• Le #préfet de l’#Hérault muscle l’action de la #brigade du #logement_social, la presse applaudit - Le Poing

    https://lepoing.net/le-prefet-de-lherault-muscle-laction-de-la-brigade-du-logement-social-la-pr

    Une légalité “contestable”
    Le représentant de l’État justifie sa décision par “des faits de violences et de menaces exercés à l’encontre des agents d’Altemed, au cours des journées du 21 et 24 novembre 2025”, qui nécessitent selon lui “de renforcer la surveillance dans ce quartier […] et que cette surveillance puisse s’exercer aux abords des axes desservant ce quartier dans un espace cohérent et strictement limité”.

    C’est justement cet argument qui interroge Sophie Mazas, avocate montpelliéraine membre de la Ligue des Droits de l’Homme (que le préfet a récemment intimidé par courrier) : “Le préfet justifie ces missions de gardiennage et de surveillance par la commission de violences, donc des motifs qui sont normalement du ressort de la police. Derrière un habillage formellement respectueux du droit, qui rappelle l’interdiction de les entreprises de sécurité de faire des missions de police, le préfet vise un objectif de police : il indique clairement que c’est au regard de ces violences qu’il autorise le #GRSI à intervenir sur la voie publique. La prévention des violences, ce n’est pas du gardiennage, la légalité de cette décision peut être contestée”, indique l’avocate, qui affirme que le bureau national de la #LDH va être saisi sur la question.

    https://bsky.app/profile/ricardoparreira.com/post/3mfrocqlw422v

  • « Les politiques publiques qui se dessinent confortent le mouvement de financiarisation du logement amorcé il y a deux décennies »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/13/crise-du-logement-le-detricotage-de-la-loi-sru-permet-aux-maires-d-exclure-d

    Déjà affaibli par la baisse des aides publiques en 2017, le #logement_social est à nouveau menacé. Les attaques ne sont pas frontales, ce qui les rend plus dangereuses. La première est sémantique. Elle tente de généraliser la notion de logement « abordable », terme flou sans définition juridique qui s’adresse à un autre ensemble flou, les « classes moyennes ». Certains élus se servent du mot « abordable » pour confondre à dessein le logement social, très réglementé notamment dans ses attributions, avec le logement intermédiaire aux loyers plafonnés, mais dont le fonctionnement se rapproche de la location privée. L’idée en vogue dans la dernière série de gouvernements consiste à défendre la comptabilisation des logements intermédiaires dans les quotas de logements sociaux obligatoires, faisant mécaniquement baisser le taux de logements aux #loyers les plus bas.

    Cette idée, déjà présente dans un texte de juin 2024 effacé par la dissolution, a refait surface dans la proposition de loi dite « CHOC », adoptée au sénat le 20 janvier. Le texte est porté par la sénatrice (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone, fine connaisseuse du logement, qui n’agit pas au hasard. Il contient un article offrant au maire un droit de veto sur le choix des candidats au logement social. S’il fallait un signe de plus que l’offensive est lancée : un décret en date du 29 janvier vient d’autoriser une liste de villes à viser 20 % au lieu de 25 % de logements sociaux, en fonction d’une tension du marché dont rien ne démontre qu’elle soit apaisée.
    Lecture plus politique
    Urbanistes et scientifiques, comme nombre d’associations, alertent sans relâche sur la profondeur de la crise et la menace que constitue le mal-logement pour la cohésion sociale. Tous et toutes recommandent de soutenir et d’accélérer la production de logements sociaux, en répartissant les efforts sur le parc ancien, à rénover ou à transformer, et sur la construction neuve qui demeure nécessaire. Comment comprendre alors ces attaques contre le logement social, qu’elles proviennent des élus ou des habitants et habitantes eux-mêmes ?

    [...]

    (...) au-delà, le mouvement de dilution du logement social dans le logement abordable se prête à une lecture plus politique. Il offre aux #maires une possibilité légale de maîtrise du peuplement, ou plutôt de dépeuplement, par l’exclusion ou l’interdiction d’accès à des ménages considérés comme non rentables ou indésirables, pour le dire clairement les plus #pauvres et les #immigrés.

    https://archive.ph/jtVtk

    #financiarisation_du_logement

  • Ces locataires étranglés par les charges
    https://monaulnay.com/2025/10/je-peine-deja-a-payer-mon-loyer-ces-locataires-de-logements-sociaux-etran

    De nombreux habitants des logements sociaux gérés par le bailleur 1 001 Vies Habitat dans le quartier de la Rose-des-vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont reçu d’importantes régularisations de charges, atteignant parfois jusqu’à 5 000 euros. Des sommes impossibles à régler pour certaines familles.

    « Quand j’ai ouvert le courrier recommandé, je me suis dit qu’il y avait un problème. C’est comme si on avait été 15 ou 20 à la maison à consommer de l’eau ! ». (...) cette locataire de la cité des 3 000, désormais appelée la Rose-des-Vents n’est pas la seule habitante du quartier à avoir reçu une facture salée de la part du bailleur social 1 001 Vies Habitat, à l’occasion de la régularisation des charges pour l’année 2022.(...)

    Si l’ensemble des 15 000 à 20 000 locataires vivant dans les 3 800 logements gérés par le bailleur sont concernés par ces hausses, plus de 500 d’entre eux voient leur rattrapage dépasser les 1 000 euros. (...)

    Elles s’expliquent par une consommation importante d’eau chaude pour six dossiers, et une fuite pour un autre », détaille le bailleur, qui avance la flambée des prix du gaz en 2022 pour expliquer cette explosion des charges, d’eau chaude notamment.(...)

    #logement_social #charges_locatives #dette

    • Rappels de charges dans les HLM : comment ces locataires des Yvelines ont récupéré plus de 400 000 euros - Le Parisien
      https://www.leparisien.fr/yvelines-78/rappels-de-charges-dans-les-hlm-comment-ces-locataires-des-yvelines-ont-r

      À la suite d’un long bras de fer avec leur bailleur, ces habitants de Carrières-sous-Poissy (Yvelines) avaient pu récupérer un trop perçu sur trois ans, l’équivalent d’environ 500 euros par foyer. Pour autant, la question des charges reste épineuse.

      Ils avaient fêté cette « victoire » au pied de leurs immeubles. En mai 2024, les locataires d’une résidence de Carrières-sous-Poissy (Yvelines) avaient fini par obtenir gain de cause dans le combat de longue haleine qui les opposait à leur bailleur.

      À l’image d’une autre résidence de la commune de l’Ouest parisien, les habitants du quartie communément appelé « les Fleurs », réclamaient, depuis deux ans, une régularisation des charges en leur faveur pour les exercices 2019, 2020 et 2021. Une demande trop longtemps ignorée par le bailleur CDC Habitat, malgré les nombreuses relances de l’amicale des locataires et une mise en demeure.

      Seize particuliers, épaulés par la Confédération générale du logement (CGL), avaient alors décidé de porter l’affaire devant la justice. Le tribunal avait condamné le bailleur à indemniser chacun des requérants à hauteur de 1 200 €. Mais aussi à rembourser 500 € en moyenne à chacun des 850 locataires du quartier.
      « Cette histoire a mis en évidence la nonchalance du bailleur », considère aujourd’hui Ahmed Mamache, président de la CGL Yvelines - Val-d’Oise, qui, depuis cette action, dit voir « beaucoup d’autres amicales qui viennent à [eux] ». Dans la grande majorité des cas, c’est pour une situation inverse et un rappel de charges parfois spectaculaire : « Les bailleurs attendent deux ou trois ans avant de se rendre compte que les sommes sont erronées. Et quand cela tombe, c’est parfois très violent. » Or, recourir aux tribunaux, comme à Carrières-sous-Poissy, reste dissuasif car « la justice est longue et elle coûte cher ».

      Dans le quartier des Fleurs, les visages souriants de mai 2024 accompagnant la remise des chèques ont peu à peu disparu. Car, depuis le café de la victoire, « rien n’a changé », estime El Mostafa Sellaoui, le président de l’amicale des locataires.

      « On ne sait pas comment ils font leurs calculs »

      Après le contrôle de gestion qu’il est allé effectuer au siège du bailleur durant quatre jours, le représentant continue de pointer « des anomalies, des factures manquantes, des sommes injustement demandées aux locataires… » Et donc « encore des régularisations à effectuer sur 2023 et 2024 ».
      Un message qu’il a fait passer au directeur « sur site », il y a une dizaine de jours. En substance : « On veut bien payer des prestations, mais on veut savoir ce que c’est. »
      Le résidant du quartier des Fleurs évoque, pêle-mêle, les prix du gaz, de l’électricité, de l’eau chaude… « On ne sait pas comment ils font leurs calculs. » Quand la calculette dit non, « on envoie des courriers, des relances et, eux, traînent des pieds ». Il faut, selon lui, batailler point par point comme sur ce contrat d’entretien pour les espaces verts, « alors qu’on a deux grands parkings, qu’ils ont reconstruit des habitations et qu’il n’y a plus d’espaces verts… » La somme a finalement été réduite, « parce qu’on menaçait », souligne-t-il.
      Pour les locataires, même réunis en amicale, réussir à contrôler ce qui est calculé dans la colonne des charges reste, selon El Mostafa Sellaoui, « très compliqué ». Notamment « parce qu’il n’y a pas d’interlocuteur de proximité, que tout est concentré au siège, qu’il n’y a plus de dialogue ». Et en attendant, « c’est de l’argent en moins dans la poche au quotidien ». Mais aussi de l’argent « qui reste dans la leur quand des locataires déménagent, ce qui arrive assez régulièrement ».

    • Rappel de charges : « Il faut demander au bailleur toutes les factures, tous les contrats et tous les avenants »
      https://www.leparisien.fr/essonne-91/rappel-de-charges-il-faut-demander-au-bailleur-toutes-les-factures-tous-l

      Après un an et demi de combat contre Elogie-Siemp, 1 555 #locataires de Vigneux-sur-Seine (Essonne) ont obtenu gain de cause en septembre : le bailleur leur a reversé 640 000 € de régularisations de charges indûment perçues. Une indemnisation partielle avant la clôture du dossier qui a été transmis à un avocat. Pour décrocher cette victoire, les habitants ont fait appel à Fidèle Ngo Nkeng Matip , référente pour l’Essonne de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). En 2023 et 2024, ses actions menées sur le département lui ont déjà permis de récupérer 3 500 000 €.

