• EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare
    https://informareonline.com/editoriale-ai-giovani-serve-il-coraggio-di-restare

    Ci sono lettere che non chiedono soltanto una risposta. Chiedono una presa di coscienza. La testimonianza di un giovane di Castel Volturno, che dopo sacrifici, studio e difficoltà prova a costruirsi una professione e un futuro, ci obbliga a guardare in faccia una domanda scomoda: che cosa deve fare un ragazzo nato in una terra difficile? Scappare, […] L’articolo EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare proviene da Informareonline, scritto da Tommaso Morlando

    #Approfondimenti #EVIDENZA #Magazine_Agosto_2026

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

  • #Napoli ha perso quasi 90mila giovani in dieci anni: è record di #emigrazione giovanile
    https://informareonline.com/napoli-perde-90mila-giovani-record-emigrazione-giovanile

    Napoli registra il record italiano di emigrazione giovanile: la provincia perde quasi 90mila under 34 in un decennio, più di qualsiasi altra area del Paese. Il record negativo dietro l’emigrazione giovanile a Napoli Ancora un triste record per la provincia di Napoli che guida la classifica negativa delle province italiane per calo demografico giovanile. Lo […] L’articolo Napoli ha perso quasi 90mila giovani in dieci anni: è record di emigrazione giovanile proviene da Informareonline, scritto da Giovanni Basile

    #Approfondimenti #Attualità #campania #Cgia #lavoro

  • Rock ’n’ Roll High School
    https://en.wikipedia.org/wiki/Rock_'n'_Roll_High_School

    https://floodmagazine.com/162203/allan-arkush-roger-corman-rock-n-roll-high-school-feature

    Relativement peu rebelle Rock ’n’ Roll High School a vielli en toute dignité - si on ne prend la comédie que pour ce qu’elle devait être.

    Not long after Corman produced Summer School Teachers in 1975 (directed and written by Barbara Peeters, one of many women in the producer’s employ), New World was looking to do yet another high school–themed film. At first, Corman considered doing a movie called “Girls Gym,” with women doing naked gymnastics and little more. Arkush in the meantime had been writing a treatment for “Heavy Metal Kids” about, well, just that. While cooler heads prevailed in regard to exploitative nude gymnastics, an idea for real high school rebellion came up—a rebel yell so savage that its students would blow up their classrooms by film’s end. “I didn’t think that was funny, and besides, we were supposed to be making a comedy,” says Arkush about this literally explosive finale.

    Corman was dissuaded from his idea of naked gymnastics but, as it was 1977, the producer’s idea of what was popular leaned toward the mainstream of Thank God It’s Friday and Saturday Night Fever. Corman’s next school film was nearly called “Disco High,” but who blows anything up with a 4/4 beat? Arkush’s lightbulb moment came with his work in (and love of) rock and roll. “What is rock and roll if not the thing that your parents think will make you become evil? That’s the movie: kids taking over the school with the rebellious spirit of rock and roll.”

    Voila le film complet en HD.
    https://www.youtube.com/watch?v=qYUzYGRHEo4

    ‘Rock ‘n’ Roll High’ at 40 : How the Ramones and a Rebellious Female Lead Invaded Theaters
    https://variety.com/2019/music/news/rock-n-roll-high-school-40th-anniversary-1203292375

    School’s Out
    https://en.wikipedia.org/wiki/School%27s_Out_(song)
    Alice Cooper avait pris un coup de vieux, alors Corman choisit du fun style Ramones plutôt que le sordide Alice.

    https://www.youtube.com/watch?v=DdfLv4bgUK8

    En fin de compte il n’y a aucune musique rebelle qui a échappé au Leviathan de la commercialisation. Avec Rock ’n’ Roll High School Corman nous a donné le parfait exemple du procédé, pourtant ridicule comme le Jabberwocky d’Alice Carrol qui n’est qu’une poarodie du personnage biblique.

    One, two! One, two! And through and through
    The vorpal blade went snicker-snack!
    He left it dead, and with its head
    He went galumphing back.

    “And hast thou slain the Jabberwock?
    Come to my arms, my beamish boy!
    O frabjousday! Callooh! Callay!”
    He chortled in his joy.

    Rock ’n’ Roll High School (1979) – Film Review. Anarchy in the USA.
    https://www.on-magazine.co.uk/arts/film-reviews/rock-n-roll-high-school

    P.S. Même sujet, approche différente :

    Hurra, die Schule brennt ! – Wikipedia
    https://de.wikipedia.org/wiki/Hurra,_die_Schule_brennt !

    Hurra, die Schule brennt! (mit Untertitel Die Lümmel von der ersten Bank, 4. Teil) ist eine deutsche Filmkomödie, die 1969 unter der Regie von Werner Jacobs in Baden-Baden, Nürtingen und München gedreht wurde. Die Hauptrollen sind mit Peter Alexander, Heintje, Theo Lingen, Gerlinde Locker und Hansi Kraus besetzt. Der Film ist der vierte Teil der Filmreihe Die Lümmel von der ersten Bank.

    https://www.youtube.com/watch?v=WIkdpQ00D8E

    C’est un sujet éternel.
    Extrabreit - Hurra Hurra die Schule brennt (1982)
    https://www.youtube.com/watch?v=WiyXt4PjTCI

    #USA #jeunesse #révolte #musique #punk #rock_n_roll #commerce

  • Wanderer, kommst du nach Spa … - Heinrich Böll, 1950
    https://vdoc.pub/download/wanderer-kommst-du-nach-spa-german-edition-1ula1rbe7klg

    Dans son récit Heinrich Böll fait référence aux soldats grercs tombés dans bataille des Thermopyles de l’an -480 et l’épitaphe connu de tous les lycéens de sa génération.

    Passant, va dire à Sparte que nous sommes tombés ici

    pour obéir aux saintes lois de la patrie !
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Thermopyles

    Si vous n’avez pas d’idée de ce que c’est la guerre pour les jeunes soldats, voici le texte qui vous renseignera sur l’essentiel. Böll fait parler les morts.

