• A propos de l’entretien avec Georges Corm publié dans « Contretemps »

    L’entretien avec Georges Corm sur « Les révoltes arabes de 2011 au fil de l’histoire », publié sur le site de Contretemps le 25 février dernier [1], ne manque pas de surprendre. Non pas du fait de ce que Corm dit : on ne pouvait s’attendre à mieux de la part d’un ancien ministre d’un gouvernement libanais politiquement situé dans le camp pro-Assad,

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/04/22/a-propos-de-lentretien-avec-georges-corm-publie-dans-co

    #politique #international

  • The Lakes of Ubari Sand Sea | Amusing Planet
    https://www.amusingplanet.com/2015/04/the-lakes-of-ubari-sand-sea.html?platform=hootsuite&m=1

    The #Ubari_Sand_Sea is a vast area of towering sand dunes in the Fezzan region of south-western Libya. But 200,000 years ago, this was a wet and fertile region with plenty of rainfall and flowing rivers. These rivers fed a vast lake, the size of Czech Republic, in the Fezzan basin called Lake Megafezzan. During humid periods the lake reached a maximum size of 120,000 square kilometers. Climate change caused the region, a part of Sahara, to gradually dry up and between 3,000 to 5,000 years ago, the lake evaporated away into thin air. Traces of this great lake still exist today in the form of micro lakes scattered among the towering dunes like wet patches in the desert. Currently there are about 20 lakes in the Ubari Sand Sea - beautiful palm-fringed oases that appear like anomalies in the harsh desert environment.

    #désert #Libye #dunes #lac

  • #Irak. Les Kurdes coupent une route stratégique pour l’Etat islamique | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/irak-les-kurdes-coupent-une-route-strategique-pour-letat-isla

    En Irak, la tranchée de la discorde entre Kurdes et Turkmènes | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/depeche/en-irak-la-tranchee-de-la-discorde-entre-kurdes-et-turkmenes.

    Bagdad, dix ans après : échec d’une guerre pour le pétrole, par Jean-Pierre Séréni (Le Monde diplomatique, mars 2013)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/SERENI/48845

    -"Longtemps, les responsables américains l’ont affirmé : l’invasion de l’Irak n’était pas destinée à s’emparer du pétrole. Pourtant, des documents récemment déclassifiés racontent une autre histoire." ;
    –"La rédaction de deux textes fondamentaux, la nouvelle Constitution et la loi pétrolière, va leur donner l’occasion inespérée de bouleverser les règles du jeu. La survie d’un Etat centralisé est a priori condamnée : Washington n’en veut pas, au nom de la lutte contre le totalitarisme et des crimes perpétrés contre les Kurdes au temps de Hussein. Le nouveau régime, fédéral ou même confédéral, sera donc décentralisé au point d’en être déstructuré. Il suffit de rassembler deux tiers des voix dans l’une des trois provinces du pays pour exercer un droit de veto sur les décisions du gouvernement central." ;
    –" sans la guerre, les compagnies auraient-elles eu le loisir de mettre les Irakiens en concurrence entre eux ? Quoi qu’il en soit, on est loin des objectifs que s’étaient fixés les Etats-Unis. Dans le domaine pétrolier aussi, la guerre fut pour eux un énorme échec."

    Et le Dossier : bilan d’une intervention occidentale
    Dix ans après, que devient l’Irak ?, par Peter Harling (Le Monde diplomatique, mars 2013)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/HARLING/48806

    #Irak #Orient #Etats_Unis #Relations_internationales_Orient_Irak #Relations_internationales_Orient_Etats_Unis

    Irak, colosse à la tête d’argile, par Peter Harling (Le Monde diplomatique, août 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/HARLING/56113

    –Le pétrole, carburant de l’économie de guerre de Daech
    http://www.latribune.fr/economie/international/le-petrole-carburant-de-l-economie-de-guerre-de-daech-513972.html

    -"La vente, y compris à ses ennemis, lui rapporterait 1,5 million de dollars par jour."

    –" La production totale de Daech s’établit entre 34.000 et 40.000 barils par jour de brut. Il est commercialisé entre 20 dollars et 45 dollars (le prix international varie autour de 50 dollars actuellement).

    – La vente rapporte en moyenne 1,5 million de dollars par jour à l’Etat islamique."

    – « Daech peut compter sur un large marché local, non seulement sur son territoire mais également dans d’autres zones tenues par des forces qui le combattent, comme le nord de la Syrie. En effet, il est le seul fournisseur de pétrole pour produire de l’électricité pour les hôpitaux, le commerce, les machines outils, ou alimenter les transports. »

    –Peut-on asphyxier financièrement Daech ? Par Fabien Piliu
    http://www.latribune.fr/economie/france/peut-on-asphyxier-financierement-daech-523358.html

    -"Lui couper les vivres est une tâche délicate, encore plus délicate que dans le domaine militaire où la coordination entre les pays de la coalition est déjà complexe. Lors du G20, Vladimir Poutine a mis les pieds dans le plat en expliquant que plusieurs pays de l’organisation permettaient à Daech de se financer en fermant les yeux sur les trafics en cours.

    Dans son viseur, à mots couverts ? La Turquie, qui organise le G20, et à qui les membres de la coalition anti-Daech reproche la porosité de ses frontières. Avant le président russe, Michel Sapin, le ministre des Finances avait déclaré lundi que la France voulait « des décisions concrètes en matière de lutte contre le financement du terrorisme »."

    #Syrie : la coalition menée par les Etats-Unis détruit 116 camions-citernes de l’EI | Connaissance des Énergies, AFP, paru le 16 nov. 2015
    http://www.connaissancedesenergies.org/afp/syrie-la-coalition-menee-par-les-etats-unis-detruit-116-cam
    #OEI #Daesh

    Qui sont les rebelles syriens ?, par Bachir El-Khoury (Le Monde diplomatique, décembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/EL_KHOURY/56922

    Retrait américain de Syrie : Paris et Londres inquiets, Moscou jubile | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/depeche/trump-se-desengage-du-moyen-orient-poutine-se-rejouit.afp.com

    Syrie. La France accepte d’écarter les Kurdes des pourparlers | L’Humanité. Par PIERRE BARBANCEY
    http://www.humanite.fr/la-france-accepte-decarter-les-kurdes-des-pourparlers-597333

    « Soutenue par l’#Arabie_saoudite, le #Qatar, la #Turquie et la #France, une frange de l’opposition, dans laquelle on trouve beaucoup d’islamistes, menace de ne pas se rendre à Genève si les Kurdes, dont la branche armée est à l’origine des défaites de Daech en Syrie, est présent. »

    #Syrie #Kurdistan #Kurdes #Relations_Internationales

    Syrie : tractations internationales à Vienne sur fond d’attentats à Paris | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/depeche/syrie-tractations-internationales-vienne-sur-fond-dattentats-

    –Al Nosra, l’étrange allié de la diplomatie française, par Jacques Marie Bourget - Mondafrique
    http://www.mondafrique.com/al-nusra-letrange-allie-de-la-diplomatie-francaise

    –Funeste rivalité entre Al-Qaida et Daech, par Julien Théron (Le Monde diplomatique, février 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/THERON/52632

    "La guerre en Syrie va bouleverser la donne. Vivement contesté, le président syrien Bachar Al-Assad libère des centaines d’islamistes radicaux au printemps 2011. Beaucoup d’entre eux rejoignent les rangs djihadistes (3). L’EII n’en attendait pas tant. Se crée alors le Front Al-Nosra, littéralement « front de la victoire », sa branche syrienne adoubée par Al-Qaida, confortant ainsi la propagande de M. Al-Assad, qui dénonce la révolution en la présentant comme l’œuvre du réseau djihadiste.

    M. Al-Baghdadi annonce en 2013 la fusion, sous son autorité, de l’EII et du Front Al-Nosra. Mais ce dernier, soutenu par Al-Qaida, refuse et provoque la rupture. L’EII se cherche, devient Etat islamique en Irak et en Syrie, puis simplement Organisation de l’Etat islamique (OEI)."

    –En #Syrie, vingt chefs rebelles victimes d’assassinats ciblés en un mois - L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com/article/963495/en-syrie-vingt-chefs-rebelles-victimes-dassassinats-cibles-en-un-mois

    –Quitte ou double de la Russie à Alep, par Jacques Lévesque (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/11/LEVESQUE/56792
    Casse-tête américain à Mossoul, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, novembre 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/11/BELKAID/56793

    –- #Turquie
    Le dessous des cartes - LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE TURQUE DANS L’IMPASSE | ARTE
    http://ddc.arte.tv/nos-cartes/la-politique-etrangere-turque-dans-l-impasse

    Le dessous des cartes - ISTANBUL : CARREFOURS MULTIPLES (1/2) | ARTE
    http://ddc.arte.tv/nos-cartes/istanbul-carrefours-multiples-1-2
    http://ddc.arte.tv/uploads/program/carte_teaser/medium/a6d30410fc087c64ee0ee20b4477b4872f330566.jpg

    Le dessous des cartes - ISTANBUL SELON ERDOGAN (2/2) | ARTE
    http://ddc.arte.tv/nos-cartes/istanbul-selon-erdogan-2-2 #Documentaires

    –L’#Arabie-saoudite forme une "coalition islamique antiterroriste"
    http://www.latribune.fr/economie/international/l-arabie-saoudite-forme-une-coalition-islamique-antiterroriste-536191.html

    « L’Arabie saoudite, qui dirige une coalition arabe contre les rebelles chiites au Yémen, fait également partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, combat le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui sévit en Syrie et en Irak. »

    Détruire Daech n’est pas l’objectif de la coalition formée par l’Arabie saoudite, par Mathieu Boch | ARTE Info
    http://info.arte.tv/fr/detruire-daech-nest-pas-lobjectif-de-la-coalition-formee-par-larabie-saoud

    Périls saoudiens, par Ibrahim Warde (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/WARDE/54375

    L’Arabie saoudite annonce un déficit record en 2015 de 98 milliards de dollars — RT en français Avec AFP
    https://francais.rt.com/economie/12855-arabie-saoudite-budget-deficit?hash=76b00a3b-1b69-4e4d-a983-54753

    « Le pays a l’intention de diminuer les subventions sur l’eau, l’électricité et les carburants en raison de l’effondrement des prix du pétrole. Dans ce budget, une enveloppe de 51,9 milliards d’euros est réservé aux dépenses militaires et de sécurité soit 25,4% du budget du royaume pour 2016. »

    Arabie Saoudite. La chute du pétrole contraint Riyad à faire des économies | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/arabie-saoudite-la-chute-du-petrole-contraint-riyad-faire-des

    Arabie Saoudite. Rien ne va plus au royaume des Al-Saoud | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/arabie-saoudite-rien-ne-va-plus-au-royaume-des-al-saoud

    "Pour Brian Whitaker, l’aspect autocratique du régime constitue un problème fondamental. Nul besoin d’en référer à quiconque pour prendre une décision, et il peut arriver au roi Salmane de faire des choix inconsidérés, “ce qui risque d’avoir de lourdes conséquences pour l’avenir du pays”.

    Et de souligner que, pour les Saoudiens, dépenser sans compter est devenu la solution à tous les problèmes. “En 2011, inquiets des soulèvements populaires en Tunisie, en Egypte et en Libye, ils ont distribué 133 milliards de dollars [en embauches dans les forces de l’ordre, augmentations de salaires et construction de logements] pour étouffer l’opposition.” Idem en janvier, quand le nouveau roi a distribué deux mois de salaire aux fonctionnaires pour accompagner son arrivée sur le trône. 

    “Même si les Saoudiens ont les poches encore bien remplies, cela ne pourra pas durer éternellement. En plus, cela leur a désappris à explorer d’autres solutions."

    Yémen. Les Saoudiens paient le prix de leur politique antirévolutionnaire | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/yemen-les-saoudiens-paient-le-prix-de-leur-politique-antirevo

    En Arabie saoudite, des exécutions de masse qui aggravent les tensions confessionnelles. Par OLIVIER DA LAGE
    http://orientxxi.info/magazine/en-arabie-saoudite-des-executions-de-masse-qui-aggravent-les-tensions,11

    -"Dimanche 3 janvier à midi, la France n’a toujours pas réagi à l’exécution de l’opposant chiite saoudien Nimr Baqer Al-Nimr, alors que l’Union européenne et les États-Unis ont chacun exprimé leur inquiétude. L’ambassade saoudienne à Téhéran a été prise d’assaut et la tension avec Riyad est au plus fort. Ces assassinats vont encore aggraver les tensions dans la région et aviver encore plus les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et le Liban." ;
    _"Il est vrai cependant que la détermination saoudienne à combattre les djihadistes semble connaître un regain de vigueur. Cela est davantage dû au fait que ces derniers, qu’il s’agisse d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) ou de l’OEI, ont ouvertement déclaré la guerre à la famille Saoud, ce qui ne lui laisse guère d’autre choix que de riposter. C’est ainsi qu’il faut comprendre, le 14 décembre 2015, l’annonce précipitée de la formation d’une « coalition antiterroriste  » de 34 pays, parmi lesquels ne figurent ni l’Iran, ni l’Irak auxquels l’invitation n’a pas été adressée. Trois des pays cités par l’Arabie (le Pakistan, le Liban et la Malaisie ont d’ailleurs purement et simplement nié avoir été informés de leur appartenance à cette coalition dont la configuration et le mode de fonctionnement apparaissent particulièrement peu clairs5. De manière significative, les pays occidentaux, États-Unis en tête, qui faisaient depuis plusieurs mois pression pour que l’Arabie intensifie sa lutte contre les djihadistes de l’OEI, se sont montrés particulièrement discrets après la révélation par Riyad de la formation de cette coalition. D’autant qu’au Yémen, dans leur offensive contre les rebelles houthistes, les Saoudiens ferment les yeux, voire encouragent AQPA à étendre ses activités, les deux parties étant liées par une hostilité commune aux chiites.

    Tout comme la guerre menée par l’Arabie au Yémen depuis le mois de mars 2015 qui a déjà causé près de 6 000 morts, les exécutions du 2 janvier paraissent obéir davantage à une logique punitive qu’à un projet politique mûrement réfléchi. Les autorités de Riyad veulent affirmer leur détermination face à l’Iran, se poser en leader du monde sunnite, s’émanciper de la tutelle stratégique américaine." ;
    –"a lutte contre les djihadistes, en revanche, est l’apanage du prince héritier Mohammed Ben Nayef, qui a mené le combat de façon déterminée contre l’insurrection islamiste du début des années 2000, au point d’échapper de justesse à la mort en 2009 lors d’un attentat-suicide d’un militant d’Al-Qaida qui avait réussi à l’approcher, et d’être, pour cela, très estimé par l’administration américaine." ;
    –"Austérité et crise sociale, pauvreté, enlisement au Yémen, aliénation de la minorité chiite... : les perspectives pour l’Arabie saoudite en ce début d’année sont bien sombres. Et la politique menée par les dirigeants de Riyad pour répondre à ces défis donne le sentiment de relever de la fuite en avant bien davantage que d’une stratégie mûrement réfléchie."

    La grande peur de l’Arabie saoudite, par Alain Gresh (Le Monde diplomatique, mai 2014)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/GRESH/50384

    Washington débordé par l’affrontement entre Riyad et Téhéran, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, mai 2015)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/BELKAID/52945

    Petits arrangements avec le wahhabisme, par Nabil Mouline (Le Monde diplomatique, janvier 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/01/MOULINE/58270

    Proche-Orient : pétrole et religion n’expliquent pas tout, par Cécile Marin (Le Monde diplomatique, mai 2015)
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/proche-orient-divers-et-militaire


    http://zinc.mondediplo.net/messages/14753
    #OPEP
    #Arabie_saoudite
    #Relations_internationales_Orient_Arabie_Saoudite #Energies #Iran #Relations_internationales_Orient_Iran

    Profil bas pour le #Qatar, par Alain Gresh (Le Monde diplomatique, juin 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/147/GRESH/55678

    Histoires d’Info. Le Qatar et l’Arabie saoudite : l’Iran comme pierre de discorde
    http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/histoires-d-info/histoires-d-info-le-qatar-et-l-arabie-saoudite-l-iran-comme-pierre-de-d

    « Cette alliance prend la forme du Conseil de coopération du Golfe, lancé officiellement en 1981 et composé de six pays : Oman, Koweit, Bahrein, Emirats arabes unis, Qatar et Arabie saoudite. »

    #Relations_internationales_Orient_Qatar

    Drôle de guerre dans le Golfe, par Fatiha Dazi-Héni (Le Monde diplomatique, juillet 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/07/DAZI_HENI/57677

    Au Proche-Orient, la stratégie saoudienne dans l’impasse, par Gilbert Achcar (Le Monde diplomatique, mars 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/03/ACHCAR/58462
    #Energies et #Relations_Internationales

    #Yémen, silence on tue ! par HELEN LACKNER
    http://orientxxi.info/magazine/yemen,1120
    #Relations_internationales_Orient_Yémen

    Au Yémen, une année de guerre pour rien, par Laurent Bonnefoy (Le Monde diplomatique, mars 2016)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/BONNEFOY/54923

    #Turquie
    L’emballement guerrier du président turc, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, septembre 2015)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/09/BELKAID/53683

    Turquie : 102 morts en cinq jours dans une opération anti-PKK | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/depeche/turquie-102-militants-kurdes-tues-dans-une-operation-anti-pkk
    #Turquie #Orient

    Les conversations téléphoniques entre Daech et la police turque
    http://www.europe1.fr/international/quand-daech-et-la-police-turque-se-telephonent-2676376 #OEI #Daesh

    #Turquie : les journalistes de Cumhuriyet Can Dündar et Erdem Gül condamnés à cinq ans de prison
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/05/06/coups-de-feu-devant-le-palais-de-justice-d-istanbul-le-journaliste-can-dunda
    #Turquie_Droits_humains #Droits_humains_journalisme

    -"Les deux hommes risquaient la prison à vie pour avoir divulgué dans leurs articles un trafic d’armes organisé par les services secrets turcs (MIT) à destination de la rébellion en Syrie." ;
    –"Le président Recep Tayyip Erdogan et le MIT se sont constitués parties civiles, leurs avocats insistaient pour que la charge de « terrorisme » figure au dossier. Mais le procureur ne les a pas suivis, refusant également la charge d’espionnage. Vendredi, le tribunal délibérait de « la révélation de secrets d’Etat », la dernière charge retenue contre les deux journalistes."

    France/Monde | Coup d’État : l’armée prend le pouvoir, le sort d’Erdogan incertain
    http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/07/15/turquie-deploiement-de-troupes-a-istanbul

    Turc, j’ai cru que j’allais me réveiller dans un pays en ruine. Ce qui m’attend est pire - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1539958-turc-j-ai-cru-que-j-allais-me-reveiller-dans-un-pays-en-ru

    La Turquie ordonne la fermeture de 45 journaux, 16 chaînes de TV, 23 stations de radio, 3 agences de presse
    http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/25910-turquie-turquie-ordonne-fermeture-journaux-chaines.html

    La sale guerre du président Erdoğan, par Laura-Maï Gaveriaux (Le Monde diplomatique, juillet 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/GAVERIAUX/55960

    "Rien ne permet d’étayer ces allégations. En revanche, de nombreux observateurs et diplomates ont critiqué la facilité avec laquelle les candidats au djihad, tout comme les camions chargés de pétrole de contrebande, pouvaient franchir la frontière avec la Syrie."

    "Selon les informations recueillies sur place auprès de journalistes locaux et d’élus HDP, il est aussi très probable que le Jitem, le service de renseignement et d’antiterrorisme de la gendarmerie, ait refait son apparition, alors qu’on le pensait dissous. Ce groupe clandestin, organisé en cellules composées de gendarmes, de militaires et de membres du groupe ultranationaliste des Loups gris"

    " « Je ne sais pas si la France a fait une révolution du peuple ou une révolution bourgeoise. Mais nous, au Kurdistan, nous avons compris qu’il fallait réformer la révolution ! La démocratie kurde est féministe, écologiste, basée sur l’autonomie locale. C’est pour cela qu’ils traînent les cadavres suppliciés de nos femmes dans les rues, qu’ils détruisent notre environnement et arrêtent nos maires. »"

    Trente ans de conflit au #Kurdistan (Le Monde diplomatique, juillet 2016)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/A/55974
    #Relations_Internatinales_Histoire #Kurdes

    Le président Erdoğan signe la fin du « modèle turc », par Jean Marcou (Le Monde diplomatique, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/MARCOU/57386
    Géopolitique schématique de la Turquie, par Cécile Marin (Le Monde diplomatique, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/geopo-turquie

    • Journée de deuil national au Liban après les attentats - Capital.fr
      http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/journee-de-deuil-national-au-liban-apres-les-attentats-1085247

      En rompant un contrat financier, l’Arabie pourrait déstabiliser le Liban
      http://geopolis.francetvinfo.fr/en-rompant-un-contrat-financier-l-arabie-pourrait-destabiliser

      Au #Liban, un futur président sous contrôle, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, avril 2016)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/BELKAID/55193
      Le Hezbollah maître du jeu libanais, par Marie Kostrz (Le Monde diplomatique, avril 2016)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2016/04/KOSTRZ/55214

      Un habitant sur deux est un réfugié : le Liban lance un SOS au monde !
      http://geopolis.francetvinfo.fr/un-habitant-sur-deux-est-un-refugie-le-liban-lance-un-sos-au-m

      "Sur le plan politique et économique, le Liban est déstabilisé par le conflit syrien. En février 2016, l’Arabie saoudite a décidé de fermer ses vannes pour procéder à « une évaluation de ses relations avec le Liban ». En cause : « la mainmise du Hezbollah sur l’Etat en dépit de la volonté de Ryad de venir en aide aux Libanais, sans distinction ». Cela s’est traduit par l’assèchement de son aide de trois milliards à l’armée libanaise mais aussi par l’interruption de crédits pour les programmes sociaux."

      Coup de tonnerre politique dans le ciel libanais
      http://orientxxi.info/magazine/coup-de-tonnerre-politique-dans-le-ciel-libanais,2103

    • Bon, en attendant l’injonction à "l’union nationale" aux côtés de racistes, de démagos sauce racisme belliciste, et autres saboteurs des principes démocratiques élémentaires et des droits "fondamentaux"  :

      –5 chiffres qui pourraient changer votre perception du terrorisme | 3millions7 ("élèves (...) du Centre de Formation des Journalistes")
      http://3millions7.cfjlab.fr/2015/05/14/5-chiffres-terrorisme

      Mué, mais quelle est la définition d’une "attaque", et d’une "attaque faisant un blessé" ?

      -"Le graphique ci-dessous comptabilise les actes terroristes en Europe de l’Ouest entre 2000 et 2013. Un acte de terrorisme est défini comme une attaque commise pour diffuser un message à visée politique, économique, religieuse ou sociale, faisant au moins un mort ou un blessé." ;
      –"Les internautes protestaient contre l’emploi du terme “fou” pour qualifier l’auteur de la tuerie, alors que le mot “terroriste” aurait été immédiatement utilisé, selon eux, si l’homme avait été musulman." ;
      –"Si le terrorisme islamique reste très marginal en Europe par rapport aux autres formes de terrorisme, il est en revanche le plus meurtrier." ;
      –"À l’échelle du monde, peut-on dire que le terrorisme tue plus de musulmans que de chrétiens, de juifs et d’athées ? C’est ce que prétend un rapport de 2011 du Centre national du contreterrorisme (NCTC) des États-Unis. Les chiffres qui y sont présentés sont éloquents : entre 82 et 97 % des victimes du terrorisme (tous types confondus) entre 2005 et 2010 à travers le monde étaient musulmanes." ;
      –"D’après des chiffres de la Global Terrorism Database, entre 2000 et 2013, plus de 60 % des attentats terroristes ont eu lieu dans des pays où la population est en majorité musulmane." ;
      –"D’après un décompte de la BBC sur la même base de données entre 2004 et 2013, sept pays figurent parmi les 10 plus touchés par le terrorisme international, au premier rang desquels l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan, qui concentrent à eux trois les 2 / 3 des morts du terrorisme dans le monde." ;

      –L’Occident n’est pas au cœur du terrorisme islamiste | Slate.fr, Par Moisés Naím
      Editorialiste
      http://www.slate.fr/story/103617/fiez-pas-aux-apparences-du-terrorisme

      –Et l’origine des terroristes commettant le plus d’attaques dans le monde est... | Atlantico.fr, par Arnaud Blin
      http://www.atlantico.fr/decryptage/et-origine-terroristes-commettant-plus-attaques-dans-mondeest-alain-blin-1
      http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/09/rtr3wkoj.jpg

      -"Selon les statistiques d’Europol, sur les 5 dernières années 2 % des attaques terroristes en Europe ont été perpétrées pour des "raisons religieuses". La majorité de ces actes sont le fait de groupes séparatistes." ;
      –"il faut regarder les choses à plus long terme et de manière plus globale que l’instantané fourni par les données d’Europol. Surtout, il faut garder en tête que le terrorisme se définit par son caractère psycologico-émotionel et que la perception des faits et leur impact est beaucoup plus important que les données brutes. Et même si une majorité des attentats est motivée par des considérations séparatistes et que, en conséquence, la plupart des auteurs de ces actes ne sont pas des combattants islamistes, cela ne change pas grand-chose à la donne. Ce qu’il faut voir, c’est qu’une bombinette sur un bungalow en Corse ne va pas avoir la même charge émotionnelle que la tuerie de Charlie Hebdo. En matière de terrorisme, tout est dans le caractère de l’attentat et les séparatistes corses, par exemple, sont tout à fait conscients qu’un attentat trop violent nuirait à leurs intérêts et serait contre productif. Au contraire, dans la mesure où les militants islamistes cherchent à briser une société entière, leurs attentats vont avoir un caractère intolérable. Contrairement à ce qu’on pense souvent, les terroristes ne cherchent pas nécessairement à commettre l’acte le plus violent ou le plus atroce mais celui susceptible de provoquer une réaction en rapport avec leurs objectifs" ;
      –"Il faut tout d’abord s’entendre sur ce qui constitue un attentat terroriste. Est-ce que, par exemple, les actes de terreurs commis par des groupes maffieux tombent dans cette catégorie ? La réponse à cette question, et d’autres semblables, donnera des résultats très différents." ;
      –"Historiquement, ce qu’on voit, c’est que les motivations changent avec la période : au tournant du 20e siècle, ce sont les anarchistes qui dominent, durant l’entre deux-guerres, ce sont les groupuscules d’extrême droite téléguidés par des gouvernements, puis, après la guerre, les groupes indépendantistes, suivis dans les années 60-70 par les groupuscules d’extrême- gauche et puis par les islamistes radicaux à partir des années 1980." ;
      –"L’autre raison pour laquelle les autres attentats sont moins visibles, c’est la peur qu’ont les autres groupes désormais d’être assimilés aux islamistes." ;
      –"Récemment, en Occident tout au moins, le nombre de victimes a été relativement limité mais n’oublions pas les milliers de victimes irakiennes, syriennes ou nigérianes, sans parler des 3000 morts de New York et Washington. N’oublions pas non plus que les Tigres Tamouls au Sri Lanka ou les FARC en Colombie ont provoqué dans un passé récent la mort de milliers de personnes. ;
      –"Il n’y a pas vraiment de consensus au niveau de la définition puisqu’avec une définition large, on pourrait taxer certains Etats comme les Etats-Unis de mener des campagnes de terreur à l’extérieur. Israël, notamment, est jugé par certains comme un « Etat terroriste », notion inacceptable pour une partie de la communauté internationale.
      Par ailleurs, un certain nombre de dirigeants politiques furent à un moment de leurs vies engagés dans des activités incluant la pratique du terrorisme. C’est la vieille histoire de savoir si on a affaire à un combattant de la liberté ou à un terroriste. Donc, est-ce qu’on juge l’acte ou les motivations derrière cet acte et ses conséquences ? Est-ce qu’on juge l’acte par le caractère de ses victimes (civiles ou militaires) ?"

