• L’absurdité des tests de QI, en 7 arguments Emmanuel Wathelet - Le blog du radis
    https://leblogduradis.com/2018/08/21/labsurdite-des-tests-de-qi-en-7-arguments

    Á une époque où on ne peut ouvrir Youtube sans entendre parler de « douance », de « zèbres », de « gifted », de « surdouance », de « HP » (pas les imprimantes) et autres mots barbares, je m’essaie à ce rapide soliloque pour en finir, une fois pour toutes – en ce qui me concerne – avec cette imposture que sont les tests de QI.
    Le Graal pour les thuriféraires de cette imbécillité ? 130 ! Le fameux palier à partir duquel vous ferez partie des « hors normes ». Perso, mon Graal, c’est 42. Mais pour d’autres raisons…

    1. Les Lapons sont sous-doués
    Il y a cette anecdote en anthropologie qui raconte qu’un explorateur canadien observait des ours polaires en Laponie[1]. Les Lapons lui demandèrent alors quelle était la couleur du pelage des ours présents dans son pays. Il leur dit : « À votre avis ? Ce sont des ours polaires ! » Les Lapons expliquèrent alors que sans les avoir vus, ils ne pouvaient répondre.

    Est-ce à dire que les Lapons ne sont pas intelligents ? Non. Simplement, la forme syllogistique leur était étrangère : Tous les ours polaires sont blancs / Or, les ours de l’explorateur sont des ours polaires / Donc, les ours de l’explorateur sont blancs. À vrai dire, les Lapons font même plutôt preuve de sagesse : à moins d’avoir vu l’intégralité des ours polaires, il est impossible d’affirmer qu’ils sont tous blancs… On ne peut en effet, en science, affirmer qu’une théorie est vraie. On ne peut que démontrer qu’elle est fausse, comme l’exposait bien Karl Popper avec le principe de falsifiabilité.

    Il en va de même pour les tests de QI : la maîtrise du langage, des axiomes, des tenus pour acquis de la culture du test est une condition sine qua non à sa réussite. L’universalité de ces tests est complètement remise en question, ce qui diminue d’autant leur intérêt supposé. Une fois qu’on a dit ça, on se confronte en effet à un autre énorme problème. Où commence et où s’arrête cette culture ? Ne peut-on considérer que ceux qui réussissent le mieux ces tests ne sont pas forcément très intelligents mais correspondent juste parfaitement aux attendus culturels que ces tests sous-tendent ?

    2. C’est une instrumentalisation politique !
    Le titre est évidemment un peu provoc’ mais il renvoie à une vérité historique méconnue. Profitant de ce que ces tests sont culturellement marqués alors qu’on les considérait comme universels, ils ont été très pratiques pour « classer » les immigrants d’Europe de l’Est sur le continent de l’oncle Sam, https://www.youtube.com/watch?v=uLnpQXOghtM

    puis pour justifier les coupes dans les dépenses sociales, défavorisant de facto la population noire. Ils servaient ainsi le dessein suprématiste d’une « race blanche » et les délires eugénistes au détriment de tous ceux qui ne partageaient pas la même culture, la même langue et/ou les conditions socio-économiques. Les tests de QI ont donc servi des projets politiques évidents et il n’est pas interdit de penser que, sous des formes peut-être moins explicites, ils continuent de le faire aujourd’hui.

    D’une certaine façon, les tests de QI sont, comme le décrivait Althusser pour l’Église et le système scolaire, un « appareil idéologique d’État », c’est-à-dire une institution qui inculque « des façons de voir » et s’assure de la reproduction des classes sociales dans les justes proportions (c’est-à-dire dans les proportions qui maintiennent tel quel le système). Ainsi, les riches occupent leur place de privilégiés non par effraction, mais de façon tout à fait légitime : elle leur est due par leur intelligence. C’est notamment ce qu’a pu révéler l’affaire du psychologue Birt en Grande-Bretagne. https://en.wikipedia.org/wiki/Cyril_Burt

    Comme me le partageait un copain, directeur d’une salle de sport à Molenbeek : « Dans le Brabant Wallon, dès qu’un enfant bouge un peu, il est HP ! Chez nous à Molenbeek, c’est un hyperactif. Et on le drogue à la rilatine… » Le test de QI sert alors de caution scientifique, venant appuyer par les chiffres non pas une réalité objective, mais une projection bien utile au maintien d’un système de domination.

    3. Parfaitement solubles dans le capitalisme
    En se focalisant sur certaines compétences logiques ou matricielles, sous le couperet d’un chronomètre, ils mettent en évidence des valeurs relatives à la performance, à l’optimisation du temps et de ses propres ressources, à l’efficacité, à la mise en concurrence par les chiffres, et à la réflexion intensive dans le strict périmètre de la norme attendue. De ce point de vue, les tests de QI servent parfaitement le capitalisme qui n’invite pas à penser hors de lui-même. Ils poussent à considérer l’Homme comme un être « rationnel », un homo economicus que pourtant la moindre décision émotionnelle suffit à contredire !

    Les tests de QI renvoient au mythe de la quantification que l’on observe partout. Qu’importe si l’on fait dire ce qu’on veut aux chiffres, aux data, pourvu qu’on puisse réaliser de jolis graphiques que personne (ou presque) n’interrogera. Si les mots ont un poids et que les photos créent le choc, les chiffres, eux, cumulent ces deux pouvoirs – non contents d’être des symboles, ils deviennent des icônes. Ce qui passe à la trappe, ce faisant, c’est l’inventivité, la pensée hors des cadres, la créativité…

    Le test de QI attend littéralement un certain type de réponse. Ce qu’il mesure n’est donc pas une réponse vraie à une question absolue, mais la réponse adéquate par rapport à ce que les autres répondent normalement. En réalité, ils sont tellement déconnectés du monde réel et de ses problèmes que ce que mesure vraiment ces tests de QI…c’est la capacité de quelqu’un à répondre à un test de QI ! Tautologie très éclairante.

