• #Langues d’Outre-mer : “Il faut arrêter avec le mythe d’une France unilingue
    https://la1ere.francetvinfo.fr/langues-outre-mer-il-faut-arreter-mythe-france-unilingue-853888.

    À l’occasion des 20 ans du rapport sur Les langues de la France, la revue universitaire Glottopol a publié un dossier sur les langues régionales françaises. Véronique Bertile, juriste réunionnaise, y signe un article sur le statut juridique des langues dans les Outre-mer.

    #outre-mer #plurilinguisme #langues-minorisées

    Revue Glottopol : Les « langues de France », 20 ans après
    http://glottopol.univ-rouen.fr/numero_34.html

    • Ces deux textes du 3 avril 2020 publiés au Journal Officiel du 5 avril constituent les deux volets d’un même projet qu’on doit bien considérer comme un dispositif général rendant l’anglais obligatoire dans l’enseignement supérieur. Le premier, un décret du premier ministre, subordonne l’obtention du BTS à une certification du niveau en anglais. Le second, un arrêté de la ministre de l’Enseignement Supérieur, porte sur les certifications en langue dans le cadre des licences, licences professionnelles et DUT. Ils imposent une mise en place dès l’année 2020/2021 pour les licences spécialisées en langues (LEA, LLCER et Lettres Langues) — c’est un comble ! puis pour l’ensemble des licences professionnelles et pour cinq spécialités de DUT. Les autres licences et DUT seront tous concernés l’année suivante, le dispositif étant généralisé.

    • Si j’ai bien compris, non seulement l’anglais devient obligatoire (adios l’espagnol, même les profs en lycée français à Madrid vont devoir prouver qu’ils et elles parlent bien anglais) mais en plus le cadre est celui fourni par des entreprises privées qui vendent de la certification, d’abord aux institutions françaises qui y passeront un petit budget, ensuite aux personnes à qui on dit qu’un #TOEFL #TOEIC est invalide après deux ans (ce qui est assez éloigné de notre connaissance des apprentissages de langues).

      J’ai déjà passé un TOEIC au labo de langues de Paris Diderot à tarif préférentiel (soutenu par la fac ?), je ne suis pas contre ces certifications privées, puisqu’elles sont bien faites et reconnues internationalement et que le public n’en fait pas (et n’a pas vocation à en faire), mais les imposer pour des parcours universitaires ou professionnels nationaux...

  • Durant trois siècles, l’Amérique du Nord a été sillonnée par des aventuriers français. Et cela a laissé des traces, au-delà de la langue… #Amérique #histoire #langues #France

    https://sms.hypotheses.org/24732

    Durant trois siècles, l’Amérique du Nord est sillonnée par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures se sont constamment mêlés aux Amérindiens. Des tribus iroquoises ont ainsi adopté un jeune français, des pirogues chargées de peaux de castor ou de bison ont descendu la rivière Missouri… Gilles Havard ressuscite ces hommes qui ont sillonné l’Amérique de 1550 à 1850, à partir du Canada, de Trois-Rivières, vers l’ouest, jusqu’aux montagnes Rocheuses et vers le sud, jusqu’en Floride.

    Il s’agit bien souvent d’« aventuriers déraisonnables et ensauvagés » qui ne cultivent pas la terre et n’érigent pas de clôtures sur des territoires qui ne leur appartiennent pas. Ils sont inaptes au peuplement, à la colonisation et parlement « majoritairement la langue de Molière. » De quoi contredire le schéma américain des colons audacieux qui ne pouvaient qu’être qu’anglophone.

    Gilles Havard révèle une Amérique insoupçonnée, engloutie dans la grande Histoire et dans le puissant imaginaire des westerns. Il nous incite à prendre en compte l’expertise reconnue de ces hommes qui ont une capacité singulière à jouer un rôle d’intermédiaire entre la société coloniale et le monde autochtone. Ses travaux présentent ainsi une autre approche des mondes coloniaux, une approche façonnés par la mobilité et parfois l’éphémère. Il permet aussi de mesurer la place importante de la langue française en Amérique (...)

  • [Bruxelles m’habite] Morceaux choisis de la collection #covid19 de la carte #sonore participative de #bna-bbot (Flavien) - #36
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-m-habite/-36-2/#8849

    Morceaux choisis de la collection #covid19 de la carte sonore participative de BNA-BBOT (Flavien)

    ce soir une émission préparée dès l’aube. Le soleil se lève sur tois gars pas frais dont les oreilles découvrent une biodiversité des voix et des sons, une jungle de possibles quand la ville s’est arrêtée de nous battre les tympans. franco-faune, chronique sonore et enquête d’Ophélie Bouffil et Nicolas Kekatos produit dans le cadre du projet #bruxelles babeleer Arthur monte sur son vélo avec son casque audio ; il se fait paysager sonore du centre-ville, en suivant le son qui parle et ce que ceux qui y vivent lui racontent, sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer. Notre invité, Flavien de bna-bbot.be nous amène un morceau de la collection #covid19 de la carte sonore participative que son asso de (...)

