• Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

    Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.
    Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

    Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

    Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

    Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

    Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

    Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

    Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

    Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

    Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

    Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

    Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.

    Comment configurer les refuges climatiques ?

    Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

    Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).

    La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

    Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.

    L’enjeu de l’accessibilité

    La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

    - Cette accessibilité est d’abord temporelle : fréquemment, les équipements publics sont fermés lors des pics de chaleurs, et les espaces verts restent inaccessibles aux heures nocturnes les plus fraîches.

    - Elle est également spatiale : ignorer les frontières physiques ou symboliques limitant l’accès à ces infrastructures revient à renforcer les inégalités socioécologiques.

    - Elle est, enfin, territoriale : l’exemple de Bologne, en Italie, montre que les refuges climatiques gagnent à être pensés comme un réseau, relié par des cheminements rafraîchis. En Émilie-Romagne, le projet « Green Cells » s’appuie ainsi sur les coursives historiques ombragées pour rendre ce maillage praticable.

    Une question également culturelle

    Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

    Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

    Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.

    Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

    Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

    Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?

    Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

    La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

    Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

    https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-d

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  • Commerces de proximité et liens sociaux des personnes âgées
    https://metropolitiques.eu/Achats-du-quotidien-et-liens-sociaux-des-personnes-agees.html

    Face au vieillissement de la population, les commerces de proximité maintiennent les liens sociaux des #personnes_âgées et permettent de « briser la solitude sans avoir à le dire ». Une enquête conduite dans le canton de #Genève invite à élargir à l’échelle du quartier les réflexions portant sur le bien-vieillir en autonomie. Le vieillissement de la population, en tant que mégatendance au même titre que les migrations et la transition démographique (OFS 2024), constitue un enjeu majeur, voire #Terrains

    / #commerce de proximité, commerce, #isolement_social, personnes âgées, #âge, Genève, #Suisse

    #commerce_de_proximité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-pignolo-hummel.pdf

  • Reggio di Calabria, une province qui tente d’améliorer le sort des travailleurs migrants agricoles (1/4)

    Chaque année des centaines de migrants s’établissent dans la province de Reggio di Calabria (dans le Sud de l’Italie) pour travailler dans les champs d’agrumes le temps de la saison des récoltes. Autrefois largement exploités, ces travailleurs migrants saisonniers voient leurs conditions de travail s’améliorer sensiblement ces dernières années grâce à des initiatives associatives et un engagement politique renouvelé. Malgré tout, l’extrême précarité, le mal logement et l’exploitation de ces populations persistent.

    Depuis le début du mois de novembre, des cyclistes peu communs ont fait leur apparition sur les routes de Rosarno et San Ferdinando, deux communes de Calabre (à l’extrême sud de l’Italie). Chaussés de bottes maculées de boue, sac au dos ou petit baluchon accroché au guidon, chasuble réfléchissant sur les épaules, ces hommes sur leur bicyclette sont des travailleurs migrants agricoles saisonniers, venus en Calabre pour travailler dans les champs d’agrumes pour la haute saison des récoltes. Chaque matin, à l’aube, ils rejoignent sur leur deux roues les champs dans lesquels ils travaillent avant d’en repartir en fin de journée une fois leurs heures terminées.

    Certains de ces travailleurs saisonniers viennent tenter leur chance pour la première fois comme Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans. "Je travaillais dans un hôtel à Milan qui est fermé actuellement. On m’a dit qu’il y avait du travail ici et qu’on pouvait gagner plus d’argent" , raconte-t-il au lendemain de son arrivée à San Ferdinando, plein d’espoir. D’autres sont des habitués revenant tous les ans pour la saison, le plus souvent avant de repartir pour la récolte de différents fruits ou légumes dans d’autres régions du pays. "Avant de venir j’ai récolté les tomates pendant cinq mois dans les Pouilles", explique Youri, Malien de 31 ans, de retour en Calabre pour la deuxième année consécutive.

    Terre agricole, la Calabre fournit un quart de la production nationale d’agrumes. Clémentines, mandarines, oranges et bergamotes sont cultivées dans les nombreux champs de la région et nécessitent une importante main-d’œuvre. Dans la province de Reggio di Calabria, la récolte des agrumes a employé plus de 3 000 immigrés non-européens en 2022 selon les chiffres de l’Observatoire sur l’agromafia sur un total de près de 10 000 travailleurs migrants agricoles pour toute la région de Calabre. La majorité sont originaires d’Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Guinée, Sénégal, Nigéria, Burkina Faso).

    Si la présence de ces travailleurs est essentielle dans l’agriculture, ces migrants ont longtemps été les victimes d’une chaîne d’exploitation dont ils constituent le dernier maillon. Les émeutes des travailleurs - après des attaques racistes - qui ont éclaté à Rosarno en 2010 ont permis de braquer les projecteurs sur cette forme d’esclavage moderne : recrutement informel, salaires impayés, conditions de travail éreintantes. Quinze ans plus tard, grâce aux volontés d’acteurs locaux et associatifs, ainsi qu’aux tentatives des pouvoirs publics pour lutter contre le travail informel et mettre en place des projets communaux destinés aux migrants, la situation a évolué sensiblement.

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers"

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers parmi les travailleurs migrants saisonniers", assure Gianluca Gaetano, maire de San Ferdinando. "Avec les changements de politiques, ces personnes ont pu obtenir des permis de séjour".

    En effet, la quasi-totalité des migrants rencontrés pendant le reportage détenaient un "permisso di seggiorno" (titre de séjour). Ces permis, d’une durée de six mois à deux ans, sont faciles à obtenir, assurent les travailleurs, il suffit de présenter un contrat de travail pour en bénéficier. Mais ils restent précaires et leur durée constitue un obstacle pour une intégration sur le long terme dans le pays.

    Cette ouverture sur le marché de l’emploi s’inscrit dans une vision plus globale en Italie : la cheffe du gouvernement d’extrême droite, Giorgia Meloni, a annoncé en juillet la délivrance d’environ 500 000 visas de travail aux ressortissants de pays hors Union européenne entre 2026 et 2028 dont plus de 260 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.

    En 2016, une autre loi appelée anti-caporalato, du nom du système de recrutement illicite de main-d’œuvre à travers des recruteurs informels (les caporali), avait également joué un rôle important dans la lutte contre l’exploitation des travailleurs et la protection des migrants. Elle ainsi renforçait les sanctions contre les employeurs malhonnêtes. La loi a aussi permis la délivrance d’un permis de séjour spécial pour les travailleurs dénonçant un cas d’exploitation.

    "Ces avancées législatives ont été appuyées depuis cinq ans environ par l’augmentation des contrôles de l’inspection du travail auprès des entreprises et producteurs agricoles notamment", assure aussi Gianluca Gaetano.

    Reste que le travail dans les champs est particulièrement pénible. "C’est difficile : les cagettes remplies sont lourdes à porter. Certains agriculteurs ont des tracteurs mais pas mon patron actuel. C’est très dur pour le dos mais on n’a pas le choix" indique Bamba, Sénégalais en Italie depuis 23 ans, sans cesser de couper les clémentines avec son sécateur. La saison de la récolte se fait durant l’hiver, les travailleurs doivent donc composer avec le froid et l’humidité. Les accidents d’échelle et autres blessures ne sont pas rares.

