• #Lausanne : #violences_policières, « #discrimination structurelle » et question d’un examen indépendant

    La révélation de l’existence de groupes de discussion racistes au sein de la police municipale de Lausanne a relancé un débat que les personnes concernées et la société civile mènent depuis des années à la suite de plusieurs décès lors d’interventions policières, contre le profilage racial, la violence policière et la discrimination structurelle. Alors que les autorités municipales de Lausanne parlent désormais elles-mêmes d’un « problème structurel », une question fondamentale se pose pour les droits humains : les procédures juridiques existantes sont-elles réellement adaptées pour détecter et sanctionner efficacement la discrimination structurelle ?

    En août 2025 une procédure pénale révèle que des membres de la police municipale de Lausanne ont partagé pendant des années des contenus racistes, sexistes et antisémites dans des groupes WhatsApp. Le syndic de Lausanne, Grégoire Junod (PS), a réagi en parlant d’un « problème de discrimination systémique » au sein de la police. La ville a alors commandé une enquête externe. Le rapport publié en février 2026 a diagnostiqué des déficits structurels dans la direction, le contrôle interne et la culture organisationnelle de la police municipale de Lausanne (PML) et a qualifié la situation de « crise majeure ».

    Ces révélations ne constituent toutefois pas un événement isolé. Elles s’inscrivent dans le contexte d’une critique menée publiquement depuis des années contre les violences policières à caractère raciste dans le canton de Vaud. Les personnes concernées, leurs proches, la société civile ainsi que des chercheur·euse·x·s soulignent depuis longtemps que des préjugés racistes influencent l’action policière et que la violence grave et parfois mortelle exercée par la police ne doit pas être considérée comme la manifestation de simples cas isolés.

    Lorsque les autorités parlent aujourd’hui d’un problème structurel, une question fondamentale se pose : qu’entend-on exactement par « structurel » ? S’agit-il principalement de lacunes dans la direction, la culture et l’organisation interne ? Ou le problème concerne-t-il également les normes juridiques et les procédures mises en oeuvre pour examiner les actions de la police ?

    Le présent article part des événements qui se sont produits à Lausanne pour examiner les aspects juridiques et les lacunes de la protection contre la discrimination en droit suisse face au profilage racial et à la violence policière. Les procédures juridiques et les critères du droit en vigueur sont-ils appropriés pour rendre la discrimination structurelle visible, la sanctionner efficacement et la prévenir sur le long terme ? Si la discrimination est de plus en plus reconnue comme un phénomène structurel dans le discours politique, elle est en pratique souvent traitée par les juges comme une question de motivation individuelle et de cas isolés.

    Les affaires Wa Baile, Mike Ben Peter ou Roger « Nzoy » Wilhelm montrent que l’interdiction matérielle de la discrimination n’est pas le seul élément déterminant ; l’accès des personnes concernées à des procédures indépendantes, efficaces et conformes aux droits humains est tout aussi important. C’est précisément dans ce domaine que la Suisse continue de présenter des lacunes considérables.
    Le racisme sous-tend la violence policière

    Entre 2016 et 2025, le canton de Vaud a connu une recrudescence des interventions policières mortelles. Des personnes sont décédées dans le cadre de contrôles de police, de poursuites ou d’interventions exceptionnelles de la police dans des situations de problèmes psychiques. Parmi les cas connus, on peut citer Lamin Fatty, Hervé Mandundu, Mike Ben Peter, Roger « Nzoy » Wilhelm, Michael Kenechukwu Ekemezie et Marvin, 17 ans, récemment décédé, dont la mort a provoqué un grand choc parmi la population et a conduit à des manifestations.

    La plateforme de recherche Border Forensics recense au total 83 décès liés à des interventions policières en Suisse entre 1992 et 2025. Ce chiffre comprend les cas de violence physique exercée par la police elle-même, les décès dus à une aide d’urgence insuffisante ou non fournie, les décès lors de poursuites par la police, les décès en détention et les décès lors d’une intervention policière pour lesquels aucune information n’a été fournie sur les circonstances. Le canton de Vaud se distingue particulièrement dans ces statistiques. En même temps, une tendance claire se dessine : les personnes racisées, en particulier les hommes Noirs, sont touchées de manière disproportionnée. De nombreuses personnes victimes de violences policières sont également victimes d’inégalités de traitement non seulement en raison de leur appartenance ethnique, mais aussi en raison d’autres caractéristiques, comme un statut de séjour précaire, un statut social peu reconnu ou des problèmes psychologiques ou de consommation de drogues.

    Cette surreprésentation des personnes victimes du racisme et d’autres formes d’altérisation soulève des questions fondamentales : ce phénomène ne concerne pas seulement les interventions policières et leur proportionnalité, mais aussi les processus décisionnels qui les précèdent : qui est défini comme « suspect » ou considéré comme « dangereux » ? L’escalade policière commence souvent dès le moment où le choix des personnes à contrôler intervient, avec l’évaluation du danger qu’elles représentent ; c’est sur cette base que la police effectue des contrôles, planifie et intervient. Le degré d’« altérité » et de « dangerosité » qui leur sont attribués ont varié au fil du temps et continuent d’influencer toutes les institutions étatiques et leurs pratiques.
    Profilage racial, la problématique juridique

    Selon la perspective des sciences sociales et des droits humains, le « profilage racial » intervient lorsque la police choisit d’effectuer des contrôles ou d’intervenir sur la base des caractéristiques partagées par un groupe de population sans qu’un soupçon ne le justifie dans le cas particulier. Si un comportement identique est évalué différemment comme donnant lieu à des soupçons en fonction de l’apparence d’une personne, alors une inégalité de traitement pourra être juridiquement constatée.

    De telles pratiques touchent à des garanties constitutionnelles et aux droits fondamentaux. La Constitution fédérale interdit la discrimination fondée, entre autres, sur « l’origine » et la « race » (art. 8, al. 2 Cst.). La CEDH interdit également toute inégalité de traitement discriminatoire dans le cadre d’interventions étatiques (art. 14 en relation avec l’art. 8 CEDH). Si ces normes établissent des critères juridiques clairs, elles ne précisent pas manière d’identifier et de prouver des actes discriminatoires dans un cas concret.
    La discrimination, entre la norme et la pratique judiciaire

    La légalité des contrôles ou des interventions de la police n’est que rarement examinée par les tribunaux. Pour de très nombreuses personnes victimes de racisme, le « profilage racial » fait tout simplement partie du quotidien, tout comme d’autres formes d’inégalité de traitement et de microagressions. Souvent, les cas de discrimination par la police ne sont portés devant les tribunaux que lorsque les personnes concernées s’opposent à un contrôle ou à une mesure, par exemple parce qu’elles les jugent injustifiés et refusent d’obéir aux ordres, ce qui conduit souvent les fonctionnaires de police à porter plainte contre elles. Ces plaintes fréquentes sont souvent utilisées à mauvais escient comme moyen de pression contre les personnes concernées. Lorsque les interventions de la police font l’objet d’un jugement, les griefs concernant l’illégalité et la discrimination sont généralement traités séparément. Un contrôle peut être considéré comme disproportionné ou insuffisamment justifié sur le plan juridique sans pour autant être qualifié de discriminatoire. Le choix des cibles des contrôles policiers est considéré comme relevant du pouvoir discrétionnaire de la police et son examen se fait donc avec retenue ; il s’agit davantage demander si la police peut invoquer un motif compréhensible pour justifier l’intervention en question.
    Sur le plan juridique, la discrimination découle avant tout de la motivation individuelle des fonctionnaires concerné·e·x·s. Un contrôle est considéré comme discriminatoire s’il résulte d’une attitude raciste ou dénigrante, même si elle est due à des préjugés inconscients. Dans la pratique, cette preuve est toutefois difficile à apporter. Si un motif de suspicion plausible est reconnu, toute motivation discriminatoire est rejetée, et la question de savoir si un comportement identique chez d’autres personnes aurait également été considéré comme justifiant un contrôle n’est donc pas examinée de manière approfondie. Le cas de Mo Wa Baile en est un exemple frappant. À l’époque, la police avait déclaré que le contrôle avait eu lieu parce que Mo Wa Baile avait détourné le regard. Les tribunaux suisses n’ont jamais cherché à savoir si ce comportement aurait également conduit à un contrôle d’identité s’il s’était agi d’un homme blanc.

    Cette jurisprudence crée une asymétrie structurelle en matière de fardeau de la preuve : les personnes concernées doivent démontrer que des facteurs discriminatoires ont joué un rôle, tandis que la version de la police constitue souvent une base pour l’évaluation juridique. Les conséquences pénales ou disciplinaires sont donc rares ; à ce jour, aucune condamnation pénale pour motivation raciste d’une intervention policière n’a été prononcée en Suisse.

    De plus, même si un contrôle est jugé illégal a posteriori, les personnes contrôlées doivent s’y soumettre au moment de l’intervention (voir BGE 6B_393/2008, 6B 395/2008/sst E.2.1 / BGE 132 II 342 E. 2.1). Tout refus peut avoir des conséquences pénales, malgré la constatation ultérieure de l’illégalité du contrôle.

    L’affaire Wa Baile montre les conséquences concrètes de ce problème structurel. En 2020, le tribunal administratif de Zurich a certes constaté l’illégalité du contrôle d’identité, mais n’a pas retenu de motif discriminatoire. La décision d’effectuer un contrôle policier a été jugée insuffisamment motivée, mais n’a pas été considérée comme une inégalité de traitement au motifs racistes.

    En 2024, la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) est parvenue à une conclusion différente. D’une part, elle a constaté que les instances suisses n’avaient pas examiné efficacement l’allégation de discrimination et a confirmé une violation de l’article 14 de la CEDH en lien avec l’article 8 de la CEDH. La question déterminante n’était pas celle de savoir si certain·e·x·s fonctionnaires de police avait une intention raciste, mais si la procédure était appropriée pour examiner efficacement une allégation de discrimination. D’autre part, la CrEDH a également renvoyé à une jurisprudence antérieure qui stipule clairement que lorsqu’une inégalité de traitement est rendue plausible (sufficient prima facie evidence), le fardeau de la preuve visant à déterminer si un contrôle ou une intervention était légal et non discriminatoire incombe à l’État.

    Le jugement déplace ainsi l’accent : le droit à un examen efficace et indépendant est tout aussi pertinent que l’interdiction de la discrimination au regard des droits humains. La Cour a ainsi reconnu que l’interdiction de la discrimination n’est applicable en pratique que si les procédures judiciaires sont capables d’appréhender les contextes structurels.

    Le cas Wilson A. à Zurich montre que ce problème ne se limite pas à la violence policière entraînant des décès. En 2009, Wilson A. et son ami ont survécu à une escalade de violence lors d’un contrôle de police à caractère raciste. Wilson A., qui avait subi auparavant une opération cardiaque, a été étranglé et gravement blessé par les coups de matraque et de genoux que leur ont donné plusieurs fonctionnaires de police ainsi que . Malgré ces atteintes et une longue procédure judiciaire, les instances suisses ont nié toute motivation raciste de ce contrôle policier et les accusations de violence sont désormais prescrites. Wilson A. conteste la décision du Tribunal fédéral et porte l’affaire devant la CrEDH.

