• Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

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    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

    • Ceuta, la frontiera coloniale che l’Europa usa per alimentare la paura

      Oltre cinquantamila persone hanno tentato di raggiungere l’enclave spagnola in Marocco. Dietro la narrazione dell’«invasione» ci sono disoccupazione, crisi sociale, ricatti geopolitici e un sistema di esternalizzazione delle frontiere che produce morti, autoritarismo e propaganda. La destra europea, guidata da Meloni, ha scelto ancora una volta di rispondere con la militarizzazione e la chiusura.

      Le immagini arrivate da Ceuta hanno fatto il giro del mondo. Migliaia di persone che nuotano attorno ai frangiflutti, giovani che attraversano il mare con una bottiglia di plastica come unico galleggiante, famiglie intere che tentano di raggiungere pochi metri di costa europea separati da una barriera di filo spinato, pattuglie della Guardia Civil, militari dispiegati nelle strade e decine di corpi recuperati in mare. Almeno cinquantasette persone sono morte annegate. Secondo il governo spagnolo, in poche ore oltre 50 mila persone avrebbero tentato di raggiungere l’enclave di Ceuta, mentre il ministero dell’Interno ha sostenuto che la quasi totalità sarebbe poi rientrata spontaneamente in Marocco, circostanza che molti osservatori ritengono difficilmente verificabile.

      Come sempre accade quando le frontiere europee vengono attraversate da grandi movimenti di persone, il dibattito pubblico si è concentrato quasi esclusivamente sulla sicurezza. Le immagini sono state immediatamente trasformate nella rappresentazione plastica dell’ennesima «invasione». Le destre europee hanno parlato di assedio, di difesa della civiltà occidentale, di emergenza senza precedenti. Giorgia Meloni ha sospeso Schengen nei confronti della Spagna per i cittadini extraeuropei provenienti dal territorio spagnolo, Matteo Piantedosi ha convocato il Comitato Immigrazione e Frontiere, Antonio Tajani ha aperto uno scontro diplomatico con Madrid, mentre da Berlino Friedrich Merz, Alice Weidel, Manfred Weber e gran parte della destra continentale hanno chiesto respingimenti immediati, rafforzamento di Frontex e chiusura delle frontiere.

      Ancora una volta, però, la politica ha preferito discutere di muri piuttosto che interrogarsi sulle ragioni che spingono decine di migliaia di persone a mettere in gioco la propria vita.

      Per comprendere quanto accaduto bisogna anzitutto ricordare che Ceuta non è una qualunque città di frontiera. È una enclave spagnola di appena diciotto chilometri quadrati incastonata sulla costa marocchina. Insieme a Melilla rappresenta uno degli ultimi residui del colonialismo europeo nel continente africano. La Spagna considera entrambe parte integrante del proprio territorio nazionale; il Marocco continua invece a rivendicarle come territori da decolonizzare. Questa contraddizione storica non è un dettaglio geografico: è il cuore stesso della vicenda. Mentre in Europa si parla di difesa dei confini, si dimentica sistematicamente che quei confini sono stati tracciati dalla storia coloniale e che due città europee continuano a trovarsi sulla costa africana.

      È difficile comprendere perché migliaia di giovani marocchini rischino la morte per raggiungere Ceuta se non si parte da questo dato. La domanda corretta non è perché vogliano entrare in Europa, ma perché un pezzo d’Europa continui a trovarsi in Africa e quale eredità abbia lasciato quella storia.

      Le persone che hanno tentato l’attraversamento non sono mosse da una misteriosa pulsione migratoria. Arrivano soprattutto da Casablanca, Kenitra, El Jadida, Sétif e dalla stessa Fnideq, città frontaliera precipitata in una profonda crisi economica dopo la chiusura nel 2019 del cosiddetto «contrabbando di sussistenza», il commercio transfrontaliero che garantiva il reddito a migliaia di piccoli commercianti, lavoratori e famiglie. A questo si aggiungono un tasso di disoccupazione giovanile che supera il 29%, quasi tre milioni di giovani che non studiano e non lavorano e una diffusa sensazione di assenza di futuro che attraversa un’intera generazione marocchina.

      È in questo contesto che sui social si è diffusa la falsa convinzione che la frontiera fosse stata aperta dopo una sentenza della Corte Suprema spagnola che aveva dichiarato illegittimi alcuni respingimenti immediati praticati negli anni precedenti. Migliaia di ragazzi si sono dati appuntamento a Fnideq e hanno tentato insieme l’attraversamento. Molti raccontano di essere stati convinti che una volta arrivati a Ceuta sarebbero stati accolti. Hanno trovato invece una città militarizzata, strutture di accoglienza già sature e una pressione crescente delle forze di polizia affinché tornassero indietro.

      Ridurre tutto questo all’azione dei trafficanti di esseri umani significa ignorare la dimensione sociale e politica dell’esodo. Come ricorda la Croce Rossa, le persone non attraversano il mare perché sia facile farlo, ma perché la prospettiva di rimanere nel proprio paese appare ancora più insostenibile.

      Naturalmente la crisi di Ceuta non può essere letta soltanto attraverso la condizione sociale del Marocco. Da anni Rabat utilizza il controllo delle frontiere come leva negoziale nei rapporti con l’Unione Europea. Era già accaduto nel 2021, quando la Spagna accolse per cure mediche Brahim Ghali, leader del Fronte Polisario, provocando un improvviso allentamento dei controlli marocchini e l’arrivo di migliaia di persone a Ceuta. Anche questa volta diversi osservatori collegano quanto accaduto al riavvicinamento diplomatico tra Madrid e Algeri e alle tensioni regionali sul Sahara Occidentale. Le stesse fonti della Guardia Civil hanno riferito che nelle prime ore le autorità marocchine avrebbero sostanzialmente lasciato aperta la frontiera, salvo poi intervenire con lacrimogeni, idranti e arresti quando la situazione è sfuggita di mano.

      È il paradosso dell’esternalizzazione delle frontiere. Da oltre vent’anni l’Unione Europea delega il controllo migratorio a paesi come Marocco, Libia, Tunisia o Turchia, finanziandone gli apparati di sicurezza affinché blocchino le partenze. In questo modo Bruxelles ha rafforzato il potere negoziale di governi autoritari, che possono utilizzare i movimenti migratori come strumento di pressione diplomatica ogni volta che ritengono opportuno farlo. Più l’Europa esternalizza il controllo delle frontiere, più diventa ricattabile dai paesi cui affida questo compito.

      Le riflessioni dello psicologo tunisino Wael Garnaoui aiutano a comprendere la profondità di questo processo. Secondo Garnaoui, la nascita dello spazio Schengen ha inaugurato una nuova forma di controllo postcoloniale della mobilità. Se il colonialismo governava direttamente i territori, la «Schengenizzazione» governa le persone attraverso la limitazione della libertà di movimento. Si produce così quello che definisce il «trauma dell’immobilità»: milioni di giovani crescono sapendo che il loro passaporto li condanna a non poter circolare liberamente, interiorizzando un senso di esclusione, umiliazione e impotenza che alimenta il desiderio di partire a qualsiasi costo. La mobilità diventa così non soltanto un progetto economico, ma una forma di liberazione individuale.

      L’Europa continua invece a leggere tutto questo esclusivamente attraverso la lente dell’ordine pubblico. Le persone che aspirano alla libertà di movimento diventano masse indistinte da contenere. Le loro storie vengono cancellate e sostituite dalla categoria dell’«invasione».

      È esattamente su questo terreno che la destra europea ha costruito la propria offensiva politica.

      Le immagini di Ceuta sono diventate il pretesto per rilanciare la richiesta di sospendere Schengen, rafforzare Frontex, aumentare i respingimenti e irrigidire ulteriormente il nuovo Patto europeo su migrazione e asilo. Meloni ha colto immediatamente l’occasione per proporsi come punto di riferimento della destra continentale, trovando piena sintonia con l’AfD tedesca, con Vox in Spagna, con il governo danese e con gran parte del Partito Popolare Europeo. Perfino Donald Trump, Nigel Farage e il ministro israeliano Itamar Ben-Gvir sono intervenuti alimentando la medesima narrazione sull’«assedio» dell’Europa.

      La crisi di Ceuta dimostra così come la questione migratoria sia ormai diventata uno dei principali terreni di competizione politica internazionale. Non importa se i numeri siano controversi o se gran parte delle persone sia già rientrata in Marocco. Non importa che molti dei migranti siano giovani senza lavoro, famiglie o minorenni. Ciò che conta è alimentare la percezione di una minaccia permanente.

      La realtà è molto diversa.

      Quelle migliaia di persone raccontano il fallimento di un modello economico incapace di offrire prospettive ai giovani del Nord Africa, ma raccontano anche il fallimento di un’Europa che continua a investire miliardi nella militarizzazione delle frontiere senza affrontare le cause profonde delle migrazioni. Guerre, diseguaglianze, rapporti economici neocoloniali, cambiamenti climatici e compressione delle opportunità di vita restano fuori dal dibattito pubblico.

      Ceuta, allora, non è l’inizio di un’invasione. È il sintomo di una crisi molto più profonda.

      Per quanto alte possano diventare le recinzioni, per quanto sofisticati siano i sistemi di sorveglianza, per quanto si rafforzino Frontex, gli accordi con i paesi terzi e i dispositivi di respingimento, milioni di persone continueranno a cercare una via d’uscita da condizioni di vita che percepiscono come senza futuro.

      La libertà di movimento non nasce da un decreto, né può essere cancellata da una barriera di filo spinato. È una tensione storica che attraversa il nostro tempo. Ed è destinata a entrare sempre più in conflitto con una Fortezza Europa che continua a difendere privilegi costruiti anche attraverso secoli di dominio coloniale.

      Ceuta ci pone dunque una domanda che nessuna propaganda securitaria può cancellare: non perché migliaia di marocchini abbiano cercato di raggiungere un’enclave europea in Africa, ma perché, dopo secoli di colonialismo, continuiamo a considerare scandaloso il movimento delle persone e naturale quello delle frontiere che il colonialismo ha lasciato in eredità.

      https://www.osservatoriorepressione.info/ceuta-la-frontiera-coloniale-che-leuropa-usa-per-alimentar
      #colonialisme #frontière_coloniale

    • A Ceuta, l’Europe a encouragé la violation des droits des migrants par l’Espagne

      On pouvait croire qu’en adoptant le pacte de l’Union européenne (UE) sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, les pays membres avaient enfin réussi à surmonter leurs dissensions en matière de gestion des mouvements migratoires. Rappelons que ce pacte était censé apaiser les tensions révélées par la crise migratoire de 2015, lorsqu’un million d’exilés, parmi lesquels un grand nombre fuyait la Syrie en guerre, ont afflué en Europe par l’Italie et la Grèce, déstabilisant fortement la coopération entre les Etats membres.

      Après quatre ans d’âpres négociations, la présidente de la Commission européenne n’avait-elle pas salué « un énorme pas en avant pour l’Europe » ? Parmi les mesures adoptées, le pacte prévoit notamment un nouveau régime de réponse aux situations de crise, permettant, en cas d’afflux massif et exceptionnel de migrants dans un Etat de l’UE, le déclenchement d’un mécanisme de solidarité en faveur du pays concerné.

      Pourtant, les réactions ayant, fin juillet, accueilli l’arrivée à la nage depuis les côtes marocaines de 72 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta – seul territoire européen, avec la ville de Melilla, sur le continent africain – ont pris l’exact contrepied des engagements contenus dans le pacte.

      Si ceux-ci avaient été respectés, tous les Etats membres auraient dû s’organiser pour aider l’Espagne à traiter le cas des personnes qui venaient de franchir la frontière dans le respect des droits prévus par les lois européennes, et le cas échéant à se répartir l’accueil de celles qui pouvaient être éligibles à rester en Europe.

      A contrepied de la « solidarité » européenne

      C’est tout le contraire qui s’est passé : d’abord, la première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni s’est dite « prête à agir » pour empêcher une (improbable) vague migratoire en Italie, au besoin en excluant l’Espagne du système Schengen (ce qui est juridiquement impossible). Plusieurs responsables politiques, dont son homologue sociale-démocrate danoise, lui ont emboîté le pas en dénonçant l’incapacité de l’Espagne à protéger ses frontières.

      La France, de son côté, a fait savoir qu’elle renforçait les contrôles à ses frontières avec l’Espagne – un affichage inutile puisque les étrangers qui se trouvent à Ceuta étant soumis à un régime spécifique qui les empêche de rejoindre l’Espagne continentale, il n’y avait aucun risque d’afflux aux frontières françaises.

      Une réunion extraordinaire a été organisée le 4 août entre les ministres de l’intérieur des 27, pour conclure que « la migration nécessite une réponse européenne unie ». Mais cette réponse n’a été envisagée que sous l’angle d’un nécessaire renforcement des frontières. Et si les participants ont témoigné de leur solidarité avec l’Espagne, c’est pour saluer ses efforts rapides pour régler le problème à Ceuta et se féliciter que la plupart des personnes ayant franchi illégalement la frontière aient été renvoyées, sans conséquences pour les autres Etats membres.

      Une réaction résumée par l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve dans Libération le 4 août pour qui « cette crise migratoire n’était pas une crise en Europe, mais une crise contenue au sein de l’enclave espagnole de Ceuta », qui a pu être résolue grâce à « l’attitude ferme, courageuse et déterminée des autorités espagnoles ». Circulez, il n’y a plus rien à voir à Ceuta…

      Bilan tragique

      Il y aurait pourtant à dire à propos de cet épisode. On a beaucoup parlé des possibles causes de ces arrivées, spectaculaires par leur mode opératoire et leur nombre : chantage exercé par les autorités marocaines accusées d’avoir sciemment laissé passer les exilés, « appel d’air » créé par la récente opération de régularisation des sans-papiers en Espagne, exploitation par des réseaux de passeurs d’une information erronée sur l’ouverture de la frontière à Ceuta… Mais quelle que soit l’origine de ces événements, il est nécessaire d’en faire le bilan, tragique à bien des égards.

      Car il y a un bilan humain, d’abord : à ce jour, les autorités espagnoles dénombrent 72 personnes décédées, la plupart par noyade, quand les ONG, qui réclament une enquête, parlent de plus de 100 morts.

      Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont erré dans les rues de Ceuta, privées d’eau, de nourriture, de soins et d’accès à l’hygiène, alors que les dispositifs d’accueil étaient saturés et les associations d’aide aux migrants débordées. Deux semaines après la crise, plusieurs centaines de mineurs isolés étaient encore abandonnés à eux-mêmes, faute de place dans les structures supposées les prendre en charge. N’y avait-il pas là matière à ce que les partenaires de l’Espagne, au nom de la « solidarité », dépêchent en urgence des moyens logistiques et humains pour faire face à cette urgence humanitaire ?

