• Opioïdes : Nan Goldin vise le mécénat du Louvre - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/07/01/opioides-nan-goldin-vise-le-mecenat-du-louvre_1737328

    La photographe a organisé lundi une action dans la cour du grand musée parisien, appelant sa direction à débaptiser une aile nommée en l’honneur d’une famille de mécènes détenant le laboratoire produisant l’Oxycontin, un puissant analgésique.

    Opioïdes : Nan Goldin vise le mécénat du Louvre

    Le Louvre n’imaginait sans doute pas voir un jour sa réputation ternie par la crise des opioïdes, ce scandale sanitaire majeur qui a déjà fait au moins 100 000 morts par overdose aux Etats-Unis. Le célèbre musée parisien doit pourtant faire face à une fronde inédite orchestrée par la photographe new-yorkaise Nan Goldin et le collectif PAIN (Pain Addiction Intervention Now), qui militent depuis deux ans pour alerter sur les dangers de l’Oxycontin. Ce puissant antidouleur, dérivé de l’opium, est commercialisé depuis 1996 par la société Purdue Pharma, elle-même détenue par la famille Sackler. Comme de nombreuses entreprises, le laboratoire américain est aussi un généreux mécène du monde de l’art, prêt à débourser de très grosses sommes pour voir son nom associé à des institutions culturelles de renom. Grâce à un don de 10 millions de francs au Louvre en 1996, la famille a ainsi obtenu que l’aile des antiquités orientales du Louvre soit nommée « aile Sackler », nom qu’elle porte toujours aujourd’hui. Douze salles consacrées à l’Iran ancien, au Levant et à l’Arabie ancienne, où trônent d’inestimables joyaux.

    Une association insupportable pour Nan Goldin, devenue la figure de proue de la lutte contre Sackler. Ancienne accro à l’Oxycontin dont elle est désormais sevrée, la photographe multiplie depuis 2017 les actions choc dans les musées financés par la famille américaine. Mais c’est la première fois qu’une action a lieu en France, face au musée le plus visité du monde.
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    « Sackler on meurt, le Louvre couvre »

    Les touristes présents lundi devant la pyramide du Louvre ont d’abord cru à une performance artistique. Entièrement vêtue de noir, sa médaille de l’ordre des arts et des lettres attachée à la ceinture, Nan Goldin s’est avancée dans l’eau au milieu du bassin, face au bâtiment de verre. Puis des militants ont déployé derrière elle une large banderole orange avec ces mots en lettres noires : « Louvre, take down their name » (« Louvre, retirez leur nom »). Une trentaine d’activistes se sont ensuite massés autour de la photographe aux cris de « Shame on Sackler » et « Sackler on meurt, le Louvre couvre ». « Sackler est responsable de la mort de 200 personnes par jour aux Etats-Unis, lance Nan Goldin aux quelques journalistes présents. Le Louvre ne peut pas être complice de ce scandale. »

    Préparée en trois semaines dans le plus grand secret, l’action a été menée en collaboration avec l’association Aides. « On ne parle que des Etats-Unis mais d’autres pays commencent à être touchés par la crise des opioïdes, explique Fred Bladou, chargé de mission au sein de l’asso. Ce désastre sanitaire doit aussi nous interpeller sur la politique préventive que nous menons. Il démontre l’absurdité qu’il y a à criminaliser les usagers de drogue illicite alors qu’une des plus grosses crises sanitaires de l’histoire concerne une drogue licite. » En France, une centaine de médecins ont alerté fin juin dans les colonnes du JDD sur « le risque d’une crise sanitaire » alors que « 12 millions de Français utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel addictif et sur les risques d’overdose ».
    Guggenheim et Tate Modern

    Accusés de commercialiser son produit phare en toute connaissance de cause, les Sackler sont aujourd’hui visés par plus de 1 600 actions en justice dans 35 Etats américains. En mars, ils ont dû verser 270 millions de dollars dans le cadre d’un accord à l’amiable passé avec l’Etat de l’Oklahoma. Sous la pression de PAIN, la polémique s’est étendue au mécénat culturel international. Ces derniers mois, plusieurs grands musées comme le Guggenheim et le Metropolitan Museum of Art à New York, ou la Tate Modern à Londres, ont annoncé publiquement qu’ils refuseraient à l’avenir toute donation de la famille Sackler. Un autre musée londonien, la National Portrait Gallery, a décliné en mars un don d’un million de livres (1,15 million d’euros). « Nous n’avons plus reçu aucune donation ni aucune demande de Sackler depuis 1996 », se défend-on au Louvre. Mais ce refus des dons ne suffit plus, pour Nan Goldin et les militants de PAIN. « Il faut que le Louvre soit le premier à débaptiser une aile, exigent-ils dans leur communiqué. Nous n’acceptons plus qu’une institution culturelle publique financée par l’Etat et les contribuables porte au pinacle une entreprise meurtrière. »

