• Niche

    Caroline Fiat #LFI annonce que ce sera elle-même qui défendra sa PPL réintégration des soignants dans la niche parlementaire #RN le 12 janvier. « La commission a révoqué le rapporteur RN, donc ce sera moi. Le RN m’offre du temps parlementaire »

    https://twitter.com/fredericdelpech/status/1600174792681742336
    @fredericdelpech from ... LCI

    le seul endroit où leur éviction pose un problème substantiel en matière d’accès aux soins, pour des raisons qui ne sont pas sans fondement (disons a minima chlordécone, comme métonymie de la France), c’est la Guadeloupe. LFI et RN y font d’ailleurs de bons scores.

    déplus à constater l’attitude de nombreux soignants, outre les experts de plateau, il devient difficile de situer les plus dangereux et d’évaluer le nombre des nuisibles parmi eux...

    edit
    À l’Assemblée, LFI et le RN s’accordent sur les soignants non vaccinés
    https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/a-l-assemblee-lfi-et-le-rn-s-accordent-sur-les-soignants-non-vaccines

    #santé_publique #vaccination #soignants

  • Un peu de bon sens sur les #indemnités touchés pendant les #arrêts_maladie par Rob Grams pour Frustration :

    L’argument de “rester à la maison pour voir la paie tomber” exclut déjà les arrêts courts. Par ailleurs l’indemnité journalière est égale, non pas à l’intégralité du salaire journalier, mais à 50% de ce dernier, et dans une limite de 1,8 le SMIC. Il faut donc que les bourgeois se rassurent, c’est bien, déjà, la double peine pour les malades : ils souffrent physiquement (et/ou mentalement) et, en plus, perdent beaucoup d’argent.

    https://www.frustrationmagazine.fr/teleconsultation

    Le magazine Frustration qui a publié cet excellent article est bien nommé : que ressentir d’autre quand même les politiques de gauche sont aveugles à leur propre #validisme, portant un amendement contre les téléconsultations pour « éviter les abus » et « répondre aux attentes des patients ».

    Le premier objectif s’inscrit bien dans un #libéralisme qui déploie le mépris de #classe et le mépris des #handicapés pour discipliner les travailleurs soit-disant « fainéants ». Son absurdité est bien démontrée dans la citation plus haut. On en connaît les résultats grâce à l’exemple désolant du #Royaume-Uni : Crippled de Frances Ryan est essentiel pour comprendre la violence fatale des mesures punitives déployées contre les personnes handicapées.
    https://www.theguardian.com/books/2019/jul/13/crippled-by-frances-ryan-review-austerity-demonisation-disabled-people

    Quant au deuxième objectif, celui de « répondre aux attentes des patients », il faudrait que ces politiques sortent un peu de leur bulle. Les attentes des patients, je pense que c’est déjà de pouvoir voir un médecin, point barre.

    Là où je vis, j’ai déjà connu des attentes de 2 heures pour parler au 15. On m’a dit que j’avais de la chance, que « normalement » ça s’élève à 4 heures en moyenne. Pour voir un médecin, j’ai déjà dû choisir entre entre 100 km d’aller-retour (impossible quand il faut le faire en taxi, faute de transports publics) et 2 semaines d’attente. J’ai donc attendu, et j’ai heureusement guéri avant que les 15 jours soient passées. Mais, en attendant, j’ai utilisé tous mes jours de congé, puis j’ai dû retourner au travail toujours malade. Ce n’était pas pour un handicap, donc je n’imagine pas à quoi les personnes handicapées font face.

    Rendre plus difficile l’accès aux médecins tandis qu’existent toujours des #déserts_médicaux partout en France, ce n’est rien d’autre que fatal. Rob Grams a raison de conclure :

    L’attaque concertée contre la #téléconsultation, en voulant dérembourser une grande partie des arrêts maladie délivrés par ce biais comme la #macronie, ou en voulant la rendre de facto quasi-impossible d’accès comme #LR et #LFI, ne va faire qu’empirer notre situation déjà bien pourrie.

  • Projet de loi de finances pour 2023 (no 273) Amendement n°I-CF897 - Assemblée nationale
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/amendements/0273A/CION_FIN/CF897

    Rarement vu autant de conneries dans un texte aussi court !!!

    Texte visé : Projet de loi de finances nº 273 pour 2023
    Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
    Examiné par : Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire

    Photo de monsieur le député David Guiraud
    Photo de madame la députée Nadège Abomangoli
    Photo de monsieur le député Laurent Alexandre
    Photo de monsieur le député Gabriel Amard
    Photo de madame la députée Ségolène Amiot
    Photo de madame la députée Farida Amrani
    Photo de monsieur le député Rodrigo Arenas
    Photo de madame la députée Clémentine Autain
    Photo de monsieur le député Ugo Bernalicis
    Photo de monsieur le député Christophe Bex
    Photo de monsieur le député Carlos Martens Bilongo
    Photo de monsieur le député Manuel Bompard
    Photo de monsieur le député Idir Boumertit
    Photo de monsieur le député Louis Boyard
    Photo de monsieur le député Aymeric Caron
    Photo de monsieur le député Sylvain Carrière
    Photo de monsieur le député Florian Chauche
    Photo de madame la députée Sophia Chikirou
    Photo de monsieur le député Hadrien Clouet
    Photo de monsieur le député Éric Coquerel
    Photo de monsieur le député Alexis Corbière
    Photo de monsieur le député Jean-François Coulomme
    Photo de madame la députée Catherine Couturier
    Photo de monsieur le député Hendrik Davi
    Photo de monsieur le député Sébastien Delogu
    Photo de madame la députée Alma Dufour
    Photo de madame la députée Karen Erodi
    Photo de madame la députée Martine Etienne
    Photo de monsieur le député Emmanuel Fernandes
    Photo de madame la députée Sylvie Ferrer
    Photo de madame la députée Caroline Fiat
    Photo de monsieur le député Perceval Gaillard
    Photo de madame la députée Raquel Garrido
    Photo de madame la députée Clémence Guetté
    Photo de madame la députée Mathilde Hignet
    Photo de madame la députée Rachel Keke
    Photo de monsieur le député Andy Kerbrat
    Photo de monsieur le député Bastien Lachaud
    Photo de monsieur le député Maxime Laisney
    Photo de monsieur le député Arnaud Le Gall
    Photo de madame la députée Élise Leboucher
    Photo de madame la députée Charlotte Leduc
    Photo de monsieur le député Jérôme Legavre
    Photo de madame la députée Sarah Legrain
    Photo de madame la députée Murielle Lepvraud
    Photo de monsieur le député Antoine Léaument
    Photo de madame la députée Pascale Martin
    Photo de madame la députée Élisa Martin
    Photo de monsieur le député William Martinet
    Photo de monsieur le député Frédéric Mathieu
    Photo de monsieur le député Damien Maudet
    Photo de madame la députée Marianne Maximi
    Photo de madame la députée Manon Meunier
    Photo de monsieur le député Jean-Philippe Nilor
    Photo de madame la députée Danièle Obono
    Photo de madame la députée Nathalie Oziol
    Photo de madame la députée Mathilde Panot
    Photo de monsieur le député François Piquemal
    Photo de monsieur le député Thomas Portes
    Photo de monsieur le député Loïc Prud’homme
    Photo de monsieur le député Adrien Quatennens
    Photo de monsieur le député Jean-Hugues Ratenon
    Photo de monsieur le député Sébastien Rome
    Photo de monsieur le député François Ruffin
    Photo de monsieur le député Aurélien Saintoul
    Photo de monsieur le député Michel Sala
    Photo de madame la députée Danielle Simonnet
    Photo de madame la députée Ersilia Soudais
    Photo de madame la députée Anne Stambach-Terrenoir
    Photo de madame la députée Bénédicte Taurine
    Photo de madame la députée Andrée Taurinya
    Photo de monsieur le député Matthias Tavel
    Photo de madame la députée Aurélie Trouvé
    Photo de monsieur le député Paul Vannier
    Photo de monsieur le député Léo Walter
    APRÈS L’ARTICLE 4 , insérer l’article suivant :

    Il est établi une taxe sur les bénéfices tirés de l’utilisation commerciale et à but lucratif d’une œuvre ne faisant plus l’objet d’une protection au titre du droit d’exploitation reconnu à l’auteur ou à ses ayants droit mentionné aux articles L. 122‑1 à L. 122‑12 du code de la propriété intellectuelle.

    Son taux est fixé à 1 %.

    Exposé sommaire

    Le but de cet amendement est d’augmenter les aides à la création artistique par la mise en place d’un prélèvement sur l’utilisation commerciale lucrative des œuvres qui appartiennent au domaine public.

    Cette mesure ne heurtera pas l’utilisation gratuite et libre des œuvres non soumises aux droits d’auteurs.

    Pour ce faire, cet amendement établit, au profit de la création artistique, une taxe sur les bénéfices tirés de l’utilisation commerciale et à but lucratif d’une œuvre ne faisant plus l’objet d’une protection au titre du droit d’exploitation reconnu à l’auteur ou à ses ayants droit mentionné aux articles L. 122‑1 à L. 122‑12 du code de la propriété intellectuelle. Son taux est fixé à 1 %.

    #Droit_d_auteur #domaine_public #LFI #Foutaises

  • Lettre à sandrine rousseau
    https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-boudine/blog/210922/lettre-sandrine-rousseau

    Ci-après une lettre que Daniel Shapira, militant connu du POI, a envoyée à la Députée.

    Paris, le 19 septembre

    Sandrine,

    Je réagis par écrit à ton dernier message concernant Adrien Quattenens.

    Je voudrais d’abord te faire part de mon indignation profonde vis-à-vis de la véritable curée médiatique qui se déverse depuis quelques jours contre lui.

    Des millions sont pris à la gorge par l’augmentation des prix dans tous les domaines, de l’alimentation à l’énergie en passant par les transports.

    Les universités, les écoles, les hôpitaux, déjà étranglés, ne savent pas comment faire face à la hausse des prix de l’énergie.

    Des dizaines de milliers de communes sont contraintes de procéder à des coupes car étant dans l’incapacité de payer les factures d’énergie.

    Face à cette situation, la Nupes (sauf le PCF), et de nombreuses autres organisations dont le POI, ont lancé l’appel à marcher contre la vie chère le 16 octobre.

    Mais de quoi parlent les médias depuis trois jours ? De l’enterrement de la reine et de Quattenens !

    Et toi, tu n’as pas trouvé mieux que de prendre ta part dans cette curée. Tu as osé demander à Quattenens de se mettre « en retrait » de toute « parole » ou « vie » publiques, allant même jusqu’à exiger « des sanctions » contre lui.

    Mais pourquoi cette surenchère contre un camarade membre comme toi de la NUPES ? Penses-tu un instant qu’en accablant un camarade tu vas servir la cause des femmes ? Tu sais bien qui va tirer profit de ces outrances.

    Tu connais comme moi les faits.

    Céline Quattenens a déposé une main courante en demandant qu’il n’y ait aucune publicité.

    Dès que « l’affaire » est lancée publiquement, Adrien et Céline Quattenens ont publié un communiqué commun demandant « le respect de leur vie privée ».

    Ensuite, Adrien Quattenens a publié une longue lettre où il prend tout sur lui, faisant preuve comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon de « dignité et courage ».

    Et toi, en contradiction avec le souhait commun du couple Quattenens, tu te crois obligée de participer à la meute. Ce n’est pas rendre service à Céline Quattenens que tu prétends défendre et qui a demandé avec Adrien qu’on ° « respecte sa vie privée ».

    Comme députée, j’aurais préféré te voir réagir à l’annonce de la marche du 16 octobre en appelant immédiatement à la préparer dans notre arrondissement, avec notamment la convocation d’une assemblée populaire.

    Faut-il une nouvelle fois te rappeler que tu n’es là, élue députée, que parce que Jean-Luc Mélenchon a obtenu 22% au premier tour de l’élection présidentielle et qu’il y a eu ensuite l’accord de la NUPES qui, pour donner la possibilité à chacune de ses composantes d’avoir un groupe à l’Assemblée, t’a « offert » la circonscription, gagnée grâce à l’engagement sans faille de tous les militants LFI de l’arrondissement ?

    Est-ce trop te demander que de respecter le mandat sur lequel tu as été élue, et de ne pas chercher à enfoncer un militant à l’encontre des souhaits de sa femme ?

    A te lire.

    Daniel Shapira

    #Femmes #Social #sandrine_rousseau #Céline_Quattenens #Adrien_Quattenens #Nupes #POI (Parti Ovrier.e.s Internationnal) #LFI #eelv

  • Violences sexistes et sexuelles : l’impunité est révolue, place à la relève féministe – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/violences-sexistes-et-sexuelles-limpunite-est-revolue-place-a-la-releve-f

    Silence, consternation, puis explosion de colère : chez les féministes, ce n’est pas une vague de dégoût qui nous a emporté·e·s après les déclarations de nombreux cadres et partis de gauche, c’est un vrai tsunami. Face à une solidarité masculine qui protège les agresseurs pullulant dans nos sphères politiques, nous appelons à une relève féministe.

    Sans vouloir être pénible, c’est un tsunami uniquement dans les milieux féministes... Parce qu’en dehors, c’est un petit peu la Bérézina. Quand je lis que Borne a eu un commentaire sur l’affaire, alors que son parti accumule les bras d’honneur à tout ce qui est féministe... je continue de hurler intérieurement, à la fois pour l’horreur que ce mépris assumé représente, mais aussi pour cette manie qu’on trouve entre nous à se déchiqueter les uns les autres sans fin. Car tu vois, les machos, chez les gauchos, on les vire, en moins de 72 heures, mais c’est pas encore suffisant. On te dit que les 72 heures, c’était déjà de trop. Et que c’était pas exprimé ceci ou cela.

    Je fais l’hypothèse que cette sorte d’acharnement (ce ne sont que des mots qui sont échangés, c’est un acharnement gentil, on est d’accord), n’est qu’un exutoire du fait de l’injustice et du mépris du camp d’en face. Mais. Bon. Là, ça a des aspects défouloir suicidaire.

    Eric Coquerel, Taha Bouhafs, et des propos insupportables tenus sur le sujet par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise. Julien Bayou, pour lequel la commission interne d’EE-LV a été saisie pour violences psychologiques. Thomas Piketty. Puis Maxime Cochard au PCF et Benjamin Amar à la CGT, accusés de viol. Samir Elyes, du comité Adama, mis en cause pour violences physiques et psychologiques. Aujourd’hui Adrien Quatennens, visé par une main courante de son ex-compagne révélée sans l’accord de l’intéressée. A LFI, un silence de plomb de plusieurs jours. Les féministes alarmé·e·s guettent les réactions des cadres du parti qui, eux, regardent leurs pompes.

    • Des mois que les féministes doivent rappeler que les VSS s’inscrivent dans un système de prédation des femmes qui n’épargne aucun parti, aucune orga, aucune famille, aucun corps professionnel.
      https://threadreaderapp.com/thread/1572286276329672704.html

      Des mois que les féministes doivent rappeler que les VSS s’inscrivent dans un système de prédation des femmes qui n’épargne aucun parti, aucune orga, aucune famille, aucun corps professionnel.
      Des mois qu’en face on les noie de reproches pour/sans que rien ne change.
      Et aujourd’hui t’as la 1e ministre et d’autres membres de LREM qui se sont illustrées par leur impuissance dans les affaires Darmanin, Abad, Simiand, Peyrat, qui viennent leur demander des comptes ?
      L’audace ?
      Pardon mais si des affaires à droite sortent peu, c’est peut-être qu’elles sont étouffées ? Qu’elles ne ralentissent ni ne nuisent à la carrière des mis en cause avant que les féministes s’en emparent ?
      Ça devrait nous alerter un peu ?
      L’exigence d’égalité qui permet de dégager les auteurs de VSS à gauche devrait idéalement servir d’exemple aux autres partis ; en lieu et place, on a droit à des déclarations qui n’affichent aucune solidarité avec ces militantes, mais en plus les accuse de ne pas en faire assez.
      Absolument hallucinant. Je place mes espoirs et mon respect à toutes celles qui font bouger les choses.
      Plein soutien et beaucoup de courage aux féministes, ainsi qu’aux députées de 1e rang de la NUPES qui sont sous les feux de la rampe
      @ReleveFeministe

    • Je suis atteré qu’il n’y ait aucun travail mené notamment dans les partis politiques, sur le sentiment de puissance que donne le pouvoir et qui est tellement intense qu’il fait oublier l’existence de l’autre qui est dès lors transformé en figurant, en objet.

    • On ne nait pas prédateur, on le devient, idem pour le meurtre, la violence, la domination, l’humiliation infligée aux autres etc... ces potentialités d’un parcours humain n’appartiennent pas qu’a quelques catégories d’individus (les autres) elles sont potentiellement en chacun d’entre nous qui va en fonction des circonstances les canaliser, les domestiquer, les éteindre ou au contraire les laisser prospérer, les légitimiter par la construction d’une pensée, d’une idéologie, d’une position de pouvoir.

      Le monde de l’entreprise, le monde associatif, syndical et politique et ses structures pyramidales sont de véritables écoles du meurtre qu’ils soient réels ou symboliques.

      C’est sur cela que les groupes doivent travailler pas seulement sur le repérage des abuseurs présents tout en continuant à fabriquer les abuseurs futurs...

    • J’ajoute que ces députés ont des vies professionnelles intenses, avec des sollicitations dans tous les sens, les commissions, les sessions parlementaires, les sollicitations des journalistes, des administrés. Leur demander d’avoir à tous moments une réaction pertinente sur tous sujets dont ils n’ont pas tous les tenants et aboutissants, ce n’est pas raisonnable. C’est du pur harcèlement, et quand certains supposent que la LFI c’est le PC de Staline, hypercentralisé et hypercontrôlé, je crois qu’ils se foutent le doigt dans l’oeil. On en a au contraire une nouvelle démonstration de l’absolu opposé. Ils ont un mal fou à se mettre d’accord les uns les autres sur les bons éléments de langage, et pour ma part, je trouve ça plus rassurant que les robots LREM/Renaissance. Ceci dit, à cause de ça, on se retrouve avec certains députés LFI qui comme le premier Aliot venu ne cessent de réclamer la réintégration des soignants-crétins antivax-anti-tout...

      Mais oui, il faudrait que ces organisations soient en mesure de former leurs cadres sur ces sujets. Mais... Exactement comme ce n’est pas à l’école qu’on doit t’apprendre à dire merci... ce n’est pas aux partis à apprendre aux mâles de ne plus se comporter en patriarches... c’est à la société toute entière de montrer l’exemple. Et c’est bien la difficulté.

      Pour être à ces niveaux de militance et de pouvoir, il faut un tempérament particulier. Et hélas, la sélection se fait sur des traits comportementaux toxiques. Etre « charismatique », il doit forcément y avoir des lectures à ce sujet, mais ce n’est pas forcément être respectueux des consentements et tout et tout. etc...

    • C’est là où Geoffroy de Lagasnerie a raison, c’est sur l’éducation et le temps long qu’il faut travailler, ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont 40-50-60 ans, ils ont été socialisés et éduqués il y a 30 ou 40 ans, la grande majorité est tout à fait incapable d’intégrer les bouleversements de ces 20 dernières années ou même de les comprendre faute de pouvoir prendre le temps.

      Concernant les mécanismes de domination donc d’abus et de passages à l’acte divers à part quelques articles de criminologie je n’ai jamais rien trouvé d’accessible qui viendrait étayer mes hypothèses sur la violence physique des mecs ou la violence psychologique des femmes...

    • Sur les jeunes, c’est pas gagné non plus avec — entre autres — la domination de la porn culture qui fait que les gamines se sentent obligées de pratiquer la sodomie, ce genre de trucs…

      Ce serait une erreur de limiter ça à des questions générationnelles.

      Tu peux éduquer autant que tu veux, tant que l’exemple ne vient pas d’en haut, on n’a pas sorti le cul des ronces.

      Et puis, renoncer à la domination masculine, c’est renoncer à la masse incroyable de privilèges qui vont avec et quand la société se durcit sous les contraintes des prédateurs économiques, ce n’est pas le moment de lâcher le moindre avantage. Les féministes 1.0 n’avaient de cesse de le rabâcher  : le moindre retournement de conjoncture s’essuie immédiatement les pompes sur le dos des femmes.

    • Concernant la porn culture je ne comprends en effet pas bien quel est l’intérêt de banaliser la fellation, la sodomie après avoir valorisé « le missionnaire » si ce n’est en effet une question de domination « symbolique »...

      Le cinéma, les séries, les réseaux sociaux, les jeux ont une responsabilité évidente dans la fabrication des modèles « désirables »

      et la question du plaisir partagé semble ne pas franchir la rampe des conversations des comptoirs numériques...

      Après je pense que l’exemple ne vient pas que du haut, et que la domination masculine est aussi très bien enseignée par les femmes qui face à la violence du monde préférent « armer » leur progéniture en leur remplissant le crâne de notions guerrières (tu seras ingénieur mon fils et tu pourras passer 40 ans de ta vie devant un ordinateur en ne connaissant du monde que ce que les médias t’en raconteront...) ou alternative (tu feras une école de commerce et seras manager) tu appartiendras à l’élite qui décide ce qui est bon pour le peuple et tu gagneras bien ta vie ...

      Les parloirs de prison sont remplis de femmes qui n’auraient jamais imaginés : « il était si gentil quand il était petit, si sage... »

    • En politique, dans l’entreprise, les ONG, les assoces, les medias, le pouvoir se conquiert dans et par la violence, constitutive de tous les process de domination. Ce qui est parfaitement compatible avec les valeurs dites « de droite ». A gauche les mêmes processus sont en cours, mais sont totalement antagoniques avec les valeurs officiellement revendiquées. Donc ça implose, d’où le tableau actuel. Entièrement d’accord avec BigGrizzly et Olivier sur la « lessiveuse » que constitue désormais le maintien d’une position de pouvoir. Et là c’est un impensé colossal...

    • Caroline de Haas : cher J-LM,

      Tes prises de parole et celles de plusieurs personnes de ton entourage ont été une déflagration.

      Elles ont envoyé un message à toutes les #femmes qui ont été giflées : « c’est plus compliqué, vous comprenez ».

      Elles ont envoyé – que tu le veuilles ou non - un message à tous les hommes qui ont giflé : ils sont dignes et tu leur envoies ton affection.

      Elles ont envoyé enfin un message aux militantes féministes : vous n’êtes pas grand-chose.

      Tu le sais : la parole publique est normative. Quand un homme ou une femme politique prend la parole, cela cadre, renforce ou détruit. Ces derniers jours, tes déclarations ont abîmé le discours politique sur les #violences_sexuelles que nous avons construit, développé, structuré ces dernières années.

      Tu as dit que tu pouvais faire mieux. Il faudra. Il y aura d’autres histoires de violences dans les semaines, mois ou années qui viennent. Comment je le sais ? Parce que les #violences_sexistes et sexuelles sont massives, structurelles, présentes partout. Il y a d’autres victimes qui prendront la parole. Et donc d’autres personnes mises en cause.

      Tu parles beaucoup depuis quelques jours de « principes stables », de règles. Ces principes et ces règles existent lorsque l’on prend la parole sur les violences sexistes et sexuelles. Tu les as bafoués.

      #LFI #Nupes #Jean-Luc_Mélenchon #féminisme #féministes #gauche

    • Ce qui se passe aujourd’hui est un révélateur du fait que #MeToo, dont nous venons de fêter le cinquième anniversaire, n’a pas vraiment eu d’impact sur la réalité du monde #politique, pour ne parler que de celui-ci. Certains #hommes_politiques ont été inquiétés, plus rarement condamnés ; des hommes qui ont d’ailleurs souvent été soutenus par le président Macron. En réalité, la fenêtre ouverte par #MeToo s’est très vite refermée. Nous vivons un moment de #backlash féministe [1].

      #Julien_Bayou #EELV et hop ! #Libération plus haut qu’Roudinesco !

    • Covid-19 : une France sans cap ni boussole face à la septième vague

      *Peu de messages de prévention, aucune mesure forte, le tout sur fond d’incertitude scientifique : la gestion de la pandémie souffre de la lassitude des Français, mais aussi de la concurrence d’autres crises, alors que le nombre de cas quotidiens s’élève à 100 000 en moyenne au 1er juillet.

      Nul ne sait précisément jusqu’où elle montera. Depuis début juin, la septième vague se déploie en France et les variants d’Omicron BA.4 et BA.5 se diffusent rapidement dans la population. Les conséquences en matière de mortalité et sur le système de santé sont encore limitées, mais les chiffres flambent et l’hôpital est plus fragile que jamais. En fin de semaine dernière, le président du conseil scientifique, le professeur Jean-François Delfraissy, estimait, sur l’antenne de RTL, que des tensions pourraient se faire jour dans le système hospitalier vers la fin juillet. Selon les dernières données du gouvernement, en date du 1er juillet, 960 personnes atteintes du Covid-19 se trouvent en soins critiques, avec une reprise amorcée depuis le 20 juin. https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/carte-et-donnees Plus de 16 000 personnes sont hospitalisées, avec désormais près d’un millier d’admissions quotidiennes. Soit une progression de 31 % au cours des sept derniers jours par rapport à la semaine précédente. Au 1er juillet, près de 100 000 nouveaux cas quotidiens étaient relevés en moyenne, en hausse de près de 60% par rapport à la semaine précédente. L’augmentation ne faiblit pas.

      L’évolution de l’épidémie

      Au seuil de l’été, cette nouvelle vague survient aussi dans une atmosphère de vacance scientifique et politique. Le conseil scientifique, qui devrait cesser ses activités le 31 juillet, a rendu, le 23 juin, un avis minimaliste de cinq pages au gouvernement, mis en ligne lundi 4 juillet. https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/avis_conseil_scientifique_23_juin_2022.pdf?TSPD_101_R0=087dc2 Ce dernier, deux fois remanié en six semaines, n’a guère été proactif dans la gestion de la situation sanitaire. Celle-ci semble être tombée dans un puits de désintérêt, dévaluée par la lassitude, mais aussi par la concurrence d’autres crises : la guerre en Ukraine, l’inflation et le pouvoir d’achat, la sécheresse, la recomposition du paysage politique. Peu de messages de prévention, aucune mesure forte, le tout sur fond d’incertitude scientifique : la gestion de la pandémie a basculé dans un grand flou.

      Un brouillard épidémiologique

      Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, aucune équipe de chercheurs en épidémiologie n’a rendu publiques des projections pour la vague en cours, septième du nom. En cause, la difficulté de l’exercice. « Il y a maintenant beaucoup de profils d’immunité différents avec des effets différents qui rendent la modélisation de cette vague plus difficile que celle des vagues précédentes, explique-t-on du côté de l’Institut Pasteur. Si on cherche à modéliser tous les effets, étant donné l’incertitude sur certains paramètres, le système est instable. »

      Une nouvelle génération de modèles est en cours de développement, mais l’aboutissement n’est pas pour tout de suite, selon l’Institut. « Cela explique pourquoi l’Institut Pasteur n’a pas publié de projections pour BA.4/BA.5 pour le moyen terme. Nous espérons pouvoir de nouveau proposer prochainement des projections à court terme pour ce qui concerne la charge hospitalière. »

      L’équipe de l’épidémiologiste Mircea Sofonea (université de Montpellier) n’a pas, elle non plus, publié de projections. Le scientifique montpelliérain pointe, lui aussi, la difficulté de l’exercice, ainsi que le désengagement de l’Etat dans le financement de ses travaux. https://seenthis.net/messages/966203#message966207 « Au printemps 2021, les appels à projets sur le Covid-19 de l’Agence nationale de la recherche se sont arrêtés, et quatre des cinq projets que nous avons soumis auprès de différents organismes de financement ont été rejetés, parfois sans raison scientifique solide, explique M. Sofonea. Via notre seul projet retenu, nous n’aurons de quoi payer l’unique poste supplémentaire par rapport à notre composition prépandémique que jusqu’en octobre 2023. Finalement, nous ne sommes dans mon équipe que deux permanents à travailler sur le Covid. C’est absolument décourageant. »

      Le découragement le dispute à l’amertume. « J’ai travaillé près de six mois sur le rapport de l’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] sur la transmission du nouveau coronavirus par aérosols, raconte l’épidémiologiste. Aucune conséquence n’a été tirée de ce travail, qui m’a tout juste valu une indemnité de 242 euros. » Les chercheurs ne sont pas plus immunisés contre la frustration et la lassitude.

