#la_souris_déglinguée

  • Regarder Paname avec les yeux d’un bouquiniste
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/06/17/regarder-paname-avec-les-yeux-d-un-bouquiniste_6043220_3246.html

    Naaan, Thaï-Luc, j’y crois pas... moi qui suis un fan absolu de la Souris première version. J’ai tous les vinyls... et je pourrais les faire dédicacer. Ouah ;-)
    « On fera n’importe quoi, on fera comme les copains
    On fera n’importe quoi par solidarité ».

    Sous les platanes balayés par le vent qui remonte la Seine, Tai-Luc Nguyen Tan surveille d’un œil placide ses huit mètres linéaires de livres d’occasion. Une vieille édition d’Au pays des brigands gentilshommes, d’Alexandra David-Néel (Plon, 1933), côtoie Les Prévisions de Lénine sur les tempêtes révolutionnaires en Orient (Editions en langues étrangères, 1970, Pékin), Le Chamanisme des Kalash du Pakistan (Presses universitaires de Lyon, 1990) voisine avec une somme sur l’Internationale situationniste.

    L’étalage réglementaire de tout bouquiniste parisien : quatre boîtes en bois de deux mètres, vert bouteille, et aucun trou de fixation dans les lourds parapets de pierre de taille pour fixer ces bazars vétustes uniquement retenus par le poids des livres. Maintenues fermées pendant plusieurs mois en raison de la crise sanitaire, les boîtes, qui avaient déjà subi le contrecoup des manifestations des « gilets jaunes » et les grèves des transports, commencent à rouvrir.

    #Musique #Thaï-Luc #La_souris_déglinglée

    • Un jeune homme cherche Cantilènes en gelée (1950), de Boris Vian – « La version longue. » Chou blanc. Sourires. Antoine Assaf, écrivain libanais, tee-shirt rose et panama blanc, passe en voisin depuis Saint-Germain-des-Prés, de l’autre côté du fleuve. Il a dégoté une Histoire de France du duc de Castries pour sa mère : « Pas pour le sujet, pour l’écriture… Ils avaient du style, ces ducs. » Il désigne le bouquiniste : « Lui, faut voir, c’est un aventurier, il fait voyager ! » Surgi de nulle part, un biffin aux allures de conspirateur propose quelques ouvrages. Le bouquiniste inspecte : « Rien pour moi, là-dedans », répond-il poliment.

      Quai de Gesvres, à Paris, face au n° 2. Tai-Luc a le sourire discret. Il a tendu un tabouret. On s’est assis. Et, ensemble, on regarde la vie s’égrener dans le va-et-vient des quidams en goguette et des pétarades de bagnoles. Si on était à la Bibliothèque nationale, on irait rechercher dans l’incunable Guide des sergens de ville et autres préposés de l’administration de la police (1831, p. 216) cet amusant constat : « Ce quai, par sa situation, près des quartiers populeux, et son exposition au soleil du midi, est le rendez-vous des oisifs. »

      Un gosse des banlieues

      Voilà trois ans que Tai-Luc a posé ses guêtres ici. Avant, il était rockeur, leader d’un groupe rock punk parisien mythique, La Souris déglinguée alias LSD. « Combien y a-t-il de samedis soir/Pour tous les gens comme toi et moi ?/ Combien y a-t-il de faux espoirs/Au fond du cœur de la jeunesse ?/ Combien y a-t-il de lundis matin/Pour la main-d’œuvre bon marché ?/ Combien y a-t-il de lundis matin/Pour les rockeurs manutentionnaires ? », chantait Tai-Luc en 1981. Aujourd’hui, à bientôt 62 ans, il tient salon sur un morceau de trottoir.

