• Incarner ce que l’extrême droite déteste
    Entretien avec Michel Feher
    18 juin 2026 - Propos recueillis par Sophie Mendelsohn, Revue des livres et des idées
    https://rdli.fr/articles/entretien/incarner-ce-que-l-extreme-droite-deteste

    Pendant plusieurs décennies, l’intégration des juifs dans les démocraties occidentales et le soutien à Israël ont semblé indissociables. Michel Feher soutient que cette convergence reposait sur un « pacte de blanchiment réciproque » aujourd’hui en voie de dissolution. Il analyse les conséquences de son épuisement et explore les ressources politiques de la condition juive diasporique.
    (...)

    • Davantage qu’une race inférieure dont la domination et l’exploitation sont légitimes – quitte à les porter au compte d’un processus de civilisation des sauvages – et dont la destruction ne s’impose qu’en cas de rébellion ou parce que leur présence fait obstacle à l’expansion des races supérieures, les juifs sont tenus pour une race intrinsèquement dangereuse : privés de racines, ses membres ne cherchent pas tant à s’intégrer dans les sociétés qui les accueillent qu’à se venger de leur propre déracinement en maîtrisant les abstractions – l’argent ou/et les mots – pour corroder l’identité de leurs hôtes. Comme le souligne le juriste nazi Carl Schmitt, les juifs rendent leur condition diasporique contagieuse : leur seule présence est fauteuse de troubles dans les rapports des natifs à leur propre identité. Les sionistes, on l’a vu, partageaient cette phobie de la #condition_diasporique mais soutenaient qu’une fois enracinés à leur tour dans leur propre pays, les juifs cesseraient d’être des fauteurs de troubles pour devenir des ethno-nationalistes ordinaires, c’est-à-dire semblables aux antisémites européens qui voulaient se débarrasser d’eux et même capables de devenir les sentinelles du monde blanc en pays barbare. Pour ma part, j’invite au contraire les juifs à embrasser cette condition diasporique, soit à s’efforcer d’incarner ce que les ethno-nationalistes honnissent.

      #sionisme

  • The Long Shadow of the “Jewish Question”

    Joseph Dana - The Nation

    "(...) Né à Vienne en 1864 dans une famille assimilée, Nathan Birnbaum avait grandi dans un milieu largement laïque, tout en rejetant l’idée que les Juifs devaient se fondre dans la culture germano-autrichienne environnante. Avec son regard déterminé et sa barbe fournie descendant bien en dessous de la gorge, on aurait facilement pu le confondre avec Theodor Herzl à l’époque.

    Les deux hommes avaient d’ailleurs été alliés pendant un temps. Près de vingt ans auparavant, en 1890, Birnbaum avait forgé le terme « sionisme » alors qu’il dirigeait la revue sioniste "Selbst-Emanzipation" ("Auto-émancipation"), et il fut par la suite élu secrétaire général de l’Organisation sioniste lors du premier Congrès sioniste à Bâle. Plus tard, cependant, il abandonna le mouvement sioniste et embrassa une vision différente de l’avenir du peuple juif – une vision qui s’écartait radicalement du sionisme politique et qui constituait l’enjeu implicite du rassemblement de Czernowitz.

    Birnbaum ne croyait pas que les Juifs yiddishophones dispersés des pays baltes à la mer Noire fussent des Européens déchus attendant leur transformation en Palestine, comme le soutenait le mouvement sioniste. Il les considérait plutôt comme une nation vivante méritant d’être reconnue là où elle se trouvait déjà. La conférence de Czernowitz visait à officialiser cette reconnaissance en déclarant le yiddish langue nationale du peuple juif, et non pas une langue parmi d’autres. Une telle déclaration aurait constitué un défi direct au projet sioniste, qui s’employait à faire revivre l’hébreu comme langue d’un futur État et à dénigrer le yiddish, le qualifiant de langue dénaturée de la diaspora.

    Mais il n’en fut rien. La conférence réunissait des hébraïsants et des sympathisants sionistes qui refusaient d’abandonner l’hébreu. Le compromis qui en résulta déclara le yiddish « une » langue nationale plutôt que « la » langue nationale, préservant ainsi un rôle pour l’hébreu et la vision politique qu’il véhiculait. Pourtant, même dans cette formulation prudente, on perçoit les contours d’une histoire longtemps enfouie : toute une contre-tradition au projet sioniste que Birnbaum avait autrefois contribué à bâtir.

    Plus d’un siècle après la conférence de Cernowitz – après que Birnbaum se fut détourné du sionisme pour se tourner vers la diaspora –, les questions qui ont motivé sa transformation reviennent avec une urgence saisissante au sein d’un petit groupe de Juifs, dont le nombre ne cesse de croître. Horrifiés par l’anéantissement continu de Gaza et le lent nettoyage ethnique de la Cisjordanie, ils ont commencé à remettre en question l’orthodoxie qui sous-tend le sionisme et, ce faisant, à envisager des idées impensables il y a encore quelques années.

    Les Palestiniens, bien sûr, ont compris ces idées depuis des décennies. Ce qui apparaît comme une découverte pour certains Juifs de la diaspora est en réalité ce que les Palestiniens affirment depuis que la logique du sionisme leur a été imposée. Pourtant, comme le suggère l’histoire de Birnbaum, les critiques qui émergent aujourd’hui au sein de la communauté juive ne sont pas totalement étrangères à la tradition. Les générations actuelles n’en ont tout simplement pas conscience.

    Ce n’est pas un hasard. Les écrits d’hommes comme Nathan Birnbaum sont quasiment absents des programmes scolaires hébraïques, et leurs idées ne sont abordées dans aucun sermon à la synagogue. Leur absence du récit, cependant, fait partie intégrante du récit. Des penseurs comme Birnbaum ont été mis à l’écart parce qu’ils complexifiaient un discours qui se devait d’être présenté comme incontournable : celui selon lequel le sionisme est la seule réponse viable à l’existence juive dans le monde moderne.

    Du vivant de Birnbaum, cette notion était sujette à de vifs débats, discutée, contestée, voire rejetée de Varsovie à New York. À cette époque, de multiples visions de l’avenir juif coexistaient, rivalisant pour gagner des soutiens, et la forme actuelle du sionisme n’était ni inévitable ni incontestée. Les alternatives étaient elles-mêmes des mouvements politiques élaborés, comptant des millions d’adeptes qui concevaient l’existence juive différemment du nationalisme territorial qui a finalement prévalu. Aujourd’hui encore, leurs réflexions demeurent accessibles, bien qu’obscurcies, prêtes à être redécouvertes par ceux qui souhaitent les examiner.

    Pour comprendre comment tous ces mouvements ont émergé à peu près au même moment et au même endroit, il est nécessaire de revenir sur un débat qui agitait alors l’Europe au sujet du rôle des Juifs dans les sociétés européennes. Ce débat, connu sous le nom de « question juive », n’a pas été initié par les Juifs eux-mêmes. Ce sont les chrétiens européens qui l’ont lancé dans les décennies qui ont suivi la Révolution française, lorsque les Juifs nouvellement émancipés ont commencé à revendiquer la citoyenneté dans des pays qui les avaient confinés dans des ghettos pendant des siècles. Des philosophes et des hommes politiques se réclamant du libéralisme se demandaient si les Juifs pouvaient être des citoyens loyaux de nations tout en restant un peuple « à part ». Cette question était intrinsèquement antisémite, considérant la différence juive comme une anomalie menaçant la cohérence des États-nations que les Européens s’efforçaient de construire.

    À la fin du XIXe siècle, les Juifs avaient intériorisé ce cadre de pensée et commencèrent à proposer leurs propres réponses. Certains optèrent pour le baptême ou l’assimilation culturelle. D’autres, comme Birnbaum puis Herzl, proposèrent le nationalisme. D’autres encore insistèrent sur le socialisme ou le renouveau religieux. Pourtant, dans nombre de ces cas, la question elle-même demeura inquestionnée. Plutôt que de rejeter le cadre même de la « question juive », le sionisme politique, par exemple, l’intériorisa et proposa la souveraineté territoriale comme solution. Accepter la validité de la question revenait à accepter qu’il fallait remédier à quelque chose dans l’existence juive. Être juif en diaspora était perçu comme une pathologie nécessitant un remède sous la forme d’un arrangement politique.

    La réponse de Birnbaum fut d’inverser le postulat. Rencontrant les masses yiddishophones d’Europe de l’Est, il se souvint plus tard : « J’ai découvert un peuple présentant tous les signes d’une nation vivante et distincte ; il m’apparut de plus en plus clairement qu’une nation déjà existante n’a pas besoin d’être recréée. » Sa solution à ce défi fut le Golus-Nationalisme, ou nationalisme diasporique. Ce terme était une provocation. Golus, mot yiddish signifiant exil, avait toujours revêtu des connotations négatives dans la pensée juive, ancrées dans le concept biblique de galout, châtiment divin infligé au peuple juif pour ses péchés et exil de la Terre promise après la destruction du Temple. Les sionistes l’utilisaient pour décrire la situation honteuse de la dispersion juive, situation que leur mouvement entendait enfin guérir.

    (...) Les Juifs avaient conservé une identité distincte pendant des siècles sans souveraineté. Plutôt que de voir cela comme une lacune à corriger, [Birnbaum] proposait de l’appréhender comme une forme unique d’existence nationale. Les nations n’avaient pas besoin de territoire pour exister. Les millions de locuteurs yiddish dispersés à travers l’Europe de l’Est constituaient déjà une nation par leur langue, leurs institutions et leur culture commune. Ils n’avaient pas besoin d’aller ailleurs.

    Birnbaum n’a laissé aucune institution portant son nom, mais il a laissé l’héritage d’une quête inachevée. Moins de dix ans après la Conférence sur la langue yiddish, il entreprit ce que des auteurs orthodoxes décriraient plus tard comme un « baal teshuvah », un retour à la religion. Il commença à affirmer que l’appartenance au peuple juif était avant tout une question d’alliance plutôt que politique. Les Juifs étaient le peuple de Dieu avant d’être une nation au sens moderne du terme. Un renouveau national sans la Torah était spirituellement vide. Pire encore, cela risquait de devenir une idolâtrie du pouvoir.

    Birnbaum s’est détourné du sionisme car il a compris que l’affirmation nationale impliquait l’antisémitisme qu’elle prétendait combattre. Le nationalisme diasporique offrait une alternative plus acceptable – l’autonomie culturelle sans déplacement forcé – mais il a vécu assez longtemps pour soupçonner qu’il ne pouvait protéger les communautés de la destruction. Ce que Birnbaum a compris à la fin de sa vie, c’est que la question elle-même était un piège : se demander où les Juifs pourraient être acceptés supposait qu’ils ne l’étaient pas déjà. Le véritable enjeu était de savoir si les États pouvaient tolérer la pluralité, et sur cette question, le XXe siècle allait porter un verdict terrible. (...)

    Pourtant, les leçons de la catastrophe [la Shoah] étaient plus ambiguës que ne le laissait entendre le récit sioniste. L’Holocauste révéla non pas l’échec des stratégies diasporiques, mais les conséquences mortelles du nationalisme européen, cette même idéologie à laquelle le sionisme cherchait à adhérer plutôt que de la transcender. Et le soutien enthousiaste de l’Europe à un État juif reflétait autre chose que du philosémitisme. Les camps de personnes déplacées de l’après-guerre étaient pleins de Juifs qui ne pouvaient retourner dans leurs foyers car leurs communautés avaient été anéanties, et trop de leurs anciens voisins ne souhaitaient pas leur reconstruction. Un État juif en Palestine résolvait le problème juif de l’Europe tout en exonérant cette dernière de toute culpabilité. Il orientait les survivants vers le Moyen-Orient plutôt que d’exiger leur réintégration dans les sociétés qui les avaient trahis.

    (...)"

    https://www.thenation.com/article/world/long-shadow-of-the-jewish-question

  • Sion Assidon, figure de la contestation au Maroc, est mort
    Par Alexandre Aublanc (Casablanca (Maroc), correspondance)
    Publié le 09 novembre 2025
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/11/09/sion-assidon-figure-de-la-contestation-au-maroc-est-mort_6652798_3212.html

    C’est une partie de la mémoire du Maroc qui s’en va. Nous avons perdu les résistants, qui ont lutté pour l’indépendance, nous perdons à présent les derniers témoins des années de plomb sous Hassan II », déplore Abdullah Abaakil, vice-secrétaire du Parti socialiste unifié. Figure de l’extrême gauche marocaine, de l’antisionisme et de la lutte pour les droits humains, Sion Assidon est mort à à l’âge de 77 ans à l’hôpital Cheikh Khalifa de Casablanca dans la nuit du 6 au 7 novembre, après trois mois passés dans le coma.

    Né à Agadir en 1948, dans une famille juive originaire de Safi, Sion Assidon grandit auprès d’une mère comptable et d’un père entrepreneur. Après le séisme dévastateur de 1960, ses parents déménagent 400 kilomètres plus au nord, à Casablanca, où l’adolescent poursuit des études de mathématiques.

    Il accompagne par la suite l’émergence du Mouvement du 23 mars, fondé en 1970 par des militants marxistes-léninistes, auxquels se joint l’opposant Mohamed Bensaid Aït Idder, condamné à mort pour complot contre la monarchie, peu après la montée sur le trône d’Hassan II. Née d’une scission avec l’Union nationale des forces populaires, le parti créé par Mehdi Ben Barka, l’organisation, qui tire son nom du soulèvement populaire du 23 mars 1965, réprimée dans le sang, opère dans la plus complète clandestinité. (...)

    • L’UJFP salue la mémoire de Sion Assidon
      Coordination nationale de l’UJFP 11/11/25
      https://ujfp.org/lujfp-salue-la-memoire-de-sion-assidon

      Sion est décédé le 7 novembre à Casablanca à l’âge de 77 ans.

      Il ne s’est pas réveillé d’un coma de trois mois et aucune explication plausible n’a été apportée sur les causes de ce coma. L’hypothèse d’une agression violente ne peut pas être écartée.

      Avec Sion, nous perdons un militant anticolonialiste et anti-impérialiste d’une grande intégrité.

      Juif marocain, il est arrêté en 1972 avec des dizaines d’autre militants d’extrême gauche dont Abraham Serfaty. Il restera 12 ans en prison. Il sera torturé. Sion était mathématicien et il sera défendu par un comité de mathématiciens français dont Laurent Schwartz.

      Après sa libération, Sion s’est battu contre la corruption dans la branche marocaine de Transparency International.

      Sion est toujours resté fidèle à ses idées et il s’est engagé activement dans la défense des droits du peuple palestinien.(...)

    • Sion Assidon, l’« honneur des juifs marocains »
      Lamia Elfehaim > 12 novembre 2025 > Orient XXI
      https://orientxxi.info/magazine/sion-assidon-l-honneur-des-juifs-marocains,8654

      (...) Selon un communiqué du procureur général de Casablanca publié le 7 novembre, le rapport d’autopsie attribue le décès « à des complications septiques consécutives à un traumatisme crânien », accréditant la thèse d’une mort accidentelle, en l’occurrence une chute. (...)

