• #Déogratias

    Derrière ce dessin, il y a plus d’un million de morts. Qui peut imaginer un million de morts ? C’est un chiffre qui ment, proie des comptables de l’horreur chicanant sur les dizaines, les unités. Un million, notre esprit se montre incapable de nous en transmettre une image précise. Un million de #morts, c’est le résultat de l’#indifférence devant le premier homme assassiné parce qu’il est Tutsi. Au deuxième, il est déjà trop tard pour arrêter l’#abomination. Alors, des êtres comme le jeune Hutu Déogratias célèbrent comme un trophée la corde à linge où pendouillent les dessous de femmes violées et, sans doute, trucidées. Corde qui signale « ici commence l’#horreur ». Avril #1994, Rwanda : le fleuve de sang emporte l’amour de Déogratias pour une jeune Tutsi. Et ce flot se nourrit du sang des Tutsi que Déogratias a tués de ses mains


    https://www.dupuis.com/seriebd/deogratias/284
    #Hutus #Tutsis #viol #guerre_civile #massacre
    #génocide #Rwanda #histoire #BD #livre

  • La France des ronds-points avant les « gilets jaunes », Joseph Confavreux
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/131119/la-france-des-ronds-points-avant-les-gilets-jaunes

    Le sociologue Benoît Coquard, qui travaille sur les milieux ruraux et les classes populaires, publie un livre faisant voler en éclats les idées reçues sur les campagnes en déclin et le prétendu repli de ladite « France périphérique ». Un livre qui éclaire aussi le soulèvement des « gilets jaunes », un an après son déclenchement.

    Dans la lignée du chercheur Nicolas Renahy qui avait consacré une enquête importante à la jeunesse rurale dont il était lui-même issu, avec son ouvrage Les Gars du coin, Benoît Coquard, sociologue à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) s’intéresse à un territoire qui l’a vu naître et qu’il a continué de parcourir après être devenu chercheur, en publiant Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin (La Découverte).

    Cette position singulière explique la précision de son regard sur des espaces au mieux ignorés, au pire méprisés comme « reculés et hors du temps », alors que s’y jouent pourtant certains des « grands bouleversements économiques et sociaux de notre époque ».
    Cela lui permet de s’émanciper des deux représentations dominantes des habitants de ces espaces ruraux en déclin : « Soit un récit misérabiliste du style de vie des prétendus “beaufs racistes” qu’on retrouve plutôt à gauche, soit une ode à ladite “France oubliée”, “périphérique”, qui incarnerait d’une certaine manière le “vrai peuple” à défendre, qu’on retrouve plutôt à droite. » Deux raisons principales à ces stéréotypes pour le chercheur : « Ces classes populaires sont particulièrement dominées (au sens sociologique) » et « elles sont dans tous les sens du terme, très éloignés de ceux qui parlent d’elles ».

    Faisant feu sur les amalgames dont atteste la notion de « France périphérique », mise en avant en particulier par l’essayiste Christophe Guilluy, mais sans pour autant se contenter de documenter les spécificités locales, Benoît Coquard ne cesse de s’étonner du mélange de dédain et d’ignorance qui pèse sur le monde rural. Ainsi, même la divergence croissante entre des milieux ruraux attractifs qui se repeuplent tandis que d’autres se dépeuplent et s’appauvrissent n’est que rarement prise en compte. Pourtant, juge le chercheur, « ne pas admettre cette division minimale, ce serait un peu comme réunir en une même catégorie Neuilly-sur-Seine et Aubervilliers au motif que ce sont deux villes de banlieue parisienne. Un tel amalgame n’aurait aucune chance de convaincre un auditoire et pourtant, lorsqu’il s’agit des villages et de bourgs méconnus, on peut se permettre de loger tout le monde à la même enseigne ».

    Quand le chercheur a commencé ses enquêtes en 2010 dans le Grand Est, on parlait peu de ces régions, que ce soit dans les médias ou dans la recherche. « Depuis, note-t-il, à cause des scores très importants de l’extrême droite et plus récemment du mouvement des gilets jaunes », cela a commencé à changer. Mais l’histoire des espaces ruraux en déclin reste fort peu écrite et les réalités locales sont longtemps restées dans l’ombre, même quand elles sont tragiques : délabrement des centres-bourgs, consommation d’héroïne chez les jeunes, démantèlement du service de santé…

    Benoît Coquard insiste en particulier sur une situation vertigineuse, à savoir un nouvel exode rural d’une ampleur proportionnellement comparable à celui qu’a connu la France après la Seconde Guerre mondiale. Ce mouvement de population est « aussi vaste qu’il est ignoré des débats publics ». Dans les zones du Grand Est, au cœur des enquêtes du chercheur depuis la fin des années 1990, environ un tiers des 18-25 ans partent ainsi « sans jamais revenir par la suite ». Cela entraîne un vaste déclin démographique correspondant au départ des jeunes, proportionnellement « comparable (voire supérieur dans certains cantons) à ce que l’on avait mesuré dans les décennies 1950-1960 dites de l’exode rural ». 

    Cette situation renforce aussi l’homogénéité sociale de « ceux qui restent », puisque le facteur majeur poussant à partir est l’obtention du bac, mais cela creuse aussi les écarts entre les sexes, puisque ce sont d’abord les jeunes femmes, jouant davantage le « jeu scolaire » qui quittent les « coins paumés ».

    Cette homogénéité n’est toutefois pas synonyme de repli sur soi des habitants de cet espace. Tout d’abord, « l’attitude craintive qu’on leur présuppose ne les caractérise pas du tout ». Ensuite, les habitants de ces régions passent énormément de temps ensemble, même si la sociabilité a migré du café vers le foyer et d’une sociabilité professionnelle ou géographique vers la constitution de groupes d’amis. Enfin, ces zones rurales et industrielles ont toujours fait appel aux travailleurs étrangers (italiens, portugais, maghrébins, turcs…) et n’abritent donc pas que des « petits Blancs ». Dans la réalité des campagnes postindustrielles, note ainsi Coquard, « les descendants d’immigrés maghrébins font partie de “ceux qui restent”. En tant qu’enfants d’ouvriers, ils partagent les mêmes préoccupations et conditions d’existence que ceux de leur génération, issus ou non de l’immigration ».
    Il existe certes des conflits exprimés sur un mode ethnique, mais il est important de les resituer dans « le cadre d’un effritement de la solidarité locale » lié à la disparition des emplois et des services publics et de ne pas oublier que « de tels conflits sont aussi monnaie courante entre lesdits petits Blancs », car la « rareté des ressources attise les rivalités concrètes et les jalousies latentes ».

    Une analyse dont le chercheur relève qu’elle est sans doute « moins accrocheuse ou racoleuse que celle du “choc des civilisations” ou du “grand remplacement” ». Mais c’est en étudiant les conflits interindividuels les plus communs, qu’on « mesure que c’est bien pour des raisons économiques vitales, plutôt que pour des différences culturelles, qu’on lutte et se divise aujourd’hui dans les classes populaires rurales. Ce qui a changé, c’est que l’on ne se fréquente plus au hasard des gens du coin. En raison des concurrences exacerbées, les amis sont triés sur le volet ».

