• Covid : en Europe, l’appel de la frontière - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2021/01/20/covid-en-europe-l-appel-de-la-frontiere_1818093

    Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union se réunissent ce jeudi pour acter d’une cohésion d’ensemble en vue d’éviter que chaque pays ne décide seul des mesures de contrôle de leurs frontières. Au risque d’abîmer durablement le principe européen de libre circulation des biens et des personnes. C’est le grand retour des frontières nationales. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui se réunissent ce jeudi soir par visioconférence, vont acter du droit de chaque pays à instaurer des mesures de contrôle à leurs frontières pour lutter contre la propagation du coronavirus (interdiction de voyager, tests, quarantaine…), mettant ainsi fin (temporairement ?) à l’espace de libre circulation Schengen. Ce que les souverainistes n’ont jamais réussi à obtenir, le Covid-19 l’a réalisé, alors même qu’on sait qu’une frontière, cette ligne politique immatérielle et poreuse par nature, n’a jamais protégé contre un virus…

    #Covid-19#migrant#migration#ue#frontiere#librecirculation#virus#propagation#sante#restrictionsanitaire#politique

  • Le « passeport vaccinal », qui faciliterait les voyages pendant la pandémie de Covid-19, ne convainc pas tout le monde
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/12/covid-19-gouvernements-et-acteurs-du-tourisme-divises-sur-l-opportunite-d-un

    « Jab and go » (« vaccine-toi et pars ») : la promesse affichée par la compagnie Ryanair dans une campagne de communication au Royaume-Uni semble, en ce mois de janvier, un peu hâtive, au point de faire l’objet d’une enquête du « gendarme » britannique de la publicité. Mais elle traduit l’espoir d’une partie de l’industrie du tourisme : que le vaccin rende de nouveau le voyage accessible, avant même l’extinction de la pandémie de Covid-19. Les contraintes posées par les Etats – du test PCR négatif jusqu’à la fermeture stricte des frontières – sont aujourd’hui considérées comme le principal frein aux voyages internationaux. Avant même la validation du vaccin de Pfizer-BioNTech par les autorités sanitaires, l’idée d’un « passeport vaccinal » permettant à chacun de se déplacer librement a fait son chemin dans l’esprit des acteurs touristiques.
    « Cela nécessite de nombreuses clarifications, mais ce serait l’opportunité de redonner une perspective de long terme pour la clientèle, car l’organisation d’un voyage ne se fait pas en dernière minute », estime Eric Dresin, secrétaire général de l’Association européenne des agents de voyages et des tour-opérateurs.Les partisans de cette idée rappellent l’existence du « carnet jaune », le certificat de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) exigé à l’entrée de plusieurs pays d’Afrique. Les scientifiques y sont plus ouverts qu’au « certificat d’immunité », qui aurait concerné les personnes déjà touchées par le Covid-19.D’ici à six mois, lorsque le passeport vaccinal pourrait connaître une application concrète, les connaissances scientifiques seront plus solides quant à la durée de l’immunité conférée par la vaccination, son effet sur la transmission du virus et son efficacité face aux différentes mutations.« Ce type de certification a été utilisé dans le passé – par exemple, avec la fièvre jaune –, et il n’est pas déraisonnable de l’utiliser à l’avenir pour d’autres maladies contagieuses, y compris le Covid-19 », estime Françoise Baylis, spécialiste d’éthique scientifique et médicale et professeure de philosophie à l’université Dalhousie, à Halifax (Canada).Elle appelle toutefois à la mise en place de garde-fous : « Cela nécessitera une attention particulière aux spécifications techniques et aux caractéristiques de conception numérique. Cela nécessitera également l’introduction de législations ciblées pour protéger les droits de l’homme et interdire l’utilisation illégitime des certificats de vaccination. De plus, il sera important de mettre en place des politiques sociales pour répondre aux besoins des personnes, des communautés et des pays marginalisés et défavorisés. »Pour le professeur Gilles Pialoux, directeur du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), « cela servira à désengorger beaucoup de secteurs de l’économie. Le passeport ne masque pas l’incertitude sur le niveau d’immunité, mais ce peut être un message envoyé pour refaire des choses aujourd’hui disparues ».
    L’horizon d’une vaccination du grand public est certes lointain, mais l’expérience de l’année écoulée en termes de coopération internationale rappelle la nécessité de s’y prendre tôt. Mardi 12 janvier, la Grèce a été le premier Etat à soumettre l’idée d’un passeport vaccinal à la Commission européenne.Depuis décembre 2020, l’administration bruxelloise travaille, en lien avec l’OMS, à l’élaboration d’un certificat de vaccination électronique sécurisé à l’échelle du bloc, contenant la date de la vaccination et son fabricant. Athènes le relie explicitement à la question de la mobilité.
    Résoudre le problème « avant la saison estivale »
    (...)Cette initiative devrait rencontrer l’hostilité de la France, tandis que la Belgique, la Hongrie ou l’Espagne ont émis des signaux favorables. Dès les premières discussions sur le sujet, Paris a jugé nécessaire de rappeler que « la libre circulation des personnes ne devrait pas être conditionnée à un certificat ». Lundi 11 janvier, sur LCI, le ministre délégué chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari, a écarté l’idée d’un « passeport vaccinal » pour relancer le transport aérien. Le monde du tourisme n’est pas davantage uni sur la question. Mardi, la présidente du Conseil mondial du voyage et du tourisme, Gloria Guevara, a jugé cette idée contre-productive, lui préférant la généralisation des tests à l’embarquement. Au rythme actuel de la vaccination dans le monde, la généralisation de tests rapides dans les aéroports semble le moyen le plus sûr de relancer l’industrie touristique à l’été. Et les compagnies aériennes ont déjà échoué à promouvoir une application unique qui centraliserait les résultats des tests Covid-19 des voyageurs : trois initiatives se font désormais concurrence.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#passeportvaccinal#vaccin#test#circulation#librecirculation#tourisme#economie#ue#france

  • Le rapport à la modération / régulation des plateformes d’extrême-droite fait aussi de gros dégâts dans le monde du #Libre : un très gros contributeur au #fedivers, Thomas aka Tom79, vient de quitter les différents réseaux sociaux et ferme l’instance #Fedilab pour se protéger. On lui doit pas mal d’applications Android #OpenSource type #UntrackMe, #TubeLab, #TubeAcad, #OpenMultiMaps... Il semble qu’il ait subit de grosses pressions (et shitstorms) depuis 2 ans après avoir, dans un premier temps, banni le réseau Gab pour ne pas se faire bannir de playstore, puis ensuite débanni Gab (si j’ai bien compris se qui se dit sur mastodon dans les instances auxquelles j’ai accès en étant limitée par la recherche uniquement sur tag, grrrr, décidément, le bridage de la recherche, je m’y ferai jamais !)

    Il explique son départ par ici : https://framagit.org/tom79/fedilab/-/issues/498

  • Les origines néolibérales de l’antiglobalisme

    « Globalistes » contre « Nationalistes », cette nouvelle ligne de fracture politique masque la vérité : les nationalistes populistes cherchent moins à défendre un modèle social qu’à s’affranchir des contraintes internationales imposés par les règles du #libre-échange. Leur but est en réalité d’aller vers plus de #capitalisme, et de contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial.

