• Rap & islam (2/3)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1031-Rap-islam-2-3

    Voir la première partie

    (.../...)

    Conversions en pagaille

    Fabe

    Commençons pas la conversion la plus étonnante (et la plus discrète), celle de Fabe, la référence en « rap conscient » (politisé) des années 90. Il fut un précurseur dans les textes profonds et engagés socialement à travers trois albums solos et de multiples collaborations. Il quitta le rap brusquement en 1998 pour ne réapparaître que dans une interview sur sa conversion à l’islam sept ans plus tard : ’Malek Shabaz [autre nom de Malcolm X] a définitivement entériné mon a priori positif envers l’islam car c’était un grand homme, très au fait du sens dans lequel tournait le monde (et à l’avantage de qui…) en quête de justice et intègre au point de tout remettre en question – y compris son statut dans une secte où il avait la position de leader – s’il s’apercevait qu’il y avait un décalage entre la théorie et la pratique. [...] C’est lorsque Malcolm X s’est converti et a adhéré au vrai message de l’islam, un message universel de justice où les hommes ne sont pas jugés en fonction de leur couleur de peau ou de leur statut social, qu’il fut assassiné.’ [1]

    #Rap, #Art, #Politique, #Extrêmes-droites, #Islam, #Islamogauchisme, #Multiculturalisme, #Religion, #Banlieue, #Immigration, #Pseudo-subversion

  • Le mollah Nasreddine, preuve qu’un islam satirique a existé
    https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2020/09/13/un-islam-satirique-a-existe-a-la-rencontre-du-mollah-nasreddine_6051973_6038

    « preuve qu’un islam satirique a existé » : imbéciles ! « Charles de Foucauld : preuve qu’une chrétienté charitable a existé » : ça vous parlerait comme titre ? Bande de nazes !

    #islam #racisme_ordinaire

  • En effaçant les camps de Ouïghours sur Baidu Maps, la Chine les a rendus visibles.
    https://korii.slate.fr/et-caetera/chine-ouighours-xinjiang-camps-concentration-censure-baidu-maps-enquete

    Privées d’accès au Xinjiang, des journalistes du site BuzzFeed se tournent en 2018 vers l’imagerie satellite du site chinois Baidu Maps pour localiser les 1.200 camps de concentration où sont détenu·es des Ouïghour·es, dans le cadre d’un génocide qui a commencé en 2014. Avec les progrès de la technologie, cette technique est de plus en plus employée dans le journalisme et la recherche. Elle permet par exemple de constater la construction de nouveaux bâtiments, la destruction de certaines zones (Google (...)

    #BaiduMaps #Baidu #aérien #biais #vidéo-surveillance #Islam #prison #surveillance

  • Rap & #Islam (1/3)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1030-Rap-islam-1-3

    ❝Le rap est aujourd’hui une culture « jeune » qui irrigue toute la société, bien au-delà de la seule « jeunesse de #Banlieue ». C’est pourtant une musique très largement pénétrée par les valeurs de l’islam et, semble-t-il, de plus en plus à mesure que ce dernier se constitue en contre-culture unique et hégémonique dans ce que certains ont nommé « les Territoires perdus de la République ». Tous les rappeurs ne sont pas pro-Islam, mais au nom de la tolérance et de l’antiracisme, on accepte davantage qu’ailleurs les (...) #Les_fausses_subversions

    #Rap, #Art, #Politique, #Extrêmes-droites, #Islam, #Islamogauchisme, #Multiculturalisme, #Religion, #Banlieue, #Immigration, #Pseudo-subversion
    https://noisey.vice.com/fr/article/rzneqj/le-rap-et-les-sectes-de-l-islam
    http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/akhenaton-la-face-cachee-73889
    https://www.parismatch.com/Culture/Musique/Sexion-d-assaut-les-doux-agneaux-du-rap-158244
    http://musique.jeuxactu.com/news-sexion-d-assaut-est-il-un-groupe-homophobe-3774.htm
    https://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/morbihan/hip-hop-sexion-d-assaut-s-excuse-de-sa-maladresse-27-09-2010-1062633.ph
    https://teleobs.nouvelobs.com/musique-s/20130327.OBS9729/sexion-d-assaut-se-la-joue-gay-friendly.html
    https://www.youtube.com/watch?v=s6Q6Jd4qgVs


    https://www.youtube.com/watch?v=d3RRJq09Gig

    http://captchamag.net/blog/2014/07/16/booba-vs-tariq-ramadan-kamoulox

  • #Marlène_Schiappa, le #fémonationalisme et nous

    Juillet 2020. Dans le cadre d’« opérations de reconquête républicaine », Marlène Schiappa en appelle au « bon sens », entendre : « Si la maison de votre voisin s’effondre, vous l’accueillez. Mais s’il se met à tabasser votre sœur, vous le virez ! » C’est en ces termes qu’elle se félicite de la mise en place, par ses soins, de la #double_peine pour les étrangers coupables de violences sexistes et sexuelles. Accusée de promouvoir le fémonationalisme — c’est-à-dire un féminisme qui instrumentalise les #droits_des_femmes à des fins nationalistes et identitaires —, la porte-voix du gouvernement Macron a répondu n’avoir « aucune leçon de féminisme à recevoir de qui que ce soit ». Plus qu’une participation à la présente polémique, la sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi entend ici, en guise de prolongement, rappeler la nécessité de déployer, face aux menées libérales et xénophobes, « un féminisme antiraciste et anticapitaliste ».

    À peine nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les hommes et les femmes et de la Lutte contre les discriminations, a revêtu les habits neufs — au vrai, pas tant que cela — de la nouvelle fonction politique qui lui incombe. Ces nouvelles attributions ne vont pas sans rappeler d’anciennes prises de position. Se voulant féministes, celles-ci plaidaient, en 2017, tant pour l’instauration d’un congé maternité non indexé au statut professionnel des mères que pour la verbalisation des insultes sexistes proférées au sein de l’espace public. L’alliance, hier comme aujourd’hui, d’un déploiement de dispositifs sécuritaires visant au contrôle des conduites masculines, d’une part, et d’une rhétorique de la protection des femmes contre les violences sexistes et sexuelles, d’autre part, est loin d’être une disposition circonstancielle. Elle peut même relever d’un projet féministe de type carcéro-punitif : déployé au cœur de l’État, il en a pris le pli au point de confier aux institutions de la force — policière et pénitentiaire — le monopole de la gestion protectrice des femmes.

    Ne voir là qu’une passion pour le châtiment et l’enfermement est à la fois nécessaire et insuffisant : l’analyse des alliances réalisées ne peut se faire indépendamment d’une analyse des significations politiques symboliquement induites, ni évacuer les effets empiriques produits sur les vies des hommes et des femmes. Car, au final, de quels hommes et de quelles femmes parle Marlène Schiappa lorsqu’elle défend la mise en place de mesures de lutte contre « le séparatisme » — que le président de la République évoquait déjà, le 18 février 2020, lors de son discours à Mulhouse ? Rien de plus simple, il suffit d’écouter Schiappa s’exprimer : « Lorsqu’un étranger commet des violences sexistes ou sexuelles, il doit cesser d’être accueilli en France. » Ou : « Si vous avez quelqu’un qui se présente comme étant un imam et qui, dans une salle de réunion, ou sur YouTube, ou sur les réseaux sociaux, appelle à la lapidation des femmes parce qu’elles se parfument, il ne faut pas rester sans agir, il faut déposer plainte. Tous les voies et recours doivent pouvoir être étudiés et nous devons pouvoir étudier des manières de renforcer la législation pour réaffirmer les grands principes de la République et notre lutte contre le séparatisme. »

    Ou bien encore : « L’idée, c’est de contrer les groupes organisés de manière hostile et violente vis-à-vis de la République. Il y a des choses qui existent déjà dans la loi : on a fait fermer près de 300 lieux problématiques, débits de boissons ou écoles hors contrat, qui prêchent cet islam politique, cet islamisme et ce séparatisme. […] Et c’est une manière de protéger les musulmans qui nous alertent et nous disent que leur mosquée est prise à partie sur ces questions-là par des groupes qui s’organisent pour parler au nom de l’islam. Il faut être prudent sur les mots et les termes, et c’est pour cela qu’on finalise cette loi et qu’on la présentera à la rentrée. » Et de préciser, enfin : « Je veux être prudente dans les comparaisons qu’on fait et je ne peux pas comparer [les exemples cités plus hauts avec] le diacre qui considère que l’évêché doit être réservé aux hommes. Je ne suis pas d’accord avec lui mais il ne met pas en péril la République. Ce n’est pas la même chose de dire "nos traditions veulent cela" que de dire "j’impose mes lois et je souhaite lapider des femmes", il y a une différence de degré. »

    Bien que nous ignorions encore selon quels dispositifs précis Marlène Schiappa entend mener ce « combat culturel », sa seule manière d’en assurer la performance médiatique nous permet d’identifier sans mal la forme de coalition qui le fonde : coalition d’un argumentaire centré sur la condition sociale inégalitaire à laquelle les femmes sont contraintes, et d’un discours qui se veut à la fois explicatif et prescriptif. Un discours qui fait de la condition des femmes un phénomène imputable, non pas au régime patriarcal tel qu’il se (re)configure au gré des périodes et des espaces, mais à un segment particulier de ce régime. En amalgamant les figures incommensurablement altérisées de l’étranger, du réfugié, du migrant, du musulman, de l’Arabe, du Noir ou encore du jeune de banlieue, ce segment devient le seul qui vaudrait la peine d’être combattu. Ce phénomène rhétorique où féminisme et racisme se rencontrent, se saluent, et s’incarnent en politiques gouvernementales, en programmes éducatifs, en campagnes de prévention ou encore en répertoire d’intégration, a été qualifié de « fémonationaliste » et s’arrime à la famille étendue des nationalismes sexuels.