    La thèse centrale de Coquard réside dans ce fait qu’en raison des démantèlements successifs des cadres collectifs, « les individus en viennent à recréer des appartenances solidaires » différentes de ce qui existait auparavant, à la fois dans la manière dont elles se forment et dont elles se vivent. « C’est justement parce que l’emploi se raréfie qu’il faut en faire plus dans l’investissement collectif afin d’être recommandé pour un travail, écrit le chercheur. C’est aussi parce que les services publics et différentes commodités disparaissent de ces régions qu’il faut savoir s’entourer et s’entraider au quotidien. »

    « Affinités transclasses »

    Paradoxalement, explique le chercheur, alors que les habitants des campagnes en déclin sont souvent dépeints en termes de repli sur soi et de fermeture au monde, le fait de vivre dans ces espaces implique, au contraire, « de s’engager pleinement dans une quête de reconnaissance ». Le chercheur met ainsi l’accent sur « ces petits collectifs amicaux » qui occupent un rôle central dans l’économie générale de ces zones rurales, en particulier parce que c’est par ce biais que se construisent nombre de trajectoires matrimoniales et professionnelles, dans un contexte où la bonne ou mauvaise réputation est essentielle pour accéder à des ressources devenues rares.

    Benoît Coquard © Carole Lozano
    D’une vie sociale rattachée à une localité, on passe ainsi à un rapport beaucoup plus large à l’espace environnant, où le « ici » en vient à désigner davantage des « cercles d’interconnaissance qu’un lieu précis ». Ce n’est plus la localité qui fait l’appartenance, « mais les cercles d’amis qui regroupent les sociabilités autour d’un lieu comme le club de football ».
    Cette transformation, en profondeur, des logiques d’appartenance devenues plus amicales que territoriales, dans une situation ou « clans et bandes de potes » viennent « pallier l’obsolescence des anciennes structures » n’empêche pas que la « sociabilité de ces campagnes en déclin continue d’être intense et vitale ».

    Le sentiment de ne pouvoir être solidaire que d’un nombre limité de personnes produit toutefois un entre-soi particulier qui reflète l’état fortement concurrentiel du marché du travail dans ces territoires. « C’est dans l’entre soi protecteur et gratifiant du “clan” que peut être ainsi valorisée une conscience collective qui n’est plus assise sur l’appartenance à un “nous” large et fédérateur, mais sur un “déjà, nous”, plus restreint et sélectif qu’auparavant », écrit le chercheur.

    Coquard n’ignore pas « le potentiel de captage » de cette solidarité réelle mais restreinte par « une pensée politique d’extrême droite, au son de “les Français d’abord” », d’autant qu’il enquête dans des zones électorales parmi les plus portées vers l’extrême droite et dans des lieux et milieux où il est plus facile de se déclarer en faveur de Le Pen que de la gauche, associée à l’assistanat et à la fainéantise.

    Mais le choix d’une ethnographie, qui se mêle aux petits groupes structurant les campagnes délaissées d’aujourd’hui plutôt que de tendre périodiquement un micro à des populations ignorées hors des échéances électorales, permet au chercheur de repérer, derrière des discours politiques très marqués par les cadres de l’extrême droite, des « solidarités entre amis d’origine ethnique différente ».

    En outre, Benoît Coquard relève la façon dont des personnes qui pouvaient se dire « 100 % Le Pen » peuvent, pour beaucoup d’entre elles, évoluer vers d’autres propos, en particulier durant la mobilisation des gilets jaunes. Bien qu’une partie importante des populations sur lesquelles il enquête ont été, de longue date, « séduites par l’extrême droite, ce ne sont pas les questions identitaires ou migratoires qui les ont mobilisées et leur ont permis de rester soudés dans le froid de l’hiver », observe ainsi le sociologue qui paraît avoir écrit un livre sur les gilets jaunes avant qu’ils apparaissent comme tels. Son étude éclaire en effet rétrospectivement cette mobilisation si singulière.

    Ces moments d’effervescence collective ont en effet permis de « révéler une histoire et des rapports sociaux banalisés et donc invisibilisés au quotidien ». Pour l’auteur, les gilets jaunes sont « bien “ceux qui restent” ou plus exactement ceux qui veulent rester faire leur vie dans les campagnes en déclin, contre le cours des choses et souvent dans une nostalgie d’une époque moins morose ».

    Les occupants des ronds-points sont ainsi ravis de « (re)faire groupe dans un contexte où, beaucoup le concèdent, “on ne voit plus personne” depuis que la vie quotidienne s’est dispersée sur un large périmètre » dans un contexte où l’augmentation tendancielle des déplacements en voiture correspond à la délocalisation et à l’éclatement des entreprises, des services publics et des lieux de vie en commun.

    Sur les ronds-points, comme dans ces campagnes en déclin, se sont aussi tissé ce qu’il nomme des « affinités transclasses », avec la présence, aux côtés des retraités, des femmes, des précaires et des chômeurs qui fournissent le gros des troupes, de quelques artisans et petits patrons locaux. Ces derniers possèdent en effet « un style de vie et des visions du monde proches de celles de personnes, certes moins dotées en capital économique, mais qui travaillent dans les mêmes secteurs, mettent en avant les habiletés manuelles, partagent les mêmes loisirs », notamment la chasse, le football ou le motocross. Même si, poursuit le chercheur, « sur le papier, ils n’appartiennent pas à la même classe sociale, dans ce mouvement comme dans la vie de tous les jours, ceux qui sont proches dans l’espace social se ressemblent, qu’ils soient salariés ou non ».

    Dans ces espaces qui ne sont vides politiquement et socialement qu’aux yeux de celles et ceux qui ne savent pas les regarder, les gilets jaunes « en partant de la question des taxes et de la critique du jeu politique, sans attaquer le patronat, ont pu séduire une base bien plus large que celle des salariés politisés autour d’une vision conflictuelle des rapports d’exploitation ».

    D’autant que certains habitants de ces territoires ont aussi pu trouver, avec cette mobilisation, l’appartenance à un collectif déterminant pour encaisser les difficultés quotidiennes. « Pour les gilets jaunes comme pour une grande partie des jeunes ruraux rencontrés, c’est par cet investissement dans le collectif que l’on en vient à être connu et reconnu, alors même que l’on appartient à des classes sociales objectivement dominées », écrit Benoît Coquard, au terme de cette étude rigoureuse, qui ne lui permettra cependant pas de prendre la place de Christophe Guilluy dans des médias mainstream considérant toujours la « France périphérique » depuis des studios où celle-ci doit demeurer lointaine pour illustrer des analyses simplistes…

    #livre

  • Aimer son père
    https://tcrouzet.com/2019/11/12/aimer-son-pere

    Nous autres #auteurs sommes d’éternels insatisfaits. Qu’on ne parle pas de nos #livres et nous nous morfondons, qu’on en parle et nous nous estimons incompris. Je me range dans les deux camps. Si certains lecteurs on saisit Mon père, ce tueur avec une lucidité bouleversante, d’autres se sont arrêtés au titre, parlant d’un père ultraviolent qui terrorisait sa famille.

