• De l’impérialisme linguistique
    http://www.laviedesidees.fr/De-l-imperialisme-linguistique.html

    L’anglais, nouvelle #langue mondiale, domine après le français au XVIIIe siècle. En sociologue, Pascale Casanova montre que l’usage de la langue mondiale assure une autorité à ceux qui le maîtrisent. Mais que faire, puisqu’une langue mondiale doit exister pour permettre une communication universelle ?

    Livres & études

    / #domination, langue, #traduction

    #Livres_&_études

    • Oui, le livre ne parle que des langues et de leur position dans la hiérarchie mondiale. Il s’y intéresse à partir du bilinguisme, de la traduction, du rapport entre les langues, d’abord avec le passage (de relais) du latin au français puis regarde la manière dont le français domine les autres langues à partir de ses traductions (infidèles). Ainsi quelqu’un parlant sa langue maternelle et la langue mondiale, qu’on verrait a priori comme un privilégié, est ici présenté comme un dominé linguistique. Son bilinguisme est le signe que sa langue est en périphérie ; il doit régulièrement switcher entre deux langues selon la situation dans laquelle il se trouve.

      C’est assez frappant de voir comment le français se développe de manière extrêmement consciente et réfléchie, et comment les poètes de l’époque (~XVIe) invitent à s’accaparer le latin : on parle de vol, de pillage - il y a tout un vocabulaire guerrier et économique - dans le but non seulement d’enrichir une langue jeune peu adaptée à l’argumentation, mais aussi de la faire bénéficier du prestige du latin. Le développement du français se fait donc de manière paradoxale contre le latin (il s’agit de se faire sa place, de lutter contre l’idée que le latin est par nature parfait), mais en jouant aussi sur l’aura de celui-ci (les poètes français du passé sont au passage dénigrés, coupables de ne pas avoir suffisamment enrichi leur langue).

      Les traductions des anciens servent ainsi à s’accaparer le trésor d’une culture passée. On importe à la fois le savoir-faire et le prestige. Et pour se faire les traductions ne doivent pas être fidèles. C’est surprenant de voir qu’à l’époque on n’a aucun scrupule vis-à-vis de la source. La traduction ne visant qu’à enrichir ses propres langue et culture, si les pensées ou les mots ne semblent pas leur convenir, on les modifie. Il s’agit d’"annexer", de « naturaliser » ce que l’on trouve dans les originaux (latins, grecs, ou anglais, etc.). Quant au nom de l’auteur de l’original, il peut carrément disparaître. En Europe il semblait acquis que les traductions françaises n’étaient pas fiables, mais on n’y pouvait rien car le français dominait et l’élégance française jouait le rôle d’arbitre. (Pour concurrencer le français, l’allemand met alors en avant la notion de fidélité, et prétend être la langue idéale pour la traduction.)

      Casanova insiste pour dire que cette pratique n’est pas due à la paresse ou à la désinvolture des traducteurs, mais qu’elle est structurelle, propre à la position de domination de la langue. Dans la dernière partie du livre elle précise que c’est la même chose pour l’anglais aujourd’hui : les aspérités des originaux sont gommées pour qu’ils soient lus de manière fluide et facile, sans qu’on puisse penser qu’ils ont été écrits dans une langue étrangère ; les traducteurs sont « cachés » (on ne les mentionne parfois pas) ; un texte est souvent présenté de telle sorte qu’on peut croire qu’il a été écrit directement en anglais.

      Une question laissée sans réponse dans le livre (ou à laquelle il est dit qu’il n’y a que de mauvaises réponses) c’est : où commence la supériorité d’une langue ? Car, comme il est dit dans l’article « la langue mondiale n’est pas nécessairement celle du pouvoir économique ou militaire. »



  • Quand la République ressort le coup des langues régionales pour faire oublier qu’elle coule
    https://blogs.mediapart.fr/james-costa/blog/211215/quand-la-republique-ressort-de-coup-des-langues-regionales-pour-fair

    Recette pour utiliser le terrain du langage comme cure de jouvence : option 1, vous n’avez aucun régionaliste ou immigré sur lequel taper. Vous prenez alors ‘lalanguefrançaise’, et vous rappelez, au choix, sa clarté, son universalité, ‘notrelanguecommune’, etc. Succès garanti, vous aurez droit à un article dans le Figaro au moins, et peut-être à la caution d’un académicien (toujours bon à prendre, l’académicien). Option 2 : vous avez la chance d’avoir sous la main un débat sur les langues que vous pourrez appeler ‘régionales’ (variante : les patois), et dans ce cas, vous pouvez vous en donner à cœur joie. Personne n’ira vous porter la contradiction dans les media nationaux, pour une simple raison : personne n’en est capable. Les connaissances sociolinguistiques du journaliste parisien moyen étant proches de zéro, vous ne risquez rien. Variante de cette option, si vous êtes d’#extrême-droite (version FN ou Lérépublicains) : vous défendez les ‘languesrégionales’ face à ‘l’arabeàl’école’, mais au fond, l’argument est le même : suraffirmer votre propre légitimité en délégitimant un Autre qui n’aura pas les moyens symboliques de se défendre.

    Dernier épisode d’un feuilleton qui dure depuis plusieurs siècles, et dont on aurait pu penser qu’on se serait lassé : le discours en corse de J.G. Talamoni. Très pratique le corse : ça permet de faire plein de choses en même temps. Parler de la générosité de la métropole envers ses dépendances, rappeler les inégalités fiscales supposées dont bénéficie l’île, en filigrane opposer l’industrieux nordiste au fainéant du sud, et par dessus tout, donc, attirer sur soi les bénéfices moraux liés à la républicanité supposée que confère le culte de la langue française. Culte unique, cela va sans dire, ‘lalanguefrançaise’ est une déesse jalouse. Chevènement est choqué. Mais c’est normal, il est facilement choquable, et puis la question des langues c’est son dada depuis longtemps. Mélenchon est choqué aussi, mais là encore, pas de surprise. Et puis, Mélenchon est choqué par tellement de choses, que ça ne choque plus. Il devrait faire attention : à force d’être trop choqué, on finit, effet Pierre et le Loup, par ne plus choquer. L’UPR (who’s that ??), m’apprend Google, est choquée du discours ‘séditieux’ de Talamoni. Florian Philippot est choqué aussi. Que du beau monde, en somme. Bernard Debré est choqué. Mais c’est normal, il défend l’héritage de l’Amer Michel, also known as ‘Papa’. Jerôme Guedj est choqué, sans doute pour faire bonne mesure — laissons lui le bénéfice du doute (et puis personne ne sait qui c’est, il a besoin de paraître républicain). Et bien sûr l’inénarrable Guéant est choqué.

    On aimerait que cette plaisante compagnie fût choquée par tellement d’autres choses. L’#évasion_fiscale. La non-tenue des promesses électorales de Hollande. La stratégie guerrière de la France au Moyen Orient. Les ventes d’armes françaises. La #pauvreté en France. Les #inégalités. Le fait que des gens dorment dehors. Le #racisme face aux réfugiés syriens. Mais non : ils sont choqués parce qu’un président de région n’a pas parlé français dans son assemblée régionale. Notez que c’est exactement ce que ledit président de région espérait : on a là une chorégraphie soigneusement huilée, répétée, qui vise à provoquer l’indignation et à utiliser le terrain linguistique pour faire passer des revendications politiques autres, en particulier territoriales. Pour affirmer sa propre légitimité face à un pouvoir central qui ne reconnaît qu’une source de légitimité, la sienne, et qui laisse mourir les territoires dont il a la charge depuis des siècles, les transformant en mouroir ou en colonies de vacances, renforçant les inégalités territoriales etc. Tout cela, on le sait. Nihil novi

    Alors à quoi rime ce bal des choqués ? A rien. Pour les choqués, à affirmer leur irréprochable républicanité — et le terrain est chargé, il y a concurrence : surtout ne pas laisser l’autre être plus républicain que soi. Pour les choquants, à déplacer le terrain du débat, à affirmer qu’il y a d’autres sources de légitimité, et, dans un acte de magie sociale, à les faire advenir petit à petit.

    Mais au-delà, cette petite farce en deux actes souligne une chose particulièrement tragique : la France est incapable de concevoir la différence autrement que comme un élément à faire disparaître. Elle n’a jamais su, assimilant toujours le différent à l’ennemi. Du coup, face à la différence, à son expression, à son affirmation, les politiciens français ne savent pas débattre, ne savent pas argumenter. Ils sont choqués, à la manière de poules découvrant un œuf. On aurait attendu une réflexion politique, sociale — culturelle à la limite. Mais comme toujours, elle ne viendra jamais, et le choc face à la question linguistique ne vient que pour masquer une incompétence crasse par rapport à toutes ces questions. Des poules devant un œuf, mais des poules républicaines. Et pour les media qui benoîtement répercutent leurs outrages, c’est sans doute tout ce qui compte.

    #langues_sans_frontières #sociolinguistique #état #uniformisation #assimilation
    #médias


  • When languages die, ecosystems often die with them | Public Radio International
    http://www.pri.org/stories/2014-07-15/when-languages-die-ecosystems-often-die-them

    The study, from the World Wildlife Fund, measured the threat to languages using a scale that tracks how threatened species are. Not only are many languages steadily losing speakers, says co-author Jonathan Loh, but "the rate of decline, globally, is actually very close to the rate of decline in populations of wild vertebrate species. [...]

