• Réfugiés en #Serbie : à #Kanjiža, le chemin de la liberté

    Rafiq Muhedin, 65 ans, a le visage couvert de cicatrices. Appuyé sur des béquilles, il clopine le long de la voie de chemin de fer entre le village serbe de Horgoš et la frontière hongroise. Pendant 4 mois, il a été enfermé et torturé dans une prison à Damas, en Syrie. Pour seul bagage, un sac en plastique avec ses médicaments et deux paquets de cigarettes. Le reste, il l’a perdu lors d’un naufrage en mer Égée. Il vient du camp de réfugiés de Kanjiža, où des tentes ont été fournies par le centre humanitaire russe de Niš. Tous les jours, environ 1 500 personnes arrivent en autocar de la gare routière de #Subotica. La nuit, elles sont transportées à Horgoš. Au passage frontalier, entre les barbelés, des policiers hongrois leur indiquent la route à suivre.

    http://www.courrierdesbalkans.fr/le-fil-de-l-info/refugies-a-kanjiza-le-chemin-de-la-liberte-photos.html
    #asile #migrations #réfugiés

  • #Kanjiža, dernier arrêt avant d’entrer dans l’UE (Politika)

    Dans leurs GPS, les Syriens les plus favorisés ont indiqué cette ville
    frontalière, où ils attendent la nuit avant de passer la « frontière
    verte ». Photo (A. Isakov) : le repos avant de surmonter le dernier
    obstacle : la frontière hongroise.

    Kanjiža – Je ne dirai pas mon vrai nom, mais seulement le surnom de
    dr. Tony, parce que si ce soir nous ne parvenons pas à franchir la
    frontière, je ne souhaite pas voir mon nom dans le journal, dit de
    façon catégorique ce médecin qui a quitté la Syrie il y a 3 mois.
    « J’ai pleuré toute la nuit quand j’ai quitté Damas et j’ai pleuré
    chacune des nuits qui ont suivi. C’est très dur, non seulement sur le
    plan physique, c’est difficile, mais c’est encore plus difficile sur
    le plan émotionnel, quand on doit quitter sa ville, son pays, toute la
    vie qui était la sienne », précise le Syrien.

    Dans les cafés du jardin de Kanjiža, les seuls clients sont des
    migrants de Syrie. Presque tous les jeunes gens parlent anglais et
    appartiennent à la couche instruite des migrants. Le médecin Tony
    montre son jeune frère juriste, son frère plus âgé a longtemps
    enseigné en Chine, parmi d’autres on trouve dans ce groupe des
    étudiants en économie et en droit maritime. Tony est visiblement le
    chef informel de ce groupe, car tandis que nous conversons d’autres
    l’abordent, et il leur donne de l’argent pour faire des achats dans
    les environs, pour ce qui sera la dernière et sans doute la plus
    importante des étapes de leur voyage : le passage de la frontière avec
    l’Union européenne.

    Les migrants se rendent à Kanjiža depuis 2009, explique Robert Lacko,
    président du Conseil municipal de Kanjiža, mais à l’époque il
    s’agissait de petits groupe de dix ou vingt personnes. A la fin de
    l’année passée, il y a eu une vague de migrants venant du Kosovo et
    puis, à partir du mois de mars de cette année, il y a eu un véritable
    boum des migrants, dans cette ville frontalière de 9.000 habitants, où
    chaque jour se suivent près de 1.500 malheureux, pour la plupart de
    Syrie.

    Jusqu’à présent, il arrivait en moyenne jusqu’à 1.000 personnes, mais
    la semaine passée, après que la Hongrie ait annoncé la construction
    d’une clôture le long de la frontière, le nombre de ceux qui arrivent
    a augmenté. La société de transports en autocars „Lasta” compte quatre
    lignes régulières jusque Kanjiža, mais presque chaque jour il y a eu
    jusqu’à 12 départs depuis Belgrade, le maximum que l’on connaît est le
    jour où il y a eu 20 autocars. Tous sont remplis de migrants. Nous
    avons essayé de trouver un accord pour qu’ils ne soient pas
    transportés au centre de Kanjiža, mais plutôt de les laisser à
    proximité de la « ligne verte » [NdT : la frontière avec la Hongrie],
    mais cela n’a pas été possible. Dans les GPS de navigation de leurs
    téléphones a été enregistrée cette route et ils n’en dévient pas. Du
    reste, ils sont à des milliers de kilomètres de leur maison et n’ont
    pas d’autre choix que de suivre la route qui leur a été décrite –
    explique Lacko.