      –7 clés pour comprendre le terrorisme en France depuis 40 ans - Le Temps
      http://www.letemps.ch/monde/2015/01/09/7-cles-comprendre-terrorisme-france-40-ans

      -"Ces informations sont issues de la base de données de la Global Terrorism Database de l’Université du Maryland. Si cette base mondiale fait référence, elle est aussi critiquée principalement en raison de son changement de méthodologie en 2011. Avec pour conséquence l’impression - faussée d’après les auteurs -, d’une explosion des chiffres du terrorisme ces trois dernières années, notamment des attentats suicides. Le débat est important : ces chiffres, souvent repris dans les médias, ont été utilisés par les gouvernements américains successifs pour justifier leur politique antiterroriste. Dans le cas des données que nous utilisons, la question ne se pose pas."

      –Paris deux fois inscrite sur la longue liste des attentats terroristes perpétrés en 2015
      http://www.latribune.fr/economie/international/paris-deux-fois-inscrite-sur-la-longue-liste-des-attentats-terroristes-per

      –TERRORISME ET ISLAM : QUE DISENT LES CHIFFRES ? - Rédigé par Avner Bar-Hen
      http://images.math.cnrs.fr/Terrorisme-et-Islam-que-disent-les.html

      -"Le dictionnaire Larousse définit (ici) le terrorisme comme un ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système. Notons cependant qu’il existe plus de cent définitions du mot terrorisme (ici)." ;
      –"Europol note que les extrémistes de droite peuvent présenter des comportements violents et intimidants, mais ne sont en général pas qualifiés de terroristes (à l’exception, en 2013, d’une série de quatre attaques au Royaume-Uni réalisée par un même individu)." ;
      –"Les médias sociaux sont soupçonnés, selon Europol, d’avoir contribué à l’accélération des (auto) radicalisations parmi les ressortissants de l’UE." ;
      –"Le but de ce billet n’est pas de minimiser la vraie menace du terrorisme, et encore moins relativiser ou minimiser le choc des derniers attentats. Cependant, il faut se méfier de la peur irrationnelle du terrorisme et encore plus de l’utilisation de ces peurs pour justifier des restrictions de liberté."

      –Attentats de Paris, l’onde de choc (Le Monde diplomatique, février 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/A/52669

      –Après les tueries à Paris Le Monde diplomatique, 15 janvier 2015 (TERRORISME ET ANTITERRORISME, GÉOPOLITIQUE, FONDAMENTALISMES, ANTISÉMITISME, ISLAMOPHOBIE, RACISME, QUARTIERS POPULAIRES, LAÏCITÉ, MÉDIAS, IDÉES)
      http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/tueriesparis

      –Dossier, Etats fantômes au Proche-Orient (Le Monde diplomatique, juillet 2014)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2014/07/A/50611

      –Pétrole et Moyen-Orient : le dessous des cartes … Par Benjamin Louvet.
      http://leseconoclastes.fr/2016/01/petrole-moyen-orient-le-dessous-des-cartes-a-travers-le-prisme-petro

      –Dossier, Attentats de Paris : dans l’engrenage de la terreur (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/A/54361

      –Au Proche-Orient, cinq conflits entremêlés , par Pierre Conesa (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/CONESA/54363

      –Genèse du djihadisme, par Nabil Mouline (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/MOULINE/54356

      –Cartes et chiffres sur le terrorisme et les attentats terroristes dans le monde. Graphiques et cartes sur le terrorisme et les attentats
      http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-cartes.htm

      –Carte interactive. Quels sont les pays les plus touchés par le terrorisme ? | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/grand-format/carte-interactive-quels-sont-les-pays-les-plus-touches-par-le

      -"la Global Terrorism Database de l’Université du Maryland, est, comme n’importe base de donnée, régulièrement contestée. L’une des questions qu’elle pose concerne la définition même de terrorisme. Concept idéologique et sujet à controverse, cette dernière diffère d’un Etat à un autre et fait l’objet de nombreux débats". ;
      –"“l’usage illégal de la force et de la violence par un acteur non-étatique afin d’atteindre une cible politique, économique, religieuse ou sociale en recourant à la peur, la coercition ou l’intimidation”"

      –DAECH - NAISSANCE D’UN ÉTAT TERRORISTE, Arte
      http://www.arte.tv/guide/fr/056621-000/daech-naissance-d-un-etat-terroriste

      –De Jésus à Mahomet, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/BELKAID/54382

      –Les mondes de l’islam 2/10 : sunnites, chiites, etc., par Camille Renard France Culture
      http://www.franceculture.fr/2015-12-16-les-mondes-de-l-islam-210-sunnites-chiites-etc

      –Qu’est-ce qui oppose les sunnites et les chiites ? Par Louis Imbert
      http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/01/08/qu-est-ce-qui-oppose-les-sunnites-et-les-chiites_4844042_3218.html

      -"Les religieux chiites sont structurés en une véritable hiérarchie cléricale, à la différence des oulémas (théologiens) sunnites." ;
      –"Les divisions entre sunnites et chiites fluctuent à travers l’Histoire, selon les luttes politiques. Au XVIe siècle, la dynastie safavide, qui impose le chiisme en Iran, combat ainsi la Turquie ottomane, sunnite, même si la religion n’explique qu’en partie leur différend.
      A l’époque moderne, en 1979, la révolution islamique iranienne polarise le Moyen-Orient. La volonté iranienne d’exporter sa révolution et sa politique de soutien à des groupes armés chiites, en premier lieu le Hezbollah, au Liban, mais aussi au Koweït, cristallisent les rivalités avec les pays arabes sunnites de la région, qui soutiennent Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran (1980-1988). Au même moment l’Arabie saoudite, où le wahhabisme, un courant du sunnisme ultrarigoriste et antichiite, est religion d’Etat, soutient le djihad antisoviétique en Afghanistan. Al-Qaida s’y forgera.
      En 2003, l’invasion américaine de l’Irak déclenche une guerre civile entre chiites et sunnites irakiens. La branche irakienne d’Al-Qaida y développe un djihad spécifiquement antichiite, et forme, avec le renfort d’anciens cadres du régime de Saddam Hussein, la matrice de l’actuelle organisation Etat islamique (EI). Celle-ci profite aujourd’hui du ressentiment des populations sunnites d’Irak contre le gouvernement dominé par les partis chiites, et sous influence iranienne. L’EI a par ailleurs mené des attentats terroristes contre des communautés chiites loin de ses lignes de front d’Irak et de Syrie, jusqu’en Arabie saoudite, au Koweït, au Yémen et au Liban.
      En 2011, dans la foulée des « printemps arabes », la Syrie bascule dans la guerre civile. La répression du régime, tenu par la minorité alaouite (une branche du chiisme) à laquelle appartient la famille Assad, a favorisé la montée en puissance d’un extrémisme sunnite, communauté dont est issue la quasi-totalité de la rébellion anti-Assad. Par la suite, le régime a libéré des prisonniers djihadistes sunnites, dont certains ont rejoint l’EI, le Front Al-Nosra (la branche syrienne d’Al-Qaida) et des groupes radicaux, afin de diviser et discréditer l’opposition comme la rébellion." ;
      –"Le conflit syrien est devenu un terrain d’affrontement, par alliés interposés, entre l’Iran, dont les forces et les milices chiites internationales (Liban, Irak, Afghanistan) combattent aux côtés des troupes régulières et de la Russie, et les puissances sunnites que sont l’Arabie saoudite, la Turquie et les monarchies du Golfe, qui appuient des groupes rebelles.
      Arrivé au pouvoir en janvier 2015 en Arabie saoudite, le roi Salmane a adopté une stratégie agressive pour contrer l’influence iranienne au Moyen-Orient. Ce raidissement s’est matérialisé par l’entrée en guerre de l’Arabie saoudite au Yémen, en mars 2015. Le royaume saoudien, qui a formé une coalition de neuf pays arabes sunnites, cherchait à empêcher la rébellion des houthistes, de confession zaïdite (une branche du chiisme), alliés à l’Iran, de s’emparer de son voisin du Sud."

      Vu que l’OEI a acquis des caractéristiques d’un état, ne devient-elle pas plus simple à atteindre qu’une constellation de terroristes anonymes et éparpillés ? Par exemple en s’attaquant à la manne pétrolière, à son économie, ou en menant des opérations de déstabilisation (?) pour lui faire perdre le contrôle sur la population ?
      #OEI #Terrorisme #Daesh #Relations_Internationales #Orient #Proche-Orient #Religions #Islam #Documentaires #Pétrole

      Attentats à Paris : Marc Trevidic dit ses 4 vérités - YouTube
      https://www.youtube.com/watch?v=Oz0WKTmmTxs&sns=

      Dans un message en français, "Anonymous" promet de lancer "l’opération la plus importante jamais réalisée" contre Daech
      http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/12237-attaquesparis-daech-message-francais-anonymous-promet.htm

      Anonymous France n’est pas l’auteur de la vidéo postée dans de nombreux médias
      http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/anonymous-france-n-est-pas-l-auteur-de-la-video-postee-dans-de-nombreux-me

      La terreur et la contre-terreur sur le web | ARTE Info
      http://info.arte.tv/fr/la-terreur-et-la-contre-terreur-sur-le-web

      Dérangé par l’indifférence quand la même chose se produit dans ce qu’on nommait avant le tiers-monde, ou encore quand un anonyme périt des conséquences de "plans d’ajustement structurel" au nom d’impératifs comptables(sans être donneur de leçon ou prendre une posture de jugement).

      Paris-Beyrouth : la compassion à géométrie variable - Rue89 - L’Obs
      http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/15/paris-beyrouth-pourquoi-cette-compassion-a-geometrie-variable-26210

      -"La légitime compassion des Occidentaux pour « leurs » victimes du terrorisme ne devrait pas faire oublier les autres victimes du terrorisme ailleurs, ni l’introspection sur leur propre comportement, en particulier dans les pays arabo-musulmans eux-mêmes.

      Ce message de compassion et de solidarité est non seulement « normal », humain pourrait-on dire ; il est aussi le seul moyen de déconstruire le discours des extrémistes qui dénoncent nos hypocrisies pour mieux couvrir leurs propres crimes."

      Vu du Pakistan. L’Europe et les Etats-Unis responsables des attaques de Paris ? | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/vu-du-pakistan-leurope-et-les-etats-unis-responsables-des-att

      -"Au Pakistan, les attaques terroristes de Paris réveillent le douloureux souvenir de l’attentat perpétré en décembre 2014 par les talibans contre une école militaire de Peshawar, qui avait causé la mort de 132 enfants. Dans son éditorial du dimanche 15 novembre, le site Dawn relève “d’étranges similitudes” entre deux événements qui portent la marque d’une “vérité simple” : les militants de l’islam radical “voient des ennemis partout – musulmans, chrétiens, hindous, non-croyants” et l’Etat islamique tue “sans discernement”, comme le faisait Al-Qaïda." ;
      –"Selon le Daily Times, l’émergence de l’Etat islamique “est la conséquence directe des politiques désastreuses menées par les Etats-Unis et leurs alliés en Irak et en Syrie”. En créant “un vide” institutionnel dans ces deux pays, puis en s’en retirant, les Occidentaux ont “ouvert un espace” aux partisans du “califat”.

      “Oui, nos coeurs battent pour Paris, mais nous ne pouvons pas oublier que l’Europe a regardé en silence l’Etat islamique ravager la Syrie et l’Irak avant d’intervenir”, estime de son côté le quotidien The News, "

      Après les séquences "émotion" d’I-Télé et BFM ( le 10/12/15) :
      Paris, Madonna, Kano : photos et victimes inégales, par Daniel Schneidermann - Rue89 - L’Obs
      http://rue89.nouvelobs.com/2015/12/10/paris-madonna-kano-photos-victimes-inegales-262422

      "Madonna n’ira sans doute pas « où la terreur n’a pas de nom ». Où la terreur n’a pas de nom, c’est à Kano, au nord du Nigeria, où l’excellent blog « Making of » de l’AFP (à qui il faudrait attribuer collectivement tous les prix de journalisme) nous emmène. Ce pays où un attentat suicide succède à l’autre, sans hommages internationaux, sans discours commémoratifs des dirigeants, sans plus même de réactions de la population qui, raconte le correspondant de l’agence Aminu Abubakar, aussitôt après une explosion, attend la suivante."



      Eeeuh, article à prendre avec des pincettes ??!
      L’Etat islamique, cancer du capitalisme moderne | Middle East Eye, par Nafeez Ahmed
      http://www.middleeasteye.net/node/39507

      -la plus grosse évidence que personne ne veut voir concerne les infrastructures matérielles. Tout le monde peut nourrir des pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes. Mais elles restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure." ;
      –"Le professeur Bernard Haykel, de l’université de Princeton, s’est exprimé à ce sujet : « Je vois l’Etat islamique comme un symptôme d’un ensemble structurel de problèmes beaucoup plus profonds dans le monde arabe sunnite... [C’est] lié à la politique. A l’éducation et notamment au manque d’éducation. A l’autoritarisme. A l’intervention étrangère. Au fléau du pétrole... Je pense que même si l’Etat islamique venait à disparaître, les causes sous-jacentes qui sont à l’origine de l’Etat islamique ne disparaîtraient pas. Et ces causes devraient être abordées par des politiques, des réformes et des changements menés sur plusieurs décennies non seulement par l’Occident, mais aussi par les sociétés arabes. »

      Pourtant, comme nous l’avons vu avec le Printemps arabe, ces problèmes structurels ont été exacerbés par une véritable tempête de crises politiques, économiques, énergétiques et environnementales interdépendantes, toutes couvées par l’aggravation de la crise du capitalisme mondial.

      Dans une région en proie à des sécheresses prolongées, à une défaillance de l’agriculture, à une chute des revenus pétroliers due au pic pétrolier local, à la corruption et à une mauvaise gestion économique aggravées par l’austérité néolibérale, et ainsi de suite, les Etats locaux ont commencé à s’effondrer. De l’Irak à la Syrie, de l’Egypte au Yémen, c’est cette même interconnexion entre des crises climatiques, énergétiques et économiques qui défait les gouvernements en place." ;

      –"C’est pourquoi le recours à une littéralité poussée à l’extrême et à une décontextualisation complète est une caractéristique si commune aux enseignements islamistes extrémistes : en effet, pour un individu crédule ayant une faible connaissance de l’érudition islamique, à première vue tout cela semble vrai sur le plan littéral.

      Basées sur des décennies d’interprétation erronée et sélective des textes islamiques par les idéologues militants, les sources sont soigneusement extraites et triées sur le volet pour justifier le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« Etat »" ;

      –"En fin de compte, l’Etat islamique est un cancer du capitalisme industriel moderne en plein effondrement, un sous-produit fatal de notre dépendance inébranlable à l’or noir, un symptôme parasitaire de l’escalade des crises de civilisation qui secouent à la fois le monde musulman et le monde occidental. Tant que l’on ne s’attaque pas aux racines de ces crises, l’Etat islamique et ses semblables ne sont pas prêts de disparaître."

      –-Vu de Russie. François Hollande directement visé ? | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-francois-hollande-directement-vise
      Vu d’Espagne. La France, cible “logique” des djihadistes | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/article/vu-despagne-la-france-cible-logique-des-djihadistes
      Ces (nombreux) pays que l’existence de Daech arrange bien - L’Obs
      http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151119.OBS9827/ces-nombreux-pays-que-l-existence-de-daech-arrange-bien.html

      Terrorisme : et si on cherchait les causes du côté du changement climatique ?
      http://www.reporterre.net/Terrorisme-et-si-on-cherchait-les-causes-du-cote-du-changement-climatiqu

      -"La question est aussi difficile en raison de son aspect transversal : « Il y a un cloisonnement entre les scientifiques d’un côté, qui se sont un peu perdus dans les détails visant à prouver l’existence du réchauffement climatique – ce qui est désormais une évidence – et les chercheurs en sciences sociales, habituellement réticents à spéculer, et donc mal à l’aise avec la problématique du climat. De la même manière que la guerre ne doit pas être laissée aux seuls généraux, le changement climatique est trop important pour être abandonnée aux climatologues », analyse Charles B. Strozier." ;

      –"aborder la politique de défense selon les risques que fait courir le réchauffement climatique. Une vision préventive inspirée du concept de « Green defense ».
      La nécessité s’est fait jour aux yeux de la sénatrice EELV lorsqu’elle a travaillé sur la piraterie somalienne : « On y répondait par une approche extrêmement sécuritaire, en augmentant le nombre de bateaux par exemple. Mais on ne solutionnera pas le problème si l’on ne comprend pas que 95% des pirates sont d’anciens pêcheurs paupérisés par la raréfaction des ressources halieutiques. Et ça, c’est la crise écologique, que ce soit par le biais de l’acidification des océans engendré par le réchauffement climatique, par le problème de la surpêche ou bien par encore la pollution des eaux… »" ;

      –" si le problème du climat a bel et bien pénétré les consciences du XXIe siècle, on ne peut pas en dire autant de ses répercussions. « Faire du recyclage, c’est bien, mais il faut que chacun pense à l’image d’ensemble. Echouer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est involontairement permettre à Daesh, Al-Quaida, Boko Haram, les Shebab ou à d’autres groupes extrêmistes de grandir. Lorsque nous réfléchissons au réchauffement climatique, il faut en comprendre tous les enjeux de notre monde interconnecté » écrivait ainsi Charles B. Strozier dans une tribune du Huffington Post."

      Aux origines climatiques des conflits, par Agnès Sinaï (Le Monde diplomatique, août 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/SINAI/53507

      –Tout comprendre sur l’Etat islamique en quatre questions, par YANN MENS | AlterEco+ Alterecoplus
      http://www.alterecoplus.fr/international/tout-comprendre-sur-letat-islamique-en-quatre-questions-201511181540-00

      –Le difficile combat contre l’argent de Daech, par CHRISTIAN CHAVAGNEUX | AlterEco+ Alterecoplus
      http://www.alterecoplus.fr/international/le-difficile-combat-contre-largent-de-daech-201511181120-00002528.html

      "si l’on en croît les études du Gafi et du Congrès américain, ses dirigeants semblent avoir recours essentiellement à un financement local difficilement contrôlable." ;
      –"Le raffinage s’effectue par des installations mobiles que les bombardements alliés tentent régulièrement de détruire. Il faut alors une dizaine de jours et dépenser 230 000 dollars pour chaque reconstruction d’usine. Le brut est vendu en partie au régime syrien ou bien est amené par des intermédiaires sur le marché international via la Turquie." ;
      –" empêcher que l’argent du terrorisme puisse circuler internationalement. L’EI a mis la main sur une centaine de filiales de banques en Irak, la prise de Mossoul rapportant 500 millions de dollars en cash, et sur une vingtaine en Syrie." ;
      –"Tout ceci est surveillé mais n’empêche pas l’argent du terrorisme de circuler. Selon le Gafi, les banques contrôlées en Syrie arriveraient à organiser des mouvements internationaux de capitaux par l’intermédiaire de leur maison mère à Damas et « il y a des juridictions avec lesquelles les banques opérant sur les territoires occupés par l’EI arrivent à maintenir des liens » mais l’institution ne précise pas lesquelles. De par leur offre d’opacité, il serait étonnant que les paradis fiscaux ne participent pas à ces réseaux. Mais plusieurs spécialistes du sujet consultés n’ont pas trouvé d’informations probantes pour l’instant" ;
      –"les autorités britanniques avouent que la City « est un exportateur net de finance terroriste », les djihadistes arrivant à utiliser le premier centre financier mondial pour obtenir de l’argent plus que pour le placer." ;
      –"La deuxième piste d’action repose sur une action internationale coordonnée sous l’égide d’un groupe de travail international mené par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et l’Italie regroupant 25 autres pays dont la France." ;
      –"Après les attentats du 13 novembre, les Américains ont bombardé pour la première fois les files de camions citernes transportant le pétrole. Une action plus ferme de la Turquie, par laquelle passe cette contrebande, est réclamée par les alliés. Un travail de renseignement est nécessaire localement pour cartographier les routes de circulation de tous les produits sortants de la région afin de leur barrer la route."

