• L’art colonisateur
    https://laviedesidees.fr/l-art-et-la-race.html

    A propos de : Anne Lafont, L’art et la race. L’Africain (tout) contre l’œil des #Lumières, Les presses du réel. Dans un essai de grande ampleur sur la construction de la race dans les #Arts des Lumières, Anne Lafont traque de manière passionnante la responsabilité des images dans la naturalisation de la différence raciale et la justification de la colonisation.

    #Histoire #colonialisme #racisme #beaux-arts
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200731_art_race_mazeau.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200731_art_race_mazeau.docx

  • L’anti-esclavagisme au temps des Lumières
    https://laviedesidees.fr/L-anti-esclavagisme-au-temps-des-Lumieres.html

    À propos de : Marcus Rediker, Un activiste des #Lumières. Le destin singulier de Benjamin Lay, Le seuil. Le quaker américain Benjamin Lay fut un des premiers militants de l’anti-esclavagisme. En retraçant son parcours, l’historien de l’esclavage M. Rediker montre ses liens avec la pensée radical de la Révolution anglaise du XVIIe siècle.

    #Histoire #religion #esclavage #militantisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200611_rediker_rossignol.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200611_rediker_rossignol.docx

  • #Histoire d’un siècle clair-obscur
    http://www.laviedesidees.fr/Antoine-Lilti-heritage-Lumieres-Ambivalences-modernite.html

    À propos de : Antoine Lilti, L’héritage des #Lumières. Ambivalences de la modernité, Seuil, Gallimard, EHESS, « Hautes Études ». Que nous reste-t-il des Lumières ? En quoi les questions qu’elles ont posées nous regardent-elles encore ? Ces interrogations reviennent souvent, mais les réponses qu’on y apporte sont souvent assez convenues. Elles sont pourtant essentielles, explique A. Lilti, et méritent la plus grande rigueur.

    #histoire_de_la_philosophie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200304_lilti.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200304_lilti.pdf

  • Saga de l’été 3/5 : Lumières, puissances et artifices du centre-ville
    https://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/1050-lumieres-iii

    https://labrique.net/images/numeros/numéro58/Lumières_III.jpg

    Comme toutes les grandes #métropoles qui « bougent », Lille magnifie sa puissance. Chaque soir elle sait arborer#ses plus beaux habits lumineux pour balancer des kilowattheures de gloire et en mettre plein les mirettes aux touristes. Troisième opus consacré aux#lumières lilloises.

    #En_vedette #Histoire_du_bocal

  • Saga de l’été 3/5 : Lumières, puissances et artifices du centre-ville
    http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/1050-lumieres-iii

    http://labrique.net/images/numeros/numéro58/Lumières_III.jpg

    Comme toutes les grandes #métropoles qui « bougent », Lille magnifie sa puissance. Chaque soir elle sait arborer#ses plus beaux habits lumineux pour balancer des kilowattheures de gloire et en mettre plein les mirettes aux touristes. Troisième opus consacré aux#lumières lilloises.

    #En_vedette #Histoire_du_bocal

  • « L’équilibre avec la nature n’a jamais existé, on ne voit donc pas comment il pourrait être rétabli »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/08/06/l-equilibre-avec-la-nature-n-a-jamais-existe-on-ne-voit-donc-pas-comment-il-

    Pierre Jouventin et Serge Latouche commencent par en rendre responsable la philosophie des Lumières au XVIIIe siècle et en font même remonter la cause à Descartes. Analyse, disons-le, à la fois caricaturale et un tantinet anachronique. Ainsi, dans sa lutte contre la philosophie scolastique, Descartes n’a pas dit que « l’homme s’institue “maître et possesseur de la nature” », mais qu’il fallait « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ». Et ajoutait-il immédiatement : « Ce qui n’est pas seulement à désirer pour l’invention d’une infinité d’artifices, qui ferait qu’on jouirait sans aucune peine des fruits de la Terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie. » Tout autre chose donc que d’en faire le père d’un rapport prédateur à la nature.

    J’avoue que de plus en peur je me rebiffe quand j’entends les discours anti-Lumières ou anti-modernité, car je pense que cela masque trop souvent des attitudes anti-démocratiques, un recours exagéré aux experts (sous couvert de la "relativité" des analyses). Ce qui est en jeu, loin de céder aux obsessions des post-modernes, c’est de définir une nouvelle modernité, qui reprendrait le SENS de l’acte émancipateur des Lumières, tout en transformant ce qui est historiquement, culturellement et philosophiquement daté. Je ne saurais que renvoyer au petit opuscule de Marina Garcès "Nueva illustracion radical" pour cela). En se sens, je partage les points soulevés par Jean-Marie Harribey et Pierre Khalfa.

