• Arabie saoudite : des diplomates étrangers bien silencieux au procès Khashoggi - RFI
      http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190405-arabie-saoudite-proces-khashoggi-opaque-diplomates-etrangers

      (...) Katia Roux de l’organisation de défense des droits humains Amnesty International( :)

      « Les organismes indépendants de surveillance et les médias ne sont pas autorisés à assister au procès qui se déroule donc à huis clos depuis début janvier, ce qui est extrêmement préoccupant, estime-t-elle. Dans ces conditions inacceptables, la présence de ces diplomates risque d’être perçue comme la #légitimation d’un procès potentiellement marqué par des irrégularités. Et le fait de garder le silence sur la manière dont se déroule ce procès pour ces gouvernements les rend finalement complices d’un système judiciaire biaisé. »

  • Food Studies – Contagions
    https://contagions.hypotheses.org/1254

    Ce n’est qu’aujourd’hui cependant, au moment où je décide de me frotter à la télévision culinaire, que je croise à nouveau le chemin des food studies. Peut-être n’est-il pas mauvais de présenter ce monde (ce champ ? cette discipline ? ce domaine ? ce courant ?), qui s’élabore dans les années 1990 et qui, à mon avis, présente des différences assez notables avec ce que l’on associe ordinairement aux studies, des appellations à mes yeux les plus douteuses (comme les Buffy studies) aux mieux installées (comme les gender studies), en passant par les cas très problématiques (comme les porn studies). (On peut lire également, sur le carnet Inquiétudes Textiles, un texte sur la question des fashion studies.)

    #légitimation_académique #savoir #nourriture

  • Ce film, diffusé en coopération avec le CHS du XXe siècle, retrace l’histoire, la mémoire et la légende d’un mouvement subversif… qui a fini par être patrimonialisé par la société qu’il voulait renverser

    https://sms.hypotheses.org/13472

    #film, #situationnisme, #debord, #spectacle, #marchandisation, #patrimoine, #évolution, #histoire, #mémoire, #subversion, #subvertir, #symbole, #1968, #mai, #IS, #internationale_situationniste, #postérité, #légitimation

  • #Aimé_Césaire : « Le #racisme commence avec la #colonisation car il a fallu légitimer cette entreprise »

    Dans cette émission enregistrée en 1966 par José Pivin, « Aimé Césaire et l’Afrique », l’homme politique, poète et dramaturge explique comment il conçoit les différences entre les noirs et les blancs : celles-ci ne sont pas biologiques mais résultent de la culture. Celui qui fait partie des fondateurs du mouvement de la négritude analyse, enfin, son passage de la poésie au théâtre :

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/aime-cesaire-le-racisme-commence-avec-la-colonisation-car-il
    #colonialisme #légitimation #légitimité

  • Le #web : une croyance partagée
    http://tcrouzet.com/2016/09/15/le-web-une-croyance-partagee
    http://i2.wp.com/tcrouzet.com/images_tc//2016/09/Göbekli_Tepe_site.jpg?fit=400%2C300

    Je ne peux alors m’empêcher de penser à ce que nous avons vécu durant les vingt premières années du Web. Nous avons été nombreux à croire qu’il changerait le monde d’une manière aussi radicale que l’agriculture. Pour certains, il s’agissait de la totalité du monde, avec un basculement des structures hiérarchiques au profit d’organisations horizontales, pour d’autres, il s’agissait du monde de la littérature, avec une mise en #réseau des auteurs et des lecteurs.

    Nous avons été innombrables à partager ces #croyances, à nous stimuler les uns les autres, à déborder d’activité et d’énergie. Nous avons rêvé, sans doute comme les artistes ont rêvé chaque fois que des mouvements esthétiques les ont emportés, à Montparnasse ou ailleurs. Ces brusques flambées, rendues possibles par une croyance commune, s’étiolent dès qu’elles se heurtent à la réalité. Il nous aura fallu une vingtaine d’années tout au plus pour que nous passions à travers le mur des illusions.

    Aujourd’hui, quand je consulte dans mon Feedly mes abonnements RSS, je n’y trouve presque plus aucun blogueur, non pas que les ai supprimés de ma liste mais parce qu’ils ont cessé de publier ou parce qu’ils écrivent de moins en moins. Je ne vois plus que les articles sans reliefs des journalistes, je ne vois plus que ce que je voyais avant dans les journaux papier, comme si j’avais rêvé de ma révolution.

    Certains bloguent encore, mais la croyance qui était nôtre ne les anime plus. Ils courent pour eux, pour exister au regard d’entités de #légitimation, celle des médias justement, celles des entreprises, des professeurs… Ils ne s’adressent plus à leurs pairs, dans un réseau de pair à pair, mais à ceux qui pourraient leur donner du pouvoir.

