• Appel à « l’action directe » : un média indépendant face à la justice | Pierre Plate
    http://cqfd-journal.org/Appel-a-l-action-directe-un-media

    Après la publication d’un article prônant le sabotage comme mode d’action politique, le média participatif drômois Ricochets s’est retrouvé dans le viseur de la justice. à l’issue d’impressionnantes investigations qui ont mené les enquêteurs jusqu’en Belgique, un des bénévoles du site internet a été jugé pour « provocation à la commission de destructions ». Sa relaxe, prononcée le 17 novembre par le tribunal de Valence, ne fait qu’interroger davantage sur les motivations sous-jacentes de l’enquête. Source : CQFD

    • L’info la plus grave sur le long terme :

      Afin de réprimer davantage « la haine en ligne », le garde des Sceaux a transmis une proposition au Conseil d’État : selon Le Monde (19/11), il s’agirait de permettre de juger certains délits de presse (dont, a priori, celui dont Gé était accusé) en comparution immédiate – une procédure expéditive qui finit souvent à la case prison. Si cette réforme est adoptée par le Parlement, seules les personnes écrivant pour un média sous l’autorité d’un « directeur de la publication » seront jugées via une procédure classique.

      Donc atteinte très importante aux médias libres et non hiérarchisés.

      #presse #liberté_d'expression #médias_libres

    • De fait de très nombreux justiciable acceptent les CI (où la détention provisoire peut être ordonnée, y compris pour des infractions ou délits qui ne la prévoit pas). Je ne trouve pas de données sur la proportion de demande de report à l’audience. Parmi les militant, la proportion est moindre, mais vouloir se débarrasser d’une procédure et accepter est aussi assez fréquent.

      Célérite et justice pénale : L’exemple de la comparution immédiate, Camille Viennot
      https://www.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2007-1-page-117.htm

      Au regard de ces conditions difficiles d’exercice des droits de la défense, on pourrait imaginer que les demandes de renvoi à une audience ultérieure soient fréquentes, d’autant plus que ce délai est obligatoirement accordé au prévenu qui le sollicite . Ce report permet, en effet, au prévenu d’être jugé entre deux et six semaines  plus tard afin de mieux préparer sa défense mais il est, cependant, strictement encadré par la possibilité pour le tribunal de placer le prévenu sous contrôle judiciaire ou, par décision spécialement motivée, en détention provisoire. En pratique, cette seconde mesure est prononcée dans l’immense majorité des cas. Le caractère quasi-systématique de cette mesure dissuade donc fortement les prévenus de recourir au renvoi et entraîne, en conséquence, certaines interrogations quant à l’effectivité de la protection des droits de la défense garantis par l’article 6 de la CESDH. En effet, le choix de demander le renvoi au cours d’une procédure de comparution immédiate implique, de facto, une forte probabilité du prononcé d’un placement en détention provisoire et l’on peut donc s’interroger quant à la réelle liberté de choix du prévenu, garantissant la protection de ses droits.

      (...) La rareté du recours au renvoi s’explique aussi selon certains avocats par l’impossibilité, dans certains barreaux, d’un suivi du dossier par l’avocat de permanence ou même par l’absence de rémunération attractive procurée au regard de l’investissement en temps nécessaire. En pratique, les avocats expliquent donc brièvement au prévenu la possibilité de demander le renvoi mais ceux-ci, n’en comprenant vraisemblablement pas les enjeux, répondent mécaniquement : « je veux savoir tout de suite ». Cependant, lorsque le tribunal leur demande s’ils consentent à être jugés le jour même, ils se retournent souvent vers leur avocat en lui demandant ce qu’il faut répondre. Cette attitude souligne, chez certains prévenus, l’absence de conscience de l’alternative qui leur est offerte et illustre par là même les mécanismes de délégation propres au champ juridique.

      #répression #comparution_immédiate #droit_de_la_défense #Justice

  • En Allemagne, une chasse aux sorcières fait rage contre les critiques d’Israël. Les responsables culturels en ont assez
    Par Itay Mashiach, le 10 décembre - Agence Media Palestine
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/12/15/en-allemagne-une-chasse-aux-sorcieres-fait-rage-contre-les-crit

    Les universitaires sont boycottés pour avoir signé une pétition, les artistes sont soumis à des vérifications d’antécédents et les textes critiques sont censurés. Aujourd’hui, dans un geste sans précédent, les dirigeants des principales institutions culturelles allemandes se sont unis pour déclarer : assez ! (...)

    #liberté_d'expression #BDS

  • Pourquoi a-t-on le droit d’offenser ?
    https://laviedesidees.fr/Pourquoi-a-t-on-le-droit-d-offenser.html

    Le droit d’offenser est partie intégrante de la #liberté_d'expression. Sa justification repose sur la distinction entre les dogmes, qui peuvent faire l’objet de critiques ou de moqueries, et les individus qui peuvent y adhérer. Sans elle, les désaccords moraux et religieux ne pourraient plus s’exprimer dans l’espace public.

    #Philosophie #religion #tolérance #terrorisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201208_girard.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201208_girard.docx

  • Loi « sécurité globale » : une manifestation interdite samedi à Paris
    Par lefigaro.fr - Publié 25 novembre 2020,
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/loi-securite-globale-une-manifestation-interdite-samedi-a-paris-20201125

    (...) La manifestation prévue samedi prochain, le 28 novembre, contre la loi de sécurité globale, a été interdite ce mardi par le préfet de police, Didier Lallement. La demande en préfecture, déposée par plusieurs syndicats de journalistes (SNJ-CGT, CFDT journalistes, SGJ-FO), prévoyait un parcours débutant place de la République à 14 heures, qui se serait terminé à 18 heures place de la Bastille. Mais le préfet de police en a décidé autrement, « considérant que le virus affecte particulièrement le territoire de Paris et ceux des départements de la petite couronne ». (...)

  • France attacks religion secularism radicalism blasphemy
    –-> article retiré:


    https://www.politico.eu/article/france-attacks-religion-secularism-radicalism-blasphemy-islam

    –—

    Copié ici:

    Another string of jihadist attacks has shaken France. The most recent, at a church in Nice, left three people dead, only two weeks after a teacher was beheaded on the outskirts of Paris after he displayed cartoons of the prophet Mohammed in his classroom.

    Why is France targeted, over and over again, by violent extremists? Germany, England, Italy and even Denmark — where cartoons of controversial Mohammed were first published — have not seen comparable violence.

    The reason is simple: France’s extreme form of secularism and its embrace of blasphemy, which has fueled radicalism among a marginalized minority.

    Specifically, the latest round of violence follows the decision earlier this month by the satirical newspaper Charlie Hebdo to mark the beginning of a trial over a murderous attack on its newsroom in 2015 by republishing the blasphemous cartoons of Mohammed that prompted the original assault.

    This duo — radical secularism and religious radicalism — have been engaged in a deadly dance ever since.

    Traditionally, French secularism requires the state to be neutral and calls for respect for religions in the public space, in order to avoid the rise of religious intolerance.

    In modern times, however, it has become something far more extreme. The moderate secularism that prevailed as recently as the 1970s has been replaced with something more like a civil religion.

    It’s a belief system that has its own priests (government ministers), its pontiff (the president of the republic), its acolytes (intellectuals) and its heretics (anyone who calls for a less antagonistic attitude toward Islam is rejected and branded an “Islamo-leftist”).

    One of the defining features of this new secularism is the promotion of religious blasphemy — and, in particular, its extreme expression in the form of caricatures like those of Mohammed.

