• Les #forêts_publiques sous la menace d’une #privatisation rampante

    Alors que l’Office national des forêts (#ONF) assume des fonctions d’#intérêt_public majeures en ces temps de #réchauffement_climatique, le gouvernement organise méthodiquement son #asphyxie_financière et prépare une #réforme du #code_forestier. Des missions de police vont par exemple être confiées à des salariés sous statut privé.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/260220/les-forets-publiques-sous-la-menace-d-une-privatisation-rampante

    signalé par @isskein
    #en_marche #it_has_begun #France #macronisme

    ping @odilon

  • Le réchauffement, ce sont les #banques qui en parlent le mieux - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-rechauffement-ce-sont-les-banques-qui-en-parlent-le-mieu

    Une menace pour la #survie de l’espèce humaine. C’est l’une des conclusions d’une étude confidentielle sur les effets du réchauffement. Le propos pourra ne pas surprendre les lecteurs du JDLE. La nouveauté est l’institution pour laquelle la note de 22 pages a été rédigée : JP Morgan, l’une des plus puissantes banques d’investissements de la planète.

    Ses auteurs, David Mackie et Jessica Murray, ne sont pas des inconnus. [...]

    S’abreuvant aux meilleures sources scientifiques, les deux chercheurs londoniens expliquent, mieux que ne sauraient le faire les rédacteurs d’un rapport du #Giec, la mécanique du réchauffement. Plus important, pour leurs lecteurs : une bonne partie de la note est consacrée aux impacts du phénomène. Avec une certitude : « une approche tendancielle de l’atténuation climatique mènera à un accroissement significatif de la température et à une dégradation significative du climat. »

    [...]

    Les effets d’un tel coup de chaud sur l’économie et la société sont difficiles à calculer. Mais ils seront très supérieurs à ce qu’annoncent les études économétriques classiques, indiquent-ils . [...]

    [...]

    Au chapitre consacrée aux solutions possibles : point de miracle. L’unanimité va à la tarification des émissions de dioxyde de carbone. A quel niveau ? L’étude reprend à son compte une estimation récemment publiée par le Fonds monétaire international. Pour réduire les émissions suffisamment vite, l’émission d’une tonne de #CO2 devra coûter 75 dollars (69 €) d’ici à 2030. Soit 37 fois plus qu’aujourd’hui.

    Bien sûr, il faudra aussi décarboner l’industrie, les transports, la production d’#énergie. Ce dernier point intéressera d’ailleurs les investisseurs de JP Morgan . Selon un recensement publié en octobre dernier par Rainforest Action Network, la sixième banque du monde (en actifs) est celle qui consacre le plus d’argent aux énergies fossiles. Entre 2016 et 2018, l’établissement new-yorkais a investi près de 196 milliards de dollars (180 Md€) dans le pétrole, le gaz et le charbon. Les investissements cumulés dans ces domaines de BNP Paribas, du Crédit agricole et de la Société générale n’atteignent même pas 120 milliards de dollars (110 Md€).

    The Planet Is Screwed, Says Bank That Screwed the Planet | The New Republic
    https://newrepublic.com/article/156657/planet-screwed-says-bank-screwed-planet

    #dissonance_cognitive #climat

  • Si c’est JP qui le dit...

    JP Morgan economists warn climate crisis is threat to human race
    Patrick Greenfield et Jonathan Watts, The Guardian, le 21 février 2020
    https://www.theguardian.com/environment/2020/feb/21/jp-morgan-economists-warn-climate-crisis-threat-human-race
    https://i.guim.co.uk/img/media/ded2712dfaa4c98a2d2165dfd2bc6b2e35050cb3/240_559_4272_2563/master/4272.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=f4d06f313f99967449d7e9

    The study implicitly condemns the US bank’s own investment strategy and highlights growing concerns among major Wall Street institutions about the financial and reputational risks of continued funding of carbon-intensive industries, such as oil and gas.

    #JP_Morgan #banques #schizophrénie

    à rajouter plus tard à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • Un quart des tweets sur le #climat émanent de #robots
    https://www.courrierinternational.com/article/le-chiffre-du-jour-un-quart-des-tweets-sur-le-climat-emanent-
    #bots
    #climatosceptiques

    Les chercheurs ne sont cependant pas parvenus à identifier des individus ou des groupes derrière ces bataillons de bots, ni à mesurer leur impact sur la perception de la crise climatique par les utilisateurs de Twitter. Mais, estime Stephan Lewandowsky, chercheur à l’université de Bristol qui a participé aux travaux, “en termes d’influence, je suis personnellement convaincu qu’ils jouent un grand rôle, bien que cela soit difficile à quantifier”.

    Et, soutient dans The Guardian Ed Maibach, expert en communication sur le #changement_climatique à l’université George Mason, aux États-Unis : “Même si nous ne savons pas qui ils sont, ni quels sont précisément leurs mobiles, il va manifestement de soi que #Trump profite du soutien de ces bots et de leurs concepteurs.”

  • It’s time to say goodbye to our most ambitious climate target ever | WIRED UK
    https://www.wired.co.uk/article/climate-crisis-temperature-target-paris-agreement

    For the last four years, avoiding 1.5 degrees of warming has been at the top of the climate agenda. But the goal is already out of reach. Where do we go next?

    #climat

  • La France : patrie de la collapsologie ?
    Jean-Laurent Cassely, Jérôme Fourquet, Fondation Jean Jaurès, le 10 février 2020
    https://jean-jaures.org/nos-productions/la-france-patrie-de-la-collapsologie

    Déjà là :
    https://seenthis.net/messages/825066

    Mais autres extraits :

    Fondation Jean Jaurès : un « think tank » de feu-le-PS...

    Dans la revue Yggdrasil cofondée par Pablo Servigne, une étude menée par trois enseignants membres de l’Obveco, l’Observatoire des vécus du collapse, auprès de participants à des forums Facebook collapso, aboutit au portrait suivant [Loïc Steffan, Pierre-Éric Sutter et Dylan Michot,« Qui sont les collapsos ? », Yggdrasil, n°2, automne 2019] : des hommes (60 %), urbains (65 %), « très diplômés par rapport à la population française et plutôt jeunes (entre trente-quatre et trente-huit ans de moyenne d’âge selon les études) », puisque « 85 % des collapsonautes ont suivi des études supérieures, voire très longues » et qu’« ils manipulent bien l’information scientifique et savent exercer leur esprit critique. » Ce collapso engagé est un « geek », écrivent encore les auteurs, « car ses connaissances sont très pointues pour un non-spécialiste ».