      Face à l’Etat islamique, quels alliés pour la France ? par YANN MENS | AlterEco+ Alterecoplus
      http://www.alterecoplus.fr/international/face-a-letat-islamique-quels-allies-pour-la-france-201511171300-0000252

      -"Une intervention d’armées de pays de la région cette fois semble également difficile. Bien plus obsédée par l’Iran que par l’EI, l’Arabie Saoudite, puissance militaire modeste, est déjà empêtrée dans la guerre du Yémen contre un allié de Téhéran, le mouvement houthiste. Faute de troupes terrestres compétentes, elle s’y appuie sur celles des Emirats Arabes Unies" ;
      –"Quant à la Turquie, plus puissante militairement, elle a, jusqu’ici en tout cas, consacré l’essentiel de ses forces à son ennemi prioritaire, le PKK" ;
      –"les armées conventionnelles sont mal préparées à affronter les techniques de guérilla que pratiquent des groupes comme l’EI, d’autant que celui-ci les combine avec le terrorisme, en lançant par exemple des vagues d’attentats-suicide en ouverture de ses offensives." ;
      –"Le mouvement jihadiste contrôle une vaste région à l’est de la Syrie mais elle est relativement peu peuplée. La Syrie prioritaire pour le régime de Bachar al-Assad, c’est la moitié occidentale du pays. C’est là que se trouvent les grandes villes (Damas, Homs, Hama, Alep…) et le pays alaouite, une branche du chiisme qui représente environ 10% de la population syrienne et dont Assad lui-même ainsi qu’une proportion importante des dignitaires du régime sont issus." ;
      –"Ironie : les groupes appuyés par Washington font partie de ceux que la Russie a récemment bombardés" ;

      –"dans cette moitié orientale, le régime affronte deux types de forces principalement. La première est constituée de groupes très épars de rebelles dits modérés plus ou moins affiliés à l’Armée Syrienne Libre" ;
      –"La deuxième force, plus puissante, est une alliance formée de mouvements salafistes (sunnites fondamentalistes) syriens et de la branche syrienne d’Al-Qaida. " ;
      –"La catégorisation modérés/salafistes n’est ni absolument tranchée, ni parfaitement étanche, car en fonction des intérêts militaires du moment des groupes des deux tendances peuvent s’allier, des factions entières ou des combattants passer de l’une à l’autre, etc…

      En revanche, les deux tendances ont en commun de combattre à la fois le régime de Bachar al-Assad et l’Etat islamique." ;

      –"Jabhat al-Nusra, fidèle à la vision du monde d’Oussama Ben Laden" ;
      –"Autre force présente en Syrie et opposée à l’Etat Islamique, mais de manière circonscrite : le parti kurde PYG (Parti de l’union démocratique), branche syrienne du PKK" ;

      –"En Irak (...). L’effort militaire est en large partie le fait de milices financées, armées et encadrées directement par l’Iran. Des milices dont le contrôle réel, du coup, échappe largement au gouvernement et qui se livrent volontiers à des exactions contre la population civile sunnite quand elles reprennent des localités qui étaient sous le contrôle de l’EI." ;

      –" l’EI. Un mouvement dont la capitale se trouve certes en Syrie, mais dont la direction centrale est surtout formée d’Irakiens, et notamment d’anciens membres des services de sécurité de Saddam Hussein, lui-même sunnite, qui veulent de nouveau voir leur pays gouverné par des membres de cette communauté. Comme en Syrie, les partis kurdes d’Irak, qui contrôlent la région autonome du nord-est du pays, combattent résolument l’EI" ;

      –"Peut-on alors espérer qu’un soulèvement contre l’EI vienne de l’intérieur même des zones qu’il contrôle ? (...) les alternatives qui se présentent à celles-ci ne sont pas toujours plus enthousiasmantes : le chaos en Syrie, les exactions de milices encadrées par l’Iran en Irak. "

      –Daech expliqué en sept minutes - En bref - Le monde bouge - Télérama.fr #Vidéos :
      http://www.telerama.fr/monde/video-daech-explique-en-sept-minutes,128757.php

      http://images.telerama.fr/medias/2015/06/media_128757/etat,M235196.jpg

      #OEI #Relations_internationales #Terrorisme #Daesh #Orient

    • http://zinc.mondediplo.net/messages/9429
      http://zinc.mondediplo.net/messages/10325
      Mobilisation à l’ONU pour couper les vivres à l’Etat islamique
      http://www.latribune.fr/economie/mobilisation-a-l-onu-pour-couper-les-vivres-a-l-etat-islamique-533462.html
      L’Onu adopte à l’unanimité une résolution sur un plan de paix en Syrie - Libération
      http://www.liberation.fr/planete/2015/12/19/l-onu-adopte-a-l-unanimite-une-resolution-sur-un-plan-de-paix-en-syrie_14
      En Syrie, une issue politique bien incertaine, par Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/BELKAID/54365
      « Printemps arabe », autant en emporte le vent ?, par Hicham Alaoui (Le Monde diplomatique, décembre 2015)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/ALAOUI/54368
      Le Conseil de sécurité des Nations unies entérine l’accord sur un gouvernement d’union en Libye
      http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/24/le-conseil-de-securite-des-nations-unies-enterine-l-accord-sur-un-gouverneme
      Printemps arabes : en cinq ans, quels changements ? | 28 minutes
      http://www.arte.tv/magazine/28minutes/fr/printemps-arabes-en-cinq-ans-quels-changements-28minutes
      #Libye #Syrie #Printemps_arabe #ONU #Orient #Proche-Orient

      Syrie. Retrait russe : le triple coup de Poutine | Courrier international
      http://www.courrierinternational.com/article/syrie-retrait-russe-le-triple-coup-de-poutine

      Comprendre la situation en Syrie en 6 minutes
      http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2015/10/27/comprendre-la-situation-en-syrie-en-5-minutes_4798012_3218.html

      Après l’accord #UE-#Turquie : les réfugiés de plus en plus en danger | Amnesty International France
      http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/Apres-accord-UE-Turquie-les-refugies-de-plus-en-plus-en-danger-18042

      « Loin de faire pression sur la Turquie pour qu’elle améliore la protection qu’elle offre aux réfugiés syriens, l’UE l’incite en fait à faire le contraire.

      La Turquie annonce maintenant fièrement la création d’une zone sûre irréalisable à l’intérieur de la Syrie. 

      La suite des événements ne fait aucun doute :Nous avons été témoins de la création de la Forteresse Europe, nous assistons désormais à la construction de la Forteresse Turquie. »

      Entre l’Allemagne et la #Turquie, l’enjeu des réfugiés, par Hans Kundnani & Astrid Ziebarth (Le Monde diplomatique, janvier 2017)
      http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/KUNDNANI/56972
      #Relations_internationales_Histoire #Histoire_Relations_internationales_

      "La longue histoire des relations germano-turques remonte à la fin du XIXe siècle, à l’époque de l’Empire allemand et de l’Empire ottoman, qui vivent alors en symbiose du fait de leur complémentarité stratégique et de leurs trajectoires presque opposées. L’Allemagne, puissance montante au centre de l’Europe, que l’anthropologue Helmuth Plessner qualifiait de « nation retardataire » (verspätete Nation) du fait de sa naissance tardive, en 1871, tente de rivaliser avec le Royaume-Uni et la France. L’Empire ottoman, surnommé « l’homme malade de l’Europe », occupe, malgré son déclin, une position stratégique au Proche-Orient, notamment en contrôlant le canal de Suez, inauguré en 1869"

      "Guillaume II lui demande par exemple une concession pour construire une voie de chemin de fer reliant Berlin à Constantinople, le premier tronçon de la future ligne Berlin-Bagdad. Ce nouvel itinéraire permet de réduire le temps de transport des matières premières nécessaires à l’industrie florissante du pays"

  • The big wall


    https://thebigwall.org/en

    An ActionAid investigation into how Italy tried to stop migration from Africa, using EU funds, and how much money it spent.

    There are satellites, drones, ships, cooperation projects, police posts, repatriation flights, training centers. They are the bricks of an invisible but tangible and often violent wall. Erected starting in 2015 onwards, thanks to over one billion euros of public money. With one goal: to eliminate those movements by sea, from North Africa to Italy, which in 2015 caused an outcry over a “refugee crisis”. Here we tell you about the (fragile) foundations and the (dramatic) impacts of this project. Which must be changed, urgently.

    –---

    Ready, Set, Go

    Imagine a board game, Risk style. The board is a huge geographical map, which descends south from Italy, including the Mediterranean Sea and North Africa and almost reaching the equator, in Cameroon, South Sudan, Rwanda. Places we know little about and read rarely about.

    Each player distributes activity cards and objects between countries and along borders. In Ethiopia there is a camera crew shooting TV series called ‘Miraj’ [mirage], which recounts the misadventures of naive youth who rely on shady characters to reach Europe. There is military equipment, distributed almost everywhere: off-road vehicles for the Tunisian border police, ambulances and tank trucks for the army in Niger, patrol boats for Libya, surveillance drones taking off from Sicily.

    There is technology: satellite systems on ships in the Mediterranean, software for recording fingerprints in Egypt, laptops for the Nigerian police. And still: coming and going of flights between Libya and Nigeria, Guinea, Gambia. Maritime coordination centers, police posts in the middle of the Sahara, job orientation offices in Tunisia or Ethiopia, clinics in Uganda, facilities for minors in Eritrea, and refugee camps in Sudan.

    Hold your breath for a moment longer, because we still haven’t mentioned the training courses. And there are many: to produce yogurt in Ivory Coast, open a farm in Senegal or a beauty salon in Nigeria, to learn about the rights of refugees, or how to use a radar station.

    Crazed pawns, overlapping cards and unclear rules. Except for one: from these African countries, more than 25 of them, not one person should make it to Italy. There is only one exception allowed: leaving with a visa. Embassy officials, however, have precise instructions: anyone who doesn’t have something to return to should not be accepted. Relationships, family, and friends don’t count, but only incomes, properties, businesses, and titles do.

    For a young professional, a worker, a student, an activist, anyone looking for safety, future and adventure beyond the borders of the continent, for people like me writing and perhaps like you reading, the only allies become the facilitators, those who Europe calls traffickers and who, from friends, can turn into worst enemies.

    We called it The Big Wall. It could be one of those strategy games that keeps going throughout the night, for fans of geopolitics, conflicts, finance. But this is real life, and it’s the result of years of investments, experiments, documents and meetings. At first disorderly, sporadic, then systematized and increased since 2015, when United Nations agencies, echoed by the international media, sounded an alarm: there is a migrant crisis happening and Europe must intervene. Immediately.

    Italy was at the forefront, and all those agreements, projects, and programs from previous years suddenly converged and multiplied, becoming bricks of a wall that, from an increasingly militarized Mediterranean, moved south, to the travelers’ countries of origin.

    The basic idea, which bounced around chancelleries and European institutions, was to use multiple tools: development cooperation, support for security forces, on-site protection of refugees, repatriation, information campaigns on the risks of irregular migration. This, in the language of Brussels, was a “comprehensive approach”.

    We talked to some of the protagonists of this story — those who built the wall, who tried to jump it, and who would like to demolish it — and we looked through thousands of pages of reports, minutes, resolutions, decrees, calls for tenders, contracts, newspaper articles, research, to understand how much money Italy has spent, where, and what impacts it has had. Months of work to discover not only that this wall has dramatic consequences, but that the European – and Italian – approach to international migration stems from erroneous premises, from an emergency stance that has disastrous results for everyone, including European citizens.
    Libya: the tip of the iceberg

    It was the start of the 2017/2018 academic year and Omer Shatz, professor of international law, offered his Sciences Po students the opportunity to work alongside him on the preparation of a dossier. For the students of the faculty, this was nothing new. In the classrooms of the austere building on the Rive Gauche of Paris, which European and African heads of state have passed though, not least Emmanuel Macron, it’s normal to work on real life materials: peace agreements in Colombia, trials against dictators and foreign fighters. Those who walk on those marble floors already know that they will be able to speak with confidence in circles that matter, in politics as well as diplomacy.

    Shatz, who as a criminal lawyer in Israel is familiar with abuses and rights violations, launched his students a new challenge: to bring Europe to the International Criminal Court for the first time. “Since it was created, the court has only condemned African citizens – dictators, militia leaders – but showing European responsibility was urgent,” he explains.

    One year after first proposing the plan, Shatz sent an envelope to the Court’s headquarters, in the Dutch town of The Hague. With his colleague Juan Branco and eight of his students he recounted, in 245 pages, cases of “widespread and systematic attack against the civilian population”, linked to “crimes against humanity consciously committed by European actors, in the central Mediterranean and in Libya, in line with Italian and European Union policies”.

    The civilian population to which they refer comprises migrants and refugees, swallowed by the waves or intercepted in the central Mediterranean and brought back to shore by Libyan assets, to be placed in a seemingly endless cycle of detention. Among them are the 13.000 dead recorded since 2015, in the stretch of sea between North Africa and Italy, out of 523.000 people who survived the crossing, but also the many African and Asian citizens, who are rarely counted, who were tortured in Libya and died in any of the dozens of detention centers for foreigners, often run by militias.

    “At first we thought that the EU and Italy were outsourcing dirty work to Libya to block people, which in jargon is called ‘aiding and abetting’ in the commission of a crime, then we realized that the Europeans were actually the conductors of these operations, while the Libyans performed”, says Shatz, who, at the end of 2020, was preparing a second document for the International Criminal Court to include more names, those of the “anonymous officials of the European and Italian bureaucracy who participated in this criminal enterprise”, which was centered around the “reinvention of the Libyan Coast Guard, conceived by Italian actors”.

    Identifying heads of department, office directors, and institution executives in democratic countries as alleged criminals might seem excessive. For Shatz, however, “this is the first time, after the Nuremberg trials, after Eichmann, that Europe has committed crimes of this magnitude, outside of an armed conflict”. The court, which routinely rejects at least 95 percent of the cases presented, did not do so with Shatz and his students’ case. “Encouraging news, but that does not mean that the start of proceedings is around the corner”, explains the lawyer.

    At the basis of the alleged crimes, he continues, are “regulations, memoranda of understanding, maritime cooperation, detention centers, patrols and drones” created and financed by the European Union and Italy. Here Shatz is speaking about the Memorandum of Understanding between Italy and Libya to “reduce the flow of illegal migrants”, as the text of the document states. An objective to be achieved through training and support for the two maritime patrol forces of the very fragile Libyan national unity government, by “adapting” the existing detention centers, and supporting local development initiatives.

    Signed in Rome on February 2, 2017 and in force until 2023, the text is grafted onto the Treaty of Friendship, Partnership and Cooperation signed by Silvio Berlusconi and Muammar Gaddafi in 2008, but is tied to a specific budget: that of the so-called Africa Fund, established in 2016 as the “Fund for extraordinary interventions to relaunch dialogue and cooperation with African countries of priority importance for migration routes” and extended in 2020 — as the Migration Fund — to non-African countries too.

    310 million euros were allocated in total between the end of 2016 and November 2020, and 252 of those were disbursed, according to our reconstruction.

    A multiplication of tools and funds that, explains Mario Giro, “was born after the summit between the European Union and African leaders in Malta, in November 2015”. According to the former undersecretary of the Ministry of Foreign Affairs, from 2013, and Deputy Minister for Foreign Affairs between 2016 and 2018, that summit in Malta “sanctioned the triumph of a European obsession, that of reducing migration from Africa at all costs: in exchange of this containment, there was a willingness to spend, invest”. For Giro, the one in Malta was an “attempt to come together, but not a real partnership”.

    Libya, where more than 90 percent of those attempting to cross the central Mediterranean departed from in those years, was the heart of a project in which Italian funds and interests support and integrate with programs by the European Union and other member states. It was an all-European dialogue, from which powerful Africans — political leaders but also policemen, militiamen, and the traffickers themselves — tried to obtain something: legitimacy, funds, equipment.

    Fragmented and torn apart by a decade-long conflict, Libya was however not alone. In October 2015, just before the handshakes and the usual photographs at the Malta meeting, the European Commission established an Emergency Trust Fund to “address the root causes of migration in Africa”.

    To do so, as Dutch researcher Thomas Spijkerboer will reconstruct years later, the EU executive declared a state of emergency in the 26 African countries that benefit from the Fund, thus justifying the choice to circumvent European competition rules in favor of direct award procedures. However “it’s implausible – Spijkerboeker will go on to argue – that there is a crisis in all 26 African countries where the Trust Fund operates through the duration of the Trust Fund”, now extended until the end of 2021.

    However, the imperative, as an advisor to the Budget Commission of the European Parliament explains, was to act immediately: “not within a few weeks, but days, hours“.

    Faced with a Libya still ineffective at stopping flows to the north, it was in fact necessary to intervene further south, traveling backwards along the routes that converge from dozens of African countries and go towards Tripolitania. And — like dominoes in reverse — raising borders and convincing, or forcing, potential travelers to stop in their countries of origin or in others along the way, before they arrived on the shores of the Mediterranean.

    For the first time since decolonization, human mobility in Africa became the keystone of Italian policies on the continent, so much so that analysts began speaking of migration diplomacy. Factors such as the number of migrants leaving from a given country and the number of border posts or repatriations all became part of the political game, on the same level as profits from oil extraction, promises of investment, arms sales, or trade agreements.

    Comprising projects, funds, and programs, this migration diplomacy comes at a cost. For the period between January 2015 and November 2020, we tracked down 317 funding lines managed by Italy with its own funds and partially co-financed by the European Union. A total of 1.337 billion euros, spent over five years and destined to eight different items of expenditure. Here Libya is in first place, but it is not alone.

    A long story, in short

    For simplicity’s sake, we can say that it all started in the hot summer of 2002, with an almost surrealist lightning war over a barren rock on the edge of the Mediterranean: the Isla de Persejil, the island of parsley. A little island in the Strait of Gibraltar, disputed for decades between Morocco and Spain, which had its ephemeral moment of glory when in July of that year the Moroccan monarchy sent six soldiers, some tents and a flag. Jose-Maria Aznar’s government quickly responded with a reconquista to the sound of fighter-bombers, frigates, and helicopters.

    Peace was signed only a few weeks later and the island went back to being a land of shepherds and military patrols. Which from then on, however, were joint ones.

    “There was talk of combating drug trafficking and illegal fishing, but the reality was different: these were the first anti-immigration operations co-managed by Spanish and Moroccan soldiers”, explains Sebastian Cobarrubias, professor of geography at the University of Zaragoza. The model, he says, was the one of Franco-Spanish counter-terrorism operations in the Basque Country, exported from the Pyrenees to the sea border.

    A process of externalization of Spanish and European migration policy was born following those events in 2002, and culminating years later with the crisis de los cayucos, the pirogue crisis: the arrival of tens of thousands of people – 31,000 in 2006 alone – in the Canary Islands, following extremely dangerous crossings from Senegal, Mauritania and Morocco.

    In close dialogue with the European Commission, which saw the Spanish border as the most porous one of the fragile Schengen area, the government of José Luis Rodríguez Zapatero reacted quickly. “Within a few months, cooperation and repatriation agreements were signed with nine African countries,” says Cobarrubias, who fought for years, with little success, to obtain the texts of the agreements.

    The events of the late 2000s look terribly similar to what Italy will try to implement a decade later with its Mediterranean neighbors, Libya first of all. So much so that in 2016 it was the Spanish Minister of the Interior himself, Jorge Fernández Díaz, who recalled that “the Spanish one is a European management model, reproducible in other contexts”. A vision confirmed by the European Commission officials with whom we spoke.

    At the heart of the Spanish strategy, which over a few short years led to a drastic decrease of arrivals by sea, was the opening of new diplomatic offices in Africa, the launch of local development projects, and above all the support given to the security forces of partner countries.

    Cobarrubias recounts at least four characteristic elements of the Madrid approach: the construction of new patrol forces “such as the Mauritanian Coast Guard, which did not exist and was created by Spain thanks to European funds, with the support of the newly created Frontex agency”; direct and indirect support for detention centers, such as the infamous ‘Guantanamito’, or little Guantanamo, denounced by civil society organizations in Mauritania; the real-time collection of border data and information, carried out by the SIVE satellite system, a prototype of Eurosur, an incredibly expensive intelligence center on the EU’s external borders launched in 2013, based on drones, satellites, airplanes, and sensors; and finally, the strategy of working backwards along migration routes, to seal borders, from the sea to the Sahara desert, and investing locally with development and governance programs, which Spain did during the two phases of the so-called Plan Africa, between 2006 and 2012.

    Replace “Spain” with “Italy”, and “Mauritania” with “Libya”, and you’ll have an idea of what happened years later, in an attempt to seal another European border.

    The main legacy of the Spanish model, according to the Italian sociologist Lorenzo Gabrielli, however, is the negative conditionality, which is the fact of conditioning the disbursement of these loans – for security forces, ministries, trade agreements – at the level of the African partners’ cooperation in the management of migration, constantly threatening to reduce investments if there are not enough repatriations being carried out, or if controls and pushbacks fail. An idea that is reminiscent both of the enlargement process of the European Union, with all the access restrictions placed on candidate countries, and of the Schengen Treaty, the attempt to break down internal European borders, which, as a consequence, created the need to protect a new common border, the external one.
    La externalización europea del control migratorio: ¿La acción española como modelo? Read more

    At the end of 2015, when almost 150,000 people had reached the Italian coast and over 850,000 had crossed Turkey and the Balkans to enter the European Union, the story of the maritime migration to Spain had almost faded from memory.

    But something remained of it: a management model. Based, once again, on an idea of crisis.

    “We tried to apply it to post-Gaddafi Libya – explains Stefano Manservisi, who over the past decade has chaired two key departments for migration policies in the EU Commission, Home Affairs and Development Cooperation – but in 2013 we soon realized that things had blown up, that that there was no government to talk to: the whole strategy had to be reformulated”.

    Going backwards, through routes and processes

    The six-month presidency of the European Council, in 2014, was the perfect opportunity for Italy.

    In November of that year, Matteo Renzi’s government hosted a conference in Rome to launch the Khartoum Process, the brand new initiative for the migration route between the EU and the Horn of Africa, modeled on the Rabat Process, born in 2006, at the apex of the crisis de los cayucos, after pressure from Spain. It’s a regional cooperation platform between EU countries and nine African countries, based on the exchange of information and coordination between governments, to manage migration.
    Il processo di Khartoum: l’Italia e l’Europa contro le migrazioni Read more

    Warning: if you start to find terms such as ‘process’ and ‘coordination platform’ nebulous, don’t worry. The backbone of European policies is made of these structures: meetings, committees, negotiating tables with unattractive names, whose roles elude most of us. It’s a tendency towards the multiplication of dialogue and decision spaces, that the migration policies of recent years have, if possible, accentuated, in the name of flexibility, of being ready for any eventuality. Of continuous crisis.

    Let’s go back to that inter-ministerial meeting in Rome that gave life to the Khartoum Process and in which Libya, where the civil war had resumed violently a few months earlier, was not present.

    Italy thus began looking beyond Libya, to the so-called countries of origin and transit. Such as Ethiopia, a historic beneficiary of Italian development cooperation, and Sudan. Indeed, both nations host refugees from Eritrea and Somalia, two of the main countries of origin of those who cross the central Mediterranean between 2013 and 2015. Improving their living conditions was urgent, to prevent them from traveling again, from dreaming of Europe. In Niger, on the other hand, which is an access corridor to Libya for those traveling from countries such as Nigeria, Gambia, Senegal, and Mali, Italy co-financed a study for a new law against migrant smuggling, then adopted in 2015, which became the cornerstone of a radical attempt to reduce movement across the Sahara desert, which you will read about later.

    A year later, with the Malta summit and the birth of the EU Trust Fund for Africa, Italy was therefore ready to act. With a 123 million euro contribution, allocated from 2017 through the Africa Fund and the Migration Fund, Italy became the second donor country, and one of the most active in trying to manage those over 4 billion euros allocated for five years. [If you are curious about the financing mechanisms of the Trust Fund, read here: https://thebigwall.org/en/trust-fund/].

    Through the Italian Agency for Development Cooperation (AICS), born in 2014 as an operational branch of the Ministry of Foreign Affairs, Italy immediately made itself available to manage European Fund projects, and one idea seemed to be the driving one: using classic development programs, but implemented in record time, to offer on-site alternatives to young people eager to leave, while improving access to basic services.

    Local development, therefore, became the intervention to address the so-called root causes of migration. For the Ministry of Foreign Affairs and the newborn AICS, it seemed a winning approach. Unsurprisingly, the first project approved through the Trust Fund for Africa was managed by the Italian agency in Ethiopia.

    “Stemming irregular migration in Northern and Central Ethiopia” received 19.8 million euros in funding, a rare sum for local development interventions. The goal was to create job opportunities and open career guidance centers for young people in four Ethiopian regions. Or at least that’s how it seemed. In the first place, among the objectives listed in the project sheet, there is in fact another one: to reduce irregular migration.

    In the logical matrix of the project, which insiders know is the presentation – through data, indicators and figures – of the expected results, there is no indicator that appears next to the “reduction of irregular migration” objective. There is no way, it’s implicitly admitted, to verify that that goal has been achieved. That the young person trained to start a micro-enterprise in the Wollo area, for example, is one less migrant.

    Bizarre, not to mention wrong. But indicative of the problems of an approach of which, an official of the Ministry of Foreign Affairs explains to us, “Italy had made itself the spokesperson in Europe”.

    “The mantra was that more development would stop migration, and at a certain point that worked for everyone: for AICS, which justified its funds in the face of political landscape that was scared by the issue of landings, and for many NGOs, which immediately understood that migrations were the parsley to be sprinkled on the funding requests that were presented”, explains the official, who, like so many in this story, prefers to remain anonymous.

    This idea of the root causes was reproduced, as in an echo chamber, “without programmatic documents, without guidelines, but on the wave of a vague idea of political consensus around the goal of containing migration”, he adds. This makes it almost impossible to talk about, so much so that a proposal for new guidelines on immigration and development, drawn up during 2020 by AICS, was set aside for months.

    Indeed, if someone were to say, as evidenced by scholars such as Michael Clemens, that development can also increase migration, and that migration itself is a source of development, the whole ‘root causes’ idea would collapse and the already tight cooperation budgets would risk being cut, in the name of the same absolute imperative as always: reducing arrivals to Italy and Europe.

    Maintaining a vague, costly and unverifiable approach is equally damaging.

    Bram Frouws, director of the Mixed Migration Center, a think-tank that studies international mobility, points out, for example, how the ‘root cause’ approach arises from a vision of migration as a problem to be eradicated rather than managed, and that paradoxically, the definition of these deep causes always remains superficial. In fact, there is never talk of how international fishing agreements damage local communities, nor of land grabbing by speculators, major construction work, or corruption and arms sales. There is only talk of generic economic vulnerability, of a country’s lack of stability. An almost abstract phenomenon, in which European actors are exempt from any responsibility.

    There is another problem: in the name of the fight against irregular migration, interventions have shifted from poorer and truly vulnerable countries and populations to regions with ‘high migratory rates’, a term repeated in dozens of project descriptions funded over the past few years, distorting one of the cardinal principles of development aid, codified in regulations and agreements: that of responding to the most urgent needs of a given population, and of not imposing external priorities, even more so if it is countries considered richer are the ones doing it.

    The Nigerien experiment

    While Ethiopia and Sudan absorb the most substantial share of funds destined to tackle the root causes of migration — respectively 47 and 32 million euros out of a total expenditure of 195 million euros — Niger, which for years has been contending for the podium of least developed country on the planet with Central African Republic according to the United Nations Human Development Index — benefits from just over 10 million euros.

    Here in fact it’s more urgent, for Italy and the EU, to intervene on border control rather than root causes, to stop the flow of people that cross the country until they arrive in Agadez, to then disappear in the Sahara and emerge, days later — if all goes well — in southern Libya. In 2016, the International Organization for Migration counted nearly 300,000 people passing through a single checkpoint along the road to Libya. The figure bounced between the offices of the European Commission, and from there to the Farnesina, the Italian Ministry of Foreign Affairs: faced with an uncontrollable Libya, intervening in Niger became a priority.

