• #Marseille privatopia : les #enclaves_résidentielles à Marseille : logiques spatiales, formes et représentations

    Marseille : privatopia ?

    La forte multiplication des « #résidences_fermées_sécurisées » est une tendance observée dans les #villes européennes et françaises, après celles d’Amérique latine, des USA, d’Afrique du sud etc. En #France, elle a surtout été repérée et analysée en contextes péri-urbains (Ile de France, Côte d’Azur, banlieues de Toulouse et Montpellier). Partout où elle se développe, cette tendance est souvent attribuée aux inquiétudes des habitants pour la #sûreté, ou leur #qualité_de_vie, ainsi qu’à des #replis_sociaux, thèmes récurrents dans les médias et discours politiques. Elle est aussi liée au rôle d’une « offre » portée par les majors de l’immobilier. Mais elle est aussi soutenue indirectement, dans le contexte néolibéral, par des pouvoirs publics qui se déchargent ainsi de l’aménagement et de la gestion d’#espaces_de_proximité.

    Nous observons et analysons depuis 2007 cette prolifération des #fermetures à Marseille. Après un premier état des lieux (Dorier et al, 2010), nous avons mené une second #inventaire exhaustif en 2013-2014. Et depuis lors, nous menons une veille ciblée sur certains secteurs. Démarrée au début des années 90, la diffusion des #enclosures atteint des sommets à Marseille où elle n’a quasiment pas été régulée : des #marges et des #enclaves se construisent ainsi dès qu’on s’éloigne du centre historique (Dorier, Dario, 2016). Au point que la #fermeture des #espaces_résidentiels, de leurs #rues et espaces de plein air semble en train de devenir la norme (Dorier, Dario, 2018)

    Depuis 25 ans, Marseille n’a cessé de se cloisonner de plus en plus et ce processus est venu aggraver les #inégalités d’#accès_aux_équipements et aux « #aménités » urbaines. Le #parc bâti du centre ville paupérisé s’est dégradé jusqu’à l’effondrement et au risque de péril imminent de centaines d’immeubles, qui ont du être évacués en urgence depuis novembre 2018, comme on le voit sur la carte de droite (voir aussi page dédiée). Pendant ce temps, les quartiers du sud et de l’est, ainsi que les zones en rénovation, se sont transformées en mosaïques résidentielles clôturées, sous le double effet de la #promotion_immobilière et de ré-aménagements voulus par les associations de #copropriétaires. Ils dessinent des espaces pour classes moyennes à aisées, sous forme de #lotissements et d’#ensembles_immobiliers majoritairement fermés et sécurisés, chacun doté de ses propres espaces « communs » privés : parkings, voirie privée, jardins.

    Cette « #Privatopia » tourne d’abord le dos au centre historique, à ses ilots anciens décrépis où l’action publique s’est illustrée par son inefficience pendant des décennies. La fermeture se diffuse d’abord dans les zones favorisées, puis dans les périphéries ouvertes à l’urbanisation, enfin dans les zones de rénovation urbaine : la création de nouvelles résidences fermées est devenue un moyen pour valoriser des opérations immobilières et y attirer des classes moyennes, face aux copropriétés dégradées et aux ensembles HLM appauvris. Lorqu’un bailleur rénove un ensemble de logements sociaux, celui-ci est également « résidentialisé », même si, avec des années de recul sur cette pratique, on sait désormais que clôturer ne résoud pas les problèmes socio-économiques des quartiers, ni même les problèmes de sécurité. Au contraire, la fragmentation physique pourrait bien alimenter les tendances aux séparatismes sociaux en tous genres.

    D’après nos enquêtes, en dehors des formes d’entresoi spécifique de quartiers particulièrement aisés, comme la colline Périer, et ses « gated communities » surplombant la mer, la fermeture est d’abord fortement associée au « tout voiture » qui caractérise encore Marseille et à la concurrence pour le stationnement résidentiel : les premiers espaces à être clôturés sont les parkings. Elle est également liée à 25 années de désengagement croissant de la municipalité dans la gestion de proximité (propreté, entretien des espaces verts, sécurisation publique des rues) ainsi qu’un encouragement de l’urbanisation privée par des ventes de parcelles publiques ou des zones d’aménagement favorisant la promotion immobilière. La fermeture résidentielle traduit l’affirmation d’une économie résidentielle, le rôle des promoteurs, syndics, copropriétés étant crucial : la « sécurisation » (privée) est supposée faire augmenter la valeur marchande des biens immobiliers… Enfin, la fermeture traduit une accentuation des replis sociaux : à Marseille la clôture « a posteriori » de rues qui étaient auparavant ouvertes au passage représente 55% des cas observés.

    Certains espaces du 8ème, 9ème, 12ème , nord du 13ème arrondissements (Les Olives), caractéristiques de cette urbanisation privée, deviennent un assemblage désordonné de copropriétés et d’enclaves de moins en moins accessibles et traversantes. La fermeture se diffuse par mimétisme, les ensembles résidentiels forment des « agrégats », qui bloquent les circulations : une véritable situation de thrombose dans certains quartiers, anciens comme récents (les Olives, Ste Marthe). Le comble, c’est que dans ces quartiers, les plus favorisés, au cadre de vie « a priori » le plus agréable, les déplacements à pied ou en vélo tiennent désormais de l’exploit. Les détours imposés par les barrières qui enserrent chaque rue ou jardin privé de résidence obligent à prendre la voiture pour accompagner un enfant à l’école du coin, acheter le pain… La ville perd de plus en plus en cohérence, et, avec cette juxtaposition de résidences sécurisées certains quartier ressemblent plus à une mosaïque de co-propriétés qu’à… une ville. Cela a été mis en évidence et modélisé par la toute récente thèse de Julien Dario (2019), réalisée dans le cadre de ce projet.

    A Marseille, depuis 2007, nous avons opté pour une étude empirique, directe, sur le terrain. Nous pu ainsi vérifier l’hypothèse qu’aux initiatives spontanées de fermeture de rues et de lotissements a posteriori, longtemps après leur construction, s’ajoutent des stratégies nouvelles. Elles associent promotion privée et action publique, et sont destinées à faire évoluer le peuplement de quartiers de la ville, à travers la production de logement « de qualité » attirant des classes moyennes et supérieures. Promoteurs et décideurs semblent juger utile de les rassurer à travers la livraison d’ensembles qui sont quasiment tous fermés dès la construction … En 12 ans, de 2008 à 2020 une série d’études, de masters et thèses ont permis de décrire et quantifier ce processus, d’observer la progression d’une fragmentation urbaine qui s’accroît aux échelles fines et d’évaluer ses impacts.

    Nos études se sont focalisées sur les fermetures massives des aires privilégiées (Colline Périer, Littoral Sud, Nord-Est avec la technopole de Chateau Gombert), et la transformation résidentielle de certains territoires périphériques en zones d’investissements immobiliers rentables, attirant des classes moyennes et supérieures (Littoral Nord, Sainte Marthe, grand centre ville/Euromed, franges du parc National des Calanques comme la ZAC de la Jarre). les résidences fermées deviennent ainsi un outil de plus value foncière… et de recompositions urbaines, valorisant toutes les zones ayant un attrait environnemental, tout en en restreignant l’accès.

    La diffusion d’un modèle

    Notre méthodologie a permis de prendre la mesure du phénomène à l’échelle d’une ville entière, et sur la durée, ce qui n’a pas été réalisé ailleurs en France. A deux reprises (2008-2009 et 2013-2014), la commune entière a été arpentée, chaque ensemble résidentiel fermé a été géolocalisé dans un SIG, inventorié, décrit, photographié, afin d’établir un corpus exhaustif : 1001 résidences ou lotissements étaient enclos en 2009, plus de 1550 en 2014. L’ensemble des clôtures ont été datées à partir d’enquête directe ou par photo-interprétation. Cette démarche est relatée dans deux rapports de recherche (Dorier et al., 2010 et 2014), 13 masters et une thèse (Dario, 2019).

    Le recours au SIG (Système d’information géographique) a permis de tracer leur histoire, en croisant les localisations avec des images aériennes anciennes, le cadastre, la chronologie des programmes immobiliers. En 2011 et 2012, la première étude du LPED est actualisée à travers plusieurs mémoires d’étudiants sous la direction d’E.Dorier et S.Bridier. Ceux-ci observent une accélération des dynamiques d’enclosures dans les quartiers sud (Dario J. 2010, Toth P.2012), leur multiplication et leur diffusion dans les quartiers nord (Balasc et Dolo 2011, Dolo 2012, Robillard 2012). La propagation se fait beaucoup par mimétisme : plus de la moitié des ensembles fermés sont collés les uns aux autres, par grappes, transformant la physionomie et les usages possibles de l’espace urbain et développant des « marges » urbaines cloisonnées. On peut le vérifier, à travers l’exemple d’une marge Nord-Est de Marseille, sur les franges ville-espaces péri-urbains Les Olives : une juxtaposition désordonnée de lotissements fermés.