      Chasse à l’homme

      Il faut aussi parler des conditions de « départ » des personnes qui sont retournées au Maroc, en très grand nombre, quelques jours après leur arrivée à Ceuta. Ceux qui se réjouissent de ce rapide règlement du problème ne disent rien de la façon dont les migrants ont été « accompagnés » jusqu’à la frontière par les militaires et les quelque 400 agents supplémentaires de la garde civile et de la police nationale envoyés en renfort par le gouvernement espagnol, ni de la chasse à l’homme qui a eu lieu dans l’enclave pour les contraindre à prendre le chemin du retour.

      Pour effectuer ces renvois, les autorités espagnoles s’appuient sur des accords migratoires passés avec le Maroc, et sur une loi d’exception qui permet les « refoulements à chaud » depuis les enclaves de Ceuta et Melilla, sans examen individuel de situation ni prise en compte des éventuels besoins de protection. Des refoulements qui s’apparentent aux pushback prohibés par le droit européen. Les maigres garanties que cette loi contestable prévoit pour garder une apparence de conformité avec le respect du droit international et du droit d’asile – comme l’attention aux personnes vulnérables – ne semblent même pas, à Ceuta, avoir été respectées.

      Il y a donc tout lieu de penser que de nombreuses violations des droits ont été commises à Ceuta, au mépris des règles européennes prévues pour faire face aux situations de crise. En laissant l’Espagne gérer seule les frontières de ses enclaves au Maroc, comme s’il s’agissait d’un enjeu national et non d’un symbole de la politique d’externalisation de l’UE, les gouvernements européens encouragent sciemment la perpétuation de ces violations.

      https://www.alternatives-economiques.fr/a-ceuta-l-europe-a-encourage-la-violation-des-droits-des-mi

    • Perché lo sciacallaggio politico dopo i tragici fatti di Ceuta non va sottovalutato

      Senza dedicare una riga di cordoglio alle decine di vittime tra chi è arrivato a nuoto a inizio agosto nell’enclave spagnola, larga parte della politica europea -Governo Meloni in testa- ha rappresentato una falsa situazione di spostamenti di “vasta scala” verso il resto dell’Ue, ignorando la geografia e il Regolamento Schengen. Un’operazione spregiudicata che ha l’obiettivo di demolire il principio della libera circolazione, già sospeso lungo 23 frontiere interne. L’analisi di #Gianfranco_Schiavone

      “Le Parti contraenti prendono atto delle seguenti dichiarazioni formulate dal Regno di Spagna: 1) Dichiarazione relativa alle città di Ceuta e Melilla a) I controlli esistenti all’ingresso del territorio doganale della Comunità economica europea per le merci ed i viaggiatori in provenienza dalle città di Ceuta o Melilla continueranno ad essere esercitati in conformità alle disposizioni del protocollo n. 2 dell’atto di adesione della Spagna alle Comunità europee”.

      Così si legge nell’atto finale dell’adesione del Regno di Spagna all’Aquis di Schengen del lontano 22 settembre 2000. Nei confronti delle due enclave spagnole in Africa, in ragione della loro posizione geografica del tutto particolare, vige da sempre una normativa ad hoc che prevede una restrizione all’ordinario regime di libera circolazione nell’Unione. Anche se non ogni passeggero è sempre sottoposto alla verifica di frontiera, i controlli rimangono frequenti e comunque in ogni momento possono essere applicati in modo generalizzato.

      Basterebbe questa semplice osservazione, da sola, per comprendere la enormità e gravità dell’operazione di strumentalizzazione politica condotta dal governo italiano nel decidere il ripristino dei controlli alle frontiere interne (quindi marittime e aree) con l’intera Spagna. Quei controlli, invocati con stridulo strepito, esistevano già, a regime e in modo mirato a quell’area geografica.

      Il Regolamento Schengen, come modificato dal Regolamento Ue 2024/1356, ha come obiettivo “la creazione di uno spazio in cui è assicurata la libera circolazione delle persone attraverso le frontiere interne è una delle principali conquiste dell’Unione”. Proprio per tutelare tale conquista storica, il Regolamento prevede che il ripristino dei controlli alle frontiere interne possa avvenire esclusivamente “in caso di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna di uno Stato membro” (art. 25, par. 1).

      La nozione di “minaccia grave” fa riferimento, oltre ad attentati o minacce di natura terroristica, a forme gravi di criminalità organizzata, a emergenze sanitarie di vasta portata anche a “una situazione eccezionale caratterizzata da spostamenti non autorizzati improvvisi e su vasta scala di cittadini di paesi terzi tra Stati membri, che mette a dura prova le risorse e le capacità complessive di autorità competenti ben preparate e che potrebbe mettere a rischio il funzionamento globale dello spazio senza controllo alle frontiere interne” (art. 25, par. 2).

      Quanto avvenuto a Ceuta per le sue dimensioni e profili drammatici in termini di morti non può essere sottovalutato ma è privo di fondamento ritenere che si stia verificando una situazione di spostamenti di “vasta scala” dalla Spagna nel resto dell’Unione europea. All’esatto contrario, la crisi, intesa nel senso del flusso di ingresso, si è spenta del tutto poche ore dopo essere divampata.

      Il governo italiano aveva però fretta di agire attaccando nuovamente il principio cardine della libera circolazione. Se avesse agito anche solo poche ore dopo quella spregiudicata operazione politica di attacco al governo spagnolo (che per tutti i partiti sovranisti europei è la bestia nera) sarebbe risultata infatti fuori tempo massimo.

      Mentre la Commissione europea evaporava del tutto nel calore estivo, la corsa al tiro al bersaglio contro la Spagna non è stata solo italiana, ma ha coinvolto larga parte della politica dell’Unione con espressioni tra il penoso e il grottesco. Tra le peggiori quelle di Manfred Weber, capogruppo del Partito popolare europeo. “Le immagini devastanti sono la conseguenza diretta del fattore di attrazione della regolarizzazione di massa -ha sentenziato- raddoppiato dalla strumentalizzazione dell’immigrazione illegale”.

      In modo ancor più netto di quanto avvenuto in altre simili circostanze, di fronte alla tragedia di Ceuta in nessuna dichiarazione ufficiale di nessun leader politico europeo c’è traccia alcuna di una manifestazione di cordoglio per le decine di vittime. Come ha ben richiamato l’arcivescovo metropolita di Palermo Corrado Lorefice e neopresidente della Fondazione Migrantes, non c’è stato “nessun rispetto, nessuna partecipazione, nessun dolore, nessun senso di umanità, nessuna spiegazione delle ragioni profonde. Solo l’allarme, del tutto infondato dal punto di vista giuridico, di un’invasione di fatto impossibile”. E ha giustamente concluso ricordando che “rifiutandosi di pensare e di agire secondo i propri principi e le proprie capacità l’Europa rischia di condannarsi a morte”.

      La solidarietà rappresenta un principio giuridico fondante del progetto europeo e l’articolo 222 del Trattato sul funzionamento dell’Unione europea sancisce la cosiddetta “clausola di solidarietà” con queste parole: “L’Unione e gli Stati membri agiscono congiuntamente in uno spirito di solidarietà qualora uno Stato membro sia oggetto di un attacco terroristico o sia vittima di una calamità naturale o provocata dall’uomo”.

      È l’esatto opposto dello sciacallaggio che si è scatenato contro la Spagna. Molti potrebbero obiettare che non c’è nulla da scandalizzarsi perché in fondo quello che è avvenuto è manifestazione, magari solo un po’ più accesa, dello scontro politico che caratterizza la normale vita democratica.

      Rigetto questa tesi non già perché non sia consapevole che la politica non è esercizio di buone maniere, ma perché se banalizziamo quanto è accaduto finiamo per non vedere quella disgregazione dell’Europa che sta procedendo a gran passi e che Lorefice ha invece ben colto.

      È impressionante l’elenco delle 23 frontiere interne nelle quali, a giugno 2026 risulta sospeso il principio della libera circolazione e sono stati ripristinati i controlli di frontiera: Austria-Slovacchia, Austria-Repubblica Ceca, Austria-Ungheria, Austria-Slovenia, Italia-Slovenia,Paesi Bassi-Belgio,Paesi Bassi-Germania, Svizzera-Francia, Norvegia-Danimarca, Norvegia-Germania, Norvegia-Svezia, Danimarca-Germania, Polonia-Germania, Polonia-Lituania, Germania-Francia, Germania-Lussemburgo, Germania-Belgio, Germania-Repubblica Ceca, Svezia-Danimarca, Francia-Spagna, Francia-Italia, Svezia-Finlandia, Svezia-Norvegia.

      Nella larga parte dei casi il ripristino dei controlli è stato motivato in modo del tutto vago con una asserita necessità del controllo dei flussi migratori, in contrasto con quanto prevede lo stesso Regolamento Schengen che dispone invece che il ripristino del controllo alle frontiere interne può avvenire per il più breve tempo possibile, in casi eccezionali di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna e precisa che “la migrazione e l’attraversamento delle frontiere esterne di un gran numero di cittadini di paesi terzi non dovrebbero in sé essere considerate una minaccia per l’ordine pubblico o la sicurezza interna” (considerando 26).

      Di fronte alla larga e inaudita reazione che c’è stata verso la Spagna, è necessario non archiviare l’accaduto come una disgustosa parentesi, ma chiedersi con maggior rigore di quanto si sia fatto finora, chi in Europa vuole la fine dell’Europa stessa quale straordinario (anche se fragile e incompiuto) processo storico di costruzione di un’unione politica sovranazionale che “si fonda sui valori del rispetto della dignità umana, della libertà, della democrazia, dell’uguaglianza, dello Stato di diritto e del rispetto dei diritti umani, compresi i diritti delle persone appartenenti a minoranze” (Trattato di Lisbona del 13 dicembre 2007). E con quale mostro politico la si voglia sostituire.

      https://altreconomia.it/perche-lo-sciacallaggio-politico-dopo-i-tragici-fatti-di-ceuta-non-va-s

      #frontières_intérieures #Schengen #libre-circulation #espace_Schengen #instrumentalisation_politique #contrôles_frontaliers

    • Ceuta Is Europe’s Berlin Wall Moment — Run in Reverse

      Like Berlin in 1989, Ceuta was an accident of history — but Europe’s response may entrench its walls.

      With a little hindsight, the fall of the Berlin Wall in 1989 seems the event most comparable to what unfolded in Ceuta in late July, both in the events themselves and in their origins: a confluence of circumstances — unintended and unplanned — that produced a major geopolitical rupture capable of altering Europe’s trajectory.

      Yet their consequences are likely to be diametrically opposed: on the one hand, the peaceful reunification of a continent amid the rapid spread of democracy; on the other, the reinforcement of the wall that already divides the two shores of the Mediterranean and the acceleration of Europe’s drift towards xenophobia and authoritarianism. Fortunately, however, the worst is never certain.
      A convergence of circumstances

      Almost four decades ago now, on 9 November 1989, Günter Schabowski, then the secretary of the Central Committee of the East German Communist Party responsible for media affairs, mistakenly announced at a press conference the immediate lifting of restrictions on East Germans’ travel abroad. That night, tens of thousands of them rushed towards the crossing points between West and East Berlin, strictly divided by a wall since August 1961. The East German border guards, overwhelmed and without official orders, eventually let the flood of people through. The Berlin Wall had fallen; the German Democratic Republic (GDR) would follow a few months later, along with the entire Eastern Bloc and, ultimately, the Soviet Union itself, dissolved in late 1991.

      That unexpected event stunned Europeans — just as Ceuta has stunned them in recent days. No one had planned or intended it, even though it belonged, of course, to the long history of the gradual erosion of the GDR and the Eastern Bloc. Yet it changed the course of European history.

      The same is very likely true of the events in Ceuta. At their root lies a ruling delivered by the Spanish Supreme Court on 29 June prohibiting “pushbacks” — the immediate return, without any assessment of their situation, of people reaching Ceuta by sea. The decision was widely shared and amplified on Moroccan social media, kindling disproportionate hopes among a young population with few prospects. At the end of July, the Moroccan security forces usually deployed in strength around Ceuta were mobilised instead for the Throne Day celebrations, which mark the anniversary of King Mohammed VI’s accession to the throne on 30 July, a public holiday in Morocco. This year the ceremony was held not in Rabat, the capital, but in M’diq and Tetouan, barely 25 kilometres from Ceuta, assembling the full spectrum of the Kingdom’s elite. Meanwhile, thanks to the holiday, a significant portion of Moroccan youth was flocking to the famous beaches adjacent to the Spanish enclave.

      This convergence of circumstances triggered the mass movement the world then witnessed. The outnumbered and overwhelmed Moroccan security forces let the crowds pass. The Moroccan government took no emergency measures: there was simply no question of disturbing the King and the Moroccan establishment during the Throne Day celebrations, which were to proceed without disruption.
      An unlikely manipulation

      There has been much speculation that the Moroccan government encouraged young Moroccans to cross into Ceuta to punish Spain for Prime Minister Pedro Sánchez’s visit to rival Algeria on 20 July. In 2021, the Moroccan authorities had indeed claimed to have facilitated a similar incident after Spain admitted an ailing Polisario leader to one of its hospitals. But the damage inflicted on King Mohammed VI’s image, in Morocco and beyond, on the very day of the Throne Day celebrations makes such a hypothesis highly unlikely.

      The possibility of interference by the United States or Israel has also been raised — countries eager for revenge on Sánchez, the European Union leader most hostile to the policies of Benjamin Netanyahu and Donald Trump in the Middle East. They have undeniably capitalised on the difficulties he has faced in Spain and elsewhere in Europe since the mass crossing into Ceuta. But no evidence of such interference has emerged, and none is needed to explain the events.

      The most likely cause of what happened in Ceuta, as on 9 November 1989, is a combination of circumstances — even if these, too, belong to a longer history: Morocco’s deep social crisis, marked by a large, educated youth deprived of prospects, and the mounting tensions stoked on the far shore of the Mediterranean by the “Fortress Europe” migration policy pursued by EU leaders.

      There, however, the similarities between Ceuta and Berlin end. The Berlin Wall was built by a communist dictatorship in the service of the Soviet occupiers. The wall at Ceuta, though it bears a strong technical resemblance to the Iron Curtain of grim memory, was erected by us, western Europeans — who are supposed to be committed democrats and humanists.

