• Les agences des Nations Unies saluent la relocalisation de 4 000 demandeurs d’asile et réfugiés vulnérables depuis la Grèce et encouragent la mise en place d’un mécanisme européen prévisible et systématique | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/les-agences-des-nations-unies-saluent-la-relocalisation-de-4-000-demandeurs-das
    https://www.iom.int/sites/default/files/styles/highlights/public/press_release/media/1-iom_greece_relocation_france_2021.jpg?itok=3SGv0A4z

    L’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, ont salué aujourd’hui (24 juin) la relocalisation de 43 demandeurs d’asile à bord de deux vols vers la France. Leur arrivée dans le cadre du programme de relocalisation de l’Union européenne (UE) géré par le gouvernement grec porte à plus de 4 000 le nombre total de personnes relocalisées depuis la Grèce vers d’autres pays européens.
    À ce jour, l’action collective entre la Grèce, les gouvernements européens, les Nations Unies, les agences de l’UE et les partenaires non gouvernementaux a permis de relocaliser 4 008 personnes - dont des enfants et des adultes vulnérables - depuis le début de l’initiative financée par l’UE en avril 2020. Parmi eux se trouvaient 1 628 réfugiés reconnus, 1 531 demandeurs d’asile et 849 enfants non accompagnés.
    Le programme de relocalisation a donné lieu à une coopération de haut niveau sur le terrain malgré les défis présentés par la COVID-19 et contribue à renforcer le système de protection de l’enfance en Grèce, en particulier pour les enfants non accompagnés. Les Nations Unies sont prêtes à soutenir davantage de relocalisations par le biais d’un processus systématique et normalisé pour ceux qui en ont besoin, notamment les enfants non accompagnés. Sous la direction du Ministère grec de la migration et de l’asile et par l’intermédiaire du Secrétaire spécial pour la protection des mineurs non accompagnés, les agences des Nations Unies, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) et le Service de l’asile grec ont coordonné un processus d’identification et de traitement des enfants afin de s’assurer que les relocalisations se font dans le meilleur intérêt de chaque enfant.
    Des équipes spécialisées de médecins, d’infirmiers, de travailleurs sociaux, d’assistants juridiques, de psychologues, d’accompagnateurs, d’interprètes et de représentants autorisés œuvrent sans relâche pour fournir des soins et une préparation aux individus les plus vulnérables qui sont relocalisés. Après l’incendie de septembre 2020 à Moria, ces équipes ont étendu la gestion du processus à l’île de Lesbos où les réfugiés reconnus ont été relocalisés directement depuis l’île en coordination avec le Secrétaire général de la politique migratoire de la Grèce.
    «  Les États européens font preuve d’une solidarité vitale avec les communautés de Grèce en relocalisant les réfugiés et les demandeurs d’asile vulnérables, et ces efforts doivent devenir la norme et être étendus  », a déclaré Mireille Girard, représentante du HCR en Grèce. «  La relocalisation montre que pour aider les pays côtiers à gérer les arrivées, une approche multilatérale est nécessaire - ce n’est qu’en travaillant ensemble et en partageant la responsabilité que nous pouvons relever les défis communs et garantir des solutions pour les réfugiés et les demandeurs d’asile les plus vulnérables.  »

    #Covid-19#migrant#migration#grece#OIM#HCR#sante#santementale#droit#relocalisation#camp#grece#moria#lesbos#refugie#protection#enfant

  • Ce soir je ne jouerai pas Antigone de #Roger_Lombardot par Coralie Russier
    https://www.youtube.com/watch?v=0j853n8mubo


    #théâtre #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #migrations #asile #réfugiés #frontières

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    Ce soir je ne jouerai pas Antigone

    Ce soir je ne jouerai pas Antigone… Ce sont les premiers mots que la comédienne adresse au public, l’invitant respectueusement à quitter la salle. Ce soir, elle ne peut tenir son rôle, elle n’en a pas la force. Elle vient d’être frappée par une #tragédie : son frère s’est noyé en portant secours à des migrants échoués sur les côtes de l’île grecque de #Lesbos. Son corps n’a pas été retrouvé. Elle évoque Polynice, le frère d’Antigone. De même que le personnage de Sophocle, son frère à elle n’aura pas de sépulture. Insensiblement, elle se met à raconter l’histoire du défunt : sa fiancée tuée lors d’un attentat, l’abandon de ses études pour se mettre au service des plus fragiles… les témoignages qu’il a recueillis à propos des violences faites aux femmes, aux enfants, dans les zones de conflits et ailleurs… son indignation face à l’indifférence, au rejet de l’autre… sa révolte à l’égard de nombreux responsables qu’il accuse de lâcheté. Et puis, à la suite, elle nous délivre sa propre parole. Une parole de femme… libre, forte, déterminée… Elle ne joue pas Antigone, elle est Antigone.


    https://www.leslibraires.fr/livre/15477153-ce-soir-je-ne-jouerai-pas-antigone-roger-lombardot-le-solitair

    #naufrage #noyade

  • « Cette vaccination était attendue depuis longtemps » : dans les îles grecques, les premiers migrants reçoivent le vaccin anti-Covid - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32694/cette-vaccination-etait-attendue-depuis-longtemps-dans-les-iles-grecqu

    « Cette vaccination était attendue depuis longtemps » : dans les îles grecques, les premiers migrants reçoivent le vaccin anti-Covid
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 03/06/2021
    La campagne de vaccination contre le coronavirus débute ce jeudi dans les îles grecques de Samos, Lesbos et Chios. Les migrants pourront bénéficier d’une seule injection grâce au vaccin Johnson & Johnson. Seuls 15 % de la population migrante souhaitent, pour l’heure se faire vacciner. La faute à un manque de communication de la part des autorités grecques, déplore MSF.
    La campagne de vaccination contre le Covid-19 a commencé jeudi 3 juin dans les camps de migrants des îles grecques de Lesbos, Samos et Chios, en face de la Turquie, a annoncé mercredi 2 juin le responsable du ministère des Migrations, Manos Logothetis.Les premières vaccinations se feront dans le camp de Mavrovouni, aussi appelé Moria 2.0, sur l’île de Lesbos, dans le camp de Vial, à Chios, et dans le camp de Vathy, à Samos. C’est Eody, la structure grecque de santé publique (dépendante du ministère de la Santé) qui sera en charge de la campagne. « Il devrait y avoir 50 vaccinations par jour, chaque jeudi et vendredi », détaille Dora Vangi, chargée de communication pour Médecins sans frontières (MSF) en Grèce. « La vaccination s’étalera sur plusieurs semaines jusqu’à ce que tout le monde soit vacciné. »"La vaccination se réalisera avec le sérum de Johnson & Johnson avec un personnel spécialement envoyé d’Athènes", a également précisé Manos Logothetis dans une interview accordée à l’agence de presse grecque ANA."Le choix de Johnson & Johnson est judicieux. C’est un vaccin qui ne nécessite qu’une seule dose, c’est un bon choix pour une population qui est souvent sur la route, qui se déplace beaucoup", a ajouté Dora Vangi de MSF.Selon Manos Logothetis, seuls 15 % des demandeurs d’asile se sont portés volontaires pour se faire vacciner. « Si on estime que 30 % des migrants ont moins de 18 ans et que 30 % encore a déjà été malade, la route vers l’immunité des demandeurs d’asile en vaccinant tous ceux qui ont besoin de se faire vacciner sera courte et nous réussirons », a cependant tenu à rassurer Manos Logothetis.Selon Stephan Oberreit, chef de mission pour MSF actuellement à Lesbos, la réticence de la population réfugiée à se faire vacciner s’explique par un manque de communication en amont. « Cette vaccination était attendue depuis longtemps [...] Mais le gouvernement n’a pas suffisamment informé sur les enjeux et sur l’importance du vaccin. Que ce soit pour le Covid ou la rougeole, il faut, dans toute campagne de vaccination, faire un travail de promotion de santé. Et ce travail là n’a pas été suffisamment fait. Ce qui pourrait expliqué qu’il y ait si peu de volontaires », dit-il à InfoMigrants.
    Les conditions de vie et le manque d’hygiène dans les structures où les exilés doivent séjourner le temps que leur demande d’asile soit étudiée continuent d’être régulièrement décriés par les défenseurs des droits humains.Au mois de mai, des migrants avaient refusé de se faire vacciner pour protester contre leurs conditions de vie alors qu’une trentaine de personnes avaient été testées positives au Covid dans le camp de Mavrovouni, à Lesbos.Mais tout au long de la pandémie causée par le coronavirus, ce sont surtout les restrictions dans les déplacements et l’enfermement des demandeurs d’asile qui ont été dénoncés par les ONG.
    Alors que la population grecque a été déconfinée à plusieurs reprises depuis mars 2019, les migrants ne l’ont jamais été vraiment. Ils ne sont autorisés qu’à sortir au compte-gouttes, quelques heures par semaine et après avoir obtenu le feu vert de la direction du camp.L’accès aux humanitaires dans les camps et la scolarisation des enfants réfugiés ont aussi été rendus difficiles dans ce contexte.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#camp#vaccination#inclusion#enfermement#restrictionsanitaire#MSF#demandeurdasile#sante#samos#lesbos#chios

  • Greece, ABR: The Greek government are building walls around the five mainland refugee camps

    The Greek government are building walls around the five mainland refugee camps, #Ritsona, #Polykastro, #Diavata, #Makakasa and #Nea_Kavala. Why this is necessary, and for what purpose, when the camps already are fenced in with barbed wire fences, is difficult to understand.
    “Closed controlled camps" ensuring that asylum seekers are cut off from the outside communities and services. A very dark period in Greece and in EU refugee Policy.
    Three meter high concrete walls, outside the already existing barbed wire fences, would makes this no different than a prison. Who are they claiming to protect with these extreme measures, refugees living inside from Greek right wing extremists, or people living outside from these “dangerous” men, women and children? We must remember that this is supposed to be a refugee camps, not high security prisons.
    EU agreed on financing these camps, on the condition that they should be open facilities, same goes for the new camps that are being constructed on the island. In reality people will be locked up in these prisons most of the day, only allowed to go out on specific times, under strict control, between 07.00-19.00. Remember that we are talking about families with children, and not criminals, so why are they being treated as such?
    While Greece are opening up, welcoming tourists from all over the world, they are locking up men, women and children seeking safety in Europe, in prisons behind barbed wire fences and concrete walls, out of sight, out of mind. When these new camps on the islands, financed by Europe are finished, they will also be fenced in by high concrete walls. Mark my words: nothing good will come of this!
    “From Malakasa, Nea Kavala, Polycastro and Diavata camps to the world!!
    “if you have find us silent against the walls,it doesn’t mean that we agree to live like prisoners,but in fact we are all afraid to be threaten,if we speak out and raise our voices!!”

    (https://twitter.com/parwana_amiri/status/1395593312460025858)

    https://www.facebook.com/AegeanBoatReport/posts/1088971624959274

    #murs #asile #migrations #réfugiés #camps_de_réfugiés #Grèce #camps_fermés #barbelés

    • "Ø double military-grade walls
      Ø restricted entrance and exit times (8am-8pm: itself a questionable suggestion: why should people be banned from going outside at any time of day or night? Under what possible justification?)
      Ø a CCTV system and video monitors
      Ø drone flights over the ‘camps’
      Ø camera-monitored perimeter alarms
      Ø control gates with metal detectors and x-ray devices
      Ø a system to broadcast announcements from loudspeakers
      Ø a control centre for the camps at the ministry’s HQ
      And this will be paid for – a total bill of €33m – by the EU.
      As this cash is on top of the €250m the EU has already promised to build these camps – described, we must stress, as ‘closed’ repeatedly in the Greek governments’ ‘deliverability document’ even though the EU, and specifically its Commissioner for Home Affairs Ylva Johansson who confirmed the €250m payment on her visit to the Aegean islands in March this year, promised the EU would not fund closed camps - it is absolutely vital that the Union is not misled into handing over millions of Euros for a programme designed to break international law and strip men, women and children of their fundamental human rights and protections.
      We must stress: these men, women and children have committed no crime. Even if they were suspected of having done so, they would be entitled to a trial before a jury before having their freedom taken away from them for – based on the current advised waiting period for asylum cases to be processed in Greece – up to five years.»

      ( text by Koraki : https://www.facebook.com/koraki.org)
      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223644448395917


      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223644448395917

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      source : https://www.facebook.com/yorgos.konstantinou/posts/10223657767448885

      #caricature #dessin_de_presse by #Yorgos_Konstantinou

    • Pétition:

      EU: Build Schools, Not Walls

      We strongly stand against allocating European funds to build walls around Greek refugee camps.

      The ongoing fencing work at the Ritsona, Polykastro, Diavata, Malakasa and Nea Kavala camps must stop immediately.

      Greece, with the full support of the European Union, is turning refugee camps into de-facto prisons.

      Millions of euros allocated for building walls should be spent on education, psychological support and the improvement of hygienic conditions in the refugee camps.

      What happened?

      In January and February 2021, the International Organization for Migration (IOM) published two invitations to bid for the construction of fences in refugee camps in mainland Greece.

      However, the fences became concrete walls. In March the Greek Ministry of Migration and Asylum commissioned to build NATO type fences and introduce additional security measures.

      Nobody - including camp residents - was informed about it.

      The walls are a jeopardy for integration, safety and mental health

      Residents of refugee camps fled their country in search for safety. In Europe their (mental) health is worsening because of the horrific conditions in the camps.

      Building the walls after a year of strict lockdown will lead to a further deterioration in their mental state.

      Moreover, it will:
      – deepen divisions between people: it will make the interaction between refugees and the local community even more difficult, if not impossible.
      – make it even harder for journalists and NGO’s to monitor the situation in the camp
      – put the residents of the camps in danger in case of fire.

      As EU citizens we cannot allow that innocent people are being locked behind the walls, in the middle of nowhere. Being a refugee is not a crime.

      Seeking asylum is a human right.

      Democracy and freedom cannot be built with concrete walls.

      Building walls was always the beginning of dark periods in history.

      Crushing walls - is the source of hope, reconciliation and (what is a foundation of European idea) solidarity.

      No more walls in the EU!

      https://secure.avaaz.org/community_petitions/en/notis_mitarachi_the_minister_of_migration_of_greec_eu_build_schools_no

    • La Grèce construit des camps barricadés pour isoler les réfugiés

      L’Union européenne a investi cette année 276 millions d’euros pour la construction de camps de réfugiés sur cinq îles grecques. À #Leros, où un camp de 1 800 places ouvrira bientôt, habitants et ONG s’indignent contre cet édifice barricadé. Le gouvernement assume.

      L’Union européenne a investi cette année 276 millions d’euros pour la construction de camps de réfugiés sur cinq îles grecques. À Leros, où un camp de 1 800 places ouvrira bientôt, habitants et ONG s’indignent contre cet édifice barricadé. Le gouvernement assume.

      Le champ de #conteneurs blancs s’étale sur 63 000 mètres carrés sur une colline inhabitée. Depuis les bateaux de plaisance qui pénètrent dans la baie de Lakki, dans le sud de Leros, on ne voit qu’eux. Ils forment le tout nouveau camp de réfugiés de 1 860 places, interdit d’accès au public, qui doit ouvrir ses portes d’ici à la rentrée sur cette île grecque de 8 000 habitants, qui compte aujourd’hui 75 demandeurs d’asile.

      « Il sera doté de mini-supermarchés, restaurants, laveries, écoles, distributeurs d’argent, terrains de basket », détaille #Filio_Kyprizoglou, sa future directrice. Soit un « village, avec tous les services compris pour les demandeurs d’asile ! », s’emballe-t-elle.

      Mais le « village » sera cerné de hauts murs, puis d’une route périphérique destinée aux patrouilles de police, elle aussi entourée d’un mur surplombé de #barbelés. Depuis sa taverne sur le port de Lakki, Theodoros Kosmopoulou observe avec amertume cette « #nouvelle_prison », dont la construction a démarré en février, sur des terres appartenant à l’État grec.

      Ce nouveau centre barricadé est l’un des cinq camps de réfugiés grecs en construction sur les îles à proximité de la Turquie et ayant connu des arrivées ces dernières années. Ces structures sont financées à hauteur de 276 millions d’euros par l’Union européenne (UE). Si celui de Leros est bien visible dans la baie de Lakki, les centres qui s’élèveront à #Kos, #Samos, #Chios et #Lesbos seront, eux, souvent isolés des villes.

      Ces camps dits éphémères pourront héberger au total 15 000 demandeurs d’asile ou des personnes déboutées. Ils seront tous opérationnels à la fin de l’année, espère la Commission européenne. Celui de Samos, 3 600 places, sera ouvert cet été, suivi de Kos, 2 000 places, et Leros. L’appel d’offres pour la construction des camps de Chios (de 1 800 à 3 000 places) et Lesbos (5 000 places) a été publié en mai.

      Si l’Europe les qualifie de « #centres_de_premier_accueil_multifonctionnels », le ministère grec de l’immigration parle, lui, de « #structures_contrôlées_fermées ». Elles doivent remplacer les anciens camps dits « #hotspots », déjà présents sur ces îles, qui abritent maintenant 9 000 migrants. Souvent surpeuplés depuis leur création en 2016, ils sont décriés pour leurs conditions de vie indignes. Le traitement des demandes d’asile peut y prendre des mois.

      Des compagnies privées pour gérer les camps ?

      Dans ces nouveaux camps, les réfugiés auront une réponse à leur demande dans les cinq jours, assure le ministère grec de l’immigration. Les personnes déboutées seront détenues dans des parties fermées – seulement les hommes seuls - dans l’attente de leur renvoi.

      Un membre d’une organisation d’aide internationale, qui s’exprime anonymement, craint que les procédures de demande d’asile ne soient « expédiées plus rapidement et qu’il y ait plus de rejets ». « Le gouvernement de droite est de plus en plus dur avec les réfugiés », estime-t-il. Athènes, qui compte aujourd’hui quelque 100 000 demandeurs d’asile (chiffre de mai 2021 donné par l’UNHCR), a en effet durci sa politique migratoire durant la pandémie.

      La Grèce vient aussi d’élargir la liste des nationalités pouvant être renvoyées vers le pays voisin. La Turquie est désormais considérée comme un « pays sûr » pour les Syriens, Bangladais, Afghans, Somaliens et Pakistanais.

      (—> voir https://seenthis.net/messages/919682)

      Pour la mise en œuvre de cette #procédure_d’asile, le gouvernement compte sur l’organisation et surtout la #surveillance de ces camps, au regard des plans détaillés que Manos Logothetis, secrétaire général du ministère de l’immigration, déplie fièrement dans son bureau d’Athènes. Chaque centre, cerné de murs, sera divisé en #zones compartimentées pour les mineurs non accompagnés, les familles, etc. Les demandeurs d’asile ne pourront circuler entre ces #espaces_séparés qu’avec une #carte_magnétique « d’identité ».

      "Je doute qu’une organisation de défense des droits humains ou de la société civile soit autorisée à témoigner de ce qui se passe dans ce nouveau camp." (Catharina Kahane, cofondatrice de l’ONG autrichienne Echo100Plus)

      Celle-ci leur permettra également de sortir du camp, en journée uniquement, avertit Manos Logothetis : « S’ils reviennent après la tombée de la #nuit, les réfugiés resteront à l’extérieur jusqu’au lendemain, dans un lieu prévu à cet effet. Ils devront justifier leur retard auprès des autorités du centre. » Les « autorités » présentes à l’ouverture seront l’#UNHCR, les services de santé et de l’asile grec, #Europol, l’#OIM, #Frontex et quelques ONG « bienvenues », affirme le secrétaire général - ce que réfutent les ONG, visiblement sous pression.

      Le gouvernement souhaite néanmoins un changement dans la gestion des camps. « Dans d’autres États, cette fonction est à la charge de compagnies privées […]. Nous y songeons aussi. Dans certains camps grecs, tout a été sous le contrôle de l’OIM et de l’UNHCR […], critique Manos Logothetis. Nous pensons qu’il est temps qu’elles fassent un pas en arrière. Nous devrions diriger ces camps via une compagnie privée, sous l’égide du gouvernement. »

      « Qui va venir dans ces centres ? »

      À Leros, à des centaines de kilomètres au nord-ouest d’Athènes, ces propos inquiètent. « Je doute qu’une organisation de défense des droits humains ou de la société civile soit autorisée à témoigner de ce qui se passe dans ce nouveau camp, dit Catharina Kahane, cofondatrice de l’ONG autrichienne Echo100Plus. Nous n’avons jamais été invités à le visiter. Toutes les ONG enregistrées auprès du gouvernement précédent [de la gauche Syriza jusqu’en 2019 – ndlr] ont dû s’inscrire à nouveau auprès de la nouvelle administration [il y a deux ans - ndlr]. Très peu d’organisations ont réussi, beaucoup ont été rejetées. »

      La municipalité de Leros s’interroge, pour sa part, sur la finalité de ce camp. #Michael_Kolias, maire sans étiquette de l’île, ne croit pas à son caractère « éphémère » vendu aux insulaires. « Les autorités détruisent la nature pour le construire ! », argumente celui-ci. La municipalité a déposé un recours auprès du Conseil d’État pour empêcher son ouverture.

