• L’agriculture libanaise s’effondre
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29653-lagriculture-libanaise-seffondre

    La baisse du PIB agricole, combinée à la chute des importations, soulève la question de possibles pénuries. Les experts écartent toutefois le risque de crise alimentaire aiguë à court terme.

    #Liban #agriculture #crédit #banques #financiarisation

    • Dans son dernier rapport, le Centre de recherche et d’études agricoles libanais (Creal) n’y va pas par quatre chemins : la production agricole libanaise va s’effondrer en 2020, si rien n’est fait pour aider les agriculteurs à passer cette “annus horibilis”. Selon les projections de l’organisme privé, qui collecte des données sur le monde agricole, la baisse devrait avoisiner les 40 % du PIB agricole global, qui ne dépassera pas 1,2 milliard de dollars cette année.

      Sur certaines cultures, les chutes pourraient aller jusqu’à 70 % (en valeur) et plus de 50 % (en volume) par rapport aux récoltes de 2018. C’est le cas notamment de certains des aliments courants de la cuisine libanaise, comme la pomme de terre ou l’oignon, qui figurent parmi les cultures les plus affectées.

      La raison de cet arrêt aussi brutal que violent est connue. C’est la crise bancaire et financière qui met en danger les saisons agricoles de l’année en cours et, plus sûrement encore, celles à venir en 2021.

      Pour comprendre pourquoi l’agriculture est peut-être davantage affectée que d’autres secteurs, il faut savoir que depuis la fin de la guerre de 1975, ses principaux acteurs – grossistes et revendeurs régionaux, agriculteurs… – vivent à crédit. Même leur trésorerie courante est financée par les crédits que leur consentent les sociétés d’importations d’intrants, qui y voient un moyen de garantir la vente de leurs semences, engrais et autres produits phytosanitaires.

      « Rien n’a été fait pour le développement du secteur agroalimentaire. On a presque toujours favorisé le commerce à travers notamment la signature d’accords de libre-échange. Cela s’est fait au détriment de l’agriculture locale, dont les coûts la rendent peu compétitive face aux productions étrangères, qui sont toutes, de surcroît, subventionnées », explique Moussa Freiji, fondateur du groupe Tanmia et président du syndicat des éleveurs de volailles.

      La culture de la Pomme de terre pourrait baisser de 70 % en valeur

      Pour un secteur déjà moribond, le coup de grâce a été porté lorsque les banques ont imposé le gel des lignes de crédit. « Ceux qui n’avaient pas une gestion saine de leurs finances auront du mal à survivre, pronostique Riad Saadé, directeur du Creal. Il y aura des fermetures d’entreprises dont certaines pourraient toucher les plus grands noms du secteur. »

      Les dettes ne sont pourtant pas énormes à l’échelle de l’économie libanaise : selon le Creal, il s’agit de 140 millions de dollars d’impayés. Mais faute d’avoir été acquittées, elles prohibent l’importation de nouvelles semences, des engrais ainsi que des autres produits phytosanitaires de qualité.

      « Il faut en urgence décider d’un moratoire sur la dette agricole afin de permettre au secteur de redémarrer. Autrement, la catastrophe interviendra en 2021, prévient Riad Saadé. Là, nous n’aurons vraiment plus de moyens pour redémarrer. »

      Une crise alimentaire en vue ?

      Faute d’outils statistiques fiables, difficile de mesurer précisément l’impact qu’aura la chute de la production locale sur l’approvisionnement alimentaire du pays. « D’une manière générale, le Liban importe 80 % de ses besoins, qu’il s’agisse de produits agricoles ou agro-industriels », assure Maurice Saadé, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Liban. Problème : les importations agricoles sont, elles aussi, en chute libre. Elles se sont effondrées de près de 32 % au mois de décembre 2019 – dernier chiffre disponible – par rapport à la même période en 2018, selon les douanes.

      Corrélées à la chute du PIB agricole, cette tendance soulève la question de possibles pénuries. Certains produits vont sans doute disparaître du marché, mais le scénario d’une crise aiguë est toutefois écarté dans l’immédiat. « Personne ne va mourir de faim au Liban », promet Maurice Saadé.

      D’abord, parce que si l’agriculture est en très mauvaise posture, l’agro-industrie, elle, se porte mieux. Une majorité de ces entreprises ont malgré tout accès à des devises pour payer leurs fournisseurs étrangers. C’est le cas notamment de la filière avicole, qui parvient encore à importer les aliments nécessaires aux élevages en se fournissant en devises auprès des changeurs. Mais « cela signifie un surenchérissement de nos coûts de l’ordre de 20 %, que nous avons répercuté sur nos prix de vente », précise Moussa Freiji.

      Cette situation va affecter les plus vulnérables, sachant que sur la période 2016-2018, 11 % des Libanais étaient déjà sous-alimentés, selon l’Université américaine de Beyrouth.L’impact inflationniste pourrait toutefois être atténué par les importations agricoles en provenance de Syrie, qui pénètrent, la plupart du temps, de manière illégale sur le territoire national. La dévaluation de la livre syrienne les rendant encore plus compétitifs dans le contexte de la crise économique libanaise.

      « À part le fait que les prix agricoles suivent très rarement l’inflation dans les mêmes proportions, ils sont continuellement soumis à la concurrence des produits syriens introduits dans leur grande majorité en contrebande et bradés sur le marché libanais de gros », précise Riad Saadé. Ce qui devrait in fine limiter l’inflation des prix à la consommation, voire même offrir une porte de sortie possible à certaines entreprises agro-industrielles, qui pourraient chercher certaines de leurs matières premières en Syrie.

      Davantage que le risque de pénuries alimentaires dans l’immédiat, le danger pourrait être social et se situer du côté des quelque 250 000 à 300 000 foyers qui vivent en tout ou en partie de l’agriculture. « L’agriculture et l’agro-industrie représentent 25 % des emplois du privé », rappelle Maurice Saadé.