      Quel conseil pouvez-vous donner aux locataires confrontés à d’importantes régularisations de charges ?

      FIDÈLE NGO NKENG MATIP. En général, les locataires sont novices en la matière. C’est donc quand on leur demande de payer plus qu’ils se penchent sur la question. La première chose à faire est de regarder ligne par ligne si le poste de dépenses augmente ou pas par rapport aux années précédentes. Ensuite, s’ils constatent une hausse anormale, il faut demander toutes les factures, tous les contrats et tous les avenants des contrats au bailleur pour vérifier que les contrats passés aboutissent bien à la même somme. Si ce n’est pas le cas, il faut chercher plus en détail. Si l’on voit, par exemple, l’intitulé nettoyage divers, il faut demander ce que cela signifie. Est-ce que ce sont les parties communes ? Si c’est le cas, pas de problème mais si ce n’est pas ça, il faut absolument demander ce qui a été facturé.

      Une fois qu’une ou plusieurs anomalies ont été constatées, que faut-il faire ?

      Lors des formations au contrôle de charges que j’anime, je conseille toujours aux locataires de créer un collectif. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un locataire qui va tout seul en commission de conciliation obtient rarement gain de cause. En revanche, face à un collectif, et encore plus lorsque celui-ci est accompagné par la CLCV, les bailleurs préfèrent négocier en amont et éviter la commission de conciliation.

      L’étape suivante consiste à récupérer l’argent. Comment faut-il procéder ?

      Les bailleurs commencent par retravailler les dossiers. À cette étape, ils cherchent souvent à gagner du temps. Mais il faut se battre. À chaque fois que j’ai engagé un combat, j’ai toujours gagné. Soit les locataires ont pu récupérer de l’argent, soit les bases de calculs ont été revues pour les années suivantes. La plupart du temps, les bailleurs ajustent les charges à venir pour rembourser les locataires. C’est vraiment très rare qu’ils leur fassent un chèque ou un virement.

  • Squats, bidonvilles, foyers : habiter les marges
    https://souriez.info/Squats-bidonvilles-foyers-habiter-les-marges

    A l’occasion de la sortie du numéro d’été du journal Le Chiffon, discussion autour du thème de son dossier principal : « Habiter les marges ». Avec nous Simon Dautheville et Noé Sotto, deux membres de la rédac, et un invité, Igor Babou, anthropologue qui a participé à la vie collective d’un squat de Noisy-le-Sec, puis de Pantin, le « LEØ » ("Laboratoire écologie Ødéchet"), qui avait fait l’objet d’un reportage dans Le Chiffon n°3 (2021). Ce lieu, après une belle bataille, a été expulsé en (…) #Les_Amis_d'Orwell

    https://www.lechiffon.fr/laboratoire-ecologique-zero-dechet-avec-nos-actions-de-recup-on-ramasse-la
    https://www.lechiffon.fr/avec-jean-baptiste-eyraud-dal-panorama-critique-de-la-lutte-pour-le-logeme
    https://www.lechiffon.fr/tous-les-numeros
    https://www.eterotopiafrance.com/catalogue/l-ecologie-aux-marges
    https://www.labozero.org

  • Crise du logement : les HLM, nouveau repoussoir de la droite
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/28/crise-du-logement-les-hlm-nouveau-repoussoir-de-la-droite_6600739_3232.html

    Quel est le projet de M. Darmanin ? Déplorant que l’« on dépense des dizaines de milliards d’euros pour le logement social et qu’on [ait] autant de difficulté », le ministre dit « rêver » que « tout le monde en France, dans sa vie, puisse être propriétaire ». Comment ? Avec ces « dizaines de milliards d’euros d’aides publiques, d’aides fiscales, mettons en place des prêts à taux zéro pour absolument tous les Français éligibles au logement social », a-t-il précisé à Lille, à l’occasion du congrès d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, le 16 mars, en appelant à « arrêt[er] même l’esprit du logement social ».
    Locataires plus âgés

    Les outils d’accession sociale à la propriété existent déjà, mais le prêt à taux zéro permet en réalité de ne solvabiliser qu’une partie des ménages. Comme l’indique l’Insee dans une étude publiée au début du mois d’avril, le parc social loge des personnes de plus en plus fragiles : 34 % des ménages vivant dans le parc social sont pauvres en 2022 (+ 5 points en six ans). Ils sont aussi plus âgés, la moitié d’entre eux dépassant 53 ans. Des profils qui n’ont pas un accès facile au crédit, tant s’en faut, et qui pourraient ne pas être en mesure de faire face aux charges et aux travaux d’une copropriété.

    https://archive.ph/UoKO6

  • Production de logements sociaux au ralenti : la crise du #logement s’intensifie
    https://metropolitiques.eu/Production-de-logements-sociaux-au-ralenti-la-crise-du-logement-s-in

    Le ralentissement de la production de logements sociaux est l’une des explications de l’intensification de la crise du logement. Coordinatrice d’un réseau de bailleurs sociaux, Pauline Dumontier pointe le rôle joué par la Réduction du loyer de solidarité (RLS), qui a diminué les recettes des bailleurs et fragilisé l’équilibre budgétaire des opérations de construction. Chaque année, la Fondation Abbé-Pierre – désormais Fondation pour le logement des défavorisés – lance un cri d’alerte sur les enjeux du #Débats

    / #HLM, logement, #logement_social, #mal-logement, #politiques_du_logement

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-dumontier.pdf

  • NOTE de la Plate-forme logement pour touTEs : Cherté et crise du logement
    https://www.droitaulogement.org/2025/03/note-de-la-plate-forme-logement-pour-toutes-cherte-et-crise-du-loge

    [N]ote d’analyse économique, relative à la crise du logement, ses causes et ses effets, réalisée par Pierre Concialdi, économiste, avec la plate-forme logement pour touTEs.

    Sommaire
    1. Des logements de plus en plus chers
    2. Des prix tirés par la spéculation foncière
    3. L’immobilier de rapport : un patrimoine fortement concentré
    4. De plus en plus de logements vacants malgré une crise d’offre
    5. L’envolée des loyers et des profits associés
    6. Chute des aides au logement depuis 2017
    7. L’État, générateur et profiteur du logement cher
    8. Paupérisation des locataires et hausse des taux d’effort
    9. Un nombre record d’expulsions en 2022

    #logement #logement_social #propriété_privée #locataires #loyers #crise_du_logement #allocation_logement #expulsion #droit_au_logement #APL #fiscalité #sans_abris #mal_logés #DALO #prioritaires_DALO #cadeaux_fiscaux #gentrification #rente_foncière #spéculation

    • Crise du logement : les impayés de loyers augmentent, les expulsions explosent en 2024
      https://www.europe1.fr/societe/crise-du-logement-les-impayes-de-loyers-augmentent-les-expulsions-explosent-

      Signe de l’aggravation de la crise du logement en France, les commissaires de justice ont constaté en 2024 une explosion des expulsions de locataires, en hausse de 87% sur un an, et des procédures juridiques pour #impayés de loyers toujours plus nombreuses.

      L’année dernière, 24.000 procès-verbaux d’expulsion de ménages ont été délivrés, contre 12.825 en 2023, selon des chiffres présentés jeudi par la Chambre nationale des commissaires de justice.

      Régis Granier, vice-président de la Chambre nationale des commissaires de justice, explique cette hausse par "une purge des dossiers bloqués par le Covid". A laquelle s’ajoute une "problématique de pouvoir d’achat et de crise du logement", selon Benoît Santoire, président de la chambre.

      Expulsions en forte hausse, loyers et charges de copropriété impayés… la crise du logement s’est aggravée en 2024
      https://www.leparisien.fr/immobilier/expulsions-en-forte-hausse-loyers-et-charges-de-copropriete-impayes-la-cr

      19 023 expulsions en présence des forces de l’ordre en France en 2023, soit 17 % de plus que l’année précédente.

    • UN LOGEMENT DÉCENT, STABLE, ABORDABLE POUR TOUTES ET TOUS ! NON AUX EXPULSIONS ET AU LOGEMENT CHER !
      https://www.ldh-france.org/un-logement-decent-stable-abordable-pour-toutes-et-tous-non-aux-expulsio

      Jamais depuis 50 ans, il n’y a eu autant de locataires menacé-es d’expulsion à l’approche de la fin de la trêve hivernale, ni autant de demandes HLM (2,6 millions), de mal-logé-es (4,2 millions), ni autant de sans-abris (350 000 dont des femmes, des enfants, des retraité-es…). Beaucoup de résident·es de foyers de travailleurs ou résidences sociales sont expulsé-es pour hébergement d’un·e proche.

      Non seulement les APL ont baissé et les prix de l’énergie ont flambé, mais depuis fin 2023, les loyers augmentent plus vite que l’inflation et les revenus ! Ainsi les locataires HLM et beaucoup de locataires du privé subissent en 2025 plus de 3% de hausse de loyer, alors que l’inflation se rapproche des 1%… Comparé aux loyers de 2023, les locataires et les résident-es paieront en 2025 un 13e mois de loyer en plus !
      Les jugements d’expulsions et les expulsions forcées sont massifs. Depuis la #loi_Kasbarian-Bergé, les locataires refusant de « s’auto-expulser » peuvent même être condamné·es à une amende pénale et les occupant·es sans titre de logements vacants sont mis·es à la rue, sans jugement, même en hiver !

  • Le logement social craque, percuté par la crise : « La situation va encore s’aggraver »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/18/le-logement-social-craque-percute-par-la-crise-la-situation-va-encore-s-aggr

    Le constat est sans appel. « Les attributions de logements sociaux s’écroulent, le système craque, et, à Paris, la situation se dégrade au point qu’en 2024 nous avions 290 000 demandeurs, mais seuls 9 000 logements HLM ont pu être attribués », reconnaît Jacques Baudrier, l’adjoint à la mairie de Paris chargé du logement. Parmi ces demandeurs, 11 000 femmes victimes de violences. « Parfois, en commission d’attribution des logements sociaux, il y a cinq cas terribles, et il faut choisir celui qui est le plus désespéré. Et c’est insupportable », poursuit l’élu, en soulignant que le budget logement de la Ville a pourtant doublé en cinq ans.

    [...]

    L’observation des courbes, divergentes, des demandes et des attributions de logement social révèle la profondeur de la crise. Fin décembre 2024, 2,8 millions de ménages avaient déposé une demande, contre 1,7 million fin 2013, soit une hausse de 60 % (un tiers de ces demandes émane de ménages déjà locataires du parc social et candidats à une mobilité). Le nombre de ménages ayant emménagé dans un HLM a, dans le même temps, chuté drastiquement : les attributions de logement sont passées d’un pic de 500 000 en 2015 à 380 000 en 2024.

