Connaissez-vous le Cotton club ?
Harlem, situé sur les hauteurs de Manhattan, à New York, doit son nom à une ruée des riches hollandais venus construire leurs résidences tout en haut de la colline au début du 20e siècle. La crise immobilière les vit s’enfuir laissant, notamment sur la 8e avenue au-delà de la 125e rue, de très belles constructions et d’autres pas tout à fait terminées. Par un processus étrange de retournement, cet arrondissement devint le ghetto africain-américain. Au début des années 1920 la mutation est accomplie. Le lieu, par une sorte de pies-de-nez, allait réunir jazz, poésie, littérature, photographie et verra se côtoyer Zora Neale Hurston, romancière, essayiste, anthropologue, Langston Hughes, Carl van Vechten mais aussi les truands comme Owney Madden qui acheta l’endroit à Jack Johnson, champion de boxe, pour en faire un rendez-vous de la haute société venue s’encanailler à Harlem. Il lui donna le nom de Cotton club, une référence marquée du sceau de Jim Crow – une incarnation du racisme. Sur scène se produisaient tous les grands artistes africain-américains, sous la houlette, dans un premier temps, de Duke Ellington et son orchestre. Il leur aura fallu d’apprendre vite et d’être efficace pour accompagner, composer et se mettre en scène. Comme le montre les photos de l’époque, Sonny Greer, le batteur de l’orchestre, avait le sens de l’apparat : pas seulement une batterie, mais des gongs et autres instruments de percussion qui l’entouraient. Juché sur un promontoire, il dominait l’orchestre. C’est lui qui allait permettre à l’orchestre de dissimuler ses manques. Le Cotton fut un terrain d’expériences et de créations. Plus encore le dit « Harlem Renaissance » allait intéresser la radio elle aussi en construction – elle est née au début des années vingt – en proposant des « en direct du Cotton club » faisant connaître le Duke Ellington Orchestra dans tout le pays et au-delà.
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