• L’antisémitisme ou l’islamophobie : mais que fait-on des oubliés ?
    https://lejournalcorrosif.fr/societe/antisemitisme-islamophobie-oublies-du-systeme

    Dans une France devenue un champ de bataille numérique et IRL, entre islamophobie et antisémitisme, je ne m’y reconnais plus. En tant qu’oublié du système, j’exprime dans ce billet d’humeur triste mon écœurement face à ce constat accablant de haine. <p>The post L’antisémitisme ou l’islamophobie : mais que fait-on des oubliés ? first appeared on Le Journal Corrosif.</p>

    #Société #Antisémitisme #Islamophobie #Grossophobie #Cyberharcèlement #Inégalités #Invisibles #Précarité #Médias #BilletDHumeur #Antifascisme #Humanisme #JournalCorrosif

  • Le peuple et moi. François Ruffin cinéaste | RdLI | RdLI
    https://rdli.fr/articles/essai/le-peuple-et-moi-francois-ruffin-cineaste

    Parmi ses « films cultes », Ruffin cite aussi Monsieur Smith au Sénat (1939), toujours de Frank Capra, « le plus grand ». En tant que député, il ambitionne d’« être James Stewart à l’Assemblée », c’est-à-dire de se mettre en branle « pour affronter l’institution et [...] chercher ce qu’il reste de l’humanité dans le cœur des hommes1 ». Quand il parle de ce film, il évoque d’ailleurs surtout l’acteur James Stewart, qui s’est construit une persona (image publique) d’« homme du peuple associé [...] aux “devoirs civiques” et à une “morale inébranlable” », et qui, avec son allure et son élocution hésitantes, convoque « les valeurs populistes de la small-town America2 » (l’Amérique des petites villes).

    Faisons l’hypothèse que ces références n’ont rien d’anodin. Si on les met en regard des films de Ruffin (en partie réalisés avec Gilles Perret), on peut y lire la matrice, voire le fantasme originaire, de son action politique. Le George Bailey de La Vie est belle et le Jefferson Smith de Monsieur Smith au Sénat condensent peut-être la manière dont Ruffin se perçoit, comment il se construit comme personnage central de ses __films et comment il fabrique une certaine image du « peuple ».

    #altruisme_narcissique #cinéma #peuple #François_Ruffin

    • Ruffin ne compte pour rien, il vaut comme énième avatar du rouge-brun dont les mille nuances ont fleuri au cours de la contre-révolution capitaliste. Admettons-le, la Nouvelle droite a marqué le point. Une révolution culturelle s’est produite. De Soral à Dieudonné, de Guiraud à Thery, de Mélenchon à Bouteldja, ça emboucane et ça suinte de partout.

      En ce moment, Villepin fait parait-il un tabac dans les amphis. Fétus atomisés cherch. sauveur, un « désarroi déjà roi » (cf. la place accordée à JLM). Bheurk.

      Sinon, je connais pas assez la BD, mais je trouve extraordinaire le nombre de dessinateurs qui se sont prêtés à cette auto-hagiographie. Une BD de Ruffin sur Ruffin, wtf.
      Usuellement on fait faire ça par d’autres.

      #rouge_brun #gauche

    • Ruffin au Congo
      https://www.senscritique.com/bd/les_aventures_de_francois_ruffin_depute_reporter_picardie_splendor/critique/339436612

      Attiré par les extraits plus ou moins douteux qui traînaient sur Twitter, j’ai lu cette « BD » de François Ruffin (entre autres) composée de plusieurs saynètes, illustrées chaque fois par quelqu’un de moins talentueux que le précédent (c’est visuellement extrêmement laid) où il se met en scène en train de régler les problèmes des pauvres.

      Dans le seul film que j’ai vu de lui : Merci Patron on était déjà face à un écueil similaire, le mec ne sait pas s’effacer, il doit se mettre en avant, dire « moi je ». S’il n’est pas le héros, le sauveur, il ne se sent pas bien. Il veut être reconnu comme tel et donc là il va tartiner son héroïsme pendant 80 pages de BD (vendues 22€ en physique, donc bien au dessus du prix du marché, qui va acheter ça à part moi parce que je suis un connard cynique ?)

    • je connais rien à la BD, mais je sais pas si on peut qualifier Jul (le correcteur dit "Nul) de simple exécutant. ce gros vendeur est connu, et pas seulement comme artiste (caniche) de Macron lors d’une visite officielle en Chine en 2018.

      Sinon, vu la manière dont R.F. fait sa pub, on apprend des choses qui viennent compléter un tableau profondément repoussant. En 2017, Il a publié un livre sur sa visite d’un hôpital psychiatrique, Un député à l’HP.

      il a un côté Trump se mettant en scène dans un avion militaire qui bombarde N-Y de merde. comme à défaut de n’être point offensant il est (presque) inoffensif, il a enfin réussi à faire du bien, tout le monde rigole.

      #politique #pourriture

    • @biggrizzly Le fil sur Mastodon épinglé ici aussi hier par @monolecte dans un autre fil Seenthis.
      https://seenthis.net/messages/1169245#message1172569
      Plutôt que l’égo boursouflé de Ruffin et sa BD qui semble l’être tout autant (je ne l’ai pas lu et je pense que je vais m’en dispenser) American Splendor est un chef d’œuvre et son auteur un héros de l’édition underground. Lui aussi a fait un film de sa bande dessinée. Une interview de Harvey Pekar dans The Comics Journal
      “There Are Just Some Times When You Can’t Deal” : A Previously Unpublished Interview with Harvey Pekar
      https://www.tcj.com/there-are-just-some-times-when-you-cant-deal-an-unpublished-interview-with-harv
      et un autre TCJ avec son ex compagne. Joyce Brabner, 1952-2024.
      https://www.tcj.com/joyce-brabner-1952-2024

      #Harvey_Pekar #American_Splendor
      American Splendor ≣ 2003 ≣ Trailer
      https://www.youtube.com/watch?v=HerH_v1Bw14

      @colporteur From Krakow to Krypton et The Jewish Graphic Novel , deux ouvrages qui explorent en détail les liens entre la bande dessinée et le judaïsme.
      https://www.nebraskapress.unl.edu/jps/9780827608436/from-krakow-to-krypton

    • S’agit de faire mieux que ce branleur de Karl Marx qui siégeait même pas au parlement et aussi bien que Harvey Pekar. Et alors ? Vous êtes contre l’ambition ?

      Bref. Amiens est splendide, certes (surtout ripolinée comme la ville l’est désormais). Ruffin, lui - tout le monde l’aura compris - n’est qu’un de ses fientes.

      Sinon, @vanderling, merci, mais si j’ai bien noté American splendor comme digne d’intérêt (sans savoir par quoi commencer parmi ce qui est dispo en français), grâce au crapaud de la Somme qui se voudrait aussi beau que le boeuf réputé magique dont il se réclame en matière de BD, je crains de continuer à pas savoir grand chose ni de la BD ni du judaïsme. à dire vrai mon insistance depuis plus de deux ans quant à ces histoires (de minoritaires) tient davantage à l’importance que revêt l’antisémitisme qui me parait au principe d’un racisme (éventuellement de masse) qui n’a pas attendu l’invention des races biologiques du XIXeme pour exister et qui perdure (et donc doit se renouveler) au-delà de ses prétentions scientifiques passées. C’est davantage le majoritaire (pas nécessairement en nombre), comment il se constitue qui m’importe. Les ressorts de la normopathie ordinaire, et la manière dont ils sont remis en tension / utilisés ("Moscovici ne parle plus français, il parle la langue de la finance internationale", citation approximative de JLM, par exemple).

      #melon_d'Amiens

    • Ruffin se lance dans la BD, et c’est un naufrage politique
      https://contre-attaque.net/2026/05/16/ruffin-se-lance-dans-la-bd-et-cest-un-naufrage-politique

      (...)

      Dans les dialogues mais surtout dans les dessins, ces pages empruntent de façon criante au registre colonial. Ici, les deux corps non-blancs sont menaçants, grimaçants, colériques et instables. Ils ne maîtrisent pas leurs émotions, contrairement aux agents en uniforme et à François Ruffin. Le député est représenté comme conquérant, droit, tout en maîtrise. Ferme mais juste. Plutôt que de se joindre au passager maghrébin, le seul qui a une réaction normale, à savoir protester contre des contrôleurs et des flics racistes qui dérangent tout le monde, il le corrige. Il le fait taire.

      (...)

      Cela ressemble à un suicide politique. À moins, tout simplement, que Ruffin ne s’adresse plus à la gauche.

      (...)

    • @colporteur Tu dis ne pas savoir par quoi commencer parmi ce qui est dispo en français. Je te conseille son anthologie éditée par Çà & Là, en 3 volume 19€ chaque. Et logiquement disponible dans toute bonne médiathèque digne de ce nom.
      https://www.caetla.fr/_Harvey-Pekar_
      H. Pekar & R. Crumb

      judaïsme et bandes dessinées.
      Un petit extrait de son interview dans The Comics Journal « Il y a juste des moments où on ne peut pas s’en sortir » que je signalais plus haut :

      Les Arabes palestiniens ont été traités plus durement que tous les autres Arabes. Ils n’ont même pas eu la moindre chance d’accéder à l’autonomie. C’était l’un de mes arguments ; c’est un sujet qui demande beaucoup de temps à développer. Et puis, leur recours à la force… c’est une chose d’utiliser la force si c’est pour vraiment obtenir quelque chose. Je ne suis pas pour partir en guerre, ni rien de ce genre, mais si l’on doit faire la guerre, c’est qu’il faut en tirer quelque chose. Et ces guerres qu’Israël mène, ils vont devoir continuer à les mener tant qu’ils existeront, à moins qu’ils ne changent leur politique. Je suis entré dans les détails et j’ai fait beaucoup de recherches à ce sujet. Puis je l’ai envoyé à l’éditeur, qui m’a demandé de le restructurer, et entre-temps, j’ai fait équipe avec un très bon illustrateur. Il s’appelle JT Waldman.

      Harvey Pekar à profondément ausculté la domination et les agressions multiple d’Israël envers la Palestine. Après je n’en sais pas plus que ça de ses réflexions sur le judaïsme, ses conclusions et sa collaboration avec l’illustrateur JT Waldman.

      Pour revenir à ton seen initial, Ruffin est sûrement plus fasciné par les super-héros marvel que par la BD underground. François le MadMan qui se prend pour un super-héros. Super Zéro oui.

