• Guerre en Ukraine : Auchan, Decathlon, Lactalis, Danone… les Français exposés
    https://www.lsa-conso.fr/guerre-en-ukraine-auchan-leroy-merlin-decathlon-lactalis-danone-les-entrep
    L’attaque dans la nuit du 23 au 24 février par l’armée russe d’un grand nombre de cibles militaires en Ukraine place sous les projecteurs l’importante activité des entreprises françaises dans le pays, en particulier les distributeurs avec la présence de 3 enseignes du groupe Mulliez (Auchan, Leroy Merlin et Decathlon) mais aussi l’industrie agroalimentaire avec des implantations pour Lactalis, Danone, Savencia, Soufflet, etc… Selon un extrait d’un document des douanes françaises, près de 160 entreprises françaises sont aujourd’hui implantées en Ukraine, employant 30 000 personnes et faisant de la France le premier employeur international en Ukraine. Elles sont présentes notamment dans la grande distribution (groupe Auchan, Decathlon), la banque (Crédit Agricole et BNP Paribas), l’agroalimentaire (notamment Louis Dreyfus, groupe Soufflet, Danone, Lactalis, Savencia, Malteurop, Limagrain), et le numérique (Ubisoft, Blablacar).


    Auchan compte 40 magasins en Ukraine dont 21 hypers pour 6000 salariés. Sur la photo un hypermarché Auhan à Kiev.

    15 entreprises agroalimentaires tricolores présentes en Ukraine
    Le site de la direction du Trésor indique par ailleurs qu’une quinzaine d’entreprises agroalimentaires et agricoles françaises sont présentes en Ukraine, plus particulièrement dans les domaines de la production, du négoce et de la transformation des céréales (Soufflet, Louis Dreyfus, Malteurop), de la transformation du lait (Danone, Lactalis, Savencia - Bongrain Zveniogorod), et de la production de semences végétales : Limagrain, MAS seeds (qui a ouvert récemment un centre de recherche à Borispil) et Euralis, groupes coopératifs ayant investi dans des unités de production.

    40 magasins Auchan, 5 Decathlon, 6 Leroy Merlin
    La distribution française est également présente en Ukraine via essentiellement des enseignes appartenant à la galaxie Mulliez. Contacté par LSA, Auchan retail qui mentionnait 26 magasins dans le pays dans son dernier rapport annuel, en compte en fait 40 aujourd’hui suite à des acquisitions notamment, dont 21 hypers, ce qui le situe au troisième rang de la distribution alimentaire locale. "Nous restons très attentifs à la situation, commente un porte parole du groupe qui ne notait néanmoins pas d’incidence sur les ouvertures de la plupart de ses magasins ce matin, précisant que l’enseigne ne compte aucun magasin dans le Donbass. Auchan emploie 6000 salariés dans le pays dont 3 expatriés (2 Français). Leroy Merlin, autre paquebot de l’Association Familiale Mulliez compte lui 6 magasins en Ukraine, 5 à Kiev 1 à Odessa. Enfin, Decathlon exploite 5 magasins en Ukraine, dont le premier a ouvert en 2019. « Nous restons attentifs, suivons et suivrons scrupuleusement les consignes gouvernementales », indique sobrement à LSA un porte-parole de l’enseigne de sport.

    Quid des activités françaises en Russie ?
    Mais pour ces trois distributeurs, ainsi que certains des industriels cités, s’ajoute un autre point de préoccupation, sans doute au moins aussi important. Quelles vont être les conséquences de la guerre pour leurs implantations et leurs activités en Russie cette fois-ci, où leurs infrastructures et leur poids économiques sont bien plus importants qu’en Ukraine. Selon son dernier rapport annuel, Auchan retail exploite 255 magasins en Russie (63 hypers, 193 supers) pour un chiffre d’affaires évalué à 4 milliards d’euros selon la presse locale, ce qui en fait le second pays du groupe après la France. L’enseigne emploie 30000 personnes en Russie, dont 25 expatriés. Pour Leroy Merlin, le pays est encore plus important. On estime que le champion français du bricolage y réalise plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 112 magasins en Russie dans 56 villes selon les dernières données de l’enseigne. Quant à Decathlon, il compte 61 magasins en Russie, pays où il s’est implanté dès 2006. Est-ce que l’opposition française à la guerre contre l’Ukraine aura des répercussions directes ou indirectes sur leurs ventes et leur activité ? Bien malin qui pourra le prévoir au premier jour du conflit.

    Danone et Lactalis plus exposés en Russie qu’en Ukraine
    La Russie est aussi le pays où Danone est le plus exposé à des conséquences du conflit. Selon les données du groupe, le pays présidé par Vladimir Poutine représente environ 5% des revenus de Danone en 2021, et l’Ukraine moins de 1%. « Dans ces deux pays, nous opérons principalement dans la catégorie EDP (produits laitiers et d’origine végétale), avec un modèle principalement local, de la collecte de lait à la production et à la distribution », indique un porte-parole qui précise : Nos équipes locales suivent évidemment de près la situation et mettent en place toutes les actions nécessaires pour assurer la sécurité de nos salariés, ainsi que la continuité de nos activités."

    Chez Lactalis, les deux pays occupent également des positions non négligeables. L’industriel lavallois réalise 175 millions d’euros de chiffre d’affaires en Russie avec 4 sites de production (Istra, Belgorod, Effremov et Ekaterinbourg), 1 siège à Istra et 1900 salariés. A noter que Belgorod est proche de la frontière Ukrainienne et qu’une base militaire importante se trouve sur cette zone. Lactalis y produit localement les produits du marché russe et indique à LSA qu’il n’y a pas, à date, « de précautions particulières prises côté russe ». Comme « il n’y a pas de relations d’affaires entre la Russie et l’Ukraine depuis 2014. » L’entreprise française exploite 3 sites de production en Ukraine (Soumy / Pavlograd / Nikolaeiev) et 1 siège (Kiev) et emploie 850 collaborateurs Ukrainiens (pas d’expatriés) pour un chiffre d’affaires d’environ 100 millions d’euros. Elle y exporte vers la Géorgie, la Moldavie et les républiques d’Asie centrale. Lactalis précise à LSA qu’en Ukraine « nous nous efforcerons de maintenir notre contribution à l’alimentation des populations dans la limite d’assurer la sécurité de nos collaborateurs, fournisseurs et clients. A date, 100% de nos sites sont opérationnels et il n’y a pas de perturbation d’approvisionnement (Lait, Emballages, Ingrédients,…). En cas de risque dans les zones où des usines sont situées, nous demanderons l’arrêt de la production et le retour anticipé des salariés à leur domicile. »

    La France, 9e fournisseur de l’Ukraine
    Autre élément à ajouter aux conséquences économiques du conflit pour les entreprises françaises : le commerce extérieur avec l’Ukraine. Les douanes françaises dans le document précité précisent que la France est le 9ème fournisseur de l’Ukraine avec une part de marché de 2,8 %, en hausse constante par rapport à son niveau d’avant crise (2,2% en 2013). Le total des échanges commerciaux entre la France et l’Ukraine atteint 1,8 Md€ en 2019, en forte augmentation par rapport à 2018 (1,5 Md€). La France occupe notamment de solides positions sur les segments des produits chimiques, parfums et cosmétiques (35,4% de nos exportations en 2019), des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (19,1%, dont plus des deux tiers correspondant à des machines agricoles et forestières), des matériels de transport (9,2%), des produits pharmaceutiques (8,8%) et des produits agricoles (8%). Les biens importés en France en provenance d’Ukraine sont essentiellement des produits agricoles et agroalimentaires (66,2%).

    groupe #Mulliez #Auchan #Leroy Merlin #Decathlon #Lactalis #Danone #Savencia #Soufflet #Crédit_Agricole #BNP_Paribas #Louis_Dreyfus #groupe_Soufflet #Danone #Malteurop #Limagrain #Ubisoft #Blablacar #Bongrain #Limagrain #MAS_seeds #Euralis #lavallois #Ukraine #Russie #agroalimentaire

  • Les enjeux de l’alimentation en eau potable des villes

    Mathilde Resch et Émilie Lavie
    Les enjeux de l’alimentation en eau potable des villes
    Introduction
    Issues associated with drinking water supply in cities
    Introduction
    –-
    Sandrine Petit, Marie-Hélène Vergote et Emmanuel Dumont
    #Dijon, « ville sur la Saône ». Frontières urbaines, #réseaux_d’eau_potable et territoires de la #ressource en eau

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    Sébastien Hardy et Jérémy Robert
    Entre grand système et #alternatives d’#approvisionnement en eau à #Lima et  #La_Paz
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    Ismaël Maazaz
    Hydraulic bricolages : coexisting water supply and access regimes in #N’Djamena, #Chad
    –-

    Xavier May, Pauline Bacquaert, Jean-Michel Decroly, Léa de Guiran, Chloé Deligne, Pierre Lannoy et Valentina Marziali
    Formes, facteurs et importance de la #vulnérabilité_hydrique dans une métropole européenne. Le cas de #Bruxelles

    –-

    Angela Osorio
    La #gestion_communautaire de l’eau dans les #páramos de #Bogota (#Colombie). Le cas du réseau #Piedra_Parada y #Cerrito_blanco

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    Audrey Vincent et Philippe Fleury
    Reconquérir la #qualité de l’eau potable par le développement de l’#agriculture_biologique et de systèmes alimentaires dédiés. Le cas de la #vallée_de_la_Vanne et de la ville de #Paris

    https://journals.openedition.org/echogeo/22090
    #revue #eau #eau_potable #villes #alimentation #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST

  • A #Volvic, #Danone puise et épuise l’eau

    À Volvic, Danone assure « ne pas prendre à la nature plus que ce qu’elle est capable de nous donner ». En réalité, la multinationale augmente ses prélèvements pendant les mois les plus chauds, portant atteinte aux riverains et aux eaux de surface. En toute connaissance de cause et sous le regard bienveillant des autorités.

    Tapie derrière l’image verte de son « eau des volcans », la #Société_des_eaux_de_Volvic (#SEV) se targue d’« encourager des pratiques d’hydratation plus saines et durables dans le respect de notre écosystème ». Cette communication cache pourtant une vérité dérangeante : la SEV a augmenté le débit de ses forages en pleine période de sécheresse, en 2015, 2017 et 2018, comme le montrent des documents confidentiels que Mediapart a pu obtenir. Loin de porter le fer contre la multinationale, les services de l’État ont fermé les yeux sur ces pratiques et permis à l’entreprise de doubler ses prélèvements en vingt ans. L’entreprise consomme aujourd’hui dix fois plus d’eau que la population locale.

    En plein mois de juillet 2015, alors que la sécheresse ravage le Puy-de-Dôme, obligeant la préfecture à constituer une mission d’enquête sur l’étendue des dégâts, le minéralier français appuie sur l’accélérateur. Plus de 250 millions de litres d’eau sont extraits de la nappe en quatre semaines, soit 15 % de plus que la moyenne annuelle. De quoi continuer à remplir plusieurs millions de bouteilles par jour, exportées ensuite vers des dizaines de pays à travers le monde.