      Ce camp aux allures de centre de détention ravive également de douloureux souvenirs pour les riverains. Leros porte, en effet, le surnom de l’île des damnés. La profonde baie de Lakki a longtemps caché ceux que la Grèce ne voulait pas voir. Sous la junte (1967-1974), ses bâtiments d’architecture italienne sont devenus des prisons pour des milliers de communistes. D’autres édifices néoclassiques ont également été transformés en hôpital psychiatrique, critiqué pour ses mauvais traitements jusque dans les années 1980.

      C’est d’ailleurs dans l’enceinte même de l’hôpital psychiatrique, qui compte toujours quelques patients, qu’a été construit un premier « hotspot » de réfugiés de 860 places, en 2016. Aujourd’hui, 75 demandeurs d’asile syriens et irakiens y sont parqués. Ils s’expriment peu, sous la surveillance permanente des policiers.

      Il n’y a presque plus d’arrivées de migrants de la Turquie depuis deux ans. « Mais qui va donc venir occuper les 1 800 places du nouveau camp ?, interpelle le maire de Leros. Est-ce que les personnes dublinées rejetées d’autres pays de l’UE vont être placées ici ? » Le ministère de l’immigration assure que le nouveau camp n’abritera que les primo-arrivants des côtes turques. Il n’y aura aucun transfert d’une autre région ou pays dans ces centres des îles, dit-il.

      La Turquie, voisin « ennemi »

      Le gouvernement maintient que la capacité importante de ces nouveaux camps se justifie par la « #menace_permanente » d’arrivées massives de migrants de la #Turquie, voisin « ennemi », comme le souligne le secrétaire général Manos Logothetis. « En Grèce, nous avons souffert, elle nous a attaqués en mars 2020 ! », lâche le responsable, en référence à l’annonce de l’ouverture de la frontière gréco-turque par le président turc Erdogan, qui avait alors entraîné l’arrivée de milliers de demandeurs d’asile aux portes de la Grèce.

      Selon l’accord controversé UE-Turquie de 2016, Ankara doit, en échange de 6 milliards d’euros, réintégrer les déboutés de l’asile - pour lesquels la Turquie est jugée « pays sûr »- et empêcher les départs de migrants de ses côtes. « Elle ne collabore pas […]. Il faut utiliser tous les moyens possibles et légaux pour protéger le territoire national ! »,avance Manos Logothetis.

      Pour le gouvernement, cela passe apparemment par la #fortification de sa frontière en vue de dissuader la venue de migrants, notamment dans le nord-est du pays. Deux canons sonores viennent d’être installés sur un nouveau mur en acier, le long de cette lisière terrestre gréco-turque.

      De l’autre côté de cette barrière, la Turquie, qui compte près de quatre millions de réfugiés, n’accepte plus de retours de migrants de Grèce depuis le début de la pandémie. Elle aura « l’obligation de les reprendre », répète fermement Manos Logothetis. Auquel cas de nombreux réfugiés déboutés pourraient rester longtemps prisonniers des nouveaux « villages » de l’UE.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/240621/la-grece-construit-des-camps-barricades-pour-isoler-les-refugies
      #business #HCR #privatisation

    • Grèce : sur l’île de Samos, les migrants découvrent leur nouveau centre aux allures de « prison »

      Sur l’île grecque de Samos, proche de la Turquie, un nouveau camp de réfugiés dit « fermé », isolé et doté d’une structure ultra-sécuritaire vient d’entrer en service. Les quelque 500 demandeurs d’asile qui se trouvaient encore dans l’ancien camp de Vathy ont commencé à y être transférés. Reportage.

      « Camp fermé ? On ne sait pas ce que c’est un camp fermé. C’est une prison ou bien c’est pour les immigrés ? Parce qu’on m’a dit que c’était conçu comme une prison. » Comme ce jeune Malien, assis à côté de ses sacs, les demandeurs d’asile s’interrogent et s’inquiètent, eux qui s’apprêtent à quitter le camp de Vathy et ses airs de bidonville pour le nouveau camp de l’île de Samos et sa réputation de prison.

      Au Cameroun, Paulette tenait un commerce de pièces détachées qui l’amenait à voyager à Dubaï voire en Chine. Ce nouveau camp, elle s’y résigne à contrecœur. « Ça me fend le cœur, dit-elle. Moi je n’ai pas le choix. Si j’avais le choix, je ne pourrais pas accepter d’aller là-bas. C’est parce que je n’ai pas le choix, je suis obligée de partir. »

      Comme elle s’est sentie obligée aussi de quitter le Cameroun. « À Buea, il y a la guerre, la guerre politique, on tue les gens, on kidnappe les gens. Moi, j’ai perdu ma mère, j’ai perdu mon père, j’ai perdu mon enfant, j’ai perdu ma petite sœur, mon grand frère… Donc je me suis retrouvée seule. Et moi je ne savais pas. S’il fallait le refaire, moi je préfèrerais mourir dans mon pays que de venir ici. Oui. Parce que ces gens-ci, ils n’ont pas de cœur. »

      Alors que les transferts entre les deux camps démarrent tout juste, la pelleteuse est déjà prête. La destruction de l’ancien camp de Vathy est prévue pour la fin de semaine.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/35176/grece--sur-lile-de-samos-les-migrants-decouvrent-leur-nouveau-centre-a

    • Grèce : ouverture de deux nouveaux camps fermés pour migrants

      La Grèce a ouvert samedi deux nouveaux camps fermés pour demandeurs d’asile dans les îles de #Leros et de #Kos, un modèle critiqué par des défenseurs des droits humains pour les contrôle stricts qui y sont imposés.

      La Grèce a ouvert samedi deux nouveaux camps fermés pour demandeurs d’asile dans les îles de Leros et de Kos, un modèle critiqué par des défenseurs des droits humains pour les contrôle stricts qui y sont imposés.

      « Une nouvelle ère commence », a déclaré le ministre des Migrations Notis Mitarachi en annonçant l’ouverture de ces deux nouveaux camps.

      Les nouveaux camps sécurisés, entourés de barbelés, pourvus de caméras de surveillance et de portails magnétiques où les demandeurs d’asile doivent présenter des badges électroniques et leurs empreintes digitales pour pouvoir entrer, sont fermés la nuit.

      Les demandeurs d’asile peuvent sortir dans la journée mais doivent impérativement rentrer le soir.

      Ces nouvelles installations que la Grèce s’est engagée à mettre en place grâce des fonds de l’Union européennes, sont appelées à remplacer les anciens camps sordides où s’entassaient des milliers de migrants dans des conditions insalubres.

      « Nous libérons nos îles du problème des migrants et de ses conséquences », a ajouté le ministre. « Les images des années 2015-2019 appartiennent désormais au passé ».

      Le premier camp sécurisé de ce type a été ouvert en septembre sur l’île de Samos, après le démantèlement du vieux camp, véritable bidonville, qui avait abrité près de 7.000 demandeurs d’asile au plus fort de la crise migratoire entre 2015 et 1016.

      La Grèce avait été la principale porte d’entrée par laquelle plus d’un million de demandeurs d’asile, principalement des Syriens, des Irakiens et des Afghans, étaient arrivés en Europe en 2015.

      Le situation en Afghanistan a fait redouter l’arrivée d’une nouvelle vague de migrants.

      Les nouveaux camps à accès contrôlé sont dotés de commodités comme l’eau courante, les toilettes et de meilleures conditions de sécurité qui étaient absentes dans les anciens camps.

      La Grèce a prévu d’ouvrir deux autres nouveaux camps sécurisés sur les îles de Lesbos et de Chios.

      La contribution de l’UE pour la mise en place de ces nouvelles installations s’élève à 276 millions d’euros (326 millions de dollars).

      Des ONG se sont toutefois inquiétées de l’isolement des personnes qui y sont hebergées, estimant que leur liberté de mouvement ne devrait pas être soumise à des restrictions aussi sévères.

      Selon des estimations de l’ONU, quelque 96.000 réfugiés et demandeurs d’asile se trouvent sur le territoire grec.

      https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/271121/grece-ouverture-de-deux-nouveaux-camps-fermes-pour-migrants

  • Trial report - Lesbos: Mohamad H. sentenced to 146 years in prison

    On Thursday, 13th May 2021, refugee Mohamad H. was sentenced to 146 years in prison in the court of Mytilene, Lesbos. The sentence was passed despite the passengers of the boat testiyfing that they owe their lives to the actions of Mohamad. The lawyers will file an appeal.

    “Why you did not come to Greece with a ferry or by buying a ticket?” - This one single question posed by the judge to Mohamad captures in a shocking way the absurdiy, the cruel cynism and the complete lack of contact with reality that the arrests and subsequent trials of refugees as “smugglers” in Greece but also everywhere else are based on.

    On Thursday, 13th May 2021, the trial of 27-year-old refugee Mohamad H. took place in Mytilene, Lesbos. As previously reported, Mohamad H. was arrested upon arrival for being the “boat driver” of the boat in which he and 33 other passengers tried to reach Greece, and consequently charged with the “transportation of third-country nationals without permission to enter into Greek territory” (smuggling) with the aggravating circumstances of endangering the life of 31 people and causing the death of two. He had tried to save everyone’s life during a shipwreck by somehow steering the boat safely ashore, being a refugee himself with no experience in seafaring. Unfortunately, the boat capsized and two women died (https://www.borderline-europe.de/unsere-arbeit/lesbos-gefl%C3%BCchtetem-droht-zweimal-lebensl%C3%A4nglich-haft-na).

    At the trial, eight people who were in the same boat with Mohamad H. appeared in court in order to defend him. Two of them were accepted as witnesses and to testify before the court. They stated that Mohamad was one of them who just tried to save everyone’s life, that the smuggler was a Turkish man who abandoned them in the sea and that the shipwreck was caused by the actions of the smuggler and the Turkish Coast Guard that did not save them even though they called for help.

    However, the judge insisted on the fact that in the preliminary hearing two witnesses pointed to the defendant as the “driver” although the defense stressed that during the preliminary hearing the interpretation was problematic, as it was in English and not in Somali, as well as the fact that they did not point out the defendant as the smuggler but as the person who drove the boat in a situation of distress.

    Also Mohamad H. repeated once more that he was a refugee himself and not the smuggler. He explained that he neither knew how to drive a boat nor did he want to and that he only took the wheel in order to save his co-passengers from drowning. He did this without knowing that simply steering a wheel is considered a crime under Greek law.

    To this, the judge responded by asking: “How is it possible you did not know that what you were doing was illegal? Then why you did not come to Greece with a ferry or by buying a ticket?”

    In light of the fact that there are no safe and legal pathways to enter Europe and claim asylum, this question is not just grotesque and completely out of touch with reality, but cynical and cruel. It is the European policy of deterrence and closed borders that forces people onto makeshift boats and perilous journeys and to risk their lives and the lives of their families. Maybe someone should explain to this court how the European ayslum system works before they sentence a refugee to 146 years because he “did not just take the ferry or buy a ticket”.

    The prosecutor’s suggestion on the guilt of the defendant was for him to be found guilty only for the crime of article 30-par.1 point a. (law 4251/2014): “transportation of third-country nationals without permission to enter into Greek territory”. Nevertheless, the judges insisted on the initial accusation of being also guilty of the aggravating circumstances (points c and d of article 30), meaning “endangering people’s lives” and “causing the death of passengers”. They accepted the mitigating circumstance of “prior lawful life” resulting into avoiding the life sentences as well as the money penalty. In more detail, they imposed 15 years incarceration for each deceased person (2 women) and 8 years for each transported person (31 people). Following a procedure called “merging of sentences” in Greek law, this resulted in a final sentence of 146 years.

    The defense, the lawyers Dimitris Choulis and Alexandros Georgoulis, will file an appeal against the decision.

    https://www.borderline-europe.de/unsere-arbeit/lesbos-mohamad-h-zu-146-jahren-haft-verurteilt?l=en
    #passeurs #asile #migrations #réfugiés #frontières #Grèce #criminalisation #justice (well...) #Lesbos #Mer_Egée #absurdité #cynisme #scafista #scafisti #procès

  • Dans le camp de Lesbos, une trentaine de migrants testés positifs au Covid - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32116/dans-le-camp-de-lesbos-une-trentaine-de-migrants-testes-positifs-au-co

    Une trentaine de migrants vivant dans le camp de Mavrovouni, sur l’île de Lesbos, ont été testés positifs au Covid ont annoncé les autorités grecques. Une campagne de vaccination a débuté dans le camp mais beaucoup refusent de se faire vacciner pour protester contre leur conditions de vie désastreuses.C’est la hantise des migrants coincés dans l’enfer de Lesbos. En plus de leurs conditions de vie déjà très précaires, les quelque 6 000 exilés du camp de Mavrovouni, situé sur l’île grecque, doivent faire face à une vague de coronavirus.Une trentaine de personnes ont été testées positives au Covid-19 ces derniers jours, ont indiqué les autorités sanitaires. Ainsi, une centaine d’exilés, y compris les familles de personnes infectées, « ont été placées en quarantaine » dans une partie du camp.
    Depuis l’apparition de la pandémie en mars 2020, le camp de Lesbos a été plutôt épargné par le Covid-19. Quelques cas ont bien été signalés mais le virus ne s’est jamais réellement propagé dans le camp. Il faut dire que les migrants retenus dans les camps grecs sont soumis à des restrictions sévères : ils ne sont autorisés à en sortir que pour un temps limité. De plus, les structures sont pour la plupart situées loin des zones habitables, ce qui rend difficile l’accès à la population et aux commerces.
    En outre, si la pandémie inquiète les exilés, ce n’est pas leur préoccupation principale. La majorité survit dans des conditions déplorables : vivant sous des grandes tentes, ils sont constamment en proie aux intempéries et à l’absence d’électricité. Les migrants se plaignent aussi de ne pas manger à leur faim et affirment avoir des difficultés dans l’accès à l’hygiène tant les sanitaires sont sommaires. Enfin, les retards dans le traitement de leur dossier d’asile rendent leur avenir incertain et créent un sentiment de crispation, voire de dépression.C’est pourquoi, même si une campagne de vaccination a débuté ces dernières semaines à Lesbos, beaucoup refusent de se faire vacciner, principalement des Africains, en signe de protestation contre leurs conditions de vie.Construit à la hâte en septembre 2020 après l’incendie du camp de Moria, celui de Mavrovouni est censé être provisoire. Un nouveau camp, fermé et sécurisé à l’aide notamment de portiques, doit à terme le remplacer, à une date encore indéterminée. Sa construction a pris du retard, selon le gouvernement grec, en raison des protestations de certains habitants ou autorités locales se disant lassés de la présence de migrants sur leur île.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#lesbos#mavrovouni#camp#refugie#sante#contamination#vulneralibilte#santementale#depression#hygiene#vaccination

  • L’UE alloue 276 millions d’euros à la Grèce et appelle la Turquie à reprendre les migrants déboutés

    La commissaire européenne Ylva Johansson a appelé lundi, de l’île grecque de #Lesbos, la « Turquie à réadmettre d’urgence les migrants » renvoyés de Grèce, assurant par ailleurs que l’Union européenne allait allouer 276 millions d’euros à la construction de nouveaux camps d’accueil en #mer_Egée.

    La commissaire européenne aux Affaires intérieures chargée des migrations s’est rendue sur place pour pousser le gouvernement grec à agir plus rapidement en vue de l’ouverture avant l’hiver prochain de tels camps sur cette île, ainsi que sur celles de #Samos, #Chios, #Leros et #Kos, et à améliorer les #conditions_d'hébergement des quelque 14.000 demandeurs d’asile qui s’y trouvent.

    Ylva Johansson a par ailleurs exhorté la Turquie « à réadmettre d’urgence les migrants » renvoyés de Grèce, tandis que les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen Charles Michel se rendront à Ankara le 6 avril pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan.

    Le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi a rappelé lundi que la Grèce avait demandé à la Turquie de reprendre sur son territoire 1.450 personnes qui avaient été déboutées du droit d’asile sur les #îles grecques.

    La commissaire européenne a en outre souligné que « la question migratoire devait être européanisée » et qu’il ne fallait pas laisser les Etats membres aux #frontières_extérieures de l’UE seuls face à la gestion de cette crise. Elle a jugé « impératif » de trouver « de nouvelles #solutions_politiques » pour partager le #fardeau entre les pays européens, estimant que « depuis trois ans, il n’y a pas eu de progrès » en ce sens. Elle a dit « comprendre » que « la patience a ses limites » et qu’à Lesbos, notamment, "la limite était « proche ».

    Illustration de la #colère des insulaires, Ylva Johansson a été confrontée à la fronde de 300 habitants de Lesbos qui ont manifesté devant le bâtiment où se déroulait sa conférence de presse pour s’opposer à la mise en place d’un nouveau camp.

    « Non aux structures sur l’île », pouvait-on lire sur une banderole déployée avant l’arrivée de la commissaire européenne et du ministre grec des Migrations. Lors de la même conférence de presse, Notis Mitarachi a annoncé que les camps de Samos, Kos et Leros ouvriraient d’ici trois mois. Les autres avant décembre 2021, a-t-il dit à l’AFP.

    Le gouvernement avait promis il y a longtemps un nouveau camp pour remplacer celui de #Moria, détruit en septembre dans un incendie, mais sa construction s’était heurtée à l’opposition de la population et des autorités locales, lassées par la présence des demandeurs d’asile sur leur île depuis la crise migratoire de 2015. Le nouveau camp de Lesbos doit voir le jour dans la localité de #Pali, à une demi-heure de route de la capitale de cette île, Mytilène. Depuis l’incendie de Moria, quelque 8.000 migrants sont toujours regroupés dans des installations provisoires où leurs #conditions_de_vie ont été extrêmement difficiles cet hiver.

    La Grèce doit enquêter

    Interrogée sur les accusations de refoulements de migrants par les garde-côtes grecs en mer Egée, Ylva Johansson a estimé que « la Grèce peut faire plus en matière d’investigations ».

    « Il y a des cas particuliers qui, je le pense vraiment, doivent être examinés de près », a-t-elle exhorté, se disant « très préoccupée » par les rapports établis par le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU.
    « Nous devons protéger nos frontières extérieures et nous devons protéger les droits fondamentaux, cela va de pair, ce n’est pas une contradiction », a-t-elle poursuivi.

    Les autorités grecques ont été accusées ces derniers mois par des ONG et dans des enquêtes parues dans de nombreux médias d’avoir forcé des migrants présents en mer Egée à retourner dans les eaux territoriales turques sans déposer de demandes d’asile en Grèce, en violation du droit international. « Nous n’avons pas renvoyé de bateaux. Nous avons empêché des bateaux d’entrer sur le territoire grec et européen, ce qui est permis », avait récemment assuré dans un entretien avec l’AFP Notis Mitarachi.

    Lundi, il a de nouveau apporté un démenti à ce sujet, insistant sur le fait que des enquêtes menées par l’Union européenne et l’agence Frontex n’avaient conclu à « aucune infraction à des droits fondamentaux dans les cas qui ont été examinés ».

    https://www.lorientlejour.com/article/1256960/lue-va-allouer-276-millions-deuros-pour-la-construction-de-camps-de-m

    #asile #migrations #réfugiés #Grèce #UE #EU #aide_financière #déboutés #Turquie #réadmission #camps_de_réfugiés #nouveaux_camps #encampement #européanisation

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  • Mental health ’emergency’ among child refugees in Greece
    Katy Fallon

    Concerns mount for children who have witnessed violence, a devastating camp fire, and other horrors in Greece.

    Names marked with an asterisk* have been changed to protect identities.

    Lesbos, Greece – Laleh*, an eight-year-old Afghan girl, is one of the thousands of children who live in the new, temporary camp on Lesbos, which was established in the wake of a devastating fire that destroyed the notorious Moria camp last September.

    She is among several children who are currently being treated at a mental health clinic on Lesbos, which is run by Doctors Without Borders (Medecins Sans Frontieres, or MSF), an organisation which has warned of a mental health “emergency” in the Greek island camps.

    Last year in Moria, a camp known for its poor living conditions, Laleh witnessed a violent fight as she was waiting in a queue for food with her father.