    • BD : On a retrouvé Félix le « Maghrébin » de Ruffin !
      https://www.youtube.com/watch?v=xEr_9shMBYs

      sans vouloir gâcher la rigolade renouvellée, cette chaine YT fait aussi dans le Collon, Bouteldja, il est donc possible de douter de de sa fiabilité.

      edit il y a aussi du Seba, Aberkane, Chouard, Alsoumi (d’ Urgence Palestine ; pour lui, l’islamophobie est une stratégie créée par Israel), Youssef Hindi (publié par Kontre Kulture), #Mizane est un site conspi et antisémite, une émanation des Éd. AlBouraq, qui tiennent la librairie éponyme et la « Librairie de l’Orient », qui vend de nombreux livres des éditions Kontre Kulture (Soral). On y trouve aussi le négationniste Garaudy.

      c’est une fois de plus incompréhensible que des Gresh, Mauduit, Cypel, Bégaudeau (bien que...) etc. acceptent de participer (si l’antisémitisme est résiduel, faut-il remettre une pièce dans la machine ?).

      nous voilà toujours plus cernés par les racelards.

      #racisme #antisémitisme

    • @48polopolo

      40:53 Je suis d’Amiens et j’en peux plus de Ruffin, l’année passée il est venu à l’usine ds laquelle je bossais car celle ci était menacée de fermeture (elle a fermé depuis), et tu vois qu’il vient en mode sauveur, super héros des prolétaires et tu sens trop à la fois cet égo démesuré d’1 côté et de l’autre le mépris inconscient qu’il a pour nous les ouvriers. Il ne a parlé d1 manière insupportable comme s’il fallait se mettre à « notre niveau », comme s’il était lui aussi un prol, comme si on était des débiles, et l’expression « la France qui pue des dessous de bras » qu’il emploiera qq tps plus tard ds les médias est tellement parlante de sa personnalité... Mais en gros il vient comme un récolteur des doléances des ouvriers pour les répéter ensuite à la tv ou à l’assemblée pour se mettre en avant et dire que lui est au contact du « peuple qui souffre » et du coup le comprend, mais à aucun mmt il tente d’orienter vers une lutte ouvrière ou un rapport de force... C’est paternaliste au possible, dénigrant et égocentrique un truc de fou, il se croit tellement le haut parleur/porte parole du prolétariat car on serait incapable de le faire et de poser des mots sur nos conditions...

      Et concernant le « respecter la police » un peu ds le mm genre quand il était venu devant notre usine il y avait des médias et à un moment donné on leur avait demandé de nous laisser nous entretenir entre nous les ouvriers et Ruffin ; certaines médias n’ont pas respecté cette doléances de notre part (en plaçant une perche sonore en scred pr ns écouter) et j’ai pousse un coup de gueule contre eux en disant qu’ils n’étaient même pas capables d’avoir du respect pour des dizaines de mecs qui allaient se retrouver au chômage et qu’ils n’avaient aucune morale, éthique et qu’au fond ils étaient des rapaces, Ruffin m’est à moitié tombé dessus en disant qu’il ne fallait pas que je m’énerve contre eux car mm si ds le fond j’avais raison il fallait être conscient qu’on avait besoin d’eux (sachant que c’est très certainement lui qui les avaient fait venir car à tout nos rassemblements précédents on ne les avaient pas vu et on n’avait jms réclamé leur présence 🤷) pour faire porter notre voix... Cette scène m’a vraiment fait penser à ce moment où il se place au-dessus de la mêlée, au dessus de moi en l’occurrence, ouvrier qui ne serait pas capable de gérer sa colère mm ds un moment où elle serait légitime, je vais perdre mon emploi, je me fais enregistrer ac mes collègues à notre insu ds un moment d’organisation de notre mouvement... Il ne se rend mm pas compte de son côté « sauveur autoproclamé » ms qui au fond ne sert à rien... Il avait son p’tit carnet et je ne sais pas ce qu’il a fait de ces p’tites notes prises lors de cette échange...
      Nb : il y avait Deffontaines du pc qui était là aussi et il a été infichu d’exister et de porter un discours quel qu’il soit... Il est dramatique lui aussi ds un autre genre

      Ps : pour être qd même un peu d’eau ds mon vin il est vrai que Ruffin est qd même présent, mm s’il le fait très mal, ds les usines et les luttes ouvrières et je pense que LFI devrait se saisir plus souvent de ce genre de moment de lutte ouvrière (mm s’ils le font ce n’est pas assez à mon avis)

      https://www.youtube.com/watch?v=L1b9XnzKwO8&lc=UgyAF7KJ-SzE_PlIBsd4AaABAg

    • Concernant le témoignage, a priori ce Félix ne raconte pas de bobards puisque Ruffin a reconnu les faits (par contre oui le média sur lequel il s’exprime est tout pourri).

      J’aime bien ce que dit Geoffroy de Lagasnerie, qu’en gros Ruffin quand il doit se positionner sur quelque chose qui sort de ses combats habituels, eh bien il dit systématiquement des trucs de droite :
      https://piaille.fr/@0xdefec7edcafe/116614549796117644

    • Geoffroy de Lagasnerie dès l’entrée « même si, je redis encore que je voterai pour lui, que je le soutiens etc » mais nan voila encore ou nous mène le concept de projection politique sur l’homme érigé en bite centrale, le héros, la star politique. Nous serions ses moutons obligés, c’est exactement comme la projection amoureuse, de l’emprise mentale qui ignore les comportements et actions de la personne pour persévérer dans ses propres croyances qui dénient le grand splash bouseux final.
      Ruffin se torpille tout seul, mais c’est la suite logique de sa mégalomanie (qui s’accompagne d’une cécité totale de l’Autre) il a toujours été imbu, réac et pue de dessous ses idées. Ses films étaient déjà insupportables et dégoulinants de mépris des classes populaires ou des femmes. Nan mais, rien que le titre « Debout les femmes » je fuis, de quel droit il vient dire aux femmes ce qu’elles doivent faire ? et si tu arrives pas à saisir l’injure, imagine un film de Ruffin avec pour titre « Debout les noirs ».
      Ce type est devenu rapidement l’archétype du mâle blanc nourri de ses privilèges qui lui permettent d’être LE donneur de leçon, vraiment d’une autre époque, celle de la domination coloniale, du patriarcat et du racisme.
      Un combo !
      Geofroy, parle nous d’art, c’est ton domaine, pour le reste, allez vous lécher entre vous mais qu’on n’ait pas à suivre vos soutiens puants.

      Et quand même, ce type est censé être journaliste et arrive à pondre des fakes énormes pour déformer la réalité à sa gloire, mazette, la honte.
      https://seenthis.net/messages/1173404#message1173578

    • Ah mais oui je suis d’accord que Lagasnerie est à peine moins problématique (je mets ça un peu dans le même sac que Bégaudeau, des mecs à l’égo boursouflé qui s’écoutent parler) mais je trouvais sa remarque pertinente. Ruffin je l’ai toujours trouvé ridicule par rapport à ses fantasmes sur le vie ouvrière, courant de tournois de foot en fêtes de la saucisse et présentant ça comme l’alpha et l’oméga de la culture des pauvres, se rapprochant par là plus d’un Patrick Sébastien que d’un Jean Jaurès des temps modernes.

    • Ce n’était pas contre toi @alexcorp ! Je suis contente d’être sur seenthis pour me sentir moins seule. J’ose même plus parler de mon aversion pour ces bouses de petits coqs du pouvoir. Donc je suis ravie que tombent les masques et n’allons pas se fourvoyer avec ces mégalos qui prennent la vulgate pour stupide.
      Je pense aussi à Branco qui fait sa petite campagne et auquel les gilets jaunes qui se sont formés dans le froid des ronds-points s’opposent à Toulouse parce qu’ils ne veulent surtout pas d’un chef autoproclamé. Il est temps d’arrêter ce cirque ridicule de la vem république qui offre un boulevard aux tyrans et la course à la mégalomanie.
      La chute prévisible et lamentable de Ruffin est exactement le chemin tracé par cet obsolète système politico-médiatique. Tant que les dégâts que cela engendre sur le cerveau ne sont que risibles, rions, celleux qui s’engagent en politique pour y gagner quelques millimètres de gloire sont dangereux pour les valeurs de notre belle france et de son drapeau et de ses barbelés de frontières. Envie de faire dérailler la belle franfrance dans son traintrain patriotico fasciste seriné tous les jours par les assoiffés mégalos du pouvoir.

    • Cernés, suite

      Derrière le témoignage accablant de Félix Barrès, qui accuse François Ruffin de l’avoir essentialisé comme « un arabe » dans sa BD alors qu’il se revendique « Français de souche », apparaît aussi le parcours d’un journaliste converti à l’islam aux positions pour le moins ambiguës sur le djihad

      https://www.lopinion.fr/politique/des-gens-qui-vont-combattre-en-syrie-dune-maniere-rationnelle-le-vrai-visag

      choisir Mizane pour témoigner, c’était étrange, on nous propose une explication ... sous #paywall

    • Explication empreinte d’une certaine #islamophobie en l’occurrence ...

      https://justpaste.it/njbq9

      Il y a trois liens vers des enregistrement Soundcloud sur la page d’origine mais ils n’apparaissent pas sur la page que j’ai pu sauvegarder :

      1) Félix Barrès et sa conversion
      https://soundcloud.com/robinv-3/felix-barres-et-sa-conversionwav

      2) Félix Barrès et son entourage :
      https://soundcloud.com/robinv-3/felix-barres-et-son-entouragewav

      3) Félix Barrès et le Jihad :
      https://soundcloud.com/robinv-3/felix-et-le-jihadwav

      J’espère que vous arriverez à écouter tout ça sans vous créer de compte. Perso, je n’ai pu y échapper.

      L’Opinion est un quotidien français lancé en mai 2013 par Nicolas Beytout, ancien président des Échos et ancien directeur des rédactions du Figaro. Le journal revendique être pro-business[3]. Il suit une ligne qui s’affirme « néolibérale » selon Marianne.
      Le quotidien est édité en version imprimée et en version numérique.
      L’Opinion appartient à Bey Media, propriété à 100 % d’Ufipar, une filiale de LVMH.
      Son siège est situé à Paris.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Opinion_(quotidien_fran%C3%A7ais)#

      Quel sombre brouet calomniateur tu nous a livré là @colporteur ...

    • Merci @sombre, pas besoin de s’inscrire pour écouter depuis seenthis les 3 fichiers audio !