    This embrace was on full display following the murder of the teacher who showed cartoons of Mohammed in his classes, when many French intellectuals came out in praise of blasphemy and defended the government’s unequivocal defense of the right to free expression.

    They should have considered their words more carefully.

    In Western Europe the right to blaspheme is legally recognized. But it is one thing to protect the freedom to blaspheme and another to enthusiastically exhort blasphemy, as is the case in France.

    Blasphemy is a non-argumentative and sarcastic form of free speech. It should be used, at best, with moderation in a country where between 6 percent and 8 percent of the population is Muslim, most of whose parents or grandparents emigrated from French colonies in North Africa.

    Defenders of blasphemy invoke freedom of expression, but what blasphemy does, in fact, is trap France in a vicious cycle of reactivity to jihadist terror that makes it less free and less autonomous.

    The immoderate use of caricatures in name of the right to blaspheme ultimately undermines public debate: It stigmatizes and humiliates even the most moderate or secular Muslims, many of whom do not understand French secularists’ obsessive focus on Islam, the veil, daily prayers or Islamic teachings.

    The result is a harmful cycle: provocation, counter-provocation, and a society’s descent into hell. As French secularism has become radicalized, the number of jihadist attacks in the country has multiplied.

    French secularists claim to be fighting for freedom of expression. As they do so, innocent people are dying, Muslims around the world are rejecting French values and boycotting the country’s products, and French Muslims are facing restrictions on their freedom of expression in the name of thwarting Islamist propaganda.

    France is paying a heavy price for its fundamentalist secularism, both inside and outside its own borders.

    https://www.1news.info/european-news/france-s-dangerous-religion-of-secularism-798875

    #Farhad_Khosrokhavar #terrorisme #religion #sécularisme #blasphème #extrémisme #France #violence #minorité_marginalisée #radicalisme #radicalisation #Charlie_Hebdo #radicalisme_religieux #sécularisme_radical #religion_civile #islamo-gauchisme #caricatures #liberté_d'expression #débat_public #provocation #contre-provocation #sécularisme_fondamentaliste

    ping @karine4 @cede @isskein

    • « On a oublié le rôle de l’#humiliation dans l’Histoire », par #Olivier_Abel

      Pour le philosophe, « en sacralisant les #caricatures, nous sommes devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le #tragique ».

      Quel rapport entre les crimes abjects des djihadistes, le danger que représentent à certains égards les « réseaux sociaux » pour la démocratie et la civilité, la question de la liberté d’expression et du blasphème, le durcissement quasi-guerrier de la laïcité, les gilets jaunes, les majorités dangereuses qui ont porté Trump ou Erdogan au pouvoir, et qui poussent à nos portes ? Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre, nous ne savons et sentons plus ce que nous faisons. Je voudrais proposer ici une hypothèse.

      Nous avons globalement fait fausse route. Le drame des caricatures n’est que la partie visible d’un énorme problème. Nous nous sommes enfoncés dans le #déni de l’humiliation, de son importance, de sa gravité, de son existence même. Nous sommes sensibles aux #violences, comme aux #inégalités, mais insensibles à l’humiliation qui les empoisonne. Comme l’observait le philosophe israélien Avishaï Margalit, nous n’imaginons même pas ce que serait une société dont les institutions (police, préfectures, administrations, prisons, hôpitaux, écoles, etc.) seraient non-humiliantes. Dans l’état actuel de rétrécissement des ressources planétaires, on aura beaucoup de mal à faire une société plus juste, mais pourquoi déjà ne pas essayer une société moins humiliante ?

      Ni quantifiable, ni mesurable

      Il faut dire que l’humiliation est une notion – et une réalité - compliquée. L’#offense est subjective, et dépend au moins autant de ceux qui la reçoivent que de ceux qui l’émettent. Ce qui humiliera l’un laissera l’autre indifférent, et cela dépend même du moment où ça tombe. L’humiliation n’est pas quantifiable, mesurable, comme le sont les coups et blessures. D’où la tentation de dire que là où il n’y a pas de #dommage ni #préjudice il n’y a pas de #tort. Ce n’est pas une affaire de #droit mais seulement de #sentiment ou de #morale personnelle, donc circulez, il n’y a rien à dire.

      Et pourtant… Si les violences s’attaquent au #corps de l’autre, dans ses capacités et sa #vulnérabilité, l’humiliation fait encore pire : elle s’attaque au visage de l’autre, dans son #estime et son #respect_de_soi : elle le fait blanchir ou rougir, et souvent les deux en même temps.

      Car l’humiliation se présente de deux façons, en apparence contradictoires. Par un côté, elle porte atteinte à l’estime de soi, en faisant #honte à l’individu de son expression, de ce qu’il voudrait montrer et faire valoir, elle le rabroue et l’exclut du cercle de ceux qui sont autorisés à parler. Mais, par un autre côté, elle porte atteinte également au #respect et à la #pudeur, en dévoilant ce qui voulait se cacher, en forçant l’individu à montrer ce qui constitue sa réserve, en le surexposant au #regard_public, en lui interdisant de se retirer.

      L’humiliation s’attaque au sujet parlant. Les humains ne se nourrissent pas de pain et de cirques seulement, mais de #paroles_vives en vis-à-vis : ils n’existent qu’à se reconnaître mutuellement comme des sujets parlants, crédités comme tels, et reconnus dans leur crédibilité. L’humiliation fait taire le sujet parlant, elle lui fait honte de son expression, elle ruine sa confiance en soi.

      Quand le faible est trop faible

      Elle peut également atteindre des formes de vie, des minorités langagières, sexuelles, raciales, religieuses, sociales, etc. Il peut même arriver qu’une majorité endormie dans sa complaisance soit humiliée par une minorité active. Elle devient ce que j’appelais plus haut une majorité « dangereuse », pour elle-même et pour les autres.

      Une #parole_humiliée devient sujette à ces deux maladies du langage que sont la #dévalorisation ou la #survalorisation de soi. Ou, pour le dire autrement : la #dérision ou le #fanatisme. Commençons par la genèse du fanatisme. Simone Weil avait proposé d’expliquer les affaires humaines par cette loi : « on est toujours #barbares avec les faibles ». Il faudrait donc que nul ne soit laissé trop faible et sans aucun #contre-pouvoir, et que le plus fort soit suffisamment « déprotégé » pour rester sensible au faible, bon gagnant si je puis dire, et conscient qu’il ne sera pas toujours le plus fort.

      Mais quand le faible est trop faible pour infliger quelque tort que ce soit au plus fort, le pacte politique posé par Hobbes est rompu. Les faibles n’ont plus rien à perdre, ne sont plus tenus par le souci de la sécurité des biens et des corps, il ne leur reste que l’au-delà et ils basculent dans le #sacrifice_de_soi, dans une parole portée à la folie. Ici la #religion vient juste au dernier moment pour habiller, nommer, justifier cette mutation terrible.

      « C’est à l’humiliation que répond la #barbarie »

      La violence appelle la violence, dans un échange réciproque qui devrait rester à peu près proportionné, même si bien souvent la #violence s’exerce elle-même de manière humiliante, et nous ne savons pas ce que serait une violence vraiment non-humiliante. Avec l’humiliation cependant, le cercle des échanges devient vicieux, les retours sont longuement différés, comme sans rapport, et ils ont quelque chose de démesuré. Ils sont parallèles, mais en négatif, aux circuits de la #reconnaissance dont on sait qu’ils prennent du temps.

