• Projet « #Crimson_Thread » : Le nouveau #mur_de_séparation israélien qui traverse le « grenier de la Palestine »

    Le dernier mur érigé par Israël dans le nord de la #vallée_du_Jourdain coupe les agriculteurs palestiniens de leurs terres, détruit leurs récoltes et accélère leur déplacement.

    Khairallah Bani Odeh a l’impression de vivre dans une immense prison.

    Contraint de quitter ses terres dans le village d’#Atouf, au nord de la vallée du Jourdain, il s’est installé dans la ville de Tammoun, au sud de Tubas, après que les attaques des colons, les pénuries d’#eau et les #expropriations massives menées par Israël eurent rendu sa vie insupportable.

    Comme de nombreux Palestiniens du nord de la vallée du Jourdain, Bani Odeh vivait de l’#élevage de #moutons et de l’agriculture.

    Mais depuis qu’Israël a entamé la construction d’un nouveau mur de séparation et d’une route qui traverseront la #plaine_de_Buqe’aa, de vastes étendues de terres ont été englouties, bouleversant la vie quotidienne des habitants.

    Israël a baptisé ce projet « Crimson Thread ». Il prévoit la construction d’un mur de séparation de 22 kilomètres de long et 50 mètres de large, ainsi que d’une route parallèle, le long des terres situées à l’est de #Tubas.

    Le projet laissera de vastes portions de la plaine de Buqe’aa et de l’est de l’#Atouf derrière la route et le mur, empêchant ainsi les agriculteurs et les éleveurs d’accéder à leurs #terres_agricoles et à leurs #pâturages.

    Bani Odeh a déclaré à Middle East Eye que, dès le début des travaux, les colons israéliens avaient utilisé des bulldozers pour détruire les #canalisations_d’eau alimentant des centaines d’hectares de terres agricoles dans la plaine, causant ainsi des dégâts aux cultures et privant le #bétail d’eau.

    Pour de nombreuses familles, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

    « Ils nous ont coupé l’eau, j’ai donc dû en acheter dans les villages voisins pour le bétail. Je devais parcourir de longues distances à pied pour aller chercher de l’eau. Puis ils ont brûlé l’orge et nous ont rendu la vie insupportable, si bien que nous avons été contraints de partir », a-t-il ajouté.

    Des dizaines de familles, dont celle de Bani Odeh, vivaient de l’élevage à Atouf, tandis que des centaines d’autres dépendaient de l’agriculture dans la plaine. Les habitants affirment que ces deux sources de revenus ont été anéanties par le nouveau projet.

    Trois mois après avoir quitté Atouf, Bani Odeh dit qu’il se sent toujours pris au #piège. Il peine à trouver des pâturages pour son bétail et rêve chaque jour de rentrer chez lui.

    Des cultures laissées à l’abandon

    Selon des estimations locales, plus de 20 000 dunams (2 000 hectares) sont menacés par la #sécheresse ou endommagés en raison des #pénuries_d’eau.

    De nombreuses familles d’Atouf et de #Ras_al-Ahmar dépendent de l’élevage. À mesure que les pâturages rétrécissent et que l’#accès_à_l’eau se restreint, les agriculteurs craignent une baisse du cheptel et une hausse des coûts de production.

    Anis Bisharat entretenait autrefois avec soin ses champs de melons, de gombos, de concombres et de courgettes. Mais après la coupure des conduites d’eau, ses cultures ont commencé à dépérir, l’#irrigation étant devenue impossible, ce qui a entraîné des pertes importantes.

    « En plus de la coupure d’eau, ils ont fermé la #route que nous empruntions pour rejoindre la plaine. Désormais, nous devons parcourir deux fois la distance et payer deux fois le prix du carburant », a-t-il déclaré à MEE.

    Muhammad Gharaibeh, un autre agriculteur, affirme qu’un colon a établi un avant-poste au sommet d’une colline surplombant la plaine de Buqe’aa et qu’il s’en est pris à plusieurs reprises à l’agriculture locale.

    « Cette plaine est le grenier de la Palestine, et la plupart des #fruits et #légumes distribués en Cisjordanie proviennent d’ici », a-t-il déclaré.

    « Mais aujourd’hui, ils ont un projet de grande envergure qui prévoit non seulement la construction d’une route, mais aussi l’expropriation de plus de 70 000 dunams. Nos pertes sont énormes, car les cultures ont besoin d’irrigation et d’entretien, et on les a laissées se dépérir », a-t-il ajouté.

    Les agriculteurs tentent de sauver les cultures situées à proximité avec le peu d’eau dont ils disposent, mais les champs plus éloignés ont pour la plupart été laissés à l’#abandon et se dessèchent.

    « Plus de 40 000 dunams de cultures sont désormais privés d’eau. Mes cultures n’ont pas été arrosées depuis deux semaines, et ce n’est que le début de la saison estivale caniculaire, ce qui signifie que toute la récolte sera perdue », a-t-il déploré.

    Selon les données préliminaires du conseil du village d’Atouf, 24 000 dunams appartenant à environ 300 agriculteurs sont menacés par la sécheresse et subissent des dégâts en raison des opérations de déblaiement en cours.

    La zone touchée représente environ un quart de la plaine de Buqe’aa, qui s’étend sur 96 000 dunams.

    « Il ne reste plus rien »

    En novembre dernier, le journal israélien Haaretz a révélé les détails du projet « Crimson Thread », le décrivant comme une #route_militaire et un mur de séparation s’étendant à travers les terres palestiniennes, du village d’#Ein_Shibli, dans la vallée centrale du Jourdain, jusqu’au poste de contrôle militaire de #Tayasir.

    À la suite de cet article, les autorités israéliennes ont émis des ordres de #saisie_militaire portant sur 1 042 dunams de terres palestiniennes situées le long du tracé de la barrière prévue.

    Depuis le début de cette année, des bulldozers travaillent sans relâche sur ce projet qui, selon les habitants et les experts, isolera de vastes étendues de terres et rendra des milliers de dunams supplémentaires inaccessibles aux Palestiniens.

    L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a indiqué dans un rapport publié en avril que la vallée du Jourdain figurait parmi les zones où la présence palestinienne est la plus fortement restreinte, bien qu’elle représente environ 30 % de la #Cisjordanie occupée.

    Selon ce rapport, 62 communautés palestiniennes des zones B et C, où vivent plus de 4 100 Palestiniens, avaient été déplacées en avril en raison à la fois des violences commises par les colons et des restrictions imposées par Israël.

    L’organisation de défense des droits humains a également indiqué que 53,4 % de la vallée du Jourdain ont été classés en « #terres_d’État », 45,7 % en zones militaires de tir et d’entraînement, et environ 20 % en réserves naturelles.

    Mu’taz Bisharat, spécialiste des colonies, a déclaré à MEE que les développements dans la vallée du Jourdain s’apparentent à un renforcement du contrôle israélien sur de vastes zones et menacent la présence continue des communautés palestiniennes dans cette région.

    Il a indiqué que de nombreuses familles avaient déjà été déplacées et a qualifié la destruction des infrastructures hydrauliques d’attaque contre les fondements mêmes de la vie dans la région.

    « Il n’y a plus d’agriculture », a-t-il déclaré.

    « Aujourd’hui, 70 % des terres de cette région ont été perdues en raison des crimes cumulés commis par l’occupation israélienne contre le peuple palestinien, la présence palestinienne et l’agriculture palestinienne. Il ne reste plus rien pour les citoyens palestiniens », a-t-il ajouté.

    M. Bisharat estime que cette nouvelle route vise à établir de nouvelles frontières dans la vallée du Jourdain et à isoler davantage la région du reste de la Cisjordanie occupée.

    « Aujourd’hui, le processus d’#annexion se déroule sur le terrain sous les yeux du monde entier », a-t-il déclaré.

    « Il a été suspendu dans les médias, mais il ne s’est pas arrêté sur le terrain. »

    https://www.france-palestine.org/Projet-Crimson-Thread-Le-nouveau-mur-de-separation-israelien-qui-t

    #murs #barrières_frontalières #Israël #Palestine #Cisjordanie #terres #agriculture #Plaine_de_la_Bekaa #émigration

  • Beef and lamb get 580 times more in EU subsidies than legumes, study finds

    Report says common agricultural policy provides ‘unfair’ levels of support to unhealthy, meat-heavy diets

    Beef and lamb receive 580 times more in EU subsidies than legumes, a report has found, despite scientists urging people to get more of their protein from less harmful sources.

    Analysis by the charity Foodrise found the EU’s common agricultural policy (CAP) provides “unfair” levels of support to meat-heavy diets that doctors consider unhealthy and climate scientists consider environmentally destructive.

    It found beef and lamb were subsidised 580 times more than legumes in 2020, while pork was subsidised nearly 240 times more. Dairy, meanwhile, received 554 times more in subsidies than nuts and seeds.

    The EU spends almost a third of its budget supporting farmers, with the bulk of CAP funds allocated on the basis of farm size, rather than strategic considerations. Meat and dairy – which use land to grow crops to feed animals – take a larger share than plants, particularly once the subsidies in feed have been counted.

    Martin Bowman, a campaigner at Foodrise and author of the report, said the analysis showed livestock benefited from disproportionate support even before counting hidden societal costs, such as pollution.

    “It’s scandalous that billions of euros of EU taxpayer money is being used to prop up such a high-emissions industry at a time when scientists are telling us that we need – on health and environmental grounds – to shift to lower-meat diets,” he said.

    The data comes from an academic study, available as a preprint, that traced EU subsidies for different foods in 2020 using the same methods as a study published in Nature Food in 2024. Some experts expressed caution about the scale of the disparity the first study found, but did not dispute it existed.

    Anniek Kortleve, a researcher at Leiden University and lead author of the academic study, said it showed that reforms needed to consider the full chain of subsidies flowing through feed to livestock, rather than just direct payments to livestock farms.

    “Our analysis shows CAP support is highly concentrated in animal-sourced foods relative to the calories they provide, while plant proteins like legumes receive very little support,” she said. This was happening “even though EU strategies increasingly call for more plant-rich diets for health and sustainability”.

    The report found meat and dairy received €39bn in subsidies in 2020, fruit and vegetables €3.6bn, and cereals €2.4bn. Cattle and sheep, which require more land than animals such as pigs or chickens, tend to benefit from subsidies that target struggling regions and sectors on top of hectare-based payments.

    A number of green strings have been tied to CAP payments since 2023 but experts do not expect the overall composition of EU farms to have changed significantly.

    In 2024, a “strategic dialogue” between farmers, supermarkets, scientists and green groups – formed by Ursula von der Leyen, the European Commission president, to quell furious farmer protests – resulted in an acknowledgment that Europeans eat more animal protein than scientists recommend and a call for support to shift diets toward plants.