    And that’s no coincidence. Loh explains that languages have a lot of specific local knowledge built in. “The cultures have evolved in a particular environmental context, so they have an extraordinary amount of traditional ecological knowledge — knowledge of the local species, plants, animals, the medicinal uses of them, the migration patterns of animals behavior,” he says.

    So when the languages die off, much of that knowledge goes with them. “Then children stop learning the language, they also stop acquiring that traditional knowledge,” Loh says.

    #écologie #écosystèmes #culture #langues #langage #peuples_tribaux


  • La révolution démocratique et féministe du Rojava, source d’espoir parmi l’horreur
    article original : http://www.telesurtv.net/english/opinion/Rojavas-Democratic-Revolution-a-Source-of-Hope-among-Horror-20151119-0040

    Entre les bombes occidentales et les fondamentalistes sauvages prêts à mener leur guerre au cœur de l’Europe, la #Syrie peut sembler un trou noir de misère sans fin. Mais la région nord, en grande partie kurde, de #Rojava, est également le théâtre d’une révolution profondément démocratique et humaniste, qui place en son centre les droits des minorités ethniques et la libération des femmes.

    Ironiquement, étant donné l’horreur qui l’entoure, Rojava est, avec les projets révolutionnaires d’Amérique latine, le lieu des expériences les plus profondes menées sur la base de la #démocratie_participative. Comme au Venezuela, l’idéal de « la commune » est au cœur de la démocratie naissante du Rojava.

    La révolution Rojavane s’est faite connaître au monde en grande partie par la résistance héroïque des combattant·e·s des Unités de Protection Populaire (#YPG) et Unités de Protection des Femmes (#YPJ) en ayant mis fin à un siège de l’Etat islamique sur la ville Rojavane de #Kobane en Janvier. Mais beaucoup ont remarqué l’idéologie profondément révolutionnaire qui anime les combattants de la liberté du Rojava - et qu’ils cherchent à mettre en pratique au milieu de grandes menaces.

    Rojava est une "zone libérée" dans le nord de la Syrie, qui fait partie du territoire historique du #Kurdistan. Le parti politique majeur est le Parti de l’Union Démocratique (#PYD), qui est idéologiquement aligné avec l’aile gauche du Parti des travailleurs du Kurdistan (#PKK), basé en Turquie.

    En 2011, le PYD a soutenu le soulèvement qui a éclaté contre Assad. Cependant, il était préoccupé par l’excessive #militarisation du conflit par l’opposition. Au départ cette militarisation fut une réponse à la répression par Assad de protestations non armées, mais elle fut par la suite alimentée par les services de renseignement de l’Occident et ses alliés régionaux.

    Ajouté à cela, le chauvinisme ethnique et religieux croissant d’une opposition majoritairement Sunnite et Arabe se définissant de plus en plus comme Sunnite et Arabe a amené le mouvement kurde à rester à l’écart de l’opposition armée au régime.

    En Juillet 2012, la présence militaire du gouvernement Assad au Rojava a été affaiblie par l’aggravation de la guerre civile dans d’autres régions. Il y avait un danger croissant que le Rojava devienne un champ de bataille entre des forces opposées hostiles aux Kurdes et d’autres #minorités ethniques.

    En réponse, un soulèvement majoritairement non violent a été lancé, déclarant Rojava zone libérée. Cette insurrection populaire a permis aux idées de « confédéralisme démocratique » du PKK et des PYD, fondés sur la démocratie participative et l’autonomie locale, de commencer à être apliquées.

    Le PYD joue un rôle idéologique dans la transformation démocratique du Rojava, mais pas de nature institutionnelle. Il a aidé à établir le Mouvement pour une société démocratique (TEV-DEM), qui organise et mobilise la population mais qui est organisationnellement indépendant du PYD.

    Le pouvoir institutionnel est basé sur un système appelé "autonomie démocratique". Le blog Ecology or Catastrophe rapportait en Janvier que le représentant du TEV-DEM Çinar Salih a déclaré à une délégation universitaire en visite "Notre système repose sur les communes, composées de quartiers de 300 personnes. Les communes ont co-présidents, et il ya des co-présidents à tous les niveaux, de la commune à l’administration du canton."

    "Dans chaque commune, il y a cinq ou six comités différents. Les communes agissent de deux façons. D’abord, elles résolvent les problèmes rapidement et tôt - par exemple, un problème technique ou un problème social. Certains travaux peuvent être effectuées en cinq minutes, mais si vous l’envoyez à l’Etat, il est empêtré dans une bureaucratie. Donc, nous pouvons résoudre rapidement les problèmes. La deuxième façon est politique ", a déclaré Salih.

    "Si nous parlons de vraie démocratie, les décisions ne peuvent pas être fabriquées en haut [par les élites] et descendre vers le peuple, elles doivent être prises en bas et ensuite monter dans les différents niveaux. Les co-présidents sont un homme et une femme ... La représentation des femmes est garantie à tous les conseils populaires. On n’autorise pas un des deux genres à avoir plus de 60% de représentation. En outre, il existe en parallèle des structures non-mixtes pour femmes", a-t-il expliqué.

    "Les conseils de #femmes existent en parallèle à tous les niveaux, la commune, le district, la ville et le canton. Les conseils de femmes ne décident pas pour les questions générales - c’est le rôle des conseils populaires. Ils discutent de questions qui portent spécifiquement sur les femmes ... Ils ont un droit de veto sur les questions concernant les femmes".

    L’accent mis sur la libération des femmes se reflète dans la forte visibilité des femmes combattantes dans les groupes armés révolutionnaires du Rojava.

    Salih a fait valoir que la révolution du Rojava est une « révolution des femmes", expliquant qu’elles sont impliquées dans tous les domaines de la vie. « Nous croyons qu’une #révolution qui n’ouvre pas la voie à la libération des femmes n’est pas une vraie révolution. Il y a eu des révolutions en Libye et en Egypte et en Tunisie ... mais le même statut des femmes a persisté ".

    Du fait de la guerre, de la dévastation et de l’isolement auxquels le Rojava est soumis, son économie est largement orientée vers la survie. Toutefois, son orientation socialiste s’attache en priorité à fournir pour tous un logement, un approvisionnement alimentaire, un accès aux soins, la garde des enfants et l’éducation - aucun de ces éléments n’ayant été fourni par le gouvernement syrien en temps de paix.

    La révolution dans le Rojava est explicitement une révolution multi-ethnique. Dans son préambule, la constitution de cantons autonomes du Rojava décrit les cantons de Rojava comme "une confédération de Kurdes, d’Arabes, de Syriaques, d’Araméens, de Turkmènes, d’Arméniens et de Tchétchènes".

    Il poursuit : « Dans la construction d’une société libérée de l’autoritarisme, du militarisme, du centralisme et de l’intervention de l’autorité religieuse dans les affaires publiques, la Charte reconnaît l’intégrité territoriale de la Syrie et aspire à maintenir la #paix nationale et internationale."

    L’accent est mis au Rojava sur la construction de structures multi-ethniques plutôt que simplement kurdes. Tout, depuis les plaques de rue aux médias en passant par l’éducation est fourni dans la langue de la communauté concernée.

    Comme pour le genre, la participation des différentes ethnies aux conseils communaux et autres est facilitée par des quotas. Il y a aussi des organismes parallèles pour les minorités ethniques.

    Du fait de telles politiques, la révolution a rapidement gagné le soutien de minorités non-kurdes. Cela se reflète dans la participation non-kurde dans les structures et organisations, ainsi que des alliances faites avec des groupes politiques et armés non-kurdes.

    La révolution du Rojava est confrontée à des menaces constantes de nombreux côtés - et doit naviguer parmi des forces complexes et en compétition qui cherchent à imposer leurs intérêts dans la région. Mais pour tout ce qu’elle a réalisé contre vents et marées, la révolution du Rojava mérite notre solidarité - le monde a besoin du Rojava.

    #féminisme #municipalisme #auto-organisation #émancipation #langues_sans_frontières


  • La sinisation du Xinjiang ouïghour - La Revue des Ressources
    http://www.larevuedesressources.org/la-sinisation-du-xinjiang-ouighour,2852.html

    L’actualité jette périodiquement un coup de projecteur sur des révoltes meurtrières à Kashgar, à Urumqi, à Guldja, mais très vite le livre se referme sur ces contrées de la lointaine Asie centrale chinoise. L’annonce des tragédies qui égrènent le nombre des victimes, les rares images volées de ces révoltes qui nous parviennent, relèguent au second plan la destruction des villes qui inexorablement se déroule depuis de longues années. Peu de gens savent qui sont ces Ouïghours qui, périodiquement, secouent le joug que les Chinois font peser sur eux, sur leur culture et de quelle nature est ce joug [1].

    #Chine #minorités

    voir aussi http://seenthis.net/messages/407210


  • Non à la #Charte_des_langues_régionales

    Derrière la question des langues dites régionales se cache très souvent un nationalisme agressif. La Catalogne en offre un très bon exemple : on y est passé en quelques décennies d’une revendication légitime d’expression en catalan à un leadership de cette langue puis à des mesures de rétorsion contre l’espagnol dans l’espace public (dont la loi dite d’immersion scolaire en catalan est l’une des facettes) et l’on en arrive depuis quelques années, comme c’était tout à fait prévisible – et cela fait un bail que nous le disons - à la revendication d’un Etat purement catalan. C’était l’objectif initial de la bourgeoisie locale.

