• Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours - InfoMigrants
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    Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    En trois jours, entre le 3 août et le 5 août, 267 migrants sans papiers ont été secourus par les gardes-côtes grecs au large de la Crète. Depuis des mois, la Crète connaît une forte augmentation des arrivées illégales de migrants venus de Libye. En 7 mois, un peu plus de 10 000 migrants ont débarqué sur l’île du sud de la Grèce.
    Les communiqués des gardes-côtes grecs s’enchaînent ces derniers jours. Le 5 août, les autorités maritimes ont porté assistance « à un bateau avec des ressortissants étrangers en détresse, repéré par un avion de Frontex à 37 milles nautiques au sud d’Ierapetra », en Crète. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la police côtière hellénique (HCPP) a appareillé, repéré le bateau et secouru 45 ressortissants étrangers (tous des hommes) à son bord. »
    Le même jour, « 56 étrangers (49 hommes, 3 femmes et 4 mineurs) ont été secourus par un navire de sauvetage [...] jusqu’au port de Kokkinos Pyrgos », en Crète. « Ils avaient quitté la région de Tobrouk, en Libye, le 3 août 2026 à midi, après avoir payé chacun 14 000 dinars libyens pour leur traversée vers la Grèce », précise le communiqué.Le 5 août toujours, « les gardes-côtes de Gavdos ont localisé 34 étrangers (tous des hommes) sur la plage de Lakoudi. Ils ont d’abord été conduits dans un centre d’hébergement temporaire à Gavdos, puis transférés vers un centre d’hébergement temporaire à Agia Chania. »
    La veille, le 4 août "une embarcation transportant des passagers étrangers en difficulté [a été repérée] à 8 milles nautiques au sud-ouest de Gavdos. Un navire des forces Frontex s’est immédiatement rendu sur place, a localisé l’embarcation et a secouru 33 passagers étrangers (tous des hommes)."Le 4 août toujours, les autorités maritimes grecques ont alerté sur le fait « qu’une vedette de patrouille [...] a localisé une embarcation et a secouru les 50 passagers étrangers (43 hommes, 2 femmes et 5 mineurs) » au sud de la Crète. Une enquête préliminaire a été ouverte.Le bateau de migrants avait été repéré par un navire des garde-côtes grecs à 105 kilomètres au sud-est de Kaloi Limenes, un village portuaire non loin d’Héraklion, avec l’aide d’un drone de l’agence des frontières de l’Union européenne Frontex". Les migrants ont été transférés au port de Kokkinos Pyrgos, au sud de l’île, "où les autorités ont entamé les procédures d’identification et d’enregistrement."Enfin, ce même jour également, « vers midi, les autorités portuaires d’Ierapetra ont été informées de la présence d’étrangers » sur l’île de Chrysi, au sud de la Crète. « Un patrouilleur de la garde côtière grecque s’est rendu sur place, où il a repéré et secouru 44 étrangers (40 hommes, 3 femmes et 1 mineur) ».
    La veille, le 3 août, les autorités avaient repéré « la présence d’une embarcation avec des étrangers à bord en difficulté, à 30 milles nautiques au sud d’Agia Galini [en Crète]. Une vedette de patrouille [...] s’est immédiatement rendue sur place et a localisé et secouru 33 étrangers (32 hommes et 1 femme). Les rescapés ont d’abord été conduits en toute sécurité au port d’Agia Galini, puis aux installations de l’ancienne autorité portuaire de Réthymnon », peut-on lire sur le communiqué des gardes-côtes.Le même jour, nouveau bulletin d’information sur le site de la garde côtière. « Les autorités portuaires de Kaloi Limenes et d’Ierapetra ont été informées par le Centre conjoint de coordination des opérations de recherche et de sauvetage (EKSED) [...] de la nécessité de porter assistance à une embarcation transportant des étrangers en difficulté ». Cette embarcation avait été localisée par un avion de Frontex au sud de Kaloi Limenes. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la LS-EL.AKT. s’est rendue sur place et a secouru cinq étrangers (quatre hommes et un mineur) ».
    Le sud de la Crète a connu une forte augmentation des arrivées illégales de migrants ces derniers mois, de nombreux bateaux partant des côtes est-libyennes. Cette hausse a entraîné de fréquentes opérations de sauvetage menées par les garde-côtes grecs et Frontex.Selon le Haut Commissariat des réfugiés à l’ONU (UNHCR), plus de 10 000 migrants sont arrivés en Crète depuis le début de l’année. « Les flux globaux, par rapport à 2025, montrent une stabilité en termes de chiffres », écrit la presse grecque. La plupart des arrivants viennent du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh. Dans une tribune publiée mardi dans Politico, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé l’Union européenne à autoriser la suspension temporaire des enregistrements de demandeurs d’asile lors d’arrivées massives et soudaines, arguant que les États membres ont besoin d’une plus grande flexibilité pour gérer les pressions migratoires. Au mois de juillet 2025, le gouvernement grec avait décidé de suspendre unilatéralement les demandes d’asile pour toute personne arrivant illégalement en Crète, face à la hausse des arrivées depuis la Libye : 7 300 arrivées entre janvier et juillet 2025 contre 4 900 sur l’ensemble de l’année 2024. La mesure avait duré trois mois, l’enregistrement des demandes avait repris le 14 octobre

    #Covid-19#migration#migrant#crete#UE#libye#routemigratoire#tobrouk#migrationirreguliere#sante#soudan#egypte#bengladesh

  • Éthiopie : l’ONU ouvre un centre à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches - InfoMigrants
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    Éthiopie : l’ONU ouvre un centre à Addis-Abeba pour aider les réfugiés dans leurs démarches
    Par RFI Publié le : 22/07/2026
    Plus de 80 000 réfugiés et demandeurs d’asile vivent à Addis-Abeba, en Éthiopie. À leur arrivée, beaucoup se retrouvent isolés et perdus dans les limbes administratifs d’un pays qu’ils ne connaissent pas, une situation qui peut perdurer plusieurs années pour nombre d’entre eux qui choisissent alors de partir pour un autre pays, via des routes migratoires dangereuses. Pour les aider dans leurs démarches, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en partenariat avec le gouvernement éthiopien, a créé un centre d’aide dans la capitale éthiopienne.
    Situé dans le quartier de Kirkos, au cœur d’Addis-Abeba, cet ancien centre communautaire aux murs bleu foncé poursuit un objectif, celui de briser la solitude. Il met à la disposition des bénéficiaires une aide juridique et administrative, des renseignements sur le regroupement familial ou encore un soutien dans la recherche d’un travail. Une aide précieuse pour Abubakr, qui a fui l’Érythrée : « Ce genre d’endroit nous aide beaucoup parce que souvent, on pense à aller ailleurs, passer par la Libye et traverser la Méditerranée. C’est vraiment ce qu’on essaie de faire quand on est réfugié. Mais ce centre me permet de prendre conscience des opportunités ici, même si moi aussi, j’ai envisagé de partir ». Certains exilés, découragés par les difficultés du quotidien en Éthiopie, quittent le pays, vers la Libye notamment.
    Le centre se donne donc aussi pour mission d’alerter les candidats au départ sur les dangers de ces routes, souligne Aïssatou Ndiaye : « On leur donne ces informations, surtout pour éveiller aux dangers qu’il y a sur ces routes-là et qu’il y a peut-être d’autres options beaucoup plus stables et beaucoup plus sûres plutôt que de se retrouver dans l’inconnu, dans l’incertitude et peut-être face à des personnes qui font du trafic ». Au 31 mai, l’Éthiopie accueillait près de 1,2 million de réfugiés et demandeurs d’asile sur son s

    #Covid-19#migration#migrant#ethiopie#refugie#routemigratoire#exil#sante#HCR#erythree#libye

  • Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72480/libye--345-migrants-beneficient-de-deux-vols-de-retour-volontaire-de-l

    Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana
    Par La rédaction Publié le : 16/07/2026
    Entre le 12 et le 15 juillet, un total de 345 migrants sont rentrés au Ghana depuis la Libye via deux vols de « retours volontaires » organisés par l’Organisation internationale des migrations (OIM). A la mi-juillet, un total de 822 migrants ont bénéficié de ces vols à destination du Ghana, du Bangladesh, du Tchad et de la Somalie.
    En Libye, les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont annoncé avoir organisé deux vols de « retour volontaires » depuis Tripoli à destination d’Accra au Ghana, dans la semaine du 12 au 15 juillet 2026. Au total, 345 migrants ont pu retourner chez eux par l’intermédiaire de ces vols. Au début du mois de juillet, 477 migrants s’étaient déjà envolés vers leurs pays d’origine. Plus précisément, 174 sont retournés au Bangladesh, 174 au Tchad et 129 en Somalie, élevant le total à 822 migrants rentrés dans leur pays entre le 1er et le 15 juillet. Des opérations rendues possibles grâce « au soutien de l’Union européenne », précise l’OIM sur X.
    Sur l’ensemble du mois de juin, l’agence a permis les « retours volontaires » de plus de 1300 migrants vers la Gambie, le Nigéria ou encore le Tchad
    Depuis plusieurs semaines, la situation a empiré en libye. Les Subsahariens se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa. « Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes », affirmait à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », racontait aussi Ibrahim, un Guinéen de 24 ans avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    Dans un rapport publié le 23 juin dernier, Amnesty International déplorait la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », affirmait l’ONG. Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées étaient originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM. Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migrant#migration#retourvolontaire#rapatriement#OIM#libye#subsaharien#asie#droit#sante

  • Libye : au moins 50 migrants portés disparus après un naufrage | Seneweb
    https://www.seneweb.com/fr/news/Afrique/libye-au-moins-50-migrants-portes-disparus-apres-un-naufrage_n_498340.html

    Libye : au moins 50 migrants portés disparus après un naufrage
    Auteur : afrimag
    Le bateau transportait environ 60 personnes originaires de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, dont des femmes et des enfants.
    Au moins 50 migrants sont portés disparus en Méditerranée après le chavirement de leur embarcation au large de la côte orientale de la Libye. Dix personnes ont survécu au naufrage, selon deux sources sécuritaires citées par Reuters.Le drame s’est produit mardi 14 juillet près de l’île d’El-Bardaa, à environ 70 kilomètres à l’ouest de Tobrouk. Cette ville portuaire se trouve dans l’est libyen, non loin de la frontière avec l’Égypte. Le bateau en bois transportait environ 60 personnes. Parmi elles figuraient des femmes et des enfants, d’après les premières informations communiquées aux journalistes. Les passagers venaient de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Leur nationalité précise et leur identité n’ont pas encore été rendues publiques. Les dix rescapés ont été secourus près de l’île d’El-Bardaa. Ils ont raconté que l’embarcation avait pris la mer tôt dans la matinée. Les autorités n’ont pas encore indiqué la cause exacte du chavirement. Les disparus n’avaient pas été retrouvés au moment de la publication des premières informations. Le bilan reste donc provisoire et peut évoluer avec les opérations menées en mer.
    Les rescapés ont été conduits dans un établissement médical de la région pour recevoir des soins. Aucune précision n’a été donnée sur leur état de santé. Les sources de sécurité ont demandé à rester anonymes. Les autorités libyennes n’avaient pas encore publié de communiqué détaillé sur les recherches ni sur le nombre exact de personnes toujours portées disparues.
    Un autre sauvetage avait eu lieu la veille dans la même zone. Les équipes de Tobrouk avaient récupéré 24 migrants dont le bateau dérivait depuis près de deux semaines dans les eaux libyennes.
    Quatre personnes avaient perdu la vie à bord de cette embarcation délabrée, en raison de conditions humanitaires extrêmes, selon les mêmes sources. Les survivants avaient eux aussi été transférés vers un hôpital local.
    La Libye est devenue l’un des principaux points de départ des migrants qui tentent de rejoindre l’Europe par la Méditerranée. Des ressortissants de plusieurs pays africains traversent le désert avant d’embarquer sur des bateaux souvent surchargés et mal équipés.
    Le pays est plongé dans une instabilité politique et sécuritaire persistante depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Des réseaux de passeurs profitent de cette situation pour organiser les traversées clandestines. Les migrants sont exposés à la violence, à la détention arbitraire, au travail forcé et aux naufrages. Les femmes et les enfants figurent parmi les personnes les plus vulnérables sur cette route. En juin, les autorités de Tobrouk avaient déjà récupéré environ 26 corps après le chavirement d’un autre bateau près de la ville. La répétition de ces drames rappelle le coût humain des départs depuis les côtes libyennes.Les familles des passagers peuvent attendre plusieurs jours avant d’obtenir des informations. L’absence de listes complètes et les difficultés d’identification compliquent souvent la recherche des disparus.AfrikMag avait déjà raconté le parcours d’une fillette sierra-léonaise retrouvée après trois jours en mer. Son histoire illustrait déjà les dangers extrêmes auxquels sont confrontées les personnes qui tentent la traversée.
    Dans le naufrage signalé mardi, les recherches se poursuivent autour d’El-Bardaa. Les autorités devront encore établir le bilan définitif et identifier les pays d’origine des victimes et des survivants

    #Covid-19#migrant#migration#libye#tobrouk#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit#detention

  • Mer Méditerranée : au moins 50 migrants portés disparus après un naufrage au large de la Libye - InfoMigrants
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    Mer Méditerranée : au moins 50 migrants portés disparus après un naufrage au large de la Libye
    Par La rédaction Publié le : 15/07/2026
    Un canot avec environ 60 migrants à bord a chaviré en Méditerranée mardi, au large de l’est de la Libye. Dix personnes ont été secourues mais au moins 50 sont toujours portées disparues. La veille, quatre autres corps de migrants avaient été récupérés en mer près de Tobrouk, dans l’est libyen.Au moins 50 migrants sont portés disparus après que leur canot en bois a chaviré en mer Méditerranée, mardi 14 juillet, ont indiqué plusieurs sources sécuritaires à l’agence de presse Reuters ce même jour.Dix personnes de la même embarcation ont été secourues près de l’île d’El-Bardaa, à environ 70km de Tobrouk, dans l’est de la Libye.L’embarcation, qui transportait une soixantaine d’exilés, originaires d’Afrique subsaharienne, avait pris la mer le matin même dans l’espoir de rejoindre l’Europe, selon les survivants.La veille, quatre corps de migrants avaient déjà été récupérés au large de Tobrouk, toujours dans l’est de la Libye, et 24 personnes avaient été prises en charge. Leur embarcation était à la dérive dans les eaux libyennes depuis deux semaines, d’après Reuters."Le canot transportait 28 migrants qui ont fait face à des conditions extrêmement difficiles à bord d’un bateau délabré", a précisé à l’agence de presse une source sécuritaire. « Les survivants ont été emmenés dans un hôpital local pour un traitement médical ».
    Depuis l’an dernier, la route de Tobrouk, menant de cette ville de l’est libyen à l’île grecque de Crète, s’est largement développée afin d’échapper aux contrôles renforcés dans l’ouest et autour des îles de la mer Égée.Mais sur cette route, les dangers en mer sont importants et les naufrages fréquents. « Les distances sont multipliées par trois voire quatre : depuis Tobrouk, les migrants doivent traverser toute la Méditerranée centrale pour atteindre les rives européennes, sans compter qu’aucun navire de sauvetage ne sillonne cette zone. Les canots partis de Tobrouk qui dérivent n’ont aucune chance d’être secourus », signalait Arnaud Banos, spécialiste des migrations maritimes, à InfoMigrants début avril.En juin, au moins 20 corps de migrants ont été retrouvés au large des côtes de l’est de la Libye – et 18 dans l’ouest du pays. Au mois d’avril, plus de 40 corps de migrants avaient été retrouvés sur les côtes libyennes. Et fin mars, 22 exilés sont morts durant la traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues.
    Avec ce changement d’itinéraire migratoire, la Crète s’est rapidement vue débordée pour accueillir les nouveaux arrivants. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200%. Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, quelque 8 000 personnes ont débarqué en Crète, selon les chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).L’île ne dispose pas de centres d’accueil. Les exilés qui viennent de débarquer peuvent passer quelques nuits en Crète avant d’être rapidement transférés en Grèce continentale.
    Début février, le gouvernement grec a annoncé l’ouverture de trois nouveaux centres pour migrants sur l’île. Dans ces trois nouveaux sites, les autorités procéderont à un examen de la situation du demandeur d’asile. Les personnes dont la demande de protection a peu de chances d’aboutir, selon les critères d’Athènes, seront transférées dans des centres de détention en attendant le traitement accéléré de leur dossier, puis leur éventuelle expulsion du territoire grec. Les autres seront prises en charge dans le système d’accueil classique des demandeurs d’asile.Face à la hausse des arrivées, le gouvernement grec a également pris plusieurs mesures pour tenter d’enrayer le phénomène.En septembre 2025, le gouvernement a voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans de prison, et une amende de 10 000 euros. En juillet 2025, Athènes avait annoncé qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants en route vers la Grèce. En août 2025, les autorités avaient décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord. Mi-octobre, l’enregistrement des dossiers a finalement repris.

