari, le réalisateur Herbert Blaché. Bien que jeune mère, elle ne renonce pas à sa passion, bien au contraire, et ce malgré la difficulté qu’elle éprouvera toujours à maîtriser l’anglais. Elle parvient même à fonder sa propre compagnie, Solax, implantée à Fort Lee (New Jersey) et considérée comme le studio le plus important aux Etats-Unis de l’ère pré-Hollywood. Mais en 1921, en instance de divorce, alors que Solax a été en partie endommagé par un incendie, elle décide de rentrer en France.

    Commence alors une période sombre, qui s’étirera jusqu’à la fin de sa vie, en 1968. Sombre car Alice Guy, avec deux enfants à charge, ne parvient pas à trouver de travail. On ne l’a pas seulement oubliée : alors que paraissent les premières histoires du cinéma, son œuvre est effacée ou attribuée à d’autres, acteurs ou assistants qu’elle a employés, comme Feuillade. Même Gaumont, qui publie l’histoire de sa maison, la passe sous silence. Il promet des corrections pour la seconde édition - et des brouillons prouvent qu’il entendait tenir sa promesse - mais il meurt en 1946, avant la parution prévue du volume, qui ne verra jamais le jour.

    Comprenant que le cinéma lui a désormais fermé ses portes, Alice Guy entreprend de se faire elle-même justice. Elle corrige les premières histoire(s) du cinéma qui paraissent, tente de récupérer ses œuvres, perdues, oubliées, éparpillées chez les premiers collectionneurs. Non signés, dépourvus de génériques, sans crédits ni copyrights, les films d’Alice Guy semblent ne plus exister que dans la mémoire de leur créatrice. En désespoir de cause, elle écrit ses souvenirs. Aucun éditeur n’en voudra. L’Autobiographie d’une pionnière du cinéma paraîtra à titre posthume chez Denoël, en 1976. Une préface de Nicole-Lise Bernheim ouvre le livre par ces mots : « Si j’étais née en 1873 […]. / Si j’avais travaillé chez Gaumont pendant onze ans / […]. Si j’avais été la seule femme metteur en scène du monde entier pendant dix-sept ans, / Qui serais-je ? / Je serais connue, / Je serais célèbre, / Je serais fêtée, / Je serais reconnue. / […]. Qui suis-je ? / Méliès, Lumière, Gaumont ? / Non. / Je suis une femme. »

    Encouragée par Léon Gaumont, qui sut lui confier d’importantes responsabilités, objet d’hommages appuyés signés - excusez du peu - Eisenstein ou Hitchcock, Alice Guy n’a pas tant été victime « des hommes » que des historiens du cinéma. Son effacement est l’exemplification même d’un déni d’histoire. Une femme peut réussir - et Alice Guy l’a prouvé avec éclat - mais à partir du moment où une pratique amateur devient une profession, un art et un enjeu commercial, elle n’a plus sa place dans la légende. Prenez Méliès. Lui aussi a été oublié, son œuvre effacée, tandis qu’il tombait dans la misère et survivait en vendant des bonbons devant la gare Montparnasse. Mais dès 1925, l’Histoire du cinématographe de ses origines à nos jours, par Georges-Michel Coissac lui redonnait sa place, qui ne fera dès lors que grandir. Le nom d’Alice Guy n’y est même pas mentionné. Georges Sadoul a attribué ses films à d’autres, Langlois l’a négligée, Toscan du Plantier, directeur de la Gaumont de 1975 à 1985, ne savait même pas qui elle était. Et la France, aujourd’hui, rechigne à diffuser Be Natural, documentaire passionnant et presque trop dense, tant le nombre d’informations, glanées pendant dix ans, peine à rentrer dans les 103 minutes du film. On se consolera avec les quelques films d’Alice Guy disponibles sur YouTube (1), dont l’hilarant les Résultats du féminisme (1906), qui inverse les rôles de genre. Edifiant.

    (1) On trouvera aussi sur YouTube le Jardin oublié : la vie et l’œuvre d’Alice Guy-Blaché (1995), documentaire de Marquise Lepage. A mentionner également, le prix Alice-Guy, qui a récompensé cette année Un amour impossible, de Catherine Corsini.

    #invisibilisation #historicisation #femmes #cinema

    Quand est-ce qu’on efface les historiens du cinéma ?

  • UvA, schilder deze theekrans snel over, want dit doek doet geen recht aan de waarde die deze vrouwen hebben voor de universiteit

    De wijze waarop vijf vrouwelijke UvA-hoogleraren zijn geportretteerd, doet geen recht aan hun status.