    Au moment où Hollande menace de signer la « Charte des langues régionales et minoritaires » chacun doit avoir présent à l’esprit que cette question n’est pas « folklorique », que dans la réalité, il ne s’agit pas de culture mais de politique, et d’une politique qui peut changer assez radicalement la vie de chacun. Or, au lieu de poser le débat franchement et ouvertement (après tout, pourquoi pas !) les nationalistes régionaux avancent masqués derrière des revendications linguistiques et « culturelles », d’une manière insidieuse, perverse.

    Dans un premier temps, nous invitons tout un chacun à lire tranquillement cette fameuse charte en se posant à chaque article la question « Qu’est-ce que cela implique ?, qu’est-ce que cela peut changer (en positif ou en négatif) dans ma vie  », sans se laisser endormir par les commentateurs ad hoc. Nous reviendrons, en fonction de l’actualité, sur ce sujet.

    @anarchosyndicalisme ! n°146

    ---- #Nationalisme -------------------

    • – La bourgeoise catalane instrumentalisme le mouvement indépendantiste pour ses intérêts. Sur quoi en fait-on reposer ici la responsabilité ? Non pas sur les intérêts bourgeois mais sur la langue et la culture catalanes. Bravo. Au passage, rien n’est dit sur la CUP, ni sur le fait que ses membres, dont son porte-parole David Fernández, sont en grande partie descendants d’immigrants d’autres provinces d’Espagne (Extremadura, Castille, Andalousie...) et n’en sont pas moins Catalans pour autant.
      – On qualifie l’enseignement immersif de « mesures de rétorsion contre l’espagnol ». J’en rirais si ce n’était pas du simple déni de privilège. Ce serait intéressant de transposer aux rapports de force sociolinguistiques les concepts de male tears et de mecsplication développés dans le féminisme. Langue-hégémonique-tears, langue-hégémonique-splaining.
      Est-ce utile d’expliquer ici la différence entre égalité formelle et #équité ? D’expliquer que quand une langue pâtit d’un rapport de force sociolinguistique défavorable, l’absence de contre-poids (comme l’enseignement immersif) la condamne à se cantonner à la sphère privée puis de ce fait à s’éteindre ?
      @monolecte c’est dans un petit nombre d’offres dans des domaines bien précis alors, parce-que dans la grande majorité des annonces ce n’est pas le cas. Les nouveaux arrivants sont toujours nombreux et aucunement gênés par leur non-connaissance de l’euskara.
      Demander de savoir parler euskara c’est le cas en revanche pour les postes publics dans la communauté autonome d’Euskadi, où l’euskara est officiel.
      Si on veut qu’une langue vive il faut lui donner une existence dans la sphère publique, c’est à dire aussi dans les services publics. Et pour ce faire, il s’agit que les fonctionnaires connaissent un minimum la langue en question. En symétrique, pas grand monde n’interroge le fait qu’un·e bascophone ou catalanophone natif·ve doive apprendre le français ou l’espagnol pour bosser à Paris ou à Madrid, là où les francophones et hispanophones natif·ve·s n’auront pas à faire ce travail d’apprentissage d’une autre langue.
      Prenons un autre exemple : la Belgique, où sont parlées une langue locale (le flamand) et une langue devenue internationale par l’existence d’un empire colonial, à savoir le français. Si en Wallonie on trouve des offres d’emploi exigeant la connaissance du flamand, possible que certains portent des accusations de communautarisme et d’exclusion des Wallons. Si en revanche en Flandre on trouve une annonce demandant de parler français, ça ne sera probablement pas perçu différemment d’une annonce demandant de savoir parler anglais, car le français est (comme l’anglais même si quantativement dans une moindre mesure) un outil de communication internationale.
      Certaines langues sont celles d’anciens empires coloniaux et sont de fait internationales, et leur connaissance est ainsi devenue une compétence professionnelle au même titre qu’une autre. Il ne faut pas oublier que c’est une situation historiquement et politiquement (et militairement) construite, et nullement « naturelle ».
      D’autres langues n’ayant jamais prétendu à aucune hégémonie planétaire n’ont pas cet avantage, et quand on essaie de mettre en place des outils pour contrebalancer les rapports de force en leur défaveur, cela suscite des accusations de nationalisme, et ce de la part de qui ? En premier lieu de la part des langues hégémoniques qui ont contribué à l’invisibilisation et à la disparition de nombre de langues locales, et qui ne sont nullement menacées d’extinction, elles. Paille poutre. Quand j’entends ça, ça me fait toujours penser aux chouineurs masculinistes qui s’insurgent dès que les femmes revendiquent deux millimètres de droits en plus.
      #langues_sans_frontières
      edit : quelques coquilles typo

    • C’est assez amusant de lire que quand il s’agit de n’employer que des basques en pays Basque c’est pour la défense d’une culture mais que dès qu’on critique un peu le régionalisme on est traité de « jacobin » ce qui revient à traiter les gens de raciste...

    • En symétrique, pas grand monde n’interroge le fait qu’un·e bascophone ou catalanophone natif·ve doive apprendre le français ou l’espagnol pour bosser à Paris ou à Madrid, là où les francophones et hispanophones natif·ve·s n’auront pas à faire ce travail d’apprentissage d’une autre langue.

      Ta remarque est mensongère car de fait, que ce soit en France ou en Espagne, les gens apprennent le français ou l’espagnol dès l’enfance et ne sont donc pas pénalisés. Par contre dans le système communautariste que tu défends et qui multiplie les zones à langues officielles différentes tu crée des étrangers de l’intérieur qui eux seront en effet pénalisés. D’ailleurs c’est déjà le cas avec les annonce qui ne sont que pour les basques et qui font penser au slogan « ici on est en France on parle français ».

    • Pour appuyer mon commentaire lire l’article « l’horreur linguistique » dans la brochure ci-jointe. Un extrait ici :

      Immigrés de l’intérieur
      Continuons à faire fonctionner notre ima-
      gination. Si vous perdez votre emploi à
      Toulouse et en trouvez un à Strasbourg ou à
      Rennes, il vous faudra apprendre l’alsacien ou
      le breton ! En pratique, vous deviendrez un
      immigré. Ceux qui ont vécu cette situation
      savent ce que cela veut dire : ne pas maîtriser
      la langue officielle, c’est être en situation d’ex-
      trême infériorité, à la merci du patron, du pro-
      priétaire, du flic, de l’administration ; c’est se
      trouver dans la plus grande difficulté pour
      défendre ses droits élémentaires, pour organi-
      ser une lutte collective. Quand on est propul-
      sé à l’âge mûr dans une nouvelle aire linguis-
      tique, on met cinq ans, dix ans, pour simple-
      ment se débrouiller. On reste à l’écart. Le
      ghetto linguistique, c’est le ghetto le plus effi-
      cace.

      http://www.cntaittoulouse.lautre.net/IMG/pdf/BROCHURE_NATIONALISME.pdf

    • Ta remarque est mensongère car de fait, que ce soit en France ou en Espagne, les gens apprennent le français ou l’espagnol dès l’enfance et ne sont donc pas pénalisés.

      Tiens donc, ravi d’apprendre qu’il n’y a personne dont la langue maternelle n’est pas celle de l’Etat, et donc personne qui ne doive apprendre une seconde langue pendant son enfance là où d’autres peuvent se contenter de n’en apprendre qu’une.
      Par ailleurs le fait que l’apprentissage du français ou de l’espagnol soit une obligation ne semble pas te déranger plus que ça. Mais quand on est du bon côté de l’hégémonie il est vrai qu’on s’accommode facilement de ce genre de petits détails.

      Par contre dans le système communautariste que tu défends

      Allez, taxation de communautarisme, ça faisait longtemps. Va falloir que tu m’expliques en quoi le bilinguisme (ça te parle comme concept ?) est plus communautariste que le monolinguisme.

      Tu crée des étrangers de l’intérieur qui eux seront en effet pénalisés

      Il va falloir que tu m’explique comment un système bilingue pénalise ceux qui parlent l’une des deux langues concernées.

      Si vous perdez votre emploi à Toulouse et en trouvez un à Strasbourg ou à Rennes, il vous faudra apprendre l’alsacien ou le breton !

      Complètement fantasmatique. Comme s’il s’agissait de remplacer une langue par une autre, et comme si tout le monde postulait dans la fonction publique.

    • le système communautariste que tu défends

      (tu la sens bien la bonne foi là ?)

      Mais sinon à part ça, concrètement, le principe c’est de défendre une unique langue mondiale pour que personne ne soit pénalisé⋅e nulle part ? Genre l’esperento ? Ou l’anglais ?

      La langue française, dans ce contexte, c’est comme le masculin à l’intérieur du français : c’est neutre : HAHA. #francosplaining

      Bon allez, une proposition un peu moins manichéenne, tant qu’à faire…
      Proposition de généralisation à tous les Français d’une éducation à toutes les langues indigènes de France
      http://www.nationalisation-langues-de-france.net/?post/proposition

      Les uns nient, au nom de l’unité nationale, toute pluralité culturelle interne (vantant la « diversité » pour le reste du monde) ; les autres, au nom de la « diversité » culturelle, en viennent à remettre en cause la solidarité nationale. Les uns et les autres ont quelques chose en commun : ils confondent l’ordre culturel et l’ordre politique (« une nation, une langue ») (comme autrefois « un royaume, une religion »), et savent si peu ce que la langue est à la pensée qu’ils placent la culture et les œuvres derrière la langue de communication. Leur débat occupe tout l’espace, comme s’il n’y avait pas d’autre voie.