    Donal Murphy-Bokern, an agricultural scientist who used to work for food and agriculture ministries in the UK and Germany, and who was not involved in the study, said Europe’s protein economy was “not operating within sustainable limits”.

    Considering public health in policy would challenge current levels of livestock production, he said. “We now need a common agrifood policy that explicitly integrates environmental and public health goals into how EU farmers are supported.”

    Improvements in alternative proteins and an emerging consumer shift to reducing meat consumption have been resisted by big farming lobbies and some politicians. In November, the EU parliament voted to ban plant-based foods from using terms such as “steak”, “burger” and “sausage” unless they contained animal flesh.

    The vote was ridiculed by green groups, which pointed to accepted terms such as peanut butter, which does not contain dairy, or hotdogs, which do not contain canines. The proposal also divided conservatives, with some feeling it violated free market ideals.

    Bowman said politicians were deeply involved in influencing food production and consumption. “Don’t believe the meat and dairy companies who say that politicians promoting healthy and sustainable diets are telling people what to eat,” he said. “It’s a very cynical position.”

    https://www.theguardian.com/environment/2026/feb/19/beef-lamb-legumes-eu-subsidies-study
    #agriculture #PAC #politique_agricole_commune #subsides #UE #Union_européenne #élevage #légumes #boeuf #agneau #rapport #viande #alimentation #élevage_bovin #élevage_ovin

    • CAP at the Crossroads – Reforming EU CAP subsidies to support healthy sustainable diets

      New report reveals the scale of EU CAP subsidies being used to prop up unsustainable livestock production, and makes the case for reform.

      What’s the problem?

      Animal-sourced foods are estimated to cause a staggering 81-86% of the total greenhouse gas emissions from EU food production, yet only supply an estimated 32% of calories and 64% of protein consumed in the EU.

      This new report reveals that a hugely unfair share of EU CAP subsidies, worth billions of euros of EU taxpayers’ money, are directed to propping up high-emissions meat and dairy production, and to promote meat and dairy products.

      The EU is at a crossroads – poised to make crucial decisions on the future of CAP for 2028–2034. Right now, it has the opportunity to support a transition to healthy sustainable diets – a huge economic opportunity with multiple benefits for EU food security, climate mitigation, nature and health. Or continue with a broken status quo.

      Key findings:

      – Beef and lamb received an estimated 580 times more CAP subsidies than legumes such as lentils and beans in 2020.

      – Dairy received an estimated 554 times more CAP subsidies than nuts and seeds in 2020.

      – Meat and dairy received over 10 times more CAP subsidies than fruit and vegetable production, and more than 16 times more than cereal production.

      – Overall, the EU directed three times more CAP subsidies to production of high-emitting animal-sourced foods than to plant-based foods in 2020 – around 77% of total CAP subsidies (€39 billion out of €51 billion).

      – The estimated €39 billion in CAP subsidies spent on animal-sourced foods in 2020 makes up nearly a quarter (23%) of the EU’s total budget of €168.7 billion for 2020.

      Solutions

      Calls have been growing for agricultural subsidies to be reformed to support a shift to healthy sustainable diets and reduced livestock numbers – including the EU’s Group of Chief Scientific Advisors, the European Court of Auditors, the World Bank, and the 2025 EAT-Lancet Commission.

      The benefits this could bring are huge.

      The adoption of the plant-rich Planetary Health Diet in high-income countries could reduce agricultural production emissions by an estimated 61%. It could also reduce the EU’s reliance on food imports, boost agricultural incomes, reduce EU fertiliser use by about a quarter, reduce deaths from air pollution, and prevent up to up to 10–39% of cancers in Europe.

      Policy recommendations

      We recommend that EU policymakers:

      – Support protein diversification through increased CAP funding and support for farmers engaged in growing plant-based foods for direct human consumption.

      – Increase CAP funds available for the promotion and marketing of plant-based wholefoods and alternative proteins.

      – CAP subsidies for livestock farmers should be made conditional on meeting limits on livestock stocking density per hectare.

      – End all use of EU funds for the promotion and marketing of meat and dairy.

      - Support a just transition in the livestock sector, through an Agri-food Just Transition Fund (AJTF).

      – Ensure that CAP subsidies support nature restoration, of habitats such as peatlands, wild grasslands and woodlands.

      - Introduce an EU Action Plan for Plant-based Foods to support the production and consumption of more plant-based foods across every stage of the supply chain, which:

      - Promotes the public procurement of healthy sustainable plant-rich diets in public institutions like schools and hospitals

      – Provides increased financial support through CAP and other means, for the increased production and processing of plant-based foods for direct human consumption – particularly agroecologically produced foods.

      - Reform dietary guidelines to factor in both health and sustainability – aligning more with the Planetary Health Diet.

      https://foodrise.org.uk/CAPCrossroads

  • Cette association transforme une #friche en terre d’#accueil pour les exilés

    Près de l’aéroport de #Roissy, une parcelle arrachée aux ronces est un nouveau laboratoire de l’association #A4. Pensé par et pour les personnes exilées, ce projet part de la terre pour déjouer les violences institutionnelles.

    C’est dimanche et le soleil ne s’y est pas trompé : il est resté couché sous une épaisse couverture de nuages. Dans la grisaille, la bêche plantée dans la terre lourde, Habib s’accorde une pause. 37 ans, silhouette haute, mains posées sur le manche, il laisse son regard glisser sur ce bout de friche situé à #Mitry-Mory, à une minute à vol d’oiseau de l’#aéroport_Roissy_Charles-de-Gaulle : les ronces enchevêtrées, les cabanes mordues par les saisons, les pruniers fatigués. Autour de lui, des volontaires tirent des branches, poussent des brouettes, déterrent des années d’abandon.

    Ici, l’objectif est d’abord de rendre la terre cultivable : installer une serre (presque achevée), lancer les premiers semis et poser les bases d’une activité agricole modeste mais concrète. À terme, sur cette friche de 2 820 m² confiée par la Ville, l’association A4 projette de faire pousser #fruits et #légumes, de tester des cultures adaptées aux #sécheresses, et de dégager de premières ressources économiques.

    A4 pour association d’accueil en #agriculture et #artisanat. Née en 2022, cette structure se donne pour mission de récupérer des îlots de terre pour bâtir un système d’#entraide pensé par et pour les personnes exilées — accueil, #formation, #accès_au_travail, #accompagnement_administratif. Une partie des récoltes pourrait donc être vendue, sur place ou sur des marchés locaux, si la mairie donne son accord, afin de financer le fonctionnement de l’association et permettre à d’autres projets agricoles portés par des personnes exilées de voir le jour. Un projet collégial pour déborder les réponses d’urgence, affronter les violences institutionnelles, desserrer l’étau du racisme, et inventer un espace d’#autonomie où, par la terre, on déjoue les assignations.

    Sous un prunus au feuillage frémissant, Agathe, bénévole au sein de A4 et actuellement en formation de #maraîchage, accepte notre micro avec une timidité inquiète — une réserve forgée par des rendez-vous médiatiques déformés. Très investie sur la parcelle, elle résume la journée : « On veut rendre le terrain cultivable. On vide les cabanes, on trie. » Pour elle comme pour les autres, ce terrain reste une première étape : trop petit pour faire vivre plusieurs personnes, mais précieux pour expérimenter, créer du lien, et préparer des installations agricoles à plus grande échelle.

    Plus loin, un groupe creuse des sillons pour les cassis, groseilles, framboises, mûres. « Ça se plante à l’automne et ça met 2 ou 3 ans avant de produire. Alors, il faut commencer vite. » Là, elle imagine des cultures sous bâches tissées : « Mais l’idée, c’est de voir et de décider ensemble. » Le calendrier se construit au fil de l’avancée du chantier et des envies des personnes impliquées, dans une logique assumée d’expérimentation plutôt que de plan figé.

    Luttes des #sans-papiers

    Ici, chaque geste esquisse un futur collectif. L’association, dont une quinzaine de membres forment le noyau dur, se réunit une fois par mois en visioconférence et tous les trois mois en présentiel. Les groupes locaux — en Anjou, à Grenoble, Lannion, en Île-de-France, à Lyon, en Centre-Bretagne — s’organisent en autonomie. Cinq salariés, bientôt huit. Et déjà des expériences concrètes : tests de #semences sahéliennes en Île-de-France ; enquêtes sur l’agriculture et le travail saisonnier ; des serres montées à Lannion — leur première installation agricole menée par des personnes migrantes avec ou sans papiers, même si le contrat s’est depuis arrêté.

    L’histoire de A4 plonge ses racines dans les luttes des sans-papiers, les foyers de travailleurs immigrés, les files du 115. Tarik, salarié, se souvient des années 2010 : les démolitions de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la gentrification, les déboutés du droit d’asile relégués en hôtels sociaux. Ou pire. « La précarité locative et administrative explosait. Beaucoup de personnes non régularisées se retrouvaient à la rue. » C’est là qu’il rencontre Backo, futur cofondateur.

    Lunettes de protection relevées sur le front, la débroussailleuse encore chaude entre les mains, Backo raconte les années d’#errance en Espagne puis en France : les squats, les salaires indigents, la maison qu’il gardait pour 150 euros par mois, quand un salarié « régulier » se voyait proposer 2 000 euros pour un travail équivalent. « Quand t’as pas les papiers, les patrons t’esclavagisent. Ils savent que t’es dans le trou. Ils en profitent. »

    En France, une personne sans titre de séjour n’a pas le droit de travailler… mais doit prouver une activité salariée pour espérer être régularisée. Habib, soudeur-chaudronnier originaire du Soudan passé par le bidonville de Calais puis la zad de Notre-Dame-des-Landes, souffle : « C’est une contradiction volontaire, qui nous rend vulnérables face aux patrons. » Backo enchaîne : « Ceux qui ont les bons passeports peuvent traverser le monde. Nous, non, sauf pour des boulots dont personne ne veut. »

    « C’est nous qui devons porter les solutions »

    Autour d’eux, le chantier se poursuit. Les silhouettes sont fléchies, et la pluie hésitante. Tarik, Backo et Habib se remémorent les visages croisés au fil des combats : retraités usés du bâtiment ou du ménage, jeunes déplacés de centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) en hôtels sociaux, tous portés par le même sentiment d’être rejetés, tout juste tolérés comme une simple force de travail.

