• Die Sprichwörter und sprichwörtlichen Redensarten der Deutschen nebst den Redensarten der deutschen Zech-Brüder und aller Praktik Großmutter, d. i. der Sprichwörter ewigem Wetter-Kalender gesammelt und mit vielen schönen Versen, Sprüchen und Historien in ein Buch verfasst von Friedrich Heinrich Wilhelm Körte, Brockhaus, Leipzig 1837, Neue Ausgabe 1847- Internet Archive
    https://archive.org/details/diesprichwrteru02krgoog/page/n7/mode/2up

    Voilà pour les férus de l’allemand :-)

    https://de.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_K%C3%B6rte

    Friedrich Heinrich Wilhelm Körte (* 24. März 1776 in Aschersleben; † 28. Januar 1846 in Halberstadt) war ein deutscher Literaturhistoriker.

    Körte war Sohn des Archidiakons Christian Andreas Matthias Körte und ein Großneffe von Johann Wilhelm Ludwig Gleim, der sich väterlich um Körte annahm. Er besuchte zunächst die Stadtschule Aschersleben, dann von 1792 bis 1796 das Domgymnasium Halberstadt. Dort bestand er die Maturitätsprüfung. Anschließend studierte er an der Universität Halle Rechtswissenschaften, wandte sich dann aber dem Studium der Literatur und den schönen Wissenschaften und Künsten zu. Wann er zum Doktor promoviert wurde, ist nicht bekannt.

    Körte kehrte 1799 nach Halberstadt zurück. Dort war er als Lehrer an der von Gleim geplanten Humanitätsschule vorgesehen. Nach dem diese vom preußischen Staat entgegen den Plänen Greims als Zug am Domgymnasium Halberstadt verwirklicht wurde, erhielt Körte eine regelmäßige Abfindung bis zu seinem Tod ausgezahlt, von der er leben konnte. Er war daher nicht auf eine wirtschaftliche Betätigung angewiesen und konnte sich daher seinen Studien und der schriftstellerischen Arbeit widmen. Er heiratete Wilhelmine Wolf, die Tochter von Friedrich August Wolf, und betätigte sich als Nachlassverwalter von Gleims und Wolfs literarischen Nachlass. Den Ausgangspunkt seiner schriftstellerischen Tätigkeit stellt die Herausgabe der Werke von Ewald Christian von Kleist dar. Bis zur Aufhebung des Stifts 1810 war Körte außerdem Domvikar am Domstift Halberstadt.

    Körte war von 1810 bis 1817 als Buch- und Kunsthändler in Halberstadt tätig. Zog sich aber von dieser Tätigkeit wieder zurück, um sich ganz der schriftstellerischen Arbeit zu widmen. Er war mit dem Schulrektor Christian Gottfried Wilhelm Lehmann befreundet.

    Körte ist mit seinen Brüdern Franz Körte und August Bernhard Christian Körte Stammvater der Gelehrtenfamilie Körte.

    Werke (Auswahl)

    Ewald Christian von Kleist’s sämmtliche Werke, 2 Bände, Unger, Berlin 1803.
    Kritik der Ehre, Sittlichkeit und des Rechts in F. H. Jacobis Gelegenheitsschrift: Was gebieten Ehre, Sittlichkeit und Recht in Absicht vertraulicher Briefe von Verstorbenen und noch Lebenden , Geßner, Zrich 1806.
    Johann Wilhelm Ludewig Gleims Leben aus seinen Briefen und Schriften, Büreau für Literatur und Kunst, Halberstadt 1811.
    J. W. L. Gleim’s sämmtliche Werke, 8 Bände, Büreau für Literatur und Kunst, Halberstadt 1811–1841 (Neudruck bei Olms, Hildesheim 1971).
    Das Leben Carnots, Brockhaus, Leipzig 1820.
    Beurtheilung der Voßischen Schrift: „Wie ward Friz Stolberg ein Unfreier?“ und einiger andern damit verwandten Schriften, Hermes, Amsterdam 1820.
    Leben und Studien Friedr. Aug. Wolf’s, des Philologen, 2 Bände, Bädeker, Essen 1833.
    Friedr. Aug. Wolf über Erziehung, Schule, Universität („Consilia scholastica.“); aus Wolf’s litterarischem Nachlasse zusammengestellt von Wilhelm Körte, Becker, Quedlinburg 1835.
    Die Sprichwörter und sprichwörtlichen Redensarten der Deutschen nebst den Redensarten der deutschen Zech-Brüder und aller Praktik Großmutter, d. i. der Sprichwörter ewigem Wetter-Kalender, Brockhaus, Leipzig 1837.
    Albrecht Thaer: Sein Leben und Wirken als Arzt und Landwirth, Brockhaus, Leipzig 1839.

    #Allemagne #histoire #lettres #langue #proverbes

  • croyait que ce pseudo-débat était fini, pfuit, zou, aux oubliettes, enterré ! Mais non, elle avait nonobsté (sic !) à quel point réac’ rime avec morbac et qu’il n’y a donc pas moyen de s’en débarrasser.

    Si votre dictateuse préférée dit ça c’est parce qu’elle est tout à l’heure incidemment tombée sur le billet d’une baderne chouinant encore sur l’écriture dite inclusive. Non non, vous ne rêvez pas, des années plus tard il y a des ceusses qui sont toujours en boucle là-dessus ! Et ouin-ouin que ce n’est pas beau (non mais allô, quoi ! Et leurs tronches ? Iels ont vu leurs tronches ?), et ouin-ouin que Molière fait des loopings dans sa tombe (alors que de toute manière il y a Gai-Luron et Belle Lurette que quasiment plus personne n’est capable de lire le français du XVIIᵉ), et ouin-ouin que les aveugles ne peuvent pas lire les points médians (en plus iels prennent les miraud·e·s pour des imbéciles ! Et d’ailleurs depuis quand se tracassent-iels des bigleuseux ? Sur le principe c’est un peu comme avec les pauvres sur qui les bourges crachent à longueur de temps mais dès qu’on parle d’accueillir des migrant·e·s iels beuglent « Occupons-nous de nos SDF d’abord ! »), ouin-ouin le masculin c’est le neutre (bah non, les mââââââles cisgenres hétéros ne sont ni la norme par défaut ni la mesure de toute chose), ouin-ouin il n’y a pas que les pronoms dans la vie alors pour le reste comment qu’on fait (au cours de ses 3788501669871402 derniers dazibaos la taulière de ce flux SeenThis semble avoir montré qu’on peut TOUT écrire en inclusif sans aucune faute ni incohérence syntaxique) ouin-ouin ceci, ouin-ouin cela, ouin-ouin patin-couffin, ouin-ouin et cætera.

    Naaaaaaan, la vieille Garreau va vous le dire, elle, ce qui met réellement au court-bouillon la rate de cette bande de chnoques : c’est qu’iels ont peur qu’avec l’écriture inclusive on s’aperçoive enfin qu’en fait toustes les thuriféraires du « c’était mieux avant » ne maîtrisent pas du tout le français, qu’iels sont incapables d’accorder correctement un participe passé et qu’iels ne distinguent même pas un pronom personnel d’un pronom impersonnel. Ah c’est pratique, hein, de passer tout au mascu ; sous couvert de « la belle langue », ça permet surtout de camoufler ses incompétences !

    Allez hop, envoyons donc tout ça casser des cailloux en Sibérie.

    #ÇaVaÊtreLHeureDeVosGouttesMadameGarreau.

  • Écriture inclusive et langue française : le Conseil d’État tranche, l’Académie peste
    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux plaques commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Publié le :

    11/01/2026 à 16:57

    Victor De Sepausy

    Pour rappel, ces plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la langue française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du recours devant le tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du point médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.
    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’Académie française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la légalité d’un usage précis, sans trancher le débat culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la norme, de la transmission et du long temps de la langue.
    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme système graphique, mais certaines formes d’attention à l’égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».
    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    À LIRE - Artistique et humanitaire, voici la première police inclusive

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.
    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’inclusivité, la question dépasse la typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au masculin générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.
    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.
    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la controverse.

    Crédits photo : Dennis Jarvis CC BY SA 2.0

    Par Victor De Sepausy
    Contact : vds@actualitte.com

    #Ecriture_inclusive #Académie #Langue

  • En Autriche, les enfants étrangers ne maîtrisant pas la langue devront prendre des cours d’été - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69376/en-autriche-les-enfants-etrangers-ne-maitrisant-pas-la-langue-devront-

    En Autriche, les enfants étrangers ne maîtrisant pas la langue devront prendre des cours d’été
    Par La rédaction Publié le : 22/01/2026
    Le parlement autrichien s’est prononcé mercredi en faveur de l’instauration de cours de langue obligatoires de deux semaines pendant les vacances d’été pour les enfants d’origine étrangère dont le niveau d’allemand est insuffisant, contre l’avis des enseignants. Quelque 49 000 enfants seraient concernés. C’est un vote qui s’est fait contre l’avis des enseignants. Mercredi 21 janvier, le parlement autrichien a validé l’instauration de deux semaines de cours d’allemand obligatoires pendant les vacances d’été pour les enfants d’origine étrangère dont le niveau d’allemand est insuffisant afin de favoriser leur intégration.
    Le syndicat des enseignants autrichiens a critiqué la mesure, estimant que les ressources nécessaires pour les nouvelles classes seraient mieux utilisées pour renforcer les classes spéciales. L’Autriche avait déjà introduit en 2018 des classes spéciales pour les enfants non germanophones, où ils sont séparés de leurs camarades plusieurs heures par jour, toujours dans l’optique de favoriser leur intégration, un des projets phare de la coalition des conservateurs (ÖVP) et de l’extrême droite (FPÖ) à l’époque mais dénoncé par les Verts comme des « classes ghetto ».
    La nouvelle législation adoptée mercredi, et introduite par la coalition composée du parti conservateur ÖVP, du parti social-démocrate SPÖ et des libéraux de Neos, prévoit le retour des enfants qui fréquentent ces classes spéciales et des cours de soutien - soit quelque 49 000 enfants âgés jusqu’à 15 ans, selon les chiffres de 2025 - sur les bancs de l’école au cours des deux dernières semaines des neuf semaines de vacances d’été. « L’allemand est la clé de la réussite scolaire et d’une vie réussie », a déclaré le ministre de l’Éducation Christoph Wiederkehr devant le Parlement avant le vote.
    Ce pays de près de 9,2 millions d’habitants attire depuis longtemps des immigrés, ainsi que des demandeurs d’asile fuyant des pays en guerre. Mais il mène une politique de plus en plus anti-migrants.
    Au printemps 2025, le gouvernement avait adopté un « cadre juridique instaurant un moratoire temporaire sur le regroupement familial des réfugiés statutaires » pour une période de six mois. Entré en vigueur en juillet 2025, il a été renouvelé en décembre pour six mois supplémentaires.
    Le Parlement autrichien a affirmé que cette prolongation se justifiait par le fait « que le système éducatif autrichien et d’autres services », comme les centres d’hébergement « [étaient] surchargés ». Le regroupement familial mettrait ainsi « en péril l’ordre public et la sécurité intérieure », avait-il ajouté dans un communiqué.
    Dès son arrivée au pouvoir en mars dernier, la nouvelle coalition autrichienne - composée du parti ÖVP (conservateurs), des sociaux-démocrates de centre-gauche (SPÖ) et du parti libéral Neos - annonçait sa volonté de faire passer un tel projet. Si le parti d’extrême droite FPÖ a échoué à former une coalition, il reste de très loin le premier parti du pays dans les sondages, après avoir signé une victoire historique aux législatives fin septembre. Le chancelier conservateur Christian Stocker au pouvoir depuis début mars est donc sous pression pour maintenir une ligne dure. Le regroupement familial est une politique encadrée et garantie par le droit européen sur l’asile et l’immigration. Et cette suspension ne peut devenir définitive sans une validation de l’Union européenne. Le chancelier autrichien avait donc adressé une lettre à la Commission européenne sur le sujet début mars, en invoquant la « clause d’urgence » de l’UE, selon laquelle le droit national peut exceptionnellement primer sur le droit européen en cas de menace pour l’ordre public et la sécurité intérieure.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#politiquemigratoire#langue#education#sante

  • #Écriture_inclusive et langue française : le #Conseil_d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux #plaques_commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un #contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Pour rappel, ces #plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la #langue_française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du #recours devant le #tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du #point_médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.

    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’#Académie_française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la #lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la #légalité d’un usage précis, sans trancher le #débat_culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la #norme, de la #transmission et du long temps de la langue.

    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au #doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme #système_graphique, mais certaines formes d’attention à l’#égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette #circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».

    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.

    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’#inclusivité, la question dépasse la #typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au #masculin_générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.

    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.

    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la #controverse.

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade
    #justice #langue #français

    • Sauf que dans l’affaire en question, il n’y a pas de points médians : sur les plaques il est écrit « CONSEILLER.E.S » et non « Conseiller·e·s » :

      C’est d’ailleurs dans les motifs du Conseil d’État, avec un paragraphe explicitant justement qu’il ne s’agit pas de « point médian », mais de l’« usage de points de ponctuation », plus loin qualifié de « simple point ». Du coup, rien n’indique que la décision du Conseil d’État aurait été la même s’il s’était agit réellement de points médians.

      4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites à l’instance, que les plaques commémoratives portant les noms des anciens présidents et présidentes ainsi que des anciens conseillers et conseillères de la Ville de Paris, situées dans l’enceinte de l’hôtel de ville, dans le couloir menant à l’hémicycle et accessibles au public, comportent des intitulés en forme abrégée faisant usage de points de ponctuation, et non de points « médians » comme le soutient l’association requérante, destinés à séparer les termes « président » et « conseiller » de leur terminaison au féminin et au pluriel.

    • La discussion me fatigue. Je suis pour la solution chinoise.
      https://chine.in/mandarin/grammaire/RGLA1

      La question n’existe simplement pas dans la grammaire chinoise qui ne connaît pas de genre.

      Ceci n’empêche pas que depuis les réformes de Deng Xiao Ping et l’ouverture du pays vers le confucianisme et l’Occident les sociétés chinoises connaissent une renaissance de structures patriarcales et des abus de femmes particulièrement dans les régions encore pauvres du pays.

      La comparaison avec les sociétés chinoises (il y en a des dizaines dans le pays même, la disapora chinoise étant toute aussi variée) nous montre que la question et les problèmes à résoudre sont d’ordre économique, politique et social.

      Les querelles linguistiques occidentales ne constituent dans ma perception que des manœuvres de diversion dans la lutte des classes au niveau national puis au niveau des pays en lutte contre l’impérialisme occidental. Excusez le pléonasme s.v.p.

      女人能顶半边天
      Nǚrén néng dǐng bàn biāntiān.
      (Les femmes soutiennent la moitié du ciel.)

      https://ostasieninstitut.com/bibliothek/sprichwoerter-ostasiens/frauen-tragen-die-haelfte-des-himmels-%E5%A5%B3%E4%BA%BA%E8%83%BD%

      Frauen können die Hälfte des Himmels tragen.

      „‚Frauen tragen die Hälfte des Himmels‘ – sagt ein chinesisches Sprichwort.“

      „Die Frauen tragen die Hälfte des Himmels“, lautet einer der berühmtesten Slogans von Máo Zédōng (毛泽东, 1893 – 1976). Dass sie für die gleiche Arbeit aber nur die Hälfte des Lohnes bekommen, der den Männern bezahlt wird – das steht auf einem anderen Blatt.

      Nach einer von der chinesischen Regierung veröffentlichten Studie arbeiten die Frauen im Durchschnitt zwei Stunden länger als die Männer, ihr Einkommen liegt um etwa vierzig Prozent niedriger. Die Hälfte aller Bus- und LKW-Fahrer sind Frauen, der Frauenanteil in den Bereichen Müllabfuhr, Straßenkehren und Steineklopfen (!) wird als sehr hoch bezeichnet.

      Es war vor allem die konfuzianische Tradition, die die Vormachtstellung des Mannes gegenüber der Frau untermauerte. Die Geringschätzung des weiblichen Nachwuchses beruhte vor allem darauf, dass Töchter nach ihrer Heirat nicht mehr zu ihrer Herkunftsfamilie zählten.

      „Wer eine Tochter großzieht“, so ein Sprichwort, „zieht eine Schwiegertochter für andere Leute auf.“ Das war ein Verlustgeschäft, wenn es nicht durch einen entsprechenden Brautpreis entlohnt wurde.