    La vérité n’est pas si simple. Le paradoxe : j’ai vécu une enfance heureuse, malgré les coups de folie de mon père et la pression psychologique qu’ils exerçaient sur nous. Pour mettre les points sur les i, voici une collection de réponses, parfois redondantes, à quelques questions récurrentes qui m’ont été posées depuis la sortie du livre.

  • Une écologie décoloniale | Afrotopiques
    https://r22.fr/antennes/afrotopiques/podcasts-afrotopiques/episode-7-malcom-ferdinand

    Dans cet épisode on rencontre Malcom Ferdinand, philosophe et auteur d’un essai qui vient de paraitre au Seuil, intitulé « Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen ». Malcom Ferdinand propose une conception de l’écologie radicalement en rupture avec son acception dominante. Durée : 1h10. Source : R22

    https://r22.fr/content/2-antennes/0-afrotopiques/20191027-podcasts-afrotopiques/20191006-episode-7-malcom-ferdinand/07-malcom-ferdinand-r22.mp3

  • Samuel Hanson ORDWAY Junior, un collapsologue oublié
    http://carfree.fr/index.php/2019/11/12/samuel-hanson-ordway-junior-un-collapsologue-oublie

    Samuel Hanson Ordway Jr. (20 janvier 1900 – 18 novembre 1971), diplômé de la faculté de droit de Harvard, était avocat au barreau de New York de 1925 à 1958. Lire la suite...

    #Argumentaires #Destruction_de_la_planète #Livres #Ressources #Biographie #Collapsologie #consommation #croissance #décroissance #économie #société #usa

  • Glasgow launches detailed study of its historical links with transatlantic slavery

    THIRTY years ago, Glasgow gave the name “#Merchant_City” to a historic quarter of the city centre.

    Few eyebrows were raised at the time but, as Susan Aitken, the present leader of Glasgow City Council, said this week, such a move would today be “unthinkable”, for Merchant City, a popular residential, shopping and leisure area, has streets named after merchants – tobacco lords, and members of the “sugar aristocracy” – who profited on a substantial scale from the slave trade.

    As the historian Professor Michael Lynch observed a decade ago, “nowhere in Britain does the built environment act as a more overt reminder of the ’Horrible Traffik’ than the streets and buildings of Glasgow’s Merchant City”.

    This week the council became the first in the UK to launch a major academic study into historic bequests linked to transatlantic slavery.

    To be carried out by Dr Stephen Mullen, a noted academic historian who has studied the city’s links with the trade, it will leave no stone unturned.

    There will be four specific stages. A detailed audit will be carried out into historic bequests made to Glasgow Town Council, to see if there are any connections with transatlantic slavery. Statues, street-names, buildings and Lords Provost with any such connections will also be examined.

    Records relating to the City Chambers, a striking Victorian building completed in 1888, will be scrutinised to see what proportion of funds came from donors with connections to the slave trade.

    The fourth area will compile evidence to inform any future strategy for Glasgow itself. The council says that Dr Mullen’s year-long study will lead to a wide-ranging public consultation on its findings and on how Glasgow should move forward.

    The move comes a few months after Glasgow University said it would pay £20 million in reparative justice over the next 20 years to atone for its historical links to the transatlantic slave trade.

    A detailed report into the issue, co-authored by Dr Mullen and thought to be the first of its kind in the UK, found that though the university never owned enslaved people or traded in goods they produced, it “indirectly benefited from racial slavery” by anything between £16.7 million and £198 million in today’s money.

    One of the donors to the university was the celebrated inventor, James Watt, the son of a West India merchant and slave-trader, who supported him in his career. Watt also worked for his father as a mercantile agent in Glasgow during the 1750s. His statue has stood in George Square, within sight of the City Chambers, for some 200 years.

    Speaking on Thursday, Dr Mullen, who in 2009 wrote an influential book, “It Wisnae Us: The Truth About Glasgow and Slavery”, discussed the extent to which Glasgow’s links with the transatlantic slave trade are embedded in the modern city.

    He said: "Some street names are well known. We already know that Buchanan Street was named after a slave-trader. We already know that Glassford Street [in the Merchant City] was named after John Glassford, whose Shawfield Mansion was on the site.

    “We already know from the Glassford portrait in the People’s Palace that a young enslaved boy lived on that street. We already know that the Cunninghame Mansion [on Royal Exchange Square – the core of which is now the Gallery of Modern Art – was built by a tobacco lord and had successive associations with colonial merchants.”

    Dr Mullen added: “The exact nature of the slavery connections of these individuals will be confirmed and further research could elucidate hitherto unknown connections of individuals connected to other streets, buildings and/or statues”.

    He said his study would be the “first systematic attempt at a holistic study of these aspects of Glasgow’s built heritage”.

    In terms of statues, he said he currently was unaware of any dedicated to tobacco lords or members of the “sugar aristocracy”, though some examples might yet arise. For the time being, he did not believe that Glasgow has the same celebration of slave-traders as does Bristol, with Edward Colston.

    Dr Mullen noted that cities such as Bristol, London and Liverpool have already renamed bridges and international museums, or have erected additional plaques, to recognise the presence of slave-owners and enslaved people in certain sites.

    “Cities in the USA, such as Philadelphia,” he added, “have also developed strategies to address the unacknowledged slavery past of prominent figures such as George Washington. These strategies will be taken into consideration.”

    Ms Aitken, the council leader, acknowledged that the authority would face criticism, from ancestors of those “deeply affected” by the slave trade, or from others accusing it of “needless self-flagellation or of dredging up aspects of our past that we can’t change, in the cause of political correctness.”

    But asking Dr Mullen to study the city’s troubling historical links was the right thing to do, she added. Pointing out that slavery fortunes continued after the system was abolished in the West Indies in 1834, she said, “I believe that as a city we now have to know the reach of that slave-economy wealth. We need to know how to properly address our past, and we need to know to allow Glasgow to move forward from its past”.

    The announcement received an enthusiastic welcome from Sir Geoff Palmer, Professor Emeritus in the School of Life Sciences at Edinburgh’s Heriot-Watt University and a noted human rights activist. “We cannot change the past - that is impossible - but what we can change are the consequences of the past”, he said.

    Ms Aitken told The Herald that there would be “no more ‘Merchant Cities’, no more things being named after people like John Glassford”.

    She added that discussions were taking place as to whether a line could now be drawn under the name of Buchanan.

    This could affect the huge Barclays Bank development in the Tradeston district. “The developers are calling it Buchanan Wharf. I’m not able to say anything specific about that but what I can say is that these are conversations that we are having, and I think there are open ears and open minds to this conversation”.

    She believes there is a lingering sense of “discomfort” in Glasgow around the legacy of slavery.