    Ce comportement, en contradiction totale avec toutes les affirmations de la multinationale, se reproduit en juillet et en août 2017. Dans un compte-rendu du comité de suivi de « l’aquifère de Volvic », qui réunit services de l’État, syndicat des eaux et représentants de la multinationale, il est question de « légère augmentation » des prélèvements pendant ces deux mois. Sans que les représentants de l’État présents n’y trouvent à redire. L’été 2017 est pourtant une période particulièrement chaude qui pousse la préfecture à prendre des mesures drastiques de réduction de la consommation d’eau pour tous les usagers du département… à l’exception notable de la SEV*.

    Interrogé sur cette pratique, Danone nie en bloc. « Dans le contexte de sécheresse, depuis 2017, nous réduisons chaque année nos prélèvements lors des mois d’été », affirme une agence spécialisée dans la communication de crise, au nom du géant de l’agroalimentaire, avançant même le chiffre invérifiable de « 500 millions de litres d’eau économisés entre 2017 et 2020 ». Une affirmation contredite par les chiffres en possession de Mediapart.

    En 2018, c’est bien en janvier, puis de juin à août, que les forages de Danone ont été les plus performants, comme le montre un document confidentiel de la Direction départementale des territoires du Puy-de-Dôme. Encore une fois, cette augmentation des prélèvements intervient pendant un été particulièrement aride, au point que la préfecture du Puy-de-Dôme reconnaît l’état de catastrophe naturelle sécheresse pour 75 communes du département. Et, encore une fois, les services de l’État en sont informés et ne réagissent pas, ces prélèvements respectant de justesse les limites autorisées par la préfecture. « Les prélèvements sont plafonnés mensuellement, dans l’arrêté d’autorisation. Chaque année le service police de l’eau s’assure du respect de l’intégralité de l’arrêté, notamment des prélèvements réalisés en été », se contente de préciser la préfecture.

    Pour Jacky Massy, de l’association environnementale Preva*, l’appétit du géant français de l’eau met directement en danger les cours d’eau qui dépendent de la nappe exploitée, dont le Gargouilloux. « Tout type de prélèvements opérés sur la nappe impacte l’aval (et les cours d’eau) », explique-t-il. Pour réduire son empreinte écologique, l’activiste aimerait que Danone se limite « au marché national » et ne produise plus que des bouteilles en verre. « Aujourd’hui, avec cinq forages, il est clair qu’ils [Danone] ajoutent aux ennuis qu’on rencontre », conclut-il.

    Massy n’est pas le seul à s’inquiéter des méthodes de la multinationale et de l’attitude de l’État. Le ruisseau du Gargouilloux passe sur le domaine d’Édouard de Féligonde, situé à quelques encablures en aval de l’usine de Volvic. En cette mi-septembre, il n’est plus qu’un mince filet d’eau et les dizaines de bassins de pisciculture du propriétaire des lieux sont quasiment tous à sec. Pour Édouard de Féligonde, qui a d’abord pris la parole dans les colonnes du Monde, c’est bien l’activité de la multinationale qui est à l’origine de la pénurie. « Le comité de suivi de l’aquifère ne suit que les intérêts de Danone », cingle-t-il à propos de l’organe réunissant, depuis 2016, des représentants publics et de Danone afin de surveiller les prélèvements en eau. S’estimant lésé, Féligonde réclame plusieurs millions d’euros à la SEV, dont huit millions d’euros pour la seule remise en état de la partie de sa pisciculture classée monument historique.

    Des accusations confirmées par un document confidentiel de la Société des eaux de Volvic datant de 2017, que Mediapart a pu consulter. Il y est écrit que « l’impact des prélèvements au captage du Gargouilloux » a pu être mis « en évidence » en 2015. Sur le plus long terme, et avec l’aval des autorités, l’embouteilleur a quasiment doublé ses prélèvements depuis 1998, passant de 1,5 million de m3 à 2,7 millions en 2018 (page 29 sur 89 du document). Soit dix fois plus que la consommation annuelle d’eau potable des quelque 4 500 habitants de Volvic (page 5 sur 6 du rapport 2018 de la commune de Volvic). Parallèlement à cette explosion des prélèvements, le débit du Gargouilloux, situé à proximité immédiate du site industriel, a été divisé par sept entre 2013 et 2019, selon les chiffres de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) d’Auvergne.

    Danone continue pourtant de relativiser : « Nos analyses mettent en évidence le fait que la modification du débit s’explique essentiellement par des facteurs naturels », fait savoir l’entreprise. Sur son site, elle se veut encore plus rassurante : « L’Auvergne subit depuis plusieurs années un phénomène de sécheresse. Cela renforce les interrogations des citoyens, que nous comprenons aisément, sur la pérennité des ressources en eau. » Afin de préserver cette « ressource essentielle », Danone explique faire toute confiance à ses « experts [qui] veillent à sa gestion raisonnée ». Concernant l’eau pompée par ses soins, Danone se contente de renvoyer aux autorisations préfectorales en vigueur, sans évoquer les variations estivales : « Les quantités prélevées sont toujours en deçà des quantités autorisées par notre arrêté préfectoral. »

    Hasard malheureux du calendrier, c’est en plein bras de fer autour de la gestion de l’eau, et alors que la préfecture a annoncé pour la première fois dans la presse envisager une « baisse » des autorisations accordées à Danone, que l’État vient de valider en catimini, par un arrêté du 26 août 2020, « l’augmentation temporaire des débits » de forage de l’entreprise. Une autorisation qui intervient en pleine période de « vigilance sécheresse » et qui reste valable six mois, renouvelable une fois. « Les eaux du forage pompées durant les phases d’essai seront réinjectées dans l’aquifère en aval », précise l’arrêté, laissant à Danone le soin de réaliser lui-même le « bilan global » de cette opération, sans en préciser les modalités.

    Le but de cette dérogation ? Permettre à la firme de mener à bien la phase test de son tout nouveau forage, supposé remplacer un autre ouvrage, datant de 1968. Une opération qui ne devrait donc pas modifier les quantités globales prélevées par la SEV au cours de l’année, mais qui pourrait bien raviver les tensions, à quelques semaines d’une réunion entre les associations environnementales et le préfet. Malgré ce couac, la préfecture assure être consciente des enjeux. « Une approche globale est nécessaire et nous examinons depuis plusieurs mois, suite notamment à la sécheresse exceptionnelle de 2019, comment l’eau est consommée pour dégager des solutions à différents niveaux, expliquent les services préfectoraux du Puy-de-Dôme. L’approche doit concerner l’ensemble des prélèvements. »

    Si Danone continue de mettre en doute le lien direct entre ses prélèvements et la baisse des nappes souterraines, la corrélation a été confirmée en 2012 par une thèse de l’Institut de sciences et technologie de Paris. Mediapart a pu consulter ce document scientifique, classé confidentiel jusqu’au 31 décembre 2022. Une confidentialité à la demande du commanditaire des travaux, la Société des eaux de Volvic. L’auteur, Simon Rouquet, est formel : « On peut donc penser que le débit pompé au niveau du forage de Clairval [appartenant à Danone – ndlr] a une incidence sur le débit de la galerie du Goulet sur une durée de quelques jours. »

    Cette « galerie du Goulet » alimente plusieurs cours d’eau ainsi qu’une source utilisés pour alimenter les communes alentour en eau potable. Des données que Jean-François Béraud, expert hydrogéologue mandaté par les avocats de Féligonde, résume ainsi : « Quand on pompe davantage en haut, il y a moins d’eau en bas. »

    Une analyse que Danone réfute, préférant voir le verre à moitié plein. « Il ressort de nos études auprès des plus grands scientifiques hydrogéologues que la cause essentielle de la réduction du débit en aval consiste en des facteurs naturels (climat principalement, couvert forestier, etc.) », avance la firme. Avant de conclure : « Nos prélèvements en amont n’ont pas d’impacts significatifs sur le débit des sources de front de coulée en aval et permettent à l’aquifère de se renouveler. »

    Depuis la parution de la thèse de Simon Rouquet, il y a près de huit années, et en dépit de la communication récurrente du minéralier français, le lien entre les prélèvements de Danone et les ressources en eau de la région est clairement prouvé. Et bien connu des services de l’État, qui ont accordé une nouvelle autorisation de pomper à Danone, valable jusqu’en 2032, seulement deux ans après la publication doctorale.

    C’est un fonctionnaire d’une agence environnementale publique qui fut, à l’époque, rapporteur de la thèse de Simon Rouquet. Ce haut fonctionnaire est, entre-temps, passé avec armes et bagages chez… #Danone_Waters.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/250920/volvic-danone-puise-et-epuise-l-eau
    #eau #eau_potable #France #multinationales #extractivisme #forages #sécheresse #Puy-de-Dôme #eau_minérale #Gargouilloux #pisciculture #pénurie_d'eau #dérogation #Clairval #galerie_du_Goulet

    Une enquête signée @wereport

    • Wasser marsch !

      In der Werbung wirkt das Land bei Volvic wie eine grüne Idylle. Uralte Vulkane prägen die Landschaft rund um die kleine Gemeinde in der zentralfranzösischen Auvergne, aus der das Volvic-Mineralwasser stammt. Der Konzern Danone lässt es hier fördern, in Flaschen füllen und verspricht dabei, stets „nur so viel Wasser zu entnehmen, wie es die Natur erlaubt“.

      Viele Bewohner der Gegend bezweifeln das. Seit Jahren beobachten Bürger und Bauern, dass die Bäche weniger Wasser führen. An nur einem Tag, so hat eine Bürgerinitiative gezählt, hätten mehr als 200 Lastwagen und einige Dutzend Güterzüge die Abfüllanlage von Danone in Volvic verlassen. Ihre Ladung: Mineralwasser in Plastikflaschen für die Supermärkte der Welt.

      https://www.wereport.fr/articles/wasser-marsch-die-zeit

      #paywall, mais...

      Notre enquête #Volvic avec @dergrenzgaenger est l’article le plus lu et le plus partagé de la journée sur @zeitonline avec près de 150 000 vues

      https://twitter.com/alexabdelilah/status/1310231866499366914

    • À Volvic, la justice s’interroge sur les prélèvements d’eau de Danone

      L’État a-t-il accordé trop de droits de pompage à Danone sur les eaux de Volvic ? Ce 25 mai, la #justice a demandé de nouvelles expertises pour déterminer la #responsabilité de l’État dans l’asséchement d’une #pisciculture à Volvic.