      « Depuis l’adolescence, je passe mon temps à chiner, confie-t-il. Les puces de Montreuil ou de Saint-Ouen, pour moi, c’est les Galeries Lafayette. Cette tendance à ramasser, ça doit venir de ma grand-mère, elle était pucière dans les années 1950… Moi, je ne suis jamais que ça, un biffin de luxe. » Côté maternel, on est Breton et ch’ti de la baie de Somme. Un jour, sa mère, sténodactylo, tombe amoureuse d’un titi parisien, débarqué autrefois de Cochinchine (dans le sud de l’actuel Vietnam), qui tient une salle de sport dans le Quartier latin. L’homme est beau gosse, il a même joué les vedettes de cinéma dans un film vietnamien tourné en Camargue que le fiston découvrira soixante ans plus tard : Vi dau nen noi, de Pham Van Nhan (1954, titre français : La Justice des hommes).

      Fils unique et tardif, Tai-Luc, lui, est un gosse des banlieues : Montmagny (« 95360 »), Nogent, Saint-Ouen, Vélizy… Il gravite autour de la capitale. « Suivant mes interlocuteurs, quand je veux rassurer, je parle du lycée Hoche à Versailles où j’ai passé mon bac, ou de Sarcelles dont je connais tous les codes », explique-t-il en ajustant sur son crâne tondu ( « plus façon moine que skinhead ») son krama, le foulard cambodgien.

      Il a 14 ans lorsque ses parents se séparent. Un jour qu’il rend visite à son père, celui-ci l’emmène voir un copain qui travaille dans une boutique de disques de la rue des Lombards, l’Open Market. Le gamin vient d’entrer dans un lieu mythique dont le patron, Marc Zermati, va écrire une partie de l’histoire du mouvement punk. Le gosse repart avec un double disque d’Eddie Cochran offert par son père et un 45-tours des Flamin’ Groovies, aujourd’hui collector, qu’on lui a glissé dans la pochette.

      La suite est l’histoire mille fois répétée du rock’n’roll. La première guitare, les tremplins au Golf Drouot, les concerts bastons, les copains morts au champ d’honneur, dix-huit albums au compteur, mais aussi les livres, les voyages à Pékin avec sa « fiancée » qu’il a rencontrée en apprenant le chinois à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), une fille de 23 ans aujourd’hui… Et puis, il y a trois ans, le premier dossier jamais déposé dans sa vie, et qui reçoit une réponse positive : le voilà bouquiniste.

      L’Asie et des habitués

      Un homme s’est arrêté devant le stand. Il fouille. Et repart avec La Lettre perdue (1991), un roman chinois de Feng Jicai. Un autre achète Le Soleil de la mort (1966), du romancier crétois Pandelis Prevelakis. « Quand j’étais petit, je venais ici chercher des Bob Morane », sourit le vieil homme en s’éloignant. On fait remarquer à Tai-Luc que, hormis la jeune fille qui a acheté un Pearl Buck en poche, c’est d’abord un public d’hommes. Il sourit. « Tu aurais dû venir hier : un défilé d’étudiantes… J’ai un copain, un Birman, en mal d’amour, qui vient s’asseoir là où tu es, uniquement pour ça… Il a son carnet plein de 06. »

      Lui qui a étudié le viet, le chinois, le lao, le thaï, à l’Inalco, où il continue de donner des cours de linguistique comparée et d’« écriture des pagodes » (un alphabet à part), possède une boîte entière consacrée à l’Asie : essais, romans, guides, dictionnaires (tibétain-chinois et chinois-tibétain). On y trouve même un Petit Livre rouge de 1967 préfacé par Lin Piao, dirigeant chinois qui compila les citations de Mao pour les distribuer dans tout le pays, et qui sera ensuite accusé de complot et éliminé en 1971. « Malheureusement, il est en français, en chinois, cela vaudrait beaucoup plus cher », regrette notre homme en bon bouquiniste. « Mes meilleurs clients, ce sont eux, les Chinois. Ils viennent pour Notre-Dame et ils achètent des reliques du passé. Et puis il y a les Sud-Américains – Chiliens, Colombiens… –, eux aussi dépensent beaucoup. C’est là que tu vois que le tiers-monde, à présent, c’est ici. »