    "Il y a toujours autant besoin de main-d’œuvre chez les agriculteurs mais moins de travailleurs migrants à cause de la dureté du travail", détaille Giuseppe Pugliese, le cofondateur de la coopérative Mani & Terra, une initiative née suite aux émeutes de Rosarno qui regroupe une centaine de producteurs et qui offre des conditions justes et dignes de travail aux migrants employés.

    Il faut dire aussi que les salaires en Calabre sont moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut être rémunérée 80 euros, contre environ 47 euros en Calabre.
    "Les gens ne veulent pas loger des Noirs"

    Malgré ces améliorations juridiques et sociales, des problématiques majeurs persistent dans la région, comme le mal logement des travailleurs migrants saisonniers. L’immense majorité vit dans un campement insalubre, aux portes de San Ferdinando : le tendopoli, littéralement "le village de tentes". "C’est très difficile de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches, de rats à cause de la saleté. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans qui revient faire la saison pour la quatrième fois en Calabre.

    Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire, ce "village de tentes" est devenu au fil des ans un camp durable informel, laissé totalement à l’abandon. Selon l’ONG Caritas qui intervient dans ce bidonville isolé, environ 500 migrants y survivent actuellement dans des conditions insalubres et très précaires. Un chiffre qui peut atteindre jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison. Les tentes sont depuis longtemps devenues des cabanes de fortune, recouvertes de bâches en plastique pour tenter de faire barrage à la pluie. Les incendies, souvent dus à des courts-circuits, y sont fréquents et responsables de plusieurs décès chaque année.

    Impossible pour les travailleurs des champs de trouver des alternatives décentes. Depuis le décret-loi Salvini de 2018, ils ne peuvent plus bénéficier de places en centre d’accueil, désormais réservés aux réfugiés statutaires, ni bénéficier d’aide au logement.

    Plusieurs migrants interrogés rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires.. Je ne peux pas comprendre” se désole Abdoul, Sénégalais, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli. Le refus de louer illustre la tension persistante entre les populations et les migrants. Un rejet qui s’exprime aussi par des violences et attaques racistes à l’encontre de ceux-ci. "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes.
    "La migration est une richesse"

    Cette crise du logement préoccupent les édiles des mairies de la région. "Nous tentons d’améliorer les choses", assure le maire de Rosarno, Pasquale Cutri, qui dit avoir besoin de ces travailleurs dans sa commune. “La migration est une richesse. Ces personnes travaillent dans les champs : sans eux, les terres seraient abandonnées". Il souligne aussi l’intérêt démographique pour sa commune, qui subit un important exode de sa jeunesse.

    Plusieurs projets, portés par les pouvoirs politiques locaux sont en effet sortis de terre récemment à l’image du "village de la solidarité", à Rosarno. Ce village financé à hauteur de près de trois millions d’euros par le ministère de l’Intérieur italien, et sorti de terre en 2024, peut accueillir jusqu’à 100 travailleurs disposant d’un titre de séjour en échange d’un loyer mensuel de 80 euros. “Nous essayons de trouver des solutions pour proposer un logement digne à ces personnes” argumente le maire de Rosarno qui reconnaît que les émeutes de 2010 ont agit comme une alerte pour mettre en lumière la question du logement.

    Du côté de San Ferdinando aussi les initiatives fleurissent. Le maire Gianluca Gaetano travaille sur un projet combinant ferme, marché solidaire et logements. Le tout sur une superficie de trois hectares, des terrains confisqués à la mafia. "Il s’agit de donner une maison et un travail à ces migrants, qu’ils puissent passer de la condition de ’simples bras’ à celle de ’personne à part entière’. Un lieu pour sortir de la charité et qui soit rentable économiquement", détaille l’édile qui veut valoriser l’intégration pour éviter qu’un nouveau ghetto ne se créé. "L’intégration se fait par le partage du quotidien et des ressources publiques. La distance entretient l’exclusion", appuie-t-il.

    À Taurianova, au sud de Rosarno, un village de containers a été ouvert depuis mai 2024 pour répondre à l’urgence de l’accueil des travailleurs migrants. Les baraquements colorés et nommés d’après les capitales internationales peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes en situation régulière. "J’ai pris la place d’un ami parti au Mali pour quelques mois. Lorsque j’ai vécu dans le tendopoli deux mois en 2015, j’ai beaucoup souffert, j’étais fatigué. Ici c’est mieux" raconte Seydou, un Ivorien de 46 ans, sur le territoire italien depuis 2014.

    Enfin, l’ONG Mediterranean Hope a fondé le foyer "Dambe So" qui accueille plus de 60 migrants lors de la saison des récoltes. En plus des appartements qui sont gérés par les migrants, la structure propose des consultations médicales, un soutien juridique ou encore des cours d’italien. Pour les résidents, ce cadre de vie représente une chance, dans un parcours vers l’intégration semé d’embûches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68469/reggio-di-calabria-une-province-qui-tente-dameliorer-le-sort-des-trava
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    • DAMBE SO : UNA CASA DELLA DIGNITÀ PER I BRACCIANTI

      Dambe So è l’ostello sociale aperto nella Piana di #Gioia_Tauro per ospitare i braccianti. Un progetto di Mediterranean Hope (FCEI) che può finalmente smontare i ghetti. E che è replicabile

      Dambe So significa casa della dignità, in lingua Bambarà, una delle più diffuse in Africa occidentale. È il nome, carico di significati, che è stato scelto per l’ostello sociale che, nel febbraio del 2022, ha aperto nella Piana di Gioia Tauro per ospitare i braccianti durante il periodo della raccolta agrumicola. Si tratta di un’idea potenzialmente rivoluzionaria che punta a cambiare finalmente le condizioni di vita dei braccianti, e che può essere un modello da replicare. L’ostello sociale Dambe So è parte dei progetti di Mediterranean Hope, il programma rifugiati e migranti della Federazione delle chiese evangeliche in Italia (FCEI). Ne abbiamo parlato con Francesco Piobbichi, operatore di Mediterranean Hope, noto anche per la sua attività di disegnatore, che per lui è un tutt’uno con quella di operatore. Non si definisce un’artista, ma un “disegnatore sociale” che racconta la sofferenza dei migranti, avendola condivisa in prima persona, nella vita prima che nei disegni. È lui l’autore di quelle immagini con il “mare spinato”, un mare che uccide, degrada e che, anche una volta superato, rimane addosso come una maledizione a chi lo ha attraversato. L’inizio della sua attività di disegnatore è molto toccante, e ve la racconteremo presto. Intanto abbiamo chiesto a #Francesco_Piobbichi, che è stato tra i protagonisti della Settimana del Rifugiato a Rieti con uno spettacolo teatrale, di raccontarci la storia dell’ostello sociale.