    • La fin de la nécro façon Le Monde

      « Il a été torturé »

      Arrêté en 1972, en même temps que d’autres activistes d’extrême gauche, Sion Assidon est jugé l’année suivante lors d’un procès retentissant, en présence d’avocats du barreau de Paris. La justice marocaine lui reprochait ses opinions marxistes et d’avoir, entre autres, imprimé des tracts.

      Sa condamnation à quinze ans de prison – il en purgea douze – pour atteinte à la sûreté de l’Etat, en 1973, avait soulevé les mathématiciens français. Quatre cents d’entre eux s’étaient mobilisés pour obtenir sa libération, parmi lesquels des sommités : Laurent Schwartz, Michel Broué, Henri Cartan, Gustave Choquet et Jean Dieudonné. Incarcéré à la prison centrale de Kénitra, il tenta à plusieurs reprises de s’évader. « Il a été torturé et en a beaucoup bavé », témoigne Michèle Zirari-Devif, spécialiste du droit pénal marocain.

      Libéré en 1984, Sion Assidon reprend les affaires de son père. Il embauche d’anciens compagnons de cellule et cofonde, en 1996, la branche marocaine de l’ONG Transparency International, de lutte contre la corruption. « C’était courageux de sa part, car le mot même de corruption était tabou à l’époque », confie un de ses membres, Fouad Zirari. « Plutôt que d’aller sur le terrain des droits de l’homme, il avait compris que la première arme du système pour se prémunir de toute opposition était l’argent », observe Abdullah Abaakil.

      Matériel militaire

      Outre son plaidoyer pour la transparence, Sion Assidon marchait dans le sillage des Marocains #juifs_antisionistes, tels Abraham Serfaty, Edmond El Maleh et Simon Lévy. A l’orée des années 2010, il participe à l’implantation au Maroc du mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre les produits israéliens issus des territoires palestiniens occupés.

      « Il était fier de sa culture juive, mais il se disait athée et revendiquait avant tout sa nationalité marocaine. C’était sa meilleure arme contre les islamistes, qui mêlent volontairement antisionisme et antisémitisme », relève Omar Balafrej, ex-député de la Fédération de la gauche démocratique.

      Avec le siège de Gaza, consécutif aux attaques du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, Sion Assidon, qui s’opposait à la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv, s’était engagé dans un nouveau combat : faire cesser l’accostage au Maroc de navires chargés de matériel militaire à destination de l’Etat hébreu.

      En avril, des milliers de manifestants avaient convergé vers les ports de Casablanca et de Tanger pour protester contre la venue d’un bateau suspecté de transporter des pièces de chasseurs américains F-35 vers Israël. Plus récemment, en mai, Sion Assidon s’était dit « révolté » par la participation de soldats israéliens à des manœuvres militaires au Maroc.

      « Chute d’une échelle »

      Sa disparition survient alors qu’il était « très exposé », affirme l’économiste Azeddine Akesbi, qui s’interroge sur les circonstances exactes de sa mort. Sion Assidon était plongé dans le coma depuis le mois d’août, après avoir été retrouvé inconscient à son domicile de Mohammedia. Probablement en raison d’un accident domestique, avait relevé le parquet marocain dans un premier temps.
      Effectuée à la demande d’une partie de son entourage, une autopsie révèle que son décès est dû « à des complications septiques consécutives à un traumatisme crânien », selon un communiqué du procureur général de Casablanca, daté de samedi. « Ces éléments, précise ce dernier, corroborent l’hypothèse d’une chute d’une échelle, alors que le défunt taillait des arbres dans son jardin. » Une enquête est toujours en cours.

      Marié par deux fois, Sion Assidon était père de deux enfants. De sa première union, brisée par son séjour en prison, est née [la potiche] Marie-Emmanuelle Assidon. Ancienne préfète déléguée à l’égalité des chances des Bouches-du-Rhône, elle est aujourd’hui la directrice de cabinet du maire de Marseille, Benoît Payan.
      Alexandre Aublanc (Casablanca (Maroc), correspondance)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sion_Assidon

      #kenitra #Maroc

  • Un particularisme juif
    https://lundi.am/Un-particularisme-juif

    En 1934, à Francfort, Buber prononce une conférence où il dit (source : Löwy, p. 71) : « La Gemeinschaft est une catégorie messianique, non historique. En tant qu’historique, elle indique son caractère comme messianique » et il souligne que les soviets sont des communes authentiques sur lesquelles aurait dû se construire « l’être communautaire révolutionnaire ». Cela ne pouvait que l’amener à s’opposer à l’idéologie sioniste en tant qu’idéologie particulière d’un État.

    Ce double caractère disparaîtra après la Seconde Guerre mondiale malgré certaines traces au sein des premiers kibboutz. En Israël comme en Europe, une immigration massive de juifs orientaux ou originaires du Maghreb rendra minoritaires les références, souvent intellectuelles d’ailleurs, au Yiddishland et renforcera les éléments restaurateurs. Löwy signale aussi que ce Yiddishland ne touchait que l’Europe centrale et surtout les intellectuels, très peu l’Europe occidentale avec les juifs rationalistes et assimilationnistes français et pas l’Europe orientale, où un prolétariat juif était plus important et adhérait aux partis sociaux-démocrates ou au Bund, l’organisation socialiste spécifiquement juive et ensuite à la révolution russe, stalinisme inclus.

    Mais selon G. Scholem (Le messianisme juif, Calmann-Lévy, 1974, p. 31), le messianisme juif se distingue du millénarisme chrétien par le fait qu’il se déroule sur la scène concrète de l’histoire. « Le messianisme juif est dans son origine et dans sa nature — on ne saurait jamais assez y insister — une théorie de la catastrophe. Cette théorie insiste sur l’élément révolutionnaire, cataclysmique dans la transition du présent historique à l’avenir messianique ». « La rédemption signifie une révolution dans l’histoire » (cité par Löwy, op. cit., p. 27), un saut vers l’avenir en rupture avec le caractère « unidimensionnel » (Marcuse) du temps quantitatif, avec ce « progrès régressif » (Adorno).

    (ouloulou, en plus d’obstinément citer Camatte, TC en vient à publier en avant-première chez ces confus de LM)

    #messianisme_juif #communauté #juifs #peuple_élu (qui n’est pas ce que croit l’antisémite De Gaulle et tant d’autres)

  • Penser Gaza : entretien de Luca Salza avec Étienne Balibar https://blogs.mediapart.fr/etienne-balibar/blog/170925/penser-gaza-entretien-de-luca-salza-avec-etienne-balibar
    Source : https://www.peren-revues.fr/revue-k/1584

    Ce qui notamment fait l’unicité de #Gaza, et provoque en nous le sentiment d’une contradiction insupportable, ce n’est pas seulement le fait que le génocide soit perpétré par des #Juifs qui (pour certains au moins) sont les descendants des victimes de la Shoah – le génocide des génocides. Mais c’est le fait que celle-ci, après que sa mémoire ait été institutionnalisée, soit instrumentalisée pour préparer, motiver, organiser et faire accepter Gaza.
    La Shoah en tant qu’événement destructeur et fondateur, indissociable aujourd’hui de ce que Jean-Claude Milner a appelé « le nom Juif », et par où ce nom et ceux qui le portent sont, qu’ils le veuillent ou non, attachés à un exemple sans équivalent d’anéantissement de l’homme par l’homme, témoins de sa monstrueuse possibilité, avertisseurs de sa répétition, ne cesse de participer à la justification du #génocide de Gaza commis par Israël : en soutenant l’affirmation que les « victimes du génocide » ne sauraient évidemment le perpétrer à leur tour, mais aussi, contradictoirement, en les autorisant à franchir impunément toutes les limites du droit et de l’humanité pour se « protéger » eux-mêmes de son retour éternel, dont ils se disent ou se croient menacés.

    « Pas nous » et « seulement nous », proclament les Israéliens selon les besoins de leur autojustification, en invoquant Auschwitz et les pogroms qui l’ont préparé. Ainsi, dans une causalité « diabolique » (Poliakov), la Shoah engendre Gaza par l’intermédiaire de ses héritiers, et donc y perd son sens, non seulement pour les Juifs, mais pour nous tous[2]. Comment allons-nous pouvoir situer cette tragédie dans l’histoire, ou dans le « réel », et comment allons-nous réagir ? Qu’est-ce que nous en ferons dans nos pensées et dans nos vies ?

    Je dis que c’est ce qu’il faut « penser », mais je ne sais pas trop comment, par quelle logique. Car c’est à la fois le ressort de son effroyable efficacité (qui osera contredire les héritiers de la Shoah ?), et le renversement de toutes les valeurs, morales et intellectuelles (qui osera encore proférer le « plus jamais ça » ?). Notre conversation aidera peut-être à sortir de ce blocage.

    • Mais le projet actuel, dans le cadre plus général du plan d’annexion de la Palestine, suggère une autre réflexion : c’est l’incorporation d’une tendance constitutive de l’implantation israélienne (favorisée par le sionisme en tant qu’idéologie de « pionniers ») au sein du programme d’artificialisation du monde qui caractérise désormais le mode de production capitaliste. Quiconque a voyagé en Israël n’a pu qu’être frappé par le fait que le « retour » sur une terre décrétée ancestrale (dont les Juifs auraient été « exilés », d’un exil non métaphorique ou spirituel, mais historique et matériel) ne peut se réaliser que dans la forme d’un nettoyage du territoire de tout ce qui reflète son histoire millénaire, inscrivant dans le paysage et dans l’architecture des villes les signes de la civilisation arabo-musulmane (et accessoirement romaine, chrétienne, ottomane) : il faut y substituer un environnement « moderne » (non pas tellement « juif » d’ailleurs, car une telle culture n’existe pas en tant que telle, ou elle ne pourrait que renvoyer à la tradition des « ghettos » qui fait l’objet d’un refoulement méprisant) conçu et réalisé ex nihilo[26].
      Le sionisme « réel » (celui qui est mis en œuvre pratiquement dans la fabrication de la nation israélienne et de son territoire) est si peu assuré, en réalité, du lien essentiel qu’il entretiendrait avec la terre de Palestine, qu’il lui faut systématiquement détruire tout ce qu’elle porte et qu’elle a en quelque sorte engendré, afin d’y implanter les marques ostentatoires d’une propriété fictive. Cette tendance prend des formes particulièrement brutales dans la construction des colonies fortifiées et des routes réservées qui quadrillent la Cisjordanie. À Gaza, où se combinent l’ethnocide, l’historicide et le domicide ou urbicide[27], on parvient au stade ultime où même la trace des traces doit disparaître.
      Après les immeubles, les universités et les mosquées, les cimetières sont arasés sous l’action des bombes de 1000 kilos et des bulldozers géants. Mais à ce point la tendance historique du sionisme vient directement s’insérer dans le programme du capitalisme post-industriel (que j’ai appelé ailleurs capitalisme absolu) : un capitalisme financier extractiviste qui met en œuvre les ressources de la technologie révolutionnée par l’Intelligence Artificielle et l’usage des matériaux de synthèse pour déterritorialiser complètement l’habitat humain, en « inventant » des villes du futur qui ne se relient à aucun passé, dans lesquelles le comportement des individus est entièrement régi par la circulation de l’argent, le télétravail et la consommation préconditionnée.

    • Voici comment nous pouvons commencer : Nous avons besoin d’un million de Juifs. Moins de dix pour cent de la population juive mondiale pour déposer un appel conjoint auprès de la Cour internationale de justice de La Haye.

      Une plainte juridique collective contre l’État d’Israël pour des crimes contre l’humanité commis en notre nom et sous la fausse bannière de notre identité juive.

      Il est temps de dire : assez !

    • Jews – Rebel. Now!!!
      A Jewish Plea to The International Court of Justice, AVRUM BURG, AUG 08, 2025

      Magnified, sanctified
      Be the holy name
      Vilified, crucified
      In the human frame
      A million candles burning
      For the help that never came
      You want it darker

      Hineni, hineni
      I’m ready, my Lord

      (Leonard Cohen)

      There is no single definition that defines all who identify themselevs as Jewish. Is Jewishness a religion? A gene? A culture? A nationality? A legal status? In the confusion of these overlapping and contradicting identities, modern Israel has forged its own unprecedented synthesis; a fusion of five elements never fully welded in Jewish history: religion, land, power, language, and sovereignty. The product of this Israeli crucible is a cultural mutation that dares to call itself Judaism.

      At this moment in Israeli history, three of those elements; religion, power, and land, have metastasized into malignant growths. Power has become too great and is now wielded in service of the most pathological interpretations of Judaism, bent on conquest and domination. The immediate cost of this cancer is the unraveling of Israeli sovereignty. Power has been handed over to violent messianic militias; their gang leaders now serve as government ministers. Together, from the top and the bottom simultanously, they have dismantled the Israeli state. That country no longer exists.

      These destructive elements were always present in the Jewish whole, but they were usually contained, marginalized, restrained. Today, after two thousand years, they have seized control and are implementing their darkest impulses. Every Jew must now confront two fundamental questions: What is my Jewish identity? And am I with them, or against them?

      There is no middle ground. There mustn’t be.

      To stand with them is to align oneself with the ruinous forces of our past. With those who launched a reckless and delusional revolt against the Roman Empire, bringing the destruction of the Second Temple and untold suffering upon our people. To stand with them is to embrace the biblical commandments of annihilation of the native nations and the myth of mass suicide at Masada. It is to follow a separatist, supremacist culture: a world where non-Jews are reviled, and Jews are chosen and exalted.

      There are thick, unbroken lines stretching from Bar Kokhba’s hubris to Ben-Gvir’s thuggery; from Rabbi Akiva’s messianic madness to Smotrich’s crudity and zealotry. The lords of ruin in Jewish history never truly died and now they even kill.

      But Judaism has always held within it another civilization. One rooted in introspection, critique, compassion, and moral action. The prophet Nathan stood before King David, Israel’s most powerful ruler, and indicted him for corruption and bloodshed. Centuries later, the prophet Jeremiah warned the decadent elites of Jerusalem of the looming First Temple’s destruction. In the year 70 CE, Rabbi Yochanan ben Zakkai fled the city of zealots and blood-lust and inaugurated the new alternative Judaism: a faith of worship without temple, of identity without territory, of strength without force, and of spiritual authority without political sovereignty.

      This was the Judaism that later embraced Yiddish, the language Isaac Bashevis Singer once described as “the language of exile… a language without land and without borders, unsupported by any government, a language with no words for weapons, for ammunition, for military maneuvers or warfare tactics. In the ghettos, Yiddish speakers lived out what the great religions merely preached: a daily practice of studying humanity and human relations. What they called Torah, Talmud, ethics, and mysticism. The ghetto, far from just a refuge for the persecuted, was a grand experiment in peaceful living, self-meaning, and care for others. And it still survives, refusing to surrender, despite the cruelty that surrounds it”.

