• Inconsapevoli complici? Come la #destra_italiana legittima l’ostruzionismo climatico su #instagram
    https://scomodo.org/inconsapevoli-complici-come-la-destra-italiana-legittima-lostruzionismo-cli

    Una narrazione che critica le misure per affrontare la #crisi_climatica, al fine di rinviarle, indebolirle o smantellarle del tutto L’articolo Inconsapevoli complici? Come la destra italiana legittima l’ostruzionismo climatico su Instagram proviene da Scomodo.

    #Ambiente #italia #Lega #Meloni #negazionismo #politica #Salvini

  • #campania regina dell’illegalità del #mare: il report di #Legambiente
    https://informareonline.com/campania-regina-dellillegalita-del-mare-il-report-di-legambiente

    Nonostante l’Italia si trovi al centro del Mediterraneo e la nostra storia vanti profonde radici con la cultura marittima e la navigazione, in tempi moderni il rapporto degli italiani con il mare è profondamente cambiato. Percepito perlopiù come meta per le vacanze estive, gli italiani sembrano ignorare l’importanza della preservazione e la cura delle nostre […] L’articolo Campania regina dell’illegalità del mare: il report di Legambiente proviene da Informareonline, scritto da Alessandro Scotti

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #illegalità

  • EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare
    https://informareonline.com/editoriale-ai-giovani-serve-il-coraggio-di-restare

    Ci sono lettere che non chiedono soltanto una risposta. Chiedono una presa di coscienza. La testimonianza di un giovane di Castel Volturno, che dopo sacrifici, studio e difficoltà prova a costruirsi una professione e un futuro, ci obbliga a guardare in faccia una domanda scomoda: che cosa deve fare un ragazzo nato in una terra difficile? Scappare, […] L’articolo EDITORIALE – Ai giovani serve il coraggio di restare proviene da Informareonline, scritto da Tommaso Morlando

    #Approfondimenti #EVIDENZA #Magazine_Agosto_2026

  • Che #caldo fa a #caserta? I dati nel report di #Legambiente
    https://informareonline.com/che-caldo-fa-a-caserta-i-dati-nel-report-di-legambiente

    “Che caldo che fa! Contro la #cooling_poverty” è il report di Legambiente Campania che analizza la situazione climatica delle città campane, tutte accomunate da un problema: il caldo estivo estremo. Uno studio coordinato dal CNR-IBE, in collaborazione con ISPRA, ha analizzato il fenomeno delle isole di calore urbane, ovvero quelle aree in cui le […] L’articolo Che caldo fa a Caserta? I dati nel report di Legambiente proviene da Informareonline, scritto da Carmen Diana

    #Approfondimenti #Attualità

  • La plus grande victoire de la #mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia

    Aujourd’hui, la mafia semble plus puissante que jamais – il suffit de regarder les chiffres de la #cocaïne pour s’en rendre compte –, mais aussi plus invisible. Comment en est-on arrivé là ?

    Quand j’ai écrit Extra pure en 2020, la cocaïne était déjà partout ; aujourd’hui, elle est partout et coûte moins cher. La production mondiale a plus que triplé et les saisies atteignent des niveaux records. C’est justement là le problème : saisir des tonnes sans faire grimper le prix revient à vider l’océan à la cuillère.

    La structure a changé : on n’a plus de cartels verticaux, mais un système de courtage, des cellules interchangeables, l’Équateur devenu une plaque tournante, l’Europe du Nord avec Anvers et Rotterdam comme portes d’entrée, la ‘Ndrangheta en tant que banquier du système. Et puis les drogues de synthèse, qui n’ont besoin ni de terre ni d’agriculteurs, mais seulement d’un hangar.

    Mais la véritable nouveauté se trouve là où l’on ne regarde pas.
    Quel est cet angle mort ?

    Oliver Bullough l’a baptisé « Moneyland », un pays sans frontières où l’argent sale circule librement tandis que les lois censées le traquer restent nationales. Le criminologue Michael Levi répète depuis des années que, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, on mesure l’activité et jamais le résultat : on compte le nombre de signalements envoyés et non la quantité de crimes qui ont été empêchés.

    Il en résulte que l’on récupère 0,05 % des produits du crime et que les coûts de mise en conformité dépassent de cent fois l’argent saisi
    1
    . C’est le paradoxe du réverbère : nous cherchons les clefs là où il y a de la lumière, dans les formulaires, dans les signalements des banques, dans la bureaucratie de la conformité, alors que les clefs se trouvent dans l’obscurité et que personne ne veut s’y aventurer.
    Quels signaux plus ou moins faibles voyez-vous en France où l’on parle de plus en plus d’une mexicanisation du pays ?

    Chaque fois qu’un jeune meurt à Marseille, la France regarde le cadavre et dit : « Le Mexique ». C’est là que réside l’erreur. Le mort est la seule partie du trafic de drogue qui accepte de se laisser photographier. C’est le résidu, le bilan des erreurs, le coût d’un marché qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Un marché qui tue est un marché immature. Quand le système fonctionne vraiment, personne ne meurt : on signe un acte notarié. Le sang n’est pas le signe de la puissance criminelle, c’est le signe de son adolescence.

    Le signal grave, c’est l’autre, et par définition, on ne le voit pas, car sa réussite coïncide exactement avec son invisibilité.

    Commençons par la langue, qui trahit toujours. Les Français parlent de « blanchiment ». En Italie, nous parlons de « recyclage ». Ce sont deux philosophies opposées.
    C’est-à-dire ?

    Le blanchiment promet la purification, la tache qui disparaît, l’argent qui redevient innocent. Le recyclage admet au contraire que la substance reste et ne change que de forme. La France s’est bercée pendant des décennies de l’illusion de pouvoir « laver » ; l’Italie a appris à ses dépens que rien ne se lave, mais se transforme. Ce n’est pas un détail lexical : Tracfin appelle encore aujourd’hui « sociétés lessiveuses » les entités qui blanchissent les fonds du crime organisé. Toute la métaphore de la lessive est présente dans le vocabulaire administratif de l’État.

    Et voici la partie historique que la France refuse de lire. Le trafic qui a inondé l’Amérique d’héroïne pendant trente ans s’appelait la « French Connection ». Le mot « français » figurait dans son nom, les laboratoires se trouvaient à Marseille, et la France a tout de même réussi à considérer cela comme l’affaire des autres : d’abord des Corses, puis des Italiens, ensuite des Maghrébins, aujourd’hui des Slaves et des Albanais.

    Chaque génération a eu son étiquette ethnique, et chaque étiquette a servi à ne pas nommer la structure. Car si les laboratoires étaient marseillais, l’argent ne restait jamais dans le milieu : il passait par des banques, des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, des casinos, des chantiers. Le trafic peut être étranger.
    Et le blanchiment ?

    Le blanchiment, non. Le blanchiment est toujours local, par nécessité technique : pour blanchir de l’argent, il faut un notaire, un expert-comptable, un établissement de crédit, un marché public, un cadastre. Il faut donc les institutions de ce pays et les professionnels de ce pays.

    Les chiffres le montrent avec une brutalité que les chroniques n’ont pas. La Cour des comptes européenne a estimé le blanchiment à 1,3 % du PIB de l’Union chaque année, soit environ 38 milliards d’euros pour la seule France. La commission d’enquête du Sénat évalue à 50 milliards le chiffre d’affaires des réseaux spécialisés dans le blanchiment de capitaux d’origine criminelle dans le pays. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue français est estimé par les autorités entre trois et six milliards.

    Mettons ces chiffres côte à côte : la drogue n’en représente qu’une fraction. Le Sénat l’écrit sans détours dans son rapport du 18 juin 2025 : le blanchiment d’argent est aujourd’hui le trafic le plus lucratif de France, et il n’existe pas de stratégie cohérente pour le combattre ; le système n’est qu’un assemblage de dispositifs disparates. Le titre du rapport est déjà un verdict : « Ces dizaines de milliards qui gangrènent la société. »
    Qu’en est-il des chiffres sur la supposée origine étrangère du problème ?

    Nous avons un chiffre qui met fin à tout débat sur l’origine étrangère du problème. En 2024, Tracfin a reçu plus de 215 000 déclarations de soupçons, mais le secteur non financier — notaires, greffiers, maisons de jeux — ne représente que 7 % du total. Les avocats n’en ont transmis que quinze. Les agents sportifs, une catégorie à très haut risque, n’en ont jamais transmis une seule.

    Quinze signalements pour toute une profession. Ce n’est pas un problème de frontières : c’est un problème de classe professionnelle. La ligne qui sépare l’argent sale du patrimoine propre passe par les cabinets du centre de Paris, pas par les ports. Le cas le plus révélateur remonte à sept semaines.
    Que s’est-il passé ?

    Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a démantelé un réseau de blanchiment d’argent en bande organisée : treize interpellations, cinq personnes mises en examen, des sommes réinvesties dans l’immobilier ou transférées à l’étranger. 2,7 millions d’euros, des lingots d’or et quatorze voitures de luxe ont été saisis. Tout avait commencé au printemps 2024 par un simple contrôle fiscal dans la banlieue de Narbonne.

    Les sociétés utilisées comme écrans étaient des entreprises de construction de Perpignan, Narbonne et Béziers, avec une activité économique réelle et un chiffre d’affaires réel. Pas de sociétés fantômes aux Seychelles : des chantiers français qui construisaient réellement. Le président de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône admet que ces entreprises remportent les appels d’offres avec des propositions inférieures de 25, 30, voire 40 % au prix du marché, et que le secteur subit des menaces et du racket concernant les embauches sur les chantiers autour de Marseille.

    Autrement dit : l’argent de la drogue remporte des marchés publics français en vendant à perte. Il élimine les entreprises légales pour cette raison même : sa rentabilité, il l’a déjà faite ailleurs. C’est la définition parfaite d’une méthode mafieuse, et personne ne l’a importée de l’extérieur.

    Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée a saisi, en cinq mois, près de 990 millions.
    Ce n’est donc pas suffisant…

    C’est un bon début. Mais il faut le mettre en perspective avec les 38 milliards estimés chaque année. Le rapport entre ces deux chiffres résume tout le problème français.

    C’est pourquoi le terme de « mexicanisation » est réconfortant, et doit être rejeté précisément par ceux qui dénoncent ces pratiques. Parler du Mexique revient à dire : « Ils nous importent leur violence. » Cela déplace le centre de gravité vers l’extérieur, vers l’ethnie, vers l’immigration, et transforme un problème de système économique en un problème d’ordre public.

    Les mafias ne se mesurent pas au nombre de morts qu’elles causent : elles se mesurent aux patrimoines qu’elles parviennent à blanchir. Les meurtres, c’est ce que le trafic de drogue perd. Le blanchiment d’argent, c’est ce qu’il gagne. Et aucun État n’a jamais été détruit par ce que les criminels perdent.
    La déstabilisation de certains pays européens pourrait-elle atteindre les niveaux que l’on a connus en Amérique latine ?

    La différence est structurelle, et non de degré. En Amérique latine, le trafic de drogue a érodé le monopole de l’État sur la violence, avec des territoires où l’État ne pénètre pas, des taux d’homicides à deux chiffres pour 100 000 habitants, des forces de police infiltrées jusqu’aux plus hauts échelons, des candidats assassinés en pleine campagne électorale.

    En Europe, ce n’est pas le cas. Ici, les mafias ne défient pas l’État, elles le traversent. Elles achètent des marchés publics, blanchissent des capitaux, s’immiscent dans la logistique portuaire et dans le secteur du bâtiment. Peu de violence, forte pénétration économique. Un modèle opposé, et justement pour cette raison plus difficile à percevoir.
    Quelle devrait être la réponse à adopter ?

    La dérive autoritaire n’est la réponse à aucun de ces deux modèles. Les mafias n’ont jamais eu peur d’un État fort. Elles ont peur de l’État qui contrôle l’argent. Ce qui les touche, ce sont une magistrature indépendante, les enquêtes patrimoniales, les confiscations, la transparence des marchés publics, un journalisme capable d’écrire sans craindre de poursuites abusives. Ce sont les mêmes outils que tout gouvernement autoritaire s’empresse d’affaiblir en premier lieu, car ils peuvent aussi le toucher.

    Deux exemples historiques. Le fascisme s’est vanté d’avoir vaincu la mafia grâce au préfet Mori, mais il n’a frappé que la base et a laissé intacte, voire favorisée, la bourgeoisie mafieuse qui avait rejoint le régime, à tel point qu’en 1943, ce réseau était prêt à se reconstituer. Aujourd’hui, le modèle Bukele, avec ses prisons de masse et son état d’exception permanent, a fait chuter le nombre d’homicides sans toucher au trafic de drogue ni au blanchiment d’argent. On arrête la rue, on laisse le capital intact.

    L’autoritarisme produit une sécurité perçue et une impunité réelle aux échelons supérieurs. Contre les mafias, c’est le contraire qu’il faut. Moins de spectacle, plus de bilans.
    En matière de lutte contre le crime organisé, l’Italie a une certaine expérience (notamment depuis les années 1980). Pensez-vous qu’elle est assez étudiée par les autres pays européens ?

    Absolument pas. L’Europe est à la traîne, le reste du monde l’est encore plus.

    L’Italie possède le meilleur savoir-faire au monde, et c’est un savoir-faire né du sang : l’article 416-bis existe parce que Pio La Torre a été assassiné ; l’article 41-bis et le système des collaborateurs de justice existent parce que Falcone et Borsellino ont été assassinés. Derrière chaque instrument législatif italien se cache un cercueil. C’est une législation écrite dans le deuil, et c’est pour cela qu’elle fonctionne : elle n’est pas née dans un séminaire, mais de l’urgence d’un État qui était en train de perdre pied.

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.
    S’il ne fallait retenir qu’une seule leçon de votre travail et de vos livres, laquelle ce serait ?

    La leçon est simple. On ne peut pas changer ce qu’on ne connaît pas.

    Le capitalisme criminel existe parce qu’il reste indéchiffrable. On ne peut pas le combattre si l’on ne comprend pas son mécanisme, conçu exprès pour passer inaperçu.

    Il est très facile de dire que ce sont les immigrés qui s’en prennent aux villes. La détresse a un corps, un visage, elle est dans la rue, on peut la photographier. L’argent, non. Il passe par des virements, des sociétés écrans, des marchés publics, et ne fait pas la une des journaux télévisés. Ainsi, l’indignation se porte toujours sur le pauvre visible et jamais sur le flux invisible — ce qui est exactement ce que ce flux souhaite.

    Mon travail a consisté à mettre en lumière cette ombre. J’en ai payé le prix. Chaque jour, je me demande si cela en valait la peine.
    Comment comprendre la fascination que suscitent les narcotrafiquants ? Netflix, par exemple, semble en avoir fait son fond de commerce.

    Le trafiquant de drogue ne fascine pas parce qu’il se tient en marge du système. Il fascine parce qu’il incarne le système débarrassé de toute hypocrisie. L’entrepreneur légal doit présenter un récit moral de son enrichissement : le mérite, l’innovation, la valeur apportée au territoire, et aujourd’hui, le bilan de développement durable. Le trafiquant de drogue en est dispensé. Son capital n’a pas besoin de s’excuser. Le spectateur reconnaît une structure qu’il connaît déjà : l’ascension, le risque, le capital réinvesti, l’élimination du concurrent, débarrassée des mots qui la rendent méconnaissable lorsqu’elle revêt une veste. Ce n’est pas le revers de notre monde, c’est notre monde dont on a coupé le son de la justification.

    De là naît un plaisir que j’appellerais gnostique, et c’est le véritable moteur de la série. Celui qui regarde a le sentiment d’avoir été admis au secret, d’avoir enfin vu comment fonctionne vraiment le monde. C’est la face B. Mais c’est un plaisir épistémologique, non moral, et pour cette raison dangereusement compatible avec l’inertie. Comprendre comment fonctionne la machine procure une satisfaction qui ressemble beaucoup à la capitulation.
    Que faudrait-il faire ?

    Il y a une objection à se faire à soi-même, et c’est la partie qui fait tenir tout le reste. Le narcotrafiquant n’est pas du tout dépourvu d’hypocrisie. Il dispose d’un appareil de légitimation extrêmement raffiné : la famille, l’honneur, le terrain de foot construit dans la commune, le pauvre qui se venge de l’oligarchie, la Vierge sur le mur.

    Escobar avait un discours politique, pas seulement une fortune. Il ne dit pas la vérité sur le capital : il raconte un autre mensonge, archaïque plutôt que managérial, et justement pour cela plus séduisant, car il parle le langage du mythe et non celui du communiqué de presse.

    Et là, le piège réside dans le récit lui-même. La véritable face cachée n’est pas spectaculaire. C’est le notaire, la facture gonflée, le transporteur, la société écran à Malte. La série raconte l’exception, le parrain, la fusillade, le charisme, et finit ainsi par protéger la règle, qui est la continuité parfaite entre l’économie criminelle et l’économie légale. Le narcotrafiquant représenté comme un monstre est un alibi. Si le narcotrafiquant était présenté comme un collègue, ce serait alors vraiment insupportable.
    Qu’a pu apporter en plus du livre, selon vous, l’adaptation de Gomorra aux écrans ?

    Je ne pense pas que la série apporte quelque chose : je pense qu’elle enlève. Elle enlève le « je », elle enlève la voix off, elle enlève le témoin. Il ne reste que le monde, sans personne pour le juger à notre place.

    C’est par cette soustraction que Gomorra est devenue une grammaire visuelle mondiale — au point d’universaliser Scampia. PNL tourne le clip Le monde ou rien aux Vele parce que cette banlieue est déjà la leur : Manille, Philadelphie, Paris, Le Caire… toutes les banlieues obéissent à la même logique.
    La légalisation représente-t-elle une solution pour casser les trafics de drogue ?

    Non, la légalisation ne met pas fin au trafic de drogue. Elle en élimine une partie, et il faut préciser laquelle.

    En ce qui concerne les drogues douces, l’expérience a déjà été menée et elle a fonctionné. Après la légalisation au Colorado et dans l’État de Washington, le trafic de cannabis mexicain s’est effondré : les saisies à la frontière ont été réduites à une fraction négligeable. Aucune opération de police n’avait jamais obtenu un résultat similaire. La légalisation a accompli ce que quarante ans de guerre contre la drogue n’avaient pas réussi à faire.

    Le pire modèle est celui qui reste à mi-chemin : une demande tolérée, une offre illégale. Le backdoor problem néerlandais a alimenté pendant quarante ans la filière à partir de laquelle s’est développée la Mocro Maffia. Dépénaliser la consommation sans réglementer la production est le cadeau idéal pour le crime organisé. Les Néerlandais ont reconnu le problème et tentent d’y remédier. Depuis 2023, l’Experiment gesloten coffeeshopketen, la « chaîne fermée », est en cours : dix communes — dont Breda, Tilburg, Arnhem, Groningue, Maastricht et Nimègue — où les coffee shops ne vendent que du cannabis issu d’une production légale, provenant de cultivateurs privés agréés, sous le contrôle de l’Inspection et de l’autorité alimentaire. À partir d’avril 2025, la vente de tout autre produit est interdite. Durée prévue : quatre ans.
    Quel rapport entretenez-vous maintenant avec Naples, vos terres natales mais terres où vous êtes en permanence menacé ? Comment se manifeste chez vous cette ambivalence ?

    Naples m’a chassé. C’est la blessure la plus profonde, car elle ne vient pas de mes ennemis. De la part de mes ennemis, on s’y attend, ça fait partie du jeu. Elle vient de chez moi. D’une partie de ma ville qui a décidé que le problème n’était pas la camorra, mais ceux qui en parlaient.

    Et on m’a chassé sur la base d’une fausse accusation : celle selon laquelle parler du mal détruirait le lieu qui l’abrite. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Après ces récits, le tourisme a explosé, les ruelles dont j’avais parlé se sont remplies. Ce n’est pas à moi qu’en revient le mérite. Mais cette théorie, selon laquelle le silence protège et la parole détruit, est le mensonge le plus ancien du pouvoir criminel. Naples en est la réfutation vivante.

    C’est là que réside le paradoxe le plus obscène : ceux qui m’accusent d’avoir diffamé Naples sont très souvent ceux qui ont tiré profit de cette transformation. Ceux qui ont acheté, ceux qui ont vu la valeur d’un bien immobilier tripler dans un quartier que personne ne voulait traverser il y a vingt ans. Ils vivent de ce changement et crachent sur ceux qui l’ont déclenché.
    Si c’était à refaire, écririez-vous et publieriez-vous de nouveau vos livres à cause desquels vous êtes aujourd’hui menacé ?

    Non. Je ne le referais pas. Non pas parce que je renie quoi que ce soit de ce que j’ai écrit, mais parce que je n’ai pas été le seul à en payer le prix. Le livre est vivant et continue son chemin ; moi, je suis resté figé depuis vingt ans et ma famille s’est effondrée.
    Les derniers mots de Gomorra (« Fils de pute, je suis encore vivant ! ») sont-ils devenus, de façon presque performative, les mots qui caractérisent votre vie ?