      La justice demande des investigations supplémentaires. À Volvic, la #multinationale Danone est accusée d’avoir asséché une des plus vieilles piscicultures d’Europe pour remplir ses bouteilles. Mercredi 25 mai, le #tribunal_administratif de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a ordonné une première expertise en géologie et hydrologie, pour déterminer si, oui ou non, il y a eu une réduction du débit des sources de l’élevage de poissons — et si cela est lié aux prélèvements de Danone. Une seconde expertise, économique celle-ci, devrait évaluer le préjudice lié à la perte d’exploitation et à la détérioration de la pisciculture.

      Petit retour en arrière. Les #eaux_souterraines de Volvic surgissent en surface à #Saint-Genès-l’Enfant, là où se situe le domaine de la famille d’#Édouard_de_Féligonde. « Les Romains nommaient cet endroit “les sources du dragon”, tant l’eau jaillissait dans un vacarme assourdissant », raconte le notable, propriétaire d’élevage de poissons. En 1927, date des premières mesures, le débit s’établissait à 470 litres par seconde. Mais depuis quelques années, la ressource s’est amoindrie, jusqu’à se tarir. À l’été 2017, les gérants de la pisciculture ont vu les bassins se vider et des centaines de poissons mourir. L’élevage a fermé en octobre 2018.

      Pour Édouard de Féligonde, le responsable est tout indiqué : « Le débit de ma source a été divisé par dix. Dans le même temps, les prélèvements de Danone n’ont fait qu’augmenter. » En 1965, la Société des eaux de Volvic puisait 15,6 litres par seconde. Depuis 2014, l’entreprise, rachetée par Danone, est autorisée par l’État à pomper 88,6 litres par seconde, soit 2,7 millions de mètres cubes par an. Le groupe agroalimentaire assure limiter ses prélèvements — 2,33 millions de mètres cubes en 2020 —, et économiser l’eau au maximum. « Nous avons investi 25 millions d’euros pour réduire notre consommation de 350 millions de litres, nous affirme le service presse du groupe. Volvic prend le sujet avec beaucoup d’attention. »

      « Après l’État, j’attaquerai Danone »

      Insuffisant, selon Édouard de Féligonde, qui a donc attaqué les #autorisations_préfectorales. Il est soutenu dans sa démarche par le collectif Eau bien commun 63 : « Danone et #Limagrain, les deux plus gros “préleveurs” privés du département, ne sont quasiment pas limités dans leurs #prélèvements en période de #sécheresse », dénonce Laurent Campos-Hugueney, porte-parole du collectif et maraîcher près de Volvic. Le préfet a en effet délivré une #autorisation_annuelle : Danone peut ainsi, en théorie, pomper autant qu’il veut en #été, tant qu’il ne dépasse pas la limite annuelle de 2,7 millions de mètres cubes. Les consommateurs s’hydratant plus en période chaude, le groupe embouteille effectivement plus en été qu’en hiver.

      Pour l’État, le coupable n’est pas Danone, mais le #changement_climatique : « Les conditions environnementales, et notamment la sécheresse, ont conduit à une baisse de la recharge de l’#aquifère sans qu’elle puisse être imputée à notre sens aux prélèvements réalisés en aval par la Société des eaux de Volvic », indiquait le préfet lors de son audition par des députés, en 2021. Autrement dit : s’il y a moins d’eau sous Volvic, c’est avant tout parce qu’il a moins plu et fait plus chaud. La température moyenne à l’année dans le Puy-de-Dôme a ainsi augmenté de 2,2 °C depuis les années 1980, diminuant la capacité de la nappe phréatique de 30 %.

      « On est dans une situation de #raréfaction de l’eau liée au changement climatique, dit Laurent Campos-Hugueney. Avant, les prélèvements massifs de Danone passaient inaperçus, maintenant, ce n’est plus le cas. » Pour le maraîcher, il est donc grand temps que la multinationale se sert la ceinture. « On défend des intérêts citoyens pour un usage de l’eau vraiment partagé, souligne-t-il. Mais cette revendication, pourtant légale, n’est pas prise en compte par l’État, il faut aller au tribunal pour espérer se faire entendre. » La mobilisation des citoyens semble avoir porté ses premiers fruits : en septembre dernier, le directeur du groupe à Volvic et le préfet du Puy-de-Dôme ont signé un « plan d’utilisation rationnelle de l’eau ». Volvic s’est engagé à prélever 10 % d’eau en moins sur l’année, avec une attention particulière en cas de sécheresse.

      Comme M. de Féligonde, le collectif #Eau_bien_commun_63 espère que la décision du tribunal de Clermont-Ferrand permettra d’ouvrir le débat sur l’avenir de l’eau sur le territoire. « Avec l’eau de Volvic, on pourrait remettre en culture 3 600 hectares de terres, qui étaient jadis couvertes de potagers et de vergers, dit M. Campos-Hugueney. Plutôt que de profiter aux #multinationales, cette eau pourrait permettre de créer des emplois paysans et de soutenir notre résilience alimentaire. »

      Le propriétaire d’élevage de poissons, Édouard de Féligonde, s’est dit déterminé à ne pas en rester là : « Mon nom provient de “felix onda”, l’eau féconde... autant vous dire que je n’accepte pas de me retrouver à marée basse, soutient-il à Reporterre. Après l’État, j’attaquerai Danone. »

      https://reporterre.net/A-Volvic-la-justice-s-interroge-sur-les-prelevements-d-eau-de-Danone

  • Dans la lignée de son rôle très actifs dans les accords de paix en Colombie, la Norvège, qui n’a pas reconnu Juan Guaidó comme président, entretient de longue date des contacts avec gouvernement et opposants du Venezuela. Des rencontres ont eu lieu mardi 14 et mercredi 15à Oslo.

    Qué tienen los noruegos para abonar una solución a la crisis en Venezuela
    http://www.el-nacional.com/noticias/politica/que-tienen-los-noruegos-para-abonar-una-solucion-crisis-venezuela_28253

    Noruega ha hecho del apoyo a la paz en el mundo una verdadera política de Estado”. Son palabras del ex presidente colombiano Juan Manuel Santos en la obra La batalla por la paz, en la que desgrana desde las vivencias personales en el arduo camino hasta la firma de los acuerdos de paz en Colombia. En esta complicada tarea participó una delegación noruega encabezada por el diplomático Dag Nylander.

    Noruega, junto con Cuba, fueron los países garantes presentes en la mesa de negociaciones. Con esa labor, Noruega se ganó el crédito de todos, incluidos cubanos y venezolanos, subraya al diario ALnavío Leiv Marsteintredet, profesor asociado de Política Comparada de la Universidad de Bergen. Este experto noruego es investigador de fenómenos políticos y especialista en estudios de resolución de conflictos, con un marcado interés por América Latina, especialmente Venezuela.

    Ahora el foco negociador vuelve de nuevo a Noruega. Esta vez por la crisis venezolana. Según adelantó el diario ALnavío -y se hacen eco medios noruegos y españoles- el martes y el miércoles delegados de la oposición y del régimen de Nicolás Maduro mantuvieron dos encuentros en Oslo. Ya están de regreso a Caracas. En ambos encuentros estuvo presente un grupo de intermediarios, un equipo noruego. Marsteintredet subraya que parte de ese equipo es el mismo que participó en la mesa de negociación de los acuerdos de paz en Colombia, incluido Nylander.

    Noruega lleva ya probablemente un año o más hablando con las dos partes, con gobierno y oposición de Venezuela. Por lo menos por separado. Lo confirmó la ministra de Exteriores noruega, Ine Eriksen Søreide”, recalca este experto.

    El rumor de que Noruega podría tener un papel en la mediación entre ambas partes despertó cuando Yván Gil, viceministro para Europa de Nicolás Maduro, visitó Oslo a mediados de febrero. Gil se reunió con el diplomático noruego Nylander, el mismo de las negociaciones de paz en Colombia años atrás.

    Intercambiamos opiniones sobre la situación de Venezuela, pero en el marco de la posición oficial de Noruega”, dijo Gil a Aftenposten.

     Hasta ahora Noruega no ha reconocido a Juan Guaidó como presidente encargado de Venezuela.

    ¿Por qué los noruegos están mediando en la crisis venezolana? “Es natural ver esto como una continuación del buen contacto que Noruega obtuvo en la negociación de los acuerdos de paz en Colombia tanto con los cubanos como con el gobierno de Venezuela, primero de Hugo Chávez y ahora de Nicolás Maduro, ya que Venezuela también formó parte de las conversaciones para el tratado de paz en Colombia”, explica Marsteintredet.

    Este experto subraya que Noruega ha mantenido una presencia en Colombia para seguir la implementación del acuerdo de paz, que “se ha ganado el respeto del gobierno de Venezuela” y que “ha aprovechado esos contactos para seguir trabajando”, esta vez por la resolución del conflicto venezolano.

    • Le point de vue du «  boss  » : négocier, c’est bien, faut essayer, mais faut pas que ça serve à gagner du temps ; négocier, c’est pour virer Maduro.
      Intéressante base de «  négociations  ». Un peu comme pour Bachar,…

      Rubio : Guaidó y su equipo no caerán en negociaciones falsas
      http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/rubio-guaido-equipo-caeran-negociaciones-falsas_282689

      Marco Rubio, senador estadounidense por el estado de Florida, dijo este viernes que el presidente interino Juan Guaidó merece crédito por «explorar nuevas posibilidades para encontrar una transición pacífica a la democracia en Venezuela». 

      Señaló que tanto Estados Unidos como el Grupo de Lima son conscientes de que Nicolás Maduro utilizó las oportunidades de diálogo pasadas para ganar tiempo. «El presidente Guaidó y su equipo no van a caer en una negociación falsa», aseguró en Twitter. 

      El martes Noruega recibió a representantes de Nicolás Maduro y de la oposición para explorar eventuales conversaciones a fin de buscar solución a la crisis política. Por parte del oficialismo participaron Jorge Rodríguez y Héctor Rodríguez y por la oposición asistieron Gerardo Blyde, Fernando Martínez y Stalin González, segundo vicepresidente del Parlamento.

      Guaidó informó el jueves en rueda de prensa que se trataba de «un esfuerzo de Noruega por una mediación, que tiene meses. Esta fue la segunda invitación a Oslo (...) Es la intención de un país, así como la tienen el Grupo de Contacto, el Grupo de Lima, Canadá y otras naciones, de mediar en la crisis. Es una iniciativa más de un país que quiere colaborar».