    Un féminisme au service de la nation

    Forgé par Sara R. Farris à travers l’ouvrage In the name of Women’s Rights — The Rise of Femonationalism, le concept de fémonationalisme décrit, selon l’autrice, « les tentatives des partis européens de droite (entre autres) d’intégrer les idéaux féministes dans des campagnes anti-immigrés et anti-Islam ». Si la critique des convergences de la rhétorique des droits des femmes et celle du chauvinisme-nationalisme a mis en évidence, et avec insistance, les processus de culturalisation des violences faites à celles-ci, Sara R. Farris a œuvré, en tant que féministe marxiste, à déplacer l’analyse vers le terrain fécond du complexe politico-économique. Ainsi a‑t-elle cherché à comprendre les motivations profondes qui tendent, sous l’effet de la surqualification sexiste des hommes non-blancs1, à opposer les intérêts de ces derniers aux femmes non-blanches et, plus encore, à les représenter publiquement comme des figures antinomiques. Et la théoricienne de s’interroger : « De nos jours, particulièrement dans le Sud de l’Europe, les migrants sont fréquemment perçus comme une réserve de main‑d’œuvre bon marché dont la présence menace les emplois et les salaires des travailleurs nationaux. Pourtant, les travailleuses migrantes et les musulmanes en particulier ne sont ni présentées ni perçues de la même manière. Pourquoi ? »

    Pour répondre à cette question, plus redoutable qu’elle n’y paraît, Sara R. Farris a porté son attention sur les secteurs économiques d’intégration des migrant·es. De là, il est apparu que les travailleuses migrantes sont principalement employées par le secteur domestique tandis que les travailleurs migrants sont distribués selon une logique bien plus diversifiée. La féminisation des mondes du travail, l’ouverture du domaine des soins au marché ainsi que la facilitation transactionnelle, organisée par l’État, de recourir à une assistance extérieure — relative, notamment, à la garde d’enfants, à l’aide aux personnes âgées ou aux personnes handicapées — ont grandement et durablement favorisé la constitution des femmes du Sud, non comme « armée de réserve » menaçante mais comme « armée régulière » entretenue permettant aux collectivités blanches de bien vivre.

    Selon l’autrice, l’une des grilles de compréhension de l’appareil justificatoire fémonationaliste tirerait sa force de cette matérialité de l’aide féminine apportée. La lutte pour la conservation de cette aide conduirait alors à représenter et à traiter les femmes non-blanches issues des migrations postcoloniales comme victimes à extirper et à sauver des mains dangereuses de leur époux, père, frère, oncle, cousin, et plus généralement de tout homme de leur groupe ethno-racial supposé ou réel. La logique néolibérale, dont on perçoit bien, ici, l’intimité structurelle qu’elle entretient avec la sexualisation/racialisation de la force de travail, viendrait dès lors infléchir les traitements — mais pas les violences — que des gouvernements de droite et de gauche porteraient sur les femmes migrantes. Inflexions d’autant plus probables et soutenues qu’elles viennent confirmer, si ce n’est créer, un effet de coïncidence avec la définition majoritaire de la figure féminine — a fortiori migrante — émancipée et légitime à vivre sur les territoires nationaux européens : soit une femme libérée de l’emprise familiale et librement présente sur le marché du travail.

    Une séquence fémonationaliste historique

    Dans le contexte spécifique des politiques et législations françaises, il s’agirait alors de comprendre la manière dont la pensée de Sara R. Farris éclaire l’une des séquences contemporaines les plus fondamentales de la longue histoire fémonationaliste française, à savoir celle de l’interdiction du port du voile dans les écoles publiques, en 2004, au nom de la laïcité et de l’égalité filles-garçons. Comme le note la sociologue Christine Delphy, les arguments des féministes en faveur de l’interdiction du foulard, « formulés dès 1989 par Élisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Catherine Kintzler2 », ont affirmé l’exceptionnalité de la violence sexiste exercée par les hommes non-blancs, en la rejetant au-delà du cadre de la violence sexiste ordinaire. Nombre de débats publics se sont alors orientés vers le « pourquoi » de cette violence supposée plus violente que toute autre, et ont fait d’elle, lorsqu’elle est observée sur le territoire national, une violence accidentelle — c’est-à-dire importée d’un ailleurs lointain, conséquence de l’immigration d’hommes de confession musulmane, réelle ou supposée — et portant atteinte à l’intégrité de la « démocratie sexuelle ».

    L’association Ni Putes ni Soumises, par exemple, grandement centrée sur l’accompagnement de la population féminine « des quartiers », a incarné le combat contre la « barbarie » patriarcale supposée de la fraction masculine, musulmane et populaire de la société française. Un combat, mené par quelques actrices féminines racisées proches des structures du pouvoir, se voulant représentatives du pendant féminin de ladite fraction, et qui a symbolisé, à lui-seul, l’arrachement des femmes bonnes d’une religion et d’une culture mauvaises. Cela au point que la nécessité d’aider les jeunes filles en question à quitter leur « culture » en quittant leur famille, et plus encore à rompre tout lien avec elles, a progressivement été défendue par les membres de l’association et par nombre d’acteurs et d’actrices institutionnels prohibitionnistes.

    Articulant ces éléments, qui mêlent processus de racialisation (lesquels assurent la pérennité de l’ordre patriarcal) et mécanismes de sexualisation (lesquels confèrent toute sa force à l’organisation racisée), Sara R. Farris y adjoint alors ce que la sociologue Dina Bader a nommé « la dimension du gain3 » : cet intérêt structurel qui mène les gouvernements de droite et de gauche, dans une perspective conservatrice et nationaliste, à s’accaparer le discours féministe, avec la collaboration volontariste de féministes en poste, « car ils ont quelque chose à gagner ». En filigrane de cette manière d’appréhender le phénomène d’un féminisme raciste, nous retrouvons l’hypothèse développée par le philosophe marxiste Alain Badiou selon laquelle « la loi sur le foulard [serait] une loi capitaliste pure [qui] ordonnerait que la féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin [serait] obligatoire et interdi[rait] en la matière — et chez les adolescentes, plaque sensible de l’univers subjectif entier — toute réserve ». Ainsi la logique marchande d’une transparence de la féminité occidentale s’articule aux résidus fondamentaux de la logique (néo)coloniale du dévoilement articulée.

    Dans un paradigme où les femmes racisées, en tant que telles, sont perçues comme ayant toujours quelque chose d’elles à vendre quand, au contraire, les hommes racisés sont appréhendés comme ne disposant pas de ressources pour acheter, aux premières l’accueil sous conditions — celle de ne pas porter le voile, notamment —, aux seconds le rejet inconditionnel.

    Enjeux collectifs

    La rhétorique fémonationaliste à laquelle Marlène Schiappa s’adonne allègrement depuis le ministère de l’Intérieur4 se déploie entre les soupçons d’agressions sexuelles qui pèsent sur Gérald Darmanin : mise en scène révoltante d’un pouvoir qui survisibilise la violence sexiste de certains hommes pour mieux invisibiliser celle d’autres. Cette rhétorique appelle une réponse forte, collectivement organisée. Non parce que nos hommes subiraient le racisme et qu’il faudrait, en tant que leurs femmes, les en sauver — tandis que d’autres hommes chercheraient à nous sauver de ceux-là mêmes —, mais bien parce qu’en tant que femmes de personne, nous jugeons que la lutte antiraciste et la lutte antisexiste ne sauraient être pleinement réalisées que dans cette conscience aiguë que les personnes opprimées par le racisme ne sont pas toutes des hommes non-blancs et que l’oppression patriarcale ne soumet pas uniquement des femmes blanches. Dans cette perspective, et Delphy le remarque justement, les femmes racisées sont contraintes de construire avec et sans les hommes du groupe racisé, avec et sans les femmes du groupe blanc. Ce qui pose la question cruciale des conditions de possibilité liées à la construction d’un espace politique des femmes racisées.

