• Sortie du nouveau numéro de la revue Carnets de géographes

    Jean-Baptiste Bing
    Géographicité de la #verticalité. [Texte intégral]

    Julien Gingembre
    Le #Sillon_Lorrain : quelle recomposition territoriale dans un espace multipolaire ? [Texte intégral]

    Anthony Goreau-Ponceaud
    #Hindouisme et pratiques spatiales des #Tamouls en Île-de-France [Texte intégral]
    Hinduism and spatial practices of Tamils ​​in Île-de-France

    #France #diaspora

    Stéphanie Lotz-Coll
    La #friche_militaire urbaine, un nouvel espace convoité ? [Texte intégral]

    Chiara Kirschner
    La gestion de l’#incertitude dans l’#itinérance_récréative : le #corps créatif à l’œuvre [Texte intégral]

    Laura Péaud
    Faire discipline : la géographie à la #Société_de_Géographie_de_Paris entre 1800 et 1850 [Texte intégral]

    Florence Orillard, Mathilde Gralepois et Laura Verdelli
    La prévention des #inondations dans les opérations d’aménagement des interfaces ville-port, un levier de #gentrification indirecte ? Le cas du Havre (France) [Texte intégral]
    #risques #Le_Havre #villes_portuaires #ports

    Adrian Foucher
    Du mobile à l’immobile [Texte intégral]
    Récit d’expérience migratoire dans les « #barracks » de #Belgrade
    #migrations #Serbie

    Basile Michel
    Construction de #cartes_mentales synthétiques : mise en avant des #représentations_spatiales collectivement partagées [Texte intégral]
    Le cas des travailleurs créatifs de quartiers urbains centraux de #Nantes et #Marseille

    Chloé Nicolas-Artero
    Une géographe engagée face aux rapports de pouvoir autour de l’#eau : retour réflexif sur les situations d’enquête au #Chili [Texte intégral]

    Camille Rouchi
    Une thèse CIFRE en collectivité territoriale : concilier la recherche et l’action ? [Texte intégral]

    Camille Robert-Boeuf
    Analyser le jardin collectif urbain en géographie : une lecture du #jardinage par les #émotions [Texte intégral]
    #jardins_urbains #jardinage_urbain #agriculture_urbaine

    David Villeneuve
    Enquêter auprès des chrétiens d’#Irak : considérations méthodologiques sur un terrain en « milieu difficile » [Texte intégral]

    https://journals.openedition.org/cdg/1248
    #géographie


  • Quoi qu’il en soit, Trump ne quittera pas la Syrie et l’Afghanistan Stephen Gowans - 2 Janvier 2019 - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/117672

    Il ne fait que transférer le fardeau sur les alliés et compter davantage sur les mercenaires

    Le retrait annoncé des troupes américaines de #Syrie et la diminution des troupes d’occupation en #Afghanistan ne correspondent très probablement pas à l’abandon par les #États-Unis de leurs objectifs au #Moyen-Orient, mais bien plutôt à l’adoption de nouveaux moyens pour atteindre les buts que la politique étrangère américaine vise depuis longtemps. Plutôt que de renoncer à l’objectif américain de dominer les mondes arabe et musulman par un système colonialiste et une occupation militaire directe, le président #Donald_Trump ne fait que mettre en œuvre une nouvelle politique – une politique basée sur un transfert plus important du fardeau du maintien de l’#Empire sur ses alliés et sur des soldats privés financés par les monarchies pétrolières.

    Le modus operandi de Trump en matière de relations étrangères a été constamment guidé par l’argument que les alliés des États-Unis ne parviennent pas à peser leur poids et devraient contribuer davantage à l’architecture de la sécurité américaine. Recruter des alliés arabes pour remplacer les troupes américaines en Syrie et déployer des #mercenaires (appelés par euphémisme des fournisseurs de sécurité) sont deux options que la Maison-Blanche examine activement depuis l’année dernière. De plus, il existe déjà une importante présence alliée et mercenaire en Afghanistan et le retrait prévu de 7000 soldats américains de ce pays ne réduira que marginalement l’empreinte militaire occidentale.

    Le conflit entre le secrétaire américain à la Défense #Jim_Mattis et Trump quant à leurs visions du monde est perçu à tort comme l’expression d’opinions contradictoires sur les objectifs américains plutôt que sur la manière de les atteindre. Mattis privilégie la poursuite des buts impériaux des États-Unis par la participation significative de l’armée américaine tandis que Trump favorise la pression sur les alliés pour qu’ils assument une plus grande partie du fardeau que constitue l’entretien de l’empire américain, tout en embauchant des fournisseurs de sécurité pour combler les lacunes. Le but de Trump est de réduire la ponction de l’Empire sur les finances américaines et d’assurer sa base électorale, à qui il a promis, dans le cadre de son plan « #America_First », de ramener les soldats américains au pays.

    Fait significatif, le plan de Trump est de réduire les dépenses des activités militaires américaines à l’étranger, non pas comme fin en soi mais comme moyen de libérer des revenus pour l’investissement intérieur dans les infrastructures publiques. De son point de vue, les dépenses pour la république devraient avoir la priorité sur les dépenses pour l’#Empire. « Nous avons [dépensé] 7 mille milliards de dollars au Moyen-Orient », s’est plaint le président américain auprès des membres de son administration. « Nous ne pouvons même pas réunir mille milliards de dollars pour l’infrastructure domestique. »[1] Plus tôt, à la veille de l’élection de 2016, Trump se plaignait que Washington avait « gaspillé 6 trillions de dollars en guerres au Moyen-Orient – nous aurions pu reconstruire deux fois notre pays – qui n’ont produit que plus de terrorisme, plus de mort et plus de souffrance – imaginez si cet argent avait été dépensé dans le pays. […] Nous avons dépensé 6 trillions de dollars, perdu des milliers de vies. On pourrait dire des centaines de milliers de vies, parce qu’il faut aussi regarder l’autre côté. » [2]

    En avril de cette année, Trump « a exprimé son impatience croissante face au coût et à la durée de l’effort pour stabiliser la Syrie » et a parlé de l’urgence d’accélérer le retrait des troupes américaines. [3] Les membres de son administration se sont empressés « d’élaborer une stratégie de sortie qui transférerait le fardeau américain sur des partenaires régionaux ». [4]

    La conseiller à la Sécurité nationale, #John_Bolton, « a appelé Abbas Kamel, le chef par intérim des services de renseignement égyptiens pour voir si le Caire contribuerait à cet effort ». [5] Puis l’#Arabie_ saoudite, le #Qatar et les Émirats arabes unis ont été « approchés par rapport à leur soutien financier et, plus largement, pour qu’ils contribuent ». Bolton a également demandé « aux pays arabes d’envoyer des troupes ». [6] Les satellites arabes ont été mis sous pression pour « travailler avec les combattants locaux #kurdes et arabes que les Américains soutenaient » [7] – autrement dit de prendre le relais des États-Unis.

    Peu après, #Erik_Prince, le fondateur de #Blackwater USA, l’entreprise de mercenaires, a « été contactée de manière informelle par des responsables arabes sur la perspective de construire une force en Syrie ». [8] À l’été 2017, Prince – le frère de la secrétaire américaine à l’Éducation #Betsy_De_Vos – a approché la Maison Blanche sur la possibilité de retirer les forces étasuniennes d’Afghanistan et d’envoyer des mercenaires combattre à leur place. [9] Le plan serait que les monarchies pétrolières du golfe Persique paient Prince pour déployer une force mercenaire qui prendrait la relève des troupes américaines.

    En avril, Trump a annoncé : « Nous avons demandé à nos partenaires d’assumer une plus grande responsabilité dans la sécurisation de leur région d’origine. » [10] La rédaction en chef du Wall Street Journal a applaudi cette décision. Le plan de Trump, a-t-il dit, était « la meilleure stratégie » – elle mobiliserait « les opposants régionaux de l’Iran », c’est-à-dire les potentats arabes qui gouvernent à la satisfaction de Washington en vue du projet de transformer « la Syrie en un Vietnam pour l’Ayatollah ». [11]

    En ce moment, il y a 14 000 soldats américains reconnus en Afghanistan, dont la moitié, soit 7 000, seront bientôt retirés. Mais il y a aussi environ 47 000 soldats occidentaux dans le pays, y compris des troupes de l’#OTAN et des mercenaires (14 000 soldats américains, 7 000 de l’OTAN [12] et 26 000 soldats privés [13]). Diviser la contribution étasunienne de moitié laissera encore 40 000 hommes de troupes occidentales comme force d’occupation en Afghanistan. Et la réduction des forces américaines peut être réalisée facilement en engageant 7000 remplaçants mercenaires, payés par les monarques du golfe Persique. « Le retrait », a rapporté The Wall Street Journal, « pourrait ouvrir la voie à un plus grand nombre d’entrepreneurs privés pour assumer des rôles de soutien et de formation », comme le souligne « la campagne de longue date d’Erik Prince ». Le Journal a noté que le frère de la secrétaire à l’Éducation « a mené une campagne agressive pour convaincre M. Trump de privatiser la guerre ». [14]

    La démission de Mattis a été interprétée comme une protestation contre Trump, qui « cède un territoire essentiel à la Russie et à l’Iran » [15] plutôt que comme un reproche à Trump de se reposer sur des alliés pour porter le fardeau de la poursuite des objectifs étasuniens en Syrie. La lettre de démission du secrétaire à la Défense était muette sur la décision de Trump de rapatrier les troupes américaines de Syrie et d’Afghanistan et insistait plutôt sur « les alliances et les partenariats ». Elle soulignait les préoccupations de Mattis sur le fait que le changement de direction de Trump n’accordait pas suffisamment d’attention au « maintien d’alliances solides et de signes de respect » à l’égard des alliés. Alors que cela a été interprété comme un reproche d’avoir abandonné le fer de lance américain en Syrie, les Kurdes, Mattis faisait référence aux « alliances et aux partenariats » au pluriel, ce qui indique que ses griefs vont plus loin que les relations des États-Unis avec les Kurdes. Au contraire, Mattis a exprimé des préoccupations cohérentes avec une plainte durable dans le milieu de la politique étrangère américaine selon laquelle les efforts incessants de Trump pour faire pression sur ses alliés afin qu’ils supportent davantage le coût du maintien de l’Empire aliènent les alliés des Américains et affaiblissent le « système d’alliances et de partenariats » qui le composent. [16]

