• Face aux nouveaux inquisiteurs
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1023-Face-aux-nouveaux-inquisiteurs

    Entretien réalisé courant mai 2020 et paru dans la revue « La Décroissance » n° 171 de juillet - août, p. 18, à l’occasion du dossier « La décroissance c’est la liberté ». Chapô : Le collectif « #Lieux_Communs » se revendique d’une étude militante des travaux de Cornelius Castoriadis. Il a publié ces dernières années de nombreux textes et brochures – disponibles sous format papier dans des librairies indépendantes en défendant notamment les idées de « démocratie directe », d’ « égalité des revenus » et de « (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / Lieux Communs, #Politique, #Avant-gardisme, #Gauchisme, #Entretien, #Totalitarisme, #Décence_commune, (...)

    #Pseudo-subversion

  • « Un lieu, une œuvre » : le petit phare rouge de New York / Route One USA de Robert Kramer | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/edition/un-lieu-une-oeuvre/article/270720/un-lieu-une-oeuvre-le-petit-phare-rouge-de-new-york-route-one-usa-de

    Mon #lieu, visité en 2016, est un insolite petit #phare rouge au Nord-ouest de #Manhattan, construit en 1889, niché sous un pont titanesque, le George Washington Bridge. Il occupe une place de choix dans mes souvenirs, comme une petite #mythologie_géographique personnelle. Mon œuvre est Route One/USA, documentaire de #Robert_Kramer sorti en 1989, qui visite ce même phare lors d’un passage à New York. Le phare rouge logé dans ma mémoire se mêle intimement à celui du film. Revêtus de la même atmosphère hivernale, l’un a l’épaisseur du souvenir, l’autre le prestige d’un film fascinant qui raconte l’#Amérique des marges et des invisibles.

  • Rapport 2019 sur les #incidents_racistes recensés par les #centres_de_conseil

    La plupart des incidents racistes recensés par les centres de conseil en 2019 sont survenus dans l’#espace_public et sur le #lieu_de_travail, le plus souvent sous la forme d’#inégalités_de_traitement ou d’#insultes. Pour ce qui est des motifs de #discrimination, la #xénophobie vient en tête, suivie par le #racisme_anti-Noirs et l’#hostilité à l’égard des personnes musulmanes. Le rapport révèle aussi une augmentation des incidents relevant de l’#extrémisme_de_droite.

    La plupart des #discriminations signalées en 2019 se sont produites dans l’espace public (62 cas). Les incidents sur le lieu de travail arrivent en deuxième position (50 cas), en diminution par rapport à 2018. Les cas de #discrimination_raciale étaient aussi très fréquents dans le #voisinage, dans le domaine de la #formation et dans les contacts avec l’#administration et la #police.

    Pour ce qui est des motifs de discrimination, la xénophobie en général arrive en tête (145 cas), suivie par le racisme anti-Noirs (132 incidents) et l’hostilité à l’égard des personnes musulmanes (55 cas). Enfin, le rapport fait état d’une augmentation significative des cas relevant de l’extrémisme de droite (36 cas). À cet égard, il mentionne notamment l’exemple d’un centre de conseil confronté dans une commune à différents incidents extrémistes commis par des élèves : diffusion de symboles d’extrême droite, gestes comme le #salut_hitlérien et même #agressions_verbales et physiques d’un jeune Noir. Le centre de conseil est intervenu en prenant différentes mesures. Grâce à ce travail de sensibilisation, il a réussi à calmer la situation.

    En 2019, les centres de conseil ont également traité différents cas de #profilage_racial (23 cas). Ainsi, une femme a notamment dénoncé un incident survenu à l’#aéroport alors qu’elle revenait d’un voyage professionnel : à la suite d’un contrôle effectué par la #police_aéroportuaire et les #gardes-frontières, cette femme a été la seule passagère à être prise à part. Alors même que tous ses documents étaient en ordre et sans aucune explication supplémentaire, elle a été emmenée dans une pièce séparée où elle a subi un interrogatoire musclé. Sa valise a également été fouillée et elle a dû se déshabiller. Le rapport revient plus en détail sur cet exemple – parmi d’autres – en lien avec un entretien avec la coordinatrice du Centre d’écoute contre le racisme de Genève.

    Au total, le rapport 2019 dénombre 352 cas de discrimination raciale recensés dans toute la Suisse par les 22 centres de conseil membres du réseau. Cette publication n’a pas la prétention de recenser et d’analyser la totalité des cas de #discrimination_raciale. Elle vise plutôt à donner un aperçu des expériences vécues par les victimes de racisme et à mettre en lumière la qualité et la diversité du travail des centres de conseil. Ceux-ci fournissent en effet des informations générales et des conseils juridiques, offrent un soutien psychosocial aux victimes et apportent une précieuse contribution à la résolution des conflits.

    https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-78901.html

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    Pour télécharger le rapport :


    http://network-racism.ch/cms/upload/200421_Rassismusbericht_19_F.pdf

    #rapport #racisme #Suisse #statistiques #chiffres #2019
    #islamophobie #extrême_droite

    ping @cede

  • « Pour une #décolonisation du quotidien »

    Écrire des « #mythologies » et des « #lieux_de_mémoire » postcoloniaux. C’est à ce projet ambitieux que se sont attelés #Etienne_Achille et #Lydie_Moudileno, avec une volonté politique et historique qui résonne avec les mobilisations raciales contemporaines. Entretien.

    Étienne Achille et Lydie Moudileno travaillent tous deux aux États-Unis. Le premier est professeur d’études francophones à l’université de Villanova, en Pennsylvanie. La seconde est professeure d’études françaises et francophones à l’université de Californie du Sud. Si cet exil les rend peu visibles dans le champ académique et médiatique français, il leur a sans doute permis d’avoir l’audace de réécrire, dans une perspective post-coloniale, deux monuments de l’édition française, à la fois les Mythologies de Roland Barthes et les Lieux de mémoire, ouvrage dirigé par Pierre Nora.

    Dans Mythologies postcoloniales. Pour une décolonisation du quotidien, paru en 2018 aux éditions Honoré Champion, les auteurs constatent qu’aujourd’hui, « les murs de France, comme ses avenues, ses vitrines, ses journaux et sa culture populaire, ne sont pas dénués, loin s’en faut, de ces stéréotypes et autres relents coloniaux qui contredisent la réalité de l’utopie républicaine ». C’est pourquoi un « travail de localisation des formes coloniales naturalisées dans la culture populaire » leur a paru indispensable.

    Dans Postcolonial Realms of Memory. Sites and Symbols in Modern France, qu’ils codirigent avec Charles Forsdick, ils s’en prennent plus frontalement à l’entreprise historique de Pierre Nora, qui passe sous silence des pans entiers de l’histoire coloniale et impériale de la France. Entretien à l’heure où certaines statues tremblent de part et d’autre de l’Atlantique, même si Emmanuel Macron a annoncé qu’elles ne seront pas déboulonnées.

    Quelle lecture faites-vous du débat qui s’est engagé, de part et d’autre de l’Atlantique, sur le sort à réserver aux statues d’hommes appartenant à l’histoire coloniale et à celle de l’oppression raciale ?

    Étienne Achille : La résistance institutionnelle est encore plus forte que ce à quoi je m’attendais. Les propos du président Macron sur le « séparatisme » des mobilisations antiracistes, qu’elles soient citoyennes et/ou académiques, sont d’une violence incroyable, tout comme son silence lors d’autres interventions : cette posture n’a finalement rien à envier à celle d’un Donald Trump.

    La question est de savoir si les quelques semaines que durera le débat actuel à ce niveau d’intensité seront suffisantes pour poser les jalons nécessaires à une prise de conscience concernant le fait que la France se trouve à un moment charnière : soit elle continue à s’enfoncer dans son aphasie coloniale, dans sa mystique universaliste et son soi-disant exceptionnalisme, qui sont responsables du travail de sape de la République imputés au discours des « séparatistes », soit elle profite de cet élan transnational pour accepter de se regarder dans la glace. On a vu de nombreuses personnes lors des manifestations, mais la mouvance réactionnaire, avec son éternelle rengaine sur le refus de la repentance, l’anti-républicanisme et le communautarisme, a gagné beaucoup de terrain ces dernières années.

    Lydie Moudileno : C’est un débat nécessaire, et les mouvements de révolte sont légitimes. Bien sûr, le vandalisme n’est pas la solution. Mais la rigidité d’Emmanuel Macron, qui proclame, sans avoir consulté les Français, que « la République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire », est déplorable aussi. Ceci d’autant plus que ladite République a effacé des traces de son histoire auparavant. Pensons aux rues Pétain débaptisées il n’y a pas si longtemps. Ce que démontrent les derniers événements et débats en France, c’est qu’il est temps de prendre au sérieux la question de la mémoire nationale, de réévaluer la légitimité de certains symboles et la place de certains « héros » dans le paysage français. Bref, il faut revoir le dossier de l’histoire coloniale en consultation avec les Français.

    La première de vos « mythologies décoloniales » s’intitule « Toponymie républicaine : impasse Général Bugeaud », et vous suggérez d’ajouter des références à la dimension coloniale des rues ou institutions baptisées des noms des généraux républicains. Est-ce à dire qu’il vaut mieux contextualiser les statues, les monuments et les noms de rue que les déboulonner ?

