• Le néo-populisme est un néo- libéralisme

    Comment être libéral et vouloir fermer les frontières ? L’histoire du néolibéralisme aide à comprendre pourquoi, en Autriche et en Allemagne, extrême droite et droite extrême justifient un tel grand écart : oui à la libre-circulation des biens et des richesses, non à l’accueil des migrants.

    https://aoc.media/analyse/2018/07/03/neo-populisme-neo-liberalisme

    –-> je re-signale ici un article publié dans AOC media qui date de 2018, sur lequel je suis tombée récemment, mais qui est malheureusement sous paywall

    #populisme #libéralisme #néo-libéralisme #néolibéralisme #fermeture_des_frontières #frontières #histoire #extrême_droite #libre-circulation #migrations #Allemagne #Autriche

    ping @karine4 @isskein

    • #Globalists. The End of Empire and the Birth of Neoliberalism

      Neoliberals hate the state. Or do they? In the first intellectual history of neoliberal globalism, #Quinn_Slobodian follows a group of thinkers from the ashes of the Habsburg Empire to the creation of the World Trade Organization to show that neoliberalism emerged less to shrink government and abolish regulations than to redeploy them at a global level.

      Slobodian begins in Austria in the 1920s. Empires were dissolving and nationalism, socialism, and democratic self-determination threatened the stability of the global capitalist system. In response, Austrian intellectuals called for a new way of organizing the world. But they and their successors in academia and government, from such famous economists as Friedrich Hayek and Ludwig von Mises to influential but lesser-known figures such as Wilhelm Röpke and Michael Heilperin, did not propose a regime of laissez-faire. Rather they used states and global institutions—the League of Nations, the European Court of Justice, the World Trade Organization, and international investment law—to insulate the markets against sovereign states, political change, and turbulent democratic demands for greater equality and social justice.

      Far from discarding the regulatory state, neoliberals wanted to harness it to their grand project of protecting capitalism on a global scale. It was a project, Slobodian shows, that changed the world, but that was also undermined time and again by the inequality, relentless change, and social injustice that accompanied it.

      https://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674979529

      #livre #empire #WTO #capitalisme #Friedrich_Hayek #Ludwig_von_Mises #Wilhelm_Röpke #Michael_Heilperin #Etat #Etat-nation #marché #inégalités #injustice #OMC

    • Quinn Slobodian : « Le néolibéralisme est travaillé par un conflit interne »

      Pour penser les hybridations contemporaines entre néolibéralisme, #autoritarisme et #nationalisme, le travail d’historien de Quinn Slobodian, encore peu connu en France, est incontournable. L’auteur de Globalists nous a accordé un #entretien.

      L’élection de Trump, celle de Bolsonaro, le Brexit… les élites des partis de #droite participant au #consensus_néolibéral semblent avoir perdu le contrôle face aux pulsions nationalistes, protectionnistes et autoritaires qui s’expriment dans leur propre camp ou chez leurs concurrents les plus proches.

      Pour autant, ces pulsions sont-elles si étrangères à la #doctrine_néolibérale ? N’assisterait-on pas à une mutation illibérale voire nativiste de la #globalisation_néolibérale, qui laisserait intactes ses infrastructures et sa philosophie économiques ?

      Le travail de Quinn Slobodian, qui a accordé un entretien à Mediapart (lire ci-dessous), apporte un éclairage précieux à ces questions. Délaissant volontairement la branche anglo-américaine à laquelle la pensée néolibérale a souvent été réduite, cet historien a reconstitué les parcours de promoteurs du néolibéralisme ayant accompli, au moins en partie, leur carrière à #Genève, en Suisse (d’où leur regroupement sous le nom d’#école_de_Genève).

      Dans son livre, Globalists (Harvard University Press, 2018, non traduit en français), ce professeur associé au Wellesley College (près de Boston) décrit l’influence croissante d’un projet intellectuel né « sur les cendres de l’empire des Habsbourg » à la fin de la Première Guerre mondiale, et qui connut son apogée à la création de l’#Organisation_mondiale_du_commerce (#OMC) en 1995.

