• « Troisième mois de la révolte des femmes en Iran : Femme, Vie, Liberté ! »

    Behrooz Farahany : « Troisième mois de la révolte des femmes en Iran : Femme, Vie, Liberté ! »
    Rédaction de SST : « Quel courage se cachait dans ce pays ! »
    Yassamine Mather : La mobilisation s’étend et s’amplifie. Répression et recherche d’un conflit
    Babak Kia : Les Kurdes aux avant-postes du soulèvement populaire

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/28/troisieme-mois-de-la-revolte-des-femmes-en-ira

    #international #iran

  • #Iran #Afghanistan #femmes #féminisme #religion #sexisme #patriarcat #voile #burqa #hijab #liberté #émancipation

    Soutien aux Iraniennes et aux Afghanes...

    ♀ Le voile est sexiste

    « Une femme refusant de porter le voile peut être tuée, emprisonnée, agressée, menacée, stigmatisée et/ou rejetée par son groupe d’appartenance comme : impie, impure et dévergondée. Comment défendre le port du voile, alors que certaines bravent l’interdit en faisant acte de courage en refusant de le porter au risque de leur vie et de celle de leur entourage. Le voile islamique porte des enjeux multiples : religieux, culturels, politiques. Ce code vestimentaire a été imposé aux femmes par les religions patriarcales, par des hommes, qui ont légalement sexualisé le corps des femmes, c’est un symbole de sexisme et de violence. Est-ce que la défense du port du voile n’est pas un communautarisme ? (...) »

    https://www.socialisme-libertaire.fr/2022/11/soutien-aux-iraniennes-et-aux-afghanes.html

    Manifestation de solidarité à Montréal pour les femmes iraniennes, 22 octobre 2022. ♀ Le voile est sexiste. Soutien aux Iraniennes et aux Afghanes. « Une femme refusant de porter le voile peut être tuée, emprisonnée, agressée, menacée, stigmatisée et/ou...

  • Le artiste e designer iraniane che sostengono la protesta nelle piazze

    Da più di due mesi migliaia di giovani scendono in piazza contro il regime di Teheran. Una pagina Instagram (https://www.instagram.com/iranianwomenofgraphicdesign) condivide sui social network illustrazioni che rappresentano i gesti simbolici delle manifestazioni: dal taglio dei capelli agli hijab dati alle fiamme. “Continuate a mantenere alta l’attenzione su quello che succede in Iran”

    https://altreconomia.it/con-le-loro-opere-artiste-e-designer-iraniane-sostengono-la-protesta-ne

    #art_et_politique #Iran #Iranian_Women_of_Graphic_Design #design #dessin #caricatures #dessin_de_presse #instagram

  • Face aux manifestations, le pouvoir se déchaîne sur la jeunesse

    Une fille, âgée de 14 ans, a été incarcérée dans une prison pour adultes aux côtés de délinquants toxicomanes. Un garçon de 16 ans a eu le nez cassé en détention après avoir été battu par des agents de sécurité. Une jeune fille de 13 ans a été agressée physiquement par des miliciens en civil qui ont fait une perquisition dans son école.

    Selon des avocats iraniens et des militants des droits de l’homme, informés, la répression brutale menée par les autorités iraniennes pour mettre fin aux manifestations en faveur de la libération sociale et du bouleversement politique qui secouent le pays depuis deux mois a fait payer un lourd tribut à la jeunesse du pays.

    Les jeunes, notamment les adolescents, ont été au cœur des manifestations et des affrontements avec les forces de sécurité dans les rues, sur les campus universitaires et dans les lycées. Les responsables iraniens ont déclaré que l’âge moyen des manifestants était de 15 ans !

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/19/face-aux-manifestations-le-pouvoir-se-dechaine

    #international #iran

  • Five killed, ten injured in shooting at a market in Iran - The Week
    https://www.theweek.in/news/world/2022/11/17/five-killed-ten-injured-in-shooting-at-a-market-in-iran.html

    Five people were killed and 10 injured in a shooting attack at a market in the southwestern Iranian city of Izeh. In a separate incident, two members of Iran’s paramilitary Basij were shot dead in the central city of Isfahan, according to the state-run IRNA news agency. In both attacks, the gunmen were reportedly riding motorcycles.

    It was not immediately clear what motivated the attacks or if they were linked to the nationwide protests that have convulsed Iran over the past two months.