      This inner tension in the Jewish soul is still alive. Between the forces of domination, bloodlust, and silencing of others, and that Judaism of tolerance, openness, and dialogue.

      Now, a great moral exaltation is required of all who refuse to accept the dictatorship of power and corruption led by Caesar Netanyahu and his coalition of apocalyptic zealots.

      Now is the time to walk out of the city, as Yohanan ben Zakkai did, and rekindle a Judaism of morality and humanity. We have no institutions, no vast resources. We are scattered, often alone. We possess no military or governmental power. But we do have the spiritual and ethical strength of our past. We have Jewish history on our side.

      That is why we can and must stop the flow of blood.

      Here is how we can begin: We need one million Jews. Less than ten percent of the global Jewish population to file a joint appeal to the International Court of Justice in The Hague. A collective legal complaint against the State of Israel for crimes against humanity committed in our name and under the false banner of our Jewish identity.

      It is time to say: enough!

      Two suns will rise on that day. One will shine within the Jewish firmament, casting light on our inner darkness and replacing fanaticism with moral clarity. The other will shine across the world, declaring that among Jews there are those who resemble the worst criminals of the nations and there are those who, without fear or favor, stand against them.

      Yes, Hamas committed heinous crimes against humanity. But none of that justifies Israel’s actions in Gaza since.

      This is a moment of reckoning. We must not run from it.

      So this is my plea:

      If you are an individual, a community, or a Jewish organization anywhere in the world, and you are shaken by what Israel is doing; if you align yourself with the values of humanistic Judaism, with basic moral decency and collective responsibility, join this historic initiative. Not by turning to weapons or power structures, but to the conscience of humanity. Turn to The Hague.

      In our appeal, we shall declare: We will not allow the State of Israel, which systematically inflicts violence upon a civilian population, to speak in our name. We will not allow Judaism to be a cover for crimes. This is not a rejection of our people it is a defense of its soul. Not destruction but repair.

      We are thousands, tens of thousands, hundreds of thousands. A million Jews who simply say: We are here, and we are against.

      Conscientious individuals whose souls are stirred, thinkers, scholars, clergy, artists, jurists, the time is now. Connect. Sign. Organize. Raise the Jewish voice of moral resistance. The light exists. It only needs many candles.

      I really hope activist readers will raise to this call and initiate it

      Will hear the most ancient call -, “Where art thou?” and will respond like Leonard Cohen responded:

      Hineni, hineni
      Hineni, hineni
      I’m ready, my Lord

      #juifs #Israël #Gaza

    • Israël : les familles des otages appellent à la grève générale dimanche 17 août
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/10/a-tel-aviv-les-familles-des-otages-s-opposent-a-l-occupation-de-gaza-et-evoq

      (...) « Il n’y a qu’une seule façon d’arrêter tout cela : tout bloquer. »

      [...]

      L’opposition cherche des relais. Aucune leader ne porte et n’incarne le mouvement jusqu’à présent. Depuis des mois, les proches des familles se succèdent dans les défilés et les médias. Sans impact sur les choix du gouvernement. Sur la scène, devant la foule, un des animateurs du défilé a plaidé pour la rupture : « N’attendez pas la prochaine élection ! C’est maintenant qu’il faut arrêter la guerre. Allumer des bougies ne suffit pas, il faut sortir en masse dans la rue. » Des familles se tournent à nouveau vers le président américain, Donald Trump – comme plus de 500 anciens officiers du renseignement quelques jours auparavant –, le priant d’intervenir afin d’empêcher l’occupation de la bande de Gaza.

      https://archive.ph/Rdtx5

    • Des juristes israéliens ont écrit à Benyamin Nétanyahou pour dénoncer une guerre d’agression
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/08/des-juristes-israeliens-ont-ecrit-a-benyamin-netanyahou-pour-denoncer-une-gu

      Pour seule réponse, les juristes ont reçu un avis automatique de réception de leur courrier. D’autres lettres adressées à plusieurs dirigeants israéliens alertent déjà depuis plusieurs mois. Le 10 juillet, 16 professeurs interpellaient le ministre de la défense, Israel Katz, le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, la procureure générale d’Israël, Gali Baharav-Miara, et son adjoint, Gil-Ad Noam, ainsi que d’autres responsables au sujet du « plan de concentration de la population de Gaza », dans le sud de l’enclave. Présenté par Israel Katz, le 7 juillet, le plan de création d’« une soi-disant ville humanitaire » sur les ruines de Rafah pourrait, selon eux, constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dont celui d’extermination.

      [...]

      Les professeurs de droit et de philosophie juridique interviennent alors que les procédures judiciaires lancées en Europe et en Amérique latine contre des soldats israéliens – parce qu’ils possèdent une double nationalité, sont en vacances ou en déplacement – se multiplient. « Les dirigeants et commandants qui ordonnent aux forces de Tsahal [l’armée israélienne] d’exécuter ce plan leur ordonnent de facto de commettre des actes manifestement illégaux, les exposant ainsi à des poursuites pénales dans le monde entier », précisent les juristes.


      https://archive.ph/2kTiO

  • SHOCK: Israel Has Killed 20.7% of Gaza’s Population. That’s 434,000 People.
    https://stevendonziger.substack.com/p/shock-israel-has-killed-207-of-gazas
    (via Moon of Alabama)

    Most informed observers know that the actual death count in Gaza due to Israel’s attacks on the territory is far worse than the large media outlets are reporting. Last February, my colleague Coll McCail — an astute college student in Glasgow — worked out a basic mathematical calculation that the corporate media refuses to do. The result of this calculation back then was chilling; now it is much worse.

    Here is the latest data, updated as of yesterday (July 21): based on a statistical model developed by a prestigious medical journal called The Lancet, Israel has killed roughly 434,800 people in Gaza since the country’s military started to attack the territory on 8 October 2023. That’s 20.7% of Gaza’s entire pre-conflict population dead. Over half are women and children.

    If the same level of killing and indirect death that took place in Gaza during the 594 days of the conflict happened in the United States proportional to population, roughly 70 million Americans would have been killed.

    I repeat: It is likely that the number of deaths in Gaza is the rough equivalent of 70 million Americans in proportion to current population. That’s the equivalent of every person in the 28 least populous states in the United States. Or roughly every person in the entire states of California and New York.

    In February of this year, I wrote that roughly 306,000 Palestinians had been killed by Israel directly or indirectly – the latter a result of starvation, disease and lack of access to health care – since 7 October 2023. (The UN recently declared Gaza the “hungriest place on Earth” and its mission to deliver aid into Gaza as “one of the most obstructed” in recent history.)

    My colleague Coll extrapolated from the model on a piece of scrap paper. The data he used is freely available in the public domain. It is a clear dereliction of journalistic duty that The New York Times and other US-based outlets have not bothered to compile such estimates.

    The failure of these institutions enables Israel’s blatant violations of international law. It also shields the American people from knowing the full extent of the Netanyahu regime’s brutality.

    Here’s how one arrives at the rough estimate of 434,800 dead in Gaza:

    (...)

  • Rapture / Entrückung / Enlèvement (ravissement)
    https://en.wikipedia.org/wiki/Rapture

    La politique de Trump et de Netanyahou ne s’explique pas sans l’influence des reborn christians et de leur attente de l’enlèvement proche. On oublie parfois qu’en islam Mahomet a réalisé en partie l’événement qu’attendent encore les juifs et chrétiens. Pourtant l’islam connaît un jugement final qui motive une partie des croyants. L’idée chiite du retour d’Ali se rapproche le plus de l’eschatologie chrétienne.

    Les événements actuels ne suivent pas les textes religieux mais on y trouve des explications qui peuvent motiver les décisions d’acteurs des conflits au proche orient.

    The Rapture is an eschatological position held by some Christians, particularly those of American evangelicalism, consisting of an end-time event when all dead Christian believers will be resurrected and, joined with Christians who are still alive, together will rise “in the clouds, to meet the Lord in the air.” This view of eschatology is typically part of dispensational premillennialism, a form of futurism that considers various prophecies in the Bible as remaining unfulfilled and occurring in the future.

    Gog and Magog
    https://en.wikipedia.org/wiki/Gog_and_Magog

    Revelation

    Chapters 19:11–21:8 of the Book of Revelation, dating from the end of the 1st century AD, tell how Satan is to be imprisoned for a thousand years, and how, on his release, he will rally “the nations in the four corners of the Earth, Gog and Magog”, to a final battle with Christ and his saints:

    When the thousand years are over, Satan will be released from his prison and will go out to deceive the nations in the four corners of the Earth—Gog and Magog—and to gather them for battle. In number they are like the sand on the seashore.

    La forme la plus agressive de millénarisme motive certains courants états-uniens à préparer l’avènement de Gog et Magog. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israel en est le résultat vraisemblable.

    Chez les juifs et muselmans le millénarisme n’est pas si fort mais il motive quelques branches de ces religions.

    Third Temple
    https://en.wikipedia.org/wiki/Third_Temple

    Orthodox Judaism

    Orthodox Judaism believes in the rebuilding of a Third Temple and the resumption of korban (sacrifices), although there is disagreement about how rebuilding should take place. Orthodox scholars and rabbinic authorities generally believe that rebuilding should occur in the era of the Jewish messiah at the hand of divine providence, although a minority position, following the opinion of Maimonides, holds that Jews should endeavour to rebuild the temple themselves, whenever possible.

    Le retour d’Ali dans le chiisme
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiisme#Doctrines

    Les duodécimains admettent dorénavant passivement l’ordre politique car le douzième imam reviendra à la fin des temps et retrouvera son règne. En son attente, aucun pouvoir n’est vraiment légitime, mais le croyant doit attendre le retour de l’imam tout en faisant des efforts pour s’améliorer spirituellement.

    #Netanjahu #Gog_et_Magog #apocalypse #chrétiens #juifs

  • #Plan_Madagascar

    Le plan Madagascar (« #Madagaskar_Projekt [1] » ou « #Madagaskarplan ») était un projet du #Troisième_Reich visant à déporter quatre millions de #Juifs d’#Allemagne[2], de ses pays alliés et de ses territoires conquis, à Madagascar, alors #colonie_française. Ce plan ne fut jamais appliqué.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Madagascar
    #expulsion #déplacement_forcé #expulsions #Marius_Moutet #histoire #nazisme #Commission_Lepecki #indésirables #Adolf_Eichmann #Theodo_Dannecker #déportation

  • Pour la première fois de ma vie, j’éprouve la honte d’être juif (...), une honte, inhabituelle dans la longue histoire de notre peuple, celle d’être complice d’un carnage. Jacob Rogozinski
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/05/jacob-rogozinski-qui-nous-pardonnera-si-nous-ne-parvenons-pas-a-demander-par

    Jacob Rogozinski, philosophe : « Qui nous pardonnera si nous ne parvenons pas à demander pardon pour ces crimes à Gaza ? »

    J’éprouve une grande joie à l’annonce de l’accord de cessez-le-feu à #Gaza et de la libération des otages israéliens. Mais ma joie se mêle à un sentiment très différent. Tout cela arrive très tard, beaucoup trop tard : tant de souffrances et de morts auraient pu être évitées ! Même si ce cessez-le-feu menait enfin à une paix durable, comment oublier que, pendant plus d’une année, [le premier ministre israélien] Benyamin Nétanyahou et son armée ont affamé et massacré des populations civiles ? Qu’ils ont détruit la plupart des habitations, des hôpitaux et des écoles de Gaza ; et que les membres les plus extrémistes de son gouvernement envisagent toujours une recolonisation de ce territoire et l’expulsion de ses habitants ?

    En agissant ainsi, la droite et l’extrême droite israéliennes ont pris tous les #juifs en otages, ceux d’Israël comme ceux de la #diaspora. Ils en ont fait les complices de leurs crimes et ils l’ont fait au nom du peuple juif, c’est-à-dire aussi « en mon nom ». Pour la première fois de ma vie, j’éprouve la honte d’être juif. Mais ce n’est pas la honte de jadis, la honte de ceux que l’on insultait, que l’on humiliait, que l’on parquait dans les ghettos : c’est une nouvelle sorte de #honte, inhabituelle dans la longue histoire de notre peuple, celle d’être complice d’un carnage.
    Fils de survivants de la Shoah, je suis né et j’ai vécu en paix en France, où je n’ai jamais été la cible ni même le témoin direct d’un acte ou d’une parole antisémite. Le désastre qui a anéanti tant des miens m’a été profitable : il m’a gratifié d’une robuste bonne conscience. Il m’a donné la certitude d’être toujours du bon côté, du côté des victimes de l’histoire, de ceux à qui l’on a fait tort, et cela m’a empêché de voir un autre tort dont j’étais malgré moi le complice.

    De l’indicible horreur de la Shoah était né l’Etat d’#Israël, refuge pour tous les juifs persécutés. Pour des survivants comme mes parents, cela signifiait que, peut-être, l’horreur n’allait plus recommencer. Ainsi, l’existence d’Israël était une bénédiction, et chacune de ses actions était bénie. Cela dispensait de s’interroger sur les injustices qui avaient précédé et suivi sa naissance.

    Je me suis rendu plusieurs fois en Israël. D’abord avec mes parents qui voulaient revoir leurs amis d’autrefois – ceux, peu nombreux, qui avaient survécu. Puis, adolescent, pour travailler à la récolte des fruits dans un kibboutz en Galilée. Et récemment encore, invité dans des universités. Je ne me suis jamais senti « chez moi » dans ce pays, et pourtant j’étais heureux d’y être, heureux d’en être. J’avais l’impression de participer – sans en payer le prix – à l’exaltante aventure des pionniers qui, m’avait-on appris, avaient « fait refleurir le désert ».

    Demander pardon

    Je ne savais pas, je ne voulais pas savoir que cette terre n’avait jamais été déserte ; qu’elle appartenait déjà à un autre peuple et qu’il en avait été dépossédé ; que la création de l’Etat avait forcé à l’exil des centaines de milliers d’hommes et de femmes ; que cette injustice avait entraîné toujours plus d’injustices, toujours plus de violence. Je ne voulais pas voir que, peu à peu, David s’était métamorphosé en Goliath. La passion de l’ignorance est une puissante passion, et elle est encore plus scandaleuse lorsqu’elle concerne celui qui se prétend « philosophe ».

    A la différence d’autres religions, le judaïsme accorde plus d’importance à la pratique qu’à la croyance, ce qui permet de prier sans être forcément « croyant ». A la jeune Hannah Arendt qui déclarait à un rabbin qu’elle avait « perdu la foi », celui-ci lui avait répondu : « Qui vous a demandé d’avoir la foi ? » Mon père se disait « anarchiste et athée » (et, au grand scandale de ses amis, il affirmait que les #Palestiniens avaient le droit d’avoir leur Etat). Cela ne l’empêchait pas d’être le chantre de notre petite communauté et, les jours de fête, de chanter les prières en pleurant. Je devais avoir 10 ans quand j’ai osé lui demander pourquoi il priait, alors qu’il se disait athée. Il m’a répondu : « Je prie pour les morts. » Devenu adulte, j’ai décidé de suivre son exemple. Il me semblait possible de m’adresser à un Autre, sans savoir s’il existait quelque part et s’il entendrait ma voix.