    L’idée, aussi, que la démission de Mattis est un reproche à Trump pour l’abandon des Kurdes, est sans fondement. Les Kurdes ne sont pas abandonnés. Des commandos britanniques et français sont également présents dans le pays et « on s’attend à ce qu’ils restent en Syrie après le départ des troupes américaines ». [17] Mattis semble avoir été préoccupé par le fait qu’en extrayant les forces américaines de Syrie, Trump fasse peser plus lourdement le poids de la sécurisation des objectifs étasuniens sur les Britanniques et les Français, dont on ne peut guère attendre qu’ils tolèrent longtemps un arrangement où ils agissent comme force expéditionnaire pour Washington tandis que les troupes américaines restent chez elles. À un moment donné, ils se rendront compte qu’ils seraient peut-être mieux en dehors de l’alliance américaine. Pour Mattis, soucieux depuis longtemps de préserver un « système global d’alliances et de partenariats » comme moyen de « faire progresser un ordre international le plus propice à la sécurité, à la prospérité et aux valeurs [des États-Unis], le transfert du fardeau par Trump ne parvient guère à « traiter les alliés avec respect » ou à « faire preuve d’un leadership efficace », comme Mattis a écrit que Washington devrait le faire dans sa lettre de démission.

    Le président russe #Vladimir_Poutine a accueilli l’annonce de Trump avec scepticisme. « Nous ne voyons pas encore de signes du retrait des troupes américaines », a-t-il déclaré. « Depuis combien de temps les États-Unis sont-ils en Afghanistan ? Dix-sept ans ? Et presque chaque année, ils disent qu’ils retirent leurs troupes. » [18] Le #Pentagone parle déjà de déplacer les troupes américaines « vers l’#Irak voisin, où environ 5000 soldats étasuniens sont déjà déployés », et qui ‘déferleront’ en Syrie pour des raids spécifiques ». [19] Cette force pourrait aussi « retourner en Syrie pour des missions spéciales si des menaces graves surgissent » [20] ce qui pourrait inclure les tentatives de l’armée syrienne de récupérer son territoire occupé par les forces #kurdes. De plus, le Pentagone conserve la capacité de continuer de mener des « frappes aériennes et de réapprovisionner les combattants kurdes alliés avec des armes et du matériel » depuis l’Irak. [21]

    Trump n’a jamais eu l’intention d’apporter à la présidence une redéfinition radicale des objectifs de la politique étrangère américaine, mais seulement une manière différente de les atteindre, une manière qui profiterait de ses prouesses autoproclamées de négociation. Les tactiques de négociation de Trump n’impliquent rien de plus que de faire pression sur d’autres pour qu’ils paient la note, et c’est ce qu’il a fait ici. Les Français, les Britanniques et d’autres alliés des Américains remplaceront les bottes étasuniennes sur le terrain, avec des mercenaires qui seront financés par les monarchies pétrolières arabes. C’est vrai, la politique étrangère des États-Unis, instrument pour la protection et la promotion des profits américains, a toujours reposé sur quelqu’un d’autre pour payer la note, notamment les Américains ordinaires qui paient au travers de leurs impôts et, dans certains cas, par leurs vies et leurs corps en tant que soldats. En tant que salariés, ils ne tirent aucun avantage d’une politique façonnée par « des #élites_économiques et des groupes organisés représentant les intérêts des entreprises », comme les politologues Martin Gilens et Benjamin I. Page l’ont montré dans leur enquête de 2014 portant sur plus de 1700 questions politiques américaines. Les grandes entreprises, concluaient les chercheurs, « ont une influence considérable sur la politique gouvernementale, tandis que les citoyens moyens et les groupes fondés sur les intérêts des masses n’ont que peu d’influence ou pas d’influence du tout ». [22] Autrement dit, les grandes entreprises conçoivent la politique étrangère à leur avantage et en font payer le coût aux Américains ordinaires. 

    C’est ainsi que les choses devraient être, selon Mattis et d’autres membres de l’élite de la politique étrangère américaine. Le problème avec Trump, de leur point de vue, est qu’il essaie de transférer une partie du fardeau qui pèse actuellement lourdement sur les épaules des Américains ordinaires sur les épaules des gens ordinaires dans les pays qui constituent les éléments subordonnés de l’Empire américain. Et alors qu’on s’attend à ce que les alliés portent une partie du fardeau, la part accrue que Trump veut leur infliger nuit est peu favorable au maintien des alliances dont dépend l’Empire américain. 

    Notes :
    1. Bob Woodward, Fear : Trump in the White House, (Simon & Shuster, 2018) 307.

    2. Jon Schwarz, “This Thanksgiving, I’m Grateful for Donald Trump, America’s Most Honest President,” The Intercept, November 21, 2018.

    3. Michael R. Gordon, “US seeks Arab force and funding for Syria,” The Wall Street Journal, April 16, 2018.

    4. Gordon, April 16, 2018.

    5. Gordon, April 16, 2018.

    6. Gordon, April 16, 2018.

    7. Gordon, April 16, 2018.

    8. Gordon, April 16, 2018.

    9. Michael R. Gordon, Eric Schmitt and Maggie Haberman, “Trump settles on Afghan strategy expected to raise troop levels,” The New York Times, August 20, 2017.

    10. Gordon, April 16, 2018.

    11. The Editorial Board, “Trump’s next Syria challenge,” The Wall Street Journal, April 15, 2018.

    12. Julian E. Barnes, “NATO announces deployment of more troops to Afghanistan,” The Wall Street Journal, June 29, 2017.

    13. Erik Prince, “Contractors, not troops, will save Afghanistan,” The New York Times, August 30, 2017.

    14. Craig Nelson, “Trump withdrawal plan alters calculus on ground in Afghanistan,” The Wall Street Journal, December 21, 2018.

    15. Helene Cooper, “Jim Mattis, defense secretary, resigns in rebuke of Trump’s worldview,” The New York Times, December 20, 2018.

    16. “Read Jim Mattis’s letter to Trump : Full text,” The New York Times, December 20, 2018.

    17. Thomas Gibbons-Neff and Eric Schmitt, “Pentagon considers using special operations forces to continue mission in Syria,” The New York Times, December 21, 2018.

    18. Neil MacFarquhar and Andrew E. Kramer, “Putin welcomes withdrawal from Syria as ‘correct’,” The New York Times, December 20, 2018.

    19. Thomas Gibbons-Neff and Eric Schmitt, “Pentagon considers using special operations forces to continue mission in Syria,” The New York Times, December 21, 2018.

    20. Gibbons-Neff and Schmitt, December 21, 2018.

    21. Gibbons-Neff and Schmitt, December 21, 2018.

    22. Martin Gilens and Benjamin I. Page, “Testing Theories of American Politics : Elites, Interest Groups, and Average Citizens,” Perspectives on Politics, Fall 2014.
    Traduit par Diane Gilliard
    Source : https://gowans.wordpress.com/2018/12/22/no-matter-how-it-appears-trump-isnt-getting-out-of-syria-and-afgha


  • Sic Semper Tyrannis : Two new US bases in western Iraq.
    https://turcopolier.typepad.com/sic_semper_tyrannis/2018/12/httpswwwalmasdarnewscomarticleus-builds-two-military-bases-alon

    The generals’ club is probably at work in this, seeking to limit the effect of Trump’s order for US forces to withdraw from Syria.

    The one in roumana sub-district  is the location from which US Army 155mm artillery is firing in support of continuing  SDF attacks against the hajin pocket in the SE corner of Syria.  There will be US Army GBs with the SDF adjusting these fires.  IMO those GBs will be left in Syria to do what only they do best, keep the locals in the fight.  This base will be useful as a forward staging point for any raids that SOF forces might want to make into Syria (kill Baghdadi, etc.)

    The other base is at rutbah and is positioned astride the highway from al-tanf in Syria.  In this position it will continue to obstruct the Damascus-Baghdad-Iran main ground route. 

    These two facilities will surely be supported and supplied from the al-asad air bast which Trump visited.  pl

    #Syrie #Etats-Unis #Irak


  • #Irak : entre militarisation et mobilisation sociale
    https://www.cetri.be/Irak-entre-militarisation-et-4842

    Un mouvement massif de protestation populaire bouscule l’Irak. Sa cible : le système politique dans son ensemble, son institutionnalisation sur base communautaire et sa militarisation. Tandis que la société civile s’agite, les élites politiques refusent toute remise en question de leur pouvoir et utilise l’appareil sécuritaire sorti renforcé de la bataille contre Daech, pour réprimer les manifestants, menacer et surveiller le mouvement (...)

    #Analyses

    / #Analyses, Irak

    https://www.cetri.be/IMG/pdf/analyse_2018_-_irak_entre_militarisation_et_mobilisation_sociale_-_cetri.pdf


  • Iraq: Isis sconfitto, ma dopo un anno ci sono 2 milioni di sfollati

    Dall’inizio del conflitto con l’Isis in Iraq, nel 2014, sono stati sfollati oltre 5,8 milioni di iracheni. Oggi, che l’Isis è sconfitto, ne restano ancora quasi 2 milioni. Lo rivela un report dell’agenzia Onu per le migrazioni-Missione in Iraq, che ha fornito aiuti a milioni di persone in tutti i 18 governatorati del Paese.

    Quasi 2 milioni di sfollati. È questa l’eredità lasciata dal cessato conflitto con l’Isis in Iraq. La guerra civile in Iraq è iniziata nel 2014, quando l’Isis aveva lanciato un’offensiva in Siria e Iraq, occupando gran parte del territorio iracheno, dove a giugno prese poi il controllo di Mosul, seconda città del paese, fino a proclamare la costituzione del Califfato e la designazione del suo califfo, Al-Baghdadi, come capo dei musulmani nel mondo.