      Whereas East Germans had been eagerly awaited and hoped for over decades in Berlin and West Germany, young Moroccans are rejected outright and without appeal by a majority of Europeans, just like their brothers and sisters from the rest of Africa. And yet, in truth, their way of life, the cost of their labour, and their level of education differ little more from ours than did those of eastern Europeans after the fall of the Wall.

      The reunification of Europe up to Russia’s borders had seemed a natural project, one that western Europeans embraced without difficulty — even though such a unified Europe had never in reality existed outside the short-lived empires of Napoleon Bonaparte and Adolf Hitler which nobody regrets.

      The Mediterranean, by contrast, has bound together the peoples of its shores for millennia; yet any idea of rapprochement with the other side now strikes a majority of European Union residents as an existential threat graver even than those posed to Europe by Vladimir Putin and Donald Trump.

      So much so that Europeans — in France and elsewhere — increasingly cast their votes for a racist and xenophobic far right that admires these autocrats and would join forces with them against all those whose skin is not white enough. Yet to escape the stranglehold of Trump and Putin, the future of democratic Europe will depend in no small part on its ability to find new allies in the southern Mediterranean.

      Although the episode has had virtually no lasting impact on the number of migrants entering the European continent, the fear must be that the Ceuta affair — unlike the fall of the Berlin Wall — will accelerate Europe’s withdrawal into itself, sharpen the xenophobic and racist drift already at work, and push Europeans still further towards accepting the surrender of their democracy and freedoms. But the worst is not always certain: it will fall to the French people, in particular, to shoulder the heavy responsibility of deciding next year whether to put a decisive stop to this deadly trend.

      https://www.socialeurope.eu/ceuta-is-europes-berlin-wall-moment-run-in-reverse
      #manipulation

  • #LibreOffice gives its Ribbon-style UI a pop of colour
    https://www.omgubuntu.co.uk/2026/06/libreoffice-tabbed-ui-backgrounds

    You’ll be able to customise the look of LibreOffice’s Tabbed UI in the free office suite’s next major release, which his due out in August 2026. LibreOffice 26.8’s Tabbed UI (also known as the Notebookbar and modelled after the Ribbon in Microsoft Office) can show a colourful background when application theming is enabled under Tools > Options > Appearance. A blue shade is used by default but you can pick or set any colour you like. In the ‘Customisations’ section, first selected the Writer, Calc, Impress or Data Notebookbar value, then use the dropdown to chance the colour. Click apply […] You’re reading LibreOffice gives its Ribbon-style UI a pop of colour, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News

  • #LibreOffice slams #Euro-Office as ‘de facto ally’ of Microsoft
    https://www.omgubuntu.co.uk/2026/06/euro-office-ooxml-libreoffice

    Euro-Office launches its stable 1.0 release on June 9, billed as a ‘truly open’ sovereign alternative to Microsoft Office – a claim riling The #document_foundation, makers of LibreOffice. In an open letter published today, TDF’s Italo Vignoli takes issue with the upstart productivity suite’s pitch. He disputes Euro-Office’s marketing, which he says positions it as the first open-source office suite developed in Europe. It’s historically inaccurate as OpenOffice.org got there in 2001, followed by LibreOffice from 2010. But he calls out another issue. The European Union is making a big push for digital sovereignty, cutting down on how much […] You’re reading LibreOffice slams Euro-Office as ‘de facto ally’ of Microsoft, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without (…)

    #News

  • LibreOffice greift Google Docs und Microsoft 365 an
    https://www.heise.de/news/Kurswechsel-LibreOffice-fuer-Browser-und-Smartphone-kommt-11309343.html

    28.5.2026 von Moritz Förster - Die Document Foundation richtet LibreOffice

    neu aus. Kern bleibt die Desktop-Version, aber Apps für Webbrowser und Smartphones sollen kommen.

    Die Document Foundation (TDF) richtet LibreOffice strategisch neu aus. Die freie Office-Suite soll sich künftig stärker in Richtung Webbrowser, Smartphones und kollaboratives Arbeiten weiterentwickeln. Dafür hat die Stiftung ein eigenes Team für Mobile-, Cloud- und Peer-to-Peer-Entwicklung eingerichtet. Technische Basis soll unter anderem eine Browser-Version mit Qt 6 und WebAssembly (WASM) werden. Erstmals nennt die TDF außerdem ausdrücklich Android- und iOS-Builds als Entwicklungsziel – richtige Smartphone-Apps sollen also kommen.

    Die Stiftung betont zugleich, dass LibreOffice in erster Linie eine Desktop-Anwendung bleibt. Die regulären Desktop-Releases sollen weiterhin zweimal jährlich erscheinen. Auch das Engineering Steering Committee und Community-Projekte wie Google Summer of Code oder Outreachy laufen unverändert weiter. All das geht aus einem Strategiepapier der Document Foundation hervor.
    Bislang nur Viewer – oder Collabora

    Bislang war LibreOffice vor allem klassische Desktop-Software, die mobile Nutzung spielte bei der Stiftung selbst nur eine Nebenrolle. Offiziell existiert derzeit im Wesentlichen ein Android-Viewer mit eingeschränkten Bearbeitungsfunktionen. Auf dem Smartphone greifen viele Anwender stattdessen zu Collabora Office, einer von Collabora gepflegten Office-Suite auf Basis von LibreOffice mit Android-, iOS- und Online-Versionen.

    Im Zentrum der neuen Strategie steht ein bereits funktionierender WebAssembly-Prototyp. Laut TDF soll LibreOffice damit „robust und nativ direkt im Browser“ laufen, ohne Hosting-Server stark zu belasten. Bei WASM kompilieren Entwickler native Anwendungen in ein Browser-Binärformat, das lokal im Browser läuft. Ähnliche Ansätze nutzen inzwischen etliche komplexe Webanwendungen, etwa Browser-IDEs, CAD-Tools oder Bildbearbeitungssoftware.
    Andere Architektur als M365 und Google Docs

    Das unterscheidet die geplante Browser-Version von klassischen Cloud-Office-Suiten wie Google Docs oder Microsoft 365, die einen größeren Teil der Verarbeitung auf dem Server erledigen. Die TDF skizziert stattdessen eine Architektur, bei der möglichst viel Rechenarbeit lokal im Browser stattfindet. Das dürfte vor allem für Selfhosting-, Behörden- und On-Premises-Szenarien interessant sein, in denen Datenschutz, geringe Serverlast und digitale Souveränität eine größere Rolle spielen.

    Parallel dazu will die Stiftung die App-Entwicklung beschleunigen. Für 2026 nennt das Strategiepapier Arbeiten am GUI-Code sowie Test-Builds für Android- und iOS-Emulatoren. iOS taucht dabei erstmals ausdrücklich auf. Die Leitung des neuen Bereichs übernimmt Jonathan Clark, unterstützt unter anderem von Dan Williams für iOS-spezifische Themen.

    Außerdem kündigt die TDF erste praktische Tests für kollaboratives Bearbeiten von Dokumenten an. Zunächst kommt eine klassische Client-Server-Architektur mit direkten TCP/IP-Verbindungen zum Einsatz. Langfristig plant die Stiftung auch Peer-to-Peer-Konzepte für die Zusammenarbeit an Dokumenten. Dabei würden Clients ihre Änderungen direkt untereinander abgleichen, statt sie über zentrale Cloud-Server zu schicken. Technisch ist das anspruchsvoller, könnte aber Vorteile bei Datenschutz, Offlinefähigkeit und Infrastrukturkosten bringen.
    Mehr Personal und stärkerer Security-Fokus

    Organisatorisch plant die Stiftung weitere Veränderungen. Sie will das Team in mehrere Bereiche aufteilen, zusätzliche Entwicklerstellen schaffen und externe Aufträge vergeben. Auch das Sicherheits- und CVE-Management formalisiert die TDF stärker und nennt dabei ausdrücklich Dienste wie OSS-Fuzz und Coverity. Hintergrund dürfte sein, dass Browser-, Netzwerk- und Mobile-Funktionen die Angriffsfläche und Komplexität der Software deutlich erhöhen.

    Konkrete Release-Termine für eine neue Web- oder Mobile-Version nennt die Stiftung noch nicht. Die Ankündigung beschreibt vorerst einen strategischen Umbau mit Fokus auf Architekturarbeit, Prototypen und organisatorische Vorbereitung. Dennoch markiert sie einen grundlegenden Kurswechsel für LibreOffice.

    #FLOSS #office #Libreoffice #smartphones

  • Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71288/espace-schengen--comment-lexception-des-controles-aux-frontieres-inter

    Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme
    Par RFI Publié le : 08/05/2026
    Paris a de nouveau prolongé jusqu’au 31 octobre 2026 les contrôles à ses frontières intérieures. Une dérogation autorisée en cas de menace grave, mais censée rester exceptionnelle et limitée dans le temps. Depuis 2015, la France y a pourtant recours de manière continue, et elle est loin d’être la seule, au risque de fragiliser l’un des acquis les plus concrets de l’Union européenne.
    Pouvoir passer de la France à l’Italie, à l’Espagne, à l’Allemagne ou à la Belgique sans présenter son passeport à un poste-frontière ou dans un aéroport. "Toute personne, quelle que soit sa nationalité, peut voyager entre les pays Schengen sans être soumise à des contrôles aux frontières", rappelle le site officiel de l’Union européenne (UE). C’est l’une des promesses les plus concrètes de l’UE : une fois entré légalement dans l’espace Schengen, qu’on soit citoyen européen, résident étranger ou simple touriste, on peut circuler d’un État membre à l’autre sans être soumis à des contrôles aux frontières intérieures.
    Paris vient pourtant de renouveler la "réintroduction temporaire" des contrôles à ses frontières intérieures pour six mois, jusqu’au 31 octobre 2026, selon la notification transmise à la Commission européenne. Rien n’interdit cela sur le papier. "Dès le début de la construction de l’espace Schengen, qui prévoit la fin des contrôles aux frontières intérieures, il est aussi prévu que les États puissent [les] contrôler de façon temporaire et ponctuelle" en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, rappelle la juriste Tania Racho, chercheuse associée à l’université Paris-Saclay et membre du collectif Désinfox-Migrations, au micro d’Amélie Beaucour.
    Paris invoque ici des "menaces graves et persistantes" pesant sur l’ordre public et la sécurité intérieure : menace jihadiste, recrudescence des agressions antisémites, réseaux criminels facilitant la migration irrégulière, tensions dans le Pas-de-Calais, dégradation du contexte sécuritaire mondial de l’Iran au Moyen-Orient, en passant par l’Afghanistan, la Somalie et la guerre en Ukraine, ou encore tenue du G7 à Évian. Une dérogation qui doit pourtant rester exceptionnelle et strictement encadrée dans le temps. Le rétablissement des contrôles peut intervenir pour une durée de six mois, renouvelable jusqu’à deux ans maximum. Depuis la réforme du Code frontières Schengen de 2024, cette durée peut atteindre trois ans dans des circonstances exceptionnelles majeures.
    En théorie, donc, une reconduction continue sur plus de dix ans contrevient au cadre fixé par le droit européen. En France, le dispositif est pourtant reconduit tous les six mois, sans interruption, depuis les attentats de novembre 2015. C’est précisément ce que dénonce l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui regroupe plusieurs organisations. Dans son communiqué du 23 avril, elle juge cette nouvelle prolongation "manifestement contraire au droit de l’Union européenne" et dénonce une succession de renouvellements qui fait du principe de liberté de circulation au sein de l’espace Schengen "un souvenir lointain".
    Du côté du Conseil d’État, pour l’heure, il n’y a pas de débat. Dans une décision du 7 mars 2025, la juridiction administrative avait rejeté le recours de plusieurs associations et jugé le rétablissement conforme au règlement européen. Elle estimait que la décision prise par le gouvernement en octobre 2024 relevait du nouveau Code frontières Schengen, entré en vigueur la même année, et devait donc être regardée comme une première réintroduction des contrôles, non comme la prolongation de celles prises depuis 2015. Autrement dit, le compteur juridique repartait à zéro.
    Mais Paris n’est pas seule. La Commission européenne recense actuellement onze autres États de l’espace Schengen ayant rétabli des contrôles à leurs frontières intérieures. L’Allemagne invoque notamment l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs ; la Pologne, la pression migratoire à ses frontières avec l’Allemagne et la Lituanie ; le Danemark et la Norvège, des risques de sabotage liés à la Russie ; la Suède, la criminalité transfrontalière organisée et les menaces islamistes. Et dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Danemark, l’exception s’est là aussi installée dans la durée.
    "De 2006 à 2014, on avait eu 36 notifications de rétablissement des contrôles aux frontières intérieures en huit ans. Aujourd’hui, on est à plusieurs centaines", note Yves Pascouau, directeur général adjoint de Forum réfugiés. Autrement dit, l’outil s’est banalisé. Pour lui, c’est la logique même de Schengen qui s’est inversée. "La liberté est le principe et la restriction de la liberté, l’exception", rappelle-t-il, estimant que cette base a été "totalement pervertie à partir de 2015", sous l’effet conjugué des attentats et de la crise migratoire.
    Pour Yves Pascouau, également docteur en droit européen, cela pose la question du contrôle exercé par Bruxelles sur la répétition de ces mesures censées être exceptionnelles. La Commission européenne peut émettre un avis sur la nécessité et la proportionnalité des mesures, mais elle ne peut pas opposer son veto à la décision d’un État. Pour Yves Pascouau, Bruxelles fait preuve d’une grande prudence sur ce dossier. "La Commission fait la politique de l’autruche parce que c’est un sujet extrêmement sensible", commente-t-il. La Cour de justice de l’Union européenne a déjà rappelé que les contrôles aux frontières intérieures ne peuvent être prolongés que face à une nouvelle menace. Mais dans les faits, les États arguent régulièrement d’informations nouvelles ou d’un contexte sécuritaire évolutif pour justifier de nouvelles notifications.
    Les motifs migratoires occupent désormais une place croissante dans les notifications des États : migration irrégulière, réseaux de passeurs, pression sur les systèmes d’asile... La réforme de 2024 intègre aussi la question de l’« instrumentalisation » des flux migratoires, lorsque des déplacements de personnes sont utilisés comme moyen de pression politique"La frontière entre l’objectif des contrôles et leur réalité peut parfois apparaître difficile à tracer", estime Yves Pascouau, qui pointe que dans les faits, les contrôles ne sont pas rétablis sur toutes les frontières du pays, mais seulement sur certaines. À la frontière franco-italienne, par exemple, souligne-t-il, les contrôles répondent davantage à un objectif migratoire qu’à un objectif strictement sécuritaire.
    Concrètement, en notifiant la réintroduction des contrôles, "cela permet de contrôler toutes les personnes, par exemple, qui seraient dans un train arrivant depuis l’Italie vers la France, et dont le seul motif serait le franchissement de la frontière entre l’Italie et la France", relève Tania Racho. Selon l’Anafé, qui regroupe plusieurs organisations, cette pratique engendre des atteintes aux droits des personnes exilées : contrôles au faciès, difficultés d’accès au droit d’asile, refoulements ou enfermements illégaux. "Quotidiennement, à Menton, Montgenèvre, Hendaye, Modane et Cerbère, ou encore dans les aéroports, les forces de l’ordre françaises contrôlent l’identité des personnes entrant sur le territoire", affirme l’Anafé dans un communiqué de décembre 2025, qui dénonce des contrôles ciblant « les personnes perçues comme migrantes ».
    Même si, pour la majorité des voyageurs, les frontières intérieures restent pour l’heure souvent invisibles, "l’esprit de Schengen s’est considérablement affaibli", regrette Yves Pascouau. Pour lui, ces rétablissements ont aussi une forte portée politique. "À ma connaissance, on n’a jamais arrêté de terroriste dans ce cadre", relève-t-il, tout en soulignant que leur efficacité sur le plan migratoire n’est pas davantage démontrée. Le risque, selon lui, est surtout le message envoyé aux citoyens : l’idée que "c’est derrière la frontière nationale qu’on est le mieux protégé". Une logique qu’il juge trompeuse, alors que la sécurité de l’espace Schengen repose aussi sur la coopération entre États et sur des contrôles renforcés aux frontières extérieures de l’Union. Selon l’agence européenne Frontex, les arrivées clandestines dans l’UE sont en baisse ces dernières années. Le danger dépasse la seule question des frontières pour Yves Pascouau, car lorsque ces entorses aux règles communes ne sont "ni soulevées ni sanctionnées", elles peuvent ouvrir la voie à d’autres.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#france#schengen#librecirculation#droit#sante#frontiere