      Verwendung:

      „Frauen tragen die Hälfte des Himmels – sagt ein chinesisches Sprichwort. Tatsächlich zeigen die Reportagen der beiden Pulitzer-Preisträger Nicholas D. Kristof und Sheryl WuDunn, dass arme Frauen oftmals die Hölle ertragen müssen. Die häufigsten Menschenrechtsverletzungen unserer Zeit richten sich gegen Mädchen und Frauen.“

      Vokabeln:
      女 nǚ Frau
      人 rén Mensch
      能 néng können
      顶 dǐng auf dem Kopf tragen (Langzeichen: 頂)
      半 bàn halb
      边 biān Seite, Ecke, Rand (Langzeichen: 邊)

      Conclusion : vous faites comme bien il vous semble, mais n’imposez rien au gens qui s’expriment en écrit ou oralement. Au contraire, défendez la liberté des tous de s’exprimer comme ça leur vient.

      #Chine #langue #femmes #patriarcat

    • @klaus il est dommage que tu induises en erreur toustes tes lecteurices quitte à leur faire rater l’histoire des combats des féminismes chinois sous le prétexte de lutte des classes prioritaire.

      Des féministes chinoises réinventent la langue pour s’attaquer au patriarcat | Radio-Canada
      https://seenthis.net/messages/1150315

      Pour une raison quelconque, un pervers a eu l’idée géniale de faire en sorte que l’idéogramme composé de 3 femmes kan [姦] signifie fornication, malice, séduction, viol, orgie et bruit. C’est l’un des idéogrammes les plus controversés de tous.

    • @touti merci pour le lien vers Radio Canada. Je viens de parcourir l’article (je lirai plus intensément quand je serai moins fatigué) et je trouve que c’est effectivement très intéressant.

      La question que posent les féministes chinoises n’a strictement rien à faire avec notre question d’écriture inclusive qui est à mon avis plutôt une écriture exclusive car elle rend plus difficiles à lire et moins précises les textes sur lequels elle est appliquée. Mais ce ne sont là que ma perception et mes conclusions qui n’ont de l’importance que pour moi.

      Je ne veux pas entrer dans la discussion du pour ou contre de l’écriture inclusive mais te faire remarquer la différence entre la question qui nous concerne au quotidien et le phénomène abordé par les chinoises.

      Elles ont identifié un problème et proposent une solution conséquente suivant une méthode couramment employée dans l’histoire de l’écriture chinoise. C’est donc autre chose que de vouloir imposer une nouvelle approche radicale au fonctionnement et à l’écriture de nos langues.

      La différence systématique et profonde entre l’approche critique de l’écriture chinoise et les modifications dites inclusives imposées aux gens qui ne cherchent qu’à s’exprimer de la manière la plus simple et précise devient évidente quand on fait une comparaison statistique approximative des problèmes.

      Pour le chinois il s’agit de remplacer au de modifier quelques idéogrammes et mots parmi les 106.230 Hanzi (汉字) répertoriés pa le ministère de l’éducation du Taiwan (donc sans manip communiste ;-) ) dont 3000 à 6000 constituent le niveau de connaissance des chinoises et chinois qui ne sont pas des érudits de lettres hanxue (汉学).

      Les corrections proposées par les Chinoises ne changent rien à la grammaire et ne concernent qu’un petit nombre de mots dans les textes.

      Il va de soi que quelques nouveaux mots ou idéogrammes dans un texte ne nuiront aucunement à sa lisibilité surtout quand ils introduisent de nouvelles notions intéressantes.

      Puis les féministes sont un groupe indépendant à la différence avec les administrations scolaires et autres qui sanctionnent le non respect de ses décisions linguistiques. On souffre depuis longtemps du gender mainstreaming introduit par la droite politique.

      La modification de la grammaire et de l’ortographe dans les langues indo-européennes apportée par l’écriture inclusive modifie massivement les textes car elle concerne tous les noms qui pourraient théoriquement se référer à autre chose que ce qui est exclusivement masculin. Contrairement à la question des idéogrammes chinois dans nos langues un pourcentage considérable de chaque texte est concerné par la modification des règles grammatticales et othographiques de l’écriture inclusive.

      La discrimination des femmes en Chine (dans quelle Chine, où, quelle partie de cette société immense ?) existe et trouve son expression dans des élements des différentes langues du pays.

      L’argument de la critique des féministes chinoises ne contredit alors pas ce que j’ai dit, car leur critique est d’une qualité différente à tous les égards de l’approche de l’écriture inclusive. Il ne faut pas comparer les pommes et les poire comme on dit chez nous.

      Sur la l’écriture appellée inclusive je n’ai qu’une vague idée de ce qu’elle signifie car la discussion de la question ne fait que commencer.

      Il y a sans doute quelques arguments valables qui justifient les efforts pour rendre nos langues moins élitistes et plus égalitaires. Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      Il reste beaucoup de travail à faire. En cent ans on saura mieux comment les modifications linguistiques imposées ex cathedra auront impacté la réalité sociale.

      Moi comme personne qui ne dispose que d’un temps trop limité je ne dois pas perdre de temps avec le réapprentissage de tout ce que je cultive depuis longtemps. Je suis déjà victime de l’énième Rechtschreibreform qui m’oblige à oublier tout ce que j’ai appris á l’école quand je veux publier un texte officiel. Cerise sur le gâteau arrive l’écriture inclusive avec ses mille sous-variantes.

      Si dans ma pratique d’auteur je me mettais à m’intéresser aux subtilités de chaque nouveau règlement je finirais par me taire. La langue bouge au rythme du peuple. Qu’on arrête de lui imposer ce qui l’empêche de s’exprimer et d’être entendu.

      Il est fatiguant de se défendre contre la censure par l’imposition de règles qui coûtent tellement de temps que tu n’a plus la force d’exprimer ce qui est essentiel.

      #écriture

    • @klaus, tu n’as pas le temps de lire les liens que je t’envoie et tu souhaites te conforter dans ton point de vue et ne pas le requestionner. Je me demande pourquoi je me fatiguerai à te faire ouvrir les yeux après thousands of years of #mansplaining #inversion_patriarcale dont tu nous rajoutes une nouvelle strate.
      Tout les arguments que tu cites et que tu dis n’appliquer que de ton ’point de vue’ persistent à maintenir la place privilégiée masculine alors même qu’elles sont réfutées par toutes les études de genre. Tu ne veux pas de nouvelles règles qui bouleverseraient ton petit confort ? quoi de plus faut-il mettre dans la définition du vieux con+servateur ? Je t’invite fortement à suivre le lien #ecriture_inclusive sur seenthis. je ne répondrai plus à tes provocations sexistes archaïques.

    • @klaus

      Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      J’ai quand même l’impression d’avoir vu pas mal d’études récentes qui disent précisément l’inverse, quelles sont tes sources ?

  • Écriture inclusive et langue française : le Conseil d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux plaques commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique. 

    Lire l’article de Victor De Sepausy sur le site Les univers du livre

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade

    #langue

  • Comment Bad Bunny, superstar du reggaeton, est devenu un rempart latino anti-Trump | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/100126/comment-bad-bunny-superstar-du-reggaeton-est-devenu-un-rempart-latino-anti

    Comment Bad Bunny, superstar du reggaeton, est devenu un rempart latino anti-Trump

    À l’approche de son concert à la mi-temps du Super Bowl en Californie, le chanteur portoricain incarne la résistance à la politique migratoire des États-Unis. Son dernier album, ode à l’indépendance de son île des Caraïbes, prend encore une nouvelle dimension avec la crise au Venezuela.

    Ludovic Lamant, 10 janvier 2026

    À qui parler et en quelle langue ? L’année 2025 s’est conclue par une passe d’armes virale entre Bad Bunny et Rosalía, deux des plus grand·es artistes du monde de la musique hispanophone d’aujourd’hui. Le chanteur portoricain de 31 ans avait expliqué dans un podcast au New York Times, au moment d’évoquer la genèse de son album Debí Tirar Más Fotos, qu’il se moquait de savoir si son public comprenait l’ensemble de ses textes en espagnol – ajoutant que même certain·es hispanophones ne comprenaient pas tout de son parler portoricain.

    « Je m’en fous », a-t-il lancé ce jour-là, dans un élan qui a fait le régal des réseaux sociaux. Ce à quoi la Catalane de 33 ans, au moment de sortir son quatrième album Lux en novembre, où elle chante en treize langues différentes, dont l’arabe, l’allemand et l’ukrainien, a répondu, face aux deux mêmes journalistes du New York Times, qu’elle était convaincue du contraire : « Je me situe à l’inverse de Benito [le prénom de Bad Bunny – ndlr]. Moi si, cela m’importe. Cela m’importe tellement que j’ai fait l’effort de chanter dans une langue qui n’est pas la mienne, même si ce n’est pas ma zone de confort. »

    Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à durcir les positions des deux camps, y injectant des siècles de colonisation et d’oppression dans les Amériques. Et Rosalía s’est sentie obligée de se justifier, regrettant une mauvaise interprétation de ses propos, avant d’effacer son commentaire, en répondant à une vidéo TikTok dont l’autrice affirmait : « [Bad Bunny] fait une déclaration politique lorsqu’il choisit de chanter uniquement en espagnol. C’est quelque chose avec lequel tu ne peux pas t’identifier, parce que tu n’es pas latina, tu es espagnole. »

    Super Bowl sous tension
    Joint par Mediapart, Albert Laguna, qui donne un cours à l’université états-unienne Yale sur « l’esthétique et la politique » chez Bad Bunny, revient sur le rapport spécifique à l’espagnol du Portoricain. « La trajectoire d’une star internationale, selon les règles de l’industrie de la musique aujourd’hui, l’oblige à composer avec l’anglais, au moins sur quelques titres, si l’anglais n’est pas sa langue d’origine, explique le chercheur. Le dernier album de Bad Bunny fait tout l’inverse : il construit son succès à l’international dans un rapport non seulement à la langue espagnole, mais à un espagnol de Puerto Rico, avec ses expressions vernaculaires et son argot. C’est en cela très excitant. »

    D’abord connu au milieu des années 2010 pour ses hits calibrés de trap et de reggaeton, avant d’en bousculer les codes à partir de 2020, Bad Bunny – de ses vrais prénoms et nom Benito Antonio Martínez Ocasio – a été l’artiste le plus écouté de 2025 sur les plateformes, devant Taylor Swift.

    Il a prévenu qu’il ne chanterait qu’en espagnol lors du concert événement qu’il donnera à la mi-temps du Super Bowl, le 8 février, à Santa Clara, en Californie. Lors de la finale de 2025, le concert de Kendrick Lamar avait rassemblé plus de 126 millions de personnes devant leur télévision.

    Des figures pro-Trump de la galaxie Maga (« Make America Great Again ») ont manqué s’étouffer à l’annonce du choix de la National Football League (NFL). D’abord parce que celui qui avait appelé à voter Kamala Harris en 2024 ne chante pas en anglais – ce à quoi l’intéressé avait répliqué, invité de l’émission télé « Saturday Night Live » en octobre, après avoir glissé quelques mots en espagnol : « Vous avez quatre mois pour apprendre, si vous n’avez pas compris ce que je viens de dire. »

    Surtout, Bad Bunny s’est imposé comme une des principales figures de l’opposition à Trump, et en particulier de sa politique migratoire. Au point de refuser de faire une tournée de concerts aux États-Unis, de peur d’y voir des raids de la police de l’immigration ICE visant des migrant·es dans son public.

    La ministre américaine de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a prévenu dès octobre que des personnels de l’ICE seraient déployés lors du Super Bowl, afin d’intercepter d’éventuel·les migrant·es : « Seuls les Américains au regard de la loi, ceux qui aiment leur pays, devraient se rendre au Super Bowl », a-t-elle menacé.
    Plaidoyer post-colonial

    Dans le clip de sa chanson NUEVAYoL, qui évoque les cultures de l’immigration portoricaine à New York, et qu’il a mis en ligne le 4 juillet dernier, jour de la fête nationale aux États-Unis, Bad Bunny a ajouté vers la fin de la chanson quelques secondes où il imite un Donald Trump parlant à la radio. Le faux président (à partir de 2 min 40 s dans la vidéo ci-dessous) reconnaît avoir « fait une erreur » et veut s’« excuser auprès des migrants » : « Ce pays n’est rien sans les migrants », citant entre autres les Portoricain·es, les Colombien·nes et autres Vénézuélien·nes…

    Alors que les États-Unis viennent de faire tomber le président du Venezuela Nicolás Maduro, le concert du Super Bowl s’annonce encore plus tendu. D’autant que le dernier album de Bad Bunny, son sixième, est un plaidoyer post-colonial pour les racines, la fierté et l’indépendance de Porto Rico, et par extension des Caraïbes et des Amériques. Lors de ses apparitions, le chanteur arbore souvent la pava, ce sombrero de paille typique de la culture paysanne jíbara, dans l’intérieur montagneux de Porto Rico.

    Il a aussi travaillé les visuels qui accompagnent les chansons de ce nouvel album, y compris des fiches de type PowerPoint qui ouvrent ses clips, avec l’historien Jorell Meléndez-Badillo, un spécialiste de l’histoire coloniale de cet archipel de 3,2 millions d’habitant·es.

    Le statut de Porto Rico est très particulier : c’est un « État libre associé » des États-Unis. Ses habitant·es sont de facto, depuis une décision de 1917, des citoyen·nes états-unien·nes et peuvent circuler librement dans le pays. Ils et elles ne paient pas d’impôts fédéraux aux États-Unis, contribuent à la Sécurité sociale et ne peuvent pas voter pour des élections aux États-Unis.

    En 2019, Bad Bunny avait soutenu les manifestations massives contre le gouverneur de l’île et un système politique corrompu, après la publication de messages internes révélant la misogynie, l’homophobie ou encore le cynisme des autorités lors de la gestion de l’ouragan Maria de 2017. Le chanteur a aussi appelé à voter en 2024 pour le Parti indépendantiste portoricain (PIP), parti indépendantiste, qui plaide pour la séparation radicale d’avec les États-Unis (la formation avait décroché près de 31 % des voix, contre 14 % en 2020).

    Enfin, il a organisé tout l’été 2025 une résidence de pas moins de trente concerts à domicile, à San Juan, capitale de Puerto Rico, dans l’espoir notamment de doper l’économie locale.

    C’est en mobilisant tous les genres musicaux de l’île qu’il parvient à construire ce récit politique sur Puerto Rico et son indépendance.

    Dès janvier 2025, l’artiste, acteur à ses heures perdues, avait mis en ligne, quelques jours avant la sortie de son album, un court métrage de treize minutes en forme de critique virulente de la gentrification (ou embourgeoisement) de l’île aux dépens des Portoricain·es condamné·es à l’exil – ce que certain·es appellent une gringificación, soit l’afflux de touristes gringos (états-uniens), en particulier depuis la catastrophe de l’ouragan Maria. Le film imagine ainsi un archipel aux mains des États-Unis où l’on ne parlera plus qu’anglais…
    Le court-métrage « DeBÍ TiRAR MáS FOToS ». © Vidéo Bad Bunny

    Le dernier titre de son album, LO QUE LE PASÓ A HAWAii (« ce qu’il s’est passé pour Hawaï »), creuse le même sillon, avec un final ultrapolitique et un appel à la résistance bouleversant. Il fait référence à l’annexion en 1898 d’Hawaï par les États-Unis, qui aurait entraîné le déplacement forcé des populations déjà installées, et redoute un avenir similaire pour son archipel.

    Il chante, en apostrophant Puerto Rico : « Ils veulent nous ôter le fleuve, mais aussi la plage, / Ils veulent mon quartier, et que la grand-mère s’en aille. / Non, ne lâche pas le drapeau, ne lâche pas le “lelolai” [un rythme traditionnel jíbaro – ndlr]. / Je ne veux pas qu’ils fassent avec toi ce qu’il s’est passé pour Hawaï. »

    « Dans cette chanson, explique l’universitaire Albert Laguna, il revient sur le fait que Puerto Rico est la plus vieille colonie au monde [depuis le passage de Christophe Colomb en 1493 – ndlr] et s’inquiète d’un futur sans Portoricains, d’une jeunesse sans avenir, avec des autorités corrompues et une spéculation immobilière brutale. » Le titre est même ponctué de quelques silences, qui pourraient renvoyer aux apagones, ces coupures d’électricité régulières sur l’île.

    Mais la puissance de Debí Tirar Más Fotos ne se résume pas à ses paroles acérées. Albert Laguna décrit bien à quel point Bad Bunny s’est appuyé sur des styles musicaux anciens de Puerto Rico, certains oubliés ou qu’on croyait passés de mode, pour faire retentir cet appel à l’indépendance.

