#letravailtue

  • « 15 000 euros n’achètent pas une vie » : un employeur accusé d’avoir mis en danger une salariée décédée du #covid - Basta !
    https://www.bastamag.net/mort-du-covid-15-000-euros-n-achetent-pas-une-vie-un-employeur-accuse-mis-

    Ludgero Matias Dos Santos a perdu sa femme, Maria de Fatima Dos Santos, décédée du Covid-19 alors qu’elle continuait de travailler pour son employeur, XPO Logistics, sur le site de Fleury-Mérogis (Essonne). Il accuse l’entreprise d’avoir fait travailler sa femme sans protections et alors qu’il y avait des suspicions de cas positifs sur le site. « Le 29 mars elle est entrée à l’hôpital, le 5 avril elle était morte », confie-t-il. La société demande à le rencontrer le 13 mai. Étrangement, le 11 mai, il découvre un virement de 15 000 euros provenant de la société XPO Logistics sur leur compte joint. Pour Matias Dos Santos, « c’était juste pour m’amadouer, pour acheter mon silence ». Pour la direction de l’entreprise, il s’agit d’un « don » pour « accompagner les familles endeuillées » (voir leur réponse intégrale ci-dessous). Il a décidé de porter plainte.

  • Les accidents du travail et les maladies professionnelles en hausse, Catherine Quignon
    https://www.lemonde.fr/emploi/article/2019/12/12/hausse-des-accidents-du-travail-et-des-maladies-professionnelles_6022568_169

    Selon les chiffres de l’Assurance-maladie, la sinistralité au travail est repartie à la hausse en 2018. L’Association des accidentés de la vie (Fnath) dénonce un système en état de « mort cérébrale ».

    En plein débat sur la réforme des retraites et la prise en compte de la pénibilité, l’Assurance-maladie jette un pavé dans la mare. Dévoilé le 3 décembre, son rapport annuel révèle une hausse globale de la sinistralité au travail. Les accidents du travail ont augmenté de 2,9 % en 2018 : au total, 651 103 cas ont été reconnus comme tels, dont 551 accidents mortels.

    Tous secteurs confondus, ils résultent essentiellement de manipulations manuelles (50 %) et de chutes (28 %). L’augmentation est particulièrement sensible dans le secteur des services, notamment l’aide à la personne et l’intérim (+ 5 %), suivis par les industries du bois, de l’ameublement et du papier carton (+ 4,5 %). Les secteurs les plus touchés sont le BTP, le transport et l’alimentation.
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    « La reprise économique explique en grande partie cette tendance », avance l’Assurance-maladie en guise d’explication, tout en rappelant que par rapport à la population active, la sinistralité demeure à un niveau historiquement bas : autour de 34 accidents pour 1 000 salariés depuis cinq ans, contre 45 pour 1 000 il y a vingt ans. Ce sont donc les créations d’emploi qui expliqueraient en partie ce bilan, bien que les effectifs intérimaires soient en baisse depuis le début de 2018.

    Conditions météorologiques difficiles
    L’Assurance-maladie souligne aussi que la mise en œuvre progressive de la déclaration sociale nominative (DSN) a pu mécaniquement augmenter le nombre d’accidents recensés. Il s’agit toutefois d’un retournement inexpliqué par rapport à l’année précédente, marquée par un recul des accidents du travail.

    Les accidents de trajet bondissent de 6,9 % en un an, poursuivant une hausse continue depuis 2015. L’Assurance-maladie met en cause les conditions météorologiques difficiles de l’hiver dernier.

    Après trois années de baisse, le nombre de maladies professionnelles reconnues est aussi à la hausse (+ 2,1 %) avec 49 538 cas supplémentaires en 2018, dont 88 % pour des troubles musculo-squelettiques (TMS). Le nombre d’affections psychiques liées au travail poursuit aussi sa progression (+ 23 %), avec 990 cas reconnus. Cette forte augmentation s’explique sans doute par la mise en lumière plus vive de ces pathologies (dépression, troubles anxieux…) ces dernières années. Le nombre de cancers professionnels reconnus, lui, reste stable depuis 2015.