      L’article raciste de l’opinion ne fait pas la différence entre être arabe et être musulman, avec en non-dit que s’être fait humilier par ruffin devient logique. Super puant.
      La base sempiternelle du caniveau de l’extrême droite, entre amalgamistes et confusionnistes, ils sont fins prêts.

    • Merci @sombre pour l’éclaircissement. Je me demandais d’où sortais ce type, et, pour lui comme pour Gresh et les autres cités plus haut, comment on peut accepter de faire un truc pour cette immondice de Mizane. La question reste posée mais a priori tous ceux qui se commettent sur un tel site sont soit dépourvus de tout sens politique, soit abusés, soit bien louches. Personne ne leur posera la question.

      Ce qui me frappe dans ce qu’il dit c’est qu’il émet l’hypothèse qu’il y a 30 ans il aurait pu satisfaire son besoin de transcendance (c’est moi qui choisi ce terme) grâce à l’existence de "grands penseurs qui n’existent plus". Encore et toujours « l’âme d’un monde sans cœur (...) l’esprit d’une époque sans esprit » ....

    • pour @touti et pour les autres (+10 pour tes commentaires touti)
      je viens de refaire le plein dans ma médiathèque préféré et les bibliothécaires ont eu.e un coup de coeur pour la dernière BD de #Marc_Dubuisson (43 ans, je le croyais plus âgé) le dessin (strip de 6 cases par page) est minimaliste mais les dialogues sont exquis.
      Pour Ruffin même le bisou à un flic de Renaud me semble moins gênant. Dubuisson propose une playlist antifa à la fin de son album (pour les possesseur de smartphone) scanner un QRcode pour une écoute sur Qobuz ou Deezer, il boycotte Spotify (fasciste et xénophobe) ici aussi il y a des playlists antifa de @cdb_77 & @sinehebdo Je tague Marc_Dubuisson car je suis sur qu’il est déjà là sur seenthis.
      Amour, fascisme et CDD édité chez Delcourt (2026)
      c’est frais et percutant à la différence de Ruffin qui sent le moisi et le velours de l’AN.
      https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-amour/album-amour-fascisme-et-cdd

    • merci @arno depuis Marc Dubuisson a quitté le X de l’autre facho et il a migré sur Mastodon.
      https://piaille.fr/@unpied
      Une Case extraite de sa BD « Amour, fascisme & CDD »


      Ce serait le pied s’il ouvrait un compte ici

      Dubuisson Seenthis c’est bon aussi

    • Je me souviens @touti d’un autre de tes commentaires ou d’un de tes seen à propos de l’élection de Ruffin comme député (sous étiquette LFI/NFP). Tu disais pis que pendre à son sujet et je trouvais que tu y allais un peu fort. Faut croire que tu avais cerné le bonhomme alors que je pensais que le NFP était révolutionnaire. Des révolutionnaires à l’assemblée nazionale avec braun-pivet au perchoir, suis-je bête, j’ai sacrément déchanté depuis et je suis pas loin de dire comme les anars « élections pièges à cons ». Ruffin n’a même pas l’excuse d’être girouette, il mouline tellement entre sa circo, l’AN, Fakir, son cinéma, ses réseaux... et le syndrome d’être indéboulonnable qu’il croit faire partie de l’histoire de france. Combien de fois je l’ai écouté sur des plateaux télé et non je devais avoir du mou de chat à la place du bulbe pour croire à ce mec là. Tu me diras avoir du mou de chat à la place du cerveau en regardant la télé c’est un peu normal, c’est même fait pour ça et le pire c’est qu’ils le savent.

    • @colporteur

      Ce qui me frappe dans ce qu’il dit c’est qu’il émet l’hypothèse qu’il y a 30 ans il aurait pu satisfaire son besoin de transcendance (c’est moi qui choisi ce terme) grâce à l’existence de "grands penseurs qui n’existent plus". Encore et toujours « l’âme d’un monde sans cœur (...) l’esprit d’une époque sans esprit » ....

      Cela m’évoque le concept de l’#anomie :

      Conséquence d’une politique antisociale

      Une anomie pourrait être suscitée par une propagande promouvant l’isolement ou même la prédation plutôt que la coopération. Ce serait la manifestation d’une politique antisociale.

      « Si l’anomie est un mal, c’est avant tout parce que la société en souffre, ne pouvant se passer, pour vivre, de cohésion et de régularité. Une réglementation morale ou juridique exprime donc essentiellement des besoins sociaux que la société seule peut connaître[3]. »

      -- Émile Durkheim, De la division du travail social

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Anomie

      Maintenant, si l’on met en exergue que seules les « religions du Livre » (monothéisme révélé) sont le moyen de retrouver une coexistence pacifiée entre les différentes composantes d’une société donnée , ce n’est pas pour moi, en tant que « gauchiste », la meilleure voie à suivre. Mais bon, normalement, les lois de 1905 devaient permettre à toutes ces communautés religieuses de vivre en bonne intelligence. Ce n’est qu’un siècle plus tard (2004) qu’on a pu constater qu’il n’en était rien.

      Je viens de tomber sur une communication du Conseil d’état à propos d’une étude annuelle intitulée « Un siècle de laïcité », document de plus de 200 pages A4 ... Je pose ça ici, pour mémoire et je me plongerai là-dedans pour y détecter les biais qui ont conduit la société française aux errements que nous connaissons aujourd’hui.

      https://www.conseil-etat.fr/publications-colloques/etudes/etudes-annuelles/un-siecle-de-laicite-etude-annuelle-2004#3

    • @vanderling faut voir aussi que Ruffin a mué politiquement, sans doute transformé et pourri par son expérience du pouvoir. Même si depuis toujours il est complètement nul sur les sujets qui sortent de son ouvriérisme paternaliste, il était quand même un poil plus « exigeant » politiquement il y a quelques années (je me souviens de lui, discutant avec Filoche et se moquant de Hamon car trop mou, eh bien voilà maintenant il marche main dans la main avec Faure, la belle affaire).

    • @sombre Dans mon Robert (2001) deux définitions pour Anomie

      1 — anomie nf sociol . Absence ou désintégration des normes sociales. ETY. Du gr. Anomia « désordre » anomique.
      2 — anomie nf Mollusque bivalve à coquille rose nacrée, à allure de petite huître.

      La deuxième définition correspond mieux au député Ruffin. Il appartient bien à la classe des mollusques comme nombre de ses coreligionnaires du parlement. Accroché·e·s à leurs sièges tels des berniques à leur rocher.

      Ruffin a mué politiquement, sans doute transformé et pourri par son expérience du pouvoir.

      @alexcorp
      ça ira peut être mieux en France quand ils inscriront dans le marbre le bannissement et la proscription pour tout élu·e·s qui trahit ce pour quoi il l’a été justement. Pour trahison, délit d’initié, parjure, cumuls de mandats, favoritisme, etc... Ainsi que la comptabilité et la reconnaissance des votes blancs et des abstentions dans tous les modes de scrutin. Leurs élections seront un peu plus crédibles et les électeurices un peu plus volontaires face aux urnes. Alors la citation de L. Latzarus sera contredite « En démocratie, la politique est l’art de faire croire au peuple qu’il gouverne ».
      Mais je suis un éternel idéaliste et je sais bien que c’est le parlement qui a le pouvoir législatif et que ces empaffé·e·s ne légifèrent jamais contre leurs classes de bourgeois. La ploutocratie a encore de beaux jours devant elle. Quand leur pouvoir vacille ils déclarent la guerre, enfin ils utilisent le populo comme chair à canons. L’histoire est pleine de conflits sanglants en perpétuel recommencement et ils sont de plus en plus meurtrier avec « la guerre moderne » les drones et autre saloperies, les génocides, les conflits sans fin.
      Et Ruffin qui y va de sa moraline et que tout irai mieux si on l’écoutait. Mais qu’il ferme sa gueule et qu’il se fasse oublier. S’il avait un tant soi peu de fierté, il se planquerai sous un rocher et qu’il se contente de pointer, comme nombre de ses collègues, au palais-bourbon en priant que son indemnité parlementaire tombe encore de nombreuses années tant qu’il bernera son électorat.
      Élu député depuis 2017 LFI puis LFI/Nupes et actuellement avec un groupe écologiste depuis sa dissidence des insoumis . C’est quoi le prochain ? Debout la France ?
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Debout_(parti_politique)

      Le nom proscription désignait jadis une mesure coercitive prise contre certaines personnes en période de troubles civils graves et, en particulier, désignait le bannissement pour menace à la sûreté de l’État, qui interdisait au proscrit l’accès du territoire français. Mais ce nom doit pour l’essentiel sa triste renommée au sens qu’il avait dans l’Antiquité romaine, quand il désignait la condamnation à mort de citoyens par le pouvoir, et ce, sans décision de justice, pour la simple raison qu’ils déplaisaient aux hommes alors à la tête de l’État. Cette condamnation était rendue publique et exécutoire par le simple affichage du nom des proscrits dans le Forum. Les plus célèbres et les plus tragiques de ces proscriptions sont celles qui furent commandées par Marius et Sylla. Aujourd’hui le mot proscrit désigne plus ordinairement une personne qui se voit refuser l’entrée d’un cercle, d’un salon etc.

    • fils de cadre à l’"ouvriérisme" de manager (n’insultons pas LO à tort et à travers ah ah ah), patron de presse égotique, candidat qui se pousse du col limite macronard. fiente bourgeoise.

      sinon, -"l’esprit d’un monde (ou d’une époque, selon les traductions) sans esprit"_, c’est Marx à propos de la religion, juste avant le passage trop souvent cité tronqué, ce qui réduit la critique (l’analyse) à une dénonciation, « la religion est l’opium du peuple ».

      par ailleurs, la fiction d’un parlement qui légifère date d’avant 1958-1962, le parlement ne légifère pas réellement, il est lieu d’un théâtre où sont entérinés les projets de loi gouvernementaux à condition que le gvt y trouve son intérêt (catégorie composite et variable ou l’exigence de maintenir la démocratie fictive peut cesser de jouer).

      Ruffin vient de faire ce qu’il fallait pour conforter JLM. sauf que lorsque pas tout à fait dépourvu de jugeote ce dernier déclare qu’une mobilisation populaire sera indispensable à l’action d’un futur gouvernement de transformation, personne n’ignore au fond que chaque jour ces propos sont démentis par la pratique réelle d’une France « insoumise » au garde-à-vous devant son leader, ce qu’on se doit de considérer comm l’indice d’une aptitude plus générale à la soumission volontaire.

