• Lecture d’un extrait du livre « Marginalia Woolf » de Christine Jeanney, publié aux éditions Abrüpt, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/marginalia-woolf-de-christine-jeanney

    Traductrice de l’œuvre de Virginia Woolf (Les vagues, Des fantômes dans les arbres), Christine Jeanney propose dans ce texte à la forme inédite, à l’architecture visuelle et textuelle hybride, une déconstruction de la structure classique du récit biographique. L’ouvrage est en effet composé de blocs de texte spatialement organisés sur la page pour créer un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les écrits de Virginia Woolf. Les témoignages et les impressions de ceux qui l’ont côtoyé. Les réflexions de Christine Jeanney sur l’autrice et sur l’écriture. Cette accumulation de fragments permet de s’approcher au plus près de Virginia Woolf « et de la voir en papillon qui refuse de rester épinglé dans sa boite ».

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Portrait, #Art, #VirginiaWoolf, #Angleterre, #Histoire, #Abrüpt (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_marginalia_woolf_christine_jeanney.mp4

    https://abrupt.cc/c-jeanney/marginalia-woolf

  • Faire barrage aux travaux du Drac

    Youpi youpla, cette année toutes les institutions fêtent le centenaire de « l’exposition internationale de la #houille_blanche », qui a eu lieu à Grenoble en 1925. L’occasion de célébrer encore et encore cette fameuse « houille blanche », surnom donné à l’#hydroélectricité, qu’on présente encore aujourd’hui comme de « l’#énergie_verte ».
    Bien entendu, les hourras de la communication ne s’intéressent jamais aux #dégâts considérables créés sur les #rivières par cette hydroélectricité. Pourtant les exemples ne manquent pas. Ainsi, dans la métropole grenobloise, le Drac s’apprête à subir cinq années de travaux afin de « réduire les #risques_d’inondation », entraînant notamment la #destruction de quantité d’#espaces_naturels sauvages tout le long de la rivière. C’est en tout cas ce que prévoit l’avant-projet, qui programme 86 millions d’euros de travaux à partir de 2027. Il reste un an et demi pour empêcher ce désastre.

    Connaissez-vous le #Drakistan ? C’est le nom – non officiel – donné à toutes ces bandes de terre, presqu’îles ou îlots le long du Drac, du côté de #Fontaine et #Seyssinet-Pariset. Des endroits situés dans le lit de la rivière et donc susceptibles d’être submergés en cas de #montée_des_eaux, par exemple suite à un lâcher d’un des nombreux barrages présents en amont.

    Ces lieux ont le charme des endroits non aménagés. Juste au-dessus, il y a la #digue, avec sa bande d’#asphalte bien droite, lieu de passage ou de promenade fonctionnel mais dénué d’enchantement. La digue est dédiée aux « modes doux » mais trace tout droit comme l’autoroute, on ne s’y perd pas, on reste bien sagement sur le chemin. Il faut emprunter une des nombreuses sentes pour descendre quelques mètres afin d’arriver au Drakistan. Ici aucun urbaniste ou paysagiste n’a planifié quoi que ce soit. Ici, la seule créatrice, c’est la rivière, qui façonne ces espaces au fil de ses #crues et de ses #retraits. Et a priori, elle se débrouille plutôt pas mal. En tous cas, malgré l’interdiction, ces lieux attirent – et pas seulement des animaux sauvages (voir Le Postillon n°75). Des chiens et leurs maîtres, des familles et leur barbecue, des solitaires, des en-couples ou des en‑groupes. Il y a l’impressionnante « Platane cabane » pour les enfants et puis des restes d’habitations utilisées par des sans-toits. Le Drakistan de Fontaine n’est pas loin du local du Postillon, on y vient souvent manger un sandwich ou faire une pause, regarder dévaler l’eau pour se laver le cerveau des heures passées devant l’ordinateur.

    En fonction des jours et même des heures, ces lieux ne sont jamais vraiment identiques. Un passage à sec peut se retrouver sous un demi-mètre d’eau une heure plus tard, des rives aperçues un jour peuvent avoir été « mangées » par la rivière la semaine d’après, un nouvel espace pour se poser peut émerger en quelques mois. Mais ce qui est sûr, c’est que globalement, les bandes de terre, presqu’îles ou îles grossissent d’année en année, à cause de tous ces cailloux que la rivière charrie et qui sont empêchés d’aller plus bas par le barrage de #Saint-Égrève. Comme on le racontait dans Le Postillon n°73, quand le #barrage a été construit à la fin des années 1980, les cailloux du Drac étaient « dragués », sortis de la rivière pour alimenter les besoins nombreux en construction. Mais dans les années 1990, différentes lois sur l’eau interdisent d’exploiter les rivières dans leur « #lit_mineur » – pour d’évidentes raisons écologiques et sécuritaires (plus la rivière se creuse, plus ça peut fragiliser des ponts). Alors depuis une trentaine d’années, les cailloux du Drac s’accumulent dans les kilomètres avant le barrage de Saint-Égrève, et font grossir peu à peu le Drakistan.

    Pour nous, simples flâneurs inconscients, c’est plutôt charmant, mais pour les autorités c’est un sacré problème. Pas tant parce que de plus en plus de monde fréquente ces zones, mais parce qu’en toute logique, ça augmente considérablement le #risque_d’inondation : vu qu’il y a plus de matériaux solides dans le lit de la rivière, l’eau a moins de place pour circuler et en cas de crue exceptionnelle (on redoute surtout la « crue bicentennale »), risque de passer par‑dessus les digues et d’inonder les milliers d’habitations présentes de part et d’autre, voire de faire céder une digue (« 31 000 habitants et 25 000 emplois concernés » en cas de rupture de digue).

    Alors ça fait un moment que ça turbine sévère afin de préparer les « travaux de protection contre les #inondations du Drac » aussi connus sous le nom de « #programmes_d’actions_de_préventions_des_inondations » (#Papi du Drac), portés par le #Symbhi (#Syndicat_mixte_des_bassins_hydrauliques_de_l’Isère). La déclaration d’intention de juin 2025, disponible sur le site de la préfecture, nous apprend par exemple que depuis 2018, ce ne sont pas moins de 181 réunions qui se sont tenues entre les différents « acteurs » du projet (Métropole, différents services de l’État, #EDF, acteurs environnementaux, etc.). On vous passe les détails de la « gouvernance » (comités techniques restreints et élargis, comité de pilotage, comité consultatif, etc.) et de la « stratégie de concertation et de communication ambitieuse » mise en place les sept dernières années. Tous ces comités, ces réunions publiques, ces « balades pédagogiques » ont donc abouti à la #planification de #travaux_d’aménagements prévus sur cinq années, entre 2027 et 2031, validés notamment par le vote en faveur de l’avant-projet par la #Métropole en avril dernier.

    Pour saisir leur importance, un chiffre suffit : 86 millions d’euros d’argent public sont pour l’instant budgétés (selon le site du Symbhi). Concrètement, ça veut dire que pendant cinq ans, un paquet de machines, de moteurs, de camions vont venir triturer le lit du Drac. Et anéantir – ou radicalement bouleverser – les charmants espaces du Drakistan.

    Dans le langage technocratique, on parle de « rajeunissement des bancs et îlots sur le linéaire de la traversée urbaine du Drac ». « #Rajeunissement » (détaillé en « enlèvement de la végétation et abaissement du banc ou îlot »), c’est un joli mot pour désigner la #dévastation de beaucoup de ces bancs ou îlots. Concrètement, la #déclaration_d’intention nous apprend que si certains #bancs, très minoritaires, restent « sans modification à l’étude », la plupart vont être « arasés » (soit « mis à ras, aplanis ») de façon plus ou moins importante : certains pour être en « immersion 80 % du temps », d’autres « 50 % du temps » (sachant que pour l’instant la plupart de ces bancs ne sont presque jamais immergés).

    Il n’y a pas que dans sa « traversée urbaine » que le Drac va subir les assauts des pelleteuses et des pompes de dragage. Les travaux envisagés concernent la vingtaine de kilomètres entre le barrage de #Notre-Dame-de-Commiers et la confluence avec l’Isère, les machines devant autant s’activer au niveau de #Comboire ou des champs captants de #Rochefort pour extraire des cailloux et aménager des « espaces de bon fonctionnement » de cette rivière autrefois sauvage et aujourd’hui corsetée et maltraitée tout du long.

    Mais qu’est-ce qu’on va faire de tous les matériaux enlevés ? Un peu plus haut, la réserve naturelle des #Isles_du_Drac (voir dernier numéro) est « déficitaire en sédiments grossiers du fait de la présence de la chaîne hydroélectrique en amont ». En clair : comme les quatre grands barrages du Drac empêchent les #cailloux de passer (la majorité des sédiments arrivant en ville proviennent en fait de la Romanche, affluent du Drac), il n’y a pas assez de sédiments dans cette zone, ce qui fait que « tous les milieux et espèces associés sont menacés sans action de réinjection de sédiments ».

