• [Entretien vidéo] « Un texte abominable sur le plan #scientifique », #philippe_grandcolas déconstruit la #loi_duplomb
    https://splann.org/grand-entretien-philippe-grandcolas-loi-duplomb

    Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie « Loi Duplomb, le débat confisqué » aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du #flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les #abeilles. L’article [Entretien vidéo] « Un texte abominable sur le plan scientifique », Philippe Grandcolas déconstruit la loi Duplomb est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acétamipride #agences_sanitaires #agriculteurs #agriculture #agroécologie #annie_genevard #anses #assemblée_nationale #biodiversité #chercheur #cnrs #écologie #écologue #écosystème #efsa #FNSEA #grand_entretien #insectes #interview #laurent_duplomb #les_républicains #loi_d'urgence_agricole #muséum_national_d'histoire_naturelles #néonicotinoïdes #pesticide #pesticides #pollinisateurs #pollution #sénat #toxicité

  • Décapitée et ostracisée au Salon de l’agriculture, l’#Agence_bio est au bord de l’explosion | #Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/200226/decapitee-et-ostracisee-au-salon-de-l-agriculture-l-agence-bio-est-au-bord

    La ministre de l’agriculture maintient son plan de démantèlement de l’agence de soutien à la filière bio et a fait en sorte de déclencher une procédure de licenciement de sa directrice Laure Verdeau.

    Karl Laske

    20 février 2026 à 07h57

    Pour la ministre de l’agriculture, #Annie_Genevard, c’est certainement un succès. Mais pour le Salon de l’agriculture et le secteur tout entier, c’est plutôt un échec cuisant et honteux.

    L’Agence bio, chargée de promouvoir l’agriculture biologique en France et d’accompagner 61 000 fermes et 200 000 emplois, n’aura pas de stand au Salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi Porte de Versailles. Privée de moyens financiers, l’agence ne sera présente qu’à l’extérieur, reléguée sous les intempéries, dans son bus, le « Bio bus », face à l’entrée du hall 2.2.

    Prête à supprimer l’Agence bio dès le mois de janvier 2025, sur proposition du sénateur #Laurent_Duplomb, la ministre, ancienne maire Les Républicains (LR) de Morteau (2002-2017) et députée du Doubs (2012-2024), lui a retiré 15 millions d’euros de crédits en 2025, et prépare ces derniers jours le licenciement de sa directrice, Laure Verdeau, dont le mandat est arrivé à échéance le 10 janvier. Cette dernière a reçu une lettre d’entretien préalable pour son licenciement, un entretien pour l’heure reporté.

    Le souci c’est que #Laure_Verdeau, 44 ans, venue de la Banque publique d’investissement (Bpifrance), devenue une « VRP infatigable du bio » et une figure de la filière, a incarné pendant cinq ans une politique de consensus attirant les interprofessions les plus réticentes dans les filets de la communication du bio.

    En réaction à cette éviction, Christelle Le Hir, présidente du directoire de la chaîne de magasins La Vie Claire, a annoncé, le 10 février, sa démission de la vice-présidence de l’organisme et le retrait de Synadis Bio, syndicat professionnel des magasins du bio, des instances de l’agence.

    Pointant une « asphyxie budgétaire », Synadis Bio avait approuvé préalablement ces décisions. « 60 % de son budget a été supprimé, soit la coupe la plus drastique de tous les opérateurs de l’État. L’institution que nous défendions n’existe plus », a résumé Synadis Bio, en dénonçant « le projet de licenciement de la directrice ». « La trajectoire est claire : après avoir coupé les moyens puis la tête, on s’oriente vers un démantèlement de l’institution », a fait savoir le syndicat.

    #Licenciement sans motif
    La volonté du gouvernement de ne pas reconduire Laure Verdeau à la tête de l’agence a été annoncée fin novembre par le sous-directeur « compétitivité » du ministère de l’agriculture lors d’un CA de l’organisme, un groupement d’intérêt public où siègent les différentes « familles » professionnelles du secteur – agriculteurs, transformateurs, coopératives et secteur du commerce. 