    Als der Wagen hielt, brummte der Motor noch eine Weile; draußen wurde irgendwo ein großes Tor aufgerissen. Licht fiel durch das zertrümmerte Fenster in das Innere des Wagens, und ich sah jetzt, daß auch die Glühbirne oben an der Decke zerfetzt war; nur ihr Gewinde stak noch in der Schrauböffnung, ein paar flimmernde Drähtchen mit Glasresten. Dann hörte der Motor auf zu brummen, und draußen schrie eine Stimme: »Die Toten hierhin, habt ihr Tote dabei?« –
    »Verflucht«, rief der Fahrer zurück, »verdunkelt ihr schon nicht mehr?«
    »Da nützt kein Verdunkeln mehr, wenn die ganze Stadt wie eine
    Fackel brennt«, schrie die fremde Stimme. »Ob ihr Tote habt, habe ich gefragt?«
    »Weiß nicht.«
    »Die Toten hierhin, hörst du? Und die anderen die Treppe hinauf in den Zeichensaal, verstehst du?«
    »Ja, ja.«
    Aber ich war noch nicht tot, ich gehörte zu den anderen, und sie trugen mich die Treppe hinauf. Erst ging es in einen langen, schwach beleuchteten Flur, dessen Wände mit grüner Ölfarbe gestrichen waren; krumme, schwarze, altmodische Kleiderhaken waren in die Wände eingelassen, und da waren Türen mit Emailleschildchen: VI a und VI b, und zwischen diesen Türen hing, sanftglänzend unter Glas in einem schwarzen Rahmen, die Medea von Feuerbach und blickte in die Ferne; dann kamen Türen mit V a und V b, und dazwischen hing ein Bild des Dornausziehers, eine wunderbare rötlich schimmernde Fotografie in braunem Rahmen.
    Auch die große Säule in der Mitte vor dem Treppenaufgang war da, und hinter ihr, lang und schmal, wunderbar gemacht, eine Nachbildung des Parthenonfrieses in Gips, gelblich schimmernd, echt, antik, und alles kam, wie es kommen mußte: der griechische Hoplit, bunt und gefährlich, wie ein Hahn sah er aus, gefiedert, und im Treppenhaus selbst, auf der Wand, die hier mit gelber Ölfarbe gestrichen war, da hingen sie alle der Reihe nach: vom Großen Kurfürsten bis Hitler …
    Und dort, in dem schmalen kleinen Gang, wo ich endlich wieder für
    ein paar Schritte gerade auf meiner Bahre lag, da war das besonders schöne, besonders große, besonders bunte Bild des Alten Fritzen mit der himmelblauen Uniform, den strahlenden Augen und dem großen, golden glänzenden Stern auf der Brust.
    Wieder lag ich dann schief auf der Bahre und wurde vorbeigetragen an den Rassegesichtern: da war der nordische Kapitän mit dem Adlerblick und dem dummen Mund, die westische Moselanerin, ein bißchen hager und scharf, der ostische Grinser mit der Zwiebelnase und das lange adamsapfelige Bergfilmprofil; und dann kam wieder ein Flur, wieder lag ich für ein paar Schritte gerade auf meiner Bahre, und bevor die Träger in die zweite Treppe hineinschwenkten, sah ich es noch eben: das Kriegerdenkmal mit dem großen, goldenen Eisernen Kreuz obendrauf und dem steinernen Lorbeerkranz.
    Das ging alles sehr schnell: ich bin nicht schwer, und die Träger rasten. Immerhin: alles konnte auch Täuschung sein; ich hatte hohes Fieber, hatte überall Schmerzen. Im Kopf, in den Armen und Beinen, und mein Herz schlug wie verrückt; was sieht man nicht alles im Fieber!
    Aber als wir an den Rassegesichtern vorbei waren, kam alles andere: die drei Büsten von Cäsar, Cicero, Marc Aurel, brav nebeneinander, wunderbar nachgemacht, ganz gelb und echt, antik und würdig standen sie an der Wand, und auch die Hermessäule kam, als wir um die Ecke schwenkten, und ganz hinten im Flur – der Flur war hier rosenrot gestrichen – ganz, ganz hinten im Flur hing die große Zeusfratze über dem Eingang zum Zeichensaal; doch die Zeusfratze war noch weit. Rechts sah ich durch das Fenster den Feuerschein, der ganze Himmel war rot, und schwarze, dicke Wolken von Qualm zogen feierlich vorüber … Und wieder mußte ich links sehen, und wieder sah ich Schildchen über den Türen O I a und O I b, und zwischen den bräunlichen muffigen Türen sah ich nur Nietzsches Schnurrbart und seine Nasenspitze in einem goldenen Rahmen, denn sie hatten die andere Hälfte des Bildes mit einem Zettel überklebt, auf dem zu lesen war: »Leichte Chirurgie« …
    »Wenn jetzt«, dachte ich flüchtig … »Wenn jetzt«, aber da war es schon: das Bild von Togo, bunt und groß, flach wie ein alter Stich, ein prachtvoller Druck, und vorne, vor den Kolonialhäusern, vor den Negern und dem Soldaten, der da sinnlos mit seinem Gewehr herumstand, vor allem war das große, ganz naturgetreu abgebildete
    Bündel Bananen: links ein Bündel, rechts ein Bündel, und auf der mittleren Banane im rechten Bündel, da war etwas hingekritzelt, ich sah es; ich selbst mußte es hingeschrieben haben …
    Aber nun wurde die Tür zum Zeichensaal aufgerissen, und ich schwebte unter der Zeusbüste hinein und schloß die Augen. Ich wollte nichts mehr sehen. Der Zeichensaal roch nach Jod, Scheiße, Mull und Tabak, und es war laut. Sie setzten mich ab, und ich sagte zu den Trägern: »Steck mir ’ne Zigarette in den Mund, links oben in der Tasche.«
    Ich spürte, wie einer mir an der Tasche herumfummelte, dann zischte ein Streichholz, und ich hatte die brennende Zigarette im Mund. Ich zog daran. »Danke«, sagte ich.
    »Alles das«, dachte ich, »ist kein Beweis. Letzten Endes gibt es in jedem Gymnasium einen Zeichensaal, Gänge, in denen krumme, alte Kleiderhaken in grün- und gelbgestrichene Wände eingelassen sind; letzten Endes ist es kein Beweis, daß ich in meiner Schule bin, wenn die Medea zwischen VI a und VI b hängt und Nietzsches Schnurrbart zwischen O I a und O I b. Gewiß gibt es eine Vorschrift, die besagt, daß er da hängen muß. Hausordnung für humanistische Gymnasien in Preußen: Medea zwischen VI a und VI b, Dornauszieher dort, Cäsar, Marc Aurel und Cicero im Flur und Nietzsche oben, wo sie schon Philosophie lernen. Parthenonfries, ein buntes Bild von Togo. Dornauszieher und Parthenonfries sind schließlich gute, alte, generationenlang bewährte Schulrequisiten, und gewiß bin ich nicht der einzige, der den Einfall gehabt hat, auf eine Banane zu schreiben: Es lebe Togo. Auch die Witze, die sie in den Schulen machen, sind immer dieselben. Und außerdem besteht die Möglichkeit, daß ich Fieber habe, daß ich träume.«
    Schmerzen hatte ich jetzt nicht mehr. Im Auto war es noch schlimm gewesen; wenn sie durch die kleinen Schlaglöcher fuhren, schrie ich jedesmal; da waren die großen Trichter schon besser: das Auto hob und senkte sich wie ein Schiff in einem Wellental. Aber jetzt schien die Spritze schon zu wirken, die sie mir irgendwo im Dunkeln in den Arm gehauen hatten: ich hatte gespürt, wie die Nadel sich durch die Haut bohrte und wie es unten am Bein ganz heiß wurde.
    »Es kann ja nicht wahr sein«, dachte ich, »so viele Kilometer kann das Auto ja gar nicht gefahren sein: fast dreißig. Und außerdem: du spürst nichts; kein Gefühl sagt es dir, nur die Augen; kein Gefühl sagt
    dir, daß du in deiner Schule bist, in deiner Schule, die du vor drei Monaten erst verlassen hast. Acht Jahre sind keine Kleinigkeit, solltest du nach acht Jahren das alles nur mit den Augen erkennen?«
    Hinter meinen geschlossenen Lidern sah ich alles noch einmal, wie ein Film lief es ab: unterer Flur, grün gestrichen, Treppe rauf, gelb gestrichen, Kriegerdenkmal, Flur, Treppe rauf, Cäsar, Cicero, Marc Aurel … Hermes, Nietzscheschnurrbart, Togo, Zeusfratze …
    Ich spuckte meine Zigarette aus und schrie; es war immer gut, zu schreien; man mußte nur laut schreien; schreien war herrlich; ich schrie wie verrückt. Als sich jemand über mich beugte, machte ich immer noch nicht die Augen auf; ich spürte einen fremden Atem, warm und widerlich roch er nach Tabak und Zwiebeln, und eine Stimme fragte ruhig: »Was ist denn?«
    »Was zu trinken«, sagte ich, »und noch ’ne Zigarette, die Tasche oben.«
    Wieder fummelte einer an meiner Tasche herum, wieder zischte ein
    Streichholz, und jemand steckte mir ’ne brennende Zigarette in den Mund.
    »Wo sind wir?« fragte ich.
    »In Bendorf.«
    »Danke«, sagte ich und zog.
    Immerhin schien ich wirklich in Bendorf zu sein, zu Hause also, und wenn ich nicht außergewöhnlich hohes Fieber hatte, stand wohl fest, daß ich in einem humanistischen Gymnasium war: eine Schule war es bestimmt. Hatte die Stimme unten nicht geschrien: »Die anderen in den Zeichensaal!«? Ich war ein anderer, ich lebte; die lebten, waren offenbar die anderen. Der Zeichensaal war also da, und wenn ich richtig hörte, warum sollte ich nicht richtig sehen, und dann stimmte es wohl auch, daß ich Cäsar, Cicero und Marc Aurel erkannt hatte, und das konnte nur in einem humanistischen Gymnasium sein; ich glaube nicht, daß sie diese Kerle in den anderen Schulen auf den Fluren an die Wand stellen.
    Endlich brachte er mir Wasser: wieder roch ich den Tabak- und Zwiebelatem aus seinem Gesicht, und ich machte, ohne es zu wollen, die Augen auf: da war ein müdes, altes, unrasiertes Gesicht über einer Feuerwehruniform, und eine alte Stimme sagte leise: »Trink, Kamerad!«
    Ich trank; es war Wasser, aber Wasser ist herrlich; ich spürte den
    metallenen Geschmack des Kochgeschirrs auf meinen Lippen, und es war schön zu spüren, welch eine Menge Wasser noch nachdrängte, aber der Feuerwehrmann riß mir das Kochgeschirr von den Lippen und ging: ich schrie, aber er wandte sich nicht um, zuckte nur müde die Schultern und ging weiter; einer, der neben mir lag, sagte ruhig:
    »Hat gar keinen Zweck zu brüllen, sie haben nicht mehr Wasser; die Stadt brennt, du siehst es doch.« Ich sah es durch die Verdunkelung hindurch, es glühte und wummerte hinter den schwarzen Vorhängen, Rot hinter Schwarz, wie in einem Ofen, auf den man neue Kohlen geschüttet hat. Ich sah es: ja, die Stadt brannte.
    »Wie heißt die Stadt?« fragte ich den, der neben mir lag.
    »Bendorf«, sagte er.
    »Danke.«
    Ich blickte ganz gerade vor mich hin auf die Fensterreihe und manchmal zur Decke. Die Decke war noch tadellos, weiß und glatt, mit einem schmalen klassizistischen Stuckrand; aber sie haben doch in allen Schulen klassizistische Stuckränder an den Decken in den Zeichensälen, wenigstens in den guten, alten humanistischen Gymnasien. Das ist doch klar.
    Ich mußte mir jetzt zugestehen, daß ich im Zeichensaal eines humanistischen Gymnasiums in Bendorf lag. Bendorf hat drei humanistische Gymnasien: die Schule »Friedrich der Große«, die Albertus-Schule und – vielleicht brauche ich es nicht zu erwähnen – aber die letzte, die dritte war die Adolf-Hitler-Schule. Hing nicht in der Schule »Friedrich der Große« das Bild des Alten Fritz besonders bunt, besonders schön, besonders groß im Treppenhaus? Ich war auf dieser Schule gewesen, acht Jahre lang, aber warum konnte nicht in den anderen Schulen dieses Bild genauso an derselben Stelle hängen, so deutlich und auffallend, daß es den Blick fangen mußte, wenn man die erste Treppe hinaufstieg?
    Draußen hörte ich jetzt die schwere Artillerie schießen. Sonst war es fast ruhig; nur manchmal drang das Fressen der Flammen durch, und im Dunkeln stürzte irgendwo ein Giebel ein. Die Artillerie schoß ruhig und regelmäßig, und ich dachte: Gute Artillerie! Ich weiß, das ist gemein, aber ich dachte es. Mein Gott, wie beruhigend war die Artillerie, wie gemütlich: dunkel und rauh, ein sanftes, fast feines Orgeln. Irgendwie vornehm. Ich finde, die Artillerie hat etwas Vornehmes, auch wenn sie schießt. Es hört sich so anständig an,
    richtig nach Krieg in den Bilderbüchern … Dann dachte ich daran, wieviel Namen wohl auf dem Kriegerdenkmal stehen würden, wenn sie es wieder einweihten, mit einem noch größeren goldenen Eisernen Kreuz darauf und einem noch größeren steinernen Lorbeerkranz, und plötzlich wußte ich es: wenn ich wirklich in meiner alten Schule war, würde mein Name auch darauf stehen, eingehauen in Stein, und im Schulkalender würde hinter meinem Namen stehen – »zog von der Schule ins Feld und fiel für …«
    Aber ich wußte noch nicht, wofür und wußte noch nicht, ob ich in
    meiner alten Schule war. Ich wollte es jetzt unbedingt herauskriegen. Am Kriegerdenkmal war auch nichts Besonderes gewesen, nichts Auffallendes, es war wie überall, es war ein Konfektions- kriegerdenkmal, ja, sie bekamen sie aus irgendeiner Zentrale …
    Ich sah mir den Zeichensaal an, aber die Bilder hatten sie abgehängt, und was ist schon an ein paar Bänken zu sehen, die in einer Ecke gestapelt sind, und an den Fenstern, schmal und hoch, viele nebeneinander, damit viel Licht hereinfällt, wie es sich für einen Zeichensaal gehört? Mein Herz sagte mir nichts. Hätte es nicht etwas gesagt, wenn ich in dieser Bude gewesen wäre, wo ich acht Jahre lang Vasen gezeichnet und Schriftzeichen geübt hatte, schlanke, feine, wunderbar nachgemachte römische Glasvasen, die der Zeichenlehrer vorne auf einen Ständer setzte, und Schriften aller Art, Rundschrift, Antiqua. Römisch, Italienne. Ich hatte diese Stunden gehaßt wie nichts in der ganzen Schule, ich hatte die Langeweile gefressen stundenlang, und niemals hatte ich Vasen zeichnen können oder Schriftzeichen malen. Aber wo waren meine Flüche, wo war mein Haß angesichts dieser dumpfgetönten, langweiligen Wände? Nichts sprach in mir, und ich schüttelte stumm den Kopf.
    Immer wieder hatte ich radiert, den Bleistift gespitzt, radiert … nichts …
    Ich wußte nicht genau, wie ich verwundet war; ich wußte nur, daß
    ich meine Arme nicht bewegen konnte und das rechte Bein nicht, nur das linke ein bißchen; ich dachte, sie hätten mir die Arme an den Leib gewickelt, so fest, daß ich sie nicht bewegen konnte.
    Ich spuckte die zweite Zigarette in den Gang zwischen den Strohsäcken und versuchte, meine Arme zu bewegen, aber es tat so weh, daß ich schreien mußte; ich schrie weiter; es war immer wieder schön, zu schreien; ich hatte auch Wut, weil ich die Arme nicht
    bewegen konnte.
    Dann stand der Arzt vor mir; er hatte die Brille abgenommen und blinzelte mich an: er sagte nichts; hinter ihm stand der Feuerwehrmann, der mir das Wasser gegeben hatte. Er flüsterte dem Arzt etwas ins Ohr, und der Arzt setzte die Brille auf: deutlich sah ich seine großen grauen Augen mit den leise zitternden Pupillen hinter den dicken Brillengläsern. Er sah mich lange an, so lange, daß ich wegsehen mußte, und er sagte leise: »Augenblick, Sie sind gleich an der Reihe …«
    Dann hoben sie den auf, der neben mir lag, und trugen ihn hinter die Tafel; ich blickte ihnen nach: sie hatten die Tafel auseinandergezogen und quer gestellt und die Lücke zwischen Wand und Tafel mit einem Bettuch zugehängt; dahinter brannte grelles Licht …
    Nichts war zu hören, bis das Tuch wieder beiseite geschlagen und der, der neben mir gelegen hatte, hinausgetragen wurde; mit müden, gleichgültigen Gesichtern schleppten die Träger ihn zur Tür.
    Ich schloß wieder die Augen und dachte, du mußt doch heraus- kriegen, was du für eine Verwundung hast und ob du in deiner alten Schule bist.
    Mir kam das alles so kalt und gleichgültig vor, als hätten sie mich durch das Museum einer Totenstadt getragen, durch eine Welt, die mir ebenso gleichgültig wie fremd war, obwohl meine Augen sie erkannten, nur meine Augen; es konnte doch nicht wahr sein, daß ich vor drei Monaten noch hier gesessen, Vasen gezeichnet und Schriften gemalt hatte, daß ich in den Pausen hinuntergegangen war mit meinem Marmeladenbutterbrot, vorbei an Nietzsche, Hermes, Togo, Cäsar, Cicero, Marc Aurel, ganz langsam bis in den Flur unten, wo die Medea hing, dann zum Hausmeister, zu Birgeler, um Milch zu trinken, Milch in diesem dämmerigen kleinen Stübchen, wo man es auch riskieren konnte, eine Zigarette zu rauchen, obwohl es verboten war. Sicher trugen sie den, der neben mir gelegen hatte, unten hin, wo die Toten lagen, vielleicht lagen die Toten in Birgelers grauem kleinem Stübchen, wo es nach warmer Milch roch, nach Staub und Birgelers schlechtem Tabak …
    Endlich kamen die Träger wieder herein, und jetzt hoben sie mich auf und trugen mich hinter die Tafel. Ich schwebte wieder, jetzt an der Tür vorbei, und im Vorbeischweben sah ich, daß auch das stimmte: über der Tür hatte einmal ein Kreuz gehangen, als die Schule noch
    Thomas-Schule hieß, und damals hatten sie das Kreuz weggemacht, aber da blieb ein frischer dunkelgelber Fleck an der Wand, kreuzförmig, hart und klar, der fast noch deutlicher zu sehen war als das alte, schwache, kleine Kreuz selbst, das sie abgehängt hatten; sauber und schön blieb das Kreuzzeichen auf der verschossenen Tünche der Wand. Damals hatten sie aus Wut die ganze Wand neu gepinselt, aber es hatte nichts genützt; der Anstreicher hatte den Ton nicht richtig getroffen: das Kreuz blieb da, bräunlich und deutlich, aber die ganze Wand war rosa. Sie hatten geschimpft, aber es hatte nichts genützt: das Kreuz blieb da, braun und deutlich auf dem Rosa der Wand, und ich glaube, ihr Etat für Farbe war erschöpft und sie konnten nichts machen. Das Kreuz war noch da, und wenn man genau hinsah, konnte man sogar noch eine deutliche Schrägspur über dem rechten Balken sehen, wo jahrelang der Buchsbaumzweig gehangen hatte, den der Hausmeister Birgeler dorthinter klemmte, als es noch erlaubt war, Kreuze in die Schulen zu hängen …
    Das alles fiel mir in der kleinen Sekunde ein, als ich an der Tür vorbeigetragen wurde hinter die Tafel, wo das grelle Licht brannte.
    Ich lag auf dem Operationstisch und sah mich selbst ganz deutlich, aber sehr klein, zusammengeschrumpft, oben in dem klaren Glas der Glühbirne, winzig und weiß, ein schmales, mullfarbenes Paketchen wie ein außergewöhnlich subtiler Embryo: das war also ich da oben.
    Der Arzt drehte mir den Rücken zu und stand an einem Tisch, wo er in Instrumenten herumkramte; breit und alt stand der Feuerwehrmann vor der Tafel und lächelte mich an; er lächelte müde und traurig, und sein bärtiges, schmutziges Gesicht war wie das Gesicht eines Schlafenden; an seiner Schulter vorbei auf der schmierigen Rückseite der Tafel sah ich etwas, was mich zum ersten Male, seitdem ich in diesem Totenhaus war, mein Herz spüren machte: irgendwo in einer geheimen Kammer meines Herzens erschrak ich tief und schrecklich, und es fing heftig an zu schlagen: da war meine Handschrift an der Tafel. Oben in der obersten Zeile. Ich kenne meine Handschrift: es ist schlimmer, als wenn man sich im Spiegel sieht, viel deutlicher, und ich hatte keine Möglichkeit, die Identität meiner Handschrift zu bezweifeln. Alles andere war kein Beweis gewesen, weder Medea noch Nietzsche, nicht das dinarische Bergfilmprofil noch die Banane aus Togo, und nicht einmal das Kreuzzeichen über der Tür: das alles war in allen Schulen dasselbe, aber ich glaube nicht, daß sie in
    anderen Schulen mit meiner Handschrift an die Tafeln schreiben. Da stand er noch, der Spruch, den wir damals hatten schreiben müssen, in diesem verzweifelten Leben, das erst drei Monate zurücklag: Wanderer, kommst du nach Spa …
    Oh, ich weiß, die Tafel war zu kurz gewesen, und der Zeichenlehrer hatte geschimpft, daß ich nicht richtig eingeteilt hatte, die Schrift zu groß gewählt, und er selbst hatte es kopfschüttelnd in der gleichen Größe darunter geschrieben: Wanderer, kommst du nach Spa …
    Siebenmal stand es da: in meiner Schrift, in Antiqua, Fraktur,
    Kursiv, Römisch, Italienne und Rundschrift; siebenmal deutlich und unerbittlich: Wanderer, kommst du nach Spa …
    Der Feuerwehrmann war jetzt auf einen leisen Ruf des Arztes hin beiseite getreten, so sah ich den ganzen Spruch, der nur ein bißchen verstümmelt war, weil ich die Schrift zu groß gewählt hatte, der Punkte zu viele.
    Ich zuckte hoch, als ich einen Stich in den linken Oberschenkel
    spürte, ich wollte mich aufstützen, aber ich konnte es nicht: ich blickte an mir herab, und nun sah ich es: sie hatten mich ausgewickelt, und ich hatte keine Arme mehr, auch kein rechtes Bein mehr, und ich fiel ganz plötzlich nach hinten, weil ich mich nicht aufstützen konnte; ich schrie; der Arzt und der Feuerwehrmann blickten mich entsetzt an, aber der Arzt zuckte nur die Schultern und drückte weiter auf den Kolben seiner Spritze, der langsam und ruhig nach unten sank; ich wollte wieder auf die Tafel blicken, aber der Feuerwehrmann stand nun ganz nah neben mir und verdeckte sie; er hielt mich an den Schultern fest, und ich roch nur noch den brandigen, schmutzigen Geruch seiner verschmierten Uniform, sah nur sein müdes, trauriges Gesicht, und nun erkannte ich ihn: es war Birgeler.