    Techniquement, rien n’empêche le musée parisien de retirer le nom des Sackler, le choix de baptiser certaines salles n’étant pas irrévocable, selon la charte interne. Mais la problématique du mécénat et des donateurs embarrassants va bien au-delà de ce cas. Elle est d’autant plus sensible qu’en vingt ans, le budget du Louvre a plus que doublé, alors même que la subvention de l’Etat est restée stable (environ 100 millions d’euros par an). Pour financer la différence et satisfaire les dix millions de visiteurs annuels, le musée n’a d’autre choix que de se tourner vers les acteurs privés, qui représentent entre 20 et 25 millions d’euros par an. Pour vérifier l’origine de ces fonds, le Louvre s’appuie aussi bien sur son réseau diplomatique dans les ambassades étrangères que sur Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy. A l’époque, la donation des Sackler n’avait soulevé aucun problème. Vingt-trois ans et plusieurs dizaines de milliers de morts plus tard, c’est une tout autre affaire.
    Emmanuel Fansten

    #Opioides #Sackler #Louvre

  • La famille Sackler, maîtres des #opioïdes et amis des arts
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/25/les-sackler-amis-des-arts-et-pharmaciens-mortiferes_5454532_3234.html

    Le déclic s’est produit lors des journées de charité du diocèse de Boston, pendant le Carême de 2016. Catholique et bon orateur, il vante l’action du diocèse en faveur des victimes de la drogue. Et évoque son frère. Une fois son discours achevé, une dizaine de personnes viennent partager leur expérience. A chaque fois, le même scénario : une blessure banale mais nécessitant un antidouleur, et une ordonnance d’#OxyContin. S’amorce alors l’engrenage de l’addiction avec, souvent, un basculement vers l’héroïne. Il s’agit bien d’une épidémie, provoquée par #Purdue et les Sackler.

    Pourquoi ferrailler avec une œuvre d’art ? Parce que c’est là une des failles du clan. Si le nom de Purdue est peu connu, celui de la famille Sackler est, depuis un demi-siècle, synonyme de mécénat artistique. Au Metro­politan Museum (Met) et au Musée Guggenheim de New York, à la National Portrait Gallery de Londres ou au #Louvre, à Paris, avec l’« aile ­Sackler des antiquités orientales », leur patronyme est omniprésent.

    Cela paie. En mars, le #Guggenheim a fait savoir qu’il n’accepterait plus de dons de la famille, ­ tandis que Mortimer #Sackler, ancien membre actif du conseil d’administration (CA) de Purdue et cousin de Richard, a dû se retirer du CA. A Londres, la #Tate Gallery a fait de même, et la National Portrait Gallery a décliné une promesse de don de 1 million de livres (1,15 million d’euros).

    L’histoire débute avec les trois frères Sackler, fils d’immigrants juifs de Galice et de Pologne nés à Brooklyn. Tous trois médecins psychiatres, ils se lancent dans la pharmacie, en rachetant une petite entreprise de Greenwich Village, qui vend des produits comme la Betadine ou fait le marketing du Valium. Ils conquièrent des patients et, surtout, des médecins prescripteurs (en 1997, le patriarche, Arthur Sackler, a été distingué à titre posthume pour ses talents publicitaires).

    Mais The New Yorker note qu’il s’agissait aussi de contrer l’arrivée de médicaments génériques, l’OxyContin devant tomber dans le domaine public en 2013. Et que l’effet paradoxal de l’affaire a été d’amplifier le basculement des drogués vers l’héroïne. « C’est un terrible paradoxe de l’histoire de l’OxyContin : la formule originelle a créé une génération accro aux pilules. Et sa reformulation (…) a créé une génération accro à l’#héroïne. »

    L’#Oklahoma, particulièrement touché, est parvenu fin mars à une transaction de 270 millions de dollars. Purdue préfère payer pour éviter un procès public et la publication de documents internes potentiellement désastreux. Des rumeurs de faillite courent, et certains Etats pourraient être tentés de conclure des transactions rapides plutôt que de ne rien obtenir.

  • Au #Louvre, une acquisition qui pose question
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/170418/au-louvre-une-acquisition-qui-pose-question

    L’acquisition d’un Livre d’heures ayant appartenu à #François_Ier par le #musée du Louvre pour environ 10 millions d’euros permet de décrypter l’usage du #mécénat par l’institution, alors que le mandat de #Jean-Luc_Martinez à la tête de la prestigieuse institution vient d’être reconduit par le ministre de la culture.