      Il a ses habitués. Une Vietnamienne qui achète pour son père des revues d’avant 1975, un libraire français de Hongkong… Mais, dit-il, « ce qui est amusant, c’est de mettre en valeur des livres dont tu maîtrises le contenu. Si tu sais ce que tu vends, tu peux lui donner le prix que tu veux. » Ainsi de cet essai de Serge Thion, coécrit avec Ben Kiernan, Khmers rouges ! Matériaux pour l’histoire du communisme au Cambodge, publié aux éditions Jean-Edern Hallier en 1981. Un an auparavant, le sociologue anticolonialiste s’était lourdement abîmé dans le négationnisme aux côtés de Robert Faurisson et avait été viré du CNRS. Prix : 60 euros. « A ce tarif, il faut la technique. Si tu vas chez Boulinier ou Gibert qui rachètent les livres d’occasion, ils t’en donneront 20 centimes. »

      « Une dimension patrimoniale »

      Collectionneur ( « forcément »), il raconte avec fierté sa première prise de guerre, il y a trente-cinq ans, dans un vide-greniers à Aubervilliers. Un livre sur le colonialisme signé NGuyen Ai Quoc acheté pour 1 franc. Car encore fallait-il savoir que ce nom inconnu était l’un des pseudos d’Hô Chi Minh…

      Un homme claudiquant avec de grands cabas sales s’est arrêté devant la collection des Que sais-je ? Il s’intéresse à celui sur Le Calcul vectoriel. On s’étonne. « Oh tu sais, même les clodos lisent et ils achètent », témoigne l’ancien rockeur qui en a vu d’autres question grandeur et misère. De ses années Souris déglinguée, il dit modestement : « On a eu des instantanés professionnels. » De son travail de bouquiniste, il constate : « La Mairie de Paris a besoin de figurants qui donnent une image de Paris telle qu’elle était avant. »
      « Bien sûr, cela a une dimension patrimoniale, comme la tour Eiffel », clame Olivia Polski, l’adjointe d’Anne Hidalgo pour le commerce, qui, à la tête du comité de sélection, octroie les places. « C’est la plus grande librairie à ciel ouvert du monde entier : trois kilomètres ! » Ni taxe ni loyer, mais l’obligation de pratiquer principalement la vente de livres anciens et de gravures (une seule boîte est autorisée pour d’autres produits) et d’ouvrir au moins quatre jours sur sept ( « On passe régulièrement pour vérifier, même si on est plus tolérant en hiver », précise-t-on à la mairie).

      Le métier est rude. Beaucoup de reconversions : des profs, des anciens de la pub, un ex-transformiste de chez Michou, un contrebassiste, quelques libraires… 227 personnalités hautes en couleur, et parfois aussi quelques « ouvre-boîtes », comme on appelle ici les salariés ou bénévoles qui leur filent un coup de main.

      Le vent est tombé. Les pollens des grands arbres recouvrent en partie les livres en vrac. C’est l’heure des passants du soir. Pantalon de velours côtelé jaune, gants de cuir assortis, lunettes d’écaille sur son masque, Pierre Bravo Gala, qui tient le rayon livres d’occasion à la librairie Le Genre urbain, rue de Belleville, fouille de manière compulsive dans le fourbi. Cet ancien de la Gauche prolétarienne repartira avec un Lacan pour sa fille, un roman de Willa Marsh pour lui-même, et quelques rares exemplaires de la revue Utopie créée en 1967 autour de Jean Baudrillard et l’idée d’une « sociologie de l’urbain », qu’il espère revendre, dûment complétés.

      Nous, on reste là, pensifs, à regarder le soleil plonger derrière l’île de la Cité en ruminant la phrase de Mao découverte dans le Petit Livre rouge : « En général est juste ce qui réussit, est faux ce qui échoue… » Certes.

      Laurent Carpentier

      –---------

      Un appel à soutenir ces « braves marchands d’esprit »

      La crise sanitaire liée au Covid-19 a été un troisième coup dur pour les bouquinistes de Paris, après les manifestations des « gilets jaunes » et les grèves des transports, qui les ont privés de touristes et de promeneurs. Pour soutenir ces librairies à ciel ouvert, deux étudiants ont lancé sur Change.org une pétition, « Sauvez les bouquinistes, un enjeu de civilisation ! », avec le soutien de l’Association culturelle des bouquinistes de Paris. Dans ce texte enflammé, les deux jeunes gens, dénonçant « une société ne jurant que par la viralité du numérique, qui, par son attrait maladif pour la nouveauté, en devient amnésique et néglige son passé », appellent chacun à retrouver le chemin des quais de Seine et à s’arrêter chez ces « braves marchands d’esprit », selon les mots d’Anatole France.