    »Milch«, sagte ich leise …

    #Allemagne #guerre #jeunesse #école #mort

  • The Making of the Teenager
    https://jacobin.com/2026/03/the-making-of-the-teenager

    On comprend mieux “Targets” après cet article
    https://en.wikipedia.org/wiki/Targets

    18.3.2026 by Lauren Fadiman - The teenager we know today came of age in the postwar era — but she owes her existence to the New Deal.

    In December 11, 1944, Nina Leen invented the teenage girl. While whispers of her had been circulating for more than a decade — in advertisements for three-cent “beauty care” books and $3 budget shoes — it was not until Leen’s Life magazine photo essay “Teen-Age Girls: They Live in a Wonderful World of Their Own” that this new creature assumed her prototypical form.

    The photos themselves were of a group of average fifteen-to-seventeen-year-old girls living in a St Louis, Missouri, suburb. But through Leen’s iconic work, each of them became the embodiment of a new American demographic, archetype, and cultural figure. At school, she could be identified by her Shetland sweater, wool skirt, bobby socks, and loafers, eyeglasses painted red with nail polish — and was that a boy’s ring on a chain around her neck? After hours, she donned men’s slacks or jeans and a shirt borrowed from her father or brother. Her weeks were routine affairs characterized by school and homework, babysitting gigs at 25 cents an hour, Friday night sleepovers, and Saturday night double dates that gave way to Sunday church service. Some even found time for high school sororities, replete with their own secret ceremonies. “There is a time in the life of every American girl when the most important thing in the world is to be one of a crowd of other girls and to act and speak and dress exactly as they do,” declared Leen between photographs of slumber parties and candlelit cult-like activity. “This is the teen age.”

    Six months later, Leen profiled a group of boys in Des Moines, Iowa, for a follow-up piece entitled “Teen-Age Boys: Faced With War, They Are Just the Same as They Have Always Been.” Despite the imminent threat that these young men might be drafted to fight on the Pacific Front, Leen captures them “behaving exactly as they have always behaved, devoting themselves to all the vastly important details connected with the complete enjoyment of playing, eating and sleeping.” One Richie Burns is depicted eating his way through an average day: orange juice, cereal, milk, eggs, toast, jam, sandwiches, pie, ice cream, soda, sandwiches again, soup, chops, potatoes, string beans, ice cream again, apples, and a candy bar to top it off. “When Richard finally got through and went to sleep at 10:30 he had consumed more than 3,000 calories,” Leen reports. “He slept dreamlessly until 7 o’clock next morning, when he woke up feeling hungry.”