    Depuis que Trump a installé le conflit entre les « nationalistes » et les « globalistes » comme l’antagonisme politique central, il a été repris en chœur par tous les « populistes » sans exception, de Farage à Orban en passant par Salvini et Bolsonaro. Marine Le Pen a ainsi déclaré dans un récent entretien accordé à Breitbart (le média auparavant dirigé par Bannon) : « Le globalisme est un esprit post-national […] Il porte en lui l’idée que les #frontières doivent disparaître, y compris les protections que ces frontières apportent habituellement à une #nation. Elle repose sur l’idée que ce sont les #marchés tout puissants qui décident de tout. Ce concept de globalisme est poussé par des technocrates qui ne sont jamais élus et qui sont les personnes typiques qui dirigent les choses à Bruxelles dans l’Union européenne. Les gens qui croient aux nations – les nationalistes – c’est exactement le contraire. Ils croient que les nations sont le moyen le plus efficace de protéger la #sécurité, la #prospérité et l’#identité nationales pour s’assurer que les gens prospéreront dans ces nations. »

    À l’intérieur de cette opposition, le « nationalisme » est implicitement compris comme la défense des populations attaquées par la #globalisation_économique, le retour de la #souveraineté de l’#Etat-nation et le « #protectionnisme ». Dans un entretien accordé l’an passé au Figaro, #Emmanuel_Todd estimait qu’un renversement était en train de se produire, aux États-Unis avec le protectionnisme de #Trump : « Une génération avait mis à bas, avec le néolibéralisme de Reagan, la société qu’avait instaurée l’#Etat-providence rooseveltien ; une nouvelle génération d’Américains est en train de balayer aujourd’hui le modèle des années 1980 » ; et au #Royaume-Uni, avec le #Brexit où, alors que « Thatcher était une figure du néolibéralisme aussi importante que Reagan, […] notre plus grande surprise a été de voir la #droite conservatrice assumer le Brexit et discuter à présent ses modalités, et même s’engager à tâtons dans un #conservatisme de “gauche” ».

    Mais la rupture produite par les populistes va-t-elle effectivement dans le sens annoncé par Todd, d’une limitation du #libre-échange, d’un recul du néolibéralisme et d’un #conservatisme_social ? Rien n’est moins sûr dès que l’on s’intéresse à la provenance de ce #nationalisme_anti-globaliste.

    De Thatcher au Brexit : nations souveraines et #libre_entreprise

    Avant d’être soutenu par une partie des ouvriers britanniques déclassés, le Brexit trouve ses origines dans l’#euroscepticisme du Parti conservateur britannique dont la figure de proue a été… #Thatcher. C’est son célèbre discours devant le Collège de l’Europe à Bruges en septembre 1988 qui a fait émerger le think-tank du « Groupes de Bruges » réunissant des Tories eurosceptiques dont #Alan_Sked et #Nigel_Farage, et dont bientôt sortirait le #UKIP conduisant le Royaume-Uni au Brexit. Thatcher tançait dans son discours le « super-État européen exerçant une nouvelle domination depuis Bruxelles », elle opposait l’Europe existante de la #communauté_économique_européenne, celle de la #bureaucratie, du #centralisme et du #protectionnisme à l’#Europe de la #libre-entreprise, du #libre-échange et de la #déréglementation qu’elle appelait de ses vœux.

    Il fallait surtout en finir avec le protectionnisme à l’égard du monde extra-européen de façon à réconcilier les nations européennes avec les « marchés réellement globaux ». La critique de l’Europe ne portait cependant pas seulement sur les contraintes pesant sur la #libre_entreprise, la recherche d’une identité européenne transcendante faisait aussi courir le risque d’une disparition des #identités_nationales avec leurs coutumes et leurs traditions. Contre ce « méga-État artificiel », il fallait concevoir l’Europe comme une « famille de nations ».

    Le libre-échange d’une part et le nationalisme d’autre part que Thatcher opposait à la bureaucratie régulatrice de Bruxelles, n’étaient du reste pas séparés, mais bien d’un seul tenant : « Je n’eus d’autre choix, affirme-t-elle dans ses mémoires, que de brandir le drapeau de la #souveraineté_nationale, de la #liberté_du_commerce et de la #liberté_d’entreprise – et de combattre ». On se situe donc à mille lieux d’un nationalisme qui chercherait à s’établir en rempart contre la #mondialisation économique et le libre-échange : c’est au contraire la récupération de la #souveraineté_nationale qui, en s’affranchissant des contraintes supranationales européennes, doit permettre aux peuples de se réconcilier avec le libre-échange mondialisé.

    Or cette position nationale-néolibérale, qui veut faire de la nation britannique l’actrice directe de son inscription dans la #mondialisation_économique, est celle de tous les principaux brexiters, Farage en tête, mais aussi de tous les défenseurs d’un « hard brexit » parmi l’establishment Tory, de #Boris_Johnson à #Jacob_Ress-Mogg en passant par #Steven_Baker et #Dominic_Rabb. Au deuxième semestre 2018, une enquête de Greenpeace a révélé que #David_Davis, l’ancien secrétaire au Brexit de #Theresa_May, #Owen_Paterson, l’ancien secrétaire à l’agriculture et à l’environnement de David Cameron, et #Shanker_Singham, un expert commercial de l’Institute of Economic Affairs, s’étaient rendus en Oklahoma au cours d’un voyage financé par le lobby agro-industriel américain pour préparer avec des membres de l’administration Trump un accord commercial bilatéral post-Brexit, prévoyant notamment l’importation en Angleterre de #poulet lavé au chlore et de #bœuf aux hormones.

    Paterson, en déplorant qu’un tel accord soit impossible dans le cadre actuel des réglementations de l’Union européenne, a tweeté qu’il était essentiel que « le Royaume-Uni ait le contrôle de ses tarifs et de son cadre réglementaire ». C’est peu de dire qu’on est loin du « #conservatisme_de_gauche » … Au contraire, comme l’avait anticipé Thatcher, la récupération de la souveraineté nationale face à l’#Union_européenne est le moyen de plus de #déréglementation et de libre-échange.

    Anti-globalisme et libre-échangisme mondialisé chez #Rothbard

    Qu’en est-il aux États-Unis ? « La génération qui est en train de balayer le modèle des années 1980 » est-elle, à la différence du Royaume-Uni, en rupture avec le néolibéralisme de Reagan ? La droite radicale qui a contesté l’héritage de Reagan pour finalement aboutir à l’élection de Donald Trump s’est construite au tournant des années 1990 dans les marges du Parti républicain. Réunissant des « paléo-libertariens » autour de #Murray_Rothbard et #Lew_Rockwell et des « paléo-conservateurs » autour de Patrick Buchanan, ce mouvement s’appelait « paléo » parce qu’il revendiquait un retour à la #Droite_originaire (#Old_Right) du Parti républicain entre les années 1930 et 1950 qui défendait l’#isolationnisme et les intérêts de la nation américaine (#America_First) contre l’#interventionnisme_militaire, mais aussi la #liberté_individuelle, le gouvernement minimal et la propriété privée contre le #New_Deal et le #Welfare_state. Il s’était formé pour contester la prise du pouvoir sous #Reagan puis l’hégémonie sous Bush des néoconservateurs et leur imposition du #Nouvel_ordre_mondial. Leur critique s’est incarnée dans les campagnes des primaires républicaines de #Buchanan en 1992 et 1996.