    4. L’intelligence ? De la logique seulement.
    Peu importe que la pensée humaine soit entièrement organisée autour des métaphores, qu’il soit impossible de réfléchir sans analogies, même au cœur de la physique fondamentale… Théorie des cordes ? Quelles cordes ? Qu’importe tout ça. Pour le test de QI, l’intelligence n’est pas analogique, elle est logique. Tout court. Et si votre logique n’est pas celle attendue par les suites de symboles à compléter, vous n’aurez pas l’occasion de vous exprimer à ce sujet. Autrement dit, les personnes qui initialement conçoivent le test de QI imposent leur logique au test et la prennent pour étalon.

    On serait alors tenté d’intégrer d’autres compétences à ces fameux tests, histoire qu’ils ne soient pas le seul reflet de la focale mise sur la logique. Sauf que, ce faisant, on renforce d’autant le gap entre les différentes origines socio-économiques. Ajoutez, par exemple, des questions de vocabulaire et le gamin de Molenbeek qui ne parle même pas français à la maison s’en sortira particulièrement mal. Qu’importe d’ailleurs si lui est déjà bilingue à huit ans…contrairement à son homologue des banlieues bourgeoises.

    5. Suffit de s’entraîner !
    Un des axiomes de Mensa, une organisation américaine dont les tentacules s’étendent jusqu’en Europe et qui organisent des petites sauteries au sein de la communauté des QI supérieurs, considère que le QI est quelque chose d’inné. Pourquoi ? Parce que, comme précisé plus haut, il ne faudrait pas mélanger les torchons et les serviettes.

    Or, on considère aujourd’hui en psychologie que le QI n’est que le « diagnostic passager de certaines fonctions cérébrales ». Si ce n’est qu’un diagnostic passager, on suppose aisément qu’il peut changer avec le temps. Selon que le cerveau est peu, moyennement ou beaucoup sollicité. Je repense à ces vidéos touchantes où Jacques Duez, prof de morale, interviewait ses élèves de primaire sur des questions philosophiques. Les retrouvant des années plus tard, on mesure combien avec le temps et l’usage, le cerveau pouvait s’être émancipé ou…rabougri.

    D’ailleurs, on peut même s’améliorer ! S’entraîner ! Un ami me partageait récemment avoir été stressé à cause de ces fameux tests de matrices dans une procédure de recrutement. Il s’est donc préparé avec l’un de ces livres…qui lui a été tellement utile qu’il a, le jour J, eut le temps de vérifier toutes ses réponses. Deux fois. Jamais une caractéristique innée n’aura été si bien supportée par de l’acquis ! Et ce n’est pas tout : les résultats sont influencés par une série de facteurs externes, qui n’ont aucun rapport avec l’intelligence, comme le stress face aux examens, la fatigue, la capacité de concentration, la confiance en soi et l’estime de soi, etc.

    6. Oui, mais ça en aide certains…
    Tout d’abord, on a parfaitement le droit de se sentir aidé par des choses irrationnelles. Je n’ai absolument rien contre les religions, l’astrologie, l’ésotérisme et que sais-je encore. Mais il ne faut pas non plus confondre la foi et la connaissance. Et on ne perd rien à « croire » en connaissance de cause !

    Du reste, le test de QI peut très bien (enfin, très bien, toute proportion gardée et compte tenu des réserves formulées dans cet article) continuer à être un des outils utiles à des diagnostics, par exemple concernant les déficiences mentales. Ce qui était, d’ailleurs, son but lorsqu’Alfred Binet l’a conçu. Mais nous serons d’accord sur le fait qu’il y a une marge entre considérer le test de QI comme un des outils utiles au psychologue et le considérer comme l’étalon universel et incontesté de classement de l’intelligence au regard d’une population entière.

    Enfin, si ça en aide certains, ça en détruit d’autres… Qui ne sera que « hyperactif » aux yeux de ses parents – sans la caution de la « surdouance », qui ne pourra « légitimer » son hypersensibilité, hyperactivité, hyper-ajoutez-n’importe-quoi-derrière avec une intelligence hors norme…

    7. Quelle définition de l’intelligence ?
    En réalité, on est bien en peine de définir l’intelligence. Est-ce de la logique ? De la mémoire ? De l’adaptation ? Du raisonnement ? De la connaissance ? La capacité à articuler ces compétences entre elles ? Demandez-vous alors où réside la pertinence dans le fait de mesurer quelque chose qu’on ne connaît pas !

    J’irai même plus loin : les tests dits « qualitatifs » sont tout aussi absurdes. Outre l’indigence de certaines de ces rencontres[2] – indigence laborieusement cachée derrière du vocabulaire aussi pompeux que celui de cet article -, ils cachent souvent un bon petit business des familles. Certes, là encore, la liste des critères qui feront de vous un bon HP en puissance n’est pas inutile – il se pourrait même que vous vous y retrouviez ici où là, mais ce genre de liste est, à l’instar de n’importe quel horoscope, bien trop soumis à l’effet barnum pour qu’on puisse y donner du crédit. Est HP, finalement, celui qui se reconnaît HP. Tautologie encore.