    Je les ai écrits à 26 ans et ils sont devenus une prophétie sur ma vie.
    Quel est le lieu le plus important pour vous à Naples ? Y avez-vous un beau souvenir ?

    Je répondrais à ces deux dernières questions en citant Dante : « Il n’est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère »…

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-
    #criminalité_organisée #Roberto_Saviano #in/visibilité #drogue #ndrangheta #Moneyland #blanchiment_d'argent #mort #puissance #invisibilité #lessive #vocabulaire #terminologie #mots #Marseille #France #French_connection #trafic_de_drogue #argent_sale #BTP #bâtiment #appels_d'offre #marchés_publics #mexicanisation #économie #pénétration_économique #autoritarisme #loi #législation #patrimoine #argent #Rotterdam #Anvers #capitalisme #fonds_publics #lutte_contre_la_mafia #logistique #narcotrafique #mythe #légalisation #légalisation_de_la_drogue #coffee_shops #Pays-Bas

  • A #Napoli il #caldo diventa il volto della disuguaglianza
    https://informareonline.com/a-napoli-il-caldo-diventa-il-volto-della-disuguaglianza

    Le ondate di calore non colpiscono tutti allo stesso modo C’è un momento preciso in cui il caldo smette di essere una notizia meteorologica e diventa un fatto politico. Succede quando ci si accorge che persino i raggi del sole sembrano aver imparato le regole del mercato: si posano ovunque, teoricamente in modo democratico, eppure […] L’articolo A Napoli il caldo diventa il volto della disuguaglianza proviene da Informareonline, scritto da Manuel Vita Verde

    #Approfondimenti #Attualità #Legambiente #povertà #temperature #vomero

  • Bosses Are Becoming Obsessed With #AI, Using It to Make Every #Decision, Barraging Their Employees With Nonsensical #ChatGPT #Directives, and Even Asking It Who to Fire
    https://futurism.com/artificial-intelligence/bosses-obsessed-with-ai

    A lawyer was working at a #legal_tech #startup when her boss’s fascination with AI began to veer from enthusiastic to downright obsessive.

    First he started using #OpenAI’s #ChatGPT to generate his Slack messages and emails. Then he mandated AI use for all employees.

    “He called a company-wide meeting to announce that from then on, we had to discuss with the AI prior to all meetings or before communicating with him,” she told Futurism, “because if we didn’t develop and discuss our ideas with the AI first, it was a sign that we didn’t care about our jobs.”

    Soon her boss started “making structural company decisions based solely on his conversations with ChatGPT,” the attorney recalled — including asking the bot who to hire and fire.

  • #San_Pietro_a_Patierno è il quartiere più caldo di #Napoli, secondo #Legambiente
    https://informareonline.com/san-pietro-a-patierno-e-il-quartiere-piu-caldo-di-napoli-secondo-le

    Legambiente inaugura la seconda edizione di “Che Caldo Che Fa”, un dossier incentrato sulle temperature urbane estive, sui loro picchi e gli effetti sulla salute pubblica (specie nelle periferie), realizzato in collaborazione con Ricerca Sistema Energetico. In particolare, si collega il fenomeno della crisi climatica alla “cooling poverty“, ossia la povertà di raffrescamento. Per questa occasione, il […] L’articolo San Pietro a Patierno è il quartiere più caldo di Napoli, secondo Legambiente proviene da Informareonline, scritto da Emilia Casella

    #Approfondimenti #Attualità #Cambiamento_climatico #riscaldamento_globale

  • “Canzoni scomposte”: il #concerto per la legalità
    https://informareonline.com/canzoni-scomposte-il-concerto-per-la-legalita

    Venerdì 12 giugno 2026, alle ore 20:00, presso la Villa Comunale di Giugliano in Campania, si terrà la prima edizione di “Canzoni Scomposte – Concerto per la Legalità”, promossa dall’Associazione Generazione Progresso e dall’Ufficio del Garante dei Diritti dei Detenuti della Provincia di Caserta, con il patrocinio morale del Comune di Giugliano in Campania. L’iniziativa […] L’articolo “Canzoni scomposte”: il concerto per la legalità proviene da Informareonline, scritto da Martina Baiano

    #Comunicati_Stampa #canzoni_scomposte #Giugliano_in_Campaia #legalità

  • L’#Arena_Santa_Giulia di Milano e la corsia preferenziale del privato. Costi quel che costi

    Mentre la Procura regionale della Corte dei conti della Lombardia indaga per presunto danno erariale, l’impianto della multinazionale #Eventim (#TicketOne) apre i battenti in anticipo rispetto agli accordi, senza le infrastrutture a servizio e a cantieri in corso. Il Comune di Milano a inizio aprile ha firmato la convenzione per versare la prima tranche di copertura pubblica degli “extra-costi” per 21 milioni di euro. Così le Olimpiadi sono diventate il motivo per pretendere altre risorse della collettività. La nostra inchiesta continua

    A Milano inizia a vedersi la vera “#legacy” delle Olimpiadi invernali. È del 5 maggio la notizia che la Procura regionale della Corte dei conti della Lombardia sta indagando sull’Arena di proprietà del gruppo tedesco Eventim (TicketOne) dove si sono disputate alcune gare olimpiche su ghiaccio. L’ipotesi di danno erariale è legata ai cosiddetti “extra-costi” milionari finiti a carico del pubblico. Il nucleo di Polizia economico finanziaria della Guardia di Finanza di Milano avrebbe notificato un ordine di esibizione di documenti chiave presso gli uffici della Direzione generale di Palazzo Marino.

    Diamo conto da anni di questo scandalo: un palazzetto privato dichiarato di “interesse pubblico” con il pretesto dello sport pur se progettato per i concerti, che per poche settimane ha ospitato una pista temporanea di hockey e che però si è visto stanziare solo nel 2025 ben 51 milioni di euro di contributi pubblici a copertura di cosiddetti “extra-costi”. Il tutto in aggiunta a uno svincolo autostradale da 12 milioni di euro che collega l’impianto alla tangenziale pagato da Regione Lombardia, strade provvisorie a servizio del palazzo anticipate dal Comune di Milano per oltre 7,3 milioni, sconti sugli oneri di urbanizzazione per oltre cinque milioni di euro e il pagamento “light” di un contributo pari al 10% del costo di costruzione dichiarato di 177 milioni di euro e non invece quello reale di 320 milioni. A proposito di rischio d’impresa.

    In attesa che la magistratura contabile accerti quanto dovuto è utile però aggiungere alcuni dettagli alla vicenda dell’Arena, che il 6 maggio ospita il suo primo concerto dal vivo, con Ligabue, seguito da una seconda esibizione, quella di Annalisa, sabato 9.

    Il Comune di Milano e l’azienda dei trasporti Atm in queste ore stanno comunicando a tamburo battente misure straordinarie per raggiungere la “Unipol Dome – Milano Santa Giulia” (come è stata rinominata l’Arena dopo l’accordo commerciale tra Eventim e il suo main sponsor Unipol): metropolitane M3 e M4 con orario prolungato, tram 27 potenziato, navette “Arena Shuttle” che collegano il palazzetto alla stazione del metro di Rogoredo, la più vicina, che si trova però a più di due chilometri e almeno 35 minuti a piedi.

    Mossa ardita, specie se considerato che l’Arena Santa Giulia avrebbe dovuto aprire il primo gennaio 2027, come era stato del resto previsto nella Convenzione che ne regola l’utilizzo post Olimpiadi invernali e che è stata stipulata il 10 maggio 2023 tra Palazzo Marino e la succursale italiana di Eventim-TicketOne, la Evd Srl (del particolare equilibrio tra benefici pubblici e privati dell’accordo 35ennale abbiamo scritto qui).

    Poi però è successo qualcosa. Nel corso del 2025 Eventim -insieme a Risanamento Spa e Lendlease, gli sviluppatori del maxi intervento immobiliare a Santa Giulia- ha prospettato al Comune e alla Segreteria tecnica per l’Accordo di programma Montecity-Rogoredo di anticipare l’apertura al pubblico dell’Arena di sette mesi.

    Le cose dovevano andare in modo diverso. Lo dimostra la Convenzione “madre” in vigore sul Piano integrato d’intervento di Santa Giulia stipulata il 16 giugno 2022 dal Comune di Milano, l’allora Milano Santa Giulia Spa ed Esselunga. L’apertura al pubblico dell’Arena era stata “necessariamente condizionata” alla realizzazione di infrastrutture pubbliche finanziate proprio con i proventi della variante urbanistica. Tra queste spicca il collegamento tramviario verso Santa Giulia dal valore stimato allora in 55 milioni di euro, tra armamento della linea e materiale rotabile.

    Il Comune aveva “assicurato” in sede di Convenzione l’entrata in esercizio “della tramvia in concomitanza con l’apertura dell’Arena e comunque entro l’evento olimpico”. Le Olimpiadi sono finite, del tram non c’è l’ombra ma l’Arena dei privati può aprire. A Milano è la regola (basti pensare che la M4 era stata inserita nel dossier di candidatura di Expo 2015, l’hanno aperta 10 anni dopo).

    Stando alle carte di Palazzo Marino, Eventim avrebbe “confermato” al Comune la propria volontà di utilizzare l’Arena anticipatamente rispetto all’originario termine del primo gennaio 2027 solo il 24 novembre 2025. Ma prima ancora che il Comune deliberasse formalmente alcunché, i proprietari del palazzetto sono “usciti” in anticipo sulla stampa il 3 dicembre 2025 con la data di inaugurazione della “nuova attesissima Arena Milano a Santa Giulia”: 6 maggio 2026, “la prima notte”.

    “Aprire il nostro palco con Ligabue è una dichiarazione d’intenti -spiegò allora ai media Luca Martinazzoli, già direttore generale di Milano&Partners, agenzia ufficiale di Milano creata dal Comune e dalla Camera di Commercio, ex capo ufficio marketing di Palazzo Marino e poi nominato direttore dell’impianto-. La sua energia e il suo impatto culturale rappresentano alla perfezione ciò che Arena Milano vuole essere: momenti straordinari, identità forti e live entertainment di livello internazionale”.

    L’official preseller partner, manco a dirlo, è Unicredit, azionista di Risanamento e parte in causa nell’affare immobiliare rilanciato anche grazie al palazzo di Eventim.

    Dovrà passare oltre un mese da quella “tappa bruciata” sui giornali prima che la Giunta Sala deliberi il via libera, sancendo l’8 gennaio 2026 l’ennesimo (e incredibile) interesse pubblico al che un’Arena privatissima apra per soli quattro giorni i battenti prima che vi fosse l’infrastruttura di trasporto pubblico prevista da Convenzione per poi richiudere per quattro mesi di lavori (così almeno risulterebbe dal calendario a inizio maggio). L’ulteriore dimostrazione di chi detta l’agenda a chi. Resta da capire dove stia l’interesse pubblico nell’apertura di un palazzo privato per un lasso di tempo così limitato. Ma tant’è.

    Torniamo alla vicenda degli extra-costi su cui sta facendo luce la Procura della Corte dei Conti lombarda perché ci sono novità importanti.

    La prima: il 7 aprile di quest’anno il Comune di Milano ed Evd Srl hanno stipulato la convenzione per l’erogazione del contributo statale previsto ai sensi del “Decreto Sport” dell’estate 2025. Sono i primi 21 milioni di euro pubblici, trasferiti dal governo a Palazzo Marino.

    Dallo schema di convenzione emergono i particolari dell’accordo e alcune “chicche” che danno la misura della famigerata organizzazione olimpica. Tipo quella per la quale l’Arena sarebbe stata materialmente consegnata alla Fondazione Milano Cortina (con un cantiere aperto tutto intorno, pure all’interno) solo il 4 febbraio 2026, 48 ore prima dell’inizio dei Giochi, e solo il 6 febbraio sarebbe stato sottoscritto il “Venue agreement” che disciplinava le condizioni e i termini della “messa a disposizione” dell’impianto per lo svolgimento del “grande evento”. Il giorno dell’inizio.

    Ma veniamo all’accordo firmato tra il Comune ed Evd a inizio aprile. Nelle premesse viene esplicitato l’ammontare delle “voci di costo aggiuntive” quantificate da Evd per concludere in tempo l’Arena, per un ammontare complessivo monstre di 134 milioni di euro “al netto di Iva”.

    Riportiamo integralmente le quattro macro-categorie portate come “giustificazione” dal privato. Tenersi forte.

    “a) costi addizionali dovuti all’accelerazione dei lavori richiesti per l’evento olimpico dagli organizzatori;
    b) costi addizionali degli interventi tecnici e strutturali aggiuntivi, necessari ad ospitare le gare olimpiche;
    c) costi addizionali causati dall’incremento dei prezzi di mercato;
    d) costi addizionali generati dal mancato introito delle attività economiche dell’Arena per la durata dell’evento olimpico”.

    Ma come? Ma l’interesse pubblico (con vantaggi economici annessi per il privato a spese della collettività) non era stato deliberato proprio per fare le Olimpiadi? Il palazzo è stato progettato per i Giochi e per essere messo a disposizione nelle settimane clou o per altri motivi? L’incremento dei prezzi di mercato non si chiama rischio di impresa?

    Il quarto punto indicato da Eventim lascia interdetti. La multinazionale lamenta una sorta di lucro cessante sostenendo che l’Arena non avrebbe fatto incassi durante le Olimpiadi, cioè proprio quel pretesto grazie al quale è stata realizzata e ha beneficiato dell’apposizione del bollino “interesse pubblico”. Senza contare poi che in quei giorni l’impianto non avrebbe mai potuto essere aperto, avendo fissato inizialmente l’inaugurazione al primo gennaio 2027 (poi come detto anticipata in tutta corsa, seppur per 96 ore, al 6 maggio 2026).

    Il Comune di Milano, piuttosto che far valere le Convenzioni già firmate e respingere al mittente “richieste” del genere, è stato in grado di spendere (o in alcuni casi di prevedere di farlo a breve) 800.000 euro tra “consulenza ed assistenza legale in tema di aiuti di Stato”, “attività legate alla valutazione di aspetti tecnici estimativi degli extracosti” e “consulenza tecnico specialistica per l’assessment e la congruità dei costi sostenuti”. Solo per poter garantire la copertura degli “extra-costi” ai privati.

    Spesi o da spendere, perché la convenzione per l’erogazione del contributo statale è stata firmata prima che un non ben precisato “soggetto terzo esterno” a Comune e Regione effettui “l’assessment e la congruità dei costi sostenuti” da Eventim (lato Arena) e Coima (lato Villaggio olimpico di Porta Romana, altra partita che non smetteremo di seguire).

    Il Comune si sarebbe “impegnato a effettuare le procedure di evidenza pubblica per l’individuazione del/dei soggetto/i che deve/devono svolgere il servizio di consulenza tecnico specialistica entro il mese di ottobre 2026”.

    Intanto però l’accordo con Eventim per i primi 21 milioni di euro è stato chiuso e firmato, qualificando la copertura pubblica di “extra-costi” privati quale “compensazione di obblighi di servizio pubblico”. Senza necessità di notificare preventivamente “tale intenzione” alla Commissione europea ai sensi della normativa comunitaria in materia di aiuti di Stato. Non svegliare il can che dorme. Ma qualcuno, forse, un occhio lo ha aperto.

    https://altreconomia.it/larena-santa-giulia-di-milano-e-la-corsia-preferenziale-del-privato-cos
    #JO #JO2026 #Milano-Cortina #jeux_olympiques #coûts #montagne #Alpes #budget #Milan #privatisation #infrastructure

  • Olimpiadi Milano-Cortina, finita la festa restano i debiti e i cantieri
    https://lavialibera.it/it-schede-2663-olimpiadi_milano_cortina_dopo_giochi_debiti_cantieri_foto

    Sono passati due mesi dalla cerimonia di chiusura delle Olimpiadi invernali di Milano-Cortina. Per le società organizzatrici e il governo è stata "una straordinaria occasione di dimostrare al mondo di cosa è capace l’Italia quando lavora di squadra, con serietà, concretezza e visione", come ha ricordato qualche giorno fa il vicepremier e ministro dei trasporti Matteo Salvini rispondendo a un’interrogazione parlamentare. Una volta spenti i riflettori e consegnate le ultime medaglie, però, sui territori interessati dai Giochi del tricolore è rimasto solo il rosso dei debiti e la desolazione delle opere più costose e dibattute. Li abbiamo visitati: a Cortina la pista da bob è abbandonata e la cabinovia Apollonio-Socrepes è ancora un cantiere. A Livigno, i cumuli di neve (…)

    #ECOLOGIA_●_MOVIMENTI

    • L’allarme buco olim­pico: 100 milioni per il Comune

      È la quota accan­to­nata nel bilan­cio a garan­zia Conte: «Sapremo a fine anno se e quanto ser­virà»

      Per ora si tratta di un rischio «teo­rico». Il Comune ha accan­to­nato 100 milioni di euro come garan­zia, per coprire «un even­tuale disa­vanzo della Fon­da­zione Milano Cor­tina 2026». Alla levata di scudi del Pd Ales­san­dro Giungi e del con­si­gliere FdI Enrico Mar­cora l’asses­sore alle Risorse finan­zia­rie Emma­nuel Conte ieri in Com­mis­sione ha rispo­sto che al momento «si tratta di risorse bloc­cate e non ancora uti­liz­zate. Vedremo i cal­coli effet­tivi al momento della liqui­da­zione della Fon­da­zione, verso fine anno. Sapremo se e quanto ci sarà biso­gno di con­tri­buire». L’asses­sore ha pre­sen­tato la varia­zione di Bilan­cio 2025, tra i punti illu­strati ci sono i 13,75 milioni - che si aggiun­gono ai cento in bilico - per coprire gli impe­gni assunti con la can­di­da­tura per l’orga­niz­za­zione delle Para­lim­piadi. «Abbiamo appro­vato all’una­ni­mità nel 2022 il con­tri­buto, viene asse­gnato al com­mis­sa­rio Fia­sol che ren­di­con­terà le spese nel det­ta­glio al governo» rife­ri­sce l’asses­sore allo Sport Mar­tina Riva. Un’altra voce sono i 21 milioni che il Comune ha effet­ti­va­mente incas­sato dal governo, in base al Dl Sport, per la coper­tura degli extra­co­sti dovuti a Even­tim per la rea­liz­za­zione dell’Arena San­ta­giu­lia (oggi Uni­pol Dome). Sul tema si ri-accen­derà lo scon­tro oggi in una Com­mis­sione ad hoc. La scorsa set­ti­mana la Corte dei Conti ha aperto un’istrut­to­ria su un’ipo­tesi di danno era­riale. Il pri­vato aveva chie­sto 134 milioni, il governo ne ha auto­riz­zati 21 e un’altra tren­tina sarà ver­sata sotto forma di acqui­sto di ser­vizi per i pros­simi anni. Comune e Regione hanno lan­ciato un bando per affi­dare a un ente terzo la veri­fica dei conti quindi «solo una volta appu­rata la con­gruità degli extra­co­sti i 21 milioni saranno ver­sati al pri­vato» ha rife­rito Conte. L’espo­nente di FdI Mar­cora ha pro­te­stato: «Era­vamo sem­pre rima­sti sulla linea che il Comune non dovesse con­tri­buire ai Gio­chi. E mi sem­bra una fol­lia che il pub­blico debba pagare per ritardi o costi extra di un pri­vato. Andare a fare Gio­chi in strut­ture miste è stato un errore, andiamo a pagare costi che in que­sto caso magari sono frutto di disfun­zioni e ritardi del pri­vato». Anche Giungi si è ani­mato sull’«ipo­tesi di dover ero­gare 100 milioni dei mila­nesi, non vor­rei che ci fos­sero den­tro anche extra­co­sti dei costrut­tori. Teniamo bloc­cati in totale 113 milioni che potreb­bero essere usati ad esem­pio per rea­liz­zare un’altra piscina grande come l’Arge­lati». E quando l’asses­sore Conte lo ha richia­mato, con un’espres­sione napo­le­tana, a «non fare ammuina», Giungi è scat­tato: «Non usi toni insul­tanti». Conte ha ricor­dato che l’accan­to­na­mento di 100 milioni «era stato votato nel 2022 all’una­ni­mità, Mar­cora era anche scru­ta­tore. Le garan­zie totali ammon­tano a 400 milioni, divise tra Regioni e città ospi­tanti. Milano, in qua­lità di socio della Fon­da­zione, con­tri­buirà per il 25%». Gli asses­sori pre­ci­sano che non si tratta in que­sto caso di extra­co­sti e non ci sono di mezzo Arena o Vil­lag­gio olim­pico, «la Fon­da­zione non gestiva gli impianti». Conte è otti­mi­sta, «il liqui­da­tore chiu­derà il bilan­cio e faremo la nostra parte. Per ora il Comune non ha messo un euro. Auspi­cando un ricorso molto basso, colgo lo spunto di Giungi e sono d’accordo a inve­stire pre­va­len­te­mente sullo sport i 100 milioni».

      https://www.pressreader.com/italy/il-giornale-italy-228k/20260513/282295326830868

    • Nel 2026 la #Fondazione_Milano_Cortina ha già incassato 241,5 milioni di euro pubblici

      Il Commissario straordinario per le Paralimpiadi istituito dal Governo Meloni nell’estate 2025 e dotato nei mesi di ingenti risorse della collettività sta mettendo in pratica il suo reale mandato (anticipato un anno fa da Altreconomia): alleviare le perdite dell’ente presieduto da Giovanni Malagò, che continua però a presentarsi come un’organizzazione privata che “opera sul mercato in condizioni di concorrenza”. I pagamenti effettuati dalla struttura pubblica a partire da gennaio mettono in discussione la promessa di un “grande evento” in grado di autofinanziarsi.