      @marcorubio - Twitter
      17:36 - 17 may. 2019
      https://twitter.com/marcorubio/status/1129410338603044865

      .@jguaido deserves credit for exploring new every possibility at finding a peaceful transition to democracy in #Venezuela#LimaGroup & #EU well aware #Maduro used past negotiations to buy time & President Guaido & his team aren’t going to fall for a fake negotiation

  • Reimagining Lima

    How drones, community mapping and #3D printers were used to influence local and national policy for the urban poor in Lima, Peru.


    https://bartlett100.com/article/reimagining-lima

    #cartographie #Lima #Perou #cartographie_communautaire #cartographie_participative #drones

    Je constate que les drones utilisés pour ce projet :


    sont les mêmes utilisés (à moins que je me trompe) pour cet autre projet de carto participative en #Malaisie avec les #Penan :

    ping @reka @fil
    https://seenthis.net/messages/748077

  • Los usos de la #ciudad por parte de los recién llegados, a menudo #pobres y #rurales, enfrentan a las élites con experiencias de #copresencia que previamente habían rechazado. El ejemplo de #Lima (Peru) / Les usages contemporains de la ville par de nouveaux arrivants ruraux et pauvres confrontent les élites à des expériences de coprésence dans l’espace public…

    https://sms.hypotheses.org/12172

    #espacio_publico, #pobre, #Lima, #Peru, #ciudad, #usos, #rurales, #desigualdad, #socializacion, #San borja

  • SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer », entretien avec Sophie Béroud, propos recueillis par Jérémie Lamothe, LE MONDE | 03.03.2018
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/03/03/sncf-il-est-plus-complique-aujourd-hui-qu-en-1995-de-construire-une-mobilisa

    La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.

    Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

    Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?

    Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.

    Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?

    Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

    Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une mobilisation de plusieurs secteurs est possible si les fonctionnaires participent au mouvement, mais aussi les étudiants après l’introduction de la sélection à l’université ou les agents hospitaliers. La difficulté pour les syndicats est de favoriser ces convergences, d’éviter des mobilisations trop segmentées.

    La loi de 2007 sur le service minimum dans les transports publics va aussi gêner les syndicats puisque les grévistes sont désormais obligés de se déclarer quarante-huit heures avant. Un service minimum doit être maintenu donc les grèves marquent moins qu’avant. Il est donc plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer.

    Qu’est-ce qui avait été l’élément déclencheur des importantes manifestations en 1995 ?

    C’est toujours très difficile à dire. Le caractère massif des premières manifestations ainsi que les taux importants de grévistes avaient alors contribué, dès octobre 1995, à ce que le mouvement prenne de l’ampleur. Il faut se rappeler qu’un mouvement était également en cours dans les universités. La direction de la CGT a ensuite eu l’intelligence de se positionner à la pointe de la mobilisation, de la structurer à la base, par le biais d’assemblées générales. De nouvelles forces syndicales irriguaient également le mouvement, SUD-PTT, la FSU. L’importante mobilisation en 1995 peut aussi s’expliquer par quelques déclarations provocantes d’Alain Juppé. Son disciple, Edouard Philippe, fait tout pour ne pas irriter les cheminots.

    Enfin, le mouvement de 1995 a pris assez vite une ampleur qui allait au-delà de la contestation du « plan Juppé », pour ouvrir une première brèche par rapport à la doxa néolibérale. Il y avait là une rupture par rapport aux années 1980, un espace intellectuel et politique qui s’ouvrait de nouveau pour porter une série de critiques. On a un peu retrouvé cela en 2016 lorsque Nuit debout est venu apporter un supplément de sens, de critique sur le fonctionnement de la démocratie existante, dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. Cet enjeu d’élargissement du mouvement, de production de soutiens, mais aussi de capacité à faire entendre un discours disant le sens profond du mouvement est crucial.

    Les syndicats étaient-ils plus puissants en 1995 qu’aujourd’hui ?

    Non, on ne peut pas dire ça. En 1995, la CGT sortait d’une profonde crise, liée à la perte massive d’adhérents (elle en comptait seulement 650 000), aux effets des restructurations. Elle commençait à se détacher du Parti communiste, à affirmer son autonomie et à redéfinir son projet, avec en particulier la réforme de ses statuts en décembre 1995, en plein mouvement. La CFDT était plutôt dans une phase ascendante avec une hausse de ses adhérents, mais une direction très marquée dans la recherche de compromis avec le patronat avec l’équipe de Nicole Notat.

    Les syndicats n’étaient pas forcément plus puissants que maintenant mais ils faisaient peut-être davantage peur aux gouvernements qu’ils ne le font aujourd’hui. L’une des différences provient aussi de la capacité de mobilisation des syndicats, celle-ci a été fortement affaiblie depuis 1995 avec les processus d’externalisation d’une large partie des emplois ouvriers vers des PME/PMI et de fragmentation des collectifs de travail.

    Depuis 1995, les syndicats ont enchaîné beaucoup de défaites face aux différents gouvernements…

    Oui, le refus des gouvernements Fillon et Valls – en 2010 contre la réforme des retraites et en 2016 contre la loi travail – de céder malgré l’ampleur des mobilisations sociales doit interroger sur les logiques du pouvoir exécutif, sur la nouvelle nature des contraintes qui pèsent sur lui. A commencer par les réformes néolibérales souhaitées au niveau européen. Le pouvoir politique est aujourd’hui subordonné à d’autres puissances que syndicales, à commencer par les institutions financières.

    Le gouvernement Philippe entend porter très loin l’offensive contre le monde du travail, contre les syndicats, et achever par là des réformes néo-libérales que le mouvement de 1995 avait justement contribué à enrayer. Cette réforme de la SNCF et du statut des cheminots peut être interprétée comme cela, avec la volonté d’affaiblir très fortement ce qui reste de puissance syndicale en France. Il s’agit d’un secteur stratégique pour les syndicats comme l’étaient les mineurs sous Margaret Thatcher en Grande-Bretagne au début des années 1980.

    Ce qui s’engage et qui est impossible à pronostiquer sera très certainement décisif : la capacité de faire reculer le gouvernement avec une mobilisation syndicale d’ampleur ou bien un coup très dur porté à un syndicalisme combatif, qui refuse d’être réduit à un rôle d’accompagnement de réformes libérales.

    Bien qu’il ait duré près d’un mois, le mouvement social de 1995 avait gardé une popularité auprès de la population. Est-ce encore possible aujourd’hui ?

    En 1995, les sondages montraient que le mouvement de contestation était resté populaire sur toute la durée de la mobilisation, malgré la paralysie des transports. La figure du cheminot était aussi très appréciée.

    Cette situation s’est retrouvée par la suite, d’autres mouvements ont été populaires, comme les manifestations contre la loi travail de 2016 par exemple. Aujourd’hui, les syndicats savent qu’ils doivent faire attention à ne pas se laisser piéger par le gouvernement, qu’il leur faut déconstruire un discours sur les supposés « privilèges » des salariés à statut, entretenir des liens avec les usagers. D’où les batailles discursives pour dire le sens du mouvement, sur la défense du service public ferroviaire, sur les garanties que celui-ci représente pour la population.

    Sur cette réforme de la SNCF, le gouvernement a choisi de procéder par ordonnances pour aller plus vite. Est-ce que cela peut empêcher les syndicats de s’organiser ?

    Cela peut avoir un double effet : être perçu comme un déni de démocratie sociale, ce qui peut nourrir la mobilisation, et inscrire par exemple la CFDT du côté des opposants ; et cela peut se révéler au final être contre-productif pour le gouvernement.

    Par rapport à cela, et sans doute pour consolider une démarche intersyndicale qui rassemble les principales fédérations de la SNCF, les syndicats ont eu l’habileté d’attendre avant de lancer un mouvement social, de laisser une marge au gouvernement pour revoir sa copie, se dire ouverts au dialogue. Il me semble que c’est une façon d’éviter l’un des pièges tendus par le gouvernement. Un autre piège est de diviser entre les agents SNCF statutaires qui verraient leurs droits préservés et les « nouveaux entrants », hors statut. Les syndicats le savent, il est difficile de mobiliser pour défendre les droits des autres. Le gouvernement va très certainement jouer sur ça.

    Matignon et les fantômes de 1995

    Dans sa chronique, Jean-Baptiste de Montvalon, journaliste au service politique, estime qu’Edouard Philippe a retenu les leçons d’un passé dont son mentor, Alain Juppé, fit les frais.

    Un cheminot, un brin étourdi, aurait pu se surprendre à applaudir à tout rompre cet homme si bienveillant, si attentif au sort des Français en général et de sa situation en particulier. « Les cheminots, ils font un boulot qui est souvent très difficile. Quand vous vous occupez du ballast par le froid comme aujourd’hui, je n’ai aucun doute sur le fait que c’est un métier extrêmement difficile », expliquait Edouard Philippe, lundi 26 février, sur France 2. Dénigrer les cheminots ? « Je ne le ferai jamais », assurait le premier ministre en réponse à Anne-Sophie Lapix.

    Au demeurant, le chef du gouvernement n’avait aucunement l’intention, ce soir-là, de dénigrer qui que ce soit. Le boxeur amateur avait rangé ses gants : « Je ne me situe absolument pas dans une logique de conflictualité, de guerre, de bras de fer. » Il ne voulait manifestement aucun mal aux cheminots, dont il – ou bien s’était-il agi d’un sosie ? – avait annoncé quelques heures plus tôt la suppression du statut pour les nouveaux arrivants.
    Tout ce qu’il veut, M. Philippe, c’est beaucoup de bien aux « Français qui savent » tant de choses, et en particulier « que la qualité de service [de la SNCF] décroît année après année alors que nous mettons de plus en plus d’argent chaque année ». Le premier ministre est résolument favorable à ce que « les Français qui utilisent le train puissent avoir accès à un service public de qualité ». Les cheminots, se disait-on en l’écoutant, doivent peu ou prou poursuivre ce même objectif.
    « Juppéthon »
    Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Celui de l’exécutif, en tout cas, tel qu’il est apparu sous le visage avenant de cet homme calme, pondéré, disert et (en même temps) à l’écoute, aux mots tout en rondeurs démentant le mètre quatre-vingt-quatorze de son corps longiligne.
    Edouard Philippe a manifestement retenu les leçons d’un passé dont son mentor, Alain Juppé, fit jadis les frais. C’était à l’automne 1995. Le « meilleur d’entre nous » – dixit Jacques Chirac, qui l’avait nommé à Matignon quelques mois plus tôt – ne doutait pas vraiment de ses qualités ; les plus brillantes d’entre elles n’étant ni la compassion ni la chaleur humaine. C’est « droit dans ses bottes » qu’il présente à l’Assemblée nationale, en novembre, son plan de réforme de la Sécurité sociale, qui prévoit notamment l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général des retraites. L’écrasante majorité de droite élue en 1993 lui réserve une standing ovation.
    Lire aussi : SNCF : l’opposition reproche à l’exécutif de « contourner le Parlement » avec les ordonnances

    Sûr de son fait, rigide, cassant, le maire de Bordeaux croit pouvoir pousser son avantage. Bravache, il laisse entendre que seules des manifestations monstres seraient susceptibles de la faire céder. Les « Guignols de l’info » instaurent aussitôt un « Juppéthon », motivation supplémentaire pour être chaque jour plus nombreux à battre le pavé. Les cheminots sont le fer de lance du mouvement, qui s’étend en novembre aux étudiants. La grève des transports paralyse le pays. Covoiturage, (longues) marches à pied alors que le froid s’installe, chacun s’organise ; des salariés dorment sur leur lieu de travail. Le mouvement est et reste populaire. Dans le privé, on savoure presque cette grève « par procuration » menée par les fonctionnaires. Le mot d’ordre – « Tous ensemble ! » – est de ceux que l’héritier d’Alain Juppé veut éviter d’entendre à tout prix.