    Les préjugés racistes ont non seulement une incidence sur la décision de procéder à un contrôle, mais aussi sur son déroulement. Les personnes perçues comme particulièrement dangereuses sur la base de stéréotypes peuvent être exposées à des violences plus précoces ou plus intenses, sans que cette dynamique soit systématiquement prise en compte dans l’évaluation juridique a posteriori. La recherche a par ailleurs démontré que la douleur ressentie par les personnes racisées est souvent moins prise au sérieux. Lors d’interventions policières, cela peut également conduire à une reconnaissance moins rapide du danger pour la santé et à une intervention plus lente des secours.
    Enquêtes contre la police : la question de l’indépendance et du fardeau de la preuve

    La question d’un examen effectif se pose non seulement lors des contrôles de personnes, mais aussi et de manière plus aiguë dans les cas décès ou de blessures graves résultant de l’usage excessif de la force par la police. Dans ces cas, il ne s’agit pas seulement de savoir si la violence était justifiée sur le plan juridique, mais aussi de savoir comment l’État enquête sur l’incident. Selon la jurisprudence de la CrEDH, la CEDH exige d’une part une enquête indépendante et efficace en cas de décès ou de blessures graves relevant de la responsabilité de l’État. D’autre part, en cas de présomption d’inégalité de traitement, l’État doit prouver la licéité de l’acte. L’enquête doit par ailleurs avoir lieu sans délai et, dans certaines circonstances, être rendue publique et préserver les intérêts légitimes des victimes présumées.
    Indépendance de l’enquête

    L’indépendance de l’enquête ne se limite pas à garantir l’intégrité personnelle des procureur·e·x·s. Selon la CrEDH, l’indépendance doit être garantir tant sur le plan hiérarchique qu’institutionnel, et tant sur le plan juridique que factuel. En Suisse, ce sont généralement les ministères publics ordinaires qui mènent les enquêtes contre les fonctionnaires de police. Or ces autorités travaillent quotidiennement en étroite collaboration avec la police. Si cette structure s’explique d’un point de vue fonctionnel, elle est problématique lorsque les actions de la police font elles-mêmes l’objet d’une procédure pénale.

    La manière dont l’enquête est menée détermine très tôt quelle interprétation d’un événement est considérée comme plausible. Si la version de la police est reprise dès le début, cela réduit le champ des reconstructions alternatives ; certaines questions ne sont pas posées et des hypothèses alternatives ne sont pas approfondies. Ce manque d’indépendance dans les enquêtes menées par le ministère public suisse à l’encontre de policier·ère·x·s est régulièrement critiqué par des organisations internationales.
    L’efficacité de l’enquête

    Outre les critères d’indépendance, la CEDH mesure l’efficacité d’une enquête à l’aune de son caractère approprié et sérieux. Le ministère public est tenu de faire tous les efforts raisonnables pour établir les faits. Cette obligation d’enquête plus poussée s’applique d’autant plus lorsqu’une inégalité de traitement a pu avoir lieu dans le comportement des acteurs étatiques.

    En principe, la partie invoquant une violation de la CEDH doit prouver l’existence de cette violation à l’exception des personnes détenues ou soumises à un autre contrôle policier. En effet, lorsque les événements en question ne sont connus que de l’État (par exemple, en cas d’actes de violence dans les établissements pénitentiaires) ou doivent effectivement faire l’objet d’une enquête par l’État, la personne concernée doit seulement prouver la violation alléguée prima facie (à première vue). Il appartient ensuite à l’État d’expliquer la plausibilité de la violation qui s’est produite sous son contrôle.

    Si l’État n’a pas garanti une enquête indépendante et efficace et a ignoré les preuves éventuelles de discrimination, le fardeau de la preuve peut également être transféré aux autorités.

    La violation de ces obligations d’enquête efficace et sérieuse a été particulièrement évidente dans le cas de Mike Ben Peter. Lors d’un contrôle, plusieurs policiers l’ont immobilisé en position couchée sur le ventre et se sont agenouillés sur lui pendant plusieurs minutes, causant un arrêt cardiaque et entraînant son décès le lendemain matin. La procédure pénale contre les policiers impliqués s’est soldée par des acquittements. Ce n’est que des années plus tard, dans le cadre d’une procédure pénale distincte contre un fonctionnaire de police impliqué, que l’affaire a de nouveau fait polémique : sur une photo échangée dans des groupes WhatsApp, ce dernier posait le pouce en l’air devant un graffiti « RIP Mike ». L’analyse de téléphones portables de plusieurs policiers a permis de découvrir de nombreux groupes de discussion dans lesquels des contenus racistes, sexistes et antisémites avaient été partagés pendant une longue période. Ces échanges n’étaient pas encore connus lors de l’enquête initiale et montre rétrospectivement l’étroitesse du cadre de l’enquête à l’époque.

    Le cas de Roger « Nzoy » Wilhelm illustre encore plus clairement ce problème : sa mort en 2021 à la gare de Morges a d’abord été qualifiée de conséquence d’un acte de légitime défense, hypothèse qui a structuré le cadre de l’enquête dès le début. Une analyse médico-légale publiée en 2025 par Border Forensics est toutefois parvenue à des conclusions différentes, remettant en question les hypothèses principales. Le tribunal cantonal vaudois a alors ordonné la réouverture de la procédure. Cela montre à quel point les premières interprétations ont influencé la suite de la procédure pénale contre les policiers impliqués dans cette intervention ayant causé la mort d’une personne.

    Dans ce contexte, les groupes de discussion rendus publics ont pris une importance supplémentaire. Lorsque de tels échanges méprisants sont récurrents au sein d’un corps de police, il ne s’agit pas seulement d’un problème de préjugés d’un ou de quelques individus. Il est donc légitime de questionner l’aptitude des procédures d’enquête et judiciaires étatiques pour reconnaître de tels contextes et examiner de manière critique leur impact potentiel sur la perception, l’évaluation des risques et le recours à la force dans le travail quotidien de la police.
    Les préjugés structurels, un problème procédural

    C’est précisément ce problème que dénonce la commission Nzoy : dans un communiqué de presse publié début 2026 , elle souligne que toute personne concernée par une procédure pénale a le droit à ce que sa cause soit traitée par des fonctionnaires ne présentant pas une apparence d’hostilité à son égard. L’impression objective d’un manque de distance ou d’un préjugé structurel peut à elle seule miner la confiance dans l’impartialité des enquêtes effectuées par les autorités. La commission a donc demandé que les procédures pénales auxquelles ont participé les fonctionnaires de police ayant tenu des propos racistes ou discriminatoires dans les discussions WhatsApp soient systématiquement examinées. En cas de participation à ces discussions, les actes d’enquête doivent faire l’objet d’un réexamen par des autorités indépendantes et donner lieu, le cas échéant, à de nouvelles décisions.

    Une procédure pénale en cours à Bâle montre que ces questions ne se limitent pas à Lausanne : un policier en service doit répondre de mauvais traitements brutaux et de lésions corporelles graves présumés à l’encontre de demandeur·euse·x·s d’asile dans le cadre de contrôles de police. La question de savoir si une éventuelle motivation raciste fera expressément l’objet d’un examen juridique reste ouverte. Parallèlement, début mars 2026, il a été révélé qu’il existait apparemment, au sein d’une unité spéciale de la police cantonale jurassienne, un groupe de discussion dans lequel des contenus racistes étaient partagés .

    Les poursuites contre des fonctionnaires de police restent rares en Suisse. À ce jour, aucune condamnation pénale établissant une motivation discriminatoire lors d’une intervention policière n’a été prononcée. Dans pratiquement tous les cas, les progrès, qu’il s’agisse de la réouverture de procédures individuelles ou de l’examen des contextes institutionnels, ne sont dus qu’à la persévérance de proches, de journalistes et de la société civile et ne sont jamais initiés par les autorités. C’est le cas du projet « Archive of Absence », qui documente les décès survenus dans le contexte de la violence et du contrôle étatiques et met ainsi en évidence les lacunes de l’analyse menée par l’État. Les proches, les militant·e·x·s, les avocat·e·x·s et les journalistes contribuent à ce que ces décès ne tombent pas dans l’oubli, mais fassent l’objet d’un suivi public et juridique.
    Efforts de réforme actuels à Lausanne et au-delà

    La ville de Lausanne a réagi aux révélations sur les discussions discriminatoires par des rapports externes et des réformes annoncées. Celles-ci sont manifestement le résultat de la pression exercée par l’opinion publique et la société civile. Dans le même temps, on constate une ambivalence politique : alors que la nécessité de réformes est mise en avant, on invoque la confiance dans la « grande majorité » des fonctionnaires de police, et ce processus entamé est présenté comme un changement de culture à long terme qui s’étendra jusqu’en 2030.

    Les mesures prévues, à savoir la définition de lignes directrices, la création de groupes de travail internes et les ajustements dans la direction et le recrutement, restent largement internes à l’organisation. Les rapports identifient certes des lacunes structurelles, notamment dans la reconnaissance et le traitement de la discrimination, mais la réponse en matière de réforme se concentre principalement sur la culture, la direction et les processus internes, et les questions de distance institutionnelle et de contrôle indépendant passent au second plan.

    L’exemple de Zurich montre que les réformes portent souvent sur les obligations de documenter les cas. Depuis 2018, les contrôles d’identité doivent être enregistrés et classés numériquement. Si cette collecte de données permet d’effectuer des analyses statistiques sur l’étendue et la répartition des contrôles, elle ne précise toutefois pas la manière de vérifier si le choix d’effectuer un contrôle est discriminatoire et si les personnes concernées disposent de moyens efficaces pour faire valoir leurs droits devant les tribunaux.

    À Bâle également, un rapport externe a révélé des problèmes structurels au sein de la police, notamment une culture de la peur, des lacunes en matière de gestion et des indices d’incidents sexistes et racistes. La conseillère d’État en charge de la sécurité a pris des mesures en matière de personnel, licencié le commandant de police et lancé un processus de réforme au sein du corps de police.

    Les procédures d’examen pénales des actions policières n’ont toutefois pas changé fondamentalement. Le schéma est récurrent : des réformes organisationnelles et des changements de personnel sont mis en place, tandis que le cadre institutionnel reste largement inchangé. À ce jour, aucune analyse approfondie des causes structurelles n’a été menée. Les cas qui sont rendus publics sont considérés comme des incidents isolés tragiques et les problèmes sont traités de manière plus superficielle que fondamentale. Or, en tant que détentrice du monopole étatique de la violence, la police dispose de pouvoirs étatiques étendus et donc d’un pouvoir considérable : elle peut intercepter, contrôler et fouiller des personnes, recourir à des moyens de contrainte et, dans des cas extrêmes, utiliser des armes à feu. C’est précisément la raison pour laquelle les obligations en matière de droits humains doivent être strictement respectée, et que les allégations de contrainte injustifiée ou de motifs discriminatoires doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes et efficaces.