    #blogs

    • Ah ça cela ne doit pas être facile d’avoir cru pendant tellement de temps, finalement, qu’on était à soi seul le web et que ben voilà en fait peut-être pas et que le jouet il est tout cassé, sans, naturellement, se poser la question que c’est sans doute la généralisation de cette erreur égocentrique de perception qui aboutit à cette prise de conscience tardive.

      @fil a mille fois raison : #vieillir #c'est_pas_beau_de_vieillir

      Et celle-là... :

      Je suis redevenu un auteur à l’ancienne et je me demande maintenant où aller, peut-être devrais-je me résigner à écrire des livres et puis c’est tout.

      ... elle est hyper drôle, parce que Crouzet il écrivait des livres avant ? Et avant internet qui avait déjà entendu parler de Crouzet

    • Et dans l’article précédent, je trouve ceci :

      Je suppose également que les jeunes blogueurs (pas en âge mais en existence sur le Net) utilisent de nouvelles stratégies de diffusion et que leur lectorat est plus éclaté. Depuis que je publie mes billets en intégralité hors de mon blog (Feedly/RSS, Medium, ma page Facebook, Tumbr, newsletter…), je constate que chaque fois des lecteurs arrivent, différents de ceux du blog.

      Monsieur Crouzet, vous passez combien de temps par jour à scruter l’arrivée de vos « lecteurs » ? Combien de temps à chercher en vain des stratégies pour en augmenter le nombre au travers des réseaux sociaux etc...

      #pathétique

  • Bernard Lahire « La #sociologie vient gêner la #légitimation de la #domination » | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/bernard-lahire-la-sociologie-vient-gener-la-legitimation-de-la-domination-5

    « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser » : ces mots prononcés récemment par le premier ministre, parmi d’autres déclarations similaires, à la suite des attentats de novembre 2015, ont déclenché une vive polémique. Or ces attaques contre la volonté de comprendre ce qui est à l’origine des actes, y compris les plus répréhensibles, des individus – volonté qui est à la base de la démarche des sciences sociales et de la connaissance de la réalité en général – ont une histoire et procèdent d’une logique. C’est ce que montre le sociologue Bernard Lahire dans son dernier ouvrage, « Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue “culture de l’excuse” », écrit avant ces attentats et les charges de Manuel Valls. Rappelant ce que sont les sciences sociales, il met au jour ce que recèlent les résistances auxquelles elles sont de plus en plus confrontées dans la sphère publique : la justification des processus de domination sociale.

    • Pour la sociologie - Bernard LAHIRE - Éditions La Découverte
      http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Pour_la_sociologie-9782707188601.html

      Depuis plusieurs décennies, la sociologie est régulièrement accusée d’excuser la délinquance, le crime et le terrorisme, ou même de justifier les incivilités et les échecs scolaires. À gauche comme à droite, nombre d’éditorialistes et de responsables politiques s’en prennent à une « culture de l’excuse » sociologique, voire à un « sociologisme » qui serait devenu dominant.
      Bernard Lahire démonte ici cette vulgate et son lot de fantasmes et de contre-vérités. Il livre un plaidoyer lumineux pour la sociologie et, plus généralement, pour les sciences qui se donnent pour mission d’étudier avec rigueur le monde social. Il rappelle que comprendre les déterminismes sociaux et les formes de domination permet de rompre avec cette vieille philosophie de la responsabilité qui a souvent pour effet de légitimer les vainqueurs de la compétition sociale et de reconduire certains mythes comme celui du self made man, celui de la « méritocratie » ou celui du « génie » individuel.
      Plus que la morale ou l’éducation civique, les sciences sociales devraient se trouver au coeur de la formation du citoyen, dès le plus jeune âge. En développant la prise de distance à l’égard du monde social, elles pourraient contribuer à former des citoyens qui seraient un peu plus sujets de leurs actions.