    « Tout le monde a voulu reconduire Laure Verdeau, qui avait très bien fait son travail, explique à Mediapart Olivier Chaloche, coprésident de la Fédération nationale d’agriculture biologique (#Fnab). C’est le ministère qui n’a pas voulu la reconduire. Il n’y a aucun motif pour la sortir, et elle avait l’aval du bureau. »

    « Elle a mouillé la chemise pour défendre l’agence, mais comme c’est une agence d’État, ça n’a pas été apprécié », relève le dirigeant de la Fnab.

    Bien qu’une motion soutenant son maintien ait été approuvée à l’unanimité des « familles » représentées, le ministère de l’agriculture a fait paraître dès le 7 décembre au Journal officiel un « appel à candidatures » pour la direction de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique – le nom complet de l’agence –, fonction annoncée comme « prochainement vacante ».

    « Le Synadis Bio a été informé d’un appel d’offres en vue du remplacement de la directrice de l’Agence bio et a officiellement exprimé son désaccord à ce sujet, a précisé Christelle Le Hir à Mediapart. Nous saluons par ailleurs son travail et celui de son équipe au sein de cette instance. »

    « Cela fait un an que le conseil d’administration de l’Agence bio n’a pas été reçu par son ministère de tutelle, et ce malgré nos demandes répétées, a-t-elle ajouté. Le Synadis Bio a fait savoir son retrait de l’Agence bio en envoyant une lettre au ministère, et près de deux semaines après son envoi, nous sommes toujours sans réponse et sans réaction. »

    Arrivé à la présidence de l’agence (une présidence tournante), le 25 novembre dernier, Bruno Martel, un éleveur laitier en bio, représentant des coopératives agricoles, a finalement accepté courant janvier d’engager la procédure de licenciement de la directrice. « On n’a pas remis en cause son travail et ses actions, explique-t-il à Mediapart, mais on est malgré tout soumis à notre tutelle. Le ministère de l’agriculture va proposer de potentiels candidats pour diriger l’agence. » L’adjointe de Laure Verdeau, Laurence Foret-Hohn, assure pour l’instant la direction de l’agence par intérim.

    Lors d’une réunion exceptionnelle du bureau de l’agence tenue le 11 février, Bruno Martel a aussi pris acte de la décision de démission de Christelle Le Hir. Le ministère de l’agriculture n’a pas répondu aux questions de Mediapart.

    Entendue en mai 2025 par la commission d’enquête sénatoriale sur les agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État, Laure Verdeau avait défendu les missions de l’agence, en rappelant que le bio était « un moyen de limiter l’imprégnation de notre environnement par les pesticides synthétiques », et elle avait dénoncé la crise provoquée par le retrait des crédits de l’État.

    Ainsi, relevait-elle, le « Fonds Avenir bio », pourtant signé par le ministère dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de performance, se trouvait amputé de 5 millions d’euros, privant l’agence de la possibilité de financer plusieurs projets d’infrastructures liées au bio.

    Or c’est l’une des missions clés de l’organisme de gérer ce fonds pour le compte de l’État, comme de centraliser les données du secteur via l’Observatoire national de l’agriculture bio, et d’assurer la promotion de la marque « AB », et ce, avec un budget de fonctionnement, déjà modeste, de 2,5 millions d’euros, pour une vingtaine d’équivalents temps plein.

    « Nous ne consacrons que 6 % de nos courses au bio, contre 12 % chez beaucoup de nos voisins européens, ce qui est aussi l’objectif inscrit dans la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), avait-elle aussi pointé. C’est pourquoi nous avons calibré une campagne de communication sur trois ans, pour 15 millions d’euros. Mais voici qu’elle s’arrête au milieu du gué, ou plutôt au tiers du gué, puisqu’elle n’aura duré qu’un an. »

    L’annonce du retrait de ces financements en communication – à hauteur de 10 million – est arrivée quelques jours avant les 40 ans du label bio (AB). Cet anniversaire fêté le 22 mai 2025 dans l’amphithéâtre du journal Le Monde, en même temps que le lancement officiel du clip de la campagne de communication « C’est BIO la France ! #AyonsleBioRéflexe », a été ostensiblement boudé par Annie Genevard.