    In the shooting incident in the market, three young men, one nine-year-old girl and a 45-year-old woman were killed. A search has been launched to identify and arrest those behind the attacks. No group has claimed the attacks yet. The assailants in the market incident were armed with Kalashnikov rifles.

    Les manifestations pacifiques en Iran commencent à ressembler de plus en plus à celles qu’a connues la Syrie en 2011 : « complot étranger » diront les uns, « révolte contre la violence du régime » répondront les autres.

    Comme en Syrie à l’époque, on ne peut manquer de s’interroger sur la provenance des armes dans un pays aussi surveillé... Et la ressemblance entre les deux processus interroge...

    #iran

  • La « differentia specifica » du soulèvement iranien

    La « differentia specifica » du soulèvement iranien. Entretien avec Amir Kianpour conduit par Béatrice Rettig
    Mahdis Sadeghipouya : De la résistance des femmes au quotidien à la lutte dans la rue
    Yassamine Mather : Eviter une seconde tragédie
    Collectif féministe Brésilien Juntas : Pour les femmes, la vie, la liberté - Manifeste féministe international en solidarité avec les femmes iraniennes en lutte

    Béatrice Rettig : Quelle est la cartographie politique et sociale actuelle en Iran, tel que le mouvement iranien de cet automne 2022 la rend visible ? Fait-il apparaître de nouvelles composantes, de nouveaux conflits et de nouvelles coalitions ?

    Amir Kianpour : La première chose à dire, c’est qu’il y a, au moins, deux mouvements au sein du soulèvement iranien, avec deux rationalités différentes, deux agendas et même avec des principes d’organisation divergents ; le premier se définit par le slogan d’origine kurde « femme, vie, liberté » et par les traductions centrifuges et polythéistes de ce slogan ; et le second se caractérise par faire rimer « femme, vie, liberté » et « homme, patrie, prospérité » ; selon ce dernier, l’insurrection en cours est une « révolution nationale » dont le pilier idéologique et discursif est le patrimoine culturel d’Irân-shahr (la cité des perses). Les agent.es du premier bloc se trouvent entre les féministes, les minorités nationales surtout les Kurdes, les étudiant.es, les collectifs et les organisations de gauche, les activistes de la société civile, les militant.es syndicaux, etc. ; ils constituent un réseau non institutionnalisé actif à l’intérieur du pays.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/14/la-differentia-specifica-du-soulevement-iranie

    #international #iran

  • Iran Threatens to EXECUTE 15,000 Protestors
    https://www.youtube.com/watch?v=7gFGVv1n8cA

    "Nationwide protests continue in Iran for the 53rd straight day, despite nearly 15,000 Iranians having been arrested in connection to the demonstrations and who are now facing the death penalty.

    As thousands continue to rally across Iran’s capital city of Tehran, defying a brutal crackdown by Iranian forces, on Tuesday, the country’s parliament overwhelmingly voted in favor of the death penalty for protesters.

    The decision came after recent calls from within the Iranian government to punish protesters in a way that would quell the demonstrations. In a letter signed by 227 out of 290 members of parliament cited by Iran’s state-run Press TV on Sunday, lawmakers asked to teach those arrested “a good lesson” so as to deter others from joining them."

    #Iran #mollarchie

  • En Iran, ils font tomber le turban des mollahs pour protester contre le régime

    IRAN – En Iran, la révolte insufflée par la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre dernier, donne lieu à des méthodes de protestation variées, mais aussi de plus en plus vindicatives à l’égard du pouvoir religieux.

    Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article, la contestation se tourne maintenant contre les mollahs, ces spécialistes du droit musulman qui exercent des fonctions juridiques ou religieuses au sein de la théocratie chiite. Dans la rue, retirer d’un revers de la main le turban de ces hommes est devenu un moyen symbolique de faire vaciller le régime et les dogmes religieux.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/10/en-iran-ils-font-tomber-le-turban-des-mollahs-

    #international #iran

  • Déclaration de féministes ukrainiennes en solidarité avec les femmes iraniennes