      Nei primi cinque mesi di quest’anno il Commissario straordinario per le Paralimpiadi ha già versato 241.545.043,82 euro nelle casse della Fondazione Milano Cortina 2026. Risorse interamente pubbliche che alleviano in parte i patemi finanziari dell’ente presieduto da Giovanni Malagò, smentendo una volta di più le promesse del comitato organizzatore dei Giochi circa l’autofinanziamento del “grande evento”. E pensare che la Fondazione si è fatta qualificare per decreto governativo del giugno 2024 come organismo di diritto privato che “opera sul mercato in condizioni di concorrenza e secondo criteri imprenditoriali”.

      Favole. Come già anticipato da Altreconomia un anno fa, il Commissario istituito di gran fretta nell’estate 2025 con il “Decreto Sport” -nella persona di Giuseppe Fasiol- e dotato di ingenti risorse della collettività ha un solo scopo effettivo: salvare i conti della Fondazione che nel bilancio chiuso al 31 dicembre 2024 segnava già un deficit patrimoniale pari a 150 milioni di euro, assumendosene i costi e garantendole ricavi. Mentre arriva Godot -e cioè i proventi di sponsor, biglietti, diritti televisivi- è lo Stato, al momento, a ripianare. Tanto che la Fondazione ha percepito il 95% dei pagamenti effettuati dalla struttura commissariale retta da Fasiol: i citati 241,5 milioni di euro sui complessivi 254,7 (a fine giugno).

      Il flusso è continuo e segnato da trattamenti ad hoc. Il Commissario può infatti agire “anche in deroga a ogni disposizione di legge diversa da quella penale”. Non banale per quella che è la vera cassaforte di Milano Cortina, che ha cumulato, decreto dopo decreto, una disponibilità finanziaria che supera i 540 milioni di euro per il 2026.

      L’ultimo ritocco è arrivato l’11 marzo, a Paralimpiadi avviate e Olimpiadi archiviate: altri 32,2 milioni di euro stanziati dopo che la stessa Fondazione li aveva quantificati come proprio ulteriore “quadro esigenziale”. A proposito di “condizioni di concorrenza”.

      Ma c’è di più. Con lo stesso decreto il Governo Meloni ha sbloccato i pagamenti del Commissario a favore della Fondazione permettendo l’erogazione di fondi in precedenza vincolati alla verifica fattuale e finanziaria dell’effettivo avanzamento delle prestazioni concordate. Sempre agendo per decreto, l’esecutivo ha previsto che il Commissario “è autorizzato a erogare anticipazioni di cassa per un importo massimo del 50 per cento delle risorse di cui al comma 3 (del “Decreto sport”, circa 287,8 milioni di euro, ndr) alla Fondazione ‘Milano – Cortina 2026’ nelle more del completamento delle procedure realizzative e della rendicontazione prevista”.

      Significa un’inezione di liquidità, Iva inclusa, pari a 53,7 milioni di euro a fine marzo e un’altra, freschissima, da 78 milioni a maggio. La prima tranche copriva la differenza tra il 30 e il 50% dell’acconto per le forniture e i servizi “infungibili”-dettagliati in due convenzioni stipulate tra Commissario e Fondazione-, ovvero parte di ciò che la Fondazione aveva già acquisito per le Olimpiadi ma che sarebbe stato necessario anche per le Paralimpiadi. La seconda, invece, è un’anticipazione di cassa per subentri contrattuali, tra cui spiccano i 22 milioni destinati a Rho, a Fiera Milano congressi Spa.

      Entro fine anno la Fondazione dovrebbe ricevere (almeno) altri 105 milioni di euro (Iva inclusa), già pattuiti nelle due convenzioni. A questi potrebbero aggiungersi gli esborsi per i servizi inclusi nel “Terzo programma dettagliato” stilato da Fasiol, per cui non è ancora stata stipulata una convenzione (ma che ammontano a circa 28 milioni, Iva esclusa). Senza considerare i soldi da tirar fuori per i subentri: al momento sono stati impegnati 100 milioni di euro pro Fondazione. Conservativamente, considerando solo i fondi già vincolati, si tratta di ricavi totali certi per almeno 368 milioni di euro.

      Eppure quel Commissario pubblico sarebbe stato formalmente istituito per “favorire l’inclusione sociale e abbattere le barriere sociali e culturali”. Ma già il 29 ottobre 2025 il governo ha reso esplicito che le Paralimpiadi e l’accessibilità dello sport non dovessero più essere le sue priorità; con un decreto legge (il 156) è stata fatta una modifica silenziosa e determinante alla sua “natura”, aumentando per la prima volta il budget a disposizione (fino ad arrivare agli attuali 540 milioni di euro) e assegnandogli l’onere delle “competizioni sportive olimpiche e paralimpiche”. Le Paralimpiadi erano un pretesto.

      Lo certificano i dettagli della prima convenzione tra Commissario e Fondazione: le voci sono vaghe e i criteri con cui sono “scorporati” i costi paralimpici da quelli olimpici non sono esplicitati. Il Commissario, sempre Iva inclusa, si fa carico di oltre 13 milioni per “l’approvvigionamento dei dispositivi utente che vengono usati dal personale di Fondazione: si tratta di 15mila tra personal computer, tablet, smartphone, stampanti”; 95 milioni di “technology applications”, fra cui il cloud della Fondazione, 44 milioni per le telecomunicazioni e 56 milioni per “venues & infrastructure implementation”.

      Lo stesso problema si ripresenta analizzando anche gli accordi -di importo molto inferiore rispetto a quelli con Fondazione- presi con la Società Infrastrutture Milano Cortina 2020-2026 Spa (Simico): l’attività commissariale copre 700mila euro per la conduzione e la manutenzione dell’impianto Apollonio-Socrepes a Cortina d’Ampezzo (dalle problematiche poi esplose), 1,1 milioni per due parcheggi sempre a Cortina e 7,6 milioni destinati alla neve e agli impianti di Livigno (Valtellina), venue peraltro del tutto estranea alle Paralimpiadi.

      Di fronte a questo “schema” milionario di un Commissario alle Paralimpiadi che con risorse pubbliche salva il bilancio di una Fondazione che dice di essere “privata”, Altreconomia ha contattato il Comitato olimpico internazionale (Cio) e il Comitato paralimpico internazionale (Ipc) per un commento.

      Il Cio in un primo momento ha rimandato all’Ipc, come se la questione non lo riguardasse. Ricordandogli che due membri del Consiglio d’amministrazione della Fondazione sono sua espressione e che due, tra cui il suo presidente, sono del Coni, l’organizzazione di Losanna ha dichiarato che “spetta a ciascun Paese ospitante organizzare il proprio Comitato organizzatore dei Giochi olimpici nel modo più adatto alla struttura di governance e al contesto giuridico specifici del proprio Stato”. Il commento dell’Ipc è stato simile: con il nobile obiettivo di rendere lo sport più accessibile non ha fatto alcun accenno a possibili cortocircuiti. Un modo olimpico di lavarsene le mani.

      Intanto il 23 giugno è stato discussa alla Corte costituzionale l’impugnazione del Tribunale di Milano, su richiesta dei sostituti procuratori Francesco Cajani e Alessandro Gobbis, di quel decreto del Governo Meloni che nel 2024 ha escluso la Fondazione Milano Cortina 2026 dal novero delle norme di diritto pubblico, producendo effetti negativi su un’inchiesta che ha investito anche il colosso Deloitte. Gli avvocati di parte hanno insistito ancora una volta sul “mercato”, la “concorrenza” e i “criteri imprenditoriali”, accusando la Procura di atteggiamenti “strumentali”. Intanto il prossimo bonifico commissariale è già stato disposto.

      https://altreconomia.it/nel-2026-la-fondazione-milano-cortina-ha-gia-incassato-2415-milioni-di-

  • Israele ha appena avviato il processo per legalizzare l’annessione della Cisgiordania. Ecco in cosa consiste
    https://www.assopacepalestina.org/2026/02/16/israele-ha-appena-avviato-il-processo-per-legalizzare-lannessione

    di Qassam Muaddi,  Mondoweiss, 11 febbraio 2026.  Il governo israeliano ha recentemente adottato misure radicali per modificare lo status quo giuridico in Cisgiordania. Ecco cosa comportano questi cambiamenti e come preparano il terreno per l’annessione. Israele ha appena cancellato per legge l’esistenza palestinese in Cisgiordania, e non è un’esagerazione. Finora era opinione comune ... Leggi tutto

    #Notizie #legalizzare_l'annessione

  • #Los_Angeles contre l’#ICE. La bataille pour la #souveraineté_urbaine à Los Angeles

    À Los Angeles, la résistance des habitants et des pouvoirs publics à la politique anti-migrants manifeste l’ampleur du #militantisme_populaire. On voit s’engager là une lutte majeure pour la #souveraineté_territoriale.

    La crise de la souveraineté

    Au cours de l’été 2025, Los Angeles a été le théâtre d’une bataille exceptionnelle : une grande ville américaine a ouvertement contesté la légitimité du gouvernement fédéral à exercer une souveraineté unilatérale sur son territoire. Lorsque l’administration Trump a déployé 4 700 soldats de la Garde nationale et marines pour faire respecter la loi sur l’immigration par des expulsions massives, marquant le premier déploiement de ce type sans le consentement du gouverneur (préfet) depuis les années 1960, la ville n’a pas capitulé. Au contraire, une coalition composée de militants locaux, de syndicats, d’élus et d’organisations de la société civile a organisé une résistance territoriale soutenue, clamant que l’autorité fédérale n’avait aucun droit légitime sur leurs quartiers.

    Du 6 juin à la mi-juillet 2025, plus de 40 manifestations ont éclaté dans 15 zones distinctes du comté. Un seul rassemblement au Grand Park a attiré 30 000 participants. Les comités de #défense_communautaire se sont multipliés, six d’entre eux ayant été créés dans la seule banlieue tranquille de Pasadena.

    Alors que les autorités fédérales ont arrêté 2 792 immigrants pendant cette période, les manifestants ont riposté : plus de 850 militants ont été arrêtés pour avoir entravé les opérations de l’agence fédérale, Immigration and Customs Enforcement (ICE). Le 10 juillet, l’une des organisations les plus puissantes politiquement de la ville, la Fédération du travail du comté de Los Angeles, a organisé la première formation à grande échelle sur la résistance non violente. L’événement a attiré des dirigeants politiques et civiques, dont le maire, ainsi que 1 500 participants issus de syndicats et d’organisations communautaires de tout le comté.

    Il ne s’agissait pas simplement d’une manifestation ponctuelle. C’était une bataille pour déterminer qui détient l’#autorité_légitime pour décider qui a le « droit d’avoir des droits » pour résider sur le territoire urbain. En tant que telle, elle représentait un défi direct à la revendication du gouvernement fédéral de souveraineté sur tout l’espace situé dans les limites juridictionnelles du pays.

    Les militants immigrés locaux ont mené la résistance. Soutenus par une large coalition, ils ont développé des stratégies spatiales inédites qui ont transformé les quartiers immigrés vulnérables en zones défendues où les forces fédérales ne pouvaient opérer sans être détectées et sans rencontrer une résistance organisée.

    Refuser la #légitimité_fédérale : l’économie morale de l’#appartenance

    La résistance reposait sur un rejet fondamental du droit du pouvoir fédéral à déterminer arbitrairement les conditions d’appartenance territoriale à la nation. Los Angeles County compte 4,8 millions d’habitants Latinos concentrés dans des quartiers densément peuplés et interconnectés à l’est, au sud-est et au sud de la région. Des habitants ont spontanément affronté les agents fédéraux, exigeant la libération des amis, voisins et étrangers sur la base d’une « économie morale » d’#appartenance_locale.

    Le célèbre historien britannique Edward Palmer Thompson a montré comment qu’au XVIIIe siècle, les foules anglaises ont fait respecter les normes traditionnelles régissant les marchés céréaliers aux marchands qui violaient les attentes communautaires en matière de prix équitables et d’obligations locales (1971).

    Les communautés d’immigrants de Los Angeles ont de la même manière imposé leur propre économie morale d’appartenance aux autorités fédérales qui violaient les attentes communautaires quant à l’appartenance légitime à leurs quartiers. Et c’est cette conception locale de l’appartenance, qui contrastait fortement avec celle de l’administration Trump, qui a déterminé les croyances concernant le droit de résidence et ce qui constituait la légitimité des interventions gouvernementales en matière d’immigration (De Genova 2002 ; Varsanyi 2008).

    Lorsque les agents de l’ICE sont arrivés pour mener leurs raids, ils ont été confrontés à des communautés qui refusaient de reconnaître leur autorité. Ces communautés revendiquaient la présence légitime des immigrants #sans-papiers non pas sur la base du #statut_juridique ou de l’#assimilation_culturelle, mais en affirmant un cadre alternatif de #droits fondé sur la #résidence de longue durée, la #contribution_économique et les #liens_sociaux.

    Le refus de la légitimité fédérale n’était pas exprimé comme une doctrine abstraite par des intellectuels militants. Il était plutôt exercé par les habitants issus de la classe ouvrière à travers une résistance politique. Cela s’est traduit par le blocage des véhicules de l’ICE, l’encerclement des agents procédant à des arrestations, le refus de fournir des informations et la création d’espaces territoriaux où l’application de la loi fédérale devenait pratiquement impossible. La question n’était pas de savoir si la loi fédérale s’appliquait, car techniquement c’était le cas, mais si les communautés accorderaient au gouvernement fédéral la capacité pratique d’exercer cette loi sur leur territoire. Par de telles actions, elles niaient en fait le « monopole de l’usage légitime de la force physique » de l’État sur son territoire, les communautés contestant cette légitimité et créant des conditions et des espaces d’autorité alternatifs (Weber 1946).

    La structure spatiale du Los Angeles latino a créé les conditions qui ont permis une telle contestation. Ces quartiers existaient bien au-delà des mondes moraux et culturels de la classe moyenne « normale » de la région métropolitaine. Des identités territorialisées se sont forgées au fil de décennies de lutte contre la rénovation urbaine, les violences policières et le déplacement économique (Pulido 2006). Les habitants partagent des cadres leur permettant d’identifier les menaces, de désigner leurs ennemis et d’interpréter la résistance comme nécessaire et légitime. Si les raids fédéraux étaient justifiés par la loi, un code moral avait été forgé qui entrait en conflit direct avec leur légitimité.

    La confrontation qui s’est déroulée au parc MacArthur le 7 juillet 2025 illustre bien le conflit qui oppose les deux camps au sujet de la souveraineté. Le parc lui-même revêt une importance symbolique : il est situé au cœur de l’un des quartiers les plus dynamiques de la ville en termes d’immigration, et la plupart des organisations de défense des droits des immigrants, des syndicats locaux importants, la Fédération syndicale du comté et le Centre syndical de l’UCLA se trouvent à moins d’un kilomètre (Milkman 2006 ; Nicholls 2003). La bataille s’est concentrée sur un terrain qui regroupait à la fois l’infrastructure institutionnelle du Los Angeles progressiste et les communautés ouvrières qu’il prétendait représenter.

    Lorsque les soldats de la Garde nationale ont envahi le parc en tenue de combat, la maire Karen Bass est arrivée pour les affronter directement : « Ils doivent partir, et ils doivent partir immédiatement. Ils doivent partir parce que c’est inacceptable ! » La réponse du chef de la police des frontières a clairement montré à tous l’enjeu du conflit : « Je ne travaille pas pour Karen Bass. Vous feriez mieux de vous habituer à nous dès maintenant, car cela deviendra très bientôt la norme. Nous irons où nous voulons, quand nous voulons, à Los Angeles. »

    La question de la souveraineté a été présentée en termes clairs et sans équivoque. Le gouvernement fédéral a revendiqué une autorité illimitée pour opérer n’importe où dans la ville. Les dirigeants politiques de la ville, soutenus par la mobilisation populaire, ont rejeté cette revendication.

    Le pouvoir populaire : de bas en haut

    La résistance est venue d’en bas. Si les élus ont fini par se joindre au combat, la réponse initiale est venue spontanément des quartiers ouvriers immigrés. Le 6 juin, lorsque l’ICE a mené des raids contre Ambiance Apparel dans le quartier de la mode et plusieurs magasins Home Depot, ce sont les travailleurs ordinaires et leurs familles qui ont été les premiers à organiser la défense. Pas les responsables syndicaux, pas les politiciens : les gens eux-mêmes, confrontés à des menaces immédiates pour leurs familles et leurs communautés.

    Quelques heures après les premiers raids, des militants ont créé des réseaux de diffusion WhatsApp reliant les guetteurs sur les lieux de travail. Des foules comptant de dizaines à des centaines de personnes se sont rassemblées sur les sites visés, bloquant physiquement les véhicules de l’ICE pour empêcher les agents de partir avec les membres de la communauté détenus. Il s’agissait d’un véritable activisme populaire : spontané, mené par la communauté, organisé grâce à des réseaux informels et au bouche-à-oreille. Ceux qui possédaient le moins de droits officiels, les immigrants sans papiers menacés d’expulsion, sont devenus l’avant-garde de la résistance.

    La base populaire disposait d’avantages structurels dont ne bénéficiaient pas les acteurs disposant de ressources plus importantes. Des réseaux sociaux denses, comprenant des liens familiaux multigénérationnels, des relations professionnelles, des affiliations religieuses et des associations culturelles, ont créé des réseaux de solidarité qui se recoupaient (Portes et Sensenbrenner 1993 ; Menjivar 2000).

    Ces réseaux populaires ont fourni la base matérielle nécessaire à la mise en place de stratégies territoriales sophistiquées. Les journaliers travaillant dans les magasins Home Depot ont créé des tableaux de service rotatifs à l’aide de Google Docs. Des groupes Signal et Telegram ont coordonné des équipes d’intervention rapide capables de mobiliser des centaines de personnes en quelques minutes. Les militants ont mis au point des techniques de contre-surveillance pour suivre les mouvements des troupes. Rien de tout cela n’a nécessité d’organisation formelle ; cela est né de l’infrastructure relationnelle dense des communautés d’immigrants de la classe ouvrière. La technologie a amplifié l’efficacité des liens sociaux existants plutôt que de créer de nouvelles capacités, ce qui distingue cette mobilisation des mouvements purement axés sur les médias sociaux (Tufekci 2017 ; Gerbaudo 2012).

    Les manifestations contre les expulsions ont émergé directement des quartiers ouvriers à forte population latino-américaine. Il ne s’agissait pas d’activistes professionnels, mais de journaliers, de défenseurs communautaires et de leaders de quartier opérant à travers des réseaux interpersonnels localisés.

    Les participants provenant principalement de familles et amis confrontés à des menaces d’expulsion immédiates. Par exemple, dans des quartiers comme le sud-est de Los Angeles (Paramount, Compton, Bell) et l’est (Boyle Heights, East Los Angeles), les réseaux communautaires relayés par les réseaux sociaux ont alimenté des mobilisations spontanées : groupes de jeunes connectés via les écoles et réseaux multigénérationnels ancrés dans les églises. L’est de Los Angeles, avec sa longue tradition d’opposition (mouvement chicano, manifestations contre la proposition 187, campagne « Defend Boyle Heights »), a organisé des rassemblements à Mariachi Plaza, évoquant les luttes passées.

    Le caractère populaire de la résistance a assuré sa pérennité. Il ne s’agissait pas d’une solidarité lointaine, mais d’une mobilisation pour la survie de populations directement menacées. Les communautés latino-américaines de la classe ouvrière de Los Angeles étaient confrontées à des enjeux existentiels. Ne pas résister signifiait la séparation familiale, la ruine économique et la destruction du quartier (Dreby 2015 ; Golash-Boza 2015). Le retrait signifiait abandonner voisins et parents à la détention. Ces enjeux matériels et moraux importants ont soutenu la participation pendant des mois de répression militaire.

    Le problème du désengagement des militants dans l’espoir que d’autres resteront engagés pose souvent un défi à l’action collective. Cependant, cette question est devenue moins importante lorsque les conséquences de l’inaction étaient immédiates et concrètes (Olson 1965). La nature arbitraire de l’application de la loi a fait de la défense de la communauté l’intérêt premier de chaque résident, éliminant ainsi les incitations à tirer au flanc ou à s’exiler. Lorsque les cousins, collègues et voisins participaient, la non-participation devenait socialement coûteuse. Les réseaux locaux ont créé une responsabilité où le fait de ne pas participer constituait une trahison de la loyauté envers le quartier. Comme l’a écrit Gould à propos de la Commune de Paris de 1871, « le fait de ne pas participer à l’effort insurrectionnel était considéré comme une trahison de la loyauté envers le quartier et était sanctionné en conséquence » (Gould 1995 : 15).