      À la suite d’autres auteurs, Slobodian insiste sur le fait que ce projet n’a jamais été réductible à un « #fondamentalisme_du_marché », opposé par principe à la #puissance_publique et au #droit. Selon lui, l’école de Genève visait plutôt un « #enrobage » ( encasement ) du #marché pour en protéger les mécanismes. L’objectif n’était pas d’aboutir à un monde sans #frontières et sans lois, mais de fabriquer un #ordre_international capable de « sauvegarder le #capital », y compris contre les demandes des masses populaires.

      Dans cette logique, la division du monde en unités étatiques a le mérite d’ouvrir des « voies de sortie » et des possibilités de mise en #concurrence aux acteurs marchands, qui ne risquent pas d’être victimes d’un Léviathan à l’échelle mondiale. Cela doit rester possible grâce à la production de #règles et d’#institutions, qui protègent les décisions de ces acteurs et soustraient l’#activité_économique à la versatilité des choix souverains.

      On l’aura compris, c’est surtout la #liberté de l’investisseur qui compte, plus que celle du travailleur ou du citoyen – Slobodian cite un auteur se faisant fort de démontrer que « le #libre_commerce bénéficie à tous, même sans liberté de migration et si les peuples restent fermement enracinés dans leurs pays ». Si la compétition politique peut se focaliser sur les enjeux culturels, les grandes orientations économiques doivent lui échapper.

      L’historien identifie dans son livre « trois #ruptures » qui ont entretenu, chez les néolibéraux qu’il a étudiés, la hantise de voir s’effondrer les conditions d’un tel ordre de marché. La guerre de 14-18 a d’abord interrompu le développement de la « première mondialisation », aboutissant au morcellement des empires de la Mitteleuropa et à l’explosion de revendications démocratiques et sociales.

      La #Grande_Dépression des années 1930 et l’avènement des fascismes ont constitué un #traumatisme supplémentaire, les incitant à rechercher ailleurs que dans la science économique les solutions pour « sanctuariser » la mobilité du capital. Les prétentions au #protectionnisme de certains pays du « Sud » les ont enfin poussés à s’engager pour des accords globaux de #libre_commerce.

      L’intérêt supplémentaire de Globalists est de nous faire découvrir les controverses internes qui ont animé cet espace intellectuel, au-delà de ses objectifs communs. Une minorité des néolibéraux étudiés s’est ainsi montrée sinon favorable à l’#apartheid en #Afrique_du_Sud, du moins partisane de droits politiques limités pour la population noire, soupçonnée d’une revanche potentiellement dommageable pour les #libertés_économiques.

      Le groupe s’est également scindé à propos de l’#intégration_européenne, entre ceux qui se méfiaient d’une entité politique risquant de fragmenter le marché mondial, et d’autres, qui y voyaient l’occasion de déployer une « Constitution économique », pionnière d’un « modèle de gouvernance supranationale […] capable de résister à la contamination par les revendications démocratiques » (selon les termes du juriste #Mestmäcker).

      On le voit, la recherche de Slobodian permet de mettre en perspective historique les tensions observables aujourd’hui parmi les acteurs du néolibéralisme. C’est pourquoi nous avons souhaité l’interroger sur sa vision des évolutions contemporaines de l’ordre politique et économique mondial.

      Dans votre livre, vous montrez que les néolibéraux donnent beaucoup d’importance aux #règles et peuvent s’accommoder des #frontières_nationales, là où cette pensée est souvent présentée comme l’ennemie de l’État. Pourriez-vous éclaircir ce point ?

      Quinn Slobodian : Quand on parle d’ouverture et de fermeture des frontières, il faut toujours distinguer entre les biens, l’argent ou les personnes. Mon livre porte surtout sur le #libre_commerce, et comment des #lois_supranationales l’ont encouragé. Mais si l’on parle des personnes, il se trouve que dans les années 1910-1920, des néolibéraux comme #von_Mises étaient pour le droit absolu de circuler.