    Alors le Symbhi prévoit des « #recharges_sédimentaires » dans cette zone, c’est-à-dire de transporter en camion des cailloux qui étaient auparavant transportés par la rivière. Et forcément, ça signifie pas mal de va-et-vient. Il est question d’une première recharge de « 37 000 m3 », suivie d’apports de « 4 000 m3 par an ». Sachant qu’un camion-benne peut transporter « environ 10 à 16 m3 », la première recharge nécessitera environ 2 800 aller-retours en camion. Merci « l’énergie verte » !
    Face aux grands dégâts annoncés, pas de panique ! Le Symbhi prétend bien entendu faire au moins pire. Toujours selon sa novlangue, si le « processus de rajeunissement » va entraîner un « éclaircissement de la végétation », il est quand même prévu de « replanter des arbres une fois les travaux terminés », ceci « afin de limiter l’impact sur le #paysage, la #végétation d’ambiance et le maintien d’#îlots_de_fraîcheur dans l’agglomération ». Par contre, il n’est pas précisé comment compenser la perte des « boisements développés dans l’espace intra-digues » qui « représentent également un enjeu écologique non négligeable », notamment parce qu’ils « hébergent une #biodiversité remarquable : de nombreux #oiseaux, le Castor d’Europe, l’Inule de Suisse, ainsi que des milieux variés tels que pelouses sableuses, bras secondaires ou zones humides phréatiques ». Ça va prendre un paquet d’années « une fois les travaux terminés » pour que toutes ces espèces repointent le bout de leur nez… On pourra toujours se consoler en posant des questions à ChatGPT et en se disant que les supercalculateurs nécessaires au développement de l’IA, comme celui en construction à Eybens, sont peut-être alimentés par « l’énergie verte » des barrages.

    Pour ne pas nommer « #désastre_environnemental » ce qui est un désastre environnemental, le Symbhi agite quelques mesurettes : « Afin de limiter les émissions de CO2 et de micro-particules liées au transport », le syndicat promet de « favoriser les circuits courts », « d’utiliser des véhicules à faibles émissions », d’arroser les pistes au niveau des zones de chargement/déchargement pour « limiter les émissions de poussière » et même – ultime audace – de « former les conducteurs à l’écoconduite ». C’est quelle part du budget sur les 86 millions d’euros ?

    Pour une telle somme d’#argent_public, il est quand même prévu quelques travaux pour le bien-être des simples habitants. Ainsi entre Champagnier et Fontaine, une vingtaine de « haltes paysagères » devraient être aménagées, notamment afin de « renforcer les îlots de fraîcheur le long de la rivière »… Pour être plus précis, il s’agit d’abord de raser la plupart des « îlots de fraicheur » et ensuite de les « renforcer ».

    La seule bonne nouvelle dans cette affaire, c’est que ce programme n’est pour l’instant qu’un « avant-projet ». Même s’il a déjà été voté par la Métropole, il reste encore un an et demi avant le début annoncé des travaux, autant de temps pour essayer de mettre la pression sur le Symbhi pour qu’il revoie à la baisse ses projets destructeurs ou qu’il les abandonne. À ce propos, une réunion publique sur les travaux est annoncée le 8 octobre à 18h30 à la mairie de Fontaine.

    Comment croire qu’il n’y ait pas d’autre solution, face au risque d’inondation, que l’ « #arasement » de ce qui constitue aujourd’hui les seuls endroits encore sauvages dans notre cuvette en béton ? Allons-nous vraiment supporter la vue, pendant cinq ans, des bulldozers du Symbhi écrasant à l’ancienne les îles du Drac, ses forêts, ses bras morts, et toutes les bestioles qui y font leur vie ?
    Si la raison principale du projet est la protection de l’agglo face au risque de « #crue_bicentennale », n’y a-t-il vraiment pas d’autre option à envisager que ce désastre écologique à 86 millions d’euros ?

    Le débit du Drac, faut-il le rappeler, est entièrement asservi par EDF et ses quatre grands lacs de barrages en amont de Grenoble : le #Sautet (1 077 millions de m3), #Saint-Pierre-Cognet (28 millions de m3), #Monteynard (275 millions de m3) et #Notre-Dame-de-Commiers (34 millions de m3). Sur les affluents du Drac, il y a aussi les grands lacs de barrage présents sur la #Romanche (le #Chambon) ou l’#Eau_d’Olle (#Grand’Maison). Serait-il délirant d’imaginer fermer les bonnes vannes au bon moment (en cas d’épisode hydro­logique faisant redouter une « crue bicentennale »), pour faire monter de quelques mètres le niveau des retenues afin de « lisser » la crue, comme ils disent ? Et si cela implique, une fois par siècle, une production d’#électricité dégradée pendant quelques jours, des pertes d’argent sur le « marché de l’énergie », voire des coupures d’électricité ciblées, on pourrait arriver à s’en remettre, non ?

    Dans la « déclaration d’intention », on apprend qu’un autre scénario « reposait sur une intervention minimale visant à préserver l’état actuel du lit du Drac, notamment en conservant les bancs végétalisés. Il comprenait le confortement et la sécurisation des ouvrages de protection contre les inondations ainsi que des solutions de gestion des excédents sédimentaires. » Si ce scénario n’a pas été retenu, c’est parce qu’il ne « permettait pas l’abaissement des lignes d’eau en crue de contribuer au déficit sédimentaire au sein de la réserve naturelle des Isles du Drac et il n’apportait qu’une faible contribution à la biodiversité, impliquant des compensations hors site ». Ce charabia difficilement compréhensible affirme néanmoins que pour le risque d’inondation, on peut ne pas raser le Drakistan même si les technocrates écrivent que laisser ces espaces naturels n’apporterait « qu’une faible contribution à la biodiversité » (!). Si ce scénario n’a pas été choisi, c’est uniquement pour résoudre les problèmes de « déficit sédimentaire » causés par les barrages. Encore et toujours, la rivière est considérée pour les seuls intérêts de la « houille blanche ».

    Ce nouvel épisode à venir du saccage du Drac devrait donc d’abord inciter à réfléchir sur le véritable bilan de la « houille blanche » et d’un siècle d’électrification [1]. Avec le centenaire de « l’exposition internationale de la houille blanche », la mairie de Grenoble, comme toutes les institutions locales, préfère célébrer sans retenue cette pseudo « énergie verte » qui a en réalité contribué à saccager l’environnement.

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    Le « #collectif_des_gens_qui_ont_chaud » prié d’aller se rhabiller (pour l’instant)

    86 millions d’euros de travaux, mais rien de prévu pour permettre la #baignade dans ces millions de mètres cubes d’eau dévalant depuis les montagnes. Cet été, le « collectif des gens qui ont chaud » a organisé deux #baignades_sauvages dans le Drac (voir photo page 28) afin de « montrer que la baignade dans les lieux naturels est possible et mettre le débat sur la place publique ». Une initiative qui a entraîné des arrêtés municipaux de la part des maires de Fontaine et Seyssinet-Pariset pour « interdire la baignade » et même un tweet de la préfète de l’Isère afin d’inciter à « privilégier les zones réglementées pour vous baigner en toute sécurité » et de déconseiller la baignade « dans ce cours d’eau particulièrement instable dont la variation de débit peut fluctuer très vite ». Pour les autorités, même après plusieurs étés caniculaires, il n’est toujours pas envisageable que les 400 000 habitants de la cuvette puissent profiter de la fraîcheur des cours d’eau qui la traversent... Si 181 réunions et 86 millions d’euros ne prévoient rien pour la baignade, c’est que sur cette rivière comme sur les autres, c’est la fameuse « houille blanche » qui dicte sa loi. On reviendra sur la baignade dans un prochain numéro.

    https://lepostillon.org/Faire-barrage-aux-travaux-du-Drac.html

    #rivière #Drac #Grenoble #Isère #castors #budget #coût

  • La #protection_des_eaux européennes menacée au nom de la « #simplification »

    La #Commission_européenne veut réviser la #directive de protection des eaux, une des pierres angulaires de la politique environnementale, pour faciliter l’ouverture de #mines. L’#industrie_extractive jubile. Les ONG et les #services_de_traitement_des_eaux fulminent.

    Jeudi 16 avril, à Bruxelles, une petite dizaine de personnes sont rassemblées devant le bâtiment qui abrite la Commission européenne. Elles arborent des banderoles sur lesquelles des slogans dénoncent les #pollutions de l’eau liées à l’#extraction_minière. On trouve parmi elles des représentant·es d’ONG (WWF, Bureau européen de l’environnement) mais aussi des membres de communautés affectées par l’activité minière ou qui craignent de l’être.

    Par exemple, Simon Isak Marainen. Sa tenue traditionnelle montre son appartenance au peuple autochtone des Samis, en Suède. S’il est venu jusqu’à Bruxelles, c’est pour exprimer son indignation face aux projets d’extraction qui se multiplient en #Laponie, dont celui du gisement de #terres_rares de #Per-Geijer et le projet d’extraction de #graphite #Vittangi_Anode.

    Ces deux mines sont labellisées « #projets_stratégiques » par l’Union européenne (UE), qui vise davantage d’#autonomie vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en #matières_premières_critiques. Du point de vue de Simon Isak Marainen, « elles sont surtout une menace pour [le] mode de vie [des Samis], pour l’élevage de rennes et pour l’eau de toute la population de la région ».