    Plutôt que de défiler dans les centres du pouvoir ou d’occuper des espaces symboliques, les militants ont transformé les quartiers résidentiels en territoires défendus, en zones de souveraineté communautaire où les forces fédérales se heurtaient à une obstruction systématique. Ils possédaient ce que Gramsci appelait le « bon sens », ancré dans le sens commun de la communauté, et construisaient des conceptions anti-hégémoniques de la citoyenneté, de la légalité et de la souveraineté territoriale (Gramsci, 1971). Les identités oppositionnelles préétablies, forgées au cours de décennies de lutte, leur ont fourni les ressources idéologiques nécessaires pour résister aux incursions de l’État. Ils savaient comment activer l’infrastructure relationnelle en mobilisant des réseaux qui se recoupaient : liens de parenté, solidarité sur le lieu de travail, congrégations religieuses et associations culturelles.

    La coalition : 3syndicalisme, politique et #société_civile unis

    Ce qui distinguait la résistance de Los Angeles des manifestations habituelles en faveur des droits des immigrants, c’était l’ampleur et la profondeur du soutien apporté par la coalition. Le militantisme populaire issu de la base s’est allié au pouvoir institutionnel venu d’en haut, créant ainsi une alliance redoutable que les forces fédérales ne pouvaient pas facilement vaincre. Cette structure hybride, combinant des organisations de défense hiérarchiques et des réseaux de quartier horizontaux, a permis de surmonter les limites des modèles purement verticaux ou horizontaux.

    Le mouvement syndical a constitué l’épine dorsale de la coalition. La Fédération syndicale du comté de Los Angeles, qui représente plus de 800 000 travailleurs, a fait de la résistance à l’ICE une priorité absolue. Les syndicats de Los Angeles ont subi des réformes dans les années 1990, donnant la priorité à l’organisation des immigrants et adoptant des tactiques de mouvement social, créant ainsi un alignement durable entre les défenseurs des droits des travailleurs et ceux des immigrants. Le Service Employees International Union (SEIU), l’un des plus grands syndicats représentant les travailleurs des services à faible revenu du pays, dont l’un de ses principaux dirigeants a été arrêté pendant les manifestations, a réorienté sa capacité organisationnelle vers la défense des immigrants. La manifestation « No Kings » prévue initialement, qui devait rassembler des milliers de personnes pour s’opposer à l’administration Trump, s’est transformée en un rassemblement de 30 000 personnes en faveur de l’immigration.

    L’organisateur Kent Wong, ancien directeur du Centre du travail de l’UCLA et leader progressiste estimé, a déclaré que la ville et les communautés immigrées étaient assiégées, promettant de transformer les formations à la résistance parrainées par les syndicats en moyens d’affecter des bénévoles aux comités de défense communautaire et aux équipes d’intervention rapide. Les syndicats ont fourni ce que les réseaux locaux ne pouvaient pas offrir : du personnel professionnel, une expertise juridique, des relations avec les médias, des financements et une coordination multi-juridictionnelle.

    Des organisations professionnelles de défense des droits, notamment la Coalition for Humane Immigrant Rights of Los Angeles (CHIRLA), le National Day Laborer Organizing Network (NDLON) et l’American Civil Liberties Union (ACLU), se sont associées à des comités de défense auto-organisés dans le cadre d’accords de collaboration adaptés aux capacités de chaque partenaire. Les comités de défense ont fourni des réseaux sociaux territoriaux et une légitimité communautaire ; les organisations de défense ont fourni des ressources matérielles, juridiques et politiques. Cette structure hybride a préservé l’autonomie des organisations locales tout en renforçant leur capacité institutionnelle. Le NDLON a créé des comités dans le nord-est et le sud-est de Los Angeles, créant ainsi six points de défense dans les quartiers immigrés de Pasadena qui ont permis d’alerter rapidement des milliers de personnes et de faire pression sur les entreprises pour qu’elles refusent l’entrée à l’ICE sans mandat judiciaire.

    La coalition s’est élargie pour englober divers acteurs de la société civile. Le syndicat des locataires de Los Angeles s’est joint à la lutte, reconnaissant que l’application des lois sur l’immigration menaçait la stabilité du logement. Les Socialistes démocrates d’Amérique ont apporté de jeunes militants et une infrastructure organisationnelle. Les congrégations religieuses ont organisé des actions de solidarité, perpétuant une tradition de défense des immigrants fondée sur la foi. Des associations professionnelles représentant des avocats, des enseignants et des travailleurs de la santé ont publié des déclarations de soutien.

    Des groupes d’étudiants de toute la Californie du Sud ont fourni des effectifs pour les manifestations et l’énergie nécessaire à une mobilisation soutenue. Les dirigeants politiques ont fini par se rallier aux revendications populaires, poussés par la pression du mouvement plutôt que par conviction.

    La confrontation entre la maire Bass et la police des frontières à MacArthur Park a marqué l’entrée en scène de la classe politique dans la lutte pour la souveraineté. Dans son discours du 10 juillet lors de la formation à la résistance non violente organisée par la Fédération du comté, elle a déclaré : « Nous avons le pouvoir, dans cette salle, de renvoyer l’ICE là où elle doit être. Elle n’a pas sa place dans notre ville. Elle n’a pas sa place là où nos enfants jouent. »

    Les participants ont reconnu que l’attaque fédérale contre les immigrants était dirigée tout à la fois contre la souveraineté urbaine, la démocratie locale et le pouvoir institutionnel des villes progressistes. Pour le maire et d’autres, l’autorité du gouvernement fédéral, en tant que représentant du peuple souverain, était devenue illégitime par la mise en œuvre de sa politique. Elle n’avait pas sa place dans cette ville ni dans les lieux où nos familles avaient grandi et où nos enfants jouaient. La ville et ses habitants avaient les moyens et le droit de se révolter contre un gouvernement fédéral qui refusait d’écouter la voix des gouvernés.

    L’application des lois sur l’immigration est devenue le symbole d’un conflit territorial plus large : l’invasion fédérale contre l’autonomie locale. Défendre les immigrants signifiait défendre la ville elle-même. Cette prise de conscience a transformé ce qui aurait pu rester une question restreinte relative aux droits des immigrants en une lutte plus large pour l’avenir de la démocratie urbaine en Amérique.

    Nouvelles #stratégies_spatiales : la #défense_territoriale comme innovation politique

    La structure spatiale était hybride : un centre-ville regroupant des organisations militantes et syndicales, relié à des groupes dispersés et auto-organisés dans les bastions latino-américains du sud-est, du sud et de l’est de Los Angeles (Nicholls et Uitermark 2016 ; Pastor et al. 2013). Tandis que les quartiers périphériques servaient de lieux propices au maintien des réseaux d’autodéfense, les associations professionnelles d’immigrés et les syndicats alliés conservaient leurs sièges sociaux à proximité du centre-ville. C’est dans ces espaces qu’ils pouvaient collaborer entre eux et avec les dirigeants politiques de la ville afin de maintenir leur résistance face à l’attaque fédérale contre leurs pouvoirs souverains.

    Malgré le déploiement de forces plus importantes et plus intenses que lors des émeutes historiques de 1992, le spectacle de la violence d’État n’a pas réussi à disperser la résistance en instillant la peur parmi les militants locaux. Au contraire, l’ampleur de la violence a été perçue par la plupart comme une transgression morale de la part d’un État utilisant sa violence à des fins arbitraires et tyranniques. Tout en renforçant la motivation et la détermination à lutter, l’infrastructure hybride, composée d’organisations professionnelles liées à des réseaux de défense communautaire locaux et soudés, a fourni les moyens relationnels et organisationnels non seulement de poursuivre la lutte, mais aussi de l’intensifier dans la durée, malgré les risques croissants.

    Les communautés de Los Angeles ont affirmé leur souveraineté pratique sur leurs quartiers, non pas par des arguments juridiques, mais en rendant les opérations fédérales trop difficiles, trop visibles et trop coûteuses sur le plan politique pour pouvoir se poursuivre sans opposition. Cela représente un passage à la « guerre de position », avec la mise en place de positions défensives, d’institutions alternatives et de cadres culturels qui affirment un projet hégémonique concurrent à travers des structures parallèles, érodant progressivement la légitimité et la capacité de contrôle du gouvernement fédéral (Gramsci 1971).
    De la médiation à la résistance : la transformation des élites locales

    Lorsque les alliés issus de l’élite locale—élus et représentants syndicaux et associatifs—deviennent eux-mêmes des cibles, les coalitions s’intensifient plutôt que de se fragmenter.
    Lors des incursions fédérales passées, les élus et représentants locaux critiquaient les actions répressives tout en conservant leur statut de représentants légitimes. De cette position, ils pouvaient négocier des compromis qui satisfaisaient les exigences fédérales tout en atténuant les dommages infligés aux communautés. Reconnus comme médiateurs légitimes et respectés, leur capital symbolique était renforcé par l’accès aux réseaux fédéraux, et la souveraineté de l’État était consolidée par la voie de la négociation. Alors que les représentants des deux niveaux, fédéral et local, travaillaient de concert, ils renforçaient leur pouvoir politique par l’expulsion des communautés immigrées.

    L’administration Trump a brisé cette logique. En plaçant les élus municipaux dans la même catégorie que les menaces à l’autorité souveraine, l’administration a introduit un cadre à somme nulle : soit les représentants locaux se soumettaient à la souveraineté présidentielle, soit ils seraient catégorisés comme ennemis de l’État. Le dilemme était clair. La soumission coûterait aux élus locaux le consentement et la solidarité des résidents de Los Angeles et donc leur propre légitimité. La résistance les placerait du côté de l’ennemi, en faisant d’eux la cible d’assauts fédéraux incessants.
    Les élus locaux ont choisi la résistance, transformant fondamentalement leur relation avec l’autorité fédérale. Alors qu’ils avaient auparavant employé des stratégies d’initiés pour atténuer les impacts sur leurs électeurs, restaurant ainsi la souveraineté de l’État et leurs propres pouvoirs, ils se sont retrouvés privés de reconnaissance en tant que représentants légitimes. Ils étaient exclus des réseaux gouvernementaux d’élite et vulnérables aux attaques coercitives par le refus de financement, les accusations criminelles et la stigmatisation.

    Dans cette lutte binaire pour la souveraineté de l’État, les représentants locaux sont passés à une résistance sans compromis. Ils se sont alignés avec les communautés immigrées de la classe ouvrière non seulement pour des raisons morales ou idéologiques, mais parce que le mouvement grandissant est devenu le seul moyen de défendre leurs propres positions et de retrouver leur légitimité au sein de l’ancien système de souveraineté partagée.

    Les lignes de bataille changent ainsi fondamentalement. Les luttes pour l’incorporation sélective des migrants acceptables reconnaissent le monopole classificatoire du gouvernement fédéral, tout en contestant son application. Les luttes qui émergent d’un déni global de reconnaissance aux alliés locaux remettent en question ce monopole lui-même. La question passe de « quels immigrants méritent l’inclusion ? » à « qui possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale ? » De « comment pouvons-nous inclure ceux qui le méritent vraiment ? » à « qu’est-ce qui fonde la légitimité politique lorsque l’État gouverne par la force arbitraire ? »

    Le déni global de l’administration Trump s’étendant des immigrants sans papiers aux élus, des églises sanctuaires aux gouvernements municipaux a par inadvertance créé les conditions d’une telle confrontation. En refusant la négociation et en positionnant toute opposition comme illégitime, l’application fédérale a éliminé les alternatives stratégiques, forçant un choix radical : se soumettre à des classifications jugées fondamentalement injustes, ou résister sur des bases remettant en question le monopole fédéral sur les classifications territoriales légitimes.

    Ce schéma apparaît désormais à Minneapolis, Chicago et New York. Le passage de Trump d’une souveraineté partagée à une souveraineté monopolisée a précipité un réalignement fondamental des alliances élitaires qui soutenaient autrefois tant la souveraineté de l’État que les compromis de classe sous-tendant la gouvernance libérale. La fracture des élites découle désormais non pas de désaccords politiques, mais de batailles autour de la souveraineté elle-même : quel niveau de gouvernement possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale et imposer les classifications de citoyenneté.

    Ces conflits sur la localisation et la nature du pouvoir souverain fracturent les coalitions de la classe dirigeante qui avaient auparavant stabilisé l’hégémonie de l’État. Alors que la souveraineté partagée s’effondre en luttes à somme nulle, les élites locales font face à un choix : se soumettre au monopole fédéral ou résister sur des bases qui remettent en question la légitimité de l’autorité centralisée. Cette bifurcation mine les fondements consensuels du pouvoir d’État. Alors que l’État fédéral perd sa capacité à gouverner par l’hégémonie—par le consentement fabriqué et le compromis négocié—la coercition directe devient le principal moyen d’imposer son autorité. Le passage d’une gouvernance par la construction d’alliances à une gouvernance par la force marque non pas la puissance de l’État, mais la désintégration des structures de légitimité qui avaient permis une domination stable.
    Conclusion : Au-delà de l’immigration, la question de la souveraineté
    L’effondrement de l’hégémonie de l’État fédéral découle de trois conditions qui ont convergé à Los Angeles et dans des villes similaires.

    Premièrement, de puissants réseaux de résistance locaux ont combiné organisations professionnelles bien dotées, élus solidaires et communautés immigrées denses de la classe ouvrière. Les syndicats, les organisations de défense et les groupes de la société civile ont fourni la capacité institutionnelle, l’expertise juridique et la coordination. Les élus locaux ont offert la légitimité politique et l’accès aux ressources municipales. Les réseaux d’immigrants de la classe ouvrière ont apporté l’infrastructure territoriale pour la défense communautaire : liens sociaux denses, connaissance locale et enjeux existentiels qui ont soutenu la mobilisation. L’intégration de ces trois composantes à travers des canaux de communication et des institutions coordonnées a permis une résistance à la fois large, profonde et durable.

    Deuxièmement, les normes localisées d’appartenance ont établi une économie morale alternative qui contestait les classifications fédérales. Les communautés définissaient la résidence légitime non pas par le statut juridique, mais par la résidence de longue durée, la contribution économique et l’intégration sociale. Cette économie morale a généré des normes concernant ce qui constituait une violence d’État légitime et ce qui constituait un abus tyrannique. La capacité de l’État à obtenir le consentement ou à faire face à son retrait dépendait fondamentalement du respect de ces normes définies par la communauté. Lorsque l’application fédérale a violé l’économie morale, elle a perdu sa légitimité indépendamment de son autorité légale.

    Troisièmement, et de manière décisive, les élites locales sont passées de partenaires dans une souveraineté partagée à adversaires dans une lutte à somme nulle sur l’autorité souveraine elle-même. Si seules les deux premières conditions avaient existé, la résistance aurait pu rester une question d’immigration localisée que les courtiers élites auraient pu gérer par la négociation. Mais lorsque l’administration Trump a ciblé les élus locaux comme ennemis de l’État, éliminant leur rôle de médiateurs et criminalisant leur défense des électeurs, elle a entièrement transformé le champ politique. Les partenaires élites sont devenus des insurgés élites. La lutte sur la politique d’immigration s’est intensifiée en confrontation sur qui possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale. La souveraineté partagée s’est effondrée en souveraineté monopolisée, forçant les représentants locaux à choisir entre soumission et résistance.

    Cette troisième condition s’est avérée transformatrice. Elle a empêché la défection des élites, bloqué les compromis négociés qui auraient restauré l’autorité fédérale, et recadré le conflit à « quels immigrants méritent l’inclusion » . La crise de légitimité s’est approfondie parce que l’État ne pouvait plus gouverner par l’hégémonie, mais seulement par la force, exposant la fragilité de la gouvernance libérale lorsque ses structures de médiation s’effondrent.

    Cette crise de légitimité se propage désormais aux villes partageant la même structure. New York, Minneapolis, Chicago et Portland présentent toutes les trois des conditions identifiées : réseaux de résistance robustes, économies morales alternatives d’appartenance, et élites locales transformées en adversaires de l’autorité fédérale. En revanche, dans les villes où ces conditions sont absentes, comme Houston, La Nouvelle-Orléans et Miami, aucune contestation similaire n’émerge. L’application fédérale y rencontre soit la conformité soit une résistance fragmentée et facilement réprimée.

    Il existe donc une géographie inégale de la résistance, déterminée non pas par la présence d’immigrants, mais par la convergence des conditions organisationnelle, idéologique-morale, et structurelles qui rendent possible la contestation soutenue de la souveraineté fédérale.

    La bataille de Los Angeles révèle une transformation historique. Ce qui commence comme une politique d’immigration devient une crise de #souveraineté et #hégémonie. Ce qui semble être un conflit sur les #frontières_nationales devient une lutte sur l’#autorité_territoriale. Ce qui apparaît comme une question de #légalité devient un affrontement sur la #légitimité.

    Le passage de la #gouvernance_consensuelle à la #domination_coercitive n’annonce pas la consolidation du pouvoir fédéral, mais sa crise. Et dans cette crise réside la possibilité d’imaginer et de construire des formes alternatives de souveraineté démocratique, enracinées non pas dans la violence d’État fédérale, mais dans le #pouvoir_populaire_territorialisé. Les villes américaines ne sont plus seulement des sites de #contestation, mais des sources alternatives d’autorité politique.

    https://laviedesidees.fr/Los-Angeles-contre-l-ICE
    #résistance #USA #anti-ICE #villes #urban_matter #citoyenneté_de_résidence #citoyenneté #territoire #citoyenneté #géographie_urbaine

    via @reka
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  • #Écriture_inclusive et langue française : le #Conseil_d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux #plaques_commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un #contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Pour rappel, ces #plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la #langue_française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du #recours devant le #tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du #point_médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.

    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’#Académie_française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la #lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la #légalité d’un usage précis, sans trancher le #débat_culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la #norme, de la #transmission et du long temps de la langue.

    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au #doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme #système_graphique, mais certaines formes d’attention à l’#égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette #circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».

    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.

    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’#inclusivité, la question dépasse la #typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au #masculin_générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.

    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.

    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la #controverse.

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade
    #justice #langue #français

    • Sauf que dans l’affaire en question, il n’y a pas de points médians : sur les plaques il est écrit « CONSEILLER.E.S » et non « Conseiller·e·s » :

      C’est d’ailleurs dans les motifs du Conseil d’État, avec un paragraphe explicitant justement qu’il ne s’agit pas de « point médian », mais de l’« usage de points de ponctuation », plus loin qualifié de « simple point ». Du coup, rien n’indique que la décision du Conseil d’État aurait été la même s’il s’était agit réellement de points médians.

      4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites à l’instance, que les plaques commémoratives portant les noms des anciens présidents et présidentes ainsi que des anciens conseillers et conseillères de la Ville de Paris, situées dans l’enceinte de l’hôtel de ville, dans le couloir menant à l’hémicycle et accessibles au public, comportent des intitulés en forme abrégée faisant usage de points de ponctuation, et non de points « médians » comme le soutient l’association requérante, destinés à séparer les termes « président » et « conseiller » de leur terminaison au féminin et au pluriel.

    • La discussion me fatigue. Je suis pour la solution chinoise.
      https://chine.in/mandarin/grammaire/RGLA1

      La question n’existe simplement pas dans la grammaire chinoise qui ne connaît pas de genre.

      Ceci n’empêche pas que depuis les réformes de Deng Xiao Ping et l’ouverture du pays vers le confucianisme et l’Occident les sociétés chinoises connaissent une renaissance de structures patriarcales et des abus de femmes particulièrement dans les régions encore pauvres du pays.

      La comparaison avec les sociétés chinoises (il y en a des dizaines dans le pays même, la disapora chinoise étant toute aussi variée) nous montre que la question et les problèmes à résoudre sont d’ordre économique, politique et social.

      Les querelles linguistiques occidentales ne constituent dans ma perception que des manœuvres de diversion dans la lutte des classes au niveau national puis au niveau des pays en lutte contre l’impérialisme occidental. Excusez le pléonasme s.v.p.

      女人能顶半边天
      Nǚrén néng dǐng bàn biāntiān.
      (Les femmes soutiennent la moitié du ciel.)

      https://ostasieninstitut.com/bibliothek/sprichwoerter-ostasiens/frauen-tragen-die-haelfte-des-himmels-%E5%A5%B3%E4%BA%BA%E8%83%BD%

      Frauen können die Hälfte des Himmels tragen.

      „‚Frauen tragen die Hälfte des Himmels‘ – sagt ein chinesisches Sprichwort.“

      „Die Frauen tragen die Hälfte des Himmels“, lautet einer der berühmtesten Slogans von Máo Zédōng (毛泽东, 1893 – 1976). Dass sie für die gleiche Arbeit aber nur die Hälfte des Lohnes bekommen, der den Männern bezahlt wird – das steht auf einem anderen Blatt.