    Tout cela renvoie à une analyse unilatérale de la modernité. Pierre Jouventin et Serge Latouche ont raison de pointer que la modernité a été profondément marquée par une vision scientiste et positiviste du monde s’inscrivant dans l’imaginaire social produit par le capitalisme productiviste. Mais elle nous a aussi permis de remettre en cause des conceptions du monde qui servaient de couverture idéologique à des rapports d’oppression féroce, notamment envers les femmes.

    En ce sens, la modernité a été un processus d’arrachement à ce qui était vécu comme un milieu naturel, processus qui a permis la création de la subjectivité occidentale et a créé la possibilité de l’émancipation. La modernité occidentale est née de cette imbrication et s’est révélée être un processus contradictoire dans tous ses aspects.
    « Sagesse millénaire »

    C’est dans ce cadre qu’il faut discuter du rapport entre les êtres humains et la nature (il est d’ailleurs dommage qu’ils emploient « homme » au lieu d’être humain). Ainsi nous disent-ils : « L’homme ne peut survivre qu’en symbiose avec l’écosystème terrestre (…) Pendant trois cent mille ans, Homo sapiens a lui aussi vécu en équilibre avec son milieu. » Or cet équilibre avec la nature n’a jamais existé et on ne voit donc pas comment il pourrait être rétabli.

    Même aux temps les plus reculés de l’histoire de l’humanité, le rapport à la nature a été une construction sociale faite certes de recherche d’une symbiose accueillante, mais aussi de violence, d’utilitarisme et de mysticisme. Refuser un rapport d’instrumentalisation prédatrice à la nature doit-il nous entraîner à rechercher une nouvelle chimère, celle d’un monde apaisé dans lequel les êtres humains trouveraient spontanément leur place dans une nature enfin préservée ?

    #Lumières #Economie #Politique

    • Ce qui est en jeu, loin de céder aux obsessions des post-modernes, c’est de définir une nouvelle modernité, qui reprendrait le SENS de l’acte émancipateur des Lumières, tout en transformant ce qui est historiquement, culturellement et philosophiquement daté.

      Peut-être faut-il ne pas rester obnubiler par les post-modernes (qui, par là-même, restent un épiphénomène de la modernité)...

      Auto-définition de l’Encyclopédie des Nuisances :

      À la différence de celle qu’inspirent régulièrement le marché de l’édition ou l’idéologie d’État, notre Encyclopédie ne se prétend nullement l’héritière et la continuatrice du vieux projet des encyclopédistes du XVIIIème siècle. Le seul rapport qu’elle souhaite entretenir avec l’aspect positif de leur entreprise de recensement, c’est d’en renverser le sens, aussi radicalement que l’histoire à renversé celui du progrès matériel qui portait leurs espoirs. Ainsi, pensons-nous d’ailleurs redonner tout son emploi historique à la négation passionnée des chaînes de la superstition et de la hiérarchie qui animait ce qui n’aurait été sans elle qu’un bien morne catalogue.

      Extrait de la 1ère thèse de « Sanglante Raison » de Robert Kurz (traduction inédite, Gérard Briche) à propos des critiques romantiques de la modernité :

      Certes, il ne faut pas que la critique se laisse guider par la seule « colère viscérale » ; il faut aussi qu’elle soit intellectuellement légitimée de manière entièrement nouvelle. Même si elle utilise les concepts de la théorie, cela ne signifie pas un retour aux standards mêmes de l’Aufklärung : c’est au contraire la conséquence de la nécessité de détruire l’autojustification intellectuelle de l’Aufklärung. Il ne s’agit pas, à la manière rationaliste, de brider les affects au nom d’une raison abstraite et répressive (et donc au rebours du bien-être des individus) : il s’agit au contraire de briser la légitimation intellectuelle de cette auto-domestication moderne de l’être humain. En ce sens, on a besoin d’une anti-modernité radicale, émancipatrice, qui ne tombe pas dans le modèle trop connu d’une simple « Anti-Aufklärung » ou d’une simple anti-modernité, « réactionnaires » (elles-mêmes bourgeoises occidentales, idéalisant un certain passé ou « d’autres cultures »). Mais d’une anti-modernité qui au contraire fasse rupture avec toute l’histoire passée, qui est une histoire de rapports fétiches et de rapports de domination.

  • Les nocives #aurores_boréales de l’#agriculture

    La #Bretagne n’est pas réputée pour sa #chaleur et son #ensoleillement mais elle est pourtant la première région productrice de #tomates en #France, le légume-fruit le plus consommé des français. Les grands exploitants de tomates cultivent principalement #hors-sol, sous #serres chauffées et compensent le peu d’ensoleillement avec un éclairage artificiel. C’est de ces serres que proviennent ces #lumières nocturnes fantastiques, qui ne sont évidemment pas sans impact pour l’#environnement.

    https://www.liberation.fr/france/2019/06/02/les-nocives-aurores-boreales-de-l-agriculture_1730627
    #pollution_lumineuse

  • John Tolan : « Les #Lumières voyaient le Prophète comme un héros du #rationalisme » - A la Une - Le Monde des #Religions
    http://www.lemondedesreligions.fr/une/john-tolan-les-lumieres-voyaient-le-prophete-comme-un-heros-du-r

    ... aujourd’hui, « Mahomet » est souvent opposé aux Lumières. N’était-ce pas déjà le cas aux XVIIe et XVIIIe siècles ?