    Mais du coup, refuser les catégories, n’est-ce pas se voiler la face ? N’est-ce pas nier qu’il existe des gens différents, éventuellement en souffrance ? Soyons clairs : reconnaître la réalité du racisme et la souffrance des minorités subissant les discriminations n’implique pas de reconnaître la légitimité du concept de race !

    Il en va de même pour le QI. S’il est évident qu’il existe des intelligences multiples et complexes, des gens naturellement (très) curieux ou qui développent leur curiosité avec l’âge, des gens qui comprennent plus vite, qui retiennent mieux ou qui apportent des solutions innovantes à des problèmes anciens ; s’il est vrai que certains cumulent des caractéristiques comme celles-là, la réification de ces qualités par un test très contestable en une catégorie chiffrée supposant a priori ses propres frontières pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

    On peut refuser cette facilité, le pouvoir trompeusement magique du « mot diagnostic » qui suffirait à tout expliquer ! On peut simplement rendre hommage à la complexité de l’humain et à la singularité des individus. Et si certains, se reconnaissant des caractéristiques communes, ont de quoi partager ensemble, c’est parfait. Mais cela ne devrait pas impliquer des classements qui font advenir le réel plus qu’ils n’en seraient la représentation.

    [1] Bon, je ne suis plus du tout certain de cette anecdote. Prenons-là comme une allégorie et n’en parlons plus !
    [2] Pas d’autre choix ici que de me croire sur parole.
    #QI #Laponie #test #language #axiome #mensa #culture #politique #minorités #discrimination #intelligence #différence #classement



  • Benjamin Griveaux : « Nous ne jouons pas la prochaine élection mais la prochaine génération » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/politique/benjamin-griveaux-nous-ne-jouons-pas-la-prochaine-election-mais-la-procha

    Dans une tribune au Parisien - Aujourd’hui en France, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, affirme que « l’homme pauvre » est au cœur du projet d’Emmanuel Macron, qui vise à « attaquer les inégalités à la racine ».

    Bon, après, que la pauvreté soit essentiellement féminine, ça n’a pas l’air d’être beaucoup sorti dans ses copies !
    #réification #propagande #novlangue

    • Ca reste cohérent dans la misogynie française. Les femmes ne sont pas des hommes, elles sont des riens. Les droits de l’homme, la fraternité, l’égalité... ne sont absolument pas tourné vers elles mais au contraire contre elles. Macron et son porte parole quant il dit que son projet est de sortir les hommes pauvres de leur pauvreté est assez sincère dans le fait que ca se fait et se fera sur le dos des femmes.

      #invisibilité #invisibilisation #language #misogynie #femmes


  • ALAIN DENEAULT

    L’ENTRETIEN LIBRE #11 : AUDE LANCELIN / ALAIN DENEAULT
    Le Média
    Diffusé le 30 avr. 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=Zq9cqddCm24

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    Le langage au service des puissants ? Alain Deneault
    Thinkerview
    Diffusé le 4 mai 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=IBdj4Z0FtZU

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    La censure de la haine avec Alain Deneault
    La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert
    04/05/2018
    http://rf.proxycast.org/1430591977585385472/12360-04.05.2018-ITEMA_21668674-1.mp3


    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/largent-un-objet-culturel-comme-un-autre


  • Les #fleurs, redoutables séductrices
    http://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/30/les-fleurs-redoutables-seductrices_5292421_1650684.html

    Les fleurs, fragiles objets pour doux rêveurs ? ­Détrompez-vous. Ce sont de redoutables séductrices – c’est même leur mission. Si les plantes ­exhibent ces parures, c’est bien pour attirer insectes et autres pollinisateurs qui favorisent leur ­reproduction et leur dissémination. Les faits sont là : sous leur air enjôleur, ces fausses ingénues ont si bien servi l’intérêt des « plantes à fleurs » que celles-ci dominent aujourd’hui à plus de 90 % le monde ­végétal. Sans doute ont-elles ainsi favorisé la survie et l’expansion de notre espèce. « Tous nos #aliments d’origine végétale – fruits, légumes, ­graines – proviennent des plantes à fleurs », souligne François Parcy


  • BBC - Capital - The cost of changing an entire country’s alphabet

    http://www.bbc.com/capital/story/20180424-the-cost-of-changing-an-entire-countrys-alphabet

    The Central Asian nation of #Kazakhstan is changing its alphabet from Cyrillic script to the Latin-based style favoured by the West. What are the economics of such a change?

    #langues #language #écriture #alphabet


  • A l’Opéra national de Paris, le malaise persiste
    http://www.lemonde.fr/scenes/article/2018/04/23/a-l-opera-national-de-paris-le-malaise-persiste_5289149_1654999.html

    Deux ans après le départ fracassant de Benjamin Millepied de son poste de directeur de la danse de l’Opéra national de Paris, la compagnie parisienne traverse une nouvelle crise grave. La tempête soulevée, dimanche 15 avril, par la divulgation dans la presse d’un rapport confidentiel sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, à la tête de la danse depuis février 2016, n’en finit pas de faire des vagues.

    Sous le choc de la « fuite » de ce sondage de 179 pages et 130 questions auquel ont répondu 108 interprètes sur les 154 que compte l’équipe, une réunion extraordinaire du ballet s’est déroulée mercredi 18 avril. Une confrontation apparemment orageuse qui s’est conclue par un vote des 130 danseurs présents. A une très large majorité – à l’exception de deux votes contre et deux abstentions –, les interprètes ont chargé Erwan Le Roux, délégué syndical central CGT du ballet, de prendre les choses en main et de régler l’affaire au plus près des intérêts de tous les danseurs.