    Si les procédures judiciaires actuelles ne permettent pas de saisir la question de la discrimination structurelle, désigner cette dernière comme un « problème structurel » n’apporte pas d’effets juridiques concrets.

    https://www.humanrights.ch/fr/nouvelles/lausanne-violences-policieres-discrimination-structurelle-question-dun-e
    #Suisse #profilage_racial #racisme #Nzoy #justice #enquête_judiciaire #indépendance #fardeau_de_la_preuve #procédure_pénale

  • #Suisse #Lausanne : émeutes suite à la mort d’un jeune fuyant les flics
    https://www.24heures.ch/lausanne-tensions-dans-le-quartier-de-prelaz-apres-la-mort-dun-jeune-en-sco

    La police lausannoise a confirmé dans un communiqué publié dans la soirée qu’« une centaine de jeunes, cagoulés, se sont rassemblés dans le quartier de Prélaz dès 21h30, probablement après avoir pris connaissance du décès du jeune mineur au guidon d’un scooter, survenu dimanche matin vers 04h00 ».

    Elle indique que plusieurs containers ont été incendiés, qu’un bus des TL a été endommagé et que des engins pyrotechniques de type mortier ont été tirés en direction des policiers.

    Le lien entre ces incidents et l’accident de scooter qui a coûté la vie à un adolescent de 17 ans dans la nuit de samedi à dimanche semble désormais établi. Dans les commentaires du live TikTok, de nombreux internautes faisaient eux aussi référence à ce drame.

  • #Yéniches 1/5 - L’éternel bras de fer

    Près de 150 #caravanes de Yéniches parcourent les routes de #Suisse romande chaque année du mois de mars au mois d’octobre. Si ces semi-nomades aiment rouler, ils peinent par contre à trouver des places où s’installer. Petite virée un soir d’été avec une quinzaine de convois pour occuper de force un terrain communal dans l’Ouest lausannois.

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/yeniches-1-5-l-eternel-bras-de-fer-28674178.html

    #gens_du_voyage #Roms #aires_d'accueil #nomadisme #semi-nomadisme #Lausanne #Suisse_romande
    #audio #podcast

  • Nous serons présents à la 2e édition des Dissidentes à #Lausanne :
    https://contreattaque-autonomie.ch/dissidente/2

    Du 13 au 16 Septembre 2024 prochain aura lieu la deuxième édition des Dissidentes à Lausanne. Les Dissidentes, c’est un week-end de rencontres, d’échanges, d’organisation collective et de formation. Pour cette édition, dans la suite de notre campagne pour une écologie anti-impérialiste, nous porterons
    des écologies intersectionnelles et mettrons en avant les résistances internationalistes qui s’opposent dans le Sud Global comme dans le Nord, à la violence de l’impérialisme.

    Ateliers, conférences, discussions, concerts, danses, vie collective, partages de perspectives politiques et activités multiples, retrouvons-nous pour réaffirmer la nécessité d’un front écologiste anti-impérialiste, anticapitaliste et intersectionnel, déterminé à renverser l’ordre établi !

    #Suisse #livres #édition

  • Présences fascistes en Suisse. Autour du doctorat honoris causa de Benito Mussolini (1937)

    Colloque international et Conférence publique

    En 1937, l’Université de Lausanne a décerné un doctorat honoris causa (d.h.c.) à Benito Mussolini. Dès le départ, cette décision suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté universitaire et de la société suisse. En 1987, et face à l’incompréhension croissante quant aux raisons qui ont conduit à honorer un dictateur, l’UNIL commence un travail historique en publiant certaines pièces du dossier. À nouveau interpellée en 2020, la Direction de l’UNIL mandate le Centre interdisciplinaire de recherche en éthique (CIRE) pour qu’il donne à l’UNIL les outils nécessaires pour reconsidérer sa posture relative à l’attribution du d.h.c à Mussolini. S’appuyant sur ces travaux, la Direction de l’UNIL annonce vouloir engager l’institution et sa communauté dans une politique mémorielle active comprenant plusieurs axes dont l’un concerne la recherche.

    Le colloque Présences fascistes en Suisse entend remettre l’attribution du d.h.c. dans une perspective transnationale mais aussi de longue durée. Pour ce faire, le programme veut croiser les approches tout en replaçant l’épisode vaudois dans le contexte des relations entre la Confédération et son voisin transalpin, de l’attraction exercée par le fascisme sur de nombreux milieux politiques, économiques et culturels et sur le rôle de la Suisse dans la recomposition de certains réseaux d’extrême-droite dans l’après-guerre. Une réflexion qui doit tirer parti des travaux les plus récents sur l’histoire du fascisme tout en nous invitant à réfléchir sur la postérité d’une histoire qui trouve des résonances multiples au sein de notre monde contemporain.

    https://www.infoclio.ch/de/pr%C3%A9sences-fascistes-en-suisse-autour-du-doctorat-honoris-causa-de-beni

    #Mussolini #Benito_Mussolini #doctorat_honoris_causa #Université_de_Lausanne #présence_fasciste #fascisme #histoire #Suisse

    • Mussolini et la Suisse (1/5) : Le dossier

      En 1937, l’Université de Lausanne décerne un doctorat honoris causa à Benito Mussolini et honore celui qui est au sommet de son parcours de dictateur. L’affaire rebondit depuis des décennies : que faire de cette distinction si solennelle envers une des figures les plus sombres du XXème siècle ?

      Un doctorat honoris causa représente une belle distinction. L’université qui le décerne honore une personnalité, voire une célébrité, pour l’associer à son histoire. Chacun partage un petit bout de son prestige avec l’autre pour briller plus fort aux yeux du monde.

      Avec Nadja Eggert, chercheuse en éthique à l’université de Lausanne et directrice du groupe d’experts, co-auteure, avec Gabrielle Duboux, du dernier rapport en date sur les circonstances de l’octroi d’un doctorat honoris causa à Mussolini en 1937.

      Lien : Les informations sur le colloque « Présences fascistes en Suisse. Autour du doctorat honoris causa de Benito Mussolini (1937) » et l’exposition « Docteur Mussolini. Un passé sensible » : https://www.labo-histoire.ch/evenement/pour-une-histoire-globale-du-fascisme.

      https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/mussolini-et-la-suisse-1-5-le-dossier-28681508.html

      #audio #podcast #Lausanne

    • Mussolini et La Suisse (2/5) : L’apprentissage du futur Duce

      Pour justifier le doctorat honoris causa, l’Université de Lausanne célèbre les liens de Mussolini avec la Suisse, arguments classiques.

      Nous regardons de plus près la part de sa biographie en Suisse avec Simone Visconti, historien et auteur d’une thèse qui s’intéresse particulièrement aux années de #formation de Mussolini sur le territoire suisse entre 1902 et 1904.

      https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/mussolini-et-la-suisse-2-5-l-apprentissage-du-futur-duce-28681506.html
      #socialisme #propagande #parti_socialiste #socialisme_révolutionnaire #ascension_politique #expulsion #journalisme #avanguardia_socialista #amnistie

    • Mussolini et La Suisse (3/5) : La légende helvétique d’un dictateur

      Il y a l’histoire des années suisses de Mussolini, entre 1902 et 1904, et puis il y a le récit qu’on brode ensuite pour transformer l’épisode en légende merveilleuse, en expérience créatrice de son génie politique, en tout cas pour ses partisans. Du maçon immigré au Duce, le mythe de Mussolini passe par la Suisse.

      C’est Simone Visconti, qui nous l’explique. Il est historien et auteur d’un doctorat bien réel celui-là, sur les années de formation de Mussolini et la place qu’elles occupent ensuite dans la propagande fasciste. Une propagande qui a déjà démontré son efficacité en 1937, au moment où l’université de Lausanne prépare son 400e anniversaire et l’octroi de ce fameux doctorat honoris causa.

      https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/mussolini-et-la-suisse-3-5-la-legende-helvetique-d-un-dictateur-28681507.html
      #colonisation #conquête_coloniale #image #néo-nazisme #Hitler #fascisme #fasci #marcia_su_Roma #dictature #image #mythe #Angelica_Balabanova #nationalisme #virilité #homme_fasciste

    • Mussolini et La Suisse (4/5) : L’attraction fasciste

      Après la Deuxième Guerre mondiale, il n’était plus de bon ton de défendre l’œuvre de Benito Mussolini. Quand on mentionnait le doctorat honoris causa que l’Unil lui avait décerné, on entendait souvent des alibis : au minimum une erreur de casting, voire un piège tendu par la diplomatie fasciste. Aujourd’hui après le Livre blanc de 1987 puis les différentes recherches et le rapport du comité d’experts de 2022, ces arguments n’opèrent plus aussi bien qu’avant. En 1937, on savait que le fascisme italien réprimait toutes oppositions à l’intérieur et on savait, après la conquête de la Lybie et de l’Ethiopie, que c’était un gouvernement prédateur à l’extérieur. On sait aussi que Mussolini a séduit en Suisse.

      C’est justement sur cette force d’attraction en territoire helvète que l’historien Marc Perrenoud s’est penché pour comprendre le contexte de ces honneurs universitaire rendus à Mussolini en 1937.

      https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/mussolini-et-la-suisse-4-5-l-attraction-fasciste-28681513.html

    • Mussolini et La Suisse (5/5) : L’#antifascisme

      Benito Mussolini, docteur de l’université de Lausanne, est une opération dont les promoteurs ont été identifiés dans les épisodes précédents. Mais les antifascistes ont eu leur mot à dire aussi.

      Après l’exploration de la sensibilité suisse au fascisme italien, on se tourne vers les opposants de Mussolini et de ses admirateurs avec Colin Rutschmann, auteur d’un mémoire de Master intitulé : Antifascisme sur le territoire lausannois durant l’entre-deux-guerres : Modalités, Antagonismes et Conflictualité.

      https://www.rts.ch/audio-podcast/2024/audio/mussolini-et-la-suisse-5-5-l-antifascisme-28681515.html

      #Casa_d'Italia #doctrine_fasciste

    • En 1932, prison ferme pour un #tag antifasciste

      L’affaire du #monument aux morts italiens du #cimetière_de_Montoie défraie la chronique et remonte jusqu’au niveau fédéral.

      On imagine mal la tête que fait Charles Felber, concierge jardinier du cimetière de Montoie, quand il découvre, au petit matin du dimanche 6 novembre, le noble monument aux morts italiens de la Grande Guerre (1915-1918 en ce qui les concerne), revêtu de graffitis d’un rouge offensant. Rouge non pas sang, non pas royal, mais soviétique.

      C’est une de ces affaires connues, mais qu’on revoit aujourd’hui comme révélatrice de la place du fascisme à Lausanne et de la position des autorités vaudoises dans l’entre-deux-guerres.

      Novembre 1932 donc. La communauté italienne célèbre en même temps le 5e anniversaire du régime et le 14e de l’armistice. Il faut dire que les Italiens de Lausanne sont déjà passablement ceinturés par les réseaux fascistes qui s’approprient la Casa d’Italia, les sociétés culturelles… et le monument de Montoie. Érigé en 1923, il est, déjà, l’occasion d’une manifestation de la section locale du fascio lausannois, à peine fondée. Le groupe, dit « l’#indomito », soit « l’#indompté », s’y rend en #cortège.