      Après les deux guerres mondiales, cette conception ne leur est plus apparue réaliste, pour des raisons de #sécurité_nationale. #Hayek a par exemple soutenu l’agenda restrictif en la matière de #Margaret_Thatcher.

      Même si l’on met la question de l’immigration de côté, je persiste à souligner que les néolibéraux n’ont rien contre les frontières, car celles-ci exercent une pression nécessaire à la #compétitivité. C’est pourquoi l’existence simultanée d’une économie intégrée et de multiples communautés politiques n’est pas une contradiction pour eux. De plus, une « #gouvernance_multiniveaux » peut aider les dirigeants nationaux à résister aux pressions populaires. Ils peuvent se défausser sur les échelons de gouvernement qui leur lient les mains, plus facilement que si on avait un véritable #gouvernement_mondial, avec un face-à-face entre gouvernants et gouvernés.

      Cela pose la question du rapport entre néolibéralisme et #démocratie

      Les néolibéraux voient la démocratie de manière très fonctionnelle, comme un régime qui produit plutôt de la #stabilité. C’est vrai qu’ils ne l’envisagent qu’avec des contraintes constitutionnelles, lesquelles n’ont pas à être débordées par la volonté populaire. D’une certaine façon, la discipline que Wolfgang Schaüble, ex-ministre des finances allemand, a voulu imposer à la Grèce résulte de ce type de pensée. Mais c’est quelque chose d’assez commun chez l’ensemble des libéraux que de vouloir poser des bornes à la #démocratie_électorale, donc je ne voudrais pas faire de mauvais procès.

      Les élections européennes ont lieu le 26 mai prochain. Pensez-vous que l’UE a réalisé les rêves des « globalists » que vous avez étudiés ?

      C’est vrai que la #Cour_de_justice joue le rôle de gardienne des libertés économiques au centre de cette construction. Pour autant, les règles ne se sont pas révélées si rigides que cela, l’Allemagne elle-même ayant dépassé les niveaux de déficit dont il était fait si grand cas. Plusieurs craintes ont agité les néolibéraux : celle de voir se développer une #Europe_sociale au détriment de l’#intégration_négative (par le marché), ou celle de voir la #monnaie_unique empêcher la #concurrence entre #monnaies, sans compter le risque qu’elle tombe aux mains de gens trop peu attachés à la stabilité des prix, comme vous, les Français (rires).

      Plus profondément, les néolibéraux sceptiques se disaient qu’avec des institutions rendues plus visibles, vous créez des cibles pour la #contestation_populaire, alors qu’il vaut mieux des institutions lointaines et discrètes, produisant des règles qui semblent naturelles.

      Cette opposition à l’UE, de la part de certains néolibéraux, trouve-t-elle un héritage parmi les partisans du #Brexit ?

      Tout à fait. On retrouve par exemple leur crainte de dérive étatique dans le #discours_de_Bruges de Margaret Thatcher, en 1988. Celle-ci souhaitait compléter le #marché_unique et travailler à une plus vaste zone de #libre-échange, mais refusait la #monnaie_unique et les « forces du #fédéralisme et de la #bureaucratie ».

      Derrière ce discours mais aussi les propos de #Nigel_Farage [ex-dirigeant du parti de droite radicale Ukip, pro-Brexit – ndlr], il y a encore l’idée que l’horizon de la Grande-Bretagne reste avant tout le #marché_mondial. Sans préjuger des motivations qui ont mené les citoyens à voter pour le Brexit, il est clair que l’essentiel des forces intellectuelles derrière cette option partageaient des convictions néolibérales.

      « L’hystérie sur les populistes dramatise une situation beaucoup plus triviale »

      De nombreux responsables de droite sont apparus ces dernières années, qui sont à la fois (très) néolibéraux et (très) nationalistes, que l’on pense à Trump ou aux dirigeants de l’#Alternative_für_Deutschland (#AfD) en Allemagne. Sont-ils une branche du néolibéralisme ?