    (...) assez logiquement, la vision d’un épuisement des ressources et du dérèglement climatique s’impose très largement parmi les sympathisants écologistes (56 % de citations) et dans une moindre mesure, bien qu’étant également en tête, au sein des sympathisants des Insoumis (37 %) et du Parti socialiste (31 %). Les sympathisants macroniens qui pensent que l’effondrement est possible partagent plutôt un imaginaire de droite dans la mesure où l’option qu’ils privilégient pour 45 % d’entre eux est celle d’un déclin progressif. C’est sans doute pour conjurer cette perspective funeste d’un déclin français qu’ils ont fait leur l’ambition transformatrice et réformatrice d’Emmanuel Macron. On retrouve cet état d’esprit parmi les sympathisants Les Républicains (LR) qui citent à hauteur de 33 % ce scénario d’une décadence ou dégénérescence. Les soutiens du Rassemblement national (RN), quant à eux, sont les seuls à placer en tête parmi les causes d’un effondrement prévisible l’effet de vagues migratoires incontrôlables qu’ils sont 30 % à retenir (soit le double par rapport à la moyenne). Ils sont également nettement plus nombreux que la moyenne des Français collapsologistes à craindre « une guerre civile ou des tensions de plus en plus fortes au sein de la société » (21 % contre 14 % en moyenne). Gageons que, pour cet électorat, ces tensions au sein de la société seraient en lien direct avec le phénomène migratoire et que l’imaginaire de guerre civile qu’ils partagent met aux prises différentes communautés ethno-culturelles.

    On notera que dans la plupart des pays étudiés, l’adhésion au scénario d’un effondrement de la civilisation est nettement plus prégnante parmi les électorats des formations radicales ou contestataires de droite comme de gauche. À l’inverse, les sympathisants des partis de gouvernement, plus à l’aise avec le fonctionnement de la société et généralement les mieux insérés socialement, sont tendanciellement moins enclins à communier dans une telle vision.

    à rajouter plus tard à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • Record de chaleur en Antarctique
    Fabien Deglise, Le Devoir, le 14 février 2020
    https://www.ledevoir.com/monde/572934/deuxieme-record-de-chaleur-en-antarctique-en-moins-d-une-semaine

    Le phénomène a été qualifié d’« incroyable et d’anormal » par les chercheurs à l’origine de la mesure. Dimanche, une température inédite de 20,75 °C a été enregistrée par une station scientifique de l’Antarctique. Il s’agit d’un record de chaleur dans l’histoire météorologique de cette région du globe, la plus froide de la planète, mais également la deuxième pointe historique enregistrée depuis le début du mois de février.

    « Les incursions d’air chaud se produisent en Antarctique, comme ici d’ailleurs, en été et en hiver, résume Jean-Pierre Blanchet, professeur au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM. Ce n’est donc pas un phénomène inhabituel. Par contre, il est assez inusité d’avoir un + 20 °C en Antarctique. Même si l’on est en été là-bas. Et même si la mesure a été prise en périphérie de la péninsule. »

    C’est à 13 h dimanche dernier, sur l’île Seymour, dans les basses terres, que l’équipe de scientifiques brésiliens qui y est installée a mesuré cet extrême et nouveau record de chaleur. La température moyenne y est de 1 °C en été. Le précédent record remontait à janvier 1982 : une température de 19,8 °C avait alors été enregistrée sur l’île Signy, dans l’archipel des îles Orcades du Sud, où la moyenne maximale en février est de 2,9 °C.

    Loi des séries ? Jeudi dernier, l’Institut météorologique argentin a annoncé un autre record de chaleur à la station scientifique d’Esperanza où il a fait 18,3 °C, soit la plus haute mesure du niveau du mercure sur l’ensemble de ce territoire austral depuis 1961. La température dépasse de 0,8 °C le précédent record établi le 24 mars 2015 sur cette base. Rappelons qu’en Antarctique la température annuelle moyenne est de -57 °C.

    L’Organisation météorologique mondiale (OMM) doit amorcer dans les prochains jours une évaluation des données récoltées par les scientifiques afin de confirmer ces deux nouveaux records. « Toutes les constatations faites à ce jour vont dans le sens d’un record en bonne et due forme, a indiqué par voie de communiqué le rapporteur de l’OMM pour les extrêmes météorologiques et climatiques, Randall Cerveny, au lendemain de la mesure effectuée par l’Argentine la semaine dernière. Selon lui, le phénomène serait lié à un épisode local de foehn, ce réchauffement rapide d’une masse d’air qui s’écoule le long d’une pente ou d’une montagne.

    « Nous constatons une tendance au réchauffement sur l’ensemble de nos sites d’observation, mais nous n’avions encore jamais vu quelque chose de la sorte », a indiqué au quotidien britannique The Guardian Carlos Schaefer, professeur au Département des sols de l’Université fédérale de Viçosa au Brésil. L’homme travaille en Antarctique sur le projet Terrantar qui mesure les effets des changements climatiques sur le pergélisol et la biologie de 23 sites sur la péninsule. Il précise que depuis 20 ans la température est devenue irrégulière, sur les îles Shetland du Sud et l’archipel James Ross, dont l’île Seymour fait partie, et que ces irrégularités sont rythmées par des pointes de chaleur dans la dernière décennie, qui ne relèvent pas d’une croyance, mais bien d’un phénomène scientifiquement mesurable.

    La péninsule antarctique, à l’extrémité nord-ouest du continent, proche de l’Amérique du Sud, se distingue à l’échelle planétaire, sur le plan météorologique, en raison de son climat qui s’y réchauffe plus rapidement qu’ailleurs sur Terre. Les températures moyennes y ont grimpé de 3 °C ces 50 dernières années, contre environ 1 °C pour le reste de la planète. La quantité de glace perdue annuellement sur l’inlandsis antarctique a été multipliée par sept entre 1979 et 2017. L’incursion d’eau de mer relativement chaude sous les barrières de glace est à l’origine de ce phénomène de destruction lente de ce capital glaciaire.

    « Avec le réchauffement climatique, les anomalies, improbables dans certaines zones, deviennent désormais probables, dit M. Blanchet. Il faut maintenant rester attentif à ces variations, pour voir si elles vont se reproduire sur une période de 30 ans. C’est ce qui fait la différence entre un événement météorologique et un changement climatique. Le climat de la planète, c’est un peu comme le rhume chez l’être humain. Si vous en avez un, de manière sporadique, c’est normal. Mais si vous en avez un toutes les semaines, cela devient problématique et surtout le signe que quelque chose d’autre ne va pas. »

    L’année 2019 a conclu une décennie marquée par sa chaleur exceptionnelle à l’échelle mondiale, selon l’OMM, et ce, « en raison des gaz à effet de serre produits par les activités humaines », a souligné l’organisme international il y a quelques semaines. Et la tendance se poursuit puisque le premier mois de l’année 2020 a été le plus chaud enregistré depuis 1850.