    • Et pour parfaire l’enterrement politique, voila un article du Monde sur L’Amour et la Révolution un livre de Johanna Silva sur la relation toxique de ruffin.

      Johanna Silva : « Que François Ruffin se soit comporté avec moi comme il l’a fait, c’est aussi un problème politique »

      https://www.lemonde.fr/livres/article/2024/03/17/johanna-silva-que-francois-ruffin-se-soit-comporte-avec-moi-comme-il-l-a-fai

      Johanna Silva, elle aussi, a d’abord ravalé sa colère. Cinq années durant, elle s’est tenue aux côtés de François Ruffin, épousant ses idées, veillant sur lui et prenant en charge nombre d’aspects logistiques – chercher une salle, acheminer la sono, animer la discussion, récupérer le micro… Elle a tenu un rôle important dans le succès du film Merci patron ! (2016), puis dans la campagne qui a permis au rédacteur en chef du journal Fakir d’entrer à l’Assemblée nationale, où elle a été sa première assistante parlementaire : « “L’intendance suivra.” C’est-à-dire Johanna », résumait le député à propos de cette militante incontournable qu’il saluait à la fois comme son « bras droit » et sa « compagne de route ».

      #Johanna_Silva

  • Chez GRDF, Enedis et RTE, les syndicats mobilisés contre la chasse aux salariées portant un voile | StreetPress
    https://www.streetpress.com/1777563656-grdf-enedis-rte-entreprise-gaz-energie-syndicats-cgt-mobilis

    Avertissements, menace de licenciement… Depuis six mois, les entreprises de l’énergie et du gaz instaurent des clauses de neutralité. Parmi les femmes ciblées, l’élue CGT à GRDF Nadia Kabassine, figure syndicale soutenue par ses camarades.

    Le 15 janvier 2026, Nadia Kabassine se rend au siège de GRDF , à Saint-Denis (93). Elle doit rencontrer Pierre-Guy Martin, son nouveau directeur des ressources humaines ( DRH ), pour discuter des conditions de son détachement syndical. Son site du Kremlin-Bicêtre (94) vient de changer de direction pour être rattaché non plus à l’Île-de-France, mais aux fonctions centrales. Cette élue CGT , salariée du gaz depuis 15 ans, a l’habitude de ces échanges formels avec les dirigeants du groupe. Sauf que cette fois, à la fin de l’entretien, le DRH entouré de deux membres de la direction lui lance :

    « Je vois que vous avez un voile religieux, donc vous ne respectez pas le règlement intérieur. Aujourd’hui je tolère mais dorénavant, il faudra venir sans. »

    #discrimination #islamophobie #lois_séparatisme #France_racelarde

    Je ne savais plus trop si GRDF et Enedis avaient à remplir des « missions de services publics » ...

  • « C’est bon ça la pêche aux bicots » : une équipe de la #BAC de #Nice accusée de #racisme

    Après un an de calvaire au sein d’un groupe de la brigade anti-criminalité de Nice, où elle était la seule fonctionnaire d’origine maghrébine, la policière Chaïma a porté #plainte pour #harcèlement_moral et #discrimination.

    Une semaine avant sa prise de poste sur la Côte d’Azur, le 6 septembre 2024, la brigadière-cheffe Chaïma (1) aurait reçu un appel de mauvais augure. À l’autre bout du fil, son futur supérieur hiérarchique : « Je suppose que tu es musulmane ? », « tu fais la prière ? », « tu fais le ramadan ? » Et le chef de groupe Éric C. de souffler à chaque réponse positive. La policière originaire de la région lilloise a beau le rassurer, en lui précisant que cela n’aura aucun impact sur son travail, il lui aurait expliqué que ses gars « s’inquiètent ». « Ils ne pourront plus s’exprimer librement dans la voiture. » Quelques heures plus tôt, son mari, lui aussi policier à Nice, aurait vécu le même appel sous forme d’interrogatoire. Il confirme via son avocat la teneur des questions de l’agent niçois sur les pratiques religieuses de sa femme.

    Les inquiétudes de Chaïma se seraient vérifiées sur place. De septembre 2024 à août 2025, la policière, témoin de nombreux propos racistes, aurait vécu humiliations racistes et sexistes, pressions et ostracisation au sein d’une équipe de la brigade anti-criminalité (BAC) de Nice (06). La fonctionnaire dénonce également les violences et d’autres actes illégaux commis par ses collègues, comme révélé dans le premier épisode de cette enquête. Après un an de calvaire, elle lance l’alerte. Elle a porté plainte contre X ce 5 février auprès du tribunal judiciaire de Nice pour « harcèlement moral, discrimination, faux en écriture publique et usage de faux, violences volontaires sur mineur, atteinte à la liberté individuelle, menaces et abus d’autorité et violation de domicile par personne dépositaire de l’autorité publique ». Le parquet de Nice a informé StreetPress de l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Contactés, ni la Direction générale de la police nationale ni les responsables hiérarchiques et les agents de la BAC de Nice concernés n’ont souhaité nous répondre.

    « Comme c’est le cas dans la plupart des affaires où des policiers dénoncent par les voies traditionnelles les actes illégaux au sein de la police, la hiérarchie tente de les faire taire en les marginalisant et en les sanctionnant », estime Maître Arié Alimi, l’avocat de Chaïma. Si la plaignante n’a pas souhaité s’exprimer, StreetPress a pu consulter de nombreux documents et échanger avec son avocat. Malgré une enquête administrative qui, selon nos informations, aurait reconnu des propos discriminatoires et entraîné le départ de son chef de groupe en mars 2025, le harcèlement de la policière, actuellement en arrêt maladie, n’aurait pas cessé. Devenu délégué départemental du puissant syndicat Unité-SGP, il n’a pas été sanctionné et a été décoré quatre mois après sa nomination en tant que délégué syndical.

    Racisme décomplexé de la « BAC JB »

    Dans la ville qui vient d’élire le maire d’extrême droite Éric Ciotti, toutes les équipes de la BAC ne se valent pas. Elles sont divisées en quatre, deux de jour, deux de nuit. L’une d’entre elles, la BAC « JB », pour « Jour B », est connue pour son turn-over important et la relative jeunesse de ses effectifs. C’est là qu’atterrit Chaïma, unique agent d’origine maghrébine dans un groupe de douze composé de dix hommes. Elle découvre que certains de ses collègues appellent les arabes « les bougnoules » et les noirs « les macaques », détaille-t-elle dans sa plainte, que StreetPress a pu consulter. Parmi les expressions racistes que lanceraient ses collègues : « Le macaque, je vais le faire descendre de son arbre. » Une autre habitude des policiers de la BAC JB serait d’ironiser : « de toute façon t’es coupable ! » ou de répéter « coupable, coupable, coupable » lors de contrôles de personnes racisées, surtout lorsqu’elles ne parlent pas français.

    Dans une capture d’écran de conversation WhatsApp datant du 7 janvier 2025, que StreetPress a pu consulter, un gardien de la paix indique l’horaire et la teneur d’une grosse intervention à venir, en concluant par « pêche au » suivi de l’émoji canard. Le gardien de la paix Nicolas F. lui répond : « C’est bon ça la pêche aux bicôts. » Le chef de groupe Éric C. et son adjoint Fabrice L. auraient assisté à l’échange numérique sans intervenir.
    L’enfer de Chaïma, de Tourcoing à Nice

    La policière de 38 ans Chaïma a vécu dix-neuf ans de carrière sans remous au sein de la gendarmerie puis de la police, jusqu’à obtenir le concours de brigadière-cheffe. Ses problèmes commencent en mars 2024, lorsqu’elle rejoint la police-secours de nuit de Tourcoing (59), dans le Nord de la France. Pour la première fois, un supérieur, l’adjoint du chef de groupe, lui fait sentir sa différence. « T’aurais pas pu t’appeler Virginie ou Elodie ? Ça serait plus simple », se serait moqué Stéphane H., lors de l’appel dès sa première soirée de service.

    Quelques heures plus tard, pendant une pause bavardage au commissariat sur le thème du football, le même aurait évoqué devant elle les « gènes de fils de pute » de Karim Benzema. Dans la même nuit, il lui aurait fait remarquer que les chiens sont arrivés avant les femmes dans la police. Des scènes confirmées auprès de StreetPress par plusieurs sources policières tourquennoises. Dès le lendemain, Chaïma décide d’alerter sa hiérarchie, qui lui aurait recommandé de prendre sur elle et de ne pas faire de vagues. Pendant l’été 2024, décidée à s’éloigner de ce climat hostile, Chaïma obtient l’oral de la BAC et postule à Nice, rassurée par les promesses d’un quotidien ensoleillé et réparateur avec son mari et ses deux enfants.

    Peine perdue. Dans l’institution policière, les réputations de mouton noir se transmettent parfois de service en service. « Deux chefs ont répété devant plusieurs personnes qu’ils connaissaient du monde à Nice et qu’ils allaient lui mettre des bâtons dans les roues. Elle est arrivée dans le Sud avec une étiquette », confie un policier des Hauts-de-France, sous couvert d’anonymat. Leur connaissance était-elle Éric C. ? Chaïma en est persuadée. Elle assure dans sa plainte que ce dernier l’aurait questionnée sur ses mésaventures à Tourcoing lors de son interrogatoire téléphonique. Le policier niçois semble pour le moins partager les idées rances de son homologue du Nord. Sur sa page Facebook, entre une photo de profil des Templiers — ces chevaliers de l’époque des croisades — et le partage du site d’extrême droite Damoclès, le fonctionnaire postait en 2020 l’image d’un guerrier en armure enfonçant sa lance dans un corps sans vie accompagnée de la phrase « non à l’islamisation de la France ». En 2025, il récidive en partageant les phrases xénophobes « ici c’est la France, pas le bled » ou « l’arrêt de l’immigration massive, c’est 70 milliards d’euros d’économie et le retour d’une France paisible ».

