• Au Brésil, Jair Bolsonaro reçoit une livraison d’antifascisme
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/07/10/au-bresil-jair-bolsonaro-recoit-une-livraison-d-antifascisme_6045846_4500055


    Une manifestation de « livreurs anitifascistes » le 1er juillet à Rio. Ces travailleurs précaires dénoncent le manque de protection face à l’épidémie de Covid-19. Ricardo Moraes/Reuters

    Né à Sao Paulo, le mouvement des « livreurs antifascistes » dénonce les conditions dans lesquelles ces coursiers travaillent et l’ubérisation forcée de la société brésilienne.
    Par Bruno Meyerfeld

    Sur le logo, on peut voir un jeune homme à casquette pédalant sur son vélo, sac à dos isotherme sur le dos et poing levé vers le ciel. Le nom du groupe Instagram s’affiche en portugais, lettres blanches et majuscules sur fond noir : « Entregadores Antifascistas » (livreurs antifascistes). Mercredi 1er juillet, répondant entre autres à l’appel du collectif « antifa », de nombreux coursiers, travaillant pour les ­principales applications mobiles de livraison, se sont mis grève un peu partout au Brésil. À Sao Paulo, plus d’un millier de livreurs ont défilé à moto, dans une impressionnante et bruyante démonstration de force, protestant contre la dégradation de leurs conditions de travail.
    Revenus de misère, journées épuisantes de douze à quatorze heures, absence d’assurance maladie, système de notation opaque… les griefs des entregadores sont nombreux. Selon une étude publiée par l’association Aliança Bike, un livreur à vélo travaillant 7 jours sur 7 peut espérer gagner un salaire mensuel de seulement 992 reais (165 euros environ), soit moins que le salaire minimum (171 euros). Une situation aggravée par la pandémie : dans un secteur saturé, dominé par trois entreprises (iFood, Uber Eats et Rappi), près de 60 % des coursiers disent avoir récemment observé une baisse de leurs revenus depuis l’arrivée du Covid-19.

    Travailleurs précaires et antifascistes, même combat

    Face à la situation, Jair Bolsonaro, soutenu par son ultralibéral ministre de l’économie, Paulo Guedes, reste passif, préférant soigner ses relations avec les chefs d’entreprise et applaudir à l’ubérisation en marche de la société brésilienne. « Les applications mobiles de livraison ont trouvé au Brésil un terrain politique et économique fertile », note Selma Venco, sociologue du travail à l’université de Campinas (Unicamp). « Avec la crise, beaucoup de gens désespérés sont prêts à travailler à n’importe quel prix, dans des conditions très dures, juste pour survivre. Plus largement, le Brésil est un pays où le secteur informel est très fort [représentant 41,4 % des travailleurs] et où l’État social est historiquement très faible », constate la chercheuse.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’« ubérisation » est attaquée en France, mais aussi aux Etats-Unis et au Royaume-Uni
    D’accord. Mais que vient donc faire l’« antifascisme » dans tout ça ? « Ce mouvement, c’est aussi une protestation générale contre Jair Bolsonaro, qui est un fasciste. Il est l’incarnation de l’idéologie des applications mobiles et de l’ubérisation. Il est à fond derrière elles et travaille pour la destruction des droits sociaux ! », tonne Paulo Lima, 31 ans, coursier à Sao Paulo, fan de rap et de Malcolm X et charismatique leader des « livreurs antifas ».

    « Ce mouvement n’est que le début d’un front plus large. Le fascisme confisque le pouvoir aux travailleurs et aux citoyens. On doit tous manifester pour faire valoir nos droits », argumente-t-il. Dans le Brésil de 2020, où le climat politique rappelle celui des années 1930, l’antifascisme est une bannière porteuse pour mobiliser en masse. Parti de Sao Paulo, le mouvement des livreurs antifas s’est diffusé dans tout le pays, de Rio au Nordeste, réunissant un peu partout des groupes de coursiers surconnectés, coordonnant leur mobilisation par WhatsApp. Les vidéos de Paulo Lima, où il discourt avec son sac de livraison sur le dos, ont été visionnées par des dizaines de milliers d’internautes, et sa pétition en ligne a reçu plus de 368 000 signatures.

    Kits sanitaires contre le coronavirus

    Mais les coursiers sont loin d’être les seuls à se réclamer de l’antifascisme. Jair Bolsonaro a menacé le pays à plusieurs reprises d’un coup de force et l’inquiétude gagne une bonne partie de la société brésilienne, craignant l’avènement d’une nouvelle dictature militaire d’extrême droite. Récemment, des dizaines de groupes « antifas » ont ainsi surgi en ligne : supporteurs de foot antifas, journalistes antifas, cinéastes antifas, favelas antifas, végans antifas, étudiants antifas, rockeurs, boxeur ou danseur antifas… et même fans de Star Wars antifas.

    Preuve que la situation est grave, les acteurs traditionnels se mobilisent aussi. Plusieurs initiatives en défense de la démocratie ont été lancées, dont un texte en ligne titré « Estamos Juntos » (« Nous sommes ensemble »), signé par l’ancien président Fernando Henrique Cardoso, l’ex-candidat de gauche Fernando Haddad (du Parti des travailleurs), le chanteur Caetano Veloso ou encore l’écrivain Paulo Coelho.

    De son côté, la Folha de S. Paulo, quotidien de référence du pays, a lancé fin juin une grande campagne en faveur de la démocratie, avec articles, sondages et cours en ligne sur la dictature à destination des plus jeunes. La Folha est allée jusqu’à changer sa devise, devenant désormais « un journal au service de la démocratie ».

    Du côté des livreurs, l’« antifascisme » a donc permis de mobiliser large et la lutte commence à payer : depuis le 11 juin, un arrêté des autorités de l’État de Sao Paulo force enfin les applications de livraison à fournir aux livreurs des kits sanitaires contre le coronavirus. « Ce n’est qu’un début ! », prédit le livreur Paulo Lima. « On va montrer que les entreprises ont besoin des travailleurs et que, sans nous, elles ne peuvent pas faire d’argent. »

    #livreurs #commerce #logisitique #précaires #antifasciste

  • Les « livreurs de bonheur » sans papiers de #Frichti en colère

    Après la publication de notre enquête sur les #conditions_de_travail d’un livreur sans papiers de la plateforme Frichti, une centaine de travailleurs dans la même situation manifestent ces derniers jours dans les rues de Paris. Ils réclament leur régularisation et la reprise du travail.

    https://www.liberation.fr/france/2020/06/05/les-livreurs-de-bonheur-sans-papiers-de-frichti-en-colere_1790397
    #livreurs #sans-papiers #France #régularisations #migrations #travail #manifestation

    ping @isskein @karine4

  • « n second article ( beaucoup plus long) sur les livreurs face à la crise mais aussi les opportunités qu’elle représente pour les plateformes, questionnant notre compréhension de l’utilité au travail. »

    Livrer des burgers au temps du Covid-19. Pour le capitalisme de plateforme, la crise comme opportunité – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/capitalisme-plateforme-deliveroo-uber-covid19

    Dans cet article, Chloé Lebas décrit la condition des travailleurs ubérisés durant la crise du Covid-19, interroge les stratégies des entreprises qui composent le « capitalisme de plateforme » et donnent à voir les résistances opposées par les forces syndicales et par ces travailleurs eux-mêmes à la surexploitation et aux risques que ces entreprises n’hésitent pas à faire peser sur eux.

    Chloé Lebas est doctorante en science politique à l’Université de Lille (CERAPS). Elle travaille sur l’ubérisation des marchés du travail et le renouveau des mobilisations collectives que cette transformation implique.

    *

  • La complainte du #virus - #Chorale_des_Canulars
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=8HqRYtsFFDM&feature=emb_logo

    Serait-ce une émeute mondiale
    Qui fait trembler le Capital
    Qui fait fermer les usines
    Qui fait arrêter les machines ?

    Refrain 1 (x2)
    Voix lead (alti) : Non non non...
    Voix basses : Serait-ce une grève ou un blocus ?
    Voix hautes : Grève ou blocus ? ...non !

    Tou.te.s : ...C’est l’coronavirus !

    Qui fait dépenser moins d’pétrole
    Fermer les facs et les écoles ?
    Qui fait baisser la pollution ?
    Est-ce enfin la révolution ? Refrain 1

    Qui passe en douce toutes les frontières
    S’répand plus vite que nos idées
    Les empêche de faire des affaires
    Est-ce une révolte mondialisée ? Refrain 1

    Dès qu’il est entré dans la course
    L’a fait dégringoler la Bourse
    Il a pas de loi, pas d’patrie
    Ne croyez pas qu’c’est l’anarchie Refrain 1

    On va me dire « oui d’accord
    Mais ça fait quand même des morts »
    Mais la faim, la guerre et le froid
    En tue bien plus, loin des médias

    Refrain 2 (x2)
    Voix lead + hautes : Plus, bien, plus
    Voix basses : Plus... bien plus

    Tou.te.s : ...Que l’coronavirus !

    Etat d’urgence sanitaire
    Décrété par le ministère
    J’me signe une autorisation
    Pour pouvoir chanter au balcon !

    Faut confiner, pas s’rencontrer
    Par mesure de sécurité
    Pourtant ils disent qu’on doit bosser
    Sûr qu’là l’virus va pas m’toucher !

    Refrain 3 (x2)
    Voix lead + ténors : Bossez plus...Non !
    Voix hautes + basses : Tous / Toutes confiné.e.s mais j’dois bosser...

    Tou.te.s : ...Y’a l’coronavirus !

    Faut plu(s) d’interaction sociale
    Mais livrer des fringues c’est vital
    Je suis livreur chez Amazon
    Dois-je laver tous les interphones ?

    Moi je travaille sur un chantier
    On dit de tout désinfecter
    Faut-il que je mette du gel
    Sur les parpaings et la truelle ?

    Refrain 3 (x2)
    Voix lead + ténors : Bossez plus...Non !
    Voix hautes + basses : Tous / Toutes confiné.e.s mais j’dois bosser...

    Tou.te.s : ...Y’a l’coronavirus !

    Mais confinés c’est pas marrant
    Dans un petit appartement
    Ou avec un mari violent
    Et pas de place pour les enfants !

    J’suis SDF j’ai pas d’maison
    Alors j’confine sous mes cartons
    J’vais crever d’faim y’ a plus personne
    Pour me donner encore l’aumône

    Refrain 4 (x2)
    Voix lead + ténors : Sous l’abri-bus...
    Voix hautes + basses : Sans logement, c’est pire qu’avant...

    Tou.te.s : ...Le coronavirus !

    Depuis 10 ans tous les soignants
    Crient l’hopital à l’agonie
    A tous ces sourds de gouvernants
    Pas assez d’sous, pas assez d’lits

    Faut dire à tous ces actionnaires
    Qui’ont du fric à n’savoir qu’en faire
    Qui’ont donné pour la cathédrale
    Qu’ils donnent autant pour l’hôpital

    Refrain 5 (x2)
    Voix lead (alti) : Du fric, en, plus !
    Ténors : Du fric... en plus !
    Voix hautes + basses :
    (1) Applaudissements pour les soignants...
    (2) Applaudissements mais pas d’argent...

    Tou.te.s : ...Y’a le coronavirus !

    Ils craignent surtout pour leur pognon
    Ils ont moins peur d’ l’épidémie
    Que de perdre toutes leurs actions
    Nos vies pèsent moins qu’ l’économie !

    Quand ils voudront nous faire payer
    Au nom du fric, du capital
    On fera grêve illimitée
    C’est la révolte qui s’ra virale !

    Refrain 2 (x2)
    Voix lead + hautes : Plus, bien, plus
    Voix basses : Plus... bien plus

    #chanson #musique #musique_et_politique #covid-19 #confinement #travail #hôpitaux #capitalisme #épidémie #Amazon #livreurs #grève #résistance #révolte

    ping @sinehebdo

  • A peine rouverts, des restaurants McDonald’s pris d’assaut en Ile-de-France
    https://www.20minutes.fr/paris/2765151-20200421-peine-rouverts-restaurants-mcdonald-pris-assaut-ile-franc

    De nombreux automobilistes se sont rués dans les fast-foods, lundi soir, rouverts progressivement en « drive »

    Des scènes peu ragoûtantes en plein confinement ? Les amateurs de Big Mac, nuggets et McFlurry ont pu satisfaire leur appétit lundi soir. Une trentaine des 1.490 établissements de l’enseigne américaine McDonald’s, fermés depuis le 15 mars, ont en effet rouvert en France, en #vente_à_emporter (« #drive »), ainsi qu’en livraison à domicile.

    Et le retour des fast-foods n’est pas passé inaperçu auprès de nombreux Franciliens. Des scènes ahurissantes d’embouteillages et de longues files d’attente ont été partagées par plusieurs internautes. À Moissy-Cramayel en Seine-et-Marne, des automobilistes ont fait la queue pendant plusieurs heures sur des centaines de mètres. Le restaurant a d’ailleurs dû établir un montant maximum pour les commandes (60 euros) en raison de l’afflux de clients, rapportent nos confrères du HuffPost.

    L’appel des burgers était aussi trop fort au McDo Saint-Gratien dans le Val-d’Oise. Au point de désoler cet internaute (« Tout ça pour bouffer chez McDo, c’est pas magnique ça »), qui a immortalisé la queue impressionnante sur le Boulevard du Maréchal-Foch :

    McDonald’s France avait annoncé le 2 avril dernier préparer la réouverture d’une trentaine de ses restaurants, suscitant l’inquiétude de #salariés de certains établissements encore en activité dans la région de Tours. Pour se faire, le géant du hamburger avait déclaré mettre en place « un guide opérationnel » , « validé par un comité scientifique composé d’experts en infectiologie et virologie » , « visant à renforcer significativement les mesures sanitaires » pour les personnels et les clients sur les activités de « drive » et de #livraison_à_domicile.