    Italy did it in great style, even before opening an embassy in the country, in February 2017: with a contribution to the state budget of Niger of 50 million euros, part of the Africa Fund, included as part of a maxi-program managed by the EU in the country and paid out in several installments.

    While the project documents list a number of conditions for the continuation of the funding, including increased monitoring along the routes to Libya and the adoption of regulations and strategies for border control, some local and European officials with whom we have spoken think that the assessments were made with one eye closed: the important thing was in fact to provide those funds to be spent in a country that for Italy, until then, had been synonymous only with tourism in the Sahara dunes and development in rural areas.

    Having become a priority in the New Partnership Framework on Migration, yet another EU operational program, launched in 2016, Niger seemed thus exempt from controls on the management of funds to which beneficiaries of European funds are normally subject to.

    “Our control mechanisms, the Court of Auditors, the Parliament and the anti-corruption Authority, do not work, and yet the European partners have injected millions of euros into state coffers, without imposing transparency mechanisms”, reports then Ali Idrissa Nani , president of the Réseau des Organizations pour la Transparence et l’Analyse du Budget (ROTAB), a network of associations that seeks to monitor state spending in Niger.

    “It leaves me embittered, but for some years we we’ve had the impression that civil liberties, human rights, and participation are no longer a European priority“, continues Nani, who —- at the end of 2020 — has just filed a complaint with the Court of Niamey, to ask the Prosecutor to open an investigation into the possible disappearance of at least 120 million euros in funds from the Ministry of Defense, a Pandora’s box uncovered by local and international journalists.

    For Nani, who like other Nigerien activists spent most of 2018 in prison for encouraging demonstrations against high living costs, this explosion of European and Italian cooperation didn’t do the country any good, and in fact favoured authoritarian tendencies, and limited even more the independence of the judiciary.

    For their part, the Nigerien rulers have more than others seized the opportunity offered by European donors to obtain legitimacy and support. Right after the Valletta summit, they were the first to present an action plan to reduce migration to Libya, which they abruptly implemented in mid-2016, applying the anti-trafficking law whose preliminary study was financed by Italy, with the aim of emptying the city of #Agadez of migrants from other countries.

    The transport of people to the Libyan border, an activity that until that point happened in the light of day and was sanctioned at least informally by the local authorities, thus became illegal from one day to the next. Hundreds of drivers, intermediaries, and facilitators were arrested, and an entire economy crashed

    But did the movement of people really decrease? Almost impossible to tell. The only data available are those of the International Organization for Migration, which continues to record the number of transits at certain police posts. But drivers and foreign travelers no longer pass through them, fearing they will be arrested or stopped. Routes and journeys, as always happens, are remodeled, only to reappear elsewhere. Over the border with Chad, or in Algeria, or in a risky zigzagging of small tracks, to avoid patrols.

    For Hamidou Manou Nabara, a Nigerien sociologist and researcher, the problems with this type of cooperation are manifold.

    On the one hand, it restricted the free movement guaranteed within the Economic Community of West African States, a sort of ‘Schengen area’ between 15 countries in the region, making half of Niger, from Agadez to the north, a no-go areas for foreign citizens, even though they still had the right to move throughout the national territory.

    Finally, those traveling north were made even more vulnerable. “The control of borders and migratory movements was justified on humanitarian grounds, to contrast human trafficking, but in reality very few victims of trafficking were ever identified: the center of this cooperation is repression”, explains Nabara.

    Increasing controls, through military and police operations, actually exposes travelers to greater violations of human rights, both by state agents and passeurs, making the Sahara crossings longer and riskier.

    The fight against human trafficking, a slogan repeated by European and African leaders and a central expenditure item of the Italian intervention between Africa and the Mediterranean — 142 million euros in five years —- actually risks having the opposite effect. Because a trafiicker’s bread and butter, in addition to people’s desire to travel, is closed borders and denied visas.

    A reinvented frontier

    Galvanized by the activism of the European Commission after the launch of the Trust Fund but under pressure internally, faced with a discourse on migration that seemed to invade every public space — from the front pages of newspapers to television talk-shows — and unable to agree on how to manage migration within the Schengen area, European rulers thus found an agreement outside the continent: to add more bricks to that wall that must reduce movements through the Mediterranean.

    Between 2015 and 2016, Italian, Dutch, German, French and European Union ministers, presidents and senior officials travel relentlessly between countries considered priorities for migration, and increasingly for security, and invite their colleagues to the European capitals. A coming and going of flights to Niger, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Ethiopia, Sudan, Tunisia, Senegal, Chad, Guinea, to make agreements, negotiate.

    “Niamey had become a crossroads for European diplomats”, remembers Ali Idrissa Nani, “but few understood the reasons”.

    However, unlike the border with Turkey, where the agreement signed with the EU at the beginning of 2016 in no time reduced the arrival of Syrian, Afghan, and Iraqi citizens in Greece, the continent’s other ‘hot’ border, promises of speed and effectiveness by the Trust Fund for Africa did not seem to materialize. Departures from Libya, in particular, remained constant. And in the meantime, in the upcoming election in a divided Italy, the issue of migration seemed to be tipping the balance, capable of shifting votes and alliances.

    It is at that point that the Italian Ministry of the Interior, newly led by Marco Minniti, put its foot on the accelerator. The Viminale, the Italian Ministry of the Interior, became the orchestrator of a new intervention plan, refined between Rome and Brussels, with German support, which went back to focusing everything on Libya and on that stretch of sea that separates it from Italy.

    “In those months the phones were hot, everyone was looking for Marco“, says an official of the Interior Ministry, who admits that “the Ministry of the Interior had snatched the Libyan dossier from Foreign Affairs, but only because up until then the Foreign Ministry hadn’t obtained anything” .

    Minniti’s first move was the signing of the new Memorandum with Libya, which gave way to a tripartite plan.

    At the top of the agenda was the creation of a maritime interception device for boats departing from the Libyan coast, through the reconstruction of the Coast Guard and the General Administration for Coastal Security (GACS), the two patrol forces belonging to the Ministry of Defense and that of the Interior, and the establishment of a rescue coordination center, prerequisites for Libya to declare to the International Maritime Organization that it had a Search and Rescue Area, so that the Italian Coast Guard could ask Libyan colleagues to intervene if there were boats in trouble.

    Accompanying this work in Libya is a jungle of Italian and EU missions, surveillance systems and military operations — from the European Frontex, Eunavfor Med and Eubam Libya, to the Italian military mission “Safe Waters” — equipped with drones, planes, patrol boats, whose task is to monitor the Libyan Sea, which is increasingly emptied by the European humanitarian ships that started operating in 2014 (whose maneuvering spaces are in the meantime reduced to the bone due to various strategies) to support Libyan interception operations.

    The second point of the ‘Minniti agenda’ was to progressively empty Libya of migrants and refugees, so that an escape by sea would become increasingly difficult. Between 2017 and 2020, the Libyan assets, which are in large part composed of patrol boats donated by Italy, intercepted and returned to shore about 56,000 people according to data released by UN agencies. The Italian-European plan envisages two solutions: for economic migrants, the return to the country of origin; for refugees, the possibility of obtaining protection.

    There is one part of this plan that worked better, at least in terms of European wishes: repatriation, presented as ‘assisted voluntary return’. This vision was propelled by images, released in October 2017 by CNN as part of a report on the abuse of foreigners in Libya, of what appears to be a slave auction. The images reopened the unhealed wounds of the slave trade through Atlantic and Sahara, and helped the creation of a Joint Initiative between the International Organization for Migration, the European Union, and the African Union, aimed at returning and reintegrating people in the countries of origin.

    Part of the Italian funding for IOM was injected into this complex system of repatriation by air, from Tripoli to more than 20 countries, which has contributed to the repatriation of 87,000 people over three years. 33,000 from Libya, and 37,000 from Niger.

    A similar program for refugees, which envisages transit through other African countries (Niger and Rwanda gave their availability) and from there resettlement to Europe or North America, recorded much lower numbers: 3,300 evacuations between the end of 2017 and the end of 2020. For the 47,000 people registered as refugees in Libya, leaving the country without returning to their home country, to the starting point, is almost impossible.

    Finally, there is a third, lesser-known point of the Italian plan: even in Libya, Italy wants to intervene on the root causes of migration, or rather on the economies linked to the transit and smuggling of migrants. The scheme is simple: support basic services and local authorities in migrant transit areas, in exchange for this transit being controlled and reduced. The transit of people brings with it the circulation of currency, a more valuable asset than usual in a country at war, and this above all in the south of Libya, in the immense Saharan region of Fezzan, the gateway to the country, bordering Algeria, Niger, and Chad and almost inaccessible to international humanitarian agencies.

    A game in which intelligence plays central role (as also revealed by the journalist Lorenzo D’Agostino on Foreign Policy), as indeed it did in another negotiation and exchange of money: those 5 million euros destined — according to various journalistic reconstructions — to a Sabratha militia, the Anas Al-Dabbashi Brigade, to stop departures from the coastal city.

    A year later, its leader, Ahmed Al-Dabbashi, will be sanctioned by the UN Security Council, as leader for criminal activities related to human trafficking.

    The one built in record time by the ministry led by Marco Minniti is therefore a complicated and expensive puzzle. To finance it, there are above all the Trust Fund for Africa of the EU, and the Italian Africa Fund, initially headed only by the Ministry of Foreign Affairs and unpacked among several ministries for the occasion, but also the Internal Security Fund of the EU, which funds military equipment for all Italian security forces, as well as funds and activities from the Ministry of Defense.

    A significant part of those 666 million euros dedicated to border control, but also of funds to support governance and fight traffickers, converges and enters this plan: a machine that was built too quickly, among whose wheels human rights and Libya’s peace process are sacrificed.

    “We were looking for an immediate result and we lost sight of the big picture, sacrificing peace on the altar of the fight against migration, when Libya was in pieces, in the hands of militias who were holding us hostage”. This is how former Deputy Minister Mario Giro describes the troubled handling of the Libyan dossier.

    For Marwa Mohamed, a Libyan activist, all these funds and interventions were “provided without any real clause of respect for human rights, and have fragmented the country even more, because they were intercepted by the militias, which are the same ones that manage both the smuggling of migrants that detention centers, such as that of Abd el-Rahman al-Milad, known as ‘al-Bija’ ”.

    Projects aimed at Libyan municipalities, included in the interventions on the root causes of migration — such as the whole detention system, invigorated by the introduction of people intercepted at sea (and ‘improved’ through millions of euros of Italian funds) — offer legitimacy, when they do not finance it directly, to the ramified and violent system of local powers that the German political scientist Wolfram Lacher defines as the ‘Tripoli militia cartel‘. [for more details on the many Italian funds in Libya, read here].
    Fondi italiani in Libia Read more

    “Bringing migrants back to shore, perpetuating a detention system, does not only mean subjecting people to new abuses, but also enriching the militias, fueling the conflict”, continues Mohamed, who is now based in London, where she is a spokesman of the Libyan Lawyers for Justice organization.

    The last few years of Italian cooperation, she argues, have been “a sequence of lost opportunities”. And to those who tell you — Italian and European officials especially — that reforming justice, putting an end to that absolute impunity that strengthens the militias, is too difficult, Mohamed replies without hesitation: “to sign the Memorandum of Understanding, the authorities contacted the militias close to the Tripoli government one by one and in the meantime built a non-existent structure from scratch, the Libyan Coast Guard: and you’re telling me that you can’t put the judicial system back on its feet and protect refugees? ”

    The only thing that mattered, however, in that summer of 2017, were the numbers. Which, for the first time since 2013, were falling again, and quickly. In the month of August there were 80 percent fewer landings than the year before. And so it would be for the following months and years.

    “Since then, we have continued to allocate, renewing programs and projects, without asking for any guarantee in exchange for the treatment of migrants”, explains Matteo De Bellis, researcher at Amnesty International, remembering that the Italian promise to modify the Memorandum of Understanding, introducing clauses of protection, has been on stop since the controversial renewal of the document, in February 2020.

    Repatriations, evacuations, promises

    We are 1500 kilometers of road, and sand, south of Tripoli. Here Salah* spends his days escaping a merciless sun. The last three years of the life of the thirty-year-old Sudanese have not offered much else and now, like many fellow sufferers, he does not hide his fatigue.

    We are in a camp 15 kilometers from Agadez, in Niger, in the middle of the Sahara desert, where Salah lives with a thousand people, mostly Sudanese from the Darfur region, the epicenter of one of the most dramatic and lethal conflicts of recent decades.

    Like almost all the inhabitants of this temporary Saharan settlement, managed by the UN High Commissioner for Refugees and — at the end of 2020 — undergoing rehabilitation also thanks to Italian funds, he passed through Libya and since 2017, after three years of interceptions at sea and detention, he’s been desperately searching for a way out, for a future.

    Salah fled Darfur in 2016, after receiving threats from pro-government armed militias, and reached Tripoli after a series of vicissitudes and violence. In late spring 2017, he sailed from nearby Zawiya with 115 other people. They were intercepted, brought back to shore and imprisoned in a detention center, formally headed by the government but in fact controlled by the Al-Nasr militia, linked to the trafficker Al-Bija.

    “They beat us everywhere, for days, raped some women in front of us, and asked everyone to call families to get money sent,” Salah recalls. Months later, after paying some money and escaping, he crossed the Sahara again, up to Agadez. UNHCR had just opened a facility and from there, as rumour had it, you could ask to be resettled to Europe.

    Faced with sealed maritime borders, and after experiencing torture and abuse, that faint hope set in motion almost two thousand people, who, hoping to reach Italy, found themselves on the edges of the Sahara, along what many, by virtue of investments and negotiations, had started to call the ‘new European frontier’.

    Three years later, a little over a thousand people remain of that initial group. Only a few dozen of them had access to resettlement, while many returned to Libya, and to all of its abuses.

    Something similar is also happening in Tunisia, where since 2017, the number of migrants and refugees entering the country has increased. They are fleeing by land and sometimes by sea from Libya, going to crowd UN structures. Then, faced with a lack of real prospects, they return to Libya.

    For Romdhane Ben Amor, spokesman for the Tunisian Federation for Economic and Social Rights, “in Tunisia European partners have financed a non-reception: overcrowded centers in unworthy conditions, which have become recruitment areas for traffickers, because in fact there are two options offered there: go home or try to get back to the sea “.

    In short, even the interventions for the protection of migrants and refugees must be read in a broader context, of a contraction of mobility and human rights. “The refugee management itself has submitted to the goal of containment, which is the true original sin of the Italian and European strategy,” admits a UNHCR official.

    This dogma of containment, at any cost, affects everyone — people who travel, humanitarian actors, civil society, local governments — by distorting priorities, diverting funds, and undermining future relationships and prospects. The same ones that European officials call partnerships and which in the case of Africa, as reiterated in 2020 by President Ursula Von Der Leyen, should be “between equals”.

    Let’s take another example: the Egypt of President Abdel Fetah Al-Sisi. Since 2016, it has been increasingly isolated on the international level, also due to violent internal repression, which Italy knows something about. Among the thousands of people who have been disappeared or killed in recent years, is researcher Giulio Regeni, whose body was thrown on the side of a road north of Cairo in February 2016.

    Around the time of the murder, in which the complicity and cover-ups by the Egyptian security forces were immediately evident, the Italian Ministry of the Interior restarted its dialogue with the country. “It’s absurd, but Italy started to support Egypt in negotiations with the European Union,” explains lawyer Muhammed Al-Kashef, a member of the Egyptian Initiative for Personal Right and now a refugee in Germany.

    By inserting itself on an already existing cooperation project that saw italy, for example, finance the use of fingerprint-recording software used by the Egyptian police, the Italian Ministry of the Interior was able to create a police academy in Cairo, inaugurated in 2018 with European funds, to train the border guards of over 20 African countries. Italy also backed Egyptian requests within the Khartoum Process and, on a different front, sells weapons and conducts joint naval exercises.

    “Rome could have played a role in Egypt, supporting the democratic process after the 2011 revolution, but it preferred to fall into the migration trap, fearing a wave of migration that would never happen,” says Al-Kashef.

    With one result: “they have helped transform Egypt into a country that kills dreams, and often dreamers too, and from which all young people today want to escape”. Much more so than in 2015 or that hopeful 2011.

    Cracks in the wall, and how to widen them

    If you have read this far, following personal stories and routes of people and funds, you will have understood one thing, above all: that the beating heart of this strategy, set up by Italy with the participation of the European Union and vice versa, is the reduction of migrations across the Mediterranean. The wall, in fact.

    Now try to add other European countries to this picture. Since 2015 many have fully adopted — or returned to — this process of ‘externalization’ of migration policies. Spain, where the Canary Islands route reopened in 2019, demonstrating the fragility of the model you read about above; France, with its strategic network in the former colonies, the so-called Françafrique. And then Germany, Belgium, Holland, United Kingdom, Austria.

    Complicated, isn’t it? This great wall’s bricks and builders keep multiplying. Even more strategies, meetings, committees, funds and documents. And often, the same lack of transparency, which makes reconstructing these loans – understanding which cement, sand, and lime mixture was used, i.e. who really benefited from the expense, what equipment was provided, how the results were monitored – a long process, when it’s not impossible.

    The Pact on Migration and Asylum of the European Union, presented in September 2020, seems to confirm this: cooperation with third countries and relaunching repatriations are at its core.

    Even the European Union budget for the seven-year period 2021-2027, approved in December 2020, continues to focus on this expenditure, for example by earmarking for migration projects 10 percent of the new Neighborhood, Development and International Cooperation Instrument, equipped with 70 billion euros, but also diverting a large part of the Immigration and Asylum Fund (8.7 billion) towards support for repatriation, and foreseeing 12.1 billion euros for border control.

    While now, with the new US presidency, some have called into question the future of the wall on the border with Mexico, perhaps the most famous of the anti-migrant barriers in the world, the wall built in the Mediterranean and further south, up to the equator, has seemingly never been so strong.

    But economists, sociologists, human rights defenders, analysts and travelers all demonstrate the problems with this model. “It’s a completely flawed approach, and there are no quick fixes to change it,” says David Kipp, a researcher at the German Institute for International Affairs, a government-funded think-tank.

    For Kipp, however, we must begin to deflate this migration bubble, and go back to addressing migration as a human phenomenon, to be understood and managed. “I dream of the moment when this issue will be normalized, and will become something boring,” he admits timidly.

    To do this, cracks must be opened in the wall and in a model that seems solid but really isn’t, that has undesirable effects, violates human rights, and isolates Europe and Italy.

    Anna Knoll, researcher at the European Center for Development Policy Management, explains for example that European policies have tried to limit movements even within Africa, while the future of the continent is the freedom of movement of goods and people, and “for Europe, it is an excellent time to support this, also given the pressure from other international players, China first of all”.

    For Sabelo Mbokazi, who heads the Labor and Migration department of the Social Affairs Commission of the African Union (AU), there is one issue on which the two continental blocs have divergent positions: legal entry channels. “For the EU, they are something residual, we have a much broader vision,” he explains. And this will be one of the themes of the next EU-AU summit, which was postponed several times in 2020.

    It’s a completely flawed approach, and there are no quick fixes to change it
    David Kipp - researcher at the German Institute for International Affairs

    Indeed, the issue of legal access channels to the Italian and European territory is one of the most important, and so far almost imperceptible, cracks in this Big Wall. In the last five years, Italy has spent just 15 million euros on it, 1.1 percent of the total expenditure dedicated to external dimensions of migration.

    The European Union hasn’t done any better. “Legal migration, which was one of the pillars of the strategy born in Valletta in 2015, has remained a dead letter, but if we limit ourselves to closing the borders, we will not go far”, says Stefano Manservisi, who as a senior official of the EU Commission worked on all the migration dossiers during those years.

    Yet we all know that a trafficker’s worst enemy are passport stamps, visas, and airline tickets.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=HmR96ySikkY

    Helen Dempster, who’s an economist at the Center for Global Development, spends her days studying how to do this: how to open legal channels of entry, and how to get states to think about it. And there is an effective example: we must not end up like Japan.

    “For decades, Japan has had very restrictive migration policies, it hasn’t allowed anyone in”, explains Dempster, “but in recent years it has realized that, with its aging population, it soon won’t have enough people to do basic jobs, pay taxes, and finance pensions”. And so, in April 2019, the Asian country began accepting work visa applications, hoping to attract 500,000 foreign workers.

    In Europe, however, “the hysteria surrounding migration in 2015 and 2016 stopped all debate“. Slowly, things are starting to move again. On the other hand, several European states, Italy and Germany especially, have one thing in common with Japan: an increasingly aging population.

    “All European labor ministries know that they must act quickly, but there are two preconceptions: that it is difficult to develop adequate projects, and that public opinion is against it.” For Dempster, who helped design an access program to the Belgian IT sector for Moroccan workers, these are false problems. “If we want to look at it from the point of view of the security of the receiving countries, bringing a person with a passport allows us to have a lot more information about who they are, which we do not have if we force them to arrive by sea”, she explains.

    Let’s look at some figures to make it easier: in 2007, Italy made 340,000 entry visas available, half of them seasonal, for non-EU workers, as part of the Flows Decree, Italy’s main legal entry channel adopted annually by the government. Few people cried “invasion” back then. Ten years later, in 2017, those 119,000 people who reached Italy through the Mediterranean seemed a disproportionate number. In the same year, the quotas of the Flow decree were just 30,000.

    Perhaps these numbers aren’t comparable, and building legal entry programs is certainly long, expensive, and apparently impractical, if we think of the economic and social effects of the coronavirus pandemic in which we are immersed. For Dempster, however, “it is important to be ready, to launch pilot programs, to create infrastructures and relationships”. So that we don’t end up like Japan, “which has urgently launched an access program for workers, without really knowing how to manage them”.

    The Spanish case, as already mentioned, shows how a model born twenty years ago, and then adopted along all the borders between Europe and Africa, does not really work.

    As international mobility declined, aided by the pandemic, at least 41,000 people landed in Spain in 2020, almost all of them in the Canary Islands. Numbers that take us back to 2006 and remind us how, after all, this ‘outsourcing’ offers costly and ineffective solutions.

    It’s reminiscent of so-called planned obsolescence, the production model for which a technological object isn’t built to last, inducing the consumer to replace it after a few years. But continually renewing and re-financing these walls can be convenient for multinational security companies, shipyards, political speculators, authoritarian regimes, and international traffickers. Certainly not for citizens, who — from the Italian and European institutions — would expect better products. May they think of what the world will be like in 10, 30, 50 years, and avoid trampling human rights and canceling democratic processes in the name of a goal that — history seems to teach — is short-lived. The ideas are not lacking. [At this link you’ll find the recommendations developed by ActionAid: https://thebigwall.org/en/recommendations/].

    https://thebigwall.org/en
    #Italie #externalisation #complexe_militaro-industriel #migrations #frontières #business #Afrique #budget #Afrique_du_Nord #Libye #chiffres #Niger #Soudan #Ethiopie #Sénégal #root_causes #causes_profondes #contrôles_frontaliers #EU_Trust_Fund_for_Africa #Trust_Fund #propagande #campagne #dissuasion

    –—

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749
    Et plus précisément :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765328

    ping @isskein @karine4 @rhoumour @_kg_

  • Sur l’#OIM, en quelques mots, par #Raphaël_Krafft...

    "L’OIM est créé en 1951 pour faire contre-poids au #HCR, qui est soupçonné par les américains d’être à la solde des communistes. L’OIM a pour fonction d’organiser les #migrations. Elle a notamment eu pour premier rôle de ramener depuis l’Europe beaucoup de réfugiés suite à la seconde guerre mondiale vers les Etats-Unis, vers le Canada, l’Amérique latine, etc. Et elle a été affiliée à l’ONU depuis quelques années seulement et a un rôle particulier parce que surtout elle sert les intérêts de ses principaux bailleurs : les Etats-Unis pour ce qui concerne l’Amérique centrale et l’Europe pour ce qui concerne l’Afrique. L’OIM a plusieurs fonctions, à la fois de renforcer les capacités des #frontières intra-africaines, à la fois d’organiser les #retours_volontaires... les retours dits volontaires... Beaucoup de #vols sont organisés depuis le #Maroc, depuis la #Libye principalement pour les personnes qui ont été enfermées par les autorités libyennes pour les ramener au pays : ça peut être la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, beaucoup le Nigeria. Et l’OIM communique sur des retours volontaires, mais c’est pas toujours le cas, c’est-à-dire que ce sont des jeunes dont on rend visite dans des prisons, on leur dit « voilà, si tu rentres en Guinée, on te donnera 50 euro, et puis un téléphone portable avec une puce pour que tu puisses voir tes parents... beaucoup de promesses d’#emploi. L’OIM travaille beaucoup sur la création d’emploi dans les pays d’origine, avec un vocabulaire très libéral, très technique, mais les emplois c’est surtout pour conduire des moto-taxi. »

    (...)

