• #La_lega

    La lega est une chanson de lutte italienne originaire de la région de Padoue ; elle était chantée par les #mondine, les repiqueuses de riz de la #plaine_du_Pô. Elle est le symbole des révoltes des ouvriers agricoles contre les patrons à la fin du XIXe siècle, au moment où ont commencé à se fonder les ligues socialistes.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_lega
    #chanson #musique_et_politique #chant_de_lutte #lega #chants_populaires #musique_populaire #Italie #femmes #féminisme #travail #rizières #ligues

    Parmi les centaines de versions, celle-ci chantée par le trio #Curmaia :

    https://soundcloud.com/user-830391734/curmaia-la-lega

    • La Lega (Sebben che siamo donne)

      «Strofette popolarissime, nate tra il 1900 e il 1914 nella valle padana ed entrate stabilmente nel repertorio delle mondine. Anonimo e’ l’autore del testo e della musica. Se ne conoscono diverse varianti, ma le due fondamentali sono state raccolte da Cesare Bermani a Novara, nel 1963 e nel 1964.»

      (Giuseppe Vettori Canzoni italiane di protesta, Newton Compton Editori, 1974)

      «La Lega e’ quasi sempre cantata da donne e specialmente due delle sue strofe hanno per protagoniste le donne: e’ questa la prima canzone di lotta proletaria al femminile. I precedenti canti di filanda e di risaia infatti si limitano a lamentare o a denunciare pesanti condizioni di lavoro e inadeguati compensi, ma nessuno dice ’’paura non abbiamo’’. Sin dagli anni ’80 del secolo scorso pero’ le donne, e specialmente le contadine, avevano combattuto tutte le lotte dei loro uomini (non per niente l’Inno dei lavoratori di Turati del 1886 inizia con ’’Su fratelli! Su compagne!’’) e La Lega e’ una significativa testimonianza dell’evoluzione politica della donna lavoratrice.»

      (Nanni Svampa, La mia morosa cara, De Carlo Editore, Milano, 1978)

      https://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=fr&id=38659

  • Vaccins, la valse hésitation

    La France serait l’un des pays champions de l’hésitation vaccinale... Même en pleine pandémie de Covid-19, ce qui dans la patrie de Louis Pasteur peut sembler paradoxal.
    Si les anti-vaccins et les complotistes de tout bord sont bien sûr très actifs sur le web et les réseaux sociaux pour convaincre les hésitants des méfaits de la vaccination, la gestion politique désastreuse de plusieurs crises sanitaires comme celle de l’hépatite B ou de la grippe H1N1 a également sa part de responsabilité dans la cristallisation de la défiance.
    Avec l’éclairage d’experts et de nombreuses archives, ce documentaire de Jean-Luc Guidoin explore les ressorts passionnants du « je t’aime - moi non plus » des Français avec la vaccination.

    https://lcp.fr/programmes/vaccins-la-valse-hesitation-69716

    #Louis_Pasteur #Institut_Pasteur #histoire #Ligue_nationale_pour_la_liberté_des_vaccinations #libertés_individuelles #liberté_individuelle #santé_publique #vaccins #vaccination #mouvement_anthroposophe #Rudolf_Steiner #Fraternité_Saint-Pie-X #Andrew_Wakefield #hésitation_vaccinale #anti-vax #défiance #complosphère #complotisme #aversion_au_risque #Henri_Joyeux #Hépatite_B #controverse_médicale #pharmacovigilance #H1N1 #grippe_porcine #refus_vaccinal #réseaux_sociaux #Les_Vaxxeuses #sens_critique

  • #Ligue_du_LOL : un an après. C’était il y a un an. L’affaire dite de… | by Vincent Glad | Medium
    https://medium.com/@vincentglad_67276/ligue-du-lol-un-an-apr%C3%A8s-aeee7784cf4d

    Huit mois plus tard, à la faveur d’une rencontre entre Florence P. et un des membres de la Ligue du LOL, je découvrirai l’histoire derrière ces supposées menaces physiques. Le 16 décembre 2011, France 5 tourne dans le 11e arrondissement la 3e édition du Grand Webze, une émission consacrée à la culture web présentée par Vinvin et François Rollin. Florence P. y est chroniqueuse. Il se trouve que par le plus grand des hasards, un membre de la Ligue du LOL habite juste à côté du studio d’enregistrement et que plusieurs membres du groupe y sont réunis ce soir-là pour prendre un verre. Le Grand Webze fait alors l’événement sur Twitter, c’est la première émission de ce genre à la télé française. Quelqu’un propose alors de s’y rendre pour aller saluer leur idole à tous, le professeur Rollin. L’émission vient de se terminer, ils rentrent à trois ou quatre dans le studio en montrant une carte de presse. Ils tombent alors sur Florence P. et lui demandent où se trouve le professeur Rollin. Ils échangent quelques mots amicaux avec celui-ci et repartent. Fin de l’histoire.

    C’est donc cette simple demande de renseignements sur un plateau télé qui deviendra huit ans plus tard « une intimidation physique sur le lieu de travail d’une jeune femme », comme le dénoncera, l’air grave, Patrick Cohen sur France 5 . La question n’est pas de remettre en cause le ressenti de Florence P., qui a visiblement paniqué en voyant des twittos qu’elle connaissait, mais de questionner ses reprises médiatiques. Pourquoi aucun média n’a jamais cherché à éclaircir cette histoire d’agression physique qui a pourtant pesé très lourd dans notre dossier ?

    Il est évident que si je devais réécrire aujourd’hui mon texte d’excuses, je ne le ferais pas de cette manière. Il y a de nombreuses erreurs factuelles et d’analyse. Ce week-end-là, j’ai reçu les témoignages sur Twitter en pleine face. C’était le temps de la libération de la parole et elle était nécessaire. Même si je percevais certaines hypocrisies, je me disais que tous ces témoignages étaient véridiques, les victimes ne pouvaient pas mentir. Et de fait, elles ne mentaient pas, elles ont juste reconstruit leurs souvenirs à la lumière de la légende noire de la Ligue du LOL. Toutes les souffrances endurées sur Internet trouvaient une clé explicative simple et définitive : la Ligue du LOL.

    Dans une interview récente, Iris G. a très bien résumé le problème de cette affaire : « Se souvenir de ces quelques mois relève de l’exploit quand on vous donne quelques jours pour le faire ». Les victimes déclarées ne se souvenaient pas plus que moi des détails de cette époque. On a tous, et moi le premier, refait l’histoire dans nos têtes avec cette nouvelle grille de lecture présentée par Checknews : la Ligue du LOL était la base arrière d’un harcèlement sexiste. J’écris alors et j’y croyais sincèrement : « Je n’ai pas vu que nous avions fait taire, avec nos blagues, les premières paroles féministes quand elles sont apparues sur les réseaux vers 2011–2012. » Un an après, après avoir investigué en détail toute cette affaire, je pense que cette affirmation est fausse. Quelques uns d’entre nous ont eu des clashs personnels avec des féministes, mais il n’y a jamais eu d’effet de meute pour faire taire une parole militante sur ce sujet. Le harcèlement contre les féministes sur les réseaux sociaux est aujourd’hui sans commune mesure avec les quelques blagues qu’il pouvait alors y avoir. En 2010, les blagues les plus récurrentes portaient plutôt sur ceux qu’on appellerait aujourd’hui les boomers. Si je me suis moqué de personnes à l’époque sur Twitter, c’était surtout des “vieux” blogueurs — qui se trouvaient être très majoritairement des hommes.

    • "La publication successive de nos excuses dans la journée du dimanche a creusé notre tombe. Saisis par l’émotion des témoignages, nous nous sommes soumis à un exercice de repentance en prenant à notre compte, pour plusieurs d’entre nous, des erreurs commises par d’autres. Lynchés par la foule vengeresse, on en a tous rajouté avec le vain espoir que nous puissions sortir vivants du grand feu de joie qui se préparait. Funeste erreur. Après les excuses, le lynchage a redoublé de vigueur, les menaces de mort et de représailles physiques ont commencé à déferler. Nos repentirs ont été jugés insincères, non suffisants et tournés en ridicule. Surtout, même s’ils ne le disaient pas, ils sont apparus comme la preuve de notre responsabilité sur tous les faits qu’on a pu nous reprocher par la suite. Quand finalement j’ai pris une avocate, une semaine plus tard, afin de contester mon licenciement, elle semblait incrédule : « Mais pourquoi tu t’es excusé pour des choses commises par d’autres ? ». « Ben, je sais pas », lui répondais-je, penaud. « Les gens me menaçaient si je ne le faisais pas. Alors je l’ai fait »"

    • Une membre de la Ligue du LOL, mère de famille, a elle aussi supprimé des dizaines de tweets anodins, dans un surréaliste moment de parano :

      « Alors que nous étions traqués de toutes parts sur le web et que les journalistes prenaient part au lynchage, j’ai eu l’impression que le monde devenait fou. Au point d’imaginer la possibilité d’être vue comme une mère indigne et donc qu’on me retire mes enfants. Complètement paniquée, j’ai commencé à effacer frénétiquement des tweets, un peu au hasard, dès qu’ils contenaient un mot ou une expression vulgaire. Le seul qui me revient vraiment en tête, c’est celui dans lequel je moquais un service administratif pour sa lenteur. Je l’ai effacé en me disant que l’Etat pourrait se retourner contre moi, que je pourrais être accusée d’avoir, en quelque sorte, “harcelé” la mairie. »

    • Plutôt que par des faits, le « harcèlement » sera souvent étayé par… des théories. C’est une chercheuse québécoise, n’ayant jamais parlé avec aucun des protagonistes, qui offrira à la presse française la grille de lecture de l’affaire. Interviewée dans le Nouvel Obs, Têtu, Le Point, Terra Femina, le Monde, Slate et LCI, Martine Delvaux y développe sa théorie du « boy’s club » et des « schtroumpfettes ». Professeure de littérature, la Québécoise ne peut se prévaloir de travaux sociologiques sur la question. Elle est en revanche très bonne cliente pour les médias, qui ne s’en priveront pas.

    • La rédaction s’est lancée dans un traitement comparable à celui qui avait suivi les révélations sur Weinstein, mais sans l’enquête du New Yorker, et sur des faits qui n’avaient rien à voir. »

    • Le #cyber_harcèlement est un fait social très particulier en ce sens qu’il peut y avoir une vraie victime mais pas de vrais coupables. La meute constituée n’apparaît qu’aux yeux de sa cible. Chacun, pris isolément, a l’impression de ne rien faire de répréhensible. Le harcèlement apparaît rarement comme tel au moment où il a lieu. Sur le moment, la cause semble juste, les railleries ou les insultes sont justifiées par le contexte et peu de monde y trouve à redire.

    • 19 novembre 2019. Une jeune femme nommée Sabrina entre dans une épicerie de Villiers-sur-Marne. Elle a une vive altercation avec la commerçante pour une histoire de monnaie rendue. La vendeuse filme la scène et sa fille la publie sur les réseaux sociaux. La vidéo atteint très vite le million de vues. S’engage alors une véritable vendetta contre la jeune femme, entre Twitter et la vraie vie. Un mec la repère très rapidement et lui donne une première correction physique, publiée en vidéo sur Twitter. Le lendemain, trois jeunes femmes la retrouvent dans son quartier. Elles lui mettent plusieurs gifles et filment la scène, qui devient à nouveau virale

    • Son adresse, son numéro de téléphone, son numéro de sécurité sociale sont publiés sur Twitter. Une sextape circule aussi sur les réseaux. Quelques jours plus tard, elle est internée dans un hôpital psychiatrique. Nombre d’articles dans la presse française : deux (tous deux dans Le Parisien)

    • 26 novembre 2019. Le hashtag #Noisiel apparaît dans les trending topics Twitter, du nom d’une ville en Seine-et-Marne. Sur ce hashtag, on découvre la vidéo d’un habitant de la commune ayant un rapport sexuel avec un autre homme. Des milliers de commentaires homophobes sont postés, les internautes se mettent à la recherche du jeune homme. Il doit quitter la ville immédiatement et se réfugie à l’étranger. Nombre d’articles dans la presse française : une douzaine.

