• Pour l’accueil de la folie, avec Jean Oury | Documentaires | Mediapart, avec un #paywall qui suppose de disposer d’un code d’accès, empruntable.
    https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/culture-idees/pour-l-accueil-de-la-folie-avec-jean-oury

    "Le paradoxe c’est d’organiser, on peut dire pour l’éternel, quelque chose qui peut disparaître d’une seconde à l’autre, ça c’est Kierkegaard, le précaire. Et le précaire c’est la base de ce qu’on pourrait appeler l’organisationnel. Si dans une communauté, un hôpital, il n’y a pas de précaire, eh bien c’est un camp, ça peut arriver très vite. " (Jean Oury)

    Celui qui s’entretient avec Martine Deyres est un vieux monsieur. Il a créé, il y a 60 ans, la #clinique_de_La_Borde, lieu majeur de la psychiatrie du XXe siècle, là où Gilles Deleuze et Félix Guattari ou encore l’écrivaine Marie Depussé ont aussi travaillé. Aujourd’hui, elle compte 107 lits d’hospitalisation. Dans Le sous-bois des insensés, Jean Oury parle de l’accueil des psychotiques et des structures aliénantes, autant pour les patients que pour les #soignants. Décapant, à l’heure où les professionnels de la psychiatrie se mobilisent pour préserver une certaine qualité du soin.

    Le sous-bois des insensés a été tourné peu avant la mort de Jean Oury, décédé en mai 2014 à l’âge de 90 ans. Dans cet entretien d’une heure et demie (que nous vous proposons en partenariat avec le site de VOD Tënk), le psychiatre laisse courir sa pensée. Sautant de récits en métaphores, de colères en impertinences, il déroule librement ce qu’à ces yeux doit être un établissement dédié aux psychotiques : un endroit où se déploie une « polyphonie de #soins », où l’on « travaille l’ambiance » et où « l’important n’est pas ce qu’on dit, mais la manière dont on le dit ». Sans ce souci du lien entre les personnes, l’établissement « a très vite fait de devenir un camp », prévient Jean Oury. Un documentaire proposé en écho au débat que nous avons organisé récemment sur la crise que traversent actuellement les hôpitaux psychiatriques.

    #psychiatrie #fonction_d'accueil #psychothérapie_institutionnelle #Jean_Oury #vidéo

  • Pour un droit à la folie | Riton et Hala Zika
    http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/830-pour-un-droit-a-la-folie

    Chaque jour, on attache, on enferme, on violente des personnes malades. Ce ne sont pas des actes isolés, mais la banalisation d’une violence organisée par un État où la mise à l’écart des indésirables est depuis longtemps devenue la norme. État des lieux de la dérive sécuritaire et gestionnaire de la psychiatrie, face à laquelle des alternatives ont depuis longtemps prouvé leur pertinence. Parmi elles : la clinique de La Borde où, sans raison médicale, on est allés passer quelques jours. Source : La Brique

  • Le séminaire de Sainte-Anne de #Jean_Oury : « Le dossier Oury-Félix » / COLLEGE INTERNATIONAL DE PHILOSOPHIE
    http://plus.franceculture.fr/partenaires/college-international-de-philosophie/le-seminaire-de-sainte-anne-de-jean-oury-le-dossier

    Cette relation doit être resituée par rapport à deux noms : Deleuze, mais aussi Lacan. #Guattari et Oury constituent un moment poiétique singulier dans l’histoire de la #psychothérapie_institutionnelle ; Deleuze et Guattari déterminent un moment singulier dans l’histoire de la pensée française et internationale ; Oury est grand lecteur de Deleuze. Pourtant, jamais ce triangle n’est saisissable en une figure achevée, et sous-jacent, demeure Lacan. Sur le terrain théorique et #politique, des témoignages, non pas seulement sur l’époque consensuelle des années-#GTPSI, mais sur l’époque où les praxis se sont scindées, ouvrant parfois des gouffres, nous aideront à éclairer ces pensées dans leur articulation pratique, gardant pour perspective le point intangible, par-delà les brisures, de l’#accueil #éthique de la #folie, de sa souffrance et de ses lignes de force.

    #psychiatrie

  • À propos de la « théorie du déficit » inventée pour légitimer, depuis une économie libidinale parfaitement intégrée à l’#économie restreinte (vs l’"économie générale " de Bataille, discutable par ailleurs) la prostitution, cf
    http://seenthis.net/messages/398660
    on doit bien constater que la notion de #déficit sert à imposer une loi (par ex. les politiques d’austérité) et une normativité sociale sur fond de #vie_amputée et à maintenir comme telle. Force du #raisonnement_comptable, reprise d’une théorisation du #manque comme étant au fondement de l’ordre symbolique, ..., il y aurait aurait sans doute à creuser par là.

    • Le politique par Jean Oury [15-10-2004], Le droit à la connerie
      https://deterritorium.wordpress.com/2011/09/12/le-politique-par-jean-oury-2004

      Alors, on en arrive là à une autre articulation que je voulais proposer. L’articulation entre l’aliénation sociale et l’aliénation transcendantale. Pour reprendre une stéréotypie d’il y a quelques temps, de l’année dernière ou il y a deux ou trois ans, une stéréotypie que j’avais piochée chez Niels Egebak, un universitaire de Aarus, au Danemark. Il m’avait envoyé un texte magnifique, d’une érudition extraordinaire, sur la notion de #travail chez Marx, en remettant en question toutes les âneries de beaucoup de marxologues. Pas tous, mais des gens qui ont compris de travers. Il reprenait tout. Il reprenait aussi bien les Manuscrits de 1844 que les Manuscrits de 1842, et puis les Grundrisse. Et alors, en prenant un modèle épistémico…ce que vous voulez, de Georges Bataille, la distinction entre « #économie_générale » et « économie restreinte ». Pour résumer, on peut dire : l’#économie_restreinte, c’est l’économie telle qu’elle est décrite par Marx dans ce qui allait devenir « Le Capital », c’est-à-dire la production capitaliste, le processus productif, c’est-à-dire l’incarnation d’une force de travail qui produit, qui transforme un objet en marchandise, avec toute la thématique du fétichisme. Et après, de la consommation qui doit être prise absolument dans le processus de production. Parce qu’on voit la déviation quand on met d’un côté la consommation et puis la production. Mais c’est dans le même truc. Dans la consommation, il faut reprendre ce qui influe dialectiquement sur la force de travail, sur les valeurs d’échange, en mettant peut-être en sourdine la valeur d’usage. Tosquelles insiste beaucoup là-dessus. Et ça, ça s’appelle « l’économie restreinte », c’est-à-dire l’économie de la plus-value, du profit, du mesurable, avec toutes les équations, avec l’économie mondialiste au fond, avec une complexité plus grande maintenant, avec toutes les histoires de modernisation. Mais n’empêche que ça restait ça : nous sommes tous traités comme des produits. Un enfant est un produit. On peut dire : « Combien tu as de produits chez toi ? » pour dire « Combien d’enfants ? » « J’ai cinq produits ! » On peut changer de mots, comme ça gêne. Vous savez les nouvelles réglementations. Les formateurs d’instituteurs à l’Éducation Nationale qui est toujours à la pointe de la connerie ! Les formateurs disent : « Il ne faut plus employer le mot « élève », il faut employer le mot « apprenant ». D’ailleurs, il y a une Circulaire de l’Éducation Nationale qui recommandait dans les textes officiels aux professeurs de gym dans les lycées : « Vous devriez utiliser davantage le circonstanciel rebondissant », et ça veut dire « jouer au ballon ! » C’est digne de Klemperer.

      #dépense #Jean_Oury

    • Une digression dont j’espère qu’elle ne passe pas pour une correction :) @fil tu emploies parfois #santé_mentale, je sais pas si il serait préférable de dire #souffrance_psychique ou encore autrement mais « santé mentale » est une notion problématique, comme bien des syntagmes actuels. J’ai pas le livre (préfacé par #Jean_Oury) sous la main, mais voilà un bout de la 4e de couv. de _La santé mentale, Vers un bonheur sous #contrôle_ , de Mathieu Bellahsen
      http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=860

      ...la notion de santé mentale est devenue un opérateur essentiel, car, selon un rapport officiel, « la mauvaise santé mentale coûte à l’Union européenne de 3 à 4 % du produit intérieur brut, à la suite d’une perte de productivité ». La pression de l’industrie pharmaceutique, le rôle dominant des neurosciences dans la recherche, la dévalorisation systématique de la psychanalyse, toute cette dérive fait de « la santé mentale pour tous » une nouvelle #norme, un outil dans la #gestion #néolibérale des populations. Le « complet bien-être », le bonheur sous contrôle, telles sont les visées que sous-tend le terme faussement rassurant de santé mentale.

      Ou, dans une note de lecture
      http://lectures.revues.org/15258

      De ses origines progressistes d’après-guerre jusqu’à nos jours, l’auteur nous montre combien l’acception originelle du concept de santé mentale s’est considérablement #renversée avec le temps.

      ou bien là (sur Jean Oury et avec des interv. de Oury) à propos de « peste managériale » etc.
      http://seenthis.net/messages/343841

      Pour en revenir chouïa aux enfants détenus, la « psychothérapie institutionnelle » a parmi ses fondements la critique de l’#enfermement, la prise en compte du caractère pathogène de nombre d’institutions.

    • Merci, ça mérite vraiment d’être précisé, et la note de lecture que tu cites est très claire et pertinente.

      De mon côté j’utilise ce tag en général pour pointer les conséquences psychiques de violences structurelles. Le mot composé me permet de classer ces articles avec tous ceux qui traitent de (mauvaise) santé. Je n’en ai pas de meilleur — la suggestion de se baser sur la souffrance me semble plus que problématique.

    • You’re welcome . Content que ce post soit pas pris comme une « leçon » ( médoukicausécomençuilà ?). Cela fait plusieurs fois que je voulais dire un mot sur cette notion de santé mentale. La dimension normative y prend le pas sur la notion de #soin, la technocratie néolibérale parle cette langue et occulte ce qui est fondamentalement en question. C’est là où il y a peu de soin (voire une #maltraitance aux formes très variables, jusqu’à l’insoutenable), y compris la où un care abstrait sert d’alibi à la société de concurrence (cf. Martine Aubry), que le terme vaut sans avoir à décrire et à prendre en compte le problème de base que l’on peut nommer souffrance psychique. Celle-ci ne disparaîtra pas, c’est l’une des raisons de la défense de la psychiatrie comme #pratique de soin et pas de normalisation, et, chez les tenants de la psychothérapie institutionnelle, de la valorisation d’une aptitude au soin généralisée, par de-là les professions et la hiérarchie. Il est en revanche nécessaire de chercher à détruire et/ou modifier les structures sociales, institutionnelles, culturelles #pathogènes. Si on prend l’exemple de la morbidité des chômeurs (dont le suicide), on est conduit à mettre en cause à la fois le dénuement matériel, la coupure d’avec l’activité sociale dont le travail est supposée être le parangon, donc l’idéologie du travail et du plein emploi et d’autres dimensions encore.

      Cela m’a attristé de voir que l’article Oury que j’ai publié ici il a peu semblait avoir intéressé peu de monde. C’était un grand bonhomme, un penseur érudit, un praticien subtil. Il participait d’un courant qui a su, à sa façon, prendre au sérieux la barbarie de nos sociétés et la combattre obstinément au quotidien durant des décennies (on mesure le degré de civilisation d’une société au sort qu’elle réserve à ses fous disait Foucault, que J.O n’aimait guère). De telles figures sont rares, et paraissent vouées à l’être toujours plus. Alors une question se pose, qui n’est pas individuelle, qui peut trouver des applications dans des champs divers : ce serait quoi hériter de ça ?

  • Avec Jean Oury. Vivre avec la folie / #Revue_Chimères n°84 - Le silence qui parle
    http://lesilencequiparle.unblog.fr/2015/02/19/vivre-avec-la-folie-olivier-apprill-edito-de-la-revue-chime

    « Refaire le #club_thérapeutique, tout le temps. » Cette petite phrase de #Jean_Oury, extraite d’un dialogue avec Danielle Sivadon en 2004 (1), aurait pu être prononcée au printemps dernier comme il y a cinquante ans. Elle exprime une constance mais aussi une exigence : donner du #pouvoir aux malades, créer de la responsabilité, du #mouvement, du #possible. C’est à ces tâches essentielles que le fondateur de la #clinique psychiatrique de La Borde se consacrait encore quelques jours avant sa mort, le 15 mai dernier, à l’âge de 90 ans.

    Rendre hommage à celui que ses pairs considèrent comme l’un des meilleurs connaisseurs de la #psychose, c’est d’abord prendre la mesure de cette passion médicale (2) qui voit en chaque individu, plus ou moins fou, un sujet à part entière. C’est surtout honorer un engagement au jour le jour, une disponibilité, une présence confondue avec l’accueil permanent de l’autre.

    Jean Oury n’a jamais cessé de l’affirmer : dans l’abord de la #folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l’#ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l’arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l’écho, nourri d’expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d’une « vraie rencontre ». Une sorte de #constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de « psychistes », d’artistes, d’amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l’homme qui a tracé « son chemin en marchant » et su s’adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu’il y a de plus #singulier en chacun.

    En soutenant l’hypothèse que l’hôpital peut devenir un instrument thérapeutique et que la folie est aussi #création, Jean Oury abroge toutes les formes de ségrégation et tout réductionnisme de la maladie mentale. Autant de révolutions partagées au long de son parcours commun avec son ami #Félix_Guattari : la machine bicéphale Oury-Félix occupe une place privilégiée dans ce numéro de Chimères. Un agencement foisonnant, tour à tour créateur et conflictuel, qui constitue le caractère le plus visible de cette amitié – terme sans doute à entendre ici dans le sens d’une « condition pour l’exercice de la pensée » (3). Pensée en extension chez l’un, locale et intensive chez l’autre, dont la complémentarité aura permis d’instituer un milieu et un lieu « qui n’en a jamais fini de se construire » (4).