    Au même moment, à quelques dizaines de mètres, dans les locaux du Conseil de l’UE, la Commission briefe des fonctionnaires issu·es des vingt-sept États membres au sujet de la révision inattendue, et controversée, de la directive-cadre sur l’eau. « Cette Commission veut plaire à l’industrie, et cela fait bien longtemps que l’#industrie_minière pousse pour rouvrir la directive-cadre sur l’eau », témoigne un expert d’un État membre, sous couvert d’anonymat.

    Cette directive, adoptée en 2000, est l’une des pierres fondatrices de l’acquis environnemental européen, dont l’objectif, contraignant pour les États membres, est d’atteindre un « bon état écologique et chimique » des eaux de surface et souterraines en 2027, dernier délai.

    Autonomie contre #écologie

    Les résultats sont loin d’être au rendez-vous : seules 39,5 % des masses d’eau européennes atteignent ce bon état écologique. La Commission, dans sa « Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau », datée de juin 2025, rappelait pourtant le rôle de « boussole » de cette directive, pointant plutôt les errances des États membres dans sa bonne application.

    Cette profession de foi n’a pourtant pas empêché la même Commission, quelques mois plus tard, le 2 décembre, de surprendre son monde, y compris ses propres services, en annonçant son intention de « réviser » le texte, afin de le « simplifier », en sautant la case de l’évaluation préalable. « Nous sommes profondément choqués de voir que la Commission semble répondre favorablement à l’industrie qui réclame littéralement un #droit_à_polluer », lance Sara Johansson, du Bureau européen de l’environnement.

    « Nous ne demandons pas un “droit à polluer”, rétorque Rolf Kuby, directeur d’#Euromines, le lobby européen de l’industrie minière, mais des adaptations nécessaires pour répondre aux besoins sociétaux et accroître l’autonomie européenne. L’UE a besoin de mines pour réaliser sa #transition_climatique, pour son industrie de défense, sans dépendre intégralement de pays tiers. »

    De fait, la Commission a lâché sa petite « bombe » au détour d’un paragraphe de son nouveau plan, #RESourceEU, destiné à « garantir l’approvisionnement européen en matières premières critiques », et donc à réduire les dépendances à l’égard de pays tiers. L’UE affiche un objectif : en 2030, elle devra puiser dans ses #sous-sols au moins 10 % des matières premières critiques qu’elle consomme, que l’on parle de graphite, de #lithium ou de terres rares.

    Depuis des années, l’industrie minière a bien compris l’argumentaire qu’elle peut en tirer, et focalise son attention sur la directive-cadre sur l’eau, qu’elle considère comme un obstacle au déploiement de ses nouveaux projets. Sa cible, c’est « le #principe_de_non-détérioration », c’est-à-dire le cœur de la directive, au centre de nombreux contentieux.

    Le risque du détricotage

    Selon ce principe, les autorités doivent refuser l’octroi d’un « #permis_d’environnement » à tout projet qui dégraderait l’état d’un cours d’eau ou d’eaux souterraines. La notion a été consolidée devant la Cour de justice de l’Union européenne en 2015, avec l’#arrêt_Weser qui stipulait que la dégradation d’un seul élément de qualité de l’eau devait aboutir au rejet d’un projet. La directive prévoit des exemptions à ce principe, mais la #non-détérioration reste un « obstacle énorme », assène Rolf Kuby.

    Les projets miniers, lorsqu’ils sont autorisés, le sont à l’issue d’un parcours de dix à quinze ans, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes européenne. Euromines s’est trouvé des compagnons de route en formant avec dix-sept autres associations professionnelles, dont celle qui représente le secteur pétrolier et gazier (l’#IOGP), une coalition informelle au sujet des permis d’activité ciblant notamment la directive sur l’eau.

    « Il est vrai qu’après l’arrêt Weser, la directive est devenue un puissant instrument pour bloquer des projets miniers, confirme Nick Voulvoulis, directeur adjoint au centre de politique environnementale de l’Imperial College, à Londres, spécialiste de l’eau. Et comme le bon état des eaux ne sera pas atteint en 2027, l’industrie y voit une occasion d’affaiblir la directive. Un tel affaiblissement irait à l’encontre des objectifs d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Il créerait un précédent vers la #dérégulation d’autres activités ayant un #impact_environnemental. »

    L’activité minière peut entraîner de multiples #pollutions, des #drainages_miniers_acides, des #contaminations aux #métaux_lourds, des rejets de #substances_chimiques. Cette possible recrudescence de pollutions locales inquiète au plus haut point les ONG mais aussi les services d’#eau_potable et d’#assainissement, réunis au sein d’#EurEau, car c’est à eux qu’incombe le traitement des eaux avant consommation.

    Pour Sébastien Mouret, conseiller politique chez EurEau, « si on affaiblit le principe de non-détérioration, les conséquences seront dramatiques pour les écosystèmes et pour l’eau potable, qui deviendra plus difficile à traiter. Les coûts du traitement augmenteraient et seraient reportés sur le consommateur. On se situerait aux antipodes du principe “pollueur payeur”, inscrit dans la directive mais rarement appliqué ».

    La Commission vient d’achever une rapide consultation publique au sujet de la révision à venir, dont les contours sont encore incertains. Contactée par Mediapart, une de ses porte-parole rappelle simplement que la commissaire suédoise en charge de l’environnement, Jessica Roswall, « a souligné les difficultés liées à la manière dont la directive est appliquée, en particulier en ce qui concerne les procédures d’octroi de permis pour des projets dans le secteur des matières premières critiques ».

    Même si la Commission ne propose qu’une révision ciblée de la directive (par exemple pour les seuls projets stratégiques d’extraction de l’UE), le résultat final pourrait lui échapper. Le Conseil mais surtout le Parlement pourraient se lancer dans un détricotage du texte à grands coups d’amendements. Les industries de la chimie, de la #cosmétique, les entreprises pharmaceutiques réclament aussi des assouplissements. La proposition de modification de la Commission européenne est attendue avant les vacances d’été.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300426/la-protection-des-eaux-europeennes-menacee-au-nom-de-la-simplification
    #eau #UE #EU #union_européenne #extractivisme #environnement

  • Perec aux #archives de #Paris
    https://laviedesidees.fr/Perec-aux-Archives-de-Paris

    Quelles traces de la vie de Georges Perec portent les archives publiques ? Comment éclairent-elles l’histoire populaire de Belleville autant que la trajectoire de l’écrivain ? Une exposition sur l’enfance de l’auteur explore ces pistes, aux archives de Paris.

    #Arts #littérature #biographie
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260501_perec.pdf

  • Un brin de muguet et deux livrets, commandez nos enquêtes au format papier jusqu’au 24 mai
    https://splann.org/campagne-livrets-printemps-2026

    Commandez nos enquêtes sur les #Lycées_Agricoles, l’hôpital, la bétonisation du #littoral et le renouveau minier en Bretagne jusqu’au 24 mai pour les recevoir directement dans votre boîte aux lettres. L’article Un brin de muguet et deux livrets, commandez nos enquêtes au format papier jusqu’au 24 mai est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #enseignement #hôpital #hôpital_public #livret #mines #privé #public #santé #service_public

  • Transition sous tension, enquête sur l’ouverture d’une mine de lithium I 2024 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=DIdd9CU5EB8

    9 avr. 2024
    Ce film de Violeta Ramirez (52 minutes) est issu d’une enquête anthropologique menée dans l’Allier au sujet de la possible ouverture d’une mine de lithium. En interrogeant les différents acteurs du territoire, il montre la réception locale des politiques de transition énergétique et la perception des changements environnementaux.

    • Commentaire Olivier Maffre | LinkedIn
      25/04/2026
      https://www.linkedin.com/posts/omaffre_a-echassi%C3%A8res-lavenir-est-au-lithium-share-745342924091136819

      A #Echassières, l’avenir est au #lithium : le 4ème gisement mondial serait là, sous la commune. Mais qu’en pensent les habitants, et que dit ce projet des paradoxes de la transition des mobilités ?

      Le président, en gilet orange et casque bleu, l’a annoncé mercredi : la mine d’Echassières, dans l’Allier, va devenir un projet stratégique. Le but ? Extraire 34 000 tonnes de lithium pour équiper jusqu’à 700 000 voitures électriques par an. Rien que ça.

      Forcément, dans un village de 364 habitants, cela fait réagir. L’anthropologue Violeta Ramirez a justement réalisé l’an dernier « Transition sous tension », un excellent documentaire sur le sujet. Avec son approche de terrain, elle est allé voir les habitants. S’est intéressée à l’histoire de ce village, à la mine de kaolin qui s’y trouve déjà. A écouté ce qu’en disent les gens, les pour, les contre, les nouveaux, les anciens.

      "On va polluer pour permettre à des gens de ne pas polluer"

      Parmi les nombreux témoignages, on retrouve les craintes évidentes sur l’impact écologique ("l’eau, c’est le plus gros défi pour l’avenir"), les critiques déjà bien entendues et pas toujours justifiées ("et les batteries, on en fait quoi après ?"). Il y a ceux qui y voient d’abord l’opportunité économique ("une opportunité pour développer l’Allier", « relancer la commune », « créer des emplois »), et ceux qui s’y opposent viscéralement et qui (re)constituent des luttes à différentes échelles ("ce système là on en veut pas").