    Lydie Moudileno : L’idée de ce premier chapitre était de partir de l’existence d’une grande « avenue Bugeaud » dans le XVIe arrondissement à Paris. Dans cette avenue, les plaques portant le nom de Bugeaud soit ne mentionnent rien, soit mentionnent simplement « Maréchal de France ». Or, si l’on connaît un peu l’histoire coloniale, on sait que Bugeaud est aussi tristement célèbre pour avoir été, entre autres, orchestrateur de la « pacification de l’Algérie » dans les années 1830. Certains connaissent cette autre histoire, d’autres non. Nous avons donc voulu démontrer que tout le monde ne « lit » pas le nom de Bugeaud sur la plaque de la même manière, selon qu’on y reconnaît le nom d’un héros de la République ou d’un militaire responsable des « enfumades » en Algérie pendant la colonisation.

    Contextualiser, pour cet exemple particulier, pourrait simplement prendre la forme d’une double apposition : « Maréchal de France-gouverneur de l’Algérie, 1840 »). Ce serait au moins un premier geste, presque pédagogique, qui rendrait visible l’imbrication de l’histoire française et de l’histoire coloniale. Mais cela ne règle pas le problème, car la plaque de rue se lit toujours, même avec cette précision, comme un hommage à un grand homme, qui était aussi un bourreau.

    Finalement on en revient à la solution de la « cicatrice visible » : renommer la rue et apposer une autre plaque, tout en laissant dans le paysage la trace historique du changement : on pourrait imaginer par exemple une mention « Anciennement avenue Bugeaud ».

    Cela dit, il est plus facile et plus efficace de rajouter une phrase sur une plaque de rue que sur une statue. Je suis d’avis que si des gens se mobilisent pour réclamer le retrait d’une statue, il faut qu’il y ait des mécanismes pour donner suite à leurs revendications. On ne proteste pas juste pour protester, il y a derrière ces gestes un véritable besoin de changer dans le paysage national des symboles qui sont vécus comme insupportables par certains groupes.

    Pour les statues, je propose de créer des cimetières pour statues déboulonnées, exposées comme dans un musée avec une fiche explicative, dont la visite sera ouverte aux touristes et au programme des écoles.

    Étienne Achille : Dans Mythologies postcoloniales, nous nous concentrons sur les noms des rues car, contrairement aux statues, c’est leur relative discrétion, permettant la naturalisation de traces d’idéologie coloniale, qui nous semble aussi intéressante que problématique. Il faut aussi considérer une approche différente entre statues et plaques de rues pour des raisons d’ordre pratique : il n’est pas réaliste de débaptiser, dans l’immédiat, les centaines de rues portant le nom d’une figure liée à la colonisation. Les contextualiser permettrait en effet, dans un premier temps, de transformer ces signes en outils au service du dévoilement du passé colonial de la France. Il s’agit là d’engager un travail de démystification du quotidien français, où ce genre de signes/traces est omniprésent.

    On parle souvent du rôle crucial des programmes scolaires, mais décoloniser l’imaginaire collectif passe aussi par une réflexion sur la vie quotidienne et l’ensemble des représentations collectives qui parsèment le paysage urbain, souvent de manière plus pernicieuse que les statues. Certains de ces signes peuvent et doivent disparaître immédiatement, d’autres peuvent être réappropriés et utilisés afin de produire un autre discours : ou comment enrôler Bugeaud afin de l’opposer au silence ou à la nostalgie coloniale.

    Que faire avec les mythologies ou lieux de mémoire ambivalents, par exemple d’un Jules Ferry, à la fois artisan de la colonisation et de l’école obligatoire et gratuite, ou d’un Colbert, à la fois promoteur du Code noir et d’une certaine souveraineté économique de la France qui manque aujourd’hui ?

    Étienne Achille : Remettre en cause les monuments glorifiant la mémoire d’un personnage historique dont l’« œuvre » ne peut être de nos jours que source de tensions, et de souffrance pour beaucoup, ne revient pas à contester l’importance de ce personnage dans une histoire de France qui serait, comme on l’entend parfois, en voie d’épuration. C’est le bien-fondé de l’acte de consécration républicaine qui est ici contesté, pas la place dans un récit national qui se doit au contraire d’inclure certains pans qui ne sont pas totalement absents mais largement négligés, tels l’esclavage et la colonisation.

    Il n’est donc pas question d’effacer Ferry et Colbert de la mémoire collective, deux figures qui permettent justement de penser l’histoire autrement que de manière hexagonale, mais bien de les mobiliser différemment et dans les cadres appropriés. Peut-on envisager d’écrire une histoire de France sans Colbert ? Non, mais on ne devrait pas non plus pouvoir envisager d’écrire une histoire de France sans le Code noir et ce à quoi il renvoie. Peut-on envisager une Assemblée nationale sans salle nommée d’après Colbert ? Il me semble que oui, et pour de multiples raisons d’ailleurs. Il y a peut-être d’autres figures plus appropriées pour la maison du peuple qu’un des grands artisans de la monarchie absolue…

    Lydie Moudileno : Autant on peut se passer de Bugeaud, je crois, dans le paysage français, mais que faire de ces hommes dont les bilans historiques sont plus mitigés ? Là encore, la solution n’est pas le déni. Les Français et les touristes doivent connaître tous les aspects du « mythe » de Colbert, savoir que Jules Ferry s’est fait l’avocat de la « mission civilisatrice » et que ses arguments impliquaient l’infériorité des peuples à civiliser, etc.

    Pourquoi faudrait-il rédiger des « mythologies décoloniales » plus de 60 ans après les premières mythologies écrites par Roland Barthes ?

    Lydie Moudileno : Il y avait déjà eu ces « nouvelles mythologies » rassemblées par Jérôme Garcin en 2007, donc le geste n’est pas nouveau. Nous sommes tous deux de grands admirateurs de Barthes et, comme pour beaucoup, son Mythologies nous avait déjà appris à repérer à quel point des images, des signes apparemment anodins font passer de l’idéologie.

    Ce qui intéressait Barthes, c’était la manière dont les signes de son quotidien contemporain, les années 1950, étaient en fait porteurs, de manière insidieuse, de l’idéologie bourgeoise de cette époque. Nous avons voulu adopter son regard de « mythologue » pour notre propre quotidien contemporain et, au lieu de l’idéologie bourgeoisie, repérer où et comment le quotidien est racialisé.

    Comme Barthes, nous avons puisé dans des exemples de la culture populaire : le sport avec le mythe « Black-Blanc-Beur », le succès de la comédie multiculturelle au cinéma, les objets de consommation courante, l’exotisme, l’écrivain noir, etc.

    Étienne Achille : La résistance à laquelle le prisme postcolonial est confronté en France provient en grande partie, nous semble-t-il, du fait que beaucoup de Français n’en voient pas la pertinence : l’indépendance de l’Algérie en 1962 marquerait la fin d’une époque qui n’aurait pas d’implications contemporaines, et l’universalisme républicain disqualifie toute approche dans laquelle la notion de race jouerait un rôle.

    Il s’agissait donc de proposer un ouvrage qui tentait de démontrer la justesse d’une telle interprétation en mettant en évidence la prégnance, dans le quotidien de tous, de signes façonnant de manière insidieuse les imaginaires. Il existe en France une grande tradition théorique d’exploration du quotidien, il s’agissait de faire la passerelle avec la question postcoloniale/décoloniale, beaucoup moins étudiée, afin de proposer une approche originale.

    À quel titre, ainsi que vous l’écrivez, « pour de nombreuses personnes issues des minorités, le quotidien est[-il] un lieu de grande vulnérabilité » ?

    Lydie Moudileno : Le quotidien est un lieu de violence, et cela pour certains plus que pour d’autres. On l’a vu récemment avec les exemples américains : aller écouter des oiseaux dans Central Park ou faire son jogging un dimanche matin signifie que l’on s’expose au racisme des autres, avec parfois pour issue la mort. Le quotidien est le lieu potentiel d’agressions plus ou moins spectaculaires et plus ou moins violentes. Ce qui nous intéressait dans ce retour à Barthes, c’était de nous arrêter justement sur ce que l’on appelle les micro-agressions racistes, qui passent non pas par des insultes directes ou des actes physiques, mais par des images, des mots, des signes dispersés dans le quotidien.

    Lorsque je vais acheter mon pain et que je vois en vitrine des pâtisseries en chocolat représentant des « Négros » hypersexués et grotesques, c’est pour moi, en tant que noire, une insulte, alors que d’autres les trouveront drôles. Lorsque je vais en vacances à Biarritz et que le mot « La Négresse » est écrit partout – puisque c’est le nom d’un quartier –, je suis vulnérable dans la mesure où c’est aussi l’insulte qui a accompagné mes années de scolarité en France.

    Parmi les infractions antiracistes, « l’incitation à la haine raciale » est la plus connue, mais on a l’impression du coup que, pour être considéré comme raciste, un acte ou une parole doit avoir la violence de la « haine ». Comme le terme est extrêmement fort, on a l’impression que le racisme ordinaire ne tombe pas sous le coup de la loi. Il faudrait non seulement que l’on sanctionne tout ce qui relève de la diffamation, de l’injure raciale, mais aussi que la définition même de ce qui constitue une diffamation ou une injure raciale soit réécrite pour inclure, par exemple, l’utilisation de certains mots, comme « Nègre » ou « Négresse », dans le langage courant.

    On touche là évidemment à la question de la liberté d’expression, et il est particulièrement difficile d’ouvrir le débat en France, car on bute toujours sur le spectre du « politiquement correct » américain qui ne serait jamais très loin, ceci sans que les gens sachent vraiment, d’ailleurs, quelle est son histoire et quelles sont ses applications aux États-Unis.