    Quant à la production de nouveaux logements, qui devrait donner de l’oxygène au secteur, elle a fortement décru à partir de 2017. « Sur la période 2017-2023, en moyenne, environ 57 000 logements sociaux ont été construits par an, mais il faut retrancher quelque 10 000 logements démolis et autant de HLM vendus à des particuliers, soit en réalité un accroissement net du parc social de seulement 37 000 logements par an [contre près de 80 000 en 2015]. Ce n’est vraiment pas grand-chose et la situation va encore s’aggraver. Je vois bien sur le terrain qu’il y a très peu de chantiers », se désole Vincent Péronnaud, directeur général de l’Office public d’aménagement et de construction de l’Oise.

    [...]

    Aider le #logement_social ne fait pas consensus au sein du gouvernement. « Je me pose la question de savoir si le logement social doit continuer à exister en France tel qu’il existe, quand on dépense des dizaines de milliards d’euros pour le logement social et qu’on a autant de difficulté », a déclaré le ministre de la justice, Gérald Darmanin, sur Sud Radio, le 13 mars, disant préférer « que tout le monde soit propriétaire », grâce à des prêts à taux zéro pour les Français éligibles au logement social.

    https://archive.ph/OZB4U#selection-2493.0-2501.79

  • Symptôme d’une [paupérisation et d’une] crise du logement qui n’épargne plus personne, la demande HLM a explosé ces dix dernières années
    https://www.aefinfo.fr/depeche/713780-symptome-d-une-crise-du-logement-qui-n-epargne-plus-personne-la-deman

    Selon les dernières données communiquées par l’USH à AEF info, plus de 2 763 000 demandes de logement social étaient actives sur le Système national d’enregistrement à fin 2024. Exacerbée par une crise du logement sans fin, la demande a augmenté de 40 % en neuf ans sur le territoire national.

    #paywall #logement #logement_social #paupérisation

    • Création de logements : 2024 a été en France « la pire année depuis plus de 50 ans »
      https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/biens-d-equipement-btp-immobilier/creation-de-logements-2024-a-ete-en-france-la-pire-annee-depuis-plus-de-50

      L’année dernière, 59 000 nouveaux logements [privés] ont été livrés dans l’Hexagone. C’est moitié moins que deux ans auparavant. Une nouvelle illustration de la grave crise qui secoue l’#immobilier_neuf.

      La crise n’en finit pas. En 2024, la France a créé 59 000 nouveaux logements, soit moitié moins que deux ans auparavant. Une nouvelle illustration de la grave crise qui secoue l’immobilier neuf. Hors année du Covid, environ 125 500 logements ont été mis en vente par an en moyenne entre 2017 et 2022. En 2024, ce chiffre n’atteint plus que 59 014, soit 29 % de moins que l’année précédente, et presque moitié moins qu’en 2022, selon les données publiées ce mercredi par le ministère de l’Aménagement du territoire.

      Les particuliers ont réservé 67 906 nouveaux logements l’année passée, 5 % de moins qu’en 2023, année déjà catastrophique pour la production de nouveaux logements en raison de la hausse des coûts de construction, et des taux d’intérêt qui ont bloqué les projets d’achat immobilier de nombreux ménages. Le nombre de réservations est près de 40 % inférieur au niveau de 2022, et est moitié moins que le niveau moyen 2017-2022.

      « La pire année depuis 50 ans »

      «  Tout est à jeter en 2024, c’est la pire année depuis plus de 50 ans et le début de nos statistiques  », a réagi auprès de l’AFP Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers. «  La crise a nourri la crise  : comme on ne vendait pas, on n’a pas produit [de nouveaux logements, NDLR], donc on n’a pas acheté de terrains et on a moins de collaborateurs  », poursuit-il.
      Optimiste pour 2025, Pascal Boulanger s’inquiète néanmoins du redémarrage «  de la machine  » qui pourrait provoquer des hausses de prix  : en raison de salaires plus importants «  pour faire revenir les 5 000 collaborateurs qui ont quitté le métier  » et de surenchères sur les terrains à vendre si tous les #promoteurs se remettent «  tous à acheter du foncier  ». Au quatrième trimestre, le prix moyen au mètre carré des appartements neufs commercialisés a été de 4 756 euros, en légère hausse de 0,5 %, par rapport au trimestre précédent.

      Deux à trois ans pour se remettre

      Le nombre de nouveaux logements commercialisés entre octobre et décembre 2024 a légèrement rebondi de 6,4 % par rapport au trimestre précédent, à 14 335.
      Ce sont surtout des appartements qui ont été mis en vente au dernier trimestre (+8,1 % sur un trimestre), tandis que le nombre de maisons commercialisées a continué de ralentir, de 15,5 %.

      [...]

      Recycler les bureaux obsolètes, une première clé dans la crise du logement en Île-de-France

      Le stock de logements proposés à la vente, qui atteint un plus haut au milieu de l’année 2023, se résorbe très lentement  : 117 472 logements étaient disponibles au dernier trimestre, 3 % de moins que lors des trois mois précédents. «  On a plein de stocks, car on n’a plus du tout de réservations, mais si les réservations reprennent à une vitesse normale, on a deux fois moins d’offres que lors d’une année normale  », souligne Pascal Boulanger.

      Des mesures pour relancer le marché

      Les mesures inscrites dans le budget 2025 de l’État pourraient relancer l’achat de logements chez les particuliers, selon le porte-parole des promoteurs, même s’il ne s’attend pas à «  atteindre des sommets en 2025  ». «  Il faudra entre deux et trois ans pour remettre la machine en route  »_, prévient Pascal Boulanger.

      Sur le territoire, les zones les plus tendues en matière de logements disponible (#Paris, une grande partie de l’#Île-de-France, la #Côte d’Azur et la zone frontalière avec la Suisse) ont concentré 50,7 % des réservations et 47,2 % des mises en vente comptabilisées au quatrième trimestre. Les autres grandes agglomérations de plus de 250 000 habitants ont représenté 40,4 % des réservations et 39,4 % des mises en vente.

  • Logement social : la droite veut donner la priorité aux travailleurs
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/biens-d-equipement-btp-immobilier/logement-social-la-droite-veut-donner-la-priorite-aux-travailleurs-1017659


    Une cité HLM à Strasbourg. (Photo d’illustration)
    Olivier Mirguet

    L’Assemblée nationale examinera jeudi, en séance publique, une proposition de loi de la Droite républicaine visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux. Sans surprise, le texte fait débat au Palais-Bourbon et au-delà.
    César Armand
    Publié le 05/02/25 à 16:23

    Les années se suivent et la situation s’empire. 2,76 millions de ménages restent en attente d’un #logement social en 2024 contre 1,9 million en 2015. Aujourd’hui, quinze catégories de publics sont considérées comme prioritaires. En tête du podium, ceux au titre du droit au logement opposable (#DALO), les personnes en situation de handicap et celles défavorisées pour des raisons financières. Suivent les individus hébergées dans un établissement ou un logement de transition ou encore ceux reprenant une activité après une période de chômage de longue durée.

    Une hiérarchie que souhaite corriger le groupe Droite républicaine de l’assemblée nationale, présidé par Laurent Wauquiez. Dans le cadre de la niche parlementaire qui lui est réservé demain jeudi, sera examinée sa proposition de loi visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution d’une #HLM. _« Nous voulons revaloriser le travail et donc faire en sorte qu’ils ne soient pas les dernières roues du carrosse. Il ne s’agit pas de supprimer le caractère prioritaire des autres publics mais d’appuyer, à dossier équivalent, ceux qui ont fait le choix de quitter l’#assistanat », expose, à La Tribune, le rapporteur du texte, Vincent Jeanbrun (Val-de-Marne).

    #paywall #logement_social

  • Un quart de logements sociaux : Paris est magique ?
    https://lesjours.fr/obsessions/logement-sociaux-villes-delinquantes-sru/ep2-paris

    À coups de réhabilitations et de surélévations, la ville a atteint le taux prévu par la loi SRU. Mais attention, les pauvres sont toujours introuvables chez les riches.

    Il était moins une. À quelques semaines de l’échéance de 2025, Paris a enfin réussi à atteindre les 25 % de #logements_sociaux obligatoires. Soyons beaux joueurs, la capitale n’a jamais été vraiment très loin des objectifs. Lorsque la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) a été adoptée, fin 2000, la ville comptait 13,44 % de logements sociaux parmi ses résidences principales. À partir de 2001 et de la passation de pouvoir entre le RPR de Jean Tiberi – qui a certes fait construire des HLM dans Paris mais les a aussi utilisés pour loger ses enfants – et le PS de Bertrand Delanoë, le taux n’a jamais cessé d’augmenter. En 2013, lorsque la loi Duflot a fait passer l’objectif de 20 % à 25 % pour la plupart des villes concernées (lire l’épisode 1, « Wanted : les hors-la-loi du logement social »), #Paris n’était plus très loin du premier palier avec 17,89 % des résidences principales considérées comme des logements sociaux.

    #paywall...

    277 000 ménages inscrits comme #demandeurs_de_logement à Paris
    https://www.apur.org/sites/default/files/4p253_chiffres_logement_social_paris_2023.pdf?token=mgA30FMt

    De 2001 à 2023, 123868 logements sociaux ont été financés :
    – 33663 logements #PLAI – prêt locatif aidé d’intégration – (27%) ;
    – 51992 logements #PLUS – prêt locatif à usage social – (42%) ;
    – 38213 logements #PLS – prêts locatifs sociaux – (31%).

    Mais les organismes publics chargés du logement social construisent davantage de PLI qui sont seulement 25% moins chers que les ceux loués au prix du marché parisien, des prix qu’un récent plafonnement des loyers de LVMH City ne réduit qu’à la marge.
    Exemple
    https://www.parishabitat.fr/nos-programmes/vincent-auriol

    A travers cette opération, Paris Habitat souhaite fournir une réponse aux difficultés de logements auxquelles font face les ménages parisiens à revenus moyens. Parmi les 135 logements livrés figurent 47 logements sociaux PLS et 88 logements dits #PLI à destination des ménages ayant des difficultés à se loger dans le privé, compte tenu de la cherté des logements, sans pour autant pouvoir prétendre aux locations HLM. Le financement public permet dès lors de proposer ces logements neufs à un tarif 25% moins cher que dans le privé, à condition de respecter les plafonds de ressources.