    #langues #enseignement #coronavirus #paysages_sonores #covid19 #dualisation_sociale #francophones #sondscape #langues,enseignement,bruxelles,sonore,bna-bbot,coronavirus,paysages_sonores,covid19,dualisation_sociale,francophones,sondscape
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-m-habite/-36-2_08849__0.mp3

  • [Bruxelles m’habite] Chronique : paysage #sonore vers le centre-ville de #bruxelles sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer (Arthur) - #36
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-m-habite/-36-2/#8848

    Chronique : paysage sonore vers le centre-ville de Bruxelles sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer (Arthur)

    ce soir une émission préparée dès l’aube. Le soleil se lève sur tois gars pas frais dont les oreilles découvrent une biodiversité des voix et des sons, une jungle de possibles quand la ville s’est arrêtée de nous battre les tympans. franco-faune, chronique sonore et enquête d’Ophélie Bouffil et Nicolas Kekatos produit dans le cadre du projet Bruxelles babeleer Arthur monte sur son vélo avec son casque audio ; il se fait paysager sonore du centre-ville, en suivant le son qui parle et ce que ceux qui y vivent lui racontent, sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer. Notre invité, Flavien de #bna-bbot.be nous amène un morceau de la collection #covid19 de la carte sonore participative (...)

    #langues #enseignement #coronavirus #paysages_sonores #covid19 #dualisation_sociale #francophones #sondscape #langues,enseignement,bruxelles,sonore,bna-bbot,coronavirus,paysages_sonores,covid19,dualisation_sociale,francophones,sondscape
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-m-habite/-36-2_08848__0.mp3

  • [Bruxelles m’habite] Jean-Baptiste, l’instit des confinés - Liévin - #36
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-m-habite/-36-2/#8810

    Jean-Baptiste, l’instit des confinés - Liévin

    ce soir une émission préparée dès l’aube. Le soleil se lève sur tois gars pas frais dont les oreilles découvrent une biodiversité des voix et des sons, une jungle de possibles quand la ville s’est arrêtée de nous battre les tympans. franco-faune, chronique #sonore et enquête d’Ophélie Bouffil et Nicolas Kekatos produit dans le cadre du projet #bruxelles babeleer Arthur monte sur son vélo avec son casque audio ; il se fait paysager sonore du centre-ville, en suivant le son qui parle et ce que ceux qui y vivent lui racontent, sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer. Notre invité, Flavien de #bna-bbot.be nous amène un morceau de la collection #covid19 de la carte sonore participative que son asso de collecteurs de mémoire sonore dresse tels des (...)

    #langues #enseignement #coronavirus #paysages_sonores #covid19 #dualisation_sociale #francophones #sondscape #langues,enseignement,bruxelles,sonore,bna-bbot,coronavirus,paysages_sonores,covid19,dualisation_sociale,francophones,sondscape
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-m-habite/-36-2_08810__0.mp3

  • [Bruxelles m’habite] Francofaune | #bruxelles Babbeleer - Ophélie Bouffil, Nicolas Kekatos - #36
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-m-habite/-36-2/#8811

    Francofaune | Bruxelles Babbeleer - Ophélie Bouffil, Nicolas Kekatos

    ce soir une émission préparée dès l’aube. Le soleil se lève sur tois gars pas frais dont les oreilles découvrent une biodiversité des voix et des sons, une jungle de possibles quand la ville s’est arrêtée de nous battre les tympans. franco-faune, chronique #sonore et enquête d’Ophélie Bouffil et Nicolas Kekatos produit dans le cadre du projet Bruxelles babeleer Arthur monte sur son vélo avec son casque audio ; il se fait paysager sonore du centre-ville, en suivant le son qui parle et ce que ceux qui y vivent lui racontent, sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer. Notre invité, Flavien de #bna-bbot.be nous amène un morceau de la collection #covid19 de la carte sonore participative que son asso de collecteurs de mémoire sonore (...)

    #langues #enseignement #coronavirus #paysages_sonores #covid19 #dualisation_sociale #francophones #sondscape #langues,enseignement,bruxelles,sonore,bna-bbot,coronavirus,paysages_sonores,covid19,dualisation_sociale,francophones,sondscape
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-m-habite/-36-2_08811__0.mp3

  • [Bruxelles m’habite] #36
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-m-habite/-36-2

    ce soir une émission préparée dès l’aube. Le soleil se lève sur tois gars pas frais dont les oreilles découvrent une biodiversité des voix et des sons, une jungle de possibles quand la ville s’est arrêtée de nous battre les tympans. franco-faune, chronique #sonore et enquête d’Ophélie Bouffil et Nicolas Kekatos produit dans le cadre du projet #bruxelles babeleer Arthur monte sur son vélo avec son casque audio ; il se fait paysager sonore du centre-ville, en suivant le son qui parle et ce que ceux qui y vivent lui racontent, sur fond de lectures de Raymond Murray Schafer. Notre invité, Flavien de #bna-bbot.be nous amène un morceau de la collection #covid19 de la carte sonore participation que son asso de collecteurs de mémoire sonore dresse tels des jardinniers de l’écoute de notre ville

    Flavien nous (...)

    #langues #enseignement #coronavirus #paysages_sonores #covid19 #dualisation_sociale #francophones #sondscape #langues,enseignement,bruxelles,sonore,bna-bbot,coronavirus,paysages_sonores,covid19,dualisation_sociale,francophones,sondscape
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-m-habite/-36-2_08803__1.mp3

  • Les défenseurs de l’allemand révoltés par la certification obligatoire de l’anglais dans l’enseignement supérieur - France 3 Grand Est
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/polemique-certification-obligatoire-anglais-enseignemen

    Un arrêté, publié le 3 avril, en pleine pandémie de covid19, prévoit l’obligation de certification en anglais à la rentrée 2020 pour les licences, les DUT et les BTS. Des voix s’élèvent en Alsace et en Moselle pour demander une modification des textes et permettre une certification en allemand.