    Ce que ciblaient les paléo dans le Nouvel ordre mondial, c’était un super-étatisme internationaliste, un système mondial de Welfare-warfare state, où l’importation de la « démocratie globale » partout dans le monde par l’interventionnisme américain sous l’égide de l’ONU se conjuguait à un gouvernement économique mondial de type keynésien. Les termes de « globalisme » et de globaloney étaient utilisés notamment par Rothbard au début des années 1990 pour décrier ce système et ils étaient empruntés au vocabulaire de la Old Right pour qui ils désignaient déjà ce complexe internationaliste de l’interventionnisme extérieur onusien et de la perspective d’un New Deal global que ses membres critiquaient dans les politiques de Franklin Roosevelt et Harry Truman.

    Rothbard puisait notamment son inspiration chez un historien révisionniste de la Seconde Guerre mondiale dont il avait été proche, Harry Elmer Barnes. De plus, dans les années 1970, alors que la Guerre du Vietnam était encore en cours, des anti-impérialistes avec qui il collaborait avaient déjà remis au goût du jour la critique du globalisme. Lorsque la globalisation économique se concrétisa dans la première moitié des années 1990 avec l’Alena puis la création de l’OMC, ces nouveaux éléments devinrent partie intégrante de sa critique et les nouvelles cibles de l’attaque contre le « globalisme ». Rothbard dénonçait l’Alena comme du « commerce bureaucratique réglementé » conçu par « un sinistre Establishment centriste dont le dévouement à la liberté et au libre-échange s’apparente à celui de Leonid Brejnev ». L’Alena entraînait en particulier une harmonisation des législations vers le haut qui allait contraindre les entreprises américaines à se soumettre aux normes environnementales et au droit du travail contraignants des législations canadiennes et mexicaines contrôlées par des syndicalistes et des socialistes.

    Tout ce « mercantilisme » ne signifiait rien d’autre selon lui que la spoliation que les élites politiques mondiales opéraient sur le libre-échange véritable au détriment de la masse des gens qui ne pouvaient en jouir directement. Il alertait sur la perte de souveraineté que représentait l’Alena qu’il comparait au « super-étatisme de la Communauté européenne » car cet accord imposait la mise sur pied d’« institutions d’un super-gouvernement internationaliste arrachant la prise de décision des mains des Américains ». Face à cette « politique globaliste » (globalist policy), une « nouvelle coalition populiste » et « un nouveau nationalisme américain » devaient être définis : il fallait abroger l’Alena, se retirer de toutes les agences gouvernementales supranationales (ONU, OIT, UNESCO, etc.), stopper l’aide au développement et durcir les conditions d’immigration qui provoquaient l’élargissement de l’État social, au nom d’authentiques marchés libres.

    Comme chez Thatcher, on est à l’opposé d’une critique du libre-échange ; le nationalisme est au contraire là aussi un moyen de sauver le libre-échange mondialisé qui est confisqué par les institutions supranationales bureaucratiques et socialisantes – en un mot « globalistes ».

    Lorsque les populistes s’attaquent au « globalisme », ils emboîtent le pas d’une critique qui ne visait pas à l’origine la mondialisation des échanges de biens et de services, mais au contraire le super-étatisme des élites politiques mondiales qui parasitent le fonctionnement du libre-échange mondialisé. Une distinction conceptuelle s’impose donc entre le « globalisme » et le « mondialisme », puisque dans les cas des héritages de Thatcher ou de Rothbard, l’anti-globalisme va de pair avec un mondialisme libre-échangiste absolument revendiqué.
    Anti-globalisme et hiérarchie des nations de Buchanan à Trump

    Aux États-Unis, après la seconde campagne de Buchanan pour les primaires républicaines de 1996, les premiers doutes des libertariens ont cependant laissé place à la rupture avec les paléo-conservateurs autour de la question du protectionnisme et des barrières tarifaires. La rupture fut définitivement consommée en 1998 avec la publication du livre de Buchanan The Great Betrayal. How American Sovereignty and Social Justice Are Being Sacrified to the Gods of the Global Economy. C’est dans ce livre que Buchanan affirme son attachement au « nationalisme économique » et qu’il fait du « conflit » entre les « nationalistes » et les « globalistes » le « nouveau conflit de l’époque qui succède à la Guerre froide »[1], définissant la ligne que reprendront littéralement Bannon et Trump. Soutenant le protectionnisme industriel, il déplace le contenu de l’anti-globalisme dans le sens de la défense des intérêts économiques nationaux contre la mondialisation du libre-échange.

    Cependant, l’opposition simple entre le nationalisme économique à base de protectionnisme industriel et le libre-échange illimité mérite d’être approfondie. D’abord, Buchanan est toujours resté un adversaire résolu de l’État-providence et The Great Betrayal est surtout une défense de l’économie américaine pré-New Deal où l’existence de barrières tarifaires aux importations a coïncidé avec une période de croissance. Pour autant, cette période a été marquée par de fortes inégalités économiques et sociales.

    Ensuite, dans le cas de Trump, l’usage qu’il fait du protectionnisme est pour le moins pragmatique et ne relève pas d’une position de principe. Lorsqu’il a baissé drastiquement fin 2017 l’impôt sur les sociétés, il a montré que sa défense de l’emploi américain ne convergeait pas nécessairement avec la « justice sociale ». Ciblant certaines industries correspondant à son électorat comme l’automobile, il se sert surtout des barrières tarifaires aux importations comme d’une arme parfois purement psychologique et virtuelle, parfois effective mais temporaire, dans une guerre commerciale qui peut aboutir à davantage de libre-échange.

    Dans l’USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement), l’accord de l’Alena renégocié, si 75% des composants d’une automobile devront être fabriqués aux États-Unis pour qu’elle soit exemptée de barrières douanières (contre 62, 5% avec l’Alena), en revanche le marché laitier canadien sera davantage ouvert aux fermiers américains, tandis que Trump a récemment supprimé les barrières aux importations d’acier et d’aluminium venant du Mexique et du Canada, pour inciter ces pays à ratifier l’USMCA. S’il continue de se servir des droits de douane punitifs dans la guerre commerciale avec la Chine, il a recherché davantage de libre-échange avec l’Union européenne.

    Enfin, lorsque des journalistes demandèrent à Buchanan de quel économiste il s’inspirait, il répondit qu’il s’agissait de Wilhelm Röpke[2], l’un des principaux fondateurs de l’ordo-libéralisme, la forme prise par le néolibéralisme en Allemagne qui inspira la politique économique de Ludwig Erhardt sous Adenauer. Or Röpke n’était pas un thuriféraire, mais bien au contraire un opposant farouche au « nationalisme économique » et au « protectionnisme » qui représentait des fléaux pour l’ordre économique international qu’il cherchait à construire[3]. Cependant, il estimait que le libre-échange mondial ne pouvait intégrer les nations postcoloniales, car il n’avait été possible avant la première guerre mondiale que parmi le cercle des nations occidentales partageant un même ordre de valeurs culturelles et religieuses.