    #loyers #logement_social

  • Après la mort d’Elias, 14 ans : [La Réunion] coupe les allocations familiales aux parents de jeunes délinquants
    https://econostrum.info/departement-supprime-allocations-familiales

    Face à une montée des actes de violence dans certains quartiers de #La_Réunion, le #préfet Patrice Laffont a annoncé un plan visant à renforcer la responsabilisation des familles. L’une des mesures phares de ce dispositif consiste en une surveillance accrue des droits aux #allocations_familiales, avec la possibilité de leur suppression si des négligences parentales sont avérées. L’objectif est d’inciter les parents à mieux encadrer leurs enfants et à éviter qu’ils basculent dans la délinquance.

    Des contrôles renforcés de la #CAF

    Le préfet a précisé que des #contrôles_ciblés seront menés [au flashball] auprès des bénéficiaires de la CAF, en particulier ceux accueillant des #mineurs_délinquants. Il s’agit notamment de vérifier si les personnes en charge remplissent correctement leurs obligations éducatives et financières. Cette approche vise aussi les jeunes #mineurs_isolés, souvent confiés à des proches, afin de s’assurer que les aides perçues sont utilisées à bon escient.

    Suspendre les aides sociales en cas de délinquance juvénile soulève des interrogations. Certains estiment que cette mesure pourrait fragiliser davantage les familles précaires, au risque d’aggraver la situation des jeunes concernés. D’autres y voient un levier efficace pour impliquer davantage les parents dans l’éducation et la surveillance de leurs enfants. Ce débat fait écho à une proposition de loi récemment déposée à l’Assemblée nationale, qui vise à généraliser cette approche à l’échelle du pays.

    D’autres sanctions en plus de l’arrêt des allocations familiales ?

    Au-delà de la suspension des allocations, le préfet de La Réunion envisage des sanctions plus lourdes pour les familles de jeunes délinquants. Il a évoqué la possibilité d’#expulsions de logements sociaux pour les parents dont les enfants seraient impliqués dans des troubles répétés. Par ailleurs, la suppression ou la dégradation des titres de séjour pourrait être envisagée pour les parents étrangers dont les enfants seraient identifiés comme auteurs de violences.

    Les ordonnances de 1945 sur la justice des mineurs craquent de partout, ici avec des sanctions administratives et sociales, demain avec un projet de loi promis par Darmanin.

    #logement_social #droit_au_séjour #étrangers #justice_des_mineurs

  • Dans le parc social, un ménage sur cinq est en situation d’impayés de loyer d’au moins un mois, La Voix du Nord 10 janvier 2025
    https://www.lavoixdunord.fr/1541906/article/2025-01-10/dans-le-parc-social-un-menage-sur-cinq-est-en-situation-d-impayes-de-lo

    « Au 31 décembre 2022, en France, un ménage sur cinq en logement social avait au moins un mois de retard sur le paiement de son loyer », indique Emma Desette, directrice de l’Union régionale pour l’Habitat. « Les proportions sont les mêmes dans les Hauts-de-France. »

    La population qui vit en #logement_social est le plus souvent en situation de précarité, voire de grande précarité. Près des deux tiers occupent des logements #PLAI, réservés aux ménages les plus en difficulté. Pour en bénéficier, il faut déclarer moins de 12 759 euros par an pour une personne
    seule et 24 875 euros pour une famille de quatre personnes.

    « Pas une mince affaire »

    Et tous ne touchent pas l’#APL puisque seuls 51 % des habitants en logement social (ils sont 1,4 million dans les Hauts-de-France) bénéficient de l’allocation logement alors qu’ils sont 63 % à habiter un logement PLAI. La part des bénéficiaires de l’APL est par ailleurs en recul de six points par rapport à 2016 suite aux coupes budgétaires successives et la désindexation du montant de l’allocation.
    Dans ce contexte, la question des #impayés_de_loyers n’est pas « une mince affaire et un sujet qu’on peut laisser filer », explique Frédéric Fouret, directeur général adjoint chez Partenord Habitat. Chez ce bailleur, au 1 er janvier 2024, 11 266 ménages étaient en situation d’impayés d’au moins un mois sur un parc de 54 000 logements. Alors Partenord met en place une politique de prévention et d’accompagnement des #locataires. Elle n’hésite pas à financer des associations qui se rendent chez les locataires pour travailler la gestion du budget d’un ménage et surtout aider à trouver des solutions quand il y a des difficultés. « Tous les bailleurs sont très actifs sur ce sujet », indique Emma Desette.

    L’expulsion considérée comme « un échec »
    « Notre objectif est de traiter la dette au premier euro », développe Frédéric Fouret. Partenord a créé une « cellule bienveillance » [avec des barreaux en marshmallow] : au premier retard, des salariés appellent, des plans d’apurement sont mis en place, des étalements qui peuvent aller jusqu’à seulement réclamer 10 euros par mois sur une longue période [et peut-être même à perpet]. En arriver à une expulsion est considéré comme « un échec », insiste le bailleur.
    D’abord parce que c’est souvent un drame humain, et puis ça coûte 15 000 euros au bailleur, rapporte Frédéric Fouret. Heureusement, les expulsions sont rares et ne concernent que 0,1 % de locataires. Tout le travail effectué permet aussi que seuls 1,2 % des locataires sont concernés par des retards de paiement de loyers de plus d’un an contre 20 % pour des retards d’un mois.
    Lutter contre les impayés est une mission qu’ont intégrée les bailleurs, qui en tiennent aussi compte dans leur budget. Ainsi, l’année dernière, Partenord a fait définitivement une croix sur 1,6 million d’euros de dette que leur devaient leurs anciens locataires (sur 220 millions d’euros de chiffre d’affaires).
    La population concernée par ces retards est à 40 % en situation d’inactivité ou d’#incapacité. Mais 20% sont titulaires d’un CDI. « Entre bailleurs, on se faisait récemment la remarque qu’on a plus de salariés en difficulté qu’avant. »

    • « On a travaillé toute notre vie » : faute de retraite, Pascal et Mireille sont à la rue depuis leur expulsion
      https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/on-a-travaille-toute-notre-vie-faute-de-retraite-pascale-et-mireille-sont

      À 69 et 63 ans, ils n’avaient jamais pensé vivre ça. Pourtant, depuis le mois de juin, et l’#expulsion du logement qu’ils occupaient à Bagnolet, Pascal et Mireille sont à la rue. « Un matin, un huissier, un serrurier et quatre policiers ont sonné. J’ai ouvert et ils m’ont dit que j’avais quinze minutes pour partir », raconte Mireille. Ni l’un ni l’autre ne touchent encore leur retraite. Pour lui, « c’est une histoire de papiers ». « Il en manque toujours un », rouspète-t-il. Pour elle, une histoire d’âge : elle pourra y prétendre au mois de mars. Alors, en attendant, les deux vivent du RSA. Et Mireille insiste : Pascal est « malade, il est cardiaque ». « Il a fait un œdème pulmonaire et un infarctus l’année dernière », précise-t-elle.

      « Deux ans et demi de loyers impayés »

      Contacté, Est Ensemble Habitat, leur ancien bailleur, assume sa décision. « C’est un dossier qu’on a fortement suivi, on n’est pas familiers des expulsions », réagit le directeur général, Sébastien Jolis.
      Pour son T1 à 300 € par mois, Pascal — il était seul sur le bail — est endetté à hauteur de 9 000 €. Il reconnaît avoir arrêté de payer son loyer lorsqu’il s’est absenté plusieurs mois pour exercer son activité de marin-pêcheur dans le sud du pays.

      « Ça fait deux ans et demi de loyers impayés, précise Sébastien Jolis. Malheureusement, on n’avait plus de solution. On l’a soutenu au maximum de ce qu’on pouvait. Notre politique est claire : si le plan d’apurement est suivi, on arrête toutes les mesures. » Pourtant, explique le bailleur social, malgré les multiples rendez-vous avec les conseillères ou avec la directrice du contentieux en janvier, Pascal n’a jamais suivi sérieusement l’accord trouvé.

      Ce qu’il ne conteste pas. « Ils ne m’avaient pas spécifié de date de début, alors, je n’ai commencé à payer les 200 € qu’en mai. Sinon, je l’aurais fait avant. Vous savez, ce n’est pas marrant dehors. »
      « Au début, on est restés plusieurs semaines sur le palier de notre appartement, puis dans le petit parc. Mais bon, c’était l’été, ça allait », raconte Pascal. Depuis le début de l’hiver, c’est plus compliqué. « Un ancien voisin m’a dit qu’il nous laisserait sa voiture ouverte le soir dans le parking souterrain. Il fait quand même froid mais au moins, on ne dort pas sur le trottoir. » Le boucher leur a donné une grosse couette et régulièrement, il leur offre à manger. Tout comme la boulangère. Et puis, il y a cette dame, à Montreuil, Corine, qui les laisse se doucher chez elle tous les deux jours.

      Le 115, numéro d’hébergement d’urgence, Pascal et Mireille l’appellent régulièrement. « Mais il n’y a jamais de place. » En six mois, Pascal a réussi à obtenir quinze jours de mise à l’abri à l’hôtel. Mireille, elle, a dû débourser 300 € pour l’accompagner puisqu’elle n’était pas sur le bail de Bagnolet. L’association Amatullah a aussi pu les loger quinze jours. Et récemment, pour Noël et son anniversaire, un des fils de Mireille lui a offert quatre nuits d’hôtel. « J’ai deux enfants, qui ont une
      quarantaine d’années »
      , précise-t-elle. Mais pas question d’aller chez eux, dans le Sud, d’où elle est originaire. « Ils n’ont pas la place, puis on ne va pas casser leur couple. Et puis c’est à nous de les aider plutôt que l’inverse. »_

      Leur appartement déjà réattribué

      Leur logement n’est pas encore réoccupé, alors, ils ne comprennent pas pourquoi ils ne pourraient pas le récupérer. « Il a été réattribué », explique Est Ensemble Habitat, qui dit avoir plus de 30 000 dossiers en attente. Mais il n’a pas encore été vidé et les travaux de réhabilitation n’ont pas commencé. « Ce n’est pas notre politique de mettre les affaires des expulsés sur le trottoir. Alors, forcément, ça prend plus de temps. »
      « On a travaillé toute notre vie, c’est inadmissible qu’on nous laisse comme ça ! » s’indigne Pascal.
      Vendredi 3 janvier, il a été reçu par une assistante sociale de la ville. « Elle nous a dit qu’elle ne pouvait rien faire pour nous. Rien du tout. Alors, on va retourner dans la voiture, dans le froid. »

  • Vers la fin du #logement_social à bas loyers ?
    https://metropolitiques.eu/Vers-la-fin-du-logement-social-a-bas-loyers.html

    Révélant l’ampleur des démolitions et privatisations de logements sociaux à bas loyers, Hadrien Herrault expose les transformations managériales qui contribuent à rendre toujours plus difficile l’accès au logement des ménages modestes. La #néolibéralisation des politiques du logement social est bien souvent présentée comme le passage d’un modèle de masse à un modèle résiduel, caractérisé par la réduction du parc et par sa spécialisation dans l’accueil des ménages les plus défavorisés (Harloe 1995). Pourtant, #Terrains

    / logement social, néolibéralisation, #privatisation, #démolition, #droit_au_logement, #bailleurs, (...)