    Depuis Reagan s’attaquant à une aristocratie des transports, les contrôleurs aériens, les luttes de traminots et autres salariés de transports ont souvent fait face à la même difficulté : un nouveau régime salarial qui ne s’applique qu’aux entrants dans la profession.
    #B_scale

    • Mouvements sociaux : 2018 n’est pas 1995, Stéphane Rozès (consultant, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives)), LE MONDE | 04.03.2018

      Lors de la précédente grande grève de la SNCF, Stéphane Rozès avait inventé une formule qui a fait florès : « la grève par procuration ». Pour ce spécialiste des études d’opinion, l’histoire ne se répétera pas.

      Tribune. La plupart des analystes, responsables politiques et syndicaux s’interrogent pour savoir si, de la réforme de la SNCF et la modification du statut des cheminots par voie d’ordonnances, pourrait surgir une grève suffisamment dure et soutenue comme en 1995, à même de faire reculer le pouvoir politique.

      Comme il n’y a, apparemment, rien de plus imprévisible qu’une crise sociale, il faut pour répondre à cette interrogation, non pas tant comparer les réformes de 1995 et de 2018, décrypter la théâtralité et le jeu des partenaires sociaux ou les réactions immédiates de l’opinion publique que de revenir aux fondamentaux de ce qui a fait « événement » dans le mouvement social d’ampleur il y a vingt-trois ans pour les comparer avec le moment actuel.

      Alors l’Histoire nous ramène à ce qui fait la spécificité de notre imaginaire, notre façon de nous approprier le réel : une dispute commune dans laquelle la question nationale précède la question sociale.
      En 1995, la « grève par procuration » de l’opinion en soutien du mouvement social avait un fondement idéologique et politique.

      Si notre mémoire a retenu le mouvement social de novembre-décembre 1995, ce n’est pas seulement parce que le pays fut bloqué plusieurs semaines avec le soutien de l’opinion publique mais parce qu’il s’insérait dans un tournant idéologique de notre histoire politique.
      Pour qu’un mouvement social fasse reculer le pouvoir politique, il faut la conjonction d’une capacité de nuisance de la grève et un soutien de l’opinion. En 1995, en réaction au plan Juppé sur la réforme de la Sécurité sociale qui concernait également les régimes spéciaux, les cheminots et les agents des services publics ont bloqué le pays, entraînant d’autres secteurs dans une grève nationale.

      Basculement idéologique des Français

      Les Français adhéraient majoritairement aux mesures du plan du premier ministre prises une à une. Pourtant, dès le départ, les deux tiers des Français soutenaient ou avaient de la sympathie pour le mouvement social, nonobstant ses dommages pour leurs vies quotidiennes et pour le pays. Les cheminots et leur leader, Bernard Thibault, futur dirigeant de la confédération CGT, étaient redevenus populaires après des années où ils étaient pourtant dépeints comme corporatistes, privilégiés, égoïstes…

      C’est que l’opinion a fait, selon l’expression que j’avais utilisée, « grève par procuration », en s’adossant à des mouvements en capacité de peser sur Jacques Chirac, de sorte qu’au travers du retrait de la réforme Juppé, le président de la République revienne à son contrat noué avec le pays lors de la présidentielle de 1995 qui se résumait à la lutte contre « la fracture sociale ».
      Six mois après, le président venait de se détourner de cette lutte contre « la fracture sociale », sans autre forme de procès, au nom de la mise en place de l’euro, semblant ainsi privilégier les contraintes européennes plutôt que son engagement envers la nation.
      Cette volte-face était d’autant plus lourde de conséquences qu’elle s’inscrivait dans le basculement, idéologique des Français, notamment des classes moyennes, au début des années 1990, vers un anti-néolibéralisme.

      Le libre déploiement des marchés, après la chute du mur de Berlin et la défaite du totalitarisme soviétique, semblait remettre en cause les compromis sociopolitiques au sein des Etats-nations. Bruxelles apparaissait comme l’instrument de cette perte de maîtrise de destin collectif et individuel. La souveraineté et la démocratie apparaissaient fragilisées.
      Le basculement du système économique vers le capitalisme financier, les délocalisations, les licenciements dits boursiers, les dérégulations économiques et sociales rendaient l’avenir contingent. Dès 1994, les sondages mesuraient que 55 % des Français « avaient peur de devenir » eux-mêmes des « exclus, chômeurs de longue durée ou SDF » faisant apparaître l’idée que « demain sera pire pour moi et mes enfants ».

      « Restaurer la souveraineté de la nation »
      En réaction, les classes moyennes et la petite bourgeoisie intellectuelle faisaient front idéologique commun avec les catégories populaires. Elles se retrouvaient en se mettant à l’abri derrière des notions devenues surannées avec les « trente glorieuses » : la nation, la République, la citoyenneté, les services publics… La pétition dite Bourdieu, en soutien au mouvement social et aux cheminots, en sera l’expression.
      Au total, en 1995, c’est parce que, avant même le plan Juppé, les collectifs de travail et les individus s’étaient mis sous la protection de l’idée nationale pour conserver les rapports sociaux et la démocratie que s’est mise en place « la grève par procuration » de l’opinion en faveur des cheminots, pour faire reculer un président.

      Le président éludera cette question centrale lors de la dissolution de 1997, en laissant Alain Juppé en première ligne pour s’expliquer. La voie à une alternance politique de la droite vers la gauche était alors possible car prévalait encore ce clivage structuré par la question sociale. Dans notre dispute commune, prévalait encore la dispute.

      En 2018, la symbolique politique incarnée par un « président Bonaparte » préempte la question sociale et détourne les Français des cheminots.
      2018 n’est pas 1995. Les conditions politiques ne sont pas réunies aujourd’hui pour que se constitue un front social large et durable à partir de la réforme de la SNCF, qui cristalliserait les inquiétudes et mécontentements sociaux et susciterait un phénomène de « grève par procuration ».

      Cela ne tient pas essentiellement au caractère moins large de la réforme, à la gestion prudente de la question du « statut des cheminots » ou au déminage de la question des petites lignes obérant un front commun entre les cheminots et la France rurale, le Sénat et les syndicats.
      Cela ne se résume pas non plus à l’affaiblissement du lien social au sein des collectifs de travail, ou à l’effacement de la figure du cheminot au service de la nation ; d’autant que les Français sont toujours attachés et exigeants à l’égard de la SNCF et des services publics…
      Cela ne se réduit pas davantage à un repli individualiste, à l’exacerbation d’un « moi », résultant de l’impossibilité collective à se déployer dans l’espace et le temps ; d’autant que le pays n’a guère varié idéologiquement depuis 1995 dans son rapport au monde.
      Non, c’est le contexte politique et la figure singulière d’Emmanuel Macron qui change radicalement la donne.
      Une fois élu, contrairement à ses trois prédécesseurs, le président Macron a reconnu et assumé devant le Congrès les raisons intimes de son élection :
      « Le premier mandat que m’ont confié les Français est de restaurer la souveraineté de la nation. »

      « Un moyen et non une fin »
      Pour l’heure, il semble mettre le pays « en marche », non en résistant, ou en se soumettant à des contraintes extérieures pesant sur la nation, mais à partir de ce qu’elle est, en la projetant dans l’espace et le temps.
      Son incarnation de Bonaparte semble tenir ensemble les « moi » dispersés de la « start-up nation », et des catégories populaires. Ces dernières sont alors prêtes à consentir à des coups de canifs dans les rapports sociaux, pourvu qu’ils permettent au modèle d’évoluer, sans le remettre en cause dans ses fondamentaux et que la nation redevienne ainsi maîtresse de son destin.

      Dans notre dispute commune, le commun politique à reconquérir l’emporte désormais sur la dispute sociale car il en est la condition. En 1995, le commun est porté par le bas, en interpellation du président Chirac. En 2018, il est pour l’heure incarné par le président Macron.

      Ainsi s’expliquent ses marges de manœuvre politiques pour transformer le pays et la relativisation du conflit gauche/droite structuré par la question sociale… d’où la non-cristallisation de mouvements sociaux et de l’opinion contre le pouvoir. Le cheminot est momentanément remisé comme figure sociale.
      Napoléon prévenait : « Je ne tiens mon pouvoir que de l’imagination des Français, quand j’en serai privé, je ne serai plus rien. » La place du président dépend dans l’imagination des Français de la remise en marche de la nation dans une Europe encore procédurale et économiciste. Les réformes, chez nous, sont un moyen et non une fin.

      #limaginationaupouvoir #réforme

  • 4 expériences de retour à la nature (4/4) : Longo Maï, l’utopie dure longtemps

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/longo-mai-lutopie-dure-longtemps

    Dans le sillage de 1968, de jeunes militants allemands, suisses et autrichiens accompagnés de quelques Français désertent la ville pour créer un « bastion de résistance ». Ils s’installent en 1973 sur la commune de Limans, à côté de Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provence où ils fondent une coopérative agricole autogérée qui connaît bientôt un immense afflux et essaime en France et en Europe : maraîchage, apiculture, élevage de moutons ou bûcheronnage accompagnent désormais les actions politiques et les campagnes de soutien que le collectif continue de mener. Ni règles écrites, ni salariat, ni propriété privée. Une radio libre, à laquelle participent largement des habitants de la région. Depuis quatre décennies, l’accueil de réfugiés.

    Longo Maï, c’est quelque chose de profondément international. Le groupe d’origine, en 1973, avait déjà plusieurs nationalités.

    Longo Maï signifie en Provençal que ça dure longtemps. Certains partent, d’autres arrivent : l’utopie dure longtemps. Elle évolue, et trois générations se côtoient désormais dans la ferme de Limans où vivent, travaillent et militent cent personnes de plusieurs nationalités.

    #communauté #longo_mai

  • Pérou : le mur de la honte

    Environ deux tiers de la population vit à #Pamplona_Alta, à la périphérie de la capitale péruvienne.

    Ici, ni gaz, ni électricité, ni eau courante, mais des cabanes en bois et en tôle accrochées à flanc de montagne. De ce côté du mur, une maison coûte moins de trois cents dollars. De l’autre côté, à #Las_Casuarinas et la #Molina, des rues goudronnées ourlées d’espaces verts accueillent des villas cossues avec jardins et piscine.