    « #Couscousgate »
    Il est vrai qu’un mois plus tôt, Libération révélait que le cabinet de la ministre avait transmis par mail ses préconisations sur les visuels de cette campagne, recommandant de « choisir un profil caucasien » dans une première scène montrant un jeune préparant une mayonnaise, ou encore de « remplacer le couscous par du cassoulet au canard » dans une scène du repas de famille. Des recommandations assumées par la ministre.

    Le coup porté au budget de l’agence par le ministère de l’agriculture faisait suite à une tentative de suppression pure et simple de l’agence, en janvier 2025.

    Ce projet, inscrit par le sénateur (LR) Laurent Duplomb dans un amendement au projet de loi de finances, visait purement et simplement à « supprimer la subvention pour charge de l’Agence bio », et ainsi « à supprimer cet opérateur ». Et il avait reçu un « avis de sagesse » de la ministre de l’agriculture.

    Au Sénat, Annie Genevard avait estimé que les opérateurs et les agences pouvaient être « soit conservés, soit mutualisés, soit supprimés ». « S’agissant de l’Agence bio, votre idée est pertinente », avait-elle répondu au sénateur Duplomb, en jugeant qu’il fallait d’abord rendre cette proposition « opérationnelle ». L’amendement avait ainsi été adopté, mais finalement bloqué en commission mixte paritaire.

    Cette annonce avait provoqué une levée de boucliers à gauche, qui avait pris à rebrousse-poil le ministère de l’agriculture. Selon des sources internes, le directeur de cabinet d’Annie Genevard, Philippe Gustin, un proche de Sébastien Lecornu, et aujourd’hui son directeur de cabinet à Matignon, avait vivement reproché à l’Agence bio d’être à l’origine de cette mobilisation.

    Passé cette tempête, suivie par une suppression de 64 % des crédits à l’instance, le harcèlement a repris au Sénat. En juillet 2025, la sénatrice (LR) Christine Lavarde a soutenu la nécessité de sa « suppression » dans son rapport d’enquête sur les agences et les opérateurs de l’État. « La coquille de l’Agence bio apporte peu pour poursuivre ses objectifs », a résumé la sénatrice des Hauts-de-Seine. 

    « Il y a une volonté politique de faire tomber cette agence et de la disperser façon puzzle dans d’autres institutions comme France Agrimer [Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer – ndlr] et l’Inao [l’Institut national de l’origine et de la qualité – ndlr], commente Olivier Chaloche à Mediapart. Il y a certainement des pressions pour la supprimer comme d’autres agences qui ont des préoccupations environnementales [l’Office français de la biodiversité, par exemple – ndlr]. »

    En janvier 2026, ce projet d’éclater les missions de l’Agence bio a été rappelé par le premier ministre Sébastien Lecornu à Annie Genevard comme l’un de ses objectifs dans la feuille de route sur la simplification de l’action publique. La Maison de la bio, regroupant dix organisations professionnelles, et six Interbio régionales, a dénoncé « un signal extrêmement préoccupant à l’ensemble des acteurs de la filière biologique », dans un courrier à la ministre de l’agriculture, en lui rappelant que l’agence était « un opérateur public central de structuration et de pilotage de l’agriculture biologique », et le seul opérateur dédié à l’agriculture non chimique.

    Joint par Mediapart, Martin Gutton, directeur général de France Agrimer, l’organisme payeur de fonds européens et nationaux à l’agriculture, ne semble pourtant pas encore prêt à reprendre les missions de l’Agence bio, qui a par ailleurs son siège dans le même immeuble que France Agrimer, ainsi que l’Inao, rue Rol-Tanguy, à Montreuil (93).

    « Le premier ministre a évoqué un certain nombre de chantiers sur lesquels il attendait un retour, et un rapprochement possible de l’Agence bio avec France Agrimer ainsi qu’avec l’Inao, commente Martin Gutton. Ce qu’il a demandé, pour l’instant, c’est de réfléchir avec les opérateurs. » « Les acteurs du bio sont attachés à avoir un lieu où ils se retrouvent. Ils sont chez eux quand ils se retrouvent à l’Agence bio », fait encore remarquer le directeur de France Agrimer, ingénieur agronome et ancien directeur de l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

    Karl Laske

  • Le cri de colère de Fleur Breteau face à la loi Duplomb
    https://jhm.fr/le-cri-de-colere-de-fleur-breteau-face-a-la-loi-duplomb


    Ce mercredi 11 février, l’Assemblée nationale examine une nouvelle proposition de loi, portée par le sénateur Laurent Duplomb. Pour Fleur Breteau, porte-parole du collectif Cancer Colère et autrice d’un ouvrage paru il y a quelques jours, la réautorisation de certains pesticides néonicotinoïdes soulèverait de graves inquiétudes en matière de santé publique.