    Her mother Hawa*, 29, said that afterwards, Laleh started having panic attacks and became increasingly withdrawn and uncommunicative.

    The child was since hospitalised because she stopped eating. These days, she finds most activities challenging.

    The family now resides in the new camp in Mavrovouni, a dusty patch of earth where everyone lives in tents. The site is strictly monitored and most residents are only allowed to leave once a week.

    “During the day, she just lies down and closes her eyes,” said Hawa.

    A drawing by a child in Lesbos of the perilous sea journey to Europe undertaken by many migrants and refugees [Courtesy: MSF]

    At night, Laleh wears a nappy because she does not always say if she needs to go to the toilet.

    Something as simple as climbing steps can be difficult and feel overwhelming for her.

    “Before she was always drawing and painting,” Hawa said. “She was very hopeful, she wanted to be a doctor in the future.

    “It’s really hard for me as a mother. Laleh never had this problem before. When it started I was so worried and sad, I didn’t know how to manage,” she said. “She doesn’t really speak, she’s very quiet.”

    The fire which reduced Moria to ashes traumatised the family further.

    “Laleh had a psychogenic [non-epileptic] seizure and she fell down, everyone was shouting and running, it was a very difficult time.”

    A drawing by a child in Lesbos depicting the fire which raced through the Moira refugee camp in September [Courtesy: MSF]

    Laleh has had trouble sleeping and so Hawa lies with her and tells her stories, massaging her head in the hope it will soothe her.

    The family has seen some improvement in Laleh’s condition since she started attending MSF’s clinic, but she is still very withdrawn.

    Hawa said the securitised nature of the camp also has an effect on the children who live there.

    It is yet unclear whether the camp is being policed because of the pandemic and fears that the refugees may contract or spread the coronavirus, or as part of an increasingly securitised approach towards camps on the Greek islands.

    “Most of the children are afraid of the police because there are so many police around, it’s very difficult to go out of the camp and the children believe it’s a prison and that they can’t get out,” she said.

    Hawa herself said she views the camp as a “prison”, adding: “I hope that we leave this camp, this is my only hope for now.”

    Refugees and migrants wait to be transferred to camps on the mainland after their arrival on a passenger ferry from the island of Lesbos at the port of Lavrio, Greece, in September 2020 [File: Costas Baltas/Reuters]

    In 2020, child psychologists at MSF noted 50 cases of children with suicidal ideation and suicide attempts.

    “I never imagined it would be this bad,” said Katrin Glatz-Brubakk, a mental health supervisor for MSF on Lesbos.

    She told Al Jazeera they have seen children with severe depression, suicidal thoughts and that many have stopped playing.

    “As a child psychologist, I get very worried when children don’t play at all and we see a lot of that in the camp,” Glatz-Brubakk said.

    “Many of the children have experienced trauma but if they were moved to a [place with] safe and good [conditions] they would start healing from it. Now they get sicker and sicker because of the conditions they live in.

    “We are basically giving them skills to deal with a situation they should never be living in in the first place, it’s not treatment: it’s survival.”

    #Greece #mental_health #trauma #suicide #children #camps #Lesbos #MSF

    https://www.aljazeera.com/news/2021/2/11/children-dont-play-at-all-mental-health-crisis-stalks-lesbos

  • Office of Displaced Designers

    Office of Displaced Designers (ODD) is a design focused creative integration organisation. We use design to bring diverse people together from the displaced and host community to share skills, undertake research and co-create a more equitable and inclusive society. Our activities focus on the built environment, protection issues and cultural understanding.

    http://www.displaceddesigners.org
    #Lesbos #camps_de_réfugiés #solidarité #humanitarian_design #réfugiés #Grèce #asile #migrations #inclusion #architecture

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  • Le #nouveau_camp de #Lesbos, #Grèce, #Kara_Tepe, et la présumée #contamination au #plomb du terrain où il est construit (construction : #septembre_2020)

    #déchets #toxicité #pollution #armée #zone_militaire #plomb #santé #migrations #asile #réfugiés #camps_de_réfugiés #Lesbos #Grèce #îles_grecques #Moria_2.0

    –---

    voir le fil de discussion sur Kara Tepe ici, auquel j’ai ajouté la question du plomb :
    https://seenthis.net/messages/875903

    ping @isskein @karine4

    • Refugee camp on toxic land, potentially life threatening for small children!

      The new “temporary” camp in Kara Tepe, Lesvos, is as we all know built partially on an old military firing range. For the government this already restricted area was perfect, it was already fenced in. As all military areas there is a lot of restrictions, the most important ones are the restrictions of movement and the restrictions on taking pictures.
      The camp area has been criticized by many, because it’s just not suited to house people, in flimsy tents when the winter is approaching. It’s at the sea, without any protection from heavy winds that usually pounds this area. The area also floods frequently, the tents are built straight on the ground, there is no drainage system. When it’s really starts to rain, and it will, there will be mud everywhere, outside and inside the tents. And if that wasn’t enough, it’s a high possibility, that the very land the camp is built on is toxic.
      As previously mentioned, it’s an old military firing range, that has been used by the military for decades. We can assume that the military has used a variety of weapons, that over the years, have packed the ground with hazardous materials. The main concern is the possibility of lead contamination. The presence of lead and lead dust is well documented on such sites as are the extreme danger to health if lead is absorbed by children. Children younger than 6 years are especially vulnerable to lead poisoning, which can severely affect mental and physical development. At very high levels, lead poisoning can be fatal.
      As we all know, UNHCR are assisting the Greek authorities in resettling displaced families, many of them children, on this new site. They have a special responsibility, due to their involvement, to assure that the area used is suitable and safe to live on. UNHCR have rehoused displaced families on highly toxic land in the past, and should have learned by their previous mistakes.
      Following the war in Kosovo in 1999, UNHCR rehoused displaced families on highly toxic land. This is also well documented, particularly so on a website that followed the situation over a number of years. www.toxicwastekills.com
      It resulted in childrens’ blood lead levels higher than instruments could measure. There is no level of lead so low that children’s health will not be damaged. Very young children often absorb it through licking lead paint etc as they find it pleasant. This is also well documented. Pregnant women can transfer absorbed lead to foetuses through the placenta. It attacks all organs of the body but also causes irreversible brain damage. Now UNHCR is helping to place men, women and children on an old military firing range near Kara Tepe on Lesvos. This could be yet another deadly mistake in the making.
      Due to the fact that it took only 5 days to put up this camp, after the fire in Moria, it’s highly unlikely that any proper survey has been taken. This new site requires urgent toxicity checking by independent experts to reveal whether lead is present on the new site, which could indicate an evacuation might be necessary to protect the lives of vulnerable children. The concern has already been addressed by email to Astrid Castelein, head of the UNHCR sub office on Lesvos, and the main UNHCR office in Greece, so far without any reply.
      Some areas in the camp has been leveled out by bulldozers, in other areas soil from the leveled areas has been reused as landfill. By doing so, things that has been buried in the ground for decades has resurfaced, possibly making the situation even worse. Residents in the camp have found remains of ammunition casings and grenades around the tents, and military personnel have been observed using metal detectors in the outskirts of the camp. To see small children who have fled war, play with used ammunition in a European refugee camp, should raise some questions.
      If this isn’t enough, a proposal to create a new “reception and identification centre” structure with a capacity of 2,500 people, and a planned 500 employees overall, in the area of the former shooting range of Kamenos Dasos (Camlik) in central Lesvos seems to have been passed, as the majority of Mytilene municipal authority confirmed. These areas would never have been approved to build houses, schools or kindergartens, but seems to be more than good enough for these children..
      https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/lead-poisoning/symptoms-causes/syc-20354717

      https://www.facebook.com/AegeanBoatReport

    • Greece : Migrant Camp Lead Contamination

      Inadequate Government Response; Lack of Transparency Put Health at Risk

      The Greek government should release test results and other vital information about lead contamination in a migrant camp on Lesbos island to protect the health of residents and workers, Human Rights Watch said today.

      After testing soil samples in November, the government confirmed publicly on January 23, 2021 the presence of dangerous levels of lead in the soil in the administrative area of the Lesbos camp. It says that samples from residential areas showed lead levels below relevant standards but did not release the locations where samples were collected or the actual test results. The government has yet to indicate that it will take the necessary steps to adequately assess and mitigate the risk, including comprehensive testing and measures to remove people from areas that could be contaminated.

      “The Greek government knowingly built a migrant camp on a firing range and then turned a blind eye to the potential health risks for residents and workers there,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at Human Rights Watch. “After weeks of prodding, it took soil samples to test for lead contamination while denying that a risk of lead exposure existed. It did not make the results public for over seven weeks, and has yet to allow independent experts to analyze them or vow to take the necessary steps to protect residents and workers and inform them about the potential health risks.”

      Human Rights Watch published a report in December documenting that thousands of asylum seekers, aid workers, and United Nations, Greek, and European Union employees may be at risk of lead poisoning in the Lesbos camp. Greek authorities built the new camp, Mavrovouni (also known as new Kara Tepe), on a repurposed military firing range. It now houses 6,500 people. According to a government announcement on January 23, one out of 12 soil samples taken in November came back on December 8 with lead levels that “exceeded the acceptable limit.” The announcement also mentions some steps to mitigate the risk.

      Human Rights Watch has requested the Greek government and the European Commission, which financially supports the camp and with which the government shared the results, to release the testing plan and the test results, which should include such information as the levels of lead for each sample, the sample depths and exact locations, a complete history of the site with location specifity, the expertise of those conducting the testing, the sampling methodology, and information on chain of custody. To date, neither the Greek government nor the European Commission has made this information available.

      This lack of transparency means that it is impossible to assess the adequacy of the testing, evaluate what the results represent, or recommend specific strategies to address the identified risks. As a result, it is impossible to determine whether the measures laid out in the January 23 statement, such as adding new soil, gravel, and a cement base in some areas, are adequate to protect people who live and work in the camp.

      In early September, large fires broke out inside the Moria camp, the Reception and Identification Center on Lesbos, which was housing 12,767 migrants, mostly women and children. Within days, the authorities constructed Mavrovouni and said they would construct a new permanent camp. Young children and women of reproductive age are most at risk for negative effects from lead exposure.

      In a meeting with Human Rights Watch on January 20, Minister for Migration and Asylum Notis Mitarachi said that he hoped that the residents of Mavrovouni would not spend another winter there, but did not specify when the new camp would be ready. Construction has yet to begin.

      Mavrovouni functioned as a military firing range from 1926 to mid-2020. Firing ranges are well recognized as sites with lead contamination because of bullets, shot, and casings that contain lead and end up in the ground. Lead in the soil from bullet residue can readily become airborne, especially under dry and windy conditions, which are often present on Lesbos. Lead is highly toxic when ingested or inhaled, particularly to children and anyone who is pregnant or lactating. The World Health Organization (WHO) maintains that there is no known safe level of blood lead concentration. Lead degrades very slowly, so sites can remain dangerous for decades.

      After multiple representations by Human Rights Watch to various Greek authorities, the European Commission, the UN refugee agency, UNHCR, and the WHO, the Greek government and the EU Commission commissioned the Hellenic Authority of Geology and Mineral Exploration to take 12 soil samples on November 24. According to the government, 11 soil samples showed lead levels “below the acceptable limits for lead in soil,” based on Dutch standards.

      The 12th sample, taken from what authorities described as an “administrative area” on the Mavrovouni hill, “at the end of the firing range,” showed elevated levels of lead above acceptable limits, but authorities did not reveal the concentration of lead in the soil. Mitarachi told Human Rights Watch that the area that showed lead levels above acceptable limits was fenced off, but residents and two aid workers said there were no fences inside the camp in that area or signs warning of a contaminated area. At least five aid organizations have offices in that area. An aid worker said residents, sometimes as many as 200 and including children, line up there for support and information. Younger children risk ingesting lead as they play or sit on contaminated ground.

      Human Rights Watch was unable to determine whether the government shared any information with humanitarian agencies about the testing results, but calls with agencies including UNHCR and the WHO indicated that they were not aware of them prior to the January 23 release. A staff member from one aid organization there said that at least one aid worker in the camp is currently pregnant, and 118 camp residents are pregnant, based on November government data.

      An environmental expert whom Human Rights Watch consulted said that, given the potential size of the affected area and the likelihood that elevated levels are the result of historic activity, the fact that one out of 12 samples in an area came back positive should trigger further testing.

      International law obligates countries to respect, protect, and fulfill the right to the highest attainable standard of health. The UN special rapporteur on human rights and the environment’s Framework Principles on Human Rights and the Environment, which interpret the right to a healthy environment, emphasize the need for “public access to environmental information by collecting and disseminating information and by providing affordable, effective and timely access to information to any person upon request.” The Aarhus Convention, to which Greece is a party, provides a right to receive environmental information held by public authorities.

      Greek authorities should immediately release the results and testing plan to the public, and take measures to mitigate the risk to the health of camp residents and workers, Human Rights Watch said. The authorities should ensure that residents and workers are informed about the results and measures to protect their health in languages they can understand. The authorities should also urgently undertake further testing and allow independent experts to comment on investigative work plans, audit the soil testing process, and collect split samples (a sample that is separated into at least two parts so that testing can be carried out at two or more seperate laboraties in order to confirm results) or carry out independent testing.

      The European Commission, which financially supports Greece to manage the camp and has staff stationed there, EU agencies, Frontex, and the European Asylum Support office, as well as United Nations agencies, UNHCR, UNICEF, the IOM and the WHO, should urge Greek authorities to make the detailed results and testing plan public, and push authorities to find alternative and safe housing solutions for those affected, including the option of moving them to the mainland. The European Commission, which was given the results and testing plan by the Greek government, should also make public the detailed information it received on the results and the methodology of the testing, to allow independent experts to comment on the risk to residents and workers in the camps.

      “Greece and its EU partners have a duty to make sure that people who live and work in the Mavrovouni camp are safe,” Wille said. “That requires transparency about the risks as well as urgent steps to mitigate them.”

      Additional Information

      In its January 23 statement and in its meeting with Human Rights Watch on January 20, the Greek government made several inaccurate claims regarding remediation and protection of residents. In its statement, the government claimed that after soil samples were taken on November 24, “while awaiting the results” it removed the tents directly on the firing range strip. But satellite imagery and residents’ and workers’ statements indicate that no tents were removed until between December 11 and 16, after the test results were received.

      Satellite imagery and aid organization mapping of the camp shows that by January 10, 79 tents remained on the firing range, with 58 more at the base of the hill. The residents in those tents may be at increased risk of coming into contact with contaminated soil, particularly when it rains. In addition, after some tents were removed, three migrants and two aid workers told Human Rights Watch that residents have been using the area for football and other recreation. Authorities have not fenced off the area or notified residents of the health risks.

      Since the site was tested, major construction work and heavy rains in the area mean that potentially contaminated soil from the hill and firing range area may have moved to other parts of the camp, which warrants further testing.

      Human Rights Watch received information from multiple sources that on January 18, the International Organization for Migration (IOM), which runs two assistance programs in the camp, suspended its operations at its tent on the hill. In response to a Human Rights Watch query, IOM’s Chief of Mission in Greece confirmed that, “Following the announcements regarding lead detection outside the accommodation areas and while waiting for more information from the authorities, IOM staff has been advised to remain inside the residential area.”

      In an aid briefing on January 19, the sources said it was revealed that the decision was made because of elevated levels of lead found in the “blue zone” of the camp, an area that includes the firing range and the base of the hill where the IOM Helios tent is located, as well as other aid tents including that of Médecins du Monde (MdM), and the International Rescue Committee (IRC). IOM staff have yet to return to the camp, but aid workers still in the camp said there is still no fencing or signage around that area. According to the camp residents and two aid workers, and 24 photos and videos taken from inside Mavrovouni by the DunyaCollective, a media collective, since December, authorities have been moving large quantities of soil, including removing some from the hill behind the IOM Helios tent.

      On January 23, Medecins Sans Frontieres (Doctors without Borders or MSF) issued a statement raising its concerns at the lack of appropriate government and EU action in the face of the testing results. On January 26, a group of 20 nongovernmental groups issued a joint statement calling on the Greek authorities to immediately evacuate camp residents and transfer them to appropriate structures on the mainland and elsewhere, such as hotel units.

      Aerial footage from January 14 shows tents still present in the part of the camp built on the former firing range at that date starting at around 02:00.

      https://www.hrw.org/news/2021/01/27/greece-migrant-camp-lead-contamination

    • Greece: Lead Poisoning Concerns in New Migrant Camp

      Thousands of asylum seekers, aid workers, United Nations, and Greek and European Union employees may be at risk of lead poisoning in a new migrant camp that Greek authorities have built on a repurposed military firing range on the island of Lesbos, Human Rights Watch said today.

      Firing ranges are commonly contaminated with lead from munitions, nevertheless the authorities did not conduct comprehensive lead testing or soil remediation before moving migrants to the site in September 2020. Evidence collected by migrants moved to the site also indicated that authorities have also failed to clear all unexploded mortar projectiles and live small arms ammunition, which could injure or kill if disturbed or handled.

      “Putting thousands of migrant adults and children, along with aid workers, on top of a former firing range without taking the necessary steps to guarantee they would not be exposed to toxic lead is unconscionable,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at Human Rights Watch. “The Greek authorities should promptly conduct a comprehensive site assessment of soil lead levels and release the results.”

      In November and early December, Human Rights Watch interviewed four people living in the camp, two aid workers, one Greek migration ministry employee working in the camp, and four medical and environmental experts, and reviewed academic research on the risk of soil lead contamination at shooting ranges and medical research on the health risks of lead poisoning. Human Rights Watch did not have access to conduct on-site research, but analyzed photos and videos of the site and satellite imagery to confirm the firing range location.

      The Asylum and Migration Ministry began major construction work at the end of November at the site, called Mavrovouni camp, that could disturb any lead contaminated soil, further exposing residents and workers. The work to improve access to electricity and water and reduce the risk of flooding began despite warnings from Human Rights Watch of the potential of increased risk of lead poisoning.

      In early September, large fires broke out inside the Moria camp, the Reception and Identification Center on Lesbos that was housing 12,767 migrants, mostly women and child migrants. Within days, authorities constructed Mavrovouni (also known as new Kara Tepe) as a temporary camp and told people that they would begin construction of a new permanent camp for use by June 2021. According to the media, Migration and Asylum Minister Notis Mitarachi, has recently indicated the new camp will only be ready by Autumn 2021. Currently 7,517 people, mostly from Afghanistan and Syria, are staying at Mavrovouni, which started functioning as a military firing range in 1926 and was in use until the camp was constructed in September 2020, Mitarachi said.

      In response to letters from Human Rights Watch, Migration and Asylum Minister Notis Mitarachi stated in a November 19 letter that the camp had “no lead contamination,” but provided no evidence for the basis of that assertion. He said the government has agreed to conduct soil testing with the European Commission within one month, but has not revealed the nature of the testing, the areas to be tested, or the methodology. A Hellenic army representative called Human Rights Watch on December 1, stating his intention to respond to a letter received on November 4 from Human Rights Watch, raising urgent concerns. But no response has been received. On December 6, General Secretary for Asylum Seekers’ Reception Manos Logothetis, called Human Rights Watch to dispute the risk of lead contamination at the camp. He confirmed that no soil testing for lead had taken place prior to moving people to the camp, but said that authorities are awaiting the results of soil testing conducted recently in collaboration with the Institute of Geology and Mineral Exploration (IGME).

      “No one just shows up without a plan,” Dr. Gordon Binkhorst, vice president of global programs at Pure Earth, told Human Rights Watch. “Sharing of a well-founded work plan beforehand is key to transparency and ensuring confidence in the findings.” Greek authorities should allow independent experts to comment on investigative work plans, audit the soil testing process and collect split samples for independent testing.

      “The authorities should share documentation of work completed and a comprehensive site investigation work plan based on a review of the site history, contaminants of concern, a conceptual site model of how such contaminants are released to and migrated in the environment, and a comprehensive testing plan that evaluates the degree and extent of contamination in the environment, and potential exposure routes,” Dr. Binkhorst said.

      Firing ranges are well-recognized as sites with lead contamination because of bullets, shot, and casings that contain lead and end up in the ground. Lead in the soil from bullet residue can readily become airborne, especially under dry and windy conditions, which often exist on Lesbos. Lead is a heavy metal that is highly toxic to humans when ingested or inhaled, particularly by children and during pregnancy. It degrades very slowly, so sites can remain dangerous for decades.

      The World Health Organization maintains that there is no known safe level of lead exposure. Elevated levels can impair the body’s neurological, biological, and cognitive functions, leading to learning barriers or disabilities; behavioral problems; impaired growth; anemia; brain, liver, kidney, nerve, and stomach damage; coma and convulsions; and even death. Lead also increases the risk of miscarriage and can be transmitted through both the placenta and breast milk.