    #Covid-19#migration#migrant#grece#libye#tobrouk#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit#asile

  • Con “#Revolutionary_stories” i giovani imparano in un’ottica decoloniale

    I libri della Ong Oew raccontano ai più piccoli i protagonisti dell’opposizione al colonialismo. L’ultimo è dedicato a #Omar_Al-Mukhtar, leader della lotta libica contro l’occupazione italiana. Un passo per decostruire la narrativa dominante.

    Far conoscere a bambini e ragazzi storie e personaggi della resistenza al colonialismo europeo del Novecento. È questo l’obiettivo di “Revolutionary stories”, collana di libri illustrati dell’Organizzazione per un mondo solidale di Bressanone, cittadina in provincia di Bolzano.

    L’iniziativa editoriale della Ong altoatesina si inserisce all’interno di “Decolonising minds”, un progetto che affronta il tema del colonialismo da prospettive diverse, attraversate però da un filo conduttore comune: il coinvolgimento delle giovani generazioni.

    “Confrontarsi con questo tema è complicato perché ci si trova inevitabilmente a fare i conti con una parte della propria eredità storica e culturale -spiega Adrian Luncke, collaboratore dell’Oew e coordinatore dell’iniziativa-. Se la prima emozione evocata nello spettatore è il senso di colpa, un sentimento che su questa questione è presente in molti di noi del Nord globale, la reazione sarà con ogni probabilità una chiusura”.

    Per questo ciascun capitolo di “Decolonising minds” è stato declinato attraverso strumenti divulgativi differenti pensati per innescare innanzitutto una riflessione, come il reading performativo “Tsinstiya”, il podcast “Ascoltare le migrazioni” e il gioco di ruolo “Processo del tribunale popolare” in cui gli studenti di una scuola superiore di Bolzano hanno giudicato un caso semi-fittizio di un combattente sudtirolese in Abissinia, in Etiopia.

    In questo percorso si inserisce “Revolutionary stories”. Dopo aver raccontato Saad Zaghloul e Djamila Bouhired, figure centrali della resistenza egiziana e algerina, il terzo volume della serie, “Omar Al-Mukhtar. Quando la fede diventa resistenza al colonialismo”, volge lo sguardo alla Libia. Omar Al-Mukhtar è nato il 20 agosto 1858 a Zawiyat Zanzur, in Cirenaica (regione storico-geografica situata nella parte Nord orientale della Libia, ndr). A 12 anni ha intrapreso gli studi coranici a Giarabub, centro spirituale della confraternita sufi dei Senussi. È diventato imam ed è stato una figura molto rispettata come insegnante religioso, mediatore e guida della comunità, ricoprendo incarichi per l’ordine tra cui la gestione di un centro religioso.

    Con l’invasione italiana del 1911 Al-Mukhtar ha guidato per oltre vent’anni la resistenza libica, forte della sua conoscenza del territorio e dell’appoggio dei diversi gruppi familiari locali, sotto la guida politica e spirituale di Idris Al-Senussi, diventato re di Libia all’indipendenza. Nei primi anni il controllo italiano del Paese è rimasto fragile e limitato alle città, mentre nell’entroterra si era sviluppata una forte resistenza.

    A partire dagli anni Venti, con l’avvento del fascismo, però, la repressione si è fatta dura: sotto il regime di Benito Mussolini e con l’azione militare di Rodolfo Graziani sono state avviate campagne di “riconquista” caratterizzate da deportazioni di massa, campi di concentramento e violenze diffuse contro la popolazione civile. Al-Mukhtar è stato catturato l’11 settembre 1931 dopo uno scontro nella Valle del Grib. Sottoposto a un processo sommario a Bengasi, è stato impiccato. L’esecuzione è avvenuta nel piazzale del campo di concentramento di Soluch, in Cirenaica, davanti a circa 20mila cittadini libici costretti ad assistere. Ancora oggi è sepolto a Bengasi, davanti all’ex palazzo Littorio.

    “In Libia la figura di Al-Mukhtar è tra le più importanti a livello storico -spiega ad Altreconomia Radwa Ghashut, autrice del libro-. Il suo volto compare sulle banconote da 20 dinari, le sue gesta vengono ricostruite nei libri di scuola e il Giorno dei martiri -ricorrenza nella quale si ricordano le vittime del colonialismo italiano- cade proprio il 16 settembre, data della sua esecuzione”.

    Nata e cresciuta in Libia, Ghashut vive a Bolzano da 12 anni, dove lavora come mediatrice culturale e traduttrice. Nel volume la sua biografia si intreccia con quella di Al-Mukhtar, dando vita a due piani narrativi che scorrono paralleli: “Per sviluppare il racconto mi sono immersa nel passato, ripercorrendo i miei ‘incontri’ con l’eroe libico e ricostruendo, attraverso le mie parole e le illustrazioni di Lucia Zamolo, le scene che compongono la narrazione”.

    Dalle prime lezioni di storia tra i banchi di scuola ai racconti familiari emergono così le tappe principali della resistenza libica, legate ai ricordi personali dell’autrice. Particolarmente significative sono le storie condivise dalla nonna Ftema e le conversazioni con il padre -grande appassionato di storia e per anni guida turistica-, che ripercorre per la piccola Radwa la cattura di Al-Mukhtar dopo un’imboscata delle forze italiane.

    A questi elementi si aggiungono i frammenti di un immaginario collettivo alimentato soprattutto dal cinema. In Libia, infatti, il film “Il leone del deserto” del regista Moustapha Akkad, uscito nel 1981 e dedicato alla figura del combattente libico interpretato da Anthony Quinn, viene tradizionalmente trasmesso ogni anno in occasione del Giorno dei martiri. E dunque ritroviamo Radwa adolescente in salotto mentre in tv scorrono le immagini della pellicola, censurata in Italia fino al 2009 perché ritenuta “lesiva dell’onore dell’esercito italiano” per il modo critico in cui rappresentava l’occupazione in Libia.

    Nella fase di ricerca Ghashut ha potuto consultare diverse fonti in lingua araba, oltre a documenti ufficiali del tempo. Tra questi spicca il verbale del processo sommario a cui fu sottoposto Al-Mukhtar, raccolto nei “Quaderni di Cirene” del collettivo bolognese Resistenze in Cirenaica. Proprio il ricorso a fonti eterogenee e spesso marginalizzate rispetto alla storiografia dominante diventa parte integrante del progetto, che non si limita a una mera ricostruzione degli eventi ma invita lettori e lettrici a interrogarsi sulle modalità attraverso cui la storia viene raccontata.

    “Il progetto intende mostrare che il modo in cui apprendiamo la storia è guidato dalla nostra prospettiva particolare -conclude l’autrice-. Il nostro libro in questo senso è un invito ai giovani a provare ad allargare almeno un po’ lo sguardo per approfondire poi il tema con l’insegnante a scuola o, perché no, a casa con i propri genitori”.

    Uno sguardo, quello delle “Revolutionary stories”, che permette a ciascun libro della collana di diventare così uno strumento educativo in senso lato e, soprattutto, un primo passo per decolonizzare la conoscenza.

    https://altreconomia.it/con-revolutionary-stories-i-giovani-imparano-in-unottica-decoloniale
    #décolonial #Italie_coloniale #Italie #livre #résistance #récit #contre-récit #occupation #colonialisme #Saad_Zaghloul #Djamila_Bouhired #Libye #Idris_Al-Senussi #fascisme #Rodolfo_Graziani #histoire #Soluch #camp_de_concentration #Radwa_Ghashut

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    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien:
    https://seenthis.net/messages/871953

  • Libye : plus de 650 migrants bénéficient d’un « retour volontaire » pour rentrer dans leur pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72073/libye--plus-de-650-migrants-beneficient-dun-retour-volontaire-pour-ren

    Entre le 12 et le 22 juin 2026, un total de 687 migrants sont rentrés au Mali, au Nigeria et au Tchad depuis la Libye, a annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM).
    L’Organisation internationale des migrations (OIM) a aidé au rapatriement de 687 migrants via quatre vols depuis la Libye vers le Tchad, le Mali et le Nigeria ces derniers jours - entre le 12 et le 22 juin 2026.
    Dans le détail, un groupe de 162 ressortissants tchadiens a regagné N’Djamena, le 23 juin 2026, dans le cadre d’une opération de « retour volontaire » depuis Benghazi, en Libye, selon la presse tchadienne. L’opération a été coordonnée par le gouvernement tchadien, via le consulat général du Tchad à Benghazi, en partenariat avec l’OIM.
    Début juin, d’autres vols avaient déjà décollé de Libye pour rapatrier 150 Gambiens et 182 Nigérians. « Un soutien médical et en matière de protection a permis d’assurer un voyage sûr et digne pour tous les bénéficiaires. Merci au soutien de l’UE », avait tweeté l’OIM.
    Ces opérations de « retours volontaires » témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.Le nombre de rapatriements effectués depuis la Libye ces dernières années témoigne de cet « enfer libyen ». Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » (VHR) de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie. En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains.
    Depuis le début du mois de juin, la situation a empiré. Les Africains subsahariens en Libye se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa."Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes", affirme à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », raconte Ibrahim, un Guinéen de 24 ans, terrifié, avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient », témoignait un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.D’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025, plus de 800 000 migrants se trouvent actuellement en Libye. Les Subsahariens sont parmi les plus nombreux dans les rangs de ces migrants qui se rendent dans le pays pour tenter ensuite de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée. La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée au péril de leur vie. Plus de 1 300 migrants sont morts en Méditerranée centrale en 2025, selon l’OIM.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#nigeria#tchad#retourvolontaire#OIM#sante#droit#violenceroutemigratoire#migrationirreguliere

  • Amnesty International dénonce la coopération migratoire entre la Libye et l’UE alors que la répression contre les migrants s’intensifie dans le pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72042/amnesty-international-denonce-la-cooperation-migratoire-entre-la-libye

    Amnesty International dénonce la coopération migratoire entre la Libye et l’UE alors que la répression contre les migrants s’intensifie dans le pays
    Par Leslie Carretero Publié le : 23/06/2026
    L’ONG Amnesty International a dénoncé mardi la volonté de l’Union européenne de renforcer sa coopération avec les autorités libyennes, notamment de l’est, alors que la répression visant les migrants s’intensifie dans le pays. Ces dernières semaines, des milliers de migrants ont été arrêtés dans le pays et envoyés en prison. Des Soudanais ont aussi été expulsés vers leur pays d’origine, selon Amnesty International.
    Dans un rapport publié mardi 23 juin, Amnesty International déplore la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », affirme l’ONG.Depuis quelques semaines, les autorités libyennes organisent des raids dans les quartiers fréquentés par les Subsahariens et interpellent les exilés dans la rue ou leurs habitations. « Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », racontait début juin à InfoMigrants Ibrahim*, un Guinéen vivant à Tripoli. Les migrants sont ensuite envoyés en centre de détention, où ils risquent d’être victimes d’abus et de violences.
    Le jeune homme de 24 ans a, comme beaucoup d’autres, été chassé de l’appartement qu’il occupait avec d’autres migrants. « Notre bailleur nous a mis dehors sans préavis, ce n’est pas un cas isolé, cela se passe partout. Beaucoup de gens ont perdu leur logement, leur travail », disait encore Ibrahim."Des milliers de personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrants ont été arrêtées dans tout le pays, notamment à Ajdabiyah, Al Bayda, Benghazi, Derna, Sabratha, Sabha, Syrte, Tripoli et Tobrouk", affirme Amnesty International. Les autorités de l’est de la Libye, région contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar, ont annoncé le 24 mai avoir interpellé entre 7 000 et 8 000 migrants, notamment des ressortissants soudanais, dans le but de les expulser vers leur pays d’origine, selon l’ONG.
    Ces opérations d’interpellations font suite à une violente campagne de désinformation contre les migrants sur les réseaux sociaux en Libye. Des publications appellent à assassiner les Subsahariens vivant dans le pays. « Chaque région doit tuer 1 000 Africains. À la fin du mois, le pays en sera débarrassé », peut-on lire dans un post Facebook. Des vidéos en ligne montrent « des personnes noires pourchassées, provoquées, frappées et agressées physiquement par des personnes libyennes, notamment à Tripoli et Zintan », rapporte Amnesty International.
    Depuis avril, des centaines de Libyens se réunissent chaque semaine à Tripoli pour protester contre la présence de Subsahariens. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) est aussi la cible des manifestants, l’agence étant accusée - à tort - de réinstaller des migrants en Libye.Dans un communiqué publié après une manifestation devant ses locaux à Tripoli début juin, la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) s’était dite « préoccupée par la diffusion de fausses informations et de discours de haine concernant le travail de l’ONU en Libye, qui ont contribué à exacerber les tensions et à inciter à la violence contre le personnel de l’ONU ».
    Ces discours « xénophobes, racistes » et complotistes sont alimentés par les autorités libyennes, note Amnesty International. « Le 8 juin, Emad al Trabelsi, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale [de l’ouest de la Libye, ndlr], a rencontré des militant·e·s du mouvement ‘Non à la réinstallation’ et a publiquement fait part de son soutien à leurs revendications », signale l’ONG. Et début juin, les gouvernements de l’ouest et de l’est ont publié une série de déclarations rejetant la supposée réinstallation des migrants en Libye.
    Malgré la détérioration des conditions de vie des migrants, déjà très dures, l’Union européenne (UE) veut étendre sa coopération en Libye avec les autorités de l’est.Depuis un accord signé entre l’UE et Tripoli en 2017, les gardes-côtes libyens de l’ouest sont chargés de la coordination des sauvetages au large de leurs rives. Une tâche qui incombait auparavant au MRCC de Rome ou de La Valette, à Malte. L’accord de 2017 permet à l’Italie d’équiper et de former les autorités de Tripoli pour intercepter en mer les exilés en route vers les côtes européennes.
    Ce partenariat est régulièrement reconduit, malgré les nombreux témoignages d’exilés et d’ONG de sauvetage en mer sur les violences perpétrées par les Libyens au large de leurs côtes. Les forces libyennes ont été accusées à plusieurs reprises de faire usage d’armes à feu vers des canots surchargés de migrants ou en direction des navires humanitaires.Et c’est ce modèle que la Commission européenne souhaite dupliquer. L’instance est en discussion avec les autorités de l’est pour créer - et financer - un centre de sauvetage à Benghazi pour stopper les embarcations de migrants L’an dernier, la route de Tobrouk qui relie cette ville de l’est libyen à la Crète s’est considérablement développé et la petite île grecque a connu une hausse de 200% des arrivées.
    « Étendre cette coopération aux groupes armés basés dans l’est du pays, connus pour commettre des crimes de guerre (...) en toute impunité, reflète un mépris choquant non seulement pour le droit international mais également pour la vie et la dignité humaines », a tancé Diana Eltahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International. Cette dernière exhorte les États membres de l’UE à « mettre un terme à leur complicité dans les crimes de droit international [en Libye] et suspendre leurs politiques visant à retenir les personnes réfugiées en Libye, à cause desquelles ces personnes sont prises au piège dans des cycles de violence ».