      Or, ces fermiers pourraient préférer laisser leurs terres en jachère et se débarrasser de leur bétail plutôt que de vendre à prix coûtant ou à perte. « C’est déjà le cas chez de petits agriculteurs », s’inquiète Saïd Gédéon, directeur du département de l’agriculture au sein de la Chambre du commerce et de l’industrie de Zahlé et de la Békaa (CCIZ). « Si rien n’est fait, le phénomène va s’accélérer. Ces familles risquent d’aller gonfler les rangs des personnes en extrême précarité », ajoute-t-il.Malgré cette situation inquiétante, les autorités n’ont pour l’heure rien fait. « Le ministère n’a pas de solution, assène Moussa Freiji. Le ministre est totalement ignorant des problèmes de l’industrie agricole. »

      Le gouvernement a bien créé un Comité de sécurité alimentaire, sous la direction du nouveau ministère de l’Agriculture et de la Culture, mais celui-ci ne s’est encore jamais réuni. Le ministère a même vu son budget amputé de 11,4 % cette année pour atteindre une cinquantaine de millions de dollars. La baisse des financements portant principalement sur les trop rares subventions qu’il attribuait jusqu’ici aux petits agriculteurs.

      « Pourtant la crise pourrait être une opportunité », veut croire Moussa Freiji. « D’ici à trois ou quatre ans, cela pourrait créer une dynamique différente », espère également Maurice Saadé.

      La dévaluation de la livre libanaise va rendre, il est vrai, la production “Made in Lebanon” plus compétitive et les cessations d’activités de petits agriculteurs participer à une consolidation du secteur. « Le nombre d’exploitations pourrait diminuer, celles qui survivront devraient gagner en efficacité », contine Maurice Saadé. Un vœu pieux, dont l’expert se sert comme “message d’espoir” pour inciter les acteurs du secteur à tenir le coup, malgré tout.

  • Le #Liban menacé par une accélération de la fuite des cerveaux
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29732-le-liban-menace-par-une-acceleration-de-la-fuite-des-cerve

    Quelque 66 000 Libanais ont émigré en 2019, soit deux fois plus que l’année précédente. Si l’épidémie du coronavirus a momentanément freiné l’hémorragie, l’aggravation de la crise économique en l’absence de mesures spécifiques ne fera que renforcer la tendance.

    #émigration #crise #paywall je n’accède pas à la totalité de l’article

    • Pour ceux qui suivent en pointillés : l’autre ancien de Khiam qui fait actuellement l’actualité, c’est Amer Fakhoury. (Je vois d’ailleurs au détour d’une dépêche sur cet Antoine Hayek que Fakhoury a obtenu la nationalité américaine l’année dernière seulement.

  • #Coronavirus : l’#Allemagne suspend le programme d’accueil des réfugiés avec la #Turquie

    L’Allemagne suspend le programme avec la Turquie d’accueil de #réfugiés_syriens en raison de la #fermeture_des_frontières de l’Union européenne pour endiguer la #pandémie du nouveau coronavirus, a annoncé mercredi un porte-parole ministériel.

    L’Allemagne suspend le programme avec la Turquie d’accueil de réfugiés syriens en raison de la fermeture des frontières de l’Union européenne pour endiguer la pandémie du nouveau coronavirus, a annoncé mercredi un porte-parole ministériel.

    « Le ministère de l’Intérieur a demandé la suspension temporaire du mécanisme » de réinstallation de réfugiés syriens, « en raison des restrictions sur les voyages » imposées mardi par l’UE, a déclaré un porte-parole du ministère, assurant qu’ils reprendraient « dès que possible ».

    D’autres programmes conclus avec le #Liban et la #Jordanie vont aussi être suspendus, a précisé ce porte-parole.

    Depuis 2012, l’Allemagne accueille des réfugiés, dont des Syriens provenant de Turquie, dans le cadre de « programmes de réinstallation ». Le partenariat noué en 2016 avec la Turquie prévoyait l’admission dans l’UE de 70.000 réfugiés, un objectif loin d’être atteint à ce stade.

    Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont également annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre des #relocalisations de réfugiés.

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/180320/coronavirus-l-allemagne-suspend-le-programme-d-accueil-des-refugies-avec-l
    #suspension #réinstallation #asile #migrations #réfugiés

    ping @karine4

  • In Flüchtlingslagern leben auf engstem Raum zu viele Menschen zusam...
    https://diasp.eu/p/10610854

    In Flüchtlingslagern leben auf engstem Raum zu viele Menschen zusammen. Helfer versuchen mit strikten Regeln, einen Ausbruch von Covid-19 zu verhindern. Ärzte warnen: ein unmögliches Unterfangen. Coronavirus: Die Angst in den Flüchtlingslagern - Griechenland, Libanon Bangladesh, Kenia - DER SPIEGEL - Politik #Politik #Ausland #GlobaleGesellschaft #Flüchtlinge #Coronavirus #Griechenland #Kenia #Bangladesch #Libanon #Syrien

    • Fascistes de tous les pays unissez-vous

      Fin février, la sénatrice américaine démocrate Jeanne Shaheen, qui se mobilisait pour obtenir la libération de l’ancien responsable de l’ALS, avait annoncé avoir présenté un projet de loi bipartisan avec le sénateur républicain Ted Cruz, prévoyant des sanctions contre les responsables libanais impliqués dans la détention ou l’arrestation de tout citoyen américain au Liban.

  • Le Liban à trois voix
    https://www.franceculture.fr/emissions/lexperience/le-liban-a-trois-voix


    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/12/liban-vous-avez-voulu-nous-enterrer-vous-ne-saviez-pas-que-nous-etions-de

    Le Liban à trois voix raconte l’histoire d’un retour au #Liban, pour cause de révolution, de l’écrivain Sélim Nassib, sa femme, la cinéaste Yolande Zauberman et leur fille de vingt et un ans, Assia Turquier-Zauberman. Longtemps correspondant du journal Libération à #Beyrouth, Sélim Nassib n’avait plus mis les pieds dans son pays natal depuis une vingtaine d’années. Porté par trois voix, le récit de ce retour mêle l’histoire intime à la grande histoire du soulèvement libanais actuel.

    https://www.liberation.fr/auteur/7545-selim-nassib

  • Nouvelles révélations dans l’affaire du siège du CPL à Nahr el-Kalb - May MAKAREM - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1210404/nouvelles-revelations-dans-laffaire-du-siege-du-cpl-a-nahr-el-kalb.ht