    “We should be deeply uncomfortable about what happened, and about Glasgow’s role was.

    “But we need Glaswegians, and future generations of them, to have a sense of comfort in confronting it - comfort in understanding that this is something we cannot ignore. We cannot just say, ‘It was a long time ago’.

    “We want them to have comfort in the knowledge that we’re doing the right thing by not only uncovering as many of the facts as we can establish now, but most of all in understanding what the impact is now”.

    She added: “There will be a lot of Glaswegians who will have no problem in understanding that when you look at what is happening to African Americans in terms of the Black Lives Matter campaign, and the dreadful things that they see … We have no difficulty in intellectually making the connection with slavery, and what was done to African Americans, and what they have suffered in the years since, and seeing that this is part of a continuum of racism".

    She added: “What the concrete outcomes will be of this new study are open to question. Maybe by this time next year, by the time of Black History Month, we will be getting closer to answering that question.

    “Stephen’s work will be almost completed and we will have been having those conversations with the city, and we may have answers around maybe changing some street names, or maybe elucidating some street names rather than changing them.” ‘Elucidating’ could mean displaying supplementary historical background information.

    Ms Aitken accepted that there was a “difference of opinion in those things’ and said her own view leans more towards elucidation than to changing street names.

    “Most importantly, those people who are still living with this legacy [of slavery] need to tell us what is the best thing for them”.

    She said she “genuinely doesn’t know” whether the council will consider making any sort of reparations. Reparations did not always have to be strictly financial.They could take the form of the council embedding what it learns from Dr Mullen’s work in the curriculum - “making sure that ignorance stops with this generation”.

    Reparation could also mean “investing in the people who continue to live with that legacy and addressing that legacy”.

    More immediately, the Glasgow Life organisation will appoint a curator who will develop a strategy for the interpretation of slavery and empire in Glasgow Museums. A display on the legacies of empire, race and globalisation will take place in the City Chambers.

    “It’s not about having an exhibition here and an exhibition there,” Ms Aitken said. “It’s about having on display, right the way through everything, a consciousness of that legacy and that history, and that that it is reflected in the language that we use”.

    https://www.heraldscotland.com/news/18026659.glasgow-launches-detailed-study-historical-links-transatlantic-slavery/?ref=twtrec
    #histoire #esclavage #Glasgow #toponymie #toponymie_politique #architecture #James_Watt #université #Buchanan_Street #Buchanan #Glassford_Street #John_Glassford #Shawfield_Mansion #Cunninghame_Mansion #esclavagistes #villes #géographie_urbaine #urban_matter #héritage #mémoire #statues #noms_de_rue #économie #Barclays_Bank #Buchanan_Wharf

    ping @reka

  • The Eritrean National Service. Servitude for “the common good” and the Youth Exodus

    Gives voice to the conscripts who are forced to serve indefinitely without remuneration under the ENS in a powerful critical survey of its effect from the #Liberation_Struggle to today.

    The #Eritrean_National_Service (ENS) lies at the core of the post-independence state, not only supplying its military, but affecting every aspect of the country’s economy, its social services, its public sector and its politics. Over half the workforce are forcibly enrolled into it by the government, driving the country’s youth to escape national service by seeking employment and asylum elsewhere. Yet how did the ENS, which began during the 1961-91 liberation struggle as part of the idea of the “common good” - in which individual interests were sacrificed in pursuit of the grand scheme of independence and the country’s development - degenerate into forced labour and a modern form of slavery? And why, when Eritrea no longer faces existential threat, does the government continue to demand such service from its citizens?
    This book provides for the first time an in-depth and critical scrutiny of the ENS’s achievements and failures and its overarching impact on the social fabric of Eritrea. The author discusses the historical backdrop to the ENS and the rationales underlying it; its goals and objectives; its transformative effects, as well as its impact on the country’s defence capability, national unity, national identity construction and nation-building. He also analyses the extent to which the national service functions as an effective mechanism of transmitting the core values of the liberation struggle to the conscripts and through them to the rest of country’s population. Finally, the book assesses whether the core aims and objectives of the ENS proclaimed by various governments have been or are in the process of being accomplished and, drawing on the testimony of the hitherto voiceless conscripts themselves, its impact on their lives and livelihoods.


    https://boydellandbrewer.com/the-eritrean-national-service-hb.html
    #livre #service_national #émigration #asile #migrations #réfugiés #Erythrée #Gaim_Kibreab

    • Le même auteur a écrit aussi cet article :
      Sexual Violence in the Eritrean National Service

      Claims of sexual violence against female conscripts by military commanders abound in the Eritrean national service (ENS). Hitherto there has been no attempt to subject these claims to rigorous empirical scrutiny. This article is a partial attempt to fill the gap. Using data collected through snowball sampling from 190 deserters (51 females and 139 males) in the United Kingdom, Switzerland, Norway, South Africa, Kenya and Sweden, supplemented by data from systematically selected key informants, it examines the extent to which female conscripts serving in the ENS are subjected to sexual violence and harassment by their commanders. The extensive data based on the perceptions and experiences of respondents who served on average about six years before deserting; imply that sexual abuse is rampant in the ENS

      https://openresearch.lsbu.ac.uk/item/8701z
      #viol #culture_du_viol #violences_sexuelles

  • Vivere

    Il dono di Selma ha salvato tre vite. Lei era una profuga palestinese di 49 anni, scappata col marito e due figli adolescenti dalla Siria dilaniata dalla guerra. Il passaggio in Egitto, l’avventuroso viaggio con altri migranti su un barcone condotto da scafisti, i soccorsi della Guardia costiera italiana che la trovano in fin di vita al largo di Siracusa. Inutili i disperati tentativi di salvarla: Selma muore. E il marito insieme ai figli, grazie alla mediazione di un medico nefrologo palestinese che lavora nell’ospedale della città siciliana, decide: “Facciamo ciò che è giusto”. Gli organi della donna vengono donati a tre italiani, da tempo in attesa di trapianto. Per Selma e i familiari l’Italia doveva essere solo una tappa: erano diretti in Svezia, dove vive e lavora il figlio maggiore. Lei si è fermata in Sicilia, è stata sepolta a Malta: ma la sua morte ha permesso ad altre vite di continuare.


    https://www.fandangoeditore.it/shop/marchi-editoriali/coconino-press/dokumenta/vivere

    #transplantation_d'organes #BD #livre #bande_dessinée #don #vie #don_d'organes #Ugo_Bertotti #migrations #réfugiés #réfugiés_syriens

  • No Go World. How Fear Is Redrawing Our Maps and Infecting Our Politics

    War-torn deserts, jihadist killings, trucks weighted down with contraband and migrants—from the Afghan-Pakistan borderlands to the Sahara, images of danger depict a new world disorder on the global margins. With vivid detail, #Ruben_Andersson traverses this terrain to provide a startling new understanding of what is happening in remote “danger zones.” Instead of buying into apocalyptic visions, Andersson takes aim at how Western states and international organizations conduct military, aid, and border interventions in a dangerously myopic fashion, further disconnecting the world’s rich and poor. Using drones, proxy forces, border reinforcement, and outsourced aid, risk-obsessed powers are helping to remap the world into zones of insecurity and danger. The result is a vision of chaos crashing into fortified borders, with national and global politics riven by fear. Andersson contends that we must reconnect and snap out of this dangerous spiral, which affects us whether we live in Texas or Timbuktu. Only by developing a new cartography of hope can we move beyond the political geography of fear that haunts us.