      L’électrification cache misère de l’inaction sur la sobriété ?

      Au milieu de toutes les réactions se niche une réflexion cruciale pour l’électrification des mobilités, livrée par une habitante aussi ingénieure : « faire une transition écologique sans revoir massivement nos modes de consommation et notre modèle de société, ça n’a pas de sens ». C’est exactement ce que rappelle Yves Marignac, porte parole de l’Association négaWatt lorsqu’il écrit que « la sobriété d’usage reste le seul levier activable pour faire baisser rapidement les consommations de pétrole, et plus largement d’énergie ».

      Ainsi, si l’électrification est un passage nécessaire et urgent pour nos mobilités, elle pourrait aussi être une funeste fuite en avant. Le coût considérable pour les territoires et les ressources d’une telle mine serait encore plus terrible s’il n’était pas associé à une trajectoire de réduction des consommations.

      Nous découvrons avec Echassières le coût environnemental de nos modes de vie, qui reposent jusqu’ici sur une extraction pétrolière et minière hors de nos vues et de nos vies. C’est peut-être l’occasion de donner naissance à un grand débat, qui aurait intérêt à être le plus ouvert et le plus démocratique possible : face à la réalité des impacts écologiques de l’énergie, que sommes-nous prêts à consentir ? La sobriété peut-elle devenir une réelle perspective, un projet partagé, ou est-elle condamnée à n’être qu’un emballage ponctuel des discours politiques ?

    • Commentaire d’un habitant de Montluçon :

      – « Tu te rends compte, ça doit créer 2500 emplois. Et c’est le futur, le Lithium ».

      Et de lui répondre que ça va extraire plusieurs millions de tonnes de granit pour extraire quelques dizaines de milliers de tonnes de lithium, alors même que les chinois commencent à sortir des batteries sans lithium (comprendre que le futur de la batterie, ce n’est pas le lithium), et que les méga-usines de batteries françaises sont annulées les unes après les autres.

      Je me déteste quand je sors en collectivité.

      https://seenthis.net/messages/1046731

  • Lecture d’un extrait du livre « Les orphelins : Une histoire de Billy the Kid » d’Éric Vuillard, paru aux Éditions Actes SUd, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/les-orphelins-une-histoire-de-billy-the-kid-d-eric-vuillard

    En s’emparant de la figure mythique de Billy the Kid, popularisées par le cinéma, Éric Vuillard renverse la légende du Far West. « Le nom de Billy est un ressort. Il est le nom de la fiction proprement dite, il est le personnage par excellence. Il suffit de prononcer son nom et l’histoire commence. » L’auteur décrit un adolescent pauvre, pris dans la violence de l’Amérique de la fin du XIXᵉ siècle. Fidèle à la méthode qui traverse ses livres, l’écrivain fouille les marges de l’histoire officielle pour en révéler les mécanismes cachés : colonisation brutale de l’Ouest, naissance de l’économie de marché, fabrication des récits nationaux. Vuillard ouvre une brèche dans la légende pour redonner une voix aux oubliés de l’Histoire.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Portrait, #Western, #BillytheKid, #Etats-Unis, #Espace, #Histoire (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_les_orphelins_eric_vuillard.mp4

    https://actes-sud.fr/catalogue/les-orphelins-021514

  • Illusion d’une Venise

    Jean-Luc Bizien est un pro du mélange, des genres, des références et des époques. Pour cette « Enquête à Venise », tome deux des la série « Le cabinet des illusions », il place son magicien pas vraiment chinois malgré les apparences et son nom, Chung Ling Soo face au futur fantôme de l’Opéra, roman policier de Gaston Leroux dans une Venise qui doit beaucoup à Hugo Pratt dont le père ou le grand-père à un rôle dans cette histoire comme la franc maçonnerie.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/18/illusion-dune-venise

    #littérature #polar

  • Les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, sont au cœur d’une nouvelle ruée minière
    https://theconversation.com/les-minerais-critiques-essentiels-a-la-transition-energetique-sont-

    Les bases d’une gouvernance mondiale pour les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, se heurtent à une course stratégique entre grandes puissances et pays producteurs, où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement prime sur l’écologie, la justice sociale et les droits des communautés locales.

    La #COP30, qui s’est tenue à #Belém au #Brésil en novembre dernier, a été la première à mettre les #minerais_critiques sous les feux des projecteurs. S’en est suivie en décembre la 7e Assemblée des #Nations_unies pour l’Environnement (#UNEA-7), à #Nairobi, au #Kenya.

    Ces minerais critiques, essentiels pour les technologies bas carbone, se situent en très grande majorité dans les pays du #Sud_Global. La République démocratique du #Congo détient près de 50 % des réserves mondiales de #cobalt, le #Chili, l’#Argentine et la #Bolivie représentent plus de 35 % des réserves de #lithium. Le Chili détient également près de 30 % des réserves mondiales de #cuivre tandis que les #Philippines et l’#Indonésie sont les premiers producteurs de #nickel.

  • Hallucinated citations are polluting the scientific literature. What can be done?

    Tens of thousands of publications from 2025 might include invalid references generated by AI, a Nature analysis suggests.

    Earlier this year, computer scientist Guillaume Cabanac received a notification from Google Scholar that one of his publications had been cited in a paper published in the International Dental Journal1. That was unexpected, because his research on spotting fabricated papers doesn’t typically intersect with dentistry. “I was very surprised to see that I couldn’t recognize my own reference,” says Cabanac, who is based at the University of Toulouse in France.

    The title in the citation resembled that of a preprint2 he had posted in 2021 and never published formally, but the journal was listed as Nature and the DOI — the unique identifier assigned by publishers and preprint repositories — did not lead to the original preprint. “I got very concerned,” adds Cabanac, who immediately suspected that the citation had been hallucinated by artificial intelligence.

    This is just one example of a rapidly growing problem. Surveys and related studies have shown that researchers are increasingly using large language models (LLMs) to help to conduct literature searches, write manuscripts and format bibliographies. And sometimes, these models generate non-existent academic references.

    Over the past year, efforts have begun turning up such hallucinated citations in the literature. One analysis of nearly 18,000 papers accepted by three computer-science conferences found a sharp increase in references that cannot be traced to actual scholarly publications3. The results, reported in January, indicated that 2.6% of papers in 2025 had a least one potentially hallucinated citation — up from about 0.3% in 2024. Another analysis, released in February, estimated that 2–6% of papers in four other 2025 computer-science conferences included references with rephrased titles or citations of publications that the authors couldn’t verify by searching through databases and journal archives4.

    And although the scale of the problem remains uncertain, it’s clear that not only conferences are affected. An exclusive analysis conducted by Nature’s news team, in collaboration with Grounded AI, a company based in Stevenage, UK, suggests that at least tens of thousands of 2025 publications, including journal papers and books, as well as conference proceedings, probably contain invalid references generated by AI.

    Grounded AI is among the companies offering publishers tools for screening submissions for problematic references. Several publishers told Nature reporters that they have been exploring such tools or developing in-house versions.

    But some researchers are concerned that the problem will soon get out of hand. “We’re going to see a flood of fake references,” says Alison Johnston, a political scientist at Oregon State University in Corvallis.

    Another issue is deciding what to do about hallucinated citations that make it into the published literature. That’s a problem that academic publishers are wrestling with right now.
    Sources of error

    Citation errors are not new to academic publishing. “Even before generative AI, we already had so many inaccuracies in citations,” says Mohammad Hosseini, who studies research ethics and integrity at Northwestern University Feinberg School of Medicine in Chicago, Illinois. Issues have tended to include misspelling of authors’ names or errors in the year of publication, the title of the journal or the DOI. Another issue has been discrepancies between the information in the cited work and the details given by the paper citing it5,6.

    “Now the problem is not just inaccuracy, it’s about fake citations. It’s about fabricated citations, which is a whole different problem,” says Hosseini.

    Publishers told Nature that they are seeing increases in the number of fabricated and inaccurate citations in submissions, and they are taking steps to tackle the issue.

    Johnston, co-lead editor of the Review of International Political Economy (RIPE), a journal published by the UK-based Taylor & Francis, says that she rejected 25% of some 100 submissions in January “because of fake references”. She uses the plagiarism-detection software iThenticate to flag unusual or partial matches between the references in submitted papers and published bibliographies. Then she manually checks the suspicious citations. “I’m doing things now to try and detect hallucinated references that I wasn’t doing prior to 2025,” she says.

    Frontiers, based in Lausanne, Switzerland, has developed an in-house AI tool for flagging integrity issues at the point of submission, including references to irrelevant or retracted work and hallucinated citations. “Around 5% [of manuscripts] show potential reference-related issues flagged through our checks,” says Elena Vicario, Frontiers’ head of research integrity. But “not all flagged references ultimately turn out to be genuinely problematic”, she adds. That makes it challenging, Vicario says, to come up with a precise measure of the prevalence of any of these types of citation issue.