    Lorsque Chaïma débarque au sein de la BAC JB, Éric C. s’arrangerait pour l’avoir systématiquement au sein de son équipe. Admiré par ses troupes, le chef répèterait à qui veut l’entendre qu’il la soupçonne d’être une infiltrée qui les enregistre avec une oreillette pour les « balancer » à l’IGPN. Il lui interdirait de parler en arabe auprès des victimes ou des mises en cause, sauf avec son autorisation. Quand elle n’est pas avec lui, il l’appellerait des dizaines de fois d’affilée pour connaître ses faits et gestes. Quand la fonctionnaire demande à poser des congés pendant les fêtes de fin d’année, son supérieur lui aurait refusé sous prétexte qu’elle est la dernière arrivée avant de lui glisser, d’après son témoignage, qu’elle n’est pas catholique et n’aurait donc pas besoin de fêter Noël.
    Enquête administrative et vengeance

    Six mois après l’installation douloureuse de Chaïma dans les Alpes-Maritimes, un rapport du chef de la BAC de Nice, le capitaine R., enclenche une enquête interne. Selon nos informations, cette enquête administrative ouverte en février 2025 retient l’existence de propos sexistes et discriminatoires imputables au brigadier-chef Éric C. La qualification de harcèlement moral n’est pas retenue, ce que contestent Chaïma et son avocat. Le chef de groupe, contre lequel aucune sanction disciplinaire n’est prononcée, quitte en avril 2025 les effectifs de la BAC pour occuper un poste de délégué syndical chez Unité-SGP à Nice, tout en restant affecté à la BAC. Un détachement qui lui permet de bénéficier d’une protection liée au statut syndical. Auprès de StreetPress, une source policière niçoise s’indigne :

    « Comment un policier qui a tenu des propos discriminatoires, reconnus par une enquête administrative, peut être nommé par un syndicat pour défendre les agents ? C’est lunaire. »

    Quelques mois plus tard, le 8 juillet 2025, l’agent Éric C., à l’origine du harcèlement de Chaïma à Nice, a reçu en présence du préfet la « médaille d’honneur de la Police nationale échelon Or » pour l’ensemble de son œuvre. Mais, sur le terrain, le cauchemar de Chaïma aurait continué. Avant son départ, dans un groupe WhatsApp qui réunit des agents de la BAC JB, le chef de groupe envoie le 16 mars 2025 :

    « Le vieux lion est gravement blessé mais pas encore totalement mort, sa vengeance sera terrible. Ça marche bien les cachets lol. »

    Informée de cet avertissement écrit par une collègue, la policière Chaïma l’interprète comme une menace de l’empoisonner. Elle prévient le capitaine R., chef de la BAC, qui ne lui répond pas. Terrorisée, elle se met à vérifier ses boissons. L’ancien adjoint Fabrice L., devenu chef de groupe et la majorité de l’équipage, aurait pris le parti de leur ancien supérieur, qui viendrait souvent leur rendre visite. Ils auraient mis à exécution sa « vengeance ».
    Syndrome de stress post-traumatique

    L’exclusion de Chaïma serait montée d’un cran. Elle apprend que des informations sont échangées dans un groupe WhatsApp de travail auquel elle n’a pas accès. Lors d’interventions dans des quartiers populaires de Nice, la policière aurait régulièrement pour ordre de rester dans le véhicule : elle y serait « trop visible ». Dans un SMS consulté par StreetPress, un policier de la BAC de Nice compatit :

    « Je n’ai jamais vu un accueil pareil et une tournure aussi pourrie pour un collègue. »

    C’est quatre jours après avoir refusé de couvrir les violences de ses collègues sur un mineur isolé — détaillées dans un premier article — que la policière aurait été convoquée par sa hiérarchie. En guise de porte de sortie, le capitaine R. — le même qui avait été à l’initiative du rapport sur les discriminations qu’elle subissait —, son chef de groupe Fabrice L. et un major lui proposent de demander une mutation. Elle refuse, estimant que ce n’est pas à elle de partir. Chaïma prétend que ces derniers l’auraient ensuite menacée de transmettre eux-mêmes à la direction départementale des rapports antidatés pour justifier son éviction. Depuis le 29 juillet, la Lilloise est en arrêt de travail pour syndrome de stress post-traumatique. Son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des somnifères.

    Selon l’avocat Arié Alimi, qui défend Chaïma, cette affaire révèle que « le processus d’impunité et de harcèlement des policiers qui dénoncent se fait en lien entre la hiérarchie policière, le ministère public et les syndicats de police ».

    (1) Le prénom a été modifié pour protéger l’identité du témoin.

    #forces_d'ordre #islamophobie #travail
    –-

    ajouté à la métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
    https://seenthis.net/messages/723573

  • L’absurde « chasse » aux musulmans à la RATP
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/labsurde-chasse-aux-musulmans-a-la-ratp-9zHG5w1bQZeYnOw1qpYkEQ

    Au cœur de cet entretien, cette note destinée aux encadrants de la RATP. Signée par Jean Castex en juillet 2025, elle incite à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires...

    #Islamophobie

  • Ardèche – Exclue depuis 2 mois de son lycée d’Annonay car son bonnet de chimio est assimilé à un signe religieux
    https://le-reveil-vivarais.fr/a-la-une/voile-bonnet-chimio-exclue-lycee

    Lors de ce rendez-vous, la directrice aurait dit mot pour mot, selon l’adolescente : « C’est moi qui décide si c’est un voile. » Quant à la médecin, « elle a dit que les médicaments ne justifiait pas les changements d’humeur mais rien sur le bonnet, rapporte Mélina. Ça fait déjà deux mois que je ne vais plus à l’école, il y a de quoi s’énerver. » Le Keppra peut altérer l’humeur, selon Fanny.

    Mélina a reçu d’autres ordres de la direction : « Je devais plutôt mettre un bandana ou investir dans une perruque. Mais on n’a pas pu acheter de perruque à cause du prix, ma maman étant seule avec mes deux frères et moi. Même la CPE a dit à la directrice que ça partait loin, car ça posait une question financière et que ça n’avait rien à faire ici », affirme la lycéenne.

    Une perruque en cheveux naturels coûte des centaines d’euros, voire plus d’un millier d’euros. « Lors du dernier rendez-vous, la proviseure a dit que le bonnet de chimio ressemblait à un voile islamique. J’ai ramené les trois certificats du médecin. Mais elle a accusé le médecin d’avoir fait un certificat de complaisance », déplore Mélina. C’est allé encore plus loin : « L’ordre des médecins a écrit à notre médecin traitant à la demande de l’établissement. Notre médecin nous a demandé un certificat confirmant qu’on n’a pas d’appartenance religieuse. »

    En effet, interrogé, Thierry Aumage, directeur académique de l’Ardèche, justifie : « Cette jeune fille s’est présentée avec un foulard turban en invoquant un problème de santé pour justifier le port de ce foulard. Nous nous en tenons aux faits et au texte de loi régissant la tenue, sur le port d’un couvre-chef pouvant laisser penser qu’il y a signe ostentatoire d’appartenance religieuse. »

    Un prétexte selon la lycéenne
    Mélina en est convaincue : « Le turban est un prétexte pour me faire partir. Je pense que les crises d’épilepsie sont trop compliquées à gérer pour le lycée. » Épuisée et surtout déscolarisée, Mélina a décidé, avec sa mère, de quitter le lycée Montgolfier.

  • À Grenoble, des conducteurs de bus victimes d’un déluge d’#islamophobie venant de leurs collègues | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231225/grenoble-des-conducteurs-de-bus-victimes-d-un-deluge-d-islamophobie-venant

    Dans les locaux de la M Tag, l’une des sociétés responsables des transports publics grenoblois, les actes islamophobes se multiplient. Depuis 2022, des salariés ciblent régulièrement leurs collègues musulmans. L’une d’entre eux a retrouvé une oreille de porc dans sa boîte à lettres.

  • Une révolution conservatrice dans la laïcité | Pierre Tévanian
    https://lmsi.net/Une-revolution-conservatrice-dans-la-laicite

    « Laïcité sacrée » : cet invraisemblable slogan, figurant sur des autocollants arborés lors d’une manifestation commémorant le centenaire de la loi de 1905, indique à quel point la laïcité a été, au sens propre, sacralisée. D’un principe organisateur de la société, dont les modalités restent soumises au débat démocratique, à la critique et à la révision permanentes, on a fait une « valeur » intemporelle, incritiquable et inamendable, et dont la simple invocation est supposée pouvoir régler, comme par exorcisme, tous les problèmes sociaux. Source : Les mots sont importants

  • À l’hôpital, la chasse aux couvre-chefs des femmes perçues comme musulmanes s’intensifie
    https://www.mediapart.fr/journal/france/081225/l-hopital-la-chasse-aux-couvre-chefs-des-femmes-percues-comme-musulmanes-s

    Une infirmière vient d’être licenciée des Hôpitaux de Paris après un an de réprimandes sur son refus de retirer le bonnet qu’elle porte sur la tête. Une injonction qui se généralise, au nom de la laïcité ou de l’hygiène, provoquant la détresse de nombreuses soignantes musulmanes ou perçues comme telles.

    Sept années après avoir débuté son métier d’infirmière à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Majdouline B. a été renvoyée et radiée de la fonction publique. Celle qui, à plusieurs reprises, a été décrite par sa hiérarchie comme « très appréciée de ses collègues, des médecins, mais aussi de l’encadrement », « à l’écoute » et « soucieuse de la prise en charge des patients » n’est donc plus fonctionnaire depuis le 10 novembre 2025.

    L’arrêté a été signé de la main de la directrice du groupe hospitalier Sorbonne-Université de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui regroupe trente-huit établissements publics de santé.

    La raison du renvoi tient à un bout de tissu : le calot, ce petit bonnet d’ordinaire porté au bloc chirurgical ou en réanimation, qui s’achète sur des sites spécialisés dans les tenues hospitalières, dans une multitude de couleurs et de motifs. Majdouline le porte au quotidien depuis son embauche en 2018 sans avoir reçu ni remarque ni critique. Jusqu’à ce que tout bascule en décembre 2024.

    [...]

    Toujours dans un hôpital de l’AP-HP, une jeune chirurgienne, Myriam*, est elle aussi rappelée à l’ordre par sa hiérarchie. [...] Ce strict respect des règles, tout à coup, lui paraît à géométrie variable. « J’ai toujours travaillé beaucoup plus que le temps réglementaire. Ça n’a jamais posé de problèmes à personne. » Elle raconte aussi que certaines fêtes religieuses chrétiennes font partie de la vie des services : « À Noël, il y a des sapins, on mange une bûche, des chocolats. La galette des rois est systématique. »

    « En réalité, poursuit-elle, on me soupçonne en raison de mon nom, de ma tête. C’est de la discrimination. » Une de ses collègues médecins témoigne en soutien de Myriam : « Cela fait des années que j’exerce à l’hôpital, et jamais personne ne m’a reprise sur mon port de la charlotte en dehors du bloc, ce qui m’arrive souvent. On ne me dit rien parce que je ne suis pas perçue comme une femme musulmane. » Comme Majdouline, Myriam ira jusqu’au bout : « S’ils m’excluent, ils auront perdu une chirurgienne. Je trouverai du travail ailleurs. Avant, je voulais travailler pour l’hôpital public. »

    [...]