    #Covid-19#migration#migrant#UE#libye#poliiquemigratoire#tobrouk#routemigratoire#sante#droit#refugie

  • Financements libyens : « Pour Nicolas Sarkozy, c’est de la faute de tout le monde, jamais de la sienne »

    #Fabrice_Arfi a révélé, avec #Karl_Laske, l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy dans « Mediapart », en 2011. Alors que le #procès en appel de l’ancien président vient de se terminer, il tire les enseignements de ces semaines d’audiences.

    https://www.youtube.com/watch?v=Hmo08c2dgM4&t=38s


    https://www.mediapart.fr/journal/france/280526/financements-libyens-pour-nicolas-sarkozy-c-est-de-la-faute-de-tout-le-mon
    #Sarkozy #Nicolas_Sarkozy #justice #Libye #association_de_malfaiteurs

  • Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont débarqué sur les îles de Crète et Gavdos - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71729/depuis-le-1er-juin-pres-de-500-migrants-ont-debarque-sur-les-iles-de-c

    Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont débarqué sur les îles de Crète et Gavdos
    Par La rédaction Publié le : 04/06/2026
    Depuis le 1er juin, près de 500 migrants ont atteint les côtes des iles grecques de Crète et Gavdos. Certains ont été interceptés après leur débarquement, d’autres ont été secourus. Tous étaient partis de Libye. Et depuis le début de l’année, au total, presque 6 000 personnes ont débarqué en Crète.Les arrivées se poursuivent sur les îles grecques de Crète et Gavdos. Depuis le 1er juin, 493 exilés ont atteint les côtes grecques, ont indiqué les gardes-côtes dans plusieurs communiqués. Les premières arrivées ont eu lieu durant la nuit du 31 mai au 1er juin.
    Aux premières lueurs du jour, un patrouilleur des gardes-côtes et un cargo battant pavillon des Bahamas ont secouru « 35 passagers étrangers (33 hommes et 2 femmes) ». Selon les personnes secourues, elles sont parties de Tobrouk, en Libye, aux premières heures du 31 mai 2026, après avoir payé chacune entre 1 500 et 3 500 dollars pour la traversée.
    Quelques heures plus tard, les gardes-côtes ont à nouveau été sollicités pour porter assistance à 25 exilés au large de Gavdos.
    Dans le même temps, un cargo battant pavillon bélizien a secouru 44 migrants – 43 hommes et 1 mineur – au large de la Crète. Ces derniers ont ensuite été transférés au port de Kali Limenes, au sud.
    Les opérations se sont poursuivies le soir même. Après le signalement d’une embarcation en difficulté, les gardes-côtes sont intervenus et ont secouru 55 exilés. Tous ont été transportés au port d’Ierapetra (sud-est de la Crète) avant d’être conduits vers un centre d’hébergement temporaire de Kalogeros, au centre de l’île.Le lendemain, le 2 juin, deux opérations ont eu lieu. Durant la première, 33 passagers étrangers ont été pris en charge par un navire de Frontex à 37 milles nautiques au sud de Gavdos. Et à la mi-journée, l’agence européenne est repartie en mer afin de porter assistance à 39 personnes.Enfin, mercredi 3 mai, trois groupes de migrants ont atteint les côtes de l’ile grecque. Tout d’abord, 182 exilés - 170 hommes, 5 femmes et 7 mineurs - ont été découverts « sur une côte rocheuse entre les plages de Katarti et Salamia, dans la commune de Gortys », au sud de l’île, ont indiqué les gardes-côtes grecs dans un communiqué.
    Ils avaient quitté la Libye depuis la ville de Tobrouk le lundi 1er juin, « moyennant des sommes comprises entre 3 000 et 10 000 dollars pour leur transport vers la Grèce », ajoutent les gardes-côtes qui précisent qu’un Egyptien de 36 ans « identifié par les autres passagers du bateau comme étant le passeur » a été arrêté.Ensuite, un navire de Frontex a localisé et secouru une embarcation comptant 38 passagers, dont deux femmes et un mineur.Puis 42 exilés ont été interpellés après leur débarquement à Paleochore. Ils ont été immédiatement conduits au centre d’hébergement temporaire d’Agia, à la Canée.
    Tous ces exilés avaient emprunté la route de Tobrouk, une route migratoire qui s’est considérablement développée l’an dernier. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %.Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, près de 6 000 personnes ont débarqué en Crète - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période. Rien que la semaine dernière, en seulement deux jours, plus de 700 migrants sont arrivés en Crète et sur la petite île de Gavdos après avoir été secourus en mer par les gardes-côtes grecs.
    Le 29 mai, le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, connu pour sa ligne dure, a menacé de prendre des mesures « très sévères », sans donner plus de précisions. « Nous prendrons des mesures très strictes, dont nous avons déjà discuté avec le Premier ministre, bien plus sévères que la simple suspension de la procédure d’asile », a-t-il dit.
    Pour rappel, en août 2025, alors que les arrivées par la route de Tobrouk étaient nombreuses, les autorités avaient décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord.
    La route de Tobrouk reste particulièrement dangereuse. Environ 300 km séparent la ville de l’est libyen à la Crète et aucun navire humanitaire ne sillonne la zone, trop vaste. Fin mars, 22 exilés sont morts durant cette traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues

    #Covid-19#migration#migrant#libye#grece#crete#tobrouk#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Plus d’une centaine de migrants secourus en Méditerranée - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71725/plus-dune-centaine-de-migrants-secourus-en-mediterranee

    Au moins 105 migrants ont été secourus au cours de deux opérations de sauvetage menées par des ONG, mercredi 3 juin. Les deux embarcations étaient parties de Libye. Les personnes secourues étaient originaires d’Erythrée, du Soudan ou encore du Bangladesh.
    C’est au cours de deux opérations menées en mer Méditerranée que les 105 exilés ont été secourus mercredi. La première a été menée aux premières heures du jour par l’ONG Open Arms. Cinquante-huit personnes originaires d’Érythrée, du Soudan, de Somalie, d’Égypte et du Bangladesh ont été secourues par l’ONG. Parmi elles figuraient 24 mineurs non accompagnés.
    Les exilés étaient en difficulté à bord d’une embarcation partie il y a plus de 24 heures des côtes libyennes.Selon ANSA, le sauvetage a eu lieu dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) maltaise, et Open Arms a, selon l’organisation, signalé l’incident aux autorités compétentes. Mais n’ayant reçu aucune instruction des autorités maltaises, l’ONG est désormais en contact avec les autorités italiennes et attend la désignation d’un port sûr où les personnes pourront débarquer.Plus tard dans l’après-midi, c’est l’équipe de l’Humanity 1 qui a porté secours à 47 personnes dans un bateau pneumatique. « Lorsque notre navire de secours a atteint la scène, l’un des flotteurs se dégonflait déjà : le bateau risquait de couler avec à son bord 15 bébés, enfants et adolescents », a détaillé l’ONG sur X.Les membres de l’équipage ont dû faire face à une opération de sauvetage compliquée. « C’était angoissant de voir un bateau en détresse, avec un flotteur dégonflé et un moteur en panne, sur une embarcation aussi petite transportant autant de personnes. La présence de tant d’enfants et de bébés à bord rendait la situation encore plus accablante : il y avait beaucoup de cris et de pleurs, même si c’était aussi un bon signe, car cela montrait qu’ils n’étaient pas inconscients ou pire encore », a témoigné Sophie, membre de l’ONG.
    Les opérations de sauvetage sont aussi rendues plus difficiles par la législation européenne. Début 2026, l’Italie a approuvé un projet de loi sur un « blocus maritime » des ONG en mer. Depuis 2023, elle dispose aussi d’une loi pour encadrer les activités des ONG en mer. Cette dernière vise à limiter le nombre de personnes ramenées à terre en restreignant le nombre d’opérations de sauvetage que peuvent mener les organisations humanitaires en Méditerranée. Si les règles ne sont pas respectées, l’Italie peut immobilier les navires d’ONG.
    C’est pour cela que l’ONG Sea-Watch a annoncé ce jeudi la mise en service d’un nouveau navire, l’Aurora 2. « Cette initiative fait suite aux saisies répétées de navires de sauvetage civils par les autorités italiennes », explique l’ONG dans un communiqué. Et d’ajouter : « Sea-Watch pourra rester opérationnelle même lorsqu’un de ses navires est immobilisé. Pendant qu’un navire est bloqué au port, l’autre sera disponible pour mener des missions de sauvetage ».
    Depuis le début de l’année, plus de 1 200 migrants sont morts en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes. Canots surchargés et en mauvais état, distances de traversée rallongées, politique d’interceptions en mer, entraves aux activités des navires de sauvetage... sont autant de facteurs permettant d’expliquer cette hausse des morts en Méditerranée.Les accords conclus ces dernières années entre l’Union européenne et les pays de départ, tels que le Maroc, la Tunisie ou la Libye, pour stopper les canots de migrants, sont aussi régulièrement pointés du doigt. « Les autorités européennes ont créé des forces d’interception de l’autre côté de la rive [méditerranéenne] », expliquait le mois dernier Arnaud Banos, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des migrations maritimes, interrogé par InfoMigrants. « Les Tunisiens et les Libyens ne sont pas des marins, ils ne font pas de sauvetage. Or, toute interception en mer comporte des risques. Il est impossible de mener une interception sans avoir recours à la force. (…) Beaucoup d’interceptions entraînent des décès, dont nous n’avons pas toujours connaissance », estimait le chercheur.

    #Covid-19#migration#migrant#mediterranee#sante#humanitaire#routemigratoire#tunisie#libye#maroc

  • L’Italie visée par deux plaintes auprès de la CEDH pour avoir libéré le tortionnaire de migrants libyen Osama Almasri Najim - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71639/litalie-visee-par-deux-plaintes-aupres-de-la-cedh-pour-avoir-libere-le

    L’Italie visée par deux plaintes auprès de la CEDH pour avoir libéré le tortionnaire de migrants libyen Osama Almasri Najim
    Par RFI Publié le : 01/06/2026
    L’Italie de nouveau interpellée pour avoir permis à Osama Almasri Najim d’échapper à la Cour pénale internationale (CPI). Sous mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ce responsable de la police libyenne, considéré comme un tortionnaire de migrants dans la prison de Mitiga (à Tripoli), avait été arrêté début 2025, puis relâché deux jours plus tard et reconduit par un vol de l’armée italienne jusqu’en Libye. Après cet épisode, des plaintes ont été déposées devant la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg.
    C’est un petit pas de plus dans cette affaire qui n’en finit pas d’embarrasser l’Italie. La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a notifié à Rome les deux plaintes déposées en février et en avril par deux plaignants, après la fuite organisée par Rome d’Osama Almasri Najim, le chef de la police judiciaire de Tripoli, en janvier dernier. Ce Libyen est sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la prison de Mitiga », à Tripoli, qu’il dirige dans la terreur depuis 2011.
    Les deux plaignants accusent l’Italie de plusieurs violations de la Convention sur les droits de l’Homme, dont le droit à la vie, et celui à être protégé contre la torture, les traitements inhumains et dégradants.
    Encore mineure lors de son arrivée en Libye, la première victime, originaire de Côte d’Ivoire, dénonce l’esclavage, les violences sexuelles et la torture perpétrées par les sbires d’Osama Almasri Najim. Elle était finalement parvenue à fuir en Italie en traversant la Méditerranée en 2017.Le second plaignant, un Soudanais, a quitté le Soudan du Sud en guerre en 2018. Il a été détenu en Libye, à la prison Al-Jadida. L’homme a été forcé de combattre dans un groupe armée dirigée par Osama Almasri Najim. Il avait une première fois porté plainte en Italie, contre les ministres de l’Intérieur et de la Justice, qui ont permis à Osama Almasri Najim d’échapper à la CPI. Mais il a été débouté

    #Covid-19#migration#migrant#libye#soudan#CEDH#droit#sante#cotedivoire#esclavage#italie

  • Grèce : plus de 700 migrants débarquent en Crète en deux jours - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71625/grece--plus-de-700-migrants-debarquent-en-crete-en-deux-jours

    Grèce : plus de 700 migrants débarquent en Crète en deux jours
    Par La rédaction Publié le : 29/05/2026
    En seulement deux jours, mercredi et jeudi, plus de 700 migrants sont arrivés en Crète et sur la petite île de Gavdos après avoir été secourus en mer par les gardes-côtes grecs. La route de Tobrouk, qui mène de cette ville de l’est libyen à la Crète, s’est considérablement développée l’an dernier : près de 20 000 personnes ont débarqué sur cette île grecque, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de 200 %.Les derniers jours ont été chargés au large de la Crète et de sa voisine, la petite île de Gavdos. Entre mercredi 27 et jeudi 28 mai, plus de 700 migrants sont arrivés sur ces deux îles grecques après avoir été secourus en mer, selon des communiqués des gardes-côtes grecs.
    Mercredi, quatre opérations ont permis de porter assistance à 165 personnes. Et pour la seule journée de jeudi, 611 exilés ont été pris en charge par les autorités grecques au cours de 13 opérations de sauvetage.À leur arrivée au port, les migrants ont été envoyés dans des structures temporaires de Crète, en attendant leur transfert vers le continent. L’île ne dispose en effet pas de structures d’accueil. Ainsi, les exilés qui viennent de débarquer ne passent que quelques nuits en Crète avant d’être rapidement transférés en Grèce continentale.
    Le gouvernement grec a annoncé en début d’année l’ouverture de trois centres d’accueil en Crète : deux temporaires et un permanent. Dans ces trois nouveaux sites, les autorités procéderont à un examen de la situation du demandeur d’asile. Les personnes dont la demande de protection a peu de chances d’aboutir, selon les critères d’Athènes, seront transférées dans des centres de détention en attendant le traitement accéléré de leur dossier, puis leur éventuelle expulsion du territoire grec. Les autres seront prises en charge dans le système d’accueil classique des demandeurs d’asile.
    Depuis l’an dernier, les arrivées de migrants ont explosé en Crète. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %.Pour atteindre la Crète, les exilés partent de la ville de Tobrouk, à l’est de la Libye. La route dite de Tobrouk s’est largement développée l’année dernière au dépend de celle passant de la Turquie vers les îles de la mer Égée. En 2024, 78 % des arrivées en Grèce se faisait via les îles de la mer Égée, et seulement 8 % via la Crète. Alors qu’en 2025, 44 % des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40 % en partant de Libye, selon le ministre. Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, environ 5 000 personnes ont débarqué en Crète - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période. En comparaison, près de 3 000 migrants ont débarqué sur les îles de la mer Égée depuis le 1er janvier 2026, selon les chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
    La route de Tobrouk reste particulièrement dangereuse. Environ 300 km séparent la ville de l’est libyen à la Crète et aucun navire humanitaire ne sillonne la zone, trop vaste. Fin mars, 22 exilés sont morts durant cette traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues.Pendant le voyage, « les passagers ont perdu leur orientation et sont restés en mer pendant six jours sans eau ni nourriture », toujours d’après la garde-côtière. Les 48 personnes à avoir pris place dans l’embarcation ont en outre subi « des conditions météorologiques défavorables » qui, ajoutées au manque de vivres et d’eau douce, « a entraîné la mort par épuisement de 22 personnes ».
    Début mars, quatre migrants sont morts et 26 autres sont portés disparus après un « accident de bateau » en Méditerranée, au sud de la Crète, avait annoncé le HCR.Fin février, quatre autres exilés avaient déjà péri entre la Libye et la Crète. Les gardes-côtes grecs avaient repêché le 21 février les dépouilles de trois hommes égyptiens et celle d’une femme soudanaise après le naufrage de leur embarcation. Par ailleurs, au moins 30 personnes sont portées disparues. Le canot transportait 50 migrants, dont 21 Égyptiens, d’après le ministère égyptien des Affaires étrangères.
    Face à la hausse des arrivées, le gouvernement grec a pris plusieurs mesures pour tenter d’enrayer le phénomène.En juillet 2025, Athènes a annoncé qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants en route vers la Grèce. En août, les autorités ont décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord. Mi-octobre, l’enregistrement des dossiers a finalement repris. En septembre 2025, le gouvernement a aussi voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans de prison, et une amende de 10 000 euros.Le 12 mai dernier, les autorités ont a par ailleurs annoncé un projet de loi sur la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur au sein de l’Union européenne (UE) le 12 juin. Le texte prévoit de renforcer les frontières et d’accélérer les procédures d’asile et d’expulsion, notamment en triant les migrants en fonction de leur profil, s’ils peuvent prétendre ou non à l’asile selon leur pays d’origine.
    Le gouvernement vise particulièrement les ressortissants d’Égypte, du Pakistan et du Bangladesh, nombreux à atteindre la Crète depuis la Libye. « La plupart [de ces personnes] n’ont pas le droit à l’asile », avait affirmé le ministre grec des Migrations Thanos Plevris, en février. La Grèce est par ailleurs en pourparlers avec ces trois États pour faciliter le retour de ces migrants dans leur pays d’origine, et entend créer prochainement, avec d’autres pays européens, un centre de retour dans un pays tiers hors de l’UE