      La chiave di tutto è il tempo

      Quella di Dambe So è un’idea che arriva da lontano. È nata una decina di anni fa, a Nardò, nel Salento. «Conobbi un’associazione di base, di mutualità, Brigate di Solidarietà Attiva, con cui abbiamo fatto uno sciopero» ricorda Francesco Piobbichi. «Lì ho capito che uno dei punti principali per queste persone è il tempo. Il problema del lavoratore bracciante è che non ha potere, perché ci sono leggi sulle frontiere che gli impediscono di avere una stabilità. E perché il sistema della fabbrica verde concentra la forza lavoro in condizioni in cui il salario indiretto non c’è, cioè non ci sono politiche d’accoglienza degne, ma solo il campo, che affronta sempre l’accoglienza in una dinamica di tipo poliziesco». Così non è mai possibile che si stabilizzino le condizioni per cui questi lavoratori possano avere una dignità di salario e di vita. Un bracciante, infatti, è sempre costretto a rincorrere. «Pensiamo alla sua vita» riflette Piobbichi. «Lavora da mattina a sera, torna a casa e magari piove. Arriva alla tendopoli, dove non c’è l’acqua. Deve cucinare. Deve andare a letto, mentre c’è gente che urla. Come fai a organizzarti in termini di assemblea collettiva?». E così è nata la riflessione sulla chiave di tutto, il tempo. E partire da un luogo dove potersi fermare, riposare, vivere una vita dignitosa, era il punto di partenza.

      Dambe So non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese

      È nato così l’ostello sociale, un’alternativa alla logica dei campi d’accoglienza. Non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese con una piccola quota. Un’altra parte dei costi è sostenuta dalla quota sociale proveniente dalla vendita delle arance della filiera di Etika. «Il lavoratore contribuisce per 90 euro al mese alla spesa del mantenimento della struttura» ci spiega Piobbichi. «Non è che paghi l’affitto, ma non è neanche la carità. Si chiama casa della dignità: io sono un lavoratore, io posso pagare, e pago per quello che posso». «Dall’altra parte abbiamo aperto un ragionamento con Mani e terra, abbiamo costruito Etika, e con le chiese italiane e tedesche abbiamo venduto centinaia di migliaia di arance, riflettendo sull’utilizzo sociale della terra».

      La quota sociale è un’idea politica

      La riflessione sull’utilizzo sociale della terra è uno dei temi legati a questo progetto. «Vuol dire che la solidarietà non va fatta solo sul tema del biologico e del rispetto del lavoro, questo non basta più» ci spiega Piobbichi. «L’altro tema è costruire reti che, attraverso gruppi d’acquisto, contribuiscano a questa quota sociale». Ma a questo proposito si apre una grande discussione. «Se le piccole cooperative riescono a dare una quota consistente del proprio guadagno per sostenere Dambe So, perché la grande distribuzione non lo fa?» si chiede l’operatore di Mediterranean Hope. «E perché continuiamo sempre a far pagare allo Stato, cioè alla fiscalità generale, le politiche dell’accoglienza, quando in realtà chi dovrebbe pagare le politiche dell’accoglienza dei lavoratori braccianti dovrebbe essere la grande distribuzione? L’idea della quota sociale è un’idea politica che dice che serve il prezzo equo dei prodotti, che bisogna riflettere seriamente sul rapporto tra la terra e l’umanità, che apre tantissimi scenari. E che dice anche che non si può andare avanti su una politica in cui si continua a finanziare con risorse pubbliche i produttori e poi la grande distribuzione fa dei prezzi che li fanno saltare per aria. Nel giro di venti, trent’anni hanno chiuso tantissime aziende».

      La Calabria, un luogo dove si parla di riscatto

      L’ostello non sarà solo a disposizione dei braccianti. L’idea è che, nei mesi estivi, in cui gli appartamenti dovrebbero essere più vuoti, le associazioni non profit del territorio possano usare la struttura per il turismo solidale. «Ci stiamo lavorando» ci racconta Piobbichi. «Tutti gli appartamenti che avevamo sono pieni adesso. Ne stiamo aprendo dei nuovi per accogliere dei turisti solidali, e uno lo lasceremo per chi vuole venire qui a fare la filiera partecipata». Il discorso, infatti, è molto più ampio. Questo progetto non riguarda solo la dimensione del rapporto con i migranti, ma il rapporto con la società. «Per questo abbiamo costruito il Giardino della Memoria, gli interventi di rigenerazione eco-sociale, il Rosarno Film Festival, stiamo aprendo un gruppo d’acquisto che vuole aiutare i produttori locali ad avere uno sbocco alternativo» ci spiega Piobbichi. «Stiamo cercando di costruire un ragionamento sul riscatto. Non solo sul tema dei migranti, ma anche del riscatto della terra, di una popolazione e dei luoghi che per tanti anni sono stati incasellati da una forma di comunicazione che li ha sempre messi dentro un meccanismo. In realtà la Calabria è un luogo dove si parla di riscatto. È un territorio che vive le migrazioni dei giovani, un luogo di contraddizione. Ma io ho trovato molta facilità ad aprire un luogo come questo: non ho trovato gente che faceva la manifestazione davanti come in altre parti d’Italia, ma tranquillità. Lo dico sapendo che a Rosarno è successo quello che è successo. Ma se uno la gestisce in una certa maniera, lavorando sul tema dei diritti del territorio, la terra, la produzione, l’accoglienza, di un welfare senza la mediazione dello stato, si può fare». Dambe So è un progetto che è nato con il sostegno delle chiese evangeliche, ma l’idea è che si possa anche andare verso un meccanismo di sostenibilità economica. «Se riusciamo a fare un ragionamento sul tema di chi paga l’accoglienza, già ammontando a valle di un centesimo tutte le arance, mandarini e kiwi prodotti nella Piana, avremmo qualche milione d’euro» ragiona Piobbichi. «Che passerebbe alla filiera. E si potrebbe passare a una contrattazione di filiera. Ma chi dovrebbe farla? Una chiesa o qualcun altro?»

      Dall’ospitalità al subaffitto e all’affitto autonomo

      Dambe So nasce per ospitare i braccianti in modo temporaneo, ma la Federazione si occuperà anche di quei braccianti che decideranno di risiedere in modo stabile nella piana, aiutandoli con progetti personalizzati a trovare case in affitto. «I piani sono tutti occupati, perché ci sono braccianti che rimangono qua» ci racconta Piobbichi. «Alcuni vanno via un mese o due e poi tornano. Stiamo cercando di aprire una fase due, di passare dall’ospitalità al subaffitto, e poi all’affitto autonomo. Quattro persone, a 100 euro l’una, ce la possono fare. Il problema è che qui la maggior parte delle case non hanno l’agibilità, e quindi loro non possono rinnovare il permesso di soggiorno». Oggi l’ostello ospita circa 20 persone, ma in vista della prossima stagione si sta ampliando (grazie a un FAMI, con la Prefettura di Reggio Calabria e con finanziamenti di Fondazione Sud e di chiese estere) in modo da arrivare fino a circa 40 posti totali.

