• Le traitement des VSS à l’UPEC : comment le silence pèse
    https://academia.hypotheses.org/64086

    Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD … Continuer la lecture →

    #Academic_Feminist_Fight_Club #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice ##MeTooESR #UPEC #violences_masculines #violences_sexistes_et_sexuelles

  • Résolument antifascistes, hier comme aujourd’hui. Appel à manifester le mardi 3 mars 2026
    https://academia.hypotheses.org/63877

     Communiqué des syndicats CGT des universités lyonnaires, 25 février 2026 Le moment politique que nous vivons depuis le décès du militant néo-nazi Quentin Deranque nous sidère. Samedi 21 février, un défilé s’est tenu à Lyon avec toutes les nuances … Continuer la lecture →

    #Démocratie_universitaire #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #antifascisme #ENS_de_Lyon #Science_Po_Lyon #Université_Lyon_1 #Université_Lyon-2 #Université_Lyon-3 #violences_fascistes

  • «  La #tribune_dimanche  » et le ministre de l’enseignement supérieur  : un pur moment de #propagande

    L’hebdomadaire dominical du milliardaire #Rodolphe_Saadé a publié un entretien avec le ministre de l’Enseignement supérieur #Philippe_Baptiste, qui a profité de l’occasion pour se poser, sans être contredit, en champion de «  la #liberté_académique  ». Problème  : dans le monde réel, ce ministre engagé est, comme ses prédécesseurs macronistes, un assaillant de cette liberté.

    Dans son édition datée du 30 novembre 2025, l’hebdomadaire dominical La Tribune dimanche (groupe #CMA_Média) a publié, sur deux pages, un article trompetant, comme un cocorico, que la France allait prochainement accueillir 33 «  scientifiques américains de renommée internationale dont la liberté académique est menacée aux États-Unis  » - où le président Donald J. Trump est, comme on sait, parti en guerre contre les universités, accusées, en substance, d’être des repaires de gauchistes pro-palestiniens.

    Ce long article est complété — deux attentions valent mieux qu’une — par un entretien avec le ministre macroniste de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, à qui La Tribune dimanche pose la question suivante : «  Qu’est-ce qui empêcherait la #science française de subir le même sort que la science américaine en cas de bouleversement politique dans le pays  ?  »

    C’est-à-dire : dans le cas où l’extrême droite prendrait aussi le pouvoir de ce côté-ci de l’Atlantique.

    Le ministre fait cette réponse bouleversante : «  La question de la liberté académique est centrale. (…) Ce que montre l’exemple américain, c’est que la première garantie de la liberté académique, c’est un #financement suffisant pour la recherche de base  ! Partager collectivement, au sein du pays, un attachement viscéral à la #science et à la recherche libres, c’est la première étape pour protéger les #libertés_académiques.  »

    Ces propos sont si beaux, que l’intervieweur du ministre, probablement subjugué par tant d’attachement au libre exercice de la recherche et de «  la science  », en oublie de confronter Philippe Baptiste à la réalité de ses pratiques ministérielles — et de celles de ses prédécesseurs macronistes.

    Discours admirable, méthodes détestables

    Et c’est un peu dommage, car ce journaliste découvrirait, s’il poussait plus avant sa curiosité, un conséquent décalage entre un discours officiel tout à fait admirable, et des méthodes qui le sont beaucoup — beaucoup - moins.

    Car, premièrement  : loin d’assurer à «  la #recherche_de_base  » le «  financement suffisant  » qui serait selon le ministre «  la première garantie de la liberté académique  », l’État macroniste, en les sous-finançant, entretient au contraire un #déficit chronique des universités, qui sont invitées, sous le sceau de leur #autonomisation, à gérer elles-mêmes les difficultés financières croissantes auxquelles elles se trouvent ainsi confrontées - faute d’une aide publique suffisante.

    Et bien sûr : cette pénurie organisée, où chaque président d’université se trouve contraint de courir après des subsides étatiques en constante diminution, favorise une #compétition entre établissements qui détériore grandement les conditions de la #recherche et de l’enseignement.

    Insistons-y  : pendant que Philippe Baptiste déclame que le «  financement suffisant  » de «  la recherche de base  » est la «  première garantie de la liberté académique  », son gouvernement entretient dans l’université française une #précarité qui a pour effet de fragiliser cette recherche, en la soumettant à des logiques de compétitivité qui empêchent évidemment son libre exercice.

    Mais surtout, et au-delà de cette logique mortifère  : Philippe Baptiste s’implique personnellement dans de préoccupantes limitations de «  la liberté académique  » dont il prétend très sérieusement se faire le champion – mais pourquoi se gênerait-il, puisque d’agréables intervieweurs oublient très gentiment de le confronter à cette #hypocrisie.

    Il est vrai qu’ici le ministre n’innove guère, et qu’il s’inscrit au contraire dans une tradition déjà ancienne - puisque le #macronisme gouvernemental oeuvre depuis de longues années à la #disqualification des enseignants et chercheurs dont les travaux sont jugés trop déviants.

    En 2020, quelques jours après l’assassinat du professeur Samuel Paty par un djihadiste, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque – le très droitier Jean-Michel Blanquer (qui s’est depuis reconverti dans la chanson artificielle) - avait ainsi déclaré que «  l’#islamo-gauchisme  » (1) faisait «  des ravages à l’université  », et favorisait «  une idéologie  » qui «  men(ait) au pire  ».

    C’est-à-dire : au terrorisme.

    Il avait ensuite précisé, quelques jours plus tard  : «  Il y a un combat à mener contre une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses qui veulent essentialiser les identités et les communautés, aux antipodes de notre modèle républicain. Cette réalité a gangrené notamment une partie des sciences sociales françaises, je défie quiconque de me dire le contraire.  »

    Relevant ce crâne défi, la Conférence des présidents d’université (CPU, devenue France universités en 2022) avait alors publié un communiqué au vitriol invitant le ministre à «  éviter amalgames et raccourcis inutiles  », et rappelant ces quelques sobres évidences  : «  Non, les universités ne sont pas des lieux où se construirait une “idéologie qui mène au pire“. Non, les universités ne sont pas des lieux d’expression ou d’encouragement du fanatisme. Non, les universités ne sauraient être tenues pour complices du terrorisme.  »

    L’année d’après — en 2021, donc —  #Frédérique_Vidal, alors ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, manifestement désireuse de ne pas se laisser distancer par Blanquer sur le terrain de l’extravagance, avait quant à elle annoncé qu’elle avait demandé au CNRS «  une enquête sur l’islamo-gauchisme  » qui selon elle «  gangrenait  » l’université.

    Là encore  : la CPU avait vivement réagi — pour suggérer à la ministre de ne pas «  raconter n’importe quoi  » —, et plusieurs centaines d’enseignants et de chercheurs ulcérés par cette nouvelle attaque avaient demandé — en vain —, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, la «  démission  » de Frédérique Vidal.

    Et finalement, en 2023  : ce même journal avait révélé qu’en réalité, l’intéressée n’avait jamais demandé d’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université, et qu’elle avait donc menti en annonçant deux ans plus tôt le lancement d’une telle investigation - un peu comme si son intention avait effectivement été de «  raconter n’importe quoi  » pour jeter l’opprobre sur le monde universitaire.

    Colloque interdit

    Deux ans plus tard : c’est Philippe Baptiste, qui, pleinement investi dans la perpétuation de ces pratiques, entretient à son tour le soupçon que certains enseignants et chercheurs seraient travaillés par de torves intentions.

    Les 14 et 15 novembre dernier, par exemple, et comme l’a déjà raconté Blast  : un très sérieux #colloque sur la #Palestine devait se tenir au #Collège_de_France.

    Mais il a été annulé, sous la pression, notamment, d’une petite clique d’universitaires qui œuvre dans l’ombre, et sous le couvert d’un obscur Réseau de recherche sur l’antisémitisme et le racisme (RRA), au dénigrement de collègues dénoncés comme trop hétérodoxes — ou trop sensibles au sort des victimes palestiniennes des crimes perpétrés par l’armée israélienne —, et qui s’est mobilisée, avec une association d’avocats et à l’unisson de quelques organisations adeptes du bâillonnement des voix dissidentes, contre la tenue de ce symposium scientifique.

