• Nous ne demandons rien à l’État, nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie
    Acta, Cerveaux non disponibles, Comité Adama, Comité de libération et d’autonomie queer, Deep Green Resistance IDF, Désobéissance écolo Paris, Eodra, des membres d’Extinction Rebellion France, Gilets jaunes Argenteuil, Gilets jaunes Place des fêtes, Gilets jaunes Rungis IDF, Plate-forme d’enquêtes militantes, collectif Peuple révolté, Radiaction, Youth for Climate IDF
    Reporterre, le 3 octobre 2019
    https://reporterre.net/Nous-ne-demandons-rien-a-l-Etat-nous-voulons-tout-reprendre-la-joie-la-l

    À la colère contre la catastrophe écologique, humaine et sociale en cours, le pouvoir ne propose que des « mesurettes », expliquent les auteurs de cette tribune. Qui, déterminés à changer le système, occuperont le 5 octobre « un lieu emblématique du système pour le transformer en maison du peuple ».

    Nous, #écologistes, #Gilets_jaunes, #Gilets_noirs, jeunes, habitant.e.s des banlieues, militant.e.s de tous bords avons manifesté, signé des pétitions, fait la grève, dialogué avec les dirigeants pour les alerter de la catastrophe écologique, humaine et sociale en cours.

    Loin d’entendre notre colère légitime, le pouvoir réprime nos mobilisations et convoque des simulacres de « participations citoyennes » : « grand débat », « convention citoyenne sur le climat », etc. Ces dispositifs ne proposent que des mesurettes ou des promesses lointaines et jamais tenues. Ils ne servent qu’à lui faire gagner du temps. L’écologie, dans sa conception étatique et libérale, trace alors une frontière entre les riches et les pauvres. Elle culpabilise les « écocitoyen.ne.s », lance des projets de « transition écologique »… et tout devient prétexte à un productivisme opportunément devenu « vert ». Mais le capitalisme, responsable de la catastrophe que nous vivons, est irréformable.

    Nous avons donc décidé de résister autrement à la destruction généralisée et programmée du monde vivant. Samedi 5 octobre, nous occuperons un lieu emblématique du système pour le transformer en maison du peuple. À la suite des retrouvailles entre mouvements sociaux et écolos le 21 septembre, nous ferons entendre nos voix, riches car plurielles. Nous affirmerons notre détermination à changer de modèle sociétal et économique. Nous construirons les prémices d’un monde respectueux des êtres vivants, humains et non humains.

    Car l’anéantissement du vivant est le symptôme terminal d’un système fondé sur la domination. Le modèle économique et social actuel creuse les inégalités entre les classes dominantes et les classes populaires. Sous couvert de rationalité et d’efficacité, le néolibéralisme grignote progressivement les acquis sociaux. De nombreuses travailleuses et travailleurs connaissent une précarisation croissante de leurs conditions de travail. Mais surtout, il nous est imposé de travailler toujours plus sans questionner l’impact néfaste que celui-ci peut avoir sur nos vies et sur la nature.

    Plus largement, le ravage causé au vivant a pour racine une idéologie occidentale selon laquelle l’autre n’est que territoire à conquérir, ressource à exploiter, trophée à exposer. Les femmes, résistant à l’infériorisation qui leur est faite depuis des siècles, en sont parmi les premières victimes. Les sujets échappant au modèle reproductif hétérosexuel et cisgenre, catégorisés comme « contre nature » ou déviants, sont également tantôt exclu.e.s, dominé.e.s ou « corrigé.e.s » afin de pouvoir être exploité.e.s à leur tour.

    Historiquement, s’accaparer les terres, détruire les écosystèmes et nier l’humanité des esclaves et des populations colonisées a été le triptyque sur lequel le développement de ce système s’est appuyé. Aujourd’hui, cette logique prédatrice et raciste se retrouve partout, qu’elle soit soutenue par des régimes politiques nationalistes ou néolibéraux. Dans le cynisme le plus total, elle est à l’origine de guerres néocoloniales et provoque l’exil de millions de personnes pour des raisons politiques, économiques et climatiques tout en cadenassant les frontières.

    Malgré tout cela, le capitalisme possède un double pouvoir d’attraction : son imaginaire économique de frustration-consommation et sa capacité inouïe à l’échelle de l’histoire à rendre chacun.e d’entre nous captif sur le plan de la vie matérielle. Nous sommes baigné.e.s depuis notre naissance dans un imaginaire où le bonheur se trouve dans l’accumulation de biens matériels. La nature productiviste du capitalisme, son dogme de la croissance, ont enfanté une vie toxique et aliénante. Plus intimement, le capitalisme a su pénétrer notre quotidien, coloniser nos systèmes de pensée et étendre son pouvoir sur nos corps et l’ensemble des milieux vivants. Chacun.e de nous est pris en otage par cette mégamachine qui martèle son discours dominant au travers des institutions étatiques, de la publicité et des médias.

    Toutes celles et ceux qui résistent à ce pouvoir de séduction-aliénation connaissent une répression féroce.

    Mais l’autoritarisme qui se généralise aujourd’hui est la norme depuis des décennies dans les quartiers populaires, avec plusieurs centaines de morts entre les mains de la police dans une impunité judiciaire systémique. L’État n’a eu de cesse de mettre en place des mesures d’exception sécuritaires dans les quartiers populaires contre toute forme de révolte. Les Gilets jaunes, les Zad et les mouvements écologistes voient désormais l’extension de la répression policière avec les mêmes outils permettant le maintien du pouvoir d’une élite face aux contestations. Cette répression est le seul outil derrière lequel l’État peut se cacher. Elle révèle son rôle d’armée d’occupation de sa propre population.

    À tout cela, nous opposerons notre détermination à construire ensemble. Ce que nous allons chercher, c’est d’autres manières d’être heureuses et heureux et redonner de la profondeur à nos existences, sans dévaster le monde vivant.

    Ces derniers mois, les Gilets jaunes ont déclenché une vaste envie de reprendre démocratiquement nos vies en main : assemblées populaires, démocratie directe, solidarité, autoorganisation, sont des mots dont la population s’est ressaisie, des pratiques qui ont redonné un élan considérable pour affronter la suite. Que ce soit au Chiapas ou dans le Rojava, en Égypte ou à Hong Kong, au Brésil, en Russie ou en Grèce, les luttes populaires continuent à rappeler que la révolte doit être internationale et internationaliste pour pouvoir réellement bouleverser le cours des choses. Ainsi, nous ne demandons rien à l’État, car nous n’attendons rien de lui.

    Nous ne demandons rien mais nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie. Nous appelons chacun.e à s’organiser collectivement pour reprendre du pouvoir, à entrer en résistance, à faire front commun. C’est dans l’intensité de nos luttes que fleuriront des mondes désirables.

    #Résistance

    Je l’ajouterai aussi bientôt à la troisième compilation #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène #USA :
    https://seenthis.net/messages/680147

  • #Greta_Thunberg : Si les dirigeants du monde choisissent de nous abandonner, ma génération ne leur pardonnera jamais.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/24/si-les-dirigeants-du-monde-choisissent-de-nous-abandonner-ma-gene

    Vous dites que vous nous « entendez » et que vous comprenez l’urgence. Mais peu importe à quel point je suis triste et en colère, je ne veux pas vous croire. Parce que si vous compreniez entièrement la situation et que vous continuiez à ne pas agir, alors vous seriez méchants. Et cela, je refuse de le croire.

    L’idée populaire de réduire nos émissions de moitié en 10 ans ne nous donne que 50% de chances de demeurer en dessous d’un réchauffement de 1,5°C, et du risque de déclencher des réactions en chaîne irréversibles hors du contrôle humain.

    Vous trouvez peut-être acceptable ce pourcentage de 50%. Mais ces chiffres n’incluent pas les points de basculement, la plupart des boucles de rétroaction, le réchauffement additionnel masqué par la pollution atmosphérique toxique ou les enjeux de justice et d’équité. Ces chiffres comptent aussi sur ma génération et celle de mes enfants pour aspirer hors de l’atmosphère des centaines de milliards de tonnes de votre CO2 avec des technologies qui existent à peine. Voilà pourquoi un risque de 50 % n’est tout simplement pas acceptable pour nous – nous qui devons vivre avec ses conséquences.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.youtube.com/watch?v=TMrtLsQbaok


    #urgence_climatique

  • If world leaders choose to fail us, my generation will never forgive them

    We are in the middle of a climate breakdown, and all they can talk about is money and fairytales of eternal economic growth.

    This is all wrong. I shouldn’t be standing here. I should be back in school on the other side of the ocean. Yet you all come to me for hope? How dare you! You have stolen my dreams and my childhood with your empty words. And yet I’m one of the lucky ones. People are suffering. People are dying. Entire ecosystems are collapsing. We are in the beginning of a mass extinction. And all you can talk about is money and fairytales of eternal economic growth. How dare you!

    For more than 30 years the science has been crystal clear. How dare you continue to look away, and come here saying that you are doing enough, when the politics and solutions needed are still nowhere in sight.

    You say you “hear” us and that you understand the urgency. But no matter how sad and angry I am, I don’t want to believe that. Because if you fully understood the situation and still kept on failing to act, then you would be evil. And I refuse to believe that.

    The popular idea of cutting our emissions in half in 10 years only gives us a 50% chance of staying below 1.5C degrees, and the risk of setting off irreversible chain reactions beyond human control.

    Maybe 50% is acceptable to you. But those numbers don’t include tipping points, most feedback loops, additional warming hidden by toxic air pollution or the aspects of justice and equity. They also rely on my and my children’s generation sucking hundreds of billions of tonnes of your CO2 out of the air with technologies that barely exist. So a 50% risk is simply not acceptable to us – we who have to live with the consequences.

    To have a 67% chance of staying below a 1.5C global temperature rise – the best odds given by the Intergovernmental Panel on Climate Change – the world had 420 gigatonnes of carbon dioxide left to emit back on 1 January 2018. Today that figure is already down to less than 350 gigatonnes. How dare you pretend that this can be solved with business-as-usual and some technical solutions. With today’s emissions levels, that remaining CO2 budget will be entirely gone in less than eight and a half years.

    There will not be any solutions or plans presented in line with these figures today. Because these numbers are too uncomfortable. And you are still not mature enough to tell it like it is.

    You are failing us. But the young people are starting to understand your betrayal. The eyes of all future generations are upon you. And if you choose to fail us I say we will never forgive you. We will not let you get away with this. Right here, right now is where we draw the line. The world is waking up. And change is coming, whether you like it or not.

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/sep/23/world-leaders-generation-climate-breakdown-greta-thunberg
    #Greta_Thunberg #climat #jeunesse #résistance #croissance #croissance_économique #espoir #discours #collapsologie #effondrement #nouvelle_génération #accusation #responsabilité #technicisme #action

    ping @reka

    • Environnement.À l’ONU, Greta Thunberg s’en prend aux leaders du monde

      Conviée à New York pour s’exprimer lors d’un sommet spécial des Nations unies sur la question du climat, la jeune activiste suédoise s’est lancée dans une allocution enflammée.