    « Il a repris de la musique jíbera, une sorte de musique country portoricaine venue des montagnes, celle que les grands-parents jouent à leurs petits-enfants à Noël, précise le spécialiste. Mais aussi de la salsa, qui avait un peu cédé le pas, ces derniers temps, au reggaeton et à la música urbana [dembow, dancehall, etc. – ndlr]. Il redonne vie aussi à la bomba, aux racines afro-portoricaines marquées [pratiquée par des personnes réduites en esclavage dans des plantations de l’île – ndlr], et à la plena, un style musical très populaire dans les années 1940, 50 et 60. C’est en mobilisant tous ces genres musicaux qu’il parvient à construire ce récit politique sur Puerto Rico et son indépendance. »

    À ce jeu, LA MuDANZA (« le déménagement ») occupe une place particulière dans l’album, hommage à ses parents et ses ancêtres, mais aussi aux musiques afro-américaines. Le final du clip (à partir de la troisième minute), qu’il a mis en ligne le jour de son anniversaire, montre « Benito » planter le drapeau portoricain et enfiler une pava.

    Il chante au rythme des percussions de bomba, sous l’apparition de masques multicolores africains, identifiés à la localité de Loiza, connue pour sa population descendant, en grand nombre, de personnes esclavisées. Bad Bunny prévient : « Personne ne me jettera d’ici, je ne bougerai pas d’ici. / Dis-leur que c’est ma maison, que c’est ici qu’est né mon grand-père. »

    Lors de l’annonce de la sélection de Bad Bunny pour le Super Bowl, Donald Trump avait réagi le 6 octobre, jugeant ce choix « totalement ridicule ». Avant de reconnaître : « Je n’ai jamais entendu parler de lui. » Le président des États-Unis va devoir s’habituer à entendre parler du chanteur portoricain, et sans doute bien après son concert du 8 février prochain.

    Ludovic Lamant

    #Porto-Rico #impérialisme #musique #langues

  • Conseil d’État, 10ème Chambre, 31 décembre 2025, 505108 | Pappers Justice : Toutes les décisions de justice françaises gratuites
    https://justice.pappers.fr/decision/42554ba345f38946934e58a1663c1d472d1dcc7f

    Considérant ce qui suit :

    1. Aux termes de l’article L.822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».

    2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, l’association Francophonie Avenir soutient qu’il est entaché :
    – d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier, en ce que la cour a jugé que l’utilisation de l’#écriture dite « #inclusive » ne saurait être regardée comme l’usage d’une autre #langue que le #français ;
    – d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier, en ce que la cour a jugé que l’utilisation de cette même écriture sur des plaques commémoratives ne revêtait pas systématiquement le caractère d’une prise de position politique et que son usage pour désigner un titre ou une fonction ne saurait, à lui seul, être regardé comme une prise de position #politique ou #idéologique.

    3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi.

    D E C I D E :

    –-------------

    Article 1er : Le pourvoi de l’association Francophonie Avenir n’est pas admis.

    Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association Francophonie Avenir.
    Copie en sera adressée à la Ville de Paris.
    Délibéré à l’issue de la séance du 4 décembre 2025 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d’Etat et M. Renaud Vedel, conseiller d’Etat-rapporteur.

    Rendu le 31 décembre 2025.

    Une association souhaite faire reconnaître que l’écriture inclusive est non-neutre politiquement, et doit donc être supprimée des plaques commémoratives. Le Conseil d’état rejette ses demandes et rejette l’idée que l’écriture inclusive pourrait être jugée non-neutre.

  • A Very Big Fight Over a Very Small Language

    In the Swiss Alps, a plan to tidy up Romansh—spoken by less than one per cent of the country—set off a decades-long quarrel over identity, belonging, and the sound of authenticity.

    Ask him how it all began, and he remembers the ice. It was a bitter morning in January, 1982, when Bernard Cathomas, aged thirty-six, carefully picked his way up a slippery, sloping Zurich street. His destination was No. 33, an ochre house with green shutters—the home of Heinrich Schmid, a linguist at the University of Zurich. Inside, the décor suggested that “professor” was an encompassing identity: old wooden floors, a faded carpet, a living room seemingly untouched since the nineteen-thirties, when Schmid had grown up in the house. Schmid’s wife served Rüeblitorte, a Swiss carrot cake that manages bourgeois indulgence with a vegetable alibi.
    Cathomas had already written from Chur, in the canton of the Grisons, having recently become the general secretary of the Lia Rumantscha, a small association charged with protecting Switzerland’s least known national language, Romansh. Spoken by less than one per cent of the Swiss population, the language was itself splintered into five major “idioms,” not always readily intelligible to one another, each with its own spelling conventions. Earlier attempts at unification had collapsed in rivalries. In his letter, Cathomas said that Schmid’s authority would be valuable in standardizing the language. Cathomas wrote in German but started and ended in his native Sursilvan, the biggest of the Romansh idioms: “Jeu engraziel cordialmein per Vies interess e Vossa attenziun per quest problem.” Translation: “I thank you very much for your interest and attention to this problem.”
    Schmid, the man he was counting on, hadn’t grown up speaking Romansh; he first learned it in high school, and later worked on the “Dicziunari Rumantsch Grischun,” a Romansh dictionary begun in 1904 and still lumbering toward completion. But the depth of his expertise was formidable. By the time Cathomas knocked on his door, Schmid had already sketched a plan for standardizing Romansh: a “majority principle” in which the most widely shared spellings across the idioms would win out.
    “He really already had everything,” Cathomas recalled. “He had worked it all out in his head.”
    What Cathomas hadn’t reckoned with was how quickly the tidy scheme, once loosed into the valleys, would ignite quarrels that engulfed Swiss classrooms, newspapers, and eventually cantonal politics—a parable of how an attempt to secure a language’s survival can feel, to those being standardized, like an assault on what makes them distinct.
    Every European language originated in a squabble of dialects. Standard English rose from East Midland varieties, its momentum gathering after Chaucer’s “Canterbury Tales,” in the fourteenth century. In Germany, Luther’s New Testament was a catalyst for making the Saxon dialect the linguistic default, at least on the page. French proved the most consequential case. For centuries, the monarchy promoted a version of the Parisian dialect, and the French Revolution—linking linguistic unity to republican virtue—only hastened the process of linguistic standardization. Elsewhere, the French model of uniformity imposed from above became the template. “There’s a big difference between languages standardized before the French Revolution and after,” the Romance philologist Paul Videsott told me. “After Napoleon, language becomes the strongest means to define a people.”
    Romansh, which sounds closer to northern-Italian dialects than to the modern language spoken in Florence or Rome, is a battered remnant of spoken Late Latin which escaped standardization mostly by being tucked away in the Alps. The Grisons, Switzerland’s only trilingual canton, is dominated by mountains; an area roughly the size of Delaware contains nine hundred and thirty-seven named peaks. (Piz, Romansh for “peak,” clings to dozens of summits like linguistic snowpack.) The terrain is daunting. Even today, travelling by train from Disentis, a Sursilvan-speaking town, to Poschiavo, Italian-speaking and just sixty miles away, takes more than four hours.
    Chur, the capital of the Grisons, was devastated by fire in the fifteenth century. An influx of German-speaking workers arrived to help with reconstruction, and the town’s language altered to German before Romansh had established a literary tradition. And the fact that wider political authority was decentralized meant that linguistic fragmentation found little resistance. Until the start of the nineteenth century, the canton was governed by three bodies with names fit for a Wes Anderson caper: the League of God’s House, the League of the Ten Jurisdictions, and the Gray League. During the Reformation, villagers could put big questions—whether to turn Protestant or remain Catholic—to a vote. Among the surviving Romansh idioms, Sursilvan reigns in the upper Rhine Valley; Sutsilvan in the posterior Rhine Valley; Surmiran in the Albula Valley and Oberhalbstein; and Puter and Vallader in the Engadine. In Cathomas’s estimation, Sursilvan accounts for just over half of all Romansh speakers, Vallader about a fifth, Puter and Surmiran each about ten per cent, and Sutsilvan about five per cent. (These five idioms, Cathomas notes, are themselves a standardization of perhaps twenty-one linguistic varieties that arose over time.) Greetings shift on either side of a watershed and can vary even within a town. Among speakers of Romansh, you could find dozens of ways of pronouncing the first-person pronoun. “Avalanche” varies, too—lavina in Sursilvan, Vallader, and Puter, lavegna in Surmiran and Sutsilvan. With both courtesies and catastrophes refusing to conform, the canton’s school board, publishers, and clergy were forced to produce multiple editions of primers, textbooks, and catechisms; sometimes five parallel print runs were needed for a population the size of a town. To the reform-minded, it was plain that something had to give.
    I met Bernard Cathomas at his home in Chur, a white-walled modernist house designed in the style of Rudolf Olgiati, the Swiss architect known for making starkness feel Alpine. Tall and slender, with retreating white hair, rimless glasses, and a careful, though not unamused, expression, Cathomas carried himself with the formality of a cultural functionary and the low-key stubbornness of a man who has spent a lifetime defending a fragile language. He remains better known in the valleys of the Grisons than he might like; his name can still provoke sharp opinions. The death threats have passed. The indignation has not.
    Inside, we sat by some Le Corbusier armchairs—“Not always very comfortable,” he remarked—while his wife, Rita, brought out what felt like a culinary tour of the valleys: a barley soup dense with grains and vegetables, grated potatoes fried slowly in butter until crisp, and plates of charn setga dal Grischun, dried meats from the Grisons. Cathomas was born in 1946 in Breil, a village situated on a terrace on the north side of the Anterior Rhine, forty-two hundred feet above sea level. He was the second of fourteen children, in a Sursilvan-speaking family.

    The family straddled eras: their habits belonged to the region’s past, their livelihood to the new era. His father worked as a wheelwright until rubber tires killed the trade, then built wooden molds to cast concrete for hydroelectric projects. “My first and deepest wish was to become a medical doctor,” Cathomas said, “but, because my family lacked the money for a secondary-school education, I gave up on that idea.” In the mid-fifties, the family visited the Benedictine monastery at Disentis, which operated a school. Cathomas recalls standing in the Baroque church, beneath a fresco of St. Placidus carrying his own severed head, while monks asked his father if they could pay for tuition. They could not. Nor did Bernard have any desire to be a priest or a monk. He stayed in his local school, trained as a teacher in Chur, and eventually earned a doctorate in German studies.
    By the seventies, Romansh was losing ground; although the number of speakers inched up, the share of the Swiss population who spoke it shrank. German seeped into daily speech, bringing its gadgets with it: vacuum cleaners were schtaubsugers, televisions fernseers, tents zeltas. Decline had a ratchet effect. “Languages need what we call in economics ‘network externality,’ ” Clemens Sialm, a finance professor at the University of Texas who grew up speaking Romansh, told me. “A language becomes more useful the more people speak it.” In the early eighties, someone suggested to Cathomas that Romansh should be allowed to “die in beauty”—the proposal itself phrased, with a touch of fatalist elegance, in Vallader.
    Switzerland had declared Romansh its fourth national language in 1938, but the gesture was symbolic. Without a standardized written form, nothing official could be produced in it. The breakthrough for Cathomas came during his doctoral studies, when he encountered the work of Harald Haarmann, a linguist who showed how German had gradually emerged from a patchwork of dialects. “I thought, Yes, that’s incredible,” Cathomas recalled. “And, when I joined the Lia Rumantscha, I said, ‘We absolutely must do something like that.’ ” What Cathomas perhaps overlooked was that German had unified itself by erasing languages like Romansh.
    After meeting with Cathomas, Heinrich Schmid rapidly produced a dense forty-eight-page pamphlet, outlining a scheme for the new language, which he called Rumantsch Grischun—that is, Grisons Romansh. Given Schmid’s strategy of taking the most common form of a word across the five idioms, sometimes nothing had to change—clav, or “key,” was clav everywhere. Sometimes there was a clear majority: tschiel, or “sky,” instead of tschêl. And sometimes Schmid split the difference, smoothing verbs that varied wildly from valley to valley.
    Cathomas wanted Rumantsch Grischun, or R.G., launched fast. At the Lia Rumantscha, a handful of young linguists set about producing grammars and dictionaries, translating government documents, and coining words on the fly. The mood was feverish. “It was such a pioneering time—you had a feeling that anything was possible,” Anna-Alice Dazzi, a former student of Schmid’s and an early R.G. evangelist, recalled.
    A caveman and a dinosaur brag about the origins of their wealth and the accomplishments of their ancestors.