    Tre anni di conflitto, concluso a dicembre 2017, che lascia oggi milioni di sfollati che non sono ancora in grado di ridurre la propria vulnerabilità, l’impoverimento e l’emarginazione causati dagli spostamenti forzati durante il conflitto.

    A rivelarlo è l’Oim (Organizzazione internazionale per le migrazioni) – Missione in Iraq, che ha fornito aiuti a milioni di persone in tutti i 18 governatorati dell’Iraq e ancora continua a monitorare – oggi, nel post-conflitto – la situazione.

    Secondo il report redatto dall’Oim, dal 2014, a causa del conflitto, sono stati sfollati oltre 5,8 milioni di iracheni: il picco di 570 mila famiglie circa (3,42 milioni di individui) si è toccato ad aprile 2016, per poi scendere a quota 317 mila famiglie (1,9 milioni di persone) a settembre di quest’anno, a quasi un anno di distanza dalla fine del conflitto, dichiarata a dicembre 2017.
    Popolazione e territorio colpiti dal conflitto con l’Isis

    Benché sia difficile individuare cause e spostamenti reali degli iracheni, dal conflitto ad oggi, l’Oim classifica alcune macro-ragioni di quello che definisce come “dislocamento prolungato“, ovvero la condizione degli sfollati interni che non sono in grado di “sanare” la propria situazione e tornare nella propria terra da almeno tre anni. In due terzi dei paesi monitorati per sfollamenti indotti da conflitti nel 2014, almeno il 50% degli sfollati interni è rimasto nella condizione di sfollato per oltre tre anni.

    Gli ostacoli vanno dagli alloggi, dopo la distruzione delle proprie abitazioni, alla mancanza dei servizi, ma non mancano problemi psico-emotivi dovuti al cosiddetto stress post-traumatico, in particolare per ciò che riguarda la fascia di popolazione infantile.

    A farne le spese maggiori sono le fasce più deboli della popolazione, come anziani, famiglie di donne e bambini, malati cronici, individui traumatizzati e appartenenti a gruppi etno-religiosi che sono stati storicamente emarginati o esclusi all’interno di una società più ampia.

    «Il fatto che questi problemi persistano molto tempo dopo la fine del conflitto – si legge nel report dell’Oim – è un’indicazione che il dislocamento provocato dal conflitto si protrae in parte perché lo status quo ante era di per sé ingiusto e che affrontare questi problemi richiede un approccio trasversale che abbraccia gli aspetti umanitari, lo sviluppo, la costruzione della pace e i settori della sicurezza».

    Sfollati interni: dati e composizione dal 2014 al 2018

    Il report dell’Oim fornisce una disamina dettagliata degli sfollati iracheni. Il 60% proviene dal governatorato di Ninewa, seguito dal governatorato di Salah al-Din (13%) e Anbar (12%). Kirkuk, Diyala e, in misura minore, Baghdad e Babilonia, completano l’elenco dei governatorati da cui le persone si sono trasferite con la forza durante la crisi.

    A partire da settembre 2018, tuttavia, la maggior parte delle persone sfollate da Anbar sono tornate ai luoghi di origine, mentre i tassi di ritorno per gli sfollati di Ninewa rimangono bassi.

    Una possibile ragione per questo diverso modello probabilmente si riferisce a quando, in particolare, i distretti all’interno di questi governatorati sono stati riconquistati dalle forze irachene. Grandi porzioni di Anbar sono state riconquistate dall’Isis nel 2015.

    In contrasto, le aree urbane di Ninewa non erano facilmente accessibili agli sfollati interni fino a un anno fa, inclusa la città di Mosul, la seconda più grande città in Iraq. Al culmine del fenomeno, nell’aprile 2016, i campi istituiti per questa crisi hanno protetto solo il 12% degli sfollati interni.

    Questo rapporto è aumentato al 30% a partire da settembre 2018, a causa di un significativo afflusso di sfollati interni ai campi fino alla fine del 2017 durante le ultime fasi del conflitto. In termini di aree di sfollamento, la regione del Kurdistan in Iraq e i governatorati di Baghdad, Anbar e Ninewa hanno storicamente ospitato un gran numero di sfollati durante questa crisi.

    A settembre 2018, la regione del Kurdistan in Iraq rimane l’area che ospita il maggior numero di sfollati, seguito dal Governatorato di Ninewa. Popolazioni che comprendono più dei due terzi di tutti gli sfollati interni. In base ai dati raccolti nell’agosto 2018, quasi i due terzi degli sfollati, nel complesso, hanno intenzione di rimanere nei loro luoghi di dislocamento per i prossimi 12 mesi.
    Case distrutte e nessuna sicurezza dopo gli attentati Isis

    Case distrutte, mancanza di attività generatrici di reddito, mancanza di servizi di base, discriminazione e scarsa percezione di sicurezza. Sono alcune delle ragioni che portano gli sfollati a non tornare nei propri luoghi di origine, nonostante la fine del conflitto. La distribuzione di queste motivazioni definisce i contorni del fenomeno.

    Quando viene chiesto di elencare i tre principali motivi per cui non hanno intenzione di tornare ai loro luoghi di origine all’interno il prossimo anno, il 41% degli sfollati interni elenca la propria casa distrutta o danneggiata come un fattore determinante in questa decisione.
    isis iraq

    Ma non solo: la mancanza di attività generatrici di reddito nel luogo di origine è stata citata dal 21% degli sfollati intervistati. Siamo a quota 9%, invece, per quanto riguarda la fornitura di servizi di base; si sale al 17% per la paura di discriminazione. Circa il 14% degli sfollati interni potrebbe essere involontariamente bloccato nello spostamento perché le autorità non permetterebbero i ritorni nei loro luoghi di origine a causa di problemi di sicurezza, mentre il 26% cita una mancanza di forze di sicurezza nelle loro aree di origine.
    L’isis è sconfitto, ma resta lo stress post-traumatico

    Le violenze estreme perpetrate dall’Isis, e le conseguenti operazioni militari per eliminarle, hanno avuto un forte impatto su grandi fasce della popolazione ed è probabile che in alcuni continuino a verificarsi sintomi di trauma e disagio psicologico, compreso il disturbo post-traumatico da stress.

    Un recente studio sui bambini sfollati e le loro famiglie ha rivelato che i bambini colpiti da questo conflitto hanno vissuto qualche forma di trauma e sofferenza psicologica. I sintomi più gravi sono stati riscontrati in bambini che vivevano sotto l’Isis per lunghi periodi rispetto a quelli che erano stati sfollati ancora prima nel conflitto. Inoltre, i genitori hanno riferito di essere preoccupati per il benessere dei loro figli e per gli effetti che il trauma potrebbe avere su di loro.

    Il 31% degli sfollati interni indica la paura o il trauma come motivo per non tornare ai loro luoghi di origine entro il prossimo anno. Questo è più diffuso tra gli sfollati interni dal governatorato di Diyala. Inoltre, il 13% degli sfollati segnala che i loro bambini (di età inferiore a 18 anni) mostrano segni di disagio psicologico. Gli sfollati originari di Kirkuk denunciano l’angoscia tra i loro figli due volte più frequentemente rispetto ad altri governatorati.
    Guerra civile in Iraq: il Califfo Abu Bakr al-Baghdadi

    Il conflitto in Iraq ebbe i suoi esordi nell’estate del 2014, quando l’Isis lanciò un’offensiva in Siria e Iraq, occupando gran parte del territorio iracheno, dove a giugno prese il controllo di Mosul, seconda città del paese. L’improvvisa offensiva al Nord dell’Iraq rafforzò notevolmente l’esercito dello Stato islamico dell’Iraq e del Levante, che riversò uomini e mezzi dal confine siriano. Benché, infatti, le forze armate irachene fossero più numerose dei miliziani islamisti, l’offensiva dell’Isis costrinse il governo iracheno a dichiarare lo stato di emergenza. Da quel momento la guerra divenne regionale, coinvolgendo Siria e Iraq, ormai privi di una reale frontiera tra i due paesi.

    Il 29 giugno 2014, Da’esh proclamò la nascita del Califfato tra Siria e Iraq. In un audio postato su internet, l’Isis designa il suo capo Abu Bakr al-Baghdadi “califfo”, ovvero il capo dei musulmani nel mondo.

    «In una riunione, la shura (consiglio di Stato islamico) ha deciso di annunciare l’istituzione del Califfato islamico e di designare un Califfo per lo Stato dei musulmani – ha detto nel messaggio audio su internet Abu Mohammad Al-Adnani, portavoce dell’Isis – Lo sceicco jihadista al-Baghdadi è stato designato califfo dei musulmani».

    Dalla presa di Mosul all’annuncio della vittoria sull’Isis

    L’avanzata dell’Isis nel paese iracheno proseguì, fino a quando – nell’ottobre del 2016 – ebbe inizio l’offensiva irachena per riprendere Mosul, che determinò di fatto l’avvio delle operazioni decisive per liberare totalmente lo stato iracheno dall’Isis.

    La guerra civile terminò nel dicembre del 2017 con la caduta di Abu Kamal, ultima grande roccaforte dell’Isis sul confine Siria-Iraq. L’annuncio ufficiale è del 9 dicembre del 2017.

    «Le nostre forze controllano completamente la frontiera Iraq-Siria e annuncio dunque la fine della guerra contro Daesh – sono le parole del primo ministro iracheno Al-Abadi – Le nostre forze hanno assunto il pieno controllo dei confini con la Siria».

    È con il recupero degli ultimi territori controllati dagli jihadisti, le province occidentali di Ninive e Al Anbar, che si dichiara chiusa la guerra contro l’Isis.

