#liens_pour_les_médias_libres

  • Parution chez l’Atelier de création libertaire : La presse alternative entre la culture de l’émancipation et les chemins de l’utopie, sous la direction de Joëlle Le Marec et Mimmo Pucciarelli
    http://www.atelierdecreationlibertaire.com/La-presse-alternative-entre-la.html

    Les actes du colloque sur la #presse_alternative publiés dans cet ouvrage ne représentent pas seulement un ensemble de textes, mais aussi la trace d’un effort collectif pour développer une réflexion sur ce type de presse, dans le respect de la légitimité des enjeux militants, patrimoniaux et universitaires (­parfois contradictoires) et à partir de sensibilités, d’engagements, de regards qui ont pu évoluer au cours du temps. La presse alternative nous impose de penser une autre modalité du dialogue des savoirs tant célébré aujourd’hui : l’exigence pour ­chacun de se soumettre au risque du partage des enjeux d’autrui, et se rendre sensible à la fois à des causes alternatives, à des questions de recherche et à des exigences patrimoniales.

    Table des matières

    – Introduction - Joëlle Le Marec et Mimmo Pucciarelli

    La conservation des fonds : entre pratiques alternatives et institutionnelles

    – Feuilles de chou et cimetière des éléphants ou radicalité et indignation dans les collections de la bibliothèque municipale de Lyon. De quoi parle-t-on ? - Michel Chomarat
    – La Fanzinothèque - Marie Bourgoin
    – Un capital à valoriser. Les collections de presse alternative à la BDIC,
    Bibliothèque de documentation internationale contemporaine - Franck Veyron
    – Un demi-siècle de conservation anarchiste au Cira - Marianne Enckell

    Sources historiques, modèles et frontières de la presse alternative

    – La presse dans la production et la diffusion des opinions : débats français du XIXe siècle - Roger Bautier
    – La production des idéologies dominées : le cas des médias de mouvements sociaux contre la mondialisation néolibérale (1994-2006) - Benjamin Ferron
    – La presse satirique locale au début du XXe siècle. Tradition et réinvention d’un modèle populaire de contestation - Benoît Bruant

    Pluralité des causes, singularité des engagements

    – La revendication pour la reconnaissance d’information en santé : une histoire dans la presse militante (1977-2002) - Anne Jacquemot
    – La presse alternative comme « prise de parole ». La presse homosexuelle et lesbienne à Lyon dans les années soixante-dix - Antoine Idier
    – « La Femme libre » et les « sœurs » saint-simoniennes : la formulation d’une utopie féministe et sororale dans et par la presse - Bérengère Kolly
    – L’expérience de Cosmopolis (1982-1984) ou l’histoire des déplacements des réseaux militants lyonnais au tournant des années quatre-vingt - Foued Nasri
    – La presse lycéenne : un espace public repensé entre désir d’action émancipatoire et négociation nécessaire - Laurence Corroy
    – Subjectivations politiques dans la revue les Cahiers pédagogiques entre 1963 et 1972 - Xavier Riondet
    – Un itinéraire individuel à travers la presse militante - Pierre Sommermeyer

    Médias alternatifs dans le monde

    – Un registre multidimensionnel : médias alternatifs anglo-saxons et présentations de soi collectives sur Internet - Jean-Michel Rampon
    – La presse alternative dans l’Italie des années soixante-dix : le cas du quotidien Lotta Continua - Raffaello Doro
    – La presse de l’« autonomia creativa » entre ancienne révolution et utopie nouvelle. Italie années soixante-dix - Andrea Lanza
    – Quarante ans de Graswurzelrevolution (1972-2012) Publication de l’anarchisme non-violent en langue allemande - Lou Marin

    Pratiques, espaces, objets

    – La presse alternative de critique des sciences des années soixante-dix et les études de sciences contemporaines : inspirations politiques et construction académique - Igor Babou et Joëlle Le Marec
    – Le journal Actuel et ses lecteurs - Pierre Valentin
    – Interférences (1975-1982) De la revue à l’action - Thierry Lefebvre
    – Le Monde diplomatique, un modèle grand public de presse alternative - Flavie Holzinger
    – Explosif, éclectique, éphémère : Tout ! au carrefour des radicalismes, 1970-71 - Manus McGrogan
    – Se retourner sur un imaginaire défait. Les Révoltes logiques - Vincent Chambarlhac
    – La presse alternative d’expression locale : Si votre journal ne vous plaît pas, faites-le vous-même ! - Dominique Mureau

    #médias #médias_libres #alternatives #livre et peut-être #liens_pour_les_médias_libres (#lml), quoique je ne sache pas du tout ce que vaut le bouquin pour l’instant