    « À mon indignation, s’ajoute aussi ma tristesse de découvrir que le gouvernement français s’est attaché à publier un texte réglementaire contesté par les territoires de la région Grand Est, en plein milieu d’une crise sanitaire qui oblige ces mêmes territoires à compter leurs morts. »

    #langues #pendant-ce-temps-là

  • Plus jamais un Mexique sans nous ?

    Yásnaya Elena Aguilar Gil

    https://lavoiedujaguar.net/Plus-jamais-un-Mexique-sans-nous-I

    Un fleuve

    Le nom d’un fleuve qui naît sur le plateau tibétain, passe par l’Inde et traverse le Pakistan raconte une histoire troublante. Son nom, Indo en espagnol, vient d’une langue ancienne réservée aux métiers et aux écritures sacrées de l’hindouisme. Du sanskrit « Sindhu », le mot est devenu en persan « Hindush », en grec « Indos », puis en latin « Indus », et enfin est passé à l’espagnol sous la forme « Indo ». Du nom de ce fleuve dérive aussi celui de la région que nous connaissons comme l’Inde, et, plus tard, du fait d’une histoire de confusions géographiques trop bien connue, l’appellation « indio » a fini par être utilisée pour désigner les membres d’un ensemble de peuples qui habitaient le continent américain à l’arrivée des colonisateurs européens. Le vieux nom d’un fleuve, mentionné dans le plus ancien texte de l’Inde, a également acquis sous de tout autres latitudes une connotation nettement méprisante. Je pense à ce fleuve quand, à bord d’un taxi, j’entends le chauffeur lancer des jurons à une personne qui manque de causer une collision, un chapelet d’insultes qui se termine par un retentissant « ¡indio ! ». (...)

    #Mexique #peuples_originaires #Mapuche #Pedro_Cayuqueo #État-nation #langues #peuples #Oaxaca #autonomie #Chili #communes #justice #santé #éducation #autogouvernement

  • #Atlas_sonore des #langues_régionales de #France

    Une même fable d’Ésope peut être écoutée et lue en français (en cliquant sur Paris) et en langues régionales (en cliquant sur les différents points de la carte). On peut retrouver les créoles et de nombreuses langues des Outre-mer, ainsi que ce qu’il est convenu d’appeler les langues non-territoriales de France, à partir de la carte du monde (en cliquant dans les rectangles qui leur sont consacrés) ou à partir des onglets correspondants. Les #langues_non-territoriales illustrées, comme le (r)romani et la langue des signes française (LSF) sont celles envers lesquelles l’État reconnaît avoir une #responsabilité_patrimoniale.


    https://atlas.limsi.fr
    #langues #atlas #cartographie #visualisation

  • « Étape cruciale », le tilde a été adopté par le Sénat ! - Bretagne - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/etape-cruciale-le-tilde-a-ete-adopte-par-le-senat-16-01-2020-12480185.p


    Le sénateur bigouden Michel Canévet a déposé un amendement permettant d’inclure le tilde dans une proposition de loi sur « la déclaration de naissance au lieu de résidence ». Elle a été votée par le Sénat.
    Photo DR

    Le Sénat a adopté, ce jeudi, une proposition de loi contenant un amendement du Finistérien Michel Canévet, qui inclut le tilde dans la liste des signes diacritiques.

    Mardi dernier, dans le cadre des questions orales au gouvernement, le sénateur bigouden Michel Canévet (Union Centriste), avait rappelé le combat de parents bretons, à Rosporden et Morlaix, afin que leur enfant puisse conserver le tilde « ~ » sur le prénom Fañch. Il avait regretté « l’entêtement » du gouvernement, et demandé la modification de la circulaire ministérielle du 23 juillet 2014 relative à l’état-civil, et dans laquelle ne figure pas le tilde.

    « C’est une victoire considérable »
    Jeudi, à l’occasion de la proposition de loi sur « la déclaration de naissance au lieu de résidence », il a déposé un amendement dans lequel il exposait derechef « les raisons qui justifient - d’une part d’un point de vue constitutionnel, et d’autre part en se basant sur le fait que le ñ est français -, pourquoi il est possible d’inclure le tilde dans la liste des signes diacritiques et de l’intégrer dans le Code civil ».

    Cet amendement a été intégré à la proposition de loi et, cet après-midi, le Sénat a adopté le texte. « C’est une victoire considérable pour tous ceux qui se battent pour la reconnaissance du ñ, notamment par les services d’état civil », se félicite Michel Canévet. Pour le sénateur, « le Sénat a pris ses responsabilités et cela contre l’avis du Gouvernement. Si l’Assemblée nationale nous suit, la fameuse liste des signes diacritiques sera bientôt inscrite dans le Code civil, en y incluant le tilde. Une étape cruciale vient d’être franchie ». La balle est dans le camp des députés.