    ‘Faculteit der Geesteswetenschappen onthult schilderij van vijf vrouwelijke hoogleraren.’ Doorgaans stemt zo’n titel mij vrolijk. Ik, vrouw, voel mij daardoor sterk en hoopvol over de toekomst, en trots op mijn universiteit. Met toch sluimerende achterdocht klik ik verder om het artikel te lezen. Ik val van mijn stoel. Even hoop ik dat de titel ongelukkig geformuleerd is. ‘Faculteit der Geesteswetenschappen onthult vijf schilderijen van vrouwelijke hoogleraren’, zou op zijn plaats zijn.

    Helaas blijkt ook het schilderij ­ongelukkig vormgegeven. Tot mijn stomme verbazing zie ik een kiekje van een high tea. Associaties als ‘gezellig’, ‘huisvrouwen’ en ‘knus’ zijn eerder gelegd dan ‘kennis’, ‘kunde’, of ‘wetenschap’. Erg jammer, want ik lees dat de UvA met dit werk (van Rogier Willems) ‘dat zij allang geen mannenbolwerk meer is, noch wil zijn’.

    Op dit schilderij zie ik hoogopgeleide vrouwen met een voorbeeldfunctie als gezellige tantes afgeschilderd. Geen enkele persoonlijkheid is goed gevat, vertelt een UvA-hoogleraar wier wens anoniem te blijven ik respecteer.

    Daarnaast zie ik twee van de vijf hoogleraren noodgedwongen staan, omdat er simpelweg geen plek voor ze is. Misschien toch niet zo slecht gevat. Op tafel ligt wat anoniem papierwerk. Waarom zie ik van geen van de hoogleraren een werk van haar hand, vereeuwigd op dit doek? Geen spoor van activiteit waaruit blijkt dat er hard gewerkt is aan het intellectueel erfgoed van de UvA, van onze generatie.

    De onthulling verraadt intellectuele luiheid. Duidelijk zichtbaar is dat de UvA geen idee heeft wat er speelt in het debat over vrouwen, feminisme, gelijkheid. De universiteit is zich niet bewust geweest van mogelijke beeld-implicaties. Wellicht zijn de intenties goed, goed nagedacht is er niet.

    UvA, als je daadwerkelijk van mening bent dat deze vrouwen, in een tijd dat dat nog altijd niet vanzelfsprekend is, veel hebben betekend voor de universiteit, draag dat dan uit. Vijf portretten graag, en met allure. Ik wil dat trots, eerbied en intellect te ruiken is in de hal van het Bushuis. Liefst door nog natte verf, van echte purperslakken. Nu zie ik alleen een bevestiging van een bestuur dat onder groepsdruk wat meer vrouwen aan de muur hangt.

    In de verslaglegging van de onthulling op de website van de UvA zien de hoogleraren in kwestie slechts een bulletpoint voor hun naam, in plaats van een titel. Ik geloof dat er had moeten staan: prof. dr. M.G. (Maria) Bal, hoogleraar Theoretische literatuurwetenschap; prof. A.G.A. (Anne) van Grevenstein- Kruse, hoogleraar Praktijk van conservering en restauratie; prof. dr. A.C.J. (Aafke) Hulk, hoogleraar Franse taalkunde en decaan van de Faculteit Geesteswetenschappen tussen 2003 en 2008; Prof. dr. J.F.T.M. (José) van Dijck, hoogleraar Vergelijkende mediawetenschappen (tot 2016) en decaan van de Faculteit Geesteswetenschappen tussen 2008 en 2011; prof. dr. M.T.C. (Marita) Mathijsen-Verkooijen, hoogleraar Moderne Nederlandse letterkunde.

    Niet onbelangrijk is dat al deze hoogleraren vrouwen zijn. Dat wordt dus: mw. prof. dr. M.G. (Maria) Bal, hoogleraar Theoretische literatuurwetenschap; mw. prof. A.G.A. (Anne) van Grevenstein-Kruse, hoogleraar Praktijk van conservering en restauratie; mw. prof. dr. A.C.J. (Aafke) Hulk, hoogleraar Franse taalkunde en decaan van de Faculteit Geesteswetenschappen tussen 2003 en 2008; mw. prof. dr. J.F.T.M. (José) van Dijck, hoogleraar Vergelijkende mediawetenschappen (tot 2016) en decaan van de Faculteit Geesteswetenschappen tussen 2008 en 2011; mw. prof. dr. M.T.C. (Marita) Mathijsen-Verkooijen, hoogleraar Moderne Nederlandse letterkunde. Zo, met de kracht van de herhaling.