    C’est pour se protéger des naufragés du système, considérés comme des délinquants par la haute société péruvienne, que les habitants de Las Casuarinas ont, avec l’appui des autorités, bâti ce mur. Une séparation qui contribue à créer une ségrégation sociale, territoriale mais aussi raciale, agrandissant un peu plus le fossé qui sépare ceux qui ont tout de ceux qui n’ont rien.

    https://info.arte.tv/fr/le-mur-de-lima
    #Lima #murs #barrières #frontières #urban_matter #Pérou #inégalités #ségrégation #pueblo_jueven #exode_rural #bidonville #urban_matter #urbanisme #sécurité #gated_communities #discriminations #propriété_privée #géographie_urbaine #ressources_pédagogiques #murs_intra-urbains

  • #paris 2024 : les millions s’envolent déjà
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260917/paris-2024-les-millions-senvolent-deja

    Tony Estanguet, #Anne_Hidalgo et Guy Drut à #Lima le 13 septembre. © Reuters À Lima, le grand oral de Paris 2024 pour l’accueil des #jeux_olympiques était présenté sans enjeu. Mais le séjour aura au moins laissé une jolie facture : 1,5 million d’euros. Hôtel cinq étoiles, meilleur restaurant du pays, avion spécial, etc. : l’imposante délégation française présente au Pérou ne s’est privée de rien, au moment même où le GIP s’apprête à verser de copieuses primes et indemnités de licenciement à ses cadres.

    #France #Bernard_Lapasset #JO_Paris_2024 #Tony_Estanguet #Valérie_Pécresse

  • #Atlas problématique d’une métropole vulnérable, #Lima

    Lima, capitale du #Pérou, forme avec El Callao une immense agglomération de 10 millions d’habitants qui pose au quotidien d’immenses défis de gestion et de gouvernance urbaines. Confrontée à la perspective d’un séisme majeur, la nécessité de comprendre ce qui fait la vulnérabilité de cette métropole va bien au-delà de son exposition au risque sismique et de tsunami. Comme dans la plupart des métropoles d’Amérique latine, les inégalités sociales et spatiales sont inscrites dans le paysage urbain de Lima, qui présente des contrastes impressionnants entre barrios populaires auto-construits et les lotissements de classes aisées, secteurs historiques délabrés et quartier d’affaires resplendissant, Mall luxueux et commerce informel. Les inégalités sociales et territoriales se sont construites historiquement, socialement et politiquement par les modalités même de production des quartiers, la distribution spatiale des services et équipements urbains, et les conditions d’accessibilité qui tout à la fois expriment et produisent des inégalités d’accès à la ville et une vulnérabilité « ordinaire » du territoire et de sa population. Elle est amplifiée par la complexité politico-institutionnelle de cette immense agglomération composée de 49 districts, dont les capacités techniques et budgétaires sont très inégales. Ce territoire urbain fragmenté politiquement et socialement est traversé de conflits, d’avancées démocratiques et de libéralisation économique, la gouvernance de la ville se jouant entre domination, participation et résistance autour de projets publics ou privés. Les paysages urbains et la structuration de l’espace se fabriquent entre faiblesse des pouvoirs publics, montée en puissance de la population comme acteur du politique et du territoire et dynamiques économiques et spatiales de l’informalité et du secteur privé. Cet atlas propose une lecture de Lima et Callao en trois chapitres, et tente la démonstration que la connaissance de la ville, de sa production et de son fonctionnement est une exigence pour comprendre sa vulnérabilité, faisant ainsi le lien entre études de risques et études urbaines.


    http://confins.revues.org/10988
    #urban_matter #livre
    via @ville_en

  • Expansion de l’agglomération de Lima et différenciation de l’espace résidentiel : analyse exploratoire d’un corpus de données diversifié

    Lima présente des formes de différenciation socio-spatiale en grande partie conformes au modèle des métropoles andines avec, d’une part une opposition entre un ensemble de quartiers centraux occupés par les classes moyennes ou aisées et des quartiers périphériques plus récents et beaucoup plus populaires, d’autre part l’expansion de quartiers de standing dans une direction privilégiée, en l’occurrence à l’est des quartiers centraux. Ce modèle est encore très prégnant mais semble être modifié depuis la fin du siècle dernier par des phénomènes de diversification interne d’ensembles naguère plus homogènes. Notre objectif est de proposer une démarche exploratoire pour comprendre l’organisation spatiale actuelle de la différenciation sociale à Lima. Sur la base des données du dernier recensement national de la population en 2007 et d’un ensemble de photographies aériennes et d’images satellite prises au cours de la deuxième moitié du 20e siècle, nous élaborons, à l’échelon de l’îlot, des indicateurs cartographiques et statistiques des strates successives de l’expansion de Lima et de son actuelle structure socio-spatiale. Il en ressort, dans un premier temps, que l’agglomération s’organise selon une échelle d’intégration sociale et urbaine qui s’inscrit spatialement sur un gradient, depuis le centre vers les périphéries, en lien avec la période d’apparition des ensembles d’îlots. Puis, dans un second temps, une série d’analyses statistiques multidimensionnelles réintroduisant visuellement l’îlot permettent de nuancer cette conclusion par l’étude de la variabilité interne aux strates d’expansion. Il est ainsi possible de saisir les dynamiques territoriales en cours et de poser l’hypothèse d’une réorganisation de la structure opposant le centre aux périphéries.


    https://cybergeo.revues.org/27102
    #Lima #urban_matter #Pérou #cartographie #visualisation

  • Expansion de l’agglomération de #Lima et différenciation de l’espace

    Lima présente des formes de différenciation socio-spatiale en grande partie conformes au modèle des métropoles andines avec, d’une part une opposition entre un ensemble de quartiers centraux occupés par les classes moyennes ou aisées et des quartiers périphériques plus récents et beaucoup plus populaires, d’autre part l’expansion de quartiers de standing dans une direction privilégiée, en l’occurrence à l’est des quartiers centraux. Ce modèle est encore très prégnant mais semble être modifié depuis la fin du siècle dernier par des phénomènes de diversification interne d’ensembles naguère plus homogènes. Notre objectif est de proposer une démarche exploratoire pour comprendre l’organisation spatiale actuelle de la différenciation sociale à Lima. Sur la base des données du dernier recensement national de la population en 2007 et d’un ensemble de photographies aériennes et d’images satellite prises au cours de la deuxième moitié du 20e siècle, nous élaborons, à l’échelon de l’îlot, des indicateurs cartographiques et statistiques des strates successives de l’expansion de Lima et de son actuelle structure socio-spatiale. Il en ressort, dans un premier temps, que l’agglomération s’organise selon une échelle d’intégration sociale et urbaine qui s’inscrit spatialement sur un gradient, depuis le centre vers les périphéries, en lien avec la période d’apparition des ensembles d’îlots. Puis, dans un second temps, une série d’analyses statistiques multidimensionnelles réintroduisant visuellement l’îlot permettent de nuancer cette conclusion par l’étude de la variabilité interne aux strates d’expansion. Il est ainsi possible de saisir les dynamiques territoriales en cours et de poser l’hypothèse d’une réorganisation de la structure opposant le #centre aux #périphéries.


    https://cybergeo.revues.org/27102
    #Pérou #urban_matters #cartographie #visualisation #urbanisme #expansion_urbaine #géographie_urbaine

  • Climat : les 10 mesures urgentes et concrètes que François Hollande n’a pas prises

    Lors de la conférence environnementale, François Hollande a indiqué qu’il espérait « laisser sa trace » dans l’histoire en obtenant un « accord historique » en 2015. Peut-être ferait-il bien de commencer par ces dix mesures urgentes. Pour passer aux actes et ne plus se payer de mots.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/011214/climat-les-10-mesures-urgentes-et-concretes-que-francois-hollande-na

    #Chambarans
    #charbon
    #Climat
    #Conférence_environnementale
    #EDF
    #énergies_fossiles
    #énergies_renouvelables
    #financements
    #François_Hollande
    #gaz_de_schiste
    #gdf
    #grands_projets_inutiles
    #Lima
    #Manuel_Valls
    #NDDL
    #négociations
    #ONU
    #Sivens
    #TTF
    #Varsovie

  • « Changeons le système, pas le climat », les propositions de la société civile

    http://blogs.mediapart.fr/blog/attac-france/101114/changeons-le-systeme-pas-le-climat-les-propositions-de-la-societe-ci

    Ce jeudi 6 novembre, les organisations citoyennes internationales ont présenté leurs exigences et leurs propositions concrètes en matière de lutte contre les dérèglements climatiques à une quarantaine de gouvernements réunis à l’occasion de la PreCOP sociale organisée au Venezuela. Nous y étions. Compte-rendu

    #agroécologie
    #budget_carbone
    #Climat
    #Cop21
    #dialogue
    #énergies_fossiles
    #Etats-unis
    #fausses_solutions
    #france
    #GIEC
    #girardin
    #Lima
    #négociations
    #ONU
    #Paris
    #Paris2015
    #PreCOP
    #REDD
    #SocialPreCOP
    #Souveraineté_alimentaire
    #Transition
    #Union_européenne
    #Varsovie
    #venezuela

    @rezo

    • Salade et autres plantes chlorophylliennes se portent très bien et seules les feuilles abîmées et nécrosées traînant sur le sol sont grignotées. Elle préfère grimper sur les bâtons, les écorces de bois recouvert de lichens, déguster les fibres des jus frais du matin, grignoter l’herbe germée des céréales sauvages de la butte (fromental, houlque, brome, avoine), broyer les copeaux de bois, grignoter les restes des champignons que je lui ramène de la forêt en espérant qu’elle ramène sous terre les spores des champignons de la cueillette de la veille ^^. Le mycocompost est à la fois pour rassasier les gastéropodes de la butte, nourrir les micro organismes et surtout aider le mycélium à développer un réseau fongique et à mycorhizer les légumes et les arbustes.
      mycocompost
      Toutes les limaces sont mycophages et détritivores avant atout. Elles s’intéressent aux plantes chlorophylliennes lorsqu’elles sont faibles, stressées, fanées ou malades, ou aux jeunes pousses. Les composées volatils que les plantes émettent en situation de stress excitent les papilles de nos éboueuses. Quant aux jeunes plants, le grignotage stimule leur croissance et la ramification ; vous n’avez pas besoin de pincer vos plantes pour qu’elles se ramifient, c’est le rôle des herbivores, des chevreuils et des limaces.