    Ce #lieu de #soin, bien réel et pourtant toujours à venir, Jean Oury en a lui-même élaboré la formule logique, la topique, dans son concept princeps de « collectif ». Réussir à déchiffrer ce qui se passe dans la vie quotidienne, sur le terrain, au travail, entre les gens, afin qu’une organisation d’ensemble puisse tenir compte du #désir_inconscient, est au principe même d’une « #psychiatrie_concrète » (autre nom de la #psychothérapie_institutionnelle) pour laquelle le médecin directeur de #La_Borde a oeuvré sans relâche.

    Tel est peut-être l’un des legs les plus manifestes de Jean Oury aux pensées qui n’ont pas renoncé à transformer l’état des choses. Un legs clinique, philosophique, politique, poétique, #éthique, dont la « valeur humaine » imprègne toutes les pages qui suivent. Accueillir, soigner, penser, vivre avec la folie : la contingence, une vie…

    Olivier Apprill
    Vivre avec la folie / 2015
    Édito du n°84 de la revue Chimères : Avec Jean Oury

    Numéro dirigé par Olivier Apprill et Jean-Claude Polack

    Télécharger le sommaire : Chimeres 84 sommaire
    http://lesilencequiparle.e.l.f.unblog.fr/files/2015/02/chimeres-84-sommaire.pdf

    • Assemblée nationale, Audition de M. Jean Oury, dir. de la clinique de La Borde (Cour-Cheverny) - Jeudi 31 Janvier 2013
      http://www.dailymotion.com/video/x17i0np_audition-de-m-jean-oury-dir-de-la-clinique-de-la-borde-cour-che

      Alors, la vie quotidienne ? (séminaire de Ste Anne septembre 1986)
      http://www.revue-institutions.com/articles/19/Document5.pdf

      De l’#institution. #Transfert, multiréférentialité et #vie_quotidienne dans l’approche thérapeutique de la psychose (2003)
      http://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2003-2-page-155.htm

      La destruction programmée de la psychiatrie (2008)
      http://www.cairn.info/revue-sud-nord-2008-1-page-37.htm

      « La psychiatrie n’est pas une spécialité de la #médecine, ce serait plutôt l’inverse », (une rengaine de J.O).

      Le pré-pathique et le tailleur de pierre
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/40chi04.pdf

      JE VOUDRAIS ESSAYER DE FAIRE PASSER une dimension de la communication que j’appelle « pré-pathique », importante aussi bien sur le plan psychiatrique (de l’autisme ou de la #schizophrénie) que dans le domaine de la #normopathie (on est tous des normopathes et c’est la chose la plus incurable qui soit). Il ne s’agit donc pas ici d’une « communication » au sens restreint du terme mais de déchiffrer ce qui est en question dans « ce qui se passe ». Cela rejoint ce que j’appelle « les #entours » : terme banal qui me semble plus évocateur et plus poétique que le mot ambiance. On peut être non pas en face mais avec quelqu’un, et alors on essaye de repérer ce qui se passe. « Passage » est un mot privilégié de #Kierkegaard par lequel il traduisait le terme grec de kinésis . Il y a du mouvement ; s’il n’y a pas de mouvement, il ne se passe rien. Mais le mouvement ce n’est pas l’agitation. Ce qui exige une distinctivité : quand on passe d’un point à un autre, si le deuxième point n’est pas différent du premier, autant rester sur place. C’est la #critique que j’adresse à la plupart des #établissements. Ils sont tous pareils : aussi bien le bureau du médecin, que celui du directeur, ou la cuisine, la bibliothèque... C’est la même odeur, la même « olor ».

      #Santé_mentale ? #François_Tosquelles #Jacques_Lacan #DSM #diagnostic #fonction_d'accueil

    • « Séminaire de Sainte-Anne » de Jean Oury (1ère partie)

      http://www.franceculture.fr/player/export-inline?content=4329375

      Le psychiatre Jean Oury, fondateur de la psychothérapie institutionnelle, « plus grand connaisseur vivant de la psychose » (P. Delion), tient depuis 1980 un séminaire à #Sainte-Anne. Nous présenterons l’ethos, la parole, et l’histoire de ce lieu crucial pour l’actualité et l’histoire de la psychiatrie et de la #psychanalyse. Notre approche n’est pas clinique, mais une analyse praxique du discours, où sens, éthique et pertinence sont le nœud épistémologique hors duquel la pensée d’Oury reste impensable. Nous établirons l’objet du discours d’Oury, son régime praxique et sa profonde homologie de #structure et de #logique avec la folie. C’est au tissage de cette pensée et de sa parole que nous serons surtout sensibles : comment Oury propose une #praxis_théorique singulière ? Sur le plan de l’histoire des idées, des liens seront établis en permanence entre la pensée d’Oury et ses compagnons (Tosquelles, Guattari, #Gentis… ), avec les grands corps théoriques et cliniques (et surtout #Freud, Lacan), politiques (#marxisme antistalinien), philosophiques (Kierkegaard, Heidegger, #Maldiney) et artistiques (art brut… ). Le tout nourrit une pensée qui articule singulièrement logique, clinique et #politique. Enfin, nous insisterons sur les liens récents établis entre psychothérapie institutionnelle et logique peircienne. Il en sort un savoir incomparable à toute autre approche de la psychose. Quant à l’archéologie de ce discours, nous établirons l’aire que dessinent trois autres discours : le #séminaire de La Borde (clinique dirigée par Oury), recueil du savoir clinique d’Oury ; les rencontres du #GTPSI (moment important des années 1960, il est à la psychiatrie ce que les avant-gardes sont à l’art contemporain) ; l’œuvre écrite d’Oury, entre prose poétique et méditation philosophique.

      Avec Olivier Apprill et Pierre Johan Laffite.

      #audio

    • « Cadrer » le dérèglement - La « grille », Félix Guattari, exposé lors du stage de formation de la clinique de La Borde, 29 Janvier 1987.
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/34chi01.pdf

      En ce qui me concerne, Je me suis totalement investi dans cette expérience à partir de 1955 ; bien que j’ y aie participé de façon assez suivie dès la phase préparatoire de Saumery. Et c’est durant cette période-là que se sont posés les grands problèmes qui devaient marquer l’évolution ultérieure. Assez rapidement, la clinique a augmenté sa capacité ; elle est pas- sée à soixante malades, puis quelques années plus tard à sa capacité actuelle. Corrélativement, le #personnel a augmenté et les anciennes méthodes d’#organisation consensuelle, fusionnelle, ne pouvaient évidemment plus fonctionner de la même façon. Quand je suis arrivé, j’ai commencé à m’occuper des #activités d’animation et des ateliers. J’ai contribué à la mise en place de pas mal des institutions qui devaient se maintenir de façon durable — quoique toujours en évolution. Mais, assez rapidement, j’ai été amené à m’occuper des problèmes de gestion. Durant les années antérieures, s’étaient instituées des différences de #salaires assez marquées, pour des raisons, d’ailleurs, plutôt contingentes, en raison d’arrangements qui se faisaient au fur et à mesure de l’arrivée des nouveaux membres du personnel. Tout ça pour dire qu’il y avait une situation assez floue, assez peu maîtrisée. Une des premières difficultés à laquelle je me suis trouvé confronté a été relative au #budget des ateliers, lorsqu’ils furent instaurés de façon plus systématique, avec la mise en place du Club ; l’administratrice de cette époque refusait systématiquement de les aider financièrement et il a fallu que je me substitue a elle. À côté de cela, Oury se méfiait beaucoup de quelque chose qui existait dans la plupart des établissements publics, à savoir l’existence d’ergothérapeutes ou de sociothérapeutes spécialisés qui fonctionnaient de façon autonome par rapport au reste du personnel et qui devaient d’ailleurs acquérir ulté- rieurement une qualification particulière. Ça ne nous parais- sait pas souhaitable, parce qu’au contraire on voulait à tout prix éviter que les activités ne deviennent stéréotypées, refer- mées sur elles-mêmes. Pour nous, le but n’était pas de parve- nir à stabiliser une activité particulière. Son fonctionnement ne nous intéressait que pour autant qu’il permettait d’enrichir les #rapports_sociaux, de promouvoir un certain type de #responsabilisation, aussi bien chez les #pensionnaires que dans le personnel. Donc, nous n’étions pas trop favorables à l’implantation d’ateliers standardisés (vannerie, poterie, etc.) avec le ronron du responsable qui vient faire son petit boulot à longueur d’année et avec des pensionnaires qui viennent là régulièrement, mais de façon un peu mécanique. Notre objectif de thérapie institutionnelle n’était pas de produire des objets ni même de produire de « la relation » pour elle-même, mais de développer de nouvelles formes de #subjectivité. Alors, à partir de là, toutes sortes de problèmes se posent sous un angle différent : on s’aperçoit que pour faire des #ateliers, pour développer des activités, le plus important n’est pas la qualification du personnel soignant (diplôme d’infirmier, de psychologue, etc.), mais les compétences de gens qui peuvent avoir travaillé dans le domaine agricole ou comme lingère, cuisinier, etc. Or, bien entendu, pour pouvoir suffisamment dégager ces personnes de leur service, de leur fonction et pour pouvoir les affecter au travail des ateliers et des activités rattachées au Club, il est nécessaire d’inventer de nouvelles solutions organisationnelles, parce que sinon ça déséquilibrerait les services. En fait, ça n’allait de soi d’aucun point de vue, ni dans la tête du personnel soignant, ni dans celles des personnes directement concernées. Il a donc fallu instituer un système, qu’on pourrait dire de dérèglement de l’ordre « normal » des choses, le système dit de « #la_grille », qui consiste à confectionner un organigramme évolutif où chacun a sa place en fonction 1) de tâches régulières, 2) de tâches occasionnelles, 3) de « #roulements », c’est-à-dire de de tâches collectives qu’on ne veut pas spécialiser sur une catégorie particulière de personnel (exemple : les roulements de nuit, les roulements qui consistent à venir à 5 h du matin, la vaisselle, etc.). La grille est donc un tableau à double entrée permettant de gérer collectivement les affectations individuelles par rapport aux tâches. C’est une sorte d’instrument de réglage du nécessaire dérèglement institutionnel, afin qu’il soit rendu possible, et, cela étant, pour qu’il soit « cadré ».

  • Le droit de l’enfant d’être « con »
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/2015/02/04/le-droit-de-lenfant-detre-con-1

    Quand comprendra-t-on que l’enfant a le droit de provoquer, d’être « con », de se mesurer avec les adultes, pour mieux se construire, pour mieux s’identifier au monde dans lequel il va bientôt entrer ? Ce n’est pas en le punissant de la sorte et en l’humiliant qu’on le fera grandir, mais en répondant à sa provocation par le questionnement, la réponse à l’émotion que sa bravade a suscitée. On retrouverait alors le vrai sens de l’éducation.

  • Ça fait peur : une seule dose d’antidépresseur impacte le cerveau entier
    http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-ca-fait-peur-seule-dose-antidepresseur-impacte-cerveau-ent

    Dans nos sociétés, rares sont ceux qui n’ont jamais eu recours à un antidépresseur…

    Ok, on est combien, ici à n’avoir jamais pris d’antidépresseurs, même pas une dose ?
    1. Ma pomme.

    • Désolé de ne pas pouvoir ajouté ma touche personnelle à ce cocktail fruité. Je serai plutôt tenté de vous répondre par une partie charnue de mon anatomie car ça fait dix ans que j’en prends + une autre cochonnerie appelé thymorégulateur. Diagnostiqué bipolaire par une homéopathe nutritionniste (ça vous la coupe, hein ?), elle m’a orienté vers un psychiatre qui « maniait bien les drogues ». Effectivement, la combinaison des deux molécules a sensiblement amélioré mon état bien que le seul remède vraiment efficace ait été de me soustraire du milieu du travail. (congé longue durée + mise à la retraite pour invalidité).
      L’article de Marie-Céline Jacquier tendrait à prouver que les effets du « médicament » sont quasi immédiats (quelques heures de temps de réponse) alors que les médecins prétendent qu’un anti-dépresseur ne commence à agir qu’au bout de deux semaines. Peut-être faut-il ajouter « à agir de façon bénéfique » car en ce qui me concerne, les effets sont assez rapides surtout les effets indésirables. Un anti-dépresseur utilisé seul n’était pour moi qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Il a fallu au moins vingt ans d’errance thérapeutique avant que cette homéopathe me l’explique clairement, les autres médecins spécialistes ou non de la question se contentant d’expérimenter des molécules variées aux effets vraiment « indésirables » et n’ayant pour seul bienfait que de me permettre de traîner de rechute en rechute.
      Quant à me passer de traitement, je l’envisage toujours comme un but lointain à atteindre mais le psychiatre qui me suit ne me laisse guère d’illusion. Parfois, il s’autorise à baisser l’anti-dépresseur quand je lui dis que je suis en « surchauffe », la fameuse phase « maniaque » que connait fatalement toute personne atteinte de ce trouble. On est bien peu de chose.
      #pharmaco-dépendance

    • http://www.france3.fr/emissions/documentaires/du-poison-dans-leau-du-robinet_116054

      Depuis quelques années, des citoyens et des scientifiques isolés tirent la sonnette d’alarme sur ces poisons qui coulent de nos robinets. Partout en France, l’eau potable charrie désormais une trentaine de résidus médicamenteux : antidépresseurs, traitements contre le cancer, hormones de la pilule contraceptive qui modifie le sexe des poissons...

    • Thérapie de groupe ? Pourquoi pas, si l’on s’efforce de penser et de parler librement, cad de ne pas ânonner ce que nous souffle l’idéologie.
      Trouver le « bon » psy est chose difficile. Il se reconnait d’abord à sa réticence devant les antidépresseurs. Parler vaut mieux que bouffer des saloperies. Du moins les réduire à minima. Hermano je suis avec toi.

    • Bande de rigolos, #excellent !
      Ce n’est pas parce qu’on ne prend pas d’antidépresseur qu’on n’est pas nihiliste, déprimé et pessimiste sur l’épaisseur du mur à traverser. Dans les périodes où c’est trop lourd à porter, je vous recommande ces petits remèdes de sorcières :
      – Arrêter de travailler
      – Écouter
      – Apprendre à se mettre en colère sociale sans se faire de mal
      – Arrêter de lire le diplo
      – Reprendre les promenades en forêt
      – Boire Millepertuis, Eau de mer et Nigari, un trio de choc !