    A Tours [,Saumur, Chatellerault], les McDonald’s sont les seuls en France à avoir maintenu la vente à emporter au grand dam des salariés, Barbara Gabel, le 10/04/2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/coronavirus-tours-region-12-restaurants-mcdonald-s-pour

    Les McDonald’s de la métropole tourangelle sont les seuls en France à avoir maintenu les drive et la vente à emporter depuis l’annonce du confinement dû à la pandémie de #covid_19. Une situation dénoncée par les salariés, pour qui les mesures de sécurité ne sont pas respectées.

    Le Big Mac serait-il devenu un produit de première nécessité ? Il semblerait que oui, pour les habitants de la région de Tours. Alors que partout en France, près de 1 500 McDonald’s ont fermé leurs portes après la mise en place du #confinement, 12 restaurants restent ouverts à Tours, Amboise, et dans des départements alentours, à Saumur ou encore Châtellerault.

    Coronavirus. Le McDonald’s de Châtellerault a-t-il servi de "laboratoire" pendant la crise sanitaire ?

    Ces restaurants, qui appartiennent tous au même gérant, Bernard Simmenauer, font l’objet d’un “test" selon la direction de la chaîne de fast-food, tandis que les salariés dénoncent les #conditions_de_travail, notamment dans une enquête publié par Mediapart le 5 avril.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050420/des-gens-meurent-et-nous-chez-mcdonald-s-vend-des-nuggets?onglet=full

    De son côté, le franchisé de 22 établissements au total n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet malgré nos demandes. Seule une déclaration* par écrit à l’attention des médias nous a été parvenue :

    La direction des restaurants McDonald’s de Tours tient à rappeler que la sécurité des équipes est sa première priorité (...) et travaille, depuis plus de 15 jours, à développer et tester des mesures de sécurité nouvelles dans une démarche de progrès continue.
    Déclaration écrite de Bernard Simmenauer à l’attention des médias

    Les restaurants de Tours, des "sites pilotes"

    Ce #test, s’il s’avère concluant, doit permettre à l’enseigne d’étendre l’ouverture à d’autres restaurants en France. Trois restaurants supplémentaires ont d’ores et déjà ouverts leurs portes en Île-de-France, considérés comme des “sites pilotes” au même titre que les restaurants de Tours. L’enseigne invoque la mise en place d’un “guide opérationnel” visant à “renforcer significativement les mesures sanitaires" pour les personnels et les clients en drive et en livraison à domicile.


    À Tours, "les mesures de distanciations sont en place avec des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place", affirme Bernard Simmenauer. / © McDonald’s France

    Pour Quentin, délégué du personnel du McDonald’s des Deux-Lions à Tours, la réalisation de ce guide n’est qu’une excuse : “Si le guide n’est pas encore validé, pourquoi restons-nous ouverts à Tours ?” , questionne le jeune homme de 23 ans. Dès le 25 mars, celui-ci avait donné l’alerte sur son compte Facebook :

    Aujourd’hui, ma compagne part sauver des vies et moi servir des burgers ! Je ne travaille pourtant pas dans un supermarché, je ne fais pas partie du personnel soignant, je ne suis pas un agent d’entretien, je ne suis pas un routier et je ne suis pas toutes les autres personnes indispensables pendant cette crise sanitaire. Je suis employé d’une grande chaîne de fast-food américaine à Tours. Je prends donc le risque de vous contaminer et de contaminer mes collègues ou de l’être pour que des citoyens puissent manger des burgers !
    Post Facebook de Quentin, délégué du personnel McDonald’s

    "Le profit avant la santé"

    Si le jeune homme a décidé de parler publiquement, c’est pour exprimer son “ras-le-bol”. “Je n’ai plus rien à perdre. J’avais donné ma démission avant la mise en place du confinement” , raconte-t-il. “Le fait que McDonald’s se fiche totalement de la santé et de la sécurité de ses salariés me conforte dans mon choix de partir. Aujourd’hui, c’est pour celles et ceux qui restent que je me bats.”

    Car Quentin l’assure, ses collègues vont au travail avec la peur au ventre. À l’instar de ce manager de l’enseigne américaine installée dans le centre-ville de Tours contacté par France 3 et qui souhaite garder l’anonymat. Après l’annonce du Gouvernement de fermer cafés et restaurants, le jeune homme affirme avoir eu une discussion avec le président de la franchise : “Il m’a regardé dans les yeux et m’a dit : “Le profit avant la santé” .


    Aux Deux-Lions, Quentin assure que les salariés ont continué à travailler sans masque jusqu’en avril. / © Photo fournie par l’association React

    Les salariés du restaurant ont continué à travailler “sans aucune protection, seulement avec des cache-barbes jusqu’au 2 avril” affirme de son côté Quentin, du restaurant des Deux-Lions. Depuis quelques jours, le port du masque chirurgical a été appliqué. Une situation que le manager anonyme juge “indécente” .

    On arrive à se fournir en masques alors que des hôpitaux en manquent… À quel moment McDonald’s est-il plus utile qu’un hôpital ?”
    Un manager de McDonald’s souhaitant garder l’anonymat

    "On se marche dessus"

    Le problème majeur dans le restaurant situé dans le centre-ville de Tours est la difficulté à respecter la distanciation sociale entre collègues. “La cuisine est toute petite par rapport à un restaurant en zone commerciale. On se marche dessus” , affirme le manager. Dans sa déclaration*, Bernard Simmenaue indique pourtant que “des zones délimitées par des rubans de balisage (...) et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus d’un mètre de son collègue" .

    De plus, un certain nombre d’employés utilisent les transports en commun pour venir au restaurant. "Ils s’exposent à un risque de contamination" , remonte Irvin Violette, membre de l’association React (Réseau pour l’action collective transnationale) qui défend notamment les droits des travailleurs de McDonald’s et compile les témoignages des salariés de Tours.

    Les personnes qui font de l’asthme ou ont des maladies chroniques n’ont pas d’autres choix que de prendre des congés maladies ou de ne pas venir, et donc de ne pas être payés. D’autres s’occupent de parent et de grands-parents dépendants, mais la direction ne veut rien savoir.
    Irvin Violette de l’association React, qui défend les salariés de McDonald’s

    Autre problème : la localisation du restaurant en centre-ville de Tours qui favorise le rassemblement des #livreurs UberEats ou Deliveroo, et semble également inciter les clients à venir se restaurer plus facilement qu’ailleurs. “Les gens se baladent sur la place et viennent nous commander des glaces comme si le confinement et la maladie n’existaient pas” , se désole le jeune manager qui aimerait faire comprendre aux Tourangelles et Tourangeaux que “McDonald’s, ce n’est pas vital.”

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    *La déclaration de Bernard Simmenauer
    "La direction des restaurants McDonald’s de Tours tient à rappeler que la sécurité des équipes est sa première priorité.

    Accompagnés par les ingénieurs qualité de l’enseigne, et en lien avec la #préfecture d’Indre-et-Loire, la direction des #restaurants de Tours travaille, depuis plus de 15 jours, à développer et tester des mesures de sécurité nouvelles dans une démarche de progrès continue.

    Nous nous sommes améliorés tous les jours avec rigueur et détermination avec la volonté d’être mieux disant que les recommandations sanitaires. Aujourd’hui, un guide de nouveaux process très robustes de préparation, de prise de commande ou de délivrance des sacs est en place pour aller au-delà de l’ensemble des mesures barrières recommandées. Ce guide a fait l’objet d’une validation de plusieurs médecins spécialistes.

    Les échanges sont naturellement constants pour les amender et les renforcer avec les salariés.

    Ces nouvelles procédures ont été présentées, quotidiennement, aux représentants du personnel et à l’ensemble des équipes.

    L’ensemble des salariés mobilisés pour continuer à servir les clients le sont dans le respect le plus strict de la loi, des arrêtés, des décrets, ordonnances ainsi qu’évidement du code du travail.

    Parmi les mesures prises pour assurer la sécurité des équipes qui poursuivent le service des clients, nous avons mis en place :

    Les salariés doivent tous porter un masque (disponible en restaurant- pas un cache-barbe) dès la prise de poste et jusqu’à leur fin de service alors que les recommandations sanitaires ne l’intègrent pas.
    L’ensemble des salariés doivent se laver les mains, un par un, toutes les 30min avec un savon bactéricide. L’ensemble des équipes a la possibilité de porter des gants à usage unique mis à disposition.
    Pas plus d’un équipier à la fois dans les vestiaires, les horaires ont été décalés pour des arrivées et des départs séquencés.
    Les mesures de distanciations sont en place avec des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus de 1 mètre de son collègue. Selon les restaurants, les fenêtres de « prise de commande » du drive ont toutes été équipées d’un plexiglas fixe ou d’un système limitant l’ouverture au seul passage du terminal de paiement. La seconde fenêtre, pour la remise des commandes est équipée d’un tourniquet de sécurité pour remettre les commandes sans contact entre les salariés et les clients ou de fenêtres avec une ouverture limitée au seul passage d’un sac.
    Les paiements en espèce ont été proscrits au profit du paiement sans contact."

    Coronavirus : McDonald’s ouvre au compte-gouttes ses restaurants
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/21/coronavirus-mcdonald-s-ouvre-au-compte-gouttes-ses-restaurants_6037305_3234.

    Le numéro un mondial de la #restauration_rapide tente de relancer en partie son activité sans attendre le 11 mai.

    McDonald’s République, à Paris, a rouvert boutique. Pas question toutefois, pour les clients de venir s’attabler dans le fast-food. Ce restaurant propose pour l’instant la livraison à domicile de son Big Mac et de son cheeseburger. Un exemple des quelques points de vente de l’enseigne américaine de nouveau en activité. En effet, McDonald’s souhaiterait relancer son business en France et ouvre au compte-gouttes ses restaurants.

    Lorsque le couperet du confinement est tombé pour les bars-restaurants, obligés de fermer leurs portes, samedi 14 mars à minuit, pour enrayer la propagation du coronavirus, la situation a été fluctuante du côté du leader mondial du burger. Alors que son grand rival américain, Burger King, annonçait la fermeture de tous ses établissements en France, rien de tel n’était déclaré du côté de McDonald’s.

    Il est vrai que dans la négociation, le gouvernement a autorisé les restaurants à proposer un service de plats à emporter ou à livrer au domicile du client. Une soupape dont l’entreprise à l’arche dorée souhaitait bénéficier. D’autant que sur les 1 490 points de vente de l’enseigne, 850 sont à même de proposer la vente à emporter.

    Droit de retrait

    Mais les salariés n’ont guère été enclins à venir travailler sans être sûrs que toutes les mesures sanitaires soient prises face à la crise du Covid-19. Certains ont fait jouer leur #droit_de_retrait. Finalement, après un premier temps d’ouverture de certains points de vente, seuls une douzaine d’établissements gérés par un même #franchisé à Tours et dans sa région ont poursuivi leur activité.

    Pour autant, le géant américain ne perdait pas de vue son objectif. Un guide opérationnel destiné à renforcer les conditions de sécurité sanitaires a été élaboré par l’enseigne et, à partir de la deuxième semaine d’avril, McDonald’s a fait des tests dans trois de ses propres restaurants en région parisienne. Avec l’objectif annoncé d’en ouvrir ensuite près d’une trentaine à l’enseigne.

    Aujourd’hui, une dizaine sont opérationnels, à Paris, donc, mais aussi dans l’Essonne, dans les Yvelines, dans le Val-d’Oise, la Seine-Saint-Denis [dont celui de Montreuil, des nouvelles à suivre, ndc] et la Seine-et-Marne. Certains syndicats ne voient pas d’un bon œil ce projet. « Nous avons donné un avis négatif dans trois des quatre filiales de McDonald’s en Ile-de-France. Nous pensons que ces ouvertures sont prématurées et qu’il faut attendre le 11 mai » , affirme Lyes Abdi, délégué central FO, McDonald’s Ile-de-France.

    Deliveroo ou Uber Eats au régime sec

    McDonald’s n’est pas la seule enseigne de fast-food à vouloir relancer la machine. La chaîne américaine #KFC a décidé d’ouvrir certains de ses magasins pour de la vente à emporter ou de la livraison. Des initiatives qui ont de quoi satisfaire les sociétés de livraison de repas à domicile, comme #Deliveroo ou #Uber_Eats.

    Depuis l’annonce de la fermeture des restaurants, ils sont au régime sec. Leur offre s’est retrouvée soudainement limitée, même s’ils ont mis en place des procédures spéciales pour poursuivre leur activité. Sur leur site, le client a, actuellement, le choix entre des restaurants de quartier habitués à la vente à emporter ou qui se sont adaptés à cette nouvelle donne. Et quelques franchisés de chaînes de restauration rapide, à l’exemple de Big Fernand, Factory & Co, Sushi Shop, #O’Tacos ou #Pizza_Hut.

    Pour élargir l’éventail, en ces temps de crise, Deliveroo et Uber Eats ont d’ailleurs choisi de passer des accords avec des enseignes de #grande_distribution, comme Carrefour, Casino, Franprix ou Monoprix. Ils livrent désormais les courses à domicile à des clients plus enclins à se mettre derrière les fourneaux en ces temps de confinement.

    #McDonald’s #travail #santé #crise_sanitaire #rubalise #services_à_la_personne #capitalisme_de_plate_forme

    • « Des gens meurent et nous, chez McDonald’s, on vend des nuggets » 5 AVRIL 2020 PAR KHEDIDJA ZEROUALI
      https://www.mediapart.fr/journal/france/050420/des-gens-meurent-et-nous-chez-mcdonald-s-vend-des-nuggets?onglet=full

      Le 14 mars, le premier ministre a annoncé la fermeture des commerces non essentiels. Les restaurants sont les premiers concernés, mais la vente à emporter et la livraison restent autorisées. Une brèche dans laquelle une poignée de McDonald’s se sont engouffrés, mettant en danger clients et salariés.