      Les paroles utilisées sont fortes et l’image qui les accompagne est tout aussi poignante. Lundi 23 septembre, lors du sommet sur l’urgence climatique organisée par les Nations unies, Greta Thunberg s’est attaquée une nouvelle fois aux leaders du monde, coupables de ne pas en faire suffisamment face aux bouleversements climatiques en cours.

      Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. […] Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Les gens souffrent, les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent. Comment osez-vous ? Comment osez-vous regarder ailleurs et venir ici en prétendant que vous en faites assez ? […] Vous dites que vous nous entendez et que vous comprenez l’urgence, mais je ne veux pas le croire.”

      La jeune Suédoise a prononcé ces phrases le visage rempli d’émotion et presque en larmes, comme on peut le voir sur les images de cette vidéo relayée par le quotidien britannique The Guardian :

      https://www.youtube.com/watch?v=TMrtLsQbaok

      Hier, le 22 septembre, la veille de cette allocution de Greta Thunberg aux Nations unies, le journal suédois Svenska Dagbladet avait également épinglé le comportement des responsables de la planète en faisant aussi référence aux nombreuses manifestations pour le climat organisées par des jeunes activistes ces deux derniers jours.

      “Pour les hommes politiques et les entreprises, cela a une grande valeur en matière de relations publiques d’être associés à des jeunes représentant l’espoir pour l’avenir […], mais il y a quelque chose dans les cris de soutien joyeux qui néglige le sérieux du message de ces jeunes”, pointe le journal qui ajoute :

      “Les adultes utilisent des clichés quand ils parlent de la prochaine génération […]. Mais ils deviennent rarement sérieux et ne mènent pas de dialogue réel avec ceux qui, un jour, prendront le relais. Seuls ceux qui ont vraiment le pouvoir peuvent décider du monde qu’ils laissent derrière eux.”

      https://www.courrierinternational.com/article/environnement-lonu-greta-thunberg-sen-prend-aux-leaders-du-mo

      #this_is_all_wrong

    • Women and non-binary people of colour on what the Global Climate Strike means to them

      Today, millions of people across the world mobilised for the Global Climate Strike, calling on their governments to start enacting solutions to climate breakdown.

      Here in the UK, the environmental movement has a whiteness problem. People of colour will be the first to be affected by climate change, but they’re the voices we seem to hear from the least on this matter. The face of the climate movement has seemingly become the white middle-class because they have the privilege of being able to take time off work for these protests, the money to significantly change their lifestyles to be more eco-friendly and the security of being able to trust the police.

      With that in mind, I headed out to Westminster to join the protests and talk to women and non-binary people of colour about why they came out today and what organisers could be doing to better include people colour.


      https://gal-dem.com/women-and-non-binary-people-of-colour-on-what-the-global-climate-strike-mea

    • On environmentalism, whiteness and activist superstars

      After a powerful and emotional speech at the climate summit in New York, climate activist Greta Thunberg’s profile is bigger than ever, as if that were even possible. Founder of the school strike movement, it feels that Greta has played a huge part in galvanising an incredibly cohesive and urgent movement for climate justice in the short period of one year. I am also personally a huge admirer of hers, and am particularly heartened by the way she has discussed disability in the spotlight. But in the past few days, I’ve seen a number of people, notably artist and activist Bree Newsome Bass, discussing Greta’s whiteness in relation to size of her platform.

      In some ways this is an important point – activists of colour like Mari Copeny a.k.a. Little Miss Flint, who has been raising awareness and funds for the water crisis since she was eight, have received far less attention for their activism. But I’m less interested in this criticism levelled towards Greta as a person – she is a 16-year-old, autistic girl who has endured a lot of ableism and misogyny in her time in the public eye. Instead, I think it’s important that we think about the structures that consistently centre whiteness, and white individuals, both within coverage of the climate crisis and outside of it. It is this that speaks to a larger problem of white supremacy and an obsession with individuals in the media.

      We know that under white supremacism, both the media and its audiences disproportionately spotlight and uplift whiteness. And as we saw most recently in criticisms of Extinction Rebellion, the climate justice movement certainly isn’t exempt from reducing people of colour to an afterthought. This feels all the more frustrating when the issue of climate justice disproportionately affects indigenous communities and people of colour, and has rightly led many people of colour to ask: will white people only pay attention to the climate catastrophe when it’s other white people delivering the message? This doesn’t mean we should pay less attention towards Greta on the basis of her whiteness, but instead we should criticise the white supremacist climate that means that activists like Mari Copeny get sidelined.

      “The media prefers individual ‘star’ activists to faceless movements. But this complicates representation”

      Part of this problem also lies in the issue of fame in and of itself. To a certain extent, we buy into the cult of the individual when we inject 16-year-old activists into the realm of celebrity, when they really came to tell us to take action. The media prefers individual “star” activists to faceless movements. But this complicates representation – it’s impossible for one person to truly represent everyone. Equally, when we suggest swapping out one activist for another (e.g. swapping a white autistic woman for say, a black neurotypical man), we buy into a mindset that insists there is only space for one person to speak.

      This focus on the individual is evident in conversations around Greta’s work; each time she makes a speech, pens an article or crafts a viral Instagram post, it feels as though around 50% of the aftermath involves discussion of the climate issues she’s talking about – while the other 50% is usually about Greta herself. This is also why the pressure and criticism directed towards her sometimes feels unfair – it’s worth considering that Greta didn’t ask to be a celebrity, we made her into one. We can address and deconstruct this problem by thinking beyond individuals – and also talking about movements, community groups and even our most abstract modes of thinking about the climate crisis (particularly with regards to decolonisation). This will naturally involve making much-needed space for the voices of people of colour. Although we may always seek leaders and figureheads for movements, an obsession with star power can only take us so far.

      The first and most obvious thing we should do is to remain aware of the ways in which the media, and viewers who participate in it, centre whiteness. Then we should resist it. This doesn’t mean attacking white activists who are doing good work, but instead spotlighting and uplifting activists of colour whose messages equally need to be heard. A good place to start would be reading and listening to the words of Artemisa Xakriabá, Helena Gualinga, Mari Copeny and Isra Hirsi. When we bring focus towards activists of colour, we prove that activism isn’t a project that has only limited space for a certain number of voices. It reduces the amount of misogynistic and ableist abuse that young activists like Greta face, whilst in turn tackling the issue of putting whiteness on a pedestal. Importantly, this goes hand-in-hand with pushing against the media’s constant need to position individual people as the monolithic faces of particular movements. Signal-boosting groups like Black Lives Matter, Wretched of the Earth, Indigenous Environmental Network, Grassroots Global Justice Alliance and Climate Justice Alliance also emphasises the importance of collective work. After all – the issue of the climate operates along so many axes of oppression, including racism, misogyny, ableism and class – so we need more marginalised voices than ever involved in the conversation.

      http://gal-dem.com/on-individualism-whiteness-and-activist-superstars

      #blancs #noirs #activisme #activisme_climatique

    • La haine contre Greta : voici ceux, avec nom et adresse, qui la financent !

      Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg. En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisisse d’attaquer ce qu’elle appelle « le mythe du changement climatique » et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au-delà !

      À la tête de la campagne contre Greta, ponctuée de centaines de textes et de photomontages souvent très vulgaires, il y a trois des plus importants partis européens d’extrême droite : Le Rassemblement National français, le #AFD allemand et l’#UKIP britannique. Et derrière ces partis d’extrême droite et de leur campagne abjecte, deux think-tanks climato-sceptiques conservateurs, le #EIKE (Institut Européen pour le Climat et l’Énergie) et le #CFACT-Europe (Comité pour un Lendemain Créatif), lesquels soutiennent de manière multiforme, et pas seulement avec des « arguments » et des conférences, la négation de la catastrophe climatique par l’extrême droite.

      L’Institut #EIKE, de la bouche de son vice-président, nie évidemment d’avoir le moindre rapport avec AFD, bien que ce vice-président du nom de #Michael_Limburg ait été récemment candidat de ce même... AFD ! Il faut dire que EIKE qui, ensemble avec AFD, a pu organiser des journées climato-sceptique même... à l’intérieur du Parlement allemand, est sorti de l’anonymat grâce à la conférence annuelle qu’il organise depuis des années avec un certain succès, puisqu’elle a pu influencer l’attitude de l’Union européenne au sujet du changement climatique. Cependant, c’est exactement cette conférence annuelle de EIKE qui est coorganisée par deux organisations américaines : Le CFACT-US, lequel finance évidemment sa filiale européenne du même nom. Et surtout, l’#Institut_Heartland, lequel, selon The Economist, « est le think-tank mondialement le plus connu parmi ceux qui défendent le scepticisme au sujet du changement climatique dû à l’homme ».

      C’est exactement à ce moment que les enquêtes et les révélations du Institute of Strategic Dialogue (ISD) britannique et de Greenpeace acquièrent une énorme importance politique car elles mettent en lumière les forces économiques qui sont derrière ceux qui nient la catastrophe climatique, mais aussi derrière le « phénomène » d’une extrême droite européenne (et mondiale) qui monte en flèche. En effet, tant CFACT-US que l’Institut Heartland sont financés plus que généreusement par le très grand capital américain, par #ExxonMobil, la famille #Koch, deuxième plus riche famille nord-américaine qui domine – entre autres – dans le secteur du pétrole, la famille #Mercer qui est aussi un des principaux financeurs du président #Trump, ou même #Microsoft et #RJR_Tobacco ! Il faut noter que Heartland a des antécédents en tant que serviteur des visées inavouables du grand capital, puisqu’il fut jadis l’agent principal de la propagande des géants du tabac qui niaient le rapport existant entre le tabagisme et le cancer. Ce n’est pas donc surprenant qu’à cette époque son principal financeur fut... #Philip_Morris... [1]

      Mais, il ne faut pas croire que l’Institut Heartland est un simple “outil” indolore et incolore dépourvu de ses propres thèses et actions. De ce point de vue, le CV de son nouveau président #Tim_Huelskamp est très éloquent et didactique. Dirigeant du très conservateur #Tea_Party, #Huelskamp s’est distingué comme député (qu’il a été jusqu’à 2017) de l’aile la plus réactionnaire des Républicains et a toujours entretenu des liens étroits avec l’extrême droite américaine. Il est aussi à noter que de tous les députés américains, c’est lui qui, pendant très longtemps, a reçu les plus grandes sommes d’argent de la part des compagnies de combustibles fossiles, et qu’il les a « remerciés » en votant toujours contre toute tentative de légiférer contre leurs intérêts...

      Grâce à un document interne de Heartland, qui a fuité, on a pu apprendre – et en détail – non seulement l’étendue de son financement par le très grand capital (plusieurs millions de dollars), mais aussi l’ « investissement » de ces sommes dans un large éventail d’activités qui vont du paiement des « salaires » à des bloggeurs qui influencent l’opinion publique et des « scientifiques » qui parcourent le monde niant la catastrophe climatique, à l’écriture et la publication du matériel propagandiste qui cible les écoles et leurs élèves. Par exemple, le groupe de « scientifiques » chargé de « contredire » les conclusions des travaux du Groupe d’Experts Intergouvernemental... coûte 300 000 dollars par an, tandis que la propagation de la thèse qui veut que « la question du changement climatique soit controversée et incertaine »... dans les écoles primaires leur coûte 100 000 dollars !