    Votre livre est sous-titré « Pour une décolonisation du quotidien ». Par quoi cela passe-t-il ? Et cela signifie-t-il que l’espace du quotidien est un territoire d’intervention plus important que les grandes institutions ou les symboles, par exemple ?

    Lydie Moudileno : Paradoxalement, « décoloniser », dans un premier temps, signifie remettre de l’histoire coloniale là où elle est absente. C’est l’exemple de Bugeaud que nous mentionnions tout à l’heure. Donc : signaler les liens avec l’histoire coloniale, exposer le quotidien français du vingt-et-unième siècle comme lieu où « sévit » encore un imaginaire colonial, ce serait la première étape de cette prise de conscience. Un des exemples les plus célèbres serait la présence des produits dérivés de Banania.

    Il faut aussi éduquer les gens. Et sûrement le plus tôt possible, à l’école. Je trouve aberrant qu’un artiste puisse même penser, aujourd’hui, que représenter des Noirs avec d’énormes lèvres et des yeux écarquillés n’est pas dommageable : je pense à la fresque d’Hervé Di Rosa à l’Assemblé nationale comme soi-disant célébration de l’abolition de l’esclavage. Même si – et c’est la défense de l’artiste – ce sont les attributs de tous ses personnages, noirs ou autres, il n’en reste pas moins qu’il faut connaître l’histoire du monde noir, celle des minstrels, celle de l’iconographie raciste des siècles précédents. Quand on la connaît, on ne peut plus « en bonne conscience » reprendre ces deux attributs tels quels. Ils sont inacceptables. Senghor écrivait en 1948 : « Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. » Comment expliquer qu’ils y réapparaissent en 1991 au Palais-Bourbon sans qu’on s’en inquiète ?

    C’est pour cela que l’on déboulonne des statues aujourd’hui : parce qu’on en a assez d’avoir ces insultes, ces rappels, cette histoire, sous les yeux, tous les jours, alors que la majorité les trouve neutres, inoffensifs et légitimes.

    Comment remplir l’espoir que ces « mythologies postcoloniales » ne « se contentent pas de tendre un miroir mais qu’elles contribuent à transformer le réel et la manière dont nous le traversons au quotidien » ?

    Étienne Achille : Le débat actuel est porteur de possibilités, mais il nous rappelle également l’ampleur de la tâche : combien de fois avons-nous entendu ces derniers jours que, en France, la race n’existe pas et que, donc, le racisme non plus ? L’importance que nous accordons à la question raciale dans le livre va dans ce sens : la race n’existe pas sur le plan biologique mais existe bel et bien en tant que construction discursive ayant pour fonction de hiérarchiser le monde, de s’assurer que l’Autre reste bien à sa place.

    Nous proposons ainsi de mettre en évidence les limitations du discours républicain et de sa composante universaliste en déconstruisant le rôle que joue la race au quotidien, son pouvoir conditionnant qui s’exprime souvent de manière peu spectaculaire mais répétitive et innocente en apparence, et donc terriblement efficace. Si Mythologies postcoloniales permet de contribuer à cette nécessaire prise de conscience, ou du moins réussit à insinuer le doute chez quelques lecteurs initialement sceptiques, alors l’objectif aura été atteint.

    Pourquoi avez voulu post-colonialiser les « lieux de mémoire » de l’historien Pierre Nora dans l’ouvrage que vous avez récemment dirigé sous le titre, Postcolonial Realms of Memory. Sites and Symbols in Modern France, publié aux Presses universitaires de Liverpool.

    Lydie Moudileno : C’était devenu une sorte de refrain entre nous – qui travaillons entres autres sur la question de la représentation du fait colonial dans la culture française –, et on reprenait tous comme une antienne la critique à l’égard de Nora : « Les lieux de mémoire ne prennent pas en compte l’histoire coloniale. » À un moment, donc, avec notre collègue Charles Forsdick de l’université de Liverpool, nous nous sommes dit : il faut cesser de critiquer et le faire, c’est-à-dire remédier à cette absence ou à ce déni chez Nora, en proposant, comme un addendum, un Lieux de mémoire alternatif dans lequel il s’agirait toujours de la France, mais d’où ressortirait, par contraste avec l’original, la pertinence du fait colonial dans la mémoire nationale.

    Le Musée national de l’immigration, le couscous, le Bumidom, le Fort de Joux… Comment avez-vous choisi ces lieux de mémoire, tout en étant conscients qu’il pourrait s’agir d’un « projet illimité » ?

    Étienne Achille : Il s’agissait de proposer un répertoire composé de lieux situés sur le territoire de la République, qu’ils soient hexagonaux ou d’outre-mer, physiques ou immatériels, urbains ou ruraux, dont la diversité permettait d’illustrer au mieux notre thèse : le besoin de mettre en évidence la postcolonialité de la France en démontrant l’imbrication inhérente du colonial dans le récit national autant que dans les différentes facettes du quotidien français.

    Dans certains cas, nous avons repris un lieu qui faisait partie de l’ouvrage dirigé par Pierre Nora, mais dont la dimension transnationale et transculturelle avait été occultée. Parmi les quelques contributions que vous citez, c’est par exemple le cas du chapitre sur le couscous, qui entre en dialogue avec celui intitulé « La Gastronomie » chez Nora, mais qui cette fois transcende la vision purement hexagonale proposée par Pascal Ory.

    Dans d’autres cas, notre choix s’est porté sur de nouveaux sites, signes ou symboles permettant de combler au mieux les lacunes ou points aveugles des Lieux de mémoire concernant le passé colonial français. Même si l’espace géographique que nous explorons se limite aux frontières actuelles de l’État français, la discussion sur le Fort de Joux (Doubs), où Toussaint Louverture est mort captif en 1803, permet d’inclure Haïti, la révolution haïtienne et avec elle la mémoire coloniale dans une relation dialectique avec la mémoire nationale et l’un de ses principaux marqueurs : 1789.

    De même, toujours à partir des exemples cités dans votre question, le chapitre sur le Bumidom [Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer – ndlr] réinscrit les Antilles et leur diaspora, généralement cantonnées aux marges du récit national et n’apparaissant le plus souvent dans le discours politico-médiatique que sur le mode de l’exotisme, dans le processus de construction de la France moderne et contemporaine. Postcolonial Realms of Memory est ainsi composé d’une quarantaine de chapitres qui illustrent tous la nature intrinsèquement multidirectionnelle du passé et de la culture français. Et tout comme pour le projet sur les mythologies, ce répertoire ne demande qu’à être progressivement complété.

    L’aveuglement des Lieux de Mémoire vis-à-vis de l’histoire coloniale et impériale de la France vous semble-t-il être imputable d’abord à son directeur, Pierre Nora, qui signe aujourd’hui des tribunes dans Le Point pour dénoncer le camp décolonial, ou à l’époque où l’ouvrage a été écrit, entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 ?

    Étienne Achille : Oui, cet aveuglement est le fruit d’une décision réfléchie que Nora, dont le tout premier livre était ironiquement consacré aux Français d’Algérie, a par la suite plusieurs fois tenté de justifier. Il est important de contextualiser l’ouvrage, dont le premier volume est sorti en 1984, les trois suivants en 1986, et les trois derniers en 1992, afin de mieux comprendre pourquoi les récentes sorties médiatiques de Nora ne sont guère surprenantes.

    Le début des années Mitterrand a été marqué par plusieurs phénomènes diamétralement opposés sur le plan politique : d’un côté le développement du mouvement antiraciste, avec notamment deux temps forts, la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 et la création fortement médiatisée de SOS Racisme en 1984 ; de l’autre côté, la construction médiatique de la problématique identitaire à travers un espace, la banlieue, et une figure, le Beur, qui accompagne la montée du Front national.

    Les Lieux de mémoire peut être vu comme une intervention visant à réinsuffler continuité et unité à une nation que Nora présente comme étant en déclin depuis le début du XXe siècle et la Grande Guerre, et qui, selon lui, s’enlise dans une crise identitaire, entre disparition du monde paysan et, avec lui, l’idée d’une France éternelle, et revendications des minorités mettant à mal le principe d’intégration/assimilation, et tentation du populisme. Pour Nora, l’histoire nationale imaginée sous la IIIe République ne remplit plus sa fonction fédératrice, ayant rompu sous les assauts répétés d’une dynamique historiographique de plus en plus critique, et il profite d’un contexte réceptif, alors que nous approchons du bicentenaire de la Révolution, à la question de la mémoire pour repenser le rôle de celle-ci.

    Il s’agit donc d’un véritable « réarmement intellectuel et moral de la France » que Nora cherche à mettre en place, pour reprendre l’expression utilisée par l’historien des années plus tard, lors de sa réponse au discours de réception d’Alain Finkielkraut à l’Académie française en 2016. Les deux hommes se rejoignent sur de nombreux points, et notamment dans leur combat contre la menace du multiculturalisme, la désintégration de l’idée d’identité française. La posture actuelle de Nora trouve donc son origine au tournant des années 1970-80, du moins en ce qui concerne sa conception de l’histoire et du rôle de l’historien.

    Le problème de Lieux de mémoire ne réside pas seulement, à vous lire, dans le choix des objets (où seule l’entrée sur l’exposition coloniale de 1931 se réfère à cette histoire) mais aussi dans la façon de les écrire, par exemple au sujet des monuments aux morts qui ne s’intéressent qu’à l’Hexagone et ne parlent pas des troupes coloniales. Comment écrivez-vous alors sur les lieux que vous avez choisis pour vos lieux de mémoire post-coloniaux ?