    Cette insistance sur des conditions extra-économiques morales et spirituelles au développement économique fait qu’il revendique une « troisième voie » appelée « économie humaine » entre le libre-échange purement fondé sur la concurrence et la social-démocratie. En cohérence avec cette « économie humaine », il s’engagea publiquement en faveur du maintien de l’apartheid en Afrique du Sud parce que les Noirs sud-africains se situaient « à un niveau de développement qui excluaient la véritable intégration spirituelle et politique avec les Blancs hautement civilisés »[4].

    Son nationalisme n’était finalement pas dirigé contre le libre-échange, mais pour un ordre hiérarchique international fondé sur des conditions de développement économiques différenciées, ne laissant pas aux nations non blanches les moyens d’intégrer le libre-échange mondial. Lorsque Buchanan tempête contre l’immigration et la reconquista économique mexicaine menaçant la culture américaine, il se situe effectivement dans le sillage de la position nationale-néolibérale de Röpke. Dans un débat télévisé en vue des élections européennes de 2019, Marine Le Pen promettait elle aussi, du reste, d’opposer au « capitalisme sauvage » une « économie humaine ».

    Lorsque des universitaires ou des commentateurs, y compris à gauche, insistent sur les aspects économiques positifs pour les populations, du nationalisme anti-globaliste, ils se méprennent absolument sur les origines comme sur les politiques menées par les populistes nationalistes. Ceux-ci revendiquent la récupération de la souveraineté nationale et critiquent les règles transnationales de la globalisation économique, non pour protéger leur modèle social et le droit du travail de leur population, mais pour s’affranchir de ce qui resterait en elles de contraintes environnementales ou sociales, et s’en servir comme tremplin vers plus de capitalisme et de libre-échange, ou pour contester le droit des nations non-blanches à intégrer équitablement le jeu du libre-échange mondial. Dans cette bataille, ce sont les national-néolibéraux qui affrontent les globalistes néolibéraux, dans une course qui pousse le monde dans une direction toujours plus mortifère, et ne comporte pas le moindre aspect positif.

    https://aoc.media/analyse/2019/10/28/les-origines-neoliberales-de-lantiglobalisme

    #nationalisme #globalisme #anti-globalisme #néolibéralisme #néo-libéralisme #populisme #discours_de_Bruges #industrie_agro-alimentaire #boeuf

    ping @karine4

  • Le néo-populisme est un néo- libéralisme

    Comment être libéral et vouloir fermer les frontières ? L’histoire du néolibéralisme aide à comprendre pourquoi, en Autriche et en Allemagne, extrême droite et droite extrême justifient un tel grand écart : oui à la libre-circulation des biens et des richesses, non à l’accueil des migrants.

    https://aoc.media/analyse/2018/07/03/neo-populisme-neo-liberalisme

    –-> je re-signale ici un article publié dans AOC media qui date de 2018, sur lequel je suis tombée récemment, mais qui est malheureusement sous paywall

    #populisme #libéralisme #néo-libéralisme #néolibéralisme #fermeture_des_frontières #frontières #histoire #extrême_droite #libre-circulation #migrations #Allemagne #Autriche

    ping @karine4 @isskein

    • #Globalists. The End of Empire and the Birth of Neoliberalism

      Neoliberals hate the state. Or do they? In the first intellectual history of neoliberal globalism, #Quinn_Slobodian follows a group of thinkers from the ashes of the Habsburg Empire to the creation of the World Trade Organization to show that neoliberalism emerged less to shrink government and abolish regulations than to redeploy them at a global level.

      Slobodian begins in Austria in the 1920s. Empires were dissolving and nationalism, socialism, and democratic self-determination threatened the stability of the global capitalist system. In response, Austrian intellectuals called for a new way of organizing the world. But they and their successors in academia and government, from such famous economists as Friedrich Hayek and Ludwig von Mises to influential but lesser-known figures such as Wilhelm Röpke and Michael Heilperin, did not propose a regime of laissez-faire. Rather they used states and global institutions—the League of Nations, the European Court of Justice, the World Trade Organization, and international investment law—to insulate the markets against sovereign states, political change, and turbulent democratic demands for greater equality and social justice.

      Far from discarding the regulatory state, neoliberals wanted to harness it to their grand project of protecting capitalism on a global scale. It was a project, Slobodian shows, that changed the world, but that was also undermined time and again by the inequality, relentless change, and social injustice that accompanied it.

      https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674979529

      #livre #empire #WTO #capitalisme #Friedrich_Hayek #Ludwig_von_Mises #Wilhelm_Röpke #Michael_Heilperin #Etat #Etat-nation #marché #inégalités #injustice #OMC

    • Quinn Slobodian : « Le néolibéralisme est travaillé par un conflit interne »

      Pour penser les hybridations contemporaines entre néolibéralisme, #autoritarisme et #nationalisme, le travail d’historien de Quinn Slobodian, encore peu connu en France, est incontournable. L’auteur de Globalists nous a accordé un #entretien.

      L’élection de Trump, celle de Bolsonaro, le Brexit… les élites des partis de #droite participant au #consensus_néolibéral semblent avoir perdu le contrôle face aux pulsions nationalistes, protectionnistes et autoritaires qui s’expriment dans leur propre camp ou chez leurs concurrents les plus proches.

      Pour autant, ces pulsions sont-elles si étrangères à la #doctrine_néolibérale ? N’assisterait-on pas à une mutation illibérale voire nativiste de la #globalisation_néolibérale, qui laisserait intactes ses infrastructures et sa philosophie économiques ?

      Le travail de Quinn Slobodian, qui a accordé un entretien à Mediapart (lire ci-dessous), apporte un éclairage précieux à ces questions. Délaissant volontairement la branche anglo-américaine à laquelle la pensée néolibérale a souvent été réduite, cet historien a reconstitué les parcours de promoteurs du néolibéralisme ayant accompli, au moins en partie, leur carrière à #Genève, en Suisse (d’où leur regroupement sous le nom d’#école_de_Genève).

      Dans son livre, Globalists (Harvard University Press, 2018, non traduit en français), ce professeur associé au Wellesley College (près de Boston) décrit l’influence croissante d’un projet intellectuel né « sur les cendres de l’empire des Habsbourg » à la fin de la Première Guerre mondiale, et qui connut son apogée à la création de l’#Organisation_mondiale_du_commerce (#OMC) en 1995.

      À la suite d’autres auteurs, Slobodian insiste sur le fait que ce projet n’a jamais été réductible à un « #fondamentalisme_du_marché », opposé par principe à la #puissance_publique et au #droit. Selon lui, l’école de Genève visait plutôt un « #enrobage » ( encasement ) du #marché pour en protéger les mécanismes. L’objectif n’était pas d’aboutir à un monde sans #frontières et sans lois, mais de fabriquer un #ordre_international capable de « sauvegarder le #capital », y compris contre les demandes des masses populaires.

      Dans cette logique, la division du monde en unités étatiques a le mérite d’ouvrir des « voies de sortie » et des possibilités de mise en #concurrence aux acteurs marchands, qui ne risquent pas d’être victimes d’un Léviathan à l’échelle mondiale. Cela doit rester possible grâce à la production de #règles et d’#institutions, qui protègent les décisions de ces acteurs et soustraient l’#activité_économique à la versatilité des choix souverains.