      Nous voici donc devant la révélation d’une réalité qui jette quelque lumière sur quelques-uns des grands « mystères » de notre époque. Tout d’abord, l’extrême droite européenne ou tout au moins quelques-uns de ses poids lourds, entretiennent des liens étroits – s’ils ne sont pas dépendants – avec un centre/état-major politique et économique qui se trouve aux États-Unis, et plus précisément à la Maison Blanche et aux financeurs et autres soutiens du président Trump [2] ! Ensuite, ce n’est pas aussi un hasard que cette « internationale brune » semble être arrivée à la conclusion que la question de la catastrophe climatique et plus précisément, le – plus en plus ample et radical – mouvement de jeunes qui luttent contre elle représentent la plus grande menace pour ses intérêts et pour la domination du système capitaliste dans les années à venir. Et enfin, ce n’est pas également un hasard si cette « internationale brune » et plus précisément sa « section » européenne concentrent aujourd’hui en toute priorité leur attaques sur la personne de Greta Thunberg, l’incontestable égérie, théoricienne et en même temps coordinatrice des mobilisations de jeunes presque partout en Europe et au-delà.

      Voici donc comment se présente actuellement le rapport de l’extrême droite avec le grand capital. Non pas de façon abstraite et dogmatique, mais concrètement, avec des financeurs et financés qui ont non seulement nom et adresse, mais aussi des intérêts tangibles et des « causes » à servir. Cependant, tout ce beau monde ne fait que son boulot. Si la gauche faisait le sien, la situation serait bien différente…

      http://www.cadtm.org/La-haine-contre-Greta-voici-ceux-avec-nom-et-adresse-qui-la-financent

  • #erreur #seenthis
    Quand jessaie de publier mes trouvailles sur Seenthis avec le bookmarklet j’obtiens systématiquement l’URL https://seenthis.net/#content=null_ et le résultat suivant :


    (capture d’écran)

    Ceci a commencé il y a des mois déjà avec Chromium . Depuis quelques jours mon Firefox (Quantum 66.0.3 (64-bit sous Linux) pose le même problème.

    Est-ce que je suis le seul à en souffrir ?
    Comment y remédier ?

    #it_has_begun ;-)

  • Villages de réfugiés en Calabre, la fin d’un modèle ?

    Sauver des villages abandonnés en intégrant des demandeurs d’asile : c’est le pari fait par plusieurs villages de Calabre, certains dès la fin des années 90. Surnommée « la ville des migrants », la localité de #Riace a notamment accueilli jusqu’à 600 personnes, pour quelques 2 000 habitants. Une expérience brutalement interrompue en octobre 2018 avec l’arrestation du maire de la ville, #Domenico_Lucano. Mis en examen à la suite de soupçons d’aide à l’immigration illégale et d’irrégularités dans l’octroi de subventions, il est depuis assigné à résidence hors de Riace. À trois kilomètres de là, la localité de #Camini accueille toujours 90 personnes étrangères, majoritairement des réfugiés syriens, et multiplie les projets. Un modèle aujourd’hui en sursis, alors que l’actuel système de protection pour demandeurs d’asile et réfugiés se termine à la fin de l’année. Un grand reportage de Pauline Bandelier.


    https://www.infomigrants.net/fr/post/19607/villages-de-refugies-en-calabre-la-fin-d-un-modele?ref=tw_i
    #Calabre #it_has_begun #the_end #fin #modèle #réfugiés #Italie #asile #migrations #accueil #migrations #audio #Mimmo_Lucano

    ping @isskein

  • Travaux herculéens à #New_York pour résister à la #montée_des_eaux
    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201909/21/01-5242230-travaux-herculeens-a-new-york-pour-resister-a-la-montee-des-eaux

    Dans une ville si dense que personne n’imagine déserter les quartiers côtiers les plus exposés, la municipalité a fait de la fortification de ses 850 kilomètres de côtes une priorité. Et annoncé une série de mesures pour se protéger des eaux – qui pourraient monter de 1,80 m d’ici 2100 – et des tempêtes à répétition qui s’annoncent.

    Au sud-est, sur la presqu’île des Rockaways, proche de l’aéroport J. F. Kennedy, et au sud, à Staten Island, deux quartiers durement frappés par Sandy, 15 kilomètres de dunes ont été érigées, et des millions de tonnes de sable déversées pour consolider les plages des Rockaways ou de Coney Island, à Brooklyn.

    Plusieurs milliards de dollars ont été dépensés pour protéger le réseau électrique et le métro, indispensable à la circulation des 8,5 millions de New-Yorkais.

    Des murets faits de conteneurs de sable spécialement conçus contre les inondations sont apparus dans plusieurs quartiers, notamment à Brooklyn ou à Manhattan, près de Wall Street : une mesure de protection temporaire, pour cinq ans, en attendant des fortifications plus pérennes pour protéger le cœur historique et financier de New York.

    #climat

  • « Badaboum et patatras, tout va s’effondrer et on fait quoi ? » avec Corinne Morel Darleux et la philosoophe Emilie Hache | Les oreilles loin du front
    http://www.loldf.org/spip.php?article720

    Cette semaine on a diffusé un entretien avec Corinne Morel Darleux, autrice de « Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce » (Ed Libertalia - juin 2019) et la philosophe Émilie Hache sur le refus de parvenir et de nuire, la volonté de vivre dignement le présent, et l’effondrement qui vient plus certainement que l’insurrection. Une émission sur l’éthique jubilatoire, la beautiful loose et les éléphants. Durée : 1h11. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://www.loldf.org/archives/19.09.18.au.festival.allumette.mp3

  • Mon plan B pour la fin du monde
    Nicolas Santolaria, Le Monde, le 20 septembre 2019
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2019/09/20/mon-plan-b-pour-la-fin-du-monde_6012441_4497916.html

    Récemment, au détour d’une conversation avec un ferronnier trentenaire venu faire des travaux chez moi, j’ai découvert la nouvelle banalité de l’imaginaire apocalyptique. Après m’avoir expliqué qu’il s’était réinstallé chez ses parents, à la campagne, parce qu’il y avait une source d’eau potable, des poules et des terres cultivables, le ferronnier, aussi naturellement que s’il me parlait de son projet d’achat d’un écran 4K, me dit : « Je vais bientôt fabriquer une serre semi-enterrée pour avoir des légumes tout l’hiver. » Soit à peu près l’équivalent du Dôme du Tonnerre dans le film Mad Max 3, structure métallique initialement dévolue aux combats à mort et ici réaffectée à la production de courges.

    En pleine édification de ce que les spécialistes nomment une « base autonome durable », ce ferronnier ne se revendique pourtant pas comme un collapsologue, ou un « prepper » (qui se prépare). Si ces deux tribus obsessionnelles ont pour unique horizon existentiel la perspective de l’effondrement, vivant dans la certitude que la société thermo-industrielle connaîtra bientôt un déclin brutal, notre ferronnier, lui, continue à avoir un pied actif dans le monde d’aujourd’hui. Il pose des verrières d’atelier, roule en voiture et investit dans l’immobilier. Mais, de manière précautionneuse, une partie de son esprit a déjà installé un petit avant-poste dans l’après. Comme de nombreuses personnes, il se dit « Et si… ».

    « Apocalyptisme » diffus

    Et si tout s’écroulait vraiment ? Comment envisager le repas du lendemain si l’on ne peut plus compter sur le Daily Monop’ ? Comment se déplacer, se chauffer, s’éclairer dans le monde de l’après-pétrole ? C’est désormais en famille, ou entre amis, qu’on évoque ces questions sur un ton mi-badin, mi-tragique. « Si je dois quitter en urgence la ville où j’habite, je prendrai avec moi une loupe pour faire du feu, un couteau, une tente, mais surtout une trousse de soins XXL, remplie de médicaments. Et un calendrier, pour ne pas perdre la notion du temps. J’aimerais aussi emporter une guitare, il va falloir se divertir, on va très vite s’ennuyer. Mais c’est un peu con, ça me ralentirait », confie un étudiant en sociologie de 21 ans.

    Mêlant l’essentiel et le trivial dans ses préoccupations, cet « apocalyptisme » diffus se nourrit à plusieurs sources. Comme l’explique le professeur de littérature Jean-Paul Engélibert dans son ouvrage Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d’apocalypse (La Découverte, 236 pages, 20 euros), l’imaginaire actuel est inédit : il résulte d’une chimie complexe entre les films, les séries et les romans qui dépeignent le monde post-catastrophe, et les discours scientifiques, qui viennent documenter concrètement la possibilité de la fin du monde. Incendies, records de température, disparition accélérée des espèces : les phénomènes climatiques extrêmes et les menaces sur la biodiversité renforcent ce sentiment que tout – y compris le pire – est désormais possible. D’après une étude OpinionWay publiée en mars, 48 % des Français pensent d’ailleurs qu’il est déjà trop tard pour inverser le cours du réchauffement climatique.

    Une multitude de scénarios

    L’effondrement n’est donc pas une simple idée un peu lointaine, un truc avec lequel on joue à se faire peur, mais une perspective envisagée de plus en plus concrètement. Dans leur for intérieur, beaucoup de gens se sont déjà fabriqué une multitude de scénarios de ce que serait ce monde d’après. Steve Huffman, le patron du site Reddit, a ainsi expliqué au New Yorker, en janvier 2017, qu’il s’était fait faire une chirurgie corrective de la myopie en 2015 car, si la fin du monde se produit, « il sera très compliqué de se procurer des lentilles ou des lunettes ».

    L’après-cataclysme constituant par ­définition un monde inconnu, on peut y projeter ce que l’on veut, se contenter d’une sorte de survivalisme de basse intensité (« j’irais chez Andréa, dans le Béarn, parce qu’il y a plein de ­bocaux faits maison là-bas », dit Christelle) ou, au contraire, imaginer dans le détail les bases nécessaires à l’édification d’une nouvelle ­société où les douches de plus de 20 secondes seraient interdites par la Constitution.

    Permaculture et tir à l’arc

    Dans un document intitulé « Biorégions 2050 », l’institut Momentum et le Forum vies mobiles, deux laboratoires d’idées, imaginaient à quoi ressemblerait l’effondrement de l’Ile-de-France dans trois décennies. Surprise, ça fait presque envie. « La vie quotidienne a retrouvé une forme de convivialité de proximité, à base d’entraide et de solidarité », « certains centres commerciaux ont été transformés en serres de pépinières », « le périphérique a été couvert de verdure », « l’ozone et les microparticules ne polluent plus l’air. Mais les épisodes de chaleur extrême interdisent encore la circulation sur de grandes distances par temps estival », peut-on lire dans ce document, rédigé entre autres par l’ancien ministre de l’écologie Yves Cochet, lui-même installé dans une ferme expérimentale en Bretagne et auteur de Devant l’effondrement (Les liens qui libèrent, 256 pages, 18,50 euros, à ­paraître le 25 septembre).

