• Le nouveau label « haute valeur environnementale » pour l’agriculture : « Un foutage de gueule phénoménal » - Basta !
    https://www.bastamag.net/Label-Haute-valeur-environnementale-HVE-pesticides-glyphosate-vins-confusi

    Quatre organisations syndicale et associative – la Confédération paysanne, Agir pour l’environnement, le Synabio, mais aussi la fédération France nature environnement qui a pourtant été l’un des instigateurs du label – ont organisé le 2 décembre une conférence de presse pour dénoncer « l’illusion de transition agroécologique » que constitue cette certification. Celle-ci n’interdit pas, par exemple, le recours aux produits chimiques, contrairement au label AB (agriculture biologique). En dépit des 150 pages de cahier des charges, une exploitation agricole peut être certifiée HVE alors même qu’elle utilise des produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques – les « CMR ». Comment est-ce possible ?

    « La HVE n’interdit ni l’utilisation des pesticides ni des OGM » s’insurge Didier Perréol, président du syndicat des transformateurs bio. « Il ne faut pas laisser duper les consommateurs français. La HVE n’est rien d’autre qu’une haute volonté d’enfumage. » « Soit la HVE s’améliore, soit elle doit disparaître, affirme de son côté Arnaud Schwartz, président de la fédération France nature environnement. Car oui, elle peut être un outil massif de greenwashing et de tromperie. » Avec une question au gouvernement : pourquoi favoriser une telle usine à gaz plutôt que de renforcer la qualité et le contrôle des certifications déjà existantes.

    Poursuivie en justice pour avoir fait analyser des vins certifiés HVE

    En Gironde, Valérie Murat n’hésite pas, elle, à parler de « vaste escroquerie ». Présidente de l’association Alerte aux toxiques, elle a réalisé une campagne d’analyse sur 22 bouteilles de vins, issues pour la plupart de domaines bordelais. Toutes ces bouteilles possèdent la certification HVE ou affirment se référer à une pratique vertueuse. Les résultats, publiés en septembre dernier, montrent que toutes les bouteilles contiennent des molécules – sept en moyenne – considérées comme des perturbateurs endocriniens potentiels [2]. Dans onze bouteilles, des traces de substances classées CMR probables ont été mises en évidence. Neuf bouteilles renferment au moins un des fongicides SDHI. « Ces résultats montrent des écarts importants entre le marketing, les promesses et la réalité des pratiques professionnelles », commente Valérie Murat.
    SDHI, ces pesticides épandus massivement qui s’attaquent à tous les êtres vivants

    L’écho de ces analyses n’a pas plu au Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) qui a déposé plainte pour « dénigrement collectif à l’égard de la filière ». Les avocats de l’interprofession demandent une condamnation de 100 000 euros contre l’association « en réparation du préjudice collectif subi » et le retrait des supports de cette communication – sous astreinte de 5000 euros par jour de retard. Une audience se tient ce 17 décembre au tribunal de Libourne. « À partir du moment où on met nos vins sur le marché, de quel droit pourrait-on empêcher des consommateurs et des associations de les analyser et de commenter les résultats ? », interroge la Confédération paysanne de Gironde. Le syndicat appelle à soutenir Valérie Murat « contre cette tentative invraisemblable de bâillonner tout point de vue divergeant » [3].

    #Agriculture #Marketing #Lanceurs_alerte #Labels

  • Comment la Chine traque et emprisonne les journalistes citoyens qui racontaient le confinement de Wuhan
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/12/01/coronavirus-comment-la-chine-traque-les-citoyens-enqueteurs_6061721_3210.htm

    Ils en avaient fait leur passion : archiver sur un système hébergé à l’étranger, la plate-forme américaine GitHub, les contenus – articles de presse ou de réseaux sociaux – qui disparaissent de la Toile chinoise à chaque razzia de la censure. Jamais les autorités n’ont semblé prêter attention à leurs activités, jusqu’à ce que l’épidémie de Covid-19, à Wuhan, ne grossisse leur site de centaines de pages de documents. En avril, Chen Mei et Cai Wei, deux Chinois de 27 ans, ont été arrêtés à Pékin, et mis au secret durant cinquante-cinq jours, avant d’être formellement inculpés. Ils sont en attente de leur procès, imminent, pour avoir « cherché querelle et provoqué des troubles », un délit fourre-tout pouvant valoir jusqu’à quatre ans de prison, régulièrement utilisé pour punir les militants.