      On l’aura compris, c’est surtout la #liberté de l’investisseur qui compte, plus que celle du travailleur ou du citoyen – Slobodian cite un auteur se faisant fort de démontrer que « le #libre_commerce bénéficie à tous, même sans liberté de migration et si les peuples restent fermement enracinés dans leurs pays ». Si la compétition politique peut se focaliser sur les enjeux culturels, les grandes orientations économiques doivent lui échapper.

      L’historien identifie dans son livre « trois #ruptures » qui ont entretenu, chez les néolibéraux qu’il a étudiés, la hantise de voir s’effondrer les conditions d’un tel ordre de marché. La guerre de 14-18 a d’abord interrompu le développement de la « première mondialisation », aboutissant au morcellement des empires de la Mitteleuropa et à l’explosion de revendications démocratiques et sociales.

      La #Grande_Dépression des années 1930 et l’avènement des fascismes ont constitué un #traumatisme supplémentaire, les incitant à rechercher ailleurs que dans la science économique les solutions pour « sanctuariser » la mobilité du capital. Les prétentions au #protectionnisme de certains pays du « Sud » les ont enfin poussés à s’engager pour des accords globaux de #libre_commerce.

      L’intérêt supplémentaire de Globalists est de nous faire découvrir les controverses internes qui ont animé cet espace intellectuel, au-delà de ses objectifs communs. Une minorité des néolibéraux étudiés s’est ainsi montrée sinon favorable à l’#apartheid en #Afrique_du_Sud, du moins partisane de droits politiques limités pour la population noire, soupçonnée d’une revanche potentiellement dommageable pour les #libertés_économiques.

      Le groupe s’est également scindé à propos de l’#intégration_européenne, entre ceux qui se méfiaient d’une entité politique risquant de fragmenter le marché mondial, et d’autres, qui y voyaient l’occasion de déployer une « Constitution économique », pionnière d’un « modèle de gouvernance supranationale […] capable de résister à la contamination par les revendications démocratiques » (selon les termes du juriste #Mestmäcker).

      On le voit, la recherche de Slobodian permet de mettre en perspective historique les tensions observables aujourd’hui parmi les acteurs du néolibéralisme. C’est pourquoi nous avons souhaité l’interroger sur sa vision des évolutions contemporaines de l’ordre politique et économique mondial.

      Dans votre livre, vous montrez que les néolibéraux donnent beaucoup d’importance aux #règles et peuvent s’accommoder des #frontières_nationales, là où cette pensée est souvent présentée comme l’ennemie de l’État. Pourriez-vous éclaircir ce point ?

      Quinn Slobodian : Quand on parle d’ouverture et de fermeture des frontières, il faut toujours distinguer entre les biens, l’argent ou les personnes. Mon livre porte surtout sur le #libre_commerce, et comment des #lois_supranationales l’ont encouragé. Mais si l’on parle des personnes, il se trouve que dans les années 1910-1920, des néolibéraux comme #von_Mises étaient pour le droit absolu de circuler.

      Après les deux guerres mondiales, cette conception ne leur est plus apparue réaliste, pour des raisons de #sécurité_nationale. #Hayek a par exemple soutenu l’agenda restrictif en la matière de #Margaret_Thatcher.

      Même si l’on met la question de l’immigration de côté, je persiste à souligner que les néolibéraux n’ont rien contre les frontières, car celles-ci exercent une pression nécessaire à la #compétitivité. C’est pourquoi l’existence simultanée d’une économie intégrée et de multiples communautés politiques n’est pas une contradiction pour eux. De plus, une « #gouvernance_multiniveaux » peut aider les dirigeants nationaux à résister aux pressions populaires. Ils peuvent se défausser sur les échelons de gouvernement qui leur lient les mains, plus facilement que si on avait un véritable #gouvernement_mondial, avec un face-à-face entre gouvernants et gouvernés.

      Cela pose la question du rapport entre néolibéralisme et #démocratie

      Les néolibéraux voient la démocratie de manière très fonctionnelle, comme un régime qui produit plutôt de la #stabilité. C’est vrai qu’ils ne l’envisagent qu’avec des contraintes constitutionnelles, lesquelles n’ont pas à être débordées par la volonté populaire. D’une certaine façon, la discipline que Wolfgang Schaüble, ex-ministre des finances allemand, a voulu imposer à la Grèce résulte de ce type de pensée. Mais c’est quelque chose d’assez commun chez l’ensemble des libéraux que de vouloir poser des bornes à la #démocratie_électorale, donc je ne voudrais pas faire de mauvais procès.

      Les élections européennes ont lieu le 26 mai prochain. Pensez-vous que l’UE a réalisé les rêves des « globalists » que vous avez étudiés ?

      C’est vrai que la #Cour_de_justice joue le rôle de gardienne des libertés économiques au centre de cette construction. Pour autant, les règles ne se sont pas révélées si rigides que cela, l’Allemagne elle-même ayant dépassé les niveaux de déficit dont il était fait si grand cas. Plusieurs craintes ont agité les néolibéraux : celle de voir se développer une #Europe_sociale au détriment de l’#intégration_négative (par le marché), ou celle de voir la #monnaie_unique empêcher la #concurrence entre #monnaies, sans compter le risque qu’elle tombe aux mains de gens trop peu attachés à la stabilité des prix, comme vous, les Français (rires).

      Plus profondément, les néolibéraux sceptiques se disaient qu’avec des institutions rendues plus visibles, vous créez des cibles pour la #contestation_populaire, alors qu’il vaut mieux des institutions lointaines et discrètes, produisant des règles qui semblent naturelles.

      Cette opposition à l’UE, de la part de certains néolibéraux, trouve-t-elle un héritage parmi les partisans du #Brexit ?

      Tout à fait. On retrouve par exemple leur crainte de dérive étatique dans le #discours_de_Bruges de Margaret Thatcher, en 1988. Celle-ci souhaitait compléter le #marché_unique et travailler à une plus vaste zone de #libre-échange, mais refusait la #monnaie_unique et les « forces du #fédéralisme et de la #bureaucratie ».

      Derrière ce discours mais aussi les propos de #Nigel_Farage [ex-dirigeant du parti de droite radicale Ukip, pro-Brexit – ndlr], il y a encore l’idée que l’horizon de la Grande-Bretagne reste avant tout le #marché_mondial. Sans préjuger des motivations qui ont mené les citoyens à voter pour le Brexit, il est clair que l’essentiel des forces intellectuelles derrière cette option partageaient des convictions néolibérales.

      « L’hystérie sur les populistes dramatise une situation beaucoup plus triviale »

      De nombreux responsables de droite sont apparus ces dernières années, qui sont à la fois (très) néolibéraux et (très) nationalistes, que l’on pense à Trump ou aux dirigeants de l’#Alternative_für_Deutschland (#AfD) en Allemagne. Sont-ils une branche du néolibéralisme ?

      L’AfD est née avec une plateforme ordo-libérale, attachée à la #stabilité_budgétaire en interne et refusant toute solidarité avec les pays méridionaux de l’UE. Elle joue sur l’#imaginaire de « l’#économie_sociale_de_marché », vantée par le chancelier #Erhard dans les années 1950, dans un contexte où l’ensemble du spectre politique communie dans cette nostalgie. Mais les Allemands tiennent à distinguer ces politiques économiques du néolibéralisme anglo-saxon, qui a encouragé la #financiarisation de l’économie mondiale.