    • – Arrêter de travailler (ça c’est fait)
      – Écouter (oui et prendre son temps pour le faire)
      – Apprendre à se mettre en colère sociale sans se faire de mal (encore très difficile)
      – Arrêter de lire le diplo (argl ! j’ai rechuté ...)
      – Reprendre les promenades en forêt (ça c’est fait)
      – Boire Millepertuis, Eau de mer et Nigari, un trio de choc ! (hmmm ... ?)
      – jardiner (ça c’est fait).
      – lire les adversaires intelligents (pas faciles à trouver)

      Concernant les psys, il y en a de toute catégorie. L’homéopathe m’en avait conseillé deux : un pour les drogues et un autre pour « soigner l’âme » (c’était bien la 1ère fois que j’entendais un médecin dire ça ...). C’est ce que j’ai fait pendant un an mais ma chère mutuelle a objecté que le second était de trop donc plus de remboursement, déjà que c’était sur la base d’une consult’ généraliste. Moralité, l’assurance maladie et ses affidés préfèrent que l’on carbure aux drogues psycho-chimiques plutôt que nous suivions une psychothérapie. Étonnant, non ?

    • En fait, pour être remboursé par la sécu, il faut trouver un psychiatre (qui à le droit d’ordonner des drogues) qui soit aussi psy +chologue ou +analyste, vu qu’il est médecin et prescrit des médicaments il est remboursable (de bourse -> couille ou la vie -> de banquier). Tiens, va falloir parler de l’argent et du patriarcat maintenant.

    • En plus, si tu bénéficies de l’ALD (affection longue durée), tu peux consulter ton dealer assermenté et te fournir en produits sans « bourse délier ». Merci qui ?
      Ceci dit, les produits que je consomme sont quasiment tombés dans le domaine public vu que les molécules de « nouvelle génération » ne marchent pas avec moi. Et hop, DTC l’industrie pharmaceutique !...

    • Rôh, j’y crois pas : vous oubliez l’essentiel dans votre liste de remèdes positivants !

      – faire l’amour, des câlins, des sourires !

      Ça a aussi des effets sur le cerveau et ça rend le monde plus chouette à vivre :)

      #MakeLoveNotWar

    • Et il n’y a pas que le cerveau qui est immédiatement modifié : le système digestif l’est aussi, de même qu’une ribambelle d’autres fonctionnements corporels décrits dans les effets indésirables.

      En revanche, comme le note @sombre, les effets positifs, eux, ne se voient qu’au bout d’une à deux semaines.

      Quant à l’efficacité des anti-dépresseurs dans le cadre de la dépression (ou des états dépressifs en général), une phase dépressive se soigne en moyenne en six à neuf mois sans médicaments ; de l’ordre de trois mois avec un anti-dépresseur. Encore faut-il trouver la bonne molécule et la bonne posologie.

      Quant aux bipolaires, qui enchaînement au cours de leur vie plusieurs dépressions (et la plupart du temps des phases dites « expansives »), ils savent mieux que n’importe qui qu’on ne peut pas se sortir d’une phase dépressive par une pensée magique.

      (@sombre, on ne guérit jamais d’un trouble bipolaire. Quand on va mieux, on parle de rémission, pas de guérison. Les anti-dépresseurs et/ou thymorégulateurs sont pris à vie. Il est exceptionnel, et sous strict contrôle médical, après des décennies de traitement sans rechute, qu’on puisse arrêter la médication sans nouvelle rechute.)

    • @aude_v Disons que les effets indésirables sont ceux qui ne correspondent pas à ceux escomptés.

      En tant que patient, je suis ravi d’avoir diverses molécules pour soigner mes bobos. Toutefois, je ne peux que regretter les innombrables effets indésirables qui vont avec.

      Pour ce qui est des anti-dépresseurs dans le cadre du traitement de la dépression, ils ciblent tout au plus quelques cm3 du cerveau. Cependant, la molécule bombarde tout le corps, soit plus de dix mille fois plus que nécessaire. C’est comme vouloir éradiquer un moustique au napalm. Forcément, ça fait des dégâts ailleurs. Et des dégâts parfois contre-productifs.

      Comme tu le notes, certains anti-dépresseurs peuvent être utilisés pour baisser la libido pour soigner l’éjaculation précoce. Or, un dépressif voit déjà une baisse de sa libido. Qui plus est, un symptôme typique de la dépression est l’anhédonie, à savoir l’incapacité à ressentir du plaisir. En baissant encore la libido, on réduit d’autant une source potentielle de plaisir. Aggravant du coup la dépression.

      Je rêve de la médecine du futur qui saura cibler précisément les cellules auxquelles on souhaite s’adresser, et aucune autre. Que ce soit par la nanotechnologie ou par les manipulations génétiques.

    • C’est misère de construire des croyances de #mieux_être sur de telles technologies. Pas que je sois absolument contre les produits de synthèse quand les crises de dépression font trop souffrir, mais parce que les paramètres qui agissent sur le mieux-être sont complexes et que sur le long terme cela constitue un cheval de troie pour imposer de sacrés saloperies à toute la population.
      Je pense au film Un monde sans fou qui montre très bien la place croissante de la rationalité scientifique dans les problèmes psychiques en traitant les effets. Un coup d’hormone et ça repart, mais vers quoi ? vers quelle normalité ?

      Je reste persuadée, peut-être à tort, que le mal-être, la folie ou la dépression sont d’abord liés à nos modes de vies et à la destruction systématiques de l’humain dans tous nos rapports, et qu’il faudrait requestionner cela avant tout.
      #pilule_du_bonheur

    • Oui, ces dernières années, la plupart des personnes que j’ai observé avaient une vie de merde insupportable et ont logiquement fini par fondre une durite. Grâce aux anti-dépresseurs, ils ont toujours une vie de merde, mais ils peuvent la supporter et, surtout, très important, ils continuent d’aller chaque matin à leur boulot de merde.

      J’ai un ami, notamment, qui bosse dans une très grosse boiboite qui siège outre-Atlantique et dont le principal produit, selon moi, est d’expérimenter de nouvelles méthodes de management folles depuis au moins 2 décennies.
      Dans les joyeusetés, comme l’évaluation à 360° (en fait, la version corporate du Maillon faible, sauf que là, tu joues ton job et gagne-pain tout les jours), il y a eu aussi la politique de la chaise vide. Quand un gars était éliminé après les évaluations, ils laissaient sa chaise vide sans explications pour l’édification des autres de l’open space. Mais c’est seulement après avoir formé les Irlandais qui, dumping social oblige, devaient remplacer l’intégralité de son service, que mon pote a craqué.

      Depuis, comme il me l’a dit lui-même, il bosse toujours dans une boite remplie de connards et d’enfoirés, mais maintenant, il s’en contrefout !

    • Dans cette conversation certains admettent que bi-polaires, dépressifs et autres subissent aussi un dérèglement de la

      chimie

      du cerveau. Les médecines proposées sont encore et toujours grossières et leurs effets indésirables incontestables. J’ai eu plusieurs parents frappés par ces troubles. Sans la chimie de la pharmacie actuelle ils auraient été dans de plus grandes souffrances. Certains se sont suicidés, je pense d’ailleurs qu’ils ont simplement usé de leur juste droit à en finir, mais j’ai bien cru voir aussi que la lucidité extrême qui les dominait était effroyable. Excessive. Ils n’eurent pas droit à l’oubli bienheureux qui chaque jour nous aide.

    • Tu as raison, @paulo, il y a aussi ceux qui sont les patients cibles de ces molécules, ça, on ne va pas le nier, des gens qui sauvent leur peau.
      Ce que l’on met en doute, c’est la généralisation de ce type de prise en charge pour permettre à des tas de gens de supporter un système social insupportable autrement et de continuer à y contribuer.

      Après, c’est l’œuf et la poule : est-ce que parmi les gens qui ont la chimie du cerveau à l’envers, il y en a qui n’étaient pas du tout prédisposés mais dont les conditions de vie ont fini par démolir l’organisme ?

      En fait, si tu préfères, je pense qu’on peut appliquer aussi étudier la dépression comme un fait social et pas seulement comme une pathologie individuelle. Exactement comme le suicide qui, tout geste intime qu’il a l’air d’être, n’en est pas moins un fait social massif qui s’amplifie selon le contexte extérieur.

      Par exemple, la prévalence deux fois plus importante de la dépression chez les femmes que chez les hommes est-elle seulement organique ou n’est-elle pas corrélée au fait que les femmes sont plus dominées et ont donc plus facilement la détresse de ne pas contrôler leur destin ?

      http://www.stresshumain.ca/chaire-de-recherche-irsc-sur-la-sante-mentale-des-hommes-et-des-femmes/chercheurs-cliniciens-et-medecins/depression-les-femmes-toujours-plus-a-risque.html

      Est-ce que certaines maladies psychiques ne sont pas plutôt des réponses adaptatives à un environnement malsain ou déréglé ?

    • Tu as raison Agnès Maillard : effectivement certains sont à ce point opprimés qu’ils peuvent « s’adapter » (et même en venir à se retourner contre eux-mêmes.) Dans notre échange de points de vues, disons qu’ici on change de « catégorie » : tentant d’analyser les effets pervers d’un environnement social
      « malsain ou déréglé » -( hormis l’utopie, où se trouverait une société saine et réglée ? )-, tentant donc d’analyser les effets nocifs de notre société, on doit alors trouver la force de se méfier et tenir la bride courte à notre idéologie qui immanquablement va se charger de tout expliquer. Difficile.

    • Je connais une famille où près de cinq personnes se sont suicidées en moins de deux ans. On a remarqué, avec ceux qui arrivent à en parler, que chacune s’était au fur et à mesure des années retrouvée isolée et avait en commun avec les autres de ne jamais dire son ressenti ou sa colère, sauf à en rendre les autres responsables.
      Une colère de désespoir non dit, se nourrissant d’elle même mais incompréhensible pour l’entourage, qui les a rongé sans que personne ne puisse rien faire.
      Cette colère qui n’a pas trouvé de point d’évacuation autrement que meurtrier, parce que le suicide est aussi un meurtre contre soi-même et l’expression violente et à la face du monde de sa croyance dans son libre arbitre solitaire. Sauf que le premier a franchir le pas a entrainé tout les autres à sa suite, preuve qu’il y a avait des liens, névrosés, mais des liens, donc des dépendances. On parle toujours d’individu, d’indépendance, de capacité à être seul, de cibler trois neurones ici, deux hormones là, et contre le monde entier, de lucidité, alors qu’il est sain que la plupart des gens souffrent dans ce monde de merde et le disent pour se reconnaitre entre eux, pour créer des interdépendances nécessaires au soutien de chacun.

    • je suis d’accord avec beaucoup de ce qui a été dit ci dessus, les anti dépresseurs servent beaucoup à « nous » faire supporter notre monde actuel.
      Cependant, en cas de dépression, ils ont pour objet d’enrayer le cycle mortifère dont le « canapé/lit » n’est que le précurseur.
      Le problème pour moi des anti dépresseurs et autres anxiolytiques est qu’ils sont prescrits, en France, comme une fin en soi alors que ce ne sont que des « dolipranes » qui permettent d’apaiser la douleur pour mieux la traiter.
      je m’explique : quand la dépression est trop ancrée, il faut dans un premier lieu apaiser cette douleur psychique afin d’éviter ce passage à l’acte qu’est le suicide.
      Mais ce n’est que le premier acte d’une pièce fort longue où le « patient/malade/personne » (choisissez le mot qui vous convient) devra être soutenu par d’autre « thérapie ». La psychanalyse en est une... mais pas la seule.
      Je ne parle pas ici des personnes souffrant de syndrome bipolaire qui nécessite une prise en charge très particulière et surtout très individualisée.

    • @touti :

      Je reste persuadée, peut-être à tort, que le mal-être, la folie ou la dépression sont d’abord liés à nos modes de vies et à la destruction systématiques de l’humain dans tous nos rapports, et qu’il faudrait requestionner cela avant tout.

      D’après ce que j’ai retenu concernant la bipolarité (dans toutes ses formes) :

      – la population générale compte 1 % de bipolaires ;
      – seuls 10 % des individus prédisposés génétiquement (antécédents familiaux) seraient bipolaires.

      Il en résulte que la bipolarité n’est pas une simple maladie génétique, mais bel et bien une maladie liée à l’environnement. Cependant, une fois déclaré, le trouble se soigne à vie, avec anti-dépresseurs et/ou thymorégulateurs. Des troubles connexes peuvent aussi accompagner le trouble bipolaire qu’il convient aussi de soigner.

      Les médicaments sont une chose, indispensable, mais ont des effets moindres lorsque non accompagnés sur le plan psychologique, recommandé, qu’il soit individuel, en groupe, ou familial. Cela montre bien la complexité de ce type de maladie, évoqué par d’autres intervenants.

      Enfin, notons qu’il faut en moyenne 8 ans et 3 médecins pour diagnostiquer un trouble bipolaire. Or, ce diagnostic devrait être envisagé dès la seconde dépression nerveuse, quel que soit l’intervalle de temps la séparant de la première (les dépressions nerveuses sont habituellement les phases les plus communes du trouble bipolaire).

      #santé-trouble_bipolaire

    • @aude_v remarque :

      Ok pour les traitement temporaires avec des effets secondaires. Mais une libido qui se traîne à cause d’un traitement à vie, c’est une raison en soi de déprimer. Et là c’est le monde médical qui n’est pas équipé pour comprendre l’objection.

      Souffrant moi-même de bipolarité (il paraît que ce n’est pas une maladie honteuse, alors j’en parle, pour vérifier si c’est vrai), je suis sous (divers) anti-dépresseurs depuis quelque douze ans, avec l’essentiel des effets secondaires décrits dans les notices de cette famille de médicaments.