      L’AfD est née avec une plateforme ordo-libérale, attachée à la #stabilité_budgétaire en interne et refusant toute solidarité avec les pays méridionaux de l’UE. Elle joue sur l’#imaginaire de « l’#économie_sociale_de_marché », vantée par le chancelier #Erhard dans les années 1950, dans un contexte où l’ensemble du spectre politique communie dans cette nostalgie. Mais les Allemands tiennent à distinguer ces politiques économiques du néolibéralisme anglo-saxon, qui a encouragé la #financiarisation de l’économie mondiale.

      Le cas de #Trump est compliqué, notamment à cause du caractère erratique de sa prise de décision. Ce qui est sûr, c’est qu’il brise la règle néolibérale selon laquelle l’économie doit être dépolitisée au profit du bon fonctionnement de la concurrence et du marché. En ce qui concerne la finance, son agenda concret est complètement néolibéral.

      En matière commerciale en revanche, il est sous l’influence de conseillers qui l’incitent à une politique agressive, notamment contre la Chine, au nom de l’#intérêt_national. En tout cas, son comportement ne correspond guère à la généalogie intellectuelle de la pensée néolibérale.

      Vous évoquez dans votre livre « l’#anxiété » qui a toujours gagné les néolibéraux. De quoi ont-ils #peur aujourd’hui ?

      Je dirais qu’il y a une division parmi les néolibéraux contemporains, et que la peur de chaque camp est générée par celui d’en face. Certains tendent vers le modèle d’une intégration supranationale, avec des accords contraignants, que cela passe par l’OMC ou les méga-accords commerciaux entre grandes régions du monde.

      Pour eux, les Trump et les pro-Brexit sont les menaces contre la possibilité d’un ordre de marché stable et prospère, à l’échelle du globe. D’un autre côté figurent ceux qui pensent qu’une #intégration_supranationale est la #menace, parce qu’elle serait source d’inefficacités et de bureaucratie, et qu’une architecture institutionnelle à l’échelle du monde serait un projet voué à l’échec.

      Dans ce tableau, jamais la menace ne vient de la gauche ou de mouvement sociaux, donc.

      Pas vraiment, non. Dans les années 1970, il y avait bien le sentiment d’une menace venue du « Sud global », des promoteurs d’un nouvel ordre économique international… La situation contemporaine se distingue par le fait que la #Chine acquiert les capacités de devenir un acteur « disruptif » à l’échelle mondiale, mais qu’elle n’en a guère la volonté. On oublie trop souvent que dans la longue durée, l’objectif de l’empire chinois n’a jamais consisté à étendre son autorité au-delà de ses frontières.

      Aucun des auteurs que je lis n’est d’ailleurs inquiet de la Chine à propos du système commercial mondial. Le #capitalisme_autoritaire qu’elle incarne leur paraît tout à fait convenable, voire un modèle. #Milton_Friedman, dans ses derniers écrits, valorisait la cité-État de #Hong-Kong pour la grande liberté économique qui s’y déploie, en dépit de l’absence de réelle liberté politique.

      Le débat serait donc surtout interne aux néolibéraux. Est-ce qu’il s’agit d’un prolongement des différences entre « l’école de Genève » que vous avez étudiée, et l’« l’école de Chicago » ?

      Selon moi, le débat est un peu différent. Il rappelle plutôt celui que je décris dans mon chapitre sur l’intégration européenne. En ce sens, il oppose des « universalistes », partisans d’un ordre de marché vraiment global construit par le haut, et des « constitutionnalistes », qui préfèrent le bâtir à échelle réduite, mais de façon plus sûre, par le bas. L’horizon des héritiers de l’école de Chicago reste essentiellement borné par les États-Unis. Pour eux, « l’Amérique c’est le monde » !

      On dirait un slogan de Trump.