    Étienne Achille : Les contributeurs ont tous travaillé l’idée d’un contrepoint dialectique qui, à partir de la reconnaissance des traces renvoyant à la dimension coloniale du lieu en question, permettrait de mettre en relation mémoire institutionnalisée et mémoire coloniale. La démarche est donc l’inverse de celle imaginée par Nora, qui a mené à la réalisation d’un ouvrage majeur sur le plan méthodologique en ce qu’il articulait un paradigme nouveau – le lieu – permettant de penser différemment la relation nation/histoire/mémoire et la façon dont nous représentons et intégrons le passé dans l’imaginaire collectif, mais qui, à l’arrivée, ne faisait que présenter sous une autre forme un récit national toujours aussi monolithique et étriqué.

    Dans Postcolonial Realms of Memory, les lieux sont analysés afin de faire ressortir le caractère enchevêtré et pluriel des mémoires qu’ils condensent, et donc l’hétérogénéité d’un héritage collectif français qui, tant qu’il sera présenté sous une forme dégageant de forts relents d’atavisme, servira un modèle d’intégration cherchant à préserver une définition nostalgique et exclusive de la francité. L’exemple que vous prenez pour illustrer votre question est là encore intéressant et illustre bien les enjeux : il n’est pas difficile de voir quelles sont les implications, en termes d’écriture de la nation et de sa communauté imaginée, découlant d’une discussion des monuments aux morts qui ignore la dimension coloniale de ces lieux de mémoire…

    Que vous a apporté pour votre travail le fait de vivre aux États-Unis ? En quoi cela vous a-t-il permis de dépasser le « monolithe d’une certaine Frenchness » ? Autrement dit, comment éviter l’accusation d’importer des grilles de lecture étatsuniennes ici ?

    Lydie Moudileno : Il est clair que l’adjectif « postcolonial » est devenu un gros mot en France. En fait, cela ne date pas d’aujourd’hui, cela commence à faire un moment que la France a amorcé un retour à l’anti-américanisme primaire. À lire une certaine presse et les réseaux sociaux ces dernières semaines, on a l’impression que tous ceux qui se préoccupent de la question de la colonisation et des minorités sont les victimes d’une sorte de lavage de cerveau américain, qui leur fait tout lire en termes de race et d’identité. On disait la même chose concernant le « gender » il y a quelques années : quand les minorités, femmes, Noirs, homosexuels, etc., revendiquent d’être entendues ou manifestent dans les rues, c’est parce qu’elles ont été manipulées par les États-Unis. C’est ce que dit Macron quand il accuse les universitaires français d’être responsables de « l’ethnicisation » de la France.

    En fait, ce n’est pas que nous sommes manipulés, c’est que l’université américaine nous donne et nous a donné depuis plusieurs décennies maintenant les moyens, les lieux et la légitimité de parler de choses qui nous préoccupent. Si beaucoup d’entre nous sommes partis, c’est que nous avions ces intérêts mais pas la possibilité de les creuser, professionnellement, sur place.

    Il ne s’agit pas de grilles de lecture, dans le sens où on plaquerait de la race ou du colonial ou de l’identité sur tout : il s’agit plutôt d’avoir la liberté d’aborder des sujets, sans être immédiatement accusés de communautarisme, de totalitarisme, d’hystérie, de médiocrité, et j’en passe. Il y a énormément d’a priori, en France, sur ce qu’est une lecture « postcoloniale » ou décoloniale des choses et du monde, et ces a priori s’inscrivent dans la grande vague néoréactionnaire de ces dernières années.

    Étienne Achille : Les Martiniquais Aimé Césaire et Frantz Fanon, pour ne citer qu’eux, sont deux des grandes figures fondatrices des études postcoloniales : nous n’importons rien, c’est évidemment aussi dans le contexte français et de son empire que la pensée postcoloniale s’est développée. Pour ce qui est des réticences françaises à l’égard des études postcoloniales, je pose à mon tour une question : peut-on vraiment croire que la construction du second plus vaste empire colonial au monde sur plus d’un siècle – si l’on prend la conquête de l’Algérie comme point de départ (1830), plus de trois siècles si l’on tient compte des « anciennes colonies » (Antilles, Réunion, etc.) –, entreprise qui était un projet républicain à partir de la fin du XXe siècle, avec ce que cela implique en termes de théorisation, d’articulation de discours, de mobilisation des institutions et des différents secteurs de la société, n’a pas laissé de traces durables ?

    Plutôt que de réfuter a priori la pertinence de ce prisme, travaillons à identifier les formes que prend ce legs, ce qui permettra aussi de nuancer l’idée de continuum entre les périodes : tout ne renvoie pas au colonial, mais des traces actives persistent. Concernant la question raciale, la notion d’universalisme républicain n’a de sens que comme projet, comme quête d’un idéal, elle ne peut pas être affichée comme une caractéristique innée au nom de laquelle on se refuserait à l’évidence : la race occupe bel et bien une place importante dans le quotidien français, que cela soit dans les sphères privée ou publique. Exclure de lire le réel autrement qu’à travers la seule catégorie de classe n’est pas tenable, sauf si l’on pense qu’il n’y a pas de racisme en France…

    L’expression « racisme institutionnel » dérange, mais le rejeter pour la simple raison qu’il n’y pas officiellement de politiques ségrégationnistes est trop facile. L’État ne donne pas directement pour consigne à la police de plus contrôler, dans tous les sens du terme, les minorités, mais c’est pourtant bien ce qui se passe. Là encore, la perspective postcoloniale peut aider à mieux comprendre les formes que ce racisme institutionnel peut prendre. Il y a une quinzaine de jours, un journal satirique titrait « Le gouvernement affirme que le nuage du racisme systémique s’est arrêté à la frontière française » : ce trait d’humour saisit parfaitement l’incroyable déni qui sous-tend les critiques auxquelles vous faites référence.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270620/pour-une-decolonisation-du-quotidien
    #décolonial #mémoire

    ping @cede @isskein

    • MYTHOLOGIES POSTCOLONIALES. Pour une décolonisation du quotidien

      À l’heure où la question du vivre-ensemble français émerge comme le grand défi des décennies à venir, le quotidien, lieu d’interactions sociales déterminantes pour les individus et les communautés, s’impose à nouveau comme terrain d’investigation prioritaire. Selon notre histoire personnelle et notre identité sociale, nous ne traversons pas le réel de la même manière. Pour nombre d’entre nous, loin d’être insignifiant, le quotidien est aussi le lieu d’une violence qui même en restant infime opère avec une efficacité dévastatrice. Ainsi, le contexte actuel de la France multiculturelle nous force à considérer sérieusement le caractère racialisé de la quotidienneté. La race occupant bel et bien une place dans la République, il s’agit d’en penser la permanence dans sa visibilité comme dans son invisibilité. Cet ouvrage s’est donné la tâche d’en relever différentes occurrences, notamment celles qui peuvent sembler anodines à certains.

      La nation en crise d’identité est toujours productrice et preneuse de ce que Roland Barthes appelait dans les années cinquante des mythologies. Aujourd’hui encore, la pérennité de représentations renvoyant au discours colonial confirme que la naturalisation des idéologies est insidieuse, et qu’elle conforte toutes sortes de mythes. Mythologies postcoloniales se propose d’examiner ce pouvoir subreptice des signes dans le contexte de la France contemporaine en posant les bases d’un répertoire critique des signes postcoloniaux dans le quotidien, afin de le décoloniser.

      https://www.honorechampion.com/fr/champion/10760-book-08534756-9782745347565.html
      #livre

  • « On ne peut pas vouloir une démocratie directe pour rétablir une société de consommation »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1022-On-ne-peut-pas-vouloir-une

    ❝Ce texte fait partie de la brochure n°26bis : « #Écologie, #pandémie & #Démocratie_directe » L’écologie #Politique dans la crise mondiale — seconde partie Sommaire : « En prenant des mesures contre le virus on peut être amenés à prendre des décisions qu’on n’osait pas trancher à cause de la bien-pensance » (Émission de radio) « On ne peut pas vouloir une démocratie directe pour rétablir une société de consommation » (Émission de radio) — Ci-dessous... Immigration, écologie et décroissance (Conférence) (...) #Brochures

    / #Lieux_Communs, Politique, #Économie, #Pandémie_2019-2020, #Gauchisme, #Libéralisme, #Entretien, #Démocratie_directe, #Mouvements_sociaux, #Type_anthropologique

  • Introduction aux #Brochures n°26 & 26bis : « Écologie, pandémie & démocratie directe »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1020-Introduction-a-la-brochure-no26

    Ce texte fait partie de la brochure n°26bis : « #Écologie, pandémie & démocratie directe » L’écologie #Politique dans la crise mondiale — seconde partie Sommaire : Introduction — Ci-dessous Questions à la décroissance (Article) Climat : la longue marche ? (Tribune) Écologie et démocratie directe (Conférence) Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie (Article) « Une épidémie est ce moment où se révèlent les gens qui adhèrent ou non à l’intérêt collectif » (Entretien) Quatrième de (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, Écologie, Politique, #Pandémie_2019-2020, #Article, #Science, #Technoscience, #Écologisme, (...)