      Small children and women of reproductive age are at particular risk. According to Greek authorities, on November 19, 2,552 out of 7,517 people in the camp were children, 997 of them under age 5, and 1,668 were women – 118 of whom have said they are five or more months pregnant.Camp residents shared 17 photographs of items they said they had found in the ground around their tents, including an intact 60mm mortar projectile and a tail fin assembly for another 60mm mortar projectile, cartridge casings for rifle bullets, fired 12-gauge shotgun cartridges, and live pistol, rifle, machine gun, and shotgun ammunition. Intact munitions, such as 60mm mortar projectiles and small arms ammunition, pose an immediate explosive hazard and should be removed urgently from the area.

      “We try to stop our children from going to play up the hill because we know there might be bullets and other things the army didn’t clear that could be dangerous,” one camp resident said. Munitions containing lead can be extremely dangerous when swallowed by children or contaminate the soil, a medical expert told Human Rights Watch.

      The authorities should conduct a thorough and transparent assessment of lead levels in the soil and dust, as well as other possible pathways to exposure, and make the results publicly available. Any work that might increase exposure should be paused until after the soil has been tested or until people have been removed from the camp and housed in adequate facilities, Human Rights Watch said. If lead is present in the soil, authorities should provide free blood testing and treatment for camp residents, aid workers, police, and others who might have been exposed, prioritizing young children and women of reproductive age, and immediately move exposed residents to a safe location and remediate the contaminated areas.

      “The Greek government could be putting at risk families with young children, aid workers, and its own employees because it’s determined to hold asylum seekers on the island,” Wille said. “If this is where the government is trying to force asylum seekers to live on Lesbos, then all the more reason to transfer people to the mainland.”

      Tents on a Firing Range

      The Mavrovouni site sits on a large plot of military-owned land, some of which was used as a military firing range since 1926. The Asylum and Migration Ministry said that it covered the site with “new levels of soil” before the camp was opened.

      Human Rights Watch reviewed satellite imagery from before and after construction began on the camp on September 11, 2020. Imagery from before shows a firing range on part of the site next to Mavrovouni Hill. By September 28, more than 200 tents had been set up directly on the former firing range itself, with more tents on adjacent areas.

      Satellite imagery from June, before Moria camp was destroyed by fire, shows some basic clearance of vegetation cover within a rectangular strip that included the firing range, as well as a small section at the base of Mavrovouni Hill. From the imagery, it is impossible to determine the depth of the soil removal and whether the remediation of lead impacted soil was completed in accordance with prevailing standards and guidelines, or if it was just a superficial scraping of topsoil.

      Human Rights Watch was unable to determine what soil removal activities took place between June and September, when the camp opened, or of other activities to decontaminate the ground or where soil removed was disposed of. Given the speed of camp construction, it is very unlikely that authorities could have carried out remediation of lead-impacted soil before setting up the tents. Greek authorities have indicated that new soil was placed prior to construction of the camp, with no location indicated.

      Satellite imagery analysis, combined with a review of photos and videos of the firing range that were posted online in the spring, shows that the military was shooting from the southwest toward targets in the northeast, at the foot of Mavrovouni Hill. This suggests that soil on the hillside might also be contaminated by lead.

      Imagery recorded between September 14 and 16, shows at least 300 tents just south of the hill without any prior signs of soil clearance, with another at least 170 added in the following days. Imagery from late November shows further ground preparation southeast of the hill, and the construction of four large structures.

      Medical and environmental experts interviewed said it was risky to conduct further work in the camp without first conducting soil samples. “Disturbing this area will mobilize the lead in the soil and make it more vulnerable to dispersion from periodic rainfall, flooding, and wind erosion,” said Jack Caravanos, professor of global environmental health at New York University. Dr. Caravanos has visited and assessed dozens of lead-contaminated sites throughout the world and expressed dismay over how this site was chosen without proper environmental investigation.

      A European Commission official who is involved in migration policy with Greece said that the Greek Defense Ministry claimed that “no pieces of lead were observed on the ground” during construction or other work. Because lead dust is usually not visible, this claim raises concerns about the seriousness of the Greek government’s assessment.

      A source close to the police said that the government had considered turning the firing range into a camp site as early as 2015. At the time, authorities rejected the proposal for several reasons, the source said, including because it had been a firing range. It is unclear why the government ignored these concerns in 2020. A migration ministry employee working on the camp who spoke on the condition of anonymity said that in September, before Mavrovouni was selected, the government met with a few larger nongovernmental organizations, and discussed at least two or three alternative locations.

      Lead Contamination

      In his letter to Human Rights Watch, Minister Mitarachi said that the range had only been used for “small arms (straight trajectory), commonly only bullets, and not for other types of ammunition.” This ammunition, he said, “according to the Greek Army, contains no lead.” He added that the army had searched the camp for munitions prior to opening, and again 20 days later, and “reported no findings.”In contrast to these claims, bullets used for rifles, pistols, and machine guns as well as shot used by shotguns usually contain lead, which is used in bullets for its density and penetrating ability. Research at firing ranges has found that the discharge of lead dust from shooting results in soil contamination. Research has shown that elevated blood lead levels are commonly found in users of these sites, even among those who use them for limited amounts of time for recreational purposes.

      The large amount of fired small arms casings and cartridges found at the camp indicates an equally large number of bullets and shot might be buried beneath the ground where they landed. Other areas near the firing range may have been affected, including from relocation of soil associated with the construction of the camp or historic clearing of soils and munitions from the firing range. Thus, it is likely that any soil contamination extends beyond the firing range. Greek authorities provided no documentation for their claim that all the munitions used at the firing range were lead-free. This claim is highly questionable, given that lead-free bullets are expensive and very rare, particularly prior to the 1980s. Some bullets have an external metal-alloy coating that may make them appear to be lead-free, but the coating disintegrates relatively quickly when the bullet enters the soil, and the lead core becomes exposed. In addition, the photographic evidence from camp residents does not appear to support this contention.

      Camp residents shared with Human Rights Watch five photographs, one dated September 20, and two videos of the Hellenic Army’s Land Mine Clearance Squad carrying out clearance activities without any protective equipment and disregarding distancing between them and camp residents needed for safe ammunition clearance activities.

      The migration ministry employee working in the camp who spoke on the condition of anonymity said she remembered clearance operations taking place around that date: “There were soldiers who had this machine to detect metal walking amongst us. They were so close that we had to pick up our feet from the ground so they could check right under us.” A government employee’s union made a formal complaint about general working conditions at the camp, including their concerns around these clearance activities.

      In addition to camp residents, anyone working inside the camp could also face potential lead exposure from spending time in the camp if the soil is contaminated. Residents, aid workers, and the migration ministry employee said that these include staff from the Hellenic police, Hellenic army, municipality, First Reception Service, Asylum Service, National Public Health Organization (EODY), European Commission, European Asylum Support Office (EASO), European Border and Coast Guard Agency (Frontex), Europol, IOM, UNHCR, UNICEF, World Health Organization, Red Cross, and at least eight other medical and aid groups.

      Risks of Lead Poisoning for At-risk Groups

      Symptoms of lead poisoning are often not diagnosed as such but its adverse health effects can be irreversible. The severity of symptoms increases with prolonged exposure. Globally, lead exposure is estimated to account for up to one million deaths annually, with the highest burden in low- and middle-income countries. Poor and disadvantaged populations are more vulnerable because undernourishment increases the amount of ingested lead the body absorbs.

      Children are especially at risk because they absorb four to five times as much lead as adults, and their brains and bodies are still developing. In addition, small children often put their hands in their mouths or play on the ground, which increases their likelihood of ingesting or inhaling lead in dust and dirt. Exposure during pregnancy can result in stillbirth, miscarriage, and low birth weight, and can negatively affect fetal brain development. At least 118 pregnant women and 2,552 children are at the site, according to government data.

      Mohammed Hafida, a camp resident with three young children whose wife is pregnant, said that when they first moved to the camp it was particularly dusty. “When cars drove past the tents there was dust everywhere,” he said. “That only went away once the rain set in two weeks later. But the camp is on a hill, and so when it rained for several hours, many of the tents collapsed. This isn’t a camp, it’s a hell.”

      People living in the camp said that for the first few weeks, they had been sleeping on blankets and mattresses on the dusty ground, but more recently aid workers had added flooring to the tents. Even as rainfall increased, residents reported that dust would still enter the tents including in the cooking areas. Camp residents said they have to clean dust out of their tents multiple times a day because cars are driving on adjacent gravel roads. Children often play in the dusty area by the roads. A medical expert said that small children at the camp are at very serious risk for as long as they are exposed to dust that could be contaminated.

      Camp authorities did not inform residents that there could be a risk of lead exposure at the site. Medical and environmental experts said that given the known risks of lead exposure at firing ranges, comprehensive soil testing should have been carried out before even considering it as a possible location for the camp. They warned of specific risks of lead poisoning for small children who are most at risk. “Remediation can be very difficult,” said Caravanos, the NYU professor of global environmental health. “I can’t imagine that you could make it safe without removing everyone if lead was found in the soil.”

      On November 17, Human Rights Watch was notified about significant planned construction work, which the Asylum and Migration Ministry confirmed in a letter dated November 19. On November 26, Human Rights Watch sent a letter with detailed findings to the Greek Ministries of Asylum and Migration and Defense, which it also shared with EU officials and representatives from UNHCR, the United Nations refugee agency, and the World Health Organization, saying that these actions risk further exposing residents and construction workers to any potentially lead-contaminated dust and soil. Despite these warnings, on November 30, residents of the camp informed researchers that large construction was underway, including on top of Mavrovouni hill.

      The authorities should have been aware of the amount of dust construction causes at the site. During the construction of the camp in September, the migration ministry employee said, workers had been moving around lots of soil to make room for the camp structure and “There was a lot of dust everywhere for days. I kept finding dust and even little pebbles in my ears at that time.”

      Unsatisfactory Clearance Operation

      Three people interviewed in November said that the authorities forced them to move to the camp after the fires in Moria camp by threatening that the government would stop their asylum claims if they refused. All three have found and provided Human Rights Watch with photographs of munition remnants since moving to Mavrovouni in September. They all said that after moving to the site, they saw the Greek military conduct clearance operations without protective gear, and they shared videos of those operations with Human Rights Watch.

      In the videos and photographs, the camp tents and migrants are clearly visible, confirming that some clearance activities took place after people were already living there. A Syrian man whose wife is nine-months pregnant with their first child said that, after they had moved into the camp, he saw the military find and remove at least one cartridge casing. Another camp resident said that since arriving, he has found many bullets on the ground but the “authorities haven’t told us what to do if we find them, or other kinds of munitions.”

      Access to Health Care

      Two medical staff from a team providing health care in Mavrovouni camp said on November 10 that, since arriving at the camp in October, they had not heard anything about possible lead exposure. Both said that the camp had “decent” health care services considering that it was a temporary camp, but that the laboratory inside the camp does not have the capacity to perform blood tests for lead levels. Both said that because of the nature of the symptoms of lead poisoning, which are also symptoms of other illnesses, it would be extremely difficult to diagnose potential cases without blood tests.

      Both medical staff and a doctor who had worked previously at the camp said it was very difficult for camp residents to visit the hospital due to movement restrictions related to Covid-19.

      Parallels to Kosovo Incident

      This is not the first time that people living in a camp are put at risk of lead poisoning. For more than a decade following the end of the war in Kosovo in 1999, about 600 Roma, Ashkali, and Balkan Egyptian minority members lived in camps for displaced people operated by the UN. The camps sat on land contaminated by lead from a nearby industrial mine. In 2016, a United Nations human rights advisory panel found that the UN mission in Kosovo (the United Nations Interim Administration Mission in Kosovo, UNMIK) had violated the affected people’s rights to life and health. Human Rights Watch documented that camp residents experienced lasting health impacts and are still awaiting compensation and health and educational support for themselves and their families, seven years after the last camp was closed in 2013.

      International Legal Obligations

      International law obligates states to respect, protect, and fulfill the right to the highest attainable standard of health. The United Nations Committee on Economic, Social and Cultural Rights, which monitors governments’ compliance with the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, in its General Comment 14 on the right to health, has interpreted the covenant to include:

      [T]he requirement to […] the prevention and reduction of the population’s exposure to harmful substances such as radiation and harmful chemicals or other detrimental environmental conditions that directly or indirectly impact upon human health.

      The right to health encompasses the right to healthy natural environments. The right to a healthy environment, which is also enshrined in the Greek constitution, involves the obligation to “prevent threats to health from unsafe and toxic water conditions.”

      The United Nations special rapporteur on human rights and the environment’s Framework Principles on Human Rights and the Environment, which interpret the right to a healthy environment, emphasize the need for “public access to environmental information by collecting and disseminating information and by providing affordable, effective and timely access to information to any person upon request.” The Committee on the Rights of the Child, the treaty body that monitors compliance with the Convention on the Rights of the Child to which Greece is a party, when describing the right of the child to the enjoyment of the highest attainable standard of health, calls on states to take appropriate measures “to combat disease and malnutrition … taking into consideration the dangers and risks of environmental pollution.”

      Responsibilities of the Greek Parliament and European Union

      Members of the Greek parliament should pay attention to the concerns that there may be lead contamination at Mavrovouni camp and assess the Greek government’s compliance with its obligations under national, European, and international law to realize the rights to health and healthy environment. They could hold a hearing or establish an inquiry to establish which government employees were involved in approving the site, the extent to which they knew or should have known about the risk of lead contamination, why they decided to move people to the site without first conducting comprehensive soil testing, and why, despite multiple concerns about lead contamination raised after the camp was opened, the authorities greenlighted construction work without first conducting comprehensive soil testing. They should take appropriate action to ensure accountability if merited.

      The European Commission, which financially supports Greece to manage the camp and has staff stationed there, as well as EU agencies, Frontex, and EASO, should urge Greek authorities to comprehensively test for lead and make the testing plan and results public.

      Human Rights Watch and other nongovernmental groups have long warned European leaders about the dire conditions in island camps, also known as hotspots. These have been exacerbated by Greek authorities’ containment policy, which has blocked transfers to the mainland. For years, residents were crammed into overcrowded, inadequate tents, with limited access to food, water, sanitation, and health care, including during the pandemic and despite the risk of Covid-19. The EU and Greece should fundamentally reconsider their hotspot approach on the Greek Islands and end policies that lead to the containment of thousands of migrants and asylum seekers in unsuitable, and in this case potentially hazardous, facilities.

      https://www.hrw.org/news/2020/12/08/greece-lead-poisoning-concerns-new-migrant-camp

      #pollution #contamination #plomb #Saturnisme #HRW #rapport

    • HRW calls for transparency over lead contamination at Lesvos migrant camp

      Greek authorities should release test results and other vital information about lead contamination at the Kara Tepe migrant camp on the eastern Aegean island of Lesvos to protect the health of residents and workers, Human Rights Watch (HRW) said on Wednesday.

      After testing soil samples in November, authorities earlier this month confirmed dangerous levels of lead in the soil in the administrative area of the facility, also known as Mavrovouni, which was built on a repurposed military firing range. They said that samples from residential areas showed lead levels below relevant standards but did not release the locations where samples were collected or the actual test results, the New York-based organization said.

      HRW said that officials have yet to indicate that they will take the necessary steps to adequately assess and mitigate the risk, including comprehensive testing and measures to remove people from areas that could be contaminated.

      “The Greek government knowingly built a migrant camp on a firing range and then turned a blind eye to the potential health risks for residents and workers there,” said Belkis Wille, senior crisis and conflict researcher at HRW.

      “After weeks of prodding, it took soil samples to test for lead contamination while denying that a risk of lead exposure existed. It did not make the results public for over seven weeks, and has yet to allow independent experts to analyze them or vow to take the necessary steps to protect residents and workers and inform them about the potential health risks,” she said.

      According to a report published by HRW in December, thousands of asylum seekers, aid workers, and United Nations, Greek, and European Union employees may be at risk of lead poisoning.

      The Kara Tepe facility currently houses 6,500 people.

      “Greece and its EU partners have a duty to make sure that people who live and work in the Mavrovouni camp are safe,” Wille said.

      “That requires transparency about the risks as well as urgent steps to mitigate them,” she said.

      https://www.ekathimerini.com/261695/article/ekathimerini/news/hrw-calls-for-transparency-over-lead-contamination-at-lesvos-migrant-c

  • How the Pandemic Turned Refugees Into ‘Guinea Pigs’ for Surveillance Tech

    An interview with Dr. Petra Molnar, who spent 2020 investigating the use of drones, facial recognition, and lidar on refugees

    The coronavirus pandemic unleashed a new era in surveillance technology, and arguably no group has felt this more acutely than refugees. Even before the pandemic, refugees were subjected to contact tracing, drone and LIDAR tracking, and facial recognition en masse. Since the pandemic, it’s only gotten worse. For a microcosm of how bad the pandemic has been for refugees — both in terms of civil liberties and suffering under the virus — look no further than Greece.

    Greek refugee camps are among the largest in Europe, and they are overpopulated, with scarce access to water, food, and basic necessities, and under constant surveillance. Researchers say that many of the surveillance techniques and technologies — especially experimental, rudimentary, and low-cost ones — used to corral refugees around the world were often tested in these camps first.

    “Certain communities already marginalized, disenfranchised are being used as guinea pigs, but the concern is that all of these technologies will be rolled out against the broader population and normalized,” says Petra Molnar, Associate Director of the Refugee Law Lab, York University.

    Molnar traveled to the Greek refugee camps on Lesbos in 2020 as part of a fact-finding project with the advocacy group European Digital Rights (EDRi). She arrived right after the Moria camp — the largest in Europe at the time — burned down and forced the relocation of thousands of refugees. Since her visit, she has been concerned about the rise of authoritarian technology and how it might be used against the powerless.

    With the pandemic still raging and states more desperate than ever to contain it, it seemed a good time to discuss the uses and implications of surveillance in the refugee camps. Molnar, who is still in Greece and plans to continue visiting the camps once the nation’s second lockdown lifts, spoke to OneZero about the kinds of surveillance technology she saw deployed there, and what the future holds — particularly with the European Border and Coast Guard Agency, Molnar says, adding “that they’ve been using Greece as a testing ground for all sorts of aerial surveillance technology.”

    This interview has been edited and condensed for clarity.

    OneZero: What kinds of surveillance practices and technologies did you see in the camps?

    Petra Molnar: I went to Lesbos in September, right after the Moria camp burned down and thousands of people were displaced and sent to a new camp. We were essentially witnessing the birth of the Kara Tepes camp, a new containment center, and talked to the people about surveillance, and also how this particular tragedy was being used as a new excuse to bring more technology, more surveillance. The [Greek] government is… basically weaponizing Covid to use it as an excuse to lock the camps down and make it impossible to do any research.

    When you are in Lesbos, it is very clear that it is a testing ground, in the sense that the use of tech is quite rudimentary — we are not talking about thermal cameras, iris scans, anything like that, but there’s an increase in the appetite of the Greek government to explore the use of it, particularly when they try to control large groups of people and also large groups coming from the Aegean. It’s very early days for a lot of these technologies, but everything points to the fact that Greece is Europe’s testing ground.

    They are talking about bringing biometric control to the camps, but we know for example that the Hellenic Coast Guard has a drone that they have been using for self-promotion, propaganda, and they’ve now been using it to follow specific people as they are leaving and entering the camp. I’m not sure if the use of drones was restricted to following refugees once they left the camps, but with the lockdown, it was impossible to verify. [OneZero had access to a local source who confirmed that drones are also being used inside the camps to monitor refugees during lockdown.]

    Also, people can come and go to buy things at stores, but they have to sign in and out at the gate, and we don’t know how they are going to use such data and for what purposes.

    Surveillance has been used on refugees long before the pandemic — in what ways have refugees been treated as guinea pigs for the policies and technologies we’re seeing deployed more widely now? And what are some of the worst examples of authoritarian technologies being deployed against refugees in Europe?

    The most egregious examples that we’ve been seeing are that ill-fated pilot projects — A.I. lie detectors and risk scorings which were essentially trying to use facial recognition and facial expressions’ micro-targeting to determine whether a person was more likely than others to lie at the border. Luckily, that technology was debunked and also generated a lot of debate around the ethics and human rights implications of using something like that.

    Technologies such as voice printing have been used in Germany to try to track a person’s country of origin or their ethnicity, facial recognition made its way into the new Migration’s Pact, and Greece is thinking about automating the triage of refugees, so there’s an appetite at the EU level and globally to use this tech. I think 2021 will be very interesting as more resources are being diverted to these types of tech.