    Les migrants ont rempli le parc du centre de Kanjiža à 50 mètres du
    siège du conseil municipal. Il y en a dans le parc de Banja Kanjiža
    mais aussi le long de la rivière Tisa. Pour eux, Kanjiža est
    simplement un répit et à partir de 17h jusque minuit, tous se rendent
    dans le village voisin de Martonoš qui, avec 1.500 d’habitants, à ces
    heures du soir est deux fois plus important. Le but de ces migrants,
    ce sont les 300 mètres de la zone forestière qui séparent la Serbie de
    la Hongrie, et le passage de la frontière, ou bien ils attendent leur
    « correspondance ». Comment on peut avoir appris à Damas l’existence du
    parc de Kanjiža et de la « frontière verte » de Martonoš, ce n’est pas
    une si grande énigme.

    – Nous supposons qu’il y a une vingtaine d’entre eux qui se sont
    engagés professionnellement dans la conversion des Syriens à travers
    la frontière, et ils se relaient. A part cela, selon différentes
    sources, tout est organisé par des Syriens qui vivent ici légalement,
    qui ont les documents requis, et leur travail se fait par le biais du
    téléphone [NdT : en Serbie on peut acheter une carte SIM sans donner
    son identité], et ils sont donc presque insaisissables – souligne
    Lacko.

    Cette migration comprend une haute technologie et entraîne le fait que
    la population migrante à Kanjiža est significativement différente de
    celle qui arrive à Subotica, car dans l’ancienne fabrique de briques
    de Subotica ont trouve surtout des Afghans démunis qui ont faim et
    vont pieds nus, alors qu’à Kanjiža il s’agit pour la plupart de
    Syriens, et les paquets et sacs-à-dos autour d’eux indiquent que bien
    qu’ils ont voyagé plusieurs mois, ils ne sont pas venus sans rien.

    Le médecin Tony confirme que chacun a pu payer pour cette partie de
    Belgrade jusqu’à la frontière les frais de taxi qui se montent à près
    de 1.500 euros. De la frontière jusque Vienne cela coûte encore 1.500
    euros. Mais la plupart d’entre eux sont arrivés avec les transports
    publics, en train ou en autocar.

    – Nous ne demandons rien, nous n’avons besoin de rien, seulement d’un
    endroit où prendre une douche. Mais on ne nous laisse pas dans le
    hôtels, on ne nous permet pas de passer la nuit n’importe où. Ici,
    dans ces sacs en plastique il y a les vêtements que nous avons
    achetés, nous avons acheté de la nourriture et de l’eau. J’ai tous mes
    papiers et le passeport, mais même à Belgrade on n’a pas voulu me
    donner d’argent via Western Union. Nous le voyons quand ils nous
    vendent les cigarettes plus chères que ce qu’elles coûtent, nous
    achetons tout nous-mêmes, et c’est probablement bien ici dans les
    magasins. Nous sommes conscients de notre situation de migrants
    illégaux, et nous savons que nous n’avons aucun droit à nous rebeller.
    Au contraire, nous disons tous merci – raconte Tony. Leurs expériences
    dans les camps en Turquie, où ils ont laissé les femmes, étaient très
    difficiles, et ils racontent l’hostilité des habitants de Macédoine.
    Ils ont rencontré la première main amicale dans un village, ils ont
    oublié son nom, dans le sud de la Serbie, proche de la frontière avec
    la Macédoine. Ils avancent que leur séjour à Belgrade a été difficile,
    et ici à Kanjiža il s’agit d’un répit pour reprendre le souffle avant
    de traverser la frontière. Ils ont appris que l’on construit une
    clôture, mais qu’importe, disent-ils, si c’est nécessaire, il faut y
    arriver. L’objectif de Tony, c’est la Finlande, car il est en contact
    avec un ami qui est déjà en Finlande et qui lui a expliqué qu’après 45
    jours, il sera en mesure de faire venir son épouse qui est restée dans
    un camp de Turquie. Il explique comment est son épouse, elle est
    ingénieur, et elle envisage de s’inscrire à un master et
    d’entreprendre un doctorat.