    L’avant-projet de centre culturel, présenté sous forme de blocs de béton collés à la clôture du site, est rejeté par la DGA en 2017. Le 7 juin 2018, l’ingénieur Rani Hachem présente un nouveau plan. « La DGA parvient alors à un accord préliminaire qui fixe les conditions techniques et légales, et demande qu’on lui livre le document final afin de pouvoir formuler son avis », détaille la même source. Elle ajoute que « la DGA exige également de reculer le projet de 20 mètres à l’arrière de la clôture grillagée entourant l’ensemble des 22 stèles, et insiste sur la coordination avec ses équipes d’archéologues dès le lancement des travaux d’infrastructure ». Mais l’ingénieur Hachem ne fera pas suite à la demande du directeur général des Antiquités Sarkis el-Khoury, et à cette date, « la DGA n’a toujours pas les caractéristiques détaillées du soi-disant espace culturel ». Le 3 octobre 2018, le Conseil supérieur de l’urbanisme piloté par le directeur général Élias Tawil signe l’autorisation « sans avoir l’avis favorable de la DGA ». Mieux encore, le document présenté par Élias Tawil aux membres du CSU signalait noir sur blanc l’accord de la DGA, alors que « celle-ci n’avait pas donné son consentement ». « Dans toutes ses correspondances avec les parties concernées, la DGA avait pourtant clairement répété que son accord était un “accord préliminaire” et “sous conditions” », souligne notre source. L’oubli de ces réserves explicites a-t-il induit en erreur les membres du Conseil supérieur de l’urbanisme qui ont signé le document ? Plus particulièrement Jad Tabet, président de l’ordre des ingénieurs et architectes, qui avait représenté la DGA auprès de l’Unesco à Paris pendant huit années ?

    Il faut comprendre que toutes sortes de pressions politiques et religieuses ont joué en faveur du projet, qui apparaît au final comme étant le siège du CPL et non un centre culturel.

    #Liban #Gebran_Bassil #CPL #Nahr_el_Kalb

  • Nantes Révoltée - RÉPRESSION AU LIBAN : DES ARMES FRANÇAISES CONTRE LES MANIFS ! 💥
    https://www.nantes-revoltee.com/repression-au-liban-des-armes-francaises-contre-les-manifs-%f0%9f%9


    https://desarmons.net

    Le Liban est secoué depuis plusieurs semaines par une grande vague de protestation populaire contre la corruption et le pouvoir en place. Ce week-end, 520 personnes ont été blessées lors de grandes manifestations. Et devinez qui fournit les armes de répression ? #La_France ! C’est l’entreprise #Alsetex dont l’usine est basée dans la Sarthe, qui fabrique les grenades lacrymogènes, les grenades explosives et les #LBD, qui exporte au #Liban ses munitions pour écraser la contestations.

    En plus des incontournables lanceurs de grenades « Cougar » et des grenades lacrymogènes tirées partout en France plusieurs fois par semaine, Alsetex exporte au Liban des « Land cougar », un engin effrayant : cette batterie de lanceurs qui permet de tirer d’un seul coup 12 grenades ! Bientôt dans les rues de l’hexagone ?

    Alsetex vend aussi à la police libanaise des munitions de petit calibre, des balles « gomm cogne 12mm » et des balles « SLUG LR 12mm », ces munitions, plus perforantes que les balles en caoutchouc de LBD, sont potentiellement létales.

    Pour rappel, la France est l’un des premiers exportateurs d’armes du monde. Non seulement des armes militaires, mais aussi des armes de maintien de l’ordre. Les munitions du concepteur de Flash-Ball Verney Carron ont été vendues au Portugal, en Slovaquie, au Maroc, au Sénégal ou en Indonésie. Durant la vague d’insurrections qui s’est emparée du monde arabe en 2011, les policiers du Bahreïn, un petit royaume du Golfe, ont asphyxié des dizaines de personnes en tirant des grenades lacrymogènes directement dans leurs domiciles. Des grenades de chez Alsetex.

    En juin 2013, le peuple d’Istanbul prend la rue contre le président autoritaire Erdogan. La police turque tire systématiquement ses lacrymogènes en tirs tendus. Plusieurs manifestants sont tués, notamment Berkin, 15 ans, après avoir reçu une grenade dans la tête. Deux ans plus tôt, le ministre de l’Intérieur français avait signé avec le gouvernement turc un « accord de coopération dans le domaine de la sécurité intérieure ».

    À l’automne 2014, au Burkina Faso, une série d’émeutes chassent le chef d’Etat. Il y a plusieurs morts et des blessés. Les manifestants ramassent les cartouches tirées : des grenades françaises.

    Les usines qui produisent et disséminent leurs armes aux quatre coins de la planète ne le font pas seules . Tout est supervisé par le sommet de l’État français.

  • Thousands of women are trapped in Lebanon. They risk jail time to leave - CNN.com
    https://www.cnn.com/interactive/2020/02/world/lebanon-domestic-workers-cnnphotos/index.html

    Long article avec des photos intéressantes, sur un sujet trop peu traité"...

    Rights groups estimate that tens of thousands of migrant women in Lebanon are undocumented. For these workers, the hurdles to leaving the country could amount to a dead-end.

    In a December 2019 statement, a coalition of international women’s and human rights groups likened Lebanon’s migrant domestic worker population to “hostages.”

    The coalition called on embassies and Lebanese authorities to acknowledge that the predominantly African and South Asian migrant workers — estimated by Amnesty International to be more than 250,000 people — were “hit hardest” by Lebanon’s economic and political crisis.

    Since October, Lebanon’s economy has buckled under soaring prices, a tanking currency, ballooning unemployment and a growing debt crisis.

    #liban #migrants #esclavagisme

  • Pour mémoire : discussion sur le scandale de la construction du siège de Courant Patriotique Libre à proximité du site archéologique et ô combien symbolique de Nahr Al Kalb, #Liban
    Antoine Atallah - Some thoughts about the Nahr el-Kalb scandal...
    https://www.facebook.com/Antoine.Atallah88/posts/10100675701446952

    Antoine Atallah
    Hier, à 14:14 ·
    Some thoughts about the Nahr el-Kalb scandal

    There is first, an archaeological argument to hold. The reason why the stelae were carved in that location precisely, across thousands of years of history, is the nature of the landscape itself. It is because the promontory of Nahr el-Kalb was so difficult to cross that the conquerors who succeeded saw it as a feat and exploit and chose to systematically commemorate their passage. Landscape and stelae are intrinsically linked. Damaging the geology, (even more than it already is because of the highway and the illegal war-time quarries located behind the site) means damaging the sacred landscape to which the stelae belong. It means taking away part of their potency.