      C’est pourquoi les effets de l’humiliation sont si dévastateurs. Ils courent dans le temps, car les humiliés seront humiliants au centuple. Comme le remarquait #Ariane_Bazan, ils peuvent aller jusqu’à détruire méthodiquement toute scène de reconnaissance possible, toute réparation possible : la mère tuera tous ses enfants, comme le fait Médée rejetée par Jason. Lisant Euripide, elle concluait : « c’est à l’humiliation que répond la barbarie ». Les grandes tragédies sont des scènes de la reconnaissance non seulement manquée, mais écrabouillée.

      Pourquoi nos sociétés occidentales sont-elles collectivement aussi insensibles à l’humiliation ? Est-ce la différence avec ce qu’on a appelé les sociétés de honte, le Japon, le monde arabe ? Sans doute est-ce d’abord aujourd’hui parce que nous sommes une société managée par des unités de mesure quantifiable, la monnaie, l’audimat, et par une juridicisation qui ne reconnaît que les torts mesurables, compensables, sinon monnayables.

      Cette évolution a été accélérée par une #morale_libérale, qui est une #morale_minimale, où tout est permis si l’autre est consentant : or on n’a pas besoin du #consentement de l’autre pour afficher sa #liberté, tant que son expression n’est ni violente ni discriminante à l’égard des personnes, et ne porte aucun dommage objectif — les croyances n’existent pas, on peut en faire ce qu’on veut. Le facteur aggravant de l’humiliation, dans une société de réseaux, c’est la diffusion immédiate et sans écrans ralentisseurs des atteintes à la réputation : la #calomnie, la #moquerie, le #harcèlement.

      L’angle mort de notre civilisation

      Mais plus profondément encore, plus anciennement, notre insensibilité à l’humiliation est due à l’entrecroisement, dans nos sociétés, d’une morale stoïcienne de la #modestie, et d’une morale chrétienne de l’#humilité. Celle-ci, en rupture avec les religions de l’imperium, de la victoire, propose en modèle un divin abaissé et humilié dans l’ignominie du supplice de la croix, réservé aux esclaves. Le #stoïcisme est une sagesse dont la stratégie consiste à décomposer l’opinion d’autrui en des énoncés creux dont aucun ne saurait nous atteindre : l’esclave stoïcien n’est pas plus humiliable que l’empereur stoïcien.

      La dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est d’ailleurs héritière de ces deux traditions mêlées, quand il fait de l’expérience de l’esclavage une étape nécessaire sur le chemin de la liberté. Cette vertu d’humilité a paradoxalement creusé dans le monde de la chevalerie médiévale, puis dans la société française de cour, et finalement dans le dévouement de l’idéal scientifique, un sillon profond, qui est comme l’angle mort de notre civilisation.

      Et cet angle mort nous a empêchés de voir le rôle de l’humiliation dans l’histoire : c’est l’humiliation du Traité de Versailles qui prépare la venue d’Hitler au pouvoir, celle de la Russie ou de la Turquie qui y maintient Poutine et Erdogan, c’est la manipulation du sentiment d’humiliation qui a propulsé la figure de Trump. Et cette histoire n’est pas finie. Les manipulations machiavéliques des sentiments de peur et les politiques du #ressentiment n’ont jamais atteint, dans tous nos pays simultanément, un tel niveau de dangerosité. Les djihadistes ici jouent sur du velours, car à l’humiliation ancienne de la #colonisation militaire, économique, et culturelle, s’est ajoutée celle des #banlieues et du #chômage, et maintenant les caricatures du prophète, répétées à l’envi.

      #Fanatisme et #dérision

      Car la genèse de la dérision est non moins importante, et concomitante à celle du fanatisme. On a beaucoup entendu parler du #droit_de_blasphémer : curieuse expression, de la part de tous ceux (et j’en suis) qui ne croient pas au #blasphème ! Réclamer le droit de blasphémer, s’acharner à blasphémer, n’est-ce pas encore y croire, y attacher de l’importance ? N’est-ce pas comme les bandes iconoclastes de la Réforme ou de la Révolution qui saccagent les églises, dans une sorte de superstition anti-superstitieuse ?

      Tout le tragique de l’affaire tient justement au fait que ce qui est important pour les uns est négligeable pour les autres. Il faudrait que les uns apprennent à ne pas accorder tant d’importance à de telles #satires, et que les autres apprennent à mesurer l’importance de ce qu’ils font et disent. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le sentiment qu’il n’y a plus rien d’important, sauf le droit de dire que rien n’est important.

      Une société où tout est « cool » et « fun » est une société insensible à l’humiliation, immunisée à l’égard de tout scandale, puisqu’il n’y reste rien à transgresser, rien à profaner. Or la fonction du #scandale est vitale pour briser la complaisance d’une société à elle-même. Pire, lorsque l’ironiste adopte un point de vue en surplomb, pointant l’idiotie des autres, il interrompt toute possibilité de #conversation. On peut rire, mais encore faut-il que cela puisse relancer la conversation !

      Sacralisation des caricatures ?

      Le différend tient peut-être aussi au fait que nous ne disposons pas exactement des mêmes genres littéraires. #Salman_Rushdie et #Milan_Kundera observaient que le monde musulman a du mal à comprendre ce que c’est qu’un « roman », comme une forme littéraire typique d’une certaine époque européenne, et qui met en suspens le jugement moral. Nous aussi, nous avons un problème : on dirait parfois que le genre littéraire éminent qui fonde notre culture est la caricature, la dérision, le #comique.

      Ce qui est proprement caricatural, c’est que les caricatures, le #droit_de_rire, soient devenues notre seul sacré. Serions-nous devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le tragique ? N’avons-nous pas perdu aussi le sens de l’#épopée véritable (celle qui honore les ennemis), et le sens de quoi que ce soit qui nous dépasse nos gentilles libertés bien protégées ?

      Aujourd’hui, aux manipulations de la peur et de la xénophobie par les néonationalistes français, qui sacralisent la #laïcité comme si elle n’était plus le cadre neutre d’une #liberté_d’expression capable de cohabiter paisiblement avec celle des autres, mais la substance même de l’#identité française (une identité aussi moniste et exclusive que jadis l’était le catholicisme pour l’Action française), répond la manipulation cynique du sentiment d’humiliation des musulmans français par les prédicateurs-guerriers du djihadisme, qui n’ont de cesse d’instrumentaliser le ressentiment, dans le monde et en France.

      Liberté d’abjurer et laïcité réelle

      Aux organisations musulmanes françaises, nous dirons : demandez aux pays dominés par l’islam politique d’accorder à leurs minorités les mêmes libertés réelles qui sont celles des musulmans de France, et accordez solennellement à toutes les musulmanes et à tous les musulmans le droit d’abjurer, de se convertir, ou simplement de se marier en dehors de leur communauté.

      Aux néonationalistes, nous dirons : si la laïcité n’est plus que cette identité sacrée, c’est-à-dire le contraire de ce qu’elle a été dans l’histoire réelle (oui, enseignons d’abord l’histoire réelle dans son long cours, ses compromis complexes, et pas les histoires simplistes que nous nous racontons !), le #pacte_laïque sera rompu, et nous ferons sécession, il faudra tout recommencer, ensemble et avec les nouveaux venus.