    We saw, right when the pandemic started, that migration data used for population modeling became kind of co-opted and used to try and model flows of Covid. And this is very problematic because they are assuming that the mobile population, people on the move, and refugees are more likely to be bringing in Covid and diseases — but the numbers don’t bear out. We are also seeing the gathering of vast amounts of data for all these databases that Europe is using or will be using for a variety of border enforcement and policing in general.

    The concern is that fear’s being weaponized around the pandemic and technologies such as mobile tracking and data collection are being used as ways to control people. It is also broader, it deals with a kind of discourse around migration, on limiting people’s rights to move. Our concern is that it’ll open the door to further, broader rollout of this kind of tech against the general population.

    What are some of the most invasive technologies you’ve seen? And are you worried these authoritarian technologies will continue to expand, and not just in refugee camps?

    In Greece, the most invasive technologies being used now would probably be drones and unpiloted surveillance technologies, because it’s a really easy way to dehumanize that kind of area where people are crossing, coming from Turkey, trying to claim asylum. There’s also the appetite to try facial recognition technology.

    It shows just how dangerous these technologies can be both because they facilitate pushbacks, border enforcement, and throwing people away, and it really plays into this kind of idea of instead of humane responses you’d hope to happen when you see a boat in distress in the Aegean or the Mediterranean, now entities are turning towards drones and the whole kind of surveillance apparatus. It highlights how the humanity in this process has been lost.

    And the normalization of it all. Now it is so normal to use drones — everything is about policing Europe’s shore, Greece being a shield, to normalize the use of invasive surveillance tech. A lot of us are worried with talks of expanding the scope of action, mandate, and powers of Frontex [the European Border and Coast Guard Agency] and its utter lack of accountability — it is crystal clear that entities like Frontex are going to do Europe’s dirty work.

    There’s a particular framing applied when governments and companies talk about migrants and refugees, often linking them to ISIS and using careless terms and phrases to discuss serious issues. Our concern is that this kind of use of technology is going to become more advanced and more efficient.

    What is happening with regard to contact tracing apps — have there been cases where the technology was forced on refugees?

    I’ve heard about the possibility of refugees being tracked through their phones, but I couldn’t confirm. I prefer not to interact with the state through my phone, but that’s a privilege I have, a choice I can make. If you’re living in a refugee camp your options are much more constrained. Often people in the camps feel they are compelled to give access to their phones, to give their phone numbers, etc. And then there are concerns that tracking is being done. It’s really hard to track the tracking; it is not clear what’s being done.

    Aside from contact tracing, there’s the concern with the Wi-Fi connection provided in the camps. There’s often just one connection or one specific place where Wi-Fi works and people need to be connected to their families, spouses, friends, or get access to information through their phones, sometimes their only lifeline. It’s a difficult situation because, on the one hand, people are worried about privacy and surveillance, but on the other, you want to call your family, your spouse, and you can only do that through Wi-Fi and people feel they need to be connected. They have to rely on what’s available, but there’s a concern that because it’s provided by the authorities, no one knows exactly what’s being collected and how they are being watched and surveilled.

    How do we fight this surveillance creep?

    That’s the hard question. I think one of the ways that we can fight some of this is knowledge. Knowing what is happening, sharing resources among different communities, having a broader understanding of the systemic way this is playing out, and using such knowledge generated by the community itself to push for regulation and governance when it comes to these particular uses of technologies.

    We call for a moratorium or abolition of all high-risk technology in and around the border because right now we don’t have a governance mechanism in place or integrated regional or international way to regulate these uses of tech.

    Meanwhile, we have in the EU a General Data Protection Law, a very strong tool to protect data and data sharing, but it doesn’t really touch on surveillance, automation, A.I., so the law is really far behind.

    One of the ways to fight A.I. is to make policymakers understand the real harm that these technologies have. We are talking about ways that discrimination and inequality are reinforced by this kind of tech, and how damaging they are to people.

    We are trying to highlight this systemic approach to see it as an interconnected system in which all of these technologies play a part in this increasingly draconian way that migration management is being done.

    https://onezero.medium.com/how-the-pandemic-turned-refugees-into-guinea-pigs-for-surveillance-t

    #réfugiés #cobaye #surveillance #technologie #pandémie #covid-19 #coroanvirus #LIDAR #drones #reconnaissance_faciale #Grèce #camps_de_réfugiés #Lesbos #Moria #European_Digital_Rights (#EDRi) #surveillance_aérienne #complexe_militaro-industriel #Kara_Tepes #weaponization #biométrie #IA #intelligence_artificielle #détecteurs_de_mensonges #empreinte_vocale #tri #catégorisation #donneés #base_de_données #contrôle #technologies_autoritaires #déshumanisation #normalisation #Frontex #wifi #internet #smartphone #frontières

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  • Αίτημα επιστροφής 1.500 προσφύγων στην Τουρκία κατέθεσε η Ελλάδα στην Ε.Ε.
    –-> La Grèce demande à l’UE le #retour de 1 500 réfugiés en Turquie.

    Αίτημα προς την Ευρωπαϊκή Επιτροπή και τη Frontex για την άμεση επιστροφή 1.450 προσώπων, των οποίων έχουν απορριφθεί τα αιτήματα παροχής ασύλου, κατέθεσε το υπουργείο Μετανάστευσης και Ασύλου, επικαλούμενο την Κοινή Δήλωση Ε.Ε.-Τουρκίας. Ωστόσο να σημειωθεί ότι πλέον η έκδοση των αποφάσεων παροχής ασύλου σε πρώτο βαθμό γίνονται με διαδικασίες εξπρές, μη εξασφαλίζοντας επαρκή νομική βοήθεια και κατά συνέπεια δίκαιη απόφαση.

    Στην ανακοίνωση του υπουργείου Μετανάστευσης αναφέρεται ότι η Ελλάδα ζητά να επιστρέψουν στην Τουρκία 955 αλλοδαποί που μπήκαν στη χώρα μας από την Τουρκία και βρίσκονται στη Λέσβο, 180 που βρίσκονται στη Χίο, 128 που βρίσκονται στη Σάμο και 187 στην Κω, επισημαίνοντας ότι τα αιτήματά τους για άσυλο έχουν απορριφθεί τελεσίδικα και ως εκ τούτου είναι επιστρεπτέοι, βάσει της Κοινής Δήλωσης ΕΕ- Τουρκίας.

    Το πρώτο δίμηνο του 2020 καταγράφηκαν συνολικά 139 επιστροφές προς την Τουρκία, με τη διαδικασία να έχει σταματήσει από τις 15 Μαρτίου 2020, καθώς η Τουρκία επικαλέστηκε τις δυσκολίες που επέφερε το ξέσπασμα της πανδημίας του κορονοϊού. Πλέον, το υπουργείο Μετανάστευσης ισχυρίζεται ότι « οι ταχείες διαδικασίες ελέγχων για κορονοϊό στην Ελλάδα και η σημαντική επιτάχυνση της διαδικασίας ασύλου, έχουν δημιουργήσει τις κατάλληλες συνθήκες για την επανέναρξη της διαδικασίας επιστροφών με ασφάλεια όσων αλλοδαπών δεν δικαιούνται διεθνούς προστασίας και εισήλθαν στην Ελλάδα από την Τουρκία ».

    Ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου, Νότης Μηταράκης, επισημαίνει στη δήλωσή του ότι η Ελλάδα αναμένει από την Τουρκία « να ενισχύσει τις προσπάθειες στα πλαίσια της Κοινής Δήλωσης : πρώτον, στην αποτροπή διέλευσης βαρκών που ξεκινούν από τα παράλιά της με προορισμό τη χώρα μας. Δεύτερον, στην αποδοχή επιστροφών στη βάση της Κοινής Δήλωσης Ε.Ε.-Τουρκίας, αλλά και των διμερών συμφωνιών επανεισδοχής ».

    Και αναφερόμενος στην ευρωπαϊκή πολιτική για το προσφυγικό/μεταναστευτικό, σημειώνει ότι « το ζητούμενο για την Ευρώπη είναι να κατοχυρώσει στο νέο Σύμφωνο Μετανάστευσης και Ασύλου έναν κοινό μηχανισμό, καθώς και το απαραίτητο νομικό οπλοστάσιο για επιστροφές. Και να οχυρώσει, με αυτόν τον τρόπο, τις χώρες πρώτης υποδοχής απέναντι σε ανεξέλεγκτες μεταναστευτικές ροές, αλλά και τη δράση κυκλωμάτων λαθροδιακινητών ».

    Την ίδια ώρα, με αφορμή το αίτημα του ελληνικού υπουργείου Μετανάστευσης και Ασύλου προς την Κομισιόν και τη Frontex, η οργάνωση-ομπρέλα για τα ανθρώπινα δικαιώματα HIAS Greece εξέδωσε ανακοίνωση στην οποία σημειώνει ότι η ταχεία διαδικασία που ακολουθείται για την εξέταση των αιτημάτων ασύλου δεν εξασφαλίζει σωστή και δίκαιη απόφαση.

    Επίσης οι αιτούντες άσυλο δεν έχουν επαρκή νομική βοήθεια και η διαδικασία της προσφυγής σε δεύτερο βαθμό είναι νομικά περίπλοκη, ουσιαστικά αποτρέποντας τους πρόσφυγες από να διεκδικήσουν την παραμονή τους στη χώρα.

    « Καθίσταται σαφές ότι χωρίς νομική συνδρομή είναι αδύνατον οι αιτούντες/ούσες άσυλο να παρουσιάσουν εγγράφως και μάλιστα στην ελληνική γλώσσα, τους νομικούς και πραγματικούς λόγους για τους οποίους προσφεύγουν κατά της απορριπτικής τους απόφασης », σημειώνει μεταξύ άλλων, τονίζοντας επίσης :

    « Η έλλειψη δωρεάν νομικής συνδρομής αποβαίνει εις βάρος του δίκαιου και αποτελεσματικού χαρακτήρα που θα έπρεπε να διακρίνει τη διαδικασία ασύλου στο σύνολό της, ιδίως αν ληφθούν υπόψη οι εξαιρετικά σύντομες προθεσμίες που προβλέπονται για διαδικασία των συνόρων και τα σημαντικά κενά στη πρόσβαση σε νομική συνδρομή ήδη από το πρώτο βαθμό της διαδικασίας ασύλου ».

    https://www.efsyn.gr/node/276785

    –—

    Traduction de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migeurop :

    Le ministère de l’Immigration et de l’Asile a soumis une demande à la Commission européenne et à #Frontex pour le #retour_immédiat de 1 450 personnes dont la demande d’asile a été rejetée, citant la déclaration commune UE-Turquie. Cependant, il convient de noter que désormais, les décisions d’asile en première instance sont prises par des procédures expresses, sans que soit assuré une aide juridique suffisante au requérant, ce qui pourrait garantir une décision équitable.

    L’annonce du ministère de l’Immigration indique que la Grèce demande le retour en Turquie de 955 étrangers qui sont entrés dans notre pays depuis la Turquie et se trouvent à #Lesbos, 180 à #Chios, 128 à #Samos et 187 à #Kos, notant que leurs demandes d’asile ont été définitivement rejetés et qu’il est possible de les renvoyer, en vertu de la déclaration commune UE-Turquie. Au cours des deux premiers mois de 2020, un total de 139 #retours_forcés en Turquie ont été enregistrés, un processus qui est au point mort depuis le 15 mars 2020, date à laquelle la Turquie a évoqué les difficultés supplémentaires causées par l’apparition de la #pandémie de #coronavirus.

    Désormais, le ministère de l’Immigration affirme que "les procédures de #dépistage_rapide du coronavirus en Grèce et l’accélération significative du processus d’asile, ont créé les bonnes conditions pour la #reprise en toute sécurité du processus de retour des étrangers qui n’ont pas droit à une protection internationale et sont entrés en Grèce depuis la Turquie. ». Le ministre de l’Immigration et de l’Asile, #Notis_Mitarakis, souligne dans sa déclaration que la Grèce attend de la Turquie "un renforcement des efforts dans le cadre de la Déclaration commune : premièrement, pour empêcher le passage des bateaux partant de ses côtes vers notre pays". Deuxièmement, par l’acceptation des retours sur la base de la déclaration commune UE-Turquie, mais aussi des accords bilatéraux de #réadmission ". Faisant référence à la politique européenne des réfugiés / immigration, il a noté que « l’objectif de l’Europe est d’établir un mécanisme commun dans le nouveau pacte d’immigration et d’asile, ainsi que l’arsenal juridique nécessaire pour les retours. Et de fortifier, de cette manière, les premiers pays d’accueil contre les flux migratoires incontrôlés, mais aussi l’action des réseaux de passeurs ".

    Dans le même temps, à l’occasion de la demande du ministère grec de l’Immigration et de l’asile à la Commission et à Frontex, l’organisation de défense des droits de l’homme HIAS Greece a publié une déclaration dans laquelle elle note que la procédure rapide suivie pour l’examen des demandes d’asile ne garantit pas décision juste et équitable. De plus, les demandeurs d’asile ne bénéficient pas d’une aide juridique suffisante et la procédure de recours en deuxième instance est juridiquement compliquée, ce qui empêche les réfugiés de défendre leur droit de séjour dans le pays. « Il devient clair que sans assistance juridique, il est impossible pour les demandeurs d’asile de présenter par écrit et qui plus est en langue grecque, les raisons juridiques et réelles pour lesquelles ils font appel de la décision de rejet de leur demande », notent-t-ils, entre autres, en soulignant : « L’absence d’assistance juridique gratuite se fait au détriment du caractère équitable et efficace de la #procédure_d'asile dans son ensemble, en particulier compte tenu des délais extrêmement courts prévus de la #procédure_à_la_frontière (#Border_procedure) et des lacunes importantes déjà en matière d’accès à l’#aide_juridique, dès la première instance de la procédure d’asile ".

    #Grèce #Turquie #asile #migrations #renvois #expulsions #réfugiés #accord_UE-Turquie #déboutés

    ping @isskein @karine4

    • « Ναι » στις επιστροφές μεταναστών λέει η Τουρκία

      Πρόκειται για αίτημα που κατέθεσε την περασμένη εβδομάδα στην Ε.Ε. και στον Frontex ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου Νότης Μηταράκης.

      Θετική ανταπόκριση της Τουρκίας στο ελληνικό αίτημα για επιστροφή 1.450 αλλοδαπών των οποίων τα αιτήματα ασύλου έχουν απορριφθεί τελεσιδίκως προκύπτει από τη χθεσινή συνάντηση του αντιπροέδρου της Ευρωπαϊκής Επιτροπής Μαργαρίτη Σχοινά με τον Τούρκο υπουργό Εξωτερικών Μεβλούτ Τσαβούσογλου. Πρόκειται για αίτημα που κατέθεσε την περασμένη εβδομάδα στην Επιτροπή και στον Frontex ο υπουργός Μετανάστευσης και Ασύλου Νότης Μηταράκης. Ο κ. Τσαβούσογλου, σύμφωνα με πληροφορίες της εφημερίδας Καθημερινη , είπε ότι το ζήτημα θα επιλυθεί με ορίζοντα τον Μάρτιο.

      Σύμφωνα με τις ίδιες πληροφορίες, η συνάντηση με τον κ. Σχοινά –η πρώτη μεταξύ των δύο ανδρών– διήρκεσε μία ώρα και συζητήθηκαν όλα τα θέματα αρμοδιότητος του αντιπροέδρου : το μεταναστευτικό, η ασφάλεια, ο διαθρησκειακός διάλογος και οι επαφές μεταξύ των λαών. Κοινοτικές πηγές αναφέρουν ότι, ενόψει της Συνόδου Κορυφής του Μαρτίου και της έκθεσης Μπορέλ για τις ευρωτουρκικές σχέσεις, είναι επιτακτική ανάγκη η οικοδόμηση ενός πλαισίου θετικής συνεννόησης και η αποφυγή διχαστικών δηλώσεων που θα οξύνουν εκ νέου τις εντάσεις. Ο κ. Τσαβούσογλου κάλεσε τον κ. Σχοινά να συμμετάσχει ως κεντρικός ομιλητής στο Φόρουμ της Αττάλειας τον προσεχή Ιούνιο.

      Σε θετικό κλίμα εξελίχθηκε και η συνάντηση του Τούρκου υπουργού με την επίτροπο Εσωτερικών Υποθέσεων Ιλβα Γιόχανσον. Τα βασικά θέματα τα οποία συζήτησαν, σύμφωνα με πληροφορίες, ήταν οι δεσμεύσεις των δύο πλευρών όπως απορρέουν από την Κοινή Δήλωση Ε.Ε. – Τουρκίας για τη διαχείριση του μεταναστευτικού και τα προαπαιτούμενα με τα οποία πρέπει να συμμορφωθεί η Αγκυρα για να υπάρξει πρόοδος στο θέμα της απελευθέρωσης των θεωρήσεων. Ο κ. Τσαβούσογλου συναντήθηκε επίσης με τον Ζοζέπ Μπορέλ και τον επίτροπο Διεύρυνσης Ολιβερ Βαρχέλι, ενώ είχε και ένα σύντομο τετ α τετ με την Ούρσουλα φον ντερ Λάιεν. Σε δηλώσεις του πριν από τη δική του συνάντηση με τον κ. Τσαβούσογλου, ο ύπατος εκπρόσωπος της Ε.Ε. για την Εξωτερική Πολιτική χαρακτήρισε το 2020 « περίπλοκο έτος » για τις σχέσεις των δύο πλευρών. « Πρόσφατα όμως », πρόσθεσε ο κ. Μπορέλ, « έχουμε δει βελτίωση της ατμόσφαιρας » και « κάποια σημαντικά βήματα » στην αναζήτηση « κοινών στρατηγικών συμφερόντων ».

      « Ενα θετικό βήμα είναι η ανακοινωθείσα επανέναρξη των διερευνητικών συνομιλιών μεταξύ Ελλάδας και Τουρκίας », είπε ο κ. Μπορέλ, σημειώνοντας : « Πρέπει να υπάρξει επιμονή σε αυτές τις προσπάθειες. Προθέσεις και ανακοινώσεις πρέπει να μεταφραστούν σε πράξεις ». Επανέλαβε δε την « πλήρη δέσμευση » της Ε.Ε. να στηρίξει την « ταχεία επανέναρξη » των διαπραγματεύσεων για το Κυπριακό, υπό την αιγίδα του γ.γ. του ΟΗΕ. « Είναι ισχυρή μας επιθυμία να υπάρξει μια αποκλιμάκωση διαρκείας στην Ανατ. Μεσόγειο και στην ευρύτερη περιοχή και είμαι βέβαιος ότι μπορούμε να έχουμε ένα διάλογο ουσίας για να ενισχύσουμε τις πολιτικές διαδικασίες που συνδέονται με συγκρούσεις στην περιοχή, στη Λιβύη, στη Συρία ή στο Ναγκόρνο-Καραμπάχ », είπε.

      Επιπλέον, « με πλήρη αμοιβαίο σεβασμό, θα μιλήσουμε ειλικρινά και ανοιχτά για την πολιτική κατάσταση στην Τουρκία και τις προοπτικές ένταξης [της χώρας στην Ε.Ε.] », ανέφερε ο κ. Μπορέλ. Μιλώντας νωρίτερα στο Ευρωκοινοβούλιο, ο ύπατος εκπρόσωπος επανέλαβε τις ανησυχίες της Ε.Ε. για τα ανθρώπινα δικαιώματα στην Τουρκία. Εκανε αναφορά στις υποθέσεις Ντεμιρτάς και Καβαλά αλλά και στις « βαθιά ανησυχητικές » διώξεις δημάρχων της αντιπολίτευσης.

      ​​​​​​Από την πλευρά του, ο κ. Τσαβούσογλου χαρακτήρισε κι αυτός το περασμένο έτος « προβληματικό » για τις σχέσεις Ε.Ε. – Τουρκίας. Χαιρέτισε τις αμοιβαίες κινήσεις βελτίωσης της ατμόσφαιρας που έχουν γίνει έκτοτε και είπε ότι μαζί με τον κ. Μπορέλ θα « εργαστούν για να προετοιμάσουν » την επίσκεψη στην Αγκυρα της Ούρσουλα φον ντερ Λάιεν και του προέδρου του Ευρωπαϊκού Συμβουλίου Σαρλ Μισέλ. Υπενθυμίζεται, πάντως, ότι η επίσκεψη αυτή δεν έχει επιβεβαιωθεί ακόμα από ευρωπαϊκής πλευράς.

      https://www.stonisi.gr/post/14486/nai-stis-epistrofes-metanastwn-leei-h-toyrkia

    • Le Ministre grec de la politique migratoire demande la #révision de l’accord UE-Turquie, afin que les retours puissent être également effectués depuis la #frontière_terrestre

      Traduction du grec reçue via la mailing-list Migreup :

      "Il est clair qu’aucune nouvelle structure ne sera créée en #Thrace", a déclaré M. Mitarakis.