    Que signifie cet « avec » et ce « sans » ? Une infinité de pièges qui parsème les chemins difficiles de l’émancipation politique des membres objectivement solidaires du groupe racisé et des membres objectivement solidaires du groupe féminin — solidarité que la rhétorique fémonationaliste cherche tout bonnement à rompre définitivement en isolant femmes et hommes, en livrant les unes à la dévoration domestique et les autres à la noyade en haute mer ou à l’asphyxie. Cela ne peut ni ne doit durer car personne ne peut être dépossédé de son existence et vivre en se sachant, ainsi, destiné à la mort. Dénoncer et lutter contre la racialisation des questions sexuelles et la sexualisation de la question raciale — auxquelles Schiappa et Darmanin, comme d’autres avant eux, vont en promettant un grand avenir — implique d’affronter une question centrale : si les femmes racisées sont aptes — car construites ainsi par un ensemble de rapports sociaux — à se voir, à se reconnaître et à éprouver une forme d’empathie envers l’homme non-blanc que le racisme violente et envers la femme blanche que le patriarcat oppresse, qui des membres de ces groupes dominés se reconnaissent en elles ?

    Il importe de nous acharner à pointer du doigt la moindre injustice de genre, de classe et de race, produite non seulement par l’instrumentalisation des idées féministes, mais aussi et surtout par le caractère instrumentalisable et donc antiféministe de ces mêmes idées. Cela, de nombreuses personnes qui militent l’ont dit bien des fois. Mais en matière de politique des luttes, se répéter est une manière de dialoguer avec ceux et celles qui entendraient parler de tout cela pour la première fois, comme une manière de ne pas laisser aller à l’apathie ceux et celles qui n’en ont que trop entendu parler. Il importe, aussi, de rompre avec l’idée selon laquelle les hommes racisés seraient substantiellement plus violents que les autres hommes et que les cultures des Suds seraient plus marquées par l’idéologie patriarcale que celles du Nord. Car, dans un cas comme dans un autre, nous sommes entraîné·es à répondre au « pourquoi » moralisant de cette prétendue spécificité, et non au « comment » politique de cette spécification. Cette rupture est absolument fondamentale. Elle conditionne la possibilité d’orienter la lutte, non pas contre les formes les plus monstrueuses du patriarcat — ce qui ne peut que nous conduire à entériner les formes souriantes et galantes de ce dernier — mais bien contre le patriarcat dans tous ses états5. Enfin, il importe de prendre la mesure des concurrences féroces qui ont lieu au sein des espaces du féminisme majoritaire blanc pour la conservation et/ou la conquête du monopole féministe.

    Demeurons vigilant·es quant aux potentielles formes de récupérations de la critique fémonationaliste, non pas dans une perspective révolutionnaire qui profiterait à toutes les membres de la classe des femmes, mais dans une logique de pure distinction stratégique des groupes dominants entre eux. Puisque l’oppression accable sur plusieurs fronts à la fois, nous ne pouvons que réfléchir ensemble et solidairement vers la construction d’espaces étendus. Espaces où les réflexions théoriques et les actions concrètes des femmes qui prônent un féminisme antiraciste et anticapitaliste pourront se déployer plus encore, dans la plénitude de leurs croisements.

    https://www.revue-ballast.fr/marlene-schiappa-le-femonationalisme-et-nous

    #nationalisme #violences_sexistes #violences_sexuelles #protection #châtiment #enfermement #séparatisme #étrangers #combat_culturel #altérisation #islam #musulmans #racisme #nationalismes_sexuels #nationalisme_sexuel #intersectionnalité #islamophobie #anti-réfugiés #culturalisation

    ping @cede

    –—

    Déjà signalé sur seenthis ici : https://seenthis.net/messages/870811
    Mais je mets ici le texte complet et ajoute des tags

    • In the Name of Women′s Rights. The Rise of Femonationalism

      Sara R. Farris examines the demands for women’s rights from an unlikely collection of right-wing nationalist political parties, neoliberals, and some feminist theorists and policy makers. Focusing on contemporary France, Italy, and the Netherlands, Farris labels this exploitation and co-optation of feminist themes by anti-Islam and xenophobic campaigns as “femonationalism.” She shows that by characterizing Muslim males as dangerous to western societies and as oppressors of women, and by emphasizing the need to rescue Muslim and migrant women, these groups use gender equality to justify their racist rhetoric and policies. This practice also serves an economic function. Farris analyzes how neoliberal civic integration policies and feminist groups funnel Muslim and non-western migrant women into the segregating domestic and caregiving industries, all the while claiming to promote their emancipation. In the Name of Women’s Rights documents the links between racism, feminism, and the ways in which non-western women are instrumentalized for a variety of political and economic purposes.

      https://www.dukeupress.edu/in-the-name-of-womens-rights
      #livre #Sara_Farris

  • #Histoire du mot « musulman »
    https://laviedesidees.fr/Histoire-du-mot-musulman.html

    Que désigne le mot « musulman » ? Une #religion, une origine, une culture ? Pour envisager cette question complexe, il faut mesurer le poids historique du terme en contexte colonial, recouvrant stigmatisation et retournement du stigmate.

    #Société #islam
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200828_willems_musulman.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200828_willems_musulman.docx

    • Néanmoins, « musulman » revêt une signification plus ethnico-raciale et juridique que celle de mahométan. Selon la cour d’Alger en 1903, le terme « musulman » « n’a pas un sens purement confessionnel, mais désigne au contraire l’ensemble des individus d’origine musulmane qui, n’ayant point été admis au droit de cité, ont nécessairement conservé leur statut personnel musulman, sans qu’il y ait lieu de distinguer s’ils appartiennent ou non au culte mahométan » (Weil, 2004 : 354). Cette différenciation entre « des individus d’origine musulmane » et le « culte mahométan » reproduit la séparation entre « être musulman » (donc d’un statut ethnicoreligieux et politique) et « être mahométan ou non » (donc d’une confession). Les conversions religieuses vont singulièrement interroger ce droit : changer de religion, est-ce changer de statut juridique ? La réponse est donnée par le législateur : la conversion religieuse, notamment au catholicisme, n’a aucun impact du point de vue de la législation de l’État colonial. Peu importe la religiosité d’un individu, seule compte une représentation ethnique et raciale de l’appartenance dont les limites sont préalablement fixées.

      Tout l’article est à lire !

  • Facebook Executive Supported India’s Modi, Disparaged Opposition in Internal Messages
    https://www.wsj.com/articles/facebook-executive-supported-indias-modi-disparaged-opposition-in-internal-mess

    Some employees said the sentiments and actions conflicted with the company’s longstanding neutrality pledge A Facebook Inc. FB -0.16% executive at the center of a political storm in India made internal postings over several years detailing her support for the now ruling Hindu nationalist party and disparaging its main rival, behavior some staff saw as conflicting with the company’s pledge to remain neutral in elections around the world. In one of the messages, Ankhi Das, head of public (...)

    #Facebook #manipulation #élections #Islam

    https://images.wsj.net/im-226667/social

  • En Inde, Facebook accusé d’avoir soutenu le parti au pouvoir
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/08/31/en-inde-facebook-accuse-d-avoir-soutenu-le-parti-au-pouvoir_6050469_4408996.

    Une haute responsable du réseau social est accusée d’être intervenue pour favoriser le Bharatiya Janata Party (BJP) dans les pratiques de modération de Facebook. La responsable des politiques publiques de Facebook en Inde est accusée d’avoir utilisé son poste pour favoriser le Bharatiya Janata Party (BJP, nationalistes hindous), le parti au pouvoir, dans plusieurs dossiers sensibles de modération de « messages haineux », révèlent plusieurs articles publiés par le Wall Street Journal. Ankhi Das, qui (...)

    #Facebook #manipulation #modération #Islam

  • Blanked-Out Spots On China’s Maps Helped Us Uncover Xinjiang’s Camps
    https://www.buzzfeednews.com/article/alison_killing/satellite-images-investigation-xinjiang-detention-camps

    China’s Baidu blanked out parts of its mapping platform. We used those locations to find a network of buildings bearing the hallmarks of prisons and internment camps in Xinjiang. Here’s how we did it. In the summer of 2018, as it became even harder for journalists to work effectively in Xinjiang, a far-western region of China, we started to look at how we could use satellite imagery to investigate the camps where Uighurs and other Muslim minorities were being detained. At the time we began, (...)

    #BaiduMaps #Islam #prison #surveillance #aérien

  • Kids May Be Using Laptops Made With Forced Labor This Fall
    https://theintercept.com/2020/08/21/school-laptops-lenovo-chromebooks-china-uyghur

    The Lenovo computers were manufactured under a Chinese government program to provide cheap labor from persecuted Uyghurs. The ongoing persecution by the Chinese government of Uyghur Muslims is far from a distant problem. Recent reporting has identified Uyghur forced labor in the supply chain of major global brands, including BMW, Ralph Lauren, Samsung, and Sony. Now, as school districts scramble to obtain electronic devices for a school year that may be primarily virtual, some children (...)

    #Ralph_Lauren #Lenovo #Samsung #Sony-Ericsson_ #Islam #prison #travail

  • Investors pressured to cut ties to Xinjiang
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/investors-cut-ties-to-xinjiang

    Campaign groups are calling for individuals and corporations to ensure that the brands they support have no links to Beijing’s ongoing abuses of Uyghur human rights Investors are being urged to pull their money out of companies that have links with China’s ongoing campaign of detention and forced labor in the northwestern region of Xinjiang. Last week, the Investor Alliance for Human Rights, a nonprofit that encourages responsible business practices, published a report advising investors to (...)