    #Culture-Idées #Bernard_Arnault

  • Le mystère Adèle Ferrand, identification d’une artiste réunionnaise - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/le-mystere-adele-ferrand-1569.html

    Qui était la vraie #AdèleFerrand ? Et qui était la fausse ? La vraie était une #artiste #peintre dont l’oeuvre est l’un des trésors du #Musée #LéonDierx. Au cours d’une carrière fulgurante, elle a conquis les critiques jusqu’au Salon Royal du #Louvre. Terrassée à 30 ans par la fièvre #typhoïde, elle meurt le 1er avril 1848 à Saint-Pierre (île de #LaRéunion). A ses côtés, son fils adoré de 16 mois encore au berceau et un portrait inachevé de son père sur le chevalet. Identification d’une femme, farouchement hostile à l’#esclavage, « #Créole par le cœur et par la descendance », écrivait #RaphaëlBarquissau... qui nous a légué une #œuvre immense.

    #LaReunion

  • Le Louvre Abu Dhabi raye le Qatar de ses cartes
    http://abonnes.lemonde.fr/arts/article/2018/01/22/le-louvre-abu-dhabi-raye-le-qatar-de-ses-cartes_5245074_1655012.html

    C’est le genre de « détail » qui fait tache. A peine deux mois après l’ouverture en fanfare du Louvre Abu Dhabi, une carte exposée dans le musée des enfants qu’abrite l’institution fait polémique. Et pour cause : une presqu’île a disparu, comme engloutie par la mer. Il s’agit tout bonnement du Qatar, gommé de la péninsule arabique. Un choix étonnant pour un musée qui se veut universel, qui plus est dans une section qui se prétend éducative… Une petite pierre supplémentaire dans l’escalade des tensions entre le Qatar et les Emirats arabes unis, qui, aux côtés de l’Arabie saoudite, ont rompu les liens diplomatiques avec Doha.

    Selon l’accord signé en 2007, le Louvre doit être consulté à toutes les étapes de la conception et de la réalisation du musée, y compris pour les espaces pédagogiques. Pour Alexandre Kazerouni, cet incident est à rapprocher de l’achat par les autorités d’Abou Dhabi du Sal­vator Mundi, le tableau attribué à Leonard de Vinci qui a récemment battu tous les ­records : « La partie française n’était pas informée de cet achat, dont on ne sait toujours rien des dessous. Signe que le pouvoir émirati s’est approprié politiquement le musée. »

    Utiliser la culture pour diffuser des fausses nouvelles ;-)

    #Louvre #Abu_Dhabi #Fake_news

  • Le #Louvre_Abu_Dhabi raye le #Qatar de ses cartes
    http://www.lemonde.fr/arts/article/2018/01/22/le-louvre-abu-dhabi-raye-le-qatar-de-ses-cartes_5245074_1655012.html


    1. La carte géographique présentée au Louvre Abu Dhabi où le Qatar a disparu
    Photo : Simon Henderson

    (note : la photo ci-dessus n’est pas celle retenue par Le Monde qui choisit de représenter une photo extérieure du musée…)

    C’est le genre de « détail » qui fait tache. A peine deux mois après l’ouverture en fanfare du Louvre Abu Dhabi, une carte exposée dans le musée des enfants qu’abrite l’institution fait polémique. Et pour cause : une presqu’île a disparu, comme engloutie par la mer. Il s’agit tout bonnement du Qatar, gommé de la péninsule arabique. Un choix étonnant pour un musée qui se veut universel, qui plus est dans une section qui se prétend éducative… Une petite pierre supplémentaire dans l’escalade des tensions entre le Qatar et les Emirats arabes unis, qui, aux côtés de l’Arabie saoudite, ont rompu les liens diplomatiques avec Doha.

    Le 17 janvier, un article du Washington Institute for Near-East Policy (Winep), un think tank pro-israélien basé à Washington, met le feu aux poudres. Son auteur, Simon Henderson, y signale la suppression du Qatar de la carte accrochée dans l’espace pédagogique du Louvre Abu Dhabi, indiquant qu’une telle ­décision est « probablement incompatible avec l’accord permettant à Abou Dhabi d’utiliser le nom du Louvre ».

    La Tribune de l’Art d’où provient l’image ci-dessus fournit, en comparaison, la carte réelle…


    2. La carte réelle, avec la péninsule du Qatar
    Photo : Wikipedia

  • MORTS A 100%, Jean Lefaux et Agnès Guérin (1980 – 55 mn). #Vidéo
    https://dechvideo.wordpress.com/2016/05/03/edition-dvd-morts-a-100-et-bonus-video-dechvideo-et-hors-sol-20

    “Bilan d’une vie de travail et d’exploitation qui, comme tous dans le bassin, ont cru au mythe du mineur héroïque dans le travail et dans la lutte. Ce mythe auquel ont contribué largement les partis politiques de gauche et les syndicats s’effondre sans lutte dans la mort du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Les mineurs s’interrogent et se demandent comment ils ont pu contribuer à leur propre exploitation et à leur propre mort, la silicose.” (résumé paru dans Images documentaires).