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  • « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71572/retours-volontaires-de-loim--pres-de-500-migrants-rapatries-de-libye-e

    « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine
    Par La rédaction Publié le : 27/05/2026
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 500 migrants en Libye ont été rapatriés vers le Bénin, le Pakistan et le Bangladesh via un « retour volontaire » cette semaine.
    Au total, 496 migrants ont été rapatriés dans leur pays via un « retour volontaire » organisé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) ces sept derniers jours. Pour cela, trois vols ont été affrétés. Le premier est parti de la ville de Sabha, à quelques 600 km au sud de Tripoli. De cette région désertique, 151 migrants ont été rapatriés vers Cotonou, au Bénin, et Accra, au Ghana.
    Le second vol concernait 174 exilés. Ils ont quitté Tripoli en direction d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Et enfin, le dernier avion est parti de Benghazi avec pour destination Dhaka, la capitale du Bengladesh, avec 171 migrants à son bord.Un soutien médical et de protection a permis à tous les bénéficiaires de recevoir des retours sûrs", assure l’organisation onusienne.
    Ces dernières opérations témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.
    En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. En novembre 2025 par exemple, un Camerounais racontait son calvaire en Libye : « Ce pays ne connaît pas les droits de l’Homme, il n’y a aucun respect pour les personnes noires. Nous sommes considérés comme des animaux ».
    Et dans les geôles libyennes, les migrants vivent l’enfer. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient. Ma famille n’avait pas d’argent, alors ils m’ont frappé et m’ont arraché un ongle, puis j’ai perdu connaissance. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite », témoignait de son côté un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.
    Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne aussi de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

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  • De la Libye à l’Europe, la logistique déshumanisante des migrants : « Tenir un centre de détention, c’est comme contrôler un puits de pétrole »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/21/de-la-libye-a-l-europe-la-logistique-deshumanisante-des-migrants-tenir-un-ce

    De la Libye à l’Europe, la logistique déshumanisante des migrants : « Tenir un centre de détention, c’est comme contrôler un puits de pétrole »
    Par Allan Kaval (Lampedusa [Italie], envoyé spécial)
    Reportage« Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence » (4/4). Exploités, rançonnés et violentés en Libye, les exilés qui survivent à la traversée sont invisibilisés et tombent parfois aux mains de mafias liées aux entreprises agricoles. Mais « ce qui compte, c’est que les arrivées irrégulières baissent », résume-t-on à Rome.
    Officiellement, le centre de détention de Lampedusa (Italie) n’est pas un centre de détention. Certes, ceux qui y séjournent ne peuvent pas en sortir, mais ils ne seraient en aucun cas des détenus. Sur l’île italienne, on parle d’un « hotspot », terme qui, en anglais, peut désigner un lieu où prolifère un virus, une menace, un ennemi. En l’occurrence, l’enclos, encaissé dans un paysage de maisons basses, de mauvaises herbes et d’ordures, sert de base logistique, invisible pour la plupart des insulaires et des touristes. Le sable blanc de la spiaggia dei Conigli (la « plage des Lapins ») se trouve à dix minutes en voiture. Elle compte parmi les préférées des utilisateurs de Tripadvisor. Les touristes s’y baignent, dans l’eau où d’autres se noient.
    Les exilés ayant survécu à la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l’île, voisine de la Tunisie et de la Libye, sont regroupés derrière des balustrades de métal pour être interrogés, identifiés et enregistrés, avant d’être envoyés sur la terre ferme, « une chaîne de montage », décrit une ancienne employée. Là, ils poursuivent une itinérance commencée au Bangladesh, en Gambie ou dans le sud du Soudan. Beaucoup traînent les cicatrices des tortures et des viols, la douleur de l’esclavage, les traces morales de l’humiliation héritées de l’ordre de terreur qui règne pour eux en Afrique du Nord.
    Quand on évoque la somme de toutes les douleurs qui s’accumulent de l’autre côté de la mer, Imad Dalil, le directeur de ce centre de détention de fait tenu par la Croix-Rouge italienne, se montre ému. « La migration ne se raconte pas et sa violence ne peut pas être comprise, elle ne peut qu’être vécue », lâche-t-il, assis à une table de bois installée à l’extérieur. Derrière cet ancien travailleur social italo-marocain, un décor de véhicules de police et d’hommes en uniforme et lunettes de soleil qui attendent la fin de leur garde, absorbés par leurs écrans. « Leurs interventions se comptent sur les doigts d’une main », assure Imad Dalil.
    La préfecture d’Agrigente n’autorise qu’exceptionnellement les journalistes à accéder au « hotspot ». Le portail métallique entrouvert fixe une limite à ne pas franchir. Les « migrants » ne sont que de lointaines silhouettes parmi les logements préfabriqués.
    Mais voici qu’une jeune femme africaine sort. Elle se dirige, accompagnée par une employée, vers une camionnette servant de clinique gynécologique. Violences et esclavage sexuels font rage dans les prisons libyennes ; parfois, des exilées arrivent enceintes de leurs tortionnaires, elles peuvent alors être évacuées vers la Sicile pour avorter. A Lampedusa, pour être examinées, elles doivent passer devant une rangée de policiers désœuvrés. Lorsque l’on fait remarquer à Imad Dalil que ces derniers sont employés par un ministère de l’intérieur qui équipe les éléments armés de Tripoli chargés de maintenir les exilés en Libye, là même où sont commis les abus traités dans la camionnette, il acquiesce : « Nous essayons de créer un îlot d’humanité dans un océan d’horreur. »
    A 1 kilomètre à vol d’oiseau du « hotspot » se trouve le sanctuaire de la patronne de l’île, la Madonna di Porto Salvo (« la Madone du port sûr »). Avant la colonisation, en 1843, les marins des deux rives pouvaient s’y ravitailler, entre la tombe d’un saint et celle d’un marabout. Dans l’église, Giuseppe Fragapane, membre de la paroisse, reste interloqué : « Les migrants sont devenus des “paquets Amazon”. » Il se rappelle le temps, avant la pandémie, où un trou dans la clôture du « hotspot » permettait des rencontres aujourd’hui impossibles.
    Certains, comme lui, en gardent un souvenir heureux. D’autres délirent à propos de Tunisiens mangeurs de chats et de chiens. Pour sa part, Giuseppe Fragapane espère que le pape Léon XIV, qui doit visiter l’île le 4 juillet, se rendra au sanctuaire. L’enceinte abrite l’image d’un esclave chrétien du XVIe siècle, captif des Barbaresques. Selon la légende, il s’échappa, lors d’une escale sur l’île, avec un radeau poussé par une voile ornée de l’image de la Vierge de Lampedusa. Par des chemins inconnus, la Madone du port sûr est aussi arrivée jusqu’au Brésil, célébrée par des esclaves africains et leurs descendants.
    L’île, perdue entre les mondes, est équidistante de Palerme, ancienne capitale de l’émirat de Sicile entre le IXe et le XIe siècle, et de Tripoli, qui fut l’une des grandes cités de l’Empire romain. Là-bas, à 300 kilomètres, au-delà de l’horizon bleu visible de la plage de la Madone, située dans le prolongement du sanctuaire, survivent toujours des esclaves. En Libye, la servitude est une condition qui peut être imposée aux étrangers en situation irrégulière. La raison du plus fort y règne et les plus forts sont souvent ceux que les Européens soutiennent, pour maintenir les exilés de l’autre côté de la mer. Une autre logistique du corps humain y règne.
    « Cela dépasse l’imagination », constate Gatdet KachJaani, un ressortissant sud-soudanais joint à Tripoli. « A tout moment, n’importe quel étranger peut être capturé par les autorités officielles ou des hommes en uniforme qui travaillent avec les trafiquants. Ils m’ont fait trimer sur des chantiers, tôt le matin jusqu’à tard dans la nuit, pour rien, pendant des semaines. Certains sont utilisés dans les champs. C’est de l’esclavage. » Caché quelque part à Tripoli après avoir été intercepté deux fois en mer par des Libyens, il a été, depuis son arrivée en Libye, en 2023, détenu douze fois dans neuf centres de détention différents, connus pour les exactions qui y sont commises. Les prisons officielles coexistent avec des centres de torture clandestins tenus par des groupes qui bénéficient de certaines porosités avec les autorités et d’une impunité générale leur permettant de capturer à leur guise des migrants dans les rues de la capitale libyenne.
    Là, la valeur économique des corps étrangers – d’Afrique, d’Asie du Sud ou du Moyen-Orient – est extraite de manière différente. « Vous êtes tabassé, torturé, tandis qu’un homme vous filme, puis il vous force à envoyer les images à votre famille restée au pays pour qu’elle paye », raconte un exilé d’Afrique de l’Est, à Tripoli, passé par une de ces oubliettes. Cette forme d’extorsion peut rapporter jusqu’à 10 000 dollars (8 587 euros) par supplicié. « Un jour, ils ont compris qu’ils n’avaient rien à tirer de moi et que je pourrais mourir sur place. Mais ils ne veulent pas de cadavres sur les bras. Alors, avec deux autres, ils m’ont abandonné dans une décharge. Ensuite, nous avons réussi à nous échapper grâce à d’autres Africains qui travaillaient là. » Rappelant la vocation extractive d’un pays producteur de gaz et de pétrole, une source libyenne qui a souhaité garder l’anonymat résume : « C’est simple, tenir un centre de détention, c’est comme contrôler un puits de pétrole. »
    De tels récits sont innombrables, cités à longueur d’enquêtes journalistiques et de rapports officiels depuis le début des années 2010. Le dernier rapport onusien sur la question, publié en février et intitulé simplement « Business as usual » (« la routine habituelle »), documente une nouvelle fois un « modèle économique ». Pour ses auteurs, « l’esclavage, le travail forcé, l’emprisonnement, l’extorsion et le trafic de migrants vulnérables ont généré des revenus considérables pour des individus, des groupes et des institutions étatiques, et ont encouragé la poursuite de ces violations ».
    Le texte cite le cas d’un enfant appartenant à un groupe de 250 Touareg et Haoussa du Niger et du Nigeria arrêtés en Libye, vendu pour 190 dollars (163 euros) à un fermier du sud du pays. Les violences sexuelles sont aussi monnaie courante, commises contre des enfants et des adultes, comme ce fut le cas pour une femme violée deux fois devant ses filles, dont le témoignage figure dans le rapport. Les entités armées chargées de maintenir les exilés dans le pays, où ce « modèle économique » prospère, sont soutenues par l’Italie et l’Union européenne.
    A Rome, les autorités ont parfaitement conscience des violations systématiques commises avec l’assentiment général ou la complicité de leurs partenaires, ce qu’elles ne contestent pas. « La collaboration avec les Libyens et les Tunisiens est inconditionnelle. Ce qui compte, c’est que les arrivées irrégulières baissent. On ne rentre pas illégalement en Italie », revendique une source de l’exécutif.
    L’illégalité, toutefois, ne se cantonne pas de l’autre côté de la mer. En Italie, la production agricole repose en partie sur des ouvriers, les « braccianti » – « ceux qui n’ont que leurs bras » –, Africains ou venus d’Asie du Sud, prisonniers de mécanismes criminels s’apparentant à de la traite d’êtres humains. « Nous sommes en train de créer une catégorie d’humains subalternes », dénonce Marco Omizzolo, professeur à l’université Sapienza, à Rome, et spécialiste des mafias agricoles. Le gouvernement de Giorgia Meloni (issue des rangs du parti post-fasciste Fratelli d’Italia) a mis en place un programme censé délivrer près de 400 000 permis de travail sur cinq ans. Il reste perclus de dysfonctionnements et d’abus.
    Pour ceux qui, en l’absence de voies légales, continuent de traverser la mer, la mort continue de rôder. Mais, à Lampedusa, une logistique des corps permet de la rendre le moins visible possible. En août, l’ancienne maire, Giusi Nicolini, connue pour son approche positive de la migration lorsqu’elle était en fonctions, entre 2012 et 2017, s’est révoltée contre la tenue d’un DJ set sous les murs du cimetière. Vingt-trois cadavres ignorés, dont celui d’une enfant en bas âge, s’y trouvaient, morts dans un naufrage. Le très actif maire adjoint d’extrême droite, Attilio Lucia, lui a répondu : « Lampedusa, ce n’est pas seulement l’immigration, c’est aussi le tourisme ! » L’île a officiellement présenté une candidature à l’inscription au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco de ce qui serait sa « culture de l’accueil ».
    Dans un établissement prisé des policiers pour le café du matin et qui organise des karaokés le soir, sur la rue principale du bourg, Giusi Nicolini est abattue : « Je ne reconnais plus mon île. La cruauté semble avoir vaincu. » Les patrons du bar comptent parmi ceux que le développement du tourisme a enrichis. Ils disent craindre de ne plus pouvoir se rendre à Dubaï (Emirats arabes unis) à l’avenir, du fait de la guerre en cours au Moyen-Orient. La cité émiratie était en effet devenue l’hivernage le plus prisé des entrepreneurs du tourisme insulaire, descendants de colons misérables.
    Tandis que Giusi Nicolini buvait son café, le visage figé dans une expression de tristesse, des corps pourrissaient au cimetière de l’île. A défaut de place dans l’unité de stockage réfrigérée de la morgue, plusieurs cercueils contenant des cadavres en décomposition d’exilés décédés en mer deux semaines plus tôt chargeaient l’air d’une odeur épaisse de mort. Ils devaient être évacués vers des cimetières siciliens en suivant un parcours discret organisé par les autorités. Les corps avaient été déchargés d’une vedette des gardes-côtes sur le quai Favaloro, point d’arrivée historique des vivants et des tués de la migration. Ce coin du port de Lampedusa, interdit au public, doit bientôt être renommé en hommage au pape François. Samedi 16 mai, 55 personnes originaires du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Gambie, de Guinée, du Mali, du Nigeria et de Sierra Leone y ont touché terre. Une petite fille ivoirienne âgée de quelques semaines se trouvait parmi eux. Elle est morte d’hypothermie sur l’île dans les heures qui ont suivi.