    Non, bien au contraire. Les Lumières voyaient le Prophète comme un héros du rationalisme, contre l’#obscurantisme de l’#église chrétienne. La traduction du #Coran par Georges Sale en 1734, dont l’introduction compare Mahomet à des fondateurs d’#Athènes et de #Rome, a eu un impact profond dans cette compréhension de Muhammad comme l’initiateur d’un #monothéisme pur, débarrassé du culte des saints et du pouvoir des prêtres, qui offrirait un modèle proche du #déisme. C’est cette traduction qu’utilise Voltaire. Et c’est elle qui va le faire changer d’avis. Dans sa pièce de théâtre Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète, écrite en 1736, il décrit un imposteur sanguinaire et ambitieux, qui rappelle la légende noire du Moyen Âge. Mais vingt ans plus tard, dans son Essai sur les #mœurs et l’#esprit des nations, il en fait un grand homme, qui a réussi à rassembler les Arabes. Certains diraient aujourd’hui que #Voltaire est « #islamogauchiste » ! Cela préfigure en fait le « Mahomet » romantique, qui sera comparé à Napoléon.

  • The Darker Side of Western Modernity: Global Futures, Decolonial Options

    During the Renaissance and the Enlightenment, coloniality emerged as a new structure of power as Europeans colonized the Americas and built on the ideas of Western civilization and modernity as the endpoints of historical time and Europe as the center of the world. Walter D. Mignolo argues that coloniality is the darker side of Western modernity, a complex matrix of power that has been created and controlled by Western men and institutions from the Renaissance, when it was driven by Christian theology, through the late twentieth century and the dictates of neoliberalism. This cycle of coloniality is coming to an end. Two main forces are challenging Western leadership in the early twenty-first century. One of these, dewesternization is an irreversible shift to the East in struggles over knowledge, economics, and politics. The second force is decoloniality Mignolo explains that decoloniality requires delinking from the colonial matrix of power underlying Western modernity to imagine and build global futures in which human beings and the natural world are no longer exploited in the relentless quest for wealth accumulation.


    https://www.dukeupress.edu/the-darker-side-of-western-modernity
    #colonialisme #colonisation #décolonialité #livre #Renaissance #Lumières #pouvoir #civilisation #modernité_occidentale #théologie_chrétienne #accumulation_des_richesses
    ping @reka

  • Yacob and Amo: Africa’s precursors to Locke, Hume and Kant | Aeon Essays
    https://aeon.co/essays/yacob-and-amo-africas-precursors-to-locke-hume-and-kant

    he ideals of the Enlightenment are the basis of our democracies and universities in the 21st century: belief in reason, science, skepticism, secularism, and equality. In fact, no other era compares with the Age of Enlightenment. Classical Antiquity is inspiring, but a world away from our modern societies. The Middle Ages was more reasonable than its reputation, but still medieval. The Renaissance was glorious, but largely because of its result: the Enlightenment. The Romantic era was a reaction to the Age of Reason – but the ideals of today’s modern states are seldom expressed in terms of romanticism and emotion. Immanuel Kant’s argument in the essay ‘Perpetual Peace’ (1795) that ‘the human race’ should work for ‘a cosmopolitan constitution’ can be seen as a precursor for the United Nations.

    #afrique #lumières #idées #émancipation #indépendance #liberté

  • Le #luxe mène t-il à la #luxure ? En voilà une question qu’elle est bonne ! En tout cas c’est sur elle que #philosophes, #érudits et #écrivains s’écharpaient publiquement au 18ème siècle. Retour vers le Siècle des #Lumières...

    http://sms.hypotheses.org/4221

    #luxe, #luxure, #philosophie, #philosophe, #écrivain, #débat, #lumière, #progrès, #aristocratie, #puissants, #littérature, #politique, #littéraire

    • Rick Roderick on Marcuse - One-Dimensional Man [full length] | 45 Min.

      https://www.youtube.com/watch?v=WNAKr1TQ0xc

      This video is 4th in the 8-part video lecture series, The Self Under Siege: Philosophy in the Twentieth Century (1993). Lecture Notes:

      I. Marcuse became a pop figure, the philosopher of the 60s. He expressed a key contradiction in modernity. Modernity is “enlightenment”, the end of myth and dogma, the power of reason; but it is also the rise of technology, capitalism, specialization, instrumental reason and the return of myth and dogma. The enlightenment built an intellect powerful enough to surrendering dogmatically before the powers of technology. This is the “Dialectic of Enlightenment” as analyzed by Herxheimer and Adorno and popularized by Marcuse. II. Instrumental rationality, information-based individual reason, leads to irrational outcomes. Individual monologic rationality is not rational in the totality of overall system. How did the force of the love of reason become itself unreasonable? The self cannot escape siege under the sway of instrumental reason alone, it drains the world of meaning and leads to the entwinement of myth and enlightenment. The film “Dr. Strangelove” is one long example of the contradictions outlined by Marcuse. III. Instrumental reason is the product of a one-dimensional society that produces one-dimensional human beings. Marcuse criticizes our society along at least two dimensions. First, the inner dimension: anxiety, despair, nausea and a massive industry in drugs to deal with these pathologies. A society of addicts. Second, the outer social world: alienation (separation from the subject and the object and the self in Marx’s sense); rationalization (bureaucracy and technical action in Weber’s sense). These produce a one-dimensional culture or banality which reduces human suffering and human desire to trivia and image.

      IV. Such humans have by now become deeply skeptical and cynical about almost everything; in particular, the government and the culture industry. Beyond that, we are becoming skeptical about our history, our meaning, our purpose and the general fate of the species.

      V. Marcuse’s method of criticism is called internal critique which measures a society against its own historically accumulated concepts and ideals in order to point out the gap between the actual social practices and the principles.

      VI. Marcuse also never lost faith in the human species to reconstruct itself, to begin anew. This hope of liberation transcended the field of economics and standard Marxism, as well as the achievements of the so-called free and democratic world of today. He also rested his hope in the possibility of that the self could be won against the odds. Today, unfortunately, this view will seem to many quaint.

      For more information, see http://www.rickroderick.org

    • #lumières #raison #rationalité #séparation #addiction #aliénation #banalisation #complexité #démocratie #désillusion

      –-------------------------

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

      #Herbert_Marcuse, né le 19 juillet 1898 à Berlin et mort le 29 juillet 1979 à Starnberg (Bavière), est un philosophe, sociologue marxiste, américain d’origine allemande, membre de l’École de Francfort avec Theodor Adorno et Max Horkheimer.

      [...]

      Il est notamment l’auteur et de L’Homme unidimensionnel (1964), qui veut démontrer le caractère inégalitaire et totalitaire du capitalisme des « Trente Glorieuses ». Ces affirmations lui valurent des critiques, notamment celle qui proclamerait la tolérance envers toutes les opinions sauf les opinions « qui perpétuent la servitude », malmènent l’autonomie au profit du statu quo répressif et protègent « la machine de discrimination qui est déjà en service »4. Pour Marcuse, la tolérance envers des idées qui servent le système de domination et d’oppression est une dénaturation du concept de tolérance : Marcuse oppose la vraie tolérance, qui est nécessairement émancipatrice, à une perversion opportuniste de l’idée de tolérance, qu’il qualifie de « tolérance répressive ». Selon Marcuse, c’est la « tolérance répressive » qui a autorisé la prise du pouvoir par le parti nazi en Allemagne5. Pour Marcuse, « une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté – la non-liberté efficace, lisse, raisonnable qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même ».

      [...]

  • #ARIANE_MNOUCHKINE E L’INNO ALL’#ILLUMINISMO : « DA 50 ANNI INSEGUO L’#UTOPIA »

    Ariane Mnouchkine et l’hymne aux #Lumières : « Je poursuis l’#utopie depuis 50 ans »
    http://27esimaora.corriere.it/articolo/ariane-mnouchkine-e-linno-allilluminismo-da-50-anni-inseguo-luto
    publié le 02/02/2015
    consulté le 16/04/2018 à 19h00

    Sulla strada dell’utopia Ariane Mnouchkine è in marcia da oltre mezzo secolo. E se tanti nel frattempo si sono perduti, tornati indietro, preso vie laterali più comode, peggio per loro. A cambiare il mondo lei non rinuncia. Nemmeno ora che i riccioli sono candidi e il bel viso severo porta le rughe di molte battaglie per l’integrazione e l’accoglienza. Per i sans papier, gli esuli afghani e tibetani, i rifugiati politici di ogni parte del mondo.

    À la recherche de l’utopie depuis près d’un demi-siècle, Ariane Mnouchkine est décrite dans cet article comme une icône du théâtre, le plus grand metteur en scène d’Europe. Le #Théâtre_du_Soleil, installé depuis 1964 à Paris, dans une ancienne fabrique de munitions, la Cartoucherie, œuvre en faveur des sans papiers, des exilés afghans ou tibétains et des réfugiés politiques du monde entier ; dans une époque pourtant encline à la perdition, au retour en arrière et au choix de la facilité, Ariane Mnouchkine ne renonce pas à changer le monde. Selon cette dernière, « l’#égalité n’est pas un mot abstrait » (« l’eguaglianza non è una parola astratta ») : elle comprise, toute la communauté du théâtre du soleil participe aux décisions et touche le même salaire. Inspirée des lumières et mue par un idéal de tolérance, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil sont en outre lauréats de nombreux prix (Molières, pris Nonino...). Elle s’inspire en partie de monuments classiques, allant des œuvres d’Eschyle à celles de Shakespeare, qu’elle transpose dans diverses cultures, souvent orientales ; nombre de ses pièces ont également comme thème des sujets controversés, allant de la guerre d’Iraq à celle de Syrie, en passant pas les exils tibétain, afghan ou palestinien. Le Théâtre du Soleil transmet en outre ses idées à travers sa forme même : ouvert à tous et à toutes nationalités, les acteurs rencontrent les spectateurs à l’issue de la pièce à l’occasion d’un repas convivial. Le Théâtre du Soleil prône donc un idéal dont les seules limites sont la conscience et le respect de l’autre, la justice, la solidarité.