      Nach einer von der chinesischen Regierung veröffentlichten Studie arbeiten die Frauen im Durchschnitt zwei Stunden länger als die Männer, ihr Einkommen liegt um etwa vierzig Prozent niedriger. Die Hälfte aller Bus- und LKW-Fahrer sind Frauen, der Frauenanteil in den Bereichen Müllabfuhr, Straßenkehren und Steineklopfen (!) wird als sehr hoch bezeichnet.

      Es war vor allem die konfuzianische Tradition, die die Vormachtstellung des Mannes gegenüber der Frau untermauerte. Die Geringschätzung des weiblichen Nachwuchses beruhte vor allem darauf, dass Töchter nach ihrer Heirat nicht mehr zu ihrer Herkunftsfamilie zählten.

      „Wer eine Tochter großzieht“, so ein Sprichwort, „zieht eine Schwiegertochter für andere Leute auf.“ Das war ein Verlustgeschäft, wenn es nicht durch einen entsprechenden Brautpreis entlohnt wurde.

      Verwendung:

      „Frauen tragen die Hälfte des Himmels – sagt ein chinesisches Sprichwort. Tatsächlich zeigen die Reportagen der beiden Pulitzer-Preisträger Nicholas D. Kristof und Sheryl WuDunn, dass arme Frauen oftmals die Hölle ertragen müssen. Die häufigsten Menschenrechtsverletzungen unserer Zeit richten sich gegen Mädchen und Frauen.“

      Vokabeln:
      女 nǚ Frau
      人 rén Mensch
      能 néng können
      顶 dǐng auf dem Kopf tragen (Langzeichen: 頂)
      半 bàn halb
      边 biān Seite, Ecke, Rand (Langzeichen: 邊)

      Conclusion : vous faites comme bien il vous semble, mais n’imposez rien au gens qui s’expriment en écrit ou oralement. Au contraire, défendez la liberté des tous de s’exprimer comme ça leur vient.

      #Chine #langue #femmes #patriarcat

    • @klaus il est dommage que tu induises en erreur toustes tes lecteurices quitte à leur faire rater l’histoire des combats des féminismes chinois sous le prétexte de lutte des classes prioritaire.

      Des féministes chinoises réinventent la langue pour s’attaquer au patriarcat | Radio-Canada
      https://seenthis.net/messages/1150315

      Pour une raison quelconque, un pervers a eu l’idée géniale de faire en sorte que l’idéogramme composé de 3 femmes kan [姦] signifie fornication, malice, séduction, viol, orgie et bruit. C’est l’un des idéogrammes les plus controversés de tous.

    • @touti merci pour le lien vers Radio Canada. Je viens de parcourir l’article (je lirai plus intensément quand je serai moins fatigué) et je trouve que c’est effectivement très intéressant.

      La question que posent les féministes chinoises n’a strictement rien à faire avec notre question d’écriture inclusive qui est à mon avis plutôt une écriture exclusive car elle rend plus difficiles à lire et moins précises les textes sur lequels elle est appliquée. Mais ce ne sont là que ma perception et mes conclusions qui n’ont de l’importance que pour moi.

      Je ne veux pas entrer dans la discussion du pour ou contre de l’écriture inclusive mais te faire remarquer la différence entre la question qui nous concerne au quotidien et le phénomène abordé par les chinoises.

      Elles ont identifié un problème et proposent une solution conséquente suivant une méthode couramment employée dans l’histoire de l’écriture chinoise. C’est donc autre chose que de vouloir imposer une nouvelle approche radicale au fonctionnement et à l’écriture de nos langues.

      La différence systématique et profonde entre l’approche critique de l’écriture chinoise et les modifications dites inclusives imposées aux gens qui ne cherchent qu’à s’exprimer de la manière la plus simple et précise devient évidente quand on fait une comparaison statistique approximative des problèmes.

      Pour le chinois il s’agit de remplacer au de modifier quelques idéogrammes et mots parmi les 106.230 Hanzi (汉字) répertoriés pa le ministère de l’éducation du Taiwan (donc sans manip communiste ;-) ) dont 3000 à 6000 constituent le niveau de connaissance des chinoises et chinois qui ne sont pas des érudits de lettres hanxue (汉学).

      Les corrections proposées par les Chinoises ne changent rien à la grammaire et ne concernent qu’un petit nombre de mots dans les textes.

      Il va de soi que quelques nouveaux mots ou idéogrammes dans un texte ne nuiront aucunement à sa lisibilité surtout quand ils introduisent de nouvelles notions intéressantes.

      Puis les féministes sont un groupe indépendant à la différence avec les administrations scolaires et autres qui sanctionnent le non respect de ses décisions linguistiques. On souffre depuis longtemps du gender mainstreaming introduit par la droite politique.

      La modification de la grammaire et de l’ortographe dans les langues indo-européennes apportée par l’écriture inclusive modifie massivement les textes car elle concerne tous les noms qui pourraient théoriquement se référer à autre chose que ce qui est exclusivement masculin. Contrairement à la question des idéogrammes chinois dans nos langues un pourcentage considérable de chaque texte est concerné par la modification des règles grammatticales et othographiques de l’écriture inclusive.

      La discrimination des femmes en Chine (dans quelle Chine, où, quelle partie de cette société immense ?) existe et trouve son expression dans des élements des différentes langues du pays.

      L’argument de la critique des féministes chinoises ne contredit alors pas ce que j’ai dit, car leur critique est d’une qualité différente à tous les égards de l’approche de l’écriture inclusive. Il ne faut pas comparer les pommes et les poire comme on dit chez nous.

      Sur la l’écriture appellée inclusive je n’ai qu’une vague idée de ce qu’elle signifie car la discussion de la question ne fait que commencer.

      Il y a sans doute quelques arguments valables qui justifient les efforts pour rendre nos langues moins élitistes et plus égalitaires. Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      Il reste beaucoup de travail à faire. En cent ans on saura mieux comment les modifications linguistiques imposées ex cathedra auront impacté la réalité sociale.

      Moi comme personne qui ne dispose que d’un temps trop limité je ne dois pas perdre de temps avec le réapprentissage de tout ce que je cultive depuis longtemps. Je suis déjà victime de l’énième Rechtschreibreform qui m’oblige à oublier tout ce que j’ai appris á l’école quand je veux publier un texte officiel. Cerise sur le gâteau arrive l’écriture inclusive avec ses mille sous-variantes.

      Si dans ma pratique d’auteur je me mettais à m’intéresser aux subtilités de chaque nouveau règlement je finirais par me taire. La langue bouge au rythme du peuple. Qu’on arrête de lui imposer ce qui l’empêche de s’exprimer et d’être entendu.

      Il est fatiguant de se défendre contre la censure par l’imposition de règles qui coûtent tellement de temps que tu n’a plus la force d’exprimer ce qui est essentiel.

      #écriture

    • @klaus, tu n’as pas le temps de lire les liens que je t’envoie et tu souhaites te conforter dans ton point de vue et ne pas le requestionner. Je me demande pourquoi je me fatiguerai à te faire ouvrir les yeux après thousands of years of #mansplaining #inversion_patriarcale dont tu nous rajoutes une nouvelle strate.
      Tout les arguments que tu cites et que tu dis n’appliquer que de ton ’point de vue’ persistent à maintenir la place privilégiée masculine alors même qu’elles sont réfutées par toutes les études de genre. Tu ne veux pas de nouvelles règles qui bouleverseraient ton petit confort ? quoi de plus faut-il mettre dans la définition du vieux con+servateur ? Je t’invite fortement à suivre le lien #ecriture_inclusive sur seenthis. je ne répondrai plus à tes provocations sexistes archaïques.

    • @klaus

      Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      J’ai quand même l’impression d’avoir vu pas mal d’études récentes qui disent précisément l’inverse, quelles sont tes sources ?

  • Prima e dopo Milano Cortina. L’impatto delle opere visto dall’alto, da Cortina a Livigno

    La “#legacy” dei Giochi invernali è fatta di cemento, sbancamenti e alberi tagliati. In collaborazione con PlaceMarks, Altreconomia aggiorna il progetto “L’impronta olimpica” (febbraio 2025) e attraverso scatti satellitari mostra la situazione impressionante nel #Cadore, in #Valtellina, in #Alto_Adige e anche a Milano. Le fotografie dei cantieri (integralmente a spese del pubblico) spazzano via la retorica del “grande evento sostenibile”

    https://altreconomia.it/impronta-olimpica-2026
    #JO #jeux_olympiques #JO_2026 #Milano-Cortina #Livigno #Cortina #Italie #impact #images_satellitaires #empreinte #images #Alpes #montagne

  • Legambiente presenta il VI report #Carovana_dei_Ghiacciai

    Il nuovo dossier di Carovana dei Ghiacciai sottolinea come le Alpi siano sempre più fragili e instabili, con 40 eventi franosi documentati in alta quota, soprattutto crolli di roccia e colate detritiche per il solo 2025. Tra i casi simbolo: la valanga di roccia e ghiaccio di #Blatten in Svizzera e le ripetute colate detritiche sull’Alemagna (BL). Ma in aumento sono anche gli eventi meteo estremi: 154 quelli mappati in questi 11 mesi dell’anno in corso dall’Osservatorio Città Clima di Legambiente nelle regioni dell’arco alpino. Tra i ghiacciai in sofferenza: il re delle Alpi europee, l’Aletsch, il re d’Italia, l’Adamello, e i piccoli ghiacciai tedeschi della Zugspitze.

    Il VI report Carovana dei Ghiacciai di Legambiente dal titolo “Ghiacciai alpini ed eventi estremi in un clima che cambia” è stato realizzato in collaborazione con CIPRA ITALIA (Commissione Internazionale per la Protezione delle Alpi), con la Fondazione Glaciologica Italiana in qualità di partner scientifico, e con partner FRoSTA e Sammontana e partner tecnico EPHOTO.

    Nel 2025 da inizio gennaio ad oggi sono stati 40 gli eventi franosi documentati ad alta quota nell’arco alpino, concentrati soprattutto nella stagione estiva, con un crescendo dal mese di giugno (10) ad agosto (18). In particolare, da inizio anno i crolli di roccia, stando all’analisi della ricercatrice Marta Chiarle del CNR-IRPI, hanno quasi eguagliato per numerosità le colate detritiche (rispettivamente 18 e 20 eventi documentati). Il Veneto con 17 eventi franosi e la Valle D’Aosta, con 12, le regioni più colpite. Ai dati del 2025 si affiancano quelli sul lungo periodo: dal 2018 al 2025, stando all’elaborazione di Legambiente su dati Ispra-Inventario dei fenomeni franosi in Italia (Progetto IFFI), sono ben 671 gli eventi franosi principali registrati nelle sette regioni dell’arco alpino (Liguria, Piemonte, Valle D’Aosta, Lombardia, Veneto, Trentino-Alto-Adige, Friuli-Venezia Giulia). Un territorio, quello delle regioni dell’arco alpino, dove sino ad oggi sono state censite e mappate – stando ai dati di ISPRA riportati sulla piattaforma Idrogeo e sull’Inventario dei Fenomeni Franosi in Italia (IFFI) – oltre 239 mila frane che interessano più di 276 mila persone.

    Preoccupa anche l’aumento degli eventi meteo estremi nelle regioni alpine. Secondo i nuovi dati aggiornati dell’Osservatorio Città Clima di Legambiente, sono ben 154 quelli registrati da gennaio a fine novembre 2025 nelle regioni dell’arco alpino contro i 146 del 2024. Allagamenti da piogge intense, 52 casi, seguiti da danni da vento (27), esondazioni fluviali (25) e frane da piogge intense (21) gli eventi meteo più frequenti. La Lombardia si conferma la regione più colpita con 50 eventi meteo estremi che hanno causato danni, seguita da Veneto (32), Piemonte (28) e Liguria (27). E con l’avanzare della crisi climatica la situazione potrebbe aggravarsi: un recente studio condotto dagli scienziati delle università di Losanna (UNIL) e di Padova, basato sull’analisi dei dati di quasi 300 stazioni meteorologiche montane, indica che un aumento di 2°C della temperatura regionale potrebbe raddoppiare la frequenza di questi eventi estremi. Altro alert riguarda anche l’aumento delle temperature, che accelera da un lato la fusione dei ghiacciai e dall’altra comporta meno nevicate. In 60 anni sulle Alpi Italiane, secondo i dati emersi da Carovana dei ghiacciai 2025 di Legambiente e dai dati della Fondazione Glaciologica Italiana, si è persa un’area glaciale di oltre 170 kmq.

    Ai dati si affiancano le immagini di alcuni casi simbolo che hanno segnato questo 2025. In fatto di instabilità glaciale, c’è la grande valanga di roccia e ghiaccio originatasi per il collasso del Ghiacciaio di Birch in Svizzera che lo scorso maggio ha seppellito il villaggio di Blatten. Qui ha fatto tappa la Carovana dei ghiacciai 2025, la campagna di Legambiente che da sei anni monitora in Italia e all’estero lo stato di salute dei ghiacciai e dell’alta quota, che a Blatten ha toccato con mano la grande ferita ancora visibile sul versante svizzero, constatando anche la prontezza con cui è stata gestita l’emergenza, grazie ai dati del monitoraggio in atto. Tra gli altri esempi simbolo del 2025 ci sono le ripetute colate detritiche – 14 gli eventi documentati nell’estate 2025 – che da giugno a fine agosto hanno tenuto sotto scacco la S.S. 51 di Alemagna (BL), riaprendo il dilemma tra sicurezza e tutela della viabilità, a pochi mesi dall’inizio delle Olimpiadi invernali di Cortina-Milano. Tra i ghiacciai più in sofferenza, il re delle Alpi europee, l’Aletsch, in Svizzera, che dal 2000 al 2023 è arretrato in media di 40 metri l’anno (Glamos, rete di monitoraggio dei ghiacciai svizzeri), perdendo spessore soprattutto nella sua lingua terminale. L’Adamello-Mandrone, il più esteso ghiacciaio italiano, risulta in costante declino. Qui, a quota 2.600 metri, i dati elaborati da Provincia autonoma di Trento, SAT, MUSE, SGL e Università di Padova, hanno registrato un abbassamento di 4 metri della superficie; più in alto, le perdite si riducono, ma risultano comunque significative fino a 3.200 metri di quota. Per quanto riguarda poi i ghiacciai tedeschi dello Zugspitze, in Germania, lo Schneeferner settentrionale, secondo le proiezioni dei glaciologi tedeschi, entro il 2030 si ridurrà a poche placche residue di ghiaccio. Sullo stesso massiccio, il permafrost è destinato a scomparire entro il 2050.

    Di fronte ad una montagna sempre più instabile e fragile, Legambiente insieme a CIPRA ITALIA e Fondazione Glaciologica Italiana chiede che siano intraprese importanti azioni coordinate. L’avvio di un monitoraggio ambientale dell’alta quota, mirato ma continuativo, modulato caso per caso, sia per la sicurezza delle persone sia per la gestione dei territori montani. L’aggiornamento costante delle carte di pericolosità geomorfologica per supportare correttamente la pianificazione territoriale. L’avvio di campagne di comunicazione per informare la popolazione sulle misure di riduzione del rischio. È inoltre importante colmare le lacune conoscitive tra le quali: un catasto dei ghiacciai e una carta della distribuzione del permafrost aggiornati sull’intero territorio nazionale, fondamentali per rivedere le strategie di valutazione, monitoraggio e mitigazione dei rischi in montagna, tenendo conto dell’entità e della velocità delle trasformazioni in atto. É altrettanto fondamentale lavorare sui piani di mitigazione e di adattamento. Temi e proposte portate in primo piano anche questa estate con le sei tappe di Carovana dei ghiacciai 2025 di Legambiente – in Italia, Svizzera e Germania – e che sono anche al centro del Manifesto europeo per una governance dei ghiacciai e delle risorse connesse promosso da Legambiente insieme ad altre realtà, tra cui anche il CAI e sottoscritto da oltre 80 soggetti tra associazioni, enti di ricerca e istituzioni nazionali e internazionali.

    https://cittaclima.it/legambiente-presenta-il-vi-report-carovana-dei-ghiacciai
    #rapport #Legambiente #Alpes #montagne #glaciers #climat #changement_climatique

  • L’assassinat de Mehdi Kessaci, un crime politique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/l-assassinat-de-mehdi-kessaci-un-crime-politique_6653984_3232.html

    L’alerte d’Amine Kessaci, qui, après la mort de son jeune frère, exhorte l’Etat à « comprendre qu’une lutte à mort est engagée », doit être entendue. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, c’est bien l’Etat de droit, la paix civile et la démocratie qui sont dans le viseur des « narcos ».

    [le] narcotrafic (...) fait vivre 200 000 personnes, dégage un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 5,5 milliards d’euros et approvisionne en cocaïne 1,1 million d’usagers (...)

    #drogues #crime_organisé #narcotrafic #narco_terreur

    • « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic », Amine Kessaci, Militant écologiste, fondateur de l’Association Conscience
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/amine-kessaci-militant-ecologiste-non-je-ne-me-tairai-pas-je-dirai-et-repete

      Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.
      Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

      Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du #narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

      Un jour du mois d’août, la #police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

      Il est temps d’agir

      Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

      On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

      Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

      Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

      Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

    • Narcotrafic : aux obsèques de Mehdi Kessaci, à Marseille, « la réalité, c’est qu’on a tous peur », Par Gilles Rof 
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/aux-obseques-de-mehdi-kessaci-a-marseille-la-realite-c-est-qu-on-a-tous-peur

      L’enterrement du jeune frère du militant Amine Kessaci a eu lieu, mardi 18 novembre, sous haute protection. Tout en affichant leur esprit de résistance, ceux qui osent dénoncer le trafic de stupéfiants s’avouent tétanisés par cet assassinat.


      Des habitants de la cité de Frais-Vallon se rendent à la mosquée pour la prière organisée pour Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Hommes du RAID masqués et armés de fusils d’assaut, équipes de déminage, berlines blindées pour accompagner la famille et un dispositif policier bouclant totalement la cité de Frais-Vallon (13e arrondissement) puis le cimetière de Saint-Henri (16e) dans le nord de #Marseille. Les obsèques de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, ont pris, mardi 18 novembre, une allure irréelle. Le déploiement inédit de forces de l’ordre pour un enterrement, la tension venant se mêler à la douleur des proches : tout au long de la journée, les circonstances ont rappelé à quel point l’assassinat, jeudi 13 novembre, de cet homme de 20 ans constitue une première en France.

      Encore étudiant en BTS banque dans un lycée du centre-ville, se préparant à repasser le concours de fonctionnaire de police, Mehdi Kessaci n’avait, selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, « rien à voir avec le narcotrafic ». Après quelques jours d’enquête, l’hypothèse d’un crime visant Amine Kessaci à travers son jeune frère reste la piste privilégiée par la justice. « Un crime d’intimidation », selon le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui constituerait un « point de bascule » dans l’ampleur prise par les réseaux de trafic de stupéfiants en France.

      Des amis de la famille, des habitants de la cité où les Kessaci ont des attaches, des élus, des militants écologistes et des associatifs qui œuvrent dans les quartiers populaires de Marseille : devant la mosquée de Frais-Vallon, bloc de béton brut encerclé de barres d’immeubles, chacun se faufile, en début d’après-midi, au milieu des véhicules de police. Les responsables du petit lieu de culte sortent des tapis de prière à l’extérieur, ouvrent une salle annexe pour les non-musulmans. Les mots sont rares, formulés à voix basse. « Qu’on soit venus là est déjà un acte de résistance… Bien sûr qu’on a la trouille. On n’a pas envie d’être la prochaine cible », lâche la présidente d’une association des quartiers nord, connue pour son franc-parler et qui, pour une fois, requiert l’anonymat.


      Sur le lieu où a été assassiné Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      « Les gens sont estomaqués et la réalité, c’est qu’on a tous peur. Se dire qu’en parlant de ce qui se passe d’anormal dans nos quartiers, tu peux y passer, cela freine évidemment », souffle Nassurdine Haidari. A 47 ans, ce militant multicarte est engagé chez Les Ecologistes, dans les luttes décoloniales comme dans le combat contre les ravages du trafic de drogue. « Aujourd’hui, le plus dur à gérer, c’est le sentiment d’impuissance », ajoute-t-il.

      Gilet pare-balles

      Amine Kessaci, qui, ces dernières semaines, vivait sous protection policière à l’extérieur de la ville, n’était pas apparu publiquement depuis l’assassinat de son frère. Ceux qui ont pu lui parler à son retour à Marseille racontent un « homme dévasté », qui « s’interroge sur son combat ». A cette heure-là, personne ne savait encore qu’il prendrait la parole, mercredi, dans une tribune au Monde, dans laquelle il affirme vouloir continuer de « lutter » et incite chacun à s’exprimer parce que « le silence est l’abri de nos ennemis ».

      Blouson en jean masquant à peine son gilet pare-balles, visage marqué par la douleur, soutenu par ses proches et encadré par les policiers qui ne le quittent plus depuis la mort de Mehdi, il monte les quelques marches qui mènent à la mosquée, sans pouvoir prendre le temps de saluer les présents. La violence du narcotrafic vient, alors qu’il a 22 ans à peine, de lui arracher un second frère. Après Brahim, son aîné assassiné en 2020, celui pour la mémoire de qui il se bat depuis.