    Some will say that there’s nothing illegal in building on that site. That might well be very true. However, we all know how either inexistant, weak or unfit heritage laws and regulations are in Lebanon. How inefficient they are made to be, on purpose. How easy it is to bypass them anyways with the right contacts and leverage. So, the legal argument is irrelevant. When there is no state and no law to guide our choices and decisions, it is rather a question of personal responsibility that is at play. One should assess, as objectively as possible, what is in the public’s best interest. What is the best things to do for the collective. One needs to call upon their sensibility and intelligence. Clearly, neither assessment, nor responsability, nor sensibility were ever present in the decision-making process.

    Furthermore, if there was indeed a deficit of sensibility to landscape and history, the decision-makers could at least have been made aware by the fact that the site is classified as a Unesco World Memory site since 2005. That the Lebanese state placed the site in 1996 on the Unesco World Heritage tentative list and confirmed that status in 2019, which means Lebanon ambitions to place Nahr el-Kalb on the World Heritage List in the coming years... and that such major works a few meters away from the Roman road and its stelae would permanently destroy that hope. The Tayyar leadership did not think one bit about all of these parameters. Ignorance? Lack of sensibility? Recklessness? Negligence?

    Unless none of this is true and the Tayyar leadership made it a point to place their HQ precisely there. Which raises the question of the symbolic reach of such a gesture. Every conqueror who went through Lebanon commemorated his passage and conquest by carving a stela at Nahr el-Kalb. By positioning its headquarter on top of the tens of stelae added across millennia, is the Tayyar considering itself a « conqueror »? Is it celebrating a « conquest »? Is it considering itself equal to Ramses II, Nabuchodonosor, Caracalla, and Napoléon? What does this imposition, this symbolic appropriation and privatisation of a site and history that belong to all Lebanese, actually mean? It would in any case be consistent with the Tayyar’s aggressive, arrogant and self-righteous discourse.

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    A noter les réponses de Jad Tabet :

    Jad Tabet
    Dear Antoine
    Au delà du débat stérile sur la conformité ou la non conformité du projet avec la législation libanaise, la question symbolique est essentielle. Le projet a été présenté au Conseil supérieur de l’urbanisme comme étant un projet de centre culturel proposé par les moines maronites propriétaires du terrain. Étant présent à la réunion du Conseil plusieurs membres se sont étonné de la taille du projet et demande qu’il soit transmis à la Direction des Antiquités pour avoir leur avis étant donné sa position par rapport au site. La DGA semble avoir négocié pour que le projet soit reculé d’une vingtaine de mètres par rapport à la clôture qui constitue la zone de protection légale du site (50 mètres !!!!) et a donné par la suite son accord. J’ai envoyé moi-même une alerte au centre du patrimoine mondial leur demandant d’intervenir auprès de la DGA pour avoir les plans du projet mais il semble que ça n’a rien donné. Maintenant que nous savons qu’il ne s’agit pas d’un « centre culturel » mais du siège d’un parti j’espère que la mobilisation permettra de délocaliser le projet ou du moins de le modifier pour réduire son échelle.

    et encore

    Jad Tabet Aline Chahine Maya Chams Ibrahimchah
    I think I have to explain my position as member of the Higher Council of Urban Planning. Since I became member of this council in my quality of president of the Order of Engineers an Architects, I have always insisted on the necessity to apply urban regulations without any compromise and prevent any interpretation which would be to the benefit of specific persons or entities. When I consider that certain urban rules and regulations area not satisfactory I try to convince the majority of the council to modify them.
    The Nahr el kalb project was presented to the Council as a cultural touristic center to be built by the Maronite Church. The program seemed compatible with the archaeological zone and the project respected the urban regulations in force in the area . The Higher council of urban planning had several years ago proposed to modify the zoning in order to reinforce the protection of the valley but the proposal was not accepted and became obsolete due to a decision of the constitutional council (majlis shoura el dawla). The Higher council decided to send the project to the DGA at the ministry of culture. Since the project was outside the legal protection zone of the archaeological site, the DGA approved the project after introducing some modifications and sent it back to the Higher Council. Hence I could not oppose a project that was in conformity with the regulations even if I was convinced that it’s scale would harm the integrity of the site.
    One should be consistent: when you fight to impose the respect of urban regulations and against any infringement, you cannot oppose a project which respects these regulations.Following this case and other similar cases, the Higher Council of Urban planning took last year a series of decisions to modify urban regulations in sensitive zones in order to introduce stronger protection. But these decision are valid only 3 years and become obsolete if they are not adopted in a décret by the Council of Ministers......
    To make the story short, I discovered that the so called cultural and touristic center was in fact the HQ of the FMP only when they got the permit registered at the Order of Engineers and Architects in Tripoli and that the issue was made public in the media. I contacted UNESCO World Heritage center to inform them but I don’t know if they ever reacted.
    I want also to confirm what Bass Tb said about the role of the Order of Engineers and Architects: we have NO authority whatsoever to reject the registration of any permit since the control of the compliance of a permit with the law is of the sole authority of the DGU and municipalities. As for the protection of Heritage the relevant authority is the DGA at the ministry of culture. The role of the Order is only to constitute a pressure group (groupe de pression) to push for legislative and organizational measures that would enhance the living environment.

  • Syrian refugees face their ninth winter in the mountains of Lebanon

    #Paddy_Dowling, photojournalist for The Independent, returned from the mountains of Arsal and discovered how the humanitarian relief effort to help Syrian refugees in Lebanon is being exacerbated by the country’s economic context

    The Syrian civil war has displaced 6.2 million people and created more than 5.6 million refugees, spilling across borders into neighbouring countries. Lebanon is shouldering the burden with 914,648 registered refugees, according to the UN Refugee Agency (UNHCR). Efforts of aid agencies delivering supplies to the most vulnerable in Lebanon have been made more difficult by the financial crisis facing the country.

