• [Info « Splann ! »] Nouvelle #pollution de la mine #Imerys à #Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-acides-ruisseau

    Un nouvel incident environnemental fragilise un peu plus Imerys auprès des élus du centre Bretagne. Déjà alertés par nos révélations sur un déversements de 3.000 litres de #Produits_chimiques, ils ont appris, le 23 juin, que 15 millions de litres d’effluents acides pollués par des métaux lourds avaient été déversés en amont de la #réserve_naturelle de Glomel. L’article [Info « Splann ! »] Nouvelle pollution de la mine Imerys à Glomel : 15 millions de litres d’effluents acides dans le ruisseau est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #acide_sulfurique #allier #Andalousite #arsenic #Association_de_mise_en_valeur #cadmium #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #Douar_Bev #dreal #eau_et_rivières_de_bretagne #emmanuel_macron #Gilles_Benveniste #le_faouët #lithium #loïg_chesnais-girard #magoar_penvern #mellionnec #mines #murielle_lepvraud #Refracterre #Sandra_Le_Nouvel #toxicité

  • [Vidéo] Le #gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez #Imerys #Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? »
    https://splann.org/pollution-imerys-glomel-gouvernement

    La députée LFI-NFP de Guingamp a interrogé le gouvernement au sujet du contrôle des installations minières, le 16 juin 2026, à l’Assemblée nationale. #murielle_lepvraud rebondissait sur nos révélations concernant un déversement de produits chimiques au sein du site Imerys de Glomel, dans le sud des Côtes-d’Armor. L’article [Vidéo] Le gouvernement interpellé sur le déversement de produits chimiques chez Imerys Glomel : « Entre l’andalousite et l’eau, que choisit-on ? » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #allier #Andalousite #anne_le_hénanff #assemblée_nationale #biodiversité #Côtes_d'Armor #eau #échassières #écosystème #emmanuel_macron #environnement #icpe #industrie_minière #inspection #installations_classées #lithium #mine #mines #pollution #relance_minière #sébastien_lecornu

  • La #protection_des_eaux européennes menacée au nom de la « #simplification »

    La #Commission_européenne veut réviser la #directive de protection des eaux, une des pierres angulaires de la politique environnementale, pour faciliter l’ouverture de #mines. L’#industrie_extractive jubile. Les ONG et les #services_de_traitement_des_eaux fulminent.

    Jeudi 16 avril, à Bruxelles, une petite dizaine de personnes sont rassemblées devant le bâtiment qui abrite la Commission européenne. Elles arborent des banderoles sur lesquelles des slogans dénoncent les #pollutions de l’eau liées à l’#extraction_minière. On trouve parmi elles des représentant·es d’ONG (WWF, Bureau européen de l’environnement) mais aussi des membres de communautés affectées par l’activité minière ou qui craignent de l’être.

    Par exemple, Simon Isak Marainen. Sa tenue traditionnelle montre son appartenance au peuple autochtone des Samis, en Suède. S’il est venu jusqu’à Bruxelles, c’est pour exprimer son indignation face aux projets d’extraction qui se multiplient en #Laponie, dont celui du gisement de #terres_rares de #Per-Geijer et le projet d’extraction de #graphite #Vittangi_Anode.

    Ces deux mines sont labellisées « #projets_stratégiques » par l’Union européenne (UE), qui vise davantage d’#autonomie vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en #matières_premières_critiques. Du point de vue de Simon Isak Marainen, « elles sont surtout une menace pour [le] mode de vie [des Samis], pour l’élevage de rennes et pour l’eau de toute la population de la région ».

    Au même moment, à quelques dizaines de mètres, dans les locaux du Conseil de l’UE, la Commission briefe des fonctionnaires issu·es des vingt-sept États membres au sujet de la révision inattendue, et controversée, de la directive-cadre sur l’eau. « Cette Commission veut plaire à l’industrie, et cela fait bien longtemps que l’#industrie_minière pousse pour rouvrir la directive-cadre sur l’eau », témoigne un expert d’un État membre, sous couvert d’anonymat.

    Cette directive, adoptée en 2000, est l’une des pierres fondatrices de l’acquis environnemental européen, dont l’objectif, contraignant pour les États membres, est d’atteindre un « bon état écologique et chimique » des eaux de surface et souterraines en 2027, dernier délai.

    Autonomie contre #écologie

    Les résultats sont loin d’être au rendez-vous : seules 39,5 % des masses d’eau européennes atteignent ce bon état écologique. La Commission, dans sa « Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau », datée de juin 2025, rappelait pourtant le rôle de « boussole » de cette directive, pointant plutôt les errances des États membres dans sa bonne application.

    Cette profession de foi n’a pourtant pas empêché la même Commission, quelques mois plus tard, le 2 décembre, de surprendre son monde, y compris ses propres services, en annonçant son intention de « réviser » le texte, afin de le « simplifier », en sautant la case de l’évaluation préalable. « Nous sommes profondément choqués de voir que la Commission semble répondre favorablement à l’industrie qui réclame littéralement un #droit_à_polluer », lance Sara Johansson, du Bureau européen de l’environnement.

    « Nous ne demandons pas un “droit à polluer”, rétorque Rolf Kuby, directeur d’#Euromines, le lobby européen de l’industrie minière, mais des adaptations nécessaires pour répondre aux besoins sociétaux et accroître l’autonomie européenne. L’UE a besoin de mines pour réaliser sa #transition_climatique, pour son industrie de défense, sans dépendre intégralement de pays tiers. »

    De fait, la Commission a lâché sa petite « bombe » au détour d’un paragraphe de son nouveau plan, #RESourceEU, destiné à « garantir l’approvisionnement européen en matières premières critiques », et donc à réduire les dépendances à l’égard de pays tiers. L’UE affiche un objectif : en 2030, elle devra puiser dans ses #sous-sols au moins 10 % des matières premières critiques qu’elle consomme, que l’on parle de graphite, de #lithium ou de terres rares.

    Depuis des années, l’industrie minière a bien compris l’argumentaire qu’elle peut en tirer, et focalise son attention sur la directive-cadre sur l’eau, qu’elle considère comme un obstacle au déploiement de ses nouveaux projets. Sa cible, c’est « le #principe_de_non-détérioration », c’est-à-dire le cœur de la directive, au centre de nombreux contentieux.

    Le risque du détricotage

    Selon ce principe, les autorités doivent refuser l’octroi d’un « #permis_d’environnement » à tout projet qui dégraderait l’état d’un cours d’eau ou d’eaux souterraines. La notion a été consolidée devant la Cour de justice de l’Union européenne en 2015, avec l’#arrêt_Weser qui stipulait que la dégradation d’un seul élément de qualité de l’eau devait aboutir au rejet d’un projet. La directive prévoit des exemptions à ce principe, mais la #non-détérioration reste un « obstacle énorme », assène Rolf Kuby.

    Les projets miniers, lorsqu’ils sont autorisés, le sont à l’issue d’un parcours de dix à quinze ans, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes européenne. Euromines s’est trouvé des compagnons de route en formant avec dix-sept autres associations professionnelles, dont celle qui représente le secteur pétrolier et gazier (l’#IOGP), une coalition informelle au sujet des permis d’activité ciblant notamment la directive sur l’eau.

    « Il est vrai qu’après l’arrêt Weser, la directive est devenue un puissant instrument pour bloquer des projets miniers, confirme Nick Voulvoulis, directeur adjoint au centre de politique environnementale de l’Imperial College, à Londres, spécialiste de l’eau. Et comme le bon état des eaux ne sera pas atteint en 2027, l’industrie y voit une occasion d’affaiblir la directive. Un tel affaiblissement irait à l’encontre des objectifs d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Il créerait un précédent vers la #dérégulation d’autres activités ayant un #impact_environnemental. »

    L’activité minière peut entraîner de multiples #pollutions, des #drainages_miniers_acides, des #contaminations aux #métaux_lourds, des rejets de #substances_chimiques. Cette possible recrudescence de pollutions locales inquiète au plus haut point les ONG mais aussi les services d’#eau_potable et d’#assainissement, réunis au sein d’#EurEau, car c’est à eux qu’incombe le traitement des eaux avant consommation.

    Pour Sébastien Mouret, conseiller politique chez EurEau, « si on affaiblit le principe de non-détérioration, les conséquences seront dramatiques pour les écosystèmes et pour l’eau potable, qui deviendra plus difficile à traiter. Les coûts du traitement augmenteraient et seraient reportés sur le consommateur. On se situerait aux antipodes du principe “pollueur payeur”, inscrit dans la directive mais rarement appliqué ».

    La Commission vient d’achever une rapide consultation publique au sujet de la révision à venir, dont les contours sont encore incertains. Contactée par Mediapart, une de ses porte-parole rappelle simplement que la commissaire suédoise en charge de l’environnement, Jessica Roswall, « a souligné les difficultés liées à la manière dont la directive est appliquée, en particulier en ce qui concerne les procédures d’octroi de permis pour des projets dans le secteur des matières premières critiques ».

    Même si la Commission ne propose qu’une révision ciblée de la directive (par exemple pour les seuls projets stratégiques d’extraction de l’UE), le résultat final pourrait lui échapper. Le Conseil mais surtout le Parlement pourraient se lancer dans un détricotage du texte à grands coups d’amendements. Les industries de la chimie, de la #cosmétique, les entreprises pharmaceutiques réclament aussi des assouplissements. La proposition de modification de la Commission européenne est attendue avant les vacances d’été.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300426/la-protection-des-eaux-europeennes-menacee-au-nom-de-la-simplification
    #eau #UE #EU #union_européenne #extractivisme #environnement

  • Transition sous tension, enquête sur l’ouverture d’une mine de lithium I 2024 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=DIdd9CU5EB8

    9 avr. 2024
    Ce film de Violeta Ramirez (52 minutes) est issu d’une enquête anthropologique menée dans l’Allier au sujet de la possible ouverture d’une mine de lithium. En interrogeant les différents acteurs du territoire, il montre la réception locale des politiques de transition énergétique et la perception des changements environnementaux.

    • Commentaire Olivier Maffre | LinkedIn
      25/04/2026
      https://www.linkedin.com/posts/omaffre_a-echassi%C3%A8res-lavenir-est-au-lithium-share-745342924091136819

      A #Echassières, l’avenir est au #lithium : le 4ème gisement mondial serait là, sous la commune. Mais qu’en pensent les habitants, et que dit ce projet des paradoxes de la transition des mobilités ?

      Le président, en gilet orange et casque bleu, l’a annoncé mercredi : la mine d’Echassières, dans l’Allier, va devenir un projet stratégique. Le but ? Extraire 34 000 tonnes de lithium pour équiper jusqu’à 700 000 voitures électriques par an. Rien que ça.

      Forcément, dans un village de 364 habitants, cela fait réagir. L’anthropologue Violeta Ramirez a justement réalisé l’an dernier « Transition sous tension », un excellent documentaire sur le sujet. Avec son approche de terrain, elle est allé voir les habitants. S’est intéressée à l’histoire de ce village, à la mine de kaolin qui s’y trouve déjà. A écouté ce qu’en disent les gens, les pour, les contre, les nouveaux, les anciens.

      "On va polluer pour permettre à des gens de ne pas polluer"

      Parmi les nombreux témoignages, on retrouve les craintes évidentes sur l’impact écologique ("l’eau, c’est le plus gros défi pour l’avenir"), les critiques déjà bien entendues et pas toujours justifiées ("et les batteries, on en fait quoi après ?"). Il y a ceux qui y voient d’abord l’opportunité économique ("une opportunité pour développer l’Allier", « relancer la commune », « créer des emplois »), et ceux qui s’y opposent viscéralement et qui (re)constituent des luttes à différentes échelles ("ce système là on en veut pas").

      L’électrification cache misère de l’inaction sur la sobriété ?

      Au milieu de toutes les réactions se niche une réflexion cruciale pour l’électrification des mobilités, livrée par une habitante aussi ingénieure : « faire une transition écologique sans revoir massivement nos modes de consommation et notre modèle de société, ça n’a pas de sens ». C’est exactement ce que rappelle Yves Marignac, porte parole de l’Association négaWatt lorsqu’il écrit que « la sobriété d’usage reste le seul levier activable pour faire baisser rapidement les consommations de pétrole, et plus largement d’énergie ».

      Ainsi, si l’électrification est un passage nécessaire et urgent pour nos mobilités, elle pourrait aussi être une funeste fuite en avant. Le coût considérable pour les territoires et les ressources d’une telle mine serait encore plus terrible s’il n’était pas associé à une trajectoire de réduction des consommations.

      Nous découvrons avec Echassières le coût environnemental de nos modes de vie, qui reposent jusqu’ici sur une extraction pétrolière et minière hors de nos vues et de nos vies. C’est peut-être l’occasion de donner naissance à un grand débat, qui aurait intérêt à être le plus ouvert et le plus démocratique possible : face à la réalité des impacts écologiques de l’énergie, que sommes-nous prêts à consentir ? La sobriété peut-elle devenir une réelle perspective, un projet partagé, ou est-elle condamnée à n’être qu’un emballage ponctuel des discours politiques ?

    • Commentaire d’un habitant de Montluçon :

      – « Tu te rends compte, ça doit créer 2500 emplois. Et c’est le futur, le Lithium ».

      Et de lui répondre que ça va extraire plusieurs millions de tonnes de granit pour extraire quelques dizaines de milliers de tonnes de lithium, alors même que les chinois commencent à sortir des batteries sans lithium (comprendre que le futur de la batterie, ce n’est pas le lithium), et que les méga-usines de batteries françaises sont annulées les unes après les autres.

      Je me déteste quand je sors en collectivité.

      https://seenthis.net/messages/1046731

  • Les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, sont au cœur d’une nouvelle ruée minière
    https://theconversation.com/les-minerais-critiques-essentiels-a-la-transition-energetique-sont-

    Les bases d’une gouvernance mondiale pour les minerais critiques, essentiels à la transition énergétique, se heurtent à une course stratégique entre grandes puissances et pays producteurs, où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement prime sur l’écologie, la justice sociale et les droits des communautés locales.

    La #COP30, qui s’est tenue à #Belém au #Brésil en novembre dernier, a été la première à mettre les #minerais_critiques sous les feux des projecteurs. S’en est suivie en décembre la 7e Assemblée des #Nations_unies pour l’Environnement (#UNEA-7), à #Nairobi, au #Kenya.

    Ces minerais critiques, essentiels pour les technologies bas carbone, se situent en très grande majorité dans les pays du #Sud_Global. La République démocratique du #Congo détient près de 50 % des réserves mondiales de #cobalt, le #Chili, l’#Argentine et la #Bolivie représentent plus de 35 % des réserves de #lithium. Le Chili détient également près de 30 % des réserves mondiales de #cuivre tandis que les #Philippines et l’#Indonésie sont les premiers producteurs de #nickel.

  • Le Brésil temporise face à la pression américaine sur les terres rares, les négociations s’enlisent

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12396334

    https://www.fpop.media/le-bresil-temporise-face-a-la-pression-americaine-sur-les-terres-rares-les-n

    Washington veut sécuriser les terres rares brésiliennes afin de réduire sa dépendance à la Chine. Mais #Brasilia temporise, refuse toute exclusivité et exige une transformation locale. Malgré les milliards promis et les pressions diplomatiques, les négociations s’enlisent. Aucun accord n’est en vue.

    Par Georges Renard-Kuzmanovic & Pedro Guanaes

    Cherchant à réduire sa dépendance à la Chine, les États-Unis poussent le Brésil à conclure un accord sur les minerais critiques. Le Brésil se montre cependant moins enthousiaste, et les négociations, loin de progresser, semblent aujourd’hui s’enliser malgré l’intensification des pressions diplomatiques et financières de Washington.

    Le #Brésil détiendrait entre 19 % et 23 % des réserves mondiales de terres rares, juste derrière la #Chine. En particulier 17 éléments indispensables pour fabriquer des aimants puissants utilisés dans les missiles guidés, les moteurs électriques, les éoliennes ou les technologies électroniques avancées. Leur importance stratégique a explosé avec la transition énergétique et la militarisation des technologies.

    Le pays contrôle aussi presque tout le niobium mondial, métal essentiel pour les aciers très résistants utilisés dans les pipelines, les infrastructures énergétiques ou les moteurs d’avion. Il dispose également d’importantes réserves de lithium et de cobalt. Cette combinaison fait du Brésil un acteur central dans la recomposition géopolitique des matières premières.