      Concernant la sexualité, un effet (très) indésirable des anti-dépresseurs est l’anorgasmie. On pourrait croire qu’il s’agit avant tout d’un problème d’ego, de virilité. En fait, non. Mon principal problème a été de réagir à ça :

      Je ne te plais pas ? Tu ne m’aimes pas ?

      vécu avec mes deux amoureuses de cette période, sans aucun lien entre elles. Bref, un anti-dépresseur a un impact social, ou tout du moins amoureux. Et pas forcément positif. (Sauf, éventuellement, pour les éjaculateurs précoces, comme abordé précédemment.)

      Oui, il y a de quoi déprimer.

      #santé-anti_dépresseurs #sexualité #amour

    • @aude_v « le monde médical » auréolé de l’autorité de sa science se fait aussi le relais des laboratoires de chimie, qui ont fait interdire des tas de remèdes naturels (dont le millepertuis qui marche super bien) et se font beaucoup d’argent à caser leurs merdes. Après un accident de voiture, visite chez le médecin qui m’écrase les côtes de tout son poids pour voir quel effet ça me fait : c’est con je me mets à chialer tellement j’ai mal, et lui, logique scientifique à l’appui : « vous pleurez, vous êtes donc déprimée, voila une ordonnance de prozac ».
      Je refuse catégoriquement, réclame une radio sur laquelle on voit bien la côte fêlée…

    • – la population générale compte 1 % de bipolaires ;
      – seuls 10 % des individus prédisposés génétiquement (antécédents familiaux) seraient bipolaires.

      Il en résulte que la bipolarité n’est pas une simple maladie génétique, mais bel et bien une maladie liée à l’environnement. Cependant, une fois déclaré, le trouble se soigne à vie, avec anti-dépresseurs et/ou thymorégulateurs. Des troubles connexes peuvent aussi accompagner le trouble bipolaire qu’il convient aussi de soigner.

      Le facteur hérédité est reconnu dans l’apparition du trouble. D’autant que je me souvienne, mon père et ma grand-mère paternelle avaient des comportements typiques de ce trouble : épisodes thymiques, hyper-réactivité émotionnelle. Mais cela ne fait pas de leur descendance des bipolaires à coup sûr. Les facteurs socio-environnementaux déterminent l’apparition du trouble et son évolution la vie durant. L’apparition du trouble est favorisée par l’ambiance familiale (pour faire court). Tout ce qui concourt à augmenter le mauvais stress (car il y a aussi du stress positif), injonctions absurdes, humiliations à répétitions, surcharge mentale qu’elle soit professionnelle ou autre, contribue à faire flamber la maladie.

      Concernant les antidépresseurs, tous n’agissent pas de la même façon. C’est pourquoi une personne va mieux répondre à une molécule qu’à une autre. Le Prozac fait partie de la catégorie des inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine.
      Si on considère le cerveau comme une usine chimique, les neurones communiquent entre eux grâce à des médiateurs chimiques dont les principaux, ceux qui jouent sur le mental et l’humeur, sont la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. une molécule déterminée va jouer sur l’un d’entre eux, parfois les deux, plus rarement les trois mais malheureusement c’est mon cas, j’ai besoin d’une molécule qui influe sur les trois médiateurs. Cette molécule est appelée tricyclique et c’est un vieux produit utilisé depuis des décennies. Son emploi n’est pas sans danger. Le principal est d’induire un virage « maniaque », une phase haute : désinhibition sociale complète, sentiment de toute puissance, agressivité ... On est « perché », oscillant du délire paranoïaque et de la colère la plus noire à un immense sentiment d’empathie envers ses congénères que l’on voudra « sauver » et dorloter même contre leurs grés, tout cela sur un fond d’agitation en pure perte car, surfant sur les idées et les concepts à la vitesse de la lumière, on s’éparpille en mille tâches et en myriades de projets fous. Physiquement, les effets de la dépression (hypersomnie, fatigue continuelle, perte d’appétit ...) sont gommés en une semaine. On a des ressorts dans les guibolles, un appétit d’ogre, et l’impression d’une force physique surmultipliée (impression de pouvoir traverser un mur ou d’arrêter un bus lancé en pleine vitesse, prise de risque inconsidérée surtout au volant ...). Un truc de ouf, une vraie cochonnerie maintenant que j’ai compris ce qui se jouait là-dedans.
      La prise d’un thymorégulateur (le plus commun étant le lithium) est censé temporisé tout ça.
      Suite à un ultime « burn out » le psy m’a prescrit d’autres antidépresseurs ainsi qu’un neuroleptique de « nouvelle génération », qui ne me convenaient pas (manque de pêche, anhédonie), j’ai fini par le convaincre de me redonner ce produit « miracle » lui faisant la « preuve par wikipédia » qu’il manquait une capacité aux molécules qu’il me prescrivait, celle de stimuler la production de dopamine, la médiateur chimique du plaisir et de la récompense. J’ai bien vu qu’il avait l’air interdit par ma connaissance de sa pharmacopée. Je lui ai dit que je m’étais documenté sur le sujet.

    • Je reste persuadée, peut-être à tort, que le mal-être, la folie ou la dépression sont d’abord liés à nos modes de vies et à la destruction systématiques de l’humain dans tous nos rapports, et qu’il faudrait requestionner cela avant tout.

      C’est en effet la thérapie par le bien-vivre et quand on souffre de ce genre de trouble, il faut s’entourer de gens bienveillants et fuir les relations toxiques. En général, les agressions de la vie relationnelle quotidienne peuvent produire des effets dévastateurs, tout dépend de la capacité de résilience de chaque personne. Cette capacité de résilience est conditionnée par le vécu de chacun.

      Oui, ces dernières années, la plupart des personnes que j’ai observé avaient une vie de merde insupportable et ont logiquement fini par fondre une durite. Grâce aux anti-dépresseurs, ils ont toujours une vie de merde, mais ils peuvent la supporter et, surtout, très important, ils continuent d’aller chaque matin à leur boulot de merde.

      .
      De façon générale (bien qu’il y eût et ait encore quelques rares exceptions), les psychiatres sont les chiens de garde de la société tout comme l’étaient les curés dans les siècles précédents.

      Par contre, quand tu dis « il est sain que la plupart des gens souffrent », là j’ai du mal à accepter. C’est une maladie, bordel, qui fait souffrir salement, les malades et leur entourage. On a pas le droit de laisser des gens souffrir comme ça. On ne parle pas de coup de blues, c’est une maladie mortelle même, quand on en arrive à la conclusion que la mort est juste la seule solution pour ne plus souffrir (et pas un meurtre contre soi même ni un moyen d’expression).

      Attention, ne disons pas que les dépressifs ont le monopole de la souffrance. Mais ils n’ont pas les moyens de sortir de cette souffrance par eux-mêmes. C’est ce que m’a révélé l’homéopathe que j’ai consulté il y a huit ans. Elle ne m’a laissé aucune illusion à ce sujet, j’avais besoin des « drogues » pour me remettre en selle. Malgré tout, il faut bien avoir à l’esprit que ces médicaments ne sont qu’une béquille pour stabiliser les variations de l’humeur et que vivre avec un trouble bipolaire est un « art » difficile mais on apprend de ses erreurs surtout si on est bien entouré.
      C’est vrai qu’il faut rappeler que le principal danger qu’encourt une personne dépressive, ce sont les idées suicidaires, violence contre soi-même mais qui peut également au préalable se déchaîner contre ses proches.

    • Ouh ben, @nicod_ tu veux qu’on fight ;-)
      merci @sombre qui a bien résumé ce que je voulais dire.
      Je maintiens que le millepertuis marche très bien et je n’ai jamais parlé d’automédication, j’ai parlé de remèdes naturels, la nuance est juste énorme, parce que cet argument sert à chaque fois à discréditer ceux qui voudraient se soigner autrement, avec des plantes par exemple, en les traitant de façon non dite d’inconséquents et d’irresponsables éminemment criminels. (Ce que je ne suis pas.) L’argument de la dangerosité a permis également de faire interdire la consoude ou la propolis libres comme la transmission de leurs usages par écrit sur les lieux de vente, comme si les gens étaient des imbéciles et que la santé était un domaine réservé, une chasse gardée.
      Je n’ai pas dit non plus qu’il ne faut pas et de fins connaisseurs, il y a de très bons phytothérapeutes pour se soigner avec des remèdes naturels dangereux sans s’empoisonner, très peu, parce que le lobbying de la pharmacie a fait fermer les herboristeries, supprimer le diplôme (en 41) et qu’il fallait aller jusqu’en en hollande étudier la phyto quand j’ai eu envie de cultiver des plantes médicinales.
      C’est un véritable débat de société à avoir sur la perte de notre autonomie et particulièrement dans le domaine de la santé.
      D’autre part, merci de ne pas tordre mon propos, il y a un misunderstanding car, j’ai écrit

      il est sain que la plupart des gens souffrent dans ce monde de merde

      parce que la souffrance qui saisit les gens qui dépriment existe par rapport à la chape de la normalité avec des standards de bonheur qui nous sont assénés tout les jours encadrés de publicité, pur déni de la réalité de la souffrance métaphysique ou morale. Ma position est de considérer les gens qui souffrent comme des personnes plus saines que tous ceux qui acceptent sans broncher parce qu’ils sont bien souvent les seuls capables de m’apprendre la perception fine du monde, ça ne veut pas dire qu’il faut les laisser dans leur souffrance, ou la solitude, ça veut dire au contraire que la société devrait y être attentive au lieu de les cachetonner pour qu’ils se taisent.

    • @aude_v, j’entends bien que conseiller à quelqu’un qui a besoin d’aide psychique ou psychiatrique de manger des graines de sésame peut-être non seulement inutile mais surtout exaspérant. J’espère ne pas être dans ce discours !

      Je ne me prononce pas sur l’aspect saisonnier, juste, je connais des personnes que le millepertuis a bien aidé à sortir de l’ornière de la dépression. Et pour info, il y a différents types de préparation du millepertuis, l’huile, déconseillée au soleil mais très bien pour calmer les brûlures, en cachet ou en solutions buvables en france tant que la vente est encadrée par un labo. Dans tous les cas, mieux vaut un bon phytothérapeute pour s’assurer de soins de qualité sous sa prescription médicale.
      Évidemment, rien n’est remboursé et c’est cher.

      Concernant le discours dénué d’empathie des médecines douces, je suppose que ce n’est pas tellement l’empathie ou la bienveillance qui caractérisent les milieux militants. Et la médecine/ la société en général manque d’empathie pour privilégier l’aspect technique, moins éprouvant émotivement.

      Mais je ne tiens pas à faire de prosélytisme, juste à ouvrir des portes, la #solution_miracle n’existe pas. Je penche plutôt vers des synergies, que tu nommes « éventail de solutions » qui sont à rechercher pour chaque personne.
      Les plantes sont encore dans des espaces non totalement décryptés scientifiquement, cela ne veut pas dire qu’on penche vers l’irrationnel mais qu’il reste des inconnus. Les études scientifiques ont de fait des limites d’expérimentations en isolant certaines molécules actives et ne peuvent considérer actuellement l’ensemble des facteurs en jeu. Par exemple pour résumer ces limites, le foie reste un parfait inconnu pour la science, on ignore encore comment il fonctionne, l’ensemble de ce qu’il filtre, sur quoi il influe etc.

    • Dis @monolecte. Il est super pourri cet article de futura sciences. Cf intervention de @nicod_ Euh oui, le scoop du siècle. Les antidépresseurs modifient le fonctionnement du cerveau. D’ailleurs, c’est ce qu’on leur demande ! #arf Et merci @sombre pour sa participation. Un peu ras-le-bol des conneries sur les bipolaires, dépressifs etc. Un peu comme si on disait soignes ta fracture ouverte avec de la camomille. Vous avez déjà côtoyé des personnes atteintes de ces maladies ? On dirait pas, parce que conseiller des tisanes à un dépressif, un vrai, pas un déprimé, burnouté etc. c’est aussi crétin que de laisser quelqu’un conduire après un binge drinking. #bah

    • Révolution de 1789, Esquirol pourtant partisan de l’ordre reste ambigu sur les effets d’une transformation radicale de l’existence collective, une intensification de la présence et du collectif, de la politisation, de la possibilité de décider au lieu de subir, sur la souffrance psychique :

      « le fanatisme politique et les maux qu’il a entraînés après lui ont fait éclater quelques folies ; mais tous les médecins ont observé que, pendant qu’ils s’appesantissaient sur notre pa- trie avec plus de fureur, il y avait moins de maux de nerfs et moins de folies »

      http://www.biusante.parisdescartes.fr/ishm/vesalius/VESx1997x03x02x067x072.pdf
      J’ai pas eu le temps de trouver d’autres références mais de vagues souvenirs d’études d’histoire me font t dire que la prévalence des troubles mentaux diminuent lors d’épisodes révolutionnaires ; idem pour l’immédiat, dans divers mouvements de luttes, des "gens à problèmes" ont trouvés à aller mieux, ais-je constaté, quoi que l’on sache par ailleurs sur le degré d’indifférence ou la dureté des rapports de forces en "milieu militant".

      Par ailleurs, un type comme #Jean_Oury à toujours pris soin de distinguer "aliénation sociale" et "aliénation mentale" à signifier que cette dernière n’est pas réductible à la première :

      ‘Depuis 1948, au moment de la condamnation de la psychanalyse par le jdanovisme, j’ai insisté sur la distinction entre “aliénation sociale” et “aliénation psychopathologique”. Prise de position fondamentale, d’autant plus qu’une vingtaine d’années plus tard les « antipsychiatres » considérèrent les maladies mentales comme simples effets des problèmes de société : thèse qui constitue l’un des facteurs de la confusion actuelle entre resocialisation et soins. Il est nécessaire de proposer quelques jalons pour lutter contre un processus de “déspécification” du fait psychiatrique. En effet, sur la base d’une idéologie médicale rudimentaire, cette attitude conduit à une hyperségrégation sous le couvert d’une technique moderniste [...]. Le mot “aliénation”, d’origine latine, apparaît dans plusieurs domaines : juridique, métaphysique, religieux, esthétique. Mais nous nous appuyons surtout sur les expressions germaniques, celles reprises par Hegel, puis Marx. L’étude des processus, des contextes sociaux qui sont en jeu dans cette sorte de “sémiose”, est d’autant plus importante que l’analyse de l’aliénation sociale est la base même de toute analyse institutionnelle’.
      http://ouvrir.le.cinema.free.fr/pages/reperes/prisnot/JO0708/JO_070919.pdf

      A la clinique de La borde, non seulement les psychotropes mais y compris des électrochocs (pas n’importe lesquels, pas n’importe comment) ont toujours été utilisé, selon les cas, dans une relation thérapeutique.