    #Progressisme

  • Parution des #Brochures n°26 & 26bis : « Écologie, pandémie & démocratie directe »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1019-Parution-des-brochures-no26-26bis

    Ce texte fait partie de la brochure n°26 « #Écologie, pandémie & #Démocratie_directe » L’écologie #Politique dans la crise mondiale Elle sera bientôt en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera également bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique brochures BrochuresL’écologie politique dans la crise mondiale — première partie (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, #Médecine, Écologie, Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Article, #Écologisme, #Avant-gardisme, #Gauchisme, #Primitivisme, #Redéfinition_des_besoins, Démocratie directe, #Énergie, #Émeutes, (...)

    #Empire

  • topophile, l’ami·e des lieux | la revue des #espaces_heureux

    La revue interroge écologiquement notre #rapport_au_monde, aux espaces et aux lieux, aux environnements bâtis et naturels, elle questionne nos manières de #bâtir, d’#habiter et de penser afin de demeurer pleinement et justement sur la Terre. Elle s’organise autour de trois parties :
    #Savoir, la revue des idées, vise à écologiser nos esprits à travers la publication d’entretiens, d’enquêtes, d’essais et d’études de théoricien·ne·s et de praticien·ne·s du monde entier.

    #Faire, la revue des réalisations, rassemble des #réalisations originales de toute nature, de toute échelle et de tout pays qui participent d’une approche écologique, #éthique et sociale du lieu et de l’espace.

    Rendez-vous, la revue des événements, convie nos lecteurs et lectrices à enrichir leurs connaissances et expériences topophiles en allant à la rencontre des protagonistes à l’occasion de conférences, débats, expositions, visites, ateliers.

    https://topophile.net/la-revue

    #Topophile #revue #lieux #géographie #ressources_pédagogiques #écologie #espace #urbanisme

    Revue que j’ai découverte grâce à @rastapopoulos :
    https://seenthis.net/messages/854301

    Sur seenthis : @topophile

    ping @reka @franz42

  • Reprise des écoles : A #Grenoble, message d’une enseignante de maternelle à une amie...
    07.05.2020

    Bonjour,

    Nous sommes en train d’organiser le retour en #classe prévu le 25 mai.
    Les conditions de #reprise vont être très contraignantes pour nous comme pour les enfants et il est important que vous soyez au courant de certains #impératifs.

    En effet, vos enfants ne vont pas être regroupés par classe, donc pas forcément avec leur enseignante respective et leurs camarades. Les enfants des soignants et du personnel de gestion de la crise seront accueillis de droit tous les jours. En raison des limitations des #effectifs, les autres enfants se verront ou pas (nous espérons pouvoir répondre à toutes les demandes) proposer 1 ou 2 jours d’accueil par semaine.

    La répartition se fera en fonction de critères bien précis afin de répondre au #protocole_sanitaire imposé par le Gouvernement.

    Les activités des enfants vont être individuelles, sans #aucun_contact les uns avec les autres, les adultes compris. Il leur sera interdit de circuler dans la classe et de #toucher au matériel qui ne leur est pas attribué. Aucun adulte, ni aucun enfant n’a le droit de toucher le matériel des autres ou d’utiliser un #matériel_collectif (pas de correction, pas de #jeux de ballons, pas de jeux de société, etc).

    Les groupes ne se rencontreront pas dans l’école (les entrées et sorties différentes, les #récréations_décalées, les #repas dans les classes, ni les #siestes).
    Afin que le matériel reste individuel, nous allons créer des #barquettes au nom de votre enfant. Les adultes eux-mêmes, n’auront pas le droit d’y toucher après les avoir mises en place et laisser plusieurs jours sans y toucher.
    Tous les #jouets des classes seront supprimés.

    Votre rôle pour les enfants qui pourront revenir en classe (pour le
    moment nous n’avons pas suffisamment d’informations pour vous dire si votre enfant pourra revenir en classe) :
    – Expliquer à vos enfants les conditions d’ouverture de l’école (ils ne doivent pas s’approcher de leurs camarades et des adultes) ;
    – Respecter les #gestes_barrières ;
    – Ne pas toucher le matériel qui n’est pas dans sa #barquette_individuelle ;
    – Prendre tous les matins la #température de votre enfant et le garder à la maison en cas de symptôme (toux, éternuement, essoufflement, mal de gorge, fatigue, troubles digestifs, sensation de fièvre, etc) .
    – Interdiction d’envoyer son enfant à l’école si l’élève ou un membre de sa famille présente les mêmes #symptômes cités ci-dessus.

    En toute transparence, nous nous devons de vous informer de ces conditions de reprise très particulières.

    L’#enseignement_à_distance sera le même que celui dispensé en classe.

    Bien cordialement,

    L’équipe enseignante

    #déconfinement #le_monde_d'après #école #réouverture_des_écoles #organisation

    L’école de demain, cette #prison pour #enfants...

    • Petite géographie de l’#espace_carcéral... euh je veux dire de l’#espace_scolaire.

      Alors que nous allons réouvrir les établissements scolaires, je m’interroge, en « bonne » géographe que je suis, sur l’espace scolaire tel qu’il va être donné à pratiquer par les élèves ces prochains jours.

      J’ai lu, relu, lu une dizaine de fois le protocole sanitaire. #Rubalise. Je n’avais jamais lu autant de fois en si peu de pages un mot que je n’avais jamais employé jusque-là.

      Mise à l’écart du mobilier scolaire + rubalise. Nous ne pourrons plus accéder aux #manuels, nous ne pouvons faire de #photocopies, les #salles_informatiques et les #tablettes sont interdites. Pour faire cours dans les disciplines où les élèves n’ont pas leur propre #manuel_scolaire, nous allons nous amuser.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. On va utiliser les #jeux_de_société que j’ai et qui portent sur l’histoire. Ces derniers jours, j’avais repris les règles de « Bruges », parfait pour réviser la ville au Moyen Âge. Ah non, je n’ai pas le droit de prêter du matériel. Faire un plateau fabriqué à coup de photocopies ? Ah non, pas de photocopies. Bon, je range Bruges, Carcassonne, Notre Dame, Agricola, et les Mystères de l’Abbaye. 5 idées sympas pour réviser le Moyen Âge. Rubalise.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. Si j’utilisais Plickers, c’est top ça, un quizz projeté au tableau, les élèves n’ont qu’à lever le code dans le sens de leur réponse, je photographie de loin leurs réponses, et... ah non, pas de prêt de matériel, mes codes plastifiés ne pourront servir. Rubalise.

      Pas grave, j’ai de l’imagination. Oui, mais voilà, pas d’îlot, chaque élève doit disposer de 4 m2 mais ne peut être positionné face à un autre élève. En langues vivantes, ils doivent pourtant leur faire travailler « la #coopération ». Les nouveaux #protocoles_pédagogiques prévoient aussi qu’en français, les élèves doivent maîtriser la tape sur un clavier. Sans clavier. Sans ordinateur. Sans... tout, sauf des rubans autour d’eux. Rubalise.

      Bon, passons, regardons plus loin, on réfléchira aux « activités » plus tard. C’est la consigne de l’établissement. On ne fait plus cours, on ne fait plus de séquences qui prennent du sens en tant qu’apprentissages, on devra « plus tard » prévoir des « #activités ». L’école est bien moins qu’un centre de loisirs, les activités sont seules maîtres, certes, mais elles seront prévues en dernier. On va les occuper dans leurs 4 m2 entourés de rubans. Rubalise.

      Mais bon, admettons, il y a des circonstances. L’important est certainement de permettre aux élèves de retrouver un lien avec l’école, avec le lieu même qu’est l’école. C’est tout à fait justifié. Mais quel #lien ? Qu’est devenu ce #lieu ?

      Aménagement de la salle de classe :
      mise à l’écart du #mobilier + rubalise
      4 m2 par élève, pas de #face_à_face, pas d’#îlot.
      #sens_de_circulation dans la salle indiqué au moyen de #scotch_au_sol
      interdire la #circulation dans la classe

      Aménagement des couloirs et escaliers :
      rubalise, #marques_au_sol pour #distanciation
      un sens pour l’entrée, un sens pour la sortie
      pas d’accès au #gymnase, pas d’accès aux #vestiaires

      Récréation :
      pas de descente dans la #cour
      #pause en classe (où les élèves n’ont pas le droit de bouger de leur table)
      pas d’#objets, pas de #livres, pas de jeux, rien dans les mains
      rubalise sur les bancs pour en interdire l’accès le matin
      #WC : entrée un à un, sur les 6 points WC de l’établissement, pour un effectif de 1065 élèves
      rubalise dans les #toilettes + affichages consignes de #lavage_des_mains
      pas le droit au repas

      Qu’est-ce donc que ce lieu où tout est mis sous ruban, où il existe des sens circulatoires marqués au sol, où les heures de promenade dans la cour sont limitées dans le temps et dans l’espace, où ces heures doivent se faire sans contact avec les autres prisonniers, euh, je veux dire élèves ?

      Qu’est-ce donc que ce lieu où quelques minutes par jour sont consacrés à un « enseignement » qui n’a que pour but de faire croire aux enfermés qu’ils ont quelques minutes loin de leur routine dans l’espace punitif les privant de leurs mobilités ?

      Rubalise.

      Chaque ligne de plus du protocole m’a glacée. J’ai eu l’impression de relire les travaux d’Olivier Milhaud lorsque, jeunes géographes, nous travaillions et échangions sur nos thèses. Les travaux sur... la #prison.

      « #Surveiller_et_punir », écrivait Michel Foucault.
      « #Séparer_pour_punir », ont écrit les géographes.