    Ce documentaire fut produit par les Films du village, coopérative parisienne fondée en 1977 par Yves Billon et Jean-François Sciano. Les témoignages d’anciens mineurs et d’une épouse ainsi que l’apport critique des auteurs bousculent la mythologie du mineur. 
    https://www.dailymotion.com/video/x48fbfa


    Les témoignages de Morts à 100 % portent une parole très critique d’anciens mineurs et d’une épouse, dont Jules GRARE. Mineur de 1938 à 1969, ce dernier est également auteur du livre autobiographique Ma vie à Liévin (1977). Ce bonus évoque ce mineur retraité dans la décennie 70, en compagnie de Jacques Lacaze qui l’a côtoyé durant cette période. Un révolté devenu une icône de la mine, à l’instar du Centre Culturel et Social de Liévin qui porte son nom. Mais est-ce bien le révolté de Morts à 100 % qui a fait mémoire ?

    La structure du documentaire Morts à 100 % et sa révélation de la mythologie du mineur dégagent des similitudes avec des œuvres culturelles réalisées à la même époque au Centre d’Animation Culturel (CAC) de Douai. Association créée en 1971 par Roland Poquet sous le nom de « Maison de la culture sans murs » et renommée Centre d’Action Culturelle en 1974, financé par l’État à travers le FIC (Fonds d’Intervention Culturel), le CAC fut particulièrement dynamique quant à l’univers de la mine. Au tout début des années 80, il développa un vaste programme culturel intitulé « Mythes et identités culturelles dans le bassin minier ». Un “QG” lui est même consacré dans une maison des Houillères à Flers-Escrebieux. Ancré dans une dynamique d’éducation populaire, ce programme également étiqueté « Animation bassin houiller » donne lieu à videos, pièces de théâtre (dont le montage de textes contradictoires Mine de riens), expositions et autres activités. La diffusion de ces œuvres est entreprise dans plusieurs communes du bassin minier, du Douaisis jusqu’au Bruaysis (MJC, arrières-salle de café, salles communales …). Néanmoins l’accueil fut parfois hostile … 
    Interpellé par cette dynamique culturelle extrêmement méconnue de nos jours et par son caractère dérangeant, Dechvideo est parti à la rencontre de personnes ayant participé à l’aventure du CAC de ce début des années 80 (dont son fondateur Roland Poquet). Elle révèle une approche culturelle originale du monde de la mine. En écho à Morts à 100 %, sa pertinence demeure-t-elle de nos jours ? Ne questionne-t-elle pas jusque dans notre présent où « LA » mémoire minière constitue l’un des leitmotiv et accompagnateur privilégiés des chantiers de « renouveau » du bassin minier (UNESCO, pôles culturels, Mineurs du monde, Louvre-Lens …) ? En prolongement de la thématique initiale du bonus, des propos d’autres intervenants sont glissés dans le reportage.

    #mineurs #mines #charbon #Documentaire #Liévin #Flers-Escrebieux #houillères #louvre-Lens #Hors sol
     

  • Interdit de dessiner au « Magritte » depuis plus de trois ans déjà !.

    _Beaucoup de liens dans cet article, ils sont sur :
    http://blogs.politique.eu.org/Interdit-de-dessiner-au-Magritte_

    Est-ce comme #Jacques_Brel qui a dû d’abord « monter à Paris » pour être ensuite reconnu chez nous ? Il en est de même pour le respect des droits des visiteurs de nos musées. L’affaire remonte à janvier 2012 mais la presse belge ne s’y intéresse qu’en octobre 2015 parce que deux médias français viennent d’en parler.

    Une plainte dès 2012

    L’interdiction de dessiner et de prendre des notes au #Musée_Magritte_Museum (authentique nom du musée sis Place Royale que semblent ignorer nombre de médias car l’appellation #Musée_Magritte appartient à une autre institution muséale établie dans une maison située au 135, rue Esseghem à Jette où habita le peintre : www.magrittemuseum.be), j’en ai eu connaissance en 2012 par le courriel suivant que m’envoya une visiteuse irritée : « J’ai visité dans le courant du mois de janvier 2012 le Musée Magritte Museum. Ma visite a été interrompue car alors que j’inscrivais dans un petit carnet au crayon une note personnelle, un garde m’a apostrophé et m’a interdit d’écrire dans le musée. L’intervention de ce garde constitue pour moi une violation de mes droits personnels dans un pays démocratique. J’ai quitté l’exposition et je suis allée parler au responsable du musée qui m’a confirmé qu’il était interdit d’écrire.

    Suite à cet « incident », j’ai écrit une réclamation remplie de colère tant j’étais hors de moi. J’ai demandé le remboursement de mon billet. »
    J’ai publié à l’époque le texte de cette plainte ahurissante (une quasi nouveauté dans notre histoire muséale contemporaine) dans ma newletter Consoloisirs qui fut adressée à près de 10.000 destinataires dont de nombreux journalistes. Aucun parmi ceux-ci ne réagira.
    Comme le musée ne répondait pas, j’ai conseillé à mon interlocutrice de renvoyer une plainte du même tonneau, ce qu’elle fit. Là, elle reçut rapidement une réponse insupportable : le musée lui demandait de lui téléphoner. Afin qu’il n’exista aucune preuve écrite ? L’affaire en resta là.

