• Cauchemar total : la censure politique des contenus obligatoire, automatisée et déléguée aux GAFAM...
      Ou, comme d’habitude, sous couvert de lutte contre le terrorisme on rogne en toute impunité la liberté d’expression

      Dans sa version initiale, ce projet de règlement antiterroriste tient en quelques articles :
      L’article 4 prévoit une obligation pour tout fournisseur de service Internet (hébergeurs web, fournisseurs de messagerie, etc.), quelle que soit sa taille ou son fonctionnement (il ne s’agit pas seulement des grosses plateformes), de retirer dans un délai d’une heure les contenus signalés par les autorités, sous peine d’importantes sanctions financières.
      L’article 5 permet également à ces mêmes autorités d’imposer une telle censure non sur la base du droit national applicable (par exemple, en France, le décret Cazeneuve de février 2015 sur la censure administrative d’Internet), mais sur la base des conditions d’utilisation des plateformes. Les polices européennes pourront donc, comme le fait déjà le ministère de l’intérieur français ou Europol, signaler des contenus haineux ou terroristes pour exiger leur censure, sur la base du droit privé.
      L’article 6 impose enfin aux hébergeurs d’adopter des mesures « proactives » pour lutter contre la propagande terroriste (article 6). Comme dans la directive copyright, il s’agit en réalité de déployer des filtres informatiques scannant l’ensemble des contenus mis en ligne par les utilisateurs d’un service pour bloquer ceux correspondants à certains critères arrêtés par ces firmes. Une forme de censure préalable, mise en œuvre par des acteurs privés via des outils automatiques qui pourront être paramétrés en partenariat avec les États.

      Le texte du projet : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM:2018:0640:FIN

      #censure #liberté_expression #machine_learning


  • Pourquoi la levée de l’anonymat sur Internet ne mettra pas fin aux délits en ligne
    https://www.marianne.net/societe/pourquoi-la-levee-de-l-anonymat-sur-internet-ne-mettra-pas-fin-aux-delits-

    Un anonymat déjà très relatif

    Le levée de l’anonymat, une mesure miracle ? Renseignements pris, pas si sûr. Dans les faits, il s’agit déjà d’une notion très relative sur internet. Hormis quelques hackeurs insaisissables, l’immense majorité des internautes, qui sèment des petits cailloux à longueur de navigation, sont déjà traçables sur internet et peuvent être retrouvés, à condition de s’en donner les moyens. « Les gens qui le veulent peuvent se rendre plus difficilement traçable sur internet, mais ce n’est pas pour tout le monde, ce n’est pas à la portée du petit apprenti djihadiste », nous confirme Stéphane Bortzmeyer, ingénieur en réseaux informatiques. Ne laisser aucune emprunte en ligne relève, selon ce militant des libertés sur internet, de la gageure. « L’anonymat sur internet, ça revient au mode de pensée d’un espion en territoire ennemi, à la moindre erreur, vous êtes démasqué. Ça demande une mentalité paranoïaque. »

    Anonymat = violence ? Une idée reçue

    Hélas, allouer des moyens supplémentaires pour permettre à la police de retrouver les délinquants du web, et aux tribunaux de les condamner, n’aurait rien d’une solution miracle mettant fin à la haine sur la toile. En effet, le secret de l’identité civile sur internet ne semble pas corrélé avec le fait d’être plus ou moins violent en ligne. “Ce n’est pas le pseudo qui va faire le comportement déviant”, insiste Lucile Merra. “Ces comportements violents préexistent à Internet. (…) Cela relève d’un comportement malsain de certains individus au sein de leur environnement social.”

    Une étude de juin 2016, publiée par équipe de chercheurs de l’Université de Zurich, tend à montrer que dans le contexte d’une polémique en ligne, l’anonymat ne démultiplie pas systématiquement l’agressivité des internautes. Au contraire, sur les 532197 commentaires analysés, tous postés sur une plateforme de pétitions en ligne allemande entre 2010 et 2013, les internautes écrivant sous leurs véritables identités étaient plus agressifs que ceux recourant à l’anonymat. La même année, une étude de l’université d’Etat du Michigan a également montré que, selon les données compilées dans 16 études scientifiques sur la question, les individus “sont en fait plus sensibles aux normes collectives d’un groupe lorsqu’ils sont moins identifiables par les autres membres de ce groupe”.