      Questo modello è replicabile

      A quasi un anno dall’apertura dell’ostello, chiediamo a Francesco Piobbichi di fare un primo bilancio. «È andata bene» ci risponde. «Quando abbiamo aperto lo abbiamo fatto quasi come una scommessa. Le cose semplici sono le più difficili da fare. Ma al tempo stesso, una volta che si parte, riesci a far capire che questo modello è replicabile. Noi non possiamo fare venti ostelli, ma se nei luoghi dove ci sono forze lavoro di questo tipo si sviluppano interventi di questo tipo, noi siamo a disposizione per far vedere come si fa. È importante l’esempio. Abbiamo avuto la fortuna di aver finanziamenti, ma questa cosa non l’abbiamo fatta per far vedere quanto siamo bravi, quanto piuttosto per far capire che si può fare, che possiamo smontare i ghetti». «La cosa che si dovrebbe fare», conclude, «è capire e paragonare quanto spende lo Stato per i ghetti, i campi container, e quante persone, invece, si potrebbero accogliere in dignità con un progetto come il nostro ».

      https://www.retisolidali.it/piobbichi-dambe-so-una-casa-della-dignita-per-i-braccianti

    • "Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat" : une coopérative calabraise s’engage contre l’exploitation des travailleurs agricoles saisonniers (2/4)

      L’association SOS Rosarno, à travers un réseau de coopératives agricoles situées dans la province de #Reggio_di_Calabria (sud de l’Italie), milite depuis une dizaine d’années pour un modèle d’économie solidaire et plus juste. En fournissant des contrats réguliers, des salaires équitables et des conditions de travail dignes à ses employés, elle entend lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants saisonniers.

      Perdus au milieu des champs d’agrumes de la province de Reggio di Calabria, au cœur de la Calabre (sud de l’Italie), les locaux de l’association SOS Rosarno se nichent entre deux virages d’une route sinueuse. Dans la cour, au milieu des serres et parcelles d’arbres fruitiers, des colonnes de cagettes vides sont empilées telles des Lego. Dans le hangar, une dizaine d’employés s’activent autour d’imposantes machines afin de trier et emballer les fruits récoltés récemment. Le rythme ne faiblit pas et les cagettes s’accumulent par centaines, débordantes d’agrumes attendant d’être livrées. Dans son bureau surplombant l’espace, #Giuseppe_Pugliese, alias « Peppe », l’un des cofondateurs de SOS Rosarno, enchaîne les appels téléphoniques.

      Entre deux sonneries, il répond à nos questions. « Ici, on rémunère correctement les ouvriers agricoles avec un contrat dans les règles ». Si Peppe le précise, c’est que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, les migrants ont été exploités par des employeurs malhonnêtes profitant de leur extrême précarité. « Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat, le salaire était petit et même parfois on était carrément pas payé lorsque l’on n’avait pas de papier » rapporte Sedou, un migrant originaire du Mali, qui travaille avec SOS Rosarno aujourd’hui.

      C’est suite aux émeutes qui ont secoué la plaine calabraise de Gioia Tauro en 2010 - après des #attaques_racistes contre des travailleurs migrants agricoles - que le projet SOS Rosarno est né. Les engagements défendus par les activistes et les petits producteurs agricoles qui y ont adhéré sont clairs : respecter les droits des travailleurs tout en respectant la terre et en produisant bio.

      Depuis 2015, SOS Rosarno chapeaute ainsi la coopérative agricole Mani e Terra qui rassemble une centaine de producteurs biologiques, 70 employés étrangers - principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore d’Europe de l’Est - et quelques 200 hectares de champs où sont cultivés des agrumes (clémentines, oranges, mandarines) mais aussi des kiwi, des olives ou depuis peu des avocats.

      C’est sur ces terres que travaille Aboubacar, un Guinéen de 25 ans. « C’est un ami qui m’a parlé de SOS Rosarno. Ici, on débute à 7h30 et on fini vers 15h30/16h avec une heure de pause », détaille le jeune homme sans s’arrêter de travailler. « On a un contrat de travail et un jour de repos par semaine ».

      « Pour le respect des droits des travailleurs »

      Tous les travailleurs de SOS Rosarno - et de la coopérative - ont signé un contrat de travail en règle, des CDD d’une durée d’an, ce qui aide à obtenir ou renouveler leur titre de séjour. Les journées de travail s’étalent sur 6h40, le minimum syndical en Italie - avec une heure de pause - et la rémunération dépasse légèrement les 47 euros net, le tarif minimum en vigueur. Les salaires en Calabre sont en effet moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut ainsi être rémunérée 80 euros.

      Les avis ne sont pas toujours dithyrambiques. « Avant la Calabre, j’étais à Trente (nord-est de l’Italie) pour récolter les pommes. J’étais payé 80 euros environ la journée, j’étais aussi logé et nourri. Ici, je dois payer un loyer de 90 euros [le producteur a loué pour ses employés des appartement, nldr] et gérer la nourriture », expose Bamba, un Sénégalais de 55 ans dont c’est la première année avec la coopérative. En gagnant entre 1 100 et 1 200 euros par mois, il confie qu’il ne lui reste pas grand chose pour vivre après avoir envoyé « entre 500 et 600 euros à sa femme et ses trois enfants au Sénégal » et payé près de 200 euros pour ses loyers de Calabre et Sicile où il réside le reste de l’année.

      « Parfois il est difficile de faire comprendre et accepter des obligations légales. Certains ne voudraient pas faire de pause, ou bien être payés à l’heure ou au poids car ils pensent pouvoir gagner plus. Les travailleurs saisonniers n’ont pas toujours une bonne compréhension de leurs droits et des répercussions sur le long terme », note #Peppe_Pugliese, qui déplore notamment le #travail_au_gris - déclaration d’une partie seulement des journées travaillées -, pratique courante de nombreux employeurs.

      Lutter contre l’#exploitation

      Si SOS Rosarno se bat au quotidien contre le travail au noir, l’exploitation des travailleurs saisonniers persiste toujours. Selon une étude du syndicat Cgil-Flai, quelque 200 000 à 300 000 #travailleurs_agricoles sont exposés en Italie à un risque de travail irrégulier et d’exploitation, particulièrement les plus précaires. « On peut parler d’#esclavage » dénonce Jean-René Bilongo, directeur de l’Observatoire Placido Rissotto, qui étudie les abus et l’exploitation dans la filière agroalimentaire.

      Sur le terrain, cela s’opère notamment via le « #caporalato », un système de recrutement illicite de main-d’œuvre très fréquent dans l’agriculture, même s’il ne se limite pas à ce secteur. « Les caporali, des intermédiaires informels, recrutent des travailleurs en situation de vulnérabilité [titres de séjour expirés ou sans-papiers, ndlr], pour des entreprises agricoles qui les emploient », argumente de son côté Massimo Ferraro, directeur de l’Observatoire de l’Agromafia.

      Autre réalité calabraise, l’"#agromafia", qui désigne l’infiltration du #crime_organisé dans la chaîne agroalimentaire - aussi bien par la mafia locale, la ’Ndranhgheta, que par d’autres réseaux criminels ou corrompus - contribue également à cette traite des travailleurs migrants agricoles.