    Non sans succès, puisqu’il a effectivement été annulé.

    Quelle a été, dans cette affaire, la position de Philippe Baptiste  ? Parfaitement informé de la manœuvre du RRA, qui l’avait directement sollicité, ce ministre, loin de dénoncer pour ce qu’elle était cette atteinte caractérisée à la liberté académique — et cette mobilisation pour l’interdiction d’un colloque scientifique —, s’est au contraire associé à cette funeste entreprise, en adressant à l’administrateur du Collège de France un courrier dans lequel il écrivait qu’«  au vu  » du «  programme  » de ce symposium, il «  doutait  » que cette vénérable institution pluriséculaire soit «  en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer  », et exprimait par surcroît — deux intimidations valent mieux qu’une — son «  profond désaccord  » personnel «  avec l’angle retenu  » par les organisateurs de la conférence.

    Là encore, insistons, et répétons : au lieu de de défendre la liberté académique, Philippe Baptiste, lorsqu’il a été sollicité au début du mois de novembre par des universitaires militants qui protestaient contre l’organisation d’un colloque scientifique, a fait savoir qu’il était, lui aussi, opposé à la tenue de cet événement.

    Et c’était déjà beaucoup, mais cet étonnant ministre ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

    L’#antisémitisme à l’université

    Quelques jours après la censure du colloque du Collège de France, en effet  : les présidents des universités françaises ont eu la surprise de recevoir ce qui leur a très officiellement été présenté comme un très sérieux sondage, concocté par des collaborateurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), sur «  l’antisémitisme à l’université  » - intitulé qui, par lui-même, suggérait, on l’aura compris, que cette haine raciste infectait le même monde académique qui avait déjà été accusé quelques années plus tôt d’être gangrené par «  l’islamo-gauchisme  ».

    Immédiatement, le collectif d’enseignants et de chercheurs RogueESR, dénonçant ce qu’il a fort justement appelé une «  trumpisation de l’université française  » et un «  fichage politique  » a publié, sur son site, le 22 novembre, un billet constatant que cet «  envoi d’un questionnaire politique et religieux à des agents du service public viol(ait) le principe de neutralité institutionnelle  » en «  demandant explicitement  » à des «  agents publics, par voie hiérarchique, de répondre à un questionnaire dont plusieurs questions amènent à la collecte de données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses des personnels  » universitaires.

    Selon RogueESR, «  ce sondage pseudo-scientifique  », qui «  essentialis(ait) des catégories racistes  », était «  totalement illégal  ».

    Et quelques jours plus tard, le 28 novembre : c’est le rabbin Émile Ackermann qui a relevé, dans une tribune accablante publiée par le journal Libération, que le questionnaire adressé aux présidents d’université, pourtant «  présenté  » par le ministère de l’Enseignement supérieur «  comme un outil de mesure de l’antisémitisme  », ne «  cartographi(ait) pas les préjugés  » antijuifs, mais qu’il «  les remet(tait) en circulation  » - excusez du peu.

    Face à ce tollé : cette enquête qui avait été présentée comme très sérieuse a finalement été, comme l’a relevé Le Monde le 1er décembre, «  discrètement interrompue  » par le ministère, qui n’a pas daigné expliquer ce qui avait motivé ce revirement.

    Le ministre fait partie du problème

    En résumé  : en l’espace d’une quinzaine de jours seulement, le ministre de l’Enseignement supérieur a successivement légitimé une campagne dont l’objectif était d’interdire un colloque scientifique au Collège de France, puis une enquête permettant, pour reprendre les termes employés par le collectif RogueESR, de collecter des «  données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses  » des universitaires - et dont Philippe Baptiste a lui-même a implicitement reconnu, en mettant fin prématurément à cette stupéfiante expérience, qu’elle était, pour le dire très pondérément, problématique.

    La conclusion, qui a semble-t-il complètement échappé à La Tribune dimanche, est relativement simple à formuler : dans un moment où les libertés académiques font l’objet, aux États-Unis comme en France, d’attaques ciblées et concertées, Philippe Baptiste fait partie du problème – pas de la solution.

    (1) Ce néologisme forgé au début des années 2000, très en vogue au sein des droites françaises, est une espèce de lointaine déclinaison du non moins fantasmatique «  judéo-bolchevisme  » contre lequel ces mêmes droites concentraient leur colère au début du siècle dernier – avec les effets et suites que l’on sait.

    https://www.blast-info.fr/articles/2025/la-tribune-dimanche-et-le-ministre-de-lenseignement-superieur-un-pur-mome
    #ESR #recherche #université #islamogauchisme

  • L’historien #Mark_Bray, auteur d’un #livre sur l’#antifascisme, contraint de quitter les États-Unis

    Le professeur à l’#université_Rutgers, dans le New Jersey, a fait l’objet de menaces de mort après la signature d’un décret par Donald Trump désignant le « mouvement antifa » comme terroriste. En partance pour l’Espagne, il explique sa situation.

    ContactéContacté par téléphone jeudi 9 octobre dans l’après-midi, Mark Bray était encore aux États-Unis, sur le point de prendre l’avion pour l’Espagne, avec sa femme et leurs deux enfants, après l’annulation mystérieuse de son billet la veille, alors qu’il allait embarquer.

    Historien à l’université Rutgers (New Jersey), Mark Bray est l’auteur du livre L’Antifascisme. Son passé, son présent et son avenir (Lux, 2018, initialement publié aux États-Unis en 2017 sous le titre Antifa, the Anti-Fascist Handbook). Depuis que Donald Trump a signé un décret présidentiel le 22 septembre, désignant l’antifascisme comme un mouvement terroriste, il fait l’objet d’une vague de cyberharcèlement et de menaces de mort.

    Une pétition lancée par Turning Point USA, le mouvement ultraconservateur fondé par Charlie Kirk, a été reprise par Fox News, et l’adresse personnelle de l’historien a été rendue publique sur les réseaux sociaux par des influenceurs d’extrême droite.

    « Cet événement n’est pas anecdotique, a déclaré son éditeur, Lux, dans un communiqué. Il ne concerne pas qu’un historien américain, qu’une seule université. Il témoigne d’un étiolement rapide des #droits_démocratiques en Amériques. Quiconque tient pour fondamentaux la #liberté_de_penser, la sécurité des personnes et le règne de la justice devrait être interpellé par cette situation. »

    Le 8 octobre, lors d’une table ronde à la Maison-Blanche consacrée aux milieux « antifas », Donald Trump a justifié l’intervention de l’armée dans les grandes villes démocrates des États-Unis par l’existence de cette supposée menace. La ministre de la justice, Pam Bondi, a promis de « détruire l’organisation entière du sommet à la base ».

    Après la manifestation d’extrême droite de Charlottesville, en 2017, Mark Bray, très sollicité dans les médias et connu pour son engagement au sein du mouvement Occupy Wall Street en 2011, avait déjà fait l’objet d’une campagne de l’#alt-right l’accusant de faire l’apologie de la « violence » des groupes antifascistes. Il explique à Mediapart la situation dans laquelle il se trouve désormais, dénonce la criminalisation de la gauche aux États-Unis et « un précédent dangereux pour les #libertés_académiques ».

    Mediapart : Comment êtes-vous devenu la cible de l’extrême droite ?

    Mark Bray : J’ai publié mon livre en 2017, quelques jours après les affrontements de Charlottesville [des néonazis s’étaient rassemblés pour défendre une statue du général confédéré Robert E. Lee, des contre-manifestant·es s’y étaient opposé·es et l’une des leurs avait été tuée – ndlr], et il a connu un certain succès. Puis, pendant cinq ans, le sujet s’est effacé, jusqu’à ce que le président Trump signe un décret présidentiel, le mois dernier, déclarant le mouvement « antifa » comme une organisation terroriste – alors que, légalement parlant, seules les entités étrangères peuvent être déclarées terroristes.