    Cette année, j’ai cessé de le faire. Comment demander pardon pour nos fautes en priant avec ceux qui approuvent un massacre ? Pour invoquer l’Autre, un juif doit le faire avec d’autres juifs – au moins dix d’entre eux – parce que leur invocation est celle d’un peuple qui renouvelle son alliance chaque fois qu’il s’adresse à son Dieu. C’est ce peuple qui fait défaut aujourd’hui.

    Agression féroce

    Faire défaut est plus grave que commettre une faute, car celui qui commet cette faute peut le reconnaître, tôt ou tard, et demander pardon, alors que celui qui fait défaut ne peut même pas se reconnaître comme l’auteur d’une faute. C’est ce qui arrive désormais à une très grande partie des Israéliens. « Pour nous, disent-ils, c’est tous les jours le 7-Octobre » : pour eux, certes, mais aussi pour les civils palestiniens innocents que leur armée a massacrés. L’agression féroce qu’a subie Israël l’a aveuglé, anesthésié, privé de tout sens éthique, de toute empathie envers les autres victimes de cette guerre. C’est en cela que ce peuple fait défaut.

    Est-ce moi qui ai « trahi » mon peuple en protestant contre le carnage, comme on me l’a reproché, ou est-ce ce peuple qui s’est trahi lui-même ? « Lo-’Ammi », « pas mon peuple » : une voix avait commandé à Osée, un prophète des temps bibliques, de nommer ainsi son fils. Ce qui veut dire, lui déclare cette voix : « Vous n’êtes pas mon peuple et je ne suis pas votre Dieu. Mais un jour viendra, poursuit la voix, où je pardonnerai, où je dirai à Pas-mon-peuple : “Tu es mon peuple” et il me répondra : “Mon Dieu”. »

    Qui prophétisera pour nous aujourd’hui ? Qui nous pardonnera ces dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants affamés, mutilés, tués, si nous ne parvenons pas à demander pardon pour ces crimes ? Si j’arrive à prier de nouveau, je prierai pour un peuple à venir, un peuple qui soit digne de l’alliance.

    Jacob Rogozinski est professeur émérite à la faculté de philosophie de Strasbourg. Il est notamment l’auteur de « Moïse l’insurgé » (Ed. du Cerf, 2022) et « Inhospitalité » (Ed. du Cerf, 2024).

    • « [Le] refus [de Claude Lanzmann,] des Palestiniens répond je crois à un réflexe viscéral d’horreur et d’effroi envers les ‘‘perdants’’, les sans-patrie, les dispersés, c’est le refus véhément de l’image du Juif tel que la diaspora l’avait modelé. »

      Le Testament amoureux, Serge Rezvani, 1981.

  • Premier concerné, premiers concernés – Jeremy Roussay
    https://tsedek.fr/2024/12/16/premier-concerne-premiers-concernes

    Pour tenter de se dépêtrer de cette confusion fiévreuse, la fausse conscience juive affirme que si la Shoah a pu se produire, c’est parce que les Juifs n’avaient pas de pays comme les autres, et non parce qu’elle est le fruit d’une racialisation absolue des rapports sociaux occidentaux soutenue par un capitalisme bien en forme. La solution sioniste s’inscrit dans le prolongement de cette racialisation plutôt qu’elle ne témoigne d’une volonté de s’en émanciper. Elle s’ancre dans un récit identitaire essentialiste en se référant – et se réduisant – à une appartenance millénaire et immuable à une terre. La fausse conscience juive ne prête d’historicité au #peuple_juif que pour mieux affirmer qu’il est resté identique à lui-même. Le peuple juif est celui d’il y a 70 ans qui est celui d’il y a 200 ans qui est celui d’il y a 3000 ans. Il n’y a plus d’Histoire. Ni d’alternative.

    #Juifs #sionisme

    • C’est la quatrième fois que j’essaye de lire l’article, je me force mais n’arrive pas à suivre ce qu’il explique . Je suis dépitée.

  • Ce dont je fais le deuil un #7_Octobre | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/081024/ce-dont-je-fais-le-deuil-un-7-octobre

    #Olivier_Tonneau
    Enseignant-chercheur à l’Université de Cambridge - Royaume Uni

    Je suis aujourd’hui en deuil. Le 7 octobre, j’ai tout de suite senti que quelque chose était mort et je disais à mes amis : « Israël, c’est fini ». Ils ne comprenaient pas et je ne savais pas moi-même expliquer ce que je voulais dire précisément. Dans les mois qui ont suivi, j’ai lu, écouté, écrit plusieurs textes et j’ai peu à peu éclairci ma propre intuition. Israël est mort le 7 octobre parce que son ambivalence a définitivement succombé ce jour-là. Ambivalence inhérente à un projet de libération nationale réalisé par une entreprise coloniale. Cette ambivalence condamnait d’avance le sionisme souverainiste, et la liste est interminable des grands esprits – les penseurs du Bund, Judah Magnes, Albert #Enstein, Hannah #Arendt - qui l’avaient d’emblée compris. Inversement, Zeev Sternhell soulignait à raison la pauvreté de la pensée sioniste, philosophiquement confuse, politiquement contradictoire, se débattant dès les années 1920 avec l’insoluble question palestinienne, allant de l’avant sans en avoir jamais trouvé la solution, à l’aveugle, vers la catastrophe.

          Israël fut un projet mal pensé, mal conçu, violemment réalisé. Il ne doit pas son existence au génie de ses pères fondateurs mais à des forces historiques autrement puissantes : l’oppression, l’extermination, l’abandon des #Juifs_d’Europe. Jamais les #sionistes ne seraient parvenus à leurs fins si le monde occidental tout entier, coupable, complice ou passif, ne leur avaient prêté la main. C’est pourquoi tant d’esprits lucides, après-guerre, ont été ambivalents. Pierre #Vidal-Naquet, Raymond #Aron, Maxime Rodinson ou encore Theodor #Adorno suivaient avec angoisse la croissance d’un Etat dont ils n’avaient pas soutenu la création, dont ils craignaient l’évolution, mais pour la population duquel ils ressentaient une profonde compassion. Même un partisan comme Albert Memmi pressentait l’impasse dans laquelle s’enfonçait Israël. Fidèle entre les fidèles, Vladimir #Jankélévich lui-même finit par manifester devant l’ambassade d’Israël contre la première guerre du Liban. Ce furent les décennies de l’ambivalence : on ne voyait pas, on n’a jamais vu, de perspective de paix en #Palestine, et pourtant on ne pouvait pas abandonner Israël. On était réduit à espérer que la société israélienne elle-même bougerait.

          L’histoire n’est jamais écrite. #Israël n’est pas le seul pays né du crime, et pas non plus le seul pays né du #colonialisme de peuplement. Son origine, si violente soit elle, ne déterminait pas sa fin. Il eût fallu qu’Israël évolue, qu’il connaisse son mouvement pour les droits civiques, son Mai 68, sa jeunesse antiraciste. C’est le contraire qui s’est produit. Parqués derrière un mur, les Palestiniens sont devenus l’invisible support de toutes les haines. La #shoah est devenue religion nationale mortifère. Le fanatisme a pénétré jusqu’au sommet de l’Etat. Soixante ans d’accoutumance à la violence dès la jeunesse ont sapé les capacités humaines fondamentales d’un peuple. Sans doute n’ai-je pris que faiblement et tardivement conscience de ces mutations profondes de la société israélienne. Je me suis fait des illusions sur Israël, non sur les crimes qu’il commettait, sur l’injustice structurelle qui le fondait, mais sur ses ressources spirituelles. Ce sont ces illusions qui se sont effondrées le 7 octobre.

          J’ai d’emblée, le 7 octobre, pensé à ce qui allait suivre. Alors que j’appelais mon ami Noam pour m’assurer qu’il était vivant, mon effroi se projetait déjà vers les crimes qu’Israël allait commettre. Il n’y avait aucun doute à avoir : la riposte serait au-delà de tout ce que l’on avait connu, et elle serait soutenue par la population. L’horreur des événements qui ont suivi ont encore dépassé mes craintes. Et l’ambivalence est morte quand il est devenu manifeste qu’Israël n’avait plus d’illusion sur lui-même : que ses gouvernants assumaient sans ambages, sans pudeur, leur pulsion meurtrière. Se faire illusion sur soi-même, c’est encore quelque chose : c’est ce qui permet une prise de conscience qu’on n’est pas tel qu’on voudrait être. Quand, la prise de conscience ayant eu lieu, on décide de rester tel qu’on est, que reste-t-il à espérer ?

          Le 7 octobre, j’ai craint intuitivement qu’Israël ne se damne sans retour. J’ai été d’autant plus anxieusement porté à dire ce qu’avaient été ses ambivalences ; à rappeler de quelle terrible histoire ce pays, ce piège, est né. Je ne supportais pas que les crimes qui s’annonçaient soient rétrospectivement imputés à tant de personnes merveilleuses, Kafka, Magnes, Buber, Jankelevich, Memmi, qui tous ont ressenti un profond besoin d’Israël. Je ne pouvais pas accepter que les crimes d’Israël permettent de balayer d’un revers de main le besoin auquel Israël devait répondre et de criminaliser, par-delà ses actions, l’aspiration dont l’Etat hébreu était né. Pourquoi cela m’était-il à ce point intolérable ? Il m’a fallu des mois pour trouver la réponse à cette question.

          Petit-fils de déportés, j’ai grandi dans l’ombre de la shoah et j’ai tout fait pour m’en extraire. Ma sœur et moi refusions obstinément d’écouter ce que notre mère voulait nous en dire. Il est des mémoires qui ne peuvent se transmettre sans empoisonner. Je me suis passionné pour bien des choses dans ma vie mais je n’ai jamais lu le moindre livre sur la déportation. Encore aujourd’hui, je sais que mes grands-parents furent déportés à Mauthausen et Ravensbrück mais je ne sais jamais lequel fut envoyé dans quel camp. J’ai fini par comprendre cette année que j’avais déplacé ma question juive de la shoah vers Israël et qu’en défendant Israël – non pas ses actes, mais son idée, quand bien même il eût mieux valu que celle-ci ne se réalise jamais – je défendais à ma manière la mémoire de la déportation. Je crois être parvenu à une analyse historique assez étayée d’Israël ; je constate pourtant, rétrospectivement, que cette analyse est la projection dans l’Histoire de ma propre histoire.

          La violence commise par Israël est pour moi la continuation de la violence de la Shoah. Le peuple Israélien m’apparaît comme un unique rescapé, hanté par la violence qu’il a subi, cherchant aveuglément un refuge, écartant violemment tout obstacle, ne sachant plus, dans la violence qu’il exerce, ce qui relève de la conquête, de la défense, de la vengeance ou de la compulsion post-traumatique. Chaque fois qu’Israël commet un crime, c’est comme si la shoah continuait : comme si le cercle interminable de la violence se perpétuait ; et les massacres du 7 octobre, dans leur cruauté excédant les impératifs de la résistance, apparaissent comme un signe de la contamination des Palestiniens par cette violence. Les Palestiniens, toutes mes rencontres, tous les récits le disent, sont de ces peuples à la douce hospitalité, tels que ceux que j’ai rencontrés, enfant, à l’orée du Sahara – mais c’est une autre histoire. De voir ce peuple-là infecté à son tour par la cruauté, c’est à désespérer. Je comprends ainsi ce que je cherche en Palestine, pourquoi j’ai les yeux braqués sur Israël : le dénouement de ma propre histoire, le moment où les victimes réussiront à s’arracher à la compulsion de la violence. Si Israël est un symptôme de la shoah, l’abcès de fixation de sa part intransmissible, la paix en Israël est la seule manière dont le gouffre de la shoah puisse se refermer. Si le 7 octobre est un jour noir pour moi, un jour de deuil, c’est parce que ce jour-là, je n’ai plus vu aucune raison d’espérer.

          Ma névrose est peut-être mauvaise historienne. Dans le monde entier, on s’indigne du déchaînement de violences à Gaza, au Liban, en Cisjordanie. Des voix juives participent à ce vaste mouvement. Elles se font même entendre en Israël, si rares soient-elles. Sauront-elles porter, au-delà du cercle de la vengeance, l’aspiration à la liberté partagée ? La mort travaille, la vie résiste. La vie est toujours la dernière raison d’espérer.

    • Une petite objection : les juifs d’aujourd’hui n’ont absolument rien subi concrètement de l’holocauste des années 40 (heureusement !). La majorité d’entre eux sont des personnes plutôt bien insérées socialement.

      Aucun de ceux que j’ai connu/que je connais, qu’ils soient des soutiens d’Israël, ou des critiques de cet état, ne m’ont paru « hantés par la violence de l’holocauste ». Ou alors, ils le cachent bien ...

      En France en tout cas, peu de juifs portent réellement une peur « que ça recommence ».

    • Pas du tout d’accord @stephane_m J’en veux pour signe, parmi d’innombrables exemples, ce titre du Monde (https://www.lemonde.fr/guerre-au-proche-orient/article/2024/10/07/le-7-octobre-nous-a-fait-repasser-en-mode-survie-en-israel-une-societe-dans-) : « Le 7-Octobre nous a fait repasser en mode survie » : en Israël, une société dans la peur et la confusion."
      Il m’a fallu aller dans le coeur de l’article pour comprendre que le "re" faisait allusion à l’anhilation des juifs durant la seconde GM dans le discours de ce jeune appelé, petit-fils de déporté si je me souviens bien...

    • Le passé ne passe pas. Oui, l’extermination nazie, est toujours là, même pour pour qui n’a pas eu d’ancêtre directement concerné. Et avant le nazisme, des siècles de persécutions, d’exils contraints, et parfois de massacre.

      C’est sur ce fond qu’Israël devient une sorte d’OAS de l’occident (mais dire cela c’est déjà supposer comme Bartov que l’occident peut lâcher ou contraindre son pion...). Ce que font les israéliens ce n’est pas juste jouer la carte occidentale de la région, ils font actuellement ce qu’ils ont appris de l’Europe, et encore autrement ce qu’ils ont appris de la conquête des Amériques (fabriquer des « indiens » à faire disparaître comme disait plus ou moins Saïd) .

      C’est en cela que ce qui a lieu a une portée universelle, par-dela toutes les condamnations justifiées d’Israël, par delà tous les camps en présence.

      Qui croira après cela aux leçons de l’histoire ?

      #répétition (et c’est pas celle de Schopenhauer)

      edit Et qui ne subit pas encore aujourd’hui le fait que le peuple de la philosophie, des personnes de haute culture (je cause pas d’Hitler mais de divers dignitaires et nazis ordinaires) aient pu organiser bureaucratiquement après l’avoir bricolé avec soin bien avant 1942 un massacre industriel de population ? Ceux qui ne pensent à rien à propos de l’espèce qui est la leur, la nôtre (oui, il s’en faut de peu que nous ne soyons pas tous des nazis allemands). Personne d’autre.

      again Sans oublier le traumatisme des rescapés et de leurs descendants, de ceux qui n’ont pas fait partie de ces 5 à 6 millions de morts du « simple fait » qu’ils étaient juifs.