      Oui, mais c’est trompeur. Contrairement à certains raccourcis, je ne pense pas que Trump veuille un retrait pur et simple du monde de la part des États-Unis, encore moins un modèle autarcique. Il espère au contraire que les exportations de son pays s’améliorent. Et si l’on regarde les accords qu’il a voulu renégocier, quels sont les résultats ?

      Avec le Mexique, on a abouti à quelque chose de très proche de ce qui existait déjà. Dans le débat dont j’ai esquissé les contours, il serait plutôt du côté des constitutionnalistes, avec des accords de proximité qui s’élargiraient, mais garderaient la Chine à distance. De façon générale, l’hystérie sur les populistes au pouvoir me semble dramatiser une situation beaucoup plus triviale, qui oppose des stratégies quant à la réorganisation de l’économie mondiale.

      Est-ce que le rejet de la Chine s’inscrit dans la même logique que les positions hostiles à l’immigration de Hayek en son temps, et de Trump ou des pro-Brexit aujourd’hui ? En somme, y aurait-il certains pays, comme certains groupes, qui seraient soupçonnés d’être culturellement trop éloignés du libre marché ?

      On retrouve chez certains auteurs l’idée que l’homo œconomicus, en effet, n’est pas universel. Les règles du libre marché ne pourraient être suivies partout dans le monde. Cette idée d’une altérité impossible à accommoder n’est pas réservée à des ressentiments populaires. Elle existe dans le milieu des experts et des universitaires, qui s’appuient sur certains paradigmes scientifiques comme le #néo-institutionnalisme promu par des auteurs comme #Douglass_North. Cette perspective suppose qu’à un modèle socio-économique particulier, doivent correspondre des caractéristiques culturelles particulières.

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100319/quinn-slobodian-le-neoliberalisme-est-travaille-par-un-conflit-interne #WWI #première_guerre_mondiale

  • En Côte d’Ivoire, travailleurs et commerçants se jouent de la fermeture des frontières
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/01/en-cote-d-ivoire-travailleurs-et-commercants-se-jouent-de-la-fermeture-des-f

    J’ai tout donné au passeur », confie Daniel, grand, svelte et élégamment habillé malgré le voyage difficile. Ses petits yeux et ses légères rides trahissent l’épuisement. A cause de la fermeture des frontières ivoiriennes, décrétée le 22 mars pour faire face à l’épidémie de coronavirus, Daniel et Oumarou ont dû emprunter des chemins de traverse, à quelques heures d’intervalle, ce qui leur a coûté entre 15 000 et 20 000 francs CFA – leurs toutes dernières économies. Alors même s’ils sont désormais du bon côté de la frontière, ils n’ont plus les moyens d’avancer. Selon les autorités ivoiriennes, une vingtaine de points de passage clandestins seraient ainsi régulièrement franchis pour le transit de personnes et de marchandises. Des lieux non surveillés entre les centaines de kilomètres de brousse, de rivières et de forêts de la longue frontière nord. « D’habitude, la plupart des personnes ont tout à fait le droit de circuler avec une simple carte d’identité, puisqu’on est dans l’espace de libre circulation de la Cédéao [Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest] », rappelle Marina Schramm, cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Côte d’Ivoire.
    Les raisons de ce transit caché sont bien souvent économiques. « On se tue à le dire : on peut fermer toutes les frontières qu’on veut, les gens continueront de partir s’ils doivent partir », insiste Florence Kim, porte-parole de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Il y a ceux qui partent pour un travail, comme Oumarou et Daniel, et ceux qui vivent du commerce frontalier. Or actuellement, seules les marchandises essentielles ont le droit de circuler librement. Sauf autorisation spéciale, les produits moins prioritaires sont refoulés, menaçant de ruine les nombreuses familles qui dépendent de leur petit business informel.

