• Détruire le capitalisme avant qu’il ne nous détruise (à propos de Lubrizol) | Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/detruire-le-capitalisme-avant-qu-il-ne-nous

    On se croyait en start-up nation. On se retrouve à Tchernobyl. Qu’en un instant tout le glamour de pacotille de la Station F et des écrans tactiles s’écroule pour faire revenir d’un coup des images d’URSS n’aura pas été le moindre des paradoxes de l’explosion Lubrizol. Il faut pourtant s’y rendre : des pompiers envoyés en toute méconnaissance de ce qui les attendait, avec pour tout équipement « spécial » de pauvres masques de bricolage pareils à ceux des manifestants, à piétiner des heures dans la sauce qui troue les bottes et leur promet des pieds comme des choux-fleurs — et tout ceci, parfaite ironie, alors que la série Chernobyl venait de remporter un succès de visionnage bien fait pour consolider la commisération réservée aux régimes soviétiques et le sentiment de supériorité capitaliste (au prix tout de même de devoir oublier que Tchernobyl était en sandwich entre Three Miles Island et Fukushima).

    Mais plus encore que les bottes et les masques, il y a le mensonge, le mensonge énorme, le mensonge partout, sans doute le propre des institutions en général, mais la marque de fabrique de ce gouvernement qui, en tous domaines, l’aura porté à des sommets inouïs. Jusqu’au stade de la rodomontade obscène : si elle avait été rouennaise, nous assure Sibeth Ndiaye, « elle serait restée ». On croirait entendre un secrétaire régional du PCUS d’Ukraine juste avant de fourrer d’urgence sa famille dans un autocar — mais les images de CRS en masque à gaz pendant que le préfet assurait de la parfaite normalité de la situation avaient déjà tout dit...

  • Rébellions urbaines et déviances policières, Approche configurationnelle des relations entre les “jeunes” des Minguettes et la police (1981-1983) par Abdellali Hajjat | https://journals.openedition.org/conflits/18839 | #Vénissieux #Lyon #Banlieues #ViolencesPolicières

    "L’indignation, c’est ici l’affect commun dissident par excellence, celui par lequel des citoyens, précisément parce qu’ils sont un « grand nombre », trouvent la force passionnelle de se soustraire à l’emprise d’un pouvoir abuseur. Et c’est là le point de départ de la sédition ou de l’insurrection." (#Lordon sur #Spinoza, TP, III, 9) | http://palimpsestes.fr/blocnotes/2017/juin/lordon-puissance-indignation.pdf.

  • Le complotiste de l’Élysée par Frédéric Lordon (les blogs du diplo 2/02/2019)
    https://blog.mondediplo.net/le-complotiste-de-l-elysee

    On peut tenir pour l’un des symptômes les plus caractéristiques des crises organiques l’emballement des événements, et la survenue à haute fréquence de faits ou de déclarations parfaitement renversants. En moins de 24 heures, nous aurons eu les enregistrements Benalla, aussitôt enchaînés avec une rafale de propos à demi-« off » signés Macron, et la mesure du dérèglement général est donnée à ceci que, dans la compétition des deux, c’est Benalla qui fait figure de gnome. En fait, on n’arrive plus à suivre.

    Il le faut pourtant, car tout est magnifique. Macron en « off », c’est chatoyant. C’est qu’il est l’époque en personne, son plus haut point de réalisation : managérial, ignorant de tout ce qui n’est pas sa classe, le racisme social jusque dans la moelle des os, le mépris en toute innocence, et surtout l’absence complète de limite, de censure, de reprise de soi. C’est une compulsion venue de trop loin : dans l’instant même où il annonce sa propre réforme et jure de faire désormais « très attention » à ses « petites phrases », il se scandalise que le premier « Jojo avec un gilet jaune » ait « le même statut qu’un ministre ou un député » — « les petites phrases, j’arrête quand je veux », d’ailleurs « je commence demain ». Et c’est cet individu dont les « analystes » des grands médias se demandent « dans quelle mesure il tiendra compte des résultats du grand débat »… Mais peu importe, c’est tellement beau qu’on en reste émerveillé. Même une fiction à petit budget n’oserait pas se donner un personnage aussi énorme, aussi « cogné » — mais c’est sans doute le propre de cette époque que la fiction, même débridée, peine à se tenir au niveau de la réalité.

    • Dans le pipeline de la pensée managériale, qui crache du bullshit à jet continu, la dernière trouvaille à la con a pour nom la « holacratie ». Comme les penseurs du management sont pressés et ne regardent pas trop au détail, ils ont cru pouvoir décalquer à l’identique, et à leur propre usage, la holarchie d’Arthur Koestler, mais sans voir que le mot procédait par contraction pour éviter le hiatus holo-archie – le pouvoir (archie) du tout (holon). Dans l’entreprise holocrate (et non holacrate – il ne s’agit pas du pouvoir de la holà...), il n’y a supposément plus de pouvoir central, car le pouvoir appartient à tous : plus de de hiérarchie, plus de commandement, autonomie partout. Les plus idiots se sont empressés de conclure qu’on avait enfin trouvé la formule vraie du capitalisme à visage humain. Il faudrait leur demander d’imaginer ce qui se passera au moment où un retournement de conjoncture enverra l’entreprise dans le rouge, et où et comment les actionnaires, et le dirigeant nommé par eux, suggéreront aux salariés de s’administrer la holocratie.

      […]

      On pouvait pourtant trouver, et de longue date, de quoi nous prévenir de cette épouvante en marche, et plus généralement des prétentions contemporaines de l’entreprise de fonctionner à la joie, à l’amour et à la concorde. On peut ainsi lire ceci dans les Pensées de Pascal : « Es-tu moins esclave pour être aimé et flatté de ton maître ? Tu as bien du bien esclave, ton maître te flatte. Il te battra tantôt ».

      Plus près de nous, voici ce que Marguerite Yourcenar met dans la bouche d’un de ses personnages antiques dans Les mémoires d’Hadrien : « Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machine stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez eux, à l’exception des loisirs et des plaisirs humains, un goût du travail aussi forcené que la passion de la guerre chez les races barbares. À cette servitude de l’esprit ou de l’imagination humaine, je préfère encore notre esclavage de fait ».

      […]

      Et ça c’est ce que je dis depuis des années à propos des coopératives VS toutes les autres entreprises (mais sans oublier que ça reste dans le capitalisme, du capitalisme plus ou moins démocratique donc) :

      Il y a ainsi de quoi rire beaucoup à l’expérience de pensée qui imagine Laurent Joffrin ou l’éditorialiste du Monde, dont les suites de mots ne sont qu’un long gargarisme sur le thème de la « démocratie », sommés de se prononcer sur ce fait étonnant que, dans la société de leur gargarisme, les hommes passent la moitié de leur temps éveillé sous des rapports d’obéissance, et puis, ceci aperçu, qui leur demanderait ce qu’ils pensent d’un projet politique, somme toute logique, d’extension réelle de la pratique démocratique à toutes les sphères de la vie commune – y compris, donc, la sphère de la production.

      […]

      Mais la difficulté de ces questions offre peut-être la raison même de commencer à les poser, et à les poser avec insistance, comme le seul moyen de hâter quelque chose qui nous ferait échapper à cette fulgurante prédiction, qui ne sort pas de quelque traité théorique mais d’un ouvrage d’un tout autre genre, célébrant à sa manière la préscience, pour ne pas dire les vertus oraculaires, du Côtes du Rhône, je veux bien sûr parler des Brèves de Comptoir, dans le millésime 1995 desquelles on trouve ceci : « On finira qu’on nous dira de nous torcher le cul les uns les autres, et ils diront on leur a donné du boulot ». 1995… Et qui ne voit que nous y sommes quasiment. Car, logiquement, en prolongeant la série : après Uber Drive et Uber Eat devraient venir Uber Poop ou Uber Wipe. Heureusement, ce tome 1995, particulièrement riche, ne nous laisse pas complètement désespéré, puisqu’on peut aussi y lire ceci : « À partir de dix millions de chômeurs, je crois qu’on peut sortir le soleil et les parasols ». L’idée générale, donc, ce serait bien ça : qu’on n’ait pas à attendre d’en arriver là pour sortir les parasols.

      #Lordon #Frédéric_Lordon #Bernard_Friot #capitalisme #travail #critique_du_travail éventuellement #critique_de_la_valeur mais sous un autre angle (et là il s’agit plutôt de proposition d’un autre mode de calcul de la valeur et non pas d’une abolition de la valeur)

    • À chacun des trois régimes d’#accumulation observables depuis la fin du XIXe siècle correspondent donc trois régimes d’affects de la mobilisation salariale. D’un point de vue analytique, le plus important, c’est le premier : le régime de la mobilisation par les peurs basales, les peurs de ne simplement pas pouvoir survivre – l’aiguillon de la #faim, disait Marx. Ce régime n’est pas un régime avant d’autres régimes, et comme les autres régimes. C’est le régime fondement de tous les régimes, le régime qui dit l’essence, la vérité ultime du rapport salarial comme rapport de #chantage à la survie même. S’employer ou crever : les capitalistes ont longtemps poursuivi de ramener la donnée du #travail telle qu’elle se présente aux individus à la pureté, à l’exclusivité, de cette alternative. Et comme ils n’y sont jamais complètement parvenus, ils ont été conduits à emprunter d’autres voies passionnelles, en apparence tout à fait contraires – en apparence seulement.

  • #LesInrocks - Alain #Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    https://www.lesinrocks.com/2018/01/24/actualite/alain-damasio-cest-tout-le-rapport-de-loccident-lactivite-quil-faut-repe

    Alain Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    24/01/18 18h15
    PAR
    Mathieu Dejean
    Samedi 27 janvier, une journée de débats est organisée à la Bourse du #Travail de Paris sous le titre : “Tout le monde déteste le travail”. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de “La Horde du Contrevent” (2004), nous en dit plus sur cet événement qu’il a co-organisé.
    Au milieu des années 1950, l’Internationale lettriste regroupée autour de Guy Debord annonçait l’esprit de Mai 68 avec un célèbre graffiti : “Ne travaillez jamais”. Cinquante ans après les “événements” de mai, un collectif souffle sur les mêmes braises réfractaires, et organise le 27 janvier à la Bourse du Travail de Paris une journée de débats et de création artistique sous le titre : “Tout le monde déteste le travail - Rencontres pour qui en a, en cherche, l’évite, s’organise au-delà...”.

    Annoncé sur le site lundimatin, proche du #Comité_invisible, l’événement rassemble la fine fleure de la pensée critique dans ce domaine – la sociologue Danièle #Linhart, le professeur de droit Emmanuel #Dockès, l’économiste Frédéric #Lordon, ou encore le journaliste indépendant Olivier #Cyran (auteur de Boulots de merde ! Enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers, 2016) -, mais aussi des syndicalistes, des zadistes et des écrivains (le programme complet est ici).

    Le collectif à son origine est aussi celui qui avait organisé la “chasse aux DRH” le 12 octobre dernier, pour empêcher la venue de Muriel Pénicaud au Congrès des DRH. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de La Zone du dehors et de La Horde du Contrevent, qui a co-organisé ce rassemblement, nous en dit plus.

    Quel est l’objectif de cette journée ?

    Alain Damasio – Lors d’une rencontre sur le plateau de Millevaches (Limousin) fin août avec des gens qui gravitent autour du Comité invisible, des artistes, Frédéric Lordon ou encore Julien #Coupat, on s’est dit qu’il fallait lancer une série d’actions pour lutter contre la deuxième loi travail. La première action, c’était la “#chasse_aux_DRH”. La deuxième, c’est cette journée au cours de laquelle nous allons essayer de déployer nos idées, nos visions, de proposer des choses. L’objectif, c’est de répondre à ces questions qui nous traversent tous : Comment dépasser le travail ? Comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle ?

    Ces rencontres sont réunies sous l’intitulé “Tout le monde déteste le travail”. Ça vous semble si évident que ça ?

    Le titre est une référence au slogan “Tout le monde déteste la police”, il fait la continuité avec les manifestations contre la loi travail. Il a aussi un côté affectif. Frédéric Lordon explique très bien que les mouvements politiques se déploient lorsqu’ils ont un affect commun. En l’occurrence, nous éprouvons la sensation qu’une majorité de gens souffrent au travail, subissent des conditions d’exploitation de plus en plus subtiles, que la pression du chômage les oblige à accepter. C’est pourquoi nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort.

    C’est aussi une provocation. Des gens vont lire l’affiche et se dire : “C’est pas possible, moi j’aime mon travail !” En fait, on pousse les gens à s’auto-convaincre qu’ils aiment ce qu’ils font. Quand tu subis une exploitation forte, dans un cadre très contraint car tu dois gagner ta vie, c’est une réaction naturelle. Intérieurement tu souffres et tu détestes ce que tu fais, mais tu as aussi une injonction à être à l’aise, à aimer ce travail. C’est aussi contre ce néo-management que nous nous érigeons.

    “Nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort”

    Nos vies vous semblent-elles de plus en plus réduites à cette seule activité : le travail ?

    J’ai le sentiment qu’on continue en tout cas à nous faire croire que l’horizon peut être le plein-emploi, qu’il suffit d’y mettre le fric, ou de “libérer” le travail pour qu’on recrée de l’emploi. Je suis convaincu qu’il faut au contraire définitivement enterrer cette idée. Pour moi, l’avenir du travail réside peut-être dans le revenu universel, même si le capital peut s’en accommoder. Cette idée ne fait d’ailleurs pas consensus entre nous.

    En effet il y a une version néolibérale du revenu universel... Comment en faire une mesure vraiment émancipatrice ?

    Les positions des participants à cette journée divergent à ce sujet. Ariel Kyrou, que j’ai fait inviter, a énormément défendu le revenu universel dans le cadre de la revue Multitudes. Pour moi, c’est un plancher minimal à partir duquel tu peux te débarrasser de la nécessité de travailler. Je pense que ça peut libérer énormément d’énergie pour créer, militer, organiser un autre type de vie. Ça ouvre la porte à des alternatives. Beaucoup de gens se moquent d’avoir un statut social. C’est ce que j’ai vu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. De quoi vivent-ils ? Ils vivent souvent d’un RSA, et de l’autoproduction. En l’occurrence, le plancher du RSA leur permet de faire des choses fabuleuses localement.

    Entendez-vous revaloriser la paresse, l’oisiveté ?

    Je n’aime pas l’idée de paresse, car elle s’articule comme une négativité par rapport au travail. Par contre, étymologiquement, l’oisiveté vient du terme latin otium. Nier l’otium, ça donne le mot negotium, le "négoce", le commerce, et finalement, ce monde capitaliste dans lequel on est. Nietzsche l’écrivait très bien aux alentours de 1870, avant l’arrivée du marxisme, qui a été très pro-travail : pourquoi prôner le travail, alors que la noblesse spirituelle de l’époque était fondée sur une valorisation absolue de la disponibilité, de l’oisiveté, de la présence au monde, de la contemplation ? On a réussit à inverser cette hiérarchie des valeurs pour faire du travail quelque chose d’indispensable, le nec plus ultra.

    “C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser”

    L’oisiveté, ce rapport au temps libéré, cette disponibilité au monde, à la nature et aux autres m’intéresse. Prendre ce temps me paraît fondamental. C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser. En écrivant le texte du programme de cette journée avec Julien Coupat, on s’est posé la question du sens de l’activité. On a une telle compulsion au productivisme ! Moi-même, je n’arrive pas à passer à un rapport à l’activité qui ne soit pas auto-aliénant.

    Les technologies numériques semblent contribuer à accentuer l’emprise du travail sur nous, alors qu’on croyait qu’elles allaient nous en libérer. Pensez-vous qu’on peut mieux les maîtriser ?

    Je pense qu’on est dans un état d’adolescence par rapport aux technologies numériques. Il faudra encore une génération pour atteindre un bon niveau de recul, de maîtrise. Je vois très peu de parents capables d’éduquer leurs gamins aux jeux vidéo. Or s’il n’y a pas de transmission sur ce média, d’école pour éduquer aux jeux vidéo, comment voulez-vous que les gamins ne soient pas bouffés, vampirisés par des jeux addictifs ? C’est pareil pour les réseaux sociaux, les mails, etc. On peut passer des journées seulement en interactions avec des interfaces. Ça, c’est flippant.

    “La liberté est un feu : tout le monde a envie de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire”

    J’ai l’impression qu’il y a un mécanisme humain de fermeture au monde, de régression fusionnelle avec les outils technologiques. Cela crée des effets de bulle. Le psychanalyste Miguel #Benasayag l’a très bien expliqué dans Plus jamais seul. Les gens veulent rester dans un continuum affectif permanent avec leurs proches, ils ne supportent plus le moment où le lien se coupe, et où on se retrouve seul. Pourtant c’est dans l’absence, dans la rupture du continuum que le désir de l’autre se construit.

    On a réussi à faire de la technologie un magnifique vecteur d’auto-aliénation. C’est ce dont je parle dans La Zone du dehors : on est très forts pour le liberticide. La liberté, c’est un feu : tout le monde a envie de s’en approcher, de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire, parce que ça brûle, ça crame.

    Quelle #philosophie_du_travail défendez-vous collectivement ?

    Un de nos modèles, c’est la ZAD. La manière dont les zadistes conçoivent quotidiennement l’activité est différente. Elle est auto-générée. Pour construire un bâtiment avec du bois de la ZAD, ils constituent un collectif qui réapprend à faire les charpentes, ils réapprennent un artisanat et retrouvent une continuité naturelle avec la forêt. Il y a une autodétermination de bout en bout, corrélée à un territoire. On passe ainsi d’un statut d’ouvrier à un statut d’œuvrier. L’œuvrier décide lui-même de ce qu’il a envie de faire, du projet qu’il a envie de porter, et le fait avec des gens qu’il a choisis. C’est notre vision générale du travail.

  • Impasse Michéa
    http://www.contretemps.eu/lordon-impasse-michea

    Alors que la violence croissante des politiques néolibérales et le danger que fait peser l’extrême droite rendent urgentes des clarifications politiques et stratégiques, l’oeuvre de Jean-Claude Michéa s’est imposée au fil des années comme un accélérateur de confusions.

    Nul hasard si Michéa est loué par Le Figaro, qui vient d’ailleurs de lui accorder un « grand entretien », Valeurs actuelles ou des éditorialistes néo-conservatrices telles que Natacha Polony ou Eugénie Bastié, tant il travaille depuis des années à orienter l’aspiration anticapitaliste vers l’impasse d’un pseudo-anarchisme vraiment conservateur. Dans cet article paru en juillet/août 2013 dans la Revue des livres, Frédéric Lordon pointe les contradictions au cœur de l’oeuvre de Michéa et l’incapacité de celui-ci à dessiner une quelconque alternative à la décomposition capitaliste en cours...

    #Diaporama #Stratégie #anticapitalisme #Bourdieu #capital #capitalisme #classes_populaires #gauche #Lordon #peuple #Michéa

    http://zinc.mondediplo.net/messages/49301 via Contretemps

  • Cancer français : la récidive
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=888

    En 2012, l’émission Là-bas si j’y suis de Daniel Mermet (France Inter) faisait la promotion du cancer français, dans un reportage de François Ruffin consacré au groupe chimique Arkema. Déplorant la vente du « pôle vinylique » d’Arkema à un financier américain, Ruffin n’avait pas jugé utile de préciser que ce pôle toxique avait tué des dizaines de salariés du cancer du foie et empoisonné rivières, sols et eau potable de la région grenobloise notamment. Pour ces journalistes du Front de gauche, avions-nous alors expliqué, l’emploi n’a pas d’odeur (voir ici) Quatre ans plus tard, Ruffin & Co persévèrent dans le déni. Cette fois, le patron du journal Fakir, organisateur de « Nuit debout » et aspirant-député de la Somme, défend les salariés d’Ecopla. Histoire télégénique : de sympathiques ouvriers isérois, à (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/cancer_franc_ais_re_cidive.pdf

  • http://sortirducapitalisme.fr/179-une-analyse-critique-des-videos-d-usul

    Seul youtubeur politique « de gauche » ayant environ autant d’audience qu’un Alain Soral, et comme tel « rempart » face au déferlement de l’extrême-droite online avec ses vidéos bien faites techniquement, pédagogiques et relativement critiques (même de l’institution policière), il n’en fallait pas moins faire une analyse critique des vidéos d’Usul – avec Sylvain de Zones Subversives.

    #usul #lordon #friot

  • Ce que l’on apprend sur les Communs en lisant Frédéric Lordon
    https://scinfolex.com/2016/06/28/ce-que-lon-apprend-sur-les-communs-en-lisant-frederic-lordon

    L’intérêt principal de l’ouvrage consiste à opérer une relecture des théories de Marx à la lumière de la philosophie de Spinoza. Là où le matérialisme historique de Marx s’est focalisé sur les structures sociales comme principe explicatif des comportements, le recours à Spinoza permet à Lordon de réintégrer la question des passions et des désirs des individus dans le schéma d’analyse des principes de fonctionnement du capitalisme – et plus généralement de toutes les entreprises collectives humaines.

    #lordon #communs

  • https://paris-luttes.info/double-pensee-double-assemblee-5511?lang=fr

    Double pensée, double assemblée

    Double pensée et double assemblée : l’assemblée de la place de la république face à Lorfin et aux pitbulls de démocratie réelle.

    Plus encore que l’insignifiant #Ruffin, #Lordon, son double en version « insurrection qui vient », manie la double pensée : « nous ne sommes pas là pour faire de l’animation citoyenne » disait-il l’autre jour à la bourse du travail dans ce qui restera son baroud d’honneur. Cette petite phrase exprime à merveille le mépris du débat, des individus assemblés sur la place, et son dédain pour des conversations entre inconnus qui s’étirent et cheminent vers on ne sait où. Mieux encore, le « nous » de Lordon, c’est celui des autoproclamés « organisateurs du mouvement », ceux-là même chers aux journalistes, qui prétendent faire Nuit debout, comme on va au boulot tous les matins, comme si ce mouvement ce n’était pas d’abord des individus en conversation sur une place. #Convergence_des_luttes a toujours prétendu parler à la place de l’assemblée, lui imposer des buts de l’extérieur.

    La double pensée c’est dire une chose et penser son contraire. Par exemple, quand Lordon dit nous ne sommes pas là pour faire de l’animation citoyenne », il faut comprendre « nous sommes là pour faire de l’animation citoyenne », pour recruter des bénévoles pour nos actions futures. Bien avant le début du mouvement, Convergence des luttes a eu le projet de faire une double assemblée : la première, Convergences des luttes, décidant du contenu et des buts du mouvement tandis que l’autre, l’assemblée sur la place, mobiliserait en masse des gens disponibles pour appliquer les décisions de la première. Quelques jours avant la réunion qui s’est tenue le 20 avril à la bourse du travail, à deux rues de l’assemblée de la place de la république, un appel circulait entre les autoproclamés « organisateurs du mouvement » pour former cette fois un « collectif Nuit debout » instance dirigeante, adossée à l’assemblée de la place, rappelant les belles heures du léniniste le plus accompli. Mais l’échec de la réunion de la bourse du travail le 20 avril a consacré la scission entre l’assemblée de la place et Convergence des luttes, la proposition minable d’une bannière commune Nuit debout-CGT au défilé du 1er mai ayant été vertement refusée. Mais Lorfin et Rudon avaient un « plan b ».

    En s’appuyant sur une intercom, formée de « référents » des commissions « structurelles » (les plus importantes : SO, logistique, communication, animation), Convergence des luttes a fini par faire voter samedi 27 avril à 23h15, devant 200 personnes, dans le froid et sans débat, la proposition d’une « jonction » entre syndicats et l’assemblée de la place. Il faut être clair, ce n’est pas pour convaincre l’assemblée que ses animateurs fanatiques et les référents des commissions se sont démené pour faire adopter l’appel de Convergence des luttes. L’assemblée désormais ils s’en fichent, ou plutôt ils la craignent, c’est leur ennemi. Non, ce que ces gens visent c’est la visibilité publique, de garder la maitrise d’un nom pour lequel ils ont tant « travaillé », pour former le petit parti dont ils rêvent, qu’il feront, et qui ne sera rien. Dangereux crétins, pitoyables metteurs en scène.

    L’assemblée de la place de la république a pourtant existé. C’est une conversation qui a pris forme en dehors des partis, des syndicats et des journalistes, et qui peu à peu a été recolonisée par eux au terme d’une guerre de plusieurs semaines. Ces fameux autoproclamés « organisateurs du mouvement », avec leur stratégie qui fleure bon le PC d’après guerre, alliés à un groupe d’animateurs fanatiques de la « démocratie réelle » ont peu à peu vidé l’assemblée de sa substance, l’ont rendu faible, l’ont dupé constamment par des arguties de procédures, ont imposé leurs vues. C’était une nécessité car comment auraient-ils pu imposer leur vue à une assemblée forte ? Il leur fallait une assemblée faible pour commencer à agir. A leurs yeux, l’assemblée quand elle s’est levée était un monstre puissant et vigoureux, et il a leur a fallu près de trois semaines pour le maîtriser. Les membres de Convergence des luttes avaient eux aussi remarqué qu’au bout de quelques semaines d’assemblée, ils n’étaient rien pour les participants, qu’ils avaient disparu des débats.

    Il faut revenir ici sur les féroces animateurs ultra-formatés de #Démocratie_réelle, troisième force à l’œuvre dans l’assemblée. Leur méthode qui tient à la fois de la cybernétique et des pratiques de falsification plus classiquement staliniennes, fut quasiment sans faille. Un jour tout l’édifice a vacillé sur un grain de sable : la question de la communication du mouvement. Peu connaissent les techniques mises en place. A côté de l’assemblée, ils ont imposé les structures de commissions, dont le modèle est établi depuis longtemps par Démocratie réelle. Puis, ces cerbères ont orienté les débats d’abord en imposant des règles formelles aux discussions basées sur des gestes, des tours de parole minutés, et en les important dans toutes les conversations sur la place. Ils ont alors tourné les débats de l’assemblée contre les individus assemblés, contre chacun d’eux. Pour mener une telle entreprise disciplinaire, il faut se faire maître de la foule. Pour cela, ils se sont taillés une matraque en faisant de la non-violence un dogme absolu, à la seule fin d’exclure ceux qui avaient une opinion contraire. Ce dont il s’est agi ici, c’est de déposséder chaque individu, homme ou femme, de sa sensibilité, de son expérience propre, celle qui fonde ses actes et ses paroles ; en un mot, d’exercer une violence normalisante qui vise à faire taire toute singularité et à briser le fil de la parole. De manière plus surprenante, une version militante et essentialiste du féminisme a pu contribuer à cette normalisation, tant son usage sur la place pouvait s’apparenter à une injonction dont le contenu serait hors du débat. A un moment donné, le discours de l’assemblée, quelque soit les sujets abordés, a consisté à replier tous les enjeux communs dans des questions de morale individuelle. Dans les commissions, ils ont gentiment poussé vers la sortie ceux qu’ils ne pouvaient coopter ou former. Ils ont culpabilisé les participants en les traitant comme des enfants à rééduquer ; l’éducation populaire cybernétique est d’ailleurs le seul but de ces fanatiques. Ils ont peu à peu avec ces armes lissé les débats dans l’assemblée, flattant les points de vue les plus réactionnaires, imposant leur vues, monopolisant la parole, poussant les débats vers des tout-à-l’égout, châtrant toute pensée, truquant les votes. Bref, les vrais ennemis de la conversation étaient au cœur de l’assemblée, personne ne les en a délogé tant les habitudes, et notamment l’usage des gestes dont la fonction est de bannir toute émotion, étaient déjà prises. Au nom d’une démocratie fantasmée, ces animateurs cultivant une neutralité perverse se sont imposés à l’assemblée comme les cochons d’Orwell aux animaux de la ferme. La faiblesse de l’assemblée, et sa perte, a été de ne pas renverser cet édifice de conventions arbitraires, défendu par des pitbulls, dont l’objet est de canaliser puis de réduire à néant la conversation en prétextant la servir. On pourra goûter l’ironie rétrospective du charabia ampoulé du 31 mars de Lordon, quand il prophétisait « quelque chose est peut-être en train de naitre ».

  • Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout | Les Enragés
    http://www.lesenrages.antifa-net.fr/ruffin-et-lordon-une-nuit-a-dormir-debout


    Sans déconner, on commence à se demander qui joue vraiment le #confusionnisme, parce là, niveau mauvaise foi et amalgames, ça y va gaiment.

    Nous pourrions ajouter que la Révolution s’éloigne à chaque fois que des Lordon et des Ruffin la convoquent, la surjouent pour mieux la conjurer. Car ce » mouvement « , tranchant avec la vivacité et la rage du mouvement social, le vrai, provient en réalité d’un nuage idéologique à la fois vaste et très cohérent, porté par un ensemble social, somme toute, plutôt homogène, nous le verrons en détail plus bas.

    Qui sont ses promoteurs les plus actifs ? Le plus souvent des gens qui se situent avant tout en défense de quelque chose, des nationalistes de gauche et de droite, des professionnels du militantisme, des champions de la récupération, des moines de la confusion et des fascistes.

    Une poignée qui finalement, tente d’entrevoir une passivité chez quelques uns pour mieux la justifier chez eux en se jetant à corps perdu dans une mystique constitutionnaliste qui, non contente de ne rien solutionner, n’est en aucun cas à l’ordre du jour, même si l’idée n’est pas nouvelle…

    Le procès contre #Lordon est inique et essentialiste : Lordon est un bourgeois, il ne peut donc pas être sincère. À ce compte-là, Jaurès non plus !
    Et en passant, on me pique ma photo de Lordon en violant même la licence creative commons…

    Frédéric Lordon ou la virtuosité bavarde d’un social-chauvin


    De son côté, Frédéric Lordon, qui vit dans un confortable appartement emmitouflé dans l’une des villes les plus riches de France, est tout sauf un prolo. Voici son CV, tel que décrit par deux médias :
    France Tv Info :

    En 1962, rien ne prédestine Frédéric Lordon à la lutte des classes. Né dans une famille bourgeoise de l’Ouest parisien, son père, de droite, est dirigeant d’entreprise et sa mère femme au foyer. En 1985, il sort ingénieur de la prestigieuse Ecole nationale des Ponts et chaussées avant de poursuivre à l’Institut supérieur des affaires, devenu depuis un MBA (Master of business administration) à HEC.
     » C’était au milieu des années 1980. J’avais fort intention de devenir un ‘winner’ et de gagner plein d’argent. « 
    Frédéric Lordon, France Culture

    Ben ouais, les gars, moi aussi dans les années 80, je vivais dans une société d’hypercompétition dédiée au dieu argent et je croyais que c’était la vie et je voulais être Working Girl , ce genre de trucs.
    Heureusement, j’ai grandi, j’ai évolué, j’ai appris et ma vision du monde a drastiquement changé.
    Même s’il est vrai que le chômage m’y a beaucoup aidée. Sinon, sans accident de parcours, comme la majorité des gens, j’y croirais encore à la consommation heureuse et au travail qui épanouit !

  • #lordon’s Calling
    https://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2016/04/23/lordons-calling

    Dans son essai sur l’État, #imperium. Structures et affects des corps politiques (éditions La Fabrique, septembre 2015), Frédéric Lordon affirme que « la seule force est celle du vertical » et que« le bout de l’émancipation vraie est loin » et « même inatteignable », avant … Continue reading →

    #LIVRES #LUTTES #cqfd #critique #frederic #frederic_lordon #garcia #pensée_critique #renaud_garcia

  • #intellectuels et critique politique
    https://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2016/04/02/intellectuels-et-critique-politique

    Les intellectuels s’attribuent souvent un rôle politique de premier plan, surtout en France. Mais, à part pour alimenter les débats réactionnaires, les intellectuels ne servent à rien. En France, la place des intellectuels dans le débat politique est souvent interrogée. … Continue reading →

    #LUTTES #apparatchik #classe_sociale #encadrement #finkielkraut #friot #intellectualisme #lordon #lutte_des_classes #manuel_cervera-marzal #onfray #pensée_critique #rôle_social #séparation #zemmour #zones_subversives

  • Bonjour à toutes et tous,
    Même si je pense ne pas avoir une vie amicale et militante bien remplie sur seenthis, j’ai pensé plusieurs fois ces deux derniers mois vous donner quelques nouvelles.
    En fait, suite à je ne sais plus trop quoi je me suis retrouvé hospitalisé à l’hôpital de Rennes le 9 janvier dernier. Et puis pouf 5 jours après on m’a opéré pour me faire un truc qui s’appelle trachéotomie. Cette opération je la connais bien puisque depuis mes 5 ans je vois des enfants de mon âge qui ont ça et je me dis, et je dis à mes parents, ah non, moi, jamais plutôt mourir...
    Donc voilà j’ai eu ce truc et puis bon, va t’amuser à apprendre à vivre avec... Il y a d’abord fallu quitter la réa 3 semaines après et puis après encore 1 mois en pneumo.
    Maintenant je suis rentré chez moi depuis 2 semaines. Et c’est là qu’en fait j’ai trouvé ça vraiment dur. Je dois vraiment réapprendre à vivre dans mon corps, mon appartement, mon autonomie. Pas facile du tout du tout. On me parle beaucoup de mes films en me disant de reprendre le plus vite possible mais bon... C’est pas encore le moment pour moi.
    J’espère que vous allez tous et toutes bien. J’espère aussi que les facs de France et de Navarre se bloquent toutes petit à petit. J’espère que un certain nombre d’entre vous ont changé d’avis sur le film Merci patron ! mais bon si ce n’est pas le cas ce n’est pas très très grave.

    J’avais au final deux questions à vous poser.
    D’abord quelque chose au sujet de ce que l’ami Lordon appelle l’idiosyncrasie allemande.
    https://www.youtube.com/watch?v=l23ZRvNL1f4


    Apparement il affirme dans cette vidéo et ailleurs qu’il y a un attachement particulier de l’allemagne, c’est-à-dire de tout le peuple allemand, de gauche comme de droite, à la monnaie européenne. Je crois qu’il prétend que c’est compte tenu de l’histoire allemande et que c’est un point tout à fait extrême et conditionnel à la participation à l’europe. Il dit ça très souvent comme une évidence une certitude absolue et moi je ne comprends pas du tout pourquoi. Pouvez-vous me donner des articles ou des trucs comme ça pour que je comprenne ça ?

    Seconde question : pensez-vous qu’il est intéressant pour ma remise à flot progressive que je recommence les critiques à deux balles ?

    À très bientôt.
    #retour #hôpital #trachéotomie #seenthis #allemagne #euro #lordon #critique_a_2_balles

    • Bonjour Remy,
      Pour ta premier question j’ai pas d’articles à te fournir sur ce sujet mais j’en ai plein sur le féminisme si tu veux. J’ai peut être des trucs sur le féminisme allemand pour me rapprocher de ton sujet ^^
      Et pour ta seconde question c’est à toi de voire si ca te « remet à flot » des faire tes critiques « à deux balles », mais ca me fera plaisir de te lire critiquer parce que je les aiment bien tes critiques. J’aurais envie de dire qu’elles sont pas à deux balles, mais avec la crise, deux balles c’est déjà pas mal !
      J’espère te lire bientôt et savoir que tu te remet de cette violente opération !

    • Bonjour Rémy, peux pas causer à la place de Lordon mais suppose qu’il fait référence à la période d’hyperinflation en Allemagne, entre juin 1921 et janvier 1924.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_République_de_Weimar

      épisode qui, suite aux exorbitantes exigences de réparation imposée par le Traité de Versailles après la 1ere GM, ne fut pas pour rien dans la naissance et le succès du nazisme. On a coutume de dire que l’attachement allemand à l’union européenne trouve ses racines dans le refus de telles périodes de crise et d’instabilité (et des conséquences politiquesqu’lles avaient alors entrainé), qu’il est un attachement à une monnaie forte.

      courage à toi.

    • @colporteur Concernant l’hyperinflation, effectivement il est souvent dit que cela a favorisé la monté du nazisme, alors que sur la période d’hyperinflation le parti est quasiment inexistant et sans audience ou soutien populaire.

      Par contre c’est à partir de 1930, soit en plein milieux de la crise de 1929 qui a ravagée l’économie allemande (puisqu’hyper-subventionné et financé par les États-unis) dans le cadre au contraire d’une crise économique marquée par la déflation mais surtout dans un contexte politique différent que le nazisme s’est développé.

      La prise du pouvoir fut, elle, bien peu populaire :

      http://seenthis.net/messages/438156

      Mais en Allemagne, dans l’Union Européenne, au niveau de la banque centrale et ailleurs les banquiers et d’autres soutiennent l’idée que ce serait l’hyper-inflation qui aurait amené les nazi au pouvoir.

    • Oui, j’aime aussi tes critiques à deux balles. Et pour Lordon, que j’apprécie assez pour oser critiquer, je trouve que t’as 100℅ raison. Ces figures de style qui consistent à ramener le peuple derrière une institution qui plus est mal qualifiée sont de la merde pour le futur. L’Allemagne pourrait y être nommée République fédérale, ce serait déjà mieux...

      Par ailleurs, dire « Bruxelles » pour « Commission européenne » ou « Conseil europeen » ou... n’est pas mieux... Mais j’ai conscience de paraître un brin opportuniste là....

      Reviens-nous ;-)

  • Lordon’s Calling
    Par Renaud Garcia
    http://cqfd-journal.org/Lordon-s-Calling

    Que penser en définitive ? Non pas que Frédéric Lordon méconnaisse l’apport de la critique anarchiste de l’État répressif et allié du capital : il l’approuve en plusieurs endroits pour sa radicalité. Mais les affects divergents finissent par l’emporter, et commandent cette politesse distante : concéder gracieusement à l’anarchisme des « moments de lucidité » pour la reléguer après mûre réflexion au rang des chimères et des nostalgies de l’âge d’or. Il est alors surprenant, une fois résorbée l’enflure des néologismes – « basal » ; « pulvérulence » ; « empuissancement » ; « endogènement » ; « statonational » ; « condition asynoptique », etc. – et des phrases sybillines – « tel était bien l’enseignement du modèle de genèse conceptuelle dont le but était précisément de montrer le pouvoir morphogénétique des dynamiques passionnelles qui se forment endogènement dans une telle vapeur de précarité violente » –, de retrouver en conclusion un discours de l’émancipation qui emprunte largement aux fondamentaux… de l’anarchisme : l’autogouvernement, le mandat impératif, la révocabilité, ou encore le principe de subsidiarité et l’organisation locale.

    #Lordon

  • Comment se débarrasser de la #dette publique ?
    http://www.laviedesidees.fr/Comment-se-debarrasser-de-la-dette-publique.html

    La création monétaire par les banques centrales peut-elle nous débarrasser de la dette publique ? La zone #euro peut-elle être réformée en ce sens ? Henri Sterdyniak et André Grjebine confrontent leurs analyses autour du livre que ce dernier a récemment publié.

    Essais & débats

    / dette, euro, #banque_centrale, #crise, #monnaie

    #Essais_&_débats

  • Frédéric Lordon : Il faut défendre le social
    http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-frederic-lordon-il-faut-defendre-le-socia

    Guillaume Erner reçoit Frédéric Lordon, économiste, sociologue, directeur de recherche au CNRS, chercheur au Centre de sociologie européenne et membre du collectif Les économistes atterrés. Il publie Imperium : structures et affects des corps politiques (La Fabrique, 21 septembre 2015). (...) Source : France Culture

  • Charlie à tout prix ? by Frédéric Lordon

    http://blog.mondediplo.net/2015-01-13-Charlie-a-tout-prix

    "Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

    Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté."

    #slogan #Lordon

  • Le « conatus » vous dis-je !
    http://www.politis.fr/Le-conatus-vous-dis-je,26796.html

    Si vous n’avez pas déjà vu Bienvenue dans l’angle alpha, ne manquez pas les prochaines représentations, en juin, à la Manufacture des Abbesses. Cette pièce, mise en scène par Judith Bernard et sa troupe Ada-Théâtre, est une adaptation du livre de Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (La Fabrique, 2010). La complicité entre eux est grande, puisque c’est elle aussi qui avait mis en scène d’Un retournement l’autre, une comédie en alexandrins.

    Cette pièce jubilatoire fouaille et met à nu les ressorts de l’univers du travail. Les deux pivots en sont : une double échelle, rouge, objet magique symbolisant la pyramide hiérarchique, l’échelle sociale, la volonté d’ascension vers le sommet, la croissance, bref, le monde capitaliste dans toute sa splendeur, et le « conatus », concept-clé de la pensée de Spinoza.

    #Lordon #Judith_bernard #Conatus #theatre #capitalisme #Spinoza

    • #Lordon a très bien expliqué à quel point c’est du #foutage de gueule. Je dirais même que c’est contreproductif : c’est de l’argent qui est retiré des salaires pour aller directement dans la poche des patrons et des actionnaires et donc qui est retiré du circuit pour se planquer dans les paradis fiscaux. Cet argent va manquer pour assurer les besoins élémentaires des salariés. Donc, ils vont reporter ou abandonner des achats (parce que la plupart des salariés, surtout ceux qui trainent en dessous de 2 SMIC par mois, donc l’écrasante majorité, consomment l’intégralité de leur revenu !), ce qui va vider les carnets de commande encore plus... et donc contribuer à faire virer encore plus de gens, puisque, comme le rappelle Lordon, c’est le carnet de commande qui crée l’emploi !

  •  » [Reprise] Contre une austérité à perpétuité : sortir de l’euro. Mais comment ?, par Frédéric Lordon
    http://www.les-crises.fr/lordon-sortir-de-l-euro

    Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

    Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1]. Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques. Ergo, conclusions :

    Jamais les marchés ne laisseront s’élaborer tranquillement, sous leurs yeux, un projet qui a pour évidente finalité de leur retirer leur pouvoir disciplinaire ;
    Sitôt qu’un tel projet commencerait d’acquérir un tant soit peu de consistance politique et de chances d’être mis en œuvre, il se heurterait à un déchaînement de spéculation et à une crise de marché aiguë qui réduiraient à rien le temps d’institutionnalisation d’une construction monétaire alternative, et dont la seule issue, à chaud, serait le retour aux monnaies nationales.
    La gauche-qui-continue-d’y-croire n’a donc le choix qu’entre l’impuissance indéfinie… ou bien l’advenue de cela même qu’elle prétend vouloir éviter (le retour aux monnaies nationales), sitôt que son projet de transformation de l’euro commencerait à être pris au sérieux !

    Encore faut-il s’entendre sur ce que veut dire ici « la gauche » : certainement pas le Parti socialiste (PS), qui n’entretient plus avec l’idée de gauche que des rapports d’inertie nominale, ni la masse indifférenciée de l’européisme, qui, silencieuse ou béate pendant deux décennies, vient de découvrir les tares de son objet chéri et réalise, effarée, qu’il pourrait bien partir en morceaux.

    Mais l’on ne rattrape pas en un instant une aussi longue période de sommeil intellectuel bienheureux. Aussi le concours aux planches de salut s’est-il ouvert avec la douceur d’un réveil en pleine nuit, dans un mélange de légère panique et de totale impréparation.

    En vérité, les pauvres idées auxquelles l’européisme raccroche ses derniers espoirs ne sont plus que des mots creux : euro-obligations (ou eurobonds) (lire ci-dessous), « gouvernement économique » ou, encore mieux, « saut démocratique » — façon François Hollande-Angela Merkel, on voit d’ici l’hymne à la joie —, solutions de carton pour une pensée Potemkine qui, n’ayant jamais rien voulu interroger, risque de ne jamais rien comprendre. Peut-être, d’ailleurs, s’agit-il moins de comprendre que d’admettre. Admettre enfin la singularité de la construction européenne comme gigantesque opération de soustraction politique.

    #Lordon
    #économiste
    #économie
    #Euro
    #austérité