    Tenaillés par l’idée que notre civilisation est en train de basculer, les témoignages que nous avons recueillis traduisent l’extrême ambivalence des réponses sociales face à un phénomène difficile à appréhender. Ainsi, quand certains optent pour la permaculture de balcon, d’autres se mettent au tir à l’arc. Mais rien n’interdit de combiner les disciplines, comme cet expert immobilier du sud de la France qui, après avoir dit qu’il ne croyait pas à l’effondrement, confie un peu plus tard avoir créé dans sa cave « des réserves de produits de base » à partir de son potager et s’être mis « au crossfit, au tir, et au Ninjutsu, l’art de combat des samouraïs ».

    Si l’on voulait trouver un trait commun à cette pensée kaléidoscopique de l’effondrement, ce serait sans doute le deuil, ce sentiment que le monde ne sera jamais plus comme avant. « J’essaie de m’habituer à l’idée qu’il va falloir s’adapter à l’incertitude face au climat. Je n’ai pas de plans, j’essaie juste de me rendre le plus flexible psychologiquement pour être en mesure d’accueillir et de vivre ce qui arrivera », confie Aurélie Sierra, une sociologue qui habite à Montréal. Ou l’effondrement comme nouvelle gymnastique mentale permettant de faire le grand écart entre le monde d’aujourd’hui et celui de demain.

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène #USA

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    Et aux solutions #survivalistes d’#après-catastrophe :
    https://seenthis.net/messages/715011

  • Naomi Klein : « Nous assistons aux prémices de l’ère de la barbarie climatique » - Heidi.news
    https://www.heidi.news/articles/naomi-klein-nous-assistons-aux-premices-de-l-ere-de-la-barbarie-climatique
    https://heidi-f385.kxcdn.com/photos/21a9056f-114c-4d83-bbb1-ecc2fe7ce938/medium

    Je suis à la fois ravie et soulagée de voir que nous envisageons enfin des solutions à la hauteur de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Il n’est plus question de solutions miracles à base de taxe carbone ou de plafonnement des émissions et d’échange de droits d’émission mais d’une refonte de tout le système économique. De toute manière, le système actuel est défaillant pour la plupart des gens. C’est ce qui explique que nous traversions une période trouble sur le plan politique et que nous nous retrouvions avec des types comme Donald Trump, le Brexit, et tous ces gouvernements autoritaristes.

    • Dans votre livre, vous dites : « Ce qui est difficile à accepter, c’est que la réponse à la question ‘Que puis-je faire, en tant qu’individu, pour contrer le changement climatique ?, c’est : rien. » Vous le pensez toujours ?

      Pour ce qui est du bilan carbone, même en regroupant les décisions individuelles de chacun, nous n’atteignons pas le niveau de changement dont nous avons besoin. À mon sens, le fait qu’énormément de gens aient bien moins de mal à parler de consommation individuelle que de changement systémique est une conséquence directe du néolibéralisme. Nous avons appris à nous considérer avant tout comme des consommateurs.

      Il y a des personnes qui décident de se lancer dans la grève des naissances. Qu’en pensez-vous ?

      Je suis heureuse que ces discussions fassent leur apparition dans l’espace public, au lieu d’être des sujets que l’on évoque à la va-vite et dont on a peur de parler. La question d’avoir ou non une progéniture est très clivante, y compris chez moi.

      Je l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      Et à celle des évaluations et critiques des #actions_individuelles compilées ici :
      https://seenthis.net/messages/794181

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

      Mais aussi #childfree #no_kids #nullipare #racisme #Naomi_Klein

  • Température mondiale : record de chaleur pour la période juin-juillet-août 2019, d’après la NASA
    https://www.les-crises.fr/temperature-mondiale-record-de-chaleur-pour-la-periode-juin-juillet-aout-

    Source : Global Climat, Johan Lorck, 16-09-2019 Le mois d’août 2019 a été marqué par la 2e plus grosse anomalie des relevés de la NASA remontant à 1880. Cela conclut la période juin-juillet-août la plus chaude de l’histoire instrumentale, devant 2016. Avec +0,90°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en août 2019 est en baisse par rapport à juillet (+0,94°C). Le mois d’août 2019 n’en reste pas moins le 2e plus chaud des annales. Fait assez remarquable, depuis 1880, les 6 mois d’août les plus chauds ont été observés ces 6 dernières années. Ecart à la moyenne 1951-1980. D’après les chiffres de la NASA. En outre, l’anomalie n’avait jamais été aussi élevée sur juin-juillet-août, avec une moyenne de +0,92°C, devant le précédent record de 2016 (+0,89°C).Lire la (...)

    • TLDR : l’article résume quasiment ça au malthusianisme alors que c’est qu’une partie parmi plein d’autres de toutes les informations utilisées par Servigne-Stevens, et du coup la majeure partie de l’article parle uniquement de ça. Ensuite un peu sur le capitalisme pas assez abordé, en rappelant que l’industrie de la guerre s’est développé grace à l’État etc, sauf que… tout ça ce sont des choses dites par Servigne lui-même ou d’autres, et pas qu’une fois, donc toute cette partie ne critique pas grand chose non plus. Du coup tout ça tombe un peu à plat et ne prouve pas grand chose de l’assertion du titre.

    • « La majeure partie de l’article parle uniquement de malthusianisme », c’est quelque peu exagéré : 7 colonnes sur 21. Il est vrai que l’article se consacre à démonter l’inanité de la position malthusianiste, qui est dominante, mais il dit également, voire surtout, beaucoup d’autre chose : que le problème ne tient pas de la nature même des hommes, mais du système de production (qui aujourd’hui détermine tant les échanges que les modes de consommation), le système de production capitaliste. L’article dit aussi, contre le point de vue fataliste des collapsologues – et cela n’est pas fréquent par les temps qui courent –, qu’il existe une solution à défendre : la révolution sociale qui rendra possible la socialisation de ces moyens de production. Rien que pour cela, l’"assertion du titre" se trouve pleinement justifiée.

  • Une étude qui participera au prochain rapport du GIEC est plutôt alarmiste : Jusqu’à + 7 °C en 2100 : les experts français du climat aggravent leurs projections sur le réchauffement
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/09/17/jusqu-a-7-c-en-2100-les-experts-francais-du-climat-aggravent-leurs-projectio

    Les canicules seront plus longues, même avec un réchauffement limité à 2 °C

    C’est une étude, le rapport lui, sera la moyenne d’autres études.

    #paywall

    • Jusqu’à + 7 °C en 2100 : les experts français du climat aggravent leurs projections sur le réchauffement

      Les plus grands laboratoires de climatologie du pays sont engagés dans un vaste exercice de simulation du climat passé et futur qui servira de référence au prochain rapport du GIEC.

      Les canicules à répétition, records de températures et autres vagues de sécheresse qui déferlent sur la planète ne sont qu’un triste avant-goût des catastrophes qui attendent l’humanité. Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 °C d’ici à la fin du siècle, entraînant des conséquences désastreuses pour les espèces et les écosystèmes. Ces résultats, qui aggravent les précédentes projections, sont publiés, mardi 17 septembre, par les plus grands laboratoires français de climatologie, engagés dans un vaste exercice de simulation du climat passé et futur.

      Dans le cadre du programme mondial de recherche sur le climat, une vingtaine de centres américains, européens, chinois ou encore japonais ont réalisé, ces dernières années, des centaines de modélisations pour mieux comprendre les changements climatiques, mais aussi pour tester la fiabilité de leurs modèles en les comparant aux observations et à d’autres modèles. En France, cette tâche colossale a impliqué une centaine de chercheurs et d’ingénieurs qui ont simulé plus de 80 000 ans d’évolution du climat, en utilisant des supercalculateurs jour et nuit pendant une année, nécessitant 500 millions d’heures de calcul et générant 20 pétaoctets (20 millions de milliards d’octets) de données. Leurs conclusions serviront de référence au sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont le premier volet sortira en 2021.
      Les deux modèles que les Français ont développés prédisent une augmentation continue de la température moyenne du globe au moins jusqu’en 2040, pour atteindre environ 2 °C, quelle que soit l’évolution des émissions de gaz à effet de serre – en raison de l’inertie du système climatique. Ensuite, tout dépendra des politiques mises en œuvre dès maintenant par les Etats pour limiter ou non les rejets carbonés. Dans le pire des scénarios, celui d’une croissance économique rapide alimentée par des énergies fossiles, le thermomètre grimpera en moyenne de 6,5 °C à 7 °C en 2100, soit un degré de plus que ce que prévoyaient les précédents modèles, en 2012.


      Changement de température moyenne de la planète : température observée (courbe noire, 1880-2018) et estimée jusqu’en 2100 (par rapport à la période deréférence 1880-1919), pour une sélection de quatre scénarios (SSP1 2,6, SSP2 4,5, SSP3 7,0 et SSP5 8,5). CNRS

      Disparités régionales
      « C’est un réchauffement énorme et surtout très rapide, sur une centaine d’années », assure Pascale Braconnot, spécialiste de la modélisation du climat au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. « Pendant la dernière déglaciation, qui s’était déroulée sur 10 000 ans, la température avait augmenté d’environ 3-4 °C à l’échelle globale », rappelle-t-elle. Le thermomètre a pour l’instant grimpé de 1 °C par rapport à l’ère préindustrielle, convoyant déjà un lot de catastrophes (ouragans plus intenses, sécheresses plus longues, etc).
      Comment expliquer ces résultats encore plus sombres que ce que prévoyaient les anciennes projections ? « Nos nouveaux modèles ont beaucoup progressé et reproduisent mieux le climat observé. Ils simulent plus de réchauffement en réponse au CO2 que l’ancienne génération, explique Olivier Boucher, directeur adjoint (Centre national de la recherche scientifique, CNRS) de l’Institut Pierre-Simon-Laplace. L’une des raisons est une rétroaction plus forte due à la vapeur d’eau : un monde plus chaud est aussi un monde plus humide ; or la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre qui amplifie le réchauffement climatique. »

      Un seul des huit scénarios examinés par les scientifiques permet tout juste de respecter l’accord de Paris adopté en 2015, qui prévoit de limiter le réchauffement « bien en deçà de 2 °C » et « si possible à 1,5 °C ». Suivre cette trajectoire implique des efforts drastiques, afin de diminuer immédiatement les émissions de CO2 jusqu’à atteindre la neutralité carbone à l’échelle de la planète vers 2060. La température dépasserait alors 2 °C, avant de se rapprocher de 1,5 °C vers la fin du siècle, grâce à une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 milliards à 15 milliards de tonnes par an en 2100 – mais dont la faisabilité à une telle échelle reste très incertaine.


      Distribution des changements de température de surface en moyenne annuelleen 2071-2100 (par rapport à 1981-2010) pour deux des scénarios d’émissions - faibles (SSP1 2,6) et élevées (SSP3 7,0) -, selon le modèle climatique du Centre national de recherches météorologiques (à gauche) et celui de l’Institut Pierre-Simon Laplace (à droite). CNRS

      Cet emballement global des températures cache des disparités régionales. A la fin du siècle, le réchauffement sera particulièrement marqué sur les hautes latitudes de l’hémisphère Nord, notamment en Arctique. En France et en Europe de l’Ouest, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur, déjà à l’œuvre, va se poursuivre au moins dans les deux prochaines décennies, quelle que soit la trajectoire des émissions. Après 2050, dans les scénarios les plus émetteurs, l’été 2003 – dont la canicule avait tué plus de 70 000 personnes en Europe – sera la norme.