    Experiments using AI chatbots to generate papers have provided insights into how often LLMs produce citation errors and what types of error they tend to make. In one study, researchers prompted OpenAI’s GPT-4o LLM to generate six literature reviews on three mental-health disorders, and analysed the 176 references in those synthetic reviews7. Under these experimental conditions, they found that nearly 20% were fabricated references and could not be linked to actual research. And 45% of the remaining references, which corresponded to genuine publications, contained errors, often incorrect or invalid DOIs.

    In some cases, including in references in published articles, all of the component parts are made up, says Kathryn Weber-Boer, director of scientometrics at the London-based company Digital Science. (The firm is operated by the Holtzbrinck Publishing Group, which is the majority shareholder of Springer Nature, which publishes Nature. Nature’s news team is editorially independent of its publisher.) AI also hallucinates DOIs, both in references that are otherwise genuine as well as in fabricated ones, she adds.

    AI-generated references commonly combine fragments of genuine publications, say researchers who have studied the issue (see ‘How fakes can look real’). Joe Shockman, co-founder and chief executive of Grounded AI, calls such references ‘Frankenstein’ citations, likening their assembly to that of the fictional monster. “It looks real to a human being, but is not actually a reference to a real thing,” says Shockman, who is based in Ashland, Oregon.

    Although some types of error seem to implicate AI, others are less clear-cut, say researchers. “In today’s landscape, we have to recognize that there are human errors and there are machine errors, and those can often overlap,” says Weber-Boer.
    Published problems

    How many hallucinated citations are showing up in published research remains difficult to discern. To get an estimate, Nature’s news team joined forces with Grounded AI, which has developed an AI tool called Veracity that checks citations against scholarly databases and across the web, flagging ones that are invalid, irrelevant or cite retracted work.

    Nature and Grounded AI collaborated to analyse more than 4,000 publications from last year, covering five leading publishers: Elsevier, Sage, Springer Nature, Taylor & Francis and Wiley. Grounded AI randomly sampled these papers from Europe PMC — a repository of open-access biomedical research articles — and the bibliometric database Crossref, to include equal number of publications per month from each of the five publishers. The sample included published papers as well as book chapters and conference proceedings, and it cut across all subject areas in these publishers’ portfolios.

    Grounded AI’s tool looks for an exact match to a reference or the closest match it can find. It then flags citations with major issues, such as mismatched titles or DOIs, missing authors and incorrect journals, as well as more-minor issues. Citations that pointed to papers that couldn’t be found even though they should be easy to find — because the journal in question is indexed by scholarly databases, for example — were marked as especially problematic.

    After running the publications through the tool, Grounded AI assigned a risk score to each of the published papers, on the basis of the number of references that had major issues and how likely those issues were to have been generated by AI. Grounded AI determined that likelihood using data gleaned from a separate analysis that used two AI models to generate 20,000 synthetic papers; this allowed the company to identify the most common types of citation error that AI makes.

    Nature manually checked the 100 most suspicious publications and confirmed that 65 contained at least one invalid reference, meaning that it pointed to a publication that did not seem to exist (see ‘Finding the fabrications’). But 22 of the 100 most-suspicious papers had references that did point to genuine publications.

    For the remaining 13 papers, it was unclear whether all their citations pointed to existing research or not. These 13 papers included references to articles that were said to be published in regional journals in languages other than English, and references that had mismatches in metadata that looked like plausible human errors, for example.

    The analysis, which looked at reference lists from Crossref and full text from Europe PMC publications, turned up no clear trend across publishers. Each of the selected publishers had more than five publications with references that manual checks couldn’t validate.

    As a rough estimate, if the rate of 65 publications with at least one invalid reference out of some 4,000 publications analysed holds across the academic literature, it would suggest that more than 110,000 of the 7 million or so scholarly publications from 2025 contain invalid references.

    Nick Morley, Grounded AI’s co-founder and chief product officer, says that the types of citation problem seen in 2025 are different from those found by his team before the proliferation of LLMs. This fact, he says, points to the use of AI as a leading culprit.

    The true number of hallucinated references is almost certainly higher, says Weber-Boer, because the analysis focused on big publishers, which have more resources for checking citations systematically than do smaller publishers. Fields such as computer science, which has seen a surge in the use of LLMs to produce manuscripts8, might be more affected than other fields. What’s more, the Grounded AI analysis turned up a few hundred more publications that had some risk of hallucinated citations, suggesting that extra manual checking would have brought more such citations to light.

    Spokespeople for all five publishers said that they check references as part of their screening and editing process, and they intend to investigate the publications flagged by the Nature analysis. A spokesperson for Taylor & Francis said that some of the publications flagged were already under investigation by its ethics and integrity team.

    When it comes to hallucinated references, “there have been cases where authors have been able to clearly document where issues have occurred in the process of producing a manuscript, for example using a translation tool, and demonstrate that the rest of the paper can be relied upon, in which case the paper will be corrected”, says Chris Graf, Springer Nature’s research-integrity director. But, more often, these references reflect broader problems with the content, he says.

    Shockman says that the number of potentially problematic citations flagged by Veracity is an order of magnitude greater when it is used in pilot programmes to screen submissions on behalf of publishers than when it analyses publications. This suggests that publishers are catching a large proportion of such citations before they can make it into the literature.

    Nature’s collaboration with Grounded AI also highlighted, as many experts have noted, that the detection of invalid citations with automated tools is not error-free. One of the challenges is that journals have various ways of formatting references, and AI tools might fail to recognize references because of how they are styled. These types of problem showed up among citations that manual checks determined to be genuine despite having been flagged by Grounded AI.

    Another issue, says Weber-Boer, is that large-scale bibliometric databases might not index references that can’t be verified, meaning their metadata might not match what appears on the publishers’ websites. Some references do not contain their corresponding DOI, which makes it hard for automated tools to identify the cited paper, adds Weber-Boer. “We’re starting to get a handle on the characteristics of this problem, which are a precursor to understanding the scale of it,” she says.

    The Grounded AI team members acknowledge that not all the references their tool flags will be true positives, but they say they are continuing to improve its performance. IOP Publishing, based in Bristol, UK, is now using Grounded AI’s tool to screen submissions for problematic citations across all of its proprietary journals, says Kim Eggleton, head of peer review and research integrity. “We know it’s a problem, we just don’t know how big the problem is,” she says.
    Fake-citation fallout

    Other start-up firms that are designing AI tools to catch fake references are also finding that they cannot yet eliminate manual checks. One such firm is GPTZero, based in New York City, which is working with the International Conference on Learning Representations (ICLR) on a tool for screening submissions.

    GPTZero’s tool uses AI to search for the cited publications across the web as well as scholarly databases. Last year, the GPTZero team screened more than 700,000 citations in submissions to the ICLR 2026 and flagged 9,000 to be checked manually, says Alex Cui, the firm’s co-founder and chief technology officer. The flagged errors included titles that did not match those of any known publication, broken DOIs and citations attributed to authors with no connection to those works.

    ICLR 2026 programme chairs told Nature that around 1,000 manuscripts contained flagged citations. They rejected any that were found to contain hallucinated references, although they declined to say exactly how many.

    Other efforts and approaches are also emerging. Michał Wójcik, who has just completed a PhD in neuroscience at the Free University of Berlin, says that he uses tools based on the programming language Python to screen references he samples from Crossref, looking for mismatches in their metadata. So far, he has identified more than 500 papers with unresolved or mismatched DOIs, which he checked manually and reported on PubPeer — a platform for post-publication review.

    Another tool is CheckIfExist, an open-source platform that checks whether one or several references exist in scholarly databases. The tool, described in a preprint posted in January9, can help authors to avoid citing non-existent publications. Cabanac has worked with the French national research agency CNRS in Paris to develop another tool, called bibCheck, which has been made freely available to CNRS scientists. It checks whether a reference corresponds to an existing or retracted work.

    In Cabanac’s view, a paper with hallucinated citations should not be in the literature. It’s “like a plane flying with inexistent bolts”, he says. Once such a paper is identified, publishers must issue an expression of concern promptly and assess whether it needs to be corrected or retracted, he says.

    In several cases over the past year, publishers have retracted papers and books that were found to contain hallucinated citations.

    After Cabanac reported the International Dental Journal1 paper with the invalid reference to PubPeer in January, it was corrected in March to cite his preprint. Brett Duane, a public-dental-health researcher at Trinity College Dublin in Ireland and a co-author of the paper, which was about using ChatGPT to estimate carbon emissions in dental practices, says that ChatGPT was used to “help identify potentially relevant references for use in the manuscript, which were all independently reviewed and verified”. The reference to Cabanac’s work was “a corrupted citation, originating from an LLM suggestion” that was inadvertently added during drafting, he says, and did not affect the paper’s conclusions.

    Scholars are still debating whether and when hallucinated citations should be considered a form of research misconduct. Even major problems can happen unintentionally. For example, authors might use LLMs in a rush to format their reference list, unaware that AI has rephrased the citations, changed DOIs or added made-up references. Policies on AI use differ across journals. Most publishers require authors to disclose the use of AI, although what specific uses need to be disclosed varies. Policies also require human oversight of AI tools. Failing to verify their output could represent a lack of scientific rigour, according to several researchers who spoke to Nature.