      […]

      1. organiser une éducation pour tous les Français à toutes les langues/cultures indigènes de France. Ce qui renforcera la solidarité nationale.
      2. organiser, contre la « diversité culturelle » (chacun sa petite langue/culture dans son coin, dans sa « communauté »), l’aventure de la pluralité culturelle (émulation entre les œuvres) qui, libérant toutes les imaginations, mobilisera tous les Français dans l’invention d’un avenir commun.

      Quel incroyable communautarisme !

    • Proposition de généralisation à tous les Français d’une éducation à toutes les langues indigènes de France

      l’indigénisme est un concept d’extrême droite, en France elle est portée par Riposte laïque entre autre.
      Ton intervention introduit l’idée que les particularisme régionaux comme le bretons ou le basque sont des particularismes ethniques donc raciaux.

      Sinon tu évitera de me faire dire ce que je n’ai pas dis merci.

    • lol.
      Je t’ai juste cité.

      Et pas lol : si en lisant le lien précédent, tu comprends que ces gens disent que la culture bretonne ou basque sont ethniques et raciales, je ne peux plus faire grand chose. On peut difficilement plus éloigné des concepts élaborés par le Carrefour Arnaud Bernard, Sicre et Meschonnic…

      Ou bien tu fonctionnes avec des mots-clés, et sans même comprendre leur sens, si tu les as entendu prononcé par une méchante personne, le mot devient facho…

      (Rappel : « indigène » veut dire « qui est né sur un territoire déterminé », ici on parle du territoire géographique français ; les langues et cultures indigènes étant celles qui sont nées dans ce périmètre géographique.)

      (lol : ces Bombes2Bal quelles bandes de sales fachottes !


      )

    • Quand bien même tu ne parlerais que de langues et tu défendrais une conception constructiviste de l’identité http://seenthis.net/messages/355705, le grand truc de certains c’est d’arriver à dire que tu défends une conception ethniciste de l’identité, pour mieux te reprocher ensuite ladite conception http://seenthis.net/messages/331938 et s’en féliciter en s’autodésignant progressistes universalistes. À ce point du débat, inutile de gaspiller son énergie.

    • Le « bal indigène » : ce qui reviens si je traduis à « le bal des gens nés sur un territoire déterminé » , en l’occurence ici en Occitanie. Il n’y a que moi que ça dérange un bal ou ne seraient invités que les gens nés ici en Occitanie ? Transposez ça avec « bal de gens nés en France » et vous comprenez mieux.
      Blague à part les Bombes de bal sont dans la revendication identitaire, elle diffusent donc des concepts réactionnaires, tout comme Sicre et les autres.

    • C’est fou ces biais d’interprétation même sur des trucs secondaires.

      Le « bal indigène » : ce qui reviens si je traduis à « le bal des gens nés sur un territoire déterminé »

      Le qualificatif se réfère au bal, non aux gens. De deux, même s’ils avaient écrit « bal des indigènes » (ce qui n’est pas le cas), rien n’y indique que les non indigènes en seraient exclus. Pour en arriver à ton interprétation ça fait beaucoup de suppositions, et d’étapes sautées.

      Bombes de bal sont dans la revendication identitaire, elle diffusent donc des concepts réactionnaires

      Réduire l’identité à un concept réactionnaire, là aussi ça fait un sacré paquet de suppositions et d’étapes sautées.
      Une de ces étapes est le lien entre identité et état-nation (la question de savoir si ce concept est présent chez toutes les identités n’est pas posée), entre peuple et Etat.
      Ceux qu’on appelle actuellement « identitaires » (je parle ici de l’extrême-droite française islamophobe) défendent une identité liée à un Etat, une identité homogène (par la force) et délimitée par des frontières. On est là extrêmement loin des concepts de Castan, Lubat, Sicre etc. ou d’autres qui défendent des identités plurielles dont le passage de l’une à l’autre est loin de correspondre à une limite fixe.
      Que cette différence fondamentale échappe à des gens se réclamant de l’anarchisme (donc critiques vis à vis de l’Etat et de la façon dont celui-ci modifie les rapports entre les gens et entre les peuples), que ceux-ci entretiennent des biais d’interprétation aussi état-nation-centrés, c’est pour le moins surprenant.

    • Bon pour le titre c’était une blague, je rentrais dans le jeu de la provocation marrante de rasta.

      Par contre je suis pas d’accord sur le fait que le seul vecteur d’idées réactionnaires soit la revendication identitaire liée à l’état nation. Ou plutôt je pense que les revendication identitaires linguistiques sont la porte d’entrée vers des revendications plus dures. Que la langue est ce qui cache la revendication nationaliste et raciale.

    • Par exemple que penses-tu de cet autocollant que j’ai vu dimanche dernier dans un quartier populaire de Toulouse et qui disait : « aqui se parla occitan » (je me trompe peut_être dans la retranscription mais tu m’aura compris). Ce slogan lie bien la revendication linguistique et nationaliste.

    • Ou plutôt je pense que les revendication identitaires linguistiques sont la porte d’entrée vers des revendications plus dures.

      Tu peux le penser, mais ça n’a rien de fondé.
      Dire « la langue est ce qui cache la revendication nationaliste et raciale. » n’est absolument pas fondé. Cf ce que je disais plus haut sur les identités constructivistes, qui en se fondant sur la langue sont justement à l’opposé des conceptions raciales.
      Idem « aci parlam occitan », est-ce que ça empêche qui que ce soit de parler français anglais ou coréen ? Pourquoi le bilinguisme n’existerait-il pas, pourquoi plusieurs langues ne pourraient-elles pas coexister en un même espace ? Pourquoi toujours entendre qu’il s’agit d’en imposer une au détriment d’une autre ?

    • Imposer une langue unique au détriment des autres c’est justement ce qu’ont fait le français ou le castillan dans le cadre de l’établissement de leurs états-nations respectifs, en mettant en oeuvre des moyens implacables (administration, école, armée) au service de leurs élans hégémoniques. Dans le même temps se développaient des empires coloniaux.
      Taxer de nationalisme ceux qui questionnent l’héritage de ces politiques-là, c’est ne voir le monde que comme des conflits entre nationalismes, c’est croire que la seule façon de faire vivre une langue c’est d’en imposer l’usage par la force. C’est vraiment triste de ne pas pouvoir envisager l’humanité autrement.

    • Pour développer une telle paranoïa, pour se persuader de la toute-puissance de gens minoritaires et dominés, pour se sentir constamment insulté, bafoué, provoqué, menacé, il faut forcément être devenu inconsistant et transparent à ses propres yeux ; il faut ne plus se percevoir soi-même, ne plus percevoir sa propre force.

      http://www.peripheries.net/article335.html
      (sujet différent mais le constat se transpose assez bien aux peurs irrationnelles que certains locuteurs de langues hégémoniques ont vis à vis des langues minorisées)

    • 1) « Bal indigène », sans blague, ça veut clairement (si si, clairement) dire « bal conçu à la manière indigène », c’est-à-dire : un bal conçu à partir du patrimoine linguistique et culturel de là où il est fait. Par exemple (c’est le cas pour elles), un bal avec des chants en occitan (et la moitié est en français, OH BIZARRE), et des danses traditionnelles occitanes (il y a un danseur et une danseuse pro à chaque concert, qui apprennent au public, dont la fille de Sicre). Le terme n’a donc AUCUN rapport avec qui est invité⋅e au bal ! C’est absolument tout le monde, d’autant plus qu’elles tournent dans toute la France et qu’elles invitent chacun à mélanger sa danse aux leurs (il y a certains morceaux et rondes exprès pour ça). C’est juste totalement l’inverse de ton interprétation.

      2) « Aqui parlem occitan », ça veut juste dire « ici on parle occitan », ni plus ni moins : ici il y a des gens qui parlent occitan. En soi, hors contexte (donc sans savoir qui l’a écrit), en aucun cas ça n’a de rapport avec « ici TU DOIS parler occitan » (la phrase serait différente !)

      3) Il y a, sans aucun doute possible, des occitanistes tout à fait régionalistes (et donc mini-nationalistes), je n’ai jamais dit le contraire, je l’ai même évoqué plus haut ! Et je suis en total désaccord avec leur point de vue, et c’est totalement opposé aux idées constructivistes (« je peux choisir de devenir occitan, basque, etc ») et pluri-lingues, de Castan, Lubat, Meschonnic, Sicre, et celleux qui diffusent leurs idées.

      4) La phrase du 2), si on sait qu’elle est prononcée ou écrite par un du 3), là on peut l’interpréter de manière nationaliste. Mais uniquement dans ce cas. La phrase toute seule sans aucun contexte n’a strictement rien de nationaliste, raciale, ou que sais-je.


  • La question #Ouïghour

    Les Ouïghours vivent dans la province du Xinjiang ou Turkestan oriental à l’extrême ouest de la #Chine. Ils sont un peuple d’environ 10 millions d’âmes, turcophone et musulman sunnite.