  • 20 nov 1980 Où l’on voit l’Etat donner le droit de violer des fillettes tout en faisant l’amalgame entre homosexualité et pédosexualité.

    https://www.ina.fr/video/I12194628/jean-foyer-l-homosexualite-reste-un-delit-video.html

    Daniel Granclément essaye de mettre Jean Foyer, rapporteur de la commission des lois à l’Assemblée nationale devant ses contradictions et son discours homophobe … « vous ne les mettez pas tous à l’abri, vous faites bien la distinction entre les filles et les garçons … »
    J. foyer « Il existe un délit d’homosexualité sur la personne de mineur de 18 ans, c’est incontestable, parce que le législateur considère que certains actes ont un caractère physiologiquement normal et d’autres un caractère physiologiquement anormal. »

    D. Granclément s’étonne « Est-ce que ces lois ne contredisent pas la constitution qui dit pourtant que les sexes sont égaux devant la loi ? »

    J.Foyer « Pas du tout, la constitution veut dire qu’il est impossible de refuser certains droits à une personne parce qu’il est un homme ou à une autre personne parce qu’elle est une femme, et c’est pas du tout de ça qu’il s’agit aujourd’hui. Je ne pense pas que personne puisse dire que la sodomisation est l’objet d’un droit constitutionnel et constitue une liberté publique. »
    D. Granclément « C’est une liberté individuelle, et pourquoi pas ? c’est une liberté aussi. »

    #langues_de_bois

    Code pénal - Article 311-4 | Legifrance
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006490128&cidTexte=LEGITEX
    alinéa abrogé le 5 août 1982
    article abrogé pour Article 222-29 au 1er mars 1994

  • « #Habiter le monde, c’est être libre de se déplacer »

    Exister, c’est « sortir de soi et de chez soi ». Pourtant, les hommes sont-ils égaux quand il s’agit de vivre chez l’autre ?, interroge la philosophe ivoirienne #Tanella_Boni dans un récit très personnel.

    Invitée à s’interroger sur le verbe « habiter » pour la collection « Paradisier » des éditions Museo, la philosophe ivoirienne Tanella Boni ne livre pas un essai aride sur ce qu’habiter le monde peut vouloir signifier. Au contraire, elle a opté pour un récit personnel et intime. C’est qu’en plus d’être professeure de philosophie à l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan, l’actuelle membre du comité d’organisation de la Fédération internationale des sociétés de philosophie est aussi une romancière (prix Ahmadou-Kourouma 2005 pour Matins couvre-feu) et une poétesse reconnue.

    A partir de son expérience de vie entre Abidjan et Toulouse et de ses souvenirs d’enfance, elle questionne cette « spécificité humaine » qu’est l’habiter, qui s’exprime de diverses manières à travers les âges et les cultures. « En Afrique, explique-t-elle au Monde, on oublie peu à peu comment vivre avec l’ensemble du vivant. Il ne s’agit certes pas de revivre comme avant, mais on peut néanmoins s’interroger sur l’érosion de ce lien avec le vivant qui nous amène à construire des villes sans espaces verts, par exemple, ou à utiliser des matériaux modernes introduits par le colonisateur et qui nous oblige à utiliser la climatisation, alors que l’on n’en avait pas besoin avant. Il est important de revaloriser les savoir-faire locaux pour contrer cette obsession moderniste. »
    Lire aussi La Colonie, quartier général de l’intelligentsia « décoloniale »

    Dans Habiter selon Tanella Boni, elle montre comment en Côte d’Ivoire, dans des temps pas si anciens, « l’eau, la terre, le feu, le vent, l’arbre et l’animal étaient parties prenantes de la société des humains qui vivaient en symbiose avec la nature. Des valeurs fondamentales – comme la solidarité – trouvaient leur ancrage dans cette société hiérarchisée où les inégalités avaient toute leur place. On était solidaire parce qu’il y avait des puissants et des faibles, des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées. » Il importe aujourd’hui, affirme-t-elle, de revaloriser ces savoir-faire traditionnels qui « ont fait leurs preuves » et permettent d’habiter durablement le monde, de manière écologique, et de renoncer à la standardisation de la mondialisation qui a abouti à l’effacement des mondes locaux.
    « Profondes empreintes »

    Tanella Boni rappelle qu’habiter le monde ne se dit pas uniquement dans des structures matérielles, mais s’exprime également dans les imaginaires et les langues que l’on vit. Or le « grand chambardement » qu’a été la colonisation a profondément bouleversé les manières africaines d’être au monde et frappé les esprits et les psychés. En imposant, par exemple, un droit colonial sur des lois coutumières, la France a introduit de la dissonance dont l’écho retentit encore aujourd’hui contribuant aux délétères – et parfois meurtriers – conflits fonciers. « Le pays dominant laisse toujours de profondes empreintes sur nos manières de penser et d’agir », écrit-elle. La question qui se pose alors est de savoir comment ne pas être habité par l’ancien colon.

    En pillant et en détruisant les œuvres d’art, dont il est question aujourd’hui de les restituer aux Etats africains demandeurs, c’est tout une manière d’habiter les mondes que la colonisation a sapée. Les statuettes que les Baoulé, Wan, Gouro, Mona désignent par ce que l’on pourrait traduire par « humains de bois », analyse Tanella Boni, ne sont jamais des objets mais « l’esprit d’un humain qu’un sculpteur qui a appris les règles de son art “rencontre”. Il sculpte ou incruste cet esprit dans le bois » et ensuite les « humains de bois » « jouent leur propre rôle, de protection des vivants ».

    En procédant de la sorte, la France coloniale a affirmé haut et fort aux colonisés que le monde qu’ils habitaient n’étaient pas le leur, comme l’Europe ou les Etats-Unis peuvent le proclamer aujourd’hui à la face de ceux que l’on qualifie désormais de « migrants ». Or, explique Tanella Boni, « se déplacer dans une autre région de son pays fait partie de l’habiter. Migrer dans un autre pays, c’est aussi habiter. (…) Habiter, ce n’est pas être figé en un lieu », c’est se mouvoir, « être libre de se déplacer », et évoluer, ne pas être fermé sur soi.