    But there were already signs of mission creep. Christian Erni, a primary-school headmaster, remembers a conference in the eighties where Cathomas assured teachers that R.G. would never enter classrooms. “It would just be for signage and communication between canton and municipality, a written language,” Erni recounted. “The teachers believed it, too.” That promise quietly expired. Cathomas “wanted to get to the goal too quickly,” Mevina Puorger, a scholar who had also studied with Schmid, recalled. “As soon as he had the guidelines, he started making translations. That was too early. He didn’t give the language a chance to grow.”
    The first serious backlash came in 1988, at a cultural gathering in Scuol. The linguist Chasper Pult gave a lecture in favor of R.G. One designated respondent, Theo Candinas, a writer and an outspoken critic of R.G., was furious that the moderator denied him a chance to deliver a proper rebuttal. To some in the hall—those who saw R.G. as a lab-grown construct foisted on Alpine communities by distant planners—the silencing confirmed their suspicions. “The opposition was probably already frustrated,” Dazzi recalled. “They felt all the energy, all the money, was going into Rumantsch Grischun. This was the last straw.” The following day, Candinas complained to the press that he’d been censored, and denounced R.G. as a bureaucratic affront to the authentic cadences of the valleys.
    The opposition remained a minority, but a verbally resourceful one. The new language was denounced as a “bastard,” a “castrated” tongue, an act of “linguistic murder.” Nazi analogies abounded: Candinas, in a much discussed article, seemed to liken Cathomas to Josef Goebbels; one editorial accused the Lia Rumantscha of staging a “Kristallnacht” against the idioms. Others borrowed from the anxieties of the eighties, from AIDS to Eastern Bloc repression. In 1991, three thousand people signed a petition to the federal government in Bern claiming that the imposition of R.G. violated their rights. Cathomas received threatening anonymous letters and calls. Strangers let him know exactly how they felt. “The reason it’s so contentious is that it’s not about language,” Oliver Mayeux, a sociolinguist at Cambridge, told me. “It’s about using language as a symbol, a totem, around which you organize your social movement.” But Cathomas was determined to stay the course until R.G. joined German, French, and Italian as one of the languages in which Swiss government documents are published. In 1996, it happened.
    Cathomas left the Lia Rumantscha and went on to run Pro Helvetia, the Swiss arts council. The opposition subsided. The publisher Dorling Kindersley’s Eyewitness Books were reborn as Collecziun Egls Averts. Microsoft released its Office suite in R.G. Even the Beatles arrived in Romansh: the Swiss vocalist Corin Curschellas sang “Norwegian Wood” as “Jau vev in’amur / U duess jau dir / L’amur veva mai . . .” After concerts, she’d sometimes ask audiences: Which idiom had she sung in? Sursilvan? Vallader? Surmiran? No one ever guessed R.G.
    By the turn of the millennium, the language had seeped into daily life. The journalist David Truttmann read some short texts on Romansh radio in R.G. He recalls that at the post office in Müstair, where locals speak Jauer, a close relative of Vallader, a postal clerk once said, “You told some funny stories. But they weren’t really in Jauer, were they?” They weren’t—but the fellow had understood them. Later, a pastor clear across the canton griped about another broadcast. For Truttmann, the complaints were the proof: R.G. could serve as a lingua franca.
    Earlier this year, Cathomas agreed to take me on a tour of the region whose linguistic future he’d once tried to reprogram. We left Chur in a train and then boarded a PostBus, climbing into the upper valleys. At just below five thousand feet, we stopped in Vrin, a village whose church had a portico lined with human skulls—a memento mori and, in the past, a resting place for the dead before burial. Then we descended into the main valley of the Anterior Rhine, to Disentis and the Benedictine school that Cathomas’s family hadn’t been able to afford. The monastery, rebuilt at the end of the seventeenth century, sported a concrete addition, brutalism with a clerical accent. Standing in its shadow, I asked Cathomas how Switzerland’s near-sacred devotion to order—visible in trains, typography, and almost everything else—squared with its tolerance for linguistic chaos.
    “You know, that’s just the fascination of small things,” he said. “If you hold small things in high esteem, that’s a good attitude. But, in practice, it leads to difficulties. As soon as you don’t adhere to certain standards, you’re struggling.”
    It became evident that in the Romansh world, six degrees of separation would be overkill. Mention a name and you may be offered coffee, champagne, or a cousin. When I brought up Clemens Sialm, the finance professor in Texas, I found myself ushered up the stairs of the Hotel Alpsu, which is run by Sialm’s family. His sister leaned out of the kitchen; among the drinkers on the terrace was Elmar Deflorin, a singer and a filmmaker who, in 1986, had turned a satirical poem about R.G., written by a teacher, into a valley-wide rock anthem.
    After some coaxing, Deflorin sang the opening verse, which translated to: “Good heavens, what’s coming? / A new thing, a new language! / Gather yourselves, you valleys, with axe and club, every child! / We don’t want Rumantsch Grischun!” Later stanzas mocked purists who would “rather die than change” or “experience the world only in German.” Cathomas reprinted the poem in his (German-language) book on the Romansh-language wars, “A Path to Unity in Diversity.” When I asked Deflorin what he thought of the value of R.G. today, he didn’t hesitate: “I think it’s existential.”
    The next day, Cathomas and I went southeast, to the Engadine, where Puter and Vallader are spoken. In Pontresina, a village of palatial hotels, its mayor, Nora Saratz Cazin, explained that even here, in a Puter-speaking zone, speech could fray into micro-dialects. “The Pontresina dialect is very broad, doughy,” Cazin said. “We say primaveeerer, with a lot of eeeer and neer. In Zuoz”—eight miles away—“it’s primavaira.” Cathomas added that Pontresina people sounded slightly different from their neighbors in Celerina. How far away was that? She pointed out the window: “Celerina is the houses over there.”
    The second wave of resistance to R.G. began, predictably, in schools. For decades, the Grisons had printed textbooks in five Romansh idioms—a baroque solution that invited a more rational one. In the mid-two-thousands, the canton launched a trial program, subsidizing schools that taught in the standardized language. A new textbook series blended modernity with Alpine flourishes; one spread on hunting showed a smiling woman with a hooved carcass slung across her shoulders like a sweater, blood streaking her sleeve.
    Between 2007 and 2009, dozens of schools signed on to teach R.G., with a plan to eventually make it the language of instruction. Then children came home spouting phrases that sounded off, even foreign. Outrage followed. A bridge language never meant for speech was suddenly being spoken—and enforced as correct.
    In 2010, indignant parents in the Engadine founded an opposition group, Pro Idioms. Its leader, Domenic Toutsch—a farmer turned insurance executive turned village president—saw R.G. as a professional-class takeover. “The professional Romansh, the Romansh élite, bypassing the people, sought to introduce the Rumantsch Grischun project in an undemocratic, dictatorial manner,” he told me, “with money, coercion, and so on, under the leadership of Bernard Cathomas, among others.” Then, with a farmer’s finality, he added, “Bernard Cathomas is not my political Romansh friend.”
    Soon, a second chapter formed in Surselva. One of its leaders was Tresa Deplazes. When her daughter started third grade in an R.G. school, Deplazes recalled, “that’s when we really got a sense of what it meant. She’d bring home homework, and we’d encounter something that just sounded wrong and looked wrong. Really wrong.”
    The alliance between the two chapters required delicacy—the gap between the Engadine dialects and Sursilvan is the widest in the Romansh family—and participants sometimes had to ask one another what certain words meant. The group’s website published everything twice, with a short German summary as a backup for outsiders. On one point, however, everyone was unified and unyielding: no single Romansh should rule them all.
    Pro Idioms’ most effective weapon was procedure. In the Grisons, the canton where villagers once voted on whether to become Protestant or remain Catholic, individual communities could still hold a vote on which Romansh to teach. From 2011 to 2013, Pro Idioms campaigners trudged from hamlet to hamlet, insisting that the canton didn’t have the authority to dictate. “Every municipality had the right to decide its own language,” Deplazes said.
    In the spring of 2011, the writer Leo Tuor thundered in the Neue Zürcher Zeitung that the debate over R.G. had “destroyed linguistic peace in the Grisons and squandered the trust of the population.” Pro Idioms claimed that the way R.G. was introduced damaged children psychologically, fractured cohesion, and undermined identity.
    Not everyone admired the tenor of the revolt. “Perhaps Switzerland’s democratic principles were also somewhat undermined,” Fabian Huonder, a translator for the canton government, said. “If anyone spoke up for Rumantsch Grischun, they were interrupted, sometimes forcefully.” Still, the campaign worked. Most schools that had adopted R.G. reverted to an idiom.
    Yet Pro Idioms’ triumph had the markings of a Pyrrhic victory. With local schools rejecting R.G. textbooks, international publishers cut back their Romansh editions. The canton kept the colorful R.G. series for the few communities that continued to use them, but largely reverted to a modular system, plugging variant idioms into a single content-management framework. A professor commissioned by the Grisons government to develop teaching materials gave me the numbers: “We print eight sets of textbooks—five in idioms, one in Rumantsch Grischun, one in German, one in Italian. Sutsilvan, the smallest idiom, has just one school. Maybe twenty or thirty students.”
    In 2021, about forty thousand people—half a per cent of the Swiss population, fourteen per cent of the Grisons’—identified Romansh as their main language. The numbers haven’t budged much, but Romansh now sits in a kind of bureaucratic stalemate. Official publications appear in R.G., as do the Romansh broadcaster’s website and its radio news and bulletins, but almost all TV broadcasts are in the idioms. The daily newspaper La Quotidiana maintains an idiomatic equilibrium.
    David Truttmann, the paper’s publisher, took me through a recent edition with a ballpoint pen, charting linguistic shifts like a field commander repositioning troops. With square glasses and gray-flecked dark hair, he had the calm, thoughtful demeanor of someone long accustomed to handling complaints. The lead story—on a wind-power project—was in R.G. Two of the briefs were in Sursilvan. A photo spread was captioned in Puter. Inside, he pointed out Vallader and Surmiran.
    “I think this is the only newspaper in the world written in six different variants,” he said. The ads, inevitably, were mostly in German.
    It could almost seem that the invention of a uniform Romansh has encouraged further fragmentation. In Sedrun, a village below the Oberalp Pass, locals maintained that they spoke not Sursilvan or Sutsilvan but Tuatschin, a micro-idiom of their own. “About twelve hundred people live here,” one woman said, “but only about five hundred are Tuatschiners.”
    That night, in a hall attached to a compound for holiday groups—a bar on one side, a mandala-like cloth draped over the back wall—I attended an evening of prose and song. Pascal Gamboni, a musician with a graying mod cut, sang in Tuatschin: “Mo sil tschiel mirel, mo sil tschiel”—“Only in the sky, only in the sky.” Flurina Badel, a novelist, read from her new book, “Tschiera” (“Fog”), which is in Vallader and concerns Engadine villagers who are being priced out by second-home buyers. With her red-brown hair drawn back and her lips rouged, she read with the steady interior focus of a writer communing with her own sentences. I couldn’t follow her in Vallader, and I had the sense that I wasn’t alone.
    When she switched to German, everyone relaxed. “The quality of literature,” she told me afterward, “has nothing to do with the language in which it is written but with how that language is used.”
    At first, Gamboni and Badel looked like specimens of a venerable Alpine culture. That picture shifted once I spoke with them. Badel is a first-generation Romansh speaker: her father is of Italian descent, her mother Swiss German. They had moved to the Engadine partly for the cheap housing, which has long since disappeared. At home, Badel spoke French, Italian, and German; Vallader came later.
    She enrolled at the Hochalpines Institut Ftan, an élite school that educates both international boarders and local Swiss of more modest means. Later, while studying creative writing in Vienna, she was disappointed to find that everything was conducted in just one language. Did her devotion to Vallader have a convert’s zeal? “I also have a strong affinity for linguistic innovation,” she said. “And when I write in Romansh I’m very close to innovation. I can help invent new words.” She sometimes submits suggestions to Pledari Grond, an online dictionary: giattera (cat flap), tschüffasömmis (dream catcher).
    Gamboni had once spent a decade in England chasing rock stardom. In the early two-thousands, he moved to Bristol with his band, Cléan. Their sound was a serviceable version of Britpop; Gamboni sang in English. A few years later, though, the band was gone. The manager was gone. Gamboni had turned toward the obscure, scraping bows across guitar strings, recording snowmelt, making art films in derelict buildings. He looked worn out. His mother was worried.
    One way of telling the story is that Badel and Gamboni represented a younger generation intent on a Romansh revival. Another is that Romansh became a refuge when your larger ambitions went to ground.
    On the cantonal level, Romansh’s survival comes down to money. From the nineteen-fifties on, the Grisons went from rural poverty to Alpine affluence on the backs of tourism, high-tech industries, and hydropower. Today, its budget stands at $3.9 billion. Against that, the amount spent on supporting a minority language is, as Daniel Spadin, the canton’s top civil servant, told me, “negligible.” In his office building, he ushered me into a chandeliered chamber where a walnut table stretched beneath a rococo ceiling, gilt mirrors lined the walls, and a floral carpet spread underfoot. Federal and cantonal governments combined now spend the equivalent of about seven million dollars a year to keep Romansh alive, including subsidies for the Lia Rumantscha. (A separate levy brings in funds for public broadcasting.)
    “You get onstage very quickly,” Johannes Just told me one evening in his Chur apartment. He would know: for more than two decades, he was part of Liricas Analas, a Romansh rap crew. The name, literally “Anal Lyrics,” nods to the old “Parental Advisory” stickers that warned of obscene language. After six albums, the group disbanded in 2022. “From the living room to the stage, the transition is quick,” Just said. “The hard part is what comes after—trying to go from amateur to professional.”

    Liricas Analas revelled in regional clichés. In one 2012 video, a mountain rube putters to Zurich on an undersized motorbike and swaggers into a night club; offered cocaine, he counters with snuff. In a promotional image, the members pose beneath a schoolhouse panel in Trun that reads “Protect your old Romansh language.” None of them, however, could live on rhyme alone. By 2022, the surviving m.c.s were in their late thirties or forties, commuting from day jobs.
    Book publishing functions in much the same way—small triumphs, bounded horizons. Nadina Derungs, who runs Chasa Editura Rumantscha, in Chur, told me that a typical Romansh title might sell between four hundred and six hundred copies. The outlier was “Uorsin,” a 1945 children’s story about a boy stuck with the puniest cowbell at a fête, which was published in fourteen languages and sold a million copies.
    Derungs had bold glasses, black teardrop earrings, and a bubbly, curated energy. “We don’t publish everything we’re sent,” she said. For younger readers, the Lia Rumantscha translates international hits by big names—Richard Scarry is the latest. But since the revolt against R.G., even Scarry has to appear in multiple idioms. The result: fewer new books, more versions of the same ones.
    When I asked Derungs if she had ever dreamed of working at the German publishing giant Bertelsmann, she sighed. “Of course it would have been great,” she said. “But just getting an internship there—no chance. In the Romansh world, as soon as you want to work for the community, everyone comes and says, ‘Come to us.’ ”
    “This is a protected environment,” another Swiss woman told me when I mentioned the peculiarities of the Romansh cultural ecosystem. She had grown up speaking Romansh in Silvaplana, but she had since moved to Zurich. We were talking in German: “Das ist ein geschützter Rahmen.” But now she switched languages. “Safe space,” she added, in English.
    Technology may yet decide Romansh’s fate. Several years ago, executives at RTR, the public broadcaster in Chur, asked a computational-linguistics team at the University of Zurich whether the language could be brought into the world of automated translation. The timing was favorable: neural networks were replacing statistical models in mainstream machine translation, dramatically improving fluency. The Zurich researchers had spun out a startup, later folded into a larger language-services firm, Supertext, and saw Romansh as a perfect test case. Statistical systems could “see” only a handful of words at a time; neural models could take in whole sentences, and, later still, large language models could weigh even broader contexts.
    RTR agreed to co-fund a pilot to test new tools for its editorial team. The appeal for the developers was the engineering challenge it posed. Corporate clients often expect high-quality translation of internal jargon that behaves like a private dialect; Romansh, with its sparse training corpus and multiple variants, was a real-world version of that puzzle. The team trained its first system on roughly a hundred and twenty thousand aligned segments, a far cry from the billion-plus that a tech giant would have used for German-English. To compensate, they pretrained their system on equivalent Italian and German texts, and they machine-translated texts from major European languages to Romansh to bulk up the corpus.
    The resulting system worked well enough that when Bernard Cathomas switched to Romansh in an e-mail exchange, I could reply in kind. It performs better translating out of Romansh than into it, and it produces only R.G., though it can handle the idioms as input. A new project, backed by the Lia Rumantscha and the University of Zurich, aims to support all five major idioms, as well as R.G. The training base is meagre, mostly drawn from the news, but organizers hope for a working system by 2026.
    The Lia Rumantscha is also asking the International Organization for Standardization to classify each idiom as a separate language. Some people doubt that this hyperlocalism will pay off. One member of the Zurich team told me about a Swiss firm that sold a G.P.S. device with directions spoken in Swiss German. “No one bought it,” he noted. “People said, ‘That’s not my Swiss German.’ ” You can give the machine a voice, he suggested, but people still want it to sound like their cousin.
    It’s a long way from Zurich to Schnaus, and not just geographically. Where the tech world prizes scalability and fluency, the anti-R.G. camp measures success in familiarity, cadence, the feel of something handed down. When I mentioned Cathomas to Tresa Deplazes, a founder of Pro Idioms, she warned me not to be “blinded by his demeanor.” Over lunch at her carefully restored old home—fresh pasta, prompted by a glut of eggs from her hens—I was struck by its contrast with Cathomas’s existence in his austerely modern architectural dwelling in Chur.
    That evening, Deplazes and Francestg Friberg, a schoolteacher and a Pro Idioms member, led me up a hillside where Friberg kept his horses, Carmelot and Amarena. He distributed hay, grilled sausages, and gave me the Romansh names of a brook thundering in the dark.
    “We kept the idioms in schools,” Deplazes said. “We’re proud of that. It was a big job—very difficult.”
    “I don’t feel like a victor,” Friberg added. “But that’s well said. We achieved something.”
    It was the sort of sentiment Cathomas, from the other side, would have understood. “Minorities tend to make themselves smaller than they are,” he’d warned me. “At the same time, they also make themselves bigger. They feel like they can do anything. Both attitudes—the inferiority, the megalomania—are dangerous. In the middle, in reality, that’s the hard place.” But who decides where the middle lies? Between tradition and reform, the coördinates shift with every village.
    Later, I asked Friberg if his unusual first name was native to the area. “Yes, but it’s dying out, like Romansh,” he said. “I am the last of the Mohicans.”
    Rain lanced through the beams of our flashlights as we descended, the horses cantering around us. On the wall of a grotto, someone had scrawled “il drag”—“dragon,” though the official name was la cauma da nuorsas, the sheep’s haven. In Dardin, Friberg pulled a blackened stack of alderwood disks bound in blue twine from his barn and explained a seasonal custom, trer schibettas: heating the disks until they glowed, then hurling them into the valley with whittled sticks. “Over centuries, it became increasingly prohibited,” Friberg explained, given the risk of starting a fire. “Many villages banned it.” His own affection for the custom seemed undimmed; he demonstrated the technique by sending a disk skidding into the night.
    Driving back to Chur, I thought less of the hazards than I did of the stubborn beauty of the custom—the arcs of fire flung into darkness, small acts of defiance against the pull of forgetting. ♦

    https://www.newyorker.com/magazine/2025/12/08/a-very-big-fight-over-a-very-small-language

    #Suisse #langues #romanche #identité #appartenance #authenticité #Grisons #Lia_Rumantscha #minorités_linguistiques #standardisation #Rudolf_Olgiati #histoire #Heinrich_Schmid #Rumantsch_Grischun

  • Des féministes chinoises réinventent la langue pour s’attaquer au patriarcat | Radio-Canada
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2206758/feministes-chinoises-langage-patriarcat

    En Chine, des féministes remodèlent le mandarin écrit en modifiant d’anciens caractères et en inventant de nouveaux termes afin de contester le système patriarcal qui a longtemps dévalorisé les femmes.

    Le printemps dernier, une jeune femme qui se fait appeler « Puff » en ligne a créé un compte sur le réseau social XiaoHongShu afin de déverser sa colère contre le harcèlement sexuel en ligne et la discrimination contre les femmes enracinée dans la langue écrite.

    "Nous faisons passer une radiographie à la langue. Notre but est d’en révéler les biais de genre et de reprendre possession de notre langage et de notre regard culturel, avec un point de vue féminin. La langue façonne notre vision du monde et de nous-mêmes", soutient Puff.

    Sur son compte, elle invente de nouveaux mots. Elle remplace aussi des expressions qui stigmatisaient à l’origine les femmes et les remplace par d’autres qui stigmatisent les hommes afin que les Chinois prennent conscience de l’objectification et de la marginalisation que les femmes subissent en raison de la langue.