  • Marelle | #Police #cursive #libre pour l’enseignement de l’écriture à l’école élémentaire
    https://marelle.forge.apps.education.fr

    Marelle est une police cursive libre pour l’enseignement de l’écriture à l’école élémentaire.La police Marelle est conçue spécifiquement pour l’enseignement de l’écriture cursive à l’école élémentaire, elle a été développée par une équipe d’enseignants et designers spécialisés dans les systèmes d’écriture.

    La police Marelle propose 3 types de variantes  :

    – majuscules bâtons ou cursives
    – avec ou sans lignage Seyes
    – hauteur des ascendantes et descendantes

    Ces variantes peuvent être combinées, pour répondre au mieux aux besoins des enseignants et des élèves.
    Marelle est disponible au téléchargement sous licence libre OFL. Vous pouvez l’utiliser et la diffuser gratuitement.

    #font #typographie

    • Grand #merci !
      C’est très utile pour tous les parents/grand parents/enseignants du francais (avec cédille seulemnt sur les claviers francais, écrit à la main par contre il n’y a pas de problème de codage de caractères) .

      Fable médiatique : Finlande / USA, les écoliers n’apprendront plus à écrire à la main…
      https://seenthis.net/messages/319461

      Je suis POUR l’apprentissage de la calligraphie à l’école. Je suis également pour l’utilisation de tous les outils informatiques à l’école. Il faut par contre faire attention à ne pas détruire/remplacer ses capacités intellectuelles par la confiance dans les robots informatiques.

      voire
      Les chinois oublient comment écrire à cause des SMS
      https://actualitte.com/article/78157/scolarite/les-chinois-oublient-comment-ecrire-a-cause-des-sms

      Inquiétudes gouvernementales

      De son côté, le gouvernement a interrogé les professeurs sur les aptitudes à l’écrit de leurs élèves. 60 % des enseignants ont déclaré avoir noté une baisse des capacités des élèves. Pour faire face au problème, le gouvernement veut les forcer à écrire plus souvent à la main. Une des solutions avancées serait de les obliger à rendre leurs devoirs en version manuscrite. Ce qui aurait aussi l’effet positif de limiter les « copier-coller ».

      Encore cette avant-garde chinoise ;-)

      #Chine #écriture

  • Migreurop : Notre histoire

    Le réseau Migreurop trouve son origine au début des années 2000 dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires européennes. La frontière franco-britannique en constitue l’un des points de départ emblématiques avec le camp de Sangatte, symbole d’une Europe qui organise l’exclusion des personnes étrangères à grande échelle. C’est dans ce contexte que, lors du Forum social européen de Florence 2002, un séminaire consacré à « l’Europe des camps » réunit militant·e·s et chercheur·se·s désireux de partager analyses et expériences. De cette rencontre naît informellement le réseau Migreurop, officiellement constitué en association en 2005.


    Aujourd’hui, il rassemble une centaine d’associations, des militant·e·s et des chercheur·se·s issus de 18 pays d’Europe, d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Proche-Orient, avec pour objectif de décrypter, documenter et dénoncer les conséquences des politiques migratoires européennes sur les droits des personnes exilées. Depuis 20 ans, le réseau a permis de tisser des liens entre les sociétés civiles des différents pays situés le long des routes migratoires, luttant ensemble contre les politiques européennes mortifères, pour le respect des droits et la #liberté_de_circulation pour tous et toutes.

    20 ans de lutte contre les politiques migratoires assassines

    En 2025, le réseau Migreurop a fêté ses 20 ans d’existence. A cette occasion, un film documentaire*, réalisé par Romain Kosellek, a été produit retraçant l’histoire de Migreurop.

    https://player.vimeo.com/video/1162221765?h=34e157e0f7
    https://migreurop.org/article3547.html
    #Migreurop #vidéo #histoire #Sangatte #enfermement #camp #encampement #Gisti #ARCI #MRAX #migrations #réfugiés #frontières #recherche #enfermement #politiques_migratoires #rétention #détention_administrative #carte_des_camps #cartographie #externalisation #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #no_camps #AMDH #Maroc #association_malienne_des_expulsés (#AME) #altermondialisme #2005 #société_civile #antiracisme #droits_des_étrangers #européisation_des_politiques_migratoires #Europe_du_rejet #directive_retour #atlas #Frontex #droit_d'asile #frontexit #boats_for_people #watch_the_med #Alarmphone #libre_circulation_des_personnes #boat_4_people #open_access_now #hotspots #moving_beyond_borders #racisme #genre

  • #Ethnographie de terrain et relation d’enquête. Observer les « communautés » de #logiciels #libres
    http://journals.openedition.org/sociologie/967

    Pour archive, l’étude d’AucunPseudo et ses copaings à l’époque ou l’IRC de SPIP était bien actif.

    Une enquête approfondie et longitudinale (sur cinq années) a été conduite sur le groupe de développeurs d’un logiciel de publication dynamique sur Internet (appelé #Spip), sélectionné précisément parce qu’il combine une dynamique collective soutenue et une faible institutionnalisation des règles.

    Et la vidéo de leur prés à la party d’Avignon en 2009 :

    https://medias.spip.net/medias/evenements/spip-party-avignon-2009/article/ils-nous-suivent-et-nous-observent

  • « Non conforme à l’esprit de l’UE » : la Commission européenne s’inquiète de la politique migratoire espagnole - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69784/non-conforme-a-lesprit-de-lue--la-commission-europeenne-sinquiete-de-l

    « Non conforme à l’esprit de l’UE » : la Commission européenne s’inquiète de la politique migratoire espagnole
    Par La rédaction Publié le : 11/02/2026
    La dernière mesure espagnole visant à régulariser un demi-million de personnes en situation irrégulière dans le pays inquiète la Commission européenne. Cette réforme « n’est pas conforme à l’esprit de l’UE en matière de migration », a estimé un fonctionnaire européen, alors que l’UE ne cesse de durcir sa politique migratoire. La Commission craint par ailleurs que cette régularisation n’entraîne le déplacement de cette population dans d’autres États membres.
    À contre-courant des autres pays européens, l’Espagne prône ces dernières années une politique accueillante envers les étrangers. Alors que la plupart des États membres durcissent leur politique migratoire, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a adopté, fin janvier, un décret royal visant à régulariser 500 000 migrants sans-papiers présents dans le pays.
    Seront éligibles les étrangers arrivés avant le 31 décembre 2025 et présents depuis au moins cinq mois sur le territoire espagnol et sans casier judiciaire. Le titre de séjour sera valable d’un à cinq ans et renouvelable. Les bénéficiaires pourront obtenir la citoyenneté après dix ans de séjour en Espagne. Mais cette mesure semble inquiéter la Commission européenne. « Elle n’est pas conforme à l’esprit de l’Union européenne en matière de migration », a déclaré un fonctionnaire européen à Euronews. Lors d’un débat au Parlement européen, mardi 10 février, le Commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration Magnus Brunner a averti que cette régularisation massive en Espagne ne devait pas avoir de « conséquences négatives » pour les autres pays de l’UE.
    Les craintes de la Commission portent particulièrement sur le potentiel déplacement de ces personnes régularisées à travers l’Europe. Avec leur nouveau titre de séjour, elles pourront se rendre dans un autre État membre pour un maximum de 90 jours, tous les 180 jours, rappelle Euronews. Mais les dirigeants européens craignent que certaines personnes ne s’installent dans un autre pays de l’UE sans en avoir l’autorisation.
    Un permis de séjour « n’est pas un chèque en blanc » pour circuler sans restriction dans l’ensemble de l’UE, a insisté mardi devant les eurodéputés Magnus Brunner, réaffirmant que si les politiques nationales de régularisation sont autorisées, il existe des règles européennes claires régissant la libre circulation et le séjour. Si des bénéficiaires de la mesure de régularisation espagnole sont contrôlés en situation irrégulière dans un autre État membre, ils « doivent retourner dans le pays où le permis a été accordé », a-t-il ajouté.
    Ces dernières années, le centre de gravité politique de l’Europe a glissé à droite, poussant ses dirigeants à serrer toujours plus la vis sur l’immigration et à dissuader les exilés de venir sur le continent. Le Pacte asile et migrations, qui devrait entrer en vigueur en juin prochain, va remodeler toute la politique migratoire européenne. Avec ce pacte - adopté en mai 2024 -, Bruxelles veut renforcer les contrôles aux frontières pour décourager les entrées irrégulières, inciter à une immigration légale et organiser la gestion de l’asile lors de situations de crise.
    Mardi 10 février, le Parlement européen a aussi adopté, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite, deux textes phares durcissant un peu plus la politique migratoire. Le premier concerne l’établissement d’une nouvelle liste de pays tiers considérés comme « sûrs » par l’UE. Il s’agit du Kosovo, du Bangladesh, de la Colombie, de l’Égypte, de l’lnde, du Maroc et de la Tunisie. Cette liste avait été proposée en avril 2025. Elle a donc été définitivement adoptée par le Parlement mardi. Les demandeurs d’asile de ces pays verront leur dossier examiné de « façon accélérée ». En cas de rejet, leur expulsion aussi devrait être plus rapide.
    Le second stipule que les États membres de l’UE pourront envoyer des demandeurs d’asile vers ces pays dont ils ne sont pas originaires - et avec lesquels ils n’ont aucun lien - mais que l’Europe considère comme « sûrs ». En outre, chaque pays de l’UE serait libre de conclure des partenariats migratoires avec ces États tiers - comme sur le modèle Italie-Albanie. Ces nouvelles mesures sont vivement critiquées par les défenseurs des droits et certains politiques. Amnesty international a dénoncé un « jour sombre pour les droits humains dans l’UE ». C’est « une étape de plus de la déshumanisation de la politique migratoire de l’Union européenne », a déploré pour sa part l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, regrettant que la dignité des demandeurs d’asile soit « bafouée ».
    Même à droite de l’équipier politique, certaines personnalités dénoncent ce nouveau texte. C’est le cas de l’eurodéputée française Fabienne Keller, du parti Renew. « La réalité, c’est que ce texte ne va rien résoudre et empêchera une meilleure gestion du défi migratoire », écrit-elle sur X. "Externaliser nos responsabilités, c’est une forme de lâche

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#UE#politiquemigratoire#sante#droit#regularisation#librecirculation

  • #LibreOffice 26.2 Released with Big Excel Improvements & Markdown Support
    https://www.omgubuntu.co.uk/2026/02/libreoffice-26-2-new-features

    LibreOffice 26.2 is here with multi-user Base, better Excel pasting, Markdown support and speed boosts. Coming to Ubuntu 26.04 LTS. Download now. You’re reading LibreOffice 26.2 Released with Big Excel Improvements & Markdown Support, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #App_Updates

  • #agriculture française, #Union_Européenne, #Mercosur : la colère paysanne gronde
    https://lvsl.fr/agriculture-francaise-union-europeenne-mercosur-la-colere-paysanne-gronde

    Abattages massifs, accords du Mercosur, fonctionnement du marché unique européen : le monde paysan fait aujourd’hui face à des difficultés structurelles qui fragilisent les exploitations et accentuent la pression économique sur les agriculteurs. Le Vent se lève revient sur les mobilisations en cours et la répression qui s’exerce à l’encontre des paysans engagés dans la défense de leur activité, avec #Stéphane_Galais, agriculteur et porte-parole de la Confédération paysanne, et Aurélie Trouvé, députée du groupe La France insoumise, ingénieure agronome et membre de la commission des affaires économiques.

    #Société #Aurélie_Trouvé #libre-échange #UE

  • L’#Académie_des_sciences et le #CNRS s’unissent pour développer un modèle de publication en #libre_accès sans frais, ni pour le lecteur ni pour l’auteur.

    Dans un contexte où la diffusion des savoirs est fragilisée par un modèle économique déséquilibré, l’Académie des sciences et le CNRS signent un accord de coédition pour développer un modèle de publication scientifique en libre accès diamant, gratuit pour les auteurs comme pour les lecteurs. Cette initiative, qui se matérialise à travers les Comptes rendus de l’Académie des sciences, vise à proposer une #alternative éthique et équitable face à la #dépendance croissante du monde de la recherche internationale envers des éditeurs commerciaux.

    https://www.cnrs.fr/en/node/12218
    #open_access #DOAJ #diamond_open_access #recherche #ESR #édition_scientifique #résistance

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #publication_scientifique :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Use #AirPods Pro Features on Linux with #LibrePods
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/11/airpods-linux-librepods-anc-transparency-mode

    Using #Apple AirPods Pro on Linux is easy enough, right? You pair them over Bluetooth and listen away – except, not quite. Many features of these gleaming white buds only work on macOS and iOS, meaning that using AirPods Pro on Linux comes with functional limitations: no active noise cancellation (ANC), transparency mode, ear detection or even reliable battery level reporting. If you own a pair of AirPods Pro (any generation), chances are those are the key features you paid for, and you want to use them as more than basic bluetooth headphones on Linux. Well, now you can — […] You’re reading Use AirPods Pro Features on Linux with LibrePods, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without (...)