  • Le modèle #Sciences_Po dans la tourmente avec les #polémiques sur la « #culture_du_viol » et l’« #islamophobie »

    Quelque chose serait-il cassé, dans le monde feutré des #instituts_d'études_politiques (#IEP) ? Depuis la déflagration qui a touché début janvier le vaisseau amiral Sciences Po Paris, entraînant la démission à un mois d’intervalle des deux têtes dirigeantes de l’école le directeur, #Frédéric_Mion, a menti en assurant ne pas connaître les accusations d’#inceste visant le président, #Olivier_Duhamel , pas une semaine ne s’écoule sans que « la maison », composée de dix établissements, ne fasse parler d’elle.

    Dernier épisode en date, lundi 22 mars, le collectif féministe de l’IEP de Lyon Pamplemousse et le syndicat Solidaires-Etudiants ont demandé l’exclusion de la #Ligue_internationale_contre_le_racisme_et_l'antisémitisme (#Licra) d’un partenariat noué par leur école. En cause : les « nombreuses ambiguïtés vis-à-vis de son rapport à l’islamophobie, ainsi qu’à la #laïcité » que la Licra aurait manifestées lors d’un débat dans un lycée de Besançon en décembre, donnant lieu à une requête de parents d’élèves et d’enseignants auprès du recteur. « Nous estimons que la lutte contre l’islamophobie, l’#antisémitisme, la #négrophobie ou toute autre forme de #racisme doit être une priorité et qu’à ce titre, les institutions comme Sciences Po Lyon doivent s’entourer de collectifs et associations dont le travail se montre à la hauteur de la lutte. La Licra n’en fait pas partie », soutiennent ces étudiants dans leur communiqué.

    Le 18 mars, à Strasbourg cette fois, le syndicat étudiant UNI a pris à partie la direction de l’IEP qui aurait, selon le syndicat, interdit d’attribuer « #Samuel_Paty » comme nom de promotion, au motif qu’il fallait alterner chaque année entre un homme et une femme. « Ce procédé est révélateur de ce qui se passe à #Sciences_Po_Strasbourg depuis des années. L’#idéologie et les #militants d’#extrême_gauche font la loi et n’hésitent plus à fouler du pied la mémoire d’un martyr de la liberté », affirme François Blumenroeder, président de l’UNI Strasbourg.

    Ces épisodes font suite à deux autres événements à très haute tension : la vague #sciencesporcs, lancée le 7 février par une ancienne élève de l’IEP de Toulouse, la blogueuse féministe #Anna_Toumazoff, pour dénoncer « la culture du viol » dont se rendraient « complices » les directions des IEP en ne sanctionnant pas systématiquement les auteurs de #violences_sexistes et sexuelles. Enfin, le 4 mars, le placardage des noms de deux professeurs d’allemand et de science politique sur les murs de l’IEP de Grenoble, accusés de « fascisme » et d’ « islamophobie », après avoir signifié, avec véhémence parfois, leur opposition à une collègue sociologue sur la notion d’islamophobie. Le syndicat étudiant US a appelé à suspendre un cours d’un de ces enseignants dans le cas où son appel à témoignages lancé sur Facebook permettrait d’établir le caractère islamophobe de certains contenus.

    Cette escalade subite de #tensions s’enracine dans la communauté des étudiants de Sciences Po, lauréats d’un concours aussi sélectif que prestigieux. L’attractivité des instituts, fondés entre 1945 et 1956 puis en 1991 pour les deux derniers (Lille et Rennes), ne s’est jamais démentie et atteint même des sommets depuis leur entrée sur la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur Parcoursup en 2020. « Tout ce qui nous est tombé sur la figure depuis janvier a eu pour conséquence 54 % d’augmentation du nombre de candidats », ironise Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille, à propos du concours commun des sept instituts de région qui attire cette année 17 000 candidats pour un total de 1 150 places. Hors concours commun, Sciences Po Bordeaux enregistre aussi une poussée sur deux ans, passant de 2 800 à 6 000 candidatures pour 275 places, quand Paris en comptabilise 19 000 pour 1 500 places, en hausse de 50 % sur un an.

    Evolution de la #politisation

    Ces histoires révèlent surtout que la politisation des étudiants, constante, voit ses formes et expressions considérablement évo luer, les IEP se faisant le miroir de la société. « Je vois se former de véritables militants dont les objectifs ont changé. C’est un marqueur générationnel qui n’est pas propre à notre formation », analyse Jean-Philippe Heurtin, directeur de l’IEP de Strasbourg. C’en est fini ou presque de l’engagement dans les partis ou syndicats traditionnels, note Anthonin Minier, étudiant en première année à Sciences Po Paris et représentant des écologistes. « Je pensais arriver dans une école où tout le monde serait encarté ! En fait, il y en a 5 % au plus qui se disent proches d’un parti », rapporte-t-il. Les #discriminations sociales, et plus encore sexuelles et raciales, focalisent l’attention de ceux qui bénéficient la plupart du temps d’enseignements sur les études de genre et sur l’#intersectionnalité, ce qui place les IEP parmi les suspects de militantisme « islamo-gauchiste » dont la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, cherche à établir une liste. « Les IEP ne sont plus des boys’clubs et #Parcoursup n’a fait qu’accentuer le changement, avec des promotions composées à 70 % ou 75 % de filles, relève Vincent Tiberj, professeur à Sciences Po Bordeaux. Le #genre est désormais quelque chose d’important et nos instituts tels qu’ils fonctionnent n’ont peut-être pas bougé assez vite face à des étudiantes qui intègrent complètement ces problématiques. #sciencesporcs raconte aussi cela. » « Le type de débat en classe est différent d’il y a quelques années, et il faut se battre contre des habitudes qui ont été développées par les réseaux sociaux, mais cela ne touche vraiment pas que Sciences Po », relativise Anne Boring, qui dirige la chaire pour l’entrepreneuriat des femmes à Sciences Po Paris.

    L’#année_à_l'étranger, obligatoire depuis le début des années 2000, explique en partie ces nouveaux comportements, note Francis Vérillaud qui a dirigé pendant vingt-cinq ans les relations internationales de l’institut parisien. « Sciences Po est challengé depuis longtemps par ses propres #étudiants parce qu’ils sont très internationalisés. Quand ils rentrent d’un an au Canada, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas ou en Allemagne, où les sujets des violences sexuelles et sexistes sont traités dans les universités, ils viennent avec un apport. Je me souviens de discussions compliquées, car ce n’était pas évident dans la #culture_française. »

    Les IEP ont bien changé depuis leur création, précisément lors du passage de la scolarité de trois à cinq ans pour se conformer aux standards internationaux, à partir de l’an 2000. Les fondamentaux demeurent, autour des cours d’histoire, de sociologie, de science politique et de droit, mais il a fallu revoir les maquettes, notamment en master, là où les étudiants se spécialisent, chaque école proposant des dizaines de voies différentes. « Penser qu’on fait Sciences Po uniquement pour passer le concours de l’Ecole nationale d’administration est une image d’Epinal, relève Yves Déloye, directeur de l’IEP de Bordeaux. Les concours administratifs, qui étaient au coeur de la création des instituts après la guerre, n’attirent qu’un tiers de nos étudiants. Les autres aspirent à des carrières de plus en plus diversifiées en entreprise, dans des ONG, dans l’économie sociale et solidaire. »

    Enseignement passe-temps

    Le profil des enseignants a lui aussi évolué, les instituts cherchant à « s’académiser » en recrutant davantage d’enseignants-chercheurs que de personnalités politiques et économiques vacataires, qui prenaient comme un passe-temps le fait d’enseigner à Sciences Po. « Je me souviens du grand cours d’économie de deuxième année fait par Michel Pébereau [président de la Banque nationale de Paris qui deviendra BNP Paribas], sourit Vincent Tiberj, ex-étudiant de l’IEP parisien. Il distribuait un polycopié qui datait de 1986. Or nous étions en 1993 et entre-temps, il y avait eu la chute du mur de Berlin, mais dans ce monde élitaire classique, le temps était suspendu. » Ce décalage entre l’élite dirigeante et l’apport en temps réel des #recherches en #sciences_sociales fonde l’#incompréhension actuelle autour des accusations d’ « islamo-gauchisme . Les #gender_studies se banalisent, Sciences Po Toulouse ayant même constitué un master dédié tandis que presque tous les autres IEP en font des modules ou des thématiques abordés en cours de sociologie. « Ces questions sont analysées au même titre que d’autres formes de discriminations, ce qui est tout à fait légitime », appuie Jean-Philippe Heurtin, à Strasbourg.

    Le débat est pourtant loin d’être clos parmi les étudiants : « Se présenter en fonction de son sexe, de sa position sociale et de sa couleur est une pratique en vogue dans ce type d’enseignement, ce que je trouve ahurissant, lâche Quentin Coton, étudiant de Sciences Po Paris et membre de l’UNI. Ce sont des questions que les gens ne se posaient même plus dans la société française et qui reviennent à Sciences Po. Elle n’est pas là, la déconnexion de notre école ? » L’objet des débats politiques change, mais le ton reste vif.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/31/polemiques-sur-la-culture-du-viol-l-islamophobie-le-modele-sciences-po-dans-

    Et cette phrase prononcée par un étudiant... au demeurant, évidemment, (certainement) un homme (très probablement) blanc et (probablement) d’origine sociale pas vraiment modeste...

    « Se présenter en fonction de son sexe, de sa position sociale et de sa couleur est une pratique en vogue dans ce type d’enseignement, ce que je trouve ahurissant, lâche Quentin Coton, étudiant de Sciences Po Paris et membre de l’UNI. Ce sont des questions que les gens ne se posaient même plus dans la société française et qui reviennent à Sciences Po. Elle n’est pas là, la déconnexion de notre école ? ».

    #déni

    Ajouté à ce fil de discussion sur les événements qui ont eu lieu à #Sciences_Po_Grenoble :
    https://seenthis.net/messages/905509

    ping @karine4 @cede

  • The weekend COVID-19 came to AIPAC – and changed the Jewish World forever - Haaretz
    https://www.haaretz.com/us-news/EXT.premium.EXT-STATIC-the-weekend-covid-19-changed-the-jewish-world-foreve

    On March 1, 2020, the coronavirus was barely making headlines in the United States and Israel. Both countries had more pressing matters. In Israel, which counted just 10 confirmed cases, the media was focused on the next day’s general election. In Washington, D.C. it was the Super Tuesday primary, not America’s 65 confirmed COVID-19 cases, that dominated the headlines. The virus was far away and the American capital felt safe – safe enough to host a gathering of more than 18,000 people, including dozens of members of Congress, in the largest annual Jewish event in the United States. But it would be two other, unheralded guests who would prove the most influential.

    Every year, supporters of Israel locally and globally gather for three days in Washington’s main convention center for the AIPAC Policy Conference – a display of political force just a stone’s throw away from Capitol Hill. The 2020 conference featured speeches by then-Vice President Mike Pence, House Majority Leader Steny Hoyer and a video address from Prime Minister Benjamin Netanyahu, who stayed home because of the election.

    Two anonymous participants from a suburb of New York, attending the event as part of a small synagogue delegation, managed to dramatically change the agenda of the American Jewish community within days. It wasn’t what they did at the event, but what they unknowingly brought with them: the virus.

    suivi, avec animation grand format, d’un des premiers événements disséminateurs états-uniens, il y a un an : la conférence annuelle de l’AIPAC

  • #Ligue_du_LOL : deux ans après, je ne sors pas de cette torture | by Ancienne membre de la ligue du LOL. | Feb, 2021 | Medium
    https://medium.com/@exLigueduLol/ligue-du-lol-deux-ans-apr%C3%A8s-ma-torture-est-toujours-l%C3%A0-df73fdb2d15

    La ligue du LOL y est présentée comme un groupe Facebook malveillant, où des jeunes hommes occupant des postes de pouvoir dans des rédactions parisiennes ou des agences de com’, flanqués d’une poignée de “Schtroumpfettes” et de “cool girls” dont je ferais partie, se retrouvaient régulièrement il y a dix ans pour lancer des raids contre des victimes désignées, où figuraient en première ligne des femmes. Sans preuve, sur la seule foi de témoignages, nous avons été systématiquement accusés de harcèlement, de sexisme, de racisme, d’homophobie, de harcèlement sexuel, voire de viols. Menaces, insultes, perte de boulot pour près de la moitié d’entre nous, dépressions et tentatives de suicide, changement de vie radical… Le tout, sans que la justice n’y mette jamais son nez, exception faite d’un procès au civil, récemment tranché en faveur d’un membre. Voilà ce que constitue, jusqu’ici, pour ceux qui en ont fait partie, l’affaire de la ligue du LOL.