    Elle démontre au moins que le droit à recevoir une réponse écrite à une plainte reste un droit minimum à conquérir, ne fut-ce pour qu’un début de dialogue puisse s’instaurer entre un organisme culturel largement subsidié et ses usagers.

    J’ai régulièrement dénoncé par la suite cette interdiction. Chaque fois, elle suscita d’abord l’incrédulité, puis l’irritation du public. Par exemple, dans cette carte blanche Culture : n’oubliez pas l’usager SVP ! parue dans La Libre, le 19 novembre 2014 (voir le point 3).

    Le règlement

    Le public est en droit de se faire rembourser son ticket si cette interdiction n’est pas portée à sa connaissance avant qu’il ne l’achète. Il s’agit d’un droit important (tout comme la possibilité de photographier sans flash) pour une partie significative du public et ce dernier doit en être averti au moment où il va faire son choix de découvrir ou non ladite activité culturelle (qu’elle soit payante ou gratuite).

    Le #musée a modifié son règlement, peut-être pour éviter d’autres demandes de remboursement. J’ai constaté que celui-ci était bien affiché dans le hall d’entrée des #Musées_Royaux_des_Beaux_Arts_de_Belgique, rue de la Régence.

    Article 13 : L’autorisation de prendre des notes et de dessiner sur format A4, au crayon, dans les salles, est accordée aux groupes qui ont réservé et qui l’ont explicitement demandé. Il n’est pas autorisé de prendre note et de dessiner dans le musée Magritte, ni dans les expositions temporaires.
    Constatez également l’article 7 : Il est interdit de prendre des photos dans le musée Magritte et dans les expositions temporaires.

    En France au début du mois d’octobre 2015 : mauvaise publicité pour le « Magritte »

    En France, #Bernard_Hasquenoph, visiteur lambda, a commencé à soutenir les droits des publics qui fréquentent les musées lorsque le #Louvre mit un terme à la gratuité pour les enseignants. Il créa alors son site Louvrepourtous.fr Cette gratuité fut réactivée et Bernard continua à combattre. Lorsque le #Musée_d’Orsay arrêta brutalement l’autorisation de photographier, il participa à un mouvement d’opposition de plusieurs années qui déboucha sur une charte des visiteurs « Tous photographes » élaborée par le ministère de la culture en vue de généraliser la prise de photos sans flash dans les institutions subventionnées moyennant une série d’obligations : par exemple, respect des gardiens et des autres visiteurs.

    Monsieur #Louvrepourtous a préfacé mon livre Les musées aiment-ils le public ? Suite à cette parution, il est venu à plusieurs reprises à #Bruxelles ou à La Louvière pour donner des conférences ou participer à des colloques et s’est donc intéressé à nos institutions muséales dont il parle abondamment (et judicieusement) sur son site.

    Il était donc au courant depuis longtemps de la mise en place de cette mesure et il a pris son temps pour enquêter à un niveau international afin de découvrir si l’attitude des Musées Royaux des Beaux-Arts était inédite. L’article est paru sur son site le 4 octobre 2015 sous le titre Ces musées belges qui interdisent croquis et notes.

    L’information inédite de ce long article se trouve aux 4/5ème du texte : « (...) Nous avons contacté la #Fondation_Magritte, partenaire privilégié du musée dès sa création. Ayant « pour objet d’assurer la pérennité et la protection de l’œuvre et de la renommée de René Magritte », cette association a été fondée à l’initiative de Charly Herscovici, l’unique ayant droit du peintre depuis qu’il a été désigné légataire universel de tous ses droits patrimoniaux, en 1986 à la mort de Georgette Magritte, la veuve dont il était secrétaire. À notre grand étonnement, il nous a répondu personnellement, nous signifiant très clairement au sujet de la prise de notes et de croquis : « Nous n’avons jamais et en aucun cas interdit quoi que ce soit dans un sens ou dans un autre ».

    Ensuite, même positionnement de Charly Hercovici pour la prise de photos : « (...) Nous avons demandé à Charly Herscovici si l’interdiction photo dans l’établissement belge était de son fait. Réponse : « Non, je n’ai rien à voir avec l’interdiction photo pour les visiteurs au sein du Musée ». Ainsi donc, le musée Magritte interdit autoritairement prises de notes, croquis et photos, contre l’avis même de l’unique ayant droit du peintre ! (...) ».