      La nécessité de réviser la déclaration commune UE-Turquie, de manière à inclure les frontières terrestres, mais si et seulement si elle est accompagnée par la levée de restriction géographique pour ceux qui arrivent aux îles, a été mise en avant lors d’une conférence de presse d’Alexandroupolis par le ministre de l’Immigration et de l’Asile Notis Mitarakis.

      Évoquant les points qui doivent être modifiés dans l’accord, M. Mitarakis a déclaré que << le premier est la question de la levée de la restriction géographique imposée par l’accord qui a créé une énorme pression sur les îles de la mer Égée, car elle associait a possibilité d’un renvoi à Turquie de ceux qui n’ont pas droit à une protection internationale à leur confinement géographique aux îles jusqu’à la fin de la procédure d’asile.

      Le ministre a souligné que si la clause de la restriction géographique est levée, nous devrions reconsidérer l’accord européen afin que les retours puissent être effectués depuis les frontières terrestres [et non pas uniquement par voie maritime], "à condition de ne pas rendre obligatoire le séjour des demandeurs d’asile qui arrivent par voie terrestre à la région Evros », dit-il.

      Après les réactions extrêmes de certains habitants d’Orestiada avant-hier, Notis Mitarakis a souligné que "la politique nationale pour Thrace et Evros ne change pas, il est clair qu’aucune nouvelle structure ne sera créée en Thrace, et qu’il n’y aura pas de séjour d’immigrants en Thrace. Le caractère du #hotspot #Fylakio ne change pas non plus, tous les demandeurs vont être transférés après les contrôles nécessaires vers les structures existantes de régions non-frontalières ».

      Enfin, le ministre a essentiellement annoncé la décision prise de déplacer le bureau régional d’asile d’#Alexandroupoli à #Kavala, arguant que la présence d’immigrants à Alexandroupoli pour traiter leurs dossiers est contraire à la politique qui stipule que les migrants ne doivent pas s’installer à la région frontalière d’#Evros.

      source en grec :
      https://www.efsyn.gr/ellada/koinonia/280765_mitarakis-epanexetasi-tis-symfonias-gia-na-mporoyn-na-ginontai-epistrof

      #transferts

  • Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Automutilations, idées suicidaires… Sur les îles grecques, une dégradation inquiétante de la santé mentale des migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29311/automutilations-idees-suicidaires-sur-les-iles-grecques-une-degradatio

    Confinement : Pour l’IRC, si le système même d’enfermement des demandeurs d’asile dans des hotspots a constitué un terrain favorable à des souffrances psychologiques, ce sont les longs mois de confinement imposés aux résidents qui ont radicalement aggravé la situation. L’isolement prolongé des camps jusqu’à la fin de l’été, alors que la population grecque a été déconfinée le 4 mai, a créé un fort sentiment d’injustice chez les personnes migrantes.Durant l’été, une vingtaine d’associations, dont Amnesty International, avaient dénoncé une politique « inefficace » et « discriminatoire » envers les exilés."La crainte réelle d’être contaminés a provoqué chez les habitants des centres d’identification et d’enregistrement une détresse considérable. En conséquence, les tensions ont commencé à s’intensifier avec des incendies et des protestations qui éclatent chez les réfugiés des camps de Lesbos, Chios et Samos en avril 2020", détaille également l’IRC dans son rapport.
    Pour mettre fin à cette situation intenable, l’IRC appelle l’Union européenne (UE) à plus de solidarité afin que les demandeurs d’asile des îles grecques soient plus rapidement répartis entre les pays de l’UE.Seuls quelques milliers de réfugiés - dont 1 300 mineurs malades ou non-accompagnés - ont été autorisés à se réinstaller dans d’autres États de l’UE cette année, malgré les demandes répétées d’Athènes et de la Commission européenne d’intensifier les transferts

    #Covid-19#migrant#migration#grece#ue#sante#santementale#refugie#confinement#demandeurdasile#mineur#mna#lesbos#chios#samos

  • EU policy ‘worsening’ mental health for refugees on Greek islands

    New research says more asylum-seekers stranded in EU’s ‘hotspot’ centres experiencing severe mental health symptoms.

    A prominent humanitarian group has warned of a worsening mental health crisis among asylum-seekers trapped at refugee camps on three Greek islands, saying its research reveals severe symptoms among people of all ages and backgrounds, including depression, post-traumatic stress disorder and self-harm.

    The International Rescue Committee (IRC), in a new report (https://www.rescue-uk.org/courage-to-continue) on Thursday, said nearly 15,000 people remain stranded at the European-Union funded Reception and Identification Centres, camps known as “hotspots” that were set up on Europe’s borders almost five years ago to swiftly process applications for asylum.

    Citing data collected from 904 asylum-seekers supported by its mental health programmes on the islands of Lesbos, Chios and Samos, the IRC said one in three of its clients reported suicidal thoughts, while one in five reported having made attempts to take their lives.

    “I even tried to hang myself but my son saw me and called my husband,” Fariba, a 32-year-old Afghan woman, was quoted as saying. The mother of two young children lives in the Vathy camp in the island of Samos.

    “I think about death a lot here: that it would be a good thing for the whole family, that if I could add a medicine in our food and we all died it would be a deliverance. But then I look at my daughter and I think it is not her time yet,” she said.

    The hotspot centres were established up in 2015, when the Aegean islands, especially Lesbos, came under enormous pressure, with nearly a million refugees and migrants trying to reach Europe arriving on the Greek islands.

    In January of this year, the five camps together hosted more than 38,600 asylum-seekers – a number six times higher than the hotspots’ capacity. The number had reduced significantly by November, yet, asylum seekers still live under “inhumane” conditions and “in great distress, with limited access to food, water and sanitation,” read the report.
    ‘Alarming spike’

    On Lesbos, thousands of people live in a temporary camp after a fire burned down their overcrowded facility known as the Moria refugee camp. With winter in full swing, many people now live in tents battered by winds and flooding, the report said, adding an even deeper sense of exhaustion and frustration. On Sunday, the camp of Kara Tepe in Lesbos – where more than 7,000 people live – was flooded for the third time after three days of rain amid stormy weather conditions.

    Mohammad, a 23-year-old Syrian asylum seeker who fled the city of Idlib in 2019, told Al Jazeera how he is affected by depression and sleeping disorders.

    “How could my mental health not be affected? When you wake up and find a rat on your chest, when you are constantly waiting [for your legal status to proceed], when rain is pouring into your tent for days, you have no toilet but just garbage around you?” he said, asking his surname to be withheld as his second attempt to gain residency is under way.

    This is the second winter Mohammad has spent in a self-made wooden hut in what is known as “the jungle” in the island of Samos. The 600-people capacity camp, located on a hill, comprises of tents made out of recycled material and houses more than 3,000 people.

    Mohammad said there were high level of distress and constant fear of possible violent escalations among the residents of the camp. “We need some sort of improvement as it is getting difficult to control the anger,” he said.

    The coronavirus pandemic and the strict restrictions on movement has inflicted further blows.

    The IRC reported an “alarming spike” in the number of people disclosing psychotic symptoms following the pandemic, jumping from one in seven to almost one in four. There was also a sharp rise in people reporting self-harm, which jumped by 66 percent, as well as a surge in those reporting symptoms of PTSD, which climbed from close to half of clients beforehand to almost two in three people.

    These severe symptoms of mental health negatively affect people’s ability to cope with the many challenges they face at the hotspot centres, such as standing in line for hours to get food, or successfully navigate the complex asylum process, the report said.
    ‘Trauma of hotspot centres’

    “Such stressful situation triggers a sort of re-traumatisation,” said Essam Daod, a psychiatric and mental health director of Humanity Crew, an NGO providing first response mental health interventions to refugees in Samos.

    “You left home because you felt hopeless, unsafe and with a massive distrust with the system. You reached Europe and you start to stabilise your mood, but then COVID-19 destroyed all of this triggering the same feeling they had when they were fleeing their own country,” he said.

    IRC found that mental health issues can also cause high levels of stigma and discrimination, while increasing vulnerability to exploitation or violence, including sexual violence.

    Children are also bearing the brunt of the the worsening crisis.

    “When parents break down, it has a major impact on children,” said Thanasis Chirvatidis, a psychologist with Doctors Without Borders who has been working in Lesbos since August.

    Children perceive parents who experience psychological collapse as being unable to protect them, said Chirvatidis. The result is an increasing number of children are developing symptoms such as hopeless, insomnia, night terrors and regression symptoms as they go backwards at an earlier mental state where they had better memories and felt safer.

    All of the people in the hotspot centres – adult and children alike – “even those who had a sense of normalcy in their life before, at this point will need support in the future for sorting what they are going through here, which has now become a trauma itself,” said Chirvatidis.

    https://www.aljazeera.com/news/2020/12/17/eus-refugee-policy-on-greek-islands-worsening-mental-health

    #Moria #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés #îles #Lesbos #Mer_Egée #Grèce #traumatisme #trauma #hotspots #rapport

    ping @_kg_

    • Thousands of refugees in mental health crisis after years on Greek islands

      One in three on Aegean isles have contemplated suicide amid EU containment policies, report reveals
      https://i.guim.co.uk/img/media/b1b9c9d90a1caa8f531cc8964d98aa5f334fc711/0_212_3500_2100/master/3500.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=cdabee9ba1451c3fdb469b

      Years of entrapment on Aegean islands has resulted in a mental health crisis for thousands of refugees, with one in three contemplating suicide, a report compiled by psychosocial support experts has revealed.

      Containment policies pursued by the EU have also spurred ever more people to attempt to end their lives, according to the report released by the International Rescue Committee (IRC) on Thursday.

      “Research reveals consistent accounts of severe mental health conditions,” says the report, citing data collated over the past two and a half years on Lesbos, Samos and Chios.

      Depression, post-traumatic stress disorder (PTSD) and self-harm “among people of all ages and backgrounds” have emerged as byproducts of the hopelessness and despair on Europe’s eastern borderlands, it says.

      “As many as three out of four of the people the IRC has assisted through its mental health programme on the three islands reported experiencing symptoms such as sleeping problems, depression and anxiety,” its authors wrote.

      “One in three reported suicidal thoughts, while one in five reported having made attempts to take their lives.”

      In a year upended by coronavirus and disastrous fires on Lesbos – about 13,000 asylum seekers were temporarily displaced after the destruction of Moria, the island’s infamous holding centre – psychologists concluded that the humanitarian situation on the outposts had worsened considerably.

      The mental health toll had been aggravated by lockdown measures that had kept men, women and children confined to facilities for much of 2020, they said.

      Previously, residents in Moria, Europe’s biggest refugee camp before its destruction, had participated in football games outside the facility and other group activities.

      Noting that the restrictions were stricter for refugees and migrants than those applied elsewhere in Greece, IRC support teams found a marked deterioration in the mental wellbeing of people in the camps since rolling lockdowns were enforced in March.

      “Research demonstrates how the onset of the Covid-19 pandemic further exacerbated the suffering of already vulnerable asylum seekers and exposed the many flaws in Europe’s asylum and reception system,” the report says.

      Over the year there has been a rise in the proportion of people disclosing psychotic symptoms, from one in seven to one in four. Disclosures of self-harm have increased by 66%.

      The IRC, founded by Albert Einstein in 1933 and now led by the former British foreign secretary David Miliband, said the findings offered more evidence of the persistent political and policy failures at Greek and EU level.

      Five years after authorities scrambled to establish reception and identification centres, or hotspots, on the frontline isles at the start of the refugee crisis, about 15,000 men, women and children remain stranded in the installations.

      Describing conditions in the camps as dangerous and inhumane, the IRC said residents were still denied access to sufficient water, sanitation, shelter and vital services such as healthcare, education and legal assistance to process asylum claims.

      On Lesbos, the island most often targeted by traffickers working along the Turkish coast, government figures this week showed an estimated 7,319 men, women and children registered in a temporary camp erected in response to an emergency that has been blamed on arsonists.

      Three months after the fires, more than 5,000 people have been transferred to the mainland, according to Greek authorities.

      Of that number, more than 800 were relocated to the EU, including 523 children who had made the journey to Europe alone and were also held in Moria.

      Many had hoped the new camp would be a vast improvement on Moria, whose appalling conditions and severe overcrowding earned it global notoriety as a humanitarian disaster.

      But the new facility, located on a former firing range within metres of the sea, has drawn condemnation from locals and NGOs.

      “The winds hit it, the rains hit it and there’s no shade, which is why this place is unsuitable for any camp to be,” the island’s mayor, Stratis Kitilis, said.

      “It’s right next door to all the warehouses, transport companies and supermarkets that keep Lesbos going. No one wants it there.”

      This month the EU announced it was working with Athens’ centre-right administration to replace the installation with a modern structure that will open next September. New reception and identification centres will also be built on Samos, Kos and Lesbos. “They say it’ll be nothing like Moria and will be more of a transfer stop, but late next year is a very long time,” said Kitilis.

      Kiki Michailidou, the psychologist in charge of the IRC’s psychosocial support programmes on Lesbos, agreed that the conditions were far from dignified.

      As winter approached, camp residents were resorting to ever more desperate measures to keep warm, she said, while also being forced to stand in long queues for food and communal toilets.

      With camp managers moving families into giant tents, social distancing remains elusive. “A lot of people fear the unknown again,” Michailidou said.

      “Moria was terrible but it was also a familiar place, somewhere they called their home. After the fires they lost their point of reference and that has had a significant impact on their mental health too.”

      The IRC report calls for European policymakers to learn from past failings. While the EU’s new pact on asylum and migration is a step in the right direction, it says, it still falls short of the bloc managing migration in a humane and effective way.

      Echoing that sentiment, Michailidou said: “After the fires we saw what could happen. There were transfers to the mainland and children were relocated to other parts of Europe. That’s proof that where there’s political will and coordinated action, the lives of people in these camps can be transformed.”

      https://www.theguardian.com/global-development/2020/dec/17/thousands-refugees-mental-crisis-years-greek-islands

  • Livre | “Flammes sur #Lesbos” décrypter la réalité des réfugiés en Grèce
    https://asile.ch/2020/12/17/livre-flammes-sur-lesbos-decrypter-la-realite-des-refugies-en-grece

    Flammes sur #Lesbos : un roman-reportage pour décrypter la réalité derrière les camps de réfugiés en Grèce Le titre de ce premier ouvrage du journaliste Thomas Epitaux-Fallot contient un indice qui ne trompe pas sur la perspective adoptée par l’auteur pour raconter ce qui se passe sur Lesbos : le drame des migrants coincés sur cette île de […]

  • Lesvos : Border guards, policeman suspended for beating refugees (video)

    Three border guards and one policeman have been suspended from service after a video showed them beating two refugees outside a supermarket of the island of Lesvos, the Chief of the Greek Police announced on Saturday morning. An internal investigation has been launched against the four, the statement added. Police speaks of “use of violence against people during control check.”

    The video was published on Friday afternoon by newspaper Efimerida ton Syntakton. The four policemen stopped them for control as they were returning from supermarket, threw them on the ground and started beating them for no apparent reason.

    One policeman is holding one of the refugees who is handcuffed and kicks him as well as the other who is on the ground and surrounded by his colleagues. The three keep beating and kicking him while he remains down in the ditch on the side of the road.

    https://www.youtube.com/watch?v=Tbd_x7HhyAY

    In a comment the President of the Panhellenic Association of Border Guards claimed that the victims were “not refugees but migrants seeking asylum” and that “they were drunk.”

    He said further that the police was called following complaints that the victims were stopping drivers on the road.

    “The migrants resisted during their arrest, swore and spat” the border guards and the policeman, he added.

    Local newspaper lesvosnews described the comment as “unbelievable” and said that “even if the two had behavior, you handcuff them and bring them to justice. the beating cannot be justified.”

    According to local news website stonisi, the two arrested asylum seekers were released and returned to the tent camp of Kara Tepe.

    A team from the Internal Affairs Department of the Greek Police is expected on Lesvos to investigate the case.

    PS The incidents of police violence have dramatically increased recently. As we’ve said before, it looks as if they have adopted the wrong role model, that of police in the USA.

    https://www.keeptalkinggreece.com/2020/12/12/lesvos-policemen-beat-refugees-video
    #vidéo #violences_policières #anti-migrants #asile #migrations #police #réfugiés #Grèce #Lesbos #suspension #gardes-frontière

  • Vidéo | “Réfugié.e.s en Grèce. 2 regards,1000 paroles rapportées”
    https://asile.ch/2020/12/01/grece-video-refugie-e-s-en-grece-2-regards-1000-paroles-rapportees

    Vivre Ensemble a réuni Mary Wenker auteure de “Échos de la mer Égée” et Thomas Epitaux-Fallot auteur de “Flammes sur #Lesbos” pour nous parler de la situation des personnes réfugiées en Grèce. Tout deux y ont passé du temps et en reviennent avec ces deux magnifiques ouvrages. Au travers d’une discussion tissée par Emmanuelle Hazan, […]

  • Enfants et réfugiés : l’horreur de Moria chroniquée par les éducateurs de l’ONU

    En Grèce, dans les cendres du camp de réfugiés rasé par les flammes en septembre, nous avons retrouvé le journal de bord tenu, depuis l’intérieur de la « #zone_mineurs », par les éducateurs de l’OIM, organisation affiliée à l’ONU. Toute la violence dans laquelle ces enfants étaient plongés s’y retrouve consignée. Un document exclusif.

    Il fait froid, ce matin du 18 novembre 2018, sur l’île de Lesbos, en Grèce. Moria, l’immense camp de réfugiés et ses presque 5 000 nouveaux arrivants, se réveille les pieds dans la boue, sous les tentes dégoulinantes de pluie. Fanis*, éducateur de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence affiliée à l’ONU, pénètre dans la « zone sécurisée », l’espace barbelé réservé aux mineurs isolés. Le travailleur social pousse la porte de la réserve et découvre un rat mort dans une caisse à mandarines. Ce n’est pas la première fois que la vermine s’introduit dans les grands conteneurs qui servent de lieux de vie, mais le professionnel persiste à noter la même phrase sur le journal de bord : « Grave problème avec les rats et danger de transmission de maladies aux bénéficiaires ainsi qu’au personnel. »

    Fanis n’est pas au bout de ses peines. Pendant la nuit, les pluies diluviennes ont inondé la salle où se trouvent le frigidaire et le chauffage. L’éducateur reprend donc sa plume pour conseiller à ses collègues de porter de « hautes bottes en plastique » afin d’éviter l’électrocution. Pire : le conteneur numéro 5, où dort une partie des enfants, est aussi détrempé. Les petits courent un danger mortel : « Risque d’électrocution », note encore le travailleur social, avant de refermer l’épais journal cartonné.

    Avant les incendies du 8 septembre 2020 qui l’ont rasé, Moria était considéré par les ONG comme le « pire » camp de réfugiés d’Europe. Au moment des feux, 12 500 personnes s’entassaient dans la crasse et la misère d’un camp bâti pour 3 100. Parmi eux, entre 300 et 600 mineurs isolés, qui vivaient dans la « zone sécurisée », un espace où ils étaient enfermés pendant la nuit pour leur protection.

    C’est l’OIM, organisation affiliée à l’ONU chargée de promouvoir des migrations « ordonnées » mais surtout connue pour organiser des retours vers les pays d’origine, qui avait été choisie pour la coordination de cet endroit sensible. Avec pour mission d’accompagner les jeunes, qui patientaient des mois avant d’être transférés vers la Grèce continentale ou les pays de l’UE.

    L’OIM avait donc embauché éducateurs, psychologues, avocats, infirmières et interprètes, nous écrit-elle, afin de « couvrir tous les besoins des enfants ». À savoir : Fanis et ses collègues, les contributeurs du document que nous avons retrouvé dans les cendres de Moria.

    Nous sommes une semaine après les incendies, le 16 septembre 2020. La mer de tentes multicolores s’est muée en un paysage de suie à perte de vue. Structures de tentes calcinées, jouets cassés, ustensiles de cuisines éparpillés sur une terre devenue pelée et déserte. C’est là, dans un coin appelé « la jungle », à même le sol, entre deux barquettes de riz avec le logo de l’UE, que nous l’avons trouvé. Le manuscrit avait survécu aux flammes et aux pilleurs, qui ne l’avaient pas jugé digne d’intérêt.