    Quelques jours plus tard, un influenceur d’extrême droite, Jack Posobiec, m’a qualifié de « professeur terroriste national » sur X. Le jour suivant, j’ai reçu la première menace de mort par mail : « Je vais te tuer sous les yeux de tes étudiants. »

    La semaine qui a suivi, un autre influenceur d’extrême droite a fait un post similaire, et le groupe local de Turning Point USA à Rutgers a mis en ligne une pétition demandant mon licenciement. Alors qu’à ce moment-là, la pétition n’avait recueilli que quelques signatures, Fox News en a rendu compte – c’était samedi dernier [le 4 octobre – ndlr]. J’ai reçu une autre menace de mort par mail, contenant mon adresse.

    J’ai donc commencé à me sentir mal à l’aise chez moi. Je suis historien de l’Espagne, c’est comme mon deuxième chez-moi, et j’ai décidé que je voulais y retourner. C’est un pays très différent, et très loin. Je ne souhaitais pas que cette décision soit rendue publique. J’ai écrit un mail à mes étudiants dimanche soir, leur expliquant que j’allais en Europe. J’ai été submergé par les messages de soutien, mais quelqu’un a posté ce mail et l’information est devenue publique.

    Lundi, je recevais encore plus de menaces de mort, Fox News me consacrait un nouvel article, mon adresse et des informations sur ma famille ont été postées sur X. La nuit dernière, nous sommes arrivés à l’aéroport international Newark Liberty, nous avions fait le check-in, passé le sas de sécurité, tout allait bien, et au moment de monter à bord de l’avion, mystérieusement, quelqu’un avait annulé notre réservation.

    Au même moment, plusieurs personnes connues qui participaient à mon harcèlement étaient reçues à la Maison-Blanche. Il est difficile de ne pas y voir une coïncidence.

    Le même jour, Donald Trump a réuni une table ronde sur le « mouvement antifa » à la Maison-Blanche, et la ministre de la justice, Pam Bondi, a promis de « détruire l’organisation entière du sommet à la base ». Vous pensez qu’il y a un lien avec votre situation ?

    Il y a probablement un lien avec cette réunion, mais selon moi, il y a clairement un lien avec la politique de l’extrême droite. Je suis convaincu que cette annulation est due à une intervention politique de l’extrême droite, qu’elle vienne du gouvernement ou d’un employé de la compagnie aérienne, un hacker, je ne sais pas. Mais je suis persuadé que c’était motivé politiquement.

    Turning Point USA vous avait mis sur une liste de personnes à surveiller, vous accusant de faire de la propagande de gauche, comme des centaines de professeurs, mais votre harcèlement a commencé après l’assassinat de Charlie Kirk…

    C’est vrai que cela a commencé après, mais ce qui a accéléré le harcèlement à mon égard, c’est le décret signé par Trump. Les deux sont liés. Depuis la mort de Charlie Kirk, dont Trump a accusé la gauche d’être responsable sans en avoir aucune preuve, il s’est servi de cet événement comme d’une opportunité pour s’en prendre à la gauche. Le désignation du mouvement « antifa » comme une organisation terroriste constitue une grande partie de cet effort. Et il concerne même les démocrates [que Trump a qualifiés le 7 octobre d’« insurrectionnistes » – ndlr].

    Comment la communauté étudiante et universitaire a-t-elle réagi à votre situation ?

    Avec indignation. J’ai le soutien total des syndicats de professeurs, qui ont écrit un communiqué en solidarité, du conseil de l’université, de mon département d’histoire, du doyen… J’ai reçu un élan massif de soutiens, incluant des pétitions d’étudiants.

    Le récit promu par Turning Point USA selon lequel je serais en quelque sorte une menace pour la communauté de Rutgers est donc à l’opposé de la vérité. À savoir que je suis en fait aimé par la communauté de Rutgers, qui estime, comme moi, qu’il s’agit d’un précédent dangereux pour les libertés académiques.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/091025/l-historien-mark-bray-auteur-d-un-livre-sur-l-antifascisme-contraint-de-qu
    #USA #Etats-Unis #menaces #menaces_de_mort #terrorisme #ESR #université #recherche

    • L’antifascisme de Mark Bray : une plongée dans l’histoire et les idéaux du mouvement antifasciste

      Dans son livre L’Antifascisme : Son histoire et son importance aujourd’hui, l’historien américain Mark Bray examine le mouvement antifasciste moderne, en retraçant ses racines historiques et en explorant ses pratiques actuelles. Mark Bray, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux et professeur à Dartmouth College, s’appuie sur des recherches approfondies pour exposer les principes, stratégies et débats internes du mouvement antifasciste.
      Une histoire ancienne, une lutte permanente

      Bray commence par replacer le mouvement antifasciste dans un cadre historique, en montrant que l’antifascisme ne date pas d’hier. Dès les années 1920 et 1930, alors que le fascisme gagne du terrain en Europe avec la montée d’Hitler et de Mussolini, des groupes de militants s’organisent pour contrer la propagation de cette idéologie totalitaire et raciste. Bray explore ainsi l’émergence des premiers mouvements antifascistes, notamment en Italie, en Allemagne et en Espagne, où des résistances locales s’organisent pour combattre l’expansion de l’idéologie fasciste.

      Ces premières actions antifascistes sont souvent conduites par des communistes, socialistes et anarchistes, bien que l’antifascisme se veuille plus large et inclusif, transcendant les divisions partisanes. La solidarité avec les victimes de persécutions fascistes et la défense de la démocratie et des libertés fondamentales deviennent alors les principaux moteurs du mouvement.
      Les stratégies et tactiques du mouvement antifasciste

      Mark Bray se penche aussi sur les stratégies adoptées par les antifascistes, des années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Parmi les méthodes récurrentes, il décrit l’action directe, la contre-manifestation et le recours à la violence dans certains contextes comme des moyens de riposter contre les groupes néo-fascistes et d’extrême droite. L’auteur explique que l’antifascisme ne se limite pas à une idéologie ou une organisation unique, il s’agit plutôt d’un ensemble d’actions et de stratégies pour empêcher le fascisme de prendre racine dans la société.

      Un point central dans le livre est la justification de ces méthodes parfois controversées. Bray argumente que la violence antifasciste peut être vue comme une réponse proportionnelle à la menace posée par les mouvements fascistes, lesquels sont eux-mêmes souvent violents et répressifs. Il expose également les tensions internes au sein du mouvement, où certains militants prônent une approche plus pacifique tandis que d’autres estiment nécessaire l’usage de la force pour contrer efficacement le fascisme.
      Antifascisme et liberté d’expression : un débat épineux

      Un chapitre important de L’Antifascisme est consacré à la question de la liberté d’expression, qui soulève un dilemme éthique majeur pour les antifascistes. Bray interroge le cadre des sociétés démocratiques, où la liberté d’expression est un droit fondamental, pour poser la question suivante : peut-on vraiment tolérer l’intolérable ? En d’autres termes, doit-on accorder la parole aux fascistes, sachant que leur idéologie vise à détruire cette même liberté et à instaurer un système oppressif ?

      Mark Bray défend l’idée que l’antifascisme ne s’oppose pas à la liberté d’expression en tant que principe, mais qu’il considère que certaines idéologies, telles que le fascisme, sont des menaces existentielles pour la démocratie et les droits humains. Selon cette perspective, empêcher la diffusion des idées fascistes devient une nécessité pour protéger la société contre des dérives totalitaires. Cette position suscite des critiques, notamment parmi ceux qui craignent que de telles méthodes limitent la liberté d’expression de manière excessive.
      L’antifascisme au XXIe siècle : une urgence croissante

      Le livre de Bray est publié dans un contexte de résurgence des mouvements d’extrême droite dans de nombreux pays. Les événements de Charlottesville aux États-Unis, en 2017, marquent un tournant dans la perception de la menace fasciste, surtout après l’assassinat de Heather Heyer par un suprémaciste blanc lors d’une manifestation. Bray explique que ce renouveau du fascisme n’est pas un simple phénomène de « retour » historique ; il s’est modernisé, utilisant les médias sociaux et des techniques de communication contemporaines pour attirer de nouveaux adhérents.

