• Grandir avec un parent en souffrance psychique | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/etre-et-savoir/grandir-avec-un-parent-en-souffrance-psychique-6187275
    https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/e8cae9c6-1fe6-4df6-a39c-54b04b1151f8/1200x680

    La santé mentale s’est imposée comme un sujet de société ces dernières années. Des malades, à l’instar de Nicolas Demorand dans un livre et désormais un podcast, racontent leur parcours et ces paroles trouvent un écho d’ampleur à travers la société, fissurant le grand silence qui entoure ceux qui souffrent. Mais qu’en est-il de l’entourage et notamment des enfants de ces parents fragiles ? On ne va pas s’étendre mais dans l’équipe d’Etre et Savoir, comme pour tant d’entre vous qui nous écoutez, nous ne connaissons que trop bien le sujet. Et pourtant - c’est fou non ? - nous n’avions jamais pensé à en faire une émission. Parce que c’est intime, douloureux, parce qu’on est très occupées à essayer de surmonter nos problèmes au quotidien – ce qui n’exclut pas la joie de vivre et bien sûr, la réflexion.

    Alors quand le dernier numéro de l’Ecole des parents est arrivé dans nos boites mail avec à la Une, Grandir auprès d’un parent en souffrance psychique on s’est dit qu’il fallait vraiment en parler ! Le riche dossier proposé par la revue explore de nombreux aspects éducatifs liés à la santé mentale des parents comme la solitude et la responsabilisation des enfants. Il est tentant aussi de parler d’une forme de lâcheté de la société, d’une prise en compte bien trop faible du monde éducatif - et, étonnamment, du milieu médical - des problèmes posés par la maladie mentale à l’entourage. Ces articles et entretiens nous engagent à sortir du silence, à faire circuler la parole afin d’aider les familles concernées. Ce qui revient, nous en sommes convaincus, à améliorer l’existence de tous.

    Louise Tourret s’entretient avec ses invitées : Hélène Davtian-Valcke, docteure en psychologie, spécialiste de l’accompagnement de l’entourage de personnes souffrant de trouble psychiatrique, elle a ouvert une consultation au sein de l’Unafam (L’Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), et est coordinatrice de la communauté de pratiques Étincelles&Co, Frédérique Van Leuven, psychiatre au Campus santé mentale Saint-Bernard à Manage en Belgique, formatrice en thérapie systémique, co-autrice avec Cathy Caulier de Grandir avec des parents en souffrance psychiqueOuverture dans un nouvel onglet (L’Harmattan, 2017), Karine Hendricks, rédactrice en chef de la revue L’école des parents (coéditée par la Fnepe et les éditions érès), le dossier du numéro 659 (printemps 2026) est intitulé "Grandir auprès d’un parent en souffrance psychique"Ouverture dans un nouvel onglet et Julie Timmerman, directrice de la compagnie Idiomécanic théâtre, comédienne, metteuse en scène et autrice, notamment de « Zoé » et du seule en scène « L’art d’être mon père », actuellement en tournée en France et qui se jouera au 11 tout le mois de juillet au Festival d’Avignon (les deux textes sont publiés sous le titre ZoéOuverture dans un nouvel onglet chez C&F éditions).

    https://cfeditions.com/zoe

    Se réapproprier son histoire

    « Il y avait une nécessité d’écrire, analyse Julie Timmerman, pas pour faire ma psychanalyse en public mais pour transmettre une histoire que j’avais déjà digérée en grande partie : à partir de là on peut la transmettre et en faire un objet artistique. Le passage au plateau permet de faire sien un récit qu’on nous a imposé. C’est une manière d’écrire l’histoire et même de la créer parce qu’au-delà des mots et du point de vue que j’emploie, j’invente aussi. L’art pour moi a vraiment cette fonction de survie. »

    #Julie_Timmerman #Zoé #Bipolaires #Souffrance_psychique

  • L’Art d’être mon père, texte et interprétation Julie Timmerman. - WebThéâtre : Actualité critique des spectacles, théâtre, opéra, musique, danse - Paris et régions, Belgique, Espagne
    https://www.webtheatre.fr/L-Art-d-etre-mon-pere-texte-et-interpretation-Julie-Timmerman

    L’art de transmettre le goût du théâtre et de la vie aux enfants.

    Publié par Véronique Hotte 5 février Critiques Théâtre 0

    L’Art d’être mon père, texte et interprétation Julie Timmerman.

    L’art d’être mon père, forme légère itinérante, est le deuxième volet d’un diptyque initié avec Zoé - quatre acteurs pour lieux dédiés -, créé en 2024 au Théâtre de Belleville.

    Zoé est en CM2. Ses parents sont séparés, et son père, pour pouvoir passer du temps avec sa fille, vient mettre en scène le spectacle de la fête de l’école : la comédie musicale Les Misérables. A travers des répétitions régulières le long de l’année scolaire, il tente de transmettre aux enfants son goût de la poésie, son extrême sensibilité au monde, la nécessité de l’art dans la vie...
    Cet homme et père incarne et transmet une lumière à jamais inextinguible.

    Or, l’expérience n’est pas sans heurt ; l’homme de théâtre, hanté par ses démons, est transgressif et excessif, emporté par le bel élan de faire partager aux enfants le goût de vivre dont la littérature hugolienne est la garante. Il va jusqu’à mettre malgré lui en péril l’entreprise. Le spectacle aura-t-il lieu ?

    Julie Timmerman joue, lumineuse, une dizaine de personnages, invitant à traverser une histoire intime et collective avec humour, amour, ombres et avenir meilleur, frayant avec les citations poétiques dont le père est féru.

    Julie Timmerman, femme de théâtre, s’il en est, raconte avec plaisir : « Mon père ne venait pas en « intervenant » faire de l’ « action culturelle ». Il venait mettre en scène un spectacle, avec l’exigence artistique qui était la sienne. Il a su se mettre à hauteur des enfants, et en même temps, il les a élevés vers un imaginaire artistique puissant, avec un sens aigu du théâtre et de la transmission. Une expérience bénéfique à souhaiter à tous les jeunes.

    « L’Art fait grandir, révèle ce que nous sommes, nos aspirations, mais aussi nos terreurs : le théâtre en rit, les met à distance, en fait une œuvre - un moment à la fois hors du temps, et inscrit dans le temps, dans l’époque et dans le monde où nous vivons. On y raconte des histoires qui ne sont pas la réalité, et pourtant qui en disent plus long sur nous que la réalité. »

    Seule en scène, le regard éclairé tourné vers les spectateurs qu’elle fixe avec franchise, l’auteure, metteuse en scène et comédienne incarne avec gourmandise tous les personnages requis pour cette aventure inédite dont tous se souviendront : la mère attentive et la directrice d’école frileuse, la pianiste d’accompagnement agacée, le père évidemment - solaire, généreux et emporté par cette expérience collective de découverte du théâtre. Et tous les enfants de la classe qu’on devine bien vivants et pleins d’enthousiasme, qui ont les yeux rivés vers l’artiste : ainsi, Zoé la fille bien présente qui interprétera Fantine et non Cosette, comme prévu, ce qui aurait donné lieu à des commentaires amers de rôle privilégié ; aussi Vanina, Victor et Joaquim…

    Le père s’adresse aux enfants : « VOUS êtes le peuple. Les ouvriers de l’usine, c’est vous. Les gosses qui vont nu-pieds dans les rues de Paris, c’est vous. Cosette, c’est vous. Toi, tu es Cosette. Toi aussi… Oui les enfants vous êtes tous Cosette. Vous êtes le peuple de Paris, celui qu’on exploite, qu’on spolie, qu’on humilie, mais qui se révolte, et qui monte la barricade. Ca va être extraordinaire. »

    L’interprète, le sourire au coin des lèvres, animée d’un éclair radieux, déploie ses postures et sa façon d’être, diffuse avec engouement sa foi dans un art qu’elle s’est choisi ; décidée, elle tient fort toutes les rênes dans ses mains, tirant sur la bride de l’émotion, de l’humour, de la réflexion et du comique, sans jamais quitter le chemin relativement pierreux d’une route prometteuse.

    #Julie_Timmerman

  • [C&F] Des bananes au pétrole, théâtre et actualité
    https://newsletter.cfeditions.com/2026_01_09_bananas.html

    Bonjour,

    Au nom de C&F éditions, je vous adresse nos meilleurs vœux pour 2026. Une année qui commence sous de nombreux symboles dystopiques… alors nous vous souhaitons de cultiver votre fleur qui pousse à l’intérieur pour gagner en force et énergie afin de résister, imaginer, aimer.