      L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, avec laquelle il a fait campagne pour les élections européennes de 2024, est là, l’ancienne secrétaire d’Etat à la ville et au plan Marseille en grand, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), aussi. Elle accompagne Laurent Carrié, le conseiller territoires du président de la République, Emmanuel Macron, venu à la demande de ce dernier. Ce haut fonctionnaire connaît bien Amine Kessaci. Il l’a souvent croisé lorsqu’il était préfet à l’égalité des chances à Marseille, d’octobre 2021 à août 2023. Une période où la ville a connu un nombre inédit de #narchomicides – 49 en 2023 –, dont le meurtre de Socayna, jeune étudiante touchée par une balle perdue alors qu’elle était dans sa chambre. « A cette époque, l’émotion était déjà très forte. Mais, là, un cap est passé », estime l’envoyé du chef de l’Etat.

      A l’heure où l’imam lance la prière au défunt à Frais-Vallon, la nouvelle qu’un homme vient d’être abattu de plusieurs balles dans le quartier des Olives, à quelques kilomètres, sidère les présents. C’est le troisième meurtre en plein jour à Marseille, depuis octobre.

      Enquête délocalisée

      Dans cette journée de deuil pour la famille Kessaci et tous ses soutiens, l’Etat a tenu à afficher sa présence. A Marseille, par la protection ostensible des obsèques, sous le commandement direct de la préfète de police déléguée, Corinne Simon. A Paris, en accélérant la nomination, qui doit être officialisée mercredi 19 novembre en conseil des ministres, selon la Lettre A, du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, ancien gendarme, jusqu’alors préfet du Grand Est. Et en décidant de délocaliser l’enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci.


      Devant le cimetière Saint-Henri, où est enterré Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Les investigations, ouvertes des chefs de « meurtre en bande organisée avec préméditation » et « associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime », sont désormais confiées au parquet de Paris et à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Une manière d’afficher politiquement et judiciairement l’importance donnée à l’affaire, alors que, à Marseille, certains proches d’Amine Kessaci et lui-même, dénoncent le fait que sa famille n’avait pas bénéficié, ces dernières semaines, de mesures de protection malgré les menaces qui pesaient sur lui.

      Depuis l’assassinat du jeune Mehdi, le ministère de l’intérieur aurait décidé la mise sous protection d’une dizaine de personnes, connues pour leurs prises de parole ou leurs actions contre le narcotrafic. Des figures du militantisme marseillais assurent également avoir reçu des autorités le conseil appuyé d’éviter les déclarations publiques « pendant quelque temps ».
      Jeudi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la justice, Gérald Darmanin, doivent se rendre à Marseille. Une double visite que la ville espère depuis le meurtre de Mehdi Kessaci, qualifié par le maire, Benoît Payan (divers gauche), de « défi lancé à la France ».

      Marche blanche et action de l’Etat

      Les larmes aux yeux à la sortie du cimetière Saint-Henri, l’écologiste Michèle Rubirola, première adjointe, souligne la responsabilité globale de l’Etat dans la situation vécue par sa ville. « Les options sécuritaires ne suffiront pas à gagner la guerre contre le narcotrafic. Il faut aussi porter des politiques sociales et sanitaires pour répondre à une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir d’avenir et des consommateurs de drogue qu’on laisse en errance », insiste l’ex-maire de Marseille.
      Militant historique de la lutte contre le mal-logement, compagnon de l’aventure de l’Après M, ce fast-food transformé en lieu de solidarité, Fathi Bouaroua souligne, lui aussi, la nécessité d’une action au plus haut niveau. « Nous ne sommes plus face à de simples dealeurs. Ces gens-là osent se confronter directement à l’Etat. Leur message, c’est : “Sachez que vous ne pouvez pas passer de l’autre côté, nous dénoncer et collaborer avec la police contre nous.” Amine a peut-être été un peu trop seul dans son combat. S’opposer à ce genre de menaces nécessite un autre type de moyens », plaide-t-il.

      Sur les réseaux sociaux, il a incité ceux qui veulent montrer leur soutien au militant écologiste à acheter son livre Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde, 224 pages, 20 euros). En attendant la marche blanche, qui doit se dérouler samedi 22 novembre à l’appel de Conscience, l’association créée par Amine Kessaci. « Les gens arriveront-ils aussi à mobiliser ?, interroge, troublé, Mohamed Bensaada, fondateur du syndicat des quartiers populaires de Marseille et militant de La France insoumise. J’ai peur que cette violence qui nous terrifie aujourd’hui devienne juste la norme pour les jeunes générations. Mais, si nous nous taisons, vivre ne vaudra pas la peine. »

      Sur le rond-point Claude-D’Arcy, là même où a été abattu Mehdi Kessaci, des gerbes de fleurs commencent à s’amonceler. L’une d’elles porte un ruban marqué d’un court message : « Notre affaire à tous. »

    • C’est « marrant » ça faisait quelques jours que je passais des heures à lire des trucs sur les mafias actuelles en France (après avoir lu des heures sur les mafias des années 30 aux USA la semaine dernière), et donc forcément sur la DZ Mafia :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/DZ_Mafia

      Notamment parce que c’est eux qui à priori tente de raquetter le rappeur SCH, et ce pourquoi il vit à Paris sous protection, et ce pourquoi il a été ciblé par un assassinat (qui a tué son directeur commercial), l’année dernière.
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-assassinat-du-proche-du-rappeur-sch-extorsion-dune-discotheque-

      Et donc pour les deux frères d’Amine Kessaci tués :
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/derriere-le-meurtre-de-mehdi-kessaci-la-piste-mamine-redoutable-chef-de-l

      #DZ_Mafia #France #Marseille #narcotrafic #mexicanisation #cartels

    • Une "mafia" sans omerta (la poukave est un attribut du trafic de dope là où, suite aux Carbonari la mafia s’est fondée sur le secret), un cartel sans contrôle de la production (il y a des tentatives sur les drogues de synthèse), et, centralisent, un imaginaire de film de gangsters. Une organisation qui privilégie l’embauche de petites mains intérimaires ou auto-entrepreneurs pour préserver un noyau qui est le sous produit de la guerre de territoires, constitutive de ce type de commerce (au moins avant l’ubérisation de la vente) et de l’archipel carcéral.
      L’autodésignation comme mafia (reprise de Mocro Mafia pour exprimer une ambition de grandeur) est par essence contradictoire avec l’idée même de mafia qui est et doit rester une société secrète, celle des héroïques https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Ndrangheta, celle qui défend sa chose https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosa_nostra ; des « bons à rien » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ; ou comme les triades, à la fois opposées au régime et inféodées aux patrons de l’économie, les Triades, autre société secrète https://fr.wikipedia.org/wiki/Triades_chinoises). Le marketing publicitaire vient renforcer l’intimidation.

      Certes issues de territoires spécifiques (les Quartiers Nord), ces sociétés commerciales relèvent avant tout de l’atomisation des relations capitalistes, et non d’anciennes formes communautaires de contrôle social (famille, clan, village). L’histoire est passée par là. Et il n’y a ici aucun contre modèle, tout au plus un miroir tendu (cf la hype vouée aux friqués de Dubaï, dont certains trafiquants importants).

      https://seenthis.net/messages/1137633
      https://seenthis.net/messages/1090030

      Sous couvert de lutte anti carcérale, il s’agissait avec les attaques de prison d’avril dernier de répandre la panique, des matons au directeurs de taules. C’était d’abord pour conserver aux huiles de cette société des marges organisationnelles à l’intérieur des prisons. Sans doute aussi en vue d’élargir le recrutement à davantage de main d’œuvre qualifiée (une entreprise se jauge à sa réputation). Tel est du moins mon avis, n’en déplaise à LM ou Contre attaque qui aimeraient légitimement être les contemporains de luttes contre la prison et font mine (?) de ne pas savoir ce que c’est que de risquer sa liberté, voire sa peau pour 2000 balles, sans même connaître, le plus souvent, ses employeurs (on est dans un schéma inverse des mafia, féodalité qui repose sur l’"honneur" dont il faut faire preuve dans une chaine de relations interpersonnelles hiérarchisées).

      https://seenthis.net/messages/1109775

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaques_de_2025_contre_des_prisons_françaises#cite_ref-TF1_1-1

      Par ailleurs, même sans jouer à follow the money, il suffit de regarder dans divers quartiers, y compris dans des petits bleds de province, le nombre de boutiques diverses sans chiffre d’affaires apparent pour se dire que le blanchiment, c’est pas juste du bitcoin et du paradis bancaire.
      Comme la paix sociale dépend des emplois (aussi risqués soient-ils), et surtout des revenus (aussi faibles soit-ils) qui ruissellent depuis les trafics de drogue, ça devrait pas cesser.

      Sauf que des protagonistes ont décidément pris la confiance, jusqu’à dépasser les bornes (la logique des territoire de deal cède le pas), créant un immense trouble à l’ordre public (innombrables exécutions, victimes "collatérales, et maintenant meurtre d’intimidation sur personne sans lien avec leur activité). Les cartes vont être rebattues par le gérant du Casino, c’est annoncé. Évidemment pas au point de revenir sur la prohibition des drogues. Voilà une série promise à de nombreuses saisons.

      edit quant aux pratiques d’extorsions dans le rap amoureux du fric, des extraits de « L’Empire », dans les coulisses criminelles d’une industrie aux chiffres vertigineux
      https://seenthis.net/messages/1143488

    • A Dubaï, les luxueux appartements des « narcos » dans le viseur de la coopération judiciaire
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/a-dubai-les-luxueux-appartements-des-narcos-dans-le-viseur-de-la-cooperation

      En visite aux Emirats arabes unis, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dévoilé une liste de biens immobiliers que les autorités locales ont saisis à la demande de la France.

      Les visites diplomatiques de Gérald Darmanin aux #Emirats_arabes_unis, en tant que garde des sceaux, sont l’objet d’un rituel immuable : la remise à son homologue d’une « liste » recensant les criminels français en cavale, dont Paris espère l’extradition. Mercredi 19 novembre, sans déroger à cette tradition, Gérald Darmanin a remis une sélection d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés, à la portée semblable à celle des affiches « Wanted » du Far West américain. Mais c’est d’un autre listing qu’est venue la nouveauté. Celui-ci détaille une quarantaine de biens immobiliers appartenant aux « narcos » ayant élu domicile à #Dubaï, et dont la saisie a été actée par les autorités locales.

      Postant sur le réseau social X un bref compte rendu de son déplacement, Gérald Darmanin se félicitait de cette première, précisant qu’il avait « transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine » aux autorités émiraties, « en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies ». Ce volet immobilier avait déjà été amorcé lors de la précédente visite du ministre, en janvier. Vanessa Perrée, alors directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, était du voyage. Cette magistrate, dont le nom a désormais été proposé par Gérald Darmanin pour diriger le futur Parquet national anticriminalité organisée, avait sensibilisé ses interlocuteurs sur la question des confiscations et des saisies. Restait à fournir les détails opérationnels.

      Comme le permet la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, la saisie des avoirs criminels peut être réalisée avant même la condamnation définitive des prévenus. C’est en exportant le concept de « taper au portefeuille » des trafiquants du haut du spectre qu’a été lancé ce processus, sans pour autant que soit encore clarifié le devenir des biens en question, parfois situés dans les gratte-ciels les plus iconiques de Dubaï.

      « Coopération fructueuse »

      Si des résultats rapides sont attendus au sujet des « narcos » dont les noms ont été livrés à la police locale (il est habituel que quelques arrestations ponctuent le retour du ministre, comme un gage de bonne foi), la réalisation du diptyque « interpellation - extradition » n’est pas toujours fluide. Il a ainsi fallu s’y reprendre à deux fois, après une première remise en liberté, avant de faire revenir en France en juin, sous une lourde escorte policière, Abdelkader Bouguettaia, dit « Bibi », importateur présumé de larges quantités de cocaïne via le port du Havre et résidant à Dubaï depuis 2019. Après avoir quitté subrepticement cette ville, c’est finalement au Maroc, en mars 2024, qu’avait été cueilli Félix Bingui, dit « Le Chat », cadre dirigeant du clan marseillais Yoda, désormais emprisonné à Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais).

      En dépit de ces circonvolutions, les relations diplomatiques se sont réchauffées depuis quelques années. Au-delà des voyages réguliers des ministres en exercice, l’installation, en avril 2024, d’un magistrat de liaison, a permis de faciliter le dialogue avec les Emirats, et de limiter les incompréhensions. « Depuis 2020, il y avait eu zéro extradition, et cette année, on en a recensé 14 en dix mois, c’est une coopération fructueuse », souligne-t-on à la chancellerie. Les gains en termes d’image sur la scène internationale, notamment pour ne plus apparaître comme une oasis tranquille pour criminels en cavale, participent à ce changement de paradigme côté émirati. Pour preuve, le prince héritier en personne a participé aux rencontres avec la délégation française.

      Mais ce déplacement, qui a coïncidé avec la réunion d’urgence organisée mardi par Emmanuel Macron sur le narcotrafic, s’inscrit aussi dans un moment politique particulièrement sensible au sujet de la lutte contre les trafics de stupéfiants et aux violences qui y sont corrélées. Une semaine après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, sont attendus jeudi à Marseille. La ville figure, sans surprise, comme l’un des principaux ports d’attache des narcotrafiquants ayant misé sur les luxueux appartements surplombant Dubaï pour y réinvestir l’argent du crime.

    • D’autres voix autorisées

      Trafic de stupéfiants : « L’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer le phénomène », Jean-Baptiste Perrier, Professeur de droit
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/trafic-de-stupefiants-l-approche-exclusivement-penale-si-necessaire-soit-ell

      Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants rappellent, une fois encore, que la France se trouve confrontée à un phénomène qui ne relève plus de la seule délinquance de rue, mais d’ une dynamique criminelle profondément enracinée.
      L’assassinat, le 13 novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci et la fusillade, dans la nuit du 15 au 16 novembre, touchant un garçon de 12 ans à Grenoble – ne sont pas des faits isolés. Ils témoignent au contraire d’une aggravation inquiétante du phénomène : extension géographique des réseaux, rajeunissement des acteurs impliqués, banalisation de l’usage des armes , menaces sur les magistrats et le personnel pénitentiaire , montée en puissance des logiques de représailles et des actes d’intimidation.

      Pourtant, depuis plusieurs années, les chercheurs spécialisés et les acteurs des milieux associatifs alertent sur une transformation structurelle du trafic de stupéfiants (qu’il convient de nommer pour ce qu’il est, en évitant tout terme qui renverrait à une image populaire séduisante [raté : le populaire plus ou moins jeune est repu d’un imaginaire de films de gangsters, apte à le régurgiter, vaguement]). L’offre de stupéfiants se diffuse toujours plus largement, tirée par une économie criminelle souple, agile, qui sait tirer parti du numérique et, plus encore, des vulnérabilités sociales. Ce constat est étayé par de nombreux rapports : en août, l’Office anti-stupéfiants alertait sur un véritable « tsunami blanc » de cocaïne [c’est plutôt une submersion, mais utiliser ce terme serait dangereux à d’autres égards], le nombre de consommateurs ayant presque doublé en quatre ans, et la France est devenue « sans zone blanche » ; c’est-à-dire que le trafic de drogue s’étend désormais sur tout le territoire, des métropoles aux zones rurales.

      Face à cette aggravation du phénomène, la réponse française demeure hélas centrée sur la répression : la loi du 13 juin 2025 ne fait que durcir les outils existants, alors que son intitulé même reconnaît que le pays serait déjà tombé dans le « piège du narcotrafic ».

      Cette orientation répressive n’est pas illégitime , et la lutte contre la criminalité organisée implique d’appréhender et de punir les auteurs, mais elle a montré depuis longtemps ses limites. Alors qu’un rapport du Sénat évoquait, en mai 2024, une « menace existentielle », la réponse est à l’évidence insuffisante : l’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer un phénomène qui s’alimente de facteurs économiques, sociaux ou encore éducatifs.

      Des travaux en criminologie ont en effet montré que l es marchés illicites, au premier rang desquels le trafic de stupéfiants, prospèrent lorsque les services publics et les perspectives pour la jeunesse reculent. [ pas question de renoncer pour si peu !] Le chômage massif des jeunes, la déscolarisation, le sentiment d’abandon sont autant d’interstices dont le crime organisé profite, en promettant des #revenus faciles (mais souvent illusoires) ainsi qu’un sentiment d’#appartenance que d’autres institutions ne parviennent plus toujours à offrir. La lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé ne peut donc ignorer ces dimensions : elle doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire et de long terme.

      Une conférence de consensus

      Il ne s’agit pas d’être naïf, en pensant pouvoir éradiquer ce phénomène, ni de renoncer à l’outil répressif, mais de comprendre qu’il est absolument nécessaire d’agir simultanément sur plusieurs leviers : sécuritaire, mais aussi social, économique ou encore sanitaire . Le sujet doit être sorti de l’urgence permanente pour être inscrit dans une stratégie nationale et cohérente.

      Pour cela, l’organisation d’une conférence de consensus apparaît plus nécessaire que jamais. Une telle démarche, éprouvée pour d’autres politiques publiques [les retraites ? la santé publique ? l’école ?], permettrait de dépasser les postures partisanes et de réunir autour d’une même table chercheurs, pouvoirs publics, élus locaux, magistrats, policiers, associations de terrain, travailleurs sociaux, experts en santé publique ou encore [la rustine démocratique des] familles de victimes.

      L’objectif serait d’élaborer un diagnostic commun, d’évaluer rigoureusement les mesures existantes et de proposer un plan stratégique de long terme, tant pour la répression que pour la prévention, pour renforcer les dispositifs éducatifs, pour sécuriser les quartiers, en somme pour faire reculer les réseaux criminels en faisant avancer le lien social.

      La lutte contre le trafic de stupéfiants exige désormais de dépasser les logiques de court terme pour élaborer une politique véritablement intégrée, articulant prévention, sécurité, justice et action sociale. La crise est profonde et le point de basculement est probablement atteint, mais rien n’est irréversible. Un sursaut collectif s’impose pour dépasser l’illusion du tout-sécuritaire et affronter ce défi dans toute sa complexité humaine, sociale et territoriale.

      Jean-Baptiste Perrier est professeur à Aix-Marseille Université et doyen de la faculté de droit et de science politique. Spécialiste des questions de justice pénale, il a dirigé l’Institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence et il est également président de l’Association française de droit pénal.

      #territoires #social

    • De nouveau pour dire que la répression ne suffit pas, et cette fois qu’il faudrait en finir avec celle de l’usage de cannabis, sans pour autant remettre en cause une répression des autres drogues prohibées (ainsi efficacement recentrée), répression qui est pourtant la condition native des organisation criminelles, d’illégalismes plus ou moins saumâtres.

      « Il est temps de mettre en œuvre une politique globale envers toutes les drogues, qui associe pleinement santé publique et ordre public », Bernard Basset, Médecin spécialiste en santé publique, Amine Benyamina, Professeur de psychiatrie et d’addictologie
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/il-est-temps-de-mettre-en-uvre-une-politique-globale-envers-toutes-les-drogu

      L’assassinat de sang-froid à Marseille du frère d’un militant associatif contre l’emprise du narcotrafic dans la ville a suscité l’horreur et témoigne des risques que fait courir à la société française la diffusion des méthodes brutales des #cartels de la drogue. La réponse répressive est indispensable et urgente, mais elle ne saurait être la seule pour lutter efficacement contre un phénomène qui se nourrit aussi de l’absence d’une politique cohérente de #santé_publique.

      La réunion contre le narcotrafic convoquée dans l’urgence mardi 18 novembre par le président de la République est révélatrice d’une approche uniquement centrée sur la répression, et dont on peut constater depuis un demi-siècle les limites sur le long terme. En effet, les professionnels de santé en ont été exclus.

      Il est légitime et indispensable de lutter vigoureusement contre l’emprise progressive des entreprises mafieuses sur les quartiers et, au-delà, sur son essaimage sur tout le territoire. Mais cette action de la police et de la justice s’accompagne à tort de l’idée que la répression est aussi le seul levier qui doit être employé contre les consommateurs. Cette logique normative et mécaniciste doit être évaluée, au-delà de toute considération morale, à l’expérience de ses échecs depuis des décennies. La diffusion des #drogues_illégales défie les coups de menton prétendument volontaristes et l’idée que seule la répression des consommateurs peut venir à bout du problème.

      En matière de stupéfiants, les objectifs d’une politique de santé sont souvent présentés à tort comme complaisants envers l’usage des drogues. Ce n’est jamais le cas car les professionnels de l’#addictologie ont une claire conscience de l’importance des risques et des dommages pour les personnes et pour leur entourage. Mais prévenir les usages et aider les usagers à sortir de leur dépendance sont des œuvres de longue haleine pour lesquels les a priori doivent céder la place concrètement et intellectuellement à la science et aux expériences évaluées.