    Mon commentaire sur cet article :
    Cet article présente avec fidélité l’idéal poursuivi par Ariane Mnouchkine : celui de l’humanisme. Le Théâtre du Soleil se veut un exemple d’égalité et de tolérance pour ses spectateurs, autant par le sujet de ses pièces que par la diversité de sa production et des troupes qu’il convie à la Cartoucherie.
    Cependant, les propos rapportés d’Ariane Mnouchkine me paraissent trop généraux, l’article n’insiste pas assez sur les actions concrètes du Théâtre du Soleil afin de mettre en pratique cet idéal utopique dans les pays et pour les personnes qui en ont besoin.

  • #Jean_Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle compte-rendu de Alessandro Tuccillo dans Lectures critiques 2010 - printemps 2012
    http://montesquieu.ens-lyon.fr/spip.php?article943

    Dans le pre­mier cha­pi­tre (« Les #Lumières en pro­cès »), J. Ehrard entame son dis­cours en pre­nant posi­tion sur le « pro­cès aux Lumières », c’est-à-dire sur les atta­ques que les phi­lo­so­phes du XVIIIe siè­cle ont subies tan­tôt de la part du monde catho­li­que, tan­tôt de la part des milieux anti­co­lo­nia­lis­tes. D’ailleurs, dès son intro­duc­tion, J. Ehrard déclare vou­loir écrire « un plai­doyer en défense, un essai de réponse au réqui­si­toire anti-Lumières » (p. 17). Cette défense du patri­moine des idées des Lumières, à rai­son, ne se confronte pas avec les cri­ti­ques réac­tion­nai­res qui vou­draient revi­ta­li­ser les posi­tions anti­ré­vo­lu­tion­nai­res du XIXe siè­cle. Le dia­lo­gue serait impos­si­ble. Elle s’adresse plu­tôt aux cri­ti­ques d’ori­gine marxiste ou sen­si­bles aux dis­cours des écoles de Francfort et de Foucault qui voient dans l’#uni­ver­sa­lisme des Lumières la racine cultu­relle de l’#impé­ria­lisme et de sa rhé­to­ri­que de la civi­li­sa­tion. Cette accu­sa­tion était déjà pré­sente dans les études fon­da­men­ta­les de #Michèle_Duchet (Anthropologie et his­toire au siè­cle des Lumières, 1971 ; rééd. Albin Michel, 1995) et de #Carminella_Biondi (Ces escla­ves sont des hom­mes. Lotta abo­li­zio­nista e let­te­ra­tura negro­fila nella Francia del Settecento, 1979). Dans les livres de #Pierre_Pluchon (Nègres et juifs au XVIIIe siè­cle. Le racisme au siè­cle des Lumières, 1984) et de #Louis_Sala-Molins (Le Code noir ou le cal­vaire de Canaan, 1987 et Les Misères des Lumières. Sous la rai­son, l’outrage, 1992), cette accu­sa­tion se trans­forme, d’après J. Ehrard, en sim­ple déni­gre­ment ten­dan­cieux. C’est donc « à contre-cou­rant d’une mode récente de déni­gre­ment du siè­cle de Voltaire » (p. 17), qui nie tout lien entre la pen­sée #anties­cla­va­giste des Lumières et l’#abo­li­tion de l’escla­vage de 1794, que Jean Ehrard réaf­firme l’impor­tance de l’« héri­tage des Lumières » : bien que la conjonc­ture révo­lu­tion­naire ait été essen­tielle pour le décret de plu­viôse, la « convic­tion idéo­lo­gi­que » des dépu­tés de la Convention natio­nale « n’a pu tom­ber du ciel, sinon du ciel de la rai­son des Lumières » (p. 15). L’élaboration de la culture cri­ti­que anties­cla­va­giste au XVIIIe siè­cle ne pou­vait être sans hési­ta­tions puis­que cette cri­ti­que devait bri­ser une lon­gue tra­di­tion de légi­ti­ma­tion théo­ri­que de l’escla­vage qui, aupa­ra­vant, n’avait jamais été mise en ques­tion en ces ter­mes. Selon J. Ehrard, ceux qui sou­li­gnent avec stu­pé­fac­tion les ambi­guï­tés des phi­lo­so­phes face à l’escla­vage rai­son­nent « comme si les Lumières étaient un état, non un mou­ve­ment ; comme si leurs pro­mo­teurs n’avaient pas eu à sou­le­ver et réin­ven­ter le monde pour inven­ter les droits de l’homme » (p. 16). Un contexte hos­tile expli­que aussi les pro­po­si­tions gra­dua­lis­tes des abo­li­tion­nis­tes qui ne peu­vent être inter­pré­tées comme des ten­ta­ti­ves de reforme de l’ins­ti­tu­tion vouées, de fait, à la conso­li­da­tion de l’ordre escla­va­giste (c’était la thèse, entre autres, de M. Duchet). Ce gra­dua­lisme par­ti­cipe du dis­cours civi­li­sa­teur, uni­ver­sa­liste et cos­mo­po­lite du XVIIIe siè­cle auquel Ehrard ne fait pas mys­tère de vou­loir reconnai­tre sa « noblesse » (p. 16). La nier signi­fie­rait défor­mer l’ana­lyse sur la base des cri­mes de la colo­ni­sa­tion du XIXe siè­cle.

  • Marie Leca-Tsiomis, « #Jean_Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie [En ligne], 43 | octobre 2008, mis en ligne le 26 novembre 2008, consulté le 23 février 2018. URL : http://journals.openedition.org/rde/3812

    Que l’on puisse lire, dans le Guide vert de Bretagne , que #Voltaire a eu « une part de 5000 livres dans un négrier nantais », sans qu’aucune preuve soit fournie d’une telle allégation, pourrait simplement faire hausser les épaules. Mais que, dans une étude à ambition historique, comme celle de #Nelly_Schmidt, se trouve répété, sans davantage de preuve, que Voltaire « investit dans la traite nantaise » ; que #Christiane_Taubira proclame avec une assurance tout aussi peu fondée qu’il « détenait des actions dans des sociétés de commerce négrier » ; que L. #Sala-Molins, de son côté, après avoir naguère dénoncé en #Montesquieu « un négrier », avance désormais sans l’ombre d’une preuve que #Diderot et #Raynal, touchaient « les dividendes de la traite », il est devenu clair alors que cette série d’attaques – jointes à quelques autres dont l’ouvrage d’Ehrard donne le détail – procède d’un « révisionnisme multiforme » dont les #Lumières sont la cible et qui, comme toutes les calomnies, trouve un public crédule : faire passer l’#antiesclavagisme des philosophes pour mensonge ou cynisme, accuser d’indifférence ou de soutien à l’#esclavage ceux-là même qui, les premiers, le dénoncèrent, on voit bien ce qu’un tel discours semble offrir de séduisant par son iconoclastie même, et comment sa véhémence rusée peut paraître novatrice, voire roborative. Face à ce qui n’est pourtant qu’un tissu de contrevérités, souvent énoncées au conditionnel, mode idéal de la lâcheté, et relayées servilement par la grande presse – ici, un chroniqueur au Monde , là, au Nouvel Observateur – Jean Ehrard a enquêté : après avoir en vain demandé leurs preuves aux différents accusateurs, l’historien a entrepris de comprendre, et éventuellement de répondre : point d’indignation académique ici, le propos d’Ehrard n’est évidemment pas de rétorquer à la haine des Lumières par leur hagiographie : « Refuser symétriquement les procès en sorcellerie et la facilité d’une idéalisation conventionnelle implique un retour aux textes », écrit-il, et il use donc des seuls outils de l’historien : la précision, l’exactitude, l’analyse, la confrontation des documents. L’ouvrage passionnant qui en résulte est un tableau de l’évolution de ce siècle qui a eu « le mérite de poser le problème de l’esclavage, enfin, et de le mûrir » : à la fois réexamen de l’anthropologie des Lumières, de la réflexion juridique et philosophique sur l’esclavage, évocation des grands débats impliqués par le commerce, le luxe, analyse précise des textes – ces pages sur le sucre, devenu avec Montesquieu, Voltaire puis #Hélvetius, « une obsession de la littérature des Lumières. Par sa valeur antithétique : tant de douceur au prix de tant de barbarie ! » ­­La première vertu de cette enquête est de replacer d’abord la question dans son contexte social et historique, et dans « l’opinion publique en France au XVIIIe siècle ». La perception de l’esclavage, qui est alors, pour la plupart, une réalité « lointaine et à demi abstraite », doit être pensée à l’intérieur de la société d’Ancien régime, société « habituée aux pires violences » : supplices et exécutions publics, par exemple, mais aussi pratique légale du fouet auquel matelots et soldats sont exposés, « ni plus ni moins que les Noirs des Antilles ». Et pas plus que les Planches de l’#Encyclopédie, représentation d’une « idylle technologique », n’accordent de place à la peine des travailleurs en Europe, elles n’en réservent à l’humiliation et à la souffrance des esclaves aux colonies. Au milieu du XVIIIe siècle le #servage est loin d’être aboli en Europe, et il faut lire les réflexions sur « servage » et « esclavage » donnés pour synonymes dans la langue courante d’époque et que Boucher d’Argis sera un des premiers à distinguer dans l’Encyclopédie. « Toute la culture des contemporains de Voltaire était esclavagiste », souligne Ehrard. Et c’est bien dans ce contexte que la rencontre de Candide et du nègre de Surinam prend sa véritable force.