    • HD. Vous déconstruisez également un « mythe » fondamental, celui du #consentement volontaire de l’individu à une situation…

      B. L. Invoquer le libre choix, le consentement volontaire – c’est-à-dire obtenu autrement que par la contrainte directe – est une manière d’effacer la domination en arguant du fait que ce sont les individus eux-mêmes qui « l’ont voulu », qu’on ne les a « pas forcés ». Par exemple, dans le cas du travail le dimanche, ses divers partisans se sont basés sur le fait que des travailleurs eux-mêmes souhaitent travailler ce jour-là, pour gagner plus d’argent afin de se payer des loisirs, nourrir un peu mieux leur famille, etc. Or – et c’est ce que montrent les sociologues qui s’interrogent sur les conditions de ce consentement, de sa genèse –, ces salariés se comportent ainsi car le rapport de forces entre eux et le patronat est tel qu’ils sont convaincus qu’ils ne peuvent pas faire autrement, pour gagner plus, que travailler plus. S’ils étaient convaincus qu’en luttant, ils pouvaient obtenir de gagner plus même en travaillant moins – ce qui est déjà arrivé –, la question se poserait autrement. On peut casser toute protection sociale selon cette logique. Comprendre ce qui est à l’œuvre dans l’état inégal des choses, c’est se donner les moyens, si on le souhaite, de lutter contre cela. On ne peut pas changer le réel si on ne le connaît pas.

      Lahire le disait bien aussi dans son bouquin, extrait là :
      L’anti-sociologie ou l’art de faire disparaître la domination sociale
      http://inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=2134

      Le consentement individuel efface toute domination

      Ensuite, quelle que soit la nature de la domination (économique, politique, culturelle, sexuelle, etc.), on s’appuie sur certaines expressions subjectives du « consentement » pour nier la domination et critiquer ceux qui ont l’arrogance de l’analyser en ces termes : « Ce sont eux qui l’ont voulu. On ne les a pas forcés. » C’est tout le problème de l’idée de consentement dit « volontaire », c’est-à-dire obtenu autrement que par la force ou la contrainte directe.

      Prenons le cas du travail le dimanche. Considérer que parce que ce sont les salariés eux-mêmes qui demandent parfois à travailler le dimanche (« Certains salariés des enseignes de bricolage défendent le droit de travailler le dimanche, en raison des avantages financiers que cela procure [4]. »), alors il n’y a pas lieu de parler d’exploitation ou de domination, est une grossière erreur, lourde de conséquences dans les débats publics sur ce genre de questions : « Qu’en est-il de la volonté des salariés ? Elle est évidemment très variable. Mais, n’en déplaise à certains syndicats (dont le nombre d’adhérents dans le secteur du commerce culmine à 2 %), il existe des salariés qui veulent travailler le dimanche : par exemple parce qu’ils ont un salaire faible, parce qu’ils sont à temps partiel contraints, parce qu’ils sont étudiants et peinent à financer leurs études ou leur logement, etc. « Au nom de quel principe supérieur entraver cette liberté [5] ? » Il est assez cocasse d’appeler « liberté » ce qui n’est, en définitive, qu’un choix effectué sous contraintes.

      Les arguments sur le « consentement » sont des arguments juridiquement pratiques, mais qui manquent singulièrement de profondeur historique et de contextualisation. Il faudrait toujours s’interroger sur quel type d’individu donne son consentement, à la suite de quoi et dans quelles conditions. Faute de se demander quelles sont les conditions sociales de production d’un consentement, c’est-à-dire dans quelles conditions, à la suite de quelles séries d’expériences, et dans quels contextes biographiques, économiques, politiques ou culturels, on consent, on passe à côté de la réalité objective des rapports sociaux [6]. Le « choix » de travailler le dimanche n’a, en définitive, rien d’un choix, et ne se prend que dans un espace historiquement déterminé des possibles. Par exemple, si les travailleurs faiblement qualifiés obtenaient, à la suite de luttes, l’augmentation substantielle de leurs salaires sans travail supplémentaire, nul doute que la question du travail le dimanche ne se poserait plus tout à fait dans les mêmes termes. C’est uniquement parce que les salariés ont intériorisé le fait qu’il n’était pas possible pour eux de « gagner plus sans travailler plus » qu’ils consentent à travailler le dimanche. Nombre d’entre eux sont prêts à tous les sacrifices pour leurs enfants ou leurs familles. Et il y a fort à parier que si l’on proposait de remplacer les semaines légales de congés payés par des semaines de travail payées double, une partie des salariés serait disposée à y consentir pour les mêmes raisons.

    • L’autre partie de l’extrait est vraiment super aussi (il faudrait tout recopier !)

      L’objectif de cette philosophie de la responsabilité est clair : légitimer les dominants et les vainqueurs de toutes sortes, notamment ceux qui réussissent scolairement comme professionnellement. Nous sommes riches, mais nous ne le devons qu’à nous-mêmes (mythe du self-made-man ). Nous sommes scolairement brillants, mais cela tient uniquement à nos qualités intellectuelles (mythe du don ) ou à nos efforts (mythe de la méritocratie ). Nous sommes célèbres et reconnus, mais c’est exclusivement grâce à notre exceptionnel talent (mythe du génie ). La domination de certains groupes sur d’autres n’est que la résultante de choix ou de réussites individuelles ; les logiques sociales n’ont rien à voir avec.