    Pour Fleur Breteau, cette initiative pose également la question du respect des mobilisations citoyennes et des avis scientifiques exprimés ces dernières années. « Personne n’acceptera de tomber malade pour sauver une filière agricole » , affirme-t-elle.

  • En pleine élection agricole, le Sénat vote le retour des #insecticides tueurs d’abeilles

    Lundi 27 janvier, le Sénat a voté le retour des #néonicotinoïdes et des facilitations accordées à la construction des #mégabassines. Une proposition de #loi venue du sénateur et ancien élu de la #FNSEA Laurent Duplomb, qui devra passer en deuxième lecture à l’Assemblée nationale.

    Au Sénat, lundi 27 janvier, deux positions se sont opposées. Les tenant·es du « pragmatisme » et de la « compétitivité » l’ont emporté face à des élu·es qui craignent un « grand recul » et défendent des « alternatives ». En définitive la réintroduction des néonicotinoïdes a été votée, pour « sauver » les filières des #betteraves_à_sucre et de la #noisette. Ces insecticides tueurs d’abeilles étaient interdits en France depuis 2018. Le débat a été tout aussi enflammé concernant le #stockage_d’eau pour des fins agricoles et la redéfinition des #zones_humides, et là aussi ce sont les défenseurs de l’agriculture productiviste qui l’ont emporté.

    À l’origine de cet affrontement : la #proposition_de_loi (#PPL) visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » à l’initiative du sénateur Les Républicains (LR) #Laurent_Duplomb, finalement adoptée à 233 voix contre 109. Cet agriculteur, ancien élu de la FNSEA-JA (Jeunes Agriculteurs) et ancien président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire, et dont le fils est lui-même, depuis l’an dernier, président des #Jeunes_Agriculteurs du département, a réussi à mettre son texte à l’agenda du Sénat en pleine élection agricole, après avoir déjà présenté la semaine dernière un amendement au budget pour supprimer l’Agence Bio.

    La PPL a ainsi court-circuité la poursuite du travail parlementaire sur la #loi_d’orientation_agricole – dont l’examen par la chambre haute est suspendu depuis la dissolution de juin 2024 et doit commencer le 4 février –, parfois en le doublonnant, mais surtout en allant encore plus loin dans la remise en cause de mesures environnementales.

    « La plume officielle de la FNSEA »

    La réintroduction des néonicotinoïdes, emblématique de ce texte, concerne l’#acétamipride, une molécule qui, après son interdiction, avait bénéficié d’une dérogation jusqu’en 2020. Elle est destinée à lutter contre les insectes suceurs dans les cultures de végétaux feuillus et de fruits à coque. Même si l’amendement de compromis présenté par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a nuancé le texte initial porté par Laurent Duplomb, le faisant évoluer d’une réautorisation stricto sensu de la substance à une nouvelle #dérogation, la gauche et les écologistes étaient unanimes contre tout aménagement ouvrant la voie à un retour de ce produit toxique dans les champs.

    L’opposition a tenté, en vain, de « débunker » les assertions des défenseurs du texte – les deux rapporteurs, le président de la commission des affaires économiques, la ministre de l’agriculture et, plus largement, les élu·es des partis gouvernementaux. Ainsi, pour Daniel Salmon, du groupe Écologiste Solidarité et territoires, élu en Ille-et-Vilaine : « Ce genre de procédure [la dérogation – ndlr] nous amène à traîner sans chercher les alternatives. Or les alternatives existent déjà. Certes, sans néonicotinoïdes, les rendements baissent. Mais regardons les betteraves à sucre : on produit 70 % de sucre en plus de ce qu’on consomme. Produire plus, pourquoi pas, mais ça se fait au détriment de la santé et de la biodiversité. »

    Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le #chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’#obscurantisme. Vous niez la #science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des #dérèglements_hormonaux ? » L’opposition a, à plusieurs reprises, dénoncé une remise en cause du principe de non-régression du droit de l’environnement.