      Une vague sur un hôpital en crise

      « Il est difficile de dire quel sera, en France, le retentissement en décès et hospitalisations de la vague épidémique BA.4/BA.5 qui débute. » Dans son avis rendu public lundi, le conseil scientifique ne fait pas mystère des incertitudes de la nouvelle vague. Une chose est sûre : alors que les indicateurs épidémiques grimpent, les hospitalisations pour Covid-19 augmentent à leur tour dans les services de médecine et désormais en soins critiques. « Cela continue de remonter doucement », résume le professeur Rémi Salomon, à la tête de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement (CME) de CHU.

      « Il est probable que les hospitalisations vont continuer à augmenter, puisque le nombre de cas progresse toujours, rappelle l’épidémiologiste Mahmoud Zureik. Au vu des tendances actuelles, on devrait arriver à 2 000 entrées par jour, c’est un peu supérieur à la sixième vague, ce serait moins que la cinquième… On voit qu’on bénéficie encore de l’immunité acquise grâce à la vaccination. » Par rapport à la dernière vague estivale – la quatrième –, qui a touché principalement les régions touristiques et du littoral, au premier rang Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette septième vague apparaît pour l’instant « plus diffuse », se déployant de manière relativement « homogène » dans l’ensemble des régions, l’Ile-de-France en tête.

      « Si le sujet se limitait au Covid-19 pour l’hôpital, l’impact serait important mais modéré, mais on craint surtout que cela précipite la rupture », reprend le professeur de santé publique à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Car les chiffres ont beau être encore fort éloignés des rebonds épidémiques qui ont saturé les services hospitaliers, impossible d’être serein dans un hôpital en crise. L’été constitue toujours une période tendue en matière de ressources humaines, en raison des congés des soignants, mais encore plus cette année, avec un manque de personnels qui oblige de nombreux services à fermer plus de lits que d’habitude. Sans oublier les services d’urgence, qui fonctionnent déjà de manière dégradée dans plusieurs établissements, comme à Bordeaux ou à Grenoble.

      « Il faut tout faire pour limiter la diffusion épidémique, notamment avec le masque dans les lieux confinés, quand bien même ce n’est plus une question de “vie ou de mort” pour cause de Covid et que l’impact hospitalier demeure relativement faible, car c’est la santé de tout le monde qui est jeu », pointe le docteur Thierry Godeau, de la Conférence des présidents de CME de CHU, rappelant « les difficultés qui existent déjà pour soigner ceux qui en ont besoin ». « Nous voyons une remontée de l’absentéisme [autrement appelée arrêts maladie..., ndc] chez les personnels pour cause de Covid-19 depuis une quinzaine de jours, cela nous inquiète beaucoup, abonde Rémi Salomon, à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Nous avons aussi de plus en plus de patients dont nous devons déprogrammer l’opération, car ils sont positifs au Covid-19. »

      La réponse minimaliste du gouvernement

      Face à la septième vague de Covid-19, le gouvernement entend n’agir que façon minimaliste. Sans contraintes ni répression [et surtout sans information ni prévention, ndc].A l’heure de prendre ses nouvelles fonctions de ministre de la santé, lundi 4 juillet, François Braun a beau avoir décrit « un système de santé à bout de souffle », celui-ci devra résister, bon an mal an, à la montée attendue des hospitalisations liées à la propagation du variant BA.5. Le premier texte de loi que doit examiner le Parlement cette semaine est lié à l’« urgence sanitaire ». Mais il ne comporte que deux articles. Le premier entend assurer la continuité du suivi de l’épidémie, notamment par l’intermédiaire des tests, et le second doit permettre d’instaurer un contrôle sanitaire aux frontières de l’Hexagone, y compris avec la Corse et les territoires d’outre-mer, si la situation l’exigeait. Un régime transitoire après la fin programmée de l’état d’urgence sanitaire, le 31 juillet.

      Après plus de deux ans de pandémie, le gouvernement a d’ores et déjà écarté l’idée d’imposer des mesures trop coercitives, difficilement acceptées par une population lasse. Sans majorité absolue au sein d’un Parlement qui compte désormais de nouveaux opposants au passe sanitaire, le gouvernement semble résigné à faire profil bas. Une attitude qui s’est d’ores et déjà traduite sur la question du port du masque dans les transports : une recommandation qui n’est, pour l’heure, assortie d’aucune obligation. « Le gouvernement répond modestement parce que la nouvelle composition de l’Assemblée ne leur permet pas de passer en force, bien qu’ils aient encore beaucoup de moyens d’action au niveau réglementaire, sans avoir à passer par l’Assemblée jusqu’au 31 juillet », estime Ugo Bernalicis, député du Nord pour La France insoumise.

      Aucune campagne de communication ambitieuse n’a été lancée en direction des personnes les plus à risque, afin de promouvoir le deuxième rappel (quatrième dose), dont l’efficacité contre les formes graves est avérée. « La proportion des plus de 80 ans l’ayant effectué n’est que de 22,2 % au 20 juin, relève le conseil scientifique dans son avis du 23 juin. Il est important de pratiquer ce rappel au plus vite, ainsi que pour les personnes sévèrement immunodéprimées ou à très haut risque de formes sévères. »

      La ruée sur les tests

      Au minimalisme gouvernemental répond le retour à une forme de fébrilité dans la rue. Le nombre de tests antigéniques et PCR en est un bon indicateur. Il franchit désormais de nouveau la barre des 2 millions par semaine, pour friser avec les 2,5 millions la semaine du 27 juin. Très loin, certes, des records à plus d’un million de tests quotidiens de la fin d’année 2021, quand le variant Omicron du SARS-CoV-2 déferlait sur la France, mais similaire au niveau de juillet 2021, quand l’extension du passe sanitaire déclenchait une ruée vers les laboratoires et les pharmacies. Cette fois, avec une hausse de plus de 25 % des PCR ces deux dernières semaines, les laboratoires ne sont « pas encore sous tension », tempère Jean-Claude Azoulay, vice-président du Syndicat national des médecins biologistes.

      Avec une augmentation de plus de 50 % des tests antigéniques, ce sont les pharmacies qui sont encore en première ligne. « Certaines personnes vont jusqu’à se faire tester deux à trois fois dans la même journée, en changeant de pharmacies, pour être certaines de ne pas être des faux positifs » [eh oui, il ya de gens qui ont compris, ndc], témoigne le docteur Azoulay. Devant les officines ou les barnums installés sur les trottoirs, les files d’attente commencent à se reformer et à s’allonger. « Tous les quatre à cinq mois, nous nous retrouvons sous pression », explique-t-on à l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine. L’organisation syndicale attend une « impulsion » du nouveau ministre de la santé pour « relancer la vaccination » à un moment où la protection vaccinale arrive en fin de cycle.

      Les entreprises sans boussole

      Si les levées de restriction liées à la pandémie de Covid-19 permettent aux salariés de partir en vacances à l’étranger, ceux qui restent redécouvrent les joies du port du masque au bureau. Le nombre de nouveaux cas est reparti à la hausse en juin, avec la fin de l’obligation de travailler masqué. Et les entreprises le constatent chaque jour.

      Le 28 juin, la première ministre, Elisabeth Borne, a bien encouragé la population à respecter la distanciation physique et le port du masque dans « les lieux de promiscuité », « les espaces clos » et en particulier « les transports en commun ». Mais les employeurs n’ayant pas reçu de nouvelles consignes du ministère du travail, le protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie n’a pas été réactivé.

      La réaction des salariés est plutôt modérée : la demande de télétravail n’a pas augmenté. « Ils ont appris à gérer. On en voit qui remettent le masque dans la journée par prudence. D’autres nous demandent si on peut organiser la vaccination. Sans nouvelles consignes des pouvoirs publics, on recommande juste de faire la troisième dose, si ce n’est pas déjà fait », explique Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH [ de merde, ndc], qui réunit quelque 5 000 entreprises issues de tous les secteurs.

      Mais les DRH communiquent du bout des lèvres : « On a juste rappelé les règles en cas de contamination et de cas contact, car les salariés ne savaient plus ce qu’il fallait faire, commente Benoît Serre. Les employeurs ne veulent pas être à l’origine d’un mouvement de panique. » Tenus responsables de la santé de leurs salariés, ils avaient intégré les règles de distanciation dans leur usage de « prévention des risques » [ben voyons, ndc]. Ils ne les ont pas supprimées avec la fin de l’application du protocole sanitaire, le 14 mars. https://travail-emploi.gouv.fr/le-ministere-en-action/coronavirus-covid-19/protocole-national-sante-securite-salaries#:~:text=À%20compter%2. *

      https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/07/05/covid-19-le-grand-flou-de-la-septieme-vague_6133348_3244.html

      #covid_long, #aération, #PCR, jamais cités, #masques, aucune précision

      #Covid-19 #BA.5 #santé_publique #aérosols #hôpital #salopards

    • on notera les propos parfaitement politicards de #LFI
      qui zappe lorsqu’on lui cause covid et s’empresse de blablater assemblée nationale.

      « Le gouvernement répond modestement [sic] parce que la nouvelle composition de l’Assemblée ne leur permet pas de passer en force, bien qu’ils aient encore beaucoup de moyens d’action au niveau réglementaire, sans avoir à passer par l’Assemblée jusqu’au 31 juillet » estime Ugo Bernalicis, député du Nord pour La France insoumise.

      faut vivre et mourir sans « contraintes » ni « restrictions », ni masques, ni bouclier (politique). À quoi sert la Nupes ?

    • Tout comme les troufions russes qui ne veulent pas mourir à la guerre en Ukraine, il nous faudra peut-être nous suicider pour échapper au virus. (ping @arno )

      Vendredi dernier, au bled, Madame la Maire convie ses administrés pour des « retrouvailles post covid » dans la « nouvelle salle des fêtes ». Sur une centaine de personnes présentes, trois portaient un masques (dont madame et moi). Après les discours, pour ne pas se faire contaminer autour du « verre de l’amitié » dans un « moment de convivialité », on s’est cassé fissa.
      C’t’aprèm, courses dans l’église du coin : aucune personne (sauf madame et moi) ne portait le masque. Même les caissières ont découvert leur museau alors qu’il y a une semaine encore, la plupart d’entre elles était masquée).
      Ça me fatigue, mais d’une force ...

    • ValK 💫 #InactionDirecte @ValKphotos
      https://twitter.com/ValKphotos/status/1544409242639155201

      #AN : première audition du nouveau ministre de la santé #Braun par la commission des lois.
      Sur les 7 questions posées par les député-es LFI, au moins 2 se font sans masque et flirtent avec les revendications antivax #Covid_19. Une cata.
      Merci @Deputee_Obono de relever le niveau.

      mais qu’est- ce qu’elle fait Obono ? elle se croit au NPA ? que quelqu’un la prévienne qu’elle est l’assemblée nationale !

    • @colporteur y a pas que LFI qui flirte avec l’antivax, selon comment on interprète ce qui est dit ; voilà ce que dit l’article de Slate :

      Notre emmental se réduit essentiellement au vaccin (dont on rappelle qu’il n’a pas grande efficacité sur la transmission) et donc à une seule couche non pharmacologique : le port du masque.

      et à la fin :

      Enfin, et c’est une des pistes avancées par le gouvernement, nous questionnons la pertinence de la mise en place d’un pass sanitaire aux frontières cet été, sachant l’inefficacité des vaccins à réduire la transmission des sous-variants d’Omicron, les seuls qui circulent désormais dans le monde.

      ok, c’est spécifiquement relatif à l’inefficacité sur la transmission mais c’est assez facilement interprétable comme du « ça sert à rien » glissant vers l’antivax non ? :-)

      et en même temps, ils recommandent clairement et fortement la 4eme dose pour les >60 ans et immunodéprimés, cf section "4eme dose et fissa" :

      Ces dernières nouvelles redoublent l’importance d’administrer fissa la quatrième dose aux plus de 60 ans et aux personnes les plus vulnérables. Mais pour tous les autres, s’ils veulent limiter les risques de Covid sévères, trois doses vaccinales les protègeront. Et s’ils veulent éviter les Covid longs, des mesures non pharmaceutiques complémentaires simples pourraient s’avérer être le meilleur rempart, même imparfait.

      et là aussi, on peut interpréter la partie "mais pour tous les autres" comme de la minimisation de l’utilité de la 4eme sur la « population générale », voire, de la non-incitation ;

      à ce sujet, vous avez des infos ou retour d’expérience sur la « durée de protection » de la 3ème dose ? Ptet une étude sur la pop portugaise, p.ex. les <70, vaxed cet hiver, qui a vu passer le BA.5 ces 3 derniers mois ?

    • le passage de l’article de Slate sur les « maigres » efforts de comm [du gouv - qui s’en lave les mains] :

      Ne dispersons pas nos maigres efforts en matière de communication : voir le gouvernement continuer à promouvoir le lavage des mains ne relève-t-il pas de la preuve d’un manque de classement des priorités dans les messages à diffuser pour prévenir le Covid ? Au mieux, ce sera peut-être efficace pour limiter la propagation des salmonelles dans les campings cet été…

      Pas d’avancée sur la qualité de l’air. La seule couche qui n’est quasiment pas abordée par la communication officielle –ou sinon de manière accessoire–, alors qu’elle est fondamentale dans la gestion de cette pandémie, c’est l’amélioration de la qualité de l’air intérieur. L’aération, la ventilation, la filtration et la purification de l’air des lieux clos qui reçoivent du public ne sont pas des sujets qui intéressent et mobilisent un tant soit peu nos autorités. Il est pourtant plus que jamais nécessaire que les lieux collectifs soient sécurisés concernant la qualité de l’air qu’on y respire.

      MDR ? la suite, a propos des écoles, est encore plus marrante :-)

    • On espère au moins que les vacances d’été permettront aux établissements scolaires de se mettre aux normes.

      (ptdr)

      Pas de rentrée en septembre : ça vaudrait aussi (et surtout) pour les élèves car, comme le dit le proverbe, « Pas de rentrée en septembre, pas de covid en décembre » ...

    • A propos des retrouvailles post-covid organisée par la mairie du bled l’autre soir, une des conseillères municipales était en train d’incuber son petit variant. Elle a été déclarée positive trois jours plus tard. Étonnant, non ?

    • N’empêche sur Twitter, t’as un type un peu populaire pour autre chose que le covid et qui d’un coup dévoile qu’il est positif et que bon, « faisez gaffe les potos », il se prend l’avalanche de tordus qui lui répondent qu’il est complètement stupide, que le vaccin sert à rien, que eux, ils vont bien, ils l’ont eu, et rien ne s’est passé, et que eux, ils savent que le monde tourne et que le covid est une grippette. Cf. F. Malaussena cet après-midi.
      https://twitter.com/malopedia/status/1544944022740951040

  • Pourquoi les Insoumis ne réclament-ils pas le retour du masque ? L’introuvable #gauche Covid
    https://www.lejdd.fr/Societe/pourquoi-les-insoumis-ne-reclament-ils-pas-le-retour-du-masque-lintrouvable-ga

    Chaque semaine, le journaliste Vincent Glad signe une chronique sur le site du JDD consacrée au suivi de l’épidémie de #Covid-19. Ce vendredi, il revient sur les impasses de la gauche en France concernant les politiques à adopter face au virus. 

    2 avril, Cirque d’hiver, à Paris. Philippe Poutou réunit ses soutiens pour une grande réunion publique. Cela fait deux semaines que la France a fait tomber le masque en lieux clos. La sixième vague passe presque inaperçue alors que la campagne présidentielle se déroule dans une ambiance de fin de pandémie, totalement démasquée. Pourtant, ce jour-là, une jeune femme s’avance sur scène et s’adresse au public du NPA : « Même si ce n’est plus obligatoire, on va vous demander de garder le masque parce que l’on n’est pas égaux devant la maladie, parce que c’est toujours le Covid et qu’il est important qu’on soit tous en forme pour affronter cette campagne »

    La consigne est respectée dans la salle. L’air de rien, Philippe Poutou fait ce soir-là un geste fort en articulant pensée de gauche et lutte contre la pandémie. Nos vies valent plus que leur déni, aurait-il pu ajouter sur scène. Pendant ce temps, les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon font face à des salles de militants non masqués. La protection collective face à la pandémie n’est plus un sujet à la France Insoumise.

    #paywall ...

    edit #Adrien_Quatennens (lâcheté confuse incarnée) #LFI #Barbara_Stiegler

    • Pourquoi les Insoumis ne réclament-ils pas le retour du masque ? L’introuvable gauche Covid
      Vincent Glad
      9-11 minutes

      2 avril, Cirque d’hiver, à Paris. Philippe Poutou réunit ses soutiens pour une grande réunion publique. Cela fait deux semaines que la France a fait tomber le masque en lieux clos. La sixième vague passe presque inaperçue alors que la campagne présidentielle se déroule dans une ambiance de fin de pandémie, totalement démasquée. Pourtant, ce jour-là, une jeune femme s’avance sur scène et s’adresse au public du NPA : « Même si ce n’est plus obligatoire, on va vous demander de garder le masque parce que l’on n’est pas égaux devant la maladie, parce que c’est toujours le Covid et qu’il est important qu’on soit tous en forme pour affronter cette campagne ».

      La consigne est respectée dans la salle. L’air de rien, Philippe Poutou fait ce soir-là un geste fort en articulant pensée de gauche et lutte contre la pandémie. Nos vies valent plus que leur déni, aurait-il pu ajouter sur scène. Pendant ce temps, les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon font face à des salles de militants non masqués. La protection collective face à la pandémie n’est plus un sujet à la France Insoumise.

      Interrogé il y a quelques jours sur France Inter, le coordinateur du parti Adrien Quatennens a botté en touche : « Faut-il remettre le masque dans les transports ? Je laisse les scientifiques nous faire leurs recommandations. Ce n’est pas la parole politique qui peut décider de cela ». La réponse peut étonner alors que la question de l’obligation du port du masque est précisément politique. Les scientifiques ne font qu’estimer le risque d’une vague non contrôlée et le gain attendu des mesures de restriction, mais in fine, c’est bien au politique qu’il revient de trancher entre libertés publiques et protection de la santé.
      Lutte des classes immunitaires

      Force est de constater que la gauche française n’a pas développé de réflexion politique autour du Covid-19 et de la santé publique. La pandémie était la grande absente des programmes présidentiels - aussi bien à gauche qu’à droite d’ailleurs. Mélanie Heard, responsable du pôle santé chez Terra Nova, regrette ce rendez-vous manqué : « C’est incompréhensible que la notion de solidarité ait disparu du discours de gauche sur la pandémie. Je l’explique pour bonne part par une mauvaise compréhension du processus de contagion et des efforts collectifs qu’il impose ».

      Lire aussi - La hausse des cas de Covid-19 ne perturbe pas la saison des festivals

      La gauche avait pourtant un boulevard avec le Covid-19 : la situation actuelle ressemble d’une certaine manière à une lutte des classes immunitaires, entre personnes bien portantes qui ne craignent plus grand-chose de la maladie et personnes immunodéprimées, qui doivent parfois se retirer d’une société qui les a comme abandonnés en laissant circuler le virus. En période de reprise épidémique, la défense des précaires de l’immunité aurait pu être un cheval de bataille de la gauche.

      Il est même possible de faire une lecture politique des débats actuels entre médecins « rassuristes » et « précautionneux » : « le parti “rassuriste” ne puise-t-il pas ses racines dans un certain individualisme, une forme de néolibéralisme ? “N’empiétez pas sur mes libertés retrouvées, cessez d’agiter les arguments de la peur pour maintenir le peuple sous votre joug sanitaire, enfermiste et liberticide”, disent-ils implicitement », écrivent l’épidémiologiste Antoine Flahault et la journaliste Laure Dasinieres. Au contraire, les « précautionneux », assurent-ils, défendent un idéal de justice sociale où chacun doit œuvrer pour protéger les plus faibles et les plus fragiles.
      Les impasses de la gauche

      Pourquoi la gauche française ne perçoit-elle pas la pandémie sous cet angle ? Il faut lire le pamphlet Santé publique Année Zéro co-écrit par l’influente philosophe Barbara Stiegler, membre du Parlement de l’Union Populaire, pour comprendre la grille de lecture qui s’est largement imposée à gauche. « Au nom de la santé publique, le gouvernement a continuellement remis en cause les libertés individuelles et collectives en inventant sans cesse de nouvelles restrictions », écrit-elle dans ce livre cosigné avec François Alla, qui critique sévèrement les mesures de confinement.

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      En faisant du virus un marqueur des inégalités sociales, la conclusion est qu’il ne faudrait pas tant lutter contre la circulation virale que contre ces inégalités sociales
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      « La plupart du temps, on n’était pas malade et on ne mourait pas du seul fait d’avoir contracté un virus. On était malade et on mourait, le plus souvent, de sa position dans la société », écrivent-ils dans une formule qui résume les impasses de la gauche sur le sujet. En faisant du virus un marqueur des inégalités sociales, la conclusion est qu’il ne faudrait pas tant lutter contre la circulation virale que contre ces inégalités sociales. Alors qu’il est tout à fait envisageable de lutter sur les deux fronts.

      La gauche, et singulièrement la France Insoumise, s’est abritée derrière de nombreux constats judicieux – inégalités sociales face au virus, manque de moyens à l’hôpital, absence de démocratie sanitaire, atteintes aux libertés du pass sanitaire - pour ne pas aborder frontalement la question des choix collectifs à faire pour lutter contre un virus qui a tué 150 000 personnes en France. Éviter ces décès et la cohorte de séquelles du Covid suppose un certain nombre de mesures de restrictions – qui en plus d’être coercitives souffrent d’être « macronistes » - un dilemme que la gauche française n’a jamais réussi à résoudre.
      La gauche Covid est marginale en France, mais elle existe

      Dans une tribune publiée sur AOC, des intellectuels répondent fermement à Barbara Stiegler et François Alla : « Les défenseurs des libertés auraient-il accepté une augmentation significative de la mortalité pour pouvoir circuler plus librement pendant les deux mois de confinement, alors même que la protection de la population fait partie du préambule de la constitution de 1946 et qu’il est du ressort de l’État d’agir ? (…) Le contrôle de la circulation du virus a précisément permis d’épargner les populations les plus à risques, qui auraient sans doute été encore plus durement touchées si l’on avait appliqué de simples mesures sélectives à leur seule intention, en laissant circuler le virus en population générale. »

      La gauche Covid est marginale en France, mais elle existe. Elle trouve son incarnation la plus visible dans les percutantes chroniques de Christian Lehmann dans Libération, qui dénonce à longueurs de colonnes une société devenue « eugéniste », vivant allégrement avec le virus en faisant peu de cas de ses éléments les plus fragiles. « On a démasqué plein (de darwinistes sociaux) à gauche : individualistes aliénés au libéralisme au point de vivre en petits rentiers de leur “capital” santé, tout en se croyant sincèrement d’une gauche universaliste. (…) La gauche est censée penser le collectif, tout le collectif, y compris les plus vulnérables, avant de penser l’individu. Car elle sait qu’il n’y a pas de liberté de tous sans égalité entre chacun », peut-on lire dans une récente chronique.
      Autodéfense sanitaire

      À l’extrême-gauche émerge un embryon de mouvement d’ « autodéfense sanitaire », qui tente de « sortir (le camp des luttes) du déni » face à la pandémie. Puisque l’État « validiste » ne protège plus contre le virus, il revient à la population de s’auto-organiser contre le virus en continuant à porter des masques FFP2, en aérant dès que possible et en informant sans relâche sur les risques afin que la pandémie ne disparaisse pas du paysage. Les militants de l’autodéfense sanitaire dénoncent le « covidonégationnisme » des gouvernements qu’ils comparent souvent au climato-scepticisme. Le « Zéro Covid solidaire » apparaît comme un objectif souhaitable.

      Lire aussi - Covid-19 : « Le port du masque seul ne peut pas suffire à freiner l’épidémie »

      Si le recours à des mesures autoritaires du type confinement séduit peu du côté de la gauche radicale, le masque aurait pu être un objet plus consensuel, un étendard de la lutte collective contre la contamination. On porte le masque pour se protéger mais avant tout pour protéger les autres, un menu sacrifice au service de la protection des plus fragiles. Le masque a d’ailleurs pris un poids politique considérable, tant aux États-Unis qu’au Brésil, où Joe Biden et Lula en ont fait un symbole, le brandissant comme un emblème face au laxisme sanitaire de Donald Trump et Jair Bolsonaro.
      Plus facile d’avoir Bolsonaro que Macron en face

      Au Brésil, contrairement à la France, les lignes de fractures sur le Covid recoupent les lignes politiques. « La gauche est du côté de la protection de la population, de la santé, de la science. Face à elle se dresse une droite pro-business qui veut surtout que les gens aillent travailler et qui dédramatise à cet effet la maladie. Les mots d’ordre pour les manifestations anti-Bolsonaro étaient toujours “venez avec masque et gel” et il y avait des stands qui en distribuaient, un peu comme les stands de merguez en France », explique Barbara Serrano, co-fondatrice du collectif « Du côté de la science », qui suit de près la situation au Brésil.

      Si la gauche française n’a pas su articuler une pensée cohérente sur le Covid-19, c’est aussi parce que l’opposition ne s’appelle pas Jair Bolsonaro mais Emmanuel Macron. Tantôt ferme, tantôt laxiste face au virus, le président de la République n’a pas permis de dégager un discours d’opposition cohérent défendant les valeurs collectives de la gauche. En matière de santé publique, l’anti-macronisme n’est pas forcément la meilleure des boussoles

      (mode lecture de Firefox)

    • Interrogé il y a quelques jours sur France Inter, le coordinateur du parti Adrien Quatennens a botté en touche : « Faut-il remettre le masque dans les transports ? Je laisse les scientifiques nous faire leurs recommandations. Ce n’est pas la parole politique qui peut décider de cela ». La réponse peut étonner alors que la question de l’obligation du port du masque est précisément politique. Les scientifiques ne font qu’estimer le risque d’une vague non contrôlée et le gain attendu des mesures de restriction, mais in fine, c’est bien au politique qu’il revient de trancher entre libertés publiques et protection de la santé.

      Je ne voie pas l’ambiguité qui est dénoncé ici par le JDD. Laisser les scientifique dire si le port du masque est utile ou pas et suivre leurs recommandation me semble etre la bonne chose à faire.

    • Ce journaliste tristement fameux n’aime pas la LFI. Il n’empêche. La citation de Quatennens est d’une lâcheté et d’un confusionnisme écœurants. Depuis mars 2020, la question est tranchée (masque par précaution). Depuis avril 2020, la démonstration a été faite pour ce qui est du covid : aérosol donc protection respiratoire. C’est trop compliqué pour la LFI ? Dire « les scientifiques » c’est se foutre du monde. Faut-il demander à Raoult, Delfraissy, Stiegler, Blaché ? avec « la » science supposée trancher vient le grand homme, mécaniquement (et peu importe que ce soit pour la LFI une femme - du chef- ici, la Stiegler noyeuse de poisson) .

      Quand Quatrennens dit ce qu’il dit, il apporte de l’eau au moulin de la désinformation, la légitime.