    «È avvenuta la liberazione di tutti i territori dell’Iraq dalle bande di Daesh – afferma il vice comandante delle forze irachene congiunte, Abdelamir Yarala – e le nostre forze controllano le frontiere fra Iraq e Siria dal varco di frontiera di Al Walid a quello di Rabia».

    https://www.osservatoriodiritti.it/2018/12/06/isis-iraq-sconfitto-sfollati
    #Irak #asile #migrations #réfugiés #déplacés_internes #IDPs #ISIS #EI #Etat_islamique #trauma #traumatisme #statistiques #chiffres

    • Reasons to Remain: Categorizing Protracted Displacement in Iraq

      As the ISIL conflict ceased across Iraq, conflict-affected areas in the country experienced an uptick in returns of their internally displaced populations. The pace of this return, however, appears to be slowing, leaving the populations who still remain behind either in, or at risk of, protracted internal displacement.

      The result of this kind of displacement is the inability of internally displaced persons to progress toward finding a resolution to their displacement, whether it is eventual return, integration, relocation or some combination thereof.

      At present, there is limited consensus on what exactly these reasons for displacement are and roughly how many people are affected by each of these reasons. Having such knowledge, though, is a key step in developing a comprehensive strategy for durable solutions for Iraq.

      As such, the International Organization for Migration’s (IOM) Displacement Tracking Matrix (DTM) Unit, the Returns Working Group (RWG), and Social Inquiry, with input and support from the Ministry of Migration and Displacement (MoMD) within the Federal Government of Iraq, have conducted an in-depth analysis of existing large-scale datasets as well as other geographically targeted surveys and qualitative studies.

      The report provides a brief overview of the theoretical underpinnings of protracted displacement and their implications in the Iraq context, the methodology for this desk review and analysis, a time series of IDP movements, the categorization of reasons IDPs may still be displaced, and a discussion of findings.

      https://www.osservatoriodiritti.it/wp-content/uploads/2018/12/Isis-Iraq.pdf


      https://www.osservatoriodiritti.it/wp-content/uploads/2018/12/Isis-Iraq.pdf
      #rapport


  • #Irak : entre militarisation et mobilisation sociale
    https://www.cetri.be/Irak-entre-militarisation-et

    Un mouvement massif de protestation populaire bouscule l’Irak. Sa cible : le système politique dans son ensemble, son institutionnalisation sur base communautaire et sa militarisation. Tandis que la société civile s’agite, les élites politiques refusent toute remise en question de leur pouvoir et utilise l’appareil sécuritaire sorti renforcé de la bataille contre Daech, pour réprimer les manifestants, menacer et surveiller le mouvement (...)

    #Alternatives_Sud_-_extraits

    / Irak


  • Irak. Les “gilets jaunes” sont mobilisés à Bassorah depuis 2015 | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/article/irak-les-gilets-jaunes-sont-mobilises-bassorah-depuis-2015

    Des manifestants se mobilisent à nouveau à Bassorah, ville pétrolière, mais pauvre, du Sud irakien. Ils portent des gilets jaunes, “comme à Paris”, souligne la presse locale. Mais ils revendiquent l’antériorité quant à l’utilisation de ce symbole.


  • Le gilet jaune interdit de vente en Égypte
    Valérie Cantié, France Inter, le 11 décembre 2018
    https://www.franceinter.fr/monde/le-gilet-jaune-interdit-de-vente-en-egypte

    Les autorités égyptiennes restreignent la vente de gilets jaunes par peur d’une envie de l’opposition de copier les « gilets jaunes » français.

    El-Sissi a récemment accusé la révolution de 2011 d’avoir entraîné son pays dans une crise à la fois économique et politique. Les manifestations sont sensées être interdites en Égypte et El-Sissi rappelle souvent que la dureté est nécessaire à la stabilité du pays. Depuis son arrivée au pouvoir, il n’y a pas eu de grande manifestation dans le pays malgré la crise.

    C’est cohérent avec cette autre « information » : Les frères musulmans seraient derrière les gilets jaunes, d’après une consultante Cnews
    https://seenthis.net/messages/741925

    https://www.youtube.com/watch?v=YxNvKR14zss

    #Gilets_Jaunes #France #Egypte



  • La fragmentation du #Genre dans l’Irak post-invasion
    https://www.cetri.be/La-fragmentation-du-genre-dans-l

    Recension de Didier Epsztajn à propos de l’article de Zahra Ali consacré à la « fragmentation du genre dans l’Irak post-invasion », dans la revue Nouvelles questions féministes, consacrée aux Solidarités familiales ?. Loin du campisme (l’ennemi de mon ennemi serait mon ami) ou de l’anti-impérialisme de pacotille (Saddam Hussein ou Bachar el Assad comme figures de l’anti-impérialisme), refusant l’essentialisation des phénomènes religieux ou la culturalisation des pratiques sociales, Zahra Ali prend en (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Irak, Genre, #Minorités_ethniques, #Religion, #Répression, #Terrorisme, #Autoritarisme, #Impérialisme, Entre les lignes entre les (...)

    #Entre_les_lignes_entre_les_mots



  • Amir sur Twitter : “Great. Now do one with the faces of the 1.1 million Iraqi civilians who were murdered following his illegal war.” / Twitter
    https://twitter.com/AmirAminiMD/status/1063758804930711552

    Stone Cold sur Twitter : “This is a remarkable work of art. This picture is made from the faces of 670 soldiers who died in the Iraq War.” / Twitter
    https://twitter.com/stonecold2050/status/1063632450742509568

    #crimes #Bush #Irak #racisme


  • Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française René Naba - /oumma.com
    https://oumma.com/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaiseune-lecture-frac
    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/deconstruction-des-mythes-fondateurs-de-la-grandeur-francaise

    Une lecture fractale de l’Histoire de France : Réponse à Bruno Gollnisch, Philippe Val, Philippe Douste Blazy et Nicolas Sarkozy

    La scène se passait en juin 1998, il n’y a pas si longtemps, huit ans environ à peine, un mois avant la grande communion multicolore du Mondial, la première victoire de la France bariolée dans le championnat du Monde de Football : Bruno Gollnisch, le successeur potentiel du dirigeant du Front National Jean Marie Le Pen, exhibait, au terme d’une conférence de presse, un attaché-case, dont il révélait le code secret de verrouillage comme un trophée de guerre (1).

    Le code secret par définition doit demeurer secret. Il se conserve comme une sainte relique. Pour M.Gollnisch, cela n’est évidemment pas le cas : le secret est public surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser, surtout lorsqu’il s’agit de glaner un succès à bon compte. Chacun a les satisfactions intellectuelles de son niveau d’éducation.

    Ménageant ses effets, il déclame en public sa combinaison magique de trois chiffres, l’égrenant lentement 7-3-2 dans un mouvement jouissif libérateur. 732. l’effet est assuré. 732, #Poitiers. La victoire controversée de #Charles_Martel sur les troupes arabes d’Abdel Rahman.

    Cela se passait donc en 1998 et #Gollnisch prenait pour référence un événement datant de 1266 ans. 1266 ans de rumination historique. Sans doute la marque manifeste du zèle d’un néophyte. 1266 ans de rumination pour ce Français de la troisième génération, comme l’on désigne en France les petits fils d’immigrés, en l’occurrence un petit fils d’immigrés allemands.


    Correspondant de guerre sur les théâtres d’opérations extérieurs du territoire métropolitain, l’exhibition impudique de Bruno Gollnisch, la passivité des #journalistes présents devant sa vaine et vaniteuse démonstration ont opéré comme un déclic en moi me propulsant dans une navigation sidérante dans le tréfonds de la conscience française, dont je souhaite vous livrer les conclusions sans appétence polémique particulière, dans le droit fil de la thématique de ce colloque « D’une rive à l’autre, Ecrire l’Histoire, Décoloniser les Esprits ».

    L’exercice ne relève ni de la démagogie, ni d’un populisme de bon aloi, de bonne guerre il est vrai, dans ce genre de démonstration. Il vise à apporter une contribution à la clarification sémantique et psychologique du débat post-colonial par le pistage des non-dits de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français.

    Ni populisme, ni démagogie, ni dénigrement non plus. Mais l’application de l’analyse de contenu à de constats qui s’ils sont lapidaires ne sont nullement sommaires ni rudimentaires.

    Une thérapie par électrochocs en somme. Un voyage révélateur des présupposés d’un peuple, des ressorts psychologiques d’une nation et de la complexion mentale de ses dirigeants.

    Embarquons nous donc pour ce voyage de #déconstruction des mythes fondateurs de la #grandeur_française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur.
    .
    Le Panache français ou le mythe de la grandeur
    Le propos n’est pas anodin. Il correspond à une réalité indéniable : la dernière grande victoire militaire française remonte à deux siècles. Oui deux siècles exactement. #Austerlitz. Certes il y eut #Valmy et le Pont d’Arcole. Puis Austerlitz. Le panache français en somme. Puis. Plus rien….drôle de panache. Ce fut ensuite Waterloo (1815), face aux Anglais, Sedan (1870), face aux Allemands, Fachoda (1898), qui brisa net l’accès de la France aux sources du Nil, au Soudan. Soit près d‘un siècle de désastres militaires ininterrompus, compensés, il est vrai, par les conquêtes coloniales notamment l’#Algérie. A croire que les expéditions coloniales sont d’utiles palliatifs aux désastres nationaux et par transposition au débat contemporain, les immigrés d’indispensables dérivatifs aux difficultés internes.

    #VERDUN 1916 et Rethondes I (l’armistice du 11 novembre 1918), cent ans après Waterloo refermeront la parenthèse néfaste. Mais là, les Français ne sont pas seuls. Ils ne peuvent plus revendiquer la victoire à leur bénéfice exclusif. C’est une « victoire alliée » qu’ils devront partager avec leurs alliés britanniques et américains mais aussi avec les nouveaux venus de la scène internationale : les #Basanés. 550.449 soldats de l’Outre mer dont 173.000 Algériens, soit 20 pour cent des effectifs et 10 pour cent de la population du pays participeront à l’effort de guerre de la France. 78.116 #ultramarins tomberont sur le champ d’honneur, soit l’équivalent de la totalité de la population de #Vitrolles et d’#Orange prises ensemble, les deux fiefs de l‘extrême droite française contemporaine.