    #Lille
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_herrault.pdf

  • La double peine des quartiers issus de la production massive de logements sociaux en Amérique latine
    https://metropolitiques.eu/La-double-peine-des-quartiers-issus-de-la-production-massive-de-loge

    À partir des cas chilien et mexicain, Catherine Paquette Vassalli et Monica Bustos Peñafiel dressent le bilan (mitigé) des politiques de production massive de logements sociaux à l’œuvre en #Amérique_latine depuis plusieurs décennies. En Amérique latine, la croissance urbaine explosive de la seconde moitié du XXe siècle a donné lieu à l’apparition d’innombrables quartiers spontanés d’autoconstruction. La réponse des autorités face à cette urbanisation irrégulière massive a essentiellement consisté en un #Terrains

    / Amérique latine, #Mexique, #Chili, #logement_social, #informel

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/paquette_bustos.pdf

    • Mères solos. Le combat invisible

      Elles sont plus d’1,5 million de mères célibataires en France : un chiffre qui a quasiment doublé en 30 ans. Prises à la gorge par les difficultés économiques et le gouffre de la précarité qui les absorbe prioritairement, elles souffrent pour la plupart d’isolement et d’épuisement.
      Ce livre a pour objectif d’alerter sur celles que la société ne veut pas voir, d’identifier les blocages systémiques qui grèvent leur quotidien – casse-tête de la garde des enfants, pensions alimentaires impayées,
      injustice fiscale, etc. – et d’exhorter les politiques à se saisir du problème.
      Mais cet essai a aussi pour but de leur permettre de relever la tête, quel que soit leur niveau de vie, en
      recensant nombre de conseils et témoignages pour vivre mieux, et de se défaire du jugement péjoratif que
      la société porte sur elles, en promouvant notamment de nouveaux modèles familiaux.
      Les familles monoparentales représentent aujourd’hui un quart des foyers français, avec dans leur écrasante
      majorité des femmes à leur tête : il est temps de changer de regard sur les mères solos et d’exiger des mesures politiques dignes de ce nom pour les soutenir !

      Johanna Luyssen est journaliste spécialiste des questions féministes et sociales. Elle a travaillé pour divers médias – Le Monde, Arte, Stylist – avant de devenir cheffe adjointe du service Société de Libération.

      https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/m%C3%A8res-solos-9782228936545
      #livre #Johanna_Luyssen

    • Gouverner la vie privée. L’encadrement inégalitaire des #séparations_conjugales en France et au Québec

      L’implication de l’État dans la vie privée pose problème : les individus ont davantage de #droits que par le passé, mais certains de leurs comportements, jugés problématiques pour la collectivité, justifient un interventionnisme renouvelé, dans lequel acteurs privés et mécanismes de marché occupent une place croissante. En tension entre libéralisme et normalisation, cette action publique participe aux recompositions des rapports sociaux, entre les classes sociales, entre les genres, ainsi qu’entre la population majoritaire et les personnes racisées. Objet de vifs débats et de réformes récurrentes, la régulation par le droit des séparations conjugales est un observatoire précieux de ces recompositions, ici analysées à partir de trois enquêtes collectives, qualitatives et quantitatives, menées des deux côtés de l’Atlan­tique. En France comme au Québec, l’accès aux procédures, les interactions avec les professionel.les et l’encadrement des modes de vie sont les trois dimensions constitutives du gouvernement de la vie privée. Cependant, chacun des contextes n’articule pas de la même manière inégalités de classe et inégalités de genre. En scrutant la production institutionnelle des inégalités privées, cet ouvrage invite à imaginer des voies alternatives, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, pour que la politique des droits tienne ses promesses émancipatrices.

      https://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100500480

    • Maternités rebelles

      Comme toutes les petites filles hétéros, Judith Duportail a grandi avec un idéal de vie de famille bien précis, et une suite d’étapes à respecter pour réussir sa vie : rencontre, cohabitation de long terme, mariage ou pacs, et enfin bébé. Sans mec officiel depuis longtemps, pas de bébé. C’est tout.
      Elle a toujours su pourtant qu’un jour, elle voudrait un enfant, une famille. Plus elle a vu sa vie et ses choix s’éloigner de cet horizon, plus une terreur grandissait au fond d’elle : « elle ne serait jamais mère ».
      Même si elle a connu l’amour, elle n’a jamais réussi à se fondre dans le moule du couple idéal. Alors, comment faire pour devenir mère ? Pendant plusieurs années, elle a tenté de se normaliser, elle a même envisagé de se "forcer un peu", le temps qu’il faudrait, pour faire un bébé.
      En vérité, rien ne clochait chez elle. Elle ne savait juste pas qu’il existait d’autres chemins.
      Maternités rebelles est un essai incarné, documenté et sourcé, qui veut montrer qu’il est possible de dissocier la maternité du couple. Il s’adresse à toustes celleux qui s’interrogent sur les façons de construire leur vie librement, pas uniquement celleux qui nourrissent un projet d’enfant.

      https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782491260217-maternites-rebelles-judith-duportail

  • HLM, l’étrange défaite | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/jose-pluki/blog/171024/hlm-letrange-defaite

    Ainsi, à peine élu, Macron décida de faire les poches des HLM et d’accélérer leur privatisation rampante qui se faisait lentement car même les élus de droite rechignaient. Il le fit sans faire de bruit. Il prit deux mesures perverses. D’abord, Macron obligea les HLM à se regrouper selon des critères de taille : un office ne pouvait plus faire moins de 15000 logements. Objectif éliminer les petits pour favoriser les gros, souvent privés. Les entreprises privées du sociales avaient été dans ses premiers soutiens.

    Pour accélérer le regroupement, il décida de les taxer, mais de manière subtile et vicieuse. Il était politiquement délicat de piquer un milliard aux locataires des HLM directement. Il décida de faire un coup de bonneteau : tu déplaces l’argent de manière complexe et l’argent disparaît. Il décida de supprimer 50€/mois d’allocation logement aux locataires. Mais, astucieusement, il obligea les offices à baisser leurs loyers de 45€/mois. Pour les locataires, le résultat immédiat ne fut que 5€/mois d’augmentation. Le scandale fut immédiat : les 5€/mois coûtèrent politiquement cher à Macron. Mais les 45 euros restants ne lui coûtèrent rien du tout.

    Pour les offices HLM, ce fut un lent empoisonnement. Privés de ressources, carrément dévalisés par le Hold-up macronien, ils annulèrent leurs investissements et réduisirent l’entretien basique de leur parc. Pour finaliser la mesquinerie macronienne, l’état doubla la TVA des travaux de réparation et de rénovation des HLM.

  • Est-il encore nécessaire de produire des logements sociaux en France ? - Politique du logement.com
    https://politiquedulogement.com/2024/07/est-il-encore-necessaire-de-produire-des-logements-sociaux-en-f


    Michel Vivinis

    L’accroissement prévu du nombre de ménages et le rattrapage du retard accumulé dans la mise en œuvre de la loi SRU nécessitent une augmentation du parc locatif social de plus de 100 000 par an au cours de la période 2020-2030 (scénario « Fil de l’eau »), même en tenant compte d’une probable hausse de la mobilité sortante. Et si l’on souhaite réduire significativement la file d’attente des demandeurs en 2030 il faut passer à 120 000 par an (scénario « Volontariste »).
    Compte tenu du taux de chute entre les financements de logements sociaux et l’augmentation effective du parc social (environ 35%), le nombre annuel de logements locatifs sociaux financés devra remonter à plus de 150 000 par an (scénario « Fil de l’eau ») ou 180 000 (scénario « Volontariste »), au lieu des moins de 100 000 constatés au cours des dernières années.
    Dans ces conditions, compte tenu des sorties du parc, les besoins annuels de mises en service seront de 115 000 (scénario « Fi- de-l’eau ») ou 140 000 (scénario « Volontariste »). Les mises en chantier de logements locatifs sociaux représenteront alors 30% (scénario « Fil de l’eau ») à 35% (scénario « Volontariste ») du total des mises en chantier de logements ordinaires au cours de la période 2020-2030, au lieu des 25% constatés au cours de la période 2010-2020. Ceci sous condition d’un complément à la production neuve de logements sociaux apporté par un nombre important d’acquisitions-réhabilitations d’immeubles privés et/ou de divisions de grands logements sociaux existants (environ 20 000 par an).
    Pour répondre à la demande, la production de logements sociaux devra privilégier les T1 et T2, dont l’offre est très déficitaire, et respecter un juste équilibre entre les financements PLAI, PLUS et PLS.

    #logement #social

    • Plus de 2,6 millions de ménages dans l’attente d’un logement social, un chiffre en hausse en 2024
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/09/11/plus-de-2-6-millions-de-menages-dans-l-attente-d-un-logement-social-un-chiff

      82 000 logements sociaux ont été construits cette année, contre 120 000 il y a cinq ans

      L’ancien ministre du logement, Patrice Vergriete, avait annoncé en octobre 2023, en clôture du congrès HLM à Nantes, une enveloppe de 1,2 milliard d’euros sur trois ans, soit 400 millions d’euros par an, pour rénover le parc social.
      « Le gouvernement démissionnaire n’a pas tenu ses engagements (…) Cette enveloppe a d’ores et déjà été gelée sans débat préalable en juillet par [le ministre de l’économie démissionnaire,] Bruno Le Maire, de plus de la moitié », a fustigé Mme Cosse. L’ancienne ministre du logement sous François Hollande a déploré que « le gouvernement [n’ait] pas été capable de tenir six mois sur un engagement qu’il a pris, qu’il a porté dans la loi de finances, ....