    Interrogé par Le Monde, Erwan Le Roux, par ailleurs danseur dans le corps de ballet, tient d’abord à reprendre quelques points ultrasensibles de ce dossier explosif. Pour rappel, c’est la commission d’expression artistique (CEA), composée de quatre interprètes élus chaque année et, selon la convention collective, par la troupe pour servir de courroie de transmission entre la compagnie et la direction, qui a conçu et récolté ce questionnaire. Un questionnaire devenu une bombe tant les résultats sont explosifs. Dans Le Figaro, il est dit que 88,9 % des danseurs estiment que « le management d’Aurélie Dupont n’est pas de bonne qualité ».

    Il est aussi question de harcèlement moral et sexuel. « A ce jour, aucun danseur n’est venu me voir pour accuser Aurélie Dupont de harcèlement sexuel, affirme Erwan Le Roux. Ces accusations sont très graves. Et quand elles sont fausses, c’est pire. Elles sont en train de faire le tour de la planète et nuisent gravement à la réputation d’Aurélie Dupont ainsi qu’à celle de l’institution. S’il y a des problèmes dans la troupe, c’est à moi et mes deux délégués d’en faire part directement à la direction. C’est une question de démocratie sociale. »

    Par ailleurs, la question de la fuite de ce rapport confidentiel dont les résultats « bruts et non synthétisés », ainsi que les commentaires anonymes des danseurs souvent rapides et sans précautions, ont été adressés à certains journalistes, reste aiguë. Pour quelles raisons cet envoi ? Et par qui ? Les 154 danseurs ont reçu le document par mail. « Un des points sensibles, suite à cette réunion, c’est que je n’ai toujours pas récupéré les codes informatiques du sondage originel qu’on devait me faire parvenir, explique M. Le Roux. J’ai reçu le rapport, comme tous les autres interprètes, mercredi 11 avril, et je ne pense pas qu’il ait été manipulé. Mais il est important d’avoir le document source par devoir de transparence de toute la troupe. »
    Ambiance désastreuse

    L’ambiance dans la compagnie semble, selon plusieurs sources, désastreuse. Et ce alors que les représentations de Roméo et Juliette, chorégraphié par Sasha Waltz, sont à l’affiche jusqu’au 4 mai de l’Opéra Bastille. Certains interprètes évoquent « des règlements de comptes avec la direction », « des haines personnelles extrêmement violentes », une « machination scandaleuse ». « Toute cette histoire est humainement dramatique, ajoute Erwan Le Roux. Certains danseurs ont même honte d’être à l’Opéra national de Paris. Ceux qui ont répondu à ce sondage qui garantissait l’anonymat l’ont fait en toute bonne foi et en confiance. Tout le monde regarde son collègue de travers en se demandant qui a pu agir de cette façon. »

    Selon les témoignages collectés, tous anonymes, par Le Monde, il est clair que des problèmes de fond existent. Qu’ils remontent bien au-delà d’Aurélie Dupont paraît aussi évident. Le harcèlement moral semble « systémique » à l’Opéra de Paris.

    « Il est clair qu’on doit faire évoluer l’organisation du travail dans la compagnie depuis le rythme des répétitions jusqu’à la durée de la pause déjeuner, commente Erwan Le Roux. Je travaillais sur ce gros dossier depuis presque trois ans. Il y a plus de quarante ans que ce fonctionnement n’a pas été discuté. Les négociations étaient bien avancées. Je ne sais plus aujourd’hui comment on va progresser. Le renouvellement générationnel d’une troupe, où la moyenne d’âge est actuellement de 25 ans, entraîne de nouveaux modes de pensée, de relations entre les gens et de travail. Se lâcher sur les réseaux sociaux est une chose mais attention à ne pas se déverser partout. »

    A l’opéra de Paris il n’y a pas de femmes, à part Aurélie Dupont qui fait office de chèvre émissaire. Heureusement un homme va reprendre la situation et faire taire ce renouvellement générationnel qui se « lâche sur les réseaux sociaux ».
    #language #invisibilisation #harcèlement #déni


  • Omerta au ballet de l’Opéra
    https://www.franceculture.fr/danse/omerta-au-ballet-de-lopera

    Un document interne du ballet de l’Opéra national de Paris rassemblant des témoignages anonymes des 154 danseurs a été rendu public par une fuite dans la presse. La direction de la danseuse Aurélie #Dupont est violemment remise en cause. Une crise grave, à l’image de l’histoire de l’institution.

    Ça donne envie d’être danseur à l’#opéra de Paris mazette !
    #danse #harcèlement #ballet #accident_du_travail

    • J’ai chercher le nombre de femmes qui travaillent à l’opéra car à part pour Aurélie Dupont tout est au masculin comme si il n’y avait pas de danseuses.
      Ici : https://publishpaper.com/demo/7.0/fr/operaweb/files/html5/index.html
      Il est indiqué que pour l’école de danse il y a 80 filles et 62 garçons. Mais pas d’infos sur les salariés de l’opéra. Dans le rapport il y a une pyramide des ages qui est divisé selon le sexe. On voie que les hommes ont le droit d’être plus agés que les femmes mais on ne sais pas le sexe-ratio. Pour le choix des spéctacles, leur mise en scène, là c’est clairement la domination masculine, composition d’hommes, dirigés par des hommes, mis en musique par des chefs d’orchestre masculins...