    « Les conseils de discipline, c’est quand on fait de vraies erreurs, c’est très grave !, se désole Majdouline. Je leur ai dit que j’avais l’impression d’être devant un tribunal, qu’ils me mettaient au même niveau que des gens qui tuent des patients. Alors que je suis une très bonne infirmière, je le sais. » Contactée, l’AP-HP confirme que le conseil de discipline, « qui ne se prononce que sur les manquements les plus graves », n’a, à part pour Majdouline, « été saisi qu’une seule fois depuis juin 2023 » sur le sujet de la laïcité.

    #discrimination #islamophobie

  • Laïcité : ne laissons pas les islamophobes la détourner | Nicolas Cadène, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/laicite-ne-laissons-pas-les-islamophobes-la-detourner-nicolas-cadene-julie

    La loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat a 120 ans. Nicolas Cadène, ancien rapporteur de l’Observatoire de la laïcité, évoque l’esprit de cette loi et les tentatives de détournement de la laïcité à des fins islamophobes

    #Islamophobie

  • Politique. « Inacceptable » : on vous explique la polémique sur le voile qui enflamme l’Assemblée nationale
    https://www.ledauphine.com/politique/2025/11/06/inacceptable-on-vous-explique-la-polemique-sur-les-jeunes-filles-voilees

    Et c’est reparti !

    Celle-ci ne s’est pas fait prier : dans un message sur X, Yaël Braun-Pivet juge « inacceptable » que « de jeunes enfants puissent porter des signes religieux ostensibles » au cœur de la représentation nationale - là même où a « été votée la loi de 2004 sur la laïcité à l’école » qui interdit aux élèves d’arborer des signes religieux ostensibles au sein de l’école. Elle appelle enfin « chacun à une extrême vigilance pour que cela ne se reproduise pas. C’est une question de cohérence républicaine », conclut-elle.

    • Il précise qu’il s’agit d’élèves « de deux établissements scolaires privés ». Or, comme l’a rappelé le Conseil constitutionnel, « le port de signes par lesquels les élèves manifesteraient ostensiblement leur appartenance religieuse ne s’applique pas aux établissements privés, même sous contrat ». « Les règles du droit commun ont-elles été respectées ? La réponse est oui », conclut Marc Fesneau.

    • À l’Assemblée, Braun-Pivet souffle sur les braises islamophobes de l’extrême droite
      https://www.mediapart.fr/journal/politique/061125/l-assemblee-braun-pivet-souffle-sur-les-braises-islamophobes-de-l-extreme-

      Des députés RN ont créé la polémique en prenant pour cibles des jeunes filles voilées qui assistaient mercredi, dans le public, à une séance dans l’hémicycle. Mise sous pression, la présidente du Palais-Bourbon leur a donné raison… en dépit du règlement de l’Assemblée.

      On savait Yaël Braun-Pivet particulièrement amène avec ses collègues du Rassemblement national (RN). « Ce n’est pas un bon, c’est un très bon vice-président de l’Assemblée », s’extasiait-elle par exemple, en 2022, à propos de Sébastien Chenu, le lieutenant cravaté de Marine Le Pen. Mercredi 5 novembre, la présidente de l’Assemblée nationale a franchi un nouveau cap. Cette fois, en renchérissant sur un mauvais « buzz » orchestré par l’extrême droite, avec pour effet de légitimer les propos islamophobes tenus par le RN contre des enfants venus assister à une séance dans l’hémicycle.

      [...]

      Prendre des photos dans l’hémicycle est pourtant strictement prohibé, seuls les photographes accrédités ayant le droit de le faire (et ils ne sont autorisés à prendre en photo les tribunes que lorsque des personnalités officielles y siègent). Ce que Yaël Braun-Pivet, dont la « première mission » est de veiller au règlement de l’Assemblée nationale, comme l’indiquent les textes officiels, n’a pourtant, semble-t-il, pas jugé bon de rappeler à l’élu lepéniste qui pourrait en théorie écoper d’une sanction.

      [...]

      Cette énième polémique autour du voile n’aurait évidemment pas pris une telle ampleur politique et médiatique sans la prise de parole du quatrième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire. Pour autant, reste à savoir comment Yaël Braun-Pivet s’est retrouvée à calquer ses indignations, souvent à géométrie variable, sur l’agenda islamophobe de l’extrême droite.

  • Accord franco-algérien : la droite et les macronistes offrent au RN une victoire historique
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/301025/accord-franco-algerien-la-droite-et-les-macronistes-offrent-au-rn-une-vict

    Et soudain, l’extrême droite jubile. Les député·es du Rassemblement national (RN) et leurs alliés se sont levés en hurlant, jeudi 30 octobre, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, pour célébrer une victoire symbolique et un tournant majeur de l’histoire parlementaire. Grâce aux voix des groupes Horizons et de la droite Les Républicains (LR), mais aussi grâce à l’absence de nombreux députés macronistes, l’Assemblée a adopté à une voix près la proposition de résolution du RN visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968.

    Scrutin public n°3260 sur la proposition de résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 (article 34-1 de la Constitution).
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/3260
    https://seenthis.net/messages/1125419

    L’accord franco-algérien de 1968, un fantasme de la droite
    https://orientxxi.info/magazine/en-finir-avec-l-accord-franco-algerien-de-1968-une-obsession-de-la-droit

    Conçu pour faciliter l’immigration économique et pallier le besoin de main d’œuvre des Trente Glorieuses, l’accord prévoyait la libre circulation entre les deux pays pour les ressortissants algériens. Vidé de son contenu au cours des ans, le texte n’a aucune influence sur les flux migratoires ; pourtant la droite se mobilise pour l’abroger, ce qui lui permet d’agiter ses fantasmes sur l’invasion du pays.

    https://histoirecoloniale.net/tag/traite-franco-algerien-de-1968

    #France_Algérie #Paris #Alger #accord_de_1968

  • Valence : au procès de Marion Maréchal pour diffamation, le procureur dérape - Blast le souffle de l’info
    https://www.blast-info.fr/articles/2025/valence-au-proces-de-marion-marechal-pour-diffamation-le-procureur-derape

    Alors que la parole islamophobe n’en finit plus d’être banalisée sur les plateaux télé et dans la sphère politique, la justice s’invite dans le débat. Ce jeudi 16 octobre, l’eurodéputée d’extrême droite #Marion_Maréchal était jugée pour diffamation après avoir accusé une école musulmane de Valence de liens avec les Frères musulmans. Face à elle, l’association Valeurs et Réussite réclame réparation pour des propos qu’elle juge destructeurs et mensongers. Le procureur a quant à lui appelé à la relaxe, tout en traitant les avocats de la partie civile de « brochette d’associations de malfaisants ». Récit.

    #islamophobie

  • Retailleau, Valls, Darmanin : pourquoi ils se sont acharnés contre les sportives voilées
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/retailleau-valls-darmanin-pourquoi-ils-se-sont-acharnes-contre-les-sportiv

    Elles portent le voile. Et en France, ça suffit à les exclure. Depuis peu, on leur interdit de participer à des compétitions, non pas à cause de leur niveau, ni de leur attitude. Non. Juste à cause de leur voile.

    #Islamophobie #Sport

  • [Nantes] 2004-2024 : Les 20 ans d’une loi d’exclusion Projection et Échange
    https://nantes.indymedia.org/events/149328/nantes-2004-2024-les-20-ans-dune-loi-dexclusion-projection-et-echa

    15 mars 2004, il y a tout juste 20 ans, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques est instaurée après avoir provoqué des débats, des polémiques et des exclusions de lycéennes. Ce film va à la rencontre de certaines d’entre elles, dont Lila et Alma Levy, qui…

    #Anti-répression #Antifascisme #Art/culture #Education #islamophobie_d'Etat #Racisme #Maison_des_haubans #Nantes

  • Le Coran vu par l’Occident à travers les âges : cette histoire dont l’extrême-droite ne veut pas | John Tolan
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/le-coran-vu-par-loccident-a-travers-les-ages-cette-histoire-dont-lextreme-

    John Tolan, qui dirige des recherches sur l’histoire de la vision du Coran par les Européens depuis le Moyen Âge, fait face à des attaques de l’extrême-droite islamophobe et complotiste. Il est l’invité de cet épisode de « La grande H »

    #Culture #Islamophobie #Racisme

  • Hamza Esmili, socio-anthropologue : « Le constat d’entrisme témoigne du fait que l’intégration des musulmans a marché »
    https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2025/06/06/hamza-esmili-socio-anthropologue-le-constat-d-entrisme-temoigne-du-fait-que-

    Le projet de cet ouvrage n’est pas de faire une généalogie de l’#islamophobie, ni de déconstruire ses arguments, mais d’examiner l’histoire de la production des connaissances et des théories sociales qui ont conduit à entériner l’idée d’un « problème musulman » en France. Dans les années 1980, l’islam demeure secondaire dans ce débat d’abord focalisé sur l’intégration des immigrés et de leurs enfants.

    La commission de la nationalité de 1987, première instance du genre qui a alors pour fonction de redéfinir les contours de l’appartenance nationale, est déterminante. En se plongeant dans les archives de cette commission, on observe que s’amorce une méfiance envers cette communauté qui semble ne pas s’assimiler – autrement dit rompre avec ses appartenances – naturellement.

    L’affaire des foulards de Creil, en 1989, accentue la crispation : une pétition d’intellectuels évoquera même un « Munich de l’école républicaine ». L’idée d’un rapport de force à mener contre un ennemi, ici nazifié, commence à s’installer. L’année 1987 est aussi marquée par la parution des_ Banlieues de l’islam_, de l’islamologue Gilles Kepel, ouvrage précurseur car il rompt avec la question sociale pour faire de ces marges urbaines un espace d’influence de puissances étrangères travaillant à la subversion de la France par l’intérieur : l’œil de Moscou devient l’œil de Téhéran, d’Alger ou de Riyad. Cette géopolitisation des banlieues viendra nourrir la thèse du complot de l’intérieur.