    Nous avons aussi beaucoup observé, recueilli de nombreux témoignages auprès de résidents, de riverains, de syndics, d’agences, de techniciens de l’urbanisme… Nous avons séjourné dans plusieurs de ces résidences. Nous poursuivons la veille sur certains contextes sensibles à haut potentiel spéculatif immobilier, comme la frange du massif des calanques ou sainte Marthe, ou encore des espaces où les fermetures sont conflictuelles. Par des analyses d’archives, des enquêtes fines sur des contextes urbains, des entretiens avec acteurs et habitants, des analyses de périmètres de la politique de la ville, le suivi de conflits de voisinages nous avons ensuite analysé les facteurs historiques et les impacts associés à cette dynamique d’enclosures, les inégalités sociales, les impacts sur la circulation, les inégalités environnementale (D.Rouquier 2013, J.Dario, 2019 et la thèse en cours de P. Toth, consacrée aux 8ème et 9ème arrondissements).

    Au final, on met à jour une dynamique de transition libérale, individualiste et sécuritaire, associée au règne de la voiture dans la ville (beaucoup de clôtures ont au départ pour justification le seul parking), qui freine d’autres évolutions souhaitables (transition écologique, inclusion sociale). Si le phénomène se banalise, on constate aussi une complexité territoriale du processus et son épaisseur historique. Dans des contextes de fortes recompositions urbaines (spatiales, foncières, sociales, démographiques), et dans les périmètres de nouvellement urbain, la fermeture d’espaces résidentiels est utilisée comme outil de diversification de l’habitat et de mixité sociale. Le processus n’a pas partout les mêmes motifs ni les mêmes impacts socio-environnementaux. D’où l’intérêt d’approches qualitatives par observations sensibles, entretiens avec des acteurs et habitants, dépouillements d’archives historiques (histoires de rues).

    Les quartiers sud

    En observant le facteur de proximité dans la diffusion, ainsi que le potentiel de valorisation immobilière des terrains vacants ou susceptibles de l’être, plusieurs scénarios de prospective ont été mis au point par Julien Dario pour anticiper l’évolution des espaces susceptibles d’être fermés, transmis à la Ville dans le cadre d’un contrat, comme aide à la décision (Dario 2011, 2014 et 2019). Dans les quartiers sud, on est frappé par la perspective de 53% de taux d’évolution spontané probable de la fermeture dans les 8ème et 9ème arrondissements, si aucune intervention publique ne vient réguler la tendance. Les surfaces touchées par les enclosures (résidences et périmètres d’entreprises) déjà localement très importantes pourraient y atteindre le tiers de la surface totale urbanisée. Des études de cas à échelle fine ont permis d’anticiper plusieurs conflits liés à ces processus (progressifs ou brutaux) en lien avec des dynamiques sociale locales.

    Les cas des lotissements « Coin Joli » et « Barry » (analysés ici par J.Dario entre 2011 et 2019) montrent comment certains dispositifs informels préfigurant l’enclosure sont mis en place progressivement, informellement, parfois subrepticement : enrochements, systèmes physiques fixes contraignants (plots métalliques) permettant encore le passage prudent de deux roues et piétons ; panneaux de sens interdit « privés » et informels apposés à l’extrémité de certaines rues. On passe d’une délimitation par panneautage à une fermeture symbolique et partielle, avant d’évoluer vers l’enclosure, qui peut être conflictuelle en privant de passage les riverains, en réduisant les perméabilités urbaines.

    Les quartiers nord : diffusion des ensembles résidentiels fermés dans les contextes de rénovation urbaine

    Un fait remarquable est la diffusion des enclaves résidentielles fermées au cœur et en bordure des zones urbaines sensibles (ZUS) telles qu’elles ont été définies par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bénéficiant de la TVA réduite, les promoteurs sont incités à y produire une nouvelle offre de logement privée, afin de permettre une diversification et l’installation de classes moyennes. Mais les enclosures, supposées rassurer les candidats à l’accession à la propriété, et maintenir un niveau de prix élevé ne favorisent pas les relations sociales … et nos études montrent qu’en fait de « mixité », apparaissent de nouvelles formes de fragmentations et même de tensions résidentielles (Dorier et al, 2010, 2012), qui s’accompagnent, par ailleurs de formes d’évitement fonctionnel (Audren, 2015, Audren Baby-Collin, Dorier 2016 , Audren, Dorier, Rouquier, 2019). Le secteur du Plan d’Aou dans le 15ème arrondissement de Marseille, où la restructuration résidentielle est achevée a été analysé à l’aide d’étudiants (Balasc et Dolo 2011). Dans ce secteur cohabitent des zones de logements HLM en fin de réhabilitation, des lotissements anciens qui se sont fermés ou sont en cours de fermeture, des projets immobiliers récents, conçus sécurisés. La juxtaposition de ces différents types d’habitats aux profils sociaux différenciés engendre plus une fragmentation qu’une mixité Fonctionnelle, malgré la proximité. Les interrelations sont faibles entre les ensembles et les espaces. (Dorier, Berry-Chikahoui et Bridier, 2012)

    une crise des urbanités

    Tandis que cette transformation des espaces de copropriétés et rues privées de Marseille se poursuit, des pans entiers de vieux quartiers populaires se délabrent. En 2019, notre cartographie de ces ensembles résidentiels privés fermés ainsi que des HLM « résidentialisés » et enclos (dans les projets de rénovation urbaine) tranche avec la géographie des constructions déclarées en péril et brutalement évacuées de leurs habitants, suite à l’effondrement de deux immeubles vétustes du quartier Noailles, près du Vieux port de Marseille. Notre carte révèle des politiques de l’habitat à plusieurs vitesses, où des décennies de laisser-faire public face à la ville privée s’expriment d’un côté par la dégradation du bâti, et de l’autre par la multiplication de formes de repli et d’entre soi urbain ayant des impacts sur les circulations et sur l’accès aux équipements. A ce stade, des rééquilibrages publics sont indispensables. Quelques initiatives publiques pour maintenir des traverses piétonnières ont été lancées dans certains quartiers très touchés, elles sont compliques par les évolutions législatives (qui facilitent la clôture des espaces privés) ainsi que par la dévolution de la compétence en matière de voirie à la Métropole. Rétablir des accès et servitudes de passage pour les piétons est compliqué dans les espaces privés : il faut passer par une DUP, puis par l’achat d’une bande de terrain par la collectivité pour tracer un cheminement piétonnier. Des interventions seraient possibles dans certains cas où les clôtures ont été posées sur des rues non privées, ou hors de la légalité. Mais la collectovité ne s’auto-saisit pas des cas d’infraction. Les actions au cas par cas risquent de ne pas suffire à endiguer cette véritable crise d’urbanité.

    (observations menées conjointement à nos études sur le mal logement et des évacuations à Marseille).

    le projet ci-dessous a fait l’objet d’une exposition art-science, présentée à l’Espace Pouillon, campus centre Saint Charles de l’Université Marseille Privatopia 8-24 octobre 2020.

    Depuis 2014, une collaboration avec l’artiste peintre Anke Doberauer (photos et tableaux) a été rendue possible grâce à une résidence commune à la Fondation Camargo (2014). La jeune cinéaste Marie Noëlle Battaglia a également réalisé en 2020 un documentaire « En remontant les murs » inspiré par nos recherches, et en lien avec l’équipe (avant première le 18 octobre 2020, dans le cadre du festival Image de ville). Ces collaborations ont déjà donné lieu à des présentations croisées, comme celle du 3 avril 2019 organisée par le Goethe Institut à la Friche de la belle de mai, et pourraient déboucher sur une exposition et un ouvrage commun.

    Rapports de recherche-action :

    Dorier E. Dario J. Rouquier D. Bridier S. , (2014), Bilan scientifique de l’étude « Marseille, ville passante », Contrat de collaboration de recherche : « Développement urbain durable à Marseille » n°12/00718, 13 cartes, 18 croquis, 24 tableaux. juin 2014, 90 p.

    Dorier E. (dir), BERRY-CHIKHAOUI I., BRIDIER S., BABY-COLLIN V., AUDREN G., GARNIAUX J. (2010), La diffusion des ensembles résidentiels fermés à Marseille. Les urbanités d’une ville fragmentée, rapport de recherche au PUCA, Contrat de recherche D 0721 ( E.J. 07 00 905), 202 p, 35 cartes et croquis, 30 graphiques, 68 illustrations photographiques.

    Ces rapports ont donné lieu à de nombreuses restitutions publiques auprès des services de l’Urbanisme de la Ville, la Communauté urbaine, l’Agence d’Urbanisme (Agam), le département.

    Articles scientifiques :

    Dorier E. Dario J., 2018, « Gated communities in Marseille, urban fragmentation becoming the norm ? », L’Espace géographique, 2018/4 (Volume 47), p. 323-345. URL : https://www.cairn.info/journal-espace-geographique-2018-4-page-323.htm (traduction texte intégral ) texte intégral (ENG.) DORIER DARIO Espace geo anglais EG_474_0323

    Dorier E. Dario J., 2018, « Les espaces résidentiels fermés à Marseille, la fragmentation urbaine devient-elle une norme ? » l’Espace géographique, 2018-4 pp. 323-345.

    Dorier E., Dario J., 2016, « Des marges choisies et construites : les résidences fermées », in Grésillon E., Alexandre B., Sajaloli B. (cord.), 2016. La France des marges, Armand Colin, Paris, p. 213-224.