    La pensée peut paraître sacrilège mais elle correspond, là aussi, à la réalité : Verdun est à ce titre autant une victoire française qu’une victoire arabe et africaine. Certes la « chair à canon » était présentée comme étant de peu de valeur face à la qualité des stratèges du Haut commandement. Mais le fait est là aussi démontré : Après Verdun beaucoup avaient cru naïvement que la France s’était réconciliée avec la victoire. Et bien non. 1940 et #Rethondes Bis (la capitulation de #Montoire du 21 juin 1940) apporteront la preuve du contraire. #Monte_Cassino (1944) lavera l’honneur français mais la plus grande victoire française de la Deuxième Guerre mondiale est une victoire mixte : Cent mille (100.000) soldats alliés, contre 60.000 Allemands, ainsi que 4000 ressortissants du #Maghreb auront payé de leur vie cette victoire. 4.000 originaires du Maghreb sur 6.300 tués dans les rangs français, soit les 2/3 des effectifs. Monte Cassino est donc tout autant une victoire alliée, qu’une victoire française, arabe et africaine.

    Le schéma est identique en ce qui concerne le domaine naval. Le dernier fait d’armes français -controversé tout de même- remonte à #Aboukir (1799). Puis ce fut au tour de Trafalgar (1805), Toulon (1942), le Charles de Gaulle et son hélice manquante durant la guerre d’Afghanistan (2001), la première guerre du XXI me siècle, enfin les pérégrinations de l’ancien joyau de la flotte française, le Clemenceau, en 2005. On aurait rêvé meilleur traitement à De Gaulle et à Clemenceau, tout de même deux personnages considérables de l’Histoire de France.

    Victorieuse avec ses anciens colonisés, la France retrouvera le chemin de la défaite lorsqu’elle se dressera contre eux. Carbonisée à #Dien_Bien_Phu (1954) contre le Vietnam, première victoire d’un pays du tiers monde sur un pays occidental, ainsi qu’en Algérie (1954-1962).
    .
    Le tryptique républicain (#Liberté, #Egalité, #Fraternité), le mythe fondateur de l’exception française.
    A) La liberté : 
La Colonisation est la négation de la Liberté. La #Colonisation n’est pas, loin s’en faut, « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en #colonie » selon la plus récente définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007

    La liberté et La colonisation sont proprement antinomiques. Car la colonisation est l’exploitation d’un pays, la spoliation de ses richesses, l’asservissement de sa population au bénéfice d’une #Métropole dont elle est, en fait, un marché captif, le réservoir de ses matières premières et le déversoir de son surplus démographique, de sa main d’œuvre et de sa surpopulation, le volant régulateur du chômage et de l’inflation dans les sociétés occidentales.

    Contraire aux idéaux de Liberté, d’Egalité et de fraternité, les principes fondateurs de la Révolution Française, la colonisation est le fossoyeur de l’#idéal_républicain. Elle l’aura été quand bien même d’illustres figures françaises, telles Léon Blum, la conscience morale du socialisme, auront voulu – déjà- en célébrer les bienfaits comme un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs (2).

    Par transposition au débat contemporain, la rhétorique de #Léon_Blum est comparable à celle de la nouvelle conscience de la nouvelle gauche française, le philosophe #André_Glucksman, présentant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 comme une contribution occidentale à l’instauration de la démocratie en terre arabe et non comme la mainmise américaine sur les gisements pétroliers de ce pays. « Le fardeau de l’homme blanc », théorisé par l’anglais Kipling, est un alibi commode, le thème récurrent à toutes les équipées prédatrices du monde occidental.
    B ) L’Egalité : 
L’exception française est une singularité : Premier pays à avoir institutionnalisé la terreur comme mode de gouvernement, avec Maximilien de Robespierre, sous la Révolution française (1794), la France sera aussi le premier pays à inaugurer la #piraterie_aérienne, en 1955, avec le déroutement de l’avion des chefs historiques du mouvement indépendantiste algérien Ahmad Ben Bella, Mohamad Khider, Mohamad Boudiaf et Krim Belkacem), donnant ainsi l’exemple aux militants du tiers-monde en lutte pour leur indépendance.

    La récidive dans la singularité est aussi un trait de l’exception française : En effet, ce pays jacobin, égalisateur et égalitaire se singularisera, aussi, en étant le seul pays au monde à avoir officialisé le « #gobino-darwinisme juridique », à avoir codifié en Droit « la théorie de l’inégalité des #races », une codification opérée sans discernement, pour promouvoir non l’égalité, mais la #ségrégation.

    La « Patrie des Droits de L’Homme » et des compilations juridiques modernes -le code civil et le code pénal- est aussi le pays de la codification discriminatoire, le pays de la codification de l’abomination : le pays du« #Code_Noir » de l’esclavage, sous la Monarchie, du « Code de l’#indigénat » en Algérie, sous la République, qu’il mettra en pratique avec les « expositions ethnologiques », ces « #zoos_humains » (3) dressés pour ancrer dans l’imaginaire collectif des peuples du tiers monde l’idée d’une infériorité durable des « peuples de couleur », et, par contrecoup, la supériorité de la race blanche comme si le blanc n’était pas une couleur, même si elle est immaculée, ce qui est loin d’être le cas.

    Un chiffre suffit à démontrer l’inanité de ce principe d’égalité : Trois membres du dernier gouvernement de l’ère chiraquienne présidé par Dominique De #Villepin (2005) ont été affectés à la mise en œuvre de ce principe dans ses diverses déclinaisons : la cohésion sociale (Jean Louis Borloo), la promotion de l’égalité des chances entre Français de souche et Français naturalisés (Azouz Begag) enfin la parité Hommes-femmes (Catherine Vautrin).

    Ce principe d’égalité est pourtant l’un des principes fondateurs de la République, entériné comme bien commun de la nation depuis deux siècles. Que n’a-t-on songé à le mettre en œuvre auparavant ? A croire que la laïcité ce concept unique au monde ne s’est forgé que pour servir de cache-misère à un #chauvinisme récurrent de la société française.

    Les hochets offerts épisodiquement non aux plus méritants mais aux plus dociles, en guise de lot de consolation, loin d’atténuer cette politique discriminatoire, en soulignent la parfaite contradiction avec le message universaliste de la France. Ils l’exposent à de douloureux retours de bâtons.

    C) Fraternité : Le #Bougnoule, la marque de stigmatisation absolue, le symbole de l’ingratitude absolue.
    La fraternisation sur les champs de bataille a bien eu lieu mais la fraternité jamais. Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la #discrimination et la #répression à profusion.

    Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à #Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de #Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à #Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

    ((A noter qu’en Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population #Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -#Canada, #Australie, #Nouvelle Zélande, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’#Inde et du #Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (#Indochine, Algérie).

    « Bougnoule » tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante-mortem.
    La revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul, apporte l’#alcool »- le breuvage galvanisateur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

    Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux #Nord-Africains. Synonyme de #bicot et de #raton » (4). Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », #arabo-berbères et #négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « #ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

    Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse, d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral…….Une revanche posthume du bougnoule, en quelque sorte.
    .
    La France du triptyque républicain : une vision ethniciste face au phénomène exogène.
    L’affirmation peut paraître péremptoire, n’y voyons aucune malice, mais correspond néanmoins à la réalité historique : Le clivage communautaire a préexisté en France dans l’esprit des autorités et des citoyens du pays d’accueil bien avant qu’il ne prenne corps dans l’esprit des migrants.

    Par transposition du schéma colonial à l’espace métropolitain, l’immigré en France a longtemps été perçu comme un indigène, ce qui faisait paradoxalement de l’immigré, l’indigène de celui qui est étymologiquement l’indigène (5), une main-d’oeuvre relevant de la #domesticité de convenance, dont l’expatriation assurait sa subsistance et l’obligeait par voie de conséquence à un devoir de gratitude envers le pays hôte.

    D’extraction modeste, affecté à des taches subalternes et pénibles de surcroît non valorisantes, l’immigré, parqué en marge des villes, était par définition et par destination un être en marge de la société, un élément #marginal et non une composante de la société française. Il n’avait de ce fait ni droit de cité, ni droit de regard, ni a fortiori droit de parole.

    L’immigré a été d’autant plus occulté qu’il deviendra durant les années 1950-1970 responsable de tous les maux diplomatiques et économiques français : du désastre de Dien Bien Phu, en 1954, à la Guerre d’Algérie, à l’expédition franco-britannique de Suez contre le symbole du nationalisme arabe Nasser, en 1956, à l’affrontement de Bizerte et la décolonisation de l’Afrique, en 1960, à la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967, à la première crise pétrolière, en 1973, autant d’événements qui ont fini par diaboliser l’immigré notamment “#arabo-musulman” dans le regard du français.

    Dans le domaine de l’imaginaire et le champ de la production intellectuelle, l’arabe représentait alors par compensation “le mal absolu” identifié dans le langage courant par cette rodomontade musculatoire : “le bougnoule à qui l’on doit faire suer le burnous”.

    Par un faux effet d’optique, la France se donnera l’illusion de venger ses avatars d’Algérie et, par un philosémitisme actif, l’illusion de sa rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice à une autre injustice, feignant par là même d’ignorer que l’injustice ne se combat pas par une autre #injustice.

    Symptomatique de cet état de fait, le #harki, celui-là même qui dans le schéma mental français devait représenter le bon arabe ou le bon immigré puisqu’il s’était rangé de son côté, c’est à dire du bon côté, sera gommé de la conscience nationale et dissimulé dans les recoins arides du pays, dans une démarche symbolique destinée à refouler ce « déchet du colonialisme » dans le tréfonds de la conscience.

    La crispation identitaire française remonte, en fait, sur le plan national, aux premières vagues d’immigration de l’ensemble arabo-musulman, principalement du Maghreb, le ponant du monde arabe, plus précisément à la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Avec 1,4 millions de morts, 900 000 invalides, la France déplorera la perte de 11 pour cent de sa population active du fait du premier conflit mondial, à laquelle il conviendrait d’ajouter les dégâts économiques : 4,2 millions d’hectares ravagés, 295 000 maisons détruites, 500 000 endommagés, 4.800 km de voies ferrées et 58.000 km de routes à restaurer et 22 900 usines à reconstruire et 330 millions de m3 de tranchées à combler.