    Selon des responsables américains et brésiliens, Donald Trump fait pression pour que le Brésil et les Etats-Unis concluent un accord visant à produire des terres rares stratégiques destinés à alimenter l’industrie, en particulier des technologies de pointe, et les armements des champs de bataille du futur – sujet critique pour les Etats-Unis compte tenu de l’embargo chinois sur les terres rares destinées à la production d’armes de pointe et compte tenu de la guerre en Iran qui consomme rapidement les trop maigres stocks américains de missiles. Les terres rares, le lithium, le cobalt ou encore le niobium sont devenus des ressources centrales dans la compétition technologique et militaire mondiale. Les États-Unis, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, voient dans le Brésil un partenaire potentiel capable de réduire leur dépendance à la Chine.

    Le Brésil, qui possède l’une des plus grandes réserves de terres rares au monde, a besoin d’investissements pour exploiter pleinement ce potentiel et transformer ses réserves en exportations. Mais le Brésil semble réticent à conclure un accord, car il souhaite garder le contrôle de ses ressources et tout en diversifiant ses partenaires commerciaux, et pas se cantonner uniquement aux États-Unis. Cette position s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification diplomatique et commerciale, au cœur de la politique étrangère brésilienne actuelle. Cette approche brésilienne est par ailleurs conforme aux logiques de développement des pays BRICS qui privilégient la diversification, plutôt que la dépendance envers un seul partenaire qui pourrait peser sur leur souveraineté, d’autant que nombre des pays BRICS ont d’amers souvenirs coloniaux ou néocoloniaux.

    En février, les autorités américaines ont envoyé une proposition d’accord bilatéral sur les minerais critiques, restée sans réponse, selon des responsables brésiliens qui ont bien voulu nous répondre, mais qui ont requis l’anonymat en raison du caractère confidentiel des discussions. Depuis, aucun progrès notable n’a été annoncé, et plusieurs signaux récents indiquent que Brasilia préfère temporiser plutôt que s’engager dans un partenariat jugé trop contraignant.

    Une offensive américaine plus directe

    Récemment, les États-Unis ont organisé à São Paulo un forum majeur sur les minerais critiques, dans l’espoir de conclure des accords entre le gouvernement américain et des entreprises minières brésiliennes. Washington souhaite investir des milliards de dollars dans ce secteur et a identifié au moins cinquante projets potentiels, selon un porte-parole de l’ambassade américaine. L’objectif est clair, accélérer l’exploitation des réserves brésiliennes pour construire des chaînes d’approvisionnement alternatives à la Chine.

    Le porte-parole a indiqué que le gouvernement brésilien avait été invité, mais n’a pas donné suite. En réalité, aucun représentant officiel de Brasilia n’a participé à l’événement, ont confirmé des responsables des deux pays. Cette absence a été interprétée comme un signal politique fort. La présidence de Luiz Inácio Lula da Silva n’a pas répondu aux questions sur cette décision, mais il s’agit clairement d’une volonté de ne pas apparaître aligné sur la stratégie américaine.

    Lula et le pouvoir brésilien actuel considèrent l’initiative américaine comme une tentative trop intrusive d’influencer la politique minière du pays. Washington cherche à orienter la stratégie industrielle brésilienne en échange d’investissements, ce que Brasilia refuse. Le Brésil veut conserver la maîtrise de ses ressources, de leur transformation et de leurs débouchés. La maîtrise de la souveraineté dans tous ces domaines est d’ailleurs un marqueur fort de la stratégie industrielle du Brésil.
    Il va sans dire que c’est la raison pour laquelle Donald Trump préfère un Bolsonaro, plus enclin à faire des concessions aux Américains, qu’un Lula plus indépendantiste.

    Peu avant ce forum, le principal diplomate américain au Brésil a signé directement un protocole d’accord avec le gouverneur de l’État de Goiás, riche en minerais stratégiques. Cette initiative illustre une nouvelle stratégie américaine visant à contourner le blocage fédéral et en multipliant les partenariats régionaux bilatéraux. Mais cette approche reste limitée. La loi brésilienne stipule que les minerais appartiennent à l’État fédéral, et que leur exploitation nécessite une autorisation nationale. Sans accord avec Brasilia, les initiatives locales restent symboliques.

    Le #Brésil refuse l’exclusivité

    Les deux pays discutent depuis des années d’une alliance sur les minerais critiques, mais les États-Unis adoptent désormais une approche beaucoup plus offensive. Washington souhaite obtenir, en échange de ses investissements, un accès prioritaire aux minerais brésiliens, notamment face à la Chine. Cette demande constitue l’un des principaux points de blocage, d’autant que la Brésil et la Chine ont une partenariat stratégique ancien et profond comme nous l’analysions dans cet interview.

    Le Brésil comme les #États-Unis cherchent pourtant à réduire leur dépendance à la Chine, qui domine largement l’extraction et surtout le raffinage d’éléments comme les terres rares, le #lithium ou le #cobalt (pour rappel, la Chine extrait plus de 60% des terres rares mondiales et surtout en raffine plus de 90%, rendant la planète entière dépendante). Mais leurs stratégies divergent. Washington veut sécuriser l’approvisionnement, alors que Brasilia veut construire une puissance industrielle en coopération avec tous les acteurs mondiaux qui doivent… respcter sa souveraineté, ce qui semble une gageur pour les Etats-Unis, peu habitué à ce qu’on leur résiste.

    Le président Lula a été clair publiquement : son pays veut conclure des accords, mais refuse de livrer ses ressources aux entreprises étrangères. « Ils ont déjà pris tout notre argent, notre or, nos diamants, notre minerai de fer. Qu’est-ce qu’ils veulent encore prendre ? », a-t-il déclaré lors d’une visite d’État en Afrique du Sud. Cette déclaration reflète une méfiance historique envers l’exploitation étrangère des ressources naturelles brésiliennes vu comme du néocolonialisme.

    Une bataille industrielle mondiale

    Longtemps exportateur de matières premières, le #Brésil veut désormais construire une chaîne industrielle complète, depuis l’extraction jusqu’à la transformation locale des minerais avant exportation. Cette stratégie vise à capter davantage de valeur ajoutée et à éviter le modèle historique d’économie extractive qui ne permettent pas aux pays de se développer et les maintiennent dans un état de #vassalisation face aux grandes puissances industrielles. D’autant que le Brésil a observé la Chine et a compris que la stratégie de cette dernière était payante : mieux vaut vendre le produit transformé, plutôt que la ressource brut.

    #Washington se dit prêt à investir dans cette filière, mais s’oppose à toute obligation de transformation sur le sol brésilien. Les États-Unis privilégient une chaîne d’approvisionnement flexible, dans laquelle les minerais pourraient être transformés ailleurs, notamment en Amérique du Nord.

    En échange de ses investissements, les États-Unis demandent un accès prioritaire aux minerais brésiliens, devant la Chine. Mais Brasilia, dont la diplomatie repose sur la diversification des partenaires, hésite à signer un accord exclusif. Le Brésil souhaite conserver la possibilité de vendre à différents blocs économiques, y compris #Pékin.

    Avec ses vastes réserves de terres rares, de lithium et d’autres métaux stratégiques, l’Amérique du Sud devient un terrain central de la rivalité mondiale entre la Chine et les États-Unis. Cette compétition s’étend désormais aux chaînes d’approvisionnement industrielles, aux investissements miniers et aux alliances économiques.

    Le Brésil s’interroge aussi sur la compatibilité d’un accord avec Washington avec ses autres partenariats commerciaux, notamment l’accord Mercosur-Union européenne et une coopération récente avec l’Inde sur les minerais critiques. Brasilia cherche à préserver une posture d’équilibre entre plusieurs pôles de puissance.

    Du côté américain, on estime que les deux pays auraient intérêt à coopérer. Les capitaux et le savoir-faire américains pourraient faire du Brésil une grande puissance minière, tandis que ses réserves permettraient aux États-Unis de réduire leur dépendance à la Chine. Mais l’équilibre entre souveraineté et investissement reste difficile à trouver, sinon impossible.

    Des tensions diplomatiques persistantes

    Les relations entre les deux pays restent tendues. Un incident récent a éclaté lorsqu’un haut diplomate américain a vu son visa annulé après que les autorités brésiliennes ont appris qu’il comptait rendre visite en prison à l’ancien président Jair Bolsonaro et rencontrer son fils, candidat à l’élection présidentielle. Cet épisode a renforcé la méfiance politique entre les deux capitales qui est déjà à un niveau assez élevé.
    Lors du dernier sommet des BRICS qui s’est tenu a Rio de Janeiro en juillet 2025, Donald Trump n’avait pas supporté les propositions visant à dédollariser l’économie mondiale et avait tweeté qu’il soutenait Jair Bolsonaro pour la présidentielle de 2026. Brasilia craint les ingérences américaines.

    L’an dernier, des négociations avaient déjà été perturbées lorsque Donald Trump avait imposé des droits de douane contre le Brésil pour aider, justement, Bolsonaro, son allié, dans ses difficultés judiciaires après l’élection de 2022. Lorsque Bolsonaro a finalement été condamné à 27 ans de prison, ces droits de douane ont été levés. Cet épisode a laissé des traces dans la relation bilatérale, comme ont laissé des traces les années de dictature soutenue par les Etats-Unis.

    Des responsables brésiliens affirment que le gouvernement n’est pas opposé à un partenariat, mais que Lula souhaite en discuter directement avec Trump lors d’une visite à la Maison-Blanche, reportée en raison de la guerre avec l’Iran. En attendant, les discussions restent au point mort.

    Pour l’instant, une seule mine brésilienne soutenue par des investisseurs américains produit de faibles quantités de terres rares, encore envoyées en #Chine pour être raffinées. Ce paradoxe illustre la domination chinoise dans le traitement des terres rares, même lorsque l’extraction se fait ailleurs.

    Mais cette mine a récemment résilié ses contrats de dix ans avec des entreprises chinoises, ouvrant la voie à des partenaires occidentaux. Le mois dernier, la U.S. International Development Finance Corporation a injecté 565 millions de dollars supplémentaires dans ce projet, en invoquant la nécessité de construire des chaînes d’approvisionnement sûres et transparentes. Malgré ces investissements, aucun accord global n’a encore été conclu. Le Brésil continue de temporiser, tandis que les États-Unis multiplient les initiatives pour sécuriser l’accès à des ressources devenues essentielles dans la rivalité stratégique du XXIe siècle.

  • Trois ans après l’#incendie de tonnes de batteries de #Bolloré Logistics près de #Rouen, un taux record de #lithium dans la #nappe_phréatique
    https://vert.eco/articles/trois-apres-lincendie-de-tonnes-de-batteries-de-bollore-logistics-pres-de-roue

    Les nappes situations. L’embrasement d’un #entrepôt exploité par le groupe Bolloré, survenu il y a trois ans à #Grand-Couronne, a provoqué une #pollution massive de la nappe phréatique au lithium, qui perdure et s’amplifie. Les différents industriels impliqués dans le sinistre se rejettent la responsabilité. Une enquête judiciaire est toujours en cours.

    #eau

  • "... The so-called lithium triangle — the Andean desert plateau sweeping from northern Chile and Argentina to southern Bolivia ..."

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12328021

    ♲ Miguel Afonso Caetano - 2026-03-10 21:46:41 GMT

    https://www.ft.com/content/0276e510-cbf2-4d9f-a790-a55d6667d9fc

    https://archive.is/rtzvl

    "The so-called #lithium triangle — the Andean desert plateau sweeping from northern #Chile and #Argentina to southern #Bolivia — contains over half of the world’s resources of lithium, an essential mineral for the energy transition. Just a few years ago, Argentina, Bolivia and Chile were all governed by the left. Today, only one of those countries still is, and its days are numbered.When José Antonio Kast assumes power in Chile on March 11, all three will be led by centre to rightwing presidents.

    [...]

    • [...]

      “... It’s a stunning reversal of political fortune with major implications for critical minerals. Among the region’s heads of state in recent years, there was talk of a “lithium Opec” to co-ordinate the sector, the return of resource nationalism and the rise of state-led green development — intermingled with the hope of social benefit within environmental limits. In stark contrast, Kast, Argentina’s Javier Milei and Rodrigo Paz in Bolivia have vowed to entice foreign investment, and are turning to US President Donald Trump for bilateral deals.

      But in the often opaque realm of resource extraction, appearances can be deceiving. These rightwing leaders are aligned with Trump, but China’s economic pull could well prove stronger. Avowed commitments to free markets and private investment are anachronistic in an era of state capitalism, and in sectors pervaded by the logic of national security. And in the peripheries where mining occurs, communities are no more tolerant of uncontrolled extraction than they were before these administrations took power. The stark realities of geopolitical and social conflict will shape lithium governance.”

      #énergie #resources #amérique_latine

  • The Tech Billionaires Behind Trump’s Greenland Push
    https://jacobin.com/2026/01/trump-silicon-valley-greenland-crypto

    Silicon Valley oligarchs like Peter Thiel and Marc Andreessen have much to gain from Donald Trump’s seizure of Greenland, both as a source of rare earth minerals to feed the AI boom and as a site for a libertarian “crypto state.”

    Nationalistes contre impérialistes - qui va gagner ?

    16.1.2025 by Lois Parshley - President Donald Trump started his second term with his sights set on Greenland.

    Silicon Valley oligarchs like Peter Thiel and Marc Andreessen have much to gain from Donald Trump’s seizure of Greenland, both as a source of rare earth minerals to feed the AI boom and as a site for a libertarian “crypto state.”

    When Trump first proposed buying the arctic nation during his first administration, it was treated like a joke. But in a phone call last week with Denmark’s prime minister, who controls the autonomous territory’s foreign policy, the president doubled down on his efforts to seize power. In the “aggressive and confrontational” conversation, Trump threatened tariffs if he didn’t get his way. In a news conference earlier this month, he also refused to rule out the use of military force. Now Denmark is taking him seriously: on Monday, it announced a $2 billion military expansion in the Arctic.

    Though the island is not for sale, the president emphasizedGreenland’s importance to US national security. Left unspoken: a US takeover could weaken the country’s mining laws and ban on private property, aiding Trump donors’ plans to profit from the island’s mineral deposits and build a libertarian techno-city.

    Trump, who has summarized his own natural resources policy as “drill, baby, drill,” would likely approach the island’s natural resources quite differently from Greenland’s current government, which has opposed large extractive projects.

    In 2019, Trump’s ambassador to Denmark and Greenland visited a major rare-earth mining project on the island shortly before Trump’s first calls to buy the country. Opposition to the mine ushered liberal political party Inuit Ataqatigiit into power two years later, which halted the mine and banned all future oil development.

    The president’s renewed intention to take over Greenland has reignited debates over its sovereignty, as the country grapples with the trade-offs between economic opportunity and independence from Denmark. As the country’s glaciers recede, it’s also facing sweeping climate-driven transformations, threatening traditional industries like fishing and hunting and exposing valuable mineral resources.

    These shifts have prompted interest from powerful players associated with Trump. Tech moguls in the front row of his inauguration, like Mark Zuckerberg and Jeff Bezos, are also investors in a start-up aiming to mine western Greenland for materials crucial to the artificial intelligence boom.

    That company, KoBold Metals, uses artificial intelligence to locate and extract rare earth minerals. Their proprietary algorithm parses government-funded geological surveys and other data to locate significant deposits. The program pinpointed southwest Greenland’s rugged coastline, where the company now has a 51 percent stake in the Disko-Nuussuaq project, searching for minerals like copper.

    Just two weeks before some of its investors were glad-handing at the Capitol celebrations, KoBold Metals raised $537 million in its latest funding round, bringing its valuation to almost $3 billion. Among the contributors was a leading venture capital firm founded by Marc Andreessen, an early Silicon Valley entrepreneur who has helped shape the administration’s technology policies, including consulting with Trump’s Department of Government Efficiency as a self-proclaimed “unpaid intern.”

    “We believe in adventure,” Andreessen wrote in a lengthy 2023 manifesto that outlined his criticisms of centralized government, advocating for technologists to take control, “rebelling against the status quo, mapping uncharted territory, conquering dragons, and bringing home the spoils for our community.” Connie Chan, a general partner at his venture capital firm Andreessen Horowitz, is listed as a KoBold director in its 2022 Securities and Exchange Commission filing.

    In addition to KoBold, Andreessen has also backed other ventures eyeing the arctic nation: he is a significant investor in Praxis Nation, a project aiming to use Greenland to establish a “crypto state,” a self-governing, experimental community built around libertarian ideals and technology like cryptocurrency.

    The venture is also funded in part by Pronomos Capital, a venture capital group founded by the grandson of economist Milton Friedman and bankrolled by libertarian figures such as Peter Thiel, whose own family reportedly managed a uranium mine in Namibia. Pronomos aims to create private, business-friendly charter cities like Praxis, often in developing countries where investors could write their own laws and regulations.