      Les bouquinistes de Paris se verraient bien au patrimoine culturel de l’Unesco (2018)
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/04/20/les-bouquinistes-de-paris-se-verraient-bien-au-patrimoine-culturel-de-l-unes

      Puisque l’ordure négationniste Serge Thion est incidemment cité, ajoutons aux motifs de fâcherie ce qui suit...

      "Le 31 juillet [2016], dans le cadre d’une tournée, La Souris Déglinguée a joué aux Arènes de Fréjus. Le groupe est resté très secret sur l’identité de sa première partie annoncée comme « une grosse surprise ». Au final, c’est le très connu groupe de rock identitaire français In Memoriam qui est apparu sur scène. De plus, le choix de se produire à Fréjus n’est pas anodin, la ville étant passée FN lors des dernières élections municipales."
      https://seenthis.net/messages/533737

      in memoriam

      Rockers - La souris déglinguée
      « Combien y a-t-il de samedis soir/Pour tous les gens comme toi et moi ?/ Combien y a-t-il de faux espoirs/Au fond du cœur de la jeunesse ?/ Combien y a-t-il de lundis matin/Pour la main-d’œuvre bon marché ?/ Combien y a-t-il de lundis matin/Pour les rockeurs manutentionnaires ? »
      https://www.youtube.com/watch?v=ajl3oDpFaX8

      Une cause à rallier - La souris déglinguée
      « On fera n’importe quoi, on fera comme les copains
      On fera n’importe quoi par solidarité »

      https://www.youtube.com/watch?v=Q9OVX0QAbsQ

      Zut ! Je ne trouve pas en ligne une version originale de Pour tous ceux de la banlieue rouge

      Banlieue rouge, oh banlieue rouge,
      Toi qui viens d’la banlieue rouge
      Par la Chapelle, Gare du Nord
      Qu’est-ce que tu vas faire ce soir ?

      “A vrai dire
      J’en sais rien,
      J’vais voir,
      J’m’en fous“

      lls ne veulent pas de toi
      Dans leurs surprises-parties
      Car ton père est communiste
      Et ton frère est garagiste.

      Comme t’aimes pas être tout seul,
      T’as appelé tous tes copains,
      Tous ceux de la banlieue
      Pour une vraie surprise-partie.

      Sarcelles ! Villetaneuse ! Villejuif ! Planète Marx !

      Banlieue rouge, oh banlieue rouge,
      Toi qui viens d’la banlieue rouge,
      T’as raison faut pas t’gêner,
      Sam’di soir faut t’la donner.

      [épiloque terrible "dans l’ordre alphabétique"] :
      La fin des années 70 - La souris déglinguée ()
      https://www.youtube.com/watch?v=BnT4F4Kh1OY

      #La_Souris_Déglinguée #LSD

    • Je ne sais pas pour Thaï-Luc en 2016 (qu’ en 2020 il cite Thion, l’air de rien, est plus que déplaisant). Je ne ne sais pas où s’arrêterait une première période. Mon impression est qu’il y a toujours eu chez LSD beaucoup d’ambiguïté, qui me paraissait attestée par leur tolérance pour toute une frange de leur public. Être « inconditionnel » était impossible, à regret. Je me suis tenu à une distance prudente. Suivre les concerts aurait impliqué de s’engager avec d’autres dans une « chasse aux fafs » résolue alors que je me souciais plutôt, grosso modo, de couper l’herbe sous le pied de cette « roue de secours du capital » par le biais d’autres investissements militants (loin des Halles), d’autres rapports à d’autres territoires.