    Comment bâtir un espace autonome, affranchi de ces stigmates ? De fil en aiguille, l’idée d’un réseau national a émergé. « Dans un contexte de répression et de criminalisation des figures de l’immigré, il devenait urgent de lutter contre un système déshumanisant et de considérer chaque individu comme un sujet politique à part entière », dit Tarik. Pas une structure caritative, donc, mais un outil d’#émancipation. « C’est nous qui savons où on a mal, souffle Habib. C’est nous qui devons porter les solutions. »

    Cela passait, pour eux, par la #terre : nombreux étaient paysans dans leur pays de départ et avaient des savoir-faire à revendre. En France, outre une crise de l’accueil, ils pensent pouvoir répondre à une autre problématique : la disparition des #fermes, l’accaparement #foncier, le manque criant de #paysans. « Dans dix ans, 55 % seront partis à la retraite », cite Habib. « Nous, on est là, on est prêts. » Il marque une pause, la joue sur le bois de sa bêche. Et ajoute : « Mais pas pour prolonger un modèle d’exploitation. »

    Obstacles administratifs

    Car A4 a multiplié les « voyages-enquêtes » dans les vergers, à la rencontre de saisonniers logés dans des baraques insalubres, dépendants de patrons qui tiennent leur avenir administratif. Beaucoup viennent de régions rurales du Sahel ravagées par les sécheresses et l’accaparement foncier. Et, ici, la politique migratoire prolonge leur #dépossession : on ne leur laisse accéder à la terre qu’en forçats.

    C’est précisément pour éviter de reproduire ces logiques que l’association a engagé un travail de #formation_politique interne, encore en construction. Deux axes se dessinent : l’un à destination des personnes concernées par l’exil, pour renforcer leur #pouvoir_d’agir, leur place dans la prise de décision et sortir des logiques caritatives ; l’autre à destination des personnes blanches engagées dans l’association ou ses réseaux, afin de travailler les rapports de pouvoir, les biais racistes et les #postures paternalistes en milieu agricole et militant. « On veut empêcher de reproduire les schémas coloniaux », insiste Habib. « Il faut que les personnes concernées soient décisionnaires, et que chacun apprenne à travailler sur un pied d’égalité. »

    Mais rien n’est simple. Backo, qui a posé la débroussailleuse, déplore les obstacles administratifs rencontrés ces derniers mois. « Récemment, par exemple, on a visité une ferme de 10 hectares. On peut acheter. Ce qui bloque, c’est pas l’argent : c’est les papiers, glisse Backo. Pour beaucoup, la terre, ici, devrait être réservée aux Français. Quand on a demandé des formations, on nous a parfois dit qu’on n’entrait pas dans les cases, car on était un “public migrant”. » L’association se finance principalement grâce aux dons.

    Depuis juillet 2024, A4 porte aussi les stigmates de deux #attaques_racistes subies, deux soirs de suite, à #Lannion, dans les #Côtes-d’Armor : des individus ont brisé les vitres et éventré ses serres, en plein entre-deux-tours des législatives. En plantant quelques aromatiques, Aline, qui faisait partie du groupe local lannionnais, murmure : « Ça laisse des traces. » Habib acquiesce : « Ça a pratiquement détruit la dynamique du groupe local. On a pris cher. » Aline a déménagé en région parisienne depuis, et se réjouit de retrouver ses camarades. « Ça fait du bien de voir qu’on continue de repousser ailleurs, malgré tout. »

    Semences du Sahel résistantes à la #sécheresse

    En fin d’après-midi, autour d’un thermos de thé, les discussions dérivent vers l’avenir. Ici, chacun semble projeter quelque chose : un fournil, un restaurant populaire, des paniers de légumes, une activité de formation. Sambala, 31 ans, le dit ainsi : « A4, c’est aussi mettre en valeur les projets de gens qui ont été trop longtemps ignorés. »

    Koné, 39 ans, passé par l’Espagne, rêve d’un four à pain mobile. Diplômé en boulangerie, il n’a jamais pu exercer légalement. « J’aimerais travailler le pain, mais c’est compliqué tant que j’ai pas les papiers. Donc je fais du bâtiment, du ménage… pour survivre. » Il garde l’espérance : « Si l’association continue de se déployer, peut-être que j’aurai cette chance. » A4 entretient des liens avec d’autres organisations paysannes, comme Terre de liens.

    Sambala, lui, raconte ses dix ans de petits boulots sans contrat, de nuits d’incertitude. Son rêve, c’est d’ouvrir un restaurant « gagnant-gagnant » : qui crée des emplois dignes et nourrit sainement celles et ceux qui peinent à finir le mois. Avant de partir, il tient à dire : « Papiers ou pas papiers, ça ne dit rien d’une vie. Je n’ai jamais compris comment ma valeur pouvait se résumer à ça. Un papier, tu peux le déchirer. Une vie, non. En tout cas en théorie. »

    Un autre volet du projet tient dans quelques sachets de #graines : #mil, #gombo, #bissap, #fonio. Lors de leurs voyages-enquêtes, plusieurs agriculteurs ont confié peiner à cultiver faute d’eau. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large, portée par A4, sur la circulation internationale des semences et des #savoirs_agricoles, notamment avec des pays confrontés aux conflits ou aux dérèglements climatiques. Des variétés sahéliennes peu gourmandes en eau, testées sur un terrain à #Villetaneuse, sont donc promises à une nouvelle étape ici.

    « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés »

    Justine, nouvelle salariée de l’association, y voit plus qu’un essai agronomique. « Peut-être qu’on va pouvoir apporter une expertise utile à d’autres paysans », avance-t-elle, après une session bêchage, alors que son fils de 6 ans traverse la friche en riant avec un copain. « Tester ces cultures ici, c’est aussi préserver une #autonomie_semencière et reconnaître que les personnes exilées ont autant à transmettre qu’à recevoir », résume Backo. « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés ! »

    Lorsque la pluie et la nuit finissent par s’inviter, le chantier s’éteint. On ne voit plus à 3 mètres. Un avion clignote dans le ciel. On range la débroussailleuse de Backo, la bêche d’Habib, les serpes. Par endroits, la friche apparaît dégagée, noire, humide, comme remise en conversation. Entre les pruniers ressuscités et les cabanes rafistolées, quelque chose naît : un laboratoire de #solidarité_paysanne et de #dignité retrouvée, un réseau d’entraide qui ne demande pas des papiers, mais de l’huile de coude et des idées.

    https://reporterre.net/Pres-de-Paris-ce-reseau-agricole-lutte-contre-les-violences-de-l-exil
    #migrations #France
    via @karine4

  • En #France, des #fermes_publiques créées pour l’#autonomie_alimentaire

    « L’agriculteur n’y fait que produire. Il n’est pas livreur, ni commerçant. La #cantine vient chercher ses produits. Lui ne fait que son métier. Il est payé sur la grille de la fonction publique et ne porte ni le risque financier ni celui des aléas climatiques. C’est comme ça que cela fonctionne depuis des années à #Mouans-Sartoux. »

    Mouans-Sartoux s’est construit comme une ville-modèle en matière d’alimentation en mettant en place la première #cantine_scolaire 100% bio, sans augmentation de prix et fondée sur une ferme publique. Cette #ferme a pris la forme d’une #régie_agricole dont l’unique objet est de fournir la #restauration_scolaire et pour partie l’#épicerie_associative. Elle a essaimé son modèle et un réseau national se constitue.

    La question de la maîtrise du coût du bio mais aussi d’une production efficace a intéressé d’autres communes en France. Gilles Pérole est adjoint au maire de Mouans-Sartoux, en charge du projet alimentaire.

    « Il y a plusieurs leviers pour maîtriser le coût du bio qui est plus cher à produire que ce que fait l’agriculture conventionnelle. Ce #coût est justifié tant par le mode de production que par une plus juste #rémunération des agriculteurs. Donc, il faut aller chercher des économies. » attaque d’emblée l’élu pour La Relève et La Peste

    « Premier levier : le #gaspillage_alimentaire. Une cantine classique jette 20 à 30% de ce qu’elle achète. À Mouans-Sartoux, nous sommes passés de 147g jetés à seulement 30g en moyenne. Le second levier, c’est la #végétalisation de l’assiette. Nous avons opté pour 50% de #menus_végétariens cuisinés maison, avec le soutien massif des parents. Enfin, rien d’industriel ! »

    Avec ses aliments transformés, la nourriture industrielle est non seulement moins bonne pour la #santé, mais elle est aussi plus chère. Un menu végétarien coûte 50% moins cher à produire. En l’instaurant pour la moitié des repas, cela a permis à la continue de faire 25% d’économies.

    L’#autonomie possible

    Mais comment faire lorsque localement la production de fruits et légumes est insuffisante soit en quantité, soit en diversité ? Pour Gilles Pérole,l’impératif #bio l’emporte sur le #local « parce que je sais que le mode de production impacte plus l’environnement et la santé que le transport ».

    Toutefois, la demande était de cuisiner de l’ultra-frais pour répondre aux enjeux de qualité nutritionnels, mais aussi au plaisir des saveurs. L’approvisionnement local se révélant trop complexe, l’idée a jailli en 2008 : créer une #ferme_municipale.

    La ferme tourne à plein depuis 2011 et fournit 85% des #légumes servis dans les cantines grâce à ses 6 ha cultivés. Une ferme municipale associée à une cantine permet d’assurer la mise en #surgélation ou en #conserve lorsque la production déborde les besoins et de bénéficier de légumes bio, même en hiver.

    Voilà les leviers et conditions de l’autonomie qui ont convaincu près de 100 communes de se lancer dans l’aventure. La médiatisation de l’expérience menée à Mouans-Sartoux génère un grand nombre de prises de contact. Beaucoup de collectivités se sont inspirées de cette idée en cherchant à l’adapter à leurs contraintes, leur territoire et leur climat.

    Cet engouement a un peu débordé le temps disponible de Gilles Pérole et de ses équipes. Alors est née la volonté de structurer un réseau pour que les 100 premières fermes publiques puissent essaimer sur tout le territoire.

    « Nous avons plusieurs objectifs. Nous voulons déjà documenter ce qu’est une ferme publique tant pour un petit village que pour une métropole comme Lyon ou Marseille. Cela signifie que nous répertorions les différents statuts de fermes et les contrats de travail possibles. Nous voulons également créer un répertoire national de chaque ferme en termes de superficie, de volume de production, de type de produits… La carte qui se remplit, fait déjà apparaître les 48 premières fermes » explique Gilles Pérole pour La Relève et La Peste

    Les premières Rencontres nationales des fermes municipales ont permis des échanges d’expériences en juin dernier à Mouans-Sartoux. La prochaine édition se tiendra à Épinal les 18 et 19 juin prochains.