    C’est justement sur une zone proche de Martonoš que la Hongrie a
    commencé lundi à construire la barrière de fil de fer barbelé visant à
    arrêter la traversée illégale de la frontière avec la Serbie, et d’ici
    vendredi devraient être posées les premiers 150 mètres de clôture (…).

    En attendant, Kanjiža est parvenue à ce jour à faire face au problème
    des migrants. Lacko explique que le plus difficile est qu’aucun niveau
    du gouvernement n’a de solution à ce problème, mais plutôt des
    solutions au jour le jour des problèmes urgents, et il y a un
    sentiment d’un piétinement sur place plutôt qu’une solution à long
    terme. Il existe encore la possibilité de placer Kanjiža en situation
    d’urgence, et c’est au niveau municipal que cette décision doit être
    prise.

    – Le problème, c’est que nous avons fait appel à l’aide de l’État et
    de la Province et nous ne savons toujours pas comment cela arrivera et
    sous quelle forme. Si c’est une aide financière qui arrive à la
    société communale „Komunalac”, qui porte la plus forte charge de
    nettoyage et de ramassage des déchets et le nettoyage dans Kanjiža des
    déchets laissés par les migrants, ce serait une partie de la solution,
    mais si l’argent arrive sur le budget de la Ville, alors pendant un
    mois nous ne pourrons l’utiliser tant que cela n’aura pas été mis à
    l’ordre du jour des appels budgétaires de la commune – nous précise
    Lacko.

    Ce jeudi [16 juillet] au matin, des bouteilles d’eau sont arrivées de
    la Province, de la nourriture, des couches et des produits d’hygiène
    pour soutenir la commune de Kanjiža, pourtant Lacko précise que
    d’après leurs expérience passées, les migrants ont peur et ne veulent
    rien recevoir d’autre que des bouteilles d’eau.

    Source : Aleksandra Isakov, Kanjiža – poslednja sirijska čekaonica pred
    vratima EU, Politika, 18 juillet 2015. Traduction : Dragan Grcic.

    #Serbie #asile #réfugiés #migrations #Balkans
    reçu via newsletter Migreurop

    • Et quelques jours après... voici encore un message de D. Grcic via la newsletter Migreurop

      Depuis quelques jours la presse serbe fait état de discussions sur le
      thème de la mise en état d’urgence de certaines villes en raison d’un
      afflux important de migrants, qui transitent par la Serbie pour se
      rendre dans un pays de l’UE.

      Des journalistes croates se sont rendus dans une de ces villes,
      Zaječar, et ils en ramènent un reportage tout différent de ce qui est
      affirmé par les autorités.

      La question des migrants est en effet devenue un sujet qui est utilisé
      de façon politique et de très nombreuses rumeurs circulent depuis des
      mois déjà, dont celles de risques d’épidémies et d’infiltration des
      réfugiés par des militants de l’État islamique ou d’Al Qaeda.

      Des articles de presse, il y a quelques jours, faisaient état de
      40.000 migrants bloqués à la frontière bulgare et qui souhaiteraient
      passer en Serbie.

      Plusieurs articles ont annoncé le souhait d’autorités locales de
      mettre en place un état d’urgence, mais à ce jour le gouvernement
      serbe n’a pas repris cette idée, au contraire on trouve trace de
      certains officiels qui disent qu’il ne doit pas être instauré.

      Voici la traduction d’un article publié sur le site serbe de B92. Qui
      nous rappelle qu’un regard par la presse étrangère est parfois
      bienvenu – quand il s’agit de journalistes qui se rendent sur place,
      ici dans « l’enfer de Zaječar ».

      Dragan Grcic

      ARTICLE TRADUIT DU SERBOCROATE

      Ils ont inventé les migrants car ils n’avaient pas d’argent pour la
      Guitariade (Jutarnji list)

      Les journalistes du quotidien de Zagreb « Jutarnji List » se sont rendus
      à Zaječar, après les informations sur la situation dramatique de cette
      ville en raison de la vague de réfugiés.

      Les autorités de la ville ont appelé à l’instauration de l’état d’urgence.