      Depuis le début du confinement, 12 restaurants sur les 1 490 que compte McDonald’s France sont restés ouverts, en drive-in et pour la livraison à domicile. Ils sont tous situés dans la région de Tours et sont détenus par Bernard Simmenauer, l’un des plus gros franchisés du pays, à la tête de plus de 22 établissements.

      Jeudi soir, la chaîne américaine affirmait que trois nouveaux restaurants allaient très bientôt ouvrir en région parisienne et qu’elle préparait la réouverture d’une trentaine d’autres. En réalité, la décision qu’a prise, seul, Bernard Simmenauer, au détriment de la protection de ses salariés, a été transformée a posteriori en « test » par le mastodonte du fast-food.

      « Au début de l’épidémie, l’enseigne n’a donné aucune consigne claire, raconte Henry*, salarié du siège depuis une dizaine d’années. Certains ont continué à ouvrir, puis ils ont eu peur de contaminer tout le monde quand ils ont appris que certains de leurs équipiers étaient atteints du coronavirus. D’autres, comme Bernard Simmenauer, sont restés ouverts malgré tout. Burger King, lui, a décidé de tout fermer, c’était clair. » McDonald’s Belgique a fermé ses 87 magasins, y compris ses 23 franchises. Au Royaume-Uni et en Espagne, la décision a été la même.

      Lucie travaille 24 heures par semaine dans l’un des McDonald’s de Tours, en parallèle à ses études d’histoire. Depuis février 2018, la jeune femme de 21 ans sert des burgers et des frites pour payer ses études, son loyer, son permis. « Je ne suis pas boursière et c’est grâce à ce travail que je suis devenue autonome financièrement » , rapporte-t-elle fièrement.

      Le samedi 14 mars à 20 heures, alors que premier ministre fait ses annonces, Lucie travaille. Sa manager pose son téléphone sur le comptoir et, tout en préparant les commandes, les salariés tendent l’oreille. Édouard Philippe annonce la fermeture des restaurants en ces termes explicites : « En lien avec le président de la République, j’ai donc décidé jusqu’à nouvel ordre la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux accueillant du public non indispensables à la vie du pays, il s’agit notamment des restaurants, cafés, cinémas, discothèques. » Tout de suite, sa manager objecte : « Le discours du gouvernement ne vaut rien tant qu’on n’a pas d’informations du franchisé. »

      Au McDo des Deux-Lions à Tours, le « franchisé », c’est le patron, Bernard Simmenauer, qui règne sur un empire de 22 restaurants et semble avoir plus de poids que le chef du gouvernement. « En attendant, vous venez travailler » , conclut la manager.

      Elle avait raison, puisque le gouvernement a finalement décidé que les drive-in et la livraison à domicile étaient exemptés de fermeture. Et ce malgré les risques que cela pouvait faire courir aux salariés, aux livreurs et aux clients. Si l’on excepte une fermeture les 15 et 16 mars, 12 des 22 restaurants du franchisé sont donc restés ouverts.

      Dans les jours qui suivent l’annonce du premier ministre, aucune protection n’est mise en place dans le restaurant de Tours, affirme Lucie. « La salle était fermée mais le drive et les commandes en livraison continuaient, sans aucune protection, raconte-t-elle. Pas de gants, pas de gel, pas de masque, rien. »

      « Bernard Simmenauer fait toujours ce qu’il veut. Il est considéré comme un précurseur : c’est lui qui a inventé le service à table, sans demander la permission, et McDo France l’a généralisé ensuite. Même chose sur l’ameublement, il fait ce qu’il veut, sans toujours respecter le cahier des charges » , indique Quentin, un autre salarié du restaurant. Le jeune homme de 23 ans a été élu délégué du personnel il y a deux ans, au moment où il a obtenu son CDI. « Pendant longtemps, je ne servais pas à grand-chose, je ne savais pas comment faire et ça arrangeait bien ma direction. Mais depuis le début de l’épidémie, mon rôle est enfin concret » , se réjouit-il.

      À Tours, avant même l’annonce du premier ministre, des mesures avaient pourtant été prises. « On nous demandait de nettoyer plusieurs fois et de manière très visible les bornes de commande, juste pour rassurer les clients » , se souvient Quentin. Des mesures en trompe-l’œil : même si le jeune homme, contrairement à tous ses autres collègues de l’équipe de jour, a été mis au chômage partiel dès le 15 mars, il écoute chaque jour ses collègues qui lui chroniquent les petites humiliations, les pressions, l’angoisse et, invariablement, le manque de protection.

      Alors, le 25 mars, Quentin publie un message sur sa page Facebook pour dire son désarroi : « Aujourd’hui, ma compagne part sauver des vies et moi servir des burgers ! Je ne travaille pourtant pas dans un supermarché, je ne fais pas partie du personnel soignant, je ne suis pas un agent d’entretien, je ne suis pas un routier et je ne suis pas toutes les autres personnes indispensables pendant cette crise sanitaire. Je suis employé d’une grande chaîne de fast-food américaine à Tours, je prends donc le risque de vous contaminer et de contaminer mes collègues ou de l’être pour que des citoyens puissent manger des burgers ! »

      Le McDonald’s Vendôme est l’un des 12 restaurants que Bernard Simmenauer a décidé de laisser ouverts. Sur Facebook, des clients et des citoyens se mobilisent pour la fermeture.

      Quentin espère ainsi toucher ceux qui continuent à commander chez McDonald’s en ces temps d’épidémie. Pour Loïc Roldan, représentant de la CGT au sein de l’enseigne, cela ne suffira pas : « Il y a toujours le mythe du consommateur acteur mais le consommateur est égoïste. À la télé, il critique la situation des salariés, des livreurs. Une heure après, il se commande une pizza ou un burger avec Uber Eats. »

      Pour Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise mobilisée sur la question, « la question qui va se poser est : est-ce qu’un Big Mac est indispensable en temps de confinement, quand des milliers de gens meurent d’un virus qui est hypercontagieux ? » .

      Des protections insuffisantes et des mesures inapplicables

      Les salariés du McDonald’s Les Deux-Lions à Tours ne sont pas les seuls à pâtir de cette situation. Dans un autre restaurant du Centre-Val de Loire, également détenu par Bernard Simmenauer, Nora* marche sur des œufs, tiraillée entre sa colère et la peur de perdre son emploi : « Ma patronne a vu que je répondais sur un groupe Facebook qui regroupe des équipiers de McDonald’s, et j’ai écrit qu’on travaillait toujours et qu’à l’époque, les seuls masques que l’on avait étaient faits avec du Sopalin. J’ai eu des remontrances de ma patronne et elle m’a laissé le choix : soit je viens et j’arrête de me plaindre, soit je m’en vais et je suis licenciée pour abandon de poste. »

      Nora le concède, depuis le début de l’épidémie, quelques mesures ont été prises : des masques, qui selon elle « ne servent à rien » , et « des distances de sécurité, qui ne peuvent pas toujours être mises en place, par exemple dans les vestiaires ou à la plonge » . Face à la légèreté des protections, Nora s’astreint à la plus grande des prudences : « Je suis toujours au drive et à chaque client, je désinfecte le terminal de paiement ou mon poste. Mais je me fais engueuler quand le temps d’attente est trop long. »

      La jeune femme ne se sent pas en sécurité et le dit à ses responsables. Mais face à ses plaintes, la seule réponse est, invariablement, la menace de licenciement : « Je suis inquiète car j’ai besoin de mon salaire, mais j’estime que ma vie et celle de mes proches est en danger. »


      "Des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place", annonce le franchisé. Exemple au McDonald’s Les Deux-Lions à Tours.

      Il y a quelques jours, des mesures de distanciation ont été annoncées. « Des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus d’un mètre de son collègue » , précise Bernard Simmenauer à Mediapart (la totalité de ses réponses ainsi que celles de McDonald’s France sont à lire sous l’onglet Prolonger).

      La photo ci-dessus est une illustration de ce que le franchisé entend par « des rubans de balisage » . En réalité, la distanciation sociale est impraticable dans les restaurants. Sans compter les salariés qui estiment que « ça ne sert à rien » et qu’ « on se prend les pieds dedans » .

      Au début de l’épidémie, les salariés du restaurant des Deux-Lions étaient moqués par leurs supérieurs quand ils demandaient des masques. Ceux qui ont été assez courageux pour en exiger ont finalement obtenus des « cache-barbe », utilisés toute l’année pour ne pas retrouver un poil dans un burger.

      « Les salariés doivent tous porter un masque, disponible en restaurant, et pas un cache-barbe, dès la prise de poste et jusqu’à leur fin de service, alors que les recommandations sanitaires ne l’intègrent pas » , déclare Bernard Simmenauer. Une affirmation contredite par les témoignages de salariés que nous avons interrogés.

      L’une des autres mesures récemment mises en place dans les restaurants encore ouverts concerne le paiement. « Les paiements en espèces ont été proscrits au profit du paiement sans contact » , affirme Bernard Simmenauer. Là encore, pour les salariés, cela ne suffit pas : les tickets-restaurant, toujours acceptés, passent de main en main.

      Par ailleurs, les terminaux de paiement sur lesquels les clients posent leur carte pour le paiement sans contact doivent être placés au bout d’un manche. « Chez nous, on nous a conseillé de scotcher le terminal à un ustensile de cuisine qui sert à racler les grils, c’est le système D » , rapporte Lucie. Mais manche ou pas, nombreux sont les clients à prendre en main le terminal de paiement, juste après les salariés.
      « La sécurité de nos équipiers et de nos clients est notre priorité numéro 1 » , assure de son côté la chaîne de restauration américaine, qui précise : « C’est dans ce cadre que nous testons actuellement [dans] 12 restaurants dans l’ouest de la France et très bientôt dans 3 restaurants en région parisienne un guide opérationnel visant à renforcer significativement les mesures sanitaires pour nos personnels et nos clients sur le canal du drive et sur le canal de la livraison à domicile. »

      « Les autres franchisés attendent ce guide et d’autres non, visiblement , s’agace Henry, le salarié du siège. Ça n’est pas cohérent, cela veut dire qu’en attendant, tous les salariés et clients des restaurants de Bernard Simmenaeur ont été mis en danger. »

      Le guide en question a été, selon McDo France, « préalablement développé par les équipes opérationnelles de l’enseigne et des franchisés au cours d’un processus interactif de plus de quinze jours, et les représentants du personnel ont été dûment informés » . Mais en fin de semaine, il était toujours en cours de construction, alors que les salariés que nous avons interrogés travaillent déjà depuis trois semaines sans règles claires.

      La direction continue son argumentaire en expliquant qu’un comité scientifique « composé d’experts en infectiologie et virologie » , mais dont la composition exacte reste un mystère malgré nos questions, a ensuite « formellement » validé ce guide. « Il est maintenant testé en grandeur réelle avec des équipes en restaurant et un encadrement composé de volontaires qui seront amenés à se prononcer sur la poursuite du test toutes les 48 heures. »

      Là encore, un positionnement à des années-lumière de la réalité décrite par les salariés du groupe. « Il y a les salariés et les salariés McDo. On est la troisième classe du salariat, au même titre que les livreurs à vélo ou les éboueurs… » , souffle Loïc Roldan, de la CGT.

      Ni Quentin, ni Nora*, ni Lucie ne se sont portés volontaires. Et quand certains d’entre eux ont tenté d’exercer leur droit de retrait, ils ont été la cible de méthodes « humiliantes » . Le 17 mars, quand ont rouvert les restaurants de Bernard Simmenauer, sept équipiers sur les 70 du restaurant des Deux-Lions ont déposé leurs droit de retrait. Mais quinze en ont été dissuadés par la direction.

      « Une manager nous a dit qu’elle risquait sa place à nous dire ça mais qu’on avait la possibilité de faire valoir notre droit de retrait. Elle nous a bien spécifié que les consignes de la directrice du restaurant étaient de nous l’accorder seulement si on connaissait vraiment bien nos droits, et qu’on insistait » , assure Lucie.

      « Au restaurant de Châtellerault , aussi exploité par Bernard Simmenauer, les salariés se sont également vu rétorquer que “le droit de retrait n’existait pas dans leur entreprise” , rapporte de son côté l’association React, qui a tiré la sonnette d’alarme et lancé une campagne de sensibilisation. _Un message a d’ailleurs été envoyé par la directrice du McDonald’s de Châtellerault à quelques salariés, dans lequel elle prévient que “toute absence sera considérée comme absence injustifiée”. »

      « Aux autres, la direction répondait que le droit de retrait n’existait pas »

      Quand, le 17 mars, Lucie et deux de ses collègues entrent dans leur restaurant, ils portent des masques. Selon leur récit, le manager les accueille alors avec ironie : « Vous avez oublié votre combinaison intégrale. Vous êtes au courant que vous êtes ridicules ? Vous êtes au courant que ce n’est qu’une grippe ? On boit un thé, une soupe chaude, on prend une douche chaude et on n’a plus le coronavirus, vous ne le saviez pas ? »

      Puis le gérant leur indique qu’il ne signera pas leur droit de retrait. Sourire en coin, il leur demande si le stylo est désinfecté. Les salariés ont dû insister un quart d’heure avant d’obtenir une signature. L’une des trois salariés, apeurée par la véhémence du cadre, a finalement décidé de retourner travailler. « Ensuite, aucun appel, aucun mail, pas de réponse jusqu’au 24 mars et une lettre de Bernard Simmenauer » , décrit Lucie. Dans cette lettre, le franchisé répond qu’il ne comprend pas la motivation de ce droit de retrait et que toutes les mesures ont été prises.


      Finalement, le droit de retrait de Lucie a été payé.