  • http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2015/08/25/la-souris-deglinguee-annulee-dallas-au-pays-des-punks-15897.html

    Le festival rennais Fiesta la Mass a annulé la venue du groupe punk la Souris Déglinguée, qu’il accuse de proximité avec l’extrême-droite. Décryptage d’une polémique à mi-chemin entre feuilleton de l’été et tempête dans un verre d’eau.
    Pas de festival pour la Souris Déglinguée (LSD). Le label Mass production, qui organise le festival rennais Fiesta la mass, a sèchement décommandé ce groupe de rock alternatif emblématique né en 1976 (Ouest-France du 25/8). Il lui reproche de frayer avec « les racistes et les fachos ».
    Suite à cette déprogrammation, une vive polémique a éclaté dans le cercle très fermé de la musique punk et contestataire. Un groupe de fans a décidé d’organiser un contre-festival pour faire venir LSD en Bretagne.
    QUI EST LA SOURIS DÉGLINGUÉE ?
    La Souris Déglinguée (LSD) est un groupe de rock alternatif né en 1976. La formation s’est constituée autour du chanteur d’origine vietnamienne Tai-Luc et a beaucoup évolué en 36 ans. Elle compte aujourd’hui une quinzaine d’albums à son actif.

    Sa formule : un peu de punk, beaucoup de rock, du rap, du dub et un flot de chansons contestataires. Leurs textes parlent des banlieues rouges, du Vietnam, de la Seine-Saint-Denis...
    POURQUOI CE GROUPE FAIT-IL POLÉMIQUE ACTUELLEMENT ?
    Le 31 juillet, dans le cadre d’une tournée, La Souris Déglinguée a joué aux Arènes de Fréjus. Le groupe est resté très secret sur l’identité de sa première partie annoncée comme « une grosse surprise ». Au final, c’est le très connu groupe de rock identitaire français In Memoriam qui est apparu sur scène. De plus, le choix de se produire à Fréjus n’est pas anodin, la ville étant passée FN lors des dernières élections municipales.
    Scandale sur les réseaux sociaux, où de nombreux fans ont protesté contre cette programmation « provocatrice ». Certains y ont vu une « trahison », d’autres un trait d’humour et les derniers une simple maladresse.
    Au-délà des critiques, les fans ont soulevé d’importantes questions, notamment sur les limites qu’un groupe doit se fixer pour choquer, faire rire ou provoquer le public et les institutions.
    Pourquoi la souris a-t-elle été déprogrammé à Rennes ?
    Le label rennais Mass Productions http://www.massprod.com a annoncé le 18 août sur sa page Facebook l’annulation pure et simple de LSD au sein de leur festival :
    « Suite au communiqué de la Souris Déglinguée concernant leur concert de Fréjus et une réunion Mass Prod, le groupe est retiré de l’affiche. Pour info : nous ne sommes pas politisés mais n’aimons tout simplement pas les frontières, les racistes et les fachos. »
    Cette décision fait suite à la publication d’une « profession de foi » de LSD, le 10 août, qui tentait d’expliquer la participation d’In Memoriam au concert de Fréjus :

    « Les paroles des chansons de LSD ont toujours été libres, sociales, exotiques et diverses. […] Elles portent des aspects universels qui rassemblent le temps d’un concert des gens de toutes les classes et de toutes les origines. […] Et si LSD a dit okay pour se produire dans les arènes gallo-romaines de Fréjus, ville pourtant honnie de la Riviera, c’est parce que [notre] musique retentit là où on lui en donne la possibilité. »
    Et de conclure avec cette envolée : « Ce choix de dialoguer, comme dans notre chanson, avec tous les Rones et les Noaches, les Rebeux et les autres, est ce que certains appellent le vivre ensemble. Pas seulement un concept pour LSD, mais une pratique. » Des paroles qui n’ont pas vraiment convaincu les partisans de la scène punk, surtout à l’extrême gauche.