      Salles de consommation supervisées

      Notre pays a longtemps été exemplaire en ce domaine avec une politique de #réduction_des_risques et des dommages qui s’est progressivement mise en place dans le contexte dramatique du début de l’épidémie de VIH. Il s’agit d’une réussite spectaculaire sur le plan sanitaire, mais aussi pour l’ordre public car la mise à disposition des #produits_de_substitution a mis fin aux braquages de pharmacies par les personnes en état de manque, qui faisaient la une des journaux dans les années 1980. La recherche d’efficacité, le pragmatisme et le courage politique des responsables d’alors devraient nous inspirer aujourd’hui.

      Depuis vingt ans, on assiste à un recul de la politique de santé – quand ce n’est pas simplement un abandon –, ce qui suscite l’étonnement voire l’incompréhension de nos collègues étrangers. L’exemple le plus frappant est celui des #salles_de_consommation_supervisées (appelées « haltes soins addictions ») dont les évaluations scientifiques et administratives sont clairement positives, mais dont la diffusion sur le territoire se heurte à la démagogie et à la stigmatisation des personnes dépendantes. Pourtant, il est clairement établi qu’elles contribuent aussi à la tranquillité publique et qu’elles offrent, pour une partie des utilisateurs, une issue à la dépendance.

      Les professionnels de l’addictologie et de la santé publique sont regardés avec condescendance quand ils demandent que la politique de lutte contre les drogues repose sur la prise en compte rationnelle des risques et des dommages pour chacun des produits. Il ne s’agit pas uniquement d’une préoccupation de rationalité de santé publique, mais aussi d’un souci de mieux employer les forces de répression contre les trafics les plus dangereux.
      C’est pourquoi la répression de la consommation de #cannabis est non seulement inefficace, mais affaiblit la lutte contre des drogues plus dangereuses et aux mains de réseaux criminels sans pitié. La #légalisation_du_cannabis est une option que d’autres pays ont déjà retenue, qui rapporte aux finances publiques et qui présente bien moins de risques pour la santé que l’#alcool qui est porté aux nues. Cette proposition ancienne ne doit pas être vue comme provocatrice, mais comme une opportunité pour les forces de répression de se consacrer au combat contre le cœur le plus inquiétant du trafic.

      Je suis un peu largué, et si il y a bien un retour de l’héro, je vois pas bien comment l’explosion de la conso de diverses drogues de synthèse (diversification causée par une loi qui n’est pas exclusivement celle du profit : vendre avant que le produit soit considéré comme une drogue prohibée) ou la conso de coke pourraient voir leurs dangers réduits sans dépénalisation (qui ne se fera pas dans des salles de conso).

      #usagers_de_drogues #prohibition_des_drogues

    • Assassinat de Mehdi Kessaci : les enquêteurs demeurent prudents, la piste d’un cadre de la DZ Mafia étudiée
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/22/assassinat-de-mehdi-kessaci-les-enqueteurs-demeurent-prudents-la-piste-d-un-

      La signature du plus puissant groupe de narcotrafiquants marseillais – la #DZ_Mafia – est une piste qui semble s’imposer à ce stade. Un profil serait même privilégié, selon l’édition du Parisien du 20 novembre : celui d’Amine O., l’un des leaders de la DZ Mafia, emprisonné depuis mars à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. C’est depuis sa cellule qu’il aurait pu commanditer cet assassinat.

      Amine O., aussi surnommé « Mamine », ou « Jalisco », est bien connu des enquêteurs marseillais, mais aussi des magistrats de la juridiction nationale contre la criminalité organisée, à Paris, qui pilote désormais ce dossier sensible. Une note blanche du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée documentant les activités de la DZ Mafia, datée d’octobre 2024, détaille que « Mamine », dont les photos anthropométriques montrent un regard déterminé, une moustache épaisse et une barbiche, des cheveux ramenés en catogan, est connu pour sa « capacité de recrutement rapide d’équipes “à tiroir” pour la DZ Mafia », et constitue une « pièce maîtresse dans cette organisation criminelle ».
      Cet homme de 31 ans, qui a grandi dans la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille, fut essentiellement condamné, au début de son ascension criminelle, entre 2013 et 2016, pour violences aggravées, vols aggravés ou association de malfaiteurs. Depuis 2020, et plus encore ces trois dernières années, ses incriminations judiciaires, dans des affaires d’#assassinats_ciblés particulièrement sauvages, accompagnent la montée en puissance de la DZ Mafia. C’est un triple meurtre, remarquable de violence, qui connecte « Mamine » à la famille Kessaci…

      A la fin décembre 2020 et début janvier 2021, trois corps sont retrouvés, carbonisés, dans des voitures incendiées et abandonnées. Il s’agit de trois amis, considérés comme des figures montantes du trafic de stupéfiants. L’un d’entre eux, découvert gisant dans une Audi S3 en flammes, est un jeune homme âgé de 22 ans nommé Brahim Chabane. Il est le demi-frère d’Amine Kessaci, qui avait fondé depuis quelques mois à peine l’association Conscience, engagée sur le terrain de l’écologie comme de la lutte contre les trafics de drogues. Amine O. est poursuivi pour assassinat et, à l’époque, placé sous mandat de dépôt.

      Pourquoi n’a-t-il pas fait partie de la première sélection de détenus installés dans la « narcoprison » de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dès la fin juillet ? « Comme il y a déjà 21 détenus de la DZ Mafia à Vendin, l’idée était de ne pas y reconstituer toute la tête de réseau, mais, au contraire, de répartir sur les deux sites les principaux », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

      « Les commanditaires sont dans nos prisons », a affirmé, vendredi, en marge de la présentation de son plan « zéro portable », le garde des sceaux, Gérald Darmanin, au sujet de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Il a aussi souligné que « l’administration pénitentiaire n’avait rien à se reprocher » concernant la gestion du cas Amine O.

    • https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marseille-les-nouvelles-cibles-du-narcotrafic-5904452

      Le journaliste Xavier Monnier, spécialiste du milieu criminel marseillais, nuance la dimension ethnique : « Il faut faire attention à avoir une lecture trop ethnique… au sein de la DZ Mafia comme du groupe Yoda, vous avez des Français d’origine comorienne, italienne, corse, algérienne, tunisienne. » Il rappelle que la DZ Mafia est née et organisée depuis la prison, fruit d’une décennie d’évolution : « On est face à l’aboutissement d’une chrysalide criminelle et là, on affronte l’éclosion. »

      Xavier Monnier qui avait donc fait une grosse enquête sur la DZ Mafia avant ce crime :
      En vidéo déjà lié https://seenthis.net/messages/1137633
      Et en écrit aussi en 3 articles :
      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 1 : Terreur sur Marseille
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-1-terreur-sur-marseille-h

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 2 : La prison comme berceau et quartier général
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-2-la-prison-comme-berceau

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 3 : La nouvelle ère du narcocapitalisme
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-3-la-nouvelle-ere-du-narc

      Et sa réaction au dernier meurtre
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/marseille-don-quichotte-contre-les-moulins-des-narcos-yTR7NfaRR12EFEpXFK9

    • Bruno Mangin, pharmacien : « Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, n’ajoutons pas de la honte à leur souffrance »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/25/bruno-mangin-pharmacien-les-consommateurs-de-drogue-portent-deja-une-culpabi

      Depuis plusieurs jours, les propos d’Emmanuel Macron visant les consommateurs « bourgeois des centres-villes » accusés de financer le narcotrafic ont suscité bien des réactions. La mobilisation de cette rhétorique est inquiétante : loin d’éclairer les enjeux, elle renforce de vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues et conduit la lutte contre le narcotrafic dans une impasse politique et opérationnelle. Réduire un phénomène aussi complexe à un mécanisme de culpabilisation individuelle revient à nier la réalité des déterminants sociaux et des responsabilités publiques.

      Oui, sans clientèle, il n’existe pas de marché. C’est l’évidence. Mais réduire la question du narcotrafic à une équation morale et individuelle – faute, culpabilité, responsabilité personnelle – revient à masquer l’essentiel. La consommation ne peut être dissociée du contexte social, économique et politique qui la rend possible ou supportable. Pointer les usagers du doigt, c’est détourner le regard des causes profondes sur lesquelles, collectivement, nous refusons d’agir.

      Notre société est en proie à une perte de repères, à une inquiétude face à l’avenir, à une montée de l’isolement et à un effritement du lien social. Le vertige écologique, la fragilisation économique et l’injonction permanente à la performance touchent toutes les catégories sociales. Ce que l’on demandait autrefois à la communauté, on le demande désormais aux individus. C’est dans ce vide que les conduites addictives deviennent les palliatifs fragiles qui permettent de rester debout face à un réel devenu trop lourd. La question n’est pas seulement de savoir qui consomme, mais ce qui, dans notre organisation sociale, rend ces usages attractifs, nécessaires ou tolérables.

      L’histoire nous l’a appris : la « #guerre_contre_la_drogue », déclarée il y a plus de cinquante ans [aux Etats-Unis] par Richard Nixon, est un échec mondial. Des milliards dépensés, des vies brisées, sans jamais parvenir à la réduction durable des trafics ou de la disponibilité des produits. Le constat est clair : la seule répression ne modifie ni les marchés ni les logiques d’usage. En revanche, elle fragilise les plus vulnérables, aggrave les risques et éloigne des dispositifs de prise en charge.

      Explications simplistes

      Les données issues des organismes publics, dont l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, montrent que les usages évoluent, s’étendent et se diversifient. Elles documentent une progression globale tout en soulignant des différences selon les âges, les produits et les contextes.

      Ces éléments invitent à analyser, à comprendre, à débattre, plutôt qu’à désigner des coupables simplifiés. S’agissant des jeunes, les indicateurs suggèrent une évolution contrastée, mais il serait imprudent d’en déduire des conclusions causales. Leur mal-être augmente, leur rapport au monde change, mais rien ne permet d’affirmer ce qui relie ou distingue ces tendances. La responsabilité publique oblige à dépasser les explications simplistes et à repenser nos politiques à l’aune de réalités complexes, où la détresse sociale, existentielle et économique joue un rôle déterminant.

      Face à cela, les réponses politiques demeurent fragmentées. Les débats sur la légalisation du cannabis ou les haltes soins addictions sont trop souvent caricaturés, réduits à des slogans qui empêchent toute réflexion sérieuse. Cette caricature, devenue réflexe, produit de fait une absence de débat démocratique. Pourtant, la légalisation, expérimentée dans de nombreux pays, contribue à affaiblir les réseaux criminels, réduire les violences et mieux contrôler les substances. De même, les haltes soins addictions – évaluées officiellement – démontrent leur efficacité sanitaire, sociale et sécuritaire. Malgré cela, leur déploiement reste marginal, sans stratégie nationale.

      La lutte contre le narcotrafic nécessite une coordination réelle entre l’Etat, garant du cadre régalien, et les collectivités territoriales, au contact des réalités sociales. Sans articulation entre justice, police, prévention, santé publique, action sociale et politiques de jeunesse, aucune stratégie ne peut produire d’effets durables. C’est cette coopération – et non la désignation de boucs émissaires – qui permettra d’agir sur les causes, protéger les populations et réduire l’emprise des réseaux.

      Débat sur la légalisation

      A l’approche des élections municipales, il appartiendra aux candidates et candidats d’assumer leurs responsabilités : proposer des politiques locales qui ne se limitent pas à la seule sécurité, mais qui intègrent prévention, accompagnement social, soutien économique, réponses sanitaires structurées et vision politique cohérente. Ignorer cette dimension, c’est condamner les territoires à des solutions inopérantes.

      L’urgence est claire : cesser d’opposer morale et santé publique, prévention et répression, usagers et non-usagers. Lutter efficacement contre le narcotrafic exige une stratégie globale : fermeté contre les réseaux criminels, mais aussi courage face aux réalités sociales, économiques et politiques qui nourrissent la demande. Cela suppose d’ouvrir enfin un débat sérieux sur la légalisation, de déployer des haltes soins addictions dans toutes les grandes villes et de reconnaître l’usager non comme un coupable, mais comme un citoyen dont la santé et la dignité doivent être protégées. Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, et il est inutile d’ajouter de la honte à leur souffrance.

      Si nous voulons réduire le narcotrafic, ni la stigmatisation ni les proclamations ne seront suffisantes. Si nous voulons avancer, nous devons nous occuper de ceux qui souffrent, cesser de les accuser et contribuer à soigner une société qui vacille. Une société adulte ne se contente pas d’indignation ou de simplification. Elle regarde la réalité, elle l’affronte, elle construit. C’est cela que nous devons à nos concitoyens, à nos jeunes, à nos territoires et à notre démocratie.

      Bruno Mangin, pharmacien à Nîmes et président de l’association Ekko, qui œuvre pour la prise en charge des personnes en situation d’addiction et pour la prévention des conduites addictives.

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe -Disponible jusqu’au 05/04/2026
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027444/narcotrafic-le-poison-de-l-europe

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. En retraçant l’histoire de ce narcotrafic d’un type nouveau, cette captivante enquête montre combien l’ultralibéralisme contemporain lui permet de prospérer.

      « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
      https://seenthis.net/messages/1151976

      La richesse d’une nation
      https://seenthis.net/messages/1151911

      #narcotrafic

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe (2/2)
      La faiblesse des États
      https://www.arte.tv/fr/videos/118270-000-A/narcotrafic-le-poison-de-l-europe-2-2

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas et la Belgique ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. Ce second volet retrace la patiente enquête des polices européennes pour frapper le narcotrafic à sa tête. Une victoire temporaire, puisqu’il s’est reconstitué aussitôt, ailleurs et avec d’autres…

      pas mal de blabla, et pas que.
      découvre qu’en raison de ce commerce, le port de Rotterdam a été robotisé (le narcotrafic se dirige vers des ports moins équipés : Anvers n’a pas atteint la capacité de scanner tous les conteneurs ; le Havre est loin de tout ça, etc.)
      #cocaïne #Europe #mondialisation #commerce_mondial #marché_mondial #Dubaï #corruption #encrochat (hacké par la gendarmerie française) #sky_ECC (corrompue grâce à une demande d’actualisation policière)

  • A cent jours des JO d’hiver, le village italien de #Cortina_d’Ampezzo pleure ses #mélèzes centenaires et craint les #glissements_de_terrain

    La terre a parlé. A quelques pas de la future piste olympique de Cortina d’Ampezzo, une #faille de 30 mètres de long s’est ouverte dans le sol, fin août. Au pied du dernier pylône de la nouvelle ligne de #télécabine (Apollonio-Socrepes), prévue pour transporter jusqu’à 2 400 personnes à l’heure, un dénivelé de 50 centimètres sépare désormais les deux côtés de la plaie, visible même à travers la bâche qui tente de cacher ce glissement de terrain. Les travaux sont stoppés, mais dans la vallée d’Ampezzo, à deux heures au nord de Venise, au cœur des #Dolomites, l’horloge géante installée sur le corso Italia continue de scander le compte à rebours avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina qui doivent démarrer le 6 février 2026.

    L’affaire du #glissement_de_terrain a été portée en #justice par les habitants de deux hameaux juste au-dessous de ces travaux. Interrogé par Le Monde, le maire de Cortina, Gianluca Lorenzi, se veut rassurant : « Ce glissement reste très superficiel », affirme-t-il, ajoutant que « toutes les précautions sont prises ». C’est aussi ce que répond la société de construction des ouvrages olympiques (#Simico), pour qui « cet #affaissement n’est pas surprenant, étant donné la nature bien connue du sol » et de préciser que « ce projet avait obtenu toutes les autorisations ».

    Dans un rapport dévoilé par le Corriere delle Alpi, Eros Aiello, du centre de géotechnologie de l’université de Sienne conclut pourtant que « l’excavation a été réalisée sans les études géotechniques nécessaires, dans une zone sujette aux glissements de terrain, et sans mesures de protection préalables ». La géographe Carmen de Jong, de l’université de Strasbourg, qui suit depuis des années les effets des #grands_événements sur la #montagne, va même plus loin et craint qu’« en cas de conditions météorologiques inhabituelles pendant les Jeux, comme un réchauffement soudain et une fonte des neiges ou des pluies intenses, la sécurité des athlètes, des équipes d’encadrement et du public ne soit menacée ».

    (#paywall)
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/26/a-cortina-d-ampezzo-les-futurs-jeux-d-hiver-2026-ont-transforme-l-environnem
    #JO #JO2026 #Italie #infrastructure #vulnérabilité

    • Squarcio di #Socrepes, esposto alla Procura della Repubblica

      Cortina, i residenti di #Lacedel, dopo tre ricorsi al Tar contro la cabinovia Apollonio-Socrepes, si rivolgono alla magistratura ipotizzando i reati di disastro e frana colposa.

      Residenti e proprietari di case del villaggio storico di Lacedel di Cortina d’Ampezzo, posizionato nell’immediata vicinanza della costruenda stazione d’arrivo della cabinovia Apollonio– Socrepes per i Giochi Olimpici e Paralimpici Invernali Milano–Cortina 2026, hanno depositato giovedì 12 settembre un esposto alla Procura della Repubblica di Belluno, con l’assistenza degli avvocati Primo, Andrea e Alessandro Michielan del Foro di Treviso. Nell’esposto vengono ipotizzate le responsabilità penali in base agli articoli 426 e 449 del codice penale (disastro e frana colposa), oltre a violazioni del decreto legislativo 81/2008 in materia di sicurezza sul lavoro, evidenziando l’assenza di un piano unitario di sicurezza per cantieri interferenti e la mancata ottemperanza alle prescrizioni del decreto di compatibilità ambientale regionale.

      I presentatori avevano già presentato tre ricorsi al Tar Lazio, anche a riguardo dei rischi idrogeologici relativi alla costruzione della cabinovia olimpica e alla sovrapposizione dei cantieri, la cui udienza di merito è fissata per il 29 ottobre 2025 ma, fanno sapere con una nota, «sono stati costretti alla denuncia per la tutela dell’incolumità privata e pubblica a seguito del fatto sopravvenuto, verificatosi tra il 29 e il 30 agosto 2025 e cioè una frattura, formazione di frana, di oltre 30 metri di lunghezza su un versante posto in località Socrepes a monte dell’abitato di Lacedel». La frattura inizialmente mostrava una apertura di circa 30 centimetri al piano campagna, mentre il terreno immediatamente a valle risultava visibilmente abbassato di oltre 30 centimetri. Il fenomeno si è ampliato nei giorni successivi e la frattura si è allungata fino a oltre 40 metri, con un abbassamento superiore ai 50 centimetri del terreno.

      Contestualmente è stata rilevata anche la deformazione del muro di contenimento in cemento armato del cantiere adiacente a quello della stazione di arrivo della cabinovia Apollonio-Socrepes, “Ski Bar Ria de Saco – Kraler” attualmente in costruzione, a conferma di un movimento franoso profondo e non superficiale che coinvolge l’intera lunghezza del pendio. Il pendio interessato dalla frana, infatti, si colloca in prossimità di tre cantieri in attività interferenti: la cabinovia Apollonio–Socrepes (opera olimpica B09.0 – SIMICO), lo Ski Bar Ria de Saco – di Franz Kraler & Co. e la nuova cabinovia SEM 243 Lacedel–Socrepes (di ISTA).

      «Si nota inoltre che, durante la primavera/estate 2025, la topografia della pista da sci denominata “H.1.35 Campo Scuola Baby” di competenza della società ISTA, nella zona a monte del Ski Bar Ria de Sacco, alla base del versante, era stata notevolmente modificata», fanno sapere ancora i ricorrenti attraverso i lorolegali. «La frattura e la formazione di una frana, sul versante dove è posizionata la cabinovia olimpica (con trasporto di 2.400 persone all’ora), è considerata dagli esperti tecnici incaricati di importante gravità e costringe i residenti alla denuncia per la tutela dell’incolumità privata e pubblica. Secondo la relazione tecnica del professore Eros Aiello, ricercatore e geologo del Centro di Geotecnologie dell’Università di Siena, riconosciuto anche a livello internazionale come rinomato studioso dei fenomeni geologici di frana, l’accertato sbancamento è stato eseguito senza le doverose indagini geotecniche in un ambiente “a rischio frana” e senza le previe “opere di presidio” per il consolidamento del versante, già instabile, generando un fenomeno franoso retrogressivo importante su un’area, già classificata dal Piano di Assetto Idrogeologico (PAI) come zona a rischio elevato».

      La frana, viene contestato, minaccia direttamente le abitazioni del villaggio di Lacedel, garage interrati, servizi e la viabilità della Strada regionale 48, con rischio concreto per la pubblica incolumità. I residenti e i loro legali chiedono che le autorità competenti dispongano l’immediata sospensione dei lavori e la messa in sicurezza del versante, mediante monitoraggi e consolidamenti preventivi.