      Les jours d’absence au titre du droit de retrait ont finalement été payés aux salariés. Quentin, de son côté, craint pour la suite. Sa mobilisation récente lui a valu une attention soutenue de son patron. Le 31 mars, après sa journée de travail, le délégué du personnel a été convoqué par Bernard Simmenauer pour faire le point sur les mesures mises en place : « Il m’a aussi expliqué qu’il s’inquiétait pour mon avenir, en disant que puisque des élus de La France insoumise avaient pris mon parti, ça serait compliqué pour retrouver un emploi après. Il est habile, il a ajouté qu’il ne se permettrait pas de dire que mes choix politiques n’étaient pas les bons. »

      Quentin a démissionné, fatigué d’une direction qu’il juge trop « paternaliste » . Mais à deux semaines de son départ, il continue de se battre pour que ses collègues, s’ils sont obligés de travailler, le fassent au moins dans de bonnes conditions.

      Mais Bernard Simmenaeur n’est pas l’unique responsable de la situation. Ses restaurants sont sous la responsabilité directe de McDonald’s France, qui en est l’actionnaire majoritaire, souligne Irvin Violette, de l’ONG React : « McDonald’s France détient 51 % des parts des restaurants exploités par Bernard Simmenauer. Il s’agit donc de restaurants “intégrés”, par opposition aux restaurants 100 % franchisés ou aux joint-ventures exploités à 50/50. »


      Campagne de sensibilisation lancée sur les réseaux sociaux par React, association qui lutte contre les abus des multinationales envers les salariés.

      Sur les près de 1 490 McDo hexagonaux, l’immense majorité, 84 %, appartiennent à des franchisés. Pour la députée européenne Manon Aubry, ce fonctionnement permet avant tout de diluer les responsabilités : « Franchisé et maison-mère se renvoient la balle en profitant du fait que juridiquement, les entreprises sont séparées, et du coup, plus personne n’est responsable. »

      Dans une lettre cosignée avec sa collègue Leïla Chaibi, adressée le 3 avril à la direction de McDonald’s et à Bernard Simmenauer, elle alerte sur les conditions de travail des salariés de ces 12 restaurants : « Face à la catastrophe sanitaire, respecter le droit est la condition première de la solidarité. Des millions de Français acceptent ainsi la dure épreuve du confinement dans un effort collectif. Votre mépris des règles mine cette solidarité et met en danger des vies humaines pour votre seul profit. Celles de vos employés, […] des livreurs Uber Eats, essentiels au maintien de vos livraisons et dont vous savez combien ils manquent de protections sanitaires et sociales. Celles de vos clients, qui vous font confiance et attendent de vous la plus grande rigueur quand il s’agit de leur santé et de celles de leurs proches. »

      Dans une vidéo adressée samedi 28 mars aux salariés du siège de McDonald’s, le PDG Nawfal Trabelsi se veut rassurant. Il détaille les mesures qui seront mises en place dès que « la version 1 du “guide opérationnel” et des “procédures sanitaires renforcées” » sera complète. Il conclut par un bel appel à la solidarité, à base de café : « Les trois restos tests offriront du café à volonté aux forces de l’ordre et aux soignants durant les trois mois à venir. Ce lien aux Français et à la France est notre marque de fabrique. Il est indispensable de continuer à le nourrir en toute circonstance à notre échelle et avec nos moyens. Continuons à échanger, à travailler et à rester solidaires et unis. Soyons forts, soyons aux côtés des nôtres, de l’ensemble des parties prenantes. » Dans ses réponses à Mediapart, Bernard Simmenauer ajoute : « Les échanges sont naturellement constants pour amender [les mesures de sécurité] et les renforcer avec les salariés. »

      Malgré les grandes inquiétudes de sa mère, infirmière à l’hôpital, Lucie est retournée au travail. À son retour, dit-elle, Bernard Simmenauer était présent. Selon la jeune femme, il est venu au comptoir, a mimé une révérence et lui a lancé : « Je vous félicite, vous devez être fière de vous, mais attention, vous allez être citée dans un article. Vous aurez votre notoriété dans la région, après, je ne sais pas si c’est celle que vous attendiez. »

  • Food workers say #CDC guidelines put them at greater risk for infection - Chicago Tribune
    https://www.chicagotribune.com/coronavirus/sns-nyt-food-workers-worry-cdc-guidelines-20200414-27t37dk27bejbbycs

    The new CDC guidelines state that essential workers who may have been exposed to the virus may continue to work provided they are asymptomatic, wear a mask at all times for 14 days after their last exposure and have their temperature taken before entering the workplace.

    Workers who may have been exposed to the virus must follow CDC guidance on social distancing, remaining at least 6 feet from co-workers and potential customers. If they show symptoms, they should be sent home immediately and all surfaces at the workplace should be cleaned and disinfected, according to the guidelines. In addition, anyone who came within 6 feet of an employee with potential exposure should be notified and considered to have also been exposed.

    Labor advocates like Marcy Goldstein-Gelb, the co-executive director of the National Council for Occupational Safety and Health, say the new guidelines may encourage employers to pressure workers to return to their jobs too soon, often without adequate protection or pay.

    “It’s a complete reversal of the policy that the CDC has for the public,” Goldstein-Gelb said. “It disregards the fact that, right now, workers are dying every day needlessly in unconscionable numbers.”

    Grocery stores are among the remaining high-risk transmission points for the disease now that many other commercial businesses have been closed. The employees are in regular contact with customers at checkout, behind counters and as they stock shelves along the aisles.
    Perrone said he visited eight stores in northern Virginia last week and was “appalled” by the hazards he saw, including many workers and customers without masks and people in close contact with one another. He said, at the very least, anyone entering a store should wear a mask.

    The CDC recommended in early April that everyone wear cloth face coverings in stores, but the policy is voluntary.

    Workers are also imploring customers to take more care while in stores. They say many have been throwing used gloves and wipes in carts and on floors for employees to pick up. Many customers are still browsing with their hands and not their eyes and blaming workers for lack of goods on shelves.
    “The fear that we feel is absolutely real,” said Gregg Finch, 44, a Stop & Shop produce clerk in New York, who added that customers must help in the effort to “keep everyone in all of our stores safe.”

    New Jersey recently mandated that all customers must wear masks to enter a store and Gov. Andrew M. Cuomo of New York ordered employers to provide masks for all of their workers.
    Harris, the Kroger cashier and a UFCW member, said her store is trying to maintain safety by making modifications. Like many stores across the country, it put up plastic barriers to separate customers from cashiers and placed markings on floors to urge 6-foot distancing. Her Kroger is also closing two hours early every day to conduct comprehensive cleaning.

    She said she interacts with roughly 300 customers per day, but neither she nor any of her co-workers have been provided with masks yet. A local charity has promised to give them homemade versions soon. No one at Harris’ store has become ill, she said, but two employees at nearby stores tested positive. She added that her boyfriend delivers food from local restaurants, and they both feel a sense of inevitability.

    “Chances are high that I will get this thing,” Harris, 32, said in a telephone interview from her home. “It’s getting closer, and it’s terrifying.”

    In an email, a spokesperson for Kroger said that the company had taken steps to promote safety, including a limit on the number of shoppers allowed in stores at one time, the installation of Plexiglas partitions at checkout lanes and enhanced daily sanitation practices, among other measures.

    “We continue to take additional actions across our family of companies to protect our associates and customers,” the statement said.
    The UFCW, in addition to about 900,000 grocery store workers, represents roughly 250,000 meat plant workers, including those at a JBS plant in Greeley, Colorado, where last week 30 workers tested positive for the virus. In Sioux Falls, South Dakota, a Smithfield pork processing plant that supplies tens of millions of servings of food per week closed indefinitely on Sunday after dozens of workers were found to have COVID-19, the disease caused by the virus.
    Perrone is especially worried about the meat packing plants under the new CDC guidelines. Many are in rural areas, some with 2,000-4,000 employees working side-by-side in chilly conditions. Because of the remote locations, a major outbreak at one of the plants could overwhelm the nearest hospitals.

    Just 62 miles to the east of the Sioux Falls plant, Smithfield operates another plant in Worthington, Minnesota, a state with several meat packing plants. Dr. Kris Ehresmann, the director of infectious disease epidemiology and prevention for the Minnesota Department of Health, said she and her staff are closely monitoring all of the state’s meat processing plants.

    She said that when the new CDC guidelines were issued last week, her office issued stricter recommendations about when workers should return following exposure to the virus — in particular, only after a 14-day isolation. To return before that, she said, the worker must be considered so essential to a critically important job that his or her absence would create a “crisis situation.”

    #coronavirus #livreurs #etats-unis

  • Milan, épicentre de la pandémie de Covid-19. #Minuit c’est l’heure où les invisibles deviennent visibles. Le métro désert, à part quelques dizaines de jeunes et de moins jeunes livreurs qui rentrent chez eux. C’est ça, le confinement à deux vitesses. C’est ça, le #digital_labor.


    https://twitter.com/AntonioCasilli/status/1250133061280333827
    #Milan #travail #métro #coronavirus #covid-19 #livreurs #uber #confinement_à_deux_vitesses #confinés #non-confinés #livraisons #vidéo #Italie #visibilité #in/visibilité #invisibles

    Avec ce commentaire de Alexis Kauffmann :

    Incroyable image ! Les rats dans les caves qui nourrissent les chats qui chantent au balcon.

  • #Amazon condamné à ne plus livrer que les #produits_alimentaires, médicaux et d’hygiène

    Le tribunal judiciaire de Nanterre a rejeté ce mardi la fermeture totale des entrepôts français du géant américain, mais le contraint à ne plus livrer que des produits alimentaires, médicaux ou d’hygiène. Amazon a décidé de faire appel.

    Camouflet pour le géant Amazon en France. Le #tribunal_judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont dépend son siège français de Clichy-la-Garenne, vient ce mardi de lui ordonner, dans les 24 heures, de « restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de #produits_d'hygiène et de #produits_médicaux, sous astreinte, d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée ».

    La décision s’applique dans l’attente de « l’évaluation des #risques_professionnels inhérents à l’épidémie de Covid-19 sur l’ensemble de ses #entrepôts ainsi qu’à la mise en œuvre des mesures prévues à l’article L 4121-1 du #Code_du_travail » et pendant « une durée maximum d’un mois » qui pourra, si besoin, être allongée par un nouveau #jugement.

    Le tribunal de Nanterre avait été saisi en référé, mercredi 8 avril, par l’union syndicale Solidaires (Sud) qui réclamait à titre principal la fermeture des six entrepôts français du géant du #e-commerce sous astreinte d’un million d’euros par jour. A défaut, Solidaires demandait qu’#Amazon_Logistique_France soit au moins contraint de réduire son activité aux 10 % de marchandises « essentielles » et par conséquent de diminuer d’autant le nombre de salariés présents sur les sites français. C’est à cette deuxième option que le tribunal vient de faire droit dans son délibéré, après une audience qui a duré environ deux heures vendredi.

    « Impossible de respecter les #distances_sociales »

    « C’est une décision très intéressante pour les salariés d’Amazon car elle dit que les obligations de prévention de la santé des #salariés passent avant la réussite financière de l’entreprise », s’est félicité Me Judith Krivine, du cabinet Dellien Associés. Et l’avocate du syndicat de relever que c’est déjà la troisième décision de justice qui va dans le même après celles concernant une association d’aide à domicile de Lille vendredi 3 avril et #La_Poste jeudi 9 avril.

    « Nous ne disons pas qu’Amazon n’a rien fait, mais c’est un empilement de mesures, précipitées et disparates, dénonce Laurent Degousée, co-délégué Sud Commerce. Sauf à être habillé en cosmonaute, il est impossible, avec les effectifs actuels d’Amazon, de respecter les distances sociales dans un entrepôt. Le juge, sans ironie, vient d’ordonner à Amazon de faire ce qu’il prétend faire depuis plusieurs semaines : se limiter aux #marchandises_essentielles. »

    La représentante Sud-Solidaires du site de #Lauwin-Planque (Nord), l’un des plus grands centres du groupe en France, ne cache pas sa satisfaction : « Cela fait trois semaines que l’on lutte tous les jours face au géant, estime Tatiana Campagne. Pour nous, c’est une grande #victoire. L’entreprise doit mettre des choses en place en négociant avec nous et non plus en se prenant pour des rois comme depuis le début de la crise. »

    Jean-François Bérot, élu Sud-Solidaires à Saran (Loiret), veut aussi y voir un augure favorable pour l’étape judiciaire suivante : faire reconnaître devant les prud’hommes de Nanterre onze dossiers de #droit_de_retrait de salariés contestés par la direction.

    Malaise grandissant chez les salariés

    « C’est une #bombe_sanitaire et sociale qui est en train d’exploser et qui concerne plus de 10 000 #travailleurs directs mais aussi une armée d’#intérimaires et de #livreurs », pointait le syndicat dans son communiqué du 8 avril. Le syndicat reproche à Amazon de ne pas protéger ses salariés correctement contre le Covid-19 et de poursuivre son activité « comme si de rien n’était, en dépit de la mobilisation du personnel, des mises en demeure des syndicats, de l’inspection et de la médecine du travail, mais aussi des critiques des ministres de l’Economie et du Travail ».

    La semaine dernière, cinq entrepôts du géant américain, sur les six qu’il compte en France, avaient été épinglés par le ministère du Travail pour la mauvaise protection de leurs salariés. Trois des six mises en demeure ont depuis été levées. Et depuis plusieurs semaines, le malaise ne cesse de croître dans les entrepôts Amazon. Arrêts maladie, droits de retrait, arrêt pour garde d’enfants, jours de grève… l’#absentéisme atteint des taux records. « Entre 40 et 60 % », selon les sites et les syndicats.

    Officiellement, un seul employé est actuellement hospitalisé en réanimation à cause du Covid-19, mais les syndicats soupçonnent des dizaines de #malades non comptabilisés.