    Nous, féministes ukrainiennes, exprimons notre solidarité avec le soulèvement iranien, déclenché par le meurtre brutal de Mahsa Amini par la police des moeurs iranienne. Des milliers de femmes ont répondu à ce crime en sortant dans les rues, en se coupant les cheveux et en enlevant et brûlant publiquement les hijabs comme symbole de leur oppression. Ce qui a commencé comme une protestation contre la brutalité policière et le hijab obligatoire s’est rapidement transformé en une résistance générale du peuple iranien contre le régime patriarcal et dictatorial des mollahs et la forme autoritaire de capitalisme qu’il représente. La mobilisation populaire est aujourd’hui rejointe par les écolières, les étudiants, les syndicats, les minorités ethniques et les personnes issues d’autres groupes sociaux touchés par les crises économiques, les prix élevés des denrées alimentaires, les coupes sociales et les privatisations. Cette nouvelle vague de luttes poursuit et élargit ainsi la série de soulèvements contre les inégalités socio-économiques, l’oppression politique et la discrimination ethnique qui ont secoué l’Iran au cours de la dernière décennie.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/09/declaration-de-feministes-ukrainiennes-en-soli

    #féminisme #iran #ukraine

  • Un vent de révolte venu d’Iran https://www.lutte-ouvriere.org/editoriaux/un-vent-de-revolte-venu-diran-434404.html (éditorial des bulletins d’entreprises #Lutte_ouvrière #LO

    Depuis le décès de #Mahsa_Amini, torturée et assassinée par la police des mœurs de Téhéran parce qu’une mèche de cheveux dépassait de son voile, la jeunesse fait souffler un vent de révolte sur l’#Iran. Et avec quel courage !

    Des jeunes femmes arrachent et brûlent leur voile ; les rassemblements se multiplient, aux cris de « Femmes, vie, liberté », « Mort au dictateur » ; le portrait du dictateur Khamenei est caillassé ; des mollahs sont bousculés dans la rue, des policiers attaqués et des commissariats brûlés…

    Il n’y a pas une région, une ville, une université qui n’ait été touchée par cette rébellion.

    Les rassemblements sont dispersés ? La police ferme une faculté et écume un quartier ? La contestation se déplace, change de forme, se démultiplie en mille et une démonstrations individuelles. Et cela dure depuis plus de 50 jours, malgré la peur, les tabassages et les tirs à balles réelles contre les manifestants.

    Le régime aurait déjà arrêté plus de 14 000 manifestants et tué plus de 300 personnes, dont beaucoup de très jeunes. Mais rien n’arrête la contestation. Celle-ci trouve, chaque jour, de nouveaux appuis avec des personnalités sportives, des artistes ou des journalistes qui franchissent le Rubicon en se solidarisant avec la révolte. Dans les villes, les fermetures de magasins ou de lieux culturels se sont multipliées. C’est vrai dans toutes les régions, qu’elles soient kurdes, baloutches, arabes, perses, azéries, turkmènes.

    Des #grèves de soutien ont aussi éclaté dans les régions pétrolifères et dans de grandes entreprises où les travailleurs ont des traditions de lutte anciennes. Là, des #travailleurs ont revendiqué, en plus de la liberté, du pain et du travail. Car, si l’inflation, les pénuries, le chômage et les salaires impayés sont le quotidien de millions d’Iraniens depuis des années, ces difficultés sont devenues insupportables.

    Pour des millions de familles, il est impossible de se soigner, de se loger dignement, d’acheter de la viande ou simplement des œufs. Cette situation est en partie causée par l’embargo imposé par l’impérialisme américain, mais elle est aggravée par le parasitisme des dignitaires du régime, religieux et pasdarans, l’armée des ayatollahs. Car, si la population s’enfonce dans la #misère, une minorité continue de s’enrichir et de rouler sur l’or.

    L’Iran est un baril de poudre. Ces dernières années, le régime a fait face à de puissantes vagues de contestation contre la vie chère et la corruption. Sa réponse fut une répression impitoyable. Aujourd’hui, cette politique de la terreur ne fonctionne plus. Alors, la révolte de la #jeunesse se transformera-t-elle en #révolte_sociale ?

    Les dizaines de milliers de manifestants actuels deviendront-ils des millions ? Les travailleurs apporteront-ils à la révolte leur puissance sociale et leur capacité d’organisation ? Sauront-ils proposer une politique pour renverser le régime et mener une nouvelle révolution, où les classes populaires construiraient elles-mêmes leur propre pouvoir ? Tant que la révolte est en marche, tout est possible.