    Minorité officiellement reconnue par Pékin, les Ouïghours n’en sont pas moins dans le collimateur du gouvernement chinois. En raison du recours au terrorisme pour combattre les #discriminations dont leur peuple est l’objet.

    https://www.rts.ch/espace-2/programmes/babylone/6866740-babylone-du-09-07-2015.html#6866739
    #minorités


  • Je connaissais pas le mirandais. C’est marrant ces séparations linguistiques pile à la frontière, qui s’arrêtent aussi net qu’un nuage de Tchernobyl devant une frontière française. Alors que la plupart des langues sont séparées par des zones de transition un peu floues, fortement influencées par les frontières naturelles et la forme de la moindre petite vallée, au Portugal les cartes sont toujours pareil : dès l’instant où tu as passé un pied d’un côté de la frontière, instantanément le portugais s’appelle galicien, et quand tu repasses ton pied de l’autre côté tout de suite l’asturien s’appelle mirandais.


    http://www.publico.pt/culturaipsilon/noticia/portugueses-e-espanhois-assinam-protocolo-para-promocao-das-linguas-mirandes


  • Ethnorégionalisme et ultralibéralisme | #Françoise_Morvan
    http://francoisemorvan.com/ethnoregionalisme-et-ultraliberalisme

    « #Ethnorégionalisme et #ultralibéralisme : la Bretagne pour laboratoire », tel était le sujet de la conférence qui m’était demandée. Elle a été suivie d’un débat avec la salle, puis, le lendemain, d’un débat avec d’autres invités, dont #Éric_Fraj, professeur et chanteur de langue d’oc, au cours des « #journées_iconoclastes » organisées par la CNT à #Toulouse. Le débat était très intéressant et il est intéressant de noter que le débat impossible en Bretagne peut avoir lieu en des endroits où se rencontrent des situations à divers égards assez semblables.

    • #langues_sans_frontières

      « Quel bénéfice de récupération sociale peut-on espérer du fait d’enseigner une langue artificielle en vase clos ? Et qu’est-ce qui est finalement visé : l’instauration d’un idiome propre à quelques happy few (fussent-ils quelques milliers), l’établissement arbitraire d’une novlangue de l’entre-soi occitaniste, ou la revivification d’une langue historique et populaire, mal en point, certes, mais encore réellement existante ? »

      En Bretagne, la question ne se pose plus : sous la direction de Lena Louarn et de l’Office de la langue bretonne, le ministère de la novlangue impose sa loi. Et les militants de s’en féliciter. L’un d’eux me disait qu’on parlerait enfin un bon breton quand le dernier paysan bretonnant aurait disparu.

      Quelle horreur. #élitisme #hors-sol

      « Mes pérégrinations de chanteur et de professeur de langue d’oc m’ont mené en mains lieux d’enseignement de notre langue : j’ai souvent pu y constater que je ne comprenais rien, ou peu, aux questions de certains élèves tellement la prononciation était défaillante ; que l’enseignant ne reprenait pas les erreurs pour les rectifier ; que le professeur lui-même — pourtant titulaire d’un CAPES d’occitan — ne maîtrisait pas vraiment la langue, au point de faire des fautes d’accord grossières, basiques… »
      En Bretagne, on forme en six mois des instituteurs pour enseigner le breton surunifié, prononcé avec l’accent français, à la mode de Roparz Hemon.

      http://seenthis.net/messages/194392

      Or, voilà qu’en juin 2013, le lobby patronal breton fédéré par l’Institut de Locarn décide de ne pas payer l’écotaxe : destructions de portiques écotaxe, manifestations organisées par le lobby autonomiste en jonction avec le lobby patronal et transformées en manifestations identitaires avec bonnets rouges en acrylique et drapeaux noirs et blancs… Conclusion de cette pseudo-révolte des Bonnets rouges http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/070314/les-bonnets-rouges-une-double-manipulation : le Premier ministre accourt et promet un Pacte d’avenir pour la Bretagne, étrange prime à l’incivisme clôturant des actions qui, au total, auront coûté un milliard d’euros à l’État http://www.sudouest.fr/2015/02/20/transports-l-abandon-de-l-ecotaxe-coutera-pres-d-un-milliard-d-euros-a-l-et

      http://seenthis.net/messages/210649


  • La charte européenne des langues régionales et minoritaires déchaîne les chauvinismes
    http://www.taurillon.org/la-charte-europeenne-des-langues-regionales-et-minoritaires-dechaine-les

    Plus d’un siècle après le passage du rouleau compresseur jacobin qui a méthodiquement éradiqué les cultures locales sur les territoires continentaux et d’outre-mer dominés par la bureaucratie française, voilà que celle-ci envisage désormais de ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Évidemment, l’annonce de la ratification peu avant les élections régionales – alors même que l’État français mène actuellement une réforme territoriale avec le même zèle centralisateur et autoritaire que d’habitude indépendamment du respect de la subsidiarité – peut susciter quelques interrogations sur la considération que porte le gouvernement vis-à-vis de l’intelligence de ses administrés. Mais concédons pour une fois l’absence de manœuvre politicienne dans un souci de fair-play.

    #Opinions

    / Conseil (...)

    #Conseil_de_l'Europe #Multilinguisme
    http://fr.wikisource.org/wiki/Rapport_sur_la_n%C3%A9cessit%C3%A9_et_les_moyens_d%E2%80%99an%C3%A9an
    http://www.vie-publique.fr/focus/vers-ratification-charte-europeenne-langues-regionales.html
    http://urmis.revues.org/304
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_en_voie_de_disparition#France
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/06/04/charte-des-langues-regionales-et-minoritaires
    http://www.frontnational.com/contre-la-charte-europeenne-et-la-balkanisation-de-la-france-signons-
    http://www.contrepoints.org/2013/11/19/146659-le-nationalisme-une-insulte-a-la-raison
    http://conventions.coe.int/Treaty/fr/Treaties/Html/148.htm
    https://www.contrepoints.org/2013/01/06/110421-comme-pour-la-presse-la-subvention-a-massacre-le-cinema-francai
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_sp%C3%A9cialis%C3%A9e_de_terminologie_et_de_n%C3%A9ologie
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005616341
    http://www.lopinion.fr/16-fevrier-2015/honni-soit-qui-mal-y-pense-21413
    http://www.csa.fr/Radio/Le-suivi-des-programmes/La-diffusion-de-chansons-d-expression-francaise/Le-fondement-juridique-des-quotas


  • Du Mexique, salut à Jean-Pierre

    http://lavoiedujaguar.net/Du-Mexique-salut-a-Jean-Pierre

    Hasta siempre, Jean-Pierre
    Mexique, le 4 avril 2015

    Notre frère et compañero Jean-Pierre Petit-Gras vient d’entreprendre un chemin très autre. Nous assumons pleinement la détermination conséquente et la cohérence de sa vie et de ses actes, les faisant nôtres.

    Toujours tu nous as soutenus, inconditionnellement et en silence. Tu as été notre premier élève de langue tsotsil, il y a quinze ans de cela, et jusqu’à ce que la maladie t’en empêche, tu revenais chaque année et nous t’attendions. Tu as même fait des cours de tsotsil à l’université où tu travaillais, à Toulouse, en France. Nous étions tant pour toi que, dans le cadre du projet de ton collectif, ce nouveau monde que tu as créé avec tes compañeros, tu avais emporté ici des graines de maïs pour les planter chez toi. Vous en avez même fait des tortillas, des galettes comme ici. C’est ce que tu nous as raconté il y a quelques mois quand tu es venu nous rendre visite, sans nous dire qu’en fait tu venais faire tes adieux, comme le font les êtres authentiques.

    #disparition #solidarité-internationale #langues-mayas #zapatistes #Toulouse #LaFontié #terre-commune


  • "La langue basque est morte"
    http://www.berria.eus/paperekoa/1896/010/001/2015-03-25/la_lengua_vasca_ha_muerto.htm
    Maisha MC - rappeur
    (je partage pas son enthousiasme technophilo-moderniste, mais la lecture vaut quand même le détour)
    (traduction en bas)

    La lengua vasca ha muerto. XX. mendearen hasieran hori esan zezakeen Barakaldoko egunkari baten tituluak, orduantxe, Barakaldon jaiotako azkenengo euskaldun zaharrak hil zirelako. Ordea, mende bat igaro da eta gaurko egoera oso desberdina da. Gaur, 18.000 bat barakaldar euskaldun gara, Azpeitiko biztanleria osoa baino gehiago.

    Fenixen mitoa bete da. Irakurtzen ari zaren euskarazko hitz hauek Barakaldon idatzi ditut, barakaldarra izanik, pertsona askok egindako izugarrizko lanaren ondorioz. Hemen, inork ez zuen euskaraz egiten, zerotik hasi ziren lanean superheroi anonimo horiek. Euskaldun berri bakoitza, garaipen bat zen. Orain, Korrikan bezala, lekukoa pasatu digute. Milaka urtean bizirik iraun duen hizkuntza mantentzea eta zabaltzea egokitu zaigu.

    Gaur, ezkerraldeko ikastola eta eskola publikoetan ikasgela berean daude Ocho apellidos españoles dituen umea, 80ko hamarkadako punki baten lehenengo biloba eta Abdul Mohameden alaba. Abdul, Aljeriatik etorri zen. Hona heltzeko, kilometro ugari egin behar izan zituen kamioi baten azpian ezkutaturik. Berak esan zidan hautsa eta diesela arnasten zuenean, euskara bizirik mantentzea ez zegoela bere lehentasunen top 10-ean. Baina orain, fruta-denda bat zabaldu du eta bere alaba euskalduna da. Abdulek ere, euskara jakin gabe, lekukoa pasatu du.