    À des années-lumière de ces interrogations, Laurent Duplomb n’a cessé d’assurer, lui, que cette PPL ne constituait en aucun cas « une #régression ». Tout au contraire, l’éleveur de Haute-Loire s’est vanté de « mettre fin à dix années d’interdiction » pour reconquérir des parts de marché perdues face à d’autres pays européens où l’acétamipride est autorisé, comme la Pologne, sur un ton qui frisait bon le paternalisme face à une opposition interloquée. « L’enfant, quand il fait une erreur, on le lui dit et on l’éduque. Eh bien, pour une fois, on va éduquer en corrigeant les erreurs que nous avons faites dans le passé. »

    « Ayons le courage de sortir de l’#obscurantisme_vert », « Continuez, madame, de mettre les agriculteurs dans le corner », a également lancé le sénateur FNSEA, incriminant au passage « le lobby de la Confédération paysanne ».

    Mais c’est surtout un discours collant aux éléments de langage de la FNSEA-JA et de la #Coordination_rurale qui a dominé l’hémicycle lundi soir, alors qu’agricultrices et agriculteurs sont appelés ces jours-ci, jusqu’à vendredi, à élire leurs représentantes et représentants syndicaux : il fallait « sauver la ferme France », et le corapporteur du texte Franck Menonville (Union centriste) fustigeait « une surtransposition mortifère » et « une avalanche de normes toujours plus contraignantes »...

    Nicole Bonnefoy, pour les socialistes, a ainsi dénoncé « la plume officielle de la FNSEA au Sénat, qui en cette période électorale veut montrer son influence au Parlement ». « Jamais les mots #santé et #biodiversité ne sont utilisés, alors que ce sont des choses essentielles. On ne parle ici que d’#économie », a déploré la sénatrice.

    #Pulvérisation de #pesticides par #drone

    Dans son introduction générale, le président de la commission des affaires économiques, Pierre Cuypers, avait souligné que le texte était « né du constat que le projet de loi agricole évitait soigneusement les sujets qui fâchent, comme l’utilisation des #produits_phytosanitaires. […] Le texte se veut court, pour s’attaquer à quelques irritants majeurs, comme la séparation du conseil et de la vente des produits phytosanitaires ». Force est de constater que la discussion au Sénat n’a en rien levé les profonds désaccords sur ces sujets.

    Le gouvernement a toutefois apporté quelques nuances : la séparation de la vente et du conseil vaudra pour les distributeurs de produits phytosanitaires, pas pour les fabricants comme le voulait le texte initial. L’exécutif a également bloqué sur la volonté des rapporteurs du texte de lever l’interdiction du rabais sur les pesticides : c’était là une « ligne rouge », a expliqué Annie Genevard, qui a fait retirer ce point.

    Pour le reste, la ministre de l’agriculture a suivi les orientations de la PPL, proposant des modifications à la marge pour « sécuriser le texte » d’un point de vue juridique, et elle a remis à la Conférence de l’eau promise par le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale la discussion sur une nouvelle « hiérarchie des usages de l’#eau ».

    Pulvérisation de pesticides par drone, possibilité pour le ministère de demander à l’Anses l’examen prioritaire d’un produit en vue de son autorisation de mise sur le marché, facilitation des projets de bâtiments d’élevage et de stockage d’eau ouvrant la voie à de nouvelles #retenues_collinaires et mégabassines pour « #intérêt_général_majeur », assouplissement de la définition des zones humides : les principales mesures contenues dans cette PPL ont donc été adoptées et constituent autant de périls pour la préservation des écosystèmes et la santé des populations. L’opposition a pointé en outre, sur plusieurs dispositions, le risque de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis du droit européen.

    L’avenir du texte, cependant, n’est pas acquis. La deuxième lecture, à l’Assemblée nationale, pourrait faire apparaître beaucoup plus de réserves parmi les député·es MoDem et Renaissance, où l’on défendait, pendant les débats sur la loi d’orientation agricole au printemps dernier, une approche plus modérée face à la levée des garde-fous environnementaux.