      Mark Bray souligne ainsi la nécessité d’un antifascisme vigilant et organisé, capable de s’adapter aux nouvelles formes de propagation des idées d’extrême droite. Il insiste aussi sur le rôle des individus et des communautés dans la résistance aux idéologies haineuses, en soutenant que l’antifascisme est plus qu’une simple réaction, il est un engagement à défendre une société plus juste et plus égalitaire.
      Un ouvrage engagé et critique

      L’Antifascisme de Mark Bray est un livre engagé, qui se positionne sans ambiguïté en faveur des luttes antifascistes. En tant qu’ouvrage historique, il permet de mieux comprendre les origines et les fondements du mouvement antifasciste tout en confrontant le lecteurice aux défis contemporains. L’ouvrage reste une ressource précieuse pour comprendre les motivations et l’urgence de l’antifascisme aujourd’hui.

      En somme, L’Antifascisme de Mark Bray est une plongée dans les principes, les dilemmes et les actions du mouvement antifasciste, abordant des questions cruciales pour notre époque. Par sa réflexion engagée, Bray pousse ses lecteurs à réfléchir sur la nature du fascisme moderne et sur les moyens de le combattre pour préserver les valeurs démocratiques et humanistes.

      https://luxediteur.com/lantifascisme-de-mark-bray-une-plongee-dans-lhistoire-et-les-ideaux-du-m

  • Le nouveau Règlement Intérieur liberticide de Nantes Université au regard du droit
    https://academia.hypotheses.org/63465

    Communiqué du 3 octobre 2024 Vendredi 19 septembre 2025, Nantes Université (NU) a soumis au Conseil académique (CAC) des propositions de modifications du règlement intérieur de l’Université. Syndicats étudiants et professionnels se sont immédiatement mobilisés pour dénoncer son caractère liberticide. … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #Démocratie_universitaire #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #liberté_académique #libertés_publiques #Nantes_Université

  • Prise de notes pour étudiant·es en situation de #handicap
    https://academia.hypotheses.org/63086

    Nous profitons d’une question d’un·e étudiant·e qui se questionne sur le rôle de preneur et preneuse de notes pour des étudiant·es en situation d’handicap. Ce billet est une première réponse. Il est appelé à être amélioré pour et par les … Continuer la lecture →

    #Antivalidisme_ESR #En_partage #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Pratiques_pédagogiques

  • Thread de #Julien_Gossa sur Mastodon :
    Les scientifiques américains sont réellement en danger. Jouer avec ce type de situation seulement pour gagner un peu de crédit politique est très dangereux.
    https://social.sciences.re/@juliengossa/114375605162671356

    « On n’a déjà pas assez d’argent pour fonctionner normalement » : la France peut-elle accueillir des scientifiques étrangers ?
    https://www.leparisien.fr/futurs/on-na-deja-pas-assez-dargent-pour-fonctionner-normalement-la-france-peut-

    D’abord, il faut bien le dire : ce n’est pas une petite embrouille qui permet pépouze de tirer quelques marrons du feu.

    Les scientifiques américains sont réellement en danger, pour de bon. Pour l’instant, ça coupe surtout dans les #budgets. Mais les #arrestations_arbitraires ont déjà commencé.

    Donc on n’est plus dans le contexte #MakeOurPlanetGreatAgain ou #AIforHumanity, où on pouvait se permettre de raconter n’importe quoi, de claquer quelques millions puis d’oublier le bouzin après s’être auto-congratulé.

    Là, il va y avoir des conséquences concrètes, plus que juste gâcher du fric.
    https://www.huffingtonpost.fr/international/article/macron-a-t-il-vraiment-made-our-planet-great-again-un-an-apres-sa-phr

    Or, tout pousse à croire qu’il ne s’agit qu’un d’un coup de com’ à l’usage exclusif de l’image de M. Macron.

    « Un conseiller a lâché dans les grilles de l’Elysée : "Incroyable, Trump l’a sauvé" ».

    « sauver » M. Macron coute beaucoup moins cher que sauver des scientifiques. Mais à quel prix ?

    https://www.liberation.fr/politique/a-lelysee-le-dernier-carre-des-fideles-demmanuel-macron-20250418_VHMP3NU645AZ5DFC6DNZIHGCIA/?redirected=1

    Dans ce fil, je donnais trois conditions pour que cette démarche se passe bien.

    Aucune n’est remplie, et ça va même à l’exact inverse. On a pratiquement la garantie que ça se passe mal.

    1. Bien accueillir des #scientifiques_étrangers sans mieux traiter en même temps les #scientifiques_français va générer mécaniquement du #mécontentement et du #quiet-quitting.

    Globalement, on ne sauve rien, on ne fait que dégrader la science (qui ne va déjà pas bien du tout).

    Mais en plus le #dispositif est parti pour être famélique, donc pour décevoir les espoirs des scientifiques américains.

    C’est en fait un simple « outil », et l’État financera au maximum la moitié du coût de l’opération.

    https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/lancement-de-la-plateforme-choose-france-science-une-

    Donc plus de la moitié du coût va reposer sur les université d’accueil, qui ne peuvent déjà pas boucler leur budget.

    On imagine le CA :
    – Point 1 : 15 M€ pour accueillir des ricains 💪
    – Point 2 : -20% de postes, -30% de budget des composantes, suppression du chauffage au bâtiment B
    https://www.francetvinfo.fr/sciences/ils-sont-motives-par-la-liberte-academique-le-president-d-aix-marseille

    Le Ministre le sait bien, et ouvre déjà son parapluie : L’effort d’accueil des chercheurs américains « doit se faire au niveau européen ».

    Donc c’est soit les universités, soit l’Europe qui doit payer. En somme, tout le monde, sauf l’État français qui en pourtant commanditaire.
    https://www.nouvelobs.com/sciences/20250419.OBS102961/l-effort-d-accueil-des-chercheurs-americains-doit-se-faire-au-niveau-euro

    Le chiffrage me parait totalement délirant : 330 k€/an pour une équipe, c’est une toute petite équipe, déjà installée en France, et avec un environnement papier/crayon/laptop.

    Et on ne prévoit rien pour accueillir les familles de ces scientifiques, les loger, l’école des mioches, etc.

    Ça mène au point 2, la #politique_scientifique.

    Elle se voit sur la #liste fermée des #thématiques concernées par le dispositif.

    D’abord, cette liste montre qu’on n’est pas du tout sur du papier/crayon/laptop. 330k€ pour une équipe dans ces domaines, c’est juste une blague.

    Surtout, on constate que cette liste exclut les #SHS - c’est-à-dire la discipline la plus en risque aux USA. Et pas seulement en risque de définancement. Ça pue la prison à plein nez.

    Le Ministre répond en substance "oui c’est vrai, mais il y a écologie qui est aussi menacée". L’aveu est terrible.

    L’aveu est terrible car il montre bien que l’intention n’est pas d’accueillir des scientifiques empêchés et persécutés, mais de profiter de la situation pour voler une paire de cerveaux considérés comme rentables par notre gouvernement.

    Tout ça en parlant de refuge pour les #libertés_académiques.

    Se prévaloir des libertés académiques tout en restreignant politiquement les #domaines_de_recherche. Formidable !👏

    Et il y a #écologie et écologie : l’écologie Total (pétrole à tous les étages, mais "vert") et l’écologie "arrêtez vos conneries on va tous crever".

    Laquelle vise le gouvernement ?

    Et là on arrive au point 3. la politique démocratique.

    L’administration Trump attaque très exactement les mêmes scientifiques que Macron attaquait dès 2020 en les considérant « coupable » de « casser la République en deux ».

    Les mêmes qu’on exclu du dispositif de « refuge ».

    https://www.lesinrocks.com/actu/macron-juge-le-monde-universitaire-coupable-davoir-casse-la-republique-e

    M. Macron aurait pu - même sans le reconnaitre publiquement - réaliser que l’offensive obscurantiste à laquelle il a lui-même participé pouvait conduire à des choses très graves, comme ce qui se passe notamment aux USA.

    Mais il a préféré s’entêter, et rester une politique de #vol_des_cerveaux.

    Tout cela est très dangereux, parce que ça va casser le moral des scientifiques français, mais qu’en plus ça va générer beaucoup de #frustration et de #déception auprès des scientifiques américains, dont beaucoup ont réellement besoin d’un #refuge.

    C’est le contraire de l’#humanisme.

    Pour les petits besoins de sa com’ personnelle, M. Macron est en train d’engager la responsabilité et la réputation de la France, mais sans mettre les moyens, et en ciblant l’inutile.

    En vouloir à la France va être tout à fait légitime. Et c’est très grave.

    Le gouvernement : "Tout sauf ces sales wokes. On ne veut que du top star grobraino en énergies fossiles ou en IA."
    L’ED : "Le gouvernement ouvre les frontières aux sales wokes"

    C’était couru, mais la stratégie du gouvernement est vraiment perdante-perdantes.
    ¯\(ツ)

    #France #recherche #accueil #chercheurs_en_danger #scholars_at_risk #ESR #USA #Etats-Unis #disciplines

    • Donc mon université a fait l’ouverture du journal de 8h de France culture avec son programme d’accueil des collègues états uniens dont les recherches sont en danger. 15 millions d’euros pour 10 à 20 collègues, sur le modèle #CPJ. Pour comparaison, j’ai appris que l’accueil de 3 collègues Palestiniens dans le cadre de Pause coûte à la même université... 75 000 euros

      Pour qu’on prenne bien la mesure de la #différence_de_traitement, alors que la présidence de l’université annonce qu’elle mobilise ses équipes pour trouver un logement et des places en école pour les familles des collègues états-uniens, voilà le message que les collègues nous envoient pour pouvoir assurer le minimum décent pour les collègues Palestiniens :

      Et voici le message d’appel à #solidarité concernant le troisième collègue palestinien, qui a le mérite de rappeler les conséquences matérielles de la guerre à Gaza et leur impact scientifique :

      #Palestine #deux_poids_deux_mesures

    • Accueil des chercheur∙ses internationaux en France : de qui se moque-t-on ? Communiqué intersyndical CGT-FO-FSE-FSU-Unef-Sud, 2 mai 2025

      Le 5 mai Emmanuel Macron organise un ersatz de cérémonie d’accueil pour « les chercheurs du monde entier » qu’il appelle à rejoindre la France. Ce soudain intérêt du président pour la recherche, nationale ou internationale, questionne alors que l’enseignement supérieur et la recherche sont très brutalement attaqués aux Etats-Unis, avec une remise en cause tout à la fois des libertés qui président partout à la vie universitaire, de la libre détermination des sujets d’enseignement ou de recherche par les enseignants et les chercheurs, ou des financements permettant le plein fonctionnement des institutions d’enseignement et de recherche.

      Des chercheur·ses sont brutalement licenciés, les budgets d’agences de recherche sur le climat comme la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), sur la santé comme la NIH (National Institutes of Health) ou sur l’espace comme la NASA (National Aeronautics and Space Administration) sont largement amputés, des bases de données sont brutalement fermées, les financements fédéraux de plusieurs universités sont gelés, des étudiant·es sont poursuivis par la justice. De nombreux projets de recherche internationaux sont à l’arrêt, les déplacements de chercheur·ses états-uniens sont entravés, leur participation à des groupes internationaux comme le GIEC remis en question.

      Face à cette lame de fond à laquelle sont confrontées l’université et la recherche publiques, l’intersyndicale de l’ESR rappelle que pour lutter contre l’obscurantisme, il est urgent de défendre la liberté de production et de diffusion des savoirs, comme bien commun et facteur de progrès social. La solidarité envers la communauté de recherche mondiale s’impose et il est indispensable de pouvoir accueillir ces collègues tout comme celles et ceux empêché·es de travailler ou persécuté·es dans leur pays, quel qu’il soit.

      Dans ce contexte, la mise en place d’une plateforme “Choose France for Science”, annoncée par le Président de la République française, en réponse à la situation des chercheur·es aux Etats-Unis est choquante, voire indécente.

      Indécente, car la politique du Président Macron depuis 2017 a considérablement affaible l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) en France non seulement par un sous-financement chronique, des regroupements forcés et un pilotage accru, mais aussi par des atteintes quasi incessantes à la liberté académique : attaques sans fondement de la Ministre Frédérique Vidal contre les sciences humaines et sociales, supposées gangrénées par de supposés chercheur·ses « wokistes » ou « islamo-gauchiste », sanctions disciplinaires contre des chercheur·ses qui ont exprimés leur solidarité au peuple palestinien, interdiction de conférences et de séminaires sur la situation à Gaza dans les Universités de Lille, Lyon, Bordeaux, etc. S’y ajoutent les dispositions des Zones à Régime Restrictif (ZRR), qui conduisent à des dérives inquiétantes sur les libertés (dont celle de publication) et les recrutements sous couvert de sécurité nationale.

      Et bien sûr le meilleur moyen d’affaiblir la recherche et la diffusion des connaissance est tout simplement d’assécher les finances publiques des établissements concernés. Sous la présidence Macron (2017 – 2022), le nombre de personnels enseignants titulaires a continué de baisser (-3,1% depuis 2015) tandis que celui des personnels enseignants contractuels explosait dans des proportions inquiétantes (+18,5%) et que le nombre d’étudiant·es augmentait (+325 000 / + 12,5%), la part de la richesse nationale consacrée à la recherche est passée de 2,25 % à 2,22 % (quand les États-Unis y consacrent 3,47 %), le bâti universitaire est en phase de délabrement accéléré (57 % de passoires énergétiques, 1/3 de bâtiments « vétustes »). Après les coupes brutales dans les budgets de l’ESR en février 2024 (-600M€), le gouvernement Macron a encore taillé 950 M€ en 2025 (dont -493 M€ sur la mission enseignement supérieur et recherche)…

      Dans ce contexte, les annonces du gouvernement Macron-Baptiste (ministre de l’ESR) ainsi que certains président·es d’université ne visent qu’à redorer leur image à peu de frais.

      Loin de répondre aux besoins criants des travailleur·ses et des étudiant·es de l’ESR public, ces annonces sont choquantes : évoquer une enveloppe de plus de 300 000 € par an par chercheur·se états-unien accueilli quand le salaire moyen d’un·e enseignant·e–chercheur·ses en France s’élève à 63 000 € brut / an (rapport social unique 2022), quand des milliers d’ATER (attaché·es temporaires d’enseignement et de recherche) payés 22 % au-dessus du SMIC (ou 13 % en-dessous pour les 1/2 ATER), quand 170 000 vacataires sont payés sous le SMIC avec plusieurs mois de retard, quand 35 % des agent·es du secteur ont un statut précaire de contractuel. Et que dire de l’effondrement (-27 % depuis 2000 selon l’INSEE) du pouvoir d’achat des agent·es du secteur public, qui conduit à la paupérisation de toutes et tous, et en particulier des plus modestes (collègues de catégorie B et C notamment), qui assurent l’entretien et l’administration indispensables au fonctionnement de nos universités et organismes de recherche.

      La recherche est œuvre collective, et la concentration des moyens sur quelques individus ou sur quelques laboratoires (comme le prévoyait le projet des Key Labs), dont la contrepartie est leur raréfaction pour la masse des autres, est en réalité un frein aux progrès indispensables.

      Les organisations signataires, outre l’accueil décent de collègues empêchés ou persécutés dans leur pays, continuent de demander un budget ambitieux, à la hauteur des enjeux, pour le service public de l’ESR.

      https://academia.hypotheses.org/62050

    • « #Choose_Europe_for_Science » : l’#opération_Potemkine de Macron sur la recherche française

      Le président de la République veut accueillir les cerveaux américains, martyrisés par l’administration Trump. Mais sa peinture de la France en paradis de la recherche et des libertés académiques ne passe pas.

      « Nous« Nous sommes à un moment de rupture où l’impensable est devenu notre réalité. » Les mots d’Emmanuel Macron lundi 5 mai, en clôture de l’événement franco-européen « Choose Europe for Science », ont dû résonner étrangement aux oreilles de la communauté scientifique publique hexagonale : le président de la République parlait-il des États-Unis ou de la France ?

      Notre pays est bien sûr loin de vivre la guerre impitoyable contre la recherche menée par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir, sœur de celles lancées par Javier Milei en Argentine ou encore par Narendra Modi en Inde. Mais, comme le rappelle avec force le professeur de physique Bruno Andreotti, du collectif Stand Up for Science, des « formes de continuité » existent.

      Elles se nichent dans une série de mesures réactionnaires et austéritaires qui nuisent à la qualité de la production scientifique française et qui contribuent à installer, y compris sous la présidence d’un Emmanuel Macron, un « imaginaire fasciste » hostile aux libertés académiques.

      Parlons gros sous, d’abord : ce n’est pas aux États-Unis mais en France que, de crédits rabotés en argent non versé, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche a fondu de près 10 % ces quatre derniers mois (environ 2,5 milliards d’euros en moins sur les 25 milliards d’enveloppes prévues).

      Structurellement, la recherche publique a vu son financement chuter de 2 % depuis 2019 et le temps nécessaire pour accéder à un emploi stable n’a jamais été aussi long : les contrats courts et précaires y explosent. Plusieurs universités françaises sont même au bord de la faillite, peinant à trouver l’argent pour simplement payer les salaires et les fluides.
      Pour les chercheurs, l’ironie du désespoir

      Les mots, dans ce cadre, ont un sens : interrogée en décembre sur le sort budgétaire réservé à l’enseignement supérieur et à la recherche française, Hélène Boulanger, présidente de l’université de Lorraine, évoquait auprès de Mediapart une véritable « saignée », qui en médecine évoque un traitement de choc pour éviter la mort.

      Le président de la République peut donc bien lancer son « appel de la Sorbonne », mettre 100 millions d’euros sur la table afin d’accueillir les chercheur·es martyrisé·es par l’administration Trump, chérir « la science libre et ouverte », « trésor » du continent européen.

      « Aux États-Unis, [les universités] furent riches, cannibales, miraculeuses, écrit la philosophe Nadia Yala Kisukidi, dans le magazine Politis. En France, elles rament et on les enfonce depuis plus d’une décennie. »

      Les chercheur·es français·es, sur les réseaux sociaux et dans les boucles de messageries professionnelles, ne sont pas dupes : ils et elles rappellent avec l’ironie du désespoir leurs bricolages de bouts de ficelle, les bureaux délabrés, les amphis bondés, les étudiant·es refusé·es en licence, en master, en thèse, ainsi que les efforts déployés chaque jour dans les laboratoires de recherche pour payer un billet de train, financer les contrats postdoctoraux décents, assumer les frais d’un colloque, répondre à une invitation à l’étranger, y compris dans les domaines les plus prestigieux.

      « Dans mon université, à Rennes 2, je ne vais jamais voir la couleur de ces millions, et on se bat quotidiennement pour sauver des postes, s’est ainsi indignée Anaïs Lefevre-Berthelot, maîtresse de conférences spécialiste du genre et des médias aux États-Unis, à l’occasion de la conférence de presse du collectif Stand Up for Science ayant suivi les annonces présidentielles. On va offrir quoi à nos collègues américains, un contrat court de trois ans et un retour au pays ? C’est une opération de communication. »

      Pour la CGT du supérieur, ces annonces en grande pompe sont même « choquantes », surtout quand il s’agit de dédier, comme l’a fait récemment le président de l’université d’Aix-Marseille Éric Berton, entre 600 000 et 800 000 euros par chercheur·e accueilli·e sur trois ans. Le salaire moyen d’un·e enseignant·e-chercheur·e en France s’élève à 63 000 euros brut par année (selon le rapport social unique de 2022 cité par le syndicat) et des milliers de vacataires, parfois payé·es moins que le Smic, attendent des mois avant de recevoir leur dû.

      Personne ne se risque cependant à minimiser les enjeux du séisme scientifique, mais aussi sanitaire et démocratique, engendré par la chasse aux sorcières que vivent actuellement les États-Unis. « Des gens vont mourir » en raison des décisions de l’administration Trump d’arrêter les recherches sur le VIH, sur les vaccins, sur le climat, insiste encore Anaïs Lefevre-Berthelot.

      Le professeur Alain Fischer, spécialiste des déficits immunitaires génétiques, a lui souhaité souligner la nécessaire, bien que minimale, prise de position européenne du jour : « Ursula Van der Leyen et Emmanuel Macron ont rappelé que les valeurs académiques sont indispensables, c’est bien et important qu’ils le fassent. »

      D’autres, et Emmanuel Macron le premier, ont pris garde aussi à ne pas réactiver une forme de concurrence mortifère, se faisant les promoteurs de la solidarité vitale entre communautés académiques. « Il n’y aura pas d’effet d’éviction, n’en déplaise aux malthusiens. La science se nourrit de cette émulation, de cette capacité à recruter et à attirer les meilleurs talents », a ainsi martelé le président à la Sorbonne.

      Mais qui notre pays souhaite-t-il réellement accueillir, et dans quel but ? « Attention de ne pas penser qu’aux stars de la recherche, quand on devrait accueillir en priorité les jeunes, les post-doctorants vulnérables, ceux qui ont sans doute le plus à perdre », a noté Alain Fisher.

      S’agissant des profils, Libération a révélé que les chercheur·es en étude de genre ou travaillant sur les minorités, thèmes honnis par l’équipage trumpiste, seraient exclu·es de la politique d’accueil « à la française ». « On peut défendre nos intérêts stratégiques et en même temps porter une vision universaliste », a assumé l’Élysée auprès de nos confrères. Que les « Marie Curie de demain » (pour citer encore le président) qui souhaitent traverser l’océan afin de rejoindre « l’Europe du savoir » se le disent…
      La France n’a rien d’un paradis académique

      Ce n’est pas non plus la première fois que la diplomatie scientifique fonctionne à géométrie variable : un peu plus de 5 000 visas « recherche » ont été délivrés entre 2023 et 2024, selon les statistiques du ministère de l’intérieur, soit une hausse de 12,5 % en un an, mais la grande majorité des chercheurs et chercheuses accueilli·es dans les laboratoires français sont d’abord… européen·nes.

      La réforme des frais d’inscription pour les étudiantes et étudiants étrangers, mise en œuvre à l’occasion du premier mandat d’Emmanuel Macron, s’applique, elle, chaque année plus durement, pénalisant notamment les étudiant·es venu·es du continent africain, souvent moins doté·es financièrement.

      Enfin, le programme Pause, qui finance depuis 2021 des scientifiques en exil (afghans, syriens, turcs, ukrainiens, russes, et récemment palestiniens, dont la sortie est le plus souvent bloquée par Israël…), a vu son budget passer de 7 millions d’euros en 2023 à 3 millions l’an passé, s’inquiète un membre du conseil d’administration.

      Le décalage entre les discours et la réalité semble tout aussi patent sur la défense des libertés académiques. C’est le même Emmanuel Macron qui, en plein délire sur « l’islamogauchisme », accusait en 2020 les universitaires de « casser la République en deux » et de favoriser « l’ethnicisation de la question sociale », son ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer organisant deux ans plus tard à la Sorbonne un colloque indigent en forme du procès du « wokisme ».

      Après le 7 octobre 2023, plusieurs universitaires ont également dénoncé une forme de traque de toute parole jugée propalestinienne, tandis que Gabriel Attal, alors premier ministre, attaquait directement Sciences Po, dont il disait ceci, dans une sorte d’anti-intellectualisme primaire : « Le poisson pourrit toujours par la tête. »

      Qu’à cela ne tienne : « Le racisme systémique, le nationalisme chrétien, la suprématie blanche, la haine de la culture, le capitalisme hardcore et le vin qui arrache, c’est là-bas. Pas chez nous, écrit d’une plume teintée d’ironie et d’amertume la philosophe Nadia Yala Kisukidi. En France, l’État de droit est en grande forme. Les espaces critiques, qui renforcent la bonne santé des démocraties libérales (médias, justice, université, multipartisme), ne flanchent pas. »

      Depuis la tribune de Choose Europe for Science, on entend enfin, dans la bouche du président de la République, un opportunisme politique à la limite du cynisme. Il s’agit d’attirer et d’accueillir les chercheuses et chercheurs étrangers soucieux d’une « science libre », mais aussi d’en profiter pour réformer « en profondeur » le système français.

      C’est-à-dire « simplifier », « alléger » les processus dans « la transmission entre recherche fondamentale et appliquée », favoriser encore davantage les « financements publics-privés », « aller plus loin dans les contrats d’objectifs, de moyens et de performance » qui s’imposent désormais aux universités françaises, favoriser les grosses unités comme Paris-Saclay, pourtant contestées.

      En bref, copier le « modèle américain », plus efficace que le modèle européen « ces trois dernières décennies », selon Emmanuel Macron. Sans tirer aucune leçon de la rapidité avec laquelle ce même système, brillant et envié partout dans le monde occidental, a été brisé, en à peine quelques mois, par la force d’un seul homme.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/050525/choose-europe-science-l-operation-potemkine-de-macron-sur-la-recherche-fra

    • Etudes sur le #genre ou les #minorités : les scientifiques que la France ne veut pas sauver du trumpisme

      L’Etat veut bien accueillir les chercheuses et chercheurs empêchés de travailler aux Etats-Unis, mais pas tous. Les thématiques considérées comme « wokes » ne font pas partie des cibles du gouvernement.

      C’est l’éléphant qui manque dans la pièce. La France déploie ce lundi 5 mai un grand #plan pour accueillir les scientifiques empêchés de travailler aux Etats-Unis. Dévoilée le 18 avril, la plateforme #Choose_France_for_Science « recensera les projets de recherche » autour d’une liste de #thématiques parmi lesquelles on trouve la santé, le climat, l’intelligence artificielle, le spatial, l’agriculture, les énergies ou encore le numérique. Les études de genre, ou décoloniales, n’y figurent pas. Elles font pourtant partie des thématiques frontalement attaquées par l’administration Trump.

      « Cela n’est pas étonnant. Les attaques contre les recherches médicales ou sur le climat indignent beaucoup plus, en France comme ailleurs, que les attaques ciblant les #sciences_sociales, de la sociologie à l’histoire », se désole la sociologue du CNRS Laure Bereni. Anne Fraïsse, latiniste et présidente de l’université de Montpellier Paul-Valéry, voit là « une forme d’#opportunisme pour attirer des chercheurs étrangers mais pas pour répondre à une forme d’exclusion ».

      Equilibres politiques nationaux

      A l’Elysée, on assume. « On peut défendre nos #intérêts_stratégiques et en même temps porter une #vision_universaliste. Pour le coup, cette initiative est à la croisée de ces deux ambitions-là », assure un conseiller. Les domaines privilégiés sont en lien avec la stratégie, assumée, de « réaffirmer la recherche comme étant un enjeu fort pour le #développement_économique et notre #souveraineté_industrielle ».

      Mathias Bernard, président de l’université Clermont Auvergne, « regrette » lui aussi cette orientation. « Il y a, y compris en France, tout un discours contre les universités qui repose sur la montée en épingle de ce que l’on appelait hier l’#islamogauchisme et aujourd’hui le #wokisme », constate celui qui dirigeait déjà son établissement en 2021, quand sa ministre de tutelle, Frédérique Vidal , dénonçait l’ « islamo-gauchisme »qui, selon elle, « gangrenait » les universités .

      Laure Bereni voit aussi dans ce choix le poids des équilibres politiques nationaux. « Il paraît sans doute plus prudent pour un gouvernement de centre droit dont la légitimité repose sur le soutien tacite du RN, de ne pas défendre des recherches scientifiques sur le genre, la question raciale ou les minorités, qui sont actuellement sous le feu des attaques de droite et d’extrême droite », avance-t-elle. Choisissez la France pour les sciences, donc, mais pas pour toutes les sciences.

      https://www.liberation.fr/sciences/etudes-sur-le-genre-ou-les-minorites-ces-scientifiques-que-la-france-ne-v

      #universalisme

  • Rémunérations des #vacataires des universités : il est temps de payer !
    https://academia.hypotheses.org/61551

    Avec le soutien de parlementaires, plusieurs syndicats et associations de jeunes chercheurs et chercheuses ont fait paraitre dans Le Monde, mercredi 26 mars, une tribune qui encourage les enseignant·es vacataires du supérieur maltraité·es par leurs établissements employeurs à engager des … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #salaires

  • Le 27 mars, amplifions la mobilisation pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche !
    https://academia.hypotheses.org/61480

    Ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations dans l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) ont rassemblé des milliers de personnes. Depuis le mois de décembre 2024, les étudiant·es sont mobilisé·es pour dénoncer la casse de l’enseignement supérieur. L’intersyndicale a appelé les … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #budgets_universitaires

  • Les IA génératives ou la pensée en bouillie
    https://academia.hypotheses.org/60577

    Deux billets d’humeurs piquants au sujet des IA génératives écrits par des universitaires nord-américains ont été publiés ces derniers jours. Le premier, par le philosophe et poète Troy Jollmore, intitulé “Autrefois, mon métier était d’enseigner à des étudiant.e.s. A présent, … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #En_partage #Lectures_/_Readings #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Pratiques_pédagogiques #Chatgpt #Intelligence_artificielle

  • Plan égalité. Au Ministère de l’ESR, après l’espoir, la douche froide. Analyse CGT
    https://academia.hypotheses.org/60522

    Extraits de “8 mars 20258 mars 2025. Bilan des négo Égalité. L’État, employeur exemplaire  ?” de la CGT UFSE Deux ans de négociation avec les organisations représentatives des trois Comités Sociaux d’Administration ministériels (MEN, MESR et MJSOP) concernés. Dès les … Continuer la lecture →

    #Academic_Feminist_Fight_Club #Actualités_/_News #État_de_droit #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #Serivces_publics #égalité_femme-homme

  • Sur le positionnement politique des universités - AOC media
    https://aoc.media/analyse/2024/10/22/sur-le-positionnement-politique-des-universites
    en libre accès

    Par Cécile Laborde

    POLITISTE
    Les manifestations étudiantes en faveur de la Palestine ont soulevé la question épineuse de la neutralité politique des universités, en Amérique du Nord comme en Europe. Bien compris, le devoir de « réserve institutionnelle » limite l’expression des universités, mais non la libre expression dans les universités.

    Article très intéressant. Même si on ne peut que s’interroger sur ce que signifie la réserve des universités à l’égard par ex du génocide en cours à Gaza : faut il continuer des politiques de collaborations institutionnelles, par ex des échanges d’étudiants avec des universités israéliennes qui soutiennent explicitement des actions militaires totalement disproportionnées par rapport à l’idée d’une défense légitime et qui constituent le crime de génocide ? Parce qu’en fait, ce n’est pas juste une guerre, ce qui se passe à Gaza...

    • cet article est republié aujourd’hui en lien avec cette annonce :
      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/02/11/a-sciences-po-la-reserve-institutionnelle-nouvelle-ligne-de-conduite-sur-les

      Très prudente, cette nouvelle doctrine fait prévaloir le principe de la « réserve institutionnelle » en vertu duquel l’établissement ne saurait s’exprimer sur un conflit en cours. Elle trouve sa source dans un rapport interne d’une quarantaine de pages qu’a consulté Le Monde.
      [...]

      Fait notable : la doctrine ne se prononce pas sur l’épineuse question des partenariats avec des universités ou avec des entreprises impliquées sur un terrain de guerre. « Ces sujets, légitimes, ne sauraient être évacués, mais ils ne font pas partie directement du cadre de ce rapport, aussi bien au titre du champ d’investigation de la mission qui nous a été confiée que du temps imparti à sa réalisation », justifient Mmes Haegel et Mawad et M. Perelman. En parallèle, le directeur des affaires internationales a lancé en juin 2024 une analyse dont les résultats ne sont pas encore connus pour évaluer l’ensemble des partenariats universitaires internationaux.

      La « réserve institutionnelle » qui doit prévaloir « n’implique cependant pas l’inaction », selon le rapport. Lorsqu’une crise survient, l’école a le devoir d’organiser rapidement un « débat pluraliste mobilisant ses enseignants-chercheurs, ses chargés d’enseignement et/ou des intervenants extérieurs spécialistes de la question ».

      Les seules situations qui légitiment une prise de position officielle ressortent du périmètre d’un « établissement de recherche et d’enseignement ». La doctrine prévoit trois cas : une mise en cause de la liberté académique, par exemple à travers une « ingérence » dans la gouvernance ou dans le contenu des enseignements de la part d’un acteur public ou privé ; une mise en cause de la liberté d’expression individuelle et collective des membres de la communauté par un acteur public ou privé ; une « demande expresse de soutien de la part d’une université qui serait elle-même l’objet de pressions ».

      Pas de « prise de parole systématique »
      Un autre cas nécessite une réaction officielle, si une nouvelle loi ou réglementation vient à porter atteinte au projet d’établissement. En suivant cette ligne, fin 2023, l’école se serait opposée au projet de loi sur l’immigration tel qu’envisagé par l’ancien ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, qui durcissait les conditions d’accueil des étudiants étrangers. A l’époque, un grand nombre d’universités, mais pas Sciences Po, s’étaient élevées contre la mesure dans une déclaration commune.

      En revanche « est sujet à débat » le fait d’avoir condamné l’invasion de l’Ukraine par la Russie dans un communiqué de mars 2022. Les rapporteurs relèvent que le mandat de l’ex-directeur Mathias Vicherat (2021-2024) s’est caractérisé par « une accélération des prises de position politiques institutionnelles, y compris un engagement fort sur les questions environnementales » mais aussi contre l’extrême droite, avec un communiqué publié dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2022.

      Si un événement d’actualité vient à toucher directement des membres de la communauté, « le soutien de l’institution ne peut pas passer par une prise de parole ou une commémoration systématique pour condamner, se désoler ou commenter, poursuivent-ils. Les crises et catastrophes étant malheureusement nombreuses, [l’école] ne saurait fixer une grille de critères qui permettrait de classer la gravité ou la résonance des événements pour décider de réagir ou non ».

      Les auteurs recommandent « d’institutionnaliser le débat et l’expression » à travers l’organisation régulière d’un town hall – un grand débat tel que pratiqué dans les établissements anglo-saxons – impliquant des représentants de la direction de Sciences Po, des enseignants-chercheurs, des étudiants et des salariés. Avec un sujet de discussion qui serait choisi à travers un vote en ligne des étudiants. Et nécessairement « lié à la mission de l’établissement ».

    • Une critique de la notion de neutralité institutionnelle dans le contexte américain post-7 octobre, dans un entretien par ailleurs passionnant mais très inquiétant (et qui préfigure ce qui arrive chez nous)
      https://mouvements.info/la-resistance-universitaire-au-trumpisme
      La résistance universitaire au trumpisme. Entretien avec Joan W. Scott Par Pascal Marichalar

      Vous soulignez l’ambiguïté de la notion de neutralité institutionnelle.

      Depuis les années 1960, l’élément déclencheur de ces réflexions a toujours été la question des réponses à apporter, et des limites à poser, aux mobilisations étudiantes. La neutralité institutionnelle a signifié beaucoup de choses différentes au cours de l’histoire et en fonction des situations. Elle a pu signifier que l’université publiait des déclarations en son nom, ou au contraire que l’université refusait de publier des déclarations en son nom, ou encore que l’université refusait d’autoriser les départements à publier des déclarations de quelque nature que ce soit. Certaines universités mobilisent la notion de neutralité institutionnelle pour signifier que les manifestations étudiantes sapent l’espace neutre de l’université, et ainsi de suite. Ce n’est pas juste un principe abstrait, l’invocation et l’application de ce principe s’insèrent toujours dans des considérations d’ordre stratégiques. Aujourd’hui, c’est encore au nom de la neutralité institutionnelle que certains affirment qu’une université ne doit pas soutenir les politiques de DEI (diversité, égalité, inclusion), la discrimination positive, etc., ou que l’université ne prendra pas de position en contradiction avec ce que l’administration Trump exige – même si cela affecte, au fond, la mission de l’université… Mon sentiment est que lorsqu’on voit quelqu’un invoquer la neutralité institutionnelle, il faut d’abord se demander comment et dans quel but elle est appliquée.

  • De la difficulté de parler de la Palestine à la Sorbonne | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/co-zannier/blog/230125/de-la-difficulte-de-parler-de-la-palestine-la-sorbonne

    Après l’annulation le jour même de la conférence de Pascal Boniface mardi 21 janvier à la Sorbonne Paris-Nord, aujourd’hui mercredi 22 janvier, c’est l’accès à celle d’Alain Gresh qui s’intitulait « Gaza : Faillite politique et complicité médiatique », dont l’accès a été gravement perturbé à la Sorbonne.

    #censure #Gaza #libertés_académiques #academic_freedom

    • Ali Abunimah arrest sparks fear of European crackdown on Palestine activists

      Detention of US-Palestinian journalist and founder of Electronic Intifada has been met with outrage and concern from activists and UN experts

      By MEE staff | Published date: 27 January 2025
      https://www.middleeasteye.net/news/ali-abunimah-arrest-switzerland-us-palestine-journalist

      The arrest of well-known American-Palestinian journalist Ali Abunimah in Switzerland has sparked fear of a further crackdown on pro-Palestinian activists in the West.

      Abunimah, the executive director of the online news site Electronic Intifida, was detained by Swiss authorities on Saturday ahead of a planned speaking event in Zurich, sparking condemnation by activists and UN experts.

      “He is currently being detained and has had access to legal counsel,” the pro-Palestinian publication said in a statement.

      “The arrest came one day after Abunimah arrived in Zurich for a speaking tour.”

      Electronic Intifida said Abunimah was questioned for an hour on arrival on Friday, before being allowed into the country. He was then arrested the next day. (...)

  • Pourquoi nous n’irons pas à la « Cérémonie de signature du plan d’action handicap du CNRS ». Communiqué de Sud Recherche, janvier 2025
    https://academia.hypotheses.org/58654

    Notre syndicat est invité à la cérémonie de signature du plan d’action handicap 2025-2028 du CNRS, ce vendredi 24 janvier. Ce plan a été présenté au comité social d’administration (CSA) de l’établissement le 4 décembre 2024. Lors de cette réunion … Continuer la lecture →

    #Actualités_/_News #Antivalidisme_ESR #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale

  • Palestine. La recherche au défi du discours colonial - Leïla Seurat
    https://orientxxi.info/magazine/palestine-la-recherche-au-defi-du-discours-colonial,7902

    Cet article a été initialement rédigé pour le numéro spécial de la revue Questions Internationales consacré aux Palestiniens. Il s’agit d’une publication de la Documentation française, éditeur relevant du Secrétariat général du gouvernement. Après plusieurs échanges avec l’équipe de rédaction pour qui le papier répondait parfaitement aux attentes de la revue, il a finalement été retiré du numéro la veille de l’impression, au motif qu’il n’était pas suffisamment « pédagogique » pour satisfaire les attentes de son lectorat généraliste sur un dossier « complexe ». Orient XXI le publie ici.

    #censure #libertés_académiques

  • Au #CNRS, voter une #insuffisance_professionnelle équivaut à voter un #licenciement. Motion du SNCS-FSU
    https://academia.hypotheses.org/58120

    49ème congrès du SNCS-FSU – 17, 18 et 19 juin 2024 À notre connaissance, les membres des sections du Comité National ont peu conscience que voter une insuffisance professionnelle (IP) équivaut, en pratique et dans la quasi-totalité des cas, à … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #Antivalidisme_ESR #Expression_syndicale #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #Santé_au_travail #Fonction_publique