    Syrian refugee Hanan, 36, explains: “I pray to God I can return home from this nightmare. The situation is now hopeless. Syria is broken. Lebanon is broken too. If people from outside still visit, then perhaps there is a chance, otherwise all we feel is abandonment.”

    Hanan fled her home in Reef Dimashq in 2013 after intensive shelling. Many did, with only the clothes they wore, leaving behind all their possessions. With her husband imprisoned, she arrived alone to her new home, a tent perched up high among the snow-capped mountains of Arsal in Lebanon.

    This region hosts 39,000 refugees across 133 informal tented settlements and other shelters. The UNHCR reports 85,022 households in Lebanon are headed by females, and 8,163 of those are single women, their husbands killed in conflict, imprisoned for not joining the regime, or their husbands were too ill to travel. Around 40 per cent of refugees like Hanan receive food assistance from the World Food Programme. Usually, this amounts to 40,000 Lebanese Pounds (LBP) for herself and her two daughters, historically worth $80 (£61) pegged at US dollar rate of LBP1,500.

    Lebanon’s economy has been dependent on a strong flow of dollars into Beirut’s banking sector. That supply has diminished, and economic activity has slowed, fuelled by what economists estimate is a 30 per cent rise in inflation and as banks struggle with the liquidity crisis. Black market rates have pushed the unofficial exchange on the US dollar as high as LBP2,300, which means aid organisations are facing enormous challenges transferring donations to banks and accessing those funds. Banks are restricting withdrawals to $200 per week.

    A statement released by former labour minister, Mohammad Kabbara, reports unemployment in Lebanon stands at 25 per cent. With unemployment now at crisis levels, refugees are unable to find work to support the shortfall.

    This provides little consolation for refugees like Nayef, 35, a former law student, now unemployed and sat by his unlit stove as his family huddle together. He explains: “When the paraffin runs out and we cannot afford to buy more, we are forced to burn what he can find to keep the tent warm, this includes; plastic sheeting, tarpaulin and even old shoes.” In the depths of winter, temperatures in Arsal typically plunge as low as -8C by night. His family, including his two daughters aged two and five, have not eaten for two days.

    The economic crisis in Lebanon has not only affected the most vulnerable Syrian and Palestinian refugees but also middle-income Lebanese nationals, according to the UNHCR. The enormous burden shouldered by countries in the region such as Iraq, Jordan, Egypt, Turkey and Lebanon has placed huge pressure on resources. Lebanon under its political and economic context may see as many as 2 million Lebanese nationals fall below the poverty line by the end of 2020, according to Richard Kouyoumjian, the minister of social affairs.

    Mireille Girard, the UNHCR country representative in Lebanon, speaking exclusively to The Independent, explains: “The immediate future and medium-term looks very grim. With 73 per cent of Syrian refugees in Lebanon living below the poverty line and 55 per cent living in extreme poverty, young children are forced into work or perhaps begging on the streets. The UNHCR is working miracles to address the humanitarian relief in Lebanon, here and now. The future is another question.”

    Established in 1992, Qatar Charity operates in more than 50 countries, helping 10 million beneficiaries across the globe each year. Ahmed Al Rumaihi, the head of relief and international partnerships for the non-governmental organisation, says: “We responded to the refugee crisis in its early stages, and through our partnerships, we have delivered in excess of $30m in aid to Syrian refugees in Lebanon over the past five years. This included the construction and rehabilitation of tents, distribution of food and heating oil, provision of health services and educational support for students among others. However, there is still so much work to do.”

    He continues: “We must show solidarity not just to those who have been displaced from their country of origin but also those host nations who shoulder the enormous burden. With donor fatigue dominant in this crisis, we urge the international community to comply with their pledges for those Syrians seeking refuge in neighbouring countries and to bring burden-sharing to the foreground.”

    Girard commends NGOs such as Qatar Charity for the important role they have played and their commitment to the crisis: “We need to mobilise everyone, not one agency can respond to this crisis alone.”

    Girard, with perhaps one of the most challenging roles in the sector, leaves us with her final thoughts: “With fewer people talking about the Syrian refugee crisis, now in its ninth year in Lebanon, it does not mean the problem has disappeared. We need to re-engage everyone to act and do something about it. Civil society, academics and the private sector can all help.”

    With the media spotlight now firmly elsewhere, perhaps the easiest solution is to look the other way in hope that the crisis will miraculously resolve itself. The truth remains, Syrian refugees barely surviving in countries like Lebanon require assistance from the international community now more than ever before.

    https://www.independent.co.uk/news/world/syrian-refugees-winter-lebanon-mountains-a9347066.html

    #montagne #Liban #réfugiés_syriens #hiver #réfugiés #asile #migrations #neige #camps_de_réfugiés #camps
    #photographie #photojournalisme
    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere @karine4 @isskein

  • Rosalie Berthier sur Twitter : “THREAD Lebanese banks, after accruing astronomical profits through government-sponsored schemes, are now cutting their losses at the expense of the state. Lebanese citizens, ultimately, will pay twice for such greed” / Twitter
    https://twitter.com/RosalieBerthier/status/1225703920309166081

    THREAD Lebanese banks, after accruing astronomical profits through government-sponsored schemes, are now cutting their losses at the expense of the state. Lebanese citizens, ultimately, will pay twice for such greed

    For years, Lebanon’s government covered its deficit by borrowing billions of dollars, notably in the form of so-called Eurobonds—namely sovereign debt titles denominated in a foreign currency
    Lebanese banks bought a majority of these, earning high annual interests (averaging 7%) pending repayment at maturity (typically after ten years). Banks thus racked up profits while bridging the state’s cash shortage
    As Lebanon’s financial meltdown casts doubt on the state’s ability to repay, banks are eager to shed these billions of dollars in toxic assets
    Increasingly, banks are seeking to offload this risk by re-selling Eurobonds on international markets, at a discount reflecting the increased risk of Beirut defaulting
    Investment funds buy these Eurobonds based on the expectation that they can leverage international legal and financial institutions to force the borrower—that is, Lebanon’s government—to repay them in full
    Lebanese banks incur a loss on the bonds’ original value. But they have already netted high yields and can now shield themselves from future losses, gain immediate dollar liquidity, and therefore consolidate their balance sheets and viability
    In principle, this could serve their clients’ interests, if banks were to increase reserves and resume withdrawals, lending, and lines of credit for ordinary Lebanese. Yet that seems unlikely, given how consistently they favor shareholders and the biggest depositors
    On the face of it, internationalizing Lebanese debt could also be beneficial given the downsides of Lebanon’s incestuous financial system, in which dodgy schemes maximize short-term profits at the expense of the country’s solvency
    The problem is that the greatest loser is the Lebanese state—and, by extension, Lebanese society. Beirut now owes more and more dollars to outsiders who made no prior profits on these Eurobonds, and who will be far more demanding in any negotiation
    This outcome could well have been avoided. Beirut had ample time to prevent banks from offloading these bonds, through capital controls extending to financial assets such as sovereign bonds
    In that scenario, the government could have renegotiated its debt to Lebanese banks to mitigate the consequences for all concerned. The banks’ losses would have been justified by profits made over the years on risky lending
    Instead, banks are shedding their responsibility and transferring the full burden to the state. The latter will now bleed dollars at a time when it desperately needs them—to fund imports, defend its currency, guarantee deposits, and so on
    In other words, Lebanon is losing what few tools were at its disposal to manage the consequences of its financial meltdown, through an independent monetary policy
    Instead, the government and the banks are making Lebanon into a hyper-indebted country vulnerable to foreign dictates—which they likely will blame when the costs are handed down to everyone

    #Liban #dette #banques

  • Construire le #Liban d’après - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/01/31/construire-le-liban-d-apres_1776458

    Les Libanais ont, dans leur majorité, aligné leur mode de vie à celui des pays dits « développés » et adopté ce qu’ils pensaient en être les codes, les produits, les logiques économiques et sociales, pourtant incohérents avec nos réalités socio-économiques – ce qui équivalait à habiller un affamé d’un manteau de soie. Dans une société structurellement régie par une double logique communautaire et féodale et donc déjà morcelée, la compétition constante pour l’accès aux biens a renforcé les inégalités et contribué à une dislocation sociale radicale.

  • Did Someone Say Workers? (Part 1 of 2) | The Public Source
    https://thepublicsource.org/did-someone-say-workers

    The conspicuous absence of Lebanon’s labor movement is critical at this juncture; we know that labor mobilization played a crucial role in Egypt and Tunisia’s 2011 revolutions, and that it is a key feature of Sudan’s ongoing uprising. To understand the absence of labor in Lebanon’s revolutionary moment, we must turn to three factors: the assault of post-civil war neoliberal economic policies on Lebanese labor, an inhospitable legal environment, and organizational problems within the labor movement itself.

    #travailleurs #syndicats #Liban

  • Crise, choix et priorités
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29579-crise-choix-et-priorites

    Par #Charbel_Nahas

    En arabe le mot crise, “azma”, signifie morsure violente, insupportable, et suggère l’impossibilité d’attendre et l’obligation de réagir. Dans les langues européennes, la crise est le moment du choix, qui conduit soit à la guérison, soit à la mort. Tout le monde semble convenir que le #Liban est en crise. Mais de quelle crise s’agit-il ?

    Il y a une crise dans la rue : l’explosion de la colère populaire est persistante depuis le 17 octobre. Il y a une crise financière qui s’amplifie tous les jours, les banques, sans l’avouer, ne peuvent plus honorer les échéances de leurs déposants, ni financer les importations et l’économie.

    Il y a une crise du système politique : les chefs communautaires ne peuvent plus constituer un gouvernement d’“union nationale” suivant les règles de leur jeu et ont dû se cacher derrière un soi-disant cabinet de technocrates, sans projet politique.

    Il y a aussi une crise du modèle social : le #communautarisme reste la règle, freinant la libération du débat politique et faisant peser la menace de la #violence.

    Ces quatre crises se manifestent toutes ensemble. Leur coïncidence serait-elle fortuite ? Ou bien y a-t-il des liens de causalité entre elles, qui imposent de hiérarchiser leur traitement conjoint ?

    Certains se sont appliqués à proposer des causalités aberrantes (comme si les manifestations avaient provoqué la crise financière) ou à invoquer des actions externes (comme s’il n’y avait jamais eu d’interventions extérieures).

    La réalité est plus simple, mais non moins inquiétante : les crises ne sont pas perçues au moment de leur occurrence effective, mais décalées, et se manifestent dans des télescopages, comme celui que nous vivons actuellement. Le décalage est d’autant plus long que les enjeux de la crise sont graves et ses causes profondes.

    Si le soulèvement populaire dure depuis trois mois, la crise financière était déjà là depuis au moins 2016, sans quoi les fameuses “ingénieries” n’auraient pas eu lieu. Le modèle politique instauré après la guerre était en échec depuis 1996-97 du fait de l’effondrement des paris sur le “processus de paix” et sur la reconstruction par la #dette qui le sous-tendaient ; sinon les chocs de 1998, de 2000 et de 2004 n’auraient pas eu lieu. Ce modèle politique est lui-même le produit des transformations sociales du tournant des années 1960-70 qui, n’ayant pas été prises en compte (se souvenir de la lettre de renonciation de Fouad Chéhab en 1970), ont occasionné la guerre civile et produit l’arrangement de Taëf.

    Sans aller jusqu’à exiger que “gouverner, ce soit prévoir”, les Libanais sont en droit d’attendre que ce soit, plus humblement, de constater et de reconnaître.

    La fameuse “#résilience

    La question centrale devient celle du temps, du rapport au temps. C’est cet effet de décalage que certains thuriféraires ont appelé “résilience” et ont rattaché à un prétendu “exceptionnalisme libanais”.

    Pour que les crises aient pu être esquivées, reportées, il a fallu un mélange de trois ingrédients : des faits du hasard, une habileté et une ruse certaines, et surtout un fatalisme de la société qui s’est laissé transformer en variable d’ajustement du système.

    Deux faits inespérés d’abord : l’annonce de l’invasion américaine de l’Irak en 2001-2002 qui a rassemblé dans la même crainte Français, Saoudiens et Syriens, et qui a permis la tenue de la conférence de Paris II ; puis, à partir de 2006, la montée des prix du pétrole qui a fait se déverser sur le Liban un flux de dollars considérable.

    La ruse et l’habileté, mais aussi l’appétit pour les gains à court terme ont conduit à ériger une gigantesque pyramide de Ponzi et à créer une illusion monétaire sophistiquée : le dollar libanais. Une devise qui n’a pas de cours vis-à-vis des autres devises, et qui tient au mirage longtemps entretenu qu’un dollar libanais est un dollar américain, qui n’a pas d’institut d’émission, mais qui peut être détenu en réserve nominale de valeur par la Banque centrale et par les déposants, et qui se multiplie par les effets de crédit.

    Enfin, ces #illusions n’auraient pas pu se déployer sans le fatalisme que la guerre, puis la domination des chefs de guerre ont imposé à l’ensemble de la population le sentiment de vivre en sursis. Dès lors le fait de repousser les échéances devient un objectif en soi.

    Prouesse ou tragédie

    Ces prouesses ont eu un coût effroyable. Un coût financier bien sûr. Les agrégats financiers ont atteint des niveaux inouis : les emplois domestiques des banques représentent cinq fois le PIB, les #intérêts perçus par les créanciers atteignent la moitié du PIB et la dette publique, incluant le passif net de la BDL, deux fois le PIB.

    Un coût économique aussi. Les prix domestiques ont augmenté de près de 200 % par rapport aux prix internationaux comparés à leurs niveaux historiques respectifs, les exportations de biens et de services se sont étiolées, le déficit des opérations courantes est devenu structurel, atteignant 25 % du PIB, le pays est devenu otage de l’attraction permanente de capitaux extérieurs.

    Un coût social surtout. L’émigration draine la moitié des effectifs de chaque cohorte d’âge, les travailleurs immigrés et les réfugiés représentent près de la moitié de la population active hors secteur public, les Libanais #pauvres se retrouvent aux mains des patrons clientélistes, les modes de comportement ont aussi été profondément affectés, la société est devenue anomique, prise entre #prédation et #ostentation, violence et #fatalisme.

    Face au séisme, le déni a d’abord prédominé. Il ne pouvait durer indéfiniment. Depuis quelques semaines, certains “politiques” se plaisent à jouer les opposants, essayant de fuir leurs responsabilités. D’autres se cachent derrière les “technocrates indépendants” du gouvernement de Hassane Diab, avec l’ambition de retarder l’effondrement inéluctable, non sans espérer un miracle.

    Dans ce jeu, les “technocrates” et “#experts” ne sont pas en reste. Ce sont en général ceux-là mêmes qui défendaient le système, restreignant leurs critiques à la dénonciation facile de la “#corruption”. Ils se reconfigurent habilement pour adapter leurs offres aux groupes d’intérêts en place ou, plus astucieusement, aux groupes d’intérêts dont l’entrée en scène est attendue (FMI, fonds d’investissement, repreneurs d’actifs divers, etc.). Ils ont en commun de restreindre leurs propositions au volet financier.

    La politique et les priorités

    Or la crise et les choix auxquels le Liban est confronté sont éminemment politiques.

    Pour le pouvoir encore en place, les priorités se déclinent comme suit : pas de défaut de l’État sur sa dette en devises, pas de faillite formelle des banques, pas de décrochage “formel” (et factice) du taux de change et le maintien de l’approvisionnement minimal en denrées de base (blé, carburants et médicaments).

    Cette séquence répond au souci majeur de gagner un sursis et fait payer à la société un coût exorbitant.

    L’alternative que propose le mouvement “Citoyens et citoyennes dans un État” consiste à inverser les priorités : assurer la cohésion sociale et lutter contre l’émigration, conduire la transition économique, restructurer les créances et allouer les pertes, bien réelles, de la manière la plus juste possible.

    Il n’est pas vrai que tout le monde serait d’accord sur le “programme des réformes”, et cela pour une raison simple : parce qu’il ne s’agit pas de problèmes techniques. Tout projet politique exprime des choix de société. Veiller à ce qu’une émigration massive et qu’un effondrement des institutions et des entreprises susceptibles de générer des emplois ne handicapent la société pour plusieurs générations qui doit figurer en tête des objectifs. Dès lors, tous les aspects financiers ne relèvent que de considérations de moyens.

  • Où il est de nouveau question d’une menace terroriste - Scarlett HADDAD - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1204497/ou-il-est-de-nouveau-question-dune-menace-terroriste.html

    La nouvelle est pratiquement passée inaperçue, mais elle aurait pu renverser de pied en cap la situation dans le pays. Trop pris par la couverture des événements quotidiens, notamment au sujet du gouvernement et du mouvement de protestation, les médias ne lui ont pas accordé une grande importance. Et le communiqué de la Sûreté générale, publié le 15 janvier sur l’arrestation d’un jeune terroriste qui préparait une attaque contre une ambassade occidentale à Beyrouth et qui a reconnu être affilié au groupe État islamique, n’a pas suscité un grand intérêt. Pourtant, si on creuse un peu les informations, il apparaît que le jeune I.S. ( de nationalité syrienne) préparait une attaque par le biais d’un drone contre l’ambassade américaine à Aoukar. Cette attaque aurait dû survenir au lendemain de l’assassinat du général iranien Kassem Soleimani et du responsable irakien Abou Mehdi al-Mouhandès, dans la nuit du 2 au 3 janvier à Bagdad au moyen d’un drone américain. Ce qui aurait forcément été attribué au Hezbollah, même sans revendication de sa part. Une telle attaque aurait placé le pays devant une situation différente de celle qui prévaut actuellement et elle aurait pu remettre en cause le fragile statu quo. C’est une possibilité d’autant plus grave que juste après l’assassinat des deux responsables au sein de l’axe dit de la résistance, les contacts se sont multipliés au Liban pour tenter de mettre le pays à l’abri de toute riposte et contre-riposte, au moment où le front interne est fragilisé par les changements provoqués par le mouvement de protestation. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’était empressé de prononcer un discours le 5 janvier, deux jours après la mort des deux responsables, pour préciser que l’Iran compte riposter directement et ouvertement à l’attaque dont a fait l’objet une de ses plus grandes figures. Il avait toutefois ajouté que seuls les militaires américains seront pris pour cible. Hassan Nasrallah avait aussi insisté sur le fait que lui et son camp n’ont absolument rien contre le peuple américain.