    Des fans en colère n’hésitaient pas à les rapprocher des mouvances nationalistes. L’extrême droite, quant à elle, en a profité pour récupérer l’image du groupe, trop heureuse d’accuser des « antifas » de censure.
    DES FANS ORGANISENT UN CONTRE-CONCERT
    Les inconditionnels de LSD à travers la France, réunis sous la bannière de l’International raya fan-club, n’ont pas dit leur dernier mot. Deux de ses membres ont organisé, via une page Facebook, un concert en soutien à leur groupe favori « qui vibre dans [leurs] oreilles et dans [leur] cœur depuis plus de 35 piges ».
    La Souris Déglinguée est donc invitée à venir jouer le 3 octobre en « terre bretonne ». Pour l’heure, plus de 200 personnes ont répondu à l’appel. Toutefois, le groupe n’a pas encore confirmé sa participation. Contacté par le Mensuel, il n’a pas souhaité s’exprimer.


    http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-fiesta-la-mass-annule-la-venue-de-la-souris-deglinguee-3638874
    http://www.breizh-info.com/2015/08/21/30262/rennes-le-label-punk-rock-mass-productions-censure-la-souris-deglinguee (ce site est dans la fachosphère)
    #LSD #la_souris_déglinguée

  • LA CHANSON EN 1986 - Atelier du Désir Novateur

    En France, #1986 voit le retour de la droite au pouvoir, la stratégie de #Mitterand visant à faire monter le Front national pour isoler la droite a été un échec. Le seul succès de Mitterand fut la baisse significative du vote communiste, il avait réussi à "plumer la volaille communiste"...
Côté #chanson, ce programme mettra en valeur les artistes qui ont exprimé l’air de ce temps-là et qui ne furent guère diffusés, avec une courte biographie de Carte de séjour, The Fugs, Michel Boutet & Pascal Auberson

    http://www-radio-campus.univ-lille1.fr/ArchivesN/adn/1986.MP3

    
En #1983, les #socialistes s’étaient attaqués aux bastions ouvriers à coups de vigoureuses « restructurations industrielles » : la combativité des travailleurs paraissait morte et les syndicats désorientés. Arrivé au pouvoir le gouvernement de M. #Jacques_Chirac, sûr de lui, imposait son train de réformes néolibérales (autorisation de licenciement, privatisations, loi sur l’audiovisuel, etc.) et envisageait d’autres mesures (prisons privées, non-remboursement de l’avortement, code de la nationalité, etc.). Cependant un puissant mouvement étudiant qui se lève contre le projet de #loi_Devaquet de reforme des université va casser cette belle dynamique. Dans les rangs des manifestants se mèlent de nombreux jeunes d’origine imigrée. La mort de #Malik_Oussékine par la police de Pasqua rassembla des centaines de milliers de personnes dans une manifestation silencieuse. (inspiré de : http://www.monde-diplomatique.fr/1987/01/RAMONET/39739 )



    #Carte_de_séjour était un groupe de musique français créé à Lyon en 1980, entre autres, par Rachid Taha.De par son histoire, sa musique, et son nom, ce groupe participa grandement à l’exposition et à la prise de conscience en France de la communauté française d’origine algérienne de seconde génération (les #Beurs).La chanson qui marquera un tournant dans la carrière du groupe sera l’emprunt et la réinterprétation de la chanson de Charles Trenet Douce France en 1986. Elle sera un choc aux visages des plus traditionnels. Elle sera le symbole d’une jeunesse métissée et anti-raciste. Elle portera sur le devant des questions sociétales, en pleine montée en France du Front national. Le groupe prône dans ce contexte identitaire difficile l’intégration et les fondements de la tolérance.



    Dans cette 1ère partie seront diffusés :
    

02’33 Carte de séjour : Douce France : Deux et demo, 1986
    
05’55 #Alain_Moisan : A la visite médicale : #Jehan_Jonas... vous connaissez ?, 1986
    
09’53 #La_Souris_Déglinguée : En Indo-Chine : #Eddy_Jones, 1986
12’43
    Marc Ogeret : Les quatre cavaliers : Berger de paroles, 1986