    Les premiers travailleurs immigrés, des #Kabyles, arriveront en France dès 1904 par petits groupes, mais la Première Guerre Mondiale provoquera un effet d’accélérateur entraînant un recours massif aux « travailleurs coloniaux » auxquels se superposeront les renforts des champs de bataille comptabilisés sous une autre rubrique.

    L’indigène lointain cède la place à l’immigré de proximité. De curiosité exotique que l’on exhibe dans les zoos humains pour glorifier l’action coloniale française, le mélanoderme deviendra progressivement une donnée permanente du paysage humain de la vie quotidienne métropolitaine, sa présence vécue comme une contrainte, exacerbée par la différenciation des modes de vie entre immigrés et métropolitains, les fluctuations économiques et les incertitudes politiques du pays d’accueil

    Paradoxalement, dans la période de l’entre-deux guerres (1918-1938), la France va favoriser la mise en place d’une « République Xénophobe » (6), matrice de l’idéologie vichyste et de la « préférence nationale », alors que son besoin en main d’oeuvre est criant. Bien que contribuant à sortir la France de son champ de ruine, les travailleurs immigrés seront tenus en suspicion, pistés au sein d’un grand « fichier central ».

    Soumis pour l’obtention de la carte de séjour à une taxation équivalant parfois à un demi mois de salaire, source de revenus complémentaire pour l’Etat français, ils seront de surcroît perçus comme porteurs d’un triple péril : péril économique pour leurs concurrents français, péril sanitaire pour la population française dans la mesure où l’étranger particulièrement les Asiatiques, les Africains et les Maghrébins étaient présumés porteurs de maladies, péril sécuritaire pour l’Etat français.

    Près de deux cent mille « #travailleurs_coloniaux » (200 000) seront ainsi importés d’Afrique du Nord et du continent noir par de véritables corporations négrières, telle la « Société générale de l’immigration » (#SGI), afin de pallier la main d’oeuvre française principalement dans le bâtiment et l’industrie textile en remplacement des soldats français partis au front. Dans la cohorte de travailleurs immigrés, venus d’abord principalement d’Italie et de Pologne, les Maghrébins feront l’objet d’une attention spéciale de la part des pouvoirs publics.

    Un « Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains chargé de la répression des crimes et des délits » est constitué le 31 mars 1925. Un bureau spécial rien que pour les Maghrébins, précurseur du « service des #questions_juives » que le pouvoir vichyste mettra en place en 1940 pour la surveillance des nationaux français de « race ou de confession juive » durant la Seconde Guerre mondiale.
    ((NDLR Citation de l’article de la juriste Danièle Lochak « La race, une catégorie juridique ? »
    (http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a ) :
    « la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs dispose : “Est regardé comme juif pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif”. Cette définition, qui laisse en suspens la question de savoir comment sera déterminée l’appartenance des grands-parents à la race juive, sera remplacée, dans la loi du 2 juin 1941, par une définition plus explicite : “Est regardé comme juif :

    1° celui ou celle appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de #race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive. Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive ;

    2° celui ou celle qui appartient à la religion juive et qui est issu de deux grands-parents de race juive”. »

    L’intitulé de l’office en dit long quant à l’opinion du gouvernement français et de ses intention à l’égard des « indigènes » d’Afrique du Nord. Le phénomène ira en s’amplifiant avec la Deuxième Guerre Mondiale et les trente glorieuses années de l’après-guerre (1945-1975) qui suivirent la reconstruction de l’Europe, où le besoin de « chairs à canon » et d’une main d’oeuvre abondante à bas prix provoqueront un nouveau flux migratoire égal en importance au précédent.

    Luxe de raffinement, le recrutement s’opérait selon des critères d’affinités géographiques au point de constituer de véritables couples migratoires en particulier entre Renault et l’embauche kabyle, charbonnages de France et les travailleurs du sud marocain, de même qu’en Allemagne, Wolkswagen et les immigrés turcs.

    A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, les travailleurs coloniaux faisaient même l’objet d’une #notation en fonction de leur nationalité et de leur race (7) avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance notamment au sein des Algériens où les Kabyles bénéficiaient d’un préjugé plus favorable que les autres composantes de la population algérienne. Le Kabyle était invariablement noté 5/20, l’arabe 4/20 et l’Indochinois 3/20. Ho Chi Minh témoin de cette humiliante notation ethnique lors de son séjour parisien, se vengera trente ans plus tard en infligeant à son ancien maître l’une des plus humiliantes défaites militaires du monde occidental, la défaite de Dien Bien Phu en 1954.

    Muettes, les blessures de l’histoire ne cicatrisent jamais.
    La France s’affiche volontiers révolutionnaire mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. La France du triptyque républicain a eu un comportement liberticide avec la colonisation, ethniciste dans sa politique migratoire, un comportement sociocide dans sa structuration socio-culturelle et démographique.
    .
    Le mythe de la politique arabe de la France
    Philipe Val, le directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo, impute la collaboration vichyste anti-juive à « la politique arabe de la France ». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ, s’imagine, par ce raccourci non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’#antisémitisme récurrent de la société française.

    Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant à un machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour « haute trahison » un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus, ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.

    Le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -« pour manger le pain des Français »-, mais bien pour libérer avec d’autres le pays du joug nazi, pour aider à la défense d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre… C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.

    Et, que je sache, le « Bureau des affaires juives », a eu pour précurseur immédiat « le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains » dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des « zoos humains »

    La thèse de Philipe Val ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Elle participe néanmoins d’une falsification de l’Histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.

    Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin.

    La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon…… en amputant la #Syrie du district d’Alexandrette (1939) pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale.

    Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 9 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours.

    Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande Bretagne, la France se livre à une « expédition punitive » contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale « le Canal de Suez ». Curieux attelage que cette « équipée de Suez » entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’anti-chambre des camps de la mort.

    Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes, ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la deuxième guerre mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.

    Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait qui, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.

    Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.

    Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine #Mehdi_Ben_Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris, ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (Décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens.

    L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, la conquête des marchés pétroliers, notamment l’#Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXme siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite,

    L’illustration patente de la disparité de traitement entre Français et Arabes est la première crise de l’#énergie en 1973. A cette date, la France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro-monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

    Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne “pas avoir de pétrole mais des idées”, formule qui peut se décrypter de la façon suivante : “pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit”, humour que sous-tendait une #arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

    Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

    La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

    L’universalisme français a pratiqué à destination du monde arabo-musulman une « politique des minorités », contraire à ses principes fondateurs, institutionnalisant et instrumentalisant le confessionalisme et le communautarisme, se servant des Maronites (au Levant) et des Kabyles (au Ponant) comme levier à une re-christianisation de la rive méridionale de la Méditerranée, interdisant aux Algériens sur le sol même de leur patrie, l’usage de leur langue nationale, infligeant à ce pays un dégât plus important que les ravages de 130 ans de la colonisation, le dommage de l’esprit,— l’acculturation—, dont les effets corrosifs et pernicieux se font encore sentir de nos jours et qui expliquent pour une large part les crises cycliques entre les deux pays.

    La politique arabe de la France c’est cela aussi. Muettes et douloureuses, les blessures de la mémoire ne cicatrisent jamais.
    .
    La France : Aimez- là ou quittez-là ou le mythe de l’excellence française
    Ce mot d’ordre n’a même pas le mérite de l’originalité. IL a été emprunté à #Ronald_Reagan, le président Rambo des Etats-Unis de la décennie 1980 (1980-1988) qui entendait par cette formule neutraliser les critiques contre l’aventurisme américain dans la période post Vietnam (1975-1980).

    Empruntée à Reagan en vue de son application électoraliste en France par le dirigeant de la droite traditionaliste #Philippe_de_Villiers, reprise et amplifiée par…#Nicolas_Sarkozy, ce « Français de la deuxième génération » selon la dénomination en vigueur en France pour les citoyens originaires du tiers monde.

    Le clonage de l’Amérique n’est pas la marque de l’originalité.

    Les basanés de France sont là et bien là. Durablement ancrés dans le paysage politique et social français. Eux dont « le rôle positif » n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière, incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

    En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection.

    Déterminés à défendre la haute idée que la France veut donner d’elle-même au Monde.

    A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse,

    Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, de rétro-commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux

    Ces messieurs des frégates de Taiwan et de Clearstream,
    Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux,
    D’Elf Aquitaine et d’EADS,
    D’Executive Life et de Pechiney American-Can
    Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco,
    Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’#Outreaux, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de « #charters de la honte »
    Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

    Contre la « France d’en bas » qui gouverne le pays, la France des basses manoeuvres et des bas calculs, des « zones de non droit et de passe-droits », des nominations de complaisance et des appartements de fonction, la France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, qui « cristallise », c’est-à-dire, fige à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants « basanés » de l’armée française, mais qui relève de 70 pour cent le salaires des ministres nantis, qui gorge de « stock options et de parachutes dorés » les gérants en déconfiture, tels ceux de Vinci et de Carrefour, qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales.

    En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité la singulière théorie du fusible à la française » qui exonère le responsable de toute responsabilité par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française.

    Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine illustré particulièrement par la présidence Chirac, dont la double mandature (1995-2000), douze ans, aura été polluée par de retentissants scandales politico-financiers en rapport avec l’argent illicite, sans pour autant que soit discrédité le chef de l’état français -le parangon de la « fracture sociale », de « l’état modeste » et d’un « siècle de l’Ethique », réélu en dépit des dérives autoritaro-mercantiles de son magistère.

    Le président Chirac précisément et non son prédécesseur François Mitterrand, en application de l’aveu d’un spécialiste du brigandage politique, Jean Montaldo, un chiraquien désabusé qui soutient, paroles d’expert, que « de Mitterrand à Chirac nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel », dans le domaine de la corruption (8).