    • idem tout à fait d’accord avec @gonzo et pas d’acc avec @stephane_m, on n’efface pas les stigmates et plaies (touchant une grande majorité des familles, si ce n’est l’ensemble) en une génération... ce serait vraiment mal (re)connaître ce qui me paraît une évidence.

    • Les traumatismes se transmettent. En sortir est difficile. L’exemple des violences intra-familiales est significatif. Pas de raison que ce soit différent pour les guerres et massacres. Ce qui devrait d’ailleurs nous mettre la puce à l’oreille quand certains tentent de faire comprendre que massacrer Gaza ou le Liban est un mauvais point d’appui pour espérer la paix à moyen ou long terme.

  • „Wer es sich leisten kann, hat sich ein Haus in Israel gekauft“
    https://www.morgenpost.de/politik/article407162154/wer-es-sich-leisten-kann-hat-sich-ein-haus-in-israel-gekauft.html

    Les agressions contre juifs en Allemagne sont un phénomène d’ampleur minuscule. Les actes criminels sont généralement d’origine individuelle et perpétrés par des auteurs dérangés. A cause de l’histoire de l’holocauste ils font objet d’une grande attention par les médias et les institutions. Le succès du parti d’extrême droite AfD aux élections en Thuringe et Saxe change la donne. Dans les parlements de ces Länder de véritables nazis occupent désormais plus de 30 pour cent des sièges.

    Il est tout à fait justifié d’appeler "nos" néonazis par ce terme. Il ne faut pourtant pas oublier les différences avec leurs prédécesseurs historiques si on veut les combattre d’une manière effective. Pour les 93.695 juifs (2020) d’Allemagne la menace se présente comme réelle. Cette interview explique le point de vue juif semi-officiel.

    2.9.2024 von Jan Jessen - Anita Havivs Eltern haben den Holocaust überlebt. Was sagt die Bildungsexpertin zu den Wahlergebnissen in Sachsen und Thüringen?


    Anita Haviv-Horiner, 64, verfolgt das politische Geschehen in Deutschland von Netanja in Israel aus. Die Publizistin und Bildungsexpertin stammt aus Wien, ist Tochter von Holocaust-Überlebenden, und 1979 nach Israel ausgewandert. Wir haben mit ihr über die Wahlen in Ostdeutschland gesprochen .

    Frau Haviv-Horiner, wie schockiert sind die Menschen in Israel über den Aufstieg der AfD in Deutschland und den Wahlsieg des rechtsextremen Landesverbandes in Thüringen?

    Anita Haviv-Horiner: Bei mir persönlich löst das ein sehr ungutes Gefühl aus. Wegen des Krieges sind wir aber aktuell sehr auf uns selbst fokussiert. Als Alexander Gauland vom Holocaust als einem „Vogelschiss der Geschichte“ sprach, hat das hier ein großes mediales Echo ausgelöst. Das ist jetzt nicht so. Den meisten Israelis ist auch nicht klar, welchen Einfluss die Wahlen in Bundesländern auf die Bundespolitik haben. Wenn die AfD bei den Bundestagwahlen ähnlich hohe Stimmenanteile holen würde, wäre das aber sicherlich ein sehr großes Thema in Israel.

    Gauland hat nach dem Hamas-Massaker vom 7. Oktober seine Solidarität mit Israel zum Ausdruck gebracht. Andere AfD-Politiker geben sich als Kämpfer gegen den Antisemitismus.

    Erstens sagen die das nicht einheitlich. Zweitens nehme ich ihnen das nicht ab. Ich halte die angebliche Solidarität mit Israel nur für vorgeschoben. Nach dem Motto: Der Feind meines Feindes ist mein Freund. Vor Kurzem habe ich im deutschen Fernsehen einen Beitrag über den Thüringer AfD-Landeschef Björn Höcke gesehen. Das ist eindeutig nationalsozialistisches Gedankengut, das da nach außen getragen wird.

    Kann ein Deutschland, in dem eine in Teilen rechtsextreme Partei so stark wird, noch ein verlässlicher Partner für Israel sein?

    Ich weiß nicht, wie Israel reagieren wird, wenn die AfD oder ihre Erasmus-Stiftung bei uns anklopfen sollten. Aber der Rechtsruck ist ja eine globale Entwicklung. Wir sehen das auch in der israelischen Politik. Ich glaube, es herrscht viel Unsicherheit. Unsicherheit stärkt die Rechtsextremen überall auf der Welt. Als Bildungsexpertin frage ich mich natürlich, was wir falsch gemacht haben. Ich glaube, wir erreichen einfach nicht genügend Menschen.

    Was hat die deutsche Politik aus Ihrer Sicht falsch gemacht?

    Man hat zu lange die Augen vor den Gefahren sowohl des Rechtsextremismus wie auch des Islamismus zugemacht. Man hat nicht kontrolliert, wer ins Land kommt. Natürlich muss man zwischen Muslimen und Islamisten eine klare Trennungslinie ziehen. Aber der Islamismus wie auch der Rechtsextremismus müssen auf allen Ebenen entschlossener bekämpft und die Ängste der Menschen besser beantwortet werden. Die Demokratie muss sich gegen antidemokratische Kräfte mit all den ihr zu Verfügung stehenden Mitteln wehren.

    Was sagen Ihre jüdischen Freundinnen und Freunde in Deutschland Ihnen?

    Viele haben Angst. Wer es sich leisten kann, hat sich eine Wohnung oder ein Haus in Israel gekauft. Auf gepackten Koffern sitzen sie noch nicht. Aber sie haben im Hinterkopf, dass sie nach Israel ausreisen können, wenn es schlimmer wird.

    Page web d’Anita Haviv-Horiner
    https://www.anitahaviv.com

    Wien ist meine Heimatstadt, dort bin ich als Tochter von Holocaust-Überlebenden zur Welt gekommen und aufgewachsen. Die Geschichte und das Trauma meiner Eltern haben mich dazu bewogen, 1979 nach Israel zu ziehen. Die Auseinandersetzung mit meiner jüdischen Identität, mit dem Antisemitismus und zugleich mit Israel gehören zu meinen zentralen Lebensfragen und sind eng mit meinem beruflichen Werdegang verwoben.

    Nach dem Studium der Literaturwissenschaft an der Universität Tel Aviv absolvierte ich eine Reihe von Ausbildungen in den Bereichen Gruppenmoderation, Museumspädagogik, Management und Mediation.

    Meinen beruflichen Weg in der Entwicklung von Bildungsprojekten und der Konzeption und Leitung von Seminarprogrammen sowie der Ausbildung von Moderierenden begann ich in der Holocaust-Gedenkstätte Massua in Tel Yitzhak. Anschließend war ich mehrere Jahre in der internationalen Abteilung des Museums of the Jewish People in Tel Aviv und der Gedenkstätte Beit Terezin im Kibbuz Givat Chaim tätig.

    Im Israel-Büro der Friedrich-Ebert-Stiftung war ich neun Jahre lang Projektmanagerin. Die von mir betreuten und mitgestalteten Projekte konzentrieren sich auf die israelische Gesellschaft, das Holocaust-Gedenken und Genderfragen.

    Als freischaffende Bildungsexpertin, Autorin und Publizistin integriere ich heute alle Themen in meine Arbeit, mit denen ich mich im Laufe meiner breitgefächerten Tätigkeit beschäftigt habe.

    Parallel dazu leite ich die Programm-Agentur Israel Encounter Programs, die ich 1992 mitbegründet habe.

    #Allemagne #Israel #extrême_droite #sionisme #juifs

  • L’abbé Pierre est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, annoncent Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre
    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/l-abbe-pierre-est-accuse-de-violences-sexuelles-par-plusieurs-femmes-an

    L’abbé Pierre est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, ont annoncé mercredi 17 juillet la Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs International et Emmaüs France. Les faits dénoncés ont été commis « entre la fin des années 1970 et 2005 », écrivent ces organisations dans un communiqué.

    Emmaüs France dit avoir mandaté un cabinet d’experts après un signalement en 2023. Dans son rapport d’enquête (PDF) publié en juillet 2024, ce cabinet mentionne au total « 7 personnes faisant état de violences subies par des femmes de la part de l’abbé Pierre ». L’une d’elles « était mineure au moment des premiers faits ». De plus, « au moins cinq personnes supplémentaires ont été identifiées comme ayant pu subir des faits de violences sans qu’il ne soit à ce stade possible de les entendre ».

    Ah mais merde.

    • avec ou sans Garaudy ?

      L’abbé Pierre, un antijudaïsme qui date.
      Dès 1993, il développait des thèses contre les Juifs et Israël. Publication inédite.
      par Annette LEVY-WILLARD, le 7 juin 1996 à 7h15

      Deux personnes au moins n’ont pas été surprises des dérives antijuives de l’abbé Pierre ­ qui se dit maintenant victime d’un « lobby sioniste international » : Michel-Antoine Burnier (écrivain et journaliste) et Cécile Romane (écrivain), qui enregistraient en 1993 les discussions entre l’abbé Pierre et Bernard Kouchner, quand ils préparaient ensemble un livre d’entretiens, Dieu et les hommes. Les déclarations de l’abbé Pierre étaient tellement gênantes qu’elles ne figureront pas dans le livre (paru chez Laffont). Burnier et Romane ont repris ces propos inédits, ainsi que l’interview parue en 1991 dans la revue catholique la Vie, où, déjà, l’abbé Pierre s’interrogeait sur le droit à l’existence d’Israël. Ils ont rassemblé dans un petit livre, le Secret de l’abbé Pierre (1), ces textes accablants qui prouvent que le soutien aux thèses négationnistes de Garaudy n’est pas un accident. Ils ont analysé le discours de l’abbé Pierre et ont apporté des réponses, des chiffres, à ceux qui pourraient se poser des questions sur le génocide des Juifs. Rencontre avec les auteurs.

      En 1993, l’abbé Pierre se lance, devant vous et Bernard Kouchner, dans une diatribe antijuive. Pourquoi décidez-vous de censurer ses propos ?

      C’était le 27 mars 1993, à Esteville, chez l’abbé Pierre. Bernard Kouchner et l’abbé étaient assis côte à côte, nous étions en face, avec chacun un magnétophone. Nous voulions aborder le chapitre de la protection des minorités. On ne parlait pas des #Juifs. Et on découvre que, pour l’abbé Pierre, le terme de « génocide », de « Shoah », s’applique non aux Juifs mais, à l’inverse, aux victimes de Josué, il y a trente siècles. Il semblait ignorer que le mot de « génocide » a justement été inventé en 1944 pour les Juifs et les Tsiganes. Or, l’abbé nous dit alors : mais non, ce sont les Juifs qui ont commis le premier génocide, avec Josué. Cet amalgame, qui faisait un raccourci de trente siècles pour condamner les Juifs d’aujourd’hui, nous semblait dangereux, mais nous n’avons pas pensé une minute qu’il allait glisser plus loin. On était très embarrassés. La pensée d’un vieux prêtre qui ratiocine dans sa chambre n’a pas d’importance. Mais si l’homme le plus populaire de France dit du mal des Juifs, c’est autoriser la France entière à penser : c’est peut-être vrai... On a décidé de ne pas publier cette discussion. Quand il a soutenu publiquement #Garaudy, on n’a donc pas été surpris. On savait qu’il n’était pas gâteux, qu’il pesait ses mots : il disait la même chose il y a trois ans.

      Vous qui le connaissez bien, vous voyez l’abbé Pierre glisser « d’un antijudaïsme religieux ranci à la promotion, même involontaire, du #négationnisme ». Comment expliquez-vous ce glissement ?

      Il parle de Dieu et de la Bible tout le temps, ne lit que des livres de religion. L’abbé est d’une grande inculture historique. En 1993, il nous a confié qu’il venait de comprendre, en lisant un livre, comment Hitler avait pris le pouvoir. Il a réellement risqué sa vie tous les jours à partir de 1942 pour sauver des Juifs, mais il n’est pas au courant des travaux historiques sur la Shoah. Il ne croit pas Kouchner, mais Garaudy qui lui explique que la Shoah est un mensonge. Que l’abbé soit, depuis cinquante ans, l’ami de Garaudy, l’homme le plus nul du marxisme français, l’homme qui a non seulement nié le Goulag mais défendu les thèses les plus imbéciles sur la science bourgeoise, dont la faiblesse de pensée saute aux yeux, cela pose problème.

      Il ne s’interroge pas sur son ami Garaudy qui prend pour avocat Jacques Vergès, défenseur de Barbie, des nazis et des satrapes rouges ou bruns du tiers monde. Il part de l’#antijudaïsme_religieux, s’entend très bien avec Garaudy sur le sujet, et du coup passe de l’antijudaïsme religieux à l’antisionisme. Dans l’interview à la Vie, l’abbé Pierre met en cause la promesse de Dieu à Moïse il y a trente siècles, puis l’autre fondement de l’Etat d’Israël : Auschwitz. Où doivent aller les Juifs chassés d’Europe centrale, qui voulaient une terre et une armée ? Kouchner, au cours de la discussion de 1993, lui dit à propos d’Israël : « Quelle était la solution ? Est-ce que les Juifs devaient revenir sur cette terre où il y avait un foyer national pour les protéger ? » L’abbé ne répond pas. Il explique au contraire que les Juifs ne doivent pas réclamer de terre, qu’ils doivent rester dispersés, que c’est leur mission. Comme s’ils avaient choisi volontairement d’être chassés d’un pays à l’autre.

      L’abbé a déclaré, à propos des 6 millions de morts : « Les Juifs ont exagéré sous le coup de l’émotion, c’est bien normal. » On lui rappelle donc que le premier à avancer le chiffre de 6 millions n’était pas précisément un Juif ému : c’était Adolf Eichmann, à Budapest en 1944.

      Pensez-vous qu’il puisse aujourd’hui changer d’avis, et se démarquer publiquement des thèses négationnistes ?

      Un des traits de caractère de l’abbé, c’est d’être têtu. C’était bien pour faire construire des logements d’urgence, parce qu’il avait raison. Mais là, il refuse d’écouter. Il a préféré passer deux jours à Padoue avec Garaudy, et après, il parle de « lobby sioniste ». Il y a trois ans, on ne voulait pas déclencher ce débat. Aujourd’hui, on n’a plus le choix. Mais nous sommes tristes. L’abbé Pierre, on ne l’a plus, c’est fini.

      (1) Le Secret de l’abbé Pierre, Ed. Mille et une nuits, 48 pages, 10 F, en vente la semaine prochaine.