    A partir de 1981, #Ronald_Reagan délègue, par le biais de contrats, de nombreux services sociaux à des organismes sans but lucratif, dont le nombre va augmenter de 40 % pendant sa présidence.Contrairement à l’image que ses promoteurs se plaisent à donner de lui, le secteur associatif n’est donc pas seulement le fruit de l’engagement spontané des citoyens. Il est également le produit d’une stratégie concertée des gouvernements successifs pour se désengager des services sociaux à moindres frais : en plus d’embaucher des salariés peu protégés, les structures communautaires et caritatives reposent sur des millions de #bénévoles, dont le travail gratuit représente une économie annuelle de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Aujourd’hui, l’Etat américain est d’ailleurs le premier client (sous la forme de contrats) et le premier mécène (sous la forme de subventions) du quasi million d’organismes sans but lucratif, religieux ou non, qui œuvrent dans le domaine social.
    (tiré de : https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/BREVILLE/51013 )



    The #Fugs, formé en 1963 par les poètes #Ed_Sanders et #Tuli_Kupferberg, est un groupe états-unien de rock satirique orienté politiquement . Il s’est impliqué contre la guerre du Vietnam puis après les années 80 dans les actions contre les guerre états-uniennes. Leurs chansons parlent de sexe, de drogue et de politique et, en conséquence, créent de fortes réactions dans certains milieux, en particulier le FBI....



    Dans cette 2ème partie seront diffusés :
    

18’19 The Fugs : Working for the yankee dollar : No more slavery, 1986

    22’12 #Anne-Marie_Gélinas : 4 $ de l’heure : idem, 1986
    
25’44 #Disappointed_a_few_people : La solitude : Dead in love, 1986

    

Le discours #néolibéral qui prend son essor dans les années 1980 relève d’une #propagande agressive et politiquement très orientée. En usant de tous les procédés (présentation tendancieuse de données statistiques, amalgames, simplismes, mensonges), il s’agit de faire des fonctionnaires de véritables #boucs_émissaires au service des visées néolibérales : réduction des budgets publics, privatisations, précarisation de l’emploi, remise en cause des retraites, etc. Essentielles à la mise en place de la société de marché, les principales fonctions de ce matraquage doivent être décrites, tant du point de vue des mécanismes de conditionnement de l’opinion que dans leurs effets réels sur l’Etat, les politiques publiques ou le mouvement social. Il s’agit, d’abord, de faire fonctionner au plus bas coût possible les services publics et faciliter ainsi, à plus ou moins long terme, leur privatisation. Publié en 1982, l’énorme best-seller de #François_de_Closets Toujours plus  ! avait déjà alimenté ce genre de thématique. A l’époque, révérence ou cécité, nul commentateur n’avait extrait de l’ouvrage cette phrase d’anthologie, mélange de stupidité et de cynisme : « Nous pouvons nous passer de journalistes, de médecins, de professeurs, de fonctionnaires, de cadres et d’ingénieurs, pas de créateurs d’entreprise. Aussi longtemps que la France misera sur l’économie de marché, elle devra tout faire pour favoriser les candidats à la fortune capitaliste. Et tant mieux s’ils ramassent de gros #dividendes. Il faut que l’audace paie . » ( librement inspiré de http://www.monde-diplomatique.fr/2002/03/BITOUN/8805 )



    #Michel_Boutet est né en 1951 quelque part en Poitou, très jeune il aide son père à la ferme et à dix ans, il transforme une ancienne écurie en théâtre. A dix-huit ans, il part en tournée durant les deux mois d’été comme chanteur et mime sur les plages normandes et bretonnes. Dans les années 70 il continue à touner et fait de nombreuses rencontres : #Bernard_Haillant, #Jean-Michel _Piton, #Patrick_Couton et #Paul_Meslet. Parallèlement à ses spectacles, il publie aussi des recueils de poèmes et de chansons, en 86 sort son 4ème album "Aime-toi"



    Dans cette 3ème partie seront diffusés : 


    32’50 #François_Bonneau : Le nanti : Les quinquagénaires, 1986

    37’02 #Michel_Boutet : Terril blues : Aime-toi, 1986
    
41’08 #Jean-René_Le_Nézet : Marie la folle : Ca n’a pas vraiment d’importance, 1986



    En 1982 #François_Mitterrand a pris des mesures très conséquentes visant à contraindre les médias à accorder une place importante à la médiatisation du #Front_National. François Mitterrand et #Jean-Marie_Le_Pen se connaissaient depuis longtemps, au point d’avoir été ensemble témoins de la défense des putschistes d’Alger (notamment, #Raoul_Salan) en 1962. L’avocat de la défense n’était autre que Jean-Louis Tixier-Vignancourt, ancien secrétaire général adjoint à l’Information de l’État français du gouvernement de #Vichy (1940-41) . C’est à sa demande, que Mitterrand est intervenu.