      « La prison est une peine géographique : elle punit par l’#espace. Elle tient des populations détenues à distance de leurs proches et les confine dans des #lieux_clos. »

      L’école est en train de devenir une #peine_géographique. On n’y enseignera pas, on y contrôlera des élèves qui, heureux de revenir à l’école pour y retrouver un lieu de savoirs et de #socialisation, vont faire l’expérience brutale de cet #enfermement_par_l'espace. Rubalise.

      #SansMoi

      PS : Je vous recommande fortement la lecture de :
      Olivier Milhaud, 2017, Séparer et punir. Une géographie des prisons françaises, CNRS Editions.
      Marie Morelle, 2019, Yaoundé carcérale : géographie d’une ville et de sa prison, ENS Éditions, disponible en ligne : https://books.openedition.org/enseditions/11445

      https://www.facebook.com/benedicte.tratnjek/posts/10156922338365059

      Texte de #Bénédicte_Tratnjek (@ville_en)

    • Alors, j’essaie de comprendre, pour la reprise...

      Injonction du ministère : finir le programme en retirant un chapitre ou deux
      Injonction du rectorat depuis le 16 mars : interdiction de voir de nouvelles connaissances et notions, ne faire que des approfondissements de ce qui a été vu avant fermeture
      => Donc, on finit le programme sans faire de nouveaux chapitres... 🤔

      Injonction du ministère : faire les compétences de type « pratiquer différents langages » avec des croquis de synthèse à produire en géographie
      Injonction de l’établissement : interdiction des manuels, interdiction des photocopies, interdiction de toucher les cahiers pour les corriger, interdiction d’aller en salle informatique ou d’utiliser les tablettes, interdiction d’utiliser les téléphones personnels, interdiction de fournir le moindre fond de cartes en gros
      => Donc, on fait des croquis de synthèse sans documents, sans fonds de cartes, tout en faisant des connaissances déjà vues en réussissant à finir le programme sans avoir le droit de le faire... 🤔

      Je veux bien plein de choses, mais là je ne suis pas sûre de comprendre ce qu’on attend de moi...

      https://www.facebook.com/benedicte.tratnjek.2/posts/261127465252876

      Toujours @ville_en

  • Tentative d’épuisement d’un lieu quotidien

    Lundi 16 mars 2020,

    Macron n’a pas encore fait son discours mais nous savons depuis jeudi dernier que les crèches, écoles, collèges, lycées et universités seraient fermées jusqu’à nouvel ordre pour lutter contre le coronavirus. Dubitative, j’oscille entre « c’est pas possible de tout fermer… » et « en même temps c’est fou que le virus ne nous ait pas déjà tou·tes contaminé·es à la fac ».

    Après avoir passé la journée à tourner en rond dans le quartier, transbahutant le petit dans sa poussette, questionnant les un·es, observant les autres, je décide de contacter les étudiant·es.

    Ce semestre je donne un cours de pratique du dessin en L1, enfin sur le papier, puisque depuis la rentrée de janvier et la lutte contre la LPPR il s’agit en fait d’un cours alternatif autour de la mobilisation. Les étudiant·es se retrouvent de manière informelle et volontaire dans l’atelier ou dans les espaces publics de la fac où nous partons parfois nous installer. Ielles viennent des départements d’arts plastiques, de sociologie, de cinéma ou d’ailleurs, mobilisé·es ou non, ielles sont là pour échanger, fabriquer, dessiner, graver, imprimer librement du matériel de lutte.

    En imaginant l’#enfermement imminent, je pense au livre de #Xavier_De_Maistre, #Voyage_autour_de_ma_chambre : « J’ai entrepris et exécuté un voyage de quarante-deux jours autour de ma chambre. Les observations intéressantes que j’ai faites, et le plaisir continuel que j’ai éprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendre public ; la certitude d’être utile m’y a décidé. Mon cœur éprouve une satisfaction inexprimable lorsque je pense au nombre infini de malheureux auxquels j’offre une ressource assurée contre l’ennui, et un adoucissement aux maux qu’ielles endurent. Le plaisir qu’on trouve à voyager dans sa chambre est à l’abri de la jalousie inquiète des hommes ; il est indépendant de la fortune ». George Perec, avec son livre Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, est aussi une source d’inspiration dans son acharnement à décrire ce qu’il nomme « le reste » : « ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. »

    Pourquoi ne pas impulser une forme de création sous contrainte qui permette aux étudiant·es de créer et de penser depuis cet état qui nous a vu passer de l’émulation libre et collective au repli forcé et solitaire ? A nous de prendre à bras le corps ce devenir confinable, de faire de ce quotidien imposé une source d’inspiration, de ce nouvel horizon étriqué un souffle pour passer les jours.

    Date : 16 Mars 2020 à 17:21
    Subject : Tentative d’épuisement d’un lieu quotidien / Jour 1

    Bonjour à toutes et tous,
    Quel semestre bien agité !
    Mais ce n’est rien, il faut réagir positivement.
    Nous avons donc 2 fronts à mener à la fois : la lutte contre la LPPR et le coronavirus…
    (…)
    Voici ma proposition pour le reste du semestre :
    Tentative d’épuisement d’un lieu quotidien :
    Je vous propose de réaliser un dessin d’observation par jour, ce qui fera 5 dessins par semaine pour les sérieux et 7 pour les vraiment motivés. Dessins qui seront multipliés par le nombre de semaines de confinement.
    Vous recevrez par mail des contraintes chaque semaine, avec des références pour continuer à penser et travailler.
    La totalité de vos dessins formera le rendu du semestre, et me permettront de vous noter.

    Et voilà c’est lancé.
    Très rapidement je passe d’une consigne pour la semaine à une consigne par jour.
    Je me prends au jeu, les envies fusent. Je prépare la veille pour le lendemain un mail avec une incitation pour expérimenter le confinement par le dessin, ou le dessin par le confinement je ne sais plus… Il s’agit tout autant de sortir de sa zone de confort, que de prendre du plaisir, jouer, mais aussi se questionner sur ses automatismes, ses acquis, se confronter à de nouvelles manières de faire. Dessiner chaque jour comme un geste d’entretien, un réflexe hygiénique pour conjurer l’ennui et stimuler sa pratique artistique, pour changer de regard sur cet environnement devenu oppressif. Certain·es d’entre nous cultivent leur corps en regardant des tutos Youtube, moi je propose aux étudiant·es d’élargir leur champ perceptif en observant les restes de leur petit déjeuner.

    Date : 19 Mars 2020 à 21:12
    Subject : dessin 20 mars 2020 / Jour 5

    Bonjour à toutes et tous,
    Aujourd’hui, toujours sur une scène en plan rapproché dans votre cuisine vous allez dessiner avec du café. A vous d’imaginer comment mettre en œuvre cette « encre » de substitution. Pinceau, touillette, manche du pinceau… Pour celles et ceux qui n’auraient pas de café, à vous de trouver avec quoi travailler (thé noir, vin, chocolat chaud…)
    Vous utilisez le support de votre choix, vous n’oubliez pas de réfléchir à l’inscription de votre dessin dans le format et à tirer parti de la qualité de rendu du café.

    Dès le départ les étudiant·es s’organisent pour échanger en créant un « Slack », une sorte de plateforme en ligne sur laquelle ielles postent leurs travaux quotidiennement. Apparemment Slack ça « permet de souder les équipes, où que vous soyez », ça tombe bien… Sur mon ordinateur l’onglet dédié est ouvert en permanence. Je me surprends à y aller plusieurs fois par jour pour découvrir les travaux des étudiant·es, j’adore voir comment ielles interprètent les incitations, comment certain·es font le minimum là où d’autres s’emparent pleinement des propositions.

    Date : 23 Mars 2020 à 10:13
    Subject : Incitation / deuxième semaine de confinement / tentative d’épuisement d’un lieu quotidien

    Bonjour à toutes et tous,
    Nous voici embarqués pour notre deuxième semaine de confinement.
    La semaine dernière vous avez scruté votre cuisine, je vous propose maintenant de vous tourner vers l’extérieur et de vous intéresser aux paysages que vous voyez depuis vos fenêtres.
    Vous choisissez la vue qui vous semble la plus stimulante, car vous la garderez toute la semaine.
    (…)
    Pour ceux qui ne l’ont pas vu je vous conseille de regarder #Fenêtre_sur_cour de #Hitchcock.

    Il m’arrive parfois de repousser au lendemain l’envoi du mail lorsque je n’ai pas le courage de me remettre derrière mon ordinateur après avoir jonglé toute la journée entre le télétravail et la garde de mon enfant. Un de ces matins-là, voilà ce qui arrive dans ma boîte mail.

    Date : 31 Mars 2020 à 12h06
    Madame, ce qui veut dire que jusqu’au 5 avril on ne dessine que de la perspective pendant notre confinement ? Du coup vous ne nous enverrez plus de consigne chaque jour jusqu’au 5 avril ?

    C’est vrai qu’il est midi et je n’ai toujours pas envoyé la nouvelle incitation… ça me fait sourire, je me dis qu’ielles attendent, qu’ielles se sont pris·es au jeu, qu’ielles doivent peut-être se marrer depuis leur confinement en recevant mes mails quotidiens. C’est finalement un rituel qui s’est installé, qui nous relie jour après jour et qui se traduit par l’accumulation sur le bord d’un bureau de dessins, de bout d’essai, de tentatives. Pas toujours aboutis, parfois troublants, quelquefois vraiment géniaux. Mais qu’importe, je ne pense pas qu’à ce stade de la crise que nous traversons cela ait vraiment de l’importance. Ce qui est primordial c’est de faire.