      Mais cette fois-ci, ça ne se passe pas comme prévu. Déjà la veille, le consul d’Italie s’était inquiété de la présence « d’éléments subversifs » autour du cortège se formant à Montbenon. Le Canton fait surveiller les « perturbateurs » connus et prévoit d’envoyer la Sûreté et dix gendarmes sécuriser les lieux. Cela ne suffira pas.

      La nuit précédente, le monument est complètement « souillé d’une peinture de couleur rouge », note le rapport des inspecteurs qui parlent d’une « profanation particulièrement grave », certainement du fait des communistes antifascistes et de la main d’un locuteur italien.

      Mussolini, le bourreau

      Sur l’obélisque, des #tags ont en effet de quoi alimenter les soupçons du limier : « Viva Lenin », « Vogliamo la testa del boia Mussolini », « Viva il partito comunista ! » ainsi que le marteau et la faucille. La police enquête, retarde le cortège. On nettoie le #monument comme on peut. La Sûreté suit de près. Pendant que les fascistes en uniforme sont protégés par les gendarmes, on surveille aux abords la présence de dirigeants communistes lausannois, « qui poussent l’outrecuidance jusqu’à s’approcher du monument ».

      L’affaire se répand rapidement. Le Ministère public de la Confédération suit le dossier tandis que la presse d’alors se montre particulièrement remontée. « Odieuse profanation », titrent les journaux locaux. « Espérons qu’on mettra rapidement la main sur ces indignes personnages et que le châtiment qu’ils recevront sera exemplaire », tonne « La Revue ». Le ton monte. Les courriers des lecteurs s’accumulent. Le Conseil d’État promet au consul d’Italie « des ordres sévères » et la Ville de Lausanne présente également ses regrets. Chaque jour, les journaux donnent des nouvelles de l’enquête… la gauche radicale est loin d’avoir bonne presse.

      Lutte dans la rue

      Il faut dire que fascistes déclarés et opposants sont alors à couteaux tirés, dans ce que l’historien Colin Rutschmann appelle une véritable « lutte pour le contrôle de l’#espace_public » lausannois, loin de se limiter aux seuls exilés, et au cours de laquelle la police va plutôt, confirme-t-il, « protéger les chemises noires ». Les mêmes sont capables d’actions violentes en Italie. Mais en Suisse, ce sont les « rouges » qui sont vus comme dangereux et fauteurs de troubles.

      La police vaudoise se montre en effet très efficace. Quatre jours après les faits, #Fulvio_Rusconi, un des « extrémistes » de la place, est déjà arrêté et incarcéré au Bois-Mermet malgré ses dénégations. Le même jour, un communiste qui avait le tort de manifester dans la rue est emporté par la Sûreté, qui découvre de la #peinture_rouge dans son veston… Il va être interrogé pendant quatre heures, le temps de lui faire lâcher le nom de ses complices. Des Tessinois, des ouvriers, dont un « extrémiste dangereux ».

      Tous sont attrapés en quelques jours et passent aux aveux. L’idée leur est venue début novembre. Ils piquent de la peinture sur un chantier, achètent un pinceau à Uniprix et se retrouvent au Café de Couvaloup avant de gagner Montoie à minuit. La Sûreté les dénonce pour « profanation de sépulture ».

      #Sanction lourde

      Janvier 1933, l’audience devant le Tribunal de police est également sans appel… l’avocat des anciens combattants italiens alarme du « début d’une série de manifestations terroristes ». Le chroniqueur de la « Gazette de Lausanne » rajoute une couche : « L’acte de ces trois « mauvais garçons » est d’autant plus stupide que le fascisme auquel ils prétendant avoir voulu s’attaquer n’existait pas lorsque moururent les 250 Italiens à la mémoire de qui le monument est élevé. »

      Les trois principaux responsables écopent de 75 jours de réclusion et 5 ans de privation de droits civique. Avec expulsion du territoire.

      https://www.24heures.ch/lausanne-en-1932-prison-ferme-pour-un-tag-antifasciste-117949027630
      #Suisse #fascisme #anti-fascisme #cimetière #Lausanne #communisme #Giuseppe_Motta

  • Inspirés par les émeutes en #France, des casseurs s’attaquent au Flon
    https://www.20min.ch/fr/story/inspires-par-les-emeutes-en-france-des-casseurs-sattaquent-au-flon-26052804803

    Scènes de guérilla urbaines à #Lausanne ce samedi soir. Inspirés par les images des émeutes françaises, des individus se sont rassemblés au Flon samedi soir, appelant à répandre la trainée de poudre allumée de l’autre côté de la frontière. Des appels ont tourné sur les réseaux sociaux, notamment Snapchat et Tiktok.

    Et l’appel a pris. En début de soirée, des individus se sont attaqués à la Fnac, fracturant la porte et attaquant les policiers venus protéger les lieux. Des témoins évoquent entre cent et deux cent personnes armées de projectiles, face à une poignée de policiers à moto, protégés par leur casque. Le magasin de chaussures Pomp it Up a également été attaqué. Une vitrine a été brisée. D’autres lieux auraient également été touchés.

    #Suisse #Nahel

  • « #Lausanne doit reconnaître son passé colonialiste »

    En lutte contre une inscription problématique sur un immeuble du #Flon, au centre-ville de Lausanne, #Samson_Yemane va plus loin : le conseiller communal socialiste demande à la Municipalité de réaliser un #état_des_lieux du #passé_colonialiste de la cité olympique.

    Les questions relatives à la migration ne sont pas qu’un dossier politique pour Samson Yemane : c’est l’histoire de la vie du conseiller communal lausannois. Le socialiste n’avait que « 12 ou 13 ans » lorsqu’il a fui l’Érythrée en direction de la Libye puis de l’Europe. Sur un bateau.

    Aujourd’hui bientôt trentenaire et naturalisé, le Vaudois travaille à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés et s’est beaucoup engagé dans la votation sur Frontex, l’agence européenne de protection des frontières dont il a fait le sujet de son mémoire de master.

    Malheureux de l’issue de la votation sur le plan fédéral, Samson Yemane essaie d’agir à son échelle : celle de sa commune de Lausanne. Il vient de déposer un postulat pour rendre la capitale vaudoise « inclusive et non-discriminante ». Interview.

    Vous écrivez que Lausanne a directement participé, voire contribué à l’#esclavage et au #colonialisme. À quoi faites-vous référence ?
    C’est là tout l’enjeu : la population n’a pas du tout conscience qu’au début du XXe siècle encore et même jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il y avait des « #zoos_humains » au coeur de Lausanne. La Suisse a accueilli des dizaines de « #villages_nègres » et autres exhibitions exotiques, pour le plus grand plaisir des habitants. Il y a donc un immense devoir de mémoire et de #visibilisation.

    Votre #postulat a pour point de départ le travail d’une étudiante sur une devanture au Flon. Or, la régie voulait justement faire retrouver au bâtiment son visage d’origine. N’est-ce pas précisément un travail de mémoire ?
    Où est l’importance historique de cette inscription ? Elle avait été effacée et, là, on la fait renaître sans contexte, sans explication. Il s’agit purement de #racisme_ordinaire, et c’est pour cela que j’ai pris autant cette histoire à cœur : elle mérite que des mesures soient prises.

    Par exemple ?
    Tout dépend du contexte. Pour cette inscription, beaucoup de gens sont pour qu’elle soit effacée, car elle n’a pas vraiment d’utilité et elle heurte les personnes concernées. De manière générale, je milite pour qu’un état des lieux soit réalisé sur le passé colonial de Lausanne. Cela peut prendre plusieurs formes (conférence, discussion, etc.), mais devrait impérativement inclure des personnes compétentes dans ces sujets-là.

    Jusqu’où cela peut-il aller ? Le stade #Pierre_de_Coubertin (ndlr : notoirement raciste, persuadé de la supériorité des Blancs sur les Noirs) doit-il être rebaptisé, selon vous ?
    C’est un bon contre-exemple : dans ce cas, ce lieu a un important #héritage_historique. Le rebaptiser serait contre-productif et ne serait pas compris par la population. Je ne suis pas pour réécrire l’histoire, ni pour créer une polémique, mais pour sensibiliser les Lausannois : pourquoi ne pas mettre une mention sur place, ou réaliser quelque chose au Musée olympique par exemple ?

    N’est-ce pas un peu infantilisant, comme démarche ? Faut-il vraiment une intervention du monde politique ?
    Il y a toujours des combats plus importants que d’autres, mais celui-ci est très légitime à mes yeux. Cette inscription heurte beaucoup de monde, et le vivre-ensemble est primordial, surtout au niveau communal. Plusieurs études scientifiques prouvent que reconnaître notre passé colonial nous amène à consolider notre #cohésion_sociale. D’autres villes (Berne, Zurich, Genève...) ont d’ailleurs fait cet exercice.

    Lausanne dispose déjà pour cela d’un Bureau lausannois pour les immigrés (BLI), avec notamment une permanence contre le racisme. Vous voulez aller plus loin ?
    Mon postulat s’inscrit précisément dans ce contexte. Le travail du BLI est crucial et contribue intellectuellement à notre cohésion sociale. Je veux encourager la Municipalité à mettre l’accent sur l’histoire coloniale. Je l’ai vu avec les réactions après votre premier article : c’est un sujet tabou, très clivant et qui fait parler tout le monde. Un débat public éclairé n’en sera que plus bénéfique. « Décoloniser » l’espace public ne vise en aucun cas à falsifier l’histoire de notre commune — au contraire, le but est de reconnaître les faits historiques et de sensibiliser.

    #Mobimo « comprend la polémique »

    Informée par la Ville que l’#inscription « #Magasin_de_denrées_coloniales » du Flon faisait débat, la régie propriétaire du bâtiment assure à Blick qu’elle avait comme « unique perspective un rappel purement historique de la fonctionnalité du bâtiment ».

    C’est pour cette raison que Mobimo a voulu restituer le nom des enseignes présentes au Flon comme au début du XXe siècle. « Nous comprenons les sensibilités actuelles et sommes conscient des préoccupations de notre société face à des faits socio-historiques ainsi qu’à la portée sémantique des mots », assure Hélène Demont, porte-parole pour la Suisse romande.

    Mobimo estime qu’en tant qu’acteur économique, elle n’a « pas la légitimité de porter un jugement sur des faits historiques se rapportant à l’inscription ». Mais elle veut la replacer dans son contexte avec une notice explicative, et se conformera à la décision de la Ville si un effacement venait à être décidé.

    https://www.blick.ch/fr/news/suisse/le-combat-de-samson-yemane-lausanne-doit-reconna-tre-son-passe-colonialiste-id
    #histoire #Suisse #colonisation

    ping @cede

    –-

    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_suisse :
    https://seenthis.net/messages/868109

  • Lettre ouverte : des cellules de rétention sous les rails

    Nous relayons ici une lettre ouverte à signer si vous voulez exiger l’arrêt d’un projet de "#centre_de_compétences_sécuritaires" géant dans la gare de Lausanne

    Une gare, c’est quoi ?