      Est-ce qu’il y a des moments depuis 2020 ou, grâce à la vaccination, grâce aux infections, l’abandon du port du masque dans les lieux clos a été justifiée ? Personnellement j’en doute. 2voidemment il n’y a au aucun débat public con transitoire là dessus. Et la LFI avec ses positions cheloues y est elle aussi pour quelque chose.
      Il s’agit d’avoir une position politique, ni de se cacher derrière « la » science (la japonaise, la coréenne, celle du Kérala, du Vietnam ? celle de l’Italie qui tient le masque, elle, celle de l’Australie, non, ici, c’est la science sous influence GBD, avec ses déclinaisons et effets divers).

      Mais d’où la politique devrait-elle découler de « la » science !! Que les politiques - LFI compris- commencent par tenir compte des données disponibles pour prendre des décisions (puisque ça marche comme ça), faire des propositions. Et qu’ils argumentent ! y compris à partir de ces données. Qu’on nous dise que l’on préfère « faire tourner l’économie », ou bien que le critère décisif est la capacité hospitalière (avis de salopards partagé par La REM et LFI, par delà leur opposition). Le gouvernement par la science (suivre des recommandations) c’est la destruction de toute démocratie. On voit d’ailleurs comment ils choisissent de n’en pas suivre les avis (y compris ceux de leur propre comité scientifique) tout en s’en revendiquant. Double arnaque.

      C’est bien connu, on nous gouverne pour notre bien et quand c’est au nom de la science, cela devient irréfutable.
      C’est (à raison !) ce genre d’évidence qui a été refusé de si mauvaise manière ici, et là aussi la LFI était là, coté comploto et hydrochloroqine, et dommage pour les « traitements qui marchent ». C’est pas mal de revenir à la bouillabaisse pourrie du consensus pour le faire oublier. tout en continuant à n’avoir rien à dire, rien appris, rien à proposer.

      Pourtant, l’article le pointe, l’espace existait pour un contre discours, fondé sur des connaissances épidémiologies et médicales, mais aussi sur des pratiques sociales (que tant de monde ai fabriqué des masques dès mars 2020, par exemple, ou l’expérience d’act up comme appropriation collective de questions de santé, ou m^me celle du Mlac, la aussi contre l’État et le pouvoir médical, non seulement parce que c’est juste mais parce que c’est né-ce-ssai-re !) qui sache encore que la médecine est une science sociale où le non pharmaceutique - ce que les premiers concernés peuvent mettre en oeuvre eux-mêmes sans dépendre du pourvoir médical (la pandémie relance nécessairement ça, et on a vu avec quels délires à la clé) est souvent décisif.

      LFI porte une lourde responsabilité, avec les syndicats, les intellectuels (si ça existe) dans ce désastre où triomphent la désappropriation et la déresponsabilisation collective.

      Quatennens est une bouse. Effectivement digne d’être un homme d’État.

      [et, bien sûr, merci @sombre j’était content de voir Glad jouer au con, et réussir à l’être dans divers passages de son papier]

      edit un exemple de ce qu’un LFI à l’électoralisme moins affirmé pourrait non seulement, appliquer, défendre mais promouvoir

      #fumier

  • L’ombre de Lagarde et d’un ex-flic sur la fausse affaire Garrido-Corbière – Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/enquete-lombre-de-lagarde-et-dun-ex-flic-sur-la-fausse-affaire-garrido-co

    L’ex-député UDI Jean-Christophe Lagarde est-il impliqué dans la fausse affaire Raquel Garrido-Alexis Corbière ? Dans un article du Point publié mercredi 22 juin, le journaliste Aziz Zemouri affirmait que le couple de députés LFI avait employé durant plusieurs mois, et à « des cadences infernales », une aide-ménagère algérienne sans papier de 36 ans. Plusieurs incohérences dans l’article, relevées notamment par CheckNews, avaient alors conduit la direction de l’hebdomadaire à le retirer, vingt-quatre heures à peine après sa publication. Et à procéder, comme nous l’annoncions vendredi soir, à la mise à pied d’Aziz Zemouri, et à sa convocation à un entretien préalable à un éventuel licenciement. La direction du Point, qui a mis en place une cellule interne pour expliquer ce crash éditorial, s’est depuis convaincue d’une manipulation.

    De son côté, le journaliste Aziz Zemouri a déposé plainte, mardi, pour « abus de confiance » contre Jean-Christophe Lagarde, adversaire malheureux de Raquel Garrido lors des législatives. Une plainte a également…

    #barbouzeries #paywall

    • (...)l’ex-flic reconnaît avoir transmis le dossier au journaliste du Point, tout en réduisant son rôle à celui d’intermédiaire. « Cette affaire est partie d’une information qui était en ma possession au départ. Je collabore avec le Média [site d’information indépendant proche de LFI, ndlr], et quand je suis mis au courant de certaines affaires et que le Média ne les traite pas, je les transfère à certains amis journalistes. Ça fait des années que je fais ça »,explique-t-il. S’il admet désormais que l’information était finalement « pourrie », il se défend d’avoir voulu manipuler le journaliste, imputant la responsabilité de ce fiasco journalistique à un « défaut de vérification d’Aziz Zemouri ».

      [...]
      Qui est à l’origine de cette manipulation ? Qui a donné le numéro de téléphone à Anouar, qui l’a ensuite transmis à Zemouri ? L’ex-policier ne nous a pas répondu sur ce point. Mais un enregistrement obtenu par CheckNews d’une conversation téléphonique, tenue lundi entre les deux hommes, apporte des éléments troublants. L’ex-député de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde, qui a perdu dimanche 19 juin contre Raquel Garrido au second tour des législatives, est ainsi mentionné plusieurs fois comme source possible de l’affaire.
      Au début de l’échange, alors que Zemouri s’insurge contre Anouar des informations frelatées qu’il lui a communiquées, et lui reproche de ne pas le protéger auprès du Point, Anouar lui dit : « Je te protège, mais je ne protège pas que toi. Tu vois ce que je veux dire ? Moi je veux pas leur dire [à tes collègues du Point] tout ce que je sais… » Zemouri : « Mais pourquoi, tu protèges qui d’autre ? »Anouar : « A ton avis ? Tu sais très bien… »

      (...) Plus tard encore dans l’échange, Anouar suggère que Lagarde a obtenu les informations transmises auprès de policiers : « Sa source à lui, c’est une source policière. Il y a de la flicaille dans le truc. C’est ça en fait le machin. » Zemouri, énervé : « Sa source à qui ? Sa source à Lagarde tu veux dire, j’ai pas compris là ? » Anouar : « Ouais. je pense que c’est une manipulation de flics au départ. » (...) On devine, par la suite, qu’Anouar se doute que la conversation est enregistrée. Et ne met dès lors plus en cause Lagarde.
      Puis Zemouri l’interpelle : « T’es proche de LFI, et t’as été candidat sur une liste UDI en même temps, je comprends rien ! » Anouar : « Je suis proche de LFI, je suis partisan, je suis ami avec eux, mais le problème qui se pose, c’est que ces gens-là, ils ne font rien pour moi. Ils ne m’ont rien proposé. A chaque fois qu’il y a un truc à gagner, à partager, ils ne pensent pas à moi. »
      Interrogé par CheckNews sur la teneur de ces échanges, Noam Anouar nous a expliqué ne pas pouvoir s’exprimer sur le sujet, eu égard au devoir de réserve auquel il serait tenu en qualité de fonctionnaire territorial. Contacté à propos de ces passages le mettant en cause, Jean-Christophe Lagarde, de son côté, ne nous a pas répondu.

      https://justpaste.it/28u1j

      barbouzerie ? y a pas mort d’homme, tout au plus un coup tordu politico-policier mal ficelé
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbouze

      #police #Anouar_Bouhadjela dit #Noam_Anouar #LFI #Le_Media

  • Cher.e électeur insoumis qui envisage de ne pas faire barrage à Le Pen - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/cher-e-electeur-insoumis-qui-envisage-de-ne-pas-faire-barrage-a-le

    Et puis j’ai pensé aussi qu’on avait fait cause commune contre le fascisme et le racisme de Le Pen. En tous cas, c’est ce qu’on pouvait lire sur ton mur avant le 1er tour. Que l’Union Populaire, c’était le vote des quartiers populaires, c’était le vote des gens qui refusaient, en tant que victimes ou en tant qu’allié.es, la discrimination, l’islamophobie, la citoyenneté de seconde zone, voire le déni de citoyenneté. Que l’Avenir En Commun, c’était une promesse pour toutes et tous, personne laissé au bord de la VIème République. Tu semblais même convaincu.e comme moi que Le Pen était pire que Macron en matière sociale, écologique, patriarcale (https://bit.ly/3xBkqaa).

    Bon, pour être tout à fait franc avec toi, cet humanisme universaliste insoumis que tu as exposé sur ton mur avant le 1er tour, je ne vais pas te dire que j’y ai cru : je fais partie de ces 11% des électeurs de Mélenchon du 1er tour qui resteront à convaincre que l’Union Populaire n’est pas juste un attrape-tout électoraliste, une machine à prendre le pouvoir, une UMP ou LRM de gauche quoi. C’est même un peu plus grave, en fait. Parce qu’avec les casseroles fascistoïdes de LFI, avec mes potes antifascistes, on a longtemps débattu pour savoir s’il fallait vous qualifier plutôt « d’antifascistes des jours pairs », ou de « néofascistes des jours impairs ».

    Les casseroles fascistoïdes de LFI ? Rho, mais si, souviens toi : Kotarac passé direct de LFI au RN ; Kuzmanovic souverainiste poutinophile qui a inspiré la politique internationale du parti avant d’aller se prendre en photo avec Philippot, Asselineau et Dupont-Aignan ; le négationniste Chouard adoubé à de multiples reprises par Ruffin (oui je sais il a dit a posteriori qu’il ne le referait plus… à chaque fois) ; Ruffin que ça ne gêne pas de « faire des quenelles », ou de réclamer le « rétablissement des frontières sur les personnes », parce que les frontières ça permet aussi de « se construire » ; les interviews de Mélenchon (jusqu’une semaine avant les élections), comme celle de Ruffin auparavant, sur le média rouge-brun et pro-Poutine Thinkerview ; « Le Pen bienvenue en manif », à l’encontre du mot d’ordre syndical ; Les œillades antisémites (la « génuflexion contre les oukazes du CRIF », « l’ennemi ce n’est pas le musulman, c’est « le » financier ! », …) ; l’instrumentalisation de la peur du vaccin, et la promotion des « convois de la liberté » ; « Poutine va régler le problème en Syrie » après que ce dernier y a massacré des civils et la résistance à Bachar El Assad ; la mise en doute des armes chimiques utilisées par le boucher de Damas ; l’oppression des Ouïghours en Chine qui ne vaut pas d’être combattue ; le refus de qualifier Poutine de dictateur, parce que « l’intérêt de la France » ; la minimisation de la menace Russe en Ukraine malgré les 150 000 troupes déployées à la frontière, la justification de cette menace en osant parler publiquement d’« annexion de l’Ukraine par l’OTAN » ; puis quand les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée russe sont avérés, l’appel à ne pas soutenir la résistance ukrainienne parce qu’il faudrait défendre la paix (alors qu’en 2014, selon le même Mélenchon, en pleine annexion de la Crimée par la Russie, il fallait honorer nos contrats et livrer des armes offensives à Poutine).

    • ben explique, plutôt que de casser, non ?

      sinon, tu connais celle qui finit par « plaisir de fin gourmet » ? 😘

      ps : mon reply n’est pas un argument, c’est une question ; tu n’aimes pas les questions ?

    • les 2 paragraphes suivants du texte source [19 avril 2022] :

      Voilà, ça c’est pour les jours impairs. Mais il faut être juste, il y a aussi eu des jours pairs. Et récemment, Mélenchon et les leaders insoumis ont été parmi les seuls au sein de la gauche politique à porter la bataille de façon claire contre l’islamophobie et contre les violences policières. A dénoncer la loi séparatisme, et à dénoncer la manif du syndicat policier d’extrême-droite Alliance qui s’attaquait à l’institution judiciaire, quand les représentants des verts, du PCF et du PS s’y associaient. Ils ont appelé à marcher contre l’islamophobie. Et ça, très franchement, ça n’est pas rien.

      Alors voilà, même si je garde toutes mes réserves antifascistes contre l’appareil LFI, j’ai cru à ta sincérité quand tu appelais à voter barrage à Le Pen dès le 1er tour. Parce que tout le monde peut évoluer après tout. Et je me suis dit aussi que s’il y avait vraiment une dynamique de mobilisation des quartiers populaires et des camarades racisé.es, même si c’était derrière LFI avec ses casseroles, vu qu’il n’y avait aucune autre perspective du côté de la gauche politique, c’était un espoir dans une « union populaire » que je n’avais pas le droit de doucher.

    • mouais, la douche elle vient d’être offerte par Nunes qui a aidé au retrait de Taha Bouhafs, avec des larmes de crocodiles ("on l’a pas assez soutenu" dit JLM, vaste blague).

      un PS de gauche ne peut être antiraciste que sous la contrainte. malheureusement l’électoralisme reste une politique à courte vue, ce qui a valu pour la présidentielle ne marchera peut-être pas pour les législatives et ses parachutés. Faudra que ça se passe ailleurs.

      #LFI #SFIO #racisme

  • VRAI OU FAKE. Législatives 2022 : l’accord trouvé à gauche est-il vraiment « historique », comme le clame La France insoumise ?
    https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/vrai-ou-fake-legislatives-2022-l-accord-trouve-a-gauche-est-il-vraiment

    L’union de la gauche en vue des élections législatives a connu plusieurs précédents.

    Tu vois, ces gauchistes, ils ne peuvent pas s’empêcher de produire des fakenews, alors il faut les factchecker à longueur de temps y compris et surtout sur les trucs les plus subjectifs qui soient.

  • Comment Jean-Luc Mélenchon a activé le regain civique dans les banlieues lyonnaises

    La baisse de l’abstention au premier tour, conjuguée au succès du candidat de La France insoumise, ouvre une séquence politique inédite dans les cités populaires de la région lyonnaise.

    [...]

    « Si nous passons de l’émotionnel à la construction politique, le mouvement peut se poursuivre », dit Abdelaziz Chaambi, qui rêve de l’appui de LFI pour « constituer une université populaire dans les quartiers pour former les futurs représentants politiques ». « Un vote stratégique des classes populaires s’est exprimé lors de la présidentielle, avec des enjeux collectifs cette fois plus forts que l’abstention, et qui dépassent l’adhésion à Jean-Luc Mélenchon », analyse le sociologue Samir Hadj Belgacem.
    https://justpaste.it/3nje5

    Lyon diffère du 93 et de Marseille, où les % était costauds, mais l’abstention en progression.... À vue de nez, je dirais que l’est lyonnais est davantage vaincu (depuis la marche de 1983) par la bourgeoisie lyonnaise et l’extrême droite, avec sa capacité de main mise sur le centre ville.
    le réservoir est un fleuve encagé par la violence de ses rives.

    #quartiers_populaires #LFI #élections #abstention

  • « Malgré que ses analyses aient été balayées par les résultats du premier tour, #Bruno-Latour, qui avait soutenu Y. Jadot, continue à mener une opération de police sur l’écologie politique, avec des arguments plus que contestables. Quelques éléments en thread 👇 » Philippe Vion-Dury


    Dans un entretien à Mediapart, le philosophe dit ne pas croire qu’Emmanuel Macron l’ait lu et s’inspire de sa pensée, contrairement à ce que le président a récemment affirmé. L’auteur de « Où atterrir ? » réfléchit désormais à l’avenir possible de la « classe écologique » dont il prédisait l’hégémonie, après que le candidat pour lequel il avait appelé à voter a recueilli moins de 5 % des suffrages.
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/230422/macron-la-gauche-l-ecologie-les-lecons-presidentielles-de-bruno-latour

    Un entretien dans Médiapart carrément réactionnaire ! Quand on parle de #nation-écologique, c’est grave. Qu’il soit celui qui défende les choix stratégiques d’#EELV et en ces mots, en dit long...

    • « De l’itw où Macron le cite, Bruno Latour (BL) retient le concept de "nation écologique", voyant là l’occasion d’un concept. De tous les mots qui pourraient ressaisir l’idée de communauté au sens écologique, y en a-t-il un pire ?
      D’autant que la nation est précisément ce qui unit à partir d’une exclusion. Étrange de la part de BL qui dans son mémo propose une classe écologique en refusant tout antagonisme de classe (contre qui se définit-elle ?).

      On sent la référence implicite aux concepts d’#écologie-de-guerre et de #patriotisme-écologique lancés par Pierre Charbonnier pour lesquels j’ai émis quelques critiques par ailleurs : Il me semble qu’il y a de nombreux soucis dans cette analyse de Charbonnier sur l’"écologie de guerre" et le tournant que représenterait l’#Ukraine. Le concept me semble fébrile et passer à côté de plusieurs choses. https://legrandcontinent.eu/fr/2022/03/18/la-naissance-de-lecologie-de-guerre

      Concernant le résultat d’EELV, BL n’en démord pas, il faut recommencer. Et il faut le faire seul. Car #LFI, c’est pas l’écologie 🚔
      Le problème est que Jadot a été trop sérieux, pas que son programme était surnuméraire ou ses assises idéologiques introuvables. »

      "Mais là on arrive à quelque chose de tout à fait grave pour un intellectuel présenté comme la star de l’écologie : la méconnaissance totale de l’histoire de l’écologie politique. Je vous laisse découvrir ce passage"

      " La plupart des courants de l’écologie politique sont révolutionnaires. C’est un fait. Écologie sociale. Écosocialisme. Écologie anti-industrielle. L’écologie s’est en permanence hybridée avec l’anarchisme et le socialisme, entre autres, c’est archi documenté. La nuance est dans la conquête du pouvoir, peut être. Ça c’est plus récent. Mais c’est que de facto, l’écologie ne pouvait s’associer au communisme marxiste de l’après guerre, ultra dominant.

      Modeste dans son attitude l’écologie politique ? Mais c’est effacer d’un trait le Larzac, les faucheurs, toutes les utopies locales, les luttes menées depuis la Guerre des demoiselles.... Table rase : l’écologie est devenu un sympathique concile social democrate.

      Et pour les jours heureux, on repassera. Je vous laisse lire :"

      « Non seulement là encore des pans entiers de l’écologie politique sont abattus (le buen vivir, l’abondance frugale, les liens qui libèrent, la sensibilité au vivant, etc), mais BL nous ramène dans une vision absolument austère, négative, privative, bref livre les armes à nos ennemis.

      Par ailleurs, le problème des Insoumis, c’est qu’ils veulent se servir de l’Etat pour changer la vie, alors que BL préférerait qu’on se contente d’en discuter en infra.
      On a besoin d’un État "apprenant". On est étonné que BL s’étonne que ses élèves finissent à #McKinsey. On attendant impatiemment là aussi la définition du concept.

      Pour être sûr de son coup, BL met un dernier coup de pelle dans la nuque de l’écologie politique... Qui ne doit en fait pas être politique mais "esthétique". Bon bah là on comprendre que trois entrechats à peine séparent les sociaux libéraux de gauche et de droite.

      L’écologie politique a toujours été qu’un certain mode d’organisation de la société détruit nos liens aux mondes dont nous sommes faits et dont nous dépendons. Donc il faut changer de mode d’organisation, autrement dit rompre avec le syst capitaliste, productiviste, industriel...

      Mais ce n’est pas étonnant que cela échappe à BL, puisque selon lui, le capitalisme... N’existe pas ! Même les plus ultraliberaux doivent se fendre la poire en lisant ça. »

      "Je suis passablement agacé, vous l’aurez compris, mais moins par les positions politiques de Latour ou par sa philosophie qui offre des prises intéressantes sur notre contemporanéité, mais par le manque de culture en philosophie politique et surtout en écologie politique.
      En réalité, je ne suis pas certain que Bruno Latour soit un écologiste. Je pense que c’est un épistémologue et un philosophe qui a raccroché les wagons au train en marche.
      A-t-il lu avec attention : Illich, Khor, Schumacher, Léopold, Charbonneau, Ellul, Naess, Gorz, et tous ceux que oublié de citer, les moins connus, les oubliées, les précurseurs, les anarchistes comme Reclus, Kropotkine, ceux qui annonçaient notre catastrophe ?
      S’est-il intéressé à ces trois siècles de luttes violentes menées pour protégés l’intégrité des mondes et leurs vivants ?"❞

      https://twitter.com/PhilGood_Inc/status/1517870292932116480?cxt=HHwWgICylam_x5AqAAAA

  • Jean-Luc Mélenchon : « Je demande aux Français de m’élire premier ministre » en votant pour « une majorité de députés “insoumis” » aux législatives
    https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/19/jean-luc-melenchon-demande-aux-francais-de-l-elire-premier-ministre-en-votan

    Par cette déclaration d’intention, Jean-Luc Mélenchon vise ainsi à imposer une cohabitation au futur vainqueur de l’élection présidentielle et veut ainsi faire des élections législatives des 12 et 19 juin un « troisième tour ».

    Si cette cohabitation « ne convient pas au président, il peut s’en aller, moi je ne m’en irai pas », a-t-il prévenu, affirmant qu’il souhaite une fois à ce poste « appliquer [son] programme », car « c’est le premier ministre qui signe les décrets », a-t-il affirmé.

    « Je ne négocie avec personne », a-t-il souligné en expliquant ne pas avoir répondu à l’appel lancé par Emmanuel Macron en direction des candidats malheureux du premier tour, formulé le soir de sa qualification au second tour et depuis lors.

    Contrairement à ce qu’il a pu affirmer au début de sa campagne présidentielle, M. Mélenchon a lancé : « Là ce n’est pas un trou de souris, il y a une porte qui est là, vous la prenez ou vous choisissez l’autre », pour tenter de convaincre ses précédents adversaires.

    Rassemblement aux législatives autour de son programme

    Alors que des négociations en vue d’une alliance pour les législatives ont été lancées à l’issue du premier tour par LFI avec EELV, le PCF et le NPA et ont commencé lundi, le député des Bouches-du-Rhône a donc appelé « tous ceux qui veulent rejoindre L’Union populaire à se joindre à nous pour cette belle bataille ». Il a notamment cité le NPA ou encore le candidat centriste Jean Lassalle, qui a obtenu 3,13 % des voix lors du premier tour du scrutin.

    Depuis ce premier tour et leur position hégémonique obtenue à gauche, les « insoumis » ont proposé une union autour de leur programme et du mouvement de L’Union populaire aux autres forces politiques. Leurs conditions : plus d’attaques envers leur mouvement et leur chef de file et une répartition des sièges de députés au prorata des résultats obtenus par chaque formation politique lors du premier tour de la présidentielle.

    si je dis "tribun", c’est une attaque. si je dis "bon tribun", ou mieux "excellent tribun" c’est ok. je me demande quelle type de divergence ou de crique reste sans importance (et sans suite...) en interne, et ce qui y est considéré comme "une attaque".

    #UP #LFI #législatives

  • Vote Le Pen : « Sortir d’une lecture binaire entre urbain et rural »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160422/vote-le-pen-sortir-d-une-lecture-binaire-entre-urbain-et-rural

    La carte des résultats électoraux du premier tour donne des résultats très différenciés d’une région à l’autre, mais aussi entre campagnes et grandes agglomérations. Faut-il y voir des particularités dans les votes ruraux et périurbains ? Entretien avec le sociologue Benoît Coquard.

    Territoires déshérités, terres d’emplois précaires et de déclin démographique, et, par endroits, terres dynamiques, qui attirent des personnes issues des catégories aisées de la société : le sociologue Benoît Coquard, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), travaille depuis longtemps sur les zones rurales du Grand Est, recherches qui ont donné lieu à un ouvrage paru en 2019 chez La Découverte, Ceux qui restent. Il revient pour Mediapart sur la diversité du vote et de sa signification dans les régions rurales et les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

    Peut-on, au vu des résultats du dimanche 10 avril, caractériser le vote rural et périurbain ? Y a-t-il une tendance qui se dégage ?

    Benoît Coquard : Pour l’instant, je n’ai que les résultats par commune ou par département. Ce dont nous avons besoin, c’est de données à l’échelle des bassins de vie, des bassins d’emploi, et rapportées surtout aux classes sociales et aux générations.

    Ce que je peux dire à première vue, c’est que la tendance des précédents scrutins se confirme en milieu rural, avec des différences selon les types de campagne. Il y a un survote pour l’extrême droite en dehors des grandes agglomérations, et plus encore dans les campagnes en déclin économique et démographique. Rien de nouveau : on voit cette poussée de l’extrême droite depuis les années 1990 dans les campagnes désindustrialisées, où il y a aussi une surreprésentation des personnes moins diplômées, dont on sait qu’elles votent davantage pour l’extrême droite.

    Le vote Zemmour semble sociologiquement différent de celui pour le Rassemblement national (RN) : il a davantage percé dans les classes aisées et les quartiers riches des grandes villes que dans des endroits où Marine Le Pen avait déjà l’hégémonie.

    Un fait marquant, dans les campagnes conservatrices, c’est l’effondrement de Valérie Pécresse par rapport à François Fillon en 2017. Chez les jeunes adultes que j’étudie, il y a aussi une nouvelle dynamique Mélenchon, mais ce vote me paraît peu revendiqué en public. C’est compliqué de se dire « de gauche » dans certains milieux ruraux… Enfin, il y a une hausse de l’abstention, qui, chez les jeunes ruraux, sera certainement encore plus forte au second tour.

    Dans certaines régions, pourtant, le vote #RN n’arrive pas du tout en tête. Dans un arc allant de l’Occitanie aux Hautes-Alpes, en passant par l’Ardèche et la Drôme, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête dans de nombreux villages, parfois dans des endroits très reculés…

    Le vote varie évidemment selon le type de campagne, parce qu’on ne retrouve pas les mêmes classes sociales et la même morphologie sociale à tous les endroits. Dans les zones que vous indiquez comme mélenchonistes, il y a des campagnes attractives, avec une population plus diplômée et une part non négligeable de néoruraux.

    Par ailleurs, si on regarde les communes où Mélenchon arrive en tête, bien souvent c’est le RN qui est juste derrière : c’est le cas en Occitanie. Il faut aussi se méfier d’une lecture hâtive des cartes par commune. On voit du rouge et on se dit que Mélenchon est plébiscité dans telle ou telle zone, mais il faut rapporter tout cela au nombre d’habitants et agglomérer différentes communes pour pouvoir comprendre ce qu’il en est réellement.

    Néanmoins, il faut bien avoir en tête que les ruralités ont des histoires politiques locales différentes, il n’y a pas que le profil du rural post-industriel de l’Est et du Nord.

    Dans les campagnes dynamiques de l’Ouest de la France, des jeunes diplômés reviennent s’installer parce qu’on y est proche des grandes agglomérations. La Bretagne rurale, par exemple, donne beaucoup de voix à Emmanuel Macron, mais aussi à Jean-Luc Mélenchon. Il y a aussi moins d’abstention parce qu’il y a une part plus faible de classes populaires, moins de précarité, et plus largement une population plus aisée et diplômée qui se sent plus légitime pour aller voter.

    Pour cerner le vote Marine Le Pen dans les campagnes, il est donc impératif de sortir d’une lecture simplement binaire entre urbain et rural. Pour comprendre le vote et le sens qu’on lui donne, il faut aller sur place observer quels sont les groupes qui habitent et comment ils se côtoient.

    Si, par exemple, des ouvriers se trouvent davantage en contact avec une bourgeoisie locale qui est anti-RN, plus proche du pôle culturel que du pôle économique, et qui porte un fort tissu associatif, alors le vote RN sera peu légitime et certainement moins fort. L’esprit des lieux n’y sera pas le même que dans les campagnes en déclin, où les dominants locaux votent eux-mêmes pour la droite ou l’extrême droite et stigmatisent la gauche et ses valeurs.

    Le résultat RN d’aujourd’hui provient en grande partie de classes populaires vivant sur des territoires qui ont toujours voté à droite, où même aux plus grandes heures du PCF (Parti communiste), les ouvriers ont en grande partie continué de voter « pour le patron ».