    Cette hausse des températures a des conséquences naturelles sur les calottes glaciaires qui perdent des milliards de tonnes chaque année. Depuis 2012, l’Antarctique en a perdu 219 milliards annuellement, soit trois fois plus qu’avant cette année, selon une étude menée sur plus de 25 ans par une équipe de chercheurs de la NASA. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature en 2018. C’est ainsi 8 % du pergélisol qui est menacé de disparition, principalement dans l’Antarctique Ouest où la perte des glaces s’est accélérée dans les premières décennies de ce siècle. Si l’ensemble des terres glacées de ce territoire austral devait fondre, le niveau des océans grimperait alors de… 60 mètres, estime l’OMM, avec dans la foulée une perte de salinité essentielle à leur faune et leur flore.

    #Antarctique, à rajouter plus tard à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/20/l-appel-de-1-000-scientifiques-face-a-la-crise-ecologique-la-rebellion-est-n

    Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

  • « Il n’y a plus d’avenir ici » : en Afrique australe, les ravages du changement climatique
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/19/il-n-y-a-plus-d-avenir-ici-en-afrique-australe-les-ravages-du-changement-cli

    Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain, où les températures grimpent deux fois plus vite que sur le reste du globe, souffre d’un important déficit de pluies. Petits paysans et grands exploitants, éleveurs, hôteliers, enseignants… Tous sont touchés.

    A genoux sur le plan financier, le Zimbabwe est de loin le pays le plus fragilisé par le changement climatique dans la région. Ici, la sécheresse s’ajoute à une liste inexorable de difficultés économiques : inflation, pénuries de liquidités, d’essence, de médicaments, d’eau, d’électricité… La vie quotidienne a viré au cauchemar. Au total, 60 % des 15 millions d’habitants du Zimbabwe sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire. Dans le district de Buhera (est), ce chiffre atteint même 80 %, selon une responsable locale, Patience Dhinda.

    Extraits :
    👉 45 millions de personnes – un nombre record – menacées par la famine en Afrique australe à cause de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques, selon l’ONU. « Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues », a averti mi-janvier Lola Castro, la responsable régionale du Programme alimentaire mondial (PAM).
    👉 Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain, où les températures grimpent deux fois plus vite que sur le reste du globe, souffre d’un important déficit de pluies.
    👉 A genoux sur le plan financier, le Zimbabwe est de loin le pays le plus fragilisé par le changement climatique dans la région
    👉 En Zambie, les fonds manquent pour répondre aux besoins des 2,3 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère . Le PAM n’a reçu qu’un tiers des 36 millions de dollars nécessaires. Dans ce contexte, les gens sont prêts à tout…
    👉 Seul espoir : les petits agriculteurs qui ont fait le pari de la diversification agricole, optant pour des légumes nutritifs et utilisant des techniques agricoles adaptées au changement climatique.

    #afrique #environnement #écologie #climat #agriculture

  • Le gouvernement australien a fait une annonce sur les incendies de cet été et c’est étonnamment honnête et instructif / The Australien Government has made an ad about this summer’s fires and it’s surprisingly honest and informative :

    After the fires (il y a des sous-titres en français)
    The Juice Media, Youtube, le 10 février 2020
    https://www.youtube.com/watch?v=6BmbvTvFQ3g

    #Australie #Incendies #Humour, à rajouter plus tard à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • La fureur du temps - Enquête au cœur du #changement_climatique

    Avec le #réchauffement_global, bien des épisodes de #pluie, de #sécheresse ou de #tempête échappent aux schémas qui nous étaient familiers. Le #dérèglement_climatique que nous avons provoqué ne peut cependant pas être tenu pour responsable de tous les événements météorologiques. Pour faire le lien entre #climat et #météorologie, et ne pas laisser ce débat aux seules mains des politiques et des groupes de pression, qui sèment la confusion depuis des années, la physicienne #Friederike_Otto a développé, avec une équipe de confrères, la science de l’attribution d’#événements_extrêmes, une méthode révolutionnaire grâce à laquelle il est maintenant possible de déterminer si le changement climatique est en jeu dans un phénomène météorologique extrême. Ce nouveau champ d’investigation, en agissant en temps réel, permet de mettre au jour les relations de cause à effet pour accélérer les transformations sociétales et, enfin, frapper là où ça fait mal, en attaquant les entreprises qui ont joué l’inaction face au changement climatique. Disposer des preuves scientifiques de ces manifestations au moment le plus important et à l’endroit où l’on en a le plus besoin est crucial pour réduire les risques et construire des #systèmes_résilients, en particulier dans les régions les plus vulnérables, où le changement climatique majore les #menaces subies par ceux qui ont le moins profité de l’amélioration des conditions de vie d’une société carburant aux énergies fossiles.


    https://www.lisez.com/livre-grand-format/la-fureur-du-temps-enquete-au-coeur-du-changement-climatique/9791030103113
    #livre #résilience

  • #Anthropocene Geopolitics - University of Ottawa Press
    https://press.uottawa.ca/anthropocene-geopolitics.html

    We now find ourselves in a new geological age : the Anthropocene. The climate is changing and species are disappearing at a rate not seen since Earth’s major extinctions. The rapid, large-scale changes caused by fossil-fuel powered globalization increasingly threaten societies in new, unforeseen ways. But most security policies continue to be built on notions that look back- ward to a time when geopolitical threats derived mainly from the rivalries of states with fixed boundaries. Instead, Anthropocene Geopolitics shows that security policy must look forward to quickly shape a sustainable world no longer dependent on fossil fuels.

    A future of long-term peace and geopolitical security depends on keeping the earth in conditions roughly similar to those we have known throughout history. Minimizing disruptions that would further put civilization at risk of extinction urgently requires policies that reflect new Anthropocene “planetary boundaries.”

    This book is published in English.

    Depuis la fin de la dernière période glaciaire, l’humanité a transformé sa niche écologique, modifié sa position dans l’écosystème, provoqué des changements climatiques radicaux et affecté la diversité des espèces aux quatre coins du monde, ce qui a entraîné l’apparition d’une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène.