      #préféré_des_français

    • à ce propos, je le savais pas, mais un premier ministre putatif a déclaré aux législatives 2024 "on a dit que j’ai été trotskiste mais j’ai plus longtemps été enfant de choeur"
      #ce_sont_ses_propres_compatriotes_qui_l'ont_mis_sur_la_croix

      edit et cela n’a rien de marrant, pour revenir à ce cureton, qu’un gars qui a aussi sauvé de juifs durant l’Occupation en soit (dans le même temps ?) arrivé là.
      sinon, il me semble qu’on l’appelait Le patriarche, ce qui évente pour partie la surprise y compris pour qui n’avait « rien vu »(!?!) de son antisémitisme, ou de l’assujettissement dans lequel les « communautés Emmaus » mettent les « compagnons ».

  • Kenneth Stern, juriste américain : « Notre définition de l’antisémitisme n’a pas été conçue comme un outil de régulation de l’expression »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/21/kenneth-stern-juriste-americain-notre-definition-de-l-antisemitisme-n-a-pas-

    L’universitaire new-yorkais déplore, dans un entretien au « Monde », l’utilisation du concept d’antisémitisme à des fins politiques dans le cadre de la guerre Israël-Hamas.
    Propos recueillis par Valentine Faure

    Le juriste américain Kenneth Stern est directeur du Center for the Study of Hate de l’université de Bard (New York) et auteur de The Con­flict Over the Con­flict : The Israel/​Palestine Cam­pus Debate (University of Toronto Press, 2020, non traduit). Il a été le principal rédacteur du texte sur la définition de l’#antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), utilisée dans de nombreux pays, dont la France, où elle a été adoptée en 2019 par l’Assemblée nationale en tant qu’« instrument d’orientation utile en matière d’éducation et de formation et afin de soutenir les autorités judiciaires et répressives dans les efforts qu’elles déploient pour détecter et poursuivre les attaques antisémites ». Depuis plusieurs années, il s’élève contre le détournement de cette définition à des fins politiques, pour faire taire les propos critiques envers la politique du gouvernement israélien.

    Vous avez été le principal rédacteur de la définition de l’antisémitisme adoptée en 2016 par l’IHRA, une organisation intergouvernementale basée à Stockholm. Dans quel contexte est-elle née ?

    Après la deuxième Intifada [2000-2005], nous avons observé une nette résurgence de l’antisémitisme en Europe. Chargé de rédiger un rapport, l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes [EUMC] a identifié un problème : ceux qui collectaient les données dans différents pays d’Europe n’avaient pas de point de référence commun sur ce qu’ils devaient inclure ou exclure de leurs enquêtes. Ils travaillaient avec une définition temporaire qui décrivait l’antisémitisme comme une liste d’actes et de stéréotypes sur les #juifs. Les attaques liées à #Israël – lorsqu’un juif est visé en tant que représentant d’Israël – étaient exclues du champ de l’antisémitisme si l’agresseur n’adhérait pas à ces stéréotypes.

    En avril 2004, une école juive de Montréal a été incendiée en réaction à l’assassinat par Israël d’un dirigeant du Hamas. J’ai profité de l’occasion pour interpeller publiquement le directeur de l’EUMC sur le fait que, selon leur définition temporaire, cet acte n’était pas considéré comme antisémite. L’American Jewish Committee, où j’étais expert en matière d’antisémitisme, a pris l’initiative de travailler avec l’EUMC pour élaborer une nouvelle définition, dans le but principal d’aider les collecteurs de données à savoir ce qu’il faut recenser, à travers les frontières et le temps. Le texte liste onze exemples contemporains d’antisémitisme, parmi lesquels « la négation du droit du peuple juif à l’autodétermination » et l’application d’un traitement inégalitaire à Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés d’une autre nation. Les exemples reflètent une corrélation entre ces types de discours et le niveau d’antisémitisme. Il ne s’agit cependant pas de dire qu’il y a un lien de cause à effet, ou que toute personne tenant de tels propos devrait être qualifiée d’antisémite.

    Aujourd’hui, vous regrettez l’usage qui a été fait de ce texte. Pourquoi ?

    Depuis 2010, des groupes de la #droite_juive américaine ont tenté de s’approprier cette définition, de la marier aux pouvoirs conférés par le Title VI (la loi de 1964 sur les droits civils, qui protège contre la discrimination fondée sur la race, la couleur et l’origine nationale) et de l’utiliser pour tenter de censurer les discours propalestiniens sur les campus. En 2019, Donald Trump a signé un décret exigeant que le gouvernement analyse les plaintes pour antisémitisme en tenant compte de cette définition. Une violation du Title VI peut entraîner le retrait des fonds fédéraux aux établissements d’enseignement supérieur. Au moment de l’adoption de ce décret, Jared Kushner, le gendre de Trump, a clairement indiqué son objectif dans une tribune au New York Times : qualifier tout #antisionisme d’antisémitisme.

    Or, notre définition n’a pas été conçue comme un outil de régulation de l’expression. Sur les campus universitaires, les étudiants ont le droit absolu de ne pas être harcelés ou intimidés. Mais il est acceptable d’être dérangé par des idées. Nous ne voudrions pas que la définition du #racisme utilisée sur les campus inclue l’opposition à la discrimination positive ou à Black Lives Matter, par exemple. L’université est censée être un lieu où les étudiants sont exposés à des idées, où ils apprennent à négocier avec la contradiction, etc. Nous devons être en mesure de répondre et d’argumenter face à ces discours.

    Lors de son témoignage au Congrès sur l’antisémitisme, dans le contexte de manifestations propalestiniennes sur les campus américains, à la question de savoir si « appeler au génocide des juifs violait le règlement sur le harcèlement à Harvard », Claudine Gay, qui était alors présidente de cette université, a répondu que « cela peut, en fonction du contexte ». Comment comprendre cette réponse ?

    Les universités, publiques comme privées, sont tenues de respecter le premier amendement, qui garantit la #liberté_d’expression. La distinction générale du premier amendement est la suivante. Je peux dire : « Je pense que tous les “X” devraient être tués » ; je ne peux pas crier cela si je suis avec un groupe de skinheads brandissant des battes et qu’il y a un « X » qui marche dans la rue à ce moment-là. La situation doit présenter une urgence et un danger. Il y a une distinction fondamentale entre le fait d’être intimidé, harcelé, discriminé, et le fait d’entendre des propos profondément dérangeants. David Duke [homme politique américain, néonazi, ancien leader du Ku Klux Klan] a été vilipendé, mais pas sanctionné, lorsque, étudiant dans les années 1970, il disait que les juifs devraient être exterminés et les Noirs renvoyés en Afrique, et qu’il portait même un uniforme nazi sur le campus. S’il avait été renvoyé, il serait devenu un martyr du premier amendement.

    La suspension de certaines sections du groupe des Students for Justice in Palestine [qui s’est illustré depuis le 7 octobre 2023 par ses messages de soutien au Hamas] est profondément troublante. Les étudiants doivent pouvoir exprimer des idées, si répugnantes soient-elles. La distinction que j’utilise ne se situe pas entre les mots et l’acte, mais entre l’expression (qui peut se faire par d’autres moyens que les mots) et le harcèlement, l’intimidation, les brimades et la discrimination, qui peuvent se faire par des mots également – de vraies menaces, par exemple. En d’autres termes, oui, cela dépend du contexte. Claudine Gay [qui a démissionné depuis] avait donc raison dans sa réponse, même si elle s’est montrée sourde au climat politique.

    Comment analysez-vous la décision de la présidente de Columbia, suivie par d’autres, d’envoyer la police pour déloger les manifestants propalestiniens ?

    La décision de faire appel à la police aussi rapidement n’a fait qu’enflammer la situation. Les campements ont probablement violé les règles qui encadrent le droit de manifester sur le campus. Mais faire appel à la police pour arrêter des étudiants devrait être, comme lorsqu’un pays entre en guerre, la dernière mesure prise par nécessité. D’autres #campus qui connaissent des manifestations similaires ont abordé le problème différemment, déclarant que, tant qu’il n’y a pas de violence ou de harcèlement, ils ne feront pas appel à la #police.

    Vous parlez de « zone grise » de l’antisémitisme. Qu’entendez-vous par là ?

    Dans sa forme la plus dangereuse, l’antisémitisme est une théorie du complot : les juifs sont considérés comme conspirant pour nuire aux non-juifs, ce qui permet d’expliquer ce qui ne va pas dans le monde. Mais voici une question plus difficile : « Où se situe la limite entre la critique légitime d’Israël et l’antisémitisme ? » Cette question porte davantage sur notre besoin de délimitations que sur ce que nous voulons délimiter. Nous voulons simplifier ce qui est complexe, catégoriser un propos et le condamner. L’antisémitisme, pour l’essentiel, ne fonctionne pas ainsi : on peut être « un peu » antisémite ou, plus précisément, avoir des opinions qui se situent dans la zone grise.

    La question la plus épineuse à cet égard demeure celle de l’antisionisme.

    Moi-même sioniste convaincu, je souffre d’entendre dire qu’Israël ne devrait pas exister en tant qu’Etat juif. Je comprends les arguments de ceux qui assurent qu’une telle conception est antisémite : pourquoi les juifs devraient-ils se voir refuser le droit à l’autodétermination dans leur patrie historique ? Mais l’opposition à l’idée d’un #Etat_juif est-elle intrinsèquement antisémite ? Imaginez un Palestinien dont la famille a été déplacée en 1948. Son opposition au sionisme est-elle due à une croyance en un complot juif ou au fait que la création d’Israël lui a porté préjudice, à lui et à ses aspirations nationales ? Et si vous êtes une personne qui s’identifie à la gauche et qui a décidé d’embrasser la cause palestinienne, est-ce parce que vous considérez que la dépossession des #Palestiniens est injuste, parce que vous détestez les juifs et/ou que vous voyez le monde inondé de conspirations juives, ou quelque chose entre les deux ?

    Certains #étudiants juifs sionistes progressistes se plaignent d’être exclus d’associations (de groupes antiracistes et de victimes de violences sexuelles, par exemple) par des camarades de classe qui prétendent que les sionistes ne peuvent pas être progressistes. Or il y a eu de nombreuses annulations d’intervenants perçus comme conservateurs et n’ayant rien à voir avec Israël ou les juifs, comme Charles Murray [essayiste aux thèses controversées] ou Ann Coulter [polémiste républicaine]. Le militant sioniste est-il exclu parce qu’il est juif ou parce qu’il est considéré comme conservateur ? L’exclusion peut être une forme de maccarthysme, mais n’est pas nécessairement antisémite. A l’inverse, certaines organisations sionistes, sur les campus et en dehors, n’autorisent pas des groupes comme Breaking the Silence ou IfNotNow – considérés comme trop critiques à l’égard d’Israël – à s’associer avec elles.

    La complexité du conflit israélo-palestinien, dites-vous, devrait en faire un exemple idéal de la manière d’enseigner la pensée critique et de mener des discussions difficiles…

    Pensez à l’articulation entre distorsion historique, antisionisme et antisémitisme. Le lien ancien entre les juifs et la terre d’Israël est un fondement essentiel du sionisme pour la plupart des juifs. Est-ce une distorsion historique que d’ignorer cette histoire, de considérer que le sionisme a commencé dans les années 1880 avec Herzl et l’#immigration de juifs européens fuyant l’antisémitisme et venant en Palestine, où les Arabes – et non les juifs – étaient majoritaires ? S’agit-il d’antisémitisme, au même titre que le déni de la Shoah, lorsque les antisionistes font commencer cette histoire à un point différent de celui des sionistes, à la fin du XIXe siècle, et omettent une histoire que de nombreux juifs considèrent comme fondamentale ? Un collègue de Bard, qui s’inquiétait de voir les étudiants utiliser des termes tels que « #colonialisme_de_peuplement », « #génocide », « sionisme », a décidé de mettre en place un cours qui approfondit chacun de ces termes. Je réserve le terme « #antisémite » aux cas les plus évidents. En fin de compte, la tentative de tracer des lignes claires ne fait qu’obscurcir la conversation.

  • Samedi, la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est consacrée pleinement à une grande cause d’importance nationale en serial-likant sur un thème unique les messages suivants :
    https://twitter.com/YaelBRAUNPIVET/likes

    Elisabeth Lévy
    https://twitter.com/ELevyCauseur/status/1789344440231895236

    Ce soir, pour la première fois de ma vie, je voterai à l’Eurovision. Et j’invite tous ceux qui veulent clouer le bec de l’horreur boréale, des islamo-insoumis et de tous les nigauds qui croient soutenir les Palestiniens en clamant leur haine d’Israel et/ou des juifs à faire de même. Tous avec Éden !

    Astrid Panosyan-Bouvet (à propos d’une manif « à Malmö pour protester contre l’autorisation d’Israël de participer au concours Eurovision »)
    https://twitter.com/AstridPanosyan/status/1789333031620067579

    J’avais déjà une mauvaise image de Malmö comme étant une des grandes villes d’Europe dans laquelle la communauté juive s’était réduite à peau de chagrin ces dernières années en raison de l’antisémitisme persistant, mais là je dois dire que cela dépasse l’entendement.
    Abject.

    Bernard-Henri Lévy
    https://twitter.com/BHL/status/1789186396109901840

    Je n’ai jamais voté à l’#Eurovision. Mais je voterai #EdenGolan. Parce qu’elle est talentueuse. Parce qu’elle est courageuse. Et parce que, dans ce monde devenu fou, face au vent de haine contre les #Juifs sans précédent depuis 80 ans, face à la bêtise, sa victoire fera date.

    La Licra
    https://twitter.com/_LICRA_/status/1789323102523883725

    Le Concours #Eurovision2024 n’est pas réservé aux Européens mais il met à l’épreuve, en pareilles circonstances, nos valeurs communes.
    À Malmö doit triompher un message de paix et non l’extrémisme radical dont certains élus français se font les sinistres complices.
    #EdenGolan

    Et hier d’annoncer fièrement :
    https://twitter.com/YaelBRAUNPIVET/status/1789419742878486535

    Pour la 1ère fois…
    A voté 🗳
    #Eurovision

    J’admire ce sens de la mesure.