    Habiter, c’est se sentir chez soi. Mais il arrive que l’on puisse être étranger chez soi, lorsque l’on est mis au ban de la société, à l’image des enfants microbes, ces enfants des rues d’Abidjan qui volent, agressent et parfois tuent. L’on peut également être étranger chez soi lorsqu’il s’agit d’« habiter un monde hétéronormé et patriarcal dans un corps de femme », explique encore Tanella Boni, qui a été pendant deux décennies la seule femme à enseigner au département de philosophie de l’université Félix Houphouët-Boigny.
    « Strates d’habitation »

    Les appartenances sont mouvantes et relèvent aussi d’un choix. En cela, migrer n’est pas une sinécure. C’est une épreuve existentielle qui renvoie « à une manière d’exister, d’être et de connaître ». Epreuve, car il n’est pas toujours aisé d’endosser différentes « strates d’habitation », de composer sa manière de vivre et d’être au monde à partir des différents legs qui sont les nôtres, qu’il s’agisse d’éléments culturels ou de langues. Comment alors se dire soi dans la langue de l’autre ? En l’apprivoisant et en la faisant sienne sans pour autant oublier sa propre langue, suggère l’écrivaine, qui confie se situer « à la croisée des langues », c’est-à-dire écrire en français « en présence d’autres langues qui [l]’habitent ».

    La migration est épreuve également parce qu’elle « n’en finit pas de durer, puisqu’elle apparaît comme un passage éprouvant pour le corps, la mémoire, l’imagination, et toutes nos facultés ». La schizophrénie guette lorsque l’on éprouve une double absence, celle du pays de départ et celle du pays d’arrivée qui refuse de vous accueillir pleinement. « Vivre entre ici et là-bas, ne pas savoir où l’on habite est une histoire de folie qui peut durer toute une vie. » Et de rappeler qu’exister, c’est littéralement « sortir de soi et de chez soi ». Dès lors, refuser aux migrants le droit de vivre hors de chez eux n’est rien d’autre que nier leur humaine condition. Et rejouer la partition coloniale qui distinguait en l’Occident une zone de l’être et dans les pays colonisés, une zone du non-être.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/10/habiter-le-monde-c-est-etre-libre-de-se-deplacer_6018695_3212.html#xtor=AL-3
    #mobilité #liberté #liberté_de_circulation #être_au_monde #colonisation #Afrique #solidarité #droit_colonial #lois_coutumières #foncier #conflits_fonciers #chez_soi #langue #langues #corps #mémoire #double_absence
    #faire_monde
    ping @karine4 @cede

  • Le bilinguisme en procès, cent ans d’errance (1840-1940) - Andrée Tabouret-Keller | Éditions Lambert Lucas
    http://www.lambert-lucas.com/livre/bilinguisme-en-proces-cent-ans-derrance-1840-1940-le

    « Mon objectif est d’examiner la persistance d’une idée fausse : la nocivité du bilinguisme. Comment cette idée a-t-elle pris forme ? Comment a-t-elle pu perdurer ? L’enquête ainsi annoncée commence au milieu du XIXe siècle au Pays de Galles et se poursuit jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. Sont successivement versées au dossier les thèses largement diffusées en fin de siècle qualifiant le bilinguisme de fléau social, moral et d’empêchement de penser, les conférences internationales sur l’éducation en situation bilingue de 1911 à 1933, la mise au point des tests d’intelligence qui donnent un tour scientifique à la dénonciation du bilinguisme, les études universitaires et les publications de grands linguistes de l’entre-deux-guerres. »

    Andrée Tabouret-Keller mène son enquête au plus près des documents avant de s’interroger sur les circonstances historiques, les situations sociales et les soubassements idéologiques qui jouent dans la persistance et le renouvellement de l’idée de nocivité du bilinguisme : scientisme et nationalisme y trouvent bonne place sur fond de rejet du mélange et de l’impur. Pour ouvrir une perspective où les situations linguistiques complexes bénéficieraient d’une approche anthropologique faisant aussi place à l’histoire personnelle des bilingues.

    #bilinguisme #langue #langues #Andrée-Tabouret-Keller

  • #observatoire_européen_du_plurilinguisme

    L’#Observatoire européen du #plurilinguisme, structure de mutualisation et de coopération entre acteurs du plurilinguisme, est né des 1ères Assises européennes du plurilinguisme qui ont eu lieu à Paris les 24 et 25 novembre 2005.
    Réunissant décideurs, chercheurs et représentants de la société civile autour d’une #Charte_européenne_du_plurilinguisme, pour répondre aux questions linguistiques fondamentales de l’Europe dans leurs dimensions politiques, culturelles, économiques et sociales, l’OEP a pour objectif de promouvoir l’emploi des #langues_vivantes et de préserver la #diversité_linguistique et culturelle, valeur d’échange et de créativité.
    Il déploie son activité selon quatre axes :
    – la veille stratégique, à la recherche de l’information pertinente
    – la communication visant à sensibiliser les divers publics par des argumentaires appropriés
    – la mutualisation des moyens entre acteurs du plurilinguisme
    – la médiation visant à agir sur les processus décisionnels
    Les moyens développés sont :
    – une base de connaissance, centre de ressources, le site Internet.
    – une lettre d’information bimestrielle diffusant à quelques 20 000 abonnés
    – une manifestation internationale triennale : les Assises européennes du plurilinguisme (Paris en 2005, Berlin en 2009, Rome en 2012, Bruxelles en 2016, Bucarest en 2019)
    – des actions ciblées en profondeur visant des secteurs stratégiques : la recherche et l’enseignement supérieur, l’éducation et les entreprises

    https://www.observatoireplurilinguisme.eu
    #multilinguisme #Europe #langues

  • Union européenne : vent de #révolte contre le #tout_anglais

    Le décès de Jacques Chirac vient juste d’être annoncé ce jeudi matin.Lors du point de presse quotidien, la porte-parole de la Commission, la Bulgare Mina Andreva, présente les condoléances de son institution et de son président Jean-Claude Juncker, ce qui est normal. Mais, à la surprise générale, elle le fait en anglais ! Pourtant, elle parle parfaitement français, la langue de Molière est la seconde langue de la salle de presse, l’anglais, le français et l’allemand sont les langues de travail de la Commission et les 24 langues de l’Union ont le statut de langue officielle… Viendrait-il à l’idée de la Commission de présenter ses condoléances en français à la suite du décès d’un ancien premier ministre britannique ou d’un ancien chancelier allemand ? Évidemment non.