    Le mercredi 7 octobre 2015, pour l’hebdomadaire français Télérama, Luc Le Chatelier investigue davantage à partir du travail de Bernard Hasquenoph dans un article court intitulé C’est surréaliste : il est interdit de dessiner au Musée Magritte de Bruxelles.
    Le lendemain, le jeudi 8 octobre, massivement et pour la première fois, la presse belge aborde l’affaire, citant le « prestigieux hebdo culturel français » : une pleine page dans Le Soir, un même article publié dans La Libre et dans La Dernière Heure, des reportages dans les JT de la #RTBF et de Télé Bruxelles.
    Couronnement, dans les éditions du week-end du Soir (10 octobre 2015), où cet événement est considéré comme l’un des trois gagnants de la semaine. Eric Deffet explique pourquoi : « (...) Le surréalisme belge aurait sans doute bien ri de cette décision administrativo-kafkaïenne. Justification officielle : manque de personnel de surveillance. Plus sérieusement : pas question de reproduire les œuvres de l’artiste... Présentez-vous vite sur place et si le cerbère vous confisque votre portemine, répliquez : Ceci n’est pas un crayon ».

    Mais aucun média belge n’aborde les déclarations de Charly Herscovici. Il est vrai que Télérama n’y faisait pas allusion et il fallait lire tout l’article du site Louvrepourtous.fr pour découvrir ce « scoop ».

    Tous les médias de chez nous réchauffent donc une info ancienne, loupant ce qui aurait permis de la réactualiser et, surtout, de remettre en question la communication institutionnelle de musée qu’ils ne se privent pas de diffuser sans investigation, empêchant ainsi tout débat contradictoire auprès de leur public. Quitte à ce que la mauvaise nouvelle « pratique » se perpétue ? Les médias, au service de leurs usagers ?

    Aucun des quatre arguments évoqués n’est crédible

    1. L’argument qui revient le plus souvent est celui du droit à l’image.
    « Les propriétaires de certaines œuvres verraient d’un mauvais œil que les peintures soient reproduites » selon La DH. Mais aucune sous-questiondu type : n’y a-t-il pas de la part du musée, en ce qui concerne ce droit de reproduction, confusion entre photographier et dessiner ou prendre des notes ?
    À Télé Bruxelles, Isabelle Bastaits, la chargée de communication des Musées Royaux est catégorique : « Les prêteurs privés ne souhaitent pas que les œuvres soient reproduites de quelque manière que ce soit ». Il est regrettable dès lors qu’elle ne soit pas ensuite interrogée sur les déclarations de Charly Hercovici faites à Bernard Hasquenoph (voir plus haut).
    S’il existe effectivement quelques exceptions (ce n’est pas du tout la norme actuellement) d’interdiction de photographier (on ne parle même pas ici de dessiner avec un crayon) pour respecter le droit à l’image d’ayants droits, il suffit de limiter cette mesure défavorable aux droits du public aux œuvres en question et non d’appliquer la restriction à l’ensemble du musée. Aucune réflexion à ce sujet dans les médias belges qui ont soit-disant enquêté !

    2. Le manque de place au « Magritte ».
    Le JT de la RTBF accepte comme pain bénit un autre argument de Mme Bastaits, omniprésente dans ce dossier et jamais contredite. Où est donc l’investigation ? Elle explique que l’interdiction s’applique au « Magritte » car ses locaux sont relativement étroits (2.500 m2) et qu’il faut favoriser le flux des visiteurs. Alexandre Météa a-t-il préparé son interview (de même, dans Le Soir, Michel Draguet parle de lieux assez exigus) ? A-t-il simplement lu le texte du règlement ? L’interdiction est également bien prévue pour les expositions temporaires qui, elles, se déroulent dans des espaces autrement grands !

    Si on prend en compte cet argument, il faudrait immédiatement supprimer la location d’#audioguides qui « figent » les visiteurs de longues minutes devant les toiles ou les visites guidées qui « encombrent » bien davantage l’espace du musée !
    Pour respecter le confort des visiteurs, il ne faut pas interdire certains droits du public (dessiner, prendre des notes, photographier, utiliser un audioguide ou assister à une visite guidée) mais, en cas de succès et de trop importante fréquentation, limiter le nombre d’entrées et favoriser la prévente par tranche horaire. Voilà des arguments à proposer à une attachée de presse par des journaux ou des télévisions qui s’intéressent aux droits de leurs lecteurs-
    visiteurs ! On en est loin.

    3. La protection des peintures
    Pour justifier l’interdiction, #Le_Soir se contente de publier la déclaration suivante de Michel Draguet sans nullement la remettre en question : « On a déjà eu pas mal de dégradations d’œuvres. Nous avons dû prendre des mesures en 2005 après que, lors de l’exposition Le Romantisme en Belgique, une œuvre a été dégradée à coup de pic (dans l’article du Soir, il est bien écrit le mot « pic »). Plus près de nous, en 2013, rappelez-vous La Liberté guidant le Peuple, de #Delacroix, prêté par Le Louvre à l’antenne du musée du #Louvre_Lens et tagué par une visiteuse... ».

    À #Lens, la toile fut bien mutilée à l’aide d’un marqueur.