    Eta nola mantenduko da bizirik euskara ? Ba, bere ingurugirora moldatzen bada. Darwinek esan zuen. Eta ingugiroa etengabe aldatzen ari da : euskara oso makala da mundu globalizatu honetan. Berritzaileak izan behar gara, etengabe mutatu behar dugu euskararen alde borrokatzen dugunok. 2015. urtean euskarak zera behar du : musika elektronikoa, rapa, bideoklipak, diseinua, kaleko artea, marketina, konfetia, Interneta... Eta nik, ez dut nahi #basqueisdead. Euskarak beste mila urte bizirik irautea, zure ahoan, zure belarrietan, zure eskuetan dago. Euskara mantendu, eta hedatu dezakezu. Zuri pasatzen dizut lekukoa, hemen eta orain.

    Jaun-andreok, ezkerraldean ere euskara bizirik dago, eta ilusio guztiarekin hedatzen ari gara. Euskara birjaio da : mezua zabaldu !

    –---------------------------------------------------------

    La lengua vasca ha muerto. C’est ce qu’aurait pu annoncer au début du XXème siècle la première page d’un journal de Barakaldo, car c’est alors que mourut le dernier locuteur natif de l’euskara de Barakaldo. Cependant, passé un siècle la situation actuelle est très différente. Aujourd’hui, environ 18.000 barakaldar sommes basques, soit plus que la population entière d’Azpeitia [une des communes au plus fort pourcentage de locuteurs de l’euskara NdT].

    Le mythe du Phénix s’est réalisé. Ces mots en euskara que vous êtes en train de lire je les ai écrits à Barakaldo, en étant moi-même barakaldar, suite à l’immense travail qu’ont effectué un grand nombre de personnes. Ici, personne ne parlait l’euskara, ces superhéros anonymes sont partis de zéro. Chaque nouveau locuteur était une victoire. Maintenant, comme à la Korrika http://fr.wikipedia.org/wiki/Korrika, ils nous ont passé le témoin. C’est à nous que revient de maintenir et de diffuser cette langue qui a vécu pendant des millénaires.

    Aujourd’hui, dans les ikastola http://fr.wikipedia.org/wiki/Ikastola et les écoles publiques de la rive gauche du Nervion, on trouve dans la même classe l’enfant qui a huit patronymes espagnols [référence au navet cinématographique « Ocho apellidos vascos »], le premer petit-fils d’un punk des années 80 et la fille d’Abdul Mohamed. Abdul vient d’Algérie. Pour arriver ici, il a du faire un paquet de kilomètres caché sous un camion. Il m’a dit lui-même que quand il respirait de la poussière et du diesel, maintenir l’euskara vivant n’était pas dans le top 10 de ses priorités. Mais maintenant, il tient un magasin de primeurs et sa fille est Basque. Abdul aussi, sans avoir appris l’euskara, a quand-même passé le témoin.

    Et comment l’euskara se maintiendra-t-il en vie ? Et bien, en s’adaptant à son environnement. Darwin l’avait dit. Et l’environnement change sans arrêt : l’euskara est très faiblard dans ce monde globalisé. Nous devons être inventifs, nous qui luttons pour l’euskara devons muter sans arrêt. En 2015 l’euskara a besoin de : musique électronique, de rap, de clips vidéo, de design, d’art de rue, de marketing, de confettis, d’internet... Et moi, je ne veux pas #basqueisdead. Que l’euskara continue à vivre encore mille ans, c’est entre vos mains, vos oreilles, votre bouche. Nous pouvons maintenir et étendre l’euskara. Je te passe le témoin, ici et maintenant.

    Mesdames et Messieurs, sur la rive gauche l’euskara est vivant, et nous le répandons avec tout l’enthousiasme. L’euskara revit : passe le message !

    Comme vous l’aurez compris à la lecture, l’identité basque est constructiviste, elle ne se définit ni selon la « souche » parentale, ni selon le « sol » de la naissance, mais uniquement selon sa langue. Euskaldun (« Basque ») signifie simplement « locuteur de l’euskara ».
    Malgré le passage modernisto-technophile, l’article fait du bien à lire face à des niaiseries essentialistes qui sentent le moisi du style de http://www.la-croix.com/Actualite/France/Les-Basques-naissent-missionnaires-2015-03-27-1296098

    #langues_sans_frontières #sociolingustique #empowerment #immigration #constructivisme #essentialisme



  • Usage et dénonciation de la notion d’ethnie basque par l’anti-départementalisme en Pays basque nord
    http://lapurdum.revues.org/60#tocto1n3
    Le #double_bind auquel les jacobins assignent les revendications de #minorités culturelles et linguistiques : soyez ce que je vous demande de ne pas être.

    le recours aux idées polygénistes, à partir desquelles se formule l’argumentaire de l’opposition à la départementalisation [du #Pays_Basque], ne fait que réitérer de façon symétrique et inverse, le modèle raciste qu’il entend dénoncer. Au delà du fait que cette position soit paradoxale, elle participe à la stigmatisation du mouvement départementaliste. Aussi, une telle prise de position n’est légitime que dans le cadre de la légitimité totale de la représentation nationale de l’#identité instaurant une hiérarchisation entre les cultures dites régionales et la culture nationale citoyenne.

    L’effet central de cette idéologie est que s’instaure une hiérarchisation des cultures. Deux catégories apparaissent alors :

    – La culture française est perçue comme apte à créer du politique. C’est une culture démocratique. Le fait qu’elle soit démocratique la rend, dans un contexte de forte croyance en la race - ou autrement dit, en référence au présupposé mythique d’une équivalence inconditionnelle entre traits de « #nature » et faits de #culture - apte au « #métissage ». Tout le monde peut être français. En contre partie, cette faculté est parfois vécue comme ayant pour conséquence de rendre ce qui est pensé comme relevant de la culture française comme faible, comme peu culturel mais de « Culture » politique très forte. L’idée de #citoyenneté française, et en filigrane d’identité française, est perçue comme compatible avec la #diversité culturelle.

    – La culture basque est perçue, dans le cas où l’on admet qu’elle soit une culture, comme intrinsèquement non-apte à s’inscrire dans un cadre politique, comme par nature incompatible avec le champ politique de la citoyenneté. Le fait qu’elle soit pensée comme régionale, folklorique, bio-raciale et a-temporelle suggère qu’elle est une culture forte donc pure, non apte au métissage. L’idée étant qu’en Pays basque, tout le monde ne peut pas être basque. Cela débouche sur l’idée qu’il serait tout à fait dangereux de la rendre politique.

    Dans un numéro hors-série de la revue Atlantica Magazine, financée par le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou, s’inscrivant dans ce même type de représentations, écrit :

    « Ce que j’ai toujours admiré chez le Basque, c’est la force de sa foi absolue dans le domaine religieux et politique. Il y a chez lui un aspect granitique. Pour lui, les choix sont tranchés : blanc ou noir. Le Basque est toujours prêt à aller au bout de son combat. Le Béarnais est, lui, souvent sceptique, comme s’il savait que toute médaille a son revers. L’ironie est chez lui une seconde nature, comme une sorte de politesse. Son intelligence est ennemie des certitudes. Il y a, chez les Béarnais, une manière de s’engager qui ne laisse jamais de doute sur leur sentiment. Je suis un peu comme cela. Mais, dans ma famille, heureusement nous savons mélanger les genres. Si je suis un pur produit du Béarn, ma femme est née à Bayonne d’une vieille famille boucalaise avec des racines à Bidache, à Hasparren, à Saint-Pée-sur-Nivelle. Nos enfants sont vraiment basco-béarnais ! C’est peut-être pourquoi j’aime tant les Pyrénées-Atlantiques ».

    L’argumentaire de ce texte suggère que l’identité basque ou béarnaise, et en filigrane l’identité dite régionale en général, correspond à des traits de caractères prédéfinis, à une condition culturelle a-temporelle « ethnique » puisque strictement pensée comme un élément du passé. Cette position permet de montrer que la basquité ne peut être par nature que singulière et donc étrangère à la sphère du politique. En ce sens, elle est forcément pensée, dans le cas où elle se voudrait politique, comme « ethniciste » et en compétition avec l’identité citoyenne française considérée, elle, a contrario, du fait de sa condition nationale comme apte à l’évolution, à la pluralité. Ce numéro hors-série de la revue Atlantica Magazine est publié quelques semaines après la manifestation du 9 octobre 1999, en faveur du Département Pays Basque. La composition de ce numéro hors série apparaît en effet comme une réponse à la revendication départementaliste. En conséquence, on ne peut comprendre le ton de ce texte militant que si l’on prend en compte le fait qu’il s’inscrit dans ce contexte et qu’il a recours à l’usage de la distinction hiérarchisante entre culture régionale et nationale de manière à démontrer le caractère irréaliste des revendications du mouvement départementaliste. Par ailleurs, la référence à l’origine tient un rôle particulièrement important au sein de cette dialectique. Effectivement, l’utilisation des termes ou expressions « pur produit du Béarn », « née », « vieille famille », « racines » permet de confirmer le caractère par nature essentialiste de l’identité culturelle locale.