    L’idée selon laquelle le fait de se cacher derrière un avatar confèrerait aux internautes un sentiment d’impunité, qu’ils se penseraient alors invulnérables et profiteraient de la situation pour se livrer à un certain nombre de dérives, tiendrait ainsi de l’idée reçue. “Le sentiment d’impunité tient plus à qui vous êtes et d’où vous parlez qu’au fait que vous le fassiez sous pseudonyme. Un homme blanc éduqué pourra par exemple se sentir davantage autorisé à tenir certains propos”, avance Stéphanie Wojcik, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil. Tristan Nitot, auteur du livre Surveillance, les libertés au défi du numérique, abonde en ce sens : “Le discours de haine ou le harcèlement surviennent quand ils sont considérés comme socialement acceptables, voire fédérateurs, au sein d’un groupe qui partage les mêmes opinions.” Le vice-président du moteur de recherche français Qwant pointe en outre une “inconscience” des internautes. « Je pense que le premier facteur du sentiment d’impunité, c’est le rapport au numérique, perçu à tort comme un domaine “virtuel”, plutôt que le fait de porter un pseudonyme », explique-t-il. “Dans un café, je suis inconnu, anonyme, et pourtant je ne tiens pas de discours haineux. A l’inverse, les membres de la Ligue du LOL ne portaient pas de pseudonyme pour la plupart.”

    Une voie royale pour les Gafam

    Cependant, donner voix au chapitre aux géants du web sur ces questions, notamment en leur fournissant davantage d’éléments concernant l’identité de leurs utilisateurs, ne va pas sans de vives inquiétudes. Stéphane Bortzmeyer s’alarme du pouvoir exorbitant qui serait entre les mains de ces structures : « Les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ont déjà trop d’informations, et on veut en faire les auxiliaires privés de l’Etat dans le contrôle des identités en ligne ! L’obsession du contrôle de l’internet mène à oublier à quel genre de sociétés on veut confier notre surveillance. On ne peut pas reprocher à Facebook de collaborer avec le gouvernement chinois pour contrôler qui fait quoi, si on fait la même chose chez nous. »

    Pour ces raisons, la « levée progressive de toute forme d’anonymat », tel qu’Emmanuel Macron l’avait initialement envisagé, a de quoi faire frémir quant aux rôles de ces entreprises privées, expose Tristan Nitot. « Aujourd’hui, sur Facebook, de nombreuses personnes se sont exprimées sur les gilets jaunes. Chacune a été identifiée, ça se fait automatiquement, par des robots qui analysent les données et des algorithmes de deep learning. Le métier de Google, c’est de tout savoir sur vous. Facebook ou Google sont conçus, structurellement, pour offrir un ciblage très fin à des annonceurs, c’est leur modèle commercial. Que vous ayez un pseudonyme ou non, on pourra vous cibler sur internet. Or, la question des identités appartient à l’Etat, pas aux entreprises. »

    Si le projet de loi qui sera présenté en mai prochain n’est que la première étape de cette « levée progressive » de l’anonymat, le poids des Gafam ne sera que l’un des problèmes qui se posera aux citoyens. Ne plus pouvoir se cacher sous un pseudonyme est loin d’aller soi en matière de liberté d’expression. « Si on va vers l’interdiction de l’anonymat, on va vers beaucoup plus de discrimination, avec des gens au statut social particulier - policiers, professeurs, hauts fonctionnaires ou anciens détenus - médiatisés ou non, qui pourraient devenir victimes de harcèlement, voire mis au ban de groupes sociaux », nous détaille Maryline Laurent, professeur à Telecom sup Paris et auteur du livre La gestion des identités numériques.

    #Anonymat #Identité_numérique #Liberté_expression #Stéphane_Bortzmeyer #Tristan_Nitot


  • La démission française sur la liberté d’expression numérique | Signal
    https://signal.eu.org/blog/2019/02/05/la-demission-francaise-sur-la-liberte-dexpression-numerique

    Et maintenant ?

    La première chose à faire, urgente et essentielle, serait de sortir du raisonnement mortifère (et réactif) « ce qui est mauvais pour les GAFAM est bon pour l’intérêt général » qui actuellement motive et oriente l’essentiel de l’action législative française en matière numérique.

    D’une part, parce que ce qui semble mauvais pour les GAFAM ne l’est pas forcément réellement pour eux. Ainsi, Google/Youtube dispose déjà de la technologie nécessaire pour appliquer l’article 13, ce qui lui donne une avance considérable sur le reste de l’industrie. Ensuite, on a appris récemment que Facebook, derrière une opposition de façade à l’article 13, poussait discrètement le législateur à l’adopter, parce que Facebook possède également une avance technologique en la matière.