    
En 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancourt sera candidat à la Présidence de la République avec Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne. Il appellera à voter pour François Mitterrand au second tour. Par la suite, Mitterrand bénéficiera systématiquement du soutien de l’extrême-droite et des nostalgiques de l’Algérie française.
    
François Mitterrand et le Parti Socialiste ont sciemment lancé, et poursuivi, une stratégie politicienne de soutien à la montée électorale du Front National visant à isoler la « droite » parlementaire.
Un effet qui se manifestera tout au long des deux mandats de François Mitterrand, et même sous Jacques Chirac lors des élections parlementaires de 1997 qui ont ouvert la voie à la formation du gouvernement de « #gauche_plurielle » de #Lionel_Jospin. Mais quel a été le bilan de cette « #gauche_plurielle » ?

    
En avril 2002, après cinq ans de « gauche plurielle » et de politique réactionnaire de « gauche » (#conseils_européens, casse de la fonction publique, record de privatisations...), Lionel Jospin paiera une première facture de la stratégie de promotion du Front National par son élimination au premier tour des élections présidentielles. Ce n’était qu’un début...



    #Pascal_Auberson est un chantauteur suisse, né à Lausanne en 1952 d’une mère pianiste et d’un père chef d’orchestre. Après des étude au Conservatoire de Genève en classe de percussions, puis la batterie avec #Kenny_Clark à Paris, il s’oriente vers la chanson, il commence par remporter le grand prix du festival de Spa avec des orchestrations jazzy et un interprétation possédant un swing, une clarté et une maîtrise rare. En 86, il participe à l’album collectif "Liberté" un 33t pour les droits de l’homme avec #Pauline_Julien, #Michel_Bühler, #Frédérik_Mey etc...



    Dans cette 4ème partie seront diffusés :


    48’26 Pascal Auberson : Il était brun, elle était blonde : Liberté, 1986
52’05 #Bruno_Ruiz : Conciergeries : L’homme vigile, 1986

    53’56 #Allain_Leprest : J’ai peur : Mec, 1986

    56’57 #Danielle_Messia : La chanson de Julia : Les mots, 1986

    Source  : http://www.campuslille.com/index.php/entry/la-chanson-en-1986 . Voir les liens web vers les artistes.


    ADN : Atelier du désir Novateur, dédié à la chanson francophone d’expression sociale et poétique.
    Peux être consacré à un thème, un(e) auteur(e), un(e) ACI ou une(e) interprète.
    Les artistes méconnus ou censurés sont privilégiés.

    http://www.campuslille.com/index.php/blogger/listings/adn1871

    #radio #audio #Chansons #Chanson_Française

  • Qui l’eut cru ? lepoint.fr et #La_Souris_Déglinguée !

    La Souris déglinguée, 35 ans de rock explosif !
    http://www.lepoint.fr/musique/videos-la-souris-deglinguee-35-ans-de-rock-explosif-22-05-2014-1826706_38.ph

    Une bande de quinquagénaires, voire sexagénaires pour certains, en train de siroter les bières sorties de leur sac à dos, de chanter à tue-tête et de danser un pogo débridé au New Morning, dans le 10e arrondissement de Paris ! Non, ils ne sont pas pris d’une subite crise d’adolescence. Par la faute de La Souris déglinguée, ils n’en sont jamais sortis ! Voilà 35 ans que ce groupe de rock français culte, l’un des rares survivants de sa génération, sillonne les routes, donne des concerts partout en France et sort très régulièrement des albums, pour le plus grand bonheur de ses fans et... dans une regrettable - et presque injuste - indifférence générale. C’est leur nouvel album Sur les toits du palace, que Taï Luc, le leader, et sa bande sont venus présenter ce soir dans une salle qui affiche complet.

    #LSD