      Oury avait coutume de dire que la médecine était une branche de la psychiatrie...

      Cela pour dire que la souffrance psychique a à être prise en compte, quitte à laisser de côté certains interdits idéologiques (sur l’allopathie comme sur d’autres techniques). La dépression, ou d’autres troubles, sont eux aussi des tempêtes et des ouragans chimiques et neuronaux. Qui ne s’est pas retrouvé par exemple à appeler sos médecins pour qu’une stupide (mais nécessaire) injection de valium soit administrée, ou pour faire face, aider, dans tout autre situation atroce pourrait y penser à deux fois.

      La pharmacopée est souvent plus aidante et moins brutale que le quotidien, la famille, le travail , le chômage, etc.

      #folie #psychose #mélancolie

  • #Entretien avec #Félix_Guattari qui évoque entre autres la tyrannie des thérapies comportementales qui n’ont qu’un seule objectif selon lui, celui de construire des individus qui intègre le « système »

    Partie 1
    http://www.youtube.com/watch?v=jXi8eNHlSM4

    http://1libertaire.free.fr/Guattari16.html

    Né le 30 mars 1930, à Villeneuve-les-Sablons (Oise), Félix Guattari passa son enfance et son adolescence dans une proche banlieue ouvrière de Paris, à La Garenne. Les bouleversements considérables de cette période ont marqué profondément son existence : lui-même faisait très souvent référence à ce qu’il avait baptisé le « complexe de 1936 ». Indirectement touché — vu son jeune âge — par l’éclatement des mouvements de jeunesse et la dispersion des idéaux politiques, en opposition avec son milieu familial relativement aisé, il connut sa première grande rupture émancipatoire avec la rencontre qu’il fit de #Fernand_Oury, artisan passionné du futur mouvement de #Pédagogie_institutionnelle.

    Encouragé par le frère de Fernand, #Jean_Oury, #psychiatre, il s’oriente à partir de 1950 vers la #psychiatrie, alors en pleine effervescence. Par son « don » des rencontres, par sa rapidité d’esprit et son insatiable curiosité, il sut intégrer de façon très ouverte de multiples univers — philosophie, #ethnologie, #linguistique, architecture, etc. — afin de mieux définir l’orientation, la délimitation et l’efficacité de l’acte psychiatrique. Avec Jean Oury, dont il était devenu depuis 1955 le principal collaborateur, il poursuivit cette recherche à la clinique psychiatrique de #La_Borde à Cour-Cheverny. Lieu de stage pour d’innombrables étudiants, philosophes, #psychologues, ethnologues, #travailleurs_sociaux, La Borde resta pour Félix Guattari le principal ancrage.

    Partie 2
    http://www.youtube.com/watch?v=hUj-UmEvITE

    Il participa au mouvement du #G_T_psy, qui regroupa de nombreux psychiatres au début des années soixante et créa la Société de psychothérapie_institutionnelle en novembre 1965. C’est au même moment que Félix Guattari fonda, avec d’autres militants, la F.G.E.R.I. (Fédération des groupes d’études et de recherches institutionnelles) et sa revue Recherches , s’ouvrant sur la philosophie, les mathématiques, la psychanalyse, l’#éducation, l’architecture, l’ethnologie, etc.

    La #F_G_E_R_I. représentait l’aboutissement des multiples #engagements #politiques et culturels de Félix Guattari : le Groupe jeunes hispano, les Amitiés franco-chinoises (à l’époque des communes populaires), l’opposition active à la #guerre d’#Algérie, à la guerre du #Vietnam, la participation à la M.N.E.F., à l’U.N.E.F., la politique des bureaux d’aide psychologique universitaire (B.A.P.U.), l’organisation des groupes de travail universitaire (G.T.U.), mais également les réorganisations des stages des centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (C.E.M.E.A.) pour infirmiers psychiatriques, ainsi que la formation d’Amicales d’infirmiers (en 1958), les études sur l’architecture et les projets de construction d’un hôpital de jour pour « étudiants et jeunes travailleurs ». Très influencé par le travail de #Lacan — dont il fut l’analysant jusqu’en 1960 —, il prit cependant quelques distances vis-à-vis de l’élaboration théorique de celui-ci. Il fut l’un des acteurs des événements de mai #1968, à partir du Mouvement du 22 mars. Engagé #existentiellement et #éthiquement dans cette remise en question des valeurs fondamentales, c’est alors qu’il rencontra #Gilles_Deleuze à l’#université_de_#Vincennes — deuxième grande rencontre.

    Partie 3
    http://www.youtube.com/watch?v=Fk_OrkMG5YI

    Dans son dernier livre, #Chaosmose (1992), dont le thème est déjà partiellement développé dans Qu’est-ce que la philosophie ? (1991, avec G. Deleuze), Félix Guattari reprend son thème essentiel : la question de la subjectivité. « Comment la produire, la capter, l’enrichir, la réinventer en permanence de façon à la rendre compatible avec des Univers de valeur mutants ? Comment travailler à sa libération, c’est-à-dire à sa re-singularisation ? [...] Toutes les disciplines auront à conjoindre leur créativité pour conjurer les épreuves de #barbarie. » Cette idée revient comme un leitmotiv, depuis Psychanalyse et #transversalité (regroupement d’articles de 1957 à 1972) jusqu’aux Années d’hiver — 1980-1986 (1985) et aux Cartographies #schizo-analytiques (1989). Il insiste sur la fonction de récit #« a-signifiant », lequel joue le rôle de support d’une subjectivité en acte, à partir de quatre paramètres : « Les flux sensibles et signalétiques, les #Philum de propositions #machiniques, les #Territoires #existentiels et les Univers de référence incorporels. » Ce travail d’#écriture est en prise avec ses engagements #sociopolitiques et culturels, comme en témoignent les Neuf Thèses de l’opposition de #gauche . Il est l’un des principaux organisateurs de l’opération « Un milliard pour le Viet-Nam ». En 1967, il figure parmi les fondateurs de l’#Osarla (Organisation de solidarité et d’aide à la révolution latino-américaine).

    Partie 4
    http://www.youtube.com/watch?v=aleBHgDS-Qg

    C’est au siège de la F.G.E.R.I. que se rencontrent, en 1968, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Jacques Lebel, Julian Beck... En 1970, il crée le C.E.R.F.I. (Centre d’études et de recherches et de formation institutionnelle) qum reprend la direction de la revue Recherches . Celle-ci publiera des ouvrages relevant de domaines variés, avec la participation de #Gilles_Deleuze, Theodor Zeldin, #Michel_Foucault... Plus tard, soutenant les radios libres, il fonde #Radio Tomate en 1980. Il est attiré par l’expérience #gauchiste autonome italienne. Dans la lignée de #Basaglia, puis de #Rotelli, il participe aux élaborations de l’expérience psychiatrique de #Trieste. Son voyage à Athènes puis à l’île de Léros le met directement en contact avec la révoltante misère psychiatrique concentrationnaire. Ses engagements et son travail philosophique lui ayant valu une renommée internationale, il est reçu dans les universités du Japon, du Brésil, des États-Unis, du Canada, etc. C’est alors qu’il s’engage dans les mouvements #écologiques, essayant de trouver une voie autre que celle de la droite ou de la #« vieille gauche ». Dans #Les_Trois_Écologies (1989), il soutient que l’#« écologie_environnementale » devrait être pensée d’un seul tenant avec l’#écologie_sociale et l’#écologie_mentale, à travers une « écosophie » de caractère #éthico-politique. Au printemps de 1987, il fait paraître, avec Deleuze, le premier numéro de la revue #Chimères. Ses multiples engagements, ponctués par un séminaire se tenant chez lui à Paris, ne l’empêchaient pas de poursuivre avec Gilles Deleuze un travail philosophique scandé par la parution d’ouvrages fondamentaux, tels que #Mille_Plateaux (1980), #Rhizome (1976), #Kafka, pour une littérature mineure (1975). Leur premier livre en commun, L’Anti-Œdipe (1972), avait fait scandale. Ils soutenaient que le délire est « l’investissement inconscient d’un champ social historique ». Critiquant l’élaboration théorique de la psychanalyse, ils proposaient la notion de #« machines_désirantes » ainsi qu’une pratique originale : la #« schizoanalyse ». C’est dans cette perspective que Félix Guattari écrivit #la_Révolution_moléculaire (1977) et #L_Inconscient_machinique (1979).

    Partie 5
    http://www.youtube.com/watch?v=CV_w--wir50

    #Psychanalyse #Philosophie #Anti_oedipe #Individuation #Domination #Anti-psychiatrie #Subjectivité #Perception #Transmission #Structuralisme #Scientisme #Ethique #Ecosophie #Sciences_sociales #Psychologie #Singularité #Esthétique #Technoscience #Mass_média #Livres #Vidéo

  • Les Furies : Femmes et électrochocs en 2013
    http://les-furies.blogspot.ca/2013/04/femmes-et-electrochocs-en-2013.html

    Ce titre fait sursauter. Des électrochocs en 2013 ? Des images assez sombres nous viennent en tête des années 50-60, où les électrochocs étaient pratiqués à froid et servaient bien souvent comme outil pour punir et réprimer plutôt que pour soigner. Suite à de nombreuses critiques durant les années 70 et à l’arrivée de plusieurs traitements pharmaceutiques, l’utilisation des électrochocs a diminué.

    L’utilisation des électrochocs, maintenant appelée électroconvulsothérapie, ECT ou bien sismothérapie, semblent faire un retour en force dans beaucoup de pays occidentaux. Le nombre de séances d’électrochocs a doublé au Québec entre 1988 et 2003. En 2011, plus de 6000 traitements aux électrochocs ont été administrés à un nombre indéterminé de personnes à travers la province.

    Il existe peu de statistiques sur cette pratique au Québec. Les groupes communautaires québécois ont maintes fois demandé des chiffres au ministère de la santé. Parmi les chiffres obtenus par le comité Pare-chocs qui militent contre l’utilisation des électrochocs, on découvre entre autre que
    50% des électrochocs seraient donnés à des femmes de 50 ans et plus,
    41% à des personnes âgées de 65 ans et plus,
    Près de 10% à des femmes de 80 ans et plus,
    et 75% à des femmes.

    Force est de constater que les électrochocs sont bel et bien un enjeu féministe. D’ailleurs, le mouvement féministe a dénoncé à de mainte reprise l’aspect sexiste et patriarcal de la psychiatrie qui tend à diagnostiquer très facilement des problèmes de santé mentale aux femmes. On oublie facilement que derrière les étiquettes qu’on colle à ces femmes, se retrouve des réalités de vie forgées par des conditions structurelles, sociales et économiques. Si les diagnostics sont politiques, probablement que les traitements également !

    #psychiatrie #femme #femmes #sexisme #feminisme #electrochocs #violence

    • le retour... si ce vieux fantasme était jamais parti. Je suis régulièrement traité d’hystérique.
      J’ai lu ce texte qui accompagnait l’article

      Les électrochocs, une forme de violence contre les femmes - Bonnie Burstow, Ontario Institute for Studies in Education
      http://aocvf.ca/documents/electrochocs2.pdf

      Ca me terrorise cette manière de traiter les femmes agées. Est-ce qu’il y a des statistiques pour la France ? Les electrochocs semblent utiliser principalement pour « soigner » la dépression. Je vais voir ce que je trouve la dessus

      –-------

      Nombre d’ECT par an (électroconvulsivothérapie)

      France 70 000 en forte régression.
      Grande Bretagne 200 000
      États-Unis : 100 000 en forte régression.
      Québec, 8000 en 2003 contre la moitié en 1988 6

      (source SFAR 1999)
      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectroconvulsivoth%C3%A9rapie#Nombre_d.27ECT_par_an

      –------------

      Par contre, nous connaissons les taux d’administration d’ECT selon l’âge et le
      sexe. La revue Québec Science dans un dossier publié en 1997
      (8)
      ,
      nous
      apprend qu’en 1995 sur la totalité des électrochocs administrés, 0,6% l’ont été
      sur des moins de 19ans, le plus haut taux soit 16,2% à des femmes de 60-69
      ans et qu’au total 65,9% étaient des femmes contre 34,1% d’hommes. Les
      mêmes types de résultats sont cités par l’Agence d’Évaluation des Technologies
      et des Modes d’Intervention en Santé (AETMIS)
      (2)
      mais cette fois-ci les données
      sont fonction de la population globale
       : en 2001, le taux de séances pour 1000
      de population générale est de : 0,19 pour les 15-19ans, 3,41 pour les femmes de
      65 ans et plus (le plus haut taux) et 1,42 pour toutes les femmes contre 0,58 pour
      tous les hommes.