    (...)

    C’est donc dans ce climat de confusion que le terroriste a planifié son coup. Selon des informations ayant filtré lors de son interrogatoire et qui ont été rapportées par certains sites, I.S. aurait choisi lui-même la cible et la forme de l’attaque, les membres de l’EI ayant une large marge de manœuvre dans la planification et l’exécution des attaques depuis la mort de leur chef Abou Bakr al-Baghdadi et la désignation de son successeur, Abou Ibrahim al-Qoraychi. I.S. a donc été arrêté dans le cadre d’une opération préventive. Il est passé aux aveux et a été déféré devant le parquet militaire en vue de l’ouverture de son procès devant le tribunal militaire. Toujours selon les informations ayant filtré, il aurait affirmé avoir agi seul, sans complices, sachant que les membres de Daech se comportent désormais selon la théorie dite des « loups solitaires ». Mais cela ne signifie nullement que leur efficacité est devenue réduite.

    Sans la vigilance des services de sécurité concernés, le Liban aurait pu se trouver devant une véritable catastrophe et un enchaînement de faits qui serait rapidement devenu incontrôlable. Les services de sécurité n’ont pas voulu médiatiser cette opération, d’abord pour ne pas créer un mouvement de panique au sein de la population, ensuite pour que l’affaire ne fasse pas l’objet d’une polémique entre ceux qui accuseraient les autorités de l’agiter pour faire peur aux manifestants et ceux qui diraient que l’heure est trop grave pour poursuivre les protestations populaires au même rythme, sachant que des intrus pourraient se glisser parmi les manifestants. Il a donc été décidé de traiter cette question dans la plus grande discrétion. Mais des sources sécuritaires qui suivent ces dossiers affirment qu’il ne faut pas considérer que le Liban est à l’abri de la menace terroriste. Au contraire, il faudrait désormais faire preuve d’une plus grande vigilance, surtout qu’il est clair que l’EI se prépare à relancer ses activités en Irak et en Syrie, et veut mener des attaques spectaculaires pour redevenir un acteur important sur la scène régionale. Dans ce contexte, le Liban pourrait faire partie de ses projets

    #liban #daech

  • Il mistero della morte di Italo Toni e Graziella De Palo

    Wikiradio del 2/09/2016 - Rai Radio 3
    https://www.raiplayradio.it/audio/2016/08/Il-mistero-della-morte-di-Italo-Toni-e-Graziella-De-Palo---Wikiradio-de

    Il 2 settembre #1980 a Beirut scompaiono i due giornalisti freelance #ItaloToni e #GraziellaDePalo con Emanuele Giordana

    Repertorio

    – frammenti di un’intervista a Renata Capotorti madre di Graziella De Palo tratta da La Storia siamo noi - Mistero di stato. Il caso Toni-De Palo. (2007-2008) - Archivi Rai

    – notizia dell’inaugurazione di due strade intitolate a Graziella De Palo e Italo Toni a Villa Gordiani a Roma - GR1del 2/09/2010 - Archivi Rai

    – frammento dal programma televisivo Stasera G7- Guerra civile in Libano, 1976, reportage di Alberto Michelini

    – estratto dal TG2 del 13 agosto 1976 sulla Linea Verde a Beirut

    – breve ricordo dell’ex parlamentare socialista Falco Accame tratto da La Storia siamo noi - Mistero di stato. Il caso Toni-De Palo. (2007-2008) - Archivi Rai

    – testimonianza di Lya Rosa, all’epoca della scomparsa di Italo Toni e Graziella De Palo, sostenitrice della causa palestinese tratta da La Storia siamo noi - Mistero di stato. Il caso Toni-De Palo. (2007-2008) - Archivi Rai

    – Notizia dell’arresto del colonnello del Sismi Stefano Giovannone, - Radio radicale, 19/06/1984

    – letture frammenti dai diari di Graziella De Palo e dell’ultimo articolo scritto da Italo Toni per L’Astrolabio nel 1968 dal programma di Radio Radicale Una giornata per non dimenticare dell’11/09/2009

    Brano musicale

    Canzone per Beirut, Eugenio Bennato

    https://www.youtube.com/watch?v=KCRI9MUw9aU

    #podcast #wikiradio #RaiRadio3 #beirut #journalisme #guerre #Liban #OLP #PageNoirItalie

  • What might be required of Lebanon under an IMF bailout ? - Reuters
    https://uk.reuters.com/article/uk-lebanon-crisis-imf-factbox-idUKKBN1ZM2ET

    #Liban #FMI

    Je lis ici et là qu’il faudra « dégraisser » la fonction publique et/ou réduire les salaires sans que jamais ne soit souligné le fait qu’il y a un gouffre entre les budgets et les dépenses publiques réelles, tellement les détournements et autres surfacturations sont monumentaux. Ne pas en tenir compte c’est permettre aux prétendues économies ainsi réalisées de continuer à aller dans les poches de la kleptocratie tout en créant une énorme pauvreté.

  • Karim Makdisi sur Twitter : “The “International Support Group for Lebanon” just released quite an intrusive statement that distracts from the productive part by insisting on repeating the aggressive UN Revolution #1559 language. #Lebanon #un” / Twitter
    https://mobile.twitter.com/karimmakdisi/status/1220436252937412608

    Le soit-disant « groupe de soutien pour le Liban » commence à afficher clairement ses objectifs:

    1) mise en place de politiques néolibérales :

    Karim Makdisi sur Twitter : “The Support Group calls on the new Lebanese Government to implement “reforms” but does not mention the words “equitable” or “just” which is precisely what the Lebanese people are demanding. Not “reforms” but reforms that are equitable, progressive and just.” / Twitter
    https://mobile.twitter.com/karimmakdisi/status/1220437293334507520

    2) Fin de toute résistance aux agressions de l’état sioniste:

    Karim Makdisi sur Twitter : “And here is their demand regarding how Lebanon must align its foreign policy and how it must designate as legitimate or not. Sovereignty you say? 🤔” / Twitter
    https://twitter.com/KarimMakdisi/status/1220438547343269888

    #Liban « #communauté_internationale »