    La jeunesse iranienne a osé engager le combat contre une des pires dictatures de la planète. Le changement n’est venu ni de l’opposition interne au régime, ni des grandes puissances qui gardent depuis deux mois un silence complice et montrent, une fois de plus, qu’elles ne sont jamais du côté des révoltes populaires. Il est venu d’en bas, de celles et ceux qui refusent de se soumettre.

    Cette révolte montre aux opprimés du monde entier qu’ils peuvent prendre leur destin en main en se battant contre ceux qui les dominent.

    Chaque pays a ses particularités, mais le cœur de la jeunesse et des travailleurs de tous les pays bat au même rythme et aux mêmes espoirs : la liberté, l’égalité et la possibilité de s’épanouir dans un monde fraternel.

    Ces aspirations sont entravées par un système de domination : domination des pays riches sur les pays pauvres, celle des riches sur les pauvres. Un tel système doit être renversé et il le sera, parce qu’en même temps qu’il sème les injustices, il produit des révoltés.

    Il est impossible de savoir ce qui peut, dans tel ou tel pays, mettre le feu aux poudres. En Iran, cela a été une mèche de cheveux rebelle. Ailleurs, ce sera peut-être le manque de blé ou une atrocité guerrière. Une chose est certaine, les travailleurs ont un rôle majeur à jouer dans ces révoltes, car ils sont les seuls à être porteurs d’un ordre social débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme. Et pour ce combat, ils ont besoin du courage incroyable dont la jeunesse iranienne fait preuve aujourd’hui .

  • Iran : le silence des organisations étudiantes françaises

    Depuis près de deux mois, en protestation contre l’assassinat de la jeune étudiante kurde Mahsa Amini, la jeunesse étudiante et lycéenne s’est levée en masse, au premier rang desquels les femmes, entraînant d’autres couches de la population. Ce mouvement dépasse aujourd’hui les mouvements de 1999 et 2009 (voir sur mon blog, « un mouvement qui vient de loin » en durée, en détermination, comme si malgré une dure répression la peur était en train de changer de camp.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/07/iran-le-silence-des-organisations-etudiantes-f

    #international #iran #étudiant·e

  • Geographical distribution of protesters killed in #IranRevolution during the last 51 days.

    319 people killed by security forces in which one third are from Sistan and Blauchistan, more than 90 killed in massacre in #Zahedan and at least 16 killed in #Khash.

    https://twitter.com/Sima_Sabet/status/1589389251803721728

    #Iran #manifestations #résistance #morts #décès #cartographie #visualisation #révolution_iranienne

    ping @visionscarto

  • Iran :Nasrin Ghaderi décédée sous les coups de matraque- L’En Dehors
    http://endehors.net/news/iran-nasrin-ghaderi-decedee-sous-les-coups-de-matraque

    L’une des dernières victimes de la répression en #Iran, Nasrin Ghaderi, doctorante en philosophie à l’université de Téhéran. Nasrin a été plongée dans le coma après avoir reçu de nombreux coups de matraque. Ses funérailles ont lieu aujourd’hui au Kurdistan iranien. #MahsaAmini pic.twitter.com/nWWu9fmqZp (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Les femmes en Iran se révoltent contre la théocratie, face à la violente répression.
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4386

    Les manifestations n’ont pas pour but une réformette du droit, notamment celui de la liberté des femmes. Il s’agit d’une insurrection exigeant la fin de la république islamique. Et c’est complètement différent de ce que nous avons vu auparavant. Ceux qui doutent de la portée de cette sédition, elle aura au moins l’effet de vouloir changer la perception d’un régime basé sur les violences envers les opposants du modèle théocratique inspiré de l’islam. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / journaliste, poète, livre, écrits, Terrorisme , islamisme , Al-Qaeda , politique , , #Iran,_presse,_journalistes,_censure,_islamisme, fait divers, société, fléau, délinquance, religion , Journalisme, presse, (...)

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #_journaliste,_poète,_livre,_écrits #Terrorisme_,_islamisme,Al-Qaeda,politique, #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion #Journalisme,_presse,_médias

  • Iran : l’indispensable convergence des luttes (plus autres textes)

    Behrooz Farahany : Iran : l’indispensable convergence des luttes
    Pour que le mouvement « Femme, Vie, Liberté » ne meure pas- Appel à la solidarité avec les prisonnier·es politiques en Iran
    Les universités iraniennes s’en prennent à Khamenei et aux pasdarans, un jour après l’avertissement
    Hossein Dabbagh : Iran : les manifestants demandent une évolution vers un État non religieux. Quels changements cela apporterait-il ?
    Caroline Senneville : Iran, la mèche de la révolte

    Les mobilisations ne faiblissent pas

    Les manifestations contre le régime islamique sont entrées dans leur sixième semaine. Elles sont essentiellement composées de femmes, d’étudiantEs, de lycéenNEs, d’enseignantEs, de chômeurs/euses et de précaires.