      Disparition de la banquise en été
      Les deux modèles prédisent également une disparition complète de la banquise en fin d’été, dès 2080, en cas d’émissions élevées de gaz à effet de serre. Mais, même dans le cas de rejets limités, l’un des modèles simule une quasi-disparition des glaces marines estivales, tandis que l’autre montre un très faible englacement.


      Pourcentage de couverture de glace simulé par les 2 modèles en septembre (ligne du haut) et mars (bas) pour 1991-2010 (colonne de gauche), et pour 2081-2100 (SSP1 2,6au milieu et SSP3 7,0 à droite). D. Salas y Mélia, CNRM

      Côté précipitations, elles augmenteront dans les zones déjà humides, notamment une grande partie du Pacifique tropical, sur les mers australes et dans de nombreuses régions des moyennes à hautes latitudes de l’hémisphère Nord. A l’inverse, le pourtour méditerranéen s’asséchera, à l’image de nombreuses zones semi-arides.

      « Ces nouveaux modèles, même s’ils ont un maillage qui a été affiné – de l’ordre de 100 ou 150 km –, ne peuvent pas représenter des phénomènes plus fins comme des cyclones, remarque Pascale Braconnot. Mais ils ont servi de base à une modélisation à une haute résolution de 12 km que Météo-France a réalisée sur l’Europe et l’océan Indien. » La régionalisation des modèles permet de voir apparaître de nouveaux phénomènes. Comme les conséquences des politiques de lutte contre la pollution de l’air mises en place par la Chine : elles limitent la quantité d’aérosols présents dans l’atmosphère – qui ont un pouvoir refroidissant –, et par là peuvent paradoxalement aggraver le réchauffement.

      Toutes ces données climatiques, en libre accès, devront maintenant être revues, analysées et croisées afin d’affiner encore la compréhension des modèles et des incertitudes. Même si l’on en sait assez pour limiter les émissions et ce, depuis longtemps.

      Huit scénarios pour simuler le climat du futur
      Le système climatique est influencé par certains facteurs qui lui sont extérieurs, essentiellement les émissions de gaz à effet de serre, mais également les aérosols (ou particules) atmosphériques et les changements dans l’utilisation des terres (déforestation, agriculture, etc.). Jusqu’à présent, afin de modéliser le climat, les scientifiques utilisaient quatre scénarios (les RCP pour Radiative Concentration Pathways), classés selon l’amplitude de la perturbation du système énergétique de la Terre qu’ils génèrent à l’horizon 2100. Le moins émetteur était le RCP 2,6 (représentant une perturbation de 2,6 W/m2), le plus émetteur le RCP 8,5.

      Désormais, les scientifiques ont établi huit trajectoires (les SSP, pour Socio-Economic Pathways) qui couvrent à la fois les perturbations radiatives, mais également les contextes socio-économiques (comme l’éducation, la démographie ou la coopération entre les pays). Des scénarios d’amplitude faible (1,9 W/m2) et intermédiaire (3,4 et 7 W/m2) ont, en outre, été étudiés.

      #climat #réchauffement_climatique #GIEC #capitalocène

    • Première remarque : ça devient un #marronnier de nous dire que la situation évolue plus rapidement que prévu...

      Deuxième remarque : +7°C en 2100, OK. Mais on nous a dit que #la_fin_des_haricots commencera quand on atteindra +2°C, et ça, c’est quand ? D’après le graphe, c’est entre #2025 pour les scénarios les plus pessimistes, et #2045 pour les plus optimistes...

      Et sinon, bien sûr, on l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Un texte de l’écrivain #Jonathan_Franzen, qui fait beaucoup jaser... à croire que la collapsologie a mis plus de temps à rejoindre les grand médias aux États-Unis :

    What If We Stopped Pretending ?
    Jonathan Franzen, The New-Yorker, le 8 septembre 2019
    https://www.newyorker.com/culture/cultural-comment/what-if-we-stopped-pretending

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène #USA

    Mais aussi aux évaluations et critiques des #actions_individuelles compilées ici :
    https://seenthis.net/messages/794181

    Semi #paywall alors :

    “There is infinite hope,” Kafka tells us, “only not for us.” This is a fittingly mystical epigram from a writer whose characters strive for ostensibly reachable goals and, tragically or amusingly, never manage to get any closer to them. But it seems to me, in our rapidly darkening world, that the converse of Kafka’s quip is equally true: There is no hope, except for us.

    I’m talking, of course, about climate change. The struggle to rein in global carbon emissions and keep the planet from melting down has the feel of Kafka’s fiction. The goal has been clear for thirty years, and despite earnest efforts we’ve made essentially no progress toward reaching it. Today, the scientific evidence verges on irrefutable. If you’re younger than sixty, you have a good chance of witnessing the radical destabilization of life on earth—massive crop failures, apocalyptic fires, imploding economies, epic flooding, hundreds of millions of refugees fleeing regions made uninhabitable by extreme heat or permanent drought. If you’re under thirty, you’re all but guaranteed to witness it.

    If you care about the planet, and about the people and animals who live on it, there are two ways to think about this. You can keep on hoping that catastrophe is preventable, and feel ever more frustrated or enraged by the world’s inaction. Or you can accept that disaster is coming, and begin to rethink what it means to have hope.

    Even at this late date, expressions of unrealistic hope continue to abound. Hardly a day seems to pass without my reading that it’s time to “roll up our sleeves” and “save the planet”; that the problem of climate change can be “solved” if we summon the collective will. Although this message was probably still true in 1988, when the science became fully clear, we’ve emitted as much atmospheric carbon in the past thirty years as we did in the previous two centuries of industrialization. The facts have changed, but somehow the message stays the same.

    Psychologically, this denial makes sense. Despite the outrageous fact that I’ll soon be dead forever, I live in the present, not the future. Given a choice between an alarming abstraction (death) and the reassuring evidence of my senses (breakfast!), my mind prefers to focus on the latter. The planet, too, is still marvelously intact, still basically normal—seasons changing, another election year coming, new comedies on Netflix—and its impending collapse is even harder to wrap my mind around than death. Other kinds of apocalypse, whether religious or thermonuclear or asteroidal, at least have the binary neatness of dying: one moment the world is there, the next moment it’s gone forever. Climate apocalypse, by contrast, is messy. It will take the form of increasingly severe crises compounding chaotically until civilization begins to fray. Things will get very bad, but maybe not too soon, and maybe not for everyone. Maybe not for me.

    Some of the denial, however, is more willful. The evil of the Republican Party’s position on climate science is well known, but denial is entrenched in progressive politics, too, or at least in its rhetoric. The Green New Deal, the blueprint for some of the most substantial proposals put forth on the issue, is still framed as our last chance to avert catastrophe and save the planet, by way of gargantuan renewable-energy projects. Many of the groups that support those proposals deploy the language of “stopping” climate change, or imply that there’s still time to prevent it. Unlike the political right, the left prides itself on listening to climate scientists, who do indeed allow that catastrophe is theoretically avertable. But not everyone seems to be listening carefully. The stress falls on the word theoretically.

    Our atmosphere and oceans can absorb only so much heat before climate change, intensified by various feedback loops, spins completely out of control. The consensus among scientists and policy-makers is that we’ll pass this point of no return if the global mean temperature rises by more than two degrees Celsius (maybe a little more, but also maybe a little less). The I.P.C.C.—the Intergovernmental Panel on Climate Change—tells us that, to limit the rise to less than two degrees, we not only need to reverse the trend of the past three decades. We need to approach zero net emissions, globally, in the next three decades.

    This is, to say the least, a tall order. It also assumes that you trust the I.P.C.C.’s calculations. New research, described last month in Scientific American, demonstrates that climate scientists, far from exaggerating the threat of climate change, have underestimated its pace and severity. To project the rise in the global mean temperature, scientists rely on complicated atmospheric modelling. They take a host of variables and run them through supercomputers to generate, say, ten thousand different simulations for the coming century, in order to make a “best” prediction of the rise in temperature. When a scientist predicts a rise of two degrees Celsius, she’s merely naming a number about which she’s very confident: the rise will be at least two degrees. The rise might, in fact, be far higher.

    As a non-scientist, I do my own kind of modelling. I run various future scenarios through my brain, apply the constraints of human psychology and political reality, take note of the relentless rise in global energy consumption (thus far, the carbon savings provided by renewable energy have been more than offset by consumer demand), and count the scenarios in which collective action averts catastrophe. The scenarios, which I draw from the prescriptions of policy-makers and activists, share certain necessary conditions.

    The first condition is that every one of the world’s major polluting countries institute draconian conservation measures, shut down much of its energy and transportation infrastructure, and completely retool its economy. According to a recent paper in Nature, the carbon emissions from existing global infrastructure, if operated through its normal lifetime, will exceed our entire emissions “allowance”—the further gigatons of carbon that can be released without crossing the threshold of catastrophe. (This estimate does not include the thousands of new energy and transportation projects already planned or under construction.) To stay within that allowance, a top-down intervention needs to happen not only in every country but throughout every country. Making New York City a green utopia will not avail if Texans keep pumping oil and driving pickup trucks.

    The actions taken by these countries must also be the right ones. Vast sums of government money must be spent without wasting it and without lining the wrong pockets. Here it’s useful to recall the Kafkaesque joke of the European Union’s biofuel mandate, which served to accelerate the deforestation of Indonesia for palm-oil plantations, and the American subsidy of ethanol fuel, which turned out to benefit no one but corn farmers.

    Finally, overwhelming numbers of human beings, including millions of government-hating Americans, need to accept high taxes and severe curtailment of their familiar life styles without revolting. They must accept the reality of climate change and have faith in the extreme measures taken to combat it. They can’t dismiss news they dislike as fake. They have to set aside nationalism and class and racial resentments. They have to make sacrifices for distant threatened nations and distant future generations. They have to be permanently terrified by hotter summers and more frequent natural disasters, rather than just getting used to them. Every day, instead of thinking about breakfast, they have to think about death.

    Call me a pessimist or call me a humanist, but I don’t see human nature fundamentally changing anytime soon. I can run ten thousand scenarios through my model, and in not one of them do I see the two-degree target being met.

    To judge from recent opinion polls, which show that a majority of Americans (many of them Republican) are pessimistic about the planet’s future, and from the success of a book like David Wallace-Wells’s harrowing “The Uninhabitable Earth,” which was released this year, I’m not alone in having reached this conclusion. But there continues to be a reluctance to broadcast it. Some climate activists argue that if we publicly admit that the problem can’t be solved, it will discourage people from taking any ameliorative action at all. This seems to me not only a patronizing calculation but an ineffectual one, given how little progress we have to show for it to date. The activists who make it remind me of the religious leaders who fear that, without the promise of eternal salvation, people won’t bother to behave well. In my experience, nonbelievers are no less loving of their neighbors than believers. And so I wonder what might happen if, instead of denying reality, we told ourselves the truth.