      Le cas de #Trump est compliqué, notamment à cause du caractère erratique de sa prise de décision. Ce qui est sûr, c’est qu’il brise la règle néolibérale selon laquelle l’économie doit être dépolitisée au profit du bon fonctionnement de la concurrence et du marché. En ce qui concerne la finance, son agenda concret est complètement néolibéral.

      En matière commerciale en revanche, il est sous l’influence de conseillers qui l’incitent à une politique agressive, notamment contre la Chine, au nom de l’#intérêt_national. En tout cas, son comportement ne correspond guère à la généalogie intellectuelle de la pensée néolibérale.

      Vous évoquez dans votre livre « l’#anxiété » qui a toujours gagné les néolibéraux. De quoi ont-ils #peur aujourd’hui ?

      Je dirais qu’il y a une division parmi les néolibéraux contemporains, et que la peur de chaque camp est générée par celui d’en face. Certains tendent vers le modèle d’une intégration supranationale, avec des accords contraignants, que cela passe par l’OMC ou les méga-accords commerciaux entre grandes régions du monde.

      Pour eux, les Trump et les pro-Brexit sont les menaces contre la possibilité d’un ordre de marché stable et prospère, à l’échelle du globe. D’un autre côté figurent ceux qui pensent qu’une #intégration_supranationale est la #menace, parce qu’elle serait source d’inefficacités et de bureaucratie, et qu’une architecture institutionnelle à l’échelle du monde serait un projet voué à l’échec.

      Dans ce tableau, jamais la menace ne vient de la gauche ou de mouvement sociaux, donc.

      Pas vraiment, non. Dans les années 1970, il y avait bien le sentiment d’une menace venue du « Sud global », des promoteurs d’un nouvel ordre économique international… La situation contemporaine se distingue par le fait que la #Chine acquiert les capacités de devenir un acteur « disruptif » à l’échelle mondiale, mais qu’elle n’en a guère la volonté. On oublie trop souvent que dans la longue durée, l’objectif de l’empire chinois n’a jamais consisté à étendre son autorité au-delà de ses frontières.

      Aucun des auteurs que je lis n’est d’ailleurs inquiet de la Chine à propos du système commercial mondial. Le #capitalisme_autoritaire qu’elle incarne leur paraît tout à fait convenable, voire un modèle. #Milton_Friedman, dans ses derniers écrits, valorisait la cité-État de #Hong-Kong pour la grande liberté économique qui s’y déploie, en dépit de l’absence de réelle liberté politique.

      Le débat serait donc surtout interne aux néolibéraux. Est-ce qu’il s’agit d’un prolongement des différences entre « l’école de Genève » que vous avez étudiée, et l’« l’école de Chicago » ?

      Selon moi, le débat est un peu différent. Il rappelle plutôt celui que je décris dans mon chapitre sur l’intégration européenne. En ce sens, il oppose des « universalistes », partisans d’un ordre de marché vraiment global construit par le haut, et des « constitutionnalistes », qui préfèrent le bâtir à échelle réduite, mais de façon plus sûre, par le bas. L’horizon des héritiers de l’école de Chicago reste essentiellement borné par les États-Unis. Pour eux, « l’Amérique c’est le monde » !

      On dirait un slogan de Trump.

      Oui, mais c’est trompeur. Contrairement à certains raccourcis, je ne pense pas que Trump veuille un retrait pur et simple du monde de la part des États-Unis, encore moins un modèle autarcique. Il espère au contraire que les exportations de son pays s’améliorent. Et si l’on regarde les accords qu’il a voulu renégocier, quels sont les résultats ?

      Avec le Mexique, on a abouti à quelque chose de très proche de ce qui existait déjà. Dans le débat dont j’ai esquissé les contours, il serait plutôt du côté des constitutionnalistes, avec des accords de proximité qui s’élargiraient, mais garderaient la Chine à distance. De façon générale, l’hystérie sur les populistes au pouvoir me semble dramatiser une situation beaucoup plus triviale, qui oppose des stratégies quant à la réorganisation de l’économie mondiale.

      Est-ce que le rejet de la Chine s’inscrit dans la même logique que les positions hostiles à l’immigration de Hayek en son temps, et de Trump ou des pro-Brexit aujourd’hui ? En somme, y aurait-il certains pays, comme certains groupes, qui seraient soupçonnés d’être culturellement trop éloignés du libre marché ?

      On retrouve chez certains auteurs l’idée que l’homo œconomicus, en effet, n’est pas universel. Les règles du libre marché ne pourraient être suivies partout dans le monde. Cette idée d’une altérité impossible à accommoder n’est pas réservée à des ressentiments populaires. Elle existe dans le milieu des experts et des universitaires, qui s’appuient sur certains paradigmes scientifiques comme le #néo-institutionnalisme promu par des auteurs comme #Douglass_North. Cette perspective suppose qu’à un modèle socio-économique particulier, doivent correspondre des caractéristiques culturelles particulières.

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100319/quinn-slobodian-le-neoliberalisme-est-travaille-par-un-conflit-interne #WWI #première_guerre_mondiale

  • Une histoire de la guerre économique
    Documentaire ARTE - 2019
    Disponible du 30/11/2020 au 28/02/2021
    Réalisation : Christian Buckard & Daniel Guthmann
    https://www.arte.tv/fr/videos/087959-000-A/une-histoire-de-la-guerre-economique

    Dans notre monde globalisé, les guerres commerciales sont désormais perçues comme une activité concurrentielle normale. Ce documentaire propose un petit précis de la guerre économique à travers l’histoire, entre secrets et mensonges, conquêtes de territoires et techniques ultramodernes.

    En lançant en 1889 sa flotte contre les jonques chinoises, l’Empire britannique déclare une des premières guerres motivées par les seuls intérêts économiques. Déplorant une balance commerciale largement déficitaire avec la Chine, le Royaume-Uni veut lui vendre ses stocks d’opium par la force. Face à la résistance de l’Empire des Qing, les Britanniques passent à l’offensive au nom du libre-échange, dont ils sont convaincus des vertus pacificatrices. Depuis cette histoire exemplaire des relations ambiguës entre États, de la coopération à la compétition féroce, les guerres commerciales se sont répétées, de plus en plus sophistiquées mais pas toujours moins sanglantes. L’avènement de la révolution industrielle, du libéralisme puis de la mondialisation ont multiplié les sources de conflits, entre conquêtes territoriales, espionnage, captation des savoirs par chantage ou encore désinformation...

    Business plans (d’attaque)
    L’Allemagne suspectée de vouloir envahir commercialement la France avant la Première Guerre mondiale, les films américains d’après-guerre, chevaux de Troie et formidables vecteurs d’influence économique et politique, la puissance prédatrice de la Silicon Valley... : ce documentaire, qui recense les batailles passées ou présentes, ouvertes ou secrètes, éclaire les arcanes et les tensions économiques d’un monde globalisé, où les guerres commerciales sont désormais perçues comme une activité concurrentielle normale. Un décryptage passionnant de leurs lois et rouages, nourri d’analyses de politologues, journalistes et économistes ou encore de celle de Christian Harbulot, le directeur de... l’École de guerre économique de Paris.

    #guerre_économique #économie #capitalisme #liberalisme #mondialisation #libre_circulation_des_capitaux et puis #opium & #drogue, aussi, évidemment !