  • Christian Albertan, « #Jean_Ehrard, Lumières et esclavage. L’Esclavage colonial et l’opinion publique en France au xviiie siècle », Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 359 | janvier-mars 2010, mis en ligne le 17 mars 2011, consulté le 23 février 2018.
    URL : http://journals.openedition.org/ahrf/11508

    Pour le reste, l’auteur établit de manière irréfutable que les philosophes des #Lumières, dont la pensée reste naturellement entachée par certains préjugés d’époque, ont condamné sans appel le #racisme. Ils rejettent de manière tout aussi ferme l’#esclavage en martelant que les hommes sont égaux à la naissance et qu’aucun homme ne peut appartenir à un autre individu. Le commentaire précis de textes de #Montesquieu, de #Buffon, de #Voltaire, d’#Helvétius, de #Condorcet, l’analyse d’extraits tirés de l’#Encyclopédie et de l’Histoire des Deux-Indes ne laissent subsister aucun doute à cet égard.

    Mais l’auteur, avec une grande honnêteté, ne s’en tient pas à ces positions de principe et pousse plus loin son enquête, en se penchant sur ce qui pourrait être qualifié de #double_discours des philosophes. L’audace théorique des philosophes ne débouche, en effet, sur aucune conséquence pratique. Montesquieu en « réformiste timoré » est incontestablement #antiesclavagiste, mais il ne propose nulle part l’#abolition de l’esclavage (p. 157). Les #Encyclopédistes admettent même par moments l’existence de l’ « #odieux_commerce » comme un moindre mal (p. 179). Quant à #Raynal, l’auteur de la célèbre Histoire des Deux-Indes , il finit par se rallier à Malouet et à juger l’esclavage conforme à la philosophie et aux lois l’humanité (p. 205). Seul Condorcet milite timidement en faveur de l’affranchissement.

  • Louis Sala-Molins : Les Misères des Lumières. Sous la raison, l’outrage. 1992 ompte-rendu dans Dix-Huitième Siècle Année 1993 25 pp. 596-597
    http://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1993_num_25_1_1953_t1_0596_0000_3

    #Louis_Sala-Molins : Les Misères des Lumières. Sous la raison, l’outrage. Essai. Paris, Robert Laffont, 1992, 210 p.

    C’est moins un essai, en dépit du sous-titre, qu’un pamphlet qui se conclut par une dénonciation du chauvinisme de la France. Il s’agit en fait de son passé et des Philosophes du 18e siècle qui, tous, selon une thèse déjà exposée par l’A., auraient trahi les principes des #Lumières en restant complices, sinon pire, de l’#esclavage des noirs dans les colonies. Ici, l’attaque se concentre plus spécialement sur #Condorcet (mais ignorait-on donc, avant l’A., qu’il avait présenté un plan d’affranchissement échelonné sur 70 ans) et, plus étonnant, sur le texte même de la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Selon l’exégèse présentée ici, elle aurait implicitement autorisé l’esclavage, parce qu’elle consacre le droit de propriété, et à cause de son préambule. Sans entrer dans une longue discussion, on se demandera seulement comment il se fait que les esclavagistes déclarés, à la Constituante notamment, n’aient jamais compris ainsi ce texte fameux ? Et qu’ils en aient interdit la diffusion chez les esclaves ? Quant au fameux morceau sur les noirs de l’Histoire des Deux Indes , évoqué très rapidement (p. 50, 156 et 206, note 3), il est disqualifié par un argument ad hominem (et mal fondé) : « #Diderot est pensionné de telle compagnie maritime trafiquant entre l’Afrique, les Antilles et la France, allez savoir quel type de tonnage » (p. 19). Si on veut en savoir plus, on est renvoyé, sans référence précise, à #Michèle_Duchet. Que dit celle-ci ? « Pourquoi Diderot en 1770 reçoit-il de la Compagnie des Indes une rente viagère ? » { Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, Paris, 1971, p. 136, note 426). Elle renvoie à la Correspondance, où est en effet signalée une rente viagère de 20 livres, de cette Compagnie des Indes (orientales et non occidentales) que le pouvoir venait de supprimer en 1769 par un simple motu proprio , et dont Diderot, et d’autres, défendaient l’existence. Avouons que ces 20 livres n’étaient pas de nature à faire de Diderot un « pensionné » en un temps où le minimum d’aisance, selon Turgot, se chiffrait à 10 000 livres par an. De toute façon, est-ce une raison pour minimiser l’impact de ce texte sur le Spartacus noir, qui inspirera #Grégoire, et fait partie d’une œuvre dont le retentissement, en nombre d’exemplaires, est bien plus grand que celui du livre de Condorcet ? D’autres passages appelleraient des remarques sur les faits eux-mêmes, mais on se contentera de remarquer que l’A. prétend parler en se mettant à la place du noir esclave ; mais Toussaint (qu’il évoque) et Christophe n’ont précisément pas parlé sur ce ton...