      Dans sa lutte contre le secteur informel, « Peppe » n’hésite pas à égratigner un autre responsable de la crise agricole du moment : la #grande_distribution. Il fustige les prix d’achats minimisés qui sont imposés aux petits producteurs et « finissent par les étrangler ». En 2024, au lieu des 0,30 centimes d’euro le kilo de clémentines proposés par la grande distribution, Mani e Terra fixait un prix de 0,90 centimes/kilo avec la prise en charge du transport, en plus d’équiper en matériel les ouvriers agricoles.

      https://www.youtube.com/watch?v=lDuzNGK2OAs

      « Une goutte d’eau face aux injustices »

      En plus d’un modèle économique alternatif et éthique, SOS Rosarno se bat aussi pour l’inclusion de ses travailleurs, en soutenant le projet d’hébergement social Dambe So.

      Autrefois résidence de tourisme, cette « maison de la dignité » (en bambara) sur deux niveaux, a été rénovée et financée au départ par SOS Rosarno. Depuis fin 2020, les appartements accueillent jusqu’ à 70 travailleurs migrants durant la haute saison, dont un certain nombre travaillent avec Mani e Terra, contre le paiement d’un petit loyer. Mani e Terra contribue annuellement à hauteur de 10 000 euros pour le fonctionnement du foyer.

      « C’est une petite dynamique, on aide 70 personnes à être dignes mais il en reste plus de 2 000 qui vivent de façon indigne », soulève Peppe Pugliese. Chaque année, les demandes pour obtenir une place sont en effet très nombreuses. Le cofondateur espère pouvoir agrandir bientôt la coopérative pour embaucher plus.

      Cette goutte d’eau face aux injustices offre cependant une alternative à l’absence de solution pour se loger. Les travailleurs migrants saisonniers se retrouvent souvent contraints de vivre dans le « tendopoli » (village de tentes) de San Ferdinando, un bidonville isolé où règne l’insalubrité et qui contribue un peu plus à les invisibiliser.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68488/avant-les-patrons-ne-faisaient-pas-de-contrat--une-cooperative-calabra

    • Calabre : le bidonville de #San_Ferdinando, symbole du mal logement des travailleurs migrants agricoles (3/4)

      Par manque de solutions d’#hébergement et à cause du refus fréquent des locaux de leur louer des appartements, les travailleurs migrants agricoles saisonniers se retrouvent majoritairement contraints à vivre dans le “tendopoli” (village de tentes) de San Ferdinando, en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce #bidonville insalubre, solution d’urgence proposée par l’Etat devenue permanente, illustre la problématique persistante du #mal_logement de ces populations.

      En arrivant dans une des zones industrielles de San Ferdinando, une petite ville de Calabre du sud de l’Italie, le regard est happé par un grand campement de bric et de broc, implanté à quelques mètres de l’autoroute. De plus près, c’est une véritable ville qui apparaît : de la musique aux sonorités africaines s’échappe, une tente laisse entrevoir un homme cuisinant sur une plaque de cuisson bricolée. Un peu plus loin, une mosquée a été bâtie avec des planches de tôles, tandis qu’au détour d’une allée, un petit stand bricolé propose à la vente des vêtements et chaussures... Le quotidien s’organise dans ce "tendopoli", littéralement village de tentes, un bidonville d’une centaines de #baraquements et #tentes.

      C’est ici que vivent la majorité des travailleurs migrants agricoles venus en Calabre pour la saison des récoltes des agrumes, entre novembre et mars. Selon l’ONG Caritas qui y intervient, ils sont environ 500 - tous Africains - à y survivre actuellement dans l’extrême #précarité. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison.

      "Je suis ici car je n’ai nulle part où aller"

      "C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans, qui revient pour la quatrième fois faire la saison en Calabre. Les chats et les chiens errants sont nombreux dans le lieu, attirés par les ordures délaissées à proximité des baraquements.

      Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire après le démantèlement d’un camp de fortune, ce "village de tentes" prévu comme solution d’#urgence est depuis "devenu un #camp_informel permanent" abandonné des pouvoirs publics, reconnaît le maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, interrogé par InfoMigrants. Le logo du ministère de l’intérieur floqué sur les tentes a depuis disparu sous les bâches en plastique et avec l’usure du temps.

      "Les tentes sont toutes abîmées, on les a recouvertes pour se protéger de la pluie. Mais l’eau rentre quand même", explique Joseph, un migrant Sud-Soudanais, en montrant les trous dans la toile. Malgré les couvertures achetées, il indique "souffrir du froid durant la nuit".

      L’#insalubrité règne et les installations pour assurer l’hygiène de base sont dans un état déplorable. "Je ne peux pas vivre ici, c’est le bordel ! Les douches sont tellement sales, je préfère aller dans la forêt que de les utiliser !", se plaint Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans, débarqué de Milan la veille de notre échange. Alors qu’il espérait pouvoir gagner rapidement de l’argent et trouver facilement un logement, le jeune homme déchante déjà face à la dure réalité du terrain.

      Les manquements génèrent des petits business de la débrouille. Plus d’eau chaude pour se doucher ? Des migrants vendent pour 0.50 centimes d’euros des seaux d’eau chauffée. En recherche d’une place pour s’installer ? "Les anciens louent des lits aux nouveaux venus. J’ai payé le mien 150 euros pour la saison", explique Abdoul, Sénégalais de 47 ans venu faire la récolte en Calabre pour la première année.

      Dans le bidonville, les #incendies sont fréquents, à cause des courts-circuits ou des bonbonnes de gaz utilisées pour cuisiner. Alors qu’autrefois les pompiers, et la police, étaient présents à l’entrée du camp, ils ont déserté les lieux après le Covid. "Avec l’étroitesse des allées, les camions de pompiers ne peuvent pas passer à l’intérieur", remarque Ferdinando, qui intervient pour Caritas dans le "tendopoli". Deux incendies ont causé le décès de deux migrants la semaine précédant notre venue.

      L’hébergement, une problématique persistante

      L’absence d’alternatives décentes pour héberger ces populations dans cette province calabraise contraints les migrants à échouer dans ce lieu insalubre. Plusieurs d’entre eux rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires...Je ne peux pas comprendre”, se désole Abdoul, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli comme de nombreux autres travailleurs.

      Une situation particulièrement aberrante pour Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. "Il est d’autant plus paradoxal que les conditions minimales de dignité humaine ne soient pas garanties alors que ces populations sont en règle", s’indigne-t-il. Selon Caritas, 80% des habitants ont des permis de séjour.

      Le décret-loi Salvini de 2018, qui réserve désormais les places en centre d’accueil aux seuls réfugiés statutaires, a encore accentué la problématique du mal logement de ces populations précaires. Selon une enquête menée par le ministère du Travail et des Politiques sociales et l’Association nationale des municipalités italiennes, ils étaient au moins 10 000 employés migrants travaillant dans l’agriculture à vivre dans des bidonvilles sur le territoire italien en 2022.