    https://www.ucpress.edu/book/9780520294608/no-go-world
    #livre #peur #géographie_politique #marges #désordre #inégalités #pauvres #riches #pauvreté #richesse #drones #fermeture_des_frontières #insécurité #danger #chaos #militarisation_des_frontières #espoir
    ping @cede @karine4 @isskein

  • La France n’est pas préparée aux risques industriels, alerte un rapport
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/05/la-france-n-est-pas-preparee-aux-risques-industriels-alerte-un-rapport_60180

    Des systèmes d’alertes obsolètes, des mesures d’information préventive qui n’atteignent pas leurs objectifs, des commissions de suivi de site qui ne parviennent pas à jouer leur rôle, des blocages techniques et financiers… c’est peu dire que la France n’est pas préparée aux #risques_industriels, selon un rapport de l’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris). Présenté mardi 5 novembre, ce #livre_blanc consacré à la « mise en protection des activités riveraines des sites #Seveso seuil haut » prend une résonance particulière, un peu plus d’un mois après l’incendie qui a ravagé l’usine chimique Lubrizol et les entrepôts de l’entreprise Normandie Logistique à Rouen.

    Le livre blanc
    http://www.amaris-villes.org/wp-content/uploads/2019/11/Livre-Blanc.pdf
    il y est question de la « Vallée de la chimie » ça fait pas tellement rêver !

  • Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • PEN International — Malaysia : concerns for writer summoned for…
    https://pen-international.org/news/malaysia-concerns-for-writer-summoned-for-questioning
    https://pen-international.org/app/uploads/current/_facebookMeta/8334/final.jpg

    PEN Malaysia and PEN International are deeply concerned by news that writer Maryam Lee has received a summons for questioning by JAIS – (Jabatan Agama Islam Selangor), the State of Selangor’s religious authority – under Section 58 (1) of the Syariah Criminal Procedure Enactment (Selangor) 2003.

    Harcèlement judiciaire contre Maryam Lee, autrice de Unveiling Choice qui lutte contre l’injonction au #voile en Malaisie. Rencontrée à Kuala Lumpur avec une copine convertie nouvellement voilée, les deux avaient énormément de points d’accord. De quoi montrer qu’on peut avoir un dialogue respectueux sur ces questions. Voir ici aussi : https://seenthis.net/messages/808725.
    #livre #liberté_d'expression

  • #De_l'autre_côté

    Hamza est un jeune tunisien résolu à quitter son pays par tous les moyens. De moyen, il n’en a qu’un seul : payer des passeurs pour traverser la méditerranée sur un minuscule bateau de pêche plein à craquer, et rejoindre clandestinement l’Europe et la France.
    Pourtant Hamza a des attaches, une compagne, une famille, des amis avec qui il a lutté durant les révolutions arabes. Mais il aspire a autre chose qu’une vie de misère, il veut aller au-delà de ce qu’il connaît, affronter le réel, croire que la vie a autre chose à lui offrir. Il n’est pas naïf, il sait que les risques sont grands, et minces les espoirs d’une vie meilleure, mais il veut voir par lui-même. Cette traversée est une expérience intime.
    Car Hamza est un rêveur et toujours ses images mentales, ses espoirs, ses peurs viennent se mêler à la réalité extérieure, la contaminer, lui offrir une échappatoire et un but à poursuivre. Si sa situation est particulière, ses aspiration sont universelles. Qui n’a jamais rêvé de partir, de se réinventer ?
    Le danger pour lui n’est pas simplement de mourir noyé, de se voir terrassé par la faim, d’être renvoyé d’où il vient, de ne pas trouver de logement, de travail, mais également de se voir privé de ce qui fonde sa condition d’homme : ses #espoirs, ses #craintes, son #imaginaire.

    http://enfantsrouges.com/les-titres/isturiale/de-lautre-cote
    #BD #livre #migrations #Tunisie #Méditerranée #Lampedusa #migrants_tunisiens #printemps_arabe

  • Une saison à l’#ONU

    Tout le monde a entendu parler de l’ONU, mais combien savent exactement ce qu’elle fait et comment elle fonctionne ? Et 70 ans après sa fondation, difficile de dire que les Nations Unies ont rempli leur ambition de départ : maintenir la paix et la sécurité dans le monde ! Pendant quatre ans, Karim Lebhour a observé comme correspondant de presse l’impuissance du Conseil de sécurité, le recul de la domination occidentale, et l’avènement d’une nouvelle guerre froide avec la Russie et les nombreux travers et défaillances de l’ONU. Ses chroniques parfois décalées, souvent drôles, toujours édifiantes, nous font entrer dans le quotidien de cette administration gigantesque qui rassemble des dizaines d’agences et emploie quelque 44 000 personnes !


    http://steinkis.com/une-saison-agrave-l-onu-3-94.html
    #nations_unies #BD #livre #bande_dessinée

    • #book #review #book_review #livre „Permanent Record”

      Snowden’s book is straightforward, admirably so. He has taken the risk of assuming that his reader is interested not only in his “moment of vision” and the brazen act that earned his fame and notoriety, but also in the formation of his personality, and the slow growth of his understanding of technology, espionage, surveillance, and human rights. Despite his gifts at computer programming, he has no interest in persuading you that he’s unusual; quite the opposite.

  • #Journal du regard : Octobre 2019
    http://liminaire.fr/journal/article/journal-du-regard-octobre-2019

    https://youtu.be/LEFvaBwKduM

    Chaque mois, un film d’une demie heure environ, regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Borges, Fictions On y voit plus clair au lever du jour. On est moins perdu quand on ne sait pas où l’on est que lorsqu’on ne comprend pas où l’on va. Qui marche dans la direction opposée est perdu. La (...) #Journal / #Architecture, #Art, #Musique, #Sons, #Vidéo, #Voix, #Lecture, #Livre, Journal, #Gare, #Paris, #Journal_du_regard, #Quotidien, #Poésie, #Peinture, #Dérive, Mémoire (...)

    #Mémoire_vive

  • Judas, Je lis des trucs
    https://www.facebook.com/110320640373407/photos/a.110337860371685/134359407969530/?type=3&theater

    On a tous, peu ou prou, des problèmes de #famille et des trucs pas toujours réglés avec cette étrange entité. De ce point de vue, toutes les familles peuvent être décrites comme plus ou moins dysfonctionnelles et la plupart des gens ont vécu dans des familles « raisonnablement » dysfonctionnelles. Mais pas Astrid Holleeder. Son daron alcoolique et violent avait déjà mis la barre très haut en plaçant les pains dans la tronche et la torture mentale comme éléments quotidiens de la vie de famille, mais Wim, son frère, a su relever le défi. La plupart d’entre nous, on est plutôt au niveau « J’ai des problèmes pas résolus avec maman/dysfonctionnel », et pas « Mon frère parrain de la #pègre a mis un contrat sur ma tête/dysfonctionnel ». Faut dire que le frangin est du genre spectaculaire et a tendance à résoudre tous les problèmes par le chantage, la #brutalité et le meurtre, au bout d’un moment, forcément, ça crispe.