    Amazon fait appel

    « Nous sommes en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui (NDLR : ce mardi) par le tribunal judiciaire de Nanterre et nous évaluons actuellement ses implications pour nos sites logistiques français », fait savoir Amazon, qui a décidé de faire appel. Celui-ci ne suspend cependant pas la décision qui devra donc être exécutée.

    L’e-commerçant affirme que « rien n’est plus important que la sécurité des collaborateurs. Ainsi, en France, ces quatre dernières semaines, nous avons distribué sur nos sites plus de 127 000 paquets de lingettes désinfectantes, plus de 27 000 litres de #gel_hydroalcoolique, ainsi que plus de 1,5 million de #masques. Nous avons aussi mis en place des contrôles de température et des mesures de distanciation sociale et également triplé nos équipes d’entretien en France pour renforcer le #nettoyage de 200 zones supplémentaires sur chaque site. »

    http://www.leparisien.fr/economie/amazon-condamne-a-ne-plus-livrer-que-les-produits-alimentaires-medicaux-e
    #justice #livraison #coronavirus #confinement #covid-19 #distanciation_sociale #protection #travail #distanciation_sociale

  • DÉLIBÉRÉ @AmazonFrance - SUD commerce
    https://twitter.com/sudcommerces/status/1250037872037675008

    le juge ordonne de limiter, dans les 24 h et sous astreinte de 1 million par jour de retard, l’activité aux marchandises essentielles dans la période dans l’attente d’une évaluation des risques épidémiques en y associant les représentants du personnel !

    #travail #Amazon #syndicalisme #refus_du_travail (de fait) #logistique #commerce

    • Amazon condamné à ne plus livrer que les produits alimentaires, médicaux et d’hygiène
      http://www.leparisien.fr/economie/amazon-condamne-a-ne-plus-livrer-que-les-produits-alimentaires-medicaux-e

      Le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) n’a pas ordonné ce mardi la fermeture totale des entrepôts français du géant américain mais le contraint à restreindre son activité pendant l’épidémie de coronavirus.

      La justice avait été saisie par un syndicat qui craignait que les salariés ne puissent être en sécurité face au coronavirus.

      Camouflet pour le géant Amazon en France. Le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont dépend son siège français de Clichy-la-Garenne, vient ce mardi de lui ordonner, dans les 24 heures, de « restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de produits d’hygiène et de produits médicaux, sous astreinte, d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée » .

      La décision s’applique dans l’attente de « l’évaluation des risques professionnels inhérents à l’épidémie de Covid-19 sur l’ensemble de ses entrepôts ainsi qu’à la mise en œuvre des mesures prévues à l’article L 4121-1 du Code du travail » et pendant « une durée maximum d’un mois » qui pourra, si besoin, être allongée par un nouveau jugement.

      Le tribunal de Nanterre avait été saisi en référé, mercredi 8 avril, par le syndicat Sud Solidaires qui réclamait à titre principal la fermeture des six #entrepôts français du géant du e-commerce sous astreinte d’un million d’euros par jour. A défaut, Solidaires demandait qu’Amazon Logistique France soit au moins contraint de réduire son activité aux 10 % de marchandises « essentielles » et par conséquent de diminuer d’autant le nombre de salariés présents sur les sites français. C’est à cette deuxième option que le tribunal vient de faire droit.

      L’audience, initialement programmée jeudi, s’est finalement tenue, en présence des parties, pendant deux heures vendredi 10 avril et la décision avait été mise en délibéré jusqu’à ce mardi.

      Malaise grandissant dans les entrepôts

      « C’est une bombe sanitaire et sociale qui est en train d’exploser et qui concerne plus de 10 000 travailleurs directs mais aussi une armée d’#intérimaires et de #livreurs », pointait le syndicat dans son communiqué du 8 avril. Le syndicat reproche à Amazon de ne pas protéger ses salariés correctement contre le Covid-19 et de poursuivre son activité « comme si de rien n’était, en dépit de la mobilisation du personnel, des mises en demeure des syndicats, de l’inspection et de la médecine du travail, mais aussi des critiques des ministres de l’économie et du travail ».

      La semaine dernière, cinq entrepôts du géant américain, sur les six qu’il compte en France, avaient été épinglés par le ministère du Travail pour la mauvaise protection de leurs salariés. Trois des six mises en demeure ont depuis été levées. Et depuis plusieurs semaines, le malaise ne cesse de croître dans les entrepôts Amazon. #Arrêts_maladie, droits de retrait, arrêt pour garde d’enfants, jours de grève… l’absentéisme atteint des taux records. « Entre 40 et 60 % » , selon les sites et les syndicats.

      Officiellement, un seul employé est actuellement hospitalisé en réanimation à cause du Covid-19, mais les syndicats soupçonnent des dizaines de malades non comptabilisés.

      #droit_de_retrait #arrêt_pour_garde_d'enfant #grève #absentéisme

    • Coronavirus : la justice confirme en appel le rappel à l’ordre d’Amazon
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/24/coronavirus-la-justice-confirme-en-appel-le-rappel-a-l-ordre-d-amazon_603767

      La cour d’appel de Versailles a confirmé, tout en l’adoucissant un peu, la décision qui avait ordonné à Amazon de mieux protéger ses salariés du coronavirus et de restreindre d’ici là ses activités à des produits jugés essentiels.

      Vendredi 24 avril, la cour d’appel de Versailles a confirmé, tout en l’adoucissant un peu, la décision qui avait ordonné, le 14 avril, à Amazon de mieux protéger ses salariés du coronavirus et de restreindre d’ici là ses activités à certaines catégories de produits jugés essentiels. Elle demande à nouveau à l’entreprise de « procéder, en y associant les représentants du personnel, à l’évaluation des risques professionnels inhérents à l’épidémie de Covid-19 ».

      La cour d’appel élargit et précise les catégories de produits autorisées à la vente, en se référant au catalogue de la plate-forme : « high-tech », « informatique », « bureau », « tout pour les animaux », « santé et soins du corps », « homme », « nutrition », « parapharmacie », « épicerie », « boissons » et « entretien » . Le tribunal judiciaire de Nanterre avait restreint l’activité aux produits « alimentaires, médicaux et d’hygiène » .

      Elle donne à l’entreprise quarante-huit heures pour se conformer et la menace ensuite d’une astreinte par infraction de 100 000 euros par jour, moins importante que le million d’euros prononcé en première instance. La procédure associait les principaux syndicats d’Amazon, SUD-Solidaires, la CGT, la CFDT et FO, ainsi que le comité social économique central et celui du site de Montélimar.

      En réaction, Amazon France a déclaré :
      « Nous avons pris connaissance de l’issue de notre appel et nous allons évaluer dans les meilleurs délais les conséquences de cette décision pour notre activité. »
      (...)

  • Le #confinement, ce #luxe dont les plus #pauvres sont privés | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1584637765-confinement-luxe-dont-pauvres-sont-prives

    "Tous les matins, ces hommes croisent #caissières et femmes de ménages, #vigiles et #livreurs, tous embarquant dans les bus et les RER pour Paris. Ceux-là viennent du nord de #Saint-Denis, dans des quartiers réputés plus établis selon l’échelle de la marginalité locale. Immigration plus ancienne mais également concernée par l’injonction à travailler : il faut bien que les bâtiments soient nettoyés et protégés, que les clients soient servis et livrés. Il faut surtout que la routine soit maintenue, coûte que coûte (« whatever it takes », selon une expression qui revient à la mode au gré des catastrophes collectives).

    Alors, ici, on prend les annonces gouvernementales pour ce qu’elles sont : une vaste supercherie. « Rester chez vous, faites du télétravail », c’est la dernière blague, le mot de la fin d’un monde qui ne finit pas de s’abîmer dans l’absurde. Maintenir autant que possible la routine, protéger l’économie, il y a des jours où ces mots sonnent pour ce qu’ils sont vraiment : « allez crever »."

  • Coronavirus : les livreurs, travailleurs sacrifiés « pour des pizzas et des burgers »
    https://reporterre.net/Coronavirus-les-livreurs-travailleurs-sacrifies-pour-des-pizzas-et-des-b

    Les livreurs des plateformes comme Uber Eats et Deliveroo continuent de travailler, en dépit de la crise sanitaire. Ne disposant ni de droit de retrait ni de chômage partiel, ils apportent quotidiennement des plats à des citadins confinés. La France « en guerre » contre le coronavirus ? Le président Emmanuel Macron l’a seriné dans son allocution du lundi 16 mars au soir. Le lendemain, à midi, un confinement strict était instauré afin de ralentir la propagation du coronavirus. De nombreuses professions (...)

    #ATTAC #travail #santé #GigEconomy #FoodTech #UberEATS #Stuart #Glovo #Deliveroo (...)

    ##santé ##Amazon

  • Foodtech : « On est en guerre ou on bouffe des burgers ? »
    Cerveaux Non Disponibles, le 18 mars 2020
    https://cerveauxnondisponibles.net/2020/03/18/foodtech-on-est-en-guerre-ou-on-bouffe-des-burgers

    Pour Damien, secrétaire général du SCALA (Syndicat des Coursiers Autonomes de Loire-Atlantique), c’est du flan : « Même si on applique la livraison sans contact, le sac est touché par tous les restaurateurs, tous les clients, on a pas le matériel pour désinfecter et on a pas le temps. (…) C’est n’importe quoi, sur une semaine à temps plein on croise environ 200 personnes. ». Clément, coursier et membre de la CGT des coursiers à vélo de la Gironde, est tout aussi inquiet : « On va devoir se sacrifier ».

    #coronavirus #travail #Livreurs #Deliveroo #Uber #GigEconomy

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent la vie quotidienne des premiers...

    (Françoise Vergès sur FB :)

    Il y a donc désormais les confiné.e.s et les non-confiné.e.s qui assurent la vie quotidienne des premiers - qui apportent les denrées aux boutiques, qui rangent sur les étagères, nettoient, tiennent la caisse, les éboueurs, les postier.e.s, les livreurs (j’en ai vu 3 déjà depuis ce matin), les conductrices/conducteurs de transport, les femmes de ménage des hôtels et les serveuses/serveurs des hôtels (qui restent ouverts et assurent un room service), et tant d’autres. Classe, genre, âge, racialisation, santé traversent les deux groupes mais les non-confiné.e.s sont les plus exposé.e.s. Dans les éléments du confinement, il y a celles/ceux qui vivent dans 12m2 et celles/ceux dans 150m2, qui peuvent se faire livrer ou pas, qui ont de quoi s’abonner à des tas de sites de streaming ou pas, qui ont un grand débit pour assurer les cours à la maison ou pas, qui peuvent aider les enfants à faire les leçons ou pas, qui ont un ordinateur et une imprimante ou pas, qui sont totalement isolées ou pas, qui ont des papiers ou pas, qui sont financièrement à l’aise ou pas, les femmes et enfants qui vivent avec des compagnons violents, les femmes seules avec des enfants, bref, des milliers et milliers de situations noyées sous le discours d’union nationale dans un pays où les inégalités, les violences d’état, le racisme et le sexisme organisent la vie sociale depuis des années. Les actes de solidarité, nombreux, qui s’organisent et sont formidables ne doivent pas remplacer les responsabilités de l’état. (Je parle là de la vie quotidienne, pas du personnel médical et de toutes les personnes qui assurent la vie d’un hôpital - donc aussi celles/ceux qui nettoient, gardent, font l’administration...- évidemment très exposé).

    Le confinement est rendu possible grâce à toutes ces personnes invisibilisées et bien trop souvent mal payées et exploitées.

    #confinement #coronavirus #nettoyage #soins #supermarché #caissières #livreurs #nettoyage #racisme #inégalités #vergès

  • Surveillés, exploités : dans l’enfer des #livreurs_à_vélo

    Dans cette enquête inédite, Le Média révèle les mécanismes de #surveillance des livreurs mis en place par les plateformes pour mieux les exploiter, et plus largement les conditions de travail scandaleuses auxquelles ils sont soumis : temps de travail excessif, mise en danger de mort...

    Depuis quelques années, les livreurs à vélo sont apparus dans le paysage urbain. Avec leurs sacs colorés, ils parcourent les rues des plus grands villes européennes. Ils travaillent pour des #plateformes_numériques, souvent dans des conditions plus que précaires.

    Dans cette enquête inédite, nous révélons les mécanismes de surveillance des livreurs mis en place par des plateformes telles que #Deliveroo, #Foodora ou #Uber_Eats pour mieux les exploiter, et plus largement les conditions de travail scandaleuses auxquelles ils sont soumis. À partir de l’histoire de #Frank_Page, jeune livreur Uber Eats décédé à la suite d’un accident de voiture près de l’autoroute, nous retraçons la façon dont les plateformes numériques de livraison imposent des rythmes dangereux et affectent aux livreurs des parcours potentiellement meurtriers.

    Mais cette histoire en cache plein d’autres. Derrière cette organisation du travail prétendument novatrice se cachent des pratiques régulières de répression syndicale, chez Deliveroo ou chez Uber. De Bordeaux à Dijon, en passant par Paris, les livreurs qui essaient de s’organiser face aux plateformes en paient le prix, parfois chèrement. Et cela ne se limite pas à la France.