    Parmi les surprises de cette semaine, il y a évidemment l’enlèvement d’un président-dictateur, sous un prétexte risible de surcroît. Il n’est pas le seul en ce monde, et imaginez que les États puissants décident d’enlever ainsi celui ou celle qui ne leur plaît pas dans n’importe quel pays. Les expériences précédentes d’interventions soi-disant pour installer la démocratie de l’extérieur nous ont montré que les suites pouvaient être bien pire encore.

    Pourtant, cet interventionnisme ne date pas des dernières années… c’est ce que nous montre la pièce de théâtre Bananas (and kings) de Julie Timmerman.

    Bananas (and kings)

    « C’est effectivement LE moment où sortir ce livre, qui rencontre l’actualité d’une manière stupéfiante.

    1954. Arbenz, président du Guatemala élu démocratiquement pour rendre leurs terres aux indiens, est victime d’une guerre sans merci orchestrée par la CIA au profit des compagnies bananières états-uniennes, et obligé de fuir, humilié et traqué.

    Maduro n’est pas Arbenz, loin de là, mais ils sont tous deux victimes du mépris du droit international, de l’ingérence des États-Unis dans les affaires des pays qu’ils considèrent comme leur arrière cour, protégeant avant tout leurs intérêts privés, l’or jaune des bananes ou l’or noir du pétrole… »

    Julie Timmerman

    Le livre est chez l’imprimeur… mais vous pouvez d’ores et déjà le commander pour le recevoir le jour de la sortie des presses.

    Bananas (and kings)
    Julie Timmerman
    13 x 19,5 cm. - 128 p. – Collection Théâtre, 4
    Version imprimée – 16 € – ISBN 978-2-37662-103-4
    janvier 2026

    En savoir plus - Bananas (and kings)

    #Bananas #Julie_Timmerman #Théâtre

  • « Bananas (and Kings) » : du régime de bananes à la république bananière, la nouvelle pièce de Julie Timmerman
    https://www.franceinfo.fr/culture/spectacles/theatre/bananas-and-kings-du-regime-de-bananes-a-la-republique-bananiere-la-nouve

    Article rédigé par Jacky Bornet
    France Télévisions - Rédaction Culture
    Publié le 15/09/2020 12:35
    Mis à jour le 20/10/2020 13:25
    Temps de lecture : 5min

    Julie Timmerman dans sa pièce « Bananas (and Kings » (Pascal Gely)
    Une histoire de l’Amérique centrale, vue sous l’emprise de l’industrie agro-alimentaire de 1871 à nos jours : une succession de régimes bananiers.
    Après la grande réussite de Un démocrate, sur le théoricien de la propagande, Edward Bernays (1891-1995), Julie Timmerman, autrice, metteuse en scène et comédienne, poursuit son travail sur les manipulations de masses. Sa nouvelle pièce, Bananas (and Kings), est jouée jusqu’au 1er novembre au Théâtre de la Reine blanche à Paris, puis partira en tournée. En raison du couvre-feu depuis le 17 octobre, les horaires ont changé (voir en bas de page).
    Au cœur du sujet : le renversement en 1954 du président élu guatémaltèque Árbenz, suite à la propagande et l’intervention étatsunienne réclamée par l’industrie agro-alimentaire locale. Instructif et drôle, politique et engagé, historique et contemporain : Bananas rue dans les brancards.
    République bananière

    Si vous voulez connaître l’origine de l’expression « république bananière », qui désigne un régime politique corrompu, allez voir Bananas (and Kings). Vous saurez tout, en vous amusant, avec l’assurance d’un beau moment de théâtre. Durant ses recherches pour Un démocrate, Julie Timmerman avait découvert l’histoire du coup d’Etat de 1954 au Guatemala orchestré par la CIA pour renverser le président Jacobo Árbenz Guzmán. Edward Bernays y avait participé en sous-main, et elle a voulu creuser cet épisode qui pèse toujours sur le destin d’un pays, et de toute l’Amérique centrale, pris en otages par l’industrie bananière.

    Anne Cressent, Julie Timmerman, Jean-Baptiste Verquin et Mathieu Desfemmes, dans « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman. (Pascal Gely)
    Elle met au jour l’histoire d’un pays, et des ses voisins, manipulés par des intérêts économiques au détriment du peuple, depuis l’arrivée d’un colon aux dents longues en 1871, jusqu’au renversement d’Árbenz. Plus qu’une leçon d’histoire, une pièce enlevée, qui tient de bout en bout grâce à un texte fort et à des choix de mise en scène originaux, exigeants et prenants. Sur un sujet déduit de sa pièce précédente, Julie Timmerman se renouvelle tout en restant fidèle à elle-même, signe de sa créativité et de son talent, de conteuse et de dramaturge.
    Minimaliste, sophistiqué et pour tous

    Si Bananas ressuscite cette histoire peu connue, elle résonne avec le monde contemporain : corruption, lobbying, manipulation de masse, fake news, pesticides… sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. La pièce vise ces « rois sans couronne » qui font le jour et la nuit des politiques. La grande force de Julie Timmerman est de transcrire sur scène ces enjeux avec un sens du récit épique qui emporte le spectateur au fil d’une fresque étendue sur une centaine d’année.

    Le dispositif scénique minimaliste (budget oblige) est néanmoins sophistiqué, avec quatre comédiens et comédiennes aux prestations remarquables qui endossent à eux seuls 43 rôles ! Et l’on n’y voit goutte, tant la magie opère. Avec le choix de faire jouer des personnages masculins par des comédiennes, renouant ainsi, à l’envers, avec le théâtre élisabéthain ou Nô. L’on ne perd jamais le fil, grâce à la cohérence d’un texte qui dépasse le didactisme par une dramaturgie au souffle irrésistible. De rares vidéos, bruitages et musiques, totalement justifiés et envoûtants, participent du spectacle.

     Jean-Baptiste Verquin et Anne Cressent, dans « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman. (Pascal Gely)
    Indispensable

    Julie Timmerman, à la tête de la compagnie Idiomécanic Théâtre, éblouit par une telle maîtrise, où un texte dûment documenté et écrit, est transfiguré par des comédiens inspirés et sa mise en scène, épaulée par la dramaturge Pauline Thimonier, la scénographe Charlotte Villermet et le compositeur Benjamin Laurent. Au côté de l’autrice sur scène, Anne Cressent, Mathieu Desfemmes et Jean-Baptiste Verquin sont tour à tour machiavéliques, burlesques, clownesques, pathétiques, fantomatiques… Car des spectres et les mythes habitent aussi Bananas, tout comme le peuple indien, qu’ils invectivent en s’adressant au public, ainsi impliqué, interpellé par la scène.

    Instructive, spectaculaire, rythmée et distractive, la pièce Bananas décrypte notre monde contemporain en revisitant le passé. Elle recoupe le propos du formidable documentaire d’Hubert Sauper, Epicentro, sur l’histoire propagandiste de Cuba, récemment sorti en salles. Une pièce remarquable qui arrive sur scène à un moment si difficile pour le spectacle vivant. Julie Timmerman comble tous les espoirs et vérifie sa nécessité vitale.

    L’affiche de « Bananas (and Kings) » de Julie Timmerman au théâtre de la Reine blanche, à Paris, du 9 septembre au 31 octobre. (Dominique Hamot)

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Bananas (and kings) de Julie Timmerman
    https://www.journal-laterrasse.fr/bananas-and-kings-de-julie-timmerman

    Second volet du diptyque conçu par Julie Timmerman et les siens autour de la démocratie, Bananas (and kings) retrace l’histoire phénoménale de la United Fruit Company en Amérique centrale. Une fresque palpitante, remarquablement orchestrée, qui interroge le naufrage du politique assujetti aux diktats du profit.

    En exposant le parcours du neveu de Freud Edward Bernays (1891-1995), pionnier des techniques de manipulation de masse, Un Démocrate (2016), premier volet du diptyque consacré à la démocratie, illustrait une assertion de Noam Chomsky : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est aux régimes totalitaires. » C’est ce même Edward Bernays qui a justifié le coup d’état au Guatemala en 1954 contre le président réformiste Jacobo Arbenz, dont le projet politique entravait les intérêts de la United Fruit Company. Le second volet du diptyque resserre la focale sur ce coup d’état, et retrace l’histoire de la première multinationale de l’industrie agroalimentaire. Fondée en 1899, devenue en 1989 la Chiquita Brands International, la United Fruit Company s’est approprié les ressources, les infrastructures et les terres d’Amérique centrale, asservissant les peuples autochtones, empoisonnant les sols et les hommes. Ce qui convainc dans ce théâtre minutieusement documenté, c’est qu’il ne ressemble en rien à une leçon d’histoire ou une conférence illustrée. Il est au contraire orchestré comme une fiction captivante qui traverse le temps et les continents au fil d’épisodes marquants, finement révélateurs et joyeusement incarnés, malgré la violence glaçante des faits qui ne manque pas de surgir.