    Helaas werd bij iedere verslaglegging van de onthulling vooral herhaald hoe gróót het schilderij wel niet is. Dat zal wel een mannending zijn. Mijn boodschap moge duidelijk zijn. Wellicht bedoelde de UvA het goed met de vereeuwiging van deze vrouwen, de gezellige groeps­medaille in olie op linnen doet geen recht aan de waarde die deze vrouwen hebben voor de Universiteit van Amsterdam. Ere wie ere toekomt.

    Vijf portretten dus.

    https://www.volkskrant.nl/columns-opinie/uva-schilder-deze-theekrans-snel-over-want-dit-doek-doet-geen-recht-aan-d

    #femmes #invisibilisation #université #Pays-Bas #UvA #université_d'Amsterdam #in/visibilité #portraits #hommage #science #académie #genre

    Commentaire d’une amie:

    UvA a fait faire un tableau de 5 dames profs pour compenser la galerie de vieux messieurs qu’on voit dans certains bâtiments.

    Mise en place avec pompe a Fac de lettres.

    Le résultat est déprimant -
    (on ne les reconnait qu’avec peine).

    Dans la lettre ouverte dans De Volkskrant), une étudiante demande cinq portraits individuels et à la hauteur de la formalité des responsabilités de leurs chaires (l’une a été présidente de l’ Académie royale néerlandaise des sciences).

  • Why are women forgotten in art and design history?
    https://www.creativereview.co.uk/why-are-women-forgotten-in-art-and-design-history

    When it was founded in 1919, the Bauhaus school represented a new approach to art that did away with the pretension of previous movements. Burning bridges between artist and artisan, focus was placed on craft, process and the building of art rather than the end product itself. The iconic school would go onto influence design and architecture over the next century with hallmark names like László Moholy-Nagy, Paul Klee, Wassily Kandinsky and Marcel Breuer at its helm, who all taught at the iconic school as ‘masters’ during its 24-year history. However, few women were made masters, and women artists tend to rank further down on the Who’s Who list of Bauhaus icons, despite the school’s reputation as a bastion of gender equality.

    #art #femmes #invisibilisation

  • Susan Sontag, véritable auteure du livre phare de son mari
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/susan-sontag-veritable-auteure-du-livre-phare-de-son-mari/94876

    Benjamin Moser, l’auteur de cette nouvelle biographie, ne se contente pas de vagues suppositions. D’après le Guardian, il a mené une enquête très fouillée pour établir les faits avec certitude. En effet, il a obtenu un accès privilégié aux archives de l’auteure entreposées à UCLA, y compris des pièces qui ne seront pas accessibles au public avant plusieurs années. Par ailleurs, il s’est entretenu avec des personnes de l’entourage proche de Susan Sontag.

    Résultat des courses, Moser est certain que c’est Susan Sontag qui a rédigé le livre, en plus de l’important travail de recherche qu’elle a mené pour en constituer le contenu. « Susan passait toutes ses après-midi à tout écrire à partir de rien », explique Minda Rae Amiran, une amie de l’intellectuelle. Plusieurs éléments de sa correspondance permettent également d’affirmer qu’elle est l’auteure du livre de son mari.

    Un cas d’école d’effet Matilda (le fait de minimiser la contribution de femmes scientifiques à la recherche) appliqué à la littérature. L’auteur de la biographie lui-même reconnaît que s’il connaissait la rumeur qui faisait de Sontag la véritable auteure du livre, il avait quelques doutes, notamment étant donné l’âge de Sontag à l’époque. En effet, elle a épousé Rieff en 1950, à l’âge de 17 ans ; l’ouvrage sur Freud est quant à lui paru en 1959, quand elle n’avait donc que 26 ans.

    Et, lors de sa parution, le Guardian de l’époque parlait d’un « évènement à célébrer… un livre véritablement brillant sur l’importance culturelle de Freud… une contribution aux sciences humaines dont la valeur sera permanente » ! Clairement, on a vu critique plus acerbe…

    Étudiante brillante et précoce (elle termine le lycée à 15 ans avant d’intégrer les rangs de l’université), Susan Sontag a donc écrit le livre qui allait lancer la carrière de son mari… Pourquoi la vérité est-elle restée cachée ? C’est là que l’on bascule de l’injuste au tragique.

    Selon Moser, c’est au moment de son divorce que Susan Sontag a promis à Rieff d’abandonner ses droits légitimes à se revendiquer publiquement comme l’auteure de l’ouvrage. En échange de quoi, il aurait laissé la garde de leur fils à son ex-épouse.

    C’est à se demandé si un seul homme à écrit lui même l’œuvre qui lui est attribué.
    Benjamin Moser est-il marié ?