      Pour tenter de juguler cette crise du logement, plusieurs projets menés par les mairies de la province sont déjà sortis de terre, d’autres sont en prévision. La ville de Rosarno, à quelques kilomètres de San Ferdinando a bâti un "village de la solidarité". Une centaine de places sont disponibles - toutes occupées pendant la haute saison des récoltes. #Taurianova, plus au sud, a installé un "village de #containers" de 100 places également - toutes pourvues. Le maire de San Ferdinando, de son côté, mise beaucoup sur une "#ferme_solidaire", qui devrait voir le jour en 2027 pour 150 à 200 travailleurs africains.

      Trop peu, selon les associations. Pour Mauro Destefano, de l’ONG Emergency, il est étrange de ne pas pouvoir faire plus "dans l’une des régions où le taux d’émigration des jeunes est parmi le plus élevé avec un pourcentage important de logements inhabités".

      Rôle essentiel des associations

      A l’entrée du "tendopoli", plusieurs Algeco servent de bureaux pour les structures associatives et syndicales intervenant dans le lieu. Leur appui est crucial pour les migrants. "Il n’y a aucune implication de la mairie pour améliorer les lieux", met en cause Ferdinando. Avec Caritas, le Calabrais s’implique au quotidien dans le soutien aux migrants du bidonville. Il les renseigne notamment dans les démarches administratives mais aussi les conseille et leur apporte de l’attention.

      Depuis un an, une blanchisserie gérée par l’ONG a été installée dans un de ces containers. Les migrants viennent déposer leur sac de vêtements à un bénévole qui se charge ensuite de lancer les programmes. Ouverte tous les jours, les machines et séchoirs fonctionnent à plein régime.

      Deux fois par semaine, l’ONG distribue aussi environ 400 repas, cuisinés par des volontaires des paroisses voisines, aux habitants du "village de tentes". Au menu lors de notre venue, pâtes au thon. Les migrants font la queue, certains en peignoir et claquettes, pour venir récupérer leur repas. Pour certains cette aide est vitale. "A cause d’un problème d’orthographe dans mes papiers, je ne peux plus travailler actuellement. C’est difficile car je n’ai plus que 25 euros et rien à manger", confesse Ismaël, Burkinabé de 23 ans.

      Un médecin vient également une fois par semaine pour des consultations médicales. Durant la haute saison, les coupures, chutes et membres cassés sont récurrents. Dans la région, l’#accès_aux_soins est compliqué. Et plus encore pour les migrants du fait de la barrière de la langue, des distances pour accéder aux structures de santé, de la méconnaissance et de la peur du rejet.

      "Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la #dépression, la #dépendance ou le #stress_post-traumatique. Ils souffrent de l’#isolement_social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous" détaille le coordinateur. Dans ces conditions, une minorité tombe dans la #dépendance (#alcool, #drogue et 3médicaments). "Il est important de résoudre le problème de ce #ghetto, sinon il sera difficile de traiter ces pathologies efficacement et cela deviendra ingérable" alerte-t-il.

      #Ghettoïsation et #invisibilisation

      Dans le bidonville excentré du centre-ville de San Ferdinando, les nombreux #vélos déposés le long des tentes illustrent l’isolement dont sont victimes les migrants. Les lacunes dans le système de transport public dans la province de Reggio di Calabria obligent de nombreux travailleurs à se déplacer à vélo, parfois à pied, sur des routes mal éclairées et cabossées. Ils sont ainsi souvent victimes d’accidents de la route, parfois résultats d’attaques racistes délibérées.

      "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes. D’autres témoignages rapportent des migrants percutés, laissés sans assistance en bord de route.

      L’abandon des pouvoirs publics et l’#isolement général contribuent à la ghettoïsation du "tendopoli", ce qui accroit un peu plus encore l’invisibilisation dont les migrants sont victimes.

      En janvier, une dizaine d’associations et d’ONG -dont Caritas et Emergency- ont dans une lettre adressée au préfet de Reggio Calabria réclamé des solutions rapides face à l’aggravation des conditions de vie à l’intérieur du "village de tentes" déplorant un " climat de #tension_sociale qui atteint un niveau de plus en plus critique".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68516/calabre--le-bidonville-de-san-ferdinando-symbole-du-mal-logement-des-t

  • Chronique d’un banc à l’ombre
    https://metropolitiques.eu/Chronique-d-un-banc-a-l-ombre.html

    Passer l’été dans son quartier signifie s’adapter au réchauffement climatique, et chercher la fraîcheur. À travers la chronique dessinée d’un banc à l’ombre, la paysagiste Malou Allagnat observe la façon dont les espaces publics à proximité des logements permettent ou non d’accueillir le quotidien des habitants pendant les grandes chaleurs estivales. Monique, Claudia, Édith et Alexa habitent depuis dix-sept, trente, cinquante ou soixante ans à Saint-Priest, en périphérie urbaine de Lyon. Elles ont de 78 à #Terrains

    / #espace_public, #isolement_social, été, #climat, #chaleur, #mode_d'habiter

    #été
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_allagnat3.pdf

  • La santé mentale est un enjeu crucial des migrations contemporaines

    Si la migration est source d’espoirs liés à la découverte de nouveaux horizons, de nouveaux contextes sociaux et de nouvelles perspectives économiques, elle est également à des degrés divers un moment de rupture sociale et identitaire qui n’est pas sans conséquence sur la santé mentale.

    #Abdelmalek_Sayad, l’un des sociologues des migrations les plus influents de ces dernières décennies, a défini la condition du migrant comme étant suspendu entre deux mondes parallèles. #Sayad nous dit que le migrant est doublement absent, à son lieu d’origine et son lieu d’arrivée.

    Il est, en tant qu’émigrant, projeté dans une condition faite de perspectives et, très souvent, d’illusions qui l’éloignent de son lieu d’origine. Mais le migrant est tout aussi absent dans sa #condition ^_d’immigré, dans les processus d’#adaptation à un contexte nouveau et souvent hostile, source de nombreuses #souffrances.

    Quelles sont les conséquences de cette #double_absence et plus largement de cette transition de vie dans la santé mentale des migrants ?

    Migrer implique une perte de #capital_social

    Migrer, c’est quitter un #univers_social pour un autre. Les #contacts, les #échanges et les #relations_interpersonnelles qui soutiennent chacun de nous sont perturbés, fragmentés ou même rompus durant cette transition.

    Si pour certains la migration implique un renforcement du capital social (ou économique), dans la plupart des cas elle mène à une perte de capital social. Dans un entretien mené en 2015, un demandeur d’asile afghan souligne cette #rupture_sociale et la difficulté de maintenir des liens avec son pays d’origine :

    « C’est très difficile de quitter son pays parce que ce n’est pas seulement ta terre que tu quittes, mais toute ta vie, ta famille. J’ai des contacts avec ma famille de temps en temps, mais c’est difficile parce que les talibans détruisent souvent les lignes de téléphone, et donc, c’est difficile de les joindre. »

    Pour contrer ou éviter cette perte de capital social, de nombreux #réseaux_transnationaux et organisations d’immigrants dans les pays d’accueil sont créés et jouent dans la vie des migrants un rôle primordial.