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  • Avec la Libye et la Tunisie, une collaboration italienne et européenne sans état d’âme pour bloquer le flux des migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/19/avec-la-libye-et-la-tunisie-une-collaboration-italienne-et-europeenne-sans-e

    Avec la Libye et la Tunisie, une collaboration italienne et européenne sans état d’âme pour bloquer le flux des migrants
    Par Allan Kaval (Lampedusa, envoyé spécial)
    « Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence » (2/4). Le gouvernement Meloni, soutenu par l’Union européenne, finance, équipe et entraîne les gardes-côtes libyens et tunisiens, malgré les exactions commises par ces derniers, afin qu’ils interceptent les exilés en route pour le Vieux Continent.
    L’avion a abandonné derrière lui le cadavre d’un homme. Lucrezia Frabetti, 31 ans, infirmière et volontaire de l’organisation non gouvernementale SOS Méditerranée, a noté sur sa tablette les coordonnées du lieu où il a été repéré. La communication de la position aux navires de sauvetage en mer des autres ONG se trouvant dans la zone n’y fera rien. Le corps restera un point oublié sur une carte. Aucun des équipages n’est en mesure de dévier de sa trajectoire. La guerre américano-israélienne et le blocage en conséquence du détroit d’Ormuz ont rendu le carburant trop coûteux pour ce genre de détour.
    Surtout au large de l’Afrique du Nord, pour secourir des embarcations en détresse empruntées par des exilés tentant de rejoindre l’Europe, le temps joue contre les sauveteurs. Ils espèrent arriver avant les gardes-côtes libyens, responsables d’innombrables exactions, documentées en détail depuis les années 2010. Alors, à bord du bimoteur Albatross, il faut oublier pour un moment le corps de cet exilé fauché au milieu du voyage, qui flottait sous le soleil d’un grand jour bleu.
    Le pilote volontaire suisse Fabio Zgraggen, 40 ans, met le cap vers les côtes libyennes, qui apparaissent en une bande ocre indistincte à l’horizon. Mais bientôt, à la jumelle, Lucrezia Frabetti aperçoit quelque chose. L’Albatross se rapproche. « C’est un canot gonflable… 80 personnes. » Des dizaines d’hommes se tiennent à cheval sur les bords du canot surchargé, et leurs visages se tournent vers l’avion dans un étrange face-à-face sans communication. Mais voilà qu’une vedette arrive à toute allure, de la Libye.
    Le hors-bord s’immobilise parallèlement au canot. Des silhouettes en uniforme couleur sable interpellent maintenant les occupants de l’embarcation, en en faisant monter certains à bord, puis l’un des Libyens s’empare du gouvernail. Les militaires et les captifs se dirigent vers la terre. « Ce à quoi nous assistons n’est pas un sauvetage, mais un refoulement illégal. Ceux qui sont dans le canot tentaient de fuir la Libye… ils y sont ramenés de force », explique Lucrezia Frabetti, qui a photographié minutieusement la scène tandis que l’Albatross tournait autour des deux bateaux.
    Une somme monumentale d’enquêtes et de rapports, y compris onusiens, a documenté le système d’exploitation des migrants en Libye : tortures, extorsion, exploitation sexuelle et esclavage. Or, l’embarcation à bord de laquelle ces gardes-côtes de Tripoli renvoient les migrants interceptés vers cet enfer est l’un des quatre patrouilleurs transformés de type Black Shiver 120, sortis des chantiers navals italiens Novamarine et fournis aux Libyens par Rome et Bruxelles. Sur son site, le fabricant, basé en Sardaigne, décrit le modèle comme le « moyen idéal pour vivre des moments uniques en mer, avec style et confort ».
    Fin 2025, les gardes-côtes de Tripoli, utilisateurs assidus de Facebook, avaient publié des photographies de la livraison, montrant un drapeau européen sur la paroi d’un bateau à peine sorti de son emballage. A côté se trouvait le logo du ministère de l’intérieur italien, comme l’avait noté le journaliste Sergio Scandura, de Radio Radicale, référence sur les questions migratoires en Méditerranée centrale. Quelques mois plus tôt, c’était aussi d’une ancienne vedette de la garde des finances italienne que les gardes-côtes libyens avaient tiré au fusil d’assaut sur l’Ocean Viking, bateau de SOS Méditerranée. Sans que l’incident suscite de réaction à Rome. En novembre, le protocole d’accord avec Tripoli, qui organise le soutien financier, logistique et l’entraînement des gardes-côtes libyens, a été renouvelé pour trois ans.
    Depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, la coopération de l’Italie avec les acteurs libyens, responsables de ces interceptions potentiellement contraires au droit international, s’est intensifiée, de même qu’avec la Tunisie, où des exactions ciblant spécifiquement les migrants subsahariens sont monnaie courante. En février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, a développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du « grand remplacement », chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il a ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui a conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l’Europe.
    En juillet 2023, Giorgia Meloni s’est pourtant rendue à Tunis avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour la signature d’un plan de coopération avec l’Union européenne d’un montant pouvant aller jusqu’à 900 millions d’euros, marqué par le renforcement des capacités de patrouille frontalière de la Tunisie. « Il y a de plus en plus de gardes-côtes tunisiens et libyens en mer, et on voit que cela porte ses fruits. Notre relation arrive à maturité », se félicite désormais une source gouvernementale à Rome. Les arrivées comptabilisées par les autorités italiennes depuis le début de l’année étaient de 8 730 au 7 mai, en diminution par rapport au chiffre de 17 879, à la même période en 2025.
    « L’Italie est porteuse d’une méthode qui consiste à persuader les autorités des pays de transit de mettre fin aux départs grâce à des accords opaques dont les traités officiels ne sont que les vitrines, explique la juriste Catherine Woollard, spécialiste des questions migratoires et professeure à la Brussels School of Governance. Cette méthode peut fonctionner. Ses conséquences sont effroyables. »
    En mer, les agents tunisiens sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu’ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu’à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l’Algérie. Interrogé sur cette question, en marge d’une réunion du G7 accueilli par l’Italie, en 2024, un conseiller du ministre de l’intérieur italien, Matteo Piantedosi, avait refusé de s’exprimer. Une délégation tunisienne était présente.
    Illustrant les conséquences de la relation d’interdépendance que la question migratoire a installée entre les pouvoirs en place de part et d’autre de la Méditerranée, le poison lent du scandale Osama Almasri Najim continue de se diffuser en Italie. L’affaire porte le nom d’un potentat libyen recherché par Interpol pour crimes contre l’humanité, mais exfiltré vers Tripoli par un vol de la République italienne, après une brève arrestation à Turin, où il se trouvait en vacances, en janvier 2025. A partir du mardi 19 mai est étudié à La Haye le possible renvoi devant une chambre de première instance de l’affaire Khaled Mohamed Ali El Hishri, un autre homme fort libyen, responsable de la prison de Mitiga où était aussi séquestrés de jeunes enfants. Il est accusé de crimes de guerre et contre l’humanité, notamment pour des faits de torture et d’esclavage. Il avait été livré par l’Allemagne en 2025.
    Le matin même du vol qui permettra à SOS Méditerranée de documenter une nouvelle interception par les gardes-côtes libyens, Fabio Zgraggen avait salué un confrère pilote à l’aéroport de Lampedusa. L’homme se dirigeait vers un autre bimoteur Diamond DA62 de fabrication autrichienne. Le modèle est identique. C’est aussi celui de l’avion privé du chancelier allemand, Friedrich Merz. Mais la couleur gris militaire et l’optique de précision placée sous le nez de l’appareil indiquent une autre mission. L’avion appartient à la société de renseignement privée European Specialised Airborne Operations, experte dans l’« acquisition de données » en temps réel, et domiciliée à Malte. Celle-ci est prestataire de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.
    Comme cela a été démontré par de multiples rapports et autres enquêtes journalistiques, les informations récoltées par Frontex au-dessus de la Méditerranée vont en priorité aux gardes-côtes libyens. Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome et à Bruxelles, ces derniers doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye avant qu’ils atteignent les zones dont sont responsables les gardes-côtes italiens, ou avant qu’interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. Cette coopération exclusive, que Frontex ne reconnaît pas, est au centre de l’enquête pour complicité de crimes contre l’humanité visant en France l’ancien directeur de l’agence Fabrice Leggeri. Depuis 2024, il est eurodéputé du Rassemblement national.
    Scène paradoxale d’une minuscule île frontière : l’avion de SOS Méditerranée et celui de Frontex sont donc toujours stationnés côte à côte à l’aéroport de Lampedusa, invisibles des touristes déversés quotidiennement par les lignes commerciales. Mais, avant de retrouver ce rocher calcaire planté au milieu de ce qui est devenu une zone grise où le droit international et les garanties humanitaires sont ignorés, l’Albatross vole dans la lumière orangée du coucher de soleil. Au sud, la proximité des côtes libyennes est signalée par un archipel métallique : le gisement d’hydrocarbures du bassin pélagique est hérissé de plateformes d’extraction offshore, développées dans les années 1970 par le géant du pétrole et du gaz ENI, véritable pilier de la politique étrangère de Rome, en particulier dans ses anciennes colonies libyennes. Le rapprochement des autorités de part et d’autre de la mer ne s’est pas uniquement fait sur le blocage des flux humains. Il repose aussi sur la circulation de flux de ressources fossiles, comme le gaz contenu dans les gisements situés au large de la Libye, objet d’un accord entre Rome et Tripoli, quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni.
    Pour les naufragés, les installations extractives montées sur pilotis servent de plus en plus souvent de refuge. Le soir même, le Nadir de l’ONG Resqship viendra au secours de 47 personnes, bloquées sur la plateforme pétrolière Didon, baptisée en hommage à la première reine légendaire de Carthage. Dans le chant IV de l’épopée de Virgile, L’Enéide, cette native de Tyr, dans l’actuel Liban, avait accueilli Enée, chassé de sa patrie par la chute de Troie, avant qu’il l’abandonne pour gagner l’Italie, où ses descendants devraient fonder Rome, capitale d’un futur empire voué à écraser les deux rives de la Méditerranée.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#italie#libye#tunisie#routemigratoire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#frontiere#sante#droit#humanitaire

  • Est de la Libye : 120 migrants détenus par des trafiquants d’êtres humains secourus par les autorités - InfoMigrants
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    Est de la Libye : 120 migrants détenus par des trafiquants d’êtres humains secourus par les autorités
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Les autorités de l’est de la Libye ont annoncé lundi avoir retrouvé et libéré 120 exilés qui étaient détenus par des trafiquants d’êtres humains, au sud de Benghazi. Dans le même temps, les corps de deux migrants bangladais et d’un Égyptien provenant du même groupe ont été récupérés sur une plage des côtes libyennes.
    Un lieu où "les êtres humains sont transformés en simple « marchandise » entre les mains de trafiquants qui n’ont aucune morale". C’est ainsi que la direction de la sécurité de la ville d’Ajdabiya, à l’est de la Libye et au sud de Benghazi, a annoncé lundi 11 mai avoir retrouvé et secouru 120 migrants qui étaient retenus prisonniers par des trafiquants d’êtres humains.
    Dans un communiqué publié sur Facebook, la direction de la sécurité de la ville a détaillé l’opération menée pour libérer les exilés, qui a duré près de deux semaines. Tout commence début mai, quand les forces de l’ordre libyennes découvrent trois corps de migrants - deux Bangladais et un Égyptien - sur le rivage de la ville côtière de Bishr, à côté d’une embarcation elle aussi échouée sur la plage. Elles retrouvent à l’intérieur du bateau neuf passeports bangladais et égyptiens, puis décident de lancer une enquête et de déployer des patrouilles dans les environs.
    Un migrant égyptien, « qui présentait des signes d’épuisement et de fatigue », est ensuite arrêté puis interrogé par la police à Bishr. Les autorités apprennent qu’il s’est échappé du lieu où il était retenu par des trafiquants, « un repaire utilisé pour torturer les migrants et faire chanter leurs familles », et que les trois corps retrouvés sur la plage proviennent du même endroit où il était retenu prisonnier. Notamment avec l’aide de l’Égyptien, la police se rend aux divers lieux où d’autres candidats à l’exil vers l’Europe sont détenus, et identifient plusieurs sites utilisés « pour le logement et la torture des migrants ».
    Après « plusieurs raids », 120 exilés - des hommes et des femmes de différentes nationalités, notamment bangladais et égyptiens - qui étaient en captivité sont secourus et libérés, selon le communiqué. Pendant leur détention, ces migrants ont été « contraints de supplier qu’on leur vienne en aide sous les coups et les coups de fouet, pendant que leurs souffrances étaient filmées dans des vidéos envoyées à leurs familles pour leur extorquer de l’argent », ajoutent les autorités. Ces différentes opérations ont également abouti à « la saisie d’un petit chantier naval dans la ville d’Ajdabiya, qui était utilisé par les trafiquants pour fabriquer des bateaux de contrebande » servant à la migration irrégulière, « équipé de machines de menuiserie et de matières premières nécessaires à la construction de bateaux », précisent-elles.
    Dans son communiqué, la direction de la sécurité d’Ajdabiya a partagé des photos montrant plusieurs migrants assis par terre après avoir été libérés des mains des trafiquants, ainsi que des images de passeports, de moteurs de bateaux, de bidons d’eau en plastique bleu et d’embarcations en bois, certaines entièrement assemblées et d’autres encore en cours de construction, retrouvés sur les lieux de détention. En tout, six bateaux ont été saisis.
    Des mandats d’arrêts ont été émis contre les trafiquants d’êtres humains « en fuite » et « le procureur a ordonné l’expulsion des migrants qui ont été arrêtés », indique encore le communiqué, sans donner plus de détails.
    Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un lieu de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe. Le pays est miné par des divisions et la présence d’une multitude de groupes armés aux allégeances mouvantes et de réseaux de trafiquants en tout genre.
    En Libye, les migrants sont régulièrement détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines et gérées par des trafiquants, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle, torture filmée puis envoyée aux familles pour extorquer de l’argent en échange de la libération de leur proche... Au fil des années, InfoMigrants a collecté de nombreux témoignages d’exilés décrivant ces exactions, notamment celui de Marie. Cette Camerounaise et sa fille de sept ans, Aya, sont passées par les terribles prisons libyennes de Zaouïa et d’Abou Salim, à l’ouest du pays, en 2024 et 2025, pendant plusieurs mois à chaque fois.
    « La vie en prison est horrible. J’ai encore des cicatrices sur mon visage tellement ils me frappaient. Je ne sais même pas comment vous expliquer… Un jour, ils ont voulu me violer. Aya a hurlé, elle a pleuré, elle s’est jetée sur moi pour les empêcher de me faire ça. Elle a crié : ’Laissez ma maman, laissez-la !’ Alors ils m’ont laissée, mais ils ont violé les autres femmes à côté de moi », a-t-elle confié à InfoMigrants en janvier. Dans un récent rapport publié mi-février, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient toujours à être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye. Le rapport décrit des cas d’hommes contraints de travailler sans salaire ni nourriture suffisante, et de filles séparées de leur mère. Le document évoque aussi « une réalité brutale et normalisée » sur les migrants dans le pays et dénonce « un modèle d’exploitation » qui profite de la « vulnérabilité accrue » des exilés.
    Environ 5 000 personnes détenues dans des centres officiels suite à des « interceptions illégales et dangereuses en mer » sont victimes de violences sexuelles et sexistes, de torture, d’esclavage et de disparitions forcées, précise ce rapport de l’ONU.
    Par ailleurs, ces dernières semaines, les découvertes de corps de migrants se multiplient dans l’est de la Libye, alors que de plus en plus de personnes empruntent la route dite de Tobrouk pour tenter de rejoindre l’île de Crète, en Grèce, et éviter le renforcement des contrôles des autorités à l’ouest du pays. Pour Tarek Lamloum, chercheur au Centre d’études de Benghazi sur les migrants et les réfugiés, ces drames sont le résultat du trafic d’êtres humains très lucratif qui s’est développé dans la région autour de ces départs. « Toute une économie a été créée autour de la présence des candidats au départ. [...] La région tire désormais profit de ce phénomène migratoire de manière très importante », soulignait-il à InfoMigrants début mai.
    « En ce qui concerne les départs en eux-mêmes, les types de bateaux varient. Il y a des bateaux en bois, relativement en bon état, équipés de radios, qui quittent les ports en étant accompagnés de vedettes appartenant aux gardes-côtes ou aux milices libyennes. [...] D’autres départs se font sur des canots pneumatiques précaires et, malheureusement, les naufrages sont fréquents et les victimes sont le plus souvent des Africains subsahariens ou des Soudanais. Ce sont les départs dans ce type de bateaux qui causent le plus de décès », expliquait-il encore. Selon le Mixed migration centre, le nombre de migrants en Libye s’élevait à 939 638 en décembre 2025. Cela représente une augmentation de 14 % par rapport à la même période en 2024 (824 131).