    Even when the hallucinated citation doesn’t affect a paper’s findings and AI use is disclosed in accordance with journal policies, the journal must issue a public correction, Hosseini says.

    In a paper published in March, he and David Resnik, a bioethicist at the National Institute of Environmental Health Sciences in Research Triangle Park, North Carolina, suggest that citations that point to non-existent work in reviews and bibliometric studies should be classified as a form of research misconduct if the references serve as data that directly support findings and conclusions10. In this case, the invalid citations amount to data fabrication, they argue.

    In some cases, hallucinated citations might serve as a sign that the entire paper is fabricated, whether by an individual or a paper mill, a business that sells authorship slots. But the extent to which fabricated papers are contributing to the fake-citation problem is unclear.

    Spokespeople for Sage and Taylor & Francis told Nature that when a hallucinated citation is found in a submission, they might reject the manuscript or ask for a revision if the errors don’t affect the conclusions and don’t suggest wider misconduct. A spokesperson for Wiley said that “minor issues may be raised to the author for clarification”. Springer Nature said it withdraws submissions that are found to contain hallucinated references.

    Johnston says she is taking a hard line: when such a citation is found in a submission to RIPE, she says, the authors are prohibited from resubmitting the work to the journal.

    Hallucinated citations that make it into the academic literature can slow down and confuse other researchers’ efforts, and lead to false conclusions. Such errors can also create distrust in science, says Weber-Boer.

    Hosseini agrees: “Every fake citation is a problem in the literature that someone would have to deal with.”

    https://www.nature.com/articles/d41586-026-00969-z
    #AI #IA #intelligence_artificielle #citations #invention #recherche #littérature_scientifique #références #hallucination #LLM #bibliographie #Grounded_AI

  • Le Brésil temporise face à la pression américaine sur les terres rares, les négociations s’enlisent

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12396334

    https://www.fpop.media/le-bresil-temporise-face-a-la-pression-americaine-sur-les-terres-rares-les-n

    Washington veut sécuriser les terres rares brésiliennes afin de réduire sa dépendance à la Chine. Mais #Brasilia temporise, refuse toute exclusivité et exige une transformation locale. Malgré les milliards promis et les pressions diplomatiques, les négociations s’enlisent. Aucun accord n’est en vue.

    Par Georges Renard-Kuzmanovic & Pedro Guanaes

    Cherchant à réduire sa dépendance à la Chine, les États-Unis poussent le Brésil à conclure un accord sur les minerais critiques. Le Brésil se montre cependant moins enthousiaste, et les négociations, loin de progresser, semblent aujourd’hui s’enliser malgré l’intensification des pressions diplomatiques et financières de Washington.

    Le #Brésil détiendrait entre 19 % et 23 % des réserves mondiales de terres rares, juste derrière la #Chine. En particulier 17 éléments indispensables pour fabriquer des aimants puissants utilisés dans les missiles guidés, les moteurs électriques, les éoliennes ou les technologies électroniques avancées. Leur importance stratégique a explosé avec la transition énergétique et la militarisation des technologies.

    Le pays contrôle aussi presque tout le niobium mondial, métal essentiel pour les aciers très résistants utilisés dans les pipelines, les infrastructures énergétiques ou les moteurs d’avion. Il dispose également d’importantes réserves de lithium et de cobalt. Cette combinaison fait du Brésil un acteur central dans la recomposition géopolitique des matières premières.

    Selon des responsables américains et brésiliens, Donald Trump fait pression pour que le Brésil et les Etats-Unis concluent un accord visant à produire des terres rares stratégiques destinés à alimenter l’industrie, en particulier des technologies de pointe, et les armements des champs de bataille du futur – sujet critique pour les Etats-Unis compte tenu de l’embargo chinois sur les terres rares destinées à la production d’armes de pointe et compte tenu de la guerre en Iran qui consomme rapidement les trop maigres stocks américains de missiles. Les terres rares, le lithium, le cobalt ou encore le niobium sont devenus des ressources centrales dans la compétition technologique et militaire mondiale. Les États-Unis, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, voient dans le Brésil un partenaire potentiel capable de réduire leur dépendance à la Chine.

    Le Brésil, qui possède l’une des plus grandes réserves de terres rares au monde, a besoin d’investissements pour exploiter pleinement ce potentiel et transformer ses réserves en exportations. Mais le Brésil semble réticent à conclure un accord, car il souhaite garder le contrôle de ses ressources et tout en diversifiant ses partenaires commerciaux, et pas se cantonner uniquement aux États-Unis. Cette position s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification diplomatique et commerciale, au cœur de la politique étrangère brésilienne actuelle. Cette approche brésilienne est par ailleurs conforme aux logiques de développement des pays BRICS qui privilégient la diversification, plutôt que la dépendance envers un seul partenaire qui pourrait peser sur leur souveraineté, d’autant que nombre des pays BRICS ont d’amers souvenirs coloniaux ou néocoloniaux.

    En février, les autorités américaines ont envoyé une proposition d’accord bilatéral sur les minerais critiques, restée sans réponse, selon des responsables brésiliens qui ont bien voulu nous répondre, mais qui ont requis l’anonymat en raison du caractère confidentiel des discussions. Depuis, aucun progrès notable n’a été annoncé, et plusieurs signaux récents indiquent que Brasilia préfère temporiser plutôt que s’engager dans un partenariat jugé trop contraignant.

    Une offensive américaine plus directe

    Récemment, les États-Unis ont organisé à São Paulo un forum majeur sur les minerais critiques, dans l’espoir de conclure des accords entre le gouvernement américain et des entreprises minières brésiliennes. Washington souhaite investir des milliards de dollars dans ce secteur et a identifié au moins cinquante projets potentiels, selon un porte-parole de l’ambassade américaine. L’objectif est clair, accélérer l’exploitation des réserves brésiliennes pour construire des chaînes d’approvisionnement alternatives à la Chine.

    Le porte-parole a indiqué que le gouvernement brésilien avait été invité, mais n’a pas donné suite. En réalité, aucun représentant officiel de Brasilia n’a participé à l’événement, ont confirmé des responsables des deux pays. Cette absence a été interprétée comme un signal politique fort. La présidence de Luiz Inácio Lula da Silva n’a pas répondu aux questions sur cette décision, mais il s’agit clairement d’une volonté de ne pas apparaître aligné sur la stratégie américaine.

    Lula et le pouvoir brésilien actuel considèrent l’initiative américaine comme une tentative trop intrusive d’influencer la politique minière du pays. Washington cherche à orienter la stratégie industrielle brésilienne en échange d’investissements, ce que Brasilia refuse. Le Brésil veut conserver la maîtrise de ses ressources, de leur transformation et de leurs débouchés. La maîtrise de la souveraineté dans tous ces domaines est d’ailleurs un marqueur fort de la stratégie industrielle du Brésil.
    Il va sans dire que c’est la raison pour laquelle Donald Trump préfère un Bolsonaro, plus enclin à faire des concessions aux Américains, qu’un Lula plus indépendantiste.

    Peu avant ce forum, le principal diplomate américain au Brésil a signé directement un protocole d’accord avec le gouverneur de l’État de Goiás, riche en minerais stratégiques. Cette initiative illustre une nouvelle stratégie américaine visant à contourner le blocage fédéral et en multipliant les partenariats régionaux bilatéraux. Mais cette approche reste limitée. La loi brésilienne stipule que les minerais appartiennent à l’État fédéral, et que leur exploitation nécessite une autorisation nationale. Sans accord avec Brasilia, les initiatives locales restent symboliques.

    Le #Brésil refuse l’exclusivité

    Les deux pays discutent depuis des années d’une alliance sur les minerais critiques, mais les États-Unis adoptent désormais une approche beaucoup plus offensive. Washington souhaite obtenir, en échange de ses investissements, un accès prioritaire aux minerais brésiliens, notamment face à la Chine. Cette demande constitue l’un des principaux points de blocage, d’autant que la Brésil et la Chine ont une partenariat stratégique ancien et profond comme nous l’analysions dans cet interview.

    Le Brésil comme les #États-Unis cherchent pourtant à réduire leur dépendance à la Chine, qui domine largement l’extraction et surtout le raffinage d’éléments comme les terres rares, le #lithium ou le #cobalt (pour rappel, la Chine extrait plus de 60% des terres rares mondiales et surtout en raffine plus de 90%, rendant la planète entière dépendante). Mais leurs stratégies divergent. Washington veut sécuriser l’approvisionnement, alors que Brasilia veut construire une puissance industrielle en coopération avec tous les acteurs mondiaux qui doivent… respcter sa souveraineté, ce qui semble une gageur pour les Etats-Unis, peu habitué à ce qu’on leur résiste.

    Le président Lula a été clair publiquement : son pays veut conclure des accords, mais refuse de livrer ses ressources aux entreprises étrangères. « Ils ont déjà pris tout notre argent, notre or, nos diamants, notre minerai de fer. Qu’est-ce qu’ils veulent encore prendre ? », a-t-il déclaré lors d’une visite d’État en Afrique du Sud. Cette déclaration reflète une méfiance historique envers l’exploitation étrangère des ressources naturelles brésiliennes vu comme du néocolonialisme.