    « Zone sécurisée », annonce d’emblée sa couverture. Sur la page de garde, le code wi-fi réservé aux employés de l’OIM. Puis, page après page, dans un grec discipliné, les travailleurs de l’agence ont scrupuleusement noté tous les événements qui ont eu lieu pendant leur tour de garde. Du nombre de croissants aux litres de jus consommés par les « bénéficiaires » en passant par les traitements médicaux avalés. Aussi : les bagarres, les fugues, les dangers courus et les violences subies par les plus vulnérables des résidents de Moria.

    Le document manuscrit de 190 pages couvre une période d’environ six mois, de novembre 2018 à mai 2019. Le jour de la dernière note, le 8 mai, Moria compte déjà 2 000 habitants au-dessus de ses capacités. Mais ce n’est que le début de l’escalade. À la fin de l’année, ce sera l’explosion : le nombre des personnes aura quasiment quadruplé (19 256 en janvier 2020). À la lecture du calepin, on se demande pourtant comment la situation a pu encore empirer.

    Nuit noire

    Page après page, on s’aperçoit que les coupures d’électricité – causées notamment par les pluies – représentent un problème majeur pour la petite communauté. Ces interruptions, qui peuvent durer plusieurs jours, empêchent le personnel de surveiller les entrées et sorties. Une catastrophe pour la sécurité des enfants censés être à l’abri des agressions. Le 24 novembre 2018, après plusieurs jours sans courant, au désespoir, Fanis et ses collègues Giannis* et Maria* rouvrent le carnet de bord :

    « L’inertie des personnes chargées de l’entretien fait qu’une fois encore nous sommes privés d’électricité, au point de n’avoir pas une seule lumière à l’intérieur et l’extérieur de la zone sécurisée. Tous les jours ou presque nous sommes contraints d’apporter des lampes-torches de chez nous pour essayer de voir, dans le noir complet, qui saute par-dessus les barbelés. Pour pénétrer à l’intérieur ou pour en sortir. Ces conditions de vie sont inacceptables ! En dépit des plaintes répétées des travailleurs sociaux, la situation ne semble pas s’améliorer. »

    Une triste note de Noël

    « JOYEUX NOËL !!! » Pour marquer l’événement, l’éducateur de garde a dessiné de jolies lettres au sommet de la page du 25 décembre 2018. Mais rien n’est jamais joyeux à Moria. S., une adolescente, vient de faire passer un morceau de papier à l’assistante sociale : le nom de son agresseur. Les éducateurs copient l’information avec un crayon de bois, entre autres notes au stylo bleu : « Il l’a battue en dehors de la zone sécurisée alors qu’il était ivre », lit-on. « Nous avons appelé la police, l’officier a envoyé une patrouille à pied. Voyons ce qui va se passer. » Le ton résigné employé par Fannis et son collègue semble indiquer qu’ils ne se font pas d’illusions.

    Les travailleurs sociaux reportent qu’un homme est déjà venu se plaindre de S. auparavant. Un peu plus tôt dans la journée, ce dernier s’est présenté à l’entrée. Tonitruant, il avait accusé S. de lui avoir volé de l’argent. Il prétendait lui en avoir déjà donné à plusieurs reprises « en échange de choses qui ne peuvent être décrites ». Les employés de l’OIM lui avaient demandé de partir en lui indiquant que, si quelqu’un lui avait volé de l’argent, il devait s’en plaindre à la police et que la violence n’avait pas sa place ici. « L’homme est parti satisfait… », avait noté le personnel en service.

    Interrogé sur les suites données à cette affaire, l’OIM nous fait cette réponse générale : « Un soutien psychologique était proposé aux enfants, afin de prévenir ou résoudre tous les conflits naissants. » L’exploitation sexuelle n’est que l’un des nombreux dangers auxquels les mineurs sont confrontés de l’autre côté des barbelés. L’abus d’alcool, de drogue et les bagarres sont également le lot des ados de Moria.

    Drogues, alcool, bagarres

    Dans la soirée du 4 avril 2019, N., un mineur de sexe masculin, a « de nouveau inhalé du liquide utilisé pour recharger les briquets ». L’adolescent a brutalement commencé à jeter des pierres, brisant plusieurs fenêtres. « Les policiers sont arrivés rapidement, mais N. a sauté par-dessus les barbelés et s’est enfui. »

    À l’image de N., on peut lire que de nombreux jeunes entrent dans la zone de sécurité ivres ou défoncés, parfois plusieurs jours de suite. Dans certains cas, ils sont à l’origine d’altercations avec les autres « bénéficiaires » ou les travailleurs sociaux. Parfois, les éducateurs de l’OIM semblent dépasser par la situation et demandent l’intervention de la police du camp.

    « Fuck Moria ! »

    «  Nous sommes toujours en vie !!!  », conclut une note rédigée dans la nuit du 6 décembre 2018. « Q., H. et A. sont rentrés probablement ivres (peut-être même défoncés). Ils nous ont insultés en nous disant : “Va te faire foutre ! Fuck la police ! Fuck Moria, etc.” »

    Q., un des ados, a explosé en vol. Tout en clamant : « Comme c’est agréable d’être fou ! », il a brisé treize fenêtres et « certainement 3 ou 4 placards et les poubelles ». La police a fini par arriver mais après avoir tenté de calmer les jeunes pendant quarante minutes, elle embarque les jeunes migrants au poste de police.

    Quand les mineurs ne s’en prennent pas aux travailleurs sociaux, ils se battent entre eux. Des bagarres récurrentes qui apparaissent chaque jour ou presque dans les pages du carnet de bord. Ici, un combat entre trois adolescents qui termine chez le médecin (le 26 novembre 2018), là, deux frères qui s’en prennent à un jeune à coup de bâtons (le 2 décembre 2018).

    Et quand ils ne parviennent plus à l’extérioriser, les enfants dirigent la violence contre eux-mêmes. Un mois et demi avant de glisser le nom de son agresseur sur un morceau de papier, S. s’était tailladé les veines avec un rasoir dans les douches des filles (le 6 novembre 2018). Par son geste, la jeune fille avait-elle voulu alerter ses éducateurs ? Punir ce corps qu’elle prostituait ? « La blessure est profonde, précise la note. Elle a été emmenée chez le médecin. » Les pages tournent et charrient toujours plus de malheurs : le 8 mars 2019, une autre mineure, A., « se tranche aussi les veines avec un rasoir, elle est amenée à l’hôpital local pour être vue par un psychiatre ». A. est conduite à l’hôpital, mais, la plupart du temps, c’est le médecin militaire du camp qui est appelé à la rescousse pour soigner les enfants de Moria.

    Ainsi, dans la nuit du 1er décembre 2018, un bébé qui vivait avec sa mère adolescente dans la section des filles est emmené chez le médecin militaire. « Il nous a dit qu’il n’était pas spécialiste des bébés et que quelqu’un devrait l’ausculter demain », écrit le travailleur de garde, ajoutant que le bébé pourrait possiblement avoir la varicelle. Cette nuit-là, il n’y a pas d’électricité dans les conteneurs, le nourrisson malade doit affronter la nuit glaciale sans traitement ni chaleur.

    « Nous continuerons à travailler dans des conditions inédites et inacceptables »

    Ce mois de décembre semble particulièrement éprouvant pour Fannis et ses collègues. Une semaine après l’épisode du bébé, le 7, l’éducateur prend le temps de rédiger deux longues notes qui sonnent comme des avertissements à l’adresse de sa hiérarchie.

    Il fait référence à de nouvelles altercation entre jeunes qui ont abouti à l’intervention de la police, la veille au soir : « L’inaction dans la gestion et la supervision de la section apparaît désormais évidente et ce en dépit de nos plaintes et signalements constants. Nous continuerons toutefois à informer et à travailler dans ces conditions inédites et inacceptables, mais nous espérons tous qu’il n’y aura pas d’incidents plus graves pour les bénéficiaires et les collègues. »

    Fannis craint de nouvelles bagarres avec l’arrivée de dix mineurs afghans dans la zone sécurisée : « Les “anciens” sentent qu’ils ont besoin de prouver quelque chose et les nouveaux arrivants pensent qu’ils doivent faire leur place dans cette nouvelle société. Les transferts de bénéficiaires doivent se faire progressivement. »

    La direction de l’OIM lit-elle seulement les notes de ses employés ? Peu importe, l’éducateur égrène inlassablement les mêmes avertissements : « Il est pour le moins problématique de voir dans la zone de sécurité des jeunes mamans avec des bébés, des jeunes garçons isolés, côtoyer et vivre au même endroit pendant des mois que des criminels aguerris, des personnes détenant des couteaux ou des armes de fortune. La raison d’être et le rôle de la zone de sécurité doivent être redéfinis et cette discussion doit avoir lieu sans plus attendre. »

    Le carnet de bord ne fait état d’aucune réponse de la hiérarchie. Dans sa réponse écrite, l’OIM assure avoir travaillé en « coordination rapprochée et sous les conseils du Reception and Identification Center », qui dépend des autorités grecques (lesquelles n’ont pas répondu à nos questions).

    Trois mois après la dernière note du carnet, le drame que Fannis redoutait tant finit par se produire : un garçon afghan de 15 ans est poignardé à mort dans la zone de sécurité. Il aura fallu attendre un an et demi pour que la zone sécurisée soit définitivement fermée, rasée par les flammes avec le reste du camp. Les 400 mineurs qui y vivaient ont été répartis dans les dix pays européens qui avaient fini par les accepter. Fin octobre 2020, d’après l’UNHCR, la France avait accueilli 49 mineurs non accompagnés en provenance de Grèce. Seulement deux d’entre eux ne sont pas montés dans l’avion, il s’agit des deux mineurs suspectés d’avoir mis le feu au camp.

    Épilogue

    À l’heure où nous bouclons cet article, l’histoire des enfants de Moria n’a pas fini de s’écrire. Depuis l’incendie, de nouveaux adolescents sont arrivés à Lesbos. Un nouveau camp, Moria 2.0, a été monté dans l’urgence. Les nouveaux « bénéficiaires » ne reçoivent de la nourriture qu’une fois par jour et il n’y a pas de douches. D’après nos informations, les enfants se lavent désormais dans les vagues de la mer Méditerranée. Aujourd’hui, à Lesbos, il n’y a même plus de zone sécurisée.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/301120/enfants-et-refugies-l-horreur-de-moria-chroniquee-par-les-educateurs-de-l-

    #Moria #Lesbos #Grèce #asile #migrations #réfugiés #camps_de_réfugiés #enfants #enfance

  • CNES Géoimage Nouvelles ressources

    Dans une situation difficile, tendue et régressive, les cours en présentiel sont impossibles, les bibliothèques, universitaires en particulier, et les librairies sont fermées et les risques de décrochages se multiplient. Dans ce contexte, le site Géoimage du CNES (Centre Nat. d’Etudes Spatiales) met à disposition en ligne plus de 300 dossiers réalisés par 165 auteurs sur 86 pays et territoires. Pour votre information, voici les derniers dossiers réalisés ces deux derniers mois. Ils constituent peut être une ressource utile pour vos étudiants. En restant a votre disposition.

    1. Nouveaux dossiers en ligne

    #Frontières : entre #guerres, #tensions et #coopérations

    #Pakistan-#Inde-#Chine. Le massif du #K2 et le #Glacier_Siachen : #conflits_frontaliers et affrontements militaires sur le « toit du monde » (L. Carroué )

    https://geoimage.cnes.fr/fr/pakistan-inde-chine-le-massif-du-k2-et-le-glacier-siachen-conflits-fro

    Pakistan-Chine. La #Karakoram_Highway : un axe transfrontalier géostratégique à travers l’#Himalaya (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/pakistan-chine-la-karakoram-highway-un-axe-transfrontalier-geostrategi

    #Afghanistan/ #Pakistan/ #Tadjikistan - Le corridor de #Wakhan : une zone tampon transfrontalière en plein Himalaya (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/afghanistan-pakistan-tadjikistan-le-corridor-de-wakhan-une-zone-tampon

    Affrontement aux sommets sur la frontière sino-indienne, autour du #Lac_Pangong_Tso dans l’Himalaya (F. Vergez)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/affrontement-aux-sommets-sur-la-frontiere-sino-indienne-sur-le-lac-pan

    #Brésil - #Argentine#Paraguay. La triple frontière autour d’#Iguazu : un des territoires transfrontaliers les plus actifs au monde (C. Loïzzo)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/bresil-argentine-paraguay-la-triple-frontiere-autour-diguazu-un-des-te

    #Grèce#Turquie. Les îles grecques de #Samos et #Lesbos en #mer_Egée : tensions géopolitiques frontalières et flux migratoires (F. Vergez)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/grece-turquie-les-iles-grecques-de-samos-et-lesbos-en-mer-egee-tension

    #Jordanie/ #Syrie : guerre civile, frontière militarisée et #camps_de_réfugiés de #Zaatari (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/jordanie-syrie-guerre-civile-frontiere-militarisee-et-camps-de-refugie

    Frontières : France métropolitaine et outre-mer

    #Calais : un port de la façade maritime européenne aux fonctions transfrontalières transmanches (L. Carbonnier et A. Gack)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/hauts-de-france-calais-un-port-de-la-facade-maritime-europeenne-aux-fo

    L’Est-#Maralpin : un territoire transfrontalier franco-italo-monégaste au cœur de l’arc méditerranéen (F. Boizet et L. Clerc)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/lest-maralpin-un-territoire-transfrontalier-franco-italo-monegaste-au-

    La principauté de #Monaco : le défi du territoire, entre limite frontalière, densification et extensions urbaines maritimes (P. Briand)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/la-principaute-de-monaco-le-defi-du-territoire-entre-limite-frontalier

    #Guyane_française/ Brésil. La frontière : d’un territoire longtemps contesté à une difficile coopération régionale transfrontalière (P. Blancodini )

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/guyane-francaise-bresil-la-frontiere-un-territoire-longtemps-conteste-

    (Frontières. Pages concours - Capes, Agrégations)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/les-frontieres

    Enjeux géostratégiques et géopolitiques

    Pakistan. #Gwadar : un port chinois des Nouvelles Routes de la Soie dans un #Baloutchistan désertique et instable (C. Loïzzo)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/pakistan-gwadar-un-port-chinois-des-nouvelles-routes-de-la-soie-dans-u

    #Chine. L’archipel des #Paracels : construire des #îles pour projeter sa puissance et contrôler la #Mer_de_Chine méridionale (L. Carroué)

    Chine - L’archipel des Paracels : construire des îles pour projeter sa puissance et contrôler la Mer de Chine méridionale

    #Kings_Bay : la grande base sous-marine nucléaire stratégique de l’#Atlantique (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-kings-bay-la-grande-base-sous-marine-nucleaire-strategique-

    #Kitsap - #Bangor : la plus grande #base_sous-marine nucléaire stratégique au monde (L. Carroué)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-kitsap-bangor-la-plus-grande-base-sous-marine-nucleaire-str

    #Djibouti / #Yémen. Le détroit de #Bab_el-Mandeb : un verrou maritime géostratégique entre la #mer_Rouge et l’#océan_Indien (E. Dallier et P. Denmat)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/djiboutiyemen-le-detroit-de-bab-el-mandeb-un-verrou-maritime-geostrate

    #Abu_Dhabi : une ville capitale, entre mer et désert (F. Tétart)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/emirats-arabes-unis-abu-dhabi-une-ville-capitale-entre-mer-et-desert

    France et #DROM : dynamiques et mutations

    Languedoc. #Cap_d’Agde : une station touristique au sein d’un littoral très aménagé en région viticole (Y. Clavé)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/languedoc-cap-dagde-une-station-touristique-au-sein-dun-littoral-tres-

    Le sud-est de la #Grande-Terre : les plages touristiques et les #Grands_Fonds, entre survalorisation, inégalités et développement durable (J. Fieschi et E. Mephara)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/guadeloupe-le-sud-est-de-la-grande-terre-les-plages-touristiques-et-le

    #Normandie. #Lyons-la-Forêt et son environnement : entre #Rouen et Paris, un espace rural sous emprise forestière (T. Puigventos)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/normandie-lyons-la-foret-et-son-environnement-entre-rouen-et-paris-un-

    #PACA. L’agglomération de #Fréjus - #Saint-Raphaël : un #littoral méditerranéen touristique urbanisé (S. Revert)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/paca-lagglomeration-de-frejus-saint-raphael-un-littoral-mediterraneen-

    #Tourisme et #patrimonialisation dans le monde

    #Portugal#Lisbonne : la capitale portugaise aux défis d’une #touristification accélérée et d’une patrimonialisation accrue (J. Picollier)

    Portugal - Lisbonne : la capitale portugaise aux défis d’une touristification accélérée et d’une patrimonialisation accrue

    #Floride : le Sud-Ouest, un nouveau corridor touristique et urbain (J.F. Arnal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-floride-le-sud-ouest-un-nouveau-corridor-touristique-et-urb

    #Alaska. Le #Mont_Denali : glaciers, #parc_national, #wilderness et changement climatique (A. Poiret)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/alaska-le-mont-denali-glaciers-parc-national-wilderness-et-changement-

    #Ile_Maurice. Le miracle de l’émergence d’une petite île de l’#océan_Indien (M. Lachenal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/ile-maurice-le-miracle-de-lemergence-dune-petite-ile-de-locean-indien

    Le #Grand-Prismatic du Parc National du #Yellowstone : entre wilderness, protection, patrimonialisation et tourisme de masse (S. Sangarne et N. Vermersch)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/etats-unis-le-grand-prismatic-du-parc-national-du-yellowstone-entre-wi

    #Maroc. Contraintes, défis et potentialités d’un espace désertique marocain en bordure du Sahara : Ouarzazate (M. Lachenal)

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/maroc-contraintes-defis-et-potentialites-dun-espace-desertique-marocai

    2. Nouvelle rubrique : « Images A la Une »

    La rubrique Image A La Une a pour objectif de mettre en ligne une image satellite accompagnée d’un commentaire en lien avec un point d’actualité et qui peut donc être facilement mobilisée en cours (cf. incendies de forêt en Australie en janv./ 2020, impact du Coronavirus en avril 2020).

    Fabien Vergez : Affrontements aux sommets sur la frontière sino-indienne, sur le lac Pangong Tso dans l’Himalaya

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/affrontement-aux-sommets-sur-la-frontiere-sino-indienne-sur-le-lac-pan

    Virginie Estève : Les "#Incendies_zombies" en #Arctique : un phénomène surmédiatisé qui alerte sur le réchauffement climatique.

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/incendies-zombies-en-arctique-un-phenomene-surmediatise-qui-alerte-sur

    3. Ouverture d’une nouvelle rubrique : « La satellithèque »

    Le site Géoimage du CNES se dote d’une nouvelle rubrique afin d’enrichir son offre. A côté des images déjà proposées dans les rubriques "dossiers thématiques" ou "Images A la Une", le site Géoimage du CNES met en ligne comme autres ressources des images brutes non accompagnées d’un commentaire ou d’une analyse.

    L’objectif de cette #Satellithèque est d’offrir au plus grand nombre - enseignants, universitaires, chercheurs, étudiants, grand public... - de nombreuses images de la France et du monde. Ainsi, progressivement, dans les mois qui viennent des centaines d’images nouvelles seront disponibles et téléchargeable directement et gratuitement en ligne afin d’accompagner leurs travaux, recherches ou voyages.

    https://geoimage.cnes.fr/fr/geoimage/satellitheque

    4. Ouverture de comptes Twitter et Instagram

    Suivez et partagez l’actualité du site GeoImage à travers Twitter / Instagram, que ce soit de nouvelles mises en ligne ou des évènements autour de ce projet. La publication de nouveaux dossiers et leurs référencements, tout comme la publication de notules dans images à la une est accompagnée de brèves sur ces réseaux sociaux

    Ci-dessous les identifiants pour s’abonner aux comptes Twitter et Instagram

    Compte twitter : @Geoimage_ed

    Compte Instagram : geoimage_ed

    #images_satellitaires #visualisation

    #ressources_pédagogiques

  • Vivre Ensemble | Réfugié.e.s en Grèce “2 regards. 1000 paroles rapportées” (en ligne)
    https://asile.ch/2020/11/17/conversation-en-ligne-refugie-e-s-en-grece

    Vivre Ensemble vous convie à suivre une conversation en ligne entre Mary Wenker auteure de “Échos de la mer Égée” et Thomas Epitaux-Fallot auteur de “Flammes sur #Lesbos”. Tout deux ont passé du temps en Grèce et en reviennent avec ces deux magnifiques ouvrages. Deux auteurs, deux regards sur le quotidien qui s’y déroule, pour nous […]

  • Numéro spécial de la #revue Society and Space autour des #hotspots
    "Governing Hotspots"

    Articles in this issue:

    Governing mobility in times of crisis: Practicing the border and embodying resistance in and beyond the hotspot infrastructure

    Five years into its implementation, those arriving and caught up in the hotspot system are still being warehoused where they are not wanted, pushed back to where they came from and constantly moved around at will. With the introduction of fast track asylum procedures and geographical movement restrictions on the islands, hotspots have become spaces where exceptional rules apply and where mobility is explicitly targeted.