    #Covid-19#migrant#migration#BurkinaFaso#Coted'Ivoire#CEDEAO#libre-circulation#transit-clandestin#santé#épidémie#fermeture-frontière

  • Tourisme et coronavirus : la Commission européenne essaie de cadrer la saison estivale
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/13/tourisme-l-europe-essaie-de-cadrer-la-saison-estivale_6039474_3234.html

    Au cours des dernières semaines, les Etats membres de l’Union ont multiplié les annonces désordonnées comme à la mi-mars quand ils avaient, les uns après les autres, fermé leurs frontières. « Ce ne sont pas des recommandations, mais des orientations », tient à préciser un haut fonctionnaire, conscient du caractère plus qu’aléatoire de l’exercice. D’autant que rien n’oblige les Etats membres à tenir compte des conseils que leur prodigue Bruxelles. Ils ont d’ailleurs, au cours des dernières semaines, multiplié les annonces désordonnées comme à la mi-mars quand ils avaient, les uns après les autres, fermé leurs frontières.
    Dernier épisode en date, l’Espagne a fait savoir le 12 mai que toute personne arrivant sur son territoire de l’étranger serait mise à l’isolement pendant quatorze jours. La France avait pris la même décision il y a quinze jours, avant de se raviser partiellement, en exonérant les résidents européens de toute quarantaine. Récemment, la Croatie et la Grèce ont, pour leur part, lancé l’idée de « passeports Covid-19 » qui permettraient à leur détenteur de circuler librement. Quant au chancelier autrichien, Sebastian Kurz, il a évoqué une ouverture des frontières avec « les pays qui connaissent autant de succès que nous, comme l’Allemagne et la République tchèque ». Avant que le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, ne dénonce « une cour­se à l’échalote européenne » et rappelle que des milliers de ses concitoyens avaient été contaminés cet hiver dans les stations de ski autrichiennes.

    #Covid-19#réouverture-frontières#tourisme#circulation#passeport-covid#quarantaine#libre-circulation#profil-épidémiologique#UE#migrant#migration

  • Les frontières appartiennent au passé. Ne démantelez pas #Schengen !
    http://www.uef.fr/les-frontieres-appartiennent-au-passe-ne-demantelez-pas-schengen

    Le système Schengen, avec l’euro et le marché unique, sont les réalisations les plus avancées et les plus visibles de l’intégration européenne. Ce sont des éléments clés d’un projet politique d’unification qui a garanti une paix et une prospérité sans précédent pour les citoyens européens. Les questions relatives aux migrations et à la sécurité resteront des défis de long terme. Si les gouvernements nationaux choisissent d’y répondre en rétablissant les contrôles aux frontières nationales et en y construisant (...)

    #Europe

    / Schengen

    « http://www.federalists.eu/uef/news/borders-are-the-past-do-not-dismantle-schengen »
    « http://www.federalists.eu/fileadmin/files_uef/POLICY/Policy_Digest/Policy_Digest_Building_European_Asylum_and_Immigration_Policies_and_a_Eu »
    « http://www.federalists.eu/activities/events/saving-schengen-building-a-european-border-management-system »

  • +++ CALL FOR AN OPEN BORDERS CARAVAN +++ | Presence Counts · 15o · OccupyLjubljana

    https://presencecounts.wordpress.com/2015/09/16/call-for-an-open-borders-caravan

    Hungary just sealed the border with Serbia and started to build the fence on the border with Romania. We have just receIved information that a bigger group of refugees is on its way to the north through Croatia and that they will soon attempt to cross the border with Slovenia.

    There is a real possiblity that Slovene authorities will try to close the border with Croatia, following the example of Hungary and later Germany. We believe that we must do whatever is in our power to revert this possibility and keep the border open for refugees, migrants and European citizens. For this reason, we have decided to consider the possibility to organize a transnational caravan for open borders. Our idea is to mobilise as many people as possible to enable refugees to cross the border and create grassroots pressure on authorities so that the borders are not closed.

