#la_raison_du_plus_fort

  • « Hier encore on a fermé une usine, alors qu’en face on construit une prison » - Basta !
    https://www.bastamag.net/Hier-encore-on-a-ferme-une-usine-alors-qu-en-face-on-construit-une-prison

    Sorti il y a presque quinze ans, en 2003, La raison du plus fort aurait pu avoir été réalisé aujourd’hui. On ne ressort pas indemne de ce film documentaire dont le propos pourrait être résumé par la première phrase du synopsis : « Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. » Posant sa caméra de Bruxelles à Marseille, en passant par Amiens et Lyon, le réalisateur Patric Jean nous emmène d’une fermeture d’usine à une prison en passant par un tribunal et des quartiers populaires. C’est le cheminement d’un cercle infernal qui est dépeint à travers ce film que nous vous proposons en accès libre. Chronique par l’association Les Lucioles du Doc.

    Visionner La raison du plus fort, c’est prendre conscience du système global qu’il met en lumière, mais c’est aussi se rendre compte à quel point ces films sont rares et précieux. Dans ce documentaire, Patric Jean n’entend pas seulement montrer les conditions de logements dans les quartiers ou celles d’incarcération dans les prisons, mais avant tout lier des situations entre elles et nous rappeler pourquoi et comment elles participent à la création d’un système : de quelles manières une politique néolibérale produisant délocalisation et chômage engendre misère sociale et accroissement des tensions au sein de la population ?

    https://vimeo.com/223530190

    #documentaire

  • La #Domination_Masculine

    « Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle », c’est ce que disait Patric Jean en tournant « la domination masculine ».

    Peut-on croire qu’au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du #patriarcat : les #femmes à la cuisine et les #hommes au #pouvoir ? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un « compagnon dominant » ? Que penser d’hommes qui subissent une opération d’allongement du #pénis, « comme on achète une grosse #voiture » ?

    Si ces tendances peuvent de prime abord sembler marginales, le film nous démontre que nos attitudes collent rarement à nos discours. L’illusion de l’#égalité cache un abîme d’#injustices quotidiennes que nous ne voulons plus voir. Et où chacun joue un #rôle.

    A travers des séquences drôles, ahurissantes et parfois dramatiques, le film nous oblige à nous positionner sur un terrain où chacun pense détenir une vérité.

    « La Domination masculine » jette le trouble à travers le #féminisme d’un homme qui se remet en question. Une provocation qui fera grincer des dents…

    Après le déterminisme social (Les Enfants du Borinage, lettre à Henri Storck) et la criminalisation de la pauvreté (la Raison du plus fort), Patric Jean s’attaque à nouveau à un phénomène social tabou : le patriarcat.

    https://www.youtube.com/watch?v=22e8cI6Q9Ww

    #film #documentaire #domination_masculine #féminisme

    Site du film :
    https://ladominationmasculine.wordpress.com

    • Patric Jean, La domination masculine

      Pour présenter le système de la domination masculine, Patric Jean a choisi volontairement de partir de ses « petits signes » pour en arriver aux aspects les plus tragiques tels que les violences conjugales ou encore le massacre de l’Ecole polytechnique de Montréal au cours duquel 14 jeunes filles en phase de devenir ingénieures ont été tuées car elles étaient féministes.

      https://lectures.revues.org/1173

    • La Domination masculine : les principaux thèmes

      Le film s’ouvre sur la séquence de l’allongement du pénis. On y voit un médecin et un patient en consultation. Ces deux personnes sont ensuite interviewées et leurs paroles vont dans le même sens : l’intervention n’a pas de but thérapeutique, ni esthétique, mais bien psychologique. « Un centimètre dans le pénis, c’est un kilomètre dans la tête » dit le médecin, ce qui est confirmé par le patient qui déclare « je vais enfin pouvoir être moi-même, crier mon nom, gonfler le buste ».

      Ainsi, le médecin semble intervenir au niveau d’un symbole plutôt que d’un organe, un symbole de virilité évidemment et par extension un symbole de pouvoir. (Un patient dont on entend seulement la voix fait une comparaison avec le pouvoir que procure le fait d’avoir une plus grosse voiture que les autres, plus rapide et plus chère.)

      Le médecin généralise sans doute l’intention d’une telle intervention en référence à la majorité des hommes qui le consultent et le patient paraît exemplaire dans sa démarche et ses paroles. En effet, les images de l’opération sont accompagnées de voix : celles d’autres hommes candidats à cette opération que Patric Jean a rencontrés et interviewés.

      Cette séquence illustre la force du symbole que représente le pénis et plus encore le phallus[1]. Elle est immédiatement suivie par une autre, d’un registre différent où l’on voit Patric Jean, le réalisateur du film[2], coller des images sur un mur. Toutes ces images représentent des phallus, de manière directe (représentation de Priape, caricature de satyre au sexe énorme, portrait d’un personnage historique dont le costume marque nettement les parties génitales… ) ou indirecte (mobilier urbain, motif décoratif, immeuble…). L’accumulation de ces objets, motifs ornementaux, constructions qui évoquent de manière plus ou moins directe la virilité illustre l’omniprésence du symbole.

      Pourquoi le sexe masculin est-il un symbole si fort ?
      Ce symbole est-il aussi omniprésent que le film le laisse entendre ?
      Le sexe féminin est-il un symbole lui aussi ?
      Quelles conséquences pour les garçons et les filles d’avoir ou pas un tel organe ?

      On donne ensuite la parole à un artiste, #Miller_Levy, créateur de l’œuvre intitulée Haute Fidélité, qui consiste en une sorte d’instrument composé de deux blocs, l’un, « homme », ne comporte qu’un interrupteur, l’autre, « femme », comporte toutes sortes de boutons, de voyants lumineux et de commandes, représentant la complexité de la femme. Mais c’est l’interrupteur « homme » qui commande en définitive l’allumage de l’appareil « femme »… Le même artiste est aussi l’auteur de petits dessins sur chewing-gum, représentant en général des femmes nues (qui deviennent ainsi aussi jetables et éphémères que les chewing-gums…)

      Voici la « haute fidélité » de Miller Levy :

      http://www.grignoux.be/dossiers/302