    #News

  • #LibreOffice 25.8.1 Update Delivers Almost 100 Bug Fixes
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/08/libreoffice-25-8-1-release-brings-almost-100-bug-fixes

    LibreOffice 25.8.1 brings almost 100 bug, crash and other regression fixes. This is the first of several planned point updates to the latest stable release series. You’re reading LibreOffice 25.8.1 Update Delivers Almost 100 Bug Fixes, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #App_Updates

  • #LibreOffice 25.8 Released with PDF 2.0 Export, Faster Performance
    https://www.omgubuntu.co.uk/2025/08/libreoffice-25-8-released-pdf-2-performance-boost

    LibreOffice 25.8 released with PDF 2.0 export, 30% faster file opening, new Calc functions, better performance, and various user-interface tweaks. You’re reading LibreOffice 25.8 Released with PDF 2.0 Export, Faster Performance, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #News #App_Updates

  • La bataille contre les #mafias se déploie dans les écoles

    L’Italie mise sur la sensibilisation des élèves pour lutter contre la #criminalité_organisée. Depuis l’extrême sud de la Calabre, une #association culturelle a imaginé un programme qui a été étudié par plus de 200 000 lycéens en six ans et vient de s’exporter en Allemagne.

    Au milieu des allées impeccablement entretenues de l’école des élèves carabiniers, des groupes d’adolescent·es sur leur trente et un traînent leurs valises à roulettes à côté de bataillons au garde-à-vous. Ces lycéen·nes, arrivé·es à Reggio de Calabre la veille depuis la Campanie, la Sicile ou d’autres régions du nord de l’Italie, se dirigent vers le grand auditorium, qui bruisse déjà d’impatience et d’excitation.

    « Nous voici réunis pour la cérémonie de remise des prix du projet “Libre de choisir – Justice et humanité” », les accueille Bruna Siviglia, sur le devant de la scène en contrebas. C’est le volet culturel du projet « Libre de choisir » qui, dans les tribunaux pour enfants du sud du pays, permet aux mineur·es issu·es de familles appartenant à la criminalité organisée de faire l’expérience d’une vie alternative.

    « On vit une réalité assez difficile, en particulier nous, Siciliens et Calabrais, remercie au micro Daniele, un lycéen de Messine. Ce projet contre l’omerta et la criminalité organisée, c’est très important pour nous. » La salle comble l’applaudit chaleureusement, près de mille personnes sont présentes ce matin-là.

    La première rencontre de Bruna Siviglia avec les lycéen·nes a eu lieu quelques mois plus tôt, en visioconférence. Emmitouflée dans une doudoune noire, lunettes à l’épaisse monture, la présidente de l’association à l’origine du projet explique derrière son écran : « La justice ne peut pas être seulement répressive, il faut travailler en amont et faire comprendre que le crime organisé n’amène rien de bon, il faut secouer les consciences. »

    Derrière la mosaïque d’images pixellisées, des classes entières, des chef·fes d’établissement et parfois des maires de petites communes calabraises sont connecté·es. Pendant une matinée, leurs questions sont posées à l’invité·e du jour, qui varie d’une rencontre à l’autre. Le repenti Luigi Bonaventura leur raconte son passé d’« enfant soldat » au sein d’un clan de la ’Ndrangheta ; la fille d’une femme assassinée par la mafia calabraise témoigne de sa nouvelle vie dans le nord du pays ; des magistrat·es se confient sur leur travail en première ligne contre le crime organisé.

    « On a enfin levé un tabou dans les écoles, se réjouit le juge Roberto Di Bella depuis son bureau de Catane, en Sicile, aux persiennes mi-closes, quelques jours après l’événement. Pendant des années, les enseignants n’ont pas parlé de mafia et de ’Ndrangheta pour ne pas heurter la susceptibilité des familles, aujourd’hui on parle d’histoires concrètes en citant les noms et les prénoms des mis en cause. »
    L’éducation civique pour changer de récit

    En Italie comme ailleurs, les mafias sont un fonds de commerce inépuisable pour des chansons, des clips musicaux, des films ou des séries. L’imaginaire collectif autour du crime organisé est souvent bien plus glamour que la réalité, très loin aussi du quotidien d’une vie dans l’ombre de Cosa Nostra ou de la Camorra.

    Pour prendre le contre-pied de ce récit folklorisant, des centaines d’écoles ont intégré le volet culturel « Libre de choisir - Justice et humanité » à leurs cours d’éducation civique. Depuis 2023, la Calabre l’a même inscrit au programme obligatoire des lycées.

    Les élèves commencent par étudier le livre de Roberto Di Bella, qui raconte les histoires vraies des familles de la ’Ndrangheta qu’il a vu défiler au cours de ses vingt-cinq ans de carrière en Calabre, puis le film qu’en a tiré la télévision publique italienne. Ils produisent ensuite des courts métrages, des dessins ou des poèmes sur le thème de la criminalité organisée. Les cinq meilleures productions sont récompensées par une bourse d’études de 2 000 euros, remise lors de la cérémonie à l’École des élèves carabiniers.

    L’un des gagnants est un adolescent calabrais scolarisé à Siderno. Ses enseignantes ont réussi à se glisser au deuxième rang, juste derrière les magistrat·es, les procureur·es et les huiles de la politique locale, pour ne pas perdre une miette de la remise de prix. « La ’Ndrangheta est très enracinée dans nos territoires et même les gens qui n’en font pas partie ont des comportements d’omerta, ils tournent la tête, font semblant de ne pas voir ce qui se passe : ce sont des comportements qui s’inscrivent dans un contexte mafieux », explique Maria Natalia Iiriti, la proviseure du groupe scolaire Pascoli-Alvaro de Siderno. Dans cette ville de 17 000 habitant·es de la côte ionienne, le conseil municipal a été dissous en 2018 pour infiltration mafieuse et les ramifications du clan local s’étendent jusqu’au Canada.

    À une centaine de kilomètres de là, en remontant la côte du sud de la Calabre en direction des Pouilles, la proviseure Isabella Marchio rencontre les mêmes défis. L’établissement qu’elle dirige est situé dans la province de Catanzaro, tout en bas de la botte italienne. Fin 2023, un coup de filet a permis d’arrêter 44 personnes pour association mafieuse dans la toute petite commune d’à peine 2 000 habitant·es où se trouve l’école.

    De fait, ses élèves sont toutes et tous exposé·es au climat que fait peser la criminalité organisée sur ces territoires. Selon un rapport publié en 2023 par l’ONG Save the Children, au moins 100 000 enfants italiens vivent dans des communes dont les conseils municipaux ont été dissous pour infiltration mafieuse.

    « Ce projet ne doit pas être une vitrine, mais l’occasion de comprendre ce qu’est vraiment la mafia et comment la combattre, souhaite la proviseure lors de l’une des rencontres organisées en ligne. On plante de petites graines de légalité chez nos jeunes, car on veut qu’ils soient libres de construire une société du changement, y compris dans nos territoires difficiles. » Dans son établissement, un psychologue est disponible pour soutenir les élèves, un suivi renforcé a été mis en place pour éviter le décrochage scolaire et des dizaines d’activités autour de la culture de la légalité sont organisées, notamment avec la police locale.
    Changer le regard sur l’État

    Dans les écoles les plus exposées, lever ce tabou a demandé du temps. « C’est un sujet très sensible », confirme la professeure Morello, référente en éducation civique au sein de l’établissement Pascoli-Alvaro de Siderno, qui participe au projet pour la deuxième fois : « Certains de nos élèves ont peut-être des membres de leur famille ou des voisins impliqués, ce n’est pas évident pour eux d’entendre certains noms ou prénoms. » Pourtant, tient à souligner l’enseignante, ils « se sont tous laissé embarquer avec enthousiasme et ont tous voulu participer au concours ».

    Toutes et tous les enseignants rencontrés le disent : ce projet aurait été difficilement concevable il y a dix ans. « Aujourd’hui, c’est possible car il y a une forte collaboration entre l’école et les institutions, donc les familles commencent à comprendre que l’État est un ami, qu’il peut faire beaucoup dans la formation des jeunes et qu’il n’est pas juste là pour demander des impôts ou donner des amendes », explique la référente en éducation civique calabraise.

    « Leur montrer que l’État n’est pas un ennemi », c’est précisément ce qui avait convaincu Bruna Siviglia de pousser les portes des foyers et des prisons pour mineurs, en 2017, lorsque le projet n’en était qu’à ses balbutiements, pour leur faire lire le livre du juge Roberto Di Bella. La présidente de l’association se souvient d’un adolescent, rencontré en prison grâce au projet culturel. Au milieu du petit groupe formé ce jour-là pour discuter du livre et du film, il se lève, les larmes aux yeux, et demande à parler.

    « En voyant le film, j’ai compris ce que j’avais fait, confesse-t-il. Mon père est en prison et j’ai essayé de tuer ma mère parce qu’elle voulait refaire sa vie avec un autre homme. » « Cet adolescent devait sauver l’honneur de sa famille, car selon la mentalité du père, ce que faisait son ancienne compagne était un déshonneur, raconte Bruna Siviglia. Tout le monde s’est mis à pleurer en entendant son histoire. »

    Si le livre et le film ont réussi à secouer ces jeunes déjà endurcis par leurs peines de prison, alors il faut les utiliser pour faire de la prévention dans les écoles, se promet la présidente de l’association. En six ans, près de 200 000 élèves ont participé au projet et, parmi eux, certains ont ensuite demandé de l’aide à la justice italienne. Cette année, le projet s’est exporté hors des frontières italiennes. Soixante-dix écoles allemandes de la région de Stuttgart, où la mafia calabraise a pris racine depuis des dizaines d’années, y participent désormais et ont inscrit le livre au programme du bac pour les cinq prochaines années.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/180825/la-bataille-contre-les-mafias-se-deploie-dans-les-ecoles
    #éducation #écoles #lycées #sensibilisation #libre_de_choisir #alternative #vie_alternative #omerta #Luigi_Bonaventura #ndrangheta #tabou #éducation_civique #imaginaire #cosa_nostra #camorra #Roberto_Di_Bella #résistance #culture #prévention #Allemagne

    ping @karine4

    • Mafia: Più di 100 mila le bambine, i bambini e gli adolescenti che attualmente vivono in uno dei Comuni sciolti per infiltrazioni della criminalità organizzata

      Sono più di 100mila le bambine, i bambini e gli adolescenti che vivono in uno dei Comuni sciolti per infiltrazioni della criminalità organizzata [1]. Dove le istituzioni locali colludono col sistema mafioso c’è una perdita enorme in termini di servizi a sostegno dei bambini. I Comuni sciolti per infiltrazioni della criminalità organizzata sono solo la punta dell’iceberg di una ampia e pervasiva cultura mafiosa che mina alle radici le opportunità di crescita dei bambini in tante parti d’Italia.

      Dove cresce la povertà minorile e, in particolare, la povertà educativa più spesso arrivano le reti di criminalità organizzata, con un sistema di ricatti, imposizioni e reclutamenti che segna per sempre il destino dei ragazzi. Per contrastare alle radici questo fenomeno è fondamentale promuovere opportunità educative, rafforzando la scuola, gli spazi di aggregazione e culturali e i servizi sul territorio.

      “In questi giorni in cui celebriamo un passo importante per la giustizia come l’arresto di Matteo Messina Denaro è necessario ricordare a tutti noi che il miglior investimento per prevenire e contrastare le mafie è quello sull’educazione”, ha commentato Raffaela Milano, Direttrice dei Programmi Italia – Europa di Save the Children, l’Organizzazione internazionale che da oltre 100 anni lotta per salvare la vita delle bambine e dei bambini e garantire loro un futuro. “La lotta alle mafie impone una grande sfida educativa: trasformare concretamente i territori ad alta densità criminale in aree ad alta densità educativa. Il paradosso che viviamo oggi in Italia è che proprio nelle aree dove si concentra la povertà minorile, anche la rete dei servizi educativi è più povera, senza scuole con mense, palestre e tempo pieno e attività educative diffuse. Questo accentua le diseguaglianze, lasciando spazio alle organizzazioni criminali che desertificano quartieri e città”, conclude Raffaela Milano.

      Per spezzare questo circolo vizioso, Save the Children è attiva nei territori del Paese più difficili, in rete con le associazioni, le scuole e le altre agenzie educative attraverso azioni concrete, come i “Punti Luce” e la rete Fuoriclasse, per assicurare ai bambini e agli adolescenti opportunità educative indispensabili per costruire il futuro in modo aperto, dando corso ai propri talenti e aspirazioni.

      [1] Si tratta di 24 Comuni

      https://www.savethechildren.it/press/mafia-piu-di-100-mila-le-bambine-i-bambini-e-gli-adolescenti-che-att
      #mafia

  • La subsistance, une perspective ecoféministe

    Je suis en train de lire le livre « la #subsistance, une perspective eco féministe » de #Veronika_benholdt-thomsen et #Maria_Mies qui avait écrit #écofeminisme avec Vandana Shiva

    C’est très intéressant mais je galère... Il y a plein de concepts mobilisés que je maîtrise pas du tout 🙈

    Du coup je commence un fil après 80 pages de lecture donc ça sera incomplet mais j’espère que ça va m’aider à donner du sens à ce que je lis
    Couverture du livre la subsistance avec une gravure d’un visage de femme noire avec un chapeau

    J’ai fini le premier chapitre, je me souviens que j’avais retenu un truc, mais je sais plus quoi 😅. Et pas le courage de relire.

    Dans le deuxième chapitre cette pyramide me parle bien

    L’idée c’est que le #capitalisme et la #croissance ne reposent pas sur l’intelligence des ingénieurs mais sur l’exploitation systématique d’autres, en mettant la #nature dans ces autres.

    Le deuxième truc « marrant » , c’est sur la naissance du patriarcat.

    L’archéologue marija gimbutas date cette naissance il y a 5 à 6000 ans quand une tribu qui avait des super armes et des animaux pour se déplacer (chameaux et chevaux domestiqués) a pu gagner des ressources en tuant. À ce moment là les #hommes ont pu kidnapper des #femmes et les utiliser comme esclaves reproducteurs, et du coup, badaboum, les femmes qui étaient maîtresses de la vie sont devenues exploitées.