    C’est en cela que je dis que les campagnes votent différemment selon leur morphologie sociale. Et cela se retrouve certainement chez les personnes âgées. Il serait utile, par exemple, de regarder où sont les retraités qui ne votent pas Macron . Une personne retraitée dans une campagne conservatrice de l’Est ne va pas voter comme une personne retraitée en Ariège, car le climat politique et les groupes avec qui elle interfère n’y sont pas du tout les mêmes [ l’Ariège est l’unique département métropolitain, en dehors des six franciliens sur neuf, à avoir placé le candidat de La France insoumise en tête - ndlr ].

    Ce genre de territoire, comme la Drôme et l’Ardèche, est davantage tourné vers la valorisation de la production agricole locale, il attire beaucoup de gens non issus du monde rural qui parviennent à y créer leur propre activité… À l’inverse, dans les campagnes du Grand Est, où la population active agricole est très faible, où dominent les grandes cultures et l’agriculture intensive, où l’emploi est surtout porté par l’industrie métallurgique, le rapport au territoire n’est pas du tout le même [ dans la région Grand Est, Le Pen arrive en tête avec 29,5 % des voix et Mélenchon est loin derrière, avec 17,6 % - ndlr ].

    Dans l’Ouest, c’est encore d’autres configurations : des secteurs associatifs importants, des luttes locales, un fort héritage « catho de gauche »… Ce sont des terres qui restent moins perméables à l’extrême droite.

    La lecture villes/campagnes est donc bien trop simpliste…

    Le cœur de l’explication du vote de cette présidentielle, à mon avis, se trouve dans la répartition différenciée des classes sociales sur le territoire national. On ne vote pas en fonction du nombre de kilomètres qui nous séparent d’une ville, on ne retrouve pas un plus fort vote RN à mesure qu’on va vers des villages plus isolés.

    Ce qui se passe, c’est que la morphologie sociale locale produit ce que Bourdieu appelait un effet de lieu : il y a un comportement politique qui est localement légitime, et comme la campagne est un espace d’interconnaissance avec un plus fort conformisme qu’en ville, le mode de pensée qui s’impose a tendance à gagner nettement la partie et pour longtemps.

    Dans les campagnes de l’Est, qui votent très fortement RN, on a une continuité avec l’ancrage ancien du vote conservateur, dans une logique générale de déplacement du champ politique vers l’extrême droite.

    Aujourd’hui, il me semble que ce conformisme profite à l’extrême droite : dans ces milieux où le vote de gauche est souvent perçu comme un vote d’assistanat, où il y a du dédain à l’égard de celles et ceux qui ne travaillent pas, on se met à voter « comme tout le monde », autrement dit RN. Et si l’on n’est pas RN, alors on ne vote pas. C’est là où cette élection a un aspect démobilisateur : la distance par rapport au projet présidentiel est très grande dans ces milieux. À ce titre, la progression que j’ai perçue parmi mes enquêtés pour le vote Mélenchon est assez remarquable.

    Parmi ces personnes, beaucoup habitent en Haute-Marne, qui est l’un des départements les plus vieillissants. Or c’est aussi un département marqué par un fort taux d’abstention : 25,7 % au premier tour. Dans la mesure où la population âgée est celle qui se rend le plus dans les urnes, cela signifie que les jeunes se sont probablement beaucoup abstenus.

    Ce que je retiens surtout de cette élection « vue d’en bas », c’est-à-dire depuis la vie quotidienne, c’est une résignation très forte . En fait, dans ces classes populaires rurales, alors qu’on parle de choses politiques tout au long de l’année parce qu’on est forcément concerné par tout un tas de choses, à commencer par l’emploi et le coût de l’énergie, il y avait très peu de commentaires pendant la campagne sur les personnes candidates.

    Lors des précédents scrutins, pourtant, les débats, et notamment les moments de clash , avaient fait beaucoup réagir et avaient amené les indécis à se positionner, souvent en s’identifiant avec l’un ou l’autre. C’était le cas, par exemple, lors du débat Mélenchon-Le Pen en 2012. De ce point de vue, les médias ont beaucoup œuvré pour désintéresser la part de l’électorat de milieu populaire qui n’est pas convaincue par l’omniprésence de l’extrême droite à la télé.

    Le recul des transports en commun dans ces zones, la distance par rapport aux centres urbains, le temps passé sur la route…, tout cela ne contribue-t-il pas à un sentiment d’isolement, propice à un désintérêt de la politique ?

    Oui, vous avez raison, pour ces personnes, « tout est loin », comme elles le répètent, et il faut pourtant bien aller bosser. C’est quelque chose que j’avais relevé dans mon livre : les anciens racontent que lorsqu’ils étaient jeunes, ils pouvaient « tout faire à vélo », que tout était à portée de main, le travail, les services, même son futur mari ou sa future femme… Aujourd’hui, les périmètres de vie sont extrêmement grands et atteignent rapidement la cinquantaine de kilomètres. Les jeunes que je vois savent que leur paye passe en grande partie dans l’essence.

    Dans ce contexte, Marine Le Pen est perçue comme celle qui taxe le moins, comme celle qui va bloquer le prix de l’essence. Aussi – et c’est selon moi un aspect déterminant pour ne pas se positionner à gauche alors qu’on est ouvrier ou employé –, les ruraux des classes populaires ont un taux élevé d’accès à la propriété : celles et ceux qui ont une maison ont le sentiment d’être un peu au-dessus de la moyenne, veulent préserver ce petit patrimoine et le transmettre sans payer d’impôts.

    Il m’est impossible de dire comment ont voté celles et ceux qui ont fait partie des « #gilets_jaunes ». Déjà, pendant le mouvement, on pouvait observer que sur une même commune, un rond-point penchait plutôt à gauche, tandis qu’un autre était dominé par des figures d’extrême droite. Dans son article « Rencontres au rond-point », le sociologue Raphaël Challier explique bien cette polarisation de deux lieux gilets jaunes dans une petite ville des Vosges.

    Les polarisations politiques existaient au sein même du mouvement. Il y a aussi probablement des différences entre les gilets jaunes qui ont subi la répression policière et ceux, très nombreux, qui n’ont participé que les premières semaines aux blocages. Et là encore, il est très probable qu’une partie importante s’est abstenue, alors même que ces gens se sont fortement engagés politiquement via ce mouvement. Le vote, ce n’est pas toute la politique, surtout pour les classes populaires.

    Certaines régions où se conjuguent pauvreté et désindustrialisation résistent toutefois au basculement vers le RN. Je pense notamment au sud du Massif central. Comment l’expliquez-vous ?

    Si on prend le Cantal comme exemple, on a Macron qui arrive en tête avec 28 %, Le Pen deuxième avec 24,5 %, Mélenchon loin derrière avec 14,7 %, tandis que Pécresse et Lassalle font un meilleur score qu’au niveau national, avec près de 8 % chacun… On est plutôt, me semble-t-il, sur un département assez conservateur, qui a peut-être moins de difficultés sociales que les régions industrielles de l’Est. Il faudra voir ce que tout ça donne au second tour…

    Ensuite, pour l’Aveyron, c’est un peu différent, avec Macron en tête à 27 %, Le Pen deuxième à 20 % et Mélenchon troisième à 19 %, avec de nombreuses poches « rouges » où il arrive premier… Il n’y a, à l’évidence, pas la même histoire politique d’un bassin d’emploi à un autre. Le bassin industriel de Decazeville reste à gauche, avec Mélenchon à près de 29 % à Decazeville même et en tête également dans plusieurs communes autour.

    Comme je l’indiquais plus tôt, ce vote est aussi lié à un type de socialisation politique, à la manière dont on a été politisé en voyant ses proches incarner et porter plus ou moins fièrement des idées de gauche… Cela dit, cela ne fait pas barrage non plus à l’extrême droite : dans ces mêmes localités, le vote RN n’est pas très loin derrière le vote LFI, et le cumul de toutes les voix penche à droite.

    Les partis traditionnels, et #LFI, ont-ils échoué à parler au monde rural ?

    Il paraît toujours un peu bancal de vouloir spécifier le vote rural, comme si on avait affaire à une tout autre réalité, à une population par nature différente des autres… Le problème principal de l’électorat rural et de classes populaires, c’est le pouvoir d’achat ; c’est un point commun avec les membres de ces classes sociales qui vivent ailleurs qu’à la campagne.

    Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas dans les partis traditionnels de candidat qui par son ethos, sa manière de parler, son accent… montre qu’il vient d’une catégorie sociale rurale et populaire. Au-delà de la question de l’affinité politique avec telle ou telle idéologie, une aide à domicile qui travaille en milieu rural n’a guère de possibilité de s’identifier à quelqu’un comme Valérie Pécresse…

    C’est aussi sur ce vide-là que joue Marine Le Pen. Elle est « celle qui dit que ça pète de partout », me disaient en résumé les jeunes qui la trouvaient « dans le vrai ». C’est un discours qui a de l’écho chez des gens qui ont l’expérience de la concurrence accrue pour l’emploi et des conflits au niveau local dans un contexte de généralisation de la précarité. Dans les zones rurales marquées par le sous-emploi, beaucoup ont le sentiment qu’on ne peut pas tous s’en sortir, qu’il faut « faire le tri » entre les « vrais potes sur qui compter » et les autres avec qui on ne sent pas allié. C’est en ce sens qu’est reçu le discours Le Pen, un discours conflictuel sur tous les plans avec la construction d’un ennemi proche de soi.

    #élections #abstention #morphologie_sociale #désindustrilisation #emploi #ruralité #esprit_du_lieu #précarité #concurrence

  • « Mélenchon a mobilisé un électorat qui ne votait plus » Didier Eribon :
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140422/didier-eribon-melenchon-mobilise-un-electorat-qui-ne-votait-plus

    Dans Retour à Reims (Fayard, 2009), récemment adapté au cinéma par Jean-Gabriel Périot, le philosophe et sociologue Didier Eribon analyse, à travers le récit intime de sa famille, le glissement du vote de la classe ouvrière du communisme vers le Front national (FN), puis le Rassemblement national (RN). Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril, confirme selon lui l’inscription dans le temps d’un « vote de classe » favorable à l’extrême droite.

    Une partie des causes de ce basculement est à chercher dans la conversion au néolibéralisme du Parti socialiste (PS), qui a « créé de la colère, de l’abstention, et finalement le vote » des classes populaires qu’il devait représenter contre lui – c’était l’objet de son essai, D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française (Léo Scheer, 2007). Le score piteux du PS (1,75 %) marque à ce titre « l’aboutissement d’un processus entamé au début des années 1980 », et qui a abouti à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, explique-t-il.

    Il estime cependant que la dynamique de Jean-Luc Mélenchon (qu’il a soutenu publiquement), plébiscité dans les quartiers populaires, peut être de nature à faire dérailler l’anéantissement « programmé » de la gauche.

    Le premier enseignement de ce premier tour de l’élection présidentielle, c’est que l’extrême droite obtient plus de 30 % des voix, et qu’elle s’installe pour la deuxième fois consécutive au deuxième tour de ce scrutin. Comment interprétez-vous ce phénomène structurant de la vie politique française ?

    Didier Eribon : Je crois que malheureusement le vote à l’extrême droite est bien installé. Cela s’est produit progressivement, depuis le milieu des années 1980. Au départ, c’était en grande partie un vote de protestation. Quand j’ai demandé à ma mère pourquoi elle avait voté Le Pen pour la première fois, elle m’a dit : « Pour donner un coup de semonce ». La deuxième fois, c’était sans doute pour donner un deuxième coup de semonce. Et la troisième fois, cela devient le vote naturel qui a remplacé celui d’autrefois pour la gauche.

    Cela signifie que c’est toute la perception du monde qui change. Les conversations quotidiennes, le rapport aux autres, aux partis politiques, à ses propres aspirations personnelles. Le vote n’est pas seulement un acte électoral.
    C’est aussi une sorte de culture au sens très large du terme. Comme je le disais dans Retour à Reims, dans ma famille, on ne votait pas seulement pour le Parti communiste français (PCF) : c’était toute une culture qui allait avec. On parlait le langage du Parti communiste. Il y avait une culture communiste, qui s’est délitée, laissant les individus à l’état d’abandon politico-idéologique.

    C’est, bien sûr, lié à la transformation du monde du travail. Quand ma mère était ouvrière, dans les années 1970 et 1980, aux Verreries mécaniques champenoises, il y avait 1 700 ouvriers, dont 500 étaient membres de la CGT. C’était une force mobilisable, et souvent mobilisée, une force collective considérable.

    L’usine a fermé dans les années 1980. Les enfants et petits-enfants de ces ouvriers n’ont pas retrouvé de travail dans ce type d’usines, qui fermaient les unes après les autres.
    Quand ils ne sont pas chômeurs, ou au RSA, ou occupant des emplois temporaires, ils travaillent maintenant beaucoup dans la logistique, dans les entrepôts d’Amazon. Or, si vous êtes livreur, que vous travaillez dans un entrepôt, où la syndicalisation est difficile et risquée, il est évident que vous n’avez plus le même rapport à la politique. Vous étiez une force collective, vous êtes devenu un individu isolé.
    Les gens privés de cette culture politique, et du mode d’expression qu’elle leur conférait, se sont reconstitué individuellement et collectivement une autre culture et un autre moyen de s’exprimer : le vote pour le FN, puis le RN. Pour eux, c’est une manière de se constituer collectivement comme sujet politique.

    Ce qui est inquiétant, c’est que ce vote de classe [en faveur de Marine Le Pen] s’est durablement inscrit dans le paysage politique.
    C’est ainsi que Marine Le Pen obtient des scores impressionnants dans l’Aisne, le Pas-de-Calais, le Nord, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, etc., c’est-à-dire les anciens bastions ouvriers, miniers, qui avaient été les berceaux du mouvement ouvrier français, et qui sont désormais désindustrialisés, précarisés, désespérés.
    Si c’est une autre forme de vote ouvrier, de vote des catégories populaires, on peut donc dire que c’est un vote de classe. Ce qui est inquiétant, c’est que ce vote de classe s’est durablement inscrit dans le paysage politique. Il faut alors essayer de comprendre pourquoi. Et on ne peut pas comprendre ce qui se passe si on ne fait pas l’histoire dans le temps long, en remontant à la fin des années 1970.

    Dans votre livre sorti en 2007, D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, vous situez l’origine de ce que nous vivons au tournant idéologique effectué par le Parti socialiste (PS) dans les années 1980. Pensez-vous qu’avec le score réalisé par le PS à cette élection, 1,75 %, on est arrivés au bout de cette séquence politique ?

    On assiste à l’aboutissement d’un processus entamé au début des années 1980. La démarche critique, politique et intellectuelle a certes reflué par des effets structuraux après l’effervescence des années 1960 et 1970. Mais il y a eu aussi une volonté intellectuelle mise en œuvre par des think tanks dont l’objectif explicite était de défaire tout ce qui faisait que la gauche était la gauche, en démantelant la pensée de gauche, la pensée critique : Foucault, Bourdieu, Derrida étaient – déjà ! – les cibles principales.

    Des cénacles se sont créés, comme la fondation Saint-Simon, créée par François Furet, avec des universitaires, des patrons de l’industrie et de la banque comme Roger Fauroux, Jean Peyrelevade, des journalistes, etc.

    Ils ont activement organisé ce basculement vers la droite du champ politico-intellectuel en combattant la pensée de gauche – François Furet n’avançait pas masqué, puisque sa référence était Raymond Aron. Le Parti socialiste (PS) a été l’un des acteurs et des vecteurs de ce glissement organisé vers la droite. Si vous remplacez la notion de classe sociale, l’idée de mobilisation sociale et l’idée pourtant élémentaire qu’un parti de gauche doit s’appuyer sur ces réalités et sur ces processus, et doit représenter les ouvriers, les précaires, les chômeurs, et porter leur voix dans l’espace public, si tout cela est ignoré, repoussé et combattu idéologiquement, qui va se reconnaître dans ces partis de gauche ?

    Pierre Bourdieu m’avait dit au milieu des années 1990 : « Ce pur produit de l’ENA [École nationale d’administration] qu’est François Hollande, se faisant élire à Tulle, ça veut dire le FN à 20 % dans dix ans. » Que des technocrates élus sous l’étiquette PS dans des régions ouvrières développent des politiques néolibérales destructrices pour les vies des gens qui les ont élus, cela crée de la colère, de l’abstention, et finalement le vote contre ces gens-là.

    C’était devenu aussi naturel pour un de mes frères de voter FN que pour mes parents de voter communiste autrefois. Il n’y a pas eu de transmission d’héritage politique, si ce n’est un héritage de révolte.
    Si les partis de gauche ne représentent plus, ne soutiennent plus, ne se font plus les porte-voix des ouvriers, des précaires, dans la sphère publique, alors ceux qui sont ainsi abandonnés ne votent plus à gauche, ils s’abstiennent ou votent FN. J’ai observé comment quasiment toute ma famille est passée en moins de dix ans d’un vote communiste à un vote FN.

    En écrivant Retour à Reims, je me suis aperçu, par exemple, que c’était devenu aussi naturel pour un de mes frères de voter FN que pour mes parents de voter communiste autrefois. Il n’y a pas eu de transmission d’héritage politique, si ce n’est un héritage de révolte, de colère contre la situation qui est faite aux subalternes, et du vote comme moyen collectif de protestation. Le contenu du vote a changé, mais le geste est le même.

    Si la gauche avait été du côté de Bourdieu au moment de la grande grève de décembre 1995, et pas du côté des cénacles qui la dénonçaient et qui insultaient les grévistes et les intellectuels qui la soutenaient, si elle avait soutenu et représenté les mouvements sociaux au lieu de les combattre, nous n’en serions pas là.

    Les journalistes ont aussi une part de responsabilité. Libération employait contre Bourdieu des vocables que ce journal n’employait même pas contre Le Pen. Dans The Class Ceiling : Why It Pays to Be Privileged, de Sam Friedman et Daniel Laurison, il y a un tableau qui montre que les professions dont l’accès est le plus réservé aux classes supérieures, c’est la médecine puis le journalisme. Cette homogénéité ne peut pas ne pas avoir de conséquences. Cela explique évidemment le soutien de la presse à Emmanuel Macron en 2017 : l’affinité des habitus l’emporte sur les différences de surface.

    Finalement, nous aurions pu vivre en France un scénario à l’italienne, c’est-à-dire une disparition de la gauche ?
    C’était programmé, en effet. Le PS a renoncé depuis longtemps à faire vivre la pensée de gauche. À la parution de mon livre sur la révolution conservatrice, Christian Paul m’avait dit vouloir créer des ateliers pour réinventer cette pensée. Le premier invité était Alain Finkielkraut, et le deuxième était Marcel Gauchet. Réinventer la gauche avec des idéologues aussi réactionnaires ! Vous voyez où on en était.

    Il est évident que quelque chose se jouait à ce moment-là. Le PS s’est de plus en plus dissocié à la fois des classes populaires d’un côté, et des intellectuels de gauche de l’autre. C’est devenu un parti d’énarques dont les références intellectuelles se situent très, très, très à droite.
    Ça a commencé sous Jospin, et l’aboutissement de tous ces processus a été la présidence Hollande, élu contre Sarkozy. Son secrétaire général adjoint était Emmanuel Macron, devenu son ministre de l’économie.
    Rétrospectivement, on se dit : si le ministre de l’économie d’un gouvernement qui se disait de gauche à ce moment-là était Emmanuel Macron, comment aurait-il pu être possible que les classes populaires se reconnaissent dans le PS ? Le divorce, qui était déjà bien entamé, allait devenir un gouffre. C’était évident. Hollande n’a même pas pu se représenter.

    Puis la droite a soutenu Macron, aux côtés de tous les hiérarques socialistes, préoccupés par leurs postes : on a vu Olivier Véran et Muriel Pénicaud gouverner avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. S’ils peuvent cohabiter dans un même gouvernement, c’est qu’ils pensent tout simplement la même chose. Ils sont les mêmes : des représentants des classes supérieures qui regardent le monde social d’en haut et imposent leurs décisions. Tout cela a provoqué chez les électeurs de gauche un sentiment profond de révolte, de fureur même…

    L’effondrement du PS est l’aboutissement de cette droitisation. Et l’aboutissement logique de cette séquence, c’est Macron, l’enfant idéologique de François Hollande et de la technocratie néolibérale qu’il avait épousée en noces publiques en édictant la loi Travail, et autres mesures du même genre.
    Il n’y a plus besoin d’un PS néolibéral, oxymore qui se retrouve condensé dans la personne d’Emmanuel Macron.
    Macron est l’incarnation de cette séquence historique. Il n’a pas de talent particulier : il est un effet, un produit de ces processus historiques. Il n’y a plus besoin d’un PS néolibéral, oxymore qui se retrouve condensé dans sa personne. Et la vraie droite et la fausse gauche réunies dans leur programme commun.

    C’était le projet de la fondation Saint-Simon dans les années 1980. Réunir droite et gauche au « centre », ce qui veut dire à droite. Au fond, Furet et Rosanvallon étaient les prédécesseurs de Blanquer et Vidal, avec leur assaut contre la pensée critique, qui représentait à leurs yeux une menace pour la « cohésion sociale », le « pacte social », la « rationalité gouvernementale », la « modernité économique », et toutes ces notions qui ressortissent à une perception bourgeoise, conservatrice et autoritaire de la vie politique. Bourdieu était leur cible principale. On voit aujourd’hui le beau résultat de leurs agissements délétères.

    Jean-Luc Mélenchon a-t-il réussi à faire dérailler durablement ce scénario à l’italienne programmé depuis les années 1980 ? Est-il de nature à desserrer l’étau qui nous enferme dans l’alternative entre l’extrême droite et l’extrême libéralisme de Macron ?

    C’est l’autre phénomène le plus frappant de cette élection de 2022 : la dynamique qu’a su créer Jean-Luc Mélenchon en mobilisant les énergies à gauche, sur un programme élaboré. Ce succès est insuffisant, mais tout de même incroyable. Il faut s’interroger sur ce que ça peut signifier pour les possibilités futures de recréer une dynamique de gauche.
    Sartre dit, dans un entretien, qu’il y avait une puissante force collective de transformation sociale en mai 1968, qui s’est effondrée quand chacun s’est retrouvé dans l’isoloir, le 30 juin. Le régime gaulliste a été sauvé par les votes des millions de travailleurs dont les grèves l’avaient si brutalement ébranlé.

    Au fond, le PS des années 1980, 1990, 2000 a rêvé, comme la droite, d’un 30 juin permanent, c’est-à-dire de la fin de la protestation sociale et la soumission des gouvernés aux décisions des gouvernants. Ce à quoi il est urgent et nécessaire d’opposer un « Mai 68 » permanent ou en tout cas un « esprit de 68 ».
    Mélenchon a su faire passer l’idée qu’une dynamique de gauche était encore possible dans les manifestations, mais aussi à travers le vote, pensé comme un acte de reconstitution d’une force qui va compter.

    Je pense que les mouvements sociaux de ces dernières années ont réinventé une dimension collective de la perception de soi. La violence de la répression subie par ces mouvements a accentué cette dimension collective. Et, cette fois-ci, Mélenchon a su faire passer l’idée qu’une dynamique de gauche était encore possible dans les manifestations, mais aussi à travers le vote, pensé comme un acte de regroupement, de reconstitution d’une force qui va compter, qui va peser. On n’est plus les objets de la décision politique, on redevient des sujets.

    Olivier Masclet a écrit un livre important sur la manière dont la gauche n’a jamais su s’intéresser aux énergies dans les quartiers populaires [La gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, 2006 – ndlr]. La gauche a méprisé, oublié les habitants de ces quartiers. Ils ne vont plus voter. Mélenchon a su les respecter, les défendre, les soutenir et leur faire considérer qu’ils pouvaient se faire entendre dans l’espace public par le moyen de leur vote.
    On voit ce qui s’est passé à Marseille, à Roubaix, ou en Seine-Saint-Denis : une bonne partie du vote des quartiers populaires s’est portée sur son nom. Il a mobilisé un électorat qui ne votait plus. Mélenchon, malgré toutes les critiques que je peux lui faire, a réussi à recréer une dynamique de gauche.

    Mais est-ce durable ? Mélenchon a fait des scores importants dans l’ancienne ceinture rouge de la banlieue parisienne, où le PCF n’existe plus. Mais La France insoumise (LFI) n’a pas les structures partisanes du PCF de la grande époque…
    Il est entouré d’une équipe de gens très talentueux, dont j’admire le travail et l’engagement. Maintenant, il est vrai qu’ils n’ont pas beaucoup de mairies, ni d’implantation dans des structures stables comme le PCF ou le PS, dans les régions ouvrières du Nord, en avaient autrefois. J’imagine que les Insoumis s’en préoccupent.
    Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de 22 % des suffrages au niveau national et réalisé une percée spectaculaire dans les grandes villes et les banlieues alentour.

    Quand le meeting, la manifestation, l’élection s’arrêtent, il faut faire perdurer la mobilisation dans le « pratico-inerte », selon le mot de Sartre, rappelé par Geoffroy de Lagasnerie dans Sortir de notre impuissance politique : c’est-à-dire dans la vie quotidienne, sur les lieux de travail, dans les quartiers, etc.
    Ce n’est pas simple. Et je ne donne pas de leçons. Je sais que cela ne se décrète pas. Il faut aussi que des gens le veuillent et le puissent, alors qu’ils ont des préoccupations quotidiennes plus urgentes. Le vote ouvrier (blanc et non diplômé) du Nord et de l’Est est d’ailleurs allé globalement davantage à Marine Le Pen, alors que celui des jeunes urbains des villes universitaires (Nantes, Grenoble…) est allé à Mélenchon.
    Ce sont des blocs importants, dans les deux cas, la question étant pour la gauche de savoir comment les rapprocher, les réconcilier.

    Cette composition de son électorat ne donne-t-elle pas finalement raison au rapport de Terra Nova sorti en 2011 (« Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 »), dans lequel on lisait : « La classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs. » L’électorat de Mélenchon, urbain, jeune, diplômé, ne confirme-t-il pas ce rapport, malgré lui ?

    Pour moi, ça ne donne pas du tout raison à Terra Nova, car leur rapport concluait qu’il ne faut plus s’occuper des classes populaires, qu’elles seraient définitivement perdues. Si vous voulez seulement vous occuper du féminisme, de l’écologie et du mouvement LGBT (et je n’ai pas besoin de préciser à quel point ces mouvements sont importants à mes yeux), délaissant les questions sociales, vous laissez des pans entiers de la société en déshérence politique, sans cadre pour se penser, et qui finissent par voter FN, ou qui continueront à le faire...

    Ce rapport était un signe supplémentaire que la bourgeoisie socialiste cherchait à justifier son effacement des questions ouvrières. David Gaborieau, un sociologue qui travaille sur les métiers de la logistique et les entrepôts d’Amazon, montre bien qu’il y a une classe ouvrière nouvelle, qui ne ressemble pas à celle des années 1950 ou 1960.
    Il suffit de voir le film de Ken Loach, Sorry We Missed You, pour le comprendre. La classe ouvrière aujourd’hui, c’est, pour une bonne part, le livreur Amazon et l’aide à domicile. Mais sans la grande usine, comment se mobiliser ? Il n’y a plus de lieu où peut se créer la solidarité de classe.
    Au lieu de les effacer du paysage intellectuel et organisationnel de la gauche, il faut au contraire les y intégrer en multipliant et renforçant les organisations syndicales et politiques qui offrent à cette nouvelle classe ouvrière les moyens de se penser comme sujet politique collectif.

    Vous plaidez pour le retour d’un discours de classe ?