    C’est un possible infini de rencontre, un lieu qui n’appartient à personne, un lieu où l’on arrive, un lieu où tout peut commencer. Combien de fois dans l’Histoire, les gares ont-elles été des portes ouvertes pour des populations en errance fuyant la guerre ou chassées de chez elles par des jeux géopolitiques qui leur ordonnaient de quitter leur maison ? Combien de vies ont recommencé dans un hall de gare ? Combien de vies se sont croisées dans ces espaces de pur mouvement ? Le monde se croise là et c’est une chose précieuse.

    Aujourd’hui Lausanne est en travaux, des grues de toutes parts, on invente un nouveau visage, on s’enivre d’ambitions, de pôle muséal, de nouvelles places publiques vont sortir de terre. Au milieu, cette nouvelle gare qui va voir le jour. Assez classieuse elle aussi, on sort du langage de province, on cherche à lui donner toutes les tailles : humaine dans son contact avec la rue du Simplon, urbaine au nord et celle d’une ville en pleine croissance, qui craque un peu dans ces vêtements en son centre. On pousse les murs, on surélève la marquise historique. On laisse la place pour accueillir le grand flux grisant de cet arc lémanique en plein âge d’or.

    On laisse la place, mais les chemins sont balisés. On laisse la place, mais on projette déjà celle des personnes qui n’en ont pas. Derrière cette figure de porte se cache celle d’une impasse. On laisse la place, mais seulement pour certain·es. Les “autres” suivront le chemin qu’on leur a dessiné. Prendront la porte qui les attend, suivront des couloirs habilement localisés, des parcours qui se veulent discrets. Ces autres seront soustrait∙es au grand brouhaha et seront conduit∙es au cœur de la gare dans des cellules de rétention.

    Un #centre_de_sécurité est en train de se projeter en plein cœur de la gare de Lausanne : plus de 3000m2 de surface dédiée à la police cantonale et aux douanes notamment.
    Pratique, il n’y aura plus qu’à cueillir tranquillement ces personnes qui se croyaient le droit d’être arrivées. Des #cellules_de_rétention et des #salles_d’audition. Des espaces plus qu’exigus sans aucune vue sur l’extérieur au fond d’un long couloir sous les rails. La belle porte d’entrée que voilà !

    Dans cette Europe qui organise avec tant de tact pour les nantis l’externalisation de ses frontières, Lausanne, la bonne ville de gauche, entre pittoresque, université et grève du climat, n’y voit rien à redire. Lausanne, comme quelques consœurs de charme sur les rives du Léman, s’est pourtant déjà illustrée grâce à sa police comme détentrice d’une éthique et d’un sens de l’ouverture à géométrie variable. Rappelons Mike mort sous les coups de la police à 300 m de la gare de Lausanne il y a 4 ans. Rappelons Lamin mort dans sa cellule de rétention sans que personne ne s’en aperçoive. Il est si facile de cacher ces erreurs quand les espaces sont déjà agencés pour les faire disparaître. Il est si facile de fermer les yeux quand il n’y aura rien à voir. Personne à rencontrer pour secouer nos idées reçues, personne qui pourra par son regard nous rappeler l’autre monde, celui d’où il vient. Personne aussi pour témoigner de la violence faite à leur accueil et à leur existence. Une gare faite de gens d’ici...

    La Gare de Lausanne ainsi projetée, participe du même effort de tact que les centres fédéraux d’asile, du même zèle d’efficacité que les patrouilles libyennes sillonnant les mers. Il n’a pas suffi aux Européen.nes et aux Suisse∙sses d’être entaché∙es par Frontex, les prisons libyennes, les accords de Dublin, les centres fédéraux d’asile, les zones de détention installées dans les aéroports. Maintenant, c’est à la #gare_de_Lausanne à laquelle il nous faudra penser lorsque les mots indignité, racisme, violence étatique, crime occidental raisonneront dans nos têtes face à la misère du monde.

    Sous la terre, quelques dizaines de mètres au sud des grandes salles d’exposition de Plateforme 10, les cellules de rétention. En regardant s’étaler la belle sensibilité créative des artistes contemporains,
    entendrons-nous le murmure, les prières et les cris de ceux et celles qui sous nos pieds, se croyant arrivé.es... chutent ? Non.

    Nous, soussigné∙e∙x∙s, demandons à la Ville de Lausanne, au Canton de Vaud, aux CFF et à la Confédération d’utiliser tous les moyens possibles pour ne pas réaliser ce centre de sécurité. Ne faisons pas de la gare de Lausanne une prison cachée pour des personnes dont pour la plupart, le seul crime est d’être ici.

    https://www.change.org/p/ville-de-lausanne-lettre-ouverte-des-cellules-de-r%C3%A9tention-sous-les-rai
    #Lausanne #asile #migrations #réfugiés #sous-terrain #souterrain #gare #rétention #détention_administrative #pétition #lettre_ouverte

  • 150 ans d’immigration italienne à Lausanne

    Longtemps pays d’émigration en raison d’une #pauvreté endémique, la Suisse voit son solde migratoire s’inverser dès le début du 20e siècle.

    Dès 1946, la croissance requiert une #main-d’œuvre considérable dans les secteurs de la #construction, de l’#hôtellerie - #restauration, du #commerce et de l’#industrie. En un quart de siècle, jusqu’à la crise de 1973, des millions d’Italien·ne·s contribuent à l’éclatante #prospérité de la Suisse.

    Confronté·e·s à la #xénophobie d’une partie de la population, endurant les sévères conditions d’existence que leur impose le statut de #saisonnier, ils·elles vont pour autant laisser des traces d’une importance majeure.

    Au-delà des clichés, l’#italianità se répand et imprime durablement sa marque dans toutes les couches de la société via l’#alimentation, la #musique, le #cinéma, les #sociabilités, le #sport, le #patrimoine, la #langue….

    C’est l’histoire passionnante de cette présence à Lausanne ‑ rythmée par les précieux récits de nombreux témoins ‑ qui est dévoilée ici.

    https://www.lausanne.ch/vie-pratique/culture/musees/mhl/expositions/Losanna-Svizzera.html

    #exposition #Lausanne #musée #migrations #immigration #Suisse #migrants_italiens #Italie #immigrés_italiens #saisonniers #italianité

  • « Il faudrait arrrêter les bagnoles, tout de suite ! »
    http://carfree.fr/index.php/2021/04/06/il-faudrait-arrreter-les-bagnoles-tout-de-suite

    Voici une déclaration particulièrement forte réalisée par le prix Nobel de Chimie Jacques Dubochet la semaine dernière lors de l’évacuation de la ZAD de la colline du Mormont, dans le Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #Réchauffement_climatique #bagnole #climat #CO2 #lausanne #Suisse #vidéo

  • Femmes et espaces urbains – Une nouvelle place du 14-Juin pour commémorer la lutte pour l’égalité des droits

    La place située devant l’église Saint-Laurent, jusqu’ici dépourvue d’un nom officiel, a été baptisée « #Place_du_14-Juin » le 7 février 2021, jour anniversaire des 50 ans du droit de vote des femmes en Suisse. Située en plein centre-ville, devant le parvis de l’église Saint-Laurent, cette nouvelle #place permet à la Municipalité de commémorer la lutte pour l’égalité des droits, tout en s’inscrivant dans les mesures adoptées par la Municipalité pour accroître la #visibilité des femmes dans l’espace public.

    - Vidéo - Inauguration de la place du 14-Juin : https://www.youtube.com/watch?v=zYPjqi5gcW0&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne


    - Communiqué du 07.02.2021 : webapps.lausanne.ch/apps/actualites/Next/serve.php ?id=10411
    - Site web : https://www.lausanne.ch/portrait/cohesion-sociale/egalite-et-diversite;jsessionid=730CF0B7F8FFEAA0531AD34BA01A6D28
    - Vidéo - Femmes et espaces urbains : les mesures de la Municipalité : https://www.youtube.com/watch?v=c7x_FYX_LZU&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne

    - Vidéo - Ruth Dreifuss et Pamela Ohene-Nyako : interviews croisées : https://www.youtube.com/watch?v=VYvcHsAK26w&feature=youtu.be&ab_channel=CommuneLausanne

    http://webapps.lausanne.ch/apps/actualites/?actu_id=59060

    #Lausanne #toponymie #toponymie_politique #Suisse #femmes #égalité_des_droits #droit_de_vote #commémoration #visibilisation #espace_public #vidéo

  • #Pully : expulsion imminente de #la_Spyre
    https://fr.squat.net/2020/11/19/pully-expulsion-imminente-de-la-spyre

    Détruire de la vie pour créer du vide : expulsion imminente de la Spyre, squat écologiste et engagé à Pully. Voici un communiqué de presse du #Collectif_Bambou, habitant.e.s dans un squat écologiste et engagé menacé d’expulsion dans la commune de Pully, en #Suisse. Nous souhaitons mettre en lumière les questions sociales et écologiques que […]

    #Lausanne

  • Des villes en première ligne

    Face à la proposition minimale d’accueil de la Confédération, plusieurs villes, dont #Zurich, #Genève, #Lausanne, #Delémont ou #Fribourg ont annoncé qu’elles étaient prêtes à recevoir des requérant.e.s en provenance de Lesbos après l’incendie qui a ravagé le camp de #Moria.

    Le 8 septembre, un incendie a complètement détruit le tristement célèbre camp de réfugié.e.s de Moria, à quelques encablures maritimes de la Turquie. Dans ce lieu inauguré en 2013, devenu en 2015 un centre d’enregistrement et de contrôle (hotspot), plus de 13’000 personnes, dont 4000 enfants essaient de survivre depuis des mois voire des années dans une infrastructure prévue à la base pour 2000 personnes. Depuis quelques mois, l’apparition du Covid avait encore rendu plus dures les conditions de vie des habitant.e.s. « Depuis mars, les couvre-feux liés à l’épidémie de coronavirus et les restrictions de mouvements des demandeurs d’asile à Moria ont été prolongés sept fois pour une période totale de plus de 150 jours », relève ainsi Aurélie Ponthieu, spécialiste des questions humanitaires chez Médecins sans frontières.

    Cet enfermement sans aucune perspective a sans doute conduit à ce que certains réfugiés incendient par désespoir leur prison d’infortune. Et ce n’est pas la construction d’un nouveau camp de tentes de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), bâties dans l’urgence par la Protection civile grecque, couplée à la volonté du ministre grec des migrations, Notis Mitarachi, de maintenir les requérants dans l’île qui rabattront la volonté de départ des requérants.

    Face à cette impasse, neuf villes suisses comme Zurich, Delémont, Fribourg, Genève ou Lausanne ont annoncé qu’elles seraient prêtes à accueillir rapidement des réfugiés en provenance de l’Île grecque. « Le chaos, d’une ampleur inédite, met en lumière le besoin immédiat de moyens et de soutien dans les régions en conflit, le long des voies d’exil et aux frontières de l’Europe. Les citoyennes et citoyens, ainsi que les responsables politiques de nombreuses villes de Suisse sont convaincus depuis longtemps que cette crise humanitaire nécessite un engage- ment plus important de notre pays pour l’accueil de réfugié.e.s », expliquent conjointement les deux villes lémaniques et leurs maires, Sami Kanaan et Grégoire Junod, tous deux du PS.