    Elle cite en exemple un dicton populaire en Chine : "les femmes sont naturellement faibles, mais les mères sont fortes".
    AILLEURS SUR INFO : Fusillade à l’université américaine Brown : la police appréhende un suspect

    Elle dénonce que la seule voie vers la force pour une femme soit la maternité, en affirmant que c’est un piège du patriarcat.

    Pour démanteler ce narratif et exprimer son absurdité, elle a créé sa propre version : "les hommes sont naturellement faibles, mais les Dengs sont forts". Elle fait référence à un terme péjoratif désignant les hommes âgés.

    "Politiquement, l’innovation verbale se rebelle contre le discours dominant que l’autoritarisme a intégré dans le langage. Culturellement, c’est une protestation contre un système rempli de mots qui rabaissent les femmes", soulignent Aviva Wei Xue et Kate Rose dans leur livre Weibo Feminism.
    Un nouveau clavier et un radical « solidaire » aux femmes

    Ce mouvement de contestation en ligne a pris de l’ampleur en juillet dernier lorsqu’une doctorante en Europe, connue sous le pseudonyme "鸟惠" (Niǎo Huì), a dévoilé sa création, un clavier féministe pour le mandarin.

    Dans cette méthode de saisie, les mots ayant des significations positives et admirables acquièrent le radical féminin (女) pour évoquer la solidarité entre les femmes, tandis que les caractères avec un radical féminin qui portent des significations négatives sont retravaillés avec des radicaux neutres.

    Le mandarin écrit est souvent décrit comme grammaticalement asexué, mais il comporte des biais de genre.

    Le radical sémantique 女 ("femme/féminin") apparaît dans de nombreux caractères aux connotations négatives, tels que 妒 ("jaloux"), 妖 ("traître") ou 嫉 ("avide"). Ces termes ne sont pas directement liés aux femmes, mais lient sémantiquement des traits indésirables à l’identité féminine.
    La parole « plus crédible » des hommes

    Les termes de référence privilégient également les hommes. Ceux-ci sont désignés par des titres comme 先生 ("monsieur" ou "maître/professeur"), qui portent des connotations de respect et d’autorité.

    En revanche, les formes d’adresse envers les femmes font souvent référence au statut matrimonial, à l’âge ou à l’apparence plutôt qu’aux réalisations professionnelles ou sociales.

    "Dans notre culture est-asiatique, quand il s’agit de nombreux sujets, de certaines positions importantes ou de divers aspects du statut social, les hommes ont généralement plus d’avantages que nous", constate l’influenceuse Kiv.

    Cette ancienne vendeuse de produits en direct sur TikTok a constaté que ses collègues masculins réalisaient de meilleures ventes parce que leur parole était jugée plus crédible.

    Le phénomène de protestation contre la langue écrite traditionnelle gagne en popularité sur le web chinois.
    Un nouveau langage pour l’autonomie des femmes

    Comme de nombreuses autres personnalités des réseaux sociaux, Kiv s’est donné pour mission d’utiliser un langage exprimant l’autonomisation des femmes.

    Elle popularise des néologismes comme "shero", qui est une contraction de "she", qui veut dire "elle" en anglais, et de héros. L’équivalent en mandarin est 英雌 (yīng cí), qui veut dire "une aigle".

    Yee, qui a réalisé sa transition de genre il y a quelques années, se souvient d’avoir pris conscience de son identité transgenre dès l’âge de 12 ans.

    Sa transition a accru son intérêt pour le féminisme.

    "Je me suis demandé : mais qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi les femmes sont-elles dans une telle situation de dévalorisation ?" confie-t-elle.
    De nouveaux mots pour alimenter la réflexion

    Grâce à sa formation en linguistique anglaise, Yee a une sensibilité particulière aux nuances du langage et à son pouvoir de perpétuer ou de déconstruire les inégalités.

    Elle met en lumière les différences entre l’anglais et le mandarin au sujet du respect envers les femmes.

    Elle s’interroge aujourd’hui sur les stéréotypes de beauté ancrés dans la langue et la culture chinoises.

    "Les femmes devraient être minces. Beaucoup de femmes en Chine perdent du poids à cause de ce standard de beauté. Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas être forte, pourquoi ne peut-on pas utiliser ce terme ?"

    Yee observe d’ailleurs une tendance croissante sur les réseaux sociaux où les femmes s’efforcent de changer la perception des mots, qualifiant une femme de "forte", cet adjectif autrefois perçu négativement.

    Le changement des habitudes linguistiques est vu comme la première étape vers le démantèlement du patriarcat.

    Puff explique que l’objectif de l’invention de nouveaux termes n’est pas de forcer l’acceptation de ses idées, mais de faire réfléchir les gens.

    "Cette démarche offre une nouvelle perspective, mais son influence ne sera pas immédiate. Nos perceptions ont été façonnées par la langue pendant des décennies. Il faudra autant de temps pour les transformer", croit-elle.

    • Étranges idéogrammes utilisant les kanji d’une femme 女
      https://skdesu.com/fr/10-ideogrammes-qui-utilisent-les-femmes-significations
      (traduction automatique d’un blog originellement en portugais)

      Pour une raison quelconque, un pervers a eu l’idée géniale de faire en sorte que l’idéogramme composé de 3 femmes kan [姦] signifie fornication, malice, séduction, viol, orgie et bruit. C’est l’un des idéogrammes les plus controversés de tous.

      Pourquoi trois femmes ensemble représenteraient-elles l’adultère ou le viol ? Ou pire, comment en sont-ils arrivés à la conclusion que trois femmes ensemble signifient quelque chose de bruyant ? Probablement que celui qui a eu cette idée aimait beaucoup un harem.
      Étranges idéogrammes utilisant les kanji d’une femme [女]

      Cet idéogramme est rarement utilisé, mais il peut encore composer certains verbes même s’il existe de meilleures alternatives. Énumérons quelques verbes ci-dessous :

      姦する - Kansuru - Ce verbe signifie commettre l’adultère, forniquer, avoir des relations illicites, violer, agresser et abuser ;
      姦しい - Kashimashi - Ce verbe signifie bruyant ;
      姦悪 - Kanaku - Malice, personne malveillante ;
      佞姦 - Neikan - Traître, malveillant, perverse ;

      Il convient de rappeler qu’il existe également 2 variantes de cet idéogramme avec des significations similaires et c’est probablement la manière d’écrire la plus courante. Nous avons [姧] qui réunit 2 femmes et le radical [干] qui signifie sécher, drainer, interférer et intercéder.

      En plus de [姧], nous avons la variante la plus courante de l’idéogramme qui ne contient qu’une seule femme [奸] et qui ont les mêmes significations que [姧] et [姦]. La principale différence est que ces idéogrammes [奸] et [姧] se réfèrent davantage à une personne rusée ou astucieuse. Les deux sont des variations l’une de l’autre avec la même lecture

  • Lettre ouverte à Éric Neuhoff

    Monsieur,

    Quel soulagement de vous voir entrer à l’Académie française en donnant des gages à la galanterie traditionnelle dans notre pays !

    Sur France Inter, le 13 novembre 2025 à 7h50, vous avez traité la linguiste Julie Neveux de « petite instit bornée ». Il semble que vous n’ayez pas digéré sa tribune dans Libération du 9 novembre, où elle implore l’Académie française de cesser « de vouloir réguler la langue et nos usages ». À moins que vous soyez vexé qu’elle ait cité des phrases de vous témoignant d’un haut niveau intellectuel, ou qu’elle juge ainsi votre commentaire sur le jeu d’Isabelle Huppert : « La teneur en pensée du cinéma flirte avec le néant, aplatie qu’elle est par le sexisme crasse. »

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2019/11/14/eliane-viennot-la-langue-dautrefois-est-bien-moins-sexiste-quaujourdhui-1-2/#comment-70193

    #feminisme #langue

  • Les « cassos », ces jeunes ruraux dont on ne veut pas
    https://theconversation.com/les-cassos-ces-jeunes-ruraux-dont-on-ne-veut-pas-265333

    « Cassos ». Derrière ce mot devenu banal se cachent des vies : parfois celles de jeunes ruraux précaires, sans diplôme, qui se sentent (à juste titre) disqualifiés par la société. À travers leurs récits se dessine le portrait d’une France invisible, marquée par un stigmate, une domination sociale et une fiction méritocratique.

    • J’ai beaucoup parlé de ça. C’est aussi ce dont parle Christophe Guilluy avec sa France périphérique et qui s’est fait ensuite bien silencié par ceux-là même qui profitent pleinement de ces inégalités  : les urbains éduqués, même si de + en + précarisés.

      Pendant le ¼ de siècle que j’ai passé dans la grande ruralité, c’est ce que j’ai vu  : une mécanique de relégation générale, la fabrication d’une armée de réserve de gueux auxquels seront refusées toutes les portes de sortie.

      Quand j’avais 18 ans, on pouvait encore (au prix de grands efforts) aller étudier en métropole régionale.

      Avec ma gosse, j’ai vu que tous les moyens concrets pour le faire avaient été délibérément détruits.

      Oui, j’ai détesté ce bus de 5h du mat le lundi, mais il n’existe plus aujourd’hui et sans voiture, tu ne peux donc plus aller étudier en ville, c’est fini.

      Je me souviens des gosses qui foutaient le bordel au cours d’anglais parce qu’ils avaient compris qu’ils ne quitteraient jamais le bled. Ou de la copine de ma fille, jeune ado très calme et studieuse qui me confia vouloir entrer à l’armée. Devant ma surprise, elle confirma  : c’est le seul moyen de faire des études de médecine.

      Et oubliez le mythe de la solidarité campagnarde  : il n’y a plus assez pour se serrer les coudes. Chacun tente d’exploiter au max la misère des gus juste en dessous d’eux pour tenter de surnager 10 sec. de plus. Tout ce que tu as, c’est une grange en ruine héritée des parents  ? Super, 4 plaques de placo, un coup de peinture (M6 a bien montré la technique pendant des années) et tu pourras pomper directement auprès de la CAF l’alloc logement des «  cassos  » de ton bled en les laissant pourrir dans les courants d’air  : tu sais que tu ne risques rien. Manière, le seule huissier du bled, t’es allé à l’école avec.

    • C’est dommage que tout le monde se toise en chiens de fayence, en croyant que pour eux (les autres) c’est différent.

      Pourtant, cassos, banlieusards, même galères, même combat (sans héritage pour les banlieusards mais peut être plus de facilités pour trouver un taf, au moins en région parisienne)

    • Pas du tout les mêmes galères.

      Le point crucial pour les jeunes ruraux, c’est l’absence quasi-totale de transport. L’assignation à résidence, là où les jeunes banlieusards peuvent investir les transports urbains prévus essentiellement pour desservir les centres-ville (et jamais relier les banlieues entre elles).

      L’absence de transport se traduit par une exclusion totale de l’éducation, de la culture et des services publics, en-dehors (et pour l’instant) de l’école publique obligatoire et souvent limitée en options et en possibilités.

      Les banlieusards ont + souvent accès aux centres des métropoles, mais ce n’est pas par bonté d’âme  : les riches culs ridés des centres bourgeois ont besoin de gueux à portée de la main (mais pas trop, quand même) pour venir les torcher.

      La sociologie des banlieues et celle des territoires oubliés est très différente.

      Genre, il y a nettement moins d’immigrés et de descendants d’immigrés dans la cambrousse profonde, mais ça ne les empêche pas d’avoir viré fachos, par ressentiment de l’abandon des gauches et peur fantasmée et alimentée par CNews d’une invasion qui est + le fait d’Européens éduqués et des bourges de centre métropole qui veulent des villégiatures discrètes, mais qui font flamber le foncier, le rendant inaccessible aux gueux du coin qui n’ont donc plus de position de repli.

    • Clairement il y a des différences mais quand je lis ça :

      ❝Sa phrase renvoie à la logique scolaire qui produit des « inégalités justes », c’est-à-dire présentées comme légitimes au nom du « mérite ». Pour ces jeunes, l’école n’est pas vraiment une promesse d’ascension, mais plutôt les débuts d’un parcours qui sera marqué par la honte sociale.

      En quittant l’école (puisque tous les enquêtés sont des « décrocheurs scolaires »), ils tentent de s’investir dans un marché de l’emploi qui ne veut pas non plus d’eux. Les enquêtés finissent très souvent désaffiliés, car s’ils « touchent » à de l’emploi, leur insertion se fait généralement sans stabilité, dans la précarité et donc sans reconnaissance sociale ni autonomie par le travail. Pour financer son quotidien, on vend ses meubles, on mange de la semoule uniquement pour faire des économies, on pratique une prostitution de « débrouille », et parfois aussi on revend de la drogue.❝

      ❝Cette jeunesse « sans monde ; sans rien » est privée d’espaces légitimes d’existence. Ces jeunes ne se reconnaissent ni dans les classes populaires « honorables » – qu’a pu, par exemple, étudier le sociologue Benoît Coquard en 2019 – ni dans une culture juvénile mainstream. Ils n’ont pas de place dans l’espace public local, ne se perçoivent ni comme « beaufs » ni comme « kékés » et se refusent à devenir des « assistés ».❝

      ou ça :

      ❝Je me souviens des gosses qui foutaient le bordel au cours d’anglais parce qu’ils avaient compris qu’ils ne quitteraient jamais le bled. Ou de la copine de ma fille, jeune ado très calme et studieuse qui me confia vouloir entrer à l’armée. Devant ma surprise, elle confirma  : c’est le seul moyen de faire des études de médecine.❝

      J’ai vu ou entendu les mêmes choses en banlieue, quasi copier coller.

      Et pour les transports en banlieue, à argenteuil il y a des bus qui ne passaient plus dans certains quartiers de cité excentrées à partir de 17h. Par ailleurs même s’il en existe, la plupart ont à peine les moyens de les prendre ou l’envie parce que dès qu’ils sortent ils se font harceler par la police ou les vigiles.
      Par contre effectivement pour la petite minorité qui passe le BAC, là t’as tout le loisir de prendre les transports et de torcher le cul de la bourgeoisie du centre ville.

    • Capitalisme et classisme font bon ménage.
      J’ai travaillé comme éduc dans la rue en banlieue puis en zone rurale. LE CHOC ! Je me croyais chez Zola. Prostitution des filles, drogue, alcool piqué dans les caves des parents fraîchement arrivés dans la villa moncul en copropriété de leurs rêves.Solitude extrême, pas de solidarité comme sur les quartiers, tristesse, pauvreté, restau du coeur...Problèmes de déplacements, la mission locale qui finance une partie de ton permis de conduire. Psychiatrie , solitude...J’ai plus aimé bosser en banlieue car même les éduc avaient plus de liens avec leur collègues et moins de solitude. Educ et jeunes en miroir comme d’habitude.

    • Les banlieues, c’est pas villa mon rêve. On ne dit ça que depuis les démolitions de grands ensembles. Celle où j’ai habité jeune connaissait aussi son lot de mineures prostitués, parfois par les parents, une incarcération des jeunes banalisée au point de faire figure de rite initiatique chez les mecs. À l’époque, aller à la ville centre (de moins loin qu’Argenteuil) passait pour un signe de distinction.

      Quand à Guilluy, ça marche de Zemmour à Ruffin
      https://www.politis.fr/articles/2023/01/gauche-et-ruralite-lombre-de-guilluy-lidentitaire

      Il est « silencié », non seulement au point d’inspirer de nombreux élus politiques, mais aussi de passer dans les pages de Le Monde
      https://seenthis.net/messages/815856#message1106928

      Et, pour info, le terme « cassos » est largement employé en banlieue et dans les classes populaires, par des locuteurs bien plus nombreux que les ruraux évoqués par Clément Reversé. C’est une insulte qui peut y compris être utilisée entre potes. Comme « victime », fragile". Des équivalents de « minable ». L’envers de la réussite, de la force, de l’indépendance, du mérite. Depuis 30 ans, on nous a bien appris à dénoncer l’assistanat. L’idéologie dominante, elle domine pas qu’aux abords des voies cantonales.

      edit Guilluy est le premier ici à populariser dans les média l’invention néo-con de David Brooks (Bobos in Paradise, 2001 ; Les Bobos, Florent Massot, 2002)
      https://www.contretemps.eu/les-bobos-nexistent-pas

      on voit que sans classe ouvrière une (+/-) sociologie et (+/-) géographie sociale de circonstance aussi déboussolées que déboussolantes tiennent le haut du pavé.

      #langue #idéologie

    • Y a pas de classe ouvrière en grande ruralité.

      Faut vraiment y aller et y vivre pour comprendre à quel point c’est différent.

      Y a la politique de la ville, le plan banlieues, etc. des trucmuches pompes à fric qui arrosent surtout leur promoteur.