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  • Mer Méditerranée : l’Ocean Viking porte secours à 131 migrants, dont une personne décédée - InfoMigrants
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    Mer Méditerranée : l’Ocean Viking porte secours à 131 migrants, dont une personne décédée
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Le navire de sauvetage de SOS Méditerranée a porté assistance à 131 migrants lors de deux opérations de sauvetage au large des côtes libyennes, mardi et mercredi. Dans une des embarcations se trouvait une personne « inconsciente », selon l’ONG qui n’est pas parvenue à la réanimer. Ces derniers jours, deux autres ONG ont secouru plus de 200 exilés en détresse dans la même zone maritime.
    L’Ocean Viking a secouru mercredi 13 mai 56 migrants d’une « embarcation surchargée en fibre de verre, en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) libyenne », a indiqué sur le réseau social X SOS Méditerranée, qui affrète le navire humanitaire.
    « Une des personnes secourues était inconsciente et ne respirait pas », a ajouté l’ONG. Malgré une prise en charge rapide, l’équipe médicale n’est pas parvenue à la réanimer. Selon les témoignages de survivants, la personne décédée aurait subi des violences en Libye et « aurait perdu connaissance plusieurs heures avant le sauvetage ».
    D’autres rescapés souffraient par ailleurs d’hypothermie.
    La veille, mardi, l’Ocean Viking avait déjà porté assistance à 75 exilés après avoir été alerté du cas de ce canot en difficultés en mer par le Seabird, l’avion de repérage de l’ONG allemande Sea-Watch.
    « Après avoir passé cinq jours et quatre nuits en mer, beaucoup souffrent de déshydratation », avait précisé SOS Méditerranée après le sauvetage.
    Au cours de la même période, le Sea Watch 5 de l’ONG éponyme, a également pris en charge 166 exilés lors de trois opérations de sauvetage. La dernière, celle de lundi, a été émaillée de violences.
    Alors que le navire humanitaire venait de secourir 90 personnes en mer Méditerranée, Sea-Watch affirme avoir été visée par des tirs de la part de gardes-côtes libyens. « Par radio, la milice a ordonné au Sea Watch 5 de mettre le cap sur la Libye. Lorsque l’équipage a refusé, les assaillants ont menacé d’aborder le navire », détaille Sea-Watch qui dit avoir réagi en envoyant un message de détresse et en informant les autorités italiennes et allemandes de la situation. L’équipage explique avoir ensuite été poursuivi par plusieurs bateaux libyens. Ce week-end aussi, une autre ONG a sillonné la Méditerranée centrale. Samedi et dimanche, le Sea-Eye 5 a porté secourt à 72 personnes lors de deux opérations au large des côtes libyennes. « Plusieurs rescapés ont nécessité des soins médicaux et une évacuation par hélicoptère a été demandée pour une femme enceinte », rapporte Sea-Eye.
    Depuis le début de l’année, plus de 1 200 migrants sont morts en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes. Un chiffre jamais enregistré aussi tôt dans l’année depuis les premiers recensements de l’Organisation internationale des migrations (OIM) en 2014. Canots surchargés et en mauvais état, distances de traversée rallongées, politique d’interceptions en mer, entraves aux activités des navires de sauvetage... sont autant de facteurs permettant d’expliquer cette hausse des morts en Méditerranée.
    Les accords conclus ces dernières années entre l’Union européenne et les pays de départ, tels que le Maroc, la Tunisie ou la Libye, pour stopper les canots de migrants, sont aussi régulièrement pointés du doigt. « Les autorités européennes ont créé des forces d’interception de l’autre côté de la rive [méditerranéenne] », expliquait le mois dernier Arnaud Banos, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des migrations maritimes, interrogé par InfoMigrants. « Les Tunisiens et les Libyens ne sont pas des marins, ils ne font pas de sauvetage. Or, toute interception en mer comporte des risques. Il est impossible de mener une interception sans avoir recours à la force. (…) Beaucoup d’interceptions entraînent des décès, dont nous n’avons pas toujours connaissance », estimait le chercheur

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  • Accélérer les expulsions de migrants : la Grèce annonce un nouveau projet de loi dans le cadre du Pacte migratoire européen - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71369/accelerer-les-expulsions-de-migrants--la-grece-annonce-un-nouveau-proj

    Accélérer les expulsions de migrants : la Grèce annonce un nouveau projet de loi dans le cadre du Pacte migratoire européen
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Un nouveau projet de loi porté par le gouvernement grec prévoit de renforcer les frontières et d’accélérer les procédures d’asile. Le texte offre aussi un cadre aux expulsions des personnes non éligibles à l’asile vers leur pays d’origine ou vers des « hubs de retour » dans des États situés hors des frontières de l’Union européenne. Ce texte s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur le 12 juin.
    Le gouvernement grec a annoncé mardi 12 mai un projet de loi sur la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur au sein de l’Union européenne (UE) le 12 juin. Ce nouveau texte est « une réforme globale du cadre national pour la gestion de l’immigration clandestine, de l’asile et des retours » en Grèce, indique le ministère des Migrations dans un communiqué.La loi, encore en consultation, devrait permettre aux autorités grecques de procéder à un « dépistage obligatoire » des nouveaux arrivants : vérification de l’identité, dépôt des données biométriques, contrôles de sécurité et de santé.
    Ensuite, les migrants seront transférés dans des structures en fonction de leur profil. Les personnes pouvant prétendre à l’asile, selon leur pays d’origine, seront transférées dans des centres de premier accueil déjà existants en Grèce (comme celui de Malakasa, près d’Athènes, par exemple).Les exilés provenant de pays à faible taux de reconnaissance de la protection internationale en Grèce ou dont la demande est « manifestement infondée » seront placés dans des centres de détention en attendant leur éventuelle expulsion du sol grec. Le texte prévoit qu’un « acte de retour » soit immédiatement délivré afin d’organiser leur renvoi dans le pays d’origine le plus vite possible.Les exilés venant de pays qui ne délivrent pas de laissez-passer, indispensable à une expulsion, seront, eux, envoyés dans des « hubs de retour » situés dans des États en dehors de l’UE.
    Selon le site Newsit.gr, la Grèce, en coopération avec l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas, va prochainement lancer la création d’un centre de retour conjoint dans un pays tiers hors de l’Union. La structure construite vraisemblablement dans un État africain, devrait être opérationnelle en 2027, signale le média grec.
    Cette disposition est rendue possible par le nouveau « règlement retour » adopté par le Parlement européen en mars dernier qui prévoit notamment la création de « hubs de retour » hors des frontières de l’UE.Par ailleurs, le gouvernement grec envisage d’accélérer l’examen des demandes d’asile aux frontières afin d’expulser plus rapidement les exilés déboutés. Les dossiers devront être traités sous 12 semaines maximum, indique encore le site Newsit.gr.
    Avec ce texte, le gouvernement entend « s’adapter au nouveau cadre européen, en créant un système qui combine la protection efficace des frontières, l’examen rapide des demandes de protection internationale et la mise en œuvre effective des retours pour ceux qui n’ont pas le droit de rester », affirme le ministère des Migrations dans son communiqué. « La politique migratoire du pays repose sur des règles claires : la protection pour ceux qui y ont réellement droit, mais aussi des procédures de retour immédiates et efficaces pour ceux qui ne sont pas admissibles à la protection internationale ou à la résidence légale ».La Grèce est un des principaux points d’arrivées des migrants irréguliers dans l’Union européenne. La route dite de Tobrouk, qui va de cette ville de l’est libyen à la Crète, s’est largement développée l’année dernière au dépend de celle passant de la Turquie vers les îles de la mer Égée.
    En 2024, 78 % des arrivées en Grèce se faisaient via les îles de la mer Égée, et seulement 8 % via la Crète. Alors qu’en 2025, 44 % des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40 % en partant de Libye, selon le ministre des Migrations.Au total en 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés en Crète et sur la petite île voisine de Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %. Et depuis le 1er janvier, on compte déjà près de 3 500 arrivées en Crète, soit plus de la moitié des 6 270 migrants entrés sur le territoire grec par la mer. La majorité des migrants débarqués en Crète sont originaires du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh. Ces deux dernières nationalités sont particulièrement visées par le nouveau projet de loi du gouvernement grec, qui estime que ces ressortissants ne peuvent prétendre à l’asile et doivent donc être renvoyés le plus rapidement possible.

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  • Méditerranée : un navire humanitaire dénonce des tirs et des menaces des forces libyennes dans les eaux internationales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/13/mediterranee-un-navire-humanitaire-denonce-des-tirs-et-des-menaces-des-force

    Méditerranée : un navire humanitaire dénonce des tirs et des menaces des forces libyennes dans les eaux internationales
    Mardi, un bateau de l’ONG Sea-Watch a été visé par des tirs provenant de Lybie alors qu’il venait en aide à 90 personnes fuyant ce pays d’Afrique. Les embarcations libyennes impliquées ont été fournies à Tripoli par l’Union européenne et l’Italie.
    Par Allan Kaval (Rome, correspondant)
    Publié hier à 06h09, modifié hier à 15h16
    Mardi 12 mai, le navire de sauvetage en mer de l’Organisation non gouvernementale allemande (ONG) Sea-Watch faisait route vers l’Italie, quand celle-ci a subi une nouvelle action violente de la part d’éléments des gardes-côtes libyens, soutenus par Bruxelles. Après des tirs à proximité du vaisseau, qui venait d’embarquer 90 personnes fuyant la Libye pour tenter de rejoindre l’Europe, les forces libyennes ont menacé de l’arraisonner, d’après les témoignages des humanitaires, afin de ramener de force en Libye l’équipage et les rescapés, dont des ressortissants du Bangladesh et d’Egypte. Le navire se trouvait alors dans les eaux internationales.
    Les bateaux impliqués dans l’incident ont été fournis aux forces libyennes par l’Union européenne (UE) et l’Italie. Rome a investi massivement dans sa relation avec les pouvoirs en place en Libye pour retenir sur le continent africain les migrants susceptibles de vouloir trouver refuge en Europe, via l’Italie.Si la Commission européenne a déclaré, mardi, qu’elle prendrait langue avec ses « interlocuteurs » au sujet de l’incident rapporté, l’attaque de lundi n’a cependant fait l’objet d’aucun commentaire à Rome, où se trouvait, jeudi 7 mai, le premier ministre du gouvernement de Tripoli, Abdel Hamid Dbeibah. Au-delà de la question migratoire, la Libye est un partenaire important en matière de fourniture d’hydrocarbures, dans le contexte énergétique imposé par la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran.
    Ces derniers mois – parmi les plus meurtriers depuis 2014 dans la zone, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) –, une nette montée en puissance des gardes-côtes libyens a été observée. Leur mission consiste à intercepter les embarcations mises à la mer par des passeurs et à en arrêter les occupants.
    Les migrants sont ramenés dans la zone de non-droit qu’ils ont quittée au péril de leur vie et qui reste dominée par des milices et la criminalité organisée. Ils y sont victimes d’abus systématiques, notamment des actes de torture, d’extorsion, et s’exposent au risque d’être exploités sexuellement ou réduits en esclavage. Ces violations, abondamment documentées depuis le début des années 2010, se poursuivent alors que les relations entre l’UE, l’Italie et les autorités libyennes s’intensifient.
    « Nous avons entendu des tirs sans sommation, à une vingtaine de mètres de nous, depuis un hors-bord arrivé à grande vitesse. D’abord, un coup, puis une rafale d’arme automatique… Il était un peu après 11 heures », explique Eliora Henzler, cheffe de mission à bord du Sea-Watch 5. Le bateau fait désormais route vers Brindisi, dans le sud de l’Italie, à trois jours de navigation.L’arsenal de mesures mises en œuvre par le gouvernement dominé par la droite radicale de Giorgia Meloni pour entraver l’action des ONG de sauvetage en mer consiste à assigner à leurs navires des ports éloignés des zones de sauvetage. Cette procédure pèse sur leurs finances en raison du coût du carburant et limite leur présence au large de la Libye, offrant toute latitude aux forces libyennes.
    « A la radio, les Libyens nous ont intimé de couper le moteur et de mettre le cap sur Tripoli, où, nous ont-ils dit, nous allions être jugés », raconte Eliora Henzler, qui explique également que l’équipage a pu être conseillé par les autorités allemandes. L’attaque a aussi été signalée aux autorités italiennes. Après les tirs, les ordres donnés et les menaces d’abordage – lancées alors que la confrontation avait lieu en dehors des eaux territoriales libyennes –, les deux vaisseaux se sont retirés.
    Des images enregistrées par l’équipage ont permis de déterminer la provenance d’un bateau utilisé par les forces libyennes. Comme l’a démontré le journaliste spécialisé de Radio Radicale, Sergio Scandura, qui assure une veille de référence sur la Méditerranée centrale, l’incident implique un hors-bord de fabrication italienne, sorti des chantiers sardes Novamarine. Rome et l’UE ont fourni, en décembre, quatre navires de ce modèle à l’administration générale pour la sécurité côtière, une organisation basée dans l’ouest de la Libye qui compte parmi les divers groupes chargés d’intercepter les embarcations de migrants grâce au soutien matériel européen.
    En août 2025, un ancien navire de la douane italienne, livré aux Libyens, avait été utilisé par des hommes armés pour attaquer l’Ocean-Viking, navire de l’ONG de sauvetage française SOS Méditerranée. Le bateau avait été ciblé par des tirs directs, ce qui a conduit à des poursuites judiciaires en France et en Italie. A la même période, le Sea-Watch 5 avait déjà essuyé des tirs d’hommes armés libyens se trouvant à bord d’un autre navire de classe Corrubia fourni par l’Italie.
    Dès le 4 mai, Berlin a annoncé qu’il faisait passer le niveau d’alerte à 2 sur une échelle de 3 à l’intention des navires battant pavillon allemand, dans la zone bordant les eaux libyennes. Interrogé sur la position italienne concernant les menaces et les tirs subis lundi par un navire humanitaire européen, visé par des acteurs soutenus par Rome et Bruxelles, le ministère des affaires étrangères italien a renvoyé vers la présidence du Conseil, qui a elle-même renvoyé vers le ministère des affaires étrangères et le ministère de l’intérieur. « Nous ne commentons pas », a répondu ce dernier.

    #Covid-19#migration#migrant#mediterranee#humanitaire#sante#droit#libye#italie

  • Il caso Leggeri e l’impunità di #Frontex

    Il 2026 è l’anno in cui il mandato dell’agenzia sarà rivisto

    L’indagine su Fabrice Leggeri apre per la prima volta uno spiraglio su un’agenzia che ha fatto dei respingimenti la propria politica. Nel frattempo, però, l’Europa si prepara a darle ancora più poteri.

    Fabrice Leggeri, ex direttore esecutivo di Frontex, è indagato in Francia per complicità in crimini contro l’umanità e tortura. Il 18 marzo, la Corte d’Appello di Parigi ha aperto formalmente l’inchiesta, accogliendo una denuncia presentata due anni prima dalla Ligue des droits de l’homme (LDH) e Utopia 56. Le due organizzazioni lo accusano di aver facilitato, attraverso i suoi agenti, l’intercettazione di imbarcazioni di migranti da parte delle autorità libiche e greche, costruendo una politica volta a ostacolare l’ingresso delle persone migranti in Europa a qualunque prezzo, compreso quello in vite umane.

    Si tratta di un avvenimento inedito: per la prima volta, la giustizia francese esaminerà l’eventuale responsabilità penale di un ex vertice di Frontex in relazione alla strage che ha causato e continua a causare migliaia di morti nel Mediterraneo. Il suo percorso professionale dice molto del clima politico in cui questa storia si inserisce: dopo essersi dimesso dalla direzione dell’agenzia nell’aprile 2022, sotto la pressione di un’indagine interna dell’Agenzia europea antifrode, Leggeri non si è ritirato dalla scena pubblica. Nel giugno 2024 è stato eletto al Parlamento europeo con il Rassemblement National, partito di estrema destra. Leggeri rimane dunque attivo nello spazio politico europeo, contribuendo ancora alla definizione di politiche migratorie restrittive.
    Vent’anni di espansione

    Frontex nasce nel 2004 con un mandato chiaro: aiutare gli stati membri a sorvegliare le frontiere esterne dello spazio Schengen. Attraverso revisioni del mandato, l’agenzia ha progressivamente ampliato il proprio ruolo. La svolta arriva nel 2019: da allora Frontex può operare anche fuori dai confini dell’Unione, in cooperazione con le autorità di paesi terzi, e dispone di un corpo permanente di agenti armati – il cosiddetto Standing Corps – destinato a raggiungere i 10.000 effettivi entro il 2027. A questa espansione corrisponde una crescita vertiginosa delle risorse. Nel 2025 la Commissione europea ha assegnato a Frontex 1,1 miliardi di euro: dieci volte il budget dell’Agenzia europea per l’ambiente. Di questi, 133 milioni sono destinati ai rimpatri e appena 2,5 milioni alle attività relative ai diritti umani, una proporzione che parla da sola.

    I numeri sui rimpatri completano il quadro: nel 2019 Frontex aveva contribuito al trasferimento “volontario” di 155 persone, mentre nel 2024 di 35.637. Questa crescita del 2.181% riflette l’immagine di un’istituzione che ha moltiplicato le proprie competenze e risorse a una velocità che non ha trovato un corrispettivo nei meccanismi di controllo e responsabilità.
    L’agenzia che respinge i diritti

    Gli scandali e le controversie di cui Frontex è protagonista sono soprattutto legati ai pushbacks, i respingimenti, ovvero misure statali volte a costringere rifugiati e migranti ad abbandonare il proprio territorio, negando loro l’accesso alla protezione internazionale.

    Cosa significhi un respingimento nella realtà, lo racconta la storia del palestinese Amjad Naim. Il 13 maggio 2020, Naim era a pochi metri dall’isola di Samos (Grecia) insieme ad altri 30 migranti, quando un elicottero sorvolò l’area. Poco dopo si avvicinò una nave con bandiera greca: uomini con il volto coperto spararono in acqua e distrussero il motore della loro imbarcazione, costringendo il gruppo a salire su due gommoni di salvataggio senza motore. La Guardia costiera greca li trainò fino al confine turco, con l’acqua che filtrava a bordo, poi sganciò la corda lasciandoli soli in mare. Solo ore dopo la Guardia costiera turca li soccorse. Questo è solo uno dei tanti casi che mostrano la collaborazione di Frontex in una pratica contraria al diritto internazionale.