      Pour l’abolition des électrochocs !
      http://www.actionautonomie.qc.ca/parechocs/pdf/dernargumen.pdf

      –-----------------------

    • Pour celles et ceusses qui causent l’anglishe, il y avait eu cette intéressante émission de #Madness_Radio :
      http://www.madnessradio.net/madness-radio-electroshock-deception-linda-andre

      Why is ECT, electroconvulsive therapy or electroshock, so widely used today? How is the ECT industry manipulating research and public perceptions the way tobacco companies did about cigarettes? What are the real dangers of this lobotomy-era treatment? ECT survivor Linda Andre discusses her groundbreaking new Rutgers University Press book, Doctors of Deception: What They Don’t Want You To Know About Shock Treatment.
      http://www.doctorsofdeception.com
      http://www.ect.org

      http://www.madnessradio.net/audio/download/142/MadnessRadio-2009-05-12ElectroshockDeceptionLindaAndre.mp3

      Et à propos, plus spécifiquement, du traitement des #ancien-ne-s :
      « Dignity of Elders Carole Hayes Collier »
      http://www.madnessradio.net/madness-radio-dignity-elders-carole-hayes-collier

      Why are nearly a third of all elders in nursing homes given anti-psychotic drugs, despite life threatening side effects? Are medications being used as chemical restraints? Can nursing homes be places of dignity — or should they be abolished? Carole Hayes-Collier was diagnosed schizophrenic at 19 and left to a lifetime of hospitalization. When she recovered, the abuses she witnessed inspired her to join the Gray Panthers and dedicate her life to elder rights and mental health.
      http://graypanthers.org
      http://online.wsj.com/article/SB119672919018312521.html
      http://www.canhr.org/stop-drugging

      http://www.madnessradio.net/audio/download/214/MadnessRadio-2011-11-1DignityOfEldersCaroleHayesCollier.mp3

      #radio #audio #maltraitance

    • « Et si nous prenions le temps d’écouter les femmes dépressives, hystériques ou bipolaires ? »
      http://www.huffingtonpost.fr/thierry-delcourt/et-si-nous-prenions-le-temps-decouter-les-femmes-depressives-hysteriq

      Mais il est un fait social que Yasmina et de nombreuses patientes m’ont appris à découvrir et à ne jamais oublier, celui de ces « petits arrangements » pervers dans les familles et les institutions en charge d’être substituts parentaux, sans compter ceux des alcôves d’hommes qui ont le pouvoir de faire et de défaire une vie.

    • Vous êtes sures qu’on utilise encore le terme hystérique comme catégorie de maladie mentale ? Je vais vérifier, mais je ne crois pas. Je crois que c’est surtout un terme qui est passé dans le langage pour dénigrer une femme en colère ou véhémente. A suivre.

    • Le tableau est sans doute moins simple.
      Primo , la psychanalyse a fait grand cas de l’hystérie masculine, de sa naissance à Lacan. Deuxio , les électrochocs ne sont pas nécessairement cette maltraitance documentée par nombre d’écrivains et de patients, et qui fait retour, avec d’autres violences, dans des HP de plus en plus déshumanisés. Tout dépend des relations thérapeutiques dans lesquelles leur administration s’inscrit, de la manière dont ils sont administrés. Il ont par exemple été continuellement utilisés dans des hauts lieux de la psychothérapie institutionnelle (La Borde, La Chesnaie), pour ce que j’en comprends, comme moment d’ouverture, de retour à la verbalisation, quitte à en refuser l’administration à des patients qui - cherchant à soulager une angoisse inextinguible, à amender un état mélancolique aigu - en réclament une série, pour tenter autre chose.

    • @supergeante A priori oui, recoupé sur plusieurs sites.
      Mais par exemple, pour wikipedia « L’hystérie est en psychanalyse une névrose touchant les femmes et les hommes, aux tableaux cliniques variés, où le conflit psychique s’exprime par des manifestations fonctionnelles (anesthésies, paralysies, cécité, contractures...) sans lésion organique, des crises émotionnelles, éventuellement des phobies1. C’est une notion qui fait également partie de l’histoire de la psychiatrie et de la psychologie. »
      Alors que pour doctissimo :
      "La névrose hystérique touche essentiellement des jeunes femmes. Elle est la conséquence de la fixation symbolique de l’angoisse sur des symptômes physiques ou psychiques. L’angoisse n’est pas vécue comme telle : elle est convertie de façon inconsciente en pseudo-symptômes physiques.

      Cette névrose se développe sur des personnalités de type hystérique, qui présentent en général les caractères suivants :

      Un égocentrisme important ;
      Un besoin d’être apprécié de l’entourage qui les conduit à adapter leurs idées et leurs opinions à leur audience afin de mieux les séduire, voire à raconter des histoires (mythomanie) ;
      Une exubérance et une grande démonstrativité ;
      Une théâtralisation avec dramatisation de toutes les situations : ce sont des personnes qui se « mettent en scène »,
      Un besoin avide d’affection et de séduction qui conduit à érotiser les rapports sociaux tout en se retirant des que la situation devient plus impliquante ;
      Une tendance à nouer des liens assez factices.
      "

    • Euh Doctissimo, c’est sans doute utile pour butiner des infos, ne pas laisser aux médecins le monopole du savoir médical, mais ce site est essentiellement un vecteur des labos, des vendeurs, de la croyance en « la santé », et donc en l’occurrence de la psychologie comportementale..

      Sinon, ce dont le rapport sur L’utilisation des électrochocs au Québec ne dit rigoureusement rien, si ce n’est la question du consentement éclairé, c’est la #relation_thérapeutique dans laquelle s’inscrivent, ou pas, des séances d’électrochocs.

      Pour en rester aux électrochocs considérés isolément, techniquement, une version scientiste avec son enrobage de susurre éthico-légal :

      Les modalités ont en revanche beaucoup évolué, et le cadre réglementaire est précisément défini.
      Ainsi, l’anesthésie générale est devenue systématique, tout comme l’information et le consentement écrit du patient ou dans certains cas de son représentant légal. Surtout, (...) elle est devenue « un traitement très technique, et c’est désormais sur ce terrain-là que le débat se situe » : type de courant utilisé, position des électrodes, rythme d’administration...
      En France, comme dans la plupart des autres pays où elle est pratiquée, la sismothérapie est principalement proposée dans les troubles de l’humeur. « Malgré les progrès thérapeutiques récents (...), l’électroconvulsivothérapie (ECT) reste un traitement essentiel de la dépression. Sa place est unique dans les dépressions sévères, et l’ECT permet encore d’améliorer la survie du malade », (...).

      http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/11/15/volte-face-sur-l-electrochoc_1791344_1650684.html

      Les électrochocs, c’est donc une technique qui a connu des évolutions :

      L’utilisation de la technique unilatérale droite, d’impulsions courtes et de charges électriques moins importantes diminue la durée de cette période de confusion.

      http://www.psychomedia.qc.ca/forum/22701/page/1

      Mais ce type de description qui montre que le souci de « ne pas nuire » peut rester présent et susciter des transformations techniques en reste lui aussi à une vision qui isole l’"acte de soin" de la relation thérapeutique.

      Je parle par oui dire, faute de mieux. Mais j’ai été amené à en pas en rester à la lecture d’Aratud et d’autres, à faire attention à qui cause là dessus et d’où, et j’ai bien du modifier mon avis après avoir vu des patients en nettement meilleure forme après des électrochocs.

      Pour ce que j’en ai entendu dire, la période de confusion dite aussi période de réveil (anesthésique) qui suit ces séances constitue (ou pas...) un moment privilégié du soin, un (re)commencement. Entre être laissé à soi même en attendant que des médicaments prenne plus ou moins le relais des effets de l’électrochoc et être, d’emblée, partie prenante d’une relation, il y a un monde.

      ...il me paraît important que la spécificité de l’action de l’infirmier en psychiatrie s’affirme encore davantage. Dans le cas de l’ECT, la disparition du mot « choc » fait qu’il est assimilé toujours plus à un geste médicalisé et technique où la place de l’infirmier reste mal définie, voire pourrait passer aux yeux de certains comme superflue. Or, il m’apparaît toujours plus que l’accompagnement infirmier, notamment pendant la phase de réveil, est un élément important de ce soin, conditionnant en partie la réussite de l’ECT.
      En effet, auparavant, alors que l’on parlait encore de « dissolution du psychisme puis de reconstruction », ou, pour les psychanalystes de « tuer-ressusciter », de nombreux auteurs insistaient sur l’importance du réveil. La présence infirmière y trouvait tout son sens quand à un accompagnement et à un travail de reconstruction, aussi bien par rapport à la confusion qu’aux troubles mnésiques. Cette notion était très présente dans les protocoles concernant les cures de Sakel (choc insulinique), où le même infirmier se devait d’accompagner le patient pendant toute la durée de la cure.

      L’Ecrit, Clinique des Electrochocs (à destination des infirmiers psys)
      https://serval.unil.ch/resource/serval:BIB_69FC625981EB.P001/REF

      Depuis la formation d’infirmier en psychiatrie a été supprimée. C’était pourtant une de voies de la déhiérarchisation du soin (de la réduction du pouvoir des médecins comme pouvoir et puissance séparée) sur la quelle s’était appuyé bien des pratiques, allant jusqu’à inclure les autres personnels « de service » et les patients eux mêmes.
      Et les écrits que je trouve en ligne n’évoquent guère ce moment de reprise, de parole, accompagnée, la prise de notes, répétées, l’instauration d’une relation suivie qui pouvait y trouver place.

      Une petite histoire dans Pathique et fonction d’accueil en psychothérapie institutionnelle, #Jean_Oury. In Le contact. Ss la direction de Jacques Schotte
      http://www.lacanw.be/archives/institutionnalites/Le%20contact%20(J.%20Schotte%20ed.).pdf

      Je suis censé parler ici des rapports entre la #fonction_d'accueil et le pathique. Un vaste programme.
      J’aimerais, en guise de préambule, raconter une petite histoire, celle d’un accueil particulier qui s’est passé il y a plus de trente ans... J’avais été appelé d’urgence dans un village parce qu’une vieille dame était dans un état confusionnel, délirant, et particulièrement difficile. Ni la famille, ni le médecin ne pouvaient la décider à se faire soigner. J’intitulerai cette histoire non pas « La belle bouchère » mais « La vieille bouchère ». C’était en effet une grand-mère qui travaillait encore dans la boucherie d’un petit village. Elle était dans l’arrière-boutique quand je suis arrivé, en train de séparer les feuilles qui enveloppent la viande. Pour faire ce travail, elle tenait un énorme couteau, verticalement, l’extrémité du manche appuyé sur le tas de feuilles d’emballage. Rapidement, j’ai su qu’elle redoutait que le diable en personne ne vienne la chercher pour la punir de ses fautes, qu’il la mettrait dans une charrette, complètement nue, pour la promener dans le village. Voilà à peu près « l’accueil » tout à fait restreint dans lequel je me suis trouvé.
      Que faire ? Après quelques exhortations plus ou moins vigoureuses, j’ai constaté qu’on ne pourrait pas la convaincre de me suivre. Alors, comme par une inspiration à la Rosen — mais peut-être que les szondiens y reconnaîtront une « dimension » personnelle —, je suis entré dans son délire et lui ai dit : « Je suis Méphistophélès, mais je peux vous faire grâce de cette promenade, nue dans une charrette. Je veux simplement vous emmener dans ma voiture, et toute habillée ».
      Très rapidement, elle a fait ses valises et elle est montée dans ma voiture. Je l’ai emmenée en clinique. C’était en 1954. En arrivant, étant donné son état confusionnel, je lui ai fait un électrochoc qui a eu la vertu d’agir sur la confusion et de rétablir un niveau normal de la glycémie (parce qu’elle était également diabétique). Quand je l’ai revue, elle avait gardé une bonne conscience de cette première entrevue, mais, sur un mode très humoristique (elle était sortie de son état confusionnel), elle m’a dit : « Espèce de grande ficelle, va ! »
      L’accueil était réalisé. Il faudrait analyser à quel niveau... Elle est restée en clinique très peu de temps : cela s’est très bien passé. Voilà le premier exemple, presque cinématographique, des rapports entre l’accueil et le pathique.

      Un autre petite histoire, extraite d’un récit, où il se dit bien d’autres choses : 1971-1994, dans les lieux de la folie
      http://www.francis-berezne.net/index.php/sur-la-psychiatrie-11/36-opinions-dun-ancien-malade-sur-linstutution-psychiatrique

      J’arrive ([à La Borde] en janvier 72, après avoir été arrêté sur la voie publique, enfermé dans une cellule pendant une quinzaine de jours, cure de sommeil ou un machin de ce genre, et après un mois de placement d’office à Sainte Anne, dans l’attente d’une place libre à La Borde. J’insiste pour y aller, car je connais la clinique de réputation, et j’ai vu sur une scène parisienne un spectacle joué par ses pensionnaires qui m’a beaucoup ému. J’espère donc qu’on m’y soignera mieux que dans un service traditionnel, mais surtout je suis sûr que je n’y serai pas enfermé. Ca va plutôt mal quand j’arrive. Il n’y a pas grand chose à faire dans un premier temps qu’une série d’électrochocs. Dès que ça va mieux, je me dirige vers la salle de spectacle, car même si je viens de démissionner d’un poste d’enseignant aux Beaux Arts de Paris, les premiers jours à La Borde on me met en vacances de mes soucis professionnels, et je m’intéresse au théâtre. Je n’ai guère de souvenirs de ce premier séjour de quatre cinq mois, sinon des images, des sensations, rien de bien précis. Tellement peu précis que je me demande encore si j’ai fabriqué ces espèces d’étranges et familières poupées en bas nylon bourrés de coton hydrophylle, que j’ai aperçues un jour dans un musée d’art brut. Il y a certains états, psychothérapie institutionnelle ou pas, qui sont marqués d’une grande confusion, d’une grande incertitude, laquelle peut nourrir après coup un délire plus ou moins intense, psychothérapie institutionnelle ou pas.

      Certes, à La Borde mon délire s’apaise grâce aux activités et aux ateliers, aux entretiens et aux soins, mais la source de mon délire n’est pas épuisée, loin de là. J’ai beaucoup plus de souvenirs de mon deuxième séjour en 73, pareil, quatre cinq mois de suite, après une rechute assez sévère. Mon activité tourne encore autour du théâtre, mais aussi de l’écriture. Nous créons de façon collective un spectacle de grandes marionnettes inspirées du Bread et Puppet Theater, une troupe à la mode dans les années 68. Nous écrivons un spectacle sur ceux qui parlent et ceux qui se taisent, nous fabriquons des masques et des costumes sous lesquels nous nous dissimulons en incarnant des animaux. Nous jouons notre spectacle à La Borde devant un public Labordien. Je dis nous, et ça mérite qu’on s’y arrête un instant. J’ai du mal à préciser, c’est tellement loin, mais le #collectif me permet de ne pas être un mouton dans un troupeau, il me donne à nouveau le sentiment d’être quelqu’un.