    #Islam #prison #surveillance #travail

  • L’œil inquisiteur du régime chinois
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2020/08/10/l-il-inquisiteur-du-regime-chinois_6048568_3451060.html

    Enquête« La preuve par l’image » (1/5). Comment des Etats, des particuliers ou des groupes de pression s’appuient sur l’image pour se protéger ou établir une vérité. Dans cet épisode, la Chine, où la vidéo-surveillance massive joue un rôle central dans le contrôle de la population. Ou encore dans la répression de la minorité ouïgoure. L’image pourrait être tirée d’une adaptation high-tech de 1984, la dystopie d’Orwell : de simples badauds, traversant un passage piéton, identifiés automatiquement par les (...)

    #Alibaba #Huawei #Tencent #algorithme #CCTV #QRcode #smartphone #SIM #biométrie #criminalité #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #BigData #discrimination #immatriculation #Islam #SocialCreditSystem #SocialNetwork #surveillance (...)

    ##criminalité ##_

  • Antiterrorisme : le Conseil constitutionnel censure les « mesures de sûreté »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070820/antiterrorisme-le-conseil-constitutionnel-censure-les-mesures-de-surete?xt

    L’essentiel de la loi adoptée par le Parlement le 27 juillet a été déclaré contraire à la Constitution. Pour la majorité LREM, le gouvernement en général et son ministre de la justice en particulier, c’est un désaveu cinglant. Vendredi 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré la quasi-totalité de la loi instaurant « des mesures de sûreté pour les infractions terroristes », trois articles sur quatre ayant été déclarés contraires à la Constitution. Ce texte, émanant du groupe LREM de l’Assemblée et (...)

    #anti-terrorisme #législation #Islam #prison #surveillance #ConseilConstitutionnel-FR

  • Digression autour de la question hiérarchique

    Louis de Colmar

    https://lavoiedujaguar.net/Digression-autour-de-la-question-hierarchique

    Louis Dumont, dans son livre de 1966 Homo hierarchicus, développe une thèse tout à fait stimulante pour la compréhension de la société de castes telle qu’elle s’est établie en Inde. Il considère que cette société de castes ne peut se comprendre que si l’on rattache centralement la question hiérarchique au domaine religieux, et non au pouvoir. Alors que dans nos sociétés occidentales, la question hiérarchique est rattachée au pouvoir, ce décentrement permet un autre regard sur notre propre structure sociétale, en particulier invite à repenser l’articulation du religieux et du pouvoir dans le contexte de l’État moderne.

    L’articulation de la hiérarchie et du pouvoir en Inde peut certes être abordée comme une particularité locale, il est également possible d’envisager la question sous un autre angle : ce pourrait aussi être la confusion de la hiérarchie et du pouvoir en Occident qui pourrait se révéler une particularité et une exception historique, confusion qui pourrait être une clé pour expliquer le fait que la modernité ne réussit décidément pas à se dépêtrer de la question religieuse…

    La critique de la modernité s’attache depuis longtemps à tirer des enseignements des modalités de fonctionnement des sociétés non étatiques, dans le sillage des travaux ethnologiques et d’anthropologie sociale, en particulier dans le sillage des travaux de Pierre Clastres ou de Marshall Sahlins. (...)

    #Louis_Dumont #hiérarchie #religion #État #critique #modernité #égalité #Pierre_Clastres #Marshall_Sahlins #Mauss #Landauer #anarchisme #individualisme #islam #communauté

  • Hadj 2020 : le moment de repenser l’organisation du pèlerinage est-il venu ? - MiddleEast Eye

    Le pèlerinage annuel du hadj a débuté, mais la quasi-totalité des 2,5 millions de musulmans qui avaient prévu de le faire cette année ont été relégués sur la ligne de touche, contraints d’observer de loin cet événement colossal.
    Figurant parmi les cinq piliers de l’islam, le hadj est une obligation au moins une fois dans leur vie pour tous les musulmans qui en ont les capacités financières et physiques.
    Mais cette année, seules 10 000 personnes – résidant toutes en Arabie saoudite – peuvent participer à ce pèlerinage de cinq jours, une fraction de ce qu’elles étaient l’année dernière.

    #Covid-19#migrant#migration#religion#pelerinage#islam#sante#restrictionsanitaire#pauvrete

    https://www.middleeasteye.net/fr/decryptages/hadj-2020-pelerinage-musulman-mecque-arabie-saoudite-reforme

  • Kultur als politische Ideologie - Essay - Perlentaucher
    https://www.perlentaucher.de/essay/kultur-als-politische-ideologie.html

    26.10.2010 von Jens-Martin Eriksen , Frederik Stjernfelt - Der Kulturalismus der heutigen Linken speist sich stark aus anti-imperialistischen Diskursen. Aber wer so denkt, spielt nicht nur einer reaktionären Haltung im Islam, sondern auch einer Politik des „Teile und Herrsche“ in die Hände.

    I. Kulturalismus

    Die Kontroverse über den Multikulturalismus hat die politischen Frontverläufe verändert. Die Linke verteidigt den Respekt vor Minderheitskulturen, während die Rechte als Hüterin der Nationalkultur auftritt. Doch diese beiden Positionen bilden lediglich zwei Spielarten einer kulturalistischen Ideologie.

    Kulturalismus nennen wir die Vorstellung, dass Individuen von ihrer Kultur determiniert sind, dass diese Kultur eine abgeschlossene, organische Ganzheit bildet und das Individuum nicht in der Lage ist, seine oder ihre Kultur zu verlassen, sich vielmehr nur innerhalb dieser verwirklichen kann. Zudem behauptet der Kulturalismus, Kulturen hätten Anspruch auf besondere Rechte und Schutzmaßnahmen - auch wenn sie selbst die Rechte des Einzelnen verletzen.

    Der heutige Kulturalismus, der aus Kultur eine politische Ideologie macht, floriert bei der Linken wie bei der Rechten. Am bekanntesten ist der linke Multikulturalismus, den es in einer radikalen, antidemokratischen Variante gibt und in einer gemäßigten Variante, die ihn mit (sozial-) liberalen Vorstellungen in Einklang bringen möchte.

    Allerdings gibt es den Multikulturalismus auch bei der extremen Rechten, zum Beispiel in Form der französischen Konzepte des Ethnopluralismus. Danach haben alle Kulturen ein Recht auf Autonomie, solange sie jeweils innerhalb ihrer eigenen Territorien bleiben. Dieser rechte Ansatz führt zu dem politischen Schluss, dass Einwanderer es hinnehmen müssten, voll und ganz assimiliert zu werden, angefangen bei ihrer Religion bis hinunter zu ihrer Küche, wenn nicht, müssten sie in ihre ursprünglichen Heimatländer zurückkehren (was voraussetzt, dass es diese gibt).

    Der Kulturalismus teilt eine Reihe von Denkmustern mit dem Nationalismus. Tatsächlich ist der Nationalismus, für den eine einzige Kultur das Fundament des Staates bildet, in Wirklichkeit eine Unterart des Kulturalismus. Es überrascht daher nicht, dass die gegenwärtige Renaissance des Nationalismus in Europa in hohem Maße auf kulturalistischen Vorstellungen gründet. Das eindringlichste Beispiel auf lokaler Ebene ist die Dänische Volkspartei, die nationalistisches Gedankengut aus dem neunzehnten und frühen zwanzigsten Jahrhundert wiederbelebt, wozu auch ihre radikal antiaufklärerische Position zu zählen ist. Seit dem Streit um die Mohammed-Karikaturen hält es diese Partei aus strategischen Gründen für nötig, sich den Verteidigern der Redefreiheit gegen islamistische Machenschaften anzuschließen. Unabhängig von den Beweggründen für diese Kehrtwende muss festgehalten werden, dass sie nur möglich war, weil die Partei die Redefreiheit als „dänischen Wert“ in Anspruch nimmt - als ob sie eine hausgemachte Erfindung wäre. Offensichtlich handelt es sich um eine kulturalistische Geschichtsfälschung: Die Redefreiheit ist keine dänische Schöpfung. Sie hat ihren Ursprung in den Aufklärungsbewegungen verschiedener Länder; die Redefreiheit ist für Dänemark ein Import erster Güte. Liberale und demokratische Kräfte mussten sie unter großen Mühen und Kosten, in Auseinandersetzung mit dem dänischen Absolutismus und der dänischen Staatskirche erkämpfen, bis dieses Recht schließlich in der Juniverfassung von 1849, der ersten demokratischen Verfassung Dänemarks, festgeschrieben wurde.