      Les blédards sont réduits au diptyque agriculteurs/chasseurs alors que la majorité de ceux qui ont ces titres vivent… en ville. C’est vraiment un truc qu’il faut comprendre.

      Les paysans, c’est marginal dans l’agroindustrie et le gros des cartes de chasse part dans des bourgeois CSP+ qui font les coloniaux le WE.

      Les seuls plans de développement concrets que j’ai vu, de prise en compte de la crise profonde des populations rurales, ils étaient européens et pilotés par les régions.

      C’est totalement un impensé en France. Sorti des trucs folklos des fantasmes d’urbains.

      Et la grande ruralité, ça n’a rigoureusement rien à voir avec l’expansion des zones dortoirs pavillonnaires sur les pourtours un peu excentrés des métropoles régionales.

      Là, en allant sur Montpellier, je suis passée par le Haut Languedoc (zone qui a inspiré chiens de la casse) et oui, ça, c’était de la grande ruralité  : enclavement, éloignement, assignation sur place à des activités faiblement rémunérées (tourisme, agri) et extrême précarité.

      Un truc qui marque le territoire de ce type, c’est l’absence de rails. Les bus régionaux, c’est bien sympa, mais c’est limité en taille et en horaire. Être connecté par rail à la métropole où sont toutes les activités à valeur ajoutées, ça fait toute la différence.

      Pas de train, des routes dégueulasses, pas de services, le pensionnat dès la 6e, ça te pose des territoires.

    • En parlant des impensés, y a le logement.

      Oui, c’est la crise du #logement pour un gros tas de raisons qui s’entassent connement comme un gros gâteau de pancakes de merde.

      Quand on parle de crise du logement, on parle en premier des villes et en particulier de Paris où il faut débilement un SMIC pour poser son balai dans un placard. On parle ensuite de rénovation urbaine et de grands ensembles.

      D’ailleurs, peut-être un peu vénères d’avoir été présentés comme un des 5 quartiers les + pauvres de France, la ZUP de mon ancien bled en chef est actuellement en train d’être entièrement refaite à neuf. Je soupçonne très très fort que ce n’est pas du tout à effectifs constants et que vu l’énorme amélioration du quartier en termes de qualité des logements, des équipement et des infrastructures, ceux qui claquaient du bec ont été discrètement éparpillés dans les trous cambroussards alentours, sans espoir de retour.
      Mais, il y a eu rénovation totale (et toujours en cours) du quartier.
      https://blog.monolecte.fr/2014/12/13/deshabiller-tout-le-monde-pour-nhabiller-personne

      Rien de semblable sur le mal logement de la grande ruralité. On te parle des zones tendues, mais dans la brousse, le locatif est rare… et délabré. Il y avait eu des tentatives de comptage  : 70 à 80% d’habitat indigne. De la retape roulée sous les aisselles, des marchands de sommeil notables du village, la baronnie inattaquable parce que tout le monde s’en contrefout.

      Les paysans vivent dans leur outil de travail. Mais les autres, c’est surtout où ils peuvent. Et c’est souvent aux normes… des années 50.

      Et ça, c’est quand ton coin est trop moche pour attirer beaucoup de touristes. Sinon, l’habitat de loisir finit de clouer le cercueil du territoire. De belles baraques soigneusement rénovées par des artisans biocompatibles pendant que les gars du coin survivent dans des bicoques à courants d’air.

      Mais au bout du chemin, personne ne t’entend crier.

      Je partage tout à fait le constat de @mfmb, sur le fait que même quand tu viens d’un quartier dit «  sensible  » de métropole, rien ne t’a préparé à l’abandon total de la grande ruralité, où rien ne percole des grandes villes, même pas les mentalités.

      J’ai une amie qui venait des quartiers et qui a réussi à être prof… dans mon bled. Comme toi, @mfmb, exactement comme toi, son bilan  : c’est + pauvre, + brutal, + abandonné et en +, c’est totalement arriéré.
      Mais faut faire plus qu’y séjourner pendant les vacances pour s’en rendre compte.

    • Les « Cassos »
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-mardi-28-octobre-2025-5573782

      Dans son enquête sociologique "La Vie de cassos : jeunes ruraux en survie" (Éditions du Bord de l’eau), Clément Reversé met en lumière ceux que la société oublie trop souvent : les jeunes en difficultés, qui cherchent à s’en sortir et à ne plus être perçus comme des “cassos”.

      https://www.editionsbdl.com/produit/la-vie-de-cassos-jeunes-ruraux-en-survie

  • Olivier Mannoni : « Le #fascisme commence par le #langage »

    Traducteur de l’allemand, #Olivier_Mannoni interroge, à partir du laboratoire nazi, la #brutalisation de la langue qui accompagne les #fascismes. Il nous explique comment #Trump parle comme #Hitler, et #Poutine comme un #gangster.

    https://www.youtube.com/watch?v=OwReaFwxI7A

    Olivier Mannoni a vécu près de dix ans avec les #mots d’Adolf Hitler, en étant chargé d’une retraduction de #Mein_Kampf dans le cadre d’une édition critique, Historiciser le mal, dirigée par l’historien Florent Brayard, parue en 2021. Traducteur réputé, fondateur de l’École de traduction littéraire, il n’est pas sorti indemne de cette fréquentation, alors même qu’il avait déjà souvent traduit des textes sur le IIIe Reich. C’est que ces mots d’hier, il les entendait aujourd’hui.

    « Nous assistons à la remontée des égouts de l’histoire. Et nous nous y accoutumons », écrit-il dans Traduire Hitler, paru en 2022, suivi en 2024 de Coulée brune, qui s’attache à montrer « comment le fascisme inonde notre langue ». « Parce qu’il permet le dialogue et la prise de décision commune, le langage est la force de la démocratie, écrit-il. Que ce langage soit perverti, et c’est la démocratie elle-même qui se distord, s’atrophie et perd sa raison d’être. »

    Durant cette « échappée », Olivier Mannoni nous explique ainsi comment Donald Trump et son entourage parlent comme Adolf Hitler et les propagandistes nazis. Cette « langue du même et de la racine » s’accompagne de mécanismes langagiers que partagent les #médias de la #haine : #simplification outrancière de la réalité, petites phrases comme autant d’uppercuts, #vérités_alternatives dans une inversion systématique du sens.

    Cette brutalisation va de pair avec une transgression permanente dont le #charlatanisme assumé et la #grossièreté illimitée sont autant d’armes langagières pour faire taire les opposant·es, les paralyser et les stupéfier. Cette #nouvelle_langue des fascismes est aussi un « #parler_pègre » dont Vladimir Poutine est coutumier, évoqué par le récent essai de la philologue Barbara Cassin La Guerre des mots.

    « On prend tout ça pour de la frime, on ne prend rien au sérieux et on sera bien étonnés le jour où ce théâtre sera devenu une sanglante réalité » : cette conversation avec Olivier Mannoni actualise l’ancienne mise en garde de #Victor_Klemperer, célèbre auteur de LTI, la langue du IIIe Reich. Lequel ajoutait ceci : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’#arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps, l’#effet_toxique se fait sentir. »

    Face à cette #extrême_droite pour laquelle les mots sont des armes, nous devons mener cette #bataille_du_langage. Telle est l’alerte d’Olivier Mannoni, qui écrit dans Coulée brune : « Nous sommes à ce carrefour. Si nous prenons le mauvais chemin, le pire est assuré et la #novlangue d’Orwell ne sera qu’une plaisanterie par rapport à ce que nous devrons subir. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/101025/l-echappee-olivier-mannoni-le-fascisme-commence-par-le-langage ?
    #langue #nazisme #entretien

  • Bretagne, une extinction linguistique
    https://laviedesidees.fr/Rozenn-Milin-La-Honte-et-le-Chatiment

    Comment expliquer la révolution silencieuse qui a eu lieu en Bretagne au XXe siècle, c’est-à-dire la disparition du breton au profit du français ? Répression et humiliation par le biais de l’école républicaine, ou stratégie de la part des Bretons eux-mêmes ?

    #Histoire #école #domination #études_postcoloniales #langue
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251009_breton.pdf

  • El Gobierno de Bukele prohíbe el «lenguaje inclusivo» en las escuelas públicas de El Salvador

    El Gobierno de El Salvador ha prohibido el uso del «lenguaje inclusivo» en todas las escuelas públicas del país. Así, palabras como «niñe» o «alumn@» y expresiones como «todos y todas» no serán admitidas «por ninguna circunstancia».

    «Desde hoy queda prohibido el mal llamado ’lenguaje inclusivo’ en todos los centros educativos públicos de nuestro país», ha informado su presidente, Nayib Bukele, en un mensaje en la red social X.

    En la misma red social, la ministra de Educación, la militar Karla Trigueros, ha apuntado que con esta medida se garantiza a su juicio «el buen uso de nuestro idioma en todo material y contenido, además de proteger a la primera infancia, niñez y adolescencia de injerencias ideológicas que afecten su desarrollo integral».

    «Hoy giré la instrucción para prohibir el llamado ’lenguaje inclusivo’ en todos los centros educativos públicos y dependencias de nuestra institución», ha sostenido la ministra.
    La medida afectará a todos los colegios públicos

    De acuerdo con un memorándum compartido en X por la capitana del Ejército, la prohibición abarca «todos los centros educativos públicos y dependencias de esa cartera de Estado» para «consolidar una comunicación institucional clara, uniforme y respetuosa».

    Así, ha explicado, «palabras como ’amigue, compañere, niñe, todos y todas, alumn@, jóvenxs, nosotras’ o cualquier otra deformación lingüística que aluda a la ideología de género no será admitida por ninguna circunstancia».

    En febrero de 2024, el entonces ministro de Educación, José Mauricio Pineda, anunció en X que «todo uso de la ideología de género» lo «sacaron de las escuelas públicas», después de que el presidente Nayib Bukele abordara este tema en Estados Unidos.

    Bukele dijo en Maryland (EE.UU.), en el marco de la Conferencia de Acción Política Conservadora, en respuesta a una pregunta de la coordinadora hispana de la organización Moms for Liberty, Catalina Stubbe, que para él «no solo es importante que la currícula no lleve esta ideología de género y todas estas cosas, sino que también los padres estén informados y tengan voz y voto en lo que van aprender sus hijos».

    https://www.rtve.es/noticias/20251003/bukele-lenguaje-inclusivo-escuelas-salvador/16754834.shtml

    #El_Salvador #écriture_inclusive #langue #prohibition #interdiction

  • Voxeurop célèbre la Journée européenne des langues

    Aujourd’hui nous célébrons la Journée européenne des langues, une initiative créée par le Conseil de l’Europe pour valoriser et reconnaître la richesse linguistique et culturelle de notre continent, et promouvoir l’apprentissage des langues. C’est une journée spéciale pour Voxeurop, car le multilinguisme est au cœur de notre raison d’être : produire et diffuser un journalisme de qualité made in Europe pour un public made in Europe.

    Nous croyons fermement que “la langue de l’Europe est la traduction”, pour reprendre la célèbre citation d’Umberto Eco. Rien qu’en 2024, nos articles ont été publiés dans plus de 15 pays et lus par des millions de lectrices et lecteurs dans douze langues. Du bulgare vers l’italien, du polonais vers le français, du grec vers le roumain ; au total, nous avons produit 1751 traductions dans 78 combinaisons linguistiques différentes !

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/11/18/pour-louverture-dune-cite-des-langues-de-france/#comment-69233

    #international #langue

  • #Typhaine_D : quand la #justice décortique la violence masculine en ligne

    Neuf hommes ont été jugés, ce 17 septembre, par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, après une vague de #cyberharcèlement subie par l’artiste Typhaine D. Récit.

    Qui aurait pu penser que l’#écriture_inclusive pouvait mener au #tribunal ? Sûrement pas l’artiste Typhaine D. « Au bucher ! Sorcière ! », « Il faut la piquer », « Je déboiterai bien une bonne féministe », « Sale pute de Femen, le seul mot féminin que tu dois connaitre c’est ‘cuisine’ » (sic)… Des messages comme ceux-là, Typhaine D en a reçu des milliers en juillet 2022, après avoir participé à une émission du Crayon.

    Le média en ligne avait publié un très court extrait de la vidéo sur les #réseaux_sociaux – manifestement pour créer la polémique –, dans lequel Typhaine D défendait l’usage de la #Féminine_universelle, une version de la #langue_française féminisée, pensée pour sensibiliser à l’usage excessif du masculin « neutre ». Un extrait, et une vague de harcèlement en ligne. Un an après le début des insultes, des incitations au viol et au meurtre, l’artiste a porté plainte contre X, et onze hommes ont été retrouvés.

    Évolution de la justice

    Les #procès comme celui-ci sont encore peu nombreux en France. Les politiques peinent encore à encadrer les dérives des grandes plateformes – en témoigne la dernière commission d’enquête parlementaire sur TikTok –, et la justice à du mal à suivre le rythme des flots de #haine_en_ligne. D’après une étude Ipsos, 70 % des plaintes déposées pour des faits de #harcèlement_en_ligne n’ont donné lieu à aucune poursuite. Pour pouvoir faire comparaître des prévenus, encore faut-il avoir les moyens de les identifier.

    Fait encore plus rare : lorsqu’elle arrive au commissariat de son quartier pour porter plainte, Typhaine D est directement reconnue par les officiers. Ils avaient repéré la vague de cyberharcèlement, et s’attendaient à ce qu’elle se présente. « Je voudrais remercier l’ensemble des personnes qui ont participé à l’enquête parce que j’ai toujours été prise au sérieux, et ça m’émeut beaucoup », déclare la plaignante lors du procès, étonnée d’avoir été prise au sérieux. Et pour cause : 86 % des plaintes pour des faits de #violences_sexistes_et_sexuelles sont classées sans suite en France.

    Depuis 2020 aussi, le tribunal de Paris est doté d’un pôle contre la haine en ligne. Cette instance décortique les mécanismes spécifiques aux délits en ligne pour les juger au mieux. C’est son vice-président qui sera procureur dans ce procès.

    Des visages derrière les adresses IP

    Onze hommes donc, mais seulement six, ce 17 septembre, sur le banc des prévenus. Trois d’entre eux ne se sont pas présentés et seront jugés en leur absence. Deux étaient mineurs au moment des faits, et seront jugés séparément. Les six présents – d’âges, de professions, de régions différentes –, se parlent comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Ces hommes, ces « #Monsieur-tout-le-monde », sont les visages de la violence masculine en ligne. Le visage de Typhaine D, les accusés le connaissent par cœur. Ils l’ont eux-mêmes partagé ou commenté sur les réseaux sociaux. Elle, les découvre.

    Tous sont accusés de harcèlement en ligne à caractère sexiste. Plusieurs d’entre eux, qui avaient formulé des appels au suicide ou au meurtre, sont aussi poursuivis pour provocation publique à commettre un #crime. « Quand je disais qu’il fallait la pousser sous un train, c’était du second degré. C’était pas concret, je n’imaginais pas que d’autres pouvaient avoir l’image », se défend Mattéo M., boulanger de 25 ans.

    Certains admettent avoir été entraînés dans le flot d’#insultes. D’autres rejettent la faute sur les réseaux sociaux, qui leur auraient proposé ces vidéos au hasard. Signe que la justice commence à prendre conscience des mécanismes des violences sexistes, le président et le procureur soulignent le fonctionnement des #algorithmes : sur les réseaux sociaux, plus on consomme de contenus sexistes, plus on nous en propose.

    Chacun des accusés donne l’impression de s’être senti protégé par l’#anonymat que procure #internet. « Il y a cet effet de meute sur les réseaux : face à un discours clivant, il y a un #effet_de_groupe, on a l’impression que notre #responsabilité est diminuée », reconnaît Robin K., 31 ans. Lui, admet avoir été pris dans une #bulle_numérique pendant des années, avoir consommé et commenté des contenus sur les réseaux sociaux à longueur de journée, ne minimise pas les faits, et soigne ses traumatismes d’enfance en thérapie depuis un an.

    Son avocat souligne cette évolution qui ne transparaît pas chez les autres prévenus : « Plus de trois ans après les faits, il s’est passé des choses dans sa vie. (…) À l’époque, il était bloqué dans une sphère négative. Les sociologues qui travaillent sur le sujet documentent très bien ce phénomène. »

    Du #sexisme au #masculinisme

    L’une des circonstances aggravantes des accusations qui pèsent sur les prévenus, c’est le caractère sexiste du harcèlement. Dehors, sur le parvis du tribunal, une petite centaine de militant·es et de personnalités publiques – l’actrice Anna Mouglalis, la députée Sandrine Rousseau, la sénatrice Laurence Rossignol ou encore le fondateur de Mouv’Enfants Arnaud Gallais – sont venu·es, à l’appel des collectifs féministes, soutenir la plaignante. Les réseaux sociaux servent à ça aussi.