    First of all, even if we can no longer hope to be saved from two degrees of warming, there’s still a strong practical and ethical case for reducing carbon emissions. In the long run, it probably makes no difference how badly we overshoot two degrees; once the point of no return is passed, the world will become self-transforming. In the shorter term, however, half measures are better than no measures. Halfway cutting our emissions would make the immediate effects of warming somewhat less severe, and it would somewhat postpone the point of no return. The most terrifying thing about climate change is the speed at which it’s advancing, the almost monthly shattering of temperature records. If collective action resulted in just one fewer devastating hurricane, just a few extra years of relative stability, it would be a goal worth pursuing.

    In fact, it would be worth pursuing even if it had no effect at all. To fail to conserve a finite resource when conservation measures are available, to needlessly add carbon to the atmosphere when we know very well what carbon is doing to it, is simply wrong. Although the actions of one individual have zero effect on the climate, this doesn’t mean that they’re meaningless. Each of us has an ethical choice to make. During the Protestant Reformation, when “end times” was merely an idea, not the horribly concrete thing it is today, a key doctrinal question was whether you should perform good works because it will get you into Heaven, or whether you should perform them simply because they’re good—because, while Heaven is a question mark, you know that this world would be better if everyone performed them. I can respect the planet, and care about the people with whom I share it, without believing that it will save me.

    More than that, a false hope of salvation can be actively harmful. If you persist in believing that catastrophe can be averted, you commit yourself to tackling a problem so immense that it needs to be everyone’s overriding priority forever. One result, weirdly, is a kind of complacency: by voting for green candidates, riding a bicycle to work, avoiding air travel, you might feel that you’ve done everything you can for the only thing worth doing. Whereas, if you accept the reality that the planet will soon overheat to the point of threatening civilization, there’s a whole lot more you should be doing.

    Our resources aren’t infinite. Even if we invest much of them in a longest-shot gamble, reducing carbon emissions in the hope that it will save us, it’s unwise to invest all of them. Every billion dollars spent on high-speed trains, which may or may not be suitable for North America, is a billion not banked for disaster preparedness, reparations to inundated countries, or future humanitarian relief. Every renewable-energy mega-project that destroys a living ecosystem—the “green” energy development now occurring in Kenya’s national parks, the giant hydroelectric projects in Brazil, the construction of solar farms in open spaces, rather than in settled areas—erodes the resilience of a natural world already fighting for its life. Soil and water depletion, overuse of pesticides, the devastation of world fisheries—collective will is needed for these problems, too, and, unlike the problem of carbon, they’re within our power to solve. As a bonus, many low-tech conservation actions (restoring forests, preserving grasslands, eating less meat) can reduce our carbon footprint as effectively as massive industrial changes.

    All-out war on climate change made sense only as long as it was winnable. Once you accept that we’ve lost it, other kinds of action take on greater meaning. Preparing for fires and floods and refugees is a directly pertinent example. But the impending catastrophe heightens the urgency of almost any world-improving action. In times of increasing chaos, people seek protection in tribalism and armed force, rather than in the rule of law, and our best defense against this kind of dystopia is to maintain functioning democracies, functioning legal systems, functioning communities. In this respect, any movement toward a more just and civil society can now be considered a meaningful climate action. Securing fair elections is a climate action. Combatting extreme wealth inequality is a climate action. Shutting down the hate machines on social media is a climate action. Instituting humane immigration policy, advocating for racial and gender equality, promoting respect for laws and their enforcement, supporting a free and independent press, ridding the country of assault weapons—these are all meaningful climate actions. To survive rising temperatures, every system, whether of the natural world or of the human world, will need to be as strong and healthy as we can make it.

    And then there’s the matter of hope. If your hope for the future depends on a wildly optimistic scenario, what will you do ten years from now, when the scenario becomes unworkable even in theory? Give up on the planet entirely? To borrow from the advice of financial planners, I might suggest a more balanced portfolio of hopes, some of them longer-term, most of them shorter. It’s fine to struggle against the constraints of human nature, hoping to mitigate the worst of what’s to come, but it’s just as important to fight smaller, more local battles that you have some realistic hope of winning. Keep doing the right thing for the planet, yes, but also keep trying to save what you love specifically—a community, an institution, a wild place, a species that’s in trouble—and take heart in your small successes. Any good thing you do now is arguably a hedge against the hotter future, but the really meaningful thing is that it’s good today. As long as you have something to love, you have something to hope for.

    In Santa Cruz, where I live, there’s an organization called the Homeless Garden Project. On a small working farm at the west end of town, it offers employment, training, support, and a sense of community to members of the city’s homeless population. It can’t “solve” the problem of homelessness, but it’s been changing lives, one at a time, for nearly thirty years. Supporting itself in part by selling organic produce, it contributes more broadly to a revolution in how we think about people in need, the land we depend on, and the natural world around us. In the summer, as a member of its C.S.A. program, I enjoy its kale and strawberries, and in the fall, because the soil is alive and uncontaminated, small migratory birds find sustenance in its furrows.

    There may come a time, sooner than any of us likes to think, when the systems of industrial agriculture and global trade break down and homeless people outnumber people with homes. At that point, traditional local farming and strong communities will no longer just be liberal buzzwords. Kindness to neighbors and respect for the land—nurturing healthy soil, wisely managing water, caring for pollinators—will be essential in a crisis and in whatever society survives it. A project like the Homeless Garden offers me the hope that the future, while undoubtedly worse than the present, might also, in some ways, be better. Most of all, though, it gives me hope for today.

    • Véritable défi au développement de nos sociétés, la problématique du sable « rejoint, par définition, tous les problèmes d’épuisement des ressources naturelles que l’on a aujourd’hui, que ce soit pour l’eau ou encore le pétrole », souligne Éric Chaumillon.

      « C’est encore une preuve que l’être humain, aujourd’hui, est devenu un facteur d’évolution de la planète aussi important en matière de modification des paysages que ne le sont les volcans, les séismes ou les fleuves. C’est devenu quelque chose de très fort », appuie le chercheur, qui estime à cet égard que « la question du sable est celle de l’homme qui scie la branche sur laquelle il est assis » : « Si les industriels ne se soucient pas des écosystèmes littoraux, à un moment, ils peuvent en venir à menacer une protection naturelle de côte derrière laquelle il y a leurs propres installations. »

      #sable #ressources

      On l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Le #capitalisme est la cause du dérèglement climatique

    #Naomi_Klein est journaliste, réalisatrice et l’auteure de plusieurs essais remarqués : No Logo : La tyrannie des marques (Actes Sud, 2001), La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre (Actes Sud, 2008) et Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique (Actes Sud, 2015). Nous vous proposons la traduction inédite d’un de ses derniers articles publié le 3 août dernier sur le site américain TheIntercept.com : « Capitalism killed our climate momentum, not “human nature” ».

    Demain Dimanche [4 août – ndlr], un seul article occupera l’intégralité du magazine du New York Times, et portera sur un sujet unique : l’absence de réaction face à la crise climatique mondiale dans les années 80, à l’époque où du point de vue scientifique la question était réglée, mais aussi où les opinions politiques semblaient tenir compte de ce point de vue. L’auteur de l’article est Nathaniel Rich, dont le travail d’historien foisonne de révélations d’initiés sur le refus de prendre certaines décisions, ce qui me fit jurer à voix haute à de nombreuses reprises. Au cas où le moindre doute subsisterait quant au fait que les conséquences de ces non-décisions graveront une empreinte suffisamment profonde pour définir une ère géologique, un reportage de photographie aérienne de George Steinmetz ponctue le texte de Rich, et notre regard ne peut se détacher de ces témoignages sur le délitement accéléré des systèmes planétaires, depuis la transformation de la glace du Groenland en un déchaînement d’eaux vives, jusqu’aux gigantesques efflorescences algales du troisième lac chinois par la taille.

    La longueur de l’article est celle d’un court roman ; il constitue un exemple du type de prise de position médiatique que la crise climatique mérite depuis longtemps, mais dont elle ne bénéficie presque jamais. Un sujet aussi trivial que le pillage de notre unique habitat ne mérite pas de faire les gros titres, et la litanie de justifications à une telle affirmation ne nous est que trop familière : « Le changement climatique est un problème de bien trop long terme » ; « Il est malvenu de parler politique, au moment où des gens périssent, victimes d’ouragans ou d’incendies » ; « Les journalistes s’adaptent à l’actualité, ne la créent pas » ; sans oublier, bien entendu : « Rien de tel pour fracasser l’audimat ».
    La responsabilité des médias

    Aucune de ces excuses ne saurait dissimuler le manquement au devoir. Les médias dominants ont toujours eu le pouvoir de décider, tout seuls, que la déstabilisation planétaire était un sujet d’actualité de la plus haute importance ; parmi ceux du moment, il est sans aucun doute le plus lourd de conséquences. Ils ont toujours eu cette capacité de mobilisation des talents de leurs journalistes et photographes, qui leur permettrait de mettre en évidence le lien entre sciences abstraites et évènements climatiques extrêmes, tels qu’ils sont vécus. Le feraient-ils avec constance, qu’ils atténueraient le besoin pour les journalistes de déterminer l’agenda politique, dans la mesure où un public mieux au fait de la menace comme des solutions concrètes, tend à pousser ses élus à prendre des mesures courageuses.

    Ainsi s’explique l’exaltation ressentie en apprenant que le Times mobilisait l’intégralité des troupes de sa machine éditoriale pour soutenir l’opus de Rich – à coups de film promotionnel, de lancement télévisé en direct depuis le Times Center, en passant par la publication de matériel pédagogique dédié.

    Ainsi s’explique également, la colère qui nous étreint à la lecture d’un article dont les prémisses sont à ce point erronées. Selon Rich, entre 1979 et 1989, la science fondamentale du changement climatique était comprise et acceptée, le sujet n’avait pas encore provoqué de clivage partisan, les compagnies d’exploitation des énergies fossiles n’avaient pas encore entamé de véritable campagne de désinformation, enfin une puissante dynamique politique semblait entraîner le monde vers la conclusion d’un accord international de réduction des émissions, à la fois ambitieux et contraignant. Lorsqu’il parle de cette période-clé, à la fin des années 80, Rich écrit : « Toutes les conditions du succès étaient réunies ».

    Mais nous avons tout gâché – « nous », c’est à dire les humains, dont la myopie sévère nous empêche de sauvegarder notre avenir. Et au cas où nous n’aurions pas bien compris sur qui, ou sur quoi, rejeter la responsabilité de notre « perte de la terre », la réponse de Rich se présente sous la forme d’un cri indigné en pleine page : « Tous les faits nous étaient connus, aucun obstacle ne barrait la voie. C’est à dire … aucun, à part nous-mêmes. »

    Ouais … vous, moi. Selon Rich, pas les compagnies pétrolières, qui participèrent à chacune des réunions politiques dont l’article fait mention. (Essayez d’imaginer un gouvernement étasunien qui chargerait l’industrie du tabac de rédiger les politiques visant à interdire de fumer. Au cas où ce type de réunions échouerait à prendre la moindre mesure concrète, devrait-on en conclure à la tendance suicidaire des populations ? Devrait-on, au contraire, pencher pour la corruption d’un système politique à l’agonie ?).