      Si votre jardin est envahi de limaces en surface, et que tous vos légumes feuilles ou racines sont dévorés, cela témoigne de :
      un manque de matière en décomposition à grignoter, ce qui est souvent le cas des jardins trop bien rangés et désherbés. Les limaces se rabattent donc sur vos plantes vertes.
      A titre d’expérience au verger à très forte humidité, j’ai fait une butte de paille avec la litière des poules, mis les grains de blé et de pois. Tous les ans, il n’y a aucun espoir de voir se développer les graines au delà du stade de plantule sur une butte de terre classique. Cette année, j’ai laissé les prunes tombées sur la butte et utilisé la paille remplie de fientes de poule comme substrat pour faire la butte. Et miracle, la butte est remplie de pois et d’herbes de blé, toutes les prunes fermentées sont grignotées par les limaces, qui descendent ensuite sous la paille pour décomposer les fientes de mes poules. Et le cycle est partie pour durer !
      _un manque de matière organique en décomposition dans le sol. Là aussi, souvent provoqué par un jardinier trop maniaque qui arrache toutes les herbes avec les racines dont se nourrissent normalement les limaces.
      un excès de matière en décomposition en surface ou d’humidité, qui les attirent et les excitent au point de noyer leur odorat entre plantes en fermentation et plantes vertes en pleine santé.
      votre végétation est stressée, malades ou infectée. coupes, tailles et tontes excessives.
      une humidité excessive du substrat, comme dans les serres.
      une faible richesse fongique de votre sol.
      il s’agit bien souvent aussi d’un manque de faune sauvage pour les réguler comme les oiseaux, les petits mammifères et les amphibiens... comme dans les serres dont toutes les musaraignes et campagnols sont chassés.

      Solutions : Si vos limaces mangent vos salades, c’est qu’elles sont affamées et assoiffées. Donnez à manger à vos limaces et laissez une coupelle d’eau. Réintégrez des algues, des lichens, des champignons, des déchets verts de fruits et de légumes. Ces détritus du jour nourriront jusqu’à plus soif vos limaces qui ne seront pas obligées de se rabattre sur vos plantes vertes. En retour, elles fournissent de la matière organique, des fertilisants, de la glomérine, équilibre le ph du sol, créer de l’humus, des galeries dans votre butte, elles mangent les racines des annuelles mortes qui libèrent le place pour les nouvelles générations. Elles permettront à la flore fongique de venir re coloniser votre sol dans les années à venir. Les effets positifs sont bien réels.

      Plus vous désertifierez le chemin jusqu’à vos salades, plus les limaces s’attaqueront à vos légumes, à défaut de compost frais.

      Leur prédateurs naturels sont les oiseaux, les carabes, les staphylins, les orvets, les serpents, les lézards, les salamandres, les grenouilles, les hérissons, les araignées, les nématodes.

      Avec un peu d’observation, regardez aussi la biodiversité de vos limaces. Si un seul type de limace est présent, regardez son régime alimentaire, il vous donnera une idée des excès et des carences dans votre sol. Si vous avez trop de limaces herbivores en surface, rééquilibrez le rapport matière organique carbonée/matière azotée, votre potager est surement trop riche en azote donc en plantes annuelles et en plantes à feuilles. Réintroduisez des matières organiques animales et carbonées, des plantes pérennes, des arbustes fruitiers, des plantes sauvages au système racinaire superficiel ou pivot sucré et protéinés etc... Récoltez ensuite des limaces détritivores et carnivores en forêt. Quelques spécimens suffisent (2 minimum) ! Pas besoin d’induire une nouvelle compétition destructrice.

      Si les escargots sont peu nombreux, les ressources en calcium sur votre terrain ou dans votre végétation sont faibles car il est essentiel pour constituer leur coquille.

      Design d’ombre et d’eau
      En design, concevez des allées et des bosquets secs ou humides pour choisir de guider les déplacements des limaces : les allées et les chemins de bois, de pierres ou des planches sont idéales. Vous pouvez les inviter à rester dans une zone en particulier, ombragée et humide du jardin, dans lequel vous laissez herbes folles, astéracées et brassicacées sauvages, plantes à grandes feuilles, mousses et compost. Et limiter l’accès à d’autres zones par des allées ou des plages de sable sur lequel elles ne peuvent pas glisser.

      Installez aussi des hôtels à insectes, une haie fruitière et une marre pour accueillir oiseaux, carabes, hérissons et serpents qui réguleront la population des limaces. Ils trouveront refuge, eau et nourriture pour s’installer durablement.

      Pensez à installer des pierres, du BRF, du compost qui va fournir une nourriture préférentielle aux limaces, plutôt que vos jeunes pousses. Plantez des annuelles dans votre verger et des bosquets de graminées sauvages, elles vont pouvoir se nourrir de leurs racines et améliorer la biomasse carbone de votre sol tout en l’aérant et en facilitant le drainage. Au verger, les limaces, les escargots comme les vers de terre ont le même rôle et sont les bienvenus. Vous pouvez même les récolter sous des planches et les mettre dans un limaxcomposteur.

      Après le lombricomposteur, le limaxcomposteur
      Nourrir les limaces plutôt que de les éliminer peut paraître fou... et pourtant, voici des applications biodynamiques incongrues au potager pour cultiver AVEC des limaces et les escargots. La clé : donnez à manger à vos limaces, oui, vous avez bien lu. A chaque limace son rôle ! STOP à la lutte contre les limaces.

      le limax compost pour végétaux
      le limax compost pour toilettes sèches
      le limax compagnonnage pour protéger vos salades.

      Vous pouvez toujours nourrir les oies, les canards, les hérissons et les crapauds de la marre si ces magnifiques petits animaux vous dégoûtent toujours autant. Les poules raffolent aussi des oeufs de limaces mais pas des limaces elles-mêmes, à cause du mucus.

    • J’imagine possible dans une région à hiver vigoureux. Ici, l’hiver dernier il a fait doux, un printemps et un été pluvieux, il y a une surpopulation ingérable de gastéropodes. Si tu laisse faire, le potager est nettoyé en deux temps trois mouvements.

    • Je trouve ça intéressant la tension entre tuer des limaces et provoquer un déséquilibre, et les nourrir pour les détourner des légumes tout en risquant d’augmenter la population.

      J’imagine que le mieux est de leur faire une oasis pas loin et de lacher les canards dessus de temps en temps, héhé

    • Je pense qu’à ce niveau, le déséquilibre est amplement vérifié, on est envahi ! Ni les hérissons, ni les poules ni les oiseaux en viennent à bout. Et pourtant, je paille, je laisse la plupart des mauvaises herbes où celles que j’enlève je les laisse sur place.

    • Oui mais est-ce que ce n’est pas une solution intéressante de détourner les limaces des légumes avec appats, quitte à ramasser et tuer les limaces qu’on trouve quand on va voir le piège pour ça ? J’ai déjà lu l’expérience de personnes qui composent sur place (donc épluchures par ex au milieu des légumes) et dont les limaces recyclaient ces déchets plutot que leurs légumes. Mais il faut sacrément bien les appater les périodes sensibles (semis, plantation...) j’imagine

  • La #permaculture est aussi confrontée au solutionnisme, des solutions clefs en main à appliquer partout : mettre des arbres, ajouter du mulch/paillage, faire des buttes , creuser des swales/baissières, avoir une spirale d’herbes aromatiques ...

    Dans deux articles, Patrick Whitefield, un permaculteur anglais connu, remet en question deux vaches sacrées de la permaculture, les swales et le mulch.

    Il explique en gros que certaines solutions viennent du contexte australien et ne s’appliquent pas en Angleterre à cause du climat différent.

    Les swales sont bien indiquées en Australie car les pluies sont en été, et ponctuelles mais fortes. Elles permettent d’infiltrer l’eau qui sera accessible aux plantes, de stocker de l’eau dans le sol, et d’empêcher l’#érosion. Mais en Angleterre l’eau tombe de façon continue en hiver, quand les plantes ne poussent pas. Pour Whitefield, mieux vaut stocker l’eau dans des bassins ou des lacs, et drainer le surplus.

    Pour le mulch, il a plusieurs désavantage dont celui d’offrir un habitat aux #limaces qui sont un problème bien plus grand en Angleterre qu’en Australie.

    Les solutions devraient toujours être précédées des problèmes que l’on cherche à résoudre, comme c’est le cas dans le formalisme des #design_patterns. Non, des fois il ne faut pas de mulch, ou de swales, ou d’arbres, ou de buttes ...

    One of Permaculture’s Holy Cows : the Death of the Swale
    http://patrickwhitefield.co.uk/one-permacultures-holy-cows-death-swale

    Mulching in the Garden : Essential Permaculture ?
    http://patrickwhitefield.co.uk/mulching-in-the-garden-essential-permaculture-2

    #critique_permaculture

    • Ça ma renvoie à mes propres interrogations pour mon terrain.

      J’ai renoncé aux swales car le terrain est trop pentu. A moyen terme, ce sont les racines d’arbres et arbustes plantés suivant les lignes de niveau qui infiltreront l’eau.

      Pour l’instant j’ai choisi de drainer l’eau qui coule des torrents en hiver, justement parce qu’elle coule après les grosses pluies qui vont théoriquement déjà charger le sol en haut (si je me débarrasse de la couche de graminée qui feutre le sol et empêche l’infiltration). Et puis si ça se trouve l’infiltration va surtout se retrouver en bas du terrain déjà gorgé d’eau.

      Je vais faire des buttes car le potager est gorgé d’eau, et les allées entre les buttes serviront de swales car je peux guère faire autre chose face au surplus d’eau qui coule depuis la mare.

      La spirale d’herbe aromatique me semble beaucoup de boulot si on a un espace suffisamment grand pour avoir les bons microclimats pour les différentes aromatiques.

    • Dans ton cas je ne ferais pas une croix définitive sur les swales dans la pente, car comme en témoigne l’abondance de brachypode c’est un coteau calcaire mésoxérophile, ou l’eau ne reste pas longtemps.
      Et je pense que dans les zones de léger « replat », où la pente est moins forte, des swales peuvent changer la dynamique de la matière organique et de l’eau. Notamment si elles sont associées à des restanques dans les zones de plus grosse pente. ça pourrait donner une situation où il n’y aura plus besoin d’enlever telle ou telle graminée, la végétation spontanée aura changé d’elle-même, le brachypode aura cédé sa place à des choses moins xérophiles (houlque, fromental, avoine sauvage...), plus broutables ou fauchables, et sans feutrage car vie microbienne mieux développée.

      Pour ce qui est de l’eau qui se retrouve en bas, à mon humble avis tu en auras d’autant plus massivement qu’elle descend vite la pente. Un système qui la fait descendre lentement et la fait mieux s’infiltrer dans le sol pourra tenir lieu de tampon en quelque-sorte.

      Sur le mulch comme dogme solutionniste voir aussi http://senshumus.wordpress.com/2008/11/15/matiere-organique

    • Les restanques sont le meilleur système, mais loin d’être celui qui produit le plus de changement pour le moins d’intervention. Je n’ai tout simplement pas le courage de monter des murs en pierre (et en plus les anciens l’ont déjà un peu fait, donc je vais galérer pour trouver les pierres)

      Pour les swales, je pense que la pente est trop forte de toute façon, vu ce que j’ai lu dans les livre et ce que je ressens sur le terrain.