    "Il y a tout un travail de #propagande qui est organisé par l’OIM et financé par l’Union européenne pour inciter cette jeunesse à rester chez elle. Ces #campagnes de propagande sont orchestrées notamment par la cooptation du monde des #arts et de la #culture, ainsi les rappeurs les plus célèbres de #Guinée se sont vus financer des #chansons qui prônent la #sédentarité, qui alertent sur les dangers de la route. Sauf que cette même organisation qui alerte sur les dangers de la route est la principale responsable des dangers de la route, puisque l’installation de postes-frontière, la #biométrie aux postes-frontière, le #lobbying auprès des parlementaires nigériens, nigérians, ivoiriens, guinéens pour durcir les lois... peut-être que les auditeurs de France Inter ont entendu qu’il y a eu une #criminalisation des #passeurs au Niger... c’est le fait d’un lobbying de l’OIM auprès des parlementaires pour rendre plus compliqué le passage de ces frontières, des frontières qui sont millénaires...

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-humeur-vagabonde/l-humeur-vagabonde-27-fevrier-2021
    #IOM #réinsertion #art #campagne

    ping @rhoumour @karine4 @isskein @_kg_

    • Contrôle des frontières et des âmes : le #soft_power de l’OIM en Afrique

      Comment l’organisation internationale pour les migrations tente à travers toute l’Afrique d’éviter les départs en s’appuyant sur les artistes et les chanteurs. Un décryptage à retrouver dans la Revue du Crieur, dont le numéro 15 sort ce jeudi en librairies.

      Le terminal des vols domestiques de l’aéroport Gbessia de Conakry est le lieu idéal où débarquer discrètement d’un avion en Guinée. Situé à l’écart, il n’a plus de fonction commerciale depuis que la compagnie Air Guinée qui assurait les rares vols intérieurs a fait faillite en 1992. Et quand ce ne sont pas des VIP qui pénètrent dans son hall, ce sont les migrants « rapatriés volontaires » de Libye, à l’abri des regards, pour un retour au pays perçu comme honteux parce qu’il signe l’échec de leur projet migratoire. Ils sont cent onze ce soir-là à descendre de l’avion affrété par l’Organisation internationale pour les migrations ( OIM ), en provenance de l’aéroport de Mitiga à Tripoli. En file indienne sur le tarmac, ils masquent leurs visages face à la caméra de la télévision d’État guinéenne, toujours présente depuis que l’OIM rapatrie des migrants guinéens de Libye, près de douze mille en trois ans.

      Les officiers « de protection » de l’OIM les attendent dans le hall du terminal, secondés par les bénévoles de l’Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière, créée de toutes pièces par l’Union européenne et l’OIM afin d’organiser des campagnes « de sensibilisation » à moindres frais qui visent à décourager les candidats à l’émigration. Leurs membres sont tous d’anciens migrants revenus au pays après avoir échoué dans leur aventure en Libye, en Algérie ou au Maroc. Ils sillonnent le pays, les plateaux de télévision ou les studios de radio dans le but d’alerter contre les dangers du voyage et les horreurs vécues en Libye.

      Elhadj Mohamed Diallo, le président de l’organisation, harangue les « rapatriés volontaires » dès leur arrivée dans le hall : « Votre retour n’est pas un échec ! La Guinée a besoin de vous ! Tous ensemble nous allons travailler ! Regardez-moi, je suis l’un de vous, j’ai vécu ce que vous avez vécu ! Et maintenant que vous êtes rentrés, vous allez nous aider parce qu’il faut raconter votre histoire à nos jeunes pour les empêcher de partir et qu’ils vivent la même chose que nous. »

      Tous se sont assis, hagards, dans l’attente des instructions des officiers « de protection » de l’OIM. Ils sont épuisés par des semaines voire des mois d’un voyage éprouvant qui s’est terminé dans les prisons de Libye où la plupart d’entre eux ont fait l’expérience de la torture, la malnutrition, le travail forcé et la peur de mourir noyé en mer Méditerranée lors de leurs tentatives parfois multiples de passage en Europe. Certains écoutent, voire répondent au discours du président de l’association. La plupart ont la tête ailleurs.

      Lorsque nous interrogeons l’un d’entre eux, il s’offusque du qualificatif de « volontaire » utilisé dans le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration ( AVRR ) de l’OIM : « Mais je n’étais pas volontaire ! Je ne voulais pas rentrer ! Ce sont les Libyens du DCIM [ Directorate for Combating Illegal Immigration ] qui m’ont forcé à signer le papier ! Je n’avais pas d’autre choix que de monter dans l’avion. Dès que j’aurai rassemblé un peu d’argent, je repartirai pour encore tenter ma chance. J’essayerai par le Maroc cette fois. »

      C’est toute l’ambiguïté de ce programme : le guide du Haut-Commissariat aux réfugiés ( HCR ) qui encadre les retours dits volontaires précise que « si les droits des réfugiés ne sont pas reconnus, s’ils sont soumis à des pressions, des restrictions et confinés dans des camps, il se peut qu’ils veuillent rentrer chez eux, mais ce ne peut être considéré comme un acte de libre choix ». Ce qui est clairement le cas en Libye où les réfugiés sont approchés par les autorités consulaires de leur pays d’origine alors qu’ils se trouvent en détention dans des conditions sanitaires déplorables.

      Lorsqu’ils déclinent l’offre qui leur est faite, on les invite à réfléchir pour la fois où elles reviendront. À raison le plus souvent d’un repas par jour qui consiste en une assiette de macaronis, d’eau saumâtre pour se désaltérer et d’un accès aux soins dépendant de l’action limitée des organisations internationales, sujets aux brimades de leurs geôliers, les migrants finissent souvent par accepter un retour « volontaire » dans leur pays d’origine.

      L’OIM leur remet l’équivalent de cinquante euros en francs guinéens, parfois un téléphone avec ce qu’il faut de crédit pour appeler leur famille, et leur promet monts et merveilles quant à leur avenir au pays. C’est le volet réintégration du programme AVRR. Il entend « aider à la réintégration à court et/ou moyen terme, y compris création d’entreprise, formation professionnelle, études, assistance médicale et autre forme d’aide adaptée aux besoins particuliers des migrants de retour ».

      Plus que l’appât d’un modeste gain, ce sont l’épuisement et le désespoir qui ont poussé Maurice Koïba à se faire rapatrier de Libye. Intercepté par les gardes-côtes libyens alors qu’il tentait de gagner l’Europe dans un canot pneumatique bondé, Maurice a été vendu par ces mêmes gardes-côtes à un certain Mohammed basé à Sabratha, quatre-vingts kilomètres à l’ouest de la capitale Tripoli. Pendant un mois et demi, il est battu tous les matins avec ses parents au téléphone de façon à ce qu’ils entendent ses cris provoqués par les sévices qu’on lui inflige, afin de les convaincre de payer la rançon qui le libérera. Son père au chômage et sa mère ménagère parviendront à réunir la somme de mille euros pour le faire libérer, l’équivalent de près de dix mois du salaire minimum en Guinée. Une fois sorti de cette prison clandestine, Maurice tente de nouveau sa chance sur un bateau de fortune avant d’être une fois encore intercepté par les gardes-côtes libyens. Cette fois-ci, il est confié aux agents du DCIM qui l’incarcèrent dans un camp dont la rénovation a été financée par l’OIM via des fonds européens.

      Là, les conditions ne sont pas meilleures que dans sa prison clandestine de Sabratha : il ne mange qu’un maigre repas par jour, l’eau est toujours saumâtre et les rares soins prodigués le sont par des équipes de Médecins sans frontières qui ont un accès limité aux malades. C’est dans ces conditions que les autorités consulaires de son pays et les agents de l’OIM lui rendent visite ainsi qu’à ses compatriotes afin de les convaincre de « bénéficier » du programme de « retour volontaire » : « Lorsque les agents de l’OIM venaient dans le camp avec leurs gilets siglés, ils n’osaient jamais s’élever contre les violences et les tortures que les geôliers libyens nous faisaient subir », se souvient Maurice, et cela nonobstant le programme de formation aux droits de l’homme toujours financé par l’Union européenne et conduit par l’OIM auprès des gardiens des centres de détention pour migrants illégaux.

      « Nous avons éprouvé des sentiments mêlés et contradictoires, ajoute-t-il, lorsque les représentants consulaires de nos pays respectifs sont venus nous recenser et nous proposer de rentrer, à la fois heureux de pouvoir être extraits de cet enfer et infiniment tristes de devoir renoncer, si près du but, à nos rêves d’avenir meilleur. Sans compter la honte que nous allions devoir affronter une fois rentrés dans nos familles et dans les quartiers de nos villes. »

      Ce n’est que le jour de leur départ que Maurice et ses compatriotes d’infortune sortent du camp pour être remis à l’OIM. L’organisation prend soin de les rendre « présentables » en vue de leur retour au pays : « Pour la première fois depuis des semaines, j’ai pu me doucher, manger à ma faim et boire de l’eau potable. L’OIM nous a remis un kit d’hygiène et des vêtements propres avant de nous emmener à l’aéroport Mitiga de Tripoli », confie Maurice.

      Arrivé à Conakry, il prend la route de Nzérékoré, à l’autre bout du pays, où vit sa famille. Une fièvre typhoïde contractée en Libye se déclare le jour de son arrivée. Malgré ses multiples appels à l’aide et contrairement aux clauses du programme AVRR, l’OIM ne donne pas suite à sa demande de prise en charge de son hospitalisation, alors que la Guinée n’est pas dotée d’un système de sécurité sociale. Le voici doublement endetté : aux mille euros de sa rançon s’ajoutent maintenant les frais de l’hôpital et du traitement qu’il doit suivre s’il ne veut pas mourir.

      Comme la majorité des candidats guinéens à l’exil, Maurice est pourvu d’un diplôme universitaire et avait tenté d’émigrer dans le but de poursuivre ses études au Maroc, en Algérie ou en Europe. Il pensait que son retour en Guinée via le programme d’aide au retour volontaire aurait pu lui ouvrir la voie vers de nouvelles opportunités professionnelles ou de formation. Il voulait étudier l’anglais. En vain. Il retourne enseigner le français dans une école secondaire privée, contre un salaire de misère, avant de comprendre que l’OIM n’aide les retournés volontaires que s’ils donnent de leur temps afin de promouvoir le message selon lequel il est mal de voyager.

      Après avoir enfilé le tee-shirt siglé du slogan « Non à l’immigration clandestine, oui à une migration digne et légale » et participé ( ou avoir été « invité » à participer ) à des campagnes de sensibilisation, on lui a financé ses études d’anglais et même d’informatique. S’il n’est que bénévole, les per diem reçus lors de ses déplacements afin de porter la bonne parole de la sédentarité heureuse, ainsi que l’appartenance à un réseau, lui assurent une sécurité enviable dans un pays dont tous les indices de développement baissent inexorablement depuis plus d’une décennie.
      Le soft power de l’OIM

      Les maux de la Guinée, l’humoriste Sow Pedro les égrène dans la salle de spectacle du Centre culturel franco-guinéen ( CCFG ). Il fait se lever la salle et lui intime d’entonner un « N’y va pas ! » sonore à chaque fléau évoqué : « – Je veux aller en Europe !… – N’y va pas ! – Loyer cher je vais chez les Blancs… – N’y va pas ! – Là-bas au moins on nous met dans des camps… – N’y va pas ! – Politiciens vous mentent tous les jours – N’y va pas ! – C’est pour ça que j’irai là-bas ! » Ainsi conclut-il sur le refrain d’un des plus grands succès de Jean-Jacques Goldman, Là-bas, qu’il enchaîne, moqueur, face au tout Conakry qui s’est déplacé pour l’applaudir avant de se retrouver au bar du Centre culturel, lors de l’entracte, et d’y échanger sur ce fléau que constitue l’immigration illégale entre personnes pouvant, du moins la plupart d’entre elles, circuler librement autour de la planète.

      Le spectacle de Sow Pedro est sponsorisé par l’OIM. Afin de mener à bien l’écriture du show, l’humoriste a bénéficié de l’expertise du bureau guinéen de l’organisation internationale : « L’équipe de l’OIM m’a fourni une documentation et nous avons beaucoup échangé ensemble pour que mon spectacle colle au plus près de la réalité vécue par mes compatriotes sur les routes de l’exil. J’étais ignorant sur ce sujet et à mille lieues d’imaginer l’ampleur des horreurs que les migrants peuvent subir sur leur chemin. »

      « Ne t’en va pas », c’est encore le refrain de Fallé, le titre phare de Degg J Force 3, le groupe de rap le plus populaire de Guinée, qui clôt la soirée au Centre culturel franco-guinéen. « Ne pars pas. La mer te tuera, c’est la mort qui t’attend », exhorte la chanson. La qualité des images du clip jure avec la production habituelle d’un groupe de cette envergure en Afrique. Et pour cause, l’Union européenne l’a financé à hauteur de quinze mille dollars et a chargé l’OIM de la mise en œuvre de sa production.

      Moussa Mbaye, l’un des deux chanteurs du groupe explique la genèse de cette chanson : « Lorsqu’en 1999 Yaguine Koïta et Fodé Tounkara avaient été retrouvés morts dans le train d’atterrissage d’un avion de la [ compagnie aérienne belge ] Sabena, ça nous avait particulièrement marqués que deux jeunes puissent mourir parce qu’ils voulaient partir en Europe. C’est ce qui nous a poussés à écrire cette chanson qui n’était jamais sortie dans aucun de nos albums, elle n’avait jusqu’alors circulé que dans les “ ghettos ”. Ce n’est finalement que beaucoup plus tard, à force d’apprendre chaque semaine la mort d’un jeune de notre quartier en Libye, dans le Sahara ou au Maroc, qu’on s’est décidés à la réécrire. Comme on n’y connaissait rien sur les questions migratoires, on est allés voir l’OIM pour qu’ils nous fournissent des informations à ce sujet. »

      Moussa et les membres de son groupe sont reçus par Fatou Diallo N’Diaye, la cheffe de mission de l’OIM en Guinée, qui choisira de travailler avec eux « parce qu’ils sont connus et que nous savions que leur chanson serait écoutée par notre public cible ». Fatou Diallo N’Diaye porte la chanson Fallé dans son cœur pour avoir largement contribué à son écriture : « L’écriture du morceau Fallé a été un travail d’équipe, un véritable brainstorming. Il y a certaines paroles que j’ai écrites moi-même tandis que d’autres l’ont été par Lucas Chandellier, notre chargé de communication. Aujourd’hui, ce morceau appartient à l’Union européenne et à l’OIM. »

      Depuis le succès commercial de Fallé, Fatou Diallo N’Diaye confesse voir de plus en plus d’artistes venir frapper à sa porte pour écrire et composer des chansons sur le thème de la migration irrégulière. Les chanteurs et musiciens ne sont pas les seuls cooptés par l’institution : auteurs de bandes dessinées, humoristes, metteurs en scène de théâtre, griots, conteurs traditionnels, organisateurs de festivals, imams, radios locales, etc., sont également sollicités.

      La représentante d’un organisme de développement qui a souhaité garder l’anonymat nous a confié que l’OIM avait cependant refusé de contribuer au financement d’un film qu’elle produisait parce que l’on y voyait des migrants guinéens arrivés en Europe et que de telles images « pouvaient susciter un espoir chez les candidats au départ ». L’OIM organise aussi des formations de journalistes sur les « techniques de couverture des questions migratoires ». Depuis 2018, près de cinq cents d’entre eux, originaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ont été formés selon la vision de l’OIM sur cette question.

      Fondée en 1951 par les États-Unis pour faire contrepoids au HCR que les diplomates américains soupçonnaient d’être sous influence communiste, l’OIM a d’abord eu la fonction logistique d’organiser le transit vers l’Amérique de dizaines de milliers de personnes déplacées par la Seconde Guerre mondiale en Europe. Selon les mots du site de l’organisation : « Simple agence logistique au départ, elle a constamment élargi son champ d’action pour devenir l’organisme international chef de file œuvrant aux côtés des gouvernements et de la société civile afin de favoriser la compréhension de la problématique migratoire, d’encourager le développement économique et social par le biais de la migration et de veiller au respect de la dignité humaine et au bien-être des migrants. »

      Ce que l’OIM met moins en valeur, en revanche, ce sont les campagnes de sensibilisation et de propagande qu’elle a mises en place au début des années 1990 dans les pays d’Europe centrale et d’Europe de l’Est afin de mettre en garde les jeunes femmes contre les réseaux de traite et de prostitution. Selon le sociologue Antoine Pécoud, Youssou N’Dour, archétype du chanteur mondialisé, serait le premier artiste africain à avoir mis sa voix et sa renommée au service de la lutte contre la migration illégale en Afrique.

      Ce n’est pas l’OIM, cette fois, qui en fut à l’origine, mais le gouvernement espagnol et l’Union européenne qui, en 2007, et alors que de nombreux Sénégalais tentaient de rallier l’archipel des Canaries en pirogue, décidaient de produire et diffuser un clip afin de les dissuader de prendre la mer. Cette vidéo met en scène une mère de famille prénommée Fatou, sans nouvelles de son fils parti depuis huit mois, et se termine par un message de Youssou N’Dour : « Vous savez déjà comment [ l’histoire de Fatou ] se termine, ce sont des milliers de familles détruites. Je suis Youssou N’Dour, s’il vous plaît, ne risquez pas votre vie en vain. Vous êtes le futur de l’Afrique. »

      Depuis lors, la liste des artistes cooptés par diverses institutions internationales et européennes ne cesse de s’allonger : Coumba Gawlo, Fatou Guewel et Adiouza au Sénégal, Bétika en Côte d’Ivoire, Ousmane Bangara et Degg J Force 3 en Guinée, Jalimadi Kanuteh en Gambie, Miss Espoir au Bénin, Will B Black au Burkina Faso, Ousmane Cissé au Mali, Zara Moussa au Niger, ou encore Ewlad Leblad en Mauritanie pour ne citer qu’eux. Lors de la campagne Aware migrants lancée en 2017 par l’OIM, l’artiste malienne Rokia Traoré a composé la chanson Be aware. Dans une interview à l’émission 28 Minutes diffusée sur Arte, elle expliquait que son but à travers cette chanson n’était pas de vouloir empêcher les jeunes Africains de partir mais « qu’il était inhumain de ne pas les informer sur les dangers de la route ». Ce qu’elle ne dit pas, c’est que sa chanson et son clip avaient été sponsorisés par le ministère italien de l’Intérieur.
      Dissuader les Africains ou rassurer les Européens ?

      Sur un continent comme l’Afrique où les frontières sont historiquement poreuses et où 80 % des migrations sont internes au continent, l’Union européenne, via l’OIM notamment, s’emploie à restreindre la liberté de circulation en modernisant les postes frontières et en formant les gardes-frontières, introduisant la technologie biométrique ou faisant pression sur les gouvernements et les parlementaires africains afin de rendre toujours plus restrictive leur législation en matière de migration, comme au Niger en 2015 avec le vote d’une loi sur la criminalisation des « passeurs ».

      C’est toute la contradiction de ces campagnes de propagande sur les dangers de la route dont les auteurs sont les principaux responsables, explique le sociologue Antoine Pécoud : « S’il est louable de renseigner les candidats à l’exil sur les dangers de la route, il y a une contradiction fondamentale dans la nature même de ce danger dont on prétend avertir les migrants. Parce que ce danger est corrélé au contrôle de l’immigration. Plus on contrôle l’immigration, plus il est difficile pour les migrants de circuler légalement, plus ils vont tenter de migrer par des chemins détournés, plus ils vont prendre de risques et plus il y aura de morts. »

      Affiliée à l’ONU depuis 2016, l’OIM demeure, à l’instar des autres agences gravitant dans la galaxie de l’organisation internationale, directement et principalement financée par les pays les plus riches de l’hémisphère occidental qui lui délèguent une gestion des migrations conforme à leurs intérêts : ceux de l’Australie en Asie et en Océanie, des États-Unis en Amérique centrale et de l’Europe en Afrique pour ne citer que ces exemples. Son budget en 2018 était de 1,8 milliard d’euros. Il provient principalement de fonds liés à des projets spécifiques qui rendent l’OIM très accommodante auprès de ses donateurs et la restreint dans le développement d’une politique qui leur serait défavorable. C’est un outil parfait de contrôle à distance de la mise en œuvre de la politique d’externalisation des frontières chère à l’Union européenne. D’autant qu’au contraire du HCR, elle n’a pas à s’embarrasser des conventions internationales et notamment de celle de 1951 relative à la protection des réfugiés.

      D’après Nauja Kleist, chercheuse au Danish Institute for International Studies, c’est précisément « le manque de crédibilité des diffuseurs de ces messages qui les rend peu efficaces auprès des populations ciblées » d’autant que « les jeunes Africains qui décident de migrer sont suffisamment informés des dangers de la route – via les réseaux sociaux notamment – et que pour un certain nombre d’entre eux, mourir socialement au pays ou physiquement en Méditerranée revient au même ». Selon elle, « ces campagnes sont surtout un moyen parmi d’autres de l’Union européenne d’adresser un message à son opinion publique afin de lui montrer qu’elle ne reste pas inactive dans la lutte contre l’immigration irrégulière ».

      Selon Antoine Pécoud, « le développement de ces campagnes de propagande est d’une certaine manière le symbole de l’échec de la répression des flux migratoires. Malgré sa brutalité et les milliards investis dans les murs et les technologies de surveillance des frontières, il se trouve que de jeunes Africains continuent d’essayer de venir ».

      Promouvoir un message sédentariste et une « désirable immobilité », selon les mots d’Antoine Pécoud, c’est aussi encourager une forme de patriotisme dans le but d’inciter les jeunes à contribuer au développement de leur pays et de l’Afrique. Une fable qui ne résiste pas aux recherches en cours sur la mobilité internationale : c’est à partir d’un certain niveau de développement qu’un pays voit ses citoyens émigrer de façon significative vers des pays plus riches. Qu’importe, avec l’argent du contribuable européen, l’OIM finance aussi des artistes porteurs de ce message.

      Dans le clip de sa chanson No Place Like Home promu par l’OIM ( « On n’est nulle part aussi bien que chez soi » ), Kofi Kinaata, la star ghanéenne du fante rap, confronte le destin d’un migrant qui a échoué dans son aventure incertaine à celui d’un proche resté au pays, lequel, à force de labeur, a pu accéder aux standards de la classe moyenne européenne incarnés dans le clip par la fondation d’une famille et l’acquisition d’une voiture neuve.

      De son côté, le groupe guinéen Degg J Force 3 a composé #Guinealove qui met en scène une Guinée largement fantasmée aux rues vierges de détritus, aux infrastructures modernes, sans bidonvilles et où se succèdent des paysages majestueux et une nature vierge alors que ce pays occupe la cent quatre-vingt-deuxième place sur les cent quatre-vingt-sept que compte le classement de l’Indice de développement humain. Le groupe l’a notamment interprétée lors du lancement en grande pompe du programme Integra, le volet réintégration du programme de retours volontaires et de réintégration de l’OIM juste après le discours du Premier ministre guinéen :

      Ma Guinée ma mère ma fierté ma cité

      Ma Guinée ma belle mon soleil ma beauté

      Ma Guinée ma terre mon chez-moi

      Mon havre de paix

      Ouvrez les frontières de Tiken Jah Fakoly, sorti en 2007, est peut-être l’un des derniers tubes africains à avoir promu aussi frontalement la liberté de circulation. Douze ans plus tard, le message adressé par la star africaine du reggae est tout autre. Son dernier album, Le monde est chaud, fait la part belle aux messages prônés par l’Union européenne en Afrique : « Dans Ouvrez les frontières, je dénonçais cette injustice dont étaient et sont toujours victimes les Africains de ne pas pouvoir circuler librement. Aujourd’hui, je dis qu’effectivement cette injustice demeure, mais si on veut que nos enfants grandissent dans une autre Afrique, alors notre place n’est pas ailleurs. Donc aujourd’hui, je dis aux jeunes de rester au pays, je dis que l’Afrique a besoin de tous ses enfants. D’autant que notre race est rabaissée quand nos frères sont mis en esclavage en Libye, quand ils ont payé si cher pour se retrouver sous les ponts à Paris. Au lieu de donner leurs forces à l’Europe, pourquoi nos jeunes ne restent-ils pas ici ? » Tiken Jah Fakoly affirme n’avoir pas reçu de fonds européens pour la production de son dernier album.

      Ses compatriotes du Magic System, eux, ne s’en cachent pas et ont compris via leur fondation éponyme que le développement de l’emploi local et la lutte contre la migration irrégulière étaient des thèmes capteurs de fonds européens. Partenaire privilégiée de l’Union européenne en Côte d’Ivoire à travers une multitude de projets de développement, la fondation Magic System a signé en février dernier avec l’OIM un partenariat qui engage les deux structures « à travailler main dans la main pour promouvoir des migrations sûres et informées, et des alternatives durables à la migration irrégulière ».