    Depuis mercredi, date de la mise en ligne de la première version de l’article, de nombreux scientifiques et historiens ont souligné ce contresens. D’autres ont attiré l’attention sur les invocations insupportables à la « nature humaine », ainsi que sur le « nous » de majesté, utilisé pour décrire un groupe de personnages très influents, dont l’homogénéité est à mourir de rire. On ne trouve, dans le compte rendu de Rich, pas la moindre allusion à ces dirigeants de « Pays du Sud », qui exigèrent des mesures contraignantes, pendant et après cette période-clé, et dont l’humanité, bizarrement, ne les empêchait pas de se soucier des générations futures. Parallèlement, il est aussi rare de percevoir l’écho d’une voix féminine dans le texte de Rich, que d’observer des pies à bec ivoire en pleine nature – et si nous, mesdames, finissons bien par apparaître, c’est avant tout dans le rôle de déesses de douleur, épouses de héros tragiques.
    Des politiques tout aussi coupable

    Rich finit par conclure que tout fut gâché par l’intervention de quelque chose du nom de « nature humaine », sans pour autant se soucier de fournir la moindre preuve, ni sociale, ni politique. Il affirme que « les êtres humains, qu’ils soient membres d’organisations mondiales, de démocraties, d’entreprises, de partis politiques, ou simplement en tant qu’individus, ont conscience du châtiment qu’ils infligeront aux générations futures, mais ils se révèlent incapables de sacrifier leurs habitudes de consommation présentes pour autant. On dirait que nous sommes incapables de nous détacher de « notre obsession du présent, notre souci du moyen terme, notre tendance à chasser le long terme de nos esprits, comme on recrache un poison ».

    Mon analyse de la même période me fit aboutir à une conclusion diamétralement opposée : avec le recul, ce qui ressemblait au premier abord à l’opportunité idéale de mise en œuvre de politiques de préservation du climat, se révèle avoir été un anachronisme historique de première ampleur. En effet, l’analyse rétrospective de ce moment le fait apparaître clairement comme la conjonction du rassemblement de gouvernements enfin bien décidés à brider l’industrie pétrolière, et de la transformation en tsunami de la vague néolibérale, dont les objectifs de déconstruction économique et sociale entrèrent en collision frontale avec les impératifs de la science du climat d’une part, de l’imposition de règles permanentes aux grandes entreprises d’autre part. L’absence de la moindre allusion, même infime, à l’apparition de cette autre caractéristique du monde de l’époque, trace au cœur de l’article de Rich, un angle mort dont l’énormité donne le vertige. Après tout, le métier de journaliste offre cet avantage essentiel de pouvoir revenir sur le passé récent, en étant capable de discerner alors des tendances, des structures, demeurées invisibles aux yeux de celles et ceux qui furent emportés par ces bouleversements, en temps réel. Par exemple, en 1988, la communauté scientifique ne pouvait avoir conscience d’être en équilibre sur le bord d’un précipice, prête à basculer dans le creuset d’une révolution libérale dont les convulsions allaient remodeler toutes les principales économies de la planète.

    Mais nous, nous savons. Lorsqu’on se penche sur la fin des années 80, il apparaît très clairement que 1988-89 étaient très loin de rassembler « des conditions de réussite on ne peut plus propices » ; en fait, pour une humanité décidée à prendre la résolution ferme de placer la santé de la planète en tête de ses priorités, loin devant les dividendes, il s’agissait très probablement du pire moment.

    Situons le contexte. En 1988, les États-Unis signèrent avec le Canada un accord de libre-échange qui allait servir de prototype aux innombrables traités du même genre conclus par la suite. La chute du Mur de Berlin était toute proche, un événement dont les idéologues étasuniens d’extrême-droite allaient réussir à s’emparer pour en faire à la fois la preuve de la « fin de l’histoire », et le blanc seing les autorisant à exporter aux quatre coins de la planète privatisations, dérégulation, austérité, à savoir les trois ingrédients de base de la recette Reagan-Thatcher.

    Ce fut cette convergence de tendances historiques – l’émergence au niveau mondial de deux architectures, l’une en prévision de la lutte contre le changement climatique, et l’autre, beaucoup plus solide, destinée à libérer le capital de toute contrainte -, qui enraya le mouvement dont Rich procède à la juste identification. En effet, fait-il remarquer à de nombreuses reprises, la relève du défi de la lutte contre le changement climatique, aurait réclamé d’une part l’imposition de règles strictes aux pollueurs, d’autre part un plan d’investissements dans les services publics, afin de transformer nos modes d’alimentation en énergie, nos habitudes de vies dans les grandes villes, nos moyens de transport.

    Tout ceci était possible dans les années 80-90 (et continue à l’être) – mais uniquement au prix d’une bataille frontale contre le projet néolibéral, qui lançait, à ce moment précis, une offensive contre l’idée même de service public (« La société est une chimère », nous répétait Thatcher). Parallèlement, les accords de libre-échange conclus à l’époque, faisaient tout leur possible pour rendre illégales au regard du droit du commerce international, de nombreuses initiatives bienvenues pour le climat – comme les subventions, ou la priorité accordées à l’économie verte localisée, ou le refus opposé aux nombreux projets polluants, comme les oléoducs ou la fracturation hydraulique.

    J’ai écrit un livre de 500 pages sur cette collision entre planète et capitalisme, dont je ne vais pas ressasser les détails ici-même. Cependant, cet extrait traite le sujet en profondeur, c’est pourquoi je me permets d’en citer un court extrait :

    Nous n’avons pas fait le nécessaire pour réduire les émissions, parce que la nature même de ce type d’actions entre en conflit avec le capitalisme dérégulé, à savoir l’idéologie dont le règne couvre toute la période au cours de laquelle nous nous sommes démenés pour trouver le moyen de sortir de cette crise. Nous n’avançons pas, parce que les mesures qui constitueraient notre meilleure chance d’éviter la catastrophe – et dont la très grande majorité bénéficierait – représentent une menace extrême pour une élite minoritaire qui tient en laisse les médias dominants, et bride nos économies comme notre fonctionnement politique. Ce problème n’aurait probablement rien eu d’insurmontable, s’il était survenu à tout autre moment de notre histoire. Mais pour notre grand malheur à tous, c’est au moment précis où la communauté scientifique présentait la menace pesant sur le climat sous forme de diagnostic irréfutable, que cette élite put jouir sans entraves de pouvoirs politique, culturel, intellectuel, qui n’avaient plus été aussi étendus depuis les années 20. En fait la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre avait fait l’objet de discussions sérieuses entre gouvernements et scientifiques dès 1988 – l’année même où se leva l’aube de ce que nous allions connaître sous le nom de « mondialisation ».

    Un socialisme démocrate vert comme solution ?

    Pourquoi l’absence de mention par Rich de cette collision, remplacée chez lui par l’affirmation selon laquelle c’est bien la « nature humaine » qui scella notre sort, nous importe-t-elle ? Son importance tient au fait que, si « nous-mêmes » sommes la force qui enraya la mobilisation en faveur de l’action, alors la une fataliste du magazine du New York Times, – « La Perte de la Terre » – est effectivement appropriée. Si nous sommes incapables de faire des sacrifices à court terme, même dans l’espoir d’améliorer notre santé et notre sécurité dans le futur, et si cette inaptitude est une composante fondamentale de notre ADN collectif, alors nous ne saurions espérer être capables de changer le cours des évènements assez tôt, pour éviter un réchauffement vraiment catastrophique.

    En revanche, si nous autres humains étions vraiment à deux doigts de nous tirer d’affaire dans les années 80, jusqu’au moment où un raz-de-marée élitiste de libre-échangisme fanatique nous submergea – en dépit de millions d’opposants aux quatre coins de la planète -, alors nous pouvons agir de manière on ne peut plus concrète. Nous pouvons faire face à cet ordre économique, afin d’essayer d’y substituer une alternative soucieuse de sécurité humaine et planétaire, qui ne maintiendrait pas en son centre, coûte que coûte, la recherche de la croissance et du profit.

    Quant à la bonne nouvelle – car il y en a une – elle tient au fait qu’aujourd’hui, contrairement à 1989, un jeune mouvement, en pleine expansion, de socialistes démocrates « verts », fait campagne aux États-Unis autour d’un tel projet. Cette alternative n’est pas uniquement électorale – elle donne à voir notre seul et unique horizon vital.

    Soyons clairs cependant : cet objectif, qu’il est indispensable d’atteindre, ne s’appuie sur aucun essai préalable, en tout cas pas à l’échelle requise. Lorsque le Times publia sur Twitter une accroche pour l’article de Rich, évoquant « l’inaptitude de l’humanité à juguler la catastrophe climatique », l’excellente aile écolo-judiciaire des Socialistes Démocrates d’Amérique, s’empressa de proposer cette correction : « LE CAPITALISME ; S’ils voulaient vraiment chercher les causes du déraillement, leur enquête porterait sur un capitalisme incapable de s’attaquer au problème posé par la catastrophe du changement climatique ». Malgré le capitalisme, l’humanité est tout à fait capable de s’organiser en modèles florissants de sociétés, délimités par les contraintes de l’écologie ».

    Leur argument se tient, en dépit de ses failles. Rien n’oblige les humains à vivre sous le règne du capitalisme ; nous, les humains, sommes capables de nous organiser sous les formes de toutes sortes d’ordres sociaux différents, parmi lesquels des sociétés dont l’horizon temporel serait beaucoup plus éloigné, ou plus aptes à respecter les systèmes soucieux de préserver les conditions de survie de la nature. En fait, c’est ainsi que les humains vécurent, sauf pendant une infime partie de notre histoire, et de nos jours encore bien des cultures indigènes perpétuent des cosmologies géocentriques. Le capitalisme n’est qu’une anomalie minuscule dans l’histoire collective de notre espèce.

    Mais il ne suffit pas de pointer la seule responsabilité du capitalisme. Sans contestation possible, on peut affirmer que le capitalisme, en raison de sa soif inextinguible de croissance et de profits, se dresse comme un obstacle sur l’unique chemin menant à la transition rapide vers la sortie des énergies fossiles. Sans contestation possible, on peut également affirmer que la propagation sur toute la planète, dans les années 80-90, d’une forme débridée du capitalisme connue sous le nom de néolibéralisme, explique à elle seule le pic désastreux des émissions au cours des dernières décennies, au niveau mondial, et constitue aussi l’unique pierre d’achoppement, sur laquelle les gouvernements continuent de buter, depuis qu’ils se réunissent (et parlent, encore et encore), au moment de prendre des mesures de sauvegarde du climat, d’inspiration scientifique. Il s’agit aujourd’hui encore de l’obstacle principal, même dans des pays, comme la France et le Canada, qui se vantent d’être en première ligne dans la bataille climatique.

    Cela dit, il nous faut faire preuve d’honnêteté, et admettre que le socialisme industriel autocratique fut tout aussi désastreux pour l’environnement, comme le prouve la chute brève mais spectaculaire des émissions au début des années 90, soit au moment où s’effondrèrent les économies de l’ex-Union Soviétique. Ainsi que je l’écrivais dans Tout Peut Changer, le populisme pétrolier du Venezuela perpétue cette tradition toxique de nos jours, avec des conséquences désastreuses.