    Ein drängendes Problem in Dänemark - wie auch in der internationalen Politik - besteht also darin, dass der Kulturalismus auf beiden Seiten des politischen Spektrums vertreten wird. Von der Linken hören wir kulturalistische Schlachtrufe nach Anerkennung der modernitätsfeindlichsten und unappetitlichsten kulturellen Praktiken; die Rechte propagiert das Dänentum und fordert die Neubelebung des modernitätsfeindlichsten und ungenießbarsten dänischen Nationalismus. Diese beiden Spielarten des Kulturalismus sind natürliche Feinde füreinander, und doch beruhen sie auf dem selben brüchigen Gedankengerüst. Ein Jahrhundert lang betrachteten der französische und der deutsche Nationalismus einander als Hauptfeinde, während beide sich doch ganz selbstverständlich auf dasselbe geistige Erbe beriefen. Der eine Kulturalismus ist automatisch der Feind des anderen, weil die Kulturalismen nun einmal zwangsläufig Partikularismen sind, weil jeder mit seinem erwählten Volk einhergeht - und nicht alle Völker gleichermaßen erwählt sein können.

    Dieser schrille Wechselgesang von Partikularismen, bei dem das Erstarken des linken Kulturalismus der kulturalistischen Rechten weitere Wähler in die Arme treibt und umgekehrt, sollte jedoch niemanden zu dem Schluss verführen, die wesentliche Konfliktlinie der heutigen Politik verlaufe zwischen den Kulturalismen der Linken und der Rechten. Im Gegenteil, der eigentliche Konflikt besteht zwischen Aufklärung und Kulturalismus - zwischen der Demokratie, dem politischem Liberalismus, den Rechten des Individuums, dem Universalismus und der Aufklärung auf der einen Seite und der unaufgeklärten Bewahrung von Kultur, Tradition und Authentizität sowie dem konservativen Glauben, das Individuum sei schicksalhaft an eine bestimmte Kultur gebunden, auf der anderen Seite.

    Somit gibt es zwei Arten, den Islam zu kritisieren, die nicht miteinander verwechselt werden dürfen. Die eine kritisiert den Islam als solchen, weil er eine fremde Religion ist, unvereinbar mit dänischen Werten und dänischen Traditionen. Es ist die Kritik des einen Kulturalismus an der Stimme eines anderen; Jesus Christus gegen Mohammed. Eine mythische Gestalt im schicksalhaften Streit mit einer anderen. Die andere Kritik hingegen greift den Islamismus an, nicht weil er undänisch, sondern weil er eine totalitäre Ideologie ist, die mit den verschiedenen Totalitarismen aus der europäischen Zwischenkriegszeit verwandt ist. Hier geht es um die tief ansetzende Kritik an einer politischen Bewegung, die sich gegen die offene Gesellschaft und wesentliche demokratische Prinzipien richtet. Diese Kritik richtet sich nicht gegen den Islam als solchen, sie zielt vielmehr auf ideologische, politische und gesellschaftliche Hindernisse, die es dem Einzelnen verwerfen, seine Rechte in Anspruch zu nehmen. Ob diese Hindernisse nun auf kulturellen, politischen, religiösen oder anderen Dogmen beruhen, ist letztendlich belanglos.

    Es gibt kaum eine wichtigere Aufgabe in der heutigen Politik und politischen Philosophie, als sich mit größter Aufmerksamkeit der universellen Aufklärung zu widmen und sich mit aller Kraft gegen die vorherrschenden rechten und linken Formen des Kulturalismus und die Versklavung des Individuums innerhalb seiner jeweiligen „Kultur“ zu wenden.

    Ein Blick auf die Kritik der Linken am Kulturalismus der Rechten bietet einen Anhaltspunkt dafür, wie weit die Linke von ihren Anfängen in der Aufklärung abgekommen ist. Es zeigt sich überdies, wie wenig die Linke im Grunde über ihre politischen Gegner in jenem Kampf weiß, der sich nun seit einigen Jahrzehnten abspielt. Die Debatte über Kultur hat inzwischen die Debatte über unterschiedliche politische Utopien ersetzt.

    Sehen wir uns näher an, welche Aufgabe der linke Kulturalismus bewältigen muss, und wie blind die beiden Kulturalismen für ihre wechselseitige Ähnlichkeit sind. In Dänemark fällt auf, dass die Linke seit ihrer Niederlage bei den Parlamentswahlen 2001 nicht in der Lage war, ihren vermeintlichen Gegner, die Dänischen Volkspartei, zu analysieren. Offenbar sind viele Linke etliche Jahre nach ihrer Niederlage immer noch nicht fähig, einen Schritt weiterzugehen. Sie glauben immer noch, es habe an dem gelegen, was sie einzig und allein der Rechten zuschreiben: sie sei „rassistisch“, und auch die Wähler, welche die Rechte erfolgreich mobilisieren konnte, seien entweder „rassistisch“ oder würden unter anderen psychischen Defekten wie der „Islamophobie“ leiden. An die Stelle der politischen Analyse ist sozusagen eine ziemlich grobschlächtige sozialpsychologische Diagnostik getreten.

    Der syrische Philosoph Aziz Al-Azmeh zeigt in seinem Buch „Die Islamisierung des Islam“, dass sich der Differenzialismus, ein erweiterter Begriff für Rassismus, im Lauf der Zeit „de-rassifiziert“ hat. „Rasse“ wird nicht mehr als gültige Form der Identifizierung empfunden. Was bleibt, ist der Kulturalismus. Die Dänische Volkspartei muss als eine kulturalistische Partei begriffen werden, in deren Einstellungen der moderne Differenzialismus zur Geltung kommt. Keine wichtige politische Bewegung in Dänemark oder anderswo in Europa gründet ihr politisches Programm noch auf den Rassismus. Keine Elite vertritt mehr eine derartige Position, nur noch radikale Verlierer ohne politische Bedeutung.

    Weshalb jedoch ist die Linke nicht in der Lage, den Kulturalismus bei ihrem politischen Gegner zu diagnostizieren und sich offensiv mit den Positionen auseinanderzusetzen, die die Dänische Volkspartei tatsächlich vertritt? Offenbar deshalb, weil sie die gleiche Auffassung von Kultur vertritt wie ihre spiegelbildlichen Gegner: Sie selbst ist kulturalistisch. Damit sind natürlich ihrer Fähigkeit Grenzen gesetzt, die Position des Gegners zu analysieren.

    Beide Kulturalismen bekunden Respekt für kulturelle Differenzen und wollen kulturelle Identitäten schützen. Rechte und linke Kulturalisten sprechen sich nur unter verschiedenen Deckmänteln für solche Schutzvorkehrungen aus. Die linken Kulturalisten behaupten, dass unterschiedliche Kulturen in der Lage sein sollten, auf demselben Territorium oder im selben Staat zu koexistieren, wo dann, ob offiziell oder inoffiziell, individuell verschiedene Rechtsprechungen zur Anwendung kommen sollen - je nach der kulturellen Gruppe, in die der Einzelne hineingeboren wurde. Die rechten Kulturalisten verfechten die gleiche Position, was die Bewahrung der kulturellen Identität angeht, allerdings soll jede Kultur auf ihrem eigenen Territorium verbleiben, jede Kultur in ihrem eigenen Land.

    Eine schwerwiegende Auswirkung dieser beiden erstarkten Formen des Kulturalismus auf die heutige Politik wird häufig übersehen: Gesellschaftliche Gruppen, die sich früher auf Basis gemeinsamer „Interessen“ organisiert haben, tun dies nun in wachsendem Maße auf der Basis von „Kultur“. Die politische Konsequenz ist natürlich die Zersplitterung dieser Gruppen.

    Der britische Philosoph Brian Barry schrieb dazu: „Die wuchernden Sonderinteressen, für die der Multikulturalismus ein Nährboden ist, führen ? zu einer Politik des ’Teile und Herrsche’, die nur jenen zugute kommen kann, die am meisten vom Status quo profitieren. Es gibt keine bessere Möglichkeit, den Albtraum einer einheitlichen politischen Bewegung durch die wirtschaftlich Benachteiligten zu verhindern, die in gemeinsamen Forderungen münden könnte, als verschiedene Gruppen von Benachteiligten gegeneinander aufzubringen. Den Blick abzulenken von gemeinsamen Benachteiligungen wie Arbeitslosigkeit, Armut, schlechte Unterkünfte und unzulängliche öffentliche Dienstleistungen ist langfristig natürlich eine anti-egalitäre Strategie. Alles, was die Partikularität der jeweiligen Probleme einer Gruppe betont und damit die Konzentration auf die Probleme, die sie mit anderen teilen, verhindert, ist aus dieser Sicht willkommen.“

    Wenn unterprivilegierte Gruppen dazu gebracht werden können, sich vermehrt um ihre Religion, Kultur und Identität zu sorgen, werden sie sich aufsplittern, ihre Aufmerksamkeit wird von den konkreten politischen Problemen weggelenkt. Die gegenwärtige Konstellation der dänischen Politik, in der viele benachteiligte Dänen die kulturalistische Rechte unterstützen, Einwanderer und Multikulturalisten hingegen die Linke, ist ein schlagendes Beispiel für dieses Phänomen. Hier liegt vermutlich eine der wichtigsten strukturellen Ursachen für die tiefgehende Krise der Sozialdemokratischen Partei, deren Kernwähler sich inzwischen nach ihren kulturellen Bindungen gruppieren und nicht nach ihren gemeinsamen Interessen. Es stellt sich die Frage, wie lange die Sozialdemokraten und die restlichen Linken noch vorhaben, sich von der Illusion des Kulturalismus leiten zu lassen.