    À l’échelle planétaire, les activités humaines exercent un impact direct sur les frontières qu’elles transforment durablement alors que ces mêmes frontières ont constitué le cadre naturel dans lequel l’humanité a pu prospérer durant les dix derniers millénaires. Les changements rapides qui affectent notre système terrestre remettent directement en cause les anciennes hypothèses qui considéraient des frontières stables comme le principal fondement de la souveraineté. Aujourd’hui, ces postulats périmés doivent impérativement être réévalués. Paradoxalement, la phase de mondialisation actuelle nécessite une redéfinition de la notion même de frontières stables. En effet, l’élargissement des droits de propriété et des champs de compétence pourrait en fait prévenir la mise en œuvre de mesures d’adaptation efficaces visant à répondre aux enjeux du changement climatique. Garantir la survie d’une économie fondée sur la consommation de combustibles fossiles demeure à ce jour une priorité politique comme le fait de devoir faire face aux catastrophes naturelles à l’échelle mondiale – ce qui rend les objectifs de durabilité d’autant plus difficiles à atteindre dans un environnement en pleine mutation où les rivalités politiques exacerbées façonnent la politique globale contemporaine.

    L’entrée de la Terre dans une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène (l’ère de l’homme), représente un formidable défi éthique, qu’il convient de relever en établissant une véritable politique de durabilité, et ce, au moment où l’humanité s’engage dans la dernière phase du processus de mondialisation. Dans un tel contexte, pour être réellement efficaces, les connaissances et les perspectives résultant des analyses académiques et des initiatives pratiques de toute nature devront être intégrées dans une vision globale.

    Ce livre est publié en anglais.

    Author Bio

    Simon Dalby is a professor of geography and environmental studies at Wilfrid Laurier University, Waterloo, Ontario, where he teaches in the Balsillie School of International Affairs, and a Senior Fellow at the Centre for International Governance Innovation. He was educated at Trinity College Dublin and at the University of Victoria, and holds a doctoral degree from Simon Fraser University. Before joining Wilfrid Laurier University, he was a professor of geography, environmental studies, and political economy at Carleton University.

    #bibliographie

  • Les cartes inédites montrant les conséquences du dérèglement climatique en Europe
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/10/incendies-secheresse-inondations-les-projections-inquietantes-d-experts-euro

    A l’heure où la Commission européenne a fait du « green deal » sa priorité et où elle s’apprête, début mars, à dévoiler sa loi climat – censée inscrire dans le marbre le principe de la neutralité carbone en 2050 –, ce travail ne manquera pas d’alimenter ses réflexions.

    Montée du niveau de la mer, pluies torrentielles, épisodes de sécheresse, feux de forêt : les chercheurs de l’institution se sont projetés sur la fin du XXIe siècle pour imaginer ce que seront nos vies d’Européens, et celles de nos enfants et petits-enfants, à cette échéance. Leurs cartes permettent à chacun d’entre nous d’aller regarder ce qui l’attend, là où il vit ou là où il passe ses vacances.

    #climat #carte #projection #écologie

  • « On va avoir un paysage lunaire ! » L’Espagne affronte la désertification
    https://reporterre.net/On-va-avoir-un-paysage-lunaire-L-Espagne-affronte-la-desertification

    Une promenade au-dessus d’Almería, en Andalousie, permet de lire dans le paysage la transformation qu’a connue l’agriculture espagnole dans les dernières décennies : à flanc de montagne, les terrasses qui supportaient autrefois une agriculture à petite échelle s’effondrent lentement. En contrebas, le long de la Méditerranée, la célèbre « mer de plastique » — 30.000 hectares de cultures sous serre — épuise les aquifères, touchés par des intrusions d’eau saline. En haut comme en bas, les sols sont fortement dégradés. Et cela devient un problème encombrant en Espagne, pays dont 74 % du territoire est soumis à un risque de désertification — selon les critères de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification — car composé de zones arides, semi-arides ou subtropicales sèches.

    #écologie #désertification

  • La militante de #RESF #Vaucluse condamnée en appel pour avoir scolarisé un jeune migrant isolé

    La Cour d’Appel de Nîmes condamne ce jeudi #Chantal_Raffanel à 500 euros d’amende pour avoir scolarisé un jeune migrant à Vedène. La militante de RESF Vaucluse avait été relaxée en première instance mais le parquet avait fait appel.


    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-militante-de-resf-vaucluse-condamnee-pour-avoir-scolarise-un-jeune-mig
    #droit_à_l'éducation #enfants #scolarisation #enfance #école #condamnation #délit_de_solidarité #MNA #mineur_non_accompagné #justice (well...) #it_has_begun
    signalé par @reka sur FB

  • #Projet_Nexus, 13ème semaine… Que se passe t-il à l’#Université_Paul_Valéry ?

    Que se passe-t-il à l’UPV ?

    La perte de la 13e semaine d’#enseignement en #Licence depuis la rentrée 2018

    Lors de sa séance du 13 mars 2018, le Conseil d’administration de Paul-Valéry a approuvé la réduction des semestres d’enseignement de 13 à 12 semaines à partir de la rentrée 2018. Pour les Licences, il s’agit d’une réduction sèche du volume horaire des formations : sur l’ensemble des 6 semestres de Licence, ce sont 6 semaines de cours qui sont perdues, soit près de la moitié d’un semestre.

    Pour les Masters, il s’agit d’une simple réduction du nombre de semaines d’enseignement, la masse horaire demeurant la même. Cette relative préservation des Masters peut s’expliquer par la réduction drastique des volumes horaires en Master lors du dernier renouvellement des maquettes, et par le plus grand impact d’une réduction du volume horaire des Licences.

    En effet, il ne s’agit pas d’une simple réorganisation du calendrier universitaire, sans quoi on aurait pu imaginer de conserver le même volume horaire sur un nombre réduit de semaines : l’enjeu est bien de réduire le volume des formations. Dans une université de Lettres, langues et sciences humaines comme Paul-Valéry, la principale dépense est la masse salariale (c’est-à-dire les salaires payés au personnel de l’université), loin devant les dépenses de fonctionnement qui sont très faibles.

    En dépit des multiples mesures d’économie réalisées sur la masse salariale (gel des postes de titulaires, besoins croissants en formation assurés par des précaires sous-payés) et de l’inadéquation criante entre les besoins des étudiant.e.s et le nombre d’enseignant.e.s, la dotation de l’Etat peine à couvrir la masse salariale. Pire, la précarisation croissante du personnel de l’université publique sert d’argumente en faveur de la réduction des formations, puisqu’on entend la DGS de Paul-Valéry affirmer qu’il y aurait “trop de vacataires” dans notre université.