      Comment est-ce possible ? Tout d’abord, lorsque les dominés (les individus pauvres en ressources économiques et culturelles, les victimes de stigmates, etc.) sont évoqués dans les discours anti-sociologiques, ils sont immédiatement « déréalisés » : on évacue totalement leur situation réelle, leur vie au quotidien. Ceux qui les évoquent ne font jamais l’effort mental de se mettre à la place de ceux ou de celles qui vivent concrètement les situations de domination évoquées. On parle des « pauvres » ou des « dominés » comme on parlerait de gens à « cheveux courts » ou à « cheveux longs », c’est-à-dire en faisant comme si la situation de pauvreté, de misère ou d’oppression n’avait aucune conséquence dans la vie quotidienne de ceux qui la vivent. Mais pour se mettre, au moins d’un point de vue imaginaire, à la place des dominés, il faudrait passer d’un vocabulaire convenu et stéréotypé, qui participe de la banalisation et de la déréalisation – « SDF », « bénéficiaires du RSA », « demandeurs d’emploi », etc. – à une description très précise de tout ce que cela signifie dans leur existence.

      Quelles sont les conséquences en matière de rapports à la nourriture, au temps, à l’espace, à l’argent, aux loisirs, aux amis, aux amours, aux institutions publiques telles que l’école ou les administrations, etc., lorsque les personnes cumulent les manques affectifs, économiques et culturels, les handicaps ou les problèmes de santé, les problèmes de logement, les disqualifications, les mises à l’écart, les humiliations, etc. ?

  • Netanyahou et la nazification des Palestiniens
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/netanyahou-et-la-nazification-des-palestiniens-610430565

    Le récit historique révisionniste de Netanyahou a provoqué de virulentes critiques de la part de spécialistes israéliens et palestiniens de l’Holocauste. Craignant que les déclarations déroutantes du Premier ministre israélien puissent être interprétées comme le refus d’assumer le rôle premier de l’Allemagne dans l’Holocauste, un porte-parole du gouvernement allemand a réitéré le fait qu’Amin al-Husseini n’était pas derrière la solution finale. « La responsabilité nous appartient », a-t-il dit, « il n’est pas nécessaire de revenir sur cela ».

    La déclaration de Netanyahou a peut-être surpris la communauté internationale mais elle n’est en réalité qu’un nouveau chaînon d’une longue tradition de mobilisation de l’Holocauste aux fins de #légitimation de la #violence et de la #répression coloniales de l’#occupation. En réalité, les propos de Netanyahou participent d’un #discours_sioniste, en vigueur depuis les années 50, qui opère une projection spatiale et temporelle de la menace génocidaire du passé dans le présent d’#Israël et de la #Palestine.

    L’objectif est d’assimiler les #Nazis aux populations arabes du #Moyen-Orient. Il s’agit de ce que nous définissons dans notre livre The Human Right to Dominate (le droit humain de dominer) comme la #reterritorialisation de la #menace, un processus selon lequel les États arabes de la région et les Palestiniens qui ont été déplacés suite à l’établissement de l’État d’Israël ont été progressivement identifiés avec les auteurs de la solution finale.

    .

    #sionisme #Israel #ubuesque

  • De la torture au Canada - affaires-strategiques.info
    http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article8520

    On pensait ingénument que le Canada ne suivrait jamais les Etats-Unis dans leur folle course aux renseignements extorqués sous la torture. Seulement, une directive élaborée grâce au concours du Communications Security Establishment Canada vient d’autoriser les agences gouvernementales canadiennes à utiliser et partager les informations prélevées sous la torture, et ce, au mépris de toutes les conventions internationales.

    Telle la NSA – l’agence nationale de la sécurité américaine –, son équivalant canadien, la CSTC, prend ses distances avec la condamnation formelle des Nations-Unies à recourir à la torture pour extraire des informations, fussent-elles nécessaires à la sécurité du pays. Cette justification libérale de la torture peut, de prime abord, paraître paradoxale pour ce courant de pensée qui, dès les XVIIe et XVIIIe siècles, prônait la défense des droits de l’homme. Seulement, comme le soulignait Marcel Gauchet (1), cette appétence « #droits-de-l’hommiste » demeure dans l’expectative, invocatoire, et rarement suivie d’actes. C’est pourquoi il n’est guère étonnant que des démocraties libérales, à l’instar du #Canada ou des #Etats-Unis, aient franchi le pas en matière de #légitimation_de_la_torture.