    « Naïveté », « cynisme »
    L’Association des accidentés de la vie (Fnath) a vivement réagi à ces résultats. La principale association d’aide aux victimes d’accidents du travail a dénoncé dans un communiqué un système en état de « mort cérébrale », qualifiant l’argument de la reprise économique, utilisé par les auteurs pour expliquer l’augmentation des accidents du travail, de « naïveté », voire de « cynisme ».

    Dans son rapport, l’Assurance-maladie met aussi en avant les actions de terrain des caisses régionales, qui ont effectué en 2018 des visites dans près de 50 000 entreprises. Afin de développer les actions de prévention dans les entreprises, 32 millions d’euros d’aides financières ont été accordés en 2018. La convention d’objectifs 2018-2022 de l’Assurance-maladie-Risques professionnels prévoit une montée en charge de ces aides, qui passeront au minimum de 50 millions à 85 millions d’euros.

    Enfin, autre changement notable depuis le 1er décembre : la procédure de reconnaissance des accidents du travail et des maladies professionnelles a été refondue pour plus de lisibilité. Dans cette nouvelle mouture, l’employeur n’a plus que dix jours francs pour formuler des réserves, et les délais d’instruction du dossier ont été rallongés. Des modifications qui ne seront sans doute pas sans conséquences sur les taux d’accidents du travail et de maladies professionnelles reconnues.

    #accidents_du_travail #maladies_professionnelles #letravailtue

  • Suicide d’un neurochirurgien : au CHU de Grenoble, c’est la stupéfaction - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/suicide-d-un-neurochirurgien-au-chu-de-grenoble-c-est-la-stupefaction-04-

    Mais un autre proche s’interroge. « On ne vient pas se suicider sur son lieu de travail pour rien. Or, le bloc opératoire est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous. Il y a plusieurs mois, il a été réorganisé, avec des modifications d’horaires et l’impression que l’argent prime sur tout. Cela a même entraîné des grèves. Depuis, beaucoup sont à bout », nous confie ce médecin. « Ces derniers mois, Laurent était éreinté, crevé par ses gardes à répétition. Il avait beaucoup maigri. A certains, il avait parlé de son inquiétude, de son souci pour l’avenir de la neurochirurgie au CHU », reprend le soignant, notant « qu’ici, on oscille donc entre tristesse, colère et inquiétude pour l’avenir ».

    #hôpital #management #letravailtue #suicide_au_travail

  • Sommes-nous bien protégés des #risques_industriels ? On ne va pas se mentir, la réponse est plutôt négative. Et c’est pour cela que nous publions ce dossier, « à froid », pour faire réfléchir les acteurs. Non, la situation dans les industries à risque n’est pas aussi sûre qu’elle devrait l’être.

    Sans doute pas à cause d’une insuffisante maîtrise technologique : en France et dans la majorité des pays développés, nous avons des ingénieurs compétents, capables de concevoir des installations sophistiquées, des automatismes et des procédures prévoyant un maximum de situations. Sauf qu’on aurait tort de croire que tout peut être prévu et réglé. Les causes profondes des #grandes_catastrophes_industrielles, #Bhopal, #Tchernobyl, #AZF, pour ne citer que les plus connues, sont d’origine organisationnelle. Or, de ce point de vue, si les industries à risque ont fait d’indéniables progrès sur la prise de conscience du poids de l’organisation du travail dans la construction d’une culture de sécurité, elles n’échappent pas au renforcement des contraintes de temps, aux politiques de sous-traitance, à la rationalisation des tâches, aux risques psychosociaux… Autant de dégradations des conditions de travail qui entraînent des difficultés de coopération, de partage et de mise en débat des expériences, indispensables pour garantir un bon niveau de sécurité industrielle. Miser sur l’intelligence des opérateurs est aussi crucial que de parier sur celle des experts.

    http://www.sante-et-travail.fr/risques-industriels--eviter-de-nouvelles-catastrophes_fr_art_1278_6
    https://seenthis.net/messages/495432
    https://seenthis.net/messages/606233
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    #Enquêtes #Total #Sanofi #santé_et_sécurité_au_travail #conditions_de_travail #CHSCT #cols_blancs #cols_bleus