    Jubilation et efficacité de l’écriture

    Cette jubilation de l’écriture, qui s’appuie magnifiquement sur les effets artisanaux du théâtre et sur les pouvoirs du jeu, instille de la force et du souffle dans cette vaste et cruelle épopée. Les politiques ici deviennent des clowns grotesques et monstrueux, une indienne maya devient fantôme tenace ouvrant vers un monde inconnu. Surtout, les personnages principaux, et notamment les deux dirigeants de la firme qui se sont succédés, demeurent ancrés dans leur humanité voire leurs fragilités. Quatre comédiens – Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Jean-Baptiste Verquin et Julie Timmerman – interprètent plus de quarante personnages. Le déroulé limpide, vif et rythmé évite le piège du didactisme, comme celui du commentaire. Les faits, rien que les faits, et le théâtre qui les transmet à sa manière singulière, humble et efficace. La démonstration est éclatante. « Rien ne se perd, tout se gagne », placardisons la mauvaise conscience, et la partie peut continuer. L’histoire amène-t-elle à désespérer du politique ? Mais non, dans notre France démocratique, votons, agissons !

    Agnès Santi

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Théâtre : à Paris, quatre pièces pour ici et maintenant
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/09/23/theatre-a-paris-quatre-pieces-pour-ici-et-maintenant_6053291_3246.html

    revendiquant l’héritage de Brecht, elle propose un spectacle radicalement engagé, une « machine pour armer les peuples » contre les désastres économiques, écologiques et humains. Pour parler d’aujourd’hui, Julie Timmerman part d’hier : elle remonte à la fondation de la multinationale américaine, qui développa la culture de la banane, d’abord au Costa Rica, à la fin du XIXe siècle, puis dans d’autres pays d’Amérique centrale ou du Sud, la Colombie, le Nicaragua, le Guatemala…
    Peu à peu, « la Pieuvre », comme on appelle la United Fruit Company, étend son empire et son emprise sur les peuples et les gouvernements. Bananas (and Kings) insiste sur Jacobo Arbenz, élu président du Guatamela en 1951, et renversé par un coup d’Etat en 1954 parce qu’il avait tenté d’exproprier en partie la United Fruit Company et de redistribuer les terres à des paysans. La lutte pour la démocratie est un des chevaux de bataille de Julie Timmerman : son précédent spectacle (Un démocrate) abordait déjà ce thème. Au théâtre de La Reine Blanche, elle est sur scène, avec trois autres comédiens. Tous endossent plusieurs rôles. Le rythme est soutenu, le jeu expressif, la mise en scène carrée : tout est mis en œuvre pour faire passer un message

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • Au cœur de la République bananière - Sceneweb
    https://sceneweb.fr/bananas-and-kings-la-nouvelle-creation-de-julie-timmerman

    En juin 1954, le gouvernement Arbenz au Guatemala est renversé par un coup d’état organisé par la CIA pour le stopper dans ses réformes agraires qui gênent la prospérité de la United fruit company. Le directeur de la CIA, Allen Dulles est aussi actionnaire de la firme américaine. Julie Timmerman raconte avec minutie l’histoire de cette multinationale fondée en 1899 par Minor Keith qui va conquérir l’Amérique centrale, pour devenir la plus importante entreprise bananière du monde. Une success story américaine bâtie sur le pillage des terres des indiens, jusqu’à ce coup d’état qui fait basculer le Guatemala dans 36 ans de guerre civile.

    Corruption, lobbysme, pollution des terres agricoles…autant de thématiques qui résonnent avec l’actualité. En deux heures, Julie Timmerman décrypte l’histoire de cette firme avec un sens aigu de la narration. C’est fouillé – par moment un peu didactique – mais au fur à mesure que l’on entre dans la psychologie machiavélique des personnages, on est transporté par l’énergie du plateau.

    Julie Timmerman a travaillé quatre ans pour écrire cette pièce qu’elle met en scène dans l’esprit d’un cabaret brechtien incarné par quatre comédiens incarnant 43 rôles dans une scénographie légère et mobile de Charlotte Villermet qui permet de passer des grandes forêts d’Amérique centrale aux bureaux de la compagnie à Boston en une fraction de seconde. Aux côtés de Julie Timmerman et de Anne Cressent, on retrouve Jean-Baptiste Verquin et Mathieu Desfemmes (déjà présents dans Un démocrate). Leur jeu clownesque dans la dernière partie du spectacle quand ils caricaturent la puissance américaine est époustouflant.

    Avec Bananas (and kings) Julie Timmerman démontre comment la démocratie est confisquée aux citoyens par le pouvoir des multinationales, comment le monde économique libéral pilote la classe politique, c’est édifiant. Elle se place dans la lignée des grandes pièces épiques et politiques du répertoire comme La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht ou Un ennemi du peuple d’Ibsen. Un spectacle utile, engagé, qui lance avec brio la saison 2020/2021 du Théâtre de la Reine blanche.

    #Bananas #Julie_Timmerman

  • L’ART D’ÊTRE MON PÈRE - Conseil départemental de l’Essonne
    https://www.essonne.fr/agenda/agenda-detail/lart-detre-mon-pere

    Publié le : 20/03/2026. Dernière mise à jour le : 16/07/2025

    Zoé est en CM2. Ses parents sont séparés, et son père, pour pouvoir passer du temps avec sa fille, vient mettre en scène le spectacle de la fête de l’école : la comédie musicale Les Misérables. A travers ces répétitions tout au long de l’année scolaire, il tente de transmettre aux enfants son goût de la poésie, son extrême sensibilité au monde, la nécessité de l’art dans la vie... Mais les choses ne vont pas se passer si simplement, et le père, bipolaire, par ses transgressions et ses excès, mettra en péril le spectacle. Aura-t-il finalement lieu ?

    Julie Timmerman joue à elle seule une dizaine de personnages, et nous fait traverser cette histoire intime et collective avec humour, amour, gouffres et lumière.

    « Quand j’avais 10 ans, mon père est venu monter Les Misérables dans mon école. Aujourd’hui encore, quand je croise des anciens camarades de CM2, ils me parlent de ce spectacle, qui nous a tous marqués pour la vie. Mon père ne venait pas en « intervenant » faire de
    l’ « action culturelle ». Il venait mettre en scène un spectacle, avec toute l’exigence artistique qui était la sienne. Il a su se mettre à notre hauteur d’enfants, et en même temps il nous a élevés vers un imaginaire artistique puissant, avec un sens aigu du théâtre et de la transmission. Cette expérience, je la souhaite à tous les enfants. L’Art fait grandir. Il révèle ce que nous sommes, nos aspirations, mais
    aussi nos terreurs : il en rit, les met à distance, en fait une oeuvre. Il faut se prendre au sérieux quand on est sur scène, parce que justement ce n’est pas une chose sérieuse. C’est un moment hors du temps, et pourtant complètement inscrit dans le temps, dans l’époque et dans le monde où nous vivons. On y raconte des histoires qui ne sont pas la réalité, et pourtant qui en disent plus long sur nous que la réalité. » JULIE TIMMERMAN

    Le livre est très impressionnant, même sans la diction scénique

    https://cfeditions.com/zoe

    IDIOMECANIC
    Texte et jeu : JULIE TIMMERMAN
    Collaboration artistique et création lumière : PHILIPPE SAZERAT
    Musique : BENJAMIN LAURENT
    Création sonore : PAUL GUIONIE et MAXIME TAVARD
    Costume : DOMINIQUE ROCHER
    Avec la voix d’ALICE LE STRAT
    Choeur dirigé par : MARION GOMAR
    Piano : BENJAMIN LAURENT
    Régie générale (en alternance) : MAXIME TAVARD, DEYAN BUSSIERE, VINCENT TUDOCE et RAPHAËL BECHERI
    Production et Diffusion : ANNE-CHARLOTTE LESQUIBE
    Production et Administration : ISABELLE FRANK GINGKO BILOBA
    Remerciements : JTN - CONSERVATOIRE DE SAINT DENIS

    Résidence de création : Théâtre des 2 Rives, Charenton-le-Pont.