    Die schrittweise Einbindung der Linken in das rigorose Konzept von Kultur sowohl in Dänemark als auch international, ist eine der wichtigsten, bislang kaum erhellten politischen Entwicklungen der letzten dreißig Jahre. Der Kulturalismus in seiner politischen und linken Erscheinungsform ist keineswegs ein neues Phänomen. Er betrat erstmals 1947 die Weltbühne, als amerikanische Anthropologen versuchten, die Menschenrechtscharta der Vereinten Nationen zu desavouieren. Sie weigerten sich zu akzeptieren, dass es möglich sei, universelle Menschenrechte zu postulieren. Ihr Argument: Damit würden einzelne Kulturen unterdrückt. Damals jedoch war die westliche Linke - ob in ihrer kommunistischen, sozialdemokratischen oder sozialliberalen Variante - so stark international orientiert, dass der Kulturalismus noch unter der Oberfläche gehalten werden konnte.

    Inzwischen ist durch den Niedergang des Marxismus und seiner Rolle als Bezugsrahmen für linke Parteien in den achtziger und neunziger Jahren ein Vakuum entstanden. In der Folge haben sich die letztendlich konservativen Ideen des Kulturalismus klammheimlich auf diesem Feld breit gemacht. Überraschenderweise hat sich dieser Wandel vollzogen, ohne dass es zu einem Schlagabtausch kam - obwohl der Kulturalismus dem Marxismus in vieler Hinsicht diametral entgegensteht. Während der Marxismus behauptet, dass die Kultur als ein Überbau auf sozioökonomischen Gesetzmäßigkeiten beruht, verkündet der Kulturalismus, dass die Wirtschaft einer Gesellschaft von ihrer Kultur und den Wertesystem dieser Kultur abhängt oder gar, dass die Ökonomie ununterscheidbar von allen anderen kulturellen Merkmalen der jeweiligen Gesellschaft ist.

    Aus dieser Sicht ist der Kulturalismus eine Art anthropologische Gegenrevolution, die den Marxismus auf den Kopf stellt. Wenn man sich die Argumentation der Linken in den sechziger und siebziger Jahren vor Augen hält, stellt man fest, dass in jener Zeit vor allem die Ökonomie, der Klassenkampf, die Produktionsmittel, soziale Verhältnisse, politische Systeme und Ressourcen von entscheidender Bedeutung waren. Der Ausdruck „Kultur“ wurde nur selten oder am Rande gebraucht. Heute trifft das Gegenteil zu. Die Kultur beansprucht weit mehr Aufmerksamkeit als die Wirtschaft und die Gesellschaft. Und doch gab es nie eine große Konfrontation, in deren Verlauf das eine Modell durch das andere ersetzt worden wäre, wie es in einer gewöhnlichen politischen Debatte zu erwarten gewesen wäre. Die Parteien haben sich nicht zornig darüber gestritten, welche Rolle der Wirtschaft oder der Kultur letztendlich zukommt. Der Wechsel der Gegensätze vollzog sich als sanfter Wandel, fast von einem Tag auf den anderen, häufig ohne dass die Persönlichkeiten, die diese beiden Haltungen verkörpern, erkannten, was sich abspielte.

    Vielleicht liegt dies daran, dass der Marxismus und der Kulturalismus ein noch einfacheres und tiefer liegendes Denkmuster miteinander teilen: über das Verhältnis einer unterdrückten Gruppe zu einer herrschenden Mehrheit. So ist es möglich, dass man sich politisch auf die Seite der Unterdrückten stellt, gemäß der linken Parole aus den siebziger Jahren: „Ein unterdrücktes Volk hat immer Recht.“ Dies wurde ganz wörtlich verstanden, mit Folgen, die weit darüber hinausgingen, dass ein unterdrücktes Volk das Recht habe, von seiner Unterdrückung befreit zu werden. Es hatte nun Recht auch mit all seinen kulturellen Dogmen, ohne Rücksicht darauf, ob diese Dogmen gerecht oder richtig waren. Entscheident war, dass sie zur Kultur eines unterdrückten Volkes gehörten. Ein Argument vollkommen ad hominem. So war es möglich, die Arbeiterklasse durch die „unterdrückte Kultur“ zu ersetzen, selbst wenn dies zur Folge hatte, dass die Emanzipation nun durch einen strikten Kulturalismus ersetzt wurde, der überholte und vormoderne Normen vertritt - was eine vollkommene Verkehrung sowohl der Philosophie als auch der Werte darstellt, für die die Linke einst gestanden hat.

    In ihrem Buch „La tentation obscurantiste“ formuliert die französische Journalistin Caroline Fourest eine interessante Hypothese zum Erstarken des von uns so genannten linken Kulturalismus. Sie stellt fest, dass die beiden wichtigsten prototypischen Bezugspunkte der europäischen Linken während und nach dem Zweiten Weltkrieg zum einen der antitotalitäre Kampf und zum anderen die Entkolonialisierung und der Antiimperalismus waren. Lange Zeit konnten beide konfliktlos nebeneinander existieren; nach dem beachtlichen Erstarken des Islamismus in den islamischen Ländern und in den muslimischen Einwanderergruppen fand sich die Linke jedoch in der Frage gespalten, welches der beiden wesentlichen Kampffelder das wichtigere sei. Wer den antitotalitären Kampf für entscheidend hielt, wandte sich eher gegen den Islamismus als einer neuen Erscheinungsform des Totalitarismus aus der Zwischenkriegszeit. Wer jedoch den antiimperialistischen Kampf wichtiger fand, tendierte dazu, den Islamismus als legitime Herausforderung des westlichen Imperialismus zu unterstützen - zunächst in dessen kolonialistischer Phase und dann in seiner globalisierten Version. Damit war die Linke natürlich offen für den Kulturalismus.

    Der strikt multikulturellen Linken stellt sich somit ein doppeltes Problem: Kultur bedeutet zugleich zu wenig und zu viel. Einerseits ist sie sehr wichtig, insofern sie dem Einzelnen eine Identität bietet und damit das Recht auf politische Fürsorge und Schutz - eine Art von Konservatismus, der dem kulturalistischen Begriff der Kultur innewohnt. Andererseits hat die Linke historisch immer behauptet, die Kultur sei belanglos, da ökonomische und soziale Bedingungen die entscheidenden Bestimmungsfaktoren seien. Zugleich jedoch steckt diese marxistische Doktrin hinter der multikulturalistischen Vorstellung, dass alle Kulturen, wie antidemokratisch und antiliberal sie auch sein mögen, ohne weiteres in derselben Gesellschaft koexistieren können. Dieser Zwiespalt sorgt im rigorosen linken Multikulturalismus für ständige Verwirrung. Kultur soll einerseits unveränderliche Quelle tiefsitzender Identität sein und andererseits reines Oberflächenphänomen, das auf bestimmenden ökonomischen Faktoren beruht. Aber es kann unmöglich beides zutreffen.

    II. Islamophobie

    Immer häufiger stößt man auf den Begriff „Islamophobie“. Er wird eingesetzt, um jede Kritik am Islamismus und an jenen Aspekten des Islams zu stigmatisieren, die mit Demokratie, Menschenrechten und Rechtsstaatlichkeit in Konflikt stehen. Die rigorose kulturalistische Auffassung von Kultur ist der Schlüssel für die Probleme, die man sich mit diesem Begriff einhandelt. Ursprünglich hat ihn die islamische Weltorganisation OIC in ihrem Kampf gegen die Menschenrechte - genauer: gegen die Redefreiheit - ins Spiel brachte. Die Kampagne gegen die Mohammed-Karikaturen, die in der dänischen Zeitung Jyllands-Posten veröffentlicht wurden, und die darauf folgende Krise waren ein Teil dieses Kampfes. Das Wort „Islamophobie“ wird zunehmend von islamischen Organisationen und strikten Multikulturalisten eingesetzt, um Kritik an islamischen Bewegungen in die Schranken zu weisen. Sowohl stichhaltige als auch unbegründete Kritik an verschiedenen Erscheinungsformen des Islam wird mit dem Argument beiseite gewischt, hier handele es sich um „Islamophobie“ - Kritik landet in einem Topf mit Rassismus, Antisemitismus oder Homophobie.

    Auf diesem Weg fand der Begriff Eingang bei der Linken, für die er eine Spielart von „Fremdenfeindlichkeit“ ist. Das Wort drückt mit seiner medizinischen Endung „-phobie“ auch semantisch eine negative Eigenschaft aus - es bringt eine kritische Analyse in Zusammenhang mit einer klinischen Krankheit. Allerdings besteht das entscheidende Problem mit dem Wort „Islamophobie“ darin, dass es im Unterschied zu anderen Wörtern, die ähnlich konstruiert sind, eine ganze Reihe von Auffassungen bezeichnet. Rassismus, Homophobie usw. sind Wörter, die eine unverhältnismäßige Reaktion auf Eigenschaften zum Ausdruck bringen, die ein Individuum hat - Hautfarbe, sexuelle Orientierung usw.