  • Commune de #Saint-Gilles - Gemeente #Sint-Gillis

    Ce 15 octobre, notre commune s’est dotée d’une nouvelle place qui porte le nom, non pas d’une femme, mais bien de deux femmes ! #Elisa_Michiels et #Lambertine_Bonjean, les deux fondatrices de la #Ligue_Braille qui fête cette année ses 100 ans et a, depuis 1926, son siège à Saint-Gilles. Cette date n’a pas été choisie au hasard. Le 15 octobre est en effet la journée internationale de la canne blanche. L’occasion de célébrer le centenaire de la Ligue Braille tout en concrétisant la motion votée par le conseil communal qui réclame davantage de visibilisation pour les femmes dans l’#espace_public saint-gillois.

    https://www.facebook.com/communesaintgilles/posts/3352698221513918

    #toponymie #femmes #toponymie_politique #noms_de_rue #Belgique #toponymie_féministe

  • Julio Iglesias chante la reprise de la Ligue 1 pour Uber Eats | SportBusiness.Club
    https://sportbusiness.club/campagne-uber-eats-reprise-ligue1

    Il n’y a que le livreur qui n’aime pas le foot.
    Nouvelle domesticité en marche.

    Nouveau partenaire titre de la Ligue 1, Uber Eats célèbre la reprise du championnat de France, prévue vendredi 21 août, avec une campagne publicitaire baptisée “C’est bon d’aimer le foot” portée par trois personnalités du football : l’ancien joueur et actuel consultant Laurent Paganelli, le journaliste Grégoire Margotton et l’ancien arbitre Tony Chapron.

    Cette plateforme de marque, signée par l’agence Lafourmi, se décline notamment avec un spot TV qui suit un livreur Uber Eats, incarné par le comédien Certe Mathurin, sillonner les rues de différentes villes de clubs de Ligue 1 avec en fond le tube de Julio Iglesias (qui a été gardien de but de l’équipe réserve du Real Madrid), “Je n’ai pas changé”.

    Uber Eats a pris la suite de Conforama pour le naming de la Ligue 1, le championnat de France élite de football. L’accord a été signé pour trois saisons. La saison 2020/2021 de Ligue 1 reprend le week-end prochain mais le premier match, programmé vendredi 21 août et opposant l’Olympique de Marseille à l’AS Saint-Etienne risque d’être reporté car le club phocéen a déclaré quatre cas de covid-19 parmi son effectif.

    #Nouvelle_domesticité #Uber_Eats #Foot #Ligue_1

  • #Etats-Unis : un seul événement à l’origine de l’épidémie de #Covid-19 à travers le pays ? - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/etats-unis-un-seul-evenement-a-l-origine-de-l-epidemie-de-covid-19-a-traver

    Une réunion annuelle des dirigeants de la société pharmaceutique Biogen serait le point de départ de la diffusion du coronavirus aux Etats-Unis.

    [...] Cette réunion annuelle des dirigeants de la société pharmaceutique Biogen, où des individus du monde entier se sont retrouvés, semble être l’évènement responsable de la diffusion de la Covid-19 aux Etats-Unis.

    Si une seule personne pourrait en être à l’origine, comme l’explique le Washington Post, à la fin de la réunion, le 27 février, l’infection en avait contaminé bien d’autres : un directeur de recherche, un photographe, le directeur général de la division Est de l’entreprise. Et toutes ces personnes contaminées ont ramené le virus chez elles, dans la banlieue de Boston, dans l’Indiana, en Caroline du Nord, ou encore en Slovaquie, en Australie et à Singapour.

  • Montpellier : nouvelles violences de la Ligue du Midi lors d’une manifestation interdite
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/montpellier-nouvelles-violences-ligue-du-midi-lors-mani

    Ce dimanche à #Montpellier, une journaliste a été la cible de la trentaine de militants de la #Ligue-du-Midi, venus manifester malgré l’interdiction préfectorale. Le mouvement #identitaire est coutumier des actions violentes, mais reste peu poursuivi à ce jour. Des politiques réclament un sursaut.

  • #Atalanta - #Valence, la « #partie_zéro » ?

    Le 19 février dernier, l’Atalanta de Gian Piero Gasperini explosait Valence (4-1) en huitième de finale aller de la Ligue des champions devant plus de 40 000 tifosi venus de Bergame et des alentours. Un moment historique pour le club lombard qui a néanmoins une face sombre. En effet, aujourd’hui, plusieurs médecins pensent que cette rencontre pourrait bien être l’une des causes majeures du chaos qui règne actuellement dans la cité italienne. Explications.

    Il y a un mois jour pour jour, Adriano Trevisan s’éteignait près de Padoue et devenait ainsi la première victime du Covid-19 en Italie. La première d’une longue série, qui ne cesse de s’étirer de l’autre côté des Alpes. Samedi, comme partout dans le pays, de nouveaux chiffres sont tombés à Bergame et ces derniers ne sont pas bons, évidemment. Rien que pour la journée, 715 nouveaux cas ont été recensés dans la « Cita dei Mille » , ville de 120 000 habitants, qui a déjà perdu 533 de ses citoyens depuis le début de la pandémie. Des citoyens qui ont peut-être reçu aujourd’hui un début de piste : et si la propagation express du virus était simplement due à la rencontre de #Ligue_des_champions Atalanta-Valence, disputé le 19 février dernier au #stade San Siro de Milan ?

    « Atalanta-Valence a été une #bombe_biologique »

    En effet, il y a un mois, plus de 43 000 spectateurs venus de Bergame et de ses environs venaient assister dans l’enceinte milanaise à un moment d’histoire. Ce soir-là, la Dea renversait Valence (4-1). Les quotidiens italiens parlaient de « fête » , de « nuit magique » , de « soirée inoubliable » . Des irréductibles qui ont suivi l’équipe depuis la Serie C, aux enfants qui ont manqué l’école pour assister à cette campagne européenne inédite pour leur club, tous voulaient en être. Sans savoir que ce serait au péril de leur vie. « J’ai entendu plein de théories (à propos de la propagation plus rapide qu’ailleurs du virus à Bergame, N.D.L.R.), voici la mienne, répond ce jour #Fabiano_Di_Marco, responsable du département pneumologie de l’hôpital Papa Giovanni XXIII de Bergame au Corriere della Sera. 19 février, 40 000 Bergamasques à San Siro pour Atalanta-Valence. En bus, en train, en voiture. Atalanta-Valence a été une bombe biologique. » En cause : la #promiscuité entre supporters dans un métro milanais bondé, dans les tribunes, autour des foodtrucks pour déguster de délicieux panini.

    Puis, ces moments de joie. Fêtés sans respect de consignes qui n’existaient pas encore. Parfois, même, en compagnies de certains des 2500 supporters valenciens ayant fait le déplacement à Milan. Pour échanger des fanions, faire des photos souvenirs, partager des bières dans un même réceptacle. Sans parler uniquement des supporters, le journaliste espagnol Kike Mateu, atteint du coronavirus, était présent au stade et a côtoyé ses confrères et consœurs dans les coursives du stade et en salle de presse. Chez les joueurs, aussi. Si Ezequiel Garay (premier joueur infecté en Liga) n’était pas du voyage en Italie, près de 35% de l’effectif de Valence est infecté aujourd’hui. Cela fait déjà quelques coïncidences.

    Prier pour Bergame

    Depuis l’hôpital Umberto I de Rome, le médecin Francesco Le Foche n’écarte pas non plus l’hypothèse. « Il y a probablement eu plusieurs déclencheurs et catalyseurs pour expliquer la diffusion du virus, explique-t-il au Corriere dello Sport. Le match #Atalanta-Valencia aurait très bien pu être l’un d’entre eux. Il a été le point culminant de l’#euphorie_collective dans une saison de football unique pour ce club. Un mois s’est écoulé depuis ce match, le timing est donc pertinent. Le regroupement de milliers de personnes, à quelques centimètres les unes des autres, se livrant à des manifestations d’euphorie comme des étreintes ou des cris, tout cela a pu favoriser la #propagation du virus. »

    Si la Serie A doit reprendre ses droits le 2 mai prochain, et que le Napoli compte reprendre le chemin de l’entraînement la semaine prochaine, pas sûr que l’on rejouera de sitôt en Lombardie et à Bergame. Du moins, pas avec du public. En attendant, du côté de l’Atalanta, aucun membre de l’effectif n’a (à ce jour) été recensé comme étant atteint du Covid-19. Federica Percassi, la fille du président de l’Atalanta, a appelé sur Instagram « à prier pour Bergame » ce lundi à 12h. Malheureusement, il n’y a plus que cela à faire, car il est trop tard, et surtout inutile, d’avoir des remords concernant une rencontre qui devait être une fête comme une autre.

    https://www.sofoot.com/atalanta-valence-la-partie-zero-481483.html
    #foot #football #match_de_foot #coronavirus #Bergame #Italie #contamination #cas_zéro
    ping @simplicissimus @fil

  • LIGUE DU LOL : SURVIVRE AUX PORCS - IRIS GAUDIN

    https://www.youtube.com/watch?v=hHx-soUz_D0

    Quand Iris Gaudin rencontre celui qu’elle appelle V. G., les initiales de son ancien ami et amant (d’une nuit), elle ne se doute pas que ce dernier fondera quelques années plus tard un groupe sur Facebook et Twitter baptisé « La ligue du LOL ». Et qu’elle en sera une des premières victimes.

    Elle livre son histoire à Denis Robert dans cet entretien au long cours, où nous partons des premiers jours de leur rencontre à l’ESJ de Lille à cette matinée où chez ses parents au Havre, une dizaine d’années plus tard, elle entend à la radio que d’autres filles qu’elles ont subi les affres et les attaques de cette ligue qui, soudain, fait la une de l’actualité. La jeune femme voulait oublier, refaire sa vie, mais ce passé la rattrape. Elle écrit un livre « Face à la Ligue du LOL » (Massot) qui lui sert de thérapie et sert de fil rouge et de point de départ à l’émission.

    #ligue_du_lol #boysclub #harcèlement #sexisme #racisme #grossophobie #fraternité

    • Après écoute je trouve que ca manque vraiment de perspective politiques. Tout le récit m’a semblé rapporter à un problème individuel causé par un pervers sadique du coup c’etait pas très interessant.

  • « Ligue du LOL » : « La vérité n’a jamais été faite sur cette affaire », explique l’ancienne journaliste Iris Gaudin
    https://www.20minutes.fr/high-tech/2698195-20200207-ligue-lol-verite-jamais-faite-affaire-explique-ancienne-j

    L’affaire avait ébranlé le monde des médias. Il y a tout juste un an, Checknews, le service de fact-checking de Libération, révélait au grand public l’existence de la « Ligue du LOL », un groupe Facebook privé réunissant une trentaine de journalistes accusés d’avoir mené, de 2009 à 2013, des campagnes de cyber-harcèlement à l’encontre de plusieurs femmes. 20 Minutes revient sur cette affaire avec l’ancienne journaliste Iris Gaudin, qui publie Face à la Ligue du LOL (éditions Massot), le premier livre sur le sujet, dans lequel elle raconte le harcèlement qu’elle a subi pendant de longs mois sur Twitter.

    Elle y décrit notamment les mécanismes du cyberharcèlement et analyse sa descente aux enfers. « C’est un témoignage basé sur des preuves, des e-mails, et qui ne vise ni à déclarer la guerre ni à prendre une revanche, mais à une prise de conscience », explique la jeune femme. Au-delà de son histoire personnelle, Iris Gaudin dénonce dans son livre « un sexisme » qui prend racine au sein même des écoles de journalisme, où l’on apprend à rabaisser son interlocuteur pour « faire le buzz » au mépris des règles déontologiques du métier.