      Cependant, comme on peut le lire dans « Jutarnji », les journalistes ont
      trouvé sur place une image tout à fait différente…

      À Zaječar, vile de l’est de la Serbie, à la frontière de la Bulgarie,
      en raison de l’afflux des réfugiés, la volonté d’instaurer l’état
      d’urgence.

      La manifestation traditionnelle des Jeunes sportifs de cette ville a
      été annulée pour des raisons de sécurité, sur recommandation de la
      Cellule de sécurité. Les habitants ont peur, la ville est inondée de
      réfugiés qui proviennent de Syrie, Irak, Afghanistan, Somalie…

      Menace d’épidémie : parmi les habitants, la rumeur veut qu’ils
      pourraient propager le virus d’Ebola.

      Une panique supplémentaire a été ajoutée par l’adjoint au maire de
      Zaječar, Milko Todorović, qui a déclaré qu’il existe une crainte
      fondée que figurent parmi les réfugiés des terroristes de l’État
      islamique.

      Todorović a semé la panique en affirmant qu’à la frontière bulgare
      attendent 40.000 nouveaux réfugiés.

      Zaječar se trouve à seulement 15 kilomètres de la frontière avec la
      Bulgarie, le point frontalier est Vrška Euka.

      Les médias écrivent que les réfugiés ont littéralement dévalisé tous
      les vergers sur leur passage, et que la pénurie de pêches et
      d’abricots a fait doubler prix de ces fruits sur les places du marché.

      On parle d’une catastrophe humanitaire qui menace la Serbie,
      confrontée à un tsunami de réfugiés.

      À Bogovađa, près de Lajkovac, les réfugiés d’Afrique du nord et
      d’Asie, selon les médias, pillent les monastères et détruisent tout
      sur leur passage, souvent ils entrent dans des appartements, et la
      population locale, pour se protéger, doit souvent se faire justice
      elle-même.

      Le ministre du Travail Aleksandar Vulin, qui est compétent pour les
      questions sociales, est vite venu dans une des villes plus
      vulnérables, Zaječar, pour répondre personnellement à une situation
      dramatique.

      Ce n’est pas croyable. En Hongrie, où il y a déjà beaucoup de
      réfugiés, des centaines chaque jour, le gouvernement a remis de
      l’ordre.

      Les immigrants en provenance d’Afrique et d’Asie sont fatigués et
      hagards, à moitié affamés et effrayés, mais décents et loquaces, et en
      dépit de la présence d’un verger de pêches, ils sont tous rassemblés
      de l’autre côté de la rue, à l’ombre, car il fait plus de 35 degrés,
      ils attendent que la police permette leur transfert à Szeged et
      Debrecen, et aucun d’entre eux n’a pris le moindre fruit.

      Sous l’impression de ce que nous avons pu voir en Hongrie, écrit
      Jutarnji list, où des milliers de réfugiés ont submergé les villes
      frontières et et où tout se produit de façon pacifique et organisée,
      sans le moindre conflit, le président du conseil municipal de Zaječar,
      Saša Mirković est le plus ardent défenseur de l’instauration de l’état
      d’urgence. Il m’adresse au maire Velimir Ognjenović.

      Sa secrétaire, pourtant, dit que le maire n’a pas une seule minute de
      temps libre.

      C’est qu’il est très occupé par la visite du ministre Vulin et par la
      situation en ville.

      Le chef de la police de Zaječar Goran Tomić refuse de communiquer sans
      l’accord du ministère de l’intérieur (MUP) et quand nous l’avons
      contacté, il nous a répondu par message électronique qu’il ne pouvait
      lui donner l’autorisation de nous parler !

      En dépit des descriptions apocalyptiques de la situation, nous avons
      décidé de nous rendre dans l’enfer de Zaječar, dans l’est de la
      Serbie, à proximité de la frontière bulgare, pour voir de nos propres
      yeux le drame que connaît cette ville.

      Nous sommes arrivés dans la ville vers midi, justement lorsque le
      ministre Vulin y était, accompagné par le maire de Zaječar Ognjenović,
      le chef de la police Tomić et le chef du district régional Vladan
      Paunović, achevant une visite de la ville.

      « À Zaječar, il n’y a pas d’invasion des demandeurs d’asile.
      Aujourd’hui, après un long temps, j’en ai vu dans la rue, mais comme
      vous vous en convaincrez par vous-même, ce n’est qu’une poignée,
      peut-être une trentaine de personnes », explique la journaliste Sonja
      Kamenković.