      Car ce pacte est ce qui, au nom de notre histoire commune, et inachevée, autorise, au sens fort, la #reconnaissance_mutuelle. Il cherche à instituer un théâtre commun d’apparition qui fasse pleinement crédit à la parole des uns et des autres. C’est bien ce qui nous manque le plus aujourd’hui.

      https://www.nouvelobs.com/idees/20201122.OBS36427/on-a-oublie-le-role-de-l-humiliation-dans-l-histoire-par-olivier-abel.htm

  • Macron contre les médias américains
    By Ben Smith - Published Nov. 15, 2020 - Updated Nov. 16, 2020, 3:58 a.m. ET - The New York Times
    https://www.nytimes.com/fr/2020/11/15/business/media/macron-medias-americains-islam.html

    (...) Et M. Macron a son propre contexte politique : un combat désespéré contre un coronavirus en recrudescence, une économie affaiblie et une menace politique à sa droite. Il se désengage également d’une tentative précoce et infructueuse de rapprochement avec le président Trump. Il avait parlé avec le président élu Joseph R. Biden la veille de notre entretien.

    Je lui ai demandé si ses plaintes à l’encontre les médias américains n’étaient pas elles-mêmes un peu trumpiennes — des attaques hautement médiatisées au service d’un programme politique.

    M. Macron a répondu qu’il veut simplement que lui et son pays soient compris clairement. “Mon message est le suivant : Si vous avez des questions sur la France, appelez-moi”, a-t-il dit. (Accessoirement, il n’a jamais accordé d’interview au bureau parisien du New York Times, ce qui serait un bon début.)

    Il a rejeté la comparaison avec M. Trump. (...)

    • Cité dedans :

      Is France Fueling Muslim Terrorism by Trying to Prevent It ?
      #Vincent_Geisser, The New-York Times, le 31 octobre 2020
      https://www.nytimes.com/2020/10/31/opinion/france-terrorism-muslims.html?searchResultPosition=4

      MARSEILLE, France — Once again, terrorism strikes France — and once again, terrorism is exposing the country’s dangerous contradictions.

      First there was the murder of Samuel Paty, a history teacher who was decapitated near Paris on Oct. 16 by a young Chechen man after Mr. Paty showed students caricatures of the Prophet Muhammad in a class about freedom of expression. Then, on Thursday, three churchgoers were knifed and killed in the southern city of Nice. The prime suspect in that attack is a Tunisian man who later yelled “Allahu akbar” at police officers.

      Within days of Mr. Paty’s murder, the interior minister, Gérald Darmanin, announced a crackdown against people “who spread hate online.” BarakaCity, a humanitarian NGO that the government says “took pleasure in justifying terrorist acts,” has been dissolved. The government has threatened to ban Le Collectif contre l’islamophobie en France, a nonprofit organization that says it combats anti-Muslim racism: According to Mr. Darmanin, the C.C.I.F. is at work “against the Republic.”

      In addition to security and counterterrorism measures, the French government responded to Mr. Paty’s killing by vigorously reaffirming the right of free speech — including the right to satirize and blaspheme — as well as the central role of France’s version of secularism, known as laïcité, in all state institutions, especially public schools.

      In his homage to the teacher, President Emmanuel Macron said Mr. Paty had been killed for “embodying the French republic” and in his name vowed to “hold laïcité up high.”

      But the French government’s conception of radical Islamism also rests on a problematic assumption: namely that the principal cause of terrorism in France is the failure of French Muslims to fully endorse the country’s secular culture.

      In early October, before the recent killings, Mr. Macron had announced a new government plan, including an upcoming comprehensive bill, “to strengthen laïcité and consolidate republican principles” in order to combat what he calls “separatism.”

      The president’s notion of “separatism” seems to assume that a significant minority of Muslims are tempted to set themselves apart somehow from the rest of French society, perhaps by creating enclaves in disaffected suburbs or building Muslim ecosystems of sorts around Islamic schools, halal stores or mosques.

      But this diagnostic is questionable, and it risks being self-defeating: It, itself, may endanger social cohesion.

      One problem with this idea is that it implicitly treats Muslims as though they were a separate category of French people, and immature citizens who lag in their comprehension of secular republicanism.

      In fact, numerous studies and much statistical research, including by the Institut national des études démographiques (the National Institute of Demographic Studies), have long revealed that a majority of Muslims in France are well integrated culturally and socially (less so economically, partly because of job discrimination). The political scientist Bruno Etienne once called French Muslims “abnormally normal.”

      It may be that in the 1980s and 1990s some, perhaps even many, Muslims in France looked upon laïcité as a synonym for antireligiosity or institutionalized atheism. But that thinking has long since changed.

      Back in 2004, l’Union des organisations islamiques de France (the Union of Islamic Organizations in France), a major conservative Muslim group, stated, about a controversial new law banning “ostentatious” expressions of religion at school, “We would have liked for this law not to exist, but the law on laïcité is here and we will apply it.”

      Two-thirds of the Muslim respondents in a 2016 study by the right-leaning think tank Institut Montaigne said they believed that a secular state allowed for freedom of religious expression.

      In a study released last year, 70 percent of Muslim respondents said they felt that they could freely practice Islam in France. Some 41 percent also said they thought Islam should adapt in some respects to conform to laïcité — but 37 percent said they wished that laïcité were more flexible.

      When Muslims in France criticize laïcité today it isn’t the republican version of laïcité set out in a seminal 1905 law about the separation of church and state. That law aims to protect freedom of belief by requiring the French state and its institutions to remain absolutely neutral when it comes to religion: “The Republic neither recognizes nor employs nor subsidizes cults.”

      Muslims who take issue with laïcité typically do so against a more recent and more ideological interpretation of it that is sometimes brandished to blame Muslims for their failure to integrate, as well as other social ills. They feel and fear that this inherently liberal principle is increasingly becoming a cover for anti-Muslim racism, a concept distorted and deployed to make racism respectable.

      Jean Baubérot, a historian and expert in the sociology of religions, once warned: “Let us not use laïcité against Islam.”

      It is telling, for instance, that the far-right party of Marine Le Pen, le Rassemblement national, now casts itself as the last bastion of France’s republican values, including laïcité — even though some of the conservative Catholics among the party’s core members don’t much care for the notion. A universalist principle that once stood for progress has become a defensive partisan slogan.

      Mainstream political discourse in France also tends to chide French Muslims for failing to denounce Islamist radicalism vocally enough. But that accusation, too, only reflects a blind spot on the part of the political elite.

      In the course of my own research, I have found numerous examples of Muslim groups condemning terrorism. After attacks in early 2015, a leading federation of Muslim groups called on mosques to say a weekly prayer asking God “to preserve France.” Muslims routinely hold services to grieve for non-Muslim victims of Islamist terrorism — and, of course, Muslims, too, sometimes are among the victims. The imam of the city of Bordeaux has become a leading figure in efforts to prevent radicalization in France.

      The government’s concern about Muslim “separatism” also is problematic for conflating two distinct phenomena: Islamist terrorism, on the one hand, which does attack the symbols of the French nation and, on the other hand, Muslim communalism, which essentially is an expression of some Muslims’ identity as both French citizens and believers in Islam.

      Warning against the purported risk of separatism will not help mobilize French Muslims against radicalism or encourage their sense of belonging to the nation — just the opposite.

      If anything, it is the French government’s rhetoric that could end up convincing some Muslims that they are indeed different from other French people. The country’s leaders may well be accelerating the creation of precisely that which they fear: a distinct Muslim identity and community within France.

      Vincent Geisser is a political scientist with the French National Center for Scientific Research at Aix-Marseille University. This essay was translated from the French by The New York Times.

      #New-York_Times #Emmanuel_Macron #France #USA #Islamophobie #Musulmans #Terrorisme

    • #censure_macronesque quand même

      Après une série de plaintes de lecteurs et un appel furieux du bureau de M. Macron, le Financial Times a retiré l’article de son site internet — un événement sans précédent, dans les souvenirs de Kristina Eriksson, une porte-parole du quotidien. Le lendemain, le journal publiait une lettre de M. Macron qui attaquait l’article retiré du site.