    #Cyberharcèlement #Ligue_du_LOL

  • Comment l’Etat français recrute les femmes au ministère de la culture -
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/07/au-ministere-de-la-culture-les-entretiens-pervers-d-un-haut-fonctionnaire

    « J’ai uriné par terre, quasiment à ses pieds. J’étais humiliée et honteuse » : Claire (1) est l’ une des dizaines de femmes ayant passé un entretien d’embauche au ministère de la Culture avec Christian N., haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Comme toutes celles qui ont subi ses agissements et que Libération a retrouvées, une question la hante : « Comment a-t-il pu faire autant de victimes, sans jamais être découvert ? » Dans cette affaire, les chiffres donnent le vertige. Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes - selon une liste qu’il a rédigée lui-même - ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est. Elles l’ont toutes été par l’ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines au siège du ministère, situé rue de Valois, à Paris. Son but : les pousser à perdre le contrôle et à uriner devant lui.

    #travail #femmes #recrutement #emploi #violences_sexuelles #toilettes #empoisonnement #metoo

    A l’époque, la police, aussi, va refuser de s’intéresser à la situation. En 2015, Marie a tenté de porter plainte quelques semaines après son entretien avec Christian N. Sans savoir alors précisément quoi, la jeune femme est persuadée que quelque chose d’anormal s’est produit lors de la rencontre. Las. Dans un commissariat parisien, elle est éconduite : « Ils ne m’ont pas du tout prise au sérieux. Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte comme ça. » Cette situation perdurera même après la révélation de l’affaire. En mai dernier, le Canard enchaîné publie le témoignage d’une victime sous le titre : « Le parquet saisi d’une histoire à se pisser dessus ». Choquées par cette formulation, plusieurs victimes se reconnaissent néanmoins dans les faits relatés par l’hebdomadaire et décident d’aller porter plainte. Claire a dû convaincre les policiers : « Ils minimisaient en disant que je n’allais pas porter plainte ou déposer une main courante pour avoir fait pipi. J’ai dû leur montrer l’article du Canard enchaîné pour qu’ils me reçoivent. »

    Face à ces difficultés et à l’impossibilité d’obtenir le soutien du ministère, Alizée s’est tournée vers Marlène Schiappa. En juin, la jeune femme l’interpelle sur Twitter. Le compte de soutien à la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, « Avec_Marlene », lui répond. Derrière ce pseudo, il y a une conseillère du cabinet (2). Dans un échange de textos que Libération a pu consulter, cette dernière promet à Alizée de l’aider en la mettant en lien avec Agnès Saal, haute fonctionnaire chargée de l’égalité et de la diversité au ministère de la Culture. Contactée par Libération, la conseillère n’a pas donné suite. « Depuis, elle ne m’a jamais recontactée. J’ai relancé le cabinet de Marlène Schiappa début juillet, mais ils ne me répondent plus du tout, regrette Alizée. Moi, je suis suivie psychologiquement, mais pour toutes les autres victimes, on fait quoi ? »

    #police #injustice #déni #omerta

    Le titre de cet article existe en plusieurs versions.
    Sur le papier « un sérial voyeur au ministère de la culture » #euphémisme
    Sur la version web « Au ministère de la Culture, les entretiens pervers d’un haut fonctionnaire ». #pornification
    #ligue_du_lol #male_gaze

    • « Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte »

      Ca me rappel une remarque qu’a glissé Costa-Gavras interrogé sur Médiaprat à propos de #metoo et du cas de Adèle Haenel. Costa-Gavras a marmonné à un moment qu’on pouvait croire Adèle Haenel parceque c’était une jeune femme qui avait un césar. Même phénomène lorsqu’on a parlé de #MeToo au moment ou des star s’en sont emparées. Le tag existait bien avant, inventé par Tarana Burke en 2007 pour dénoncer les violences sexuelles, notamment à l’encontre des minorités visibles (et invisibiles médiatiquement). On limite toujours le phénomène au secteur du cinéma, à la limite c’est parfois un peu étendu au domaine aux arts, mais le lien avec ce qui se passe dans l’emploi n’est pas fait. Adele Haenel et les 200 victimes de Christian N c’est exactement le même problème.

      Costa-Gavras ce qui lui importe c’est qui a le Césare. Heureusement l’agresseur d’Adèle Haenel n’as pas de césare ni palme d’or. Il n’est pas Luc Besson alors on se fait une bonne conscience en se déchainant sur lui. Adèle Haenel fait versé de grosses larmes aux crocodiles mais les victimes de Besson laissent de glace, tout comme les minorités visibles qui utilisent #metoo depuis 2007. D’ailleurs Costa-Gavras et les medias mainstream font comme si Adèle Haenel était la première à parler en France.

      Ce matin je retrouve Marlène Schiappa qui déclare dans Marianne (rapporté par le parisien) ;

      "« Nous allons désormais expulser les citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles », a-t-il clamé auprès du magazine.

      « Ces violences ne sont excusables en aucun cas, y compris lorsqu’elles se produisent chez des populations en difficulté », souligne la ministre, qui avoue que sa proposition a suscité des débats en interne. Elle a pourtant été retenue lors du comité interministériel sur l’immigration piloté par Édouard Philippe.

      http://www.leparisien.fr/politique/tolerance-zero-schiappa-veut-faire-expulser-les-etrangers-condamnes-pour-

      (au passage je croi pas que Schiappa soit ministre et « a-t-il déclaré » est une coquille)
      –—
      Ce que je comprend c’est que c’est pas la violence le problème, en fait Schiappa s’en fiche des victimes de Christian N ou de Besson, ce qui compte c’est le niveau de hiérarchie de qui l’exerce et qui la subit. C’est un peu une évidence mais ca me frappe ces derniers jours.

      Peut être parceque cette semaine j’écoutais un cours sur le talent pendant que je dessine, pour essayé de comprendre pourquoi les discriminé·es en seraient autant dénué·es pour qu’on les voient et les entendent si peu.
      https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/course-2016-2017.htm
      Pierre-Michel Menger parle de la parabole des talents qui serait à la base de l’idée de mérite en occident.

      Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

      D’après la traduction officielle liturgique de la Bible (source wikipédia).

      « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents#Texte_de_la_parabole_des_talents

      Alors si tu as 10 talents comme Polansky, le maitre te donnera tout, mais si tu as un seul talent comme une personne immigrée racisée, Jupiter et Schiappa en bons chrétiens, te jetterons dans les ténèbres extérieurs, pour y pleurer et grincer des dents, après t’avoir délesté de ton unique talent pour le filer à Polansky.

      #inversion_patriarcale #critique_de_la_valeur #talent #mérite #christianisme #ordolibéralisme

    • Pourquoi dans l’article son nom n’est pas cité en entier ?
      On trouve encore sa photo sur le site du ministère de la culture mais sa page a été supprimée.

    • Un commentaire qui développe les particularités sociales de Adèle Haenel -

      Un des enseignements de l’affaire Haenel, au-delà du décryptage des mécanismes de la violence sexuelle, est de mettre au jour les conditions sociales extrêmement improbables d’une telle prise de parole. Pourquoi le récit d’Adèle Haenel est-il audible/crédible (pour l’instant en tout cas), plus que ceux des autres femmes ayant dénoncé des agresseurs dans le monde du cinéma, y compris depuis l’émergence du mouvement MeToo ?
      –Parce que le rapport de force entre elle et son agresseur s’est inversé, comme elle le dit elle-même. Depuis les faits, elle est montée en puissance, alors que son pouvoir à lui n’a fait que s’amoindrir. Elle ne peut donc être vraiment suspectée de monter de toute pièce cette histoire pour attirer l’attention sur elle, ou pour gagner de l’argent. Elle dispose d’allié.e.s dans le cinéma français (surtout parmi les réalisatrices), et elle peut s’appuyer sur un réseau de soutiens plus étendu que lui. Le fait que tous les témoins cité.e.s dans le papier de Mediapart parlent à visage découvert (en « on »), fait tout à fait exceptionnel comme le souligne la journaliste Marine Turchi, en atteste.
      –Parce qu’elle est belle (et blanche, et conforme aux canons de la féminité bourgeoise), et qu’elle était déjà belle au moment des faits, les photos en attestent : elle échappe donc à la suspicion d’être trop repoussante pour avoir été agressée (contrairement à Nafissatou Diallo, cible de commentaires hallucinants sur son apparence physique, au moment de l’affaire DSK).
      –Parce que, les photos en attestent aussi, elle avait le corps d’une enfant au moment des faits, c’est sûr : on le voit car une dent définitive n’avait pas encore poussé et entravait son sourire enfantin, malgré les longues robes de soirée et le maquillage discret qu’elle portait lors des cocktails autour de la promotion du film. Elle ne peut pas être suspectée d’avoir joué la « Lolita » provocatrice (contrairement à la victime de Roman Polanski, âgée de 13 ans au moment des faits, déjà « formée » et « aguicheuse », comme l’ont répété à l’envi les commentateurs autorisés). Ce d’autant qu’elle est issue d’une famille de classe moyenne supérieure, un milieu dans lequel les normes de la féminité, à cet âge, mettent fortement à distance les marqueurs de la séduction. Cela se voit, aussi, sur les photos.
      –Parce qu’elle est soutenue par une enquête journalistique d’une très grande qualité, précise, rigoureuse, de long cours.
      –Parce que, en plus de son témoignage, des documents viennent fortement conforter son récit (des lettres datant du milieu des années 2000, conservées par Adèle Haenel, dans lesquelles Christophe Ruggia lui déclare l’amour « lourd à porter » qu’il lui a porté au cours des années précédentes – alors qu’elle avait 12-13 ans).
      –Parce qu’elle dispose des ressources intellectuelles et politiques nécessaires pour désingulariser son cas et dénoncer des rapports de force systémiques, en se prémunissant ainsi (pour l’instant…) contre les classiques accusations d’hystérie et de chasse aux sorcières.
      Ce sont des conditions socialement très improbables. Adèle Haenel elle-même dit qu’une des raisons pour lesquelles elle porte ce récit dans l’espace public est qu’elle se sent en position (et en devoir) de parler au non de toutes celles qui ne peuvent être entendues - qu’elles parlent ou pas. Les conditions socialement très improbables de la crédibilité des récits de violence sexuelle par les victimes : voilà ce qu’on doit garder en tête à chaque fois que nous parvient le récit d’une femme qui dit avoir été victime de violences sexuelles, dans le cinéma ou ailleurs.

      https://www.facebook.com/laure.ber.7/posts/10156975786138737

    • Diurétiques : nouvelles victimes et ministère de la Culture aux abonnés absents

      depuis l’enquête de Libération, rien de nouveau n’a été annoncé par le ministère de la Culture. Interrogé vendredi sur Europe 1, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est déclaré atterré par « cette histoire complètement folle ». « La justice va prendre les décisions qui s’imposent », ajoutait-il sans évoquer ni l’ouverture d’une enquête interne ni même la mise en place d’une procédure pour recenser ou aider les victimes. « A aucun moment le ministère ne s’est rapproché de celles qui étaient sur le fameux tableau Excel de Christian N. pour donner une quelconque info, voire un accompagnement », constate aujourd’hui un salarié du ministère qui souhaite rester anonyme. En interne, on dit même « n’avoir jamais vu la couleur de la cellule d’écoute ».

      Ce statu quo a poussé les syndicats à écrire ce mercredi matin à tous les personnels du ministère. Dans ce mail interne, signé par 7 syndicats (dont la CGT, la CFDT et la Snac-FSU), ils demandent d’« en finir avec l’omerta et l’impunité des violences hiérarchiques dans la fonction publique ». Ils dénoncent par ailleurs « une situation systémique au ministère de la Culture […] où la couverture des actes de violence et d’abus de pouvoir est favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide » et demandent « la protection fonctionnelle pour les victimes de Christian N. », « une enquête ministérielle approfondie » et « le retrait immédiat des labels Egalité et Diversité décernés au ministère de la Culture ».

      https://www.liberation.fr/france/2019/11/13/diuretiques-nouvelles-victimes-et-ministere-de-la-culture-aux-abonnes-abs

  • Divagation animale : l’Etat annonce de nouvelles mesures - France 3 Corse ViaStella
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/divagation-animale-etat-annonce-nouvelles-mesures-17139


    Accidents de la route, et dégâts matériels importants, pour les habitants comme pour les élus et les administrations, les animaux en divagation sont un problème épineux.
    © PAUL-STEFANI Jacques / FTViaStella

    Ils font le bonheur des touristes mais sont la source de nombreux dangers. Face au problème de divagation animale persistant, la préfecture de Corse a décidé de la mise en œuvre de nouvelles mesures. Parmi elles, un abattage sur décision administrative des bêtes non-identifiées.
    […]
    Quant à cette jolie place du village, parfaite pour une promenade digestive ou un jogging entre amis, la municipalité est contrainte de la garder fermée. Sans quoi elle finirait « pleine de bouses de vaches ».