    #invisibilisation #femmes #hétérosexualité #couple #amour #haine #domination #spoliation #chantage #grand_homme

  • Emma, du blog à la BD
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/emma-du-blog-a-la-bd

    La bloggeuse et autrice de bandes dessinées #Emma connue pour « La #Charge_mentale », s’intéresse aujourd’hui à l’écologie en publiant : « Un autre regard sur le climat » (Massot Editions, mai 2019)

    Emma y parle #femmes #féminisme #capitalocène #gilets_jaunes et appelle à un grand soulèvement populaire

  • Fresque à l’Assemblée nationale à Paris...

    Cette #fresque trône dans mon lieu de travail, l’@AssembleeNat. C’est censé est un truc commémoratif. Imagine-t-on des Juifs représentés ac l’imagerie antisémite pour une commémoration ? Ces traits sont des caricatures issus d’une longue tradition européenne. C’est + qu’une honte


    https://twitter.com/MMonmirel/status/1127591340131454977?s=19
    #racisme #néo-colonialisme #art_de_rue #street_art #commémoration #mémoire #caricature #Africains #Noirs #esclavage #préjugés #mémoire

    ping @reka

  • A Chypre, Monsieur Tout-le-Monde tuait des femmes étrangères, travailleuses invisibles
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/a-chypre-monsieur-tout-le-monde-tuait-des-femmes-etrangeres-travailleuses

    La mort leur a donné un nom. Arian Palanas Lozano, Maricar Valdez, Asmita Khadka Bista, Livia-Florentina Bunea et Mary Rose Tiburcio… Les deux dernières étaient les mamans d’Elena et Sierra, 8 et 6 ans. Cinq femmes et deux fillettes, des étrangères victimes de Nikos Metaxas, suspecté d’être le premier tueur en série de l’histoire de l’île de Chypre. Ces travailleuses invisibles sont devenues les symboles de milliers de migrantes que la société chypriote a longtemps ignorées.

    Au cœur de l’Union européenne, à quelques semaines d’élections continentales, des milliers de femmes sont ainsi « réduites à l’état de choses par des employeurs qui abusent de leur pauvreté », dénonce Ester Beatty. « Certaines bossent jusqu’à quinze heures par jour ! »

    #féminicide #exploitation #migrations

  • L’« occasion manquée » de Lepage au Soleil
    Lela Savic, Métro, le 24 avril 2019
    https://journalmetro.com/culture/2311750/loccasion-manquee-de-lepage-au-soleil

    La pièce Kanata portant sur l’histoire des premiers peuples du Canada a suscité une telle controverse l’été dernier, en raison de l’absence d’Autochtones dans le projet, qu’elle a été annulée au Québec. Le documentaire Lepage au Soleil nous plonge au coeur de sa création. Métro l’a fait voir à trois spécialistes des questions autochtones.

    « Lorsqu’un aîné parle de ses blessures, ou un chef raconte notre culture, il n’a pas de nom, c’est comme si “c’est juste un vieil indien”. La seule femme autochtone qui est interviewée dans le film est aussi celle qui dit qu’elle trouve dommage que la pièce n’ait pas eu lieu. Même si elle ouvre le film en exprimant son support envers Kanata, on apprend son nom que vers la moitié du film ».

    Redface
    Les spectacles qui représentent des autochtones ne datent pas d’hier, précise l’historien Gavin Taylor. Au 19 e siècle, quelque soixante-dix productions de « pièces de théâtre indiennes » (Indian plays) ont été mises en scène aux États-Unis. « À bien des égards, ces pièces étaient l’analogue des spectacles de Blackface — c’était des productions dans lesquelles des acteurs blancs caricaturaient les personnes autochtones pour le plaisir d’un public blanc. Alors que le Blackface présentait les Afro-Américains comme des bouffons, les personnages “indiens” étaient présentés comme des sauvages, mais aussi comme des restants tragiques d’une race mourante. » Selon M.Taylor cette représentation des peuples autochtones avait une très longue histoire ; l’historien Lakota Philip Deloria a appelé cela « jouer aux Indiens » explique-t-il. « L’effacement et l’appropriation de l’identité autochtone est typiques des sociétés coloniales qui prétendent être fondées dans le territoire même où les Autochtones ont été dépossédés. » En ne reconnaissant pas cette dynamique, Lepage et Ariane Mnouchkine ont étés « naïfs, voire arrogants » croit l’historien.

    #Kanata #Robert_Lepage #autochtone #France #Ariane_Mnouchkine #Théâtre_du_Soleil #Cartoucherie #appropriation_culturelle #racisme #invisibilisation #Spectacle #Théâtre #Canada