      #invisibilisation #discrimination #language

    • D’après cet article : https://www.vanityfair.fr/culture/voir-lire/articles/les-hommes-menent-la-danse/23400
      l’opéra de Paris est aux 2/3 masculin sauf pour l’école de danse.

      Le milieu de la danse forme une étrange pyramide des sexes. À sa base, dans les cours de quartier comme dans les écoles supérieures : une éclatante majorité de justaucorps pastel et de chignon hauts. Au milieu : un corps professoral et des compagnies de danse à peu près paritaires. Et au sommet : des hommes. Les chiffres sont éloquents. Sur les dix-neuf centres chorégraphiques nationaux créés à l’initiative de Jack Lang au début des années 1980, seize sont aujourd’hui dirigés par des hommes.

      Pour la chorégraphe Karine Saporta, il n’y a pas d’interrogation mais un constat sans appel : « Non seulement il y a bien discrimination faite aux femmes mais, plus grave, un effacement de leur dimension créative dans l’histoire de la danse. Des femmes, on retient l’anecdote, l’écharpe d’Isadora Duncan prise dans les roues d’une voiture mais pas leur énorme apport à cet art. » Une opinion que partage la chorégraphe italienne Alice Valentin : « Que serait devenu Rudolf Noureev sans ­Margot Fonteyn  ? Pourtant, on ne se souvient que de lui. Martha Graham a été la première chorégraphe à avoir intégré des Noirs dans une compagnie de danse, elle a fait autant pour l’émancipation des Noirs que Martin Luther King. Mais seuls les initiés la connaissent. Il y a une injustice dans l’hommage qui devrait être rendu aux femmes. »

      Et dire que le premier rapport sur l’égalité hommes-femmes rendu en 2006 par Reine Prat, alors chargée de mission auprès du ministre de la culture, avait distribué des bons points au milieu de la danse, bien en avance sur ses camarades la musique et le théâtre – rappelons ce chiffre ahurissant : au théâtre de l’Odéon, à la fin des années 1990, 100 % des spectacles étaient créés par des hommes. « Ce que j’avais retenu de ce rapport, à l’époque, c’est que les deux domaines artistiques où les femmes étaient très présentes étaient la danse et le spectacle pour enfants, s’amuse la chorégraphe Mathilde Monnier. Et ce n’est pas par hasard. C’était les domaines les moins valorisés. »


  • #javascript No More
    https://hackernoon.com/javascript-no-more-3398a72e8e93?source=rss----3a8144eabfe3---4

    By relieving the brain of all unnecessary work, a good notation sets it free to concentrate on more advanced problems, and in effect increases… mental power — Alfred North WhiteheadProgramming languages are for people — not computers. Computers don’t need any #programming #language other than machine code. Good programming languages help make problems easier for people to reason about. This is important because writing code is not just about solving problems. It’s also fundamentally about how you think, communicate, and comprehend.On the web today, we have one, dominant language: JavaScript. JavaScript was created because Marc Andreessen, “believed that HTML needed a ‘glue language’ that was easy to use by Web designers and part-time programmers to assemble components such as images and (...)

    #javascript-no-more #frontend


  • Des mots au numéros en utilisant tf-idf
    http://constantvzw.org/site/Des-mots-au-numeros-en-utilisant-tf-idf.html

    Algolit, groupe de travail sur la #Littérature et le code libre, organise une journée autour de ’term frequency–inverse document frequency (tf-idf), une méthode de pondération souvent utilisée en recherche d’information et en particulier dans la fouille de textes. Cette mesure statistique permet d’évaluer l’importance d’un terme contenu dans un document, relativement à une collection ou un corpus. Ou encore une technique utilisée dans l’apprentissage automatique qui permet à la machine de convertir le (...)

    #Algolit

    / #Atelier, #Languages_hybrides, Littérature, #Algorithme


  • Frühstück am Arbeitsplatz « atlas-alltagssprache

    http://www.atlas-alltagssprache.de/runde-4/f02

    signalé par l’excellent German at Portsmouth @GermanAtPompey

    Das Frühstück am Arbeitsplatz wird nördlich des Mains allgemein als Frühstückspause oder (zweites) Frühstück bezeichnet. Im Süden gibt es dagegen eine klare – in Deutschland auffällig mit den Ländergrenzen übereinstimmende – Verteilung zwischen Vesper (Baden-Württemberg), Brotzeit (Bayern), Jause (Österreich) und Znüni (Schweiz). Wie Znüni („zu neun") erklärt sich Neuner in Tirol als Hinweis auf die Uhrzeit (eine Zwischenmahlzeit am Nachmittag heißt in der Schweiz Zvieri, s. VWB, S. 906). Gegenüber der WDU-Karte (1977, Kt 1-35) hat sich an der Gesamtverteilung kaum etwas geändert, nur Halbmittag (Südtirol) und Gabelfrühstück (Ostrand Österreichs), das im Fragebogen noch vorgegeben war, wurden uns nicht mehr gemeldet. Stark zugenommen haben allerdings im Norden, Osten und Westen die Meldungen für Frühstückspause, und zwar auf Kosten der Bezeichnung (zweites) Frühstück.

    #allemagne #langue #language


  • Playing out words to numbers
    http://constantvzw.org/site/Playing-out-words-to-numbers,2949.html

    Algolit, groupe de travail sur la #Littérature et le code libre, organise une journée autour des ’word embeddings’. Quelques membres d’Algolit proposeront des scores physiques qu’on essaiera de jouer, afin de bien comprendre une des techniques utilisées dans l’apprentissage automatique qui permet à la machine de convertir le texte en numéros et de faire des calculs. Des connaissances préalables ne sont pas requises, mais si vous savez programmer vous êtes évidemment les bienvenus. Les recettes (...)