    These “broligarchs” now have the ear of the president. Thiel has been a significant supporter of Trump, throwing millions of dollars behind him throughout his political career and introducing him to current Vice President J. D. Vance.

    Most notable, in December, Trump announced Thiel’s partner Ken Howery as his Danish ambassador, making his intentions explicitly clear: “The United States of America feels that the ownership and control of Greenland is an absolute necessity,” he wrote on TruthSocial, his social media platform.

    Greenland’s prime minister Múte Egede flatly rejected the idea, responding on Facebook, “Greenland is ours. We are not for sale and will never be for sale. We must not lose our long struggle for freedom.”
    When the Price Is Too High

    For centuries, the fight to control Greenland has revolved around its natural resources. The ice-gripped country has been part of Denmark since 1721 when a merchant-backed missionary expedition sought to spread Christianity to its Inuit population — and expand whaling and trade routes.

    Greenland gained autonomy from Denmark in 1979, though the Danes continued to control its foreign relations and defense, allowing the United States to build and operate military bases there. In a 2008 referendum, Greenlanders voted for greater independence, allowing them to take control of their natural resources along with other state functions.

    That same year, the US Geological Survey found the country had one of the world’s largest potential oil and gas reserves. More recent estimates suggest that the Arctic could hold 13 percent of the world’s undiscovered oil and 30 percent of its undiscovered natural gas. The report drew the attention of major oil companies like ConocoPhillips, Chevron, and BP, which began acquiring exploration licenses and conducting surveys around Greenland and its offshore areas.

    But producing oil in such harsh conditions is difficult and expensive due to high transportation costs and infrastructure limitations. ExxonMobil, for example, withdrew its application in 2013, as a downward trend in oil prices made further development economically unfeasible.

    When Siumut, a pro-independence political party, came into power earlier that year, leader Aleqa Hammond declared the country would instead transition to mineral extraction, saying, “If we want greater autonomy from Denmark, we have to finance it ourselves. This means finding new sources of income.” In 2014, the government announced a four-year national plan to create “new income and employment opportunities in the area of mineral resources activities.”

    Because Greenland’s vast mineral deposits often contain uranium, however, the burgeoning mining industry quickly came into conflict with Denmark’s strict policy against extracting radioactive materials. Denmark chose not to develop nuclear energy in the 1980s, and has comparatively strict regulations around radiation protections.

    One of the measures the Siumut-led government took in 2014 was proposing a bill that would have limited public access to environmental information and decision-making processes around mineral extraction. It also lowered environmental standards for uranium mining.

    The bill failed to pass, but with Siumut’s support, an international project hoping to extract uranium and rare-earth metals gained preliminary approval. The Australian-based company Greenland Minerals (now called Energy Transition Minerals) found backing from Chinese Shenghe Resources Holdings, and brought Trump’s Greenland ambassador Carla Sands to the site for a visit in July 2019. The following month, Trump announced he wanted to buy the island, comparing it to “a large real estate deal.”

    Sands, a former chiropractor and soap opera actress, now works for the America First Policy Institute, a conservative think tank concerned with strengthening the US mineral supply chains, among other nationalist issues.

    Energy Transition Minerals’ proposed mine triggered massive controversy: concerns over the potential impact on critical fishing industries and food supplies ushered the Siumut party out of decades of power in 2021. “There is an ongoing, generational dialectic,” says Barry Zellen, a senior fellow of Arctic Security at the Institute of the North, between pro-development and pro-subsistence movements “that tends to swing pendularly.”

    As the more left-leaning Inuit Ataqatigiit party took over, it quickly passed a law reinstating limits around uranium that revoked Energy Transition Minerals’ permits and banned all future oil and gas exploration.

    “The price of oil extraction is too high,” the party wrote in a statement at the time. “This is based upon economic calculations, but considerations of the impact on climate and the environment also play a central role in the decision.”

    These kinds of environmental protections are exactly what Trump aims to remove from American mining. On his own first day in office, one of Trump’s many executive orders directedgovernment officials to remove “undue burdens” on the industry, so that the United States could become “the leading producer and processor of nonfuel minerals, including rare earth minerals.”
    “I Went to Greenland to Try to Buy It”

    The push for control of the arctic country comes as deep-pocketed investors like Andreessen have been drawn to start-ups hoping to build experimental enclaves, sold by the promise of freedom from the constraints of government.

    Proposals for these cryptostates have sprung up in Honduras, Nigeria, the Marshall Islands, and Panama, the latter of which Trump has also recently proposed taking over by military force. While each concept looks a little different, often the sales pitch includes replacing taxes and regulations with cryptocurrency and blockchain.

    For Praxis, these utopian dreams have led to Greenland, which is often incorrectly imagined as an unpopulated frontier. “I went to Greenland to try to buy it,” Praxis founder Dryden Brown posted on X in November, noting he first became interested in the island “when Trump offered to buy it in 2019.” Once in Nuuk, he learned that the country has long sought independence from Denmark and that many Greenlanders support sovereignty, though the country remains reliant on Denmark for financial support. It currently receives $500 million a year in Danish subsidies that account for 20 percent of the economy.

    “They do not want to be ‘bought,’” Brown belatedly discovered, concluding, “There is an obvious opportunity here.” He proposed taxes from an independently run city like Praxis could help replace Danish subsidies.

    Greenland, however, does not allow private property, an arrangement that historically has given communities a stronger voice in determining how or if its natural resources are developed — and could prove a problem for Brown’s planned utopia. But perhaps that could change under a new government.

    On Monday, in response to a post referencing “Trump’s projects related to Greenland,” Praxis’s official X account — whose bio reads “We’re meant for more” below a version of the endeavor’s hallucinogenic flag — boasted about “A new post-state in the far North.”

    A new post-state in the far North. https://t.co/2CeRt5mZn2

    — 𝔭𝔯𝔞𝔵𝔦𝔰 (@praxisnation) January 27, 2025

    The start-up “nation” has raised $525 million, though Brown, who dropped out of New York University and was fired from his last hedge fund job, hasn’t shared many specifics on Praxis’s website about his proposal for Greenland. (His previous efforts to build a city somewhere in the Mediterranean have also so far remained vague, beyond a branding guide that focused on “traditional, European/Western beauty standards” and recruiting tech employees with “hot girls.”)

    But other tech tycoons’ plans for the island are more concrete.
    “This Is About Critical Minerals”

    Greenland is warming at a much faster rate than the rest of the planet, causing its glaciers to precipitously retreat. As the ice recedes, these valuable deposits are becoming more accessible. A 2023 European Commission survey revealed that Greenland has twenty-five out of thirty-four minerals classified as critical raw materials, or resources that are essential to the green energy transition but have a high risk of disrupted supply chains. The country boasts some of the world’s largest deposits of nickel and cobalt, and collectively, its mineral reserves almost equal those of the United States.

    This wealth of resources has drawn the attention of companies like KoBold Metals, whose Silicon Valley backers have a vested interest in supplying materials for the tech industry.

    KoBold has positioned itself as providing critical solutions for climate change, facilitating a global reduction in greenhouse gas emissions by supplying the materials needed for batteries and other renewable technologies. The company hailed President Joe Biden’s use of the Defense Production Act to encourage mining in 2022, along with the Inflation Reduction Act’s measures to subsidize international mining for rare earth minerals.

    In Greenland, KoBold Metals’ exploration licenses focus on searching for nickel, copper, cobalt, and platinum-group minerals — materials important for green energy, but also for data centers’ rapid growth.

    KoBold’s primary development so far has been developing a copper mine in Zambia, the largest such find in a century. Copper is used as a key material in the construction of data centers, and is crucial for artificial intelligence’s infrastructure. The AI boom is expected to nearly double the demand for copper by 2050. “We invested in KoBold,” OpenAI chief executive officer Sam Altman said, to “find new deposits.”

    Its Zambia venture, too, has been part of a global power struggle, as the Biden administration backed the development of a railway to transport metals from the region to a port in Angola. The initiative was part of a broader US effort to counter China’s growing presence in Africa, offering investments as an alternative to its Belt and Road Initiative, a trade and infrastructure package.

    KoBold’s top executive, however, likes to focus on lithium. “The growth [of lithium demand] is sort of staggering,” KoBold CEO Kurt House said in a 2023 presentation at Stanford. “It’s like a 30x increase in global production that you need.” One of the places the United States might turn to for this critical mineral is Greenland, where promising deposits were recently discovered.

    “Everyone wants to have lithium” for its role in creating batteries, says Majken D. Poulsen, a geologist at the Geological Survey of Denmark and Greenland. She explains the first exploration for lithium in Greenland was just conducted last summer in collaboration with the US State Department. Under Biden, the agency also helped the country draft a mining investment law, aimed at encouraging investment in Greenland.

    Though quite different in tone, Trump’s Greenland bluster shares similar goals. Charlie Byrd, an investment manager at global assets management firm Cordiant Capital, is one of many investors now hoping the president’s gambit will result in policy changes that are more favorable to foreign investment. “There is no doubt that that would lead to bigger institutional involvement and more strategic investment,” he told trade publication Institutional Investor this week.

    Much of this interest is driven by tensions with China, which currently accounts for around 70 percent of global rare-earth mining and 90 percent of its processing. This gives the Asian powerhouse enormous leverage over global tech supply chains.

    Control over the minerals that power technology has become a major form of soft power, pulling invisible strings in global markets and shaping alliances. That makes mining regulations in Greenland a geopolitical chess move.

    Today “regulations from the government of Greenland are quite high,” the Geological Survey’s Poulsen explains. “They have really strict regulations,” she says, including both environmental and social considerations, like “local benefits such as taxes, local workforce, local companies, [and] education.”

    Michael Waltz, Trump’s incoming national security advisor, appeared to confirm that gaining access to the country’s minerals was driving Trump’s interest. “This is about critical minerals; this is about natural resources,” he told Fox News.
    “You Can’t Put a Name on Land”

    Glaciers loomed through Trump Force One’s cockpit window as Greenland’s coast unspooled behind a bobblehead of the forty-seventh president, his plastic bouffant bobbing in the turbulence. Dropping through the sharp, thin air, the plane delivered Donald Trump Jr to the island’s capital of Nuuk in early January with his father’s message: we intend to take over.

    Greenland coming in hot… well, actually, really really cold!!!! pic.twitter.com/IhLKVOfYVM

    — Donald Trump Jr. (@DonaldJTrumpJr) January 7, 2025

    The tour de force — which included bribing people to participate in photo shoots — failed to win over many Greenlanders, says Inuuteq Kriegel, a Nuuk resident. “We don’t want to be Americans. We don’t want to be Danish. We’re Greenlanders,” he said.

    A week after Trump Jr’s trip, Rep. Andy Ogles (R-TN) introduced the Make Greenland Great Again Act, instructing Congress to support Trump’s negotiations with Denmark to acquire Greenland immediately. (Ogles is currently the subject of an FBI probe around his campaign finance filings and last week announced an amendment that would allow Trump to run for a third term.)

    “It might sound crazy, and one might ask, ‘Why would you want Greenland?’” Ogles said in a recent video. He was speaking with Kuno Fencker, a member of Greenland’s parliament representing the Siumut party, who had traveled to Washington, DC. “Your security interest is our security interest,” Ogles told Fencker. “Our ability to make best use of your minerals, your resources, and your riches — to benefit your people and ours — is in our best interest.”

    Fencker, who says taxes and royalties from the island’s minerals and fossil fuels could pave the way for the island’s independence, responded, “We have other vast resources, like oil and gas, but that has been stopped by the current government. But my personal view is that we have to utilize those resources.”

    Fencker’s US trip ignited local controversy. Typically Greenland’s international negotiations require coordination and approval from Denmark; imagine someone like Rep. Marjorie Taylor Greene (R-GA) single-handedly deciding to negotiate with the European Union without congressional approval. Fencker’s party said he was not authorized to discuss Greenland’s foreign affairs, while Fencker defended his travel as a private mission at his own expense.

    The rogue nature of recent developments has been reinforced by bombastic press coverage. In Greenland, Kriegel says foreign reporters “often talk to the loud people — and often the same people — and they can generalize a whole population by speaking to only a few.” His own social networks are deeply uncomfortable with Trump’s attempts to purchase the country.

    Trump and his tech donors’ eagerness to seize Greenland, existing culture and laws be damned, are “representative of a particular colonial and extractive worldview,” wrote Anne Merrild Hansen, professor of social science and arctic oil and gas studies at the University of Greenland. The approach treats land and resources as commodities to be claimed, regardless of the rights or interests of the people who live there.

    All the unwelcome commotion, however, has succeeded in delivering one change: Kriegel says the country is now unified in wanting to find a path to independence from Denmark, even if there’s not yet agreement on how to do so.

    “You can’t put a name on land,” he says. “Land belongs to the people. It’s a part of us, and we’re part of it.”

    #USA #Groenland #Danemark #colonialisme #impérialisme #lithium #nucléaire #Arctique

  • Ukraine Awards Major Lithium Project to Investors With Links to Trump
    https://www.nytimes.com/2026/01/08/world/europe/trump-lauder-ukraine-lithium.html

    The winning consortium is closely connected to the Trump administration. It includes #Ronald_Lauder, a cosmetics heir who has known Mr. Trump since college and planted the idea in his mind of buying resource-rich Greenland. The other investor is TechMet, an energy firm partly owned by a U.S. government investment agency created during Mr. Trump’s first term.

    [...]

    Last spring, Kyiv signed a deal granting the United States a stake in its mineral resources, a move that was widely seen as an effort by Kyiv to lock in American support through business ties.

    The agreement created a joint U.S.-Ukraine fund to invest in future natural resource projects. Ukrainian officials have since sought to show they can deliver results and pitched the lithium field that was ultimately awarded to Mr. Lauder and TechMet as a potential pilot project under the deal.

    The deposit, known as the #Dobra #lithium field, in central #Ukraine, is one of the country’s largest reserves of lithium, a key component for technologies such as electric batteries. It will be developed under a production-sharing contract that allows investors to extract minerals in exchange for sharing output with the Ukrainian government.

    Under the U.S.-Ukraine minerals deal, half of the revenue the Ukrainian government receives from the Dobra lithium field will be directed to the joint investment fund.

    https://archive.ph/RGLWu

    Trump ally who inspired Greenland purchase idea quietly invests in Greenlandic companies
    https://www.arctictoday.com/trump-ally-who-inspired-greenland-purchase-idea-quietly-invests-in-gree

    Ronald Lauder, the billionaire Estée Lauder heir who, according to former U.S. national security adviser John Bolton, first put the idea of “buying” #Greenland into Donald Trump’s mind, has quietly taken ownership stakes in Greenlandic companies. The revelations come from a major investigation by the Danish newspaper Politiken.

    Lauder even offered to act as an intermediary with Denmark when Trump began exploring the idea; a notion that triggered a diplomatic rift in 2019 and later shaped Trump’s revived Arctic ambitions when he returned to office in 2025.

    Now Politiken reports that Lauder, at age 81, has begun investing directly in Greenland.

    According to Politiken, Lauder is a participant in Greenland Development Partners, a Delaware-registered investor consortium that has bought into Greenland Investment Group — a company with ambitions that stretch well beyond consumer products.

    Greenland Investment Group has expressed interest in bidding for a major hydropower project at Lake Tasersiaq, Greenland’s largest lake. The project is envisioned as the energy source for a future aluminum smelter and, according to company projections, could markedly increase the island’s export revenues and boost the territory’s public finances.

    The company is chaired by Josette Sheeran, the former U.S. deputy secretary of state under Condoleezza Rice and former head of the UN World Food Programme. Sheeran also leads the investor group’s Greenland portfolio more broadly.

    Ronald Lauder
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Lauder

    Le 6 février 2013, il est décoré de la Légion d’honneur par François Hollande, qui salue l’"homme de paix, de culture et d’engagement". Le 3 juin 2022, le président Emmanuel Macron l’élève au grade de commandeur.

  • #Lithium, retour à la #mine”, sur France 3 : un #documentaire tout en finesse

    Une fine analyse des multiples enjeux du retour à l’#industrie_minière en France, à travers un cas précis : celui d’Échassières, minuscule village dans l’#Allier, et sa mine de lithium.