    Date : mer. 25 mars 2020 à 08:34
    Subject : consignes mercredi 25 mars 2020

    Bonjour à toutes et tous,
    Bravo, vous tenez le cap !
    Alors voici la consigne pour aujourd’hui :
    Toujours devant votre fenêtre de prédilection vous allez dessiner de la main gauche (de la droite pour les gauchers, et pour les ambidextres, dessinez avec votre pied !)
    Vous utilisez l’outil de votre choix, qui ne soit pas trop compliqué à prendre en main car vous allez voir ça fait bizarre.
    Choisissez un format pas trop petit histoire de pouvoir bien expérimenter la technique.
    Soyez attentifs, la qualité du trait produit est très intéressant quand on dépasse la quête d’un beau stéréotypé. Donc sortez de votre zone de confort et décloisonnez vos perceptions !
    Hâte de voir ça !

    Le weekend je propose aux étudiant·es qui le souhaitent de poursuivre le travail, pour ne pas perdre le rythme et tenir le protocole sur la durée. Ce n’est pas simple, cela demande beaucoup de discipline et de ténacité autant pour elles et eux que pour moi. Un samedi matin je traîne un peu pour envoyer l’incitation, la réaction est immédiate.

    Date Sat 28 mars 2020 à 11:03
    Subject : consignes facultatives weekend du 28/29 mars

    Bonjour Madame
    J’ai commencé un dessin à 8 h 30 ce matin avec une autre technique pourrais-je la partager sur le Slack ?

    Dans le flot de mails que je reçois il est très souvent question de mauvaise connexion internet, d’impossibilité de publier les travaux sur le Slack, de manque de temps, d’incapacité à se concentrer, de mal-être face à une situation inédite qui affecte et accentue les fragilités, de peurs aussi. Peur de ne pas bien répondre aux incitations, peur de ne pas valider son semestre, de perdre sa bourse, de se retrouver acculé·es, sans aucun moyen de se retourner. A l’aune de la détresse étudiante que je perçois chaque jour, je mesure à quel point cette expérimentation de la continuité pédagogique numérique, que certains voient comme une aubaine dans cette course à la dématérialisation du monde, est inquiétante. Elle est d’autant plus inquiétante quand la dimension de l’évaluation s’insinue. A ce stade du confinement et après ces nombreux échanges avec les étudiant·es, noter ce « journal dessiné » ne fait plus vraiment de sens, trop de paramètres incontrôlables, voire même inimaginables parasitent le déroulement de cette pseudo continuité pédagogique. Heureusement la note plancher améliorable votée au sein du département permet d’évacuer cette malheureuse finalité au profit d’une autre : la pratique artistique.

    J’ai le sentiment que l’intérêt de cette “gym graphique” réside avant tout dans cette expérience au long cours, propice pour des étudiant·es de L1 à se familiariser avec un début de pratique artistique, dans ce qu’elle peut avoir de contraignante, d’expérimentale, de quotidienne, et cela n’a pas de prix, ne vaut aucune note. Depuis le 16 mars je n’ai jamais formulé de critique sur leur dessin, je ne leur donne pas de conseils personnalisés. Je me contente de baliser le flux continu de ces jours de confinement par des propositions qui naissent de l’observation de leurs productions. Je les incite simplement à faire, à dessiner pour créer la possibilité d’un espace-temps propice à sortir de leur confinement tout en le regardant paradoxalement au plus près. Le dessin d’observation permet l’analyse, la compréhension fine et sensible de ce qui nous entoure. Il permet aussi un positionnement de celui qui dessine quand il cherche son trait, sonde sa justesse ou fait le deuil de certains éléments dans la représentation.

    Restera de ce travail, en plus de l’expérience éprouvée, une possible traduction plastique de l’épreuve que nous traversons. Quelque chose qui persistera au-delà de ce sentiment accru de vivre une science-fiction. Dessiner ce qui reste pour échapper à la fuite du réel. Dessiner aussi pour être ensemble, accroché·es les un·es aux autres par ces images solitaires qui se déposent jour après jour sur le fil du Slack.

    Il me reste à remercier l’ensemble de ces étudiant·es qui ont travaillé et alimenté ce journal dessiné, et mis à disposition de l’article leurs productions. Chaque jour ielles auront élargi mon regard et ébloui ce confinement, postant incitation après incitation, du sensible, de l’étonnement, de la poésie. Je les remercie pour leur endurance, mais aussi pour ces échanges qui m’ont permis au fil des incertitudes de naviguer en confiance et de fabriquer à leurs côtés une pédagogie tâtonnante, en perpétuel réajustement, qui j’espère les aura nourri autant que moi.

    Alissone Perdrix, enseignante au département Arts Plastiques de l’université Paris 8

    Les étudiant·es : Agathe, Nathan, Fanny, Lina, Hélène, Caroline, Chan, Léana, Marie, Oriane F, Clément, Anaïs, Adouney, Alonso, Lucie, Yuxuan, Helen, Jean-Pierre, Jonathan, Abdessemed, Carolina, Loanne, Inès, Sifana, Elinam, Chaher, Karolina, Chaïmaa, Oriane L, Mélissa

    https://universiteouverte.org/2020/05/07/tentative-depuisement-dun-lieu-quotidien
    #lieu_quotidien #dessin #enseignement #ressources_pédagogiques #confinement #pédagogie

  • Aux enfermés du confinement - Présentation
    https://mitarduconfinement.blog/984-2

    Le confinement veut toutes et tous nous enfermer dans une situation commune qui nous livre toujours plus aux logiques mortifères de la gestion et du contrôle sur une grande partie de la planète. Cette carcéralisation généralisée enferme et isole d’autant plus celles et ceux qui sont déja enfermés dans le confinement. C’est à eux que nous consacrons ce blog. Contre l’Etat, l’enfermement et la gestion. Liberté !

    Sont réunies ici toutes les informations que nous pouvons trouver concernant les lieux d’enfermement durant le confinement : prisons, centres fermés pour mineurs, centres de rétention administrative, zones d’attente, camps où sont enfermés les migrants et sans-papiers, mais aussi ehpad et hôpitaux psychiatriques. Certaines structures ou institutions (au sens large) peuvent aussi du jour au lendemain se carcéraliser et constituent déjà des lieu où la gestion de l’État se fait très pressante pour ceux qui s’y retrouvent, c’est le cas des foyers de travailleurs ou des foyers gérés par l’Aide sociale à l’enfance, mais nous examinerons aussi tout ce qui peut filtrer des ravages de l’enfermement dans le cadre de la famille, qui touche déjà nombre de femmes et d’enfants, ainsi que les populations les plus fragiles, à la merci de la gestion par les flics de la crise sanitaire : les populations les plus précaires, les populations des bidonvilles, les personnes sans domiciles fixes. A travers la question de l’enfermement dans le confinement, nous cherchons à rendre compte de ce que fait la gestion de l’État à ceux qui sont ou se retrouvent le plus à sa merci. C’est pourquoi seront aussi inclues les informations qui concernent la gestion des corps post mortem , car c’est aussi à avec ces données qu’on peut comprendre à la fois l’ampleur de ce qui se passe et les différentes formes que prend cette gestion. Nous avons conscience que l’angle que nous choisissons est partiel : nous ne répertorions pas ici l’intégralité des infos concernant les révoltes ou les attaques contre la répression et le contrôle qui accompagnent la gestion du confinement, avec lesquelles nous sommes bien sûr plus que solidaires. Mais, dans la situation particulière qui n’a pas encore fini de durer, il nous semble pertinent de mettre en évidence ce qui se passe à travers cet axe-là. Et, plus généralement, de comprendre comment se passe la gestion d’Etat dans les lieux où il n’y a plus aucun contact direct des personnes enfermées avec aucun extérieur.

    Nous sommes 4 milliards à être officiellement confinés, et le virus circule presque partout : cette situation est immédiatement commune à tous les êtres humains sur la planète. C’est pourquoi nous nous efforçons d’englober le plus d’informations possible au niveau international, même s’il est bien probable que la couverture soit meilleure pour la France. Si ce recueil d’éléments prend la forme d’une chronologie, c’est parce qu’il est primordial de réfléchir à la manière dont la situation évolue jour après jour dans le temps du confinement qui s’allonge.

    Cette chronologie veut servir à réfléchir à la situation et à son évolution pour trouver des armes pour la combattre, maintenant et dans le monde d’après. Les données réunies peuvent être triées en fonction de centres d’intérêts plus spécifiques, par pays ou zones géographiques, par grand types (informations, mesures gouvernementales, révoltes et attaques), et par type de lieux ou catégories de personnes aux prises avec cette gestion de l’enfermement : les prisons, les lieux d’enfermement pour migrants et sans papiers, les hôpitaux psychiatrique, les foyers, la gestion des sans abris et des bidonvilles, la gestion post mortem.

    Dans la rubrique « analyses », on trouvera des textes écrits par ceux et celles qui font ce blog au fil du temps et de la réflexion que la collecte de ces informations permet d’ouvrir, ou trouvés ailleurs mais qui semblent utiles pour penser et pour lutter.

    A tous les enfermés de ce monde ! A tous les enfermés du confinement ! A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre parviennent à s’en évader !