      #Logement_social

  • Logement : « Le splendide isolement du gouvernement ne peut que conduire à renforcer la ségrégation et à approfondir la crise »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/08/logement-le-splendide-isolement-du-gouvernement-ne-peut-que-conduire-a-renfo

    Le mal-logement, qui touche près de quatre millions de personnes, et l’explosion du nombre de #sans-domicile (330 000 aujourd’hui, 2,3 fois plus qu’il y a dix ans) constituent les manifestations les plus visibles d’une crise du #logement qui n’affecte pas seulement les plus pauvres. L’explosion des prix de l’immobilier (le prix des logements anciens a été multiplié par trois depuis 1998, selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre) renforce les inégalités patrimoniales en même temps qu’elle pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, qui consacrent désormais plus du quart de leur budget à cette dépense contrainte.

    La crise rejaillit sur les entreprises, qui peinent à recruter dans les territoires où les prix des logements ont atteint des niveaux qui les rendent inaccessibles aux classes moyennes. Elle contribue à la crise écologique en repoussant ces dernières vers des espaces périurbains toujours plus lointains, au prix d’une #artificialisation_des_sols et d’une automobilité contrainte. Elle renforce enfin la ségrégation sociospatiale, dont on mesure chaque jour les effets délétères sur la cohésion sociale et les inégalités.

    Le « choc d’offre » annoncé par Gabriel Attal dans son discours de politique générale pour résoudre cette crise, décliné dans un projet de loi relatif au développement de l’offre de logements abordables bientôt soumis au Parlement, laisse pour le moins circonspect. La promesse avait déjà été faite par le candidat Macron en 2017, mais les mesures adoptées depuis ont produit l’effet inverse.

    La ponction étatique sur les recettes des bailleurs sociaux, à hauteur de 1,3 milliard d’euros par an, a abouti à un effondrement de la construction HLM, passée sous le seuil des cent mille unités par an depuis 2020 (contre 126 000 en 2016). Combinée avec la hausse des taux d’intérêt, cette mesure a fait plonger la production neuve, qui a diminué de 35 % entre 2017 et 2023. Le gouvernement s’enferre ainsi dans une politique inefficace, restant sourd aux interpellations et aux propositions des acteurs du secteur comme aux analyses des chercheurs.

    Assouplissement des contraintes

    Le Conseil national de la refondation (CNR) logement, mis en place en septembre 2022, avait pourtant permis de rapprocher des acteurs aux intérêts éloignés, des promoteurs privés aux bailleurs sociaux en passant par les associations de défense des personnes mal logées. La concertation avait abouti à l’élaboration de nombreuses propositions visant à renforcer l’accès de toutes et tous à un logement digne, abordable et durable.

    La suite est connue : le ministre qui avait porté le CNR [Olivier Klein] a été exfiltré du gouvernement un mois après la fin de ses travaux, et son successeur [Patrice Vergriete] est resté en poste moins de six mois. Il a été remplacé en février dernier par Guillaume Kasbarian, dont les initiatives et les prises de position lorsqu’il était député laissaient peu de doute quant aux suites qui seraient données aux propositions du CNR.

    Le projet gouvernemental va aussi à rebours des connaissances établies par les chercheuses et les chercheurs, y compris lorsque celles-ci ont été réalisées à l’occasion de démarches évaluatives lancées par les administrations compétentes. C’est notamment le cas pour la #loi_SRU [loi solidarité renouvellement urbain] et son article 55 [qui vise à rééquilibrer l’offre de #logement_social sur l’ensemble du territoire], dont les effets et les limites ont été précisément mesurés à l’occasion de son 20e anniversaire.

    Le bilan aurait dû conduire à un durcissement des contraintes pesant sur les communes réfractaires au logement social. Au contraire, le gouvernement prévoit leur assouplissement, avec l’intégration des logements dits intermédiaires (s’adressant à des ménages dont les revenus dépassent les plafonds) dans les quotas de logements sociaux.

    « Préférence communale »

    Cet allégement de la loi SRU n’était demandé par personne, si ce n’est une poignée de maires de communes très favorisées qui transgressent délibérément la loi depuis de longues années, préférant payer des amendes plutôt que d’accueillir sur leur territoire du logement social. Le blanc-seing donné à ces élus délinquants, qui bénéficient d’une indulgence coupable de certains préfets, marque l’abandon de la principale mesure de l’arsenal législatif de la lutte contre la ségrégation résidentielle.

    La deuxième mesure annoncée par le premier ministre et reprise dans le projet de loi a été moins commentée, alors même que sa combinaison avec la première ne pourrait qu’amplifier la #ségrégation et réduire à néant les perspectives de mobilité résidentielle et d’accès à un logement digne pour des centaines de milliers de ménages. La promesse de « donner la main aux maires pour la première attribution des nouveaux logements sociaux construits sur leur commune » revient en effet à inscrire dans la loi une « préférence communale » qui est déjà une réalité dans de nombreux territoires, du fait d’arrangements informels entre élus, bailleurs sociaux et préfectures.
    Dans un contexte d’explosion des files d’attente à l’entrée du parc HLM (plus de 2,6 millions de personnes sont en attente d’un logement social en 2023), donner aux seuls maires la possibilité de choisir les locataires en limitera l’accès aux ménages déjà présents dans la commune et bloquera de façon corollaire les possibilités de mobilité de tous les autres.

    Ouvrir aux marchés financiers

    Au-delà de ces mesures affectant le logement social, c’est l’orientation austéritaire sous-tendant l’ensemble de la politique du logement menée depuis 2017 qui mérite d’être interrogée. L’effort public pour le logement a atteint un point historiquement bas : 1,6 % du produit intérieur brut en 2023, alors qu’il s’élevait à 2,2 % en 2010.

    Ce désengagement étatique s’accompagne d’incitations pressantes pour que les bailleurs sociaux vendent leur patrimoine. Depuis 2018, les tentatives se multiplient pour ouvrir le secteur aux marchés financiers, sans véritable succès jusqu’à présent – mais jusqu’à quand, compte tenu des pressions structurelles qui pèsent sur les bailleurs ? Comme le montrent, là encore, moult travaux scientifiques, les effets à moyen et long terme de ces politiques ne peuvent être que ravageurs.

    En enterrant les propositions du CNR et en restant sourde aux connaissances scientifiques solidement établies par les politistes, sociologues, géographes, économistes, etc., la politique du logement apparaît pour ce qu’elle est réellement : à l’antipode des principes de rationalité et de concertation sur lesquels le président comme le gouvernement prétendent fonder leur action, une politique guidée par une idéologie néolibérale et austéritaire. Ce splendide isolement ne peut que conduire à renforcer la ségrégation et à approfondir une crise du logement qui a déjà franchi plusieurs points de rupture, contribuant à dégrader durablement les vies de millions de nos concitoyens et la cohésion, y compris politique, du pays. Au moins les incendiaires sont-ils prévenus des conséquences de leurs décisions.

    Retrouvez ici la liste complète des signataires. https://sharedocs.huma-num.fr/wl/?id=4tAFm0kaPH2JzLRFuwaopsZjdR4pfquj&fmode=open
    Premiers signataires : Marine Bourgeois, maîtresse de conférences à Sciences Po Grenoble ; Anne Clerval, maîtresse de conférences à l’université Gustave-Eiffel ; Fabien Desage, maître de conférences à l’université de Lille ; Renaud Epstein, professeur des universités à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye ; Pierre Gilbert, maître de conférences à l’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis ; Antoine Guironnet, chercheur associé au CEE, Sciences Po ; Ludovic Halbert, chargé de recherche au CNRS ; Thomas Kirszbaum, chercheur associé au Centre d’études et de recherches administratives politiques et sociales ; Pierre Madec, chargé d’étude à l’OFCE, Sciences Po Paris ; Valérie Sala Pala, professeure des universités à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne.

    • Alerte !! Droit au logmùent (DAL), reçu par mel

      Droit Au Logement a pris connaissance de l’avant-projet de loi « développement de l’offre de logements abordables » et constate que ce texte attaque le #droit_au_logement, les victimes de la crise du logement, ses #locataires, et des fondements du logement social. Il acte une nouvel étape du désengagement de l’État dans le logement social et le logement des ménages modestes.

      Sous le titre trompeur « développer l’offre de logement abordable », ce projet de loi vise essentiellement à renforcer la production de #LLI logements intermédiaires, destinés aux catégories aisées, à compenser les effets désastreux de la réforme des APL et à relancer un nouveau cycle spéculatif pour un secteur #immobilier pris à son propre piège, celui du logement cher.

      Faute de rétablir les aides publiques nécessaires, le projet de loi ne permet pas de relancer à un niveau suffisant la production de logements sociaux au plus bas et érige des obstacles au relogement des prioritaires DALOs, des sans-abris et des ménages les plus vulnérables.

      Le Gouvernement tente une diversion en pointant les locataires-HLM-riches -qui-abusent-du-système, or ses effets seront marginaux. Par contre aucune sanction ne s’applique au locataire d’un LLI lorsqu’il dépasse les plafonds de ressource sans limitation une fois dans les lieux. 2 poids 2 mesures ; une loi pour les amis ?

      Pour loger des privilégiés en LLI dans des communes riches, la loi SRU est affaiblie, tandis que les #maires auront la main sur l’attribution des logements sociaux neufs. Ils pourront choisir « leurs » locataires, relançant le #clientélisme_municipal, social, voire la #préférence_nationale dans l’attributions des #HLM et pire encore ...

      Le Préfet pourra déléguer à Action Logement son contingent qui porte sur 25% des attributions annuelles logements sociaux et est dédié aux prioritaires. Si les prioritaires salariés pourront en bénéficier, que deviennent les non salariés et non employables exclus par Action Logement : retraités, personnes porteuses d’un handicap lourd, bénéficiaire de minimas sociaux (RSA, parents isolés ... ) ?

      Ce projet, plutôt que de restituer aux bailleurs sociaux les moyens financiers confisqués (RLS et aides à la pierre), remet en cause leur vocation initiale. Il prévoit :
      – d’augmenter les #loyers HLM des nouveaux locataires, créant un obstacle à l’accès des ménages modestes ;
      – de faciliter la #vente_de_logements_sociaux pour édifier des LLI : c’est des logements sociaux en moins ;
      – de faire le métier de promoteur pour vendre au privé des logements de rapport, faisant glisser les HLM vers les métiers spéculatifs et à haut risque, sans garantir que les recettes seront investies dans le logement social.