    Le cancre de la classe, à propos de cette thématique sécuritaire, serait bien le JT de la RTBF.
    Pour illustrer les dangers d’outils permettant de dessiner ou d’écrire, il a proposé une courte séquence où l’on voit à Taipei un jeune taïwanais renverser accidentellement le contenu d’un verre sur un tableau ancien.
    Cet exemple (qui n’a rien à voir avec la thématique abordée) est d’autant plus stupide que les boissons sont toujours interdites (à juste titre d’ailleurs) dans nos institutions muséales.
    Tout ceci démontre avec quelle légèreté on ose encore en 2015 traiter les dossiers qui soutiennent les #droits_du_public dans le secteur de la #culture. Affligeant.
    À propos des vitres, Michel Draguet poursuit ainsi sa déclaration dans Le Soir : « Pour protéger nos œuvres, nous sommes donc obligés ou bien de les recouvrir de verre (ce qui en altère parfois la perception) ou alors de contrôler, par autorisation, l’utilisation de matériel de dessin dans les salles ».
    Pour le conservateur, dans cette déclaration à la presse, c’est « ou » recouvrir de verre, « ou » interdire le matériel de dessin. Petit mensonge ! Dans le réel, c’est plutôt un « et, et », ce qui semble abusif. En effet, au « Magritte », la plupart des œuvres sont protégées par des vitres ou plexiglas (ce que critiquent souvent les visiteurs), il n’y avait donc aucune raison d’inventer cette interdiction complémentaire.

    4. Diminution du nombre de surveillants
    L’ultime argument invoqué concerne la surveillance des œuvres. Selon La DH et La Libre, les employés du musée invoquent « les coupes budgétaires qui ont eu pour conséquence de faire diminuer le nombre de surveillants dans les musées ». Dans Le Soir (moins dupe ?) : « Justification officielle : manque de personnel de surveillance ».
    S’il y a effectivement moins de gardiens, est-ce justement une bonne idée que de les encombrer d’une mission supplémentaire aussi peu efficace, et donc non prioritaire : empêcher le visiteur de dessiner ou de prendre des notes ?
    À ce sujet, ni la direction du musée, ni son personnel, ni les médias n’ont jugé utile d’informer le public de la politique de gardiennage des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique : de quand à quand fut-il fait appel à une société privée, quel en fut le coût, comment furent préservés dans cette tâche les objectifs de démocratisation de la culture, etc. Voilà, là aussi, un autre débat de fond « interdit au public ».

    Une avancée ?

    Le jeudi 8 octobre 2015, à la fin du JT de Télé-Bruxelles (vers la 8ème minute), le commentaire en voix off (c’est David Courrier qu’on entend) indique : « (...) Cela dit, la situation pourrait bien se débloquer, le Musée Magritte se dit prêt à négocier ce point avec les propriétaires des tableaux, histoire d’en finir une fois pour toute avec cette polémique surréaliste ».
    Télé-Bruxelles emploie le conditionnel, ce qui n’aidera pas beaucoup les visiteurs à se mobiliser et à agir pour tenter d’obtenir une solution. On espère donc que la télévision bruxelloise un peu cachottière (c’est ça aussi, la recherche de petits scoops dans nos médias, tous en situation de concurrence) ne se contentera pas de cet effet d’annonce et fera rapidement le suivi de ce dossier.

    Réactions de visiteurs

    Les réactions des visiteurs sont très nombreuses sur la toile. Elles vont quasi toutes dans le même sens. Une bouffée d’air ! En voici un mini florilège.

     Un dimanche matin, Philo, 7 ans, et moi-même nous sommes fait interdire de dessiner des œuvres d’art du musée Fin de siècle et du musée Magritte. Pour des questions de droit. J’étais furieux, j’ai sorti ma carte des "amis du musée", j’ai fait venir le responsable qui m’a expliqué que c’était une question de droits d’auteur... Mais enfin. Nos filles vont bientôt avoir une amende pour dessiner les "nombrils" dans les marges de leurs cahiers ? Le plus absurde, c’est qu’en tapant « Magritte » sur Google image, toutes ses œuvres apparaissent, absolument libres d’être recopiées, voire même imprimées en grand format. C’est n’importe quoi... Une action, Bernard Hennebert ? On débarque un matin au musée avec nos enfants, et on fait de la désobéissance civique devant la presse pour voir jusqu’où ils iront pour nous empêcher de dessiner ? PS :... et moi je dis vive Georges Lucas qui n’a jamais attenté la moindre action juridique contre ses fans qui copient ses films sur internet. Bon il aurait mieux fait de ne pas retoucher sa première série et d’en faire une suite, mais ça c’est une autre histoire.

     Il y avait très peu de monde dans le musée, on ne bloquait personne... On a dessiné la nageuse de #Spilliaert pendant 20 minutes, assis par terre, sous le sourire des gardiens.

     Le musée, frigo à œuvres d’art ou espace ouvert au dialogue, à l’appropriation, à la vie ? Il faut avouer que, parfois, en Belgique, on se pose la question. Merci à Bernard Hennebert pour son infatigable travail.