    D’autre part, ce qui semble mauvais pour les GAFAM, a, a priori, des chances de l’être également pour des acteurs similaires, les hébergeurs et autres intermédiaires techniques, qu’ils soient à but lucratif ou non, et Wikimédia l’a bien compris. Difficile de se plaindre de la prééminence persistante des GAFAM lorsqu’on a savonné également la planche des services concurrents, à moins que le plan soit de renforcer cette prééminence pour avoir un lieu de contrôle, surveillance et taxation centralisé plus simple à gérer par les états.

    Dans un autre registre, on voit déjà dans les tentatives de taxation de Google et Facebook par l’état français que le crayon du législateur peut déborder : il suffit qu’un article de loi soit mal rédigé pour qu’il ait un impact bien au delà de Google ; la loi étant supposée ne pas viser un acteur particulier, ce qui serait discriminatoire, elle doit établir des principes, mais les acteurs similaires (dans le monde publicitaire en particulier) existent et, s’ils sont probablement ravis qu’on taxe Google, ils souhaiteraient éviter qu’on les taxe pour la même activité.

    Il suffit de transposer la situation fiscale à celle des articles 11 et 13 pour imaginer les dangers vis-à-vis de la liberté d’expression.

    Ensuite, parce que se focaliser sur la lutte contre les GAFAM revient à négliger les citoyens. Ceux-ci auraient du mal à migrer en masse vers d’autres services, même si cela pourrait être souhaitable, à supposer que de tels services existent. Notamment, restreindre par la loi la liberté d’expression sur les GAFAM, même si elle n’y est pas parfaite, revient à restreindre la liberté d’expression tout court.

    Enfin, la loi doit poser des principes généraux et fonctionner le moins possible par exceptions. Ainsi, l’article 13 prévoit une liste limitative d’exceptions, qui correspondent à des services déjà existants. Mais l’imagination des développeurs de sites et d’applications est plus fertile que celle du législateur et des lobbies du moment, et les possibilités d’Internet plus larges. Ainsi, si les forges de logiciel ou les encyclopédies en ligne n’existaient pas déjà, avec des acteurs de taille notable pour les défendre, les exceptions correspondantes auraient été tout simplement oubliées.

    À côté de quels autres services et usages encore inconnus sommes-nous en train de passer en écrivant la loi contre les acteurs hégémoniques du moment et pour soutenir tel ou tel groupe d’intérêt sur des modèles d’un autre temps qui, tôt ou tard, devront être repensés en fonction des possibilités de la technologie, et non contre celle-ci ?

    Et pour revenir à la liberté d’expression : elle est — en partie — incluse dans le paragraphe qui précède, dans ces futurs services, même si elle mériterait un développement. Rappelez-vous du Minitel, un modèle qui a eu son heure de gloire, mais très encadré à tous points de vue, et en particulier pour préserver le modèle de la presse papier. Pensez-vous vraiment que la liberté d’expression y était aussi étendue que sur Internet aujourd’hui ?

    Et plus largement, les attaques récentes contre l’anonymat en ligne par le gouvernement, beaucoup de politiques même dans l’opposition, et certains syndicalistes et éditorialistes montrent que la position de la France sur les articles 11 et 13 est loin d’être un accident de parcours.

    #Droits_auteur #GAFAM #Article_13 #Liberté_expression


  • Federal Employees Are Warned Not to Discuss Trump ‘Resistance’ at Work - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/11/29/us/politics/federal-employees-hatch-act-trump-impeachment.html

    Generally, federal employees have been free to express opinions about policies and legislative activity at work as long as they do not advocate voting for or against particular candidates in partisan elections. But in a guidance document distributed on Wednesday, the independent agency that enforces the Hatch Act, a law that bars federal employees from taking part in partisan political campaigns at work or in an official capacity, warned that making or displaying statements at work about impeaching or resisting Mr. Trump is likely to amount to illegal political activity.

    The reasoning behind the guidance centers on the fact that Mr. Trump is already running for re-election in 2020. It contends that arguments about his policies or impeachment prospects are effectively statements in support or opposition to his campaign.

    “We understand that the ‘resistance’ and ‘#resist’ originally gained prominence shortly after President Trump’s election in 2016 and generally related to efforts to oppose administration policies,” the guidance said. “However, ‘resistance,’ ‘#resist’ and similar terms have become inextricably linked with the electoral success (or failure) of the president.”

    The reasoning behind the guidance centers on the fact that Mr. Trump is already running for re-election in 2020. It contends that arguments about his policies or impeachment prospects are effectively statements in support or opposition to his campaign.