      Pour avoir vu Balkany fin des années 90 remplacer à Levallois les lieux de réunion des jeunes (info Sida, concerts, pingpong, sorties et groupes de jeunes militants dans des associations citoyennes) par des salles de prière confiées à des imams, au grand dégoût des amis d’origine nord africaine qui œuvraient à un vivre ensemble (et ont fini par abandonner), ma théorie est que la fabrique de l’ennemi a toujours des adeptes aujourd’hui et que cette enflure de Macron a beau se draper dans des concepts républicains en faisant croire à une approche culturelle différente de celle des pays anglo saxons, il n’a surtout pas autant la main mise sur les journalistes étrangers et leur #liberté_d'expression ni la #liberté qu’il pense pouvoir s’arroger pour les faire taire. Lui même et son gouvernement participent du développement et à cette instrumentalisation raciste.

    • En France, le périmètre de la liberté d’expression, c’est celui de la version officielle. Des enfants de 9 ans ont appris que lors d’un débat sur la liberté d’expression à l’école, ne pas avoir une opinion conforme à la doctrine officielle se traduit par plusieurs heures de garde à vue.

      Je pense que là, on a tous bien compris.

  • In Macron’s France, Free Speech is Only for Some | Opinion
    Marco Perolini, Newsweek, le 13 novembre 2020
    https://www.newsweek.com/france-freedom-expression-1547310

    The French government is not the champion of free speech that it likes to think it is. In 2019, a court convicted two men for ’contempt’ after they burnt an effigy depicting President Macron during a peaceful protest. Parliament is currently discussing a new law that criminalizes the use of images of law enforcement officials on social media. It is hard to square this with the French authorities’ vigorous defence of the right to depict the Prophet Mohammed in cartoons.

    France’s record on freedom of expression in other areas is just as bleak. Thousands of people are convicted every year for “contempt of public officials”, a vaguely defined criminal offence that law enforcement and judicial authorities have applied in massive numbers to silence peaceful dissent. In June this year, the European Court of Human Rights found that the convictions of 11 activists in France for campaigning for a boycott of Israeli products violated their free speech.

    #Liberté_d'expression #France #racisme #islamophobie #criminalisation_des_militants #CEDH #boycott #BDS #Palestine

  • France, Des mesures inquiétantes prises suite au meurtre de Samuel Paty
    https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/mesures-inquietantes-prises-suite-meurtre-samuel-paty

    Amnesty International condamne avec fermeté les meurtres odieux de Samuel Paty, un enseignant, et de trois autres personnes à Nice dans une église et demande à ce que les coupables soient traduit en justice le plus rapidement possible. Pour autant, il est inquiétant que parmi les mesures prises par le gouvernement suite à ces attentats, certaines sont en contradiction avec les obligations internationales de la France en matière de respect des droits humains. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, un (...)

    #anti-terrorisme #religion #discrimination #surveillance #Islam #Amnesty #législation

    • Le droit à la liberté d’expression impose aux autorités non seulement de s’abstenir de se livrer à des discours stéréotypés et discriminatoires, mais leur impose également de jouer un rôle actif dans la lutte contre les stéréotypes et les préjugés. Tout en garantissant le droit de chaque personne de critiquer les religions, elles doivent aussi veiller à ce que, après ces meurtres, ni les personnes musulmanes ni les personnes réfugiées ne soient la cible de discours discriminatoires et de violences, et elles doivent garantir le droit de chaque personne d’exprimer sa religion ou ses convictions sans craindre de discrimination et de violence. Cependant, malgré cette obligation, ces 20 dernières années, les autorités françaises ont adopté des lois et des politiques qui restreignent le droit de porter des symboles ou des vêtements religieux ou culturels et qui ont été discriminatoires envers les personnes musulmanes et l’exercice de leurs droits à la liberté de religion et de conviction et à la liberté d’expression

      #liberté_d'expression

  • Le débat censuré
    Farhad Khosrokhavar > 5 novembre 2020
    https://orientxxi.info/magazine/le-debat-censure,4262

    Le 29 octobre 2020, j’ai été contacté par une journaliste de Politico qui m’a demandé de faire un article sur la laïcité et le débat autour d’elle en anglais. Le 30 octobre je le lui ai envoyé, dans la limite des mots qu’elle m’avait assignée. Le 31 octobre elle m’a signalé que l’article avait paru et m’a donné ses coordonnées sur la Toile.

    Quelques jours après, des amis m’ont signalé que l’article avait disparu. Peu après, Politico a mis un mot sur son site, sans me prévenir, disant que l’article ne satisfaisait pas à leurs standards et qu’on l’avait donc supprimé. Tout cela dans le mépris total pour l’auteur que l’on n’a pas du tout informé, le mettant ainsi devant un fait accompli d’une manière qui n’est autre qu’une censure pure et simple. J’ai contacté ladite journaliste, mais elle ne m’a pas répondu. Bref, silence de mort.

    Le 1er novembre, j’ai reçu le courriel d’un chercheur de l’université de Leyde, m’éclairant, dans un article critique, sur les raisons du retrait de mon article par Politico sous la pression des intellectuels français qui se réclament du droit à la libre expression au sujet du blasphème, notamment par des caricatures. Les mêmes, apparemment lorsqu’il faut interdire la parole aux autres, n’hésitent pas à intervenir, faisant ainsi du « deux poids deux mesures » un standard dans leur appréciation de la liberté. Quant à Politico, son directeur en a été le complice actif, puisque c’est lui qui a donné son feu vert, exerçant de la censure au mépris du droit de l’auteur que son magazine avait pourtant accepté de publier, sur sa propre demande d’article. Voilà la triste affaire, qui aurait pu se terminer autrement : les individus indignés auraient pu riposter en mettant en avant leur argument, mais ils ne l’ont pas fait. Et pour aller au bout de la bassesse, le site Politico vient de publier un article de Gabriel Attal,, porte-parole du gouvernement qui répond à mon article dépublié ! (...)

    #liberté_d'expression

    • Sacrées caricatures !
      Tom Theuns > 5 novembre 2020
      https://orientxxi.info/magazine/sacrees-caricatures,4264

      Samedi 31 octobre, Farhad Khosrokavar, professeur de sociologie à la retraite de la prestigieuse École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) a publié un article d’opinion dans Politico Europe intitulé « La dangereuse religion française de la laïcité ». L’article a immédiatement suscité une tempête, avec des journalistes connus comme Caroline Fourest, Bojan Pancevski, David Harsanyi, Noam Blum, Ian Dunt et même Florian Eder, de Politico Europe, qui ont exprimé leur horreur.

      Le lendemain, Stephen Brown, le rédacteur en chef, a retiré l’article, déclarant qu’il « ne répond pas à nos normes éditoriales ». Bien que, comme je vais le préciser, je ne sois pas d’accord avec l’article, j’ai du mal à imaginer quelles normes il a enfreintes.(...)

  • Lettre aux professeurs d’histoire-géographie
    https://laviedesidees.fr/Lettre-aux-professeurs-d-histoire-geo-Heran.html

    Comment enseigner la #liberté_d'expression ? Par son #Histoire, propose François Héran, moins républicaine qu’on ne croit et plus respectueuse des croyances. Au lieu d’en faire un absolu, il est temps d’observer que ses conditions d’exercice se déploient dans un temps et un espace déterminés.