    Résumé :

    Dans le département de l’Allier, le village d’Échassières abrite un trésor : l’un des plus importants gisements de lithium d’Europe. Pour exploiter ce métal, indispensable aux batteries des #voitures_électriques, l’entreprise française #Imerys prévoit d’ouvrir une mine souterraine. Un projet colossal dont l’objectif est de produire 34 000 tonnes #hydroxyde_de_lithium chaque année, soit de quoi équiper 700 000 véhicules par an. Stratégique pour la France, mais aussi pour l’Europe, ce projet de mine est présenté comme une solution pour sortir de la dépendance aux métaux critiques tout en accélérant la #transition_énergétique.

    https://www.telerama.fr/television/lithium-retour-a-la-mine-sur-france-3-un-documentaire-tout-en-finesse_cri-7
    #Echassières #France #terres_rares #film_documentaire #film

  • Dans l’#Allier, inquiétudes autour de l’ouverture d’une mine de #lithium et de ses matières radioactives

    La production de matières radioactives d’un site d’#Imerys dans l’Allier va considérablement augmenter si sa mine de lithium est autorisée. Mais personne, ou presque, n’est au courant. Car l’industriel s’est montré particulièrement discret sur ce sujet sensible qu’il a omis de déclarer pendant plusieurs années.

    « Des produits radioactifs à #Échassières ? Jamais entendu parler ! » Maurice Deschamps est maire de #Lalizolle (Allier), commune où pourrait voir le jour l’une des plus grandes mines de lithium d’Europe. La préfecture vient de donner le feu vert au groupe Imerys pour y construire un site pilote d’#extraction et de transformation du minerai.

    Contacté par Mediapart au téléphone, le maire, ancien responsable à la direction départementale de l’agriculture, assure avoir suivi la plupart des rencontres organisées par l’entreprise avec les élu·es depuis l’annonce du projet, en octobre 2022. « Jusqu’à une par mois, c’est beaucoup ! » Il a aussi assisté à plusieurs des vingt-quatre réunions publiques organisées par la Commission nationale du débat public (CNDP) entre mars et juillet 2024.

    Pourtant, comme tous les édiles des communes voisines qu’a pu joindre Mediapart, Maurice Deschamps ignorait que le projet « #Emili » (exploitation de #mica_lithinifère par Imerys) impliquerait de produire chaque année plus de 1 millier de tonnes de #matières_radioactives. Car dans cette même roche, Imerys compte extraire du lithium, mais aussi d’autres #minéraux comme du #tantale et de l’#étain, particulièrement concentrés en #uranium.

    C’est sur la #Bosse, une colline boisée qui domine le bocage bourbonnais, que le projet de mine s’apprête à démarrer. Pour atteindre le #gisement de lithium, une galerie sera creusée sous une carrière de #kaolin, matière première de la porcelaine, en exploitation depuis plus d’un siècle. Elle a été rachetée en 2005 par Imerys, propriété du groupe Bruxelles-Lambert (contrôlé par les familles de milliardaires #Frère et #Desmarais).

    Activité nucléaire

    À côté de la #fosse_d’extraction de kaolin se trouve une usine où le #minerai est purifié et traité. Mais depuis les années 1980 au moins, on y traite aussi d’autres matériaux extraits dans cette fosse : de l’étain, du tantale et du #niobium. Quand il sort de cette laverie, ce concentré de métaux bruts, semblable à une pâte noire, est stocké dans des fûts puis expédié à l’étranger. Les métaux, une fois purifiés dans une fonderie, pourront notamment être utilisés pour produire de l’électronique. Or, ce concentré métallique a une particularité sur laquelle l’industriel et les autorités se sont montrés très discrets : il est radioactif.

    Sa composition est donnée dans les petites lignes du dossier de l’enquête publique qui vient de s’achever en vue de la construction à Échassières des phases pilotes du projet Emili, une galerie de reconnaissance et une usine : « Le concentré [d’étain, tantale et niobium – ndlr] possède une certaine #radioactivité du fait de la présence d’une faible concentration en #uranium […] et #thorium », a précisé l’industriel dans ce dossier d’enquête de 3 500 pages.

    « On peut estimer la radioactivité totale d’un tel concentré à environ 300 000 becquerels par kilogramme, explique Julien Syren, géologue et codirecteur de la Criirad, association d’expertise citoyenne (voir le détail du calcul en annexe). Ça n’a rien d’anecdotique ! » D’après le Code de la santé publique, la transformation, le stockage et le transport de ce minerai radioactif sont considérés comme une « activité nucléaire ». Le seuil fixé par l’administration est dépassé quand les produits émettent plus de 1 000 becquerels par kilogramme (Bq/kg) et que leur stockage excède 1 tonne. Imerys en produit environ 100 tonnes par an.

    Si la #mine d’Échassières voyait le jour, cette production radioactive changerait d’échelle. Imerys compte exploiter le lithium, mais aussi l’étain, le tantale et le niobium présents dans la même roche jusqu’à plus de 500 mètres de profondeur. « La production de lithium (quelle que soit sa forme) augmenterait automatiquement la production de concentré d’étain-tantale et niobium déjà commercialisé par Imerys », précise l’entreprise en 2020 dans sa demande de prolongation de permis d’exploration. Dans la mine de lithium, Imerys prévoit d’extraire quinze fois plus de roches que dans la carrière – et produirait donc au moins 1 500 tonnes de métaux radioactifs par an.

    « Pour les salariés du site et la population, poursuit Julien Syren, il y a un risque d’exposition aux rayonnements et des sources de #pollution importantes. Les poussières contenant de l’uranium et ses descendants radioactifs peuvent être ingérées, les #radionucléides peuvent se retrouver dans les déchets miniers et dans les #eaux. » Les faibles doses de radioactivité augmentent sensiblement le risque de #cancer, comme l’a récemment mis en évidence une étude internationale parue dans le British Medical Journal. Julien Syren se dit très étonné que cet enjeu n’ait pas été traité « de façon centrale » pendant le débat public sur la mine de lithium.

    La direction régionale de l’environnement Auvergne-Rhône-Alpes, responsable de la surveillance environnementale de la carrière, confirme à Mediapart que « l’usine de traitement du kaolin relève de la rubrique #ICPE_1716-2 » qui encadre les usines « mettant en œuvre des substances radioactives d’origine naturelle ». L’Agence de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) est chargée de la surveillance radiologique du personnel de l’usine d’Imerys, qu’elle a inspectée plusieurs fois depuis 2009.

    Les salariés de la #laverie portent des dosimètres, et certains font l’objet d’un suivi médical spécifique. L’agence de sûreté nucléaire précise que « les transports des substances radioactives d’origine naturelle produites par le site d’Échassières sont soumis à la réglementation sur les marchandises dangereuses » et que « les colis sont contrôlés par sondage lors des inspections de l’ASNR ».

    #Non-conformité

    Mais autour d’Échassières, personne n’était au courant. Pas même les associations de protection de l’environnement. « Tous ces éléments auraient dû être donnés au public il y a bien longtemps, s’insurge Corinne Castanier, responsable en radioprotection à la Criirad. C’est étrange de ne pas prévenir les mairies qu’il pourrait y avoir une activité nucléaire sur leur commune. C’est encore plus étrange de ne pas les prévenir qu’il y en a déjà une ! », ajoute-t-elle à propos de la carrière de kaolin.

    Même s’ils avaient épluché les documents administratifs concernant cette carrière, les élu·es concerné·es n’auraient pas trouvé trace de cette production radioactive : Imerys avait omis de la déclarer en préfecture, contrairement à ce que prévoit la loi depuis 2014. Les services de l’État ont confirmé à Mediapart que le groupe minier était en « non-conformité » jusqu’en novembre 2022, quand la déclaration d’#activité_nucléaire a finalement été faite, à la suite d’une inspection de l’usine. Mais une fois enregistrée, cette déclaration n’a pas été mise en ligne par la préfecture de l’Allier.

    C’est pendant cette période de non-conformité, en 2021, qu’Imerys a obtenu l’autorisation de prolonger de trente ans l’activité de sa carrière – elle devait initialement s’arrêter en 2020 – et d’en doubler la surface. Sans que ni la rubrique administrative ICPE 1716-2 ni la production de substances radioactives aient été mentionnées dans l’enquête publique. L’#étude_d’impact ne la mentionne pas non plus.

    « Le site dispose, de très longue date, de toutes les autorisations nécessaires pour stocker et transporter ces matières, nous répond Imerys. Lors du débat public de 2024, organisé par la commission nationale du débat public (CNDP), nous avons rappelé que le granite était bien porteur de ces éléments radioactifs », ajoute l’industriel (lire l’intégralité de sa réponse en annexe).

    Un problème en réalité ancien

    Imerys s’était engagé dans le cadre de ce débat à « partager toute l’information sur le projet Emili » et à s’aligner sur le « niveau de #transparence très élevé » du standard minier #Irma (#Initiative_for_Responsible_Mining_Assurance), un label centré sur le partage d’information avec les populations.

    En avril 2024, dans la salle des fêtes du bourg de Saint-Pourçain, dans l’Allier, s’est tenue la onzième soirée d’information sur la mine de lithium organisée par la CNDP. Ce soir-là, le public a un peu déserté. Micro en main, Grégoire Jean, directeur recherche et développement chez Imerys, présente, slide après slide, les enjeux environnementaux du projet. Apparaît sur l’écran une fiche intitulée « La radioactivité du granite de Beauvoir ».

    Elle indique que pour éviter l’accumulation de radon, un gaz radioactif, il faudra ventiler les galeries de la mine, comme dans « les maisons et les caves » des régions granitiques. La production de matières radioactives n’est pas mentionnée lors de ce débat, pas plus qu’elle n’apparaît dans le « Dossier du maître d’ouvrage », le volume de 156 pages diffusé par Imerys pour décrire le projet minier. « On a un granite qui n’est pas spécialement radioactif, il est parfaitement classique », rassure Grégoire Jean au micro.

    Un rapport critique

    Pourtant, sa teneur en uranium semble poser problème depuis longtemps. Dans sa demande de permis d’exploration de 2020, Imerys mentionne qu’au début des années 1980, « une étude de faisabilité » pour une mine d’étain et de tantale à Échassières s’était révélée « négative » en raison notamment de « la présence d’uranium dans le concentré de tantale ». Elle avait été menée conjointement par le bureau des recherches géologiques et minières et l’entreprise #Peñarroya… qui n’est autre que l’ancienne dénomination d’Imerys.

    « Non seulement les données scientifiques accessibles montrent que le #granite_de_Beauvoir contient plus d’uranium que la moyenne, analyse le géologue Julien Syren, mais de toute façon, le principal problème est la concentration de cette radioactivité dans les #déchets et les #sous-produits. »

    La mine d’Échassières, si elle est construite, va générer environ 2 millions de tonnes de résidus par an, sous forme de #boues rejetées par les deux usines de traitement du minerai, à Échassières et à #Montluçon. Quel serait le niveau de radioactivité de ces immenses volumes de déchets ? Quel serait le risque de contamination des sources et des #eaux_souterraines de la Bosse, réputée pour ses #zones_humides ?

    Imerys déclare à Mediapart avoir « mis en avant avec l’exploitation actuelle de kaolin (dans un contexte quasi identique à celui du projet) [sa] capacité à maîtriser ces problématiques ». Dans l’enquête publique pour la création de la mine pilote, Imerys cite un seul rapport datant de 2010 à l’appui de l’absence de contamination radioactive. Un document que, malgré nos demandes, l’entreprise a refusé de communiquer.

    En revanche, Mediapart s’est procuré un rapport rédigé en 2007 par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, aujourd’hui fusionné avec l’ASNR), consacré à la carrière d’Échassières. Ce document exclusif que nous publions en annexe pointe plusieurs « incohérences » dans la surveillance radiologique des salariés. Il reproche à l’exploitant de ne pas surveiller la radioactivité dans les eaux rejetées « dans le ruisseau communal » et de n’avoir « procédé à aucune évaluation des doses auxquelles la population est susceptible d’être soumise ». Le directeur de l’IRSN concluait : « La radioprotection des populations est traitée sommairement. »

    La situation a-t-elle changé ? La Criirad s’est saisie du dossier et a demandé des informations aux services de l’État. Pour les avocats de l’association Préservons la forêt des Colettes, opposée au projet minier, la découverte de cette production radioactive, trois ans après le lancement du projet Emili, est « sidérante », aussi bien « pour ce qu’elle révèle du projet que pour l’effort qui semble avoir été fait pour ne pas ébruiter ces informations déterminantes pour la population, ont réagi Théodore Catry et Benjamin Cottet-Emard. Imerys a eu bien des occasions de s’exprimer avec transparence, mais semble clairement avoir fait le choix de la rétention. » En haut de la colline d’Échassières, les engins s’activent pour construire la mine pilote autorisée fin septembre par la préfecture. L’#autorisation_environnementale qui vient d’être délivrée à Imerys ne prévoit aucune surveillance de la radioactivité.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/071025/dans-l-allier-inquietudes-autour-de-l-ouverture-d-une-mine-de-lithium-et-d
    #Echassières #France #terres_rares

    • Projet de mine de lithium dans l’Allier : quid de la radioactivité ?

      La société Imerys souhaite ouvrir une mine de lithium dans l’Allier. Au-dessus du gisement, une carrière de kaolin est exploitée depuis plus d’un siècle. Le site produit également un concentré d’étain, niobium et tantale présentant une radioactivité élevée. La quantité de concentré produit augmenterait avec la mine de lithium.

      « Dans l’Allier, inquiétudes autour de l’ouverture d’une mine de lithium et de ses matières radioactives » : c’est le titre d’un article de Célia Izoard publié sur Médiapart le 7 octobre 2025.

      Sollicitée par la journaliste, la CRIIRAD s’est penchée sur les aspects radiologiques de la carrière de kaolin actuellement exploitée par Imerys juste au-dessus du gisement de lithium.

      Premier constat : depuis plus d’un siècle, les exploitants successifs n’extraient pas seulement le kaolin mais également un concentré d’étain, de tantale et de niobium dans lequel se concentre l’uranium 238. L’activité de ce radionucléide atteint 30 000 becquerels par kilogramme (Bq/kg), très largement au-dessus de 1 000 Bq/kg, seuil de classement comme « substance radioactive d’origine naturelle » (SRON). En tenant compte des autres radionucléides naturels présents, l’activité totale est de plusieurs centaines de milliers de Bq/kg (1), avec tous les risques radiologiques associés (irradiation externe, contamination par inhalation ou ingestion).

      Du fait de cette radioactivité et des quantités présentes dans l’installation (plusieurs dizaines de tonnes de concentré produites chaque année), le site doit être classé ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement), à la rubrique 1716-2 qui encadre les installations mettant en œuvre des substances radioactives d’origine naturelle.

      Alors que la radioactivité du site est connue des autorités depuis au moins 2006, et que la rubrique 1716-2 existe depuis 2014, il a fallu attendre 2022 pour que l’exploitant déclare cette activité nucléaire.

      Malgré cette déclaration, le dernier arrêté préfectoral fixant les règles de surveillance du site par l’exploitant ne comporte aucune prescription en matière de mesures radiologiques, alors que la réglementation impose des contrôles.

      De plus, alors que l’exploitant d’une ICPE 1716-2 doit transmettre chaque année à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) un inventaire des matières et déchets radioactifs présents sur le site, la CRIIRAD n’a pas trouvé, sur le site de l’ANDRA, de fiche pour ce site.

      Pour éclaircir ces points ainsi que d’autres aspects du dossier, la CRIIRAD a écrit à la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes. Vous pouvez télécharger ce courrier avec le lien en bas de l’article.

      S’agissant du projet de mine de lithium, l’exploitant est très discret sur la question de la radioactivité, alors qu’il reconnaît que « la production de lithium (quelle que soit sa forme) augmenterait automatiquement la production de concentré d’étain-tantale et de niobium déjà commercialisé par Imerys ».

      Affaire à suivre…

      https://www.criirad.org/10-10-2025-projet-de-mine-de-lithium-dans-lallier-quid-de-la-radioactivite

  • « De l’or sous mon terrain ? » : en Loire-Atlantique, un projet d’exploration minière divise - ici
    https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/de-l-or-sous-mon-terrain-en-loire-atlantique-un-projet-d-exploration-mini

    Les sous-sols de huit communes du nord de la Loire-Atlantique pourraient être analysés dans le cadre d’un #projet_minier. L’objectif est de voir les types de métaux qui s’y cachent avant de potentiellement les exploiter. Un projet qui va prendre du temps, mais qui fait déjà grincer des dents.

    Lithium : la France mise 200M€ sur une mine stratégique dans l’Allier (03).
    https://www.lasemainedelallier.fr/lithium-france-mise-200-millions-allier

    https://alternatives-projetsminiers.org/transition-sous-tension-enquete-sur-louverture-dune-min

    Ce film de Violeta Ramirez (52 minutes) est issu d’une enquête anthropologique menée dans l’Allier au sujet de la possible ouverture d’une #mine_de_lithium. En interrogeant les différents acteurs du territoire, il montre la réception locale des politiques de #transition_énergétique et la perception des changements environnementaux.