      On nous bassine avec le CNR et ses tables de la loi mais on oublie l’esprit de résistance et les pratiques qu’il a suscité. La psychothérapie institutionnelle fut (est ?) de celle là, contre le délaissement meurtrier dont les fous firent l’objet pendant le Seconde guerre mondiale, et contre l. contre Oury répétait comme un antienne, « la psychothérapie institutionnelle ça n’existe pas ». Et il est évident qu’aujourd’hui la recrudescence de l’utilisation des électrochocs n’a le plus souvent rien à voir avec ce qui fut le premier souci de cette démarche, « soigner le soin, soigner l’institution ».

      Dans l’électricité sans les soviets, où réside au juste le problème ? Il me semble que c’est dans cet espace du collectif toujours plus colonisé de part en part par la gestion capitaliste et sa technocratie.

    • Putain colporteur, doctissimo est bien représentatif de son temps le glissement d’une définition scientifique vers une définition strictement sexiste d’une névrose qui devient la caractéristique et l’adjectif d’un seul sexe. Et tout ca par un média qui porte une caution médicale tout comme le monde celle de référence. Et les électrochocs c’est cool.

    • @unagi, les électrochocs « cool » ?! N’importe quoi.
      Subir une anesthésie, des décharges électriques, se retrouver dans un état de confusion, mais aussi se retrouver psychiatrisé ou avoir besoin de recourir à un asile, c’est pas « cool ». Et ce qui est pour le coup pas « cool » du tout du tout - loin des déprimes prolongées ou chroniques, plus ou moins invalidantes - c’est lorsque la #souffrance_psychique soit telle que dans certains cas, et sans même nécessairement agir pour mourir, sans même se suicider, il s’agisse de souffrir littéralement à en crever.

      Les tambouilles doctes et marchandes de Doctissimo visent à répondre, à leur façon, à un besoin d’appropriation par les malades eux mêmes de leur pathologie, des tactiques curatives, traitements, etc. Ce besoin là n’est pas nul. C’est de là qu’est née une expérience politique comme Act-up, par exemple. Évidemment Doctissimo c’est plutôt une poubelle, des gens s’y intoxiquent, d’autres récupèrent des choses et les assaisonnent à leur sauce. Le Monde j’ai précisé que c’était un point de vue scientiste, qu’est-ce qui fait mieux référence en matière de santé que le scientisme ?

      Oui, comme bien des catégories psychiatrique, hystérique est une insulte, et en l’occurrence une insulte sexiste. Mais enfin ce n’est pas parce qu’un terme est employé comme insulte qu’il en perd tout sens par ailleurs (pensons par ex. au mot « prolo », péjoratif ou au mieux - ?- condescendant ou nostalgique, et « esclave », descriptif et/ou péjoratif, n’est-ce pas variable ?). Quand bien même la psychiatrie scientiste l’a abandonné comme catégorie diagnostique :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hystérie

      Cette affection a disparu des nouvelles classifications du [super merdique, puisquil semble qu’il faille préciser] Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) et de la Classification internationale des maladies (CIM-10), remplacée par les catégories trouble de la personnalité histrionique ou trouble somatoforme. L’étiologie de l’hystérie, pendant un temps indissociable de sa représentation sociale, a beaucoup évolué en fonction des époques et des modes.

      « Paranoïaque » et « schizophrène » sont aussi devenu des insultes (plus destinées aux mecs ou à des femmes en position de pouvoir). De tels de passage dans la langue commune en disent long sur la stigmatisation de la #folie et le refus de prendre en compte l’existence même de la souffrance psychique. Soyons fun et cool, et responsables, soyons sains. Soyons compétitifs, et transparents à nous mêmes. Quelle blague.

      J’évoquais autre chose que ces exemples et méthodes de 1913 pour mettre les questions qu’ils soulevaient en perspective. Il n’y a pas d’"électrothérapie" qui vaille, mais des chocs électriques peuvent faire partie d’une stratégie de #soin. Voilà ce que je voulais signaler.

    • Je ne risquait pas de trouvé les statistiques des éléctrochocs pour la France :

      La CCDH a gagné son procès contre l’Assurance-Maladie pour l’obtention des statistiques d’électrochocs en France ! Les statistiques sont inquiétantes : plus de 25 000 séances d’électrochocs en 2017 en France… https://www.ccdh.fr/La-CCDH-a-gagne-son-proces-contre-l-Assurance-Maladie-pour-l-obtention-des-stat

      Si au départ, la CCDH a formulé cette demande, c’est parce qu’il n’existe aucune statistique officielle concernant le nombre d’électrochocs pratiqués chaque année dans notre pays. Ni les parlementaires, ni même les instances de santé comme la Haute autorité de santé etc. n’ont d’information sur ces pratiques dignes d’un autre temps.

      Or, les électrochocs sont remboursés par la Sécurité sociale. Cet acte est même codé « AZRP001 » dans la classification commune des actes médicaux.

      Les psychiatres ont toujours fait en sorte de cacher au grand public le fait que des électrochocs soient administrés en France, notamment car ces actes de barbarie ont tendance à « ternir » leur image, tant ils rappellent la violence pouvant régner au sein des hôpitaux psychiatriques.

      Cette bataille juridique a duré 1 an et trois mois. La CNAM a en effet communiqué au Tribunal administratif plusieurs mémoires pour justifier son refus de divulguer les informations.

      La CCDH précise qu’un électrochoc, qu’il soit réalisé avec ou sans anesthésie, est toujours, par définition, un traitement de choc aux conséquences irréversibles.

      C’est ainsi que le 11 janvier 2018, le Tribunal a ordonné à la CNAMTS de communiquer à la CCDH les statistiques d’électrochocs !

      A la lecture de ces statistiques, on constate 22% d’augmentation du nombre total d’électrochocs entre 2010 et 2017. Cette augmentation inquiétante est mise en lumière par la CCDH en alertant les autorités sanitaires sur la nécessité de faire interdire cet acte barbare.

      Tout ca ne dit pas le ration femmes/hommes mais on voie que la pratique augmente alors que ca devrait être l’inverse.

    • L’abus électrique des femmes : qui s’en soucie ?
      http://www.zinzinzine.net/abus-electrique-des-femmes.html

      Beaucoup de gens ignorent que l’électroconvulsivothérapie (ECT) – plus connue sous le nom d’électrochocs - continue d’être largement utilisée par la psychiatrie étasunienne [et pas seulement !]. Dans le dernier numéro de la revue Ethical Human Psychology and Psychiatry, le psychologue John Read et la co-autrice Chelsea Arnold notent : « L’archétype de la personne qui reçoit l’ECT reste, et ce depuis des décennies, une femme en détresse de plus de 50 ans. »

      Dans un examen détaillé des recherches sur l’ECT, Read et Arnold rapportent qu’il n’existe « aucune preuve que l’ECT soit plus efficace qu’un placebo dans la réduction de la dépression ou la prévention du suicide. » Iels concluent : « Compte tenu du risque élevé bien documenté concernant la dysfonction persistante de la mémoire, l’analyse du rapport coûts-bénéfices des ECT reste si faible que son utilisation ne peut être scientifiquement, ou éthiquement, justifiée. »

      Alors que la psychiatrie cite des études déclarant qu’un pourcentage élevé de patient·es connaitraient une amélioration grâce à l’ECT, à défaut d’un contrôle par placebo, ces études n’ont scientifiquement aucune valeur. Un nombre important de patient·es souffrant de dépression signalera une amélioration avec n’importe quel type de traitement. Une grande partie de l’efficacité de tout traitement de la dépression a à voir avec la foi, les croyances et les attentes. C’est pourquoi il est essentiel de comparer un traitement à un placebo afin de déterminer quelle part de l’amélioration doit être attribuée au traitement lui-même et quelle part à la foi, aux croyances et aux attentes. Dans la même veine, on peut trouver de nombreux témoignages de patient·es en faveur de l’ECT, comme on trouve des témoignages en faveur de n’importe quel traitement ; mais en science, ces témoignages sont qualifiés d’anecdotiques et signifient seulement qu’une personne croit qu’un traitement a fonctionné pour elle, et non que l’efficacité du traitement ait été scientifiquement prouvée.

      La psychiatrie est bien consciente de la mauvaise réputation de l’ECT, ce qui fait qu’aujourd’hui l’administration d’ECT n’est plus aussi éprouvante à regarder. Les patient·es reçoivent une anesthésie, de l’oxygène ainsi qu’un relaxant musculaire pour prévenir les fractures. Cependant, le but de l’ECT est de créer une crise convulsive, et ces « améliorations procédurales » de l’ECT augmentent le seuil d’atteinte de la crise convulsive, nécessitant ainsi une charge électrique plus élevée et plus longue, ce qui peut entraîner des lésions cérébrales encore plus importantes. Le « dosage électrique » standard est de 100 à 190 volts mais peut atteindre 450 volts. Ainsi, bien que pour les observateurices ces changement de procédures font que l’ECT ne semble plus autant relever de la torture qu’avant, les effets de l’ECT sur le cerveau causent toujours autant de dommages, sinon plus.

      « Les femmes sont soumises à l’électrochoc 2 à 3 fois plus souvent que les hommes », note Bonnie Burstow. Il n’y a aucune ambiguïté à cet égard, les femmes sont beaucoup plus susceptibles de recevoir un traitement par ECT que les hommes. Le rapport texan de 2016 a indiqué que les femmes avaient reçu 68% des traitements par ECT. Bien que les hommes soient aussi traité par ECT, comme pour les statistiques d’abus sexuels, les hommes sont soumis à l’ECT à un taux beaucoup plus faible. En ce qui concerne l’âge, le Texas a signalé que 61% des personnes ayant reçu une ECT avaient 45 ans et plus (l’âge en fonction du sexe n’était pas renseigné dans ce rapport).

      La psychiatre recommande généralement l’ECT pour les patient·es gravement déprimé·es après que divers antidépresseurs ne soient pas parvenus à améliorer les symptômes. La psychiatrie se focalise de plus en plus sur les symptômes et non sur les causes de notre malaise, et par conséquent, elle néglige souvent les sources évidentes de dépression telles que le deuil, les traumatismes non surmontés, ou d’autres formes de souffrances accablantes. Le livre ’’The International Nature of Depression’’ (1999) [La nature interactionnelle de la dépression], édité par les psychologues Thomas Joiner et James Coyne, documente des centaines d’études sur la nature interpersonnelle de la dépression ; dans une étude portant sur des femmes malheureuses en ménage diagnostiquées dépressives, 60% d’entre elles pensaient que leur ménage malheureux était la principale cause de leur dépression. C’est souvent des problèmes conjugaux ou bien l’isolement et la solitude qui alimente la dépression, mais il est plus facile et plus lucratif de proposer une ECT après l’échec des antidépresseurs que de faire tous les efforts thérapeutiques nécessaires pour prendre en compte la source de la dépression.

    • Les électrochocs doivent être abolis au Québec, réclament plusieurs groupes

      https://quebec.huffingtonpost.ca/2018/05/11/les-electrochocs-doivent-etre-abolis-au-quebec-reclament-plusieurs-groupes_a_23432617/?guccounter=1&guce_referrer_us=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8

      D’après des statistiques compilées par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), 66% des personnes ayant reçu des électrochocs en 2017 étaient des femmes. De ce nombre, 32% étaient âgées de 65 ans et plus et 0,7% étaient âgées de 19 ans et moins.

      Concernant la proportion plus élevée de femmes à recevoir des électrochocs, le docteur David Bloom souligne que les femmes sont plus à risque de souffrir de dépression majeure et donc d’avoir recours à ce traitement.

      Contre les électrochocs

      « On soutient que les électrochocs devraient être abolis parce que ce n’est pas efficace et que c’est dangereux. Ça cause un sérieux problème à la mémoire et ça peut endommager le cerveau. Il y a très peu de recherches qui sont faites pour réellement connaître les impacts à moyen et long terme des électrochocs », souligne le porte-parole du comité Pare-Chocs, Ghislain Goulet.

      M. Goulet, précise que son groupe s’oppose aux électrochocs depuis de nombreuses années, sans qu’il ne soit réellement écouté par le ministère de la Santé et des Services sociaux : « Ça fait plus de 10 ans qu’on est en contact avec le ministère de la santé et des services sociaux. Généralement, on n’a pas de réponse. Les premières années, il nous répondait pas. Le ministre Barrette n’a jamais accusé réception de nos lettres. »

      Le porte-parole du comité Pare-Chocs souligne que selon des témoignages de personnes ayant reçu des électrochocs, celles-ci auraient eu davantage de difficulté à socialiser après le traitement.

      Quelles répercussions ?

      Dans le formulaire de consentement que doivent remplir les patients avant de se soumettre à l’électroconvulsivothérapie, il est indiqué que la procédure peut provoquer de la confusion, des maux de tête, des courbatures ou raideurs musculaires, des nausées et des troubles de mémoire « généralement reliés au nombre et au type de traitements reçus ».

      Le document stipule que « ces troubles disparaissent habituellement dans les jours ou les mois suivant le traitement par électroconvulsivothérapie » et « qu’il est possible que certains souvenirs soient définitivement effacés. »

      Il est également indiqué que de rares complications, comme la dislocation ou fracture d’un os, la complication dentaire ou un rythme cardiaque irrégulier peuvent survenir.

      Le docteur David Bloom précise que si on peut mourir à la suite d’une telle procédure, cela est dû à l’anesthésie générale qui est appliquée et non à la méthode en tant que telle. « Le taux de décès est semblable à celui des gens qui subissent une chirurgie », indique-t-il. Il estime le taux de mortalité à la suite d’électrochocs à environ 2 sur 100 000.

      Le docteur estime entre 70 et 90% les chances que l’électroconvulsivothérapie ait un impact positif sur un patient souffrant de dépression majeure. Cette méthode serait ainsi potentiellement plus efficace que les antidépresseurs, dont M. Bloom estime le taux de réussite à environ 70%.