    Enfin, François Bayrou, président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, en conclut que ses « enfants sont vraiment basco-béarnais » : il considère donc ici les caractéristiques de la filiation comme étant les garants d’une équivalence de traits culturels, et participe donc clairement d’une vision « ethniciste » du monde.

    –------------------------------

    au sein de l’opposition au projet, ce qui est pensé comme relevant de l’identité basque ne l’est généralement qu’en fonction de la famille, de la filiation, de l’ascendance, de l’hérédité, et au final qu’en rapport à la nature. Notre informateur membre de l’association CAP Vivre Ensemble estime que la volonté d’apprentissage des langues régionales doit correspondre « à un terrain culturel familial ». Il se dit « personnellement, un peu bouche bée de voir des gens qui viennent d’Amiens ou de Tourcoing ou d’ailleurs mettre des enfants à l’ikastola quand ils arrivent ici ». Selon lui, ce comportement est contraire à l’esprit de la République. Il qualifie de « rien de plus normale » l’attitude des personnes qui ont leurs « racines au Pays basque » et qui veulent voir « leur langue pratiquer, durer et être transmise à leurs enfants », mais estime qu’« il ne faut pas non plus en arriver à des extrêmes ». Il précise que les langues régionales doivent être « la continuité d’abord d’une tradition et d’une transmission avec un terreau quelque part, je conçois mal, en effet, que cela ne corresponde pas à une tradition ».

    Du point de vue #linguistique, la demande de co-officialisation de la langue basque revient donc, pour les opposants au projet départementaliste, à ethniciser la région. Aussi, l’anti-départementalisme n’adhère pas à l’argument soutenant que l’enseignement public du basque au Pays basque éviterait que ne se désignent dans les écoles ceux qui veulent apprendre le basque et ceux qui ne veulent pas l’apprendre. Ce type de réforme ne fait pas sens pour les associations anti-départementaliste puisqu’elles considèrent que ce qui relève de la culture basque ne peut être politique, ne peut être pour tous. Le mouvement départementaliste, lui, tente de conceptualiser l’idée d’une « identité territoriale » qui impliquerait qu’en Pays basque tout le monde apprendrait le français et le basque, tout le monde parlerait ou en tout cas maîtriserait les deux langues. Avec cette logique territoriale, les associations départementalistes tentent de s’inscrire dans une logique étrangère à tout #essentialisme.

    Ainsi, paradoxalement, ce sont les opposants à la co-officialisation qui s’inscrivent - tout en la dénonçant - dans une logique ethnique : en soutenant que seuls apprendront le basque ceux qui voudront l’apprendre ; ils désignent alors la communauté des Basques, la communauté des bascophones au sein du Pays basque lui-même.

    Cette manière de présenter les choses permet de passéifier et de folkloriser la condition de Basque, de l’inscrire définitivement comme une culture « régionale » et « minoritaire » ; et d’écarter définitivement la supposition que cette culture minoritaire est aussi, du fait de sa non représentation politique, minorisée.

    #langues_sans_frontières

    • même usage racialiste à l’encontre des Corses :

      Qu’est ce la nationalité corse ? J’ai 10000 ans de sang corse et d’histoire de la corse mais je n’ai pas 5 ans de résidence... alors que Talamoni fils de portuguais et de sarde prétend représenter la "nation corse’ qui est inséparable son histoire

      https://twitter.com/YvesPDB/status/678509033532338176
      https://twitter.com/YvesPDB/status/678509859705397248

      de la même teneur dans « le courrier picard »

      Dès que vous en avez assez de bâfrer avec des châtaignes et du fromage de chèvre, amis corses, dites-le nous !

      (sans relever les autres allusions et amalgames foireux dont l’article est assez chargé)
      http://www.courrier-picard.fr/france-monde/quelque-chose-est-casse-en-corse-ia210b0n693513

    • Nous sommes alors en présence d’une conception de la nation, partiellement déterminée par un critère culturel, la langue, et non strictement par une adhésion à des valeurs politiques. Cette conception de l’État-nation demeure aujourd’hui la conception dominante et consensuelle en France. C’est en référence à cette conception de la nation que l’opposition à la départementalisation du Pays basque (5) considère que la reconnaissance de la langue basque (euskara) impliquerait également celle d’un territoire, le Pays Basque, ainsi que celle d’un groupe (les Basques). Au final, ce type de reconnaissance introduirait une relation conflictuelle entre deux interprétations de la nation. C’est pourquoi, dans ses réponses aux revendications linguistiques régionalistes, le Conseil constitutionnel fait régulièrement référence à l’article 2 de la loi fondamentale, selon lequel « la langue de la République est le français ».

      Aussi, le Conseil ne conçoit pas que les citoyens français puissent avoir le droit, dans la vie publique, de pratiquer une autre langue que le français. Ce raisonnement tend à laisser penser que le Conseil définit la nation non pas par le strict partage de valeurs politiques mais également par le partage d’une réalité linguistique, l’usage collectif du français. Dans ce cadre, la conception républicaine de la nation française est culturalisée. La profondeur historique de cette conception de l’État-nation et sa vigueur maintenue expliquent la paralysie du pouvoir politique en la matière. La difficulté majeure à laquelle se heurte le processus de reconnaissance des langues régionales provient de la conception même de la nation sur laquelle la Constitution se fonde. À partir du moment où l’on conçoit la communauté nationale selon une logique culturelle – du moins partiellement –, on est conduit à ne concevoir l’existence collective de groupes au sein de cette nation qu’à partir d’une logique communautariste. En France, la référence que l’on fait volontiers à l’idée de nation comme produit politique, fondé sur des normes et des valeurs qui définissent la citoyenneté, est intimement mêlée à un imaginaire collectif qui rassemble les images d’une histoire largement mythique. Le rôle accordé à la langue nationale est originaire et reste central dans cette construction. Ainsi, du point de vue factuel, l’opposition entre la conception ethniciste de la nation – qui serait revendiquée par le nationalisme basque et dont le départementalisme basque serait l’héritier –, et celle dont l’État français aurait le secret, exclusivement issue d’une adhésion librement consentie à un ensemble de valeurs politiques, ne tient pas.


  • Silence explore les langues régionales - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6707

    Dossier : Que vivent nos 75 langues régionales !

    « Aujourd’hui, la plupart des sociétés sont plurilingues. » (Entretien avec Gilbert Dalgalian par Divi Kerneis)

    La mort des langues n’est pas un destin (Divi Kerneis)

    Les luttes pour les langues « régionales » en France : un combat pour la démocratie (Tangi Louarn)

    Nos langues et nos identités (Marion Durand)

    Ai’ta ! : la désobéissance civile au service de la langue bretonne (Tristan An Nedeleg)

    Quand la langue corse passe à la télé (Lisa D’Orazio)

    En Pays basque nord, l’enseignement joue un rôle moteur (Peio Jorajuria)

    http://www.revuesilence.net/news/126/15/Numero-429---decembre-2014
    #langues_sans_frontières


  • Après Grothendieck, Thierry Sallantin rend hommage à Moscovici (père).

    Grothendieck, Jaulin, Serge Moscovici
    http://ocparis.canalblog.com/archives/2014/11/21/31000518.html

    Incroyable, juste après le décès d’Alexandre Grothendieck survenue le 13 novembre, voilà que mon professeur à la faculté de Jussieu- ethnologie, dirigée par Robert Jaulin, lui décédé en 1996, Serge Moscovici, vient de mourir lui aussi (ce 15 novembre 2014 à 89 ans, voir l’article que lui consacre Le Monde ).
    Jaulin, Grothendieck, Moscovici et le documentariste Yves Billon (désormais seul survivant de cette équipée), avaient l’été 1974 sillonné le sud de la France avec une expo photo intitulée : « Occitanie, Amazonie, même combat », voulant dire par là qu’ici en Europe comme là-bas en Amazonie, les États, les Puissants, les Riches, pratiquent l’ethnocide des petits peuples locaux et traditionnels, et ont fait disparaître les langues et cultures locales, langues et traditions des paysans en Occitanie, langues des Amérindiens en Amazonie...
    La modernité (la Société spectaculaire-marchande comme disent les situationnistes) envahit tout et s’attaque partout à la vie tribale en pratiquant le génocide culturel que Jaulin fut le premier à appeler « ethnocide »...

    #Moscovici #Serge_Moscovici #Thierre_Sallantin #écologie #témoignage #ethnocide


  • « La diversité des langues enrichit la pensée »
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-diversite-des-langues-enrichit-la-pensee

    Est-il possible – et souhaitable – d’imposer une langue unique aux sciences humaines, comme l’anglais s’est imposé aux sciences dures ? Non, répond le « Dictionnaire des intraduisibles », dont un colloque fête cette semaine les dix ans. Selon la philosophe Barbara Cassin, à l’origine de l’ouvrage, chaque langue porte en effet une vision singulière du monde.


  • A Stunning Alt-History Map Showing A Completely Uncolonized Africa

    http://io9.com/a-stunning-alt-history-map-showing-a-completely-uncolon-1658327669

    via laurence Mazure

    A map created by Swedish artist Nikolaj Cyon shows what Africa would have looked like had it not been colonized by Europeans. Shown upside down to skew the Eurocentric bias, it was compiled using historical, linguistic, and ethnographic data.

    Cyon even created an alternative historical timeline to make it work. Check out BigThink’s fantastic feature about it.