    Cet impair est révélateur des dérives auxquelles mène le monolinguisme anglophone qui règne au sein des institutions communautaires : désormais, on ne rend même plus compte qu’on s’adresse à un peuple dans une langue qu’il ne comprend pas et qu’il n’a pas à comprendre, l’anglais.

    Cette domination brutale est à la fois le fruit de l’élargissement, cette langue, ou plutôt sa déclinaison appauvrie le globish, étant le plus petit dénominateur commun, mais aussi d’une volonté d’une partie de l’appareil administratif européen. Ainsi, le secrétaire général du Conseil des ministres, le Danois Jeppe Tranholm-Mikkelsen, vient de donner instruction à ses services, dont la plupart des membres parlent parfaitement français, de n’envoyer que des notes en anglais au nouveau président du conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, le Belge Charles Michel, un francophone….

    Cet unilinguisme de facto, puisque personne n’en a jamais discuté, est de plus en plus mal ressenti par les fonctionnaires européens eux-mêmes qui ont sans doute pris pour argent comptant la devise de l’Union : « uni dans la diversité ». Un groupe d’eurocrates de toutes nationalités vient ainsi de lancer une pétition adressée à la nouvelle présidente de la Commission, l’Allemande Ursula von der Leyen réputée polyglotte, afin de défendre le français et plus largement le multilinguisme.

    Si on les lit, la situation est proche d’une politique discriminatoire, puisqu’ils en sont à réclamer le droit « d’utiliser le français sans nous cacher et sans nous excuser ». Pour ces fonctionnaires, « le monolinguisme anglais nous bride dans nos moyens d’expression », d’autant que la qualité de cette langue ne cesse de se dégrader, le nombre d’anglophones de naissance étant particulièrement faible au sein des institutions, une situation que le Brexit ne va pas améliorer. Ils démontrent à quel point l’anglais ne s’est pas imposé comme par miracle, mais parce que quelques personnes bien placées dans l’appareil administratif en ont décidé ainsi. Les signataires demandent donc à von der Leyen de proclamer le droit de chacun à s’exprimer dans l’une des trois langues de travail et de promouvoir le multilinguisme. Bref, d’appliquer tout simplement l’un des droits fondamentaux de l’Union.

    TEXTE DE LA LETTRE OUVERTE

    Madame la Présidente,

    Votre arrivée à la tête de la Commission européenne et votre profil multilingue nous remplit d’espoir. Nous sommes un groupe de fonctionnaires européens dont le cœur se serre en constatant qu’il nous faille aujourd’hui en appeler à la plus haute autorité pour exercer notre droit le plus simple :

    NOUS VOULONS AVOIR LE DROIT DE TRAVAILLER EN FRANÇAIS (ET DANS D’AUTRES LANGUES) !

    Tout d’abord, nous souhaitons souligner que notre groupe rassemble des fonctionnaires de toutes nationalités, y compris non francophones de naissance. Nous avons constaté que le monolinguisme anglais nous bride dans nos moyens d’expression et nous souhaitons notamment pouvoir utiliser le français sans nous cacher et sans nous excuser.

    LE CONSTAT EST TERRIBLE, et sans vouloir nous répandre, rappelons simplement quelques faits simples :

    – Par le passé, à l’exception de ceux dont c’était la langue maternelle, chacun parlait plusieurs langues. Avec l’usage généralisé exclusif de l’anglais, chacun ne semble plus capable de travailler qu’en une seule langue, sans que la qualité de l’anglais se soit pour autant améliorée. Bien au contraire, le faible nombre d’anglophones de naissance dans notre environnement professionnel conduit à une dégradation de l’anglais utilisé, qui déteint même sur les anglophones. De manière générale, l’usage exclusif de l’anglais conduit à un nivellement par le bas, chacun étant forcé de se conformer au plus petit dénominateur commun, ce qui en retour affaiblit, par manque de pratique, la maîtrise des autres langues. L’objectif d’une plus grande proximité entre l’Union européenne et les citoyens restera une illusion si les fonctionnaires européens ne sont pas en mesure de travailler, de s’exprimer et de lire couramment dans plusieurs langues.

    – Les pages internet de la Commission sont dans leur immense majorité exclusivement en anglais, ainsi que les outils de communication institutionnelle (vidéos, affiches, dépliants), qui semblent plus s’adresser à une élite internationalisée et qu’aux citoyens avant tout tournés vers un espace public dans leur langue maternelle. Il en est de même pour la communication sur les réseaux sociaux (Facebook Twitter). Il est d’ailleurs rare que la Journée européenne du multilinguisme fasse l’objet d’une communication multilingue. Malheureusement, la présentation du collège, le 10 septembre dernier, n’a pas échappé à la règle : discours monolingue, documents (notamment les lettres de mission) et graphiques en anglais...