    La décision d’amputer la Licence de 6 semaines est toutefois impopulaire auprès des enseignant.e.s comme des étudiant.e.s, d’où le calendrier opportuniste de cette décision (prise en catimini au printemps 2018, alors qu’étudiant.e.s et enseignant.e.s sont mobilisé.e.s contre la loi ORE et Parcoursup). Pour faire passer la pilule auprès des enseignant.e.s, les directions des UFR leur permettent d’ailleurs de réduire le nombre d’évaluations en cours de semestre. La réduction du semestre à 12 semestres contribue donc aussi à affaiblir le contrôle continu.
    Déploiement du programme Nexus de numérisation des enseignements

    Dans un courriel daté du 9 juillet 2018, le Président de l’UPV Patrick Gilli présentait ainsi le projet Nexus :

    “Le projet Nexus que notre université avait déposé au titre des « Nouveaux cursus à l’université » (NCU) du PIA 3 a été retenu par le jury international. Doté de 7 millions d’euros sur 10 ans, il permettra à notre établissement d’engager la mutation progressive de nos formations qui intègreront des modules d’apprentissage numérique dans toutes les licences, de connecter plus fortement les sciences humaines et sociales à la nouvelle économie de la connaissance et ce faisant, de donner à nos étudiants davantage d’atouts dans leur vie professionnelle.”

    Incroyable ! Paul-Valéry a obtenu plein d’argent pour faire évoluer les formations et faire réussir les étudiant.e.s ! Qui pourrait être contre un tel projet, dont le dossier d’expertise du Bâtiment Nexus de septembre 2019 nous dit que “par ses aspects modernes et innovants, il inscrit l’Université dans la dynamique du XXIième siècle” ?

    Lorsqu’on lit ce même dossier d’expertise, la présentation d’ensemble du projet peut toutefois faire naître des premières inquiétudes, puisqu’il s’agirait de “construire grâce à une spécialisation et à une professionnalisation progressives, à une architecture modulaire et à un accompagnement des étudiants tout au long de leur cursus, des parcours plus flexibles et plus individualisés” et que “Les projets sélectionnés [à l’instar de Nexus] prévoient des actions structurantes, susceptibles de faire l’objet d’un déploiement à grande échelle”.

    En français dans le texte, qu’est-ce que ça veut dire ? Cela veut dire que Nexus organise :

    le démantèlement de l’offre de formation à Paul-Valéry, éclatée en une multitude de modules ;
    la numérisation de l’ensemble de l’offre de formation, l’intégration de modules d’apprentissage numériques dans toutes les licences ne constituant que la première phase du déploiement de Nexus

    L’enseignement à distance (EAD) n’est pas une chose nouvelle à Paul-Valéry, comme le rappelle le dossier d’expertise du projet Nexus :

    “L’UPVM offre un enseignement à distance depuis sa création en 1970. Elle est désormais la première université française pour l’offre de formations complètes à distance (L, M, D) : 10 licences complètes, 1 licence pro, 18 master 1, 22 master 2, 1 Ecole Doctorale (35 mentions), 3 DU, le DAEU A. Les effectifs se sont très fortement accrus depuis une dizaine d’années : 670 étudiants en 2008-2009, 1893 étudiants en 2016-2017 (soit près de 10% de nos étudiants).”

    Toutefois, il est essentiel de distinguer entre l’EAD conçu comme la possibilité de donner accès à l’université à des personnes qui en seraient sinon exclues par des obstacles matériels insurmontables, et l’entreprise généralisée de numérisation des enseignements, guidée par l’austérité et une croyance millénariste dans le caractère inévitable de l’invasion numérique de l’ensemble de nos vies.

    Ne nous contentons pas, toutefois, de cette présentation générale, et allons voir dans le détail ce que le projet Nexus nous prépare. Dans les documents de présentation de Nexus, ce dernier est caractérisé par les actions suivantes :

    création de modules d’apprentissages (les « Briques ») centrés sur les Humanités numériques ;
    labellisation des licences afin d’offrir une meilleure visibilité des parcours professionnels des étudiants ;
    modularité des rythmes d’apprentissage ;
    mise en place d’un tiers lieu, « La Fabrique » ;
    accompagnement et orientation des étudiants

    Création de modules d’apprentissages (les « Briques ») centrés sur les Humanités numériques

    “Les Briques d’Humanités Numériques sont des modules de formation à distance, interdisciplinaires (cadre commun des 10 premières briques) et disciplinaires (10 briques suivantes), bâties sur des sujets propres aux humanités dans leurs liens aux mutations digitales de la société.”

    “Chaque brique […] (Fig. 1) vaut pour 36h d’EQTD et se compose de 9 chapitres thématiques évolutifs, subdivisés en quatre niveaux d’alvéoles (± 1h) de contenu progressif (bases, développement, approfondissement, prolongement) [cf. Fig. 2].”

    “Elles sont conçues par des équipes-projets interdisciplinaires qui font dialoguer les approches LLASHS, au coeur du dispositif, avec les sciences de l’ingénieur, de l’informatique et du codage et, d’autre part, avec les applications industrielles du domaine (sous forme d’études de cas). Diverses activités d’application mettent en oeuvre les savoirs-faire exposés.”

    “Concrètement, les Briques se présentent sous la forme de modules de formation à distance interactifs et adaptables à la diversité des apprenants. Chacune de ces Briques vaudra pour 2 ECTS par semestre, soit 7% de la licence au total (ce pourcentage prenant uniquement en compte les Briques obligatoires ; les étudiants pourront accéder à des Briques supplémentaires grâce au label Humanités numériques).”

    “Les thématiques abordées dans les dix premières briques sont :

    Codage et langage
    Litteracies numériques

    Données et enquêtes

    Espaces digitaux

    Éthique et société connectée

    Intelligences Artificielles

    Industries numériques
    Interfaces humain / machine
    Information et attention
    Art et cultures digitales.”

    Dans un second temps, il est prévu de permettre la création de dix autres briques, plus spécialisées dans un domaine particulier des Humanités numériques (par exemple, philologie numérique, etc.) ou articulant deux à trois disciplines dans ce cadre.”

    “L’offre est en ligne et scénarisée pédagogiquement, ce qui évite la lourdeur organisationnelle des enseignements présentiels tout en autorisant souplesse et personnalisation. Les premières alvéoles de chaque chapitre seront ouvertes en libre accès (dans une double fonction citoyenne et de vitrine de nos LLASHS), les autres seront accessibles sur la base d’une inscription à l’université et feront l’objet d’une validation pédagogique.”

    Notre analyse

    L’argumentaire de présentation de Nexus en révèle immédiatement un enjeu décisif : lorsqu’il est dit que l’offre en ligne permet d’éviter la “lourdeur organisationnelle des enseignements présentiels”, il faut comprendre qu’elle permet d’éviter de recruter et de payer des enseignant.e.s pour assurer des enseignements en présentiel et garantir de bonnes conditions d’apprentissage, et qu’elle permet d’éviter de financer la construction de nouvelles salles de cours nécessaires à l’amélioration des conditions d’études.