    Dans l’industrie des grèves politiques ponctuelles ont eu lieu. Mais elles ne se sont pas transformées grèves de longue durée, contrairement à ce qui se passe chez les enseignantEs et les étudiantEs.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/02/iran-lindispensable-convergence-des-luttes-plu

    #international #iran

  • Smaïn Laacher : « En Iran, la critique radicale de l’ordre religieux tente de redéfinir la question de l’égalité entre les deux sexes dans tous les espaces de la société »

    L’histoire ne se répète pas. L’Iran de 2022 n’est plus celui de 1979. Depuis l’arrivée au pouvoir temporel et spirituel de l’ayatollah Khomeyni, les contestations populaires ont été nombreuses et les femmes toujours massivement présentes lors des protestions. La situation économique et sociale n’a cessé de se dégrader, en ville et à la campagne ; et pas seulement à cause de l’embargo américain. La liberté de penser, de s’exprimer, d’écrire et de diffuser a été violemment contrôlée et réprimée. Des homosexuels ont été pendus en place publique et nombreux sont les journalistes a avoir été jetés en prison. Les mouvements de grève se sont multipliés.

    Aujourd’hui, dans tout le pays, des manifestantes par milliers ne supportent plus l’insupportable. Celles-ci, pour une grande part, viennent des nombreuses universités et grandes écoles iraniennes dont elles constituent la moitié des étudiants. Souvenons-nous : en août 2014, une mathématicienne iranienne, Maryam Mirzakhani, avait été la première femme au monde à recevoir la prestigieuse médaille Fields. Elle n’avait pas été formée dans une grande université américaine, mais à l’université technologique Sharif, à Téhéran.
    C’est parmi cette fraction de la population iranienne que l’on compte aujourd’hui, selon certaines ONG, plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessées et des milliers d’arrestations. Il importe pourtant de ne pas commettre d’erreur de perception sur ce qu’il se passe dans le pays. Ce n’est pas tant le « voile » que les femmes veulent éradiquer et faire disparaître à jamais de la société iranienne, mais l’imposition de la norme cléricale dans l’espace privé et public. Au-delà du hijab et du degré de visibilité des cheveux féminins, ces manifestantes et manifestants ne supportent plus le désir pathologique du pouvoir clérical et de sa police des mœurs de contrôler la vie quotidienne des citoyens en s’ingérant constamment dans leur vie et en punissant les écarts aux conventions religieuses.

    Les hommes rejoignent le combat

    La conception de l’islam portée publiquement par le pouvoir religieux iranien repose en effet sur l’invisibilisation de la femme en tant que telle, des formes de son corps et de son visage, quel que soit son âge. Dans cette optique, il faut masquer les femmes pour exhiber la religion comme ordre « naturel » du monde s’imposant à tous. Aussi, en Iran – et plus généralement dans les sociétés gouvernées par la loi islamique –, le hijab ne constitue pas et ne doit pas constituer une sorte de concept fondamental, seul susceptible de produire une intelligibilité quasi instantanée des rapports de dominations symboliques et matériels. Le hijab n’est qu’un élément de subordination parmi d’autres ; l’interdire ou le faire disparaître ne fera pas disparaître spontanément et inéluctablement la puissance de l’ordre religieux et de sa conception des relations entre gouvernés et gouvernants.

    L’enjeu va bien au-delà du hijab et de quelques cheveux de femmes par trop visibles : la preuve en est apportée par la présence des hommes aux côtés des manifestantes iraniennes. Cette configuration est unique dans le monde musulman, et particulièrement dans le monde arabo-musulman dont nous sommes, en France, plus familiers. Dans ce combat, les femmes ne sont pas le « complément » des hommes, qui se chargeraient de l’intendance et du soin ; en Iran, ce sont bien les hommes qui « rejoignent » le combat des femmes. Cette configuration singulière signifie que la critique radicale de l’ordre religieux, par définition inégalitaire et oppressif (et ne pouvant être affronté qu’au péril de sa vie, faut-il le rappeler) est une critique politique qui tente de redéfinir la question de l’égalité entre les deux sexes dans tous les espaces de la société. Mais cette critique est aussi un mouvement de dénaturalisation des rapports de violence des uns sur les autres.