  • Thread by sim_kern on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1786500008742687217.html

    Jewish author here, and for years I’ve used my social media to teach folks about the history of “antisemitism,” but I will not be using that term anymore. And to fully explain why, we need to get clear on the history of the word. 1/🧵

    Jews facing hate and violence in Europe is as old as the Roman adoption of Christianity, but the term “antisemitism is far more recent. It was first popularized in the 1860’s by #Wilhelm_Marr, the original redpilled, alt-right racistbro. 2/🧵

    In his youth, he fought for minority rights. But after life kicked him in the teeth a bit—a failed revolution, a failed business in Costa Rica, two divorces, one from a Jewish woman, and another Jewish wife who died on him, he decides his WHOLE THING is going to be hating J’s. 3/

    At the time, regular-ol’ J Hate was called just that—“#Judenhass.” Wilhelm Marr turned this hate into politics. In 1871, German Jews were legally emancipated. And In 1879 Wilhelm Marr establishes the “League of #Antisemites,” whose main goal was reversing Jewish emancipation. 4/

    Always has to be a backlash to anti-racist progress, doesn’t there? Same shit as Neo-NZ’s rebranding themselves as “alt right” following the Obama presidency. Marr coined a new term to legitimize an old hate, establishing the political framework that would become the N-Z party.5/

    The “Semite” in anti-semitism came from 18th c. linguistics, which divided languages with so-called “Aryan” roots from those with “Semitic” roots such as Hebrew. Proof, according to galaxy-brained racial scientists, that Jews and Christian Germans were different races. 6/

    –Pause to remember that #race science is not real, & race is always a social construct-
    Now, traditionally us J’s had been hated since the middle ages because Christians thought we were 🧙‍♂️’s who worshipped the 👿and drank 🩸, and if we’d just convert to Christianity, fine! 7/

    But self-proclaimed Antisemites were modern, secular men, who hated us because of “science.” This meant no matter what Jews did, how much we assimilated, secularized, or even converted, we would always be a threat to Germany. Because our “badness” was racial, was in our blood. 8/

    In the early twentieth century, Jewish writers such as #Lucien_Wolf, were careful to distinguish between this new antisemitism thing happening in German versus “traditional” J-Hate in Russia, which was that old superstition that was sure to die out in the modern world. 9/

    In the 1880’s Zionism starts gaining popularity alongside “antisemitism.” Wolf was fiercely antizionist, because he saw Z’a enacting all the antisemites’ worst fantasies. Antisemites claimed Jews could never be truly German and…Zionist Jews were saying the same thing. 10/

    Wolf fought for minority rights at the Paris Peace Conference after World War I and secured the “minority treaties” from the League of Nations, which were SUPPOSED to protect Jews and other ethnic and religious minorities across Europe. But that…obviously did not work out. 11/

    Because following WWI, half of Europe is desperately impoverished, and desperately impoverished people are easy to manipulate into hateful mobs, and self-proclaimed “antisemitic” politicians took full advantage of that to get elected. 12/

    So there’s this explosion of anti-Jewish hate, violence, and discriminatory laws, and by the 1930’s, Wolf and other Jewish writers have dropped this distinction between “Judenhass,” and “antisemitism," and the terms are used synonymously. 13/

    But the word transforms again with the violent, colonial creation of the state of Israel in 1948. Because Zionists, at this point, start claiming that any criticism of their Jewish state, is antisemitism. (A conflation that’s always been contested by antizionist Jews). 14/

    In “In the article “Towards a History of the Term Antisemitism,” (free to read!) David Feldman sums up the absurdity of this conflation. “the creation of the state of Israel transformed the relationship of Jews to state power” and to minorities. 15/

    Jews in 1930s Germany had far more in common with Palestinians today than w/Israeli Jews, in terms of oppression.

    Because antisemitism in Germany THEN was white supremacy. And anti-Palestinian hate NOW is white supremacy. All that’s changed is who gets to define whiteness. 16/

    So when the US Congress says, “anti-zionism is antisemitism,” that’s like saying a thing is its opposite. It’s as absurd as saying, “anti-racism is racism.” Now I don’t think we should let Congress decide…much of anything, including the meanings of words... 17/

    But the term is also confusing. Every time I use it lately, I get a flood of comments saying, “Arabs are semites too, so being anti-Palestinian IS anti-semitic.” And I used to respond, well, words don’t always mean exactly the sum of their parts... 18/

    Antisemitism was coined to mean J-hate, and has always been used to mean J-hate. And besides the whole category of “semite” is this relic of bogus race science. But regardless, Palestinians and Arabs more broadly feel erased by the term, and we should take that seriously. 19/

    More and more, I don’t see the point in “fighting” for this term that was coined by H*tler’s idol, is based on 18th-century race science, and that Zionists use so often, in such fatuous, bad-faith, obfuscating ways that I’m starting to flinch at the sound of it. 20/

    So I’m going back to the OG term “Judenhass,” specifically, I’m gonna say “anti-Jewish hate.” That’s actually one syllable fewer than antisemitism. And it’s clearer, and doesn’t carry all this racist baggage. 21/

    And I’m also fundraising this week for a family in Gaza. If you appreciated/ learned something from this thread, please donate what you can spare to Alaa, who’s 8 months pregnant. She needs to evacuate so she can deliver her baby in a hospital. 22/

    If you donate at least $6, you can enter a giveaway for a signed, first-edition copy of my book THE FREE PEOPLE’S VILLAGE by sending a screenshot of your receipt to T4Gaza[at]gmail[dot]com. I’ll choose the winner on Monday! /end

    #antisémitisme #sémites #Arabes #Juifs #judaïsme #antisionisme #racistes #suprémacisme #suprémacistes #sionisme #sionistes

  • Zionism Killed the Jewish-Muslim World -An interview with Ariella Aïsha Azoulay
    https://jacobin.com/2024/04/zionism-palestinian-jews-imperialism-history


    Jews in the town of Buqei’a, Palestine, circa 1930. (Keren Kayemet Leyisrael via Wikimedia Commons)

    11.4.2024 interview by Linda Xheza - In an interview with Jacobin, filmmaker and academic Ariella Aïsha Azoulay traces how Western powers’ exploitation of Zionism led not just to the ethnic cleansing of Palestine but to the demise of Jewish communities across the Middle East.

    Born in Israel, Ariella Aïsha Azoulay, a filmmaker, curator, and academic, rejects the identity of Israeli. Before becoming an Israeli at age nineteen, her mother was simply a Palestinian Jew. For much of history, there was nothing unusual in this combination of words. In Palestine, a Jewish minority lived peacefully alongside the Muslim majority for centuries.

    This changed with the Zionist movement and the foundation of Israel. The ethnic cleansing of Jews from Europe would lead, thanks to European Zionists, not only to that of Muslims from Palestine but of Jews from the rest of the Middle East, with nearly a million fleeing as a result of the 1948 Arab-Israeli War, many to Israel.

    In an interview with Jacobin, Azoulay contextualizes Israel’s genocide in Gaza in the long history of European and US imperialism. Azoulay is a professor of comparative literature at Brown and the author of Potential History: Unlearning Imperialism (Verso, 2019).

    Linda Xheza

    You identify as a Palestinian Jew. Could you tell us more about this? To many people these words stand in opposition.

    Ariella Aïsha Azoulay

    That these terms are understood as mutually exclusive, or in opposition, as you suggest, is a symptom of two centuries of violence. In a lapse of a few generations, diverse Jews who lived all over the world have been deprived of their various attachments to land, languages, communities, occupations, and forms of sharing the world.

    The question that should preoccupy us is not how to make sense of the supposed impossibility of Palestinian-Jewish identity but rather the reverse: How it is that the fabricated identity known as Israeli became recognized by many across the globe after the creation of the state in 1948 as an ordinary one? Not only does this identity obscure the history and memory of diverse communities and forms of Jewish life, but it also obscures the history and memory of what Europe did to the Jews in Europe and in Africa and Asia in its colonial projects.

    Israel has a shared interest with those imperial powers to obscure the fact that “the state of Israel was not created for the salvation of the Jews; it was created for the salvation of the Western interests,” as James Baldwin wrote in 1979 in his “Open Letter to the Born Again.” In his letter, Baldwin lucidly compares the Euro-American colonial project for the Jews with the US project for blacks in Liberia: “The white Americans responsible for sending black slaves to Liberia (where they are still slaving for the Firestone Rubber Plantation) did not do this to set them free. They despised them, and they wanted to get rid of them.”

    Prior to the proclamation of the State of Israel and its immediate recognition by the imperial powers, Palestinian-Jewish identity was one of many that existed in Palestine. The term “Palestinian” was not yet connotated with racialized meaning. My maternal ancestors, who were expelled from Spain in the late fifteenth century, ended up in Palestine before the Euro-Zionist movement began its actions there and before the movement gradually began conflating assisting Jews in response to antisemitic attacks in Europe with the imposition of a European-modeled project of colonization for Jews to partake in — a project not only construed as one of Jewish liberation but predicated upon European crusade against Arabs. Decolonization requires recovering the plural identities that once existed in Palestine and other places in the Ottoman Empire, notably ones whereby Jews and Muslims coexisted.

    Linda Xheza

    In your most recent film, The World Like a Jewel in the Hand, you discuss the destruction of a shared Muslim-Jewish world. You foreground a call by Jews who, in the late 1940s, rejected the European Zionist campaign and urged their fellow Jews to resist the destruction of Palestine. Given the recent destruction of lives, infrastructure, and monuments in Gaza, do you think it is still possible for Jews and Muslims to reclaim their shared world?

    Ariella Aïsha Azoulay

    First, the historical part. Zionists have sought to forever erase this call by anti-Zionist Jews from our memories. These Jewish elders were part of a Jewish-Muslim world, and they didn’t want to depart from it. They warned against the danger Zionism posed to Jews like them across this world that existed between North Africa and the Middle East, including in Palestine.

    We must recall that until the end of World War II, Zionism was a marginal and unimportant movement among Jewish peoples around the world. Hence, until that time, our elders didn’t even have to oppose Zionism; they could simply ignore it. It was only after World War II, when the surviving Jews in Europe — who were mostly not Zionists prior to the war — had almost nowhere to go, that Euro-American imperial powers seized the opportunity to support the Zionist project. For them, it was a viable alternative to having Jews remain in Europe or migrate to the United States, and they used the international organs they created to accelerate its realization.

    In so doing, they propagated the lie that their actions constituted a Jewish liberation project, while, in actuality, this project perpetuated the eradication of diverse Jewish communities far beyond Europe. And even worse, Jewish liberation was leveraged as a license and reason to destroy Palestine. This could not have been pursued without a growing number of Jews becoming Europe’s mercenaries: Jews who had migrated to Palestine while fleeing from or after surviving genocide in Europe, the Palestinian Jews who predated the arrival of the Zionists, and those Jews who were lured to come to Palestine or left with no other choice but to depart from the Muslim-Jewish world since Israel was established, with a clear agenda, to be an anti-Muslim and anti-Arab state — all were encouraged by Europe and European Zionists to see Arabs and Muslims as their enemies.

    We should not forget that Muslims and Arabs were never the enemies of the Jews and, moreover, that many of these Jews living in the majority-Muslim world were themselves Arabs. It is only with the creation of the State of Israel that these two categories — Jews and Arabs — became mutually exclusive.

    The destruction of this Jewish-Muslim world following World War II enabled the invention of a Judeo-Christian tradition, which would become, from that moment on, a reality, since Jews no longer lived outside of the Christian Western world. The survival of a Jewish regime in Israel required more settlers, and thus Jews of the Muslim-Jewish world were forced to leave to become part of this ethnostate. Detached and deprived of their rich and diverse histories, they could be socialized to this role assigned to them by Europe — mercenaries of this settler-colonial regime to restore Western power in the Middle East.

    Understanding this historical context doesn’t reduce the Zionist perpetrators’ responsibility for the crimes they committed against Palestinians over the decades; rather, it reminds one of Europe’s role in the destruction and extermination of Jewish communities mainly, but not only, in Europe, and its role in handing over Palestine to the Zionists, the alleged representatives of the survivors of this genocide who formed a Western post for these same European actors in the Middle East.

    Paradoxically, the only place in the world where Jews and Arabs — most of whom are Muslims — share the same piece of land today is between the river and the sea. But since 1948, this place has been defined by genocidal violence. The urgent questions now are how to stop the genocide and how to halt the introduction of more arms to this area.

    In Eichmann in Jerusalem, Hannah Arendt describes the contradictory sentiments felt by Jewish survivors of the Holocaust during the years they spent in camps for displaced persons in Europe. On the one hand, she said, the last thing they could imagine was to live once again with the perpetrators; on the other hand, she said, the thing they wanted most was to return to their places. It should not surprise us that after this genocide in Gaza, Palestinians may not be able to imagine sharing a world with their perpetrators, the Israelis. However, is that a proof that this world, where Arabs and Zionist Jews found themselves together, should also be destroyed to rebuild Palestine out of the ashes? It is only under the Euro-American imperial political imagination that a tragedy on the scale of World War II and the Holocaust could have ended with such brutal solutions as partitions, population transfers, ethno-independence, and the destruction of worlds.

    We, on a global scale, have an obligation to claim what I’ve called the right not to be a perpetrator and exercise it in any possible way. Dockworkers who refuse to ship arms to Israel, students who commit themselves to hunger strikes to pressure their universities to divest, Jews who disrupt with their communities and families and reclaim their ancestral rights to be and speak as anti-Zionists, protesters who occupy state buildings and train stations and risk being arrested — they are all motivated by this right even if they do not articulate it in these terms. They understand the role their governments, and more broadly the regimes under which they are governed as citizens, play in the perpetuation of this genocide, and they understand, as the common slogan says, that it is done in their name.

    Linda Xheza

    Those calling for a cease-fire are also Jewish. But even Jewish voices are being silenced. In Germany, for example, the work of well-established Jewish artists has been canceled. Do you think there is an interest in reinforcing a dominant narrative that has been in place since 1948 by the West and the State of Israel while suppressing Jewish voices that oppose the violence perpetrated in their name?

    Ariella Aïsha Azoulay

    It is true that Jewish voices are being silenced, but this is hardly anything new. Jewish voices were silenced immediately after World War II, when the survivors were left with no choice but to stay for years in deracinated camps. During that time, properties looted from their communities, rather than being either restituted to the places in Europe from where they were spoiled, were split by the National Library in Jerusalem and the Library of Congress in Washington like trophies. And not only was the collective trauma of the survivors — and us, their descendants — not attended to, we were silenced through this lie of a liberation project premised on a Zionist narrative of liberation through the colonization of Palestine, which would in turn provide Euro-American powers with another colony to service their imperial interests.

    The exceptionalization of the suffering of the Jews was not a Jewish discursive project but a Western one, part of the exceptionalization of the genocidal violence of the Nazis. In the grand narrative of Western triumph over this ultimate force of evil, the State of Israel became an emblem of Western fortitude and marked the endurance of the Euro-American imperial project. Within this grand narrative, Jews were forced to transform from traumatized survivors into perpetrators. Jews from all over the world were sent to win a demographic battle, without which the Israeli regime could not last. The second and third generations born to this project were born with no histories or memories of their anti-Zionist or non-Zionist ancestors, let alone memories of the other worlds of which their ancestors were part. What’s more, they were totally dissociated from the history of what Palestine used to be and from its destruction. Thus, they were easy prey for a nation-state marketed by the Zionists and Euro-American powers as the culmination of Jewish liberation.

    The Nakba, in this sense, was not only a genocidal campaign against Palestinians but also, at the same time, one against Jews, upon whom Europe forced another “solution” after the final one. Without the massive imperial powers’ funding and arms, the mass killing in Gaza would have ceased after a short while, and the Israelis would have to ask themselves what they were doing, how they arrived to this point, and would be forced to reckon with October 7 and ask themselves why it happened and how to achieve a sustainable life for everyone between the river and the sea.

    Jewish voices in places like Germany or France continue to be the first to be silenced in order to maintain both the Zionist colony and the fabricated cohesiveness of one Jewish people who could be represented by forces that sustain the Euro-American project of white supremacy. No more. The genocidal nature of the Israeli regime is exposed and can no longer be hidden from anyone.