  • Samedi 16 novembre : Soirée de lancement de paris-luttes.info | Transfo
    https://transfo.squat.net/2013/11/02/samedi-16-novembre-soiree-de-lancement-de-paris-luttes-info

    Ce site est un outil collaboratif pour rendre visible et susciter liaisons et discussions entre collectifs, individus, groupes, etc. Dans son fonctionnement, ce site privilégie l’entraide pour la rédaction (écriture, relecture, illustration, vérification des infos…), le partage de la modération par une équipe tournante ouverte à participation et à la mise en discussion des publications. Il a été initié suite à des discussions inspirées par l’expérience de Rebellyon.info autour de l’envie commune de faire vivre un site local et indépendant. Pour exister, il a maintenant besoin d’autant de personnes pour le lire que pour y écrire.


  • "Non, « La Guerre des mondes » d’Orson Welles n’a pas paniqué les Etats-Unis", par Jefferson Pooley et Michael Socolow
    http://www.slate.fr/story/79512/guerre-mondes-welles-panique

    Ce mercredi 30 octobre marquait le 75e anniversaire de La Guerre des mondes, célèbre pièce radiophonique d’#Orson_Welles interprétée par la troupe du Mercury Theatre on the Air et racontant l’invasion de la Terre par des #Martiens. « Plus d’un million de personnes ont cru, même brièvement, que les États-Unis étaient réellement la cible d’attaques extraterrestres », nous conte le narrateur Oliver Platt dans un tout nouveau documentaire de la chaîne PBS commémorant la première diffusion du programme.

    La #panique suscitée par La Guerre des mondes a sans doute fait de la pièce de Welles l’évènement le plus marquant de l’histoire de la radiodiffusion aux Etats-Unis. C’est l’histoire que nous connaissons tous, celle qui est reprise par les livres d’histoire et les articles de magazine.

    (...) Il y a juste un problème : la panique en question fut si ridicule le soir de la diffusion qu’il est quasiment impossible de la chiffrer. Contrairement à ce qu’affirment, ou répètent, les programmes de PBS et NPR, quasiment personne ne fut dupé par l’émission d’Orson Welles.

    (...) Comment cette histoire d’auditeurs affolés a-t-elle débuté ? La faute est à rechercher du côté des #journaux américains. En siphonnant les revenus publicitaires de la presse papier durant la crise de 1929, la radio leur avait gravement nui. Aussi, ces derniers sautèrent sur la chance fournie par le programme de Welles pour discréditer la #radio comme source d’informations.

    La presse papier dramatisa la panique des auditeurs pour prouver aux annonceurs et aux autorités que les radios étaient pleines d’irresponsables à qui l’on ne pouvait pas faire confiance. Dans un édito intitulé « La terreur par la radio », le New York Times reprocha aux « responsables de la radio » d’avoir accepté de mêler « fiction à glacer le sang » et flashs d’informations « présentés exactement comme s’il s’agissait de véritables informations ».

    (...) L’émission fut écoutée par beaucoup moins de gens que l’on ne le croit aujourd’hui (et ils furent donc encore moins nombreux à être terrorisés). Comment le savons-nous ? Le soir de la diffusion, le service de mesure d’audience C.E. Hooper téléphona à quelque 5.000 foyers pour son évaluation nationale. À la question « Quel programme êtes-vous en train d’écouter ? », seuls 2% des interrogés répondirent « une pièce », « le programme d’Orson Welles » ou quelque chose de similaire indiquant qu’ils étaient branchés sur CBS.

    D’après le résumé paru dans le magazine Broadcasting, personne ne répondit « les informations ». En d’autres termes, 98% des personnes interrogées écoutaient soit un autre programme, soit rien du tout ce soir du 30 octobre 1938. Cela n’a rien d’étonnant : la pièce d’Orson Welles était programmée en même temps que l’émission comique Chase and Sanborn Hour, du ventriloque Edgar Bergen, l’un des programmes les plus prisés dans le pays à l’époque.

    (...) Néanmoins, la #légende de la panique n’a cessé de croître dans les années qui ont suivi. En 1940, un universitaire reconnu renforça le mythe dans l’esprit du public. En s’appuyant lourdement sur un rapport faussé établi six semaines après l’émission par l’American Institute of Public Opinion (AIPO), Hadley Cantril, de l’université de Princeton, estima dans The Invasion From Mars qu’un million de personnes environ avait été « effrayées » par La Guerre des mondes.