    La relance de l’extraction des minerais critiques et de leur métallurgie menace les masses d’eau françaises
    https://europeanwater.org/fr/actions/focus-par-pays-et-ville/1148-la-relance-de-l-extraction-des-minerais-critiques-et-de-leur-met
    #extractivisme

  • Portugal’s Barroso #lithium mine project faces villagers’ ire

    An ancient farming village in the Portuguese mountains is fighting plans for an opencast lithium mine right on its doorstep.

    The lithium would be used for electric car batteries and is described by the mining company as critical for Europe’s transition to green energy.

    Portugal’s lithium reserves are considered central to Europe’s increasing demand for electric cars, but the villagers say it doesn’t justify ruining their way of life.

    “It would destroy everything,” says Aida Fernandes, as she looks across the valley where four opencast pits would border the village of Covas do Barroso in northern Portugal.

    Aida, like generations before her, farms cattle in this lush, unspoilt region which has UN Food and Agricultural Heritage status for its landscape and farming traditions.

    She deftly manoeuvres a tractor-load of brushwood which she’s spent the afternoon cutting from common land owned jointly by the community. Next she spreads the springy branches across the floor of the barn for bedding for her cattle.

    Common land is key to a dispute over plans for a new opencast mine - the Barroso Lithium Project - which would produce enough lithium for 500,000 electric car batteries a year over its 14-year operational life.

    But three quarters of the mine depends on accessing lithium deposits found in rocks on common land in the area, with the majority owned by the village.

    Aida is president of the Baldios - or common land association - which has rejected international mining company Savannah Resource’s financial offer to lease the land currently used for forestry and pasture.

    The European Union is keen to reduce its dependence on mines in China, Africa and South America for lithium and other raw materials needed for the green energy transition.

    The Barroso mine could be one of the first large-scale mines to supply battery grade lithium within Europe and in May Portugal’s Environment Agency gave Savannah Resources, which is based in London, the conditional go-ahead.

    They had revised their original proposals and agreed to changes such as not taking water from the local river. They must also build a new road to avoid the villages and fill in the opencast pits when mining there is finished.

    But opposition is still strong and Aida says that at the meetings they’ve had, “There isn’t anyone who’s in favour.” She says that in spite of the changes, “this is not good for us or for the environment” and they will fight on.

    If an agreement isn’t reached the Portuguese government could expropriate the land.

    Savannah also wants to buy private land from people like Maria Loureiro, who farms at the other end of the village. She grows olive trees and has cows which trot past us with bells jingling around their necks.

    “We’re not for sale, we don’t want to sell,” she tells me. She resents the offers of compensation and royalties for the area. “If I sold my land, what would I do?” she asks. She would also lose access to pasture on the common land if the mine went ahead.

    This is echoed by Fernando Queiroga, mayor of the municipality of Boticas, which includes the village of Covas do Barroso. He says that even if people are compensated for the duration of the mine they “will never go back to producing agricultural products again because in the meantime they’ll leave or they’ll just give up farming”.

    He’s finalising a legal challenge to the conditional approval of the project. “If the national courts don’t give us our answer, we’ll appeal to the European Court,” he says.

    The parish council of Covas do Barroso and the common land association have also lodged their own legal cases in an attempt to block the project.

    Dale Ferguson, the Australian interim CEO of Savannah Resources, says they’ve “listened to the community” and have made changes but concedes that “there always is some level of impact”.

    He believes the mine is “really critical for the energy transition for Europe”. He admits though, that with legal challenges, “the courts will make those ultimate decisions but we respect everybody’s rights and everybody’s opinions”.

    Portugal’s Secretary of State for Energy and Climate, Ana Fontoura Gouveia, is backing the Barroso mine and further exploitation of lithium in Portugal. She says the mine will bring new jobs and funding through royalties to the area. The legal action, she claims, is simply part of the democratic process.

    But does she see this as a test case for the rest of Portugal and Europe? “I see it as a best practice case and we are keen to show that you can do mining in Europe in the 21st Century with the highest standards and to the benefits of local populations,” she says.

    The rest of Europe will be watching the outcome closely, as pressure grows across the continent to open new mines for raw materials needed for the green transport and energy of the future.

    https://www.bbc.com/news/world-europe-67135047

    #résistance #montagne #mines #extractivisme #voitures_électriques #Covas_do_Barroso #Barroso_Lithium_Project #Baldios #communaux #terres_communales #transition_énergétique #Savannah_Resources #eau #Boticas #Dale_Ferguson #terres_rares

    –-

    on en parle aussi ici :
    Au Portugal, un projet minier qui laissera « l’équivalent d’un immeuble de 8 étages de déchets toxiques » fait polémique
    https://seenthis.net/messages/1130608
    signalé par @simplicissimus

  • Les leçons de Srebrenica, par Philippe Descamps (Le Monde diplomatique, janvier 2025)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2025/01/DESCAMPS/67958

    Il y a trente ans, plusieurs milliers d’hommes de la ville de Srebrenica étaient tués par les forces paramilitaires serbes parce qu’ils appartenaient à la communauté musulmane, alors que la guerre ravageait la Bosnie-Herzégovine. Dans une résolution adoptée en 2024, l’Assemblée générale des Nations unies a désigné le 11 juillet journée internationale de réflexion et de commémoration de ce #génocide, reconnu comme tel par la Cour internationale de justice et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. La qualification juridique de ces massacres éclaire ce qui pourrait advenir des crimes commis par Israël à Gaza depuis le 7 octobre 2023.

    #justice_internationale #Bosnie_Herzégovine #TPIY #crimes_de_guerre

    • « Ce que le gouvernement présente comme une modernisation et une intégration rapide au marché mondial cache un réseau dense de corruption, la vente de ressources nationales à des investisseurs étrangers dans des conditions douteuses, la disparition progressive des médias d’opposition et même des décès suspects d’opposants — tout cela se produit d’une manière éhontée qui démontre le mépris flagrant du gouvernement pour la décence élémentaire. La situation est bien pire aujourd’hui que pendant les pires années du régime Milošević. »

      Slavoj Žižek, philosophe slovène, Danas, Belgrade, 8 février 2025.
      https://www.monde-diplomatique.fr/telex/2025-07-Le-soulevement-serbe
      #Serbie #Belgrade #lithium

  • Lithium dans le #Finistère : en bord de mer gronde la #colère

    À #Tréguennec, un article sur un gigantesque #gisement et une visite ministérielle ont mobilisé les citoyens contre tout projet de #mine.

    L’affaire commence le 24 janvier 2022. « Sous le sol de Tréguennec, des milliers de tonnes de lithium, nouvel or blanc », titre ce matin-là Le Télégramme. Dans la minuscule bourgade du sud du Finistère – 320 habitants –, certains en recrachent leur café. Pourtant, le rapport du Bureau de recherches géologiques et minières qui mentionne le #gisement de 66 000 tonnes date de 2018, les sondages sur lesquels il s’appuie ont eu lieu entre 1977 et 2010. Mais jusqu’à peu, le lithium n’intéressait pas grand monde. C’était avant que ce métal ne devienne un composant essentiel des #batteries électriques et de la #transition_énergétique, et qu’il attise de plus en plus les appétits des industriels et des politiques (lire l’épisode 1, « Le lithium, de l’or blanc en barre » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep1-lithium-sous-sol-france).

    « C’est un collègue, rédacteur en chef adjoint, qui avait vaguement entendu parler de ça et m’a suggéré de creuser », raconte Didier Deniel, l’auteur de l’article. Qui n’imaginait pas susciter un tel effarement. Le maire Stéphane Morel lui-même n’était pas au courant. « Quand je suis allé le voir la première fois, il en est presque tombé de sa chaise, sourit le journaliste. Et sur le moment, il a pris les choses avec humour, disant qu’ils pourraient s’acheter les meilleurs joueurs de foot et concurrencer le PSG. » Sauf que dans la région, la nouvelle n’a pas suscité le même enthousiasme. Dans la semaine suivant la parution de l’article, une figure de la vie associative locale, Stéphane Le Garrec, monte le groupe Facebook « Lithium à Tréguennec, Non merci ! », qui rassemble très vite plus de 8 000 personnes. Le 26 février, une manifestation a lieu dans le village. Le maire ne plaisante plus. « Tréguennec et le pays bigouden ne sont pas à vendre, même pour tout l’#or_blanc du monde », écrit-il au Télégramme. C’est que ledit gisement ne se situe pas n’importe où.

    À quelques kilomètres du bourg, les vagues se fracassent sur la plage, fine bande de sable blanc séparée des terres par un cordon dunaire. À l’horizon, les bleus du ciel et de l’océan se confondent. Au lieu-dit #Prat-ar-C’Hastel, un tumulus abritant un cimetière préhistorique voisine une ancienne carrière de feldspath engloutie sous les eaux d’un étang. Le gisement de lithium, parmi les plus importants de l’Hexagone, est là, dans une zone à l’équilibre infiniment précaire, que les exploitations passées n’ont cessé de fragiliser. « Il y a un siècle, la #baie_d’Audierne était protégée par un mur naturel de galets de près de 20 kilomètres, formé il y a des dizaines de milliers d’années, lors de la dernière glaciation », raconte Benjamin Buisson, responsable du pôle littoral et biodiversité de la Communauté de communes du Pays Bigouden Sud. L’#Ero_Vili, le « sillon de galets » en breton.

    Mais dans les années 1940, ces galets sont une ressource précieuse pour l’armée allemande occupante, qui bâtit des bunkers tout le long de la côte ouest pour prévenir toute attaque maritime alliée – le mur de l’Atlantique. Fin 1941, les nazis installent une usine de concassage de #galets à Prat-ar-C’Hastel. En à peine plus de deux ans, quelque 400 000 m3 sont retirés du cordon protégeant la baie. Au cours des décennies suivantes, de nombreux autres prélèvements privés viendront le fragiliser encore davantage. Jusqu’à ce jour de février 1966 où l’Ero Vili se rompt sous les assauts de l’océan. L’eau envahit les terres, façonnant un nouveau paysage.

    Aujourd’hui, le squelette de l’immense usine de concassage se dresse toujours, dominant le fragile cordon dunaire qui protège désormais les terres. Au loin, sur la plage, on aperçoit encore deux blockhaus à demi engloutis. Et de l’autre côté de la dune, la flore et la faune fourmillent. Quand on l’interroge sur les possibles impacts d’une #extraction_minière sur la zone, le responsable de la communauté de communes reste prudent : « Je suppose que beaucoup dépend de la technique d’#extraction. Mais le bruit, les poussières, le passage des camions, la gestion de l’eau, l’érosion, le risque que la mer s’engouffre dans les terres si l’on est trop près du trait de côte… Dans une zone sensible comme celle-ci, les #risques_environnementaux d’une extraction ne sont pas négligeables. »

    Et pour preuve, la prairie dunaire et son #écosystème sont aujourd’hui triplement protégés. Depuis 1982, les 650 hectares des rives de la baie appartiennent au Conservatoire du littoral. « Ces terres sont quasi inaliénables », souligne Benjamin Buisson. Selon le Code de l’environnement, le Conservatoire ne pourrait s’en séparer qu’à l’autorisation expresse du Conseil d’État. La prairie dunaire est encore une zone #Natura_2000 et, à l’automne 2021, elle a reçu le #label_Ramsar (de la convention internationale du même nom). « Certes, il s’agit d’une protection essentiellement symbolique, reconnaît Benjamin Buisson, Mais il n’existe qu’une cinquantaine de #zones_humides labellisées Ramsar en France, c’est dire leur importance et la valeur morale qui s’y attache. » Depuis deux ans, les élus locaux préparent même la transformation en parc naturel régional. Extraire du lithium à Tréguennec impliquerait donc de surmonter tous ces obstacles administratifs, symboliques… et sociaux.

    Car les gens d’ici sont férocement attachés à leur terre. Le 26 février 2022, quelque 600 personnes ont ainsi convergé vers Tréguennec. Dans la cour de l’ancienne école publique, on croise alors des pancartes « Pas touche à nos dunes » ou « Tréguennec n’est pas à vendre » et, dans la foule rassemblée, on ressort les mythiques anecdotes de la #résistance de Plogoff, à la fin des années 1970. À l’époque, l’État français prévoit de construire une centrale nucléaire dans cette commune à une trentaine de kilomètres de Tréguennec (dont les terres avaient été un temps considérées par EDF). Mais en juin 1978, les Plogoffites bloquent l’accès au site. Deux ans plus tard, ce sont des dizaines de milliers de manifestants qui déferlent et affrontent la police. En 1981, le projet est finalement abandonné. La résistance de Plogoff devient mythique. La documentariste Nicole Le Garrec (sans lien avec Stéphane Le Garrec) se souvient : « Il y avait une détermination sans faille, qui a rassemblé toutes les classes sociales – des agriculteurs, des marins, des anciens militaires, pourtant peu prompts à la rébellion… Les femmes surtout ont formé le cœur de cette cette résistance. »

    Le 26 février 2022, Nicole Le Garrec et son mari Félix sont allés manifester sans hésiter. Respectivement âgés de 80 et 90 ans, les deux documentaristes n’imaginaient pas se relancer dans la #lutte. « Mais quand nous avons appris qu’il y avait du lithium à Tréguennec, la question ne s’est pas posée », déclare Nicole. Elle raconte d’une voix douce et grave cette baie d’Audierne où ils ont vécu toute leur vie. « Je me rappelle encore l’époque où les vagues se brisaient sur l’Ero Vili. On entendait le roulement des galets à des kilomètres, comme un énorme grondement ! » Aujourd’hui, on ne l’entend plus, mais la beauté reste. « Nous pensions ce lieu magique à l’abri des appétits de l’industrie. Alors d’imaginer que l’on puisse le ravager, mon cœur s’est soulevé. »

    Pourtant, d’appétit de l’industrie… il n’y a pas pour l’heure : la mobilisation citoyenne a eu lieu avant même qu’un hypothétique projet de mine de lithium n’ait été évoqué – à ce jour, il n’y en a toujours aucun. Mais la secrétaire d’État à la Biodiversité, #Bérangère_Abba, a elle-même attisé les craintes le 9 février 2022, quand elle est venue contempler le paysage qui avait reçu quelques mois plus tôt le label Ramsar. « C’est un site exceptionnel mais les besoins sont importants, la pression géostratégique est forte sur ce type de #métaux. Il faut mesurer plus précisément avec des scientifiques l’ampleur de ce gisement. » La course à l’or blanc est mondiale et la France est sur la ligne de départ dans l’Allier. Pourquoi pas dans le Finistère ?

    « Le lithium n’est pas véritablement un métal “rare”, explique Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). D’un point de vue strictement théorique, les ressources en lithium ne manquent pas. Mais la question ne se pose pas uniquement en termes de réserves disponibles mais également de réserves exploitables. Du lithium, il y en a au fond des océans ou dans d’autres zones écologiquement sensibles. Mais l’impact de son extraction serait tel que celle-ci en devient écologiquement inacceptable. Une telle extraction a donc un coût – social, politique – auquel entreprises et gouvernants ne veulent pas se confronter. »

    « Il y a des choses auxquelles il ne faut pas toucher », assène Nicole Le Garrec, en écho. Mais le monde fait alors face à un dilemme. Car les prévisions de croissance des besoins en lithium sont telles que les ressources actuellement exploitées pourraient bien ne pas suffire. Si la production mondiale a dépassé les 100 000 tonnes en 2021, elle devrait être multipliée par huit en 2040 pour répondre aux besoins annuels des seuls véhicules électriques, selon l’Agence internationale de l’#énergie. 800 000 tonnes par an, extraites de réserves mondiales prouvées de 22 millions de tonnes. La ruée vers l’or blanc prend des allures de course vers l’abîme.

    « Les prévisions de consommation annuelle de lithium ne sont pas tenables », tranche Judith Pigneur. Pour la docteure en génie industriel et spécialiste de l’extraction minière de l’association #négaWatt, une telle augmentation de la production mondiale est un danger. « Dans l’industrie, plus on va vite, plus les risques sanitaires et environnementaux sont importants », dit-elle (lire l’épisode 2, « Lithium dans l’Allier : les dés sont-ils pipés ? » : https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep2-mines-pollution). Mais au-delà, se pose la question de ce que nous sommes prêts à sacrifier pour accéder à cette précieuse ressource. Car à l’heure actuelle, le #recyclage du lithium n’est pas encore déployé : « La production massive n’en est qu’au début et nous ne pourrions pas recycler assez vite pour répondre aux besoins mondiaux tels qu’ils sont anticipés. » Reste donc la tentation d’extraire toujours plus, dans des zones potentiellement sensibles. « En comptabilisant les projets passés, actuels et futurs, 6,7 millions de km2 de la surface terrestre sont impactés par l’industrie minière, dont 8 % dans des aires protégées. L’accélération de la consommation annuelle de ressources comme le lithium constitue un péril majeur, dont les impacts sur la biodiversité pourraient dépasser ceux évités par l’atténuation du changement climatique », assure Judith Pigneur, s’appuyant sur une étude parue dans la revue Nature en 2020.