    Audren, G., Baby-Collin V. et Dorier, É. (2016) « Quelles mixités dans une ville fragmentée ? Dynamiques locales de l’espace scolaire marseillais. » in Lien social et politiques, n°77, Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages, p. 38-61 http://www.erudit.org/revue/lsp/2016/v/n77/1037901ar.pdf

    Audren, G., Dorier, É. et Rouquier, D., 2015, « Géographie de la fragmentation urbaine et territoire scolaire : effets des contextes locaux sur les pratiques scolaires à Marseille », Actes de colloque. Rennes, ESO, CREAD, Université de Rennes 2. Actes en ligne.

    Dorier E, Berry-Chickhaoui I, Bridier S ., 2012, Fermeture résidentielle et politiques urbaines, le cas marseillais. In Articulo– – Journal of Urban Research, n°8 (juillet 2012).

    Thèses

    Audren Gwenaelle (2015), Géographie de la fragmentation urbaine et territoires scolaires à Marseille, Université d’Aix Marseille, LPED. Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de V.Baby-Collin

    Dario Julien (2019) Géographie d’une ville fragmentée : morphogenèse, gouvernance des voies et impacts de la fermeture résidentielle à Marseille, Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de Sébastien Bridier. Telecharger ici la version complète. Cette thèse est lauréate du Grand prix de thèse sur la Ville 2020 PUCA/ APERAU/ Institut CDC pour la Recherche, Caisse des Dépôts

    Toth Palma (soutenance prévue 2021), Fragmentations versus urbanité(s) : vivre dans l’archipel des quartiers sud de Marseille Université d’Aix Marseille, LPED , Sous la direction de Elisabeth Dorier

    Posters scientifiques :

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Les Ensembles résidentiels fermés à Marseille, in SIG 2014, Conférence francophone ESRI, 1-2 octobre 2014 – http://www.esrifrance.fr/iso_album/15_marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E, 2014, Marseille, fragmentation spatiale, fermeture résidentielle, LPED – Aix-Marseille Université, poster scientifique, Festival international de géographie de Saint Dié, oct 2014. https://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_1_Marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Marseille, Voies fermées, Ville passante, LPED – Aix-Marseille Université, poster. http://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_2_Marseille.pdf

    Contributions presse et médias

    Dorier E. Dario J. Audren G. aout 2017, collaboration avec le journal MARSACTU. 5 contributions à la série « Petites histoires de résidences fermées », collaboration journal MARSACTU / LPED, aout 2017. https://marsactu.fr/dossier/serie-petites-histoires-de-residences-fermees

    Dorier E. et Dario J. 23 aout 2017, interview par B.Gilles, [Petites histoires de résidences fermées] Les beaux quartiers fermés de la colline Périer, interview pr B.Gilles, MARSACTU, https://marsactu.fr/residences-fermees-dorier

    Dorier E. Dario J. 30 janv. 2017, interview par L.Castelly, MARSACTU : https://marsactu.fr/discussion-ouverte-residences-fermees

    Dorier E. , et Dario.J. 20 mars 2014, interview in MARSACTU , société : 29% de logements sont situes en residences fermees à Marseille

    Dorier E. Dario J., 4 oct 2013, « Hautes clôtures à Marseille », in Libération, le libé des géographes. (1 p, 1 carte) http://www.liberation.fr/societe/2013/10/03/hautes-clotures-a-marseille_936834
    Dorier E. , 7 avril 2013, « Le phénomène des résidences fermées est plus important à Marseille qu’ailleurs », Marsactu, talk quartiers, archi et urbanisme, http://www.marsactu.fr/archi-et-urbanisme/le-phenomene-des-residences-fermees-est-plus-important-a-marseille-quailleu

    Dorier E. Dario J., 10 fev 2013, « Fermetures éclair » in revue Esprit de Babel, Fermetures éclair

    télévision

    M6, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED. Journal national, octobre 2013 : https://www.youtube.com/watch?v=hDM

    FR3, 19/20, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED, 24 mai 2013, https://www.youtube.com/watch?v=o-O

    FR 5 (minutes 38 à 50) : « En toute sécurité », documentaire de B.Evenou, http://www.france5.fr/emission/en-t

    podcast radio

    Collaboration entre chercheurs et cinéaste, janvier 2021 : https://ecoleanthropocene.universite-lyon.fr/documenter-la-geographie-sociale-grand-entretien-a

    Collaboration entre chercheurs et artiste peintre, octobre 2020 : Sonographies marseillaises – Radio Grenouille et Manifesta 13 « Ce monde qui nous inspire #4 Marseille ville privée ? »

    https://urbanicites.hypotheses.org/688

    #sécurisation #privatisation #espace_public #classes_sociales #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #immobilier #foncier #rénovation_urbaine #urbanisme #fragmentation_physique #inégalités #tout_voiture #voiture #automobile #stationnement_résidentiel #parkings #proximité #promotion_immobilière #urbanisation_privée #détours #barrières #mosaïque #
    #cartographie #visualisation

  • Les dessous du modèle pavillonnaire
    http://carfree.fr/index.php/2021/04/15/les-dessous-du-modele-pavillonnaire

    Un #documentaire de Myriam Elhadad réalisé en 2019 et intitulé « Rêve pavillonnaire, les dessous d’un modèle » traite de l’histoire et des conséquences de l’étalement urbain, ainsi que de l’énorme coût Lire la suite...

    #Etalement_urbain #Fin_de_l'automobile #france #lotissements #pavillons #périurbain #périurbanisation #urbanisme

  • « Les périurbains demandent qu’on leur foute la paix sur leur façon de vivre ! »
    http://carfree.fr/index.php/2021/03/12/les-periurbains-demandent-quon-leur-foute-la-paix-sur-leur-facon-de-vivre

    Le titre d’un article récent du journal 20 minutes n’y va pas par quatre chemins : « Les périurbains demandent qu’on leur foute la paix sur leur façon de vivre ! » L’article relate Lire la suite...

    #Etalement_urbain #bordeaux #campagne #dépendance #lotissements #périurbain #société #urbain

    • Ah, mais tellement.

      Pourtant, la vie en lotissement périurbain ressemble surtout à une parodie de vie à la campagne… C’est même un secret de polichinelle qu’aucun de ces endroits n’est à proprement parler de la « campagne. » Le journaliste James Howard Kunstler parlait du mode de vie périurbain comme d’une sorte de moquerie de l’idée de vivre à la campagne.

      D’ailleurs, les véritables ruraux, vivant et travaillant à la campagne, jugent souvent sévèrement ces « citadins qui viennent vivre à côté de chez eux. » Ces lotissements périurbains ne constituent même pas de véritables communautés autour d’un quelconque réseau social ou économique, ce ne sont que des dortoirs, dans le sens le plus froid. On parle d’ailleurs souvent de « villes-dortoirs » pour caractériser ces espaces périurbains. Les périurbains y vivent le soir et le week-end et passent leur journée au travail en ville… quand ils ne sont pas dans leur voiture à faire le métronome.

      En ce qui concerne le « cadre de vie plus nature » recherché par les périurbains, il faut quand même rappeler que les lotissements sont souvent nommés d’après ce qu’ils détruisent. Si cela s’appelle « Clairière des écureuils », cela veut dire que tous les écureuils ont été exterminés. Si c’est « La chênaie », il n’y a plus de chênes. Si le lotissement s’appelle « La prairie, » c’est qu’il a remplacé une ancienne prairie, etc.

    • Bah ! Avec le télétravail, la péri-urbanité ne manque pas d’avenir. Et plus besoin d’aller dégazer du CO2 et des NOx dans le nez des « urbains ».
      Mais chez les « vrais ruraux », on peut agrémenter ses week-end en allant s’amuser au loto organisé par des assos’ du cru et écouter les chasseurs (du cru) narrer leurs derniers exploits cynégétiques. Le rêve ...
      Par contre pour les courses, t’es obligé·e d’aller « enfumer » les naseaux des « péri-urbains ». C’est ballot, hein ?

      Allez, patron ! Gasoil pour tout le monde ! C’est ma tournée. :-))

    • Un autre truc : à la « campagne », on te dit que tu es éligible à la fibre mais tu ne vois jamais un technicien, (hormis un « itinérant » qui te dit que, et bien désolé, mais il n’a pas le droit de monter sur une échelle) pour raccorder ta baraque au tuyau.
      Ceci dit, c’est pas étonnant que la commune soit « fibrée » : même la réception de la TNT pose problème. Je vous parle pas bien sûr de la téléphonie mobile : obligé de faire 15 bornes jusqu’à la sous-préfecture la plus proche pour choper un peu de 4G. C’est dans un joli département de l’Ouest de la France. Je crois qu’on le nomme « la Moyenne ».

  • Résister à l’#urbanisation des #terres_agricoles

    Les territoires situés dans le pourtour des #villes, et a fortiori des #métropoles, sont progressivement gagnés par l’urbanisation. Les villes s’étalent toujours et encore. Des #lotissements se construisent à la place des champs, organisant le jeu de la #spéculation_foncière. La #campagne est grignotée, tandis que les #espaces_ouverts sont repoussés plus loin. Ainsi, entre 2006 et 2014, 490 000 hectares de sols ont été artificialisés en #France, la plupart au détriment de terrains agricoles. Pour sa part, l’aire urbaine toulousaine a perdu 8 % de sa surface cultivée entre 2000 et 2010 et l’urbanisation des pourtours de l’agglomération se poursuit malgré l’effort de #densification, sensé s’opposer à l’#étalement_urbain.

    https://sms.hypotheses.org/19065
    #agriculture #aménagement_du_territoire #géographie_urbaine #Toulouse

    #Film #documentaire « #Des_champs_et_des_maisons »
    –-> à voir sur le site

  • Drone footage reveals hundreds of abandoned Turkish chateaux at Burj Al Babas
    https://www.dezeen.com/2019/01/18/drone-abandoned-turkish-chateau-burj-al-babas

    Approximately halfway between Turkey’s largest city Istanbul and its capital Ankara, the Burj Al Babas development will contain 732 identical mini chateaux when, or if, it completes.