    #USA #culture #jeunesse #new_deal histoire #teenagers #vide #néant #nausée

  • « C’est dramatique » : diabète de type 2, infarctus… Les jeunes ont...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12517149

    « C’est dramatique » : diabète de type 2, infarctus… Les jeunes ont de plus en plus « des maladies de vieux » - Le Parisien

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    #jeunesse #société #santépublique #hygiènedevie #alimentation #maladie #diabète #diabètedetype2

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  • Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration i... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ziguinchor-face-aux-defis-du-chomage-et-de-limmigration-irreguliere-des-jeu

    Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration irrégulière, des jeunes incitent leurs pairs à l’entrepreneuriat
    Auteur : Max Euclide KANFANY
    Dans une Casamance où le chômage des jeunes et l’émigration irrégulière fragilisent l’avenir, une initiative locale démontre qu’il est possible de transformer les défis en opportunités. À Ziguinchor, l’incubateur Jógjëf, a porté pendant trois années l’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) ». Le programme a permis à des dizaines de jeunes de rester, d’entreprendre et de bâtir leur avenir sur place.
    Ces jeunes porteurs de ce projet ont accompagné plus de 50 entrepreneurs dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. À travers ses quatre volets – sensibilisation, idéation, incubation et financement – ledit projet a permis à de jeunes porteurs de projets de transformer leurs idées en entreprises viables, selon Babacar Signaté, responsable de l’incubateur Jógjëf. Après des années de déroulement, les résultats sont significatifs, a renseigné le jeune responsable de l’incubateur : 30 projets incubés ont reçu une subvention ; 30 projets issus de l’idéation ont également bénéficié d’un financement. Au total, près de 100 millions de francs CFA ont été distribués en subventions, permettant à des jeunes entrepreneurs de lancer leurs activités et de créer de l’emploi local.
    Plus de 80 % des entreprises accompagnées sont encore actives aujourd’hui, preuve de la pertinence du dispositif. Au-delà des chiffres, ces jeunes, à travers ce projet, ont mis en lumière la nécessité de renforcer l’accompagnement et ont lancé un appel vibrant aux autorités à ce sujet. Si l’Université numérique a joué un rôle déterminant en hébergeant l’incubateur pendant six années, et si des partenaires techniques et financiers comme l’Agence française de développement (AFD) entre autres ont apporté un appui considérable, le financement global du projet n’a couvert que 60 % des besoins. Les 40 % restants n’ont pas été obtenus, limitant l’ampleur des actions prévues, a confié Babacar Signaté. Ce constat souligne l’importance d’un engagement plus fort des autorités locales et nationales. Pour amplifier l’impact et offrir à davantage de jeunes la possibilité de s’insérer par l’entrepreneuriat, un accompagnement accru en ressources et en politiques publiques est indispensable. L’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) », a démontré qu’avec un accompagnement adapté, les jeunes peuvent bâtir leur avenir sur place.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#ziguinchor#developpement#entrepreunariat#economie#jeunesse

  • Le gouvernement indien confronté à la révolte des « cafards »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/22/le-gouvernement-indien-confronte-a-la-revolte-des-cafards_6692343_3210.html

    Prenant au mot le chef de la justice indien qui, le 15 mai, avait traité les jeunes de « parasites de la société », un étudiant a créé le « Parti populaire des cafards ». En quelques jours, il a obtenu 19 millions d’abonnés sur Instagram. Bien plus que celui du gouvernement, qui a tout tenté, en vain, pour stopper le mouvement.


    Site Web du parti Cockroach Janta, à Dharamsala (Inde), le 21 mai 2026. ASHWINI BHATIA/AP

    En quelques heures, le « Cockroach Janta Party » est devenu un phénomène de masse en Inde. Lancé sur Instagram par Abhijeet Dipke, 30 ans, étudiant en communication à l’université de Boston, le « Parti populaire des cafards » entendait parodier le juge en chef de la Cour suprême, Surya Kant. Lors d’une audience, le 15 mai, le plus haut magistrat du pays avait décrit les #jeunes_chômeurs comme des « cafards », « des parasites de la société qui s’attaquent au système ». « Certains se tournent vers les médias, d’autres vers les réseaux sociaux, d’autres encore deviennent des militants pour le droit à l’information, d’autres enfin se lancent dans d’autres formes de militantisme et s’en prennent à tout le monde », avait-il déclaré.

    https://justpaste.it/huly9

    en écho à https://seenthis.net/messages/1173798

    en Inde comme au Maghreb, promesse en faillite.

    #université #diplome #diplômés #chômage #chômeurs #chômeurs_diplômés

  • Stéréotypes pour enfants
    https://laviedesidees.fr/Stereotypes-pour-enfants

    Les livres et magazines pour la #jeunesse sont bourrés de clichés qui, au sein du récit, favorisent les garçons au détriment des filles. Au-delà du cas français, il faut réfléchir au coût social d’un tel déséquilibre.

    #Société #enfance #littérature #livre
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260518_genderliterature.pdf

  • Mort au #travail : pourquoi cette hécatombe chez les #jeunes de moins de 25 ans
    https://www.humanite.fr/politique/morts-au-travail/mort-au-travail-pourquoi-cette-hecatombe-chez-les-jeunes-de-moins-de-25-ans

    Plus de 100 000 #travailleurs de moins de 25 ans sont #accidentés tous les ans en #France et au moins 423 ont trouvé la #mort depuis 2020. À l’occasion de la Journée mondiale de la #santé et de la #sécurité au travail, ce 28 avril, retour sur les raisons d’une tragédie.

  • Raphaël Arnault : « Ils se fichent de la violence politique, leur but, c’est d’éteindre la gauche » | Blast le souffle de l’info, site d’information français d’actualités et d’investigations indépendant
    https://www.blast-info.fr/emissions/2026/raphael-arnault-ils-se-fichent-de-la-violence-politique-leur-but-cest-det

    Après plusieurs semaines de silence, le député et co-fondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault prend la parole. Pendant plus d’une heure, à travers les questions de Soumaya Benaissa, il se livre en exclusivité à Blast. Ce qu’il s’est passé à Lyon, bien sûr, cette rixe qui a mené à la mort du militant néofasciste Quentin Deranque. Et puis l’instrumentalisation qui s’en est suivie, dans les espaces médiatiques et politiques, où exécutif et extrême droite ont avancé conjointement. Une offensive menée contre la gauche, contre l’antifascisme, dans une inversion de réalité poussée au paroxysme. Saturation avec de nombreux non-dits  : l’histoire de la montée du fascisme, la violence politique, l’inaction des pouvoirs publics.

  • Bundesregierung will „begleitetes Trinken“ mit 14 abschaffen : Was Karin Priens Vorstoß beinhaltet – und was er konkret bedeutet
    https://www.tagesspiegel.de/politik/bundesregierung-will-begleitetes-trinken-mit-14-abschaffen-was-karin-pr

    Les hypocrites du gouvernement allemand introduisent encore une modification de loi qui ne change rien au problème qu’elle prétend résoudre. L’interdiction complète de l’alcool pour les jeunes ne contribue pas à l’amélioration de la situation des familles et ne résout pas le problème de la pauvreté enfantine.

    L"abolition parallèle d’aides individuelles pour les enfants et jeunes en difficultés contredit les bonnes intentions de la ministre chrétien-démocrate. On a besoin d’argent pour préparer la guerre alors on économise chez les jeunes et vote de lois qui ne coûtent rien. So it goes .

    30.3.2026 von Dennis Pohl - Aktuell dürfen Minderjährige schon ab 14 Jahren Bier und Wein trinken – wenn etwa die Eltern dabei sind. Familienministerin Prien will das ändern, um Jugendliche fortan besser zu schützen. Die wichtigsten Eckpunkte.

    Bundesfamilienministerin Karin Prien will laut Medienberichten das sogenannte begleitete Trinken für Jugendliche ab 14 Jahren abschaffen. Das geht aus einem Referentenentwurf ihres Ministeriums zur Änderung des Jugendschutzgesetzes hervor, über den „Politico“ zuerst berichtete.

    Jugendliche sollen demnach nicht mehr bereits mit 14 oder 15 Jahren in Anwesenheit einer sorgeberechtigten Person Alkohol erwerben und verzehren dürfen.

    Priens Ministerium begründet den Vorstoß mit einem „zunehmenden Problem der Suchtabhängigkeit“. Mit der Gesetzesänderung wolle man Kinder und Jugendliche besser vor „Alltagssüchten“ schützen.

    Aber ist das realistisch? Und was ist konkret geplant? Die wichtigsten Fragen und Antworten.

    Wie ist die aktuelle Gesetzeslage?

    Jugendliche dürfen regulär ab dem Alter von 16 Jahren Bier, Wein und Sekt kaufen und trinken. Allerdings gibt es eine Ausnahmeregel, die bereits 14- und 15-Jährigen erlaubt, alkoholische Getränke zu konsumieren – solange dabei eine sorgeberechtigte Person anwesend ist.

    Über diese Regelung wird jedoch bereits seit Jahren debattiert. Zuletzt hatte der Bundesrat im September die Bundesregierung dazu aufgefordert, die Regelung zu streichen. Sie stehe „im klaren Widerspruch zum Ziel eines konsequenten Jugendschutzes“, hieß es in einer Entschließung.

    Damit folgte der Bundesrat einem Antrag aus Bayern, der auf die Suchtprävention und mögliche Entwicklungsstörungen in der Pubertät verwies. Ein früher Erstkonsum sei mit späteren „riskanten Konsummustern“ von Alkohol und anderen Substanzen verbunden.

    Wenige Monate zuvor hatte sich auch die Gesundheitsministerkonferenz der Länder für ein Verbot des begleiteten Trinkens ausgesprochen.

    Was plant das Familienministerium?

    Diese Debatte könnte nun Konsequenzen haben. Denn Familienministerin Prien will das begleitete Trinken für Jugendliche ab 14 Jahren jetzt offenbar abschaffen. Im Raum steht eine Verabschiedung des entsprechenden Gesetzes durch den Bundestag bis Ende des Jahres.

    Damit folge man „dem Ansatz, das zunehmende Problem der Suchtabhängigkeit ernst zu nehmen“, heißt es in dem Referentenentwurf. Die Folgen könnten dem Ministerium zufolge „von Gesundheitsgefährdung bis Gewaltbereitschaft und Verwahrlosung“ reichen. Nötig seien daher Präventionsmaßnahmen, um Kinder und Jugendliche vor „Alltagssüchten“ zu schützen.

    Die Änderung des Jugendschutzgesetzes ist Teil eines größeren Gesetzentwurfs zur Reform der Kinder- und Jugendhilfe. Dabei will Prien laut Medienberichten verstärkt auf pauschale Angebote und weniger auf individuelle Hilfen setzen. So soll der Rechtsanspruch auf Begleitung in Kindertageseinrichtungen oder Schulen durch ein neues Angebot der Bildungsassistenz erfüllt werden – das betrifft vorwiegend Kinder mit Behinderungen oder einem erheblichen Erziehungsbedarf.

    15,1 Jahre betrug das Durchschnittsalter beim ersten Konsum von Alkohol in Deutschland zuletzt .

    Geplant ist außerdem, Leistungen unter einem Dach zu bündeln, um Zuständigkeitskonflikte zu vermeiden. Mittelfristig seien damit Einsparungen in Milliardenhöhe möglich. Das Ministerium rechnet in seinem Gesetzentwurf für 2028 mit Einsparungen von zunächst mehr als 200 Millionen Euro.

    Was groß ist das Problem?