    Comment se caractérise le second paradigme, celui de la radicalisation ?

    Au début des années 2010, le contexte est marqué par les départs de Français en Syrie pour rejoindre Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et Al-Qaida. L’année 2014 apparaît comme une charnière à la fois intellectuelle, avec la publication de Radicalisation [Editions de la Maison des sciences de l’homme] du sociologue Farhad Khosrokhavar, et politique, avec notamment la création du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation.

    Ce paradigme de la radicalisation est libéral, en ce qu’il individualise la question en mettant de côté la communauté. Il est sous-tendu par l’idée que le danger provient de personnes manipulables et déviantes, et que les conversions à l’islam sont suspectes en soi, ce qui repose là encore sur le postulat que cette religion est le symptôme d’une intégration qui n’a pas fonctionné.

    https://archive.ph/XweUk

    #musulmans #intégration #assimilation

  • Laure Miller, députée : « Enseigner l’arabe à l’école est contraire à l’esprit républicain »
    https://www.la-croix.com/a-vif/laure-miller-deputee-enseigner-l-arabe-a-lecole-est-contraire-a-lesprit-re

    Si l’école se fait le creuset des communautés, si elle les accepte et les organise, alors elle trahit l’idéal républicain et, alors, c’est la République elle-même qui devient une idée désincarnée et, donc, menacée.

    • On attend (sans une certaine impatience) les mêmes prises de position sur d’autres langues telles que : le chinois, le russe, et peut-être aussi (du temps qu’on y est) l’allemand ...
      On a beau être « petite nièce » d’une personnalité politique « pionnière de l’écologie politique », ton destin de classe fait qu’on ne peut t’éviter de tomber dans la marmite droitière en étant petite.

      #national_républicanisme
      #propagande_de_guerre
      #islamophobie
      #arabophobie
      #racisme

    • Cette année encore, les parents d’élèves à partir du CE1 se voient donc proposer, pour leurs enfants, l’apprentissage de l’arabe, du turc, du portugais ou de l’italien, en dehors du temps scolaire. Dans les faits, ce sont 80 000 élèves qui bénéficient de ce dispositif chaque année et il faut noter que 80 % d’entre eux choisissent la langue arabe. En effet, si le but était de favoriser le retour aux pays d’origine des enfants d’immigrés, force est d’admettre que nous ne respectons plus l’esprit de la directive puisqu’il s’adresse aujourd’hui à des enfants de deuxième ou troisième génération qui n’ont pas pour objectif de retourner dans le pays de leurs parents ou grands-parents.

      Évidemment, il ne s’agit nullement de remettre en cause le besoin de cultiver ses racines et d’apprendre la langue de ses parents ou grands-parents ! Mais est-ce bien à l’État d’organiser cela ? Au regard du contexte de fragilisation de la cohésion nationale, comme de la nécessité de consolider l’apprentissage des savoirs fondamentaux, il y a urgence à supprimer les EILE. Le rôle de l’école de la République, a fortiori en primaire, c’est de bâtir un socle commun de savoirs fondamentaux, pour que chaque enfant, peu importe son origine sociale ou culturelle, puisse réussir. Cet objectif, parce qu’il est loin d’être rempli à l’heure actuelle, doit être absolu et ne souffrir d’aucune nuance.

      C’est moi qui ai mis en gras l’épouvantable sophisme qui sert d’appeau à racistes pour cette députée macroniste.

      LaREM, l’autre « disgusting abomination ».

    • Pour préciser : nos petits ont profité d’une heure d’initiation à l’arabe par semaine, le soir après la classe, quand ils étaient en primaire à Montpellier. Cette macroniste dit explicitement que ça « fragilise la cohésion nationale ».

    • Dans un autre article du journal en 2016, sa collègue Annie Genevard
      (députée UMP et LR de 2012 à 2024, actuellement sinistre de l’agriculture) plaidait déjà pour une école de la république en latin.
      https://www.la-croix.com/Famille/Education/Quelle-place-pour-enseignement-arabe-ecole-2016-06-02-1200765545

      Le ministère de l’éducation veut diversifier l’offre linguistique dès le primaire, y compris en direction de l’arabe. Moyennant un meilleur contrôle, il souhaite ouvrir à tous un dispositif souvent critiqué, réservé jusqu’ici pour l’essentiel aux enfants issus de l’immigration.

      Il a suffi d’une intervention de la députée LR Annie Genevard lors des questions au gouvernement pour déclencher un vif débat. « Vous introduisez officiellement l’étude de l’arabe dans le programme et vous réduisez par votre réforme du collège la place du français, celle des langues anciennes qui sont nos racines ou des langues européennes comme l’allemand, qui prospéraient dans les classes bilangues. (…) Ne croyez-vous pas que l’introduction des langues communautaires dans les programmes scolaires encouragera le communautarisme qui mine la cohésion nationale ? », a interrogé l’élue du Doubs, bientôt rejointe, dans les médias et les réseaux sociaux, par d’autres voix de droite et d’extrême droite.

      et c’était qui la ministre de l’éducation nazionale en 2016 ?
      https://seenthis.net/messages/1118946
      les plus radicaux voulait déjà sa mort cette année là.

      L’année suivante, il multiplie les saillies racistes, notamment à l’endroit de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation nationale, dont l’un des projets est d’intégrer l’apprentissage de l’arabe à l’école. « A la rentre prochaine j’espère qu l’on t’aura mis un coran dans le culs et que tu bouffera les pissenlit par la racine sale pute !!! », écrit-il le 30 juin 2016

    • Merci @sombre je vais rajouter 2 commentaires sur deux paragraphes dans la continuité de l"article de la croix journal catho pour l’information des mécréant.e.s

      le Haut conseil à l’intégration (HCI). Il relayait aussi des craintes de voir ces enseignements se transformer en « catéchismes islamiques ». Il prenait notamment pour exemple un manuel utilisé pour l’enseignement du turc, un ouvrage fourni par le ministère turc de l’éducation et qui invite notamment à mettre en valeur « l’importance du Prophète Mahomet pour l’humanité ».

      Le HCI qui est devenu depuis le Haut conseil à la désintégration. L’importance du christ jésus, de son père et de sa mère pleine de grâce ont plus de priorité pour ses deux députées et les thuriféraires du gouvernement Bayrou qui en bon prosélyte du catéchisme soutien sa femme dans son trouble parcours à l’institution notre-dame de Bétharram.

      « Nous voulons co-recruter les enseignants avec les pays partenaires, construire en commun un vrai programme et des outils d’évaluation des élèves qui tiennent compte de nos principes de laïcité et du cadre européen de référence des langues »

      Sans être groupie de Najat Vallaud-Belkacem ou comptable de son passage à l’éducation nationale. Je kiffais quand même bien ses prises de position. Faut croire que son issue de l’immigration, sa réussite, ses liens proches (trop proches) avec le couple Hollande-Royale a provoqué des crises d’urticaire chez ses adversaires politiques et au-delà. Je me souviens d’une de ses réparties quand elle était en campagne pour le PS en faisant du porte à porte dans un quartier lyonnais : « ça fait toujours plaisir de recevoir une visite. Si c’est pas en arrivant, c’est en repartant ».

      allez une petite chanson de Bernadette Soubirou & ses apparitions pour les chiens d’infidèles.

      https://www.youtube.com/watch?v=4qJxy2sKCAs&t=2s


      Notre père (qui êtes odieux)


      #Allah_akbar

  • À l’Assemblée, une atmosphère de « #chasse_aux_sorcières » contre les collaborateurs insoumis

    La #commission_d’enquête de #Laurent_Wauquiez sur les « liens » entre La France insoumise et les « réseaux propageant l’idéologie islamiste » a été jugée irrecevable après un vote très serré. Mais les collaborateurs parlementaires ciblés, tous racisés, dénoncent le fantasme d’un « #complot_musulman » dont ils font les frais.

    La commission d’enquête parlementaire contre #La_France_insoumise (#LFI) voulue par Laurent Wauquiez n’aura pas lieu. Le président du groupe Droite républicaine (DR) à l’Assemblée nationale l’avait annoncée en grande pompe à la mi-mai sur Europe 1, radio du groupe Bolloré, suscitant la joie de la fachosphère. Elle ciblait explicitement le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et était censée mettre au jour ses « liens » avec « des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’#idéologie_islamiste », selon son intitulé.

    Mais elle a été jugée irrecevable lors d’un vote très serré en commission des lois mardi 3 juin (lire encadré). « C’était le va-tout de Laurent Wauquiez avant le congrès du parti Les Républicains », rappelle la députée communiste Elsa Faucillon, membre de la commission des lois. « Au-delà même du contenu crasse de son exposé des motifs, la forme n’était pas recevable : non seulement les éléments sont très opaques, mais cela revenait à utiliser les moyens de l’Assemblée pour un agenda politique personnel », explique-t-elle.

    La nouvelle a provoqué un « ouf » de soulagement dans les rangs de LFI, où le vote était guetté avec inquiétude. Depuis plusieurs mois, des tentatives de proscription de plus en plus officielles se multiplient et marquent de simples militant·es au fer rouge. « Je suis abasourdie, je me demande si un jour un ministre de l’intérieur ne va pas appeler à notre dissolution, alors que jusqu’à présent cela relevait de la fiction », témoigne Manon Monmirel, collaboratrice parlementaire du député insoumis Éric Coquerel.

    Le texte de Laurent Wauquiez ciblait sans les nommer – mais explicitement – certains collaborateurs et collaboratrices parlementaires du groupe présidé par Mathilde Panot. Sans aller aussi loin que le dossier du magazine d’extrême droite Frontières, qui avait jeté en pâture une dizaine de noms au mois d’avril en leur imputant le plus souvent des informations partielles – voire fausses – ou de simples messages politiques, il reprenait à son compte le même soupçon « d’#entrisme par des organisations ou militants islamistes dans la perspective des futures échéances électorales », notamment les municipales de 2026.

    La difficulté à se défendre

    Celles et ceux dont les noms avaient été diffusés dans le magazine s’attendaient donc à être auditionné·es, avec tout ce que cela comporte de risques en matière d’exposition à la vindicte sur les réseaux sociaux. « C’était à nouveau le risque de subir du cyberharcèlement, d’avoir des problèmes d’employabilité, sans moyen de se défendre juridiquement », commente Louise Brody, membre du bureau de la CGT collaborateurs et collaboratrices parlementaires, invoquant le coût financier des poursuites pour diffamation.