      La migration sûre, c’est le parent pauvre du Fonds fiduciaire d’urgence européen pour l’Afrique, créé le 11 novembre 2015 lors du sommet européen de La Valette sur la migration, et à partir duquel sont financées les campagnes dites de sensibilisation et de propagande en prévention de la migration irrégulière. L’un des points sur lequel les pays européens se sont pourtant entendus et qui consiste à « favoriser la migration et la mobilité légales » ne s’est, pour l’heure, toujours pas concrétisé sur le terrain et ne reçoit ni publicité ni propagande dans les pays de départ. Maurice Koïba, le rapatrié de Libye, désormais tout à ses études d’anglais et d’informatique et toujours en campagne « pour une migration digne et légale », a renoncé depuis belle lurette à demander un visa à l’ambassade de France : son prix est prohibitif pour un jeune de sa condition sociale et n’est pas remboursé en cas de refus, ce qui attend l’immense majorité des demandes.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/200220/controle-des-frontieres-et-des-ames-le-soft-power-de-l-oim-en-afrique?ongl

  • Rescue boat with 422 migrants, some testing positive for Covid-19, heads to Sicily | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/world/article/3120920/rescue-boat-422-migrants-some-testing-positive-covid-19-heads-sicily

    A rescue ship with 422 migrants aboard, a small number of whom tested positive for Covid-19, was headed to a port in Sicily on Sunday.SOS Mediterranee, the humanitarian group which operates the rescue ship Ocean Viking, said Italy had granted the vessel permission to enter the port of Augusta, where it was expected to arrive on Sunday evening, just as rain and strong winds were forecast.The migrants were rescued in separate operations in the central Mediterranean Sea on Thursday and Friday, including 121 who were crowded into a rubber dinghy. Some of the passengers fell into the sea during that rescue operation but were brought to safety, SOS Mediterranee said in a statement by Luisa Albera, search and rescue coordinator aboard the Ocean Viking.
    In all, four distinct rescue operations were carried out over two days. Many of those rescued are women and children.Originally, a total of 424 were rescued, but a pregnant woman and her companion were evacuated urgently by helicopter to Malta on Saturday, the statement said.
    Eight of the rescued migrants have Covid-19, according to tests administered by the crew, and were being isolated on board despite the difficulties of crowded conditions on deck.“But although strict Covid-19 mitigation protocols apply on board the Ocean Viking, this is a vessel of 69 metres (228 feet) in length,” Albera said. “This situation is a further reason for the remaining 422 survivors, who are in confined space on the aft deck, to be promptly disembarked in a place of safety,” she said. Among the passengers are other pregnant women, babies and unaccompanied minors among the children.

    #Covid-19#migrant#migration#malte#italie#ue#libye#ong#sante#parcoursmigratoire#routemigratoire#vulnerabilite#test#isolement

  • De retour en mer Méditerranée, l’Ocean Viking porte secours à 237 migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30059/de-retour-en-mer-mediterranee-l-ocean-viking-porte-secours-a-237-migra

    L’Ocean Viking a secouru jeudi 237 migrants, dont 31 femmes et 101 mineurs, en détresse au large des côtes libyennes. Le navire humanitaire sera rejoint d’ici quelques jours dans la zone de recherche et de sauvetage par l’Open Arms.Quelques jours seulement après avoir débarqué 373 migrants au port d’Augusta en Sicile, l’Ocean Viking a repris la mer mardi 2 février et a secouru jeudi 237 migrants, dont 31 femmes et 101 mineurs, lors deux opérations au large des côtes libyennes.Contrairement aux fois précédentes, le navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée n’a pas eu à subir de quarantaine après avoir accosté en Italie et a donc pu rejoindre rapidement la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone). « Tous les rescapés et l’équipage ont fait un test PCR à leur arrivée au port sicilien, qui est revenu négatif », précise à InfoMigrants Meryl Sotty, chargée de communication de l’ONG. L’Ocean Viking devrait être rejoint en Méditerranée centrale d’ici quelques jours par l’Open Arms. Le navire de l’ONG espagnole éponyme a quitté Barcelone, en Espagne, mardi pour sa 80e mission en mer. Il se trouvait jeudi matin au large de Malte.

    #Covid-19#migrant#migration#ue#malte#italie#libye#sante#oim##parcoursmigratoire#crisemigratoire#ong#test#

  • L’« Ocean-Viking », avec 422 personnes sauvées en Méditerranée à bord, va pouvoir accoster en Sicile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/07/avec-422-personnes-a-bord-l-ocean-viking-cherche-en-urgence-un-port-sur_6069

    Alors que les conditions météorologiques se dégradent, le navire humanitaire Ocean-Viking va pouvoir accoster dans le port sicilien d’Augusta, en Italie, a annoncé dimanche 7 février l’ONG SOS Méditerranée, son affréteur. Le bateau, qui devrait arriver aux alentours de 19 heures, transporte 422 migrants recueillis en mer au large de la Libye.
    Le feu vert des autorités italiennes est arrivé quelques heures après un communiqué de SOS Méditerranée relayant l’appel au secours de Luisa Albera, coordinatrice des opérations de recherche et de secours sur le navire : « Les 422 personnes à bord, dont des bébés, des enfants, des femmes enceintes et des mineurs isolés, ont les mêmes droits que toute personne secourue en mer. Ils doivent en toute urgence débarquer dans un port sûr. »Mme Albera alertait alors sur le fait que l’arrivée possible de la pluie et de forts vents risquait d’aggraver encore la situation. Car, insistait-elle, il n’est pas possible de mettre toutes les personnes recueillies à l’abri des intempéries, certaines étant contraintes de rester sur le pont arrière du navire.Depuis qu’il a repris la mer à la mi-janvier à Marseille, après plusieurs mois bloqué à quai en Italie, l’Ocean-Viking a recueilli 424 personnes au total. Deux d’entre elles, une femme enceinte et son compagnon, ont été évacuées par hélicoptère vers Malte, vendredi.
    Selon Luisa Albera, plusieurs personnes à bord « sont dans un état de santé précaire et sous observation permanente » : huit passagers ont notamment été testés positifs au Covid-19 et isolés, afin d’enrayer la propagation du SARS-CoV-2 à bord.Les candidats à l’exil de l’Afrique partent pour l’essentiel de Tunisie et de Libye pour rejoindre l’Europe via l’Italie, dont les côtes sont les plus proches. Plus de 1 200 migrants ont péri en 2020 en Méditerranée, dont la grande majorité sur cette route centrale, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Les navires des ONG, à l’instar de l’Ocean-Viking, sauvent des vies mais sont aussi accusés depuis plusieurs années de faire le jeu des passeurs. L’Union européenne s’est divisée sur la manière de gérer le problème depuis que la crise des migrants clandestins a débuté en 2015, lorsque plus d’un million d’entre eux sont arrivés sur les côtes européennes.

    #Covid-19#migrant#migration#malte#tunisie#libye#ue#ong#omi#sante#parcoursmigratoire#crisemigratoire#vulnerabilite

  • L’oublieuse mémoire coloniale italienne

    Commencée avant le fascisme, galvanisée par Mussolini, la colonisation par l’Italie de la Libye, de la Somalie et de l’Ethiopie fut marquée par de nombreuses atrocités,loin du mythe d’une occupation douce. Longtemps refoulés, ces souvenirs commencent à ressurgir

    Tout commence dans le centre de Rome, sur l’Esquilin, la plus haute des sept collines antiques. Plus précisément dans la cage d’escalier d’un immeuble sans ascenseur, situé à deux pas de la piazza Vittorio. Dans ce quartier à deux pas de la gare Termini, les prix de l’immobilier sont beaucoup plus modestes que dans le reste du centre, si bien que l’Esquilin est devenu, depuis une vingtaine d’années, un lieu de concentration de l’immigration africaine et asiatique, ce qui n’est pas sans provoquer des tensions le squat, occupé depuis 2003 par les militants néofascistes de CasaPound, est juste à côté.

    C’est donc là, en rentrant chez elle, épuisée, dans la touffeur d’une après-midi de fin d’été 2010, qu’Ilaria Profeti se retrouve nez à nez avec un jeune homme arrivé d’Ethiopie par la route des migrants. Dans un italien presque sans accent, celui-ci lui assure, documents à l’appui, qu’il est le petit-fils de son père, Attilio, un homme de 95 ans qui est resté, sa longue vie durant, plus que discret sur ses jeunes années de « chemise noire » fasciste, en Abyssinie.

    Levons toute ambiguïté : la scène qui vient d’être décrite est tout à fait vraisemblable, mais elle est issue d’une oeuvre de fiction. Il s’agit en réalité des premières pages d’un roman, le superbe Tous, sauf moi (Sangue giusto), de Francesca Melandri (Gallimard, 2019), qui dépeint avec une infinie subtilité les angles morts de la mémoire coloniale italienne. Le fil conducteur de la narration est le parcours sinueux d’un vieil homme dont le destin finalement assez ordinaire a valeur d’archétype.

    Issu d’un milieu plutôt modeste, Attilio Profeti a su construire à sa famille une position plutôt enviable, en traversant le mieux possible les différents mouvements du XXe siècle. Fasciste durant sa jeunesse, comme l’immense majorité des Italiens de son âge, il est parti pour l’Ethiopie, au nom de la grandeur impériale. Après la chute de Mussolini et la fin de la guerre, il parviendra aisément à se faire une place au soleil dans l’Italie du miracle économique, jouant de son physique avantageux et de ses amitiés haut placées, et enfouissant au plus profond de sa mémoire le moindre souvenir de ses années africaines, les viols, les massacres, les attaques chimiques. C’est ce passé, refoulé avec une certaine désinvolture, qui revient hanter ses enfants, trois quarts de siècle plus tard, sous les traits d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, arrivé à Rome après une interminable traversée.

    Comme l’héroïne de Tous, sauf moi, Francesca Melandri vit sur l’Esquilin, au dernier étage d’un immeuble à la population mélangée. Et à l’image d’Ilaria, c’est sur le tard qu’elle a découvert ce pan escamoté de l’histoire italienne. « Quand j’étais à l’école, on ne parlait pas du tout de ce sujet-là, confie-t-elle depuis sa terrasse dominant les toits de la ville. Aujourd’hui ça a changé, il y a eu une prise de conscience, et de nombreux travaux universitaires. Pourtant cette histoire n’est jamais rappelée par les médias. Lorsqu’on parle du dernier attentat à la bombe à Mogadiscio, qui se souvient des liens entre Italie et Somalie ? Quand des bateaux remplis de migrants érythréens sont secourus ou coulent avant d’être sauvés, qui rappelle que l’Erythrée, nous l’appelions "l’aînée des colonies" ? »

    Le plus étrange est qu’à Rome, les traces du passé colonial sont légion, sans que personne n’ait jamais pensé à les effacer. Des stèles près desquelles personne ne s’arrête, des bâtiments anonymes, des noms de rue... rien de tout cela n’est explicité, mais tout est à portée de main.

    Comprendre les raisons de cette occultation impose de revenir sur les conditions dans lesquelles l’ « Empire » italien s’est formé. Création récente et n’ayant achevé son unité qu’en 1870, alors que la plus grande partie du monde était déjà partagée en zones d’influence, le royaume d’Italie s’est lancé avec du retard dans la « course » coloniale. De plus, il ne disposait pas, comme l’Allemagne qui s’engage dans le mouvement à la même époque, d’une puissance industrielle et militaire susceptible d’appuyer ses prétentions.

    Visées impérialistes

    Malgré ces obstacles, l’entreprise coloniale est considérée par de nombreux responsables politiques comme une nécessité absolue, à même d’assurer une fois pour toutes à l’Italie un statut de grande puissance, tout en achevant le processus d’unification du pays nombre des principaux avocats de la colonisation viennent de la partie méridionale du pays. Les visées impérialistes se dirigent vers deux espaces différents, où la carte n’est pas encore tout à fait figée : la Méditerranée, qui faisait figure de champ naturel d’épanouissement de l’italianité, et la Corne de l’Afrique, plus lointaine et plus exotique.

    En Afrique du Nord, elle se heurta vite à l’influence française, déjà solidement établie en Algérie. Ses prétentions sur la Tunisie, fondées sur la proximité de la Sicile et la présence sur place d’une importante communauté italienne, n’empêcheront pas l’établissement d’un protectorat français, en 1881. Placé devant le fait accompli, le jeune royaume d’Italie considérera l’initiative française comme un véritable acte de guerre, et la décennie suivante sera marquée par une profonde hostilité entre Paris et Rome, qui poussera le royaume d’Italie à s’allier avec les grands empires centraux d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie plutôt qu’avec sa « soeur latine .

    Sur les bords de la mer Rouge, en revanche, la concurrence est plus faible. La première tête de pont remonte à 1869, avec l’acquisition de la baie d’Assab (dans l’actuelle Erythrée) par un armateur privé, pour le compte de la couronne d’Italie. Cette présence s’accentue au cours des années 1880, à mesure du recul de l’influence égyptienne dans la zone. En 1889, est fondée la colonie d’Erythrée, tandis que se structure au même moment la Somalie italienne. Mais l’objectif ultime des Italiens est la conquête du my thique royaume d’Abyssinie, qui s’avère plus difficile que prévu.

    En 1887, à Dogali, plusieurs centaines de soldats italiens meurent dans une embuscade menée par un chef abyssin, le ras Alula Engida. Cette défaite marque les esprits, mais ce n’est rien à côté de la déconfiture des forces italiennes lors de la bataille d’Adoua, le 1er mars 1896, qui porte un coup d’arrêt durable aux tentatives italiennes de conquête.

    Seul pays africain indépendant (avec le Liberia), l’Ethiopie peut désormais se targuer de devoir sa liberté à une victoire militaire. Le négus Menelik II y gagne un prestige considérable. Côté italien, en revanche, cette défaite est un électrochoc. Ressentie comme une honte nationale, la déroute des troupes italiennes entraîne la chute du gouvernement Crispi et freine durablement l’im périalisme italien.

    Adoua est un tournant. L’historien et ancien sénateur de gauche Miguel Gotor est l’auteur d’une remarquable synthèse sur le XXe siècle italien, L’Italia nel Novecento. Dalla sconfitta di Adua alla vittoria di Amazon (« L’Italie du XIXe siècle. De la défaite d’Adoua à la victoire d’Amazon » Einaudi, 2019, non traduit). Pour lui, c’est là-bas, sur les hauteurs de la région du Tigré, par cette humiliation retentissante, que le XXe siècle italien a commencé.

    L’aventure coloniale italienne s’est ouverte de façon peu concluante, mais l’aspiration à l’empire n’a pas disparu. La décomposition de l’Empire ottoman offrira à Rome une occasion en or, en lui permettant, en 1911-1912, de s’implanter solidement en Cyrénaïque et en Tripolitaine. « Souvent la conquête de ce qui allait devenir la Libye est évacuée un peu vite, mais c’est un moment très important. Pour l’armée italienne, c’est une répétition, un peu comme a pu l’être la guerre d’Espagne, juste avant la seconde guerre mondiale », souligne Miguel Gotor. Ainsi, le 1er novembre 1911, un aviateur italien lâche quatre grenades sur des soldats ottomans, réalisant ainsi le premier bombardement aérien de l’histoire mondiale.

    « La conquête des côtes d’Afrique du Nord est importante, certes, mais la Libye est juste en face de la Sicile, au fond c’est du "colonialisme frontalier". La colonie au sens le plus "pur", celle qui symboliserait le mieux l’idée d’empire, ça reste l’Abyssinie », souligne Miguel Gotor. Aussi les milieux nationalistes italiens, frustrés de ne pas avoir obtenu l’ensemble de leurs revendications territoriales au sortir de la première guerre mondiale, continueront à nourrir le rêve de venger l’humiliation d’Adoua.

    Le fascisme naissant ne se privera pas d’y faire référence, et d’entretenir le souvenir : les responsables locaux du parti se feront appeler « ras », comme les chefs éthiopiens. A partir de la fin des années 1920, une fois le pouvoir de Mussolini solidement établi, les prétentions coloniales deviendront un leitmotiv des discours officiels.

    Aussi la guerre de conquête déclenchée contre l’Ethiopie en 1935 est-elle massi vement soutenue. L’effort est considérable : plus de 500 000 hommes sont mobilisés. Face à un tel adversaire, le négus Haïlé Sélassié ne peut résister frontalement. Le 5 mai 1936, les soldats italiens entrent dans la capitale, Addis-Abeba, et hissent le drapeau tricolore. Quatre jours plus tard, à la nuit tombée, depuis le balcon du Palazzo Venezia, en plein coeur de Rome, Mussolini proclame « la réapparition de l’Empire sur les collines fatales de Rome » devant une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes.

    « C’est bien simple, à ce moment-là, en Italie, il est à peu près impossible d’être anti fasciste », résume Miguel Gotor. Dans la foulée de ce succès, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d’Ethiopie ; Benito Mussolini peut désormais se targuer d’avoir bâti un empire. La faillite d’Adoua avait été causée par un régime parle mentaire inefficace et désorganisé ? La victoire de 1936 est due, elle, aux vertus d’une Italie rajeunie et revigorée par le fascisme. La machine de propagande tourne à plein régime, l’assentiment populaire est à son sommet. « Ce moment-là est une sorte d’apogée, et à partir de là, la situation du pays se dégrade, analyse Miguel Gotor. Ar rivent les lois raciales, l’entrée en guerre... tout est réuni pour nourrir une certaine nostalgie de l’épopée éthiopienne. »

    Mécanisme de refoulement

    Le rêve impérial sera bref : il ne survivra pas à la défaite militaire et à la chute du fascisme. L’Ethiopie est perdue en 1941, la Libye quelques mois plus tard... Le traité de Paris, conclu en 1947, met officiellement un terme à une colonisation qui, dans les faits, avait déjà cessé d’exister depuis plusieurs années. Tandis que l’Ethiopie indépendante récupère l’Erythrée, la Libye est placée sous la tutelle de la France et du Royaume-Uni. Rome gardera seulement une vague tutelle sur la Somalie, de 1949 à 1960.

    Le projet d’empire colonial en Méditerranée et en Afrique, qui fut un des ciments de l’assentiment des Italiens à Mussolini, devient associé pour la plupart des Italiens au régime fasciste. L’un et l’autre feront l’objet du même mécanisme de refoulement dans l’Italie de l’après-guerre. Les dirigeants de l’Italie républicaine font rapidement le choix de tourner la page, et ce choix est l’objet d’un profond consensus qui couvre tout le spectre politique (le premier décret d’amnistie des condamnations de l’après-guerre remonte à 1946, et il porte le nom du dirigeant historique du Parti communiste italien Palmiro Togliatti). Les scènes de liesse de la Piazza Venezia ne seront plus évoquées, et avec elles les faces les plus sombres de l’aventure coloniale. Même la gauche transalpine, qui prendra fait et cause pour les mouvements anticoloniaux africains (notamment le FLN algérien) n’insistera jamais sur le versant italien de cette histoire.

    « Cela n’est pas étonnant, la mémoire est un phénomène sélectif, et on choisit toujours, consciemment ou non, ce qu’on va dire à ses enfants ou ses petits-enfants », remarque le jeune historien Olindo De Napoli (université de Naples-Frédéric-II), spécialiste de la période coloniale. « Durant l’immédiat après-guerre, ce sont les témoins qui parlent, ce sont eux qui publient », remarque l’his torien. Ainsi de la collection d’ouvrages L’Italia in Africa éditée sous l’égide du ministère des affaires étrangères, emblématique de la période. « Ces volumes sont passionnants, mais il y a certains oublis, qui vont vite poser des problèmes. »

    Parmi ces « oublis », la question la plus centrale, qui fera le plus couler d’encre, est celle des massacres de civils et de l’usage de gaz de combat, malgré leur interdiction par les conventions de Genève, lors de la guerre d’Ethiopie. Dans les années 1960, les études pionnières d’Angelo Del Boca et Giorgio Rochat mettront en lumière, documents officiels à la clé, ce pan occulté de la guerre de 1935-1936. Ils se heurteront à l’hostilité générale des milieux conservateurs.

    Un homme prendra la tête du mouvement de contestation des travaux de Del Bocaet Rochat : c’est Indro Montanelli (1909-2001), considéré dans les années 1960 comme le journaliste le plus important de sa géné ration. Plume du Corriere della Sera (qu’il quittera pour fonder Il Giornale en 1974), écrivain d’essais historiques à l’immense succès, Montanelli était une figure tutélaire pour toute la droite libérale.

    Comme tant d’autres, il avait été un fasciste convaincu, qui s’était porté volontaire pour l’Ethiopie, et il n’a pris ses distances avec Mussolini qu’en 1943, alors que la défaite était apparue comme certaine. Ra contant « sa » guerre à la tête d’une troupe de soldats indigènes, Montanelli la décrit comme « de longues et belles vacances », et qualifie à plusieurs reprises d’ « anti-Italiens » ceux qui font état de massacres de civils et d’usage de gaz de combat. La polémique durera des années, et le journaliste sera bien obligé d’admettre, à la fin de sa vie, que les atrocités décrites par Rochat et Del Bocaavaient bien eu lieu, et avaient même été expressément ordonnées par le Duce.

    A sa manière, Montanelli incarne parfaitement la rhétorique du « bon Italien » (« Italia brava gente »), qui sera, pour toute une génération, une façon de disculper l’homme de la rue de toute forme de culpabilité collective face au fascisme. Selon ce schéma, contrairement à son allié allemand, le soldat italien ne perd pas son humanité en endossant l’uniforme, et il est incapable d’actes de barbarie. Ce discours atténuant la dureté du régime s’étend jusqu’à la personne de Mussolini, dépeint sous les traits d’un chef un peu rude mais bienveillant, dont le principal tort aura été de s’allier avec les nazis.

    Ce discours trouve dans l’aventure coloniale un terrain particulièrement favorable. « Au fond, on a laissé s’installer l’idée d’une sorte de colonisation débonnaire, analyse Olindo De Napoli, et ce genre de représentation laisse des traces. Pourtant la colonisation italienne a été extrêmement brutale, avant même le fascisme. En Ethiopie, l’armée italienne a utilisé des soldats libyens chargés des basses oeuvres, on a dressé des Africains contre d’autres Africains. Et il ne faut pas oublier non plus que les premières lois raciales, préfigurant celles qui seront appliquées en 1938 en Italie, ont été écrites pour l’Ethiopie... Il ne s’agit pas de faire en sorte que des enfants de 16 ans se sentent coupables de ce qu’ont fait leurs arrière-grands-pères, il est seulement question de vérité historique. »

    Désinvolture déconcertante

    Malgré les acquis de la recherche, pour le grand public, la colonisation italienne reste souvent vue comme une occupation « douce », par un peuple de jeunes travailleurs prolétaires, moins racistes que les Anglais, qui se mélangeaient volontiers avec les populations locales, jusqu’à fonder des familles. L’archétype du colon italien tombant amoureux de la belle Abyssine, entretenu par les mémoires familiales, a lui aussi mal vieilli. Là encore, le parcours d’Indro Montanelli est plus qu’éclairant. Car aujourd’hui, si sa défense de l’armée italienne apparaît comme parfaitement discréditée, ce n’est plus, le concernant, cet aspect de sa vie qui fait scandale.

    En effet, on peut facilement trouver, sur Internet, plusieurs extraits d’entretiens télévisés remontant aux années 1970 et 1980, dans lesquelles le journaliste raconte avec une désinvolture déconcertante comment, en Ethiopie, il a « acheté régulièrement » à son père, pour 350 lires, une jeune fille de 12 ans pour en faire sa femme à plusieurs reprises, il la qualifie même de « petit animal docile », devant un auditoire silencieux et appliqué.

    Célébré comme une gloire nationale de son vivant, Indro Montanelli a eu l’honneur, à sa mort et malgré ces déclarations sulfureuses, de se voir dédié à Milan un jardin public, au milieu duquel trône une statue de lui. Au printemps 2019, cette statue a été recouverte d’un vernis de couleur rose par un collectif féministe, pour rappeler cet épisode, et en juin 2020, la statue a de nouveau été recouverte de peinture rouge, en lointain écho au mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») venu des Etats-Unis.

    Indro Montanelli mérite-t-il une statue dans l’Italie de 2021 ? La question a agité les journaux italiens plusieurs jours, au début de l’été, avant que la polémique ne s’éteigne d’elle-même. Pour fondée qu’elle soit, la question semble presque dérisoire eu égard au nombre de témoignages du passé colonial, rarement explicités, qui subsistent un peu partout dans le pays.

    Cette situation n’est nulle part plus visible qu’à Rome, que Mussolini rêvait en capitale d’un empire africain. L’écrivaine italienne Igiaba Scego, née en 1974 de parents réfugiés somaliens, y a dédié un passionnant ouvrage, illustré par les photographies de Rino Bianchi (Roma negata, Ediesse, réédition 2020, non traduit).

    Passant par la stèle laissée à l’abandon de la piazza dei Cinquecento, face à la gare Termini, dont la plupart des Romains ignorent qu’elle a été baptisée ainsi en mémoire des 500 victimes italiennes de l’embuscade de Dogali, ou l’ancien cinéma Impero, aujourd’hui désaffecté, afin d’y évoquer l’architecture Art déco qui valut à la capitale érythréenne, Asmara, d’être classée au patrimoine de l’Unesco, la romancière fait une station prolongée devant le siège romain de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), construit pour abriter le siège du puissant ministère de l’Afrique italienne.

    Devant ce bâtiment tout entier dédié à l’entreprise coloniale, Benito Mussolini avait fait ériger en 1937 un obélisque haut de 24 mètres et vieux d’environ seize siècles, ramassé sur site d’Axoum, en Ethiopie. Il s’agissait, rappelle Igiaba Scego, de faire de ce lieu « le centre de la liturgie impériale .

    La république née sur les ruines du fascisme s’était engagée à restituer cette prise de guerre à la suite des traités de 1947, mais après d’innombrables vicissitudes, le monument est resté en place jusqu’en 2003, où le gouvernement Berlusconi choisit de le démonter en trois morceaux avant de le renvoyer à Axoum, à ses frais.