      Un durcissement du texte à sa lecture au Sénat courant Juin, est déjà annoncé dans le contexte actuel de surenchère politique anti-pauvre et xénophobe.

      Droit au Logement se mobilisera avec les sans-logis, les mal-logés, les locataires, les demandeurs HLM, les prioritaires DALO et toute les forces sociales engagées contre ce projet de loi qui fait encore reculer le droit au logement pour touTEs et les conquêtes sociales de ces dernières décennies, qui pousse les bailleurs sociaux à spéculer, augmenter les loyers et produire pour loger les cadres-sup.

      Réalisation de 200 000 vrais logement sociaux par an, arrêt des ventes et des démolitions de HLM,

      Baisse des loyers, des charges, et interdiction d’airbnb&Co,

      Lutte contre la fraude aux rapports locatifs, taxation des profits tirés de la spéculation immobilière,

      Application de la loi de réquisition et moratoire des expulsions,

      Renforcement des compétences de l’état en matière d’urbanisme et de politiques du logement,

      Abrogation de la loi Kasbarian-Bergé et abandon de toute poursuites contre les locataires en difficulté et les sans-logis qui occupent des locaux vacants pour se protéger .

      #guerre_aux_pauvres

  • À Salon, le ministre promet de « libérer les élus » des contraintes du logement social - Marsactu
    https://marsactu.fr/a-salon-le-ministre-promet-de-liberer-les-elus-des-contraintes-du-logement-

    À quelques jours de la présentation de son premier projet de loi, le ministre du Logement #Guillaume_Kasbarian a rencontré des maires sanctionnés par l’État pour leur nombre trop faible de logements sociaux. Son texte promet de desserrer ce cadre, vu comme un frein à la production.

    Le même nuisible en chef prônait l’incarcération des locataires mauvais payeurs.

    #paywall... #logement #logement_social

    • Oh, quelle surprise, aller faire de la démagogie droitière en région PACA, et promettre aux vieux fafs qu’on ne va pas leur imposer d’habiter trop près des pauvres, des jeunes et des arabes.

      (Au même moment, Ciotti est obligé de mettre la Morano sur la liste des Européennes, parce qu’il faut surenchérir sur la droite.)

    • Visite « SRU » du ministre du logement à Pélissanne et Salon-de-Provence. - Le Régional
      https://mesinfos.fr/13330-pelissanne/visite-sru-ministre-du-logemement-pelissanne-salon-de-provence-198259.html


      Aurélien VOIRIN - Le ministre chargé du Logement, Guillaume Kasbarian, entouré du préfet Christophe Mirmand et de la présidente Martine Vassal, aux côtés du député Jean-Marc Zulesi.

      Un projet de loi clivant qui vise à accélérer le parcours résidentiel...
      Pour rappel, 14 millions d’euros ont été versés, cette année, par 67 maires du territoire (sur 95 communes en carence), au titre de pénalités pour non-respect des objectifs SRU de 25% de logements sociaux. Raison pour laquelle, avec une moyenne globale de seulement 14% de logements sociaux, ces maires provençaux réclament « davantage de souplesse et de confiance de la part des services de l’État, afin de parvenir à libérer du foncier constructible », dans un contexte à venir de « Zéro Artificialisation Nette des sols (ZAN) » en 2050.

      Le projet de loi présenté vendredi prochain par le ministre du Logement et natif de Marseille, Guillaume Kasbarian, pourrait donc cliver la classe politique, en introduisant, à nouveau, une possibilité pour les maires concernés de « prioriser les profils de peuplement » des logements sociaux de leur commune. Un quart des objectifs SRU prendrait dorénavant en compte la construction de « logements intermédiaires ». Tandis que « l’évolution des revenus des résidents, après leur entrée en logement social, serait contrôlée chaque année », dans l’éventualité de les soumettre à un surloyer ou bien à un départ dudit logement social.

      ...mais des élus locaux qui préféreraient libérer du foncier constructible
      En tant que 1er vice-président d’Aix-Marseille-Provence Métropole délégué à l’aménagement du territoire (SCOT, PLUi) et au suivi de la loi 3DS, Pascal Montécot a, pour sa part, évoqué l’élaboration, souhaitée et concertée à l’échelle métropolitaine, d’une sorte de « Banque foncière » qui permettrait aux maires d’être solidaires entre-eux, en « mutualisant leurs projets de construction » de logements (et donc également la répartition de leurs quotas SRU ?).

      Tous les droits à construire seraient ainsi « mixés à l’échelle de la Métropole », via le futur Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) dont la validation est prévue en 2025, ce qui apporterait « plus de souplesse dans la mise en oeuvre du 0% d’artificialisation nette », selon David Ytier. Une proposition locale que le député Jean-Marc Zulesi (LREM) entend bien défendre au niveau national, dans l’optique que le ministre du Logement, Guillaume Kasbarian, l’incorpore à son projet de loi, dès vendredi prochain.

      En définitive, cette divergence de point de vue entre l’État et les élus de Provence, pendant que Marseille tente d’encadrer ses loyers, serait-elle bientôt sur le point de se... déconstruire ?

    • Ce que devrait contenir la proposition de réforme « Kasbarian »  :
      Selon le ministre chargé du Logement, Guillaume Kasbarian, sa proposition de réforme de la loi SRU (passage au Parlement prévu en juin) devrait encore accroître la souplesse octroyée précédemment par les lois 3DS et ELAN, en introduisant les dispositions suivantes :

      – Ouverture du dispositif SRU à « l’intégration de Logements Locatifs Intermédiaires (LLI) dans les modes de calcul », avec possibilité de couvrir jusqu’à 25% du volume des quotas.
      – "Réduction des délais de construction". (Actuellement, une requalification urbaine d’un quartier comme celui de Lurian à Salon-de-Provence nécessite jusqu’à 20 années de procédures et travaux...)
      – Accélérer le parcours résidentiel en favorisant la rotation des flux de citoyens éligibles aux logements sociaux. Le concept de « logement social à vie » devrait être remis en question par un « contrôle annuel renforcé des évolutions de revenus », après l’entrée en logement social.
      – Introduction de nouvelles mesures pour un accès facilité à la propriété, dans « une logique de flux SRU ».
      – Rétablissement d’une possibilité pour les maires de « prioriser certains dossiers de candidature » aux logements sociaux de leur commune, afin de « maîtriser les profils de peuplement », au bénéfice de leurs administrés éligibles. (À mettre en perspective avec la rénovation urbaine en cours, incluant un relogement dans l’intervalle, des quartiers périphériques de Marseille...)
      – Faciliter le « recyclage de la ville sur la ville », c’est-à-dire la requalification urbaine de quartiers ou de friches industrielles obsolètes.
      – Renforcer le rôle des Établissements Publics Fonciers (EPF) en matière de préemption, avec une « nouvelle feuille de route de 17 000 logements à construire, pour 1 milliard d’euros » de budget afférent.
      – Poursuivre les « expérimentations en cours sur l’encadrement des loyers, avec évaluation à terme de leurs effets positifs ou négatifs » réels.
      – Lever le maximum de contraintes à la construction de logements, avec possibilité de « transférer, sous certains conditions, l’autorisation préfectorale vers les maires ».

  • Les territoires des émeutes
    https://laviedesidees.fr/Les-territoires-des-emeutes

    Le haut niveau de #ségrégation urbaine constitue le meilleur prédicteur des violences. La différence la plus marquante entre 2023 et 2005 est l’entrée en scène des villes petites et moyennes, où les adolescents de cités d’habitat social s’identifient aux jeunes des banlieues de grandes métropoles.

    #Société #jeunesse #banlieue #révolte #urbanisme #gilets_jaunes
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240412_emeutes.pdf

    • Conclusion

      Le retour sur les émeutes de #2005 a permis de mettre en évidence à la fois des continuités et des changements par rapport à celles de #2023. Si de façon générale, les communes les plus défavorisées ont de plus fortes probabilités de connaître des émeutes, c’est surtout la ségrégation des situations sociales les plus précaires et des immigrés dans des quartiers spécifiques (#QPV) qui apparaît comme un élément de contexte crucial. À profil social et urbain équivalent, avoir un QPV augmente de façon très significative la probabilité de connaître des émeutes. De plus, cette #ségrégation_sociale et ethnique s’accompagne d’une forte #ségrégation_scolaire dont nous avons pu mesurer également l’impact : plus elle est importante, plus les émeutes sont intenses et violentes.

      Les quartiers en question sont ceux directement concernés par la #politique_de_la_ville (QPV, #PNRU, #NPNRU) depuis plusieurs décennies. Si des changements sont indiscutables sur le plan de l’amélioration du cadre de vie des habitants et plus particulièrement des #conditions_de_logement, un grand nombre de ces quartiers continuent de concentrer une large part de la jeunesse populaire d’origine immigrée, celle la plus touchée par la #relégation, les #discriminations et les #violences_policières, et donc celle aussi la plus concernée par les émeutes. Si la #mixité_sociale et ethnique s’est sensiblement améliorée dans certains quartiers, d’autres demeurent des espaces de très forte #homogénéité_sociale et ethnique, que l’on retrouve dans les #écoles et les #collèges. Ceux où les interventions de l’#ANRU ont été moins intenses ont même vu le nombre de ménages pauvres augmenter. En Île-de-France, la quasi-totalité des communes qui avaient connu des émeutes en 2005, pourtant concernées par la politique de la ville, en ont connu également en 2023.

      Notre approche socio-territoriale met d’autant plus en évidence les limites d’une analyse au niveau national, que les émeutes de 2023 se sont diffusées dans un plus grand nombre de petites villes et villes moyennes auparavant moins touchées par ces événements. Cette plus grande diversité territoriale est frappante lorsque l’on compare les banlieues des très grandes métropoles, à commencer par les banlieues parisiennes, aux #petites_villes et #villes_moyennes. Le poids du #logement_social, de l’immigration, la suroccupation des logements, le niveau de #pauvreté, mais aussi la façon dont ces dimensions se rattachent aux #familles_monoparentales et nombreuses, renvoient à des réalités différentes. Pourtant, dans tous les cas, la ségrégation joue un rôle déterminant.