    #Société #religion #éducation #laïcité
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201030_heran__caricatures-5.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201030_heran__caricatures-5.docx

  • Blanche Gardin : Indignation après une blague sur Samuel Paty | CNEWS
    https://www.cnews.fr/culture/2020-11-03/blanche-gardin-indignation-apres-une-blague-sur-samuel-paty-1014076

    Blanche Gardin a-t-elle voulu tester les limites de la liberté d’expression, et/ou prouver qu’on pouvait rire de tout, même des sujets les plus tragiques ? Une question que de nombreux internautes ont tranché, certains en faisant part de leur indignation (dont plusieurs de ses fans), d’autres rappelant justement le principe de la liberté d’expression.

    La blague en question ? Blanche Gardin a écrit : « Samuel Paty, il ressemblait étrangement à Xavier Dupont de ligonès, nan ? ».

    • Même sur la notion de liberté d’expression, visiblement il y a de grosses lacunes : on peut parfaitement détester la blague de B.G, de la même façon que j’ai le droit de parfaitement détester les dessins islamophobes publiés dans Charlie, sans que cela soit, le moins du monde, une atteinte à leur liberté d’expression. J’ai également parfaitement le droit de ne plus consommer les produits de ces personnes (de la même façon que j’ai définitivement cessé d’acheter Charlie grâce à Philippe Val), et de faire savoir que je cesserai de consommer leurs produits, ou même d’appeler autrui à ne plus consommer leurs produits, sans que cela soit une entrave à leur liberté d’expression. C’est même la marque de ma propre liberté d’expression.

      Exprimer le fait qu’on est choqué, ou dégoûté, par une blague de mauvais goût, ce n’est pas une question de liberté d’expression.

    • Elle a pas fini d’en indigner plus d’un ! C’est aussi ça l’humour, on aime ou on n’aime pas. Moi j’aime pas le dernier film de Delépine/Kervern. Je l’aime pas sans l’avoir vu, mon beau-frère me l’a fortement déconseillé. Ce qui m’indigne c’est que CNews soit indigné par une blague de B.Gardin, « Non mais franchement » comme dirait sarko. Et bien bien sur c’est la curée :
      Non Stop People - Blanche Gardin : sa blague sur Samuel Paty provoque la colère des internautes lefigaro.fr
      Blanche Gardin fait polémique avec sa blague sur Samuel Paty
      femmeactuelle.fr/
      Blanche Gardin : contre son avis, son ex-mari se confie sur leurs gros problèmes d’argent voici.fr
      Voici n’est pas à la page
      Blanche Gardin a fait une blague sur Samuel Paty... et a provoqué la stupeur de certains internautes, qui ont jugé sa boutade déplacée et choquante. journaldesfemmes.fr
      Qu’es-ce-qu’on s’en branle, Xavier Dupont de ligonès et Samuel Paty sont pati maintenant !

    • Et moi qui croyais que dorévavant, on adorait tous l’humour subtile à la Charlie : mars 2016, « Papa où t’es ? » : la famille de Stromae et les Belges répondent à Charlie-Hebdo
      https://www.ladepeche.fr/article/2016/03/31/2315402-papa-es-famille-stromae-belges-repondent-charlie-hebdo.html

      Charlie-Hebdo est-il allé trop loin ? La famille de Stromae a témoigné de sa colère devant la Une du magazine satirique du 30 mars, où l’on peut voir le chanteur demander « Papa où t’es ? », clin d’œil à son célèbre titre. Autour de lui, des bras et des jambes coupés répondent « Ici », « Là », « Et là aussi ».

      Selon le média belge Het Nieuwsblad, les proches de l’artiste n’ont pas du tout apprécié la plaisanterie. En effet, le père de Stromae est mort tué à la machette et découpé en morceaux par des miliciens hutus, lors du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994…

  • Hommage à Samuel Paty dans les écoles : « les dérapages seront remontés au parquet », affirme l’académie de Paris
    Lundi 2 novembre 2020
    https://www.francebleu.fr/infos/education/hommage-a-samuel-paty-dans-les-ecoles-les-derapages-seront-remontes-au-pa

    A 11h, une minute de silence sera observée dans tous les établissements scolaires de France. « Si des dérapages ont lieu, nous ne laisserons pas passer les choses », insiste Antoine Destrés, le directeur de l’académie de Paris. Des remontées seront faites « au rectorat et au parquet ». (...)

    #liberté_d'expression

  • Lettre aux professeurs d’histoire-géographie
    https://laviedesidees.fr/Lettre-aux-professeurs-d-histoire-geographie.html

    Comment enseigner la #liberté_d'expression ? Par son #Histoire, propose François Héran, moins républicaine qu’on ne croit et plus respectueuse des croyances. Au lieu d’en faire un absolu, il est temps d’observer que ses conditions d’exercice se déploient dans un temps et un espace déterminés.

    #Société #religion #éducation #laïcité
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201030_heran__caricatures-3.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201030_heran__caricatures-3.docx

  • Exécution sommaire du suspect : nouvelle norme en matière de terrorisme ?
    19 oct. 2020 Par HorsLesMurs | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/horslesmurs/blog/191020/execution-sommaire-du-suspect-nouvelle-norme-en-matiere-de-terrorism

    L’exécution du jeune Tchéchène était facilement évitable. Malgré la dérive évidente que cette exécution sommaire symbolise, personne ou presque ne semble se préoccuper du mode opératoire des forces de l’ordre.

    [EDIT 20/10] Suite à la large diffusion de ce billet de blog sur Twitter, il semble judicieux de mettre en perspective, commenter et même amender en partie le texte qui suit. (...)

  • Des parlementaires européens se mobilisent pour les prisonniers d’opinion en Egypte
    Hélène Sallon, Le Monde, le 21 octobre 2020
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/21/des-parlementaires-europeens-se-mobilisent-pour-les-prisonniers-d-opinion-en

    La mobilisation parlementaire s’intensifie en Europe et aux Etats-Unis autour des prisonniers de conscience en Egypte. Dans une lettre ouverte rendue publique mercredi 21 octobre, 222 députés européens exhortent le président Abdel Fattah Al-Sissi à libérer tous les opposants politiques, défenseurs des droits humains et voix critiques, détenus arbitrairement dans les geôles égyptiennes, avec des risques sanitaires aggravés par la pandémie de Covid-19. Lundi, une lettre similaire avait été adressée au président égyptien par 56 membres du Congrès américain. « Le ton se durcit du fait de l’autisme des autorités égyptiennes face aux critiques répétées contre les violations des droits de l’homme et les attaques contre les opposants politiques », commente l’eurodéputé Vert Mounir Satouri.

    « Depuis son accession au pouvoir [en 2014], le président Sissi a criminalisé toute organisation et expression politique. L’Union européenne a continué à soutenir l’Egypte, même financièrement, comme si la question des droits de l’homme n’existait pas. Or, ce qui se joue, ce sont aussi nos valeurs et notre Etat de droit », poursuit l’eurodéputé français, rapporteur spécial sur l’Egypte auprès de la commission des affaires étrangères du Parlement européen. En octobre 2019, Bruxelles avait déjà épinglé Le Caire pour la détérioration significative de la situation des droits de l’homme et appelé à une « révision en profondeur » des relations européennes avec l’Egypte. Des milliers de prisonniers d’opinion y croupissent en prison, passant souvent plus de deux ans en détention provisoire.

    Situation critique

    Alors que la répression s’est amplifiée, 82 eurodéputés ont signé cette lettre, aux côtés de parlementaires de sept pays européens, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, alliées stratégiques du Caire. En France, 80 signataires – dont 66 députés, pour moitié issus de la majorité présidentielle – se sont joints à l’appel. « Il aurait pu y avoir un tournant dans le contexte Covid, mais l’Egypte n’a pas saisi cette occasion de relâcher des personnes qui vivent dans de mauvaises conditions sanitaires et qui sont en détention administrative », déplore la députée LRM Mireille Clapot, membre de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale.

    Sensibilisés par le cas du militant politique Ramy Shaath, arrêté en juillet 2019 et dont l’épouse française, Céline Lebrun-Shaath, a été expulsée d’Egypte, une dizaine de parlementaires avait manifesté en décembre 2019 en faveur des défenseurs des droits humains incarcérés. Et en janvier, 66 députés et eurodéputés français avaient signé une tribune dans Le Monde pour demander leur libération. Aujourd’hui, les signataires de la lettre ouverte réitèrent l’appel à relâcher tous les prisonniers d’opinion, dont une vingtaine sont nommés. « L’extrême surpopulation et le manque d’accès aux soins médicaux dans les lieux de détention et prisons ont créé une situation dramatique, et des informations sur des cas de Covid-19 parmi le personnel carcéral ont émergé », soulignent-ils.

    La pandémie de Covid-19, qui a fait 6 142 morts en Egypte selon les chiffres officiels, a rendu la situation critique. Les signataires déplorent le refus des autorités de procéder à des libérations exceptionnelles, recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, et les restrictions supplémentaires imposées à la population carcérale et à leurs familles : de mars à août, les prisonniers ont été privés de contacts avec leurs proches. Céline Lebrun-Shaath a ainsi eu droit à deux appels téléphoniques mais n’a toujours pas été autorisée à rendre visite à son époux, malgré la pression de Paris. « La forte mobilisation des parlementaires est réconfortante, dit-elle cependant. On espère que les autorités égyptiennes entendent cet appel. » Au moins un décès des suites de l’exposition au SARS-CoV-2 en détention a par ailleurs été confirmé, celui du journaliste Mohamed Mounir.

    Nouvelle vague d’arrestations

    Les parlementaires exhortent aussi Le Caire à faire cesser les représailles à l’encontre des défenseurs des droits humains plaidant leur cause, comme Bahey Eldin Hassan. Exilé en France depuis 2014, le directeur de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme a été condamné, en août, à quinze ans de prison ferme par contumace pour ses prises de position en faveur des droits humains. « De plus en plus de prisonniers d’opinion sont poursuivis sur de fausses accusations de terrorisme, comme les médecins qui ont critiqué la gestion du Covid-19 par les autorités égyptiennes », alerte-t-il.

    Depuis le 20 septembre, une nouvelle vague d’arrestations – plus de 900, selon la Commission égyptienne pour les droits et les libertés – vise ceux qui ont défié le pouvoir lors de manifestations contre la dégradation de la situation socio-économique et pour marquer l’anniversaire d’une mobilisation anti-Sissi qui avait déjà déclenché, en 2019, plus de 4 000 interpellations.

    « L’accumulation des pressions des pays partenaires, qui font levier sur l’Egypte, donnera un jour des résultats », est convaincu Bahey Eldin Hassan. La dégradation de la situation socio-économique met à mal, à ses yeux, l’argument avancé par le président Sissi auprès de l’Europe et des Etats-Unis d’être « le garant de la stabilité de l’Egypte et en conséquence de l’Union européenne, en agitant la menace des migrants ».

    Alors que les députés européens appellent à un discours de fermeté vis-à-vis de l’Egypte, la mobilisation des membres du Congrès américain – 55 démocrates et le sénateur indépendant Bernie Sanders – sonne comme un avertissement : la relation avec l’Egypte, qui reçoit une aide militaire annuelle de 1,3 milliard de dollars (soit 1,1 milliard d’euros), pourrait être réévaluée à l’aune du respect des droits humains.

    #Ramy_Shaath #prison #Égypte #liberté_d'expression #parlementaires #USA #Europe

  • La répression israélienne s’en prend aussi à la Science et à la Culture palestiniennes, pour effacer toute trace d’une créativité et d’une vitalité palestinienne...

    De la science à la musique classique, Israël resserre son contrôle de la culture palestinienne
    Robert Swift, +972, le 26 août 2020
    https://www.aurdip.org/de-la-science-a-la-musique.html

    #Palestine #Science #Culture #Répression #Prison #BDS #Boycott_culturel #Boycott_universitaire #Censure #Liberté_d'expression #Ethnocide #justice #injustice

  • Jordan releases cartoonist held over UAE drawing
    August 30, 2020 at 2:43 pm – Middle East Monitor
    https://www.middleeastmonitor.com/20200830-jordan-releases-cartoonist-held-over-uae-drawing

    Jordan on Sunday decided to release a cartoonist held for drawing a cartoon mocking a recent deal to normalize relations between the United Arab Emirates (UAE) and Israel, Anadolu reports.

    Emad Hajjaj was arrested by Jordanian police on charges of insulting an Arab country after he drew a caricature that mocks UAE Crown Prince Mohammed bin Zayed Al Nahyan, as Israel refused to allow the UAE to buy F-35 warplanes from the US despite Abu Dhabi’s normalization deal with Tel Aviv.
    #Jordanie #IsraelEAU
    “The Judiciary has ordered Hajjaj’s release,” his lawyer Marwan Salem told Anadolu Agency.

    The lawyer, however, did not give any further details, and there was no comment from Jordanian authorities on the report.

    On Friday, Human Rights Watch (HRW) called on the Jordanian authorities to immediately release Hajjaj and to drop the charges against him.

    On Aug. 13, the UAE and Israel announced a US-brokered agreement to normalize their relations, including opening embassies in each other’s territory.

    Palestinian groups, including the Palestinian Authority, have denounced the UAE-Israel deal, saying it does not serve the Palestinian cause and ignores the rights of Palestinians.

  • Un article que j’avais raté sur Rajsfus :

    Quand Rajsfus défendait le groupe de rap La Rumeur
    Juliette Gramaglia, Arrêt sur Images, le 16 juin 2020
    https://www.arretsurimages.net/articles/quand-rajsfus-defendait-le-groupe-de-rap-la-rumeur

    En 2007, la journaliste Stéphanie Binet, qui faisait le portrait du groupe, racontait :" "Lors de la première audience qui a lieu à l’automne 2004, Hamé refuse la « petite » stratégie de défense de sa maison de disques de l’époque, EMI, qui invoque la liberté d’expression. Lui veut assumer la dimension politique de l’affaire, prouver que ses écrits sont fondés"". Et c’est là que Rajsfus, aux côtés d’autres intellectuels, entre en jeu.

    La plainte vise en réalité trois extraits précis du texte : ""Les rapports du ministre de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété"" ; ""La justice pour les jeunes assassinés par la police disparaît sous le colosse slogan médiatique « Touche pas à mon pote »"" (une citation de bas de page tronquée, ndlr) ; et :" "La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers, c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières"."

    Jean-Pierre Garnier, sociologue et urbaniste, a lui aussi été appelé à la barre de ce procès, pour l’appel de 2008, pendant lequel Rajsfus témoigne également (le dernier avant le jugement final de la Cour de cassation en 2010). """"Un moment fort est resté dans ma mémoire," raconte-t-il aujourd’hui. "Celui où le juge qui présidait le tribunal, pourtant assez bienveillant vis-à-vis de nos arguments pour défendre Hamé, a interdit à Maurice Rajsfus d’user du mot « rafle » pour qualifier certaines pratiques répressives de nos « forces de l’ordre » sur les territoires de banlieue : « Ce terme est excessif et inadapté, il ne peut être appliqué à l’action de notre police républicaine », s’était écrié le magistrat. Ce à quoi M. Rajsfus avait répliqué : « Peut-être, Mr. Le Président, suis-je plus qualifié que vous pour juger de la pertinence du mot rafle », tout en sortant calmement l’étoile jaune qu’il avait été obligé de porter, comme ses ""parents (exterminés à Auschwitz), durant l’Occupation"". Au téléphone, il raconte : ""D’un coup, il y a eu un silence de plomb dans la salle, remplie aux deux tiers de flics et un tiers de jeunes.""