    En 2009, la mairie de Rome a fait installer sur la même place, à deux pas de cet espace vide, une stèle commémorative afin « de ne pas oublier le passé . Mais curieusement, celle-ci a été dédiée... à la mémoire des attentats du 11-Septembre. Comme s’il fallait enfouir le plus profondément possible ce souvenir du rêve impérial et de la défaite, la ville a choisi de faire de ce lieu le symbole d’une autre tragédie. « Pourquoi remuer ces his toires horribles ? Pensons plutôt aux tragédies des autres. Le 11-Septembre était parfait », note, sarcastique, Igiaba Scego.

    A une quinzaine de kilomètres de là, dans le décor grandiose et écrasant du Musée de la civilisation romaine, en plein centre de ce quartier de l’EUR où la mémoire du fascisme est omniprésente, l’ethno-anthropologue Gaia Delpino est confrontée à un autre chantier sensible, où s’entrechoquent les mémoires. Depuis 2017, elle travaille à fusionner en un même lieu les collections du vieux musée ethnologique de Rome (Musée Pigorini) et du sulfureux Musée colonial inauguré en 1923, dont les collections dormaient dans des caisses depuis un demi-siècle.

    D’une fascinante complexité

    Lorsqu’on lui parle de l’odyssée de l’obélisque d’Axoum, elle nous arrête tout de suite : « C’est bien simple : ce qui a été réalisé là-bas, c’est exactement l’inverse de ce qu’on veut faire. » Restituer ces collections dans leur contexte historique tout en articulant un message pour l’Italie d’aujourd’hui, permettre à toutes les narrations et à toutes les représentations de s’exprimer dans leur diversité... L’entreprise est d’une fascinante complexité.

    « Les collections du MuséePigorini ont vieilli bien sûr, comme tous ces musées ethnographiques du XIXe siècle qui véhiculaient l’idée d’une supériorité de la civilisation occidentale. Le Musée colonial, lui, pose d’autres problèmes, plus singuliers. Il n’a jamais été pensé comme autre chose qu’un moyen de propagande, montrant à la fois les ressources coloniales et tout ce qu’on pourrait en tirer. Les objets qui constituent les collections n’ont pas vu leur origine enregistrée, et on a mis l’accent sur la quantité plus que sur la qualité des pièces », expliqueGaia Delpino.

    Sur des centaines de mètres de rayonnages, on croise pêle-mêle des maquettes de navires, des chaussures, des outils et des objets liturgiques... L’accumulation donne le vertige. « Et ce n’est pas fini, nous recevons tous les jours des appels de personnes qui veulent offrir des objets ayant appartenu à leur père ou à leur grand-père, qu’ils veulent nous confier comme une réparation ou pour faire un peu de place », admet l’anthropologue dans un sourire.

    Alors que le travail des historiens peine à se diffuser dans le grand public, où les représentations caricaturales du système colonial, parfois instrumentalisées par la politique, n’ont pas disparu, le futur musée, dont la date d’ouverture reste incertaine pour cause de pandémie, risque d’être investi d’un rôle crucial, d’autant qu’il s’adressera en premier lieu à un public scolaire. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que parallèlement à ce difficile travail de mémoire, la population change. Aujourd’hui, dans nos écoles, il y a aussi des descendants de victimes de la colonisation, italienne ou autre. Nous devons aussi penser à eux », précise Gaia Delpino.

    Retournons maintenant au centre de Rome. En 2022, à mi-chemin du Colisée et de la basilique Saint-Jean-de-Latran, une nouvelle station de métro doit ouvrir, dans le cadre du prolongement de la ligne C. Depuis le début du projet, il était prévu que celle-ci soit baptisée « Amba Aradam », du nom de la large artère qui en accueillera l’entrée, appelée ainsi en souvenir de la plus éclatante des victoires italiennes en Ethiopie.

    Ce nom était-il opportun, alors que les historiens ont établi que cette victoire écrasante de l’armée fasciste avait été obtenue au prix de 10 000 à 20 000 morts, dont de nombreux civils, et que les troupes italiennes avaient obtenu la victoire en faisant usage d’ypérite (gaz moutarde), interdit par les conventions de Genève ? Le 1er août 2020, la mairie a finalement fait savoir que la station serait dédiée à la mémoire de Giorgio Marincola.

    Pour le journaliste Massimiliano Coccia, qui a lancé cette proposition avec le soutien de collectifs se réclamant du mouvement Black Lives Matter, « revenir sur notre passé, ce n’est pas détruire ou incendier, mais enrichir historiquement notre cité . Et on peut choisir de célébrer la mémoire d’un résistant italo-somalien tué par les nazis plutôt que celle d’une des pages les plus sombres de l’histoire coloniale italienne.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/05/libye-somalie-ethiopie-l-oublieuse-memoire-coloniale-italienne_6068846_3232.

    #Italie #colonialisme #colonisation #Mussolini #fascisme #Libye #Somalie #Ethiopie #atrocités #occupation_douce #mémoire #mémoire_coloniale #occultation #impérialisme #Corne_de_l'Afrique #baie_d'Assab #royaume_d'Abyssinie #Alula_Engida #bataille_d'Adoua #Menelik_II #Crispi #Adoua #Tigré #Cyrénaïque #Tripolitaine #colonialisme_frontalier #Abyssinie #Haïlé_Sélassié #propagande #traité_de_Paris #refoulement #mémoire #massacres #gaz #Indro_Montanelli #gaz_de_combat #bon_Italien #Italia_brava_gente #barbarie #humanité #lois_raciales #vérité_historique #culpabilité #viol #culture_du_viol #passé_colonial #Igiaba_Scego #monuments #toponymie #toponymie_politique #Axoum #stèle #Musée_Pigorini #musée #Musée_colonial #Amba_Aradam #ypérite #gaz_moutarde #armes_chimiques #Giorgio_Marincola #Black_Lives_Matter

    L’article parle notamment du #livre de #Francesca_Melandri, « #sangue_giusto » (traduit en français par « Tous, sauf moi »
    https://seenthis.net/messages/883118

    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    ping @cede

  • Le droit d’asile à l’épreuve de l’externalisation des politiques migratoires

    Le traitement des #demandes_d’asile s’opère de plus en plus en #périphérie et même en dehors des territoires européens. #Hotspots, missions de l’#Ofpra en #Afrique, #accord_UE-Turquie : telles sont quelques-unes des formes que prend la volonté de mise à distance des demandeurs d’asile et réfugiés qui caractérise la politique de l’Union européenne depuis deux décennies.

    Pour rendre compte de ce processus d’#externalisation, les auteur·es de ce nouvel opus de la collection « Penser l’immigration autrement » sont partis d’exemples concrets pour proposer une analyse critique de ces nouvelles pratiques ainsi que de leurs conséquences sur les migrants et le droit d’asile. Ce volume prolonge la journée d’étude organisée par le #Gisti et l’Institut de recherche en droit international et européen (Iredies) de la Sorbonne, le 18 janvier 2019, sur ce thème.

    Sommaire :

    Introduction
    I. Les logiques de l’externalisation

    – Externalisation de l’asile : concept, évolution, mécanismes, Claire Rodier

    - La #réinstallation des réfugiés, aspects historiques et contemporains, Marion Tissier-Raffin

    – Accueil des Syriens : une « stratification de procédures résultant de décisions chaotiques », entretien avec Jean-Jacques Brot

    - #Dublin, un mécanisme d’externalisation intra-européenne, Ségolène Barbou des Places

    II. Les lieux de l’externalisation

    - L’accord Union européenne - Turquie, un modèle ? Claudia Charles

    – La #Libye, arrière-cour de l’Europe, entretien avec Jérôme Tubiana

    - L’#Italie aux avant-postes, entretien avec Sara Prestianni

    - Le cas archétypique du #Niger, Pascaline Chappart

    #Etats-Unis- #Mexique : même obsession, mêmes conséquences, María Dolores París Pombo

    III. Les effets induits de l’externalisation

    – Une externalisation invisible : les #camps, Laurence Dubin

    - #Relocalisation depuis la #Grèce : l’illusion de la solidarité, Estelle d’Halluin et Émilie Lenain

    - Table ronde : l’asile hors les murs ? L’Ofpra au service de l’externalisation

    https://www.gisti.org/publication_pres.php?id_article=5383
    #procédures_d'asile #asile #migrations #réfugiés #rapport #USA

    ping @karine4 @isskein @rhoumour @_kg_

  • Près d’un millier de morts en Méditerranée depuis le début de l’année

    Sur les 11 premiers mois de l’année, environ 1 000 personnes ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune. Un chiffre qui pourrait augmenter au cours du mois de décembre, la plupart des navires humanitaires sillonnant la zone de détresse au large de la Libye étant actuellement immobilisés.

    La barre symbolique du millier de morts en Méditerranée est sur le point d’être franchie : selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 995 personnes ont péri ou sont portées disparues après avoir tenté de rejoindre les côtes européennes à bord d’embarcations de fortune depuis le début de l’année. Parmi elles, 729 avaient emprunté la route de la #Méditerranée_centrale (principalement au départ de la #Libye), 171 celle de la #Méditerranée_orientale et 95 celle de la #Méditerranée_occidentale.

    Un chiffre qui devrait continuer d’augmenter durant le mois de décembre car les traversées ne se sont pas interrompues malgré des conditions météo difficiles et l’absence de bateau humanitaire au large de la Libye. « On sait que lorsqu’il y a une fenêtre météo clémente, les départs augmentent. Mais on ne peut pas dire non plus qu’il n’y a aucun départ en hiver, loin de là », commente une porte-parole de SOS Méditerranée, jointe par InfoMigrants. « L’année dernière, la période de Noël avait été particulièrement chargée pour nous : l’Ocean Viking avait notamment porté secours à 162 personnes lors de deux opérations très difficiles le 20 décembre 2019 », rappelle-t-elle.

    La situation est d’autant plus frustrante pour les ONG d’aide aux migrants qu’aucun bateau humanitaire n’est actuellement présent dans la zone de détresse au large de la Libye. L’Ocean Viking est notamment immobilisé depuis quatre mois en Italie pour des raisons administratives. « C’est dur de ne pas pouvoir agir alors que la tragédie continue en Méditerranée », confie la porte-parole de SOS Méditerranée qui n’a, pour le moment, pas de visibilité sur le retour du navire en mer. Ce dernier doit rejoindre prochainement un chantier naval sicilien afin d’y subir les modifications exigées par les autorités italiennes pour reprendre ses missions de sauvetage.

    En attendant, ce coup d’arrêt porté à l’activité des navires humanitaires ces derniers mois a permis, pour SOS Méditerranée, de démontrer une fois de plus que la théorie de l’appel d’air, selon laquelle les sauvetages réalisés par les ONG encouragent plus de migrants à prendre la mer, n’était pas avérée. « On a bien vu, au début de la pandémie en mars/avril, que les départs ont explosé alors que toutes les ONG étaient bloquées à terre à cause de la situation sanitaire », plaide la porte-parole de SOS Méditerranée.

    Selon Vincent Cochetel, l’envoyé spécial pour la Méditerranée centrale de l’agence onusienne chargée des réfugiés (UNHCR), les départs des côtes libyennes ont augmenté de 290%, soit 6 629 tentatives entre janvier et fin avril 2020, comparé à la même période l’an dernier, et de 156% au départ de la Tunisie. « Qu’il y ait des bateaux ou pas en mer, ça n’a aucune influence sur les départs, cette période de coronavirus nous l’a amplement prouvé, alors qu’on a entendu dans les capitales européennes que c’était la présence d’ONG qui avait un effet magnétique sur les départs », expliquait-il déjà en mai dernier, ajoutant que « 75% des migrants en Libye ont perdu leur travail depuis les mesures de confinement, ce qui peut pousser au désespoir. »

    Selon l’OIM, en 2019, au moins 1 885 personnes ont péri en Méditerranée ou ont été portées disparues. L’année précédente, elles étaient 2 299. « C’est vrai que le nombre de victimes est en diminution, mais le chiffre pour cette année reste impressionnant. Il n’y a pas de course au chiffre lorsqu’il s’agit de vies humaines. La Méditerranée demeure la route maritime migratoire la plus meurtrière au monde », conclut la porte-parole de SOS Méditerranée.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/28956/pres-d-un-millier-de-morts-en-mediterranee-depuis-le-debut-de-l-annee

    #mourir_en_mer #Méditerranée #morts #décès #mer_Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #frontières #chiffres #statistiques #2020

    ping @reka @karine4 @isskein

  • 110 Mediterranean Deaths In Three Days : Is Europe Committing An (In)act Of War ?

    European authorities’ inaction is starting to look like dirty battle tactics at the world’s deadliest sea border.

    Between November 10th and 12th, four separate shipwrecks in the crossing between Libya and Italy claimed over 110 lives. In the largest of the shipwrecks, a boat of reportedly 120 people capsized, leaving 47 survivors and over 70 bodies floating off the Libyan coast. In another shipwreck, a six-month-old child was one of the casualties. In the week prior, almost 1,000 people were forcibly returned from the Mediterranean to Libya, an active warzone.

    Non-governmental organizations and United Nations agencies have hotly criticized Frontex, the European Border and Coastguard Agency, for claiming on November 11th that they were “committed to saving lives at sea in close cooperation with all operational actors.” Médecins Sans Frontières (Doctors Without Borders)’s humanitarian affairs advisor, Hassiba Hadj Sahraoui, called deaths in the Mediterranean the “inevitable outcome of [the EU’s] murderous policies of non-assistance and the active blocking of non-governmental organization (N.G.O.) rescue ships.” In August, the International Organization for Migration (I.O.M.) stated, “Without a dedicated, E.U.-led search and rescue operation and disembarkation mechanism, more lives will be lost in the Mediterranean.”

    Despite international law committing all states to assist those in distress at sea, a variety of tactics are used to disincentivize movement across the Mediterranean, with deadly consequences. Italian authorities have prevented all but one N.G.O. search-and-rescue boat from leaving port with insufficient explanation, such as that there were too many life jackets on board, or insufficient sewage systems for crew. Upon receiving a distress call from 108 people without life jackets in a boat at midday, Maltese authorities delayed the deployment of rescue efforts until the next morning. In August, a commercial ship which picked up hundreds of people in distress had to wait over three weeks to be offered safe port to disembark those rescued.

    While violently inactive on the northern side of the border, the European Union is increasingly proactive in supporting the forced return of migrants to Libya, despite several explicit statements from the United Nations High Commissioner for Refugees and I.O.M. that this should not be done. Besides the risk of sending vulnerable individuals back into an active warzone, migrants are particularly maltreated in Libya. Amnesty International has recorded several human rights abuses against migrants and refugees, including unlawful killings; enforced disappearances; torture and other ill-treatment; rape and other sexual violence; arbitrary detention; and forced labour and exploitation at the hands of state and non-state actors in a climate of near-total impunity. The E.U. continues to provide equipment, training, and coordination to the Libyan Coastguard, facilitating 60,000 forced returns since 2016. Only 5,709 individuals have been evacuated to receiving states officially from Libya since 2017.

    Since last January, over 900 civilians have died in the Mediterranean. To give context, 483 civilians died in the active conflict in Libya between June 2019 and June 2020. While the actions of Libyan and European authorities are not the same as acts of open military confrontation, the willingness to let people die (and in some cases in Libya, to kill them) to prevent their arrival in European or Libyan territory shows that the tens of thousands of humans travelling across North Africa towards Europe are treated, not as a demographic phenomenon, but as an invasion. Even if the Mediterranean were really a place of war, with people who are travelling on one side and the E.U. and Libya on the other, both sides would be obliged by international humanitarian law to allow humanitarian access to “the enemy.” The fact that humanitarian access is restricted to one single boat in the Mediterranean shows that this is not only a war – it’s a dirty one.

    https://theowp.org/110-mediterranean-deaths-in-three-days-is-europe-committing-an-inact-of-war

    #guerre_aux_migrants #asile #migrations #réfugiés #mer_Méditerranée #Méditerranée #mourir_en_mer #morts #décès #frontières #guerre #victimes #Libye

  • Au #Niger, contrôler les flux de migrants

    Le Niger, deuxième pays le plus pauvre du monde, est au cœur de la région du Sahel en Afrique. Il accueille aujourd’hui quelque 300 000 réfugiés et personnes déplacées de pays voisins qui fuient les attaques terroristes. Beaucoup tentent de partir d’ici pour rejoindre l’Europe. Pour contrer cette migration, des fonds européens sont destinés à faire de ce pays de transit un lieu de réinstallation temporaire de certains migrants qui se trouvaient en Libye. Si ce programme, qui vise à répartir les migrants, a du mal à décoller, le flux migratoire s’est déjà tari : en 2016, l’Organisation internationale pour les migrations comptaient 333 891personnes traversant la frontière du Niger, principalement vers la Libye. En 2017, le nombre a chuté à 17 634.


    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/au-niger-controler-les-flux-de-migrants

    #Agadez #portfolio #photographie #migrations #asile #réfugiés #frontières #réinstallation #Libye #externalisation #OIM #IOM #FMP #Flow_monitoring_points #Tillabéri #Ayorou #Tabarey-barey #camps_de_réfugiés #HCR #Niamey #ETM #mécanisme_d'évacuation_d'urgence #passeurs

    ping @rhoumour @_kg_ @karine4 @isskein

  • C’est un meurtre qui secoue la Libye. L’avocate Hanane al-Barassi a été abattue dans sa voiture, mardi 10 novembre, en pleine rue à Benghazi, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès d’une source sécuritaire dans l’est du pays. Figure médiatique en Libye, Hanane al-Barassi, 46 ans, donnait constamment la parole à des femmes victimes de violences, dans des vidéos qu’elle diffusait ensuite sur les réseaux sociaux. Elle dirigeait aussi une association locale défendant les droits des femmes.
    « Hanane al-Barassi a été tuée par balles dans la Rue 20, l’une des plus grandes artères commerçantes de Benghazi », a dit à l’AFP la source sécuritaire, qui a requis l’anonymat.
    https://madame.lefigaro.fr/societe/lavocate-et-militante-des-droits-des-femmes-hanane-al-barassi-abattu
    #droitshumains #corruption #Libye #assassinat

  • Discussion #Frontex et #MSF sur twitter...

    Tout commence par un tweet de Frontex, le 13.11.2020 :

    Ruthless people smugglers put dozens of people in danger today. Thankfully a Frontex plane saw the overcrowded boat near Libyan coast and issued mayday call. We also alerted all national rescue centres. 102 people were rescued by Libyan Coast Guard. Sadly, 2 bodies were recovered

    MSF répond le 14.11.2020 :

    How many boats do you see & not report to the NGOs who could have rescued them?
    How many people have you watched die without alerting the world to what reality looks in the #Med?
    What happens to the people you facilitate the Libyan Coast Guard in trapping & forcing back to Libya?

    https://twitter.com/MSF_Sea/status/1327569141344194560

    Frontex :

    Frontex always alerts national rescue centres in the relevant area, as required by international law. Always. Don’t you?

    MSF :

    International law requires people to be brought to a place of safety.

    Frontex :

    So you do not/would not contact the closest internationally-recognised rescue centres, violating international law and putting lives in danger?

    MSF :

    So you are not/ would not be concerned that people are taken back to a place internationally recognised as unsafe, violating international law and putting lives in danger?
    Your Director was.

    –-> en ajoutant le lien vers une lettre signée par Paraskevi MICHOU (EUROPEAN COMMISSION DIRECTORATE-GENERAL FOR MIGRATION AND HOME AFFAIRS) et adressée à #Fabrice_Leggeri (Ref. Ares(2019)1755075 - 18/03/2019) :
    https://www.statewatch.org/media/documents/news/2019/jun/eu-letter-from-frontex-director-ares-2019)1362751%20Rev.pdf

    Frontex :

    We care deeply about the safety and security of hundreds of millions of European by helping to protect our borders. And we care deeply about the lives of those in distress at sea. This is why we helped to save more than a quarter million people in recent years.

    https://twitter.com/Frontex/status/1327288578678906880

    –---

    Commentaire de #Jeff_Crisp sur twitter :

    Latest score:
    MSF: 3
    Frontex: 0
    And it is only half-time...

    https://twitter.com/JFCrisp/status/1327692414686027776

    #sauvetages_en_mer #frontières #migrations #asile #réfugiés #sauvetage #mensonges #Libye #twitter #réseaux_sociaux #Méditerranée #mer_Méditerranée

    ping @isskein @karine4

  • Coronavirus : après sept mois de suspension, les vols humanitaires depuis la Libye reprennent - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/28003/coronavirus-apres-sept-mois-de-suspension-les-vols-humanitaires-depuis

    Seize familles et 15 jeunes ont été évacués samedi de Libye vers le Niger à bord d’un avion affrété par le HCR. Ce vol humanitaire est le premier après une interruption de sept mois en raison de la pandémie de coronavirus. Par mesure de sécurité, les 153 passagers observeront une période de quarantaine à leur arrivée.Le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, a évacué dans la nuit du vendredi au samedi 17 octobre, un groupe de 153 réfugiés et demandeurs d’asile qui résidaient en Libye. Constitué de 16 familles, originaires de Somalie, d’Érythrée, du Soudan et du Soudan du Sud, le groupe compte aussi 15 enfants de moins de 18 ans.
    Après sept mois de suspension, cette reprise des évacuations est un soulagement pour l’ONU. « Les vols humanitaires (avaient) dû être interrompus en mars en raison des préoccupations de santé publique liées à la pandémie de coronavirus, qui ont entraîné la suspension du trafic aérien dans de nombreux pays », rappelle le HCR dans un communiqué.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#niger#humanitaire#sante#pandemie#hcr#refugie#demandeurasile

  • HCR - Les vols humanitaires du HCR depuis la Libye reprennent après sept mois de suspension
    https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2020/10/5f896048a/vols-humanitaires-hcr-libye-reprennent-apres-mois-suspension.html

    Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a évacué la nuit dernière de Libye un groupe de 153 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables vers ses installations de transit d’urgence au Niger. Ce vol affrété par le HCR marque la reprise des évacuations humanitaires depuis la Libye après sept mois de suspension. Les vols humanitaires ont dû être interrompus en mars en raison des préoccupations de santé publique liées à la pandémie de coronavirus, qui ont entraîné la suspension du trafic aérien dans de nombreux pays.
    Les personnes évacuées hier sont des ressortissants de l’Érythrée, de la Somalie, du Soudan et du Soudan du Sud, parmi lesquels 16 familles et 15 enfants de moins de 18 ans, dont beaucoup ne sont pas accompagnés ou sont séparés de leurs parents. Tous les passagers ont été testés négatifs avant le départ, alors que le nombre de cas de Covid-19 continue d’augmenter en Libye et que quelque 46 000 cas ont été confirmés dans tout le pays. Les passagers ont également bénéficié de conseils sur les moyens de se protéger et de rester en bonne santé. Le groupe est actuellement soumis à une mise en quarantaine de deux semaines au Niger et un nouveau test sera effectué, conformément aux mesures sanitaires visant à freiner la propagation du coronavirus.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#niger#soudan#pandemie#humanitaire#santepublique#test#quarantaine#restrictionsanitaire#hcr

  • #Libye : « Entre la vie et la mort ». Les personnes refugiées et migrantes prises dans la tourmente des #violences en Libye

    En Libye, les personnes réfugiées et migrantes sont piégées dans un cycle de violences caractérisé par de graves atteintes aux #droits_humains, telles que la #détention_arbitraire pendant de longues périodes et d’autres formes de privation illégale de liberté, la #torture et d’autres #mauvais_traitements, les #homicides illégaux, le #viol et d’autres formes de #violences_sexuelles, le #travail_forcé et l’#exploitation aux mains d’agents gouvernementaux et non gouvernementaux, dans un climat d’#impunité quasi totale.

    https://www.amnesty.org/en/documents/mde19/3084/2020/fr
    #migrations #asile #réfugiés #violence #rapport #Amnesty_international #privation_de_liberté #droits_fondamentaux

    ping @karine4 @isskein

  • Un #rapport de l’ONU s’inquiète de l’augmentation des #violences_sexuelles liées aux #conflits

    Malgré une décennie de lutte, l’#ONU constate que les violences sexuelles restent une #arme_de_guerre dans de nombreux conflits et qu’elles continuent d’augmenter sur toute la planète. L’ONU analyse dans son dernier rapport (https://news.un.org/fr/story/2020/07/1073341) les violations constatées dans 19 pays, principalement contre des jeunes #filles et des #femmes.

    Les violences sexuelles augmentent dans la plupart des #conflits_armés. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits publié en juillet dernier.

    Le rapport insiste sur le fait que ce type de violence a un impact direct sur les déplacements en masse de populations, la montée de l’extrémisme, des inégalités et des discriminations entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, selon l’ONU, les violences sexuelles sont particulièrement répandues dans des contextes de détention, de captivité et de migration.

    Fin 2019, plus de 79 millions de personnes se trouvaient déplacées dans le monde. Cela signifie que près d’un pourcent de la population mondiale a dû abandonner son domicile à cause d’un conflit ou de persécutiosn. L’an denier, le nombre de déplacés a augmenté, tout comme le niveau de violences sexuelles se produisant sur des sites accueillant des déplacés.

    Ces violences ont notamment lieu quand des femmes et des filles mineures fuient des attaques. Ce 11ème rapport du Secrétaire général de l’ONU (en anglais) sur ce sujet se penche particulièrement sur les violences sexuelles utilisées comme tactiques de guerre ou comme une arme utilisée par les réseaux terroristes.