    #crise_sanitaire #confinement #État #gestion #contrôle #lieux_d'enfermement #famille

  • « En prenant des mesures contre le virus on peut être amenés à prendre des décisions qu’on n’osait pas trancher à cause de la bien-pensance » (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1015-En-prenant-des-mesures-contre-le

    Suite de la seconde émission consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 3 avril 2020 et mis en ligne le mardi 14 sur Radio Libertaire (89.4). Première partie disponible ici (.../...) « Il y a une connexion entre des pôles totalitaires dans la société » C : Cela fait penser au mouvement « Extinction rébellion » qui était très en vogue avant le confinement et ça me rappelle aussi les déclarations de Nicolas Hulot à propos (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Géopolitique, #Avant-gardisme, #Pandémie_2019-2020, #Gauchisme, #Écologisme, #Islamogauchisme, #Entretien, #Totalitarisme, (...)

    #Pseudo-subversion

  • « En prenant des mesures contre le virus on peut être amenés à prendre des décisions qu’on n’osait pas trancher à cause de la bien-pensance » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1014-En-prenant-des-mesures-contre-le

    Retranscription de la seconde émission « Offensive Sonore » consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 3 avril 2020 et mis en ligne le mardi 14 sur Radio Libertaire (89.4).

    Les corrections importantes ont été placées entre crochets.

    La base de la discussion était le brouillon, envoyé le 25 mars, du texte en question dont seules les deux premières parties étaient en ligne au moment de l’émission.

    Par ailleurs, pour éviter l’utilisation de Skype (Microsoft) ou de Watsapp (Facebook), le logiciel libre Jitsi Meet a été utilisé, Jami , également logiciel libre, ayant, malgré notre préférence a priori, présenté sur le coup une moindre qualité sonore et un inconfort d’enregistrement.

    #Lieux_Communs, #Politique, #Pandémie_2019-2020, #Entretien, #Totalitarisme, #Banlieue, #Psycho-sociologie, #Émeutes, Décence (...)

    #Décence_commune

  • « Une épidémie est ce moment où se révèlent les gens qui adhèrent ou non à l’intérêt collectif » (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1013-Une-epidemie-est-ce-moment-ou-se

    Suite de l’émission consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 1er avril 2020 et mis en ligne le vendredi 10 sur Radio Libertaire (89.4). Voir la première partie (.../...) « Il y a au moins deux catégories visibles de la société qui se considèrent à part de notre monde commun et cela va rester dans les esprits » C : Tu dis à moment dans le texte que les clivages entre bourgeoisie et quartiers vont s’accentuer, (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Pandémie_2019-2020, #Entretien, #Totalitarisme, #Banlieue, #Psycho-sociologie, #Émeutes, Décence (...)

    #Décence_commune

  • « Une épidémie est ce moment où se révèlent les gens qui adhèrent ou non à l’intérêt collectif » (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1012-Une-epidemie-est-ce-moment-ou-se

    Retranscription de l’émission « Offensive Sonore » consacrée à la discussion du texte « Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie », enregistrée le soir du vendredi 1er avril 2020 et diffusée le vendredi 10 sur Radio Libertaire (89.4). Les corrections importantes ont été placées entre crochets. La base de la discussion était le brouillon, envoyé le 25 mars, du texte en question dont seule la première partie était en ligne au moment de l’émission. Par ailleurs, pour éviter l’utilisation de (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, #Entretien, #Médecine, #Politique, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Scientisme, #Banlieue, #Insignifiance, #Internet, Type (...)

    #Type_anthropologique
    https://offensivesonore.blogspot.com/2020/04/premieres-remarques-sur-la-crise.html
    https://framalibre.org/content/jitsi
    https://framalibre.org/content/jami

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie IV
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1011-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la partie précédente : Les mesures oligarchiques (…/…) 4 – La réorganisation économique et #Géopolitique La troisième et dernière strate d’analyse englobe la situation économique mondiale et géopolitique. Naturellement, elle dépend fortement des précédentes, c’est-à-dire non seulement des diverses réactions oligarchiques et de l’échelle de leurs éventuelles coordinations mais surtout de l’attitude des populations face aux bouleversements en cours, qui restent, qu’elles le sachent ou non, le facteur (...) #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, Géopolitique, #Économie, #Pandémie_2019-2020, #Libéralisme, #Keynésianisme, #Article, #Empire, (...)

    #Guerre

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie III
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1010-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la partie précédente : La question de la réaction sociale (…/…) 3 – Les mesures oligarchiques La deuxième strate d’analyse est bien entendu celle qui concerne les milieux oligarchiques, dont l’État. Ils sont un agrégat d’intérêts communs regroupant les sommets des pyramides médiatiques, économiques, politiques, policières, judiciaires, diplomatiques, dans une moindre mesure scientifiques et militaires, soit un ensemble hétérogène traversée de fractures. Il ne s’agit donc plus d’une « classe (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Écologisme, #Article, #Empire, #Oligarchie, #Démocratie_directe, (...)

    #Totalitarisme

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie II
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1009-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la première partie : introduction et questions épidémiologiques (…/…) 2 – La question de la réaction sociale La première strate d’analyse ne peut qu’être l’échelle sociale, celle des humains formant société, de leur compréhension de ce qui se passe, de leurs réactions – ou non-réactions –, de leurs peurs, de leurs désirs, de ce qu’ils sont prêts à faire pour ce qu’ils veulent, de la manière dont cette crise fait sens pour eux – bref, de l’imaginaire social. Si cela est vrai quelle que soit la situation, (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Anthropologie, #Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Apathie, #Article, #Bêtise, #Type_anthropologique, #Décence_commune, Mortalité / finitude, (...)

    #Mortalité_/_finitude #Pseudo-subversion

  • Des lieux pour apprendre et des espaces à vivre : l’école et ses périphéries. Des places et des agencements

    Ce numéro de #Geocarrefour consacré aux « #lieux_pour_apprendre » et « aux espaces à vivre », qu’il s’agisse de l’école ou de ses périphéries, propose d’éclairer ce qui se trame et ce qui se joue dans les différents #lieux_d’apprentissages et espaces de l’#enseignement primaire ou secondaire, à différentes échelles d’analyse.

    https://journals.openedition.org/geocarrefour/12739
    #revue #école #géographie

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1008-Premieres-remarques-sur-la-crise

    La pandémie actuelle du Covid-19 ouvre une crise totale, au sens où elle bouscule la totalité de l’organisation de nos sociétés, de ses aspects les plus intimes jusqu’à l’ordre #Géopolitique mondial. Il faudrait parvenir, ambition impossible, à en saisir toutes les facettes, comprendre ce qui se joue, formuler les grandes orientations envisageables et, éventuellement, le rôle que nous pouvons y jouer. Ces quelques remarques, et celles qui suivront peu à peu, ne cherchent pas à établir des vérités (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Médecine, #Prospective, Géopolitique, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Technoscience, #Article, #Empire, (...)

    #Libéralisme

  • Parution de la brochure n°25 : « La fin de l’immigration »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1006-Quatrieme-de-la-brochure-no25

    Ce texte fait partie de la brochure n°25 « La fin de l’immigration » Réalités troublantes et mensonges déconcertants Elle est en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique #Brochures Sommaire : Introduction — Bientôt disponible... Les réfugiés de l’intérieur (Entretien) Chronique de ma cité (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Histoire, #Anthropologie, #Islamogauchisme, #Multiculturalisme, #Progressisme, #Gauchisme, #Banlieue, #Article, (...)

    #Immigration

  • Parution de la brochure n°25 : « La fin de l’immigration »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1006-Parution-de-la-brochure-no25-La

    Ce texte fait partie de la brochure n°25 « La fin de l’immigration » Réalités troublantes et mensonges déconcertants Elle est en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Elle sera bientôt intégralement téléchargeable dans la rubrique #Brochures Sommaire : Introduction — Bientôt disponible... Les réfugiés de l’intérieur (Entretien) Chronique de ma cité (...) Brochures

    / #Lieux_Communs, #Politique, #Histoire, #Anthropologie, #Islamogauchisme, #Multiculturalisme, #Progressisme, #Gauchisme, #Banlieue, #Article, (...)

    #Immigration

  • #Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France (Version 1)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?980-Cartographie-de-la-galaxie-des

    Ci-dessous une #Cartographie_de_la_galaxie_des_Frères_Musulmans_en_France, issue d’une collaboration, qui fait suite à notre cartographie de l’islamo-gauchisme en France. Comme elle, elle s’inscrit dans nos travaux antérieurs sur l’extrême-droite musulmane qu’est l’islamisme (voir le mot-clef « #Islam »). On lira par exemple : L’islamisme d’État En Marche… Ce que nous appelons extrême droite Page de ressources contre l’islam et son monde Islamisme, #Totalitarisme, impérialisme L’horizon impérial Cette (...) Cartographie de la galaxie des Frères Musulmans en France

    / Cartographie, #Lieux_Communs, #Politique, #Extrêmes-droites, Islam, #Multiculturalisme, #Immigration, (...)

  • Climat : la longue marche ?
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?997-Climat-la-longue-marche

    Tribune publiée dans la revue « La décroissance » n°165, décembre 2019 - janvier 2020, aux côtés de celle des Amis de Bartleby que nous reproduisons à sa suite tant les deux textes nous semblent complémentaires. Lutter contre le nucléaire, la création d’un centre commercial, d’une rocade ou de tout autre grand projet nuisible en multipliant les comités de défense locaux, cela nous paraît une stratégie essentielle de l’écologie #Politique. Mais marcher vaguement « pour le climat », à l’instar des (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, Politique, #Prospective, #Écologisme, #Avant-gardisme, #Article, #Totalitarisme, #Oligarchie, #Pseudo-subversion, (...)

    #Récupération
    https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2019/12/11/une-tribune-dans-la-decroissance