    Ainsi, nous révélons en exclusivité que Deliveroo a espionné des syndicalistes en Angleterre en essayant de recueillir des données privées et en espionnant leurs réseaux sociaux. Le flicage ne s’arrête pas là. Grâce à l’association #Exodus_Privacy, nous avons aussi découvert comment certaines applications - celle de Deliveroo, notamment - surveillent leurs livreurs et récoltent certaines données, qui sont par la suite redirigées vers de régies publicitaires, exposant ces entreprises à une potentielle violation de la loi européenne sur la vie privée.

    https://www.youtube.com/watch?v=vASAMVRiy8s&feature=emb_logo


    https://www.lemediatv.fr/emissions/les-enquetes/surveilles-exploites-dans-lenfer-des-livreurs-a-velo-sJHkn_vURXeCnFw7IvBks

    A partir de la minute 33, il y a une interview avec Paul-Olivier Dehay, fondateur de l’ONG Personal data.io (https://wiki.personaldata.io/wiki/Main_Page).
    Il explique comment les plateformes de livreurs utilisent les données collectées :

    « On peut diviser son groupe d’ ’employés’ grâce à ces outils, et commencer à appliquer des traitements différents à chacun de ces sous-groupes. Par exemple offrir des bonus à certains et pas à d’autres, des encouragements, faire des expériences de traitements différents. C’est un outil managérial pour gérer la force ouvrière des livreurs. Ces plateformes cherchent à opérer en ayant un maximum d’informations sur le marché, mais par contre en livrant un minimum d’informations à chaque entité pour faire son travail. Donc quand un livreur livre un plat il ne sait pas si dans l’heure il va avoir encore 3 ou 4 boulots, il n’a aucune information sur les prédictions ou quoi que ce soit, parce que la plateforme cherche à pousser un maximum de risques économiques vers les livreurs, et cherche à optimiser toujours dans son intérêt. On voit que l’asymétrie d’information pour ces plateformes est stratégique pour eux. Uber n’a pas de voiture, Deliveroo n’a pas de vélo, ce qu’ils ont c’est de l’information, et de l’information qui vaut de l’argent pour des restaurants, pour des livreurs, et pour des consommateurs au final. C’est mettre tous ces acteurs ensemble qui va permettre à la plateforme de faire de l’argent. On peut tout à fait imaginer un scénario où chacune des parties se réapproprie un maximum de ces données et au final se demande ’En fait, pourquoi on a besoin de cet intermédiaire ? Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas agir avec des outils qui nous permettent d’interagir directement’. Si on suit cette logique d’exposition de la plateforme, de mise à nu de la plateforme, on se rend compte qu’au final il n’y a rien derrière, il n’y a rien qui a vraiment une valeur, c’est dans l’#asymétrie de l’information qu’ils construisent la valeur »

    #exploitation #travail #conditions_de_travail #précarité #surveillance #gig_economy #économie_de_la_tâche #livreurs #auto-entrepreneurs #liberté #enquête #deliveroo_rider #téléphone_portable #smartphone #syndicats #risques #accidents #coursiers #coursiers_à_vélo #grève #accidents #décès #morts #taxes #résistance #taux_de_satisfaction #Dijon #Brighton #algorithme #déconnexion #Guy_MacClenahan #IWGB #réseaux_sociaux #flexibilité #sanctions #contrôle #Take_it_easy #dérapage #strike #pisteur #géolocalisation #publicité #identifiant_publicitaire #Appboy #segment.io #Braze #information #informations #charte #charte_sociale
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  • La grève des coursiers de Deliveroo met à plat les livraisons à Gand 16 Juin 2019 - David Sebrechts
    https://www.solidaire.org/articles/la-greve-des-coursiers-de-deliveroo-met-plat-les-livraisons-gand

    Le samedi 15 juin au soir, peu de plats ont été livrés à domicile à Gand. Les coursiers de Deliveroo de la ville ont arrêté le travail pendant une heure pour protester contre la baisse constante des salaires et les conditions de travail précaires. Les coursiers grévistes ont réussi à mettre une pression telle que le système a été mis à plat.

    Vendredi soir à 19 heures, une trentaine de coursiers de Deliveroo et de sympathisants de leur combat se sont réunis sur le Korenmarkt, à Gand, avec l’aide de la CSC et de la FGTB. Le PTB Gand était également présent et a montré sa solidarité avec les coursiers.

    Les grévistes ont fait le tour des restaurants du quartier qui utilisent les services de Deliveroo, leur ont présenté leurs revendications et ont demandé aux restaurateurs d’éteindre l’application Deliveroo pendant une heure. Vu la large mobilisation, la plupart des établissements ont accepté, ce qui constitue une belle victoire pour ce mouvement encore récent.

    « Cela fait maintenant un an que je travaille à temps plein chez Deliveroo, explique un coursier à mobilette. Dans le passé, en août, vous receviez 5,25 euros par trajet, quelle que soit la distance, mais toujours à Gand. Au cours des derniers mois, ce montant minimum a constamment diminué. Maintenant, c’est seulement 3,70 euros. Pour obtenir 5 euros pour un trajet, vous devez avoir une livraison jusqu’à Drongen, dans la périphérie de la ville. Dans le passé, je pouvais gagner 20 euros de l’heure dans une bonne journée. Maintenant je suis heureux quand je gagne 11 euros de l’heure. »

    Un cycliste montre une commande sur son smartphone. Le trajet du centre de Gand au quartier de Wondelgem - un aller-retour d’environ 40 minutes - lui rapporte 5 euros. « On est payés au même tarif que d’autres employés, mais sans cotisations sociales. Deliveroo économise sur notre paie pour augmenter encore ses bénéfices. »

    Il ne s’agit d’ailleurs pas que du salaire, mais de toute l’organisation de Deliveroo. « Je n’ai jamais vu ou parlé à un représentant ou manager de Deliveroo, ajoute un autre coursier. Tout se passe via l’application. Notre statut de travailleur indépendant n’est pas très clair pour nous, et Deliveroo ne nous soutient pas dans quoi que ce soit. » Il demande une meilleure communication et un statut d’employé à part entière.

    Les grévistes ont onze exigences formelles. En haut de la liste se trouve le retour à l’ancien salaire et un revenu garanti par heure plutôt que la rémunération au trajet, comme c’est le cas actuellement. Ils veulent aussi avoir accès à l’algorithme derrière l’application, plus d’équipements pour les coursiers et une assurance complète pour les accidents du travail.

    Le fait que tout cela soit actuellement absent chez Deliveroo est très symptomatique de ce qu’on appelle « l’industrie 4.0 », dont l’entreprise est un exemple : les applications et les smartphones remplacent les relations industrielles traditionnelles, les salariés sont fragmentés et individualités, ce qui rend la tâche des syndicats d’autant plus difficile.

    C’est pourquoi le succès de la grève est si encourageant, pointe Tom De Meester, conseiller communal du PTB à Gand également élu au Parlement flamand : « C’est impressionnant comme cette action a réussi. C’est la première fois qu’une telle grève a lieu à Gand, et ils ont directement réussi à mettre une telle pression sur l’application que le système était en panne. D’une manière créative, les coursiers ont trouvé une forme de lutte syndicale avec laquelle ils peuvent défendre leurs droits dans l’économie numérique. »

    Pour le PTB, il est temps d’imposer des normes et des règles claires à cette nouvelle économie pour garantir des statuts et des salaires décents. « Il y a une idée fausse selon laquelle ces travailleurs sont principalement des étudiants qui se font un peu d’argent de poche durant leur temps libre grâce à ces plateformes, explique Tom De Meester. Pour un nombre considérable de coursiers, il s’agit de leur gagne-pain, ce qui devient évidemment impossible lorsque la rémunération diminue de façon aussi forte. En plus, ils ne cotisent pas pour la sécurité sociale, donc s’ils se retrouvent sans emploi, ils n’ont rien. Ce n’est pas l’industrie du futur, c’est juste un retour vers le passé. Nous nous battons pour des statuts décents depuis 150 ans, ces pratiques de Deliveroo sont inacceptables. »

    Dans son discours pour clôturer l’action, un des organisateurs insiste : ce n’est qu’une première étape. « Nous allons soumettre une demande officielle pour une manifestation en août. Nous ferons un tour à vélo et visiterons chaque entreprise et restaurant qui travaille avec Deliveroo pour leur faire part de nos exigences. Nous n’acceptons plus l’arrogance de Deliveroo, nous allons continuer à mener des actions. Nous formons un groupe et, individuellement, nous sommes peut-être vulnérables, mais ensemble, nous sommes forts. »

    #deliveroo #travail #uber #précarité #ubérisation #economie #luttes_sociales #uberisation #livreurs #conditions_de_travail #livreurs_à_vélo #coursiers #exploitation #social

  • « On ne devrait pas mourir en 2019 en France dans le cadre d’un job étudiant »
    https://www.bastamag.net/On-ne-devrait-pas-mourir-en-2019-en-France-dans-le-cadre-d-un-job-etudiant

    Franck Page est décédé alors qu’il livrait une commande pour Uber Eats dans la banlieue bordelaise. En hommage à cet étudiant de 18 ans, sa famille et de nombreux livreurs à vélo se sont joints lors d’une marche blanche le 27 janvier à Bordeaux. L’accident, qui a eu lieu aux abords d’une bretelle de rocade, questionne sur la dangerosité croissante d’un travail déjà décrié pour sa précarité. Un reportage vidéo publié en partenariat avec la société de production associative Spread Media. Franck Page, étudiant (...)

    #Témoignages

    / #Conditions_de_travail, #Luttes_sociales, #Syndicalisme

  • Un coursier est-il employé d’une startup de livraison ? La Cour de Cassation reconnaît un lien de subordination
    https://www.numerama.com/business/443473-un-coursier-est-il-employe-dune-startup-de-livraison-la-cour-de-cas

    L’arrêt n°1737 de la Cour de cassation souligne le lien de subordination entre un livreur de Take It Easy et son ancien employeur. Le dossier de requalification de son emploi en salariat est ainsi renvoyé à la Cour d’appel de Paris En avril 2016, un coursier qui travaillait pour la société de livraison de nourriture Take It Eas comme travailleur indépendant avait demandé la requalification de son contrat en contrat de travail. 4 mois plus tard, le concurrent de Deliveroo cessait toute activité. Mais (...)

    #Deliveroo #travail #géolocalisation #procès #TakeItEasy

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2016/07/take-eat-easy-office.jpg

  • #unten ǀ Die App ist der Feind — der Freitag
    https://www.freitag.de/autoren/der-freitag/die-app-ist-der-feind

    #unten Der Kapitalismus bringt ständig neue Formen von Ausbeutung hervor – und erzwingt so immer neue Formen des Kampfes, Sebastian Friedrich, Ausgabe 45/2018

    Die neuen Hoffnungsträger für den Klassenkampf kommen auf zwei Rädern

    Wissenschaftler und Publizisten haben sich viel Mühe gegeben, die These zu untermauern, es gebe keine Klassen mehr. Die Bundesrepublik war noch keine fünf Jahre alt, die KPD noch nicht verboten, da sprach der Soziologe Helmut Schelsky von der „nivellierten Mittelstandsgesellschaft“: Die Unterschiede zwischen Unten und Oben würden sich zunehmend auflösen, so Schelsky. Das Bild der Mittelstandsgesellschaft erwies sich als erstaunlich resistent: Obwohl sich in den vergangenen Jahrzehnten die Schere zwischen Arm und Reich öffnete, fühlte sich ein überwiegender Teil der Mitte zugehörig.

    Doch dieses Bild bröckelt. Mittlerweile geht selbst Konservativen der Verweis, Klassen habe es nur zu Zeiten von Karl Marx gegeben, nicht mehr so leicht von den Lippen. Die Krise, die vor zehn Jahren begann, machte viele, vor allem junge Leute in Südeuropa, arbeitslos. Selbst in Deutschland kommen Millionen Menschen nicht mit einem Job über die Runden, sind Patchwork-Arbeiter. Gleichzeitig stiegen die Gehälter der Topmanager in astronomische Höhen.

    Auch viele Linke, die lange nichts von Klassen wissen wollten, haben die soziale Frage wiederentdeckt – aus einer Position der Schwäche heraus. Als immer deutlicher wurde, dass es rechten Parteien und Initiativen gelingt, Teile der Arbeiterklasse zu mobilisieren, wurde so manchen Sozialdemokraten wie auch so manchem radikalen Kritiker an der Universität gewahr, dass der Aufstieg der Rechten irgendetwas mit der Krise der Linken zu tun haben könnte.

    Kurz nachdem die AfD im März 2016 bei Landtagswahlen in Baden-Württemberg und Sachsen-Anhalt bei Arbeitern und Arbeitslosen stärkste Partei wurde, erschien die deutsche Übersetzung des Buches Rückkehr nach Reims von dem französischen Soziologen Didier Eribon. Das Buch war plötzlich überall: auf den Tischen in den Seminarräumen, neben dem Glas Latte Macchiato im Berliner Szenecafé und in den Reiserucksäcken deutscher Individualtouristen. Eribon beschrieb eindrucksvoll, wie sich die Linken von den Arbeiterinnen und Arbeitern abgewandt hatten. Während das Buch fleißig gelesen und diskutiert wurde, stimmte in Großbritannien eine Mehrheit für den Brexit. Ein paar Monate später wurde Donald Trump zum Präsidenten der USA gewählt.

    Bleib gesund, Crowdworker

    Aktuell droht die Linke, zerrieben zu werden: Es gibt keine linke Erzählung, kaum Verbindungen zum Alltagsleben breiter Teile der Bevölkerung, nur sehr wenig kollektive Erfahrung gemeinsamer erfolgreicher Kämpfe, geschweige denn eine Zukunftsvision, von einem realistischen Machtzugang einmal ganz abgesehen.

    Unter dem Begriff „Neue Klassenpolitik“ diskutieren Linke seitdem, wie feministische, antirassistische und internationalistische Perspektiven mit einer Klassenpolitik auf Höhe der Zeit verbunden werden können. Ausgangspunkt ist die Erkenntnis, dass die Trennung zwischen Klasse auf der einen Seite und Antirassismus und Feminismus auf der anderen Seite keinen Sinn ergibt. Die Zusammensetzung der Klassen ist seit jeher durch Geschlechterverhältnisse, rassistische Verhältnisse und die globale Ungleichheit strukturiert.