    Laut einer Studie der Bundeszentrale für gesundheitliche Aufklärung (BZgA) aus dem Jahr 2023 ist Alkoholkonsum unter Kindern und Jugendlichen tatsächlich weit verbreitet – auch wenn es einige positive Entwicklungen gibt.

    So tranken die 12- bis 25-Jährigen im Schnitt mit 15,1 Jahren das erste Glas Alkohol. Das ist ein Jahr später als noch 2004. Den ersten Rausch erlebten die Zwölf- bis 25-Jährigen durchschnittlich mit 16,2 Jahren – 2004 war es noch im Alter von 15,5.

    In derselben Studie gaben 65,1 Prozent der männlichen und 60,8 Prozent der weiblichen Befragten unter 17 Jahren an, schon einmal Alkohol getrunken zu haben. 12,4 Prozent der Jungen und 6,9 Prozent der Mädchen tranken nach eigenem Bekunden mindestens einmal pro Woche Alkohol.

    Es war nie nachvollziehbar, warum diese Ausnahme überhaupt existiert. Präventionsexperte Janis Schneider über das „begleitete Trinken“

    Gleichzeitig ist das „Rauschtrinken“ bei jungen Menschen zwischen zwölf und 17 Jahren nach der Corona-Pandemie wieder deutlich gestiegen. 17,1 Prozent der männlichen Befragten gaben an, innerhalb des vergangenen Monats mindestens einmal fünf Gläser Alkohol oder mehr getrunken zu haben, bei den Mädchen waren es 10,4 Prozent.

    Bei der Vorstellung der Studie forderte Burkhard Blienert, damals Beauftragter der Bundesregierung für Sucht- und Drogenfragen, „endlich Schluss zu machen“ mit dem begleiteten Trinken ab 14: „Alkohol wird nicht gesünder, weil die Eltern daneben sitzen“, sagte Blienert.

    Kann ein Verbot wirklich helfen?

    Zumindest halten Experten ein Ende des begleiteten Trinkens für sinnvoll. Janis Schneider, Referent bei der Fachstelle für Suchtprävention in Berlin und Experte für Alkohol- und Cannabisprävention, hält die Abschaffung etwa für „längst überfällig“, wie er sagt.

    „Gesetzliche Rahmenbedingungen senden klare Signale, an denen sich Eltern, Jugendliche und auch die Gastronomie orientieren können“, sagt Schneider. „Es war nie nachvollziehbar, warum diese Ausnahme überhaupt existiert.“

    Für ihn liegt das unter anderem am Stellenwert, den Alkohol in Deutschland hat. „Deutschland ist im internationalen Vergleich ein Hochkonsumland für Alkohol. Alkohol gilt hier als Kulturdroge, begleitet von starken Interessensvertretungen wie dem Brauerbund oder der Weinwirtschaft“, sagt Schneider. „Entsprechend verbreitet ist der Konsum, während die gesetzlichen Regelungen – insbesondere für Heranwachsende – vergleichsweise locker sind.“

    Dabei sei bekannt, dass ein früher Einstieg ein hohes Risiko darstellt, da Alkohol als Nervengift insbesondere in der Phase der Persönlichkeits- und Gehirnentwicklung schädlich wirkt. „Einen risikofreien Alkoholkonsum gibt es nicht“, betont Schneider.

    Deshalb hält der Experte ein bloßes Verbot nicht für ausreichend, sondern fordert weitere Maßnahmen, etwa Einschränkungen bei der Werbung für Alkohol und der starken Präsenz von Alkohol im öffentlichen Raum.

    Erfahrungen aus der Tabakregulierung zeigen Schneider zufolge, dass solche Maßnahmen das Konsumverhalten beeinflussen können.

    Entscheidend sei aber ein Zusammenspiel von Regulierung und Prävention. Dafür braucht es aus Schneiders Sicht dringend einen Ausbau der Sucht- und Präventionsarbeit, einschließlich ausreichender finanzieller und personeller Ressourcen.

    „Das Wissen darüber, was wirkt, ist vorhanden – es fehlt aber oft an den Ressourcen für die Umsetzung“, sagt Schneider. „Kürzungen im Sozial- und Gesundheitsbereich verschärfen dieses Problem, statt es zu lösen.“

    #Allemagne #jeunesse #alcool #politique

  • En Italie, l’émergence du « maranza », figure péjorative de la seconde génération de l’immigration arabe
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/26/en-italie-l-emergence-du-maranza-figure-pejorative-de-la-seconde-generation-

    En Italie, l’émergence du « maranza », figure péjorative de la seconde génération de l’immigration arabe
    Par Allan Kaval (Rome, correspondant)
    Les murs de Corvetto parlent. Sur les façades orange rapiécées au ciment gris de ce quartier périphérique de Milan, des graffitis parlent d’antifascisme en lettres majuscules, de Palestine et de justice. Mais surtout ils crient le nom d’un mort, « Ramy », souvent accompagné de cœurs aux contours tracés par le mouvement irrégulier de bombes de peinture rouge ou rose. Au même moment, les Jeux olympiques d’hiver évoquent une réalité parallèle : les débats sur la sécurité entourant le rassemblement ont été l’occasion d’une nouvelle vague de stigmatisation des quartiers périphériques.
    A plus d’un an de distance, la blessure reste vive. Elle s’est même infectée depuis le 24 novembre 2024 et la mort de Ramy Elgaml, 19 ans, d’origine égyptienne, à la suite d’une course-poursuite avec les carabiniers qui s’est terminée lorsque le véhicule des forces de l’ordre a percuté le scooter sur lequel il se trouvait. L’ami qui conduisait le deux-roues avait ignoré des agents lui ordonnant plus tôt de s’arrêter. Ramy Elgaml est mort sur le coup.
    Sa compagne, Nada Samih, née en 2005 comme lui, longe les rues de son ancienne vie, un quartier où les communautés marocaine et égyptienne sont très présentes. Elle désigne l’entrée d’une résidence où les hommages écrits en l’honneur du défunt sont plus nombreux qu’ailleurs. « C’est ici qu’habite Ramy », dit sa fiancée. Elle parle toujours de lui au présent. « Dans nos quartiers, on perçoit les policiers comme agressifs, voulant occuper l’espace et montrer leur force. Beaucoup de gens, pas seulement des dealeurs du coin, se sentent visés juste parce qu’ils habitent ici », dénonce la jeune femme, née en Italie de parents marocains, élevée par sa mère, puis en foyer.
    Musulman, Arabe, ayant des antécédents judiciaires, habitant d’une banlieue pauvre où sévit une petite délinquance, plus visible que la gangrène mafieuse travaillant une partie de l’économie italienne, Ramy Elgaml représentait l’archétype dont une partie des responsables politiques et des médias a fait un nouveau démon des grandes villes. Toujours prêt à sortir de l’ombre pour commettre des agressions, descendant des périphéries sur les centres-villes.
    On l’appelle le « maranza », utilisant un vieux mot de dialecte repris récemment de manière positive dans le milieu du rap, mais désormais chargé de connotations racistes. Certains titres de presse ont fait son portrait-robot, décrivant ses chaussures de sport, son sac en bandoulière, son italien créatif et son langage corporel jugé envahissant. On l’assimile parfois à l’islamisme, on accuse la gauche de le couvrir, voire de le courtiser.
    Nada Samih a été à peine surprise quand elle a appris les révélations publiées le 15 février par le quotidien Domani sur les échanges entre les militaires impliqués dans la poursuite fatale. De rares expressions d’empathie d’un agent y sont éclipsées par des messages racistes, des références au fascisme et l’expression de puissants désirs de violence contre les personnes. L’enquête a montré qu’ils avaient aussi intimidé les témoins et livré eux-mêmes de faux témoignages. Quelques jours avant la parution de l’article, à la veille des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, des membres du gouvernement avaient par ailleurs apporté leur soutien à un agent de police ayant abattu un dealeur marocain dans un terrain vague voisin de Corvetto. Il s’est avéré, lundi 23 février, que le policier l’avait tué sans être en situation de légitime défense avant de maquiller la scène du crime. Il s’agissait de l’ultime manifestation de l’ordre violent que le fonctionnaire, désormais arrêté et désavoué, faisait régner sur ce point de deal, entre attaques au marteau et racket.
    « Au-delà de la petite criminalité, l’imaginaire du maranza raconte un pays qui se découvre multiculturel, ce qui fait peur à certains, au moment où les jeunes d’origine arabe sont toujours plus visibles dans le monde de la création, notamment à travers le succès des nouveaux rappeurs », analyse Gabriel Seroussi, journaliste spécialiste de ce genre musical en pleine transformation dans les périphéries du Nord italien. Il a signé l’essai La periferia vi guarda con odio. Come nasce la fobia dei maranza (« la périphérie vous regarde avec haine. Comment naît la phobie des maranza », Agenzia X, 2025, non traduit). « Il y a eu le terrone, l’immigré du sud de l’Italie. Maintenant, il y a le maranza. C’est une nouvelle panique morale. »
    Le terme est omniprésent dans des titres de presse locaux du nord du pays. Il apparaît aussi parmi des Méridionaux qui ont trouvé une figure située plus au sud qu’eux. Un restaurateur connu de Palerme a affiché un écriteau « anti-maranza » représentant un portrait-robot de ce nouvel ennemi social dans un cercle rouge barré.L’inflation de l’usage du terme, qui a explosé durant les JO, correspond à une offensive politique et médiatique sécuritaire dans l’Italie de la présidente du conseil de droite radicale, Giorgia Meloni. Le pic fut d’ailleurs atteint lors des Jeux olympiques d’hiver. Si les Jeux de Paris avaient fait naître, à travers des athlètes dont l’Italie est si fière, et jusqu’au centre droit, un récit positif sur des jeunes représentants des communautés italiennes issues du sud du monde, l’édition hivernale suivante a montré qu’il relevait du passé.
    « L’insécurité est une affaire de perception. Le facteur-clé n’est pas tant qu’elle augmente, mais qu’elle est attribuable à certains profils de deuxième génération liés à une immigration musulmane relativement récente », explique Lorenzo Castellani, politiste à l’université Luiss, de sensibilité de droite et spécialiste de cette famille politique. Des projets miliciens tâtonnants « anti-maranza » ont vu le jour. Certains ont été tués dans l’œuf par les autorités.
    Dans la capitale économique du pays, où des voix toujours plus nombreuses dénoncent l’émergence d’une ville pour riches, les tensions sociales montent et les périphéries montrent des signes de politisation. « Le mouvement de solidarité avec la Palestine a catalysé des initiatives venues de la gauche avec la colère d’une nouvelle génération d’origine arabe qui était déjà en germe après la mort de Ramy. La conscience politique progresse », affirme Imane Ariman Scriba, 29 ans, Italo-Marocaine, fondatrice du magazine MUN, productrice de musique et militante antidiscrimination. Un constat partagé, avec moins d’enthousiasme, par une source policière milanaise haut placée.
    A deux pas d’une grande fresque peinte en hommage à Ramy Elgaml, au centre de Corvetto, se trouve le siège de l’organisation humanitaire chrétienne Sant’Egidio. « Nous assistons à l’enracinement d’un stigmate », juge Stefano Pasta, qui dirige l’antenne locale, décorée de photos souvenirs pleines de sourires, prises lors de sorties estivales à la piscine – les plages sont loin –, et de sincères et simples dessins sur le thème de la paix et de la coexistence tranquille des plus faibles.« La délinquance existe, les couteaux sont devenus courants. Mais elle a toujours existé. Les dealeurs de notre quartier sont d’ailleurs la petite main-d’œuvre d’un système criminel bien plus vaste et opaque. La pauvreté, économique et culturelle, en revanche, monte. C’est de là que provient la haine », juge cet humanitaire qui prépare un repas de rupture de jeûne du Ramadan ouvert à tous, musulmans ou non, pour les habitants de Corvetto.
    « Dans un quartier où la drogue est partout, les jeunes sont pris au piège. Ils tombent dans la violence et l’illégalité. Rares sont ceux qui s’en sortent malgré leur potentiel, regrette Moncef Housni, 19 ans, étudiant et habitant de Corvetto. La violence augmente et l’utilisation du mot “maranza” par les médias et les politiques risque de bloquer les jeunes dans cette identité. » Le Parlement italien doit examiner un nouveau décret sécuritaire du gouvernement qui comporte des mesures contre la petite délinquance dites « anti-maranza ».
    Même ceux à qui tout a réussi n’échappent pas à ce climat. Le célèbre rappeur Ghali, parfaitement mainstream, Milanais d’origine tunisienne, en a été la victime. Invité à participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina le 6 février, il devait chanter un poème pacifiste en plusieurs langues. On lui a interdit d’utiliser l’arabe. A la télévision publique, la RAI, le commentateur Paolo Petrecca, directeur de la chaîne sportive du groupe, qui a par ailleurs multiplié les bévues en présentant le spectacle, n’a pas non plus jugé bon de le nommer lorsqu’il est apparu sur scène. Il a quitté ses fonctions après la polémique. Le soir même, sur les réseaux, l’artiste, privé de nom devant son pays tout entier, avait dévoilé son nouveau titre Basta (« assez »). Il y chante ce vers en mélangeant deux langues autorisées : « Free tutti i maranza ».