    #Julie_Timmerman #Zoé

  • « Un démocrate » une pièce pour aujourd’hui. - L’Autre Scène (.ORG)
    https://lautrescene.org/2025/04/22/un-democrate-une-piece-pour-aujourdhui

    22 Avr 2025
    David Rofé-Sarfati

    Le slogan de Donald Trump, Make America Great Again, est un chef-d’œuvre de manipulation symbolique. Derrière ce “again” se cache une Amérique idéalisée, mythique, jamais vraiment existée. Il n’est pas promesse, mais incantation. Le mythe est façonné pour rassurer, mobiliser, diviser et … consommer. Ainsi naissent les légendes politiques : dans le reflet trompeur d’images et de slogans malicieux. Et pendant que le peuple croit boire à la source de la vérité, on lui sert une illusion dorée, pleine de promesses creuses et de mémoires truquées. Une post-vérité . Julie Timmerman a écrit sa pièce il y a neuf ans. Donald Trump à droite et des activistes de campus américains à gauche ont remis son propos dans l’actuel. Récit :

    Un génie machiavélique au service de la masse : bienvenue dans la tête d’Edward Bernays

    Il était le neveu de Freud. Mais il n’a pas couché des patients sur un divan — non, lui a préféré manipuler des foules entières. Edward Bernays, génie de la communication et pionnier de la propagande moderne, est aujourd’hui convoqué par Julie Timmerman dans un spectacle aussi drôle que décapant. Sur scène, elle transforme cette figure aussi fascinante qu’inquiétante en miroir grinçant de notre époque.
    Un spectacle entre conférence déjantée et théâtre engagé

    Avec la complicité de la scénographe Charlotte Villermet, Julie Timmerman ne se contente pas de raconter la vie d’Eddy, alias Bernays — elle la démonte, la triture, la joue à plusieurs voix. Les comédiens ne quittent jamais le plateau, se passant tour à tour le costume du superbe manipulateur pour en révéler toutes les contradictions. Sur un tableau noir, comme dans une salle de classe un peu folle, les grands chapitres de sa biographie s’alignent : naissance, coups d’éclat, coups tordus.

    C’est rythmé, c’est vif, et c’est volontairement drôle. On rit franchement lorsque Bernays confond l’association libre avec la liberté individuelle, ou lorsqu’il décrète que l’art, en somme, c’est du caca. L’effet est irrésistible, presque burlesque : on pense à la psychanalyse de comptoir des magazines féminins, sauf que là, c’est sur scène, et c’est hilarant.
    Le père de la pub moderne, entre génie et cynisme

    Mais derrière l’humour, la critique est acérée. Bernays, s’il a su séduire les foules, n’a jamais reculé devant le cynisme le plus glacial. Convaincre les femmes de fumer ? Il l’a fait. Faire mousser la vente de savon ? Aussi. Préparer l’opinion à un coup d’État ? Encore lui. Jusqu’à sa mort à 104 ans, cet homme n’a jamais cessé d’utiliser la psychologie humaine comme levier de masse.

    La pièce ne s’arrête pas au portrait. Elle interroge. Elle met en lumière comment ce manipulateur brillant, qui se désolait que ses écrits soient lus par Goebbels, est devenu l’un des architectes inconscients de notre monde. Jusqu’à refuser de reconnaître que sa propre femme, morte d’un cancer des poumons, victime des campagnes qu’il avait lui-même orchestrées en faveur des cigarettiers.
    Une pièce pédagogique, mordante… et nécessaire

    Oui, on est dans l’excès. Dans la farce car Julie Timmerman propose une fable moderne, une parabole grinçante. Car derrière Bernays, c’est l’Amérique qu’on regarde. Et derrière l’Amérique, c’est nous.

    Conseillers en relations publiques, communication de crise, storytelling politique, fake news, RGPD, Facebook, data, influenceurs, tout cela nous vient de quelque part. Et ce quelque part porte un nom : Edward Bernays.

    Avec Un démocrate, le théâtre devient salle de classe, terrain de jeu, arène de débat. Une pièce vive, intelligente, percutante — à voir absolument, et à débattre en famille, autour d’un dîner ou sur les réseaux. Parce que ce qu’on y entend, on ne pourra plus jamais l’ignorer.
    Sur le site du théâtre

    Texte et mise en scène Julie Timmerman
    avec Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Guillaume Fafiotte ou Jean-Baptiste Verquin (en alternance), et Julie Timmerman
    dramaturgie Pauline Thimonnier
    scénographie Charlotte Villermet
    lumière Philippe Sazerat
    costumes Dominique Rocher
    musique Vincent Artaud
    son Michel Head

    vu le 22 avril 2025 au Théâtre de la Concorde

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • VIDÉO. Théâtre : ’Un démocrate’, l’inventeur de la manipulation des foules | TV5MONDE - Informations
    https://information.tv5monde.com/international/video/theatre-un-democrate-linventeur-de-la-manipulation-des-foules-
    https://information.tv5monde.com/sites/tv5-info/files/styles/seo_1200/public/2025-04/field_media_tv5_jwplayer_field-2917405-6436426.jpg?itok=pTYICI

    Avec une présentation, des extrait de la pièce et une longue interview de Julie Timmerman.

    LE 14 AVR. 2025 À 18H47 (TU) Mis à jour le 14 avr. 2025 à 18h48 (TU)
    Par TV5MONDE MOHAMED KACI
    La pièce de théâtre « Un démocrate » de Julie Timmerman raconte la vie d’Edward Bernays, considéré comme le père de la propagande politique et de la manipulation des opinions publiques. Entretien avec la dramaturge et metteuse en scène de ce spectacle, joué au Théâtre de la Concorde, à Paris.

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • Avec « Un Démocrate » Julie Timmerman questionne...
    https://www.journal-laterrasse.fr/avec-un-democrate-julie-timmerman-questionne-brillament-letat-de-

    Reprise / Théâtre de la Concorde / écriture et mise en scène Julie Timmerman
    Publié le 25 mars 2025 - N° 331

    Julie Timmerman reprend au Théâtre de la Concorde cette pièce au succès jamais démenti. Dans une forme brechtienne fine et assumée, la metteure en scène questionne l’état de la démocratie à travers le parcours du méconnu Edward Bernays, neveu de Freud et inventeur des techniques de manipulation de masse.

    « Edward L. Bernays (1891-1995) ». Sous un portrait accroché à un mur noir, devant un bloc rectangulaire tout aussi sombre, l’épitaphe crée un horizon d’attente précis : le comblement d’une lacune historique. Sur scène avec Anne Cressent, Mathieu Desfemmes et Jean-Baptiste Verquin, Julie Timmerman y répond avec talent à travers un portrait chronologique à la manière brechtienne. Entre narration distanciée des épisodes marquants de la longue vie de Bernays, incarnation de certaines situations et intermèdes musicaux volontiers burlesques, Un démocrate déploie la biographie d’un homme aussi peu connu qu’important dans le développement des démocraties libérales. Double neveu de Freud – son père est le frère de la femme du fondateur de la psychanalyse, et Anna Freud, la mère de Bernays, est sa sœur –, le héros de la pièce de Julie Timmerman est le fondateur de l’industrie des Relations Publiques. Autrement dit, d’une méthode de manipulation des masses qui repose sur les avancées des sciences sociales au tournant du XIXème et du XXème siècle. Celles de la sociologie, de la psychologie sociale, et bien sûr de la psychanalyse. Dans un contexte de crise des démocraties européennes, la figure d’Edward Bernays est pour Julie Timmerman prétexte à un appel à la vigilance et à l’esprit critique.

    Science de bonimenteur

    Le théâtre est le premier concerné par cette injonction jamais formulée, mais sous-entendue tout au long du spectacle. Traversée éclair des cent ans d’existence du père des Relations Publiques, Un démocrate s’ouvre sur un court monologue d’un Edward Bernays centenaire interprété par Mathieu Desfemmes, puis laisse place à la reconstitution des succès majeurs du protagoniste. Parmi lesquels, la promotion de Damaged Goods d’Eugène Brieux, mise en scène par le célèbre comédien Richard Bennett (1872-1944). Pour faire événement de cette pièce sur la syphilis, sujet tabou à l’époque, Edward Bernays développe une technique qui lui servira plus tard dans son travail pour des fabricants de savons, de pianos, le patron de la marque de cigarettes Lucky Strike ou encore la compagnie bananière United Fruit Company. Sorte de laboratoire où les idées sont évoquées à travers les corps et des matériaux simples, le plateau de Un démocrate est tout sauf la tribune d’une classique leçon d’histoire. Ponctuée des maximes cyniques et paradoxales dont le neveu de Freud avait le secret – « pour lutter contre la propagande il faut plus de propagande », par exemple –, cette pièce où chaque comédien joue plusieurs rôles traduit avec force le désir de théâtre politique et populaire de Julie Timmerman.

    Anaïs Heluin

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • Comment le Théâtre de la Concorde est devenu indispensable | Les Inrocks
    https://www.lesinrocks.com/arts-et-scenes/comment-le-theatre-de-la-concorde-est-devenu-indispensable-655298-08-04-

    “La montée des populismes” en question

    La preuve avec la programmation en avril dédiée à “la montée des populismes”. Celle-ci est notamment marquée par Un Démocrate, pièce de Julie Timmerman sur l’influence d’Edward Bernays, pionnier dans l’Amérique des années 1920 de ce qu’on appelle aujourd’hui les “relations publiques” et dont les techniques ont inspiré la propagande nazie (du 10 au 26 avril), mais aussi par une conversation entre la philosophe Sandra Laugier et le réalisateur Arnaud Desplechin sur la dimension populaire du cinéma, le 22 avril, ou encore par une université populaire consacrée à la question de la délibération par le politologue Loïc Blondiaux, le 30 avril.

    Proposant aussi des ateliers pédagogiques et créatifs (du slam avec l’École de l’Opéra de la Parole, fondée par Lauréline Kuntz, des danses urbaines avec l’association Kourtrajmé…), ce théâtre municipal reste encore soumis à des moyens financiers limités, particulièrement en termes de production de spectacles. Un peu artisanal, son modèle économique l’autorise paradoxalement à une sorte de souplesse dans sa programmation. Myriam Marzouki et Sébastien Lepotvin, dont le spectacle Nos ailes brûlent aussi fut programmé en janvier dernier, se félicitaient récemment que la Concorde puisse accueillir des créations sur une longue durée, ce qui semble de plus en plus difficile dans les centres dramatiques nationaux.

    Accueillant, délibératif, pédagogique, hétéroclite, métissé… Le Théâtre de la Concorde, cette nouvelle espèce d’espace, aura de quoi faire dans les mois et les années qui viennent pour mettre en scène les disputes et les discordes qui agitent notre présent.

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • Un démocrate de Julie Timmerman au Théâtre de la Concorde : l’inventeur de la fake news - Transfuge
    https://www.transfuge.fr/2025/04/13/un-democrate-de-julie-timmerman-au-theatre-de-la-concorde-linventeur-de-la

    L’incroyable vie d’Edward Bernays

    Oriane Jeancourt Galignani
    13/04/2025 Critique

    Edward Bernays, son nom ne vous dit rien ? C’est pourtant lui qui a inventé l’art de manipuler les masses à notre époque médiatique. Un démocrate retrace sa vie.

    L’idée de remonter à l’origine de la manipulation des masses pourrait sembler un peu naïve : parler pour retourner les foules n’est pas une affaire récente. Cicéron, le Christ, ou Moïse n’ont pas attendu le XXe siècle pour agir sur les esprits, par la parole. Mais Un démocrate, comme son nom l’indique, est un spectacle qui se penche sur l’art précis d’agir sur les foules, en démocratie moderne. Le lieu même, nous promet-on, du pouvoir du peuple. C’est là tout l’intérêt de ce spectacle, de nous dévoiler l’art contemporain d’agir sur l’inconscient de l’individu à l’ère de la société médiatique. Un art conçu par un Américain d’origine viennoise, « double neveu » de Sigmund Freud, Edward Bernays. Un démocrate, la pièce de Julie Timmermann aujourd’hui reprise au Théâtre de la Concorde, retrace avec simplicité et fidélité la vie de cette figure historique méconnue. Génie de la publicité né à la fin du XIXe siècle, cet expert des relations publiques a travaillé pour Lucky Strike, pour le gouvernement américain, ou pour d’autres grandes marques, en élaborant au fil des années un art de manœuvrer dans l’esprit des masses avec brio. Qu’il s’agisse de jouer sur le désir mimétique, la peur, les angoisses primitives, il a su élaborer des stratégies pour conquérir des parts de marché. Quatre comédiens sur scène, deux hommes et deux femmes, jouent tour à tour « Eddy » : le jeune Américain qui part à la rencontre de son oncle Freud à Vienne au début du siècle, l’ambitieux publicitaire à New York dans les années 20, l’auteur de Propaganda, livre retrouvé dans la bibliothèque de Goebbels, ou le cynique d’après-guerre, prêt à tout, même au coup d’État, pour faciliter à ses clients l’accès aux marchés mondiaux. Les quatre comédiens jouent, chantent, dansent, et transmettent avec un art consommé de la pédagogie les manières dont Bernays et son équipe réussissent par exemple à rendre le vert à la mode, ou, moralement plus dérangeant, à faire fumer les femmes… Si ce spectacle un peu didactique se déroule au gré d’une intrigue très classique, les jeunes gens de la salle se montrèrent ce soir de printemps, au théâtre de la Concorde, fascinés par ce Bernays qui a simplement inventé, sans le savoir, l’art des fake news et autre propagande 2.0.

    Un démocrate, de Julie Timmerman, Théâtre de la Concorde, jusqu’au 26 avril.

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • « Un Démocrate » explosif qui n’a pas pris une ride - Artistikrezo
    https://www.artistikrezo.com/spectacle/un-democrate-explosif-qui-na-pas-pris-une-ride.html

    Au Théâtre de Concorde, tout récemment rénové et rebaptisé par la Mairie de Paris, pour faire de l’art un espace de réflexion et de résistance contre les illusions simplistes, Julie Timmerman reprend le spectacle phare de la compagnie, « Un Démocrate », qui retrace le parcours d’Edward Bernays et l’invention de la propagande publicitaire et politique. Explosif et terriblement actuel !

    De Lucky Strike à Goebbels

    ©Philippe-Rocher

    Comment, sur un plateau de théâtre, avec une simple table, des projecteurs, et quatre acteurs aussi virtuoses qu’électriques, peut-on parler d’une invention démoniaque qui a transformé la société mondiale dans les années 1920 ? L’Américain Edward Bernays, par ailleurs neveu de Sigmund Freud, avait finement analysé la psychologie des masses et le comportement de chaque individu, sitôt qu’il se trouve immergé dans un groupe humain. Il avait lu le célèbre ouvrage de Gustave Lebon, Psychologie des foules (1895) qui expliquait comment l’opinion publique peut se construire à travers une foule d’humains qui se mettent à partager les mêmes idées… et à perdre leur libre-arbitre. A partir de ce constat, le cynique Bernays invente « la fabrique du consentement », véritable manipulation mentale qui va indifféremment servir à vendre des savons, des cigarettes ou des présidents. Il y explique que ceux qui sont capables d’influencer des masses parviendront au pouvoir. Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler, l’avait parfaitement compris. Mais à l’époque du fordisme et de la standardisation des produits manufacturés, le mot d’ordre de la société américaine était, et est toujours : VENDRE. Et quand la puissante American Tobacco Compagny se plaint des faibles ventes de cigarettes auprès des femmes, Bernays lance la firme Lucky Strike dans une gigantesque campagne publicitaire, affiches, télévision et cinéma, pour faire de la cigarette un instrument de libération et de stimuli sexuel des femmes. A l’instar des hommes, femmes et actrices se mettent à fumer, et peu importe si la courbe des cancers liés au tabac commence à s’emballer. La propagande a marché, et Bernays, parle à l’oreille de tous les puissants.

    Théâtre brechtien

    ©Philippe_Rocher

    A la manière d’un documentaire enlevé, avec photos et affiches, on se retrouve dans la famille de Bernays, ou dans un cabaret de Las Vegas : avec trois fois rien, une table qui sert de podium et des chapeaux de cow boys, les quatre comédiens rivalisent de talent et d’énergie à la manière d’un cabaret burlesque, épique et politique, aussi drôle qu’instructif, aussi burlesque que tragique. Car le neveu de Sigmund Freud, qui avait appris de son oncle la finesse de l’analyse psychique et de l’inconscient, a même contribué à renverser le président démocratiquement élu au Guatemala en 1954, avec l’aide de la puissante multinationale de bananes United Fruit Company et de l’armée. Sur scène, la parole de Bernays est alternativement prise en charge par tous les comédiens, signifiant ainsi, face au public, que la propagande n’épargne personne. Fake news, sondages truqués, révélations dissimulées, presse rachetée par des consortiums financiers, les sujets abordés dans ce spectacle qui va à cent à l’heure percutent, plus que jamais aujourd’hui, notre actualité mondiale. Anne Cressent, Julie Timmerman, Mathieu Desfemmes et Guillaume Fafiotte, en alternance avec Jean-Baptiste Verquin, interprètent une vingtaine de personnages hauts en couleurs dans des lumières signées Philippe Sazerat qui sculptent l’espace. C’est une réussite, recommandée aussi pour les jeunes spectateurs.