    Ce réseau se dote de toute une documentation d’essaimage et de partage à disposition de ceux qui ont déjà emboîté le pas et ont créé des fermes municipales. Ainsi, tous pourront apporter leur assistance aux nouveaux venus, aussi nombreux soient-ils. Enfin, le réseau se constitue pour porter un plaidoyer sur l’utilité des fermes publiques et pour obtenir la reconnaissance du statut agricole de ces fermes.

    Ferme publique : des critères précis

    Aussi peu intuitif que cela soit, les fermes publiques n’appartiennent pas au monde agricole. Cela signifie qu’elles n’ont aucun droit aux aides de la PAC. Pourtant, ces fermes répondent à la fois à des critères de production et de qualité. Une ferme publique produit pour la restauration collective, les paysans y sont salariés, la production est 100% bio.

    « L’agriculteur n’y fait que produire. Il n’est pas livreur, ni commerçant. La cantine vient chercher ses produits. Lui ne fait que son métier. Il est payé sur la grille de la fonction publique et ne porte ni le risque financier ni celui des aléas climatiques. C’est comme ça que cela fonctionne depuis des années à Mouans-Sartoux. » précise Gilles Pérole pour La Relève et La Peste

    La ferme publique ne vend pas sur les marchés, ni dans les magasins de producteurs car son objet n’est pas de générer du profit, ni de faire concurrence aux producteurs locaux.

    À Toulouse, la plus grande ferme publique de France

    Le domaine de Candie à Toulouse est à la fois la plus vaste ferme publique et l’une des plus grandes exploitations en agriculture bio à l’échelle de l’Occitanie. Le Domaine s’étend sur 250 hectares de terres cultivées et une centaine d’hectares de réserves foncières ou d’espaces de compensation écologique.

    La ferme produit des fruits, des légumes, fait pousser des vignes et des céréales. Une filière de transformation s’est développée pour poursuivre le soutien à une alimentation de qualité dans la restauration scolaire. Le blé tendre est transformé en farine puis distribué sous forme de pain bio et de coquillettes dans les cantines toulousaines. Ce sont 300 000 baguettes par an qui sont consommées dans plus de 60 écoles élémentaires de la ville.

    Le lancement de nouveaux projets pour mailler le territoire n’est pas si simple car « il n’y a pas tant d’agriculteurs que ça en France ». Pour Gilles Pérole, trouver le terrain, recruter l’agriculteur et rassembler les financements dans le cadre de plus en plus contraint d’une collectivité, est un vrai challenge.

    Les coupes budgétaires imposées par le gouvernement pour réduire le déficit public, pèsent pour 5 milliards d’euros sur les collectivités et cela peut amener certains à s’interroger sur la pertinence des modèles alimentaires mis en place. Le réseau peut faciliter et faire gagner du temps à ceux qui veulent démarrer.

    https://lareleveetlapeste.fr/en-france-des-fermes-publiques-creees-pour-lautonomie-alimentaire
    #agriculture #alimentation #agriculture_biologique #bio

  • How To Erase a People

    They did it to Native Americans, to Palestinians like my family in 1948, and now Trump wants to do it again in Gaza. It’s called ’forcible transfer,’ and it kills something much greater than any individual life.

    https://www.youtube.com/watch?v=IcVR3qwdkgM


    #peuples_autochtones #effacement #génocide #transferts_de_population #vidéo #Gaza #Trump #perte #Palestine #forêt #nakba #kibbutz #Kibboutz #destruction #Tlingit #langue #archipel_Alexandre #USA #Etats-Unis #saumon #Lakota #bisons #cherokee #irrigation #agriculture #Lakhota #nature #wilderness #histoire #Oklahoma #auto-suffisance #dépendance #enfants #assimilation #culture #expulsion #terre #fruits #légumes #oliviers #arbres #Israël #nettoyage_ethnique #réfugiés_palestiniens #camps_de_réfugiés #Liban #histoire_familiale #graines #semences #Cisjordanie #colonisation #écocide #pins #autochtonie
    ping @reka

    –—

    La réalisatrice fait référence à ce tableau intitulé « The immigrant » de #Sliman_Mansour :


    https://zawyeh.store/product-category/limited/sliman-mansour
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sliman_Mansour

    #Piste_des_larmes (#trail_of_tears) :

    La Piste des larmes (en cherokee : Nunna daul Isunyi, « La piste où ils ont pleuré » ; en anglais : Trail of Tears) est le nom donné au #déplacement_forcé de plusieurs peuples natif américains par les États-Unis entre 1831 et 1838. Ces populations s’établissent à l’ouest du #Mississippi et leurs anciennes terres sont remises à des colons américains, en application de l’#Indian_Removal_Act, #loi proposée et signée par le président #Andrew_Jackson. Les Cherokees sont alors le plus important groupe autochtone de la zone impliquée.


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Piste_des_larmes

    #Bruce_King :


    https://brucekingartist.weebly.com/smaller-paintings.html
    #art

    via @freakonometrics

  • Un groupe minier français détruit un #désert unique au #Sénégal

    #Dépossession des #terres, #destruction de l’#environnement, épuisement des ressources en #eau... Au Sénégal, une filiale du groupe minier français Eramet suscite la colère des habitants.

    Gora Gaye n’a pas peur de dire ce qu’il pense. Maire de la commune de #Diokoul_Diawrigne, située dans le nord-ouest du Sénégal, à quelques kilomètres de l’océan Atlantique, il est devenu le chef de file d’un mouvement de révolte contre la présence d’#Eramet_Grande_Côte, appelée aussi #Grande_Côte_Opérations (#GCO), sur son territoire.

    L’élu, membre de Pastef, le parti présidentiel, accuse cette entreprise minière, filiale du groupe français #Eramet, d’avoir un effet dévastateur sur l’environnement et les #conditions_de_vie de ses concitoyens. Le 28 décembre, avec plusieurs centaines de personnes, il a participé à une #marche à #Lompoul village, localité de sa commune, pour demander l’arrêt des activités de la compagnie. « GCO, dafa doy ! » (« GCO, ça suffit ! » en wolof), a scandé la foule.

    Détenue à 90 % par Eramet et à 10 % par l’État du Sénégal, GCO a le contrôle, au moins jusqu’en 2029, d’une #concession_minière qui couvre 445 000 hectares et s’étend sur 100 kilomètres le long du littoral. Dans cette région de dunes, riche en #sables_minéralisés, elle extrait depuis dix ans du #zircon (dont Eramet assure être le quatrième producteur mondial grâce à sa filiale sénégalaise) et d’autres minerais (#rutile, #ilménite, #leucoxène) utilisés par diverses industries (bâtiment, nucléaire…). Elle est partie du village de #Diogo, progressant lentement vers le nord, pour arriver en 2023 environ 20 kilomètres plus loin, dans les environs de Lompoul village, où elle se trouve toujours.

    Les moyens techniques qu’elle déploie sont gigantesques : pour traiter des milliers de tonnes de #sable par jour, elle fait serpenter une immense #drague reliée à une usine qui flotte sur un #bassin_artificiel. Depuis quelques mois, elle utilise aussi une unité d’#extraction_minière_sèche.

    Le périmètre que GCO a déjà exploité apparaît sur des images satellites sous la forme d’une longue étendue blanche, sans végétation. Auparavant, cet espace était occupé par des cultures vivrières : il fait partie des #Niayes, une bande côtière qui va de Dakar à Saint-Louis, et est dédiée au #maraîchage, assurant près de 80 % de la production nationale de #légumes.

    Il était aussi habité : plusieurs milliers de personnes ont dû abandonner leur village ou hameau pour laisser la place à la #mine et être relogés dans des « #sites_de_recasement ». Auparavant installés en bordure de l’océan, les habitants des villages de Foth et Diourmel se retrouvent aujourd’hui 20 kilomètres plus loin, à l’intérieur des terres, dans des petites maisons identiques, collées les unes aux autres, souvent trop exiguës pour accueillir décemment tous les membres de leur famille.

    Des terres « lessivées »

    Autour de Lompoul village, le #paysage a été transformé, dit Pape Sarr, membre d’un collectif de personnes affectées par les activités de GCO. « Vous voyez cette immense dune ? Elle n’existait pas il y a six mois. C’est GCO, dont l’usine flottante est passée ici, qui l’a créée. Le terrain était auparavant plat, favorable aux activités agricoles. Ils ont tout détruit », détaille-t-il.

    Lui-même possédait ici 4 hectares pour du #maraîchage et de l’#élevage, ce qui lui rapportait au minimum 30 millions de francs CFA par an (45 000 euros). Il en a perdu une partie au profit de la société minière. Parce qu’il s’opposait à cette #spoliation, il a été convoqué à la gendarmerie. Comme lui, des milliers de petits producteurs ont dû céder leurs terres contre des #indemnisations insignifiantes.

    Multitudes d’arbres arrachés, montagnes de sable retournées au bulldozer dans un bruit assourdissant : GCO s’affaire actuellement dans le désert de Lompoul, une zone de 300 hectares de dunes brunes située à 3 kilomètres du village éponyme. Sous l’action de ses énormes engins, ce lieu unique au Sénégal, prisé par les réalisateurs de cinéma et les touristes qui venaient y dormir dans des tentes aménagées, est en train de disparaître.

    Peu importe qu’il y ait encore sur place un opérateur touristique, l’Écolodge de Lompoul, en attente d’un accord sur le montant de son #indemnisation avant son départ : GCO continue d’avancer, sa drague et son #usine_flottante ne sont désormais qu’à quelques centaines de mètres du campement d’Écolodge, de sa trentaine d’employés et de ses clients, horrifiés.

    GCO dit « restaurer » des secteurs qu’elle a exploités en replantant des arbres, mais il faudra « plusieurs décennies pour remettre en état les terres qu’elle a complètement lessivées », s’indigne Gora Gaye auprès de Reporterre, rappelant combien les Niayes sont fragiles.

    Le #Collectif_de_défense_des_Niayes, un groupe de ressortissants de la zone, partage ses préoccupations. « Notre écosystème est en train d’être détruit et la population se retrouve sans recours », déplore l’un de ses membres, Idy Ka. Un autre, Cheikh Fall, expert environnemental, souligne que les habitants de la région ont demandé en 2022 la révision d’une #étude_d’impact environnemental et social des activités de GCO, mais que les autorités administratives ont validé le document sans prendre en compte leurs doléances.

    Tous s’inquiètent pour les ressources en eau : les maraîchers qui ont encore des champs constatent des perturbations hydriques. Des #puits sont à sec, comme si la #nappe_de_surface avait disparu. « Sur certains sites, pour trouver de l’eau en quantité suffisante, il faut désormais creuser à 50 ou 70 mètres, au lieu de 15 ou 20 mètres auparavant », explique Julien Potron, un entrepreneur spécialisé dans l’installation de pompes solaires.