    La classe ouvrière est une réalité économique et objective. Mais c’est aussi une production discursive performative. Il y a des classes sociales, parce que Marx a dit qu’il y avait des classes, et la théorie, en proposant une perception du monde, façonne la réalité et notamment celle des luttes.
    Il faut repenser, retravailler ces cadres théoriques qu’on ne peut jamais tenir pour acquis et définitifs. La réalité change. La théorie doit changer. La grande tâche de LFI est d’élaborer un tel cadre théorique, qui donne un cadre politique pour se penser soi-même comme une force collective de gauche.

    Quand le PCF faisait ses meilleurs scores (plus de 20 % des voix), c’étaient à peu près 30 % à 40 % des ouvriers qui votaient pour lui, et les autres, c’étaient des enseignants, des employés, le monde de la culture, etc. Pourtant, ce parti se présentait comme le parti de la classe ouvrière et, d’une certaine manière, il l’était effectivement. Il l’était pour mes parents, ma famille, des millions d’autres, même si de nombreux ouvriers votaient à droite.

    Le cadre discursif produit performativement le creuset, le foyer politique, dans lequel un « bloc », pour parler comme Gramsci, constitué de catégories différentes, peut s’agréger.
    Je n’adhère pas à l’idée d’un “populisme de gauche”. L’idée de “peuple” ne peut pas venir remplacer l’idée de classe.
    Et je ne pense pas que le concept central puisse en être la notion de « peuple ». Je n’adhère pas à l’idée d’un « populisme de gauche », même dans la version éminemment sophistiquée et séduisante qu’en propose mon amie Chantal Mouffe.

    L’idée de « peuple » ne peut pas venir remplacer l’idée de classe, même s’il s’agit d’articuler les « équivalences » entre différents mouvements – classe, genre, race, écologie... La notion de « peuple » peut paraître combler les manques de la notion de classe mais elle revient à dire qu’une demande sociale ne devient politique que si elle se réfère à une notion commune de « peuple » et se transcende dans cette notion.

    Il me semble qu’il faut au contraire penser la multiplicité, la spécificité et l’autonomie des mouvements, chacun ayant ses traditions, ses revendications, ses formes d’organisation, ses divergences internes… Disons que ce serait déployer une activité critique généralisée, tant théorique que pratique, pour défaire les différentes formes instituées de pouvoir et de domination.

    La notion de « peuple » construit la politique en référence à une identité fictive, alors que, selon moi, il faut ancrer la politique dans les expériences et les identités vécues, les oppressions concrètes…. Et il incombe aux organisations politiques telles que LFI d’essayer de « travailler avec » tous ces mouvements pour proposer des débouchés politiques effectifs. Cela s’appelle la gauche. Une démarche de gauche.
    À l’aune de la campagne de Mélenchon en 2022, peut-on dire que le « moment populiste » de 2017 est terminé ?
    Je ne sais pas. Il peut prendre d’autres formes. Ou resurgir plus tard ou ailleurs. Et cela peut toujours avoir des effets mobilisateurs. Mais l’essentiel pour moi n’est pas là. Je crois qu’opposer le « peuple » à la « caste », ou à l’ « oligarchie », n’est pas une stratégie pertinente ni viable à long terme.
    On voit ce que ça a produit en Espagne, où les fascistes de Vox sont à 18 %, en prétendant défendre le « peuple », et Podemos à 10 ou 11 %. L’idée de peuple est dangereuse à manipuler. Marine Le Pen peut très bien elle aussi opposer le « peuple » à « l’oligarchie ». Si « peuple » est un « signifiant vide », comme le disent Laclau et Mouffe, on peut hélas y mettre ce qu’on veut, et cela ne correspond pas toujours aux souhaits agréables de ces deux auteurs.

    Il est plus difficile pour l’extrême droite de se réclamer d’une idée de « classe ouvrière » organisée, de mobilisations sociales ancrées dans une perspective de justice sociale, de solidarité collective, de protection sociale, d’égalité, de développement des droits sociaux…
    Un des défis de LFI est de construire un cadre qui puisse rendre compte des transformations de la classe ouvrière : la précarisation, le chômage… Comment s’adresser au père ou à la mère d’Édouard Louis, qui sont au RSA et qu’on menace de radier s’ils ne reprennent pas un travail, alors qu’ils ont le dos brisé, les articulations usées, et qui ont souvent voté FN ? Il faut justement leur donner un moyen de s’exprimer qui ne passe pas par le vote Le Pen. Un programme social comme celui de LFI peut contribuer à ce changement.
    Je suis frappé quand on dit de Mélenchon qu’il est de gauche radicale. Mélenchon a un projet social-démocrate classique. Dans L’Esprit de 45, Ken Loach montre bien ce qu’était le projet des travaillistes britanniques après la Deuxième Guerre mondiale : création de services publics dans tous les secteurs, nationalisations… C’est ce projet, largement réalisé, que la droite s’est acharnée à détruire par la suite avec le thatchérisme, et qu’aujourd’hui on considérerait comme extrémiste, quasiment soviétique.
    Mélenchon ne pourrait même pas envisager d’aller si loin. Celui qui a un programme extrémiste, c’est Macron, il est du côté du thatchérisme, de la violence sociale du néolibéralisme.

    L’électorat de Mélenchon se divise sur l’attitude à avoir au deuxième tour. Il a donné pour consigne de ne pas donner une seule voix à l’extrême droite, mais ça ne suffira peut-être pas…
    Tous mes amis ont voté pour Mélenchon et, évidemment, personne ne songe, même une seule seconde, à voter Marine Le Pen. Cela va de soi. Certains vont se résigner à voter Macron, malgré le dégoût profond qu’il leur inspire…
    Mais nous ne sommes pas représentatifs de l’électorat de Mélenchon, et il est possible que la colère contre Macron soit si forte que certains dans d’autres catégories sociales soient prêts à faire n’importe quoi pour le lui faire savoir.
    Il m’est difficile de voter pour quelqu’un qui, à chaque fois que j’ai voulu exprimer mon opinion, m’a envoyé la police la plus violemment répressive.
    Plusieurs de mes amis vont s’abstenir. Et c’est ce que je vais faire aussi. Il m’est difficile de voter pour quelqu’un qui, à chaque fois que j’ai voulu exprimer mon opinion, m’a envoyé la police la plus violemment répressive, m’a asphyxié dans des nuages de gaz lacrymogène, a terrorisé des gens pour qu’ils ne manifestent plus. Selon l’Observatoire des street-médics, il y a eu 28 000 blessés dans les manifestations entre fin 2018 et début 2020. Le bilan du macronisme est effarant.

    Et puis, il ne faut pas inverser les responsabilités. J’ai soutenu les grèves de 1995, j’ai manifesté contre la loi Travail, contre les réformes des retraites, j’ai soutenu l’hôpital public, j’ai prévenu que la destruction des services publics et l’appauvrissement et la précarisation des plus pauvres allaient faire monter l’extrême droite.
    Depuis 30 ans, je « fais barrage ». J’ai écrit avant le premier tour de 2017 que voter Macron aurait pour résultat inéluctable de faire monter Le Pen. J’avais raison. Ceux qui nous ont combattus, insultés, réprimés sont les responsables de la situation actuelle. Les responsables, ce sont ceux qui ont installé le macronisme, soutenu cette politique ! Pas moi !

    J’ajoute que ceux qui voulaient faire barrage à Marine Le Pen avaient un moyen très simple : voter pour Mélenchon au premier tour. Il lui a manqué un point. Et je n’oublie pas que ceux qui viennent donner des leçons aujourd’hui allaient jusqu’à proclamer que, en cas de deuxième tour entre Mélenchon et Le Pen, ils s’abstiendraient, ou même iraient jusqu’à voter Le Pen. Je n’invente rien !
    Et ils viennent nous dire désormais que s’abstenir, c’est être complice de Le Pen, alors qu’ils étaient prêts à voter pour elle, il y a encore quelques jours ? On croit rêver.

    La possible victoire de Marine Le Pen, alors qu’on sait ce qu’elle ferait si elle arrivait au pouvoir, ne vous oblige-t-elle pas, justement, à faire barrage malgré tout ?

    Je pense vraiment qu’il y a fort peu de chances pour que Le Pen puisse gagner cette élection. Le risque est très faible, quasiment inexistant. On essaie de nous faire peur pour augmenter le score de Macron afin qu’il puisse ensuite affirmer que son projet a été soutenu par un grand nombre d’électeurs.
    Et dès qu’il sera élu, il reprendra sa politique de démolition, et accueillera tous ceux qui voudront protester avec des charges policières, des grenades lacrymogènes, des « balles de défense », provoquant à nouveau blessures et mutilations.

    Ce n’est donc pas seulement que je ne veux pas voter pour Macron, c’est que je ne peux pas. La politique de classe qu’il incarne me révulse. Il a fait barrage aux mouvement sociaux, aux revendications syndicales, aux demandes sociales.
    Il a fait barrage aux libertés publiques, à la démocratie. Il nous dit qu’il va changer, qu’il va écouter, mais c’est évidemment une obscène plaisanterie. Comment pourrait-il changer ? Non, sauf dans le cas tout à fait improbable où les sondages indiqueraient qu’il existe un danger réel, je ne voterai pas pour lui.

    #PS #LFI #vote #présidentielle #abstention sauf si

    • Ni Macrine Ni Maron, Révolution !
      https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article3119

      A la vérité, les discours d’En marche et du Rassemblement national se sont rapprochés, et le quinquennat macronien a contribué à rendre moins inquiétante la perspective d’un quinquennat lepénien : quand s’installe une fascisation des pratiques et des pensées, le fascisme n’est plus un épouvantail très efficace. D’où la crainte qu’ont certains de voir la mégère soudain déguisée en douce bergère l’emporter cette fois sur le bellâtre moderniste qui s’est avéré un vrai père tape-dur. Invoquer les « valeurs morales » d’un « patrimoine humaniste rempart contre le fascisme » ne devrait pourtant pas suffire à faire oublier la gestion de la société par Macron à qui l’a subie au quotidien. En revanche, le « vote utile » fait en sa faveur le 10 avril par une partie de l’électorat des Républicains et du PS, et dans une moindre mesure des écologistes, montre que cette gestion satisfait une fraction de la population – celle qui en tire avantage : les managers, banquiers, DRH, entrepreneurs de start-up, technocrates de la croissance et de l’environnement, fonctionnaires installés, rentiers et retraités privilégiés. Et c’est grâce à ce vote opportuniste de partisans de la gauche et de la droite réunis au centre que Macron est de nouveau au second tour, car l’ensemble doit bien représenter 10 % des suffrages qu’il a obtenus. Le résultat du premier tour ne traduit donc pas tant une opinion ou un choix politique que la défense de leurs intérêts matériels par tous ceux et celles qui auraient eu quelque chose à perdre avec un duel Mélenchon-Le Pen.

      L’impulsion du prétendu « ni gauche ni droite, mais en même temps l’une et l’autre » a été donnée dès avant 2017 : sous Hollande, la social-démocratie était déjà la seconde main droite de la bourgeoisie. Et ce « ni gauche ni droite, mais en même temps l’une et l’autre » a également permis de crédibiliser un RN dont le « ni de droite ni de gauche, mais du peuple ou de la nation » ne faisait jusque-là pas massivement illusion.

      Alors que se profile le second show Macron-Le Pen, on réentend les cris d’orfraie poussés par certains « démocrates [1] » ou « radicaux [2] » face à la « menace fasciste » : il est fort peu probable que Le Pen gagne, mais l’inconstance de l’électorat futile peut réserver des surprises – nombre de participant·es aux précédents « votes de barrage » ont juré qu’on ne les y prendrait plus, hein, et l’idée qu’« en votant Marine ça pétera enfin » est émise ici ou là. Et l’extrême gauche tombe une fois de plus dans le piège de l’antifascisme, car son appel à dire « non » à l’extrême droite passe par la réélection du Président sortant dont elle a critiqué l’action pendant cinq ans. Le scénario est si rodé qu’on ne nous propose même plus guère de le faire en se bouchant le nez et en nous promettant un « second tour social »… Mais qu’est-ce qui pourrait bien pousser les révolutionnaires à prendre position dans ce vaudeville bourgeois ?

      Si Macron sert la modernisation de l’exploitation dont le capital transnational a besoin, et si Le Pen est historiquement condamnée pour sa crispation sur un capital réduit à une sphère nationale bien illusoire à l’heure de la mondialisation, ils ont l’un et l’autre pour seul programme toujours plus de croissance au profit de qui détient les moyens de production. Renier ses convictions pour inciter à choisir un camp du capital contre l’autre serait donc non seulement aberrant, mais reviendrait à se tirer une nouvelle balle dans le pied. Pour notre part, nous n’appellerons pas à voter pour ou contre Machine ou Truc, mais un élément important sera à prendre en considération : l’importance du nombre de gens qui ne se laisseront pas prendre au piège du vote Macron. C’est un peu ce baromètre qui donnera des indications sur le contenu des luttes à venir et sur l’état de la fracture entre une partie des prolétaires et leurs représentations/institutions, fracture que nous devons contribuer à élargir alors que les « fronts républicains » ou autres tentent de les réduire.

    • Le Pen :

      Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Toute violence policière ou presque sera légitimée.
      Les policiers pourront de façon anonyme porter plainte pour des attaques dont ils seraient victimes. Cela ne laissera aucune possibilité pour la personne mise en cause de vérifier la véracité des faits qui lui sont reprochés.

      Référendum sur l’immigration et l’identité. Pour mettre la Préférence nationale dans la Constitution.
      Interdiction du port du voile
      Suppression de l’aide médicale d’État (AME) qui privera les sans-papiers d’accès aux soins.
      Menace de « sanctions pénales » contre les gens aidant des sans-papiers.
      Expulsion des non-Français des logements sociaux. Suppression des prestations familiales aux étrangers vivants en France.
      Fin de l’acquisition automatique de la nationalité française par mariage, réduction du nombre de naturalisations, impossibilité de régulariser les personnes en situation irrégulière.
      Suppression de la "présomption de minorité" des mineurs étrangers non accompagnés, tant qu’on n’a pas vérifié leur age, ils seront sans aucun droit.

      Cantonner les syndicats à l’entreprise, pour qu’ils ne s’impliquent surtout pas dans la vie de la cité.

      Prison : recours généralisé à des peines de prison ferme, présentées comme la seule sanction efficace, réduction des aménagements de peines et les courtes peines devront être effectuées en prison.

  • Ça fait toujours bizarre de lire le jeudi dans la bouche d’un député une partie des propos entendus le mardi en conférence de rédaction (moins l’enthousiasme, puisque la défaite était annoncée).

    https://www.monde-diplomatique.fr/audio/Podcast_diplo/2022-01-Episode_22.mp3

    Sur les limites de la stratégie « Terra Nova » qui cible la jeunesse progressiste de centre-ville et les quartiers populaires plutôt que la France des bourgs, la France Périphérique, François Ruffin : « Jusqu’ici, nous ne parvenons pas à muer en espoir la colère des “fâchés pas fachos” » https://www.liberation.fr/politique/francois-ruffin-jusquici-nous-ne-parvenons-pas-a-muer-en-espoir-la-colere

    Dimanche soir, à la tombée des résultats et l’élimination, malgré les 21,95 %, de Jean-Luc Mélenchon, quel a été votre premier sentiment ?

    D’abord de la fierté, la fierté du chemin parcouru. Je me suis dit : l’histoire continue, le fil n’est pas rompu. Parce que, sans Jean-Luc Mélenchon, sans nous avec lui, après les années Hollande, après sa créature Macron, la gauche pourrait être liquidée, enterrée. Nous avons ramassé un drapeau en guenille, et regardez maintenant comme il brille. C’est cette fierté que j’ai éprouvée pendant toute la campagne, avec des milliers de personnes dans les meetings, des dizaines de milliers dans les marches : nous sommes là, debout. L’espoir demeure. En même temps, ce dimanche à 20 h 01, c’est « caramba, encore raté ! » Je ne veux pas qu’on devienne des perdants magnifiques. L’équipe de France de mon enfance, celle de Platini, Giresse, Tigana et compagnie, elle était pleine de panache, comme nous, elle faisait les plus beaux matchs, comme nous, mais à la Coupe du monde de 82, à celle de 86, deux fois elle échoue en demi-finale, et deux fois contre l’Allemagne. Quand est-ce qu’on va jouer la finale ? Quand est-ce qu’on va l’emporter ?

    Comment jugez-vous la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

    Notre campagne, je l’ai trouvée joyeuse, un peu à contre-courant de l’époque. Parce qu’après deux années de Covid, avec la guerre en Ukraine, ils nous veulent comment ? Abattus, déprimés, résignés, « restez chez vous », etc. Contre ça, Jean-Luc est parvenu à apporter de l’énergie. C’est un peu notre Johnny, qui vient redonner « l’envie d’avoir envie ».

    Lorsqu’on observe les cartes, on voit que Mélenchon est fort dans les grandes villes et les quartiers populaires. Mais beaucoup moins dans la France périphérique.

    Au fond, ça montre l’efficacité de la campagne. Parce que Jean-Luc s’adresse aux Outre-mer, il s’y rend plusieurs fois, et il est élu président de la Guadeloupe, de la Réunion, au premier tour ! Jean-Luc veut la jeunesse progressiste de centre-ville, celle des marches pour le climat, il met le paquet, et il les emporte largement avec lui. Jean-Luc veut les quartiers populaires, il se pose comme l’anti-Zemmour, et la gauche retrouve droit de cité dans les cités. Finalement, tous les paris de la campagne sont gagnés. La France périphérique, en revanche, celle des bourgs, n’apparaît pas comme une priorité. Et quand on regarde les statistiques issues des urnes, c’est là-dedans qu’on plonge : le vote Mélenchon fait 24 % en agglomération parisienne [+8 points comparé à 2017, ndlr]. Mais c’est 14 % dans les communes entre 20 000 et 100 000 habitants [-7 points]. Un coup d’œil à une carte du pays suffit : pour La France insoumise, une zone rouge autour de Paris. Le bleu foncé de Le Pen, en revanche, s’étend sur tout le Nord, le Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne, la Lorraine, 42 départements, et pour beaucoup des terres ouvrières. C’est là qu’on perd. Au-delà même de la gauche, ça pose une question sur l’unité du pays, ces fractures politico-géographiques : comment on vit ensemble ? Comment on fait nation, sans se déchirer ?

    Le tableau est comment dans votre circonscription ?

    Il offre quasiment un cas chimiquement pur. Sur Amiens, Mélenchon devance Macron, presque à égalité : le président domine dans le centre-ville, mais on cartonne dans les quartiers populaires, avec plus de 60 %. Sauf que, dès que tu t’éloignes de la métropole, à Flixecourt par exemple, qui est ouvrier pourtant, c’est la cata : Jean-Luc plonge à 15 %, Marine Le Pen grimpe à 44 %. Je le pensais déjà en 2017, je le disais : si on veut gagner, on doit aller chercher cette France-là. Le mouvement des gilets jaunes en a montré l’importance politique, il a rendu visible, audible, cette France si longtemps muette. Et à ma mesure, durant la présidentielle, je me suis efforcé de parler à ces périphéries, avec des réunions publiques à Carbonne, à Rochefort, à Epinal… mettant en avant des caristes, des auxiliaires de vie, des salariés de la sous-traitance. Mais à l’évidence, jusqu’ici, les « fâchés pas fachos » ne se tournent pas vers nous. Nous ne parvenons pas à muer leur colère en espoir.

    Mais Jean-Luc Mélenchon s’est adressé à eux ces dernières semaines…

    Ça réclame un travail de longue haleine. Pour les quartiers populaires, ça fait des mois, voire des années, qu’on leur parle, avec des thématiques où ils se reconnaissent, parfois clivantes, comme la police par exemple. Les campagnes populaires exigent le même effort, et en vérité, peut-être dix fois plus d’efforts, pour dix fois moins de rendement, parce que l’habitat y est éclaté, parce qu’un vote Le Pen s’y est ancré. C’est pour moi un objectif électoral, mais aussi moral : on ne peut pas les abandonner au Rassemblement national. On ne peut pas, par une ruse de l’histoire, laisser triompher la logique de « Terra Nova ». Je ne sais pas si vous vous souvenez ? En 2011, ce think tank proche du Parti socialiste recommandait une stratégie « France de demain », avec « 1. Les diplômés. 2. Les jeunes. 3. Les minorités ». Tandis que, pour les ouvriers-employés : « Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer. » Sous-entendu, inutile même d’essayer. Nous devons, nous, essayer. C’est un impératif.

    Comment faire pour les convaincre ?

    D’abord, il faut en faire un objectif commun : est-ce que cette analyse, est-ce que ce constat est partagé ? Est-ce qu’on se dit, l’Union populaire, ce sont les quartiers populaires – qu’il faut garder – et les campagnes populaires – qu’il faut conquérir ? On doit d’abord le poser comme une priorité, ensemble. Sinon, il n’y a pas de stratégie possible. Ensuite, je pense qu’il faut écouter les gens, faire quasiment du recueil des doléances. On ne fait pas de politique en extériorité, sans porosité. Et peut-être que des thèmes inattendus surgiront. Je te donne un exemple : le numérique. Les candidats ne s’en sont pas saisis dans la campagne. Et pourtant, quand je fais mon boulot de reporter, on me cause de ça, spontanément, dans les bistrots, dans les mairies : à la CAF, à Pôle Emploi, aux impôts, il n’y a plus de guichets. Les gens doivent passer des heures à enregistrer des mots de passe sur Internet, à scanner leurs documents. Faire son dossier de retraite, avec la Carsat, c’est devenu la croix et la bannière. C’est ressenti comme une douleur par les habitants, ça les met dans un sentiment d’impuissance.

    Cette impuissance donne quoi concrètement ?

    Je vais utiliser des grands mots pour de petites expériences, mais je crois que pour eux, c’est la République qui s’éloigne, ça les met dans une souffrance anthropologique : ils n’échangent plus en humains avec des humains, mais avec des machines. Quand j’en parle dans mes meetings, aussitôt je suis applaudi. Parce que chacun a éprouvé la solitude du « tapez 1 », « appuyez sur la touche étoile ». Remettre des agents pour les gens, comment on fait un numérique humaniste, c’est une question à porter. Une parmi d’autres. Les déplacements, bien sûr. La valeur du travail. Leurs loisirs, à ne pas juger. Mais il y a un style, aussi, peut-être, au-delà des idées. Dans une étude, je lisais que les travailleurs de la seconde ligne ne se sentaient pas représentés. Peut-être que, en plus des mesures – le smic à 1 400 €, la retraite à 60 ans, le blocage des prix –, peut-être qu’on doit davantage les incarner, qu’ils sentent qu’on connaît leur vie, leurs conditions concrètes d’existence, qu’on sache en parler, que les candidats soient à leurs côtés, parmi eux.

    Faire comme Ruffin, en somme.

    Donc, pour être majoritaire, il faudrait unir dans le même bloc les quartiers populaires et les campagnes populaires ?

    Le débat est construit, évidemment, pour casser le bloc populaire. Entre jeunes et vieux, entre travailleurs et assistés, entre blancs, Arabes, noirs, et maintenant, même, entre vaccinés et non vaccinés. Ma conviction, mon pari, depuis vingt ans maintenant, c’est que la question sociale peut rassembler. Juste une anecdote. Durant mon mandat, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, vient à Amiens. J’insiste, très fort, pour qu’elle rencontre des accompagnantes d’enfants en situation de handicap, et la préfecture accepte. On passe une belle heure d’échanges, et comme je connais par cœur, je me mets en écoute flottante. Je roupille à moitié, quoi. Et là, je me dis : ici, il y a Aline, Sandy, Hayat, Assia. Rien que par les prénoms, on perçoit les origines différentes. Ça fait un moment qu’elles causent, ça fait un an que je les filme, à aucun moment elles n’ont discuté de la nourriture à la cantine, de la taille de leurs vêtements, de leurs prénoms français ou pas. Non, elles ont discuté de leur travail, de comment elles peuvent gagner leur vie, de comment apporter un soutien aux enfants. C’est une parabole, à mon avis. Voilà ce qui les rassemble.

    C’est la stratégie à avoir aux législatives pour gagner un maximum de circonscriptions ?

    Franchement, je ne crois pas qu’une telle logique, inscrite dans le paysage, s’inverse en six semaines de campagne. Vraisemblablement, la France insoumise va se renforcer là où elle est déjà forte : dans l’ancienne banlieue rouge, dans les quartiers populaires des métropoles. C’est après qu’il faudra choisir : que vise-t-on ? Des bastions ? Ou se répandre dans les profondeurs du pays ?

    (…)

    • À 10’ du reportage sur la campagne de Ruffin à Flixecourt, ce dernier dit « L’union populaire et Jean-Luc, ils [sic]… » : « Y a pas eu de volonté de regagner la France des ronds-points, la France des gilets jaunes, parce que je pense que dans leur esprit c’était un pari qui était gagnant en plusieurs semaines, en plusieurs mois » https://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/qui-l-eut-cru-la-nouvelle-vraie-gauche-arrive-deja-ruffin-repart-pour-un-tou https://la-bas.org/audio.api/free/aW5sYnM6Ly9mb2xkZXItNDI0MTkvbXAzLTQ3Ni81MzEzMC1wYWRfcmVwb3J0YWdlX2ZsaXhlY291cnRfMl8tX2ludGVncmFsZS5tcDM=/53130-pad_reportage_flixecourt_2_-_integrale.mp3

    • Bompard chez Regards http://www.regards.fr/actu/article/manuel-bompard-une-force-d-alternative-prete-a-gouverner-demain

      Fabien Roussel refuse d’être assimilé à la gauche des métropoles. Il rejoint en partie François Ruffin lorsqu’il dit : « On ne doit pas devenir la gauche des métropoles contre la droite et l’extrême droite des bourgs et des champs. » Est-ce la gauche qui a rompu avec les catégories populaires, ou les catégories populaires qui ont rompu avec la gauche ?
      S’il y a eu une rupture entre la gauche et les catégories populaires, c’est d’abord parce que sa dernière expérience au pouvoir a été vécue comme une trahison. Depuis lors, notre travail a plutôt permis de renouer des liens entre le peuple et la gauche. Jean-Luc Mélenchon est le premier candidat dans les villes les plus pauvres. Il est le candidat des jeunes, des chômeurs, des précaires, et fait des scores plus importants que la moyenne chez les ouvriers et les employés. Pour voir plus loin, il faut commencer par saluer ce bilan et ne pas se tromper sur l’analyse. Quand nous remportons trois circonscriptions en Haute-Vienne, deux en Dordogne, ou encore celle du département de la Creuse, il n’est pas question de métropoles… Et quand l’extrême droite remporte la circonscription des 13e et 14e arrondissements de Marseille, il n’y a pas beaucoup de bourgs et de champs sur ce territoire… La lecture géographique est une vue de l’esprit, qui fait abstraction de l’histoire politique des territoires, de leurs structures sociales comme du travail militant qui y est mené. Oui, le Rassemblement national progresse, et il progresse malheureusement partout. Certains territoires y sont davantage perméables par leur histoire et leur sociologie. Il faut donc le combattre partout. Mais si certains pensent que, pour y parvenir, il faut abandonner les banlieues populaires et renoncer à la dénonciation du racisme ou de l’islamophobie, alors nous avons un désaccord fondamental.

      Le PCF pense que la gauche s’est perdue en menant des combats qu’il juge légitimes – lutte contre les discriminations et les violences policières, féminisme, etc. –, mais au détriment du social…
      Je suis convaincu que ce que vous décrivez ici n’est pas l’orientation du PCF, dont de nombreux militants s’investissent dans ces combats. Mais c’est en effet ce que semble penser Fabien Roussel… Cela me paraît être un contresens total : la bataille pour l’égalité des conditions de vie ne peut pas être déconnectée de celle pour l’égalité de tous, quels que soient son genre, sa couleur de peau, sa religion ou son orientation sexuelle. Ce serait une grave erreur : la gauche n’a rien à gagner à mimer le Rassemblement national ou à masquer certaines batailles pour lui complaire. On ne gagne jamais sur le terrain des autres. Nous nous adressons à tous et nous disons : ces tentatives de division agissent comme des diversions. Le RN cherche à faire vibrer la corde identitaire. Nous voulons faire vibrer la corde sociale et convaincre que le problème, c’est celui de ceux qui se gavent !