    À titre d’exemple, la migration italienne d’après-guerre s’est caractérisée par une forte structuration en #communautés. Ils ont créé d’importants organisations et réseaux, notamment des organisations politiques et syndicales, des centres catholiques et culturels, dont certains sont encore actifs dans les pays de la #diaspora italienne.

    L’#environnement_social et la manière dont les sociétés d’arrivée vont accueillir et inclure les migrants, vont être donc des éléments clés dans la #résilience de ces populations face aux défis posés par leur trajectoire de vie et par leur #parcours_migratoire. Les migrants peuvent en effet rencontrer des situations qui mettent en danger leur #santé physique et mentale dans leur lieu d’origine, pendant leur transit et à leur destination finale.

    Cela est particulièrement vrai pour les migrants forcés qui sont souvent confrontés à des expériences de #détention, de #violence et d’#exploitation susceptibles de provoquer des #troubles_post-traumatiques, dépressifs et anxieux. C’est le cas des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les #conflits_armés depuis 2015, principalement dans les régions de la Syrie et de l’Afrique subsaharienne.

    Ces migrants subissent des #violences tout au long de leur parcours, y compris la violence des lois de l’asile dans nos sociétés.

    L’environnement social est une des clés de la santé mentale

    Dans son document d’orientation « Mental health promotion and mental health care in refugees and migrants », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique l’#intégration_sociale comme l’un des domaines d’intervention les plus importants pour combattre les problèmes de santé mentale dans les populations migrantes.

    Pour l’OMS, la lutte contre l’#isolement et la promotion de l’#intégration sont des facteurs clés, tout comme les interventions visant à faciliter le relations entre les migrants et les services de soins, et à améliorer les pratiques et les traitements cliniques.

    Cependant, l’appartenance à des réseaux dans un environnement social donné est une condition essentielle pour le bien-être mental de l’individu, mais elle n’est pas suffisante.

    Le philosophe allemand #Axel_Honneth souligne notamment que la #confiance_en_soi, l’#estime_de_soi et la capacité à s’ouvrir à la société trouvent leurs origines dans le concept de #reconnaissance. Chaque individu est mu par le besoin que son environnement social et la société, dans laquelle il ou elle vit, valorisent ses #identités et lui accordent une place comme #sujet_de_droit.

    Les identités des migrants doivent être reconnues par la société

    À cet égard, se construire de nouvelles identités sociales et maintenir une #continuité_identitaire entre l’avant et l’après-migration permet aux migrants de diminuer les risques de #détresse_psychologique.

    https://www.youtube.com/watch?v=oNC4C4OqomI&feature=emb_logo

    Être discriminé, exclu ou ostracisé du fait de ses appartenances et son identité affecte profondément la santé mentale. En réaction à ce sentiment d’#exclusion ou de #discrimination, maintenir une estime de soi positive et un #équilibre_psychosocial passe souvent parla prise de distance par rapport à la société discriminante et le #repli vers d’autres groupes plus soutenants.

    La #reconnaissance_juridique, un élément central

    Or ce principe de reconnaissance s’articule tant au niveau de la sphère sociale qu’au niveau juridique. Dans les sociétés d’accueil, les migrants doivent être reconnus comme porteurs de droits civils, sociaux et politiques.

    Au-delà des enjeux pragmatiques liés à l’accès à des services, à une protection ou au #marché_de_l’emploi, l’obtention de droits et d’un #statut_juridique permet de retrouver une forme de contrôle sur la poursuite de sa vie.

    Certaines catégories de migrants vivant soit en procédure pour faire reconnaître leurs droits, comme les demandeurs d’asile, soit en situation irrégulière, comme les « #sans-papiers », doivent souvent faire face à des situations psychologiquement compliquées.

    À cet égard, les sans-papiers sont presque totalement exclus, privés de leurs #droits_fondamentaux et criminalisés par la justice. Les demandeurs d’asile sont quant à eux souvent pris dans la #bureaucratie du système d’accueil durant des périodes déraisonnablement longues, vivant dans des conditions psychologiques difficiles et parfois dans un profond #isolement_social. Cela est bien exprimé par un jeune migrant kenyan que nous avions interviewé en 2018 dans une structure d’accueil belge :

    « Je suis arrivé quand ils ont ouvert le [centre d’accueil], et je suis toujours là ! Cela fait presque trois ans maintenant ! Ma première demande a été rejetée et maintenant, si c’est un “non”, je vais devoir quitter le territoire. […] Tous ces jours, les mois d’attente, pour quoi faire ? Pour rien avoir ? Pour devenir un sans-papiers ? Je vais devenir fou, je préfère me tuer. »

    Être dans l’#attente d’une décision sur son statut ou être dénié de droits plonge l’individu dans l’#insécurité et dans une situation où toute #projection est rendue compliquée, voire impossible.

    Nous avons souligné ailleurs que la lourdeur des procédures et le sentiment de #déshumanisation dans l’examen des demandes d’asile causent d’importantes #frustrations chez les migrants, et peuvent avoir un impact sur leur #bien-être et leur santé mentale.

    La migration est un moment de nombreuses #ruptures sociales et identitaires face auxquelles les individus vont (ré)agir et mobiliser les ressources disponibles dans leur environnement. Donner, alimenter et construire ces ressources autour et avec les migrants les plus vulnérables constitue dès lors un enjeu de #santé_publique.

    https://theconversation.com/la-sante-mentale-est-un-enjeu-crucial-des-migrations-contemporaines

    #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés

    ping @_kg_ @isskein @karine4

  • #Covid-19 : #Grenoble associe des citoyens à la gestion de la pandémie

    La ville pilotée par l’écologiste Éric Piolle expérimente un « #comité_de_liaison_citoyen », réuni samedi pour la première fois. Une réponse à la « gestion de crise descendante » mise en œuvre par le gouvernement et son conseil de défense. Au menu : l’organisation des #marchés et le maintien du #lien_social.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/081120/covid-19-grenoble-associe-des-citoyens-la-gestion-de-la-pandemie?onglet=fu

    #démocratie_directe #municipalisme #néo-municipalisme #cogestion #gouvernance_politique #Groupes_d’action_municipale #Hubert_Dubedou #crise_sanitaire #débat_mouvant #violences_conjugales #SDF #sans-abrisme #isolement_social #confinement #parcs #ouverture #fermeture #espace_public #alimentation

  • Espaço e Economia: Revista Brasileira de Geografia Econômica dedica esta edição especial à primeira parte do Dossiê Coronavírus.