    « L’urgence de la situation n’a fait que s’aggraver entre la surcharge du camp, la gestion du Covid puis finalement cet incendie », argumente David Payot, municipal popiste de la Ville de Lausanne. « Notre objectif est que la Confédération organise dans les plus brefs délais une conférence nationale urgente sur le sujet. Cela permettrait de mettre tous les acteurs institutionnels – Confédération, cantons et villes – à une même table afin d’éviter de se renvoyer la balle. Il faut coordonner les acteurs plutôt que de diluer les responsabilités. Nous voulons aussi mettre la pression sur la Confédération et faire entendre notre voix, qui représente aussi celle de la population suisse », souligne-t-il.

    « L’accueil des migrants relève de la Confédération et l’hébergement des cantons. Par cet appel à la Confédération, nous indiquons que nous sommes prêts à collaborer étroitement avec les cantons pour accueillir des réfugiés dans nos villes », développe le Grégoire Junod. « Nous collaborons en permanence avec l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) notamment lorsqu’il s’agit d’ouvrir de nouvelles structures ou de trouver des capacités supplémentaires d’accueil », explique-t-il encore.

    Il faut dire que la ministre PLR de la justice, Karin Keller-Sutter a décidé d’adopter une position minimaliste sur le sujet, déclarant que notre pays n’accueillerait que 20 jeunes migrants non-accompagnés. Très loin de l’Allemagne qui, par l’entremise de sa première ministre, Angela Merkel, vient de réviser sa position et se déclare favorable à l’accueil de 1’500 personnes, essentiellement des familles avec des enfants qui ont été reconnues comme réfugiés par les autorités grecques. A ce contingent s’ajouteront 100 à 150 mineurs isolés évacués du camp de Moria. La France fera de même.

    Rappelons aussi que l’Union européenne (UE) est en train de plancher sur un nouveau pacte européen sur la migration et l’asile, qui sera présenté à l’automne. Celui-ci vise à « créer un cadre global, durable et à l’épreuve des crises pour la gestion de la politique d’asile et de migration au sein de l’UE ». Du côté des organisations d’entraide comme l’Organisation suisse d’aide aux réfu- giés (OSAR), qui a participé à la consultation, on voudrait « un renforcement des voies d’accès sûres et légales vers l’Europe afin de ne pas rendre les personnes vulnérables dépendantes des passeurs et de ne pas les exposer à la violence, à l’exploitation et aux mauvais traitements ».

    La Suisse peut faire beaucoup plus

    « La Suisse peut prendre plus de personnes du fait qu’un article de la loi sur l’asile stipule qu’il est possible d’octroyer, sous certaines conditions, un permis humanitaire ou de faire bénéficier les requérants d’un programme de réinstallation selon les critères du HCR », explique #David_Payot. Dans la pratique, la réception d’un nombre plus élevé de réfugiés ne poserait pas de problèmes. « A Lausanne, si l’on parle de l’accueil d’enfants, nos écoles reçoivent 14’000 élèves. Scolariser quelques dizaines d’élèves supplémentaires est tout à fait possible, et représente un investissement pour leur avenir et le nôtre », explique le Municipal.

    A titre personnel, le magistrat popiste lausannois tient à dénoncer les carences politiques des accords Schengen/Dublin. « Ce système charge les pays de la Méditerranée du plus gros des efforts d’accueil des requérants, alors qu’ils n’en ont pas les moyens. Cette assignation empêche les requérants de postuler dans des Etats ou ils.elles auraient plus de liens. Ce système accroît les problèmes plutôt que de les résoudre. Il faut le changer », soutient David Payot.

    En juin dernier, 132 organisations et plus de 50’000 personnes avaient déjà déposé une pétition demandant au Conseil fédéral de participer à l’évacuation immédiate des camps de réfugiés grecs et d’accueillir un nombre important de personnes en Suisse.
    Huit villes suisses avaient déjà proposé des offres concrètes comme le financement des vols d’évacuation et des hébergements. « C’est une concertation que nous souhaitons développer entre les maires et syndics des grandes villes suisses. 70% de la population vit en zone urbaine et les villes sont aux premières loges de nombreux problèmes, sociaux, migratoires, climatiques. Nous devons êtes mieux entendus », assure #Grégoire_Junod.« Proposer l’accueil de 20 mineurs non accompagnés, comme l’a indiqué le Conseil fédéral, fait honte à notre tradition humanitaire », martèle-t-il.
    Le Conseil fédéral pourra-t-il plus longtemps faire la sourde oreille ?

    https://www.gauchebdo.ch/2020/09/18/des-villes-en-premiere-ligne
    #Lesbos #Grèce #incendie #villes-refuge #asile #migrations #réfugiés #MNA #mineurs_non_accompagnés

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    Ajouté à la métaliste autour de l’incendie :
    https://seenthis.net/messages/876123

    Et à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

    • #evacuer-maintenant | Manifestation à Berne en faveur de Moria

      Le 10 octobre 2020 aura lieu à 14h30 sur la Place fédérale un rassemblement national organisé par la coalition #evacuer-maintenant. Les organisations militant en faveur du soutien des villes suisses à l’accueil de réfugiés du camps de Moria (voir notre publication du 25 septembre 2020) exigent la fin de la situation inhumaine dans le nouveau camp mis en place suite aux incendies de septembre et somment ainsi la Suisse de prendre ses responsabilités et d’agir au plus vite.

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      Évacuer maintenant – nous avons de la place !

      Le 10.10 à 14h30, nous descendrons dans la rue à Berne (Place fédérale) pour exiger l’accueil immédiat des personnes du camp de Moria et la fin de la situation inhumaine aux frontières de l’Europe !

      La situation aux frontières extérieures de l’Europe s’aggrave. Le camp de réfugié.e.s de Moria – la honte de l’Europe – a complètement brûlé le 09.09. Après l’incendie, les gens n’ont pas été aidés. Au lieu de cela, les réfugié.e.s ont dû rester dans la rue pendant des jours entiers, bloqués par la police et les groupes d’extrême droite qui leur ont interdit l’accès aux villes. Les bénévoles qui ont apporté de la nourriture et de l’eau aux personnes en quête de protection ont été arrêtés par la police. En utilisant des gaz lacrymogènes, la police a finalement forcé les gens à se réfugier dans un nouveau camp. Un camp de l’OTAN, clôturé avec du fil barbelé, gardé par la police et l’armée et composé de tentes instables installées sur un ancien site militaire et dangereusement proches de l’eau. Le sol est contaminé par des munitions. Nous ne devons pas permettre que des personnes soient traitées de la sorte. Plus jamais !

      Depuis des mois et des années, les conditions catastrophiques aux frontières extérieures de l’Europe sont connues. Les organisations de défense des droits humains réclament depuis longtemps la fin de la politique d’isolement de l’Europe, qui met de nombreuses vies en danger. La société civile suisse (plus de 50 000 signatures), 132 organisations et diverses villes et communes se sont mobilisées ce printemps et ont demandé au Conseil fédéral, d’évacuer immédiatement les camps grecs. Mais au lieu d’évacuer la population, le personnel du Corps suisse d’aide humanitaire participe à la construction du nouveau camp. La Suisse investit l’argent des impôts dans la construction d’un camp d’internement parfaitement scandaleux.

      Nous descendrons dans la rue à Berne (Place fédérale) le 10 octobre 2020 à 14:30 heures et montrerons que nous ne sommes pas d’accord avec cela. Nous demandons instamment au Conseil fédéral d’accueillir les personnes en exil dès maintenant. Nous exigeons une politique migratoire qui protège la dignité et les droits de toutes et tous. Nous avons bien assez de places, nous avons suffisamment de ressources, mais surtout nous avons la responsabilité d’agir maintenant ! Les réfugié.e.s sont les bienvenus “Say it loud, say it clear – Refugees are welcome here”.

      https://asile.ch/2020/10/05/evacuer-maintenant-manifestation-a-berne-en-faveur-de-moria

    • #Brugg ist bereit, 9 Menschen aus Lesbos aufzunehmen

      Mit einer klaren Mehrheit von 34 zu 14 Stimmen nimmt der Stadtrat von Brugg das Postulat betreffend Aufnahme von Geflüchteten aus dem Lager Moria an.

      Björn Urs Bürkler (Grüne) und Pascal Ammann (SP) hatten darin gefordert, dass die Stadt Brugg neun geflüchtete Menschen von der griechischen Insel Lesbos aufnehmen soll. Weiterhin solle sie den Kanton und den Bund dazu auffordern, die notwendigen Massnahmen zu treffen, um die Aufnahme zu ermöglichen und sich mit anderen aufnahmebereiten Städten innerhalb und ausserhalb des Kantons koordinieren.

      Erfreulich ist die Fürsprache für dieses Anliegen nicht nur von der SP und den Grünen, sondern auch von EVP, CVP und GLP. Wenn sich diese Parteien auch über die Gemeinde Brugg hinaus für eine menschenwürdige und aufnahmebereite Asylpolitik einsetzen, können die Forderungen nach einer Evakuierung der griechischen Lager vielerorts Mehrheiten finden.

      Der Vorstoss ist Teil der Kampagne «500 Menschen für den Aargau», die vom Verein Netzwerk Asyl Aargau koordiniert wird. Sie fordert die Gemeinden des Aargaus zur Aufnahme von einer geflüchteten Person pro 1356 Einwohnern auf. Zahlreiche Gemeinden haben bereits positive Rückmeldungen gegeben.

      https://seebruecke.ch/2021/01/31/brugg-ist-bereit-9-menschen-aus-lesbos-aufzunehmen

  • #métaliste sur l’#incendie de #septembre_2020 dans le #hotspot de #Moria, #Lesbos (#Grèce)

    Fil de discussion sur l’incendie :
    https://seenthis.net/messages/875743

    Les réactions d’#indignation en #Allemagne et ailleurs :
    https://seenthis.net/messages/876121

    Manifestation de réfugiés à #Kara_Tepe : "#Nous_voulons_partir
    https://seenthis.net/messages/876128

    La réaction de certains maires en Allemagne...
    "Des villes allemandes proposent d’accueillir des migrants du camp de l’île de Lesbos ravagé par les flammes"
    https://seenthis.net/messages/876124
    #villes-refuge
    ... et en #Autriche :
    https://seenthis.net/messages/877116

    Et des villes en #Suisse...
    Des villes en première ligne
    https://seenthis.net/messages/877063
    #Zurich, #Genève, #Lausanne, #Delémont, #Fribourg

    Le #nouveau_camp de Lesbos, Grèce (septembre_2020) :


    https://seenthis.net/messages/875903

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    D’autres incendies dans les camps de réfugiés en Grèce (métaliste historique) :
    https://seenthis.net/messages/851143

    #camps_de_réfugiés

    ping @isskein @karine4 @reka

  • #Ernesto_Ricou : « Mon sentiment profond, c’est qu’on dérange à #Lausanne »

    Depuis le 1er janvier 2016 et le #déménagement forcé du centre interculturel #Casa_Mundo, le #Musée_de_l’immigration_de_Lausanne vit entre quatre murs derrière une petite porte en bois défraîchi d’une arrière-cour de l’avenue Tivoli.