    #Algolit / #Atelier, #Languages_hybrides, Littérature, #Algorithme


  • Bridging the Gaps Between Humans and Machines
    https://hackernoon.com/bridging-the-gaps-between-humans-and-machines-c790aead5c1f?source=rss---

    Guess what? They’re language gaps.Words have a genealogy and it’s easier to trace the evolution of a single word than the evolution of a language. — Daniel C. DennettThe #blockchain ecosystem is rapidly growing and becoming more complex every day. There are more than 1,541 different cryptocurrencies currently¹ on the market, and numbers have been steadily increasing with 157 new ones added since January 7th of 2018.This abstract crypto-web is already facing several problems. Most notably are the development barriers for entry, incompatible blockchain environments, and integration into the real world. iOlite, a new blockchain technology, is helping to solve these three issues in very advanced ways.The platform is creating a bridge between natural and programming languages, through its unique Fast (...)

    #humans-and-machines #language-gaps #machine #rise-of-the-machines


  • These Sámi Women Are Trying to Keep Their Native Skolt Language Alive · Global Voices
    https://globalvoices.org/2018/02/24/these-sami-women-are-trying-to-keep-their-native-skolt-language-alive

    Tiina Sanila-Aikio isn’t your everyday president. The 34-year-old is the head of the Sámi people in Finland, the only indigenous population recognized in the European Union. She is also the creator of the world’s first Skolt-language rock albums. Skolt is a Sámi language spoken by just 300 people.

    Although the Sámi population numbers at least 75,000, their languages are dying out. The Sámi are made up of nine different tribes across Norway, Sweden, Russia and Finland and speak various dialects. The lack of Sámi language education means young Sámis are growing up not speaking their mother tongue.

    #scandinavie #same #langues #language


  • Le français “petit-nègre”, une construction de l’armée coloniale française
    https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/le-francais-petit-negre-une-construction-de-larmee-coloniale

    Le langage “petit-nègre”, celui de “Y’a bon Banania” ou des dialogues de “Tintin au Congo”, était une sorte de français approximatif parlé par les peuples colonisés. Ce langage, maintenant largement perçu comme raciste, a été instauré par l’armée coloniale française.

    Alors là ça m’a sciée ce truc ! C’est du délire total ! Quelle preuve de racisme profond ! C’est incroyable ! Ça m’a mieux fait comprendre cette façon très châtiée de parler chez certains intellectuels Africains, tant de choses à prouver, c’est horrible !
    #racisme #colonisation #tirailleurs #armée_coloniale #francophonie #langue_française



  • #Atelier ’A Model for a Politician’
    http://constantvzw.org/site/Atelier-A-Model-for-a-Politician.html

    Dans cet atelier nous écrivons des lettres d’amours en utilisant le matériel de l’archive développé pour l’installation : la série des vidéos hebdomadaires de Barack Obama, coupées en fragments précis de mots et de courtes phrases. Après une exploration du logiciel, des algorithmes et des interfaces utilises pour analyser le language du politicien, nous écrirons des lettres en utilisant son language, mais nous étenderons aussi son vocabulaire en applicant des tours de magie de l’art combinatoire. (...)

    #Constant_V / Atelier, #Languages_hybrides, #Algorithme



  • Thousands Once Spoke His Language in the Amazon. Now, He’s the Only One. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/12/26/world/americas/peru-amazon-the-end.html

    INTUTO, Peru — Amadeo García García rushed upriver in his canoe, slipping into the hidden, booby-trapped camp where his brother Juan lay dying.

    Juan writhed in pain and shook uncontrollably as his fever rose, battling malaria. As Amadeo consoled him, the sick man muttered back in words that no one else on Earth still understood.

    Je’intavea’, he said that sweltering day in 1999. I am so ill.

    The words were Taushiro. A mystery to linguists and anthropologists alike, the language was spoken by a tribe that vanished into the jungles of the Amazon basin in Peru generations ago, hoping to save itself from the invaders whose weapons and diseases had brought it to the brink of extinction.

    #Language #Disparition #Net.lang



  • Vers une Gentillesse Collective ?
    http://constantvzw.org/site/Vers-une-Gentillesse-Collective.html

    « Un thermomètre sentimental » es l’une des installations dans l’exposition des Rencontres algolittéraires. Il forme aussi le point de départ de cet #Atelier. Elle pose des questions aux modèles de langage couramment utilisés basés sur l’apprentissage par machine, comme GloVe et word2vec. En utilisant une partie d’Internet comme données de formation, ces modèles sont considérés comme apprenant de « l’intelligence collective ». « Un Thermomètre sentimental » contribue des points à des phrases écrites, en les (...)

    #Algolit / Atelier, #Netnative_literature, #Languages_hybrides, #Littérature, #Algorithme


  • Variations en un coup d’oeil
    http://constantvzw.org/site/Variations-en-un-coup-d-oeil.html

    Dans le cadre des Rencontres algolittéraires à la Maison du Livre, Nicolas Malevé proposera un #Atelier autour de la vision par ordinateur. Le langage, les mots, l’écriture, les descriptions et les formulations sont intimement liés à la façon dont les millions d’images sont organisées sur Internet. Au fil des ans, des techniques algorithmiques ont évolué en créant une nouvelle articulation des relations entre vision, information et connaissance. La génération récente d’algorithmes qui alimentent la (...)