    #migrations #réfugiés #frontières #murs #europe

  • The resurrection of borders in Europe - World Socialist Web Site

    http://www.wsws.org/en/articles/2015/09/18/pers-s18.html

    The resurrection of borders in Europe
    18 September 2015

    On 27 June, 1989, an image from Hungary went around the world. A staged media stunt, it showed Hungarian Foreign Minister Gyula Horn and his Austrian counterpart, Alois Mock, cutting a hole in the barbed wire fence that separated Eastern and Western Europe. The opening of the Hungarian border contributed greatly to the collapse of the Stalinist regimes and restoration of capitalism in Eastern Europe.

    #murs #frontières #europe

  • Une Europe sans Schengen, avec un retour des frontières, est-elle possible ?

    Combien de temps l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie, les Pays-Bas et la Hongrie ont-ils le droit de fermer leurs frontières ? Quelles seront les répercussions économiques ? Un Etat peut-il quitter Schengen ? Réponses aux questions que vous vous posez

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/68022c7e-5d4c-11e5-af59-94bd5b6861b3/Une_Europe_sans_Schengen_avec_un_retour_des_fronti%C3%A8res_est-elle_possibl
    #Schengen #Europe #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #libre-circulation

  • #Croatie - La décision de la Présidente croate de placer l’#armée en état d’alerte à choqué une importante ONG qui vient en aide, actuellement, aux réfugiés, en Croatie. Le Centre pour l’étude de la paix a lancé un appel public à ce que la Présidente de la République de Croatie ne procède pas à une militarisation de la crise humanitaire des réfugiés. Selon l’ONG, il ne faut pas envoyer l’armée aux réfugiés qui fuient la guerre. L’ONG dit déplorer que la présidente de la République de Croatie soit insensible et ignorante de la situation. L’ONG précise que les réfugiés ne peuvent être considérés comme une armée d’occupation mais qu’il s’agit de personnes vulnérables et qui ont fui un pays en guerre. L’ONG salue par ailleurs positivement le message de l’armée qui avait proposé ses moyens pour gérer la crise humanitaire, en apportant son appui à la police et aux organisations de la société civile.

    En #Slovénie, pays situé entre la Croatie et l’Autriche, la compagnie de chemins-de-fer a suspendu les trains internationaux qui ont pour destination la Croatie. Selon une autre source, l’Allemagne envisagerait de supprimer ses trains vers l’Autriche.

    On s’attend à ce que des réfugiés tentent de rejoindre le Monténégro.

    Dragan Grcic
    http://serbie-droitshumains.blogspot.com

    #asile #migrations #réfugiés #Balkans #libre-circulation #fermeture_des_frontières #train

    Reçu via la la mailing-list Migreurop

    • Gouverner : faire face au " risque d’un dispositif humanitaire « trop généreux »
      "
      http://www.liberation.fr/societe/2015/07/01/calais-une-etude-pointe-les-risques-d-un-dispositif-humanitaire-trop-gene

      « Ce sont, pour la plupart, des jeunes hommes de 20 à 35 ans, souvent pourvus de diplômes ou exerçant des professions d’entrepreneurs et de commerçants », écrivent l’ancien préfet de la région Nord-Pas-de-Calais et le président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. « Il semble que le projet de se rendre au Royaume-Uni n’ait été que rarement conçu au départ », poursuivent-ils.

      Ce qui leur fait dire que « leurs décisions sont réversibles et que des alternatives crédibles au passage au Royaume-Uni conservent tout leur sens ». Mais les auteurs ne s’engagent pas pour autant dans un plaidoyer pour une politique plus généreuse : « La garantie des besoins vitaux ne doit pas se contenter d’accompagner ce #flux [migratoire], au risque de l’amplifier. » Quelques lignes plus loin, ils évoquent même la « question sensible de "l’appel d’air" […] que pourrait créer sur Calais un dispositif #humanitaire trop généreux consistant en une mise à l’#abri, fût-elle #précaire ». Et de conclure que « l’accès à un toit, même très sommaire, est un point fondamental ». Cependant il ne saurait être, selon les auteurs, un « préalable » mais « un objectif au terme d’un processus maîtrisé. Aujourd’hui, les conditions n’en sont pas réunies ».