    Helène Kuttner

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • Timmerman, l’art de la manipulation | Chantiers de culture
    https://chantiersdeculture.com/2025/04/10/timmerman-lart-de-la-manipulation-2

    Jusqu’au 26/04, au théâtre de La Concorde (75), Julie Timmerman met en scène Un démocrate. Du théâtre documentaire de belle facture, une dénonciation sans appel du capitalisme international. Entre mensonges et manipulation, un acte civique de bon aloi.

    C’est une histoire authentique que nous conte Julie Timmerman avec Un démocrate au théâtre de La Concorde, studio Pierre Cardin. Celle de l’américain Edward Bernays, le neveu de Freud, qui inventa au siècle dernier propagande et manipulation… S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie. Pourtant, Edward l’affirme, il est un démocrate dans cette Amérique des années 20 où tout est permis ! Seuls comptent la réussite individuelle, l’argent et le profit. Quelles que soient les méthodes pour y parvenir… Entre cynisme et mensonge, arnaque et vulgarité, la parfaite illustration du monde contemporain : de la Tobacco Company à Colin Powell et les armes de destruction massive de l’Irak. Du théâtre documentaire de belle facture quand l’humour le dispute à l’effroi, tout à la fois déroutant et passionnant, une totale réussite. Yonnel Liégeois

    Edward Bernays (1889-1995), neveu de Freud né en Autriche, tôt émigré aux États-Unis, est l’inventeur des « relations publiques » et, à ce titre, maître manipulateur, sa vie durant, de consciences de masse à subjuguer. Le texte abonde en exemples édifiants. C’est au nom de la démocratie que Bernays, admiré par Goebbels, a pu déclarer : « Si j’affirme suffisamment longtemps qu’un carré est un cercle, les gens finiront par le croire. La propagande ne parle pas à la raison, mais à la foi. » On connaît la musique, elle est universelle. C’est Bernays qui l’a composée, au grand dam de Freud, qui n’entendait pas l’inconscient de cette oreille. La représentation tire son nerf d’un ton subtilement sarcastique qui ne renonce jamais à l’exposé des motifs circonstanciés de la plus cynique imposture qui gère insidieusement les comportements. Un brûlot enjoué sur la duperie monstre sous laquelle gît le beau mot de démocratie. Du théâtre civique de bon aloi. Jean-Pierre Léonardini

    Un démocrate, Julie Timmerman : Jusqu’au 26/04, 20h. Théâtre de la Concorde, studio Pierre Cardin, 1-3 avenue Gabriel, 75008 Paris (Tél. : 01.71.27.97.17).

    À l’issue de trois représentations, rencontre-débat avec la metteure en scène et son invité : Le 12/04 avec Pierre Haski, journaliste, chroniqueur sur France Inter et auteur d’ouvrages sur la politique internationale. Le 15/04 : avec David Colon, historien, professeur et écrivain, spécialisé dans l’actualité économique et politique. Le 23/04 : avec Nora Hamadi, journaliste, présentatrice pour Arte et France Culture.

    #Julie_Timmerman #Un_démocrate

  • Théâtre : les meilleures pièces à voir à Paris en avril 2025
    https://www.telerama.fr/theatre-spectacles/theatre-les-meilleures-pieces-a-voir-a-paris-en-avril-2025-3921-7020258.php

    “Un démocrate”

    Qui connaît Edward Bernays ? Ce « double neveu » de Freud (par le père et la mère) fut le gourou de la communication en Amérique, dès les années 1920, théorisant le principe de la « fabrique du consentement » des masses. Le mérite de la dramaturge Julie Timmerman est d’avoir exhumé une destinée surprenante, quasi inconnue en France, alors que ce manipulateur souterrain des opinions a répandu son savoir-faire aux États-Unis bien avant les obscurs stratèges des réseaux sociaux actuels. Ce spectacle est d’autant plus stimulant pour la réflexion politique qu’il est bien fabriqué : quatre acteurs (dont Julie Timmerman elle-même, Anne Cressent ou Jean-Baptiste Verquin) y interprètent tous les rôles et s’échangent celui d’« Eddy » à tour de bras et d’époques. Les saynètes enchaînent des astuces de cabaret façon Karl Valentin, et l’humour y est le meilleur allié de la réflexion. — E.B.
    r De et par Julie Timmermann. Durée : 1h25. Jusqu’au 26 avr., 20h (mar.), Théâtre de la Concorde, 1-3, av. Gabriel, 8e, 01 71 27 97 17. (8-15 €).

    #Julie_Timmerman #Un_Démocrate

  • Un démocrate : aux origines de la manipulation de masse – Théâtre de la Concorde Paris | Paris Île-de-France
    https://www.unidivers.fr/event/un-democrate-aux-origines-de-la-manipulation-de-masse-theatre-de-la-concor

    Du jeudi 10 avril 2025 au samedi 26 avril 2025 :
    Tout public.
    « Un Démocrate » de Julie Timmerman se joue au Théâtre de la Concorde du 10 au 26 avril, une pièce plus que jamais en résonance avec notre époque.
    L’HISTOIRE

    Edward Bernays (1891-1995), neveu de Freud, invente dans les années 20 à New York des méthodes de manipulation des masses sans précédent. Au nom de la Démocratie US, il met au point la fabrication du consentement et vend indifféremment savons, Présidents, cigarettes et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes… Un Démocrate est une traversée épique à l’humour impitoyable de la vie et de l’œuvre d’un des hommes les plus influents du XXe siècle.

    9 ans après sa création, le spectacle résonne toujours davantage, et rentre en collision avec une actualité mondiale qui nous oblige à repenser nos démocraties, et le pouvoir de la communication, de la propagande et du BIG DATA dans un monde hyperconnecté.

    #Un_démocrate #Julie_Timmerman

  • Festival d’Avignon Off : « L’affaire Rosalind Franklin » ou comment Elisabeth Bouchaud fait aimer la science en la portant au théâtre
    https://www.laprovence.com/article/festival-davignon/2596456946522114/festival-d-avignon-off-l-affaire-rosalind-franklin-ou-comment-elisabeth-

    Troisième épisode, « L’affaire Rosalind Franklin (18h15) est consacrée à Rosalind Franklin, physico-chimiste britannique mondialement connue lorsqu’elle arrive à Londres pour travailler sur l’ADN en 1951. Elle s’y sent vite très seule, dans un monde scientifique très masculin. Ses collègues, Wilkins, Crick et Watson, n’ont aucun scrupule pour lui voler son travail, ce qui leur vaudra de recevoir le prix Nobel de médecine pour la découverte de la structure en double hélice de l’ADN en 1962.

    Portée par quatre comédiens virtuoses à savoir Isis Ravel, Balthazar Gouzou, Julien Gallix et Matila Malliarakis, (déjà exceptionnel dans ‘Le président », « Anquetil tout seul » et le film « Hors les murs ») la pièce mise en scène par Julie Timmerman est une merveille d’intelligence et d’inventivité. Une pièce Instructive et néanmoins divertissante.

    #Julie_Timmerman

  • Zoé de Julie Timmerman. - WebThéâtre : : Actualité des spectacles, théâtre, opéra, musique, danse - Paris
    https://www.webtheatre.fr/Zoe-de-Julie-Timmerman

    Zoé de Julie Timmerman.

    On connaît Julie Timmerman pour ses pièces sur des sujets géopolitiques, Un démocrate qui évoque Edward Bernays, théoricien de la propagande, et Bananas (and kings), qui dénonce les régimes bananiers d’Amérique centrale. Cette fois elle puise dans son histoire personnelle pour créer le personnage de Zoé qui grandit dans une famille de comédiens avec un père bipolaire. Un sujet âpre mais qu’elle choisit de traiter avec distanciation et humour pour ne pas tomber dans le pathos.
    Zoé est aujourd’hui une femme de 43 ans. Elle avance sur le devant de la scène et se lance dans un monologue tourbillonnant où s’entrechoquent les souvenirs d’enfance de ses multiples activités et les paroles de ses parents. Le prologue se clôt sur un événement particulier : l’oubli un soir de mettre son appareil dentaire. Cette négligence provoque chez son père une réaction démesurée. Ce jour-là le père est en forme et Zoé « n’aime pas trop que son père soit en forme ». Le sujet est posé : la bipolarité de son père et les conséquences néfastes sur la famille.