    – A quelques rares exceptions, les briefings (le concept même n’existe plus en français) sont rédigés exclusivement en anglais, y compris parfois lorsque les deux interlocuteurs sont francophones.

    – Lors des réunions au Parlement ou au Conseil, les représentants de la Commission semblent tenus de s’exprimer en anglais alors même qu’ils disposent de l’interprétation simultanée, préférée des interprètes.

    – L’usage exclusif de l’anglais dans notre travail quotidien empêche souvent nos collègues de conceptualiser dans une autre langue, fût-elle leur langue maternelle, ce qui nuit à leur bonne communication.

    – Même lorsque l’ensemble de la hiérarchie est francophone, nous recevons comme instruction orale de ne pas produire de documents (documents de travail des services, notes internes, projets législatifs ou projets de communications) dans d’autres langues que l’anglais. Ainsi le Secrétariat Général ne dispose-t-il pas de modèle de document de travail des services en français. L’obligation de fournir à la Direction générale de la traduction des documents dans une seule langue interdit de facto le travail multilingue, y compris pour les documents de travail des services qui ont par définition en principe un usage interne.

    – Le service juridique de la Commission dépense une énergie considérable à travailler de plus en plus en anglais avec les différentes Directions générales alors qu’il pourrait légitimement n’utiliser que la langue de travail de la Cour de Justice de l’Union européenne, qui est le français.

    – Les cahiers des charges pour les contrats cadre ou les appels d’offre sont presqu’exclusivement rédigés en anglais ; et les rapports ou études commandées doivent presque toujours être fournies en anglais, ce qui limite le choix des prestataires, et favorise dans l’emploi l’usage d’experts anglophones natifs.

    – Nos intranets sont très souvent exclusivement anglophones, ce qui décourage l’usage de tout autre langue. Il y a bien longtemps que Commission en Direct, notre lettre d’information interne, ne propose plus que des articles en anglais. Votre courriel adressé au personnel le 10 septembre n’était qu’en anglais, décourageant encore ceux qui voudraient utiliser d’autres langues. Il en va souvent de même des communications internes (courriels ou vidéos des Directeurs généraux).

    – Certains services administratifs téléphoniques internes (PMO par exemple) n’offrent pas la la possibilité de répondre en français. Les enquêtes internes sont presque toujours exclusivement en anglais. Le service d’assistance informatique (IT Helpdesk) n’est disponible qu’en anglais (alors même que les agents qui y sont rattachés sont très souvent francophones).

    – Les notes administratives internes sont très rarement en français.

    En un mot, à l’heure où le Royaume-Uni se prépare à quitter l’Union européenne et où la langue anglaise ne correspond plus qu’à la langue maternelle d’une petite minorité de la population, la Commission utilise une langue qui est essentiellement devenue une langue tierce, et qui donne un avantage concurrentiel (économique et culturel) à des Etats tiers comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis.

    NOUS DEMANDONS SIMPLEMENT LE DROIT DE NE PAS ETRE DISCRIMINES PARCE QUE NOUS VOULONS TRAVAILLER EN FRANÇAIS OU DANS D’AUTRES LANGUES.

    Nous demandons

    – le droit de rédiger des projets de communication, de documents de travail des services et des projets législatifs en français ;

    – le droit de passer des appels d’offres et de demander des rapports en français ;

    – le droit de communiquer sur les réseaux sociaux avec des matériaux graphiques et des vidéos en français ;

    – le droit de nous exprimer lors des réunions internes (groupes interservices, réunions d’unité, réunions de tout le personnel) en français sans être montrés du doigt ou susciter des soupirs exaspérés ou des haussements de sourcil ;

    – l’application du principe selon lequel un document ou un site internet qui n’est pas assez important pour être publié dans d’autres langues que l’anglais ne devrait pas être publié du tout ;

    – le développement d’outils (notamment de traduction automatique plus efficace) permettant de travailler quotidiennement de manière multilingue.

    Face à l’inertie de l’administration, et à la pression sociale du monolinguisme, vous êtes notre dernier recours.

    Nous vous demandons

    – d’émettre une instruction interne rappelant notre droit d’utiliser au quotidien les langues procédurales ;

    – de demander à vos commissaires et aux Directeurs généraux de mettre en place une politique incitative du multilinguisme, en montrant eux-même l’exemple dans leur communication interne.

    C’est avec cet espoir que nous vous prions, Madame la Présidente, d’accepter l’expression de notre considération respectueuse et dévouée.


    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2019/10/03/union-europeenne-vent-de-revolte-contre-le-tout-anglais
    #anglais #résistance #langues #UE #EU #Union_européenne #commission_européenne #multilinguisme #multi-linguisme

    • La #langue_française en perte de vitesse dans les institutions européennes

      A l’heure du Brexit, un collectif de fonctionnaires européens fait circuler une pétition pour que le français retrouve son statut. « Nous voulons avoir le droit de travailler en français ! » écrivent ses auteurs, qui interpellent la future patronne de la Commission, Ursula Von Der Layen.

      Ce 26 septembre, comme chaque année depuis 2001 à l’initiative du Conseil de l’Europe, est célébrée la Journée européenne des langues. En pleine ébullition autour du Brexit et alors que des fonctionnaires européens demandent à la future patronne de la Commission, Ursula Von Der Layen, le droit de travailler en français. De toutes nationalités, ils affirment notamment avoir « constaté que le monolinguisme anglais nous bride dans nos moyens d’expression et nous souhaitons pouvoir utiliser le français sans nous cacher et sans nous excuser ».