      Décontenancés, nous nous rendons dans le centre de Zaječar ou, dans le
      parking situé près du monument dédié à Nikola Pašić, à l’ombre d’un
      tilleul, sont assis une vingtaine, tout au plus une trentaine de
      réfugiés.

      Quelques autres se reposent dans une café voisin. Les jeunes hommes
      avec qui nous parlons proviennent d’Afghanistan, et leurs familles
      viennent d’Irak.

      Le plus âgé, chef de famille, dit qu’ils viennent de Mossoul. Il est
      assis avec un groupe de femmes syriennes. Ils attendent que la police
      de Zaječar leur remette un « ausweis ». Ils disent qu’ils sont entrés en
      Serbie via la Macédoine. Ils souhaitent se rendre à l’ouest, ils
      veulent s’établir en Allemagne ou dans un autre pays riche de l’Union
      européenne.

      Le chauffeur de taxi Bratislav Nikolić négocie avec un petit groupe
      leur transport jusque Belgrade pour 100 euros.

      « Croyez-moi, je les conduirai sans rien », dit Nikolić, qui se vante
      auprès des réfugiés présents qu’il n’a jamais eu un seul incident.

      Il est surprenant que les autorités parlent de la proclamation de
      l’état d’urgence à Zaječar, dit-il, car de temps en temps il y a 10 ou
      20 réfugiés qui arrivent. Aucun d’entre eux n’a pour destination
      finale la Serbie.

      À Zaječar, tout est normal. Les citoyens passent tous sans faire
      attention à la poignée de gens présents et qui sont assis paisiblement
      et personne ne fait rien.

      « Ils ne me dérangent pas. Je ne connais personne à qui ils auraient
      fait du mal. Nous comprenons ces personnes misérables et nous savons
      qu’elles ne font que passer ici, et que Zaječar n’est pas la ville où
      elles souhaitent rester. Et moi aussi, si je le pouvais, croyez-le, je
      partirais d’ici avec eux », nous raconte une jeune femme.

      En compagnie de quelques journalistes locaux, nous nous rendons à la
      conférence de presse du ministre Vulin.

      Au premier étage du bâtiment, le ministre Vulin, habillé avec
      décontraction, en chemise noire et sans veston ni cravate, félicite le
      gouvernement de Zaječar qui s’est bien chargé de la vague de migrants.
      Il précise, cependant, qu’il n’y a pas lieu d’instaurer l’état
      d’urgence.

      Le chef de la police locale, Tomić, dont nous avons essayé d’obtenir
      les données sur le nombre des réfugiés arrivés à Zaječar ces derniers
      jours, se justifie en disant qu’il ne peut s’exprimer sans l’accord du
      ministère de l’intérieur !

      Nous nous demandons donc pourquoi, avec le maire de Zaječar,
      Ognjenović, il se tient près du ministre Vulin et des journalistes,
      qui d’ailleurs lui non plus n’a pas fourni le moindre chiffre.

      Tout le mystère des réfugiés de Zaječar, que nous n’avons toujours pas
      vus, mais qui ont presque conduit à l’état d’urgence, nous allons
      bientôt le découvrir dans une pâtisserie à 200m de l’hôtel de ville,
      grâce à l’ancien maire, aujourd’hui conseiller municipal de
      l’opposition, Boško Ničić.

      Avant d’entamer la discussion, il nous demande combien de réfugiés
      nous avons vus dans Zaječar : dix, vingt ou trente ?

      « Car c’est pour cela que l’on veut instaurer l’état d’urgence ? » - il
      nous pose la question en riant.

      « Tout cela, c’est une grosse farce, à l’image du gouvernement local »,
      poursuit-il.