    Nel 2021 Frontex era stata accusata di partecipare a respingimenti anche lungo la rotta balcanica. Diversi migranti hanno dichiarato di aver riconosciuto gli agenti di Frontex grazie alle fasce sul braccio, con le stelle simbolo dell’Unione Europea. Lo stesso accade nel Mediterraneo centrale: secondo Liminal, tra il 2019 e il 2023, Frontex ha collaborato al respingimento verso Libia e Tunisia di almeno 27.288 persone.

    Nel 2022, un gruppo di giornali europei ha pubblicato un’inchiesta che documentava il coinvolgimento di Frontex nel respingimento di circa un migliaio di persone tra Grecia e Turchia tra marzo 2020 e settembre 2021, un dato quasi certamente sottostimato. Questi episodi erano registrati nel database dell’agenzia con la formula “prevenzione della partenza”, ma due funzionari di Frontex e un membro della Guardia costiera greca hanno confermato che dietro quella denominazione si celavano respingimenti illegali. Frontex, così come Leggeri, ha sempre smentito le accuse, senza però fornire spiegazioni convincenti, alimentando l’immagine di un organismo caratterizzato dalla scarsa trasparenza.

    È in questo contesto che Leggeri lascia l’agenzia nell’aprile 2022, dopo sette anni di mandato. Le sue dimissioni vengono presentate lo stesso giorno in cui il consiglio di amministrazione di Frontex avrebbe dovuto discutere una serie di azioni disciplinari, in seguito a un rapporto dell’Agenzia europea antifrode. Questo documentava le responsabilità di Leggeri e di altri vertici in una serie di respingimenti avvenuti in Grecia, individuando comportamenti irregolari nella gestione dei flussi verso l’Europa. La sua linea difensiva, anche in quell’occasione, fu quella della negazione.
    Dopo Leggeri, la stessa rotta

    Dal dicembre 2022 Hans Leijtens prende la guida di Frontex. Nonostante il cambio ai vertici, la linea dell’agenzia rimane immutata. Interrogato sui rapporti con la Guardia costiera libica, Leijtens ha dichiarato: “Non voglio che le persone vengano riportate in Libia ma è l’unico modo in cui possiamo agire”. Una frase che dice molto: l’agenzia riconosce implicitamente cosa accade a chi viene riconsegnato ai libici, ma presenta questa scelta come inevitabile, ignorando gli obblighi che vietano espulsioni verso paesi in cui la vita delle persone è a rischio.

    Anche gli scandali continuano a emergere. Nel luglio 2025 diversi media europei pubblicano una nuova inchiesta che rivela come tra il 2016 e il 2023 Frontex abbia trasmesso illegalmente i dati di oltre 13.000 persone all’Europol, che li consegnava a sua volta alle forze di polizia nazionali. Le informazioni erano state raccolte interrogando i migranti appena arrivati in Europa, in contesti di forte vulnerabilità e senza adeguate tutele giuridiche. Ogni nome citato veniva automaticamente registrato nel database dell’agenzia come persona potenzialmente coinvolta nel traffico di esseri umani. Nella lista figurava persino Helena Maleno, attivista spagnola per i diritti dei migranti, accusata di tratta di esseri umani e favoreggiamento all’immigrazione clandestina e poi assolta. Il Garante europeo della protezione dei dati ha dichiarato la pratica illegale, costringendo Frontex a modificare i propri protocolli.
    La riforma del 2026

    Il 2026 è l’anno in cui il mandato di Frontex sarà rivisto. La Commissione europea ha avviato la procedura nell’estate del 2025 e nei prossimi mesi dovrebbe presentare la proposta al Parlamento e al Consiglio. Il quadro che emerge dai documenti già trapelati e dalle linee guida politiche della Commissione è quello di un’agenzia destinata a essere ulteriormente potenziata: lo Standing Corps dovrebbe crescere da 10.000 a 30.000 effettivi, l’agenzia riceverebbe tecnologie più avanzate per la sorveglianza e un ruolo più esteso nelle deportazioni, inclusa la gestione dei cosiddetti “return hubs”, ovvero centri di detenzione e rimpatrio in paesi terzi.

    È in questo scenario che si inserisce l’indagine su Leggeri. Valutare la responsabilità penale di un ex vertice dell’agenzia è una novità significativa, in un sistema che ha storicamente operato nell’impunità. Ma Leggeri oggi siede al Parlamento Europeo e l’agenzia che ha guidato per sette anni si appresta a ricevere nuovi poteri e nuove risorse. Le morti nel Mediterraneo continuano, così come i respingimenti e la retorica istituzionale che li nasconde o li giustifica. Il caso giudiziario aperto a Parigi pone una domanda precisa: chi risponde delle politiche che hanno contribuito alla morte di oltre 34.000 persone nel Mediterraneo?

    1. Eva Castelletti lavora come Policy and Advocacy Assistant su tematiche migratorie e di politica sociale. È autrice del libro C’è di mezzo il mare (Temperatura Edizioni, 2025: https://www.temperaturaedizioni.com/2025/10/ce-di-mezzo-il-mare-di-eva-castelletti.html), che affronta la cooperazione tra Italia e Libia nel Mediterraneo e le violazioni dei diritti delle persone migranti. Con questa pubblicazione supporta attivamente l’organizzazione Refugees in Libya.

    https://www.meltingpot.org/2026/05/il-caso-leggeri-e-limpunita-di-frontex
    #impunité #Fabrice_Leggeri #réforme #2026 #crimes_contre_l'humanité #procès #justice #responsabilité_pénale #responsabilité #extrême_droite #refoulements #push-backs #Hans_Leijtens #Libye #Europol #Helena_Maleno #Standing_Corps #budget #return_hubs

  • Migranti, così l’Italia spinge per i rimpatri «volontari». Ma anche l’Onu li critica

    L’Italia finanzia programmi anche nei paesi di transito per favorire il ritorno in patria dei migranti. Spesso, però, chi accetta lo fa solo per salvarsi dalla detenzione, rinunciando ad altre possibilità

    Sono più semplici da effettuare, meno burocratici e più presentabili all’opinione pubblica rispetto alle espulsioni forzate. Convengono allo Stato, perché il viaggio avviene su voli di linea e senza scorta. E convengono alle persone interessate, che possono rientrare nel proprio paese d’origine senza coercizione e potendo beneficiare in alcuni casi di un supporto, anche economico, alla reintegrazione. O almeno, così dovrebbe essere.

    I numeri parlano chiaro: l’Italia sta puntando sempre più sui cosiddetti “rimpatri volontari”. Secondo i dati del ministero dell’Interno, nel 2025 «sono stati 1.313 gli extracomunitari irregolari allontanatisi volontariamente in esecuzione di un provvedimento di espulsione» (rimpatri “ottemperanti”) e 675 quelli che l’hanno fatto beneficiando di «specifici progetti di assistenza e reintegrazione all’estero» (rimpatri “volontari assistiti”), con un aumento del 66,4 per cento per i primi e del 133 per cento per i secondi rispetto al 2024.

    Lo scorso marzo, la maggioranza in commissione Affari costituzionali al Senato ha proposto un emendamento al decreto Sicurezza per istituire incentivi economici a favore degli avvocati i cui assistiti accettano il rimpatrio volontario.
    Quale alternativa?

    «In Italia, il rimpatrio volontario è stato introdotto in maniera strutturale nel 2011, ma con numeri bassi e rivolto principalmente a cittadini stranieri con regolare permesso di soggiorno che sceglievano di tornare in patria – spiega a lavialiberaEleonora Celoria, avvocata e ricercatrice presso l’istituto indipendente Fieri (Forum internazionale ed europeo di ricerche sull’immigrazione) –. Negli ultimi due anni, invece, questa misura ha avuto un forte impulso, rivolta soprattutto ai migranti in situazione irregolare, e qui emergono le contraddizioni rispetto alla reale volontarietà. Se la persona è già destinataria di un ordine di espulsione, la proposta del rimpatrio volontario rischia di essere un ricatto: ’Parti da solo e non useremo misure coercitive’».

    A maggior ragione se questa possibilità viene presentata a chi si trova rinchiuso nei Centri di permanenza per il rimpatrio (Cpr): «Frequentandoli da avvocata, mi è capitato spesso di incontrare assistiti ai quali la polizia ha proposto il rimpatrio volontario come alternativa a quello coattivo, che significa essere svegliati alle 4 di notte, portati in aeroporto e caricati su un volo charter. A Torino c’è un ispettore che si occupa solo del coordinamento di questi rimpatri, che fatico a chiamare volontari».

    Teresa Florio, operatrice del centralino Sos Cpr, racconta a lavialibera di aver ricevuto negli ultimi anni numerose segnalazioni di questo tipo: «Spesso sono persone disperate che accettano perché non ce la fanno più a stare nel Cpr, non perché desiderino veramente tornare nel paese d’origine. Ricordo il caso di una persona con gravissimi problemi d’asma: non potendo tenere medicinali con sé e non essendoci un campanello in cella, durante le crisi non aveva altro modo per ricevere assistenza se non sbattere piedi e mani contro la porta blindata. Ha firmato per il rimpatrio volontario perché era allo stremo. Altre persone, una volta tornate in patria, ci hanno detto di non aver ricevuto i contributi promessi».
    Il ruolo dell’Oim

    Dal 2024, tutti i rimpatri volontari assistiti dall’Italia sono gestiti dall’Organizzazione internazionale per le migrazioni (Oim), che si è aggiudicata un bando da 15 milioni di euro dal Fondo asilo, migrazione e integrazione (Fami), gestito dal ministero dell’Interno con risorse europee, per accompagnare entro il 2029 un numero di 4.950 cittadini stranieri a tornare nel paese d’origine.

    Il progetto, intitolato Ri.vol.are in re.te, prevede un percorso di «counseling» individuale volto a verificare che la scelta sia «libera, informata e presa in assenza di qualsiasi tipo di coercizione» e definire un «piano di reintegrazione». In caso di assenso dell’interessato e delle autorità competenti, si procede al rimpatrio e all’erogazione di un contributo economico: 615 euro per le «prime necessità» e 2.000 euro (più altri 1000 per eventuali familiari a carico) in «beni e servizi per la realizzazione di progetti di reintegrazione».

    Segue poi la fase di monitoraggio post-rimpatrio, della durata di almeno sei mesi, durante i quali gli operatori Oim nel paese d’origine verificano che il reinserimento vada a buon fine. Stando ai dati comunicati a lavialibera da Oim Italia, da gennaio 2024 a marzo 2026, 1.197 migranti sono rientrati nel proprio paese attraverso il progetto. Altri 900 percorsi circa sono stati avviati ma non completati perché sono ancora in fase di esecuzione, la persona interessata ha cambiato idea o le autorità competenti non hanno dato il via libera.

    L’organizzazione ha fatto sapere di non avere dati su quanti dei percorsi completati abbiano riguardato persone oggetto di ordini di espulsione, «perché non è un’informazione che viene raccolta come elemento rilevante nell’ambito del programma», che «si basa sulla decisione volontaria della persona di fare ritorno nel proprio paese, indipendentemente dalla sua posizione amministrativa o dall’eventuale esistenza di provvedimenti di allontanamento».

    Il manuale operativo del programma cita esplicitamente tra i potenziali beneficiari «i destinatari di un provvedimento di espulsione amministrativa», come anche «i richiedenti asilo trattenuti nei Cpr», ma Oim assicura che «nessuno dei migranti assistiti nel ritorno con il progetto di in corso di attuazione ha richiesto di accedere al programma da un Cpr».

    Il 42 per cento dei percorsi attivati, sempre secondo i dati forniti dall’organizzazione, ha riguardato persone con «vulnerabilità gravi»: «problemi sanitari, fragilità psicologiche o psichiatriche, marginalità socio-economica, vittime di violenza domestica o di tratta». In questi casi, «la presa in carico può includere il coinvolgimento della rete territoriale, visite mediche specialistiche, l’attivazione di servizi sanitari o sociali o un accompagnamento più stretto» prima, durante e dopo la partenza.

    «Alcune testimonianze che abbiamo raccolto raccontano che la valutazione delle possibilità di tornare in sicurezza, anche alla luce delle vulnerabilità, è un po’ approssimativa e che la fase della reintegrazione è spesso inefficace, tra assenza di supporto logistico e fondi mai consegnati», puntualizza Celoria. I rimpatri “volontari”, poi, non sono monitorati da un’autorità indipendente, come il Garante dei detenuti fa invece per le espulsioni forzate, e non prevedono assistenza legale.

    Così, il rischio è che i cittadini stranieri irregolari che accettano questa opzione rinuncino senza saperlo ad altre strade garantite dalla legge, come il ricorso contro il provvedimento di espulsione. «Il rimpatrio volontario può senz’altro essere una soluzione preferibile a quello forzato, a patto però che sia scelto nella piena consapevolezza del percorso e delle alternative – conclude Celoria –. Spesso, però, non è così».
    L’esternalizzazione dei rimpatri

    L’Italia non si limita a organizzare rimpatri “volontari” dal proprio territorio. Da quasi dieci anni, in linea con quanto fanno altri Stati europei, il governo finanzia anche programmi dedicati nei paesi di transito. Stando all’elenco degli accordi stipulati dalla Farnesina, negli ultimi dieci anni il ministero ha versato quasi 90 milioni di euro, quasi tutti in favore dell’Oim, per iniziative che comprendono l’esecuzione di rimpatri volontari assistiti da Libia, Tunisia, Niger, Costa d’Avorio, Sudan, Libano, Siria, Giordania e Iraq.

    Nell’aprile del 2025, da ultimo, il ministero degli Esteri e quello dell’Interno hanno annunciato l’avvio di una nuova iniziativa di questo tipo: altri 20 milioni di euro per permettere a 3.300 migranti vulnerabili presenti in Algeria, Libia e Tunisia di tornare nel proprio paese d’origine «in modo sostenibile ed efficace», sempre con la collaborazione dell’Oim.

    Anche in questo caso, le condizioni in cui si trovano le persone a cui viene proposto il ritorno sollevano dubbi rispetto alla reale volontarietà della scelta, come spiega a lavialibera l’avvocata Adelaide Massimi dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi), tra le realtà promotrici della campagna Voluntary humanitarian refusal contro «l’uso strumentale dei rimpatri volontari assistiti dai paesi di transito»: «In Libia e Tunisia, questa soluzione viene spesso proposta a chi si trova nei centri di detenzione per migranti, dove sono documentate continue violazioni dei diritti e dove le persone rimangono finché non riescono a pagare il riscatto o vengono vendute come forza lavoro. Le stesse Nazioni Unite hanno più volte sottolineato che, laddove non ci sono alternative o l’unica è la detenzione indeterminata, non si può parlare di rimpatrio volontario, ma si tratta di espulsioni mascherate».

    Lo raccontano bene le parole di Saikou Tunkara, giovane gambiano che nel 2017 ha beneficiato di un programma di ritorno “volontario” dalla Libia, dove era detenuto in una delle prigioni per migranti: «Non è che ci abbiano costretto con la forza, ma la scelta era tornare a casa o morire in prigione. I libici ce lo dicevano chiaramente», ha raccontato alla ricercatrice Viola Castellano per Allegra Lab.

    Non solo: molti di questi progetti si rivolgono specificamente a soggetti considerati vulnerabili, come donne, minori, vittime di tratta e persone con particolari esigenze mediche, che avrebbero quindi diritto a chiedere protezione, ma non possono – salvo rari casi presi in carico dalle organizzazioni internazionali – perché né la Libia né la Tunisia offrono un sistema d’asilo funzionante.

    «Gli operatori dovrebbero valutare attentamente i rischi legati al rimpatrio, ma le testimonianze che abbiamo raccolto ci dicono che questa verifica è molto blanda – continua Massimi –. Così, chi torna rischia di finire nelle stesse situazioni di violenza, persecuzione e sfruttamento da cui era fuggito».
    Le critiche dell’Onu

    Il 30 aprile 2025, i relatori speciali Onu sul traffico di esseri umani, sui diritti umani dei migranti e il gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria hanno inviato una lettera al governo italiano esprimendo «preoccupazione» rispetto alle «accuse di gravi violazioni dei diritti umani» legate ai programmi di rimpatrio volontario implementati dall’Oim in Libia con il sostegno di Roma.