    « Il ne s’agit pas pour autant de remettre en question la transition énergétique et de continuer comme avant, mais il faut fixer des lignes rouges à ne pas dépasser, comme le respect des zones protégées », poursuit l’experte. Et pour cela, freiner l’augmentation de la consommation du précieux métal : « Nous ne pouvons penser la transition énergétique sans questionner nos usages et penser des mesures de #sobriété. Penser un futur parc automobile électrique réduit, en autopartage, construire de petites voitures avec des batteries moins importantes… » Dans le cas français, de telles mesures permettraient de limiter cette consommation exponentielle de lithium à 128 000 tonnes entre 2020 et 2050 au lieu de 340 000 tonnes, d’après les études de négaWatt.

    Guillaume Pitron, lui, cite volontiers Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a engendré. » Pour le journaliste, la transition énergétique n’aura de sens « que si elle nous invite à profondément changer la façon dont nous consommons le monde ». « Mais cela implique des changements organisationnels, politiques et des bouleversements intimes immenses, soupire-t-il. Je voudrais croire que si les mines se trouvaient sous nos fenêtres nous aurions tout à coup conscience de l’impact réel de nos modes de consommation. Mais c’est un vœu pieux. »

    À Tréguennec, un an après l’article du Télégramme, le lithium est toujours à 130 mètres sous terre, il n’occupe plus les conversations. Mais la méfiance demeure. Sur les bords de la carrière de Prat-ar-C’Hastel, les habitants ont planté un arbre à la mémoire de Stéphane Le Garrec, décédé dans un accident de voiture l’hiver dernier. À son pied, quelqu’un a déposé une ardoise, avec ce message : « Restons vigilants ».

    https://lesjours.fr/obsessions/lithium-france/ep3-treguennec-bretagne
    #lithium #extractivisme #Bretagne #voitures_électriques

    • By Phate Zhang - 2025-06-05

      A car carrier sailing from China with electric vehicles (EVs) onboard was abandoned after catching fire in the middle of the Pacific Ocean on Tuesday, highlighting one of the risks involved in transporting such vehicles.

      The cargo ship, named Morning Midas, was loaded with about 3,000 vehicles, including 800 EVs, when it caught fire off the coast of Alaska, Reuters reported overnight, citing the ship’s management company, Zodiac Maritime.

      Smoke was initially seen rising from a deck loaded with EVs, Zodiac said. It remains unclear what brands of vehicles were on board, Reuters’ report noted.

      The Morning Midas is a 46,800-ton car carrier built by China’s Xiamen Shipbuilding Industry in 2006, according to ship-tracking data compiled by Bloomberg.

      The demand for #lithium-ion #batteries, including those used in EVs, is introducing new risks to the global shipping industry, especially given the value of vehicles on large car carriers, Bloomberg reported overnight, citing a report released last month by insurance giant Allianz.

      Fires caused by EVs are typically harder to extinguish and more dangerous to tackle, potentially requiring up to 8,000 gallons of water to cool lithium-ion batteries, the report noted.

      Over the past few years, as China’s EV industry has rapidly developed, some domestic automakers have established their own car carrier fleets.

      SAIC Motor currently has the largest fleet of car carriers among Chinese automakers, with its Anji Logistics fleet already comprising dozens of vessels.

      BYD (HKG: 1211, OTCMKTS: BYDDY) is also rapidly increasing its maritime transport capacity, with its seventh car carrier launched last month.

    • https://fr.businessam.be/un-cargo-est-en-feu-depuis-une-semaine-ce-qui-accroit-les-inquietudes-

      Le cargo ‘Morning Midas’, avec 3 000 véhicules à bord, est en feu dans le Pacifique depuis plus d’une semaine.

      L’incendie s’est déclaré sur un pont abritant des véhicules électriques et serait dû à des batteries lithium-ion.

      La multiplication des incendies de véhicules électriques en mer suscite des inquiétudes en matière de sécurité et fait augmenter les primes d’assurance transport.

  • Des collectifs d’habitants perturbent l’assemblée d’actionnaires d’une multinationale minière

    Des collectifs des quatre coins de la France se sont rassemblés à Paris contre les projets d’une multinationale minière française, #Imerys. De la Bretagne à la Dordogne, tous sont impactés par l’extraction, poussée au nom de la #transition_écologique.

    « Les nouveautés 2025 ! Profitez du réchauffement : venez vous ressourcer au Parc Imeryx ! » lancent à la volée une vingtaine de personnes venues du Cantal, de Bretagne, de Dordogne et de l’Allier. Ils et elles se sont retrouvés ce 13 mai dans un quartier chic de la capitale, au quai de Grenelle, où se tient l’Assemblée générale des actionnaires d’Imerys, une multinationale minière française.

    Ces collectifs d’habitants sont tous engagés, chacun dans leur département, contre quatre projets d’#extraction_minière sur le territoire français. Ils profitent de l’assemblée des actionnaires pour alerter les investisseurs sur l’#impact_environnemental de l’entreprise, distribuant des tracts humoristiques aux nombreux hommes vêtus de costumes noirs qui entrent dans les locaux.

    Imerys extrait et transforme des #minéraux, pour les secteurs des biens de consommation, l’industrie et la construction. Implantée dans 46 pays, la multinationale possède plus de 200 sites dans le monde et 28 en France, regroupant #mines, carrières et usines. Et compte accroître son activité extractive en France.

    « L’entreprise projette d’ouvrir une quatrième fosse d’extraction à #Glomel, dans les Côtes-d’Armor, située sur une zone considérée comme le château d’eau de la Bretagne », dénonce un membre du collectif #Mines_de_Rien. Imerys y exploite depuis plus de 50 ans une carrière d’#andalousite – un minerai utilisé dans la #sidérurgie – et une usine d’extraction.

    Un autre projet d’Imerys a fait parler de lui récemment. Dans l’#Allier, à #Échassière et à #Saint-Victor, la multinationale compte exploiter une mine de #lithium ainsi qu’une usine de transformation du minerai pour produire la matière première pour 700 000 #batteries de voiture par an.

    Face cachée de la transition

    Sur le parvis où sont distribués les tracts, l’un des responsables du projet d’Imerys dans l’Allier, sort à la rencontre des militants. Le projet doit « réduire la dépendance française et européenne à l’importation de lithium », explique l’homme, « stimuler l’économie locale » et « relever le défi de la transition énergétique ». « C’est un projet stratégique pour la #décarbonation ! », lance-t-il.

    Le gouvernement a reconnu le projet d’Imerys dans l’Allier comme étant d’intérêt national majeur, promettant de faire de la France le premier producteur de lithium européen. Et l’État y investit directement à hauteur de 100 millions d’euros d’argent public. Étienne, du collectif Stop Mines 03, n’est pas convaincu. « Si le lithium extrait sert à construire des SUV et détruire la planète, ça n’a aucun sens de parler de décarbonation ! » répond-il au représentant de l’entreprise.

    L’appel à un débat sur les usages

    En avril dernier, Imerys a organisé un séminaire sur l’usage du lithium au cours duquel des SUV de la marque BMW ont d’ailleurs été présentés... Autre argument sur la question de l’usage : « On ne peut pas se passer de cette ressource si on veut la transition, mais on peut pas l’utiliser pour fabriquer des maillots de bain connectés qui vous indique quand remettre de la crème solaire », ironise Étienne alors que l’AG se poursuit à l’intérieur.

    « Nous, citoyens, demandons un débat public sur les usages de nos minéraux », réclame l’un des membres des collectifs au responsable d’Imerys.« On ne va pas, nous, Imerys, mener un débat public », répond le responsable, avant de repasser la porte du grand bâtiment où sont réunis les actionnaires. Le dialogue est clos. Mais dehors, l’action se poursuit.

    Des territoires sinistrés

    « Imerys exploite nos terres et s’étend telle une pieuvre dévorante », déplore au micro Nathalie, de l’association #Sauvegardons_Razac_et_le_Bassin_de_la_Cole, en Dordogne. La multinationale prévoit d’y étendre son extraction de #quartz sur 40 hectares. Le minerai est notamment utilisé dans les domaines de l’électricité et du numérique.

    À #Nouvialle, dans le Cantal, Imerys souhaite extraire de la #diatomite, minerai utilisé dans l’#industrie_agroalimentaire pour ses propriétés filtrantes. « Les 400 hectares concernés sont au centre d’un fragile équilibre, régulent naturellement le cycle de l’eau, c’est une ressource fourragère pour les agriculteurs, et ils abritent 142 espèces protégées », dénonce Chantal du #Collectif_pour_la_narse_de_Nouvialle, une #zone_humide.

    À Glomel, là où se trouve la carrière d’andalousite, les #landes, #tourbières et prairies humides laissent la place à des #bassins_de_décantation remplis d’eau acide. Imerys y raffine sa production d’andalousite. Comme le révélait le média breton Splann ! l’année dernière, des taux anormalement élevés de #nickel, #cobalt, #arsenic et autres #métaux_toxiques ont été retrouvés dans un ruisseau où la multinationale rejette chaque année 1,5 million de mètres cubes d’#eaux_usées. « On a l’impression d’être une population et un territoire sacrifié au nom du profit et de l’andalousite », se désole l’un des membre de Mines de Rien.

    Alors que le collectif de Glomel clôt sa prise de parole, une longue silhouette colorée apparaît de l’autre côté de la rue. Drapé d’une chemise bleue recouvrant ses tentacules jaunes, vertes et rouges, une grande marionnette prend place sur le parvis du bâtiment accueillant l’AG. Nommée Pelletassou, elle porte une pancarte « Imerys » et ses bras sont en forme de pelleteuse. Ce monstre carnavalesque inspiré de la culture occitane représente « la grande machine extractiviste ». « #Pelletassou a été jugé par un tribunal populaire. Demain il sera au Parlement Européen, pour sensibiliser les dirigeants à la réalité que nos riverains vivent », explique François, l’un des militants, en souriant. Sur d’autres sites de production, ailleurs dans le monde, Imery est régulièrement accusé de générer des pollutions, comme à Barcarena, aux portes de l’Amazonie brésilienne.

    https://basta.media/Des-collectifs-perturbent-assemblee-d-actionnaires-multinationale-miniere-I

    #résistance #extractivisme

  • « #Covas_do_Barroso », un docu-western sur la face sombre de la #transition_énergétique au #Portugal

    https://www.youtube.com/watch?v=ZklsYH2S58Y

    Le réalisateur #Paulo_Carneiro sort le 26 mars un film choral qui remet en scène la résistance d’un village portugais contre un mégaprojet de #mines de #lithium porté par la multinationale britannique #Savannah.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/260325/covas-do-barroso-un-docu-western-sur-la-face-sombre-de-la-transition-energ
    #film #énergie #résistance #extractivisme #lutte

  • L’avenir est électrique !

    C’est ce qu’on nous vend. Mais tous les #transports_électriques ne sont pas égaux.

    Auteur de plusieurs livres, Taras Grescoe est un journaliste montréalais spécialisé en urbanisme et en transport urbain qui donne depuis une douzaine d’années des conférences sur la mobilité durable. Dans son infolettre High Speed (intitulée jusqu’à récemment Straphanger), il raconte ce qu’il observe de mieux et de pire en matière de transport urbain chez nous et lors de ses voyages autour du monde.

    Voici les faits : à l’échelle mondiale, le transport est la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre, après la production d’énergie et de chaleur. Mais à l’heure où la production d’énergie devient plus verte, grâce aux progrès plutôt surprenants réalisés dans la diffusion des technologies solaires et éoliennes, le transport est sur le point de s’emparer de la première place. Dans bien des pays riches, c’est déjà le principal responsable des émissions. Ainsi, en nous attaquant au problème du transport, nous ferons un grand pas vers la résolution du problème des émissions.

    Comme le savent les lecteurs de mon blogue, beaucoup de pays imposent le passage du transport à base de combustibles fossiles au transport électrique. En Norvège, qui ne fait pas partie de l’Union européenne (UE), les voitures électriques (VE) sont désormais plus nombreuses que les voitures à moteur à combustion interne (MCI). L’UE exige la fin de la vente des véhicules à moteur à combustion interne d’ici 2035. Mais ces objectifs ont l’habitude de s’éloigner au fur et à mesure que le pays en question s’en rapproche. C’est ce qui s’est passé au Royaume-Uni sous la direction de Rishi Sunak ; les conservateurs ont décidé qu’il valait mieux reporter d’une demi-décennie l’interdiction des voitures à essence prévue pour 2030. Le message est le suivant : l’avenir est vert ! Nous y travaillons ! (Lire : les promesses ne coûtent pas cher, et nous ne serons probablement pas en poste à ce moment-là de toute façon.)

    J’ai écrit en détail sur mon rejet de la solution simple qui consiste à remplacer les voitures à moteur à combustion interne par des véhicules électriques. (En bref, il ne s’agit que d’un surcroît de consumérisme : vous n’avez pas à changer votre mode de vie, il vous suffit d’acheter notre produit le plus cher, le plus lourd et le plus mortel ! Ce qui ne réduit aucunement l’étalement urbain, les morts et blessures dues aux accidents ainsi que les micropolluants provenant de tout ce caoutchouc en contact avec tout cet asphalte. Et c’était avant que j’apprenne ce qui se passe lorsqu’un VE prend feu : pensez à des dizaines de milliers de gallons d’eau — au lieu de quelques centaines — pour éteindre un feu de VE, et à la création d’un site de déchets toxiques persistants.)

    Si nous parlons de smog, il est évidemment préférable d’avoir des VE dans votre ville plutôt que des véhicules à moteur à combustion interne, car ils génèrent moins de pollution atmosphérique locale, bien que les deux tiers de l’électricité qui les alimente proviennent toujours du brûlage de combustibles fossiles dans des centrales électriques éloignées. C’est le problème de quelqu’un d’autre, à moins que vous ne viviez sur la planète Terre, où il devient votre problème à terme.

    Dernièrement, cependant, j’ai songé à formuler la question non pas en termes de « VE contre MCI », mais plutôt de « batteries contre fils aériens » (ou, dans de rares cas, troisième rail), les batteries étant un tout nouveau problème et les fils aériens étant la bonne vieille solution. Voici mon raisonnement : chaque voiture nécessite deux tonnes d’acier, de plastique et de verre, mais les VE ont également besoin de minerais, en particulier le lithium et le cobalt qui entrent dans la composition de leurs batteries. Selon Amnistie internationale, 40 000 enfants congolais, dont certains n’ont que six ans, sont impliqués dans l’extraction du cobalt qui entre dans la composition des batteries des VE. L’extraction du lithium pour les VE, que mon ami Vince Beiser documente dans son nouveau livre Power Metal, détruit les écosystèmes et les communautés autochtones au Chili, en Argentine, en Chine et en Australie. Pour respecter le délai de transition vers les VE fixé par de nombreux pays, le nombre de mines de lithium dans le monde devrait presque doubler pour atteindre 75 d’ici 2035. Ce sera un désastre pour la planète.

    Chaque fois que vous voyez une publicité où une voiture électrique transporte un citadin vers un lac ou une montagne « vierge » en Suède, dans le Montana ou dans le nord du Québec, imaginez un endroit du Sud déchiré et mis à nu, un écosystème détruit pour le plaisir de conduire des gens du monde riche.

    Au lieu de remplacer les 1,4 milliard de véhicules à moteur à combustion interne dans le monde par 1,4 milliard de véhicules à batterie — une perspective écologiquement meurtrière —, il vaudrait mieux favoriser les formes de transport électrique, dont les origines remontent au XIXe siècle. Je veux parler des trains, des tramways et des véhicules légers sur rail, qui reposent sur des roues en acier roulant sur des rails en acier. Cette technologie, qui réduit les frottements, permet de transporter de lourdes charges sur de longues distances avec une fraction de l’énergie requise par les pneus en caoutchouc qui vibrent, inefficacement, sur l’asphalte. (Sans parler des vastes régions du monde qu’il faut recouvrir d’asphalte, à forte consommation de combustibles fossiles, pour que tout ce système fonctionne.) Depuis les années 1880, l’acier-sur-acier est combiné à l’électricité transmise par des fils aériens, recueillie par des pantographes, et utilisé pour déplacer des personnes et des marchandises à des vitesses étonnamment élevées.