    By Antonis Vradis, Evie Papada, Anna Papoutsi, Joe Painter

    #mobilité #frontière #résistance #îles

    –---

    Hotspots and the geographies of humanitarianism

    This article focuses on the humanitarian geographies of the hotspots. It argues that hotspots are humanitarian in both idea and practice by raising two fundamental questions that form the basis for the article: what is humanitarianism, and who is it for?

    By Polly Pallister-Wilkins

    #humanitarisme

    –—

    Containment beyond detention: The hotspot system and disrupted migration movements across Europe

    This article deals with the ways in which migrants are controlled, contained and selected after landing in Italy and in Greece, drawing attention to strategies of containment aimed at disciplining mobility and showing how they are not narrowed to detention infrastructures.

    By Martina Tazzioli, Glenda Garelli

    #Italie #containment #détention

    –----

    Pop-up governance: Transforming the management of migrant populations through humanitarian and security practices in #Lesbos, Greece, 2015–2017

    This paper intervenes in recent debates on humanitarianism and security in migration by introducing the notion of ‘pop-up governance’. It reflects on our two year-long fieldwork on Lesbos, Greece at the peak of Europe’s migrant reception crisis (2015–2017).

    By Evie Papada, Anna Papoutsi, Joe Painter, Antonis Vradis

    #sécurité

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    Hotspot geopolitics versus geosocial solidarity: Contending constructions of safe space for migrants in Europe

    This article examines how contending constructions of safe space for migrants reflect the geopoliticization of humanitarianism and its geosocial discontents. It documents the ways in which Hotspots have made migrants unsafe, even as they have been simultaneously justified in humanitarian terms as making both Europe and refugees safer.

    By Katharyne Mitchell, Matthew Sparke

    #solidarité #safe_space

    –---

    Hotspots of resistance in a bordered reality

    Drawing on ethnographic research and discourse analysis, conducted in Lesvos, Samos, and Athens (from March to September 2016), we examine how resistance to a bordered reality took place, as islands in the north Aegean, as well as Greek and European territories, were being remapped according to the logic of the hotspot.

    By Aila Spathopoulou, Anna Carastathis

    #Samos #Athènes

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    To oblivion and beyond: Imagining infrastructure after collapse

    Following Lauren Berlant and Dominic Boyer, we take the current moment as an opportunity to reconsider infrastructure and to work toward a perspective that would see it as a resource from which to construct more creative and equitable futures.

    By Daniel Carter, Amelia Acker

    https://www.societyandspace.org/journal-issues/volume-38-issue-6

  • #Lesbos : A #mental_health #crisis beneath the surface

    A mental health crisis among asylum seekers from the former #Moria camp on the Greek island of Lesbos is worsening. InfoMigrants has learned that in the new tent facility, even young #children are receiving psychiatric treatment and medication to deal with ongoing #trauma.

    In the new Lesbos tent camp, 17-year-old Nour from Syria says that when Moria went up in flames in September, she asked her mother to leave her there to die.

    Like a growing number of children and young people in the migrant camps, Nour is taking antidepressants.

    Long-term effects on children

    In the weeks following the destruction of the Moria camp, almost all of the unaccompanied minors – children traveling without a parent or guardian – were transferred off the island. But many children were also left on Lesbos, as well as the other hotspot islands.

    And according to Greg Kavarnos, a psychologist with the medical charity Doctors Without Borders (MSF) working with asylum seekers on Lesbos, children are among those most at risk of suffering long-term mental health effects.

    “Children are resilient and can bounce back, but they are also at a stage when they’re developing their character and their personality,” Kavarnos told InfoMigrants.

    “If they have to go through traumatic experiences at this age, these will then shape their personality or their character in the future, leading to long-term problems.”

    “We’re creating a generation of children that are going to be reliant on psychiatric medication for the rest of their lives.”

    Children in the camp are increasingly feeling a sense of resignation. Seeing their parents trapped and unable to make decisions or take action, they become hopeless, Kavarnos said.

    “If at eight years old a child has already resigned itself, what does that mean when this child becomes 12 or 16 years old? If at eight years old or 10 years old a child has to take psychiatric medication in order for the symptoms to be held at bay, what’s this going to mean later?”

    When a psychiatric problem arises as a result of trauma, if the trauma is not successfully dealt with, the psychiatric problem then becomes chronic, according to Kavarnos.

    “So, what are we doing? We’re creating a generation of children that are going to be reliant on psychiatric medication for the rest of their lives.”

    Karima, from Afghanistan, is also on antidepressants and has trouble sleeping. Most of her family, including her granddaughters, aged two and three, were in a boat from Turkey that sank in the Aegean. They were rescued and brought to Lesbos. For about two years, they lived in the Moria camp.

    Karima’s son; Rahullah tells us: “It was a very bad situation. ... People died, they drank, they killed each other. We didn’t sleep. So now we have mental problems, all of us, just because of Lesbos.”

    Rahullah’s sister F., the mother of the two little girls, became so unwell that she cut herself, says another of her brothers, a softly-spoken law graduate. F.’s husband was murdered in Afghanistan.

    Another young asylum seeker in the camp, Ahmad*, is 25. He travelled alone from Afghanistan to Greece. He says that he has twice attempted suicide, and if it hadn’t been for his friends, he would have gone through with it and succeeded in killing himself.

    Removal the only solution

    The International Rescue Committee, which provides mental health support to asylum seekers on Lesbos, tries to help migrants with counseling and medication. But according to IRC senior advocacy officer Martha Roussou, while some people do improve, “the only durable solution is to remove them from the traumatic space they are living in.”

    No matter how much medication or psychotherapy you give a person, “if they’re constantly being traumatized by their experiences, you’re always one step behind," said Greg Kavarnos.

    “I can’t do anything for the ongoing trauma, the threats of violence, the inability to access simple facilities. I can’t say to the person, ‘it’s okay, things will get better,’ because I don’t know if things will get better for them.”

    *Ahmad is an assumed name

    If you are suffering from serious emotional strain or suicidal thoughts, do not hesitate to seek professional help. You can find information on where to find such help, no matter where you live in the world, at this website: https://www.befrienders.org

    In Greece, a suicide-help line can be reached by telephone at this number: 1018. You can also find more information here: http://suicide-help.gr

    https://www.infomigrants.net/en/post/28086/lesbos-a-mental-health-crisis-beneath-the-surface

  • #Pikpa... la mort annoncée d’une #utopie

    Ce n’est pas un lundi ordinaire en Grèce. Alors que tous les médias sont braqués sur l’annonce des peines encourues par les membres de l’Aube Dorée, PIKPA, le dernier #camp_ouvert pour l’accueil des migrants ferme ses portes, forcé par le gouvernement. Et ses quelques cent résidents du moment seront envoyés à Moria, ou à ce qu’il en reste. Pourquoi Pikpa dérange tant ?

    Le taxi me dépose sur la route côtière à mi-chemin entre Mytilène et l’aéroport, en face d’un hôtel désaffecté. J’avance sur un petit chemin qui s’enfonce dans la forêt de pin et suis rapidement devant le portail de Pikpa. Nous sommes fin juin 2014 et il fait déjà bien chaud à Lesvos. Je cherche #Efi_Latsoudi, l’une des responsables de Pikpa qu’on m’a recommandé de voir à Athènes. Quelqu’un me montre une femme d’une quarantaine d’années du doigt, mais il me faudra presque une heure avant de pouvoir lui parler, tellement elle est sollicitée. Adultes, enfants, volontaires, migrants, tout le monde à quelque chose à lui demander et Efi réponde patiemment à toutes les questions. Je lui explique mon projet de film pour lequel je fais des repérages et elle me pose des questions. A peine a-t-elle appris que je suis iranienne qu’elle me demande si je veux bien aller parler à O. un jeune iranien, qu’elle a réussi à sauver de l’enfer de #Moria. Parce qu’il s’agit de ça. Chaque migrant accueilli à Pikpa est un de moins dans l’enfer de Moria. O. est tellement traumatisé qu’il se méfie de tout, au point même de refuser de parler le persan. C’est un jeune homme grand et fin, avec une étrange allure : mi barbu, mi rasé, mi brun, mi blond, au regard vif et fuyant. Tout en lui est un cri pour affirmer sa différence. Il m’a fallu du temps avant de gagner sa confiance et basculer peu à peu de l’anglais vers le persan. A Pikpa, on avait réussi à lui offrir des cours d’Anglais, de dessin et un suivi psychologique. C’était le premier d’une longue liste de migrants, fragiles et remarquables, que j’ai rencontré à Pikpa à mesure de mes visites.

    La fois d’après, quelques mois plus tard, lorsque je franchis le portail, je trouve tout le monde en larmes. La raison : l’émoi d’une femme syrienne dont le fils de vingt ans alors à Damas, devait être opéré d’urgence, mais bloquée par manque de fonds. Pendant quelques heures, on a remué ciel et terre pour trouver les quelques centaines d’euros manquant et les envoyer par Western Union. Je me souviendrai toujours du visage d’Efi, du traducteur palestinien et des autres membres du bureau de Pikpa qui ayant reçu la nouvelle de la réussite de l’opération, éclatent de nouveau en larmes. Ça n’est jamais fini, disent-ils, jamais... Et c’est vrai. Les malheurs des migrants qui arrivent chaque jour semble ne jamais tarir.

    Une autre fois, ce sera un jeune afghan mutique qui retient mon attention. Il a l’air différent des autres résidents de Pikpa, semble appartenir à un autre espace-temps. J’engage la conversation et j’apprends qu’il vit à Paris depuis dix ans a déjà obtenu l’asile politique en France, mais qu’il reste à Pikpa le temps que le résultat de son test ADN arrive. Lequel prouverait son lien de parenté avec son jeune frère, noyé pendant la traversée. Je dois ramener son corps en Afghanistan, pour que ma mère puisse accepter sa mort.

    L’un des derniers miraculés de Pikpa : A. un petit afghan de cinq ans, ayant arrêté de parler après les traumatismes subis pendant la traversée, puis à Moria. Lorsque je rencontre sa mère en août 2020, ils sont à Moria depuis un mois et le petit ne communique qu’en produisant des sons inintelligibles. Je les revois mi-septembre, quand je retourne à Mytilène après l’incendie de Moria. Le petit a commencé une thérapie depuis peu et prononce déjà quelques mots en me montrant fièrement le sac à dos que tous les enfants de Pikpa ont reçu pour la rentrée des classes.

    Les petites cabanes en bois, les murs des bâtiments communs couverts de peinture d’enfant et les petits maraîchers cultivés par les réfugiés, le terrain de jeu des enfants entouré de pins, le lieu aspire un tel calme qu’on a juste envie d’y rester.

    Combien de personnes y ont retrouvé le sommeil et le calme perdus à Moria ou sur les routes sinueuses d’une migration hasardeuse vers l’Europe ?

    Ancienne #colonie_de_vacances pour enfants handicapés transformée en lieu d’accueil destinés aux migrants fragiles, Pikpa fonctionne avec des dons privés et l’aide des volontaires. Pikpa a accueilli, malgré sa petite taille, plus de 30000 personnes depuis sa création.

    La date de fermeture annoncée par le ministre grec de l’asile et de l’immigration, M. Mitarakis : fixée au 30 octobre initialement, a été avancée au 15, puis au 12 octobre. C’est donc aujourd’hui que Pikpa fermera ses portes et ses habitants seront renvoyés à Moria.

    Étrangement, c’est aussi le jour tant attendu de l’annonce des verdicts du procès de l’Aube Dorée sur laquelle tous les médias grecs sont braqués pour des raisons évidentes.

    Les résidents de Pikpa ont déjà ramassé le peu de bien qu’ils possèdent depuis vendredi. Les adultes tentent de garder leur calme mais les enfants ne peuvent pas cacher leur désespoir. K. une femme afghane, mère de deux enfants, me dit que son fils de neuf ans Omid (prénom qui signifie espoir en persan) lui a dit hier, plutôt mourir que de retourner à Moria.

    Au-delà du sort des résidents de Pikpa, pour qui le retour potentiel à Moria représente le cauchemar absolu, reste à savoir si c’est l’existence même d’un lieu d’accueil utopique des migrants, alors qu’on en manque si cruellement, n’est pas ce qui dérange le plus le gouvernement grec.

    Sauvons la dignité des migrants, sauvons Pikpa !

    #SAVEDIGNITY #SAVEPIKPA

    PS. Deux jours de sursis ont été accordés à Pikpa qui prend fin demain. L’équipe se bat comme elle peut. A suivre...

    https://blogs.mediapart.fr/moineau-persan/blog/121020/pikpa-la-mort-annoncee-dune-utopie
    #réfugiés #asile #migrations #camps #Grèce #accueil #Lesbos

    • Grèce : les autorités évacuent le PIKPA, centre pour réfugiés vulnérables à Lesbos

      Les autorités grecques ont commencé jeudi 29 octobre à évacuer le PIKPA, qui a accueilli plus de 30 000 réfugiés vulnérables depuis 2012. Les ONG s’inquiètent de la décision du gouvernement conservateur de regrouper tous les migrants dans une même structure semi-fermée aux conditions de vie difficiles.

      Le PIKPA était un « havre de paix » à Lesbos, dans un environnement de plus en plus hostile aux demandeurs d’asile. Située à 7 km de la capitale de l’île, cette ancienne colonie de vacances transformée en centre d’accueil pour les réfugiés les plus vulnérables en 2012 avait depuis reçu plus de 30 000 réfugiés, des femmes seules, des enfants, des personnes à mobilité réduite, des personnes LGBT et des mineurs non-accompagnés.

      Début octobre, les autorités grecques ont déclaré vouloir fermer ce centre pour satisfaire la municipalité de Mytilène et les associations d’hôteliers et de résidents en colère qui ne veulent plus accueillir de réfugiés sur l’île. Jeudi matin, l’opération d’évacuation a démarré de manière inattendue avec le déploiement de deux véhicules de police et d’un camion de l’armée pour transporter les plus de 70 demandeurs d’asile (dont 21 mineurs non-accompagnés) du PIKPA vers le camp municipal de Karatepe, à une dizaine de kilomètres, près du port de Mytilène.

      Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, la fondatrice du centre, Efi Latsoudi, s’est indignée de l’opération d’évacuation qui n’est « ni décente ni humaine » : « Nous avons demandé aux autorités un peu de temps pour informer les gens, dont de nombreux enfants, qui vivent ici depuis des mois ou des années. Mais ils ont débarqué avec la police et l’armée ». Stephan Oberreit, chef de mission de MSF en Grèce, a dénoncé aussi une « décision absurde » : « La priorité du gouvernement devrait être de mettre en sécurité les personnes les plus vulnérables. C’est tristement ironique que 74 personnes vulnérables reçoivent l’ordre de quitter PIKPA, lieu sûr et digne, alors que des enfants atteints de maladies chroniques restent dans l’horrible Moria 2.0 », le surnom donné au nouveau camp.
      Durcissement de la politique d’accueil des réfugiés

      « PIKPA est un domaine public qui depuis des années était squatté et qui fonctionnait sans aucun contrôle », a déclaré le ministère des Migrations pour justifier sa décision.

      Après les incendies, début septembre, qui ont détruit le camp surpeuplé et insalubre de Moria, les autorités grecques ne sont pas revenues sur leur projet de créer des centres fermés pour les réfugiés et d’accélérer les retours de personnes déboutées de l’asile. Le durcissement de la politique d’accueil des réfugiés s’est poursuivi avec l’annonce du recrutement de nouveaux gardes-frontières, la signature d’un accord de retours volontaires avec l’Afghanistan et le lancement d’une enquête contre des ONG dénonçant les refoulements de migrants vers la Turquie.

      Au mois de septembre, un nouveau camp a été construit en quelques jours pour remplacer le camp de Moria, mais déjà début octobre, les premières pluies ont inondé les tentes, tandis que les sanitaires et les douches restent insuffisants pour la population de près de 8000 personnes. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) a averti dès le début du mois de la nécessité d’« améliorer les conditions de vie » dans le camp en vue de l’hiver et des pluies : des « travaux d’évacuation des eaux » sont nécessaires et de « meilleures solutions d’hébergement pour les familles et les personnes vulnérables » doivent être trouvées.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Grece-les-autorites-evacuent-le-PIKPA-centre-pour-refugies-vulner
      #évacuation

    • À Lesbos, le camp emblématique de Pikpa pour migrants vulnérables contraint de fermer ses portes

      Les autorités grecques ont commencé à évacuer vendredi le camp auto-géré par des bénévoles « Lesvos Solidarity-Pikpa » où vivaient des dizaines de personnes vulnérables, en majorité des femmes et des enfants. La gérante du camp dénonce une action « inhumaine ».
      C’était un havre de paix et de stabilité sur une île devenue célèbre pour les conditions de vie déplorables des demandeurs d’asile. Le camp auto-géré « Lesvos Solidarity-Pikpa » a commencé à être évacué tôt dans la matinée, vendredi 30 octobre. Pour justifier leur action, les autorités ont dénoncé l’occupation illégale des lieux.

      « Le terrain est public et a été occupé ces dernières années par l’ONG qui fonctionne sans aucun contrôle », selon un communiqué du ministère des Migrations publié jeudi. Ce dernier a demandé aux bénévoles de « coopérer ».
      https://twitter.com/teammareliberum/status/1322088994944000000
      Un cordon policier a été formé autour du camp alors que les 74 personnes qui y étaient hébergées doivent été transférées dans un camp municipal près du port de Mytilène, chef-lieu de Lesbos.

      Pour les bénévoles qui avaient créé en 2012 ce camp et pour Efi Latsoudi, la gérante du lieu, ce démantèlement est une « action inhumaine ».

      « Nous n’avons pas été informés (...) nous avons demandé aux autorités un peu de temps pour informer les gens dont de nombreux enfants qui vivent ici depuis des mois ou des années », a déploré cette figure emblématique de l’aide humanitaire à Lesbos dans une vidéo publiée sur la page facebook de l’ONG.

      Vendredi matin, l’évacuation des résidents du camp se déroulait sans que la presse, des interprètes ou l’équipe psycho-sociale du camp ne soient autorisés à entrer en contact avec les migrants, ont rapporté plusieurs associations et des journalistes sur les réseaux sociaux.

      https://twitter.com/CollavoAC/status/1322083055583068160

      Depuis 2012, le camp bénévole et auto-géré de « Lesvos Solidarity-Pikpa » héberge personnes et familles vulnérables, handicapés ou femmes enceintes. Il a joué un rôle important durant la crise migratoire de 2015, Lesbos étant alors devenue la principale porte d’entrée en Europe de centaines de milliers de demandeurs d’asile. Pour son action, Efi Latsoudi a reçu en 2016 le prix Hansen décerné par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

      Le gouvernement de droite de Kyriákos Mitsotákis a décidé, contre l’avis des ONG et de la population de Lesbos, de créer un camp fermé « d’ici l’été 2021 » pour remplacer celui de Moria. Selon le milieu associatif, la fermeture du camp de Solidarity Lesbos-Pikpa était réclamée par certaines autorités ou habitants de l’île, une manière de tolérer le nouveau camp fermé.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/28224/a-lesbos-le-camp-emblematique-de-pikpa-pour-migrants-vulnerables-contr
      #auto-gestion

    • Commentaire de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop, le 01.11.2020 :

      Le comble de l’affaire est que le journal pro-gouvernemental Kathimerini, censément sérieux, prétend que la décision du Ministre grec de la politique migratoire Mytarakis fut prise car il y a eu un cas de contamination parmi le personnel du camp de PIKPA. Or c’est exactement le contraire qui est vrai, non seulement il y a eu aucun cas testés positifs ni parmi les volontaires et les solidaires ni parmi les habitants de camp, mais par contre, il y a bien eu le 29 octobre un cas détecté parmi le personnel dans l’ancien camp de Kara Tepe -voir en grec https://www.stonisi.gr/post/12529/o-koronoios-mphke-ston-palio-kara-tepe- où les familles et les enfants isolés du PIKPA ont été transférés de force -voir le dernier paragraphe de l’article
      https://www.ekathimerini.com/258630/article/ekathimerini/news/ngo-condemns-evacuation-of-refugees-from-lesvos-pikpa-camp
      L’intox ne connaît plus de limites......