    #Algolit / Atelier, #Languages_hybrides, #Algorithme


  • L’écriture inclusive, ça marchera jamais (et tant mieux) | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/152102/ecriture-inclusive-marchera-jamais

    Alors qu’on s’écarte, j’ai une confession à faire. Il s’avère que je suis féministe –je suis persuadée qu’il vaut mieux vivre dans une société où les femmes et les hommes ont des droits égaux et je suis disposée à me battre pour pouvoir vivre dans une telle société et offrir au maximum de monde cette possibilité–, mais aussi assez fermement opposée à l’écriture inclusive. Comment se fait-ce ? Parce que je suis par ailleurs pragmatique et sais que les ambitions de l’écriture inclusive –être « un premier pas dans la lutte contre les inégalités », un « levier puissant pour faire progresser les mentalités [et] faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes »– ont toutes les chances de ne jamais se réaliser, vu qu’elle inverse le lien généalogique entre langage et représentations socio-culturelles.

    Les secondes ne sont pas engendrées par le premier. Le langage n’est pas une baguette magique qui façonne le monde à sa guise –et à celle de provisoires « dominants »–, mais un outil d’encodage, de description et de retranscription d’un réel qui lui préexiste. Un travail qui s’effectue depuis plusieurs milliers voire millions d’années dans le cadre (alias les limites) de notre « nature humaine », avec ses structures mentales universelles désormais bien connues.

    La première erreur que commettent les partisans de l’écriture inclusive, c’est de croire à la performativité du langage, telle que l’ont théorisée des personnes comme Judith Butler sur la base d’une lecture fallacieuse de John Langshaw Austin. Un tour de passe-passe qui aura transformé les actes de langage que sont les énoncés performatifs –toutes les formules faisant fonction d’action dans des circonstances précises, comme le « je vous déclare mari et femme » du bureaucrate en charge de vos épousailles– en langage agissant et détenteur de facultés littéralement thaumaturgiques. Une théorie trop super cool, si elle pouvait compter sur un ou deux faits objectifs susceptibles de la soutenir.

    Malgré la fabuleuse diversité « structurelle » des langues de par le monde, toutes les cultures assignent en tendance et spontanément les mêmes caractéristiques psychologiques à leurs hommes et à leurs femmes –les fameux « stéréotypes genrés »

    L’autre marigot épistémique dans lequel patauge joyeusement l’écriture inclusive a pour nom le déterminisme linguistique. L’hypothèse de Sapir-Whorf en est le spécimen le plus célèbre et toujours le plus redoutablement nuisible, qu’importe que sa réfutation soit pliée depuis une bonne quarantaine d’années, comme a pu notamment le démontrer en long et en large le psycholinguiste Steven Pinker dans son ouvrage L’Instinct du langage, publié aux États-Unis en 1994 et traduit en français en 1999.
    Le langage façonne le monde ?

    Le nœud théorique du déterminisme linguistique est le suivant : nos pensées sont déterminées par des catégories façonnées par notre langue et, dès lors, les multiples spécificités langagières présentes sur notre chic planète accouchent de modes de penser spécifiques chez leurs différents locuteurs.

    Il y a plein de choses intéressantes sur le langage dans ce texte. Mais il s’attaque aux intégristes de l’écriture inclusive. C’est toujours plus facile que de rechercher les divers usages de ce type d’écriture. Pour ma part, j’en fait un usage pour appuyer certains éléments dans lesquels l’absence de marqueur de genre serait une priorité au genre masculin. Pour le reste, on s’en passe très bien. Dans mon usage (modéré et consensuel ;-) l’écriture inclusive a un rôle pour souligner quelque chose sans avoir à y mettre des parenthèses insistantes ou des notes de bas de page. À ce titre, elle m’apparaît semblable à l’usage des emoticones : une manière de souligner, de dire en passant quelque chose que la voix ou le comportement pourraient très bien faire passer en situation orale. Bien évidemment, je n’ose imaginer un roman entier en écriture inclusive.

    #Féminisme #Ecriture_inclusive #Langage #Austin #Ecrit

    • On est quand même en train de parler de #Peggy_Sastre là hein, une personne dont la pensée est démontrée anti-féministe depuis des années, tout en se revendiquant elle-même féministe en permanence. Suivre le lien du tag, plétore de critique de sa pensée ici sur Seenthis.

      Quant à l’argument principal sur la performativité :

      1) Il ne s’agit pas forcément de performativité sur les gens une fois adulte, il s’agit d’éducation : si depuis tout petit on t’apprend par divers moyen (dont la langue) que les femmes sont inférieures voire invisibles, bah oui, ça t’inculque une vision du monde.

      2) Et on peut aussi se dire qu’il ne s’agit pas du tout de performativité mais que c’est justement l’inverse : une part plus importante (bien que toujours trop faible) de notre population est éduquée à plus d’égalité DONC notre langue change petit à petit. Et là pour le coup son postulat peut être vrai, sauf qu’elle a faux. On serait bien dans un cas où la langue change parce que le réel change (un peu).