    Comme d’autres, il est convaincu que GCO, qui utilise des milliards de m3 d’eau, est responsable de la situation. « Faux », répond l’entreprise dans un communiqué, assurant pomper « à plus de 450 m de profondeur, bien en dessous des nappes phréatiques utilisées par les agriculteurs ». Pourtant, une Commission départementale de recensement et évaluation des impacts et une équipe de GCO ont conclu en 2018, selon un document interne à la compagnie, que la baisse du niveau de l’eau des puits de plusieurs paysans était un « effet induit » de sa « drague » sur « la nappe ».

    « GCO nous a tout pris »

    Au bout du compte, on assiste à un #appauvrissement environnemental, mais aussi social et économique, explique Ousmane Sow, chef de village à Lompoul village. Les femmes qui vendaient des souvenirs aux touristes attirés par le désert sont désormais désœuvrées et sans revenus, tout comme les employés des six entreprises touristiques dont les lodges ont été avalés par la mine et les paysans qui n’ont plus de terres.

    « Les jeunes partent. Certains empruntent les filières de l’#émigration clandestine, un phénomène nouveau ici », assurent plusieurs habitants. « Un homme à qui on a pris de force ses champs est passé par le Nicaragua pour entrer clandestinement aux États-Unis », raconte, amer, Cheikh Fall. « [GCO] nous a tout pris : nos terres, nos cultures, nos traditions, notre désert, nos activités de subsistance, notre #dignité », a résumé Gora Gaye lors d’une conférence de presse.

    L’entreprise se défend en déclarant employer 2 000 collaborateurs et contractants, dont 97 % de Sénégalais ; avoir versé, en 2023, 25 millions d’euros de taxes, impôts et dividendes à l’État (avec un chiffre d’affaires de 238 millions d’euros en 2023), et avoir créé une « #oasis » dans une zone qu’elle a exploitée, à 10 kilomètres de Lompoul, pour remplacer le désert qu’elle est en train de pulvériser. Des chiffres et des mesures jugées dérisoires par ses détracteurs.

    « Complicité » des autorités

    Ces dernières années, les médias sénégalais ont rendu régulièrement compte du désarroi des populations locales. Mais cela n’a eu aucun effet : GCO n’a pas changé ses méthodes et l’administration sénégalaise a continué à la soutenir. Aujourd’hui, Gora Gaye et d’autres accusent publiquement les autorités locales de « complicité » avec l’entreprise française.

    Il est vrai que cette dernière veille à entretenir de bonnes relations avec les administrateurs et élus. Dans les rapports de 2022 et 2023 de l’#Initiative_pour_la_transparence_dans_les_industries_extractives (#ITIE), elle indique avoir versé, à titre de « paiements sociaux volontaires » et pour des « appuis divers », des centaines de milliers de francs CFA à des préfets, sous-préfets, chefs de village, maires, gendarmeries, etc. Contacté par Reporterre, le groupe Eramet n’a pas réagi à la question de savoir si ces versements étaient en conformité avec sa charte éthique.

    L’équipe au pouvoir depuis avril dernier, le président, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, connus pour leurs idées souverainistes et dont le parti a remporté les élections législatives de novembre, modifiera-t-elle la donne ? Beaucoup d’habitants de Lompoul l’espèrent, même si l’actuel président de l’Assemblée nationale a travaillé de 2017 à 2024 pour GCO et même si le ministre de l’Environnement a fait, le 26 décembre, une visite de terrain avec GCO comme guide.

    Déjà, trois députés de Pastef se sont mobilisés ces dernières semaines, demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire et plaidant pour l’instauration d’un moratoire sur les activités de GCO afin d’évaluer les dommages et revoir éventuellement son contrat avec l’État. « Si le gouvernement ne réagit pas, nous bloquerons l’entreprise ; elle ne pourra plus progresser », avertit Gora Gaye.

    #Dépossession_foncière

    Les milliers de paysans contraints de laisser leurs terres à GCO n’ont reçu que des « miettes » en guise de dédommagement, selon de nombreux témoignages. « Les montants des indemnisations sont basés sur de vieux barèmes que l’État a fixés en 1974 et n’ont depuis jamais été révisés », précise Demba Fall Diouf, membre de l’association Forum civil. L’organisation Fian International a fait le calcul : en onze ans, le manque à gagner pour un paysan dont la terre est occupée depuis 2012 par GCO « est plus de vingt fois supérieur à l’indemnisation perçue ».

    Ousmane Sow, chef de village, donne l’exemple d’un producteur qui gagnait 500 000 francs CFA par semaine (760 euros), avant de devoir se séparer de ses champs contre 5 millions de francs CFA (7 600 euros). Aujourd’hui, ce sexagénaire est obligé, lui qui employait une trentaine de personnes, de gagner sa vie comme saisonnier pour d’autres producteurs. Il ne récupérera rien : après exploitation, GCO restitue les terrains à l’État.

    https://reporterre.net/Un-groupe-minier-francais-detruit-un-desert-unique-au-Senegal
    #déplacés_internes #extractivisme #minière #résistance
    #tourisme
    ping @6donie

  • Cash investigation - Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes (Intégrale) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Mgd0_jv6TS4

    #soiled_seeds

    Inde en 2015 : 16% des travailleurs qui produisent des graines de légumes sont des enfants de moins de 14 ans

    Aujourd’hui, qu’ils soient bio ou pas, presque tous les fruits et légumes que vous achetez sont calibrés comme des produits industriels. Pour cela, les multinationales ont mis au point des semences totalement standardisées.

    Linda Bendali et l’équipe de Cash Investigation révèlent pourquoi, en un demi-siècle, nos tomates ont perdu par exemple plus de 50% de leurs vitamines.

    Les semences à l’origine des fruits et légumes que nous consommons sont désormais la propriété d’une poignée de géants mondiaux comme l’Allemand Bayer ou le Français Limagrain, qui pèse, lui, plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un business mondialisé où la graine se vend plus chère que de l’or.

    La réalisatrice Linda Bendali est partie en Inde, où les multinationales font produire leurs graines. Elle a découvert des femmes et des enfants qui triment pour une poignée de roupies.

    Cette course à la semence high-tech peut aussi avoir des conséquences sur notre santé. Elle a enquêté sur ces blés destinés à la fabrication de nos baguettes ou de nos pains de mie que certains consommateurs ne digèrent plus. L’hypersensibilité au gluten n’est pas qu’une mode, vous comprendrez pourquoi les partisans du « sans gluten » sont si nombreux !

    Menace pour la santé, perte de nutriments, « privatisation » du vivant, le grand hold-up des industriels sur nos fruits et légumes.

    #limagrain (#vilmorin)
    #bayer #monsanto
    #syngenta
    #dow_dupont
    #gnis

    #france #israel #inde
    #semences #catalogue_des_semences #F1 #alimentation #tomates #pastèques #enfance #exploitation_des_enfants #karnataka #legumes #fruits #gluten

    Plouf plouf

    1:11:16 2009 à la tribune de l’ONU, Olivier De Schutter, rapporteur pour le droit à l’alimentation ONU (2008-2014) : « 75% des plantes cultivées ont disparu ».

  • De Guingamp à Lannion, la révolte gronde dans les hôpitaux contre le cartel des légumes en conserve | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/de-guingamp-a-lannion-la-revolte-gronde-dans-les-hopitaux-contre-le-car


    Les faits remontent aux années 2000. Une dizaine d’hôpitaux français, dont plusieurs bretons, ont décidé de poursuivre les fabricants.
    Photo Lionel Le Saux

    Dans leurs recours contre des distributeurs et fabricants de légumes en conserve, une dizaine d’hôpitaux, dont plusieurs bretons, n’ont pas été suivis par la justice administrative sur la question de la communication de documents.

    Les juges des référés des tribunaux administratifs de Nantes et Rennes ont désavoué une dizaine d’hôpitaux français - parmi lesquels ceux de Noyal-Pontivy (Morbihan), Lannion, Lamballe et Guingamp (Côtes-d’Armor) - qui entendent à présent poursuivre en justice les fabricants et distributeurs de légumes en conserve qui se sont entendus sur les prix, à leur détriment, pendant treize ans.

    Pour rappel, la Commission européenne avait, en septembre 2019 et novembre 2021, épinglé les fabricants Bonduelle, Coroos, D’Aucy et Conserve Italia. Bruxelles avait notamment réclamé 18 millions d’euros au groupe français D’Aucy et 13,6 millions d’euros au Néerlandais Coroos pour s’être entendus sur les prix et le partage du marché européen des légumes en conserve.

    Cette entente leur avait permis de fixer les prix des légumes en conserve pendant plus de dix ans, à compter de janvier 2000. Les deux premiers groupes sanctionnés avaient en fait été dénoncés en octobre 2013 par leur concurrent Bonduelle - un autre bénéficiaire de l’entente - lui octroyant ainsi l’immunité, alors qu’il risquait 250 millions d’amende, avait expliqué la Commission européenne dans un communiqué.

    Entre le 1er et le 12 août 2024, treize hôpitaux français, représentés par les deux mêmes avocats parisiens - Mes Sarah Subrémon et Hugo-Bernard Pouillaude - ont donc introduit des recours en urgence devant les juges des référés des tribunaux administratifs de Rennes, Nantes, Dijon et Lille après avoir été informés de ces condamnations par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la Santé.

    Un « risque sérieux de déperdition de preuves »
    Tous réclamaient que les fabricants, les distributeurs et l’administration fiscale leur communiquent les documents déterminant le « périmètre des produits concernés » par cette « entente anti-concurrentielle » : ces données leur sont « indispensables » pour établir « l’existence de la causalité entre l’entente illégale (…) et le préjudice [financier] ».

    Les fabricants de conserves de légumes et les distributeurs sont d’ailleurs « soumis à une durée de conservation légale de dix ans », faisaient-ils valoir, ce qui laisse planer « un risque sérieux de déperdition des preuves » alors qu’une « grande partie des documents demandés a déjà été détruite ».

    Reste que la durée légale de conservation des documents de dix ans est déjà « expirée », font remarquer les juges des référés dans leurs ordonnances respectives : les sociétés ne peuvent donc pas être regardées comme étant en leur « possession ». Même si elles les détenaient encore, elles ne sauraient être « tenues de les communiquer ». De la même manière, l’administration est soumise à une « durée d’utilité administrative » de dix ans : ses services ne peuvent donc davantage être enjoints de les produire. Enfin, et « en tout état de cause », il n’est « pas démontré » que ces documents seraient « indispensables à l’introduction d’un recours indemnitaire ».