    N’y voyez aucune interférence électoraliste ou partisane : L’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

    « Le casier judiciaire de la République » présente ainsi l’édifiant bilan suivant : Neuf cent (900) élus mis en examen soit pour #délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels. Ce bilan porte sur la décennie 1990-2000. Gageons que le bilan de la présente décennie est en passe d’être identique.

    La « #tolérance_zéro » à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

    La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoire (9) face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions : Sedan à la création de « sciences po », l’Institut des Etudes Politiques de Paris et Montoire à la fondation de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration (1945). Le pays des « Grandes Ecoles », des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, -cinq millions de fonctionnaires en France en l’an 2.000, le plus fort contingent de l’Union européenne, soit 20 pour cent de la population active- ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, ni d’introspection. toujours des prospectives. Une fuite en avant ?

    Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

    Cette dérive a été sanctionnée d’ailleurs lors de la première consultation populaire à l’échelon national du XXI me siècle. « Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France », selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la présidentielle de 2002 qui avait mis aux prises un « superfacho » et un « supermenteur », -selon la formule en vigueur à l’époque-, révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé par les élites depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1945), au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation #postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane. Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde auraient dû pourtant banaliser la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration conférer à l’Islam

    le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’#Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

    Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la #Conférence_Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

    L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91) ou encore la guerre d’Afghanistan (2001-2002), la guerre d’Irak et la guerre du Liban (2006).

    Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses.
    Facteur d’intermédiation socioculturelle, les bougnoules des temps anciens, #sauvageons des temps modernes, paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à devenir de véritables « passeurs de la #Francophonie », l’avant-garde de « l’arabofrancophonie culturelle » (10) que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.

    A l’entame du IIIème millénaire, la « patrie de la mémoire courte » souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.
    .
    Conclusion
    Cinq ans après la bourrasque lepéniste aux présidentielles françaises de 2002, alors que la France s’apprête, en 2007, à se choisir un nouveau président, il m’a paru salutaire de pointer les incohérences françaises. De démystifier le discours politique officiel, et, au delà du clivage droite-gauche de la classe politique française, de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter ma contribution à la mutation post-coloniale de la France.

    L’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est antinomique d’une culture de l’#impunité et de l’#amnésie, une culture érigée en un #dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

    Mes remerciements renouvelés vont donc en premier lieu à Bruno Gollnisch, Philippe Val, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy, initiateur, en tant que député de Toulouse, du projet de loi controversé sur le « rôle positif » de la colonisation, ainsi que naturellement à Nicolas Sarkozy, pour leur inestimable contribution à la remise en ordre de ma formation universitaire, un exercice qui m’a permis de prendre conscience du « rôle positif » de la colonisation….. des Colonies par rapport à la Métropole et des colonisés à l’égard de leurs colonisateurs-oppresseurs.

    Merci aussi aux organisateurs de ce colloque qui m’ont donné la possibilité devant un auditoire savant, patient ( et indulgent à mon égard ), de procéder à une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française », pour le plus grand bénéfice du débat public contradictoire et de la recherche universitaire.

    Notes
    1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES »
    2 Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001. Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».
    3) « Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence). De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité.
    4 Dictionnaire Le Petit Robert 1996.
    5 « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba-Editons l’Harmattan-2002
    6 « La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001.
    7 « Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).
    8 Jean Montaldo, auteur de deux ouvrages sur la corruption présidentielle : « Chirac et les 40 menteurs » Albin Michel 2006, « Mitterrand et les 40 voleurs » Albin Michel.
    9 l’armistice a été signé le 22 juin 1940 symboliquement à Rethondes au même endroit, dans le même wagon, que l’armistice du 11 novembre 1918. Toutefois l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Si l’armistice constituait une cessation des hostilités, la rencontre de Montoire a représenté dans l’ordre symbolique le voyage à Canossa de Pétain et constitué en fait une capitulation dans la mesure où Pétain a cautionné la collaboration avec le régime nazi quand bien même l’Allemagne reniant ses promesses avait annexé l’Alsace-lorraine, août 1940.
    10 « Arabo-francophonie culturelle : l’expression a été forgée en 1995-1996 par Stellio Farangis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie.



  • Les parfums évoluent mais l’odeur de la poudre imprègne et ne s’oublie jamais. De la mort non plus.

    Parfum d’Irak » : vingt ans de sang d’encre - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2018/10/09/parfum-d-irak-vingt-ans-de-sang-d-encre_1684296

    Témoin épisodique de toutes ces années où son pays s’enfonce dans les ténèbres, Feurat Alani raconte ses voyages successifs dans l’Irak de ses parents entre 1989 et 2011. Né à Paris, ce fils d’un exilé politique ayant fui la dictature du « raïs » porte d’abord son regard d’enfant en « vacances » sur sa famille à travers les très nombreux oncles, tantes, cousins et voisins, qui présentent chacun un aspect de l’Irak du moment et de toujours.

    Et plus tard, celui du journaliste installé comme correspondant de plusieurs médias français à Bagdad. « L’Irak n’est pas un chiffre ni une morgue. Raconter la mort quand c’est nécessaire, oui. Mais il faut raconter la vie avant tout », écrit Feurat Alani dans le roman graphique Parfum d’Irak. Publié parallèlement à la diffusion de la web-série, ce récit en 1 000 tweets suit le cours des 20 épisodes animés. Les deux productions sont illustrées par Léonard Cohen, dans un contraste tricolore épuré de dégradé d’ocre, de noir et de rouge.

    #irak #Feurat_Alani


  • IRAQ Muslims defied the Islamic State to save two ancient Christian manuscripts in Mosul
    http://www.asianews.it/news-en/Muslims-defied-the-Islamic-State-to-save-two-ancient-Christian-manuscripts-

    Mosul (AsiaNews) – A Muslim family hid for three years two ancient Syriac Orthodox books in Mosul during the city’s occupation by the Islamic State (IS) group to prevent their destruction at the latter’s hands. They did so, putting their own lives at risk. [..,]

    Upon the city’s liberation, the manuscripts’ protectors handed them over to a representative of the Chaldean community in Erbil but asked that their identity be protected because “sleeper cells” still exist in the city, ready to exact vengeance.

    #Irak


  • #Djihad : pourquoi les « revenants » ne reviennent pas - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230918/djihad-pourquoi-les-revenants-ne-reviennent-pas?onglet=full

    Du temps du califat, les choses étaient relativement simples pour les djihadistes qui avaient des envies d’ailleurs. À condition d’avoir une motivation valable (en gros : aller commettre un attentat dans un pays étranger ou subir une opération chirurgicale en Turquie), un émir tamponnait un laissez-passer et le djihadiste se présentait au poste-frontière de l’État islamique (EI). On le conduisait à un grillage barbelé avec une porte en fer. La porte s’ouvrait. Un douanier turc détournait le regard et le tour était joué.

    #daesh #syrie #irak


  • Regards d’un enfant sur l’Irak sous embargo

    https://orientxxi.info/magazine/parfum-d-irak-de-feurat-alani,2661

    C’est très beau.

    Regards d’un enfant sur l’Irak sous embargo

    « Le Parfum d’Irak » de Feurat Alani · C’est un genre particulier de journalisme qu’a adopté Feurat Alani. Il a utilisé Twitter pour conter l’histoire de son pays, l’Irak, agrémentée de nombreux dessins. Dans le passage extrait du Parfum d’Irak qui paraît ce 3 octobre, il a 12 ans et, après un séjour en France, il rentre au pays. Il découvre l’Irak sous embargo, après la défaite de Saddam Hussein face à la coalition internationale qui le force à évacuer le Koweït en 1991.
    Feurat Alani > 3 octobre 2018


  • The major uprising in Basra and southern Iraq is what the world should be worrying about in the Middle East right now | The Independent
    https://www.independent.co.uk/voices/basra-iraq-protests-oil-uprising-patrick-cockburn-government-a8527521

    The causes of the protests are self-evident: Iraq is ruled by a kleptomaniac political class that operates the Iraqi state apparatus as a looting machine. Other countries are corrupt, notably those rich in oil or other natural resources, and the politically well connected become hugely wealthy. However big the rake-off, something is usually built at the end of the day.

    [...]

    Iraq will most likely continue to be misruled by a weak dysfunctional government, thereby opening the door to various dangers. Isis is down but not entirely out: it could rally its forces, perhaps in a different guise, and escalate attacks. Divisions within the Shiah community are growing deeper and more rancorous as the Sadrists – whose offices, unlike those of the other parties, have not been burned by demonstrators – grow in influence.

    A festering political crisis will not be confined to Iraq. The outside world should have learned this lesson from the aftermath of the US-led invasion of 2003. Rival Iraqi parties always seek foreign sponsors whose interests they serve as well as their own. The country is already one of the arenas of the escalating US-Iran confrontation. As with the threat of a cholera epidemic in Basra, Iraqi crises tend to spread swiftly and infect the whole region.

    #Irak #dirigeants_arabes #kleptocrates #indigents_arabes


  • Bassora à feu et à sang, des manifestants brûlent le consulat d’Iran - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1133240/le-parlement-irakien-se-reunira-sur-bassora-theatre-de-manifestations

    Exaspérés d’attendre la fin des pénuries chroniques d’eau et d’électricité, et le limogeage des #corrompus, les habitants de la province pétrolière ont repris il y a quelques jours les manifestations lancées début juillet. Elles s’étaient essoufflées après des promesses de milliards de dollars du gouvernement.

    Avec les neuf morts enregistrés depuis mardi, la contestation sociale a fait 24 morts depuis juillet .