    Plongée oppressante dans la vie quotidienne avec un psychopathe qui tient tout le monde sous un règne de menace et de terreur, « Judas » est le tableau glaçant d’un monde dont les films sur la pègre ne parlent jamais ou effleurent : celui des proches des truands. Qui, sans surprise, vivent dans un stress permanent au milieu d’histoire sordides et violentes jusqu’à ce que ça devienne la seule réalité, à moins que les victimes ne se décident à rompre la loi du silence, à leur risques et périls. Le livre montre ce qu’est réellement vivre avec le « milieu », et contrairement à ces histoires de « codes d’honneur de truands » dont ces derniers aiment à se gargariser (quand ils ne sont pas glamourisés par des cinéastes brillants mais complaisants, oui Scorsese et Coppola, on parle de vous), dans la pègre il n’y a ni code ni honneur ni morale : rien que la loi du plus violent, du plus menteur, du plus cynique, où on peut faire assassiner un ami et se mettre ensuite en couple avec sa veuve. Et où menacer des mort les enfants des autres est un moyen comme un autre d’arriver à ses fins.

    Un système de #violence qui ne tient que grâce à l’#exploitation des #femmes : ce sont elles qui se chargent de toutes les tâches domestiques et logistiques et toutes, mères, sœurs, épouses, petites amies plus ou moins officielles, prostituées etc. ont intérêt à obéir sans moufter à des sociopathes capables de littéralement tout. Mais en se chargeant de tout, elles sont aussi au courant de tout, jusqu’à ce qu’une poignée d’entre elles se révoltent, entre courage et désespoir.

    #livre

  • L’attente dans l’espace réservé aux migrants près de la gare de Milan fut plus longue que prévue...


    #tri #histoire #Milan #migrations #travailleurs_étrangers #travailleurs_immigrés #migrants_italiens #France #frontières #gare #gare_de_Milan #Italie #santé #train #contrôles_sanitaires #histoire

    Source : #livre « Les cueilleurs de pierres » de Conchettine Perli sorti probablement en 2019, auto-produit.

  • Recettes de #résilience_urbaine

    Dans un contexte de dérèglement climatique, les #catastrophes sont devenues de plus en plus fréquentes et intenses, il est donc capital de réfléchir notre façon de s’y préparer. L’auteure présente ici les principales notions de la gestion de risques. Avec une écriture pédagogique et claire, elle explicite les notions d’#aléa, de risque et de #catastrophe. Le concept de #résilience, désignant la capacité d’une société à absorber un choc pour ensuite revenir à un #équilibre acceptable, est expliqué et interrogé dans l’utilisation que pourraient en avoir les décideurs et les urbanistes. Elle en donne également un exemple concret avec le cas des risques d’#inondations à #Avignon, s’appuyant sur plusieurs cartes et graphiques.


    http://univ-avignon.fr/bibliotheque/les-editions-universitaires-d-avignon-eua-/nouveautes/#HEINZLEF
    #risques #risque #gestion_des_risques #ressources_pédagogiques #urban_matter #urbanisme #géographie_urbaine #livre

  • #Peter_Gelderloos, « L’#échec de la #non_violence »

    Ces dernières années, de Extinction Rebellion à Alternatiba, les mouvements strictement non-violent ce sont multipliés. Un phénomène particulièrement visible au sein des #luttes climatiques. Ce #pacifisme, le philosophe américain Peter Gelderloos en est l’un des critiques les plus intransigeants. Dans son dernier livre « l’échec de la non-violence » il détaille ce choix d’action qui, selon lui, provoque la défaite de nombreux #mouvements_sociaux. Une conférence dès maintenant à écoutez sur Radio Parleur.


    https://radioparleur.net/2019/10/27/gelderloos-non-violence-conference
    #violence #livre
    ping @karine4 @cede

  • zemmour révolutionne l’histoire ( en dix leçons à suivre sur . . . . . cnews ) #Gérard_Noiriel - 20 Octobre 2019
    https://noiriel.wordpress.com/author/grrdnrl

    « Foucault révolutionne l’histoire ». Ce livre de Paul Veyne a été l’un des textes phare de l’épistémologie historique des années 1970. A cette époque Michel Foucault, philosophe et historien, était unanimement considéré comme l’un des plus grands intellectuels français. Certes, le Figaro lui préférait Raymond Aron, un autre professeur du Collège de France. Mais qu’on soit de droite ou de gauche, tout le monde partageait alors l’idée qu’un intellectuel digne de ce nom devait sa réputation à l’oeuvre qu’il avait produite dans le domaine spécialisé qui était le sien (l’histoire, la philosophie, la littérature, etc.). Aujourd’hui, le grand intellectuel du Figaro s’appelle … Éric Zemmour. Le journaliste #Alexandre_Devecchio présente son dernier livre comme une « méditation puissante et profonde sur l’Histoire » et il ajoute : « avec Destin français, Zemmour montre à tous ceux qui voulaient le réduire au rôle de polémiste champion du buzz qu’il est bien plus que cela : un intellectuel et un écrivain » (Alexandre Devecchio, « L’Algérie, Drancy… Éric Zemmour se livre sur son passé », FigaroVox, 07/09/2018).

    Le grand penseur du Figaro veut lui aussi « révolutionner l’histoire » puisque son but est explicitement de mettre un terme à la domination qu’exerce « la mafia » des historiens « déconstructeurs » qui « tiennent les manettes de l’Etat », cumulant « titres et postes », et qui ont « un droit de vie et de mort sur la nation elle-même » parce qu’ils ont repris à leur compte la stratégie décrite par Georges Orwell dans 1984 : « qui contrôle le passé contrôle l’avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé (Destin français, p. 37).

    Pour mieux comprendre en quoi consiste cette nouvelle « révolution », je vais vous la présenter en dix leçons à partir des trois livres qu’Eric Zemmour a publiés sur l’histoire de France : Mélancolie française (Mel, 2010), Le Suicide français (Sui, 2016) et Destin français (Destin, 2018).

    Leçon 1 : #Maurras et #Bainville, deux grands historiens injustement dénigrés.
    Vous aviez cru Marc Bloch quand il s’attaquait aux idéologues d’extrême droite comme Charles Maurras et Jacques Bainville, en dénonçant les « faux brillants d’une histoire prétendue, dont l’absence de sérieux, le pittoresque de pacotille, les partis pris politiques pensent se racheter par une immodeste assurance ». (Apologie pour l’histoire , 1949, p. 124). Et bien, vous aviez tort ! Grâce à la « méditation puissante et profonde » d’Eric Zemmour, nous savons maintenant que ces idéologues étaient en réalité de grands historiens. Charles Maurras fut l’un de nos « analystes les plus brillants (Mel, p. 105) et seul Jacques Bainville « comprit que le traité de Versailles n’effacerait pas celui de Vienne en 1815 » (Mel, p. 150).