  • [NB] CAJAC (Cerdon Acoustique JAzz Club) / AAA (autonomie, anationalisme, athéisme)
    http://nicolas.bruche.free.fr/record/rochy/index.html

    Album sorti le samedi 4 juillet 2020.
    Le premier d’une longue série d’albums instrumentaux. Le CAJAC (Cerdon Acoustique JAzz Club) revendique ses idéaux par une musique instrumentale faite de notes noires et de partitions jaunes cuivrées. Cet album est acoustique, écrit à la main et joué à l’aide d’instruments à vent et de percussions. « On ne crée pas de l’art beau, on met en œuvre un mode de vie. »
    Crédits
    Blandine Puéchavy : flûte traversière, soubassophone, saxophone alto, saxophone ténor, dessin, visuel
    Nicolas Bruche : trompette, bugle, trombone à pistons, guitare basse, guitare, clavier, mixage
    πR Freyermuth : vibraphone, saxophone baryton, batterie, percussions

    http://nicolas.bruche.free.fr/record/rochy/cajac_aaa.ogg

    #jazz, #musique, #libre, #anarchisme, #autogestion
    ping @severo

  • France : Macron annonce un doublement des #forces_de_sécurité aux frontières

    Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi un doublement des forces contrôlant les frontières de la France, de 2.400 à 4.800, pour lutter contre la menace terroriste, les trafics et l’immigration illégale.

    Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi un doublement des forces contrôlant les frontières de la France, de 2.400 à 4.800, pour lutter contre la menace terroriste, les trafics et l’immigration illégale.

    Ce doublement a été décidé « en raison de l’intensification de la #menace » après les récents #attentats, dont celui de Nice (Sud-Est), a expliqué le chef de l’État à la frontière franco-espagnole, au #col_du_Perthus, où « quatre unités mobiles » sont « en cours de déploiement ».

    Accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune, Emmanuel Macron s’est également dit « favorable » à une refondation « en profondeur » des règles régissant l’#espace_Schengen de #libre_circulation en Europe, et à « un plus grand contrôle » des frontières.

    « Je porterai en ce sens des premières propositions au Conseil » européen de décembre, pour « repenser l’organisation » de #Schengen et « intensifier notre protection commune aux frontières avec une véritable #police_de_sécurité_aux_frontières_extérieures », a-t-il ajouté. Avec la « volonté d’aboutir sous la présidence française », au premier semestre 2022.

    Cette refondation doit rendre l’espace Schengen « plus cohérent », pour qu’il « protège mieux ses frontières communes », qu’il « articule mieux » les impératifs de responsabilité de protection de frontières et de « #solidarité » et que « la charge ne soit pas qu’aux pays de première entrée ».

    « La France est un des principaux pays d’arrivée d’#immigration_secondaire », lorsque les migrants #déboutés d’un pays tentent leur chance dans un autre en Europe, et « je souhaite profondément aussi qu’on change les règles du jeu », a-t-il dit.

    Il a également plaidé pour « intensifier » la lutte contre l’#immigration_clandestine et les réseaux de #trafiquants « qui, de plus en plus souvent, sont liés aux réseaux terroristes ».

    « Nous prendrons les lois qui sont nécessaires, si elles correspondent à des besoins identifiés », a-t-il ajouté, mais la situation « ne justifie pas de changer la Constitution », a-t-il assuré, face à des pressions de responsables politiques de droite et d’extrême droite.

    Arrivé à la mi-journée au col du Perthus, Emmanuel Macron s’est entretenu avec les policiers de la #police_aux_frontières (#PAF) qui contrôlent les véhicules entrant en France par l’autoroute ou la nationale qui le traversent. L’un d’eux lui a notamment fait la démonstration d’un drone surveillant les voies de passage et les sentiers frontaliers.

    Puis il a visité le Centre franco-espagnol de coopération policière et douanière, où sont affectées 24 personnes des deux pays à plein temps. « Nous partageons un espace de travail et de convivialité (...) La coopération marche très bien », lui a assuré un responsable espagnol.

    « Depuis 2017, la coordination entre les services de renseignement a été renforcée et confiée à la DGSI (sécurité intérieure, ndlr). Les moyens financiers, humains et technologiques ont été considérablement augmentés », a déclaré Emmanuel Macron dans un tweet posté durant sa visite.

    Quelque 35.000 véhicules passent tous les jours sur l’autoroute et la route qui franchissent le col, entre les villes du Perthus en France et de La Jonquera en Espagne.

    L’#Espagne est l’une des principales portes d’entrée des immigrés clandestins en France, qui arrivent par la côte en provenance d’Afrique du nord. Plus de 4.000 migrants ont été refusés ces trois derniers mois dans le département des #Pyrénées-Orientales, selon un responsable de la PAF. Une partie d’entre eux étaient des Algériens tentant d’entrer en France.

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/051120/france-macron-annonce-un-doublement-des-forces-de-securite-aux-frontieres

    #fermeture_des_frontières #frontières #France #terrorisme #migrations #immigration_illégale #militarisation_des_frontières

  • « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (3 novembre 2020)
    https://www.april.org/libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-3-novembre-2020

    Start : 3 Novembre 2020 - 15:30End : 3 Novembre 2020 - 17:00

    Réécouter en ligne

    Lire la transcription >

    81e émission Libre à vous ! de l’April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM et DAB+ en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 3 novembre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l’émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l’émission en général.

    Au programme :

    sujet principal : sujet principal : La Playlist de Libre à vous ! diffusion de musiques libres diffusées dans l’émission. Les musiques sont commentées par Valentin qui co-anime notamment sur la radio l’émission Les joyeux pingouins en famille

    la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi sur le thème De (...)

    #Libre_à_vous_ !

  • Khrys’presso du lundi 26 octobre 2020
    https://framablog.org/2020/10/26/khryspresso-du-lundi-26-octobre-2020

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World La Chine dévoile un canon à drones kamikazes (korii.slate.fr) Edward Snowden obtient une résidence permanente en … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/cache/media_attachments/files/105/094/564/038/384/406/original/0a2c587ffbbbdf36.mp4?1603615784

  • Khrys’presso du lundi 26 octobre 2020
    https://framablog.org/?p=22728

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World La Chine dévoile un canon à drones kamikazes (korii.slate.fr) Edward Snowden obtient une résidence permanente en … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/105/037/637/255/354/383/original/f172a72d6c82e2c5.mp4?1602747152

  • « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (27 octobre 2020)
    https://www.april.org/libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-27-octobre-2020

    Start : 27 Octobre 2020 - 15:30End : 27 Octobre 2020 - 17:00

    Réécouter en ligne

    Lire la transcription >

    80e émission Libre à vous ! de l’April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM et DAB+ en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 27 octobre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l’émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l’émission en général.

    Au programme :

    Notre sujet principal sera consacré à l’accompagnement des associations à l’utilisation des logiciels libres, avec Jean-Marc Briand de l’Ubapar - Union bretonne pour l’animation des pays ruraux, structure très engagée dans la promotion des logiciels libres auprès de ses membres, Anne-Cécile Voisin de l’ADEC 56 (association membre Ubapar) et une personne (...)

    #Libre_à_vous_ !