    #Covid-19#migrant#migration#italie#immigration#secondegeneration#maranza#islam#jeunesse

  • [unseen] Un an dans un établissement pénitentiaire pour mineurs raconté en images : « Au mitard, tu es là, tu restes là. Faut juste parler au mur, il n’y a que ça à faire »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/22/en-images-un-an-dans-le-huis-clos-d-un-etablissement-penitentiaire-pour-mine

    REPORTAGE PHOTO Le photographe Alexandre Bagdassarian a réalisé un travail journalistique rare dans l’un des six centres de détention pour mineurs en France.
    Ouverts entre 2006 et 2008, les établissements pénitentiaires pour mineurs accueillent des jeunes âgés de 13 à 18 ans. Leur création avait été justifiée à l’époque par la volonté d’investir davantage dans l’éducation et la réinsertion : budget considérable, bâtiments modernes, salles de classe, activités en tous genres. Presque vingt ans plus tard, j’ai voulu comprendre ce que ça signifie d’être un jeune confronté à la prison. Non pas depuis la perspective des textes de loi ou des discours institutionnels, mais en observant les trajectoires, les voix, les corps de celles et ceux qui vivent cette réalité.

    A raison de deux jours par semaine, fixés par la protection judiciaire de la jeunesse et l’administration pénitentiaire, j’ai tenté de créer un espace de co-création avec les jeunes qui habitent ces lieux. Nous évoluons dans la #prison, sur les murs des graffitis réalisés lors d’ateliers, quelques citations d’auteurs et d’autrices bombées au pochoir, des cartes du monde épinglées ici et là. Dans les cellules, la relation et l’atmosphère peuvent changer du tout au tout. Certains écrivent, d’autres dessinent, certains parlent, d’autres sont mutiques. Sur les murs sont écrites leurs histoires, plus ou moins mythifiées, et parfois des phrases simples, qui semblent résumer des années de galère : « A 22 heures, j’ai rendez-vous avec la mort. »

    Titre précédent :
    En images, un an dans le huis clos d’un établissement pénitentiaire pour mineurs : « Je sens que ça me rend bête d’être ici »
    https://archive.ph/YGkgy

    #unseen #photo #jeunes_détenus #détenus #mineurs #justice #archipel_carcéral #EPM #mitard #suicide

  • Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-de-la-grande-matinale/le-debat-du-7-10-du-mardi-25-novembre-2025-4515351

    Publié le mardi 25 novembre 2025 à 09:07
    Provenant du podcast
    Le débat de la Grande Matinale

    Avec : Anne Cordier, professeure des universités en sciences de l’information et de la communication, spécialiste des usages numériques des jeunes. Co-auteure de « Faut-interdire les réseaux sociaux aux jeunes » (Robert Laffont) Laure Miller, députée Ensemble pour la République (EPR) de la Marne

    On peut dire que le débat a été chaud...

    #Anne_Cordier #Laure_Miller #Jeunes #Médias_sociaux

  • Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    https://www.dakaractu.com/Synergie-entre-Diaspora-et-jeunesse-La-diaspora-represente-un-levier-esse

    Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    Lors du symposium organisé hier à Thiès par Onits et son partenaire Pits, le PCA de la Sapco, par ailleurs initiateur principal de cette rencontre d’échanges et de partage, Doudou Gnagna Diop, a tenu à mettre en lumière le rôle et la place de la diaspora dans la transformation économique et touristique du pays.
    « Le Sénégal entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale. À l’horizon 2050, notre ambition est claire : construire un modèle de développement inclusif, résilient et durable, capable de générer des opportunités pour notre jeunesse et de valoriser pleinement notre capital naturel, culturel et humain. Dans cette transformation, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Elle constitue une force économique, intellectuelle et stratégique majeure, avec des transferts financiers estimés à plus de 10% du PIB national, mais surtout avec un capital d’expertise, d’innovation et de réseaux internationaux. La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Parmi les secteurs à fort potentiel, le tourisme durable apparaît comme un pilier stratégique capable de créer des emplois massifs, de stimuler l’investissement et de renforcer le rayonnement international du Sénégal ».
    « La diaspora sénégalaise représente un acteur clé de transformation économique et touristique. Son rôle dépasse largement les transferts financiers traditionnels. C’est un investisseur naturel et crédible. Une forte capacité d’épargne et d’investissement. Une connaissance des marchés internationaux, une capacité à mobiliser des réseaux économiques globaux. Elle peut jouer un rôle majeur dans la création d’infrastructures touristiques durables, le développement d’écologie et complexes éco-touristiques, l’investissement dans les startups touristiques et numériques, le financement participatif etc... C’est aussi un ambassadeur international du tourisme sénégalais. C’est une valeur de transfert de compétences.
    Alors, la diaspora peut contribuer activement à la formation professionnelle des jeunes : le mentorat-entreprenariat, le transfert de technologie touristique innovante, le développement de standards internationaux de qualité ». « Le numérique permet aux jeunes de créer des plateformes de réservation locale, développer des solutions touristiques innovantes, promouvoir la destination sénégalaise à l’international et valoriser le patrimoine culturel via les technologies. Alors, il va falloir former une masse critique de jeunes dans le tourisme durable et créer un écosystème d’insertion professionnelle[...]. À l’horizon 2050, la transformation du Sénégal sera collective, elle sera portée par ses territoires, elle sera incarnée par sa jeunesse, elle sera amplifiée par sa diaspora... »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#jeunesse#developpement#formation#sante

  • Carte de séjour, des banlieues lyonnaises aux scènes internationales (1980-1990)
    https://metropolitiques.eu/Carte-de-sejour-des-banlieues-lyonnaises-aux-scenes-internationales-

    L’histoire de Carte de séjour, groupe de rock emblématique des années 1980, raconte une aventure politique, culturelle et sensible des banlieues populaires. Philippe Hanus nous invite à sortir de la « géographie morale » qui stigmatise les grands ensembles en mettant en lumière la trajectoire incarnée et vivifiante de « l’arab rock ». Je les ai vus dans leurs répétitions tout au début. Si tu veux, ça nous a fait plaisir que des mecs qui étaient considérés comme des « rouilleurs » se sont #Essais

    / #musique, #Lyon, #banlieue, #Rillieux-la-Pape, #racisme, #discrimination, #émancipation, #arab_rock

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-hanus.pdf

  • Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : le gouvernement veut surveiller la jeunesse
    https://www.revolutionpermanente.fr/Reseaux-sociaux-interdits-aux-moins-de-15-ans-le-gouvernement-v

    Si le cœur du discours gouvernemental repose sur une prétendue protection de l’enfance, cette posture se heurte à une énorme contradiction qui est celle de prétendre protéger les mineurs jusqu’à 15 ans, tout en organisant leur embrigadement militaire et sécuritaire dès l’école primaire.

    Parce que oui : dans le cas de l’adoption de la loi, c’est à peine sortis de l’interdiction des réseaux sociaux que ces mêmes jeunes pourront être enrôlés dans le nouveau service militaire, stages dans les armées pour les élèves de seconde et cérémonies militaires annuelles à l’école inclus.

    Et cette préparation idéologique en réalité commence bien plus tôt, puisque c’est dés le CM2 que l’Éducation nationale normalise une propagande guerrière à destination des enfants. À 10 ans, on serait donc assez mûr pour apprendre à « défendre la Nation », mais pas pour utiliser un réseau social.

    Cette logique va jusqu’à l’acceptation assumée de la mort des jeunes à la guerre puisque comme l’a déclaré le général Mandon, il faudrait dans le même temps « accepter de perdre nos enfants », mais les protéger des réseaux sociaux.

    Ce double discours se retrouve dans le parcours de figures macronistes comme Gabriel Attal, qui a fait de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans un de ses combats, tout en défendant dans le même temps la possibilité de comparutions immédiates à partir de 15 ans : à 15 ans, on serait à peine prêt pour TikTok, mais bien assez pour la prison, ou encore pour être tué par la police dans les quartiers populaires.

    #réseaux #internet #jeunesse #surveillance

  • La bande dessinée « Dans la tête de Juliette » | CLEMI
    https://www.clemi.fr/familles/publications/la-bande-dessinee-dans-la-tete-de-juliette/presentation-de-la-bande-dessinee-dans-la-tete-de-juliette/la-bande-dessinee-dans-la-tete-de-juliette

    Dans la tête de Juliette
    87 % des enfants de 12 ans ont un smartphone mais le vrai pic d’équipement s’effectue vers 10 ans (on passe de 8 % à 33 % entre 9 et 10 ans ; Étude Born Social, 2020). Dans la tête de Juliette est une bande dessinée éducative destinée aux pré-adolescents et adolescents. Elle nous plonge dans le tourbillon de la vie d’une adolescente connectée. Elle interroge avec finesse et pédagogie le rapport des plus jeunes aux écrans, en particulier avec leur smartphone. L’objectif est de les aider à devenir des acteurs conscients et responsables de leurs usages numériques.

    #Education #Education_numérique #Mobile #Jeunesse

  • Santé sexuelle : Sidaction s’alarme de la montée en puissance des discours masculinistes auprès des jeunes - Public Sénat
    https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/sante-sexuelle-sidaction-salarme-de-la-montee-en-puissance-des-discours-

    31 % des 16-34 ans « se sentent plus puissants » sans préservatif

    66 % des jeunes hommes âgés de moins de 34 ans connaissent au moins un influenceur dit « masculiniste », et 37 % disent consulter ces contenus. Parmi ceux au fait de ces publications, plus d’un tiers les considère rassurantes sur leur manière « d’être un homme » (38 %), assure qu’elles leur donnent « une autre vision que celle portée par les féministes » (48 %), ou affirme qu’elles les ont inspirés à « mettre en pratique des conseils pour devenir un homme meilleur » (34 %). Plus alarmant encore, la moitié d’entre eux pense que ces discours disent « enfin la vérité » (51 %).

    • Les hommes et le masculinisme : péril sur la santé sexuelle - Sidaction
      https://www.sidaction.org/communique/sondage-opinionway-les-hommes-et-le-masculinisme

      Les résultats de l’enquête montrent que les hommes perçoivent un climat d’hostilité à leur encontre. 52% des hommes (16-59 ans) trouvent que la société s’acharne sur eux et 36% pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme dans la société française aujourd’hui. Pour 6 hommes sur 10, les médias caricaturent les hommes depuis Metoo (58%). Les répondants adoptent un discours victimaire : plus d’un homme sur 2 considère que les hommes sont trop souvent accusés de #violences_sexuelles exagérées ou mensongères (53%).

      La #virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux juge important d’être viril (51%) et ils sont autant à déplorer que les hommes ne le soient plus suffisamment (46%).

      Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, « le sondage nous révèle que la virilité continue de jouer un rôle déterminant dans la construction identitaire des hommes. Et ce n’est pas sans conséquence sur leurs comportements sexuels puisqu’ils sont bien trop nombreux (40%) à penser qu’être un homme, c’est oser prendre des risques, y compris sexuels ».

      La virilité intervient directement dans la décision de porter un #préservatif ou non. 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%). 1 jeune sur 6 pense que le préservatif est un signe de faiblesse (16%).

      Plus préoccupant encore : un homme sur dix (11%, et un jeune homme de 25-34 ans sur cinq, 18%) affirme comprendre le “#stealthing”, soit le fait qu’un homme retire son préservatif sans prévenir son/sa partenaire s’il estime qu’on le lui a imposé. Chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34% à caut cautionner cette pratique répréhensible (+23 points par rapport à la moyenne).

      « Ces croyances envers les discours masculinistes fragilisent la prévention, augmentent les prises de risque, et déstabilisent profondément la culture du consentement, pourtant centrale dans la lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles » indique Florence Thune. « Il est inquiétant de voir qu’un tiers des jeunes hommes pensent que demander explicitement le #consentement « gâche la spontanéité » (37% pour les 16-34 ans) et ou qu’un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas clairement “non” (35% pour les 16-34 ans) ».

      Les discours masculinistes s’articulent autour d’une #misogynie importante et une #domination violente. Les représentations à l’égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugements négatifs : 43% des 16-34 ans pensent qu’une femme qui multiplie les partenaires « ne se respecte pas ». 1 jeune sur 4 pense qu’une femme positive au #VIH ou à une autre #IST est une femme qui a eu trop de partenaires sexuels (25%) ou qu’une femme qui exprime ouvertement son désir sexuel ne cherche pas vraiment à être respectée par les hommes (24%).

      Pour contrer l’influence de ces discours toxiques, dans un contexte où les découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans ont augmenté de +41 % en 10 ans (selon les dernières données de Santé Publique France), où les IST augmentent et où l’usage du préservatif recule, Sidaction souligne l’urgence de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Les séances d’EVARS constituent aujourd’hui le levier le plus solide et le plus éprouvé pour lutter contre ces idées reçues, développer l’esprit critique et renforcer la prévention.

      Sidaction, avec Le Planning familial et SOS homophobie ont saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. Leur déploiement complet dans les établissements scolaires, conformément aux obligations légales, n’est plus seulement un enjeu éducatif : c’est un impératif de santé publique.

      Rapport OpinionWay détaillé en pdf :
      https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2025/11/OpinionWay-pour-Sidaction-Les-hommes-et-le-masculinisme-Decembre-2025.p

    • https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/your-body-my-choice-la-guerre-des-sexes-est-ouverte

      En détournant le slogan féministe « my body, my choice », le commentateur d’extrême droite Nick Fuentes, 26 ans, illustre la vitalité des thèses masculinistes aux États-Unis.

      https://www.lefigaro.fr/international/ton-corps-mon-choix-qui-est-nick-fuentes-cet-extremiste-americain-dont-le-s

      Nick Fuentes, de son vrai nom Nicholas Joseph Fuentes, est né le 18 août 1995 dans l’Illinois. Il se fait un nom dans le monde politique américain en 2022 lors d’une de ses conférences, nommée America First, dans laquelle il fait l’éloge d’Adolf Hitler en affirmant que les médias ont comparé Vladimir Poutine à l’ancien dictateur allemand « comme si ce n’était pas une bonne chose », rappelle le magazine Rolling Stone .

      https://rapecrisis.org.uk/get-informed/types-of-sexual-violence/what-is-stealthing

      The key points

      The definition or meaning of the word ’stealthing’ is when someone removes a condom during sex without the other person’s consent or lies about having put one on in the first place.
      Stealthing is rape under English and Welsh law. This means that someone who carries it out can be prosecuted for rape.
      Like all rape, stealthing is a very serious crime that carries a maximum sentence of life in prison.
      ’Stealthing’ is a slang word, not a legal term. The legal term for this act is ’rape’.

  • L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/27/l-emigration-des-jeunes-reflet-du-malaise-algerien_6655074_3232.html

    L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    Analyse
    Mustapha Kessous
    Sur les réseaux sociaux circulent d’innombrables vidéos de harraga algériens – ces « brûleurs de frontières » qui quittent leur pays par la mer sans passeport ni visa –, heureux d’approcher le rivage espagnol. Le 3 septembre, dans une joie déroutante, sept adolescents ont ainsi rallié Ibiza depuis la baie d’Alger à bord d’une embarcation de plaisance volée. Cette traversée retransmise en direct sur TikTok a provoqué l’émoi en Algérie, ravivant la question de l’« exode » vers l’Europe.
    En France, l’immigration algérienne est un thème récurrent des débats politiques et médiatiques. Entre Paris et Alger, elle n’a cessé depuis l’indépendance, en 1962, d’être un enjeu d’éternelles tractations. D’autant plus que les départs clandestins depuis l’Algérie restent très élevés ces dernières années. Du 1er janvier au 31 octobre, Frontex, l’agence européenne des frontières, a recensé 8 496 passages irréguliers de ressortissants algériens vers les îles Baléares ou les plages du sud de l’Espagne continentale. Ils représentent un peu plus de la moitié du flux d’exilés (16 321) ayant emprunté cette route dite « de la Méditerranée occidentale ». Et ils constituent la cinquième nationalité la plus représentée parmi les entrées clandestines en Europe, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    En forte progression depuis 2023, cette voie connaît un nouvel essor cette année : + 27 % d’arrivées, toutes nationalités confondues, par rapport à la même période de 2024 et même + 66 % rien qu’aux Baléares, selon le ministère de l’intérieur espagnol. Frontex attribue cette hausse au renforcement des contrôles migratoires au Maroc « poussant davantage de personnes à recourir aux services de passeurs en Algérie ».
    Un an après le revirement promarocain de Madrid sur le Sahara occidental, les accords signés entre les deux pays en février 2023 ont drastiquement réduit les départs, y compris vers les Canaries (− 58,6 %). « Les réseaux se sont adaptés en conséquence, faute d’une coopération migratoire aussi étroite entre Madrid et Alger qu’avec Rabat », explique le sociologue marocain Ali Zoubeidi, spécialiste des migrations.
    Pourquoi les Algériens quittent-ils leur pays ? Chercheurs et diplomates français sont unanimes : l’« envie d’ailleurs ». « Ce sentiment de ne plus vouloir rester en Algérie est profond. Aux côtés des chômeurs et des jeunes, on trouve des fonctionnaires, des policiers, des familles avec enfants. Bref, des gens qui sont intégrés professionnellement », observe le sociologue algérien Nacer Djabi. « Ces harraga ne sont plus des exilés économiques, mais des personnes qui cherchent un endroit où construire une nouvelle vie et s’épanouir en liberté », ajoute Saïd Belguidoum, maître de conférences émérite à Aix-Marseille Université.
    Ce phénomène de « mal vie » n’est pas nouveau. Selon l’OIM, plus de 54 000 Algériens ont gagné l’Europe entre 2020 et 2024 – soit environ 10 000 par an –, essentiellement par la route de la Méditerranée occidentale. 2019 est une année charnière. A cette époque, l’Algérie était secouée par le Hirak, soulèvement populaire au cours duquel des millions de manifestants ont tenté de « dégager le système ». Les jeunes, notamment, promettaient alors de rester pour bâtir l’Algérie de demain, « libre et démocratique ». Cette année-là, un peu plus de 5 000 Algériens avaient rejoint l’Europe. L’année suivante, ils étaient presque trois fois plus nombreux.
    Cette brutale hausse s’explique, entre autres, par la reprise en main autoritaire du pouvoir par le président Abdelmadjid Tebboune. « Le constat est terrifiant. Après ce rêve de changement brisé par le régime, les Algériens de toutes catégories sociales et de tous âges préfèrent s’enfuir du pays », rappelle l’avocat algérien Aïssa Rahmoun, en exil en France et secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). « L’échec du Hirak a accéléré les passages, insiste Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). C’est parce que l’Algérie n’offre aucune perspective pour une partie de sa jeunesse qu[e celle-ci] fuit. » Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %.
    La France regarde de près cette migration clandestine puisque « la majorité vient dans notre pays, dit M. Leschi, 80 % des immigrés algériens en Europe sont en France. » Alger laisserait-il délibérément filer ces émigrés afin de peser sur la France, dans le contexte de crise diplomatique avec Paris, ravivé en juillet 2024 après la reconnaissance par Emmanuel Macron de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental ? C’est d’ailleurs cet été-là que l’ambassade d’Espagne à Alger avait alerté les diplomates français pour leur signaler une « augmentation du flux des harraga ».
    S’agirait-il aussi d’une soupape destinée à désamorcer les tensions sociales algériennes ? Didier Leschi est convaincu que « les autorités laissent passer plutôt que d’être demain confrontées à une génération Z qui leur demandera des comptes ». « Les autorités ne peuvent rien faire, elles ont baissé les bras, corrobore Nacer Djabi. Même la presse ne parle plus de cette migration, considérant qu’il s’agit d’un fait accompli. »
    Dans la revue de l’armée algérienne El Djeich de septembre, les autorités ont reconnu ne pas être « épargnées » par la « migration clandestine » qui « touche principalement sa jeunesse ». Elles assurent combattre « ce phénomène » d’ailleurs puni par la loi : officiellement, un « brûleur de frontières » algérien risque une peine de prison. Mais les harraga continuent de défier les autorités et l’« Algérie nouvelle » qu’elles disent vouloir bâtir : symboles du manque d’avenir des jeunes Algériens, ils sont aussi devenus un enjeu dans les houleuses relations franco-algériennes.