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/280125/en-pleine-election-agricole-le-senat-vote-le-retour-des-insecticides-tueur

  • L’#Agence_bio menacée de disparition avec l’aval du gouvernement
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/01/20/l-agence-bio-menacee-de-disparition-avec-l-aval-du-gouvernement_6507306_3234

    L’Agence bio menacée de disparition avec l’aval du gouvernement
    Le Sénat a voté un amendement actant la suppression de l’#Agence_française_pour_le_développement_et_la_promotion_de_l’agriculture_biologique.

    Par Laurence Girard

    Publié hier à 19h18, modifié à 07h32

    « C’est #bio la France ! » Ce slogan a été choisi comme signature de la campagne publicitaire préparée pour soutenir le marché bio, en crise profonde de #consommation, et les #agriculteurs convertis aux pratiques respectueuses de l’environnement. Elle devait être présentée lors du Salon de l’agriculture, qui ouvrira ses portes le 22 février à Paris. Sauf que l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, dite « Agence bio », son instigatrice, pourrait bien disparaître du paysage. Vendredi 17 janvier, le Sénat a en effet voté, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances, un amendement défendu par le sénateur #Laurent_Duplomb (LR) actant sa suppression.

    Le gouvernement, à travers la voix de sa ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a donné son accord de bienveillance, dit « avis de sagesse », à l’adoption de cet amendement. Lundi 20 janvier, son cabinet a réagi, en mettant cette décision en perspective avec « la trajectoire de réduction du nombre d’opérateurs de l’Etat ». Il précise que le texte adopté vise à supprimer la charge pour service public de l’Agence bio, soit une annulation de crédit de 2,9 millions d’euros, et à transférer ses missions soit sous l’égide du ministère, soit sous celle de l’établissement public FranceAgriMer. Enfin, le cabinet souligne que « toute évolution de cette nature doit être précédée d’une consultation ».

    Dirigeants et employés de l’Agence bio, qui compte 23 salariés de droit privé, n’ont, à leurs dires, pas été consultés avant cette décision. Quant au président de la Fédération nationale d’agriculture biologique, Philippe Camburet, il n’a été reçu par Mme Genevard que lundi matin. « On peut dire que ce gouvernement a le sens du timing et de la cohérence politique. Venir nous expliquer en pleine crise de la bio qu’il faut supprimer l’acteur chargé de promouvoir nos produits, c’est pour le moins osé. Depuis trois ans, nous avions l’impression d’être rentrés dans un processus collaboratif de recherche de solutions qui vient d’être mis à terre », déplore-t-il.

    La baisse de la consommation fragilise la #filière
    L’Agence bio, créée en 2001, a trois missions de service public : promouvoir le label bio auprès des consommateurs, analyser le marché tout en publiant des données statistiques fiables sur son développement, et financer la structuration des filières avec le Fonds Avenir bio. Selon le dernier baromètre diffusé en juin 2024, le nombre d’agriculteurs bio a dépassé 61 000, et ils exercent leur métier sur 10,3 % de la surface agricole utile. Mais la baisse de la consommation fragilise la filière depuis presque trois ans, et le risque de déconversion des agriculteurs bio est réel.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Loi agricole : les objectifs de surfaces en bio effacés du code rural

    Il y a un an, après bien des atermoiements, le gouvernement a lancé le plan Ambition bio 2027, avec un renforcement des moyens attribués à l’Agence bio et la fixation de l’objectif de 18 % de surfaces agricoles utiles à échéance 2027. Dans un communiqué commun, les administrateurs de l’Agence bio, dont font partie la Coopération agricole ou la grande distribution, disent « non à la suppression du seul opérateur public pour l’agriculture biologique », qualifiant cette « rationalisation » d’« économies de bouts de chandelle ».

    Pour le syndicat de la #Confédération_paysanne, « cette possible suppression, décrite comme une idée “pertinente” par la ministre de l’agriculture, sonne comme un énième #reniement pour le développement de #la_bio ».

    Lire aussi (2023) | Le bio en pleine désaffection : « Certains producteurs n’affichent plus le logo pour ne pas faire fuir le client »

    #Laurence_Girard