  • Khrys’presso du lundi 19 octobre 2020
    https://framablog.org/2020/10/19/khryspresso-du-lundi-19-octobre-2020

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World Le Japon va officialiser le rejet à la mer d’eau contaminé de Fukushima (20minutes.fr) Catastrophe écologique … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/105/037/637/255/354/383/original/f172a72d6c82e2c5.mp4?1602747152

  • Pandémie de Covid-19 : « Dans le tourbillon de remises en cause déclenché par le coronavirus, la question des frontières vient sur le tapis »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/17/pandemie-de-covid-19-dans-le-tourbillon-de-remises-en-cause-declenche-par-le

    L’OMS le répétait encore au début de cette année : se barricader ne fait qu’entraver l’approvisionnement en matériel médical et en médicaments. Rhétorique ironique, voire cynique de la part d’une organisation dominée par la Chine, pays dont le dynamisme économique repose sur la mondialisation, si l’on considère la pénurie de masques de fabrication chinoise dont l’Europe a souffert ensuite. Une semaine avant l’avis de l’OMS condamnant « toute restriction aux voyages », Pékin avait pourtant fermé totalement l’aéroport de Wuhan, épicentre de l’épidémie. Une étude sur l’impact des restrictions au trafic aérien aux frontières chinoises sur la diffusion du virus montre que cette décision a eu pour conséquence de stopper net la diffusion massive de malades de cette région, mais que ces flux ont perduré au départ des autres métropoles chinoises vers tous les continents.La politique de maintien des frontières ouvertes n’a en réalité jamais été basée sur un constat scientifique, « c’est une décision politique présentée comme un conseil sanitaire », assène le New York Times au terme d’une longue enquête. La priorité donnée au maintien des échanges économiques et humains, renforcée après la catastrophe de Surat, avait acquis le statut d’un « acte de foi » au moment où a émergé le Covid-19. De fait, les études sur les conséquences de la gestion des frontières sur les pandémies reposent sur des modèles mathématiques théoriques et les chaînes de contamination internationales réelles sont loin d’être intégralement connues. « Il faudrait une fermeture à 100 % pour qu’elle soit efficace, ce qui est impossible. On sait qu’au moment où l’on ferme les frontières, des personnes infectées les ont déjà franchies », explique Pierre-Yves Boëlle, professeur d’épidémiologie à Sorbonne-Université.
    Ultra-dominante avant le Covid-19, la religion des frontières ouvertes en temps de pandémie a laissé la place à des discours plus nuancés. L’étude sur les frontières chinoises conclut qu’une « réduction de 90 % du trafic aérien » combinée à l’adoption des gestes barrières permet « une réduction considérable de la transmissibilité de la maladie ». La plupart des Etats ont d’ailleurs fini par combiner fermeture ou contrôle des frontières, quarantaines et surveillance des personnes infectées.
    Pas question de stopper net une pandémie en se claquemurant. Mais la freiner très tôt en limitant les voyages semble possible. Fermer les frontières « aurait seulement pu permettre de gagner trois ou quatre semaines sur la pandémie. Ce temps aurait pu être mis à profit pour instaurer des quarantaines strictes, remarque encore Pierre-Yves Boëlle. A l’avenir, on aura tendance à fermer d’abord les frontières et à essayer de déterminer au plus vite la dangerosité du virus ».Lourd et donc incertain, l’enjeu consiste désormais à mettre au point un mécanisme international préservant « le droit de quitter tout pays » protégé par la Déclaration universelle des droits de l’homme, tout en permettant de restreindre les transports aériens dès que surgit une suspicion sérieuse de pandémie. Les hommes, les continents restent interdépendants. Mais le Covid-19, outre ses multiples ravages, a fait deux victimes inattendues : la suprématie du droit de voyager à tout prix sur le droit à la santé, et le dogme du libre-échange comme alpha et oméga du salut du monde.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#frontiere#libreechange#crisesanitaire#virus#politiquemigratoire

  • « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (20 octobre 2020)
    https://www.april.org/libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-20-octobre-2020

    Start : 20 Octobre 2020 - 15:30End : 20 Octobre 2020 - 17:00

    Réécouter en ligne

    Lire la transcription >

    79e émission Libre à vous ! de l’April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 20 octobre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l’émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l’émission en général.

    Au programme :

    Notre sujet principale sera une rediffusion du Libre à vous ! #51 du 28 janvier 2020 sur la platerforme d’exploitation des données de santé « Health Data Hub » avec Stéphanie Combes, directrice de la plateforme, Adrien Parrot et Nicolas Paris de l’association InterHop (les hôpitaux français pour l’interopérabilité)

    la chronique musicale d’Éric Fraudain du site Au (...)

    #Libre_à_vous_ !

  • « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (13 octobre 2020)
    https://www.april.org/libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-13-octobre-2020

    Start : 13 Octobre 2020 - 15:30End : 13 Octobre 2020 - 17:00

    Réécouter en ligne

    Lire la transcription >

    78e émission Libre à vous ! de l’April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 13 octobre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l’émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l’émission en général.

    Au programme :

    sujet principal : le Réseau Libre-entreprise qui « regroupe des entreprises à taille humaine ayant des spécialités proches ou complémentaires dans le domaine du logiciel libre. Toutes partagent les mêmes valeurs et modes de fonctionnement, basés sur la démocratie d’entreprise, la transparence et la compétence ». Avec Paul Couteau de Code Lutin et Catherine Heintz de (...)

    #Libre_à_vous_ !

  • Khrys’presso du lundi 12 octobre 2020
    https://framablog.org/2020/10/12/khryspresso-du-lundi-12-octobre-2020

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World Indonésie. Mobilisation explosive contre une “loi Travail” ultra-libérale (revolutionpermanente.fr) Ce jeudi 8 octobre ont éclaté, dans … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/104/999/082/685/999/689/original/794763ce20a97b25.mp4?1602158852


    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/104/983/856/688/880/414/original/7bccc8d4a186bc51.mp4?1601926524

  • « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (6 octobre 2020)
    https://www.april.org/libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-6-octobre-2020

    Start : 6 Octobre 2020 - 15:30End : 6 Octobre 2020 - 17:00

    < ?php

    add_metadata_social_networks("https://april.org/files/libre-a-vous/lav-1200x630-2.jpg","Bannière de l’émission") ;

     ?>

    Réécouter en ligne

    Lire la transcription >

    77e émission Libre à vous ! de l’April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 6 octobre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l’émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l’émission en général.

    Au programme :

    sujet principal : La playlist de Libre à vous ! diffusion de musiques libres diffusées dans l’émission. Les musiques sont commentées par Valentin qui co-anime notamment sur la radio l’émission Les joyeux pingouins en famille

    la chronique « Le (...)

    #Libre_à_vous_ !

  • Khrys’presso du lundi 5 octobre 2020
    https://framablog.org/2020/10/05/khryspresso-du-lundi-5-octobre-2020

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World Le soutien total de la Lituanie à la révolution biélorusse (theconversation.com) En Pologne, le nouveau ministre … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/011/573/734/original/ba1e10bc60ebdd25.mp4?1601222910

  • Khrys’presso du lundi 28 septembre 2020
    https://framablog.org/2020/09/28/khryspresso-du-lundi-28-septembre-2020

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World À Hong Kong, le mouvement pro-démocratie résiste avec des gâteaux, des bubble tea et des taxis … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue