• Qui veut la peau d’#EDF ?

    Aujourd’hui dans Affaires sensibles, l’#histoire de cette entreprise et de la #destruction du #service_public de l’#électricité.

    Née en 1946 après la Libération dans la lignée du programme du Conseil National de la Résistance, EDF vit des jours heureux jusqu’à la fin des années 90.

    Car, chose quasiment unique au monde, EDF conçoit et construit des centrales, les exploite, gère le réseau et distribue l’électricité qu’elle commercialise à ses usagers : vous les Français, qui êtes aussi les propriétaires de cette entreprise détenue par l’Etat. Mieux encore**, EDF** devient au fil des années le symbole de l’excellence française à l’international en matière de production nucléaire, de gestion de réseau électrique et de service public.

    Et pourtant, aujourd’hui, EDF va mal. Endettée, avec un parc de #centrales_nucléaires vieillissant, et un EPR toujours pas en service… L’avenir est sombre ! EDF a été victime, comme d’autres services publics, de la logique néolibérale européenne appliquée à tous les secteurs de l’économie depuis le #traité_de_Maastricht en 1992. Et pourtant, l’électricité est un produit particulier : elle ne se stocke pas ! Ce qui, vous allez l’entendre, a son importance. En voulant appliquer une logique purement marchande à l’électricité, en divisant EDF en plusieurs entités, et en forçant à revendre à perte des kilowatters à ses concurrents, on a affaibli un pilier de notre société et dilapidé l’héritage du Conseil National de la Résistance sur l’autel du #néolibéralisme.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mardi-02-mai-2023-5015930
    #endettement #nucléaire #logique_marchande #France #marchandisation #podcast #audio

  • Tamer | تامر sur X :
    https://x.com/tamerqdh/status/2066598952179294703

    En réponse à une question sur le fait de savoir s’il s’était trompé en fixant les objectifs au lancement de l’opération « rugissement du lion », dont l’un était la chute du régime des ayatollahs ?

    Nétanyahou répond : « Qui a dit que j’avais fait erreur ? Je n’ai pas dit que l’un des objectifs de l’opération était la chute du régime iranien. »

    #logique_du_chaudron

    #insane_génocidaire

  • “Surveillance City”

    Directed by Harjant Gill and Pearl Sandhu and featuring Professor Inderpal Grewal, Surveillance City takes viewers on a journey through contemporary #Delhi, narrating a city marked by the extreme inequality resultant of decades of neoliberalism, and highlighting the insidious work of an authoritarian state deploying surveillance and securitisation measures to govern diverse populations and temper unrest. It’s a powerful meditation on masculinism and militarism, populism and patriarchy, the aesthetics and affects of security, nationalism and religion, policing and the law, discourses of terror, fear of the other, the role of the media, but also dissent, protest, and the prospects of democracy in a postcolonial state.

    https://vimeo.com/1149568432?fl=pl&fe=vl


    https://antipodeonline.org/2026/05/13/surveillance-city

    #film #film_documentaire #surveillance #Inde #inégalités #autoritarisme #néolibéralisme #New_Delhi #géographie_urbaine #ville #nationalisme_hindou #nationalisme #minorités #pauvreté #gentrification #enclaves #caméras_de_vidéosurveillance #sécurité #sentiment_de_sécurité #patriarcat #sécuritisation #espace_domestique #masculinité #religion #esthétique #Narendra_Modi #normalisation #émotions #peur #insécurité #lois #lois_coloniales #armée #militaires #policing #réseaux_sociaux #terrorisme #terreur #hindous #homogénéité #géographie #géographie_sociale #classes_sociales #castes #démocratie #Etats_post-coloniaux #colonialisme #répression #droits

    ping @cede

    via @reka

  • Gilbert Ryle ou le triomphe philosophique d’Oxford
    https://laviedesidees.fr/Gilbert-Ryle-ou-le-triomphe-philosophique-d-Oxford

    Célèbre pour sa critique du dualisme cartésien et pour son style plein d’esprit, le philosophe anglais Gilbert Ryle incarne le triomphe planétaire, mais oublié, de la #Philosophie du #langage ordinaire d’Oxford de l’après-guerre aux années 1960.

    #logique #philosophie_analytique #Portraits
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260331_ryleoxford.pdf

  • #logique_du_chaudron

    Mr Sharma sur X :
    https://x.com/sharma_views/status/2034956531503178083

    CATHY NEWMAN : Vous attaquez des champs gaziers au Qatar. Ce ne sont pas des cibles militaires.

    PORTE-PAROLE IRANIEN : Nous visons des actifs liés aux États-Unis.

    CATHY : Non, vous attaquez un champ gazier au Qatar.

    PORTE-PAROLE IRANIEN : Ne m’interrompez pas. Qui a frappé nos champs gaziers en premier ? Nous nous défendons.

    CATHY : Mais un champ gazier n’est pas militaire.

    PORTE-PAROLE IRANIEN : Alors pourquoi le nôtre a-t-il été ciblé ?

    ELLE A INSISTÉ. IL A RENVERSÉ LA VAPEUR.

    RÉCIT EFFONDRÉ. CALMEMENT.

    https://video.twimg.com/amplify_video/2034953422936633344/vid/avc1/1280x720/Ey6f5JqqkAaB-EIK.mp4

  • #logique_du_chaudron

    Jonathan Cook sur X :
    https://x.com/Jonathan_K_Cook/status/2031425559448699018

    C’est de la propagande iranienne qu’une école primaire a été touchée en Iran, tuant plus de 160 personnes, dont la plupart étaient des enfants âgés de 7 à 12 ans.

    OK, ces enfants sont bien morts. Mais ce n’était pas à cause d’un missile américain. C’était un missile iranien qui a frappé l’école.

    OK, les preuves montrent que c’était un Tomahawk américain. Mais ça aurait pu être un de ceux vendus au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.

    OK, aucun de ces pays n’était impliqué au début de la guerre. Mais ça a dû être un malheureux accident.

    OK, les États-Unis ont visé l’école deux fois. Mais allez, qui installe une école primaire près d’une base militaire ?

    OK, les Israéliens et les Américains font ça aussi. Mais…

    Hé, pourquoi devrais-je même me soucier de gamins basanés qui se font tuer.

  • Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde

    Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.

    Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

    Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
    La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
    Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
    Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.

    Pour la « #justice_spatiale »

    Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
    De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.

    Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.

    Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.

    Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
    Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».

    L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.

    Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.

    Mythe de la #terre_vierge

    Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
    L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.

    Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »

    A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.

    Les algorithmes et leur vision du monde

    Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».

    Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.

    Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».

    Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».

    Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
    De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).

    « #Cartes_mentales » des émotions

    Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.

    Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?

    « Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».

    C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.

    Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »

    Planisphères et contre-cartes

    Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.

    De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.

    Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
    #cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
    ping @visionscarto @reka
    via @karine4

  • « L’#IA_conversationnelle devient chaque jour plus influente dans la vie de nos adolescents »

    Face au développement fulgurant des « #compagnons_IA », avec qui des ados développent des relations d’#amitié ou d’#amour, Mathias Dufour, fondateur du groupe de réflexion #LePlusImportant, réclame, dans une tribune au « Monde », l’application d’une logique de #précaution pour ces #cerveaux en développement, et la mise en place de #garde-fous.

    L e débat sur les effets des écrans sur les jeunes, comme leur régulation, est aujourd’hui largement focalisé sur les réseaux sociaux. Or, pendant ce temps, une révolution silencieuse est en cours : les intelligences artificielles (IA) conversationnelles pénètrent l’#intimité des adolescents, sans cadre ni vigilance.

    Nos ados ne sont plus seulement exposés à des vidéos virales. Ils parlent à des IA qui, mémorisant les détails personnels, les écoutent, leur répondent, les soutiennent. Ils échangent avec elles de façon fluide, personnalisée et empathique, et même s’y attachent, parfois profondément. C’est le cas avec les IA génératives classiques, comme ChatGPT, mais aussi avec des plateformes dites « de compagnons IA », comme #Replika, qui permettent de « personnaliser » son IA partenaire et lui donner une #voix, un #prénom, une #personnalité.

    La diffusion de ces applications est fulgurante. Selon une enquête de l’association Common Sense Media parue le 16 juillet, près des trois quarts des adolescents américains déclarent avoir utilisé un #compagnon_émotionnel basé sur l’IA – un #chatbot simulant une relation amicale, amoureuse, voire sexuelle. Près de la moitié y recourent régulièrement. Inexistantes il y a trois ans, ces IA font déjà partie du quotidien le plus intime des adolescents.

    Illusion d’une relation sûre

    L’IA conversationnelle est conçue pour capter l’attention des utilisateurs et pour maximiser le temps qu’ils y passent. Comme les réseaux sociaux. Elle en diffère en ce qu’elle donne l’illusion d’une relation sûre et bénéfique. Comment ne pas apprécier sa disponibilité permanente, son aide rassurante, son #soutien inconditionnel ?

    Notre tendance à l’#anthropomorphisme nous pousse, inconsciemment, à traiter l’IA comme un humain, et donc à nouer des liens avec elle. Cela la rend plus insidieuse : parce qu’elle parle « #comme_un_humain », on oublie qu’elle n’en est pas un. Parce qu’elle simule le soutien, l’amitié, l’amour, on lui prête des #émotions qu’elle n’a pas. Parce qu’elle est si empathique, elle ne peut être que bienfaisante.

    Le suicide, en février 2024, d’un adolescent américain de 14 ans, #Sewell_Setzer, à la suite d’une #relation_affective avec un chatbot à l’insu de ses parents, a sonné comme une tragique alerte. Sewell a semblé voir la mort comme un moyen de rejoindre sa compagne virtuelle, nommée Daenerys Targaryen, d’après le personnage de la série audiovisuelle Game of Thrones.

    Le New York Times, le 23 octobre 2024, a reproduit leur ultime dialogue : « Viens me rejoindre dès que tu peux, mon amour », demanda le bot. « Et si je te disais que je peux venir tout de suite ? », répliqua Sewell. « Fais-le s’il te plaît, mon cher roi », répondit le bot. L’adolescent lui dit qu’il le ferait, puis il mit fin à ses jours. Un procès est en cours. Et, mardi 26 août, une plainte, la première connue, a été déposée contre #OpenAI après le suicide d’un adolescent lié à #ChatGPT.

    Le cas de Sewell Setzer est extrême, mais la tendance des IA conversationnelles à dire aux utilisateurs ce qu’ils ont envie d’entendre, plutôt que la vérité, peut renforcer leur biais de confirmation et les isoler. Chez les adultes, l’utilisation de compagnons IA semble liée à un risque plus élevé de #dépression et à un sentiment accru de #solitude. Peut-il en être autrement chez les plus jeunes ?
    Les IA conversationnelles sont des technologies à effet psychique. Plus les échanges durent, plus les risques pour leurs utilisateurs de distorsions dans leur #perception_de_la_réalité – ce qu’on appelle l’effet « #psychose_de_l’IA » – sont élevés. Or, les adolescents, dont le cerveau et la #maturité_affective sont encore en pleine évolution, en particulier en matière de #régulation_émotionnelle, contrôle des #impulsions et l’évaluation des #risques, sont particulièrement influençables.

    Recours thérapeutique sans garde-fou

    De surcroît, l’IA conversationnelle est désormais utilisée par des dizaines de millions de personnes pour évoquer leur #santé_mentale. La moitié des Américains qui ont des problèmes de santé mentale et ont recours à l’IA conversationnelle le font à des fins thérapeutiques, consultant des chatbots comme de vrais professionnels de santé. C’est aussi le cas chez les #ados. Or, si les premières études montrent des résultats parfois positifs, il arrive à ces IA de donner de #mauvais_conseils, parfois directement nuisibles, y compris à des ados. De plus, le recours à l’IA peut retarder, voire éviter, celui à d’authentiques professionnels.

    Peut-on d’un côté réguler de manière stricte la formation et les pratiques des professionnels en psychiatrie et psychologie, et de l’autre laisser les adolescents en tête-à-tête sans garde-fou avec des substituts algorithmiques ? Face à des IA optimisées pour capter l’attention, il ne serait ni juste ni réaliste de confier la santé mentale de millions d’adolescents à la seule vigilance parentale.

    Même si les conséquences néfastes ne concernent qu’une très faible part des utilisateurs, les plus à risque sont les personnes déjà en difficulté, et, à l’échelle de générations entières, c’est un nombre considérable de vies qui peuvent être affectées.

    Nous n’accepterions jamais une diffusion de masse de médicaments auprès des mineurs sans preuves d’innocuité, garde-fous et suivi. Appliquons donc une #logique_de_précaution à ces cerveaux en développement, et traitons les IA conversationnelles comme un enjeu de #santé_publique.

    Faisons avec elles ce que la santé publique sait faire : prévenir, tester, encadrer, surveiller. Portons ce débat dans la sphère publique. Finançons des études, accélérons la recherche interdisciplinaire pour comprendre les effets de ces IA sur nos enfants. Outillons les ados et les parents. Cherchons des cadres appropriés, comme des seuils d’âge, des chartes de conception, des mécanismes de supervision, des dispositifs d’accompagnement médical.

    L’IA conversationnelle est un interlocuteur invisible, mais qui devient chaque jour plus influent dans la vie de nos adolescents. Mobilisons-nous, tant qu’il est encore temps, pour leur permettre de l’utiliser sans danger et en démultiplier les effets positifs.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/01/l-ia-conversationnelle-devient-chaque-jour-plus-influente-dans-la-vie-de-nos
    #intelligence_artificielle #AI #conversation #IA #adolescents #jeunes #influence #empathie

  • Craig Murray sur X : “The percentage of child dead in the Ukrainian conflict is 0.3%. Zero point three per cent. The percentage of child dead in the Gaza conflict is 37.7%. Thirty seven point seven per cent. In a single statistic, there you have the difference between a war and a genocide.” / X
    https://x.com/CraigMurrayOrg/status/1956266355864277162

    The percentage of child dead in the Ukrainian conflict is 0.3%.
    Zero point three per cent.

    The percentage of child dead in the Gaza conflict is 37.7%.
    Thirty seven point seven per cent.

    In a single statistic, there you have the difference between a war and a genocide.

  • La #justice_communautaire, une alternative « politique » pour prendre #soin des victimes

    Menée au sein de communautés d’habitants ou de collectifs militants, la justice communautaire se concentre sur les #victimes, puis s’interroge sur la #responsabilité du groupe dans l’apparition des #violences. Une pratique qui peut convenir aux #violences_sexistes_et_sexuelles.

    « Quand il se passe quelque chose de grave, comme des violences sexistes et sexuelles, les premiers #besoins qui émergent sont : le #besoin_de_reconnaissance, le #besoin_de_protection des autres, le #besoin_de_réparation. Ce sont trois choses que la justice d’État ne peut pas faire, car elle est concentrée sur le fait de #punir le coupable », énonce Jerry*, du #Front_révolutionnaire_anti-patriarcal (#Frap). Ce collectif autonome rennais a coécrit, avec un collectif anticarcéral, un petit ouvrage sur la justice communautaire (https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure). « Notre priorité, c’est de #prendre_soin de la personne agressée. Cela peut prendre diverses formes : être écoutée en buvant un café, être accompagnée chez des soignant·es, bénéficier d’une aide matérielle temporaire… », nous explique-t-on.

    « Soutenir les victimes ou survivant·es de violences, c’est leur assurer l’existence d’un espace où leur #sécurité, leur santé physique et émotionnelle, ou tout autre besoin, sont pris en charge », résume le cahier d’outils de « #Creative_Interventions », un centre de ressources fondé en 2014 à Cleveland, aux États-Unis, pour créer et promouvoir des interventions communautaires face aux violences interpersonnelles (y compris sexuelles).

    Dans un podcast produit par cette organisation (https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago), une victime de #violences_conjugales évoque l’importance qu’ont eue pour elles toutes les personnes venues vivre à son domicile, à tour de rôle, pour la rassurer quand elle a dénoncé les violences et exigé le départ de son conjoint. Elle se sentait en sécurité, avait des personnes pour jouer avec ses enfants et l’aider dans les tâches quotidiennes.

    Nommer les violences, formuler des excuses

    La justice communautaire émerge aux États-Unis dans les années 1990, inspirée par les communautés noires, antiracistes et féministes, soucieuses d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles sans livrer les hommes noirs à un système policier et carcéral raciste.

    « Le démarrage d’un processus de justice communautaire peut être à l’initiative de n’importe qui : le ou la survivante ou victime ; un·e ami·e, un·e membre de la famille, un·e voisin·e, un·e collègue, la personne ayant causé le préjudice, ou tout membre ou allié·e de la communauté », détaille Creative Interventions.

    « #Nommer les violences, désigner des #personnes-ressources, s’assurer que tout le monde est en sécurité, sont des préalables incontournables, énonce Jerry. On travaille – idéalement à une dizaine – sur l’#écoute des #récits des diverses parties, et la gestion séparée de leurs besoins. Par exemple, que l’auteur·ice formule des excuses à la victime ou que l’espace commun soit réorganisé pour que les deux personnes ne se croisent plus. Il y a de nombreux allers-retours entre le groupe qui soutient la victime et celui qui s’occupe de l’agresseur·euse. »

    Si leur fascicule énonce un nombre impressionnant de conditions pour que le processus aboutisse, le collectif assure qu’il n’y a pas de recettes. « Le mieux est que les solutions viennent des gens qui subissent les préjudices », résume une victime accompagnée par le centre Creative interventions.

    « La justice communautaire va réfléchir à la manière d’accompagner les différents protagonistes, mais aussi penser le #contexte de la violence pour le travailler, précise Elsa Deck Marsault, militante queer féministe, cofondatrice du collectif #Fracas (https://www.collectif-fracas.com), autrice de Faire justice (https://lafabrique.fr/faire-justice), publié aux éditions La Fabrique. Il s’agit bien sûr de réfléchir à la #responsabilité_individuelle de l’agresseur, mais aussi la manière dont son acte fait écho à un #contexte_social plus large. Cette #justice_alternative cherche à en comprendre les racines pour essayer de transformer le contexte. En cela, c’est profondément #politique. »

    Contre les #pratiques_punitives et néolibérales

    Au sein du Frap, on estime que « connaître les raisons systémiques de la violence est nécessaire ». À condition que l’agresseur ou l’agresseuse accepte de dialoguer et reconnaisse les dommages causés. Dans le cas contraire, un « #call-out », c’est-à-dire une dénonciation publique ou une exclusion du groupe, peut intervenir, mais en dernier recours.

    « Malheureusement, trop souvent, les groupes commencent par un call-out et réfléchissent ensuite », déplore le Frap. Reproduisant finalement le pire de la #justice_punitive à laquelle ils souhaitaient pourtant se substituer, regrette Elsa Deck Marsault.

    « Les effets d’un call-out ou d’une #exclusion ne sont pas les mêmes pour un homme blanc disposant d’importants moyens matériels et d’un réseau de soutien que, par exemple, pour une personne racisée, pauvre et/ou queer », précise-t-elle. « La question doit être : comment on travaille collectivement pour que cela n’arrive plus », martèle Jerry.

    « Depuis le tournant néolibéral des années 1980, la transformation sociale n’est plus vue comme passant par l’organisation collective ou syndicale, analyse Elsa Deck Marsault. La société compte désormais sur la #transformation_individuelle de chaque personne, qui doit reconnaître sa part de responsabilité, pour changer la société de manière générale. Il me semble que c’est une impasse, qui découle non seulement des logiques néolibérales, mais aussi des #logiques_carcérales qui punissent les individus en disant que, quelque part, ils l’ont bien mérité. »

    Mais sortir des voies habituelles demande un temps que les cercles militants ou autres communautés n’ont pas forcément. « C’est sans doute l’un des freins de cette forme de justice qui a du mal à se développer en France, où, de plus, on reste très réticent à l’idée même de #communauté », dit Elsa Deck Marsault. Du côté du Frap, on cite l’importance des expériences accumulées, qui permettent, à terme, d’aller plus vite. « Oui, c’est exigeant et chronophage, termine Jerry. Mais à quoi sert une communauté si ce n’est à être présente dans le temps et l’espace ? »

    –-

    Au #Rwanda, la justice post-génocide

    Pratiquée à l’échelle de la famille, des ami·es, des voisin·es, des collègues, des associations des quartiers ou groupes militants, la justice communautaire l’a aussi été à l’échelle d’un pays, dans le Rwanda post-génocide, en 2001.

    « En 1994, près d’un million de personnes ont été tuées en trois mois, selon les chiffres officiels de Kigali, rappelle Valérie Rosoux, politiste, directrice de recherche du Fonds national de la recherche scientifique. Le nombre inimaginable de coupables rendait toute justice “normale” impossible, d’autant que le système judiciaire était dévasté. Il a donc été décidé d’utiliser les “gacaca” – système communautaire préexistant de règlement des conflits qui était basé sur l’appel aux sages de chaque colline pour régler des litiges mineurs. Près de 11 000 tribunaux communautaires ont été installés à la demande du gouvernement central. Des milliers et des milliers de personnes sont passées devant ces tribunaux, évidemment beaucoup plus rapides. »

    Massifs pendant le génocide au Rwanda, les viols ont été reconnus pour la première fois comme faits de génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui n’a jugé que les commanditaires du génocide. En revanche, devant les gacaca, la plupart des violences sexuelles ont été tues.

    « Au TPIR, on peut témoigner anonymement, pas sur les collines, où tout le monde se connaît et où bourreaux et victimes vivent dans les mêmes endroits », raconte Esther Mujawayo, survivante du génocide, autrice de Survivantes et cofondatrice de l’association des veuves du génocide.

    Les huis clos qui ont été demandés ont permis de protéger les femmes et les enfants né·es de ces viols mais cela a ôté la dimension collective de cette justice communautaire.

    Sans vouloir embellir le processus, Esther Mujawayo estime que les gacaca ont facilité le vivre-ensemble dans la mesure où les bourreaux ont demandé pardon. « Même si ce n’était pas toujours authentique, cela aide », pense-t-elle. Ces « tribunaux » ont surtout permis de retrouver les corps des victimes assassinées.

    Mais la démarche reste « très exigeante sur le plan moral, car on espère que les accusés vont confesser leurs crimes et que les victimes vont pardonner, remarque Valérie Rosoux. Les victimes s’entendent dire : certains ont déjà pardonné, pourquoi vous ne le faites pas, vous ? Et là, c’est insupportable ».

    Au sein des regroupements que les gacaca ont créés, le soutien que les femmes se sont apporté entre elles et le travail inlassable des associations présentes pour soutenir les victimes ont peu à peu fait leur chemin. « La prise en charge matérielle a aussi été fondamentale, insiste Esther Mujawayo. Pour restaurer leur dignité, on les a logées, on a pris en charge leurs soins médicaux, car beaucoup étaient malades du sida suite aux viols. On s’est occupé de l’éducation de leurs enfants survivants. C’est basique, mais pour moi, c’est ça la justice : remettre les survivant·es en bonne santé est aussi important que de condamner le bourreau. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090825/la-justice-communautaire-une-alternative-politique-pour-prendre-soin-des-v

    #justice #alternative #VSS #réparation #protection #punition #reconnaissance #accompagnement
    ping @_kg_
    via @karine4

    • Chicago

      Deana Lewis talks with Mariame Kaba, Erica Meiners, and Shira Hassan – three abolitionist feminists who discuss the work they created and built in Chicago from the early 2000’s through the early 2010’s. They reflect on their path from witnessing the failures of the mainstream anti-violence movement especially for survivors, young people, formerly incarcerated people and sex workers – to experimenting and documenting their work in what became known as community accountability processes, transformative justice and abolitionist organizing. They talk about their relationships and how their solidarity and partnership fed their ability to experiment, find joy in the grief and ultimately create spaces and strategies for people to stay as safe as possible.

      https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago

    • Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes

      Là où il est admis que le recours à la police en cas de violence n’est pas la solution mais plutôt un problème supplémentaire, la tentation est de s’y substituer. Si l’intention est louable, son application l’est moins. Les mesures sont expéditives et les outils pour faire justice sont encore profondément empreints d’une philosophie punitive : menace, exclusion, harcèlement, dénonciation publique et discréditation politique. Comment sortir de cette impasse ? La question est d’autant plus difficile qu’elle surgit au moment où les forces réactionnaires mènent une large offensive contre le wokisme pour mieux protéger ceux qui organisent les violences dans nos sociétés.
      Écrit par une « militante gouine », ce livre propose une critique fine du moralisme progressiste et des pratiques punitives dans les luttes sociales. En se saisissant d’exemples concrets rencontrés au gré de son militantisme et en discutant précisément l’abolitionnisme pénal, elle pose les jalons d’une justice transformatrice inventive, capable de prendre soin des victimes et de transformer les individu.es comme les groupes.
      Endiguer les violences c’est aussi ne plus craindre le conflit, ne plus avoir peur de lutter.

      https://lafabrique.fr/faire-justice

      #livre

    • La team Patpat’ gère ses casseroles | protocole de gestion des aggressions dans nos milieux

      Ca y est, on a réussi à la publier ce #zine. Pour faire court ça parle des #agressions dans nos collectifs, et ça amène une vision politique de leur gestion (pas de call-out, médiation, perspective de changement…). Alors si t’es pas encore convaincu que c’est important de prendre en compte qu’on a sans doute déjà toustes agressé, viens lire ça (pfiou la phrase polémique choc sa mère) !

      https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure

  • Pourquoi acceptons-nous de nous déchausser à l’#aéroport ?

    Des files d’aéroport aux bacs de contrôle, un rituel discret façonne nos comportements et nous fait accepter sans y penser la #logique_sécuritaire.

    7 h 30, terminal 2E de Roissy. Dans la file qui mène au contrôle, un cadre détache sa ceinture d’un geste mécanique, une mère sort les biberons de son sac, un touriste soupire en délaçant ses chaussures. Tous avancent dans un silence ponctué de bips, à peine troublé par le bruit des casiers sur des tapis roulants.

    Cette scène se répète inlassablement : selon l’Association internationale du transport aérien, 4,89 milliards de passagers ont pris l’avion en 2024, soit plus de 13 millions de personnes chaque jour qui traversent ces dispositifs de contrôle.

    On pourrait n’y voir qu’une procédure technique nécessaire. Pourtant, observé avec un œil anthropologique, ce moment banal révèle une transformation d’identité aussi efficace que discrète. Car il se passe quelque chose d’étrange dans ces files d’attente. Nous entrons citoyens, consommateurs, professionnels – nous en sortons « #passagers_en_transit ». Cette métamorphose, que nous vivons comme une évidence, mérite qu’on s’y arrête.

    La mécanique d’une transformation rituelle

    Ce qui frappe d’abord, c’est la #dépossession progressive et systématique. Objets personnels, vêtements, symboles de statut disparaissent dans des bacs plastiques standardisés. Cette logique semble #arbitraire : pourquoi les chaussures et pas les sous-vêtements ? Pourquoi 100 ml et pas 110 ml ? Cette apparente incohérence révèle en réalité une #fonction_symbolique : créer un #dépouillement qui touche aux attributs de l’#identité_sociale.

    L’ethnographe Arnold van Gennep avait identifié dès 1909 cette première phase des #rites_de_passage : la #séparation. L’individu doit abandonner son état antérieur, se délester de ce qui le définissait dans le monde profane. Ici, le cadre cravaté devient un corps anonyme, dépouillé provisoirement de son costume, soumis au même regard technologique que tous les autres. Cette #égalisation_forcée n’est pas un effet de bord mais le cœur du processus : elle prépare la transformation d’#identité en neutralisant temporairement les #hiérarchies_sociales habituelles.

    Puis vient l’examen : #scanners, #détecteurs, questions sur nos intentions. « Pourquoi voyagez-vous ? Qui allez-vous voir ? Avez-vous fait vos bagages vous-même ? » Chaque voyageur devient temporairement #suspect, devant prouver son #innocence. Cette inversion de la #charge_de_la_preuve – renversement du principe fondamental « innocent jusqu’à preuve du contraire » – passe inaperçue tant elle semble « logique » dans ce contexte.

    Cette phase correspond à ce que Van Gennep appelait la marge ou période liminale, que l’anthropologue Victor Turner a ensuite développée : un moment où le sujet, privé de ses attributs sociaux habituels, se trouve dans un état de #vulnérabilité qui le rend malléable, prêt à être transformé. Dans cet entre-deux technologique, nous ne sommes plus tout à fait des citoyens, pas encore des voyageurs.

    Enfin, la réintégration, selon l’ethnographe Arnold van Gennep : nous voilà admis dans l’espace post-contrôle. Nous sommes officiellement devenus des « #passagers » – un statut qui suppose #docilité, #patience, #acceptation des contraintes « pour notre sécurité ». L’espace post-contrôle, avec ses #duty_free et ses cafés hors de prix, marque cette #transformation : nous ne sommes plus des citoyens exerçant un droit de circuler, mais des #consommateurs globaux en transit, doublement dépossédés de notre ancrage politique et territorial.

    Un #théâtre_sécuritaire paradoxalement efficace

    Ces dispositifs présentent un #paradoxe troublant. D’un côté, ils détectent effectivement des objets interdits (couteaux oubliés, liquides suspects) et exercent un effet dissuasif réel. De l’autre, ils peinent face aux menaces les plus sophistiquées : en 2015, des équipes de test états-uniennes ont réussi à faire passer des armes factices dans 95 % de leurs tentatives.

    En six ans (de 2007 à 2013), le programme de détection comportementale états-unien #SPOT a coûté 900 millions de dollars et n’a détecté aucun terroriste. Il a raté les seuls vrais terroristes qui sont passés dans les aéroports, mais il n’y a eu aucun détournement aux États-Unis. Le programme semble donc à la fois inutile (pas de menace réelle) et inefficace (échec sur les vraies menaces).

    Cette #inefficacité opérationnelle se double d’un déséquilibre économique majeur : selon l’ingénieur Mark Stewart et le politologue John Mueller, les dizaines de millions investis annuellement par aéroport génèrent si peu de réduction effective du risque terroriste que les #coûts dépassent largement les bénéfices escomptés.

    L’expert en sécurité Bruce Schneier parle de « théâtre sécuritaire » pour désigner cette logique : des mesures dont l’efficacité principale est de #rassurer le public plutôt que de neutraliser les #menaces les plus graves. Ce n’est pas un dysfonctionnement mais une réponse rationnelle aux attentes sociales.

    Après un attentat, l’opinion publique attend des mesures visibles qui, bien que d’une efficacité discutable, apaisent les peurs collectives. Le « théâtre sécuritaire » répond à cette demande en produisant un #sentiment_de_protection qui permet de maintenir la #confiance dans le système. Les chercheurs Razaq Raj et Steve Wood (Leeds Beckett University) décrivent sa mise en scène aéroportuaire, rassurante mais parfois discriminatoire.

    Dans cette logique, on comprend pourquoi ces mesures persistent et se généralisent malgré leurs résultats limités. En outre, elles contribuent à renforcer une adhésion tacite à l’#autorité. Ce phénomène s’appuie notamment sur le biais du statu quo, qui nous enferme dans des dispositifs déjà établis et sur une dynamique sociétale de demande toujours croissante de sécurité, sans retour en arrière semblant possible.

    L’apprentissage invisible de la #docilité

    Car ces contrôles nous apprennent quelque chose de plus profond qu’il n’y paraît. Ils nous habituent d’abord à accepter la #surveillance comme normale, nécessaire, bienveillante même. Cette #habituation ne reste pas cantonnée à l’aéroport : elle se transfère vers d’autres contextes sociaux. Nous apprenons à « montrer nos papiers », à justifier nos déplacements, à accepter que notre corps soit scruté « pour notre bien ».

    Le système fonctionne aussi par inversion des résistances. Résister devient suspect : celui qui questionne les procédures, qui refuse une fouille supplémentaire, qui s’agace d’un retard, se transforme automatiquement en « problème ». Cette classification morale binaire – bons passagers dociles versus passagers difficiles – transforme la critique en indice de #culpabilité_potentielle.

    À force de #répétition, ces gestes s’inscrivent dans nos #habitudes_corporelles. Nous anticipons les #contraintes : chaussures sans lacets, liquides prédosés, ordinateurs accessibles. Nous développons ce que le philosophe Michel Foucault appelait des « #corps_dociles » : des corps dressés par la discipline qui intériorisent les contraintes et facilitent leur propre contrôle.

    Au-delà de l’aéroport

    Cette transformation ne se limite pas aux aéroports. La pandémie a introduit des pratiques comparables : attestations, passes, gestes devenus presque rituels.

    Nous avons pris l’habitude de « présenter nos papiers » pour accéder à des espaces publics. À chaque choc collectif, de nouvelles règles s’installent, affectant durablement nos repères.

    Dans la même veine, l’obligation de se déchausser à l’aéroport remonte à une seule tentative d’attentat : en décembre 2001, Richard Reid avait dissimulé des explosifs dans ses chaussures. Un homme, un échec… et vingt-trois ans plus tard, des milliards de voyageurs répètent ce geste, désormais inscrit dans la #normalité. Ces événements agissent comme des « mythes fondateurs » qui naturalisent certaines contraintes.

    Le sociologue Didier Fassin observe ainsi l’émergence d’un « #gouvernement_moral » où #obéir devient une preuve d’#éthique. Questionner un contrôle devient un marqueur d’#irresponsabilité_civique. Ce qui rend cette évolution remarquable, c’est son caractère largement invisible. Nous ne voyons pas le #rituel à l’œuvre, nous vivons juste des « #mesures_nécessaires ». Cette #naturalisation explique sans doute pourquoi ces transformations rencontrent si peu de #résistance.

    L’anthropologie nous apprend que les rituels les plus efficaces sont ceux qu’on ne perçoit plus comme tels. Ils deviennent évidents, nécessaires, indiscutables. Le système utilise ce que le politologue américain Cass Sunstein appelle le « #sludge » : contrairement au « nudge » qui incite subtilement aux bons comportements, le sludge fonctionne par friction, rendant la résistance plus coûteuse que la coopération. Les travaux de psychologie sociale sur la #soumission_librement_consentie montrent que nous acceptons d’autant plus facilement les contraintes que nous avons l’impression de les choisir. En croyant décider librement de prendre l’avion, nous acceptons librement toutes les contraintes qui s’y rattachent.

    Questionner l’évidence

    Identifier ces mécanismes ne signifie pas qu’il faut les dénoncer ou s’y opposer systématiquement. La #sécurité_collective a ses exigences légitimes. Mais prendre conscience de ces transformations permet de les questionner, de les délibérer, plutôt que de les subir.

    Car comme le rappelait la philosophe Hannah Arendt, comprendre le pouvoir, c’est déjà retrouver une capacité d’action. Peut-être est-ce là l’enjeu : non pas refuser toute contrainte, mais garder la possibilité de les penser.

    https://theconversation.com/pourquoi-acceptons-nous-de-nous-dechausser-a-laeroport-261487

    #aéroports #sécurité

    ping @reka
    via @freakonometrics

  • Mouin Rabbani sur X : “It is true that Hollywood producer and businessman Arnon Milchan has admitted to being an Israeli intelligence agent. It is also true that Shimon Peres confirmed that he personally recruited Milchan. It is also true that Milchan helped Israel illegally procure various items for” / X
    https://x.com/MouinRabbani/status/1944859542703235161

    Il est vrai que le producteur et homme d’affaires hollywoodien Arnon Milchan a admis être un agent des services secrets israéliens.

    Il est également vrai que Shimon Peres a confirmé avoir personnellement recruté Milchan.

    Il est également vrai que Milchan a aidé Israël à se procurer illégalement divers articles pour son programme d’armes nucléaires, notamment auprès des États-Unis et du régime de la minorité blanche d’Afrique du Sud, qui était un allié clé d’Israël.

    Malgré ce qui précède, l’idée qu’Arnon Milchan agissait d’une quelconque manière au nom d’Israël est profondément offensante et constitue une diffamation antisémite scandaleuse, ou quel que soit le nom qu’on lui donne de nos jours.

    #logique_du_chaudron

  • Arrestation de 7 militaires israéliens accusés de viols contre leurs collègues – Site de la chaîne AlManar-Liban
    https://french.almanar.com.lb/3336599

    Si les bleu-bittes israéliens subissent ça, vous imaginez le sort des prisonniers/ères palestiniens/ennes...

    Le journal israélien Yediot Ahronoth a révélé un scandale majeur qui a secoué l’armée d’occupation israélienne, impliquant des viols et des menaces sexuelles.

    Mercredi, le tribunal militaire israélien de la base de Beit Lid a prolongé la détention de sept soldats de l’unité de défense aérienne Arrow jusqu’à mardi prochain. Ils sont accusés de viols, de menaces et d’agressions physiques et psychologiques contre leurs collègues de l’unité.

    L’affaire porterait sur de graves abus commis contre une dizaine de jeunes soldats dans le cadre du programme de « cérémonie d’initiation ». Ces agressions comprenaient des actes sexuels, des menaces et des actes de torture psychologique, considérés comme une grave violation de l’« éthique militaire » et une violation flagrante des droits individuels.

    Lors de l’audience, la juge a souligné que « l’enquête est complexe et contient de nombreux éléments de preuve constituant une base raisonnable de suspicion ». Elle a ajouté que « l’ampleur de l’affaire exige la poursuite des procédures d’enquête par crainte de les perturber », ce qui a nécessité la prolongation de la détention des soldats.

    L’enquête a été ouverte suite à une plainte déposée par un soldat israélien le mois dernier, révélant l’ampleur des exactions subies par le groupe visé. La police militaire enquête également sur la possibilité que certains de ces actes se soient produits pendant l’agression contre l’Iran, au cours de laquelle l’unité Arrow était active dans des missions aériennes sensibles.

    Cette affaire met une fois de plus en lumière le phénomène des « cérémonies d’initiation » forcées, qui suscite depuis longtemps la controverse au sein de l’armée israélienne, dans un contexte d’appels à la protection des nouveaux soldats.

    • החיילים ממערך החץ חשודים באונס חבריהם, אב התפרץ לשופטת: “הוא גיבור”
      בית הדין הצבאי האריך את מעצרם של שבעה חיילי סדיר שחשודים באונס בנסיבות מחמירות ובהתעללות פיזית, נפשית ומינית בחבריהם ליחידה, בפרשה שנחשפה ב-ynet. “יש לא מעט עדויות והתשתית הראייתית מבססת יסוד סביר לחשדות”, ציינה השופטת. אביו של אחד מהם זעם: “הורסים להם את העתיד”
      רענן בן צור, יואב זיתון|עודכן:אתמול |
      17:35. https://www.ynet.co.il/news/article/rjntahjrgg

      Les soldats de l’unité de tir sont soupçonnés d’avoir violé leurs camarades, le père s’en prend à la juge : « C’est un héros »

      Le tribunal militaire a prolongé la détention de sept soldats de l’armée régulière soupçonnés de viol aggravé et d’abus physiques, psychologiques et sexuels sur leurs camarades d’unité, dans une affaire révélée par le site Ynet. « Il existe de nombreux témoignages et les preuves établissent des soupçons raisonnables », a déclaré la juge. Le père de l’un d’entre eux s’est indigné : « Ils détruisent leur avenir ».
      Raanan Ben-Zur, Yoav Zitoun|Mis à jour : hier | 17h35

      Le tribunal militaire de la base de Beit Lid, dans le Sharon, a prolongé aujourd’hui (mercredi) jusqu’à mardi la détention de sept soldats de l’unité Hetz de la défense aérienne, soupçonnés de viols et d’actes obscènes aggravés, de menaces, de violence envers un soldat et de comportement inapproprié, ainsi que d’abus physiques, psychologiques et sexuels sur leurs camarades dans le cadre d’abus commis sur des « jeunes », dans une affaire révélée par le site Ynet.

      Lors de la prolongation de la détention, la juge a déclaré qu’il s’agissait d’une enquête complexe, qu’il existait de nombreux témoignages et que les preuves établissaient des soupçons raisonnables. Elle a ajouté qu’« étant donné l’ampleur de l’affaire, l’enquête nécessite de nombreuses mesures et qu’il existe un risque de obstruction à la justice, il n’est donc pas possible de les libérer ». Le père de l’un des suspects s’est adressé à elle avec colère : « Ce sont des héros d’Israël, ils ne devraient pas avoir à subir cela. Vous détruisez leur avenir ». Suite à cette interruption, il a été expulsé de l’audience.

      L’avocat Idan Dvir, qui représente l’un des suspects, a déclaré à l’issue de l’audience : « L’enquête n’en est qu’à ses débuts. Les soupçons sont certes très graves, mais il est impossible de savoir à quels suspects ils se rapportent et quel est le rôle de chacun dans cette affaire ». Selon lui, « j’espère qu’avec le temps et l’avancement de l’enquête, le rôle de mon client dans cette affaire s’avérera mineur, voire nul, car il n’était pas présent lors de la plupart des événements importants mentionnés dans le cadre de l’enquête. Nous espérons que cela sera révélé, que la justice sera faite le plus rapidement possible et que, si les faits sont avérés, il s’avérera que mon client n’y a pas pris part ».

      Selon les soupçons, les actes auraient été commis dans le cadre de « jeux de pouvoir » pendant plusieurs semaines, à l’encontre d’un groupe d’une dizaine de « jeunes » soldats, et auraient également inclus des actes de sodomie. Les soldats sont notamment soupçonnés de viol aggravé, d’abus, de violence et de menaces. Lors de leur interrogatoire initial, certains d’entre eux ont affirmé que les actes avaient été commis d’un commun accord et « pour rire ».

      L’enquête a été ouverte à la suite d’une plainte déposée le mois dernier par un soldat qui a révélé les événements survenus dans l’unité. Il est actuellement examiné si certains des actes ont été commis pendant la guerre avec l’Iran, au cours de laquelle le système Arrow était l’un des principaux éléments des missions de l’armée de l’air.

      En raison de la gravité de l’affaire, le commandant de l’armée de l’air, le général Tomer Bar, s’est personnellement impliqué dans le traitement de ces événements. L’armée israélienne a déclaré que les services d’aide et d’accompagnement de l’unité Yohalam étaient à la disposition des victimes et a ajouté : « Il s’agit d’un événement grave, le commandant de l’armée de l’air et les hauts responsables étudient les détails en coordination avec la police militaire ».

      Le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré en réponse : « Une enquête de la police militaire est en cours depuis quelques jours sur des soupçons d’actes graves commis lors d’une « cérémonie d’initiation » de soldats chevronnés à l’intention de jeunes recrues dans l’une des unités de l’armée de l’air. L’enquête en est à ses débuts et il n’est pas possible de commenter les mesures prises à ce stade. L’armée israélienne mène une enquête approfondie sur ces soupçons et fera en sorte que les personnes impliquées soient traduites en justice, si nécessaire. L’armée israélienne condamne fermement tout acte de violence et applique une politique de tolérance zéro envers les rites d’initiation de toute nature. »
      Publié pour la première fois : 14h58, 09/07/25

      #Logique_du_chaudron

  • « Les événements climatiques extrêmes ne sont plus des risques marginaux, et le secteur bancaire tarde à en prendre la mesure »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/07/les-evenements-climatiques-extremes-ne-sont-plus-des-risques-marginaux-et-le

    Depuis plusieurs années, les compagnies d’assurances alertent : les événements climatiques extrêmes ne sont plus des risques marginaux, mais Ils constituent désormais une donnée structurelle, incontournable, aux impacts systémiques. La hausse continue des sinistres – inondations, incendies, tempêtes – pousse certaines à réduire ou à cesser leurs activités dans les zones les plus vulnérables, comme la Californie ou la Floride. Le secteur bancaire, lui, tarde à prendre la pleine mesure de ce basculement. Si les assureurs encaissent les chocs, les banques pourraient en propager les effets.

  • #chutzpah
    #logique_du_chaudron

    #menteurs_depuis_1948

    Admitting ’errors,’ IDF fires officer over killing of 15 rescue workers in Gaza’s Rafah | The Times of Israel
    https://www.timesofisrael.com/idf-ousts-officer-over-killing-of-15-rescue-workers-in-gazas-rafah

    Probe finds troops did not violate code of ethics but made ‘professional errors’ and breached protocol when they opened fire on ambulances, fire truck and UN vehicle on March 23
    […]
    The commander was also being removed from his role for his “partial and inaccurate” report of the incident during a preliminary investigation, the military said.

    • IDF Probe: Soldiers Shot, Did Not Execute, 15 Gaza Aid Workers Over ’Tangible Threat’
      Yaniv Kubovich | Apr 20, 2025 5:12 pm IDT | Haaretz
      https://www.haaretz.com/israel-news/2025-04-20/ty-article/.premium/idf-probe-soldiers-shot-did-not-execute-15-gaza-aid-workers-over-tangible-threat/00000196-532d-de6e-a597-7ffda6e30000

      The probe concludes that soldiers felt an immediate threat and believed they were firing at Hamas vehicles. According to the army, the soldiers did not identify weapons in the possession of the aid workers, and the shooting of a UN vehicle violated orders

      The IDF released on Sunday its probe into last month’s killing of aid workers in southern Gaza, in which Israeli soldiers shot at a convoy of ambulances and a UN vehicle. The investigation found no evidence “to support claims of execution or that any of the deceased were bound before or after the shooting.”

      The probe was led by Maj. Gen. Yoav Har-Even and found that the soldiers in the field operated in a “reasonable manner relative to the operational situation.”

      The army admitted that some of the soldiers involved in the incident gave false testimonies, leading to errors in the IDF Spokesperson’s Unit initial statement on the matter. Some soldiers initially claimed the vehicles were driving without lights or coordination, that one of them was not an ambulance, that there were 14 fatalities, and that the vehicles were buried a day or two after the incident.

      According to the army’s report, IDF troops were conducting “a vital mission aimed at targeting terrorists” on the night of the incident, March 23, when three separate shooting incidents occurred.
      Following the report, the army decided to dismiss the deputy commander of the Golani Reconnaissance Battalion, “due to his responsibilities as the field commander in this incident and for providing an incomplete and inaccurate report during the debrief.”

      Far-right National Security Minister Itamar Ben-Gvir called the army chief’s decision to dismiss the deputy commander “a grave mistake.”
      "Our combat soldiers, who are sacrificing their lives in Gaza, deserve our full support," he said in a statement Sunday. “I call on the chief of staff to reverse his decision.”

      In the first incident, the troops fired at a vehicle the army says they identified as a Hamas vehicle, killing two people. An interrogator from the battalion spoke with a paramedic who had been detained in that incident and, based on the conversation, determined that they were Hamas operatives. According to the investigation, it was only in the morning that the troops realized there was no connection between the aid workers and Hamas, and the detainee was released.
      About an hour after the first shooting incident, the troops opened fire at suspects emerging from a fire truck and ambulances after “perceiving an immediate and tangible threat.”

      According to the examination, the deputy battalion commander assessed the vehicles as employed by Hamas forces “due to limited visibility at night,” and believed they arrived to assist the passengers from the first shooting incident. Twelve workers were killed in that incident. The report determined that the shooting in these first two incidents resulted from a misunderstanding by the troops, who believed they were in danger.

      The third incident revolves around a shooting at a Palestinian UN vehicle “due to operational errors,” in which one person was killed. While the investigation concluded that the first two incidents occurred “due to a misjudgment of the operational situation by the force,” it was determined that the gunfire in the third incident was carried out in violation of orders.

      The brigade commander decided to destroy the ambulances and bury the bodies in the area. According to the investigation, the decision to gather and cover the bodies was intended to protect them from further harm and to clear the route, not to conceal the incident.

      According to the army, the decision was even coordinated with the UN and international organizations operating in the Strip. Nevertheless, the probe determined that the destruction of the ambulances was a result of poor judgment aimed at preventing the exposure of IDF forces.

      “Removing the bodies was reasonable under the circumstances, but the decision to crush the vehicles was wrong,” the report said.
      The investigation also claimed that the incident stemmed from “operational experience that has repeatedly shown Hamas uses medical personnel for terror, including the use of ambulances to transport militants and weapons.”

      At the same time, the IDF said it “regrets harm to uninvolved individuals” and that “instructions regarding the required caution toward rescue forces and medical workers have been clarified and reinforced.” The findings of the probe will be forwarded to the Military Advocate General for review.

      Earlier this month, The New York Times reported that autopsies of the victims found that most of them died from gunshot wounds to the head or chest. Several of the bodies were missing limbs or other body parts, as the reports reviewed by the Times showed.

      According to the New York Times, the autopsies, conducted by Dr. Ahmad Dhair of the Gaza Health Ministry’s forensic unit, were later analyzed by Dr. Arne Stray-Pedersen, a Norwegian forensic pathologist.
      The Times reviewed the autopsy results for all casualties besides the UN employee. The autopsies indicated that most victims were in uniform at the time of the attack and had clearly identifiable reflective markings.

    • Tsahal limoge un officier commandant les soldats auteurs des tirs mortels sur 15 secouristes à Rafah le 23 mars
      https://fr.timesofisrael.com/tsahal-limoge-un-officier-commandant-les-soldats-auteurs-des-tirs-

      L’enquête conclut que les soldats n’ont pas enfreint le code de déontologie, mais ont commis des « erreurs professionnelles » et enfreint le protocole en ouvrant le feu sur des ambulances, un camion de pompiers et un véhicule de l’ONU

      Par Emanuel Fabian 20 avril 2025, 19:20 | The Times of Israel

    • Secouristes tués à Gaza : Israël assure que ses soldats n’ont pas tiré « à l’aveugle », mais reconnaît « plusieurs manquements » et limoge un gradé
      https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/guerre/secouristes-tues-par-des-tirs-israeliens-a-gaza-israel-reconnait-plusie

      Le 23 mars, des soldats israéliens avaient ouvert le feu sur des équipes de la Défense civile et du Croissant-Rouge, faisant 15 morts. L’armée israélienne assure que six étaient des membres du Hamas, mais « regrette » la mort de civils.
      Article rédigé par franceinfo avec AFP
      France Télévisions | Publié le 20/04/2025 15:39

  • Il ne suffit pas de vouloir une #écologie_antiraciste : le #zéro_déchet, la #colonialité et moi

    On parle souvent des #écologies_décoloniales. On voit moins les #écologies_coloniales interroger leur propre colonialité. C’est ce qu’on va faire ici, en étudiant la colonialité dans le zéro déchet et les écologies de la #sobriété.

    #Colonial n’est pas un compliment. Et si j’étais du mauvais côté ? Si mon #écologie était une de ces écologies coloniales qui s’ignorent ? Plus j’y pense plus c’est crédible, plus je creuse plus ça devient évident. Dans ce billet, je tente de conscientiser la dimension coloniale du #zero_waste et des écologies similaires.

    Pour ça je vais dérouler les implicites du « point de vue zéro déchet » et montrer ce qu’ils ont de problématique. L’idée est de partir du #zéro_gaspillage et d’arriver à la #décolonialité. J’essaie de baliser un parcours qui aide mes camarades écologistes à voir en quoi iels sont concerné⋅es par la #critique_décoloniale, de tracer un chemin que d’autres pourraient emprunter, sans forcément connaître cette pensée en amont.

    Je pars du zéro #gaspillage parce que c’est là où je suis, ce que je connais le mieux, mais la colonialité que je découvre concerne l’écologie de façon beaucoup plus large.

    Des écueils et une méthode

    Mais il y a des écueils. En tant qu’européen blanc issu d’une famille de colons1 je suis mal placé pour comprendre les questions de colonialité et de #racisme. Bénéficier d’avantages dans un système de pouvoir produit de l’#ignorance chez les dominant·es, une incapacité à reconnaître des choses évidentes du point de vue des dominé⋅es2.

    À supposer que je surmonte cet obstacle, je ne suis toujours pas légitime. En abordant ces sujets, je risque d’invisibiliser la voix de personnes plus compétentes que moi et sur qui s’appuie ma réflexion. Même si j’identifie des limites réelles à l’approche zéro gaspillage, je ne suis pas expert en #décolonialité.

    Alors pourquoi parler du sujet ? D’abord parce qu’on n’avancera jamais si j’attends de me sentir à l’aise pour discuter de racisme et de colonialité. Mon écologie est d’une #blanchité aveuglante : étudier sa colonialité est une façon d’adresser une partie du problème. Ensuite, parce que je ne prétends pas produire un discours scientifique ou exhaustif. Je présente un témoignage, un parcours de conscientisation personnel, limité et imparfait.

    Dans les paragraphes qui suivent, j’aborde un à un des aspects du zéro déchet. Pour chaque aspect j’émets une critique, puis je la rattache à une facette de la colonialité. C’est cette dernière qui donne une unité aux défauts présentés ici.

    Un « nous » d’humanité générale

    Préserver « nos #ressources », changer « nos modes de productions », réduire « nos #déchets » : les discours zero waste utilisent régulièrement le possessif « #nos ». Ce n’est pas un usage fréquent, mais il n’est pas anecdotique. On peut même résumer l’approche zéro gaspillage à On peut même résumer l’approche zéro gaspillage à « ne pas faire de nos ressources des déchets3 » (je souligne).

    Mais qui est derrière ces possessifs ? À quel « #nous » renvoient ces expressions ? Je ne crois pas qu’ils ciblent un groupe limité de personnes physiques, des gens qu’on pourrait compter. C’est un « nous » général, qui désigne un ensemble plus abstrait. Selon moi, il englobe toute l’humanité.

    Puisque le zéro déchet pense à l’échelle mondiale, qu’il s’intéresse à l’#intérêt_commun et est anthropocentré, son horizon semble bien être celui de l’#humanité. J’en fais l’expérience dans mes propres textes, quand j’écris « nos besoins », « notre situation » ou « notre planète » dans les articles précédents.

    Un point de vue de nulle part

    Mais les écologistes qui tiennent ces discours en France ne représentent pas toute l’humanité. Ils et elles sont situées sur toute une série de plans : social, économique, géographique… Avec ce « nous », iels endossent un point de vue désitué et désincarné, qui ne correspond à personne. Ce faisant, iels invisibilisent leur propre situation d’énonciation concrète et oublient son impact sur leurs façons d’agir et leur rapport au monde.

    Dans un mouvement inverse, iels invisibilisent la pluralité des voix et la diversité des points de vue au sein des groupes humains. En prétendant que leur voix est universelle, capable d’exprimer celle de « l’humanité », ces écologistes minorent la place des #désaccords, des #conflits et des #hiérarchies entre êtres humains.

    Ce double mouvement n’est possible que pour des personnes habituées à être légitimes, écoutées, à bénéficier d’avantages au sein d’un #système_de_pouvoir. Elles ne perçoivent pas ce que leur position a de singulier et ne s’étonnent pas que leur voix puisse énoncer des normes valables partout. Cette attitude semble correspondre à une facette de la colonialité, qui véhicule un #universalisme, voire un #universalisme_blanc.

    L’illusion d’une #humanité_unie

    Tout se passe comme si l’appartenance à la même espèce créait un lien fort entre les humains, que de ce simple fait, chaque membre de l’espèce avait des intérêts communs ou convergents. De quoi toutes et tous « nous » réunir dans même groupe : l’humanité.

    Les êtres humains auraient collectivement un intérêt commun à maintenir un climat stable et biodiversité abondante. Chacun⋅e aurait une bonne raison, même indirecte ou lointaine, d’agir dans ce sens. Par exemple, si je ne veux pas souffrir d’une chaleur mortelle lors de canicules intenses et fréquentes. Ou si j’ai peur que des guerres pour les ressources en eau, en terres fertiles, en ressources énergétiques ou en métaux adviennent sur mon territoire.

    Mais est-ce vraiment ce qu’on constate ? Partout les #intérêts_divergent, y compris dans des petits groupes. Qui a vraiment les mêmes intérêts que sa famille, ses ami⋅es ou ses collègues ? Plus le collectif est large, moins on trouve d’unité, d’uniformité et d’intérêts partagés. Les liens qu’on y découvre sont faibles, indirects et peu structurants. Chercher des #intérêts_convergents et significatifs à l’échelle de l’humanité semble largement illusoire.

    D’autant que certains ne sont même pas d’accord sur les limites de ce groupe. Qui compte comme un être humain ? Quand certains déshumanisent leurs ennemis en prétendant qu’iels sont des vermines. Que leur génocide n’en est pas un, puisqu’iels ne sont même pas « humains ». Qu’on peut en faire des esclaves, les dominer et les tuer « comme des animaux », puisqu’iels ne sont ne sont pas comme « nous ».

    Une faiblesse militante

    Pour la géographe #Rachele_Borghi, croire que nous somme toustes « dans le même bateau » est un des symptômes de la colonialité (Décolonialité & privilège, p. 110). Et c’est bien de ça qu’il s’agit : les écologies de la sobriété semblent croire que nous partageons la même situation critique, toustes embarqués dans un seul bateau-planète.

    Cette vision explique en partie l’insistance du zéro gaspillage sur la #non-violence et la #coopération. Le mouvement pousse à voir ce qui rapproche les personnes, ce qu’elles ont à gagner en collaborant. Il regarde l’intérêt général, celui qui bénéficie à « tout le monde », sans considération de #race, de #classe, de #genre, et ainsi de suite. Il passe un peu vite ce que chaque groupe a à perdre. Il ignore trop facilement les inimitiés profondes, les conflits irréconciliables et les #rapports_de_force qui traversent les groupes humains.

    Cette attitude constitue une véritable faiblesse militante. Faute d’identifier les tensions et les rapports de force, on risque d’être démuni lorsqu’ils s’imposent face à nous. On est moins capable de les exploiter, de savoir en jouer pour faire avancer ses objectifs. Au contraire, on risque de les subir, en se demandant sincèrement pourquoi les parties prenantes refusent de coopérer.

    Le spectre de l’#accaparement_des_ressources

    Plus profondément, un tel point de vue active un risque d’accaparement des #ressources. Si on pense parler au nom de l’humanité et qu’on croît que tous les êtres humains ont objectivement des intérêts convergents, il n’y a plus de conflits sur les ressources. Où qu’elles soient sur Terre, les #ressources_naturelles sont « nos » ressources, elles « nous » appartiennent collectivement.

    En pensant un objet aussi large que « l’humanité », on évacue la possibilité de conflits de #propriété ou d’#usage sur les ressources naturelles. L’humanité est comme seule face à la planète : ses divisions internes n’ont plus de pertinence. Pour assurer sa survie, l’humanité pioche librement dans les ressources naturelles, qui sont au fond un patrimoine commun, quelque chose qui appartient à tout le monde.

    Dans cette perspective, je peux dire depuis la France que j’ai des droits4 sur la forêt amazonienne au Brésil, car elle produit un air que je respire et abrite d’une biodiversité dont j’ai besoin. Cette forêt n’appartient pas vraiment à celles et ceux qui vivent à proximité, qui y ont des titres de propriété, ou même à l’État brésilien. C’est un actif stratégique pour l’humanité entière, qui « nous » appartient à tous et toutes.

    Sauf que rien ne va là-dedans. À supposer qu’on ait tous et toutes des droits sur certains #biens_communs, ça ne veut pas dire qu’on ait des droits équivalents. La forêt amazonienne m’est peut-être utile, dans un grand calcul mondial très abstrait, mais ce que j’en tire est infime comparé à ce qu’elle apporte à une personne qui vit sur place, à son contact direct et régulier.

    Les ressources naturelles sont ancrées dans des territoires, elles font partie d’écosystèmes qui incluent les humains qui vivent près d’elles. « Tout le monde » n’est pas aussi légitime à discuter et décider de leur avenir. N’importe qui ne peut pas dire que ce sont « ses » ressources, sans jamais avoir été en contact avec.

    Une attitude de colon

    Croire l’inverse, c’est faire preuve d’une arrogance crasse, adopter l’attitude d’un colon, qui arrivant de nulle part dit partout « Ceci est à moi » sur des terrains exploités par d’autres. Il faut une assurance démesurée, un sentiment de légitimité total, pour dire « nos ressources » en parlant de celles qui sont littéralement à autrui.

    Les écologistes qui adoptent ce point de vue ne semblent pas conscient⋅es que leur vision fait écho à des #logiques_prédatrices qui elles aussi, se sont parées de discours positifs et altruistes à leurs époques. Après la mission civilisatrice, la #mission_écologique pourrait prendre le relais. On ne viendrait plus exploiter les richesses des colonies pour l’Europe, mais protéger les ressources naturelles pour l’humanité. Un risque d’autant moins théorique qu’on a déjà évoqué les ambiguïtés et l’utilitarisme du zéro déchet.

    L’#impensé_colonial se manifeste aussi par une absence d’inversion des rôles. On pense le monde comme plein de ressources pour « nous », mais on ne pense jamais « chez soi » comme une ressource pour les autres. Quand on parle de l’épuisement des ressources en sable, on n’imagine pas renoncer aux plages françaises pour satisfaire les besoins d’autres pays qui veulent fabriquer du béton.

    Le « nous » d’humanité générale éclate en morceaux : son caractère fictif devient manifeste. Mis face à une #prédation qui touche à des ressources situées sur notre #territoire, nous, Français⋅es, cessons de considérer que tout est un #bien_commun et que nos intérêts se rejoignent avec ceux du reste du monde. Les crises du climat, de la biodiversité et de l’eau n’ont pas disparues. Mais notre approche ne permet plus d’y pallier.

    Une approche individualiste et dépolitisante

    Un autre défaut de l’approche zéro gaspillage est son aspect individualiste. Le zero waste veut prendre en compte les intérêts de toutes les parties prenantes, mais sa méthode d’action consiste à ne pas consulter les personnes. On s’informe sur ce qui leur arrive, sur leurs conditions de vie et de travail, mais on n’entre pas en contact avec elles. On veut agir pour ces personnes, mais sans devoir leur parler.

    Je vois trois dimensions à cette attitude. D’abord, une telle discussion est matériellement impossible : il y a trop de parties prenantes dans la production mondiale. L’ambition de toutes les prendre en considération est vouée à l’échec. Ensuite, une écologie qui imagine prendre en compte l’intérêt de toute l’humanité n’a pas besoin de parler aux autres. Elle croit pouvoir se projeter dans leurs situations et connaître leurs intérêts. Enfin, un certain mépris de classe n’est pas à exclure. On n’a pas envie de parler à celles et ceux qu’on estime inférieur⋅es : les fréquenter rend visible la #domination et les #injustices dont on profite.

    Depuis ma situation individuelle, je tente d’agir pour les autres, mais sans construire de liens explicites, de relations bidirectionnelles. C’est tout l’inverse d’une approche collective et politique. Certes, la matière et le cycle de vie des objets créent un lien invisible entre les personnes, mais il en faut plus pour créer des solidarités concrètes – pas juste des relations économiques entre clients et fournisseurs.

    Alors que le zéro gaspillage est un projet politique, dont le concept central est intrinsèquement politique, j’ai l’impression qu’il a du mal à dépasser une approche individuelle, à construire de l’#action_collective et des #solidarités. Il reste en ça prisonnier d’une époque néolibérale où les modèles mentaux partent de l’individu, parfois y restent, et souvent y retournent.

    Un risque de #paternalisme

    L’approche zéro gaspillage comporte aussi un risque de paternalisme (https://plato.stanford.edu/entries/paternalism). Si on définit l’intérêt d’autrui sans échanger avec lui, sans écouter sa voix et ses revendications explicites, on va décider seul de ce qui est bon pour lui, de ce qui correspond à ses besoins. On va considérer comme dans son intérêt » des choix que la personne rejetterait, et rejeter des choix qu’elle jugerait positifs pour elle. C’est précisément ce qu’on appelle du paternalisme : agir « dans l’intérêt » d’une personne, contre la volonté explicite de cette personne elle-même.

    Pensez aux travailleurs et travailleuses de la décharge de déchets électroniques d’Agbogbloshie au Ghana (https://fr.wikipedia.org/wiki/Agbogbloshie), qui sont interviewés dans le documentaire Welcom to Sodom (https://www.welcome-to-sodom.com). Iels expliquent que travailler là est là meilleure situation qu’iels ont trouvé, que c’est pire ailleurs : pas sûr qu’iels soient enthousiastes à l’idée d’une réduction globale des déchets. Certes, leur environnement serait moins pollué, leur santé moins en danger, etc. mais leur source de revenu disparaîtrait. Une écologie qui minore les désaccords, la diversité des points de vue et les conflits possibles montre encore une fois ses limites.

    Ce risque de paternalisme rejoint la question de la colonialité. Les Européens et les Européennes ont une longue tradition de hiérarchisation des races, qui met les blancs en haut et les personnes colonisées non-blanches en bas. Les personnes qu’on envahit, domine et tue sont présentées comme incapables de savoir ce qui est bon pour elles. Mais le colonisateur « sait ». Il est prêt à « se sacrifier » pour l’intérêt de ces peuples, qui « ne lui rendent pourtant pas ». Un tel point de vue s’exprime notoirement dans le poème raciste et colonialiste de l’écrivain Rudyard Kipling, Le fardeau de l’homme blanc (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fardeau_de_l%27homme_blanc).

    Mais n’est-ce pas quelque chose de similaire qu’on entend, quand j’écris dans l’article précédent (https://blog.whoz.me/zerowaste/le-point-de-vue-zero-dechet) que le zéro gaspillage consiste à mettre son intérêt direct en retrait, au profit de celui d’une personne plus loin dans la chaîne de production ? Le mépris s’est (peut-être) effacé, mais le discours sur le sacrifice altruiste est toujours là.

    Une position centrale qui interroge

    Avec la sobriété, les écologistes occidentaux trouvent une narration qui leur donne une place centrale, positive et active dans la lutte contre les injustices climatiques. Ce sont elles et eux qui proposent d’engager les sociétés contemporaines vers un #futur_désirable. Iels produisent des idées et expérimentent des pratiques qu’iels appellent à devenir la norme (#réemploi, #réparation, etc.). À la fois innovantes, précurseures, bienveillantes, ces personnes n’ont presque rien à se reprocher et plus de raison de se sentir coupables.

    Mais on devrait interroger une #narration qui vous donne la meilleure place, légitime vos choix et vos actions, sans jamais leur trouver d’aspects négatifs. Un tel #discours semble trop parfaitement bénéficier à celui ou celle qui s’y retrouve pour ne pas éveiller un soupçon.

    Je peine à ne pas voir dans la sobriété une sorte de version non-interventionniste du « #sauveur_blanc 5 ». Au lieu de prendre l’avion pour aller « aider » des enfants pauvres dans un pays du Sud, on « agit » à distance, par des effets indirects, incertains, et à moyen terme.

    On s’épargne l’aspect grossièrement raciste et paternaliste d’un « #tourisme_humanitaire » qui intervient sur place, perturbe les dynamiques locales, et laisse les conséquences à gérer à d’autres. Mais cet horizon d’agir de chez soi pour les dominés me semble prolonger des logiques similaires. On passe au sauveur « sans contact », qui sauve par un ruissellement de sobriété.

    On reste dans l’idée de porter secours aux « victimes » d’un système… dont on est l’un des principaux bénéficiaires. Un système construit par son pays, ses institutions, voire ses ancêtres… Et qui nous fabrique par notre éducation et nos socialisations.

    Des logiques d’#appropriation

    D’autant que les écologistes de la sobriété font preuve d’attitudes questionnables, qui tranchent avec leurs postures altruistes. Si j’ai les moyens d’acheter neuf, mais que je choisis l’occasion, je fais une excellente affaire, bien au-delà de l’intention écologique. On peut voir ça comme une façon pour un riche de récupérer des ressources peu chères, qui auraient sinon bénéficié à d’autres catégories sociales.

    En glanant Emmaüs et les #recycleries solidaires, les riches écolos s’introduisent dans des espaces qui ne leur étaient pas destinés au départ. Leur pouvoir économique peut même déstabiliser les dynamiques en place. Emmaüs s’alarme de la baisse de qualité des dons reçus, les objets de valeur étant détournés par des nouveaux #circuits_d’occasion orientés vers le profit ou la #spéculation (#Vinted, néo-friperies « #vintage », etc.).

    Par ailleurs, la façon dont les écologistes de la sobriété se réapproprient des pratiques antérieures questionne. Éviter le gaspillage, emprunter plutôt qu’acheter, composter, réparer, consigner : ces pratiques n’ont pas été inventées par le zéro déchet. L’approche zero waste leur donne surtout une nouvelle justification, une cohérence d’ensemble, et les repositionne au sein de la société.

    Des pratiques anciennement ringardes, honteuses, ou marginales deviennent soudainement à la mode, valorisées, et centrales quand des privilégié·es s’en emparent. L’histoire de ces usages est effacée, et les écolos les récupèrent comme marqueurs de leur groupe social. Une logique qui rappelle celle de l’#appropriation_culturelle, quand un groupe dominant récupère des éléments d’une culture infériorisée, les vide de leur signification initiale et en tire des bénéfices au détriment du groupe infériorisé.

    Une vision très abstraite

    Ma dernière critique porte sur le caractère très abstrait du zéro gaspillage. Les concepts centraux du mouvement présentent un fort niveau d’#abstraction. J’ai détaillé le cas du « gaspillage », mais on peut aussi évoquer les idées de « ressource » ou de « matière ».

    Une « #ressource » n’est pas vraiment une réalité concrète : le mot désigne la chose prise comme moyen d’un objectif, intégrée à un calcul utilitaire qui en fait une variable, un élément abstrait. La « #matière » elle-même relève d’une abstraction. Ce n’est pas un composé précis (de l’aluminium, de l’argile, etc.), mais la matière « en général », détachée de toutes les caractéristiques qui permettent d’identifier de quoi on parle exactement.

    Les dimensions géopolitiques, économiques et sociales liées à une « ressource » naturelle particulière, ancrée dans un territoire, sont impensées. Paradoxalement le zéro déchet insiste sur la matérialité du monde via des concepts qui mettent à distance le réel concret, la matière unique et spécifique.

    Le zéro déchet mobilise aussi ce que lea philosophe non-binaire #Timothy_Morton appelle des #hyperobjets : « l’humanité », la « planète », le « climat », les « générations futures »… Ces objets s’inscrivent dans un espace gigantesque et une temporalité qui dépasse la vie humaine. Ils sont impossibles à voir ou toucher. Quand on parle de « l’humanité » ou de « la planète », on cible des choses trop grosses pour être appréhendées par l’esprit humain. Ce sont des outils intellectuels inefficaces pour agir, qui mènent à une impasse politique.

    Cette fois-ci, le lien à la colonialité m’apparaît mois clairement. Je saisis qu’il y a un lien entre ces abstractions et la modernité intellectuelle, et que la #modernité est intimement liée à la colonisation. J’ai déjà parlé de la dimension calculatoire, optimisatrice et utilitariste du zéro déchet, mais la connexion précise avec la colonialité m’échappe6.

    Balayer devant sa porte

    Bien sûr, tout ce que je dis dans ce billet vaut aussi pour mon travail et les articles précédents. Mes critiques concernent autant le zéro déchet en général que la manière spécifique que j’ai de l’aborder. La colonialité que je reconnais dans le zero waste ne m’est pas extérieure.

    Et encore, ma position sociale et raciale font que je passe forcément à côté de certaines choses. Je sais que mes textes sont marqués de colonialité et de blanchité, par des aspects que je ne perçois pas, ou mal.

    Alors que la blanchité de l’écologie est le point de départ de ma réflexion, j’ai échoué à penser directement le lien entre suprématie blanche et sobriété. Cette réflexion sur la colonialité pourrait n’être qu’un détour, un moyen de ne pas aborder le problème, en en traitant un autre.

    Dans l’impasse

    Le système économique que le zéro gaspillage nous fait voir comme absurde a une histoire. Il est l’héritier de la colonisation du monde par l’Europe depuis le 15e siècle. Il naît d’un processus violent, d’exploitation et de #dépossession de personnes non-blanches par les européens. Son racisme n’est pas un aspect extérieur ou anecdotique.

    Une écologie qui veut sérieusement remettre en cause ce système ne peut pas être composée que de personnes blanches. Au-delà de ses « bonnes » intentions7, une #écologie_blanche est condamnée à reproduire des logiques de domination raciale et coloniale. En ne prenant pas en compte ces dominations, elle prolonge les façons de faire et de penser qui ont conduit à la crise climatique.

    Mais il ne suffit pas de vouloir une écologie décoloniale et antiraciste : il faut comprendre le problème avec l’écologie qui ne l’est pas. C’est ce j’ai tenté de faire dans cet article, malgré ma compréhension limitée de ces sujets. Le risque d’être imprécis, insuffisant, ou même erroné m’a semblé plus faible que celui ne pas en parler, ne pas ouvrir la discussion.

    Et pour qu’elle continue, je vous invite à vous intéresser à celles et ceux qui m’ont permis de recoller les morceaux du puzzle, de reconnaître un motif colonial dans le zéro gaspillage. Ils et elles ne parlent jamais de zéro déchet, rarement d’écologie, mais sans leurs apports, cet article n’existerait pas.

    En podcast

    Kiffe ta race (Rokhaya Diallo, Grace Ly)
    Le Paris noir (Kévi Donat)
    Code Noir (Vincent Hazard)
    Des Colonisations (Groupe de recherche sur les ordres coloniaux)
    Décolonial Voyage (Souroure)
    Décoloniser la ville (Chahut media)
    Isolation termique (Coordination Action Autonome Noire)
    Je ne suis pas raciste, mais (Donia Ismail)

    En livre & articles

    L’ignorance blanche (Charles W. Mills)
    Décolonialité & Privilège (Rachele Borghi)
    Amours silenciées (Christelle Murhula)
    La charge raciale (Douce Dibondo)
    La domination blanche (Solène Brun, Claire Cosquer)
    Le racisme est un problème de blancs (Reni Eddo-Lodge)
    Mécanique du privilège blanc (Estelle Depris)
    Voracisme (Nicolas Kayser-Bril)

    En vidéo

    Histoires crépues

    Notes

    Mes grands-parents et mon père naissent dans le Protectorat français de Tunisie. Ma famille quitte la Tunisie six ans après l’indépendance, lors de la crise de Bizerte. ↩︎
    J’hérite de cette idée générale de sa version spécifique proposée par Charles W. Mills dans son article L’ignorance blanche. ↩︎
    On retrouve cette idée dans Recyclage, le grand enfumage en 2020, même si la formulation de Flore Berligen (p. 15) est plus subtile. À l’inverse, cet article de 2015 reprend littéralement la formule. ↩︎
    Pas au sens de « droit » reconnu par un État ou une structure supra-nationale. C’est un droit au sens de revendication légitime, qui possède une valeur impersonnelle et qui mérite d’être prise en compte par tous et toutes, indépendamment de qui formule cette revendication. C’est un usage du mot « droit » qu’on retrouve en philosophie. ↩︎
    Toutes les personnes qui font du zéro déchet et prônent la sobriété ne sont évidemment pas blanches. Mais vu la quantité de blancs et de blanches dans le mouvement, on ne peut pas faire abstraction de cette dimension pour réfléchir à cette écologie. ↩︎
    Ma copine me souffle que le lien est simple : tout notre système intellectuel (politique, épistémologique, etc.) est produit par des colonisateurs. Il accompagne et légitime la colonisation. Même si je suis d’accord, c’est trop long à détailler à ce stade de l’article. ↩︎
    N’oubliez pas : le racisme n’est jamais une question d’intention. Ce sont les effets concrets et la domination qui constituent un acte comme raciste, pas l’intention de la personne qui le commet. ↩︎

    https://blog.whoz.me/zerowaste/il-ne-suffit-pas-de-vouloir-une-ecologie-antiraciste-le-zero-dechet-la-col
    #dépolitisation #individualisme #innovations #second_hand

  • Après la condamnation de Marine Le Pen : Méfions-nous du bon sens qui arrive près de chez nous
    https://www.nouvelobs.com/politique/20250401.OBS102202/mefions-nous-du-bon-sens-qui-arrive-pres-de-chez-nous.html

    Excellent comme toujours Xavier de La Porte

    A l’occasion de la condamnation de Marine Le Pen à une inéligibilité de cinq ans, on entend des réactions qui cachent une logique folle.

    Quelques jours avant la présidentielle américaine, le podcasteur d’extrême droite Joe Rogan reçoit le candidat républicain Donald Trump. Comme deux vieux copains, ils discutent à bâtons rompus (c’est ça, le « Rogan style »). L’animateur fustige le militantisme des journalistes américains et donne un exemple : lors du seul débat télévisé ayant opposé Trump à la candidate démocrate Kamala Harris, un système de fact checking avait été mis en place par la chaîne hôtesse (ABC News) et devinez quoi ? N’ont été corrigées que des déclarations du candidat républicain, jamais de son adversaire ! C’est bien la preuve du parti pris de tous ces médias militants et corrompus, ajoute Rogan, tendant ainsi la perche à Trump pour un plaidoyer victimaire.

    Le raisonnement est presque drôle : n’est jamais évoquée la possibilité que Trump ait été le seul à prononcer des propos si grossièrement erronés qu’ils soient corrigibles en quelques secondes. On se dit qu’il faut vraiment avoir perdu tout sens commun pour se faire prendre par ce retournement grossier et ne pas se demander : si Trump est autant corrigé, c’est peut-être que Kamala Harris ment moins… Eh bien, manifestement, suffisamment de gens ont la tête à l’envers pour accepter ces torsions (car il s’agit là d’un exemple parmi mille autres)…

    Mais ce sont les Etats-Unis. Un pays dont la rationalité politique n’a jamais été le fort (souvenons-nous, par exemple, de l’élection de George W. Bush…). Un truc comme ça ne pourrait pas arriver en France. Nous avons nos défauts, certes, mais au pays de Descartes, nous savons raisonner, jusqu’en politique.

    Et puis, à l’occasion d’une grève qui touche la radio de service public (pour cause d’un mouvement social préoccupé par la création d’une holding chapeautant Radio France, France Télévisions et l’INA), nous voici écoutant la matinale d’Europe 1, chaîne du groupe Bolloré, avant-garde de l’extrême droitisation du paysage médiatique français. Au milieu de flashs info qui rabâchent la pugnacité de Marine Le Pen suite à sa condamnation, ainsi que les réactions outrées du monde entier à cette même condamnation, Alexis Brezet, directeur des rédactions du « Figaro », fait sa chronique. Voici en substance ce qu’il explique : la décision des juges de rendre « provisoire » l’inéligibilité de la figure de proue du RN – ce qui l’empêche, à moins d’une autre décision contradictoire en appel, de se présenter à la présidentielle de 2027 – est un problème démocratique. Et d’ailleurs, poursuit le journaliste, à force de constater que, dans l’histoire récente, ce type de décisions touche principalement des élus de droite (Nicolas Sarkozy, François Fillon…), les Français vont devoir se rendre à l’évidence : la justice s’acharne toujours sur les mêmes, la justice est politique (= de gauche).

    En entendant cela, on se dit : suis-je le seul à entendre qu’il y a une petite faille dans le raisonnement ? Et si – mais l’hypothèse est peut-être trop audacieuse –, la droite et l’extrême droite française étaient, dans l’histoire récente, plus enclines aux malversations ? Est-ce si inenvisageable ?

    Et puis, on reconnaît la torsion : exactement la même que celle de Trump et Joe Rogan. Une manière de dire les choses qui a l’apparence du bon sens, mais consiste à le renverser pour consolider une vision du monde, au détriment de toute forme de contradiction par les faits. Scientifiquement, on appelle cela un « biais de confirmation », mais c’est, depuis toujours, la logique propre à la folie : si je pense être Napoléon à Sainte-Hélène, les infirmiers qui s’occupent de moi deviennent des soldats anglais. C’est logique. Et c’est implacable.

    L’étrangeté de la période consiste en une conversion de tout un tas de gens qu’on pensait certes engagés politiquement, mais raisonnables, à ce type de raisonnement. Et un vieux souvenir remonte : dans « Rhinocéros » de Ionesco, une pièce relue ces temps-ci parce qu’elle raconte, allégoriquement, la conversion progressive d’une population au fascisme, un des personnages principaux est « le logicien ». L’écrivain avait sans doute compris qu’on remporte une victoire quand la logique ne sert plus la raison.

    Par Xavier de La Porte

    #Xavier_de_La_Porte #Justice #Marine_LePen #Logique_malsaine

  • « Le gouvernement de Trump, même s’il est organisé à la manière d’une cour impériale, est un gouvernement révolutionnaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/28/le-gouvernement-de-trump-meme-s-il-est-organise-a-la-maniere-d-une-cour-impe

    « Si Mao, père de la terrible Révolution culturelle chinoise, et Trump ont peu de choses en commun sur le plan de l’idéologie, de la géographie ou de la coiffure, écrit Orville Schell, un des plus grands sinologues américains, ils peuvent tous deux être considérés comme des agents de l’insurrection. » La Révolution culturelle de Mao Zedong [lancée en 1966] était un ambitieux projet de rupture avec le passé, mais c’était aussi le règlement de comptes personnel d’un vieil homme parvenu à la fin de ses jours. Une fois le décor planté et la révolution lancée, elle a mené sa propre vie, engendrant des conséquences inattendues, que même les plus brillants stratèges n’auraient pas pu anticiper.

    Il en ira très probablement de même de l’insurrection trumpienne. Mais pour bien comprendre l’Amérique d’aujourd’hui, il faut avant tout comprendre que le gouvernement au pouvoir, même s’il est organisé à la manière d’une cour impériale, est un gouvernement révolutionnaire.

    Il fallait une personne comme l’actuel président des Etats-Unis pour rejeter toute possibilité de politique basée sur des valeurs communes, des intérêts partagés ou une solution gagnant-gagnant. Pour Mao, la politique était une guerre de classes ; pour Trump, c’est un #transactionnalisme à somme nulle. Les Etats naissent inégaux et, comme le formula l’historien grec Thucydide [au Ve siècle avant notre ère], « le fort fait ce qu’il peut faire et le faible subit ce qu’il doit subir ». Trump, note pour sa part Vladimir Poutine, « ne se contente pas de dire ce qu’il pense, il dit ce qu’il veut ». Dans pareil contexte, les Européens perdent un temps précieux à se demander à quoi ressemblera le plan de Trump pour l’Ukraine et à se plaindre de ne pas être assis à la table des négociations.

    Réalignement des civilisations

    Les révolutions n’ont jamais de programme détaillé. On ne sait pas précisément ce que Trump compte obtenir de ses négociations avec Poutine. Un point est en revanche très clair : le président américain entend accomplir de grandes choses, et il entend les accomplir vite, très vite.

    La Conférence de Munich sur la sécurité a mis un terme au débat ouvert au Forum de Davos [qui s’est tenu fin janvier] autour de cette question : faut-il prendre Trump au sérieux (donc pas au pied de la lettre) ou au pied de la lettre (donc pas au sérieux) ? Nous voilà désormais fixés : il faut le prendre à la fois au sérieux et au pied de la lettre. Le président américain pense réellement ce qu’il dit. Lorsqu’il parle d’une prise de contrôle du Groenland ou du canal de Panama, il n’envoie pas des signaux, il dit son intention. Il est convaincu que l’intérêt stratégique des Etats-Unis est de faire du Canada le cinquante et unième Etat américain. Il pense fermement pouvoir nouer un partenariat stratégique avec Moscou et, comme il le dit depuis son premier mandat, en être empêché par « l’Etat profond » américain. Nous ignorons pour l’instant si Trump est réellement prêt à quitter l’OTAN. Nous savons en revanche avec certitude que l’OTAN n’est pour lui qu’une autre facette de cet « Etat profond » qui essaie de lui lier les mains.

    Ce que Trump propose à Poutine, c’est non seulement la perspective de mettre fin à la guerre en Ukraine selon les conditions de Moscou, mais aussi la mise en place de grandes négociations pour réorganiser le monde, à l’instar de celles entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev [dans les années 1980] qui ont mis fin à la guerre froide. Tout cela implique très certainement une réduction de la présence américaine en Europe, mais aussi la nécessité d’une coopération russo-américaine au Moyen-Orient et en Arctique. Trump promet à Poutine – promesse à prendre au pied de la lettre – que, demain, les sanctions seront levées, la Russie sera réintégrée à l’économie mondiale et Moscou retrouvera son statut de grande puissance, perdu au cours des humiliantes années 1990. Il espère ainsi convaincre la Russie de rompre son alliance avec la Chine et de se tourner vers les Etats-Unis.

    Les relations des Américains avec Poutine se trouvent au cœur de la grande stratégie trumpienne de réalignement des civilisations. Dans le brillant livre To Run the World [« Diriger le monde », 2024, non traduit], qui retrace l’histoire de la guerre froide, Sergey Radchenko développe la #logique_raciale qui a poussé les Soviétiques à accepter de s’engager, dans les années 1970, dans une diplomatie de la détente avec le monde capitaliste. Pour expliquer sa décision de passer un accord avec les Américains, le chef soviétique Leonid Brejnev a déclaré à ses camarades : « Le président Nixon a dit un jour : “Vous pouvez nous détruire sept fois, et nous pouvons vous détruire sept fois.” Je lui ai répondu qu’après cela, les Blancs auront disparu, et qu’il ne resterait que les Noirs et les Jaunes. » Trump espère ardemment que Poutine sera prêt à adopter la logique de Brejnev.

    La montée du nationalisme européen

    Que signifie la révolution trumpienne pour l’Europe ? Comme l’a judicieusement observé le politologue américain Hal Brands au lendemain du fiasco de Munich, « l’Europe est en train de devenir un acteur mineur aux yeux du monde ». Elle est victime de sa propre prévisibilité et de son manque d’imagination politique. Les deux réunions de dirigeants européens organisées à Paris, censées montrer la force et la détermination du continent, n’ont fait qu’étaler son actuelle faiblesse. Certains dirigeants européens, comme le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le premier ministre slovaque, Robert Fico, ne sont pas venus. D’autres en sont repartis déçus.

    En vérité, à l’heure actuelle, l’Europe ne peut pas donner les garanties sécuritaires nécessaires à l’Ukraine sans le soutien des Américains. Trump a parfaitement conscience de la faiblesse des Européens et il traitera leurs élites de la même façon qu’il a traité l’establishment républicain qui a tenté de se distancier de lui après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 : il va les punir et les humilier. Le discours de J. D. Vance à Munich en est une démonstration exemplaire. En déclarant à la veille des élections allemandes son soutien au parti d’extrême droite Alliance pour l’Allemagne (AfD), le vice-président américain a clairement fait entendre que Washington était prêt à semer le chaos en Europe si elle n’emboîtait pas le pas aux Etats-Unis. Dans le monde de Trump, il n’y a pas d’alliés, il n’y a que des amis personnels, des ennemis personnels, et le #déficit_commercial américain. Comme l’a dit un jour Mao : « Qui sont nos amis ? Qui sont nos ennemis ? C’est là la principale question de la révolution. »

    Que peut faire l’#Europe ? L’Europe n’est pas en mesure de garantir, à la place des Etats-Unis, la souveraineté de l’Ukraine. Ses capacités militaires sont médiocres, et il faudra du temps pour redresser la barre. Sur le plan politique, l’Europe est fragmentée. Elle est vulnérable aux trolls de Poutine et aux messages sur X d[’Elon] Musk. Tout ce qu’elle peut faire, c’est donc tenir, et elle est suffisamment résiliente pour cela, en attendant le moment où la révolution trumpienne sera vaincue par les forces mêmes qu’elle a déchaînées.

    La stratégie révolutionnaire de #Trump est audacieuse, mais risquée. Poutine rompra-t-il vraiment ses liens avec la Chine, sachant que Trump n’est à la Maison Blanche que pour un temps ? L’économie mondiale s’accommodera-t-elle des droits de douane de Trump ? Et les électeurs américains avaleront-ils la pilule de l’inflation qui devrait enfler à vitesse grand V ? Le problème avec une révolution, c’est qu’au mieux son chef la dirige, mais il ne la contrôle jamais.

    Paradoxalement, le plus grand espoir de l’#Europe pour résister aux pressions actuelles est à chercher du côté de la montée du #nationalisme européen anti-Trump. Elle est déjà perceptible dans la réaction allemande au discours de Vance et dans la volonté du probable futur chancelier, Friedrich Merz, de mettre en place une défense européenne autonome. Une montée également perceptible dans la réaction des Danois au rêve trumpien d’annexer le Groenland. Et dans les discours furieux du gouvernement canadien.

    L’Union européenne est née de la volonté de se prémunir contre les nationalismes européens. Comble de l’ironie, son meilleur atout pour survivre aujourd’hui à la tempête Trump semble être la mobilisation de ces mêmes nationalismes européens.

    Traduit de l’anglais par Valentine Morizot

    Ivan Krastev est président du Centre pour les stratégies libérales, à Sofia, et membre de l’Institut autrichien des sciences humaines, à Vienne. Il a notamment publié « Le Destin de l’Europe » (Premier Parallèle, 2017) et, avec Stephen Holmes, « Le Moment illibéral » (Fayard, 2019).

    #racisme

    • "La révolution trumpienne sera vaincue par les forces mêmes qu’elle a déchaînées" (?)

      « L’absurdité des obsessions de Trump illustrée par une histoire d’œufs »
      CHRONIQUE Philippe Escande
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/28/l-absurdite-des-obsessions-de-trump-illustree-par-une-histoire-d-ufs_6569078

      Ce week-end s’ouvre la période des carnavals. Dans certains, on se lance encore des œufs, symbole du passage vers le jeûne du carême. C’est en direction de leur président, Donald Trump, que beaucoup d’Américains aimeraient en jeter quelques-uns, en signe de mécontentement.

      Mais ils ne le feront pas, ils sont bien trop chers ! Leur prix a été multiplié par plus de 2,5 en un an, jusqu’à 12 dollars (11,50 euros) la douzaine et ils sont devenus, pour l’Américain moyen, le symbole de l’#inflation qui ravage son pouvoir d’achat.
      En cause, une épidémie de #grippe_aviaire qui n’en finit pas de décimer les élevages américains et les a conduits à sacrifier déjà plus de 160 millions de volailles. En catastrophe, le département de l’agriculture a annoncé un nouveau plan d’aide de 1 milliard de dollars, après 2 milliards investis depuis 2022. Cette affaire d’œufs, aliment sacré du brunch, illustre l’absurdité des positions extrémistes du nouveau pouvoir sur ses deux obsessions du moment : la fermeture des frontières et la déréglementation.

      La sécurité alimentaire est aussi celle des importations

      Le département de l’agriculture a indiqué qu’une centaine de millions d’#œufs supplémentaires seraient importés en mars. N’en déplaise aux absolutistes de la souveraineté nationale, la sécurité alimentaire consiste aussi à sécuriser des importations plutôt qu’à les combattre. Surtout quand une contagion ravage tout le territoire. Monde à l’envers, c’est la Turquie qui va imposer des taxes à l’exportation face à la demande américaine.

      Cette affaire démontre aussi magistralement que le rêve d’un Etat sans règles ni fonctionnaires peut tourner au cauchemar. La tronçonneuse du département de l’efficacité gouvernementale, conduit par Elon Musk, a déjà entamé les effectifs de vétérinaires et d’inspecteurs du département de l’agriculture dont on a tant besoin aujourd’hui.

      Selon le New York Times, des milliers d’emplois y ont déjà été supprimés, notamment dans les services d’inspection des plantes et des animaux pour surveiller les infestations. [et blablablo]Les lois et les règles sont parfois étouffantes et liberticides, mais elles ont été créées pour permettre aux hommes de vivre en société. D’où le défoulement bref du carnaval. Celui de Donald Trump durera malheureusement plus que quelques jours.

    • « Le légendaire investisseur américain Warren Buffett renvoie Donald Trump à ses responsabilités économiques de base : garder le dollar stable », Isabelle Chaperon
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/24/le-legendaire-investisseur-americain-warren-buffett-renvoie-donald-trump-a-s

      Un homme de 94 ans peut se permettre de donner quelques conseils à un « jeunot » de 78 ans, même si ce dernier est président des Etats-Unis. Le légendaire investisseur américain Warren Buffett a profité de la lettre annuelle à ses actionnaires, publiée samedi 22 février, pour renvoyer Donald Trump à ses responsabilités économiques de base : garder le dollar stable.

      Evidemment, au-delà de son âge canonique, le patron de Berkshire Hathaway a quelques arguments à faire valoir pour être écouté. En 1956, il rachetait une entreprise de textile mal en point qui n’avait pas payé d’impôts depuis dix ans, rappelle-t-il : depuis, sa holding a versé plus de 101 milliards de dollars (96 milliards d’euros) au Trésor américain (dont quasi 27 milliards de dollars en 2024), « bien plus que n’importe quelle entreprise américaine, y compris les titans de la tech ».
      Cet argent – et les futures contributions de Berkshire –, dépense-le « avec sagesse », enjoint-il dès lors à « Oncle Sam », alias « Oncle Donald ». Prends soin des gens qui ont eu la malchance de « tirer la courte paille » dans la vie, ajoute le donateur démocrate, « ils le méritent ». Et surtout, poursuit-il, « n’oublie jamais que nous avons besoin que tu maintiennes une devise stable et que ce résultat requiert à la fois de la sagesse et de la vigilance de ta part ».

      Hypothèse d’une #dévaluation massive du dollar

      Ce message, assorti d’un appel à se méfier de la monnaie papier, dont la valeur peut s’évaporer si la « folie fiscale prévaut », ressemble bien à une mise en garde face au risque d’un retour de flamme inflationniste, nourri notamment par une éventuelle prolongation des baisses d’impôts par la nouvelle administration. Une inquiétude qui se manifeste à la fois chez les chefs d’entreprise et les consommateurs américains, selon les derniers baromètres publiés.
      Mais difficile de ne pas y voir également une allusion à l’hypothèse, qui bruisse à Wall Street, d’une dévaluation massive du #dollar orchestrée par Donald Trump, histoire de faire baisser la valeur de l’énorme #dette_américaine détenue hors des Etats-Unis. Sous le nom de code « accord de Mar a Lago », ce scénario de fiction consiste à faire pression sur le reste du monde, à coups de menaces sur les droits de douane ou la sécurité, afin d’obtenir une appréciation de l’euro ou du yuan. Le vieux sage d’Omaha (Nebraska) est là pour rappeler que les entreprises américaines ont surtout besoin de stabilité. De savoir que, dans le film Fantasia (1940), des Studios Disney, l’apprenti sorcier, c’était Mickey et non Donald, ne rassurera personne.

  • Les #marchés_financiers : une #illusion de pouvoir

    Alors que la #France débat de son #budget, le discours reste centré sur la #dette et le #déficit publics, et sur l’#influence supposée des marchés financiers. Cette approche conforte un cadre budgétaire contraint qui pénalise la population, tout en entretenant le #mythe d’un pouvoir des marchés sur l’#économie. Cet article vise à montrer que cette domination des marchés n’est en réalité qu’une illusion.

    Introduction

    Alors que la France traverse une période cruciale de discussions budgétaires, le débat se concentre encore une fois autour du déficit et de la dette publics. En arrière-plan, les marchés financiers apparaissent comme des arbitres incontournables, qu’il faudrait apaiser pour éviter une hausse des taux d’intérêt. Cette vision, qui exagère le pouvoir des marchés sur notre économie, repose en grande partie sur des #choix_politiques issus de l’#idéologie_néolibérale et imposés par les #règles strictes de l’Eurozone, celles du #traité_de_Lisbonne. Ce carcan budgétaire auto-imposé enferme les États membres dans une #logique_financière qui empêche une gestion budgétaire pleinement orientée vers le #bien-être des populations.

    Les milliards d’euros versés chaque année en #intérêts ne font qu’alimenter des investisseurs privilégiés, et cette situation découle de décisions politiques, non de nécessités économiques. Cet article vise à déconstruire les mythes entourant la #dette_publique et le rôle prétendu des marchés financiers en montrant que leur pouvoir n’est qu’une illusion bien entretenue et que les contraintes financières de l’Eurozone sont d’abord politiques.

    Les limites à la dépense publique ne sont pas financières

    Il est tout d’abord utile de rappeler que, selon l’analyse de la #Théorie_Monétaire_Moderne (#MMT), un État qui dispose du monopole de création de sa devise, en régime de #taux_de_change_flottant, ne peut faire #faillite dans sa propre devise, à moins de le vouloir. Les limites à sa #dépense_publique ne sont donc pas financières, mais liées à la disponibilité des #ressources_réelles, qu’il s’agisse des ressources technologiques, des ressources naturelles, ainsi que de la force de travail.

    Les États membres de l’Eurozone sont toutefois un cas particulier, puisqu’ils fonctionnent dans un cadre contenant des limites financières, en réalité auto-imposées, que sont les ratios de 3 % sur le PIB du déficit public et de 60 % de la dette publique. Ces limites représentent donc des contraintes concernant la #politique_budgétaire des États, les empêchant de réaliser le déficit nécessaire pour atteindre le #plein_emploi.

    Dans ces conditions, et dans la mesure où le compte des Trésors nationaux ouvert à la #BCE doit disposer d’un solde en permanence positif, les États-membres doivent obtenir des #recettes_fiscales et émettre des #titres_d’État, ce qui, en raison de l’absence de garantie par la BCE, les rend dépendants des marchés financiers et exposés au risque du défaut. Cette situation souligne la nécessité d’une réévaluation des règles budgétaires au sein de l’Eurozone, afin de permettre à ces États de disposer de leur plein potentiel économique.

    La dette publique n’est pas un fardeau, mais une richesse

    Comme le montre l’identité comptable vérifiable dans tous les pays, la dette publique équivaut à la devise nationale créée par la dépense publique et non encore utilisée par le secteur privé pour payer les impôts. Elle représente, au centime près, la richesse financière nette des agents du secteur privé1. Il en découle que la dette publique n’est pas composée des seuls titres d’État. Elle englobe l’ensemble des passifs de l’État, à savoir le cash, les réserves bancaires et les titres d’État. Cette définition est partagée par les banques centrales, y compris la BCE selon le #traité_de_Maastricht. Il est important de souligner que l’émission de #titres_d’État ne crée pas de nouvelle devise, mais change simplement la forme de la devise, passant de « #réserves » à « #titres », tout comme on transfère un montant d’un compte courant non rémunéré vers un compte de dépôt rémunéré2.

    La dette publique (stock) est la somme des déficits annuels (flux). Dette et déficit sont donc étroitement liés, et ainsi, lorsque l’État cherche à réduire son déficit en augmentant les #taxes ou en réduisant ses #dépenses, cela diminue l’épargne du secteur privé. Dit autrement, lorsque l’État retire plus de devise nationale par les taxes qu’il n’en crée par la dépense, cela provoque de l’#austérité.

    Les titres d’État ne servent pas à financer les dépenses publiques

    L’émission des titres d’État est une pratique héritée des anciens régimes de taux de change fixes, qui est aujourd’hui dépassée. Ces titres ne sont aujourd’hui plus émis pour financer directement les dépenses publiques, mais plutôt pour réguler les taux d’intérêt, une fonction devenue moins nécessaire depuis que la BCE rémunère les réserves excédentaires. Mais également, leur émission permet d’offrir un actif financier sans risque.
    Il est donc nécessaire de questionner l’obligation d’émettre des titres d’État.

    Cependant, en Eurozone, une précision s’impose : l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit à la BCE d’octroyer des découverts aux Trésors nationaux, obligeant ces derniers à émettre des titres. Pourtant, les #euros sont créés par la BCE, lorsque les États membres dépensent, ce qui fait de l’Eurozone le créateur monopolistique de la monnaie. Exiger un solde positif permanent sur le compte du Trésor auprès de la BCE repose donc sur une #fiction, fondée sur l’idée que l’État doit gérer sa trésorerie comme une entreprise. Cette contrainte n’a aucun fondement économique. Elle est purement politique et elle s’inscrit dans l’idéologie néolibérale, laquelle perçoit l’État comme un mauvais gestionnaire et souhaite ainsi limiter son action.

    Comme le suggère #Warren_Mosler, le père de la MMT, il serait tout à fait possible de cesser d’émettre des titres d’État. Et, quoi qu’il en soit, si cette émission devait être maintenue pour offrir un actif sans risque, une politique de taux d’intérêt à zéro constituerait une solution efficace dans le but de limiter l’influence des marchés financiers3.

    Le #taux_d’intérêt est fixé par la banque centrale

    Il est essentiel de comprendre que les mouvements des taux d’intérêt appliqués aux titres d’État dépendent étroitement des décisions prises par la BCE. Les taux d’intérêt sont entièrement sous son contrôle, constituant ainsi des choix politiques. L’observation des politiques de taux d’intérêt dans différents pays le confirme : les taux appliqués aux titres d’État suivent de très près les taux directeurs de la banque centrale, comme en témoignent les deux graphiques suivants4.

    Dans l’Eurozone, le "#Whatever_it_takes" de #Mario_Draghi en 2012 a marqué un tournant en ramenant les taux d’intérêt sur les titres d’État à des niveaux raisonnables, en particulier pour la Grèce. Cet événement a montré de manière éclatante que, dès lors que la BCE garantit les titres émis par les États, ceux-ci ne peuvent pas faire défaut.

    La crise de la COVID-19 a également confirmé ce pouvoir d’intervention : la BCE et les autres banques centrales ont démontré qu’elles pouvaient contrer les pressions des marchés financiers par des opérations comme l’#assouplissement_quantitatif (#quantitative_easing). Ainsi, bien que les marchés puissent influencer les taux pour ajuster la prime de risque, leur impact reste marginal en comparaison du pouvoir des banques centrales.

    Il s’ensuit que la soutenabilité de la dette publique dépend de décisions politiques, du bon vouloir de la BCE. Ni le niveau de la dette publique ni celui des intérêts ne restreignent réellement l’espace budgétaire des États, car la BCE peut, à tout moment, décider si un pays peut continuer à dépenser ou doit faire défaut, indépendamment de son niveau d’endettement. L’exemple de la #Grèce est révélateur : en 2010, alors que son ratio dette/PIB atteignait 130 %, le pays faisait face à une crise. En revanche, fin 2021, avec un ratio supérieur à 200 %, la question de la dette publique n’était plus problématique. Cela démontre que la soutenabilité de la dette publique est avant tout une question politique, et non économique.

    Il n’y a pas de lien entre niveau de dette publique et #croissance

    Un argument récurrent dans les discussions sur la dette publique affirme qu’il existerait un #seuil_d’endettement au-delà duquel la #croissance_économique se verrait compromise. Cependant, aucune recherche rigoureuse n’a jamais confirmé l’existence d’un tel seuil. Ainsi que le montrent Yeva S. Nersisyan et L. Randall Wray5 « Il n’existe pas de seuils [du niveau de la dette publique] qui, une fois franchis, seront insoutenables ou réduiront la croissance du pays. ». En réalité, l’histoire économique regorge d’exemples où des niveaux élevés de dette publique ont coexisté avec une croissance soutenue, dès lors que l’État maintient un soutien économique actif.

    La démission de Liz Trusss, un bon exemple de l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers

    Ce qu’il s’est passé en Angleterre en 2022, entraînant la démission de la Première ministre Liz Truss, illustre parfaitement l’absence de fondement de l’influence des marchés financiers. En réalité, cette démission résulte de la pression des marchés financiers, une décision politique dictée davantage par la crainte de leur réaction que par une contrainte économique réelle. En effet, le Royaume-Uni, en tant que créateur de sa propre monnaie, aurait pu continuer à financer ses politiques sans risque de défaut, notamment en contrôlant les taux d’intérêt via la Banque d’Angleterre6.

    Les #agences_de_notation : quelle légitimité ?

    L’intervention des agences de notation consolide l’idée dominante selon laquelle il est impératif d’apaiser les marchés financiers, quel qu’en soit le coût. Ces agences, des entreprises privées opérant sans réel contrôle démocratique, se voient attribuer un rôle démesuré dans l’évaluation des finances publiques. Leur influence, souvent considérée comme infaillible, façonne les politiques budgétaires des États, et leurs décisions impactent directement les choix économiques. Pourtant, ni leur compétence, ni leur intégrité ne sont systématiquement vérifiées. Confier à ces entités privées, efficaces promoteurs de la pensée néolibérale dominante, la capacité de décider de l’avenir budgétaire d’un pays constitue un grave manquement au principe de #souveraineté_nationale, et un véritable déni de démocratie.

    Conclusion : déconstruire l’emprise idéologique des marchés financiers

    Au terme de cette analyse, il est évident que l’importance excessive accordée aux marchés financiers dans les choix budgétaires des États membres de l’Eurozone découle de contraintes financières auto-imposées, et que cette situation confère un pouvoir illusoire aux marchés, la décision finale appartenant toujours à la BCE. Les États-membres, en s’enfermant dans une logique où ils se voient forcés de "plaire" aux marchés pour financer leurs dépenses, se privent d’un levier essentiel pour stimuler leur économie et répondre aux besoins de leur population.

    Cette dépendance aux marchés financiers masque la réalité politique qui se cache derrière la soutenabilité de la dette publique : à tout moment, la BCE peut garantir ou non les titres publics émis, ce qui souligne le caractère fondamentalement politique de cette question. Ainsi, ce n’est pas le niveau de la dette publique ou des taux d’intérêt qui limite la marge de manœuvre des États, mais bien les choix de #gouvernance qui priorisent la satisfaction des marchés plutôt que celle des citoyens.

    L’exemple de la crise de la COVID-19 a montré la capacité d’intervention des banques centrales pour stabiliser l’économie, indépendamment des pressions des marchés financiers. Il est donc aujourd’hui essentiel de reconsidérer les #règles_budgétaires de l’#Eurozone, afin de restaurer la souveraineté des États et recentrer la politique budgétaire sur le #bien-être_collectif, au lieu de céder aux impératifs des marchés. En prenant cette direction, les États pourront pleinement utiliser leurs ressources pour servir leurs citoyens, laissant derrière eux l’illusion d’un pouvoir des marchés qui n’est en réalité qu’une contrainte politique imposée.

    https://blogs.mediapart.fr/robert-cauneau/blog/251024/les-marches-financiers-une-illusion-de-pouvoir
    #finance #néolibéralisme

    • Mais non, ce fut un pis-aller parce que les Einsatzkommando s’épuisaient par la cadence du travail. Il a donc fallu trouver une solution plus efficace que la mitrailleuse.
      Il y a un terme technique pour ce dilemme cornélien des SS. C’est le « Sachzwang » qui impose systématiquement des solutions efficaces au dépens d’une partie intéressée.

      Tu vois, c’est comme aller chercher chaque commandant Hamas à pied. Laisse l’IA faire le travail et tout le monde est content. Attention, cette logique n’est pas le propre des organisations fascistes. Toute administration appliquera la méthode d’amélioration de son efficacité en temps de crise.

      C’est horrible à un point où on n’a même plus envie de plaisanter.

      #bureaucratie #logique_meurtrière

  • 65 Doctors, Nurses and Paramedics : What We Saw in Gaza
    https://www.nytimes.com/interactive/2024/10/09/opinion/gaza-doctor-interviews.html

    44 doctors, nurses and paramedics saw multiple cases of preteen children who had been shot in the head or chest in Gaza.

    Sur Touiteur, évidemment, nous avons toute la trollosphère de la hasbara négationniste qui vient expliquer que tout ça c’est des menteries pas vraies. Et que même si ça se trouve, c’est le Hamas qui utilise des armes israéliennes volées pour tirer dans les tête des enfants palestiniens.

  • Sur LCI, cette très belle #logique_du_chaudron :
    – Israël n’a pas tiré sur la FINUL, ça n’a pas de sens de dire ça…
    – d’accord Israël a tiré sur la FINUL, mais c’était inévitable parce que la FINUL n’a pas obéi aux demandes d’évacuer les lieux,
    – d’accord Israël a tiré sur la FINUL volontairement, mais c’est parce que la FINUL est dans le camp du Hezbollah.

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1844663701778948099/pu/vid/avc1/1280x720/ZAOlUvwPT2QGwle9.mp4

  • Macron’s office says France is ’Israel’s steadfast friend’ after PM slams arms embargo call | The Times of Israel
    https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/macrons-office-says-france-is-israels-steadfast-friend-after-pm-slams

    Macron’s office notes that France mobilized its military this week’s during Iran’s missile attack, as it did in April.

    The statement says that Macron “personally told the Iranian president of France’s commitment to Israel’s security. He reiterated that France would not allow Iran or any of its proxies to attack Israel and would always find us facing it if it resorted to force.”

    At the same time, Macron believes that “the urgent need is to avoid the escalation of tensions in the region,” including an immediate ceasefire in Gaza.

    “It is in this context that the president calls for an end to arms exports intended for use in Gaza,” Macron’s office continues. “We must return to diplomatic solutions.”

    “France is Israel’s steadfast friend,” the Élysée concludes. “Mr. Netanyahu’s words are excessive and unrelated to the friendship between France and Israel.”

    On Monday, French Foreign Minister Jean-Noël Barrot will be in Israel to mark the October 7 attacks, part of a regional tour his office says is meant to push for deescalation.

    “He will reaffirm France’s call for the immediate and unconditional release of all hostages held by Hamas, including French nationals Ofer Kalderon and Ohad Yahalomi,” says the French embassy.

  • Mohamed Sifaoui, chez Frédéric Haziza qui le touite, sur la grande radio communautaire Radio J, dans un superbe exercice de surenchère génocidaire :
    https://x.com/frhaz/status/1830113306301895139

    https://video.twimg.com/amplify_video/1830109730024398848/vid/avc1/1920x1080/rwBCVYYoJtscvGaj.mp4

    « Il faut aller jusqu’au bout de l’objectif de guerre (de Tsahal) : faire en sorte que toutes les capacités militaires du #Hamas et du #JihadIslamique soient totalement détruites. Cela représente à peu près 70.000, 80.000 personnes (à éliminer) » :
    @Sifaoui #LEDLR @RadioJFrance

    • N’importe quelle personne qui irait annoncer publiquement qu’il est nécessaire de tuer 70 000 à 80 000 israéliens pour mettre fin au génocide des Palestiniens serait immédiatement convoquée au commissariat le plus proche et mise en examen. Si elle le faisait sur une radio communautaire maghrébine, la radio serait aussi sec dénoncée comme séparatiste, éventuellement fermée et Darmanin verrait à déporter fissa l’animateur vers un pays d’Afrique du Nord, tout en « assumant » de contrevenir à la loi française et/ou européenne.

    • Sinon on remarquera à nouveau la très belle utilisation de la #logique_du_chaudron, qui semble une spécialité des génocidaires pro-israéliens :
      – non il n’y a pas 40 000 morts Palestiniens, ce sont les chiffres des terroristes du Hamas
      – mais sur ces 40 000 morts Palestiniens, en fait il y a très peu de civils, ce sont surtout des terroristes du Hamas,
      – et en fait, ce n’est pas 40 000, mais 80 000 Palestiniens qu’il faudrait tuer, dont 20 à 30 000 civils, pour finir le boulot.

    • Et sinon sinon, les exploits de Bachar Assad et de l’Algérie « pour lutter contre le terrorisme » pour justifier la politique de Netanyahu, c’est osé comme argument. Avec un animateur que ça ne fait même pas tiquer.