    • Merci @Rastapopoulos Je ne connaissais pas Peggy Sastre. Le débat sur la langue est toujours très intéressant, mais souvent un mélange d’idéologies (en fait on ne sait pas trop comment ça marche, donc chacun peut y fantasmer des pouvoirs, notamment la quesiton de la performativité, voir Marcuse, « L’homme unidimensionnel » pour une véritable réfutation des thèses de Austin et de la philosophie analytique) et de refus de considérer la langue comme l’expression de pouvoirs (masculins, blancs, éduqués,... cf. « Ce que parler veut dire » de Bourdieu).
      La phrase de Christine Angot contre Sandrine Rousseau est terrible à ce titre « Ecrivaine, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ecrivain, on voit bien que mon métier c’est d’écrire » (citation pas exacte, de mémoire). Tout est là : le poids de l’habitude, l’incapacité à assumer l’égalité quand il y a deux mots, la référence masculine issue du passée (on voit bien quelle représentation y est associée...). L’incapacité à penser le nouveau dans une langue nouvelle, ou plutôt en l’occurence dans du vocabulaire nouveau, car la langue change assez peu. Le style... on verra ça avec le livre de Philippe de Jonckheere.

    • @hlc Je ne sais pas trop encore. Il me semble qu’on doit pouvoir s’en sortir sans abimer la lecture. Je te donne un exemple, une expression comme « les uns et les autres » devient « les unes et les autres ». Et on doit pouvoir faire aussi des trucs qui ne sont pas grammaticalement corrects mais qui se lisent et se comprennent bien, que tout un chacune et tout une chacun puvent comprendre. Mais c’est pas pour tout de suite. Je travaille sur tout à fait autre chose en ce moment et cela risque justement de prendre un bon moment.

    • @hlc @philippe_de_jonckheere je crois qu’on a tout à fait le droit (au sens humain du terme) d’être très inventif en ce qui concerne la langue et l’écriture (cf. en son temps le superbe « Saperlot » de Gildas Bourdais...) et personnellement, je crois que je m’en tape complètement des règles rétrogrades de l’académie française.

    • Pour l’idée d’un roman en écriture inclusive, neutre ou féministe, j’imagine facilement plusieurs circonstances dans lesquelles ca serait potentiellement interessant du point de vue littéraire :
      Des romans dont lea protagoniste est neutre-ou dont le genre n’est pas connu dela lecteurice.
      Des romans oulipo qui se jouent de cette contrainte.
      Des romans de sf qui se passent dans des univers dégenrés, neutres, asexués, féministes, trans ...
      Plein de romans que j’imagine pas encore mais ca fait deja pas mal.

    • Il y a plein de choses intéressantes sur le langage dans ce texte. Mais il s’attaque aux intégristes de l’écriture inclusive.

      Le débat sur la langue est toujours très intéressant, mais souvent un mélange d’idéologies (en fait on ne sait pas trop comment ça marche, donc chacun peut y fantasmer des pouvoirs, notamment la quesiton de la performativité, voir Marcuse, « L’homme unidimensionnel » pour une véritable réfutation des thèses de Austin et de la philosophie analytique) et de refus de considérer la langue comme l’expression de pouvoirs (masculins, blancs, éduqués,... cf. « Ce que parler veut dire » de Bourdieu).

      Pour avoir bien souffert de l’intégrisme orthographique français et de l’inculcation de la règle « le masculin l’emporte » je trouve que c’est un peu raide de parlé d’intégrisme pour les personnes qui cherchent une écriture inclusive.

      La langue est idéologique que ca sois pour les défenseureuses de la raideur traditionaliste du bon Français ou les chercheureuses qui veulent une langue vivante sorti des cadres de l’institution patriarcale (académie, école, médias...).

      Donner des noms aux choses, aux gens, aux groupes, aux idées ca leur donne une consistance particulière. Si tu n’avais pas de nom, tu existerait quant même physiquement mais collectivement socialement tu serais invisible, inopérant, exclue, diminué. Si je changeait ton nom pour un mot avec une connotation négative, ca te ferais probablement quelque chose. Si tout le monde se mettais à t’appeler avec des mots négatif ca aurais un impacte sur ta vie, ta psychologie, ta santé... En français les mots pour parlé des femmes ont une connotation négative, souvent sexuelle et il se trouve que ca fait des choses aux femmes, ca impacte sur leurs vies, leurs psychologie, leur santé. Le fait qu’en français l’usage du féminin servent à l’aggravation dans l’insulte, ou à la dévalorisation ne veux pas dire que les femmes françaises sont en soi des inférieurs, mais le langage aide à les rendre inférieur. Le langage ne fait pas tout. Rien ne fait tout, avoir une réponse unique à un pbl et croire que les pbl n’ont qu’une seule origine est très simpliste. Le langage fait sa part dans la société et dans sa hiérarchisation qui n’est pas négligeable.

      Perso je vais plus loin que la simple neutralisation grammatical, je pense que le vocabulaire doit être enrichie de mots qui renversent les normes. Cf : https://seenthis.net/messages/603843

      ps - par rapport à la notion d’intégrisme. C’est vrai que l’égalité est un notion intégrale. On peu pas être un peu pour l’égalité mais pas trop, ou égalitaire à 0,66%
      Si tu est pour l’égalité je voie pas comment tu t’accommode d’un langage qui affirme que le masculin l’emporte sur le féminin. Et là je parle que du genre, mais la langue française est aussi raciste, validiste, agiste, classiste...

      Le fait qu’il y ai tant de crispations conservatrices sur ce sujet montre qu’il est important. Si c’etait sans importance personne n’en parlerait et on en aurais rien à faire que ca sois neutre, féminin, ou pas la langue française. Or ce matin il y a un papier là dessus sur le monde et le sujet soulève beaucoup d’intérêt de la part des hommes qui ont en plus l’hypocrisie de dire que c’est un sujet sans importance...