    Au delà de l’aspect peu ragoûtant pour les villageois, il y a aussi le prix à payer par les contribuables pour financer le nettoyage et les réparations, rappelle la mairesse.

    Et plus inquiétant encore, un problème « de santé publique » : « ce sont quand même des bêtes non-immatriculées qui ne vont jamais voir le vétérinaire » explique Joselyne Mattei Faizi.
    […]
    La préfecture de Corse évalue aujourd’hui qu’entre 15 000 à 25 000 animaux sont en divagation dans toute l’île.

    Face au ras-le-bol des municipalités et habitants, et pour limiter les accidents, Etat, région, communes et professionnels de l’agriculture ont décidé de travailler ensemble à une solution pour limiter cette divagation animale.

    Le sujet, épineux, revient chaque année autour de la table, mais cette année, les pouvoirs publics l’assurent : ils sont bien décidés à prendre, littéralement, le taureau par les cornes.

    Parmi les différentes mesures avancées, on relève notamment l’abattage sur décision administrative de tous les animaux qui n’auront pas pu être formellement identifiés.

  • Résultats des Européennes
    https://www.les-crises.fr/resultats-des-europeennes-2019

    Voici 3 graphiques sur les résultats des européennes. Le premier est le résultat en fonction non pas des suffrages exprimés, ni même des inscrits, mais de l’ensemble de la population en âge de voter (car il y a 12 % de non-inscrits selon l’Insee) : Le deuxième graphique est classiquement le résultat en fonction des […]

    • Là où le genre est très marqué :
      – les femmes votent deux fois plus pour EELV que les hommes (17% contre 9%) ;
      – les porte-couilles votent beaucoup plus pour laREM (25% contre 19%), et pour le RN (26% contre 20%). Dans les deux cas, dans les 30% de plus ;
      – les femmes votent un peu moins que les hommes (49% contre 54%).

    • L’espérance de vie étant bien supérieure pour les femmes que pour les hommes, malgré les chiffres en haut de la colonne, il y a donc plus de votes féminins pour les 60 - 64 ans, et 70 ans et plus.

      => les femmes votent plus pour enMarche que les hommes, idem pour les républicains, l’UDI.
      => Les femmes votent beaucoup moins pour la france insoumise que les hommes.
      => Les femmes votent plus pour le RN que les hommes.

      Pour ce qui est de eelv on est d’accord.

      BCE : Les Bons Calculs Economiques
      Bon, on a pas le détail des chiffres, et moi je n’insulte personne, sur des apparences.

    • Les mères célibataires ont davantage voté pour le rn et Françis Lalanne Ségoléne Forgar - 27 février 2019 - Le figaro Madame

      Une étude Ipsos-Sopra Steria décrypte le vote aux élections européennes des femmes qui élèvent seules leur(s) enfant(s). Très présentes sur les ronds-points lors de la crise des « gilets jaunes », elles ont été voter en nombre ce dimanche.
      . . . . .
      24% d’entre elles semblent avoir été convaincues par le discours du porte-parole du parti et tête de liste, Jordan Bardella. Aucune proposition spécifique aux droits des femmes n’était pourtant formulée dans le programme du parti de Marine Le Pen.
      . . . .

      http://madame.lefigaro.fr/societe/elections-europeennes-les-meres-celibataires-ont-davantage-vote-pour

    • => les femmes votent plus pour enMarche que les hommes, idem pour les républicains, l’UDI.
      => Les femmes votent beaucoup moins pour la france insoumise que les hommes.
      => Les femmes votent plus pour le RN que les hommes.
      ...

      C’est magique la misogynie, on te dit que les hommes votent plus RN que les femmes mais non, « monsieur qui n’insulte personne » il sait lire des chiffres qui n’existent pas mais qui prouvent que le vote RN c’est en fait celui des femmes. C’est d’ailleurs amusant de voire que sa vindicte concerne exclusivement et spécifiquement les femmes qui ne sont plus sous la domination quotidienne d’hommes ; les vieilles, les veuves, les mères célibataires.

    • Y a pas à dire !
      Quand leur haine rassemblée de la réalité est contrariée par les chiffres, les pseudos progressistes du genre nouvelle gauche deviennent agréssi.f.ves.
      Bavez sur tout ce qui n’est pas bac+5, c’est une passion chez vous.

      Quand vous trouvez un chiffre qui vous plait dans un tableau, c’est la victoire, mais vous oubliez quelques lignes et quelques colonnes.
      En entreprise, ou appelle cela le contrôle de gestion.

      Ici, c’est une forme de la #guerre_aux_pauvres, ou de #ligue_du_lol .

    • Bonjour Aude.

      Quelques membres éminent.e.s de ce blog n’ont qu’une passion, baver sur les prolos (en oubliant que 51 % des prolos sont des femmes, idem pour les Gilets jaunes), en ne prennent que le chiffre qui arrange leur haine.

      D’autres sont dans l’insulte et l’imprécation permanente envers celles et ceux qui ont la témérité d’aborder des sujets qu’il/elle se réservent, bien qu’il/elle les desservent (les sujets).

      Pour ce qui est des chiffres, suffit de regarder la représentation d’une pyramide des âges.

      Par ailleurs, les harceleuses, ça existe, ne les oublions pas, elles harcèlent aussi les femmes.

      Au revoir,
      André

    • Oui, les femmes sont surreprésentées dans la tranche d’âge la plus élevée, mais la borne inférieure étant assez basse (70 ans, tout de même) le différentiel de mortalité n’a pas encore eu le temps de faire trop son œuvre, de sorte que dans cette tranche d’âge il y a 4 femmes pour 3 hommes.

      Ipsos-Sopra fournit une analyse des facteurs au premier ordre, c’est à dire «  à plat  ». Je me garderai donc bien de me lancer dans une analyse au deuxième ordre, c-à-d «  d’effets croisés  » (ou d’interaction).

      Un exemple pour le taux de participation au vote (la non-abstention)

      Les résultats d’ensemble et selon l’âge et le sexe.

      … soit pour les effets du premier ordre :


      • les femmes votent moins
      • la participation augmente avec l’âge
      Au second ordre, la question serait de savoir s’il y a interaction entre ces deux facteurs ou non. P. ex. la participation des femmes augmentent avec l’âge (et donc, celle des hommes décroît) ou l’inverse.

      Pour le choix du vote, je représente les effets du sexe et de l’âge pour les 3 listes arrivées en-tête (avec une même échelle verticale pour faciliter la comparaison).

      Au vu des graphiques, il est hasardeux de spéculer sur un comportement particulier des femmes âgées votant LREM : l’effet sexe est nettement moins marqué que l’effet âge. Sauf à imaginer une interaction vraiment très forte. Et surtout, il est tout à fait impossible de conclure que les femmes âgées votent RN (sauf à…) la tranche des 70+ votant moins que la moyenne pour le RN, contrairement aux « actifs » de la tranche 35-60 ans, et particulièrement les 50-60 ans.

      Notons pour finir que l’effet de loin le plus fort pour une liste est celui de la profession, les ouvriers votant à 40% pour le RN, soit +16,8% par rapport à l’ensemble, catégorie que @bce_106_6, répartit d’ailleurs équitablement entre hommes et femmes (je n’ai pas été vérifié).

      Quelques remarques pour finir, quant aux pondérations. Le tableau ci-dessous est élaboré à partir des données de population au 1/1/2019 de l’Insee. C’est lui, ou une version précédente, qui a dû être utilisé pour l’élaboration des quotas.

      –Poids des tranches d’âges par sexe dans la population française de plus de 18 ans. Au 1/1/2019, presque 67 millions d’habitants dont 52,5 millions de plus de 18 ans._

      Et comme le diable réside dans les détails, je note qu’il ne s’agit pas du corps électoral français, mais de la population, soit le nombre d’habitants.
      • le tableau intègre donc les habitants étrangers (4,4 millions au 1/1/2015, tous âges) dont une partie, les citoyens européens, a, à son choix, le droit de voter en France ou dans son pays et une autre partie, les non communautaires, n’a pas le droit de vote. On ne connait pas (ou du moins, je ne la connais pas) la part des étrangers communautaires dans les inscrits en France.
      • la structure par âge et sexe de la population étrangère est différente de celle de la population française : les hommes y sont (légèrement) majoritaires, et la population active y est surreprésentées (moins de jeunes et moins de vieux)
      • le tableau ne prend pas en compte les électeurs français résidant à l’étranger (1,25 millions d’inscrits, 81,6% d’abstentions, 18% de suffrages exprimés soit 224 000 électeurs (j’arrondis))
      résultats des Français de l’étranger (inscrits en France) ici : https://elections.interieur.gouv.fr/europeennes-2019/000/099/index.html

    • Merci Simplicissimus, ce rappel de la pyramide des âges était nécessaire, beaucoup.e semble l’ignorer, et tu as raison, ça n’explique pas tout.

      Pourquoi mon commentaire ?
      C’était par rapport au mépris affiché par arno.
      Remarquons que c’est une habitude pour lui. Exemple :
      Complètement ivre, une mamie tente de s’enfuir en fonçant sur les gendarmes près de #Montpellier
      https://seenthis.net/messages/783590

      Curieux, lui il a pas droit aux insultes habituelles.
      Pourtant, il rabaisse une femme.
      C’est vrai qu’il n’utilise pas souvent les drapeaux #social #capitalisme . . . .

      Une habitude des CSP- de cracher sur ceux (et donc celles) qui ne reconnaissent pas immédiatement qu’ils sont du coté du bien, qui ne votent pas pour eux.
      Il est vrai qu’il doit être terrifié par l’idée d’un déclassement social, il n’est pas le seul.

      Ma contribution sur ce coup-là, est peut être contre-productive et sacrément déplaisante, mais les dénonciateurs.rices professionnel.le.s m’indisposent parfois avec leurs insultes permanentes. Il faut croire qu’elles.ils se sentent supérieur.es.
      Effet ancienne nouvelle gôche ?

      Je rassures tout de suite, je ne suis ni du pcf, de la fi, du npa, du poi, et d’un tas d’autres boutiques du vieux monde, qui m’a l’air d’être bien accroché au pouvoir, et décidé à tout foutre en l’air.

      Marrant, cet article partagé 8 fois n’a pas été repris par 7h 36.
      _ Un oubli. -

  • Un parlement européen éclaté
    https://www.mediapart.fr/journal/international/270519/un-parlement-europeen-eclate

    Selon les premiers résultats, la famille de droite (PPE) et les sociaux-démocrates sont en net recul, tandis que les partis libéraux et les formations écologistes connaissent une progression inédite. Dans plusieurs pays, dont la France, l’extrême droite est en tête.

    #EUROPE #Ligue,_RN,_Alde,_SetD,_élections_européennes_2019,_Parlement_européen,_union_européenne,_Verts,_PPE,_Fidesz

  • LETTRE OUVERTE À HUGUES JALLON, PRÉSIDENT DES EDITIONS DU SEUIL, À PROPOS DE CESARE BATTISTI
    Serge #Quadruppani
    paru dans lundimatin#185

    ... je suis sûr que je ne t’apprendrai rien, cher Hugues, en rappelant que la défense de #Battisti et de tous les exilés menacés d’#extradition (à propos, on compte toujours sur toi pour signer en faveur de ceux qui pourraient être menacés aujourd’hui), entrait et entre toujours dans une bataille contre le #révisionnisme historique dominant en Italie, qui refuse d’admettre que dans les années 60-70, une partie minoritaire mais conséquente de la population de la péninsule est entrée en sécession contre la vieille société. Pour ces centaines de milliers, ces millions d’ouvriers, étudiants, paysans, habitants de quartiers populaires, femmes et homosexuels en lutte, le fait qu’on veuille s’en prendre physiquement à des gros commerçants qui jouaient au shérif en tirant sur des petits voyous braqueurs et qui s’en vantaient, ou à des matons tortionnaires, n’était discutable que d’un point de vue stratégique, pas éthique. Il faut dire que ces Italiens-là savaient que les auteurs des attentats massacres, les penseurs de la #stratégie_de_la_tension, les assassins d’ouvriers dans les usines, de paysans dans les champs et de détenus dans les prisons, étaient à chercher du côté de l’Etat et de ses forces de l’ordre. Faire porter le chapeau d’une violence sociale généralisée à Battisti et à quelques centaines d’individus ensevelis sous les peines de prison et contraints souvent à des rétractations honteuses, est le tour de passe-passe auquel l’#Italie officielle, celle du PC et de la démocratie chrétienne regroupés aujourd’hui dans le PD ont réussi jusqu’ici, y compris à présent avec l’appui des fascistes de la #Ligue et des sinistres bouffons xénophobes #5_étoiles. Le Seuil n’était pas obligé d’apporter sa caution de vieille maison d’édition à cette vérité officielle-là.