    En incluant ces deux historiens en herbe, au moins une demi-douzaine de journalistes citoyens qui s’étaient mobilisés pour documenter le confinement de Wuhan, à partir du 23 janvier, ont été arrêtés. Comme Chen Qiushi, qui publiait sur YouTube ses reportages dans les hôpitaux wuhanais au tout début de l’épidémie et est détenu incommunicado (au secret) depuis bientôt trois cents jours. Ou encore Zhang Zhan, une avocate de Shanghaï, elle aussi partie à Wuhan filmer ses habitants, qui a été interpellée en mai et doit prochainement être jugée pour « querelle et troubles ». Elle rejette les charges qui pèsent contre elle et s’est mise plusieurs fois en grève de la faim.

    #Chine #Archivage_web #Lanceurs_alerte #Red_Mirror

  • They helped expose unsafe lead levels in Flint’s and in D.C.’s water. Then they turned on each other. - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/news/magazine/wp/2019/01/16/feature/they-helped-expose-unsafe-lead-levels-in-flints-and-in-d-c-s-water-then-they-turned-on-each-other/?noredirect=on

    Marc Edwards helped expose dangerous amounts of lead in the water in Flint and D.C. Now, some of the activists he worked with have turned against him.

    he issue of whether scientists should engage in activism has become more urgent in the Trump era. For decades, scientists have argued their work should be a nonpartisan affair. It’s a norm so deeply rooted that even scientists who participated in the 2017 March for Science on Earth Day espoused that ideal, saying they were there only in response to the administration’s attacks on science.

    Edwards argues scientists may have to assume an activist role when they witness communities facing powerful institutions, such as the state of Michigan. “I would prefer to be able to sit in the office, advise my students and do my research, and that would be enough, but it’s not,” Edwards told me in one of several lengthy phone conversations. Still, as a scientist, he’s not always comfortable having his work cast as activism. He prefers, he says, to call what he does “investigative science,” a blend of “science, investigative reporting and direct collaboration with members of affected communities.”

    A few months after that court appearance, the letter criticizing Edwards appeared. He later filed a defamation lawsuit against three of the activists who signed it: Lambrinidou, Schwartz and Melissa Mays, a mother of three in Flint. In his complaint, Edwards claimed that the trio organized a public smear campaign against him, questioning his scientific integrity and motives for working in Flint in social media posts and media interviews. He sought $3 million in damages, saying he has lost some of his grants, potentially preventing him from uncovering contaminated water in other places. Edwards chalks up the activists’ criticisms to professional jealousy and, in Lambrinidou’s case, romantic feelings that were not reciprocated.

    “The Defendants harbor various financial, professional and social incentives to make negative and damaging statements regarding Edwards and his work,” the lawsuit reads.

    In Flint, Edwards used public records requests to unearth emails showing that officials in Michigan knew the city’s water was contaminated long before they publicly admitted it. Lately, he has used that same strategy to get copies of emails he hopes will explain what caused the activists in Flint and in D.C. to turn on him. And he continues to use his blog to defend his reputation and update readers on his public spats with activists and other scientists.

    I asked Edwards if he thought, looking back, that he had been a bit naive not to have anticipated the reaction to his findings that lead levels in Flint’s water had fallen to safe levels. He says he had expected a backlash but not what he views as a concerted effort to destroy his professional reputation. He stands by his actions, which he perceives as truth telling. “It comes down to duty versus self-preservation,” he says. “In a post-truth world, science has become just another weapon of tribal warfare, and rising above that takes courage.”

    #Flint #Lanceurs_alerte #Crises_internes #Activisme

  • The sentencing of Bradley Manning - World Socialist Web Site

    http://www.wsws.org/en/articles/2013/08/22/pers-a22.html

    The sentencing of Bradley Manning
    By Eric London
    22 August 2013

    The sentencing of whistleblower Bradley Manning to a 35-year prison term concludes a trial that will be remembered as a milestone in the collapse of American democracy. The true criminals in these proceedings hid under the cloak of the accusers, as a military court sought to whitewash the state crimes revealed by Manning by organizing a show trial against him.

    #wikileaks #bradley_maning #lanceurs_alerte