    Klassenpolitik ist im Grunde stets „neu“, denn Klassen sind nichts Statisches. Sie unterscheiden sich je nach Gesellschaftsformation, aber auch im Kapitalismus selbst – die kapitalistische Klassengesellschaft ist im Kern noch immer eine, auch wenn sie vor 100 Jahren anders aussah.

    Das Grundprinzip bleibt freilich gleich: Die Bourgeoisie, heute bizarrerweise Arbeitgeber genannt, besitzt die Produktionsmittel und schöpft Profite aus der Arbeit der von ihnen abhängig Beschäftigten – weshalb sie eigentlich die Arbeitnehmerseite ist. Ihr gegenüber steht die Klasse der Arbeiterinnen und Arbeiter im weiten Sinne. Sie haben keine Produktionsmittel und müssen sich beim Bourgeois verdingen. Die durch dieses Ausbeutungsverhältnis definierte Klasse der Lohnabhängigen ist sehr divers in ihrer Gestalt: hochqualifizierte Angestellte, ungelernte Hilfsarbeiter_innen, Reinigungskräfte, Fahrradkuriere – was die gemeinsamen Interessen überdeckt und eine Organisierung erschwert.

    In der Debatte um „Neue Klassenpolitik“ geht es darum, die Orte des Klassenkampfs zu finden. Dabei geht es nicht nur um Orte, an denen gekämpft wird, sondern auch um jene Orte, an denen die Klasse zusammenkommt, an denen sie sich mit neuen Formen der Produktion auseinandersetzen muss, wie die Arbeit technisch und von oben organisiert wird. Gleichzeitig nimmt die „Neue Klassenpolitik“ die Perspektive von unten ein, wie die Arbeiterklasse für ihre Interessen kämpft, an welchen Punkten sich Protest entwickelt – und die Vereinzelung überwunden werden kann.

    Kämpfe um bessere Arbeitsbedingungen gibt es nicht nur an den bekannten Orten der Klassenauseinandersetzungen: den Fabriken, sondern auch da, wo sich neue Formen der Beschäftigung entwickeln.

    Die Digitalisierung der Arbeitswelt hat nicht nur Roboter hervorgebracht. Es hat sich eine neue Gruppe innerhalb der Arbeiterklasse entwickelt: die Crowdworker. Crowdwork umfasst alle Dienstleistungen, die über Plattformen im Internet vermittelt werden. Das Prinzip: Crowdworker loggen sich über eine App ein und bearbeiten einzelne Aufträge. Eine Plattform dient als eine Zwischenstelle zwischen Auftraggeber und Auftragnehmer. Nach diesem Prinzip arbeiten weltweit im Netz Tausende Plattformen. Umsatz machen sie über die Vermittlung. Und das nicht zu knapp: Der Taxidienst Uber bekommt bis zu 20 Prozent des Honorars der jeweiligen Fahrt. Damit hat Uber im Jahr 2016 über 6,5 Milliarden Dollar umgesetzt.

    Arbeitsverträge gibt es für Crowdworker kaum noch. Crowdworker werden zu „Selbstständigen“, womit sie weniger Rechte haben, etwa auf Urlaub. Von Lohnfortzahlung im Krankheitsfall träumen viele nur. Hinzu kommt: Bei den meisten Jobs in der Plattformökonomie bezahlen die Firmen pro Gig. Der Begriff Gig bezeichnet in der Musikbranche einen einzelnen Auftritt. In der Welt der Plattformen ist ein Gig ein einzelner, meist kleinteiliger Auftrag. Dass Menschen nach kleineren Jobs bezahlt werden, ist kein neues Phänomen; neu aber ist, dass nun Plattformen damit Geld verdienen.

    Die Bezahlung nach Gig ist kein Novum im Kapitalismus. Marx kannte einen anderen Begriff: Stücklohn. Er nannte das Stücklohn-Prinzip einst die dem Kapitalismus entsprechendste Form der Entlohnung. In der Tat: Das Stücklohn-Prinzip ist vor allem für die Konzerne von Vorteil, denn dadurch können sie möglichst viel aus der Arbeitskraft herauspressen. Die britische Arbeitsforscherin Ursula Huws spricht mit Blick auf die weitgehend nicht regulierte Plattformökonomie von einer Wildwest-Phase des Kapitalismus, in der wir uns gegenwärtig befänden. Die Parallelen zur Zeit der Industrialisierung im 19. Jahrhundert sind unübersehbar: hohe Ausbeutung auf der einen Seite, kaum bis gar kein Schutz der Arbeitskraft auf der anderen Seite.

    Extreme Formen von Ausbeutung haben sich immer nur dann geändert, wenn es zu Klassenkämpfen kam. Die Arbeiterbewegung, die in der Phase der Industrialisierung entstand, erstritt mehr Sicherheit und höhere Löhne: der Acht-Stunden-Tag, die Einführung der Sozialversicherungen, Tarifverträge. Doch wer könnte heute diese Kämpfe führen? Durch die Zerstückelung der Arbeit und die hyperflexibilisierte und die stark individualisierte Arbeit ist kollektives Handeln kaum möglich.
    Hoffnung auf zwei Rädern

    Das gilt aber nicht unbedingt für alle Gruppen. Die Hoffnungsträger eines Klassenhandelns in der Plattformökonomie kommen auf zwei Rändern. Man sieht sie vor allem in größeren Städten: Fahrradkuriere, sogenannte Rider, mit großen und bunten Warmhalte-Boxen auf dem Rücken. Sie sind unterwegs, um den Kunden ihr online bestelltes Essen zu liefern. Erste Ansätze von Kämpfen sind erkennbar: Los ging es in London, als Kuriere des Online-Essenslieferdienstes Deliveroo gegen die Einführung eines Stücklohns streikten. Auch in Italien, Spanien und in den Niederlanden gab es ähnliche Streiks. In Deutschland ging es bisher vor allem in Köln heiß her. Renitente Rider gründeten bei Deliveroo einen Betriebsrat. Laut der Kuriere hat Deliveroo darauf reagiert, indem es die Verträge der Festangestellten nicht verlängert hat.

    Die Bedingungen für kollektives Handeln sind bei Fahrradkurieren besser als bei Clickworkern, die sich einsam an ihrem heimischen Laptop mühsam von Kleinstjob zu Kleinstjob hangeln. Die Rider erkennen sich gegenseitig an ihren Essensboxen auf dem Rücken und den Farben ihrer Shirts. Viele teilen einen Lifestyle – eine Rider-Kultur. Sie interessieren sich für ausgefallene Fahrradteile, tragen ähnliche Klamotten. Was für den Industriearbeiter in der Fabrik die Kantine war, das sind bei den Riders die Orte in der Stadt, wo sie auf neue Aufträge warten. Trafen sich früher die Arbeiter in der Eckkneipe, schrauben die Rider in der Werkstatt an ihren Rädern herum. Was einst das Treffen der kämpfenden Teile der Klasse war, ist heute die Facebook- oder Whatsapp-Gruppe.

    Und es gibt Ansätze, wie sich der Kampf von unten gegen die Kontrolle von oben wenden kann. Riders nutzten ihre App, um sich mit anderen Kurieren auszutauschen. Gleichzeitig ist die App mit ihrem erbarmungslosen Algorithmus für die Rider vor allem eines: ein Feind. Tatsächlich ist sie aber auch ein nützlicher, weil gemeinsamer Feind. So manchem Untergebenen mag es schwer fallen, den Kampf gegen einen permanent duzenden Chef zu führen. Gegen eine kalte App fällt das leichter.

    Diese Kämpfe sind Anfänge. Die Streiks im Care-Bereich, bei Amazon, bei Ryanair – sie alle zeigen nicht nur, dass sich etwas bewegt, sondern dass es sie gibt, die Klassen. Vereinzelung, Atomisierung, Prekarisierung – das sind Leitbegriffe unserer Zeit. Sie müssen es nicht bleiben.

    Sebastian Friedrich ist gemeinsam mit der Redaktion analyse & kritik Herausgeber des soeben im Verlag Bertz + Fischer erschienenen Buches Neue Klassenpolitik. Linke Strategien gegen Rechtsruck und Neoliberalismus. Es umfasst 220 Seiten und kostet 14 Euro

    #Allemagne #lutte_des_classes #gig_economy #livreurs

  • Deliveroo, Uber Eats, Stuart... Les sans-papiers, nouveaux sous-traitants des coursiers - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/deliveroo-uber-eats-stuart-les-sans-papiers-nouveaux-sous-traitants-des-cou

    Des livreurs Uber Eats ou Deliveroo sous-louent leur compte à des sans-papiers. Une pratique illégale mais répandue.

    Même les auto-entrepreneurs deviennent des patrons véreux ! On n’arrête pas le progrès !
    #deliveroo #sans-papiers #exploitation

  • 114 coursiers à vélo portent plainte contre #Take_eat_easy
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/110418/114-coursiers-velo-portent-plainte-contre-take-eat-easy

    © DR La plateforme de livraison de repas, qui a fait faillite en 2016, est accusée d’avoir dissimulé le fait que ses coursiers étaient des salariés classiques, mais aussi d’avoir sciemment employé des personnes non enregistrées comme travailleurs indépendants. En guise de salaire, elle leur proposait parfois de commander des pièces détachées de vélo.

    #Economie #Deliveroo #livreurs_à_vélo #social #ubérisation

  • Notation des salariés : l’autre guerre des étoiles
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/29/notation-des-salaries-l-autre-guerre-des-etoiles_1639923

    De plus en plus d’entreprises utilisent les questionnaires de satisfaction remplis par les clients comme un outil managérial : des notes attribuées à la va-vite qui peuvent influer sur les salaires ou aboutir à une perte d’emploi. « Nous remarquons que vos dernières notes sont très en dessous des standards de qualité qu’attendent les utilisateurs. » Trois mois après avoir pris le volant de sa berline noire, Fabien (1) reçoit ce texto comme un coup dans le ventre. Les évaluations laissées par les clients (...)

    #Apple #Deliveroo #Microsoft #Starbucks #Uber #travail #contrôle #travailleurs (...)

    ##surveillance

  • Avec #Deliveroo, l’inspection du #Travail s’attaque à l’ubérisation
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/130318/avec-deliveroo-l-inspection-du-travail-s-attaque-l-uberisation

    Un livreur Deliveroo à #paris, en avril 2017. © Reuters/Charles Platiau Selon l’inspection du travail et l’Urssaf, Deliveroo n’emploie pas de vrais indépendants, et devrait traiter ses #livreurs comme des salariés classiques. Le #parquet est saisi à Paris et à Nantes. Le danger est réel pour cet emblème d’une société « ubérisée », pour l’instant couvert par la #Justice.

    #Economie #Code_du_travail #coursiers #droit_du_travail #inspection_du_travail #micro-entrepreneurs #social #Take_eat_easy #ubérisation

  • Enquête sur les petites mains du deal de #cannabis
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/01/25/les-soutiers-du-deal_5246663_3224.html

    Selon le rapport publié fin 2016 par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et intitulé « Estimation des marchés des #drogues illicites en France », il réalise à lui seul un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard d’euros et compte plus de 240 000 personnes. Presque autant que #La_Poste.

    • Entre stress du « métier », violence du milieu et salaires de misère, de jeunes recrues racontent le quotidien des vendeurs et des guetteurs. Le business du cannabis emploie plus de 200 000 personnes en France.

      LE MONDE | 25.01.2018, Par Louise Couvelaire

      C’est indiqué en gras et en lettres capitales sur l’affichette postée sur la Toile : « On recherche guetteur. » « Profil recherché : jeune, physionomiste, maîtrise du deux-roues appréciée, respectueux envers les clients et les clientes », décrit la petite annonce avec barres d’immeubles et feuilles de chanvre en arrière-plan. « Horaires de travail : de 10 heures à 22 heures (adaptés aux horaires de vente). Prix : 100 euros/jour ». Comme s’il s’agissait d’une banale offre d’emploi.

      Le trafic de cannabis est un business – presque – comme un autre, un modèle de néolibéralisme avec ses grandes entreprises et ses PME, ses stratégies marketing habiles et son management impitoyable, ses patrons grassement rétribués et ses petites mains sous-payées. Mais sans syndicat. En France, il représente la moitié du marché des stupéfiants.

      Selon le rapport publié fin 2016 par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et intitulé « Estimation des marchés des drogues illicites en France », il réalise à lui seul un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard d’euros et compte plus de 240 000 personnes. Presque autant que La Poste.

      Un poids lourd de l’économie française, en somme, qui opère en toute illégalité mais recrute à tour de bras « des armées de larbins qui triment pour moins que le smic », dénonce un médiateur d’une cité des Yvelines. Le chercheur Nacer Lalam, coauteur du rapport de l’INHESJ, les appelle « le prolétariat du cannabis », dont les revenus ne font, le plus souvent, qu’assurer la survie. « Comme dans les entreprises normales, les patrons s’enrichissent, pas les employés », résume un officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.

      Un « boulot très ennuyeux et stressant »
      On l’appellera Marvin. Il a 22 ans et vend du shit dans un quartier de l’est de Paris depuis deux ans. Ce soir de janvier, frigorifié dans son petit blouson noir zippé jusqu’au menton, il attend le « clicos » (le client) sur un bout de macadam désert depuis cinq heures déjà. Il lui reste cinq heures de plus « à poireauter dehors », jusqu’à minuit. A intervalles réguliers, il étire son cou et balaye du regard les environs, histoire de s’assurer de l’absence de policiers. « C’est l’enfer, commente-t-il, la mine lasse. C’est un boulot à la fois très ennuyeux et très stressant. »
      Horaires à rallonge, pressions et craintes des représailles physiques sont le lot quotidien du jeune homme, dont le salaire hebdomadaire varie en fonction des ventes et de l’humeur de son patron : 450 euros maximum, 250 euros le plus souvent. Pas de quoi gagner son autonomie – il vit chez un cousin – ni mener grand train.