    #innocentisme #édition #gauche #strage_di_stato #prison #isolement #écriture #littérature

    https://lundi.am/Lettre-ouverte-a-Hugues-Jallon-President-des-Editions-du-Seuil-a-propos-de

    • Note d’Irène Bonnaud sur FB sur l’écriture, "ceux qui ont la culture" (et ceux qui "ne l’ont pas"), en complément au texte de Serge Quadruppani : "Merci à Serge Quadruppani qui dit ici l’essentiel. J’ajouterais que la prison coûte cher (cantiner, faire venir la famille au fin fond de la Sardaigne, payer les avocats, etc), et qu’un écrivain enfermé dans des conditions carcérales pareilles (isolement, surveillance visuelle 24h/24), sous le feu d’une campagne de propagande massive, quel recours a-t-il sinon écrire et publier pour faire entendre sa voix ? Dans ce contexte, on peut trouver la décision du Seuil encore un peu plus infâme. "L’heure pour Cesare Battisti n’est pas à la littérature" : mais quelle dose de stupidité peut-on avoir dans la cervelle pour prononcer cette phrase ? À moins que cela ne fasse au fond partie du problème.

      Car cette focalisation délirante des autorités italiennes sur le cas Battisti, alors qu’il n’était qu’un parmi des milliers dans les années 70, et qu’un parmi des dizaines d’autres réfugiés en France, est liée à son refus des deux attitudes qu’on lui offrait : se taire, et accepter d’être objet silencieux du discours des autres, tant la production culturelle sur les « années de plomb » était florissante à l’orée des années 2000, ou se repentir, expier en public les erreurs passées, endosser le rôle d’épouvantail aux oiseaux et d’organisateur de l’autocritique des autres, repenti perpétuel et juge du repentir d’autrui, bref servir l’ordre social existant.

      Ce refus était un scandale, et la provocation immense, d’être devenu écrivain sans y avoir été convié. Pour l’Etat italien, il devenait alors urgent de le remettre à sa place, que tout le monde oublie ses livres et qu’il ne soit plus que « le terroriste », « l’assassin », ou au mieux « l’ex terroriste », « l’ex militant d’extrême-gauche », etc. La négation de Cesare Battisti comme écrivain, le fait que ses livres depuis 2002, et les meilleurs et parmi les plus nettement autobiographiques, Cargo Sentimental, Face au mur, ne soient pas publiés en Italie, n’est pas un hasard d’édition. Sans cesse les articles de presse haineux au Brésil comme en Italie insistaient sur le même thème : ce type est mégalomane, il fait le malin, il crâne, il nous nargue, il fanfaronne, il se prétend écrivain, il "joue à l’écrivain" - sous-entendu : il n’est pas un vrai écrivain, sérieux, respectable, bourgeois, c’est un voyou mal élevé et, comme on dirait dans un mauvais polar, « on va lui montrer où est sa place ». Cesare Battisti a le malheur de ne pas être issu de la bourgeoisie intellectuelle. Fils de paysans pauvres, il fait décidément mauvais genre, ragazzo di vita à la Pasolini, squatteur, chômeur, autodidacte, pas idéologue ni théoricien pour un sou, bref pas sérieux, pas présentable.

      Et comment accepter que ces « années de plomb » dont il paraît si important de faire une décennie de tragédies et de désolation aient pu transformer un enfant de prolo en écrivain ? Ce serait laisser voir qu’elles ont été aussi, pour des dizaines de milliers de jeunes gens, un chemin d’émancipation, un air de liberté. Refuser d’aller travailler aux champs ou à l’usine, rompre avec un Parti Communiste qui chantait la dignité du travail et s’alliait avec la droite réactionnaire la plus corrompue, quitter sa famille, son lycée, vivre dans des squats, braquer des magasins pour « se réapproprier les richesses », mais surtout pour refuser l’obéissance aux contremaîtres, aux patrons, aux syndicats - toute cette politique au jour le jour qui a marqué la décennie de l’après 68 et qui a été une formidable source de créativité et de culture, en Italie plus que partout ailleurs dans le monde, est la matrice des romans de Cesare Battisti, leur sujet parfois, mais surtout ce qui les a rendus possibles.

      "J’ai toujours cru que je n’avais pas le droit d’écrire. Je n’en ai pris conscience qu’après février 2004, dans cette situation extrême. Mon arrestation et toutes les infamies qui s’ensuivirent m’avaient rejeté trente-cinq ans en arrière. A l’époque où mon père, qui n’avait jamais terminé l’école primaire, me disait : « On n’écrit que lorsqu’on a une chose importante à dire, et pas n’importe comment. On peut faire beaucoup de dégâts avec un écrit. Il faut laisser cela à ceux qui ont la culture et les responsabilités." (Cesare Battisti, Ma Cavale)

      Du stalinisme paternel à cette décision du Seuil aujourd’hui, on peut dire qu’il y a une certaine continuité, une façon de dire aux "classes dangereuses" et autres subalternes : "la littérature ne vous appartient pas, la littérature est l’affaire des gens respectables, la littérature est notre affaire". Inutile de dire que c’est tout l’inverse, et que ces gens du Seuil viennent de prouver qu’ils ne comprennent, mais alors rien à la littérature."

    • Selon son avocat, Davide Steccanella, les aveux de Cesare Battisti sont avant tout motivés par sa volonté de soulager sa conscience : « Pendant quarante ans, il a été décrit, en Italie, comme le pire des monstres. Avec ce geste, il veut se réapproprier son histoire. » Agé de 64 ans et sans perspective autre que celle de « pourrir en prison » – selon la promesse faite par Matteo Salvini le jour de son retour en Italie –, l’ancien fugitif n’a en effet plus rien à perdre, et pas grand-chose à gagner.

      La demande, présentée par son avocat, de considérer comme prescrite sa condamnation à six mois d’isolement a été rejetée par la justice italienne. Depuis janvier, l’ancien activiste est emprisonné à Oristano, dans une des prisons les plus difficiles du pays, dans une cellule de 3 mètres par 3, où il fait l’objet d’un traitement « sur mesure », surveillé 24 heures sur 24 par les gardiens, il n’a pas grand-chose de plus à espérer qu’un geste de clémence.

      Pour l’ancien membre des Brigades rouges Enrico Porsia (dont la condamnation à quatorze années de prison est prescrite depuis 2013), qui a bien connu Battisti lors de ses années parisiennes, l’ancien membre des PAC a surtout cédé à la pression à laquelle il est soumis depuis son retour en Italie : « Il a été exhibé lors de son arrestation, il est enfermé dans un “aquarium” et soumis à un traitement inhumain, très proche du “41 bis” réservé aux mafieux… En fait, avec ces aveux, l’Etat italien dit : il nous a suffi de trois mois pour le briser. »

      Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)

      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/25/italie-cesare-battisti-reconnait-sa-responsabilite-dans-quatre-meurtres_5441

    • L’AUTODAFÉ DE CESARE BATTISTI, Paolo Persichetti
      https://lundi.am/L-autodafe-de-Cesare-Battisti

      (...) Présentée comme un changement radical après sa libération en mars 2004, la décision soudaine et brutale de faire recours à la catégorie de l’innocence fut assumée dès le début aux dépens de ses compagnons de destin, comme pour souligner que la distance intervenue avec sa vieille communauté serait devenue une valeur ajoutée. Les autres réfugiés furent accusés de l’avoir mis sous pression, carrément bâillonné, le tout sans épargner les jugements dénigrants à l’égard des autres formations politiques armées des années 70 différentes de celles de son petit groupe d’appartenance. Tandis que ses vieux avocats et compagnons d’exil le mettaient en garde, devant le risque que représentait ce choix, en lui rappelant que la procédure d’extradition n’était pas une anticipation du jugement du procès, ni un dernier degré du procès, mais une instance juridique où les requêtes provenant d’Italie étaient évaluées en fonction de leur conformité aux normes internationales et internes, certains de ses soutiens laissaient entendre que la défense nécessaire n’avait pas été développée auparavant parce qu’elle aurait pu « nuire à la protection collective accordée sans distinction des actes commis », à la « petite communauté des réfugiés italiens, protégée pendant plus de 20 ans par la parole de la France » (Le Monde du 23 novembre 2004). En plus d’insinuer, devant l’opinion publique, que la communauté des exilés était une communauté de « coupables » qui empêchaient l’unique « innocent » de se défendre, on leur attribuait un rôle de censeurs jusqu’à dépeindre les exilés comme une bande de cyniques inquisiteurs qui lançaient des excommunications. (...)

      LES AVEUX

      Dans le système judiciaire italien, la notion de culpabilité a été renversée par l’imposant arsenal législatif des récompenses. Le discriminant essentiel est devenu de fait le comportement du prévenu, la démonstration de sa soumission, le degré de repentir ou de collaboration. A égalité de délit et de responsabilité pénale, sont rendus des jugements et des traitements pénitentiaires très différents. La logique des récompenses a modifié les frontières de la culpabilité et de l’innocence. On peut être coupable et récompensé, innocent et puni. Ce que l’on est compte plus que ce qui a été fait. Battisti, malheureusement, n’a pas eu la force de se battre contre cette situation.

  • Les « mecs de gauche ». Réflexions sur nos amis dans l’ère #Me Too | Sylvie Tissot
    http://lmsi.net/Les-mecs-de-gauche

    #MeToo est comme une vague immense, qui ne cesse de se gonfler à partir des minuscules gouttes-d’eau-qui-font-déborder-le-vase, qui font qu’il n’est plus possible de se taire, que le spectacle d’hommes paradant dans leur coolitude, voire leur féminisme, à coup de rouge à lèvres comme D. Baupin, ou de ralliement bruyant et intéressé à la cause des femmes, est soudainement insupportable. Chacun ses moments. Source : Les mots sont importants

  • Marie BUSCATTO, sociologue de l’art et du travail - entretien consacré aux conditions de féminisation du travail artistique

    https://www.youtube.com/watch?v=KiPivjAkrLs&feature=youtu.be

    Ce qui m’a semblé le plus interessant dans ce que dit Marie Buscatto c’est le fait que les gens aiment que les artistes soient précaires. Or quant les femmes sont précaires dans la culture patriarcale, elles doivent utiliser leur corps sur le plan sexuel, que ca soit dans le couple, ou sur le périphérique. Et quant les femmes sont précaires, elles ont souvent des enfants ou/et parents à charge, doubles journées...

    Je pense que l’adoration que les masses portent à Van Gogh est vraiment connecté à ce lien entre création et sacrifice. Barbara Heinrich parle de lui comme d’un saint martyre laïque, un ascète de l’art. Je pense que le sacrifice ou martyre des femmes n’est pas vraiment reconnu car il est vu comme naturel, allant de soi et il est "gratuit". C’est vu comme normal que les femmes se sacrifient pour la carrière de leur conjoint, pour les enfants de leur conjoints, pour la collectivité via le bénévolat... C’est dans la nature des femmes de se sacrifié, leur sacrifice n’a pas de valeur. Par contre un homme qui se sacrifie, c’est reconnu, car ce n’est pas dans la nature des hommes de se sacrifié, alors que c’est une exigeance qu’on attend des femmes, allant jusqu’à les traité d’égoïstes quant elles ne font pas leur devoir de faire des enfants. Souvent les deux sont opposés, les hommes crée l’art, les femmes la vie (on m’a expliqué ca très jeune, du fait de mon sexe je ne pourrais jamais crée de l’art). Les hommes se "sacrifient" pour l’art et les femmes se sacrifient pour que les hommes aient une descendance à qui faire croire que les hommes se sacrifient pour l’art.