    «Donne, minori, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono state rimpatriate direttamente dai centri di detenzione libici in assenza di adeguate misure di salvaguardia o garanzie procedurali, il che può costituire una violazione dell’obbligo di non punibilità, di garantire assistenza, protezione e accesso alla giustizia, del principio di non refoulement e del divieto di espulsioni collettive», si legge nel documento.

    La stessa Oim afferma, nel report sull’andamento del programma in Libia relativo al periodo febbraio-luglio 2024, che il 57 per cento dei rimpatriati “volontari” si trovava in un centro di detenzione. Tra loro anche vittime di tratta, minori e persone con vulnerabilità mediche. «In assenza di alternative alla detenzione indeterminata, i migranti, i rifugiati e i richiedenti asilo potrebbero essere costretti ad accettare il rimpatrio laddove rischiano di essere esposti alle stesse condizioni di insicurezza da cui sono fuggiti – prosegue la lettera degli esperti Onu –. L’assenza di assistenza adeguata rende improbabile che i beneficiari siano stati in grado di fornire consenso libero e informato».

    Il 21 luglio scorso, il governo italiano ha risposto affermando «la natura interamente volontaria della procedura di rimpatrio», che «rispetta pienamente i diritti dell’individuo» e ha «effetti positivi sul beneficiario». Nessuna replica nel merito all’obiezione dell’assenza di alternative. Lo scorso 25 ottobre, la maggioranza alla Camera ha inoltre approvato una mozione che dichiara il sostegno dell’Italia alla realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza in aree prossime ad aeroporti da dove poter effettuare i rimpatri».
    Rimpatriati e abbandonati

    Le critiche degli esperti Onu riguardano anche ciò che succede dopo il ritorno: i programmi promettono un «supporto alla reintegrazione» che comprende sovvenzioni per iniziare un’attività lavorativa, ma il contributo, si legge nella lettera, «è limitato e non tiene conto del contesto specifico» e «non è chiaro in che modo l’assistenza contribuirebbe a garantire salari equi, condizioni di lavoro sicure e l’accesso ai servizi essenziali».

    Diverse testimonianze parlano addirittura di contributi economici mai corrisposti, oppure solo in parte: «Ci hanno promesso tante cose che poi non abbiamo mai visto – ha raccontato ancora Saikou Tunkara –. In ogni caso, il poco che danno non permette di iniziare un’attività, per cui molti hanno fallito, altri si sono rimessi in viaggio».

    «Mi hanno dato 14mila naira (8 euro) e poi altri 80mila (50 euro) su una carta bancomat», ha raccontato H., donna nigeriana vittima di sfruttamento sessuale anche lei passata per la detenzione e le violenze in Libia prima di accettare il rimpatrio. «Una volta arrivata – si legge nella testimonianza raccolta dai promotori della campagna Voluntary humanitarian refusal – ho dovuto chiedere i soldi per strada per dare da mangiare alle mie figlie. Dopo diversi mesi ho ricevuto altri soldi, ma la situazione in Nigeria è insostenibile. Ora sono malata, non posso accedere a cure gratuite, non ho abbastanza per pagarmele né per mandare le mie figlie a scuola, e i continui ricoveri non mi permettono di lavorare con regolarità. Qui non vedo nessun futuro per me e per le mie bambine».

    https://lavialibera.it/it-schede-2644-migranti_come_ti_vendo_il_rimpatrio_volontario

    #Italie #OIM #IOM #renvois #expulsions #externalisation #migrations #réfugiés #réintégration #retours_volontaires #CPR #détention_administrative #rétention #RI.VOL.ARE_IN_RE.TE #rivolare_in_rete #efficacité #in/efficacité #inefficacité #Libye #Tunisie #Niger #Côte_d'Ivoire #Soudan #Liban #Syrie #Jordanie #Irak #Algérie

    • RI.VOL.ARE IN RE.TE – Ritorno volontario e assistenza alla reintegrazione attraverso la rete territoriale

      Il progetto RI.VOL.ARE IN RE.TE intende garantire e promuovere l’accesso al Ritorno Volontario Assistito e Reintegrazione – RVA&R – di cittadini di Paesi Terzi presenti in Italia, regolari e irregolari, inclusi i vulnerabili, che decidono di tornare a casa volontariamente.

      Il programma garantisce:

      – Servizio di counselling ad ogni migrante richiedente il ritorno, anche attraverso la presenza di 13 operatori di prossimità OIM dislocati sul territorio nazionale;
      – Organizzazione del trasferimento di 2500 migranti, assistenza al rilascio dei documenti di viaggio e assistenza aeroportuale alla partenza e, laddove necessario, in transito e all’arrivo;
      – Erogazione di una indennità di prima sistemazione pari a 615 euro da corrispondere in contanti a ciascun migrante, prima della partenza o immediatamente dopo l’arrivo nel paese di origine;
      - Erogazione di un contributo in beni e servizi, per la realizzazione di progetti di reintegrazione, pari a 2.000 euro per i singoli e i capi famiglia e 1.000 euro per i familiari a carico, adulti e minori, inclusi nella richiesta di RVA&R;
      – Counselling e assistenza all’elaborazione e implementazione dei Piani Individuali di Reintegrazione – PIR – in stretta collaborazione con gli uffici OIM nei paesi di origine dei richiedenti;
      – Monitoraggio effettuato dal personale OIM entro sei mesi dal ritorno dei beneficiari;
      – Organizzazione di sessioni informative/formative sul Ritorno Volontario Assistito rivolte ai principali stakeholder in Italia, al fine di rafforzare il network di segnalazione e creare capacity building sul territorio;
      – Attività di sensibilizzazione sull’opzione di RVA&R a favore di cittadini di paesi terzi;
      – Produzione e distribuzione di materiale informativo attraverso la realizzazione di volantini e di un video;
      – Attivazione del numero verde dedicato 800 004 006.

      Beneficiari del progetto:

      – Cittadini di Paesi terzi, vulnerabili e non, che in linea con la normativa europea e nazionale possono accedere alla misura del RVA&R;
      – Operatori pubblici e privati operanti nel settore in relazione alle attività informative/formative.
      - SCARICA IL MANUALE OPERATIVO RVA&R: https://italy.iom.int/sites/g/files/tmzbdl1096/files/documents/RIVOLARE/manuale-operativo-rvar.pdf

      Durata del progetto:

      Il progetto, attivo dal 2 gennaio 2024, ha una durata di 3 anni ed è gestito dall’Ufficio di Coordinamento dell’OIM per il Mediterraneo.

      Contatti dedicati:

      Per ulteriori informazioni si prega di contattare il numero verde 800 004 006 o l’Ufficio di Coordinamento dell’OIM per il Mediterraneo presso la sede di via Nomentana 201, interno 2, Roma; tel. 06 44 16 09 335/238, email: ritorno@iom.int.

      vidéo:
      https://www.youtube.com/watch?v=7WavbQwDRec

      https://italy.iom.int/it/rivolare-rete-ritorno-volontario-e-assistenza-alla-reintegrazione-attrave
      #propagande #vidéo

  • Dans l’est de la Libye, 17 corps et 7 survivants retrouvés par le Croissant rouge dans une embarcation - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71163/dans-lest-de-la-libye-17-corps-et-7-survivants-retrouves-par-le-croiss

    Dans l’est de la Libye, 17 corps et 7 survivants retrouvés par le Croissant rouge dans une embarcation
    Par La rédaction Publié le : 30/04/2026
    Le Croissant rouge libyen a annoncé mercredi que 17 corps de migrants avaient été retrouvés dans une embarcation en détresse au large de l’est de la Libye, au terme de huit jours de recherche. Sept survivants ont par ailleurs pu être secourus. C’est un nouveau drame au large des côtes de l’est de la Libye. Mercredi 29 avril, le Croissant rouge libyen a indiqué avoir retrouvé les corps de 17 personnes dans une embarcation en détresse. L’organisation humanitaire a précisé dans un communiqué que cette macabre découverte avait eu lieu au terme de huit jours de recherche. Par ailleurs, sept survivants ont également pu être secourus. Le Croissant rouge n’a pas donné de détails sur l’identité ou la nationalité de ces personnes mais a dit avoir fourni une assistance humanitaire aux rescapés « dans le cadre du projet de partenariat avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés », laissant entendre qu’il s’agissait de migrants. « Par la suite, les équipes de secours et de transfert des dépouilles du Croissant-Rouge de Tobrouk, accompagnées des forces navales, des gardes-côtes et de la sécurité côtière relevant du commandement général, se sont mobilisées pour soutenir le bateau en pleine mer, dans une opération qui a duré plus de huit heures de travail continu dans des conditions difficiles », a-t-il ajouté.
    Cette opération fait suite à plusieurs autres similaires ces derniers jours. Lundi 27 avril, le procureur général de Libye a annoncé que 38 personnes avaient perdu la vie dans le naufrage d’une embarcation partie de la ville de Tobrouk, dans l’est de la Libye. Les victimes étaient de nationalités égyptienne, éthiopienne et soudanaise.
    Selon le Croissant rouge libyen de Tobrouk, interrogé par InfoMigrants, le naufrage évoqué est celui de l’embarcation partie de Libye le 15 avril dernier avec 42 personnes à son bord. Depuis le 18 avril, le Croissant rouge a retrouvé 16 corps de migrants près de Tobrouk et quatre survivants en mer. En début de semaine, l’organisation estimait encore à 32 le nombre de disparus. L’annonce du procureur permet de déterminer que ces personnes sont, elles aussi, mortes dans le naufrage. Selon le communiqué du procureur, de vastes investigations ont été lancées dans la région de Tobrouk pour identifier les membres du réseau à l’origine de cette tentative de traversée de la Méditerranée sur un bateau vétuste et inadapté à une telle navigation. « Les autorités ont également saisi 300 000 dinars libyens qui seraient le produit de ces activités criminelles, et ont mis au jour des flux financiers illicites transitant par des structures financières non agréées », a rapporté, de son côté, le média en ligne Middle East Monitor.
    Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un pays de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe. Aujourd’hui, plusieurs routes migratoires partent de Libye vers l’Europe. À l’ouest, depuis la région de Tripoli, les embarcations tentent de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Tandis qu’à l’est, depuis la région de Tobrouk, les migrants cherchent à atteindre les îles du sud de la Grèce : Gavdos ou la Crète. En 2025, trois fois plus de migrants sont arrivés en Crète par cette route qu’en 2024.
    Le sort des migrants qui survivent à la traversée mais ne parviennent pas à atteindre leur but est dramatique. Depuis le début de l’année 2026, plus de 4 200 personnes ont été interceptées en mer et ramenées de force en Libye, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, plus de 26 000 migrants avaient été arrêtés en Méditerranée centrale par les forces libyennes et renvoyés dans le pays, selon les chiffres de l’OIM. Un nombre en constante augmentation : ils étaient plus de 21 000 en 2024, et 17 000 en 2023.
    Pour les personnes ramenées dans le pays, le calvaire se poursuit car, en Libye, les migrants sont détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle...
    Dans un récent rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient d’être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mediterranee#tobrouk#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Libye : au moins 28 corps de migrants découverts sur les côtes après plusieurs naufrages - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70981/libye--au-moins-28-corps-de-migrants-decouverts-sur-les-cotes-apres-pl

    Libye : au moins 28 corps de migrants découverts sur les côtes après plusieurs naufrages
    Par La rédaction Publié le : 20/04/2026
    Au moins 28 corps de migrants ont été découverts sur les côtes libyennes depuis samedi par les services de secours libyens. Il s’agit des victimes d’au moins deux naufrages survenus au large de Zouara et de Tobrouk. Quatre survivants ont été identifiés. Ce sont des départs de bateaux pour l’Europe, survenus aux deux extrémités de la Libye, qui ont abouti à des drames. Samedi 18 avril, les services de secours libyens ont découvert 17 corps de migrants au niveau de la ville de Zouara, à une centaine de kilomètres de la capitale Tripoli, à l’ouest de la Libye, a rapporté l’agence de presse Reuters.
    Le centre médical de secours de la zone a indiqué que 14 corps avaient été enterrés à la suite de cette opération et que le corps d’un ressortissant bangladais avait pu être identifié et rendu à sa famille à Tripoli. Aucun détail n’a été donné sur les deux autres corps.
    Au cours de la même journée, le Croissant Rouge libyen a retrouvé six corps de migrants sur des plages près de Tobrouk, dans l’est du pays. Selon un message posté par l’organisation humanitaire sur son compte Facebook, un septième corps a été retrouvé le lendemain. Lundi 20 avril, le Croissant rouge a indiqué que quatre corps supplémentaires avaient été retrouvés sur les côtes.
    Dans un rapport, l’organisation précise que ces personnes pourraient faire partie des 42 exilés qui se trouvaient à bord d’une embarcation partie de Libye le 15 avril dernier. Parmi elles, au moins 32 personnes - dont des femmes et des enfants - seraient portées disparues, principalement de nationalité soudanaise, somalienne et égyptienne. Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un pays de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe.
    Aujourd’hui, plusieurs routes migratoires partent de Libye vers l’Europe. À l’ouest, depuis la région de Tripoli, les embarcations tentent de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Tandis qu’à l’est, depuis la région de Tobrouk, les migrants cherchent à atteindre les îles du sud de la Grèce : Gavdos ou la Crète. En 2025, trois fois plus de migrants sont arrivés en Crète par cette route qu’en 2024.
    Face à la fréquentation en hausse de cette route, la Commission européenne a décidé de financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. Et ce, alors que le gouvernement de cette zone n’est pas reconnu par l’Union européenne (UE).
    Le MRCC de Benghazi devrait fonctionner sur le même modèle que celui de Tripoli. Depuis un accord signé entre l’UE et Tripoli en 2017, les gardes-côtes libyens de l’ouest sont chargés de la coordination des sauvetages au large de leurs côtes. Une tâche qui incombait auparavant au MRCC de Rome ou de La Valette, à Malte. L’accord de 2017 prévoit que l’Italie équipe et forme les autorités libyennes pour intercepter en mer les exilés en route vers les côtes européennes.
    Depuis le début de l’année 2026, plus de 4 200 personnes ont été interceptées en mer et ramenées de force en Libye, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, plus de 26 000 migrants avaient été arrêtés en Méditerranée centrale par les forces libyennes et renvoyés dans le pays, selon les chiffres de l’OIM. Un nombre en constante augmentation : ils étaient plus de 21 000 en 2024, et 17 000 en 2023.
    Pour les personnes ramenées dans le pays, le calvaire se poursuit car, en Libye, les migrants sont détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle...
    Dans un récent rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient à être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye. Le rapport, qui s’appuie sur des entretiens avec une centaine de personnes originaires de 16 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, couvre une période de deux ans, de janvier 2024 à décembre 2025. Il décrit des cas d’hommes contraints de travailler sans salaire ni nourriture suffisante, et de filles séparées de leur mère. Le document évoque « une réalité brutale et normalisée » sur les migrants en Libye et dénonce « un modèle d’exploitation » qui profite de la « vulnérabilité accrue » des exilés. Environ 5 000 personnes détenues dans des centres officiels suite à des « interceptions illégales et dangereuses en mer » sont victimes de violences sexuelles et sexistes, de torture, d’esclavage et de disparitions forcées, précise le rapport de l’ONU.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#routemigratoire#sante#droit#violence#exploitationsexuelle#tripoli#tobrouck#sante#mortalite

  • State trafficking

    Between Tunisia and Libya, from 2023 to the present, partly thanks to EU funds for border enforcement, state agencies and militias have been selling and buying human beings: black migrants, including many women, minors, and children. Victims of state trafficking have shared their experiences with RRX researchers, identifying detention sites and the authorities responsible for these crimes. RRX’s new report, Women State Trafficking, details how this business specifically operates against women. We claim an immediate humanitarian corridor for all the witnesses of the report still in Libya and Tunisia! Their voices must be audible before EU and international courts!

    https://statetrafficking.net

    Visual geomapping of state trafficking by a witness:


    https://statetrafficking.net/geo

    #trafic_d'êtres_humains #violence #Libye #Tunisie #migrations #réfugiés #frontières #milices #femmes #rapport #images_satellites #images_satellitaires #géolocalisation
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