    Avec Nexus, Paul-Valéry s’inscrit pleinement dans le programme du gouvernement actuel pour l’Enseignement supérieur et la recherche : plutôt que d’accorder aux universités publiques une dotation budgétaire leur permettant d’assurer une formation à la hauteur des besoins des étudiant.e.s, des dispositifs sont mis en place pour réduire le coût de la formation pour le budget de l’État.
    Labellisation des licences

    “Dans l’offre de formation 2021, à partir de la L2, les labels proposent de donner de la visibilité aux enseignements existants pré-professionnalisant en regroupant ces enseignements sous 5 labels :

    Enseignement
    Académique / Recherche

    International
    Monde socio-économique
    Humanités Numériques”

    “A partir du semestre 3, chaque étudiant pourra ainsi choisir de rejoindre l’un des 5 Labels proposés dans chacune des licences, avec possibilité d’en changer jusqu’au semestre 4, selon son projet professionnel mûri au long de sa Licence 1. Les Labels permettront de valider chacun 4 ECTS par semestre soit 9% de la licence au total. Comme les Briques de formation en Humanités numériques, les labels sont un parfait exemple de mutualisation et d’hybridation des cours. Ces labels sont composés de troncs communs transversaux (proposés à l’ensemble des étudiants de l’université à l’identique) et de développements spécifiques à chaque discipline. La part de tronc commun est variable selon les labels : 20% pour les labels Enseignement et Académique (nourris par les spécialités disciplinaires), 50% pour le label International, 80% pour Entreprise et 100% pour Humanités numériques.”
    Modularité des rythmes d’apprentissage

    “Afin de faciliter le parcours de l’étudiant et sa personnalisation, Nexus permet l’inscription à l’UE en présentiel ou distanciel. L’objectif est de proposer, dans 10 ans, cette alternative pour 80% des cours de licence.”

    “Le projet Nexus souhaite permettre une plus grande flexibilité dans les modalités d’apprentissage. Actuellement, un étudiant se voit proposer une offre de formation exclusivement en EAD ou exclusivement en présentiel, sans possibilité de mixer les deux. Afin d’individualiser davantage son offre, Nexus prévoit le passage en EAD de l’ensemble de ses licences et une inscription à la carte : tout étudiant pourra choisir de s’inscrire en EAD ou en présentiel à chaque module d’enseignement. Cette hybridation des modes d’apprentissage permet de réussir en licence via : i) l’individualisation des emplois du temps « à la carte » rendant la formation adaptable au rythme de vie et disponibilités des apprenants : étudiant salarié, FTLV, étudiant en situation de handicap ou publics empêchés, étudiants à l’étranger ou éloignés une partie de l’année, etc. ; ii) l’individualisation des parcours : l’étudiant peut suivre plusieurs cursus à la fois (double licence) sans pâtir d’incompatibilité d’emplois du temps ; iii) l’individualisation des rythmes d’apprentissage : l’étudiant peut suivre par anticipation des cours en EAD (jusqu’à valider une licence en 2 ans) et compléter sa licence plus rapidement ou libérer du temps pour davantage de stages en fin de licence.”

    Notre analyse

    Tant d’attention portée au rythme de vie et aux disponibilités individuelles des “apprenants”, c’est vraiment touchant ! La numérisation est toutefois conçue comme une réponse aux besoins spécifiques des étudiant.e.s d’une université publique en Lettres, langues et sciences humaines et sociales, dont les conditions d’études sont effectivement affectées par la difficulté à financer leurs études. Plutôt que donner aux étudiant.e.s les conditions financières leur permettant de suivre leurs études dans de bonnes conditions, ce qui supposerait que la collectivité prenne ses responsabilités à l’égard de la jeunesse, Nexus propose aux étudiant.e.s de se contenter de cours en ligne.

    Sur la pertinence de ceux-ci, on se contentera de remarquer qu’une telle numérisation massive des cours n’est envisagée qu’à l’université publique, et certainement pas dans les classes préparatoires aux grandes écoles qui scolarisent les enfants des classes supérieures. La dépense par étudiant.e est, en France, 50% plus élevée pour un.e étudiant.e de CPGE que pour un.e étudiant.e de Licence : cela correspond aux heures beaucoup plus nombreuses d’enseignement (en présentiel) en CPGE, y compris individuellement ou en petits groupes.

    Ensuite, 80% des enseignements de Licence proposés également en distanciel d’ici 10 ans, cela veut dire 80% des enseignements qui pourront n’être plus proposés qu’en distanciel au prochain tour de vis de l’austérité, lorsque le gouvernement exigera que les universités réduisent plus fortement encore leur masse salariale.
    Accompagnement et orientation des étudiants

    “Un test de positionnement sera réalisé par l’ensemble des étudiants dès la cinquième semaine de Licence 1.”

    “Ce test, propre à chaque filière et dont les résultats seront traités de manière automatisée, permettra une meilleure appréhension des compétences, connaissances et sentiment d’auto-efficacité de chaque étudiant. Il sera réalisé en partenariat avec les enseignants pour déterminer quelles compétences évaluer et à quels profils proposer la remédiation. Selon les résultats du test, des réunions collectives et entretiens individuels seront proposés aux étudiants. Ils seront réalisés par les directeurs d’études (mis en place par la loi ORE du 8 mars 2018) et permettront de proposer à chaque étudiant un parcours adapté à sa situation. A la suite, chaque étudiant se verra proposer un parcours adapté à sa situation.”

    “L’offre de formation portée par Nexus a été construite de façon à faciliter l’accompagnement et l’orientation personnalisés des étudiants tout au long de leur cursus. Trois aspects sont essentiels de ce point de vue :

    l’orientation des étudiants néo-entrants dans la structure de la maquette Nexus, en particulier sur le choix de Labels à opérer par la suite
    le repérage des difficultés des étudiants afin de proposer des parcours individualisés (L1 en deux ans) ;
    la possibilité de réaliser le parcours de licence de manière accélérée pour les étudiants le souhaitant (à haut potentiel), par la déclinaison massive des formations permettant l’hybridation. [= possibilité de s’inscrire en distanciel]”

    Notre analyse

    A travers ce dispositif, Nexus s’inscrit complètement dans la continuité de la loi ORE, qui fait reposer les difficultés des étudiant.e.s à terminer leur Licence non pas sur la dégradation des conditions d’études, non pas sur la nécessité pour beaucoup de travailler à côté des études, non pas sur le fait que la L1 peut constituer un lieu d’attente d’une place dans une formation dite sélective, mais sur les seules faiblesses des étudiant.e.s : il serait donc urgent de les classer, dès la 5e semaine de L1, entre des étudiant.e.s en difficulté dont le parcours serait ralenti, et des étudiant.e.s “à haut potentiel” dont le parcours serait accéléré. Avec Nexus, la “modularité des rythmes d’apprentissage” est mise au service du classement des étudiant.e.s selon leur “potentiel”, qui vient remplacer les résultats obtenus aux examens comme déterminant du rythme de la formation.