    Il y a par dessus ce principe l’idée que si tu as du plaisir dans ta pratique tu ne mérite pas de rémunération. Il y a aussi pour les femmes tout le travail invisible lié au devoir, charge ménagère, charge mentale, charge sociale, charge émotionnelle, charge parentale, charge contraceptive, charge sexuelle... qui n’est pas reconnu comme du travail. Les femmes sont sensé aimer leurs enfants, conjoints, foyers... et faire leurs devoirs dans la joie et l’amour qui font office de rémunération.

    L’amour implique le sacrifice et la souffrance, surtout des dominé·es. On trouve cette idée dans la bible, Abraham doit tuer son fils pour prouver son amour à un père qui exige de la souffrance pour son petit plaisir narcissique de dominant.

    #amour #sacrifice #martyre
    –---

    Autre aspect important dans ce que dit Marie Buscatto, le réseautage. Avec le contexte actuel de la #ligue_du_Lol et des #boys_clubs on voie assez concrètement comment ca se passe. Les hommes sont comme la classe possédante décrite pas Monique Pinçon-Charlot. Les hommes ont une forte conscience et solidarité de classe (la plus part sont masculinistes sans le reconnaitre ouvertement #fraternité ) et ils agissent en coordination pour nuire aux femmes (équivalent des pauvres pour la classe possédante). Par exemple dans les profession et milieux très masculinisées il y a une pratique de la misogynie active (injures sexistes, harcèlement moral et sexuel, Violences physiques et sexuelles, paternalisme, culture porno, bière, foot...) qui ne trouve pas d’équivalence dans les milieux très féminisés ou les hommes sont bien accueillis (éducation, santé, danse... ), obtiennent les meilleurs postes et trouvent le moyen de se plaindre sans cesse du milieu féminin. Les milieux comme l’armée, la police, le btp, la restauration... sont extrêmement hostile aux femmes. Les hommes bénéficient en plus de la complicité de nombreuses femmes, surtout des rares qu’ils tolèrent dans leur milieux privilégiés, comme la classe possédante décrite par Monique Pinçon-Charlot bénéficie de l’adhésion des masses qui votent pour les intérêts des riches.

    Les femmes qui réussissent le mieux dans l’art sont d’un milieu favorable, souvent filles d’artistes, compagnes d’artistes, grandes bourgeoises, ayant fait de hautes études. Le niveau des femmes doit être supérieur en tout à celui des hommes pour obtenir un peu de reconnaissance.

    –----

    Le rapport à la colère, ca me semble aussi un des éléments clé qui n’a pas été évoqué par Marie Buscatto. Je ne sais plus dans quel émission france cul écouté hier il y avait une digression sur #Dante. Dante disait au sujet de la divine Comédie, que l’art est toujours vengeance. C’était en lien avec le fait que Dante avait été chassé d’une ville et son texte met les habitant·es de cette ville au cœur de son enfer. La divine comédie était donc inspiré par un sentiment de haine et une implacable vengeance. On retrouve la même chose avec Sade qui a surtout écrit en prison pour se venger de ses ennemis.

    Je dirait pas que l’art est toujours vengeance comme Dante, mais je reconnais que c’est aussi plutot un moteur de l’art que j’apprécie.

    Par rapport aux femmes, dans la culture patriarcale, ca renvoie aux Érinyes qui sont :
    Mégère (Μέγαιρα / Mégaira, « la Haine »)
    Tisiphone (Τισιφόνη / Tisiphónê, « la Vengeance »)
    Alecto (Ἀληκτώ / Alêktố, « l’Implacable »).

    Autant dire que les femmes n’ont pas le droit de se venger, pas le droit à la haine et pas le droit à l’implacabilité. Dans la perspective de l’art vu par Dante, elles ne peuvent qu’être d’affreuses mégères furieuses et hystériques, ce qui n’est pas un compliment. La colère et la haine sont réprimés chez les femmes et valorisés chez les hommes.

    Parfois des gentes me "complimentent" en me disant que je dessine comme un homme ou que mon dessin n’est pas féminin. Je croie que c’est en lien à cette idée d’expression de la colère, comme mon travail est plutot motivé par le sentiment de révolte, les gentes trouvent que c’est viril ou masculin et me félicitent pour ça.

    #mégèrisme
    –------

    Sur le talent. Marie Buscatto dit que c’est une prérequis, nécessaire et qu’il y a bien des gentes talentueuses mais peu d’élues. Les facteurs sont nombreux pas seulement de genre. La surreprésentation des hommes blancs de la classe dirigeante parmi les artistes qui ont accès à une rémunération de leur travail en est témoin.

    Comme mon travail est très démonstratif en temps de travail et savoir faire, les gentes me complimentent souvent sur mon "talent". Et me disent que je serais obligatoirement reconnue ... un jour. C’est gentil de me dire cela, et j’y travaille, mais à mes yeux c’est l’expression de la croyance dans le mérite. Et c’est une méconnaissance des mécanismes de la société et des milieux artistiques. Il y a bien sur des personnes qui font exception, qui sont parvenues à la reconnaissance (sachant quant même que "Notre besoin de reconnaissance est impossible à rassasier", j’essaye de faire exception) dans un contexte défavorable, mais comme le dit le début de ma longue phrase ; elles font exception, alors que je parle ici de changer la règle.

    –----

    Par rapport au temps de travail et au savoir faire, j’ai écouté aussi ce matin un entretiens avec Christine Delphy, sur l’expo Elles qui avait eu lieu à Beaubourg.
    https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/ccBLAM/r8EK9Mn
    Elle disait que le temps de travail est une chose que les gens peuvent convoité à travers l’art. Elle donne l’exemple d’un touriste qui vente son achat d’un souvenir qui est "beau" parce qu’il y a beaucoup de temps de travail dans le façonnage de la pièce.
    Et là je me dit que le temps de travail des femmes n’a pas non plus la valeur de celui des hommes. Les techniques les plus emblématiques sont dans le textile, broderie, crochet, tricot, dentellerie... et ce travail n’est pas rémunéré convenablement surtout lorsqu’il est effectué par des femmes, et il y a ce truc circulaire car ces travaux sont dévalorisées car catégorisés comme féminins.

    –—

    Il y aussi la notion de savoir faire, perçu comme de l’application scolaire, laborieuse quant c’est un travail de femmes et perçu comme génial si c’est masculin. J’ai pas vu qu’on dise que Bosch ou Van Eyck sont laborieux et scolaires du fait que leur travail soit minutieux.
    Ce truc du génie me rappel une phrase de Titiou Lecoq entendu dans un conférence, elle disait qu’en tant que mère d’un petit garçon elle se mettais une pression folle en imaginant son fils devenir un génie si elle bosse bien en tant que mère, ou un psychopathe si elle faillit dans son devoir d’éducatrice.
    Je me suis dit mais si elle avait une fille de quoi elle aurais peur en tant que mère ? Je n’imagine pas que les mères projettent l’avenir de leur filles comme des potentielles génies qui deviendront des psychopathes si la mère à été en faillite éducatrice.
    Je parle de la projection des mères, mais c’est toute la société qui n’imagine pas le génie au féminin. Le génie étant une tare pour les femmes car ça les dénature , leur nature étant toute entière dans leur matrice.
    Tout ca semble bien verrouiller.

    –---
    #femmes #invisibilisation #féminisme #arts

    cc @mona

  • Culture du viol : « Tant qu’on sera convaincus que les violeurs, c’est les autres, on n’avancera pas » - NEON
    https://www.neonmag.fr/culture-du-viol-tant-quon-sera-convaincus-que-les-violeurs-cest-les-autres-o

    Son blog #Crêpe_Georgette fait partie des références françaises en matière de #féminisme. Souvent énervé, toujours érudit, il décortique, références à l’appui, les stéréotypes patriarcaux qui infusent la société, du traitement de l’affaire Cantat aux attaques sexistes dans certaines plaidoiries d’avocats, en passant par les complicités qui ont permis les agissements d’Harvey Weinstein. La semaine dernière, elle a analysé pour nous les ressorts de la #Ligue_du_Lol dont elle fut victime.

    Aujourd’hui, elle sort son premier #livre : « Une #culture_du_viol à la française, du #troussage_de_domestique à la #liberté_d’importuner ». Dans cet essai dense et fouillé, on retrouve son art de pointer nos fausses représentations, ici sur ce crime endémique et mal appréhendé : le #viol.

    http://editionslibertalia.com/IMG/arton1670.jpg?1549454959
    http://editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/une-culture-du-viol-a-la-francaise

    #femmes #France

  • la salope de la promo », le témoignage d’une ancienne étudiante Angélique Da Silva Dubuis - 19 Février 2010 - la voix du nord
    http://www.lavoixdunord.fr/540116/article/2019-02-19/j-etais-designee-comme-la-salope-de-la-promo-le-temoignage-d-une-ancien

    Nouveau coup dur pour l’École de journalisme de Lille. Les récentes révélations autour de la Ligue du LOL ont poussé Alexandra à dénoncer l’agression sexuelle dont elle a été victime durant ses études entre 2010 et 2012. Une délivrance pour cette jeune femme qui raconte une culture de l’entre-soi propice au sexisme et au harcèlement.

    Au bout du fil, les larmes d’une jeune femme de 30 ans. Remplies de courage et de dignité. « Mon métier, c’est de parler des autres, pas de moi », confie Alexandra qui a relaté son calvaire au magazine Vanity Fair http://www.lavoixdunord.fr/539915/article/2019-02-19/une-ancienne-etudiante-de-l-esj-victime-d-une-agression-sexuelle-il-y-s ce mardi. En 2010, elle quitte Bordeaux pour s’installer à Lille où elle a décroché le concours de la prestigieuse école. Très vite, la jeune étudiante se sent exclue par plusieurs étudiants qui avaient une certaine aura auprès de leurs camarades et des enseignants. « Il y avait les dominés, les dominants et les suiveurs. » Un climat délétère encouragé par une répartition des classes « très maladroite » selon elle, en fonction des connaissances en web notamment. « Il y avait les stars et les quiches... »

    Sa vie amoureuse jetée en pâture
    Il y a d’abord eu des remarques sur son look et sa personnalité « extravertie » . Puis, son histoire d’amour avec un étudiant étranger de l’école jetée en pâture sur fond de préjugés racistes. « J’étais désignée comme la salope de la promo » , livre Alexandra. Personne dans son entourage pour prendre sa défense. « Je n’étais pas la seule à souffrir de ces humiliations... On subissait dans notre coin. Tout ça était communément admis sous le vernis de l’humour. C’est malheureusement courant dans les grandes écoles qui vivent en vase clos. »

    Cette soirée chez un étudiant de l’école finit par briser la jeune femme. « Ce camarade de promo s’est jeté sur moi. J’ai eu la peur de ma vie... Au bout d’un moment, son ami lui a dit d’arrêter, que ça pourrait être du viol... » Pour Alexandra, c’est une évidence : le climat misogyne de sa promo est pour beaucoup dans le comportement de son agresseur. Qui, elle tient à le souligner, n’appartient pas aux auteurs de la fameuse Ligue du LOL. http://lavdn.lavoixdunord.fr/536041/article/2019-02-11/ligue-du-LOL-journalistes-harcelement

    « Ces mecs sont devenus des leaders d’opinion »
    Alexandra n’a jamais révélé les faits : « J’avais 22 ans. J’ai tout enfoui parce que je n’ai pas trouvé d’écoute. L’école de journalisme c’était toute ma vie. Ma famille était loin. Je me sentais terriblement seule... Mais la direction ne pouvait pas ignorer certains comportements. »

    Le mouvement #MeToo a été un déclencheur pour la jeune femme qui a apprécié la réaction de l’école ce mardi.
    Dans un communiqué, l’ESJ, qui rappelle les valeurs défendues par l’école et son engagement dans la lutte contre les discriminations et le harcèlement, assure la jeune femme de son soutien si elle décidait d’une suite judiciaire.