    Au premier regard j’ai cru à des maquettes, mais non !

    #architecture #lotissement

    • Vraiment ? Pas un fake ? Y’a d’autres sources ? Google maps ?
      Parce qu’ un château, c’est bien quand t’es seul. La non seulement tu te tapes des voisins mais en plus, t’as la même baraque que les autres, autant vivre à la Courneuve.
      Une Ferrari c’est bien si le parking du supermarché n’en est pas rempli. Sinon ça devient du mauvais goût, comme là.

    • non pas du tout fake

      #Talia_Saray_Villa

      gg:Maps
      https://www.google.fr/maps/place/Burj+Al+Babas+Villa/@40.4450213,31.1973133,1129m/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x14cd368170cadda5:0x1c3af436b3407cb!8m2!3d40.462581!

      gg:Images

      présenté comme un "projet hôtelier", je crois (mais ce n’est pas très clair) que les pavillons sont destinés à des investisseurs, non pour une gestion directe des locations.

      Talia Saray Project » Burj Global Group
      http://burjglobalgroup.com/property/talia-saray-project

      DESCRIPTION
      Burj Global Real Estate Group Launches Talia Saray Project (Talia Sarai) for Royal Villas (1/5/2017)

      The resort is located in Modorno district of the Polo Turkish state Which is one of the most attractive natural areas for tourists and it is two hours from Istanbul and an hour and  a half from the capital Ankara, an hour from Sabanga, a lively area of ??nature and sulfuric water (therapeutic)  at 860 meters above sea level, where fresh air and 25 degrees Summer degree.

      The area is characterized by a tourist atmosphere in the summer and winter, where tourists go for recreation and  relax with therapeutic water. The Talia Saray project is the company’s sixth project in this region.

      The resort is equipped with all hotel services / large commercial mall / 8 natural and industrial lakes  / restaurants and cafés throughout the resort / indoor and open swimming pools for women and men for privacy / Hotel / children daycare / Mosques / Hospital / Cinema / Spa Jacuzzi & Sauna / Horseback Riding /
      Thermal Water Swimming Pool / Heliport / Aqua Park / Golf Land / Soccer courts, Basketball, Tennis /  Artificial river / Golf cars for mobility within the project / Trips to Istanbul / Maintenance /  Guarding and security 24 hours a week /

      The project consists of 350 villas designed in classic style. The interior of the villa is 300 square meters. Divided into two floors. The ground floor consists of three open living rooms (can be two bedrooms), a dining room,  a kitchen with a bathroom and rooms, a Jacuzzi and steam room with thermal water, with a terrace that can be  turned into a diwaniya and a back terrace overlooking the villa’s back garden. The first floor consists of three bedrooms (one of them master room) and two bathrooms with a large terrace  and a balcony overlooking the lakes in the resort, villas also feature modern furnishings and  full luxurious decor in keeping with the villa’s exterior design.

      The villa garden is organized in an engineering style, decorated with flowers and enjoys full privacy.  A private outdoor swimming pool can also be set up for the villa.
      The land area of each villa ranges from 320 meters to 669 square meters registered under the title deed,  and most of the sites are characterized by the presence of pleas for the right of use of owners villas.

      Delivery date 2019
      Payment methods cash or installments up to Three-year

    • Faillite en novembre 2018, donc…
      –> #ghost_town !


      Partially completed chateau-like houses in the project
      Source: Sarot Group/Burj Al Babas/Facebook

      Customers from Qatar, Bahrain, Kuwait, United Arab Emirates and Saudi Arabia snapped up 350 of the villas, according to Hurriyet, at a going rate of $370,000 to $530,000. They specifically asked for the chateau-like design, according to the project’s consulting architect, Naci Yoruk.

      Sarot Group Chairman Mehmet Emin Yerdelen blamed his predicament on deadbeat clients.

      We couldn’t get about 7.5 million dollars receivables for the villas we have sold to Gulf countries,Hurriyet quoted Yerdelen as saying. “We applied for bankruptcy protection but the court ruled for bankruptcy. We will appeal the ruling.

      The group finished building 587 villas before it applied for bankruptcy protection.

      Although the court ordered the group to stop construction immediately, Yerdelen is still hopeful.

      Investisseurs défaillants du Golfe…

    • article non daté, mais très certainement du 5/12/2018 vu le numéro de la page…
      (et modifié après puisqu’il reprend une annonce du 16/09/2019

      Bonne nouvelle, le groupe serait plutôt sous redressement judiciaire et a été autorisé à poursuivre la commercialisation des pavillons et châteaux…

      http://i.hurimg.com/i/hdn/75/650x650/5bfbcf4567b0a820a05ea3fd

      http://i.hurimg.com/i/hdn/75/650x650/5bfbcf4867b0a820a05ea3ff

      A lawsuit had been filed against the developers of the Burj Al Babas housing project on grounds that the company destroyed trees and dumped excavated soil on forestland in the district of Mudurnu in the northwestern province of Bolu.

      With the criminal case continuing in the Mudurnu court and the company also appealing the court-declared bankruptcy in Istanbul, the firm’s chairman Mehmet Emin Yerdelen told Demirören News Agency on Jan. 16 that the sale of the villas resumed because the Bankruptcy Directorate allowed it.

      Our companies are currently operating in normal conditions under judicial control. Our sales and construction works continue as part of our resumed commercial activities,” he said.
      […]
      But the court now decided on bankruptcy. That was a wrong decision. The total value of the project is about $200 million. We will object to this decision. We still have 250 villas completed and ready to go on sale. Selling only 100 of them would be enough to pay off the debts and complete the project,” Mehmet Emin Yerdelen, the chair of the Sarot Group, told daily Hürriyet.

  • Projet de sauvegarde du #chalet_Lang à #Courchevel 1850

    Le chalet Lang compte parmi les premières constructions de la station de Courchevel 1850, dont le plan d’#urbanisme date du printemps 1946. Établi par Laurent CHAPPIS (1915-2013), architecte urbaniste, à la demande du Conseil général de Savoie et du Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme (M.R.U.), la localisation et le plan de Courchevel reposent sur leur articulation avec le #domaine_skiable (pistes et remontées mécaniques) déterminé au préalable. Le centre de la station – dénommé la « grenouillère » – est conçu comme le lieu vers lequel convergent les pistes de ski ; à proximité les commerces, les magasins et le village administratif ; à l’entrée, les aires de stationnement en plein air et les garages souterrains ; plus éloignées, sur les versants orientés à l’est et au nord, les zones résidentielles destinées aux chalets, villas, hôtels et pensions. L’implantation des résidences est fixée pour que chacune soit reliée à une piste de ski, permettant ainsi de rejoindre un départ de remontée mécanique, et au retour de regagner sa résidence par simple gravité. Il est prévu que la station nouvelle se dissimule dans un paysage de forêts et de clairières. L’urbanisation se développe par la réalisation successive de #lotissements pour lesquels chaque cahier des charges fixe l’implantation et la volumétrie des constructions. Le chalet Lang est édifié en 1950 sur le lot n°122 du lotissement de Bellecôte.


    http://inventaire-rra.hypotheses.org/2948
    #histoire #architecture #stations_de_ski #patrimoine #patrimoine_culturel #montagne #Alpes
    via @franz42

    • Le chalet a été racheté 11 millions d’euros (pour construire à la place un « beau chalet » dans le style néo-tyrolien qui fait fureur auprès de la clientèle russe) et le nouvel acquéreur s’est engagé à le démonter et à le remonter à ses frais sur un terrain fourni par la municipalité près de l’aéroport pour en faire un lieu d’exposition sur le patrimoine architectural

  • Quatre paysages (3/4) : La France des lotissements
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/quatre-paysages-34-la-france-des-lotissements

    Un paysage périurbain. Ces ensembles proprets qui alignent des maisons individuelles mais toutes identiques incarnent un rêve bien français, celui d’avoir son petit chez soi et son petit jardin. Ils sont pourtant une vraie défaite en matière d’urbanisme.

    #lotissements #périurbanité

    • des maisons individuelles mais toutes identiques incarnent un rêve bien français

      C’est le projet des promoteurs et des banquiers plutôt ! Les gens ont envie d’avoir une maison avec un bout de jardin mais les alternatives sont rares.

  • HOME SWEET HOME

    Un paysage périurbain. Ces ensembles proprets qui alignent des maisons individuelles mais toutes identiques incarnent un rêve bien français, celui d’avoir son petit chez soi et son petit jardin. Ils sont pourtant une vraie défaite en matière d’urbanisme.

    http://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/quatre-paysages-34-la-france-des-lotissements

    Plongeon dans cette France du #lotissement, des villages témoins de maisons individuelles jusqu’aux lotissements dessinés par Disney Corp. au #Val_d'Europe.

    http://www.lesinrocks.com/2016/10/30/idees/pavillon-de-banlieue-ne-plus-rever-personne-11874839
    http://www.article11.info/?L-ego-dans-son-enclos#a_titre
    #architecture #urbanisme #documentaire

  • Le #PLU ne change pas les droits et obligations qu’ont, entre eux, les propriétaires d’un #lotissement - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250271534048&cid=1250271532759&nl=1

    Dans un arrêt rendu le 13 octobre, la 3e chambre civile de la cour de cassation rappelle que le plan local d’urbanisme (PLU) ne change pas les droits et obligations qu’ont, entre eux, les propriétaires d’un lotissement. Le PLU, explique la Cour de cassation, ne s’impose aux propriétaires du lotissement que dans les rapports avec les tiers.
    En l’occurrence, un propriétaire avait réalisé une construction nouvelle, une piscine, ce qui lui était interdit par le cahier des charges du lotissement vieux de plusieurs décennies. Il estimait qu’il n’était plus tenu de le respecter puisque sa construction était désormais autorisée par un PLU plus récent. A tort, a tranché la Cour de cassation. Car si le PLU applicable autorisait la piscine, que les tiers ne pouvaient donc pas contester, le cahier des charges du lotissement l’interdisait et les voisins, eux, pouvaient réclamer l’application ou le respect de ce contrat. Dans ce type d’affaire, ils n’ont même pas à justifier d’un préjudice, précisent les juges.

  • Les #Earthships : ces #baraques #post-apocalyptiques de #demain, dès #aujourd'hui
    http://www.vice.com/fr/read/les-earthships-des-baraques-post-apocalyptiques-tres-piedras-michael-reynolds

    Tres Piedras abrite la #Communauté du Monde Meilleur, un #lotissement de 70 #maisons construites pour être entièrement #autonomes. Les maisons, appelées Earthships, sont le fruit de #Michael_Reynolds, un #architecte de 68 ans. Préoccupé par la dévastation de l’#environnement au début des #années_1970, Reynolds a commencé la construction de ces Earthships à partir de matériaux de #récupération tels que les boîtes, les bouteilles et les pneus crasseux.

  • Ariège, le conseil général socialiste supprime le RSA à des centaines de personnes, et le revendique (CIP-IDF)
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6332

    Le changement à une drôle d’allure... Celle d’une gauche rose pâle qui n’augmente guère le SMIC, n’a concédé aux salariés qu’une hausse de l’allocation de rentrée scolaire, la création d’emploi aidés et des embauches dans l’éducation, celle d’une gauche bleu marine qui persécute les Roms ; l’allure d’une entreprise France désormais dirigée par un ancien de la haute école de commerce et qui ne voudrait revenir ni sur l’interdiction du revenu minimum aux moins de 25 ans, ni sur la diminution du « pouvoir d’achat » de qui dépend d’allocs chômage, de minima sociaux ou de pensions de retraite toujours plus difficiles à obtenir en raison des durées d’emploi exigées [1]. On nous annonce 30 milliards d’économies et, on le verra ci-dessous, alors que cette modalité de la gestion punitive des pauvres était jusqu’alors occultée par les conseils généraux majoritairement dirigés par la gauche qui en sont chargés, pour la première fois, un conseil général PS revendique haut et fort de supprimer le RSA à des centaines de personnes [2]. Source : CIP-IDF

    • Vivre de rien

      Ils ont 400, 700, 1 000 euros (pour une famille avec 3 enfants) par mois pour vivre. Certains sont en marge de la société ; d’autres, victimes de la désindustrialisation, du manque de #travail, de l’#isolement ; certains enfin s’inscrivent dans un processus de « décroissance ». Pierre Hybre les a rencontrés au printemps et en mai derniers, en #Ariège. Situé tout en bas de la France, ce département est l’un des moins peuplés, l’un des plus #pauvres. « Une autre particularité de ce coin reculé, raconte Pierre Hybre, est son degré d’acceptation de la différence, assez exceptionnel. La marginalité est ici largement tolérée par la population. » Ce reportage présente, en dyptique, les personnes rencontrées dans leur cadre de vie, et s’accompagne d’un extrait sonore. Il s’inscrit dans la série les « Oubliés de nos campagnes », commandée par le Secours catholique à l’agence photo M.Y.O.P. Deux autres reportages sont visibles ici et là.

      http://www.mediapart.fr/portfolios/vivre-de-rien

      « Je ne voterai plus socialiste »

      Mediapart s’est installé une semaine dans l’Ariège, un des départements les plus socialistes de France. Dans cette terre industrielle et rurale violentée par la #crise, les électeurs de gauche oscillent entre gros doutes et colère. Ici la droite est quasi inexistante. Le Front national est en embuscade. Premier volet d’une série de trois reportages.

      Dans l’annuaire téléphonique, bien des noms sont d’origine espagnole, avec des “ez” et des “o” à la fin. Lors de la guerre civile espagnole (1936-39), Lavelanet, prospère cité textile au pied des Pyrénées, fut un refuge pour beaucoup de républicains. Fuyant le franquisme, ils rejoignirent certains de leurs compatriotes arrivés des décennies plus tôt. Aujourd’hui, cette terre d’immigration (après les Espagnols, il y eut les Maghrébins) fait partie des villes convoitées par le Front national.

      Ici, comme dans le reste de l’Ariège, on a presque toujours voté à gauche. Dans ce département pauvre, rural et industriel, marqué par un #socialisme laïque et républicain, le PS reste hégémonique, le PCF conserve quelques beaux restes. À chaque élection nationale, l’Ariège est un des départements les plus socialistes de France. Lors de la dernière présidentielle, certains villages ont voté Hollande au premier tour à 50, 60,voire plus de 70 %.

      À Lavelanet, le baron local s’appelle Jean-Pierre Bel. C’est ici que l’actuel président socialiste du Sénat, très proche de François Hollande, a entamé sa carrière politique. En 2001, il reprend la ville, brièvement conquise par la droite. Il en fera son marche-pied vers les hautes sphères de l’État.

      Mais pour les habitants, hormis la fierté passagère de voir l’un des leurs intégrer le cercle des puissants, l’ascension de Jean-Pierre Bel n’a pas changé grand-chose. En trente ans, Lavelanet a perdu des milliers d’emplois et 3 500 habitants. Le centre-ville, ses vastes allées, la grande esplanade bétonnée au-dessus de la rivière : c’est le décor tout entier qui est devenu trop grand. Un actif sur quatre est au #chômage. Le textile a disparu. La mécanique de pointe, elle, se porte très bien. Mais elle n’emploie pas la main-d’œuvre locale, pas assez qualifiée.

      Ici, François Hollande a réuni 33,76 % au premier tour de la présidentielle, loin devant Marine Le Pen, puis Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État a toujours des partisans. Comme Ariel Nunez, patron d’une petite entreprise de vente d’articles de pêche par correspondance, aficionado du “Che” et vieil ami de Jean-Pierre Bel, qu’il voit le week-end. « Hollande, c’est un super mec, moi je me régale… Bon, c’est vrai qu’il a un problème : cette image qui lui colle à la peau depuis les Guignols de l’Info (qui présentent Hollande en personnage jovial mais un peu demeuré, ndlr). Il fait le max. Il suffit que le chômage baisse et il va remonter… »

      Ancienne déléguée CGT de la grande usine Roudière, fermée au début des années 1990, aujourd’hui à la retraite après des années de petits boulots, Maria n’est pas transportée, mais elle excuse le chef de l’État. « Hollande hérite de ce qui s’est passé avant lui. Vraiment, je le plains… »

      Parmi ceux qui ont glissé un bulletin Hollande dans l’urne, beaucoup commencent tout de même à perdre patience. Pierre, restaurateur au look rocker (le prénom a été changé), a voté Mélenchon au premier tour, Hollande au second. « Le changement, on l’attend… Il faudrait une révolution, il n’y a que ça… », tonne-t-il, en colère derrière son comptoir.

      Geneviève Lagarde, infirmière à domicile de 53 ans (Hollande au second tour, « plus à gauche au premier »), ne cache pas son désarroi. « Il y a eu un moment d’espoir, mais là, c’est le statu quo. Je ne vois pas ce qui a changé. » Elle peste contre les « dissonances au gouvernement », l’abandon de l’écotaxe (« une bonne chose, il ne fallait pas reculer même si c’est mal perçu »), « les grosses fortunes dans lesquelles on ne tape pas alors qu’on rogne les revenus des petits salaires et des retraités ». « En voulant ménager la chèvre et le chou, on n’arrive à rien ! À force de reculer, à chaque fois, ils se discréditent. Ça me fait de la peine. Les gens de gauche comme moi, on est désorientés. » Aux européennes, Geneviève ne votera pas PS : « Pas contre eux, mais pas pour eux non plus », résume-t-elle.

      « Je cherche juste un boulot, moi, n’importe quoi », peste Mourad, 27 ans, qui traîne au PMU près de l’agence Pôle emploi et n’aime pas beaucoup parler politique. « Mais c’est pas facile avec ma tête et ma barbe. Hollande dit que le chômage s’est inversé, mais c’est parce que tout le monde est au #RSA. »

      Sur le vaste parking du centre-ville, je croise Marie-France, 37 ans, mère seule avec deux enfants, vendeuse en pointillé. Dans le passé, elle a voté Mitterrand, elle sèche les urnes depuis. « En fait, on n’a jamais autant parlé politique avec la famille et les amis depuis que Hollande a été élu. » Avec ses proches, Marie-France ne commente pas la politique du président (ni mieux ni pire que Sarkozy, dit-elle). Ce qui l’obsède, c’est le style de ce chef de l’État qu’elle ne voit qu’à la télé. « Il ne fait pas président… il n’est pas rassurant… quand on parle de lui, on rigole » :

      « Ici tout le monde est socialiste, mais c’est drôle : plus personne ne l’a voté ! » s’amuse une mamie « de droite ». « Il y a une grande déception, admet le maire de Lavelanet, Marc Sanchez, qui a succédé à Jean-Pierre Bel à la mairie. Les gens attendent d’abord du travail. La courbe du chômage s’est peut-être inversée, mais nous on ne voit rien. À la rentrée, j’ai croisé beaucoup de #retraités mécontents de devoir payer pour la première fois plusieurs centaines d’euros d’impôt. Les nouveaux rythmes scolaires, on y est passé, mais ce n’est pas simple, et encore plus difficile pour les petites communes. En fait, c’est assez dur d’expliquer ce que fait le pouvoir. »

      « Les gens ont voté Hollande d’abord pour se débarrasser de Sarkozy », abonde l’ancien député européen PS Michel Teychenné, actuel chef de l’opposition municipale à Pamiers, la capitale économique de l’Ariège, une des rares communes aux mains de la droite dans le département. « Il y a une très forte attente sur les retraites, le pouvoir d’achat, le chômage.

      Aujourd’hui, l’impression domine que la politique économique menée est à peu près la même que celle du gouvernement précédent. Nos concitoyens trouvent qu’on leur dit un peu trop « paie, paysan » ! Ils ne voient pas le bout du tunnel », analyse ce proche du ministre de l’éducation Vincent Peillon.

      Près de Pamiers, dans cette basse Ariège devenue la grande périphérie de Toulouse, les #lotissements sortent de terre les uns après les autres. La Tour-du-Crieu (photo) est un de ces villages champignons au bord de l’autoroute entre Toulouse et Foix. Il attire la petite classe moyenne en quête d’un pavillon.

      Il est midi ce vendredi de décembre et Émilie, aide-soignante de 30 ans, rentre du travail. Avec son compagnon, elle habite un petit pavillon blanc tout neuf, entouré d’une mince langue de gazon. « Hollande ? No comment. » Émilie a voté pour lui aux deux tours. En 2007, elle avait choisi Sarkozy. « J’y avais un peu cru. Ça fait deux fois que je me penche sérieusement sur le truc, et deux fois que ça me déçoit. » La politique ne l’intéresse plus vraiment, elle « coupe » souvent la télé. « Tout ça donne vraiment envie de faire juste son petit bout de chemin, chacun de son côté. » « Ce ne sera pas mon cas, mais je comprends que les gens aient envie de se faire entendre en votant FN. Le manque de travail pour les jeunes, ces retraités dont je m’occupe qui vivent parfois dans la misère… c’est honteux. »

      « Je ne voterai plus socialiste, c’est clair », dit Jean, ex-cadre à La Poste, aujourd’hui retraité. Jean, famille de gauche, a milité au PS. Il en est revenu. « Je suis déçu depuis de nombreuses années mais là… il y a beaucoup de promesses non tenues, ça entraînera de nombreuses déceptions. On nous avait dit par exemple que la TVA, promis juré, on ne ferait pas ça… Ce qu’ils disent est contredit dans les jours qui suivent. Je ne crois plus en rien de leur part. »

      « Hollande est beaucoup plus réactif sur les problèmes militaires que sur les problèmes qui concernent les Français, le chômage, la crise. Veut-il faire diversion ? Je ne sais pas », poursuit Jean.

      « Gauche de droite »

      À Lavelanet, le Front national est très peu visible. Thérèse Aliot, la secrétaire départementale (qui est aussi la mère du vice-président du Front national et compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot), s’y est déjà présentée aux cantonales de 2011. À la presse locale, elle affirme pouvoir monter une liste aux municipales dans la « ville du futur ex-président du Sénat, cela aurait valeur de symbole », même si trouver une trentaine de personnes prêtes à s’afficher sur une liste FN va être compliqué. À Pamiers, le FN, qui a fait fort aux cantonales, présentera aussi une liste. Le score du parti d’extrême droite aux européennes inquiète les socialistes locaux. « Le FN va flamber », s’inquiète Michel Teychenné.

      Guillaume Eychenne, 33 ans, patron du “CaféIn”, un des rares bars du centre-ville de Lavelanet, prédit lui aussi un printemps compliqué pour la gauche. « Les socialistes, ça va leur faire bizarre : les gens vont voter « ailleurs ». Il y a plus de racisme. Et pourtant, ici pas grand-monde n’est réellement français ! Des électeurs habituels de la gauche sont en train de basculer à l’extrême droite. Même des gens dont les parents sont espagnols ! Et puis les Portugais sont entre eux, les Arabes sont entre eux… »

      Guillaume Eychenne, patron du « CaféIn » de Lavelanet © M.M.
      Carolyne, 32 ans, est le cas type de ces électeurs perdus par la gauche. Tous les jours, cette brune aux faux airs de Valérie Lemercier vient voir les offres « au Pôle emploi ». Elle traîne avec elle un épais dossier jaune : elle est sérieuse, veut le montrer, pas comme ceux « qui se contentent de 400 euros par mois ». « Je ne veux pas être… comment ça s’appelle… dépendant, accroché à la société, ceux qui ont les bons alimentaires, la mutuelle payée, les docteurs gratuits, les bons pour l’essence, les œuvres humanitaires. Quand je travaille je suis la plus heureuse du monde. Moi je dis « Si tu veux bouffer, travaille » ! » En ce moment, pourtant, elle galère. Ancienne agent de sécurité reconvertie dans les ambulances, Carolyne vivait à Toulouse, s’est séparée de son petit ami, vit désormais chez sa mère pour économiser la garde de ses trois enfants.« Pour que je trouve du travail, faudrait aller à Toulouse, dans l’Aude… mais faut mettre les sous dans l’essence. »

      La politique ? À l’origine, Carolyne était « PS, de gauche ». Des années après, elle n’a toujours pas compris que Ségolène Royal, une fois la présidentielle de 2007 perdue, explique qu’elle ne croyait pas à une partie de son programme (le Smic à 1 500 euros brut, la généralisation des 35 heures). En 2007, elle avait voté Sarkozy. Puis elle a voulu s’en débarrasser : Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, Hollande au second. Elle regrette. « Ce président, c’est un clown. Il a une mauvaise présentation. C’est un pauvre type, ce mec », dit-elle en tordant la bouche. Désormais, elle vote Front national. « 

      Maintenant je suis assez définie sur ma politique. » Elle baisse la voix, regarde autour. « Ça ne se dit pas ici. » Elle se pose tout de même plein de questions. « Je n’ai pas toujours voté pour le Front national parce que je suis quand même humaine. Faut penser au passé, les immigrés, on était bien contents de les avoir… »

      Sur la route entre Lavelanet et Foix, perché à 600 mètres de haut, le village de Nalzen (123 habitants) fait partie des 19 communes de l’Ariège (sur 332) à avoir placé Marine Le Pen en tête de la présidentielle. « J’ai été surprise, raconte Régine Authié, la maire (sans étiquette). Nous n’avons eu ici qu’une famille de Marocains, c’était il y a longtemps et ça s’est très bien passé avec eux. » Selon elle, le vote FN dans son village est d’abord « l’expression d’un ras-le-bol général, des politiques de droite comme de gauche ».

      Pour les européennes, elle prévoit un « ras-le-bol « plus » ». « La gauche, ce n’est plus ce que c’était… c’est une gauche de droite ! On nous serre la vis de partout, et pour aider les communes, c’est de plus en plus serré. » Aux municipales de mars, la maire ne se représentera pas, histoire de profiter de la retraite. « Je ne sais même pas si mon successeur va arriver à faire une liste de onze personnes. Les gens sont démotivés. Ils se désintéressent de la chose publique. »

      MATHIEU MAGNAUDEIX - mediapart.fr
      http://www.mediapart.fr/journal/france/020114/je-ne-voterai-plus-socialiste

      En Ariège, au pays du socialisme « congelé »
      06 JANVIER 2014 | PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

      Archicentralisation du pouvoir, cumul des mandats locaux, fonctions transmises de façon héréditaire, entre-soi... l’Ariège, un des départements les plus socialistes de France, offre une surprenante panoplie de pratiques politiques contestables. Sans compter les affaires.

      À Foix, chef-lieu de l’Ariège, deux citadelles dominent le centre-ville : le château fort médiéval, haut lieu du #tourisme local, et l’hôtel du conseil général, planté en haut d’une colline. C’est là que règne Augustin #Bonrepaux. Sur la scène nationale, le président socialiste du conseil général de l’Ariège, 76 ans dont 47 années de politique, surtout connu pour son inlassable combat contre la réintroduction des ours dans les Pyrénées, n’est pas vraiment un politique de premier plan. Mais dans ce département de 160 000 habitants (un des moins peuplés et des plus pauvres de France), M. Bonrepaux père est une sommité, crainte et incontournable. Ici, lui et ses alliés font la pluie et le beau temps.