    #afrique_du_sud #cartographie #histoire #représentation #visualisation


  • Le poème du management et de la mort
    http://www.le1hebdo.fr/numero/30/le-pome-du-management-et-de-la-mort-502.html

    Ce n’est pas son mélange avec les autres langues qui appauvrit le français ; même avec l’anglais des films et de la musique pop. C’est sa contamination par le langage de l’entreprise, le jargon des publicitaires et politiques, la langue de l’information et de la communication. Ce qui tue une langue c’est son usage « de communication », c’est sa volonté d’être « comprise » à tout prix, son obsession à pénétrer dans le cerveau de son interlocuteur. (...) Source : Le 1 hebdo

    • "Car on ne meurt ni dans l’unification titanesque des Anciens, ni dans la dissémination des Modernes. On meurt dans la langue aplatie des ministres et des hommes d’affaires, des technocrates et des chroniqueurs télévisuels. Une langue que tout le monde parle, mais que personne n’écoute. "
      Ca fait un peu mal de trouver ce texte "dans une nouvelle expérience de presse" par Eric Fottorino, ou rire tout dépend de son rapport au cynisme.

      "Dans l’éditorial déjà citée du 19 avril 2008, Fottorino évoque « l’indispensable, la bienfaisante publicité » dont parlait Hubert Beuve-Méry. Il cite encore le fondateur du Monde qui écrivait : « S’il est vrai qu’un journal digne de ce nom comporte des éléments qui doivent toujours rester hors du commerce, il est aussi, au sens le plus banal du mot, une entreprise qui achète, fabrique, vend et doit faire des bénéfices. » La référence (obligée) à Beuve-Méry sert – à contresens des positions de ce dernier – un discours qui entérine, comme s’il s’agissait d’un principe naturel, une quête de la rentabilité entièrement soumise aux prétendues lois du marché et aux prétendus bienfaits de la concurrence commerciale." http://www.acrimed.org/article2899.html
      Le contorsionnisme est une pratique fascinante.


  • Le masculin et le féminin - Libération
    http://www.liberation.fr/chroniques/2014/10/31/le-masculin-et-le-feminin_1133582

    Mon autre langue maternelle, le basque, n’a pas de genre. Qu’on ne vienne pas me neutraliser avec un masculin qui se prétend universel. On peut penser le monde sans faire tourner toutes les phrases autour d’un des deux sexes.

    Marie Darrieusecq
    #sexisme #féminisme #langue #langues_sans_frontières


  • 8 must-watch films to understand India’s indigenous people
    http://www.thealternative.in/lifestyle/8-must-watch-films-understand-indias-indigenous-people

    India is home to over 105 million tribal people, belonging to 31 different tribes. Tribal populations enter the realm of mainstream attention only when crisis – from land displacement to gender violence – manage to hit newspaper headlines. But how much do we really know about them as people – their lives, their traditional wisdom, cultures and struggles?

    #Inde


  • Claude Hagège: «Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée» - L’Express
    http://www.lexpress.fr/culture/livre/claude-hagege-imposer-sa-langue-c-est-imposer-sa-pensee_1098440.html

    Seuls les gens mal informés pensent qu’une langue sert seulement à communiquer. Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture.

    #langues #anglais #domination

    • #langues_sans_frontières

      Le problème est que la plupart des gens qui affirment « Il faut apprendre des langues étrangères » n’en apprennent qu’une : l’anglais. Ce qui fait peser une menace pour l’humanité tout entière.

      Toute l’Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent à la disparition de ceux des Etats dominés. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tué l’ibère et le gaulois. A l’heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque année ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l’anglais ; je me bats pour la diversité. Un proverbe arménien résume merveilleusement ma pensée : « Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme. »

      Il faut bien comprendre que la langue structure la pensée d’un individu. Certains croient qu’on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c’est aussi imposer sa manière de penser.

      C’est d’ailleurs un invariant de l’Histoire. Le gaulois a disparu parce que les élites gauloises se sont empressées d’envoyer leurs enfants à l’école romaine. Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. Les classes dominantes sont souvent les premières à adopter le parler de l’envahisseur. Elles font de même aujourd’hui avec l’anglais.

    • « Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. »

      Ce serait donc la faute des provinciaux...

      Les deux dernières questions :

      « N’est-il pas contradictoire de vouloir promouvoir le français à l’international et de laisser mourir les langues régionales ?
      Vous avez raison. On ne peut pas défendre la diversité dans le monde et l’uniformité en France ! Depuis peu, notre pays a commencé d’accorder aux langues régionales la reconnaissance qu’elles méritent. Mais il aura fallu attendre qu’elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l’unité nationale.

      Il est donc bien tard...
      Il est bien tard, mais il n’est pas trop tard. Il faut augmenter les moyens qui sont consacrés à ces langues, les sauver, avant que l’on ne s’aperçoive que nous avons laissé sombrer l’une des grandes richesses culturelles de la France. »

      Il estime donc que le statut actuel des langues régionales correspond à « la reconnaissance qu’elles méritent »... pffff !

    • @irakurri : tu vas un peu vite en besogne et en lecture.
      1) Il parle des élites provinciales, et pas des provinciaux tt court. De même qu’il parle des élites françaises vis à vis de l’anglais et pas des anglais tout court.
      2) il ne dit pas que le statut correspond à « la reconnaissance qu’elle mérite » mais qu’on « commence à accorder » cette reconnaissance. Si donc on commence à accorder, ca veut bien dire que tt n’est pas complet...

    • Tout à fait d’accord Maïeul. Il semble accorder le même intérêt pour les langues régionales. En revanche quand il dit :

      il aura fallu attendre qu’elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l’unité nationale.

      Si on a un raisonnement a contrario le sauvetage des langues régionales entrerait en collision avec l’unité nationale. Ne peut-on pas associer les deux ?

    • @irakurri « c’est donc de la faute des provinciaux ». De la faute Pour partie des élites provinciales en tous les cas. Il faut dire que le français a été la langue de la promotion sociale. Ne pas être suffisamment francophone est rapidement devenu un obstacle dirimant. Je vois toute la différence entre le catalan de Catalogne, où la bourgeoisie n’a jamais abandonné l’usage de la langue, et la Catalogne française (d’où je viens) où le catalan est essentiellement une langue populaire (ce qui n’est pas péjoratif bien entendu) et surtout une langue de vieux.

    • Merci pour ces contributions, mais je ne peux m’empêcher d’avoir une lecture « pessimiste »...
      1- OK effectivement il parle d’ élites provinciales... mais aucune mention, si ce n’est une allusion à la langue des puissants, du rôle joué par l’éducation nationale pour supprimer l’usage des autres langues même en cours de récréation et autre bonnet d’ânes. Donc en résumé, il focalise sur le rôle des élites provinciaux pour expliquer le désintérêt pour les langues régionales, tout en occultant le rôle joué par la « république » contre ces langues...
      2- Par contre, ça reste flou sur le commencement d’une reconnaissance méritée

    • il aura fallu attendre qu’elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l’unité nationale.

      Je n’ai pas commenté ce passage mais sur ce sujet il y aurait aussi beaucoup à dire.

      Quand on a pris l’habitude de considérer comme un bien absolu et clair de toute ombre cette croissance au cours de laquelle la France a dévoré et digéré tant de territoires, comment une propagande inspirée exactement de la même pensée, et mettant seulement le nom de l’Europe à la place de celui de la France, ne s’infiltrera-t-elle pas dans un coin de l’âme ? Le patriotisme actuel consiste en une équation entre le bien absolu et une collectivité correspondant à un espace territorial, à savoir la France ; quiconque change dans sa pensée le terme territorial de l’équation, et met à la place un terme plus petit, comme la Bretagne, ou plus grand, comme l’Europe, est regardé comme un traître. Pourquoi cela ? C’est tout à fait arbitraire. L’habitude nous empêche de nous rendre compte à quel point c’est arbitraire. Mais au moment suprême, cet arbitraire donne prise au fabricant intérieur de sophismes.
      Les collaborateurs actuels [Écrit en 1943 (NdT)] ont à l’égard de l’Europe nouvelle que forgerait une victoire allemande l’attitude qu’on demande aux Provençaux, aux Bretons, aux Alsaciens, aux Francs-Comtois d’avoir, quant au passé, à l’égard de la conquête de leur pays par le roi de France. Pourquoi la différence des époques changerait-elle le bien et le mal ? On entendait couramment dire entre 1918 et 1919, par les braves gens qui espéraient la paix : « Autrefois il y avait la guerre entre provinces, puis elles se sont unies en formant des nations. De la même manière les nations vont s’unir dans chaque continent, puis dans le monde entier, et ce sera la fin de toute guerre. » C’était un lieu commun très répandu ; il procédait de ce raisonnement par extrapolation qui a eu tant de puissance au XIX e siècle et encore au XX e . Les braves gens qui parlaient ainsi connaissaient en gros l’histoire de France, mais ils ne réfléchissaient pas, au moment où ils parlaient, que l’unité nationale s’était accomplie presque exclusivement par les conquêtes les plus brutales. Mais s’ils s’en sont souvenus en 1939, ils se sont souvenus aussi que ces conquêtes leur étaient toujours apparues comme un bien. Quoi d’étonnant si une partie au moins de leur âme s’est mise à penser : « Pour le progrès, pour l’accomplissement de l’Histoire, il faut peut-être en passer par là ? »

      http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/enracinement/weil_Enracinement.pdf