    Y. Bénot

  • Fictions de nulle part
    http://www.laviedesidees.fr/Fictions-de-nulle-part.html

    Imposante somme sur le genre utopique au XVIIIe siècle, fruit du travail d’une cinquantaine de collaborateurs, ce Dictionnaire restitue de manière exhaustive et détaillée la richesse des thèmes explorés par le genre utopique, et permet de faire l’archéologie d’une notion à laquelle notre siècle revient.

    Livres & études

    / #Lumières, #utopie

    #Livres_&_études

  • Toutes les tolérances
    http://www.laviedesidees.fr/Toutes-les-tolerances.html

    La #tolérance est-elle la dernière vertu des modernes ? Tolérer l’autre, c’est d’abord souffrir une présence, nous rappelle utilement Denis Lacorne dans ce panorama des formes sociales et politiques de la tolérance, de l’empire ottoman aux sociétés multiculturelles.

    Livres & études

    / tolérance, modernité, #multiculturalisme, #empire_ottoman, #Lumières

    #Livres_&_études #modernité

  • Qu’a-t-on fait des #Lumières chinoises ?
    http://www.laviedesidees.fr/Qu-a-t-on-fait-des-Lumieres-chinoises.html

    Entre 1915 et 1925, le Mouvement pour la nouvelle culture a posé les jalons de la modernité chinoise et nourri la pensée des révolutionnaires communistes. Aujourd’hui, les autorités hésitent pourtant à revendiquer son héritage, conscients de ses potentialités contestataires.

    Essais & débats

    / Lumières, modernité, #nationalisme, #mondialisation

    #Essais_&_débats #modernité

  • Comment les idées radicales des #Lumières ont mené le monde
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/210517/comment-les-idees-radicales-des-lumieres-ont-mene-le-monde

    Dans un passionnant essai, l’historien #Jonathan_Israel revient sur les « Lumières radicales » et leur combat pour formuler un nouveau langage politique, insistant sur la liberté de chacun, l’égalité de tous, la raison et la démocratie. Une source d’inspiration pour la gauche contemporaine ?

    #Culture-Idées #révolution

  • Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! Entretien avec Eliane Viennot (3)
    http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2014/09/28/non-le-masculin-ne-l-emporte-pas-sur-le-feminin-entretien-av-543137.html

    On observe en effet la progression rapide de l’essentialisme à partir de la fin du XVIIe siècle. Aujourd’hui que beaucoup de textes sont disponibles en « version texte » sur le net, il est facile de le constater. Avant le XVIIIe siècle, les lettré-e-s français-e-s parlent des hommes et des femmes, et même très souvent des gens de tous âges et de tous sexes, ce qui m’amuse beaucoup. Les formules réduisant les uns et les autres à deux « espèces » apparaissent dans les ouvrages des philosophes et des médecins, qui prétendent parler en général. À partir du milieu du siècle – à partir du temps des Lumières – la tendance tourne à la caricature.

    À quelles fins les philosophes et les médecins des Lumières s’en sont-ils faits les promoteurs ?

    Ceux qui font ainsi entendent rompre avec les anciennes manières de penser. Ils n’acceptent pas l’explication selon laquelle l’ordre social et politique serait le fait de Dieu. Mais si tout revient aux êtres humains, alors il faut expliquer pourquoi la société est divisée en groupes dont certains détiennent le pouvoir tandis que d’autres n’ont que le droit d’obéir. Ils réfléchissent donc à l’origine de la division sociale, à l’origine de la tyrannie, et ils dénoncent les inégalités… dont ils souffrent. Ils trouvent injuste et insupportable, par exemple, que des hommes soient soumis jusqu’à 30 ans à l’autorité paternelle ; et que les frères aînés seuls héritent des biens familiaux. Ils trouvent aussi souvent que des gens comme eux – qui savent, qui ont étudié – devraient avoir une plus grande place dans les processus de décision publique, et ils cherchent à s’imposer (par la voie de l’opinion publique, notamment). Mais ils cherchent aussi – pour les raisons que je viens de donner – à préserver leurs places de privilégiés. L’égalité dont ils rêvent, c’est celle des hommes de la bonne société – ou qui sont parvenus à s’y faire une place grâce à leur intelligence. La plupart ne veulent pas entendre parler d’égalité entre tous, et encore moins d’égalité entre tous et toutes.

    #lumières #phallosophes #sexisme #essentialisme #langage