  • #Pensez_sauvage

    Pensez sauvage vous propose des graines cousues main, faites dans le respect de l’environnement et du vivant. Des graines de ferme certifiées biologiques, reproductibles et qui sont produites artisanalement.
    Des semis aux sachets, tout est fabriqué à la main et sur la ferme.

    https://pensezsauvage.org
    #graines #catalogue #achat #graines #semences #tomates #fleurs #légumes

  • « La vraie #souveraineté_alimentaire, c’est faire évoluer notre #modèle_agricole pour préparer l’avenir »

    Professeur à l’université Paris-Saclay AgroParisTech, l’économiste de l’environnement #Harold_Levrel estime que le concept de « souveraineté alimentaire » a été détourné de sa définition originelle pour justifier un modèle exportateur et productiviste.

    Hormis les denrées exotiques, dans la plupart des secteurs, la #production_agricole nationale pourrait suffire à répondre aux besoins des consommateurs français, sauf dans quelques domaines comme les fruits ou la volaille. Or, les #importations restent importantes, en raison d’un #modèle_intensif tourné vers l’#exportation, au risque d’appauvrir les #sols et de menacer l’avenir même de la production. D’où la nécessité de changer de modèle, plaide l’économiste.

    Comment définir la souveraineté alimentaire ?

    Selon la définition du mouvement altermondialiste Via Campesina lors du sommet mondial sur l’alimentation à Rome en 1996, c’est le droit des Etats et des populations à définir leur #politique_agricole pour garantir leur #sécurité_alimentaire, sans provoquer d’impact négatif sur les autres pays. Mais les concepts échappent souvent à ceux qui les ont construits. Mais aujourd’hui, cette idée de solidarité entre les différents pays est instrumentalisée pour justifier une stratégie exportatrice, supposée profiter aux pays du Sud en leur fournissant des denrées alimentaires. Le meilleur moyen de les aider serait en réalité de laisser prospérer une #agriculture_vivrière et de ne pas les obliger à avoir eux aussi des #cultures_d’exportation. Au lieu de ça, on maintient les rentes de pays exportateurs comme la France. Quand le gouvernement et d’autres parlent d’une perte de souveraineté alimentaire, ça renvoie en réalité à une baisse des exportations dans certains secteurs, avec un état d’esprit qu’on pourrait résumer ainsi : « Make French agriculture great again. » Depuis le Covid et la guerre en Ukraine, la souveraineté alimentaire est devenue l’argument d’autorité pour poursuivre des pratiques qui génèrent des catastrophes écologiques et humaines majeures.

    Nous n’avons donc pas en soi de problème d’#autonomie_alimentaire ?

    Ça dépend dans quel domaine. Les défenseurs d’un modèle d’exploitation intensif aiment à rappeler que notre « #dépendance aux importations » est de 70 % pour le #blé dur, 40 % pour le #sucre, et 29 % pour le #porc. Mais omettent de préciser que nos taux d’auto-approvisionnement, c’est-à-dire le rapport entre la production et la consommation françaises, sont de 123 % pour le blé dur, 165 % pour le sucre, et 99 % pour le porc. Ça signifie que dans ces secteurs, la production nationale suffit en théorie à notre consommation, mais que l’on doit importer pour compenser l’exportation. Il y a en réalité très peu de produits en France sur lesquels notre production n’est pas autosuffisante. Ce sont les fruits exotiques, l’huile de palme, le chocolat, et le café. On a aussi des vrais progrès à faire sur les fruits tempérés et la viande de #volaille, où l’on est respectivement à 82 et 74 % d’auto-approvisionnement. Là, on peut parler de déficit réel. Mais il ne serait pas très difficile d’infléchir la tendance, il suffirait de donner plus d’aides aux maraîchers et aux éleveurs, qu’on délaisse complètement, et dont les productions ne sont pas favorisées par les aides de la #Politique_agricole_commune (#PAC), qui privilégient les grands céréaliers. En plus, l’augmentation de la production de #fruits et #légumes ne nécessite pas d’utiliser plus de #pesticides.

    Que faire pour être davantage autonomes ?

    A court terme, on pourrait juste rebasculer l’argent que l’on donne aux #céréaliers pour soutenir financièrement les #éleveurs et les #maraîchers. A moyen terme, la question de la souveraineté, c’est : que va-t-on être capable de produire dans dix ans ? Le traitement de l’#eau polluée aux pesticides nous coûte déjà entre 500 millions et 1 milliard d’euros chaque année. Les pollinisateurs disparaissent. Le passage en #bio, c’est donc une nécessité. On doit remettre en état la #fertilité_des_sols, ce qui suppose d’arrêter la #monoculture_intensive de #céréales. Mais pour cela, il faut évidemment réduire certaines exportations et investir dans une vraie souveraineté alimentaire, qui nécessite de faire évoluer notre modèle agricole pour préparer l’avenir.

    https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/la-vraie-souverainete-alimentaire-cest-faire-evoluer-notre-modele-agricol
    #agriculture_intensive #industrie_agroalimentaire

  • « Nous aurons des années de rendement si faible que l’on ne pourra pas nourrir l’ensemble de la population »
    https://lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/vin-de-normandie-pates-de-sorgho-que-mangerons-nous-quand-leau-sera-rare-19

    « Tout ce qui est rare est cher », l’adage est bien connu. Or, avec les vagues de sécheresse inédites qui se succèdent en Europe, notamment en ce moment en Espagne , l’eau devient de plus en plus rare. Le #prix de l’or bleu pourrait donc s’envoler. Le ministère des Affaires étrangères néerlandais a voulu alerter sur cet avenir qui se dessine avec le site de vente en ligne The Drop Store (« le magasin de la goutte »). Sur ce site futuriste, la ressource est devenue si rare que chaque produit détaille la quantité d’eau nécessaire à sa production pour justifier son prix devenu exorbitant.

    Les denrées courantes deviennent en effet des mets précieux et leurs prix flambent. Par exemple, une fiole d’eau « très pure » de seulement 15 ml est vendue 182 euros ; un épi de maïs de 35 grammes, 129 dollars (118 euros) ; deux cubes de fromage, 109 dollars (100 euros) ; ou encore 4 carrés de chocolat, 3.600 dollars (3.200 euros) ! Pour chaque produit, une étiquette précise la cause de sa raréfaction : inondation, sécheresse, pollution…

    L’initiative choc reste une fiction, mais certaines des conséquences esquissées pourraient bien devenir réelles. Première activité consommatrice d’#eau en France, l’agriculture est en effet lourdement affectée par la baisse significative de la recharge des nappes phréatiques, de l’ordre de 10 % à 25 % en moyenne en France métropolitaine.

    D’ici à 2050, la #tendance des températures « sera à la hausse et nous allons connaître d’importantes et nombreuses variations interannuelles. Et ce sera encore plus vrai avec la pluviométrie », confirme Christian Huyghe, directeur scientifique de l’Inrae.

    A cet horizon, le #climat de la #France se rapprochera de celui de la Tunisie. Or, le pays du Maghreb doit se mobiliser pour conserver une forme de souveraineté alimentaire et éviter de nouvelles émeutes de la faim. Cette indépendance a un prix puisque pour maintenir son #agriculture, le pays investit dans le retraitement des eaux usées et construit des stations de dessalement d’eau de mer. Ces installations et leur utilisation ont un coût qui pourrait bien se répercuter sur le prix des denrées.

    […]

    La clé d’une adaptation réussie repose aussi sur un changement des régimes alimentaires pour les orienter vers des produits moins consommateurs d’eau. Sans surprise, les chercheurs plaident unanimement pour une assiette plus végétale. « Vraisemblablement, notre #consommation de produits animaux diminuera avec un #régime_alimentaire qui passera de 60 % de protéines d’origine animale à 40 ou 50 % », avance Christian Huyghe de l’Inrae. « Il faudrait également multiplier notre consommation de légumineuses par cinq », avance Sylvain Doublet.

    Les #fruits et #légumes vont aussi évoluer. Les consommateurs devront s’habituer à des fruits et légumes aux calibres et aux goûts différents. Par exemple, avec moins d’eau, la taille des pommes de terre se réduira ainsi que celle des fruits qui seront aussi plus sucrés. Par ailleurs, avec des rendements agricoles en baisse, la lutte contre le #gaspillage va s’intensifier.

    Un monde où l’eau est rare

    10 % à 25 % : baisse moyenne de la recharge des #nappes_phréatiques en France.

    9 ans : c’est la durée moyenne actuelle pour créer une nouvelle variété agricole en France.

    2050 : le climat de la France sera comparable à celui de la Tunisie.

    40 % à 50 % : proportion de protéines animales dans le régime alimentaire en France en 2050, contre 60 % aujourd’hui.

    182 euros : le prix de 15 ml « d’eau pure », si l’on ne change pas de système alimentaire, selon la politique-fiction des #Pays-Bas.

    • Cinq grains de riz pour 80 euros : un magasin en ligne (fictif) alerte sur les conséquences d’un monde sans eau

      https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/cinq-grains-de-riz-pour-80-euros-un-magasin-en-ligne-fictif-alerte-sur-

      Le site internet The Drop Store créé à l’initiative du gouvernement néerlandais est un site très particulier où l’on trouve une dizaine de produits alimentaires seulement. Et pour se les offrir, il faut avoir les moyens.
      Un petit bout d’épis de maïs, 35 grammes : 118 euros. Un petit sachet de cinq grains de riz : 80 euros.
      Un flacon d’eau pure, plus chère que du parfum : 180 euros les 15 ml (l’équivalent d’une cuillère à soupe). On trouve aussi de l’eau normale bien plus abordable, mais elle est marron et, prévient l’étiquette, « susceptible d’être polluée par divers produits chimiques ou pharmarceutiques ». Pour vos petits creux, un snack protéiné, très « crunchy » comme dit l’emballage : on dirait une barre de céréales, c’est un agglomérat d’insectes, mouches, cafards et vers : 138 euros. Un produit de substitution à la viande rouge.

      Mais vous pourriez préférer les pilules en forme de mini-pizza, goût margherita – on dirait une boîte de médicaments – 148 euros. Un avis client (factice, comme le reste) dit : « Je n’ai jamais mangé de vraie pizza, mais d’après mes amis qui en ont déjà goûté, ces pilules ont un goût très ressemblant ».

      Une personne sur trois n’a déjà pas un accès libre à l’eau potable

      Ce site est une fiction pure, ces aliments, évidemment, ne sont pas à vendre. Ils ont été imaginés par l’agence Publicis à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’eau qui s’est tenue en mars 2023. Car c’est peut-être ce qui nous attend dans un monde sans eau. Un monde où, à cause du changement climatique, des sécheresses et de la hausse des températures, l’eau potable deviendrait une ressource rare, voire inexistante.