      Cette approche contextuelle ne suffit pas à expliquer l’ensemble des mécanismes sociaux à l’œuvre et ce travail devra être complété à la fois par des analyses plus fouillées et qualitatives, ciblées sur les réseaux sociaux, la police et les profils des protagonistes, mais aussi des études de cas renvoyant aux différentes configurations socio-territoriales. Des études qualitatives locales devraient permettre de mieux comprendre comment, dans les différents contextes, les dimensions sociales et ethno-raciales interagissent lors des émeutes. Cela permettrait par exemple de mieux saisir l’importance de la mémoire des émeutes dans les quartiers populaires des banlieues des grandes métropoles, sa transmission et le rôle des réseaux militants et associatifs. Dans le cas des petites villes et des villes moyennes, la comparaison avec le mouvement des Gilets jaunes apporte un éclairage particulièrement intéressant sur l’intersection et la différenciation des formes que peuvent prendre la colère sociale et le ressentiment.

      #émeutes #violence #villes #urban_matter #violences_urbaines #banlieues #ségrégation_urbaine #violences #statistiques #chiffres

  • Les attributions de #logements_sociaux de nouveau à la baisse en 2022
    https://www.banquedesterritoires.fr/les-attributions-de-logements-sociaux-de-nouveau-la-baisse-en-2

    Avant la crise sanitaire, le nombre d’attributions de logements sociaux affichait une baisse « graduelle et progressive », rappelle l’Agence nationale du contrôle du logement social (Ancols). Un phénomène qui avait connu un rebond en 2021 dû à un rattrapage post-Covid. Mais en 2022, selon les chiffres publiés le 23 janvier 2024 par l’institution, la tendance baissière a repris avec 420.000 attributions, soit - 4% par rapport à l’année précédente et - 7% par rapport à 2019. Ce recul touche davantage les ménages en mobilité interne (- 9%, contre - 4% en moyenne) que les locataires du privé (- 2%).

    Du fait de l’augmentation en parallèle des demandes de 3%, le taux d’attribution est passé de 12,3% en 2021 à 11,4% en 2022. De plus, les délais d’attente avant qu’une demande n’aboutisse continuent de s’allonger pour atteindre 520 jours, soit 16 jours de plus sur un an. « Contrairement aux années précédentes, l’augmentation des délais n’est pas plus importante dans les zones tendues », relève l’étude. Plus le nombre de membres du foyer est grand, plus le temps d’attente est long, jusqu’à atteindre 871 jours pour les couples avec trois enfants ou plus à charge.

  • Sans domicile depuis juin, il entame une grève de la faim dans les locaux du CCAS de Plœmeur
    https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploemeur-56270/sans-domicile-depuis-juin-il-entame-une-greve-de-la-faim-dans-les-locau

    Yves Dubessay a entamé une grève de la faim, jeudi 7 décembre 2023, dans les locaux du Centre communal d’action sociale (#CCAS) de Plœmeur (Morbihan). Délogé à l’heure de midi, par la police, il est revenu s’y installer à l’ouverture en début d’après-midi.

    « Je n’en peux plus. Je suis à bout. Je grelotte dans ma voiture. Je ne dors plus à cause du froid. Je veux juste vivre dignement et avoir un toit. » C’est en ces quelques mots qu’Yves Dubessay, 51 ans, en attente d’un #logement_social, résume sa situation. Il a entamé une grève de la faim depuis le jeudi 7 décembre 2023, dans les locaux du centre communal d’action sociale (CCAS) de Plœmeur (Morbihan), pour se faire entendre et alerter l’opinion.

    « Je n’ai rien à perdre »

    #grève_de_la_faim #DALO

    • Clichy-sous-Bois 93 - Invisibles : ils vivent dans les caves
      https://www.tf1info.fr/immobilier/video-invisibles-ils-vivent-dans-les-caves-2278223.html#

      Au Chêne Pointu, les habitants côtoient le dernier degré de pauvreté. Des hommes, le plus souvent #sans-papiers, vivent dans les caves des immeubles, un refuge pour éviter la rue.

      Les sous-sols seraient squattés dans près d’une dizaine d’immeubles du Chêne Pointu, une cité emblématique du 93. Point de départ des émeutes de 2005, elle a aussi servi de décor au film Les Misérables de Ladj Ly, nommé aux Oscars. La copropriété privée de 18 immeubles, complètement délabrée, a été rachetée par l’État pour être réhabilitée. Certaines barres, menaçant de s’effondrer, doivent être démolies.

      Ce quartier, symbole du mal-logement, est pourtant devenu un refuge pour une quinzaine de travailleurs, en majorité sans-papiers. Ils ont trouvé là-bas un toit, et même de quoi gagner quelques euros, une existence sur le fil. C’est une existence parallèle à celle des occupants des étages qui ont dû se résigner à cohabiter avec ces squatteurs. Certains se plaignent du bruit, de l’insalubrité, mais une solidarité s’est aussi mise en place entre habitants du dessus et du dessous.

  • Politique du logement : Oxfam dénonce une fabrique des inégalités | Lucie Delaporte
    https://www.mediapart.fr/journal/france/041223/politique-du-logement-oxfam-denonce-une-fabrique-des-inegalites

    L’arrivée massive d’acteurs financiers dans le secteur du logement, encouragée par les pouvoirs publics, a renforcé la concentration du patrimoine immobilier. L’ONG dénonce une politique qui aggrave les inégalités sociales.

    La crise du logement qui sévit ne vient pas de nulle part et ne touche pas la population de manière égale. Si des millions de Français souffrent du mal-logement, une minorité s’est également fortement enrichie grâce à l’immobilier ces dernières années.

    Dans un rapport percutant https://oxfam.app.box.com/s/cjxltf26pr3965zcb7z3nd7y2fg5xdzn/file/1374828771976 , l’ONG Oxfam pointe la fabrique à inégalités qui s’est emparée du secteur.
    Au-delà des aspects conjoncturels liés à la hausse des taux d’intérêt, des coûts de l’énergie et des matériaux qui ont mis à l’arrêt la construction, les difficultés à se loger que rencontrent actuellement de plus en plus de ménages sont liées à une financiarisation du logement, encouragée par les pouvoirs publics.
    Ce mouvement mondial, qui a déjà fortement touché l’Union européenne – entre 2010 et 2023 les prix des logements y ont augmenté de 46 % et les loyers de 21 % –, touche aujourd’hui d’autant plus la France qu’elle a engagé un désinvestissement des politiques publiques sur le sujet.

    #logement #logement_social #fiscalité #niches_fiscales #financiarisation #loyers

    • Ces vingt dernières années, les prix de l’immobilier ont donc augmenté quatre fois plus vite que les revenus bruts des ménages (+ 125,6 % entre 2001 et 2020 contre 29 % pour le revenu disponible des Français).
      Sur ce point, le rapport d’Oxfam relève que le « désengagement » de l’État « a ouvert la voie au secteur privé et aux investisseurs financiers, jusqu’à la financiarisation du logement aidé ».
      La production de logements sociaux s’est par exemple effondrée, passant de 126 000 logements financés en 2016 à 96 000 en 2022 et l’État a tout misé sur le soutien à la production de logements intermédiaires financés par le secteur privé.
      Le chapitre rédigé par Thibault Le Corre et Renaud Le Goix sur la financiarisation du logement social et intermédiaire est à cet égard très éclairant. Pour les chercheurs, « ce processus transforme le logement en un produit financier, et aboutit à une gestion avant tout “financière” du logement ».

      Un mouvement de #concentration inédit

      Les auteurs rappellent que depuis la crise financière de 2008, les opérateurs financiers se sont intéressés au logement social et intermédiaire perçu comme « permettant aux investisseurs de percevoir des rendements stables et peu risqués ».
      Les effets de cet afflux de « propriétaires financiarisés », encouragés par d’avantageuses niches fiscales, ont des conséquences néfastes très documentées sur les #locataires : hausse des prix, accélération des #expulsions, moindre investissement dans l’entretien des bâtiments. Pris dans cette logique, le logement doit devenir pour ces investisseurs toujours plus rentable.

      Les niches fiscales conçues pour orienter l’épargne vers le logement locatif notamment intermédiaire ont largement contribué à ce mouvement de financiarisation et ont lourdement pesé sur le budget de l’État. Oxfam a calculé que trois niches fiscales (LMNP, SIIC et Censi-Bouvard) ont ainsi coûté 11 milliards d’euros en douze ans, ce qui aurait pourtant permis la construction sur cette période de 70 500 logements sociaux.
      Ces niches fiscales, qui ont profité aux ménages les plus aisés, ont aussi renforcé un mouvement de concentration du patrimoine immobilier inédit. « Début 2021, les 10 % les plus riches en patrimoine concentraient 44 % du patrimoine immobilier. Cette accumulation du #patrimoine_immobilier conduit au constat actuel qui est que 3,5 % des ménages détiennent plus de cinq logements soit 50 % des logements mis en location par des particuliers », note le rapport d’Oxfam s’appuyant sur les derniers chiffres de l’Insee.
      Des chiffres qui expliquent en grande partie le poids de la #rente et de l’#héritage dans la société française où « le patrimoine hérité représente 60 % du patrimoine des Français·es aujourd’hui contre 35 % au début des années 1970 ».
      L’État a-t-il intérêt à changer de braquet ? Pas vraiment s’il ne s’intéresse qu’aux recettes fiscales générées par le secteur. Comme cette fiscalité repose sur la valorisation du patrimoine, plus les revenus tirés de l’immobilier sont importants, plus les recettes augmentent. « La fiscalité aujourd’hui, qui ne prend pas en compte l’impact sur les inégalités de richesses et de patrimoine, n’a donc pas intérêt à changer pour la puissance publique. »
      Pour contrer cette tendance, Oxfam propose de limiter l’accès d’acteurs privés « financiarisés » au financement du logement, particulièrement le logement aidé.
      L’ONG défend aussi la constitutionnalisation du #droit_au_logement en le mettant au même niveau que le droit à la propriété.

      #propriété_privée #rente_foncière fiscalement assistée

    • Création de logements sociaux : un nombre record de communes sont « hors la loi »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/12/06/creation-de-logements-sociaux-un-nombre-record-de-communes-sont-hors-la-loi_

      La Fondation Abbé Pierre publie, mercredi 6 décembre, son palmarès des mauvais élèves du logement social : 659 municipalités n’ont pas rempli leurs objectifs, soit 64 % des communes soumises à la loi Solidarité et renouvellement urbain.

      https://archive.is/nKpum