    Au fil des trois actes, nous suivons la vie de Zoé de l’enfance à l’âge adulte et la progression de la maladie de son père. Elle grandit dans une famille fantasque. Sa mère, comédienne, gère tant bien que mal les choses du quotidien et supporte les comportements imprévisibles et excessifs de son mari qui peut passer de la joie à l’abattement le plus profond à tout moment. Le père de Zoé est un homme très cultivé qui a transmis à sa fille des connaissances inhabituelles chez une fillette. Ainsi la légende de Siegfried, l’Anneau Nebulingen, Wagner, Hugo, Shakespeare lui sont familiers. Elle apprécie cette culture et elle la partage avec Victor, un camarade rencontré à l’école qui l’accompagnera toute sa vie et qui l’aidera à surmonter bien des difficultés et à reprendre confiance en elle. La relation de Zoé avec ses parents est complexe et soumise aux crises du père. Sans aucun doute, l’amour est présent au sein de cette famille mais comment trouver son équilibre, se construire pour une gamine quand son père passe de l’euphorie à un état dépressif à tout moment. Elle va donc consulter un psy, ce qui donne lieu à une scène drôle particulièrement réussie. Par petites touches, Julie Timmerman construit cet univers chaotique où la tension grandit à mesure que l’état du père s’aggrave et rende la cohabitation impossible. La séparation avec le père est difficile pour Zoé qui culpabilise de ne pas l’avoir sauver. Les crises d’angoisse, l’absence de considération de soi vont perturber longtemps Zoé qui heureusement aura une soutien sans faille de Victor pour surmonter ses doutes. Zoé adulte regarde son enfance avec distance et la tendresse accompagne le regard qu’elle porte sur ses parents défaillants mais aimants.
    Le sujet est grave mais le traitement est léger, inventif et souvent très drôle. Plusieurs scènes sont vraiment amusantes et l’écriture précise, évocatrice, laisse une place importante aux répliques comiques même si la situation l’est moins. La mise en scène très dynamique participe aussi à créer le recul nécessaire pour éviter tout pathos ou didactisme. La réussite du spectacle repose aussi sur le talent des comédiennes Alice Le Strat ( Zoé) et Anne Cressent (la mère) et des comédiens Mathieu Desfemmes (le père) et Jean-Baptiste Verquin (Victor , le psy, Mamie Léa, un infirmier, la mort). Ils sont tous formidables et rendent leurs personnages attachants, comiques et émouvants.

    Zoé de Julie Timmerman
    Mise en scène : Julie Timmerman
    Avec : Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Alice Le Strat et Jean-Baptiste Verquin et les voix de Alain Françon, Alphonse et Basile Rongier, Plume et Louise Petit Cressent, Arthur Verquin, Orso Franceschi, Nina Laurent
    Dramaturgie : Pauline Thimonnier
    Collaborateur artistique et conseiller musical : Benjamin Laurent
    Assistante à la m.e.s. : Véronique Bret
    Scénographie : James Brandily assisté de Laure Catalan, Lisa Notarangelo
    Lumières : Philippe Sazerat
    Costumes : Dominique Rocher
    Création sonore : Xavier Jacquot assisté de Paul Guionie
    Construction du décor : Agnès Champain, Benjamin Bertrand
    Crédits photos : Pascal Gély et Deyan Bussière

    Festival OFF Avignon
    Du 29 juin au 21 juillet (relâche le mardi)
    11H, durée 1h30

    La Factory – Théâtre de l’Oulle
    19, place Crillon, 84000 Avignon

    Le livre : https://cfeditions.com/zoe

    #Julie_Timmerman #Zoé

  • Julie Timmerman, double scène | Chantiers de culture
    https://chantiersdeculture.com/2024/07/14/julie-timmerman-double-scene-2

    Julie Timmerman, double scène

    Outre sa présence à la Reine blanche d’Avignon (84) avec L’affaire Rosalind, jusqu’au 21/07 Julie Timmerman propose Zoé et Un démocrate à la Factory. Une double scène, l’une parlant de psychose maniaco-dépressive, l’autre traitant propagande et manipulation… Sans oublier lectures et débats, de la Chapelle du Verbe incarné à celle des Italiens en passant par le Cloître Saint-Louis.


    https://cfeditions.com/zoe

    Julie Timmerman (Cie Idiomécanic Théâtre) a écrit et mis en scène Zoé, une œuvre, de son propre aveu, dictée par son histoire personnelle. Le sujet en est grave. Il s’agit de l’émancipation progressive d’une fillette, devenant femme et mère sous nos yeux, au sein d’une famille dont le père, aimé, aimant, est atteint de variations pathologiques de l’humeur. On le dirait aujourd’hui bipolaire. Il y a peu encore, on parlait de psychose maniaco-dépressive. Sublimant ses souvenirs, après s’être fortement documentée sur l’affection chronique en question, Julie Timmerman a su, avec une rare élégance, théâtraliser une délivrance chèrement conquise. La partition verbale est vive, inventive, riche d’une sorte de folklore familial plausible, dans un climat électrique où se mêlent le goût partagé de la poésie et les paroxysmes de crise, du dynamisme déchaîné à l’abattement. Les beaux coups de théâtre abondent entre les bouffées d’un délire incoercible et le lavage musical à grande eau de Wagner, quand Zoé-Siegfried brandit l’épée pour symboliquement tuer un père accablé. Julie Timmerman révèle ainsi, avec une grâce nerveuse, un talent d’écriture parfaitement joint à celui de mettre en scène. Jean-Pierre Léonardini

    Zoé, Julie Timmerman : jusqu’au 21/07, 11h. Théâtre de l’Oulle, 19 Place Crillon, 84000 Avignon (Tél. : 09.74.74.64.90).


    https://cfeditions.com/un-democrate

    C’est une histoire authentique que nous conte Julie Timmerman avec Un démocrate au théâtre de l’Oulle. Celle de l’américain Edward Bernays, le neveu de Freud, qui inventa au siècle dernier propagande et manipulation… S’inspirant des découvertes de son oncle sur l’inconscient, il vend indifféremment savons, cigarettes, Présidents et coups d’État. Goebbels lui-même s’inspire de ses méthodes pour la propagande nazie. Pourtant, Edward l’affirme, il est un parfait démocrate dans cette Amérique des années 20 où tout est permis ! Seuls comptent la réussite, l’argent et le profit. Quelles que soient les méthodes pour y parvenir… Entre cynisme et mensonge, arnaque et vulgarité, une convaincante illustration du monde contemporain : de la Tobacco Company à Colin Powell et les armes de destruction massive de l’Irak. Du théâtre documentaire de belle composition quand l’humour le dispute à l’effroi, tout à la fois déroutant et passionnant. Yonnel Liégeois

    Un démocrate, Julie Timmerman : jusqu’au 21/07, 19h10. Théâtre de l’Oulle, 19 Place Crillon, 84000 Avignon (Tél. : 09.74.74.64.90).

    #Julie_Timmerman #Avignon

  • Zoé de Julie Timmerman. - WebThéâtre : : Actualité des spectacles, théâtre, opéra, musique, danse - Paris
    http://www.webtheatre.fr/Zoe-de-Julie-Timmerman

    Le texte de la pièce a été publié :
    https://cfeditions.com/zoe

    On connaît Julie Timmerman pour ses pièces sur des sujets géopolitiques, Un démocrate qui évoque Edward Bernays, théoricien de la propagande, et Bananas (and kings), qui dénonce les régimes bananiers d’Amérique centrale. Cette fois elle puise dans son histoire personnelle pour créer le personnage de Zoé qui grandit dans une famille de comédiens avec un père bipolaire. Un sujet âpre mais qu’elle choisit de traiter avec distanciation et humour pour ne pas tomber dans le pathos.
    Zoé est aujourd’hui une femme de 43 ans. Elle avance sur le devant de la scène et se lance dans un monologue tourbillonnant où s’entrechoquent les souvenirs d’enfance de ses multiples activités et les paroles de ses parents. Le prologue se clôt sur un événement particulier : l’oubli un soir de mettre son appareil dentaire. Cette négligence provoque chez son père une réaction démesurée. Ce jour-là le père est en forme et Zoé « n’aime pas trop que son père soit en forme ». Le sujet est posé : la bipolarité de son père et les conséquences néfastes sur la famille.