    Ces trains n’ont pas besoin de batteries, comme l’écrit l’ingénieur ferroviaire écossais Gareth Dennis dans son nouveau livre How the Railways Will Fix the Future. « Alors qu’un vélo électrique nécessite environ 0,02 kg de lithium et un bus électrique environ 0,5 kg de lithium par usager, les petites voitures en nécessitent 1,6 kg et les gros VUS jusqu’à 5 kg par usager. Quant aux trains électriques ordinaires alimentés par des caténaires, leur fabrication ne requiert pratiquement pas de lithium. » Moins de batteries signifie moins de paysages déchirés, moins d’enfants contraints de travailler dans des conditions atroces pour extraire le cobalt. (Laissons les trains à hydrogène sur la touche, là où ils devraient être. L’hydrogène est un sous-produit de la production de combustibles fossiles, en particulier du gaz naturel ; en matière de rendement énergétique de l’énergie investie, c’est un non-sens et, dans la mesure où il empêche le véritable travail d’électrification, c’est pire qu’une distraction.)

    Certains pays relèvent le défi de l’électrification de leurs réseaux ferroviaires de passagers. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Russie est un leader dans ce domaine, une grande partie de son réseau étant électrifiée — même le Transsibérien traverse des milliers de kilomètres de forêts boréales en s’alimentant en électricité à partir de câbles aériens. La Californie a récemment électrifié son parc de trains de banlieue Caltrain, dans la région de San Francisco, et les nouveaux trains sont très appréciés pour leur fonctionnement silencieux et leurs accélérations rapides et douces. En Ontario, le réseau de trains de banlieue GO, qui dessert la région du grand Toronto, est censé être électrifié, mais les progrès sont lents. Je me réjouis qu’au Québec, le REM de la région de Montréal fonctionne avec des fils aériens ; la prochaine phase devrait être inaugurée à l’automne 2025.

    À plus grande échelle, l’Inde est sur le point d’électrifier 100 % de son réseau ferroviaire de passagers. (Lorsque j’ai exploré les chemins de fer indiens, au début des années 1980, tous les trains que j’ai empruntés roulaient au diésel ; le rythme de la transition vers l’électricité est époustouflant.) Bien entendu, la plupart des trains à grande vitesse des régions du monde les plus avancées sur le plan des transports — je parle de l’Europe occidentale, de la Corée du Sud, de Taïwan, de la Chine, du Japon, et maintenant même du Maroc et de la Turquie — sont alimentés par l’électricité. Au Canada et aux États-Unis, les quelques trains interurbains rapides dont nous disposons (à l’exception de l’Acela Express) fonctionnent au pétrole ; même la Brightline, la nouvelle ligne privée à moyenne vitesse en Floride, roule au diésel.

    Et n’oublions pas les trolleybus. J’ai un faible pour ce mode de transport particulier : j’ai grandi avec eux à Vancouver, où j’ai passé de nombreux matins pluvieux à attendre qu’un vieux trolleybus Brill caréné franchisse la colline pour m’amener à l’école et, plus tard, au travail. (Ces bus ne semblaient jamais arriver, jusqu’à ce que plusieurs surgissent en même temps.) Les trolleybus sont encore largement utilisés dans cette région et fonctionnent à l’électricité provenant de l’hydroélectricité abondante et bon marché de la province.

    J’aimerais qu’il y en ait à Montréal, où j’habite maintenant — le Québec bénéficie également d’une abondante énergie hydroélectrique. (Hélas, dans les années 1950, les rails et les fils aériens des trolleys ont été arrachés.) En raison du frottement réduit des roues en acier sur les rails en acier, il est plus efficace de faire circuler des tramways sur des rails que des bus à pneus en caoutchouc sur l’asphalte, mais les trolleybus — qui continuent de circuler à Bologne, Guadalajara, Shanghai et dans bien d’autres villes — sont quand même largement préférables aux autobus à moteur diésel ou à batterie électrique.

    Alors, oui, l’électricité et l’électrification représentent l’avenir. Mais si cela signifie qu’il faut fournir des batteries aux centaines de millions de voitures particulières et de camions dans le monde, nous n’aurons pas un avenir très prometteur pour nos enfants et nos petits-enfants. Investir dans les lignes aériennes pour alimenter les métros et les tramways urbains, les trains de banlieue et les trains interurbains est la prochaine étape évidente pour tout pays désireux de décarboniser son réseau de transport.

    Si le sous-continent indien y parvient, l’Amérique du Nord, le continent qui compte la population la plus riche du monde (et probablement la population la plus riche de l’histoire du monde), devrait être en mesure de s’y atteler.

    https://lactualite.com/societe/lavenir-est-electrique

    Intéressant :

    « Alors qu’un #vélo_électrique nécessite environ 0,02 kg de lithium et un #bus_électrique environ 0,5 kg de lithium par usager, les petites voitures en nécessitent 1,6 kg et les gros VUS jusqu’à 5 kg par usager. Quant aux trains électriques ordinaires alimentés par des caténaires, leur fabrication ne requiert pratiquement pas de lithium. »

    #énergie #lithium #voitures #SUV #comparaison #trains

    • How the Railways Will Fix the Future. Rediscovering the Essential Brilliance of the Iron Road

      Railway engineer and transport policy specialist Gareth Dennis shows why the railways are key to the fight for a better world for us all.

      The world’s railways were almost entirely created by capital and empire for extraction and exploitation, so what right do they have to exist and how can they be harnessed for good? Railway engineer and writer Gareth Dennis builds a case not simply for railways as a common good, but argues that railways are a critical tool for humanity to survive and thrive.

      Whether it’s the power of organised labour, the threats and opportunities of new technology, the distribution of democratic power or the calamitous impacts of climate change, railways can act as a lens through which to understand the future and the part they can play in it.

      Dennis takes us across the globe, from Virgin Hyperloop’s abandoned test track in the Nevada desert to the overcrowded stations of the North of England, exploring how railways can shape and inform choices about our future, and in turn detailing how taking a long-term view can help shape transport for the better. With his deep knowledge of railways and his unique view of history and politics, he equips us with the tools to answer those imperative questions: what and who should our railways be for?

      https://www.penguinrandomhouse.com/books/761930/how-the-railways-will-fix-the-future-by-gareth-dennis
      #livre #transport_ferroviaire

    • Power Metal. The Race for the Resources That Will Shape the Future

      The powerful ways the metals we need to fuel technology and energy are spawning environmental havoc, political upheaval, and rising violence — and how we can do better.

      An Australian millionaire’s plan to mine the ocean floor. Nigerian garbage pickers risking their lives to salvage e-waste. A Bill Gates-backed entrepreneur harnessing AI to find metals in the Arctic.

      These people and millions more are part of the intensifying competition to find and extract the minerals essential for two crucial technologies: the internet and renewable energy. In Power Metal, Vince Beiser explores the Achilles’ heel of “green power” and digital technology – that manufacturing computers, cell phones, electric cars, and other technologies demand skyrocketing amounts of lithium, copper, cobalt, and other materials. Around the world, businesses and governments are scrambling for new places and new ways to get those metals, at enormous cost to people and the planet.

      Beiser crisscrossed the world to talk to the people involved and report on the damage this race is inflicting, the ways it could get worse, and how we can minimize the damage. Power Metal is a compelling glimpse into this disturbing yet potentially promising new world.

      https://www.penguinrandomhouse.com/books/709947/power-metal-by-vince-beiser

  • Le #Mali bloque les exportations de #Loulo-Gounkoto, sa plus grande mine d’#or (#Barrick)

    Le Mali est en conflit depuis quelques mois avec Barrick, propriétaire de sa plus grande #mine_d’or, afin de récupérer un manque à gagner estimé à 500 millions $. Dans le cadre de ce différend, Bamako a déjà emprisonné quatre employés de Barrick et émis un #mandat_d’arrêt contre le PDG #Mark_Bristow.

    Les exportations d’or de Loulo-Gounkoto, la plus grande mine d’or du Mali, sont bloquées par le gouvernement. C’est du moins l’annonce faite lundi 16 décembre par le propriétaire de la mine, le canadien Barrick Gold, qui précise que le maintien de ce #blocage pourrait le contraindre à « suspendre ses opérations ».

    Au moment de la publication, le gouvernement malien n’a pas confirmé ce blocage des #exportations. L’information intervient néanmoins alors que les relations entre Bamako et la compagnie canadienne sont tendues. Plusieurs employés de Barrick ont été arrêtés en novembre et sont détenus depuis en attente de leur procès, alors que le PDG du groupe, Mark Bristow, fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis à son encontre par Bamako. Le gouvernement accuse les dirigeants de diverses #malversations_financières et réclame à la compagnie environ 500 millions $ d’après Reuters.

    Après un audit des mines d’or ayant révélé un manque à gagner de 300 à 600 milliards FCFA, le gouvernement malien a en effet entamé depuis quelques mois des #négociations avec les compagnies pour récupérer ces sommes. Bamako cherche également à obtenir l’application du nouveau #code_minier à toutes les mines du pays. Adoptée en 2023, la nouvelle #loi augmente la participation de l’État dans les mines et devrait générer 500 milliards FCFA de #recettes_minières supplémentaires chaque année.

    « Depuis le 25 novembre, plusieurs membres de l’équipe de direction malienne de Barrick sont emprisonnés sur la base d’accusations infondées. Ceci, dans un contexte d’actions inquiétantes telles que des réclamations fiscales et douanières sans fondement et l’annonce d’un mandat d’arrêt illégitime à l’encontre du président-directeur général de Barrick », dénonce la compagnie.

    Barrick, seul contre tous ?

    Selon le nouveau communiqué de Barrick, aucun terrain d’entente n’est visible à l’horizon pour clore le différend avec le gouvernement. Pourtant, la compagnie avait annoncé fin septembre être parvenue à un accord avec les autorités, au lendemain de l’arrestation de quatre de ses employés. Quelques jours plus tard, le gouvernement malien dénonçait le non-respect des engagements pris par Barrick, avec à la clé une menace à peine voilée de non-renouvellement de l’un des permis de la compagnie arrivant à expiration en 2026.

    Barrick reste donc l’un des derniers producteurs d’or du Mali à poursuivre le bras de fer avec le gouvernement, qui a déjà fait plier la plupart des autres compagnies. Qu’il s’agisse des canadiens #B2Gold et #Allied_Gold, ou de l’australien #Resolute_Mining, les autres propriétaires de mines d’or industrielles au Mali ont en effet accepté de verser un montant cumulé dépassant 200 millions $. Bamako a également obtenu l’application des termes du nouveau code minier à certaines mines, notamment les deux mines de #lithium en cours de construction.

    S’il est difficile d’indiquer la direction dans laquelle les deux parties comptent orienter le différend au cours des prochaines semaines, rappelons qu’une suspension effective de la production d’or à Loulo-Gounkoto impacterait négativement la production et les revenus miniers du Mali pour 2024. En 2023, la mine a livré près de 700 000 onces d’or et contribué à l’économie locale pour plus d’un milliard de dollars, selon Barrick.

    https://www.agenceecofin.com/actualites-industries/1612-124397-le-mali-bloque-les-exportations-de-loulo-gounkoto-sa-plus-
    #mines #extractivisme #minières #Australie #Canada

  • Le #Kazakhstan se rêve en nouvel eldorado des terres rares

    Le Kazakhstan envisage d’investir massivement dans l’#exploration_géologique, dont celle de #métaux_rares, avec l’aide financière et technique des pays occidentaux, très intéressés par les #ressources du #sous-sol kazakh, explique la presse de la région.

    “On dit que celui qui possède les terres rares possède le monde – or le Kazakhstan ferait partie des pays qui détiennent les plus grandes réserves de terres rares”, se gargarise le site d’information kazakh Tengri News.

    Problème : “Il n’y a pas de production de terres rares au Kazakhstan aujourd’hui, faute de #technologies économiquement viables pour leur traitement”, explique le directeur général du Centre national de traitement des matières premières minérales et académicien kazakh Abdurassol Jarmenov. Bien que “des perspectives de développement de cette industrie existent”, la qualité des #minerais de ces terres rares “laisse à désirer, car elle est dix fois inférieure à celle des minerais chinois”.

    “Nous ne serons jamais les plus grands fournisseurs de terres rares, concède Abdurassol Jarmenov. Leur production pourrait néanmoins donner un sérieux coup de pouce à notre économie.”

    Perspectives alléchantes

    Autre site kazakh, Kursiv est plus optimiste : "Aujourd’hui, notre pays produit 19 des 34 métaux les plus importants pour l’économie mondiale." Le ministère de l’Industrie a récemment "identifié plus de 100 #gisements de métaux rares, notamment de #tungstène, #molybdène [un million de tonnes] et #lithium [227 000 tonnes]", mais aussi de "#tantale, de #niobium et de #béryllium". Et Kursiv d’affirmer :

    "Le jour où les métaux rares dépasseront le pétrole est proche."

    "Certains experts prévoient que la demande mondiale de lithium doublera d’ici deux à trois ans. Et le prix du #cobalt pourrait augmenter de 70 %. Les métaux rares sont désormais considérés comme le pétrole de la nouvelle ère."

    "L’#exploitation des riches gisements de terres rares au Kazakhstan revêt une importance stratégique. La valeur totale de plus de 5 000 gisements non exploités dépasse 46 000 milliards de dollars, ce qui fait de leur développement une priorité pour renflouer le budget de l’État", relate le journal russe Nezavissimaïa Gazeta.

    Le président, Kassym-Jomart Tokaev, a récemment demandé au gouvernement d’"oeuvrer pour élargir, d’ici à 2026, la zone des explorations géologiques de 1,5 à 2,2 millions de kilomètres carrés". Le Premier ministre, Oljas Bektenov, a quant à lui affirmé vouloir "attirer activement les investisseurs étrangers dans l’exploration géologique, et, dès l’année prochaine, des entreprises étrangères [américaine, française, allemande, britannique et finlandaise] prospecteront le sous-sol kazakh".

    Le ministre de l’Industrie et de la Construction, Kanat Charlapaev, a par ailleurs récemment confirmé que le Kazakhstan "a considérablement accéléré l’exploitation de ses réserves de minéraux - #fer, #manganèse, #or, #uranium, #pétrole, #gaz". Le seul gisement de #Kuirektykol, dans la région de #Karaganda dans le centre du pays, "recèlerait 800 000 tonnes de terres rares".

    Éviter le scénario de l’#industrie_pétrolière

    Les ressources du Kazakhstan "attirent depuis longtemps l’attention des États-Unis, de l’UE, de la Chine et de la Corée du Sud", poursuit Nezavissimaïa Gazeta. En 2023, l’extraction de minéraux d’importance stratégique a été "l’objet de discussions entre Tokaev et son homologue français Emmanuel Macron, et en février 2024 [le président américain] Joe Biden a entamé un dialogue sur les minéraux critiques entre le Kazakhstan et les États-Unis, puis en juin le développement des gisements de lithium a été discuté à Astana par le président sud-coréen Yoon Suk-yeol". Le service géologique national compte sur l’aide financière de Londres pour créer "une carte géologique numérique du sous-sol kazakh".

    L’expert russe Alexandre Kobrinski, interrogé par Nezavissimaïa Gazeta, met en garde : "La situation avec les terres rares au Kazakhstan risque de reproduire le scénario de l’industrie pétrolière, quand le pays a perdu le contrôle de la production d’hydrocarbures en raison de sa forte dépendance aux investisseurs étrangers, qui détiennent 70,5 % des capacités de production, privilégiant une production rapide et bon marché plutôt que des investissements à long terme. Cela pose la question de savoir si le Kazakhstan maximisera les bénéfices de ses propres ressources." Autrement, le pays se transformerait "en un appendice de fournisseurs de matières premières, ne recevant en échange que des fonds insignifiants".

    https://www.courrierinternational.com/article/asie-centrale-le-kazakhstan-se-reve-en-nouvel-eldorado-des-te

    #terres_rares #extractivisme

  • #Lithium dans l’#Allier : la #mine pourrait être exploitée 50 ans

    Changement de programme. La première mine de lithium en France pourrait être exploitée pendant cinquante ans, et non vingt-cinq ans, comme prévu initialement.

    Ce projet, porté par le groupe #Imerys dans l’Allier, est très contesté localement. Appelé #Emili (pour « exploitation de #mica_lithinifère »), il vise à produire, à partir de 2028, de l’#hydroxyde_de_lithium pour équiper 700 000 #batteries de #véhicules_électriques. Il coûterait environ 1 milliard d’euros d’investissement.