    Aber der Islam ist keine Rasse. Er besteht aus einem Konglomerat an Glaubensvorstellungen wie andere Glaubenssysteme auch, wie Christentum, Kommunismus, Liberalismus, Konservatismus, Nationalsozialismus, Hinduismus und viele andere sehr unterschiedliche Lehren religiösen, politischen oder philosophischen Charakters. Daran ändert die Tatsache nichts, dass bestimmte Muslime, darunter Islamisten, vehement davon überzeugt sind, ihr Glaubenssystem habe einen besonderen Rang und sei über Diskussionen, Entwicklungsprozesse und Reformen erhaben. Zwei in Dänemark geläufige Redensarten lauten, die Demokratie beruhe auf dem Grundsatz, dass man „gemäß seiner Meinung Partei ergreift“, aber auch, dass man „die eine Meinung vertritt, bis man eben eine andere übernimmt“.

    Philosophien laden zu offener und beständiger Kritik ein - und wenn man absolut überzeugt ist von seiner Position, hat man natürlich das Recht, diesen wahren Glauben in unveränderter Form aufrecht zu erhalten. Aber man kann nicht andere dazu zwingen, sich diese Position zu eigen zu machen, indem man von ihnen verlangt, auf Kritik zu verzichten. Und genau das ist es, was mit dem Wort „Islamophobie“ versucht wird. Mit ihrer unkritischen Übernahme des Begriffs, der eine gezielt manipulative und disziplinierende Wirkung hat, hat sich die Linke in den Dienst des Islamismus gestellt. Sie hat überdies ihre eigene Reflexionsfähigkeit gelähmt. Jede Kritik am Kulturalismus wird abgewehrt und als Islamophobie verurteilt. Und als islamophob wird die Kritik politisch exkommuniziert.

    Es ist ein rigoroser Kulturbegriff, der dem Ausdruck Islamophobie den Weg bereitet hat - als ob es so etwas wie einen Homo islamicus gäbe. Dies steht im Einklang mit jenen Praktiken innerhalb des Islam, die darauf abzielen, aus der muslimischen Religion eine Art Schicksal werden zu lassen, das unbedingt verlangt, dass männliche Partner in gemischten Ehen zum Islam konvertieren, während die Aufklärung über andere Optionen verhindert wird, und das vor allem im Verbot der Apostasie zur Geltung kommt. (Die Apostasie wird immer bestraft, entweder durch Geldbuße, „Umerziehung“, Beschlagnahme des Eigentums und Zwangsscheidung vom Ehepartner, durch den sogenannten „bürgerlichen Tod“ oder aber den realen Tod.) Aus diesem Grund hinterlässt „Islamophobie“ einen besonders schlechten Geschmack im Mund. Das Wort verwandelt Religion in Rasse.

    Der intellektuelle Islamismus hat es geschafft, in internationale Gremien, in die politische Linke und liberale Gruppen einzudringen, eben deshalb, weil er eine breite Akzeptanz für das kulturelle Argument gewinnen konnte. Erreicht hat er dies mit Hilfe des gängigen anthropologischen Kulturbegriffs, des Kulturalismus. Dies ist um so schädlicher für die demokratische Debatte, als nun Dogmen entpolitisiert werden, die im Kern politisch sind und daher der Kritik ausgesetzt sind - ebenso wie dem Spott.
     
    Politische Meinungen sind naturgemäß einseitig: Liberalismus, Konservatismus, Sozialliberalismus, Sozialdemokratie, Sozialismus etc. konkurrieren allesamt miteinander - während sie allerdings in der Regel auf tieferer Ebene übereinstimmen, da sie sich alle gegen den Faschismus, den Kommunismus, den Islamismus und andere totalitäre „Ismen“ wenden. Wenn jedoch das Dogmengebäude einer politischen Bewegung als „Kultur“ definiert wird, gibt es die Neigung, sie sofort in Frieden zu lassen und nicht mehr als partikularen, parteilichen und Diskussionen herausfordernden Standpunkt unter anderen zu betrachten. Diesem Denken zufolge sind Kulturen an und für sich organische, irreduzible Ganzheiten. Daher haben sie nicht nur ein Existenzrecht und ein Recht auf Respekt - wie auch auf Gewährung von Privilegien -, sie haben überdies einen Schutzanspruch und das Recht, unverändert fortexistieren zu dürfen. Deutlich wurde dies im Fall der Karikaturen im Jyllands-Posten, dem vorgeworfen wurde, eine Kultur zu beleidigen.

    Im ersten Abschnitt dieses Buchs haben wir Islamisten im multikulturellen Malaysia gefragt, warum sie der Auffassung sind, es sei unangebracht, Menschen, die andere Meinungen haben, zu kritisieren, zu verspotten oder zu beleidigen, und wie man sich stattdessen verhalten könnte im Umgang mit einem Thema, das Jyllands-Posten ansprechen wollte. Ein Studiendirektor an einer islamischen Universität erklärte, es sei zunächst nötig, mit jener Partei in einen Dialog zu treten, die man kritisieren wolle, bevor irgendetwas in Druck gehe. Im fraglichen Fall hätte Jyllands-Posten beispielsweise den Islamisk Trossamfund ("Islamische Religionsgemeinschaft" - ein dänischer Ableger der Muslimbrüderschaft) kontaktieren und um Erlaubnis bitten sollen.

    Dies hätte beträchtliche Folgen für die demokratische Auseinandersetzung: Wenn dieser Ansatz systematisch befolgt würde, verschwände jeglicher Meinungsaustausch aus der Öffentlichkeit, er könnte nur noch in geschlossenen Gremien stattfinden, der Mediation zwischen den Parteien würde absoluter Vorrang zukommen. Wenn Kulturen derartig geschützt würden, wäre dies das Ende einer freimütigen öffentlichen Diskussion und der freien Debatte unter Bürgern.

    Folgte man diesem Gedanken, hätte dies natürlich dramatische Auswirkungen auf die Funktionsweise von Demokratie. Jyllands-Posten hat mit seinen Karikaturen merkwürdige politische Ideen aufs Korn genommen, wie man die Religion in den Dienst von Politik stellen kann, etwa mit Kurt Westergaards berühmter Zeichnung des Propheten mit einer Bombe im Turban. Doch die Islamisten haben versucht, Jyllands-Posten ins Unrecht zu setzen, indem sie die Zeitung der Islamophobie bezichtigten.

    In allen Spielarten, ob in seiner reformistischen, revolutionären oder terroristischen Variante, ist sich der Islamismus darin einig, dass die Gesellschaft nach den Grundsätzen der Sharia zu organisieren sei. Wenn dies nun unter „Kultur“ firmiert, wird es möglich, jede Kritik von außen als „Islamophobie“ oder „Rassismus“ abzuweisen, da die Kritiker eine „Kultur“ angeblich nicht „respektieren“ würden. Der Nationalsozialismus hat etwas ähnliches versucht, als er sich als die Fortsetzung einer uralten germanischen Kultur inszenierte; allerdings waren die Kritiker in jener Zeit gewitzter als heute und in der Lage, die Rhetorik zu durchschauen.

    Nun sind wir heute Zeugen, auf welche Weise islamische Bewegungen wie Deobandismus, Wahhabismus, Salafismus und die Muslimbrüderschaft (die direkt vom italienischen Faschismus und dem französischen Faschisten Alexis Carrel beeinflusst ist) vom „kulturellen“ Argument geschützt werden: Es handele sich nämlich gar nicht um politischen Programme, sondern um „Kulturen“, die als solche nicht kritisiert werden könnten. Doch sobald Kulturen in der politischen Arena auftreten, müssen sie sich per definitionem ebenso der Diskussion und Kritik stellen wie alle anderen Vereinigungen, Gruppen, Parteien und Bewegungen, die politische Forderungen stellen. Hier haben weder Priester, Imame noch sonstige Kleriker - jedweden Glaubens - auch nur eine Unze mehr Recht auf Respekt als jedes andere Individuum, nur weil sie sich bei ihren politischen Forderungen einer religiösen Rhetorik bedienen.

    #islamophobie #culturalisme #culture #auf_deutsch

  • Die Erfindung der Islamophobie - Essay - Perlentaucher
    https://www.perlentaucher.de/essay/die-erfindung-der-islamophobie.html

    13.12.2010 von Pascal Bruckner - Kritik an Religion ist nicht Rassismus. Der Begriff will einschüchtern. Vor allem aber will er all jene Muslime zum Schweigen bringen, die den Koran in Frage stellen und die Gleichheit der Geschlechter fordern.