    –-

    La #commission_Wauquiez échoue de peu

    Le coup est passé tout près. À l’issue d’une heure de réunion, la commission des lois a finalement jugé irrecevable la proposition de résolution de Laurent Wauquiez visant à créer une commission d’enquête sur « les représentants de mouvements politiques […] soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste ».

    Vingt-trois députés se sont prononcés contre, autant pour, l’égalité étant insuffisante à valider le processus. L’ensemble de la gauche, qui a tout fait pour enterrer cette commission « indigne », a aussi pu compter in extremis sur l’abstention de quelques députés macronistes, à commencer par le président de la commission des lois Florent Boudié.

    Ils ont pourtant été nombreux à défendre l’initiative. Le député Droite républicaine Vincent Jeanbrun, qui prenait la parole pour son chef de groupe – lequel a brillé par son absence –, a ainsi dénoncé, à l’instar de l’extrême droite, les acteurs politiques qui seraient les « relais » de « l’idéologie islamiste qui s’infiltre dans nos institutions ».

    Loin de s’opposer à la criminalisation manifeste d’un adversaire politique, le camp présidentiel – qui a laissé liberté de vote à ses commissaires – est même allé encore un cran au-dessus, Sébastien Huygue s’indignant d’une prétendue « complaisance entre élus et réseaux islamistes, voire terroristes ». Feignant d’imaginer que cette commission d’enquête pourrait être autre chose qu’un « règlement de comptes politiques », le MoDem ne s’est pas opposé non plus. De même que les députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, qui ont voté en faveur de la #recevabilité.

    La gauche s’est finalement retrouvée bien seule à dénoncer un « procès politique », une entaille grave dans la séparation des pouvoirs, et l’« agenda islamophobe » de Laurent Wauquiez. Ancien macroniste, le député Paul Molac, aujourd’hui membre du petit groupe centriste Liberté, indépendants, outre-mer et territoires (Liot), a résumé cette « cabale politicienne » d’une saillie : « Ça me rappelle le maccarthysme ou la révolution culturelle. Je proposerais bien [à Laurent Wauquiez] de se mettre au vert à Saint-Pierre-et-Miquelon. »

    –-

    Après la parution du numéro Frontières sur le « parti de l’étranger » – expression maurrassienne utilisée pour qualifier LFI –, certain·es ont fermé leurs comptes sur les réseaux sociaux et ont pris pour habitude de créer des boucles Telegram pour signaler la présence de ces journalistes qui militent activement pour l’« union des droites ».

    « Certains d’entre nous étaient tétanisés, et on avait tous remarqué que 90 % des collabs cités étaient racisés », se souvient Manon Monmirel. « Dans leur matrice, parce qu’on est arabe ou noir, on a une proximité avec le terrorisme islamiste », résume Aziza Nouioua, collaboratrice parlementaire de Thomas Portes, ciblée par Frontières pour avoir relayé des posts d’Urgence Palestine – que le ministère de l’intérieur veut dissoudre –, de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) ou encore de la campagne BDS.

    Ismaël El Hajri, collaborateur parlementaire de Louis Boyard, a fait l’expérience de cet amalgame raciste avant même la parution de Frontières. Après un portrait dans Le Journal du dimanche (Le JDD) en septembre 2024 signé Alexis Bergeron – un pseudonyme selon toute vraisemblance –, s’appuyant sur un thread du compte X « Les Corsaires » – un collectif « pro-liberté d’expression » marqué à l’extrême droite –, son nom a été mentionné par Le Figaro Magazine dans un article qui posait cette question : « Si LFI profite de la communauté musulmane pour obtenir des votes, ce parti est-il devenu un cheval de Troie pour les islamistes afin d’exercer une influence politique et sociale ? »

    Sans avoir été contacté, il y était décrit comme « proche » de l’imam Iquioussen et « ancien militant engagé pour la défense de Baraka City et du CCIF [Collectif contre l’islamophobie en France – ndlr] ». « Sous mes yeux, un mensonge devient vérité journalistique », écrivait-il alors sur X, ajoutant : « Si l’on m’attaque aujourd’hui, c’est pour ce que je suis : un enfant de l’immigration maghrébine, militant antiraciste qui travaille à l’Assemblée nationale. »

    Le Figaro Magazine n’avait pas publié son droit de réponse mais avait supprimé le passage contesté en ligne, « dans un souci d’apaisement », selon un courrier du directeur général du groupe Marc Feuillée, consulté par Mediapart. « C’est la preuve absolue que c’était répréhensible du point de vue du droit de la presse », affirme Simon Peteytas, avocat d’Ismaël El Hajri. Celui-ci en était resté là, faute de moyens. « La diffamation est une procédure coûteuse, et ce sont des infractions difficiles à caractériser », convient l’avocat.
    Un cas emblématique

    Le mal est en tout cas fait pour le militant de Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne). « Si on tape mon nom sur Google, on tombe sur des dizaines d’articles qui me disent “islamiste” sans aucune preuve factuelle, dit-il. On a essayé d’alerter sur cette dérive : comment un mensonge a pu devenir une vérité dans un magazine mainstream ? Nous sommes victimes des jeux d’influence et de surenchère entre les macronistes, LR et le Rassemblement national. Et cela n’avait jamais pris une forme aussi sérieuse que la possibilité d’une commission d’enquête. »

    Pour le député insoumis Antoine Léaument, membre de la commission des lois, il y a en effet « un franchissement de seuil ». Le cas le plus emblématique de cette dérive est celui de Mohamed Awad, collaborateur parlementaire de Paul Vannier. Quand il a lu l’exposé des motifs de la commission d’enquête, celui-ci s’est immédiatement reconnu – il était lui aussi parmi les personnalités ciblées par Frontières pour avoir été responsable de la section locale des Jeunes musulmans de France à La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

    Le trentenaire, petites lunettes sur le nez et crâne déjà dégarni, a été investi par LFI en 2024 dans la quatrième circonscription du département francilien, fief de Marie-George Buffet, pour croiser le fer avec la sortante communiste, Soumya Bourouaha, qui a été élue. Depuis son joli score de 40 % à La Courneuve, son nom circule pour les municipales de 2026. Et cette percée coïncide aussi avec le début d’un harcèlement médiatique intense.

    Deux jours avant le second tour, Le JDD avait lancé les hostilités : « LFI a-t-elle investi un ancien responsable d’une organisation islamique cofondée par Hassan Iquioussen ? » Le magazine de Vincent Bolloré se basait sur les propos du militant d’extrême droite Damien Rieu, qui en voulait pour preuve un journal municipal daté de 2016. Page 11, on aperçoit Mohamed Awad, présenté comme un « président de l’association JMF de La Courneuve ».

    « Jeune Musulman de France » : cette association de quartier, de loi 1901, avait alors pignon sur rue, bénéficiant de plus de 50 000 euros de subventions publiques émanant de l’État, de la région, du département et de la ville. Mohamed Awad, originaire de la commune, l’a rejointe après avoir suivi sa scolarité à Paris, à l’école des enfants du spectacle, où il a été envoyé pour ses talents de pianiste.

    Au programme : soutien scolaire, actions culturelles ou organisation de forums de l’orientation… « C’était un peu l’esprit de la JOC [Jeunesse ouvrière chrétienne – ndlr] par où sont passées Sophie Binet ou Marie-George Buffet. Je m’y suis investi pleinement », raconte celui qui est devenu trésorier de l’association.
    Monde parallèle

    Mais avec les attentats de janvier 2015, les choses changent. Toutes les subventions de l’État sont coupées brutalement, au motif que l’association serait un « terreau de radicalisation ». Le jeune homme de 22 ans obtient alors un rendez-vous avec le préfet de l’égalité des chances de l’époque, Didier Leschi. « Autour de la table, il y avait une personne chargée de la radicalisation : j’ai compris que c’était fini », se rappelle Mohamed Awad, qui dit avoir découvert ce jour-là ce qu’est « l’islamophobie d’État ».

    Diplômé de droit, il s’engage ensuite au sein de LFI dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où il milite avec Paul Vannier, qui lui fait rapidement gravir les échelons. En 2020, il est propulsé sur la liste des municipales, puis devient secrétaire général du groupe insoumis à la région Île-de-France. Il est ensuite recruté en janvier 2023 comme assistant parlementaire du député du Val-d’Oise.

    Il déplore aujourd’hui qu’on le ramène « à une appartenance religieuse supposée ». « Je suis tout le contraire : ma vie militante repose sur l’idée de dire que les musulmans sont des citoyens français à part entière. Je sais que je cristallise un truc d’intégration que l’extrême droite déteste. On me refuse le droit d’avoir des aspirations politiques et de les mettre en œuvre », dit-il à Mediapart.

    « Ils veulent qu’on ait peur, qu’on ne puisse plus s’engager. Ils ne supportent pas qu’au cœur d’une institution qui représente le pouvoir, des gens défendent des positions antiracistes et anticolonialistes », abonde Aziza Nouioua.

    Cette ambiance de « chasse aux sorcières » n’étonne guère les Insoumis·es : l’enchaînement du rapport sur l’influence des Frères musulmans en France et de la commission d’enquête demandée par Laurent Wauquiez, ou encore la sortie de Bruno Retailleau sur les « barbares », voilà qui indique, à leurs yeux, le cap bien sombre du moment.

    « Tout cela participe à accréditer l’idée qu’il existe un complot musulman. Une réalité alternative est en train de passer pour une réalité tout court. Et dans ce cadre, LFI, conseillée dans l’ombre par des Noirs et des Arabes, ne peut être que le parti de l’étranger », décrypte Ismaël El Hajri, qui espère, comme ses collègues, sortir bientôt de ce monde parallèle.

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/030625/l-assemblee-une-atmosphere-de-chasse-aux-sorcieres-contre-les-collaborateu
    #FI #France_insoumise #islamophobie #racisme #irrecevabilité

  • À l’Assemblée, une atmosphère de « chasse aux sorcières » contre les collaborateurs insoumis

    La commission d’enquête de Laurent Wauquiez sur les « liens » entre La France insoumise et les « réseaux propageant l’idéologie islamiste » a été jugée irrecevable après un vote très serré. Mais les collaborateurs parlementaires ciblés, tous racisés, dénoncent le fantasme d’un « complot musulman » dont ils font les frais.

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/030625/l-assemblee-une-atmosphere-de-chasse-aux-sorcieres-contre-les-collaborateu

    #islamophobie
    #racisme
    #extrême_droite
    #LFI