      Je pense que j’ai besoin d’enlever les graminées une seule fois pour faire des lignes de pionnières (luzerne) suivant les contours (des swales plates on va dire). J’ai remarqué que là où j’avais planté un plaqueminier qui a crevé, la végétation était bien bien différente après ma perturbation initiale et le mulch, mais il me semble que j’avais aussi choisi le lieu car il avait une végétation légèrement différente et que j’associais ça à une zone plus humide. A suivre...

    • Pour les restanques je les imaginais plutôt en bois (piquets + remplissage ou tressage sommaire), plus vite monté, nécessite un entretien tous les 2-3 ans mais globalement moins de boulot qu’une restanque en pierre. Les petites que j’ai dans mon poulailler tiennent bien. Cela dit, les piquets sont des saules qui ont pris racine, ça aide, et je sais pas quel équivalent serait envisageable sur un terrain sec et ensoleillé.

      Dommage pour les swales.
      Gare à l’érosion en enlevant les graminées.
      La luzere est carrément bien indiquée pour ce lieu, et elle aiderait aussi l’eau à pénétrer.

    • @koldobika :

      Sur le mulch comme dogme solutionniste voir aussi http://senshumus.wordpress.com/2008/11/15/matiere-organique

      Et aussi sur ce qu’on avait vu du coin du futur #potager :

      http://www.permaculture.eu.org/blog/2012/06/debuts-au-potager

      Cette étude des plantes a été très importante et contient une véritable leçon : le premier principe de permaculture devrait être : « cela dépend du contexte« . En effet les personnes qui se sont un peu renseignées sur la permaculture et qui sont assez néophytes pourraient être tentées, comme je l’ai été, d’appliquer des méthodes classiques et clef-en-main que l’on voit dans les bouquins. En l’occurrence ici ne pas travailler le sol et ajouter de la matière organique végétale sous forme de carton et de paille. Erreur terrible au vu de ce que nous révèle les plantes1, puisque cela n’aurait pas arrangé le problème de compactage et aggravé l’engorgement en matière organique, principal problème de la parcelle.

      La meilleure solution pour cultiver des légumes sur cette parcelle en attendant que ces problèmes soient réglés, consiste en une accumulation d’hérésies pour certains permaculteurs, à savoir :

      – Décompacter par un travail du sol ;
      – Ne pas ajouter de matière organique végétale difficile à minéraliser : pas de paillage épais, ajout de compost (ou mieux de fumier) ;
      – Relancer l’activité microbienne en laissant le sol à nu (puis en paillant légèrement) et en apportant de l’azote (purin d’ortie, fauches de yèble)

      Alors que nous reste t-il comme pratique culturale pour produire nos légumes ? Faut-il nous joindre à la majorité des jardiniers en empoignant motoculteurs et flacons de désherbants ?

      Heureusement, il existe une méthode de culture soutenable et qui va dans la direction indiquée par les plantes, même si elle nous appelle moins que les techniques permaculturelles (mais ce n’est qu’une solution provisoire), et c’est la #biointensive.

      Même si j’aime l’aspect polyculture et que je vais m’en donner à cœur joie avec les vivaces, la biointensive apporte aussi des avantages, les deux premiers que je vois étant un milieux moins favorable aux limaces car pas de mulch, et une meilleure pollinisation grâce aux mini-monocultures.

    • @koldobika :

      Cela dit, les piquets sont des saules qui ont pris racine, ça aide, et je sais pas quel équivalent serait envisageable sur un terrain sec et ensoleillé.

      Et plein de chevreuils :)

      Ça me semble encore trop de boulot. J’espère m’en sortir qu’avec du biologique. Je pense que je ferais ça au printemps prochain si j’ai le temps, pour minimiser l’érosion entre le moment ou je vais enlever les graminées et celui où les luzernes pousseront, en évitant les grosses pluies.

    • Carole Deppe parle aussi du mulch dans The Resilient Gardener. Sans surprise elle fait les mêmes constats, sûrement parce que le climat de l’Oregon ne doit pas être très éloigné de celui de l’Angleterre : le mulch abrite les limaces et protège leurs œufs du froid l’hiver, il retarde le réchauffement du col au printemps, rend difficile le désherbage à la houe, et surtout nécessite beaucoup de matières premières sur de grandes surfaces. En gros elle trouve que pour son cas le mulch ne représente pas forcément moins de travail que de désherber à l’outil, mais un travail différent.

      I once had a conversation with a wannabe farmer who had just moved to Oregon from the East Coast. He wanted to try growing vegetables in permanent raised beds with deep mulch, as was often touted in the Organic Gardening magazines he had been reading. My response was: “But it doesn’t work here.” He touted it some more. I responded again with, “But it doesn’t work here.” And so it went, until we put in a test plot of mulched and unmulched potatoes side by side. The mulched potatoes took weeks longer to sprout and then grew slowly and were stunted and obviously miserable. In the maritime Northwest, you have to really screw up to make potatoes miserable.

      Here in Oregon, any heat in the springtime is usually limited. Soil that lies beneath a deep layer of mulch stays soggy and cold. Pull back the deep mulch to make a row to plant something, and the something will take longer to germinate and will grow much more slowly than the same thing planted in bare soil, even though the soil over the seed is left exposed until the seeds have germinated. And the worst is yet to come. After the first couple of years of deep-mulched permanent beds of vegetables, there are so many slugs, sow bugs, and other such critters that everything is eaten up as soon as it germinates. Our winter freezes don’t go deep enough to kill pests in the soil under a deep mulch. Admittedly, the deep mulch does take care of the weed problem. Here, beds with permanent deep mulch are most useful for perennial and ornamental plantings, not for vegetables.

      Deep permanent mulches have worked for some people in some places and certain situations, even in the vegetable garden. But they aren’t for everybody. However, mulches can be thin or deep, temporary or permanent. In the era in which I gardened with raised beds in the backyard, I often used a light or late-applied mulch as a way of adding to soil fertility or moderating water loss.

      “Deep” mulch usually means a layer at least 6 inches deep after the mulch has consolidated. For loose material such as straw or leaves, this generally means a layer 8 to 12 inches deep initially. A thinner layer doesn’t do the intended job of preventing weeds from growing. If there are perennial weeds with large roots, even the deep mulch won’t work. You need to get rid of perennial weeds first.

      Most people who use a permanent deep mulch successfully in their vegetable gardens seem to be located on the East Coast or in the Midwest, and also to have gardened for years or even decades using conventional methods, and have already eliminated all perennial weeds and built up soil fertility and tilth. Apparently, one can garden successfully using permanent raised beds with permanent mulches, even with vegetables, and even starting from scratch, at least in some areas. A good book on gardening in beds with permanent deep mulch is Lee Reich’s Weedless Gardening.

      Once you have mulch on a garden, you can’t use an ordinary hoe any more. (With light mulches, I can still use my peasant hoe, but not light hoes.) So if you have perennial weeds coming up through the mulch, you may need to pull them all by hand. Ideally, with a deep mulch there are few or no weeds. Light mulches prevent some but not all of the weeds from germinating; those that grow have to be hand-pulled or hoed with a heavy hoe. So light mulches may either increase or decrease the weeding work.

      Here in Oregon where it doesn’t rain in summer, it can be unworkable to try to provide water by overhead-watering with a deep mulch. You can’t get the water down through the mulch. So deep mulch tends to work best with permanent landscape plantings where drip irrigation lines are installed under the mulch. You can readily overhead-water through a 3-inch layer of mulch, however.

      I have used mulches of various kinds with my raised garden beds, primarily to add fertility or reduce water needs. I used light mulches, not deep ones. My favorite mulched gardens were my tomato beds. Tomatoes need lots of water and are sensitive to changes in hydration, which cause the fruits to split. I planted transplants into raised beds and left them unmulched the first month or so, when the plants needed every bit of soil heat possible. After the plants were established and the soil had warmed up, I put on a layer of straw about 2 to 3 inches deep. With this light mulch, I could overhead-water my raised beds just once per week instead of twice a week. By the end of the season, most of the mulch had vanished into the soil, leaving just a little to be turned under.

      Nate and I grow a 150-foot row of tomatoes these days. We grow them unmulched and level to the surface rather than in raised beds. They need to be watered only once per week. We could water even less if we added a thin mulch after the first month, as I did with raised beds. But where would we get the mulch? On large plantings, mulching is often impractical because there isn’t enough mulch available. We could get enough free city leaves to mulch our entire two-acre garden, but not without bringing in bindweed seeds. We leased our current garden land partly because it doesn’t have bindweed. We want to keep it that way.

      Straw is commonly used as a mulch. On small garden beds, I often used a thin mulch of an inch or 2 of grass clippings, which served as both light mulch and fertilizer. (Deeper layers of fresh clippings turn to rotting goo instead of drying out into a nice layer of mulch.) Hay is fertilizer as well as mulch, but it is usually full of weed seeds. Ruth Stout, the Grand Lady of the permanently deep-mulched (East Coast) vegetable garden, used salt marsh hay. Salt marsh hay is from salty coastal marshes. It has few weed seeds of the kinds that matter in terrestrial gardens, and might have been an essential component of Ruth Stout’s success. When she added another twenty-five bales of hay to her garden each season, she was adding both mulch and fertility. If we try to do the equivalent with straw, we are adding an excess of carbon and very little nitrogen. If we try to do the equivalent with our hay, we are bringing in weed seeds, which turn into a solid layer of grass and weeds on the surface of the mulch. Mulches may or may not mean less total labor. As Robert Heinlein’s characters in The Moon Is a Harsh Mistress were wont to say, TANSTAAFL, or There Ain’t No Such Thing as a Free Lunch. You may get out of much or all of the labor of weeding as well as some of the watering. But you replace it with the labor of finding, hauling, and applying mulch (and tucking it up around each established plant).

      In desert areas where every drop of water counts, mulches of some sort—deep or thin, permanent or temporary—may be obligatory. In areas with some but limited or erratic summer rain, even light mulching may mean you don’t need to irrigate at all, thus saving in both water and watering labor.

    • le climat de l’Oregon ne doit pas être très éloigné de celui de l’Angleterre

      En fait si, c’est assez différent. Au niveau températures ça ressemble un peu au Lot, en revanche au niveau régime des pluies c’est très contrasté (un peu comme les Cévennes), déluge en hiver et sécheresse en été.
      https://en.wikipedia.org/wiki/Corvallis,_Oregon#Climate (Corvallis c’est chez Carol Deppe)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gourdon_(Lot)#Climat

    • Ah attention elle dit aussi pas mal que ses étés sont plutôt frais et couverts (voir les chapitres sur les tomates dans son dernier livre où elle dit qu’ils ont peu de choix de tomates qui donnent et ont bon goût sous leur climat), donc c’est quand même autre chose que la méditerranée.

    • pas plus frais qu’à Gourdon en tout cas (pour les maximales c’est quasiment le même profil thermique) qui a des étés nettement plus chauds que ceux de chez moi.
      tout est question de référence, si elle compare à la Californie c’est sûr que l’Oregon ça chauffe moins (il y a moins de palmiers et de cactus).