    • François Ruffin : « La gauche doit être le camp du travail » | L’Humanité 07/09/2022 https://www.humanite.fr/politique/francois-ruffin/francois-ruffin-la-gauche-doit-etre-le-camp-du-travail-762479

      Comme point de départ de votre livre, vous avez choisi cette phrase que vous avez entendue de la bouche de plusieurs citoyens : « Je ne peux pas voter à gauche, je suis pour le travail. » Pourquoi vous fait-elle bondir ?

      Parce que la gauche, c’est le travail. Son histoire et celle du mouvement ouvrier le montrent. Mais chez nombre de gens ordinaires, beaucoup de ceux avec qui j’ai échangé, s’est ancrée l’idée que « la droite c’est le travail, la gauche c’est l’assistanat ». La droite a réussi à récupérer ce qu’ils appellent la « valeur travail », depuis Nicolas Sarkozy jusqu’à Emmanuel Macron. Ils célèbrent le travail pour mieux le malmener, avec l’idée qu’il faut travailler plus, tout en écrasant les salaires. Par ailleurs, pendant les campagnes, le principal obstacle que nous avons eu, ce n’est pas sur l’immigration ou la sécurité mais sur l’argument « moi je bosse et je n’ai le droit à rien, alors que d’autres touchent des aides » . Je ne veux pas qu’on ferme les yeux sur ce ressenti massif. Selon moi, il faut montrer qui sont les vrais assistés, les hyper-riches. Nous avons le devoir, à gauche, de reposer en permanence ce rapport capital-travail. Un clivage dans lequel nous serions dans le camp du travail et des travailleurs.

      Les élus et militants de gauche n’ont pas pour autant abandonné la défense des travailleurs…
      Non, d’ailleurs, dans nos programmes, beaucoup de mesures répondent en partie aux problèmes des salaires, de précarité des contrats, de pénibilité… Mais nous devons nous demander ce qu’il faut mettre en avant, ce qui convainc, rassemble. Je pense par exemple que la gauche ne porte pas assez la fierté du travail. De la même manière qu’elle avait héroïsé les métallos ou les mineurs dans l’après-guerre, dans la période post-Covid, on aurait pu héroïser le cariste, l’auxiliaire de vie sociale. On a un devoir de représentation. Il faut que les gens se disent « c’est eux qui parlent pour nous ». Ça veut dire aussi connaître leurs conditions concrètes d’existence, pour les transformer et que nos propositions trouvent un vrai écho.

      Vous faites dans votre livre un état des lieux des mutations du monde du travail, avec des salaires qui n’augmentent pas, des contrats précaires qui se multiplient, les pressions mises sur les travailleurs… Quelles réponses politiques peuvent être apportées ?
      La question est de savoir si on laisse la main invisible du marché tout régler. Or, elle produit l’écrasement du travail dans la durée. Cela a des effets individuels, avec un sentiment d’injustice pour les travailleurs, et collectifs, avec une désorganisation de la société. Aujourd’hui, nous manquons d’AESH dans les écoles, d’auxiliaires de vie sociale : parce que les gens sont fainéants ou parce qu’ils ne veulent pas travailler pour 700 euros par mois ? La République s’est fondée sur l’école mais on ne trouve plus d’enseignants et on recrute en job dating. Il faut refixer des règles communes sur le marché du travail. Sur les salaires, les conditions de travail, les contrats. Pour que le CDI soit la norme, par exemple, il faut régulariser les intérimaires qui en réalité ont des postes permanents, et décourager le recours aux autres contrats. Un contrat en CDD doit être payé plus cher, comme les heures tôt le matin ou tard le soir.

      Votre livre se conclut par l’idée de bâtir un « nouvel horizon commun », qui serait celui de l’impératif écologique. Quelles en seraient les conséquences pour le travail et les travailleurs ?
      Il nous faut passer du « vivre-ensemble », un peu stagnant, gnan-gnan, au « faire ensemble ». Et faire ensemble face au grand défi climatique, qui réclame beaucoup de travail, qui exige que chacun fasse sa part, trouve une utilité dans cette transformation. Encore une fois, ce n’est pas le marché qui va organiser la rénovation thermique, planter des haies, remettre en état les canalisations d’eau, créer des ateliers de réparation dans chaque canton, pour échapper au cycle de la production de consommation… L’État doit donc définir un certain nombre de besoins auxquels on sait que le marché ne va pas répondre. Puis diriger et canaliser les énergies, les moyens, les savoir-faire. C’est aussi un pari humaniste. Il faudrait presque recenser toutes les compétences qui sont aujourd’hui à notre disposition mais qui sont en déshérence, une richesse humaine qui peut exister dans les quartiers ou dans les campagnes et qui est délaissée. Qui sait bricoler, qui sait réparer, qui sait cuisiner ? Toutes ces compétences doivent pouvoir être utiles à la société. C’est aussi un moyen de créer de la dignité par le travail, ce qui est essentiel.

  • La tortue, le trou de souris et Sisyphe : Mélenchon et l’élection présidentielle - Rémi Lefebvre

    Candidat de gauche parmi d’autres au début de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a réalisé dimanche le meilleur score électoral d’une gauche de rupture sous la Cinquième République. Mais il faut garder à l’esprit que, comme la fois précédente, le tribun a bénéficié d’un très important report de voix des autres électorats de gauche, sous l’effet du « vote utile ». Désormais détentrice d’un important capital électoral et politique, La France insoumise se montrera-t-elle capable de ne pas réitérer l’erreur de 2017 en le dilapidant à l’approche des législatives ?

    Jean-Luc Mélenchon vient de réitérer, en l’amplifiant, la prouesse électorale de 2017, en captant, au finish, le vote utile d’une large partie de l’électorat de gauche… sans parvenir à nouveau, de peu, à se qualifier pour le second tour (il lui manque 420 000 voix). Dilapidera-t-il de la même manière son capital électoral et politique ? À l’entendre dimanche soir, tout se passe comme si Jean-Luc Mélenchon était propriétaire des voix qui se sont portées sur lui alors qu’il a mobilisé un agrégat composite de votes de conviction et de votes « efficaces ». Jean-Luc Mélenchon refuse l’union de la gauche classique mais son score dépend toujours dans une large mesure d’elle à la faveur de la mobilisation exceptionnelle que constitue l’élection présidentielle. Dimanche soir, à la fois fier et déçu par sa non-qualification, Jean-Luc Mélenchon a invité ses partisans à imiter Sisyphe en remontant la pierre tombée au fond du ravin. L’Union populaire peut-elle être le creuset d’un rassemblement et d’une reconstruction de la gauche ? Sur quelles bases ? Le scénario de 2017 est-il condamné à se reproduire ?

    Le précédent de 2017

    Il faut revenir sur la campagne de 2017. La France insoumise (LFI) est devenue alors la force politique centrale à gauche en captant plus de 7 millions de voix (19,5 % des voix) et en aspirant l’électorat écologiste et socialiste. Jean-Luc Mélenchon a su alors fédérer la gauche en canalisant le vote utile tout en prenant ses distances avec le clivage gauche-droite dans une approche « populiste ». La campagne en 2017 est très différente de celle de 2012. On n’y voit ni sigle, ni code qui rattacherait symboliquement le candidat à la gauche historique. La couleur rouge, par exemple, ne se retrouve que dans le discret logo « phi » qui orne ses affiches et ses tracts, ou jouxte le bleu et le blanc des drapeaux français massivement présents lors des rassemblements d’« insoumis ».

    Au final, les électeurs de gauche font l’unité derrière le candidat. Mais le tribun commet sans doute une erreur stratégique. Il a toutes les cartes en main et la légitimité populaire pour s’engager dans un processus de recomposition politique de la gauche autour de lui. Mais il refuse de s’engager dans cette option, cherchant à imposer à tous un ralliement qui ne se produit pas et perd un leadership rapidement qui s’est révélé au final très conjoncturel et éphémère. Aux élections législatives, LFI chute à 11 % et ne parvient à élire qu’une quinzaine de députés. Pour « fédérer le peuple », il eût fallu, sans doute, dominer la gauche et conforter une position dominante. Depuis 2017, comme les écologistes, LFI n’a pas réussi à s’imposer à gauche comme la force politique centrale ou sa colonne vertébrale. Le leader « insoumis » n’a cessé de louvoyer entre une stratégie de rassemblement à gauche classique (aux élections européennes) pour affaiblir ses partenaires et une stratégie populiste (substituer le clivage élites-peuple au clivage gauche-droite) pour élargir son assise. Pour finir il a perdu sur les deux tableaux.

    Comme nous l’avons montré récemment dans Faut-il désespérer de la gauche ?, les dirigeants de LFI ont mésinterprété le vote de 2017. Jean-Luc Mélenchon a considéré qu’il était propriétaire des électeurs de la présidentielle (comme Yannick Jadot avec « ses » 13 % aux élections européennes). Il surestime alors la cohérence de son électorat et sous-estime le fait qu’il s’agit dans une large mesure d’un électorat de gauche assez classique. Le vote Jean-Luc Mélenchon de 2017 est composé de trois éléments[1] : 1/ le vote des communistes et de la gauche radicale, 2/ les déçus du hollandisme (25 % des électeurs de Hollande 2012 ont voté pour Mélenchon 2017, s’ajoutent à eux 40 % des électeurs écolos), 3/ une partie d’électorat populaire qui va au-delà de ces groupes et une percée chez les jeunes. La géographie du vote LFI confirme cette tendance : elle recoupe étroitement les territoires historiquement ancrés à gauche. LFI a rallié les électorats des partis de gauche et non les partis de gauche, qui se sont autodétruits. Il était la seule alternative après l’implosion du PS, la désignation de Benoît Hamon à la primaire, la déshérence du PCF… L’électorat de LFI est somme toute assez traditionnel sociologiquement et ne répond qu’imparfaitement aux catégories du « populisme de gauche ». Or la lecture que LFI a faite du scrutin est que la stratégie populiste (le souci de s’adresser transversalement à la société) explique la percée de son leader. Les cadres « insoumis » tirent la conclusion, contestable, que la revendication du terme « gauche » et de ses oripeaux historico-culturels est devenue inutile à la progression d’un programme de transformation sociale.

    À partir de 2017, LFI est bien pris dans un dilemme électoral : mobiliser au-delà de la gauche, chez les abstentionnistes notamment (ce qui est nécessaire mais ambitieux et complexe) en adoptant une posture tribunitienne sans s’aliéner les électeurs de gauche traditionnelle qui forment son socle (ce qui suppose de les rassurer et les rassembler). Le mouvement « gazeux » créé pour l’élection présidentielle est souple et peut capter des engagements militants intermittents mais ne permet pas de mener un travail de politisation en profondeur dans les milieux populaires[2]. Jean-Luc Mélenchon refuse d’entrer dans les « gloses sur la vraie gauche » mais doit forcément se situer par rapport à celle-ci.

    LFI s’enlise de surcroît dans des élections intermédiaires pour lesquelles elle n’est pas équipée et qui l’affaiblissent (tandis que les socialistes et écologistes y réalisent de bonnes performances). Or, elles rythment le tempo politique entre deux échéances présidentielles et sont cadrées par les médias, dans la démocratie d’opinion, comme des tests ou des sondages « grandeur nature ». LFI n’a tiré par ailleurs aucun dividende politique du mouvement des gilets jaunes ou des mobilisations sur le pass sanitaire qu’elle a cherché à séduire en vain. Le pari mélenchoniste est la mobilisation par une posture tribunitienne des milieux populaires, au-delà des segments sociologiques racornis de la gauche, mais il n’est pas simple à tenir.

    Enfin, l’image de son leader s’abîme et apparaît toujours très clivante dans l’opinion. Le problème des partis « personnels » est qu’ils dépendent de la popularité de leur leader, sujette à variation. La stratégie populiste est fondée sur la popularité du leader (elle est adaptée en cela à l’élection présidentielle). C’est une force quand le mouvement a le vent en poupe, mais c’est aussi une faiblesse dès lors que le leader perd de sa superbe et de son aura dans l’opinion. La prochaine présidentielle se présente sous un jour incertain…

    Le trou de souris de 2022

    Lorsqu’il aborde la campagne de 2022, Jean-Luc Mélenchon n’est qu’un candidat de gauche parmi d’autres (même s’il sera toujours en tête des sondages). Il refuse à nouveau de jouer le jeu de l’union de la gauche qu’il juge à la fois inefficace électoralement et voué à l’échec. Ce discours permet habilement de justifier une ambition personnelle qu’il considère comme non négociable. Mais on ne peut expliquer cette position uniquement par l’habillage stratégique d’un projet politique individuel. Le rejet de « l’union des petites gauches », de « la salade de logos », des cartels des partis… traduit la volonté de fédérer sur des contenus programmatiques et politiques larges et non sur des étiquettes étriquées.

    Une croyance d’ordre « populiste », là encore, fonde cette stratégie : une partie des électeurs (les milieux populaires au premier chef) se sont écartés de l’action politique « officielle » et ils ne peuvent être ramenés à la participation par les accords d’appareil. Il est incontestable qu’une partie des électeurs se détournent de la gauche « traditionnelle » ou qu’elle ne fait plus sens pour eux.

    Jean-Luc Mélenchon reconnaît lui-même qu’il ne peut gagner que par « un trou de souris ». Il attend qu’un « effet campagne » lui permette de regagner une place centrale dans le jeu politique. Il y a chez les « insoumis » une fascination (pas infondée…) pour l’élection présidentielle conçue comme « la grande baston démocratique » dont « tout » peut sortir et qui crée une effervescence telle, notamment via les réseaux sociaux, qu’elle peut bouleverser les équilibres politiques et faire surgir l’improbable. LFI partage avec Podemos l’idée que tout passe par les élections et qu’il faut les gagner à n’importe quel prix (ce qui est original pour des partis de la gauche radicale). À la recherche de la restauration de son crédit politique, le chef de LFI se lance très tôt en campagne pour prendre de court ses concurrents à gauche, espérant qu’ils s’abîmeront en négociations, rapports de force sondagiers et autres velléités de primaires (ce qui se produit).

    La position de Jean-Luc Mélenchon reste longtemps fragile. Il plafonne pendant des mois autour de 10 % (ce qui constitue sans doute son socle le plus fidèle) et mène son chemin électoral en « tortue sagace » et pugnace. Une candidature unique sociale-écologiste aurait pu le challenger mais n’émerge pas (la primaire populaire s’achève dans le burlesque).

    La campagne de 2022 est très proche de 2017. Le programme a été actualisé mais se révèle très proche. Les meetings ou « marches » (avec innovations technologiques) sont le cœur d’une mobilisation très professionnalisée et appuyée sur des outils numériques performants (l’application Action populaire) qui est aussi fondée sur une base militante peu étendue mais activiste et capable de s’élargir, à la faveur de l’effervescence présidentielle, aux sympathisants. Le candidat ne peut tirer parti comme en 2017 des débats télévisés contradictoires où il excelle. Il semble aussi avoir mis de côté la tonalité populiste de 2017 pour privilégier la crédibilité d’un programme « sérieux », « complet » et chiffré. Le parlement de l’Union populaire est censé enfin permettre de donner une image d’ouverture et d’accueillir des éléments extérieurs.

    Progressivement le candidat monte dans les sondages. La dynamique s’accélère à partir du moment où Marine Le Pen prend le dessus sur Éric Zemmour et qu’un (deuxième) deuxième tour Macron-Le Pen se profile, que la seconde semble en mesure de pouvoir emporter. Cette perspective accélère et précipite chimiquement le vote utile à gauche, rebaptisé « efficace » par Jean-Luc Mélenchon. La cristallisation du vote de gauche se fait donc autour de lui dans les derniers jours de campagne (ce qui montre que le vote n’est plus structuré par les proximités partisanes).

    La décantation de la campagne présidentielle se produit au croisement de trois processus puissants, croisés et interdépendants de votes utiles. Alors que, avec l’extrême fragmentation de l’offre et la division de l’extrême droite, le billet d’entrée dans le deuxième tour semblait plus bas qu’en 2017, il se révèle au final plus haut mais les trois candidats arrivés en tête ont vidé les électorats des rivaux de leur camp. Jean-Luc Mélenchon finit à 22 % : il progresse assez peu en voix par rapport à 2017 (plus 500 000, 450 000 pour Marine Le Pen). Comme en 2017, il agrège à son socle des électeurs de gauche (la moitié de son électorat final) qui voient en lui le meilleur véhicule électoral pour qualifier la gauche au deuxième tour, faire bonne figure et éviter un duo-duel du président sortant et de la candidate d’extrême droite. Le soutien de Christiane Taubira à quelques jours du premier tour est symptomatique de cette dynamique et de cette transformation de la perception du candidat.

    Des trois pôles arrivés en tête (macroniste, lépeniste, mélenchoniste), l’électorat de l’Union populaire est celui où le vote « de conviction » (50 %) est le plus faible dans les enquêtes à la sortie des urnes. La dynamique de 2022 ne s’est pas nourrie des abstentionnistes (sauf les jeunes) mais du siphonnage des électorats de gauche rivaux (l’enquête du CEVIPOF et de la Fondation Jean Jaurès l’a bien montré bien tout au long de la campagne). Jean-Luc Mélenchon parle d’un « pôle populaire » installé grâce à lui dans la vie politique mais la sociologie de ses électeurs reste centrée dans l’électorat de gauche classique, diplômé, urbain, inséré ou déclassé. La géographie électorale le démontre : les zones de force se situent dans les grandes métropoles. Le député des Bouches-du-Rhône a réuni 31 % des suffrages dans les villes de plus de 100 000 habitants, loin devant le chef de l’Etat (26 %) et Marine Le Pen (16 %).

    Certes Jean-Luc Mélenchon a réussi à mobiliser à nouveau les jeunes (35 % des 18-24 ans contre 25 % pour Emmanuel Macron et 17 % pour Marine Le Pen) et a gagné des parts de marché dans les quartiers populaires (Roubaix, Saint-Denis…), en partie grâce à l’évolution stratégique de son discours sur la laïcité et l’islamophobie, mais il reste peu implanté dans la France périurbaine et celle des anciennes régions industrialisées (Hauts de France, Lorraine, Ardennes…). Les « fâchés pas fachos »[3] ne sont toujours pas séduits : ils s’abstiennent ou votent toujours Marine Le Pen. Son électorat s’est comme embourgeoisé depuis 2017 : 25 % des cadres ont voté Mélenchon (23 % des ouvriers contre 36 % pour Marine Le Pen).

    Prochaine étape : les élections législatives

    Les « insoumis » accusent les communistes et les écologistes d’avoir contribué à leur non-qualification mais Jean-Luc Mélenchon n’a guère fait de gestes pour obtenir leur ralliement qui était de toute manière improbable. Que compte faire le candidat de son capital électoral ? Quel rôle le leader compte jouer dans les mois et années qui viennent ? Il a semblé esquisser un passage de relai mais une candidature aux élections législatives à Paris ne semble pas exclue. LFI survivra-il à son créateur et leader ? Rien n’est moins sûr.

    Pour l’heure, sur la base d’un rapport de forces qui leur est favorable à gauche et qui peut inciter à l’hégémonisme, les dirigeants cherchent à tirer les dividendes législatifs du score présidentiel, faire réélire les députés sortants et élargir leur groupe parlementaire (qui a été leur vitrine depuis 2017). Un accord législatif est-il envisageable entre les composantes de gauche pour accroître la représentation parlementaire ? La France insoumise va-elle chercher à rassembler la gauche tout en la dominant ou à détruire définitivement les appareils partisans concurrents, très affaiblis aujourd’hui (le PS est moribond, EELV dans une situation financière catastrophique, le PCF n’a pas gagné le pari de la présidentielle) pour enfin s’imposer ? Les électorats écologistes et socialistes se sont fondus pour partie dans le vote mélenchoniste mais que reste-t-il de leur identité ? Cette absorption est-elle durable ? Jean-Luc Mélenchon a réalisé le meilleur score électoral d’une gauche de rupture sous la Cinquième République. Peut-elle être la matrice d’une nouvelle synthèse fédératrice et d’une gauche à vocation majoritaire ? Ou faut-il s’attendre à nouveau à ce que la pierre tombe au fond du ravin ?

    [1] Enquête du CEVIPOF, 2017.

    [2] Lefebvre Rémi, « Que sont devenus les partis-mouvements ? La France insoumise et La République en marche depuis 2017 », Esprit, 2022/1-2 (N° 481-482),

    [3] Manuel Cervera-Marzal, « Mélenchon et l’appel du pied aux « fâchés pas fachos » », AOC, octobre. 2021
    https://aoc.media/analyse/2022/04/12/la-tortue-le-trou-de-souris-et-sisyphe-melenchon-et-lelection-presidentielle

    #législatives #LFI

    • En 2012, LFI engrange 19,5 % aux présidentielles et chute à 11% aux législatives. Mais on vérifie que se poser des questions (qu’est-ce qui cloche là dedans ?) qui parfois fâchent ou désespèrent est pas le sport préférés des électeurs LFI. On laisse la réflexion stratégique à ceux dont c’est la fonction. C’est très laid. Et c’est une conception de l’intelligence collective parfaitement débile.
      Lefebvre est un type qualifié, un des meilleurs analystes du PS (fondé par un autre grand homme en 1971) dans la sphère de la science politique. Son article est un service rendu à LFI : que manque-il pour vaincre ? Il n’y a pas à « faire de la lèche » pour explore les interrogations formulées ici hier sur la « dynamique » LFI aux législatives.

      C’est pas pour rien que le couplet de l’Internationale ou figure le mot « tribun » est si souvent zappé par une gauche qui oublie d’où elle vient (et où il est question d’aller). Il y a des soucis dont on en veut rien savoir. Évacuons. Et quelque que soient les dires c’est alors l’égalité qui passe peu ou prou à la trappe. Or l’égalité n’est pas une idée ou un horizon mais une force agissante, au présent. S’en priver, la refuser, lui nuire, c’est tabler sur un autre type de force. Avec tous les risques et dérives afférents.

      La théorie du leader de Laclau outille bien mal une échéances comme les législatives, par exemple. Le rapport affectif Leader/peuple ne laisse guère de place à toutes les autres dimensions collectives possibles. De même, elle empêche de se rapporter positivement à des mobilisations qui ne seraient pas organisées du sommet (cf ici, Loi travail, Gilets jaunes, jeunes des quartiers). On peut refuser de voir la faiblesse de ce modèle. C’est aussi comme ça que le principal souci de LFI est sa difficulté à ce qu’un vote efficace soit adopté par suffisamment d’abstentionnistes (rappel, on vante le vote jeune ou quartier qui a été un ressort décisif, mais il suffit de voir ce qu’il en est de la participation dans ces couches pour comprendre ce qui n’a pas marché). Quant la la démocratie n’est que objectif revendiqué et pas une pratique, tout le mode le voit. On se scie les pattes. Ou on part pour d’étranges chemins.

      Un tribun pour le style, un autocrate pour la méthode, cela demande des conditions tout à fait exceptionnelles pour ne pas être d’une insigne fragilité, ou d’une grande violence.

      Quant on opte pour la politique de parti, dans la sphère de la représentation, mieux vaut savoir ce que l’on fait. Porté par 68 (à l’insu de son plein gré !), le PS des années 70 était moins borné (tendances antinomiques, par ex Rocard / Chevènement, pompage de tout ce qui pouvait être utile : « social », pratiques sociales, pensée), par exemple. Là, on a plutôt un PCF sans comité central, et sans classe, ou peuple, ce dernier étant laissé à l’état gazeux, quand il n’est pas jugé inévitablement droitier (cf. la gestion de la pandémie : surtout ne pas prendre parti ! on perdrait des voix, et pas cela contribuerait à une politisation nouvelle), sans expériences de terrain pour construire un nous qui tienne lieu de substrat (il en faut pas ? quelle drôle d’idée de la représentation ! les socedems du NPA sont moins myopes). Ce monolithique PCF pas sans lien avec des territoires, milieux, débats, quitte à se prendre pas mal de baffe critiques dans la gueules, de l’extérieur, mais aussi en interne (avec des minorités aptes à critiquer la ligne, quitte à être exclues et à voir, ou pas, une partie de ce qu’elles avaient porté internalisé par le parti). Le débat, c’est pas seulement pour entendre ce que l’on souhaite (voir l’ambiance de fan club de dimanche soir où on a voulu croire que LFI décrochait la timbale), c’est être contraint à passer par des contradictions, quitte à les subir si on ne trouve pas les moyens d’avancer. Mais LFI est bien plus proche du PS des années 80, les opérations politiques se préparant l’oiel sur les sondages. Mauvaise construction. Ciel des idées. Parti État qui infantilise « Dite pas du mal du chef, de la ligne (?), on a tout bon où on est rien ».

      Les références au passé révolutionnaire font certes bon effet. Elles ont juste démenties en permanence par une pratique du souverain. « Le bas » est là pour suivre. Y a quelque chose qui cloche là dedans.

      Et m’imputez pas je sais pas quoi, je n’ai voté qu’une fois Mitterrand, le 10 mai 1981. Cette fois j’ai voté au 1er tour et j’aurais voté LFI au 2eme. Sans adhésion aucune. Par intérêt et par calcul, hypothétique. Non sans risque, pas tant sur le plan économique - la guerre défensive victorieuse menée par la Révolution française contre les empires a montré que la défaite n’est pas inéluctable, lorsque politisation de masse il y a, et on peut imagine une/ des réorientation radicale de l’activité productive ( avec ou sans protectionnisme, ce serait à voir selon les circonstances, les forces disponibles) que sur le terrain directement politique, avec une hégémonie de la délégation qui impuissanterait l’appropriation collective dans ce domaine (comme le fit le PS au pouvoir des années 80, ce dont nous patinons encore).

      Subvertir la dimension aristocratique de la démocratie représentative, ce n’est pas rien. Encore faut il vouloir lutter autrement et savoir ruser, dans (si tel est le choix opéré) et contre.

      Un exemple princeps, l’EZLN, dans un tout autre contexte, et selon des axes radicalement différents, non pas l’électoral mais le groupusculaire. Ils ont su se dépouiller de leurs oripeaux de groupe d’avant garde, subvertir la figure du leader (par l’anonymat) et de l’intervention politique (par le récit).
      Si la France semble facho à regarder les élections (qui ont faites pour le conservatisme), c’est aussi de ne pas vouloir voir autrement que par le prisme électoral, que l’on participe ou pas aux élections.

      Les succès de LFI l’autoriserait à davantage d’inventivité politique (et je ne pense pas ici aux types d’éléments invoqués par Lefebvre) si ses schèmes idéologiques (dont l’étatisme) ne l’enfermait pas. Fendre l’armure pour mieux guerroyer. Mais lorsque l’on voit comment toute analyse critique reste lettre morte lorsqu’elle pas disqualifiée d’emblée...

      La ressource essentielle est hors du parti. Qui ne veut l’admettre, qui est programmé pour autre chose, tétanisé d’avance par tout dehors (je parle pas de la désignation des candidats députés, qui pourraient néanmoins jouer un rôle, forcément mineur ). Cercle vicieux : le populaire ne se servira pas davantage d’un outil si peu à sa main (abstention).