    En ce matin d’hiver 2016, Ernesto Ricou reçoit à l’heure du café, dans ce musée qu’il dirige depuis 18 ans. La poignée de main ferme, le visage rayonnant et la moustache frétillante, cette figure lausannoise entame chaleureusement la conversation, comme à son habitude. Aujourd’hui plus qu’hier, il semble apaisé, heureux, soulagé. Dès mon arrivée, il me présente Alexandre, celui par qui la lumière jaillira d’ici peu dans ce petit cocon dédié à l’immigration. Alexandre est électricien. Un énième bienfaiteur pour le musée, dont Ernesto dira qu’il « fait déjà partie de la famille ». Grâce à Alexandre, même si la lumière extérieure peine à percer à travers les rideaux les jours de beaux temps, le maître des lieux pourra enfin mettre dans la lumière les centaines d’oeuvres disséminées dans ce bric-à-brac rempli d’humanité. « Il y aura des prises un peu partout, des lampes, des néons, sans oublier deux chauffages d’appoint », ajoute Ernesto avec passion.

    Aujourd’hui Alexandre, et demain ? Ce matin-là, Ernesto Ricou ne sait pas de quoi demain sera fait, mais il parvient désormais à croire en un avenir meilleur pour son musée : « Je ne pouvais pas tout arrêter, pas maintenant, pas avec tout ce qu’il se passe en ce moment avec les immigrés. » Le ton a radicalement changé par rapport à nos premières rencontres. Lui qui rêve toujours de locaux spacieux pour accueillir les personnes dans le besoin, d’étagères remplies de livres qui formeraient « un labyrinthe symbolisant les difficultés des migrants », d’un jardin avec des bancs disposées en cercle pour former une sorte de place de village, se recroqueville pour l’heure derrière cette porte en bois chancelante d’un bleu azur en attendant un signe.

    31 décembre 2015. Pour la plupart d’entre nous, cette date est synonyme de repas gargantuesque, verres qui trinquent et meilleurs voeux. Pour Ernesto, le 31 décembre 2015 restera toujours ce jour où il a rendu les clés de son centre associatif et interculturel sis au 14 avenue de Tivoli à Lausanne. Ce soir-là, une porte se ferme sur presque vingt années de partages, de rencontres et d’histoires humaines. Une clé, une poignée de main, et au revoir monsieur Ricou. Fin de l’histoire. Lui qui se démène pour les autres depuis tant d’années termine 2015 seul, par un état des lieux chargé d’émotion. Un long moment, alors que le gérant neuchâtelois échange avec les nouveaux locataires des lieux, Ernesto reste seul, en retrait, le regard dans le vide, perdu dans ses pensées : « Le gérant était très gentil et avenant. Il m’a demandé « ça va Ernesto ? ». Je ne savais pas quoi lui répondre sur le moment. » Ernesto « va ». Ni bien, ni mal. Il sent juste que ce lieu qu’il a tant apprécié malgré la froideur de ses murs blancs lui échappe définitivement. Après tant de semaines à tout vider et tout nettoyer, parfois accompagné mais le plus souvent seul, un chapitre de sa vie se referme, sur lequel il ne manque toutefois pas d’humour : « Ils me connaissent bien maintenant dans les déchetteries ! J’ai même sympathisé avec un agent de service équatorien grâce à mes allées et venues. On ne se refait pas vous savez ! » Combien de trajets faits pour débarrasser le plancher ? Une bonne dizaine sûrement, sans compter tout ce qu’Emmaüs a emporté et les quelques objets achetés par des visiteurs pour quelques dizaines de francs qui finiront dans la tirelire du musée, sans doute pour payer la maigre facture d’électricité. « J’ai tenté une négociation sur le loyer comme un dernier baroud d’honneur, mais mes demandes auprès de la gérance ont toutes été refusées. Le prix du mètre carré dans ce quartier est assez cher, et il y a 120m2, ça vaut beaucoup d’argent. Je ne sais pas ce qu’ils veulent en faire car l’endroit est vétuste. Il y a besoin de travaux, il n’y a pas de chauffage. Ici, nous avons tenu presque vingt ans sans chauffage, vous vous rendez compte ? »

    Ernesto en fera d’ailleurs le constat lorsqu’il apprendra que d’un locataire à un autre, d’une main à une autre, rien qu’en donnant une clé, l’atelier avait vu son loyer mensuel bondir de plus de 500.-. « Nous ne pouvions plus payer le loyer de 1’200.- tous les mois. Il nous prenait presque toujours les deux tiers des sommes qu’on recevait chaque mois. En août, nous n’avions déjà plus d’argent, plus un centime dans les caisses », explique-t-il. L’homme à l’allure de druide n’avait donc aucune chance de demeurer entre ces murs devenus un manque à gagner trop important pour la riche propriétaire genevoise des lieux.

    Qu’une gérance souhaite récupérer un bien locatif, soit. Mais quid de l’attitude de la ville de Lausanne et du canton de Vaud ? « La ville de Lausanne, avec tout mes remerciements, nous a aidés en assurant le loyer de la salle d’activité jusqu’au 31 décembre 2015, mais mon sentiment profond, c’est qu’on dérange à Lausanne. J’ai l’impression que le Musée de l’immigration n’entre pas dans les plans de la municipalité lausannoise, et le chantier du nouveau musée cantonal des Beaux-Arts intéresse plus le canton et la ville que nos activités. Le Mudac et l’Elysée sont les grandes occupations des services culturels, pas le Musée de l’immigration. C’est comme ça. Notre musée, sur ce plan, il fait tache. Nous ne sommes pas intéressants pour eux. Les autres musées lausannois rapportent plus de prestige à la commune et à l’Etat que notre musée. On prête plus vite un million à un client d’une banque que 10’000.- à quelqu’un de “normal“ qui veut s’acheter une voiture ! C’est comme ça. Je remercie sincèrement l’Etat pour ce qu’ils ont fait pour nous dans le passé », confessait-il avant de se lancer dans son déménagement puis d’ajouter : « Je ne veux pas entrer dans une polémique sur ce dossier, car les services de la ville nous ont fait économiser des milliers de francs et que nous sommes une maison de paix et d’harmonie. On est en décalage avec le fonctionnement du BCI (Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme) et du BLI (Bureau lausannois pour les immigrés). Ils nous ont aidés au compte-gouttes, mais même avec ce très peu, nous faisions des miracles. Nous n’avons jamais eu autant d’activités depuis deux ans. »

    Dans les faits, le Musée de l’immigration et sa structure Casa Mundo ont organisé 32 événements sur l’année 2014 et prit part, notamment, à la Nuit des Musées de Lausanne et de Pully ces trois dernières années, pour un bilan qui dépassait les attentes du maître des lieux : « Le bilan de la Nuit des Musées 2015 a été très positif, puisque nous avons accueilli un nombre record de 440 visiteurs sur la journée (contre 212 en 2014 et 300 en 2013, et une moyenne annuelle des 700 visiteurs sur 100 jours d’ouverture à l’année, ndla).

    Après avoir connu des périodes difficiles début 2016, Ernesto Ricou s’est pris à croire de nouveau aux miracles, lui l’homme de foi : « Ma vie, c’est un apostolat. Je me rends compte maintenant que je suis un grand-père, que depuis 42 ans j’ai accumulé des compétences qui me permettent d’avoir le courage de dire cela. Il faut une grande dose de détermination, d’amour du prochain et de bonté pour venir ici depuis 18 ans avec des conditions de travail difficiles, sans structure réelle ni secrétariat, ni ligne téléphonique fixe, avec une photocopieuse qui marche au ralenti et sans chauffage ! »

    Encouragé et reboosté par la nouvelle génération qu’il voit s’investir dans cette cause migratoire, le descendant de Huguenots reprend finalement du poil de la bête. « Un jour, l’une de nos directrices à Casa Mundo, Rosemarie Andrey, me dit que sa fille et trois de ses amies voulaient monter une association humanitaire et qu’elles souhaitaient absolument que cette association soit lancée officiellement dans nos locaux. » Lassé et usé, Ernesto hésite, prend le temps de réfléchir et d’écouter son corps. Physiquement, cette période l’a fatigué, mais un brin de force est toujours là, « cette force qu’ont les Portugais du nord comme moi, cette force granitique ! », lâche t’il en en bombant le torse avec son sourire malicieux. Séduit par le projet des jeunes Vaudoises, il décide donc de relever un nouveau défi, comme un dernier tour de piste. Le lancement de cette nouvelle structure associative, baptisée Individuals United, a donc eu lieu le 11 décembre 2015 à l’Atelier Casa Mundo. A force de travail, d’acharnement et d’entraide comme à chaque fois que quelque chose se passe dans ces murs.

    « Ces filles sont complètement folles, tellement folles ! C’est sans doute l’innocence qui les perd ! » Il en rigolerait presque. « Voir cette soirée de lancement ici, c’était presque irréel ! » Pour que tout devienne bien réel, Aurélia Fischer et ses amies mettent les petits plats dans les grands : « Une des filles travaillait à la communication du Lausanne Hockey Club, et c’est comme ça que le club s’est retrouvé impliqué dans cette aventure folle. Ils ont apporté des tables, des sièges en cuir, monté un bar, mis des guirlandes lumineuses, fait venir un traiteur libanais. Il y avait même des filles du club en uniforme pour accueillir les gens ! » Les filles parviennent à tout cacher, tout décorer, pour que les objets entassés dans chaque recoin de la salle et attendant leur voyage à la déchetterie n’importunent pas les invités. L’espace d’une soirée, tout disparait comme par enchantement et l’atelier d’artistes insalubre et non chauffé devient un véritable carré VIP, laissant le moustachu au grand coeur sans voix. « C’était tout simplement féérique, » dira-t-il avec des étoiles plein les yeux. Résultat : près de 4’000 francs collectés. Dans les mois qui viennent, Ernesto suivra de très près l’aventure d’Individuals United, et nul besoin de lui poser la question, il est certain qu’il les aidera du mieux qu’il pourra le moment venu. Toujours avec l’humilité qui le caractérise tant, cette humilité qui va de paire avec une envie de repartir de l’avant et de relancer des projets qu’il avait enterré.