    Ende der siebziger Jahre haben iranische Fundamentalisten den Begriff der Islamophobie erfunden, den sie sich von der „Xenophobie“ abgepaust haben. Sein Ziel ist, den Islam zu etwas Unantastbarem zu erklären. Wer diese neu gesetzte Grenze überschreitet, gilt als Rassist. Dieser einer totalitären Propaganda würdige Begriff lässt absichtlich offen, ob er auf eine Religion zielt, ein Glaubenssystem, oder auf die Gläubigen aller Herren Länder, die ihr angehören.

    Aber ein Bekenntnis lässt sich so wenig mit einer Rasse gleichsetzen wie eine säkulare Ideologie. Zum Islam bekennen sich wie zum Christentum Menschen aus Arabien, Afrika, Asien oder Europa, so wie Menschen aller Länder Marxisten, Liberale, Anarchisten waren oder sind. Bis zum Beweis des Gegenteils hat jedermann in einer Demokratie das Recht, Religionen als rückständiges Lügenwerk zu betrachten und sie nicht zu lieben. Man mag es legitim oder absurd finden, dass manche dem Islam - so wie einst dem Katholizismus - misstrauen und seinen aggressiven Proselytismus und totalen Wahrheitsanspruch ablehnen - aber es ist kein Ausdruck von Rassismus.

    Spricht man von „Liberalophobie“ oder „Sozialistophobie“, wenn jemand gegen die Verteilung von Reichtümern oder die Herrschaft des Marktes eintritt? Oder sollten wir den 1791 von der Revolution abgeschafften Straftatbestand der Blasphemie wieder einführen, wie es Jahr für Jahr von der „Organisation der Islamischen Konferenz“ sowie dem französischen Politiker Jean-Marc Roubaud gefordert wird, der schlechthin jeden bestrafen will, „der die religiösen Gefühle einer Gemeinschaft oder eines Staates herabsetzt“? Offene Gesellschaften setzen auf die friedliche Koexistenz der großen Glaubenssysteme und des Rechts auf freie Meinungsäußerung. Die Freiheit der Religion ist gewährleistet, die Freiheit der Kritik an Religion ebenfalls. Die Franzosen, abgeschreckt von Jahrhunderten kirchlicher Herrschaft, wünschen Diskretion in Glaubensfragen. Getrennte Rechte für diese oder jene Gemeinschaft zu verlangen, die Infragestellung von Dogmen zu begrenzen, wäre ein Rückschritt ins Ancien Regime.

    Der Begriff der Islamophobie hat mehrere Funktionen: Er leugnet die Realität einer islamistischen Offensive in Europa, um sie besser zu rechtfertigen. Er attackiert den Laizismus, indem er ihn mit einem Fundamentalismus gleichsetzt. Vor allem aber will er all jene Muslime zum Schweigen bringen, die den Koran in Frage stellen und die Gleichheit der Geschlechter fordern, die das Recht einklagen, einer Religion abzuschwören, und die ihren Glauben friedlich und nicht unter dem Diktat von Bärtigen und Doktrinären leben wollen. Also stigmatisiert man junge Mädchen, die den Schleier ablehnen, also geißelt man jene Französinnen, Deutschen oder Engländer maghrebinischer, türkischer, afrikanischer, algerischer Herkunft, die das Recht auf religiöse Indifferenz einfordern, das Recht, nicht an Gott zu glauben, das Recht im Ramadan zu essen. Man zeigt mit den Fingern auf jene Renegaten, liefert sie dem Zorn ihrer Gemeinschaft aus, um jede Hoffnung auf einen Wandel bei den Anhängern des Propheten zu unterdrücken.

    Auf weltweiter Ebene wird ein neues Meinungsdelikt konstruiert, das stark an das Vorgehen der Sowjetunion gegen „Feinde des Volkes“ erinnert. Und unsere Medien und Politiker geben ihren Segen. Hat nicht der französischer Präsident selbst, dem wahrlich kein Lapsus zu schade ist, die Islamophobie mit dem Antisemitismus verglichen? Ein tragischer Irrtum. Rassismus attackiert Menschen für das, was sie sind: schwarz, arabisch, jüdisch, weiß. Der kritische Geist dagegen zersetzt offenbarte Wahrheiten und unterwirft die Schriften einer Exegese und Anverwandlung. Dies in eins zu setzen heißt, die religiöse Frage von der intellektuellen auf die juristische Ebene zu verschieben. Jeder Einwand, jeder Witz wird zur Straftat.

    Schändungen von Gräbern oder religiösen Einrichtungen sind selbstverständlich eine Sache für die Gerichte. In Frankreich betreffen sie in erster Linie christliche Friedhöfe oder Kirchen. Überhaupt sollte man in Erinnerungen rufen, dass das Christentum heute unter allen monotheistischen Religionen diejenige ist, die am stärksten der Verfolgung ausgesetzt ist - vor allem in islamischen Ländern wie Algerien, dem Irak, Pakistan, der Türkei oder Ägypten. Es ist leichter, Muslim in London, New York oder Paris zu sein als Protestant oder Katholik im Nahen Osten oder Nordafrika. Aber der Begriff der „Christianophobie“ funktioniert nicht - und das ist gut so. Es gibt Wörter, die Sprache verderben, ihren Sinn verdunkeln. „Islamophobie“ gehört zu jenen Begriffen, die wir dringend aus unserem Vokabular streichen sollten.

    Pascal Bruckner

    Aus dem Französischen von Thierry Chervel

    #religion #politique #islamophobie #auf_deutsch

  • Iraq issues ’total curfew’ for Eid al-Adha - Al Monitor
    COVID-19 cases have increased to historic highs of around 2,000 a day in Iraq.The curfew will be in place from July 30 until Aug. 9, according to a statement today from the Iraqi government. Past total curfew orders in Iraq have mandated a ban on non-essential movement and business, meaning people could only go to local supermarkets and pharmacies.

    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/07/iraq-eid-al-adha-total-curfew-virus.html

    #Covid-19#migrant#migration#religion#pelerinage#islam#sante#restrictionsanitaire#pauvrete

  • Final days of hajj and Eid festival impacted by coronavirus
    https://apnews.com/bcfbbbff56fe0774888c78d340f881d6

    The hajj pilgrimage has also been drastically impacted by the virus. Last year, some 2.5 million pilgrims took part, but this year as few as 1,000 pilgrims already residing in Saudi Arabia were allowed to preform the hajj.
    The Saudi Health Ministry said there have been no cases of the COVID-19 illness among this year’s pilgrims. The government took numerous precautions, including testing pilgrims for the virus, monitoring their movement with electronic wristbands and requiring them to quarantine before and after the hajj. Pilgrims were selected after applying through an online portal, and all had to be between the ages of 20 and 50 years-old.
    Just after dawn on Friday, small groups of pilgrims — masked and physically distancing — made their way toward the massive multi-story Jamarat Complex in the Saudi valley area of Mina. There, the pilgrims cast pebbles at three large columns. It is here where Muslims believe the devil tried to talk the Prophet Ibrahim, or Abraham, out of submitting to God’s will.

    #Covid-19#migrant#migration#religion#pelerinage#islam#sante#restrictionsanitaire#pauvrete

  • Début du grand pèlerinage de La Mecque, à l’ère du coronavirus
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/29/debut-du-grand-pelerinage-de-la-mecque-a-l-ere-du-coronavirus_6047613_3210.h

    Les fidèles musulmans sélectionnés pour le hadj ont commencé mercredi 29 juillet le grand pèlerinage de La Mecque, le plus restreint de l’histoire moderne, avec de nombreuses précautions sanitaires pour cause de pandémie de Covid-19. Par petits groupes, menés chacun par un guide, les fidèles ont procédé à sept circonvolutions autour de la Kaaba, au cœur de la Grande Mosquée de La Mecque, selon des images en direct des télévisions saoudiennes. S’abritant du soleil sous des parapluies, portant des masques et se tenant à distance les uns des autres, ces pèlerins ont tourné autour de la construction cubique vers laquelle s’orientent les fidèles musulmans du monde entier pour leurs prières, sous l’œil vigilant de policiers et autres officiels. Ils ont ensuite fait à sept reprises le chemin entre Safa et Marwa, sur les pas de Hajar, épouse du prophète Abraham. Selon la tradition, elle avait parcouru le chemin pour chercher de l’eau à son fils, le prophète Ismaïl, jusqu’à ce que la source de Zamzam jaillisse à ses pieds. Le chef de la force spéciale de la Grande Mosquée, Yahia Al-Akil, a déclaré à la télévision publique El-Ekhbariya que ces rites se sont déroulés « en un temps record et en toute fluidité ».

    #Cocid-19#migrant#migration#arabiesaoudite#islam#pelerinage#sante#protocolesanitaire

  • A strange war
    https://aboutintel.eu/france-anti-terrorist-republic

    France has long taken pride in and drawn strength from its universalist, secular principles. On the heels of the “war on terror” and the dubious radicalisation doctrine surrounding it, however, the institutional landscape has changed and a new public narrative has taken hold ; one that misjudges the complexities of the world, blurs the line between liberalism and authoritarianism, and further essentialises identity. French democracy will have to pay a hefty political price for this feverish (...)

    #CNCTR #DGSE #OTAN #anti-terrorisme #FiveEyes #Islam #surveillance