    Linda Xheza

    Do you think there is still a possibility of hope for the Palestinians, and for the rest of us who want to claim a world to share with others?

    Ariella Aïsha Azoulay

    If there is no hope for Palestinians, there is no hope for any of us. The battle of Palestine exceeds Palestine, and the many who protest all around the world know it.

    • Je suis preneur pour des précisions sur les erreurs dans le texte.

      Cette histoire est un processus qu’on ne peut comprendre qu’en remontant jusqu’à la reconquista.

      cf. JUIFS D’AFRIQUE DU NORD ET EXPULSÉS D’ESPAGNE APRÈS 1492 on JSTOR
      https://www.jstor.org/stable/23671572

      Je ne suis pas spécialiste de la question alors j’ai noté l’article comme plein d’autres texte intéressants. D’ailleurs ce qui peut paraître comme situation insupportable aux uns peut bien se rapprocher d’un contexte justifiable ou idéal aux autres. Dans la cas présent on peut sans doute retenir qu’il y eu cohabitation entre juifs et musulmans en Afrique du nord et quelle était souvent plus supportable pour les juifs que la situation en Europe où on chassait les sorcières et pendait les prêteurs juifs quand on n’avait pas envie de les rembourser.

    • Je ne dis pas qu’il y a des erreurs dans ce texte -que j’avais également retenu pour son intérêt- mais qu’il élude la position minoritaire et dominée des Juifs dans les états musulmans, et les humiliations et conflits subis, qui ne découlent pas, compris indirectement des méfaits, bien plus terribles en effet, des états catholiques européens (il y a décidément plusieurs manières d’être occidentalo-centré)

      Que tu conclues en renvoyant les Juifs d’Europe au maniement et à la possessions de l’argent est éloquent. (il serait temps de situer avec précision_La question juive_ (1843) de Marx dans son parcours intellectuel et politique ; voir Rubel, Bensaïd).

      Les Juifs d’Europe ont dès le VIeme siècle interdiction de travailler la terre (chrétienne), tandis que les dhimmis juifs subissent celle, moins lourde, de monter à cheval et se voient eux-aussi, à l’occasion, imposer des vêtements distinctifs, comme ce fut le cas, à l’occasion là-aussi, en Europe.
      L’interdiction de travailler la terre c’est l’interdiction d’assurer sa subsistance sans en passer par l’argent comme moyen d’échange, de vendre le fruit d’un autre travail qu’agricole.

      Minoritaire, les Juifs ne l’étaient pas assez pour être tous impliqués dans des activités financière, bien loin de là ! On en trouve en Europe au fil des siècles, des floppées, une grande majorité, dans des métiers artisanaux et de petit commerce, sans lien avec « la finance », et bien souvent pauvres, voire très pauvres.

      La naissance d’une légende : Juifs et finance dans l’imaginaire bordelais du XVIIe siècle
      https://laviedesidees.fr/Les-Juifs-du-Moyen-Age-une

      Les juifs dans le Paris du vêtement et de la mode (avec une longue liste de métiers pratiqués, y compris hors textile)
      https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2006-2-page-4.htm

      #Juifs #Juifs-arabes

  • Une projection de « La Zone d’intérêt » présentée par un collectif de militants juifs antisionistes suscite la controverse

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/05/une-projection-de-la-zone-d-interet-presentee-par-un-collectif-de-militants-

    #antisionnisme

    Johann Chapoutot, spécialiste du #nazisme, a annulé sa participation à une soirée prévue mardi 6 février autour de la #projection de La Zone d’intérêt, le film de #Jonathan_Glazer sur la vie quotidienne de Rudolf Höss, le commandant d’#Auschwitz. Organisée au Grand Action, dans le 5e arrondissement de Paris, une rencontre entre l’historien et la chercheuse en langues, littératures et cultures arabes et #hébraïques Sadia Agsous-Bienstein devait être animée par le #collectif_juif_antisioniste Tsedek !.

    « Je ne peux pas, en conscience, participer à vos activités », a écrit, le 1er février, Johann Chapoutot à Samuel Leter, membre de Tsedek ! chargé de ce ciné-club. En cause : le communiqué du collectif publié le 7 octobre 2023. Dans ce message, toujours en ligne sur Instagram, le groupe écrit : « Il ne nous appartient pas de juger de la stratégie de la résistance palestinienne. Mais il est de notre responsabilité de rappeler sa légitimité fondamentale. »

    M. Chapoutot n’en avait pas connaissance avant la parution, le 1er février, d’un article de Télérama consacré à une première annulation de cet événement, lequel aurait dû se tenir le 30 janvier au Majestic Bastille, à Paris, avec Sadia Agsous-Bienstein (#Johann_Chapoutot ayant eu une contrainte d’agenda). « Ce n’était pas possible pour moi, explique le chercheur. Je suis spécialiste du nazisme et de la Shoah, le #Hamas est un mouvement #négationniste. Tuer des enfants et violer des femmes ne sont pas des actes de #résistance. Il s’agit d’un massacre de nature #terroriste, dont la dimension #antisémite ne peut pas être contestée. »

    Simon Assoun, un des porte-parole de Tsedek !, dénonce « une lecture malhonnête de ce communiqué », citant également celui que le collectif a publié le 12 octobre : « L’ampleur et la brutalité des massacres commis (…) doivent être dénoncées pour ce qu’ils sont : des crimes de guerre. Les centaines de vies israéliennes et palestiniennes arrachées nous meurtrissent. »

    « La Shoah fait partie de notre histoire »
    Samuel Leter affirme ne pas comprendre la réaction tardive de l’historien : « Dans le mail où il a accepté de participer à la rencontre, il dit qu’il admire notre courage ! » Dans ce message du 10 janvier 2024, Johann Chapoutot fait notamment référence à l’avocat Arié Alimi : « Je connais bien votre collectif, dont j’admire le courage, tout comme celui d’Arié, qui est, je crois, des vôtres. »

    En réalité, l’historien a cru dialoguer avec #Golem, le mouvement cofondé par Arié Alimi dans la foulée de la marche contre l’antisémitisme du 12 octobre. « J’ai fait l’erreur de répondre spontanément, sans vérifier, afin d’aider ce qui me semblait devoir l’être : un collectif de juifs de gauche qui s’était opposé à la participation du RN [Rassemblement national] à la manifestation contre l’antisémitisme, le RN-FN [Front national] ayant été fondé, rappelons-le, par des vétérans de la Waffen-SS et de la Milice », explique-t-il.

    #Tsedek ! comme Golem sont marqués à gauche. Tsedek !, #décolonial, affirme « lutter contre le racisme d’Etat en France et pour la fin de l’apartheid et l’occupation en Israël-Palestine ». Golem milite contre tous les racismes et dénonce l’instrumentalisation de la lutte contre l’#antisémitisme. « Tsedek ! est une organisation qui ne dénonce pas l’antisémitisme de la gauche ou de la #France_insoumise, décrypte l’historien #Tal_Bruttmann, proche de Golem. Ils servent de paravent à des gens qui sont ouvertement antisémites et ils dénoncent l’instrumentalisation de la #Shoah dans une seule direction. »

    La rencontre du 6 février animée par Tsedek ! au Grand Action est annulée. Le #cinéma explique que « des pressions extérieures ont conduit à l’annulation de la participation des intervenant.e.s prévue.e.s ». Samuel Leter juge que ces annulations équivalent à de la censure : « Nous sommes #juifs, la Shoah fait partie de notre histoire. Il ne peut y avoir de #monopole_de_la_mémoire de la Shoah. »

    La pertinence d’un échange avec une spécialiste des littératures #palestinienne et #israélienne au sujet d’un film sur la Shoah a été débattue avant la première annulation du ciné-club, ce que déplore Sadia Agsous-Bienstein : « Tsedek !, que je connais, m’invite à parler d’un film sur la Shoah, un film sur la banalité de la vie d’une famille allemande à côté d’un #camp d’extermination. J’ai travaillé sur la Shoah et c’est un film sur la Shoah. En quoi ne suis-je pas #légitime sur la question ? Parce que je suis #algérienne ? » L’une de ses recherches, « La Shoah dans le #contexte_culturel #arabe », a été cofinancée par le #Mémorial de la Shoah.

    Ce n’est pas la première fois qu’un événement animé par Tsedek ! suscite la #controverse. En décembre, une conférence coorganisée par le collectif a été annulée par la #Mairie_de_Paris. Raison invoquée : la présence parmi les organisateurs de l’#association #Paroles_d’honneur, dont est membre la #militante_décoloniale #Houria_Bouteldja.

    #Zineb_Dryef

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Jonathan Glazer, cinéaste de « La Zone d’Intérêt » : « Nous avons besoin que le génocide ne soit pas un moment calcifié de l’histoire »

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « La Zone d’intérêt » : à côté d’Auschwitz, une obscène tranquillité

  • Les pratiques zélées du Conseil d’Etat vis-à-vis des juifs sous le régime de Vichy

    Le Conseil d’Etat et « le statut des juifs » 1|3
    En octobre 1940, les juifs ont été exclus de toute la fonction publique, le Conseil d’Etat ayant alors à se prononcer sur des demandes de dérogation. L’institution a été plus impitoyable que le Commissariat général aux questions juives. Il a fallu attendre 1990 pour que la haute juridiction admette qu’elle s’était « sali les mains » sous Vichy.

    La ligne était fort claire, et avait été fixée une fois pour toutes, en 1947, par l’éminent président Bouffandeau : le Conseil d’Etat s’était admirablement conduit pendant la guerre ; il avait été un précieux rempart pour assurer « la continuité et la sauvegarde des principes du droit public français ».

    Tony Bouffandeau, membre de la prestigieuse section du contentieux dont il a pris la présidence quelques années plus tard, avait alors la bénédiction de René Cassin, vice-président du Conseil d’Etat depuis 1944. René Cassin était insoupçonnable : juif, chassé puis condamné à mort par Vichy, le futur Prix Nobel de la paix avait été l’un des premiers à rejoindre le général de Gaulle à Londres.

    C’est d’ailleurs René Cassin qui a prononcé le 23 décembre 1944 un vibrant hommage à Alfred Porché, son prédécesseur au Conseil d’Etat sous l’Occupation – discrètement mis à la retraite, pour éviter le scandale –, en qui il voyait un homme « n’ayant pas hésité à annuler, en pleine occupation allemande, de nombreuses décisions prises à Vichy en violation des principes fondamentaux de notre droit public ». C’est ainsi que s’est gravée dans le marbre « la doctrine Bouffandeau », la haute juridiction administrative avait été la vigilante gardienne des principes républicains – il fallait en effet sauver des ombres de Vichy le Conseil d’Etat, dont l’existence même était vivement contestée.

    La légende dorée a toujours cours en 1974, dans l’imposante somme dirigée par le conseiller Louis Fougère pour le 175e anniversaire du Conseil d’Etat : il y consacre un gros chapitre à la guerre, mais reste évasif sur le rôle de l’institution envers ses juifs. Et en 1988, l’ancien résistant et vice-président du Conseil d’Etat Bernard Chenot, en tenait toujours pour cette aimable version dans un discours devant l’Académie des sciences morales et politiques.

    C’est un autre conseiller qui a mis au jour une vérité un peu plus cruelle. L’Institut d’histoire du temps présent a demandé en 1989, pour le colloque « Vichy et les Français », à Jean Massot, président de la section des finances du Conseil et féru d’histoire, une contribution sur le rôle à l’époque de son éminente institution.

    Un an plus tard, le conseiller a conclu, à la grande stupeur de ses collègues, que le Conseil, sous Vichy, s’était bel et bien « sali les mains ». « J’ai demandé à mon vice-président, Marceau Long, s’il souhaitait qu’on reprenne le refrain de la doctrine Bouffandeau, explique aujourd’hui le vieux monsieur de 88 ans. Il m’a répondu : “Je crois qu’il faut quand même maintenant mettre les choses sur la table.” »

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/02/06/les-pratiques-zelees-du-conseil-d-etat-vis-a-vis-des-juifs-sous-le-regime-de

    j’ai trouvé cet article, publié ici sans les photos d’archives de la publication initiale...

    https://justpaste.it/4ba4o

    #Histoire #Régime_de_Vichy #État_français #Conseil_d’Etat #statut_des_juifs #juifs #France

  • #Einstein, l’État et le #sionisme
    https://www.lemonde.fr/archives/article/1970/11/30/einstein-l-etat-et-le-sionisme_2658063_1819218.html

    (1970)

    J’ai été très étonné de lire dans le Monde du 14 novembre 1970 que le rabbin Grune-wald appréciait la fameuse citation d’Albert Einstein contre l’État. Il est vrai que, dans cette publicité, elle était dirigée contre l’État français. Si elle avait été appliquée à l’État juif, le rabbin Grunewald n’aurait pas manqué de crier à l’#antisémitisme et même à la résurgence du #nazisme ; et dans son journal, Tribune juive, les intellectuels juifs antisionistes tels que Maxime Rodinson, Ania Francos, Nathan Weinstock, Elie Lobel, Isaac Deutscher, Alain Krivine, Mlle Hadamard et moi-même sont appelés « traitres » et « apostats ». (Voir dans Tribune juive du mois d’août 1970, no 109, l’article de J. Elhadad : « Les juifs d’El Fath »). On ne comprend pas pourquoi le nom d’Albert Einstein ne figure pas sur cette liste noire, car pour cet illustre savant il n’y avait pas lieu de faire d’exception pour l’État juif, qu’il a condamné plus explicitement que tout autre État, comme le prouve cette citation :

    « J’aimerais infiniment mieux un accord raisonnable avec les Arabes sur la base de vivre ensemble en paix que la création d’un État juif. A part les considérations pratiques, la manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera pour le judaïsme - et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs, contre lequel nous avons déjà eu à lutter fortement, avant même l’existence d’un État juif. » Nous ne sommes plus les juifs de l’époque de Macchabée. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes."

    • (Au fil de mes dernières années, pages 262-264, cité et traduit de l’anglais par Maxime Rodinson dans le bulletin du GRAPP, no 5, mars 1970).

      S’il est donc possible de se référer à Albert Einstein pour combattre l’État gaulliste, comme le fait le rabbin Grunewald, à bien plus forte raison pour s’opposer à l’État sioniste, comme nous le faisons - et ce que ce même rabbin ne tolère pas. Et il semblerait moins choquant de voir un rabbin dénoncer les excès du nationalisme et du militarisme israéliens et ses conséquences désastreuses pour la spiritualité juive, à l’exemple d’Albert Einstein, plutôt que de partir en guerre contre le gouvernement français, dont le crime véritable est surtout de ne pas livrer d’armes à l’État d’#Israël et de ne pas approuver sa politique. Et si tout #nationalisme risque d’aboutir à une forme de nazisme, ce danger menace beaucoup plus les sionistes, qui occupent des territoires étrangers, que les gaullistes, qui ont accompli la décolonisation.

      (une lettre de M. Emmanuel Lévyne adressé à Le Monde)

      #sionisme #État #État_juif #juifs_antisionistes