    Le slogan de notre société patriarcale serait « vit celui qui tue »

    Magnifique projet.

    –—

    Je trouve le concept de housewification pas facile à cerner.

    Il y a l’idée que les femmes peuvent être moins payées car leur salaire est un complément au #salaire des hommes.

    Un exemple est des femmes en Inde qui font de la dentelle pour un très bas salaire, vu que c’est juste du rab car sinon elles seraient sans rien faire à la maison

    Mais en disant ça, je pense que j’ai compris 30% du concept

    La théorie de l’#avantage_comparatif de Ricardo sur qu’une région du monde doit se spécialiser pour les productions qu’elle fait le moins cher, et les exporter.

    Exemple : production de crevettes en Inde en inondant d’eau salée des terres très fertiles. What could go wrong ??

    #Vandana_Shiva a étudié cette industrie

    👉 Les femmes qui vivaient de #cultures_vivrières n’ont plus rien pour vivre
    👉 L’avantage compétitif de l’Inde pour ces crevettes ce sont les bas salaires qui sont à peine suffisants pour s’acheter à manger, et le travail des enfants c’est un super avantage compétitif aussi, facilité par les bas salaires des parents
    👉 Cet élevage n’est pas pérenne. à cause des maladies il faut tout déplacer à un certain moment, et là, la région aura tout perdu.

    Conclusion : on sacrifie la survie des agriculteurs et là #sécurité_alimentaire au nom de la #croissance_économique.

    En Inde les prix du riz et du blé ont augmenté, et le millet importé est venu faire baisser le cours local.

    A travers les exemples répétés je crois que je commence à comprendre pourquoi importer de la nourriture moins chère que ce qu’elle n’est produite localement affame les pauvres.

    Exemple de la culture du maïs aux Philippines

    1) les paysans vivent de la culture du maïs
    2) les états Unis exportent du maïs moins cher aux Philippines. Les paysans ne gagnent plus leur vie, ils partent dans des bidons ville
    3) les multi nationales rachètent ces terres pour produire d’autres denrées qui sont trop chères pour le marché local et emploient à très bas coût la main d’oeuvre qui a même du mal à se payer le maïs d’importation

    Et la blague c’est que la culture du maïs aux Etats Unis est subventionnée, comme la viande par la PAC chez nous

    J’aime beaucoup cette punch line

    Le #libre-échange ne signifie pas que l’on crée une véritable #concurrence équitable mais qu’il y a des gagnants et des perdants.

    https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu/115017004170577210

    #agriculture #patriarcat

    • « La Subsistance. Une perspective écoféministe » par Veronika Bennholdt-Thomsen & Maria Mies

      Voici un ouvrage exceptionnel, particulièrement bien traduit par Annie Gouilleux, qui ne peut laisser indifférent quiconque recherche la plus large autonomie pour chacune et chacun dans le plus grand respect envers le vivant. Maria Mies (1931–2023) est une sociologue, ayant cosigné avec Vandana Shiva Écoféminisme, traduit en français chez L’Harmattan en 1999. Veronika Bennholdt (née en 1944) est ethnologue. Toutes les deux sont, avec Claudia von Werlhof (née en 1943) associées à l’école de Bielefeld, qui combine écologie, féminisme et décolonisation du tiers-monde.

      Ce livre est passionnant et original. Passionnant car les autrices désoccidentalisent et écoféminisent leurs propos tout en l’ancrant dans le débat politique contemporain. Original dans sa forme puisque des souvenirs autobiographiques se mêlent à l’analyse très bien documentée et en facilitent la lecture. L’édition allemande est parue en 1997, sa traduction anglaise date de 1999, c’est une version actualisée et complétée qui est présentée ici, un quart de siècle plus tard. Dans un avant-propos de mai 2022, Veronika Bennholdt-Thomsen concède que le livre soit devenu « un document historique », que bien des choses ont changé depuis sa parution. Ainsi, par exemple, le mot « tiers-monde » a disparu, tout comme le mot d’ordre « lutter contre l’impérialisme ». La globalisation du capitalisme financiarisé a imposé le productivisme dans toutes les activités humaines, ainsi que son corollaire, la « société de consommation ». Ce qui demeure présent est « la dévalorisation du féminin » et les « deux féminismes » qu’avaient alors repéré les autrices. Elles distinguaient le « féminisme autonome », auquel elles adhérent encore, qui milite pour une « transformation profonde des rapports économiques et sociaux entre les sexes », et le « féminisme intégré », qui réclame l’accès aux mêmes postes et aux mêmes salaires que les hommes. Ce féminisme axé sur l’égalité des droits entre les femmes et les hommes est bien insuffisant puisqu’il ne vise pas les profondes racines patriarcales à l’origine de la subordination des femmes, entendue comme « naturelle »...

      En privilégiant le « travail de subsistance », elles sont persuadées de renouveler le féminisme et la pensée écologique. Mais elles ne sous-estiment pas la réticence de nombreuses féministes, majoritairement blanches et appartenant à la middle-class, à admettre que les tâches ménagères puissent être un point de départ pour une économie anticapitaliste. Afin de mieux comprendre cette position, elles constatent le développement progressif dans plusieurs sphères de la société – et pas seulement pour les femmes au foyer – de ce qu’elles appellent l’housewifization, ces activités dévalorisées, qui pourtant, s’avèrent indispensables à l’entretien même de chacune et chacun. Dans son « Avant-propos », Veronika Bennholdt-Thomsen affirme que « la perspective de la subsistance consiste à regarder le monde par en bas, depuis la vie quotidienne, et non par en haut, depuis les instances de pouvoir qui manipulent l’opinion dans le seul but de se perpétuer. » Elle ajoute : « L’organisation de la subsistance suppose la coopération communautaire (les communs) dans les conditions à chaque fois données qui permettent d’assurer la vie, et elle oppose une résistance au totalitarisme de l’argent et de la marchandise, c’est-à-dire à la guerre que mène l’économie de marché globalisée contre le monde entier, mais aussi à la guerre militaire. »

      « La perspective de la subsistance consiste à regarder le monde par en bas, depuis la vie quotidienne, et non par en haut, depuis les instances de pouvoir qui manipulent l’opinion dans le seul but de se perpétuer. »
      Veronika Bennholdt-Thomsen

      Neuf chapitres structurent cet important essai. Dans le premier, « Histoire de la perspective de la subsistance », les autrices montrent comment la marchandisation généralisée a marginalisé le travail de subsistance tout en uniformisant la culture et en rendant tout individu dépendant du marché, ce qu’Ivan Illich avait subtilement analysé dans Le Travail fantôme dès 1981. Elles précisent alors que ce qu’elles entendent par « subsistance » : terme qui existe dans la plupart des langues ; qui exprime le mieux l’alternative sociale riche d’une « économie morale » et « d’un nouveau mode de vie » émancipateur ; qui concerne aussi bien les pays du Sud que ceux du Nord ; qui assure une continuité géohistorique entre des modes de production apparemment inconciliables ; qui la relie à la nature, non pas à travers une dépendance liée à la nécessité et à la rareté, mais à ce qui peut être une chance ; qui enveloppe ce qu’on nomme « économie locale, autosuffisance, création de communautés, styles de vie alternatifs, économie du soin, économie vivante, etc. ».

      Le chapitre suivant examine les conditions du processus d’housewifization (« ou domestication du travail des femmes ») qui perdure même quand les femmes deviennent salariées, car à la journée de travail vient s’additionner le travail ménager non rémunéré. Ce processus a bénéficié de la colonisation – un des moments de la globalisation de l’économie – pour envahir la vie quotidienne de femmes du tiers-monde. Les autrices se concentrent sur les dernières décennies et dénoncent les agissements des institutions internationales (Banque mondiale, FMI, Gatt, OMC, AMI, zones franches, zones de libre-échange et de sécurité alimentaire...), qui conduisent à cette housewifization, contrairement à leurs discours. La politique économique néolibérale réduit la part des dépenses sociales, parfois drastiquement, et oblige les femmes à la combler. La flexibilité du travail vantée par les pouvoirs publics, avec bien souvent la complicité des syndicats, n’a servi que les entreprises qui la mettaient en place et qui n’hésitaient pas à jeter au chômage de nombreux travailleurs. Elles expliquent en quoi le capitalisme justifie la course folle au « toujours plus » afin de contrecarrer l’implacable « loi de la rareté », ainsi la croissance pour la croissance devient un impératif. Pour elles, le développement est pervers et le « développement durable » vicié. Aussi proposent-elles un « nouveau modèle » de société reposant sur la subsistance. Puis, listent des propositions applicables rapidement : pour le travail (« la production de subsistance passerait avant la production de marchandise ») ; la technologie (la réparation sera privilégiée ainsi que les savoir-faire des gens) ; l’économie (en respect de la nature, décentralisée...) ; le commerce (marchés locaux) et la satisfaction des besoins (nouvelles relations entre les villes et les campagnes, réappropriation des communs...).

      « Pour les autrices, le développement est pervers et le développement durable vicié. »
      Thierry Paquot

      Le chapitre consacré à l’agriculture est particulièrement vivant avec des entretiens avec des fermières allemandes et les enquêtes que Maria et Veronika ont mené auprès de paysannes sur différents continents. Ce chapitre est quasiment un essai à lui tout seul, qui mériterait une longue présentation, il mise sur un « retour à la terre », selon les perspectives biorégionales, la protection de la biodiversité, l’agroécologie et la multiplication des écovillages. Le marché n’est pas condamné par les autrices, à condition, toutefois, qu’il accorde à la subsistance une place de choix, c’est-à-dire qu’il cesse de faire croire à l’existence de « la loi de l’offre et de la demande », alors même que les monopoles et la publicité la déterminent... La seconde main, la ressourcerie, les coopératives, les marchés paysans, le faire-soi-même (ou production vernaculaire), etc., sont des modalités commerciales à promouvoir... La ville n’est pas diabolisée, une agriculture de subsistance peut s’y déployer à partir de jardins solidaires. De même les bidonvilles possèdent des ressources sous-utilisées, comme le savoir-faire de nombreux bidonvillois qui viennent des campagnes. Mais les obstacles sont nombreux, à commencer par la morphologie des villes imposée par l’automobile, le fonctionnalisme et la spéculation...

      L’examen des communs, dans le chapitre six, conduit au principe suivant : « (...) les biens communs ne peuvent exister sans communauté, mais une communauté ne peut pas non plus exister sans économie, au sens d’oikonomia, c’est-à-dire de reproduction des êtres humains au sein du foyer social et naturel. » Ce qui suppose une « défense et réappropriation de l’espace public », une biorégionalisation (le terme n’est pas utilisé, les autrices parlent d’une « écologie de la région »), une décentralisation, une « justice sociale », une gouvernance horizontale et une pluralité de communautés.

      Le salariat fait l’objet du chapitre suivant, il est le meilleur garant de la double journée de travail des femmes et du renforcement de la subordination des femmes au foyer. Sortir du salariat et du système hiérarchique ne peut que renforcer l’autonomie de chacun. Or, le salariat est une obsession masculine, constatent les autrices, qui entrave sérieusement la possibilité même d’un autre rapport au travail. Elles ne croient pas non plus à une robotisation des tâches qui « libéreraient » les humains des travaux pénibles, répétitifs et sans grand intérêt personnel. Ce qu’elles précisent dans le chapitre suivant, en critiquant la « révolution informatique » et André Gorz, en dénonçant les féministes qui souhaitent obtenir les mêmes avantages que leurs collègues hommes et acquérir de plus en plus de pouvoir dans les institutions. Elles rappellent que « les principaux problèmes des femmes à travers le monde ne sont pas les questions de différence et/ou d’identité, mais l’exploitation, l’oppression, la violence et la colonisation. » Elles rejettent « le dualisme qui sépare la matière et l’esprit et dévalorise la matière pour idéaliser l’esprit ». Elles fondent le pouvoir d’autonomie « sur la confiance de soi, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’auto-approvisionnement, les réseaux locaux et internationaux et sur le remplacement des relations de profit par les relations de subsistance. » Elles souhaitent offrir à leurs filles et à leurs fils autre chose que ce que le « capitalisme mondial machiste et militariste » affiche...

      « [Nous fondons le pouvoir d’autonomie] sur la confiance de soi, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’auto-approvisionnement, les réseaux locaux et internationaux et sur le remplacement des relations de profit par les relations de subsistance. »
      Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies

      Le dernier chapitre recense les difficultés qui parasitent le processus d’une politique de la subsistance. Et ils sont nombreux ! Aussi, rien n’est gagné... Les autrices sont lucides sur la séduction de la croissance pour la croissance et sur les aspects rébarbatifs de la subsistance, néanmoins, elles ne peuvent imaginer d’autre issue. Aux lectrices et lecteurs de discuter leurs thèses (certaines sont plus convaincantes que d’autres, certaines méritent d’être actualisées) et de zader leur existence...

      https://topophile.net/savoir/la-subsistance-une-perspective-ecofeministe-par-veronika-bennholdt-thomse

  • L’enfance brisée d’un « #enfant_soldat » de la ’Ndrangheta

    #Luigi_Bonaventura a eu deux vies : celle d’un puissant chef de clan de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, puis à partir de 2007, celle d’un collaborateur de justice qui lutte contre le crime organisé. Il dénonce haut et fort l’#endoctrinement des #enfants au sein des #familles_mafieuses.

    « Ça ne te dérange pas si je m’assois ici ? Je préfère être dos au mur et avoir une vue sur ce qui se passe autour. » Les pieds d’une vieille chaise en bois raclent le sol de la terrasse, Luigi Bonaventura s’installe. Dix-huit ans après être sorti des rangs de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, l’ancien chef de clan, aujourd’hui repenti, reste toujours sur ses gardes.

    La rencontre a lieu dans une localité dont le nom est tu par mesure de sécurité. En cette fin de printemps, l’air est encore frais dans cette commune du nord de l’Italie qui ressemble à tant d’autres : des maisons proprettes flanquées de chaque côté d’une petite nationale, les cloches d’une église à midi, un bar un peu vieillot où aller prendre le café.

    Dans les bureaux des magistrats, devant les micros et les caméras de la presse, sur ses propres réseaux sociaux, Luigi Bonaventura a témoigné, inlassablement, contre celle qui est considérée comme la plus puissante organisation criminelle italienne. Ses déclarations ont permis des coups de filet spectaculaires et des centaines d’arrestations. Mais son principal combat aujourd’hui n’est pas tant de faire arrêter les pères que de sauver les fils destinés à reprendre le flambeau familial.