    Alors que le projet prévoyait d’exploiter la mine pendant vingt-cinq ans, un avis de l’Autorité environnementale publié le 21 novembre relève qu’« une demande de #concession_minière de cinquante ans sera déposée en 2025 ». La durée d’exploitation pourrait donc être augmentée « compte tenu des résultats des derniers sondages ayant conclu à des capacités plus importantes du #gisement ».

    Dans cet avis, l’autorité environnementale estime également que l’analyse du porteur de projet présente des « #insuffisances » et des « #lacunes » concernant les #nuisances_environnementales et sanitaires potentielles du projet.

    Celui-ci est très contesté localement. Le débat public a duré quatre mois, et a réuni plus de 3 000 participants aux douze réunions publiques. Mais le gouvernement tient à ce projet. Sur demande de plusieurs maires et présidents de communautés de communes de l’Allier, il avait classé le projet « d’#intérêt_national_majeur » par un #décret publié le 7 juillet, jour du second tour des élections législatives anticipées, sans même attendre la fin du débat public le 31 juillet. Ce statut, créé par la #loi_Industrie d’octobre 2023, est synonyme d’#accélération des procédures et de #dérogations administratives.

    https://reporterre.net/Lithium-dans-l-Allier-la-mine-pourrait-etre-exploitee-50-ans
    #France #exploitation

    • Contre le géant minier Imerys, les oppositions veulent unir leurs forces

      L’industriel a le vent en poupe, avec le récent label « stratégique » apposé par l’UE à son projet phare, l’extraction de lithium dans l’Allier. Mais en face, la résistance s’organise. Le week-end dernier, des opposants aux divers projets avaient rendez-vous en Dordogne pour coordonner leurs luttes.

      Pour les opposant·es au projet de mine de lithium Emili, porté par le groupe Imerys dans l’Allier, les mauvaises nouvelles se suivent et se ressemblent. En juillet 2024, en plein débat public sur les enjeux du creusement à Échassières de la deuxième plus grande exploitation de lithium d’Europe, l’État français avait déjà décrété « d’intérêt national majeur » le projet phare du géant minier.

      Le 25 mars, alors que se poursuivait l’enquête publique sur les demandes d’autorisation environnementale et de permis de construire déposées par Imerys pour des usines pilotes, la Commission européenne a inclus Emili dans une liste de quarante-sept chantiers « stratégiques » visant à assurer l’approvisionnement du continent en matières premières « critiques ».

      Autant d’annonces qui font peser sur les débats tout le poids de l’État français et de l’Europe, résolus à ce que le complexe minier voie le jour et soit en mesure de fournir à la politique de transition énergétique la matière pour près de 700 000 batteries de voitures électriques par an, d’ici à 2028, tout en garantissant à l’entreprise une procédure simplifiée pour arriver à ses fins.

      « Notre première réaction, c’est qu’ils se foutent du débat public, de la procédure en cours. Ils y vont au rouleau compresseur », résume Jacques Morisot, président de l’association Préservons la forêt des Colettes, un des collectifs bourbonnais qui s’opposent au projet Emili. Mais le militant a aussi une deuxième lecture de ces annonces tonitruantes. « Il s’agit peut-être d’un signe de faiblesse de leur part, veut-il croire. Ils sentent que ça monte et ils essaient de faire le forcing. »
      Contre le « carnage » des mines

      Car quelque chose est bel et bien en train de « monter », et pas que dans l’Allier. En ce dimanche matin, le hameau de Pierrefiche (Dordogne) bruisse d’une activité inhabituelle pour ce coin reculé du Périgord vert. Dans la vaste salle à manger d’un corps de ferme, puis sur les pelouses attenantes, une trentaine de représentant·es de différentes plateformes débattent des meilleurs moyens d’unir leurs forces pour faire plier leur adversaire commun, Imerys, et au-delà, la logique de l’extractivisme à tout prix.

      Outre la délégation bourbonnaise, il y a les Bretons de Glomel (Côtes-d’Armor), en lutte contre l’extension par Imerys de la plus grande mine à ciel ouvert de France, consacrée à l’extraction de l’andalousite, un minerai prisé par la grande industrie pour ses propriétés réfractaires. Eux ont l’expérience de dizaines d’années d’exploitation d’un site par l’industriel, de la pollution de cours d’eau, attestée en dépit des dénégations de l’entreprise. Enfin, il y a les pressions exercées sur les opposant·es, notamment grâce à l’arme de la propriété foncière, à l’instar de cet ancien maire un peu trop remuant, dont le bail pour des terres agricoles qu’il exploitait a été résilié.

      « Nous sommes ici pour mettre en commun nos cultures de lutte », explique Jules, membre de la délégation armoricaine. « Par exemple ici, en Dordogne, les ruisseaux ne sont pas cartographiés. Ce serait bien de le faire. Pour les histoires d’eau, on peut aider », complète Mélanie Ulliac, guide naturaliste et ancienne salariée de la réserve naturelle régionale des landes et marais de Glomel. « Nous, on connaît le carnage que ça va faire. »

      L’assemblée compte un trio de Cantaliens, défenseurs de la narse de Nouvialle, une zone humide protégée de 400 hectares, point de passage de plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs et dans le viseur de l’industriel en raison de son stock prodigieux (le plus grand d’Europe) de diatomite. La roche siliceuse, formée de coquillages microscopiques, est recherchée pour sa capacité de filtrage tant par les groupes pharmaceutiques qu’agroalimentaires.
      Intérêt national contesté

      Les Cantalien·nes peuvent se targuer de constituer le collectif le plus ancien présent à Pierrefiche – il a été créé en 1995, en réponse à un premier projet d’exploitation de la narse –, et le plus puissant, avec quelque 3 200 adhérent·es dans toute la France ainsi que le soutien de nombreux élus locaux.

      Le projet industriel est pourtant, à ce stade, l’un des moins avancés. Si Imerys a obtenu, en décembre 2021, le classement de la zone par le préfet de région en « gisement d’intérêt national » et son inscription au schéma régional des carrières du Cantal, il n’a pas encore déposé de demande d’exploitation.

      Mais la situation devrait rapidement évoluer. L’industriel a en effet racheté en janvier les activités diatomite de son concurrent Chemviron, filiale européenne de l’américain Kuraray. Il se retrouve ainsi à la tête de deux usines de transformation de la diatomite et d’une centaine d’hectares de terres au fond de la narse, alors que la seule carrière en activité, celle de Foufouilloux (Cantal), devrait être épuisée en 2027 ou 2028.

      Dès lors, la demande d’autorisation préfectorale ne devrait plus tarder, estime Chantal Jean, membre du groupe de coordination du collectif de la Nouvialle. « Et après, tout va se précipiter », poursuit la militante, choquée par l’acharnement d’Imerys à vouloir exploiter son produit alors que « la filtration alimentaire est en régression, les entreprises alimentaires parvenant à se passer de la diatomite ». « Ils en sont à créer de nouveaux besoins, de nouveaux débouchés, comme des additifs dans la peinture ou le ciment », déplore-t-elle.

      Le cénacle de Pierrefiche comprend également des scientifiques – naturalistes, archéologues – désireux de mettre leurs connaissances au service des militant·es, des représentant·es d’autres mobilisations, comme celle contre la prospection d’or en Haute-Vienne.
      Luttes locales

      Le gros des effectifs est toutefois constitué d’activistes locaux, rassemblés autour de deux projets d’Imerys : l’extension sur 40 hectares d’une exploitation de quartz à Lempzours, pour lequel l’industriel n’a pas encore déposé de dossier, et la création d’une nouvelle carrière du même minerai – utilisé dans la fabrication de silicium, une des dix-sept matières premières stratégiques listées par la Commission européenne – sur 45 hectares à Razac, un plateau forestier visible depuis le lieu de la réunion.

      Hôte de l’assemblée et président du collectif « Sauvegardons Razac et le bassin de la Côle », Gérard Dufraisse l’affirme avec fermeté : il n’est pas un « NIMB », un « not in my backyard », soit en français un opposant à tout projet industriel pour la seule raison qu’il risque de ruiner son potager ou sa vue. Le médecin retraité était même plutôt favorable à cette nouvelle carrière, quand les représentants d’Imerys lui ont assuré, début 2022, que les machines ne creuseraient pas à plus d’un mètre de profondeur pour extraire du sol les galets de quartz, et uniquement sur le sol plat du plateau.

      « Mais quand j’ai lu le dossier de l’enquête publique, j’ai découvert qu’ils prévoyaient de creuser à 10 mètres de profondeur, et qu’ils allaient descendre dans les pentes. Ce n’est absolument pas réhabilitable », relate-t-il. Sans compter la quarantaine de camions appelés à arpenter chaque jour la départementale « où on n’arrive déjà pas à se croiser en voiture », souligne le retraité.

      Gérard Dufraisse est ainsi devenu militant malgré lui. « Je ne suis dans aucune de ces luttes, mais je découvre des manières de faire et je me réveille avec mon pays natal qui va être livré à des sociétés extractivistes. Parce que des galets, il y en a partout dans la région, explique-t-il. Ils ne s’arrêteront jamais si personne ne s’y met. »

      Et aujourd’hui, l’ancien médecin hospitalier se réjouit de l’afflux des activistes dans son hameau. « Je suis ravi, tous ces gens sont extrêmement intéressants pour nous. On montre qu’il y a une solidarité qui se crée », commente-t-il.

      La veille, les délégations ont arpenté la D77 de Thiviers à Pierrefiche, soit une marche de 6,5 kilomètres, au sein d’un cortège de plus de deux cents manifestant·es, égayé par des fanfares et de nombreux costumes, pour procéder au jugement de « Pelletassou », une marionnette géante accusée d’accaparement des territoires à son seul profit, mensonge et participation à un écocide. L’accusé a été condamné à une assignation à résidence perpétuelle dans l’église de Pierrefiche.

      « C’était un peu trop sur un mode carnavalesque, les gens du coin vont nous prendre pour des saltimbanques », grommelle Gérard Dufraisse, avant de convenir qu’après tout, « les jeunes qui viennent s’installer dans le Périgord vert, ils sont comme ça, et ils ont une conscience écologique bien plus grande que la nôtre ».

      https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/020425/contre-le-geant-minier-imerys-les-oppositions-veulent-unir-leurs-forces
      #résistance

    • « Le lithium est une #impasse » : dans l’Allier, des centaines de manifestants contre le projet de mine

      Les opposants au projet de mine de lithium d’Échassières, dans l’Allier, ont manifesté le 27 juillet contre cette « #impasse_technologique ». Pour elles et eux, la #décarbonation des transports, c’est sortir du #tout-voiture, même électrique.

      « On a appris plein de trucs, c’était hyper intéressant ! » René⋅e et Fi [*], toutes deux la vingtaine, cheveux courts et enthousiasme contagieux, viennent de passer « trois jours de ouf » dans leur premier camp de lutte. Trois jours d’échanges, d’ateliers et d’actions contre le projet de mine de lithium porté par Imerys, qui se sont conclus dimanche 27 juillet par une manifestation à Échassières (03).

      « Il faut consommer moins, sortir du capitalisme, changer nos habitudes. Ici, on va pomper, il n’y aura plus d’eau », dénoncent les deux activistes. Elles, qui sont du coin, rappellent qu’Échassières est un point haut d’où partent de nombreuses petites rivières.

      La #manifestation, ouverte par une immense marionnette, a parcouru 6 kilomètres le long du site d’Imerys, au cœur de la forêt menacée, sous la surveillance de gendarmes cantonnés à l’intérieur du site industriel. Le cortège a réuni 300 opposants aux mines, défenseurs de l’eau et de la terre. Des manifestants ont rejoint le cortège en chemin, venus affirmer leur refus d’un projet destructeur au nom d’une « transition » imposée.

      Pour Étienne, membre du collectif d’opposants Stop mines 03, « on nous martèle que “décarboner les transports” veut forcément dire “voiture électrique” et donc lithium. C’est une équation qu’on s’efforce de déconstruire. Sortir du tout-voiture, repenser les transports collectifs, c’est ça, la vraie transition ».

      Alain, un peu plus de 70 ans, vient lui aussi des environs. Ancien électronicien, il sait que le lithium est aujourd’hui l’option technologique la plus efficace pour les batteries, « mais il faut attendre que d’autres technologies émergent », pense-t-il. Pour lui, le vrai problème, « c’est le système, le capitalisme. Il est temps de lever le pied sur l’automobile, si on veut laisser autre chose qu’une planète dévastée en 2050 ».

      Une analyse approuvée par Jean-Claude, retraité et syndicaliste CGT. Les oncles de ce dernier étaient mineurs à Saint-Éloy-les-Mines : « Ils sont morts du travail », dit-il. Lui critique un système qui sacrifie simultanément les services publics, la santé et les travailleurs au nom du progrès technologique.

      Sous couvert d’écologie, on externalise pollution et pressions sur les populations du Sud, rappelle Étienne : « Un SUV électrique embarque bien plus que du lithium : cobalt, coltan, etc. souvent extraits dans des conditions dramatiques, notamment en Afrique. » Le militant rappelle aussi l’existence de technologies sans lithium : vélos électriques sans batterie grâce à la dynamo, batteries au sodium, moins polluantes et plus abondantes.

      Le projet Imerys, à Échassières, en est à la phase pilote, pour un lancement industriel en 2028. « Notre objectif, c’est de leur faire perdre un maximum de temps : le lithium est une impasse technologique », dit-il.

      Étienne dénonce aussi l’absurdité logistique : « L’État prend le rail en otage et conditionne la remise en état de la voie ferrée au transport du lithium. À Saint-Bonnet-de-Rochefort, au lieu de réhabiliter la ligne de fret comme annoncé, c’est une bretelle d’autoroute qui est en projet. Le transport des adjuvants, comme l’acide sulfurique, se fera par camion. Ce projet sert l’industrie, pas la transition. »

      Paradoxe de la lutte, le matin, un long convoi de voitures, en covoiturage par souci de décroissance, était parti du campement, qui a rassemblé quelque 350 personnes pendant trois jours, pour rejoindre Échassières. Après la manifestation, la procession de véhicules est rentrée au camp. À plusieurs reprises, les forces de l’ordre ont tenté de contrôler les véhicules, sans succès : les participants ont collectivement refusé ces contrôles.

      https://reporterre.net/Le-lithium-est-une-impasse-dans-l-Allier-des-centaines-de-manifestants-c

  • L’usine de #batterie Eramet qui devait s’installer à Grande-Synthe (#Dunkerque) retire sa candidature, cela alors meme que sa concurrente a 50% de rejet de production et se fait virer par Peugeot.

    On ne sait pas faire de batteries ?

    Le plan de survie économique de Dunkerque tombe à l’eau ?

    https://www.20minutes.fr/economie/4117507-20241024-dunkerque-projet-usine-recyclage-batteries-tombe-eau

    C’est dingue de devoir séparer chimiquement les constituants d’une batterie, pour refaire une batterie identique avec les même atomes dans les même proportions (#lithium, nickel, cobalt).
    https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2024-03/ERAMET-Projet-RELIEVE-Synthese-du-Dossier-de-concertation-WEB-3.pdf

  • Le #Mali reçoit 45 millions $ après le départ de #Leo du #lithium de #Goulamina

    L’australien #Leo_Lithium, copropriétaire de la première mine de lithium du Mali, a décidé cette année de vendre l’intégralité de sa participation à son partenaire de coentreprise, le chinois #Ganfeng_Lithium. La transaction implique le paiement d’impôts au profit du gouvernement malien.

    Le reste de la somme dû à Leo Lithium, 171,2 millions $ en plus des intérêts, devrait être payée par #Ganfeng d’ici le 30 juin 2025. En attendant de connaitre la part de l’État malien sur ce paiement, il faut souligner que les revenus que le gouvernement malien vise grâce à l’exploitation de Goulamina sont beaucoup plus significatifs. Après un accord conclu avec Ganfeng, le ministre malien de l’Économie, Alousséni Sanou, a indiqué en mai 2024 que la mine devrait rapporter plus de 100 milliards FCFA (160 millions $) chaque année au Mali.

    Pour rappel, le calendrier de développement de Goulamina prévoit une entrée en production en 2024. Bien que les prix du lithium aient significativement baissé ces derniers mois et contribué à des suspensions de projets de lithium, aucun changement n’a encore été annoncé pour cet actif capable de livrer annuellement 500 000 tonnes de concentré de lithium. La mine devrait être détenue et exploitée à 65 % par Ganfeng Lithium, contre 30 % pour le gouvernement malien et 5 % pour les investisseurs locaux.

    https://www.agenceecofin.com/actualites-industries/2711-123812-le-mali-recoit-45-millions-apres-le-depart-de-leo-du-lithi
    #mines #Australie #Chine #Chinafrique #minières #extractivisme