Italie : deux fois plus d’arrivées de migrants en Sardaigne cette année - InfoMigrants
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Italie : deux fois plus d’arrivées de migrants en Sardaigne cette année
Par Leslie Carretero Publié le : 09/10/2026
Depuis janvier, environ 3 200 migrants sont arrivés en Sardaigne, contre près de 1 400 sur l’ensemble de l’année 2025. Soit une augmentation de 125%. Les autorités locales disent redouter que l’île italienne devienne « un nouveau Lampedusa » et réclament l’aide du gouvernement central à Rome.
Jeudi 8 octobre, 51 exilés sont arrivés en Sardaigne à bord de quatre embarcations. Mardi, 114 migrants avaient déjà débarqué en une seule journée sur cette île italienne située sous la Corse. Parmi eux, un groupe de sept personnes, dont quatre enfants, auraient été forcées de sauter dans l’eau par des passeurs, qui craignaient l’arrivée de la police, a indiqué l’agence de presse italienne Ansa.
Ces débarquements sont de plus en plus fréquents sur l’île : depuis janvier, 3 200 exilés sont arrivés dans cette région italienne, contre 1 400 sur l’ensemble de l’année 2025, selon l’agence de presse Agenzia Nova. Soit une hausse de 125%.Les migrants arrivant en Sardaigne partent de l’est de l’Algérie, notamment de la ville d’Annaba, et parcourent plus de 250 km pendant huit à dix heures de navigation - quand la mer est calme - à bord de canots pneumatiques de cinq ou six mètres. La majorité des exilés sont originaires d’Algérie, d’après la presse locale, mais on compte aussi de plus en plus de Tunisiens, d’Égyptiens et de personnes originaires d’Afrique subsaharienne.
Signe d’une augmentation des tentatives de traversée vers la Sardaigne, les autorités italiennes ont annoncé début août avoir arrêté huit hommes soupçonnés d’appartenir à un réseau de passeurs opérant entre l’Algérie, la Sardaigne et la France.
Les accusés sont soupçonnés d’avoir fait payer environ 2 500 euros par personne des traversées qui concernaient à chaque fois entre 10 et 12 migrants. Celles-ci étaient ensuite effectuées à bord de « Phantom », une référence bien connue de bateaux semi-rigides très rapides. Au moins 50 à 60 migrants - principalement des Algériens et Tunisiens - auraient donc rejoint l’Italie via cette organisation.
Selon un communiqué de la police, le groupe criminel prévoyait d’élargir ses activités afin d’ouvrir une « nouvelle route de trafic d’êtres humains, plus rentable », entre l’île tunisienne de La Galite et les côtes sardes.
La hausse des arrivées en Sardaigne provoque la saturation du centre d’accueil de Monastir, petite ville de 4 600 habitants, située dans le sud, à une trentaine de kilomètres de la capitale de l’île, Cagliari. Cet été, 800 exilés étaient hébergés dans la structure, d’une capacité de 300 places."Les débarquements sont en constante augmentation et le flux de migrants nécessite plus d’attention, d’information et une gestion plus structurée", a déclaré cette semaine Paolo Dessì, maire de Sant’Anna Arresi de la province de Sulcis, dans le sud-est de la Sardaigne, cité par le média Cagliari Today. « Il est nécessaire de fournir dès que possible des outils, du personnel et des ressources adéquats pour faire face au phénomène de manière ordonnée et efficace », a insisté l’édile.
Depuis plusieurs semaines, les autorités locales, qui craignent de devenir « un nouveau Lampedusa » réclament l’aide du gouvernement central à Rome.Si elle semble prendre de l’ampleur cette année, la route qui mène de l’Algérie à la Sardaigne n’est pas nouvelle.En 2020, un centre de rétention avait ouvert à Macomer, dans le centre de l’île, d’une capacité de 100 places, dans le but de dissuader les arrivées de migrants. Avant cette date, les exilés qui débarquaient en Sardaigne étaient envoyés dans le centre d’accueil de Monastir, où les autorités procédaient à leur identification et vérifiaient leur état de santé. Les migrants non éligibles à l’asile recevaient ensuite une obligation de quitter le territoire italien sous sept jours mais la plupart arrivaient à rejoindre le continent italien et ainsi atteindre d’autres pays européens.
Depuis l’ouverture du site de Macomer, les migrants qui ne peuvent bénéficier de l’asile sont enregistrés à Monastir et transférés au centre de rétention avant leur rapatriement dans leur pays d’origine – le plus souvent l’Algérie.Les autorités espéraient alors que l’ouverture de cette nouvelle structure découragerait les futurs migrants de se rendre en Sardaigne. « Le bouche à oreille chez les étrangers qui tentent ce type d’entrée en Italie est très rapide : sachant qu’ils n’ont plus la possibilité de circuler librement sur le territoire, les Algériens choisiront d’abandonner la route de la Sardaigne », avait, à l’époque, déclaré Mauro Aresu, secrétaire régional du syndicat des policiers, cité par le média en ligne Sardinia Post.
Mais le renforcement des contrôles au Maroc et le peu de surveillance au large de l’Algérie ont poussé les exilés à trouver de nouvelles voies d’entrée en Europe, notamment au départ de l’Algérie. Une autre route s’est aussi considérablement développée depuis l’an dernier : celle menant des côtes algériennes aux Baléares.
Cet itinéraire est devenu en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’association Caminando Fronteras. Le nombre d’arrivées cette année aux Baléares frôle même celui enregistré aux Canaries, route historique vers l’Espagne qui connaît cependant une importante baisse de fréquentation depuis l’année dernière.
Depuis janvier, 6 408 personnes ont débarqué aux Baléares - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période avec 5 844 arrivées, alors que les Canaries recensent 7 133 arrivées depuis le début de l’année (en baisse de 44%), selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur.
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