    “We understand that the ‘resistance’ and ‘#resist’ originally gained prominence shortly after President Trump’s election in 2016 and generally related to efforts to oppose administration policies,” the guidance said. “However, ‘resistance,’ ‘#resist’ and similar terms have become inextricably linked with the electoral success (or failure) of the president.”

    #Liberté_expression #Fonctionnaires #Trump #Etats_Unis


  • Activist Arrests in India Are Part of a Dangerous Global Trend to Stifle Dissent | Alternet
    https://www.alternet.org/news-amp-politics/activist-arrests-india-are-part-dangerous-global-trend-stifle-dissent

    On Tuesday morning, the police from the Indian city of Pune (in the state of Maharashtra) raided the homes of lawyers and social activists across India and arrested five of them. Many of them are not household names around the world, since they are people who work silently on behalf of the poor and oppressed in a country where half the population does not eat sufficiently. Their names are Gautam Navlakha, Sudha Bharadwaj, Vernon Gonsalves, Arun Ferreira and Varavara Rao. What unites these people is their commitment to the working class and peasantry, to those who are treated as marginal to India’s state. They are also united by their opposition, which they share with millions of Indians, to the government of Prime Minister Narendra Modi.

    The “raw numbers of this terror” are best counted from Turkey. Since the failed coup of July 15, 2016, the government has arrested, detained or dismissed about 160,000 government officials, dismissing 12,000 Kurdish teachers, destroying the livelihood of thousands of people. The editor of Cumhuriyet, Can Dündar, called this the “biggest witch-hunt in Turkey’s history.” In the name of the war on terror and in the name of sedition, the government has arrested and intimidated its political opponents. The normality of this is astounding—leaders of the opposition HDP party remain in prison on the flimsiest of charges, with little international condemnation. They suffer a fate comparable to Brazil’s Lula, also incarcerated with no evidence.

    Governments do not typically like dissent. In Bangladesh, the photographer Shahidul Alam remains in detention for his views on the massive protests in Dhaka for traffic reform and against government corruption. Condemnation of the arrest has come from all quarters, including a British Member of Parliament—Tulip Siddiq—who is the niece of Bangladesh’s Prime Minister Sheikh Hasina. The avalanche of criticism has not moved the government. Alam is accused of inciting violence, a charge that is equal parts of ridiculous and absurd.

    Incitement to violence is a common charge. It is what has taken the Palestinian poet Dareen Tatour to an Israeli prison. Tatour’s poem, “Resist, my people, resist them” (Qawim ya sha’abi, qawimhum), was the reason given by the Israeli government to lock her up. The Egyptian government has taken in the poet Galal El-Behairy for the lyrics he wrote for the song “Balaha”—the name a reference to a character in a 1980s film who sees the world in a topsy-turvy manner, a name now used colloquially in Egypt for President Sisi. The Ugandan government has arrested the radio show host Samuel Kyambadde, who merely allowed his talk show to become a forum for a conversation that included items labeled by the government as seditious—such as the arrest of journalists and the arrest of the opposition MP Robert Kyagulanyi (also known as Bobi Wine).

    All of them—photographers, poets, radio show hosts—are treated as voices of sedition, dangerous people who can be locked up under regulations that would make any fair-minded person wince. But there is not even any public debate in most of our societies about such measures, no genuine discussion about the slide into the worst kind of authoritarianism, little public outcry.

    #Néo_fascisme #Inde #Turquie #Liberté_expression


  • How to Counter Donald Trump’s War on the Media | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/news/news-desk/how-to-counter-donald-trumps-war-on-the-media

    Trump has attempted to delegitimize the entire fact-based press in the eyes of his supporters. “Stick with us,” he said in a speech last week. “Don’t believe the crap you see from these people, the fake news . . . What you’re seeing and what you’re reading is not what’s happening.” George Orwell gets quoted too liberally these days, but, as the national security expert David Priess pointed out, these statements were Orwellian in the extreme. (“The party told you to reject the evidence of your eyes and ears. It was their final, most essential command.”) And, judging by Trump’s steady approval ratings and the large crowds at his rallies, many people are willing to take him at his word.

    What can be done about all this? The first thing is to recognize it for what it is: a reckless descent into the demagoguery, misinformation, and incitement that are normally associated with authoritarian regimes. In a statement on Thursday, two United Nations experts on freedom of expression warned, of Trump’s comments about the media, “These attacks run counter to the country’s obligations to respect press freedom and international human rights law.” They added, “We are especially concerned that these attacks increase the risk of journalists being targeted with violence.”

    #Médias #Liberté_expression


  • RSF alerte sur le cyberharcèlement de journalistes - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/260718/rsf-alerte-sur-le-cyberharcelement-de-journalistes

    Dans son rapport publié jeudi 26 juillet, « Harcèlement en ligne des journalistes : quand les trolls lancent l’assaut », RSF propose une typologie de ces harceleurs (du « hater » isolé au groupe organisé et rémunéré) ainsi qu’un aperçu de leurs modes d’action, et pointe du doigt les conséquences sur leurs victimes : après avoir été harcelés, « 31 % des journalistes atténuent la couverture des sujets [à cause desquels ils ont été pris pour cible] et 15 % les abandonnent », rappelle RSF.

    Tout en soulignant la difficulté à démontrer les liens entre ces internautes et leurs éventuels employeurs, le rapport consacre plusieurs pages aux armées de trolls progouvernementaux – parfois très officiellement créées par certains États ou partis : les « white trolls » de l’AKP en Turquie, les « 18 000 volontaires » coordonnés par le ministère du renseignement iranien, ou encore les « 10 000 cyber inspecteurs » vietnamiens chargés de « traquer la dissidence en ligne ».

    #Journalisme #Cyberharcèlement #Liberté_expression


  • Loi anti-fake news : les juristes tirent la sonnette d’alarme - Le Point
    http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/laurence-neuer/loi-anti-fake-news-les-juristes-tirent-la-sonnette-d-alarme-02-07-2018-22324

    Plus inquiétant encore, le texte chahute nos principes juridiques. « Fondamentalement, dans notre droit actuel, la question n’est pas de savoir si une information est vraie ou fausse, mais d’abord si elle porte atteinte à la réputation, à l’intimité de la vie privée, à la présomption d’innocence, etc. Ce manichéisme du vrai et du faux paraît évident à première vue, mais en réalité, pour les juristes, il est impraticable », estime Me Le Gunehec. Et cela ne manquera pas, une fois encore, de compliquer la tâche du juge qui ne dispose (que) de 48 heures pour se prononcer sur la véracité ou non de l’information avant de décider de la mesure « proportionnée et nécessaire » à prendre : déréférencement du lien vers l’information, retrait du contenu, fermeture du compte ayant contribué à sa diffusion de ce contenu, blocage d’accès à Internet… « Cette procédure est impraticable ! Elle nécessite un débat sur les imputations litigieuses, difficile à avoir en l’absence de l’auteur des propos, pressent Me Le Gunehec. Le juge ne pourra pas statuer sur la fausseté d’une nouvelle en 48 heures et en l’absence de l’éditeur du contenu (la procédure visera l’hébergeur ou à défaut le fournisseur d’accès), sauf, peut-être, pour des fake absurdes dont la fausseté crève les yeux. Or les fake news telles qu’on les a connues pendant la dernière campagne présidentielle peuvent être assez élaborées. Il faudra que le demandeur apporte d’emblée au juge la preuve que les propos sont faux... et ce n’est pas simple… »

    Plus grave, cette procédure pourrait, encore une fois, museler le travail journalistique. « Comment apprécier la sincérité d’un scrutin qui n’a pas eu lieu ? interroge Roseline Letteron. Si l’article L97 du Code sanctionnant les manœuvres frauduleuses ayant détourné les suffrages intervient après l’élection, c’est parce que c’est à ce moment-là que le juge peut véritablement apprécier si l’altération a altéré la sincérité du scrutin. Il y a un critère essentiel qui est l’écart des voix. S’il est modeste, on peut penser qu’il aurait pu changer le sens du scrutin. Imaginez que François Fillon ait utilisé ce texte lors des révélations sur de possibles détournements de fonds publics. Il aurait pu demander au juge des référés d’enjoindre au Canard enchaîné de cesser ses investigations au prétexte qu’elles sont de nature à altérer la sincérité du scrutin ! En clair, ce texte peut être utilisé par des candidats pour bloquer le travail d’investigation », avance la juriste.

    #Fake_news #Liberté_expression #Censure


  • Les autorités russes demandent à Telegram de livrer des clés de chiffrement
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2018/03/20/les-autorites-russes-demandent-a-telegram-de-livrer-des-cles-de-cryp

    C’est un nouvel épisode dans le bras de fer qui oppose le FSB (services de sécurité russes) à l’application de messagerie Telegram. L’agence fédérale de régulation des télécoms Roskomnadzor a sommé, mardi 20 mars, la messagerie de fournir sous quinze jours au FSB les clés de chiffrement permettant de lire « les messages électroniques reçus, transmis, en cours d’envoi », sous peine de blocage.

    Il n’y a pas que le gouvernement « socialiste » de France sur ce terrain. Etonnant non ?

    #Chiffrement #Telegram #Cybersécurité #Liberté_expression


  • « L’intérêt général et le droit des citoyens à l’information remis en cause »
    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/03/20/l-interet-general-et-le-droit-des-citoyens-a-l-information-remis-en-

    En effet, la définition des « secrets d’affaires » est si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie. L’infraction au secret des affaires aurait lieu dès lors que ces informations seraient obtenues ou diffusées, et leur divulgation serait passible de sanctions pénales. Les dérogations instituées par le texte sont trop faibles pour garantir l’exercice des libertés fondamentales. Des scandales comme celui du Mediator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les « Panama Papers » ou « LuxLeaks » pourraient ne plus être portées à la connaissance des citoyens.
    Procédure judiciaire longue et coûteuse

    Qu’il s’agisse d’informations sur les pratiques fiscales des entreprises, de données d’intérêt général relatives à la santé publique ou liées à la protection de l’environnement et à la santé des consommateurs, les journalistes, les scientifiques, les syndicats, les ONG ou les lanceurs d’alertes qui s’aventureraient à rendre publiques de telles informations s’exposeraient à une procédure judiciaire longue et coûteuse, que la plupart d’entre eux seraient incapables d’assumer face aux moyens dont disposent les multinationales et les banques. C’est là le pouvoir de cette loi : devenir une arme de dissuasion massive.

    Pour les téméraires qui briseront cette loi du silence, on peut toujours espérer que les tribunaux feront primer la liberté d’expression et d’informer. La récente affaire Conforama [le magazine Challenge a dû retirer un de ses articles sur les difficultés financières de l’entreprise] indique plutôt le contraire. Les soi-disant garanties proposées par le gouvernement français ne couvrent pas tous les domaines de la société civile et notamment le travail des associations environnementales.

    Ces dérogations ne sont qu’un piètre hommage aux grands principes de la liberté d’informer. Elles ne vaudront pas grand-chose devant une juridiction armée d’un nouveau droit érigeant le secret des affaires en principe, et la révélation d’informations d’intérêt public en exception.

    #Liberté_expression #Médias #Journalisme #Secret_affaires


  • Les libertés publiques cédées aux algorithmes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/09/29/les-libertes-publiques-cedees-aux-algorithmes_1599911

    par Amaelle Guiton

    Accusés de laisser diffuser des appels à la haine ou, au contraire, d’arbitrairement censurer des contenus, les géants du Web sortent timidement de leur déni. Mais comment répondre à des injonctions contradictoires ?

    Le 6 septembre, le géant du Web a annoncé que plus de 400 faux comptes, qui proviendraient d’une « ferme à trolls » située à Saint-Petersbourg, en Russie (lire page 4), avaient dépensé en deux ans près de 100 000 dollars dans des publicités portant sur des sujets sensibles aux Etats-Unis. Facebook a aussi dû récemment réagir à une enquête du site d’investigation ProPublica, qui révélait qu’il était possible, lors d’un achat de publicité sur la plateforme, de cibler des utilisateurs antisémites - une catégorie créée par un algorithme à partir de leurs données de profil (lire pages 8-9). Voilà que se révèlent les angles morts d’un juteux modèle économique, qui lui a permis d’accumuler en 2016 un bénéfice net de 10,2 milliards de dollars, en augmentation de 177 % par rapport à l’année précédente.

    C’est bien tout le problème : celui d’une tendance de fond qui voit la régulation de la parole en ligne relever de moins en moins de l’autorité judiciaire - et de plus en plus des acteurs privés et de leurs algorithmes. « Il y a une mutation de la manière dont les retraits sont opérés, avec d’une part une externalisation croissante de la modération, vers des pays comme le Maroc ou l’Inde, et d’autre part la montée en puissance de l’intelligence artificielle pour retirer automatiquement des contenus », souligne Félix Tréguer. Le tout dans un contexte de « forte pression des gouvernements ». Pour Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur, blogueur sur Affordance.info et auteur de l’Appétit des géants (C&F éditions), « on passe de modèles de délégation de service public à des modèles de délégation de responsabilité publique. On ne parle plus de sociétés commerciales, mais d’entités qui font à la fois du commerce et de la politique ».

    « Nationaliser Facebook »

    « Même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas piloter de manière bienveillante un outil, quel qu’il soit, où il y a 2 milliards d’individus en permanence », estime Olivier Ertzscheid. Signe des temps, relève-t-il, on voit apparaître, jusque dans les colonnes du Guardian, des appels à « nationaliser Facebook, Google et Amazon » : « Il est logique qu’un contre-discours émerge face au modèle de pensée d’un libertarianisme à tout crin. » Pour lui, comme pour Félix Tréguer, la solution passe en grande partie par un mouvement de déconcentration. « La seule alternative, c’est de promouvoir d’autres modèles, de revenir à des formes plus décentralisées d’hébergement des communications, juge ce dernier. Une politique numérique vraiment ambitieuse, qui se pose ces questions de la décentralisation et du logiciel libre, permettrait de faire des pas de géant. Or, à la place, on assiste à la légitimation des modèles économiques des "Gafa" [Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr] au cœur des écosystèmes d’innovation. »

    #Facebook #Régulation #Liberté_expression


  • Un long article détaillé sur les questions de filtrage/modération/censure sur #Mastodon, qui ont récemment connu un regain d’intérêt avec l’afflux de nombreux japonais, aux critères différents des nôtres. Je pense que cet article ne plaira pas à beaucoup de monde sur SeenThis, vu les positions de l’auteur (par exemple la façon dont il décrit le GamerGate, où il « oublie » complètement de mentionner l’abominable comportement de ces trolls) mais il soulève des points nouveaux et rarement mentionnés, notamment sur les différences nationales (par exemple, la plupart des Codes of Conduct qu’on trouve pour des conférences internationales sont en fait très étatsuniens, surtout question puritanisme). Ici, son exemple principal est la question de la pédopornographie au Japon, et notamment de la différence entre ロリコン (légale et socialement acceptée au Japon, mais inacceptable et illégale, par exemple en France) et 児童ポルノ (illégale et répugnante au Japon).

    Je pense que le problème sera difficile à résoudre : il y a des différences nationales (c’est plutôt une bonne chose, d’ailleurs) et le réseau qui met tout le monde en contact crée forcément des frictions. Tans que les japonais publiaient leurs dessins uniquement dans des librairies physiques, le problème ne se manifestait pas trop, même si cela choquait les visiteurs de passage. Sur l’Intenet, tout à coup, ça se voit. Soit on suit la méthode étatsunienne (appliquer au monde entier les règles étatsuniennes, ce que font les GAFA), soit on développe des nouveaux mécanismes adaptés à l’Internet (ce qui ne va pas être facile).

    http://ansuz.sooke.bc.ca/entry/335

    #liberté_expression #pornographie #censure


  • Donc La Quadrature considère que des éléments trompeurs, mensongers, de fausses informations, font partie de la liberté d’expression sur le net pour des sujets aussi importants que le droit à l’avortement. No comment

    Délit d’entrave numérique à l’IVG : une proposition dangereuse | La Quadrature du Net
    http://www.laquadrature.net/fr/delit-entrave-numerique

    La création d’un délit pour mise à disposition de contenus, fussent-ils douteux, écoeurants ou opposés à la liberté de choix des personnes, porte indiscutablement atteinte à la liberté d’expression. Or, cette dernière n’est pas faite uniquement pour ceux avec qui nous sommes d’accord.

    #quadrature #avortement #liberté_expression #censure


  • Les Rencontres du dessin de presse à Caen annulées
    https://www.actualitte.com/salons/les-rencontres-du-dessin-de-presse-a-caen-annulees-55483.htm

    Le Mémorial de Caen devait organiser des Rencontres internationales du dessin de presse en avril prochain. Mais la crainte de nouvelles menaces d’attentats a poussé le directeur de cet établissement à jouer la carte de la sécurité en annulant purement et simplement l’événement, rapporte l’agence Reuters.

    #liberté_expression #censure


  • Un journaliste américain condamné à 5 ans de prison - En bref - L’actu Médias / Net - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/medias/un-journaliste-americain-condamne-a-5-ans-de-prison,122017.php

    Le journaliste (qui a déjà fait 30 mois de détention) a salué l’annonce de sa peine par un ironique : « Bonne nouvelle ! Le gouvernement américain a estimé que j’avais si bien enquêté sur la cyber-criminalité qu’il allait m’envoyer enquêter sur le secteur pénitentiaire ».

    #liberté_presse #liberté_expression #démocratie #humour


  • Les trolls pro-intégristes font souvent remarquer que ce pauvre Dieudonné, comme Charlie Hebdo, est victime de la censure et qu’on s’attaque à la liberté d’expression en le condamnant. Donc, un auteur courageux a pris la peine d’expliquer toutes les différences entre Dieudonné et Charlie :

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1306356-on-ne-peut-pas-comparer-charlie-et-dieudonne-la-liberte-d-

    #liberté_expression #censure


  • A look at the writings of Saudi blogger Raif Badawi – sentenced to 1,000 lashes | The Guardian

    http://www.theguardian.com/world/2015/jan/14/-sp-saudi-blogger-extracts-raif-badawi?CMP=share_btn_tw

    Raif Badawi was sentenced to 10 years in prison and 1,000 lashes for setting up a website that championed free speech in the autocratic kingdom. His blog, the Saudi Free Liberals Forum, was shut down after his arrest in 2012.
    Ian Black analyses extracts from his key published Arabic writings that show a man who risked his freedom to question some of the basic tenets of life in Saudi Arabia - especially the central role of religion

    His final thought quoted Albert Camus: “The only way to deal with an unfree world is to become so absolutely free that your very existence is an act of rebellion.”

    In another piece that month, Badawi invoked the Quran to support the importance of liberalism, the need to separate religion and state and implied that Islam itself has been distorted by the Saudi political establishment to promote illiberal and authoritarian ideals.

    No religion at all has any connection to mankind’s civic progress. This is not a failing on the part of religion but rather that all religions represent a particular, precise spiritual relationship between the individual and the Creator. ..However, positive law is an unavoidable human and social need because traffic regulations, employment law and the codes governing the administration of State can hardly be derived from religion.

    #Arabie_saoudite #liberte_expression #Raif_Badawi



  • Turquie : pour avoir « insulté » le président Erdogan, un lycéen de 16 ans inculpé et emprisonné
    http://www.huffingtonpost.fr/2014/12/25/turquie-insulte-erdogan-lyceen-16-ans-prison-liberte-expression_n_637

    Un lycéen de 16 ans a été arrêté et inculpé à Konya, ville du centre de la Turquie, pour « insulte au président » islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté jeudi les médias turcs.

    #Turquie #liberté_expression


  • Detekt : un programme pour savoir si votre ordinateur est espionné par des gouvernements | Amnesty International France
    http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression/Actualites/Detekt-un-programme-pour-savoir-si-votre-ordinateur-est-espionne-par-des-gou

    Imaginez que vous n’êtes jamais seul. Que quelqu’un vous regarde par-dessus votre épaule, enregistre tous les mouvements sur votre ordinateur ; lit et écoute toutes vos conversations sur skype, utilise le microphone et la caméra de votre téléphone portable. Tout cela à votre insu. C’est ce qui arrive à des milliers de défenseurs des droits humains à travers le monde, surveillés par des logiciels espions installés par des gouvernements pour surveiller et réprimer les voix critiques.

    #surveillance #espionnage #données_personnelle #Amnesty_International #liberté_expression #Detekt


  • De la parodie au remix : quel équilibre entre droit d’auteur et liberté d’expression ? | :: S.I.Lex ::
    http://scinfolex.com/2014/09/03/de-la-parodie-au-remix-quel-equilibre-entre-droit-dauteur-et-liberte-dexp

    La Cour de Justice de l’Union européenne a rendu hier un arrêt très attendu à propos des limites de l’exception de parodie. C’est la première fois que cette exception au droit d’auteur était examinée au niveau européen et la Cour a décidé de considérer qu’il s’agissait d’une « notion autonome du droit de l’Union », tout en rattachant la parodie à l’exercice de la liberté d’expression.

    #parodie #droit_auteur #liberté_expression


  • The Bête Noire of the French Establishment » CounterPunch : Tells the Facts, Names the Names
    http://www.counterpunch.org/2014/01/01/the-bete-noire-of-the-french-establishment

    Comme d’habitude, un point de vue moins franco-français ouvre des perspectives. Dieudonné pas Nazi. Il utilise simplement à des fins mercantiles le mécontentement causé par la perte de souveraineté populaire qui caractérise le néo-libéralisme politique.

    #Dieudonné #Counter_Punch #diana_johnstone #liberte_expression #anti_sionnisme


  • L’Express sanctionné deux fois (SNJ Groupe Express) - Acrimed | Action Critique Médias
    http://www.acrimed.org/article4116.html

    Nous publions ci-dessous un article paru dans Le journaliste [1] de juin 2013, et consultable sur le blog du Syndicat national des journalistes (SNJ) du Groupe Express.
    Le conseil de Prud’hommes de Paris vient de donner raison au SNJ et à Eric Marquis dans la bataille qu’ils mènent depuis quatre ans [avec leurs avocats Alexis GUEDJ et Lucile BRANDI-SOMMERER] contre la direction du Groupe Express Roularta pour défendre la liberté d’expression syndicale (voir Le Journaliste n°297, 2e trim. 2010).

    #journalisme #syndicalisme #liberté_expression