    À l’intérieur de la salle d’audience, l’ambiance est plutôt à la négation des violences sexistes. « Salope », « sorcière », « demie folle » (sic)… Malgré la dimension misogyne indéniable des insultes utilisées, tous les accusés le martèlent : ils ne sont pas sexistes. « ‘Folle’, ça n’a pas de connotation sexiste. On dira aussi d’un homme qu’il est fou », conteste une avocate de la défense.

    Jonathan L., 38 ans, affirme qu’il soutient les femmes : la gestion de la salle de sport dont il est propriétaire, il l’a « même confiée à une femme, qui travaille mieux que certains hommes ». Il se présente comme un amoureux de la littérature, et justifie son commentaire – « Au bucher ! Sorcière ! » – par la défense de langue française, en réaction à l’#écriture_féministe prônée par Typhaine D. Ses livres de chevet ? Des manuels d’entrepreneurs, la biographie de Jean-Luc Mélenchon, et le dernier livre de Philippe De Villiers.

    Allant à rebours des arguments de la défense, le procureur souligne plusieurs fois l’importance de considérer la dimension sexiste des insultes, et demande même au tribunal de l’étendre à certains prévenus qui n’étaient pas concernés par cette circonstance aggravante. Il requiert, pour tous, des peines d’emprisonnement de plusieurs mois assorties d’un sursis, et des amendes allant de 1 000 € à 3 000 €.

    À travers l’examen de l’attitude de chacun des prévenus, il semble se dessiner l’échelle du continuum des violences sexistes. L’un d’eux, Tommy P., 40 ans, minimise l’ampleur des féminicides et pointe du doigt le #féminisme lors de sa garde-à-vue : « C’est pas les bonnes femmes qui sont féminicidées », « les Femen devraient faire un tour en prison », « l’hypocrisie est un mot féminin »… Sur les six accusés présents, c’est le seul qui ne formulera pas de remords. Son code pénal à lui : les règles d’utilisation de Facebook, qu’il assure respecter.

    Au cours de sa déposition, on découvre qu’il passe énormément de temps en ligne, à poster des messages sur des groupes Facebook, qu’il vit seul avec sa mère, et qu’il est passionné d’armes à feu. La mouvance masculiniste incel ne sera pas évoquée, mais son ombre plane au-dessus de l’audience. Un frisson parcours la salle. C’est Me De Filippis-Abate, avocate de Typhaine D, qui mettra des mots sur la réaction épidermique de beaucoup de femmes du public après la déposition de Tommy P. : « Je pense que toutes les femmes ici ont peur que ce monsieur nous tue. »

    https://www.politis.fr/articles/2025/09/justice-affaire-typhaine-d-quand-la-justice-decortique-la-violence-masculine
    #masculin_neutre #condamnation

  • "Plus jamais ça" pour tous, ou alors pour personne

    Un incident de communication au Musée de l’Holocauste de Los Angeles révèle l’impossibilité de tracer des limites autour d’un cri de ralliement anti-génocide.

    Par Sean Pergola

    Le 4 septembre, le Musée de l’Holocauste de Los Angeles a publié sur Instagram une image représentant des bras entrelacés de différentes couleurs de peau, l’un d’eux portant un tatouage d’un camp de concentration. Le texte accompagnant l’image disait : « "Plus jamais ça" ne peut pas seulement signifier "Plus jamais pour les Juifs". » D’autres slides développaient ce message universaliste : « Les Juifs ne doivent pas laisser le traumatisme de notre passé réduire notre conscience au silence. Être aux côtés de l’humanité ne trahit pas notre peuple. Cela l’honore. Être juif, c’est se souvenir et agir. »

    Aussi anodines que ces phrases puissent paraître, elles ont suffi à déclencher une tempête dans la section commentaires. Certains ont salué le musée pour ce qu’ils considéraient comme une déclaration contre la violence israélienne à Gaza ; d’autres se sont indignés, qualifiant le message de « plus qu’indigne ». « Nos ancêtres se retournent dans leurs tombes », a écrit un internaute. Sur son compte populaire @rootsmetals, l’influenceuse pro-israélienne Debbie Lechtman a qualifié ce sentiment de "« All Lives Mattering » de l’expression “Plus jamais ça”". Le groupe de défense d’extrême droite StopAntisemitism a même tenté de capitaliser sur la controverse en commentant : « Donateurs, voyez ceci ! N’hésitez pas à nous contacter. Nous serons heureux de vous aider à réorienter vos dons vers nous, une organisation qui se consacre exclusivement au peuple juif et qui lutte contre le fanatisme auquel nous sommes confrontés. »

    Deux jours plus tard, le musée a supprimé la publication en présentant ses excuses, et cette fois en désactivant les commentaires. L’illustration "faisait partie d’une campagne planifiée sur les réseaux sociaux visant à promouvoir l’inclusion et la communauté", indiquait la nouvelle publication Instagram, déplorant "qu’elle ait pu être facilement interprétée à tort par certains comme une déclaration politique concernant la situation actuelle au Moyen-Orient. Ce n’était pas notre intention". Autrement dit, la publication était un appel à l’inclusion, mais il y avait un cas précis, un groupe de personnes, qu’elle n’était pas censée inclure : la population de Gaza.

    Cette ironie fondamentale reflète plus qu’un simple faux pas en matière de communication ; elle révèle une crise plus profonde du discours progressiste. De nos jours, la plupart des revendications morales émanant d’une voix institutionnelle progressiste contiennent une clause supplémentaire, qu’elle soit explicite ou non : « sauf pour Gaza ». De fait, la Palestine a longtemps été l’exception à la règle de l’inclusion dans la société libérale. Les Palestiniens se voient constamment refuser le droit aux droits pourtant proclamés « universels » : le droit au retour, le droit à l’autodétermination, le droit à l’alimentation et aux soins médicaux. Même la défense de ces droits est exclue de manière singulière du droit à la liberté d’expression – y compris par ceux qui, par ailleurs, s’expriment ouvertement en faveur de la liberté d’expression – un phénomène si courant qu’il a mérité son propre label : « l’exception palestinienne ».

    Comme le précisent ses excuses, le message initial du Musée de l’Holocauste de Los Angeles avait tenté de pousser cette logique plus loin, en faisant de la Palestine une exception dans le discours même, où « Plus jamais ça » signifie « Plus jamais ça pour personne », mais où « personne » signifie en réalité « personne sauf les Palestiniens ».

    Le problème auquel le musée s’est heurté, cependant, est que le langage résiste à se laisser enfermer dans les limites du chauvinisme ; même nés d’une intention d’exclusion, les mots prennent des vies qui la dépassent. L’histoire même de l’expression « Plus jamais ça » en témoigne. Ce slogan a circulé dans de multiples contextes et trouve peut-être ses racines dans les mouvements pacifistes et antifascistes de l’époque de Weimar, mais son héritage le plus durable vient du poème « Masada » du poète israélien Yizkah Lamden, une œuvre sioniste des années 1920 qui célèbre le choix des Juifs sicaires de se suicider en masse plutôt que d’être capturés par l’armée romaine. Cet esprit de militarisme juif a ensuite captivé l’ultranationaliste de droite Meir Kahane, qui a popularisé l’expression dans son manifeste de 1971 et l’a utilisée pour justifier les actes de terrorisme contre les Palestiniens afin de renforcer l’État ethnique juif. La Ligue de défense juive, groupe terroriste d’extrême droite fondé par Kahane, a adopté « Plus jamais ça » comme devise (l’autre étant « à chaque Juif un .22 » ["Un fusil pour chaque Juif"]).

    C’est à Kahane, et non à un quelconque groupe antifasciste, que l’on attribue l’introduction du « Plus jamais ça » dans le vocabulaire populaire. À sa mort en 1990, Sholom D. Comoy, alors président du Comité juif américain, a déclaré : « Malgré nos divergences considérables, Meir Kahane doit toujours rester dans les mémoires pour son slogan “Plus jamais ça”, devenu pour tant de personnes le cri de guerre du judaïsme post-Holocauste. » Pourtant, sa revendication sur cette expression s’est affaiblie au fil des ans : elle sert désormais couramment d’appel à la justice résolument universaliste. Benjamin Netanyahou lui-même l’a évoqué en référence au génocide rwandais, l’association juive de défense des droits des immigrés Never Again Action l’a adoptée comme nom, et les défenseurs du contrôle des armes à feu l’ont utilisée comme un appel général à la non-violence après la fusillade de Parkland. Les propos de Kahane ne pouvaient se borner aux limites qu’il avait imaginées ; ils étaient trop concis et d’une portée trop large pour se limiter à la prévention d’un nouveau génocide des Juifs. À l’instar de la déclaration du musée, « Plus jamais ça » était « facilement sujet à des interprétations erronées ».

    Ce glissement de sens n’est pas un cas unique de politique dépassant les intentions du locuteur, mais le reflet de la structure fondamentale du langage lui-même. Comme l’ont noté les philosophes depuis Platon, le langage ne se limite pas et ne peut se limiter à un objet ou à une situation ; parler de quelque chose revient, dans une certaine mesure, à parler en général. Même une phrase aussi simple que « le ciel est bleu » repose déjà sur un concept plus large – la bleuté – qui dépasse le ciel lui-même. Comprendre la phrase implique donc de reconnaître le ciel comme faisant partie d’une catégorie plus vaste, créant une comparaison inhérente entre lui et toutes les autres choses bleues. De même, lorsque nous qualifions quelque chose de génocide, le mot lui-même serait dénué de sens s’il ne catégorisait pas les événements historiques dans le cadre général de l’atrocité.

    Le philosophe Jacques Derrida appelait cette caractéristique essentielle du langage « l’itérabilité » : pour qu’un mot ou une expression ait un sens, il doit pouvoir être greffé à de nouveaux contextes. Comme il l’écrit dans « Signature Event Context », n’importe quel élément de langage « peut rompre avec tout contexte donné, engendrant une infinité de nouveaux contextes ». C’est ainsi que le « Plus jamais ça » a pu passer du manifeste de Kahane au cri de ralliement antisioniste utilisé par Jewish Voice for Peace [le collectif américain "Une voix juive pour la paix", qui manifeste contre le génocide à Gaza]. Comprendre une phrase, c’est pouvoir la reproduire et la réinterpréter ; de même, comprendre le sens de « Plus jamais ça », c’est évoquer immédiatement d’autres exemples de violence génocidaire : le Rwanda, la Bosnie, le Darfour et, inévitablement, Gaza.

    Alors que de moins en moins d’Américains soutiennent l’offensive israélienne et que de plus en plus d’universitaires et de groupes de défense des droits humains considèrent qu’Israël commet un génocide, il devient impossible d’exclure Gaza des revendications morales universalistes. C’est précisément pourquoi tant d’utilisateurs d’Instagram, en particulier les plus indignés par la publication du musée, ont supposé, sans se poser plus de questions, que la vague déclaration du musée concernait Gaza. Il ne reste aux institutions qu’une seule option pour étouffer l’itérabilité et prévenir les accusations d’hypocrisie : le silence. Au lieu de risquer une déclaration involontaire sur la Palestine, elles pourraient décider de ne pas s’exprimer. Dans sa rétractation, le Musée de l’Holocauste de Los Angeles a choisi ce silence. Plutôt que de risquer l’application du « Plus jamais ça » à Gaza, il a renoncé à son « Plus jamais ça ». Plutôt que d’exhorter les Juifs à ne pas « laisser le traumatisme de notre passé faire taire notre conscience », il a choisi de se taire lui-même.

    C’est là le point final de l’insistance sur le fait que Gaza ne peut jamais être comparée à l’Holocauste. Puisque le langage autorise la comparaison, nous devons nous taire. Le choix est donc difficile : soit nous parlons de l’Holocauste et de notre engagement à ne plus jamais le laisser advenir, nous exposant ainsi aux inévitables comparaisons, soit nous devenons incapables de parler de l’Holocauste, sauf par tautologies. Honorer le « Plus jamais ça » implique de risquer l’universalité ; refuser ce risque, c’est, en fin de compte, oublier.

    https://jewishcurrents.org/never-again-for-all-or-for-no-one

  • PVP, grinding, try hard… le lexique gaming colonise notre vocabulaire
    https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/pvp-grinding-try-hard-le-lexique-gaming-colonise-notre-vocabulaire

    PVP, grinding, try hard… Les générations Z et surtout Alpha empruntent au lexique du gaming pour décrire leurs rapports sociaux dans la vraie vie. Où il est question d’effort, de connaissance et d’implication.
    La meta

    Dans le gaming, le metagame est un ensemble de connaissances formelles et empiriques sur un jeu de stratégie, accumulées par le joueur au fur et à mesure de ses parties. Grâce au metagame, il va pouvoir transcender les règles imposées par les créateurs et performer en jouant avec elles.

    IRL, « connaître la meta » signifie connaître les règles qui structurent de manière parfois très informelle un milieu social. Arriver avec une meta permet de déjouer certains pièges et de tracer sa route vers l’enrichissement ou l’épanouissement professionnel.

    #langue #jeux_vidéos

  • Quand est née la faute d’orthographe ?

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/quand-est-nee-la-faute-d-orthographe-3684339

    Le constat est dans toutes les bouches, en #orthographe, le niveau des élèves ne cesse de baisser. Une étude du ministère de l’Éducation nationale en date de 2022 abondamment relayée nous apprend que les élèves français font 9 fautes de plus sur une même dictée que trente ans plus tôt.

    Avec

    Gabriella Parussa, professeur à l’université Sorbonne Nouvelle.

    La complexité du français réside notamment dans le fait que sa transcription écrite n’est pas le reflet de sa prononciation, une inadéquation à l’origine d’un nombre d’erreurs inépuisables. Dès lors, les débats sur la réforme de l’orthographe se suivent et se ressemblent presque, et ce, depuis plusieurs siècles. Comment cette #langue particulièrement complexe s’est-elle formée ? A-t-elle été toujours aussi rigide dans sa #graphie ? Depuis quand l’orthographe est-elle un objet d’apprentissages et de sanctions pour les élèves et un sujet d’attention et parfois de distinction plus largement dans la société ?

    Gabriella Parussa, Écrire le français , Actes Sud, 2025.

    #linguistique
    #histoire_de_l'écrit
    #dictée
    #langue_française
    #éducation

  • LQI, Lingua Quartii Imperii
    https://www.bettlerverlag.de/LTI

    Ce terme sous-entend qu’il y a une continuité de l’impérialisme allemand. Dans ce contexte on se réfère au mythe initialement nationaliste puis nazi de l’empire médiéval « allemands » issu de l’empire romain qui n’a existé en tamt que tel que dans les esprits tordus des nazis et des idéologues à l’origine de la suprématie aryenne voire blanche.

    Viktor Klemperer a d’abord identifié le langage nazi avec ses termes techniques et de la vie quotidienne comme élément de la domination des esprits et de la réalité.

    LTI - Lingua Tertii Imperii
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Lingua_Tertii_Imperii

    Nous élaborerons alors l’hypothèse que nous vivons sous un régime qui s’apprête à prendre le relais des régimes impérialistes allemands historiques. Parler du « viertes Reich » est absurde car le premier « Deutsches Reich » n’a jamais existé. Le règne de Charlemagne a précédé l’existence d’une nation allemande de 1124 ans.

    Ce sont les les inventeurs de l’Allemagne proclamée à Versailles qui sont à l’origine du mythe de l’empire médiéval allemand qui devait cacher le fait que nation et peuple sont des inventions de la classe bourgeoise au pouvoir. Au huitième siècle de notre ère on ne s’identifia pas comme Anglais, Français, Allemand ou Russe. On se situa dans un contexte vassal.

    Une critique de la langue (allemande) du pouvoir impérialiste s’intéresse à ce qu’elle révèle et à ce quelle doit rendre invisible, les rapports de force et de classe qui constituent les fondations de l’édifice du pouvoir. LQI postule l’avènement du quatrième Reich prévu par les nationalistes si européens allemands.

    C’est absurde. On va bien s’amuser.

    Nous ne sommes pas les premiers á développer l’idée d’une LQI .

    From LTI to LQI : Victor Klemperer on Totalitarian Language
    https://www.jstor.org/stable/30038068

    Regi Theodor Enerstvedt, LQI : lingua quarti imperii
    https://www.goodreads.com/book/show/23665685-lqi

    LQI - lingua quartii imperii
    https://forum.chefduzen.de/index.php?topic=12046.0

    felixed

    LQI - lingua quartii imperii
    17:28:03 Mo. 08.Oktober 2007
    Als ich mir heute meine junge Welt holte, fiel mein Blick auf eine andere Zeitung: die BZ. In großen Lettern prangte da die Überschrift der Titelseite: „FDJ kriecht aus ihrem Loch“ - was wohl die Assoziation von Ratten oder anderen Schädlingen schaffen soll.