      Fin 2013, l’homme fort du département a disparu de la circulation pendant trois bonnes semaines.« Blessure à la jambe », a écrit la presse locale, laconique. Certains responsables socialistes évoquaient en aparté un accident plus grave. Pendant trois semaines, l’état de santé du président du conseil général fut un secret d’État. Quelques-uns affirmaient qu’il ne reviendrait jamais. Jeudi 19 décembre, à la faveur d’une réunion du puissant syndicat des eaux, Augustin Bonrepaux a fait son retour, appuyé sur une canne. « Je chasse l’isard (une sorte de chamois, ndlr) : cette bestiole se cache dans les roches difficiles, explique Bonrepaux, joint par Mediapart le jour de soncome-back. Mon fusil a accroché la roche, j’ai eu le fémur brisé en trois endroits, ai dégringolé de 40 mètres, par miracle je ne suis pas mort. » A-t-il fait un accident vasculaire cérébral, comme l’affirment certains ? Pirouette : « Je n’ai pas perdu la mémoire. »

      Au pied des Pyrénées, l’Ariège rurale et montagnarde est un des départements qui votent le plus socialiste lors des scrutins nationaux, avec des poussées au premier tour à plus de 60 % dans certains villages. « Ici, ça résiste bien. On est le village normand des socialistes ! » s’amuse Marc Carballido, vice-président de la région Midi-Pyrénées, ancien premier fédéral du PS. Le résultat d’une « tradition républicaine et laïque » dans cette terre de culture paysanne et ouvrière.

      Le PS local compte 1 200 adhérents, jolie performance pour ce petit département. Il détient 19 des 22 sièges au conseil général, les trois mandats de parlementaires (dont le président du Sénat, Jean-Pierre Bel), de nombreuses communes et intercommunalités, les villes de Foix et de Lavelanet – Pamiers est le fief du centriste André Trigano (à 88 ans, celui-ci est candidat à sa réélection aux municipales de 2014).

      Dans cette petite principauté socialiste, les 332 communes, dont certaines ne comptent que quelques habitants, sont très dépendantes de la manne financière du département (47 millions d’investissement, dont un tiers va à l’aide directe aux projets communaux, sans compter les aides aux associations et les prestations sociales).

      L’intervention de la puissance publique permet certes de réduire les inégalités mais elle crée aussi un vaste réseaux d’affidés, ou au moins d’élus qui ne font pas trop de vagues pour ne pas risquer de déplaire. « On est encore sur un système IIIe République, radical-socialiste, très fermé, avec une hégémonie PS sur des territoires ruraux où la puissance publique est très présente », commente Gérald Sgobbo, maire (divers droite) de Villeneuve-d’Olmes, une ville proche de Lavelanet, le "fief" de Jean-Pierre Bel.

      « Le système politique de l’Ariège, fondé sur un #clientélisme qui s’appuie sur le maillage des petites communes, ouvrier de gauche, est congelé. Ici, c’est plus la RDA que le PS », ajoute, lapidaire, Michel Teychenné. Ancien fédéral du PS local, chef de file de l’opposition de gauche à Pamiers, cet ancien conseiller de Lionel Jospin accusa en 2010 le parti socialiste ariégeois de l’avoir écarté des listes aux régionales pour cause d’homophobie. Il fut alors frappé, traité de « sale pédé » par de« faux militants » – Augustin Bonrepaux l’a toutefois fait condamner pour complicité de diffamation.

      Teychenné, proche de Vincent Peillon et qui fut chargé dans la campagne de François Hollande des questions LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans), ferraille depuis des années contre « la PME qui dirige le département en défendant les intérêts de ses actionnaires et de ses héritiers ».

      Si de telles pratiques existent ailleurs, l’Ariège offre de fait un surprenant condensé de pratiques politiques contestables : archicentralisation du pouvoir, cumul des mandats locaux, fonctions politiques transmises de façon héréditaire, faible renouvellement du personnel politique, etc.

      Dynasties

      Le patron, c’est donc Augustin Bonrepaux, incarnation du baron local cumulant mandats et influences. Conseiller général depuis 1976, député de 1981 à 2007 (il fut un bref président de la commission des finances de l’Assemblée nationale), Augustin Bonrepaux est président du conseil général depuis 2001.

      Il est aussi maire adjoint d’Ax-les-Thermes (après en avoir été maire), vice-président de la communauté de communes. Et encore président du syndicat départemental des eaux (SMDEA, une régie qu’il a créée en 2005) et vice-président du SDCEA, le syndicat d’électrification : deux structures intercommunales dont les interventions sont cruciales pour les petites communes. « Je ne perçois que mon indemnité de président du conseil général, 3 675 euros net par mois », assure Bonrepaux, qui dit renoncer aux autres. Mais l’empilage des mandats lui permet d’avoir un œil sur tout. Ce type de cumul des mandats locaux n’est pas limité par la future loi sur le cumul des mandats qui entrera en vigueur en 2017.

      Augustin Bonrepaux affirme qu’il passera la main aux cantonales de 2015. « Je n’ai pas l’intention de me représenter », dit-il. Prudence : il a déjà fait le coup, s’amusent les connaisseurs de la vie politique locale. D’ailleurs, ne va-t-il pas rempiler en 2014 sur la liste municipale PS à Ax-les-Thermes ?

      Bonrepaux père a donc la politique dans le sang, et il a transmis la passion de l’intérêt général à ses fils : Jean-Christophe Bonrepaux, maire de Saint-Paul-de-Jarrat et président de la communauté de communes de Foix, est l’actuel premier fédéral du PS ariégeois. « Il s’intéresse à la chose publique, a été désigné par les militants… il n’a pas le droit ? C’est inscrit où dans la Constitution ? », s’agace le père.

      Le bureau fédéral du PS ariégeois compte d’ailleurs plusieurs « proches du Château », dixit un élu local : outre Jean-Christophe Bonrepaux, le directeur du développement économique du conseil général, par ailleurs trésorier du PS départemental ; la secrétaire générale de la mairie de Foix ; un assistant parlementaire de député ; le secrétaire général d’une mairie, etc.

      Bonrepaux fils est souvent cité pour remplacer son père – lui nie farouchement : « Je ne pense pas me présenter aux cantonales, et pas du tout à la présidence du conseil général », dit-il. L’autre fils, Philippe, est directeur de l’éclairage public et de l’énergie du SDCEA, dont le vice-président est... son père. « Il est ingénieur... Il aurait pu être recruté en Haute-Garonne, dans le Tarn, il a préféré l’Ariège. Il a le droit ou pas ? », demande à nouveau Augustin Bonrepaux.

      Évidemment, il a le droit. Mais on a aussi le droit de constater que la famille est si sacrée dans le département que places et mandats semblent se transmettre par hérédité.

      Prenez Frédérique Massat, conseillère générale et députée de Foix. Elle a pris en 2002 la circonscription législative d’Augustin Bonrepaux. Son père, René Massat, ex-vice-président du conseil général, a été député de l’autre circonscription de l’Ariège (1985-1986, puis 1988-1993). Avec son compère Bonrepaux, Massat tire toujours, à 79 ans, les ficelles de la politique locale. Il reste (notamment) vice-président du syndicat des eaux et préside depuis des lustres le syndicat d’électrification (SDCEA)… où sa fille Frédérique, adjointe au maire PS de Foix depuis 1989 (elle avait alors 25 ans), a été embauchée en 1993.

      L’autre député, Alain Fauré, était jusqu’en 2012 le suppléant d’Henri Nayrou, conseiller général (socialiste) depuis trente ans, qui représenta l’Ariège à l’Assemblée nationale de 1997 à 2012. Nayrou s’était lancé en politique en 1983, à la mort de son père Jean, sénateur de l’Ariège de 1955 à 1980. Henri Nayrou devrait quitter la vie politique l’an prochain.

      Quant au sénateur Jean-Pierre Bel, un proche de François Hollande devenu président du Sénat en 2011, il a gravi un à un les échelons de la vie politique locale (conseiller régional, premier fédéral du PS, conseiller général, maire de Lavelanet en 2001, sénateur en 2008) et nationale. Grâce à ses qualités personnelles, sans doute, son amitié avec Lionel Jospin à coup sûr. Mais aussi grâce à l’aide précieuse de son beau-père, Robert Naudi, qui fut président du conseil général de 1985 à 2001.

      Faut-il donc être un héritier pour faire de la politique dans l’Ariège ? Jean-Pierre Bel n’apprécie pas la question : « C’est un petit département, les gens se connaissent mieux, c’est comme ça. Mais c’est un problème qui ne concerne pas que l’Ariège : regardez la famille Debré ! D’ailleurs les commentaires sont souvent injustes : les gens concernés s’investissent beaucoup. » Jean-Christophe Bonrepaux jure que le PS local fait des efforts pour « se renouveler », mais admet aussi que la « reproduction sociale » joue à plein : « La société n’offre pas la possibilité à des gens qui ne sont pas bercés par une certaine culture politique de s’impliquer. » « Dans ce département, on a longtemps considéré que les positions se donnaient par héritage », concède Kamel Chibli, conseiller municipal de Lavelanet qui travaille aujourd’hui avec Bel au Sénat.