      UNE ILLUSOIRE COOPÉRATION EUROPÉENNE ?

      Jean Aribaud et Jérôme Vignon déclinent ensuite 17 propositions, dont ils disent avoir vérifié « l’opérationnalité ». Premier axe de leur travail, une meilleure coopération européenne, notamment avec l’Italie, selon un principe de « solidarité » et de « rigueur ». En substance, la France pourrait prendre à sa charge des #demandeurs_d’asile calaisiens pourtant susceptibles d’être réadmis en Italie selon le règlement de Dublin. En contrepartie, charge aux autorités italiennes de s’engager à raccompagner davantage de migrants dans leur pays d’origine.

      Pas évident que ce genre de collaboration se mette en place de sitôt après le coup de sang de Matteo Renzi contre le manque de solidarité européenne. Les deux hommes proposent aussi un « partage des responsabilités dans l’instruction des demandes d’asile » entre Paris et Londres. Une proposition qui n’a aucune chance d’aboutir, le gouvernement de David Cameron ayant totalement abandonné le dossier.

      Le rapport s’attache ensuite à changer l’existant à Calais, en évoquant « l’amélioration globale du centre Jules-Ferry […], lieu de premier accueil » dans la jungle, la promotion de « l’interprétation », de la « médiation culturelle » et l’instauration d’une « nouvelle gouvernance ». Seule avancée notable, la création d’un « centre de mise à l’abri » à une centaine de kilomètres de Calais, suffisamment loin en tout cas pour éloigner les réseaux de passeurs. Le lieu d’une capacité de 200 places devra « créer les conditions psychiques et physiques » aux migrants souhaitant demander l’asile.

      DES CRÉNEAUX DE TRAVERSÉE POUR LES POIDS LOURDS À L’ÉTUDE

      Le volet répressif du plan comporte aussi quelques mesures inédites, qui ne devraient pas manquer de susciter les critiques des associations. L’une propose le placement « systématique » en centre de rétention « en vue d’un éloignement » de toute personne récidivant dans sa tentative de rejoindre l’Angleterre clandestinement, si celle-ci avait auparavant été orientée vers le centre Jules-Ferry. En revanche, les auteurs préconisent de mettre fin à la situation des « ni-ni », c’est-à-dire des personnes ne pouvant accéder au statut de réfugié mais qui ne sont pas expulsables, en leur remettant un « #titre_de_séjour temporaire ».

      Le rapport lance en outre l’idée de « réguler » le trafic des poids lourds pour empêcher les migrants de monter à bord et de traverser la Manche. Le principe : créer des aires de stationnement sécurisées bien en amont et mettre en place des créneaux de traversée. L’objectif : faire en sorte que les camions ne s’arrêtent plus à l’approche du port et du tunnel et qu’ainsi, aucun passager clandestin ne puisse y embarquer. Le risque : « Répartir le flux vers d’autres ports et d’autres pays. » Les auteurs en ont bien conscience, et semblent s’en accommoder.

      #jungle #dédubliner

  • EU travel restrictions to be eased for Ukrainians and Moldovans

    http://www.enpi-info.eu/maineast.php?id_type=1&id=32759&lang_id=450

    Il n’est jamais trop tard, mais c’est toujours trop lent, ces « améliorations ». En tout cas réjouissons-nous...

    EU travel restrictions to be eased for Ukrainians and Moldovans

    19-04-2013
    Travel to the EU is set to become easier for people from Ukraine and Moldova after Members of the European Parliament approved plans for visa exemptions for holders of biometric service passports and a simplification of requirements demonstrating the purpose of their journey. EU citizens are already exempt from visa requirements when travelling to these countries.

    #libre-circulation #europe #frontières #visas
    A European Parliament press release said the new rules included an exemption from visa requirements for short stays for people from Ukraine and Moldova who hold biometric service passports.