    « La ’Ndrangheta, tu en hérites, explique le repenti. La vraie force des mafias, c’est cette continuité d’une génération à l’autre. Il ne faut pas se limiter aux arrestations ou à la confiscation des biens, il faut, sans violence, soustraire des hommes aux mafias. »

    Luigi Bonaventura se définit avant tout comme un « ancien enfant soldat ». « Naître dans une famille ’ndranghetiste, c’est être allaité de sang et de ’Ndrangheta, c’est une #promesse, celle d’être un jeune d’#honneur pour les garçons et une sœur d’#omerta pour les filles », raconte-t-il. La Calabre qui le voit naître en 1971 est une terre de misère. L’Italie mène une guerre silencieuse, celle des années de plomb, au cours desquelles se multiplient assassinats, attentats, enlèvements et demandes de rançon.

    Luigi Bonaventura hérite, lui, d’une #guerre_familiale, une #faida, qui oppose sa famille à un autre clan de #Crotone, sa ville d’origine, et ne prend fin qu’à la mort du dernier fils de la famille adverse. « J’ai reçu une #éducation et un #entraînement pour être prêt à tuer et pouvoir clore cette faida au moment le plus opportun », retrace celui qui n’avait même pas encore fêté son deuxième anniversaire lorsque son oncle a été assassiné, au début de cette guerre de clans.

    Des #armes_à_feu en guise de #jouets

    Il grandit avec son fantôme, dont le nom se mêle sans cesse aux récits de l’organisation criminelle qu’on lui narre comme d’autres chanteraient des berceuses. Rapidement, ses mains d’enfant montent et démontent des #armes, alignent les munitions de 7,75 millimètres dans le chargeur, dont le métal, lourd et dur, brûle parfois sa peau encore fine et délicate. Dans des étables sommairement aménagées, il s’entraîne à tirer sur des objets.

    Un jour, son père rapporte à la maison sa nouvelle arme, une carabine avec un viseur de précision. Le petit Luigi essaie de la tenir entre ses mains, flanche un instant sous son poids et colle son œil au viseur. « Tout à coup, le monde se rapprochait de moi, se souvient-il. C’était fascinant car à l’époque, il n’y avait pas de technologies ou de zoom quand on faisait des photos. »

    « C’était un #jeu, tout se faisait avec le sourire, poursuit Luigi Bonaventura après avoir pris une gorgée d’eau et interrompu son récit quelques secondes. Mais il y a un #chantage_moral, tu vis dans l’ombre de ceux qui ont été là avant toi et de ton #nom_de_famille, et si tu ne fais pas mieux qu’eux, tu dois au moins en faire autant pour ne pas les décevoir. »

    Un souvenir marque son enfance de manière indélébile. Une arme à la main, il tire un coup, en l’air. Ce n’est pas la première fois mais ce jour-là, en rechargeant le pistolet, il laisse son pouce sur la culasse. Après la détonation, elle revient en arrière et lui blesse le doigt. Cette scène s’est rejouée mille fois dans sa tête : « C’était une erreur impardonnable pour moi. Ce qui me faisait le plus mal, ce n’était pas la douleur au pouce mais l’humiliation de ne pas être à la hauteur, de déshonorer la famille, et ce sentiment, ça devient ta prison. » Il avait tout juste 10 ans.

    Ce que Luigi Bonaventura appelle son « #entraînement » au crime passe aussi par une exposition, très jeune, à la #violence, au #sang, à la #mort. Les #chiens de la famille doivent monter la garde et inspirer la #terreur. Certains sont dressés à reconnaître l’odeur de la poudre pour détecter ceux qui viennent armés aux réunions organisées par le clan. Pour les rendre aussi féroces que possible, les animaux sont enfermés dans des boxes, la tête emprisonnée dans des sacs, battus à coups de bâton avant de recevoir une ration de viande crue. Celui qui n’a alors qu’une dizaine d’années assiste au spectacle, impuissant : « J’ai eu l’impression, comme enfant, de grandir au milieu des loups. »

    À la maison, son père élève des lapins et des poules. Avec lesquels le petit garçon apprivoise la mort et le sang. Pour qu’il soit à l’aise, son père lui a aménagé un établi d’apprenti boucher, à sa hauteur d’enfant. « Il faut leur donner un grand coup sur l’arrière de la tête pour les étourdir », lui explique-t-il. Mais ses mains, une fois encore, n’ont pas la force suffisante. Alors, avec un bâton, il frappe de toutes ses forces jusqu’à ce que l’animal ne bouge plus.

    À mesure qu’il raconte comment écorcher puis dépecer les bêtes, ses mains se lèvent au-dessus de la vieille nappe fleurie en plastique qui recouvre la table et miment ces gestes appris par cœur. « Il me montrait comment utiliser le couteau, comment le tourner dans la plaie pour l’élargir et accélérer le saignement », retrace l’adulte d’une voix désabusée. Vers 11, 12 ans, il était capable de préparer dix lapins en une heure et demie.

    À cette époque, il entend sa mère et sa grand-mère dire de lui qu’il a « les yeux de la tristesse ». « J’étais un enfant très particulier, apeuré, déboussolé, confesse-t-il. À l’époque, je me cachais sous mon lit, je vivais dans la terreur et j’aurais aimé qu’un adulte me prenne par la main et m’emmène loin. » Personne n’est venu, alors, vers 11 ans, l’enfant a fini par surmonter sa peur : « Je suis devenu très violent, soit je me forgeais une #carapace, soit je devenais fou. »

    « De la mafia sans le savoir »

    Les jeux avec les gamins du quartier se transforment, littéralement, en champ de bataille. Il remplace les boulettes de ses sarbacanes par des aiguilles et les cailloux de ses frondes par des boulons de 13 millimètres qu’il a volés dans l’atelier de mécanique de son oncle. Un enfant perd son œil. « Ça m’a brisé le cœur, se remémore Luigi Bonaventura. J’étais comme un militaire, on m’avait préparé à la guerre. Donc ce jour-là, on avait organisé une embuscade avec un autre groupe d’#enfants, mais on était moins nombreux, il fallait être stratège. On les a provoqués, puis on s’est retirés et là on les a attaqués avec les frondes et les boulons. »

    Il n’y a plus de peur, plus de terreur, l’enfant est lui-même devenu un loup.

    À l’école, aucun professeur ne s’oppose à lui quand il terrorise ses camarades ou qu’il entre dans des colères noires. Son nom de famille est un bouclier, il est #intouchable. Les mois passent, le chef de bande devient un chef tout court. Il a 13 ans, environ, lorsqu’il « fait de la mafia sans le savoir ». Le jeune ado débarque dans des quartiers de Crotone où il ne connaît personne et balance : « Qui commande ici ? »

    Des ados, à peine plus grands que lui, font mine d’être les patrons dans un élan de candeur qui leur vaut d’être tabassés puis laissés par terre, en sang. Luigi l’adolescent pose le pied sur l’épaule de celui qu’il vient de rouer de coups et toise le reste de la bande : « À partir d’aujourd’hui, c’est moi qui commande. »

    Près de quarante ans après cette scène, Luigi Bonaventura y voit les prémices de son destin criminel : « Je frappais comme quelqu’un d’entraîné à le faire, je savais où mettre mes poings, mes pieds, un couteau, je pensais être casse-couilles, mais j’accaparais des territoires parce que c’est ce qu’on m’avait appris. »

    S’il n’avait pas collaboré avec la justice, Luigi Bonaventura serait probablement aujourd’hui l’un des noms les plus puissants de la ’Ndrangheta. Mais depuis 2007, il a choisi de devenir cet adulte dont il a tant rêvé, terré sous son petit lit. D’abord pour ses propres enfants, encore très jeunes lorsque sa famille a intégré le programme de protection des collaborateurs de justice. Puis, à partir de 2012 et de ses premières prises de parole publique, pour ceux qui « subissent encore un #endoctrinement dans leur famille ».

    Depuis le mois de janvier, il est un des témoins phares d’un programme de #sensibilisation au phénomène mafieux dans les écoles italiennes. Il est aussi devenu l’un des plus fervents soutiens du protocole « #Libre_de_choisir », qui permet aux #jeunes issus des familles mafieuses d’expérimenter une vie #alternative, loin de chez eux : « Pour ma mère, pour mes frères et sœurs et pour moi, ça aurait été de l’or. »

    https://www.mediapart.fr/journal/international/290725/l-enfance-brisee-d-un-enfant-soldat-de-la-ndrangheta
    #ndrangheta #mafia #collaborateur_de_justice #criminalité_organisée #Italie #famille #Calabre #mineurs #enfance

    • #Liberi_di_scegliere

      Un progetto, una rete di supporto alle donne e ai minori che si allontanano dai contesti mafiosi.

      “Assicurare una concreta alternativa di vita ai soggetti minorenni provenienti da famiglie inserite in contesti di criminalità organizzata o che siano vittime della violenza mafiosa e ai familiari che si dissociano dalle logiche criminali.”

      Da qualche anno, su impulso del Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, ha preso avvio un’azione di raccordo delle componenti istituzionali e sociali che si occupano a vario titolo della tutela dei minori attraverso “Liberi di scegliere”. Il progetto nasce con l’obiettivo di aiutare i giovani che vivono in contesti di criminalità organizzata di stampo mafioso ad affrancarsi da tali logiche che vincolano i membri più piccoli di famiglie mafiose ad un progetto di vita di tipo criminale. Ma al contempo si è rivelato una grande opportunità anche per quegli adulti, in particolare donne e madri, che si ritrovano in una situazione familiare e relazionale mafiosa contro la loro volontà o, dopo aver pagato il loro debito con la società, ritengono che quello mafioso non può più essere il contesto dove continuare a vivere e far crescere i propri figli.

      Nel concreto si prende in considerazione la possibilità dell’allontanamento dei minori dalle rispettive famiglie ed eventualmente la fattibilità di assicurare una reale alternativa ai familiari che si dissociano dalle logiche criminali, prevedendo lo spostamento temporaneo in altre regioni d’Italia. In questi anni abbiamo seguito 49 situazioni – persone singole e nuclei familiari - più di 120 persone. Attualmente sono 24 le situazioni che, in modi diversificati, accompagniamo: una cinquantina di persone, delle quali una decina i nuclei familiari e alcune coppie di fratelli.

      Nasce come protocollo interministeriale e vede l’attiva partecipazione della società civile. Nell’ultima versione del 31 luglio 2020 a sottoscriverlo sono: Ministero della giustizia, Ministero dell’interno, Ministero dell’istruzione, Ministero dell’università e della ricerca, Presidenza del Consiglio dei Ministri – Ministro per le pari opportunità e la famiglia, Direzione Nazionale Antimafia e Antiterrorismo, Conferenza Episcopale Italiana, Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, Procura della Repubblica presso il Tribunale per i Minorenni di Reggio Calabria, Procura della Repubblica presso il Tribunale di Reggio Calabria, Libera. Associazioni, Nomi e Numeri contro le Mafie . Il Protocollo è stato, oltre che un gran lavoro, anche la formale legittimazione ad una azione di grande responsabilità civile che già da tempo veniva portando avanti. Da anni le stesse persone che integrano realtà istituzionali chiedono una mano alla nostra Associazione, per alcune delicate situazioni di sicurezza personale, che riguardano minori o adulti. Spesso ci si è trovati, e ci si trova, nell’urgenza di aiutare una persona o un nucleo familiare, a cambiare ambiente perché la loro casa, la loro città non sono più luoghi sicuri. Importante è tenere in considerazione che attualmente le persone, minorenni o adulti pur volendosi dissociare allontanandosi dall’ambiente criminale di origine, non possono essere tutelate in modo congruo dallo Stato in quanto non appartengono alla figura giuridica, attualmente prevista, del “collaboratore di giustizia” o del “testimone di giustizia”.

      Allontanati contemporaneamente dal loro territorio e dai rispettivi contesti familiari,questi ragazzi hanno la possibilità di sperimentare orizzonti culturali, sociali, affettivi, psicologici diversi arricchendo la propria vita di esperienze caratterizzate da sana e grande vitalità. Allo stesso tempo tale progettualità permette agli operatori della giustizia minorile, assistenti sociali, psicologi, famiglie affidatarie e comunità, di lavorare liberi dalle pressioni ambientali del contesto di origine. L’obiettivo del progetto non è indottrinare, ma semplicemente dimostrare a questi ragazzi, per un periodo di tempo, che fuori dagli spazi chiusi delle proprie case esiste un altro mondo, un’alternativa allo stile di vita che hanno conosciuto sino a quel momento... Non si chiede loro di rinnegare i padri e le madri, ma di offrire la possibilità a sé stessi di porsi la domanda: “davvero io voglio il futuro - questo futuro criminale - che la mia famiglia ha già scelto per me?”. La tesi da cui partiamo infatti è che tra questi soggetti criminali, siamo certi, moltissimi, avessero sperimentato contesti differenti avrebbero esercitato con maggior decisione la loro libertà di scegliere: scegliendo azioni alternative a quelle criminali. Non è un percorso senza difficoltà, tuttavia, la cura dedicata a ogni singolo percorso, l’assenza di automatismi e di freddezze burocratiche, resi possibili in molte occasioni da una buona collaborazione tra istituzioni e società civile, porta anche a risultati inaspettati.

      Contrasto efficace alla cultura mafiosa. Liberi di Scegliere si è rivelato da subito uno strumento potente di contrasto alla cultura mafiosa: fin dai primi momenti sono state le madri dei ragazzi, mogli dei boss mafiosi, a comprendere che ciò che offriva il Progetto era una reale possibilità sia per i loro figli come pure per loro stesse. Nasce così un capitolo inaspettato e ricco di conseguenze, dove si intuisce che l’adesione delle donne di mafia a questo Progetto, oltre che a portarle a scrivere pagine di vita nuova nelle loro storie personali, porta ad incrinare quella monolitica realtà familiare che costituisce uno dei punti di forza della cultura mafiosa.

      Ruolo della Società Civile. Le Istituzioni pubbliche anche quelle giudiziarie, pur con tanti limiti dovuti a prassi difficili da scalfire, sono sollecitate a mettere in gioco, in questo progetto, necessarie e indispensabili condizioni affinché un ragazzo possa sperimentare una possibilità differente di guardare e di ripensare la propria vita. Ma abbiamo constatato che la differenza, per un esito positivo, viene fatta dal coinvolgimento della società civile, “persone comuni” che nella quotidianità fanno percepire che è possibile ricominciare, che condividono i tanti timori e le gioie dei piccoli passi verso una maggior autonomia di pensiero e di scelte. Presenze amicali che condividono la fatica della scuola o del primo inserimento lavorativo, presenza di associazioni o gruppi di persone disposti ad accompagnare con empatia ed umanità questi percorsi di nuovo inizio, presenze amicali che sono determinanti affinché i ragazzi e gli adulti, coinvolti nel Progetto, possano attingere a quelle risorse di umanità e di libertà a lungo nascoste dentro di se.