    #Covid-19#migration#migrant#algerie#france#jeunesse#frontex#frontiere#crise#politiquemigratoire#sante

  • Les Missions locales en état d’alerte
    https://www.sudouest.fr/economie/social/les-missions-locales-de-la-region-en-etat-d-alerte-900-jeunes-prives-d-acce

    Budget 2026 : le Sénat promet d’aller « le plus loin possible » dans les économies. Le projet de loi de finances 2026 prévoit une baisse de 13 % du financement de l’État pour ses structures accompagnant les #jeunes de 15 à 24 ans.

    « Le « toujours moins » devient intenable », insiste Thierry Marty, rappelant la réduction déjà de 6,8 % en 2025. « L’insertion des jeunes est un investissement d’avenir pour la vitalité économique et la cohésion sociale. La remettre en cause entraînera des coûts sociaux (santé, exclusion, hébergement) beaucoup plus lourds et surtout un risque de rupture entre ces jeunes et la République. » Et de rappeler un enjeu de justice sociale : l’État a versé en 2024, 15 000 euros par an et par élève de classe préparatoire, 700 euros par jeune sans emploi .

    « Nous sommes le premier service public pour la jeunesse », souligne encore Jean-Michel Mirem, directeur de la ML (rurale) des Deux rives en Gironde. « On la sacrifie et la condamne à l’exode incertain. » Le réseau des #Missions_locales demande le maintien du financement actuel, la mise d’un fonds d’urgence pour les Missions en grande difficulté ou encore la reconduction de l’objectif de 200 000 #contrats_d’engagement_jeune en 2026.

    Mobilisation des Missions locales contre la baisse des crédits prévue au PLF 2026
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/11/14/mobilisation-des-missions-locales-contre-la-baisse-de

    #chômeurs #jeunes_chômeurs #loi_de_finances #budget #sénat #revenu_des_jeunes (car les contrats d’engagement jeune, c’est avant tout cela : à quelle proportion de jeunes précaires assure-t-on sous cette forme un mini revenu ?)

  • « Maltraitance médiatique » et « défiance » mutuelle : 20 ans après les révoltes, la presse toujours aux abonnés absents dans les quartiers populaires – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/medias/maltraitance-mediatique-et-defiance-mutuelle-20-ans-apres-les-revoltes-la-presse-toujours-aux-abonnes-absents-dans-les-quartiers-populaires-20251026_YMGZCKUYHRAELPPILY2HSVGG4E/?redirected=1
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/VEQXJZ5OL5BDFABMQWODA7K45M.jpg?auth=bb60fd708979ba5f59a2ca6c35f48ceaf6fdd

    Le traitement médiatique, très souvent purement sécuritaire, des quartiers populaires n’a que peu évolué depuis la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois en 2005. La faute à un manque de diversité sociale dans les rédactions.
    Rassemblement de jeunes de Clichy-sous-Bois devant la stèle érigée en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, le 27 octobre 2015.
    Rassemblement de jeunes de Clichy-sous-Bois devant la stèle érigée en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, le 27 octobre 2015. (Denis ALLARD/Denis ALLARD)
    ParJean-Baptiste Chabran
    Publié le 26/10/2025 à 19h20

    « Quand ça pète, les médias sont là. Mais quand on fait des choses bien, ils ne sont jamais là. » Cette phrase d’une jeune lycéenne, rapportée dans le livre et projet de recherche Jeunes de quartier. Le pouvoir des mots (C&F Editions, 2021), synthétise bien la situation de méfiance, voire de défiance mutuelle, installée entre médias mainstream et quartiers populaires. Après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 27 octobre 2005, les rédactions – pas toutes, mais au moins quelques-unes – avaient compris que quelque chose clochait dans leur façon de représenter les « banlieues ». Certaines avaient même fait leur autocritique : promis, juré, on ne les reprendrait plus à débarquer en bas des tours uniquement quand une énième bavure policière viendrait, fatalement, remettre ces endroits au centre de l’attention.

    Vingt ans plus tard, et deux ans après la mort de Nahel Merzouk, tué par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine) en juin 2023, la plupart des bonnes intentions ont pourtant été rangées au placard et les quelques progrès sont jugés largement insuffisants par les observateurs interrogés par Libération. En cause, un ensemble de raisons difficilement dénombrables : de l’implantation parisienne des grands médias à leur composition sociologique en passant par leurs logiques de temporalité et d’audience.
    « Une forme de mauvaise conscience »

    Reste que « globalement, le sujet des quartiers populaires n’intéresse pas », résume le journaliste Edouard Zambeaux. De septembre 2005 à juin 2017, ce dernier était producteur de l’émission de reportages Périphéries, diffusée tous les dimanches sur France Inter. Il a aussi cofondé la ZEP, Zone d’expression prioritaire, qui intervient régulièrement dans Libération pour donner la parole aux jeunes. Longtemps « journaliste promeneur », il estime que « la presse reste prisonnière de son réflexe de classe » et que son regard n’a pas tellement changé en deux décennies. « 90 % du temps médiatique, la banlieue reste quelque chose de dangereux », observe-t-il.

    Et puis, de temps en temps, à cause « d’une forme de mauvaise conscience », un mouvement de balancier s’opère et, pendant un moment, « la banlieue devient quelque chose de merveilleux ». Ce qui a le don d’exaspérer Edouard Zambeaux presque autant que l’inverse. « Pendant cette courte séquence, n’importe quel bouffon qui rappe trois rimes bancales devient “un poète contemporain” ! » s’agace le journaliste, déplorant que « ces endroits n’aient pas le droit à une équité médiatique ».
    « La défiance vis-à-vis des médias est énorme »

    « Il y a une forme d’exceptionnalité et de maltraitance médiatique », confirme sa consœur Nora Hamadi, chargée depuis la fin du mois d’août de la revue de presse de France Inter, très engagée sur le sujet. La principale raison se trouve selon elle dans la sociologie des rédactions qui manquent encore largement de diversité sociale et ethnique, les journalistes venant le plus souvent de milieux et de zones géographiques favorisés. « Après 2005, la question a un peu percuté les rédactions », remarque Nora Hamadi qui cite la création, en 2007, de la prépa aux écoles de journalisme, la Chance aux concours, ouverte aux étudiants boursiers et handicapés. Elle regrette toutefois que sur cette question, les grands médias recrutent « au compte-goutte » et que les postes de chefferie et de direction échappent toujours au changement. « Depuis 2005, il y a certes un peu plus de couleur dans les rédactions mais la véritable question, celle de la diversité sociale, reste très présente », constate-t-elle.

    Reportage
    Clichy-sous-Bois vingt ans après la mort de Zyed et Bouna : « Ici, on pleure de joie pour un tramway, alors qu’il fonctionne mal »

    Résultat : les journalistes méconnaissent les banlieues et quartiers populaires et « les rédactions où ils travaillent ne voient tout simplement pas ce qui s’y passe au quotidien ». Une invisibilisation qui vaut aussi pour les espaces ruraux, au moins aussi absents du champ médiatique, sauf quand une crise – en général une mobilisation d’agriculteurs – éclate. De cette distance découlent un ressentiment durable et une méfiance des populations concernées, qui gardent, selon la sociologue Julie Sedel, autrice de l’ouvrage les Médias et la banlieue (Le Bord de l’eau-INA, 2009), « une mémoire des précédents médiatiques ».

    Pour l’exemple, la chercheuse cite un épisode où des photographes de Paris Match avaient été accusés de payer des jeunes pour brûler des voitures dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux (Rhône), en 1981. De nos jours, on pourrait aussi faire le rapprochement avec les émissions de reportages embarqués avec la police qui pullulent sur les chaînes pin-pon de la TNT et associent dans l’imaginaire collectif les journalistes à des laquais de la force publique. « La défiance vis-à-vis des médias mainstream est énorme », appuie Nora Hamadi. « Les habitants ont effectivement assimilé, digéré, un certain pouvoir de nuisance qui peut être attaché à la presse », complète Edouard Zambeaux.

    Dans ce sombre tableau, quelques éclaircies subsistent tout de même. Pour Renaud Epstein, professeur de sociologie à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, « l’évidence, c’est la transformation provoquée par l’émergence du Bondy Blog ». « Une rupture majeure », juge-t-il, car la création de ce média ancré en Seine-Saint-Denis, juste après les révoltes de 2005, marque selon lui le début d’une « démonopolisation de la parole ». Un phénomène qui se poursuit aujourd’hui de façon décuplée avec les réseaux sociaux et les médias alternatifs nés d’Internet, et qui permet de faire émerger des contre-récits inaudibles auparavant.
    Des habitants ciblés par les médias d’extrême droite

    Pour autant, l’actuelle rédactrice en cheffe du Bondy Blog, Héléna Berkaoui, se montre prudente, notamment à cause de l’émergence de médias d’extrême droite comme CNews, qui donnent « une autre teinte à la couverture des quartiers populaires, parce que leurs habitants sont des cibles revendiquées comme telles ». « Les mots qui y sont employés sont extrêmement durs et ils sont reçus comme tels par les intéressés. Sur le terrain, on nous en parle beaucoup, développe-t-elle. Je me demande quels effets cela peut avoir sur les jeunes de se faire insulter quasi quotidiennement sur petit écran. »

    Au fond, la journaliste juge aussi que le traitement du soulèvement des banlieues après la mort de Nahel Merzouk n’a pas été si différent de celui de 2005. Le déclencheur de la colère, à savoir les violences policières, « a été évacué avec une rapidité désarçonnante ». Le tout au profit d’un discours politico-médiatique enrobé des stigmates habituels sur l’islam, « les jeunes violents, les jeux vidéo ou la responsabilité des mères isolées ». Les médias n’auraient-ils donc rien appris en vingt ans ?

    #Quartiers #Médias #Jeunes_de_quartier

  • Beaubourg, une utopie conciliatrice
    https://laviedesidees.fr/Beaubourg-une-utopie-conciliatrice

    Achevé en 1977, le projet d’un centre culturel à Beaubourg avait été lancé par Georges Pompidou dix-huit mois à peine après Mai 1968. Ce contexte politique tendu anime les réflexions des concepteurs du Centre, partagés entre volonté de réconciliation sociale et ouverture aux subversions artistiques.

    #Arts #jeunesse #musée #art_moderne #Mai_68 #art_contemporain
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251028_beaubourg.pdf