    • Les électrochocs, une forme de violence contre les femmes

      http://www.zinzinzine.net/electrochocs-une-forme-de-violence-contre-les-femmes.html

      En tant qu’avocate et survivante d’électrochocs, Carla McKague a souligné (Burstow, 1994) que les psychiatres qui sont favorables au traitement de choc se défendent souvent en disant que les électrochocs sont la plupart du temps administrés dans les cas de dépression et qu’en général, les femmes sont de deux à trois fois plus sujettes à la dépression que les hommes. Il y a du vrai dans cet argument. En effet, dans la société sexiste dans laquelle elles vivent, les femmes ont de bonnes raisons d’être plus déprimées que les hommes. Il est toutefois difficile de défendre cette position. Les lésions cérébrales, le contrôle et la terreur ne changent en rien les conditions d’oppression dans lesquelles vivent les femmes. De plus, comme cela a déjà été démontré, les électrochocs n’ont aucune efficacité particulière pour guérir la dépression. D’ailleurs, comme l’a découvert le Electro‑Convulsive Therapy Review Committee (1985), on administre de deux à trois fois plus d’électrochocs aux femmes qu’aux hommes, qu’elles soient ou non dépressives et quel que soit le diagnostic.

      Aucune de ces justifications ne fait le poids. Il est en effet difficile de justifier ce qui se produit à moins de regarder le phénomène par l’autre bout de la lorgnette, c’est-à-dire soit d’écarter la notion de « traitement » ou, ce qui semble plus approprié, de lui accorder beaucoup moins d’importance. Le fait est qu’il s’agit de coups et blessures et non pas d’un traitement légitime bien qu’il soit pratiqué dans un environnement médical. Les coups et blessures sont toujours horribles quelle que soit la personne qui les reçoit. Nous devons bien sûr nous préoccuper des hommes qui sont aussi victimes des électrochocs, mais, dans le cas qui nous occupe, ce sont surtout les femmes qui sont ciblées. Il y a des décennies, Ollie May Bozarth (1976), une survivante, décrivait le traitement de choc comme « une façon élégante de battre une femme » (p. 27) et cette description semble avoir un certain bien-fondé. Bien que la médicalisation camoufle la violence, les électrochocs constituent essentiellement une agression envers la mémoire, le cerveau et l’intégrité des femmes. C’est à ce titre que le traitement de choc peut vraiment être considéré comme une forme de violence contre les femmes.

      Breggin (1991) fait d’ailleurs allusion à cette forme de violence lorsqu’il cite un collègue qui disait au mari d’une patiente à qui il voulait administrer un traitement de choc que cela aiderait puisque le traitement fonctionnait comme une « fessée mentale » (p. 212). En tant que féministes, nous devons absolument mieux comprendre cette forme de violence. Il est également essentiel que nous abordions la question du point de vue des personnes touchées et que leurs témoignages et leurs problèmes quotidiens soient au cœur même de notre enquête.

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      témoignage de Connie Neil (survivante des éléctrochocs) devant le Toronto Board of Health est très significatif :

      J’étudiais... en écriture dramatique. Comme chacun le sait, votre type d’écriture créative... dépend beaucoup de ce que vous êtes, de ce que sont vos souvenirs, vos relations antérieures, vos rapports avec les autres et de l’observation des rapports des autres personnes entre elles – ce genre de choses. Je ne peux plus écrire... Depuis le traitement de choc, il me manque entre huit et quinze ans de souvenirs et j’ai perdu les compétences acquises pendant ce temps, presque toutes mes études. J’ai une formation de pianiste classique... Le piano est toujours à la maison, mais… je ne peux plus en jouer. Je n’ai plus les habiletés nécessaires. Quand vous apprenez une pièce et que vous l’interprétez, elle s’inscrit dans votre mémoire. Mais pas dans la mienne. Je ne peux pas retenir ce genre de choses. Des gens s’approchent de moi et me parlent de choses que nous avons faites ensemble. Je ne sais plus qui ils sont. Je ne sais pas de quoi ils parlent, bien que, de toute évidence, j’ai déjà été leur amie. Ce que l’on m’a donné… c’est un électrochoc modifié et on considérait que c’était efficace. Par « efficace », je sais maintenant qu’on entendait que cela diminuait la personne. L’électrochoc a certainement eu cet effet sur moi… Je travaille maintenant comme commis à la paye pour le ministère des Travaux publics. J’écris des petits chiffres et c’est à peu près tout... C’est le résultat direct du traitement. (Phoenix Rising Collective, 1984, p. 20A-21A)

      Le fait que ce « traitement » soit utilisé sur des femmes agées, dépressive suite à une vie de discriminations et violences divers et variées et qui sont invisibilisées de plus en plus avec l’age, et donc pour les soigner on leur « diminue la personne », c’est à dire qu’on brise leur psychisme, on vide leur tête, on efface leur propres souvenirs.

      Ca me rappel une mannequin de défilé de mode que j’avais rencontré il y a 20ans (boulimique et cocaïnomane bien sur) et qui voulait me convaincre de faire des purges et lavement pour être vide comme elle. Je m’était demandé si cette beauté qui était si convoité chez elle par les hommes de tous les ages, n’était justement l’expression du vide intérieur.

      Le contrôle des épouses se trouve particulièrement au centre du phénomène. En général, c’est le psychiatre qui cherche le contrôle, parfois le mari a été incité à coopérer, parfois c’est le mari qui en est l’instigateur. Fréquemment, le mari est de connivence avec le corps médical pour que la femme soit prise dans la toile d’araignée d’un contrôle médico-conjugal complet.

      L’histoire de Wendy Funk (1998) porte explicitement sur le traitement de choc comme moyen de contrôle d’une épouse. En 1989, Wendy a subi des électrochocs en grande partie à l’instigation d’un médecin. Parlant de sexisme, Wendy rapporte la conversation suivante entre son mari et le médecin :

      « Pourquoi ne lui dites-vous pas de... passer plus de temps à la maison ? » demande le docteur King. « J’essaie, mais elle ne m’écoute pas », répond Dan en rigolant. « Vous n’êtes donc pas capable de contrôler le comportement de votre femme », d’ajouter le docteur King. (p. 15)

      Le docteur King a « expliqué » à Wendy que son « problème » venait du fait qu’elle négligeait sa maison et qu’elle perdait son temps à avoir des « préoccupations féministes » (p. 48). Prisonnière dans une institution psychiatrique, avec un mari qui faisait des pressions pour obtenir de la coopération et un médecin qui menaçait de l’envoyer loin de sa famille si elle n’acceptait pas le traitement de choc, Wendy a signé le consentement et a été soumise à une série d’électrochocs. Malgré l’amnésie importante qui en a résulté, Wendy a écrit que le psychiatre a encore insisté pour lui administrer encore plus d’électrochocs en lui disant : « Vous devriez vraiment avoir un traitement de choc ne serait-ce que pour le bien de votre famille. Inquiéter Dan à ce point à votre sujet n’est pas une chose qu’une bonne épouse devrait faire » (p. 91). Dans ce cas, le renforcement patriarcal du stéréotype de l’épouse et du comportement maternel est évident – le médecin est l’instigateur et le mari, un participant un peu hésitant.

      La plupart des survivantes qui ont témoigné lors des audiences et des femmes qui ont participé à la recherche ont reçu des électrochocs parce que leur mari avait signé le formulaire de consentement. Dans certains cas, il semble que les maris ont signé sans comprendre vraiment ce que le traitement de choc ferait à leur femme. Dans d’autres cas, il y a des raisons de croire qu’ils comprenaient très bien que leur femme subirait des dommages d’une manière ou d’une autre et que c’était exactement ce qu’ils voulaient (voir Warren, 1988).

      Dans un certain nombre de cas, les maris ont même applaudi ouvertement la perte de mémoire. Dans l’étude de Warren (1988), on a interviewé non seulement les femmes à qui on a administré des électrochocs, mais également les membres de leur famille et plusieurs maris ont exprimé leur satisfaction quant à la perte de mémoire. Par exemple, selon Warren (1988),

      Monsieur Karr a commenté la perte de mémoire à long terme de sa femme en disant que c’était la preuve que le traitement de choc était une réussite. Il a ajouté que sa mémoire n’était toujours pas revenue, particulièrement pour la période où elle était malade et « qu’ils avaient fait du bon travail. » Ces maris se sont servis des pertes de mémoire de leur femme pour établir leurs propres définitions de leur relation conjugale passée. (p. 294)

      Comme le démontrent différentes sources, la mainmise du mari et du médecin combinée à la peur de subir d’autres électrochocs suffit à inspirer la peur et, par conséquent, à contrôler les femmes. Une fois encore, l’expérience des femmes de l’étude de Warren (1988) est instructive. Dans un certain nombre d’entrevues, les femmes disent éviter d’aborder les problèmes avec leur mari « par peur d’une reprise du contrôle médico-conjugal sur leur vie… par peur de représailles sous la forme d’un traitement de choc » (p. 296). Les maris participent encore davantage à tisser la toile de contrôle médico-social en signant le consentement, en faisant des pressions sur leur femme pour qu’elle signe le consentement, en suggérant un traitement de choc, en agissant comme espion pour le compte du « docteur des électrochocs », en avisant le médecin des « mauvais comportements » de leur femme et en menaçant de dénoncer leur femme si elle ne se conforme pas (voir Burstow, 1994 ; Funk, 1998 ; Ontario Coalition to Stop Electroshock, 1984b ; Warren, 1988).

      Des histoires de contrôle comme celles de Wendy et de Connie sont courantes. En effet, lors des audiences, lorsque des survivantes parlaient du contrôle social que l’on avait exercé sur elles, je voyais, partout dans la salle, des femmes qui hochaient la tête en signe d’acquiescement. Il existe également des preuves objectives d’utilisations encore plus extrêmes des électrochocs pour contrôler les femmes. À cet égard, au Allen Memorial, non seulement on nettoyait le cerveau à fond par le traitement de choc mais on y implantait des messages à l’aide d’un magnétophone qui rejouait, des milliers et des milliers de fois, le même message pendant que les patientes dormaient. On passait, par exemple, le message suivant à une femme qui ne se sentait pas bien avec son mari : « Tu te sens bien avec ton mari » (cité dans Gillmor, 1987, p. 58). Dans le même ordre d’idées, le psychiatre de famille H. C. Tien a utilisé ouvertement les électrochocs pour influencer ce qu’il appelait le « relâchement de la mémoire » chez les femmes qui avaient des « difficultés conjugales ». Les transcriptions des dialogues entre Tien et un couple marié montrent, avant le traitement de choc, une femme qui se plaint que son mari la bat et qui dit qu’elle veut le quitter et, après chaque électrochoc, à l’instigation de Tien, une femme reprogrammée par son mari qui la nourrit au biberon. À la fin, la femme qui se dit satisfaite de son mari, est déclarée guérie et on lui donne un nouveau nom pour célébrer sa renaissance. Elle n’a plus jamais exprimé le désir de se séparer (pour plus de renseignements, voir Breggin, 1991).

    • Ici un hôpital français se vente de pratiqué cette méthode barbare et la patiente ne se souviens même pas des premières séances...
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-electrochocs-au-secours-de-la-depression-5181187

      Alors que dans les statistiques les violences faites aux femmes et aux enfants sont le plus souvent rapporté au médecins, ce sont les médecins qui font le moins de signalements aux services sociaux, à la justice ou même d’information préoccupante. Les médecins sont les premier·es à connaitre l’ampleur des violences faites aux femmes et aux enfants et ils les dissimulent et les laissé se poursuivre en les aggravant éventuellement à coups d’électrochocs, ou de valium, quant ils ne sont pas ouvertement du coté des conjoints ou parents agresseurs.

    • Oui je suis tétanisée aussi, j’avoue que ces lectures ne m’ont pas gonflé l’optimisme.
      Pour ton lien et le fait que les psychiatres prétendent que sous anésthésie c’est ok.
      J’ai trouvé cette présentation d’un psychiatre lors qu’un congrès de 2005 qui vente les éléctrochoques et les bienfaits de l’anesthésie, sur 15 patient·es testé il a trouvé moyen de luxé l’épaule d’un·e d’elleux.
      https://www.sfapsy.com/images/stories/deuxiemecongres/conferences/Sismotherapie.pdf

    • #maltraitances_médicales
      Je n’ai pas subi d’électrochoc mais j’ai été opéré par deux fois pour un cancer du sein il y a un an. La première fois, le chirurgien était furieux que je demande, dans un processus scientifique, à repasser une échographie après avoir tenté durant un mois de faire régresser la tumeur que j’avais. Il a finalement consenti parce que j’étais en larmes et que l’équipe m’a soutenu. Bon, le machin ne s’était pas amplifié, mais pas de régression. Sauf qu’à peine avais-je fait l’échographie, ils m’ont dit de me déshabiller et de passer la blouse bleue, de retirer mes lunettes (de super myope) puis ils m’ont descendu près du bloc sur un chariot et j’ai attendu 4 heures dans le noir avant l’intervention sans voir personne.
      Ils m’ont ensuite attachée puis endormie directement sur la table d’opération, je vois encore l’anesthésite s’acharner avec l’aiguille sur ma main, j’ai senti qu’on me plaquait un masque sur le nez et comme je suffoquais de ce gaz infect, on m’a dit « même des enfants le supportent » j’ai rétorqué que j’espérais juste qu’ils n’endorment pas les enfants avec cet odeur de pot d’échappement, puis j’ai sombré. Je me suis ensuite réveillée au milieu de la chirurgie si bien que la fois suivante, l’anesthésiste parlait d’éviter « d’être trop susceptible » et cette fois là je me suis réveillée 8h après l’opération de 30mn qui avait eut lieu le matin.
      Je m’arrête là parce que ce serait bien long de raconter les maltraitances subies, mais pour moi, la médecine est devenue un moyen de briser les êtres humains, à commencer par les femmes. La psychologue que j’avais vu la veille s’était déjà moqué de moi et de la façon dont je me tenais sur la chaise en me prévenant que j’avais une trop grande gueule et que les médecins n’aimaient pas ça.

    • Merci pour ton témoignage @vraiment
      Je suis désolé pour ce que tu as subie. Je ne trouve pas de mots. J’espère que tu va mieux. Je comprend que tu en vienne à dire que la médecine cherche à brisé les personnes. On voudrait achever les gens on ne s’y prendrait pas autrement.