    Le défi que tentent de relever les Iraniennes et les Iraniens n’est rien moins qu’un travail colossal de construction d’une pluralité démocratique dans un monde commun. C’est bien là que se situe l’universalité du combat de ces femmes, et au-delà, de toutes les femmes vivant dans des univers musulmans ; leurs luttes – qui se déploient dans les espaces privés et publics et s’inventent à chaque fois différemment – sont une contribution aux débats que nous ne cessons d’avoir, en France et ailleurs, sur la modernité et sa rationalité, sur l’universalité et le relativisme, etc.

    Impressionante révolution féministe

    La pluralisation des sphères (politique, économique, juridique, etc.) est un processus qui ne peut que s’accélérer sous les coups de boutoirs de la mondialisation capitaliste. Les manifestantes et manifestants iraniens, grâce (entre autres) aux progrès des technologies de l’information et de la communication et à l’accès relativement abordable aux moyens de transport, savent comment se mettre en relation avec d’autres sociétés, et donc avec d’autres modes de vie ; en un mot avec d’autres manières d’être soi avec les autres. Plus rien ne leur échappe, ni l’injustice, ni la corruption de leur société, ni les actes de solidarité politique jaillissant, ici et là, dans le monde.

    Comme en France, les religions et la « laïcité » sont au cœur du débat iranien, dont les Iraniennes sont un acteur fondamental. La grande majorité de la société iranienne, en particulier sa composante civile, est prête aujourd’hui à une disjonction entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Le découplement entre la loi de Dieu et celles des hommes sera une fabrication proprement iranienne. Personne ne doit en douter.

    En ce sens, il faut prendre garde à ne pas commettre une seconde erreur de perception : ce qui se passe aujourd’hui en Iran est bien éloigné de la question française du « voile » et des discriminations que subissent celles qui le portent. C’est bien en Iran que se déroule depuis quelques semaines, j’ose le dire, la plus importante et la plus impressionnante révolution féministe en cours sur la planète : plus de deux cents morts, parce que des femmes veulent être libres.

    Smaïn Laacher, professeur émérite de sociologie à l’université de Strasbourg, est notamment l’auteur de L’Affaire Mila. Victime, agresseurs, haine en ligne (éditions l’Aube, 2022).

    laacher-en-iran-la-critique-radicale-de-l-ordre-religieux-tente-de-redefinir-la-question-de-l-egalite-entre-les-deux-sexes-dans-tous-les-espaces-de-la-societe_6148148_3232.html

    #Iran #mollarchie #femmes #féminisme #révolution_féministe #universalité #égalité

  • Révolte en Iran  : quelles perspectives et quelle direction  ? [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2022/10/30/revolte-en-iran-quelles-perspectives-et-quelle-direction_431 (20 octobre 2022)

    – Des manifestants, femmes et hommes, jeunes et déterminés
    – Une contestation populaire
    – La dictature des ayatollahs
    – La base sociale du régime s’est rétrécie
    – L’attitude des impérialistes face à l’#Iran. #impérialisme
    – Quelles perspectives pour la #révolte  ?

  • Les femmes iraniennes : dans la rue, dans la société, dans la vie

    Le slogan « femmes*, la vie, la liberté » [1] en langue persane, est ancien et connu dans la région. Il est soudainement devenu populaire partout dans le monde grâce au mouvement magnifique, impressionnant et courageux qui s’est déroulé en Iran ces dernières semaines. Mais l’isolement historique que le régime iranien a imposé à son peuple et la nouvelle panne d’Internet nous empêchent de connaître l’ampleur et l’atrocité des crimes quotidiens du régime. Nous ne savons pas non plus grand-chose de la société, des femmes et de la vie quotidienne du pays.

    Même si nous sommes des femmes de la même région, nous avons très peu d’informations sur la vie des femmes en Iran, à part le fait qu’elles vivent sous un despotisme autocratique dans lequel leur présence et leur corps sont continuellement surveillés, rabaissés et réduits.