    « Ces derniers mois ont été difficiles. J’ai contacté tout le monde pour essayer de sauver le centre interculturel : l’UNESCO, l’ONU, quelques consulats et ambassades, des responsables municipaux, cantonaux….C’était très dur, car je gardais l’espoir de trouver encore une petite aide. Nous allons donc resté dans la précarité, exactement comme les migrants que nous accueillons ici. » Malgré cette instabilité, Ernesto l’assure, les hommes et les femmes du Musée de l’immigration continueront leur mission jusqu’à ce que les autorités en ait « ras-le-bol » et ferment les locaux. « Par la nature de notre travail, nous sommes plus que jamais dans l’actualité, alors nous allons garder cela tant que nous le pouvons, comme nous le pouvons, avec toutes nos forces et qui sait ? Un miracle peut se passer, quelqu’un peut se dire « c’est le moment d’aider cette équipe ! » »

    https://sept.club/ernesto-ricou-mon-sentiment-profond-cest-quon-derange
    #Suisse #migrations #musée #mémoire

  • A Lausanne, les chercheurs précaires s’inquiètent pour leurs contrats

    A l’#Université_de_Lausanne (#UNIL), une pétition demande que tous les contrats à durée déterminée soient prolongés de deux mois sur simple demande. Lancée mardi 12 mai par des représentants du corps intermédiaire, une appellation qui désigne le personnel de recherche du doctorant au maître d’enseignement, elle a reçu plus de 400 signatures en deux jours. Les auteurs du texte jugent la gestion de sortie de crise de l’UNIL problématique.

    Pourquoi c’est important. Dans les universités suisses, huit chercheurs sur dix ne disposent pas de contrat fixe. Ces scientifiques, déjà confrontés à des conditions de travail incertaines en temps normal, se sont souvent retrouvés dans l’incapacité d’avancer leurs projets comme prévu ces deux derniers mois en raison de la fermeture des hautes écoles. Certains voient la fin de leur contrat approcher avec anxiété.

    Les raisons de la grogne. L’UNIL a présenté mardi 12 mai ses modalités de prolongation des contrats temporaires du corps intermédiaire. Les auteurs de la pétition, lancée le jour-même, jugent ces directives « consternantes ». L’un d’entre eux, Antoine Chollet, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut d’études politiques, explique.

    « La procédure pour déposer une demande est très bureaucratique. Il faut justifier de l’arrêt de la recherche dans un formulaire de sept pages, avoir l’aval de son supérieur hiérarchique, fournir une liste des livres auxquels l’on n’a pas eu accès... Mais qui peut juger de la légitimité de l’utilisation de tel ou tel ouvrage ? De plus, une commission devra statuer sur ces demandes. Au vu du nombre de dossiers qu’elle risque de devoir traiter, cela pourrait prendre beaucoup trop de temps. »

    Les enjeux sont particulièrement importants pour les chercheurs étrangers dont le contrat, et donc le permis de travail, expire alors qu’ils n’ont pas pu finir leurs travaux.

    Les personnes dont le contrat arrive à échéance fin mai ne disposent par ailleurs que de trois jours pour déposer leur demande, soit jusqu’au 15 mai.

    Pour les auteurs, les exigences de l’UNIL ont « toutes les allures d’une procédure dissuasive visant à limiter autant que possible le nombre de demandes de prolongation ».

    ACIDUL, l’association du corps intermédiaire et des doctorant.e.s de l’UNIL, qui n’est pas à l’origine de la #pétition, a pour sa part demandé à la direction de simplifier les modalités des demandes et de supprimer l’exigence du formulaire à rendre par le supérieur hiérarchique. Elle estime que cette exigence suppose « l’absence de tensions entre chercheur-se-s et superviseur-e-s, ainsi que la disponibilité de ces derniers pour remplir de multiples documents circonstanciés dans de brefs délais », ce qui ne correspond pas à la réalité.

    La position de l’UNIL. Le vice-recteur pour la recherche et les relations internationales François Bussy indique que, suite à la fronde, l’UNIL va corriger le tir. « Les motifs de la demande doivent toujours être justifiés, mais avec moins de détails. Concernant l’avis du supérieur hiérarchique, nous laisserons le soin au décanat de chaque faculté d’évaluer si cela est pertinent. La revendication de prolongation automatique ne se justifie pas car certains chercheurs n’ont pas été impactés négativement et ont eu au contraire davantage de temps pour réfléchir et écrire. Notre objectif est de soutenir un maximum de personnes mais il ne serait pas équitable d’accorder une prolongation à toutes, d’autant plus que nous avons un budget limité. »

    François Bussy précise que l’UNIL emploie environ 1300 personnes actives dans la recherche avec des contrats temporaires. Les prolongations d’engagement seront financées via le fonds de réserve de l’université. Une partie du financement proviendra aussi de montants non dépensés, par exemple en raison d’événements annulés, comme la cérémonie du Dies Academicus.

    La situation ailleurs en Suisse. La question de la prolongation des contrats se pose dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur de Suisse. A Genève, une pétition similaire circule depuis fin avril. L’Université de Genève est en train d’en élaborer les modalités exactes pour les prolongations de contrats, qui seront publiées le 20 mai.

    La faîtière des associations du corps intermédiaire, actionuni-der Schweizer Mittelbau, se montre moins critique que les auteurs de la pétition. Elle estime que les universités de Lausanne, Genève, Neuchâtel et Bâle montrent des signaux « encourageants », et indique que d’autres institutions suivront.

    Elle rappelle que les principaux défis auxquels ses membres ont été confrontés :

    Impossibilité d’accéder aux infrastructures de recherche provoquant des retards dans les travaux.

    Conditions de travail à domicile compliquées, en particulier pour les parents.

    Attentes irréalistes découlant de l’idée erronée que le travail à domicile permettrait plus de productivité pour l’écriture de travaux scientifiques.

    https://www.heidi.news/sciences/a-lausanne-les-chercheurs-precaires-s-inquietent-pour-leurs-contrats
    #précarité #recherche #Suisse #Lausanne #doctorants #université #coronavirus #covid-19

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    ajouté à la métaliste sur les conditions de travail et la précarité dans les universités suisses :
    https://seenthis.net/messages/945135

  • Les réparateurs de voiture… à #Vélo
    http://carfree.fr/index.php/2019/04/04/les-reparateurs-de-voiture-a-velo

    Voici une bien belle innovation qui vient d’Allemagne bien sûr, le pays de la voiture, et qui s’est développée aussi en #Suisse, des patrouilleurs à vélo électrique viennent désormais réparer Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #allemagne #bâle #berlin #cologne #genève #lausanne #lobby #VAE #Vélogistique #zurich

  • Publicité automobile : des paysages à couper le souffle
    http://carfree.fr/index.php/2019/03/28/publicite-automobile-des-paysages-a-couper-le-souffle

    En 2012, en France, le tribunal de grande instance de Nanterre avait décrété que présenter un véhicule en pleine #nature, hors du domaine routier, sur un support publicitaire était contraire Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #4x4 #genève #lausanne #mazda #paysage #Pétitions #publicité #seat #Suisse

  • Journée mondiale contre la #publicité

    Action « #Para-Pub ». A l’occasion de la journée mondiale contre la publicité, le #GLIP - #Genève_Libérée_de_l’Invasion_Publicitaire, collectif luttant contre la publicité et son monde, invite à une #action de #protection des gens de passage à la #gare_Cornavin à Genève.

    Une vingtaine de résistant.e.s anti-mercantiles dissimulent à l’aide de #parapluies les publicités encombrantes et leurs méfaits redoublés. Une action similaire et salutaire se tient simultanément à #Lausanne.


    http://libradio.org/?page_id=5148
    #espace_public #résistance #Genève #Suisse #audio

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    Collectif de libération de l’invasion publicitaire

    Notre collectif a été créé en 2015 en Suisse à Lausanne. Son champ d’activité s’inscrit dans la tradition libertaire et humaniste. Le CLIP questionne la place de la publicité dans notre société. Il lutte contre certains de ses dangers, en proposant, notamment, des moyens de se défendre, défendre nos ordinateurs, nos biens par le démarquage, nos boîtes aux lettres, nos rues et nos téléphones fixes ou portables.

    A notre petite échelle, nous avons fait vœu de participer au travail d’analyse, d’information et de défense de la liberté d’opinion, en mettant à jour un des pivots obscurantistes de notre société — l’industrie publicitaire et son emprise sur notre quotidien. Car, comme nous le montrons sur ce site et comme chacun peut en faire l’expérience, en région lausannoise comme ailleurs, la publicité s’impose à nous par un matraquage de chaque instant. Elle pollue nos esprits en nous aveuglant. Elle dissimule les conditions réelles dans lesquelles les marchandises qu’elle vante sont produites et occulte les conséquences sociales et écologiques de notre hyper-consommation. Son objectif est de nous pousser à l’acte d’achat par tous les moyens et en tous lieux, quitte à mettre en danger notre intégrité physique. Par ses techniques de manipulation, intentionnelles ou accidentelles, elle court-circuite notre entendement, stimule nos instincts les moins nobles, assèche notre imaginaire et voudrait nous faire croire que le bonheur dépend nécessairement de notre pouvoir d’achat.

    Face à cette violence et cet obscurantisme, le Clip revendique un droit qui nous a été nié jusqu’à présent, la liberté de réception, un droit qui empêcherait enfin les acteurs du système publicitaire de déguiser la liberté d’intrusion en liberté d’expression et en liberté économique. Nous ne voulons plus être forcés de voir, d’entendre et de sentir la publicité. Nous voulons que le système publicitaire nous voit, nous entende, qu’il nous écoute plutôt que l’inverse. Nous avons le choix de lire un journal ou un livre. Nous avons le choix d’écouter la radio et d’allumer la télévision. Mais quel choix avons-nous dans la rue, quand les affiches s’imposent à notre regard ? quand les publicités colonisent notre boîte aux lettres ? quand un téléphoniste, un étranger, nous appelle sur notre téléphone privé, portable ou fixe, qu’il enregistre notre voix, qu’il l’échantillonne ? Quel choix avons-nous quand les dispositifs de réclame, mobilier urbain ou algorithme en ligne, enregistre l’adresse MAC de notre carte réseau, l’insère dans un fichier qui alimentera d’autres fichiers plus fournis, agrégation de données personnelles commercialisées à notre insu et qui, un jour, permettent aux annonceurs de nous démarcher sur la base d’une décision unilatérale ?

    Le Clip cherche à renverser cette situation asymétrique en imposant une réduction du nombre de dispositifs publicitaires et en conditionnant l’usage des installations dangereuses au principe de précaution. Ainsi, les dispositifs publicitaires qui resteront dans l’espace public constitueront un bien commun, un espace d’expression qui devra être accessible aux habitants et remis au service non plus seulement de « l’économie » et de la société de consommation, mais du vivre ensemble, car notre regard et notre esprit ne sont pas à vendre ! car l’économie doit être subordonnée à la vie plutôt que l’inverse.

    Pour atteindre ces objectifs, le Clip fait du journalisme d’opinion par un travail de veille, d’analyse de documentation du système publicitaire. Nous menons aussi des actions de rue, par exemple en recouvrant les affiches, en mimant un matraquage et en menant des actions politiques.

    https://antipub.ch/fr
    #anti-pub #anti-publicité

    Une #bibliographie partagée (via zotero) :
    https://www.zotero.org/groups/1126231/clip/items ?

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    #initiative #Zéro_pub :


    http://libradio.org/wp-content/uploads/2019/03/2017_initiativemunicipale-villege_genevezeropub.pdf
    #initiative_populaire