    • un abord de l’"état gazeux", du charisme et de l’absence de formation militante chez LFI (on peut laisser de côté la notion centrale pour l’auteur de « populisme »)

      Le populisme de gauche - Sociologie de la France insoumise, Manuel Cervera Marzal

      les 38 premières pages

      https://fr.calameo.com/read/000215022575ad7cb0806

      je me souviens de ces militantes LFI qui ont quitté le parti en découvrant à quel point il était hors de question de consacrer quelque temps que ce soit à des moments d’auto formation, à des échanges politiques. racine du mal : tout tombe du ciel, la coopération est bridée et empêchée

      on peut bien ajouter une pelletée de Laclau, on est là à nouveau dans l’usage « positif » du Coup d’État permanent, usage bien plus faible que celle que son révéré auteur, Mitterrand, avait mis en oeuvre. LFi c’est de ce point de vue un mitterrandisme raté. de multiples conditions (le post 68 à avaler, un PCF à laminer, les débats intellectuels riches et contradictoires, y compris dans le PS de l’époque, ...), n’étaient pas réunies

      #césarisme

  • Dans les quartiers populaires de Marseille, l’islamophobie de la campagne a dopé le vote pour Jean-Luc Mélenchon

    Les discours radicaux des candidats d’extrême droite ont contribué à mobiliser des électeurs déjà attirés par le candidat de La France insoumise.

    Il est 20 heures, dimanche 10 avril et, alors que les premières estimations présidentielles tombent dans les QG de campagne, une soixantaine d’électeurs attendent encore de voter à l’école de La Solidarité (15e), imposante cité tout au nord de Marseille. Hedi Ramdane, le président du bureau 1 587, adjoint municipal à la jeunesse, vient de verrouiller les grilles et pousse à l’intérieur les derniers arrivés. Tous voteront avant que le bureau ne ferme, à 20 h 44.

    Dans ce quartier populaire, où les Marseillais de confession musulmane sont majoritaires et le ramadan très suivi, cette affluence tardive surprend même l’élu, originaire de la « Soli » et habitué du bureau. « Pour que ces gens restent là alors qu’ils devraient rompre le jeûne, c’est qu’ils sont très motivés », glisse-t-il, en tentant d’accélérer les votes. Dans la file d’attente, femmes, hommes, jeunes adultes, affichent des motivations claires. « On ne va pas se mentir, il y a des racistes qui se présentent. Si Zemmour n’était pas candidat, je ne serais pas là », assure Karim Rhali, grand gaillard de 18 ans qui vote pour la première fois. Son copain Malek Seddi, 21 ans, ne s’est pas déplacé aux régionales de 2021. Aujourd’hui, comme Karim, il vient voter Mélenchon. « C’est le seul qui est avec les plus pauvres. Le seul qui nous a défendus quand Zemmour et Le Pen ont attaqué les musulmans », assure-t-il.

    « Dans cette campagne, il y a eu des mots très violents dits contre notre religion, nos pratiques, nos origines », se livre d’une voix douce Soraya Chachoua, 43 ans, agente dans les écoles. Venue plusieurs fois dans la journée, elle a reculé devant l’attente. Mais à 19 h 30, elle est restée. Et patiente depuis une heure. « Je n’ai pas le choix, il faut que je vote », insiste-t-elle.

    « Un agrégat de raisons »

    En 2017 à La Solidarité, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête avec 29 % des voix. Ce dimanche soir, il dépasse les 66 %. Un score qui aurait même pu être plus élevé. Derrière le bureau où sont assis les assesseurs, une pile d’enveloppes est remisée. « Ce sont les votes de gens venus spontanément, sans savoir qu’ils devaient d’abord s’inscrire sur les listes électorales », explique Hedi Ramdane. Il ouvre une enveloppe au hasard. Un bulletin Mélenchon apparaît.

    Leader sur l’ensemble de Marseille, avec 17 576 voix de plus qu’en 2017, le candidat « insoumis » a su mobiliser toutes les strates de son électorat. Mais c’est dans les quartiers populaires qu’il explose littéralement ses plafonds électoraux, malgré une participation en baisse . 63 % à Air-Bel (11e), 79,83 % à Saint-Mauront au pied de la cité Felix-Pyat (3e) dont les bureaux ont aussi fermé tardivement, 84,24 % à Font-Vert (14e). Cités du nord et de l’est comme zones paupérisées de l’hypercentre dont il est député, ont plébiscité Jean-Luc Mélenchon.

    « On sentait des signes ostentatoires d’adhésion », ironise Mohamed Bensaada, membre du « parlement » de l’Union populaire, qui, trois semaines plus tôt, prédisait déjà un succès à Marseille. Ce militant acharné des quartiers défavorisés refuse qu’on réduise l’adhésion à son candidat dans ces territoires à « un réflexe communautaire ». « Ici comme ailleurs, le vote Mélenchon est un agrégat de raisons : sa personnalité, son programme écologiste, sa fibre sociale, sa campagne remarquable, la meilleure de tous les candidats », enchaîne-t-il. Les « insoumis », rappelle-t-il également, ont mené un travail de fond pour inscrire des jeunes sur les listes électorales. « Combien ? Difficile à dire. Mais sur les 20 000 électeurs supplémentaires à Marseille, beaucoup sont venus grâce à nous », estime-t-il.

    « Une question de dignité »

    S’il le relativise, Mohamed Bensaada n’élude pas l’électrochoc provoqué par l’irruption d’Eric Zemmour, chez les électeurs issus des immigrations de la fin du XXe siècle. Qu’ils soient musulmans pratiquants ou non. « Il a tellement fait péter tous les tabous que ça a troublés beaucoup d’entre nous. Et face aux stigmatisations, Mélenchon a été le seul à dire : “laissez ces Français tranquilles” », affirme-t-il.

    « Un élément commun du vote Mélenchon dans nos quartiers, c’est la peur créée par la parole islamophobe de Zemmour et Le Pen », confirme la sociologue Karima Berriche, ancienne directrice du centre social de la cité de la Busserine (14e). Pour preuve de cette émotion, elle évoque un appel qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux avant le vote. Un texte dont l’origine reste inconnue mais qui, intitulé « communiqué des imams et prédicateurs », appelle « les citoyens français de confession musulmane à voter pour le moins pire des candidats : Jean-Luc Mélenchon. Le seul à avoir abordé la question de la liberté des musulmans (…) ».

    « J’ai reçu moi aussi ce communiqué, mais personne ne sait qui en est à l’origine », sourit presque l’imam marseillais Abdessalem Souiki. Lui assure n’avoir donné aucune consigne, mais estime que le vote Mélenchon a été « une question de dignité » pour les musulmans marseillais. « C’est le seul candidat à ne pas les avoir stigmatisés », observe-t-il. « Certaines mosquées ont donné des indications claires », confie, sans vouloir les citer, Nassurdine Haidari, imam originaire de la cité Felix-Pyat. « A l’heure où l’extrême droite fait 30 % et la loi sur le séparatisme met les musulmans dans une position très inconfortable, Mélenchon est apparu aux yeux de la communauté comme le seul candidat dont le discours républicain pouvait la défendre », conclut-il.

    Gilles Rof

    https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/12/dans-les-quartiers-populaires-de-marseille-l-islamophobie-de-la-campagne-dop

    #racisme #vote

    • catéchisme réconfortant. les pros LFI qui attribuent la responsabilité des voix manquantes au Printemps républicain viandard de Roussel s’évitent toute auto-analyse de l’orientation politique et des pratiques de l’ « union populaire ». la performativité de l’appellation reste plus que limitée. c’est qu’ils ont de drôle d’idées sur « le peuple » (la touche antiraciste a été de dernière minute, le fétiche de l’emploi c’est leur ADN, même si usé jusqu’à la corde et pas archi payant, etc.).
      taper sur Roussel, ça distrait et conforte pour pas cher. personne d’autre que les stratèges du sommet n’est supposé lire la situation politique et déterminer les axes mis en avant. si ce n’est que d’aucuns réclament que l’organisation ne parachute pas ses candidats aux législatives, ce qui n’est pas facile à faire valoir dans un courant aussi centraliste, et qui les coupe de multiples réalités sociales, forcément locales.
      tout arrive ? le temps de rares descentes sur terre, JLM a peut-être appris quelque chose de la ville arabe (et populaire) où il s’était parachuté, lui qui propriétaire vit depuis un temps infini dans le confort accordé aux rentiers de la république.

      comme pour MLP, la candidature Z., lui aura servi de faire valoir, que serait-il arrivé à la LFI sans cela ?

    • Oui et non.

      Sur l’antiracisme en particulier, je ne crois pas qu’il soit « de dernière minute ». Mélenchon a des discours clairs sur le sujet, depuis plusieurs années. Pour les événements qui ont « marqué » l’opinion (et notamment les français arabes), tu as eu la participation à la marche contre l’islamophobie (qui lui a été beaucoup reprochée, donc très médiatisée, et sans doute perçue favorablement dans les quartiers), et aussi le refus de participer à la marche pour les flics (ce qui lui a aussi été très reproché).

      Sur l’effet Zemmour, je suis d’accord, ça a certainement beaucoup joué. À l’école, mes petits (dont leurs copains sont largement des enfants de l’immigration arabe) ont focalisé à fond sur l’idée qu’on allait leur faire changer de prénoms. C’est réducteur, mais c’est à ce moment-là que les gamins de l’école ont commencé à systématiquement verbaliser leur peur des discours racistes. Avant, c’était plus diffus je suppose.

      Ce que je veux dire, c’est que possiblement, oui, on a un peut-être un effet de mobilisation des quartiers, ou de « vote utile », par réaction à la sur-médiatisation des horreurs de Zemmour. Mais dans le même temps, cette mobilisation en faveur de LFI ne me semble pas illégitime (sur ce thème-là), les discours de Méluche sur le sujet ne me semblant pas « de dernière minute ».

      À la rigueur, la relative constance de LFI (sauf quand Ruffin fait bruyamment savoir qu’il préfère aller au foot) sur le sujet, ça a même été un aspect des attaques systématiques de leurs adversaires (ie. l’islamo-gauchisme supposé des insoumis), qui ont ainsi, sur ce sujet, contribué à la légitimation de la LFI comme premier parti antiraciste depuis des années.

      –------

      Après, plus généralement, c’est toujours difficile de savoir pourquoi les gens votent ou ne votent pas pour eux. Par exemple, de notre côté on serait plutôt pour penser que leur jeu de con à la marge du complotisme anti-vax (je suis gentil) les a desservis. Mais p’têt que c’est exactement le contraire (le déroulement de la campagne des différents candidats suggérant que le populisme pas-trop-vax a le vent en poupe dans l’opinion).

    • Oui, pour le populisme pas-trop-vax, la confusion est totale, on sait à qui on le doit, ça vient de très très haut (géopolitiquement parlant, j’entends), et sincèrement, le discours de protection n’est pas du tout audible, dans toutes les franges de la population, me semble-t-il, j’en suis quotidiennement consterné dans ma banlieue bourgeoise. Alors en faire des tonnes sur le sujet, c’est un coup à se prendre une shitstorm pour pas un rond, alors même qu’on n’y peut pas grand chose tant l’état a décidé de s’en contrefoutre.
      « On » dégoisait sur les LFI qui distribuent des FFP2 dans les meetings, en expliquant que c’était pas assez, trop tard, pas assez longtemps, et j’en passe. Mais n’empêche qu’ils furent les seuls. Tout comme Mélenchon avec son FFP2 a été un des seuls à s’affubler de ce type de masque pour ainsi dire.
      Je comprends qu’on puisse souhaiter un candidat idéal, avec des idées idéales, entouré de gens qui jamais ne se plantent quand ils doivent répondre aux questions pièges et/ou nulles qu’on leur pose. Mais dans la vraie vie, on se plante tous, on n’est jamais au courant de tout, et au quotidien, on n’a jamais le niveau d’écoute nécessaire de la part des autres pour pouvoir se permettre de tenir un discours complexe. Je ne dis pas qu’il faut être indulgent. Je dis que bordel, dans la période qu’on vit, avec le nivellement intello à tous niveaux, faut s’accrocher pour attirer les suffrages sur la durée.

    • Bien sûr qu’à l’exception de NPA LO, c’est LFI qui tient lieu de parti antiraciste. Oui, il y a mémoire des moments que tu cites (je retrouverais peut-être le dernier accent donné de ce côté durant la campagne), dont l’hommage, contraint à la grosse manif anti raciste appelée l’an dernier par le comité Adama, hommage destiné à faire oublier Ruffin, ou les sorties de JLM sur les Ouighours, les Tchétchènes, et aussi à propos de diverses escarmouches plus ou mois sanglantes ici entre des "jeunes quartiers" et la police (qu’il aime, non sans finir par promettre une réforme de l’IGPN, etc). Et la scène de la perquise a pour certains joué en sa faveur (il proteste et "résiste").

      Mais tout le monde sait, sur place, que ce parti dont le leader ne cesse de répéter que leur capacité à réformer une fois au pouvoir sera tributaire des mobilisations populaires, n’agit pas comme ça actuellement. Ce machin ne s’appuie pas sur les pratiques sociales, au mieux, il cherche à les récupérer.

      Février 2022 :

      Dans une tribune publiée dans Libération, qui ne fait pas mention de la présidentielle, Assa Traoré écrit ainsi : « Les cinq prochaines années sont les vôtres, les cinq prochaines années sont les nôtres. »
      Interrogée par Mediapart à ce sujet, elle développe : « Les années à venir vont être difficiles, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas à l’Élysée qu’on n’a pas de pouvoir. On occupera encore plus l’espace et on prendra encore plus la parole. »

      Sur le vote du 10 avril en lui-même, en revanche, un brin de scepticisme semble avoir gagné les rangs du noyau dur du comité.

      Youcef Brakni, qui fait campagne à titre individuel pour le candidat de Révolution permanente (scission du NPA), Anasse Kazib, regrette que la gauche ne se soit « pas donnée à fond pour relayer massivement » l’appel à manifester du 12 février. C’est la raison pour laquelle, selon lui, la population manifestante est « éloignée des organisations politiques ».
      « La présidentielle est finie, estime-t-il même. Il reste 60 jours, aucun candidat ne s’est montré prêt à mettre le racisme au centre du débat. Le meilleur, c’est sans doute Jean-Luc Mélenchon, mais ça reste très fragile, malgré les bonnes volontés. On se prépare donc à résister, à faire de la structuration politique sur le long terme. Cette marche n’est que le début. »
      https://www.mediapart.fr/journal/france/120222/notre-parole-ne-sera-pas-muselee-l-appel-du-comite-adama

      Les mouvements sociaux peuvent-ils porter Mélenchon jusqu’au second tour ?
      https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-mouvements-sociaux-peuvent-ils-porter-melenchon-jusqu-au-second-tour-9

      À ce jour, le Parlement de l’Union Populaire n’a pas le pouvoir d’infléchir significativement la campagne de Jean‑Luc Mélenchon, il l’alimente en propositions et prête main-forte sur le terrain, mais c’est bien l’entourage proche du candidat qui tranche les questions stratégiques. Si alliance entre parti et mouvements il y a, elle reste asymétrique et à l’avantage du premier.

      Lorsqu’il salue des images « impressionnantes de calme " à propos de la manif de juin dernier, Mélenchon rappel sans détour le genre de flic qu’il est, toujours prêt à dénoncer les "faux manifestants qui sont des casseurs" (cf. ZAD, Tesquet). quant à ceux qui n’ont pas pour eux la qualité de militants ou de politique, cela peut-être pire encore. Et, faut pas prendre les gens pour des couillons, le coups de ripolin ne remplace pas une orientation claire que pour qui éprouve le besoin d’être complaisant.

      Si l’antiracisme, ou l’antifasciste avait été plus consistant, la baisse de la participation signalée parmi ceux pour qui ces enjeux ont un caractère immédiatement vital, aurait-elle eu lieu ? Je ne crois pas.

      L’autocrate est pas juste mal conseillé. Il est tributaire du moule SFIO (la grande France coloniale, "présente dans tous les océans", comme il dit), OCI (manipulations politiques anti ouvrières), Mitterrandisme (pas de politique sans Prince) et républicain (toujours être prêt à faire donner la police pour maintenir l’ordre social contre l’autonomie). Il y a des séquelles qui ne passent pas.

      –------

      Bien sûr que c’est aussi un calcul électoral que de ne rien clarifier sur la réduction des risques, et le vaccin ("On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment" disait l’autre). Et il a été payant, (cf, le vote en Guadeloupe). Un scientisme en carton contre le savoir collectif. Or si on veut contribuer à construire un peuple "populaire", comme il y eu un peuple "communiste", une politisation critique de la gestion de la pandémie aurait du s’imposer (avec moments d’"éducation populaire", floraisons d’initiatives de base), mais le parti a une toute autre fonction, fondamentalement verticale, quoi qu’ils en disent, électorale, donc opportuniste, sans capacité à prendre l’initiative autrement que pour faire mousser la boutique. Alors ça court après la volatilité électorale et la confusion.

      S’agit en rien d’espérer un candidat idéal, il s’agit de savoir à quel point on peut se servir d’un candidat. L’imaginaire est une une chose, mais face à la violence sociale, c’est avant tout de force qu’il est question. C’est ce que la modalité autocratique hypothèque. Donc le calculs et le pari politique est complexe pour chacun selon ses coordonnées (liens, expériences). Voilà ce que la LFI n’a pas su simplifier, or c’est le rôle de la politique, non pas de dénaturer, de nier la complexité, mais de rendre lisible et clair ce qui permet d’agir.

      LFi n’est qu’à la marge une machine d’empowerment, pour l’essentiel c’est une forme de délégation qui exige un degré de passivité élevé (demandez à une partie des militants à quel point l’intelligence collective est bridée, le débat interne relégué, les décisions tombent du ciel).

      #pestilentielle #LFI

    • @olaf : parution des 5 et 6 février derniers. C’est une dynamique très « verticale », si ça réponds à ta question.

      https://lafranceinsoumise.fr/2022/02/18/elections-legislatives-2022-les-premiers-200-binomes-de-chefs-de-f

      À cette étape, nous rappelons que notre mouvement désigne des chef·fes de file, avec les missions mentionnées ci-dessus, et non des candidat·es aux élections législatives. Par conséquent, aucune personne ne peut se déclarer publiquement candidat·e, notamment par voie de presse.
      Conformément au texte d’orientation, « Une majorité de l’Union populaire pour réaliser l’Avenir en commun », adopté par la Coordination des espaces, les investitures définitives de nos candidat·es aux élections législatives interviendront à l’issue d’une Convention législative qui sera organisée au lendemain de l’élection présidentielle.
      Dans la perspective de la constitution d’une majorité de l’Union populaire, nous pourrons alors ouvrir nos investitures au-delà de nos rangs à celles et ceux qui auront fait le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon et le programme l’Avenir en commun.

    • oki donc faut voir la convention législative LFI à venir pour avoir une idée de la dynamique réelle et de la capacité à présenter des listes efficaces à gagner - sans les traîtres verts, PS et coco, sans doute. Déjà, de base, dans la publi du 18.02.2022, y a une liste de 222 binomes (2 personnes / circo) ; ça présente a priori pas dans toutes les circo, mais quand même, 444 personnes.

      y a aussi leur doc de présentation générale « législatives » sur le site LFI, qui indique qu’ils calculent depuis [au moins] novembre :
      https://lafranceinsoumise.fr/elections-legislatives-2022

      la dernière fois, en 2017, je crois qu’il y avait une partie des candidats (?) tirés au sort ; là, ça parle plutôt du commité de sélection, partiellement tiré au sort.

    • oublier LFI : j’ai, par exception, voté LFI en passant outre de très profonds désaccords, et je ne pratique aucun sport, surtout pas national.
      ce n’est pas « dans le vide » que l’on juge des rapports de pouvoir dont un parti est porteur et de ses orientations, bien avant qu’il tienne le manche.

      attendre ce qui ne viendra pas « pour voir », ça évite juste de prendre position, sous couvert de générosité ou d’humilité.

      les 5 ans de casse (MLP ou Macron) ce sera pas en silence mais, et le quinquennat Hollande en donnait déjà une idée, dans une ambiance de guerre civile plus ou moins larvée et de violence sociale.

      si MLP était élue, ce qui est ennuyeux pour le RN c’est que cette victoire devrait se traduire par une embuche institutionnelle de taille, avec il me semble la nécessité d’un gouvernement de cohabitation (le gang de Z. a commencé le marchandage en annonçant ne pas rejoindre cette majorité potentielle).
      je les vois pas obtenir assez de députés pour arriver à une alliance avec des bouts de LR et je sais pas quoi qui leur donne une majorité à l’A.N. en outre, je crains en que pas mal d’électeurs tiennent compte de cette hypothèse pour exprimer un vote de classe (MLP) qui ne soit pas un blanc-seing au RN (une marche après le vote protestataire, mais pas encore le gouffre, peut-on espérer).
      innovation, ce serait la première cohabitation post-bipartisme. un pire bordel pour la Veme, et peut-être une voie vers une VIe, arrivant non pas gentiment comme la réalisation d’un programme mais comme voie de sortie d’une crise sans précédent.

      Si c’est Macron, il trouvera une combinaison, les conditions sont réunies, même en cas de baffe aux législatives pour ses divers paltoquets.

      Edit @arno @olaf je ne vois que maintenant votre échange supprimé... mes excuses @olaf je pensais que tes remarques concernaient ce que je disais, et c’est pas vraiment le cas, il me semble.

    • pfff... j’essaie de piger en quoi le risque d’un renfort suffisant à Le Pen est possible, à quel point qui a subi les avatars du PS jusqu’à Macron peut se trouver conduit à ce choix pour tenter de sortir de la souricière, de quels raisonnements pourraient s’étayer ceux qui viendraient ainsi finir de casser toutes les représentations politiques. je te prie de croire que ça ne m’amuse pas du tout cette carence générale de toute perpective.

      j’ai voté LFI sans jamais pouvoir inciter quiconque à le faire car sans gros bâtons populaires, on a du mal faire obéir les chefs et que dans ce cas il est logique de leur conférer le moins de légitimé possible, car l’expérience de 81 a bien montré que l’exemple de 36 un gouvernement qui doit la^cher du lest bien adula de ce qu’il avait conçu. mais il y a diverses sortes d’ennemis et j’ai rien à voir avec la politique du pire qui consisterait à voter RN.

      on verra le 25 combien d’électeurs LFI auront voté RN, malgré la belle insistance de JLM dimanche dernier pour n’en rien faire, par exemple.

      #vote_de_classe

  • https://www.youtube.com/watch?v=CrstZXEHW2M

    – Jean-Luc Mélenchon, quelle sera la place du handicap dans votre politique et votre gouvernement ?
    – Celle qu’il se donnera à lui-même. Si les citoyens ne font rien, ils n’auront rien.

    Mais alors, pourquoi voter pour un candidat qui prévient d’emblée que lui ne ferait rien un fois élu si on ne l’y contraignait pas par la suite ?

    Il se rend compte de la brutalité désastreuse de sa réponse mais scie un peu plus la branche sur laquelle il se trouve en essayant de s’y raccrocher : en substance, les personnes dominées n’ont pour seule alternative que la soumission ou la lutte à mort. Alors c’est entendu, « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » et il n’y a jamais eu de conquêtes sociales sans un mouvement social qui pousse au cul ses soit-disant représentants, mais en l’occurrence, de la part d’un candidat à la présidence, c’est bien l’aveu d’un je m’en foutisme complet. Il dit d’ailleurs explicitement qu’il ne décidera rien de lui-même à ce sujet, qu’il aura autre chose à faire, mais en profite quand même pour glisser par exemple une opinion parfaitement réactionnaire à propos de la langue des signes.

    La vidéo complète (24 mn) : https://www.youtube.com/watch?v=f1elsKobC58

    En fait on se demande ce qu’il est venu faire là, sinon pour discréditer son propre programme pourtant mille fois plus intéressant sur la question que ce qu’il en dit et dont le fond aurait paru bien plus cohérent et crédible s’il avait été présenté par une personne concernée, et l’entorse au dispositif médiatique de présidentialisation d’autant plus symbolique.

    https://melenchon2022.fr/livrets-thematiques/handicap

    Le vrai-faux verbatim de l’entretien est d’ailleurs passé au crible des conseillers idoines sur le site :
    https://informations.handicap.fr/a-jean-luc-melenchon-lfi-quelle-place-pour-handicap-32555.php

    La réponse y est amendée au point où on passerait presque de l’auto-émancipation à l’assistanat :

    « Celle qu’il se donnera à lui-même. Si les citoyens ne font rien, ils n’auront rien. Mais une mesure s’impose particulièrement : la création d’un véritable service public d’accompagnement des élèves en situation de handicap, avec un nouveau corps de fonctionnaires et un service de 24h pour un temps plein. »

    C’est peu dire que les grands écarts perpétuels de ce machin qui se tire sans cesse des balles dans le pied laissent perplexe...

    #handicap #LFI #Mélenchon

  • affordance.info : Le convoi de la liberté : nouveau variant insurrectionnel ?
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2022/02/convoi-de-la-liberte.html

    Les mouvements sociaux (a fortiori s’ils sont ou se prétendent insurrectionnels) sont toujours imprévisibles. Imprévisibles au moins dans leur ampleur et dans le succès qu’ils rencontreront dans l’opinion. On peut, à rebours et en se retournant, gloser à l’infini sur les signes qui auraient potentiellement permis de prévoir le succès et l’ampleur du mouvement des Gilets Jaunes mais la réalité c’est que l’ampleur et le succès des mouvements sociaux demeurent fondamentalement imprévisibles.

    Depuis maintenant quelques semaines est en train de se structurer, en France, l’équivalent transposé du mouvement des routiers canadiens autour du « convoi de la liberté », avec un point d’orgue annoncé pour ce week-end autour de Paris.

    Ce mouvement peut-il, en France, avoir le même succès et le même impact que celui des Gilets Jaunes ? Voici quelques réflexions en deux temps. D’abord sur les points de convergence entre le mouvement des Gilets Jaunes et celui du convoi de la liberté en France. Puis sur leurs différences.

    Source : https://twitter.com/i/events/1491440614751227907

    • Parmi les revendications, évidemment, le retrait des « Pass », mais aussi de nombreuses protestations contre la hausse des prix, pour la démocratie… Un communiqué du groupe « France Convoy » indique que « l’urgence est démocratique, sociale, écologique, l’accès aux soins pour tous et non sécuritaire ». Aucun syndicat, aucun parti, mais un cri de colère protéiforme venu de nombreux anonymes.

      Comme lors des Gilets Jaunes, il ne sert donc à rien de critiquer à priori « l’impureté » de cette mobilisation, mais plutôt de veiller à ce que le mouvement aille vers l’anticapitalisme et la défense des libertés. Qui peut nier l’urgence de luttes puissantes, surtout dans cette période de campagne électorale putride ? Qui peut tolérer l’apathie générale malgré la gravité de la situation ?

      Et comme dans tout mouvement, il y a différentes sensibilités, plus ou moins radicales : blocage total ou partiel ? Pacifisme ou autodéfense face à la police ? Rien n’est encore tranché.

      Quel que soit l’ampleur réelle de ces convois, une chose est sure : les formes traditionnelles de protestation ne font absolument pas peur au régime néolibéral et autoritaire. Par contre, lorsque les blocages se généralisent, que les lieux de pouvoir sont ciblés, que l’économie est menacée, les puissants tendent l’oreille. C’est ce que projette le « convoi de la Liberté ».

      Nantes Révoltée

      https://www.nantes-revoltee.com/%f0%9f%9a%9b-convoi-de-la-liberte-le-mouvement-qui-veut-emmerder-ma

    • Comme lors des Gilets Jaunes, il ne sert donc à rien de critiquer à priori « l’impureté » de cette mobilisation, mais plutôt de veiller à ce que le mouvement aille vers l’anticapitalisme et la défense des libertés. Qui peut nier l’urgence de luttes puissantes, surtout dans cette période de campagne électorale putride ? Qui peut tolérer l’apathie générale malgré la gravité de la situation ?

      Cette vieille propension de l’extrême gauche avant-gardiste à sauter sur tout ce qui bouge pour tenter de se l’approprier, c’en est presque comique ! Alors qu’il est assez évident que ce mouvement est une qanonerie, voilà qu’on va le repeindre en mouvement anti-capitaliste. Par curiosité, je me demande ce qu’aurait dit « Nantes révoltée » de la marche sur Rome ou des émeutes parisiennes de 1934.