    Toutefois, l’enquête de l’AIPO, comme l’admet Cantril en personne, offrait un taux d’audience « représentant plus du double de toute autre mesure connue de cette même audience ». Cantril défendit sa confiance dans les chiffres de l’AIPO en avançant que l’institut avait aussi enquêté auprès des foyers qui n’avaient pas le téléphone, ainsi que dans les petites localités souvent ignorées des agences de mesure d’audience. Cependant, ces données méticuleusement compilées avaient clairement été influencées par les unes sensationnalistes des journaux qui avaient suivi l’émission (une possibilité également admise par Cantril).

    Pire encore, Cantril avait commis une erreur de catégorisation évidente en confondant les auditeurs « effrayés », « dérangés » ou « excités » par le programme avec les auditeurs « paniqués ». À la fin des années 1930, il n’était pas rare que le public soit « excité » ou « effrayé » par les pièces à suspense.

    (...) Les agences de presse relayèrent bien des histoires sensationnelles d’auditeurs (anonymes) qui, affolés, furent sauvés de justesse par l’intervention d’un ami ou d’un voisin, mais aucun journal ne fit état d’un cas vérifié de suicide lié à l’émission. Les chercheurs du bureau de recherches sur la radio de l’université de Princeton, qui travaillaient sous la direction de Cantril, cherchèrent à vérifier une rumeur selon laquelle plusieurs personnes auraient été reçues en état de choc à l’hôpital St. Michael de Newark, dans le New Jersey, mais la rumeur s’avéra inexacte.

    Les mêmes chercheurs enquêtèrent auprès de six hôpitaux new-yorkais six semaines après le programme. Résultat : « aucun n’avait enregistré de cas lié spécifiquement à l’émission ». Aucune mort ne put non plus être attribuée à la pièce.

    Le Washington Post rapporta bien le cas d’un auditeur mort d’une crise cardiaque durant l’émission, mais, malheureusement, personne ne suivit l’affaire pour confirmer l’histoire ou apporter des éléments supplémentaires. Une auditrice intenta un procès à CBS en réclamant à la chaîne 50.000 dollars pour lui avoir causé un « choc nerveux », mais elle fut rapidement déboutée.

    « Le lendemain matin... la panique engendrée par l’émission faisait la une des journaux à travers tout le pays, avec des histoires d’accidents de la circulation, de quasi-émeutes, de hordes d’Américains paniqués envahissant les rues… à cause d’une simple pièce radiophonique », raconte le documentaire de PBS. Des citoyens en armes se rassemblèrent-ils vraiment à travers tous les États-Unis ? Les rues furent-elles prises d’assaut ? Pas vraiment. Si les journaux firent bien du 30 octobre 1938 une date mémorable dans l’histoire des États-Unis, il s’agissait en réalité pour le pays d’un dimanche soir d’automne tout ce qu’il y a de plus normal.

    (...) Pourquoi ce #mythe est-il aussi séduisant et pourquoi perdure-t-il ? Cette question est compliquée et comprend certainement plusieurs éléments de réponse, de la structure du système de radiodiffusion américain aux règlements fédéraux, en passant par le scepticisme culturel du grand public qui accompagne toujours l’excitation suscitée par un nouveau média.

    Encore aujourd’hui, les médias doivent être à même de convaincre les annonceurs qu’ils gardent le #contrôle sur leur public. Ainsi, CBS célèbre régulièrement la diffusion de La Guerre des mondes et de l’effet supposé qu’elle a eu sur le public.

    (...) D’un autre côté, les régulateurs fédéraux doivent persuader les politiques de l’importance de leur rôle de gardiens des ondes. Pour les médias comme pour les régulateurs, La Guerre des mondes fournit donc une excellente preuve du pouvoir potentiel des médias.

    (...) Mais si le mythe perdure, c’est aussi peut-être parce qu’il symbolise parfaitement notre gêne face au pouvoir qu’exercent les médias sur nos vies. « “L’émission de la terreur” a peut-être autant une fonction de fantasme que de fait historique », écrit Jeffrey Sconce, de la Northwestern University, dans Haunted Media, suggérant ainsi que le mythe de la panique permet simplement un déplacement : ce n’est pas une invasion des Martiens sur Terre qui nous fait peur, c’est l’invasion et la colonisation de nos esprits par ABC, CBS et NBC. Pour lui, la panique a une « fonction symbolique » dans la culture américaine : nous continuons à raconter cette histoire parce que nous avons besoin d’un exemple édifiant du pouvoir des médias.

    #histoire #médias #critique_des_médias, et peut-être même #liens_pour_les_médias_libres (#lml) pour la critique des médias de masse et de leur fascination toujours renouvellée pour la #manipulation - qu’en penses-tu, @ateliermediaslibres ?