    Mise en place d’un #tiers_lieu, « La Fabrique »

    “L’approche par compétences vise, conformément au processus de Bologne, à permettre une mise en valeur des formations et des diplômes non pas en fonction des contenus ou de la durée de la formation, mais selon les acquis des étudiants. En conséquence, elle suppose une mise en place de nouvelles conceptions des formations et des évaluations, et impose une clarté permettant la valorisation des diplômes par les professionnels.”

    “La nouvelle offre de formation sera aussi complétée par des dispositifs innovants de formation.

    Fabrique Nexus, un tiers-lieu pour la pédagogie par projet, en lien avec les entreprises (et notamment la French Tech) et le monde socio-économique (institutions, collectivités, associations…)
    L’Atelier, un service d’accompagnement à la transformation et à l’innovation dans l’enseignement et la recherche sera mis en place dès la rentrée 2018. L’ensemble des enseignants seront accompagnés pour permettre la mise en place de dispositifs de formation hybrides permettant la fluidité des apprentissages ;
    Archipel, une salle d’expérimentation pédagogique, préfigurant le Learning center d’Atrium (2020) sera également en place dès la rentrée 2018.”

    “Le projet Nexus requiert des ingénieurs pédagogiques, des développeurs, des espaces d’innovation qui doivent être gérés, mais aussi des responsables financiers, des porteurs de projets, etc. Il doit être arrimé à un environnement institutionnel et administratif à la fois flexible et de proximité : flexible, parce que les personnes qui accompagnent l’innovation sont financées sur des missions spécifiques et temporaires qui nécessitent un accompagnement particulier ; de proximité parce que les enseignants-chercheurs ont besoin de trouver le soutien, en amont comme en aval, de leurs projets, en ayant identifié clairement les lieux et les personnes idoines.”

    Notre analyse

    Le massacre des formations continue, puisqu’il s’agit de structurer celles-ci non plus en fonction de contenus d’enseignement ou de progression pédagogique pensée comme un ensemble d’étapes, mais en termes de compétences. Cela veut dire qu’au lieu d’évaluer des productions/réalisations des étudiant.e.s, ce sont les étudiant.e.s elles-mêmes et eux-mêmes qui sont évalué.e.s pour identifier leur acquisition de compétences.

    Cette nouvelle conception de l’enseignement semble nécessiter, aux yeux de nos dirigeant.e.s éclairé.e.s, la construction d’un bâtiment de prestige, dont le dossier d’expertise précise qu’il sera équipé d’un “showroom”, d’une “salle de créativité”, d’un “grand écran de téléprésence”, ou encore de “murs inscriptibles”. C’est probablement plus important que d’équiper l’ensemble des salles de cours de tableaux vraiment fonctionnels et de systèmes multimédia : est-ce parce que le bâtiment Nexus accueillera “les entreprises et le monde socio-économique”, auxquelles la direction de l’université souhaite offrir des conditions d’accueil meilleures que celles des personnels et des étudiant.e.s ? C’est probablement aussi la raison pour laquelle l’accès à ce bâtiment sera sélectif/select, le dossier d’expertise précisant : “L’accès au bâtiment, puis à certains espaces spécifiques, seront réservés aux porteurs de projets en lien avec les humanités numériques et à leurs partenaires suivant un système de contrôle d’accès avec demande en ligne et autorisation d’accès pour une période déterminée.”

    Nexus, c’est toutefois le prestige au moindre coût, puisqu’il est bien rappelé que “les personnes qui accompagnent l’innovation sont financées sur des missions spécifiques et temporaires” (= précaires), et que l’accueil du bâtiment Nexus sera assuré par un “agent virtuel / écran tactile”. C’est l’occasion de rappeler les gels et suspensions de postes systématiques dans notre université, justifiés notamment par la nécessité d’apporter les garanties budgétaires exigées par les financeurs des nouveaux bâtiments comme Nexus.

    Si Nexus est l’avenir de l’université publique, nous ne sommes pas pressés d’y être !
    Contextualisation
    Numérisation : l’illusion du progrès

    La numérisation des formations prévue par le projet Nexus est présentée comme un outil au service de la réussite étudiante et comme une réponse à la “digitalisation” de l’économie. Il semble utile de rappeler plusieurs choses concernant la numérisation :

    la numérisation n’est pas une dématérialisation écologiquement vertueuse, mais repose sur le déploiement d’une infrastructure (serveurs, réseaux, ordinateurs, etc) consommatrice de ressources produites par les industries d’extraction et d’électricité ;
    la numérisation n’est pas un processus inévitable, mais le résultat de choix politiques visant à l’économie de moyens dans les processus de production (automatisation) et dans la délivrance de services (numérisation des impôts, etc), qui renforcent la précarisation dans l’ensemble des secteurs affectés ;
    la numérisation n’est pas, par elle-même, source de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur : elle nécessite des ressources matérielles (connexion internet, ordinateur) dont l’ensemble des étudiant.e.s (et de celles et ceux qui souhaitent le devenir) ne disposent pas, et de compétences numériques qui sont inégalement distribuées, si bien qu’elle est susceptible de renforcer les inégalités sociales dans l’accès aux études et la réussite dans celles-ci.

    Logique d’austérité

    La suppression de la treizième semaine du semestre sur le calendrier universitaire correspond à la perte de six semaines sur une licence, soit environ un douzième de la formation.

    Pour justifier cette suppression, la Présidence de l’Université plaide le manque de budget. En effet, cela fait des années que les dotations de l’état n’augmentent pas ou peu, alors que le nombre d’étudiant-e-s ne cesse de croître, d’environ 2,5% chaque années. Le résultat de cela est la stagnation, voire la réduction du nombre de places dans les Universités, ainsi que le non-recrutement de nouveaux-elles enseignant-e-s.

    Face à ce manque d’investissements, le gouvernement a une parade toute trouvée : Il investit en fin de compte dans l’ESR, mais passe par des appels à projets. Ceux-ci ont un effet pervers : d’une part, ils accentuent les inégalités entre établissements, d’autre part, ils incitent fortement les universités à mettre en œuvre la politique du gouvernement pour décrocher ces financements.