    Alexandra, qui travaille aujourd’hui dans la presse financière, n’a pas pris de décision. « Je reçois de nombreux messages de soutien qui me font du bien. J’apprécie la réaction de l’ESJ mais je n’oublie pas que tous ces mecs sont devenus des leaders d’opinion que plein de gamines admirent quand ils passent à la télé. »

    #ESJ_Lille #presse #harcèlement #ligue_du_lol

  • « Ligue du LOL » : la délicate question des sanctions
    Pauline Graulle
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160219/ligue-du-lol-la-delicate-question-des-sanctions

    C’est l’histoire d’un procès qui n’aura peut-être jamais lieu. Une semaine après les révélations sur la Ligue du LOL, la première affaire d’ampleur de cyberharcèlement en France pose une interminable série de questions à l’institution judiciaire : quels actes précis doivent être jugés, sachant que des centaines de tweets – de preuves – ont été détruits ? Qui doit être jugé, sachant que les harceleurs présumés ont souvent agi en « raids » ? Et d’abord, à qui revient-il de juger l’affaire ?

    Car ici, rien n’est simple. Pénalement, les actes de harcèlement, qui ont, pour la plupart, eu lieu entre 2008 et 2011, sont prescrits. Selon la loi du 28 février 2017 (lire ici), les victimes peuvent en effet déposer plainte dans un délai de six ans après la survenue des faits. Trop tard, donc. « Normalement, la question de la prescription pénale se pose à l’issue d’une enquête : exceptionnellement, le procureur peut quand même décider d’enquêter malgré une apparente prescription si les faits sont particulièrement graves et que la question de faits de nature criminelle se pose. Mais puisqu’il ne s’agit là que d’une affaire délictuelle, elle ne sera probablement jamais portée sur le terrain pénal », confirme Éric Morain, qui a été l’avocat de la journaliste Nadia Daam, victime en 2017 d’une campagne de harcèlement émanant d’un forum pour 18-25 ans du site jeuxvideo.com.

    © Reuters. © Reuters.

    Impossible de porter devant un tribunal les actes commis par les membres de la Ligue du LOL ? « Il est pourtant primordial que la justice s’en empare, estime Éric Morain. D’abord, parce que l’affaire ne doit pas se solder par un tribunal populaire sur les réseaux sociaux où une meute répondrait à une autre meute. Ensuite, parce que la société est amnésique, et qu’il ne faut pas que, dans quelques années, tout le monde ait oublié. » Enfin, et ce n’est pas un petit sujet : sans justice, pas de possibilité de reconnaissance des victimes, ni de possibilité de rédemption des coupables…

    Faute de procédure au pénal, Éric Morain réfléchit désormais au moyen d’assigner les responsables au civil. « Tout cela est en chantier », glisse-t-il à Mediapart, soulignant la difficulté des affaires de harcèlement (notamment sexuel), où les victimes doivent généralement entreprendre un long travail sur elles-mêmes avant de se sentir légitimes à passer à l’action judiciaire. De son côté, SOS Racisme a procédé, lundi 11 février, à un signalement auprès du parquet de Paris, afin qu’une enquête préliminaire soit ouverte.

    En attendant, la colère monte dans l’opinion : depuis une semaine, la twittosphère n’en finit plus d’exhumer les tweets des harceleurs présumés de la Ligue du LOL. Les témoignages glaçants ont envahi la presse, qui commence à enquêter sérieusement sur ces cas exposés au grand jour. Plus la société découvre l’étendue de l’affaire, plus la demande sociale est forte de punir les coupables.

    Résultat, comme dans un jeu de dominos, les employeurs des membres de la Ligue du LOL – pour la plupart des journalistes, communicants, développeurs ou graphistes exerçant au sein d’entreprises ayant pignon sur rue – se retrouvent en première ligne. À Télérama, Slate.fr, Publicis, Libération ou la mairie de Paris, les dirigeants et les ressources humaines se voient contraints, bon gré mal gré, de gérer la délicate question des sanctions. Un vrai casse-tête.

    Car sur quel motif sanctionner un salarié quand les faits n’ont pas été commis sur le lieu de travail, qu’ils remontent pour certains à une période antérieure à leur embauche ou qu’ils entrent dans une « zone grise », coincée entre le droit et la morale ? « Si les actes n’ont pas été commis sur le lieu de travail, le champ disciplinaire est à oublier », souligne Isabelle Taraud, avocate en droit du travail.

    Il y a aussi l’épineux problème de ceux qui ont été membres de la Ligue du LOL mais qui ne sont, pour l’heure, pas accusés de harcèlement à proprement parler. C’est par exemple le cas du journaliste de Télérama Olivier Tesquet : « La liste de “membres présumés” partagée anonymement sur le site Pastebin a contribué à aplanir les responsabilités, laissant croire qu’un groupe Facebook était une société secrète à l’intérieur de laquelle chacun est comptable des actions de tous les autres, explique-t-il à Mediapart. Je suis soulagé que le travail d’enquête vienne clarifier les choses, mais j’aurais préféré qu’il intervienne en amont. »

    Pour l’instant, l’intéressé a été reçu pour un entretien par la direction de Télérama, qui souhaitait en savoir plus sur son implication. Un entretien formel avec les ressources humaines est prévu la semaine prochaine : « À ce jour, personne ne nous a rapportés un tweet défaillant. Et d’ailleurs, Olivier, qui a présenté des excuses publiques, n’a supprimé aucun tweet », indique Catherine Sueur, du directoire de Télérama, qui ajoute qu’à l’automne, une enquête sur le harcèlement sexuel a été lancée au sein du groupe dans l’idée de mettre en place un plan d’action.
    « Nous sommes tombés de notre chaise »

    Plus fondamentalement, l’affaire pose un problème central : est-il vraiment du ressort de l’entreprise de sanctionner les personnes ayant participé, de près ou de loin, aux agissements de la Ligue du LOL ? « Cette affaire est complexe, car elle relève de faits qui ont eu lieu hors de l’entreprise, explique Judith Krivine, avocate spécialisée en droit du travail. Je vais le dire de manière abrupte, mais un mari qui bat sa femme ne peut pas être licencié pour cela. Ou alors, il faudrait démontrer que cela a un effet dans le cadre de son contrat de travail. »

    © Reuters. © Reuters.

    Un dirigeant de journal fait part, en off, de son malaise : « Vu le contexte de curée médiatique, c’est un discours qui est difficile à entendre en ce moment, mais ces salariés ont aussi droit au respect du droit du travail. C’est une question d’humanité, mais aussi une question juridique : il ne faudrait pas que ça finisse aux prud’hommes et qu’on se retrouve à payer 200 000 euros de dommages et intérêts. »

    Le collègue de l’un des hommes impliqués confie lui aussi sa perplexité : « Ce que les gens de la Ligue ont fait est immonde, mais mon collègue est au fond du trou : la pendaison en place publique qui a lieu en ce moment sur les réseaux sociaux, ce n’est pas acceptable, il faut garder la tête froide. Surtout que le cyberharcèlement n’est pas l’apanage de la Ligue du LOL. J’ai vu tourner des choses horribles dont personne ne parle. Et pendant ce temps-là, certains sont bannis sans autre forme de procès, et sans espoir de pouvoir se racheter. »

    Pour l’heure, chacun au sein des directions d’entreprise a trouvé ses propres réponses – en fonction des statuts, des types de contrats, etc. À la mairie de Paris, Julien Verkest, développeur web, et Gautier Gevrey, graphiste, tous deux membres de la Ligue et auteurs notamment de tweets antisémites (lire notre enquête ici), ont été convoqués, l’un après l’autre, en début de semaine, par l’adjoint à la direction de la communication au sein de laquelle ils travaillent.

    Ces deux agents administratifs municipaux seront reçus dans une dizaine de jours par la direction des ressources humaines, qui a été saisie « sur des bases légales ». Ensuite, seront déclenchées, ou non, des mesures administratives. « Ces deux agents travaillent en back office, dans les services, et ne sont pas “visibles” du grand public, du coup, leur présence ne porte pas atteinte à l’image de la mairie de Paris, justifie une source proche de la Ville de Paris quand on s’étonne de la lenteur du processus. Par ailleurs, à ce stade, les ressources humaines n’ont pas de lecture juridique de l’affaire. »

    Chez Slate.fr, site d’information ayant pourtant vu défiler en son sein ces dernières années bon nombre de journalistes membres de la Ligue, aucune sanction n’a pour l’instant été prise. Au risque pour le journal de se montrer d’un laxisme coupable aux yeux du grand public ? « Les explications détaillées que Christophe Carron [rédacteur en chef de Slate et ancien membre de la Ligue du LOL – ndlr] nous a fournies nous ont convaincus de son absence d’implication personnelle dans des actes répréhensibles ou contraires à nos valeurs », rétorquent, dans une tribune, Jean-Marie Colombani, président de Slate, et Marc Sillam, son directeur général.

    Libération, en revanche, a décidé immédiatement la « mise à pied à titre conservatoire » du chef adjoint au Web Alexandre Hervaud et de Vincent Glad, fondateur de la Ligue, qui officiait en tant que pigiste. Le quotidien a lancé une enquête interne, au terme de laquelle la direction décidera d’éventuelles sanctions.

    Publicis Consultants, où (personne anonymisée le 24/06/2022 à sa demande), accusé d’avoir harcelé plusieurs personnes, travaille en CDI depuis 2011, a décidé de la mise à pied immédiate de ce collaborateur, qui avait rejoint la Ligue en 2010. « Avec l’article de Libération [publié le 8 février – ndlr], nous sommes tombés de notre chaise », raconte un membre de la direction. Une enquête est lancée au sein de l’agence pour savoir si des faits de harcèlement – sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle – ont eu lieu au sein de l’entreprise. « Pour l’instant, il semble que rien ne ressorte, mais nous verrons bien. Par ailleurs, le service juridique du groupe est en train de travailler sur le sujet. »

    Quel sera le sort réservé aux salariés : licenciement, rupture conventionnelle, blâmes ? Pour l’instant, le mystère demeure. Isabelle Taraud rappelle que les affaires mettant en cause des comportements de salariés sur Facebook ne sont pas nouvelles, et qu’il existe de la jurisprudence en la matière. « Si l’entreprise veut se séparer de son salarié pour des faits problématiques qui ont eu lieu en dehors de sa vie professionnelle, il faut qu’il y ait eu un “trouble objectif porté au bon fonctionnement de l’entreprise”, explique l’avocate, qui prend pour exemple la perte par un salarié de son permis de conduire. L’enjeu, pour les employeurs, consiste à le démontrer dans la lettre de rupture. Mais évidemment, on ne peut pas s’en tenir à la rumeur, il faut que les faits soient prouvés. » Et ce n’est pas le plus simple.

    #harcelement #discrimination #justice #sanctions #licenciement #liguedulol

    • Je viens de recevoir un mail d’une personne mise en cause dans cet article qui me dit qu’il a perdu deux emplois a cause de sa réputation autour de cette affaire de la ligue du LOL :

      "Si je ne remets pas en cause le droit à la liberté d’expression et d’information, je souhaite mettre en avant les éléments suivants à l’appui de ma demande. En effet, conformément aux critères dégagés par la jurisprudence européenne et par la CNIL, je considère que ce droit à l’information doit être mis en balance au regard des éléments suivants :

      – Je ne suis pas une personne publique. Je ne joue pas et n’ai jamais joué aucun rôle dans la vie publique ; j’ai exercé les professions de publicitaire et de consultant en communication, et n’ai jamais participé à la vie politique ou médiatique ;

      – L’article mentionné date de plus de trois ans et quatre mois, et ne concernent plus aucune actualité susceptible d’intéresser le public, le maintien de mes nom et prénom dans cette publication continue néanmoins de me stigmatiser et me porte un grand préjudice, sans toutefois avoir un intérêt prépondérant pour le public ;

      – Je n’ai jamais été condamné par la justice et je n’ai jamais fait l’objet d’aucun dépôt de plainte.

      Dans ce cadre, et comme mentionné ci-dessus, le préjudice que me porte le maintien de mes noms et prénoms sur cette URL est selon moi supérieur à l’intérêt du public à avoir accès à cette information, plus de dix ans après des faits qui n’ont fait l’objet d’aucune poursuite.

      Les journalistes d’Europe 1, Radio France, du Journal du Dimanche, d’Europe1, Numerama, de Marie-Claire, de La Croix, de Slate et du Figaro ont répondu positivement à ma demande et consenti à anonymiser mon prénom et mon nom dans leurs articles.

      Or je n’ai plus acces à mon compte madmeg sur seenthis car j’ai mis un faux mail et je ne me souviens plus de mes mots de passe. @b_b Je croi que c’est toi qui m’avais deja aidé une fois precedente pour que je recupère mon compte. Est-ce que tu pourrais m’aider encore une fois stp.