      Cela peut vous paraître de la fiction, mais c’est déjà une réalité pour plus d’une personne sur trois dans le monde, selon l’Unicef et l’Organisation mondiale de la Santé. En 2030 (autant dire demain) près de la moitié de la planète aura des difficultés d’accès à l’eau potable.

      Et ce que veulent montrer les Pays-Bas avec ce site The Drop Store, c’est que cette crise de l’eau aura un impact direct, un impact majeur sur nos modes de consommation dans les pays développés. Et donc que le riz, le maïs ou la margherita deviendront des produits de luxe. Parce que pour produire un kilo de maïs, par exemple, il faut au total 1 222 litres d’eau. Chaque aliment a sa fiche de consommation en eau, basée sur une étude scientifique, et le site nous explique pourquoi on risque d’en arriver à cette raréfaction.

      La riziculture utilise par exemple 40% de toute l’eau d’irrigation dans le monde. Le riz contribue au bouleversement climatique, mais il en est aussi victime. Pour la margherita, c’est parce que la sécheresse aura eu raison des récoltes de tomates, d’olives et de blé. Et parce qu’il faut beaucoup trop d’eau aussi pour nourrir les bufflonnes qui produiront le lait pour la mozzarella. Le manque d’eau entraînant de mauvaises récoltes, une réduction de la production et une augmentation des prix pour tout le monde. « De nombreuses choses que nous mangeons et apprécions aujourd’hui disparaîtront complètement, dit The Drop Store, ce qui réduira la diversité et la nutrition de notre alimentation ».

      Des actions concrètes au quotidien

      L’initiative, pourtant, ne se veut pas culpabilisante. Les Pays-Bas ont surtout voulu créer un choc de conscience, avec l’idée c’est que l’on peut encore agir pour protéger la ressource eau. « Les Nations unies voulaient que nous diffusions ce message à l’échelle mondiale pour que les gens comprennent la valeur de l’eau », dit Eduardo Marques, directeur d’exploitation de Publicis.

      Le site renvoie vers des organisations partenaires comme le WWF ou le mouvement « Fill up the glass » qui propose aux jeunes des actions très concrètes dans la vie de tous les jours, comme limiter sa consommation de viande ou utiliser des protections hygiéniques réutilisables

    • #sorgho

      Le sorgho, une plante millénaire d’avenir

      Le sorgho est l’objet de toutes les attentions. La plante originaire de la région sahélienne constitue déjà l’aliment de base dans plusieurs régions arides et semi-arides. Cette céréale dotée d’un système racinaire profond peut en effet pousser malgré des températures élevées et un déficit hydrique important. La plante riche en protéines « possède des qualités nutritionnelles et énergétiques comparables à celles d’autres céréales », indique David Pot, du Cirad. Elle peut être consommée par les humains, mais aussi les animaux.

      Toutefois, si le sorgho est plus résistant que le maïs à la sécheresse, son rendement reste inférieur lorsque l’eau est abondante. « Cela résulte aussi d’investissements très importants de la recherche et des entreprises de sélection dans le maïs », précise David Pot. La céréale peu gourmande en engrais et en pesticides pourrait faire l’objet de recherche agrologique et d’investissements « laissant aussi présager des gains génétiques importants », indique le chercheur.

  • Une agricultrice contrainte d’arrêter sa production bio à cause de pesticides épandus il y a 30 ans
    https://basta.media/une-agricultrice-contrainte-d-arreter-sa-production-bio-a-cause-de-pesticid

    En fouillant un peu sur le Net, elle découvre que le même problème de #pollution à l’#aldrine est apparu dans le Bordelais, en 2016, avec des courgettes. À l’époque, plusieurs exploitations sont concernées, sur une superficie de plus de 150 hectares. Rebelote en 2018 dans le Finistère, avec des concombres. «  Cela signifie que les services de l’État savent ça et que nous, les producteurs, on n’est pas informés ? On nous laisse acheter des terres sans analyses préalables ? Faire des emprunts ? Prendre d’importants risques financiers ? Ce n’est quand même pas normal !  » s’indigne Delphine.

    [...]

    En même temps, une fois tracée la cartographie des pollutions, que pourrait faire l’État ? « Pour ces produits, comme pour le chlordécone [utilisé sur les plantations de bananes aux Antilles et responsable de multiples pollutions, ndlr] qui appartient à la même famille, il n’y a pas de technique de dépollution connue et efficace, explique Felix Lepers, chargé de la réglementation à la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). La seule piste, c’est d’augmenter la quantité de matière organique pour diluer les polluants. »

    Autre technique à l’étude : le contournement de la pollution en travaillant sur des variétés qui ne fixent pas les organochlorés – des #légumes ou fruits qui ne les garderont pas. C’est d’ailleurs le conseil qu’a donné le préfet de Gironde aux producteurs et productrices touché.es par la pollution à l’aldrine, en 2016. Faudra-t-il donc bientôt choisir ce que l’on mange en fonction de ce que l’#agro-industrie aura épargné ?

    « La rémanence des ces produits est vraiment un problème pour nos producteurs, qui cultivent sans #pesticides, mais qui en retrouvent quand même dans leurs produits », insiste Felix Lepers, de la Fnab, précisant qu’il y a un effet « loupe » sur les fermes bios qui sont davantage surveillées que les autres.

    « Quand on est victime de pollution aux pesticides, on n’est jamais indemnisé en tant qu’agriculteur ou agricultrice, précise Dominique Dubrueil, président du Groupement d’agriculteurs biologiques du Morbihan (Gab 56). Ces dernières années, des collègues ont dû détruire toute leur production de pommes à cause d’une pollution au prosulfocarbe épandu par leurs voisins ». Le prosulfocarbe est un herbicide utilisé comme désherbant en #agriculture conventionnelle, notamment sur les cultures de céréales. Il s’agit du quatrième produit phytosanitaire le plus utilisé en France. Ces producteurs «  n’ont jamais été indemnisés  ».

  • Cake au thon et petits #Légumes
    https://www.cuisine-libre.org/cake-au-thon-et-petits-legumes

    Cuire à la vapeur environ 10 min des légumes frais variés coupés en bâtonnets. Sinon, utilisez une macédoine de légumes en conserve ou un reste de légumes déjà cuits, qui s’assortissent bien avec le poisson. Pendant ce temps, dans une poêle huilée, faites fondre 10 min à feu doux l’échalote finement découpée. Ajouter ensuite les légumes cuits avec les herbes (aneth, ciboulette, persil). Mélangez et salez à votre goût. Arrêtez la cuisson et réservez. Dans un grand saladier, fouettez les œufs. Puis, tout en… Légumes, #Cakes, #Farine_de riz / #Sans gluten, #Sans viande, #Sans lactose, #Four

  • Cake au thon et petits #Légumes
    https://www.cuisine-libre.org/cake-au-thon-et-petits-legumes-8474

    Cuire à la vapeur environ 10 min des légumes frais variés coupés en bâtonnets. Sinon, utilisez une macédoine de légumes en conserve ou un reste de légumes déjà cuits, qui s’assortissent bien avec le poisson. Pendant ce temps, dans une poêle huilée, faites fondre 10 min à feu doux l’échalote finement découpée. Ajouter ensuite les légumes cuits avec les herbes (aneth, ciboulette, persil). Mélangez et salez à votre goût. Arrêtez la cuisson et réservez. Dans un grand saladier, fouettez les œufs. Puis, tout en… Légumes, #Cakes, #Farine_de riz / #Sans gluten, #Sans viande, #Sans lactose, #Four

  • Oulado (potée tarnaise)
    https://www.cuisine-libre.org/oulado-potee-tarnaise

    Dans le Tarn, l’oulade est richement garnie de viandes diverses : oreilles de cochon, jarret, oie… Dans l’oule de terre ou de fonte brute garnie d’eau, mettre l’os avec les épices et les #Légumes, sauf les pommes de terre qui seront ajoutées seulement une heure après le démarrage ; compter 2 heures et demi de frémissement ; à ce moment là, plonger les 3 confits, groins, oreilles, jarrets, ficelés ensemble pour ne faire qu’un, et trois quart d’heure supplémentaires de frémissement. Dans chaque assiette… Légumes, #Porc, #Potées, #Béarn / #Sans œuf, #Sans lactose, #Bouilli

  • #Manger_autrement : L’#expérimentation

    À #Grossenzersdorf en #Autriche, dans un champ de 4 400 mètres carrés, les chercheurs ont entrepris de cultiver la totalité de ce que mange un Européen moyen : les #céréales, les #légumes et les #fruits d’une part, de l’autre le #fourrage destiné au #bétail produisant sa consommation d’origine animale. Il est rapidement apparu que les cultures fourragères et les produits importés occupaient deux fois plus de surface que les produits végétaux et locaux. L’#expérience a ainsi démontré que nous accaparons une #surface deux fois supérieure à celle dont nous disposons, et que notre #alimentation rejette autant de #gaz_à_effet de serre que l’automobile. Comment #se_nourrir_autrement ? Trois familles ont alors essayé de réduire leur part de surface cultivable en adoptant une alimentation plus responsable, moins riche en #viande et alignée sur la production locale et saisonnière.

    https://www.youtube.com/watch?v=vlHJeAFN-38


    #film #film_documentaire #documentaire
    #alimentation #géographie #espace #élevage

  • Patates douces Hasselback
    https://www.cuisine-libre.org/patates-douces-hasselback

    Pour des patates douces parfaites et croustillantes à chaque fois. Préchauffer le #Four à 220°C. Nettoyer les patates sans les peler. Les trancher finement, de façon régulière, mais sans les couper complètement : jusqu’au 2/3. Mélanger beurre, huile et aromates dans un petit bol. En badigeonner les patates partout, jusqu’entre les tranches. Placer sur une plaque de cuisson. Enfourner et cuire jusqu’à ce que le centre des pommes de terre soit tendre et l’extérieur croustillant, de 50 minutes à 1 heure. À… #Patate_douce, #Légumes_rôtis / #Végétarien, #Sans œuf, #Sans gluten, #Sans viande, Four

  • Tomates au four
    https://www.cuisine-libre.org/tomates-au-four

    Coupez les tomates en rondelles dans un plat allant au four. Ajouter l’ail coupé en petits morceaux, des #Herbes_de Provence, saler et poivrer. Badigeonner de moutarde à l’ancienne. Recouvrir de fromage râpé. Mettre au #Four à 200°C pendant 30 minutes environ. #Légumes_rôtis, #Tomate_fraiche, Herbes de Provence / #Végétarien, #Sans viande, #Sans œuf, #Sans gluten, Four

  • Environnement : De plus en plus de résidus de pesticides sur les fruits vendus dans l’UE
    https://www.lessentiel.lu/fr/story/de-plus-en-plus-de-residus-de-pesticides-sur-les-fruits-vendus-dans-lue-7

    Les résidus de pesticides chimiques sur les fruits cultivés dans l’Union européenne ont augmenté entre 2011 et 2019, alors que les États membres auraient dû en limiter l’utilisation au profit de produits de substitution, selon une étude de l’ONG PAN Europe publiée mardi.