    A geopolítica do COVID-19 [Texto integral]
    La #géopolitique du COVID-19
    The geopolitics of COVID-19
    La geopolítica de COVID-19

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    Denis Castilho
    Um vírus com DNA da globalização: o espectro da perversidade [Texto integral]
    Un virus avec le DNA de la #mondialisation : le spectre de la perversité
    Un virus con ADN de la globalización: el espectro de la perversidad
    A virus with DNA from globalization: or the specter of perversity
    #globalisation

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    Roberto Montemerli
    Os desafios da Itália na emergência do coronavírus [Texto integral]
    Os desafios da Itália na emergência do Coronavírus
    Il sfide il Italia in emergenza di coronavirus
    Los desafíos de Italia en la emergencia del coronavirus
    Italy’s challenges in the emergence of the Coronavirus
    Les défis italiens face à l’émérgence de la Covid-19
    #Italie

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    Miriam Hermi Zaar e Manuel-Blas García Ávila
    El Covid-19 en España y sus primeras consecuencias [Texto integral]
    O Covid-19 na Espanha e suas primeiras consequências
    La Covid-19 en Espagne: premiers conséquences
    The Covid-19 in Spain and its first consequences

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    Maricarmen Tapia e Jerónimo Bouza.
    Lo que la pandemia deja al descubierto. El COVID-19 en España [Texto integral]
    Lo que la pandemia deja al descubierto. El COVID-19 en España
    O que a pandemia revela. El COVID-19 na Espanha.
    What the pandemic reveals. The COVID-19 in Spain.
    Révélations de la pandémie. La #Covid-19 en #Espagne

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    Lucas Pacheco Campos e Tuíla Lins
    Pandemia à Portuguesa: um relato sobre o Covid-19 em Portugal [Texto integral]
    Pandémie à portugaise: témoignage sur le Covid-19
    Pandemia à portuguesa: un informe sobre Covid-19 en Portugal
    Portuguese Pandemic: an account of Covid-19 in #Portugal

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    Gaudêncio Frigotto
    Empresários mais ricos do Brasil: a ignorância, o cinismo e a ganância que matam [Texto integral]
    Empresários mais ricos do Brasil: a ignorância, o cinismo e a ganância que matam
    Los empresarios más ricos de Brasil: ignorancia, el cinismo y la avaricia que matan
    Les entrepreneurs les plus riches du #Brésil : l’#ignorance, le #cynisme et l’#avidité qui tuent
    Richest businessmen in Brazil: ignorance, cynicism and greed that kill.

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    Jorge Luiz Barbosa
    Por uma quarentena de direitos para as favelas e as periferias! [Texto integral]
    Pour une #quarantaine de droits pour les #bidonvilles et les #périphéries !
    ¡Por una cuarentena de derechos para los barrios bajos y las periferias!
    For a quarantine of rights for the slums and the peripheries!

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    Oséias Teixeira da Silva
    O salto ainda mais mortal que o da mercadoria e a pandemia do coronavírus. [Texto integral]
    El salto aún más mortal que el de la mercancía y la pandemia de coronavirus.
    Le saut encore plus mortel que celui de la marchandise et la pandémie de la Covid-19
    The leap even more deadly than that of merchandise and the coronavirus pandemic

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    Heitor Soares de Farias
    O avanço da Covid-19 e o isolamento social como estratégia para redução da vulnerabilidade [Texto integral]
    O avanço da Covid-19 e o isolamento social como estratégia para redução da vulnerabilidade
    L’avancement du Covid-19 et l’#isolement_social en tant que stratégie pour la réduction de la #vulnérabilité
    El avance de Covid-19 y el aislamiento social como estrategia para reducir la vulnerabilidad.
    The advancement of Covid-19 and social isolation as a strategy to reduce vulnerability

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    Cláudio Luiz Zanotelli e Ednelson Mariano Dota
    A questão da desigualdade territorial municipal no Espírito Santo face à pandemia do coronavirus e a importância da existência de um Estado de bem estar social em defesa da sociedade. [Texto integral]
    La question de l’#inégalité_territoriale des communes de l’état de l’#Espírito_Santo au Brésil face à la pandémie de coronavirus et l’importance d’un État social en défense de la société.
    The issue of municipal territorial inequality in Espírito Santo in the face of the coronavírus pandemic and the importance of the existence of a welfare state in defense of society
    La cuestión de la desigualdad territorial municipal en Espírito Santo frente a la pandemia de coronavirus y la importancia de la existencia de un Estado de bienestar en defensa de la sociedad.

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    José Borzacchiello da Silva e Alexsandra Maria Vieira Muniz
    Pandemia do Coronavírus no Brasil: Impactos no Território Cearense [Texto integral]
    Conoravirus Pandemic in Brazil: Impacts in the Territory of Ceará
    Pandémie de Coronavirus au #Brésil : Répercussions chez le #Territoire_de_Ceará
    Pandemia de coronavirus en Brasil: impactos en el territorio Cearense

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    Eveline Algebaile e Floriano José Godinho de Oliveira
    A superação do capitalismo em questão: com que prática, em qual direção? [Texto integral]
    A superação do capitalismo em questão: com que prática, em qual direção?
    La superación del capitalismo en cuestión: ¿con qué prácticas, en qué dirección?
    Le dépassement du #capitalisme en question : avec quelles pratiques, et dans quelle direction ?
    Overcoming capitalism in question: with which practices, in which direction?


    https://journals.openedition.org/espacoeconomia/10071

    Il y a des revues qui sont rapides...

    #coronavirus #revue #covid-19

    ping @fil @simplicissimus

  • How children lost the right to roam in four generations | Daily Mail Online
    https://www.dailymail.co.uk/news/article-462091/How-children-lost-right-roam-generations.html

    Even if he wanted to play outdoors, none of his friends strays from their home or garden unsupervised.

    The contrast between Edward and George’s childhoods is highlighted in a report which warns that the mental health of 21st-century children is at risk because they are missing out on the exposure to the natural world enjoyed by past generations.

    The report says the change in attitudes is reflected in four generations of the Thomas family in Sheffield.

    The oldest member, George, was allowed to roam for six miles from home unaccompanied when he was eight.

    His home was tiny and crowded and he spent most of his time outside, playing games and making dens.

    Mr Thomas, who went on to become a carpenter, has never lost some of the habits picked up as a child and, aged 88, is still a keen walker.

    His son-in-law, Jack Hattersley, 63, was also given freedom to roam.

    He was aged eight in 1950, and was allowed to walk for about one mile on his own to the local woods. Again, he walked to school and never travelled by car.

    #transports #territoires #mobilité

  • #Los_Angeles : les rangs des ex-soldats #sans-abris grossissent

    « Je n’avais pas fait beaucoup d’études alors j’ai tiré au fusil », raconte-t-il. « Des gens mourraient dans l’explosion de grenades, on en voyait se faire abattre (...) C’était horrible ».

    Son retour à la vie civile a été brutal. « Je n’ai jamais eu de travail », explique péniblement celui qui dit avoir du mal à « réfléchir comme il faut ».

    S’il a par le passé « habité chez des gens », il a rapidement été emporté dans la même spirale que tant d’anciens combattants américains : #traumatismes psychologiques, manque de qualifications, #chômage, #alcoolisme, #drogue, #isolement_social et familial, #prison, puis... la rue.


    http://www.courrierinternational.com/depeche/los-angeles-les-rangs-des-ex-soldats-sans-abris-grossissent.a
    #militaires #USA #Etats-Unis #armée #ex-militaires #ex-soldats #pauvreté #guerre #conflits