    Au fil des trois actes, nous suivons la vie de Zoé de l’enfance à l’âge adulte et la progression de la maladie de son père. Elle grandit dans une famille fantasque. Sa mère, comédienne, gère tant bien que mal les choses du quotidien et supporte les comportements imprévisibles et excessifs de son mari qui peut passer de la joie à l’abattement le plus profond à tout moment. Le père de Zoé est un homme très cultivé qui a transmis à sa fille des connaissances inhabituelles chez une fillette. Ainsi la légende de Siegfried, l’Anneau Nebulingen, Wagner, Hugo, Shakespeare lui sont familiers. Elle apprécie cette culture et elle la partage avec Victor, un camarade rencontré à l’école qui l’accompagnera toute sa vie et qui l’aidera à surmonter bien des difficultés et à reprendre confiance en elle. La relation de Zoé avec ses parents est complexe et soumise aux crises du père. Sans aucun doute, l’amour est présent au sein de cette famille mais comment trouver son équilibre, se construire pour une gamine quand son père passe de l’euphorie à un état dépressif à tout moment. Elle va donc consulter un psy, ce qui donne lieu à une scène drôle particulièrement réussie. Par petites touches, Julie Timmerman construit cet univers chaotique où la tension grandit à mesure que l’état du père s’aggrave et rende la cohabitation impossible. La séparation avec le père est difficile pour Zoé qui culpabilise de ne pas l’avoir sauver. Les crises d’angoisse, l’absence de considération de soi vont perturber longtemps Zoé qui heureusement aura une soutien sans faille de Victor pour surmonter ses doutes. Zoé adulte regarde son enfance avec distance et la tendresse accompagne le regard qu’elle porte sur ses parents défaillants mais aimants.
    Le sujet est grave mais le traitement est léger, inventif et souvent très drôle. Plusieurs scènes sont vraiment amusantes et l’écriture précise, évocatrice, laisse une place importante aux répliques comiques même si la situation l’est moins. La mise en scène très dynamique participe aussi à créer le recul nécessaire pour éviter tout pathos ou didactisme. La réussite du spectacle repose aussi sur le talent des comédiennes Alice Le Strat ( Zoé) et Anne Cressent (la mère) et des comédiens Mathieu Desfemmes (le père) et Jean-Baptiste Verquin (Victor , le psy, Mamie Léa, un infirmier, la mort). Ils sont tous formidables et rendent leurs personnages attachants, comiques et émouvants.

    Zoé de Julie Timmerman
    Mise en scène : Julie Timmerman
    Avec : Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Alice Le Strat et Jean-Baptiste Verquin et les voix de Alain Françon, Alphonse et Basile Rongier, Plume et Louise Petit Cressent, Arthur Verquin, Orso Franceschi, Nina Laurent
    Dramaturgie : Pauline Thimonnier
    Collaborateur artistique et conseiller musical : Benjamin Laurent
    Assistante à la m.e.s. : Véronique Bret
    Scénographie : James Brandily assisté de Laure Catalan, Lisa Notarangelo
    Lumières : Philippe Sazerat
    Costumes : Dominique Rocher
    Création sonore : Xavier Jacquot assisté de Paul Guionie
    Construction du décor : Agnès Champain, Benjamin Bertrand
    Crédits photos : Pascal Gély et Deyan Bussière

    Festival OFF Avignon
    Du 29 juin au 21 juillet (relâche le mardi)
    11H, durée 1h30

    La Factory – Théâtre de l’Oulle
    19, place Crillon, 84000 Avignon

    #Zoé #Julie_Timmerman

  • Villefranche-de-Rouergue. Le spectacle « Zoé », ce samedi soir, clôture la saison - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2024/05/24/le-spectacle-zoe-ce-samedi-soir-cloture-la-saison-11970789.php

    Le livre reprenant la pièce Zoé de Julie Timmerman est chez l’imprimeur. Parution mi-juin. Chez C&F éditions

    Samedi 25 mai, à 20 h 45, au Théâtre municipal, c’est la dernière pièce de l’année avec le spectacle « Zoé ». "C’est une petite fille dont les parents sont comédiens et tous les trois forment une famille heureuse. Mais… sous ces apparences, il y a un bémol car le père est bipolaire et Zoé vit au rythme des épisodes d’enthousiasme et de dépression profonde de ce père qu’elle aime tant ! Les questions sous-jacentes sont là : comment peut-on arriver à grandir et à se libérer de ce poids ? comment « tuer » le père pour employer une expression imagée et métaphorique évidemment !"

    Quatre comédiens font vivre le parcours de Zoé et mettent en lumière ses diverses réactions à divers moments de sa vie. Julie Timmerman (déjà connue des Villefranchois pour le spectacle : « Un démocrate »)

    #Julie_Timmerman #Zoé

  • Julie Timmerman | Librairie Maruani
    https://www.librairiemaruani.fr/events/julie-timmerman

    Date / Heure : 22/06/2024 de 15h30 à 17h30
    Lieu : Librairie Maruani

    Le 22 juin à partir de 15h30, venez rencontrer Julie Timmerman pour son livre « Zoé » chez C&F éditions.

    Un bref résumé : Elevée dans une famille d’artistes haute en couleurs, avec un père bipolaire, toxique et génial et une mère qui tente de tenir le cadre, Zoé navigue entre merveilles et chaos. Quête initiatique, hommage à l’enfance, épopée en équilibre constant entre le rire et les larmes, Zoé est une aventure joyeuse, une histoire d’amour filial, d’émancipation, et de transcendance par l’art. Julie Timmerman nous fait traverser cette histoire intime et collective avec humour, amour, gouffres et lumière.

    #Julie_Timmerman #Zoe

  • « Zoé », la nouvelle pièce de Julie Timmerman, met une enfant face à son père bipolaire : explosif
    https://news.dayfr.com/people/3354930.html

    Avec Un démocrate Julie Timmerman a taclé Edward Bernays, théoricien de la propagande, et Bananes épluché les régimes de bananes d’Amérique centrale.

    Avec Zoél’auteure et réalisatrice ne monte pas cette fois sur scène, mais dévoile une partie d’elle-même, évoquant son éducation et son évolution dans une famille dont le père bipolaire introduit l’aliénation dans la maison.

    Fille unique d’un couple de comédiens, Zoé voit se succéder des jours de joie et de colère en fonction du trouble bipolaire qui touche son père. A 8, 10 et 40 ans, avec l’aide de son ami Victor, alors psychologue, Zoé tente de trouver sa place entre un père dérangé, mais qui la nourrit de la culture qu’elle adore, et une mère dépassée par une responsabilité qui elle a du mal à faire face. Jusqu’au jour où Zoé décide qu’elle va sauver son papa.

    Le langage précis, évocateur et poétique de Julie Timmerman est toujours présent dans Zoé. Si on ne l’attendait pas dans ce registre intimiste, son sujet conserve une dimension politique en sensibilisant à une pathologie dont on ne parle que depuis peu. Sans pathos ni didactisme, le drame est là, mais l’auteur maintient son point de vue, insufflant un humour dont l’esprit est une de ses constantes dans chacune des pièces. Le sens du rythme en est un autre, Zoé en passant à une vitesse vertigineuse, on en redemanderait.

    En trois actes, dans une cuisine familiale, Zoé voit une mère et sa fille passer du calme à la tempête, de l’amour à la colère, de la compassion au dégoût, au gré des « balancements » de son père. Plutôt que d’être narratifs, les trois actes se déroulent comme trois tableaux, représentés dans trois époques, trois étapes de la maladie. De cette évolution se traduit la progression narrative que Julie Timmerman sait utiliser, tant dans l’écriture que dans la réalisation.

    Aussi, la pièce prend de l’ampleur comme la crise du père et les paroles sont importantes. Il suffit d’en un pour provoquer une étincelle, puis de se combiner avec un autre, comme deux silex, puis un de plus, pour enflammer le corps et embraser la scène. Comme lorsque son père est tombé sur la table de la cuisine, qui est devenue un abîme dans lequel il est tombé, et qui l’a englouti. Une des idées scéniques dont regorge Julie Timmerman avec ses quatre comédiens dont l’esprit d’équipe enflamme la scène.

    « Zoé »
    Par Julie Timmerman
    Réalisateur : Julie Timmerman
    Avec : Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Alice Le Strat et Jean-Baptiste Verquin
    Du 5 janvier au 29 février, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h15
    Théâtre de Belleville
    16 passage Piver, 75011 Paris
    Téléphone : 01 48 06 72 34

    #Julie_Timmerman