    Dans cette interview avec une féministe iranienne, nous chercherons à connaître la vie des femmes en Iran, leurs espaces de dissidence, à la lumière de la mobilisation actuelle.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/27/les-femmes-iraniennes-dans-la-rue-dans-la-soci

    #international #iran #féminisme

  • ‘The door is open’ : Iranian astronomers seek collaborations for their new, world-class telescope | Science | AAAS
    https://www.science.org/content/article/door-open-iranian-astronomers-seek-collaborations-their-new-world-class-tel
    https://www.science.org/do/10.1126/science.adf4145/abs/_10221018_on_iran_telescope.jpg

    In a major milestone for Iran’s scientific community, astronomers announced today in Tehran that the Iranian National Observatory (INO) has seen “first light”: The world-class, 3.4-meter optical telescope, whose future appeared cloudy just last year, is operational and has acquired its debut images.

    “We’ve been waiting for this moment for so long,” says INO Project Director Habib Khosroshahi, an astronomer at the Institute for Research in Fundamental Sciences (IPM) in Tehran.

    First light for the $25 million observatory “comes at a turbulent time,” Khosroshahi acknowledges. Iran has been roiled by protests since last month’s death in police custody of a young woman who’d been arrested for not wearing her hijab properly. “We’re anxious about how our announcement will be interpreted,” Khosroshahi says. “But we want to emphasize that INO is for all the people of Iran. We couldn’t keep this news to ourselves anymore.”

    INO’s scientific odyssey began 2 decades ago—and faced long odds. “When they started this project, it was just a dream. No one in Iran had attempted anything on this scale before,” says Gerry Gilmore, an astronomer at the University of Cambridge and chair of INO’s international advisory board.

    (Admirez au passage comment la revue Science se fait pardonner de publier cette information favorable à l’Iran en évoquant, sans guère de pertinence pour le sujet, les troubles dans le pays.)

    #iran #science

  • Les Iraniennes ont fini de discuter avec le régime (et autres textes)

    Alireza Eshraghi : « Les Iraniennes ont fini de discuter avec le régime »
    Yassamine Mather : « Quelque chose doit changer »
    Aurelie Leroy : Les femmes iraniennes sur le devant des manifestations
    Ben Hubbard et Farnaz Fassihi : Les Gardiens de la révolution, profondément intégrés dans la structure du pouvoir et l’économie, ont tout à perdre si le système tombe

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/24/les-iraniennes-ont-fini-de-discuter-avec-le-re

    #international #Iran

  • « Le #féminisme_iranien est une force de contestation révolutionnaire »

    Interview de Chowra Makaremi

    Depuis la mi-septembre et l’assassinat de la jeune #Mahsa_Amini par la police religieuse, la jeunesse iranienne manifeste un peu partout aux cris de « Femme, vie, liberté ». Comment faut-il, selon vous, comprendre ce slogan ?

    #Zhina_Mahsa_Amini appartenait à la minorité kurde qui est extrêmement discriminée en Iran – son « vrai » prénom est d’ailleurs un prénom kurde, #Zhina, que l’État refuse d’enregistrer. C’est important pour comprendre les circonstances de sa mort : Zhina Mahsa n’était pas plus mal voilée que la majorité des filles à Téhéran, mais celles qui sont originaires de la capitale savent où aller pour éviter les contrôles, comment se comporter avec les agents, à qui donner de l’argent, qui appeler en cas de problème...
    Les protestations ont commencé le soir des funérailles de la jeune femme dans la ville de Saqqez. C’est de là qu’est parti le slogan en langue kurde « Femme, vie, liberté », une devise politique inventée au sein du Parti des travailleurs kurdes (PKK) d’Abdullah Öcalan – dans lequel, certes, les femmes n’ont pas toujours été suffisamment représentées, mais qui a théorisé que la libération du Kurdistan ne se ferait pas sans elles.
    Je note au sujet du mot « vie » contenu dans ce slogan que beaucoup de jeunes manifestantes et manifestants donnent littéralement leur vie pour le changement de régime qu’ils réclament. Quand Zhina Mahsa est morte, les premières images d’elle qui ont été diffusées la montraient en robe rouge en train d’exécuter une danse traditionnelle qui témoigne d’un culte de la joie qu’on retrouve sur tous les comptes Instagram ou Tiktok des manifestantes tuées auparavant.