     C’est plutôt à contre courant des musées en général qui font des efforts pour rendre la visite ludique aussi pour plus jeunes. Dommage.

     Dans le temps, on avait des musées. C’était chouette, les musées : on pouvait y aller même pauvre, car ils étaient gratuits. On pouvait flâner dedans, s’arrêter devant une œuvre interpellante, en prendre un croquis on une aquarelle, revenir quelques jours après, comme ça, par plaisir, sans plans, pour rafraîchir sa mémoire d’une complicité artistique de passage... Mais ils n’existent plus, les musées. Ou presque. Il ne reste que des zombies, des machins bizarres remplis d’œuvres d’art, mais où tout est interdit sauf payer l’entrée et passer, vite, en fermant sa gueule. Faites attention : ça ressemble à un musée, mais ça n’en est pas un. Si vous vous trompez, et si vous vous comportez malgré tout comme un visiteur de musée, vous risquez des coups, les menottes dans le dos, et une nuit en tôle.

     Inouï et scandaleux

     P.S. De toute façon, pour dessiner en public, il nous reste #Ikea : ils fournissent même le matériel.

     Et puis après tout pourquoi ne pas décider d’interdire de dessiner tout simplement ? Dans et hors des musées... Certains l’ont déjà fait, non ?

    Bernard Hennebert - 26.10.2015

    • Nous habituer au fachisme - la méthode de la #grenouille.

      Vous voulez cuire une grenouille.
      Si vous la plongez dans l’eau bouillante, elle fera tout pour s’échapper, avant que vous ayez pu mettre le couvercle.
      Si vous la plongez dans une casserole d’eau froide, mettez un couvercle, et ensuite allumez le gaz, vous la cuirez sans problèmes.

      La planète ne supporte plus notre système économique.

      Afin que les trés trés riches le restent, une seule solution, le fachisme.

      Appliquer cette méthode de gouvernement du jour au lendemain présente des risques, nécessite des moyens . . .
      Il est plus simple de conditionner la population à un ensemble de petits règlements, tatillons, apparemment incohérents afin de consolider l’installation de ce système.

      Il faut nous habituer lentement, l’eau froide de la casserole chauffe tout doucement.

      Nous conditionner à des comportements aussi !
      La mode des selfies sur facebook, par exemple.
      Economisez les caméras de surveillance, faites le vous mêmes.
      Souriez, vous êtes filmé !

      Grâce à cette méthode, on pourra éliminer les « #déviants » au fur et à mesure.

  • Polémique autour de la Pyramide du Louvre
    http://www.youtube.com/watch?v=yFzD_dtjf70

    http://www.france-amerique.com/articles/2009/03/27/20-ans-apres-la-polemique-la-pyramide-du-louvre-est-victime-de-son-

    AFP
    27 mars 2009

    Souvent villipendée avant son inauguration, le 30 mars 1989, aujourd’hui plébiscitée, la pyramide du Louvre connaît un engouement tel, qu’elle ne suffit plus à canaliser l’énorme flux de ses visiteurs.

    #pyramide #architecture #TM #tag_mercredi #louvre

  • Louvre-Lens : petit kit pour dubitatifs - Lémi
    http://www.article11.info/?Louvre-Lens-kit-pour-dubitatifs

    Ce qui se met ici en place relève davantage du Mickey démultiplié en mode Warhol que de l’éducation populaire. Il s’agit de créer un monde artificiel, faussement ouvert, pour évacuer la population actuelle, la repousser hors des limites du lieu fantasmé. Le public visé – les décideurs tablent sur 700 000 visiteurs la première année – est propre sur lui, doté d’un portefeuille conséquent. Il présente bien, dépense bien. Et aime cette reproduction d’un univers culturel qu’on lui présentera aussi bien à Bilbao qu’à Metz16, Paris, Lille, Bruxelles ou Madrid. Son attente ? Un cadre uniforme et rassurant, bordé de symboles fédérateurs, piliers de la culture globale. C’est ainsi que le Louvre, à Lens comme à Abou Dhabi17, accomplit son devenir « marque » et devient l’équivalent de Disney : un vecteur d’uniformisation.

    C’est un détail, mais il dit beaucoup. Norbert Crozier, l’actuel chef de projet de Mission Louvre-Lens Tourisme, est trop jeune pour avoir un CV gonflé aux hormones. Mais il affiche fièrement dans son « parcours en trois points » une étape éloquente : « Mise en place d’une offre de tourisme culturel pour Disneyland Paris18. » Interviewé dans le supplément Louvre-Lens de L’Avenir de L’Artois, le même livre sa philosophie : « Notre travail est d’écrire un scénario pour développer le tourisme. Nous sommes les metteurs en scènes, les acteurs sont les touristes et les décors sont les lieux. » Comment ils disent, déjà, chez Disney ? Ah oui : « Bienvenue dans un monde de magie ! »

    #Louvre #Lens #culture