    L’étude, basée sur l’analyse de quelque 97 000 échantillons de fruits frais (pêches, fraises, cerises, pommes, etc.), affirme que près d’un échantillon sur trois (29%) était contaminé par des traces de pesticides chimiques contre 18% en 2011. Or depuis 2011, relève cette ONG spécialisée, les États membres sont censés encourager les produits de substitution pour limiter autant que possible le recours à ces pesticides de synthèse – herbicides, fongicides, insecticides – considérés comme les plus à risque et dont l’autorisation est plus strictement réglementée dans l’UE.

    Objectif : réduction de moitié d’ici 2030
    Au niveau national, cette autorisation doit notamment faire l’objet d’une évaluation comparative avec les produits de substitution, est-il rappelé. Les résultats de l’étude jettent une ombre sur l’ambition de Bruxelles, arrêtée en 2020, de réduire de moitié d’ici à 2030 le recours à ces pesticides les plus dangereux. « S’il n’y a pas de mesures fortes, on ne voit pas comment cet objectif pourrait être respecté », a dit Salomé Roynel, de PAN Europe, qui rappelle que la Commission a le pouvoir de rappeler à l’ordre les pays « défaillants sur ce sujet ».

    L’ONG cite parmi les produits autorisés dont il faudrait absolument limiter l’usage le Tebuconazole, un fongicide toxique pour la reproduction, dont des traces ont été fréquemment retrouvées sur des cerises produites en 2019, en Espagne entre autres. Destinés à détruire des organismes vivants jugés nuisibles, les pesticides sont susceptibles d’avoir des effets sur la santé humaine, en augmentant les risques de problèmes de fertilité voire de déclencher certaines maladies (Parkinson, cancers).

    Les légumes moins contaminés
    En 2021, une expertise de l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a conclu à « une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse ou chez l’enfant et le risque de certains cancers (leucémies, tumeurs du système nerveux central) ».

    Dans son étude, PAN (Pesticide Action Network) assure que la moitié des échantillons de cerises étaient contaminés par des traces de pesticides en 2019 (contre 22% en 2011), plus du tiers (34% contre 16%) pour ceux des pommes, le fruit le plus produit sur le continent.

    Les fruits les plus contaminés sont les mûres (51% des échantillons), les pêches (45%), les fraises (38%), les cerises (35%) et les abricots (35%), sur les neuf années étudiées, ajoute l’ONG. Pour les légumes, la contamination est plus faible car ils sont moins sujets aux insectes et aux maladies : 13% des échantillons étaient concernés en 2019 (11% en 2011), les légumes les plus concernés étant le céleri, le céleri-rave et le chou kale (31%).

    #ue #union_européenne #Bruxelles #pac #politique_agricole_commune #pesticides #poisons #Fruits #Légumes #herbicides #fongicides #insecticide

  • Patates douces rôties au miel
    https://www.cuisine-libre.org/patates-douces-roties-au-miel

    Préchauffer le #Four à 375ºF/190°C. Laver les patates douces à l’eau froide et frotter avec une brosse pour enlever la saleté. Couper les patates douces en cubes de 1 cm et les étaler sur un plat allant au four. Cuire au four pendant 30 minutes jusqu’à tendreté. Transférer les patates douces dans une sauteuse à feu moyen. Mélanger avec de l’huile d’olive, du miel, de la #Cannelle et du piment de la Jamaïque. Cuire 10 minutes jusqu’à ce qu’elles soient dorées. Saupoudrer de sel si désiré. Servir… Cannelle, #Patate_douce, #Légumes_rôtis, #États-Unis / #Végétarien, #Sans viande, #Sans œuf, #Sans lactose, #Sans gluten, Four

  • Courge rôtie au bleu
    https://www.cuisine-libre.org/courge-rotie-au-bleu

    Préchauffer le #Four à 215°C/420°F.

    Chemiser une plaque de papier cuisson. Laver, épépiner, peler et couper la courge en cubes moyens, de la taille d’une bouchée. Répartir sur la plaque de cuisson. Éplucher l’ail, couper chaque gousse en deux dans la longueur et répartir entre les morceaux de courge. Arroser d’huile. Saler, poivrer et saupoudrer de cannelle. Émietter la sauge et le thym. Concasser grossièrement les noix. Saupoudrer sur la courge. Enfourner et cuire 35 à 40 minutes. Avant de servir,… #Fromages_à pâte_persillée, #Bleue_de Hongrie, #Légumes_rôtis / #Végétarien, #Sans œuf, #Sans gluten, #Sans viande, Four

  • [ #RELOCALISATION ] - La FNSEA va-t-elle détruire l’agriculture Française ?

    https://www.youtube.com/watch?v=NFhtnFom_os

    Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, est venue pleurnicher à la radio sur les conséquences du libre-échange, de la concurrence déloyal et des prix bas, qu’elle accuse d’être à l’origine de la perte de souveraineté alimentaire de la France.

    C’est pourtant son syndicat qui a promu ces politiques ces dernières décennies… et continue de le faire !

    [Plus d’infos] :
    Agriculture « Si rien n’est fait, en 2023, nous importerons plus que nous exporterons »
    https://urlz.fr/gqGc
    L’agrobusiness toujours plus d’argent, toujours moins de paysans
    https://urlz.fr/gqGe
    Médiapart révèle les salaires des dirigeants de la FNSEA payés par les cotisations des agriculteurs
    https://urlz.fr/gqGf
    Gaec Lambert Foulier:Un bâtiment délibérément conçu pour le confort des animaux. https://urlz.fr/gqGi
    Chiffres clés – Terrena
    https://urlz.fr/gqGj
    Tableau comparatif des syndicats agricole – coordination rurale- 2019.pdf
    https://urlz.fr/gqGl
    Christiane Lambert — Wikipédia
    https://urlz.fr/gqGm
    Politique agricole commune à la solde de la FNSEA
    https://urlz.fr/gqGn
    Réforme de la PAC Julien Denormandie se félicite de l’accord définitif obtenu à Luxembourg
    https://urlz.fr/gqGo
    Gestion des risques : la FNSEA travaille à faire payer les agriculteurs ! - (CR)
    https://urlz.fr/gqGp
    Que retenir du manifeste pour la souveraineté alimentaire solidaire de la FNSEA - (CR)
    https://urlz.fr/gqGq
    Il a dit, elle a dit... - (CR)
    https://urlz.fr/gqGr
    Rapport d’orientation FNSEA 2020. pdf
    https://urlz.fr/gqGt
    Pièces à conviction. FNSEA enquête sur un empire agricole - France 3 - 18 janvier 2017 https://urlz.fr/gqGu
    Détournements de fonds - Ce que révèle Pièces à conviction du 18 janvier 2017 France 3 - (CR)
    https://urlz.fr/gqGw

    #Agriculture #compétitivité par les #prix #ue #union_européenne #pesticides #brown_tech #eau #agro-industrie #agrobusiness #agroindustrie #france #impunité #pollution #environnement #alimentation #glyphosate #christiane_lambert #marché_mondialisé #compétitif #fermes géantes #productivité #productivité_agricole

  • #Lasagne de #Légumes
    https://www.cuisine-libre.org/lasagne-de-legumes

    Feuilles de lasagnes Faites bouillir une grande casserole d’eau salée puis faites cuire les lasagnes en suivant les instructions de l’emballage. Ajoutez quelques cuillères à café d’huile d’olive à l’eau pour que les feuilles ne collent pas entre elles. Égouttez-les puis posez-les à plat sur une feuille de papier d’aluminium. Préparer la sauce aux légumes Faites chauffer le #Four à 180°C. Huilez légèrement un plat de cuisson de 30 x 20 cm ou vaporisez-le d’un aérosol de cuisson antiadhésif. Faites chauffer… Légumes, #Ricotta, Lasagne, #Italie / #Sans viande, Four

  • Courge butternut rôtie au pesto de pistaches
    https://cuisine-libre.org/courge-butternut-rotie-au-pesto-de-pistaches

    Commencer par le pesto : pistaches et parmesan dans le bol d’un robot, un gros trait d’huile, mixer. Ajouter les feuilles des herbes, remettre un trait d’huile, le jus de citron et une poignée de sel de mer et mixer de nouveau (quelques impulsions). Mettre le pesto au frais. Préchauffer le #Four à 200°C. Enduire les quartiers de courge d’huile d’olive. Saler et poivrer généreusement. Mettre sur une plaque de cuisson tapissée de papier sulfurisé. Enfourner 45 à 50 minutes, jusqu’à ce que les quartiers… #Pistache, #Doubeurre, #Légumes_rôtis / #Végétarien, #Sans viande, #Sans œuf, #Sans gluten, Four

  • Petite et grande histoire des légumes - - Eric Birlouez (EAN13 : 9782759231973) | Librairie Quae : des livres au coeur des sciences
    https://www.quae.com/produit/1648/9782759231973/petite-et-grande-histoire-des-legumes

    L’histoire des #légumes, depuis leur #domestication jusqu’à nos jours, transporte le lecteur dans l’Antiquité, le Moyen Âge, la Renaissance ou l’époque industrielle. Elle montre l’impact profond qu’a eu, sur notre alimentation de tous les jours, la découverte il y a cinq siècles, dans le Nouveau Monde, de la pomme de terre, de la tomate, des piments, des haricots…. Le statut des légumes – aliments convoités ou méprisés – a beaucoup varié au cours des siècles. Les dimensions culturelles et symboliques, les usages courants en médecine et en cuisine notamment, les atouts en termes de nutrition et de santé ainsi que l’économie ne sont pas oubliés pour autant.

    Cette saga des légumes nous parle aussi de l’obstination des premiers horticulteurs à « domestiquer » les espèces sauvages et de l’invention de la cuisson ou de la fermentation qui ont permis de rendre comestibles des végétaux souvent toxiques à l’état sauvage.

    #livre qui a inspiré la chronique de Hervé Gardette
    Une bonne soupe de légumes et au lit !
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-transition/une-bonne-soupe-de-legumes-et-au-lit