    Quelle est la place des féministes dans le mouvement qui agite l’Iran depuis plus d’un mois ?

    La dimension principale de cette révolte est le refus du voile qui est la matérialisation de ce que les féministes iraniennes appellent « l’apartheid de genre » : un ensemble de discriminations économiques, culturelles et juridiques, inscrites dans les lois sur le travail ou l’héritage.
    Mais ce mouvement veut aussi mettre fin à d’autres discriminations : par exemple, celles contre les minorités comme les Baloutches, les arabophones, les Baha’is, ou encore les réfugiés afghans de deuxième génération qui n’ont jamais pu avoir la nationalité iranienne.

    Le mouvement féministe iranien existe depuis trente ans, et il est très puissant – la Prix Nobel de la paix [en 2003], Shirin Ebadi, est une femme, tout comme les détenues emblématiques du régime. Ses militantes ont été entraînées à une lecture juridique du système de domination, et leur doctrine constitue la colonne vertébrale de nombreuses formes d’activisme. Comme théorie et comme méthode, le féminisme intersectionnel iranien permet aujourd’hui de comprendre comment, pour la première fois depuis quarante ans, des segments de la population qui n’ont jamais été solidaires se soulèvent en même temps.

    Que demandent les hommes qui prennent part au soulèvement ?

    Il ne s’agit pas uniquement de manifestations pour les droits des femmes : les hommes originaires des quartiers populaires descendent aussi dans la rue pour protester contre la vie chère ; ceux originaires du Kurdistan manifestent pour ne pas être victimes de violence… Il faut aussi avoir en tête l’appauvrissement rapide de l’Iran, où les classes moyennes sont réduites à peau de chagrin en raison du Covid, des sanctions internationales et de la corruption. Tous ces éléments sont à comprendre ensemble.
    Finalement, le voile n’est devenu une demande de premier plan que lorsque, ces dernières années, les féministes sont arrivées au bout des revendications réformistes possibles. C’est ainsi qu’est né l’activisme quotidien sur cette question qui constitue un des piliers de l’ordre théocratique – une façon de rappeler à tous·tes les Iranien·nes que le pouvoir s’inscrit sur les corps. En 2018, « les filles de la rue de la révolution », défendues par l’avocate Nasrin Sotoudeh, se sont mises à manifester avec un voile blanc porté non pas sur la tête mais au bout d’un bâton. Elles ont écopé de quinze ans de prison et sont encore détenues aujourd’hui.

    En France, dans les médias comme chez les commentateur·ices politiques, un parallèle a souvent été établi entre les Iraniennes qui se dévoilent et les Françaises musulmanes qui se voilent. Pensez-vous que cette grille de lecture soit pertinente ?

    Ce que montre le soulèvement en Iran, c’est que le féminisme n’est pas uniquement un outil intellectuel qui permet de revendiquer l’égalité à l’intérieur d’un État de droit mais qu’il peut être une force de contestation révolutionnaire.
    Opposer les manifestantes iraniennes qui enlèvent leur voile aux Françaises musulmanes qui souhaitent le porter, c’est passer à côté de cette puissance révolutionnaire. La haine du voile chez celles qui le brûlent lors des manifestations ne renvoie à aucune altérité : elles ne détestent pas le voile de leur mère, de leurs grands-mères et de leurs amies, mais le tissu dont on les emmaillote. La question qui se pose à cet endroit est celle du contrôle politique du corps des femmes par les gouvernements partout dans le monde.
    Pour autant, je ne souscris pas au raccourci qui consiste à dire : « En Iran on oblige les femmes à porter le voile et en France à l’enlever. » En France on oblige les femmes à enlever le voile, et si elles ne le font pas elles risquent d’être déscolarisées, licenciées ou humiliées devant leurs enfants. En Iran ou en Afghanistan, si elles retirent leur voile, elles risquent d’être torturées et tuées. C’est une différence constitutive, pas un continuum de violences.
    Malgré tout cela, réduire ce qui se passe actuellement en Iran à une révolte contre le voile, c’est jouer le jeu des réformistes iraniens qui assimilent la situation insurrectionnelle actuelle à une revendication vestimentaire. Tous les slogans demandent un changement de régime, aucun ne dit non au hijab. Quand les filles brûlent leur voile dans la rue, c’est une façon de s’en prendre à un pilier du régime : elles le brûlent en disant « à bas la dictature ». Il faut les écouter.

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