    #Irak #dirigeants_arabes #indigents_arabes



  • On a déjà parlé ici de This is America, par Childish Gambino :
    https://seenthis.net/messages/692466

    https://www.youtube.com/watch?v=VYOjWnS4cMY

    Quelques articles soulignent qu’il s’était en partie inspiré d’un autre titre :

    Et si « This is America » était un plagiat ?
    Elisabeth Debourse, Paris Match, le 26 juin 2018
    https://parismatch.be/culture/musique/152805/childish-gambino-et-si-this-is-america-etait-un-plagiat

    Jase Harley - American Pharaoh :
    https://www.youtube.com/watch?v=QBEIDB0V4aI

    Des artistes du monde entier en font leurs versions. On a déjà parlé ici de This is Iraq, par I-NZ :
    https://seenthis.net/messages/709164

    https://www.youtube.com/watch?v=fvxZLKtkgiM

    Mais aussi, parmi d’autres :

    Falz - This is Nigeria :
    https://www.youtube.com/watch?v=UW_xEqCWrm0

    ZEF - This is France :
    https://www.youtube.com/watch?v=JTNmU7lnVC0

    #Musique #Musique_et_politique #rap #Childish_Gambino #This_is_America #Irak #Nigeria #France

    • La réponse de l’autre pour l’inspiration :

      Je suis extrêmement honoré d’être reconnu et considéré comme l’une des inspirations originales de l’une des plus importantes œuvres musicales et d’art visuel de notre époque. Ne laissez pas cette controverse diluer le message que moi-même et Childish Gambino tentons de faire passer. Nous parlons des injustices que nous avons endurées et il a contribué à fournir une plateforme pour que toutes nos voix soient entendues. Ne le discréditez pas pour ça ! L’attention devrait être concentrée sur le fait de changer nos communautés et bâtir l’égalité. C’est plus important que moi et lui et plus important que la musique.



  • War Doesn’t Make Sense Anymore | The American Conservative
    http://www.theamericanconservative.com/articles/war-doesnt-make-sense-anymore

    America spends more on its military than all its enemies put together yet it still can’t win wars. Failed adventures in Vietnam, Iraq, and Afghanistan have drained America’s power and diminished its prestige. The bloated Pentagon budget actually makes us weaker.

    Here’s the weird bit: nobody seems to care. If any other government department spent as much and accomplished as little, the populace would be in arms, complaining about wasteful government spending. Instead we mumble “Thank you for your service” and increase defense appropriations.

    [...]

    Maybe the extravagant expense of the Pentagon budget is a feature, not a bug. Maybe no one objects when we spend a quarter of a billion dollars ineffectually bombing Syria or several trillion ineffectually invading Iraq because these days war profiteers make their money not by looting their enemies’ cities, stealing their land, and selling their women into slavery, but from their own governments’ spending.

    My own life confirms this intuition. The invasion of Iraq has been a disaster for the United States, for the Middle East, and for the long-suffering people of Iraq, but for many of us, it was a cash cow. For a decade, I earned a solid middle-class living working just four months a year as a news cameraman in Iraq. The war on terror bought me my house.

    Thousands of Americans (perhaps not coincidentally mostly from red states) worked as contractors for the U.S. military and pulled down salaries much higher than they would have earned in the private sector back home. A truck driver from Mississippi made over $100,000 a year hauling in supplies from Kuwait. It is shocking how little of the money America spent in that misbegotten conflict ever trickled into the Iraqi economy.

    #objectif #guerres #Etats-Unis


  • ’This is Iraq’: Rapper decries US legacy in Iraq in bitter parody of Childish Gambino (VIDEO) — RT World News
    https://www.rt.com/news/433651-iraq-rapper-us-torture-video

    A musical video by an Iraqi rapper calling out the US on its abuses at Abu Ghraib and elsewhere in the war-ravaged country following the 2003 invasion has gone viral, racking up over 500,000 views.

    The video was filmed by rapper I-NZ as another parody of Childish Gambino’s ’This is America.’ While Gambino took on police brutality and racial bias in his acclaimed work, the Iraqi rapper chose to cast the light on the ugly results of the Iraq War, with its well-documented instances of maltreatment and humiliation of detainees by US soldiers. The name of the former US military prison, Abu Ghraib, the video’s supposed set, became synonymous with abuse after harrowing images and accounts of physical and psychological torture within its walls became public in 2004.

    (...) The rapper, who was born to Iraqi parents and grew up in New Zealand and has never actually been to Iraq in his life, highlights the lack of coverage on the issue and the impunity of foreign forces and local corrupt elites with the line: “They’re immune, this is telly, that’s the news, media blackout, then it’s lights out, keep sniffin’ the tar.” The video also mocks former US President George W Bush for his infamous May 2003 speech, which he delivered under a “Mission Accomplished” banner, and after which the war continued for eight more years, arguably paving the way for the rise of Islamic State (IS, formerly ISIS/ISIL) and for leaving the country in economic and political disarray.

    The video was released on July 4, and it has been watched over 500,000 times on YouTube since. Speaking to VICE Arabic, the rapper said that he did not initially plan for it to coincide with the US Independence Day, however, he then decided to speed up the release to draw more attention to the issue.

    https://www.youtube.com/watch?v=fvxZLKtkgiM

    #irak #rap

    • أدب .. بدر شاكر السياب : النهر و الموت
      http://www.adab.com/modules.php?name=Sh3er&doWhat=shqas&qid=68099

      بويب
      بويب
      أجراس برج ضاع في قرارة البحر
      الماء في الجرار و الغروب في الشجر
      و تنضح الجرار أجراسا من المطر
      بلورها يذوب في أنين
      بويب يا بويب
      فيدلهم في دمي حنين
      إليك يا بويب

    • The River And The Death Poem by Badr Shakir al-Sayyab - Poem Hunter
      https://www.poemhunter.com/poem/the-river-and-the-death

      Buwaib , Oh Buwaib ,
      Bells of a lighthouse lost at the bottom of the sea ,
      Water is in the pots , and the sunset in the trees ,
      The pots ooze bells of rain ,
      Their crystal melts away in wailing .

      Buwaib , Oh Buwaib !
      Sympathy for you , Buwaib darkens in my blood ,
      Sad like rain , O my river ,
      I wish I could run in the darkness ,
      Tightening my both fists to carry ,
      In each finger , a year of yearning ,
      As if I were carrying votive offerings ,
      Of wheat and roses .
      I wish I could approach from the hills beds ,
      To glance the moon ,
      Wading between your banks ,
      Planting shadows and filling the baskets ,
      With water , fish and roses .
      I wish I could wade you , to follow the moon ,
      And hear the pebbles rattle in the bottom ,
      The rattling of thousands of sparrows on the trees .
      Are you a wood of tears or a river ?
      And will the fish sleep at dawn ?
      And will these stars stay waiting ,
      To feed with silk thousands of needles ?
      And you , Buwaib , how I wish I could sink into you ,
      To pick up oyster shells to build a house out of them ,
      To enlighten with it the verdancy of water and trees ,
      Of what the stars and the moon ooze ,
      To reach the sea in you with the ebb ,
      For death is a strange world ,
      That enchants the young ,
      And its hidden door was with you , Buwaib .

      Buwaib , O Buwaib .
      Twenty years have gone , every year is like ages ,
      And today , when darkness overcast ,
      To stay up sleepless in bed ,
      And to delicate the conscience up to the daylight ,
      Like a tree with delicate branches , birds and fruits .
      I feel the blood , the tears as the rain ,
      Ooze by the sad world .
      Bells of the dead are shaking in my veins ,
      To darken sympathy in my blood ,
      Sympathy for a bullet to cut open the depths of my heart ,
      With its constrictive ice ,
      To burn up the bones like the hell .
      I wish I could run to support the strugglers ,
      To tighten my both fists and slap the fate .
      I wish I could drown in my blood to the bottom ,
      To bear the burden with human beings ,
      To infuse life . My death is then triumph .

      Translated by : Jamil Azeez Mohammad
      Badr Shakir al-Sayyab

    • Badr Shakir al-Sayyab — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Badr_Shakir_al-Sayyab

      Badr Shakir al-Sayyab (en arabe : بدر شاكر السياب ; Djaykur, 24 décembre 1926 - Koweït, 24 décembre 1964) est un poète et traducteur irakien de langue arabe. Il est la référence incontestée de la poésie arabe moderne et l’un des fondateurs du Vers libre dans la littérature arabe.

    • https://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Buwaib

      Battle of Buwaib - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Buwaib

      Battle of Buwaib (Arabic: معركة البويب‎) was fought between Sassanid Empire and Rashidun Caliphate soon after Battle of the Bridge.
      […]
      The war ended with huge success to the Muslims in which they killed the Persian leader Mihran bin Badhan, and got momentum to further expand their wars against the Sassanids and their allies.

    • بدر شاكر السياب - انشودة المطر - song of the rain
      https://www.youtube.com/watch?v=-NTD35zenp0

      Rain Song Poem by Badr Shakir al-Sayyab - Poem Hunter
      https://www.poemhunter.com/poem/rain-song-7

      [… 7:12]
      In every drop of rain
      A red or yellow color buds from the seeds of flowers.
      Every tear wept by the hungry and naked people
      And every spilt drop of slaves’ blood
      Is a smile aimed at a new dawn,
      A nipple turning rosy in an infant’s lips
      In the young world of tomorrow, bringer of life.
      Drip.....
      Drop..... the rain . . .In the rain.
      Iraq will blossom one day ’
      I cry out to the Gulf: ’O Gulf,
      Giver of pearls, shells and death!’
      The echo replies
      As if lamenting:
      ’O Gulf,
      Giver of shells and death.’
      And across the sands from among its lavish gifts
      The Gulf scatters fuming froth and shells
      And the skeletons of miserable drowned emigrants
      Who drank death forever
      From the depths of the Gulf, from the ground of its silence,
      And in Iraq a thousand serpents drink the nectar
      From a flower the Euphrates has nourished with dew.
      I hear the echo
      Ringing in the Gulf:
      ’Rain . . .
      Drip, drop, the rain . . .
      Drip, drop.’

      In every drop of rain
      A red or yellow color buds from the seeds of flowers.
      Every tear wept by the hungry and naked people
      And every spilt drop of slaves’ blood
      Is a smile aimed at a new dawn,
      A nipple turning rosy in an infant’s lips
      In the young world of tomorrow, bringer of life.
      And still the rain pours down.

      Translated by: Lena jayyusi and Christopher Middleton