      Nuove prospettive. Offrire la possibilità, a persone che sono condizionate dalla cultura criminale mafiosa, di scegliere se cambiare vita: è questo un progetto che per noi ha un sogno implicito, quello che Istituzioni, Società Civile, e le nostre stesse comunità, si chiedano la concreta disponibilità di favorire il futuro di un nuovo paese. Costruire insieme un paese dove le Istituzioni e la Società Civile, ciascuno secondo le proprie responsabilità, offrono una alternativa concreta ed efficace perché dei ragazzi e delle ragazze possano scegliere, lontano da condizionamenti criminali, guardando con speranza al futuro della loro vita. Tutto ciò significa togliere la motivazione che spesso porta molti giovani a delinquere, perché non sono state presentate a loro delle alternative concrete.

      https://www.libera.it/it-schede-1070-liberi_di_scegliere
      #femmes

  • #Microsoft #bans #LibreOffice #developer's account without warning, rejects appeal - Neowin
    https://www.neowin.net/news/microsoft-bans-libreoffice-developers-account-without-warning-rejects-appeal

    David Uzondu · Jul 29, 2025 17:18 EDT · Hot! 38

    Recently, we reported on LibreOffice, accusing Microsoft of intentionally using complex #file_formats as a tactic to lock in users to Microsoft #Office, hindering open source alternatives like LibreOffice.
    Now, Microsoft has banned LibreOffice developer, Mike Kaganski, from using its services, citing an “activity that violates [its] Services Agreement”.

    According to Mike, this happened last Monday when he tried to send a technical email to the LibreOffice dev mailing list, which is a normal part of his routine, but Thunderbird returned an error saying the message couldn’t be sent. His account was blocked upon retry, and he found himself completely logged out of his Microsoft account.

  • Droits de douane, Trump, Norvège

    https://www.nrk.no/norge/tollkaos-for-norske-bedrifter-_-kan-vri-produksjon-mot-europa-1.17514698

    Tollkaos for norske bedrifter – kan vri produksjon mot Europa

    Stor variasjon i enkeltlands tollsatser til USA kaster om på rammevilkårene for norske bedrifter. Friluftsgiganten Norrøna vurderer nå nye produksjonsland.

    Le PDG de Norrøna, Jørgen Jørgensen, montre une polaire dans les rayons du magasin de Lysaker.

    – Il est fabriqué en Chine. Il était auparavant soumis à un droit de douane de 36 %. Aujourd’hui, la Chine est frappée par deux droits de douane punitifs de 20 % chacun, ce qui nous amène à plus de 75 % de droits de douane, explique le patron de Norrøna. Les États-Unis ont imposé 15 % de droits de douane sur les produits de l’UE, tandis que le Vietnam est frappé d’un tarif de 20 %, donc beaucoup moins onéreux pour nous.Les États-Unis représentent le plus grand marché d’exportation de Norrøna. L’entreprise y compte entre 250 et 300 revendeurs, quatre magasins en propre, en plus des ventes en ligne. Elle estime que les droits de douane entraîneront un coût supplémentaire de 15 millions de couronnes par an. Cela entraînera à terme des prix plus élevés pour les consommateurs américains, estime Jørgensen.

    En résumé, c’est le pays d’origine – c’est-à-dire le pays de production – qui détermine le tarif douanier applicable à l’exportation vers les États-Unis.

    Les droits de douane imposés par Trump à l’ensemble des pays de la planète mettent à mal les entreprises norvégiennes qui font produire en Asie. Dans l’urgence, Norrøna, le géant des vêtements et des équipement de loisir, déplace sa production de la Chine vers le Vietnam (moins taxé). À terme, il se peut bien que Norrøna rapatrie sa production vers des pays de l’UE comme la Lituanie par exemple où le coût du travail est encore bien moindre qu’en France, Espagne ou Italie

    – C’est un coût massif auquel nous ne pouvons pas échapper. Nous pensons qu’avec le temps, nous ajusterons les prix pour compenser, mais pour l’instant, c’est une charge que nous devons absorber, dit-il.

    – Dans le meilleur des cas, la taille du marché reste stable, mais vous vendez moins de produits à cause des prix plus élevés. Il se peut aussi que le marché se contracte, poursuit Jørgensen.

    –--------

    La NRK publie une petite synthèse sur l’essentiel à comprendre et savoir sur les droits de douane

    Qu’est-ce qu’un droit de douane ?

    Un droit de douane est une taxe imposée par un État sur les biens entrant sur son territoire.
    Par exemple, la Norvège impose des droits de douane sur le fromage importé. Cela rend le fromage étranger plus cher que le fromage produit en Norvège.

    Comment ça fonctionne ?

    C’est l’entreprise ou la personne qui importe la marchandise qui paie la taxe, au moment où celle-ci franchit la frontière.
    Les revenus des droits de douane vont à l’État qui les impose.
    Puisqu’il devient plus coûteux de vendre un produit, une entreprise augmente le prix pour compenser ce surcoût.
    Ainsi, les droits de douane affectent les consommateurs.

    Quel est le but ?

    Deux arguments justifient les droits de douane :

    – Protéger les entreprises nationales contre la concurrence étrangère

    – Générer des revenus pour l’État

    En rendant les produits étrangers plus chers, on espère que les consommateurs achèteront des produits locaux.

    Certains considèrent donc les droits de douane comme un moyen de protéger les entreprises nationales.

    Et puisque les droits de douane rapportent à l’État, cela augmente ses recettes.

    Donald Trump ajoute un troisième argument : les droits de douane comme levier de négociation ou de pression.

    Que fait Trump ?

    Donald Trump est un grand partisan des droits de douane.
    Il est opposé au libre-échange, qui permet d’exporter sans droits de douane. Les États-Unis instaurent désormais un droit de douane minimal de 10 % sur tous les pays.
    En plus, chaque pays peut se voir appliquer des tarifs supplémentaires selon les produits exportés et les volumes.

    Tous les produits norvégiens envoyés aux États-Unis seront frappés d’un droit de douane de 15 %.

    Quelles conséquences pour la Norvège ?

    La Norvège exporte pour plus de 60 milliards de couronnes par an vers les États-Unis. Ces produits seront désormais plus chers. Les entreprises norvégiennes risquent donc de perdre des clients. Si la Norvège riposte en imposant des droits aux produits américains, ces produits deviendront aussi plus chers en Norvège. Des prix plus élevés pourraient entraîner une hausse de l’inflation. Les produits norvégiens exportés vers l’UE, la Chine ou d’autres pays pourraient aussi être touchés si les États-Unis augmentent les droits à d’autres pays. Si l’inflation reste élevée, la banque centrale de Norvège risque de ne pas baisser les taux d’intérêt.

    Puisque les grands pays producteurs asiatiques sont désormais plus lourdement taxés que l’Europe, les entreprises doivent réévaluer leurs lieux de production. La production norvégienne pourrait être transférée en Europe.

    #Trump
    #droits_de_douane
    #mondialisation
    #norvège
    #capitalisme
    #protectionisme
    #libre_échange
    #commerce_mondial

    • Pour des payse et des entreprises qui ont développés des échanges économiques et financiers étroits avec les États-Unis, c’est compliqué de trouver des solutions dans l’urgence. Ici en Norvège, historiquement très lié aux États)Unis (il y a plus de norvégiens aux US qu’en Norvège), la société essaye de s’adapter à ces nouvelles conditions que certaines et certains parient être « temporaire » (trois ans à souffrir dans l’espoir d’un changement aux prochaines élections. Mais on lit aussi des articles expliquant que d’autres grandes industries, sociétés commencent à organiser un redéploiement sur d’autres marchés pour progressivement abandonner les US.

    • via @kassem ->

      @kassem : je découple ton signalement de la publication originelle :

      En même temps, délocalisation inverse

      Hyundai investit 21 milliards de dollars pour renforcer sa présence et éviter les tarifs douaniers des Etats-Unis

      https://www.entreprises-magazine.com/hyundai-investit-21-milliards-de-dollars-pour-renforcer-sa-pre

      ce virage stratégique aurait été inspiré bien plus tôt. Euisun Chung, président exécutif de Hyundai, a confié que c’est une rencontre en 2019 à Séoul avec Donald Trump qui a motivé le projet géorgien. Une entrevue qui a porté ses fruits, le président américain avait alors déclaré que Hyundai, en s’engageant à produire de l’acier et des voitures aux États-Unis, serait exempté de droits de douane. « 

      Hyundai produira de l’acier en Amérique et fabriquera ses voitures en Amérique, et par conséquent, ils n’auront pas à payer de droits de douane, avait affirmé Trump lors d’un échange à la Maison Blanche.

      Hyundai n’est pas un cas isolé. Les Japonais Honda et Nissan envisagent de délocaliser une partie de leur production mexicaine vers les États-Unis. Rolls-Royce (Royaume-Uni), Volvo (Suède) et Volkswagen (Allemagne) pourraient également suivre cette dynamique.

      Cette initiative devrait permettre de contourner les hausses tarifaires, tout en s’assurant une compétitivité accrue face aux géants.

  • Les Accords de Schengen dans la tempête

    Trente ans après leur entrée en vigueur, les accords de Schengen sont mis sous pression par la montée des discours souverainistes et la crise migratoire en Europe. Entre préservation du principe de #libre-circulation et exigences sécuritaires, faut-il repenser l’#espace_Schengen et ses #frontières ?

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/ils-ont-change-le-monde/les-accords-de-schengen-dans-la-tempete-7016490
    #souverainisme #accords_de_Schengen #Schengen #sécurité
    #podcast #audio

  • Le Kenya exempte la plupart des pays africains de visa
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/18/le-kenya-exempte-la-plupart-des-pays-africains-de-visa_6622075_3212.html

    Le Kenya exempte la plupart des pays africains de visa
    Depuis le 1er juillet, la majorité des ressortissants venus de pays d’Afrique n’ont plus besoin de visa pour de courts séjours sur le territoire kényan.
    Par Alba Dufaure (Nairobi, correspondance)
    Les parcs nationaux avec leur faune sauvage et les plages de sable blanc au bord de l’océan Indien : les paysages du Kenya sont désormais accessibles à la grande majorité des ressortissants africains sans autorisation préalable. « Venez nous rendre visite, nous sommes géniaux ! », leur a lancé le journaliste kényan Larry Madowo, correspondant international pour la chaîne américaine CNN, dans une vidéo partagée sur le réseau social X le 13 juillet. Sa publication a depuis dépassé les 10 000 partages.
    La mesure était jusque-là presque passée inaperçue. Elle est pourtant en vigueur depuis le 1er juillet. Les ressortissants de la grande majorité des pays africains peuvent donc désormais entrer au Kenya sans avoir besoin d’obtenir au préalable l’autorisation électronique de voyage (eTA), jusque-là obligatoire. Ils peuvent ensuite séjourner sur le territoire pour une durée de 60 ou 90 jours, selon les pays. Deux exceptions : la Somalie et la Libye, qui ne font pas partie de la liste des pays exemptés, pour « raisons de sécurité », selon une communication du cabinet datée de janvier.
    Le président William Ruto a répété à plusieurs reprises son intention de rendre le Kenya « visa free » (sans visa) pour le reste du continent, présentant son pays comme le « berceau de l’humanité », en référence aux découvertes paléontologiques majeures qui y ont été faites, notamment de fossiles de plusieurs espèces d’hominidés. En 2023, il affirmait déjà : « Le Kenya a un message simple pour l’humanité ; bienvenue à la maison ! »
    A cette fin, le pays a remplacé en janvier 2024 son système de visa par des autorisations électroniques de voyage (eTA). Coûtant 30 dollars, valables pour 90 jours et devant être approuvées avant le voyage, leur introduction a été très controversée. Alors que Nairobi se vantait d’avoir aboli les visas, les eTA ont vite été qualifiées de « visas sous un autre nom ».
    Certains ressortissants de pays africains qui bénéficiaient auparavant d’une exemption se sont ainsi retrouvés à devoir obtenir ces autorisations en ligne. Sur l’Indice d’ouverture des régimes de visa en Afrique – une initiative conjointe de la Banque africaine de développement et de l’Union africaine – le Kenya, classé à la 29e place en 2023 avec vingt et un pays exemptés, s’est ainsi retrouvé à la 46e place en 2024, avec seulement six pays exemptés de visa.
    La nouvelle mesure permet de rectifier le tir, la grande majorité des pays africains étant désormais officiellement exemptés. L’objectif est de « soutenir les politiques de ciel ouvert, de développer le tourisme, (…) de promouvoir l’intégration régionale et de faciliter les déplacements à travers le continent », affirme Nairobi.
    L’analyste politique Dismas Mokua voit dans cette initiative une démarche de diplomatie économique du Kenya afin de positionner le pays comme une destination attractive pour les investissements étrangers et promouvoir les échanges avec le reste du continent. En 2024, sur la totalité des arrivées dans le pays, 40 % venaient d’Afrique, un chiffre en hausse de presque 20 % par rapport à 2023, selon des données du ministère du tourisme. Parmi ces arrivées, 40 % déclaraient se rendre dans le pays pour affaires, premier motif de ces déplacements. Entre commerce et tourisme, le Kenya espère ainsi tirer des retombées économiques de cette nouvelle mesure.
    Le pari se fait aussi sur la croissance de la classe moyenne en Afrique, souligne Karuti Kanyinga, professeur en développement à l’université de Nairobi. « Cette classe moyenne africaine s’est beaucoup développée et continue de croître rapidement, mais elle est limitée dans ses déplacements par des restrictions de visa », explique le chercheur, qui voit également cette initiative comme un alignement sur la vision portée par l’Union africaine.
    A travers son protocole sur la libre circulation des personnes, l’organisation panafricaine prône la libre entrée pour les ressortissants de ses Etats membres dans les différents pays du continent. La réalisation de cet objectif paraît toutefois encore lointaine : sur le continent, hormis le Kenya, seuls le Rwanda, le Ghana, la Gambie, le Bénin et les Seychelles sont aujourd’hui accessibles aux ressortissants africains sans visa. « Le Kenya ouvre ses frontières aux Africains, mais la réciprocité se fait attendre », soulignait ainsi le 18 juillet l’hebdomadaire régional The East African.

    #Covid-19#migration#migrant#kenya#afrique#librecirculation#visa#UA#frontiere#tourisme