    Leçon 2 : le traître François 1er complice de l’Islam ( A ficher « S » de toute urgence)
    Comme on célèbre cette année le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci – qui passa les trois dernières années de sa vie à Amboise où François 1er l’avait accueilli – vous aviez sans doute lu ici ou là que le vainqueur de Marignan était un prince éclairé, l’ami des artistes. Eh bien sachez qu’on vous a menti. En réalité, François 1er fut « l’homme des occasions perdues, des coups manqués ». Vaincu à la bataille de Pavie, il prononça ces paroles funestes « tout est perdu fors l’honneur ». C’est lui qui « a inoculé à la France le venin de la geste vaine mais honorable, des humiliations qu’on enrobe d’atouts chevaleresques » (Destin, p. 146). Faiblesse coupable qui le poussa à s’allier avec Soliman, l’horrible sultan turc. Merci Monsieur Zemmour. La nation toute entière vous sera reconnaissante pour votre histoire VIGILANTE car nous savons enfin que François 1er ne fut qu’un « traître » qui permit « l’entrée du loup islamique dans la bergerie chrétienne » (Destin, p. 146-147).

    Leçon 3 : Le massacre de la Saint Barthélemy ? Une chance pour la France.
    Vos professeurs d’histoire vous ont sûrement raconté le drame des protestants sous l’Ancien Régime. Le massacre de la #Saint_Barthélemy en 1572, puis le siège de La Rochelle, ordonné par #Richelieu, qui causa la mort de 23 000 habitants sur 28 000 en 1627-28. Victime inconsciente de la mafia orwellienne, vous avez plaint ces pauvres #protestants, alors qu’ils étaient « intolérants, persécuteurs de #catholiques ; fortifiant les places fortes qui leur avaient été réservées, ils rêvaient de s’ériger en République autonome à la hollandaise, levaient leurs impôts et leurs milices » (Mel, p. 25-26 ). Le cardinal de Richelieu a donc eu raison d’exterminer ces #communautaristes qui voulaient détruire notre nation. Et comme l’histoire repasse toujours les mêmes plats, aujourd’hui encore « il faudrait un implacable Richelieu combattant sans relâche “l’État dans l’État” et “les partis de l’étranger” pour abattre les La Rochelle islamiques qui s’édifient sur tout le territoire » (Sui, p. 526).

    Leçon 4 : Le racisme, c’est la faute à Voltaire.
    Vous aviez cru que la France était le pays des Lumières et que Voltaire avait mené un combat acharné contre la monarchie absolue, pour défendre la justice et la liberté d’expression. Une fois de plus, vous aviez tout faux. Grâce à la puissante méditation d’Eric Zemmour, nous savons à présent que #Voltaire, ce fut le « Louis de Funès » du XVIIIe siècle, le comique qui ouvrit la voie à des générations successives de « déconstructeurs nihilistes, amoureux insatiables de la table rase » ; mais aussi le premier raciste de France, car c’est lui qui a inventé la division de l’humanité en races « en détruisant l’unité chrétienne de l’espèce humaine ». (Destin, p. 234sq).

    Leçon 5 : Hugo m’a tué.
    Peut-être que, dans votre enfance, vous avez lu avec passion les Misérables de Victor Hugo, en versant une larme sur le sort de Cosette et de Jean Valjean. Vous avez été séduit par le côté humaniste du grand romancier qui a combattu toute sa vie contre la peine de mort. Il est temps de vous ressaisir ! Puisque nous vivons désormais dans une société de VIGILANCE, les livres de Hugo devraient être fichés « S ». Sa « fascination pour les assassins est un des fils rouges de son oeuvre » nous explique le grand historien de Valeurs Actuelles … Hugo, en effet, a instillé dans nos cerveaux corrompus la « culture de l’excuse » qui encourage la délinquance et la criminalité. C’est Hugo, le grand responsable du « climat compassionnel et victimaire » dans lequel baigne aujourd’hui la France (Destin, p. 373). Voilà pourquoi, lorsque les terroristes islamistes nous mitraillent en vociférant « Allaou Akbar », nous leur répondons « Vous n’aurez pas ma haine » (Destin, p. 567).

    Leçon 6 : juifs et antisémites, même combat.
    Vous n’avez certainement pas lu les œuvres complètes d’ #Edouard_Drumont. Pourtant, vous savez que l’un des arguments ressassés par les antisémites de tous poils consiste à nier l’ampleur des persécutions qu’a subi le peuple juif tout au long de son histoire. Zemmour, là encore, révolutionne l’histoire. Grâce à lui, vous apprendrez que Drumont avait raison. « Juifs et antisémites communient paradoxalement dans une histoire forgée de toutes pièces qui les arrange tous, d’une longue et ininterrompue suite de persécutions ». Ce « récit victimaire », ajoute Zemmour, vise à « dissimuler que le repli communautaire a été inspiré par les juifs eux-mêmes et ce dès le XVe siècle » (Destin, p. 388).

    Leçon 7 : Les Français ? De gentils colons mélangeurs.
    Le virus hugolien a infecté votre cerveau à un tel point que vous avez pris en compassion les peuples colonisés car on vous a parlé des crimes commis en #Algérie, en #Indochine, en #Nouvelle_Calédonie, dans l’ #Afrique sub-saharienne. Un stage de rééducation s’impose de toute urgence car nous savons maintenant, grâce à Eric Zemmour, que « contrairement aux Anglais, les Français n’exterminent pas les « sauvages » ; ils se mélangent » (Mél, p. 44).

    Leçon 8 : Si les poilus avaient perdu, Hitler n’aurait pas gagné.
    En 2014, vous aviez peut-être participé à l’une des multiples commémorations du centenaire de la bataille de la Marne. Vous avez alors appris que, grâce à l’héroïsme de nos poilus, l’offensive allemande fut arrêtée net. Lisez Zemmour et vous comprendrez que cette victoire fut, en réalité, « notre plus grave « erreur » ». Si l’armée française avait perdu, « pas de révolution russe, pas de nazisme, pas d’holocauste des juifs » (Mel, p. 108). Autrement dit, les premiers responsables des « totalitarismes »du XXe siècle, ce sont les poilus de 14.

    Leçon 9 : Merci Pétain.
    Sans vous en rendre compte, vous avez été victime de la #propagande du « parti de l’étranger ». Son chef de file, c’est un historien américain, donc malfaisant : Robert Paxton. Ce prêcheur multiculturaliste a osé prétendre que le maréchal #Pétain et le gouvernement de Vichy avaient collaboré à la déportation des Juifs ! Alors qu’en réalité grâce au Maréchal , les trois quarts d’entre eux ont été sauvés (Destin, p. 501sq).