    Une bataille industrielle mondiale

    Longtemps exportateur de matières premières, le #Brésil veut désormais construire une chaîne industrielle complète, depuis l’extraction jusqu’à la transformation locale des minerais avant exportation. Cette stratégie vise à capter davantage de valeur ajoutée et à éviter le modèle historique d’économie extractive qui ne permettent pas aux pays de se développer et les maintiennent dans un état de #vassalisation face aux grandes puissances industrielles. D’autant que le Brésil a observé la Chine et a compris que la stratégie de cette dernière était payante : mieux vaut vendre le produit transformé, plutôt que la ressource brut.

    #Washington se dit prêt à investir dans cette filière, mais s’oppose à toute obligation de transformation sur le sol brésilien. Les États-Unis privilégient une chaîne d’approvisionnement flexible, dans laquelle les minerais pourraient être transformés ailleurs, notamment en Amérique du Nord.

    En échange de ses investissements, les États-Unis demandent un accès prioritaire aux minerais brésiliens, devant la Chine. Mais Brasilia, dont la diplomatie repose sur la diversification des partenaires, hésite à signer un accord exclusif. Le Brésil souhaite conserver la possibilité de vendre à différents blocs économiques, y compris #Pékin.

    Avec ses vastes réserves de terres rares, de lithium et d’autres métaux stratégiques, l’Amérique du Sud devient un terrain central de la rivalité mondiale entre la Chine et les États-Unis. Cette compétition s’étend désormais aux chaînes d’approvisionnement industrielles, aux investissements miniers et aux alliances économiques.

    Le Brésil s’interroge aussi sur la compatibilité d’un accord avec Washington avec ses autres partenariats commerciaux, notamment l’accord Mercosur-Union européenne et une coopération récente avec l’Inde sur les minerais critiques. Brasilia cherche à préserver une posture d’équilibre entre plusieurs pôles de puissance.

    Du côté américain, on estime que les deux pays auraient intérêt à coopérer. Les capitaux et le savoir-faire américains pourraient faire du Brésil une grande puissance minière, tandis que ses réserves permettraient aux États-Unis de réduire leur dépendance à la Chine. Mais l’équilibre entre souveraineté et investissement reste difficile à trouver, sinon impossible.

    Des tensions diplomatiques persistantes

    Les relations entre les deux pays restent tendues. Un incident récent a éclaté lorsqu’un haut diplomate américain a vu son visa annulé après que les autorités brésiliennes ont appris qu’il comptait rendre visite en prison à l’ancien président Jair Bolsonaro et rencontrer son fils, candidat à l’élection présidentielle. Cet épisode a renforcé la méfiance politique entre les deux capitales qui est déjà à un niveau assez élevé.
    Lors du dernier sommet des BRICS qui s’est tenu a Rio de Janeiro en juillet 2025, Donald Trump n’avait pas supporté les propositions visant à dédollariser l’économie mondiale et avait tweeté qu’il soutenait Jair Bolsonaro pour la présidentielle de 2026. Brasilia craint les ingérences américaines.

    L’an dernier, des négociations avaient déjà été perturbées lorsque Donald Trump avait imposé des droits de douane contre le Brésil pour aider, justement, Bolsonaro, son allié, dans ses difficultés judiciaires après l’élection de 2022. Lorsque Bolsonaro a finalement été condamné à 27 ans de prison, ces droits de douane ont été levés. Cet épisode a laissé des traces dans la relation bilatérale, comme ont laissé des traces les années de dictature soutenue par les Etats-Unis.

    Des responsables brésiliens affirment que le gouvernement n’est pas opposé à un partenariat, mais que Lula souhaite en discuter directement avec Trump lors d’une visite à la Maison-Blanche, reportée en raison de la guerre avec l’Iran. En attendant, les discussions restent au point mort.

    Pour l’instant, une seule mine brésilienne soutenue par des investisseurs américains produit de faibles quantités de terres rares, encore envoyées en #Chine pour être raffinées. Ce paradoxe illustre la domination chinoise dans le traitement des terres rares, même lorsque l’extraction se fait ailleurs.

    Mais cette mine a récemment résilié ses contrats de dix ans avec des entreprises chinoises, ouvrant la voie à des partenaires occidentaux. Le mois dernier, la U.S. International Development Finance Corporation a injecté 565 millions de dollars supplémentaires dans ce projet, en invoquant la nécessité de construire des chaînes d’approvisionnement sûres et transparentes. Malgré ces investissements, aucun accord global n’a encore été conclu. Le Brésil continue de temporiser, tandis que les États-Unis multiplient les initiatives pour sécuriser l’accès à des ressources devenues essentielles dans la rivalité stratégique du XXIe siècle.

  • Lecture d’un extrait du livre « Un chien arrive » de Camille Ruiz, paru aux Éditions Corti, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/un-chien-arrive-de-camille-ruiz

    Camille Ruiz observe au quotidien son chien Ziggy, un grand golden retriever aux « longs poils couleur plage », dans ce livre qui avance par fragments, mêlant souvenirs, lectures et scènes de promenade. À travers cette relation singulière, l’autrice interroge également les mécanismes de domination qui traversent nos sociétés, du corps féminin au corps animal. Une réflexion sensible et brillante sur l’attention, l’attachement, pour « rendre étrange ce qui est familier, familier ce qui est étrange. » Un livre « dessinant une carte de rencontres, d’anecdotes, de lieux se mettant à jour, creusant le sens du verbe tenir : dans le monde, se tenir, tenir au monde, montrer comme nous y tenons - autant que possible à l’écoute. »

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Portrait, #Corps, #Animal, #Chien, #Espace, #Brésil (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_un_chien_arrive_camille_ruiz.mp4

    https://editions-corti.fr/livres/un-chien-arrive

  • Lecture d’un extrait du livre « Mille millilitres de Ganymède » de Philippe Savet, paru aux Éditions Le nouvel Attila, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/mille-millilitres-de-ganymede-de-philippe-savet

    Philippe Savet détourne la figure mythologique du protégé de Jupiter dans une « catabase contemporaine ». Ici, Ganymède ne monte pas vers l’Olympe, il s’enfonce dans la nuit des clubs et l’addiction chimique. Après sa disparition, il ne reste rien de lui que des écrits poétiques, ainsi que les témoignages disparates de ses proches qui cherchent à comprendre ce qui lui est arrivé. Ce « livre à trous » explore une identité queer oscillant entre autodestruction et quête viscérale de liberté. À travers une narration discontinue, l’auteur étudie ce que l’excès et la vulnérabilité font au corps, transformant la consommation de drogues en un acte sacrificiel. Le récit refuse toute cohérence rassurante pour laisser place à une urgence de vivre brute, où le plaisir se mêle irrémédiablement à la perte de soi.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Portrait, #Sexualité, #Disparition, #Drogue, #Voix (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_mille_millilitres_de_ganymede_philippe_savet.mp4

    https://www.seuil.com/ouvrage/mille-millilitres-de-ganymede-philippe-savet/9782487749535

  • Invasione del #libano,Israele punta alle risorse idriche del fiume #Litani
    https://radioblackout.org/2026/03/invasione-del-libanoisraele-punta-alle-risorse-idriche-del-fiume-lita

    l ministro della Difesa israeliano, Israel Katz, ha dichiarato che l’esercito ha ricevuto l’ordine di accelerare la demolizione delle abitazioni libanesi nei villaggi di prima linea vicino al confine, “in linea con il modello applicato a Rafah e Beit Hanoun nella Striscia di Gaza”, città in gran parte rase al suolo durante l’aggressione genocidaria israeliana […]

    #L'informazione_di_Blackout #Beirut #guerra_invasione_israeliana
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/INFO-23032026-ELIANA-RIVA.mp3

  • Trois ans après l’#incendie de tonnes de batteries de #Bolloré Logistics près de #Rouen, un taux record de #lithium dans la #nappe_phréatique
    https://vert.eco/articles/trois-apres-lincendie-de-tonnes-de-batteries-de-bollore-logistics-pres-de-roue

    Les nappes situations. L’embrasement d’un #entrepôt exploité par le groupe Bolloré, survenu il y a trois ans à #Grand-Couronne, a provoqué une #pollution massive de la nappe phréatique au lithium, qui perdure et s’amplifie. Les différents industriels impliqués dans le sinistre se rejettent la responsabilité. Une enquête judiciaire est toujours en cours.

    #eau

  • Lecture d’un extrait du livre « Tout le monde quelque chose » de Corinne Lovera Vitali, paru aux Éditions MF, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/tout-le-monde-quelque-chose-de-corinne-lovera-vitali

    Corinne Lovera Vitali déploie un labyrinthe de monologues entretissés où douze voix s’expriment depuis leurs enfermements. Ce récit est conçu comme un « cabinet de parole » qui explore les méandres de la psyché à travers un flux de pensées obsessionnel, où le rythme devient l’unique souffle de liberté. Le texte aborde avec vivacité des thèmes universels comme les liens familiaux, le vieillissement et le besoin viscérale d’attention. L’autrice y interroge les pouvoirs et les impuissances du langage, utilisant la libre association pour traduire une forme d’aliénation ordinaire. C’est une œuvre exigeante sur la difficulté d’exister au-delà de ses propres égarements. Une invitation à devenir quelque chose d’autre que soi seul.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Portrait, #Femme, #Langage, #Temps, #Voix (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_tout_le_monde_quelque_chose_corinne_lovera_vitali.mp4

    https://www.editions-mf.com/produit/162/9782378041007/tout-le-monde-quelque-chose

  • "... The so-called lithium triangle — the Andean desert plateau sweeping from northern Chile and Argentina to southern Bolivia ..."