      « Il y a quelques jours devait se tenir à Zaječar une manifestation
      traditionnelle des sports pour les jeunes. Bien que les dépenses
      n’étaient pas élevées, moins de 10.000 euros, les coffres de la
      municipalité sont totalement vides et ils n’avaient pas cet argent.
      C’est pour cela qu’ils ont annulé la manifestation, en se justifiant
      par des problèmes de sécurité dus à une vague de réfugiés. Bientôt, le
      29 juillet devrait débuter le 29e Festival traditionnel de la guitare,
      la Guitariade de Zaječar. L’événement dure 4 jours et coûte dans les
      100.000 euros. Mais bien sûr, ils n’ont pas cet argent. Je ne pense
      pas qu’il y aura beaucoup d’interprètes, parmi lesquels on annonçait
      Gibonni, qui viendraient sur leurs propres fonds et participeraient
      sans honoraires. La seule sortie était la proclamation de l’état
      d’urgence pour pouvoir annuler la manifestation. Au lieu de dire que
      la ville a les caisses vides, on a inventé l’invasion des immigrés,
      qui étaient sur le point d’envahir Zaječar. Ils avaient besoin d’un
      état d’urgence. Depuis 700 jours qu’ils sont au pouvoir, les autorités
      ont a ce jour bloqué 500 jours », déclare l’ancien maire de Zaječar,
      Boško Ničić.

      Et il ajoute : « Il y a 15 minutes en voiture pour arriver à la
      frontière bulgare. Allez-y et vous verrez combien de réfugiés ont
      l’intention de venir à Zaječar ».

      La première ville en Bulgarie, après le poste frontière de Vrška Čuka, est Kula.

      A une proche pompe à essence, nous demandons à la vendeuse si elle
      voit passer des réfugiés. Elle dit qu’il n’y en a plus depuis
      longtemps. Nous continuons jusque Vidin, une petite ville de 50.000
      âmes, sur le Danube, où la rivière sépare la Bulgarie de la Roumanie.
      Pas de trace de réfugiés.

      Nous revenons à Zaječar. Là où nous avions rencontré une trentaine de
      réfugiés quelques heures plus tôt, sous un vieux tilleul du
      centre-ville, près du monument à Nikola Pašić, lui le natif de Zaječar
      et qui fut naguère le Premier ministre du Royaume de Serbie, et
      ensuite du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, sont seulement
      assis quelques Afghans.

      Manifestement, les réfugiés sont quelque part ailleurs. Pour eux – une
      autre vie, quelque part ailleurs.

      Source : « Nema para za Gitarijadu, izmislili migrante », B92, 20 juillet
      2015. Traduction vers le français : Dragan Grcic.

  • A Kanjiza, dernière pause avant les barbelés hongrois - Libération

    http://www.liberation.fr/monde/2015/09/04/a-kanjiza-derniere-pause-avant-les-barbeles-hongrois_1375254

    BALKANS EXPRESS, ÉTAPE 5 Ce camp est l’ultime étape pour les migrants avant de tenter de passer en Hongrie.

    Chaque jour, entre 15 et 20 autobus déversent leurs flots de réfugiés et de migrants devant le camp de Kanjiza (Serbie), une petite ville magyarophone à la frontière de la Hongrie. Soit au moins un millier de personnes. La plupart ne mettront même pas les pieds au camp où mercredi, il n’y avait pas plus de 200 personnes à dormir dans des tentes bien aménagées, don d’une association russe aux réfugiés serbes des guerres dans l’ex-Yougoslavie. Ce camp se veut un modèle, il est ouvert, il a des douches pour hommes et des douches pour femmes, le premier dans ce cas depuis des centaines de kilomètres. Les réfugiés peuvent y laver leur linge.

    #migrations #réfugiés #asile #hongrie #balkans

  • 2月28日のツイート
    http://twilog.org/ChikuwaQ/date-140228

    RT @MaggieSensei: Kanji study 食べる=たべる=taberu =to eat #Japanese #kanji vine.co/v/MKvBip0Ap7P posted at 13:16:48

    My Tweeted Times tweetedtimes.com/ChikuwaQ - top stories by BreakingNews, tcarmody, guardiantech posted at 12:00:09

    Papier is out! paper.li/ChikuwaQ/13277… Stories via @Brava10 @PatMethenyNews @khaoid posted at 09:16:28

    “Dark Deleuze”: A Glossary | Anarchist Without Content anarchistwithoutcontent.wordpress.com/2014/02/25/dar… posted at 08:18:57

    #FF bon we : @UweSteiner @franstanbul @MrIvanJohnson @afcoory @MotherGinSling posted at 06:28:33

    Top story: GCHQ intercepted webcam images of millions of Yahoo users worldwide … www.theguardian.com/world/2014/feb…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ posted at (...)