      «La gravità della situazione di Cortina trova un parallelo in quanto accaduto a Livigno, dove la Procura di Sondrio ha disposto in questi giorni il sequestro del cantiere della nuova pista da sci destinata a ospitare gare di Coppa del Mondo, contestando carenze autorizzative e irregolarità nelle prescrizioni ambientali e di sicurezza», viene sottolineato. «Questo ulteriore intervento della magistratura conferma la necessità che tutte le opere connesse ai grandi eventi sportivi rispettino rigorosamente le normative vigenti, ponendo la tutela del territorio e della pubblica incolumità al di sopra di ogni interesse acceleratorio o commissariale».

      https://www.corrierealpi.it/speciali/olimpiadi-2026/squarcio-socrepes-esposto-procura-repubblica-residenti-lacedel-anttlvez

    • #Milano-Cortina, la Corte dei conti chiede chiarezza sulla legacy olimpica

      L’eredità dei Giochi è al centro della riflessione dei magistrati contabili, preoccupati del destino delle opere realizzate per le gare. Alcune molto impattanti come la pista da bob e la cabinovia #Apollonio-Socrepes. Chiesti a Simico e ministero delle Infrastrutture l’aggiornamento del cronoprogramma e il monitoraggio dell’avanzamento dei lavori.

      #Legacy: è così che chiamano servizi e opere che restano in eredità ai luoghi protagonisti di grandi manifestazioni, tutto ciò che in qualche modo «ripaga» un territorio dei disagi creati dalla realizzazione di un grande evento. Le Olimpiadi invernali di Milano-Cortina 2026 non fanno eccezione. Già dal dossier di candidatura, la promessa più ambiziosa è stata quella che riguardava l’Italia del post-Giochi, e le regioni che avrebbero dovuto godere di impianti e infrastrutture aspettate da tempo e finalmente costruite o ammodernate grazie ai fondi straordinari arrivati per la kermesse.

      A meno di 100 giorni dalla cerimonia di apertura, agli slogan entusiasti degli organizzatori che propongono una “eredità positiva costruita together”, si contrappongono le perplessità della Corte dei conti, che si sommano a quelle che in questi anni, a più riprese, espresse da comitati e associazioni locali. Nelle 180 pagine del documento, i magistrati ripercorrono processi decisionali e cronoprogrammi, ponendo la questione del futuro di impianti e infrastrutture, con il timore che diventino «cattedrali nel deserto» come accaduto in passato per eventi simili.

      L’illusione di una lunga eredità «sostenibile»

      Le dimensioni delle Olimpiadi del 2026 sono imponenti: protagoniste le regioni Veneto e Lombardia, le province autonome di Trento e Bolzano e i comuni di Milano e Cortina. Ai tavoli decisionali, presenti enti e associazioni come il Coni, il Comitato olimpico internazionale, Società infrastrutture Milano-Cortina 2026 (Simico) e Fondazione Milano-Cortina, create appositamente per l’evento. Perché gli sforzi economici e organizzativi non si esaurissero con l’evento, il dossier di candidatura prevedeva un Forum per la sostenibilità dell’eredità olimpica, che senza ulteriori oneri per lo Stato, avrebbe dovuto impegnarsi a “tutelare l’eredità olimpica e paralimpica e [a] promuovere iniziative utili a valutare l’utilizzo a lungo termine delle infrastrutture realizzate per i Giochi olimpici e paralimpici”. In altre parole, avrebbe dovuto garantire benefici sociali, economici e ambientali sul lungo periodo a cittadini e cittadine, operando a titolo gratuito.

      Nel suo documento la Corte dei Conti denuncia che “alla data di approvazione della presente relazione, il forum non risulta costituito”. Ad agosto, lavialibera aveva già scoperto e reso pubblico attraverso un accesso civico l’inesistenza del Forum e dei suoi referenti, che non sono mai stati designati. Per questo motivo, l’ente non figurava neppure nella prima e unica relazione del Consiglio olimpico congiunto, consegnata il 30 giugno scorso, al parlamento. Alcune delle funzioni del Forum sono diventate incarichi del Commissario straordinario per le Paralimpiadi, dotato di un budget di 328 milioni di euro.

      «Evitare cattedrali nel deserto»

      All’interno del documento della Corte dei Conti, vengono passati in rassegna 111 interventi, di cui 58 per eventi sportivi (con un budget iniziale di 818 milioni), e 53 infrastrutture, su cui era previsto un investimento di 2,8 miliardi di euro. Facendo riferimento agli importi previsti dai 10 decreti legge e dalle cinque leggi che si sono susseguite dal 2019 a oggi, il totale degli stanziamenti ammonta a 2.860 milioni di euro, di cui quasi la totalità coperti dal ministero delle Infrastrutture e 165 milioni dal bilancio della presidenza del Consiglio dei ministri.

      I soggetti attuatori, ossia gli enti pubblici o privati responsabili della realizzazione di un progetto o intervento finanziato, sono Simico e, dal 2024, anche Anas e Rete ferroviaria italiana (Rfi) per quanto riguarda le linee di collegamento stradali e ferroviarie.

      Negli anni, però, la realizzazione delle opere ha subito ritardi, per almeno due ordini di ragioni, entrambe riportate dalla relazione. La prima è la grande differenza tra i fondi stanziati a favore delle opere e quelli realmente pagati dal ministero guidato da Matteo Salvini ai soggetti attuatori – in particolare Simico –. Lo scarto va ricondotto alle fasi iniziali di lancio della società e ai ritardi nella progettazione, legati alla difficoltà di reperire figure tecniche idonee e di formare adeguatamente il personale della Società deputato a gestire i Giochi. La seconda riguarda la complessità ingegneristica di alcune strutture e infrastrutture. I magistrati fanno riferimento in particolare a due delle opere pubbliche più discusse: la cabinovia Apollonio-Socrepes e la pista da bob “Eugenio Monti”, entrambe nel comune di Cortina d’Ampezzo.
      La cabinovia Apollonio-Socrepes, si continua nonostante la frana

      La cabinovia Apollonio-Socrepes è uno dei lavori più contestati. La Corte dei Conti nella relazione ribadisce questioni oggetto di contese da anni. “Restano dubbi sulla fruibilità dell’impianto a fune di Socrepes, a Cortina – spiegano i magistrati –, per il quale, a seguito di rilevati problemi di ordine geologico, si è resa necessaria una variante su cui persiste una fase di incertezza”. L’ impianto a fune dovrebbe collegare il centro con la ski area delle Tofane, dove si svolgeranno le gare di sci alpino olimpico femminile e paralimpico, ma la sua realizzazione insiste su una frana che si muove dieci centimetri l’anno. Come abbiamo già raccontato nel numero “Giochi insostenibili”, l’opera faceva parte di un più ampio progetto di «partenariato pubblico privato per un nuovo sistema integrato di mobilità intermodale», che oltre alla cabinovia prevede un parcheggio interrato con vari servizi commerciali e un people mover, ovvero una navetta automatica per collegare i due versanti sciistici, #Tofane e #Faloria.

      Proprio per i problemi idrogeologici e paesaggistici, il progetto ha incontrato molte resistenze nel rilascio delle autorizzazioni. Per sbloccare la situazione e accelerare i tempi, il Consiglio dei ministri ha assegnato all’amministratore delegato di Simico Fabio Saldini i poteri di commissario straordinario e ciò ha permesso di indire la gara d’appalto a fine maggio per la realizzazione del solo impianto a fune «necessario per la gestione dei flussi di spettatori e atleti durante le gare dei Giochi olimpici e paralimpici invernali Milano-Cortina 2026», come specificato da Simico. Budget previsto: 22 milioni di euro. Alla scadenza del bando, nessuna dittà aveva manifestato interesse, motivo per cui il 23 luglio Saldini, senza pubblicazione di un’ulteriore gara, ha affidato i lavori direttamente a Graffer, una società che non ha mai costruito cabine e che ha dovuto rivolgersi al mercato internazionale per reperire i materiali.

      Oltre alle difficoltà tecniche (e di una ditta che si prendesse la responsabilità di un impianto con grossi problemi di stabilità), si sono aggiunti i ricorsi dei cittadini. Gli ultimi sono stati respinti dal Tar del Lazio a fine ottobre. Con due sentenze pubblicate il 6 novembre, il Tribunale amministrativo ha bocciato le richieste presentate da alcuni privati contro gli atti e i provvedimenti sulla valutazione di impatto ambientale e sulla fattibilità tecnica ed economica dell’opera. Così l’opera è andata avanti.

      I dubbi sulla sostenibilità della pista da #bob

      L’altra opera al centro di polemiche è la pista da bob, a cui la Corte dedica un intero paragrafo della relazione. Ripercorre la prima fase, in cui si prevedeva la riqualificazione dell’impianto esistente, e poi la seconda, ossia la scelta di demolirlo e ricostruirlo da zero. La Corta passa poi a esaminare le proiezioni di costi di gestione della struttura. Secondo il piano economico commissionato alla società di consulenza Kpmg dalla regione Veneto i costi di gestione della pista e i ricavi stimati prevedono una perdita costante di 648mila euro all’anno, che arriva a oltre 12 milioni di euro in vent’anni di presunta attività. Questo perché gli atleti sono pochi e le spese tante.

      Di fronte a questo quadro, i magistrati ribadiscono il rischio che la struttura sia difficile da mantenere dopo i Giochi e che per questo, “dovrà essere oggetto di attento monitoraggio economico”. Come? Intanto assicurandosi di alleggerire il carico dei costi di gestione per i soggetti pubblici proprietari degli impianti sportivi “realizzati a carico della fiscalità generale”, cioè pagati da soldi dei contribuenti, ipotizzando “forme di partenariato o contributive da parte di enti sportivi”. Insomma, la Corte suggerisce che attori privati condividano le spese di gestione dell’impianto nel dopo Olimpiadi. I motivi sono due: da una parte, massimizzare le ricadute positive sul territorio, dall’altra “evitare che, a Giochi finiti, le opere si traducano in cattedrali nel deserto come avvenuto nel passato o costosi impianti inutilizzati”.

      In conclusione, la Corte inserisce una postilla importante: chiede all’ente locale interessato, il comune di Cortina, di vigilare sulla destinazione di queste grandi opere. In altre parole, di evitare che la pista da bob, realizzata con soldi pubblici, venga in futuro ceduta ai privati, che ne traggano vantaggio «a discapito del patrimonio pubblico».
      Alcuni passi per Olimpiadi davvero sostenibili

      Per fare in modo che venga realizzata almeno una parte delle promesse del dossier di candidatura, la Corte formula cinque raccomandazioni.

      La prima è quella del monitoraggio, che deve avvenire in modo rigoroso, seguendo cronoprogrammi costantemente aggiornati e sotto il controllo da parte del ministero delle Infrastrutture. La seconda è il rispetto dei tempi e un coordinamento interistituzionale, senza ulteriore dilazioni. La terza, strettamente collegata alla seconda, prevede che Simico, Anas e Ferrovie siglino nuovi protocolli «chiari e tempestivi» e che siano «aggiornati e adeguati quelli esistenti». Delle ultime due raccomandazioni, una riguarda «la consegna parziale e provvisoria [delle opere per le gare] anche in assenza di completamento», e quindi la stipula di «idonee coperture assicurative». L’ultima, invece, riguarda la sostenibilità di tutti gli impianti dopo marzo 2026.

      Scrivono i magistrati che andrà garantita “la sostenibilità di lungo periodo degli investimenti effettuati: le infrastrutture realizzate dovranno essere adeguatamente manutenute e gli impianti sportivi dovranno trovare un utilizzo che ne copra in parte i costi di gestione”. Una visione sul lungo termine, per “assicurare che le infrastrutture essenziali (strade, ferrovie e impianti sportivi) siano pronte per l’appuntamento di Milano-Cortina 2026, consegnando al Paese un’eredità durevole e virtuosa”.

      https://lavialibera.it/it-schede-2488-legacy_olimpiadi_milano_cortina_corte_dei_conti_no_catted

      #JO #JO2026 #Italie #jeux_olympiques #Alpes #Cortina #Cortina_d'Ampezzo #cour_des_comptes #héritage

  • Les quatre parlementaires italiens libérés par Israël sont de retour à Rome : « Nous sommes inquiets pour ceux qui sont encore là-bas. »
    Rome , 3 octobre 2025
    https://www.agenzianova.com/fr/news/Les-quatre-parlementaires-italiens-lib%C3%A9r%C3%A9s-par-Isra%C3%ABl-sont-rentr%C3%A9s-%C3%A0-Rome—inquiets-de-savoir-qui-s%27y-trouve-encore./

    Les quatre parlementaires italiens de la flottille Global Sumud, détenus par Israël et libérés dans la nuit, ont atterri à l’aéroport de Rome Fiumicino. Ils sont sénateurs. Marco Croatti (Mouvement Cinq Étoiles), par le député européen Annalisa Corrado (Parti démocrate), du député Arthur Scotto (Pd) et le député européen Benedetta Scuderi (Alliance des Verts et de la Gauche). Les quatre parlementaires, partis de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, ont été interceptés à l’approche des côtes de la bande de Gaza et ont été pris en charge par l’ambassade d’Italie à Tel-Aviv à leur retour à Rome. (...)

    #Global_Sumud_Flottilla

  • #AI #Hallucination #Cases #Database – Damien Charlotin
    https://www.damiencharlotin.com/hallucinations

    This database tracks #legal decisions(1) in cases where #generative_AI produced hallucinated content – typically fake citations, but also other types of arguments. It does not track the (necessarily wider) universe of all fake citations or use of AI in court filings.

    (1) I.e., all documents where the use of AI, whether established or merely alleged, is addressed in more than a passing reference by the court or tribunal.

  • #Allemagne : les #refoulements de migrants à la frontière sont-ils légaux ?

    En Allemagne, le nouveau ministre de l’Intérieur a annoncé de possibles refoulement de demandeurs d’asile à la frontière allemande. Qui sera concerné par cette mesure ? Et cette politique est-elle vraiment légale ? InfoMigrants s’est entretenu avec deux avocats spécialisés dans les questions d’asile.

    Le nouveau ministre allemand de l’Intérieur, #Alexander_Dobrindt, a ordonné à la police fédérale de refouler les demandeurs d’asile à la frontière, à moins qu’ils ne soient considérés comme vulnérables.

    Nous avons interrogé deux experts juridiques sur la légalité de ce nouveau tour de vis migratoire. Matthias Lehnert est avocat spécialisé dans le droit d’asile à Leipzig, dans l’est de l’Allemagne. Engin Sanli est avocat spécialisé dans le droit d’asile et de l’immigration à Stuttgart, dans le sud du pays.

    InfoMigrants : Selon vous, qui sera le plus touché par cette nouvelle politique ?

    Matthias Lehnert : Tous ceux qui veulent entrer en Allemagne dans le but de demander l’asile peuvent être concernés. Les personnes vulnérables sont censées être exemptées des refoulements à la frontière, mais on ne sait pas encore exactement comment les personnes seront classées ou reconnues comme vulnérables par la police à la frontière. Ne seront pas seulement touchés des personnes possédant des passeports de pays que l’Allemagne considère comme « sûrs », mais aussi des personnes originaires d’autres pays. Le gouvernement a déjà admis que des #demandeurs_d'asile avaient été refoulés à la frontière.

    Engin Sanli : Je pense que les demandeurs d’asile originaires de pays considérés comme sûrs par le Parlement allemand seront les premiers concernés (l’Allemagne classe les pays suivants comme « sûrs » : les États membres de l’UE, l’#Albanie, la #Bosnie-Herzégovine, la #Géorgie, le #Ghana, le #Kosovo, la #Macédoine, le #Monténégro, la #Moldavie, le #Sénégal, la #Serbie, ndlr). La nouvelle politique est largement basée sur un paragraphe existant dans la loi allemande sur l’asile, à savoir le paragraphe 18. Il stipule que les demandeurs d’asile peuvent être refoulés à la frontière s’ils viennent d’un pays sûr ou si un autre pays est responsable de leur demande d’asile. Dans la pratique, il n’est généralement pas possible de vérifier à la frontière si un autre pays européen est responsable de la demande d’asile d’une personne, comme par exemple en vérifiant ses empreintes digitales dans une base de données de l’Union européenne, de sorte que les personnes seront probablement toujours conduites dans des centres d’accueil et non pas refoulées à la frontière.

    Engin Sanli : Non. Seules les personnes qui traversent la frontière pour demander l’asile sont concernées, pas celles qui sont déjà dans le pays.

    Matthias Lehnert : Une fois que quelqu’un est entré en Allemagne, une fois qu’il a passé un poste frontière, il reste autorisé à demander l’asile.

    Est-ce que tout le monde sera désormais arrêté à la frontière ?

    Engin Sanli : Non. La nouvelle politique peut théoriquement être appliquée partout le long de la frontière allemande, mais en pratique, la police se concentrera probablement sur les points de passage les plus fréquentés par les migrants. Le gouvernement allemand souhaite faire passer le nombre de policiers chargés des contrôles frontaliers de 10 000 à 14 000, ce qui n’est pas suffisant pour contrôler tous les points de passage aux frontières.

    Le ministre de l’Intérieur a déclaré que les demandeurs d’asile vulnérables sont censés être exemptés de cette politique. Il a cité les femmes enceintes et les enfants. Existe-t-il des critères juridiquement contraignants pour déterminer qui est vulnérable ?

    Matthias Lehnert : Une directive européenne sur l’asile liste différents types de groupes vulnérables, comme les femmes célibataires et enceintes, les mineurs, certaines familles avec des enfants en bas âge et les personnes souffrant de problèmes médicaux ou psychologiques. À mon avis, la police fédérale aux frontières n’est pas en mesure ou n’est pas qualifiée pour reconnaître si une personne est vulnérable ; elle n’a pas été formée et n’a aucune qualification pour cela. Parfois, il est évident qu’une personne soit vulnérable, par exemple lorsqu’une grossesse est à un stade très avancé ou s’il s’agit d’une femme seule avec trois enfants. Mais souvent, par exemple dans le cas des victimes de traumatismes, il est très difficile de reconnaître ces critères pour des personnes qui n’ont pas été formées et sans une évaluation adaptée.

    La légalité de cette politique suscite de nombreuses interrogations. Selon vous, est-il légal pour l’Allemagne de rejeter des demandeurs d’asile à la frontière ?

    Engin Sanli : Cela est autorisé en vertu du #droit allemand. Les demandeurs d’asile peuvent se voir refuser l’entrée sur le territoire s’ils viennent d’un autre État membre de l’UE ou d’un autre pays sûr, en vertu du paragraphe 18 de la loi sur l’asile et du paragraphe 16a de la Constitution. Mais en vertu du #droit_européen, et plus précisément du #règlement_Dublin III, le cas de chaque demandeur d’asile doit être examiné, y compris la question de savoir si un autre pays est responsable, avant que le demandeur d’asile ne soit renvoyé dans un autre pays.

    Enfin, la question se pose de savoir si l’Allemagne est autorisée à effectuer des contrôles frontaliers à long terme dans le cadre de l’accord de #libre_circulation de l’espace Schengen. L’extension continue des contrôles frontaliers pourrait également constituer une violation de l’#accord_de_Schengen.

    Matthias Lehnert : Je pense que cette politique n’est pas légale. Le gouvernement allemand a évoqué un article de la législation européenne qui permet de suspendre le règlement de Dublin en cas d’urgence. Mais nous ne sommes pas dans une situation d’#urgence. Si vous regardez les chiffres de l’asile, ils ont baissé, il n’y a pas d’afflux massif de migrants. Il est important de noter ici que le droit européen prime sur le #droit_allemand, c’est à dire que le droit européen est donc plus important que le droit allemand.

    Il existe également une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme qui stipule que tout demandeur d’asile a le droit de bénéficier d’une procédure d’asile appropriée, ce que, selon moi, la politique de refoulement à la frontière ne respecte pas.

    Les demandeurs d’asile ont-ils la possibilité de contester un refus à la frontière ?

    Engin Sanli : Si une personne se voit refuser l’entrée à la frontière allemande, elle peut légalement s’y opposer et contester la décision en intentant une action en justice. Les tribunaux allemands transmettent alors généralement l’affaire à la Cour européenne de justice.

    Vous attendez-vous à des actions en justice de la part d’organisations pro-réfugiés ?

    Engin Sanli : Ces organisations peuvent contester la politique de deux manières. La première consiste à engager une action en justice contre cette politique, en affirmant qu’elle est anticonstitutionnelle. Je pense qu’il est peu probable que cela se produise, car la Constitution allemande autorise le refoulement aux frontières, comme je l’ai mentionné.

    La deuxième option consisterait pour les organisations à soutenir légalement et financièrement les personnes dont la demande a été rejetée à la frontière afin qu’elles contestent ce refoulement devant les tribunaux. Je pense que cela se produira probablement, certaines organisations comme Amnesty International et ProAsyl ont déclaré qu’elles avaient l’intention de contester la politique de cette manière.

    Matthias Lehnert : Je m’attends à ce que cette politique soit contestée devant les tribunaux.

    Combien de temps prendront ces actions en justice ?

    Matthias Lehnert : Je m’attends à ce que les premières décisions soient rendues dans deux ou trois mois, mais il est difficile de le dire avec certitude. Mais je pense que la première décision interviendra bientôt.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64534/allemagne--les-refoulements-de-migrants-a-la-frontiere-sontils-legaux
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