    Leçon 10 : Simone Veil, « l’idiote utile » du Grand Remplacement.
    Vous avez applaudi quand le président Macron a décidé que les cendres de #Simone_Veil seraient transférées au Panthéon. Il vous paraissait normal que la nation française marque sa reconnaissance pour une femme qui, après avoir été internée à Auschwitz, a mené un combat politique courageux contre les discriminations à l’égard des femmes ; en faisant adopter notamment la loi du 17 janvier 1975 légalisant l’avortement. « Histoire revisitée, réécrite, contrefaite » nous explique l’historien du Figaro (Sui, p. 136). Ce qu’on vous a soigneusement caché, c’est que cette loi – complétée par les mesures favorisant le « regroupement familial » – a été l’une des causes principales du « grand remplacement ». A partir de la #loi_Veil, en effet, la famille française va péricliter au profit de la « famille maghrébine la plus traditionnelle – la plus archaïque, la plus patriarcale » (Sui, p. 143). Voilà pourquoi aujourd’hui nos banlieues sont totalement islamisées.

    Ceux qui voudront en savoir plus sur la manière dont Zemmour « révolutionne » l’histoire pour servir de caution aux #idéologies les plus rétrogrades, liront avec profit mon dernier livre (Le venin dans la plume, La Découverte, 2019). Vous comprendrez mieux pourquoi ce polémiste inculte bénéficie, malgré ses condamnations par la justice, de puissants soutiens dans les médias dominants.

    #zemmour #eric_zemmour #racisme #france #histoire #islamophobie #médias #extrême-droite #extrême_droite #le_figaro #cnews #merdias #xénophobie #livre

    • Le venin dans la plume
      Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République
      Gérard NOIRIEL

      https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_venin_dans_la_plume-9782348045721.html
      La place qu’occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l’espace public français suscite l’inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamné à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience ?

      Pour comprendre ce phénomène, ce livre replace le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd’hui. Ce faisant, il met en regard le parcours d’Éric Zemmour et celui d’Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du xixe siècle. Car les deux hommes ont chacun à leur époque su exploiter un contexte favorable à leur combat idéologique. Issus des milieux populaires et avides de revanche sociale, tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l’égard du système parlementaire.

      Dans ce saisissant portrait croisé, Gérard Noiriel analyse les trajectoires et les écrits de ces deux polémistes, en s’intéressant aux cibles qu’ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.) et en insistant sur les formes différentes que ces discours ont prises au cours du temps (car la législation interdit aujourd’hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). L’historien met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire, et propose quelques pistes pour alimenter la réflexion de ceux qui cherchent aujourd’hui à combattre efficacement cette démagogie populiste.

  • La nature du citadin
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?988-La-nature-du-citadin

    Passage du #Livre de François Terrasson « La peur de la nature », Sang de la Terre, 2007, pp. 147-154. Dans un contexte général où le naturel artificiel est roi, promenons-nous maintenant un peu dans les esprits, les comportements, les idées et les lieux. Notre premier cobaye sera l’habitant des villes parce que c’est de lui qu’est censée émaner une forte demande de nature. Qu’en est-il en réalité ? Quel est le résultat d’une petite inquisition dans les cerveaux, de l’observation des attitudes et des (...) #L'écologie,_l’écologisme_et_le_primitivisme

    / Terrasson F., #Anthropologie, #Psycho-sociologie, #Écologie, Livre, Beauté, #Éducation, #Écologisme, (...)

    #Terrasson_F. #Beauté #Primitivisme

  • #Franckushima

    Comment appréhender l’univers de la #radioactivité dont le propre est d’être invisible, inodore, sans goût ni saveur ? Cinq ans après le début de la catastrophe de Fukushima, la liquidation du désastre a en grande partie permis sa #banalisation et son #oubli généralisé. À travers une démarche documentaire et graphique, Franckushima, « caisse de résonance sur les catastrophes nucléaires », propose de revenir sur les enjeux de la #catastrophe pour mieux nous préparer à celle qui nous guette en #France.

    #Fukushima #pollution #catastrophe_nucléaire #invisibilité #livre #essai_graphique

  • #Eric_Piolle sur France inter

    Le maire écologiste de Grenoble est l’invité d"Eric Delvaux à l’occasion de la parution aux éditions Les liens qui libèrent de son livre « Grandir ensemble. Les villes réveillent l’espoir ».

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-du-week-end/l-invite-du-week-end-20-octobre-2019
    #Grenoble

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    Quelques extraits :

    « C’est à l’échelle des villes qu’on peut allier #justice_sociale et #justice_environnementale, qui fait défaut à l’échelle nationale ».

    « Pour relever le défi de justice sociale et environnementale, il faut cultiver ensemble des #biens_communs, garantir des sécurités pour chacun »

    « Les habitants du territoire quels qu’ils soient, c’est des habitants légitimes pour travailler sur des budgets participatifs, pour aménager un morceau de quartier, pour s’entraîner à la #démocratie_locale »
    –-> « Le gouvernement Macron nous a attaqués au tribunal pour notre dispositif de #votation_citoyenne parce qu’il était ouvert aux + de 16 ans, parce qu’il était ouvert à tous les résidents quel que soit leur statut par rapport aux listes électorales et parce que les élus, c’était le troisième argument, ne pouvaient pas se déposséder de leur capacité de décision ».

    ping @karine4

  • Mémoire vive
    http://liminaire.fr/liminaire/article/memoire-vive

    https://youtu.be/fHiB8i9s7E8

    Mémoire vive est un ouvrage polymorphe qui se développe selon plusieurs protocoles et modes de #Lecture. L’expérimentation de cet ouvrage se prolonge sur le web. Ce texte en prose est une #Mémoire vive, une suite d’épiphanies. #Sensation d’un récit qui se dessine fait de boucles, de spirales et de courbes. Non pas suites sans principe de construction mais entrelacement complexe. Couleurs, formes, collages, accidents s’inscrivent dans une dynamique du décloisonnement. Une tension entre le discontinu des (...) #Liminaire / #Art, #Numérique, #Poésie, Lecture, #Livre, #Langage, #Voix, #Vidéo, #Pierre_Ménard, Mémoire, Sensation, Mémoire (...)

    #Mémoire_vive
    https://abrupt.ch/pierre-menard/memoire-vive
    https://txt.abrupt.ch/antilivre/abrupt_menard_pierre_memoire_vive_antilivre_dynamique.html
    https://twitter.com/KrasnaSandor
    https://botsin.space/@krasnasandor
    https://www.placedeslibraires.fr/livre/9783036100722-memoire-vive-pierre-menard
    https://www.leslibraires.fr/offres/16160854
    https://abrupt.ch/echoppe/#pierre-menard-memoire-vive
    http://fr.feedbooks.com/item/3194417/m%C3%A9moire-vive
    https://txt.abrupt.ch/antilivre/abrupt_menard_pierre_memoire_vive_antilivre_statique.pdf