      « Vu tous les risques que je prends – les gardes à vue, la prison, les règlements de comptes –, c’est pas cher payé », se lamente-t-il.
      Loin des idées reçues et des fantasmes d’argent facile, le deal ne profite en réalité qu’à un petit nombre de personnes haut placées dans les réseaux qui, « par leur train de vie et leur visibilité quotidienne, assurent la publicité et la pérennité du contre-modèle qu’elles incarnent », écrit Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, dans son rapport de recherche sur « L’implication des mineurs dans le trafic de stupéfiant » (décembre 2016).

      « Ça gagne que dalle »
      A 19 ans, Amine (le prénom a été modifié) mène une carrière à faire saliver d’envie ses petits camarades qui se voient déjà au volant d’une berline aux vitres teintées. A 12 ans, il jouait les guetteurs contre quelques billets ; depuis ses 18 ans, en tant que chef des vendeurs, il empoche jusqu’à 250 euros par jour, prétend-il. De quoi entretenir son image.

      « Moi, ça se voit que je deale, j’ai toujours des nouvelles baskets et de nouvelles fringues, se targue le jeune homme, qui vend de la “beuh” dans le Val-d’Oise et espère obtenir un poste plus important d’ici peu. Mais le grand patron, lui, c’est un invisible. Personne dans la cité ne sait qui c’est. »
      Chouf (guetteur, chargé de prévenir de l’arrivée de la police), rabatteur (dont la mission est d’aller chercher le client), portier (quand le trafic a lieu au sein d’un hall d’immeuble), coupeur (conditionnement des sachets de shit ou de beuh), bicraveur ou charbonneur (vendeur)… « Tous ces postes sont nuls, ça gagne que dalle », lance Amine. De fait, cette main-d’œuvre bon marché turbine au bas de l’échelle pour quelques euros de l’heure dans des conditions de travail « infernales », martèle Marvin. D’où le fort taux de #turnover.



      Dans l’économie parallèle, les conflits sociaux se règlent souvent par la violence physique, et la concurrence s’élimine à coups de pompes et, parfois, à la kalachnikov. Si certaines têtes de réseaux optent pour une méthode de management « douce », voire paternaliste, d’autres emploient la manière forte. Retardataires tabassés, guetteurs brûlés à la cigarette lorsqu’ils ont tardé à alerter les vendeurs de l’arrivée de la police… Et malheur aux rabatteurs des cités voisines : « Ceux-là, si on les chope, on les fracasse », dit Amine. Même lorsque les trafiquants tentent une approche « courtoise », la menace reste l’argument massue.
      Cette affichette à destination des habitants, placardée dans le hall d’un immeuble de Seine-et-Marne, en témoigne : « Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gène occasionnée due au commerce au sein de votre bâtiment. De ce fait, il est de votre devoir de garder le silence et de ne pas coopérer avec la police. (…) Pour votre plus grand bien, nous vous recommandons de bien vouloir vous taire, à défaut de représailles. Nous vous remercions de votre compréhension et restons à votre entière disposition. »

      « C’est une histoire de dette »
      Meilleur vendeur de son réseau, Marvin a été roué de coups par son patron et menacé avec un couteau lorsqu’il a voulu démissionner. Le jeune homme n’attend qu’une seule chose : que la police démantèle son réseau et mette ainsi fin à son « cauchemar ». Son cas est loin d’être isolé, selon l’officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.
      « Toutes les méthodes et tous les prétextes fallacieux sont utilisés pour les prendre au piège, raconte-t-il. Le plus souvent, c’est une histoire de dette. »
      Faire crédit à un jeune consommateur local pour lui réclamer ensuite le remboursement immédiat de son ardoise est l’un des ressorts classiques de l’entrée dans le trafic. Le même mécanisme s’appliquera pour le contraindre à y rester. « Les gérants du réseau accusent un vendeur d’avoir perdu de la marchandise ou financent les frais d’avocats lorsqu’il se fait arrêter et réclament ensuite d’être remboursés sur le champ, poursuit le policier. Il n’a alors pas d’autre choix que de reprendre son poste. »

      Marvin est pourtant titulaire d’un CAP de menuiserie et rêve d’une formation en ébénisterie. « Cela fait plus d’un an que je cherche et que je ne trouve pas. Je n’ai plus le courage, confie-t-il. J’ai proposé mes services au dealer il y a deux ans parce que je n’avais rien : j’étais à la rue et sans emploi. Ils m’ont embauché tout de suite. »
      Avoir un rôle dans l’entreprise « virile » du trafic
      Là où l’économie légale leur ferme les portes, l’économie de la pauvreté, ou de la débrouille, prend le relais. « Le secteur des stups n’est pas discriminant et accepte les non-diplômés, principalement des jeunes hommes issus de milieux défavorisés, observe l’économiste Christian Ben Lakhdar, maître de conférences à l’université de Lille-II. C’est un marché du travail auquel ils ont accès. »
      Dans les quartiers où les taux de chômage et de décrochage scolaire atteignent parfois 50 %, « l’école de la rue » se substitue à l’école républicaine. « Des jeunes se pointent tous les jours pour du boulot, à l’heure d’ouverture des points de vente », raconte Amine.

      Pour la Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques (une coopération entre la Mairie de Paris et le département de la Seine-Saint-Denis), avoir un rôle dans l’entreprise « virile » du trafic procure au jeune le « sentiment intense d’exister » et la satisfaction d’obtenir un « statut » dans la cité, mais aussi d’accéder à une forme de normalité, en lui permettant d’avoir une place dans la société de consommation.
      « Demander à sa mère, c’est le cafard, estime le dealer du Val-d’Oise. Avec ses 1 200 euros par mois en tant que femme de ménage dans un hôtel, on ne va nulle part. Moi, je voulais de l’argent. »
      Ceux qui, comme lui, parviennent à gravir les échelons, « coffrent » leurs économies pour ouvrir un commerce légal le plus souvent. Les autres déchantent, sans un sou en poche mais avec un casier judiciaire bien rempli.

      #emploi_informel #caillasse

    • Les vendeurs de cannabis, des salariés comme les autres ? Le Monde, 25.01.2018, Louise Couvelaire

      Capacité à prendre des risques, compétences en marketing… des initiatives tentent de valoriser l’expérience des dealeurs pour les aider à s’en sortir.

      Ce n’est pas le genre d’expérience que l’on peut inscrire sur un CV ni faire valoir lors d’un entretien d’embauche. Pourtant, Sofiane (le prénom a été modifié), 17 ans, est un patron avant l’âge. Il n’est pas encore sorti de l’adolescence qu’il s’exprime déjà comme un homme d’affaires aguerri. Faussement nonchalant, les mains dans les poches de son survêtement siglé d’un blanc immaculé, il parle « recrutement », « stratégie marketing » et « fidélisation du consommateur ».

      En quelques années, il a gravi les échelons de son organisation du Val-de-Marne à une vitesse record, passant de livreur de sandwichs à « bras droit » du « big boss » chargé du management, de la comptabilité et des importations. Une succession de postes qu’il a occupés à temps plein depuis l’arrêt de ses études, en classe de 3e. Mais sa carrière s’est arrêtée net un matin d’avril 2017, lorsque les policiers ont enfoncé la porte du domicile de sa mère. Son interpellation s’est soldée par un séjour de quatre mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

      Sofiane dirigeait un « four », un point « chaud » de deal de résine et d’herbe de cannabis, réalisant un chiffre d’affaires de 6 000 euros par jour en moyenne et employant une trentaine de personnes. « Faire tourner un trafic de stups, c’est comme gérer une société, lance-t-il. Donnez-moi les clés de n’importe quelle entreprise et je vous garantis des bénéfices. » Son aplomb masque mal une réalité dont il a conscience : son ascension fulgurante dans le deal ne lui ouvrira pas les portes du CAC 40.

      Savoir-faire comptable et commercial

      « Certains dealeurs sont pourtant très ingénieux et développent de vraies capacités, souligne Karima Esseki, éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse. Mais ce n’est pas comme ça que la société les voit. » Face à une politique répressive que beaucoup jugent inefficace, certaines initiatives tentent une nouvelle approche : repêcher les acteurs de l’économie souterraine pour en faire de bons élèves de l’économie légale.

      Effacement du casier judiciaire, processus de valorisation de l’expérience acquise, transfert de compétences…

      « L’idée est de modifier la posture que l’on a face à eux, explique Emmanuel Meunier, de la Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques (coopération entre la Mairie de Paris et le département de la Seine-Saint-Denis). La plupart sont en totale perte de confiance en eux, ils sont persuadés qu’ils ne savent rien faire et que la société ne veut pas d’eux. Or, les aptitudes qu’ils acquièrent sont souvent proches de celles recherchées dans l’économie classique. »

      Capacité à prendre des risques et à juger des rapports de force, savoir-faire comptable et commercial, habiletés en communication et en management, ponctualité, don d’observation, résistance au stress… Parmi la liste des « connaissances acquises » les plus citées figurent aussi les stratégies marketing, calquées sur celles des industriels.

      Une filière d’apprentissage parmi d’autres

      « La plupart de nos clients sont des petits-bourgeois parisiens, raconte Sofiane. Il faut s’adapter pour les fidéliser. » De plus en plus de dealeurs appâtent désormais le chaland grâce à des opérations de promotion – « jusqu’à minuit, 1 gramme acheté, 0,5 offert » –, du merchandising (briquet offert, feuilles de papier à rouler…), un packaging léché (couleurs pop, liserés dorés…) et une diversification du réseau de distribution par la mise en place de « drive » et de livraisons à domicile. « Les vendeurs-livreurs développent une vraie relation clientèle », juge un officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.

      Le deal, une filière d’apprentissage parmi d’autres, en quelque sorte, dont ils sont plusieurs milliers à sortir chaque année. Dans ce secteur, on fait rarement de vieux os. « Passer son temps à regarder derrière soi, c’est pas une vie », confie Sofiane. A part quelques têtes de réseau, la plupart quittent le métier avant 25 ans.

      « Au-delà, ceux qui n’en sortent pas sont perçus comme des cas sociaux, rappelle Luc-Henry Choquet, coordinateur du livre Protéger la jeunesse contre l’usage et le trafic de drogues (LEN, 2017), distribué à 1 500 éducateurs. La norme sociale reprend le dessus. »

      Pour le chercheur Nacer Lalam, de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, « le recours quasi systématique à la violence pour gérer les conflits est une limite au principe de “compétences transférables” ». Un obstacle qui peut être levé, selon Omer Mas Capitolin, de la Maison communautaire pour un développement solidaire, à Paris. « Lorsque l’on sort du deal, on sort de la violence, dit-il. Comme on ne se retourne plus toutes les trente secondes dans la rue pour vérifier que personne ne veut vous régler votre compte, la pression baisse mécaniquement. » Et de tempérer : « C’est au cas par cas, en fonction de la sensibilité de chaque jeune. »

      Expériences fictives

      Encore faut-il faire oublier son passé pour avoir les meilleures chances de se reconvertir. Certaines associations acceptent ainsi de combler rétroactivement les trous figurant dans le CV, en attestant d’expériences fictives. D’autres organismes vont plus loin, comme le Collectif jeunesse prévention des conduites à risques de la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis) : depuis septembre 2016, il facilite les démarches légales d’effacement du casier judiciaire, avec une permanence juridique hebdomadaire tenue par une avocate et un conseiller d’insertion.

      « L’aspect le plus délicat à traiter dans ce processus [de reconversion], c’est celui du cash immédiat, estime Omer Mas Capitolin. Ces jeunes avaient l’habitude de toucher des sommes en liquide régulièrement, et, d’un coup, plus rien. »
      Depuis quelques années, il participe à un programme baptisé « Paris par rues méconnues ». Le principe ? Faire de ces jeunes, dans un délai record, des guides touristiques de leur quartier, « qu’ils connaissent mieux que personne », afin de leur procurer au plus vite un salaire de remplacement, le temps qu’ils trouvent un emploi plus pérenne.

      #dealeurs #Business_School_of_the_streets #livreurs

  • BRUXELLES L’occupation du siège bruxellois de Deliveroo se poursuit, annoncent les syndicats RTBF avec Belga - 25 Janvier 2018
    https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_l-occupation-du-siege-bruxellois-de-deliveroo-se-poursuit-annoncent-les-

    L’occupation du siège bruxellois de Deliveroo, entamée mercredi après-midi par le collectif des coursiers, se poursuit ce jeudi matin, indiquent les syndicats.

    Le collectif souhaite rencontrer la direction pour discuter d’un statut de salarié pour les travailleurs qui ne veulent pas du statut d’indépendant, et d’une garantie de salaire horaire minimum.

    « La direction n’a envoyé personne pour tenir cette discussion et souhaite lever le siège par voie judiciaire. Elle n’a pour le moment pas obtenu son jugement en référé pour pouvoir le faire », assure la CNE. « L’occupation a donc toujours lieu et de nombreux coursiers viennent se relayer, marquer leur soutien ou chercher des informations sur la situation en cours » , ajoute le syndicat chrétien en rappelant que ce jeudi après-midi, une délégation des coursiers ira demander au ministre de l’Emploi, Kris Peeters, pourquoi l’enquête qu’il a promise n’a toujours pas abouti.

    « Le temps presse ! Nous appelons le ministre Peeters a accélérer son enquête car le 1er février, les coursiers devront devenir des indépendants (ou arrêter leur travail) et donc assumer tous les risques afférents à leur travail, ce qui est inacceptable pour nous » , pointe de son côté l’UBT (FGTB).

    #Bruxelles #deliveroo #Syndicats #Luttes #Salaires #Belgique #ubérisation #livreurs_à_vélo #coursiers #indépendants #economie