    #Maurice_Rajsfus #La_Rumeur #violences_policières #liberté_d'expression #Musique_et_politique #Musique #Rap

  • #Ramy_Shaath est en #prison en #Égypte depuis un an, uniquement pour avoir exercé son droit à la #liberté_d'expression et à l’activité militante, enfermé dans une cellule surpeuplée, sans soins médicaux.

    Ramy est considéré comme un prisonnier d’opinion par Amnesty International, détenu avec d’autres militants, journalistes, avocats, etc., tous emprisonnés pour leur activité politique légitime.

    Ils et elles demandent la libération de Ramy Shaath et des prisonniers d’opinion en Égypte :
    https://www.youtube.com/watch?v=VSyNdPhonXA

    Annemarie Jacir - Réalisatrice
    Brian Eno - Musicien
    Danny Glover - Acteur et réalisateur
    George Smith - Prix Nobel de Chimie
    Hafidha Chekir - Vice-présidente de la FIDH
    Ivar Ekeland - Economiste et mathématicien
    Mike Leigh - Réalisateur
    Molly Crabapple - Artiste
    Nai Barghouti - Musicienne
    Noam Chomsky - Philosophe
    Peter Gabriel - Musicien
    Rafeef Ziadah - Poète
    Richard Falk - Ancien Rapporteur Spécial des Nations Unies
    Roger Waters - Musicien
    Thurston Moore - Musicien
    V (anciennement Eve Ensler) - Dramaturge

  • Parole et sens du juste en #Chine
    https://laviedesidees.fr/Parole-et-sens-du-juste-en-Chine.html

    On parle politique aussi dans les régimes autoritaires, selon Isabelle Thireau : les citoyens y expriment des attentes, évaluent la légitimité des décisions, des politiques publiques et des dirigeants. Ils contribuent à la compréhension de l’acceptable et du bon gouvernement.

    #International #démocratie #liberté_d'expression #Entretiens_écrits #dictature
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200612_thireau.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200612_thireau.pdf

  • VICTOIRE DE LA CAMPAGNE BDS SUR LE BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS : LA FRANCE CONDAMNEE PAR LA CEDH
    La Campagne BDS France, le 11 juin 2020
    https://www.bdsfrance.org/victoire-de-la-campagne-bds-sur-le-boycott-des-produits-israeliens-la-fra

    Condamnation des autorités françaises : selon la CEDH, l’appel au boycott des produits israéliens est protégé par la liberté d’expression.

    La campagne BDS France se réjouit de l’arrêt de la Cour européenne des droits humains (affaire Baldassi et autres c. France, requêtes n°15271/16 et autres) rendu le 11 juin 2020 qui condamne la France pour avoir violé le droit à la liberté d’expression de militant-e-s associatif-ve ayant appelé au boycott de produits israéliens dans des magasins.

    L’article 10 protège la liberté d’expression, qui peut être restreinte à certaines conditions. Les militant-e-s BDS affirmaient que ces conditions n’étaient pas remplies et que leur liberté d’expression avait été bafouée par la France. A l’unanimité, la CEDH dit que la France a violé l’article 10 de la Convention.

    La France est donc condamnée pour violation de l’article 10 de la CEDH (qui protège la liberté d’expression) : elle doit verser dans les trois mois 7 380 euros personnellement à chaque militant et 20 000 euros en plus à eux tous en commun.

    La campagne BDS France relève également que la Cour a bien pris en compte les spécificités des appels au boycott des produits israéliens lancés par les militant-e-s associatif-ve-s engagé-e-s contre l’apartheid israélien. L’arrêt énonce que « les propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’État d’Israël et de la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale » (§78).

    Ces propos relèvent de la liberté d’expression dans un régime démocratique et sont ainsi protégés. L’appel au boycott des produits d’un régime d’apartheid est bien un droit pour les mouvements mobilisés en faveur du respect du droit international, droit qui avait été exercé par les mouvements pacifiques qui ont lutté en Inde, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud contre le colonialisme et la discrimination.

    L’arrêt de la Cour européenne des droits humains prouve, comme nous l’avons toujours dit, que les autorités françaises ont eu tort de vouloir criminaliser un mouvement non violent et responsable comme le nôtre, qui, tout en condamnant toute forme de racisme dont l’antisémitisme, réclame des mesures de boycott contre le régime israélien, ses entreprises et ses institutions, tant que cet Etat ne respecte pas le droit international. Cet arrêt met en lumière le caractère faux et malhonnête des tentatives de diffamation menées contre la campagne BDS, tentatives visant à museler celles et ceux qui demandent à agir contre l’apartheid israélien.

    Conséquemment à l’arrêt de la CEDH, nous demandons aux autorités françaises d’abroger immédiatement les circulaires Alliot-Marie et Mercier afin de reconnaître la légalité et la légitimité de nos modes d’actions non violents et d’entamer un dialogue avec nous afin de contribuer ensemble à exercer une pression sur l’Etat d’Israël en vue d’obtenir que le droit international soit respecté.

    Nous invitons les entreprises françaises à désinvestir d’Israël et aux institutions françaises à cesser toute collaboration avec les institutions publiques israéliennes.

    Nous sommes déterminé-e-s à continuer les actions de boycott des produits israéliens et des entreprises internationales complices de l’apartheid israélien. Nous réclamons également un boycott des universités et des institutions israéliennes complices, ainsi que des manifestations culturelles et sportives faisant la promotion de l’apartheid israélien.

    Israël, pays de l’apartheid, ne pourra pas indéfiniment empêcher la justice et la liberté pour le peuple palestinien de triompher !

    Nous invitons tou-te-s les citoyen-ne-s de bonne volonté et toutes les mouvements attachés au respect des droits humains et de la légalité internationale à rejoindre la campagne BDS. Notre mobilisation est plus que jamais légitime et indispensable au moment où les autorités israéliennes envisagent, en violation du droit international, d’annexer une partie de la Cisjordanie, poursuivant ainsi la dépossession du peuple autochtone palestinien, entérinée par le plan Trump.

    BDS pour la justice, la dignité et l’égalité !

    #France #BDS #Boycott #Palestine #Justice #Criminalisation_des_militants #Liberté_d'expression #CEDH #Cour_européenne_des_droits_humains

  • Des militants du mouvement social dénoncent « une épidémie de répression antisyndicale et autoritaire »
    https://www.bastamag.net/reforme-retraite-repression-judiciaire-syndicale-action-blocage-etat-urgen

    Si la réforme des #Retraites a été suspendue, ce n’est pas le cas des poursuites judiciaires engagées à l’encontre de militants suite à des actions de blocages et des rassemblements. Depuis la fin du confinement, les convocations au commissariat se multiplient. Les convocations au commissariat ont repris immédiatement après la fin du confinement. Plusieurs militants engagés contre le projet de réforme des retraites, à Nancy, en font les frais. Poursuivies pour des faits « d’entrave concertée et avec (...) #Résister

    / #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Justice, Retraites

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/communique_de_presse_-_soutien_a_ste_phane_thobie-1.pdf