    Reconnaissons-le, tout en soulignant que des pays de forte tradition social-démocrate – comme le Danemark, la Suède, ou l’Uruguay – appliquent des politiques qui comptent parmi les plus visionnaires au monde en matière d’environnement. Ce qui nous amène à conclure que, si socialisme et écologie ne vont pas forcément de pair, une nouvelle forme d’éco-socialisme démocratique, suffisamment humble pour retenir les leçons des enseignements indigènes sur nos devoirs envers les générations futures, comme sur l’interconnexion de toutes les formes de vie, a toutes les apparences du pari le moins risqué, pour une humanité en quête de survie collective.

    Tel est l’enjeu de la floraison de candidatures politiques issues du tissu associatif, dont les campagnes en faveur d’un projet éco-socialiste démocratique, révèlent les liens entre les déprédations économiques consécutives à plusieurs décennies d’hégémonie néolibérale, et l’état dévasté de notre habitat naturel. En partie inspirés par la campagne présidentielle de Bernie Sanders, plusieurs candidats, d’origines multiples – à l’image d’Alexandra Ocasio-Cortez, à New York, de Kanelia Ing, à Hawaï, et de bien d’autres encore – font campagne sur des programmes appelant à un « New Deal Vert », apte à satisfaire les besoins matériels fondamentaux de chacun, à offrir de vraies solutions en matière d’injustices envers certaines communautés, de race ou de genre, tout en catalysant une transition rapide vers un recours exclusif aux énergies renouvelables. Plusieurs d’entre eux, comme Cynthia Nixon, candidate au poste de gouverneur de l’état de New York, ou Zephyr Teachout, candidat au poste de procureur général du même état, ont promis, non seulement de refuser l’argent des compagnies pétrolières, mais encore de les poursuivre en justice.

    Tous ces candidats, qu’ils se revendiquent ou non du socialisme démocratique, rejettent le centrisme néolibéral des élites du Parti Démocrate, et la fadeur de leurs solutions « compatibles avec l’économie de marché » à la crise écologique, tout comme le guerre totale de Trump contre la nature. Ils incarnent également une alternative concrète aux socialistes extractivistes peu soucieux de démocratie, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Par dessus-tout, cette nouvelle génération de dirigeants politiques, se refuse à faire de « l’humanité » le bouc-émissaire, condamné à expier les péchés d’avarice et de corruption d’une élite restreinte. Elle cherche, au contraire, à aider l’humanité – notamment celles et ceux dont on ignore systématiquement la parole, voire l’identité – à se constituer en un pouvoir soudé, doté d’une voix unique, et capable de tenir tête à cette élite.

    Nous ne perdons pas la terre – mais son réchauffement accéléré la place sur une trajectoire menant un grand nombre d’entre nous à leur perte. Une nouvelle voie politique se présente, juste à temps, pour nous emmener en lieu sûr. Le temps n’est pas aux lamentations sur les années perdues. Le moment est venu de s’engager sur cette voie, sans perdre un instant.

    https://www.luxediteur.com/le-capitalisme-est-la-cause-du-dereglement-climatique
    #climat #changement_climatique #responsabilité

  • #collapsologie #autoritarisme #club_de_rome #rapport_meadows
    Dennis meadows Scientifique, coauteur du rapport Meadows (1972) sur les dangers de la croissance « La montée de l’autoritarisme est inévitable » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/07/29/dennis-meadows-scientifique-coauteur-du-rapport-meadows-1972-sur-les-dang

    « Le dérèglement climatique, combiné avec la réduction des énergies fossiles peu chères au cours du siècle, éliminera les fondations du modèle actuel de civilisation industrielle. Nous observons déjà un chaos croissant, comme des mouvements de populations incontrôlés au sein des pays pauvres et vers les plus riches. Le chaos va empirer surtout car il provoque toujours plus de pénuries alimentaires. Nous avons appris de l’histoire une règle absolue : quand les gens pensent devoir choisir entre l’ordre et la liberté, ils choisiront toujours l’ordre. La montée de l’autoritarisme est inévitable. Je suis personnellement très content de vivre dans une démocratie. Mais nous devons admettre que les démocraties ne résolvent pas les problèmes existentiels de notre temps - dérèglement climatique, réduction des réserves énergétiques, érosion des sols, écart croissant entre riches et pauvres, etc. Doit-on réduire les libertés individuelles pour cela ? Cette question implique que la société a la capacité d’anticiper et de réaliser des changements proactifs. Je ne vois pas de preuve de cela. Les libertés individuelles sont déjà restreintes et je pense que cette tendance va se poursuivre inévitablement. Cela ne résoudra malheureusement pas les problèmes provoquant le chaos, mais accroîtra principalement le pouvoir politique sur le court terme et la richesse financière de ceux qui soutiennent des mesures autoritaires. Tous les gouvernements autoritaires actuels - la Chine, la Corée du Nord, la Russie, etc. - ne résolvent pas non plus les problèmes de notre temps. »

    • Alors, d’abord le titre ici a de drôles de majuscules et de virgules. Le vrai titre est :

      Dennis Meadows, scientifique, coauteur du rapport Meadows (1972) sur les dangers de la croissance : « La montée de l’autoritarisme est inévitable »

      #Dennis_Meadows

      Et il est issu de cet article :

      Effondrement : l’humanité rongée par la fin
      Coralie Schaub et Aude Massiot, Libération, le 29 juillet 2019
      https://www.liberation.fr/planete/2019/07/29/effondrement-l-humanite-rongee-par-la-fin_1742749

      La liste donne le tournis : perte de 30 % des oiseaux communs en quinze ans en France, de 40 % des populations de chauves-souris en dix ans, de 80 % des insectes jusque dans le cœur des espaces naturels… Les espèces n’ont jamais disparu à un rythme si rapide, qui est actuellement 100 à 1 000 fois supérieur à celui connu au cours des temps géologiques. A tel point que les chercheurs parlent d’un « anéantissement biologique ».

      Pour les pays occidentaux, le Club de Rome, qui avait commandé le rapport Meadows dans les années 70, évoquait un effondrement vers #2030. Pour l’ancien ministre de l’Ecologie Yves Cochet, qui parle de « fin du monde » à ses petits-enfants, la date fatidique se situe entre #2020 et #2050.

      Avec l’extrait cité, mais aussi :

      Edgar Morin, philosophe : « Je ne vois pas l’effondrement général »
      Delphine Batho, députée Génération Ecologie : « L’effondrement a commencé »
      Jean Jouzel, climatologue  : « Pas besoin d’en rajouter dans le catastrophisme »
      Pascal Canfin, eurodéputé LREM, ex-directeur de WWF France : « Certains points de non-retour ont déjà été franchis »
      Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie : « La nécessité de définir un nouveau modèle de société »

      On l’ajoute à la troisième compilation :
      https://seenthis.net/messages/680147

      #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Il y a 40 ans, Haroun Tazieff mettait en garde contre le réchauffement climatique... moqué par le Commandant Cousteau

    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_il-y-a-40-ans-haroun-tazieff-mettait-en-garde-contre-le-rechauffement-cl

    Dans cet extrait, on voit en effet le vulcanologue mettre en garde contre les dangers que pourrait représenter un réchauffement climatique provoqué par les activités humaines... et être moqué par un fervent défenseur de la nature comme le commandant Cousteau !

    Il s’agit en fait d’un extrait de l’émission Les dossiers de l’écran, sur ce qui s’appelait alors Antenne 2. Une question de téléspectateur demande si « l’activité des volcans » ne risque pas de faire « fondre la Grande banquise » et « grimper le niveau de la mer ».

    « Ce ne sont pas les volcans qui le feront, ce qui peut le faire c’est la pollution industrielle », répond alors, visionnaire, Haroun Tazieff : la pollution industrielle émet des quantités de produits chimiques dont une énorme quantité de gaz carbonique", exprime-t-il.

  • Palestine occupée : lutter contre l’apartheid climatique
    Matan Kaminer, Basma Fahoum, et Edo Konrad, Al Shabaka, le 8 août 2019
    https://www.chroniquepalestine.com/palestine-occupee-lutter-contre-apartheid-climatique

    Les sondages auprès des Israéliens témoignent d’une grande indifférence à l’égard de la crise à venir, ce qui signifie que le gouvernement israélien fait face à peu de pression populaire sur cette question. Aucun sondage n’a été effectué dans les territoires palestiniens occupés, mais l’occupation actuelle de la Cisjordanie et le siège de Gaza aggravent à la fois le risque de catastrophe climatique pour les Palestiniens et rendent pratiquement impossible toute intervention de leur gouvernement dans ce domaine.

    En Cisjordanie, c’est l’approvisionnement en eau qui est le plus vulnérable aux effets du changement climatique. Selon un rapport publié en 2013 par le groupe palestinien de défense des droits de l’homme Al-Haq, la consommation israélienne d’eau à usage domestique par habitant est quatre à cinq fois supérieure à celle de la population palestinienne des territoires occupés. Les colons israéliens en Cisjordanie consomment environ six fois plus d’eau que la population palestinienne vivant sur le même territoire.

    La situation à Gaza est aggravée par le siège israélien qui a entraîné la surexploitation des ressources en eaux souterraines et l’épuisement croissant de l’aquifère côtier, tout cela a rendu 90 % de l’approvisionnement en eau impropre à la consommation humaine.

    #Palestine #Apartheid #Climat #eau, mais je l’ajoute aussi à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Disparition des abeilles : comment l’Europe a renoncé à enrayer leur déclin
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/08/27/disparition-des-abeilles-la-derobade-de-l-europe_5503163_1650684.html

    Le texte en question – une mise à jour des principes d’évaluation des effets des #pesticides sur les #abeilles – fait l’impasse sur l’essentiel des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (#EFSA), l’agence d’expertise officielle de l’Union. L’écrasante majorité des mesures proposées par l’agence sont renvoyées à un examen ultérieur, au mieux, après l’été 2021. Et ce, alors que l’EFSA fait savoir depuis le printemps 2012 que les tests réglementaires actuels ne protègent pas les abeilles et les #pollinisateurs sauvages (bourdons, abeilles solitaires, papillons, etc.). Interdits depuis fin 2018 en Europe, les trois principaux #insecticides #néonicotinoïdes (#imidaclopride, #clothianidine et #thiaméthoxame) pourraient ainsi être remplacés par des produits aussi problématiques.

    Après paywall #it_has_begun

  • On the Irish border lanes of Fermanagh, the bad old days are returning | UK news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/uk-news/2019/aug/24/fermanagh-irish-border-lanes-bad-old-days-returning-no-deal-brexit-bomb

    Boris Johnson vowed to preserve peace in Northern Ireland during diplomatic forays to Germany and France last week, saying “under no circumstances” would the UK put checks and controls on the border.

    The prime minister’s reassurance did not reach the narrow lanes and hedgerows of County Fermanagh. Here it felt like the bad old days had already returned.

    A helicopter and surveillance aircraft criss-crossed grey skies over the village of Newtownbutler, while in the fields below police and soldiers fanned out in the grim, familiar choreography of securing a bomb scene.

    #irlande_du_nord