      « Nous ne produisons plus aucun document de travail en français »

      Il y a vingt ans, 40% des textes produits par la Commission européenne l’étaient en français contre moins de 3% aujourd’hui. Avec l’allemand, qui a quasiment disparu des radars, le français est pourtant l’une des trois langues de travail officielle dans les institutions.

      Le tournant a eu lieu lors de « l’arrivée des pays d’Europe de l’Est avec des fonctionnaires qui ne maîtrisent pas ou peu le français et dont la langue de communication est l’anglais » témoigne de façon anonyme un fonctionnaire de la Commission.

      Sa collègue confirme : « Nous ne produisons plus aucun document de travail en français, et la dernière note juridique traduite sur laquelle j’ai travaillée récemment date de 2015 ! » Les réunions se font également en anglais : « Parfois, nous pourrions tout à fait parler en français, ajoute-t-elle, mais tout le travail préparatoire à l’écrit a été fait en anglais, cela nécessiterait de se replonger dans des termes parfois techniques dans notre langue maternelle ! »
      "Il y a comme un mur culturel"

      Lorenzo Consoli est le correspondant européen de l’Agence de presse italienne Askanews. Très engagé dans l’Association de la Presse Internationale à Bruxelles, il dénonce la disparition progressive des documents et des communiqués de presse en français ainsi que la colonisation du langage commun par une seule langue monolithique : « Avec le français, on exprime une culture différente et même des valeurs différentes ! explique-t-il et c’est donc important de garder au moins ce bilinguisme qui permet aux gens de mieux se comprendre selon qu’ils sont de langue latine ou de langue anglo-saxonne. Quand on regarde le langage du management, des banques, de la finance, anglo-saxon, on voit très bien qu’il y a comme un mur culturel qui ne fait pas passer d’autres cultures, c’est terrible ! ajoute-il C’est donc bien de les garder toutes les deux ! »

      Même constat chez plusieurs fonctionnaires du Parlement croisés dans le quartier européen de Bruxelles, et pourtant, voilà sans doute l’institution la plus respectueuse du multilinguisme.

      Un multilinguisme totalement démocratique

      Nayrouz Hamzaouiest l’une des vingt interprètes de langue française employée à plein temps au Parlement. On la retrouve dans l’une de ces petites cabines sombres qui surplombent les salles de réunions et dans lesquelles elle passe le plus clair de son temps. Ici, les parlementaires n’ont pas été élus pour leur compétences linguistiques explique-t-elle : « C’est complètement démocratique. Ici, chacun est censé s’exprimer de la même manière avec les mêmes droits, or quand on parle dans une autre langue que la sienne, on dit ce qu’on est capable de dire dans sa deuxième langue alors que quand on parle dans sa langue maternelle, on dit vraiment ce qu’on veut dire ! ». Les réunions sont donc toujours traduites dans les 24 langues officielles et le site du Parlement est accessible dans la langue maternelle de tous les Européens.

      L’anglais bruxellois : « Un nivellement par le bas »

      Mais la langue de travail et d’échanges au quotidien est bien devenu au fil du temps cet anglais bruxellois dénoncé dans la pétition qui circule (lire ci-dessous) : « Un usage exclusif de l’anglais qui conduit à un nivellement par le bas, chacun étant forcé de se conformer au plus petit dénominateur commun, ce qui en retour affaiblit, par manque de pratique, la maîtrise des autres langues ! » Certains élus en ont conscience. « Bien souvent, raconte encore Nayrouz, ils commencent leur discussion en anglais puis quand il s’agit de défendre des points techniques ou politiques, ils repassent dans leur langue maternelle ! »

      Le groupe à l’origine du texte de remarquer aussi que :

      Avec l’usage généralisé exclusif de l’anglais, chacun ne semble plus capable de travailler qu’en une seule langue, sans que la qualité de l’anglais se soit pour autant améliorée. Bien au contraire, le faible nombre d’anglophones de naissance dans notre environnement professionnel conduit à une dégradation de l’anglais utilisé, qui déteint même sur les anglophones.

      https://www.franceculture.fr/sciences-du-langage/la-langue-francaise-en-perte-de-vitesse-dans-les-institutions-europeen
      #français

  • A Manifesto for Decolonising Multilingualism

    Dear Colleagues, Readers and Accomplices in the work of Decolonising Multilingualism,

    This blog post makes available the Manifesto for Decolonising Multilingualism, which is taken from my book of that title. It’s available as a download/e-pamphlet but like any decolonising task, and any academic work, this was neither the work of one individual nor is it complete. As Francis Nyamanjoh says in his recent article (2019), ‘Decolonising the University in Africa’[1] the work ahead, as with its decolonising antecedents, requires

    a convivial scholarship that dwells less on zero-sum games of absolute winners and losers, encourages a disposition of incompleteness and humility through the reality of the ubiquity of debt and indebtedness, and finds strength in themes of interconnections, interdependences, compositeness, and incompleteness […].

    In this spirit we would like you to add to the manifesto as an activity for the commons, engaging in dialogue, disputing and creating additional ideas, stories and reflections which may benefit the hard common task of decolonising multilingualism, not least in our teaching and learning in universities.

    https://channelviewpublications.wordpress.com/2019/09/06/a-manifesto-for-decolonising-multilingualism
    #multilinguisme #décolonisation #décolonial #langues #manifeste #Alison_Phipps

    Pour télécharger le manifeste:


    https://channelviewpublications.files.wordpress.com/2019/07/a-short-manifesto-for-decolonising-multilingualism-1.pdf

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