      Je note aussi le « il ne sert donc à rien de critiquer ». Alors vous m’excuserez mais tout le monde n’a pas des œillères et ne fantasme pas sur le peuple en action, on critiquera tant qu’on le pourra tous ces mouvements proto-fascistes qui naissent devant nous.

    • Ils sont plutôt arrières gardistes avec leur « tout ce qui bouge est rouge » (pour citer un autre exemple, ils n’ont rien capté de l’"anticapitalisme" des S.A, utilisés puis liquidés par le régime nazi). Les trois principaux sites « radicaux », Nantes révoltée, Cerveaux non disponibles, Lundi matin sont dans une course à l’audimat, surpublient sans lire (ex Lundi Matin avec Zagdanski, publié après la critique du Manifeste conpsi. un débat entre covidonégationnistes), rédigent par copié-collés chelous (Nantes Révoltée, reprenant un expert désinformateur ayant son rond de serviette sur je ne sais quelle chaine d’infos en continu), quant à Cerveaux non disponibles ils ont choisi un nom dont ils font une profession de foi.
      Si un avant-gardisme existait il ne renierait pas la formule de Lénine « seule la vérité est révolutionnaire » et commencerait par une prise en compte de la matérialité de l’épidémie et des moyens d’y parer, plutôt que de gagater sur le contrôle biopolitique (refus de penser).

      voir, par exemple : Quelles communautés sanitaires ? Séminaire (Valérie Gérard)

      Si la pensée politique tournée vers l’émancipation s’est appuyée, ces dernières décennies, aussi bien sur une critique du biopouvoir, ou de la biopolitique (à partir de Foucault, d’Arendt ou d’Agamben), que sur une critique de la science ou plus généralement de la rationalité occidentale, la crise sanitaire a montré les limites de cette tradition, ses mésusages, et la nécessité de la problématiser.

      https://laparoleerrantedemain.org/index.php/2022/01/24/quelles-communautes-sanitaires-seminaire

    • Ne méprisez pas l’expression d’une colère citoyenne et populaire qui doit être écoutée !

      Cette colère et cette défiance remontent certainement à l’année 2008. N’oublions pas qu’en 2005 le peuple français avait refusé par référendum le projet de traité constitutionnel européen, et que le traité de Lisbonne en 2008 a été une trahison de la démocratie au mépris de cette décision souveraine !

      Le groupe France Convoy se définit comme pacifiste et il n’entrera pas dans la capitale.

      Mais rassurez vous tout ça n’ira pas très loin !

    • affordanceinfo le retour

      Ce qui renforce les discours complotistes :

      Tectonique des contestations sociales : les admins du groupe FB #convoidelaliberte (+ de 344k membres, cad + que les + gros groupes #giletsjaunes à l’époque) se font kickban depuis hier soir. Du coup la migration vers leurs comptes et groupes #telegram est massive.

      comme à chaque grand mouvement social, ces « blocages » arbitraires (aucune justification n’est fournie) par Facebook (aka #Meta) posent d’énormes questions de transparence et renforcent tous les discours complotistes sur les liens de la plateformes avec le ou « les » pouvoirs.

      https://twitter.com/Affordanceinfo2/status/1491757433030643712?cxt=HHwWgMC47ene5LMpAAAA

    • « Une colère citoyenne » ? Tu crois vraiment à ce que tu écris ou t’es dans une transe lfiste continue ?

      Il a été très clairement démontré qu’absolument tout ce concept est parti de qanon, de l’alt(far) right, et ensuite en France des mêmes genre de groupe louisfouchiste, complotiste, extrême droite, etc… Et t’oses appeler ça « une colère citoyenne » ?

      Tu devrais répondre à la question un peu plus haut en essayant d’être sincère : aurais-tu dis pareil en vivant lors des émeutes de 34 à Paris ou la marche sur Rome ? « oui mais c’est une révolte citoyenne, faut essayer de le comprendre et faut faire en sorte que ce mouvement aille vers nos idées » ?

      Quand un mouvement est dès le départ organisé (pas du tout « récupéré », non, organisé totalement) par les groupes complo facho, ya strictement rien à tenter de s’intégrer dedans, c’est à critiquer, pas à collaborer.

    • Il a été très clairement démontré qu’absolument tout ce concept est parti de qanon, de l’alt(far) right

      Alors qu’il est assez évident que ce mouvement est une qanonerie...

      Ce convoi s’est peut-être inspiré d’une certaine façon de celui d’Ottawa mais de là à dire qu’ils sont tous qanonnistes, louisfouchistes, complotistes, c’est encore une forme de #diabolisation qu’on a connu également au début du mouvement des Gilets jaune en 2018.

      Et t’oses appeler ça « une colère citoyenne » ?

      Parfaitement ! Je ne vois que La Souffrance d’un Peuple !

    • Non mais marielle arrête d’utiliser la technique de l’homme de paille en critiquant des mots jamais écrits, ça ne trompe que toi même… Personne n’a jamais écrit « ils sont tous qanonistes ». Mais : ça a été organisé par la mouvance complo-facho-fouchiste, etc, très clairement. Tous les gros groupes FB principaux qui organisent donc ceux qui mettent en branle les gens, qui font de la logistique, qui mettent en contact etc, sont tenus par des complotistes ou liés à l’extrême droite. Si tu sais pas faire la différence entre « qui suit », et « qui organise » (ou que tu fais exprès de confondre), comment tu veux dialoguer ?

      Ce mouvement est donc organisé par des sales gens aussi bien au Canada qu’ici. Donc oui oui très clairement il faut diaboliser cette organisation, et c’est juste de l’opportunisme malsain que de croire que les trois pélos de gauche vont magiquement transformer ça en un truc émancipateur.

      Le fait que des groupes complo-facho arrivent à galvaniser l’attention et le ressentiment de milliers de gens très différents, c’est… comme qui dirait pas nouveau hein. C’est même un peu le principe même de comment ils sont arrivés au pouvoir, et à l’hégémonie culturelle à divers moments de l’histoire.

      Que la gauche qui arrive pas à mobiliser à ce niveau arrive ensuite à la traine en disant « on va tenter de s’insérer là dedans et récupérer ça pour le faire tourner à notre sauce » c’est… naïf ? (pour rester, très, gentil)

    • Pour être allée trois fois manifester contre le pass sanitaire à Annecy avec le CNRR et quelques membres du POI (parti ouvrier indépendant), j’ai pu constaté par moi même l’ hétérogénéité de ce mouvement, où on y trouve les amis de Zemmour, qui eux sont irrécupérables ainsi que les Patriotes, les adeptes de médecine douce avec qui on peut discuter, les soignants et pompiers suspendus, les gilets jaunes, les anars et les gars du NPA qui refusent la societé de surveillance généralisée.

      Je ne suis pas complètement naive ! je fais bien la différence entre les êtres faibles, « ceux qui ne sont rien », qui ne font que subir le rapport de pouvoir des dominants, (qui ont tout accepté depuis deux ans, les attestations, la règle des 1- 10 - 100km, le couvre feu...), ces âmes perdues qui me plongent dans un immense désarroi et les autres fachos.

      Comment on a pu en arriver là ? A votre avis ?

      Il n’empêche qu’il faut refuser cette société de la maltraitance et la politique des libéraux qui nous gouvernent depuis quelques années déjà et qui massacrent tous nos acquis sociaux de manière très autoritaire et avec beaucoup de mépris pour la détresse humaine !

      Et

      Félicitations à Emmanuel Macron : la France n’est plus une démocratie « complète » depuis 2020 et est classée comme une démocratie « défaillante » pour la 2e année consécutive.

      Beau bilan pour celui qui prétend être le champion de la démocratie libérale.

      Attac France

      https://www.lepoint.fr/societe/en-2021-la-france-est-restee-une-democratie-defaillante-10-02-2022-2464209_2

      « Les résultats reflètent l’impact négatif de la pandémie sur la démocratie et la liberté dans le monde pour la deuxième année consécutive, avec l’extension considérable du pouvoir de l’État et l’érosion des libertés individuelles », selon l’étude.

      https://seenthis.net/messages/948639

    • @biggrizzly les gilets jaunes comme ce convoi de la « liberté » ne sont pas des mouvements massifs. Ils font beaucoup de bruit et pour ce qui est des gilets jaunes particulièrement, ils ont eu le mérite de faire autre chose que des manifs plan-plan, ce qui fait qu’à 500 000 (chiffre large) ils ont été plus efficaces pour se faire entendre que 3 000 000 de personnes qui défilent contre une réforme des retraites. Ce qui doit faire réfléchir les « progressistes », ce sont les moyens d’action à mettre en œuvre pour faire plier la bourgeoisie, cela suppose notamment de revoir le fonctionnement de certains outils, comme les syndicats.

    • Face au néolibéralisme autoritaire, la casse sociale et un pouvoir d’achat en berne, des milliers de personnes expriment leur colère ! Nous devons y répondre par une rupture démocratique, sociale, écologique, non par la répression.
      #ConvoidelaLiberte
      #UnionPopulaire

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1492432202583445506/pu/vid/320x320/yWdFZAIXMvyzXtTE.mp4?tag=12

      https://twitter.com/TrouveAurelie/status/1492434847352201219?cxt=HHwWhoC97cPlmLYpAAAA

  • Mélenchon s’est fait vacciner, mais le virus du covidiotisme touche LFI de la tête au pied.

    Pour le pied, je le sais d’avoir passé un temps incroyable à désenvouter une personne prise sur les réseaux Fessebouc d’une mouvance FI locale, avant qu’elle se vaccine (d’habitude ça va plus vite). Encore n’était- elle pas de celles qui vont se réchauffer aux manif "anti pass".

    Pour le sommet, à propos des ressources internes de LFI sur ces questions, B. Stiegler est devenue au printemps dernier la référence intellectuelle à la tête de l’organisation (voir une flopée d’url avec Ruffin et d’autres). Elle figure dans le premier cercle du leader, amenée là par Ruffin. Sous couvert de débat démocratique sur les mesures effectivement liberticides, elle truffe ses propos d’insanités.
    Et ce un peu partout (Ration, il y a peu), mais aussi pas n’importe où :
    Le « pass » viole les principes fondamentaux de notre République
    https://www.legrandsoir.info/le-pass-viole-les-principes-fondamentaux-de-notre-republique.html

    Une gestion sanitaire de cette crise est pourtant possible. Elle implique de redonner le pouvoir de prescription aux professionnels de santé eux-mêmes et de faire confiance à leur sens clinique, qui passe par la relation directe entre soignants et patients, dans le respect de l’éthique et de la santé publique. Puisque le vaccin n’est pas la panacée, cette gestion sanitaire suppose aussi de déployer un arsenal de mesures complémentaires et variées : une vaccination orientée vers les publics à risque de forme grave combinée avec les traitements, la prise en charge précoce des symptômes ,...

    donc plusieurs pincées de relation de confiance (oui, c’est un aspect fondamental du soin, totalement piétiné par le gvt), de FFP2, d’aération, de santé publique, histoire d’être crédible depuis des nécessités effectives, entrelardées de décalcomanies de la Great Barrington Déclaration, d’une tranche d’ivermectine et d’hydoxychloroquine (rappel : il n’y a toujours pas de traitement "précoce", malgré les diverses recherches en cours dont certaines jouissent de très gros financements).

    Alexander Samuel, @AlexSamTG a le 13 janvier écrit
    https://twitter.com/AlexSamTG/status/1481753622799126528

    Merci @legrandsoir !!!

    en relayant cet article dans Le grand Soir

    ce soir un minuscule aperçu permet d’entrevoir qui apprécie ces choses

    RedTheBot @RedTheBot_ En réponse à @AlexSamTG

    Top 10 des personnalités suivies (31 last likes) :
    @Poulin2012 -> 74% (natio émergé durant les GJ)
    @raoult_didier -> 61%
    @Francois_Ruffin-> 58%
    @anatolium-> 58% (le confus Banco)
    @DIVIZIO1 -> 54% (c’est aussi l’avocat de Filippot)

    @edwyplenel -> 51%
    #fabricearfi -> 48%
    #davduf -> 48%
    #DidierMaisto -> 48% (...)
    #GuiraudInd -> 45%

    Oui, LFI navigue en eaux troubles.

    Mais cette Stiegler n’est pas la seule philosophe qui s’est embarquée dans la défense de la "liberté de prescrire" (si possible n’importe quoi). Bien que ce ne soit pas le meilleur côté de la tradition sophistique que de défendre la vente de prestations spécialisées quant à la bonne vie.

    D’autres ont simplement un moins bon sens du placement.
    À ce propos si ici quelqu’un.e est en mesure de "libérer" "Malaise dans la biopolitique" de l’anciennement estimable Valérie Marange, et le Pignarre dans le même n° de Chimères
    https://www.cairn.info/revue-chimeres-2020-2.htm
    j’aimerais les lire.

    #LFI #covid-19 #Barbara_Stiegler

    • Alexander Samuel, @AlexSamTG, 10 janvier 2022, relève des passages de la tribune "Le « pass » viole les principes fondamentaux de notre République" lancée par Stiegler (Ration, 8 janvier)
      https://threadreaderapp.com/thread/1440239041685831684.html

      « les vaccins n’ont pas, au vu des données disponibles à ce jour, démontré une balance bénéfice / risque favorable en termes individuel chez les adolescents en bonne santé. »
      @DrSabrinaaurora et @Francois_Ruffin vous avez signé ça.

      « Des effets indésirables ont été déclarés dans plusieurs pays, notamment des myocardites, inflammation du muscle cardiaque, dont l’incidence et les effets à long terme restent à déterminer. Or, du point de vue de l’éthique, un bénéfice collectif, lui-même hypothétique... »

      « ne constitue pas à lui seul un motif suffisant. Rappelons de plus, que parce que les vaccins ne bénéficient pour l’heure que d’une autorisation de mise sur le marché temporaire, aucun gouvernement ne peut prendre le risque juridique de rendre ces nouveaux vaccins obligatoires. »

      quelle tristesse de voir Sabrina AliBenali dans cette mélasse

      Stiegler, février 2021

       : c’est pas la peste"... c’est une syndémie (...) le souci c’est les populations affaiblie, le virus va devenir maladie parce que le virus en lui-même, si il traverse des organismes sains, il va pas provoquer de maladie. le virus va révéler des populations (...) beaucoup de scientifiques ont décidés de se taire parce qu’ils avaient très très peur de parler [comme Dupont-Aignan, ndc] (...) « les tests ne servent à rien »

      Ruffin, le 19/7/2021 :

      « Les enfants sont pas touchés, on mène une expérience mondiale avec ces vaccins... » "ces expérimentations doivent être bordées par des principes"... « les jeunes ont plus de risques que de bénéfices avec ces vaccins »..

      Taubira se réfère aussi à Stiegler pour dire :

      une maladie qui fragilise les personnes déjà vulnérables, qui montrent comme un effet de loupe les vulnérabilités

      Stiegler a signé une tribune avec Fouché et Mucchieli

      Bref, "à gauche" bien des positions sont aussi crasses que celle du gouvernement

      Mais que faire, comme disait l’autre, quand le sujet sur lequel on se déchire, c’est les bases pour penser la politique, soit le fait que nous dépendons les un·es des autres ?

      Critiques de la gestion dite sanitaire et libéralisme militant
      https://seenthis.net/messages/944319

      edit : le 30 mars 2020, déjà, Ruffin twittait du Jean-Dominique Michel, anthroposophe chaman. Il avait dû avoir le temps d’enquêter, pour sûr, pas comme sur la mort aux mains de la police d’Adama Traoré.

      #vaccination #organismes_sains #eugénisme_éthique #gauche

    • Un jour il faudra enquêter pour tenter de comprendre comment autant de gens sans histoire ont pu à ce point se faire intoxiquer.

      Parce qu’il y avait un terreau fertile d’idées moisies à propos de la santé et de la science, de façon diffuse dans la société française et particulièrement du côté de la gauche « radicale ». Les mouvements « alter » ont toujours aimé promouvoir ce qui est « alternatif » (d’où leur nom je présume). Il faut quand même se rendre compte qu’on a un souci dans ce pays avec à la fois une consommation de médocs élevée (surtout des antibiotiques, d’ailleurs il y en a dans la potion du docteur Raoult) et aussi avec un appétit démesuré pour les « médecines » dites douces : homéopathie, aromathérapie, chiropractie, ostéopathie etc. dont absolument aucune n’a fait la moindre preuve d’efficacité. Il suffisait donc d’une pandémie pour qu’émerge des « solutions » magiques pour soigner le Covid auxquelles de nombreuses personnes prédisposées à y croire allaient à y adhérer. Par exemple en début de pandémie une amie m’a conseillé en cas de contamination de prendre des huiles essentielles et une autre de me rincer la bouche avec de l’eau salée (les 2 ont pourtant fait des études supérieures). Le reste, intellectualisation et politisation du sujet, n’est qu’une suite naturelle de tout cela.
      On peut donc voir une philosophe, Stiegler, pérorer partout (dernièrement vu à Arrêts sur image) qu’elle connaît « des gens » qui ont tels symptômes suite au vaccin et qu’il y a plein de « témoignages sur internet » qui vont dans son sens pour ensuite gloser de façon alambiquée (comme son père) sur ses idées préconçues de la vie en société, c’est à dire que sa méthodologie de travail ressemble fortement à celle de gens que je peux croiser au bistrot un samedi soir (tiens, c’est ce qui doit plaire à Ruffin ça).

    • Parce qu’il y avait un terreau fertile d’idées moisies à propos de la santé et de la science, de façon diffuse dans la société française et particulièrement du côté de la gauche « radicale ».

      Non, tous les partis sont concernés sauf peut-être l’extrême-centre proche du gouvernement. @alexcorp

      « Ceux qui n’avaient pas confiance dans le gouvernement, n’ont pas confiance dans les scientifiques. Plus vous vous rapprochez du pouvoir, du Roi soleil, plus le niveau de méfiance augmente. » Luc Rouban
      Les raisons de La défiance

      Démocratie et crise sanitaire

      « Toute la gestion de la crise sanitaire est conditionnée par ce malaise démocratie », poursuit Luc Rouban. « Ailleurs en Europe, le débat de la politique sanitaire est resté un débat de politique publique, partagé par la majorité et l’opposition. En France, la crise sanitaire s’est politisée, et c’est un prolongement de la crise politique sur les autres terrains. »

      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-du-week-end/l-invite-du-week-end-du-dimanche-16-janvier-2022

    • Je suis d’accord que c’est un souci que des faits scientifiques soient politisés de cette façon, plus précisément qu’ils soient niés et instrumentalisés politiquement (car après tout la question politique peut s’immiscer en science, ce n’est pas un problème en soi). Le gouvernement Macron est coupable d’avoir politisé en bonne partie la question du vaccin, une partie de l’opposition (dont LFI) est tombée dans le panneau, ce qui est une erreur (sauf si on a des buts politiques inavoués). Il est devenu très difficile de dire du bien du vaccin ou du mal de « traitements précoces » sans passer pour un pro-gouvernement. C’est une autre sorte de socialisme des imbéciles, pour reprendre une vieille expression, qui s’applique assez bien d’ailleurs, vu les accointances de certains avec l’extrême droite (cf la député FI Sabine Rubin et ses liens plus que louches avec des néo-nazis).

    • Ils en ont fait un atout pour rester dans l’ambiguïté. Une position attrape-tout (sauf les abstentionnistes qui en sont allés voter pour se préserver d’une contamination éventuelle, et quelles autres) et ne défendre aucune position particulière (substantielle économie de travail politique interne et sur le terrain). Une critique de la gestion de la pandémie amputée a mis en avant levée des brevets et relance du sytème de santé, réponses évidentes, ce qui permettait de ne pas s’emmerder avec un détail concret : ce virus, cette pandémie.

      #union_populaire #santé_publique

    • D’abord on orthographie correctement Jean-Luc Mélenchon !
      Ensuite Il y a eu une distribution de masques FFP2 hyper protecteurs gratuite à l’entrée. Vous ne pouvez pas les qualifier d’irresponsables ! Il faut bien trouver autre chose pour les dénigrer !
      Ça devient insupportable ! @colporteur @arno @tintin @rastapopoulos

      Il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas admettre que le meeting de #MelenchonNantes renvoie beaucoup de monde à ses chères études. En ces temps chaotiques et si peu humains, Chapeau !" Françoise Degois

      Françoise Degois, ma sociale démocrate préférée !

      Quand #Mélenchon tue le game !

      https://www.youtube.com/watch?v=hkzV-GnFxGk


      Vous me faites penser à tous ces éditorialistes de pacotille :

      Une pensée pour les éditorialistes des chaînes des milliardaires qui transpirent en se triturant la tête pour trouver des trucs négatifs à dire sur le meeting de Mélenchon.
      Ça ne peut être facile tous les jours…

      #MelenchonNantes #Melenchon2022
      https://twitter.com/realmarcel1/status/1482731598386716679?cxt=HHwWjoCzsY2i3JMpAAAA

      Ce meeting, comparé à ceux des autres, indiquent bien où se situe le futur de l’humanité.
      Dans l’union des peuples. #UnionPopulaire
      #LFI-Bashing ! ça continue !

    • eh, du calme le fan club. que vous m’autorisiez ou pas je reste fidèle à la chanson ni Tribun.

      si je fais toujours la même faute sur le nom de ce type dont je me souviens si bien la carrière OCI-socialiste c’est sûrement que le mélange de choses soutenables et d’ignominies dont témoignent fort bien ses supporters, et pas seulement le leader massimo, insiste

      le coup, du show plus grandiose encore que ce que les primaires américaines donne, c’est du « solutionnisme techno » façon t’a vu le mien (de spectacle) il est plus fort.

      on pourrait appeler ce meeting look up ! (moi, je t’explique)

      les masques à 20 centimes, c’est bien le moins ! (surtout quand cela fini par faire l’objet de revendications de la part de salariés, deux ans après...), spécialement si on veut faire un gros truc en intérieur sans que ça soit un cluster.

      si il y avait une ligne claire c’est sur l’absence de filtration de l’air (il y avait des filtres hépa dans cette salle) que LFI chercherait à faire son miel (et ils trouveraient même des Modem et je ne sais quoi à l’assemblée) contribuant ainsi à ce que cela devienne un préalable à l’acceptation d’aller au boulot, à l’école, en fac (mais ils respectent l’économie, et ça les intéresse pas les mobilisations collectives qui ne soient pas électorales, sauf pour essayer des faire leur beurre, même si c’est les manifs actuelles du samedi, truffées de QAnonisme et fafs)

      d’où les vaccins seraient par essence du solutionnisme techno ?

      cette façon de coller démagogiquement au populaire dans ce qu’il a de moins malin (la défiance sur les vaccins, et les anti vax) est catastrophique.

    • Le texte en entier :

      En revanche, Jean-Luc Mélenchon, dans son discours, ne dénonçait pas la vaccination, mais le manque d’initiatives prises pour stopper la crise sanitaire, qui, selon lui, réside dans l’élevage intensif « qu’il faut faire cesser » : « Et parce qu’il y a cette déforestation, alors les animaux sauvages contaminent les animaux domestiques et les animaux domestiques, les êtres humains après avoir été enfermés dans les élevages hyperintensifs dans lesquels on les enferme. Et alors, la maladie se propage et alors ils inventent des passes sanitaires et des vaccins à une, deux, trois, quatre doses, sans fermer un seul élevage intensif et sans faire cesser le martyre pour les animaux et le danger pour les êtres humains », a-t-il ajouté.

      Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon avait annoncé être complétement vacciné, mais favorable à une licence libre sur les vaccins.

      https://www.ladepeche.fr/2022/01/17/presidentielle-2022-jean-luc-melenchon-a-t-il-fait-huer-la-foule-contre-le

      Jean-Luc Mélenchon, dans son discours, ne dénonçait pas la vaccination, mais le manque d’initiatives prises pour stopper la crise sanitaire.

      Il y a aussi Mathias Wargon, l’urgentiste macroniste, qui semble super énervé sur twitter par rapport aux sifflements. D’un autre côté il est toujours énervé. Quant à la fake news…que dire ? Pour le coup je pense comme Mélenchon : le vaccin n’est pas tout et le pass vaccinal ne sert à rien. La preuve : Omicron baisse sans depuis quelques jours.

      Triste de l’assimiler aux antivax et de l’attaquer comme un Vulgaire Wargon sur des sifflements.

      Quelle déception face à votre obsession !

      Et n’oublions pas ce qu’est le macronisme de la part de Wargon : une appli pour apprendre que les urgences sont fermées faute de personnel !

      Le saviez-vous ? Il existe une appli en Ile de France qui permet de savoir si les urgences à coté de chez vous sont plus ou moins chargées en temps reel ! Oui oui ! Allez voir « Mes Urgences » sur IOS ou Android !!!

      Un gadget ridicule qui permet de masquer la paupérisation des services publiques hospitaliers.

    • « Si Mélenchon avait le moindre scepticisme s’agissant des vaccins - comme certains le laissent entendre ce soir -, plaiderait-il avec autant de force pour la levée des brevets qui a pour but d’élargir la vaccination à la population mondiale ? »
      Pierre Jacquemain

    • Et alors, la maladie se propage et alors ils inventent des passes sanitaires et des vaccins à une, deux, trois, quatre doses, sans fermer un seul élevage intensif et sans faire cesser le martyre pour les animaux et le danger pour les êtres humains

      Je suis désolé, Mélenchon sait parler, il est intelligent hein, il a répété assez de fois qu’il fallait parler intelligemment au « peuple » qu’il sanctifie, mais ça c’est quand même du discours de café du coin tant sur la forme que sur le fond, c’est minable, c’est faux (les chauve-souris ou pangolins peut-être à l’origine du virus ne sont pas issus d’élevages intensifs), c’est indigne de quelqu’un qui prétend représenter la « gauche ». Ce « ils inventent » là, tiens c’est marrant, lui qui parle d’admiration pour les ingénieurs, les techniciens, le « peuple » qui « sait », tout d’un coup ça semble se réduire à un ramassis de crypto-scientistes qui œuvre dans l’ombre. Lui qui parle de la France avec des trémolos dans la voix, il aurait pu rappeler que la recherche sur l’ARN a débuté en partie dans notre pays et qu’il faudrait se poser des questions sur pourquoi on n’a pas été capable de faire un vaccin, pourquoi la recherche est délabrée en France. Mais non, on préfère parler de surgelé, de « ils inventent » des trucs et des machins, comme un vulgaire péquin au comptoir du bar...

      Alors faute de mieux ailleurs, sans parler des autres casseroles qu’il traîne derrière lui, il aura peut-être des voix d’un tas de gens mais qui iront avec une pince à linge sur le nez, car vraiment ça fait pas rêver.

    • Ce « alors ils inventent », qui désigne à la vindicte publique les chercheurs (et chercheuses au passage) qui viennent de sauver quelques millions de vies, est honteux. Si Katalin Kariko, Uğur Şahin ou Özlem Türeci avaient été françaises ou affiliées à l’institut Pasteur, je suis sûr que JLM aurait trouvé à racler quelques miettes de fierté nationale au fond de sa casserole idéologique. Mais il se trouve qu’elle est hongroise aux Etats-Unis, et qu’ils sont turc/ques en Allemagne. Booooo.

    • Une question logistique

      Pour expulser 1 million de personnes comme le propose Zemmour, combien faut-il de trains, de bateaux, d’avions, et de travail humain ? Tout ça n’est pas sérieux et ne tient pas debout.

      https://twitter.com/JLMelenchon/status/1486809572107071495

      Jean-Luc Mélenchon, @JLMelenchon

      quel déclin ! qu’ont-ils fait de la grandeur de la France ! on avait réussi à envoyer deux millions de conscrits en Algérie et on peut pas bouter moitié moins de météques, je pleure.