    Ceci est une des conséquences de la LRU de 2007 (Loi Relative aux libertés et responsabilités des Université) qui confie la gestion de leur budget aux Universités, c’est à dire que comme le feraient des chefs d’entreprise, les Présidents des Universités gèrent leur masses salariales et leur patrimoine immobilier.

    C’est notamment dans cette logique d’austérité que le projet Nexus est défavorable, à la fois aux enseignant-es mais aussi aux étudiant-es. En effet, numériser toujours plus d’enseignements (Jusqu’à 80% prévu en 2028), revient forcément à réduire la masse salariale enseignante, dans un premier temps par la réduction du nombre de vacataires et dans un second temps par une accélération probable du non-remplacement des départs à la retraite. Dans un troisième temps, on peut tout à fait imaginer un plan de départs volontaires, comme le permet désormais la Loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique.
    Le Projet Nexus, droit dans la logique du plan étudiant

    – Réduction de la part de l’enseignement

    L’article 8 de la loi ORE supprime le minimum de 1500 heures de cours en présentiel, c’est à dire que ces 1500 heures pourront maintenant compter des heures de travail en autonomie, de stage, de projet etc. C’est l’aboutissement du Processus de Bologne, à savoir qu’une licence en vient à être définie par l’obtention de 180 ECTS – des crédits dont la modalité d’accumulation importe peu. Cela explique la liberté de plus en plus grande laissée aux établissements quant à la manière dont ces crédits sont obtenus (forme des cours, nombre d’heure de cours, voire pas de cours du tout)… Ce qui laisse la place à des dérives mettant en jeu la valeur du diplôme.

    – Individualisation des parcours : L1 en 2 ans ; Licence accélérée

    L’arrêté licence, complétant la loi ORE, permet la personnalisation des parcours par le contrat pédagogique. Ce contrat pédagogique, qui prend en compte le profil des étudiant-e-s, énonce des “engagements réciproques” entre l’étudiant-e et l’Université mais n’a aucune portée juridique. L’objectif est clairement de concilier le caractère national du diplôme et la mise en place de parcours personnalisés. Le cadre national du diplôme est affaibli lorsque la Licence est est définie principalement par l’acquisition des 180 ECTS, et plus par un nombre d’heures définies.

    Il est dit très clairement que le projet Nexus “s’inscrit dans [la réforme de la loi ORE]. Ainsi, dans la même lignée que cette loi, il propose “la possibilité de réaliser le parcours de licence de manière accélérée”. Il prévoit que les étudiant-e-s passeront un “test de positionnement” dès la cinquième semaine de cours de licence 1. Ces tests permettront de proposer aux étudiant-e-s de passer leur licence en deux ans. L’instauration de cette individualisation des parcours crée une inégalité entre détenteurs du même diplôme.
    Recomposition de l’ESR : une université à deux vitesses

    Le mode de gestion du secteur de l’ESR par le ministère, qui combine austérité budgétaire et inégalité de traitement par l’attribution d’appels à projets, met en concurrence l’ensemble des établissements pour donner la priorité aux quelques rares universités susceptibles d’être concurrentielles à l’échelle internationale.

    Le projet Nexus répond d’ailleurs à l’appel à projets “ANR PIA NCU”, inscrit dans le PIA 3 (Programme d’Investissement d’Avenir), dans lequel le gouvernement a insufflé 700 millions d’euros. Le but est de renforcer leur “stratégies d’excellence” sur les plans de la recherche et de la formation, au travers de “programmes de grande ampleur, à vocation fortement structurante et se déployant dans la durée”. Ceci participe à faire émerger quelques universités d’élite au détriment des autres. Face à cela, nous revendiquons la fin des financements des appels à projets ainsi qu’un investissement massif dans toute les universités selon leur besoin.

    https://solidairesetudiants34.wordpress.com/2019/11/12/defendons-nos-formations-projet-nexus-13eme-semaine

    #ESR #université #France #Nexus #calendrier_universitaire #enseignement #précarisation #précaires #numérisation #numérique #évaluation #contrôles_continus #apprentissage_numérique #nouvelle_économie_de_la_connaissance #it_has_begun #flexibilité #flexibilisation #individualisation #enseignement_à_distance #EAD #austérité #humanités_numériques #souplesse #budget #coût_de_la_formation #loi_ORE #tiers-lieu #French_Tech #innovation #transformation #hybridation #expérimentation_pédagogique #pédagogie #innovation #compétences #créativité #showroom #bâtiment_Nexus

  • Bac : Un pas de plus dans l’inacceptable
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/02/04022020Article637163983199660629.aspx
    Et si vous n’êtes pas contents, vous pouvez toujours essayer la dictature.

    N’oubliez pas de mettre une couverture et un slip propre dans le cartable de votre enfant qui part au lycée. Il pourrait rentrer très tard et en avoir besoin. Avec les deux journées de garde à vue pour aucune poursuite infligée aux lycéens parisiens de 16 ans, on pensait avoir atteint le maximum de la répression contre les lycéens mobilisés contre la réforme du bac. La journée du 3 février nous détrompe : on en est maintenant à l’arrestation préventive avant tout blocage. La fuite des responsabilités a elle aussi progressé.

    • Has Trump committed vastly more serious crimes? That is hardly debatable. What might be debatable is whether he is indeed the most dangerous criminal in human history (which happens to be my personal view). Hitler had been perhaps the leading candidate for this honor. His goal was to rid the German-run world of Jews, Roma, homosexuals and other “deviants,” along with tens of millions of Slav “Untermenschen.” But Hitler was not dedicated with fervor to destroying the prospects of organized human life on Earth in the not-distant future (along with millions of other species).

      Trump is. And those who think he doesn’t know what he’s doing haven’t been looking closely.

      #it_has_begun

  • Nous manquons tellement d’audace…
    Aurélien Barrau, Libération, le 26 décembre 2019
    https://www.liberation.fr/debats/2019/12/26/nous-manquons-tellement-d-audace_1771120

    Je sais qu’il est de coutume ici de critiquer #Aurélien_Barrau, mais je met quand même cette tribune pour archive, et dès que j’aurai un peu de temps, je l’ajouterai à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • #Brutalisme de l’#anthropocène
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/la-suite-dans-les-idees-emission-du-samedi-25-janvier-2020

    En 2000, j’ai écrit un livre, La Postcolonie, qui s’efforçait de penser la persistance de la #tyrannie. Mais j’ai pu réviser ma posture de départ : ce que je croyais être spécifique à l’#Afrique, en fait est partagé de façon assez diverse ici ou là. Et j’ai fini par comprendre que l’Afrique était un #laboratoire, parmi plusieurs autres, de ce qui se passait dans le monde aujourd’hui.