    Il dresse la situation dans 19 pays, entre janvier et décembre 2019, et se base sur des cas documentés par les Nations unies.

    En tout, 2 838 cas de violences sexuelles ont été rapportés dans ces 19 pays. Dans 110 cas, soit environ 4 % des cas, les victimes sont des hommes ou des garçons.

    #Afghanistan

    En 2019, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a documenté 102 cas de violences sexuelles : 27 étaient liées au conflit qui oppose le pouvoir aux rebelles Talibans, touchant 7 femmes, 7 filles et 13 garçons.

    Alors que la plupart des agressions sont attribuées aux Talibans, les forces de sécurité et des milices pro-gouvernementales ont également été impliquées.

    #Centrafrique

    La Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) a confirmé 322 incidents de violences sexuelles liées aux conflits, affectant 187 femmes, 124 filles, 3 hommes, 2 garçons, et 6 femmes d’âge inconnu. Parmi ces cas, 174 sont des viols ou tentatives de viol et 15 cas sont des mariages forcés.

    Le gouvernement de Bangui a signé avec les groupes armés, en février 2019, un accord de paix qui appelle à la fin de toutes formes de violences liées au sexe. Mais les signataires continuent d’utiliser la violence sexuelle comme moyen de terroriser les civils, conclut le rapport de l’ONU.

    #Colombie

    En 2019, un organisme de l’État venant en aide aux victimes a recensé 356 victimes de violences sexuelles liées aux conflits dans un pays où sévissent de nombreux groupes criminels et armés. Dans quasiment 90 % des cas, il s’agissait de femmes et de filles. Près de la moitié des victimes avaient des origines africaines.

    51 cas d’abus ont été commis sur des enfants (31 filles et 20 garçons). Dans au moins une dizaine de cas, les agresseurs présumés appartenaient au groupe rebelle de l’Armée de libération nationale ou à d’autres groupes armés et organisations criminelles.

    #RDC

    En 2019, la mission de l’ONU en #République_démocratique_du_Congo (MONUSCO), a documenté 1 409 cas de violences sexuelles liées aux conflits, ce qui représente une hausse de 34 % depuis 2018.

    Parmi ces cas, 955 sont attribués à des groupes armés. Mais des membres de l’armée congolaise sont eux aussi impliqués dans 383 agressions. Enfin, la police nationale est responsable dans 62 cas.

    #Irak

    Au cours de l’année 2019, des civils qui étaient détenus par l’organisation de l’État islamique (OEI) en Syrie ont continué à retourner en Irak. Certains sont des survivants de violences sexuelles.

    En novembre dernier, le gouvernement régional du Kurdistan irakien a publié des statistiques sur les cas de disparition dans la communauté des Yazidis depuis 2014. Plus de 6 400 Yazidis ont ainsi été enlevés. Parmi eux près de 3 500 ont été libérés, en grande partie des femmes et des filles.

    Une commission crée en 2014 par les autorités régionales kurdes pour faire la lumière sur les crimes commis par l’OEI a enregistré plus de 1 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits. Ces abus ont en grande partie touché les femmes et filles yazidies.

    #Libye

    La mission de l’ONU en Libye (MANUL) n’a pu vérifier que 7 cas de violences sexuelles qui ont touché 4 femmes, deux filles et un homme activiste pour les droits des LGBTQ.

    D’après le rapport, les femmes retenues dans le centre de détention très controversé de #Mitiga n’ont aucune possibilité de contester la légalité de leur détention. Ce centre est contrôlé par la « Force de dissuasion » qui est placée sous la responsabilité du ministère libyen de l’Intérieur.

    Quatre prisonnières ont été violées et forcées de se montrer nues. L’activiste pour les droits des LGBTQ a été victime d’un viol en groupe perpétré par des gardiens de la Force de dissuasion.

    La MANUL a aussi rapporté des schémas de violences et d’exploitation sexuelles, d’extorsion et de trafic de migrants dans des centres de détention de #Zaouïa, #Tadjourah, #Garian, #Tariq_al_Sikka à #Tripoli et #Khoms qui sont liés aux autorités chargées de la lutte contre la migration illégale.

    Certaines femmes et filles migrants sont exposées au risque d’être vendues pour des travaux forcés ou être exploitées sexuellement dans des réseaux criminels internationaux, dont certains sont liés aux groupes armées présents en Libye. A Tariq al-Sikka, deux filles, frappées en public, ont été victimes d’abus sexuels.

    #Mali

    En 2019, la force onusienne au Mali (MINUSMA) a enquêté sur 27 cas de violences sexuelles liées aux conflits, commis contre 15 femmes, 11 filles et un homme. Des accusations d’esclavage sexuel, de mariages forcés, de castration et de grossesses forcées ont également été rapportées.

    #Birmanie (#Myanmar)

    L’absence de responsabilité pour des violences sexuelles perpétrées contre la minorité musulmane #Rohingyas reste de mise.

    Une mission d’enquête sur les violences sexuelles en Birmanie a montré que ce genre d’agressions étaient une marque de fabrique de l’armée birmane lors des opérations qu’elle a menées en 2016 et 2017.

    De plus, comme le rappelle le rapport de l’ONU, les abus sexuels commis contre les femmes et filles Rohingyas étaient une #tactique_de_guerre qui avait pour objectif d’intimider, de terroriser et de punir les populations civiles.

    #Somalie

    La mission de l’ONU en Somalie (ONUSOM) a confirmé près de 240 cas de violences sexuelles liées aux conflits, dont l’immense majorité contre des mineures. Elles sont en majorité attribuées à des hommes armés non identifiés, au groupe des #Shebabs somaliens, mais aussi à des forces de #police locales et à l’armée somalienne. Près de la moitié de ces abus ont été commis dans l’État de #Jubaland, dans le sud-ouest du pays.

    #Soudan_du_Sud

    La mission onusienne de maintien de la paix au Soudan du Sud (MINUSS) a documenté 224 cas de violences sexuelles liées aux conflits, touchant 133 femmes, 66 filles, 19 hommes et 6 garçons.
    Soudan

    En 2019, l’opération de l’ONU au #Darfour (MINUAD) a constaté 191 cas de violences sexuelles contre des femmes et des filles. Les viols et tentatives de viol ont constitué près de 80 % des cas.

    Les agressions ont été attribuées à des nomades armés, des membres de l’#Armée_de_libération_du_Soudan et à des miliciens. Les forces de sécurité du gouvernement, dont les forces armés soudanaises et la police ont également été impliquées.

    #Nigeria

    En 2019, l’ONU a recensé 826 allégations de violences sexuelles liées aux conflits, dont des viols et des #mariages_forcés.

    La quasi-totalité de ces cas sont attribués à des #groupes_armés, dont #Boko_Haram et la #Civilian_Joint_Task_Force, une #milice d’autodéfense. Les forces de sécurité de l’État sont impliquées dans 12% des cas.

    Les efforts de l’ONU restent vains

    En avril 2019, une résolution (https://www.un.org/press/fr/2019/cs13790.doc.htm) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies reconnait le besoin d’une approche centrée sur les survivants pour informer et mettre en place des mesures pour lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits.

    La #résolution ne peut que constater que « malgré le condamnation répétées des violences, dont les violences sexuelles contre des femmes et des enfants dans des situations de conflit, et malgré l’appel à toutes les parties prenantes dans les conflits armés pour qu’elles cessent ce genre d’actes, ces derniers continuent de se produire. »

    Le rapport conclut en rappelant que l’#impunité accompagne souvent les #abus et que les efforts des parties impliquées dans un conflit à suivre les résolutions de l’ONU restent très faibles.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/26635/un-rapport-de-l-onu-s-inquiete-de-l-augmentation-des-violences-sexuell
    #guerres #guerre #viols

    ping @odilon

    • Violence sexuelle liée aux conflits : l’ONU plaide pour une nouvelle décennie d’action

      Il faut continuer à garder les crimes de violence sexuelle dans les conflits et leurs auteurs sous les projecteurs de la communauté internationale, a plaidé vendredi Pramilla Patten, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits.

      « Comme le dit la célèbre maxime juridique : justice doit être rendue et être vue comme étant rendue. Les survivantes doivent être considérées par leur société comme les détentrices de droits qui seront, en fin de compte, respectés et appliqués », a déclaré Mme Patten lors d’un débat du Conseil de sécurité sur ce thème.

      Outre Mme Patten, l’Envoyée spéciale du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Angelina Jolie et deux responsables d’ONG, Khin Omar, fondatrice et présidente de Progressive Voice s’exprimant au nom du groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, et Nadia Carine Thérèse Fornel-Poutou, présidente de l’Association des femmes juristes de la République centrafricaine, ont pris la parole devant le Conseil.

      Selon la Représentante spéciale, le débat au Conseil de sécurité ouvre la voie à une nouvelle décennie d’action décisive, selon trois axes :

      Premièrement, l’autonomisation des survivantes et des personnes à risque grâce à des ressources accrues et à une prestation de services de qualité, afin de favoriser et de créer un environnement propice dans lequel elles peuvent signaler les violations en toute sécurité et demander réparation.

      Deuxièmement, agir sur la base des rapports et des informations reçus pour faire en sorte que les parties prenantes respectent les normes internationales.

      Troisièmement, le renforcement de la responsabilité en tant que pilier essentiel de la prévention et de la dissuasion, garantissant que lorsque les parties prenantes ne respectent pas leurs engagements, elles sont dûment tenues de rendre des comptes.

      « La prévention est la meilleure réponse. Pourtant, nous avons du mal à mesurer - ou même à définir - les progrès du pilier prévention de ce programme. Le respect est un exemple concret : la violence sexuelle persiste non pas parce que les cadres et obligations existants sont inadéquats, mais parce qu’ils sont mal appliqués », a souligné Mme Patten.

      « La résolution 1820 de 2008 ne demandait rien de moins que ‘la cessation immédiate et complète par toutes les parties aux conflits armés de tous les actes de violence sexuelle contre les civils’. Cette résolution a écrit une nouvelle norme et a tracé une ligne rouge. Maintenant, nous devons démontrer clairement quelles sont les conséquences quand elle est franchie », a-t-elle ajouté.
      Aller au-delà de la rhétorique

      De son côté, Angelina Jolie a rappelé la résolution 2467 adoptée par le Conseil de sécurité l’an dernier.

      « C’était la première à placer les survivantes, leurs besoins et leurs droits au centre de toutes les mesures. Mais les résolutions, les mots sur papier, ne sont que des promesses. Ce qui compte, c’est de savoir si les promesses sont tenues », a dit l’actrice américaine devant les membres du Conseil de sécurité.

      Celle qui est également réalisatrice de films a noté que la résolution 2467 a promis des sanctions, la justice et des réparations pour les victimes et la reconnaissance des enfants nés de viol.

      « Ce sont toutes des promesses qui doivent être tenues. Je vous exhorte donc tous à vous réengager aujourd’hui à tenir ces promesses : aller au-delà de la rhétorique et mettre en œuvre vos décisions », a dit Angelina Jolie.

      « Je vous prie de demander des comptes aux auteurs, d’aborder les causes profondes et structurelles de la violence et de la discrimination sexistes dans vos pays. Et s’il vous plaît, augmentez d’urgence le financement des programmes qui répondent aux besoins de tous les survivants, et en particulier des victimes invisibles - les enfants », a ajouté la star du cinéma qui a fait preuve ces 20 dernière années d’un engagement pour les causes humanitaires, notamment en faveur des réfugiés et des droits des femmes et enfants.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/26635/un-rapport-de-l-onu-s-inquiete-de-l-augmentation-des-violences-sexuell

  • Profili critici delle attività delle ONG italiane nei centri di detenzione in Libia con fondi A.I.C.S.


    https://sciabacaoruka.asgi.it/wp-content/uploads/2020/07/Profili-critici-delle-attivita%CC%80-delle-ONG-italiane-nei-centr

    Résumé du rapport en anglais :
    https://sciabacaoruka.asgi.it/wp-content/uploads/2020/07/ENG-executive-summary.pdf

    –----

    Commentaire sur le site de Melting Pot :

    Profili critici delle attività delle ONG italiane nei centri di detenzione in Libia con fondi #AICS. ASGI presenta il rapporto sugli interventi finanziati dall’#Agenzia_Italiana_per_la_Cooperazione_e_lo_Sviluppo nei centri di detenzione libici

    Tra queste troviamo: #Emergenza_Sorrisi, #Helpcode (già #CCS), #CEFA, #CESVI, #Terre_des_Hommes_Italia, #Fondation_Suisse_de_Deminage, #GVC (già #We_World), #Istituto_di_Cooperazione_Universitaria, #Consorzio_Italiano_Rifugiati (#CIR), #Fondazione_Albero_della_Vita.
    I progetti, alcuni dei quali sono ancora in corso di realizzazione, sono stati finanziati con 6 milioni di euro dall’Agenzia Italiana per la Cooperazione e lo Sviluppo (AICS).

    L’iniziativa ha suscitato, sin dall’emanazione del primo bando a novembre 2017 molto scalpore nell’opinione pubblica, sia perché il sistema di detenzione per migranti in Libia è caratterizzato da gravissimi e sistematici abusi (“è troppo compromesso per essere aggiustato”, aveva detto il Commissario ONU per i diritti umani) sia per la vicinanza temporale con gli accordi Italia-Libia del febbraio 2017. I centri di detenzione libici infatti, soprattutto quelli ubicati nei dintorni di Tripoli che sono destinatari della maggior parte degli interventi italiani, sono destinati ad ospitare anche migranti intercettati in mare dalla Guardia Costiera Libica, a cui l’Italia ha fornito e tuttora fornisce un decisivo appoggio economico, politico e operativo.

    Il rapporto si interroga quindi sulle conseguenze giuridiche degli interventi attuati, a spese del contribuente italiano, nei centri di detenzione libici.

    Anzitutto, si mette in discussione la logica stessa dell’intervento ideato dall’AICS, mostrando come in larga misura le condizioni disumane nei centri, che i Bandi mirano in parte a migliorare, dipendano da precise scelte del governo di Tripoli (politiche oltremodo repressive dell’immigrazione clandestina, gestione affidata a milizie, assenza di controlli sugli abusi, ubicazione in strutture fatiscenti, mancata volontà di spesa, ecc.). I Bandi non condizionano l’erogazione delle prestazioni ad alcun impegno da parte del governo libico a rimediare a tali criticità, rendendo così l’intervento italiano inefficace e non sostenibile nel tempo.

    In secondo luogo, il rapporto osserva come nei centri nei pressi di Tripoli le ONG italiane svolgano un’attività strutturale, che si sostituisce in parte alle responsabilità di gestione quotidiana dei centri che spetterebbe al governo libico. Inoltre, alcuni interventi non sono a beneficio dei detenuti ma della struttura detentiva, preservandone la solidità strutturale e la sua capacità di ospitare, anche in futuro, nuovi prigionieri.

    In terzo luogo, alcuni interventi sono volti a mantenere in efficienza infrastrutture anche costrittive, come cancelli e recinzioni, cosicché potrebbe profilarsi un contributo al mantenimento di detenuti nella disponibilità di soggetti notoriamente coinvolti in gravissime violazioni di diritti fondamentali.

    Infine, il rapporto si interroga sulla destinazione effettiva dei beni e dei servizi erogati. L’assenza di personale italiano sul campo e il fatto che i centri siano in gran parte gestiti da milizie indubbiamente ostacolano un controllo effettivo sulla destinazione dei beni acquistati. L’approssimativa rendicontazione da parte di alcune ONG delle spese sostenute sembra avvalorare il quadro di scarso o nullo controllo su quanto effettivamente attuato dagli implementing partner libici sul campo. Non può così escludersi che di almeno parte dei fondi abbiano beneficiato i gestori dei centri, ossia quelle stesse milizie che sono talora anche attori del conflitto armato sul territorio libico nonché autori delle già ricordate sevizie ai danni dei detenuti.

    Il rapporto conclude osservando che l’intervento italiano è direttamente funzionale alla strategia di contenimento dei flussi irregolari di migranti attraverso meccanismi per la loro intercettazione, trasferimento in Libia, detenzione e successiva rimozione dal territorio libico attraverso rimpatrio nel paese di origine o resettlement in Paesi terzi.

    Il rapporto, pur ponendo alcuni interrogativi cruciali, non fornisce un quadro esaustivo, in quanto l’AICS ha sempre negato l’accesso ad alcuni documenti-chiave, quali i testi dei progetti, necessari a comprendere appieno la situazione.

    https://www.meltingpot.org/Profili-critici-delle-attivita%CC%80-delle-ONG-italiane-nei.html

    #Libye #asile #migrations #centres_de_détention #détention #ONG #ONG_italiennes #rapport #aide_du_développement #développement #coopération_au_développement #financement

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    • La realtà libica raccontata attraverso un rapporto sugli interventi finanziati da fondi AICS nei centri di detenzione

      Il rapporto presentato da ASGI nell’ambito del progetto Sciabaca e Oruka

      Il 15 luglio nell’ambito del progetto Sciabaca e Oruka è stato pubblicato dall’ASGI un interessante rapporto sugli interventi attuati da alcune ONG italiane nei centri di detenzione per stranieri in Libia.

      Il rapporto «Profili critici delle attività delle ONG italiane nei centri di detenzione in Libia con fondi A.I.C.S.» [1] rappresenta un’analisi critica sull’operato in Libia dei progetti di alcune ONG finanziate dal nostro Paese. Si tratta di un’analisi che evidenzia soprattutto le grandi contraddizioni che si celano dietro tali interventi, le enormi lacune e soprattutto le pesanti violazioni dei diritti umani da parte del governo di Tripoli.

      Si parla di progetti, alcuni dei quali ancora in corso, finanziati con 6 milioni di euro dall’Agenzia Italiana per la Cooperazione e lo Sviluppo (AICS). Progetti che non hanno sicuramente migliorato le condizioni dei tanti migranti detenuti presso i centri libici.

      In particolare, il rapporto osserva come “nei centri nei pressi di Tripoli le ONG italiane svolgano un’attività strutturale, che si sostituisce in parte alle responsabilità di gestione quotidiana dei centri che spetterebbe al governo libico”, ma purtroppo tale attività non serve a superare le mancanze del governo libico e a migliorare la condizione generale dei soggetti detenuti. Infatti, vi sono delle pre-condizioni che non permettono di cambiare lo stato delle cose neppure con gli interventi che arrivano attraverso questi progetti.

      A tale proposito, è significativo il contesto generale in cui si inseriscono i progetti presi in considerazione dal rapporto pubblicato da ASGI. Non va infatti dimenticato che in Libia la detenzione di cittadini stranieri nei centri è disposta da un’autorità amministrativa (il Ministero dell’Interno) e che tale decisione non è soggetta ad alcun vaglio da parte delle autorità giurisdizionali. La detenzione, poi, è disposta per un tempo indeterminato e si accompagna alla pratica dei lavori forzati.
      Ma non solo.

      Le autorità libiche, con la limitata eccezione di alcune nazionalità, non distinguono tra migranti irregolari e richiedenti asilo bisognosi di protezione internazionale e, in ultimo, non sono previsti meccanismi successivi di controllo sulla legalità della detenzione disposta. Un quadro molto chiaro che si pone in netta violazione dei più elementari principi di tutela dei diritti umani e in aperto contrasto con il diritto internazionale.

      In questo quadro generale, si inseriscono gli interventi finanziati dal Governo italiano con i Bandi che vengono specificamente analizzati nel rapporto in commento. E, la descrizione che ne viene data è, a dir poco, drammatica. Una situazione, quella nei centri libici, “non determinata dalla temporanea impossibilità di un governo in difficoltà nel fornire assistenza volta a salvare le vite delle persone più vulnerabili”.

      Infatti, le condizioni in cui sono detenute migliaia di cittadini stranieri in Libia sembrano essere dovute non da circostanze esterne indipendenti dalla volontà del governo libico ma da sue precise scelte in merito alla:
      – mancata erogazione di servizi di base (cibo, medicine, ecc.), a fronte di una non trascurabile capacità di spesa pubblica;
      – detenzione di un numero di persone eccessivo rispetto agli spazi disponibili;
      – ubicazione in strutture intrinsecamente inadeguate allo scopo;
      – detenzione di persone vulnerabili quali donne e bambini anche in assenza di garanzie ed appositi servizi loro dedicati;
      – detenzione di persone in modo arbitrario (per durata indefinita, senza alcuna procedura legale, controllo giurisdizionale, registrazione formale o possibilità di accesso ad un avvocato);
      – gestione solo nominale da parte del Ministero libico di molti centri, di fatto gestiti da milizie;
      – assenza di meccanismi di prevenzione o controllo sugli abusi commessi in tali centri.

      Nello specifico, il rapporto fa emergere una serie di contraddizioni che sono intrinseche alla situazione politica della Libia e rispetto alle quali gli aiuti economici e logistici approvati con gli accordi tra Libia ed Italia del 2017 nulla possono.

      La ragione di questi accordi allora è da rinvenire esclusivamente nella volontà di limitare l’afflusso di migranti verso il continente europeo, senza alcuna considerazione di quelle che sono le condizioni in cui versano coloro che vengono trattenuti nel paese libico.

      Come più volte sottolineato dai più attenti osservatori, assistiamo ad un fenomeno di “esternalizzazione” delle frontiere europee con l’aggravante che in questi nuovi territori ove si esercita il controllo si ha una vera e propria sospensione del diritto internazionale e continue violazioni dei diritti umani. Non interessa se chi viene trattenuto sia un richiedente asilo o possa essere iscritto ad una categoria protetta. Non vi è distinzione tra uomini, donne e bambini. Sono tutti semplicemente migranti destinati a vivere la stessa drammatica situazione di detenzione arbitraria e indefinita, di violenze e di torture.

      In più, dalla lettura del rapporto, viene in evidenza l’esistenza di un problema a monte che concerne le politiche migratorie europee che sono, purtroppo, finalizzare esclusivamente al contenimento dei flussi migratori. Si tratta di una impostazione del discorso da parte dei Paesi europei che influenza pesantemente le scelte legislative che vengono compiute e gli interventi concreti che vengono fatti. Una errata impostazione delle politiche migratorie che si aggiunge ai tanti problemi concreti presenti in Libia. Non possiamo infatti dimenticare che la Libia è un paese politicamente instabile, caratterizzato da un controllo del territorio da parte di milizie armate che estromettono lo Stato e si sostituiscono a questo. Milizie rispetto alle quali è impossibile intervenire da parte delle ONG che non possono neppure effettuare un controllo sull’utilizzo effettivo che viene fatto dei beni acquistati con il denaro pubblico.

      Stando così le cose, non stupisce lo stato dei centri di detenzione libici. Una situazione di grande precarietà, di sovraffollamento, di carenza di cibo, di carenze strutturali degli edifici utilizzati, di mancanza di attenzione alle donne e ai bambini, di assenza di assistenza sanitaria.

      Nelle conclusioni del Rapporto, i ricercatori che si sono dedicati a questa attenta analisi dei progetti delle ONG italiane in Libia evidenziano quanto già abbiamo avuto modo di dire in precedenza. Tali progetti sono uno dei tasselli di cui si compone il complesso mosaico che riguardo i rapporti bilaterali tra Italia e Libia.

      Una stagione di accordi che prende le mosse dal noto memorandum del mese di febbraio 2017 e che mira soprattutto a limitare l’afflusso di migranti privi di visto di ingresso dal territorio libico a quello italiano.

      Un altro tassello è sicuramente costituito dalle missioni (peraltro rifinanziate dal nostro Parlamento pochi giorni fa) di addestramento e sostegno alla Guardia Costiera libica sempre da parte del nostro Stato.

      Lo scopo di questi accordi è quello di bloccare o riportare in Libia i migranti irregolari, detenerli in questo Paese e, poi, eventualmente smistarli verso altri paese terzi come il Niger o il Ruanda (o rimpatriarli nei paesi di origine).

      Tutto quello che accade durante e dopo non interessa. Non interessano gli strumenti che vengono utilizzati per bloccare le partenze, non interessano i metodi che vengono adoperati dalla Guardia costiera per bloccare i migranti, non interessa lo stato di detenzione a cui sono sottoposti. In vista del contenimento dei flussi migratori tutto è consentito alla Libia.

      https://www.meltingpot.org/La-realta-libica-raccontata-attraverso-un-rapporto-sugli.html

  • Libye : Bernard Henri Lévy empêché d’accéder à Tarhouna | L’express DZ
    https://www.express-dz.com/2020/07/25/libye-bernard-henri-levy-empeche-dacceder-a-tarhouna

    Des groupes armés dépendant du Gouvernement d’union national (GNA ) ont empêché ce samedi, Bernard Henry Levy de rentrer dans la ville de Tarhouna, rapporte le site RT Online .

    Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux et sur le site RT online, montrant cette scène d’empêchement et les semonces adressées au cortège de celui que surnomment ironiquement les internautes libyens « le père de la révolution de février 2011 ».

    Bernard Henri Lévy serait en Libye pour rencontrer des personnalités militaires et politiques dans les villes de Khoms, de Misrata et de Tarhouna. Sa présence en Libye a enflammée la toile et a fait réagir même le Commandement général des forces armées libyennes qui a annoncé qu’il n’a eu vent de cette visite qu’à travers les réseaux sociaux.

    #les_cons_ça_ose_tout #libye