      En réalité, seuls de rares élus s’érigent contre ces pratiques politiques. Toujours un peu les mêmes d’ailleurs, au risque de passer pour des aigris ou des énervés. « Massat, Bonrepaux et leurs apôtres cadenassent tout le département. Tout le monde leur doit quelque chose », s’indigne Michel Barre,maire UDI d’Ignaux, ancien militant socialiste devenu l’opposant local d’Augustin Bonrepaux à d’Ax-les-Thermes.

      Affaires

      En aparté, on entend les traditionnelles petites histoires de piston, sans savoir quelle est l’ampleur exacte du phénomène : telle fille de maire recrutée à la communauté de communes puis au conseil général, telle personne embauchée dans un syndicat « parce qu’elle a la carte » du PS, etc.

      Certains racontent aussi l’unanimisme des assemblées générales des syndicats de l’eau (SMDEA) ou d’électrification (SDCEA), tenus par le duo Bonrepaux-Massat. « Si vous n’êtes pas d’accord, vous avez 200 regards qui se tournent vers vous… il faudrait au moins des votes à bulletins secrets », dit Benoît Alvarez, maire (divers gauche) de Montgaillard, dans l’opposition au conseil général.

      « Le SMDEA est le bras séculier du conseil général », assure Michel Teychenné. Quant au SDCEA,« c’est l’éclairage public, l’enterrement des réseaux… il tient tous les maires. Dès que vous êtes affilié, vous êtes obligé de passer par eux », soutient Michel Barre. Le maire d’Ignaux est en conflit depuis des mois avec le SMDEA, qui lui réclame une facture impayée. « Il a transféré sa compétence mais veut garder le pouvoir, ce n’est pas compatible », rétorque un dirigeant du syndicat. Barre assure qu’il s’agit d’une vengeance. « Ils ont tout fait pour me trouver un problème. »

      Michel Barre affirme aussi que sa commune ne touche plus un euro de subventions du conseil général depuis qu’il est entré en dissidence. « Évidemment, on ne vous le dit pas comme ça... mais le fait est qu’on ne prend pas en considération les projets de ma commune », assure aussi Benoît Alvarez. Son crime à lui ? Avoir battu aux cantonales de 2008 une figure du PS ariégeois, Guy Destrem, après l’avoir surpris en train de bourrer une urne. Destrem est mort en 2011 : depuis, la fédération ariégeoise du PS a inauguré dans ses locaux une salle à son nom.

      « Ceux qui vous disent qu’ils sont privés de #subventions ont le droit de le dire, mais qu’ils fassent des réclamations ! Je n’en ai reçu aucune. D’ailleurs, je constate qu’ils ne sont pas très nombreux », rétorque Bonrepaux père.

      En aparté, plusieurs élus l’assurent pourtant : le vent est en train de tourner. Et le « système » est en train de perdre de sa vigueur. Avec la montée en puissance de la région Midi-Pyrénées, le département perd peu à peu de ses prérogatives et les crédits du conseil général s’amenuisent. La partie nord du département, insérée à la quatrième couronne toulousaine, est par ailleurs en train de se normaliser politiquement, avec la confirmation de bastions de droite et des poussées du Front national.

      Et puis il y a ce PS local qui se divise. À Lavelanet, les héritiers de Jean-Pierre Bel se déchirent. Son successeur, Marc Sanchez, a été condamné à 2 500 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts. Depuis, il a quitté le PS, mais sera à nouveau candidat à la mairie en mars. Sans aucun socialiste face à lui. Jean-Pierre Bel a mis tout le monde d’accord : « Il y a quelques semaines, j’ai vu les uns et les autres. Il y aura une seule liste à Lavelanet, elle sera menée par Marc Sanchez et toute la gauche y sera », assure-t-il. Pas question que le président du Sénat prenne le risque de perdre son fief – Bel n’aime pas ce mot. Il dit : « C’est féodal. »

      À Pamiers, Michel Teychenné vient de quitter le PS avec fracas après une primaire interne qu’il conteste. Il conduira en mars 2014 une liste municipale dissidente, peut-être avec les écologistes et le Front de gauche. À Foix, le chef-lieu du département, la gauche part elle aussi divisée.

      Les nouvelles règles d’élection du conseil général à partir de 2015 pourraient aussi bouleverser le paysage politique. Jusqu’en 2011, le conseil général était uniquement masculin. Aujourd’hui, il n’y a que trois élues sur 22 (voir ci-dessous), et de nombreux conseillers, élus parfois depuis des décennies, cumulent avec un mandat de maire et de président d’intercommunalité.

      En 2015, conséquence d’une loi votée l’an dernier, le nombre des cantons sera réduit à 13 et les électeurs voteront pour un binôme homme-femme. « Le renouvellement du conseil général, qui modèle la structure des baronnies locales, va apporter une bonne dose de sang neuf et donner une meilleure image à nos électeurs », espère Kamel Chibli. À condition que les futures conseillères générales ne soient pas toutes issues du sérail.

      « J’ai failli me tuer il y a quelques semaines, alors vous comprenez que je sois serein... »

      Les affaires pourraient aussi précipiter la fin de l’ère Bonrepaux. En octobre 2012, le patron du département et deux de ses proches, Pierre Peyronne et Christian Loubet, ont été mis en examen par un juge d’instruction de Toulouse. En cause, des soupçons de favoritisme sur un marché public de 40 000 euros attribué par la communauté de communes d’Ax-les-Thermes à CRP Consulting, société alors dirigée par Pierre Peyronne, actuel maire d’Ax-les-Thermes. Selon un rapport de la chambre régionale des comptes, le marché a été passé « dans des conditions de publicité et d’analyse des offres très différentes et très insuffisantes ». Les magistrats évoquent un « traitement particulier », un marché « pas conforme aux intérêts de la communauté de communes ».

      Augustin Bonrepaux a par ailleurs été mis en examen dans le cadre d’un autre marché, un audit d’environ 36 000 euros passé par le syndicat des eaux départemental qu’il préside, lui aussi attribué à CRP. Le SMDEA fait actuellement l’objet d’un rapport de la cour des comptes régionale. D’après nos informations, le prérapport, qui a été communiqué au syndicat le 19 novembre, met en avant des problèmes de gestion et pointe la situation financière périlleuse de la régie. « Je ne connais pas précisément les dossiers, mais j’ai une confiance personnelle en Augustin Bonrepaux, insiste Jean-Pierre Bel. Ce n’est pas parce qu’il y a une instruction qu’il faut décapiter les gens. Quand on est élu, on prend quelquefois des risques qui vous exposent mais ce n’est pas de la malhonnêteté. »

      À la presse locale (qui ne le contredit guère), Augustin Bonrepaux affirme souvent que le juge toulousain chargé du dossier ne lui a pas signifié le motif de sa mise en examen. Étrange : le président du conseil général est bien soupçonné par le juge toulousain Philippe Guichard d’avoir « procuré ou tenté de procurer à la SA CRP Consulting un avantage injustifié (...), en l’espèce l’octroi de deux marchés publics ». L’article 432-14 du code pénal relatif au délit de favoritisme est bien cité dans le courrier signé de la main du juge où Augustin Bonrepeaux s’est vu signifier sa mise en examen :

      Selon nos informations, la chambre régionale des comptes vient par ailleurs de lancer un rapport sur le conseil général lui-même. Au cours de leur enquête, les magistrats vont s’intéresser tout particulièrement à la rocambolesque affaire du Capi, le "Club ariégeois Pyrénées investissement", une structure de lobbying créée dans l’orbite du conseil général, dont l’ancien responsable financier a déjà publiquement pointé les multiples dérives : dessous-de-table, réceptions fastueuses aux frais du contribuable ariégeois, transferts de fonds douteux, etc. Le Capi, qui fut dirigé par Alain Juillet, un ancien directeur du renseignement à la DGSE, a été dissous en 2012.

      « Au sujet du Capi, je ne crains rien. Nous l’avons financé, et quand nous avons vu que ça tournait mal, nous l’avons supprimé, rétorque Augustin Bonrepaux. J’ai failli me tuer il y a quelques semaines, alors vous comprenez que je sois serein... »

      Dans cette affaire, une plainte contre X... a été déposée par le Cercle Lakanal, animé par l’ancien journaliste Michel Naudy (décédé en 2012). Pour l’instant, elle n’a pas eu de suite judiciaire. Le rapport de la chambre régionale des comptes sur le conseil général, lui, est attendu fin 2014. Juste avant les prochaines cantonales.

      Après une dizaine de jours et plusieurs relances, Augustin Bonrepaux a fini par me transmettre par courriel sa mise en examen, datée du 23 octobre 2012. Il y est fait explicitement référence au délit de favoritisme, prévu par l’article 432-14 du code pénal, passible de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

      À Lavelanet, petite ville ariégeoise en crise depuis des décennies, paupérisation, disparition des services publics et hausse de la délinquance alimentent un sentiment d’abandon et de colère. Une rumeur assure (faussement) que le maire fait venir des étrangers pour repeupler la ville. Dans cette ville déclassée, certains habitants ont peur de tout.

      L’Ariège, « ça devient Chicago
      http://cercletibetverite.unblog.fr/2014/01/07/13-reportage-mediapart-lariege-ca-devient-chicago