    Diese Art von Sprache kennen wir (damit meine ich Jene, die DDR-Geschichtsunterricht und nicht BRD-Geschichtenunterricht hatten) sehr gut aus der Zeit von 1933-45, in den Schmierblättern der Faschisten auch schon aus der Weimarer „Republik“. Damals wurde sie insbesondere gegen Juden und Kommunisten, später auch gegen andere fortschrittliche Menschen verwendet.

    Ich lese gerade einmal wieder „LTI“ (Lingua tertii imperii - Die Sprache des Dritten Reiches) des deutschen Philologen jüdischer Abstammung, Victor Klemperer, welcher das Glück hatte, aufgrund einer Häufung von Zufällen das Regime der Meister dieser Sprache, dieses Denkens und vor Allem des damit verbundenen Handelns zu überleben.

    Tja, und nun marschieren wieder Nazis unter massivem Polizeischutz durch deutsche Straßen, nehmen deren Gewaltstraftaten gegen fortschrittliche Kräfte ständig zu und singen die Kapitalistenmedien ihr Lied nach der alten faschistischen Melodie im alten Jargon.

    Heil Zukunft!

    #Allemagne #langue #impérialisme #LQI #LTI

  • #Cécile_Canut : « La #langue n’est pas un outil neutre, mais un espace de #pouvoir, de #contrôle, et de #hiérarchies_sociales »

    Dans Provincialiser la langue : Langage et colonialisme, la sociolinguiste, Cécile Canut, explore les usages et les #imaginaires_linguistiques en #Afrique_de_l’Ouest. Elle nous invite à penser autrement notre rapport au langage. Interview.

    « Ce que parler veut dire », écrivait Pierre Bourdieu. Sur les pas du père de la sociologie, la sociolinguiste, Cécile Canut, propose dans “Provincialiser la langue : Langage et colonialisme” (Editions Amsterdam, 2021), de renouveler le concept même de « langue » et d’en décortiquer les #rapports_de_pouvoir qui en façonnent la valeur.

    En retraçant les #discours_coloniaux qui ont participé à hiérarchiser les #langues_africaines, qualifiées péjorativement de « #dialectes » pour imposer la #langue_coloniale, c’est en réalité un processus de #standardisation de la langue qu’elle dévoile. Le fameux « #ordre_de_la_langue ».

    Une immersion au cœur de la #sociolinguistique, discipline exigeante mais au rôle clé à la révélation des logiques de #distinctions_sociales. Interview.
    Qu’entendez -vous par “provincialiser” la langue ?

    Il y a une distinction fondamentale entre la langue telle qu’elle a été construite et la manière dont elle a été façonnée par des #politiques_linguistiques précises, mises en place dans chaque pays. Mon idée est donc de changer de perspective sur les #pratiques_langagières, en les abordant non pas à travers la langue, mais directement par leur #usage.

    Provincialiser la langue, c’est la mettre de côté pour observer ce qui se passe ailleurs, notamment en Afrique, où j’ai beaucoup travaillé, car le rapport au langage est différent : il ne passe pas nécessairement par la langue, bien que la #colonisation ait imposé ce modèle.
    Vous décrivez comment en #France s’est imposé un #imaginaire_linguistique basé sur une conception rigide et figé de la langue que vous nommez “l’ordre de la langue”. À quoi correspond exactement cet imaginaire ?

    Avant 1539 et l’ordonnance de #Villers-Cotterêts, il n’existait aucune #homogénéité_linguistique : les populations parlaient une grande #diversité de langues et de dialectes. L’affirmation et la #normalisation du #français s’est faite sous l’influence des politiques linguistiques du XVIIe siècle. En effet, à partir de là, s’est mis en place un processus de construction de la langue, porté par différentes instances : grammairiens, écrivains, politiques… Leur objectif était d’homogénéiser et de standardiser la langue pour en faire un objet cohérent et unificateur.

    Le processus s’est ensuite prolongé avec la construction de la #nation, et l’idée d’une langue pour une nation s’impose, associée à celle d’une #culture_nationale supposée homogène. L’ordre de la langue est donc une #norme supposée être acquise par tous les citoyens pour devenir « français ». En d’autres termes, pour être Français, il faudrait parler un français codifié selon certaines règles.

    Toutefois, l’ordre de la langue s’est déplacé et transformé de manière complexe. Par exemple, même le français en Afrique, bien qu’imposé lors de la colonisation, a été approprié de manière très variable, et a donc évolué, comme c’est le cas partout ailleurs, au Québec et dans d’autres régions.
    Vous retracez l’histoire de la #doxa_coloniale qui a opposé une “véritable #langue_civilisée” aux “dialectes” africains. Comment cette #hiérarchisation s’est-elle construite ?

    Lorsqu’on parle des langues, on ne parle jamais réellement des langues elles-mêmes. Ce dont on parle, ce sont des gens qui les parlent. Les différentes manières d’appréhender les populations, transparaissent dans la manière de catégoriser les langues et les pratiques langagières.

    Cela a donc donné lieu à des tentatives de calquer un parler sur un groupe prétendument ethnique, avec des inventions souvent absurdes de la part des premiers linguistes, administrateurs coloniaux et ethnologues. Ces derniers, tout en prétendant faire preuve de patience et d’objectivité, ne faisaient en réalité que reproduire leurs propres #idéologies.

    Par exemple, certaines langues africaines sont souvent dévalorisées, considérées comme non véritables langues, simplement parce qu’elles ne sont pas écrites. Cela a conduit à des processus de #nomination et de catégorisation. On a ainsi distingué la langue, puis les dialectes, les #sous-dialectes
    Dans votre #livre, vous analysez la politique linguistique de l’#école_coloniale en #Afrique_Occidentale_Française, en insistant sur la #violence physique et symbolique qu’elle impliquait. Vous évoquez l’usage du “#symbole” comme outil disciplinaire. Pouvez-vous nous en parler ?

    Cette pratique consiste à imposer à un enfant un objet, de nature variable, pour l’empêcher de parler une langue spécifique. Le #breton, pendant longtemps, a été un exemple de cette pratique en France, mais ensuite, cela a été importé dans certaines régions d’Afrique par le biais de la #colonisation. Cela pouvait être un os, un crâne de singe, des objets assez répugnants qu’on mettait autour du cou.

    Cette première forme de #punition est déjà assez violente, car elle consiste à dénoncer un enfant, non seulement par l’enseignant, mais aussi par les autres élèves. Le but était de se débarrasser de ce petit objet en le donnant à un camarade dès qu’on entendait quelqu’un parler une langue autre que le français.

    Ces #punitions étaient donc extrêmement violentes, non seulement parce qu’elles étaient physiques, mais aussi parce qu’elles constituaient une #humiliation profonde. Ce sont des pratiques qui sont très importantes à aborder, car on ne se rend pas compte à quel point elles instaurent une politique linguistique profondément humiliante. Cela est d’autant plus grave que ces mesures touchent des #enfants, en pleine construction de leur #identité et de leur #rapport_au_monde.

    Quel rôle peut jouer la sociolinguistique pour déconstruire cet “ordre de la langue” ?

    La sociolinguistique joue un rôle clé : elle permet de décrire et de montrer qu’il existe d’autres façons de voir la langue, de comprendre son fonctionnement et d’expliquer qu’elle est un terrain en perpétuelle évolution. Il y a une dimension de #plaisir dans l’utilisation du langage qui est souvent ignorée, parce que la norme est devenue comme une sorte d’institution rigide.

    En France, la maîtrise de la langue permet d’établir une hiérarchie et de renforcer les distinctions sociales. Quand on regarde l’#immigration, on voit bien comment la langue a été utilisée comme un nouveau moyen de #discrimination, un prétexte pour empêcher le renouvellement des cartes de séjour.

    Le but de notre travail, en tant que sociolinguistes, c’est justement de mettre en lumière toutes ces structures qui entourent la langue, pour montrer que ce n’est pas juste un outil neutre, mais un espace de pouvoir, de contrôle, et de hiérarchies sociales. L’idée, c’est aussi d’essayer de faire évoluer les mentalités, de faire comprendre que la langue n’est pas juste un code à respecter, mais qu’elle est façonnée par des rapports de force. Ce genre de prise de conscience pourrait, à terme, amener un changement.

    Aujourd’hui, je suis contente d’avoir pu toucher des publics un peu moins académiques, et je vais continuer dans cette direction, tout en s’appuyant sur les relais médiatiques qui jouent un rôle clé dans cette dynamique. C’est grâce à ça qu’on peut faire évoluer les choses, c’est-à-dire traduire les idées en termes simples, les partager autour de soi. Et je constate que ça fonctionne vraiment bien, surtout auprès des jeunes, il y a une vraie réceptivité et je suis convaincue que ça va faire son chemin.

    https://www.bondyblog.fr/opinions/interview/cecile-canut-la-langue-nest-pas-un-outil-neutre-mais-un-espace-de-pouvoir-
    #hiérarchisation

    • Provincialiser la langue. #Langage et colonialisme

      Lorsqu’ils ont colonisé l’Afrique, les Européens y ont imposé leur conception idéologique du langage. Pour eux, les pratiques langagières ne pouvaient être appréhendées qu’au prisme d’un ordre de la langue instituant l’essor d’une culture nécessairement nationale. Cette idéologie s’est traduite par la mise en œuvre d’un véritable impérialisme linguistique : outre l’imposition des langues européennes, les missionnaires, puis les administrateurs coloniaux ont façonné des « dialectes africains », catégorisés comme tels afin de mieux les reléguer au bas d’une fantasmatique hiérarchie des langues.
      Si une telle vision, relayée par une partie des élites africaines et confortée, aujourd’hui encore, par les institutions de la Francophonie, a largement survécu aux indépendances, elle n’a jamais cessé d’être contestée – avec succès. C’est précisément de ce succès que Cécile Canut tire toutes les conséquences théoriques et politiques : en mettant au jour les biais inhérents aux approches prétendument scientifiques qui ont dominé l’étude du langage tout au long du xxe siècle, elle nous invite à provincialiser la notion même de langue, ce modèle décharné d’une supposée modernité.

      https://www.editionsamsterdam.fr/provincialiser-la-langue

      #livre

  • #Payer_la_terre. À la rencontre des premières nations des #Territoires_du_Nord-Ouest_canadien

    En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l’Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L’auteur nous raconte l’histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais.
    Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu’à ce que la découverte de pétrole et d’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux, comme sur leurs terres. À cette période, les autorités s’appropriaient les territoires, non plus par les massacres, mais cliniquement, méthodiquement, et de façon administrative – grâce à des traités.
    En lisant ceux-ci, on n’échappe pas à l’impression que les « Indiens » ont donné la terre où ils vivaient en échange de la promesse d’une annuité de quelques dollars, de quelques outils et de médailles pour ceux qui se disaient leurs chefs. Aujourd’hui, la fracturation hydraulique ajoute la pollution à la spoliation initiale.

    https://www.futuropolis.fr/9782754818551/payer-la-terre.html
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Joe_Sacco #Canada #peuples_autochtones #Dene
    #nature #forêt #nomadisme #environnement #montagne #animaux #humilité #fracturation_hydraulique #fracking #pétrole #Territoires_du_Nord-Ouest #industrie_pétrolière #Compagnie_de_la_Baie_d'Huston #extractivisme #conflits #résistance #travail #alcoolisme #drogue #alcool #argent #éducation #champs_pétroliers #exploitation_minière #développement #gaz_naturel #Sahtu #Mackenzie_Valley_Land_and_Water_Board #missionnaires #Eglise_catholique #religion #spiritualité #communauté #mines #uranium #ski-doo #fourrures #or #Traité_8 #Traité_11 #René_Fumoleau #oralité #tradition_orale #Wunk_Sheek #Fraternité_indienne_des_Territoires_du_Nord-Ouest #Denedeh #affaire_Paulette #François_Paulette #justice #combat_juridique #gazoduc #prise_de_conscience #identité #Fort_Simpson #Nation_dene #diamants #prospection #droits_miniers #accords_territoriaux #quantum #autonomie_gouvernementale #Fraternité_indienne #logement #harcèlement_policier #Hire_North #Accord_tlicho #colonisation #sédentarisation #genre #langue #violence_domestique #maltraitance #abus_sexuels #suicide #scolarisation #évangélisation #pensionnats #assimilation #acculturation #pensionnats_autochtones #christianisation #châtiments_physiques #commission_de_vérité_et_conciliation #viols #travail_salarié #excuses #génocide_culturel #souffrance #traumatisme #dédommagement #inceste #colère #déculturation #parentalité #Trout_lake #aides_sociales #revendication_territoriale #différend_territorial #Colombie-Britannique #Yukon #Fort_Liard #mer_de_Beaufort #Inuvik #racisme #identité #violence_relationnelle #Dene_Nahjo #Idle_No_More #déracinement #capitalisme #genre #dépossession #mine_Giant #complexe_d'infériorité

    • ’My work is not finished’ : #François_Paulette named officer of Order of Canada

      Denesuline elder has long advocated for Indigenous and treaty rights

      Denesuline Elder François Paulette has many accomplishments under his belt. He’s an educator, activist, spiritualist, father, grandfather, former chief, and a traditional knowledge holder.

      Now he can add one more title to his name — officer of the Order of Canada.

      The national order recognizes people who have made extraordinary contributions to the country. Paulette is among 120 people — six from the North — who are being honoured this year. He is being recognized for his longtime contributions to treaty and Indigenous rights and his promotion of circumpolar health research.

      “My biggest job has always been protecting the Earth and the water. And that’s always for the future of the children. And also the rights of Indigenous people, treaty rights,” he said.

      But Paulette, who is a member of the Smith’s Landing First Nation, said he’s not one for medals and awards. When he learned he was an Order of Canada recipient, he said he had to think about whether or not to accept the honour. He ultimately decided to do it for his 10 grandchildren.

      “It’s not in my blood to get recognition, at least from the Canadian government or the Crown for the work I’ve done, because my work is all about protecting Mother Earth and working on rights of Indigenous people,” he said.

      For Paulette, one of his proudest accomplishments is moving back to his home community where he and his wife built a log home and raised their children in a contemporary-traditional lifestyle.

      “It was a sense of renewal for me,” he said.

      Paulette was born in April 1949, near Fort Fitzgerald, Alta, and lived there until his community was relocated to Fort Smith, N.W.T., by the federal government beginning in 1959.

      Paulette said he’s also proud of his work negotiating outstanding Crown treaty obligations.

      In 1969, Paulette was one of the founding members of the Indian Brotherhood of the Northwest Territories — renamed the Dene Nation in 1978 — which was formed in opposition to The White Paper. That federal document proposed terminating existing treaties and assimilating Indigenous people in Canada.

      A turning point for the Dene

      In 1971, Paulette became the youngest chief in the territory at that time. The following year, he was part of the Paulette Case, something he said was a “turning point for the Dene.”

      In that case, Paulette and 16 other chiefs from the Mackenzie Valley, challenged the Canadian government to recognize Indigenous title to over 1,165,494 square kilometres of land in the N.W.T. They filed a caveat arguing the Dene didn’t surrender their rights or land when they signed Treaty 8 and Treaty 11 and sought to prevent construction of the proposed Mackenzie Valley Gas Pipeline.

      In 1973, Supreme Court Justice William Morrow ruled that the chiefs had established a case for claiming rights to the land. While the ability to register the caveat was overturned by the Supreme Court of Canada, Morrow’s findings regarding Indigenous rights were upheld. The case also helped prompt the Berger Inquiry, which led to a moratorium on the proposed gas pipeline.

      “I think that turned the page of how the Dene were to begin to negotiate … Canada’s outstanding obligation to the First Nations,” Paulette said.

      Paulette said he is also proud to have been one of the delegates that travelled to Geneva, Switzerland, in 1977, to begin talks that led to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

      “That was nice to see that eventually unfold and be recognized by the world.”

      Since then, Paulette has been involved with the Institute for Circumpolar Health Research and is now an adjunct professor at the University of Alberta’s School of Public Health. He has also travelled around the globe speaking to people about Indigenous and treaty rights, spiritualism, healing and environmental protection.

      “If this little token of, this Order of Canada can elevate my profile, I will continue,” he said. “My life in that way is not going to change, my work is not finished.”

      Paulette will be honoured by the Order of Canada at a ceremony in Ottawa later this year.

      https://www.cbc.ca/news/canada/north/francois-paulette-order-of-canada-1.5413265