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12328021

    ♲ Miguel Afonso Caetano - 2026-03-10 21:46:41 GMT

    https://www.ft.com/content/0276e510-cbf2-4d9f-a790-a55d6667d9fc

    https://archive.is/rtzvl

    "The so-called #lithium triangle — the Andean desert plateau sweeping from northern #Chile and #Argentina to southern #Bolivia — contains over half of the world’s resources of lithium, an essential mineral for the energy transition. Just a few years ago, Argentina, Bolivia and Chile were all governed by the left. Today, only one of those countries still is, and its days are numbered.When José Antonio Kast assumes power in Chile on March 11, all three will be led by centre to rightwing presidents.

    [...]

    • [...]

      “... It’s a stunning reversal of political fortune with major implications for critical minerals. Among the region’s heads of state in recent years, there was talk of a “lithium Opec” to co-ordinate the sector, the return of resource nationalism and the rise of state-led green development — intermingled with the hope of social benefit within environmental limits. In stark contrast, Kast, Argentina’s Javier Milei and Rodrigo Paz in Bolivia have vowed to entice foreign investment, and are turning to US President Donald Trump for bilateral deals.

      But in the often opaque realm of resource extraction, appearances can be deceiving. These rightwing leaders are aligned with Trump, but China’s economic pull could well prove stronger. Avowed commitments to free markets and private investment are anachronistic in an era of state capitalism, and in sectors pervaded by the logic of national security. And in the peripheries where mining occurs, communities are no more tolerant of uncontrolled extraction than they were before these administrations took power. The stark realities of geopolitical and social conflict will shape lithium governance.”

      #énergie #resources #amérique_latine

  • L’armée israélienne a ordonné aux habitants de dizaines de villes et villages libanais, situés au sud du fleuve Litani (soit près de 8 % de la surface du Liban)

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12315266

    ♲ Rima Hassan - 2026-03-04 14:54:14 GMT

    RT : @ziadmajed L’armée #israél|ienne a ordonné aux habitants de dizaines de villes et villages #liban|ais, situés au sud du fleuve #Litani (soit près de 8 % de la surface du Liban), d’évacuer la zone immédiatement. Des dizaines de milliers de personnes (qui s’ajoutent à des dizaines de milliers)

  • Du coté du polar (février 2026)

    David S. Khara : Le laboratoire des ombres

    La fée électricité ? Ou sorcière ?

    « Le laboratoire des ombres », titre évocateur du thème central de ce roman signé David S. Khara, science sans conscience n’est que ruine de l’âme comme aurait dit un auteur du passé. C’est aussi un vrai laboratoire dans lequel l’auteur nous fait pénétrer, celui de Faraday qui, à Londres ici en 1841, poursuit empiriquement ses recherches sur l’électricité pour en faire un outil au service de tous.

    Michael Hardwick : Sherlock Holmes et l’affaire Dreyfus

    Il faut avoir une sacré dose de haine envers Sherlock Holmes pour le lancer dans une aventure perdue d’avance : innocenter le capitaine Dreyfus. Une affaire sans doute plus connue de ce côté ci du Channel que de celui de Holmes. Il se heurte comme tous les enquêteurs – appelés dreyfusards alors qu’il recherche la vérité ­ à la « raison d’État » représentée par son frère Mycroft essayant à toute force de la justifier, en reprenant les arguments de la hiérarchie militaire française, l’antisémitisme en moins, apparemment du moins. Holmes, comme d’autres, essayera de la faire évader et, comme toutes ces tentatives, ce sera un échec.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/01/du-cote-du-polar-fevrier-2026

    #littérature #polar

  • Lecture d’un extrait du livre « Nietzsche au piano » de Frédéric Pajak, paru aux Éditions Libretto, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/nietzsche-au-piano-de-frederic-pajak

    Frédéric Pajak explore la relation fusionnelle et tourmentée de Friedrich Nietzsche avec la musique. Le philosophe la considérait comme l’essence même de sa pensée. Nietzsche s’est perçu toute sa vie comme un compositeur, s’adonnant au piano et à la création d’œuvres souvent jugées maladroites par ses pairs. Le texte retrace son amitié passionnée puis sa rupture fracassante avec Richard Wagner, un déchirement né de divergences esthétiques et idéologiques profondes. Le philosophe a fini par rejeter le romantisme allemand au profit d’une musique « méditerranéenne », plus solaire et légère. À travers ce prisme, la vie de Nietzsche apparaît comme une quête de rédemption esthétique face à la solitude et à la maladie. Cette biographie illustrée démontre finalement que, pour lui, chaque phrase écrite possédait sa propre rythmique symphonique.

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Histoire, #Temps, #Ville, #Mémoire (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_nietzsche_au_piano_frederic_pajak.mp4

    https://www.editionslibretto.fr/catalogue/nietzsche-au-piano

  • La « romance », ce genre littéraire longtemps déconsidéré, est devenue incontournable en librairie
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/11/26/la-litterature-romance-rayonne-au-c-ur-des-librairies_6654842_4500055.html

    Profitant du succès de la fantasy, la romance queer, la comédie romantique ou la dark romance, des librairies indépendantes consacrées au genre de la romance ouvrent partout en France et misent sur la proximité avec leurs jeunes lectrices.
    Par Clémentine Goldszal
    Publié le 26 novembre 2025

    #Romance #Litterature_de_genre #Lecture

  • Lecture d’un extrait du livre « Recours à la nuit » de Virginie Gautier, paru aux Éditions Nous, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/recours-a-la-nuit-de-virginie-gautier

    Dans ce livre qui se situe à la croisée du journal, de l’essai, de la poésie et du récit sensible, Virginie Gautier n’explore pas la nuit pour la dissiper, mais pour y entrer pleinement, en éprouver les textures, les sons, les puissances discrètes. Fragment après fragment, l’autrice déplace notre manière de percevoir : moins voir, davantage sentir, toucher, écouter. La nuit devient un territoire à part entière, poétique et politique, qui résiste à la surveillance, à la vitesse et à la domination du visible. En interrogeant la lumière artificielle, la pollution lumineuse et notre besoin de maîtrise, le livre ouvre une réflexion profonde sur nos façons d’habiter le monde. Recours à la nuit est une invitation exigeante à ralentir et à retrouver, dans la pénombre, une attention plus juste au vivant.

    (...)

    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Histoire, #Temps, #Art, #Poésie, #Nuit, #Nature, #Création (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_recours_a_la_nuit_virginie_gautier.mp4

    https://www.editions-nous.com/main.html

  • Le Ministère du Futur : La camisole de gentillesse — Le dibbouk
    https://ledibbouk.net/le-ministere-du-futur-la-camisole-de-gentillesse.html

    En refermant le bouquin j’ai eu une image troublante concernant ma manière de m’installer à ma table pour écrire des fictions. J’ai eu l’impression d’être dans le film Vol au dessus d’un nid de coucou et qu’on m’avait flanqué sous camisole chimique. Une camisole de gentillesse

    #carnets

  • Lecture d’un extrait du livre « On ne verra pas les fleurs le long de la route » d’Eric Pessan, paru aux Éditions Aux forges de Vulcain, en 2026.

    https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/on-ne-verra-pas-les-fleurs-le-long-de-la-route-d-eric-pessan

    Un couple roule de nuit dans un paysage ravagé par les incendies, sans certitude d’arriver quelque part. Dans un monde où écrire et lire deviennent suspects, l’amour et la poésie restent des gestes de résistance fragiles mais essentiels. Le roman, parsemé d’un millier de fragments de livres inséré à l’intérieur des pages, à la manière du roman-collage de Yak Rivais, Les Demoiselles d’A. ou du centon Les mille et une phrases, d’Éric Simon, mêle errance et réflexion sur la catastrophe écologique et l’effondrement culturel. Une forme de révolte créative face à l’effacement programmé. Une mémoire de secours, une bibliothèque secrète protégée des menaces extérieures qui rappelle « tout ce que la littérature peut nous offrir. Tout ce qu’elle mettait en partage. Les communautés d’affinités qu’elle engendrait. »

    (...)
    #Radio_Marelle, #Écriture, #Livre, #Lecture, #En_lisant_en_écrivant, #Podcast, #Littérature, #Histoire, #Temps, #Ville, #Mémoire (...)

    https://liminaire.fr/IMG/mp4/en_lisant_on_ne_verra_pas_les_fleurs_le_long_de_la_route_eric_pessan.mp4

    https://auxforgesdevulcain.fr/a/eric-pessan/on-ne-verra-pas-les-fleurs-le-long-de-la-route